L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Le Temps d'une vie de l'autre, Partie 2/2 [15/03/42]

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Sarah Spencer
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MessageSujet: Le Temps d'une vie de l'autre, Partie 2/2 [15/03/42] Ven 7 Mar - 23:23

[HRP: en provenance de Le chant de l'oubli]

L’aube étirait paresseusement ses premiers rayons en ce matin froid de printemps. Les rues étaient désertes, encore emplies du brouillard familier qui n’allait pas tarder à quitter ses rues.

Le petit fiacre termina de traverser le centre de la ville pour s’engager dans le quartier de St-James. Ici, l’agitation commençait à se manifester et à déranger la quiétude matinale. Les premiers domestiques, commerçant, balayeur de rue, se mettait déjà à la tâche préparant la longue journée qui allait être là leur.

L’oscillement régulier de la calèche avait endormis l’un de ses occupants. Elle agissait comme une certaine quiétude, une berceuse douce qui plongeait ses passagers dans une torpeur proche du sommeil. Si l’un d’eux dormait d’un sommeil profond, son compagnon lui, avait les yeux grands ouverts, observant le paysage si familier de Londres qu’il traversait.

Si le sommeil l’accablait, quelque chose l’empêchait de faire comme son ami et de sombrer définitivement dans les bras de Morphée. C’était une impression désagréable, un malaise profond qui ébranlait son âme. Il avait un très mauvais pressentiment qui se ressentait jusque dans son corps qui s’était recouvert d’une légère chair de poule. La soirée ne s’était pas déroulée comme il le souhaitait. Sa rencontre avec l’homme près du théâtre l’avait profondément marqué. À force de côtoyer des vampires et des loups-garous, il avait fini par oublier que des gens avec des problèmes d’esprits, de simple voleur et meurtrier, existaient. Comment avait-il pu être si négligent? Il avait bien failli y laisser des plumes. Non, il allait tout faire pour se tenir loin des hommes de ce genre. Une profonde solitude envahit l’esprit déjà embrumé par l’alcool du jeune homme. Il n’avait toujours aucune nouvelle de ses contacts, de ses alliés, d’Alexender... Il avait l’impression d’être seul au monde, un sentiment de mal-être le saisit tandis qu’il songeait avec amertume qu’il était désormais pris au piège, lui aussi.

Le fiacre cessa soudain. Il était arrivé. Prenant appui sur sa canne, il sortit de l’espace exigu, arrachant au passage une grimace à son ami qui dormait encore profondément. La soudaine lumière fit plisser les yeux de Gabriel derrière ses épaisses lunettes noires. Il cligna des paupières à quelques reprises avant de lancer une pièce au conducteur. Il venait à peine de s’éloigner lorsque le fiacre s’ébranla de nouveau, repartant dans la brume mourante du matin. Gravissant les marches de l’Hôtel Albany, Fitzwilliam attrapa au passage un exemplaire du journal qui n’avait pas encore été ramassé par les domestiques de l’hôtel. Il le glissa machinalement sous son bras avant d’entrer. L’endroit semblait encore endormi. Seul le maitre d’Hôtel restait fidèle à son poste, derrière le comptoir. Il salua le nouvel arrivant d’un signe de tête sans dire un seul mot. Il avait l’habitude de voir les clients entrés à toute heure du jour. Il avait appris avec les années qu’il valait mieux ne rien demander. Ces dandys avaient leur vie et leurs petites affaires.

Gabriel entra dans sa petite chambre mal éclairée avant de refermer la porte derrière lui. Comme un automate, il enleva son chapeau avant de s’avancer dans la pièce. La chambre était plongée dans une légère obscurité, simplement dérangée par les rideaux blancs qui laissaient entrer l’aube qui se levait paresseusement. La chambre était un modèle souverain de nudité. D’une grandeur modeste, on retrouvait ça et là quelques meubles sans grandes valeurs éparpillés sans harmonie. Dans un coin se trouvait un lit simple, à moitié défait, les couvertures de coton rejetées avec négligence au pied du lit. À l’autre extrémité une petite table qui contenait un grand bol d’eau ainsi qu’un miroir. Au milieu, face à la porte, trônait un secrétaire, bien posé sous l’unique fenêtre de la pièce. C’était l’unique meuble digne d’intérêt dans la pièce. Encombré par un nombre incroyable de papiers, de lettres, de coupures de journaux, on voyait à peine le brun foncé de son vernis. Ouvrant son manteau, Gabriel en sortit deux journaux qui vinrent, une fois posé, encombrer encore plus l’humble petit bureau. Il s’agissait des deux documents les plus importants qu’il emportait toujours avec lui. Son journal et celui du Comte. Pour rien au monde il ne s’en serait séparé. À ses deux documents, il déposa le journal qu’il venait de récupérer.

La fatigue venait de le prendre tout entier et l’alcool n’aidait en rien. Il enleva son manteau qui trouva place sur l’unique chaise de la pièce, aussitôt joint par le chapeau. Profitant des quelques pas qui le séparaient de la petite table, il enleva sa veste et dénoua d’une main lasse la cravate noire qui lui enserrait le cou. Arrivé près de la table, surmontée d’un miroir, le jeune homme poussa un soupir en observant son reflet. Sa peau était pâle, ses cernes si foncés qu’il en faisait peur. Heureusement, ses épaisses lunettes noires masquaient le tout. D’un geste lent, il les enleva, révélant l’éclat bleu de ses yeux. Il trempa le bout de ses doigts dans l’eau tiède de la table puis, avec minutie, il décolla le masque qu’il portait. Il commença par les faux sourcils bien garnis de noir qu’il portait, révélant l’ossature fine de son front. Puis, il enleva la fine moustache qui ornait le haut de sa lèvre. Les mains de nouveau dans l’eau, il s’appliqua à frotter vigoureusement son visage, faisant disparaitre le maquillage si bien soigné qui le ornait. Il attrapa la serviette posée près du bol d’eau et il épongea minutieusement la peau. Le ruban qui retenait ses longs cheveux noirs fut enlevé, laissant les mèches retomber avec douceur le long des épaules jusqu’au milieu du dos. La serviette posée, Sarah Spencer s’observa de nouveau dans le miroir.

Son déguisement, bien soigneusement réalisé par l’assistante de l’une des plus grandes comédiennes anglaise, avait été conçu spécialement pour elle. Chaque détail venait s’harmoniser à ses traits pour donner l’illusion de l’homme qu’elle était devenue. Le rôle quelle jouait était toutefois difficile à maintenir. Jamais elle ne s’était doutée que le monde des hommes pouvait être aussi difficile et dénuer de sens. Si la majorité parlait politique, les autres n’étaient que des bedeaux richement parés aux manières perfides. Ils jouaient, s’enivraient, perdaient des sommes considérables sans aucun remords, vociférait contre leur femme et enfant avant de retourner chez eux en titubant. Comme une société moderne comme la leur pouvait-elle se permettre d’évoluer avec des protagonistes de la sorte? C’était ces mêmes qui votaient les lois, faisait régner la justice alors qu’ils étaient incapables de se tenir eux-mêmes. Grâce à Dieu, c’était une reine qui gouvernait leur chère Angleterre... Avec une certaine amertume, Sarah se détacha de son reflet. Comment s’était-elle imaginé pouvoir changer quelque chose à ce monde? Elle évoluait à petits pas et elle n’avait guère le temps de faire trainer la chose ce qui la révulsait au plus profond d’elle-même. Il ne lui restait que 4 jours. Le doute commençait simplement à germer dans l’esprit de la haute société. L’innocence d’Alex commençait à peine à paraitre dans leur esprit. Elle ne pouvait faire mieux ni plus rapidement.

Alors qu’elle allait définitivement se mettre au lit, une enveloppe posée en évidence sur le monticule de papier qui recouvrait le petit bureau de la location attira son regard. Il s’agissait d’une lettre, repliée sur elle-même de manière à former une enveloppe. Le papier était de mauvaise qualité, presque voisin du carton. Sarah se précipita avec une certaine fébrilité sur la lettre. Personne ne lui écrivait et les seuls qui le faisaient méritaient l’entièreté de son attention. La fatigue et l’épuisement disparurent d’un seul coup tandis que ses yeux bleus parcouraient l’écriture malhabile. Un air perplexe se dessina sur le visage de la jeune femme tandis que ses doigts froissaient le papier d’un geste rapide. Les nouvelles n’étaient pas bonnes. Son contact l’avisait que des hommes fouillaient chaque imprimerie afin de trouver d’où venait le pamphlet publié quelques jours plutôt. Ils avaient interrogé tout le monde et ils avaient fini par savoir que le gardien du Daily Mayor avait été payé pour ne pas se présenter au travail. Sarah sentit une colère sourde pointer en elle. Heureusement qu’elle s’était arrangée pour ne pas entrer directement en contacte avec l’homme, se contentant de lui envoyer une lettre anonyme pour l’aviser de ne pas se présenter au travail. L’argent avait été déposé par la suite à son domicile sans que personne ne la voie. Toutefois, le fait que des espions soient déjà à sa recherche la troublait profondément. Son écrit avait eu plus d’effet qu’elle ne l’avait songé. Le destin était décidément contre elle. Tout depuis cette nuit fatidique n’avait été qu’épreuve et souffrance. Elle en venait presque à souhaiter de n’avoirs jamais survécut à sa première rencontre avec le Comte. Il aurait dû la laisser se vider de son sang sous un arbre du parc. Il n’aurait jamais dû la laisser vivre. À ce souvenir, la jeune femme frissonna. Malgré tout, elle n’arrivait pas à se libérer de la hantise de cet homme. Il venait, chaque nuit, déranger ses pensées, son sommeil. Elle vivait chaque jour dans l’attente et la peur de le voir surgir au détour d’une rue. Heureusement, il semblait qu’il soit enfermé dans son domaine, se remettant peu à peu de ses blessures. À cette pensée, la Chasseuse mit une main sur sa cuisse. La douleur lui revenait souvenant. Assez pour qu’elle ait à se déplacer avec une canne. Cette caractéristique l’avait bien aidé dans les salons. On la surnommait le boiteux mais tout le monde reconnaissait son personnage de Gabriel et tout le monde l’écoutait. Elle avait réussi à semer le doute dans les plus grands esprits, il fallait maintenant que ceux-ci trouvent leur propre argument.

Résolument réveillée, la magicienne saisit le journal, incapable de penser à dormir de nouveau. Tout se passa très vite : au fur et à mesure qu’elle lisait le titre, le sang quitta ses doigts, faisant choir le journal. Ses jambes se devinrent lourdes et elle tomba à genoux durement sur le sol. La tête lui tourna, un goût âpre remplit sa bouche, pire que le sang. Elle se mit à trembler violemment et dans un sursaut elle vomit tout l’alcool qu’elle avait ingéré dans la soirée. L’air dans la chambre devint soudainement lourd oscillant dangereusement. La chandelle posée sur le secrétaire explosa, projetant des morceaux de cire partout dans la pièce. Les papiers suivirent le même chemin, comme projeté dans les airs tandis que la fenêtre s’ouvrit violemment.

Sarah demeura immobile un moment, les poings serrer tandis que tout son corps faisait violence. Des larmes brulaient ses yeux  et coulaient sur ses joues. Une douleur sourde résonnait à la base de son cou. Son cœur battait la chamade si forte qu’elle avait l’impression qu’il allait sortir de sa poitrine. Ses vieilles blessures à la jambe et à l’épaule se réveillèrent comme si les balles entraient de nouveau dans sa chair. Elle s’éloigna légèrement avant de se laisser complètement choir sur le sol, incapable de faire le moindre mouvement. Elle ne voyait rien, n’entendait rien d’autre que le tambourinement sourd qui battait à ses oreilles. . Elle demeura ainsi un long moment, étendu en position fœtale, incapable du moindre mouvement, de la moindre respiration, attendant le moment ou son cœur allait cesser de battre. À bout de force, son corps lâcha prise. Tous ses muscles se détendirent permettant à l’air d’entrer de nouveau dans ses poumons. Elle hoqueta de douleur, la crise passait.

Après de longues minutes, la chasseuse se redressa, trainant son corps endolori contre l’espace qu’il restait sous la fenêtre à côté du secrétaire. L’air froid s’engouffrait dans la pièce et caressait son corps frissonnant et couvert de sueur. D’un geste incertain, elle ramena le journal près d’elle, pour en terminer la lecture.

Alex avait été arrêté de même que certain de ses complices dans un salon de prostitué au  fin fond de la ville. Il avait été conduit à


-La tour de Londres. murmura la jeune femme tandis que son visage se vida définitivement de toute couleur.

Tout était perdu.



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Sarah Spencer
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MessageSujet: Re: Le Temps d'une vie de l'autre, Partie 2/2 [15/03/42] Lun 10 Mar - 20:10

Le soleil se levait doucement, apportant avec lui les premiers chants des oiseaux matinaux. Leur petit chant fut pendant un bon moment le seul bruit qui venait briser la quiétude matinale. Les domestiques s’agitaient, les marchants attendaient l’heure d’ouvrir boutique. La ville attendait dans cette espace où le silence régnait encore en maitre. À neuf heures, le quartier où se trouvait l’hôtel Albany se réveilla pour de bon. Les fiacres commencèrent à affluer, les portes des boutiques commencèrent à battre au rythme des passants qui entraient et sortaient. Un jeune gamin, probablement un employé d’un des quotidiens de la ville, distribuait les exemplaires fraichement imprimés. La petite cloche de l’entré de l’hôtel tinta et on entendit les portes des chambres s’ouvrirent et se fermer au gré des occupants qui en sortaient pour aller prendre place dans le grand salon. Les domestiques de l’endroit commençaient déjà à distribuer café et petit déjeuner sur les tables judicieusement dressées. Les dandys affluèrent. Certains étaient résident de l’endroit tandis que d’autres venaient simplement  y prendre leur premier repas.

C’était le cas du sieur Malcom de Ravenhood, un haut aristocrate d’un certain âge. Depuis le décès de son épouse, il y avait quelques années, le vieil homme redoutait la solitude matinale et il descendait chaque matin à l’hôtel particulier de son club afin de prendre son petit déjeuner entourer du brouhaha reposant des jeunes hommes qui s’y rencontraient. Le sieur de Ravenhood était un homme dont l’âge était indéterminable. Ses cheveux blancs et son visage couvert de rides trahissaient quelque peu les années qu’il avait traversées et pourtant son visage brillait d’une intelligence qui jetait le doute. Comme son habitude, le vieil homme entra dans l’Hôtel d’Albany en saluant le maitre d’entré qui lui rendue son salut d’une inclination profonde. Puis, de son pas lent, mais régulier, l’aristocrate se rendit à sa table habituelle où l’attendait déjà son petit déjeuner, son café ainsi que les journaux du jour. Il prit place avant de prendre une bonne gorgée du chaud café qui vient un instant chatouiller sa moustache. C’était là le premier plaisir de sa journée. Puis d’un geste machinal, il attrapa le journal qui trônait près de son assiette. Ses yeux parcoururent rapidement la première page.


-Non de dieu!

Son exclamation attira sur lui le regard des autres invités présent. Dans cette époque du 19em siècle, il était très mal vu pour un homme d’élever la voix surtout lorsqu’il était en public. Il fallait toujours que la raison soit très justifiable, mais le lord de Ravenhood ne semblait pas fournir l’explication.

-Non de dieu s’exclama encore le vieil homme tandis que ses yeux parcouraient avidement le texte de l’article. Observant sa lecture, Lord Byron qui était assit à quelques tables plus loin, ouvrit à son tour le journal pour chercher l’article qui avait tant fait réagir son confrère. Il n’était point difficile de le trouver puisque l’article en question se trouvait sur la première page.

-Ils l’ont attrapé! s’exclama à son tour Lord Byron, tout aussi ahuri que son confrère. Devant l’air incrédule de son cousin qui prenait place à sa table il s’écria de nouveau.

-Ils ont attrapé Ravelow!

Sa phrase eut l’effet d’un ouragan. Toutes les tables dans le salon s’agitèrent sous l’effet de ses occupants qui s’empressaient de prendre les journaux pour y lire l’article. C’était bien vrai. La nuit précédente, à l’aide de renseignement secret, les agents du Scotland Yard avaient fait une décente dans l’un des quartiers chauds de la ville. Ils avaient pénétré avec force dans un salon de prostitué et y avaient arrêté le sieur Ravellow de même que certains de ses complices. La descente avait été ardue puisque plusieurs agents en étaient ressortis blessés. Le prisonnier avait par la suite été conduit directement à la Tour de Londres. Cette dernière information jeta un froid dans plusieurs esprits.

Personne n’était enfermé dans la Tour de Londres sans passer un moment au poste du Scotland Yard. La tour était en plein projet de rénovation après l’épidémie qui avait fortement touché le domaine l’année précédente et les plans de comblement des douves étaient sensés se mettre en branle bientôt. Ce n’était ni le temps ni le moment d’aller y caser un prisonnier. De plus, rares étaient les hommes qui aboutissaient à la Tour. Pour cela il fallait avoir commis un crime grave et de haute trahison comme s’attaquer directement la reine. Pourtant, même à cela, le traitement n’avait pas été réservé à Edward Oxford il y avait deux ans. Chacun voyait en cet emprisonnement un geste précipité. Un malaise s’installa et Lord Byron reposa son journal avec une certaine lenteur. Avec les dernières rumeurs qui courraient en ville, il était difficile de se faire une opinion à toute épreuve sur le sujet. Sans compter le pamphlet en circulation qui avait allumé plusieurs esprits. Le jeune Ravellow était accusé d’avoir mis le feu dans l’ancien entrepôt de Milt and Co avant de pénétré dans le théâtre pour attaquer le Comte. Oui bien sur, quelques preuves avaient été recueillies comme des flèches éparpillées ici et là dans la grande salle, des éclats de balle, des traces de feu sur la scène, les bancs et sans compter les deux corps de la famille Grey. Tout cela était un vrai carnage et pourtant... Lord Byron avait déjà eu l’occasion de rencontrer le jeune Ravellow et s’il avait une seule chose à dire c’était que le jeune homme n’était pas de ses êtres qui passent inaperçus. Pourtant, étant lui-même présent dans à l’occasion de Coriolan, il n’avait pas eu le moindre vent de la présence du jeune homme. Bien sûr le Comte l’avait formellement identifié de même que les acteurs. Mais en y songeant bien, les acteurs étaient des êtres de l’entourage du Comte. Il n’avait qu’à désigner le coupable et tous les membres du spectacle allaient le suivre dans ce sens. Lord Byron garda un air soucieux et replongea dans la lecture du journal. Quelque chose clochait dans toute cette histoire. Son opinion semblait partagée, car de nombreux coups d’œil s’échangeaient dans le salon sans qu’aucun n’ose émettre son jugement à voix haute. Le cousin de Lord Byron, qui n’avait point dit de mot depuis un moment, regarda soudainement le Lord.


-Croyez-vous que Fitzwilliam est au courant?

Le malaise s’accentua. Depuis quelques jours, le jeune Fitzwilliam avait été le sujet de bien des débats en prenant ouvertement la défense du Sieur Ravellow. Tous le considéraient comme un ami intime de l’aristocrate déchu qui tentait de prouver son honnêteté et son innocence. C’est Fitzwilliam qui avait été l’un des premiers à émettre les doutes que beaucoup avait au sujet de cette histoire. En apprenant la nouvelle, il serait sans doute dévasté. Lord Byron garda silence, fixant intensément son déjeuner dont il n’avait plus goût soudainement.



******



À l’étage, Gabriel, ou plutôt Sarah, était dans un état second. L’air froid du début de la saison entrait par la fenêtre grande ouverte pour venir se poser sur sa peau glacée. Elle était assise sous la fenêtre, le dos courbé contre le mur. Sa jambe blessée était allongée de tout son long tandis que l’autre, repliée, servait d’appui à son coude poser dessus. Sa tête était plongée contre sa main et semblait lourde. Ses longs cheveux défaits retombaient le long de son visage, de ses épaules et de sa gorge dont la chemise blanche entrouverte laissait en entrevoir la pâleur. La chambre était dans un état pitoyable. Le lit avait été défait, les couvertures jetées pêle-mêle. Tous les effets qui prenaient place sur le secrétaire avait été balayé, les crayons et les papiers jonchaient le sol. Il régnait dans la pièce un capharnaüm incroyable qui semblait similaire aux ruines d’un temple ancien. C’était sans doute le silence pesant qui planait sur l’endroit qui donnait cette impression. C’était le calme après une tempête silencieuse. La magie s’était chargée de tout balayer sur son passage sans faire le moindre bruit. Les domestiques et les passants du corridor ignoraient tout du champ de bataille qui reposait dans la pièce. Pourtant, les yeux de l’unique observateur semblaient aveugles à ce désordre. Le regard vitreux de la jeune femme fixait la porte, ou plutôt le vide quelle représentait. Si la tempête ne faisait plus rage dans la pièce, elle habitait encore le cœur de la Chasseuse. Son visage était pâle et inexpressif. Les yeux bleus de la magicienne semblaient s’être éteints. La lueur de vie pétillante et de défis qui avait toujours habité ses prunelles semblait avoir disparu. C’était comme si soudainement, le poids des dernières années, de tout ce qu’elle avait vu et vécut venait de la rattraper à cet instant. Sa douleur et sa peine avaient dépassé l’étape où les larmes apportaient un quel conte réconfort. Elle était acculée au pied du mur, prisonnière de son propre cœur et de ses sentiments. Son cher amour enfermer dans une tour sans quelle ne puisse faire le moindre geste, la moindre tentative. La Tour de Londres était une véritable forteresse. Si l’histoire leur avait bien appris quelque chose, c’était que la Tour était tout simplement imprenable. Les remparts étaient les plus hauts, elle était longée en bonne partie par la tamise, des gardes se trouvaient à chaque entré sans compter qu’une partie de la garde royale logeait en permanence dans l’enceinte de l’endroit. Les catacombes étaient condamnées depuis des années, à moitié ensevelies ou inondées. Il n’y avait aucune issue. Sarah se sentait comme un animal blessé et traqué.

Un oiseau soudainement entra par la fenêtre pour venir se poser devant elle. Les belles plumes aux couleurs claires attirèrent l’attention de la jeune femme. Elle tendit la main vers l’oiseau et tout son corps entrainé par ce geste faible glissa le long du mur pour s’affaisser sur le sol. Les yeux fixés au plafond, une main repliée sur sa poitrine, Sarah demeurèrent immobiles. Elle imaginait déjà la nuit. Pour elle, c’était la nuit.

Dans quatre jours, sa famille enverrait de nouveau le fiacre la chercher au couvant dans l’espoir qu’elle se serait placée. Sa famille l’accueillerait à bras ouverts sans un mot, espérant simplement qu’elle se serait résignée à accomplir son devoir envers la société. Le ferait-elle? Pourrait-elle accomplir ce qu’on attendait d’elle? Si elle revenait chez elle, sa famille organiserait des visites courtoises entre elle et le comte, observant leurs moindres gestes, s’illusionnant sur un amour qui n’existait pas entre eux. Leurs fiançailles étant déjà annoncées, ils seraient invités à tous les bals et le Comte deviendrait son cavalier officiel, l’obligeant à afficher une mine joyeuse afin de préserver la mascarade du monde de la nuit. Puis, quelque temps après, leur mariage serait célébré. Le comte manigancerait quelques tours afin que le mariage ne se déroule la nuit, à l’extérieur d’une église. Tout le monde y verrait là le dénouement heureux d’un homme touché par la mort de sa précédente femme qui revivait de nouveau l’amour. La nouvelle n'avait-elle pas surpris la société au complet. Le comte avait déjà été marié? Son épouse était morte? Sarah n’arrivait pas à s’imaginer qu’une femme puisse vivre quotidiennement au côté de cet homme. Sa folie n’avait aucune limite et il aurait fallu être effacé ou immortel pour pouvoir survivre auprès du Comte. Qui était cette femme? Avait-elle seulement existé? Était-ce cette Elonie? Sarah avait déjà aperçu à de nombreuses reprises le nom de cette femme dans le journal de rêve du vampire. Était-ce elle? Qui était-elle? Et si sa mort n’avait été qu’un plan machiavélique savamment organisé par le comte pour se débarrasser d’elle? Comme il allait se débarrasser de Sarah... Elle se savait condamnée. Aussitôt qu’elle se retrouverait seule avec cet homme, le piège se refermerait sur elle, l’entrainant dans des ténèbres où il dévorerait son sang, son corps, son cœur, mais aussi son âme. C’était la mort assurée si elle finissait entre ses mains. Son corps serait retrouvé sur le bord de la Tamise ou encore il inventerait une maladie quel conte comme avec sa précédente épouse. Mais avant tout, il prendrait un long plaisir à profiter d’elle et à l’abusé, à se venger. Elle ne se faisait aucune illusion. Depuis l’attaque au théâtre, elle sentait qu’il était en colère contre elle. Ne l’avait-elle pas atrocement blessé? La chasseuse savait déjà l’effet dévastant de l’argent chez les vampires, le bloody rose avait dû faire des dégâts bien pires, entrainer une douleur suprême. N’importe quel être aurait cherché à se venger. S’il n’avait pas cherché à la rattraper, c’était qu’il se savait en position de force. Il allait prendre tout son temps, savourer chaque instant où il avancerait d’un pas sans qu’elle ne puisse reculer. Il l’avait acculé au pied du mur et dès l’instant où elle cesserait de bouger, il fondrait sur elle.

Elle était prisonnière.

Que pouvait-elle faire d’autre? S’enfuir? Quitter son ancienne vie, demeurer à jamais sous son déguisement de Gabriel et tromper le monde à jamais? Cela également était impossible. Quelqu’un finirait bien par se rendre compte que son apparence semblait trompeuse, que malgré les années elle garderait une taille fine et sans muscle saillant. Que la pilosité de son visage n’évoluait pas. Sinon elle finirait inévitablement par être retrouvée. Le comte avait son odeur et celui de son sang. Il lui suffirait de passer près d’elle, de se retrouver dans la même pièce, le même bâtiment qu’elle et il saurait. Elle ne pouvait feindre une fois de plus sa mort ou sa disparition. Il la traquerait à jamais jusqu’à ce qu’il puisse lui-même tenir son cadavre entre ses mains.

Peu importe les solutions qui s’offraient à elle, il n’y avait rien. Rien d’autre que la mort; la sienne et celle d’Alexender. Peu importe ce qu’elle ferait, Alexender ne pourrait se sauver de la Tour. Le royaume le condamnerait et il finirait pendu ou enfermé à jamais dans une gaule sans lumière. Si seulement Sarah avait su à ce moment même que la description qu'elle s’imaginait de la prison de son amoureux n’était que la moitié d’une réalité bien pire, elle se serait sans doute brisé encore plus. Son âme était déjà bien abimée. Immobile dans le froid, elle imaginait déjà les barreaux qui l’entouraient. La folie en cet instant lui semblait si agréable, si salvatrice. Elle n’avait qu’à se laisser sombrer dans les ténèbres, embrasser le vide, qui s’offrait à elle. Qui voudrait d’un être atteint de folie? Elle serait envoyée en institut loin de Londres, loin de tout. Là où elle n’entendrait plus les bruits de la ville et les cris d’agonie de son bien-aimé.


******

-Sarah?

La magicienne ouvrit les yeux. La pièce était plongée dans le noir. Il faisait froid et le sol semblait suinter une eau gluante.

-Sarah?

Plus de doute, elle reconnaissait bien cette voix puissante et chaude. Se relevant, Sarah s’avança à tâtons dans l’obscurité. Une petite fenêtre encombrée de lourd barreau laissait à peine filtrée une petite lumière, mais qui ne permettait pas de déceler la moindre chose.

-Sarah?

S’avançant vers la voix, le cœur de la jeune femme battait à la chamade. Elle savait à qui appartenait cette voix.

-Alex?

Elle tentait d’avancer, mais elle avait l’impression d’en être incapable. Pourtant c’était bien lui. Elle reconnaissait sa haute silhouette dans la pénombre. Elle était certaine de voir les reflets roux de ces cheveux. Son cœur ne fit qu’un saut. C’était bien lui, il était bien là. Les larmes se mirent à couler sur ses joues. Il était vivant.

-Sarah, veux-tu m’épouser?

Sarah tenta encore de s’approcher, pourtant, chacun de ses pas semblait inutile. Elle n’arrivait pas à s’approcher de lui. Il lui semblait même que l’image d’Alex s’estompait. Elle tendit la main droite devant elle comme pour le retenir.

-Alex? Alex! Oui, oui je veux t’épouser Alex, oui je le veux!

La pénombre devient soudainement clair et au milieu de la prison apparut le comte, en habit de marié, un sourire triomphant éclairant ses lèvres minces d’où l’on voyait ses crocs sortir. Ses longs cheveux blancs étaient coiffés avec soin et attachés au niveau de sa nuque par un élégant ruban noir. Ses lèvres étaient tachées d’un mince filet de sang qui coulait à la commissure de ses lèvres. Il tenait de sa main puissante le poignet frêle de la chasseuse l’enserrant à lui broyer les os. Ses iris pâles la fixaient et brillaient comme les feux de l’enfer.

- Je te l’avais dit que tu ne serais pas toujours réticente à mes baisers...

La magicienne tenta de se libérer, soudainement anxieuse du bruit d’une foule agitée qui lui parvenait de la fenêtre. S’échappant de la poigne du vampire, elle s’approcha juste à temps pour voir tout Londres assemblé autour d’un échafaud. Le bourreau venait d’actionner la manivelle, les planches se dérobaient sous les pieds du condamnée. Malgré la distance, elle reconnut l’éclat roux des cheveux de l’accusé.

-NOOOON!

Sarah ouvrit brusquement les yeux, retrouvant le paysage familier de sa chambre. Son cœur tambourinait contre sa poitrine et ses yeux baignaient de larme. Son dos était courbaturé, sa tête lui faisait mal jusqu’à éclater et ses blessures du théâtre l’élançaient. La base de son cou lui brûlait. La lumière était plus vive. Il approchait midi.



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MessageSujet: Re: Le Temps d'une vie de l'autre, Partie 2/2 [15/03/42] Ven 9 Mai - 4:40

Par ici...
Comme des rats.
Surprenant.
Goutte par goutte...


Un couloir long, noir, sans lumière, sans mur.

Le hasard.
Chance
Quel destin?
Fatalité...
Où vas-tu?


Noir, comme cette salle, sans bruit, tapi au fond d’un esprit.

«Que sais-tu de l’amour, toi, pauvre humaine à peine née?»

Collée, comme une image de couleur sur un fond d’encre.

«Une peau si douce...Une vie si jeune...»

Mais où est-ce donc? Cet endroit où le froid n’existe pas.

«Ne jugez pas sur une paire de canines...Il y a des êtres de votre nature qui ne méritent même pas de vivre...»

Pourquoi moi? Je ne suis rien...

«Tu ne seras pas toujours réticente à mes baisers...je te le promets...»

Même dans les ténèbres, j’irai le rejoindre, pour ne pas être à toi...

«Ce ne sera peut-être que l'unique occasion que vous aurez...Tuez-moi.»

Sarah finit par ouvrir les yeux. Le regard vitreux, perdu dans l’obscurité du plafond, les grandes lattes blanches qui l’ornaient lui semblaient inconnues. Elle ne reconnaissait pas l’endroit qui lui semblait irréel, issu d’un songe. Dehors, la nuit était tombée et la pièce était plongée dans une lourde pénombre. Le froid entrait par la fenêtre demeurée ouverte. On entendait au loin les bruits humains de la grande salle ou la soirée avait commencé. Les dandys s’étaient rassemblés pour partager discussion animée et quelques humbles parties de whist. Toutefois, les sons parvenaient comme un léger bourdonnement à la jeune femme. Elle s’extirpait difficilement d’un sommeil profond d’où elle ne croyait pas revenir. Ses songes se dissipaient, mais ses pensées restaient embrouillées comme perdue dans un épais brouillard. Son corps était engourdi. Seul un froid immense l’enveloppait, caresse douloureuse. La chasseuse referma les yeux. Il lui semblait si facile de retourner dans le néant...

Un bruit sourd à la porte la fit sursauter. Les yeux ouverts, elle resta immobile, incertaine dans la pénombre. Les coups revinrent à nouveau, moins espacés. Ce fût comme un choc électrique qui traversa le corps meurtri de la chasseuse. Elle se redressa péniblement sur un coude ouvrant la bouche, mais aucun son ne sortit. Les coups ne revinrent pas et le bruit des pas qui s’éloigne les remplaça. La chasseuse fit un effort surhumain pour s’assoir. Le mouvement lui arracha un gémissement. Pour la première fois, elle ressentait le froid de la pièce. Sa peau fut parcourue de frisson violent et elle attrapa d’un geste fragile sa redingote qui trainait près d'elle. Son corps était courbaturé, ses membres la faisaient souffrir, mais le pire était son état mental. Sa peine était si profonde qu’elle avait dépassé le seuil des larmes. Seuls ses yeux ravagés la trahissaient. Elle regarda avec hargne la pièce qui l’entourait. Malgré la pénombre, elle distinguait le capharnaüm qu’avait causé sa rage. Les papiers sur le sol, la chaise renversée. Le plus surprenant était qu’elle n’arrivait pas à s’en vouloir. Une femme de son rang, se laisser aller a ses émotions et pourtant, elle ne ressentait aucune culpabilité comme elle aurait du ressentir. Le désordre lui faisait du bien. Elle se sentait moins seule dans cet espace désordonné. Le désordre était plus profond que le laissaient supposé les apparences. Quelque chose s’était éteint en la jeune femme, brisé avec les dernières nouvelles.

Quelqu’un passa de nouveau derrière la porte. Soudainement, une envie de fuir la prit tout entière. Elle ne pouvait plus rester ici. D’un nouvel, effort, elle tenta de se hisser sur ses membres tremblants. Sa jambe blessée refusa de la portée. La vieille blessure de son bras semblait s’ouvrir de nouveau et l’étirait jusqu’à son omoplate. Ses yeux lui brulait elle n’arrivait pas à cesser de frissonner. Au bout de quelques minutes, elle finit par se tenir debout, la main crispée sur sa canne qu’elle avait attrapée au passage. Il fallait qu’elle quitte Londres, le plus rapidement possible. Elle ne voulait plus être là... sans son âme sœur...
D’un geste malhabile, elle prit son manteau qu’elle enfila d’un geste douloureux. Ses épaisses lunettes noires revinrent sur son nez, de même que la fine moustache qu’elle posa sans minutie. Un petit ruban vient retenir ses cheveux et elle posa sur sa tête son chapeau. Une écharpe vient cacher le reste de son visage. Elle n’avait pas pris soin de refaire son déguisement avec le même souci du détail que les jours précédents. La magicienne attrapa son sac qu’elle remplit de quelques objets. Sa trousse qui lui avait permis de prendre l’apparence d’un homme entra en premier. Puis elle attrapa son journal et celui du comte qui trainait sur le sol. D’un geste tremblant, elle écrit une note justifiant l’état de la chambre et laissa le paiement de son séjour de même qu’un supplément pour les dégâts causer. Elle s’approcha de la porte et attendit un instant. Aucun bruit ne semblait provenir du couloir. Avec lenteur, elle ouvrit la porte. Le couloir était faiblement éclairé, mais désert. Sans un regard, elle sortit. Peut-être un dernier coup d’œil à la pièce lui aurait permis de constater qu’elle avait oublié un épais volume sur le sol, perdu entre les feuilles et journaux qui l’avaient partiellement recouvert, se trouvait le livre sur les vampires qu’elle avait subtilisé au Comte. Le livre ne serait découvert que le lendemain, par la domestique venue faire le ménage. L’ouvrage serait par la suite remis au concierge qui, en voyant le nom du propriétaire sur la première page, mandaterait un coursier pour aller remettre le livre à la demeure de l’aristocrate. Mais cela n’irait qu’au lendemain.

Une fois dans le couloir, la magicienne se dirigea vers la porte arrière, évitant de repasser dans la foule de jeunes hommes amassés au rez-de-chaussée. Sans un bruit, elle sortit dans la pénombre qui envala sa silhouette tout entière. L’écurie de l’hôtel se trouvant à moins d’un bâtiment de là, elle s’y rendit sans autre difficulté que le sont dur de sa canne sur les pavés. Malgré l’heure tardive, le bon palefrenier était encore debout à s’occuper des bêtes. Il alla chercher la monture du jeune Fitzwilliam. Sarah était déçue de ne pas avoir son fidèle Zéphyr avec elle, mais sa disparition aurait pu sembler suspecte. Elle avait donc un cheval emprunté à Madeline. Penelope était une jument à la robe blanche, tacheté de gris qui appréciait toujours une bonne balade. Aussi, fut-elle heureuse de pouvoir enfin se dégourdir les pattes. Avec un malaise visible, la chasseuse se hissa sur la monture sous l’œil attentif du palefrenier avant de disparaitre dans la nuit.
[HRP/ Prochain post: "Un murmure au milieu des arbres"/HRP]


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Le Temps d'une vie de l'autre, Partie 2/2 [15/03/42]

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