L'Ombre de Londres
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La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


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Les souvenirs de l'Éthé [21/04/1842]

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Sarah Spencer
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MessageSujet: Les souvenirs de l'Éthé [21/04/1842] Dim 28 Fév - 20:31

[Hrp: En provenance de Découverte Impromptue]

L’Ondine ouvrit de nouveau les yeux, chassant la douleur qui lui donnait l’impression de trancher sa tête en deux. Dans un espace intangible, perdu au milieu de grands rayonnages recouverts de livre. Tout en cet endroit respirait un autre monde. Cet endroit aurait sans doute plu à la jeune femme si elle avait eu l’esprit à fouiller la montagne de livre qui se trouvait autour d’elle. Mais pour l’instant, son esprit était loin.

Sortir du refuge qu’elle avait trouvé dans la cuisine délabré de la Chapelle abandonnée n’avait pas été une chose facile. À force de patience et de l’aide de Jane, la magicienne avait réussi à sortir péniblement des couloirs sombres. Chaque pas avait été un défi difficilement relevé. Tout son corps tremblait, la douleur à sa jambe était tenace tout comme celle à sa tête. Ses pieds nus sur les dalles froides avaient résonné avec écho contre les murs de pierres, marquant sa lente progression. Enfin elles avaient atteint la sortie du saint lieu. Le soleil lui avait donné l’impression de renaître, comme si elle ouvrait de nouveau les yeux et qu’elle sortait des ténèbres. Elle avait passé un moment immobile à simplement sentir les rayons réchauffer sa peau glaciale.  Malgré la douleur, cette froide impression d’oublis, elle s’était sentie rassurée, protéger. Puis son ange roux était parti, s’aventurant au milieu de la forêt pour aller chercher son fiacre. L’ondine l’avait regardé disparaître dans la végétation. Pendant un instant elle eut une nouvelle vision, une cape rouge qui volait au milieu des arbres, des grognements sinistres, un nom, dans un murmure, trop faible pour être entendu. Elle avait de nouveau fermé les yeux, repoussant ses tentatives de rappeler à elle ses souvenirs. Il valait mieux pour l’instant attendre que les choses se calment avant de chercher à atteindre cette flamme au loin qui constituaient tout ce qu’elle était. Pour l’instant, elle était en vie, et c’était ce qu’il y avait de plus important.  Le bruit des bêtes lui avait fait de nouveau dresser la tête. Jane revenait au volant d’un petit fiacre tiré par un immense cheval de trait. La couleur de la robe de l’animal attira tout de suite la sympathie de l’amnésique. Elle revoyait sa main toucher la robe d’un animal similaire, sa propre voix résonnait en écho dans son esprit.

Lentement, avec l’aide de Jane, elles s’étaient dirigées vers le petit véhicule. La caisse du véhicule ne surprit guère l’Ondine qui avait décelé chez sa sauveuse un tempérament efficace, mais aussi un peu encombré. Le plateau de bois recouvert de volume et d’objet divers tendait à lui donner raison.


-Pardonnez le désordre, je ne m’attendais pas à avoir une invitée ma sœur.

La magicienne s’était retournée à la recherche d’une sœur, sans comprendre sur le coup que c’est à elle que Jane faisait référence. Il faut dire que la jeune femme avait enfilé les vêtements sans réaliser comment ceux-ci modifiaient son apparence. Mais au-delà de cela, la phrase de Jane réveilla de nouveau un souvenir en elle. Elle revoyait une sœur, devant ce qui semblait être un grand couvent derrière une imposante grille de fer forgé. La nonne parlait à la femme à la cape rouge et lui remettait quelque chose. Le souvenir avait passé, fugace, intangible, puis la chasseuse avait pris place dans le véhicule. Aussitôt installée, Jane avait sauté à ses côtés et dans un ébranlement, ils avaient quitté l’endroit. La route était paisible, l’exploratrice était une bonne conductrice et l’animal était bien dressé. Tandis qu’ils s’approchaient de la ville, la soudaine circulation avait rendu la magicienne mal à l’aise. D’une main tremblante, elle avait saisi l’une des capes de l’archéologue qui traînait dans son véhicule et l’avait enfilé, dissimulant son visage de nymphe blessé derrière l’épaisse capuche. Il faut dire que la petite route était anormalement achalandée. Partout des agents du Yard circulaient et semblaient se rendre à un endroit bien précis, plus haut sur la rivière. Le temps était redevenu gris et maussade. Il allait sans doute pleuvoir de nouveau. Les agents ne firent pas attention aux deux femmes qui circulaient. Si l’un d’eux s’attarda plus longtemps que ses compères, il ne vit là qu’une femme qui devait sans doute raccompagner sa sœur, femme d’église, à un couvent. Il n’y avait pas là de quoi fouetter un chat et qui plus est, elles ne ressemblaient pas à l’héritière Spencer. Avec la battue qui s’organisait, ils avaient bien d’autres choses à faire. Et puis, la rumeur circulait déjà que leur disparu s’était noyée. Chemin faisant, la bonne humeur de Jane semblait imperturbable.

-Bien que je sois sûr que vous retrouverez la mémoire bientôt, et si je vous donnais un surnom ?

L’Ondine avait relevé la tête, intriguée. Un surnom?

- Je sais ! Léthé serait parfait pour vous. Elle est la déesse de l’Oubli. Elle a même donné son nom à un des fleuves de l’enfer. Qu’en pensez-vous ?

Ce n’était pas un nom très joyeux, surtout que l’Ondine n’avait pas encore échappé à la mort, mais elle était d’accord avec Jane, c’était un nom de circonstance. Elle s’était contentée de hausser les épaules. Après tout, Léthé n’était pas si mal lorsqu’on ne se souvenait plus de quel était son nom. Finalement, ils étaient arrivés à ce qui semblait être la destination. La chasseuse n’avait aucune idée de l’endroit ou elle se trouvait. La bâtisse était grande, austère, comme toute celle qui se trouvait autour d’elle. Une jolie pancarte affichait leur destination : Sylver Dusk.

C’est ainsi que Léthé avait atterri sur le moelleux divan devant une antique table de vert. Il régnait dans la pièce une odeur de vieux livre et de thé. La boutique était profonde, mais semblait plus petite tant il y avait des objets qui trônaient ici et là. Ces objets étaient issus de toutes les époques et de tous les coins de la terre. De la porcelaine de Chine, des fumoirs d’orient, des tableaux de France. Toutes ces merveilles finirent par donner le vertige à Léthé. Jane était ressortie aller chercher son matériel dans le fiacre. En effet, si la boutique se trouvait dans un charmant quartier, mieux valait ne pas tenter le diable en laissant des objets précieux dans un véhicule. En attendant le retour de la magnifique rousse, l’Ondine ferma les yeux, tentant de rassembler ses souvenirs. Ses blessures la faisaient encore souffrir, celle à sa tête et à son cou était la plus importante. Mais au moins, ici elle était au chaud, loin du froid humide de la rivière.




Dernière édition par Sarah Spencer le Dim 22 Mai - 2:14, édité 2 fois
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Jane Mac Fate
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MessageSujet: Re: Les souvenirs de l'Éthé [21/04/1842] Sam 23 Avr - 12:32

Jane récupéra ses outils dans le fiacre. De retour dans le magasin, elle disparut derrière le comptoir perdant de vue son invité. N’osant pas la laisser seule trop longtemps, l’archéologue posa ses outils dans la réserve sans prendre le temps de les ranger et se dépêcha de préparer du thé. Elle mit également des casseroles d’eau à bouillir, pensant qu’un peu de toilette ferait du bien à Léthé. Elle disposait d’une des innovations les plus pratiques de ce siècle, une cuisinière à gaz.  Très peu de personne en possédait une pour le moment mais Jane ne doutait pas que d’ici 50 ans, tous les foyers d’Angleterre en seraient équipés. L’antiquaire aimait les vieilleries, les objets qui avaient une histoire, une âme. Des objets qui nous apprenaient des choses que la mémoire avait oubliées. Si elle pensait que la compréhension du présent se trouvait dans le passé, cela ne l’empêchait pas d’être au faite des nouvelles technologies permettant aux humains une vie meilleure dans l’avenir.

Elle avait obtenu la cuisinière grâce à Frédéric-Albert Winsor en échange d’antiquités de hautes valeurs. Le Silver Dusk possédait un large réseau de connaissances et ce pionnier en gaz manufacturé en faisait partie.

La bouilloire se mit à siffler, l’extirpant de ses pensées. Elle prépara sur un plateau, une théière, deux tasses, quelques biscuits et apporta le tout au petit salon.

Lorsqu’elle arriva Léthé semblait plongé dans ses songes. Au vue des traits tirés sur son visage pale, ils étaient plutôt sinistres. Jane ne pouvait qu’imaginer le chaos émotionnel et psychique qui devait régner chez l’Ondine. Ses pensées devaient ressembler à des méandres dont le flot incontrôlable l’empêchait d’en saisir l’essence.

Elle servit le thé et s’installa dans le fauteuil en face de son invité. Elle fut heureuse de constater que sa présence la fit retrouver des couleurs. Après un soupir d’aise, la rouquine fixa attentivement Léthé.  Ses blessures pouvaient s’infecter si elles n’étaient pas soignées correctement et elle se demandait si la blessure qu’elle avait à la tête ne méritait pas d’être recousue.

Si Jane, en tant que femme instruite et plein de bon sens pouvait procurer des soins basiques, elle n’était pas médecin. Elle devrait en contacter un qui pourrait se déplacer et opérer en toute discrétion. L’archéologue craignait que les mésaventures de l’Ondine puissent être dû à un homme et à des abus sexuels, aussi, elle réfléchissait à une femme médecin.

La réponse lui parut évidente. Parmi ses sœurs du Silver Dusk, elle comptait une infirmière qui était toujours prête à se déplacer rapidement pour les membres de la confrérie. Maintenant, le plus dur restait à faire. Il allait falloir convaincre son invité. Et si l’archéologue avait bien saisit son caractère, elle était du genre solitaire et à refuser tout aide extérieur.

Jane se dit qu’elle serait peut-être plus disposée à accepter d’être ausculté après un peu de repos, un bain chaud et des linges propres. Aussi, l’antiquaire décida qu’il était préférable qu’elle prévienne l’infirmière pendant que Léthé serait dans la salle d’eau.

Afin de mettre ses idées en ordre, Jane sortit de sa poche, une boite en bois délicat contenant une pipe et du tabac. Comme à son habitude Jane inspira une grande bouffée à son ouverture, laissant le parfum du tabac frais l’enivrer. D’un geste machinal, elle rembourra sa pipe sculptée en écume de mer, un bel héritage de son père. Elle représentait le globe terrestre. On y distinguait tous les continents et leur relief, c'était un véritable travail d’artiste. Cet un ouvrage était d’une grande qualité, il s’appréciait aussi bien de loin que de très près. Seule une loupe pouvait permettre d’apercevoir les inscriptions qui servaient de contour au continent. Ce que l’œil nu prenait pour une ligne parfaite, la loupe montrait des écritures. Empruntant ce procédé au graveur de grain de riz, le sculpteur avait été d’une minutie digne d’un maître chinois.

Jane alluma la pipe avec une allumette et laissa la fumée s’insinuer en elle. Tout son corps se détendit et elle poussa à nouveau un soupir d’aise.


_ Je suis en train de vous faire chauffer de l’eau pour que vous puissiez vous laver et vous changer. Je vais vous prêter une de mes robes, nous faisons à peu près la même taille.

L’antiquaire pris à nouveau une grand bouffée et d’un sourire amical ajouta :

_Rassurez-vous, nous avons tout notre temps, la journée ne fait que commencer.
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Sarah Spencer
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MessageSujet: Re: Les souvenirs de l'Éthé [21/04/1842] Lun 6 Juin - 3:06

L’Éthé clignait des yeux comme un enfant impressionné devant un endroit grandiloquent.  Assise timidement sur le divan, ses grands cils battaient devant l’effort qu’elle mettait à tout regarder. Pourtant elle ne pouvait s’empêcher de trouver tout ce qui l’entourait fade, comme un décors de scène. Après la rivière, elle avait l’impression d’être encore dans un rêve, un rêve intemporel qui coulait avec douceur comme l’eau sous un pont. Le froid ne cessait de dévorer ses membres mais c’était la seule chose quelle ressentait. La douleur l’avait quitté, emporté par la lassitude profonde qui secouait son être.

Lorsque la belle rousse revient, les bras chargés d’un plateau contenant du thé dans une magnifique porcelaine tout en délicatesse, l’air s’emplit des arômes du breuvage chaud. La demoiselle déposa son plateau sur la petite table avant de prendre place à son tour. Puis, l’archéologue sortit une pipe qu’elle alluma avant d’en prendre quelques grandes inspirations. Cette image déclencha en l’Ondine un flot de souvenir. Elle voyait la vapeur d’une tasse devant elle tandis que des voix discutaient autour d’elle. Ensuite, elle se revit porter une tasse à ses lèvres pour réprimer un soupir d’exaspération tandis qu’on discutait mariage. Elle se souvient de cette odeur alors qu’elle était entrée au Spirit un après-midi. Elle entendait des voix, des centaines de discussion qui se mélangeaient et s’entremêlait dans son esprit. Toutes ces images la frappèrent de plein fouet et elle recula un peu plus dans le fauteuil, portant une main devant ses yeux. Les visions cessèrent aussi vite qu’elles étaient apparut.

La voix douce de l’archéologue la sortie de sa torpeur. De l’eau? À cette seule pensée, la jeune femme ne pu retenir un mouvement de recul. Il était hors de question qu’elle s’immerge dans une baignoire, aussi réconfortant l’eau chaude pouvait être. La jeune femme baissa les yeux pour observer ses mains. Elles étaient sales, couverte de bout et de sang séché. Elle n’osait prendre la délicate porcelaine blanche entre ses doigts de peur de la salir. La jolie rousse tenta de la rassurer en lui disant qu’ils avaient tout leur temps. L’Éthé haussa alors les épaules. Elle avait perdu ce qu’était la notion du temps. Elle n’arrivait même pas à se rappeler quelle date ils étaient.  Mais cela n’avait pas d’importance pour l’instant. Elle reporta son attention sur  la jeune femme qui prenait ses aises devant elle. Il était étrange de voir une femme fumée. Elle savait que cela n’était pas commun. Pourtant, il y avait une grande élégance dans les gestes de la demoiselle. La manière dont elle tenait la magnifique pipe entre ses doigts fins et les nuages de fumée grise qui s’échappait de ses lèvres minces. Cette jeune femme était fascinante, son métier, sa grande force intérieur, tout en elle en faisait un être exceptionnel. Sa boutique également avait de quoi en charmer plus d’un. Toutes ses antiquités, ses vestiges d’autres époques. Cet endroit était une véritable caverne au trésor. Mais définitivement, la jeune femme n’était pas à sa place. Elle était une tache disgracieuse au milieu de ce décor somptueux.

La belle archéologue discuta encore un peu, emportée par sa joie de vivre naturelle. L’Ondine regarda ce rayon de soleil humain d’un œil nouveau, naif. Elle n’arrivait pas à se laisser affecter par cette vitalité. Elle glissait sur sa peau sans l’affecter. La jeune femme ouvrit de nouveau la bouche avant de suspendre ses paroles, interrompu par quelques coups frappés à la porte. Elles se dévisagèrent un moment puis la jolie rousse quitta son fauteuil tandis que les coups retentissaient encore. La belle rousse disparut, l'Éthé demeura immobile, attendant patiemment son retour. Mais celle-ci ne revient pas immédiatement. Il eu bientôt des éclats de voix. Les hommes à la porte de la donzelle l'exhortait de les laissés entré, ils étaient du Scotland Yard. Prise de panique, l'ondine se releva, déposant la précieuse tasse de thé sur le plateau. Sans faire de bruit, elle s'éclipsa par la porte arrière de la boutique. Elle ne devait surtout pas se faire attraper. Bientôt, elle fut avalé parla foule, laissant la porte entrouverte derrière elle.
[départ de Sarah en direction À la recherche du temps oubliés]


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Jane Mac Fate
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MessageSujet: Re: Les souvenirs de l'Éthé [21/04/1842] Mar 11 Oct - 9:19

Jane parlait. Elle parlait peut être même un peu trop. Elle essayait de mettre à l’aise son invité, de lui transmettre de sa chaleur mais il était possible qu’en fin de compte, elle ne faisait que la fatiguer d’avantage. Malgré les efforts de l’archéologue pour détendre Léthé, cette dernière restait de glace. Du moins, en apparence. Les petits rictus qui l’a parcourait trahissait les tréfonds de son âme tourmentée. Elle était agitée, perturbée, assaillit par des émotions fortes, des images que Jane ne pouvait que deviner.

L’antiquaire se sentait impuissante face à souffrance et se demandait pourquoi ça la bouleversée à ce point ? C’est alors que deux saphirs se plantèrent dans ses yeux. Il était d’un bleu pure reflétant presque à la perfection toutes les lumières qui traversaient ses iris. On pouvait s’y voir comme dans un miroir et Jane vit sa propre image la fixait avec stupéfaction. Déconcentrée quelques instants, elle laisse sa phrase en suspens. Son flow de parole étant  interrompu, l’Ondine avait enfin l’occasion de parler à son tour.

Mais au moment où ses lèvres s’entrouvrirent, des coups à la porte retentir. C’est à contre cœur que Jane se leva pour voir qui osait la déranger dans un moment aussi précieux. A son grand étonnement, deux hommes de Scotland Yard lui demandèrent si elle n’avait pas vu de jeune femme « suspect » dans le coin.

L’antiquaire prit son air le plus sincère et leur répondit que la chose la plus suspect qu’elle avait vu aujourd’hui était un vase en porcelaine Chinoise. Les deux hommes échangèrent un regard éloquent. De toute évidence, ils savaient que l’archéologue n’était pas rentré seule ce matin. Si l’un parlait avec assurance et calme, l’autre ne cessait de jeter des coups d’œil nerveux à l’intérieur du magasin comme agacé par toute cette comédie courtoise.

_ N’est-ce pas étrange, Madame MacFate, que soyez fermé aujourd’hui ? Nous sommes en pleines semaines et en heures de pointes….

_ Cela n’a rien d’inhabituelle, je pars très souvent expertisé des antiquités moi-même chez les particuliers ou effectué des fouilles en pleine journée. Comme vous voyez, mon fiacre et mes outils sont prêts, j’ai juste eu un retardement « personnel »…


Ne tenant plus, l’équipier du policier laissa sortir sa nervosité au grand jour et menaça Jane de complicité si elle abritait une fugitive. Le ton monta encore d’un cran quand Jane, d’un calme olympien leur demanda s’ils avaient une quelconque autorisation pour fouiller son magasin.
Ce n’est que lorsque les deux policiers forcèrent l’entrée qu’elle s’énerva et leur promit des représailles.

Au grand étonnement de la gardienne du Silver Dusk, Léthé n’était plus là lorsqu’ils se ruèrent dans le petit salon. Furieux ils sortirent au pas de course et en claquant la porte
.

_Léthé ?

Jane appela son invité mais personne ne répondit.  Elle s’aperçut alors qu’il lui manquait une cape et comprit que son invité le lui avait volé pour s’enfuir. Tristement, la tête pleine d’interrogation, l’archéologue retourna s’assoir sur le fauteuil et s’alluma une nouvelle cigarette.

Pour le moment, l’ayant connu que mal en point, Jane ne pensait a Léthé qu’en victime. Mais si c’était une redoutable meurtrière ? Et si cette criminelle s’était retrouvée dans cet état parce qu’une de ses victimes s’étaient bien défendues?  Jane chassa cette idée en expulsant vivement de la fumée par la bouche. Des sottises voilà ce que c’était… Elle ne pouvait imaginer sa protégé comme dangereuse pour autrui. Bien sûr, elle avait décelé chez elle cette froide détermination, cet entêtement synonyme de fort caractère. Elle ne doutait pas que cette jeune femme puisse savoir se battre mais elle n’avait vu aucun mal dans ses yeux, que son propre reflet.

Pourtant, en réfléchissant, comment ses yeux auraient pu refléter le vice si l’IOndine ne savait plus qui elle était ? Si après un choc, on oublie tout de son être et des atrocités qu’on avait commis, est ce que notre regard changerait ?  Peut-être. Peut-être pas. Elle ne savait pas pourquoi mais elle se refusait d’envisager Léthé comme autre chose qu’une victime.

Jane était tentée de partir à sa recherche mais c’est Léthé elle-même qui avait pris sa décision. Elle avait choisir de partir. L’avait-elle vraiment aidé ou n’avait-elle fait que l’embarrasser ?

Puis l’antiquaire se convainquit qu’elle risquait d’amener les policiers à elle en la recherchant. De plus, si sa mystérieuse invitée avait encore besoin de ses services, elle savait où la trouver. La porte de son magasin lui sera toujours ouverte.


[HRP: FIN du rp " souvenirs de Léthé"]
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