L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Le Prix de la fidélité [Comte, Raphaël] [24/04/42]

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Raphaël Veneziano
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MessageSujet: Le Prix de la fidélité [Comte, Raphaël] [24/04/42] Mer 25 Nov - 12:25

[HRP/ Suite du rp "Âtre dévorant et nouveaux plans"/HRP]

Il était déjà vingt-trois heures et la capitale s'était endormie. Fière d'avoir cette partie du monde sous son joug complet, la nuit ouvrait sur elle sa gueule noire et béante. D'un œil clair, à demi dissimulé derrière les lambeaux de son linceul éternel, elle épiait les âmes perdues dans son ombre et riait de ces nouvelles proies.
L'air était glacé. Saturé d'humidité, il s'infiltrait dans les poumons comme une lame aiguë fouille les entrailles lors d'une bataille. Rien ne semblait permettre aux vivants de se croire encore en droit d'espérer que le jour ne se lève. Il valait mieux dormir, confiné derrière ses volets miteux, plutôt que d'affronter les ténèbres rampantes de la sorgue dont les ongles raclaient les chairs jusqu'à élimer la foi des plus saints. C'était une nuit cynique. Une nuit de crime.

Les londoniens avaient appris à éviter les soirs où la lune arrondissait son ventre. Comme si les histoires des temps passés resurgissaient pour venir les hanter, ils restaient chez eux et priaient pour leurs enfants.
Ce soir pourtant, malgré les avertissements que les astres ne cessaient de lancer ainsi au monde, un homme longeait les murs de Bedlam. Emmitouflé dans un long manteau noir à la capuche rabattue, il avançait lentement, pas à pas, écoutant les murmures du vent dans les ruelles alentours comme pour tâcher de comprendre d'où il provenait. Une lame brillait dans sa main, défit à la Mort qui rôdait derrière lui et qu'il ignorait pour accomplir sa quête. Il semblait chercher quelque chose ou quelqu'un.

Contre sa poitrine, il serrait de sa main libre une chemise trempée de pluie. Ses doigts boueux lui avaient apparemment servi à pommader ses cheveux éclatants de blancheur afin de les camoufler davantage sous une couche de terre noirâtre. Il était plus sale qu'un paysan tout juste revenu des champs et son corps sentait la vase des caveaux où l'on ne descend qu'une fois l'an pour visiter les défunts.

Raphaël avait bien mauvaise mine.

De ses yeux cristallins, il scrutait la nuit à la recherche d'Aria. La petite Huntress l'avait accueilli dans sa cachette, sous le Royal Academie of art, et avait disparu il y avait maintenant quatre jours. Rongé par la culpabilité, le jeune Italien ne pouvait se résoudre à l'abandonner. Peut être qu'elle était déjà en train de pourrir au fond de la Tamise, peut être qu'elle était dans un coin des docks vidée de son sang...mais Raphaël, en bon chrétien, ne pouvait imaginer qu'elle n'ait pas de sépulture. Il la retrouvait, morte ou vive, afin de l'enterrer ou de l'aider à se remettre d'une épreuve assurément terrible. Tant qu'il n'aurait pas vu son corps, le Vampire n'aurait pas la conscience tranquille.

Malheureusement, la situation du jeune aristocrate ne lui permettait pas d'effectuer ses recherches avec une réelle efficacité.
En effet, recherché par la capitale toute entière à cause de l'attentat au théâtre, il ne cessait de voir son visage placardé sur les murs, les boutiques et les panneaux d'affichage publiques. Le Yard tout entier en faisait une cible privilégiée avec Alexender. L'avant-veille, il était à peine sorti de sa cachette qu'il avait immédiatement croisé la route d'un agent spécial. Les surprenants pouvoirs de ce dernier l'avaient complètement déstabilisé et, sans les siens, il n'aurait sans doute pas réussi à s'enfuir avec si peu de dommages. Son bras droit portait une cuisante blessure à l'argent mais il était encore en vie. Ce soir, il doutait de pouvoir s'en sortir aussi facilement s'il tombait de nouveau nez à nez avec un tel homme. Il ne fallait plus qu'il sous-estime le Yard. Heureusement, grâce à sa nature, il conservait quelques avantages sur les Humains qui lui permettaient tout de même la poursuite de ses recherches pour retrouver Aria. Il fallait simplement qu'il soit très prudent, comme il l'avait toujours été.
Fuir les mortels n'était donc pas de tout repos, mais ce n'était pas le pire. Le pire, c'était d'éviter que les immortels ne lui tombent dessus. Car cette nature, si salvatrice face aux Humains, le rendait des plus facile à trouver à cause de l'aura qu'elle lui conférait. Depuis que le Comte avait lancé la chasse au Hunter, afin de se venger l'échec de sa pièce de théâtre et de punir son rival qu'incarnait Alexender, Raphaël était obligé de se terrer sous terre la nuit et de canaliser son aura afin qu'elle ne trahisse pas sa présence. C'était un exercice particulièrement difficile pour lui qui ne maîtrisait pas encore ses pouvoirs. Jamais encore il n'avait réussi à cacher complètement sa présence. De plus, le Vampire devait boire du sang pour survivre mais il refusait de tuer des êtres humains pour satisfaire sa soif. Ses principes et son respect de la vie le rendait donc faible, bien plus faible que ses congénères gavés de ce nectar interdit. Et, puisque son corps ne le supportait plus sous forme de tablette, rejetant le palliatif deux fois sur trois, ce qui accélérait sa dégénérescence et le rendait malade, Raphaël se retrouvait à la merci des sbires du Comte.

Conscient du danger, le Vampire avait réfléchi de longues heures avant de sortir. Enfermé depuis la veille dans un mausolée abandonné près de Saint Marguaret, il avait repris quelques forces et pesé le pour et le contre. Finalement, il s'était rendu à l'évidence que si ce n'était pas ce soir qu'il mourrait, ce serait le lendemain. Seul, sans les Hunters, il n'avait plus aucune chance d'échapper au Comte s'il restait à Londres. Maintenant que tous les Vampires des environs étaient à sa poursuite, il ne pourrait plus les chasser comme il l'avait toujours fait. Son visage avait été révélé au grand jour et sa tête n'avait plus qu'un bref répit avant de sauter. Son aura le trahirait. Il avait donc décidé de chercher Aria, une ultime fois, avant de s'attaquer à son aîné et de tenter de le tuer dans un duel désespéré.

Quelque part, le Vampire se sentait trahi et son désespoir le poussait au suicide. Cacher sous la crasse sa chevelure immaculée et sentir la vase ne l'importait guère, mais s'il était de nouveau à la rue, dans cet état pitoyable, c'était encore à cause de sa nature honnie. Ses « collègues » avaient refusé de l'accepter et il avait dû fuir pour éviter les conflits. Devait-il leur en vouloir ? Non, bien sûr que non, lui-même haïssait cette nature démoniaque plus que tout au monde. D'ailleurs, il avait prédit la dissolution de cette équipe de Hunters, ou du moins son départ prochain. Qu'il les quitte aujourd'hui ou demain, qu'importe ? Après tout, il avait toujours préféré agir en solitaire. Et puis, il avait eu la joie de voir que tous n'étaient pas hostiles à son arrivée. Maigre consolation dans cette situation, mais il ne l'oubliait pas. Sa présence les aurait mis en danger, autant les laisser entre eux.

Poursuivant son chemin vers les docks, le Vampire se mit à ressasser tout ce qui lui était arrivé depuis l'attentat du théâtre. Les dents serrées, l'esprit égaré, il laissa ses pensées aller et venir d'un événement à un autre. Eulalia revint le hanter. Sa culpabilité à son égard n'avait fait que croître avec la distance. Finalement, n'aurait-il pas mieux valu qu'ils ne se rencontrent jamais ? Sans doute...

Un hurlement lointain le figea soudain dans ses mouvements et coupa court à ses pensées. L'oreille tendue, le Vampire se plaqua contre un des murs d'enceinte de l'hôpital. Un Loup-Garou...Oui...c'était la période...Pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt !? Il ne pouvait pas aller voir les docks, c'était leur nid, c'était infesté entre les 23 et les 27 de chaque mois...
Faisant demi-tour, Raphaël marmonna entre ses dents. Où irait-il donc chercher Aria ? C'était désespérant ! La jeune fille était sans doute déjà morte. Mais les journaux ne parlaient pas de fillette et la demeure d'Eulalia était inanimée...Aria pouvait aussi bien avoir été kidnappée pour servir de prostituée dans une ville voisine...Ces recherches étaient vaines !

Anéanti, le Hunter donna un coup de poing dans le mur près de lui. Sa peau se déchira sur les briques et il gémit de douleur et de rage. Pourquoi tout ce qu'il entreprenait virait donc au cauchemar ? Depuis sa naissance, ce monde n'avait été qu'un avatar de l'Enfer. Dieu l'avait-il condamné pour les péchés de sa mère ? Qu'avait-il fait pour mériter tout ça ?
De fil en aiguille, ses pensées arrivèrent sur sa croix d'or qu'il avait perdue au théâtre et sur son épée confisquée par le Yard. Les larmes lui montèrent aux yeux.

Il n'avait plus rien, ni personne.
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Comte Keï
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MessageSujet: Re: Le Prix de la fidélité [Comte, Raphaël] [24/04/42] Lun 30 Nov - 0:02

[HRP/ Après le rp "Divine Mélodie"/HRP]

- Il est là! Il est là! Tout près! Je l'ai senti!

Sa voix aiguë avait percé les ténèbres comme le cri d'une chouette traverse les nuits paisibles d'hiver.

- Je sais.

- Vite! Attrapons-le! Allons! Vite!

Elle trépignait d'impatience. Bientôt, elle battrait des mains au milieu de ses froufrous de cabaret. Décidément, ce n'était encore qu'une enfant...

- Calme-toi, Camélia.

Son regard incisif glissa sur son confrère et son sourire disparut. Il ne la regardait même pas! Par le Père, qu'il était froid! Qu'il était solennel! Avec sa cape noire et son haut de forme, on pouvait aisément le prendre pour un lord alors qu'il n'était même pas baron. Il était temps qu'il oublie un peu les convenances et qu'il daigne s'amuser. L'immortalité passée dans la plus parfaite droiture...quel ennui!
Pour une fois qu'ils trouvaient une de leurs proies avant les autres, il fallait qu'ils s'en réjouissent.


- Le maître sera content! Oh oui! Il sera fier de nous, hein Simons?

Il soupira et ses iris d'émeraude brillèrent sur son corsage aux couleurs tapageuses.

- Jirômaru en a besoin. Il sera satisfait, oui.

La jeune femme prit une expression outrée.

- Tu oses l'appeler par son prénom? Tu es fou? Demanda-t-elle les yeux écarquillés aussi vexée par son ton glacé que par son audace.

- Le Comte ne l'a jamais interdit que je sache. Répondit son aîné en levant un sourcil condescendant sur elle.

Hautain, il l'abandonna pour reprendre ses observations. Depuis cette flèche d'église, ils avaient une vue incroyable sur la capitale, mais Raphaël restait encore invisible. Ils avaient réussi à sentir son aura et s'étaient dirigés dans ce quartier grâce aux sens aiguisés de Camélia, mais il leur fallait encore localiser le traître avec précision avant de tenter quoi que ce soit. Cela faisait des jours qu'ils pistaient les Hunters et c'était la première fois qu'ils en retrouvaient un. Il ne fallait surtout pas le perdre. Simons était prêt à tout pour attraper Raphaël, malheureusement, il avait hérité d'une partenaire pour le moins envahissante et puérile.


- Dis-moi...Fit la belle brune en venant minauder près de lui. Tu crois qu'il ferait de moi une de ses favorites? Hmmm?

Sentant contre son bras droit la poitrine de sa consoeur, le Vampire la repoussa doucement du revers de la main en grognant.

- Tsss, ça m'étonnerait bien. Tu sais bien qu'il n'a d'yeux que pour les grandes dames.

La jeune femme grimaça et se colla à lui en faisant la moue.

- Tu veux parler de cette Ilsa Bennet? Ou de Chastity Stephenson? Pfff...

- Sans compter Sarah Spencer...Ajouta le grand Vampire en la repoussant une seconde fois.

- Et toi? Insista la belle en pétrissant entre ses ongles vernis la hanche de son aîné. Tu me voudrais bien toi, hein?

- Allons! Réagit vivement l'autre en la brusquant cette fois-ci. Fiche-moi la paix un peu!

- Ah oui! J'oubliais...Fit la jeune femme en esquissant un sourire à la fois mauvais et moqueur. C'est vrai que toi aussi tu préférerais les faveurs du maître...Les hommes c'est mieux que les femmes, hein? Elles te dégoûtent, n'est-ce pas?

Le Vampire ferma les yeux et joignit ses deux mains sous en nez, comme s'il eut besoin de se réfugier dans son monde spirituel pour éviter de la tuer sur place. Il respira un grand coup et prit le parti de l'ignorer. Scrutant la ville de ses yeux brillants, il reprit ses recherches. Il était là, tout près...Il fallait le trouver avant qu'il ne réussisse à dissiper son aura ou qu'il s'enterre de nouveau pour leur échapper.

- Et Raphaël? Tu crois qu'il te laisserait lui murmurer des petites choses contre son cou...Fit soudain la jeune femme en rôdant près du cou de son coéquipier.

Ce dernier tressaillit et fit volte-face en brandissant la main pour la frapper. Il la manqua de peu.


- Suffit! Pesta-t-il en crachant son mépris dans un râle de colère. Je te rappelle que c'est un traître!

La belle, qui avait reculé de quelques pas, revint vers lui les mains dans le dos, sautillant comme un oisillon en se penchant légèrement en avant afin de lui offrir la meilleur vue possible sur son corsage insolent.

- Ah oui? Hé ben moi je vais lui montrer un peu ces deux-là pour voir! Fit-elle en ramenant ses deux mains sur ses seins pour les compresser d'un air effronté.

- Tu es vulgaire...Grinça l'autre entre ses dents serrées.

- Il aimera peut être ça.

- Il te tuera.

- Pas si je le tue avant. Argua la belle en faisant avec ses doigts un pistolet qu'elle pointa sur son confrère. Ce dernière leva les yeux au ciel.

- Le Comte le veut vivant.

Le jeune femme lui tira la langue et sauta du toit rejoindre les gargouilles. Simons la suivit. Très rapidement, les deux Vampires se retrouvèrent dans les ruelles et se dirigèrent vers Bedlam. Tous les deux avaient perçu cette détresse soudaine. L'aura de Raphaël ne cessait de grandir et de s'amenuiser tour à tour, comme si elle fluctuait, perdue entre deux extrêmes. Tentait-il de la cacher sans succès ou ne la maîtrisait-il pas du tout? Pue importait. Du moment qu'ils arrivaient à mettre la main dessus et à le livrer au Comte en un seul morceau...

- Les loups...Murmura Camélia en entendant les hurlements du côté du port.

- Ils sont sur les docks...

Accélérant leurs pas, les deux Vampires finirent par arriver près de l'hôpital. Et, après avoir escaladé une boutique de chapeaux, ils finirent par apercevoir l'ombre qu'ils cherchaient.

- Il est là! Il est là! On l'a trouvé! Hihihi! Souffla la jeune femme à son aîné tout en agrippant une bordure de pierre comme pour la secouer de joie. Il est seul! Il est tout seul! Et...Il saigne...Le nez en l'air, la Vampiresse roula des yeux pour apprécier le parfum que dégageait la plaie que Raphaël venait de se faire en donnant un coup de poing désespéré dans un mur.

- L'imbécile...

*****************

Bientôt, la silhouette de Simons se découpa sur la brume gelée qui s'engouffrait par nappes dans la capitale. Il s'approcha doucement, sans chercher à atténuer le claquement de ses bottes sur le pavé mouillé. Puis, il ralentit l'allure et s'arrêta à une distance respectable de son ennemi. Il le toisa comme un adulte toise un enfant qui vient d'enfreindre les règles.

- Alors c'est toi le "traître"? Fit-il d'un air suffisant. C'est toi que mon maître veut voir agoniser au sommet d'une pique?

- Hihihi...Le rire de Camélia surgit dans le dos du Hunter. Il était pris entre deux feux. Il a l'air moins robuste que ce qu'on m'en a dit...Ajouta-t-elle en s'approchant doucement d'une démarche féline des plus aguichantes. Il a l'air...fatigué...

- Assoiffé. Rectifia le Vampire en souriant toutes canines dehors pour menacer Raphaël.

- Tu peux prendre mon sang si tu veux...Regarde! S'exclama la jeune femme en tendant le cou tout en tirant son corset vers le bas. Il palpite encore! Il a moins d'une heure...Une magnifique pucelle de la City. Goûte donc!

- Je vois que tu as un fleuret...Enchaîna son compagnon. Veux-tu un duel? Lentement, il sortit de sous sa cape un long pistolet à percussion. Le pommeau était ciselé de motifs végétaux et le canon brillait sous les lampadaires. Visant le coeur de son adversaire, le Vampire sourit. Allons, laisse tomber ta lame et suis-nous. Le Comte a bien des choses à te dire...


> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
Spoiler:
 

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Raphaël Veneziano
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MessageSujet: Re: Le Prix de la fidélité [Comte, Raphaël] [24/04/42] Mer 9 Déc - 17:09

Ils étaient deux. Peut-être trois...Sans doute plus...
Pour qui venaient-ils ? Pour lui ?

Raphaël scrutait à présent les ténèbres non pas pour retrouver une jeune fille mais bien pour tâcher d'éviter un ennemi trop grand pour lui. Le Hunter avait senti les auras de plusieurs Vampires. Malheureusement, elles se mêlaient à un fluide si intense qu'il avait du mal à les discerner. Jamais encore le Hunter n'avait réussi à identifier avec précision l'origine des altérations dans l'espace qu'il ressentait parfois lorsqu'il traversait la ville. Il savait faire la différence entre l'aura d'un Vampire et celle d'un Loup-Garou, mais il était souvent incapable de déterminer combien d'individus se trouvaient alentour, de les localiser précisément ou de juger de leur puissance.

Tâchant d'atténuer encore sa propre aura pour éviter d'être repéré, si ce n'était pas déjà fait, Raphaël accéléra le pas. Il devait retourner du côté du caveau d'où il avait dormi pour s'y cacher une nouvelle fois. Déjà, il regrettait amèrement d'être sorti ce soir pour tenter de retrouver Aria. Ses recherches devenaient ridicules et la lune était presque complètement ronde. Les Loups-Garous les plus instables rôdaient déjà dans les rues.
Mais quel Diable l'avait donc poussé à agir de façon aussi stupide ? C'étai fini ! Aria ne reviendrait pas. Il devait se ressaisir ! Sa seule chance d'aider encore les Hunters et de défaire le Comte était de fuir Londres et de se cacher au fin fond des bois pour se faire oublier un moment. Il reviendrait lorsqu'il serait certain de triompher. La bande d'Alexender s'en sortirait mieux sans lui et ses pulsions, sans compter le véritable problème que posait son aura. Pour l'heure, il état inutile et rien, à part la mort, ne l'attendait dans ces rues.

Le cœur battant, le souffle de plus en plus court, le Vampire longea les murs de Bedlam pour faire demi-tour. Ses bottes glissaient sur les pavés détrempés et la brume glacée raidissait ses membres. Il semblait que la nuit elle-même s'efforçait de le ralentir, comme si le destin avait décidé que l'heure était venue pour lui de subir une épreuve plus redoutable que toutes celles qu'il avait eu à affronter depuis qu'il avait fait la rencontre d'Alexender. Ah ! Comme il regrettait leur échec au théâtre !
Dans son cœur, l'aristocrate déchu oscillait entre la rage et la résignation. Il était en colère contre le rouquin autant qu'il était fier d'avoir lutté à ses côtés. A cause de lui, il s'était engagé dans une guerre perdue d'avance et son visage était désormais placardé à chaque coin de rue. Son identité publique, déjà mise à mal par son caractère taciturne, avait été anéantie. Il ne pouvait même plus retourner dans son manoir. Lui qui avait jusqu'alors réussi à traquer ses semblables dans l'ombre, malgré ses difficultés à camoufler son aura, était maintenant devenu une des cibles privilégiées de tous les Vampires des environs. Décidément, leur attentat au théâtre n'avait fait qu'accélérer leur perte.

Raphaël parcourut ainsi plusieurs ruelles pour faire le tour du vaste bâtiment qui servait d'hôpital aux fous. Sa main droite luisait de sang et le brûlait comme pour lui rappeler sans cesse qu'il était encore vivant mais que sa vie ne tenait plus qu'à un fil. Quel crétin ! Pourquoi avait-il donné ce coup de poing dans la brique ? C'était sans doute cette insupportable odeur de fer qui avait attiré les Vampires ! Mais quel idiot !

Malgré toute la volonté du monde, le Hunter ne put échapper aux sbires du Comte. Au détour d'une des dernières rues jouxtant Bedlam, il s'arrêta net. Cette fois, il avait bel et bien senti l'aura d'une de ces créatures. Elle était devant lui, dans la rue. D'ailleurs, ses bottes de cuir claquèrent bientôt sur les pavés. Son adversaire venait à sa rencontre...
D'un geste, Raphaël ramena devant lui le fleuret qui lui avait confié la jeune Aria. Sa gorge se noua et ses muscles se tendirent. Que faire ? Fuir maintenant ? C'était déjà trop tard. La silhouette d'un homme portant cape et haut de forme se détacha de la brume. Le Hunter le regarda s'avancer et se tint prêt à en découdre. Qu'il approche ! Il était aussi déterminé à survivre qu'il l'était à mourir pour sa cause !
Le Vampire s'arrêta à bonne distance et le toisa d'un air particulièrement méprisant. Raphaël lui répondit d'un regard des plus agressifs tandis que ce dernier se mettait à lui parler de son maître et de ses envies. Face à ses paroles cyniques, Raphaël tiqua mais ne dit mot. A quoi bon ? C'était de la provocation stupide ! Il ne méritait pas de réponse. Un bon coup de lame lui enlèverait l'envie de discuter ! Qu'il approche encore un peu pour voir...Il en avait tué d'autres.


- Je suppose que ton maître est le Comte ? Demanda-t-il sans attendre de réponse.

C'est alors qu'un rire de femme retentit soudain derrière lui. Le Hunter sursauta brusquement et se retourna à moitié. Lorsque ses yeux croisèrent ceux de la nouvelle arrivante, une lueur d'inquiétude brilla dans leurs prunelles. Il était pris au piège ! Comment avait-il pu les laisser le coincer ? Même si elle paraissait plus jeune que son confrère, et même si c'était une femme, Raphaël n'était pas assez fou pour croire qu'il avait une chance de terrasser deux Vampires ce soir, surtout dans cet état. Il devait fuir...Mais comment ?

Les deux Vampires riaient à son sujet, sans doute trop heureux d'avoir enfin retrouvé l'objet de leur traque. Ils le regardaient avec suffisance et discutaient de son état lamentable. Raphaël les menaça de son arme sans laisser ni à l'un, ni à l'autre, l'occasion de l'approcher sans risquer de se prendre un coup de fleuret.


- Tssss ! Reculez !Grogna-t-il à la femme qui lui tendait le cou sans doute pour mieux lui offrir sa forte poitrine engoncée dans un corset des plus aguicheurs. Reculez ! Assassin ! N'approchez pas !

Ramenant son attention sur l'homme qui lui paraissait plus dangereux que sa consoeur, Raphaël le dévisagea comme s'il allait lui sauter à la gorge. Le Vampire lui souriait d'un air ironique. Il était sans doute fier d'avoir pu mettre le grappin sur lui.
Bientôt, il se mit à observer la lame que tenait Raphaël et plongea une main sous sa cape. Le voyant sortir un pistolet, le Hunter serra les dents.


- C'est ça que vous appelez un duel ? Tsss...

Que faire ? Il était pris ! S'il faisait mine de se jeter sur lui, il sentirait la morsure d'une balle se loger dans son cœur...Comment s'enfuir ? Il fallait gagner du temps...Mais la jeune femme derrière lui ne risquait-elle pas de le poignarder ?
Une idée lui vint soudain.


- Puisque je n'ai apparemment pas le choix...Fit-il en prenant l'air résigné. Allons. Menez-moi au Comte. J'ai, moi aussi, beaucoup de choses à lui dire...

Le Hunter quitta sa position défensive et se redressa. Il jeta un dernier regard à son arme, comme s'il allait la regretter, avant de tendre le bras pour la jeter au pied de son adversaire. Les négociations semblaient terminées. Mais dans le même temps que le fleuret tinta contre les pavés, Raphaël décrocha sa propre cape et se jeta sur le Vampire pour l'envelopper d'un geste. Il se décala volontairement sur le côté pour éviter de prendre une balle et, aussitôt sa cape sur la tête de son ennemi, le Hunter prit ses jambes à son cou. Sans écouter les voix qui tonnaient dans son dos, l'Ange Blanc s'engouffra dans une ruelle perpendiculaire à la leur et disparut dans la brume.
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Comte Keï
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MessageSujet: Re: Le Prix de la fidélité [Comte, Raphaël] [24/04/42] Mer 9 Déc - 20:11

Simons jubilait. Raphaël était enfin à leur portée ! S'ils le capturaient vivant, le Comte serait fier d'eux. Il les récompenserait, il en ferait ses disciples à part entière et non plus de simples exécutants ! Peut-être même qu'il lui accorderait l'honneur de faire partie des Sept ? Simons savait qu'il lui manquait un fidèle et tout le zèle qu'il avait investi dans cette nouvelle mission ne pouvait qu'être à son avantage. Qui aurait-il d'autre ? Personne. Camélia était trop naïve et irresponsable, mais lui ? N'était-il pas aussi distingué que l'était Salluste ? N'était-il pas aussi fort que Marco ? S'il lui livrait Raphaël, le traître, l'impur...il était certain d'obtenir ses faveurs.

Quelque part, Camélia n'avait pas tout à fait tord lorsqu'elle l'accusait de préférer son maître aux femmes. A ses yeux, le Comte n'avait effectivement pas d'équivalent. Il lui portait un amour particulier, plus fort que la passion qu'entretiennent deux amants maudits, plus profond que celui d'un fils pour son père. C'était un amour divin, inconditionnel. Il ferait tout pour lui. Il donnerait sa vie ! Personne ne pourrait jamais le comprendre car personne n'était aussi digne et zélé que lui.
Mais, tant que le Comte ne le considérait pas, tant qu'il ne l'apprécierait pas à sa juste valeur, ce serait un amour bridé, un amour étouffé et solitaire. Il lui fallait ce Raphaël pour prouver à son maître combien il était important qu'il le prenne auprès de lui. Il lui fallait ce Vampire aux cheveux blancs ! Et il était là...


*Ô douce patience ! Te voilà récompensée !*

Combien de fois avait-il rêvé de ce face à face ? Sa course était enfin terminée ! Ah comme le maître serait content ! Camélia pouvait bien être tout excitée...Ce serait SA capture à LUI seul ! Elle n'était là que pour lui servir d'appui, pour déstabiliser leur proie. En soit, il n'avait pas besoin d'elle...

Plus cynique que jamais, Simons s'était ainsi approché de Raphaël pour l'accueillir avec un sourire des plus exaspérants. Oh oui...il finirait au bout d'une pique. Pour le plus grand bonheur de tous ! N'avait-il pas tué un nombre certain de leurs frères ? Il méritait amplement le sort que lui réservait sans doute le Comte.
A sa question au sujet de son maître, le Vampire se lécha les canines en riant. Il leva un sourcil et sourit de toutes ses dents.


- Qui d'autre ? Tu es sur son territoire. Servir un autre que lui serait stupide...

Camélia entra alors en scène et Simons ricana lorsque Raphaël sursauta à son arrivée. Il était pris tel un poisson qui n'a pas su éviter un filet aux mailles trop serrées pour ses écailles. Qu'espérait-il donc à se promener ainsi dans la capitale alors qu'il était recherché par tous les Vampires du coin ? C'était un insensé !

- Assassins? Camélia s'amusait follement et cela se sentait dans son ton joueur. Elle prit la voix étranglée d'une gamine outrée avant de devenir venimeuse. Nous ? Des assassins ? Simons...tu entends ça ? C'est hôpital qui se fout de la charité ! Ahaha ! N'as-tu pas tué, toi ? Pour te venger ? Pour te nourrir ? Pour nous exterminer ? Ahaha ! Qui est un assassin ici ?

Malgré son ton, la jeune femme resta en arrière. Raphaël avait une lame et il n'arrêtait pas de les menacer avec. Il fallait s'amuser, mais la prudence était de mise. Après tout, il avait tué Adhéna Lisbutig, ce n'était pas rien ! Et puis, la belle savait pertinemment que Simons voulait lui parler d'homme à homme. Autant le laisser agir, surtout que c'était lui qui dirigeait l'opération à la base.
Camélia continua donc d'observer le Hunter sans s'en approcher. Sa mission était de lui couper toute retraite.
Simons, lui, sortait déjà son pistolet pour intimider leur cible. Ah comme c'était plaisant de voir le traître ainsi piégé ! Il n'avait plus qu'à capituler ! Le maître serait content ! Il les récompenserait ! Il ferait peut être d'elle une de ses nombreuses amantes ! Oui ! Si elle pouvait lui plaire assez pour qu'il ait envie de la toucher...

Raphaël avait baissé son arme et Simons sentait la victoire approcher. Tout avait été si rapide ! Finalement, le fameux « Ange Blanc » n'était peut être pas si terrible que ça...Certes, il était visiblement aussi fatigué qu'assoiffé, mais de là à ce qu'il accepte aussi facilement d'abandonner la partie...Peut être qu'il désirait réellement s'entretenir avec le maître ? Étrange...C'était du suicide...Simons semblait penser la même chose. Face aux paroles de Raphaël, il fit d'ailleurs un semblant de grimace pour prendre l'air déçu.


- Tu refuses mon duel ? Tu capitules déjà ? Je te pensais plus téméraire...

Camélia pouffa dans son dos. Puis, voyant que Raphaël commençait à baisser la tête et qu'il s'apprêtait à laisser son arme tomber, elle se tue, les sourcils froncés. A quoi jouait-il ? Simons devait se méfier...

- Je doute que tu aies le temps de lui faire part de tes états d'âme...Rit ce dernier en voyant le jeune Vampire laisser son regard glisser le long de son arme. Le Comte ne t'en laissera pas le temps.

Simons rit à nouveau. Persuadé que la victoire était acquise, il regarda le fleuret de Raphaël tomber. Ce son métallique l'envahit de joie mais la seconde d'après, il se retrouva avec la cape de son adversaire sur la tête.

- Qu'est-ce que?!

Son coup de feu claqua dans l'air mais partit en biais et ne fit que se ficher dans un murs de briques.

- Il s'échappe!!

Simons poussa un cri de rage et jeta la cape au sol pendant que Camélia le bousculait pour se lancer à la poursuite du Vampire. La jeune femme était sur les talons de Raphaël mais ce dernier courrait vite et avait pris un peu d'avance en profitant de son effet de surprise. Simons était un crétin ! Comment avait-il pu se faire avoir aussi facilement !? Une cape et il laissait filer leur cible ?! Elle n'en revenait pas !

- Tu ne pourras pas aller bien loin, chien ! Cria-t-elle dans la rue. Je vais te faire la peau mon mignon !

Il était tout proche, elle le sentait. Il était incapable de dissimuler son aura. Il transpirait la peur, il puait l'agonie ! La faim qui tiraillait ses entrailles l'empêchait d'être aussi efficace qu'elle qui venait de se nourrir d'un sang particulièrement jeune et frais. Elle, elle pouvait utiliser ses pouvoirs...
Ainsi, alors qu'elle le rattrapait, ses cheveux s'allongèrent jusqu'à l'envelopper tout entière. Leurs fibres se tendirent lentement vers l'avant comme des pattes d'araignées et se jetèrent soudain dans la rue pour saisir le Vampire par la taille pour le ramener vers elle.


- Je te tiens! Cria-t-elle victorieuse.

Mais, alors qu'elle crispait ses longs droits vers sa proie, Camélia mit soudainement fin à son pouvoir et ses cheveux tombèrent d'un coup, coupés aux épaules. Raphaël fut abandonné au sol au milieu des cheveux qui se décomposaient en une espèce de cendre noirâtre et la jeune femme recula vivement en baissant la tête. Simons arriva derrière elle et s'arrêta net. Tous deux fixaient maintenant la rue qu'avait voulu prendre Raphaël et leurs yeux écarquillés laissaient transparaître leur joie autant que leur peur. Une aura terrible venait de se dévoiler un peu plus loin...
Simons attrapa sa consoeur par le bras et l'obligea à s'agenouiller avec lui.


- Je vois que l'on s'amuse sans moi par ici...

La voix grave du Comte perça la brume juste avant que sa haute silhouette n'apparaisse. Il portait sa cape rouge carmin et sa canne-épée brillait à son côté.

- Monseigneur...Souffla Camélia avant de se taire tout à fait lorsque Simons la pinça violemment au mollet pour la prévenir du danger dans lequel elle se mettait.

Le Comte ne regarda même pas la jeune femme. Lentement, mesurant ses pas, il avança et s'arrêta à la hauteur de Raphaël. Ses bottes luisirent à quelques centimètres de son visage et son regard amusé tomba sur lui. Il le toisa ainsi, de toute sa hauteur de géant, et lui sourit d'un air profondément sadique.


- Comme on se retrouve, mon ami...

L'aura du Comte se déploya alors complètement. Ses sbires manquèrent un battement de cœur en sentant leur souffle s'éteindre comme s'ils venaient d'entrer dans une bulle d'eau. Cette aura était écrasante. C'était un poids incroyable, qui agissait à la fois sur le corps et sur l'esprit. Simons blêmit tandis que Camélia se mit à haleter en s'accrochant à son genoux.
Le sourire de leur maître en disait long sur ce qu'il prévoyait de faire subir au traître.


- Laissez-nous.

Simons empoigna Camélia par l'épaule et l'entraîna à sa suite. Il fallait qu'ils quittent les lieux au plus vite, c'était le désir du Comte. Rester dans un tel moment serait risquer de partager le sort de leur ennemi. Ils auraient leur récompense en temps voulu. Pour le moment, il fallait accepter d'être ainsi mit de côté pour que leur maître puisse avoir le tête à tête qu'il attendait depuis maintenant plus d'un mois...

Une fois ses sbires partis, Jirômaru atténua un peu son aura, histoire de laisser à Raphaël la possibilité de respirer et surtout de parler. Lentement, il fit le tour de son corps qui gisait au milieu de la cendre. Puis, arrivé en face de lui, il s'accroupit pour le prendre par les cheveux et le redresser un peu.


- Alors ? Je vois que tu n'as toujours pas daigné te nourrir convenablement...Pfff...Tu es pitoyable...

Laissant son aura décroître encore, le lord obligea le jeune homme à se relever et le poussa contre un mur. Passant de ses cheveux à son col, il le souleva presque du sol et approcha son visage du sien. Laissant ses canines dépasser sur ses lèvres étirées, il abandonna son sourire.

- Dis-moi où est Sarah Spencer. Est-ce Von Ravellow qui la possède ? Dis-moi ce que je veux savoir et tu vivras.


> Jirômaru Keisuke <

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Raphaël Veneziano
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MessageSujet: Re: Le Prix de la fidélité [Comte, Raphaël] [24/04/42] Mer 16 Déc - 12:58

Le souffle court, il s'élançait dans les ruelles comme un damné fuit l'Enfer qu'il a entrevu. Ses bottes brisaient le silence installé dans la brume et battaient les pavés au rythme effréné de son coeur. La sueur qui commençait à perler devant son regard fou l'aveuglait tandis que ses cheveux, lourds de crasse, collaient son front brûlant. Mais il n'avait pas le temps de s'arrêter pour reprendre contenance. La mort le talonnait et s'il voulait servir encore à quelque chose dans le combat qu'il avait engagé aux côtés des Hunters, il fallait qu'il s'échappe.
Cette fois, Raphaël avait eu de la chance. Ces Vampires ne s'étaient pas attendus à ce qu'il prenne la fuite de cette manière, et le coup de feu tiré par celui qui semblait être le chef l'avait manqué. Encore un peu...

Le Hunter n'en menait donc pas large ce soir. Alors que la lune peinait à traverser de sa pâle lueur les nuages qui s'amoncelaient au-dessus de la capitale, Raphaël, lui, peinait à sauver sa vie. Dans son dos, les rires hystériques de la jeune femme s'étaient mués en hurlements funestes. Elle voulait sa "peau" et le poursuivait avec hargne. Comment lui échapper? Elle, elle venait de boire son content de sang, alors que lui mourrait de faim! S'il ne trouvait pas une cachette au plus vite, il n'aurait aucun espoir de lui glisser entre les doigts. Mais, même caché, comment pourrait-il dissimuler son aura? Impossible! Elle le sentirait! Dans un moment pareil, jamais il ne parviendrait à se concentrer. Il était trop faible, trop déstabilisé!
Finalement, il ne restait plus que la lutte. Malheureusement, la rapière d'Aria était maintenant derrière lui et, à part ses pouvoirs qui le vidaient de son énergie en un rien de temps et qu'il ne maîtrisait pas encore, il ne lui restait guère d'atouts pour se défendre.
Fuir, le plus loin possible, le plus vite possible. Réfléchir. Avancer. Il ne parvenait pas à trouver de solution. Il manquait de temps et de moyens.

Dans sa course, ses pensées se brouillèrent. Elles allèrent de son angoisse qui prenait en tenaille son corps entier, à sa douce Eulalia qu'il ne reverrait sans doute jamais. Elles bondirent de sa mère qui ne lui avait accordé qu'un sursis en se sacrifiant, aux Hunters qui ne l'accepteraient jamais tout à fait. Elle glissèrent sur l'espoir de parvenir à la lande avant d'être pris et se noyèrent dans l'évidence qu'il n'aurait jamais assez de la nuit pour le faire.
L'accent cynique du Vampire au pistolet résonnait dans sa tête et se liait au rire fou de sa compagne. Comment avait-il pu se laisser piéger aussi facilement par ces deux-là? Pourquoi était-il donc sorti cette nuit-là!? Décidément, comme une pierre plate propage des ondes dans l'eau claire d'un lac, la moindre de ses actions finissait toujours par entraîner une suite de conséquences désastreuses...


*Maudit. Je suis maudit. Bon sang...*

Raphaël serra les dents et jeta un coup d'oeil derrière lui. La brume était devenue épaisse mais il entendait très distinctement sa poursuivante. Il fallait qu'il parvienne jusqu'au Suzanne's Park s'il voulait avoir encore une chance de se sauver et de disparaître. Entre les arbres et les buissons, il pourrait peut être utiliser ses invocations et profiter de la confusion qu'elles provoqueraient pour s'éclipser enfin. On dit que l'amour donne des ailes, mais l'espoir ne fait-il pas de même ?
Dans un ultime effort, Raphaël parvint à accélérer sa cadence. Son souffle râpait sa gorge de nacre comme pour lui arracher d'avance quelques plaintes avant le grand final et son bras droit le lançait à cause de la blessure à l'argent que l'agent du Yard lui avait faite peu de temps auparavant. Mais, malgré cela, il réussit à s'engouffrer dans une nouvelle ruelle et à espérer pouvoir en atteindre le bout.
C'est alors que de longs filaments l'attrapèrent et le tirèrent en arrière. Stoppé net dans sa course, le Hunter s'étrangla et chuta.


- QUE...?!

Ses mains, agrippées par réflexe aux filins noués autour de son torse, ne purent l'aider à amortir le choc. Il sentit sa hanche droite heurter violemment les pavés et poussa un cri de douleur qui résonna longtemps entre les maisons aux volets clos. Hurlant de rage, Raphaël entreprit de se dépêtrer de cette masse filandreuse dont la matière, aussi surprenante de résistante, se mit à le serrer de plus en plus fort. Mais rien n'y fit. Le cri de victoire de la jeune femme vrilla ses tympans et une vague de détresse l'envahit. Non ! Il ne pouvait pas être pris ! Il les tuerait, elle et son compagnon et brûlerait leurs restes comme il l'avait fait avec sa dernière victime !

Mais alors qu'il étouffait une insulte en se débattant comme un fauve, une grande pression ralentit les mouvements du Hunter et il fut bientôt incapable de bouger tant l'atmosphère s'était chargée de cet étrange phénomène. Les cheveux qui le retenaient prisonnier cédèrent soudain et il se retrouva dans un océan de cendres. Rejointe par son compagnon, la jeune femme s'était agenouillée non loin de lui. La respiration soudainement très faible, le Vampire roula sur le dos, désorienté et meurtri, incapable de comprendre ce qu'il se passait sur le moment. Mais lorsqu'il vit les deux Vampuires agenouillés et qu'il sentit sur lui s'abattre la puissance de cette pression, il écarquilla les yeux de terreur.
Le Comte! C'était le Comte! Ça ne pouvait être que lui! Cette pression, c'était une aura, c'était SON aura...

Raphaël avait vu juste car bientôt la voix du seigneur de l'Ombre gronda dans la brume. Le Hunter serra les poings. C'était fini. Jamais il ne pourrait lutter seul contre un tel adversaire. Jamais. Cette fois, le Monde de la Nuit sortirait vainqueur.

Désespéré, complètement dépassé par la situation et la puissance de l'aura qui l'écrasait littéralement, le Hunter réagit à peine en voyant arriver près de lui les bottes de son futur assassin. Son regard croisa le sien, aussi amusé que satisfait, mais il n'eut pas la force de le soutenir. Alors l'aura du Comte se déploya tout à fait et Raphaël se recroquevilla sur lui-même avant de gémir de peur. Il était parfaitement impuissant face à son aîné. Incapable de bouger. Incapable d'articuler ce qu'il avait sur le coeur. Cette aura était d'un poids monumental! Il avait l'impression qu'un manoir entier pesait sur sa cage thoracique et qu'il ne pourrait plus jamais contrôler ses membres. Il était à sa merci. Complètement paralysé.
Les sbires du Comte eux-mêmes s'enfuirent, signe que leur maître les congédiait et qu'il ne désiraient pas s'attarder davantage en sa présence. Apparemment, il voulait régler cette affaire seul et nul ne voulait se risquer à lui faire obstacle.

Une fois le couple disparu au loin, l'aura du Vampire s'atténua et Raphaël put à nouveau respirer plus correctement. Il sentit plus qu'il ne vit le Comte s'accroupir près de lui et le prendre par les cheveux pour relever sa tête et lui parler. Face à ses moqueries, le Hunter grimaça et grogna d'une voix presque éteinte:


- Je...t'interdis...de me juger.

Le Comte le souleva alors par le col pour le relever et le pousser contre un mur. Raphaël sentit que le Vampire avait encore atténué son aura mais il n'eut pas la force de lui résister malgré cela. Entre la brique et son adversaire, l'aristocrate déchu ressemblait à un pantin désarticulé que l'on vient de secouer pour vérifier qu'il ne manquait pas un fil.
Le maître de la ville passa de son sourire ironique à une expression des plus sérieuses et lui demanda où se trouvait Sarah. Il lui promit la vie s'il répondait à ses questions. Le Hunter mit du temps à réagir, à cause de sa respiration devenue particulièrement difficile, mais au bout d'un moment, il se mit à rire avec dédain:


- Haha...Même si je le savais...je ne te le dirais pas...

Rassemblant son courage et sa haine, le Hunter cracha au visage du Comte et lui jeta un regard des plus insolents.

- Tue-moi. Tu...n'obtiendras jamais rien de moi...
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Comte Keï
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MessageSujet: Re: Le Prix de la fidélité [Comte, Raphaël] [24/04/42] Jeu 17 Déc - 21:47

Raphaël était pitoyable. Affaibli par la faim et trop jeune pour résister à son aura, il se traînait dans la cendre à ses pieds comme un nouveau né tout juste rescapé d'un incendie. Le Comte ne pouvait s'empêcher de le regarder de haut, en vainqueur complet, même s'il ne prenait pas réellement plaisir à ce qu'il faisait. En vérité, sa seule joie était d'avoir enfin l'opportunité de savoir ce qu'il était advenu de Sarah. Et puis, ce Vampire n'avait-il pas tenté de le tuer ? Ne méritait-il pas le sort qui l'attendait maintenant ? Un de plus, un de moins, qui s'en soucierait ?
Certes, c'était un homme qui détestait sa race autant que lui et qui, si les circonstances avaient été différentes, aurait pu figurer parmi ses plus fidèles complices dans la grande entreprise qui était la sienne. Mais il était trop tard. Le Comte ne souhaitait plus s'user à dévoiler ses desseins les plus intimes et à jouer sur plusieurs plans. C'était bien trop dangereux. Le Monde de la Nuit avait encore besoin d'être bercé d'illusions à son sujet. Il ne pouvait se permettre de risquer d'être tout à fait découvert. De toutes façons, Raphaël était sans doute trop aveuglé par sa vengeance, et ce qu'il considérait comme son « devoir », pour pouvoir un jour accepter de s'associer à lui. Jamais il ne l'accepterait.
C'était donc un élément gênant qu'il devait éliminer au plus tôt. Non seulement il lui servirait de couverture, face aux autres Vampires, pour garantir aux yeux de tous son rôle de Prince de la Nuit, mais en plus il ne pouvait plus supporter ses liens avec la bande d'Alexender qui compromettait sa relation avec Sarah. Il y avait là une histoire plus personnelle...

Ce soir, le Comte saurait où se cachait la jeune femme et mettrait un terme définitif aux agissements de Raphaël. Ce soir, il libérerait une âme de plus du Don Obscur.


- Je ne fais pas que juger, mon cher...Je punis aussi.

L'avoir là, entre ses mains, était aussi jouissif que s'il avait aperçu la chevelure de Sarah. Oui ! Bientôt, il saurait où se cachait l'héritière Spencer ! Bientôt, il la posséderait et il aurait enfin la possibilité de mettre la main sur ceux qui l'avaient attaquée !

Proche comme il l'était de Raphaël, Jirômaru pouvait presque sentir son souffle contre son menton alors qu'il lui intimait de répondre pour tâcher d'avoir la vie sauve. Malgré l'atténuation de son aura, le Hunter peinait à articuler. Le Comte passa donc un seuil encore en dessous, afin de permettre au jeune Vampire de satisfaire ses exigences. Raphaël se mit alors à rire et à le regarder avec dédain. Jirômaru lui sourit. Bien sûr, il ne s'attendait pas à ce que ce dégénéré lui offre sur un plateau tout ce qu'il lui demanderait sans lutter un peu. Cela aurait été trop facile...
La hargne du Hunter ne le surprit pas le moins du monde. Par contre, lorsque ce dernier lui cracha au visage, son sourire cynique se transforma en grimace l'espace d'un instant. Ainsi donc il souhaitait l'humilier ? Pour l'instant, il riait et le dévisageait avec insolence mais dans quelques minutes il le supplierait de l'achever...
Resserrant d'une main son étreinte sur le col du jeune homme, Jirômaru s'essuya du revers de sa main libre et grogna doucement :


- Oh non...Je ne vais pas te tuer, pas maintenant...Ce serait te faire bien trop d'honneur. Tu risquerais même d'y prendre un plaisir fou. C'est ce que tu attends depuis longtemps. Je le sens...Tu n'aspires qu'à ça, la mort, la fin de ta souffrance...Le visage du lord se fendit d'un sourire carnassier. Mais il y a bien plus amusant que la mort...Et tout ce que je veux, je l'obtiens toujours...

Lentement, Jirômaru appuya son corps contre celui de Raphaël. Il rapprocha son bassin du sien, utilisa sa jambe gauche pour lui bloquer toute tentative de fuite et remonta sa jambe droite entre ses cuisses pour l'empêcher de bouger sans qu'il ne risque un mauvais coup. Son visage frôla le sien tandis qu'un sourire sournois se dessinait sur ses lèvres étirées. Alors sa main glissa sur le torse du Hunter avec la douceur d'un amant et disparut entre les boutons de sa chemise. D'une caresse, il se mit à descendre le long de ses côtes, sans jamais lâcher son regard plein d'émotions dont il se délectait à présent. Il atteignit sa ceinture et, d'un geste plein d'expérience, il passa sur sa hanche. Son regard brilla et son souffle s'approcha des lèvres du Hunter. Puis, il se figea et son sourire se fit plus franc. Du bout des doigts, il touchait enfin ce qu'il cherchait : une cicatrice.

- Ah...Je commençais à me demander si ma petite marque avait disparu...Parfaitement collé à son ennemi, le Comte l'obligea à rester immobile. D'une voix tendre, il lui souffla dans le cou qu'il caressait maintenant de son menton. Tu te souviens ? Ma lame qui entre dans ta chair...Hmm? Ses doigts pincèrent la peau du Hunter où il avait autrefois plongé son poignard d'argent. Il ne l'avait pas tué ce soir-là, mais cette cicatrice était le symbole de la vengeance que le Hunter ruminait depuis leur seconde rencontre. Tu avais tenté de me prendre Sarah...Je te l'ai fait payer. Ricana le lord  contre lui. Aujourd'hui, tu veux me la cacher...Es-tu sûr de ce que tu fais petit frère ?

Partant d'un grand rire, le Comte enleva sa main de la hanche du jeune Vampire, arrachant un bouton de chemise au passage, et attrapa à deux mains son col pour le décoller du mur. Les dents serrées, il le souleva pour le jeter à terre. La cendre se souleva autour de lui, comme pour le nimber d'un linceul de brume, et la botte droite de son tortionnaire vint s'écraser contre son front. Jirômaru se pencha alors en avant et glissa sa main contre son mollet pour extirper son couteau et sa gaine qu'il conservait toujours dans cette même botte. Cette fois, il ne riait plus. Son visage, figé dans une expression grave, dénuée de tout sentiment, ressemblait à celle de ces statues d'empereurs romains dont les regards implacables sont encore aujourd'hui sculptés dans le marbre le plus dur qu'il soit.

- Tu vois, je ne comptais pas en arriver là, mais je crois que tu ne me laisses pas le choix...

Le Comte appuya sa main libre sur la tête du Hunter pour le maintenir au sol. Puis, il laissa sa semelle venir écraser les doigts de la main droite du jeune homme avant de s'accroupir à ses côtés. Son ton devint intransigeant.

- Je vais te le demander une dernière fois: où se trouve Sarah Spencer?

Le tintement lugubre d'une lame gémit près de la tête du Hunter et un éclat pâle brilla dans le regard de son aîné. Le Comte n'en pouvait plus d'attendre. Raphaël avait intérêt à parler au plus tôt...


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MessageSujet: Re: Le Prix de la fidélité [Comte, Raphaël] [24/04/42] Mar 29 Déc - 23:06

Mourir pour une cause, était-ce louable ? Mourir pour un autre, pour des ingrats, pour une femme qu'il ne connaissait presque pas, était-ce là une juste voie ?

Raphaël était pris. Entre les griffes du Comte, seul, affaibli par sa soif mais aussi par sa blessure au bras droit, il n'avait aucune chance. Déjà, il n'avait plus la force de se battre. L'aura de son aîné était bien trop puissante pour qu'il puisse esquisser ne serait-ce qu'un geste vers lui. Il se sentait écrasé, comme si l'on avait posé sur lui le poids de plusieurs existences de bravades et de souffrances. Ses poumons, compressés dans sa cage thoracique, refusaient de se gonfler pour lui permettre de respirer correctement et son cœur battait tant la chamade que le peu de sang qui restait en circulation dans ses veines nécrosées par la dégénérescence ne parvenait plus à alimenter son cerveau et ses membres. Il étouffait.
A l'image d'un poisson jeté sur le bois poisseux des docks, le Hunter ne parvenait qu'à peine à se trémousser sur lui-même pour tenter d'échapper à son inévitable mise à mort.

Le Comte voulait savoir où se trouvait la jeune Sarah Spencer. C'était sa cible principale, celle qu'il avait poursuivie sur le pont de Londres, celle qu'il avait demandée en mariage sur les planches, celle, enfin, qui avait reçu une balle dans l'épaule pour le protéger lui, Raphaël, de la colère d'Alexender. Sarah était une femme particulière. On se battait pour elle, même lorsque l'on ne la connaissait pas. En soit, Raphaël n'avait jamais réellement pu discuter avec cette femme d'exception. Pourtant, le Vampire considérait qu'il avait une dette envers elle et un certain devoir à accomplir. Elle méritait d'être heureuse et libre des entraves que le lord voulait lui imposer. Elle méritait de retrouver Alexender et de fuir le pays. Elle méritait, enfin, qu'il souffre pour elle.
Mais aujourd'hui, personne ne savait où elle se trouvait. L'héritière des Spencer avait tout bonnement disparu et nul ne pouvait prédire son retour. Peut être était-elle morte ? C'était ce que le Yard pensait. Les recherches semblaient vaines et Alexender lui-même paraissait avoir abandonné son combat pour la retrouver. Maintenant, il se concentrait sur les filles de Romerta qui croupissaient à Coldbath. Raphaël le comprenait, d'autant que la situation semblait des plus désespérées et que les Hunters se devaient d'avancer pour le bien de tous. Cependant, tout comme il n'avait pas encore réussi à renoncer à chercher Aria, l'Ange Blanc espérait que Sarah serait un jour retrouvée.

Les dents serrées, prisonnier de la poigne du Comte, il n'avait donc pas la réponse à sa question et s'en réjouissait en partie. Le Hunter ne put que cracher au visage de son ennemi en riant qu'il ne savait rien et ne dirait rien. Plutôt mourir, oui, que de lui donner ce qu'il désirait. De toute façon, il ne pourrait jamais délivrer une information qu'il ne possédait pas. Le Vampire pouvait tout aussi bien entrer dans son esprit qu'il n'obtiendrait rien du tout. La seule crainte qu'avait Raphaël, c'était que le lord finisse par découvrir la cachette des Hunters. Pour éviter cela, le pousser à bout et périr de sa main avant qu'il ne soit forcé à les trahir était sa seule issue.
Malheureusement, le Comte aimait jouer avec ses victimes. Il était réputé pour cela, d'après les Hunters, et Raphaël avait déjà pu en témoigner après leur rencontre sur le pont et plus précisément après leur petite entrevue au Muséum. Et puis, Alexender ne lui avait-il pas confié qu'il l'avait laissé pour mort dans les égouts avec une plaie béante en espérant qu'il crève suite à ses blessures ? Achever d'un coup de dent ses proies n'était apparemment pas son plaisir préféré...

Ses iris de glace fixée dans celles du Comte, Raphaël le regarda essuyer son visage de la souillure dont il venait de le couvrir. Il aurait tant voulu lui mettre un coup supplémentaire ! Mais le sourire carnassier du Vampire et l'étau de sa main sur son col le tétanisèrent. Cette fois, il allait cruellement souffrir...Le regard gris de son aîné brillait déjà d'une flamme malveillante et sadique. Déjà, il se rapprochait de son visage et collait son corps au sien. Face à ses paroles amusées et à sa proximité, le Hunter tenta de reculer son visage pour l'éloigner du sien mais le mur de briques contre lequel il était appuyé l'arrêta.


- Tssss...Tu ne...sais rien de moi...

« tout ce que je veux, je l'obtiens toujours... »

Les dernières paroles du Comte firent blêmir Raphaël. Il sentit couler le long de sa tempe une sueur froide qui finit de tremper le col de sa cape. Pétrifié de terreur, le Hunter écarquillait les yeux et bégayait.

- T..Tue-moi ! C'est inutile...J...Je ne ss..sais rien !

Mais le Comte ne l'écoutait pas. Il venait de coller son bassin au sien et de le bloquer avec ses jambes pour glisser sa main libre entre les boutons de sa chemise. Un frisson d'horreur saisit le Hunter qui se mit à imaginer mille et une façons perverses que le Vampire pouvait tester sur lui. Et, lorsqu'il sentit ses doigts caresser ses côtes en descendant vers sa ceinture, il se mit à trembler de tous ses membres.

- Ne..me...tou...touche...pas... !

Le contact de cette main glacée contre sa peau révulsait l'aristocrate au plus haut point. Jamais il n'avait imaginé une telle proximité avec un homme, encore moins avec un Vampire. C'était contre nature ! Totalement pervers et infâme ! Il se sentait violé dans son intimité !
Son esprit s'affola. Qu'allait donc lui faire ce cinglé ? Il fallait qu'il réagisse ! Mais son corps, pétrifié par cette aura monstrueuse, refusait de bouger. Tous ses sens commençaient à se brouiller. Il sentait l'odeur de son aîné se mêler à la sienne, son souffle brûler son cou, la douceur de sa paume contre sa peau...Il sentait sa hanche compresser la sienne, comme s'il le désirait à l’instar d'une femme qu'il allait allonger là, dans la boue, pour la prendre et satisfaire ses pulsions lubriques. Non ! Il refusait de subir un pareil affront ! Plutôt crever maintenant !


- A...arrête... ! Je...te...tuerai.

Mais alors que la bouche de son adversaire frôlait la sienne et qu'il sentait ses doigts franchir sa ceinture, tout s'arrêta soudain. Le Comte venait de trouver la cicatrice qu'il lui avait laissée depuis leur rencontre au Muséum. Ses mots, soufflés dans son cou avec une tendresse feinte, finirent de perturber le jeune homme.

- J...Je...te tuerai...répéta l'Ange Blanc en sentant qu'il s'écroulait sur lui-même.

Alors Raphaël sentit qu'on le soulevait et qu'on le jetait à terre. Comme une poupée de chiffons, il se laissa faire, incapable de réagir tant l'émotion le submergeait. La cendre enveloppa le Hunter dans ses bras décharnés et il en respira une grande quantité tandis qu'il percutait les pavés. Toussant comme un pauvre diable, meurtri dans son estime et ivre de fatigue, le jeune homme s'affaissa et resta face contre terre. La botte du Comte vint alors écraser sa main droite tandis qu'il s'appuyait de nouveau sur lui pour l'empêcher de bouger. Raphaël haletait maintenant comme s'il allait rendre son dernier souffle.
Une main sur le crâne, la bouche dans la cendre, une lame près des yeux, le Hunter sentit que son heure avait sonné.


- Je...Je...ne...sais pas. Finit-il par répondre en désespoir de cause. T...Tue-moi.

Raphaël était épuisé de réclamer la mort sans jamais la voir venir. Ne pouvait-il donc pas mourir en martyr pour la cause qu'il défendait maintenant depuis des décennies ? Pourquoi Dieu faisait-il de lui une pitoyable marionnette dans la main des monstres que le Diable avait créés ? N'avait-il pas le droit au bonheur ? Fallait-il qu'il soit toujours abandonné de tous ? D'abord sa mère, puis sa maîtresse, ensuite Eulalia, puis les Hunters...et maintenant il servait de pâture au plus puissant des Vampires de cette ère ? Qu'avait-il donc fait au Seigneur pour mériter semblable sort ?
La paix. C'était tout ce qu'il désirait désormais. Qu'on l'oublie, certes, mais qu'on ne le laisse plus vivre ça.


- S...Sarah a disparu...P...Personne ne sait où elle...se...se trouve.

Au fond de ses entrailles, Raphaël sentit soudain venir une sorte de vague de confiance en lui. Dans sa tête, une voix lui susurra qu'il pouvait encore tenir et, sur son épaule, un frémissement tirailla sa chemise. Oui, son pouvoir se réveillait. Ses invocations commençaient à sortir! Peut être qu'il pourrait finalement s'échapper, comme avec l'agent du Yard l'autre jour?
Même si l'espoir était infime, il lui permit de serrer les dents et de grogner une dernière provocation.


- Qu...Quel dommage hein? T...Tu ne...ne l'auras pas ce...ce soir...

Sous la cendre qui lui recouvrait une partie du visage, le jeune Vampire réussit à esquisser un petit sourire mesquin. Après tout, soit le Comte le tuait sur le champ, soit il parvenait à déclencher son pouvoir et...advienne que pourra.
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Comte Keï
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MessageSujet: Re: Le Prix de la fidélité [Comte, Raphaël] [24/04/42] Ven 8 Jan - 18:12

[HRP/ RP évidemment en accord avec Raphaël, et ce depuis le début...héhé./HRP]

Jirômaru jubilait.
Torturer ses semblables ne lui était pas arrivé très souvent. Mais, à chaque fois, il y avait prit un plaisir incroyable. En effet, depuis que Matosaï l'avait transformé, ou plutôt condamné à cette pitoyable immortalité qui reposait sur la dévoration des Hommes, il haïssait les Vampires. Ce qu'il était devenu l'avait toujours révulsé et le révulsait encore. Jamais il n'avait réellement pris goût à cette existence maudite, sauf peut être en Italie, lorsqu'il avait découvert la plus faste des débauches. Mais cette époque était révolue et sa véritable nature, loyale et bonne, avait repris le dessus. En secret, il avait donc toujours préparé la chute de ceux qu'il devait désormais appeler "les siens". Matosaï avait été le premier à périr sous sa dent. Ce "maître" qui l'avait détruit, qui lui avait tout pris, depuis son honneur de samouraï, jusqu'à son âme, en passant par ses camarades de guerre, sa famille et son amour. Assassiné sans vergogne, au moment le plus opportun, il reposait désormais dans les méandres de sa Salle Noire, cet espace hors du temps, et croupissait, squelette inanimé, pour l'éternité. Jirômaru n'avait jamais regretté son geste. A son arrivée en Angleterre, il avait même tué quelques uns de ses disciples, les plus récalcitrants, sans se faire prendre par la justice vampire. D'autres avaient été accusés à sa place. Ainsi ces imbéciles avaient-ils payé pour leurs crimes et leur insubordination. Puis, il y avait eu Joyce, dont le sang nourrissait désormais ses pouvoirs...Raphaël était simplement le prochain.
La seule chose qui avait empêché le Comte de l'assassiner jusqu'à présent c'était son implication dans la chasse que les Hunters de Londres menaient. Qu'il se batte, lui aussi, contre sa propre race, les rapprochaient à un point qu'il ne pouvait imaginer. En soit, le tuer allait à l'encontre des plans que Jirômaru mettait en place depuis des siècles, puisqu'ils luttaient pour la même cause intrinsèque. Cependant, le jeune Vampire commençait à devenir dangereux, ou du moins gênant, pour la quête personnelle de son aîné. Il était trop impliqué auprès d'Alexender Von Ravellow, son rival, et de Sarah Spencer qu'il pourchassait à la fois de ses avances et de ses desseins. Si encore ce jeune fou s'était contenté de tuer quelques Vampires stupides, la situation aurait été bien différente! Mais le fait qu'il cache Sarah et louvoie avec son amant, qu'il fomente des attentats contre lui et vienne gâcher ses pièces, qu'il assassine ses disciples et risque de déjouer ses plans, le mettait sur la liste terrible des hommes à éliminer. Le Comte ne pouvait plus l'ignorer, d'autant plus que Raphaël était encore incapable de se nourrir correctement et qu'il représentait également une menace pour les humains. Le tuer était nécessaire. Mais avant, il fallait lui faire cracher tout ce qu'il savait sur Sarah et les Hunters...

Pousser à bout un homme est simple, surtout lorsque l'on a presque 600 ans d'expérience. Et, même sans cela, il suffit de trouver ce qui le révulse le plus et atteint ses sentiments les plus forts. Pour Alexender, il suffisait sans doute de le prendre de haut et de lui murmurer doucement que Sarah ne lui appartiendrait jamais. Avec les amoureux transis, c'était d'autant plus aisé que leur passion les menait presque toujours d'elle-même à leur perte. Mais, concernant Raphaël, la tâche n'était pas si évidente que cela, en tous cas pour le premier badaud venu. En effet, le Hunter était un homme froid, qui semblait maîtriser - bien mieux que son compagnon - ses émotions, même les plus vives, et c'était surtout un Vampire, blasé et droit, loin du jeune intrépide à la tête flambée qui se jette tout droit dans la gueule du loup. Là où il fallait frapper, c'était sur sa nature qu'il haïssait profondément, et menacer sa foi. Car oui, Raphaël avait déjà prouvé, sur le Pont de Londres, qu'il croyait en Dieu et aux ténèbres infernales : le Comte savait que ce sujet l'ébranlerait au possible. En soit, l'épuiser n'était plus à faire, puisqu'il était déjà dans un sale état lorsqu'il lui était tombé dessus, (d'autant plus que Simons et Camélia l'avaient fait courir), mais l'énerver, le pousser dans ses retranchements et le terroriser était encore à faire. Ces points serviraient de braises pour l'enflammer...

Ah! Quelle joie de voir dans son regard de glace la colère faire place au désespoir! Quel bonheur que de sentir contre lui son corps transpirer la peur! Raphaël était plein de courage et de détermination, mais la mélancolie le rongeait déjà à l'instar de la dégénérescence. Un rien le ramenait sur son envie de mourir. Mais le tuer sur sa demande ne mènerait nulle part. Non seulement ce serait lui faire le plaisir de lui accorder cette ultime faveur, mais en plus il emporterait avec lui ses secrets dans sa tombe. Non. Il fallait le cuisiner un peu, le rendre fou de terreur, le blesser jusqu'à ce qu'il crache tout ce qu'il savait!

Au milieu de ces réflexions, le Comte décida de jouer avec les nerfs du jeune homme en le collant tout à fait. Sa foi lui interdisait évidemment le vice, la luxure et toutes les "déviances" qu'elle jugeait bien hâtivement. Aussi, ses gestes, plein de sensualité, décontenancèrent Raphaël qui pâlit jusqu'à devenir aussi transparent qu'un linge humide. Ce qui lui passa sans doute par la tête en cet instant amusa beaucoup son aîné. Jirômaru connaissait tous les ressorts de l'amour et de l'envie. Il savait, qu'au fond de lui, le jeune aristocrate ne pourrait s'empêcher de frissonner face à ses attouchements. De peur et de colère, sans doute, de curiosité, peut être...Pervertir autrui faisait fantasmer le lord. Il adorait souiller les âmes et leur montrer que les principes ridicules qui bridaient leur corps ne pouvaient empêcher leur esprit de songer aux pires des dépravations. Cependant, Jirômaru n'était pas non plus naïf au point de croire que Raphaël se laisserait finalement faire pour le rejoindre, comme l'avait fait Glen et comme Sarah avait bien failli le faire...


- Ahahah, tu trembles comme une pucelle...Allons, laisse-toi faire...rit le Vampire en sentant combien Raphaël ne supportait pas leur proximité.

Cela lui servit surtout à lui rappeler que, face à ses ridicules petites tentatives, il était tout puissant. N'avait-il pas réussi à le blesser jusqu'à lui laisser une cicatrice au Muséum ? Cette cuisante rencontre devait lui peser sur la conscience et le faire autant bouillir de peur que trembler d'effroi.

Une fois cette danse aussi cruelle que perverse terminée, le Comte profita de la tétanie de son adversaire pour le jeter à terre. Par-dessus lui, il menaça de sa lame d'argent le visage de son "confrère". Ce dernier, plus pitoyable que jamais, gisait dans la cendre, mort de fatigue, mort de faim, mort de peur. Les lèvres pâteuses, le souffle court à cause de son aura gigantesque, Raphaël ne cessait de réclamer la mort et de répéter faiblement qu'il n'avait rien à dire au sujet de Sarah. Jirômaru perdit patience. Les doigts crispés dans ses cheveux ternis par la crasse, il releva la tête du jeune Vampire et grogna à nouveau ses menaces. Rien n'y fit. Raphaël refusait de coopérer. Contre toute attente, le jeune homme alla jusqu'à avoir la hardiesse de le provoquer une dernière fois.

Le Comte sourit froidement, plus énervé qu'amusé, et rapprocha sa lame de la joue du jeune aristocrate. Ah oui ? Il n'aurait pas Sarah ce soir ?


- Elle, peut être, Veneziano, mais toi, pour sûr...

Avant d'avoir terminé sa phrase, Jirômaru appliqua le plat de sa lame contre la joue de Raphaël. Le vieux Vampire laissa le métal glacé agir sur les chairs de l'Ange Blanc. L'argent brûlait la peau des Vampires comme un tison ardent tout juste sorti de la cheminée. Cette lame, pure et brillante, avait ainsi le même contact qu'un morceau d'épée rougi par le forgeron juste avant la trempe. La peau du jeune homme grésilla et bientôt la lame se colla à ses chairs à vif. Jirômaru se délecta de ce spectacle et des cris de souffrance de sa victime qu'il maintenait fermement. S'il appuyait un peu plus, il toucherait bientôt l'os ! Raphaël devait parler.
C'est alors que  le Comte sentit quelque chose lui happer le flanc. Deux crocs s'enfoncèrent dans sa cape et traversèrent son veston avant de venir se ficher entre ses côtes. Poussant un hurlement de colère mêlée de douleur, le lord s'aperçut que des espèces de serpents noirâtres sortaient des épaules de Raphaël pour le mordre.


- Si tu crois t'en sortir comme ça ! Rugit-il hors de lui en lui assénant un violent coup à l'arrière du crâne.

Les ombres grandirent, les lampadaires du quartier entier s'éteignirent et, bientôt, les maisons disparurent, les pavés furent noyés dans une vague sombre et l'espace changea complètement de forme.
Le silence prit place.

Puis, la voix du Comte résonna aux oreilles de Raphaël tandis que leurs corps apparaissaient dans cet espace horriblement vide et noir.


- Oublie tes sorts de forain, mon ami...Ici, aucun ne fonctionnera...

Toujours dans la même position, Jirômaru regarda le jeune homme avec hauteur. Ses doigts se resserrèrent sur sa tignasse et son pied écrasa plus fortement sa main droite. La lame de son couteau ne brillait plus, mais le Vampire la gardait près de sa joue désormais en lambeaux.

- Dis-moi où est Sarah...

La lame vint glisser sur l'index de Raphaël et ses chairs se remirent à crépiter.

- Je jouerai avec toi autant de temps qu'il me le faudra. Ma patience est sans limite quand il s'agit de délier les langues...Ne me provoque pas davantage. Si tu souhaites une mort rapide, dis-moi où se cache la jeune Spencer. J’abrégerai tes souffrances...ou les décuplerai !

La pression du Comte sur sa lame fut radicale: le couteau s'enfonça dans la peau et sectionna chair, nerfs et os. Le craquement lugubre, accompagné du crépitement de l'argent et du cri de souffrance que Raphaël ne pouvait retenir, vibrèrent dans les ténèbres de la Salle Noire. Sur ce sol inexistant, dans cette obscurité surnaturelle, le sang du Vampire se répandit en une flaque éclaboussée aux pieds de son tortionnaire.
Jirômaru serra les dents et poussa du bout de sa botte l'index sans vie que Raphaël venait de perdre. Les mains poisseuse de sang, il maintint le jeune homme au sol et appliqua sa lame, cette fois-ci sur son majeur.


- Un à un, je te les couperai...Fit-il les crocs sortis, en grinçant entre ses dents, tout près du visage de sa victime. Notre chair se reforme, mais pas nos os! Raphaël! Dis-moi où est SARAH!?

Le crissement de la lame sur l'os fit crisper les doigts du Comte aux racines des cheveux de Raphaël. Au milieu des cris et de cette odeur infecte de sang vicié, Jirômaru perdait toute humanité. L'écho effroyable dans cette pièce de cauchemar lui renvoyait l'horreur de la scène dont il était le maître. Le Hunter n'avait aucune chance d'en réchapper vivant s'il continuait à se taire de la sorte. Déjà, son majeur rejoignait la mare de sang qui souillait désormais son visage tuméfié.

- Dis-moi où est Sarah !! Et son crétin d'amant ! PARLE ! Ou j'entre dans ta tête pour faire exploser ta petite cervelle d'arrogant !

En vérité, le Comte ne pouvait pas lire les pensées de Raphaël dans la Salle Noire. En effet, si les pouvoirs n'y fonctionnaient plus, c'était valable pour les siens. Mais, cela, le Hunter ne pouvait pas le savoir...

- Mais au fait...Fit soudain le Comte ne se redressant. Est-ce que notre chère Eulalia Grey sait où toi tu te trouves ? Je devrais peut-être aller lui rendre visite pour l'informer... Fier de sa nouvelle trouvaille pour rendre fou le Hunter, Jirômaru jubila: Après tout, vous vous imaginez que je n'ai pas suivi l'affaire dans tous ses aspects...mais notre belle lady a besoin d'être consolée de la disparition de ses parents...Ne crois-tu pas ? Et moi, sans Sarah, je me retrouve si seul...Mmm? Nous nous consolerons l'un l'autre. Le Comte glissa ses doigts sous son menton, comme s'il faisait un effort pour se remémorer des détails sur la jeune femme. Je me souviens de son visage, elle était jolie...Vous et votre manie de prendre dans vos rangs des femmes...Pauvres créatures...Elle, elle me dira sans doute où se trouve Sarah...

Le regard du Vampire se fit plus cruel et cynique que jamais. Empoignant de nouveau le Hunter par les cheveux, il le secoua pour éviter qu'il ne s'évanouisse et rugit:

- Alors ?! Si tu crois que je vais te laisser crever comme ça, tu te fourres le doigt dans l'oeil ! Tu vas croupir ici, et je reviendrai, autant de fois qu'il le faudra, pour t'extirper ce que je souhaite savoir ! Je regarderai tes plaies se refermer et je les rouvrirai à coups de couteau ! Le Comte lâcha définitivement Raphaël et le laissa tomber sur le sol invisible. Réfléchis ! Moi, j'ai une visite à rendre...Ahahah !

Le rire sadique du lord s'éteignit tandis qu'il quittait la Salle Noire. Raphaël était enfermé avec ses pires pensées, et rien ni personne ne pouvait le sauver.

[HRP/Fin du rp avec le Comte. Suite dans "La Voix de la sagesse"/HRP]


> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
Spoiler:
 

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Raphaël Veneziano
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MessageSujet: Re: Le Prix de la fidélité [Comte, Raphaël] [24/04/42] Dim 24 Jan - 20:22

L'espoir fait vivre. C'est ce que l'on dit souvent. Mais lorsque ce dernier vous pousse à troquer votre vie contre un peu d'honneur, lorsqu'il vous encourage à accélérer votre souffrance pour brandir une cause qui n'est déjà plus réellement la vôtre, n'est-ce pas bien ironique ?
Raphaël avait cru pouvoir s'en sortir et cela l'avait conduit à faire preuve d'une témérité des plus imbéciles. Rire au nez du Comte alors qu'il gisait dans la cendre et qu'il était à peine capable de bouger ne serait-ce qu'un muscle pour se défendre, voilà qui était tout bonnement ridicule ! Lui sourire, jouer une dernière fois avec ses nerfs pour gagner du temps et espérer que des pouvoirs qu'il ne maîtrisait pas se déclencheraient pour le sauver avait été une erreur fatale. Le Comte ne lui laisserait jamais le temps de se battre ou de fuir, et il ne le tuerait pas. Oh non...il jouerait avec lui jusqu'à ce qu'il lui crache tout ce qu'il savait. Raphaël n'était pas stupide au point d'imaginer le contraire, mais cet espoir terrible l'aidait à tenir tout en le condamnant à toujours pire.

L'Ange Blanc désirait ardemment la mort, et ce depuis des années. Mourir de la main d'un Vampire ou d'un Homme ne l'importait guère. Au moins, il serait tranquille, enfin débarrassé de ce fardeau qui pesait sur ses épaules fatiguées. C'était lâche et il ne s'en était jamais caché. Après tout, pourquoi continuer de lutter pour des principes périmés dont on n'était pas soi-même convaincu ? A quoi bon sortir les armes contre un ennemi dont le regard de tueur ne faisait que refléter le sien ? C'était lui-même un monstre, et rien ni personne ne saurait y changer quoi que ce soit. Il agissait par envie de vengeance et non pas pour sauver la vie d'innocents qu'il ne connaissait même pas. Sa quête était profondément égoïste et l'avait toujours été. Après l'envie de se découvrir lui-même, il cherchait maintenant à purger sa peine afin de mériter le paradis. Quelle idée stupide ! Lui, siéger près du Seigneur, maître de toute vie ? Ah ! Comme la vanité d'un être pouvait sembler bien absurde avec le recul ! Jamais il ne « mériterait » l'absolution. Jamais. Il avait déjà senti le fer dans le creux de ses paumes. Il avait déjà trempé ses lèvres dans le sang humain. Rien ne pourrait effacer sa dette envers le Tout Puissant.
Alors pourquoi espérer s'échapper ? Pourquoi ne pas se laisser faire et accepter cette douleur qui n'allait pas tarder à l'étreindre de toute sa force ? L'instinct de survie. Quand le Vampire avait entendu son pouvoir grandir en même temps que sa peur, quelque chose l'avait persuadé qu'il pouvait encore se permettre de croire que son existence en ce monde n'était pas le fruit d'un hasard. Il servirait encore à quelque chose. Pour combler sa soif de vengeance, pour sauver ceux qui le méritaient encore, pour garantir la sécurité d'Eulalia...il devait vivre et montrer à son ennemi qu'il ne céderait jamais!

Mais face au Comte, l'espoir d'un fou tel que lui ne pesait rien.

Le contact de la lame d'argent contre sa peau fit hurler Raphaël de douleur. Il sentit sa joue brûler sous l'effet du métal épuré et le crépitement de son épiderme devint aussi insupportable à ses oreilles que son propre cri. Son aîné n'avait guère apprécié sa dernière petite remarque...


- Haaaaaa !! Ar...Arrête ! HAAA!

Il avait beau se tordre sous la torture que lui infligeait le lord, le jeune Vampire ne pouvait échapper à sa poigne de fer. Bientôt, sa joue ne serait plus que charpie et il risquait même d'y perdre un œil. Jamais sa régénération ne lui permettrait de retrouver son visage d'antan. Déjà, il était trop tard pour qu'il n'en garde pas une marque à vie.

C'est alors que sa souffrance se mua en une onde de colère plus puissante encore que tout ce qu'il avait déjà vécu dans son existence de Vampire. Son pouvoir murmura sa haine contre son agresseur et deux serpents noirs jaillirent de ses épaules pour venir mordre le Comte. Raphaël ne les contrôlait pas, mais son esprit, embrumé par la souffrance, les conduisit maladroitement jusqu'à son bourreau. Le vieux Vampire poussa un cri et le Hunter sentit sa lame quitter sa joue décharnée. Cependant, au lieu d'obtenir le soulagement tant attendu, le jeune aristocrate eut l'impression qu'une immense main invisible l'attrapait par le poitrail pour l'agripper de ses ongles aiguisés afin de l'entraîner dans les profondeurs du monde. Son regard affolé croisa celui du Comte qui semblait jubiler derrière sa colère. Les lampadaires disparurent ainsi que toute la rue dans laquelle ils se trouvaient et ce fut la pénombre la plus complète. C'était comme si un gouffre venait de l'aspirer et de le projeter dans une grotte infinie.

Raphaël mit du temps avant de retrouver un semblant de vue. Totalement désorienté, il ne comprit pas ce qui venait de lui arriver. Le Comte, toujours par-dessus son corps, réapparut alors et sa voix vibra étrangement dans l'air. Quel était ce lieux dénué de sol, de plafond ou de mur ? Pourquoi faisait-il si noir !? La panique prit le jeune Vampire qui haletait déjà de douleur à cause de sa joue qui grésillait encore. Ses tripes se tordirent de peur tandis qu'il sentait les doigts du Comte se resserrer sur ses cheveux et son pied écraser sa main. La lame d'argent glissa de nouveau près de son visage mais cette fois ce n'était plus sa joue qui était visée mais son index. Son œil azuré, maintenant rempli de larmes, vit le métal honni s'appuyer contre sa peau et ses sens s’affolèrent quand il comprit ce qui allait lui arriver.


- Je...Je ne SAIS RIEN ! Arr..ARRETE!!

Son œil écarquillé se crispa soudain pour se fermer tant la douleur qu'il ressentit en cet instant le révulsa. C'était une douleur aussi physique que mentale : le Comte lui coupait le doigt !
Tout s'accéléra alors. Son sang se répandit sur ce sol invisible et gorgea sa manche de sa matière poisseuse. Ses cris se perdirent dans les ténèbres et son cœur sembla prêt à exploser. Plié en deux, le Hunter tenta de tenir sa main ensanglantée mais avant qu'il ne puisse réagir davantage, son aîné était de nouveau sur lui. Comme s'il battait un enfant, ce dernier avait le visage marqué par la colère et il se saisissait de lui aussi facilement que s'il eût s’agit d'une jeune oie blanche qui n'avait jamais tenu une épée de sa vie. D'une voix tonnante, il lui demanda encore une fois où se trouvait Sarah.
Mais Raphaël n'entendait plus ce que le Comte lui disait. Complètement abasourdi par la douleur qu'il ressentait, son regard s'était fait fiévreux et son visage plus blanc que la neige. Son index gisait là, près de lui, dans une mare de sang...Cette vue lui donna envie de vomir et il eut un haut le cœur atroce. Plus pitoyable encore qu'un ver de terre que l'on vient de couper en deux et qui se tortille dans la boue pour tenter de s'échapper, le jeune Hunter marmonna encore qu'il ne savait pas où se trouvait Sarah. Mais sa voix, rendue rauque et tremblante, ne fut qu'un souffle qui effleura à peine les oreilles de son tortionnaire.


- ..ne..sais...p..p..pas...

Ce fut alors au tour de son majeur...

Jamais encore Raphaël n'avait ressenti semblable douleur. Certes, il avait déjà combattu des Vampires qui avaient manqué de l'estropier, mais jamais il n'avait eu à déplorer la perte d'un membre ou une blessure si profonde et calculée qu'il en avait gardé une trace. C'était la troisième fois qu'il se trouvait en présence du Comte et il lui devait déjà une grande cicatrice à la hanche. Cette fois, le lord allait lui laisser bien plus...

Au bout d'un moment, le nom d'Eulalia résonna dans la tête du Hunter et il crispa les dents. Non...Pas elle...Pourquoi fallait-il que ce malade songe à elle ? Qui pourrait empêcher ce Vampire de s'emparer de tout ? Qui aurait la force de s'opposer à sa volonté destructrice ? Cette fois, l'espoir avait disparu.
Le larmes de Raphaël se mêlèrent à son sang. Le monde basculait. Bientôt le Comte l'achèverait et il irait trouver Eulalia pour continuer à chercher la réponse à ses questions. Il ne trouverait rien. Il la torturerait elle aussi...


*Dieu, Seigneur...sauvez-la...Sauvez-la...*

Il est étrange comme le temps semble passer à une lenteur effroyable lorsqu'il s'agit de souffrir. Tout paraît décuplé avec elle et la folie vous guette bien plus tôt que ce que l'on pourrait imaginer. Raphaël n'avait déjà plus de repère en ce lieu et son esprit commençait déjà à divaguer pour oublier la douleur que son corps ressentait.
Le Comte dut s'en apercevoir puisqu'il le secoua pour lui hurler dessus qu'il ne l'achèverait pas mais qu'il allait revenir après avoir vu sa compagne. Raphaël ferma les yeux et la nuit finit de l'engloutir.


[HRP/ Aie aie aie, c'est fini ! Pauvre de moi ! Ah oui, fini ? Non, pas encore ! Suite dans "La Voix de la sagesse"/HRP]
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Le Prix de la fidélité [Comte, Raphaël] [24/04/42]

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