L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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La douce odeur de la misère humaine [Deydreus/Krieg] [13/06/1841]

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Krieg
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Classe sociale : Âme errante. Je n'existe pas aux yeux de votre société, vermine humaine.
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Proie(s) : Tout le monde.
Oui.
Absolument tout le monde.
Résistance mentale : 5/5 de résistance mentale.
MessageSujet: La douce odeur de la misère humaine [Deydreus/Krieg] [13/06/1841] Mar 19 Jan - 12:41

Quelque chose gicla sur son visage en recouvrant partiellement son œil droit d'une mélasse rouge foncée et épaisse comme de la poix. Une douleur insupportable parcourue son corps tandis que l'agresseur se rendait compte de l'échec de l'assassinat. Pendant ce temps, lui, le blessé, se contenta de serrer les dents. Amateur. Ce gosse avait planté son petit couteau avec trop d'empressement. Et maintenant, sa lame incurvée refusait de s'extirper des côtes de sa cible. Ca faisait un mal de chien bien sûr, d'autant qu'il avait frappé six ou sept fois. Mais rien de mortel.
Si on excluait les risques d'infections et d'hémorragies bien sûr.
Krieg attrapa celui qui avait tenté de mettre fin à ses jours par le col.

-Tu viens de faire une monumentale erreur.
L'intéressé lui expédia son front dans le nez, ce qui eut au moins le mérite de le surprendre, encore une fois. Etait-ce le temps qui l'avait rendu si apathique et naïf? Comment avait-il pu croire que ce garçon aux airs de fouines allait tenir sa part du marché en lui apportant véritablement un pistolet à silex? Le gosse n'avait pourtant pas le regard d'un assassin, aussi épais et crasseux pouvait-il être, ce n'était rien d'autre, à première-vue, qu'un misérable gagne-petit.
Le gagne-petit en question s'extirpa de son étreinte et attrapa quelque chose, sous son bras gauche, qui scintilla dans l'œil du lupin. Krieg intercepta la lame, qui avait l'air d'être un couteau de cuisine rouillé, avec le bras et un peu plus de sang gicla sur sa face. Alors qu'un nouveau flot de douleur accaparait ses sens, il eut un éclair de lucidité :
La brutalité du gosse, son regard nerveux. Ses coups répétés et particulièrement bâclés. C'était son premier meurtre qu'il tentait de commettre ici-bas...Sans doute pour gagner en grade dans un gang de crève-la-faim. Bref. Ce qui était important, dans ce constat, c'était le fait suivant : Si c'était effectivement pour le compte d'un gang, le gosse n'était pas seul.
Il y eut un bruit de frottement dans son dos et Krieg se contorsionna pour passer dans le dos du gosse. Le deuxième type, jusqu'alors dans l'ombre, manqua sa cible, et l'autre gémit quelque chose d'inintelligible. Peut-être était-ce un "désolé" ou alors un "crève", au final, ça ne changeait strictement rien. Le lupin avait plusieurs trous dans le torse, un couteau dans les côtes et un autre dans le bras gauche. Le temps d'arrêter les frais semblait être bel et bien arrivé. D'un coup de pied, il repoussa le plus inexpérimenté de ses assaillants et se jeta sur le deuxième, alors même que ce dernier s'apprêtait à s'élancer dans une autre pirouette ridicule sensée prouver sa maitrise dans l'art du meurtre. Krieg esquiva le coup de surin et profita de l'élan de l'agresseur pour expédier ce dernier dans le mur face à lui. Quelque chose craqua et le sourire du loup-garou réapparut sur ses lèvres gercées. Sa main valide se posa sur le crâne rasé du salopard, encore sonné, et l'expédia une deuxième fois contre le mur. Puis une troisième fois. Et une quatrième. Au cinquième, quelque chose qui ressemblait à un morceau d'os perçait le front du pauvre type, qui ne s'exprimait plus qu'en borborygme incompréhensible. Krieg mit fin à ses mouvements épileptiques en retirant la lame dans son bras pour lui ouvrir la gorge. Le sang gicla une nouvelle fois alors que l'autre, le gosse, se jetait sur lui pour le plaquer au sol. Une fois à-terre, le loup expédia son genoux dans les côtes de son opposant en hurlant. Avec le choc, la lame dans ses côtes s'était un peu plus enfoncée. Constatant que le gosse ne voulait pas lâcher prise et, pire, commençait à le rouer de coup de poing, Krieg lui planta la pointe de sa main droite dans la glotte. L'avalanche de coup se stoppa aussitôt et l'assaillit pu reprendre suffisamment de force pour s'extirper de l'étreinte forcée tandis que l'autre cherchait à reprendre son souffle. Dommage, le coup n'avait pas été suffisamment fort pour en devenir mortel. Le loup se passa la langue sur les lèvres et cracha un énorme glaviot ensanglanté à ses pieds, puis frappa du genoux le visage de l'apprenti-meurtrier.

-Ce n'était pas très sport ça, petit. Deux contre un, après une attaque surprise en plus... La douleur le transperça une nouvelle fois alors qu'il marchait jusqu'au corps de sa première victime. Oh bon sang que ça fait mal ! Je dois t'avouer être un peu déçu mais bon, ça ne change pas vraiment mes plans...
Tandis que l'intéressé prenait appui sur un tas de débris en bois, Krieg se baissa pour récupérer nonchalamment le couteau lui ayant, peu de temps avant, entaillé le bras gauche jusqu'à l'os.
-J'avais prévu de te tuer à la fin de cette transaction de toute façon. Je n'ai effectivement rien amené pour te payer. C'est une histoire d'arroseur arrosé en fait, quand on y réfléchit. Et pour les deux camps, en plus de ça. Krieg aurait bien ajouté un petit rire sardonique mais sa cage-thoracique continuait de le lancer comme si elle était sur le point d'exploser. Rien de mortel, hm? Pas sûr après tout. Il stoppa toute activité pendant quelques instants, durant lesquels ses yeux fatigués passèrent en revue les murs humides et couverts d'immondices les entourant.
-Il y a de meilleure tombe que cet endroit, mon garçon.
-Pitié. Finit par gémir l'autre, les genoux tremblants.
Krieg se retourna en soupirant, sans se débarrasser du sourire qui déformait ses lèvres depuis qu'il avait commencé à tuer.
-Regardes-moi dans les yeux, veux-tu? Cracha le loup-garou en s'avançant d'un pas, lame au clair.Plonges ton regard dans le mien, et dis-moi. Ais-je l'air d'être assez faible pour avoir de la pitié?
Il planta le couteau dans la joue du gosse. Puis dans son poumon droit. Sa main gauche, qu'il levait pour tenter de l'arrêter. Sa gorge. Puis son front. Finalement, le vieux tueur abandonna la carcasse aux rats environnants et attrapa la lanterne posée au sol -dont la flamme anorexique éclairait faiblement les alentours- pour finalement s'éloigner du lieu de ce massacre, clopin-clopant.

La progression dans les égouts de Londre était laborieuse, c'était un fait établi, inutile de se le cacher. Son sol glissant, ses rivières de déchets et ses canaux bouchés par la crasse ne rendait pas la traversée très propre, et encore moins facile. En temps normal, Krieg mettait parfois plus de deux heures à sortir des niveaux les plus profonds, dangereuse zone où avait lieu toute sorte de transaction et de crime. En temps normal. Avec une côte fêlée, un mal de crâne monstrueux et plusieurs coups de couteaux dans l'abdomen et dans le dos, le voyage jusqu'à la surface devenait tout simplement insupportable.
Pour ne pas dire impossible.
Ses "petites faiblesses" devinrent handicapantes au bout de dix minutes de marches. Un pique de douleur plus violent que les autre le fit trébucher sur une marche d'escalier au début de la quinzième. Au milieu de la vingtième, il cessait d'essayer de se relever et continuait sa progression en rampant.
Et lorsque le loup-garou décida de cesser de bouger en priant pour que la nuit tombe vite, tout en sachant pertinamment que le soleil n'était levé que depuis quelques heures, des ombres commencèrent à se mouvoir dans l'obscurité. Krieg savait ce que c'était. Des crève-la-faim. Des mendiants. Des gagnes-petits.
Trop faibles pour aller jusqu'aux meurtres. Pas assez pour laisser un blessé reprendre ses forces en paix.

-Je ne suis pas mort. Grogna-t-il alors que quelqu'un lui mettait un coup de pied dans le genou pour vérifier sa vivacité. Le simple son de sa voix suffit à faire reculer le pillard.
Cet instant de paix fut de courte durée. Un enfant d'une dizaine d'années se faufila jusqu'à lui et tenta de lui retirer l'une de ses chaussures. Krieg lui expédia son pied en pleine figure puis serra les dents tandis qu'un nouvel élan de douleur venait lui dévorer le ventre. Le gamin se retira en gémissant, laissant sa place à un autre, plus grand.

-Je vais revenir... Le loup se stoppa pour s'humecter les lèvres. Je vais revenir pour tous vous tuer, vautours que vous êtes.
La forme au-dessus de lui répondit par un ricanement désagréable et Krieg tressauta en ressentant le pique d'adrénaline accompagnant toujours l'envie de meurtre. Il tenta de se redresser, sans succès, puis...
Rien.
L'éclipse.
Le noir complet.
La mort?
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Deydreus Fictilem
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MessageSujet: Re: La douce odeur de la misère humaine [Deydreus/Krieg] [13/06/1841] Ven 22 Jan - 1:22

- Bien, amusant... Du papier, il faut que je note ça au plus vite!

S'écartant de la table d'opération devant lui, Deydreus se pressa vers son bureau personnel. Attrapant une plume qu'il trempa rapidement dans un encrier, le docteur commença à écrire son rapport. Dans le fond de la pièce, éclairé par une lumière vacillante, se trouvait une forme sanguinolente.

- Sujet 343: résultat: l'injection de morphine à dose modérée ne permet pas de calmer suffisamment le sujet test lorsque ce dernier commence à être écorché vivant. CHARLES!

Un bruit sourd suivit de quelques grognements répondirent à Deydreus, avant que ce dernier n'entendent les bruits de pas de son majordome. Charles, affichant toujours son sourire sadique, se voûta en observant son maître comme pour montrer le respect qu'il lui portait.

- Oui monsieur?
- Pars vers le port. Une cargaison attend que tu viennes la récupérer. J'ai besoin de quelques... Ingrédients. Oh et, passe par les égouts, ça sera plus rapide.
- Bien monsieur. Dois-je me débarrasser du sujet 343?
- Naturellement.

*
* *


Ploc.... Ploc... Ploc...

Charles détestait les égouts. Non pas à cause de la racaille qui s'y faufilaient, ni même des rats, mais à cause de l'humidité et de l'odeur. Mais un travail pour les Fictilem était un travail pour les Fictilem. Il ne pouvait s'y dérober après tout, c'était son devoir de majordome.
Les sinueux égouts conduisirent par la suite le serviteur vers les alentours du port. Ce qui aurait dut n'être qu'une simple sortie se changea en petite aventure lorsque Charles entendit plusieurs gagne-petits crier et s'empresser vers une direction opposée. Curieux, le majordome suivit le mouvement de foule jusqu'à apercevoir un corps luttant autant que faire se peut contre les vols des rapaces humains. Approchant sa lanterne du groupe, Charles agita sa canne de manière agressive et parvint avec stupéfaction à chasser les quelques profiteurs étant venus s'enrichir. Trop peureux pour combattre, trop pauvres pour laisser un être sans défense en paix. Arrivant au dessus du blessé, le majordome tendit l'oreille, et étira un large sourire devant les râles de ce qui semblait être une victime de rixe. Analysant de manière rapide les blessures, le majordome estima qu'il s'agissait d'un cas critique. Attrapant le corps maintenant inconscient, il commença à rebrousser chemin vers la demeure de Deydreus, d'un pas cette fois rapide. Le docteur n'aimait pas les surprises et encore moins les étrangers mais... La phrase qu'avait lâché cet inconnu, et son visage... Charles ne pouvait s'empêcher de penser qu'il plairait à son maître, et dans le pire des cas, il servirait de repas à la prochaine pleine lune.


*
* *


Deydreus venait de nettoyer ses derniers outils lorsque la porte de la salle de test s'ouvra de manière brusque. Haletant, Charles se trouvait devant le docteur, un inconnu couvert de sang dans les bras. S'apprêtant à hurler sur son serviteur, les yeux du médecin tiquèrent, quelque chose n'était pas normal chez ce type, ou bien il attisait seulement la curiosité médicale qui brûlait en lui. D'un geste vif de la main, il intima Charles de placer le corps inanimé sur la table, remettant son masque et stérilisant de nouveau ses outils. Une fois cela fait, le docteur déchira les loques qui servaient de vêtements à l'inconnu, et entama son analyse.

- Multiples blessures à l'arme blanche, plusieurs hémorragies. Sûrement un poumon perforé, quelques contusions dues aux rapaces qui ont dut vouloir lui prendre ses biens. Je suis étonné qu'il soit encore debout Charles, cet étonnement me permet de passer l'éponge sur le fait que tu ne m'ais pas ramener ma commande. Passe moi de la morphine, prépare les aiguilles et stérilise ce qui doit être stérilisé, je vais entamer mon art.

Attrapant un scalpel, le médecin commença alors à découper les chairs infectées par les égouts et attrapa divers produits pour désinfecter les blessures de son nouveau patient. Quelques heures passèrent ainsi, mêlant transfusions expérimentales et médecine d'urgence. Prenant état de l'inconnu, Deydreus estima son oeuvre achevé et fit déplacer le corps jusqu'à l'une des chambres d'invité.
Deux jours s'écoulèrent, le docteur alternant surveillance du patient et travail à l’hôpital. A l'aube du troisième, l'état de l'inconnu changea.
Assis dans un fauteuil, devant le lit du patient et dos à un feu de bois, Deydreus attendait sagement, alors que son patient reprenait peu à peu connaissance. Toujours porteur de son masque, le médecin étira un large sourire en dessous de ce dernier, observant quelques tentatives de mouvements douloureux.


- Je resterais calme à votre place monsieur. Je crains que votre corps n'ait pas encore récupéré totalement de ses précédentes agressions. Je vous ai soigné et veillé durant ces deux derniers jours, alors faites moi le plaisir de ne pas gâcher mon travail, et le temps que je vous ai consacré, à rouvrir vos plaies. Vous pouvez néanmoins vous asseoir le temps que vos réflexes ne reviennent peut à peu, et vous présenter. Qui êtes vous?

S'appuyant sur sa canne épée, le sourire du docteur s'étira un peu plus sur son visage en se focalisant sur la face si particulière de celui qu'il avait sauvé, quelque chose au fond de lui faisait resurgir l'impression qu'une grande chose se préparait, et que l'homme qui se tenait les côtes en grimaçant allait jouer un rôle capital. Et puis, si son intuition n'était pas bonne et que l'homme s'avérait être une crapule, Charles était juste à côté, près à intervenir, et mourir pour le docteur fou.

HRP: Sorry bro, un post assez moyen niveau déroulement qui se la fait un peu à la "on a pas le temps", mais je suis fatigué! x_x
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Krieg
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MessageSujet: Re: La douce odeur de la misère humaine [Deydreus/Krieg] [13/06/1841] Jeu 28 Jan - 17:53

La première chose que Krieg fit, lorsque sa conscience revint, fut de sourire. Pas parce qu'il était heureux d'être encore en vie ou d'avoir moins mal, non. Juste par pur réflexe. Le rictus lui était venu naturellement, alors même que son corps engourdi et son esprit embrumé tentaient de se concerter pour faire le point sur la situation.
Et quelle foutue situation.
Le matelas du lit une place sur lequel on l'avait placé lui faisait mal au dos. La lumière au-dessus de lui était trop vive. Et sa peau s'irritait au contact des innombrables couches de bandages recouvrant ses plaies les plus récentes. Agacé, il risqua quelques mouvements maladroits dans le but de se placer en position assise, et remarqua, par la même occasion, qu'on l'avait placé dans une salle froide, loin d'être aussi avenante qu'une chambre d'hôpital basique. La lumière, pas aussi vive que le loup ne l'avait cru, de prime abord, provenait d'une simple lanterne accrochée au plafond, semblable à celle qu'il avait ramassé dans les égouts avant son...Trou noir? Les souvenirs du massacre fusèrent à l'intérieur de son crâne, agrandissant par la même occasion son sourire, déjà fortement présent.
Ce ne fut que lorsque le loup s'habitua totalement à la luminosité ambiante que ses sens embrumés remarquèrent les deux personnes l'observant.

- Je resterais calme à votre place monsieur."Le simple fait qu'un illustre inconnu lui conseille de garder son calme manqua de le faire éclater de rire. "Je crains que votre corps n'ait pas encore récupéré totalement de ses précédentes agr...
Il n'écouta pas vraiment la suite. Trop troublé par les premières paroles de l'individu au masque aviaire. Oui, effectivement. Son corps n'avait pas encore récupéré. C'était bien ça le problème. Jadis, aucun carreaux, aucune flèches, n'arrivait à marquer son corps plus de quelques heures...Et maintenant? En deux jours, ça n'avait qu'à peine cicatrisé. Pourquoi, comment? Le vieux loup se redressa un peu plus, et pivota sur lui-même, dans le but d'être assit au bord du lit, face au drôle d'oiseau. Il pouvait bouger les jambes, et sentait le froid sol sous ses pieds. Bien, un bon point. Mauvais point : Sa douleur au torse était toujours présente. Très mauvais point : On lui avait mit un fichu pantalon de lin. Vraiment trop...Brun.
Soudain, une surprise : Son bras gauche ne portait plus aucune marque d'agression, sans doute ces dernières avaient-elles disparues avant même son arrivée ici-bas. Ses capacités de régénérations étaient donc toujours là... Évidement, le gosse l'avait poignardé avec un meilleur couteau aux autres endroits. Un couteau bien plus brillant. Et maintenant, sa brillance trouvait une justification : De l'argent, sa lame était faite d'argent. Saleté de crève-la-faim.

-Qui êtes-vous?
Krieg ne se fatigua pas à demander a l'auteur des précédentes paroles pourquoi ce dernier lui parlait à travers un masque, avec, dans son dos, un type vouté aux airs de rapaces prêt à fondre sur sa proie. Lui, en l'occurrence. Il se contenta de l'observer un moment, la tête légèrement penchée sur le coté, en essayant de mettre la main sur la sensation familière que la vue de ce duo lui causait.
"-Je m'appelle...Krieg. Finit-il par dire. Ça suffira pour l'instant. Ce n'était pas une question, ni une injonction irrespectueuse. Il énonçait simplement un fait. Cette appellation suffisait toujours. Je t'en dois une, l'oiseau. Je ne l'oublierais pas. Où sont mes affaires?
En fait, il s'inquiétait surtout de savoir si on avait découvert la lame de scie de quinze centimètre dissimulée dans la doublure de sa veste du moment. Inquiétude qui disparue bien vite, lorsque son esprit se remémora comment il s'était débarrassé du vêtement imbibé de sang avant de finalement céder à l'inconscience. Maintenant, la scie et son enveloppe de tissu baignait au milieu d'autres détritus, tout au fond d'un canal bouché. Le type, derrière son sauveur, prit la parole pour l'informer qu'on s'était débarrassé de ses frusques, de toute façon bien trop endommagées pour être portée. Krieg haussa les épaules, fort peu touché par cette perte. Ça faisait toujours des preuves de moins. En imaginant que quelqu'un ait la bêtise d'enquêter sur la mort de deux imbéciles au fond d'un égout.
-Je suis mercenaire. Ceux qui m'ont infligés ça ne l'ont absolument pas fait dans un but défensif, si ça peux vous rassurer. Inutile d'appeler les forces de l'ordre...Attendez, non. Il soupira face à sa propre crédulité. En fait, vous ne comptiez pas le faire, de toute façon. Je n'ai pas de menotte et vous m'avez gardé deux jours. Ce qui veux dire que la criminalité ne vous inquiète pas. J'aurais pu tomber plus mal. Bref. Je me suis présenté, je me suis expliqué. Mais vous et l'épouvantail dans votre dos restez terriblement silencieux, quelle est la suite du programme? Combien de temps comptez-vous me garder? Avez-vous besoin des services d'un mercenaire?
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Deydreus Fictilem
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MessageSujet: Re: La douce odeur de la misère humaine [Deydreus/Krieg] [13/06/1841] Lun 1 Fév - 19:36

HRP: il y aura dans mon post un passage audio à ne pas manquer pour mieux s'immerger dans l'histoire de mon personnage, c'est un petit cadeau pour ceux qui liront ce rp! Smile


Un large sourire s'étirait sous le masque du docteur. Son patient, était pour le moment à la hauteur de la curiosité qu'il avait suscité chez lui. Il était plus qu'évident que ce type était louche, et qu'il tentait sans nul doute à magouiller quelque chose dans les égouts. Cependant, ce n'était pas le trait de caractère ou bien le but de la vie de son patient qui intriguait le porte-peste, non, il s'agissait de la facilité avec laquelle celui qui se tenait assis sur le lit avait récupéré.

- J'ai manqué à tous mes devoirs je l'avoue. Vous venez à peine de vous réveiller que déjà je vous donne des ordres, même si ceux-ci sont dans votre intérêt. Je me nomme Deydreus, et derrière moi se trouve Charles, mon majordome et maître de maison. Peut-être que mon nom évoque quelque chose pour vous, peut-être pas. A vrai dire, cela n'est pas très intéressant. En revanche, et pour répondre à votre question, je ne compte pas vous "garder" ici plus que de raison. Vous n'êtes pas un chien pris en cage, plus un invité surprise.

Il marqua une courte pause, claquant des doigts tout en tournant la tête légèrement afin d'observer son majordome courir chercher divers vêtements pour les déposer sur la table de chevet de Krieg.

- Voici de quoi vous habillez de manière plus adéquate. J'ai tenté de trouver quelques frusques rappelant au mieux votre précédente tenue mais je crains que mes vêtements ne correspondent pas totalement à vos goûts. Donc, de fait, la suite du programme sera la suivante: vous allez vous habillez et reprendre pleine possession de votre corps. Je pense qu'à l'heure qu'il est les multiples anesthésiants que je vous ai administré ne font plus effet. Je dois vous avouer avoir été surpris, vos blessures ont guéris à une vitesse bien curieuse, et vous n'aviez que peu de chances de survivre sans quelques soins majeurs. Enfin, je m'égare. Une fois que vous serez prêts, déscendez vers la salle à manger, un repas vous y attendra. Vous êtes libres de découvrir ma bibliothèque si cela vous plaît.

Ricanant légèrement, le corbeau se mit debout et commença à se diriger vers la sortie de la pièce, boitant et s'appuyant sur sa canne-épée.

- Oh, et, si vous vous demandez pourquoi je vous fais confiance, il n'en est rien. Un virus vous a été administré. Je suis seul détenteur de l'antidote vous permettant de survivre, et je vous remettrais ce dernier uniquement lorsque j'estimerais que votre état sera assez correct pour crapahuter de nouveau dans les égouts de cette capitale.

Un rire rauque s'échappa de la gorge de Charles, qui avançait derrière son maître tel un vautour.

- Je plaisante naturellement, l'argent me permet seulement de racheter tous les biens présents dans cette maison, et peu de choses ont de valeurs à proprement parler pour moi donc si l'envie vous en prends, fauchez donc un ou deux chandeliers. Même si je doute que vous êtes dans ce genre là, surtout que je pourrais avoir utilité d'un homme tel que vous.

Quittant la pièce en silence, le docteur marcha doucement le long du couloir qui menait la chambre de Krieg aux escaliers. S'arrêtant sur la plus haute marche, le médecin observa son majordome.

- Je pense que notre hôte ne sera pas une gêne Charles, laisse le se balader où bon lui semblera. Je vais voir le sujet numéro 344, tu m'as dit qu'elle venait de se réveiller?
- Oui monsieur. Je l'ai attachée comme vous me l'avez ordonné. Mais pour monsieur Krieg, vous êtes sûrs de vouloir le laisser aussi libre? Il pourrait descendre et vous surprendre  dans vos recherches.
- J'attends précisément qu'il le fasse Charles. C'est justement pour ça que j'aurais peut-être besoin de lui. Si mon intuition est bonne, nous allons pouvoir travailler de manière bien plus intéressante. Maintenant va préparer le souper, il doit avoir une faim de loup.
- Bien, maître.


*

*  *



L'humidité perlait contre les murs du laboratoire de recherche, alors que le docteur s'avançait doucement en boitant vers la silhouette qui se dandinait, entravée par divers liens contre une table d'opération. Amusé par la scène, Deydreus laissa un sourire naître sous son visage alors qu'il levait sa main droite, comme pour rassurer sa future victime, et qu'il tenait une scie à os en main gauche.



le fichier audio écrit pour ceux qui veulent pas écouter:
 


*

*  *


- Hmppf.. Il est vraiment désagréable d'utiliser cette scie à os... Je devrais aller voir mon boucher pour lui demander un matériel plus adapté, à croire que les médecins sont moins bien équipés que les commerçants... Triste époque que nous vivons...

S'éloignant de la demoiselle qui agonisait, le docteur déposa le bras coupé contre une petite table, et attrapa de quoi cautériser le moignon de sa victime et commença à suturer la plaie, stoppant l'hémorragie.  Sa proie avait maintenant perdue connaissance, et le médecin pouvait ainsi travailler en paix, sans sanglot en arrière fond. Se tournant donc vers le bras amputé une fois certain que la demoiselle n'allait pas succomber à ce qu'elle venait de subir, Deydreus s'étira pour attraper une sorte de tiroir, duquel il tira plusieurs flacons aux liquides colorés. Fredonnant doucement, le docteur ouvrit le premier flacon et à l'aide d'une tige en bois, appliqua le contenue de ce dernier sur une partie du bras humain. Observant les effets que cela procurait à la chaire humaine, le porte-peste attrapa une feuille de papier qu'il s'empressa de gribouiller afin d'y placer ses notes. Posant par la suite son papier, le médecin fou reprit un second flacon et recommença son expérience sur une partie de bras qui n'avait pas été atteinte par le test précédent.

Il ne restait plus grand chose lorsque le docteur se stoppa net, humant l'air comme s'il avait remarqué quelque chose, donnant une étrange image d'un corbeau au corps humain cherchant sa proie. Un large sourire s'étira alors sous le bec de Deydreus.


- Je vois que vous avez finalement trouvé mon laboratoire, et pile au moment où la demoiselle commençait à devenir semi-consciente. Vous voyez, j'ai toujours été fasciné par les épidémies et les maladies en tout genre. Je me considère médecin, mais avant tout épidémiologiste. Seulement, je vois un sens bien différent de mes confrères dans ce domaine. Ils se limitent à de la chaire morte pour leur test quand je pratique sur les vivants. Ils se posent des barrières morales qui n'ont pour moi plus lieu d'être et surtout, surtout...

Attrapant un doigt de la main encore rattachée au corps de sa patiente, le docteur plaça une pince métallique en opposition avant d'appuyer sur le mécanisme, sectionnant le doigt. Deydreus s'empressa ensuite de placer le doigt à l'aide d'une autre pince en bois contre les flammes du four crématoire, faisant cuir la chaire humaine presque instantanément. Enlevant son masque dans la foulée, le porte-peste plaça la chaire humaine près de sa bouche et en arracha un bout, la mastiquant avant d'avaler et d'étirer un large sourire sanglant, fixant de ses yeux vairons celui qu'il avait sauvé deux jours plus tôt.

- Ils ne connaissent pas le goût raffiné de la chaire humaine...
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Krieg
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MessageSujet: Re: La douce odeur de la misère humaine [Deydreus/Krieg] [13/06/1841] Lun 7 Mar - 17:36

Une fine couche de poussière s'éleva dans les airs tandis que sa main effleurait le cristal décoratif d'un chandelier éteint. Habitué à ce genre de réaction, le loup se retint simplement de respirer jusqu'à ce que les particules retombent pour éviter de subir une crise d'éternuement surprise qui ne manquerait pas d'éveiller l'attention des habitants de la grande baraque.
Son "sauveur" l'avait laissé l'heure d'avant, suivit de près par son assistant louche, ils avaient quittés la salle en claquant la porte, laissant derrière-eux un Krieg endoloris et profondément dubitatif. Le temps que ses muscles et son esprit se remettent parfaitement en marche, le vieux loup avait pu relever tout ce qui n'allait pas, dans cette maison aux airs de manoirs. Déjà : Les propos de l'oiseau. Ce type, Deydreus. Il avait autant l'air d'un docteur que lui d'un enfant de chœur. Bien sûr, ses compétences en matière de médecines étaient réelles, la propreté de ses multiples plaies en témoignait. Mais...En bon salopard, Krieg savait reconnaître ses semblables. Ce doc' était malsain, louche, presqu'autant, en tout cas, que son majordome courbé. D'ailleurs, en temps normal, aucun de ces lèches-bottes présomptueux n'allaient trainer dans les égouts sans avoir, auparavant, rédigé une lettre d'adieu. Mais lui...Lui, il y était allé. L'avait trouvé...Ramené. Sans problème.
Le loup se palpa le sternum d'une main critique en évitant soigneusement les portions bandés. Certes, sa maigreur avait dû facilité le transport, mais quand même. Transporter un poids mort hors de l'un des coins les plus malfamés de Londres, ce n'était pas une mince affaire. Hm. Ce costume de pingouin devait cacher de gros muscles.
Le chandelier ne vacilla même pas lorsque sa main droite se referma sur un premier cristal. Krieg grinça des dents en constatant que le bougre était bien fixé. Son soupir d'insatisfaction manqua de lui arracher une quinte de toux, et la chaise en bois usée sur laquelle il se tenait grinça de manière inquiétante durant une longue minute. Un énième vertige eut raison de la volonté du loup et ce dernier rejoignit le plancher des vaches en traçant une croix sur ses projets de rapines. Inutile de se précipiter après tout, ses hôtes, aussi louches soient-ils, restaient accueillants.
Un grincement de porte le fit sursauter, alors même que ses pieds touchaient de nouveau le sol, et le loup fit volte-face pour tomber nez à nez avec...Charles. Les mains dans le dos, légèrement vouté, mais toujours la même expression étrange ancrée sur le visage. Hm, ils savaient y faire ici, avec les mimiques louches. Ca lui rappelait ses jeunes années.
-Souhaitez-vous quelque chose pour vous requinquer? Un fruit, peut-être?
Krieg ricana :
-Non merci.
Le majordome hocha la tête et retourna vaquer à ses occupations...Qu'importe soient-elles. Bien sûr, le vieux loup se doutait que cette visite impromptue avait pour unique but de vérifier si sa personne se tenait effectivement tranquille, mais bon...On ne pouvait pas vraiment lui en vouloir d'être suspicieux.
D'autant qu'il avait pensé à voler un cristal décoratif la minute d'avant. Ainsi que quelques couverts...Et ces trucs brillants, là, dans la vitrine de la salle d'à coté. Ca devait bien valoir quelque chose.
Krieg bailla, longuement, puis se traina sans grand intérêt jusqu'à une nouvelle porte. C'était la sixième qu'il croisait à vrai dire. La première l'avait menée dans un couloir, qui l'avait mené dans une autre grande salle aussi froide que vide, menant elle-même à des escaliers nettement moins glissants que ceux des égouts -chose relativement positive-. Cette baraque n'était clairement pas une petite résidence d'été. Franchissant la nouvelle porte, le vagabond se dirigea jusqu'à une fenêtre rectangulaire donnant sur l'extérieur du manoir. Bien sûr, la beauté des environs ne l'intéressait pas. Non. Ce qui éveillait son attention, c'était les rideaux. Sombres, chers. Très chers. Avec réticence, il passa son index le long du tissu pour en apprécier la texture alors qu'au même moment, une petite pensée traversait son esprit :
A quoi pouvait bien ressembler cet endroit, une fois plongé dans les flammes?
Ce simple songe suffit à lui remonter le moral, qui était au plus bas depuis la fin impromptue de sa conversation avec le propriétaire des lieux. Foutue manière d'ailleurs, pour un bourgeois. Depuis quand laissait-on son hôte s'ennuyer tout seul chez soi, parmi les gens de la haute? C'en était presque vexant, franchement. Et qu'est-ce que c'était que cette impression bizarre qu'il ressentait à chaque fois que ce majordome discutait avec lui bon sang?! S'étaient-ils déjà croisés? Quand? Où?
Les yeux du loups-garous s'écarquillèrent soudainement alors que ses souvenirs lui fournissaient enfin la signification de tout ceci.
Et son sourire s'agrandit un peu plus.

Le sous-sol du manoir ne ressemblait pas exactement à ce qu'on pouvait imaginer en voyant une si riche propriété. Déjà : Il n'y avait pas la moindre trace d'une quelconque réserve de vin stockée au frais. Ensuite : L'absence de poussière au sol laissait deviner qu'on y passait relativement souvent, un fait rapidement confirmé par la faible lueur émanant des bougies allumées un peu partout dans les escaliers menant jusqu'ici. Et par la présence du maître des lieux, à quelques pas de là, visiblement occupé à charcuter une patiente de manière terriblement peu professionnelle.
Dommage qu'elle ait été inconsciente durant cette dernière opération.
Profitant simplement du spectacle qu'offrait l'inopinée boucherie, Krieg se tint debout, silencieux, à l'entrée de cette surprenante salle, un petit sourire appréciateur ancré sur ses lèvres sèches. Le discours que le docteur cracha, peu de temps après, eut l'agréable politesse de confirmer ses premières impressions. Et de combler ses attentes, accessoirement.
Un psychotique riche, instruit, et sans doute relativement influent. Ca pouvait faire un allié de choix. Oui, un très bon allié. Le tout, c'était de partir sur de bonnes bases.
-Il y a...Quelques temps.Entama le vieux loup, impassible, tandis que le docteur grignotait ce doigt qui ne lui appartenait pas. Je voyageais avec une amie, versée dans les arts de la médecine, comme toi, l'oiseau. Retroussant les manches de la chemise qu'on lui avait gracieusement offerte, Krieg s'avança jusqu'à la manchote allongée sur la table. La pauvrette ne put s'empêcher de gémir en constatant qu'une nouvelle silhouette se dressait au-dessus d'elle, mais le tueur se contenta de lui caresser le front d'un air absent. Nous étions en France, tu connais la France, l'oiseau? Je plaisante, bien sûr que tu la connais. Je reconnais ton accent. Bref, avec mon amie, nous avons visité une bonne dizaine de villages perdus dans la campagne, peuplé de ploucs arriérés, craintifs et superstitieux. Si le ton du tueur était resté, jusque là, songeur et presque sympathique, celui-ci reprit son timbre cassant à partir de ce moment-là. Nous échangions nos talents contre des provisions, lorsque le besoin s'en faisait sentir. Mon amie était une bonne conteuse, et moi un...Un discret rire parcouru sa carcasse mal-nourrie alors que ses mains, pausées contre la peau de la jeune femme, venaient effleurées le récent bandage recouvrant le moignon de cette dernière....Très bon chasseur. Alors, ce n'était pas très compliqué d'arnaquer le fruit de plusieurs générations de malsaine consanguinité. Pour le corps d'un chien errant supposément "tueur" nous repartions avec de quoi manger pour une bonne semaine. Une vie facile, bien qu'un peu lassante.
La manchote émit un son pitoyable, presqu'inhumain tant il était faible, lorsque Krieg baissa la tête dans sa direction pour lui dévoiler toute la beauté de son visage. Et de ses dents.
-Un soir, un couple de ploucs est venu me voir, en larme, pour me demander de tuer ce qui était, à leurs yeux, un ours. Il avait réduit leurs deux chiens et leur fils de sept ans en pièce la nuit d'avant, de manière si cruelle et barbare que la pauvre mère n'avait pu récupérer qu'un petit chausson ensanglanté à pleurer et enterrer. "C'est la providence qui vous a amené ici pour le venger" gueulaient-ils, ces imbéciles. Amusés et intrigués, nous avons acceptés...Oh. Krieg ricana et examina la demoiselle, qui reprenait, hélas, peu à peu ses esprits. Une fois certain d'avoir attiré toute son attention, il lui adressa la parole, d'une voix joyeuse entachée d'une parodie d'amour paternel."Je vois une petite larme dans ton œil ma chérie, huhuhu." Puis sa voix reprit son timbre habituel."Ne te retiens pas, j'aime ma viande salée."
Et sa main gauche se referma sur celle encore valide de la jeune femme, qui trembla de douleur alors que la chair de son doigt coupé entrait en contact avec celle de ce nouveau tortionnaire au rictus terrifiant.
-Nous n'avons pas mis longtemps à retrouver "l'ours". Pas plus d'une nuit en fait. Je l'ai repéré, dans les fourrés, peu après minuit. Ce qui l'a fait fuir. Je ne comprend pas cela...Peut-être que notre apparence du moment, l'a intimidé. C'est possible. Toujours est-il qu'à l'aube, nous l'avons retrouvés...Et coincés. Tu sais ce que c'était, l'oiseau?
Court silence.
-C'était lui. Le gosse. Terré au fin fond d'une caverne, au milieu des entrailles d'une biche, les mains ancrées dans le torse de la pauvre bête, pas encore tout à fait morte. Elle gueulait presqu'autant que toi, petite. Bien que le son qui émanait de ses poumons restaient bien entendu infiniment plus gracieux que tes gémissements de truies impuissantes. Mais ce n'était pas la façon de faire de ce gamin qui m'intriguait le plus. C'était...Je ne saurais l'expliquer...C'est plus profond qu'une simple odeur. L'aura? Oui, l'aura. C'était ça, qu'il dégageait. Que je sentais à travers lui. Une aura paradoxale, aussi étrangère que familière. Une aura que je connaissais déjà, car ma compagne dégageait la même, tout comme moi, semble-t-il. Ou comme toi, l'oiseau.
Relâchant sa prise et abandonnant la gémissante patiente, Krieg s'avança d'un pas vers le docteur en léchant sa propre main désormais couverte du sang d'une mortelle.
-Tu es jeune, alors tu ne l'as peut-être pas encore perçu. Ça viendra. C'est l'aura des fils de la lune, la chose dont je te parle. Celle des hybrides maudits. Mi-homme, mi-bête. C'est l'aura des forts qui dévorent les faibles. Nouveau silence, durant lequel le loup ricana en tapant amicalement l'épaule du docteur. Quelle joie de rencontrer d'autres représentants de ma race ici-bas ! Je commençais à me sentir seul, au milieu de la vermine humaine.
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Deydreus Fictilem
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MessageSujet: Re: La douce odeur de la misère humaine [Deydreus/Krieg] [13/06/1841] Dim 3 Avr - 14:24

Un large sourire s'étendait à présent sur le visage pâle du docteur. Oui, il n'y avait pas eu de hasard. Charles n'avait pas abandonné sa tâche pour un simple mendiant, non, il avait fait venir un être inattendu à Deydreus.

- Quelle charmante histoire, vraiment.

Se levant doucement de son siège, le docteur enfila de nouveau son masque, s'étant au préalable lécher les lèvres pour y essuyer le sang qui s'y trouvait.

- Vous me dîtes avoir connu une personne pratiquant la médecine? Juste comme ça... Connaissait-elle l'art des maladies? Voyez-vous, je m'avère être un brillant médecin, mais... Un toxicologue? Je suis dans ce domaine là un génie, si l'on peut dire.

Attrapant une fiole contenant un liquide vert, Deydreus y enleva le bouchon de liège qui scellait le conteneur. Une petite fumée verdâtre s'échappa doucement tandis que le porte-peste s'approchait de sa patiente, visiblement en état de choc.

- Ce flacon, contient à lui seul un mélange d'environ cinq maladies toutes plus mortelles les unes que les autres. A vrai dire, c'est le fruit d'une expérience m'ayant coûté plusieurs patients. Vous parliez de "vermine humaine" n'est-ce pas? A vrai dire, je ne considère pas l'humanité comme quelque chose de fondamentalement minable. Non, je vois ces créatures comme des parfaits sujets d'expérience. Après tout, nous provenons nous même de cette espèce, bien que nous avons eu la chance, par le passé, de croiser le facteur ayant causé notre évolution. Quoiqu'il en soit, notre génome n'est pas très éloigné du leur, et bien que la plupart des maladies ne semblent pas nous affecter, leurs corps sont quand à eux extrêmement sensibles à bien des choses, mais également très résistant. N'est-ce pas là l'occasion parfaite de renforcer ma connaissance dans ce domaine précis? Je cherche à créer une maladie parfaite, un virus capable de terrasser l'humanité aussi rapidement et brutalement que possible. Je ne veux pas que les Hommes aient la moindre chance. Mais si je désire cela, ce n'est non pas car je suis animé d'une haine quelconque à leur égard... Non... Si je veux détruire toute trace de l'humanité telle quelle est aujourd'hui, c'est dans le seul but de nous faire évoluer. Les corps changeront, deviendront plus forts, peut-être même que ce qui nous a changé s'accordera une évolution et facilitera notre reproduction? En éliminant le maillon faible qui peuple ce monde, nous le rendrons plus fort. Et nous réaliserons cela, non pas en agissant d'une manière violente... Mais uniquement en lâchant une goutte du plus violent des poisons, et en regardant l'humanité se consumer elle même par sa propre stupidité.

Avançant doucement vers sa patiente, Deydreus souleva le flacon et s'arrêta au dessus de la poitrine de la demoiselle, qu'il mit à nue auparavant. Le sujet d'expérience du docteur était pourtant une femme à la peau douce, sa poitrine était encore parfaite et non marquée par le temps ou les luxures humaines. C'était un sujet idéal.

- Navré de devoir vous l'annoncer, ma chère, mais je crains que nous arrivions déjà à notre dernier entretien. Promettez moi que votre corps réagira comme il se doit.

Sans attendre de réponse, le docteur versa l'intégralité de la fiole sur la poitrine de sa victime. Un cri aiguë s'échappa de la gorge de cette dernière, tandis qu'une dizaine de pustules apparaissaient soudainement sur son corps, que du sang s'échappait de plusieurs de ses orifices, et que la nécrose gagnait sa poitrine. Il ne fallut que quelques secondes pour que le produit ne vienne à bout de la vie de la demoiselle. Un corps rongé par la maladie et distordu se trouvait maintenant sur le lit d'opération. Ricanant doucement, le docteur se tourna sans prêter la moindre attention à son hôte et griffonna quelques notes sur son journal. Amusé, il se redressa par la suite avant de finalement reporter son regard vers Krieg.

- Satisfaisant, vraiment. Je peux cependant encore faire mieux, le corps n'est pas mort assez vite... Je vais vous dire une chose, compagnon de la lune, savez-vous pourquoi je porte ce masque? A l'origine, les médecins de peste les portaient pour éloigner les potentiels brigands en les intimidants, et pour se protéger de la maladie. Ces derniers étaient emplis de plusieurs fleurs à l'odeur exquise, afin d'éviter de respirer l'odeur nauséabonde de la peste et des corps brûlant sur les nombreux bûchers funestes. Pour ma part, il s'agit d'un simple hommage que je rends à ses hommes qui se jetaient au cœur de la maladie, même si la plupart d'entre eux n'étaient pas de vrais médecins, et aussi pour m'éviter de respirer l'odeur de Londres. Mon odorat ne le supporterait pas. D'ailleurs, sachez que votre odeur attirait en effet mon attention, et je l'ai maintenant mémorisé, cela pourra être utile, lors d'une prochaine lune.

Commençant à marcher doucement à travers la salle, Deydreus fit signe à son invité de le suivre, pleinement conscient que son attitude louche ne dérangeait pas le moins du monde la personne qui avait révélé son plus grand secret. Montant les marches pour finalement arriver dans la salle à manger, Deydreus invita son hôte à s'asseoir, sortant plusieurs bourses qu'il déposa sur la table devant Krieg.

- Comme je vous le disais plutôt, je peux avoir utilité d'un mercenaire tel que vous. Vous êtes bien mercenaire de ce que j'ai compris? Bien. Charles, mon majordome, devait initialement récupérer quelques objets fraîchement ramenés de France pour moi. Il s'agit majoritairement d'outils lambdas, mais l'une des caisses, qu'il devait récupérer avant de vous trouver, contenait la pierre angulaire de ma prochaine expérience. Jusqu'à présent, j'ai toujours pratiqué sur des patients uniques, ou dans de rares occasions sur de jeunes couples égarés. Jamais cependant, je n'ai eu la chance de pratiquer sur une rue entière, ou sur un quartier habité. C'est justement ce pourquoi je pourrais avoir besoin de vous. Je veux voir à quelle vitesse une peste légèrement modifiée par mes soins peut se répandre dans un petit quartier et tuer les habitants qui l'habitent. De plus, vous qui semblez considérer l'humanité comme une simple vermine, cela permettrait également d'augmenter les rangs des enfants de la lune, vous ne pensez pas?

Ricanant doucement, le porte-peste s'installa sur la chaise opposée à celle de Krieg. Croisant les doigts alors qu'il posait ses mains gantelées sur la table, un sourire s'étira encore plus sur ses lèvres masquées.

- Nous nous reproduisons grâce aux morsures que nous infligeons. Par ce fait, il est plus qu'évident qu'un composant dans notre salive provoque les mutations qui font de nous ce que nous sommes. Que pensez-vous qu'il peut arriver, si par un heureux hasard, les eaux utilisées par les humains d'une ruelle se trouvaient soudainement mélangées à une salive d'enfant de lune? Pour ma part, je serais vraiment curieux de voir ce que cela donnerait. Et plutôt que devoir attendre une pleine lune pour observer les résultats, je peux modifier ma peste pour qu'elle ne touche que les non loups garous. Ceux qui survivraient au matin, seraient nos nouveaux compagnons miséricordieux. Je suis certain que l'expérience pourrait être intéressante.

Observant Charles qui apportait une bouteille de vin français et en servait un verre à Krieg, le docteur enchaîna.

- Devenons associés, mon cher Krieg. Vous l'avez vous-même dit, cette ville possède bien trop peu de nos semblables. Changeons cela. Vous, par vos méthodes, et moi par mes expériences diverses. Le travail que je vous propose est plutôt simple. Demain, lorsque le soleil sera levé, allez récupérer la caisse qui m'est due. C'est un pilleur de tombes nommé Leborgne qui en est le propriétaire. Naturellement, ce dernier doit considérer la caisse comme sienne à présent, comme cela fait plusieurs jours que Charles a manqué le rendez-vous. Utilisez les moyens que vous considérerez comme meilleurs pour ramener la caisse ici. L'argent que je vous offre à présent est un premier paiement, je l'espère d'une grande lignée. Utilisez cette monnaie comme bon vous semble, achetez-vous des armes, des filles de joies ou de l'alcool, je n'en ai cure. Soyez simplement demain soir à ma demeure avec la caisse. Oh et... Leborgne vit dans un petit cabanon installé dans les quais, près de l'entrée des égouts. Une occasion rêvée pour vous de retrouver ce que vous auriez potentiellement caché là bas, et de réaliser votre tâche, si vous l'acceptez, naturellement.

Ricanant longuement derrière son masque, Deydreus fixa Charles, puis Krieg.

- Alors, partenaires?
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Krieg
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Oui.
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MessageSujet: Re: La douce odeur de la misère humaine [Deydreus/Krieg] [13/06/1841] Sam 9 Avr - 23:44

Krieg frappa sans prévenir. Son poing s'écrasa contre le front de son interlocuteur dans un craquement particulièrement désagréable qui expédia le porteur du visage ainsi martyrisé deux mètres en arrière. A moitié sonné, le pauvret atterrit sur les cages à crabes qu'il entretenait avant l'arrivée du vieux loup et se lacéra cruellement le bras droit sur le coin de l'une d'entre elles. Les dents serrés et le regard haineux, il tenta par la suite de pitoyablement faire volte-face et d'arrêter le prochain coup de son agresseur. Sans succès. Sa mâchoire inférieure se décala de quelques centimètres sur la gauche lorsque la buche que Krieg utilisait comme arme toucha sa cible, qui s'écrasa au sol sans afficher le moindre désir de résistance. Bien.
Le mercenaire jeta derrière-lui sa masse improvisée pour attraper le piquet à crabe qu'on avait laissé contre les cages. Ceci fait, il se pencha sur sa victime, repliée sur elle-même dans une parodie de position fœtale.
-Je repose la question. Tu sais où il est?
-Hmmm...
Des gémissements? Mauvais signe. Le dernier coup s'était peut-être révélé un peu trop violent pour un humain aussi famélique. Son regard amusé scruta le moins que rien à ses pieds tandis que ses lèvres se retroussaient un peu plus dans un rictus peu appréciable par le commun des mortels. Ce pauvre gars s'appelait William. Un nom purement Anglais, pour ce que le vieux loup en savait, terriblement banal en tout cas. Mais ce n'était pas ça, qui dérangeait. Le fait problématique venait de la zone où il l'avait trouvé. Devant la maison de Leborgne, faces aux cages à crabes. Pourtant, il ne s'appelait pas Leborgne...Et malgré la calme insistance de Krieg, ce sale petit parasite s'était obstiné en crachant d'aberrantes stupidités toutes plus abracadabrantes les unes que les autres. La phrase "Je lui ai acheté la baraque et puis c'est tout" avait finalement réussi à venir à bout de la patience du mercenaire. Le coup était venu juste après. Après tout, les êtres de ce genre ne comprenaient pas grand chose d'autres que la violence.
Visiblement peu avare en agissement ridicules, William entreprit de ramper dans la boue à la vitesse d'une tortue paraplégique pour s'éloigner le plus possible de cet agresseur soudain. Krieg le suivit tranquillement, en jonglant avec le piquet récemment acquis. Le "fuyard" parvenait à se salir remarquablement bien, c'était un fait. Les ruines qui lui servaient de vêtements étaient, de bases, encore plus immondes à regarder que la plupart des éléments de la garde-robe de son bourreau, un fait suffisamment rare pour être souligné. Mais ce n'était pas très étonnant, vu sa façon de faire dans la boue. On ne voyait même plus son visage, dans toute cette bouillasse, par l'enfer ! Il se noyait à moitié, à force de se plonger la face là-dedans pour creuser un début de sillon pour le reste de son corps.
Krieg n'avait pas mit longtemps à placer cet imbécile dans la catégorie des gagnes-petits de secondes zones sans la moindre dignité. Il en était la définition même. Corps mal-nourris -encore plus que le sien-, mauvais menteur, mauvais parleur et mauvais bagarreur malgré sa tendance à s'énerver terriblement rapidement. Encore une petite teigne de suiveur sans doute au service d'une demi-douzaine de teigne plus haut placée que lui. Ou pire encore : un honnête travailleur.
-J'avoue, ça m'amuse beaucoup de voir une larve de ton genre se suicider en s'enfonçant dans la boue de cette manière...Cependant...
Krieg réprima son dégoût et attrapa par la nuque ladite larve pour amener sa face couverte de boue face à la sienne.
-Je t'ai posé une question.
L'autre lui postillonna quelque chose au visage en tentant de répondre et reçut en échange une petite claque.
-Fils de chienne, qu'est-ce que tu lui veux?!
-Ma question d'abord.
-Je ne...
Krieg leva les yeux au ciel puis approcha le piquet toujours dans sa main libre de l'oeil de William.
-Parles, ou je vais te faire hurler si fort que même ta mère pourra t'entendre, qu'elle soit à l'autre bout du monde ou sous la terre.
-Il est chez Maëve ! Eloigne ce truc nom de dieu !
-Dieu n'a rien à voir là-dedans. Qui est Maëve?
-Son amante, son amante ! Eloignes ce truc de mon œil par pitié.
Krieg lâcha la nuque du gamin, qui s'écroula une nouvelle fois à ses pieds.
-J'ai bien peur que tu doives me guider jusqu'à elle, mon petit gars.
L'intéressé se redressa, avec une certaine difficulté, pour s'asseoir dans la boue.
-J'ai le choix?
Le mercenaire ricana et rangea le piquet dans la doublure de la veste de cuir durci qu'on lui avait gracieusement fournie.
-Bien sûr, tu peux servir de nourritures pour les pauvres crustacés que tu ennuyais avant mon arrivée où tu peux me guider jusqu'à Maëve.
-T'es vraiment un fils de chienne.
Nouveaux ricanements, plus fatigués cette fois. Le mercenaire s'étira.
-Et donc, il t'a posté ici pour que tu le préviennes si jamais quelqu'un venait le chercher?
-Ouai. Je pouvais lui prendre deux crabes si jamais...
-Vous êtes vraiment stupides par ici.
-Hein?
-Ca ne t'es pas venue à l'idée que si il désirait une sentinelle postée devant sa baraque pourrie, c'était parce que quelqu'un pourrait, potentiellement, lui en vouloir d'une quelconque manière?
-Bah...
Krieg leva les yeux au ciel. Au fil des siècles, la petite criminalité n'avait pas changé.
-Allez va te débarbouiller. Avec ta face dégoulinante de boue, tu ressembles à un Golem sur le déclin.

††††††

Krieg avait souvent eut des propositions d'emplois aussi satisfaisantes qu'inattendues...Mais celle-ci restait tout de même la plus importante de ce siècle-là. Un autre lupin, d'origine bourgeoise, lui proposant une association dans le but de causer la mort de dizaines d'innocents et de, potentiellement, transformer certains d'entre eux en monstre assoiffé de sang ? A ce stade, ce n'était même plus une offre séduisante.
Une association... Pas une simple relation d'employeurs/employés, non. Un partenariat. C'est ce que l'oiseau prétendait vouloir. C'était si rare, ce genre de proposition, dans le milieu du mercenariat...Et tellement satisfaisant. Le souvenir fugace d'une autre "association" du même genre traversa son esprit. Il se revit serrer la main du Comte Basta, en riant, tandis que ses hommes brûlaient les pseudos-rebelles sur un énorme bucher en bois mouillé. Ah, la Transylvanie. Que de doux souvenirs.
La main que lui tendait Deydreus le ramena à la réalité et, après avoir ricané longuement, le mercenaire serra vivement cette dernière.
-Ouai. Partenaires.

††††††

Le taudis dans lequel vivait Leborgne, cette bicoque délabrée et encerclée par des dizaines de cages de crabes, n'était, au final, pas si pitoyable, si on la comparait à la demeure de sa fiancée...Ou a sa fiancée elle-même. Maëve était une catin, bien entendu. Les crèves-la-faim de tout temps se sont toujours reproduit entre eux après tout. Et comme toutes les catins de faible renommée, elle vivait dans un ramassis d'ordure presqu'aussi usés que ses dents et ses jambes lorsque son "employeur" ne pouvait pas la loger dans un bordel glauque. Sa maison n'était rien d'autre qu'un cabanon en bois pourri, posé au milieu d'une dizaine de tentes et d'abris de fortunes où d'autres crèves-la-faim faisaient ce qu'ils savaient faire de mieux : Se plaindre sans se rebeller. Aussi pitoyable était-il, le refuge de Maëve semblait être le plus richement aménagé des environs. Principalement parce qu'il disposait de fenêtres et même d'une lourde porte en bois empêchant les courants d'airs de s'engouffrer en son sein.
Krieg avait changé cet état de fait dès son arrivée. Cette porte n'était pas conçue pour résister à une demi-douzaine de coups de hachette, aussi rouillée soit-elle.
Sur le chemin, William n'avait presque pas parlé à son nouveau "chef", principalement par crainte d'en apprendre d'avantage à son sujet. La lueur, ou plutôt, l'absence de lueur, dans le regard de ce type, le terrifiait tout bonnement. Et, maintenant, alors qu'il attendait à l'extérieur, sans trop savoir quoi faire, en percevant, avec beaucoup trop de justesse, les bruits de luttes provenant de l'intérieur des murs, il commençait à se dire sérieusement que tout ceci risquait d'aller vraiment, vraiment trop loin.
Krieg confirma ses doutes l'instant d'après, en faisant passer à travers la fenêtre ce massif Leborgne.
Son corps roula sur quelques mètres, parmi les feuilles mortes et la terre fraichement retournée du "jardin" vierge situé devant la baraque. Ses tremblements, trop souvent accompagné de gémissement, témoignait de son intense terreur et aussi, sans doute, de la douleur que lui causait les morceaux de verres plantés dans son visage. Pour William, qui connaissait ce vieux bandit depuis l'âge de huit ans, c'était un spectacle aussi troublant que satisfaisant. Leborgne l'avait souvent employé, mais aussi, surtout, souvent cogné. Il n'allait pas pleurer en voyant que quelqu'un lui rendait enfin la monnaie de sa pièce.
Qu'importe le fait que ce quelqu'un porte un sourire annonçant la mort.
Krieg sortit de la baraque calmement, en réprimant un ricanement. Dans sa main gauche, il y avait quelque chose qui ressemblait à une sacoche surmontée d'une longue touffe de poil. Un sac de chasse peut-être? Qu'importe.
Leborgne, de son coté, gémit pitoyablement :
-Mais puisque je vous dis que je veux bien vous le donner ! Qu'est-ce que vous voulez à la fin, par l'enfer !
L'intéressé pencha la tête sur le coté et repoussa du bras le gros type torse nu qui venait de s'interposer entre lui et sa proie.
-Je ne suis pas sûr que l'aider lui soit le plus urgent. Cracha Krieg, en fixant d'un regard amusé le héros de pacotille. Qui s'occupe d'elle pendant ce temps-là?
-On ne veux pas ce genre de chose par ici. Répondit courageusement l'autre.
Le loup haussa un sourcil et laissa son étrange sacoche tomber à ses pieds.
-Oh, parce qu'en plus vous avez des exigences, par ici? Amusant. Comment tu t'appelles?
-Giscard. Recules maintenant.
-Bien, Giscard. Je suis d'humeur joyeuse, alors je vais te laisser une chance. Ecartes-toi.
-Non.
C'est à ce moment là que William comprit enfin pourquoi ce type étrange lui faisait tant peur. Le dénommé Giscard était un grand et gros gars, d'une centaine de kilos, facile. C'était aussi, sans doute, l'être le plus vindicatif et courageux des environs, derrière lequel le reste de la populace du pitoyable refuge se dissimulait lorsque les choses tournaient mal. Ce n'était pas vraiment difficile à comprendre, William l'avait comprit après tout. L'autre aussi.
Alors Krieg le tua de la manière la plus violente et douloureuse possible, devant tout les autres, sans que personne n'intervienne. Il le tua avec sa propre serpette, celle qui pendait à sa ceinture de lin. Juste pour prouver sa supériorité sur les autres habitants terrifiés de ce coin "amusant". Le tueur frappa tout d'abord au visage, à l'aide du pommeau de son arme improvisée. Trois fois. C'était tout ce qu'il fallait pour briser le nez et l'arcade sourcilière, recouvrir une grande partie de son visage de raisiné, puis finalement le mettre au sol. Ensuite, à l'aide de la pointe usée de la serpette, Krieg lui ouvrit le ventre en riant aux éclats, plongea la main dans ses entrailles, et en retira une ribambelle de morceaux de viandes méconnaissables, entortillés autour de ses doigts trempés de sang.
Pour finir, le mercenaire lui fit littéralement "bouffer ses tripes".
Giscard était mort depuis deux minutes déjà lorsque son assassin cessa enfin de martyriser son cadavre. Satisfait de son oeuvre, il se redressa, se passa la langue sur les dents et scruta l'assistance terrifiée. William, qui s'était mit à régurgiter son maigre repas de midi lors du début du massacre, respira un grand coup avant d'en faire autant. Ses yeux exorbités discernèrent sans grand mal les faciès affligés des jeunes comme des vieux, qui n'arrivaient pas à éloigner le regard des ruines sanglantes de leur défunt voisin. Il y eut un silence pesant, puis deux femmes ressortirent en sanglotant de la baraque de Maëve. Une paire de jeunes hommes s'avancèrent, l'un armé d'un pied de chaise, l'autre d'une fourche. Krieg s'avança aussi en les défiant du regard, sans pour autant cesser de sourire.
Alors ils baissèrent leurs armes. Et l'assassin poussa la provocation jusqu'à aller gratter leurs tignasses graisseuses d'un air faussement amical.
-Bon choix.
Ceci dit, et après avoir récupéré son sac plein de fourrure, le souriant tueur alla réveiller Leborgne, d'un coup de pied dans les côtes.
-M...Mais enf...
Krieg l'attrapa par la nuque, de la même manière qu'il l'avait fait avec celui qui l'avait guidé jusqu'ici.
-Oui, oui, "qu'est-ce que je veux"... Tu me l'as déjà demandé. Je sais bien que tu veux coopérer. A ta place, c'est ce que ferais aussi. Mais...Ecoutes, le problème, c'est qu'avant de venir jusqu'à toi. Je l'ai trouvé ton paquet, dans ta bicoque pourris. C'est ce petit gars qui m'a fait entrer.
Le petit gars en question se sentit soudain très lâche. Mais aussi très fier. De sa vie, William ne s'était jamais senti aussi important. Ce qui en disait long sur sa triste existence.
-Donc tu ne me sers vraiment à rien. Mais...Je sais pas, je crois que j'ai juste envie de tuer, aujourd'hui, tu comprends?
L'intéressé secoua vivement la tête en tremblant un peu plus. Krieg ricana et sa maigre carcasse fut parcourue pendant une longue minute par d'affreux toussotements censés évoquer l'amusement. Une fois remit de son hilarité, le tueur soupira, se gratta l'arrière du crâne, puis posa le sac plein de fourrure devant sa victime.
-C'est pourtant simple, regarde.
Leborgne s'exécuta. En hurlant. De rage, de peur, de tristesse, d'incompréhension. William s'approcha pour tenter de comprendre puis... regretta aussitôt. Ce n'était pas un sac ni une sacoche pleine de fourrure. C'était le visage de Maëve, découpé à la va-vite, et rattaché à son scalp.
Ensuite, quelque chose craqua. La nuque de Leborgne. Qui mourut sans attendre. Krieg se désintéressa aussitôt du corps qui glissait à ses pieds pour se tourner vers son guide.
Qui recula en commençant à claquer des dents.
L'assassin lui intima l'ordre de s'arrêter d'un regard, s'approcha d'un pas, puis porta la main dans l'une des poches intérieure de sa veste.
-Tiens, toute peine mérite salaire. Dit-il en lui tendant une petite bourse. Ca te dis de travailler pour moi, de temps en temps? J'ai besoin de petits fouineurs dans ton genre.
Le concerné essuya la sueur qui coulait dans ses yeux d'un revers de main et attrapa la bourse fébrilement.
-Je...
L'autre le coupa.
-Je ne tue pas les employés obéissants.
-Ouai.
-Ça te tente?
-Ouai ouai !
Krieg lui tapa sur l'épaule en pouffant puis fit volte-face en direction de l'attroupement d'autochtones qui les scrutaient avec un mélange de peur et d'envie dans les yeux. La troupe avait triplé en taille dès que la bourse avait fait son entrée. Bien, intéressant.
-Tant que j'y suis, j'ai aussi un petit travail pour les moins lâches de ce coin, ça tente quelqu'un?
-Dis toujours. Cracha un balafré, en retirant une croute de son oreille.
-Toi, tu me tutoies, c'est bien, c'est important, j'aime ça. Fit l'inattendu recruteur en s'approchant du concerné. Lorsqu'ils furent suffisamment proche, Krieg le fixa. Et l'autre baissa les yeux. Alors il sourit et chuchota.
-T'as déjà tué quelqu'un?
-Ouai.
-Vraiment?
-Ouai.
Un type sur sa droite les fixaient en souriant à moitié. Un jeune. Chauve, ou presque. Une unique et longue mèche de cheveux brunes tombait sur la gauche de son visage, dans le but de cacher, sans grand succès, les immondes traces de brûlures parcourant ce coté-ci.
-Il n'a jamais tué, pas vrai?
-Pas une fois. C'est qu'un petit voleur.
L'autre face à lui réprima un tremblement mais Krieg l'ignora, son attention désormais entièrement accaparée par le jeune à la face brûlée. C'était l'un des deux gosses qui l'avait menacé, celui avec le pied de chaise. On faisait toujours de surprenantes rencontres dans ce genre de coin paumés.
-Et toi? Avec ta face de champ de bataille, t'as déjà tué quelqu'un?
-Jamais.
Ils échangèrent un regard entendu. Oui, et pas qu'une fois.
-Bien.
Il arracha la gorge du balafré d'un coup de dents et retint le corps de ce dernier dans ses bras jusqu'à ce qu'il cesse de bouger pour de bon. Sans quitter des yeux le jeune au visage brulé. Le gamin ne détourna pas le regard. Alors Krieg porta la main à sa poche intérieure et posa une plus grosse bourse que la première sur le corps encore chaud du menteur. Puis se tourna vers William.
-Pars sans te retourner maintenant. Et oublies ce que tu as vu.
-Compris.
Son guide partit, le mercenaire s'étira.
-Combien vous êtes ici?
-Vingt-six. Répondit un type, au deuxième "rang".
-Vingt-trois. Corrigea le jeune brûlé.
-Et vous voulez vraiment diviser la somme contenue là-dedans par 23?
Échanges de regards atterrés. Chuchotement. On s'écarte des inconnus, on se rapproche des autres. Le brulé rigole et attrape quelque chose dans sa manche. Pour des vauriens, ils comprennent relativement vite. Certains commencent même à le contourner pour mieux observer la potentielle récompense. Evidemment, c'est tentant. A vingt-trois contre un. Mais personne ne veux être le premier à porter le coup, pas après ce qu'il a fait a Giscard, ça non. D'autant que certains ont l'air d'être plutôt séduit par l'idée de travailler pour lui. Krieg rit, longuement, puis lève les mains au ciel, bien haut, comme si une soudaine révélation divine venait accaparer toute son attention. Trop tentant. Ses mains sont vides de toutes armes, ça se voit depuis là. Un grand type lui fonce dans le dos, en courant, une masse dans les mains.
Le brulé se met en travers de son chemin pour lui ouvrir la gorge.
Les hurlements qui suivirent ne parvinrent pas à totalement couvrir les rires du vieux loup.

††††††

-Charles, sans vouloir te commander, il pleut, là, dehors. Soupira Krieg, devant la porte d'entrée du manoir de Deydreus, en tentant de faire abstraction au déluge provenant des nuages au-dessus de lui. Dans ses bras se trouvait une caisse en bois, de facture relativement faible, au contenu supposément couteux. C'était un vrai nid à écharde et le mercenaire avait déjà dû en retirer six de ses mains endoloris depuis qu'il avait acquit cette saleté. Mais la situation restait excitante, donc ces petits désagréments pouvaient être oubliés.
A condition que Charles ouvre avant que la pluie ne le noie.
Le bruit significatif d'un verrou que l'on ouvre arracha au vieux loup un autre soupire, de satisfaction cette fois. S'ensuivit le cliquètement d'une clé entrant dans une serrure, puis, finalement, la porte accepta de s'ouvrir. Krieg se glissa à l'intérieur avant même que le majordome l'invite à entrer.
-Foutu temps. Pesta-t-il en posant la caisse sur le sol froid.
-Certes. Ne bougez pas, je vais prévenir le maître.
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Deydreus Fictilem
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MessageSujet: Re: La douce odeur de la misère humaine [Deydreus/Krieg] [13/06/1841] Mar 26 Avr - 22:57

Las, le docteur marchait d'un pas rapide mais boiteux dans l'hôpital. Un autre patient réclamait son attention. S'appuyant sur sa canne, Deydreus observait ceux qu'il croisait sur sa route, ricanant intérieurement quand à l'idée du nombre de personnes le portant sans doute en estime et plus encore en imaginant tout ces êtres qui le voyaient comme un homme bon.
Passant un énième couloir, le porte-peste parvint finalement jusqu'à la chambre qui était l'objet de son attention. Entrant dans la pièce, Deydreus ne s'étonna pas de remarquer les murs blancs, les meubles austères qui s'y trouvaient et surtout la personne attendant silencieusement sur son siège. Un homme, assez vieux, lisait un livre dont la couverture rappelait vaguement les dorures du château de Versailles. Entendant la porte s'ouvrir, le vieillard porta son attention vers l'intrus.


- Je vois que tu possèdes toujours ta démarche et ta fascination pour les corbeaux, Deydreus.

Ricanant doucement, le médecin s'avança puis referma la porte derrière lui, pour finalement s'approcher de la table la plus proche et y déposer son masque de corbeau.

- Et je remarque que vous lisez encore ce vieux récit parlant de vampires... Vous auriez dû me prévenir de votre arrivée en ville. Je suis habitué à traiter avec des personnalités moins importantes.

Un rire rauque suivit d'un toussotement se dégagea de la gorge du vieil homme qui porta son attention vers le français.

- Je ne suis pas important pour un sou. Je ne suis qu'un noble venu de France. Sauf que contrairement à toi, je n'ai pour renommer que mon nom et ma fille. Quoiqu'il en soit, je ne suis pas dans cette chambre pour parler de rang. Je tremble de nouveau Deydreus. Mais ce qui n'était qu'une petite gêne par le passé devient de plus en plus fréquent, même sans pratiquer la moindre activité physique.
- Je ne pense pas être dans la mesure de vous soigner pour des tremble...
- Je ne te demandes pas de me soigner de ma vieillesse. C'est pour ma toux et ma difficulté à respirer que je suis venu. Te parler de mes tremblements n'étaient que pour te faire comprendre que je vieillis, et qu'il me faut préparer ma succession.
- Vous n'êtes pas encore mourant allons. Je vais vous soigner votre toux assez rapidement.
- Oh, je n'en doute pas, tu es assez doué pour les maladies. Mais en ce qui concerne les femmes...
- Vous allez encore me parler de votre fille?
- Vous étiez promis l'un à l'autre, et je suis certain que votre vie commune n'aurait pas été dérangeante, vu votre amour commun pour la chasse et...
- Et je te rappelle, cher père, que je veux être seule maîtresse de ma vie.


Deydreus étira un large sourire. Il n'avait même pas besoin de regarder la porte pour savoir qui venait d'entrer. Cette voix cristalline et cette odeur si charmante... Azeria Vulpes... La jeune femme possédait une chevelure d'argent, un trait commun à toute sa famille, et des yeux gris-blanc magnifiques. Sa peau était d'une couleur porcelaine, et ses traits fins pouvaient facilement charmer n'importe qui. Seulement, là où une femme de statut aisé aurait porté moult robes, la demoiselle se contentait généralement de tenue de cuirs pratiques mais brodées aux fils d'or blanc. Cela pouvait donner un air assez masculin à Azeria, bien que ses formes rappellent rapidement sa nature féminine. Deydreus la connaissait depuis qu'il avait étudié à Paris. Son mentor lui avait présenté son père, un nouveau riche ayant lancé le commerce et la production de nombreux livres et jouant souvent les mécènes pour bien des artistes. La famille Vulpes avait toujours été très versé dans la religion, et Deydreus fit d'ailleurs la connaissance de la demoiselle lorsque son père les présenta, après une messe ordonnée par un "ami" commun. Elle était tout l'opposé de son paternel. Il était traditions et famille, elle était idées nouvelles et solitaire. Quoiqu'il en soit, le corbeau devait avoué la trouver charmante, bien qu'il ne se soit jamais mit en tête de développer quoique ce soit avec elle. Premièrement car fonder une famille n'était pas dans son idée, et ensuite car la femme était bien trop... Dangereuse.




- Te voila toi! *cough cough* Où étais-tu donc passée? A laisser ainsi ton vieux père.
- Chasser, je l'ai dit plus tôt. Je viens à peine de revenir.
- Et qu'y a t-il de beau à chasser à Londres hum?
- Oh, je suis certain que votre fille chassait le rat. Les rues n'en manque pas. Quoique, le gibier est sûrement un peu trop grand pour elle.
- Dixit le corbeau, incapable de marcher correctement.

Un rire rauque coupa la réponse du médecin, le vieil homme toussota de plus belle avant de réprimander les deux adultes en face de lui.

- Quand je vous disais que vous auriez dû vous marier... Vous vous chamaillez comme un vieux couple. N'oublie pas cependant Azeria, notre famille a besoin d'un enfant. Et tu ne seras pas jeune toute ta vie. Regarde moi. * cough cough*


*
*   *

Ils marchaient côte à côte. A vrai dire, d'un point de vue externe ils devaient ressembler à un couple étrange. Un corbeau et un harfang. Un rapace, et une chasseuse. La pluie tombait à grosses gouttes sur la ville anglaise, et les deux français marchait silencieusement, se préoccupant assez peu de leur état humide. De toute manière, avec sa tenue Deydreus ne craignait pas trop la pluie, son masque et son manteau le couvrant entièrement tandis qu'Azeria laissait quand à elle l'eau la mouiller entièrement, seulement protégée par son chapeau de cuir et son manteau long.
Passant une énième rue, le duo s'arrêta sous un lampadaire.

- C'est ici que je te laisse, Corbeau.
- Nous nous verrons plus tard Azeria. Bonne chasse à toi.  Tu devrais te méfier cependant, les vampires d'ici sont un peu plus robustes que ceux que tu combattais en France.
- Je le sais, mais c'est aussi peut-être ici que se trouve celui qui a tué mère.
- Ce n'est plus une question de vengeance à ce stade n'est-ce pas? Tu as pris goût à la chasse, je ne reconnais que trop bien cette envie de sang.
- Venant d'un loup-garou je trouve cela amusant.
- Fais juste en sorte que l'odeur du sang ne recouvre pas la tienne, le reste ne m'importe pas.
- Entendu Corbeau. On se revoit bientôt.
- Ton père n'est pas dupe Azeria, et il s'inquiète.
- Est-ce le seul?
- Je ne te transmets que mon ressenti. Finis dans la tamise si le cœur t'en dit.
- Tu n'es vraiment pas doué pour les relations humaines Deydreus.

Un sourire fatigué s'étira sur le visage du médecin, alors qu'il tournait le dos à la demoiselle aux cheveux d'argent pour entamer le chemin du retour. Maintenant que les mondanités s'étaient achevées, il fallait se concentrer sur un projet bien plus important, la collaboration avec Krieg. A l'heure qu'il était, Leborgne n'était sûrement plus.


*
*  *

Deydreus relisait pour la cinquième fois ses notes sur ses dernières expériences lorsque Charles vint lui signaler l'arrivée de Krieg avec la caisse. Les choses devenaient excitantes, et le plan commençait à se mettre en marche. Suivant son domestique jusqu'au salon où attendait son partenaire ( dans une posture relativement "détendue", aux vues de la façon avachie dont il se tenait ), Deydreus observa la caisse qui se trouvait sur la table.
S'y approchant, un large sourire barra son visage quelques instants, avant que le porte-peste en claque des doigts et que Charles se décide enfin à ouvrir le conteneur. Se débarrassant de la paille qui recouvrait les premiers objets, Charles dévoila premièrement, des grands crus français, du vin de qualité. Un rire amusé brisa le silence de la pièce lorsque le médecin observa la réaction de son collègue. Attrapant les bouteilles et les déposant à côté de la caisse, Deydreus porta son attention sur Krieg alors que Charles extirpait une autre bouteille de vin.

- Cela nous permettra d'acheter les personnalités importantes du quartier où nous exercerons nos tests. De plus, le vin est bon moyen de transmettre somnifères et autres anesthésiants. Mais je n'ai pas fait demandé à récupérer ça que pour le vin non... Ce que j'aime avec notre belle ville de Londres, c'est l'engouement de la noblesse pour le superstitieux, et le mysticisme... Et ses pilleurs de tombes...

Charles sortit alors différents bocaux contenant chacun différents organes ou morceaux de corps, humains à n'en point douter.

- Chacun de ces bocaux possède un organe contaminé par diverses maladies. Je compte y ajouter quelques formes de pestes, et réduire par la suite en poudre ses fameux viscères. Une fois cela fait, nous pourrons entamer un jeu amusant. Quoi de mieux, une fois les "importants" du quartier acheté, que de réaliser un banquet? Naturellement, les différentes maisons bourgeoises voudront  y étaler leurs richesses, et faire venir les plus beaux gâteaux et autres nourritures affriolantes. Il serait vraiment malvenu que tous ces mets contiennent les maladies les plus pernicieuses n'est-ce pas? Les pauvres n'auront pas accès aux vins, et récupéreront les miettes des riches. Ils seront contaminés également, et nous pourront au préalable sélectionner, grâce au vin et à différents points d'eau, qui sera sujets de tests, et qui périra.

Attrapant le dernier bocal sorti du conteneur, le médecin y observa l'inscription dessus. " oreilles pleines de pustules, patient atteint de Variole. " Parfait, une maladie se transmettant rapidement et sensible à la mutation, Deydreus allait pouvoir se mettre au travail très vite.


- La nuit tombe collègue. Je vous propose de chasser cette nuit, qu'en dites vous? Il faudra sûrement quelques heures pour que les différentes épidémies mutent et deviennent plus létales. Charles pourra les surveiller mais... Je suis curieux de vous voir vous battre. Il y a plusieurs chasseurs éparses dans les différents quartiers cibles, que diriez-vous d'en surprendre quelques uns? Ou bien, juste de chasser le gibier, ou des pauvres? Non, vraiment, c'est comme vous le désirez. Demain, nous commencerons notre expérience.
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Krieg
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MessageSujet: Re: La douce odeur de la misère humaine [Deydreus/Krieg] [13/06/1841] Mer 4 Mai - 15:43

Deydreus n'était pas un type du genre à perdre son temps, Krieg s'en était douté dès leur première rencontre, et les dires que le doc' venait de cracher ne faisait que confirmer ses pensées. Les jeunes loups sont toujours comme ça. Ils pensent au futur proche. Se précipitent, prennent des risques inconsidérés. Pour peu que la condition d'anomalie surnaturelle leur plaisent, ils commencent à se croire invincible alors qu'ils n'ont même pas encore dépassé le premier siècle d'existence. C'est pour ça que Krieg trouve les louveteaux amusants. En temps normal. Lorsque ces derniers ne lui proposent pas, d'un coup, comme ça, d'aller chasser ceux qui les chassent...En plein milieu de Londre.
La dernière déclaration du docteur, concernant ses envies de traques, avait au moins eu le mérite d'être originale. Pour le récompenser, le vieux loup, les sourcils haussés de manière exagérée, s'était mit en tête de dévisager son hôte, à travers le masque que ce dernier portait, durant une longue minute, en silence.
Ceci fait Krieg s'accorda le droit de ricaner :
-On ne vit pas longtemps en ayant des désirs de traques comme les tiens, l'oiseau. Les Hunters n'attendent que ça tu sais? Qu'on se jette sur eux, tout crocs dehors. Surtout dans une ville aussi clinquante. C'est de la vermine. Mais de la vermine tenace, opportuniste. En tuer un, c'est en attirer cinq autres, mieux équipés, et tous excités par l'opportunité de tuer un chasseur de chasseur.
Charles lui attribua un regard étrange chargé d'une émotion que le vieux loup ne connaissait que trop bien. Du mépris. Est-ce que ce petit chiot était vraiment en train de le prendre pour un lâche, ou ses yeux lui jouaient des tours? Qu'importe. S'offusquer face au jugement d'un pitoyable larbin, à jamais dominé par son maître, ne lui semblait pas une option très censée.
-J'ai une idée. Une bonne idée, l'oiseau. Charles, trouves à ton maître de quoi ressembler à un...Roturier. Et grimes toi aussi, tiens. Je veux vous montrer quelque chose, laissez-moi juste le temps d'organiser tout ça. Je viendrais vous chercher au coucher du soleil, demain.

††††††

William était confus. Une sensation légitime, au vu de ce qui s'était passé ces derniers jours. Tellement confus, qu'il avait, quelques heures auparavant, laisser un type au visage brûlé et aux airs de prédateurs entrer chez lui, pour boire un verre. Alors qu'ils ne se connaissaient même pas.
-Je veux juste discuter. Avait-il craché.
Bien, discuter. C'était une bonne chose ça. Une discussion censée, c'était ce dont William avait rêvé, ces deux derniers jours. Juste une discussion. Pas d'hurlements, de brutalité, de meurtre. Juste...Une discussion. Pas avec l'interlocuteur le plus avenant qui soit, certes, mais bon, après tout, lui-même ne devait pas ressembler à grand chose, avec son gros pansement sur la tête et son cou enflé. Après être entré, l'estropié ne s'était pas assit tout de suite, malgré l'invitation de William. Non, au contraire. Il avait détaillé d'un oeil méfiant l'intégralité de la salle, en tournant en rond, rapidement, comme un chien de chasse en cage, puis avait poussé du pied la porte grinçante de la chambre.
-Tiens, deux paillasses. Tu vis pas seul, dans ce trou à rat?
-Non, il y a ma soeur. Mais elle n'est pas là, en ce moment...
William s'était aussitôt mordu la lèvre en fermant les yeux.
-C'est bon à savoir. Moi c'est Slick. Tu me reconnais?
-Heu...
-J'ai tué pour ton boss, hier. Trois types.
-Ah. Tu sais...C'est pas vraiment mon boss.
La mention de ce simple état de fait avait profondément troublé Slick. Il l'avait fixé durant une longue minute, de son unique oeil fonctionnel, en tripotant nerveusement son unique et longue mèche de cheveux, censée masquer les ravages qu'avait subi la partie gauche de son visage.
-Enfin je veux dire...
-Tu veux dire que tu cracherais son nom, sa planque, sa famille, sous la torture?
-Non je...
L'estropié avait sorti quelque chose de brillant de la manche droite de sa veste pour ensuite s'approcher, d'un pas.
-Je déteste les menteurs petit. Bien sûr que tu cracherais l'emplacement de sa planque, et avant même qu'on commence à t'arracher un ongle, en plus. Mais tu ne la connais pas. Tiens.
Slick lui avait tendu la chose brillante qu'il tenait. Un surin, évidemment. La texture et l'apparence de sa poignée évoquait l'ivoire, en plus rugueux.
-C'est une omoplate. Celle du type que ton boss à tué en premier, en arrivant. Ce soir, je veux que tu le prennes avec toi. T'entends?
-Oui oui...
-Vers six heures, un type va passer devant ta baraque. Il aura un gant rouge à la main droite et un bandage gris à la gauche, suis-le. De pas trop près, mais de pas trop loin non plus.
William avait haussé un sourcil, pas sûr de visualiser clairement la distance désirée.
-Je...
-J'ai pas fini. Une fois que vous serez arrivé, tu devras sortir ton surin. 'faut qu'il soit bien en vu, d'accord?
-Mais...
-Si ils le voient, ils vont te bander les yeux et t'amener là où on veux.
Ca avait l'air affreusement compliqué comme fonctionnement. Pourquoi ne pas directement lui bander les yeux ?
-Et si ils le voient pas?
Slick avait sourit -d'une manière terriblement désagréable- bu son verre de mauvais vin, puis celui de son hôte, avant de disparaître en laissant la porte ouverte. William s'était levé machinalement pour la refermer et éviter les courants d'airs. Ceci fait, le jeune homme était retourné s'asseoir en tremblant, pour fixer le plafond rongé par la vermine de sa vieille baraque. Le soir venu, il suivit, comme convenu, un type avec un gant rouge et un bandage gris.

††††††

Nuit ou jour, il faisait toujours noir dans ce coin de forêt. C'était pour ça que Krieg aimait y traîner, seul. Cet endroit lui rappelait ses jeunes années d'errances, à l'époque où le don de la lune ne coulait pas encore dans ses veines. L'obscurité ravivait les souvenirs de ses premiers méfaits, de ses premiers combats, de ses premières bandes. De ses premiers meurtres.
Alva, jeune imbécile désireux de prendre sa place parmi les corbeaux. Son visage couvert de sang, de larmes et de morves hoquète sans relâche tandis que sa propre lame lui déchiquète lentement les entrailles.
Franck, le vieux moine pédophile qui, non content d'avoir trouver refuge parmi les bandits sous sa férule, tente de violer une des leurs. Krieg s'en occupe personnellement. Le vieux pervers met deux jours à arrêter d'hurler et quatre à mourir.
Kharn. Cette pourriture de Kharn, un ami fidèle, un frère de la première heure. Presque coupé en deux par une Zweilhander aussi grande que lui. Dans les bras de son frère d'arme, il implore qu'on l'achève, tandis que son torse ouvert continue de se vider à chaque douloureuse respiration. Krieg ne pleure pas, ne dis rien. Il met fin aux souffrance de celui qui l'accompagne depuis cinq ans en lui cassant la nuque, puis se tourne vers la carcasse assommée du Lansquenet responsable de tout ça.
Francesca, l'amour caché d'Alva, qui partage sa couche pendant une semaine, puis tente de lui trancher la gorge durant son sommeil. Il la baise une dernière fois avant de lui planter le couteau de son amant dans l'œil gauche et de la regarder se tortiller en poussant de pitoyable borborygme. Elle arrête vite de bouger et il change de tente sans prendre la peine de prévenir les autres.
Krieg sourit tristement en levant les yeux vers le plafond de branches de pins de la forêt. A l'époque, quand son esprit parvenait à rester concentré suffisamment longtemps pour reconstituer ces souvenirs, un flot de sentiments contradictoire venait aussitôt secouer sa carcasse. Maintenant, le vieux loup ne ressentait rien d'autres qu'une vague mélancolie, surtout dû au fait qu'il ait oublié quel type de sentiment le troublaient au moment des faits. Devait-il froncé les sourcils ou rire, en repensant à la mort de ce vieux Kharn? Le pluri-centenaire n'en était plus vraiment sûr.
Deydreus et Charles attendaient, derrière-lui, assit sur un tronc d'arbre, que les réjouissances commencent...Sans trop savoir en quoi consistaient vraiment ces dernières. Ils avaient l'air nettement moins prestigieux, affublés de guenilles de roturiers, mais c'était nécessaire. Krieg ne pouvait décemment pas présenter un bourgeois à la meute de malfrat actuellement face à eux.
De ceux qu'il avait "auditionné" le jour d'avant, seul cinq vivaient encore. Le gamin au visage brûlé en faisait parti, évidemment. Un petit caïd. Il avait récupéré la bourse sans la partager et les quatre autres n'avaient même pas essayés de l'en empêcher, plus par peur que par respect. Slick, c'était ça, son nom. Son demi-sourire et son regard sournois rappelait à Krieg sa propre jeunesse, un fait qui l'amusait beaucoup et qui lui faisait éprouver une sympathie certaine pour ce petit gars. Il avait de quoi devenir quelqu'un. De mauvais, certes, mais aussi, surtout, de terriblement utile. Suffisait de lui donner les bons outils.
Et c'était précisément pour ça qu'ils étaient là, ce soir. La lune allait bientôt se lever. Krieg le sentait dans ses veines. Ca courait sous sa peau. Ses yeux avaient déjà perdus leurs teintes habituelles pour devenir entièrement noirs. Cette étrange réaction avait l'air de beaucoup intéressé le docteur, d'ailleurs. Pas étonnant. D'aussi loin qu'il s'en souvenait, le mercenaire avait toujours vu des mines terrifiées/surprises la veille d'une pleine lune. Ce changement de regard n'avait rien de très habituel, après tout.
-Vous avez déjà chassé en meute? Manda le vieux loup, à l'attention de ses deux invités d'honneur, sans vraiment écouter la réponse.
Autour, on s'affairait. Les cinq survivants de la première rencontre avaient été sommés de contacter leurs amis, pour peu qu'ils en aient, et de faire courir le bruit qu'une nouvelle bande pourrait potentiellement avoir besoin de gros bras. C'était comme ça que les meutes se formaient. A coup de bouche à oreille, de point de rendez-vous bidon et de cagoule sur la tête. Il y avait quarante crève-la-faim et ex-taulard rassemblés autour d'eux, pour l'instant. La quasi-intégralité de ces types les fixaient avec appréhension. L'un d'eux, un grand ventripotent au visage poupin, était venu, plus tôt, lui demander si "c'était ses vrais dents". Krieg avait répondu en souriant. C'était souvent suffisant. Et ça l'avait été.
Personne ne savait vraiment ce qu'on préparait. Personne, même Deydreus. Seulement Krieg. En plus du docteur et de son assistant, les cinq étaient les seuls à être arrivé ici sans bandeau sur les yeux. Ils étaient les seuls à savoir où ils se trouvaient exactement. A savoir, approximativement, dans quel sens courir pour rejoindre la civilisation lorsque ça commencerait.
Cette pensée fit ricaner le vieux loup.
-Salut. Cracha une petite voix intimidée, sur sa gauche.
-Salut William. Ceux qui t'ont amenés t'ont traités avec respect?
-Ou...Ouai?
Le doute était perceptible dans la voix du gamin. Amusant. Peut-être s'attendait-il à ce que son employeur l'accueille de manière plus brutale. Le pauvre avait encore des bleus et des pansements là où Krieg avait frappé, lors de leur première rencontre. Le mercenaire lui fit signe d'approcher et il s'exécuta.
-Ecoutes-moi...Tu m'écoutes?
-Oui.
-Bien. Tu vas te souvenir de cette nuit jusqu'au restant de tes jours.
-Que...
Krieg l'attrapa par le bras et serra. Le gamin sursauta à moitié.
-Tu vivras. Longtemps, si tu écoutes mes ordres. Suis Slick. Comme si tu étais son ombre. Lorsqu'il bouge, tu bouges. Lorsqu'il s'enterre, tu t'enterres. Par l'enfer, si il saute d'un pont tu sautes avec lui !
William avala lentement sa salive.
-Qu'est-ce que vous allez faire?
-Un cauchemar. Je vais créer un cauchemar. Siffla le vieux loup en souriant de toutes ses dents. Ceci fait, il se leva, s'étira, et frappa dans ses mains pour attirer l'attention de la foule.
Le gamin l'observa faire en s'interdisant de trembler, puis il se dépêcha de retrouver Slick dans la bande de malfrats.
-Votre attention, messieurs dames !
Les conversations se stoppèrent net.
-Vous me connaissez pas et je m'en cogne. Moi c'est Krieg, c'est tout ce que vous devez savoir. Si vous êtes ici, c'est parce que vous êtes attirés par la perspective de gagner de l'or tachée de sang. Ou par le fait de pouvoir égorger des bourgeois en bande.
-Oh ouai ! Gueula un allumé. Krieg le fit taire d'un regard sans cesser de sourire.
-Pour ce que je souhaite entreprendre, j'ai besoin des meilleurs. Vous comprenez? Les meilleurs. La meute que je souhaite fonder n'a pas de place pour vous tous.
-Tu vas pas nous refaire le coup, si?
Slick ricanait, son couteau déjà en main.
-Non, tu peux ranger ça, Slick. Si, ce soir, tu dois utiliser ton arme, ce sera pour abréger tes propres souffrances.
Quelques murmures se firent entendre, mais Slick ne perdit pas son sourire. William, à ses cotés, affichait une mine mortifiée.
-Je veux faire un don aux meilleurs d'entrevous. Un don qui les transcendera. Ils deviendront plus, bien plus que des hommes. Est-ce que vous comprenez? Non, vous ne comprenez pas. Et c'est normal. Vous ne pouvez même pas imaginer ce qui vous attend. Ce qui attend ceux qui réussiront. Ce qui attend ceux qui échoueront.
-T'as l'air à moitié cinglé, mon gars, avec tes yeux bizarres. De quoi tu causes? Fit un type, relativement confus.
Court silence. Krieg balaya l'assemblée du regard en respirant lentement. La lune. Il la sentait, derrière les nuages. Elle arrivait. Elle l'appelait. Le loup sentait l'énervement grandissant de ses deux semblables, derrière-lui.
-Vous allez avoir peur. Très peur...Non...En fait. Vous avez déjà peur. Je ne suis qu'un type étrange aux yeux noirs mais...Dans votre esprit...Tout au fond, vous savez que quelque chose ne va pas. Ce n'est pas cette assemblée sordide qui vous inquiète. Non. C'est la nature même de ce que vous regardez, de ce que vous écoutez.
Slick et William avaient déjà disparut. En emmenant les quatre autres avec eux. Bien.
-Vous allez devoir courir, mes enfants. Fuir pour vos vies sans prêter attention aux hurlements des moins réactifs. Précipitez-vous dans les nids de ronces sans ralentir, terrez-vous dans les ténèbres en pleurant silencieusement. Aucun d'entrevous ne peux imaginer ce qui va se passer.
L'assemblée commençait à vraiment perdre en taille, au fur et à mesure que ses membres prenaient la poudre d'escampette. On le dévisageait sans ménagement avec un mélange de dégoût, d'amusement et de peur. Un épais filet de sang et de bave s'écoulait de sa bouche entrouverte, comme à chaque début de transformation, et il ne faisait rien pour le dissimuler. Au contraire.
-Fuyez ! Fuyez pour vos vies, imbéciles d'humains ! Vous ne comprenez pas?! Seuls ceux qui survivront à cette nuit aurons droit à cette...Promotion.
Et ils s'exécutèrent, tous. Sans exception.
Alors Krieg s'allongea, au milieu des aiguilles de pins, de la boue, et des branches brisées.
-Qu'en dis-tu, l'oiseau?
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Deydreus Fictilem
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MessageSujet: Re: La douce odeur de la misère humaine [Deydreus/Krieg] [13/06/1841] Lun 16 Mai - 20:42

HRP: Ce post sera écrit à la première personne exceptionnellement, et ce pour montrer le point de vue de Deydreus lorsqu'il se transforme. Il en sera ainsi chaque fois qu'une transformation survient et tant que sa forme est ainsi. Oh et ce sera violent, mais vu le rp, vous devriez être habitués.



Il fallait être honnête... J'avais esquissé un grand sourire lorsque Krieg m'avait dit de ne porter que quelques guenilles pour rejoindre ses "amis" dans la forêt. L'idée était amusante, se faire passer pour un paria alors qu'on se situe dans la bourgeoisie est quelque chose d'assez excitant. La seule différence, entre un bourgeois classique faisant cela, et moi, est que pour ma part, ce n'est pas le fait de se "costumer" qui est amusant, ni de jouer un rôle... Mais d'être véritablement loup parmi les agneaux. Krieg aurait proposé de faire pareil pour un bal de nobles, l'amusement aurait été le même.
A vrai dire, seul Charles avait grogné, ne voulant pas que j'abandonne mes habits "normaux" et que je le suives ainsi aveuglément. Un simple geste de ma main avait suffit à lui faire comprendre que ma décision était à la fois prise, et indiscutable. S'il le désirait, il pouvait très bien garder le manoir, enchaîné dans les chambres fortes... Ou venir avec mon nouveau collègue pour une petite chasse. Et puis, après tout, les transformations arrachaient toujours nos vêtements, alors pourquoi rester pendant cette période avec des habits de hautes factures? Non, le seul détail vraiment gênant pour ma personne, était le fait d'avancer sans masque parmi des inconnus. Non pas que j'eus l'envie de cacher ma face au reste du monde, mais le bec de corbin me manquait.

Nous fîmes donc route jusqu'à l'endroit indiqué par notre partenaire, et attendions, assis contre une vieille branche les différents malfrats devant rejoindre nos "rangs". Observant la foule avec grande attention, j'analysais chacun des traits physique me faisant face de mes yeux vairons. A mes côtés, je sentais Charles trépigner. La lune approchait, et de nous deux, mon majordome était certainement le plus instable, et le plus pressé de se transformer. Par la suite, Krieg entama son discours, quelque chose d'original, plutôt simple, et incroyablement captivant. Il était vraiment intéressant de voir la facilité avec laquelle cet homme était parvenu à focaliser l'attention de tous ces vauriens. En un tour de force qui consistait en une joute verbale, il en avait terrifié quelques uns, charmé d'autres ou encore éveillé leur curiosité. Fascinant.
Il y avait un détail cependant. Un simple calcul que ces pauvres bougres ne pouvaient voir de leurs yeux incultes. La lune arrivait. Et avec elle, une mort certaine pour la plupart d'entre eux. Je sentais son énergie poindre en moi, telle l'adrénaline coulant dans mes veines après un long combat d'épée. Une soif de sang commençait à poindre en moi, un manque crucial accompagné par une rage certaine. Mon rythme cardiaque accélérait de plus en plus, et mes muscles se raidirent peu à peu. Les derniers mots de mon collègue semblèrent achever la montée de la rage qui prenait possession de mon corps. Me levant doucement du banc de fortune sur lequel je m'étais assis, un rictus particulièrement inquiétant barrait mon visage.


- J'en dis que la saison de la chasse est ouverte... Et que le gibier attend.

La soif de sang emplissait maintenant pleinement mon être. Et comme à chaque transformation, le premier sang que je savourais était le mien. Mes dents se déchaussèrent, laissant place à des crocs acérées qui fendaient mes gencives tandis que ces dernières s'allongeaient peu à peu. Crachant mes anciennes dents sur le sol, je ravalais une salive ensanglantée. En plus de ces crocs, une douleur arriva rapidement au niveau de la mâchoire, mes os se brisant et se reformant à une vitesse folle. Recroquevillé sur moi même, je lâchais un grognement plein de rage et de douleur, tandis que mes vêtements se déchiraient peu à peu sous ma nouvelle forme. Ouvrant quelques instants les yeux, ma vision fut rapidement troublé par un voile rouge poisseux, me forçant à refermer les paupières dans un soupir de douleur. Je sentais mes os se distordre pour grandir et s'allonger. Ma peau se craquela également, victime de l'extension corporelle dont j'étais sujet. Des failles cutanées se forma une fourrure noire épaisse qui recouvrait un cuir d'une résistance absolue. Malgré cette douleur qui me tiraillait, je parvenais néanmoins à sentir le monde qui m'entourait. Plus encore que lorsque j'étais humain, mes sens lupins prenant le dessus.
Une douleur, plus vive que les autres me fit me cambrer et adopter une position étrange, bras écartés face au ciel. Laissant mes paupières s'ouvrir doucement, je constatais une vue améliorée et un plus grand champ de vision. J'atteignais la fin de ma transformation, et seuls de nombreux craquements présents dans ma colonne vertébrale me dérangeaient. Ils étaient la résultante de l'allongement et le renforcement de cette dernière à la base de mon coccyx, formant une queue caractéristique de mon espèce. Me repliant sur moi une nouvelle fois, j'ouvrais la gueule pour laisser l'air emplir mes poumons, et dans un excès de rage, déployais mes bras d'un seul geste tout en expulsant l'oxygène emmagasiné en un hurlement à la lune d'une force inouïe. Les branches autour de moi tremblèrent sous la force de ce dernier cri, et je savais que mon gibier venait lui aussi d'entendre ce qui représentait le glas de son existence.
Reprenant par la suite mon souffle j'observais ce qui m'entourait. Si mon odorat précédait ma vue, je fus ravi de voir mon majordome telle la bête qu'il se devrait d'être au quotidien. Mes babines se retroussèrent dans ce qui représentait pour ma race un sourire lorsque mes yeux se posèrent sur mon camarade. Si je m'étais toujours aperçu de ma force et ma stature parmi les enfants de la lune, je me devais de le reconnaître. Krieg était impressionnant. Il était plus qu'évident que le vieux loup avait au moins plusieurs siècles d'existence, et que ce genre de chasse, qui ne représentait sûrement pour lui que du menu fretin, était excitante de par notre petite réunion improvisée. Grognant sur Charles pour lui intimer de se mettre en chasse ce dernier lâche un hurlement sinistre avant de s'élancer à quatre pattes vers le sud de la forêt. Avançant quand à moi vers mon collègue, j'humais l'air à la recherche de quelques cibles que j'avais analysé lors du discours de Krieg.


- J'ai faim. Et soif. Heureusement que vous venez de me servir le buffet, collègue. Allons, j'ai hâte de vous voir à l'oeuvre et de savoir qui survivra à cette nuit.

D'un geste rapide, je m'élançais dans les bois, mémorisant l'odeur de Krieg pour savoir exactement où il se trouverait par la suite dans cette forêt dense. Rabattre le gibier pour le coincer était une technique de chasse sommaire, mais diablement efficace. Habituellement, les chasseurs laissaient leurs chiens jouer les rabatteurs mais en notre cas, nous étions à la fois maître et animal. Ma première victime fut un gagne petit qui devait avoir quinze ans, au mieux. Le pauvre bougre avait tenté lorsqu'il m’aperçut de se défendre à l'aide d'un petit couteau trouvé je ne sais où. Cette erreur de jugement lui coûta un bras, arraché d'un mouvement sec de la patte. Lorsqu'il s'écroula sur le sol en hurlant, je me servis de mon poids pour écraser sa cage thoracique, perforant par la même occasion ses poumons, laissant une gerbe de sang choir de ses lèvres tandis qu'un sifflement aiguë s'échappait de sa gorge. Et c'est alors que j'aperçus son regard...
Il est amusant de chasser les animaux, car ces derniers nous poussent à être imaginatif et à nous adapter aux situations inattendues. Mais ce qui est le plus excitant dans ce passe temps, c'est de voir ce regard... Ces yeux emplis d'une terreur absolue et d'une résignation fataliste. Ce que ce jeune homme fixait, ce n'était pas le docteur que j'eusses été, ce n'était pas le Loup-Garou qui lui faisait face. Non... Ce que ce pauvre brigand observait, c'était la mort elle même. Une amante qui l'attendait depuis trop longtemps, et qui désirait le voir venir à elle. Qui serais-je pour refuser la demande d'une maîtresse aussi capricieuse? Ma gueule s'élança contre la peau du cou de cet individu avant d'en retirer des amas de chaires et de diverses artères primordiales à la survie d'un être humain. Mâchant ces tubes mous, je laissais le nectar écarlate se déverser dans ma gorge, avant de grogner de plus belle en emportant le cadavre avec moi. Il allait m'être utile, pour abattre d'autres cibles.

Grimpant contre l'un des vieux arbres de cet espace vert, je laissais mon odorat me guider. Au loin, l'odeur du sang était très important. Parfait, mes deux compagnons s'en donnaient à cœur joie. Bondissant contre un arbre voisin, j'entendis le bruit de pas de plusieurs personnes. A en juger par les différentes odeurs de transpiration, ils étaient quatre, au maximum. Passant de branches en branches, je dépassais leur position pour y laisser choir le cadavre mutilé qui m'avait servi d'hors-d'oeuvre. Le premier de nos invités à arriver sur la scène de crime "improvisé" hurla de terreur et tenta de rebrousser chemin, entrant en contact avec l'un de ses camarades. Les deux tombèrent au sol dans un fracas lourd. Je ne leur laissais pas le temps de se relever et bondissais aussitôt de mon camouflage naturel. Mon arrivée fut brutale et sanglante, écrasant de mes pattes le crâne des deux bougres qui avaient tenté quelques instants plutôt de se relever. Léchant ma patte droite dans un grognement de satisfaction, je fixais les deux types en face de moi. Ils étaient tétanisés, ne sachant comment réagir face à la mort de leurs camarades, et face à ma présence. Amusé, je plongeais mon regard dans l'un des deux malfrats, tout en pointant son ami de la griffe.


- Tue le. Et je t’épargnerais.

Ils s'observèrent quelques instants, l'un se demandant si l'autre allait effectivement agir. Furieux, je frappais du poing sur le cadavre le plus proche, faisant éclater ses viscères, aspergeant ma fourrure et les deux types en face de moi. Celui qui devait être tué hurla, terrifié.

- Maintenant!

Il n'en fallut pas plus pour forcer les sujets tests à agir. Celui qui avait reçu l'ordre murmure un "désolé" que son camarade n'eut même pas le temps d'entendre. Se jetant sur lui, il le frappa du poing rapidement au niveau de la gorge, lui coupant la respiration. Attrapant ensuite une pierre qui traînait par là, il asséna un violent coup sur la tempe de sa victime. Au premier impact, un bruit sourd résonna contre la pierre, les os du crâne se brisant. Au second impact, la peau se déchira, libérant un flot sanglant sur le sol et contre la pierre. Au troisième impact, quelque chose de mou coula le long de la plaie béante sur le crâne de la victime. Reprenant son souffle, horrifié par ce qu'il venait de faire, le bandit frappa une quatrième fois, écrasant le visage de celui qu'il venait de tuer, comme pour ne plus se souvenir de ce visage tétanisé dans l'effroi et la douleur. Lâchant la pierre alors que des larmes coulaient sur ses joues, le pauvre homme se releva, avant de s'arrêter net dans son exécution, un hoquet le faisant déverser une flaque de sang sur le sol. Je n'avais pas attendu qu'il se relève pour me mettre dans son dos et enfoncer mes griffes dans son corps. Bougeant ses dernières, je lacérais ses boyaux en grognant, le soulevant du sol tel un marionnettiste manipule sa poupée.

- Imbécile... Comme si j'allais te laisser vivre...

D'un mouvement rapide, je faisais glisser mes griffes vers le haut, lacérant son corps pour finalement arracher sa tête. Observant le corps mutilé s'effondrer sur celui du visage écrasé, je buvais le sang qui s'écoulait de la tête de ma proie. Une fois cette dernière exsangue, je la broyais dans ma patte et me remettais de nouveau en route.

Il me restait encore bon nombres de proies à piéger, et une soif à étancher au plus vite.


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Krieg
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MessageSujet: Re: La douce odeur de la misère humaine [Deydreus/Krieg] [13/06/1841] Lun 30 Mai - 21:01

Maug' n'avait pas vraiment comprit pourquoi il avait suivi Stevensson et les autres. L'action s'était faite naturellement. Son corps avait décidé de quitter le rassemblement pour suivre ses amis, sans écouter d'avantage les élucubrations du fou aux yeux noirs. Une fois suffisamment loin, le sentiment qui lui mordait les tripes depuis le début du "discours" s'était révélé plus fort. Plus compréhensible.
La peur. C'était ça. La sueur qui coulait de son front ne venait pas de la moiteur omniprésente de cette forêt. Il ne devait pas les battements effrénés de ses tempes à sa concentration intense, déployée ici pour éviter de trébucher dans le noir. Non, c'était la peur putain. La peur ! Ce type l'avait foutrement terrifié, ça se sentait maintenant. Krieg les avait tous terrifiés. Lui, Stevensson, Mario et tout les autres. D'aussi loin que Maug' se souvenait, jamais une telle terreur ne s'était manifestée en son sein. Jamais. Et maintenant il fuyait comme une pucelle à poil dans un lupanar. Pourquoi, nom de dieu? Etait-ce l'âge qui se manifestait enfin? Oui, sans doute.
Le terrible hurlement le ramena à la réalité. Quelqu'un, au loin, dans son dos, souffrait atrocement. Stevensson trébucha à l'entente, mais ne ralentit pas, au contraire. Le chef de gang s'écorcha les avant-bras sur le nid d'épine dans lequel il était atterrit et continua en ne se relevant qu'à moitié, décidé à quitter cette foutue forêt, sans la moindre dignité. Maug le suivit en enjambant les ronces tandis qu'un autre hurlement était poussé par une gorge lacérée.
-Qu'est-ce qui se passe putain. Putain qu'est-ce qui se passe qu'est-ce qui se passe qu'est-ce qui se passe qu'est-ce qui se passe.
Maug attrapa Kiril par le bras.
-Du calme. Ca ne sert à rien de se mettre dans un état pareil.
L'intéressé hocha la tête, peu convaincu. Sans doute parce que son interlocuteur affichait la même mine terrifiée que lui. Jenna et Rickert, le couple inséparable ayant rejoint la bande de Stevensson depuis peu, chuchota quelque chose en s'arrêtant brutalement suite à un nouveau cri.
-Qu'est-ce que vous foutez?! Magnez-vous !
-C'était Ashraï.
-Quoi?
-Celui qui a gueulé.
Les tempes de Maug prirent instantanément feu. Oui, Ashraï n'était plus avec eux. Mais...Depuis quand?
-Allez on se regroupe et on se quitte pas des yeux ! Grogna-t-il, en reprenant peu à peu confiance en ses capacités de lieutenant de bande. Stev' et lui avaient déjà vu pire. Les autres se sentirent ragaillardi par ce brusque changement de ton. Et puis il y eut un nouvel hurlement.
A l'exception près que celui-ci n'avait strictement rien d'humain. C'était un bruit qui évoquait un éboulement rocheux. Le raclement de l'acier contre l'acier. Et la cruauté du prédateur ultime. Ce n'était pas le premier qu'ils entendaient, non. Au début de leur course, il y en avait eu un autre. Mais il avait semblé si éloigné que le groupe ne s'en était que peu soucié. Et, surtout, il provenait de derrière-eux.
Ce cris-ci venait d'en face.
-On devrait peut-être...
La proposition de Kiril mourut dans sa gorge alors même qu'ils se rendaient tous compte que quelque chose d'énorme venait de l'attraper par la nuque pour le soulever d'un bon mètre de haut. Court silence. L'agressé amena sa torche mourante jusqu'à son visage, pour entrapercevoir ce qui avait bien pu l'attraper ainsi.
-Oh pitié. Geignit-il en se pissant dessus. Et sa terreur devint aussitôt le mal le plus contagieux de ce siècle.
Jenna était déjà partie en pleurant toutes les larmes de son corps, à l'opposée exacte de là où se trouvait la chose. Son homme la suivait pour la rattraper, la prévenir qu'en suivant cette route, ils s'enfonceraient simplement d'avantage dans cet enfer de branches et d'épines. Seul Maug ne bougeait pas.
La fascination du diable venait de prendre possession de son esprit.
Les yeux jaunes de la bête s'ouvraient et se fermaient sans arrêt. C'était insupportable à voir. Douloureux presque. Elle clignait des paupières tout le temps, sans cesser de fixer sa proie emprisonnée dans sa main gauche. Une main aussi large qu'une assiette. Recouverte d'un cuir noir et de quelques touffes de poils du même coloris. Et terminée par des griffes aussi longues qu'un poignards. Ca devait faire trois mètres...Peut-être plus. Ca avait une silhouette tellement maigre que ça en devenait terrifiant. Et ça avait une gueule de chien. Un museau allongé, de longues oreilles dressées au-dessus du crâne...Et ces dents, ces dents ! Oh, par l'enfer, cette chose ne devrait même pas exister !
Maug' tomba à genoux sans quitter des yeux la bête. Elle continuait de retenir Kiril, un mètre au-dessus du sol. Sans rien faire d'autres que de cligner des paupières.
-Je vous en supplie, par pitié, je vous en supplie, laissez-moi !
Cette phrase sembla réveiller le monstre, qui approcha son museau du visage déformé par la peur de son otage.
-FAIBLE. Cracha le démon d'une voix rauque.
La moitié du crâne de Kiril disparut dans l'énorme gueule. Quelque chose craqua, puis Maug' eut vaguement la sensation de s'être souillé à la vue de ce spectacle.
Alors Krieg jeta au loin le corps partiellement décapité qui alla se briser contre un arbre, quelque mètres plus loin...Et s'approcha doucement de la silhouette agenouillée du seul témoin.
-TON AGONIE VA TE SEMBLER ETERNELLE.
Maug' hocha la tête et commença à pleurer, alors même qu'un coup de griffe effaçait son visage.

††††††

Krieg courait. A quatre patte, comme un animal. Sans même faire attention aux pitoyables piaillement de sa dernière victime, toujours entre ses crocs. Ridicule. La femme s'était laissée faire dès que son compagnon avait rendu l'âme. Alors, pour la punir de son manque de combattivité, le loup la trainait avec lui. Les crocs profondément enfoui dans cette faible et craquante cage-thoracique. Sa vie allait bientôt la quitter, ça se voyait. Elle recrachait du sang, et ce genre de manifestation n'était jamais bon signe. Peu importe, ils approchaient de nouvelles proies.
D'un seul bond, le loup-garou quitta la terre ferme, traversa le plafond épineux, brisa sous son poids une branche aussi épaisse que son torse, puis retomba lourdement sur une dizaines de mètres. Pile face à la trajectoire des prochaines proies, pour l'instant occupées à relever l'une des leurs, tombée dans un petit fossé.
Krieg cracha ce qui restait de la femme. Une partie d'elle était restée là-haut, dans les branches. Il l'avait sentie s'allégée lors de la chute. Le sommet d'un petit sapin s'était emparé de tout ce qui se trouvait en-dessous de ses hanches. Si fragile...Si...Morte.
Le loup aurait sourit si cela avait été possible. En lieu et place, il gronda en s'ébrouant. En-dessous de lui, ses griffes se remettaient à labourer le sol, impatiente de lacérer à nouveau les chairs des êtres inférieures. Bientôt, bientôt.
-VOUS PUEZ LA PEUR, TOUS AUTANT QUE VOUS ÊTES. Gueula la bête en disparaissant dans les fourrés épineux, son cuir épais nullement affectés par les picots des ronces.
-Qui est là?! Pleurnicha un gosse, à la tête du groupe, en balançant sa torche de gauche à droite.
Le loup, surgissant des ténèbres sur sa gauche, répondit aussitôt, non sans, au passage, le priver de sa jambe gauche.
-LA DOULEUR !
Sa victime se mit à se tortiller frénétiquement, une fois au sol. Fou de douleur et de peur, le môme hurla à n'en plus finir tandis que ses collègues se rassemblaient autour de lui dans le but d'affronter leur chasseur. Bien, au moins avaient-ils l'esprit combattifs, ceux-là.
-C'était quoi?
-Je sais pas !
-Des yeux jaunes ! Des yeux de bêtes, par l'enfer ! C'est un démon ! Poursuivit le blessé en hurlant de plus belle.
Krieg atterrit en plein milieu de leur formation, balaya d'un revers de patte arrière trois des plus proches, et empala sur ses griffes une trentenaire armée d'un long couteau qu'il souleva au-dessus de lui pour se repaître du sang qui coulait de sa plaie, tandis qu'elle se tortillait à son tour pour cesser de souffrir. Quatre autres, sur sa droite, l'observèrent tirer la langue pour récolter les gouttes de sang chutant sans arrêt avec un mélange d'émerveillement et de terreur.
-Ca n'existe pas !
-Aidez moi je vous en supplie ! Pleurait la trentenaire, pas encore morte, pendant qu'il finissait de réduire ses organes en morceaux.
L'un d'eux se sentit pousser des ailes d'ange gardien et se précipita sur le loup. Alors ce dernier se débarrassa de la femme en la coupant en deux, dans le sens de la longueur, avant de jeter ses restes sur son prétentieux de sauveur. L'une de ses côtes brisées se planta dans la tête du malchanceux qui poussa de pitoyables borborygmes en s'écroulant à son tour.
-Tous ensemble !
Ils s'élancèrent, toutes leurs lames braquées sur son immense corps. Et Krieg fut tellement ému par cet excès de courage stupide qu'il en eût les larmes aux yeux.
-OUI. Commença-t-il en arrachant les boyaux d'une gamine d'une torsion de poignet. BATTEZ-VOUS. REPENDEZ VOS ENTRAILLES DEVANT MOI.
Un corps vola sur une dizaine de mètre pour finalement se briser contre un rocher, son possesseur aurait voulu hurler, mais sa cage-thoracique enfoncée et sa gorge ouverte ne lui permettaient pas. Un grand benêt sauta dans le but de se jeter sur ses épaules pour lui planter son couteau dans le tempe, mais Krieg se retourna et écrasa sa boite crânienne d'un coup de dent. Des bris de cervelles et d'os giclèrent de tout coté tandis qu'au sol, toujours plus de blessés et de morts venaient s'entasser aux pieds du loups. L'un d'eux, particulièrement vieux, revint au stade de l'enfance et se mit en boule pour sucer son pouce, alors même que ses deux mains gisaient à une dizaine de mètres de lui et que la quasi-intégralité de ses organes étaient visibles à travers sa cage-thoracique lacérées. Le loup ne tuait que rarement sur le coup. Intentionnellement. Il voulait que les plaintes des malheureux terrifient les autres, plus loin. Et ça marchait.
Une moitié d'homme hurlait et rampait, en s'aidant de son seul bras restant. Une ribambelle d'intestins se déversait de son torse tranchée, au fur et à mesure de son avancée. Krieg tira sur cette "corde" de fortune pour l'amener à lui et l'autre hurla de plus belle lorsque le loup plongea sa truffe dans son torse pour en arracher une énorme bouchée de chair sanguinolente.
Cinq longues griffes vinrent arracher toute la chair de la partie gauche du visage d'un petit râblé, qui se mit à marcher en rond, totalement désorienté et incapable de comprendre ce qui venait de lui arriver. Un liquide gris coulait là où les os de son crâne avaient lâchés.
Les survivants commencèrent à fuir. Krieg en rattrapa un pour le piétiner copieusement. Ses pattes arrières labourèrent le fragile dos et la colonne vertébrale, désormais à l'air libre, craqua bruyamment sous son poids. Il en ramena un autre au centre du tas de cadavre pour lui plonger la tête dans les entrailles et le noyer dedans, tout en lui déchirant le flanc de sa main libre. Et tandis que ceux qui tenaient encore sur leurs jambes couraient dans toutes les directions, des larmes pleins les yeux, le loup leur ordonna une chose :
-FUYEZ POUR VOS VIES, MISERABLES LARVES, LA NUIT NE FAIT QUE COMMENCER !
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Deydreus Fictilem
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MessageSujet: Re: La douce odeur de la misère humaine [Deydreus/Krieg] [13/06/1841] Jeu 28 Juil - 23:54

Voyez-vous... Il y a des choses amusantes, lorsqu'on se trouve dans mon état. Ce n'est pas le sang frappant mes tempes qui me fait ressentir cette étrange sensation de plaisir malsain. Ce n'est pas le craquement désagréable du crâne de ma nouvelle victime qui me fait frissonner ainsi. Non, c'est quelque chose de bien plus féroce, quelque chose qu'un humain ne pourrait que comprendre de manière vague. Non, ce qui fait, que contrairement à certain de mes pairs je suis impatient d'atteindre la pleine lune...

C'est la rage.

Un feu intérieur ne demandant qu'à être vomi sur ceux qui me sont plus faibles. Un feu me consumant de l'intérieur mais permettant d'alimenter une haine inhérente à mon état lupin. Oh, naturellement, cette rage peut être contrôlée, canalisée dans un écrin le temps que notre raison comprenne d'où vient ce flot de violence mais... A quoi bon? Pourquoi s'enchaîner bêtement à une raison purement humaine lorsque, pour soi même, l'humanité n'est plus qu'un lointain souvenir? Je vais vous dire... Pour ma part, il est plus qu'évident que cette rage n'est plus un frein à ma raison. Au contraire, elle alimente cette dernière d'une nouvelle essence.

Entre deux grognements, je sentais alors mes griffes racler l'écorce d'un arme malchanceux, me tirant de mes pensées philosophiques sur la rage et ses bienfaits. Il me fallait faire attention, ou bien je risquais de perdre le contrôle plus tôt que prévu. Humant l'air, je traçais le pauvre bougre que j'avais laissé fuir, afin de m'amuser un peu avec lui. D'un bond, je m'élançais à sa poursuite, et le rattrapais dans la foulée, arrachant sa jambe de mes crocs. Le fixant de ma hauteur, je ricanais doucement en laissant retomber cette dernière sur ma proie, qui commençait déjà à gémir. Pourquoi l'humain, dans ses derniers instants, en venait toujours à la supplication et à la prière? Cela allait-il arrêter mes crocs et mes griffes? Cela allait-t-il agir sur moi comme un calmant, comme un soudain sentiment de culpabilité et d'empathie m'envahissant et me forçant à épargner un total inconnu que je m'apprêtais à dévorer l'instant d'avant? Absolument pas. Et cette même logique alimentait de nouveau la rage en moi, me forçant à frapper, frapper et encore frapper le corps fragile de ce misérable. Lorsqu'enfin, j'arrêtais de cogner ce qui était maintenant une bouillie humaine, je me surpris d'un rire soudain. Au final, je n'avais pas énormément changé lors de mon abandon d'humanité.
Déjà petit, malgré mon éloignement des codes sociaux, j'étais déjà sensible à une rage certaine. La première manifestation de cette dernière avait peut-être été lorsque j'avais connu ma première déception amoureuse. Un cœur brisé pour moi à la suite d'un abandon totale de celle que j'aimais. Ahhhh... J'avais pris tellement de plaisir à arracher le sien quelques années plus tard, avant de le dévorer et de laisser son corps aux chiens. Un juste châtiment pour cette catin. Quoique, celui que j'avais réservé à son mari avait été tout aussi jouissif.

De nouveau, je me surprenais à trancher la gorge d'une cible que je ne me souvenais même pas avoir pourchassé. Concentration, il fallait que je me concentre. Il serait malvenu tout de même que je ne me contrôle pas un minimum après l'invitation de mon partenaire. En parlant de ce dernier, je reniflais pour connaître sa position et celle de Charles. Ces deux loups semblaient en mouvements constants, ce qui rassurait quand à leur état de santé. Même s'il m'était complètement impensable d'imaginer l'un d'eux blesser après une telle chasse. Le gibier était nombreux, mais pas très robuste. En parlant de robustesse, l'une de mes proies s'était réfugiée dans une sorte de cabane en bois. L'idée n'était pas si idiote que ça, si l'on considérait les loups-garous comme de simples créatures assoiffées de sang. Malheureusement pour ce gagne-petit, il n'en était rien. D'une coup brusque, le bois volait en éclat, et le type à l'intérieur se retrouvait projeter sur plusieurs mètres. Son corps frappa tout d'abord un arbre dans un craquement sourd avant de retomber d'une manière particulièrement pitoyable. C'est un corps balbutiant dans son propre sang que j'achevais d'un coup rapide avant de reprendre ma route. Il y avait une odeur qui m'intriguait, et je voulais m'assurer que mon odorat ne me trompait pas.

Bondissant, je me déplaçais de branches en branches, passant par dessus plusieurs groupes de fuyards. Ne leur prêtant que peu d'attention, tuant ceux qui hurlaient un peu trop, je me retrouvais rapidement à la position souhaitée. Là, ce tenait un homme. De ce que je voyais, ce dernier devait avoir dans la quinzaine. Ou tout au mieux, il sortait à peine de l'adolescence. Le plus amusant cependant, était le fait qu'il restait stoïque, debout, comme s'il attendait quelque chose. Curieux, je retombais devant lui, mais à part un mouvement de recul logique, je ne percevais pas de peur dans les yeux de ce jeune homme. Ma forme ne déclencha pas non plus beaucoup plus de réactions, mis à part un mouvement las vers l'un des arbres pour s'y adosser.

- Pourquoi ne t'enfuis-tu pas, petit?
- Vous tuez tout ceux qui s'enfuient, je voulais savoir si ne pas le faire me sauverait la vie. Je suis trop jeune pour crever dans un endroit aussi paumé.

Un rire grave s'échappa de ma gorge, alors que je lacérais l'écorce d'un pauvre chêne sur ma droite.

- Et donc, par simple curiosité, tu risques de te faire étriper ici bas? Qui te dit que je ne vais pas te tuer dans l'instant?
- Je n'ai jamais couru très vite de toutes façons.

Un autre rire s'échappa de ma gorge. Au moins, ce gamin avait de la répartie. Il était complètement inconscient, mais amusant.

- Dis moi petit, quel est ton nom?
- Vladimir Daranoff. M'enfin, ça vous sera pas utile, vu que vous allez me bouffer pas vrai?
- Tu es russe? Amusant.. Je ne sais pas ce qui t'a conduit jusqu'à cette forêt, mais je dois reconnaître que tu as plus de cran que la moitié de ces minables.

Avançant doucement vers le jeune homme, j'arrachais l'une de ses manches d'un geste brusque.

- Je ne vais pas te tuer, Vlad'... non, au lieu de cela, je vais t'accorder la chance de survivre, potentiellement, à cette nuit, et de devenir plus intéressant.

De ma griffe, je taillais alors dans son épaule un symbole, semblable aux cerfs d'un corbeau. Il grimaça sous la douleur, mais ne lâcha aucun gémissement. Intéressant comme spécimen, vraiment.

- Survis cette nuit, et tu découvriras des choses merveilleuses... Cependant prend garde. Si tu croises un vieux loups, ou retombe de nouveau sur ma route, ton sort sera scellé dans cette forêt. Est-ce clair?

Il acquiesça de la tête d'un air déterminé. J'avais hâte de voir ce qu'il me réservait. Au pire des cas, s'il n'était finalement pas utile pour une future transformation, il serait un bon sujet de test. Hurlant aux travers des bois, je faisais connaître ma position à mes deux alliés, avant de laisser Vladimir sur place sans aucune cérémonie. Le soleil se lèverait bientôt, et il était temps de poursuivre un peu ce charmant massacre.
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La douce odeur de la misère humaine [Deydreus/Krieg] [13/06/1841]

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