L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Divine Mélodie [Amaryllis, Comte] [23/04/42]

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Comte Keï
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MessageSujet: Divine Mélodie [Amaryllis, Comte] [23/04/42] Lun 17 Aoû - 17:42

[HRP/ Suite du poste La Belle envolée/HRP]

A la lueur furibonde d'une lampe à huile aux éclats d'un émail malachite, l'ocre du papier ondulait, incandescent, à chaque fois que le Comte y appliquait la pointe acérée de sa plume fétiche. Ses longs doigts, plein de finesse, maniaient cette dernière avec une vive dextérité, témoin de sa colère, témoin de la profondeur de ses réflexions.
Une bague ornée d'un C, une chevalière somme toute, appartenant à la Camarilla - cela ne faisait plus de doute - était dessinée dans un angle. Une citation, griffonnée en-dessous, que Bartholomew avait eu l'audace de prononcer ce soir où il avait erré sur les traces de sa bien-aimée se trouvait soulignée de deux traits d'une droiture professionnelle. Une date, celle de la mort d'Adhéna Lisbutig, apparaissait en plein centre de la page, surlignée à maintes reprises. Les noms des Hunters dont il connaissait l'identité étaient enfermés dans un cadre habilement tracé. Les grands pontes des deux Sectes, s'alignaient à l'instar de funèbres protagonistes en marche pour la potence. Des lieux, raturés, soulignés, intercalés les uns entre les autres virevoltaient ici et là.
A ses côtés, un plan des catacombes aux bords élimés par le temps, taché d'eau et de moisissures, trônait entièrement déplié sur les multiples livres et bibelots qui envahissaient son bureau. On aurait pu le confondre avec l'un de ces grands truands qui préparent le plus beau cambriolage de tous les temps ou avec l'un de ces explorateurs qui s'apprêtent à traverser le monde par son sous-sol afin d'en démêler les mystères oubliés...Mais Jirômaru n'était ni l'un ni l'autre. Tout ce qu'il cherchait, c'était une femme, c'était Sarah.

Sur sa grande chaise de chêne, le Vampire aux longs cheveux de neige, poussa un douloureux soupir. Pourquoi n'avait-il pas emporté la bague avec lui pour l'analyser plus précisément ? Que faisait donc Bartholomew sur les lieux de sa disparition ? Comment lui faire confiance ? Et où étaient passés les Hunters rescapés de l'attentat du théâtre ? Qu'avait donc fait Sarah pendant cette période où elle était censée se trouver au couvent ? La Camarilla avait-elle trouvé-là une douce vengeance à exécuter ? Rien ne collait. Rien ne l'aidait.

Dans un cri de rage, Jirômaru jeta finalement sa plume devant lui. L'encre s'étala sur le papier humide et lui sourit dans un ultime message des plus cyniques. Le Vampire posa lourdement son dos contre le dossier ouvragé et laissa sa tête tomber dans sa main accoudée à sa chaise. Il était fatigué de cette traque. Fatigué de toujours devoir courir après cette femme. Hautaine, magicienne, insaisissable...Il n'aspirait plus qu'à la paix et à sa prime mission. Pourquoi perdre son temps pour cette mortelle insupportable ? Après tout, elle ne lui était pas encore complètement nécessaire. Il pouvait la remplacer...


- Mon maître? La douce voix de la belle comédienne le sortit de ses sombres pensées.

La jeune femme aux cheveux de feu entra doucement dans le bureau. Refermant soigneusement la porte derrière elle, elle s'avança lentement pour venir s'agenouiller aux côtés de son aîné. Après une hésitation marquée, la jeune Vampire posa ses deux mains sur son bras. Le dos droit, la tête relevée, elle lui sourit d'un air compatissant:


- Vous m'avez demandé de vous prévenir...Elle est là...

Il était rare que Jirômaru accepte un contact physique avec ses disciples lorsqu'il ne l'avait pas lui-même provoqué, mais Ambre représentait souvent l'onguent de ses tristes moments.
Ôtant sa tête de sa main, le lord baissa son regard sur la jeune femme. Il eut bien du mal à répondre à son sourire, mais il fit l'effort de glisser ses doigts sous son doux menton avec une parfaite tendresse.


- Déjà ? Je ne suis pas certain que ce soit une nuit propice à la chanson...

Percevant la lassitude de son maître, Ambre serra un peu ses doigts sur son bras.

- Cela vous fera du bien monseigneur, vous pourrez oublier vos soucis ne serait-ce qu'un instant...Et puis, il paraît qu'elle a vraiment une voix magnifique. Notre troupe en a besoin...

Ramenant sa main sur son visage, le Comte se massa les paupières et finit par se lever. Ambre resta à genoux, sans le quitter des yeux. Elle laissa ses mains glisser sur le bras que son maître dégageait de son étreinte et attendit, docilement, qu'il ne lui donne un ordre.
Jirômaru se pencha au-dessus de son bureau et remit sa plume dans son encrier après en avoir lissé les fanes. Avec un grognement d'insatisfaction, il prit la carte des catacombes dans ses deux mains afin de l'étirer complètement et l'observa ainsi un moment. Il manquait des galeries sur ce plan, mais il y voyait tout de même plus clair. Quatre lieux y étaient entourés: les deux entrées qui donnaient sur les appartements de la Camarilla, l'endroit où il avait été piégé dans un reliquat de Hunters et l'ancienne cachette de Joyce. Qu'en avaient-ils fait ? C'était sans doute déjà pillé et occupé par un autre de ces rats...
Abandonnant la carte, Jirômaru se dirigea vers une cheminée surmontée d'un grand miroir. Il remit en place le col de sa chemise blanche, renoua son petit foulard bordeaux parfumé à la lavande, ajusta le tout et vérifia que son pantalon était encore assez droit. Puis, il tendit le bras et Ambre posa dessus sa veste noire.


- Je ne sais plus où j'ai mis mon ruban...Murmura-t-il pour lui-même.

- Le voici, mon maître. Répondit doucement la jeune comédienne en lui posant dans la main que venait de lui ouvrir le Comte un ruban de la même couleur que son foulard.

- Merci Ambre.

En quelques gestes, le Comte noua ses cheveux en catogan. Il jeta un dernier regard au miroir. Ses iris étaient toujours gris et cela lui plaisait. La brume qui lui donnait habituellement l'aspect d'un aveugle avait presque disparue. Le sang de Joyce l'avait aidé à vaincre cette partie de sa dégénérescence. Un rictus amusé souleva le coin de ses lèvres.

- Tsss...Quand je pense que les Humains ne nous voient pas dans les miroirs...Vivons-nous seulement dans la même dimension qu'eux ? Parfois, je me dis que nous sommes vraiment les rejetons de Satan.

Ambre leva un sourcil. Son maître parlait souvent des miroirs, comme s'il y réfléchissait toujours. Ce n'était pas la première fois qu'il se demandait si les Vampires et les Humains vivaient réellement sur le même plan ou non. Quelque part, cette idée effrayait la jeune comédienne.

- Certains disent que nous n'avons pas d'âme et que ce serait la raison pour laquelle nous n'avons pas de reflet aux yeux de ceux qui en possèdent encore une. Fit-elle dans un murmure.

- Ahahah ! Balivernes! Rit le Comte en pivotant sur lui-même d'un air suffisant afin d'atteindre la porte. Si nous n'avions pas d'âme, Ambre, je doute que nous pensions encore et que nous conceptualisions l'amour...

Sur ces mots, le Vampire ouvrit la porte à la volée et disparut dans le couloir. La marquise de Runaway devait l'attendre avec un verre de sang dans le salon des invités. Il ne fallait pas la faire languir davantage.

La belle était venue sur son invitation, pour lui offrir une démonstration de son talent de cantatrice. Nouvelle recrue pour son illustre troupe de comédiens, Amaryllis voulait faire ses preuves. Le Comte avait hâte de l'entendre chanter. Si les récents événements ne l'avaient pas complètement retourné et s'il n'avait pas dû s'épuiser dans la recherche de la jeune Spencer, il aurait volontiers passé la semaine à écouter la marquise. Il lui aurait présenté ses disciples, il lui aurait fait visiter les coins les plus intéressants de la capitale et sans doute l'aurait-il même emmenée au théâtre pour prouver à la société qu'ils étaient désormais bel et bien associés et amis. Mais Jirômaru avait l'esprit sans dessus dessous et il avait autre chose à penser que l'art.

Avant d'arriver dans le petit salon, il passa sur ses épaules sa veste, ajusta son mouchoir bordeaux dans sa poche, et laissa Ambre dégager ses cheveux de son dos pour les replacer correctement. Enfin, il se rendit compte qu'il avait oublié ses gants et leva les yeux au ciel. Tant pis. De toute façon, ils étaient sous son toit, entre Vampires...A quoi bon faire plus manières?


- Madame la marquise ! Je suis ravi de vous revoir! J'espère que je ne vous ai pas trop fait attendre...

Pendant qu'Ambre refermait la prote derrière eux, le Comte se présenta devant Amaryllis pour se pencher en avant et lui faire un baise-main dans les règles. Ses yeux anthracites croisèrent les siens, pleins de charme, avant de dévier sur sa mise.

- Vous êtes ravissante ! J'ai hâte de vous entendre chanter. Que nous avez-vous apporté là? Fit-il en laissant son regard tomber sur les partitions que la jeune femme avait prises avec elle.

Le Comte s'installa sur un fauteuil face à la marquise tandis qu'Ambre faisait une courbette pour saluer cette dernière.


- Je vous présente miss Ghrianstad, c'est elle qui dirige les acteurs de mes pièces et qui les entraîne. Si vous le permettez, elle sera avec nous ce soir pour observer votre travail.

Ambre s'installa à son tour en adressant un grand sourire à la marquise. Elle était elle-même heureuse que son maître ait choisi une telle femme pour faire partie de leur troupe.
A peine furent-ils tous assis qu'Alphonse, le majordome, ouvrit une porte latérale pour laisser entrer une des domestiques qui étaient au service. Sur son plateau, elle amenait deux verres ainsi qu'une carafe apparemment tiède qui contenait du sang frais. Après s'être assuré que le verre de la marquise n'était pas froid, elle servit son maître et Ambre avant de leur laisser le plateau sur la table basse et de s'en aller discrètement. Alphonse jeta un regard à son maître pour s'assurer qu'il était à l'aise et referma la porte. C'était lui qui avait accueilli Amaryllis dans l'entrée. Sa nature vampirique lui permettait d'être efficace avec les convives à longues dents que son maître rencontrait régulièrement. Il avait trouvé la jeune femme tout à fait charmante et son amabilité l'avait encouragé à être particulièrement prévenant avec elle. Il l'avait débarrassée de ses effets personnels avant de la conduire dans ce petit salon et de lui faire parvenir un sang à son goût. Il était fier de servir sous le toit du lord Keisuke, et cela se sentait dans son zèle exemplaire.

Une fois les domestiques partis, Jirômaru prit son verre et croisa les jambes d'un air décontracté.


- J'ai cru comprendre que vous aviez déménagé...C'est bien, c'est une bonne chose. Fit le Vampire avant de siroter son verre.

Depuis leur rencontre, les sbires du Comte avaient suivis les activités d'Amaryllis, sans pour autant entrer dans son intimité. Ils lui avaient rapporté que la jeune cantatrice avait bel et bien déménagé non loin de l'opéra et qu'elle était donc plus facile à surveiller. Sa sécurité inquiétait désormais le lord: son pacte avec elle l'obligeait à respecter ses engagements.


- J'espère que vous vous plairez dans votre nouvelle demeure...


> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
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Amaryllis Runaway
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MessageSujet: Re: Divine Mélodie [Amaryllis, Comte] [23/04/42] Dim 20 Sep - 15:48

[HRP/ Suite de "La demeure aux rideaux tirés"/HRP]

La Marquise de Runaway était donc montée dans son fiacre et s'était confortablement assise sur la banquette de cuir rembourrée et se laissa aller contre la paroi, sentant les chaos qui aux lieu de la déranger, la berçait légèrement. Elle fermait les yeux de temps à autre et entendait mieux encore le le martèlement des sabots sur les pavés et dans les crevasses remplies d'eaux, de ses beaux frisons à la longue crinière peignée soigneusement par le palefrenier avant son départ.
Amaryllis avait tiré le petit rideau qui la cachait de l'extérieur et se mit à observer sans dédain et encore moins animosité les passants qui vaquaient à leurs occupations en ce début de soirée. La jeune femme cherchait souvent à se souvenir de sa vie en simple petite bourgeoise, les sensations de pouvoir se promener sans que l'on se prosterne sur votre passage... C'était il y a bien longtemps tout cela à présent. Elle était heureuse de ne pas connaître la misère, cependant elle pouvait comprendre mieux que la plus part des membres de sa classe sociale ce qu'était la faim. Ce que cela faisait d'avoir si faim qu'on était prêt à tuer pour ne serait-ce qu'un morceau de pain, dans son cas une goute de sang frais.
Soudain alors qu'elle détaillait les passants une chevelure flamboyante avait émergée et de derrière elle put admirer une redingote pourpre comme en portait souvent... Non c'était impossible !


-Cocher arrêtez vous !

Cria-t-elle soudainement et avant même que la voiture soit tout à fait à l'arrêt elle se jeta hors du fiacre et se mit à courir, ramenant ses jupes entre ses doigts sans faire attention aux passants, suivant cette chevelure qu'elle voyait encore dans ses rêves, voulant revoir ses yeux verts dans lesquels elle s'était perdue tant de fois avec bonheur. Elle bouscula plusieurs personne sans s'en rendre compte qui l'insultèrent et levèrent un poing vexé vers elle. Mais elle ne voyait personne, seulement ses longues boucles salvatrice dans lesquels elle voulait glisser ses doigts de pianistes.
Soudain le porteur des longues mèches orangées disparut et elle se retrouva dans une rue déserte. Son cœur se serra en se rendant compte qu'elle avait certainement rêvé et un gémissement blessé s'échappa de sa gorge tandis qu'elle devait s'appuyer contre un mur pour ne pas tomber, relevant la tête vers la lune.


- Oh Ethan, comme vous êtes cruel avec mon cœur... de m'avoir abandonner seul en ce monde...

Des larmes se mirent à couler sur son visage, traçant des sillons dans son maquillage pourtant habituellement si soignée. Pourquoi avait-elle ainsi espéré ? C'était ridicule... il était mort dans ses bras, comment aurait-ce pu être lui dans cette nuit qui avait perdue toutes ses étoiles, comme les autres aux yeux de la jeune femme depuis la mort de son époux.
Elle avait courut avec désespoir pour le rattraper, mais en vain. Il ne serait plus jamais là pour elle et la prendre dans ses bras.
Amaryllis réussit à saisir fébrilement un mouchoir de dentelle de sa bonbonnière et tapota ses joues avec pour évacuer les traces de ses larmes sous la petite voilette de dentelle, tentant de se ressaisir de son mieux malgré le chagrin immense qui étreignait son cœur tout entier.  
La mélancolique vampire rangea son beau mouchoir et se décida à sortir de la ruelle pour rejoindre l'avenue principale et remonter dans son fiacre. Elle se faufila entre les passants, tête basse, craignant qu'on la reconnaisse ou d'être reprise par des visions qui ne feraient que la torturer plus encore. Elle réussit à rejoindre son fiacre sombre et monta à l'intérieur, refermant d'un geste sec les volets puis tapa contre le toit pour que son côcher se remette en route.

***

Peu de temps après, la marquise remarqua qu'ils arrivèrent aux abord du Royal College of Music et se repoudra rapidement en se regardant un petit miroir de poche, se posant sans s'en douter la même question qui taraudait le Comte et bien d'autre vampires. Pourquoi les humains ne voyaient-ils pas leur reflet dans ces belles glaces polies ?
Elle chassa vite ses pensées de sa tête et remit correctement sa coiffe avant d'observer la propriété discrètement alors que le portail de ferre s'ouvrait pour les laisser entrer sur le chemin pavé, observant le beau parc et les arbres centenaire qui les entouraient. C'était vraiment un très bel endroit qui lui rappelait la demeure de feu son mari à Bristol.
La jeune femme aux longues boucles blondes vénitiennes n'eut pas le temps de poursuivre son examen des lieux, la voiture s'étant arrêté et son cocher en livré ouvrit la porte et déplia le marche-pied, l'aidant à descendre du fiacre. Celle-ci le remercia d'un sourire et d'un geste de tête amicale avant de se souvenir qu'elle avait son porte partitions et de l'attraper rapidement puis de se diriger vers la porte pour frapper, attendant qu'on lui ouvre enfin.
Elle observa l'entrée qui semblait étrangement assez intime. La belle sourit au majordome qui lui ouvrit et déclina son identité, lui expliquant qu'elle était attendue par le Comte Keisuke pour qu'il puisse éprouver ses talents de comédienne.

La comédienne ne pu s'empêcher de regarder autour d'elle avec curiosité, désireuse de connaître le lieux où vivait son Sieur, son protecteur.
Elle ne pouvait nier une fois à l'intérieur qu'il avait du goût, et qu'en plus il était à la pointe de la mode en Angleterre pour décorer sa demeure. Ce côté bois. La jeune marquise aimait beaucoup, elle se laissa guider jusqu'au petit salon  et s'assit en attendant que le Comte accepte de la recevoir enfin. Cela ne ce faisait pas d'arriver immédiatement et en général plus le titre de l'hôte était important, plus le visiteur attendait longtemps. Du moins à Édimbourg on jouait beaucoup à ce genre de jeu.
Elle détaillait donc le petit salon et les meubles élégants qui l'entouraient et sourit en voyant le majordome lui demander quel genre de sang elle désirait. Amaryllis eut l'impression que c'était Noël . Elle ne choisissait plus depuis longtemps et prenait le sang qu'elle pouvait. Elle lui demanda donc un sang salé et épicé si possible, onctueux. Ce fut dure pour la belle quand il lui apporta son verre de ne pas tout boire d'un coup et de chercher la personne à qui appartenait ce sang pour la vider entièrement et s'en délécter, presque jusqu'à la dernière goute. Mais elle devait se retenir et ses doigts se crispèrent sur la tapisserie du fauteuil dans lequel on l'avait invité à s'asseoir.

La marquise se releva finalement toujours son verre de sang à la main, continuant de le siroter tout en observant autour d'elle. Ses yeux croisèrent une glace et elle eut un petit sourire, et passa par habitude sa main près de sa chevelure pour rabattre les petites mèches rebelles. Elle essuya également les petits gouttes de sang qui s'étaient mises à perler le long de son menton. Elle y passa son doigts pour les recueillir et lécha son indexe avec envie. Elle était terriblement gourmande quand le sang lui convenait. Mais même si elle venait de finir son verre, elle était assoiffée. Encore et toujours.

En entendant son hôte entrer la jeune femme tourna les talons et fini d'essuyer le sang de son menton et s’avança vers lui pour s'incliner respectueusement, plongeant dans sa révérence en prenant sa robe des deux côtés entre ses doigts avant de lui tendre sa main délicate pour qu'il puisse la baiser comme le voulait l'usage. Elle lui sourit poliment en croisant son regard qu'elle trouva différent de la dernière fois. Il semblait moins voilé... plus gris... Plus humain surtout.
C'était plus agréable et moins déstabilisant, même s'il restait toujours aussi impressionnant avec sa taille de géant et son albinisme.


-Je suis ravie de vous revoir my lord et je suis très honoré de me retrouver dans votre majestueuse demeure. Permettez moi de vous dire qu'elle est sublime.
Non rassurez vous j'ai peu attendu, votre majordome a été des plus délicat.


Lui dit-elle en retour, continuant de sourire avec politesse, restant formelle comme lors de leur première rencontre, comme deux aristocrates qui se rencontraient. Devait elle être un peu moins raide ? Après tout un lien très fort les unissait, un contrat et même plus que cela en réalité.
Lorsqu'il complimenta sa mise, elle inclina la tête et se plia pour le remercier de ce geste pour sa remarque. Elle ouvrit sa pochette pour regarder les partitions.

-J'ai apporté avec moi quelques chants grégoriens, d'autre plus modernes et certains de ma propre composition, j'espère que vous apprécierez. Mais, si vous avez des chansons que vous voudriez m'entendre chanter, n'hésitez pas.

Lui souffla-t-elle en s'asseyant dans le fauteuil en même temps que le Comte Keisuke en continuant de le détailler de son regard de glace qu'elle tourna vers la belle rousse qu'il lui présenta.
Elle la salua d'un hochement de tête ainsi que d'un sourire amicale, n'ayant pas à s'incliner vu qu'elle n'était pas une aristocrate. Elle reconnu la jeune femme qui accompagnait le Comte dans le salon de leur rencontre.


-Je suis enchanté de vous rencontrer madame et j'espère que notre collaboration sera fructueuse.

Lui dit-elle avant de reporter son attention sur son nouveau seigneur et maître. Elle n'arrivait pas à chasser son mal-aise d'être en face d'un autre homme que son mari à qui elle avait juré fidélité. C'était si nouveau, si différent de tout ce qu'elle avait connu. En plus elle était dépendante de lui, par leur serment.
La séduisante vampire aux longues boucles rousses regarda Alphonse leur apporter à boire à nouveau et vérifier la température de son propre verre. Elle le remercia d'un autre sourire de ses lèvres charnues puis le regarda quitter la salle avant que son regard ne revienne se poser sur le grand Prince de Londres.
Amaryllis hocha la tête,  bien sûr il le savait, le but était que tout le monde le sache et elle avait repéré ses sbires passer devant chez elle, elle avait senti leur présence rassurante et ne craignait pas de se faire assassiner dans son cercueil, du moins elle essayait de lui faire confiance de manière absolu.

- Je me suis très bien installé, je vous remercie. Ma demeure est assez spacieuse et des plus confortable. Si vous en avez le temps, passez donc prendre le thé. Enfin je vous proposerais plutôt une autre sorte de breuvage.

Lui proposa-t-elle en se reprenant, parlant franchement. Après tout ils étaient entre eux, entre vampire. Son majordome était aussi un vampire donc elle n'avait pas besoin d'utiliser d'expressions détournées pour lui parler.
La marquise au teint livide hésita quelques instants puis osa lui demander :


-Dois-je informer mes domestiques de mon état ? Je crains qu'ils ne le répètent ou qu'ils tentent de me tuer. Mais j'ai aussi peur que sans réfléchir ils ouvrent les rideaux où qui sait... les accidents arrivent si vite. Que dois-je faire selon vous ?

Le questionna-t-elle alors qu'un petit sourire amusé fleurissait sur ses lèvres en se rendant compte qu'elle parlait d'elle et du fait qu'elle était un vampire, comme elle parlerait d'elle si elle était malade. Mais, ce n'était pas maladie, c'était ce qu'elle était, son être. Cela faisait parti d'elle et cela pour toujours.
Ils avaient encore un peu discuté de tout et de rien, de l'installation de la jeune femme et des nouvelles de Londres. La belle jeune femme osa lui demander s'il avait des nouvelles de la demoiselle Spencer.



Ils s'étaient levé au bout d'une petite heure pour rejoindre la salle de musique du Comte. Elle s'était laissé guider dans les couloirs tortueux en admirant les œuvres d'arts qui l'entouraient et la beauté générale et architecturale de la demeure du puissant vampire albinos.
La petite compagnie composée des trois vampires avaient donc gravis un étage avant de pénétrer dans la salle de musique du conseiller de la Reine, que la marquise regarda avec des grands yeux émerveillés, on aurait cru voir une enfant le jour de Noël.
Les instruments étaient superbes et venaient tous de grands artisans renommés, elle se retenait de se précipiter pour jouer et passer ses mains sur le bois précieux des instruments.
Elle fini par se poster près du piano et disposa un certain nombres de ses partions. Amaryllis s'appuya un peu contre le rebord et lui sourit.

- Accepteriez vous de m'accompagner Comte Keisuke ?
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Comte Keï
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MessageSujet: Re: Divine Mélodie [Amaryllis, Comte] [23/04/42] Mer 30 Sep - 13:06

Amaryllis était une femme charmante et, malgré les tensions qui avaient coloré leur première rencontre, Jirômaru était prêt à le reconnaître. Après tout, maintenant qu'il avait passé un pacte avec elle, son choix l'obligeait à la considérer comme une alliée, qu'il le veuille ou non. Le Prince de Bristol pouvait venir à Londres lui demander sa tête, il s'était mis dans une position des plus délicates, et cependant il l'acceptait. Ce qui était fait, était fait. Le Comte devait désormais assumer ses actes et tenir son serment.

A son arrivée, le vieux Vampire était en train de poursuivre ses recherches au sujet de Sarah. La jeune Spencer avait disparu dans la nature et nul ne savait si elle était encore en vie. Cela faisait trois jours que la belle avait été attaquée par des Vampires et sans doute précipitée dans la Tamise. Trois jours...et personne ne parvenait à la retrouver. Ni le Yard, ni la garde royale, ni ses parents, ni même les propres sbires du Comte n'avaient encore réussi à découvrir où elle se trouvait. Seul un lambeau de robe restait. Un lambeau...Autant dire rien. Aucun indice probant, aucun écho, pas même un cadavre sur la rive. C'était à devenir fou! Comment une aussi petite fille pouvait-elle échapper à son attention? Le fait même qu'elle ne se soit pas rendue au couvent et qu'il n'en ai jamais rien su avait prouvé au lord qu'il ne maîtrisait plus la situation. Détestable sensation. Aujourd'hui, il ne savait même pas où la chercher alors qu'il lui avait laissé une marque et qu'il reconnaîtrait son odeur, celle de son sang, parmi des milliers d'autres fragrances.
En plein coup de sang, Ambre était venue lui annoncer l'arrivée de la marquise. Cela l'avait quelque peu apaisé. Ses yeux, usés par ses recherches, n'en pouvaient plus. Son coeur séchait dans la rage et l'impuissance, et cette seconde rencontre allait sans doute l'animer un peu. Il avait donc tout délaissé, après avoir observé une dernière fois la carte des égouts, un lieu clé dans ses combats, pour rejoindre la belle cantatrice dans le petit salon près de l'entrée. Comme si son foulard et sa coiffure en catogan en avait fait un nouvel homme, il était passé du tout au tout: de la colère aux plaisantes mondanités entre confrères. C'était cela, porter un masque.

Amaryllis était déjà installée dans le premier salon lorsque le Comte la retrouva. Alphonse avait pris soin de la faire servir et de la mettre à l'aise. En franchissant l'encadrement de la porte, Jirômaru laissa son odorat capter toutes les senteurs qui rôdaient dans l'atmosphère de la pièce: le parfum envoûtant de la marquise, la douce et rassurante texture des odeurs que dégageaient les tapis et les tableaux qui ornaient les lieux, la présence d'Anne et d'Alphonse derrière les portes, le velours du sang dont Amaryllis venait de se délecter...
Et puis, ils échangèrent quelques banalités, et son regard anthracite saisit le sien alors qu'il lui faisait un baise-main des plus officiels. Son sourire fut sincère. Certes, la marquise le dérangeait dans ses recherches et elle lui faisait sans doute perdre un temps précieux, mais le Comte avait besoin de changer de rythme et de se reposer. Il l'avait rencontrée au Spirit et l'avait invitée sans savoir que pendant leur danse, cette même nuit, Sarah se faisait attaquer. Errer au Spirit avait été une bien mauvaise idée ce soir-là, mais qui aurait pu le prévoir? Le lord lui-même pensait alors que Sarah se trouvait au couvent de La Madeleine.

La belle marquise complimenta son hôte sur sa demeure et Jirômaru joua le jeu des mondanités.


- Je dois bien avouer que ce manoir m'est fort plaisant. Lorsque je l'ai acheté, je ne pensais pas y être aussi bien.

La jeune femme sortit ses partitions pour les lui exposer. Elle lui fit plusieurs propositions afin de lui permettre de choisir ce qu'il préférait écouter, signe de bonne éducation que le Comte apprécia grandement.

- Les chants grégoriens me vont parfaitement, Madame la marquise. Je serai enchanté de vous entendre m'en déclamer quelques uns à l'étage. Répondit-il en s'asseyant.

Ils s'étaient finalement installés l'un en face de l'autre et bientôt le Comte lui présenta rapidement Ambre qui prit place auprès d'eux. C'était sa comédienne fétiche, celle qui l'aidait dans la mise en scène et qui gérait sa troupe sur les planches pendant les répétitions. Elle était curieuse. Curieuse de voir ce que la marquise valait. Curieuse de savoir ce que son maître lui trouvait. Elle était également ravie de rencontrer-là une Vampire distinguée et de trouver en elle une nouvelle recrue pour le théâtre et l'opéra. Depuis l'échec de Coriolan, ils avaient besoin de visages nouveaux et de belles voix. S'ils voulaient redonner envie au public de venir voir leurs représentations, il fallait les rassurer quant à leur contenu.
Au signe de tête que lui adressa Amaryllis, la belle rousse lui répondit avec un sourire radieux.


- Je l'espère aussi. Fit-elle en inclinant légèrement la tête.

Alphonse entra avec les boissons. Amaryllis fut servie à nouveau et le Comte prit la coupe qui lui était destinée pendant qu'Ambre saisissait doucement la dernière qui resta sur le plateau argenté. Le sang était tiède, parfaitement présenté, sans trace sur les bords des récipients en cristal. Jirômaru leva son verre et invita aimablement la marquise à boire de nouveau.


- A notre collaboration. Dit-il tout simplement avant de se pencher sur son verre.

Lorsque ses lèvres touchèrent le liquide rougeoyant, une vague de satisfaction envahit l'ancien samouraï. Le sang d'Arnoldo était bon, moins savoureux que celui de Ludwig, mais il le satisfaisait amplement, surtout maintenant. Lui qui avait laissé de côté sa soif depuis qu'il s'était levé au milieu de l'après-midi pour travailler sur ses recherches se rendait maintenant compte à quel point il avait besoin de boire. Ambre avait raison: il devait se ménager. Avec les derniers événements qu'il avait vécus, ses forces étaient aussi inconstantes que la lune. Parfois, il se sentait si las qu'il était prêt à se laisser dépérir dans un coin au milieu des rats. Et puis, soudain, il se sentait plus puissant que jamais, prêt à défaire une armée d'un coup de sabre, à lancer ses sbires contre tous ses ennemis dans une guerre plus destructrice que jamais. Le sang de Joyce avait renforcé son Don Obscur et ralenti sa dégénérescence, mais il lui avait également transmis quelques relents mortellement mélancoliques ainsi que des tares transmises de génération en génération qui affaiblissaient l'esprit.

Amaryllis semblait tout aussi assoiffée que lui. En effet, même si elle conservait des manières de marquise, son regard brillait d'une flamme que son aîné ne connaissait que trop bien: celle de l'envie et de la Soif. Ne buvait-elle donc pas à sa guise malgré son statut? Non, elle le lui avait confié l'autre jour au Spirit. Elle lui avait même sous-entendu qu'elle ne savait pas se retenir et qu'elle perdait parfois le contrôle. C'était une des choses qui énervaient le plus le lord mais, maintenant qu'ils étaient liés par un pacte inaltérable, il n'avait plus le choix: il devait lui apprendre à se défaire de cette lugubre impatience. Il l'aiderait à se maîtriser et à se rassasier en lui fournissant des Blood Tablett ou en la poussant à entretenir des calices, comme il le faisait lui-même.
La jeune femme avait été poursuivie par des tueurs, d'où sa détresse actuelle. Elle avait vu périr son mari et s'était enfuie pour chercher un asile, sans trouver de répit, sans pouvoir étancher sa soif quand elle en avait besoin. Privée de sa sécurité, de son amour et d'une stabilité qui aurait pu lui permettre d'apprendre à se contrôler, elle se retrouvait à devoir tout réapprendre dans un nouvel environnement. Ce n'était pas une excuse valable pour céder à ses pulsions, et le Comte ne pouvait s'empêcher de détester les signes que la soif la dévorait, mais il pouvait la comprendre.
Heureusement, Amaryllis savait se tenir en sa présence et elle venait de déménager non loin de sa demeure pour pouvoir bénéficier à la fois de son aide et de sa protection. Cela permettrait au Comte de garder un oeil sur elle et de s'assurer que la jeune femme tiendrait ses engagements et sa Bête. Apparemment, la jeune marquise se sentait déjà plus à l'aise sous son nouveau toit.


- Je suis fort aise de l'apprendre! Fit le Comte avant de finir son verre et d'ajouter: Je viendrai vous rendre visite à l'occasion.

Quand il aurait du temps, visiter la marquise serait possible. Il pourrait ainsi voir de lui-même sa manière de gérer sa maisonnée et être certain que nul ne la dérangerait dans son environnement. Entrer chez elle serait également la preuve appuyée qu'il la protégeait aux yeux des Vampires ainsi que la preuve qu'ils étaient liés par un contrat aux yeux des humains.

Mais une chose semblait déjà inquiéter la belle cantatrice: ses domestiques. Le lord jeta un coup d'oeil à la porte que venaient de franchir les siens et tiqua légèrement.


- Vous devez vous entourer de gens de confiance, Amaryllis. Vos domestiques, humains comme Vampires, doivent connaître votre état, l'accepter et vous être entièrement dévoués. Les miens portent tous "la marque", ils m'appartiennent, même si je n'apprécie guère ce mot. Il faut absolument que vous fassiez le tri parmi ceux que vous possédez déjà sous votre toit et que vous marquiez les plus fidèles.

Cela sous-entendait évidemment le licenciement des plus humains voire la mort des suspicieux. C'était triste et sans doute un peu cruel, mais c'était nécessaire pour leur survie.

- Comme vous le dites, un "accident" est bien vite arrivé. Ce qu'il vous faut, c'est surtout un complice de notre race. Ici, Alphonse veille au grain. C'est celui qui vous a accueillie et qui vient de nous servir. Sous l'opéra, je n'ai presque que des Vampires dans mes serviteurs...Jirômaru se pencha un peu en arrière et croisa les jambes en soupirant. C'est une nécessité.

L'heure passa rapidement autour de ce sujet piquant. Le Comte expliqua à Amaryllis les démarches à suivre pour s'entourer de domestiques de confiance. Les trier, les marquer et les rassurer était obligatoire. Elle devrait leur jurer protection, sans forcément aller jusqu'au serment, et leur montrer qu'ils travailleraient en harmonie, afin d'obtenir leur confiance et leur aide. D'ailleurs, s'immiscer dans leurs pensées pour les guider dans la bonne voie était une solution qu'il avait lui-même employée. Au passage, le lord glissa à la jeune marquise l'idée que des calices étaient, eux aussi, nécessaires sous un toit de Vampire. Pour limiter la soif et survivre dans de bonnes conditions, les Blood Tablett n'étaient pas encore suffisantes. Au bout d'un moment, le Comte en vint même à conseiller à son invitée de s'installer un cercueil dans un sous-sol, au cas où les choses tourneraient mal en dépit de ses propres gardiens qui rôdaient autour de sa demeure depuis son installation. Pour faire venir des cercueils, un pour sa chambre et un pour sa cave, il avait des hommes de mains capables de se faire discrets. Ils viendraient la fournir d'ici la semaine prochaine.

Au carillon qui sonna, Jirômaru proposa de monter à l'étage afin de gagner la salle de musique. Ces sujets houleux seraient approfondis une autre fois. Pour l'heure, il était temps qu'ils se détendent tout à fait et profitent de la soirée qui leur était offerte.
Laissant leurs verres sur la table basse, les Vampires se levèrent. Ambre passa devant pour ouvrir les portes aux nouveaux associés et le Comte eut la politesse de présenter quelques tableaux à la belle cantatrice lorsqu'ils arrivèrent dans le couloir au sommet des escaliers. Le XVème siècle avait été riche en natures mortes et scènes religieuses et le lord aimait beaucoup les détails que l'on oubliait souvent de regarder aux arrières-plans.

Une fois dans la salle de musique, le Comte laissa Amaryllis découvrir cette dernière. Vaste, pleine d'instruments de toutes sortes et des plus agréables, elle leur tendait les bras et les invitait à jouer. Ambre partit s'asseoir sur une chaise molletonnée avec une partie des feuillets qu'Amaryllis avait ramenés afin de les analyser en détails. Pendant ce temps, le Comte observait son invitée installer ses partitions grégoriennes sur le piano à queue qui trônait au centre de la pièce comme élément magistral. Doucement, le Vampire se rapprocha de la belle cantatrice et saisit son regard. Ils étaient un peu plus près l'un de l'autre que ne l'aurait voulu la bienséance lorsqu'elle lui proposa de l'accompagner au piano.


- Mais ce sera avec plaisir...Répondit aussitôt le lord avec un sourire équivoque.

Caressant la surface du piano, il en contourna l'angle avec légèreté avant de s'asseoir sur le banc cousu de fils doré. Il leva alors le menton pour sourire à la jeune femme, détendit ses longs doigts d'albâtre au dessus des touches noires et blanches et commença à jouer. Chaque note s'élevait de l'instrument comme une vague pleine d'écume s'envole pour toucher le ciel de sa splendeur.
Ambre se redressa pour écouter le duo qui venait de se former. Les notes de son maître étaient parfaites. Jirômaru avait toujours excellé au piano, c'était son instrument fétiche. La jeune femme ferma les yeux un instant pour écouter ses accords et se laisser transporter par l'acoustique de la salle. La voix d'Amaryllis se superposa alors à la douce mélodie qui transcendait les lieux et ce fut une révélation pour la comédienne: oui, la marquise avait un don, un don magnifique, une voix merveilleuse. C'était la plus belle voix qu'elle avait entendue depuis des dizaines d'années...

Le Comte joua longtemps, jusqu'au bout du premier chant, sans se déconcentrer une seconde. Pourtant, la voix que lui offrait sa consoeur venait de lui donner un véritable frisson de joie. Enfin! Il l'avait trouvée! Cette voix était un délice! Il fallait qu'elle chante pour lui! Il fallait qu'elle rejoigne sa troupe et chante pour Londres!
Oui, Amaryllis serait sa nouvelle cantatrice.

A la fin du premier chant grégorien, Jirômaru laissa ses doigts quitter les touches de son instrument pour saisir avec douceur ceux de la jeune femme. Ambre applaudissait en souriant comme jamais.


- Madame, votre voix est une perle à la perfection rare...Vous avoir dans ma troupe me donnerait une grande joie!

Ce disant, il glissa un coup d'oeil à Ambre qui lui sourit d'un air complice et s'inclina pour les saluer tous deux avant de quitter la pièce. Elle avait laissé les partitions de la marquise sur une table basse près des violons.

- Miss Ghrianstad est convaincue. Bienvenue dans notre troupe! Fit le Comte en riant. Puis, il lâcha les mains de la belle Vampire et se replaça correctement en face de son clavier. J'aimerai vous entendre encore...

Le second chant était plus austère mais parfaitement en accord avec la voix claire d'Amaryllis. Jirômaru se laissa porter par la mélodie et ses doigts parcoururent les touches de son piano avec plus de plaisir encore que la première fois. Leur alliance, qui était née dans des circonstances quelques peu tragiques et nécessaires, prenait une tournure plus posée et sincère. Amaryllis rejoignait officiellement les rangs du Comte.


> Jirômaru Keisuke <

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MessageSujet: Re: Divine Mélodie [Amaryllis, Comte] [23/04/42] Ven 11 Déc - 0:34

La jeune femme continuait d’admirer le manoir de celui à qui elle avait maintenant confié sa vie, certes pas sans une certaine garantie, mais en qui elle devait tout de même se montrer confiante et en échange être une loyale servante. Elle ne pouvait s’empêcher d’espérer que cela se cantonnerait a fait de faire la réputation de sa troupe, mais elle en doutait. Surtout pas après qu’elle lui ait révélé l’un de ses pouvoirs de vampire qui pouvait lui être utile en espionnage.  Mais elle s’y plierait, elle ferait son devoir quoi que cela lui en coûte et bientôt le sang du baron et de ses sbires rougirait toute l’Angleterre si ce n’est l’Europe elle-même.
La jeune femme replaça en un geste chargé de grâce une mèche de ses longs cheveux oscillants entre un flamboyant blond et un tendre roux tout en dégustant ce délicieux nectar qui lui permettait un peu d’oublier le manque perpétuel qu’elle ressentait et qui s’était peut être accru depuis la mort de sa moitié.
Les deux aristocrates se plièrent volontiers aux mondanités en déblatérant quelques instants, parlant surtout du magnifique domaine qu’avait acquis il y a un certain nombre d’années à présent le lord Keisuke.
Enfin ils étaient passés aux choses sérieuses ou du moins ce qui passionnait la marquise aux yeux de glaces, le chant et la musique. Elle avait sorti ses partitions avec mesure comme à son habitude même si au fond d’elle, Amaryllis frétillait d’une impatience nouvelle. Prouver ce qu’elle valait à cet homme qui risquait beaucoup pour elle et s’était même abaissé à forgé un serment de protection.

Elle fut presque soulagée en l’entendant choisir les chants Grégoriens, ce qu’elle maîtrisait peut être le mieux et ce avec beaucoup d’ironie. Depuis combien de temps n’avait-elle pas pu remettre les pieds dans un Eglise malgré son ancienne piété ?
Amaryllis commençait à devenir agitée dans son intérieur. Elle était enthousiaste en réalité, elle voyait enfin des semblables, des gens dont elle n’avait pas dans l’immédiat à se méfier ni à manipuler. Cela lui procurait une joie presque enfantine et un intense soulagement. Depuis combien de temps maintenant vivait-elle seule et enveloppé d’un lourd manteau de peur ? Cela suffisait, elle allait pouvoir tout recommencer pour mieux achever sa vie de tragédienne et de meurtrière.
La séduisante vampire trinqua avec un léger sourire aux lèvres et souffla de sa voix suave :


- Et au futur succès de cette collaboration.

Cette fragrance… cette douceur qui ravissait ses papilles et ce monstre qui glapissait dans son ventre qui se calmait, sa force lui revenant tout entière alors qu’elle savourait chaque petite gorgée du liquide qui emplissait la coupe de cristal poli que lui avait offerte le Comte. Il était également impressionnant de boire en sa présence, elle sentait son aura près d’elle grandir, prête à l’écraser. Cela lui rappela avec nostalgie son défunt mari lorsqu’il se nourrissait à son cou sans se soucier de sa dégénérescence. Et le malaise qu’elle avait ressenti la seule fois où elle avait été confrontée au Baron qui avait égorgé un humain devant elle pour se nourrir et leur montrer sa puissance.
La jeune femme à la peau de nacre était bien consciente également du mécontentement que pouvait provoquer chez le Prince de Londres la soif dévorante qu’elle ressentait, mais elle se refusait de mettre leur réputation en péril et même leur vie ce qui serait le cas si elle se laissait aller à ses dangereux vices.
Ils se mirent à parler de son installation près de l’Opéra et aux commodités dont elle devait s’occuper à présent. En entendant sa réponse la jeune femme avait souri et incliné la tête.


- Ma porte vous est ouverte Comte, ainsi qu’à vous mademoiselle bien-entendu.

Répondit-elle poliment en reposant sa coupe et en gardant ses mains posées à plat sur sa robe sombre réfléchissant aux paroles du bel et à la fois effrayant albinos. En tout cas elle n’aurait plus aucune crainte à se faire une fois qu’ils seraient apparu tous deux et qu’il serait venu chez elle en une visite de courtoisie ou à une réception.

La jeune femme ne put s’empêcher de pincer les lèvres en l’entendant et de prendre une mine soucieuse. Cela l’embêtait cruellement de devoir licencier des innocents humains qui risquaient d’avoir des difficultés à retrouver du travail et qui allaient devoir quitter le lieu qui était devenu leur maison depuis peut être plusieurs années. Cela la dérangeait, mais il avait raison c’était nécessaire pour sa survie et qu’elle n’ait pas à craindre de maladresses de la part de ses serviteurs.


- Je ferai donc ce difficile tri. Pourriez-vous me recommander quelqu’un appartenant du monde de la nuit et qui pourrait rejoindre ma domesticité et en qui je pourrai avoir toute confiance ?

Lui demanda-t-elle en le détaillant sans retenue de ses yeux étincelants sous l’effet du sang humain. Elle écouta toutes les démarches à suivre pour que ses domestiques lui jurent une fidélité à toute épreuve. Cela ne semblait pas trop complexe, mais elle préférait être attentive et grava tout dans sa mémoire se promettant de s’y atteler une fois rentrée. Elle griffonna également ses préférences par rapport au cercueil et promit de se trouver des calices pour éviter d’attaquer des innocents une nouvelle fois si vraiment les blood tabletts ne suffisaient pas.

La belle chanteuse aux longues boucles rousses se laissa guidée dans le grand manoir et regarda avec attention chaque tableau que lui présenta le Comte Keisuke, cela lui faisait du bien de discuter de futilités, d’art et d’autres choses qui n’avaient rien à voir avec le monde de la nuit. Certain tableaux étaient vraiment remarquable et certains étaient même célèbres, elle eut un pincement au cœur en se rappelant des œuvres qu’elle avait autrefois acheté et qui maintenant devaient être réparties dans les repères du Sabbat. Amaryllis fut très heureuse qu’il lui montre certains détails qu’elle n’aurait peut-être pas pu remarquer par elle-même.
Lorsqu’ils furent dans la salle de musique, la joie qui se lisait sur son visage était comparable à celle d’un enfant le soir de Noel qui recevrait le cadeau de ses rêves. Les instruments étaient des œuvres d’arts à eux seuls et elle n’osait imaginer le son qui devait s’en dégager. Il lui suffisait de contempler le piano à queue pour imaginer les cordes vibré sous ses longs doigts fins. Elle devait se retenir pour ne pas oublier son hôte et se mettre à essayer tous les instruments qui se trouvaient dans la pièce.
La jeune vampire se reprit et installa sagement les partitions avant de lui demander s’il aurait l’obligeance de l’accompagner au piano lorsqu’elle chanterait.

Plongeant son regard dans le sien elle lui sourit en retour avant de se redresser et d’échauffer sa voix quelques instants pour éviter de se blesser. Une fois ces échauffements finis elle fit signe au Comte qu’il pouvait commencer et ils formèrent un parfait duo, presque hypnotisant tant ils effleuraient la perfection et s’accordaient. La jeune femme se sentit renaître alors que sa voix se répercutait contre les murs, enfin elle se sentait en vie. Que c’était bon… elle aimait tellement cela. Au bout d’un moment qu’elle n’aurait su dire long ou non, la douce et mélodieuse voix de la cantatrice mourut.
Elle battit de ses longs cils et tourna la tête pour constater que ses doigts étaient emprisonnés dans ceux du conseiller de la Reine. Elle s’inclina devant lui et leur observatrice avec grâce avant de se redresser, les yeux brillants d’émotions et de larmes de joies contenues.


- Je vous remercie de votre confiance mademoiselle et merci de m’avoir accompagné Comte.

Murmura la belle cantatrice avec une reconnaissance non feinte tant elle était ému par ce plaisir si familier enfin retrouvé.
Elle s’inclina une nouvelle fois pour saluer la très belle rousse qui devait être l’une des conseillères du Comte en plus d’être comédienne.
La jeune marquise se contenta d’un aimable sourire à son protecteur en l’entendant et se remit à chanter pour lui avec un plaisir non feint. Ils enchainèrent sur un troisième chant qui lui fut un peu plus joyeux que les précédents, changeant de registre.

Le quatrième chant était accompagné d’un piano à quatre mains. Amaryllis se tourna vers le Comte et s’assit près de lui pour se mettre à jouer tout en chantant à ses côtés, jouant presque aussi bien que son hôte malgré sa moindre expérience et sa concentration sur le chant. Ce moment était unique, presque hors du temps et d’une incroyable intimité pour deux personnes qui se connaissaient à peine. Elle n’avait pas un seul instant imaginer vivre cela en entrant dans la demeure du vampire.
Lorsque ce moment fut achevé elle se leva et s’inclina devant lui en une profonde révérence.


- Monsieur vous avez toute ma gratitude pour cet instant, j’ai rarement été accompagné par un soliste si talentueux. Je vous servirai loyalement, ma fidélité vous est acquise et pas uniquement par obligation. Ordonnez et j’obéirai.

Promit-elle avec conviction ses prunelles se plongeant dans les siennes qui brillaient de franchise et d’une certaine admiration. La comédienne était persuadée que la musique montrait le vrai visage des gens et même si elle ne doutait pas de sa cruauté, elle ne doutait plus qu’elle était prête à le suivre jusqu’à accomplir sa vengeance.
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Comte Keï
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MessageSujet: Re: Divine Mélodie [Amaryllis, Comte] [23/04/42] Mar 29 Déc - 12:07

Jouer à quatre mains n'était pas dans les habitudes du Comte. Souvent seul dans sa salle de musique, que ce soit dans son manoir ou sous l'opéra, le vieux Vampire ne pouvait généralement compter que sur lui-même pour interpréter les œuvres des plus grands.
Cela ne lui avait cependant jamais déplu, car Jirômaru avait depuis longtemps apprivoisé la solitude. Son don pour le piano vibrait à ses oreilles comme le parfait accomplissement de son talent. C'était pour lui une véritable fierté, une satisfaction personnelle face à la partition qu'il ne regardait même plus. Et puis, cela lui permettait de laisser son esprit vagabonder comme bon lui semblait, loin de ses soucis, loin de ses responsabilités qui, parfois, lui pesaient lourdement sur le cœur. La musique lui servait d'exutoire et il n'avait jamais eu besoin de qui que ce soit pour la pratiquer.
Dans les salons, il faisait volontiers la démonstration de son savoir-faire et on l'y admirait autant que sur scène lorsqu'il donnait des représentations où l'on reconnaissait son doigté inégalé. Mais jamais personne n'osait le rejoindre, par respect, par pudeur peut être aussi. En effet, la proximité qu'un morceau à quatre mains nécessitait n'était pas décente dans le beau monde. D'ailleurs, si les lords de sa trempe évitaient de les mettre à l'honneur, c'était d'autant plus son cas qu'il était conseiller de la reine, extrêmement riche et puissant, et que ces derniers temps, il était même en phase de se marier. Jirômaru inspirait autant de respect que de crainte à ses comparses et les règles de la bienséance s'appliquaient toujours avec zèle dans son entourage. Nul ne voulait se risquer à lui déplaire ou à le mettre dans une position délicate.

Ce soir, le monde de la nuit lui offrait donc une opportunité rare. Le vieux Vampire n'avait pas hésité une seule seconde à faire de la place à Amaryllis lorsqu'elle lui avait proposé ce morceau. Après tout, pour juger de son talent, quoi de mieux qu'un tel exercice ? La mesure devait être parfaite et la synchronisation avec son coéquipier devait paraître naturelle. Ce n'était pas une pratique évidente. Oui, ce petit duo lui montrerait de quoi était capable la jeune duchesse.
La mélodie qu'il entama avec Amaryllis à ses côtés le transporta de joie. Cela faisait une éternité qu'il n'avait plus joué ce morceau et le retrouver fut comme revenir aux sources de son apprentissage, à l'époque où l'un de ses associés en Italie lui apprenait cette nouvelle danse à vingts doigts. Des souvenirs heureux revinrent à son esprit. Rome avait été dans son parcourt une véritable bénédiction et, si les affaires et ses projets ne le retenaient pas à Londres, sans doute s'y serait-il définitivement installé pour couler des jours paisibles.
Les dernières notes une fois jouées, Amaryllis se leva et le Comte l'accompagna. Tout sourire, il lui prit la main pour y déposer un baise-main et exprima son contentement :


- Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas joué à quatre mains ! Vous êtes pleine de surprises, my lady. Vous avez convaincu mon équipière tout à l'heure et vous m'avez maintenant tout à fait conquis. Je pense que notre association fera des merveilles !

Lâchant la main de la belle rousse, le lord jeta un dernier regard sur ses partitions. Il faudrait organiser un spectacle. Amaryllis pouvait certes chanter dans l'un de ses opéras ou dans une de ses pièces au théâtre, mais elle pouvait également ravir un public dans une démonstration de ses talents au piano. Et s'ils jouaient ensemble malgré tout ? Qu'en dirait le beau monde ? Ils provoqueraient sans doute une véritable passion chez les mélomanes de la capitale ! Oui, il devait inviter les plus hauts lords à venir dîner et faire descendre le piano dans la salle à manger...
Alors qu'il était en train de songer à la mise en place d'une telle soirée, le Comte entendit Amaryllis lui répéter que sa fidélité lui était acquise.
Le sourire du Comte se fit alors soudainement carnassier. Il adorait que l'on ploie l'échine devant lui et qu'on lui offre plus que ce qu'il attendait en apparence. Amaryllis était une belle femme et il commençait à la dévorer des yeux d'autant plus que sa voix et son habileté au piano l'avaient véritablement transporté. Mais ce qui lui plaisait le plus chez elle, c'était sa manière de rester dans les convenances les plus obscènes afin de garantir sa protection. Malgré le pacte qu'ils avaient passé ensemble, le Comte aurait pu la mener en bateau et en faire une marionnette de plus dans sa collection, mais l'attitude humble de la cantatrice le poussait à n'en rien faire et à tenir ses engagements comme tout bon gentleman. Il appréciait le dévouement, semble-t-il sincère, dont sa consœur faisait preuve ce soir et la regardait d'un autre œil. Pour lui, elle méritait qu'il s'interpose entre elle et le duc de Bristol. Elle méritait également de faire partie de sa troupe de théâtre et de l'accompagner dans les salons. Ils seraient désormais amis et la société entière louerait leur belle entente.
Évidemment, au moindre faux pas, le vieux Vampire saurait la remettre sur le droit chemin. Pacte ou non, il ne comptait pas non plus s'encombrer d'une traîtresse potentielle. Amaryllis avait plutôt intérêt à lui prouver régulièrement qu'il pouvait lui faire confiance.


- Notre accord, commença le Vampire en se rapprochant sensiblement de la jeune femme, ne nécessite pas que je vous donne des « ordres ». Son regard anthracite tomba dans l'azur du sien et le Comte laissa ses doigts frôler la surface des touches du piano près de lui. Cependant, je prends note de ce que vous venez de me dire. Je considérerai cela comme une nouvelle garantie de votre fidélité.

Contrairement aux apparences, cette soirée avait été très productive. Les deux Vampires ne s'étaient pas contentés de boire un verre en tête à tête et de parler musique, ils avaient confirmé leur pacte et mis en place la réhabilitation d'Amaryllis à la fois dans le monde de la nuit et au grand jour. Le Comte la prenait maintenant réellement sous son aile, sur les deux plans, et ils venaient de s'accorder non seulement sur leur façon de voir les choses, mais aussi sur leur futur collaboration publique, sur l'installation de la cantatrice et son nouveau rythme de vie.
La belle devait rendre sa demeure plus sécuritaire, plus confortable aussi. Elle avait déménagé non loin de lui et devait maintenant choisir ses domestiques, en faire un tri consciencieux et engager des hommes de mains dignes de confiance. Elle devait se fournir deux cercueils, pour dormir et garantir sa sécurité, ainsi que des Blood Tablett pour se nourrir convenablement en toute circonstance et éviter de provoquer des scandales en attaquant n'importe qui n'importe comme. Elle ne devait pas non plus oublier de répandre le fait qu'elle soit désormais associée avec le Comte Keisuke afin de laisser les commères faire le reste du travail. La société entière devait se préparer à leur entente et les sbires du Duc de Bristol auraient bientôt une bien mauvaise nouvelle à rapporter à leur maître.
Tout cela mettrait un peu de temps à se mettre en place, c'était normal, mais Jirômaru allait accélérer les démarches en aidant la belle du mieux qu'il le pourrait.


- Pour en revenir à ce que nous disions tout à l'heure...Fit-il soudain en s'éloignant un peu d'Amaryllis sur laquelle il était en train de jeter un regard plus osé. Je vous enverrai un calice. Demain. Il vous servira jusqu'à ce que vous ayez trouvé vos propres gens. Je vous enverrai également une gouvernante qui pourra vous aider à recruter des domestiques de confiance. Elle restera à votre service et vous sera, je pense, d'une aide précieuse. Elle possède le Don Obscur depuis un peu plus d'un siècle et sait se contrôler. Elle servait de gouvernante à un vieil homme de ma connaissance qui s'est éteint récemment. Cela lui fera plaisir. Évidemment, je vous demanderai de ne pas me les « abîmer ». J'y tiens, comme à n'importe quel membre de mon personnel. Le regard entendu du Comte ne laissait aucun doute quant à son respect de la vie concernant ses domestiques et sbires. Au sujet des cercueils, reprit-il sur un ton presque badin, je vous les ferai livrer la semaine prochaine, comme convenu. Il faudra que vous soyez certaine que votre manoir n'est pas surveillé. Bien entendu, ils ne seront que provisoires, et sans doute d'une qualité moindre que ce que vous pourriez vous fournir plus tard, mais ils vous seront utiles dans les premiers temps de votre installation. Lorsque vous en commanderez d'autres, je ne saurais que trop vous conseiller l'ébène...C'est un bois rare, mais il est bien plus agréable que les autres.

Une fois que le Comte fut certain que sa consœur avait bien compris ce qu'elle avait à faire pour que son installation soit complète, il lui donna quelques précieux conseils quant à sa nouvelle vie à Londres. Il lui expliqua les salons à éviter (le Pall Mall et le Spirit), lui exposa la dangerosité de certains parcs (le Suzanne et le Regent) et lui recommanda chaudement d'éviter les docks, surtout à la pleine lune, ainsi que la lande (repaires des Loups-Garous qui se multipliaient depuis quelques mois). Il lui rappela au passage que leur pacte ne la protégeait pas réellement d'une attaque des Vampires du Duc de Bristol et ne l'aidait pas à gérer sa maisonnée. Il faudrait qu'elle reste efficace, attentive et prudente.
Enfin, alors qu'il raccompagnait la belle dans l'entrée, le Comte appela Alphonse et ce dernier lui ramena un objet sur un plateau.


- Tenez...Fit le vieux Vampire enfin en glissant entre les mains de la jeune femme une boite en fer blanc. Je peux vous en fournir d'autres, mais cela coûte cher et ne convient pas à tous. Ce sont les meilleures de la ville...Je les expérimente avec Mlle Stephenson et nous sommes plutôt satisfaits du résultat de celles-ci.

C'était des Blood Tablett. Les comprimés se présentaient sous la forme de petits cachets ovales, blancs comme la neige, lisses comme le marbre. Ils étaient numérotés, de 1 à 24, et reposaient pêle-mêle dans le compartiment de fer qui prenait l'allure d'un petit étui à cigares.

- Elles peuvent vous faire un peu moins d'un mois, si vous en prenez une par jour. Sinon, elles peuvent durer près d'un mois et demi, voire deux mois. Personnellement, je ne les utilise qu'un jour sur trois environ, pour éviter d'en ingérer de trop, et j'en ai toujours sur moi pour le cas où je doive sortir sans pouvoir garder de calice sous la dent. Méfiez-vous, elles ne peuvent pas encore remplacer le sang frais...Vous éprouverez toujours une sensation de manque et vous pouvez même les rejeter...

Le regard du Comte brilla d'une étrange lueur. Il semblait avertir la belle des dangers que représentait le palliatif. Il était connu que les Blood Tablett ne nourrissaient pas autant un Vampire que le sang pris au cou de jeune victime dégotée dans la rue, mais peu savaient qu'elles accéléraient la dégénérescence de leurs semblables et qu'elles pouvaient également être complètement rejetées par l'organisme, au point de rendre malade. Avec un peu de chance, l'organisme d'Amaryllis les accepterait.

- Une dernière chose...Ajouta le lord avant d'ouvrir la porte qui donnait sur l'extérieur. Vous n'êtes pas sans savoir que je suis actuellement à la recherche de Sarah Spencer...Si vous trouviez des informations à ce sujet, je vous saurais gré de me les transmettre au plus vite.

***********************

Lorsque la cantatrice fut partie, le Comte retourna dans son bureau. L'esprit de nouveau agité, il reprit la carte des catacombes et s'installa dans un fauteuil pour l'analyser. Depuis qu'il avait tué Joyce, tout s'était accéléré. La Camarilla semblait avoir voulu se venger en attaquant Sarah, comme en témoignait la chevalière trouvée sur les lieux de sa disparition, mais Bartholomew lui jurait presque que c'était l’œuvre du Sabbat. Qui croire ? Jirômaru ne savait plus sur quel chemin se lancer.

Une guerre était inévitable...mais contre qui ?


[HRP/ Fin du RP avec le Comte. Suite à venir./HRP]


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Divine Mélodie [Amaryllis, Comte] [23/04/42]

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