L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
AccueilPortailFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez|

Une tête qui inspire la confiance ... [Krieg / Red'maw] [25/10/1841]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
Red'maw
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 22/12/2015
Nombre de messages : 23
Race : Chimère
Classe sociale : Prolétaire
Emploi/loisirs : Serveuse
Age : moins de 25 ans
Age (apparence) : 19 ans
MessageSujet: Une tête qui inspire la confiance ... [Krieg / Red'maw] [25/10/1841] Jeu 28 Avr - 1:07

La soirée avait commencé de manière relativement paisible … Extrêmement paisible, en fait. C’était le jour de fermeture du Broken Jaw, comme toutes les semaines. Je l’avais tranquillement passé dans le coin de Emminent's park, à me reposer ou lire sur un banc … Le coin, plus tranquille et mieux fréquenté que Whitechapel, me permet en général de bien mieux me relaxer et profiter du temps qui passe. En début d’après-midi, un client (qui vient de moins en moins souvent d’ailleurs) m’a reconnue, et m’a demandé si par hasard je pourrais lui rendre un petit service. Rien de bien terrible : juste livrer, pour lui, un ouvrage qu’il venait de terminer de relier pour un de ses clients. J’aurais probablement refusé s’il n’avait pas laissé entendre après coup qu’il me paierait cette petite commission … après tout. Le raccompagnant chez lui, j’ai patienté quelques minutes sur le pas de sa porte, avant qu’il ne ressorte en me confiant le paquet et l’adresse d’un certain monsieur Butlock. Environ une bonne demi-heure de marche plus tard, j’étais à cette dernière, et toquais à la porte principale en espérant que la personne serait là … gagné. Lui expliquant – non sans quelques difficultés – qui j’étais et pourquoi je lui remettais ceci, il insista pour me faire entrer prendre une tasse de thé, « à titre de dédommagement » … Là aussi, j’aurais pu refuser, mais étant donné que je ne retournerais probablement pas à mon parc par la suite et que je n’avais rien de prévu … Et puis, ce n’était pas comme si je me sentais vraiment menacée par un petit vieux auquel manquait une jambe, et dont la maison était un capharnaüm de bouquins voir de parchemins plus ou moins rangés … Me dégageant une place dans un fauteuil, j’eu à peine le temps de prendre la tasse de thé qu’il me tendait (il venait de s’en préparer une théière) que j’étais plus ou moins forcée d’assister à un petit exposé sur les livres … Dans les 10 premières minutes, je tentais de partir : plus ou moins sans succès … au final, je finissais par me résigner à rester bien callée dans le vieux fauteuil de cuir, à boire dans ma tasse et à manger des petits gâteaux secs. Le tout, bien entendu, en calant un mot ou deux de temps en temps pour faire signe de vie …

Je ne savais même pas que de vieux bourgeois comme celui-ci existaient : assez riche pour ne pas avoir à travailler, mais trop intelligents pour simplement se prélasser dans l’oisiveté. On aurait dit un tuteur en manque d’élèves … Ou de conversation en général. Cependant, et même si son exposé plus ou moins détaillé sur l’évolution du taux d’analphabète en Angleterre était assez intéressant, je ne pus au bout d’un moment m’empêcher de l’interrompre franchement, avant de lui pointer la fenêtre du doigt … Il était déjà plutôt tard. Ce n’était pas comme si David s’inquiéterait vraiment de ne pas me voir revenir avant le coucher du soleil, mais j’aurais aimé dîner … Et si possible, ne pas me balader en tenue féminine à la nuit tombée dans les ruelles de Londres. Malheureusement, ce second projet semblait compromis : la nuit était déjà bel et bien tombée … les horaires hivernaux. Prenant donc congé de cet hôte sympathique, mais probablement un peu étourdi, je parcouru de nouveau les rues de Londres, revenant vers le quartier Irlandais … et je compris assez rapidement que ce cher Butlock, malgré sa bonhommie tout innocente, m’avait collé dans de beaux draps. Bien entendu, en plein cœur de l’hiver j’aurais été sotte de simplement me vêtir de vêtements légers : la robe en feutre que je portais était surmontée d’un petit gilet, qu’accompagnait mon écharpe blanche. De jour, cette tenue avait été parfaitement suffisante, de nuit, elle était … légèrement en dessous de ce dont j’aurai eu besoin. Mais la température, si fraiche soit-elle, n’était pas ce qui me dérangeait le plus. Si j’ai pour habitude de ne pas systématiquement aborder une allure très féminine, c’est tout simplement parce que les rues de la ville où je me trouve ne sont pas extrêmement bien fréquentées : les ruelles des bas quartiers dans lesquelles je m’engageais pour rentrer ne firent pas exception. Je pense que c’est du côté de Suzanne’s park que je repère les 3 ou 4 crétins qui se sont visiblement mis en tête de me suivre : si je n’étais pas observée, je me frapperais presque … Bien entendu, une règle d’or lorsqu’on ressemble à une proie sans défense est d’aller traîner dans un coin rempli de prédateurs plus ou moins opportunistes.  

J’entends quelqu’un me siffler, mais je fais la sourde oreille alors que je sors du parc, passant de nouveau sur le pavé. Derrière moi, le bruit de paires de souliers qui claquent sur le pavé est aussi prévisible qu’agaçant lorsqu’il parvient, également, à mes oreilles. Je tourne à l’angle d’une rue, et presse légèrement le pas … mais lorsque, au coin de la rue suivante, je laisse un de mes yeux regarder là d’où je viens, ils sont toujours en train de me suivre, et pressent même légèrement le pas. Or, dans la tenue que je porte, je sais parfaitement que si je tente de me mettre à courir, j’ai toutes les chances du monde de m’emmêler les pieds dans ma robe ou quelque chose du genre … Je regrette mon pantalon. Je peste mentalement à plusieurs reprises, tentant de les perdre entre les taudis et les masures délabrées : on sent clairement que je m’enfonce dans un quartier pauvre … Mais pas assez vite, et je le sais. C’est finalement à l’angle d’une tannerie – je reconnais l’odeur – et d’une maison en particulièrement mauvais état qu’une main accroche mon bras, et me force à m’arrêter. Je pivote, et tente de récupérer mon bras … sans succès, l’autre a de la poigne. Très irritant.

- Dis-donc, ma grande, t’as les oreilles bouchées ? ça fait quelques temps qu’on t’appelle, tous les trois …
- Ooooh, elle est encore plus mignonne de près !
-’Rien entendu.
- C’est pas faute d’avoir sifflé bien fort … Pas vrai Boris ?
- Ah, ça …
- Lâches-moi.
- Tiens … Pas commode, la donzelle. Tu es pressée, tu as un ménage à finir chez la personne à qui tu sers de bonne ?
Je remue le bras pour le récupérer : encore une fois sans succès. Je ne crois pas qu’il saisisse la nuance entre « peur » et « colère » dans la voix des gens, ou en tous cas, il ne la détecte pas dans la mienne.
- Lâches. Moi.
- Sinon quoi ?
- Aller, fais pas ta timide … Tu vas voir, on va t’apprendre des trucs rigolos.

Celui qui dit cette phrase a la – fort – mauvaise initiative de faire un pas en avant, et de poser une main sur un de mes seins, qu’il presse à travers 3 couches d’étoffe. Le problème, c’est que j’ai toujours une main de libre. Et très rapidement, cette dernière forme un poing, qui s’écrase sur le nez crochu du type. Ce dernier, surpris, s’écroule en arrière : avant même que le copain qui me tient le bras ne réalise réellement, mon genou lui a percuté les côtes pour que la douleur le fasse me lâcher. Le stratagème réussit : d’un geste brusque, je me dégage, avant de … trébucher. Le troisième vaurien, peut-être plus vif d’esprit que les deux autres, a eu la présence d’esprit de mettre son pied en travers des miens. Je m’écroule dans la boue en réussissant à amortir le choc avec mes bras … mais ça ne me permet pas d’éviter le coup de pied qui vient juste après. Le tissu m’empêche de répondre de la même manière, ou même de me relever rapidement : je fais à peine un pas avant de retourner contre le sol. Les deux autres se reprennent, malheureusement, et ensuite … je remercie mes penchants pour le combat. Par pour les réflexes, la musculature, ou la résistance qu’ils ont développé chez moi … Mais tout simplement parce que du coup, j’ai l’impression de « moins » souffrir lorsqu’ils se mettent à me bourrer de coups de pieds en jurant comme des charretiers.

Ca ne dure pas très longtemps, mais c’est assez intense : l’un d’entre eux me met 3 ou 4 coups en pleine bouche. Je sens dès le premier qu’il me fait légèrement éclater la lèvre inférieure … elle était gercée de toute manière. La faute au froid. En revanche, les suivants déchaussent la majorité de mes dents de lait de devant … ils ne se rendent même pas compte que je les crache. Celles que les coups n’ont pas délogé viennent, de toute manière, tomber toutes seules … Je connais parfaitement le phénomène, à vrai dire. En attendant, je me roule en boule, et attend que les coups ne cessent. Ils mettent plus de temps à le faire que je n’aurais cru, et beaucoup plus que désiré, bien entendu. Lorsque les pieds cessent de s’abattre sur moi, une main vigoureuse me saisit au niveau du col, me soulève, et le plaque contre un mur … celui qui m’a saisi tout à l’heure, qui est accessoirement le plus grand et large du groupe, me regarde avec de petits yeux mauvais. J’ai fait saigner du nez l’autre que j’ai frappé tout à l’heure … L’expression qu’il a tire un coin de mes lèvres sur le côté, dans un rictus amusé et légèrement douloureux : je dois avoir un bleu sur la joue. Lentement, je sens quelque chose de pointu percer mes gencives en plusieurs endroits, là où les dents sont tombées : d’autres naissent … mais elles n’ont clairement pas la même forme. Je garde les lèvres closes pour les cacher … pour l’instant. Je crois, pendant une seconde, saisir du coin de l’œil une silhouette, à l’entrée de la ruelle … mais je n’ai pas le temps de gérer d’éventuels témoins. L’un des types siffle en observant ma tête, ne s’attendant visiblement pas à ce que des coups de pieds à répétition ne l’abîment à ce point. Imbécile.

- C’est qui qui l’a frappé comme ça ? C’est quand même mieux quand elles sont plus agréable à regarder, bordel …
- Ta gueule Erik. T’es calmée, toi ? Parce que sinon, on peut recommencer autant de fois que tu veux …
- Vous avez vu son sourire ? Elle est flippante …
- Je serais d’avis de lui en coller une ou deux de plus, juste par sécurité … Normalement, elle aurait dû être dans les vapes, là.

J’ai envie de balancer quelque chose, mais aucune répartie ne me vient. En revanche, celui qui me porte tente de me balancer son poing dans la figure. Il ne me tient pas assez fermement : je parviens à bouger la tête sur le côté. Pas assez pour empêcher sa main de me racler la joue, mais assez quand-même pour qu’il frappe dans le mur de briques qui se trouve dans mon dos. Le hurlement de douleur qu’il pousse provoque en moi une vague de satisfaction, et ce n’est pas la parodie de claque qu’il m’envoie en me voyant sourire qui saurait la réprimer … au contraire. Il m’a lâché pour la donner. Le con.

La seconde qui suit, je lui ai administré la droite de sa vie. Normalement – et j’insiste sur ce terme – une fille de mon âge et de ma taille devrait être incapable de frapper aussi fort. Normalement. Je sais très bien que je ne suis pas normale … et si j’avais besoin de confirmation, la manière qu’il a de rejoindre le sol comme une poupée désarticulée en serait une de qualité. Les deux autres reculent. L’un d’eux sort un couteau. Il est petit, rouillé, et pas en très bon état. J’expire deux fois par le nez pour marquer mon amusement, et fait un pas dans sa direction. Il me tend le bras pour tenter de me poignarder. Je le saisit d’une main contre le coude, et de l’autre contre son poignet, et le bloque. Un instant, il a l’air de ne pas comprendre. Puis, subitement, je force assez pour plier son coude … dans le mauvais sens. Il hurle et lâche son arme : le dos de mon poing droit lui heurte la tempe et l’envoie bouler contre un mur de brique. Le premier type, visiblement moins sonné que je ne l’aurais cru, tente de se relever. Je lui place un coup de pied en plein dans la mâchoire inférieure : j’ai la satisfaction de la sentir craquer, et de la voir se déformer anormalement. Il retombe aussitôt à terre, alors que je pivote vers le 3ème larron. Lui n’a pas bougé d’un pouce … Il est maigre, pas beaucoup plus grand que moi, et n’a même pas dégainé la serpe passée dans la corde qui lui sert de ceinture. Il ne recule même pas rapidement lorsque je m’approche de lui, et pose mes mains sur ses joues … Je crois qu’il essaie de balbutier quelque chose. Il n’en a pas le temps : je tire son visage vers le mien, et pose mes lèvres contre les siennes. De toute évidence, il ne s’attendait clairement pas à ça : je le sens se tétaniser encore plus. Puis, lentement, il se détend … je pense que le goût de mon sang qui glisse dans sa bouche l’anesthésie, ou quelque chose du genre … Avec curiosité, je tente de voir s’il ouvrirait les lèvres, si je tentais de glisser ma langue entre … Mon geste semble le réveiller : j’ai le plaisir – ou le déplaisir, je réalise seulement à quel point sa bouche doit être sale – de le sentir coopérer. Voir même, de s’emballer : il ne lui faut que quelques secondes pour faire la même chose dans l’autre sens …

C’était précisément ce que j’attendais : refermant les dents d’un coup sec, je lui sectionne une bonne partie de la langue. Il tente de hurler, mais mes mains sont toujours sur ses joues : je colle ma bouche à la sienne, et bois de force le flot de sang qu’il répandrait dans le cas contraire partout sur le sol ou autres … Sentir le liquide carmin me couler aussi bien dans la gorge que sur le menton apaise tout le ressenti que j’avais en moi, et au bout d’un moment je finis même par libérer son visage et le laisser tomber sur le cul, gesticulant comme un enfant un peu attardé et me fixant avec des yeux terrifiés. Reculant un peu à l’aide d’un de ses bras, il finit par avoir la présence d’esprit de tirer son arme blanche. En glissant une main sous ma chevelure, je sors également la mienne … Et lui envoie d’un geste dans le ventre. Mon coup de pied le coupe en plein milieux de son cri. Je ne sais pas s’il perd connaissance ou pas, mais il ne résiste pas et ne remue que faiblement lorsque je me penche pour récupérer mon arme, dont je lèche la lame avec application … je ne pense avoir rien percé de vital, mais je ne suis pas médecin, après tout.

C’est seulement après avoir rengainé que je me souviens de la silhouette, et pivote le crâne … était-elle réellement là tout ce temps ? Bah … que ce soit un simple passant à effrayer, un nouvel adversaire, ou juste quelqu’un qui va s’en aller comme il est venu, ça ne change pas grand-chose pour moi. J’aimerais juste qu’il évite de fuir : je risque d’avoir du mal à le poursuivre, en robe …
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Krieg
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 19/12/2015
Nombre de messages : 17
Race : Loup-garous, indubitablement
Classe sociale : Âme errante. Je n'existe pas aux yeux de votre société, vermine humaine.
Emploi/loisirs : Chasse à l'homme
Age : 334
Age (apparence) : La trentaine passée.

Proie(s) : Tout le monde.
Oui.
Absolument tout le monde.
Résistance mentale : 5/5 de résistance mentale.
MessageSujet: Re: Une tête qui inspire la confiance ... [Krieg / Red'maw] [25/10/1841] Mar 17 Mai - 12:39

"Ne fais jamais confiance aux bas-du-front de ce genre." C'était ce qu'avait dit le boss, ce matin, après avoir briefé, une énième fois, les gros bras du quartier. Slick n'avait pas vraiment écouté. C'était comme ça que ça marchait, la plupart du temps. Le boss se perdait au moins dix minutes par jour dans un monologue aussi long que chaotique, Slick et les autres hochaient la tête sans vraiment écouter, puis partaient "bosser". Mais, parfois, quelques-unes des paroles de Krieg prédisaient un évènement à venir. Comme ici.
"Ne fais jamais confiance aux bas-du-front de ce genre." Slick comprenait bien maintenant. Il leur avait pourtant donné un job facile : "Intimidation et vol à la tire sur tout ceux qui passent votre zone". Bon sang, même à quatorze ans il aurait été capable de suivre ce genre d'instructions !
Et non, au lieu de se tenir au coin qui leur était dédié, ils avaient suivi une donzelle en laissant, au passage, librement passer un couple de faux-bourgeois souhaitant visiblement s'acoquiner dans ce genre d'endroits. Comble du bonheur, ils venaient de se faire massacrer de la manière la plus sale et pitoyable possible. Par cette même donzelle. Les coups portés par cette dernière s'étaient révélés si satisfaisant à voir que Slick avait abandonné l'idée d'aller porter assistance à la bande pour observer, tout simplement, jusqu'à ce que ça soit terminé.
Et ça l'était. Ils étaient tous tombés. Sans exception. Les moins amochés tentaient encore, difficilement, de se relever, pour l'honneur, mais même un aveugle particulièrement attardé pouvait comprendre que la fille les avait tout simplement humilié. Ca s'entendait aux gémissements des plus faibles.
-Le pire, dans tout ça, c'est que le boss va encore me dire qu'il avait raison. Fit Slick en se décollant du mur sur lequel il était appuyé depuis le début de l'échauffourée. En reconnaissant sa voix, l'un des incapables gémit un peu plus fort. Pitoyable.
Ses yeux -ou plutôt son oeil encore valide- se posa sur la silhouette de la dame. Hm, pas trop mal. Un physique de pute de qualité moyenne. Gros derrière, petite poitrine. Face de cinglée. Un peu trop gamine à son goût. Hm. Voilà qu'il se met à devenir aussi critique que son boss. Ce n'était pas son genre, pourtant. Il avait abandonné l'idée d'être difficile avec les filles depuis que ses bons vieux geôliers lui avait coulé de la cire brûlante sur la partie gauche du visage.
-J'm'appelle Slick. On s'est déjà croisé, nan?"
La dame à pas l'air bien. Sur la défensive. Elle le prend sans doute pour l'un des leurs. C'est presque vexant. Mais pas important. D'où lui vient ce petit air familier? Une serveuse d'un des bars où il glande? Une catin ? Ah, ça y est, quelques souvenirs confus la concernant s'empilent pour former quelque chose de plus ou moins concret.
-Ah, je commence à comprendre. J'avais du mal à faire le rapprochement, avec ta chouette petite robe. Tu te bats, pas vrai? Avec les grands gars des docks !
Slick s'approcha d'un des corps encore au sol pour le gratifier d'un coup de pied dans les côtes.
-Qu'est-ce que vous venez d'apprendre, là, les filles?
-Pitié...Le dis pas à ton...
Nouveau coup de pied.
-Tenir une position, c'est pas si compliqué nan? Tenir. Une. Position.
Le type au sol tremblait maintenant. Un autre tentait de relever celui qui avait écopé d'une lame dans le ventre en grinçant des dents.
-Relèves-toi...Relèves-toi bordel ! Slick attrapa le paresseux par le col et le souleva d'un coup. Vu de l'extérieur, la scène paraissait relativement amusante, puisque le type en question faisait deux fois la taille du balafré. Mais personne n'avait envie de rire, à ce moment-là. A part peut-être la fille. Pour le sport, Slick attribua une paire de gifles au grand incapable.
-Si j'étais toi, je changerais de monde. Il aime pas trop la désobéissance.
-C'est la dernière fois qu'on le fait, je te jure !
-J'en doute pas une seconde. Foutez le camp.
Ils s'exécutèrent. Bras dessus, bras dessous, tirant les plus amochés derrière-eux en couinant comme des gosses. Le balafré les observa partir en crachant par terre. Bon, maintenant, faire comme le boss le disait toujours. Profiter de l'occasion. Les éléments solitaires et indépendants sont les plus utiles et recherchés. Oui...Elle à l'air indépendante. Il lui adressa un nouveau regard, nettement moins scrutateur que le premier.
-Bon, hm...Pour toi maintenant, trois choix s'offrent à toi : Sois tu oublies ce qui vient de se passer. Sois tu les poursuis. Sois tu me rejoins là, demain, en fin d'après-midi. Mon boss aura peut-être un boulot pour une frappeuse de ton genre. Il ponctua sa phrase en tendant à la demoiselle un bout de papier graisseux, sur lequel était griffonné une adresse mal orthographiée.
S'ensuivit un court silence, pesant, durant lequel elle le jugea du regard sans essayer de le cacher. Slick s'éloigna en souriant, les mains dans les poches de son pantalon de lin sale et décoloré. Avant de disparaître dans les ténèbres d'une ruelle adjacente, le balafré ajouta néanmoins :
-T'inquiètes pas, c'est pas un travail qui nécessite de vendre son cul au plus offrant...

✞ ✞ ✞ ✞ ✞ ✞

Les genoux dans la boue, les vauriens pleurent. Les larmes coulent toujours lorsque ça arrive. Ils le savent tous. Il n'aime pas la désobéissance.
-Et donc, je me lève ce matin. Pas trop tôt, comme vous le savez, en me disant que je vais passer une bonne journée. J'ai tout bien fais comme il fallait, le jour d'avant. J'ai briefé les plus malins d'entrevous, et ait chargé Slick de faire passer le message aux autres, alors...Pourquoi ça n'irait pas? Pourtant, qu'est-ce que j’apprends, à peine arrivé en ville? Qu'une bande de quatre abrutis ont manqués à leur devoir de malfrats pour se faire rétamer. Par. Leur. Propre. Proie. A une contre quatre, une ! Parce que oui, en plus, c'était une frêle donzelle. Bien. Bien, bien, bien.
Les incriminés ne bougent pas, ils continuent simplement de fixer leurs genoux enlisés. Ce genre d'affaire se passe en dehors de la ville, dans la forêt. Au bord d'une des rivières puantes infectées par les détritus des égouts de Londres. La lumière du soleil crame la rétine des rats de ruelles et ne disparaît que lorsque l'ombre de leur chef mécontent s'arrête devant eux. L'un des quatre crache encore un peu de sang. Un pansement suintant de pue à été posé à la va-vite sur la plaie que la lame de la dame lui à infligé, hier. Le pauvre pleure comme les autres, mais au lieu d'être simplement à genou, il est allongé sur le dos. Pas dormi de la nuit. Plus assez de force pour tenir. Ses viscères lui font un mal de chien. Slick est en retrait, comme toujours. Le jeune balafré, bras croisés sur le torse, observe son chef faire les cent pas devant les incapables en se délectant de la peur sur leurs visages. Sur sa gauche, on à posé une vieille valise ouverte, d'où dépasse plusieurs crochets de bouchers semblables à des hameçons géants. L'incapable avec la langue coupée ne la quitte pas des yeux depuis son arrivée. Ca amuse autant Krieg que Slick.
-Slick?
L'intéressé lève la tête.
-Ouai?
-Elle arrive quand, la gamine?
-J'ai chargé William de l'amener ici...Si elle se présente à l'adresse que je lui ai donnée hier, je veux dire...C'est pas comme si notre organisation avait fait une bonne première impression, avec ces blaireaux.
-T'es sûr qu'elle sait lire au moins?
Slick hausse les épaules et Krieg frappa du pied dans les côtes du type allongé.
-T'endors pas toi.
Son voisin de droite lève la tête pour parler d'une voix cassée.
-Il est vraiment pas bien ch...
-La ferme. Ou vous serez tout les deux vraiment, vraiment pas bien.
Il s'exécute en aidant l'autre à se relever. Slick ricane et Krieg siffle d'agacement. Après un court silence, le vieux loup ajoute :
-Bon, si elle est pas là dans quinze minutes, on commence sans eux. J'ai pas toute la journée.
Le balafré hausse encore une fois les épaules. Il n'est pas sûr que son chef ait grand chose à faire dans la journée, en fait. A part lorsqu'on nécessite sa présence, personne ne le voit jamais en ville. C'est pourtant pas une gueule facile à rater. Même sous sa forme humaine, on dirait un prédateur. Surtout sous sa forme humaine, en fait.

De son coté, Krieg est dubitatif. Le jeune Slick est quelqu'un de débrouillard, bien entendu. Si il pense avoir déniché une talentueuse recrue, ça vaut le coup d'attendre un peu. Cependant...Prendre une jeunette dans une organisation criminelle simplement parce qu'elle à corrigé quatre abruti, ça semble un peu léger. Bien sûr, elle se bat dans les Docks, elle se bat bien même. Mais casser le nez d'un docker illettré, c'est autre chose qu'égorger un représentant de l'ordre récalcitrant avec un couteau rouillé. C'est moins crade. Plus moral.
-Chef.
En reconnaissant la voix de William, Krieg cesse de tourner en rond pour faire volte-face dans sa direction. Le jeune fouineur n'est pas seul, derrière-lui se profile la silhouette de la demoiselle dénichée par Slick. Celui-ci semble d'ailleurs plutôt satisfait. Il ne savait vraiment pas si elle allait venir, ça se voyait dans son regard.
-Parfait, au moins vous êtes à l'heure.
-Y'avait une heure précise? S’inquiète William.
Le vieux loup sourit d'avantage et répond :
-Non, justement. Bon, mademoiselle? Moi c'est Krieg, le boss de Will et Slick, que tu connais déjà, et le cauchemar de ces quatre abrutis, ici présent. C'est pas très important. Avant que nous poussions d'avantage l'entretien, il faut d'abord que tu vois quelque chose...
La suite fait trembler William, pas encore vraiment habitué, tout en faisant sourire son collègue balafré. Krieg se baisse vers la valise et attrape l'un des crochets, puis s'approche du type allongé. Ce dernier se redresse difficilement et recule en patinant dans la terre mouillée.
-Ah, tu vois que t'avais encore assez de force pour bouger finalement. Grince l'ancien mercenaire en posant son pied sur le torse du fuyard pour l'empêcher de reculer d'avantage.
-N...non-chef-s'il-vous-plait-on-le-fera-plus! Non-pitié-non-pitié-chef-je-vous-en-supplie-pitié-ne-faites-pas-ça-chef-je-vous-en-conjure !!!
-Tu me conjures? Tu me demandes un élan de clémence? A moi?
Krieg pouffe. Les trois autres incapables regardent, sans un mot. Pas parce qu'ils ne veulent rien faire. Mais parce qu'ils savent qu'ils ne peuvent rien faire. Slick les fixe. Il n'attend qu'un mouvement de leur part pour prendre part aux réjouissances.
-Je ne supporte pas les chiens de ton genre, incapable de maîtriser leurs plus basses pulsions. Tu as tenté un viol et un meurtre, hier, tu t'es raté en plus. Et maintenant tu me parles de pitié?
-Chef...
Le crochet rentre par l'œil droit, avec une lenteur calculée. Il hurle de douleur, alors Krieg hurle avec lui. Lorsque la pointe est totalement passé à travers le nerf optique, et que ce dernier gratte contre l'os, le mercenaire appuie. Quelque chose craque. Les hurlements cessent, mais le corps continue à bouger. L'acier est entré dans la boite crânienne et gratte la cervelle. Ces bruits font grimacer les trois autres, qui continuent de pleurer, les yeux fermés. William à détourner le regard depuis un moment. A l'inverse de Slick. Il attend toujours que l'un d'eux tente de fuir.
Mais ils ne fuient pas. Ils sont trop amochés de toute façon. Les règles sont strictes dans la bande. Se soustraire à la douleur d'une punition méritée, c'est condamner tout ses proches. Au moins deux des trois ont des gosses. C'est pour ça qu'ils restent. Le troisième, moins vieux que William, doit penser très fort à sa maman pour ne pas tenter de prendre ses jambes à son cou. Etre témoin de tant de faiblesse est écœurant. Mais ça n'empêche pas Slick et son chef de pouffer régulièrement.
-C'est pratique, pour accrocher les corps, plus tard. Les crochets impressionnent plus que les banales cordes autour du cou ou des pieds, tu comprends? Explique Krieg en retournant vers la valise. Une fois que c'est bien rentré, c'est insupportable à faire ressortir, à cause de la courbure. Alors tu plantes le bout du crochet qui dépasse dans un mur, et tu laisses le macchabé pendre là, avec sa cervelle en purée et son œil qui dégouline sur le pavé. Y'a que nous qui faisons ça, alors le message passe plutôt bien, la plupart du temps. Attends, je te remontre.
Le vieux loup porte son attention sur celui qui à la langue coupée. Ce dernier pousse des glapissements encore plus pitoyables que l'autre, et bien moins humain. Difficile de s'exprimer normalement, dans son état. L'incapable ne rend pas l'âme tout de suite lorsque la pointe atteint finalement la cervelle, et Krieg est obligé de le retenir par la nuque lorsqu'il se met à ruer comme une vieille carne sous l'effet de la douleur. La mort le prend deux minutes plus tard. Son tueur abandonne sa carcasse sans plus de cérémonie et retourne vers la valise. Après avoir râlé pendant un bon moment, en tentant de retirer un pique solidement planté dans le cuir, il se redresse finalement et jette l'un des instruments de morts improvisés aux pieds de la dame.
-Essaies.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Red'maw
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 22/12/2015
Nombre de messages : 23
Race : Chimère
Classe sociale : Prolétaire
Emploi/loisirs : Serveuse
Age : moins de 25 ans
Age (apparence) : 19 ans
MessageSujet: Re: Une tête qui inspire la confiance ... [Krieg / Red'maw] [25/10/1841] Dim 22 Mai - 15:25

Si trois options s’offrent réellement à moi, il oublie peut-être de mentionner la 4ème … A savoir : que lui aussi, je pourrais le réduire au silence. Je ne sais pas depuis quand il est là, je ne sais pas qui c’est – probablement le « supérieur » des trois autres crétins – et je ne sais pas exactement ce qu’il s’imagine à mon sujet en me matant avec autant de pudeur que si j’étais une pute qu’il venait de se tirer, mais d’une part, il m’inspire un profond dégoût, et en plus, il a l’archétype d’une sale gueule. Je hausse presque un sourcil lorsqu’il me tend un papier : il sait écrire, lui ? … visiblement, oui, mais mal. Je connais le quartier où il me demande de me rendre … Ya pratiquement rien, là-bas, à part de pauvres miséreux qui parviennent à peine à survivre avec les miettes qu’ils glanent ça et là. La dernière phrase qu’il me balance avant de disparaître me redonne subitement l’envie de le rattraper et de lui mettre mon poing là où je pense … mais je finis par me retenir, et par m’appuyer contre le mur, seule avec mes réflexions. Un travail pour une cogneuse … ce n’est pas que je m’ennuie au Broken Jaw, ni que je n’aime pas David, mais bon … d’un autre côté, est-ce que je suis totalement prête à basculer dans l’illégalité totale ? Parce que ça ne fait aucun doute : si son boss a « un boulot » pour moi, ce sera probablement le genre de job qui pourrait me coûter quelques mois, voire années derrière les barreaux. Et je ne mentionne même pas la corde … Je frotte mes dents avec ma langue. Fines, pointues, très légèrement dentelées … David risque de ne pas apprécier. Je dois pouvoir négocier mon après-midi, probablement … Je reviendrai faire le service dans la soirée, quand les clients seront trop ivres pour distinguer mon sourire … tssss. Cette histoire est ridicule. Je regarde une nouvelle fois l’adresse … avant de fourrer le papier dans une de mes poches, et de quitter à mon tour la zone. Je me sens lasse.

* *
*

David m’a laissé partir, finalement. « Mieux » : il m’a dit qu’il avait rencontré pendant la journée un petit jeune qui, potentiellement, pourrait venir bosser à la taverne quelques jours de la semaine. Il ne serait pas payé une fortune et serait loin de faire autant de boulot que moi, mais bon … Décrocher un travail honnête, par les temps qui courent, ce n’est pas forcément gagné : si tout se passe bien, mon patron l’embauche à plein temps … et me déleste de quelques-unes de mes heures. Le gosse vit chez sa mère, à quelques rues de là : il doit avoir 16 ans … 17 ? J’ai mal écouté lorsqu’il me l’a dit, et je ne l’ai pas vu en personne : moi, je suis à l’adresse que j’ai reçu hier. Le coin est aussi miteux que ce à quoi je m’attendais : j’ai presque peur de dégonder la porte lorsque je tape trois coups secs sur le battant. Il faut que je m’y reprenne à deux fois pour finalement entendre un « oui oui, j’arrive !» me parvenir de loin … Je n’ai pas entendu très distinctement, mais la voix me semble jeune. Les sourcils froncés, je regarde la porte s’ouvrir. Effectivement, ce type est jeune … Plus que moi. Plus que je n’ai l’air de l’être, en fait. Une nouvelle fois, j’ai l’impression de m’être trompé d’adresse : ce ne serait pas impossible dans la mesure où celle que j’ai reçu avait une ou deux belles grosses fautes, si ça se trouve, je devrais être en train de me balader sur les chouettes allées pavées aux alentours de Piccadilly. Mais lorsque je sors de ma poche le papier sale qu’on m’a passé hier et que je le tends au gamin, il l’observe un instant, puis me regarde avec un espèce de sourire. Je crois qu’il est soulagé que je ne sois pas un énorme marin mal rasé et à moitié ivre qui s’enfermerait volontiers quelques instants avec lui dans la baraque pour lui faire découvrir toutes sortes de choses peu catholiques et potentiellement douloureuses. J’ai même l’impression que là, c’est lui qui souhaiterai que je le fasse. Quel dommage.

- Heum … Moi c’est William. Enchanté.
Je sers la main légèrement molle et moite qu’il me tend sans me départir de mon air neutre.
- ‘chantée. C’est ici ?
- … Ici …
- Le rendez-vous (je n’ai aucune idée de s’il comprend le français, surtout avec mon accent, mais vu comment ses yeux s’illuminent, je crois que oui)
- Ah, oui ! Non. Bordel ! - C’est Slick qui vous a passé ça, hein ? J’opine du chef en essayant de cacher mon envie de lui en coller une et de m’en aller. - Juste que je sois sûr de … pas m’être trompé. Visiblement, je ne suis pas très efficace quand je vois la tronche qu’il tire. Je réessaie. - Il … m’a dit d’attendre quelqu’un ici, et de la conduire au vrai point de rendez-vous.
- Ah … Bon.
- heum … on y va, alors ? Je hoche la tête en m’écartant un peu sur le côté. - B-bien ! Suis-moi !

… Je l’avoue, je ne m’attendais pas à ça … Et là je ne sais plus à quoi m’attendre du tout. Bon point : William sait à peu près où il va, et même si j’ai naturellement tendance à me méfier en voyant certains quartiers par lesquels nous passons, je comprends à son allure et à la manière qu’il a de vérifier régulièrement si je le suis – mais pas de s’arrêter pour trouver son chemin – que l’affaire a bel et bien été planifiée, et que ce gosse ne joue bel et bien que le rôle de guide. Nous sortons rapidement de Londres : ce n’est ni vraiment une bonne, ni une mauvaise nouvelle de mon point de vue … Quoique j’aimerai éviter qu’on retourne à Glasgow à pieds bien entendu, mais ça n’a pas l’air d’être le cas là non plus. Au bout de peut-être une demi-heure de marche que je m’efforce de garder silencieuse (je ne réponds en tout et pour tout qu’à une seule de ses questions, un « ça va ? légèrement incongru) nous débarquons à côté d’une des petites rivières, reliées à la tamises, dans laquelle on retrouve la même eau boueuse et polluée qu’en ville, sinon une pire encore. Le type à la figure à moitié grillée de la veille est là : je mets quelques instants à me rendre compte que mes agresseurs aussi … Plus grâce aux plaies qu’aux visages, en réalité. Cela dit, c’est compréhensible : je doute que beaucoup de demoiselles puissent identifier visuellement de parfaits inconnues qui les ont suivis dans une ruelle sombre pour la bloquer, avant qu’elles ne leurs refassent plus ou moins proprement le portrait. Et il y a aussi ce type aux longs cheveux noirs, que je présume immédiatement être le chef du groupe. Pas parce que ses frusques font un brin moins miteuses. Même pas parce que William l’interpelle en disant « chef ». Ni à cause de son sourire pointu, qu’il assume visiblement pleinement … Non, ce qui me dit, en premier lieux, que c’est bien le dirigeant de … quoi que soit ce groupe d’ailleurs, une bande, une organisation, ou quoi que ce soit … C’est tout simplement le fait qu’au moins 5 personnes ici ont peur de lui. Les 4 gusses à terre, et William. Slick, lui, a plus l’air content de me voir qu’autre chose : je ne sais pas quoi en penser. Et le type, qui se présente sous le nom de Krieg, lui … il a une tête rappelant celle des clients qui viennent dans une taverne dans l’unique but de provoquer une bagarre. Pas d’y participer. De la provoquer. Et probablement d’achever les survivants.

S’en suit une scène qui a le mérite de me faire quitter l’air neutre / blasé que je tentais de maintenir jusqu’ici. Je ne sais pas à quoi je m’attendais en débarquant ici, mais … pas à voir mes agresseurs … « châtiés » de la sorte. Ce qui m’étonne, c’est qu’ils ne tentent même pas de se soustraire à la condamnation arbitraire qui leur tombe dessus, pas plus qu’à la peine infligée : c’est tout juste s’ils tentent misérablement d’argumenter. C’est plus pitoyable qu’autre chose, et aussi efficace que de l’huile sur un feu : je crois même que le dénommé « Krieg » prend plus son pied en les voyant à sa merci de telle manière que s’ils s’étaient contentés de subir sans protester … Cela dit, je ne sais pas s’il est venu à l’esprit d’un de ces crétins de ce battre. L’idée me paraît rapidement stupide : à 4 contre une, ils ont perdu et ont étés salement amochés … Quelque chose me dit qu’ils savent qu’ils ont encore moins de chances maintenant et avec ce type. Je me force donc à regarder sans trop sourciller un, puis deux de mes agresseurs prendre un crochet dans l’œil et dans le cerveau. Je prête à peine attention à l’explication que je reçois : je suis un peu trop concentrée sur le spectacle qu’offre le macchabé encore chaud qui a servi d’exemple en premier. Je crois que je sursaute presque lorsqu’un nouveau crochet atterris à mes pieds : j’ai une seconde d’absence, avant de m’accroupir pour le ramasser, puis de me redresser … J’ai deux cibles potentielles. Je tire la tronche … Je n’aime pas avoir un choix de ce style. Je fais également taire la petite voix dans mon crâne qui me souffle que tuer, c’est mal. Ce sont des pourris, des moins que rien, de pauvres types, et s’ils étaient à ma place, ils n’hésiteraient pas … tsss. S’ils étaient à ma place, ils n’auraient pas à décider qui y passe en premier. Finalement, je me rends comptes que celui des deux qui pleurniche le plus, dans le plus grand silence et sans que personne ne s’en rende compte, a souillé ses bas … Avec un soupire, je me dirige vers son camarade. Lorsqu’il s’en rend compte, il déglutit, avant de me parler avec un calme que je ne lui aurais pas cru … Surtout sachant que c’est celui auquel j’ai retourné le bras hier. Je me demande comment il a réussi à se le mettre en écharpe : on a dû le faire pour lui, vu le nœud.

- écoutes … Je … Je suis désolé pour hier soir. Ca se voit à ton visage oui.- Je … On voulais … Ecoutes, je suis sûr que t’as pas vraiment à faire ça ! J’aie eu à planter l’œil de personne pour rentrer dans le groupe moi, je suis sûr que c’est pas le cas pour toi ! Il panique légèrement. Je me doute qu’il dit la vérité, et même si son argument n’est pas forcément des plus pertinents, je pense qu’il cherche à me donner du grain à moudre. Il reprend son souffle avant de continuer, visiblement conscient qu’il joue sa vie sur comment il parviendrait à m’influencer. - Je … J’ai une gamine. Qui a ton âge. J’hésite à lui répondre que ça rend particulièrement tordu le fait qu’il ait voulu me violer, mais ni le temps, ni l’envie, ni la possibilité pratique. - Tu n’es pas faite pour … des trucs … aussi sales que ça, hein ? D’un geste du menton, il me désigne les deux corps à côté de lui. Il a le visage couvert de sueur, mais tente de rester calme. Je finis par fermer les yeux en soupirant, et je regarde le crochet à un instant … Je finis par le passer dans ma ceinture.
- Debout. L’expression de soulagement sur son visage me fait presque peine à voir. Pas parce que je sais ce qui l’attends après … Plutôt parce qu’elle me fait prendre conscience d’à quel point la situation est moche. Mais bon.
- tu ne peux pas savoir à quel point je – Je parviens à le couper dans sa phrase d’un claquement de langue, lorsqu’il se redresse. J’ai mis du temps avant de trouver une manière qui fait autant de bruit, d’ailleurs. - … quoi ?
Je claque du doigts de telle manière à ce que mon index, à la fin de mon geste, désigne Krieg, qui se trouve pour l’instant derrière le pauvre bougre. Ce dernier m’observe, puis mon doigt … Puis, finalement, son chef.
- Et lui ?

Je parviens au résultat que je voulais : il finit, au bout d’un instant de réflexion, par réaliser que le fait que je ne sois pas son bourreau ne le tire en rien d’affaire, et se prépare à argumenter quelque chose pour son chef aussi. Je crois. Ou alors, il attends que ce dernier ne s’approche de lui, ne le regarde dans les yeux, et n’aspire son âme par ce simple geste. Je penses d’ailleurs que ledit boss compte dire quelque chose : que ce soit au pauvre minable, ou à moi ... Ou peut-être à Slick, en fait : c’est à cause de ce type que je suis là après tout. Mais quoi qu’il en soit, je ne laisse pas s’écouler plus d’une seconde, avant de franchir la distance qui me sépare du type en un ou deux pas. Ma main passe au-dessus de son crâne, et saisit quelques mèches de cheveux grasses, pile là où se termine le front : je le tire en arrière brutalement, en m’assurant de l’autre main qu’il ne tombe pas par terre. Grosso-modo, cela implique que je retienne une grosse partie de son poids sur un bras, mais j’ai vu pire. Il tente de pousser un cri étranglé lorsqu’il bascule : là aussi, ça ne dure pas beaucoup plus d’une seconde … Parce que je me penche sur son cou que je viens d’exposer, et que j’y plante mes crocs. Mes dents n’ont toujours pas changé depuis hier soir : la dentition de requin dont je suis pourvue déchire les chaires avec une facilité presque déconcertante.

J’ai le plaisir de parvenir à trancher aussi bien la carotide que la gorge : la première pisse le sang à l’intérieur de ma bouche (ce qui me permet de boire comme à une fontaine), tandis que la seconde change le cri qu’il poussait en un gargouillis incompréhensible, et bien moins pénible à l’oreille question intensité. Il tente de se débattre, sans succès : son bras handicapé est de mon côté, et l’autre n’a pas l’allonge nécessaire pour me faire quoi que ce soit de déterminant. Il met peut-être une, deux minutes à s’affaiblir à cause de la perte de sang : tout ce temps, je le légèrement penchée vers l’avant, à m’assurer qu’il ne tombe pas, et à laisser le liquide remonter dans ma bouche avant de passer dans ma gorge. L’anémie fait rapidement son effet, de même que le manque d’air : très vite, ses gestes deviennent bien moins violents, plus mous, puis … cessent tout à fait. Lorsque son cœur n’envoie même plus assez de sang vers le haut pour que je puisse continuer à boire de manière convenable, je referme encore plus les crocs, et arrache un lambeau de chaire, puis laisse le type tomber. Vidant ce que j’ai dans la bouche du plus de liquide possible en le mâchant lentement, je finis par recracher un petit morceau de viande informe, et par m’essuyer la bouche et le menton du reverse de la main … J’ai de la chance : la tenue un peu garçonne que j’ai mis aujourd’hui n’a pas la moindre tâche. Si ça pouvait rester comme ça … M’accroupissant sur le type agonisant, je dégaine finalement mon crochet, et met en pratique la leçon qu’on m’a filé quelques instants plus tôt : il ne résiste pas, ni crie, pas, et ne fais que me fixer d’un œil torve, alors que l’autre éclate, et que son orbite sert bientôt de point d’attache pour le crochet qui lui gratte l’intérieur de la boite crânienne. Me relevant, je soupire en regardant le corps à terre. Je ne sais même plus très bien quoi penser de la situation … C’est probablement la première fois que j’épanche comme ça ma soif sur quelqu’un sans défense. Et devant témoin, en prime. Je me demande si le dernier type va s’enfuir : il a l’air prêt à. Mais finalement, c’est William qui déchire le silence, d’une manière qui n’a pas dû surprendre que moi.

- C’était ça qu’elle voulait dire … Plusieurs paires d’yeux – et un autre, solitaire – se tournent vers lui, demandant de toute évidence une explication. - … Quand j’ai demandé … Si elle allait bien … Elle m’a dit qu’elle avait soif …

… Ce n’est absolument pas volontaire, mais je ne peux pas m’empêcher de pouffer dans mon poing lorsqu’il dit ça.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Krieg
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 19/12/2015
Nombre de messages : 17
Race : Loup-garous, indubitablement
Classe sociale : Âme errante. Je n'existe pas aux yeux de votre société, vermine humaine.
Emploi/loisirs : Chasse à l'homme
Age : 334
Age (apparence) : La trentaine passée.

Proie(s) : Tout le monde.
Oui.
Absolument tout le monde.
Résistance mentale : 5/5 de résistance mentale.
MessageSujet: Re: Une tête qui inspire la confiance ... [Krieg / Red'maw] [25/10/1841] Mer 22 Juin - 18:24

Krieg souriait en se grattant l'avant-bras gauche. L'air pensif, le vieux loup détaillait la ruine humaine étalée aux pieds de sa nouvelle collaboratrice. Malgré sa très grande expérience dans le domaine du meurtre de son prochain, il ne voyait rien de très intéressant à critiquer concernant la soudaine mise à mort qu'on venait de lui offrir. Ca avait été brutal, sanglant. Cruel aussi, dans une moindre mesure. Avec un peu de travail sur le style, cette gamine aurait toutes ses chances de devenir une très bonne exécutrice. Dans ce genre d'organisation -son genre! - Krieg savait d'expérience qu'il était important de faire peur. Et une bouffeuse de carotide de ce type pouvait faire, ma foi, relativement peur, une fois bien entrainée.
Le vieux loup leva les bras au ciel, parodiant ainsi efficacement une révélation divine, pouffa, puis applaudit vivement en s'approchant lentement de la demoiselle. Derrière, accroupi aux cotés d'un William occupé à rendre tripes et boyaux, Slick ricanait aussi, soulagé par l'apparente approbation de son chef. Les applaudissements du dirigeant de l'étrange meute mirent une longue minute à prendre fin, soixante secondes durant lesquelles Krieg s'amusa à tourner autour de la jeunette et de son cadavre en prenant soin de la détailler exagérément d'un œil critique. Finalement, une fois définitivement satisfait, le mercenaire vint se planter devant elle pour lui mettre la main droite sur le visage. Comble du bonheur, il eut la satisfaction de percevoir son léger mouvement de recul avant qu'elle ne se laisse toucher. Ce que le tueur lui offrit alors n'eut rien à voir avec une douce caresse sur la joue ou, au contraire, une humiliante claque, non. En vérité, ce fut bien plus étrange. Il lui enserra la face, sans pour autant forcer. La paume sur le nez, les doigts effleurant le front pour venir au contact de ses cheveux d'une couleur si étrange pour une femme de son âge. Et ainsi, tout en emprisonnant ce visage embelli par la présence d'un sang ne lui appartenant pas, Krieg fit d'un ton enjoué :
"-Ton avis Slick?"
L'intéressé, qui aidait William à se relever pour la troisième fois, lâcha ce dernier pour grincer, en souriant :
"-Honnêtement chef? En la regardant, je sais pas si je dois bander ou trembler."
Ledit chef retira sa main pour en lécher l'intérieur de la paume, désormais souillée par quelques gouttelettes de raisinés à moitié séché.
"-Dans le doute, fais-les deux." Cracha-t-il en plongeant son regard dans celui de sa trouvaille.
Le court silence qui suivit se révéla à la fois gênant pour William et hilarant pour Slick et son chef. Le premier observant d'un œil relativement inquiet les deux autres se retenir de pouffer comme des gosses. En entrant dans cette "organisation", le fouineur s'était attendu à bien des choses. Mais certainement pas à une série d'exécution précédant une blague incompréhensible et invraisemblablement immature. Et ce simple fait le fit froncer des sourcils. Tout cela ne faisait que confirmer un fait déjà particulièrement avéré : Il était parfaitement impossible de comprendre ce foutu cinglé aux dents en pointes.
"-Bon, trêve de plaisanterie." Dit finalement Krieg, tout simplement, avant de reculer de quelques pas pour casser, d'une torsion de main, la nuque du dernier survivant. Slick s'avança pour finir le travail au crochet mais le mercenaire ne s'attarda pas à observer la chose. Enfonçant profondément ses mains dans les poches de son pantalon de tissu noir, il se dirigea vers la forêt en invitant d'un mouvement de tête à la demoiselle de le suivre. William fit de même, principalement pour s'éloigner le plus possible du travail, relativement sale, du balafré de l'équipe. Une fois sûr qu'elle le suivait bien, le chef de bande commença son exposé :
"-Tu vois lorsque Slick m'a parlé de toi, la première fois, j'ai d'abord pensé que tu ferais une excellente pute. Ne te vexe pas, ce n'est pas contre toi. Le fait est qu'en général, les femmes de cette ville sont bien meilleures dans la prostitution que dans le meurtre et l'extorsion. La faute aux nobles, je suppose."
Il enjamba un tronc posé en plein milieu du chemin, ce qui déclencha un grand mouvement de panique parmi la multitude d'oiseau s'étant posé dessus. D'un geste vif, Krieg attrapa l'un des plus petits au vol pour lui briser l'échine du pouce et le faire disparaître dans sa bouche. Les craquements qui suivirent n'eurent strictement rien d'appétissant. Le mercenaire reprit juste après avoir avalé la boule de plume.
"-Mais en écoutant Slick, je me suis dis que j'allais te laisser une chance. Et j'ai l'impression d'avoir bien fait. Penses-tu que j'ai bien fais?"
Il ne fit pas attention à la réponse.
"-Maintenant qu'on m'a rapporté tes qualités de combat de rues et que j'ai vu tes qualités d'exécutrice. Je me pose une question plutôt...Comment dire...Relativement classique. Où diables pourrions-nous t'affecter?"
William se contentait d'écouter, à quelques pas dans leurs dos. Il sondait du regard la demoiselle. De base, cette dernière n'avait pas l'air franchement expressive, mais une fois posée aux cotés de ce psychotique tueur éternellement souriant, la mordeuse avait l'air d'une foutue statue. Est-ce qu'au moins elle écoutait ce que son chef lui disait? Le fouineur secoua la tête. Quelle importance? Le boss n'avait pas besoin d'avoir un auditoire attentif pour se perdre parmi ses propres paroles. Son amour pour le monologue semblait presque maladif.
"-Car je vois bien que tu ne prends pas plus de plaisir que ça à tuer ou malmener des types. Ce qui est tout de même un frein, dans le métier. Ca peux s'arranger avec l'habitude mais ce n'est pas le sujet. Tu serais peut-être meilleure dans un autre domaine, disons...Moins létal. Et encore une fois, je ne parle pas de prostitution. Tu n'as pas l'air d'avoir de maladie et tu n'es pas immonde à voir, mais ton air de portemanteau inexpressif ferait de toi une bien mauvaise catin, finalement."
William se gratta l'occiput. Elle n'avait pas l'air offusquée, c'était déjà ça. Ce qui l'impressionnait actuellement, dans le discours de son chef, c'était le fait qu'il n'imaginait même pas que l'étrange albinos puisse décider de leur fausser compagnie. Krieg semblait déjà la considérer comme l'une des leurs. Ce n'était pas le cas bien entendu, le vieux loup restait trop paranoïaque pour ça, mais sa façon de jouer le confiant père de famille juste après un massacre pour se rapprocher un peu plus de la nouvelle recrue était tout de même criante de vérité.
"-Excuses-moi, je joue un peu avec toi. Le fait est qu'en réalité, je sais parfaitement où tu pourrais t'épanouir. Les boulots de protections, les boulots d'intimidations. Briser des mâchoires sans tuer et être payer, ça te plairait bien, hein? Ce serait un bon début, pour toi. Ca t'apprendrais à travailler les bases. A faire peur. A faire mal. Ce genre de chose. Mais ce n'est pas le plus important, pour l'instant."
William se prit les pieds dans une racine et tomba en avant. Son patron s'écarta d'un pas pour le laisser s'écraser au sol, sans lui accorder le moindre regard, puis reprit.
"-Je voudrais que tu m'arranges une petite rencontre avec ton patron, au Broken Jaw."
Le fouineur se redressa en prenant appuie sur ses genoux endoloris. On y arrivait. Voilà, c'était ça. Depuis le début. Ce qui avait décidé le souriant tueur, ce qui l'avait convaincu d'organiser "une audition" pour la demoiselle. C'était ça. L'appât du gain. Étendre un peu plus l'influence de la meute. Creuser une nouvelle tanière, près des bastonneurs des Docks. Extorquer de l'argent à un patron de bar en échange d'une protection imaginaire. Des manières de gangs. Des manières que William connaissait bien.
"-Rien de très officiel, hm? Juste une petite discussion, à une table dans son bar. Histoire de discuter du potentiel avenir de son établissement. Tu penses cela possible?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Red'maw
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 22/12/2015
Nombre de messages : 23
Race : Chimère
Classe sociale : Prolétaire
Emploi/loisirs : Serveuse
Age : moins de 25 ans
Age (apparence) : 19 ans
MessageSujet: Re: Une tête qui inspire la confiance ... [Krieg / Red'maw] [25/10/1841] Sam 9 Juil - 12:21

Je ne sais pas exactement ce que je suis supposé penser face à ce type. Je suppose que lorsqu’on le connaît beaucoup, on finit par s’habituer à ses petites manies, son humour étrange et sa tendance à parler seul pendant des heures … Pas que ça me dérange réellement de ne pas répondre, remarque. Je doute qu’il ait porté attention au « Peut-être » que j’ai laissé entendre lorsqu’il m’a questionné sur le bien-fondé de son choix. Et à vrai dire, je me demande un peu à quoi il pourrait réellement porter attention, de manière générale. Foulant la terre humide et les feuilles mortes, je me retiens avec un certain succès d’en coller une à William en suivant son chef, mais rigole lorsqu’il trébuche et s’écrase au sol. Je me reprends certes vite en main, mais le détail m’amuse … En outre, je suppose que le fait d’avoir bu m’a mis de relativement bonne humeur. Bon, le faire devant témoins, c’était plutôt inédit, mais je n’ai pas le sentiment que ça ait été une si mauvaise idée, en fin de compte : il semble prendre positivement ma méthode d’exécution. A tel point que la sienne s’est, au passage, clairement simplifiée pour sa dernière victime … Je doute qu’il en ait quelque chose à faire.

En revanche, je n’aime pas le ton qu’il prend pour certaines phrases. Le moment où il évaluait mes capacités de catin m’a plus donné envie de sourire qu’autre chose – il ne sait pas à quel point il a raison de ne même pas essayer – et je ne suis pas spécialement dérangée par son idée de me demander de taper sur des types : il a parfaitement raison de se dire que c’est ce que je ferai de mieux. Mais sa demande de s’entretenir avec David, ça … J’hausse un sourcil un instant, surprise, puis le fronce. Il me faut certes moins d’une seconde pour réfléchir à la réponse, mais j’en prends quand même plusieurs avant de la formuler à voix haute. En réalité, c’est juste parce que je prends le temps de sortir mon calepin de la poche arrière de mon pantalon, ainsi que le fusain que je cale dans la reliure. Ce n’est pas tout de dire « oui » ou « non » à une question de ce style : en général, il faut aussi justifier un peu … Ou en tout cas, dans mon cas, je trouve cela plus approprié. Surtout que je doute que ce soit vraiment la réponse à laquelle il s’attend.

Nan.Not there.

Je gratte le papier de manière calme, posée, en essayant d’être le plus lisible possible malgré mon absence de support décent pour écrire … J’espère qu’ils savent lire. Eh … suis-je bête : j’ai été conduite ici grâce à un bout de papier, après tout. Rédiger le billet doit bien me prendre une ou deux minutes, mais je n’en ai pas grand-chose à faire : je crois que Slick nous rejoint mais je ne relève pas les yeux vers lui pour confirmer. Après un petit moment de réflexion, je finis par plier le morceau de page, et par déchirer proprement le billet que je viens de noter pour le tendre. Il y a une adresse dessus : ce serait bête de la garder juste pour économiser une demi-page … William récupère la note après quelques instants où personne ne semblait vouloir daigner bouger, et la tend à son patron. L’idée qu’il lise le message à voix haute m’aurait surpris honnêtement, je doute qu’il sache lire,
lui …Enfin, qu’importe : c’est à Krieg qu’est adressé le message, tant mieux si c’est lui qui en découvre le contenu le premier. Surtout sachant que Slick n’était pas là les instants d’avant. Enfin … Pas juste là avec nous.

Pour un certain nombre de raisons, je refuse qu’on fasse le moindre entretien au Broken Jaw, j'ai déjà assez de mal à virer les clients tardifs et ivres de manière normale sans en prime garder trois types louches pour que moi et le patron on leur tape la causette.
Retrouvez-nous (moi et David, mon patron) plutôt dans 3 jours, à l’intérieur de l’entrepôt 21, sur les docks vers 2h du matin. On parlera du Broken Jaw, de moi et vous à ce moment-là.

(et oui, je ferai probablement la pire pute que vous pourriez trouver sans porter la moindre maladie : avec mes dents qui sont comme les vôtres, un faux mouvement et on perd définitivement un client)


Je lui balance un sourire laissant bien voire mes dents de requins lorsqu’il a fini sa petite lecture, avant de soupirer en reprenant mon air neutre, replaçant mon carnet dans ma poche. Je me sens las … impossible de dire pourquoi. La digestion, probablement … Encore que je sens, comme d’habitude, le sang « disparaître » de mon ventre, comme s’il était aspirer ailleurs, là où il ne prendrait pas de place. Ça m’en donnerait presque faim … il doit rester des biscuits secs à la taverne. Levant les yeux vers les arbres, je remarque que le soleil baisse … Je suppose que l’après-midi doit arriver vers sa fin. «
- Je rentre », que je lâche d’un ton un brin sec avant de pivoter les talons et de me détourner des trois malfrats. J’ai le déplaisir d’entendre un bruissement derrière moi, qui pourrait correspondre aux pas de quelqu’un de jeune, léger, et maladroit. Un « - Seule. » sans appel sort de mes lèvres, alors que je reviens vers les 4 cadavres qui se trouvent dans la boue, non loin de là. Celui qui a eu la nuque brisé va me servir à quelque chose … Le retournant sans trop d’efforts, je le dépouille de sa veste – à peu près – propre et la passe par-dessus mon gilet et ma chemise, qui eux sont tâchés de sang. Pas beaucoup, mais assez pour que ce soit louche. Et je ne tiens pas à attirer l’attention … Ajustant un peu mon béret et m’essuyant la bouche, je reprends le chemin vers Londres, en me demandant si le gamin sera toujours en vie demain soir, vu ses deux acolytes. Bah … Je ne sais pas ce qu’il fait avec eux, mais il a autant l’air à sa place qu’une sardine dans un banc de requins. L’image m’arrache un sourire.


*     *
*


David n’a pas été content lorsque je lui ai rapporté le résultat de mon après-midi … Et grosso-modo déballé toute l’histoire. Il a fait les 100 pas dans notre petite salle commune, à l’étage, grommelant dans sa barbe, et me posant de temps en temps une question directe à laquelle je réponds par oui ou non avant de me replonger dans mon bouquin. J’ai l’habitude de sa façon de « gérer mentalement les crises » … Et il a raison d’être inquiet, quand on y pense. Je n’ai pas franchement de regrets pour ce que j’ai fait, mais lorsqu’il me balance à la figure qu’on pourrait peut-être brûler cet endroit s’il refuse de payer – et il l’a dit très clairement : il cherchera un arrangement pour ne pas avoir à le faire – je comprends un peu mieux dans quel bourbier je l’ai mis … Au bout d’une bonne heure et demi, il finit par se calmer, s’asseoir sur une chaise qu’il installe à l’envers devant moi, et on cause. Pas bien longtemps, mais pas juste deux minutes non plus : le temps qu’il faut pour établir un « plan d’action » correct. Le coup du rendez-vous dans notre entrepôt abandonné fétiche était une bonne idée, selon lui. Ça nous laisse plus de marge qu’ici, déjà. Lorsqu’on a fini de voir ensemble comment devrait et devra se dérouler l’entretien, si on peut l’appeler comme ça, il me demande si j’ai envie de voir comment la nouvelle recrue se débrouille, seule en salle. Je lui emboîte le pas sans grande conviction.

Les deux jours suivants passent de manière mi tendue, mi morose. Il y a peu de clients. La faute au temps : il se met à pleuvoir des chats et des chiens sur Londres la veille du rendez-vous avec Krieg, et ça ne s’arrête pas par la suite. Et en plus, il y a un élément que j’ai oublié de prendre en compte … La nuit que j’ai choisi tombe le jour avant la veille d’une pleine lune. Et je ne sais pas si c’est une histoire de puissance, d’ancienneté ou quelque chose de ce genre, mais David y est sensible : Il est légèrement plus irrité que d’habitude...  J’ai l’espoir naïf qu’au moins, la pluie se calmera pour le rendez-vous, mais c’est  en vain. Lorsque nous avons fini de ranger la salle principale du Broken jaw, une fois tous les clients partis vers minuit / une heure du matin, et que nous sortons tous les deux couverts de grands manteaux de toile épaisse et cirée, il est impossible d’y voir à plus de 5 mètres. Heureusement qu’ils sont spécialement prévus pour ce genre d’occasion d’ailleurs : ma veste en toile normale n’aurait pas supporté autant de flotte, ou en tout cas pas en m’en protégeant totalement. Pourquoi j’ai décidé de remettre une jupe, une chemise et un gilet en dessous ? Aucune idée. Les bottes de cuir, c’est pour rester les pieds au sec, et le béret, c’est pour éviter de me mouiller trop le crâne, c’est tout ce que je peux dire … David quant à lui a mis la même tenue que d’habitude : pantalon en toile, haut en toile blanc, bretelles, et un pull par-dessus. S’il ne portait pas son imperméable, il aurait tout l’air d’un ouvrier … En plus grand et plus énervé, peut-être. Sa courte barbe noire me donne parfois l’impression qu’on a enfermé son visage dans un genre de rectangle … Il avait ricané lorsque je lui ai dit. Mais pour le moment, il est renfrogné comme jamais, et plus nous approchons de l’entrepôt, plus j’ai comme le sentiment que cet entretien risque de mal tourner. L’un dans l’autre, je sais que j’ai à peu près toutes mes chances d’y survivre, étant donné que je sais me transformer et guérir d’à peu près n’importe quoi … Et la « malédiction » de David lui permettrait facilement de ré-échapper à un ou deux coups de couteaux. Mais après, on ne sait jamais trop bien ce qui pourrait se passer, avec un type comme celui qu’on va rencontrer … Ni à quel point il sait bien se battre. Une petite voix me souffle « beaucoup mieux que toi ». Je la fais taire.

Lorsque nous arrivons à l’entrepôt, il est aussi vide, éventré sur un flanc et poussiéreux que d’habitude : même si le gros trou dans le mur (causé si mes souvenirs sont bons par l’explosion d’une caisse de poudre, quelques mois plus tôt) laisse rentrer énormément de pluie et d’humidité, la moisissure n’a visiblement pas réussi à s’installer de manière efficace … Trouvant un coin ni trop sale, ni trop exposé aux courants d’air, je m’installe pour patienter encore peut-être une demi-heure tandis que David, lui, fais de nouveau les 100 pas. Une demi-heure, c’est si notre ami aux yeux de corbeaux est ponctuel : je suis parfaitement préparée à attendre plus … Ou moins, ceci dit. Le temps passe dans un silence relatif, étant donné que la pluie ne cesse pas un instant. Cependant, je suis presque sèche lorsque nous entendons des pas, à l’extérieur, et une discussion … Est-ce un monologue ? Je n’en sais absolument rien, mais je reconnais instantanément les trois silhouettes qui, à leur tour, passent par l’ouverture « officieuse » du bâtiment. Un jeune con, un défiguré, et un type dont l’honnêteté semble aussi discutable que ma capacité à faire une lecture publique en bibliothèque. Presque aussitôt, David s’arrête de marcher en se posant à côté de moi, et je note à son expression que quelque chose cloche. Pointant sans honte les trois individus du doigt, je fais les présentations … Succinctes. Je lui ai déjà dit qui ils étaient, mais au cas où.

- Williame, Slick … … Et Krieg. Puis, mon doigt part cette fois vers le type qui m’héberge, alors que mes yeux vont vers les 3 malfrats. - David.
- Enchanté messieurs … Mais si vous voulez bien nous excuser une petite minute, répond le géant à côté de moi d’un ton un peu étrange.

Et la seconde d’après, il me choppe par l’écharpe, et me tire derrière lui. Dans la mesure où ce geste, auquel je n’ai pas vraiment été habitué, me surprend totalement et m’étrangle, je ne résiste pas vraiment, et le suit alors que nous … Ressortons dans la ruelle. Je mets moins d’une paire de secondes à sentir ma veste s’alourdir à nouveau et changer de teinte à cause de la pluie, et comme j’avais retiré mon couvre-chef, il en va de même pour ma tête et mes cheveux … Finissant par lui frapper la main pour qu’il me lâche, je recule d’un pas et le regarde dans les yeux en plissant les miens.

- T’es pas bien ? Je suppose que le fait que je sorte 3 mots de rangs, et la grimace que ça me fait tirer lui font un peu réaliser son geste, mais il n’a pas l’air particulièrement dérangé par ça, ni par l’eau qui lui ruisselle sur le crâne.
- Red. Deux de ces trois types sont comme moi. Je prends une seconde pour digérer l’info, mais ne fait même pas l’erreur de me tourner pour les regarder : ils ne doivent pas être visibles de toute manière … Sauf si l’un d’eux est sorti nous regarder. Ce n’est pas dur de deviner qui ne se transformera pas demain ou après-demain, de toute manière.- Tu savais ?
- Nope.
- … Bon. Viens.

Je cligne des yeux à deux reprises, et le regarde se retourner pour repartir … Il est sérieux ? Je secoue la tête en remarquant qu’il m’attend, et le rattrape en trois enjambées, maudissant cette météo. Je dois l’avouer, même si Krieg ne m’a pas semblé humain, je voyais la chose plus … Métaphoriquement. Lorsque nous rentrons de nouveaux, pas grand-chose n’a bougé : tout juste William a-t-il fait l’erreur de s’asseoir. Il va comprendre sa bêtise lorsqu’il se relèvera, sans doute … David, tendant son énorme paluche, serre des mains en prenant un sourire cordial presque naturel, pendant que je reste un peu derrière, perplexe. Je ne m’attendais pas à ça, non.

- Bien … Je suppose que vous l’avez remarqué, Red’ n’est pas très causante, - Pas toujours. que je coupe avec un petit sourire. Il reprend comme si de rien n’était :  … Mais elle a pris le temps de m’expliquer à peu près toute l’histoire … Et de m’informer du fait que vous vouliez me parler. Je suppose que dans les deux affaires, ce serait préférable que je joue l’interlocuteur … Sauf pour les questions en « oui / non », bien sûr. - Hun hum. - Maintenant, la question monsieur … Krieg, c’est bien ça ? Ce serait de savoir ce dont vous voulez parler en premier. Red’ … Mon pub … Ou autre chose.

Je me demande si William se rend compte qu’il est au beau milieux d’un groupe d’inhumains, qui même sans user de leurs « capacités » pourraient le tuer une bonne dizaine de fois chacun. Ou plutôt, je me demande si c’est à cause de ça qu’il tremble, ou du froid. Remettant ma barrette en place, j’élude la question … Ce n’est pas lui, la personne la plus importante, ici.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Krieg
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 19/12/2015
Nombre de messages : 17
Race : Loup-garous, indubitablement
Classe sociale : Âme errante. Je n'existe pas aux yeux de votre société, vermine humaine.
Emploi/loisirs : Chasse à l'homme
Age : 334
Age (apparence) : La trentaine passée.

Proie(s) : Tout le monde.
Oui.
Absolument tout le monde.
Résistance mentale : 5/5 de résistance mentale.
MessageSujet: Re: Une tête qui inspire la confiance ... [Krieg / Red'maw] [25/10/1841] Mer 5 Oct - 15:25

-Quel temps de chien.
Krieg ricana à l'entente de la réflexion du jeune Slick, qui fixait l'extérieur de l'entrepôt avec l'air blasé du type n'aimant pas la pluie.
-Pas étonnant que notre petit groupe soit de sortie, alors.
Personne ne répondit et un demi-silence tenta de s'installer, en faisant fi des clapotis de la pluie et des pitreries de William, qui tentait de s'asseoir sur un tas de taule sans déchirer plus qu'il ne l'était son manteau miteux. Une scène assez pitoyable en réalité, qui avait au moins le mérite d'occuper son esprit bien trop imaginatif. Après un court moment de flottement, Slick retira sa veste de cuir noir pour la jeter en direction du plus jeune du groupe. L'habit s'étala derrière ce dernier sans que le balafré n'y prête vraiment attention, le sol de l'entrepôt étant de toute façon moins sale que lui.
-Tu aurais dû le jeter cet après-midi. Souffla le chef de bande, les yeux rivés sur le tricot sans manche, partiellement blanc, et taché de sang, que son employé portait à même la peau.
-C'est ce que je voulais faire, mais je me suis souvenu que je n'avais plus de baillons, boss.
Krieg ricana et William l'imita, sans vraiment comprendre où était la blague...Ou même si il y avait une blague. Puis il entreprit de remonter la manche droite de son manteau, une énième fois. Le fouineur avait rejoint Slick et son chef une heure auparavant et son apparition avait instantanément causé une crise de rire aux deux tueurs. Soucieux de vouloir ressembler plus ou moins aux autres membres de la "bande" William avait volé le manteau qu'il portait actuellement à un grand type, sans vraiment se soucier du fait qu'effectivement, ce modèle-ci était pensé pour...Un grand type. Aussi traînait-il constamment derrière-lui vingt bons centimètres de tissu trempés par la pluie et la boue. Ca avait l'air exténuant. Slick, qui s'attendait à le voir abandonner au bout d'une dizaine de minutes, lui avait promit de l'arranger dans la semaine, pour qu'il ressemble enfin à autre chose qu'à un "gosse dans un costume d'adulte". La réflexion avait moyennement plut au concerné, mais ce dernier s'était contenté de hocher la tête en fixant ses manches trop longues. Les faits étaient là : On ne pouvait pas se battre en marchant sur son manteau.
-Il est à qui ? Manda justement le fouineur, brisant une nouvelle fois le silence s'étant installé dans le froid entrepôt.
-Quoi donc?
-Le sang.
-Oh.
Slick risqua un regard du coté de son chef, qui ferma les yeux pour lui donner son accord : Il pouvait en parler ici.
-Boyd et sa bande se sont entêtés.
-Vous les avez tous tués?!
Krieg ricana puis cracha quelque chose de noir, à ses pieds. Ca avait l'air d'être un mélange de sang et de salive. Le balafré, de son coté, balaya la zone du regard, comme si il s'attendait à voir des gardes débarquer par les trous des murs. William plissa les yeux. Ca se voyait que Slick était vraiment stressé. Parce que sa main droite s'était rapprochée de son couteau fétiche, celui accroché contre sa hanche droite, sous son tricot. Lorsque le malfrat voulait seulement intimider ou se donner un genre, sa main se posait plutôt sur le pommeau de la dague à sa ceinture. Chose étrange, pourquoi avoir peur ici?
-Calme toi Slick. Souffla calmement le chef de bande.
-Je ne l'aime pas.
-C'est parce que tu n'es pas habitué à sa présence. C'est comme ça entre loups. Krieg se passa la langue sur les dents pour se faire saigner un peu plus, comme à son habitude. William devina que son chef se préparait à s'égarer dans un long monologue. La méfiance animale, Slick. Lorsque deux loups solitaires se rencontrent, ils se méfient. Ici, c'est pareil. Une nouvelle preuve de la faiblesse du sang humain. Même lorsque la lune n'est pas pleine, notre instinct bestial prend parfois le dessus sur nos êtres...
-Excusez-moi de vous interrompre mais...vous les avez vraiment tous tués?
William fut surprit de constater que celui qui avait coupé son chef n'était autre que lui-même. Ses tempes se mirent à battre extrêmement rapidement, puis Krieg émit un nouveau ricanement.
-Non, bien sûr que non. Il n'y avait que Slick et moi contre...Hm. Environ trente des brutes de Boyd. Alors nous sommes parti en laissant tomber le paiement.
Le jeune homme haussa un sourcil, interloqué. Laisser tomber? Vraiment?
-Pourquoi alors...
-Tu te souviens de Jenna, la putain qui accompagne tout le temps Boyd?
-Celle avec un œil jaune et un œil bleu?
-Précisément. Maintenant elle n'a qu'un œil bleu.
William hocha la tête d'un air faussement détaché et Slick se passa le dos de la main gauche sur le front. Dehors, deux chats s'époumonaient à hurler dans le but d'impressionner l'autre, chose qui n'avait pas l'air de franchement fonctionner puisqu'ils persistaient depuis cinq bonnes minutes déjà. Hormis cela et l'abondante pluie, rien n'avait l'air d'approcher.
-Mais qu'est-ce qu'ils foutent !
-Il se méfie, comme toi tu méfies. C'est pour ça qu'il est ressorti. Je l'ai vu dans son regard.
-La seule chose que j'ai vu dans son regard, c'est de la peur, moi.
-De l'inquiétude, pas de la peur.
-Y'a une différence?
-Minime. Mais oui.
Slick s'immobilisa en voyant que les concernés s'apprêtaient à revenir dans l'entrepôt. En les voyant entrer, Krieg ricana puis pencha la tête sur le coté, patient sans en avoir l'air. Il fusilla tout de même du regard le patron de bar lorsque celui-ci vint serrer sa main, principalement pour faire comprendre que le faire attendre n'était pas forcément une bonne idée. Durant les salutations d'usages, le chef de la bande jeta un coup d'oeil en direction de Red. Son sourire avait l'air d'être un bon signe. Qu'il soit dû à sa nervosité ou à son amusement, ce rictus présageait -normalement- que la situation la sortait de son inexpression apparemment habituelle. La grosse voix du patron de la demoiselle le tira un instant de ses réflexions et, du coin de l'oeil, l'ancien mercenaire remarqua que Slick commençait à faire les cent pas, derrière-lui. Ce détail le fit sourire un peu plus. Le jeune fils de la lune agissait exactement comme sa propre personne, à l'époque où son âge se comptait encore en décennie, pas en siècle. Ca avait quelque chose d'assez amusant d'associer sa jeunesse à cette gueule cassée. William toussota, gêné par le silence de son chef, signe que cela devenait vraiment trop long.
-Hmmm...Hmmm. Souffla finalement Krieg en fronçant les sourcils, l'air profondément concerné. Une nouvelle minute de silence s'écoula lentement. Je ne sais pas. Où est-ce que tu chasses,  les soirs de pleine lune?
Ses deux comparses ricanèrent, mais seul le plus dangereux était réellement amusé. Le vieux loup se contenta de conserver son sourire de mauvaise augure.
-Le pub, bien entendu, je viens parler du pub. Le reste ne me concerne pas pour l'instant.
Nouveau silence. William se redressa un peu pour se gratter le cou vigoureusement.
-Les gars de ma bande ont besoin d'un endroit tranquille où se poser, dans le coin. Cracha finalement le chef de meute. Et j'ai besoin d'entrer en contact avec les bastonneurs des quais. Alors je me suis dis : Pourquoi pas faire d'une pierre, deux coups avec le Broken Jaw? En faisant de la cave de ton établissement l'une de nos planques, je  m'assure une petite rentrée d'argent et une entrée soignée parmi les gros bras de l'entrepôt. En fait, le mieux serait encore que ce soit toi ou Red qui m'introduise auprès de ceux qui s'occupent des pari.
L'ancien mercenaire marqua une pause, le temps que son vis-à-vis digère l'information. Le grand gaillard savait maîtriser ses expressions faciales, chose rare, pour un type avec un physique de débardeur. Mais il y avait des choses qu'il ne cachait pas. Comme ce furtif froncement de sourcil, lorsque les mots "rentrée d'argent" avaient été prononcés. C'était donc de ce coté que ça gênait. L'éthique, le fait d'être associé à une bande de salopards, ça n'avait pas l'air de le toucher. Voilà qui simplifiait pas mal de chose.
-Soyons plus clair : je ne prend pas en compte que mon intérêt personnel, cette...Association nous serait bénéfique, à tout les deux. En établissant une planque dans ta cave, ou ton grenier, qu'importe, je t'assure l'afflux d'une nouvelle clientèle fidèle et, pour la plupart, fichtrement portée sur la bouteille. De plus, ceux que j'affecterais à la surveillance ne seront pas des soudards incapable de se tenir mais bien de fidèles et discrets bouffeurs de chairs qui, en plus de ne jamais te gêner, se feront une joie de s'assurer que personne ne dérange ta clientèle lambda. La sécurité de ton établissement sera doublée. C'est donc normal que je demande un petit pourcentage, pas vrai?
Krieg étouffa un ricanement en constatant que sa plaidoirie semblait si grotesque que même William n'avait pas l'air convaincu.
-Un peu plus sérieusement, je te demanderais quinze pourcent tout en forçant mes gars à payer à chaque consommation. Tout en forçant nos futurs associés à payer. Tout en défendant le Broken, ses employés et ses clients.
-Ce que le boss veux dire, en fait. Le coupa Slick, en souriant nerveusement. C'est qu'il va pouvoir récupérer une partie de la paie de ses propres hommes grâce à ces quelques pourcentages, tout en leur faisant croire qu'ils gagnent à surveiller cet endroit...
Krieg ouvrit la bouche pour protester...Mais finit par se raviser.
-C'est exactement ça, huhu. Mais c'est pas tout. Au final, avec tout ce nouveau peuple dans ton bar, même en soustrayant mes quinze pourcent, tu gagnerais plus qu'avant, si mes calculs sont bons.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Red'maw
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 22/12/2015
Nombre de messages : 23
Race : Chimère
Classe sociale : Prolétaire
Emploi/loisirs : Serveuse
Age : moins de 25 ans
Age (apparence) : 19 ans
MessageSujet: Re: Une tête qui inspire la confiance ... [Krieg / Red'maw] [25/10/1841] Mer 19 Oct - 23:56

J’ai envie de faire comme William.

Je ne sous-entends pas par là « ruiner un manteau de toute manière trop grand pour moi », mais juste m’asseoir. J’ai passé la plus grande partie de mon après-midi à valser entre les tables avec des plateaux sur les mains, et de ma soirée à nettoyer la grande salle de nombre de choses peu glorieuses que pourraient y avoir laissé les clients : je commence à avoir les jambes fatiguées. Bon, soyons honnêtes : ce n’est pas comme si je risquais la moindre courbature demain matin. Peut-être un léger manque de sommeil. Je force, ces derniers temps … bah. William est bien assit, lui, pourquoi pas moi ? Je ferme les yeux, mon propre manque de sérieux me contraignant légèrement. J’insiste sur le « légèrement ». Je finis par rouvrir les paupières lorsque Krieg reprends la parole, et remarque seulement à quel point il a attendu avant de le faire. Une blague. Une blague spécifique. J’ai un soupçon d’appréhension. David va réagir … ? non. Enfin, une réaction à la David. Relativement inexpressif, mais je vois ses épaules se relâcher légèrement quand les deux ricanent. Subitement, je me demande ce qu’ils font là. L’un d’entre eux du moins … Red’Maw, ma fille. Ce sont des truands. Ils ne te font pas confiance, pas plus qu’à l’homme à côté de toi. C’est normal de venir à plusieurs, dans ce genre de cas … Même si, dans le pire des cas, William ne servirait franchement à rien. Mais je doute qu’on en arrive là.

Ensuite, ça parle du pub. Forcément, je me sens concernée, et pas qu’un peu … Mais la discussion me perd rapidement. Regardant les tôles sur lesquels tombent la pluie, je m’interroge. Est-ce qu’il reste à manger pour nous, à la taverne ? J’aimerais grignoter, en rentrant. Vu le temps, hors de question de traîner dehors. Un rat traverse l’entrepôt, rasant un mur éloigné. Je tourne de nouveau la tête vers le trio lorsque Slick prend la parole. Son expression me donne envie de grincer des dents, mais je m’efforce de rester neutre. Enfin, je m’efforce … je n’ai pas trop à forcer pour dire à mon visage de ne rien faire. Je tourne les yeux vers Krieg. Il n’a pas l’air d’apprécié d’être coupé dans sa phrase par son suivant. Est-ce qu’il va le frapper ? Finalement non. Dommage. Mon regard est un instant attiré par un corbeau qui se pose à côté d’une fenêtre cassée. Secouant son plumage trempé, il essaie de se cacher de la pluie. Il me rappelle Aylith … tsss. Probablement parce qu’elle a un corbeau en elle … si j’ai bien tout compris. Mince, de quoi on parle déjà ? David n’a pas encore pris la parole … Ils comptent le jouer longtemps, le coup du « je mets à chaque fois 15 minutes à te répondre » ? Ah. Il sourit. Ça, ça veut dire qu’il s’amuse … à sa manière. Que je ne comprends pas. Enfin … pas très bien.


- Mhhhh … Et là, c’est le moment où je dis : “c’est très intéressant ce que vous me proposez là … Mais … » … … Et il se tourne vers moi en attendant que je lui donne la réplique. C’était bien ce que je disais : il s’amuse.
- Maiiiiiiis ? que je finit par pousser, en lui rendant son regard.
- Mais. Laissez-moi vous raconter une histoire, Krieg. Oh nom de … - Il y a … 12 … il lève les yeux au ciel comme si il faisait un effort considérable pour se souvenir. - non, 13 ans. Il y a 13 ans, un jeune type pas beaucoup plus grand que Slick débarque dans le quartier irlandais, et monte un pub. J’étais déjà installé depuis 10 ans : autant vous dire que ça m’a fait étrange de voir ma clientèle baisser de moitié. Je me renseigne … Bon. Je suppose qu’il sous-entends par là qu’il a su pour le jeune type, parce qu’il ne détaille pas plus que ça. - Je laisse couler. Le temps passe … Quelques semaines, peut-être mois après, je vois des clients revenir. Pas un ou deux en plus tous les soirs … Presque … Presque tous ceux qui avaient déserté d’un coup, en fait. Alors je me renseigne, à nouveau. Nouveau sourire. Ca me rappelle celui qu’il a eu, ce jour où les policiers étaient descendu au broken … Une histoire de mec disparu, je crois … je ne sais plus. Mais c’était juste après une nuit complète passée sur les docks, et David ne cicatrice pas forcément aussi vite que moi … alors forcément, c’était très louche. Mais il s’était contenté de sourire, comme maintenant … avant d’expliquer plus ou moins directement qu’ils pouvaient fourrer le nez dans leurs propres affaires. J’espère qu’il ne va pas refaire la même. - Et l’info est pas très dure à chopper : elle est sur toutes les lèvres. Le jeune type s’était acoquiné avec un groupe, qui « protégeait » son bar. Normal : un concurrent un peu déloyal aurait pu vouloir le faire brûler « par accident », vous connaissez sûrement la musique. Bref … Le groupe qui protégeait son bar, un soir, a pris en grippe un client qui, en fait, avait surtout trop bu. Pas le genre méchant, mais méchamment con quand il est bourré. Et le client s’est fait planter à cause de ça. Tellement peu loin de la sortie que le lendemain, le jeune type a fait salle quasi-vide. Le temps que la nouvelle se répande, elle était totalement vide, et maintenant le jeune type a un œil en moins, traîne sur les docks, et est en permanence tellement murgé qu’on ne comprend rien de ce qu’il raconte.

Je baille. Visiblement, ça coupe David dans son discours. Sans que je sache pourquoi, j’en suis … satisfaite. Un peu. Je hausse les épaules en le regardant : il doit être 2h du matin, j’ai une tête d’ado, j’ai bossé toute la journée et il vient de raconter une histoire. Il s’attendait à quoi ? Et maintenant, il attend quoi ? Visiblement, ça doit venir de moi, vu que ses yeux noirs sont toujours rivés sur mon visage. Je finis par lâcher un soupire, et par regarder ailleurs, fourrant un peu le nez dans mon écharpe.

- Et ensuite ?
- … Et ensuite, rien. Mais tout ça pour dire que les “protections” de ce genre … Je m’en passe. Et du coup, vos 15 pourcent … ça va pas se faire non plus. Le broken jaw accepte tout type de clientèles, et de manière générale, les rares problèmes que j’ai eu … moi ou la petite blonde à côté de moi, on a généralement suffi à les régler. Donc ça peut marcher pour que vos hommes passent … Mais je ne vous refile pas 15% de mes bénéfices pour qu’ils protègent quelque chose qui n’en a pas besoin.

Je hausse un sourcil. Il est malade ? Ah … non. Vu son sourire, il continue à jouer. Je suppose qu’il a jamais rien incendié en jouant avec les braises, ou des allumettes. Dommage. Mais bon, qu’il continue … Après tout, tant qu’on lui laisse le temps de continuer.

- “Mais” … ah, merde. J’ai loupé celui-là. - je ne suis pas du genre à faire perdre leur temps aux gens, et encore moins à gaspiller le mien. Alors laissez-moi vous raconter une autre histoire, beaucoup plus courte. Celle des taxes. De base, je ne suis pas anglais. Et je n’ai rien contre cette chère Victoria, mais ça me fait mal de devoir lui verser un denier à chaque fois que j’achète de quoi faire tourner mon commerce. Surtout que je lui en verse souvent, et pas mal. Alors voilà le deal que je vous proposerais, plutôt. Je connais des gens qui font de la contrebande. Le problème, c’est que je leur revient pas, comme acheteur.

Si j’étais un « gros client », genre un de ces pubs de bourgeois où les clients entrent pour parler affaire, et dînent de je ne sais quels mets raffinés en buvant le fin du fin … Et surtout, si je vendais la bière importée d’Irlande 5 fois ce qu’elle vaut, il n’aurait aucun problème à me vendre la sienne. Mais, pour des raisons obscures, la dernière fois que j’ai voulu « faire affaire », je me suis fait raccompagner à la porte. Ça doit être ma gueule, l’emplacement de mon pub, ou mes arguments, je ne sais pas … Mais j’ai un truc qui cloche. Donc, voilà ce que je te propose. Je t’indique qui il est, où tu le trouves, et comment tu entres en contact … « de la bonne manière » avec lui. Et tu t’arranges pour me négocier un contrat qui me permettrait de m’approvisionner pour bien moins cher.

Et là, je n’ai pas les chiffres en tête, comme ça. Mais je pense que si je calcule bien, entre le surplus de clientèle et la baisse de coût pour le ravitaillement … Je dois pouvoir … « partager », en échange de ce service, jusqu’à 20% de ma recette. Tu n’as pas à m’assigner de gardes. Je te permets de récupérer un peu plus de la paie de tes hommes.


Et voilà … Lui tout craché. Je ne sais même pas si je suis vraiment surprise. Le corbeau ne bouge plus … je suppose qu’il dort. Me frottant les bras sous mon manteau, je balance d’un pied sur l’autre. J’ai des fourmis dans les jambes. Il fait froid, ici … la faute à la pluie. Elle ne veut pas se calmer. David continue d’échanger encore quelques instants sur sa proposition encore plus juteuse de contrat, mais je n’écoute pas les détails : il connaît son affaire, et sait la gérer. Je suis presque un peu surprise qu’il n’ait pas déjà commencé à tenter de sympathiser plus que ça avec le … … j’ai un doute. Comment je peux qualifier Krieg ? Tout sonne … à côté. Comme si à chaque fois, il fallait pire. Bon … Sympathiser avec le monstre ? Oui, ça paraît bien. Un monstre, donc … et ce qui m’étonne, c’est qu’il ne tente pas de faire ami-ami avec. Je sais qu’il n’en tirerait probablement pas grand bénéfice. Non, ce qui lui plairait, dans ce genre de choses … ce serait le frisson du danger. L’amour du risque. Mettre sa tête dans la gueule du loup … en en étant un soi-même, cela dit, le danger est un brin plus relatif, je suppose. Mon attention est brusquement retenue lorsque j’entends mon nom dans la discussion.

- ‘maw pourra toujours vous - Hein ? - … content de voir que tu suis. Donc, je disais … Red’Maw pourra toujours vous accompagner, pour les types qui gèrent le club comme pour le contrebandier … Vu qu’elle va faire du temps partiel pour vous. Par contre … Il y a un détail qui vient de me revenir. Red’ ?
- Moui ?
- Tu leur a dit ?
- Dit quoi ? Je pose la question honnêtement en plus : j’ai vraiment de plus en plus envie d’aller dormir. Il roule des yeux dans les orbites, comme s’il voulait regarder au ciel puis aux enfers le plus vite possible, et je réalise. Retroussant les lèvres, je montre les dents de requin, posant un doigt dessus. - Oh. Ca ?
- Oui, “ça” … ça me semble quand même plutôt important à mentionner, non ?
- Ouaip … mais non.
- Non … Tu n’as rien dit.
- Nope.

Il éclate de rire. Un bon gros rire bien franc, qui lui colle parfaitement : le rire d’un type honnête qui trouve quelque chose vachement drôle. A vrai dire, je trouverais presque ça amusant aussi … « presque ». Il secoue la tête et s’excuse au bout de quelques secondes, se massant le visage avec sa main, avant de regarder les trois. Je suppose que pour eux, ça ne doit pas avoir beaucoup de sens. Encore que. J’ai un comportement encore moins humain qu’eux, quand j’y réfléchis bien … mais ça ne m’a pas trahi trop souvent, ces dernières années.

- Désolé … Enfin … En même temps, dans la mesure où elle ne savait pas que vous aviez un… hmmm … Disons, « cycle menstruel », ça ne m’étonne pas qu’elle ait gardé les lèvres closes. Mais je suppose que vous aviez dans l’idée de la mordre, à un moment ou un autre, peut-être ? Peut-être pas remarque … Si c’est le cas d’ailleurs, tant mieux. Ça ne marcherait pas. Mais elle expliquera ça mieux que moi.

Si je le pouvais, je sortirais un « la bonne blague ». Mais c’est un mot de plus que ce que je peux dire à la suite. Je déteste mon cerveau.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Une tête qui inspire la confiance ... [Krieg / Red'maw] [25/10/1841]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

Sujets similaires

-
» Ajay Don Krieg» Hiiaka inspire-moi! Fait-moi découvrir la magie! [Sujet Abandonné]» Vente Elysien Forge World (GI)» Casquettes pour Blood Axes...» Jean Racine & sa cour d'admirateurs
Page 1 sur 1
Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
L'Ombre de Londres :: Whitechapel (East End) :: Les Fonderies et les tanneries-