L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Pastorale en rêve [Asher, Le Fou] [26/03/42]

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Le Fou
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MessageSujet: Pastorale en rêve [Asher, Le Fou] [26/03/42] Mar 29 Déc - 17:40

[HRP/ Premier RP du Fou./HRP]

Ah ! Comme Londres était belle, dans sa robe du soir, veinée de stries d'argent, d'étoiles luisantes et de taffetas noir ! Comme Londres était sournoise...Une araignée mettait moins de soin pour tendre sa toile que la capitale n'en usait pour attraper au piège les plus ignorants.
Il n'était pas tard, pas encore, mais l'on entendait déjà au loin se déchaîner les loups au milieu des violettes arrachées et de la lavande fanée. Là-bas, sur la lande, sur les rochers éparpillés qui donnaient à la plaine une allure dévastée de montagne écroulée. Des chiens errants qu'ils disaient...Peut être, parfois, quand la lune les appelait ailleurs, près des bateaux ou dans les forêts décharnées alentours. Mais pas ce soir. Ce soir c'était la fin de leur cycle, le pire moment pour certains. Il fallait rentrer après une dernière nuit de chasse. Ou une avant dernière. Cela dépendait du gaillard caché sous la toison sanglante.

Ah ! Comme Londres était belle, dans son cri d'agonie que seuls les plus attentifs pouvaient entendre ! Comme Londres était meurtrie...

Oups ! La bâtisse glisse et les arrêtes de la pierre coupent. Il faut faire attention. Atteindre le haut de cette tour est aisé pour le lézard, mais le fou prend des précautions. Il détache son regard de l'horizon, s'agrippe, respire, observe les ruelles qu'il surplombe de sa mince silhouette d'enfant, et recommence son ascension. Il est pieds nus, vêtu de loques brunes et beiges, sa veste s'ouvre sur une chemise en lambeaux qui laisse entrevoir sa peau pâle. Il fait un peu froid, mais il n'en a cure. Le vent, en haut, l'intéresse. Il veut l'éprouver, voir s'il peut jouer si près du ciel. Du bout des doigts, il aimerait toucher les ailes des oiseaux. Ils dorment déjà, mais l'imaginer sera déjà bien. Sa couronne l'attire vers le bas, elle pèse sur ses boucles cuivrées. Mais ce poids est précieux. Pour rien au monde il ne l'ôterait. C'est son trophée, son symbole de pouvoir. Ses ongles noircis la touchent régulièrement pour vérifier son angle. Oui, c'est bon, elle tiendra.

Enfin un palier l'accueille.
Ouf !

Ah ! Comme Londres était belle ce soir...Elle méritait un peu de flûte. Une si jolie dame ne pouvait se passer d'un semblable honneur ! Un gentleman se devait de lui faire ce plaisir.
Une main dans la poche droite de sa veste et l'instrument glissait sur ses lèvres étirées. Rougies par l'effort et pincées par le froid, elles s'écartèrent pour laisser sa langue de vipère passer dessus. Cela les réveillerait !


- Gai Gai luron, voi-yons ! ♪ Frétilla le jeune homme à moitié allongé sur une rambarde de pierre. Doucement, il ramena sa flûte devant sa bouche en cœur. ♫ Gai gai luron, chantons !

Les notes aiguës de l'instrument déchirèrent le silence qui régnait à cet étage de la Grande Horloge. Situé sous le cadran jaune de l'édifice, le Fou ne se souciait pas que les derniers badauds sortis des salons et restaurants ne l’aperçoivent ou l'entendent. Il faisait ce qu'il voulait. Depuis qu'il avait échappé à ses tortionnaires, il vivait la vie qu'il choisissait et nul ne pouvait plus l'inquiéter. Qu'on lui jette des regards suspicieux et que l'on se dépêche de monter dans un fiacre à sa vue le réjouissait tout à fait. Voir la maréchaussée lui courir après et les médecins de Bedlam se démener pour le coincer le rendait hilare. Il voulait jouer de la flûte perché sur la Grande Tour ? Il en jouait. C'était aussi simple que ça.

Quittant bientôt son perchoir, le jeune imprudent bondit de gauche à droite sous le cadran comme pour gambader dans un champ. Il était fougueux, à l'image d'un faune tiré d'une de ces pastorales à faire mourir d'ennui les plus hauts lords et à faire rêver d'amour les plus prudes de leurs filles. Tout en jouant, il s'agitait en diable, accentuant déhanchés et courbettes vers les toits et les étoiles auxquels il dédiait son hymne festif.

Sous ses pieds, l'herbe tendre lui murmure mille remerciement. Elle s'ennuyait, la pauvre. Les moutons la blessent, lui leur rend la vie. Il est Pan, elles sont ses muses. Il ne manque qu'un ruisseau. Où se désaltérer ? Dans le Tibre ? Dans le Nil ? Il faut chercher des fruits. En haut des arbres, c'est l'idéal !
La mélodie s'arrêta et le Fou sauta se son rebord pour s'agripper au suivant.
Sa flûte dans la bouche, comme le sabre d'un flibustier de légende, il s'emploie à se hisser sur le nid de pie qui l'attend depuis des années.
Arrivé à la hauteur du cadran, sa silhouette efféminée se détacha sur le verre. Il prit sa flûte dans sa main gauche, écarta les bras comme pour embrasser la ville et éclata d'un rire dément pour hurler à la nuit :


- Veux-tu m'aimer, Joséphine !? Veux-tu me combler !?

Sa voix se perdit dans l'immensité de l'air. Il sourit aux nuages qui lui jettent un regard amusé.

Alors le jeune homme respira un grand coup l'air frais du soir et se recroquevilla sur lui-même pour se retrouver dans une position accroupie. Il observa un moment sa flûte, dans un silence religieux, la tournant et retournant entre ses longs doigts d'une maigreur à faire peur. Puis, il la rangea dans sa poche habituelle. Après un regard vers le ciel, il s'assit et sembla réfléchir, comme un penseur grec statufié.


- Il me faut un berger. Fit-il soudain tout haut.

Son œil valide tomba dans les ruelles à ses pieds tandis qu'il se penchait dangereusement en avant. Plusieurs formes s'y mouvaient, mais elles étaient si petites qu'il aurait fallu être un de ces rapaces nocturnes pour en distinguer ne serait-ce que le sexe. Robe ou pantalon ? Haut de forme ou crinoline ? Impossible de le savoir. Il fallait aller voir !
Le monde bascula et sa main retint sa couronne de fer et de velours. A l'horizontal sur la surface glacée de la pierre, le Fou entreprit sa descente. Il marchait tranquillement, prenant garde à ne pas trébucher sur quelques ornements en relief, et se dirigeait vers le plancher des vaches en parcourant l'édifice en biais. Il ne comptait effectivement pas arriver ainsi jusqu'à terre sans disparaître au passage à l'arrière du bâtiment. Il ne fallait pas exagérer. Pour surprendre son « berger », il avait besoin d'arriver plus discrètement.
Ainsi le Fou se mit-il à contourner la Grande Horloge pour arriver progressivement dans une des ruelles qui la bordaient à l'arrière. Alors, il ralentit sa marche et sauta sur les pavés devant le premier venu. Avec un sourire dément, il pointa du doigt sa nouvelle victime et rit. Un air de défi déformait la moitié gauche de son visage.


- Toi ! Ahaha ! Tu sais garder des moutons ?


Dernière édition par Le Fou le Dim 10 Jan - 16:34, édité 1 fois
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Asher Rosebury
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MessageSujet: Re: Pastorale en rêve [Asher, Le Fou] [26/03/42] Mar 29 Déc - 21:48

[HRP/ Après la foire du printemps/HRP]

La tristesse avait saccagé le coeur du jeune homme. Aussi bien que vivre ne l'intéressait presque plus. S'il mourrait, au moins, son meurtrier arrêterait ses crimes, les autres vivraient bien mieux sans lui, Swan n'aurait plus la crainte de le croiser un jour à Londres et lui... Se sentirait peut-être un peu mieux... Peut-être. Ainsi, restant la plupart du temps chez lui ou bien traînant sa carcasse dans les salons pour jouer un peu du piano et distribuer à tous ceux qui l'écoutaient sa détresse, Asher se mettait à boire. Il ne faisait plus trop attention aux personnes qui l'entouraient. Fermant les yeux, il se laissait tomber dans un de ses lourds fauteuils et restait là, sans bouger, attendant que l'heure du repas arrive pour faire honneur à ses domestiques. Plus rien ne l'intéressait vraiment. Il lui était devenu bien difficile désormais de s'imaginer un avenir. Il avait perdu son amour. Et il perdait chaque personne qu'il aimait au fur et à mesure que les jours passaient. Il n'avait plus cette hargne de se battre contre ce chien qui réduisait sa vie en poussière. C'était comme si on lui avait enlevé tout espoir de mener une vie paisible et heureuse. Non... Il se disait que jamais il ne viendrait à bout de son agresseur. Asher ne se sentait que trop faible. Et c'est cette faiblesse qui le faisait sombrer un peu plus dans cette douce folie qui l'enivrait de temps à autre.

Le 26 Mars 1842, six jours après le grand marché du printemps, Asher avait de nouveau senti les étranges nausées qui l'envahissaient dès que l'assassin était proche. Allait-il tuer à nouveau? Luttant contre la lourdeur de ses paupières le jeune homme attrapa une lampe de chevet entre ses doigts longs et fins. Ses phalanges blanchirent, il ne devait pas se laisser abattre. Peut-être que si cette fois il y arrivait peut-être qu'il... Qu'il pourrait en venir à bout. Son coeur se fit douloureux et les migraines insoutenables. Un cri s'échappa de ses lèvres tandis qu'il tombait à genoux, renversant au passage une pile de livres qu'Eléanore lui avait sorti pour qu'il puisse se divertir. Ne réussissant plus à tenir le jeune bourgeois se frappa la tête contre le mur. Que cela sorte! Qu'il avait mal! Il allait faiblir! Non il ne devait pas!
Brusquement son corps s'écroula, inerte, au sol.

Eléanore avait déboulé dans la pièce telle une furie. Ses cheveux foncés retombaient sauvagement sur ses joues alors qu'elle se baissait vers son jeune maître et le redressait. Sa main douce se posa sur le front brûlant du jeune homme. Une grimace déforma ses lèvres. Elle le croyait malade. Contre toute attente, il ouvrit les yeux. Ses prunelles métalliques rencontrèrent celles de la jeune femme qui poussant un soupir de soulagement le ramena contre sa poitrine. Elle était réellement familière avec cet homme. Il n'était pas rare qu'en veillant sur lui elle s'endorme à ses côtés ou bien pose sa tête sur son épaule su le divan. ce n'était pas là la place d'une domestique mais jamais Asher ne l'avait repoussé. Il appréciait sa compagnie. Elle était rassurante. L'ancienne catin le voyait cependant bien, l'homme qu'elle tenait contre elle avait changé. Changé dans sa manière de la regarder qui, tout à coup, se faisait inquiétante. Changé dans ses traits, qui moins doux, faisaient penser à un tout autre homme. Elle mit cela sur le compte de la tristesse. De sa main ferme, il l'éloigna et se redressa pour se retrouver assis par terre. Un sourire étira ses fines lèvres et illuminèrent sombrement son visage. Finalement, un rire s'échappa de sa gorge. Un rire qu'Eléanore n'avait jamais entendu chez lui, aussi bien qu'elle recula de crainte. Jamais elle n'avait eu peur en sa présence mais là... ce n'était pas l'homme qu'elle connaissait. Brusquement et arrivant à quatre pattes vers elle il laissa ses doigts attraper le menton de la belle et forcer son visage à se rapprocher du sien. Happant ses lèvres il l'embrassa avec une sauvagerie qui n'était pas de lui avant de se relever.


- Eléanore, prépare moi de quoi m'habiller. Ce soir, je sors.

La jeune domestique, les joues en feu, se hissa sur ses jambes et recula jusqu'à la porte en s'inclinant:

- Tout de suite Monsieur, lui répondit-elle d'une voix tremblante.

Il ne lui fut pas longtemps pour être prêt. Revêtant une chemise blanche, il avait enfilé par dessus un veston sombre assorti à la couleur foncée de ses cheveux. La jeune femme l'avait ensuite aidé à mettre une veste brune qu'il ne mettait que très rarement mais qui lui donnait un air encore plus hautain qu'à l'ordinaire. Sa seconde nature était bien moins discrète qu'Asher lui-même. Etre regardé lui plaisait tellement plus que de passer inaperçu. Arrangeant le col, la demoiselle baissait les yeux. Il avait le regard de tous ces hommes qu'elles séduisaient pour une soirée autrefois. ce soir-là, elle ne le reconnaissait plus. Il finit par se placer devant le miroir pour coiffer ses longs cheveux qui ondulèrent sur ses épaules de soldats. Enfin, se dirigeant vers la porte d'entrée, il s'en alla. L'air frais lui caressait le visage. Il était de nouveau maître de ce corps! Ahah! Qu'il aimait pouvoir agir à sa guise! Et ce Asher... Si pathétique. Il en riait tellement! Ce gars n'avait aucune chance contre lui. Tellement abattu par ses sentiments, devenu si simple désormais à détruire définitivement. la prise de son corps était bien plus aisée qu'auparavant.

Ses pas l'avait guidé jusqu'à la Grande Horloge. Se laissant entraîner par la foule, Asher affichait un sourire satisfait. Certes sa grande stature pouvait effrayer, presque autant que son regard mauvais, mais cela ne l'empêchait pas de faire retourner sur lui les dames et leurs filles. Une canne à la main, il observait calmement les gens aller et venir. Les robes des femmes le frôlaient à plusieurs reprises et quelques hommes que son homologue avait déjà du croiser s'arrêtèrent pour le saluer avec leur chapeau haut de forme ou bien lui serrer la main. Il eut deux ou trois discussions futiles, sans aucun intérêt à ses yeux avant de s'arrêter devant la vitrine de certaines boutiques qui attiraient son regard. L'une d'entre elles possédait une collection de fleurets tous les plus différents les uns que les autres. Une autre exposait une dizaine de vestes qu'il se voyait déjà porter l'une après l'autre. Coquet...Oui il semblait redevenir le jeune homme coquet qu'il avait été avant son long périple. Continuant sa promenade avec la ferme intention de se rendre dans un salon et de séduire une jeune femme, il s'arrêta à temps pour ne pas se prendre une sorte d'énergumène de plein fouet. Fronçant les sourcils il concéda à écouter sa question avant de se mettre à rire.


- Voyez-vous cela. Garder des moutons... Me prends-tu pour un paysan, gredin?

Ses yeux le détaillèrent lentement de haut en bas. Cet individu était réellement étrange et il ne serait pas surpris qu'on lui apprenne qu'il s'agisse en réalité d'un petit diable. Il n'avait rien de bien méchant mais plutôt de... Hum... original. Ce garçon était original en tout point à commencer par la tenue vestimentaire, son physique et ses paroles à tomber par terre. Cela n'avait ni queue ni tête. Des moutons? Ici? Lui? Ahah, quelle ironie! Mais y verrait-il par hasard comme mouton la populace? Car oui aux yeux du jeune homme tous ces gens qui suivaient la Reine et son Parlement étaient des moutons. Quelques uns avaient parfois le courage de se rebeller mais pas plus. Un autre rire s'échappa de ses lèvres tandis qu'il baissait la tête pour pouvoir le regarder dans les yeux:

- Et donc l'ami, pour quoi faire, garder des moutons?

Étrange. Ce garçon était des plus étranges et pourtant il lui plaisait. Il n'avait rien de bien raffiné et élégant et pourtant...Pourtant il était tout sauf un être que l'on devait prendre au sérieux. C'était son côté clownesque qu'Asher appréciait. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas vu un tel phénomène à Londres ou bien même dans les autres pays. C'était même peut-être la première fois. La main du bourgeois se posa sur son épaule tandis qu'il passait à côté de lui:

- Tu m'excuseras mais j'ai à faire.
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Le Fou
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MessageSujet: Re: Pastorale en rêve [Asher, Le Fou] [26/03/42] Dim 10 Jan - 17:29

Ouh! Comme il était grand ce berger-là! Ah oui! Il avait bien choisi ce soir! Ses longs cheveux sombres qui retombaient sur ses épaules le rendaient aussi ténébreux que la nuit qui s'avançait. Et cette canne qu'il tenait...Elle irait bien avec sa couronne, moui..peut être...Il faudrait essayer...

Le Fou observait Asher avec une moue critique. Non seulement il était grand, mais en plus il portait des vêtements sans doute très chers. C'était-là un nobliau, un de ces "Monsieur" de la haute qui traînaient dans les salons le soir et s'envoyaient en l'air la nuit au milieu des reliefs du banquet de la veille. A côté de sa chemise blanche (dont il apercevait le col), la sienne, crème, paraissait bien crasseuse!  Et son manteau déchiré donnait à sa veste une incroyable allure. Ah oui! Un bel homme, sans hésitation! Et ces chaussures brillantes à côté de ses pieds nus...Un beau salopard, un magnifique guignol!
Ah mais ses manières...Non.
Déplaisant en vérité.

Face à son air hautain, à son vocabulaire et à sa façon de le décrypter de haut en bas, l'Homonculus fronça les sourcils. Ne venait-il pas de l'insulter à la fois de paysan et de gredin? Grand bien lui fasse...
Il n'avait pas l'air très apte à saisir la poésie de sa mise en scène.
Une pastorale pourtant...ce n'était pas très compliqué!


- Pourquoi? Pourquoi!? S'insurgea faussement le Fou en se redressant pour poster ses poings sur ses frêles hanches. Ben pour la laine! Bien sûr! Allons! Idiot!

Mais l'homme n'était apparemment pas disposé à discuter là sur le pavé. Il était pressé, et sans doute dérangé dans quelque projet personnel auquel il tenait assez. Dépassant le Fou, il se remit en marche. Sa main sur son épaule fit reculer le visage de l'Homonculus. Diable! Ce maraud le prenait-il donc pour un enfant que l'on écarte d'un sourire crispé? Quelle condescendance! Ah mais non! Il ne pouvait pas ainsi le planter-là!

Le pied nu de l'Homoculus glissa sous la canne d'Asher et, d'un coup sec, il fit faire à l'objet un véritable vol plané sur plusieurs mètres en avant. Elle rebondit bruyamment sur les pavés de la rue et s'immobilisa de biais. Le Fou avait usé de la surprise pour réussir ce geste et son grand sourire fit bien comprendre à l'aristocrate qu'il était particulièrement fier d'avoir ainsi balancé sa canne.


- Oh! Oups! Fit l'Homonculus en levant les paumes vers le ciel dans une position d'impuissance grotesque. Disparu, le bâton de berger! HahaHAHA!

Tout en riant comme un dément, le Fou se mit à tourner autour de sa nouvelle rencontre. Il dansait comme un diable en baragouinant des mots sans aucun sens apparent.

- Un berger sans son bâton n'est plus un berger! ♪ Trop tard! L'agneau, sans maître sera bientôt la proie des loups! ♫ Que ne ferait pas le chien pour se montrer digne de sa fonction!? Hahaha! Allons! PLACE!

S'élançant brusquement en avant, l'Homonculus frôla Asher comme une tornade et bondit sur la canne qui gisait au sol. A l'instar d'une grenouille, il s'accroupit dessus pour la saisir avant de bondir en avant et d'attraper une gouttière d'une main. En un instant, il avait disparu sur les toits. C'était un peu haut et surtout mal aisé à escalader, mais pour le "lézard", aucune surface n'était un problème.
Il y eut un long silence, comme si le jeune roux avait tout bonnement pris la fuite au loin sans jamais risquer de revenir.

Et puis, tout aussi soudainement qu'il était apparu, son visage surprit Asher depuis une enseigne de métal. La tête à l'envers, ses pieds nus enroulés autour de la tige de métal rouillé, il tenait d'une main sa couronne et se balançait comme un petit singe. Il n'avait plus la canne. San doute l'avait-il abandonnée sur une corniche un peu plus haut.
Son oeil gauche brilla d'une lueur curieuse alors qu'il souriait de toutes ses dents à sa victime du soir qu'il regardait à l'envers.


- Alors? Où vas-tu donc, camarade? Qu'as-tu "à faire" de si passsssionnant? Son murmure susurrant se perdit au bout de sa langue de vipère qui dépassait maintenant entre ses lèvres étirées en un rictus des plus amusés. Dis-moi...Dis-moi! Allez!


Dernière édition par Le Fou le Mer 17 Fév - 22:49, édité 1 fois
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Asher Rosebury
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MessageSujet: Re: Pastorale en rêve [Asher, Le Fou] [26/03/42] Ven 29 Jan - 18:30

Rencontrer une énergumène sur son chemin qui s'intéresserait à lui, ça, il ne s'y attendait vraiment pas ! A vrai dire, il n'y avait pas songé une seule seconde. Asher était parti dans l'optique de passer une assez bonne soirée, dans les cafés, les salons en compagnie d'hommes de son rang et de belles demoiselles. Oh oui, une demoiselle qu'il séduirait la soirée pour l'avoir avec lui pour toute une nuit et peut-être, qui sait, si elle lui plaisait assez elle pourrait avoir un petit traitement spécial qu'il savait si bien offrir aux amantes de son double.

L'homme qui se dressait devant lui était des plus étranges. Pas très grand, pas très imposant comme lui-même pouvait l'être, il possédait une chevelure hirsute qui valdinguait de tous les côtés, d'un roux flamboyant. Son sourire malicieux et ses yeux joueurs l'intriguaient presque. C’était un gars étrange, bien plus intéressant que son propre double qui lui était d'un ennui à en mourir ces derniers jours. Il ne faisait que s'apitoyer sur son sort, pleurer la jeune femme qu'il perdait de vue alors que sa seconde personnalité avait une terrible envie de la tourmenter pour le plus grand drame du bourgeois, et pourquoi n'irait-il pas la voir ? Lui demander pardon d'avoir été un si bel imbécile d'avoir refusé ses avances immédiatement pour commencer son "petit traitement spécial » ? Ahah! Quelle belle idée !
Mais voilà que ce petit monstre l'embêtait déjà. Des moutons, garder des moutons? Non décidément il ne saisissait pas la subtilité de son petit jeu qui n'avait ni queue ni tête à ses yeux. Aurait-il donc perdu la tête? Lui? S'abaisser à l'état médiocre d'un simple paysan destiné à nourrir la bouche des nobles? Ahah, peu pour lui. Asher n'était pas de cette trempe-là, lui ne devait pas s'humilier à de pareilles considérations et jeux futiles en compagnie des moutons et de leur laine. Tss... Quel manque de savoir vivre. Sans se préoccuper plus de sa manière dont il le détaillait, Asher sentit un sourire étirer ses lèvres. Le ton du clown l'amusait ou l'exaspérait. Il ne savait pas encore comment il devait voir cet inconnu.
"Idiot" le fit le fusiller du regard avant d'afficher son sourire faussement aimable. Lui pouvait proférer des insultes mais les autres... à son égard... c'était une idée qui lui était totalement impensable et voilà que ce sauvage se permettait de lever le ton sur lui et de le traiter d'idiot? Ahah, quelle belle blague!


- Bien sûr, pour de la laine, suis-je bête, il semble que je n'ai pas toute ma tête. Ecoute, va chaparder ailleurs.

Ce qu'il semblait dire pour lui était en réalité adressé à ce jeune homme totalement dérangé. Ce petit jeu futil allait soit finir par l'agacer soit bien l'amuser. Deux états dont il ne connaissait encore réellement la nature. ne désirant pas plus s'attarder à ses côtés pour continuer ses petites affaires, sauver son images auprès des passants qui commençaient déjà à se retourner vers eux pour les dévisager avec curiosité. En effet, il était peu fréquent de voir un bourgeois faire affaire avec un vagabond. Alors qu'il passait à côté de lui sa main sur son épaule qu'il finit par enlever comme s'il s'agissait d'un pestiféré Asher réprima un petit sursaut en sentant s'envoler de ses longs doigts sa canne qu'il avait payé assez cher. Restant figé pendant un quart de seconde il se retourna sur ses talons et observa le fou avec un air assez surpris qui se changea bien vite en petites étincelles brillant dans ses yeux. Sa canne... Assez chère... une humiliation? Un jeu? que pouvait-il en savoir? Ce dont il était sûr était qu'il se jouait bien de lui et cette situation lui plaisait. L'ancien soldat finit par arquer un sourcil et étira son bras pour lui attraper le col par derrière tandis qu'il entamait une danse satanique :

- Et bien, on dirait que je fais affaire à un petit rigolo. Et c'est qu'il chante !

Riant il le lâcha avec dédain avant de faire un pas en arrière. Décidément il semblait qu’il était le personnage principal de sa petite chansonnette. Cela allait finir très certainement par l’agacer, lui qui d’ordinaire avait du mal à supporter les petits importuns… Quelques secondes défilèrent et rapidement, sa canne disparut du sol. Le fou la tenait dans sa main et risquait de l’abîmer en grimpant aussi au mur ! Mais quelle agilité ! Il en était presque admiratif ! Etait-il un homme ordinaire ? Certainement pas, il avait dû faire acrobate dans un cirque ou bien… Un voyou expérimenté ? Alors qu’il s’apprêtait à faire le tour pour le rejoindre sa main se glissant dans la poche intérieure de son manteau pour attraper un couteau il sursauta légèrement et se mit à grimacer :

- Cela suffit ! Assez joué !

Son regard retomba sur la main vide du sauvage. Un coup de nerf le prit soudainement. Où l’avait-il posée ? Où ?! Elle lui avait coûté une fortune. Une fortune !Sa lame se posa sur la langue de l’indigène et l’entailla laissant du sang s’écouler sur son arme blanche. Il ne lui suffit qu’un quart de seconde pour arracher le jeune homme de son perchoir et le traîner dans la ruelle la plus proche moins éclairée que l’allée principale. Sa main agrippant son col il le plaqua avec force contre le mur. Le garçon jouait avec ses nerfs. Gardant le couteau entre ses doigts il le passa lentement sur sa joue et lui répondit doucement :

- Hum… Des choses qui te feraient frémir… à moins ce que… Non, tu n’as pas l’air d’être un bon garçon… J’ai des jolies femmes à voir… Disons, des divertissements à mon goût. Tu pourrais presque m’être utile. Voudrais-tu être le chien du berger et me ramener une petite brebis égarée ?  

Après tout, il était agile, assez tordu d’esprit pour lui servir de larbin. Est-ce que s’il rentrait dans son jeu il le suivrait ? Cela faisait, hélas, bien longtemps à son goût qu’il n’avait pas pu mettre la main sur une jolie jeune fille. Qu’il n’avait pas pu la faire chanter de douleur et de terreur… Son double était à bout, il le savait. Encore quelques petits écarts, quelques tourments et il se voyait déjà prendre entière possession de ce corps.
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MessageSujet: Re: Pastorale en rêve [Asher, Le Fou] [26/03/42] Mer 17 Fév - 22:47

Il lui avait fauché son bâton! Haha! Comme il était content! Ce petit prétentieux de bourgeois poudré, ganté, dentelé comme un jupon de cabaret luisait d'orgueil et de suffisance. Il fallait bien lui donner une leçon! S'il ne voulait pas être le berger de sa pastorale, il serait le bouffon de sa farce! Mais pourquoi ne voulait-il donc pas admettre que garder les moutons pouvait être sympa? Il avait des longs cheveux, des yeux glacés, des longues mains de dandy...Mouai, incapable de garder quoi que ce soit à part les filles! C'était encore un de ces amants riches dont les poules s'arrachaient les faveurs au détour d'un jeu de carte, entre deux chandelles et trois piécettes jetées sur la table...

Emporter le bâton de ce stupide passant amusa fortement le Fou. L'enquiquiner avec des propos qui ne présentaient aucun sens aux yeux des pauvres mortels sur lesquels il tombait était déjà jubilatoire pour lui, mais lui voler un objet, surtout s'il semblait être précieux à ses yeux, le transcendait d'émotions!

Quasiment en apesanteur sur les toits de Londres, il observa la canne-épée qu'il venait de s'approprier et rit doucement en constatant sa haute qualité.


- Oh! Oh! Une magnifique canne que ça! Oh oui!

La tournant sur elle même, le jeune Homonculus la fit pivoter comme un bâton de majorette et s'exclaffa de joie. Ah oui! Elle irait bien avec sa couronne celle là! Elle viendrait achever son costume. C'était parfait.

Dans sa tête, les grognements du bourgeois - ou était-ce un aristocrate ? - résonnaient délicieusement. Il revoyait son visage décomposé quand il lui avait arraché des mains son précieux soutien! Ah! Magnifique! Et sa façon de l'attraper par le col!
Wouuuu! Très viriiiil! ♪ avait-il chanté en se dégageant de sa poigne en se tortillant comme un ver. J'adoooore ça!

Un sourire immense fendit son visage heureux. Ah oui! Ce gaillard là l'amusait beaucoup! Il fallait maintenant le faire mijoter un peu plus pour en obtenir peut être quelques pièces. Et qui sait? Peut être qu'il avait une montre à gousset fort sympathique dans la poche arrière de son pantalon qui lui moulait très agréablement les fesses? Quoique, avec son manteau, il n'avait pas pu bien voir...

- Allons voir!

Posant la canne-épée contre une cheminée, le Fou se dépêcha de revenir devant son compagnon nocturne pour lui faire des grimaces de singe et le provoquer une nouvelle fois. Le fait qu'il puisse ainsi s'agripper partout lui était d'une grande aide pour ce genre de scène burlesque. Décidément, c'était son coup favori! Surgir comme ça devant le péquin moyen ou le grand seigneur pour le faire sursauter et lui tirer la langue comme un gamin c'était le pied!

Mais, alors que le Fou jouait au serpent afin de titiller une nouvelle fois les nerfs du jeune homme qu'il avait alpagué, une douleur lancinante le fit hurler. Portant ses deux mains à sa bouche, il n'eut pas le temps de réagir qu'il était déjà descendu de force de son perchoir. Perturbé par la force de son adversaire, l'Homonculus ne put se résoudre à se défendre. Sa langue saignait à gros bouillons entre ses doigts et ses mots se perdaient dans un flot de bave et de sang qui rendait leur intelligibilité difficile.


- Wuuuaaarg s'pèce d'mala'd..erg...Qu'est-ce qu..t'as...fait....!?

Traîné au sol dans une ruelle plus sombre, il sentit qu'on le soulevait pour le plaquer contre un mur. Puis, il vit l'aristocrate ramener sa lame contre sa joue et sourire. Ce qu'il lui murmura le fit frémir. Cette fois, il avait peut être trouvé plus fou que lui...
Son oeil valide s'écarquilla d'une peur insidieuse qu'il n'avait plus ressentie depuis longtemps. Sur le moment, cela lui déplût, et puis un rire guttural racla sa gorge et remonta jusqu'à sa bouche d'où sortait encore un peu de sang chaud.


- Ah...Ahaha! Chai pa sque t..t'as fait t...ta mère pour que t..tu ss..ssois aus..ss...ssi méchant...

Tâchant sans succès de repousser le couteau avec ses mains poisseuses, l'Homonculus grimaça  et se mit à gémir d'une petite voix de fille:

- S...Si t..tu veux...mon mignon...

Bon sang, que c'était dur de faire les t et les s avec une langue à moitié découpée! Il avait vraiment faillit lui trancher en deux! Là pour le coup il aurait eu une vraie dégaine de serpent!
La douleur qu'il éprouvait en cet instant et cette peur qu'il n'avait plus eue depuis longtemps lui firent murmurer dans les tréfonds de son âme un mot qu'il avait pourtant banni de son vocabulaire: "vengeance". Un jour, peut être, ou pas! Il verrait! Mais pour l'instant, l'idée de fricoter avec des donzelles lui plaisait bien. Enfin quelqu'un qui savait s'amuser!


- S..Si je s..suis le chien, alors vous êtes enfin le berger! Ah!

Une fois posé à terre, le Fou reprit un peu contenance en secouant sa veste décrépie et en redressant sa couronne un peu tombée sur sa tignasse de feu. Il regarda à droite et à gauche, comme un chat qui cherchait un échappatoire et finit par se rendre à l'évidence que sa curiosité était plus forte que son instinct de survie.

- Et...quel est t...vot' t..type, monseigneur? fit-il en esquissant une courbette grotesque devant son homme. Par quoi voulez-vous commencer ? Son sourire se fit plus coquin. Apparemment, il espérait pouvoir lui aussi profiter de quelques "brebis égarées".
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Asher Rosebury
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MessageSujet: Re: Pastorale en rêve [Asher, Le Fou] [26/03/42] Mer 24 Fév - 11:27

Lui qui s'apprêtait à passer une soirée tranquille à faire ses petites affaires ! Ahah, il s'était le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. Ce gredin venait désormais perturber ses plans. Quel importun ! Pourquoi fallait-il que ça tombe sur lui ? Pour une fois qu'il avait décidé de ne pas faire trop de bêtises au goût de son double… Sa couronne perchée sur sa crinière rousse l'agaçait déjà. Où l'avait-il piqué ? Comment se l'était-il procuré ? Avait-elle une grande valeur ? Tss… Le petit voleur… Après la petite chanson et la danse bien peu élégante qui allait avec avec des propositions des plus… Affligeante pour un bourgeois de son rang, le gamin s'était amusé à lui piquer sa canne ! Comment osait-il ? Savait-il au moins combien d'argent il avait du laisser dans quelques mains avides pour se la procurer ? Matérialiste ? Exactement ! Et en plus de cela radin ! Elle lui avait coûté une fortune et voilà que ce mécréant s'amusait à poser ses doigts gras et crasseux dessus ! Comment se retenir face à une telle déclaration de guerre ? Malheureusement pour lui, il ne savait pas contre qui il était tombé. C'était vrai après tout, il aurait pu enquiquiner un autre passant et lui voler son chapeau haut-de-forme dans le seul but de l'agacer et de s'amuser mais il a fallu que ça tombe sur lui. Allait-il le regretter amèrement ou bien finir au comble de l'excitation en découvrant à qui il faisait face ?
Les paroles qu'il laissait s'échapper de sa gorge firent crisper les doigts du bourgeois. Qu'on la lui rende ! Que pouvait-il lui dire ? Ah oui elle était magnifique et au prix où il l'avait payé elle avait intérêt à l'être. Asher était un homme de goût, rien était trop beau pour le rendre plus élégant encore.

Sa main s'était dangereusement dirigée vers le jeune homme qui devait à peu près avoir son âge et avait attrapé son col pour le rapprocher de lui. Ses exclamations le firent hésiter pendant quelques instants. Devait-il rire ou bien le défigurer ? Lui, viril ? Bien sûr ! Mais ce ton… Sa manie de chanter à tout va, son excitation. Se reprenant avec pour seule pensée le fait qu'Asher n'était pas un inconnu de la ville et qu'il se devait de garder son calme pour ne pas perdre sa réputation, il le lâcha et l'observa gambader. Il tendit sa main en avant et grogna :

- Rends-la moi. Immédiatement.

A peine eut-il prononcé ces mots-là que l'homme avait disparu. Où ? Où était-il passé avec sa canne ? Bouillonnant de colère il ferma les yeux quelques secondes pour se calmer mais rien y faisait, ce gars-là le cherchait et il allait finir par le trouver. Dommage pour lui. C'est alors qu'il le vit réapparaître. Sans sa canne. Chien. AH ! Il aurait du l'abattre ! L'abattre dès les premières secondes ! Le calme ne voulait pas venir. Asher devait faire un peu plus d'effort sinon cela allait très mal se terminer autant pour le vagabond que pour lui. Lorsqu'il se suspendit il en profita pour lui faire voir un petit aperçu de ce qui l'attendait s'il ne décidait pas immédiatement d'arrêter ses singeries. Le couteau dissimulé dans sa main il lui avait entaillé la langue pour qu'il arrête dans un premier temps de chanter et le tira de son perchoir pour le faire retomber par terre. Son poids n'était que négligeable face à la stature de l'ancien soldat. Le hurlement du garçon l'avait fait étrangement sourire. Depuis combien de temps n'avait-il pas eu le loisir d'écouter cette douce mélodie ? Lui si habitué au classique, voilà qu'un bon cri d'effroi et de douleur le revigorait. L'emmenant dans le coin de la ruelle la plus proche, il ne lui accorda aucun regard. Il n'en était pas digne de toute façon. Un sauvage tel que celui-ci ne devrait même pas vivre. Il souillait les grands de son imbécillité. Un rire racla sa gorge. Quel bonheur !

Le plaquant avec violence contre le mur sombre le laissant toucher le sol avec la pointe de ses pieds, il posé délicatement sa lame sur sa joue et la caressa. Eh bien ? On l'avait cherché ? Le désarroi de son futur jouet, ses frémissements, ses yeux presque paniqués le faisaient étrangement vibrer. C'était si agréable. Les rôles s'inversaient enfin ! Et personne pour les regarder de trop près...
La peur… Enfin ! Ahah ! Cela l'avait tellement démangé de faire connaître la peur à sa jeune domestique, lui qui n'avait pas eu de divertissement depuis la prostituée.

- Ma mère n'a rien à voir avec cela l'ami… Si elle savait… Et la tienne ?

Un sourire carnassier se forma sur ses lèvres. Doucement le jeune homme passa son doigt sur les lèvres de l'inconnu pour y recueillir le sang et le porter à ses propres lèvres gouttant au liquide métallique. Un frisson parcourut son corps et ses yeux gris brillèrent d'un nouvel éclat. C'était lui désormais qui était animé par l'excitation, le désir de faire encore plus mal et pour la toute première fois… Sa proie riait. Il riait avec lui ! Que c'était étonnant ! Aimait-il la douleur comme il l'aimait ? Non, à priori il avait toujours peur. Ses mains poisseuses tentaient désespérément de repousser la lame de sa joue, en vain. Non, il ne semblait éprouver aucun désir à éprouver de la souffrance. C'est alors qu'il lui fit sa proposition. La réponse du jeune homme l'émoussa un peu plus. Il acceptait. Savait-il seulement à qui il venait de se vendre ? Ce qu'il devrait faire ? Un sentiment de supériorité l'enivra. C'était exactement ce qu'il fallait éviter chez lui. Qu'il se sente maître. Puissant. C'était ce genre de chose qui lui faisait prendre le dessus sur le véritable Asher.

Le sauvage se soumettait petit à petit. Ah quel bonheur. Arquant les sourcils finalement il caressa sa joue d'une manière assez efféminée avant de le reposer à terre :

- Si cela te fait plaisir.

L'observant arranger sa tenue il le détailla de haut en bas et fut agréablement surpris de l'entendre demander ce qu'il désirait. Quel type de jeune femme devait-il choisir ? Hum… Lui même se le demandait. Une catin ? Non, ça il pouvait les trouver tout seul… Il avait envie…

- Par l'innocence. Je veux commencer par l'innocence d'une demoiselle. La voir apeurée… Déboussolée… dont le déchirement de la voix saurait assouvir mes désirs. Je te fais confiance, si tu arrives à trouver un berger aussi élégant que moi tu dois pouvoir me ramener une brebis à la hauteur de mes espérances. Mais avant ça…

Sans prévenir, il planta son couteau dans le mur à un millimètre de sa joue gardant le manche en main :

- Rends moi ce qui m'appartient. Si tu es docile mon « mignon », fit-il en reprenant son expression, peut-être t'offrirais-je une récompense.

Un sourire satisfait étira ses lèvres. Dérangé, voilà ce qu'il était. Arrachant le couteau de son emprise il le glissa à sa ceinture et arrangea sa veste afin d'être plus présentable. La perversité l'avait de nouveau envahi. Ah qu'il était bon de pouvoir faire retomber la pression ! Il savait déjà qu'il allait pouvoir calmer un peu ses pulsions. Ce garçon semblait être prêt à tout, pourtant ils ne se connaissaient absolument pas. Pourquoi lui obéissait-il ? Une autre envie le tirailla à nouveau. La nécromancie. Cela faisait bien trop longtemps à son goût qu'il n'avait pas essayé de relever les morts. Il désirait atteindre une plus grande puissance. Si lui avait pu torturer ce pauvre corps, pourquoi ne pourrait-il pas lever une armée de morts ? Le pouvoir, la terreur, voilà ce qui l'attendrait ! Ah comme ça le comblerait ! Ses quelques envies devenaient des rêves dont il entrevoyait déjà une certaine partie de possible. Et s'il arrivait à faire cela, pourquoi ne pourrait-il pas devenir immortel ? Ses rêves de grandeur l'étourdissaient. Un souverain puissant, immortel et mage noir… Il sentait que tout cela pourrait être possible en prenant une bonne fois pour toute possession de ce corps mais pour se faire… Il devait détruire l'âme de son double… Du moins détruire sa volonté, briser son cœur un peu plus chaque jour… Oh un jour il y arriverait. Et la pauvre demoiselle qu'il avait ramené, Swan, l'aiderait...
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Le Fou
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MessageSujet: Re: Pastorale en rêve [Asher, Le Fou] [26/03/42] Ven 25 Mar - 0:24

Tomber sur un criminel...sur un dingue...Voilà une chose à laquelle le Fou ne s'était pas préparé! Que d'émotions ce soir! Un dandy, aux entournures parfaites, aux cheveux parfumés et au chapeau luisant de propreté...qui devient un véritable démon dès qu'on lui enlève sa canne et qu'on lui tire la langue? Quelle surprise! Décidément, Londres était une ville où les pires rebuts de l'humanité se donnaient rendez-vous!

Son regard glacial lui avait fait plaisir au début. C'est vrai quoi! Un sourire, ça fait tout! Mais c'était surtout l'idée même d'avoir pu le déranger jusqu'à lui donner envie de l'étriper qui lui avait plu. Attirer sur lui les foudres des passants était son passe-temps favori. Le meilleur, c'était quand la maréchaussée lui courrait après, matraques au poing. Ah! Comme ces courses folles dans les rues l'amusaient! Il pouvait disparaître si facilement grâce à son don! Il lui suffisait de tourner brusquement dans une ruelle et d'escalader un mur, et hop! Le néant!

Mais là...c'était différent. Ce gaillard ne rigolait pas et ne semblait pas commode pour un shilling...La vitesse avec laquelle il avait sorti son couteau pour lui entailler la langue et sa façon de le chopper par le col pour le plaquer au mur prouvaient bien assez que c'était un habitué de la violence. D'ailleurs, le sourire sournois qu'il lui avait offert en le menaçant l'avait presque effrayé. Pourtant, lui-même versé dans l'art de blesser autrui, autant par la manipulation mentale que par la force physique, il avait frémi.

Mais un esprit dérangé face à un autre aussi dérangé que le sien ne change pas du jour au lendemain, quand bien même la peur s'en mêlerait...


- Ma mère? Ah! Je l'ai tuée, ma...ma mère...marmonna le Fou en se tortillant pour tâcher de se libérer de l'étreinte de son homme. Il avait dit ça comme s'il s'amusait à dire n'importe quoi, mais c'était vrai.

En réalité, à l'évocation de sa mère, il avait hésité et un éclat de rage avait traversé son unique pupille. Que signifiait ce nom déjà? Ah oui, celle qui l'avait enfanté. Tss...Qui pourrait considérer qu'une catin gorgée de flotte pouvait encore être sa mère? Ah! Noyée...Étranglée et noyée de ses propres mains qu'elle avait été sa mère! C'était du moins ce qu'il avait toujours espéré. Malheureusement, cette saleté s'en était sortie et elle avait eu une fille...Aucune preuve! Aucun éclat de ce passé poisseux et pénible! Et c'était tant mieux! Qu'elle aille au Diable!

Lorsque le bourgeois (ou l'aristocrate? il ne savait toujours pas) le reposa à terre en lui caressant la joue, le Fou fit une grimace et le repoussa mollement d'une main. Le roi des bouffons ne se laissait pas toucher ainsi par le premier venu! Surtout pas par un homme! Quelle horreur! Ce dandy était donc un sodomite? C'était d'autant possible qu'il avait quelque chose d'aussi venimeux que de sensuel dans sa voix. Elle était suave et ronronnante...On eut dit un chat en train de contempler une souris prise au piège. C'était éminemment désagréable!
L'Homonculus frémit de nouveau. Il hésitait à s'enfuir. Mais...fallait-il le faire maintenant, au risque de se prendre le couteau dans le dos, ou attendre son heure? Hmm...Oui, il faudrait attendre...

Patience...et prudence.

De nouveau debout sur ses pieds, appréciant le plancher des vaches comme il ne l'avait plus apprécié depuis longtemps, le Fou se redressa tandis que son compagnon nocturne le dévorait des yeux. A croire que cet homme-là était curieux...Curieux et en manque. C'était clair. Il avait besoin de quelque chose, de faire le mal, de punir, de souiller...A côté, lui-même était sans doute un véritable enfant de coeur. Plus on a d'argent, plus on est sournois. Ça, le Fou l'avait compris depuis longtemps.

Entrer dans son jeu était une solution, oui. Il faudrait faire semblant de vouloir l'aider. Ou l'aider réellement et s'enfuir au moment le plus propice. Et puis, après tout, puisqu'il était question de femmes à prendre, il pouvait aussi l'aider, prendre et s'enfuir après avoir obtenu lui aussi satisfaction. Ouai. Bonne idée. Une prostituée un peu rondelette, ça ferait l'affaire. Un peu de folie dans ce monde de brutes! Un peu "d'amour".

Content de ce qu'il planifiait lui-même, l'Homonculus demanda donc au dandy ce qu'il désirait comme type de femme, histoire de lui faire plaisir et de s'attirer ses bonnes grâces pour la suite de l'opération. Ce dernier réfléchit et finit par lui confier qu'il se verrait bien une brebis des plus innocentes, pour l'entendre crier, pour la perdre. Le bouffon mit du temps à répondre.
Ainsi donc ce corniaud-là aimait la chair fraîche et torturer les demoiselles...Oh quelle cruauté! C'était bien un malade. Pire que lui. Sans aucun doute possible.
Le front du Fou s'obscurcit un instant avant qu'il ne prenne son plus beau sourire et lui réponde avec la voix d'un enfant trop heureux de la sortie proposée:


- Oh! Je vois que Monsieur a des goûts raffinés! Hé bien, soit! Une brebis à la hauteur de Monsieur. Ce ne sera pas facile, mais j'accepte le défi! Un fier berger n'est rien sans de belles brebis, c'est vrai...

Cette fois, le Fou ne riait plus de la même manière. Il riait encore, encore et toujours, à jamais, mais d'un rire cynique. Désabusé, il considérait que cet homme lui prouvait une fois encore que l'être humain était un barbare tout juste bon à nourrir les cochons. Pauvres cochons...

- Le goût affreux qu'on doit avoir...Son murmure se perdit entre ses dents jointes dans son sourire feint.

Puis, alors qu'il allait s'éclipser sur le côté pour partir en "quête" d'un agneau à jupons, le couteau se ficha dans le mur à quelques pouces de son visage. Il sursauta et blêmit un peu. Sa couronne tomba sur le côté de sa tignasse de feu. Son oeil valide écarquillé au possible, il dévisagea son commanditaire d'un air parfaitement haineux, prêt qu'il était à lui donner un coup dans les parties les plus charnues du corps masculins. Adieux le sodomite!
Mais alors qu'il serrait les poings, il compris que le dandy réclamait sa canne-épée. Ah! Il l'avait oubliée! Oui, il pouvait bien lui rendre, après tout c'était hors de question qu'il ne s'encombre les mains avec un tel truc!


- Mais bien sûr Monseigneur...Tout de suite...

Une récompense? Intéressant! Mais cette récompense valait-elle qu'il s'humilie à lui obéir? Et qu'est-ce qui lui disait qu'après avoir violé une pauvre gamine il ne lui trancherait pas la gorge pour éviter qu'il ne reste un témoin de sa joyeuse sauterie?

La tête pleine d'images plus glauques les unes que les autres, le Fou passa sous le bras du dandy et lui sourit en faisant mine d'être tout à fait assuré de ce qu'il allait faire. Revenant dans la rue qu'ils avaient quittée, il se mit à escalader comme un chat une gouttière pour atteindre les toits. Arrivé au sommet de l'édifice, ses pieds nus sur les tuiles luisantes, il chemina lentement jusqu'à la cheminée contre laquelle reposait la canne-épée. Saisissant l'objet entre ses doigts effilés, il observa le fourreau et sortit la lame de son étui pour en admirer le coupant. Oui, c'était une arme de qualité. Quel dommage de la rendre!

Jetant un coup d'oeil derrière lui, il se pencha pour regarder dans la rue en contrebas. Le dandy ne pourrait jamais monter pour l'ennuyer à cette hauteur là, surtout pas avec sa cape! Et puis, LUI il pouvait marcher à l'horizontale s'il devait fuir...Se sauver par les toits avec la canne tenta grandement l'Homonculus cupide qu'il était. Mais, après mûre réflexion, il décida de redescendre pour jouer son rôle. Qu'est-ce qui l'avait décidé? La perspective de s'amuser avec une vierge lui aussi? La récompense annoncée par le bandit? Non...c'était une autre perspective, plus sournoise encore...Une douce envie de vengeance pour sa langue...


- Tadinnnn!! Et voici, Monseigneur! J'espère que je ne l'ai pas abîmée. Ce n'était qu'une plaisanterie...fit-il en bondissant près du dandy avant de lui tendre l'épée dans une courbette d'écuyer. Il se redressa alors et tourna la tête en direction d'une rue adjacente qu'il connaissait bien. Vous avez votre arme, il vous faut maintenant votre dame! Venez, allons du côté des bougies!

Quelques rues plus loin, un bordel réputé dans le monde des amateurs de filles se terrait entre deux boutiques de vieux meubles. Une bougie était posée sur les marches de l'arrière-cours dans laquelle on pouvait débarquer en passant par une petite porte en bois qui ne payait pas de mine mais dont le symbole peinturé à la surface de son bois moisi ne laissait aucun doute aux connaisseurs.

- Là-dedans, ils ont des nouvelles tous les quatre jours. Peut-être qu'on trouvera une brebis à votre goût...

Deux vieilles prostituées, trop maquillées, pleines de marques sur les bras et les cuisses qu'elles laissaient dépasser de leurs jupons relevés, leur firent des gestes langoureux et les interpellèrent. Le Fou leur jeta des baisers depuis la paume de sa main ouverte et leur tira ensuite la langue tandis qu'il arrivait près de la bougie.
La bougie était éteinte. Le bordel était fermé.


- Oh!...C'est pas de chance...fit-il déconfit. Et il le pensait réellement.

Où trouver une donzelle vierge maintenant? Il n'y avait aucune chance pour qu'ils en dégotent une en balade dans la rue, surtout à cette heure tardive! Ils n'allaient quand même pas forcer des portes au hasard pour tenter d'en enlever une chez un bourgeois! Il fallait se rendre dans les rues encore plus mal famées pour trouver des filles en perdition...Mais vierge...alors là...le dandy pouvait toujours courir!


- Hé beau gosse...C'est fermé! Tu ne veux pas plutôt jouer avec nous?

Le Fou jeta un regard amusé aux prostituées qui exerçaient leur service même si le bordel était fermé. Elles étaient du genre à se laisser faire contre un mur dans un coin de rue pour quelques pièces.

- Allez quoi...

L'Homonculus fronça les sourcils: elles s'adressaient toutes les deux au dandy et l'ignoraient. Les dentelles et le haut de forme faisait donc plus d'effet qu'un bout de torse et une couronne? Peste! Et elles approchaient le dandy en roucoulant comme des dindes, ou en gloussant comme des tourterelles...ou...Oh peu importe! En faisant les poules quoi. Elles frôlaient maintenant l'homme en lui tournant autour comme pour exécuter une danse nuptiale. Quel spectacle...affligeant? amusant? ironique? Oh oui, c'était marrant.
Un sourire mesquin jusqu'aux oreilles, le Fou ricana en observant les réactions du dandy. Au lieu d'une vierge effarouchée, il aurait deux quinquagénaires fripées! La bonne blague!
Le Fou jeta un coup d'oeil à droite, puis à gauche, jugeant de la hauteur de la palissade de bois qui entourait la cours.
C'était bientôt le moment de s'éclipser...
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Asher Rosebury
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MessageSujet: Re: Pastorale en rêve [Asher, Le Fou] [26/03/42] Dim 10 Avr - 15:36

Le clown jouait avec ses nerfs. Cela pouvait se percevoir, non plutôt se sentir… La tension était assez palpable et le sourire crispé du bourgeois n'annonçait rien de bon pour le misérable. Allait-il finir méconnaissable au sol, gisant dans une flaque d'un liquide douteux que l'on apparentera bien vite aux premiers cris à du sang ? A ces seules pensées, l'ancien soldat frémissait de plaisir. Ah qu'il pourra bien se venger ! Ah qu'il aimera sentir son corps glisser sous ses doigts pour s'écraser lamentablement par terre…

La brève discussion avait dévié vers les géniteurs de ces deux dérangés. Asher ? Sa mère ? Non, elle ne lui avait rien fait, une femme qu'il avait toujours bien aimé bien qu'elle ne lui ait été arraché trop tôt. Elle ne lui avait jamais fait de mal, en aurait-elle eu le courage ? Non, il était l'héritier, bien qu'ils ne soient pas aristocrates, les membres de cette famille tenait à leur fortune et à leurs biens. Ils aimaient vivre dans le luxe. Ils n'avaient jamais eu à subir la douleur du besoin. Resserrant légèrement sa prise sur le cinglé qui tentait délibérait de se libérer de son étreinte Asher arqua faiblement un sourcil. Passant sa langue sur ses lèvres il baissa légèrement la tête pour se mettre, presque, à sa hauteur et lui souffla :


- Hmm… Tuée… Tu as déjà tué, bien que tu paraisses dérangé tu n'as pas l'air d'être quelqu'un qui s'est sali les mains…

Le meurtre était bien difficile à mettre en œuvre pour un humain ordinaire. En effet, il fallait tout renier, tout oublier, recommencer à zéro, savoir perdre son âme, ne pas pleurer, ne plus regretter, ne pas souffrir de son péché. Cela entraînait énormément de choses. Certains hommes se vantaient de meurtre pour le seul plaisir d'effrayer leurs concurrents, leurs ennemis mais l'avaient-ils déjà fait ? Celui qui avait tué changeait du tout au tout, il n'avait plus le même regard, plus la même lueur dans les yeux. Oh, celui qui tuait ne s'en vantait pas directement, il pouvait en être fier. Asher en était fier. Il aimait montrer son œuvre à son double, il aimait le faire souffrir le torturer et il éprouvait un intense plaisir à sentir un corps s'affaisser sous ses doigts. Même son autre lui avait déjà tué volontairement. Lors des guerres à laquelles il avait participé il avait offert la mort à de nombreux soldats qui eux, contrairement à lui, avaient une famille, une femme et des enfants qui priaient pour son retour. Ces hommes ne revenaient jamais. Il portait en lui le poids de la culpabilité, culpabilité qui agaçait son côté sombre. Depuis cette époque, Asher n'avait plus le même regard, lui ordinairement, homme joueur et gai, il n'éprouvait plus autant de joie à l'idée de s'amuser avec une demoiselle, de participer à des jeux, il était devenu plus sobre, moins… moins lui-même.

Reposant le clown à terre il avait doucement caressé sa joue. S'il savait à quoi il pouvait penser… il en frémirait plus qu'il ne montrerait une mine de dégoût par ce simple contact. Un sourire éclaira son visage, oh oui il avait frémi juste après… Quel bonheur ! Quelle intense satisfaction ! Peut-être commençait-il à comprendre ses désirs pervers, peut-être comprenait-il dès à présent à qui il faisait face… Le regardant se redresser Asher ne pouvait s'empêcher de percevoir en lui une once de malice. Oh oui il était curieux comme garçon, il lui plaisait pour cela. Cependant il était bien trop curieux pour n'être qu'un fou sans cervelle. Oui ce garçon était intelligent. Il lui plaisait d'autant plus qu'il allait lui servir de larbin pour ce soir, après… Est-ce qu'il allait le laisser en vie ou bien aider son âme à prendre son envol… Il ne le savait pas encore lui-même, tout cela dépendait du comportement de ce jeune déglingué. Allait-il se tenir tranquille jusqu'à la fin de la soirée. Oh s'il était bien serviable il pourrait bien lui proposer une récompense à la hauteur de ses espérances. Aimait-il les femmes ? Pour une nuit il savait qui il pourrait lui offrir. Sa langue caressa doucement ses lèvres. Hum oui… Cela lui ferait une bonne surprise.

Lui suggérant donc de lui trouver une jeune demoiselle encore innocente pour satisfaire ses vices pervertis, il se voyait déjà serrer un pauvre corps contre lui. Oh ! Que dirait son double s'il savait ? Que fera t-il quand il le saura ? Il était déjà à bout, il ne lui serait pas bien compliquer de le faire totalement lâcher prise. Il lui manquait de la volonté, cette chère Swan l'aidait terriblement… La prochaine étape serait peut-être son meurtre. Quel bonheur de savoir qu'il allait en souffrir plus que pour les autres femmes, car elle, il l'aimait. C'était différent. Avec sa mort sur la conscience Asher ne pourrait plus lutter contre son démon. Oh non… Il allait même le laisser faire et prendre possession de son corps sans même le savoir. Quelle tristesse pour lui ! Ahah ! Il n'attendait que ça.

Le singe semblait comprendre. Il acceptait de relever ce défi. Il allait donc lui trouver une jolie demoiselle. Oh ça oui ce sera une épreuve bien dure mais l'on a rien sans rien !
L'entendant murmurer Asher arqua un sourcil et le fusilla presque du regard :


- Tu disais ?

Un coup de nerf l'avait brusquement pris et il avait rattrapé le sauvage et planté son couteau à quelques millimètres de sa joue histoire de l'effrayer. Sa canne-épée, il ne la lui avait pas rendu, or il y tenait. Le dévisageant d'un air à la fois dangereux et hautain, il ne se laissa pas impressionné par son regard noir. Oh non, ce garçon n'était qu'un insecte, il lui suffirait de poser sa main sur sa gorge et de serrer assez fort pour qu'il crève ou bien qu'il se rate malencontreusement en voulant lui faire peur avec son couteau. Le regardant faire, il délogea son couteau et attendit patiemment. Jusque-là, il obéissait, parfait. Il n'avait pas encore envie de l'abîmer. Essuyant lentement le tranchant et vérifiant les éventuelles éraflures il grogna et le garda dans sa manche au cas ou si le gredin s'amusait à le surprendre.

Son retour lui fit esquisser un sourire, à vrai dire il ne s'attendait pas vraiment à le revoir. Sa présence confirma ses pensées sur lui, ce gamin était vraiment fou de traîner avec lui. S'il savait ses sombres penchants. Il aurait peut-être dû en profiter pour se carapater. Pauvre garçon… Reprenant con épée avec l'attitude d'un prince envers son bouffon il s'exclama :


- Tu as raison, allons donc trouver ma dame.

Observant sa canne de luxe d'un œil suspect il tenta de trouver une égratignure. Une seule lui aurait permis de lui décocher une droite dont il se souviendrait toute sa vie. Malheureusement, dans cette nuit noire, l'examiner devenait une mission complexe et il reporta ses plans à un peu plus tard si le fou le suivait jusqu'à l'aube.
Le suivant au travers des rues, du moins, marchant à sa hauteur, ne supportant pas de rester à l'écart, le bourgeois se laissa guider. Où allait-il bien l'emmener ? Les lieux lui étaient familiers, il reconnaissait les ruelles comme s'il y passait tous les jours. Le gredin le conduisait donc dans un bordel. Il n'en avait strictement rien à faire. Cependant il le laissa continuer à s'essouffler à le conduire comme bon lui semblait. Des nouvelles tous les quatre jours ? Intéressant mais dans ce milieu, même vierge elle perdait bien vite leur innocence, on leur avait expliqué comment elles devaient se comporter, ce qui leur arriverait, ce pour quoi elles allaient être payées ou bien travailler pour régler leurs dettes familiales, mais aussi les clients pour lesquels elles devraient se mettre à nu.

Deux catins attendaient là, devant le bordel malencontreusement fermé ce soir-là, pour une raison inconnue. Ces deux femmes d'âge mûr semblaient belles et bien excitées. Leur comportement lui déplaisait très fortement, il ne savait pas comment on pouvait les demander. Elles étaient très certainement un poids pour l'entreprise. Asher pensait qu'arrivé à un certain âge il fallait arrêter. Les putains de ce genre ne l'intéressaient absolument pas, pire, elles le repoussaient. Il n'allait tout de même pas se salir pour ces prostituées de bas étage. Non, il préférait les petites jeunettes ou bien les catins de luxe qu'il pouvait se payer pour une soirée de temps en temps quand l'envie le prenait. Il était bien trop beau, bien trop précieux, bien trop noble et trop riche pour s'enticher de ces femmes vulgaires.

Se retournant vers son chien il eut un léger rire et s'exclama :

- Je me suis peut-être mal exprimé, après tout tu m'as l'air bien diminué intellectuellement. Je ne t'ai pas demandé de me trouver un bordel, je suis tout à fait capable de le faire seul. Je connais des bordels bien plus agréables que celui-ci dans lesquels nous pourrions nous détendre. Je t'ai demandé une jeune femme ou une jeune fille devenue récemment femme. Innocente. Il ne me semble pas que nous puissions trouver un aussi rare phénomène dans une maison close.

Il se rapprocha de lui et au moment où il allait l'attraper par le col les deux putains se dirigèrent vers lui et tentèrent de l'attirer dans l'espoir de quelques quelques pièces ou bien tout simplement pour prendre du bon temps. Avec ces femmes-là on pouvait s'attendre à tout. Leur jetant un regard méprisant en observant leurs formes Asher fit un signe agacé de la main.

- Sans façon, merci bien ? Cependant…

Attrapant le clown par la nuque il le ramena devant lui et caressa tendrement son cou comme s'il exposait un magnifique spécimen. Entortillant ses doigts dans ses cheveux de feu il finit par en laisser glisser un sur sa joue et souffla :

- Mon compagnon serait ravi de s'amuser avec vous. Je pourrais même rester là pour observer, cela ne te semble t-il pas appréciable mon « mignon » ?

Dévoilant un sourire carnassier il rapprocha ses lèvres de son oreille et grogna d'un air malicieux assez silencieusement pour que les deux catins ne l'entendent pas :

- Alors qu'en dis-tu ? Je pourrais te laisser t'amuser avec ces deux chiennes, après tout te regarder pourrait être agréable, mais tu peux aussi me trouver ce que je désire, peu importe comment tu y arrives, infiltre toi chez un bourgeois que tu as déjà vu et qui possède une fille, peu importe, fais simplement ce que je te dis de faire. N'oublie pas, j'ai une récompense à la clé.

Posant sa main sur son torse il le tapota doucement et releva la tête. Non il ne comptait pas s'enticher de pareils déchets. En revanche, si cela plaisait à son compagnon, soit. Il avait la possibilité de le faire vivre comme un seigneur pour une soirée et une matinée si cela lui plaisait, il avait des chiennes à la maison qui n'attendaient que cela, être dirigées.
Doucement il se décolla de lui mais le garda à portée de main, sa canne épée posée sur son flanc, oh il comptait bien le garder son chien de berger.
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Le Fou
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MessageSujet: Re: Pastorale en rêve [Asher, Le Fou] [26/03/42] Jeu 14 Avr - 15:31

Un pas trop confiant sur la route du bonheur, un seul pas un peu trop rapide, et l'on peut tomber dans un trou.
Le Fou était heureux. Heureux de faire son cinéma, de braver la fureur des bourgeois, de chanter à tue-tête agrippé à la Grande Horloge et de déplaire à cet homme maniéré qui se prenait pour un roi, avec ses longs cheveux, ses souliers vernis et sa canne-épée ouvragée. Il n'avait même pas de couronne le bougre! C'était d'un ridicule!
Mais le fat n'est pas toujours celui que l'on croit. Un couteau, une goutte de sang, un sourire sadique, une main sur le col et tout bascule. Un cauchemar? Presque. Trouver résistance, insultes ou coups était courant pour le Fou, mais se faire ainsi malmener, menacer, presque découper la langue en deux...c'était une première dans la terrible histoire de sa vie.
L'Homonculus avait eu peur. Peur de se faire tuer, de perdre la faculté de parler, chanter, baver sur les badauds qu'il croisait le soir. Il était tombé sur plus malsain que lui. Il était tombé sur un aristocrate à la poigne de fer, à la lame d'acier, au regard de braise...Il était tombé sur un sournois, un homme capable de manier le couteau, un pervers qui désirait souiller une oie blanche...
Entrer dans son jeu, se soumettre, lui obéir...Ah! Quel enfer! Depuis quand celui qui ne portait pas de couronne gouvernait-il celui qui en possédait une? Mais quel choix lui restait-il? Pour survivre et peut être pour obtenir lui aussi satisfaction des sens, voire une récompense plus intéressante, il devrait courber l'échine un moment.
Soit, défi relevé!

Dans la tête de l'Homonculus, l'idée de vengeance pour sa langue blessée se mêlait à l'envie de soulager ses propres pulsions. Et puis, il était affreusement curieux. Qui était ce gars-là? Pourquoi était-il si pressé lorsqu'il l'avait rencontré? Et qu'est-ce qui le poussait à désirer autant une jeune vierge effarouchée? Son caractère l'étonnait. C'était la première fois qu'il tombait sur un dandy aussi tordu.
Ainsi, le Fou lui avait rendu sa canne-épée et conduit devant un bordel qu'il connaissait bien afin de répondre à ses exigences. Il pensait y trouver porte ouverte et nouvelle proie que le riche gaillard pourrait se payer, mais l'établissement était fermé. Dépit. Amusement. Cynisme. Moquerie.
Tant pis, le petit salopard n'aurait que les vieilles pies qui se trémoussaient dans la cour. Bien fait!


- Je pensais trouver des vierges là-dedans, c'est vrai. Avait-il répondu à son "maître" en croisant les bras face à ses précisions sur ses envies et capacités. Cette "maison close" est connue pour ses petites nouvelles parfois plus pures que les filles de baron...

L'Homonculus riait doucement. Qu'il le croit ou non, il le savait bien lui! Il avait déjà dépucelé une de ces perles rares en lui faisant croire qu'il la sortirait d'ici. Ça avait été magique! Des tendresses, des pleurs, des cris, une fuite dans la nuit. Tout avait été gratuit! Un charmant souvenir de cette nuit restait même dans ses affaires: un petit ruban de corset...Il aimait le sentir de temps à autre ou l'attacher autour du cou d'une de ses poupées.

Le Fou était en train de penser à cette folle nuit tandis que les deux catins tournaient autour de l'aristocrate. Un poil jaloux, il quitta ses souvenirs pour réfléchir au meilleur moyen de lui fausser compagnie. Tout en suçant sa propre langue pour en sentir contre son palet la coupure encore palpitante, il regardait à droite à gauche pour analyser les lieux afin de trouver le chemin le plus court pour arriver aux toits lorsque l'aristocrate le saisit par la nuque.
L'Homonculus rentra un peu sa tête dans ses épaules et se crispa alors que son "maître" le tournait vers les prostituées afin de le présenter comme potentiellement intéressé. Le Fou leva un sourcil et grimaça.


- Heu...nan merci...J'ai pas d'argent...Et...Mais...

Sentir dans ses cheveux de feu le doigt de l'aristocrate s'enrouler autour de ses boucles le fit frémir. Mais qu'avait-il donc à le tripoter comme ça? C'était affreusement agaçant!
Le sentant se coller contre lui pour lui murmurer dans l'oreille qu'il devait chercher ailleurs sa petite proie, l'Homonculus se crispa davantage. Non, décidément, il n'appréciait pas ce contact physique avec un homme. Et c'était quoi cette envie de le regarder faire? S'il aimait lui aussi lorgner sur des ébats sauvages, surtout en secret, il n'avait jamais été jusqu'à lui-même se donner en spectacle dans ce domaine. Aimerait-il le regard de cet inconnu sur son corps nu en pleine action? Il en doutait fortement.


- Humph...Je trouverai. Finit-il par répondre en soupirant, le visage décomposé. Puis, tournant son visage vers les deux catins, il leur fit un sourire de gamin. Désolé les filles, ce sera pour plus tard, nous avons une course à faire.

Libéré de l'étreinte perverse de l'aristocrate, le jeune éphèbe redressa sa couronne sur ses boucles chatoyantes et réfléchit un instant. Où trouver une petite dinde à dépuceler?

- J'ai une idée! Venez!

Toujours perdu entre l'envie de s'éclipser d'un coup pour échapper à l'emprise du dandy et celle de continuer cette étrange aventure pour voir jusqu'où irait ce taré qui le commandait comme un prince ordonnait à un bouffon, l'Homonculus quitta la cour du bordel sans faire attention aux insultes que leur balançaient maintenant les deux prostituées et s'engouffra dans une autre ruelle.
Au bout d'un quart d'heure de marche qui lui parut interminable (il avait l'habitude de passer par les toits en bondissant en tous sens, mais il ne pouvait utiliser ce moyen avec le dandy), il montra bientôt du plat de la main une maison bourgeoise où les fenêtres du premier étage brillaient encore de vie.


- La fille unique de Sir Kennington...Ronde, blonde...Qu'en dites-vous? Je l'ai croisée dans un parc et lui ai offert une tulipe, je crois qu'elle a rougi. Je peux sans doute la faire sortir dans le jardin, par-derrière...

Il avait eu envie de la charmer et de la prendre ce jour-là, il s'en souvenait comme si c'était hier. Il l'avait même suivie jusqu'à la demeure familiale avant de l'observer à travers sa fenêtre à la dérobée. Mais il avait été obligé de quitter son poste d'observation pour se rendre à un rendez-vous plus crapuleux et avait presque oublié son existence. Elle devait avoir 17 ans, pas plus, et il était certain que son innocence n'était pas à prouver.

- Le muret est un peu plus bas par-là. Fit-il en montrant du doigt l'extrémité droite de la propriété. Vous pourrez attendre dans le jardin...Je vais la faire venir...

Sur ces mots, le Fou passa devant l'aristocrate et escalada en premier le-dit muret à l'endroit signalé. Il s'esquiva ensuite comme une ombre parmi les ombres, passant d'arbre en arbre pour finalement disparaître de la vue de son compagnon de crime. En réalité, il s'était servi de son pouvoir pour monter dans un gros chêne dont les plus hautes branches donnaient sur la fenêtre de la demoiselle.
Perché tel un chat, il tendit l'oreille et sourit. C'est qu'il le savait lui, qu'il y avait un chien...pas le dandy...
Alors que les aboiements du cabot s'acharnaient sur l'aristocrate au niveau du muret de pierre, le Fou, tout riant de son petit piège, sauta sur une nouvelle branche et se retrouva à moins d'un mètre de la fenêtre de la belle. Un seul regard lui fit comprendre qu'elle n'était pas couchée. Elle lisait dans son lit. Seuls les rideaux repliés du baldaquins étaient visibles dans la lumière tremblante du petit chandelier qui reposait sur la table de nuit.
Fallait-il continuer l'opération? Après tout, si le dandy se faisait mordre le cul par le chien familial et que les domestiques lui tombaient sur le coin du nez, il en serait débarrassé! Bon vent! Adieu les ordres! Adieu le couteau! Mais...adieu aussi la suave sensation de crime...

Il tendit de nouveau l'oreille.
Le chien n'aboyait plus.
L'Homonculus fronça les sourcils. Le dandy était déjà parti? Ah? Tant mieux!
Arrêter là ce qu'il avait commencé lui parut soudain bien idiot. Au contraire, maintenant qu'il était seul (c'était du moins ce qu'il croyait), il pourrait prendre la jeune Kennington à son loisir, sans que le dandy ne passe avant lui, sans qu'il ne veuille le regarder! Oh oui!

Attrapant un bout de branche, il en fit quelques morceaux et en jeta un contre le carreau de la fenêtre.
Rien.
Un second petit bout de bois provoqua un tintement plus clair et un pan de robe franchit le seuil de sa vision. Elle s'était levée!
Un troisième morceau rebondit contre le verre et il vit la jeune femme se présenter en robe de nuit, l'air effrayé, ses boucles blondes encadrant son visage d'ange. Elle vint lentement près de la fenêtre et jeta un coup d'oeil dehors. Comme elle regardait vers le sol, elle ne vit pas l'Homonculus  qui lui faisait face dans la frondaison obscure de l'arbre. Alors qu'elle haussait les épaules en pensant avoir rêvé et qu'elle faisait demi-tour, le Fou lança un nouveau bout de bois et  se pencha en avant. La belle le vit et sursauta en plaquant ses mains sur sa bouche cerise. Sans doute reconnut-elle l'homme à la crinière de feu qui lui avait offert une fleur car, après une longue hésitation, elle finit par ouvrir la fenêtre à moitié.
Le Fou entra en scène.


- Ma Dame...Navré de vous déranger aussi tard et d'avoir l'outrecuidance de venir ainsi me percher près de votre fenêtre, mais l'idée de ne jamais vous revoir a transpercé mon coeur de tant de dards que mon corps ne pouvait plus souffrir la distance qui nous séparait.

La jeune femme entrouvrit la bouche et rougit. Elle manqua de fermer la fenêtre et de courir prévenir ses parents, mais le Fou s'avança sur la branche en faisant mine de risquer sa vie dans cette acrobatie qui, pour lui, n'était en réalité rien.

- Attendez! Oula...Attendez!

- N'allez pas tomber! S'exclama la belle en relevant un peu plus sa fenêtre comme pour lui offrir une aide.

Le Fou lui sourit d'un air un peu piteux.


- Plutôt tomber ici et maintenant en ayant vu une dernière fois vos magnifiques yeux plutôt que de retourner dans le néant qui me sert de foyer depuis que je vous ai perdue au parc...

La jeune bourgeoise rougit de plus belle et s'approcha encore du rebord de la fenêtre. Elle alla jusqu'à poser ses coudes dessus et à poser sa tête dans son poing fermé, comme si elle s'apprêtait à entendre nombre de fables du genre, poèmes et madrigaux d'amants de roman. L'apparence de cet étrange dandy, avec sa chemise un peu ouverte et sa couronne de travers, l'intriguait beaucoup.

- Je ne souhaite que vous parler, my lady. Soyez certaine que mes attentions sont toutes honorables. J'aimerai...j'aimerai connaître votre nom...

- Comment avez-vous trouvé où je logeais? Demanda la jeune femme sans répondre à la question indirecte du Fou.

Ce dernier perçut dans son regard la suspicion fort légitime qui lui rongeait le coeur. Il fit mine de glisser à nouveau sur la branche et se rattrapa en répondant d'un ton presque trop doux.


- Ola! C'était moins une! C'est que je vous ai vue rentrer, hier, c'était un heureux hasard...

Une chance sur deux pour que la belle soit effectivement sortie la veille pour aller faire quelques emplettes ou boire un thé chez une amie. Le Fou espérait que son mensonge passerait.
La jeune femme avait eu un mouvement pour le rattraper, elle craquait déjà pour ce bel inconnu qui venait lui compter fleurette le soir.


- Et pourrais-je savoir, moi, Monsieur, qui vous êtes? Questionna-t-elle en pinçant les lèvres.

- Je suis le marquis de...Aie!! Le Fou fit semblant de glisser pour de bon et se laissa chuter de sa branche. Il se rattrapa à celle du dessous pour amortir le choc avant de se jeter à terre dans un bruit mat. Aaah! Aie! Ouh...

- Marquis!

La belle quitta sa fenêtre. Attirée par la romance tant rêvée qui s'offrait à elle et par le titre qu'il venait de lui donner, elle se précipita au rez-de-chaussée en prenant garde de ne pas réveiller ses parents et, le manteau de son père sur les épaules, elle arriva auprès du Fou, une bougie à la main.
Le retrouvant allongé sur le dos, elle s'accroupit près de lui, l'air terriblement inquiet.


- Oh! Monsieur! Vous allez bien? De grâce, répondez-moi!

Elle n'osait le toucher. Le Fou, lui, riait comme un damné dans sa tête. Ah la pauvre petite dinde! Qu'elle sorte aussi vite de chez elle pour se livrer à ses caresses était presque trop beau pour être vrai!

- Vous êtes..., sa voix semblait rauque et brisée mais elle fut bientôt plus ferme,...une petite naïve...

Il se releva soudainement d'un bond pour l'attraper par la taille et lui plaquer une main sur la bouche. La bougie tomba dans l'herbe humide du soir et s'éteignit aussitôt. La fille poussa un petit cri de souris et se retrouva prise au piège de l'étreinte brutale de l'Homonculus. Ce dernier ricana près de son oreille en humant de façon animale sa chevelure d'or:

- Raaa...ce parfum! Tu es vraiment appétissante pour une gamine!

Sa langue passa sur le lobe de la jeune femme qui se débattait maintenant avec la rage du désespoir. Puis, il la mordit avant de la tourner vers lui et d'écraser sa bouche contre la sienne.
Cette fois, il avait été poussé au crime, mais il fallait bien avouer que cela faisant longtemps qu'il n'avait plus violé une donzelle, trop facilement satisfait par des consentantes qu'il en avait presque oublié la saveur d'un "non".
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Asher Rosebury
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MessageSujet: Re: Pastorale en rêve [Asher, Le Fou] [26/03/42] Lun 18 Avr - 14:53

Ces ruelles de Londres étaient bien peu peuplées le soir. Peut-être que les ivrognes s'étaient donné rendez-vous ailleurs, dans un bordel ouvert ou bien dans un bar près des docks. Toujours en était-il qu'à part deux trois inconnus, les jeunes hommes étaient bien seuls dans la rue. Enfin non. Asher en oubliait presque la présence des deux prostituées disgracieuses qui faisaient douloureusement déformer ses lèvres en une grimace de pur dégoût. Comment ces deux immondices pouvaient-elles encore trouver quelques clients ? Il fallait vraiment être en manque, ne plus pouvoir se retenir pour se jeter à corps perdu sur ces spécimens. Quoi que… Être juste ivre devrait suffire pour certains badauds qui ne connaissaient pas la retenue. Un rire incontrôlé s'échappa de la gorge du grand bourgeois. Que les humains étaient pitoyables, ils étaient bien plus inférieurs à certains animaux. Les humains, eux, avaient les vices, les perversions.

Devant la porte du bordel, l'ancien soldat observa l'entrée. Se retournant vers son compagnon il le réprimanda. Il n'avait pas besoin de lui pour trouver une maison close. Il pouvait très bien le faire tout seul et en plus, en trouver une ouverte. Agacé, il songea un instant à l'attraper par la gorge pour le secouer violemment. Balayant ces pensées en fermant pendant un quart de seconde les yeux, le bourgeois l'écouta sans grand intérêt.

- Cela ne m'intéresse guère, je veux des pucelles non consentantes.

Dépité il observa un instant les catins qui commençaient à lui tourner autour. Non décidément, ces monstruosités de la nature n'avaient même pas intérêt à le toucher à lui. Argh, quelles répugnantes choses… Attrapant son chien de berger pour le ramener devant lui et laisser les deux femmes contempler son nouveau jouet. L'exposant devant les yeux intéressés des catins le bourgeois proposait alors son acolyte comme nouvel amant. Oh oui, ça lui plairait de le voir s'occuper de ce genre de femmes devant lui ou bien… Le clown y réfléchirait à deux fois avant de l'emmener dans un tel endroit et d'espérer que cela lui plairait.

- Oh mais mon mignon… J'en ai de l'argent, je peux payer pour toi mais bon je pense que tu seras tellement compétent qu'elles ne pourront pas te faire payer. Regarde moi donc comme tu es bâti… ces deux demoiselles rêvent d'un homme comme toi.

Laissant ses doigts vagabonder dans sa chevelure rousse, Asher se rapprocha du vagabond pour lui murmurer quelques mots à l'oreille. Il lui exprimait ses désirs. Le fou n'avait qu'à l'écouter s'il voulait s'en sortir presque indemne. Caressant doucement sa joue l'homme attendit sa réponse. Oh oui il savait que le garçon n'appréciait pas ce genre de contact, il le sentait. Son dégoût, ses frissons, sa colère peut-être… Un sourire déforma les lèvres d'Asher. Oh oui il aimait ça… N'était-il pas effrayant à aimer tout ce que la religion interdisait ? Sa réponse le satisfaisait. Oh oui qu'il allait trouver une jeune demoiselle à son goût. Passant sa langue sur ses lèvres il le libéra de son étreinte dérangeante.
N'adressant plus un seul regard aux filles il ignora les insultes lancées à leur égard, bien qu'il eut une terrible envie de sortir son pistolet à percussion pour en descendre une. Calmant ses pulsions meurtrières il se réjouissait de la réaction de son pantin. Il allait donc lui trouver une demoiselle et en plus de cela il avait l'air de savoir exactement où il allait mener son nouveau maître.

La couronne que sa tête supportait fièrement l'agaçait déjà. Pour qui se prenait ce garçon ? Un roi ? Très bien, il allait être le roi des bouffons, le roi des esclaves, le roi des chiens. Ahah ! Le suivant dignement en caressant d'un air satisfait sa canne-épée, le bourgeois s'aventura avec son nouveau compagnon dans les rues. L'endroit où on le menait lui paraissait assez loin. Après tout il marchait, il le suivait et rien. Toujours rien. Se foutait-il de lui ?


- A quoi joues-tu ? C'est encore bien loin ou bien tu te moques de moi ?

Sa voix grondait, menaçante, dans l'obscurité. Il n'appréciait guère que l'on puisse se jouer de lui. Allait-il enfin lui dire qu'ils étaient arrivés ? Ou bien comptait-il le perdre. A cette seule idée, le bourge serra les poings et se retint de le frapper. Non il fallait calmer ses pulsions violentes. Il cognerait si jamais ses soupçons s'avéraient être justifiés. Finalement, quelques minutes plus tard, les deux jeunes gens s'arrêtèrent devant une demeure. Plissant les yeux afin de mieux percevoir les contours de la maison dans l'obscurité. L'écoutant en se frottant doucement les mains il se retourna vers lui et posa sa main sur son épaule :


- Eh bien tu vois quand tu veux. C'est parfait, parfait, plus pure elle est plus le plaisir est intense. Blonde dis-tu ? Cela me va tout à fait du moment qu'elle possède un visage tout aussi agréable à regarder que ses formes à toucher. Bien bien, fais la donc sortir...

Lâchant son épaule, Asher le laissa prendre les devants. Après tout c'était lui qui connaissait le chemin et s'il était semé de pièges… Il passait le premier. Apparemment un muret lui barrait la route. Sans plus attendre et posant ses mains sur le haut du muret, il se hissa par-dessus et atterrit de l'autre côté. Fichtre Fouchtr ! C'était qu'on le surprenait ! Le bougre ne lui avait rien dit ! Un chien arrivait droit sur lui et jappait avec acharnement. La race était inconnue aux yeux du gentleman, non pas qu'il ne s'y connaissait pas mais surtout que dans la nuit noire et la fourrure hérissée, Asher n'arrivait pas à distinguer les véritables contours de la bête. Elle était dangereuse et pour se montrer encore plus imposante, elle dévoilait ses crocs et laissait couler de la bave mousseuse le long de ses babines. Les yeux écarquillés et presque rouges par la fureur, le chien s'avançait, toutes griffes dehors les oreilles couchées. Puis brusquement elle sauta. Asher se protégea de son bras qui subit la morsure et poussa un grognement tentant de rester le plus silencieux possible. Sa peau se perça et sa chair se déchira tandis que le monstre restait suspendu à son bras et tentait de le déchiqueter un peu plus en secouant sa gueule. Se servant de son autre main, le bourgeois donna un coup dans le thorax de l'animal grâce au pommeau de sa canne. Se reculant d'une dizaine de centimètre en ramenant son bras meurtri vers lui il finit par dégainer son épée.

Le silence se fit.

Le corps ne bougeait plus. Non, il reposait inerte par terre, la gorge ensanglantée, les membres lourds et les yeux éteints. La lame du bourgeois s'était enfoncée dans sa jugulaire et le fer rougeoyait à présent. L'homme se tenait devant le chien, mort. Son bras gauche tremblait nerveusement. La douleur le picotait, sale chien. Qu'il aille en enfer, ce cabot ! Furieux, le fou écrasa le crâne de l'animal de sa botte. Il frappa à plusieurs reprises brisant sa mâchoire qui lui avait un peu plus tôt broyée le bras.
Fronçant les sourcils et essuyant sa lame sur la fourrure noirâtre par la nuit, il rengaine son épée et garda sa canne en main. Ses phalanges blanchissaient, ses traits s'étaient durci, Asher bouillonnait de rage. Comment avait-il pu se faire avoir ?

Quelques minutes s'écoulèrent, le bourgeois observait la carcasse et le sauvage ne revenait pas. Il se faisait berner. Cette fois-ci il se voyait mal le récompenser pour son aide. Avait-il voulu le faire tuer ou repérer ? Entendant plusieurs bruits puis une voix féminine paniquée, le jeune homme se redressa. Scrutant le bâtiment il fronça les sourcils et se dirigea vers la source du bruit. Soudainement, un petit cri. Pressant le pas, le bourgeois arriva juste à temps pour voir le cinglé attraper la gamine et l'embrasser avec fougue. Pardon ? Comment osait-il.. ? La jeune fille se débattait dans ses bras tentant désespérément de s'en aller, de s'échapper pour se réfugier chez ses parents mais la prise du fou était bien trop puissante pour ses petit bras sans force.

Silencieusement l'assassin approchait. Arrivant derrière celui qui fut son chien il attrapa sa crinière de feu avec force et remonta brusquement son genou. Écrasant avec violence son visage contre son os il recommença le mouvement deux fois avant de donner un coup sec vers l'avant pour le faire tomber à plat ventre. Son bras attrapa la jeune fille pour l'empêcher de partir et donnant un coup de pommeau sous ses côtes pour l'assommer il la lâcha et se concentra sur le sauvage. Se mettant par dessus lui il rattrapa sa crinière rousse et lui fit pencher la tête en arrière.

- Chien ! Tu savais ! Ahah t'as cru que tu allais pouvoir t'en sortir ? Qu'il m'aurait crevé ou que je serai parti ?! Et tu comptais t'en occuper de cette charmante jeune fille ? Ahah mais c'est que tu te penses malin le chien ! Mais je ne te laisserai pas t'en sortir comme ça.

Sortant son couteau et lui cisaillant la gorge avant de le glisser dans sa bouche, un seul mouvement lui couperait profondément la joue, Asher se pencha en avant et laissa ses cheveux bruns caresser le visage du garçon :

- Obéis moi et tu auras la vie sauve. Obéis moi et peut-être que je conserverais ta récompense. Je suis indulgent, tu as réussi à la faire descendre. Et tu avais raison elle est tout à fait charmant malgré que ses lèvres aient été souillées impitoyablement par ta bouche. En plus tu me l'as effrayée…

Un rire s'échappa de sa gorge et brusquement il se reprit en posant un doigt sur les lèvres de son nouvel esclave qui n'avait pas intérêt à bouger s'il ne voulait pas crever la bouche ouverte :

- Oh mais chut… On va finir par nous entendre… Ahah… Alors mon mignon, tu vas te tenir tranquille n'est-ce pas ? Ne t'en fais pas, je te laisserai profiter un peu d'une demoiselle si c'est ce qu'il te manque.

L'homme violent jeta un regard en biais pour observer la belle blonde. Qu'elle était belle ainsi endormie, oh oui, c'était ses cris de désespoir qu'il voulait entendre s'échapper de ses lèvres presque pures. Que fera t-elle quand elle comprendra qu'elle est désormais irrécupérable ? Allait-il la laisser en vie après cela pour se moquer de son impuissance face au monde après avoir perdu toute son innocence ? Et le père ? Oh quel dommage, sa seule fille…
Ou bien mettrait-il fin à sa courte existence ? Quel dilemme, les deux lui procureraient tant de plaisir… Et… Et si le vrai Asher se rendait compte du viol de la gamine ? Ahah quel bonheur ! Oh oui, le détruire un peu plus… Oh… Et le fou, oh oui le fou, ce chien bipède pourrait presque l'aider à le tourmenter un peu plus mais pour se faire il devait rester calme. 2Tait-il calme là ? Oh non… Bien au contraire… Et Asher se trouvait assez patient pour une fois, il ne l'avait pas encore tué. Avec ce comportement cela ne saurait tarder...
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MessageSujet: Re: Pastorale en rêve [Asher, Le Fou] [26/03/42] Jeu 19 Mai - 20:52

Ah! Ce goût de fraise accroché à ses lèvres pulpeuses! Comme il la désirait maintenant! Et ce parfum de verveine mêlée de quelques touches citronnées...

- Laisse-toi faire, ce sera moins douloureux...Quoique...

Le Fou jubilait. Il avait réussi à semer le bourgeois et allait atteindre l'extase à sa place! Merveilleuse perspective! Décidément, cette soirée n'était pas banale. Cela faisait longtemps que dans son calendrier personnel il n'avait pas eu à indiquer d'événements aussi épiques. Il était même monté à un arbre!

- Allons! Suffit!

Il la secoua encore une fois et appliqua ses mains moites sur sa jeune poitrine qui pointait sous sa robe de nuit pâle. Elle aurait beau se tortiller comme une anguille, il avait la poigne ferme et ses idées lubriques le rendaient plus fort. Après tout le mal qu'il s'était donné ce soir pour éviter de finir découpé en lamelles et son magnifique jeu d'acteur près de sa fenêtre, il méritait bien une récompense! Qu'elle cesse donc de gesticuler et qu'elle lui ouvre ses cuisses!

"Des pucelles non-consentantes"
Oui...Maintenant, il voyait bien ce que cherchait ce taré. Lui-même y avait goûté, il y avait fort longtemps maintenant, et ça avait été le point de départ de sa métamorphose. Depuis ce jour, il avait tout fait tout seul, il avait choisi et il avait aimé ça lui aussi. Recommencer, encore et toujours, même après des mois et des mois d'interruption, le ravissait aujourd'hui. La lune, complice de ses méfaits, serait témoin de cette n-ième union forcée. Une de plus, une de moins...qu'est-ce que ça allait changer à Londres? Rien.

"Je peux payer pour toi"
Tsss...L'imbécile heureux! Pourquoi payer quand on pouvait tout prendre par la ruse ou la force? Pourquoi payer une chose dont on avait intimement besoin?
A se croire au-dessus de tous, avec quelques bouts de métal brillants, il n'irait pas loin, ce bourgeois...
"Mon mignon" par-ci, "mon mignon" par-là...Mais pour qui se prenait-il avec ses grands airs de lord en manque? Ce pervers aurait que ce qu'il méritait: rien! Et une belle morsure aux fesses comme cadeau de noces! Voilà!

Sa main s'écrasa sur la bouche de la jeune femme au bord de l'évanouissement. Ses pensées se mêlaient et rendaient ses mouvements beaucoup moins fluides. Perturbé, il ne pouvait oublier ce ton et ce regard condescendants qu'avait eu cet espèce de salopard lorsqu'il avait évoqué son aspect physique. Qu'avait-il contre sa façon d'être "bâti"? Pfff! S'il savait...Son ironie cinglante l'avait atteint dans son estime de lui-même. Ainsi il n'était pas bien "bâti"?
Parfait! Cette catin allait attester de ses capacités pendant que lui irait se faire recoudre les fesses par quelque médecin de campagne après avoir reçu dans sa chair les crocs du clébard qui gardait la baraque! Bien fait! Ah! Il ne l'avait pas vu venir celle-là!

Content de sa prise, fier de son traquenard et tâchant d'oublier cet amateur de canne et haut de forme à la noix, l'Homonculus entreprit d'entrer dans le "détail" de la jeune Kennington. Mais, alors qu'il allait enfin soulever les pans de son habit de nuit, il sentit qu'on l'attrapait par les cheveux et poussa un cri de surprise. Le choc d'un genou contre son crâne lui fit voir des étincelles et il lâcha sa proie. Étourdi, il subit encore deux autres coups d'une brutalité extrême, sans pouvoir réagir, avant de se retrouver affalé la tête la première dans l'herbe.

Le nez en sang, les yeux brillants de larmes, de la terre dans la bouche et les cheveux dans un état déplorable, le bouffon de l'Ombre poussa un râle de douleur et tenta de se relever en vain. Alors, une main l'attrapa de nouveau par la crinière et on lui tendit le cou en arrière pour lui siffler dessus quelques venimeuses menaces. Reconnaissant la voix et le visage du bourgeois, l'Homonculus blêmit tout à fait. Qu'il l'insulte de chien lui passa complètement par-dessus la tête, mais de le voir sortir son couteau pour lui entailler la gorge provoqua chez lui une réaction épidermique incroyablement violente.


- ARRÊTE!!

Les yeux grands écarquillés, il laissa son hurlement se perdre dans un gargouillis répugnant qui se fondit en plainte lugubre. Une main autour de la gorge, le Fou hoqueta comme s'il se noyait dans la Tamise. Ce dingue lui avait entaillé la peau! Pas assez pour le tuer, mais suffisamment pour lui avoir donné la peur de sa vie. Le pire fut sans doute le fait qu'il glisse ensuite sa lame dans sa bouche, prêt à lui percer la joue pour accentuer son sourire de clown. Sa prise était si raide et calculée que l'Homonculus ne douta plus qu'il avait fait l'armée.
Mais sur quel genre de monstre était-il tombé cette fois?!

Les cheveux de l'homme se mêlèrent à sa crinière de feu et frôlèrent son visage figé dans une expression de terreur. Les mots qu'il lui murmura dans le creux de l'oreille le firent frémir. Non pas pour leur contenu des plus malsains, mais bien pour leur intonation: ce gars-là était prêt à tout pour satisfaire ses lubies lubriques ainsi que pour épancher sa soif de sang.
La vie sauve? Une récompense?
Encore des menaces. Encore l'appât du gain.
Non.
Cette fois, il devait fuir.
Cette fois, il avait trouvé plus fort que lui.  

Déglutissant avec difficultés, il tâcha de calmer ses tremblements et se détendit un peu. Dans son regard, il fit briller la lueur de l'animal qui avait compris ce que l'on attendait de lui. Il fallait que ce cinglé croit qu'il était redevenu docile et qu'il le lâche. Il fallait qu'il lui enlève ce couteau de la bouche et qu'il se concentre sur la jeune femme afin qu'il puisse s'échapper une fois pour toute. Au diable les récompenses! L'argent, les femmes...tout ça, il en avait quand il le désirait, ou presque. A quoi bon risquer sa vie plus longtemps?


- Com...Co...O...Oui. Oui! Sortir ce mot fut d'une difficulté sans nom pour l'Homonculus. S'il fermait les lèvres, il risquait de se couper la joue. Impossible pour lui de dire "comprit".

Le regard fuyant, il se mit à hocher la tête plus frénétiquement pour faire savoir à son agresseur qu'il lui obéirait. Ou du moins le lui faire croire...
La belle, elle, dormait dans l'herbe. Elle n'avait pas conscience de ce qui se passait à quelques pieds de son visage d'ange. Elle n'imaginait pas encore ce qui allait lui arriver une fois que le bouffon serait parvenu à fausser compagnie à cet illuminé.
Qu'importe! Qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire? Du moment qu'il se carapatait le plus vite possible, le plus loin possible de cet homme! Elle pouvait bien crever là!


- ...e...erai..O...Oui! répéta le jeune rouquin d'un air suppliant.

Il ne pouvait rien articuler tant qu'il aurait cette lame contre sa peau, d'autant que sa langue souffrait encore de la coupure que cette dernière lui avait déjà faite.

Alors, il sentit la poigne du bourgeois se desserrer. Pressé de lui échapper, il manque de faire un geste malheureux qui lui aurait sans aucun doute ôté la vie. Mais, heureusement pour lui, un soupçon de lucidité le frappa et il se contenta de ne pas bouger. L'attente lui parut une éternité.
Quand, enfin, la lame du couteau quitta sa bouche, il ferma lentement ses mâchoires et se massa les jours entre deux doigts.


- ...Je...je ne voulais pas...vous offenser...Seigneur. J'ai...cru que...vous étiez parti...

Se ratatinant sur lui-même face à son agresseur dont il risquait toujours un mauvais coup, il finit par s'accroupir à ras de l'herbe, comme un chien soumis à un molosse de deux fois sa taille, et ronronna avec crainte:

- Je...je peux surveiller la maison...pendant...pendant que vous jouez avec elle...fit-il en levant les yeux vers la maison d'où une vague lueur filtrait depuis l'une des fenêtres de l'étage.

Dans sa tête, le Fou ruminait mille pensées.
Comment cet enfoiré avait-il échappé au chien? Il ne l'avait ni entendu tirer, ni pousser de hurlement. Il était là, sans une morsure, sans un coup de griffe! Comment c'était possible!?
Le pire, c'était qu'il ne l'avait même pas senti venir dans son dos. Il l'avait attaqué en biais, dans son angle mort...Satané oeil de verre!


- Elle...elle...dort...? Le Fou fit mine de s'intéresser à la jeune femme pour pousser le bourgeois à s'en préoccuper plutôt que de rester concentrer sur sa propre carcasse. Elle est vierge, j'en suis certain.

C'était bientôt le moment de s'enfuir. Encore quelques minutes...
Voilà...Qu'il l'approche elle et qu'il l'oublie lui...
Le couteau était maintenant hors de sa bouche et le bourgeois le délaissait.
Encore un peu...
Il fallait faire mine de vouloir regarder ses sévices...Oui, faire l'intéressé. L'enfant curieux. Faire semblant de surveiller les environs. Jeter un coup d'oeil par-ci par-là et...
HOP!

Le Fou se mit à courir et sauta dans un arbre comme un écureuil avant de disparaître dans les frondaisons aux feuilles nouvellement ouvertes. Sans un mot, sans un geste de trop, il s'esquiva au plus vite pour regagner les ruelles et sauver ce qu'il restait de sa peau. Il allait songer longtemps à cette atroce soirée. La première, depuis qu'il était à Londres, durant laquelle il avait éprouvé la peur.

Une dernière chose flotta dans l'air après son départ, une seule: son rire, un rire nerveux. Sa belle pastorale s'était muée en une abominable curée. Adieu le berger, bonjour le loup!


[HRP/Fin du rp avec le Fou. Suite dans "Wa are all mad here"/HRP]


Dernière édition par Le Fou le Ven 10 Mar - 10:26, édité 1 fois
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Asher Rosebury
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MessageSujet: Re: Pastorale en rêve [Asher, Le Fou] [26/03/42] Jeu 7 Juil - 15:09

Le Fou avait bien essayé de l'avoir ! Heureusement Asher s'en sortait presque indemne. Le voilà bien sali et le bourgeois n'appréciait guère cela… Avoir dû toucher la terre et la poussière pour un cabot lâché sur lui… L'envie d'attraper le clown et de lui faire avaler une par une les petits pierres qui jonchaient le sol lui traversa l'esprit. Il avait terriblement besoin de vengeance… Tout ceci ne pourrait s'accomplir bien entendu que si cet accident avait été voulu. Quoique… Pourquoi se montrer clément même s'il s'agissait d'un accident ? Cela relèverait de la négligence. Pourquoi cherchait-il à expliquer cette erreur. Il voulait jouer encore avec… Arg… Peu importait du moment que ce roux crevait ! Il avait bien failli lui faire déchiqueter la gorge et son si joli visage ce chien ! Se relevant sans difficulté et en époussetant ses vêtements qui lui avaient coûté une fortune, le jeune homme releva la tête et observa la demeure. Personne ne semblait s'être affolé des jappements du molosse. A croire que c'était tout à fait habituel, comme si ce chien de garde n'était là que pour courir après les chats et les oiseaux. Esquissant un sourire empli de mépris, Asher perçut les bruits assez inquiétants et les couinements de la demoiselle. Ah tiens ! Il jouait sans lui !

La scène qui se déroulait devant ses lui ne l'étonnait presque plus. Il en profitait le clébard pendant que lui avait failli se mordre et griffer jusqu'à la moelle ! Sa colère s'amplifiait… Qu'il avait envie d'écraser sa trachée avec ses mains. La belle se débattait dans les bras du monstre. Elle désirait sauver sa peau, son innocence, sa pureté. Pensait-elle qu'un autre homme serait là pour la faire souffrir également ? Non, elle ne se doutait encore de rien.
Et c'était qu'il lui donnait des ordres à cette catin ! A croire qu'elle allait l'écouter. Savait-il au moins comment s'y prendre ou bien n'avait il observé que des hommes assoiffés de luxures toute sa vie ? Il paraissait jeune. A ses yeux il avait l'air d'un gamin, un gamin qui voulait jouer. Un gamin insupportable et un peu dérangé...

Les mains du garçon s'attardaient sur la poitrine de la pucelle. Elle en frémissait d'horreur. Asher souriait presque. Dans peu de temps ce seront les siennes qui se poseront sur ses seins sans aucune pudeur… Il pourra même laisser ses lèvres y goûter, ouvrir la bouche pour mordiller leurs extrémités avec plus ou moins de force. Le bourgeois hésitait encore… la douceur puis l'enfer ? Ou bien l'enfer dès le début ?

Ne désirant pas plus rester spectateur et se faire voler la vedette, l'ancien guerrier se dirigea vers les deux jeunes gens et attrapa le fou par les cheveux. La violence fut de la partie et il écrasa impitoyablement son genoux contre son crâne avant de le lâcher. Il le frappa encore deux fois avant de lui enfouir le visage contre la terre. Histoire de bien lui bousiller les lèvres il insista un peu plus puis le lâcha et le rattrapa par les cheveux pour qu'il le regarde dans les yeux. Asher contrôlait parfaitement sa force, il savait qu'il avait frappé assez fort pour, au moins, se faire respecter. Le garçon le poussait lentement à bout. Tout d'abord il le prenait pour le premier des demeurés, ensuite il s'échappait avec sa canne, il oubliait, volontairement ou non, de le prévenir de la présence des plus désagréables d'un chien de garde et enfin il essayait de s'enticher de la pucelle. Comme s'il allait le laisser s'en sortir comme ça ! Gravant son genoux sur son visage, le jeune roux aurait de quoi se rappeler du bourgeois. Pourvu qu'il le craigne !

Cisaillant légèrement sa gorge il avait fini par glisser le couteau dans sa bouche. Le jeune homme éclata de rire en le voyant paniquer. Il avait obtenu l'effet recherché et cela le faisait jubiler. Le fou souffrait peut-être ou bien il jouait la comédie car Asher en était certain, il n'avait pas entaillé sa gorge assez profondément pour le tuer, simplement pour lui faire assez peur, c'était une sorte d'avertissement ?


-Oh ? Je dois arrêter ?

Resserrant sa prise il lui sourit d'un air démoniaque. Le chien était tombé sur plus fou que lui. Malheureusement pour lui il s'était aventuré un peu trop loin et avait attisé sa colère. Pauvre garçon. Réveiller le monstre pourrait bien être fatal pour lui.

Rapprochant son visage du sien il s'amusa à le chatouiller de ses cheveux avant finalement de lui promettre la vie sauve s'il exauçait ses désirs. Un éclat de rire traversa sa gorge, le chien semblait avoir compris, par ailleurs il essayait de le balbutier mais il avait beaucoup de mal. La lame lui faisait tellement peur qu'il n'osait presque plus fermer la bouche. Quelle drôle de situation ! Le clown semblait désormais contempler l'étendue du danger qui se présentait à lui. Le petit apprenait vite, ou bien il était fourbe.

Ses hochements de tête étaient frénétiques. Décidément il lui inspirait la peur, Asher espérait que cela persiste, ce gars-là ne méritait que de crever.


- Mais qu'est-ce que ? Qu'est-ce que tu dis ? Oui ? C'est bien cela ?

Relâchant lentement sa prise il laissa tout de même sa lame un instant de plus dans sa bouche avant de la lui enlever avec une délicatesse surprise. Se levant du garçon, le bourgeois le contempla. Et s'il le tuait maintenant ? Il n'avait plus besoin de lui en vie, d'autant plus qu'il avait failli le faire remarquer ou bien dévorer par un sale cabot… Hésitant un instant il écouta à moitié les paroles du rouquin.

- C'est cela oui, tu t'es bien joué de moi le vilain ! Pensais-tu que je serai dupe ? Parti ? Pour qui me prends-tu ?

Le fusillant du regard il se tourna légèrement vers lui et arqua un sourcil. Lui surveiller la maison ?

- Comme si j'allais te croire, je vais aller m'amuser avec cette catin pendant que toi tu surveilles c'est ça ? Ou bien que tu alertes le voisinage ou que tu laisses un chien ou deux me sauter dessus sans me prévenir n'est-ce pas ? Prends garde mon ami tu pourrais bien finir comme ce sale cabot si tu venais à me jouer un mauvais tour.

S'intéressant à la poupée qui reposait près d'eux Asher se pencha et posa ses doigts sur la joue de la jeune femme. Quelle était belle et insouciante ainsi endormie auprès d'eux ! Un long sourire étira les lèvres du bourgeois. Il en était presque certain lui aussi. Elle paraissait pure et précieuse, nul doute, aucun homme n'avait eu la chance encore d'épouser ses formes, de poser ses mains sur son joli visage, d'embrasser ses lèvres pulpeuses, de palper sa poitrine rebondie. Oh non pas encore… Elle était tout à découvrir. Une pierre précieuse. Une perle rare.

- Disons que je lui ai forcé le sommeil… Je lui ferai une belle surprise lorsqu'elle se réveillera… Ahah…

Plongeant ses belles prunelles sur la peau de la jeune femme il n'hésita pas à l'attraper pour la tenir pantelante dans ses bras et caresser son joli visage avec une délicatesse infinie. Cependant à peine s'éait-il pencher vers elle pour admirer la blancheur de sa peau que le clown s'était fait la malle. Il en avait profité pour se carapater. Quel idiot il avait fait de détourner le regard de ce chien ! Se redressant il s'apprêta à partir à sa recherche mais le fou avait disparu. Asher serra les poings rageusement. Il espérait au fond de lui que ce gamin n'irait pas alerter les autorités. Finalement un sourire fleurit sur ses lèvres fines. Nul ne l'écouterait, il semblait juste être bon à interner dans un hôpital psychiatrique.

- A bientôt très cher...A très bientôt…

Sur ces mots il attrapa la belle et la maintint contre lui. Lui déposant sa veste sur les épaules, les deux jeunes gens sortirent du domaine familiale de la jeune fille. Halant un fiacre, il demanda à ce qu'on les mène expressément à un hôtel d'où il pourrait de là, courir prévenir un médecin. La belle s'était évanouie en pleine balade et avait besoin de repos. Faisant mine d'être très inquiet il avait gardé la jeune femme contre son torse. Doucement ses mains se baladèrent. Son corps pure appelait les doigts à le découvrir. Les lèvres légèrement entrouvertes et les yeux fermés, la jeune bourgeoise ne pouvait s'imaginer en rien ce qu'elle allait vivre. Ses beaux cheveux clairs chatouillaient les bras d'Asher. Décidément il estimait que cette femme était une très belle prise. Elle possédait tout ce que les hommes convoitait. Un beauté simple, la grâce des traits de son visage, la pureté.

Sortant du fiacre et remerciant le cocher avec quelques pièces, Asher emmena la bourgeoise dans une chambre du petit hôtel. Un hôtel assez peu fréquenté où nul ne le connaissait. L'allongeant sur le lit il demanda à ce qu'on lui fasse porter une bouteille de vin avant de s'asseoir et d'attendre le réveil de la belle endormie. Faisant tournoyer le liquide rougeâtre dans son verre le démon sourit lorsqu'elle ouvrit les yeux. Le berger n'était plus berger, il était le diable qui venait de cueillir Proserpine. Douce enfant… Pour le reste, la plume ne l'écrira pas, le cauchemar que vécut la jeune femme tâchera à jamais d'une encre noire et sombre sa peau délicate.


[HRP/ Fin du rp avec Asher, suite à venir.../HRP]
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MessageSujet: Re: Pastorale en rêve [Asher, Le Fou] [26/03/42]

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Pastorale en rêve [Asher, Le Fou] [26/03/42]

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