L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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De l'obscurité naît la lumière [Alastor, Eulalia, Raphaël] [28/04/42]

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Eulalia Grey
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MessageSujet: De l'obscurité naît la lumière [Alastor, Eulalia, Raphaël] [28/04/42] Sam 4 Juin - 0:40

[HRP] En venant de The Silver Dusk : Entre Deux Rayonnages [/HRP]

Eulalia sursauta en se réveillant. Il faisait nuit noire. Les papiers froissés sous sa joue avaient laissé des marques discrètes alors que dans l’air flottait encore l’odeur de la lampe qui s’était éteinte. Seule la lumière de la lune perçant à travers les carreaux permettait encore de voir.
La jeune femme pesta en essayant de rassembler les livres du mieux qu’elle le pouvait. Elle s’était endormie à la bibliothèque !
***



Une petite musique pour lire:
 



Plus tôt dans la journée, elle s’y était rendue avec la ferme intention d’étayer ses preuves pour disculper Alexender et Raphaël. Et pour cela, rien de mieux que la section des archives… Articles de journaux, état civil officiel, elle passerait tout en revue pour trouver la plus petite faille dans la couverture du Comte afin de l’exploiter. En parallèle, elle avait prévu de rechercher des traités de médecine à propos des flux sanguins, en espérant trouver une solution à la longue dégénération de Raphaël. Elle devait absolument trouver le moyen de nourrir celui-ci sans mettre en danger la vie de quiconque.

Raphaël… Cela faisait si longtemps qu’elle ne l’avait pas vu. Eulalia angoissait terriblement à l’idée de ce qui avait bien pu lui arriver. Une lettre arrivée ce matin de la part d’Alexender lui avait fait part que le Vampire s’était séparé de la troupe depuis moins d’une semaine. Depuis, plus de nouvelles. Elle avait également appris la disparition d’Aria… C’en était trop, elle devait retrouver son amant avant qu’il ne lui arrive malheur, quitte à en payer le prix fort.
Son absence au moment où elle avait le plus besoin de soutien l’avait cruellement faite souffrir. Bien sûr, elle savait que le jeune homme n’y était pour rien et qu’ils faisaient chacun ce qui était nécessaire pour leur avenir. Mais qu’est-ce qu’elle aurait aimé qu’il la serre contre sa peau froide. Elle aurait aimé pouvoir caresser sa peau d’albâtre, se fondre dans le cocon protecteur de ses bras comme lorsqu’il l’avait prise en charge au pied du Queen’s Head. Il lui manquait de tout son être et malgré les dires d’Alexender, Lally croyait en la force de leur amour. Peut-être, au fond, étaient-ils le dernier espoir de paix entre deux races qui s’entretuaient depuis la nuit des temps…

La Huntress avait du se faire discrète pour venir à la Bibliothèque. La mort de ses parents remontait maintenant à plus d’un mois et demi. Elle portait le Grand Deuil et n’était normalement pas autorisée à sortir de la demeure de sa marraine. Cependant, cette dernière fermait les yeux sur ses sorties incognito, convaincue que la maintenir entre quatre murs ne l’aiderait pas à se remettre du choc de la perte.
Eulalia avait pour elle l’avantage de ne posséder aucun signe réellement distinctif en dehors de ses lunettes. De plus, le portrait qu’on avait fait d’elle dans les journaux était assez évasif pour lui permettre de ne pas être reconnue. Enfin, pour n’attirer aucun soupçon, elle avait retiré ses vêtements noirs pour une simple robe de coton brun, au col et aux manchettes blanches, un manteau léger en petite laine bordeaux et un chapeau tout ce qu’il y avait de plus classique. Elle avait des airs d’institutrice et personne n’aurait pu l’identifier comme cette infortunée jeune fille recueillie par une des nobles les plus riches de ce pays.

Timidement, elle était entrée dans l’édifice en début d’après midi, se faisant la plus discrète possible. Elle avait filé au rayon Anatomie et cherché tout ce qui aurait pu la mettre sur la voie d’une solution au mal de son amant. Elle grappilla quelques informations, notamment la suivante : de tous les animaux à ce jour étudiés, les membres de la race porcine étaient ceux dont le sang et les organes paraissaient les plus proches de la race humaine. La jeune femme garda cette option dans un coin de sa tête mais elle ne paraissait pas convaincue. En 60 ans d’existence, Raphaël devait avoir eu l’idée d’utiliser cette solution de repli… Non, décidément, ce n’était pas dans les rayonnages ouverts au public qu’elle trouverait de quoi se renseigner sur les Vampires ! Il lui fallait l’aide d’un scientifique, quelqu’un qui l’épaulerait dans ses recherches…

Déjà le jour déclinait. Il fallait qu’elle se dépêche… Evidemment, la salle des archives n’était pas simple d’accès. Elle avait la fatigue des gardiens et la discrétion à son avantage et réussit cependant à se faufiler au nez et à la barbe de ces derniers. Elle commença par chercher des actes de naissance, des papiers qui pourraient témoigner des ascendances du Comte… Mais rien, rien dans cette partie du bâtiment. Ce bougre était prévoyant… Il avait dû prendre des mesures de sécurité supplémentaires concernant tout indice de sa nature Vampirique. Il lui faudrait donc creuser autrement. Soudain, la jeune femme eut une idée. Elle se rappela avoir souvent entendu parler d’une jeune femme installée à Londres, à la tête d’une entreprise de chemins de fer ou de machines à vapeur. Quel était son nom déjà… Ah oui ! Stephenson. Eulalia s’en rappelait car cette femme était connue pour ne pas supporter la lumière du soleil. Une triste maladie pour le commun des mortels, une pièce à conviction pour un Hunter. Sans doute avait-elle déjà croisé le Comte, peut-être entretenaient-ils des liens privilégiés ? Elle chercherait de son côté pour l’atteindre…

La jeune huntress passa une bonne heure à réunir tous les documents qu’elle pouvait sur cette inconnue. Articles de presse, papiers officiels, comptes rendus. En parallèle, elle était allée dans les tréfonds des archives pour retrouver une trace des fameux procès qui avaient été tenus lors des chasses aux sorcières. Avec un peu de chance, elle arriverait à trouver un nom, une description qui puisse la rapprocher du Comte…

De longues heures durant, elle éplucha, dans un recoin des archives, les dossiers qu’elle avait récupéré. En effet, un article paru en mars faisait état d’une réception au manoir de la fameuse Miss Stephenson à laquelle le Comte s’était rendu. Simple coïncidence ? Ou un indice de plus ? Elle chercha et releva plusieurs incohérences de ci, de là. Bien sûr, pour quelqu’un avec un passif de Hunter, ces preuves étaient amplement suffisantes pour prononcer un jugement. Mais face à un jury humain… Elle ne pouvait se permettre d’arriver avec quelques indices de généalogie flous et des articles de journaux puis proclamer que le Comte était un Vampire ! D’autant plus que la généalogie ne portait même pas sur lui.

Cependant, elle trouva, dans les rapports de procès, la description d’un homme qui collait comme deux gouttes d’eaux au Lord. Il avait été dit que le condamné avait été brûlé, cependant, sur la liste des exécutions correspondant au jour de ladite mort, nulle part il n’était fait mention d’un colosse pâle aux cheveux blancs. Simple vice de procédure ? Ou alors le Comte avait réussi à s’échapper et le tribunal avait falsifié des documents ? Cela remontait à tellement loin.

Désespérée de trouver un jour une piste tangible, la jeune femme avait décidé de lire toutes les brochures de faits divers depuis 1800. On n’avait vraiment entendu parler du Comte que depuis l’avènement de la Reine Victoria. Mais il n’avait pas pu se hisser au sommet sans faire de manigances…
Pendant des heures, la Huntress se fatigua les yeux à la lueur d’une lampe à huile faiblissante. Elle finit par s’endormir, devant un article à sensation d’une dizaine d’années intitulé « un meurtrier à la rose blanche… »
***





Lovée dans son coin sombre, Eulalia s’était faite enfermer dans l’édifice. Une fois réveillée, tous sens en alerte, elle essaya de se repérer dans la pénombre pour rechercher la sortie.
Lally n’avait jamais eu peur du noir. Mais depuis la mort de ses parents, depuis le Théâtre et l’aperçu qu’elle avait eu de la Salle Noire du Comte Keïsuke, elle éprouvait une certaine angoisse quand elle se retrouvait dépourvue de lumière.

De plus, elle avait l’impression que quelqu’un l’observait. Sans doute le fruit d’un esprit perturbé, rendu paranoïaque par l’ambiance angoissante de la salle. Tout était si silencieux… Elle avait l’impression que sa simple respiration provoquait le plus infernal des tapages. Elle avançait fébrilement entre les rayonnages, cherchant désespérément la sortie.

Eulalia sentait sa nuque brûler, elle avait vraiment l’impression d’être suivie du regard. Imperceptiblement, son pas s’accéléra, elle sillonna les étagères jusqu’à l’allée principale. Un bruit la fit se retourner.
-Il y a quelqu’un ?

Sa voix tremblait. Elle n’avait plus aucune assurance. Elle était venue sans armes, sans protection, ne pensant pas qu’elle se retrouverait enfermée ici. Elle était sûre qu’il y avait quelqu’un.

Et si…

Et si la bibliothèque était le territoire d’un Vampire ?

Lally n’avait jamais songé à cette éventualité. Mais au fond, quel meilleure cachette que les sous sols de cet endroit, bourrés de papiers moisis où la seule perturbation devait être quelque rat ? Et si ce qu’elle sentait dans l’ombre n’était pas le fruit de son imagination mais une créature de la nuit prête à lui sauter à la gorge ?


- Je rêve… Non, je délire. Il n’y a rien, absolument rien ici. Je suis seule, c’est seulement mon imagination qui me joue des tours.

Pourtant, ni ses pas ni son cœur ne ralentissaient. Ses pensées commençaient à s’embrouiller, ses mains tremblaient. La peur gagnait l’esprit de la jeune femme alors qu’elle courait vers l’allée centrale et qu’elle se jeta sur la porte pour l’ouvrir.

Elle ne trouva que la résistance d’une porte fermée à clé.


- Non non non…. Allez, ouvre toi….

Fébrilement, la jeune femme actionnait la poignée dans l’espoir, un peu fou, que celle-ci cède. Peine perdue. Du coin de l’œil, elle cru voir une ombre se déplacer. Dans un sursaut, elle se retourna. Ses yeux d’humaine ne voyaient rien que l’obscurité. Elle se sentait prête à défaillir.

- Montrez vous ! Je sais que vous êtes là ! Qui êtes vous ?!

Les genoux de la Huntress s’entrechoquaient littéralement. Elle s’imaginait qu’une créature à l’image de celle que le Comte avait crée à partir de son père allait sortir d’un coin de la pièce. Elle n’avait ni Bloody Rose ni rapière pour se protéger…
Jamais elle ne s’était connue autant paniquée. Bien sûr, Eulalia n’était pas quelqu’un de faible mais elle avait été tellement malmenée émotionnellement qu’elle subissait le contrecoup de toutes ces angoisses. De plus, l’exposition à la Salle Noire avait laissé dans son esprit les traces d’un cauchemar qui la suivait partout.

Lally se raccrochait à chaque éclat de lumière lunaire comme à une bouée de sauvetage. Ses yeux allaient dans tous les sens alors qu’elle reculait. Son cœur battait si fort qu’elle n’entendait plus que lui.

Soudain, un éclair qu’elle n’avait pas prévu illumina la pièce, accompagné d’un assourdissant coup de tonnerre. Alors qu’au-dessus du bâtiment, un orage commençait à se déchaîner sur Londres, Lally avait cru apercevoir l’espace d’un bref instant, un pâle visage en train de l’observer.
C’en fut trop pour elle. La surprise de l’orage et cette vision fantômatique achevèrent de lui faire perdre ce qui lui restait de bon sens. Elle hurla et commença à courir pour s’éloigner le plus possible du visage. Elle ne faisait plus attention à rien et fit tomber de nombreux livres dans sa fuite avant de se prendre le pied dans une chaise et de tomber lourdement sur le sol.

Eulalia ne pouvait plus fuir. Elle était terrorisée et les éclairs successifs de lumière qui zébraient l’obscurité profonde de la pièce achevaient ses dernières résistances face à la peur.
Comme un animal acculé, elle s’était traînée jusque sous une table et s’était recroquevillée en boule sur le carrelage, pleurant toutes les larmes de son corps.


- Laissez-moi en paix, laissez-moi en paix, laissez-moi en paix, LAISSEZ-MOI EN PAIX!!!

Elle tenait son visage entre ses mains, gémissante, comme une enfant qui venait de faire un terrible cauchemar.

- Raphaël…


Dernière édition par Eulalia Grey le Dim 14 Aoû - 15:45, édité 2 fois
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Alastor Drake
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MessageSujet: Re: De l'obscurité naît la lumière [Alastor, Eulalia, Raphaël] [28/04/42] Jeu 9 Juin - 23:33

[HRP/ A lire après La Voix de la Sagesse/HRP]

Cela faisait un moment qu'il l'observait, cette jeune femme assoupie. Il la dévorait même du regard tant sa présence l'avait surpris. Depuis les ténèbres qui avaient maintenant englouti le bâtiment tout entier, il tentait de mettre un nom sur ce visage angélique. Ses fines lunettes et son manteau de laine bordeaux laissaient supposer qu'elle était issue de la haute bourgeoisie. Malgré tout, ses vêtements restaient très sobres. Le Vampire tendit un peu le cou pour respirer l'air. Son parfum dégageait un certain charme que les aristocrates poudrées lui jalouseraient volontiers. Le chapeau, abandonné près d'elle, se découpait sur une pile de livres anciens qu'elle avait empruntés. Cette femme avait quelque chose que les autres n'avaient pas...

Comment donc était-elle entrée dans les archives sans qu'il n'en soit prévenu ? Voilà qui était fort irritant ! Vraiment, Jézabel ne faisait pas correctement son travail depuis qu'ils avaient accueilli sous leur toit le jeune Hunter. Elle était devenue négligente et il allait falloir y remédier. La Grande Bibliothèque ne pouvait souffrir un tel relâchement. Si n'importe quel visiteur pouvait entrer dans les archives et s'y endormir jusqu'à se laisser piéger dans l'édifice, c'était le début de la fin ! D'ailleurs, avec Raphaël entre ces murs, c'était tout bonnement ahurissant qu'une telle chose ait pu se produire.
En y réfléchissant bien, Alastor comprit que la jeune femme avait dû entrer dans les archives au moment où sa secrétaire et lui-même s'étaient rendus à la conférence du Docteur Stewart, sur les vapeurs et les alcools utilisés par les hommes de science pour calmer les malades mentaux. Jézabel avait sans doute oublié de fermer à clé les archives et nul n'avait surveillé à leur place les couloirs de ce côté-là de la Bibliothèque. C'était une bévue qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques ! En effet, leurs appartements se trouvaient juste à côté et Raphaël, qui se nourrissait pourtant de Blood Tablett depuis trois jours, aurait très bien pu la dévorer vivante si elle s'était aventurée plus avant...

Réprimant un claquement de langue impatient, le Conservateur s'approcha silencieusement de la petite curieuse endormie. Il lui jeta un regard quelque peu hautain et se pencha en avant pour observer les tranches des livres qu'elle avait sortis des rayons : des livres d'anatomie, d'industrie et de science...Mais que cherchait-elle donc ? C'était sûrement une Alchimiste venue recueillir quelques informations sur les matériaux qui permettaient de transmuter des éléments tels que le cuivre ou encore les os. Il avait croisé tellement de ces fanatiques ! Peut-être même qu'elle s'entraînait pour passer le concours d'Alchimiste d’État...
Observant de plus près son visage, Alastor tiqua. Il ne la connaissait pas. C'était frustrant pour un homme tel que lui. Le grand connaisseur, le symbole du savoir...comment cela se faisait-il que ce visage ne lui dise rien ? Non...il lui disait quelque chose, mais il était incapable de se souvenir du lieu et du moment où il l'avait vu.

Intrigué, le Vampire recula un peu tandis que la belle s'éveillait. Profitant de l'obscurité, il se fondit dans un coin sombre et attendit, pour observer la jeune femme. Cette dernière émergea d'abord lentement de son sommeil puis, comme une bête apeurée, elle se mit à regarder autour d'elle, apparemment effarée de se retrouver là. Alastor hésita à lui parler sur le champ, histoire de la réprimander et de la mettre dehors aussitôt afin de fermer les portes de la Bibliothèque une fois pour toutes. Mais, obéissant à son avide curiosité, il préféra reculer encore d'un pas pour être certain que les rayons de lune ne le découvrent pas et analyser ses réactions.
La belle dut entendre un froissement de tissu puisqu'elle se retourna vivement et demanda s'il y avait quelqu'un. Alastor resta totalement immobile et muet.
Alors, la jeune femme se leva et entreprit de quitter les lieux en courant. Le Vampire fut un peu pris au dépourvu mais il se mit à la suivre en silence, glissant d'une ombre à l'autre avec autant de facilité que de rapidité. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas « joué » à ce petit jeu-là.

Tout en la suivant, il se demandait encore qui était donc cette petite bourgeoise. Pourquoi avait-elle osé pénétrer dans les archives sans en avoir l'autorisation ? Comment avait-elle fait pour s'endormir et se faire enfermer ? C'était bien la première fois depuis qu'il était archiviste à Londres qu'il se retrouvait face à une telle situation ! D'aucun en riraient et diraient que c'est le genre d'imprévu qui  « anime » une soirée. Mais Alastor était de ces hommes qui ne voulaient pas perdre une seule minute de leur précieux temps, bien qu'il en eût bien assez en réalité.

Soudain, la jeune femme posa la main sur la poignée de la porte qui menait à ses appartements. Alastor n'avait pas fait attention à la direction qu'ils prenaient. Son cœur fit un bond et il serra les dents avant de s'approcher brusquement de la belle pour l'empêcher d'aller plus loin. Heureusement, la porte résista. Apparemment, elle avait été verrouillée de l'intérieur par Jézabel. Le Vampire s'arrêta et soupira de soulagement tandis que la jeune femme, elle, se mettait à paniquer comme jamais.


- Je...

Mais le Vampire n'eut pas le temps de rassurer l'intruse qu'un éclair fendit le ciel et illumina la pièce de sa pâle électricité. La jeune femme poussa un hurlement terrible et s'enfuit en courant comme si le Diable en personne était à ses trousses. Elle avait aperçu son visage dans la pénombre. Alastor grogna de colère et attrapa une lanterne sur un des comptoirs de la pièce. Il n'avait pas le temps de courir ainsi après des idiotes qui s'égaraient dans les allées !

Arrivé devant la pauvre créature recroquevillée sur elle-même, le Vampire entendit distinctement la jeune femme gémir le nom de Raphaël. Il resta interdit un moment, puis il craqua une allumette et referma le verre de la lanterne. La douce lumière de la petite flamme avala les ténèbres de la pièce et sa chaleur se répandit sur les meubles, les livres et les tableaux de cette section des archives dans laquelle ils se trouvaient désormais.

Alastor leva la lanterne pour la présenter à la jeune femme et s'accroupit à sa hauteur pour la rassurer.


- Excusez-moi Madame, j'ai dû vous faire très peur...Mais, si je puis me permettre cette question: qui êtes-vous et que faites-vous donc ici ? Ses yeux brillèrent derrière ses lunettes rectangulaires. Il avait une voix douce et grave mais son ton avait été quelque peu raide. On y sentit un soupçon d'impatience. Je suis Alastor Drake, l'archiviste. Fit-il en tendant une main à la bourgeoise. Allons, ne restez pas au sol.

Sans attendre que la belle ne réagisse, il la saisit par le poignet et l'aida à se relever. La tenant fermement par une épaule, il se pencha en avant pour observer son visage. Elle avait l'air si terrifiée, le visage baigné de larmes, la terreur inscrite au fer rouge dans ses pupilles, qu'elle lui inspirait une certaine pitié.

- Allons, calmez-vous...On croirait que vous avez vu un fantôme. Vous ne devriez pas être ici. Cette section est réservée à ceux qui ont des passes-droits et il se fait tard. La Bibliothèque est fermée depuis un moment.

Le Vampire n'avait pas gardé longtemps sa main sur la jeune Humaine. Il détestait le contact physique et supposait, sans doute avec raison, qu'il valait mieux pour les convenances et le confort de la-dite demoiselle éviter de prolonger ce geste.
D'un mouvement ample, il sortit de son veston un mouchoir qu'il glissa dans la main de la jeune femme.


- Tenez. Vous pouvez le garder.

Tournant le dos à l'Humaine, le Conservateur soupira.

- Je vais vous faire sortir d'ici. Je ne sais pas ce que vous cherchiez mais vous n'auriez pas dû vous aventurer jusqu'ici. Et puis...Le Vampire se plia en deux pour ramasser un livre qui gisait sur le plancher. ...vous avez failli abîmer de précieux ouvrages... finit-il en lui jetant un regard sombre par-dessus ses lunettes. Je vous prierais de faire plus attention la prochaine fois.

Prenant les devants, Alastor poussa la bourgeoise à le suivre. Il se retournait très souvent et restait à quelques pas d'elle pour éclairer leur environnement. Il était lent, très lent, pour adapter son pas à celui, hésitant, de la jeune Humaine. Elle devait être encore sous le choc.
L'air détaché, le Vampire fit mine de vouloir entretenir la conversation pour la rassurer et se faire pardonner son ton un peu trop sec.


- Vous...m'avez appelé Raphaël, non ? Fit-il en souriant. Qui est ce Raphaël ? Votre époux ? Il devait vous attendre?
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Eulalia Grey
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MessageSujet: Re: De l'obscurité naît la lumière [Alastor, Eulalia, Raphaël] [28/04/42] Lun 13 Juin - 11:46

Soudain, la lumière. Elle était tremblante, douce, fragile. La lumière d’une petite lanterne qui repoussa l’obscurité, redonna leur apparence première aux silhouettes des meubles alentours. Les pupilles de Lally s’étrécirent face à cette source bienfaisante alors que les battements de son cœur ralentissaient quelque peu. Un homme se tenait face à elle. C’était sans doute lui qu’elle avait vu fugitivement quelques instants plus tôt.

Il avait l’air de haute stature et sa pâleur n’était pas sans lui rappeler celle du Vampire qu’elle aimait. Il avait des cheveux plus noirs que la nuit et ses yeux semblaient si mystérieux… Comme elle, il semblait avoir quelques soucis de vue. Instinctivement, la jeune femme toucha ses propres lunettes pour vérifier qu’elles n’étaient pas cassées.
Cet homme avait du charme mais il semblait froid, aussi impassible qu’un mur de glace. Il l’intimidait, comme un précepteur devant sa jeune étudiante. Qui était-il ? Qu’allait-il lui faire ? Après tout, elle s’était introduite illégalement dans cette partie de la bibliothèque, que ferait-elle si on la livrait à la police ?

Devant son visage incrédule et encore sanglotant, il s’excusa et se présenta. Ainsi donc c’était l’archiviste ? Cette fois, elle en était certaine, on la mettrait dehors avec les honneurs. Elle avança très doucement sa main alors qu’il tentait de la relever, trop doucement sans doute puisqu’il la saisit un peu durement par le bras pour la remettre sur ses pieds.
A ce moment précis, elle sentit la froideur de la peau de l’homme traverser les plis de son vêtement. Cette sensation… Elle l’avait vécue intensément. Lally se sentit paniquer quand il l’attira près d’elle. La Huntress avait côtoyé d’assez près un Vampire pour supposer que celui-ci en était un. Sa peau… Sa peau ne la trompait pas.


- Je…

Elle était incapable d’articuler. Et si elle se trompait ? Peut-être qu’il était tout simplement de nature frileuse ? Après tout elle n’avait pas les idées claires… Et puis dans ses yeux… Il y avait cette lueur. Ce n’était pas le regard d’un prédateur en cet instant, plutôt celui d’un homme légèrement agacé et pris de pitié.
Elle en oublia presque qu’il lui avait demandé comment elle s’appelait. Elle ne pouvait pas lui dire la vérité, il lisait certainement les journaux !

Un peu moins hésitante, elle se calma et parvint à souffler son pseudonyme.


- Dawson… Vivian Dawson…

Heureusement, ce contact physique entre l’homme et sa propre personne ne dura pas. Il s’éloigna décemment alors qu’il lui faisait le reproche sous-jacent d’être entrée sans passe-droit dans cette partie de la bibliothèque. Que pouvait-elle lui dire ? Qu’elle faisait des recherches généalogiques pour prouver au grand jour le statut douteux du Comte, qu’elle faisait des efforts sans doute vains pour sauver ses amis du scandale ?
Au lieu de cela, elle essuya ses larmes avec le revers de sa manche et bafouilla.


- Je suis confuse… J’ai passé quelques jours difficiles et je manquais visiblement de sommei… Je ne pensais pas pouvoir… M’endormir ici.

Elle trouva inutile de se justifier sur son intrusion illégale. Elle n’avait aucune excuse et ne tenait pas à se compromettre en inventant sur le tas un prétexte qui se révèlerait sans doute empli de défauts.

La sensation d’un coton doux dans sa main la surprit quelque peu. Elle rougit, touchée par l’attention de l’homme puis apparut pendant un instant très vague. Raphaël avait eu la même attention à son égard après sa chute du haut du Queen’s Head. Délicatement, elle tamponna ses yeux avec le mouchoir et inspira profondément pour reprendre un peu d’aplomb.


-Je vous remercie…

L’homme lui tourna ensuite le dos pour ramasser un des livres qu’elle avait fait tomber. Le regard qu’il lui lança la fit sursauter et elle recula d’un pas. Il avait l’air de réellement lui en vouloir… Lally aussi s’en voulait. Elle qui aimait tant les livres, elle aurait voulu se gifler pour le capharnaüm qu’elle venait de causer.

- Je… Je suis vraiment confuse. Je n’aurais jamais dû paniquer comme ça… J’aurais bien proposé de vous aider à ranger mais je suppose que j’ai déjà enchaîné assez de stupidités pour ce soir…

Elle le suivit à petits pas alors qu’il la reconduisait vers la sortie alors qu’il commença à lui faire la conversation. Le fait qu’il lui parle de Raphaël la fit immédiatement rougir. Elle l’avait inconsciemment appelé alors qu’elle paniquait…

Son époux ? Si seulement… Lally aurait bien aimé pouvoir construire un foyer avec cet homme qu’elle chérissait mais comment ? Leur nature, tout les séparait, et pourtant ils ne pouvaient se résoudre à s’abandonner l’un l’autre. Elle était certainement le dernier fil qui le retenait à la vie…


- Je… Non, je ne suis pas mariée…. Raphaël est un ami de longue date qui m’est très cher… Et voilà plus d’un mois que je n’ai plus de nouvelles de lui.

Eulalia regardait droit devant elle. Elle était impassible. L’évocation de tout ce qui la ramenait aux tragiques évènements du théâtre la faisait cruellement souffrir mais elle ne devait pas le laisser paraître. Elle était la face mondaine et policée de la lutte qui sévissait dans les entrailles de Londres. Elle était la couverture qu’il fallait aux Hunters. L’enfant martyr qui devait capter l’attention des journaux et détourner les yeux du public des vrais guerriers qui agissaient dans l’Ombre.

Elle n’avait pas le droit de s’épancher.


- Je crains qu’il ne se soit enfui de chez lui… C’est quelqu’un de fragile. Il est très faible et malade…

Eulalia jouait à un jeu dangereux. Si la personne qui l’accompagnait était bel et bien un Vampire, elle reconnaîtrait sans doute une description de Raphaël Veneziano dans le portrait qu’elle peignait. S’il n’était qu’un humain, il aurait bien de la peine à faire le lien entre le pseudonyme qu’elle se donnait et l’homme que la presse dépeignait comme un fou dangereux.

- Il ne se nourrit pas correctement, je crains qu’il ne meure de ses carences si je ne veille pas sur lui… Aucune garde-malade n’arrive à s’approcher de lui.

Mais que ferait-elle si l’Archiviste était un Vampire ? Et pire, s’il était allié du Comte ? Elle n’avait aucune arme pour se défendre, rien. C’était un jeu dangereux, trop dangereux. Néanmoins, l’envie de retrouver le Vampire qu’elle aimait, ou bien de grappiller le plus petit indice sur sa localisation la poussa à formuler une phrase dont chaque mot était mûrement pesé.

-La pauvre âme est atteinte d’une sorte de maladie dégénérative… Les médecins ne peuvent rien faire, il mourra à moins de se nourrir à nouveau. La seule chose qui pourrait encore le sauver seraient des palliatifs, mais la recherche est encore si peu développée…

Enfin, ils arrivaient près de la sortie. Assez joué, il fallait qu’elle prenne congé. Elle se tourna doucement vers l’Archiviste et inclina respectueusement la tête pour le remercier.

- Je vous suis redevable de m’avoir ramenée jusqu’ici… Je m’excuse encore pour le désordre, j’ai été terriblement importune.
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Alastor Drake
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MessageSujet: Re: De l'obscurité naît la lumière [Alastor, Eulalia, Raphaël] [28/04/42] Mer 6 Juil - 1:40

Vivian Dawson...
Non. Il ne se souvenait pas de ce nom-là.
Tout en aidant la jeune femme à se relever, le Vampire la dévisagea un peu. Elle avait les yeux clairs, des cheveux bruns tirant sur l'acajou, des lunettes...C'était une femme des plus banales, une petite bourgeoise, sans doute. Elle ressemblait à une vieille fille. Ses vêtements, ternes et passe-partout, ne la mettaient pas en valeur et laissaient penser qu'elle était fort dévote et réservée. Et puis, la situation dans laquelle elle venait de se mettre et sa façon de se justifier un peu bêtement la faisaient aisément passer pour une idiote.
Cependant, comment une lady mariée et raisonnable aurait-elle pu ainsi entrer dans les archives pour s'y endormir ? Elle n'avait pas d'enfants, impossible. Sa vie devait être faite d'études. Apparemment, elle était fatigante et particulièrement stressante depuis quelques temps...

Et ce nom dans sa bouche: Raphaël.
Étrange...coïncidence ? Fallait-il y croire ?
Alastor Drake n'était pas dupe. Des siècles d'expérience et un intérêt certain pour la conservation des informations en avaient fait un enquêteur des plus doués. Déjà, il tissait mille liens entre elle et le Vampire qu'il gardait sous son toit. Qui était-il pour elle ? Un ennemi ? Un amant ? Était-ce une proie ? Un sauveur ? Cela ne serait pas la première fois qu'un Hunter tenterait de trouver des informations sur ses semblables dans les pages des ouvrages des archives. Des noms, des dates, des articles de journaux...Tout était utile pour piéger un Vampire un peu négligent. Pourchassait-elle Raphaël pour le Yard ? Tout était possible dans cette ville. En deux ans de travail dans la capitale, Alastor avait eu le temps de comprendre les rouages obscurs qui en régissaient les battements de cœurs.

Menant lentement la jeune femme vers la sortie, lanterne à la main comme un guide parmi les ténèbres, l'archiviste l'écoutait s'excuser et décrire ce fameux Raphaël. Il ne disait mot, mais analysait chacune de ses paroles.

"Un ami." Évidemment.
"Plus d'un mois de disparition." Cela correspondait aux attentats contre le Comte.
"Fragile. Faible." Pas tant que ça...
"Malade." En plein rejet de sa nature.
"Qui ne se nourrit pas correctement." Incapable d'accepter du sang humain et intolérant à la plupart des Blood Tablett.

C'était bien assez pour que le Conservateur soit convaincu que l'intruse connaissait bel et bien son hôte. Quels liens entretenaient-ils donc en réalité ? Elle semblait se soucier de lui. Dans sa voix, il pouvait déceler cette pointe de tristesse qu'ont les amantes ou les veuves. Jouait-elle la comédie ? Connaissait-elle seulement la nature profonde du jeune Hunter ?

"Une maladie dégénérative." Le Don Obscur le rongeait. Ses cheveux blancs en étaient les témoins.
"Des carences." Forcément...
"Des palliatifs." Qu'il ne réussissait pas toujours à avaler.

Non, il n'avait plus de doute possible: cette jeune femme parlait du jeune Veneziano.
Alastor serra les dents. Que devait-il faire ? La mettre dehors sans lui en parler ? Faire comme s'il se moquait éperdument de son histoire ? Ou lui révéler qu'il servait de garde-malade à son cher disparu et risquer de la mêler aux histoires du Comte ? Fallait-il qu'il s'encombre d'un poids supplémentaire ? Il avait autre chose à faire !
Le Conservateur hésitait. Au fond de lui, un subtil conflit venait de naître. Son instinct le poussait à mettre l'humaine dehors et à garder le secret sur son hôte, mais sa volonté de satisfaire les curiosités de chacun ne cessait de lui souffler qu'il devait ouvrir ses appartements à la jeune femme pour lui montrer que Raphaël était toujours vivant.

Et puis, il y eu ce doute : pourquoi lui racontait-elle tous ces détails ?
Alors qu'ils approchaient de la sortie, Alastor recolla enfin tous les morceaux du puzzle qu'elle venait de lui offrir et son esprit s'éclaira soudain. Vivian Dawson n'existait que dans les petites annonces...

Lorsque la jeune femme s'inclina pour prendre congé, l'archiviste soupira d'exaspération et posa lentement sa lanterne sur un meuble décoratif. Près d'un vase de porcelaine crème, la lumière de sa petite flamme projeta des ombres sur les murs alentours comme pour les maculer de menaces. Alors le Vampire remonta ses lunettes sur son nez et sourit à l'intruse d'un air horriblement condescendant.


- Mademoiselle, me prendriez-vous pour un simple d'esprit ?

Elle avait senti sa nature. Sinon, pourquoi lui raconter tous ces détails à double-sens ? Autant poser cartes sur table et démêler au plus tôt cette nouvelle intrigue. L'un et l'autre détenait maintenant un lourd secret qui les opposerait ou les lierait.

- Vous jouez à un jeu bien dangereux, Miss Dawson...Ou devrais-je dire...Miss Grey.

Son regard se fit plus dur tandis que son sourire prenait un pli quelque peu mesquin. Approchant soudainement la jeune femme, il plaqua une main sur la porte près d'elle avant de la regarder de haut.

- Et si je vous tuais sur le champ ? Hmm ? Vous y avez pensé ? Ce n'est pas en prenant de tels risques que vous allez l'aider ! Songez peut-être un peu à vous avant de vous préoccuper du sort de ce genre d'individu. Je vous signale que c'est un assassin...

Le Vampire resta un instant près de la jeune femme pour la toiser et l'écouter tenter de se justifier. Puis, convaincu qu'elle n'était pas là pour achever Raphaël, il recula et reprit la lanterne entre ses longs doigts diaphanes.

- Inutile de palabrer ici. Nous perdons notre temps et c'est...dangereux.

Faisant dos à Eulalia, le Conservateur reprit sa marche pour faire demi-tour.

- Venez. Fit-il en lui jetant un dernier regard pour l'encourager à le suivre.

Sans la regarder ou l'attendre davantage, le Vampire se dirigea vers la porte qui était restée close face à la jeune humaine et la mit en garde dans un murmure à peine audible:


- La bibliothèque est étroitement surveillée. Si je vous laissais partir à une heure pareille, vous n'auriez que peu de chance de vous en sortir vivante. A moins qu'IL ne trouve en vous un intérêt quelconque, ce dont je doute. Vos parents l'ont sous-estimé, ne faites pas la même erreur...

Alastor s'arrêta devant la porte close et sortit d'une poche de sa veste un trousseau de clés. Il tria les petits objets métalliques entre ses longs doigts et finit par isoler une clé sombre aux dents tordues. La porte pivota sur ses gonds en grinçant et l'archiviste invita la jeune femme à entrer. Impatient, il la pressa du regard et lui indiqua un couloir.
Passant devant pour tenter de la rassurer, il soupira et grogna un "je vais le regretter" avant de la conduire au fond du couloir et de s'arrêter devant une nouvelle porte close. Son jeu de clé délivra le verrou et, posant la main sur la poignée, il marqua une pause. Par dessus ses lunettes rectangulaires, il toisa la jeune humaine d'un air grave.


- J'espère que vous savez ce que vous faites...fit-il en ouvrant la porte.

La pâle lueur de la lanterne éclaira l'entrée de la pièce. Elle était pleine de meubles poussiéreux, de livres et d'objets en tout genre. C'était un débarra. Mais au fond de la salle, près d'un bureau des plus imposants, trônait un lit dans lequel une silhouette se dessinait sous un drap blanc. Une personne dormait là.
Alastor s'avança et posa la lanterne sur le premier meuble venu, une commode dépareillée dont le miroir manquait. Puis, lentement, il s'approcha du lit et jeta un regard à son hôte. Raphaël semblait dormir. Doucement, le Conservateur revint vers la jeune femme et lui chuchota:
Je vous préviens, il a grandement souffert...Je reste là. Ne prenez pas de risques inconsidérés...
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Eulalia Grey
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MessageSujet: Re: De l'obscurité naît la lumière [Alastor, Eulalia, Raphaël] [28/04/42] Lun 25 Juil - 18:48

Eulalia jouait à un jeu dangereux, elle le savait. Elle risquait le tout pour le tout, mais elle n’avait pas d’autre choix. Alexender et son ‘’amie’’ avaient laissé Raphaël s’en aller, ils n’avaient rien fait pour le retenir et se moquaient éperdument qu’il risque sa vie. L’italien était peut-être un Hunter, mais avant tout un Vampire. Sa perte les aurait sans doute arrangé au fond.
Au moment où elle allait prendre congé, pensant que sa tentative d’enquête allait échouer, l’archiviste la bloqua, avec un air condescendant qui l’agaça immédiatement. Malgré son déguisement de petite bourgeoise bigote, le regard qu’elle lui lança à ce moment là dévoila sa vraie nature. Une Huntress, déterminée, habituée au labeur et à la douleur malgré ses fraîches années.


- A votre avis, ai-je l’air de penser que vous êtes plus stupide que moi ?

Bien sûr qu’elle avait fait exprès de le mettre sur la voie. Elle avait attendu qu’il morde à l’hameçon et c’était chose faite. Désormais sur la corde raide, ils allaient soit collaborer, soit s’opposer jusqu’à la mort.
Bien évidemment, il devina son prénom en arborant un air d’autosatisfaction qui lui donnait envie de distribuer des soufflets à tour de bras.


- Pensez-vous vraiment que je ne sais pas à quoi je joue ?

Elle le vit, son regard mesquin. Elle sursauta un peu lorsqu’il la bloqua et la surmonta de sa hauteur, mais la jeune femme se ressaisit bien vite et affronta son regard avec la dureté que l’on attendait d’elle. Il menaçait de la tuer. Comme si elle avait encore quoi que ce soit à perdre… Elle ne l’aidait pas en prenant des risques… Cela faillit la faire rire. Comme si elle allait l’aider en restant bien sagement dans sa tour d’ivoire en jouant la jeune fille endeuillée ! Ses sourcils se froncèrent alors que ses poings se serraient.

- Vous avez sans aucun doute tué pour vous nourrir. J’ai tué, il a tué. Quelque part nous sommes tous des assassins. Cependant il existe des meurtriers qui luttent contre leur nature, dans l’espoir de devenir meilleurs. Vous pendant ce temps là, que faites vous ?
Oui, peut-être que je suis inconsciente. Peut-être que tout ceci est vain mais je ne resterai pas cloîtrée sans tenter de venir au secours de celui que j’aime. Maintenant vous avez le choix. Achevez moi ici et maintenant ou guidez moi jusqu’à lui.


Il sembla convaincu. La laissant tranquille, il se recula et fit demi tour, semblant vouloir l’emmener quelque part. lentement, elle le suivit, guidée par la pâle lueur de la lanterne. Ils revinrent sur leurs pas, et la jeune femme retrouva la porte qu’elle avait essayé d’ouvrir en pensant qu’elle y trouverait une sortie. A ce moment précis, il la mis en garde. Le Comte faisait surveiller la bibliothèque, sans doute aurait-elle été attaquée si elle était repartie à cette heure. Il laissa sous entendre que le Lord ne lui trouverait aucune utilité. Tant mieux, plus elle paraissait insignifiante, mieux cela était. Cependant, lorsqu’il avança le sujet de ses parents, elle ne put s’empêcher de serrer les poings encore plus fort. Ses yeux bleus se rivèrent dans ceux du bibliothécaire avec une nervosité fougueuse.

- Mon père savait à quel destin il s’exposait en partant au Théâtre. Ma mère savait qu’elle mourrait en tirant sur cette putain de Fiora Hagane. Mes parents ont fait beaucoup de choses mais ils n’ont jamais sous-estimé ce… cette sale engeance.

Il soupira et ouvrit enfin la porte. Devant eux s’étendait un étroit couloir long et sordide dans lequel elle hésita à s’engager. Il y avait peu de chances qu’il s’agisse d’un piège mais elle ne pouvait écarter une certaine méfiance vis à vis du vampire.
Une nouvelle porte se dessina. La jeune femme ne pouvait retenir un certain battement au cœur. Elle avait peur de retrouver Raphaël dans un état déplorable mais elle avait aussi grande hâte de le retrouver. Elle l’aimait ça rien ne le lui enlèverait. Tout les avait opposé dès le départ, leurs natures, les circonstances précipitées qui les avaient envoyé l’un vers l’autre. Mais, après tout, personne ne choisit à qui son cœur voue allégeance.

La pièce était petite et encombrée. La poussière de la pièce vint lui chatouiller les narines. Elle plissa difficilement les yeux mais, soudainement, elle le vit. Au fond de la pièce, il était là. Elle distinguait la silhouette sous le drap. Elle cru que son cœur allait exploser, enfin, après tout ce temps elle le retrouvait enfin. Elle laissa l’Archiviste faire le tour de la petite salle avant d’entrer à son tour. Il l’avertit encore une fois de ne pas prendre de risques inconsidérés. Elle ne dit rien mais à l’évocation des souffrances qu’il avait enduré, son visage se ferma. On lui avait fait du mal. On avait osé le malmener, lui, son ange fragile, celui qu’elle tentait de ramener à la lumière.

Pour prévenir tout risque de geste agressif, elle enleva son épingle à cheveux, qui aurait aisément pu servir d’arme mortelle et la posa sur une petite table à côté d’Alastor. Son opulente chevelure auburn descendit en cascade sur ses épaules et dans son dos, révélant son air sauvage et si délicat à la fois. Sans un mot, elle tourna le dos à l’Archiviste pour s’avancer près du lit. Chaque pas était silencieux, mesuré. Elle ne tenait pas à le réveiller…

Enfin, elle arriva à hauteur de la couche. En le voyant, elle faillit pleurer, à la fois de joie et de douleur. Il avait le visage émacié, les yeux cernés, les lèvres bleuies. Il avait reçu des coups… Ses poings se serrèrent. Pourquoi ce monde s’acharnait-il à sombrer dans la violence ? Entre les conflits que l’on rapportait de l’étranger et ces guerres clandestines, y avait-il seulement un espoir de paix ?
Tremblante, elle bougea un peu le drap, pour découvrir sa main mutilée. Des tremblements de rage l’agitèrent toute entière. Le Comte croyait qu’il pouvait ainsi se permettre de mutiler les brebis perdues pour son bon plaisir ? Il se croyait donc intouchable ? Pourquoi, pourquoi vivait-il dans une telle haine sans voir qu’un futur en collaboration avec des humains pouvait être envisageable ?

Eulalia décida que tant qu’elle vivrait, il y aurait un espoir. Si chacun semblait vouloir lutter pour la survie de son camp et la destruction de l’autre, elle serait celle qui travaillerait à l’unification de ces races qui s’opposaient sans cesse. Elle avait ce que d’autres Hunters n’avaient pas : la miséricorde.
Oui elle était en colère, elle voulait faire payer le Comte pour ce qu’il avait fait à son amant, mais elle savait que la vengeance n’apporterait rien. Elle ne le tuerait jamais et même si elle y arrivait, d’autres prendraient sa place, rien ne se finirait jamais. Et cela ne ramènerait pas les morts à la vie. Quelle cruelle lutte prenait ainsi place en elle, opposant sa raison et sa colère !

A genoux dans la poussière, au chevet de son amant, la jeune femme saisit doucement la main blessée à tout jamais. Elle ne pourrait pas ramener ses doigts coupés. Mais elle pourrait toujours renouer les chairs, réparer les os qui avaient souffert et rétablir les connections nerveuses. Peut-être arriverait-elle à faire grandir les os à nouveau ? Mais cela lui prendrait certainement des mois, peut être même une année entière de soins, et encore, elle n’en savait rien. Jamais elle n’avait tenté de reconstruire un membre, de pousser son pouvoir au delà de la limite.

Doucement, elle apposa ses mains autour de celle du vampire et enleva tout doucement les bandelettes. Elle ne pouvait procurer à Raphaël qu’une guérison plus rapide et lui faire recouvrer un maximum de sensations au niveau des moignons, rien de plus.
La vision de la plaie l’horrifia. Elle était béante, on voyait que les chairs avaient été tranchées sans ménagement. Les os, encore apparents, étaient presque brisés.


- Il cicatrise plus lentement que d’habitude…

Ce n’était pas bon signe, il était très affaibli. Que se serait-il passé si on l’avait retrouvé plus tard ? Sans aucune hésitation, la jeune femme appela son don. La pièce fut illuminée d’une lueur douce et tamisée, légèrement dorée. Elle enveloppa le Vampire avec la douceur de l’étreinte d’une mère alors que les chairs se reconstruisaient, que les os brisés retrouvaient consistance. Le travail fut difficile, mais au moins, elle parvint à obtenir deux moignons parfaitement cicatrisés aux emplacements des doigts retirés.
Tout doucement, la lumière se retira alors qu’elle retirait ses mains et replaçait le bras de Raphaël sur le matelas.

Eulalia avait la tête lourde et transpirait un peu. L’utilisation de son pouvoir était vraiment fatigante mais elle parvenait encore à supporter ce stade. En se relevant, les jambes un peu tremblantes, elle se pencha doucement sur le vampire et l’embrassa sur le front.


- Maintenant je ne te quitte plus…

Puis, elle recula de quelques pas, s’asseyant sur un fauteuil pour se reposer quelques instants. Elle préférait ne pas être juste à côté de lui quand il se réveillerait totalement, de peur qu’il la blesse ou qu’il se blesse lui-même dans une crise de panique. L’air épuisé par tant d’émotions, elle se tourna en direction d’Alastor.


- Il y a toujours de l’espoir pour nous ici-bas. Il faudrait seulement que nous apprenions à marcher main dans la main….

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Alastor Drake
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MessageSujet: Re: De l'obscurité naît la lumière [Alastor, Eulalia, Raphaël] [28/04/42] Sam 13 Aoû - 19:14

Face à la jeune humaine, Alastor s'interrogeait. Pourquoi révéler autant d'informations sans se soucier des conséquences ? Pourquoi prendre autant de risques ? Il était évident que cette jeune femme n'était pas celle qu'elle prétendait être, tout comme il était évident pour elle qu'il n'était pas humain. Une Huntress et un Vampire. Charmante rencontre au cœur de la nuit !
La bibliothèque avait toujours été fréquentée par des groupuscules opposés et le Conservateur avait l'habitude de les renseigner sans se préoccuper de leur appartenance à tel ou tel idéal. Loups-Garous, Vampires, Alchimistes, agents du Yard, Hunters...il ne les aidait jamais à se nuire directement, mais il accédait à leurs demandes concernant les ouvrages de cet édifice. Tout comme l'on ne se soucie pas de la religion de celui que l'on sert dans un dîner, il contentait tous les partis à l'unique condition que ces lieux demeuraient vierges de toute violence.
Mais c'était bien la première fois qu'il tombait sur un cas comme celui de la jeune Grey : elle s'était retrouvée enfermée dans les archives auxquelles elle n'était même pas censée avoir accès et maintenant elle lui avouait presque sans voile qu'elle cherchait un Vampire. Sa description de la « maladie » de son « ami » était bien naïve mais trop claire pour un membre de cette race. Elle avait pesé ses mots, au cas où il serait humain, mais elle avait senti qu'il comprendrait aisément ses propos cachés. Pourquoi avait-elle ainsi décidé de le placer dans la confidence ? Pourquoi lui avait-elle fait confiance ? S'il avait fait partie des Vampires qui ne se souciaient pas de la vie d'autrui, ou pire, des sbires de son pire ennemi, elle se serait condamnée sans fuite possible ! Cette audace l'intriguait. Que cherchait-elle réellement ? Qui était Veneziano à ses yeux ?

Apparemment, la jeune femme ne comptait pas se laisser faire sans réagir mais elle paraissait n'avoir plus rien à perdre. Son fort caractère transparut dans ses paroles amères. Face à l'ironie glacée dont il avait fait preuve, elle serra effectivement les poings et devint agressive.
Alastor l'écouta, un sourcil levé. Décidément, la jeune Grey avait du cran. Elle allait jusqu'à le faire passer pour un homme passif, sans honneur.


- Nous sommes tous des assassins, j'en conviens bien, mais certains ont moins de facilités que d'autres à retenir leurs pulsions...et vous le savez.

Le regard du Conservateur avait dévié sur la gorge de la jeune femme. Elle pouvait bien porter un haut col ou un chapeau, sa marque était visible pour un être de la nuit. Elle alertait les autres Vampires afin qu'ils ne s'emparent pas de la proie d'un autre. C'était une sorte de glyphe qui indiquait que miss Grey appartenait au jeune Veneziano. Invisible aux yeux humains , il était très facile à sentir pour les enfants de la nuit. Ainsi Raphaël l'avait-il mordue. Était-elle donc son calice ? La probabilité qu'elle soit là pour l'exécuter n'était pas à exclure finalement car il pouvait aussi bien avoir trahi les Hunters et l'avoir mordue avant de s'enfuir...Peut-être même qu'elle venait s'en venger ? Il était également tout à fait possible qu'elle soit là pour s'assurer qu'il ne révèle pas au Comte l'emplacement de leur repère.
Alastor remonta ses lunettes sur son nez tandis qu'il continuait à lui répondre, sans animosité, mais avec fermeté:


- Sachez que je conserve le patrimoine commun à tous, voilà ce que je fais, mademoiselle. Je ne prends pas parti dans les luttes inter-raciales.

Le bibliothécaire jeta un regard à la jeune femme par-dessus ses lunettes et l'observa alors qu'elle lui révélait qu'elle aimait le jeune Vampire et qu'elle lui offrait un choix à faire. La pauvre humaine se comportait comme si elle se trouvait au pied d'un mur. Ce choix n'était pas celui qu'elle lui offrait, c'était le sien. Le Conservateur soupira.

- Ce que je ne peux tolérer, c'est que l'on tue en ma demeure, voilà pourquoi votre « ami » est toujours en vie. Je ne compte pas m'en prendre à vous, miss Grey,.

Tandis qu'il guidait la jeune femme dans les couloirs, le Vampire la mit en garde contre le Comte. Même s'il ne souhaitait pas prendre parti, il ne pouvait accepter l'idée de la laisser franchir la porte de la bibliothèque sans qu'elle ne soit prévenue des activités que son aîné menait alentours. Elle devait savoir qu'au moindre pas esquissé en dehors de ces lieux elle tomberait dans ses filets.
La colère de la belle sembla monter d'un cran lorsqu'il aborda les mésaventures de ses parents au théâtre. Pour elle, ils n'avaient pas sous-estimé leur adversaire. Ses mots furent violents et un soupçon insultant pour lui. Mais il se contenta de soupirer et d'ouvrir la porte qui menait à Raphaël.

Alastor laissa la jeune humaine s'approcher du lit dans lequel dormait son hôte. Légèrement en retrait, une main appuyée sur la commode où reposaient la lanterne et la broche de l'humaine, il observa la scène sans dire mot. Miss Grey s'avança tout d'abord lentement, en silence. Elle ne voulait sans doute pas réveiller le jeune Veneziano, à moins qu'elle n'aie peur de lui ? Le Conservateur se demandait toujours quels liens les associaient réellement...L'amour ? Possible...Il était bien placé pour le concevoir.

Lorsque la jeune femme souleva le drap, le Vampire se tint prêt à intervenir. Il les surveillait tous deux. Elle, parce qu'il craignait qu'elle ne tente de le tuer. Lui, parce qu'il le savait cruellement assoiffé. A la grimace qu'esquissa la jeune femme, le Conservateur y joignit la sienne.


- Il a été blessé à l'argent. Ses chairs mettront bien plus de temps que d'habitude à cicatriser...

Alastor serra un peu les dents. La vision de cette plaie n'était pas des plus agréables. Malgré les soins qu'il avait apporté au Vampire, avec l'aide de sa secrétaire, sa main restait dans un état lamentable. Ils avaient été obligés de la laisser à l'air libre, pour qu'il ait une chance de guérir sans que cela ne devienne suintant. Mais on lui avait tout de même enlevé à la lame deux doigts...

Alors une lumière dorée illumina soudainement la pièce. Elle émanait de la jeune héritière des Grey qui tenait contre elle le jeune Vampire. Alastor fit un mouvement vers elle, comme pour l'arrêter mais il se retint à la dernière seconde.


- Qu'est-ce que vous...?

Sur le coup, il avait cru que c'était une manifestation qui venait du jeune homme mais dans son souvenir il ne possédait pas semblable pouvoir. Après quelques secondes, il avait compris que c'était un don que possédait son amante. Apparemment, cela reformait les chairs...
Cela ne dura pas longtemps mais ce fut suffisant pour que le Vampire ne se retrouve avec deux moignons sains. La jeune humaine finit par arrêter son pouvoir et, après avoir embrassé sur le front son ami, elle recula pour s'asseoir dans un fauteuil. Doucement, elle fit face au bibliothécaire. Ce dernier l'observait sans bouger. A ses paroles, il s'approcha un peu d'elle, sans geste brusque, et jeta un regard à son hôte qui dormait toujours.


- Humains et Vampires ne sont pas faits pour « marcher main dans la main » : la nature a fait les uns prédateurs et les autres proies. Il ramena ses yeux sombres dans ceux de la jeune femme. Elle paraissait fatiguée. Je ne suis pas là pour juger vos actes, je vous l'ai dit, mon rôle est différent, mais je pense que si ce que vous cherchez est louable et beau, cela reste cependant parfaitement contre-nature.

Alastor soupira et alla jusqu'à poser une main sur le dossier du fauteuil où la jeune femme s'était installée. Il ne voulait pas lui faire peur, aussi s'accroupit-il pour être à sa hauteur. Lentement, il sortit de sa poche une boite en fer blanc et la lui tendit.

- Tenez, ce sont les Blood Tablett que j'utilise parfois. Elles sont de bonne qualité, très nutritives. Je l'ai nourri avec hier. Il en reste une douzaine. Le Vampire n'attendit pas que la belle prenne la boîte, il la lui glissa doucement dans une main. Son contact, peau à peau avec elle, ne dura pas plus de deux secondes, mais il suffit à satisfaire une partie de sa curiosité concernant son pouvoir. Le problème, c'est que son corps les rejette malgré tout. Il en a ingéré deux en trois jours mais il n'en a assimilé qu'une...Le Conservateur se releva et ramena ses cheveux noirs dans son dos d'un geste calculé. Vous devriez lui trouver du sang de porc. C'est ce qui convient le mieux après...le vôtre.

Sans ajouter un mot, Alastor retourna près de la commode et jeta un regard à la broche de la jeune femme.

- Il va se réveiller. Soyez brève avec lui: il a besoin de repos et je ne compte pas vous laisser en tête à tête...
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Raphaël Veneziano
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MessageSujet: Re: De l'obscurité naît la lumière [Alastor, Eulalia, Raphaël] [28/04/42] Mar 16 Aoû - 11:33

[HRP/ Suite de « La Voix de la sagesse »/HRP]

Cela faisait trois jours que Raphaël était sorti de la Salle Noire pour atterrir dans la Grande Bibliothèque. Après le calvaire qu'il avait subi dans le piège du Comte, ce lieu lui avait paru aussi agréable qu'une oasis au milieu d'un désert. Même s'il demeurait meurtri, dans son corps comme dans son âme, même s'il était soigné par un Vampire et que son ennemi l'attendait dehors, au moins avait-il pu se reposer et oublier, ne serait-ce qu'un instant, toutes ces voix qui l'avaient si durement harcelé lorsqu'il avait été plongé dans l'ombre.
Ici, son regard pouvait épouser les contours d'objets tangibles et refléter la pâle lueur d'une lampe à huile posée sur son chevet. Ici, il pouvait dormir sans craindre que le Comte ne vienne lui rendre visite. Le dénommé Drake lui avait juré que le lord ne pourrait entrer en ces lieux et s'en prendra à lui sans violer plusieurs lois vampiriques. Il n'avait pas tout compris, son esprit s'était égaré et sa rancune envers les Longues-Dents l'avait rendu impatient et rustre, mais il avait senti qu'il pouvait attacher à ces paroles une once de crédit. Après tout, si le bibliothécaire avait voulu le tuer, il l'aurait fait depuis longtemps.

Durant ces trois jours, le Hunter n'avait pas beaucoup bougé. Malade, fatigué à l'extrême et mort de peur, ses pouvoirs ne cessaient de le hanter et il craignait de blesser les habitués des lieux. Depuis qu'il s'était éveillé pour la première fois et qu'il avait failli tuer la secrétaire de son hôte, il savait qu'il ne pouvait ni sortir de l'édifice, ni y errer tant qu'il n'aurait pas retrouvé le contrôle de sa soif et surtout de sa tête. Aussi s'était-il cantonné au réduit qui lui servait de chambre de fortune, sans jamais s'aventurer au-delà. Il avait également demandé à ce que la jeune femme, qui répondait apparemment au nom de Jézabel, ne vienne plus lui rendre visite. C'était le bibliothécaire qui venait régulièrement vérifier son état et l'aider à changer ses bandages. C'était lui aussi qui tentait de lui faire avaler des Blood Tablett, souvent sans succès. En soit, c'était un homme attentionné et patient. Même si son visage fermé n'était pas des plus agréables, il se souciait de sa santé. C'était une aide salutaire, quoi qu'il en pense au fond de lui, et il aurait été stupide de la repousser. Évidemment, la nature de son hôte et ses expressions glaciales donnaient souvent à Raphaël l'envie de lui cracher au visage et de fuir les lieux, mais il ne pouvait plus faire autrement que de lui faire confiance.

Souvent, lorsque ses cauchemars le laissaient en paix et qu'il retrouvait la force de penser, le Hunter se demandait ce qu'avait à y gagner cet homme si mystérieux. Il disait qu'il ne voulait prendre aucun parti et qu'il se contentait de délivrer à ceux qui le lui demandaient la connaissance et un asile (lorsque cela était absolument nécessaire, pour leur éviter une mort certaine – comme c'était son cas). Néanmoins, le Vampire était tout de même intervenu face au Comte : il avait empêché son aîné de l'achever et l'avait même obligé à quitter les lieux sans sa proie. L'Ange Blanc était malade de se savoir redevable envers une telle créature, mais il devait bien avouer que sans cet homme il n'aurait pu espérer s'en sortir vivant.
Pourquoi Drake avait-il pris sa défense ? Il le lui avait déjà demandé et ce dernier lui avait simplement répondu froidement que c'était pour éviter que le sang ne souille sa demeure...Une raison légère, bien trop légère au goût de l'aristocrate pour qu'elle soit réellement crédible. Mais le bibliothécaire ne lui en avait jamais dit plus. Par la suite, il s'était contenté de le soigner, sans entretenir de véritables conversations avec lui, et de continuer son travail personnel. Raphaël l'avait observé sans chercher à sympathiser.
Il réfléchissait seulement à ce qu'il avait à gagner ou à perdre en gardant chez lui un fugitif d'une telle importance. Le Yard voulait sa tête et le Comte lui-même l'attendait pour le tuer. Pourquoi ne l'avait-il pas vendu aux autorités ou à son aîné ? Pourquoi perdait-il donc son temps à lui proposer des Blood Tablett et à changer ses bandages plutôt que de le mettre dehors et de ne plus s'en préoccuper ? Raphaël en était venu à comprendre qu'il avait des principes. Oui, Drake était un homme d'honneur dont les principes surpassaient ses intérêts personnels.  
Mais pourquoi avait-il alors tenté de lui expliquer également comment il était possible de cacher son aura ? Cette fois-ci, il prenait clairement parti et il ne pouvait pas le nier ! Raphaël était maintenant certain que le bibliothécaire désirait qu'il échappe au Comte, il ne voyait que cette explication. Encore une fois, il se demandait ce qu'il espérait de cette démarche...Détestait-il le Comte au point de se rapprocher du paria, ou pire, du traître ? Voulait-il donc que les Hunters gagnent cette guerre ?
Tant d'ombres entouraient ce personnage si étrange...Le jeune aristocrate déchu lui était reconnaissant de ce qu'il faisait pour lui, mais il ne savait pas l'exprimer. Il ne le voulait pas.


***************

Il marchait, pieds nus, sur de grandes dalles noires. Glacées, elle reflétaient son visage devenu fantôme translucide, blanc comme l'écume, laiteux et maladif. Ses yeux restaient enfoncés dans un trou sombre, creusé sous ses sourcils épais. Il était affreux.
Une goutte tomba soudainement à ses pieds, arrêtant son pas dolent. Lentement, le Vampire posa un genoux à terre et observa cette substance tombée devant lui. Son regard sonda le ciel. Ce dernier n'existait pas. Ses yeux bleus revinrent alors sur la goutte. Elle était devenue rouge. Du sang ? Possible.
Au bout d'un moment, il réalisa qu'à l'intérieur de la goutte, quelque chose se débattait. Un moucheron ? Possible.
Avec prudence, le Hunter tendit son doigt pour toucher la goutte et la remuer un peu pour déterminer sa composition et l'origine de l'insecte qui se tortillait à l'intérieur. La goutte explosa comme une bulle, éclaboussant son index et la dalle. La petite forme se débattit encore un peu avant de se déplier lentement, comme une fleur flétrie se détend au sortir de son bouton. C'était un corps humain, blanc comme la neige des pieds à la tête. Ses cheveux étaient courts, en bataille, blancs eux-aussi. C'était un homme. Il était nu.
Assis sur le sol, le petit être se mit à rire d'un rire nerveux et le montra du doigt.


- Toi !

Raphaël se redressa, stupéfait et effrayé. C'était lui, en miniature. Il rêvait encore et cette fois il en avait conscience.

- Toi !

Jetant un regard terrifié à la créature, Raphaël sursauta alors que celle-ci grandissait jusqu'à le dépasser. Ses cheveux s'allongèrent en même temps que ses jambes et ses bras, sa stature lui fit bientôt de l'ombre et ses traits se durcirent. Un ricanement envahit ses tympans comme le son d'un glas pétrifie l'air avant la mort. Le Comte se dressait maintenant devant lui.
Poussant un cri d'horreur, le Hunter recula et trébucha en arrière. Alors qu'il tombait, son ennemi le rattrapa par le poignet et l'attira vers lui. Il se colla à son corps et l'embrassa sur les lèvres avec une sensualité déconcertante. Raphaël voulut le repousser et s'enfuir mais le Vampire sortit ses canines et lui mordit au sang la lèvre inférieure. Le jeune homme lui plaqua sa main droite sur le visage pour le repousser avec un grognement de rage. Le Comte lui sourit et ouvrit la bouche pour engloutir son index et son majeur avant de refermer définitivement sa mâchoire de fauve.

Raphaël poussa un hurlement à déchirer le ciel et se réveilla en sueur. Son corps entier brûlait et sa main ne cessait de le tirailler. Avec désespoir, il se mit à arracher ses bandages avec ses ongles et ses dents pour découvrir son moignon sanglant. Son visage fut déformé d'une expression d'angoisse absolue et d'un profond sentiment de vide. Son estomac se souleva et il sombra dans l'inconscience.


***************

Assis dans son lit, Raphaël tâtait sa joue droite. Les yeux emplis de larmes, il soupirait, seul dans la pénombre. Jamais, en 67 ans d'existence, il ne s'était senti si pitoyable, si vulnérable...
La lame de l'agent du Yard lui avait laissé une cicatrice sur le bras droit. Sa joue, sans doute marquée à jamais, brûlait encore de celle que le Comte lui avait appliqué à même la peau. Mais surtout, sa main droite souffrait cruellement de la perte de son index et de son majeur. Jamais il ne les retrouverait, jamais, car, même s'il faisait partie des créatures capables de se régénérer, ce que les Vampires appelaient le « Don Obscur » n'était pas capable de faire repousser les os. Raphaël ne pourrait plus jamais tenir une épée...

Se laissant aller en arrière sur son oreiller, le Hunter sentit ses larmes couler le long de son nez. Lentement, il ramena sa main valide sur sa hanche droite. La première cicatrice que le Comte lui avait laissée n'avait été que le début d'une succession de blessures plus douloureuses les unes que les autres.
Il n'avait plus rien : son épée était aux mains des autorités, son manoir était désormais étroitement surveillé, son identité n'était plus qu'une affiche qui le condamnait à mort et il avait même égaré sa croix d'or. Dieu l'avait encore oublié...
Certes, Raphaël avait pris l'habitude de subir sa volonté et il acceptait toutes les cruautés que la vie plaçait devant lui, comme des tâches à accomplir pour le salut de son âme, pour sa rédemption. Et depuis longtemps il attendait la mort comme châtiment suprême, comme libération de cette enveloppe damnée. Mais, maintenant, il commençait à douter. Dieu avait-il seulement considéré son existence un jour ? L'avait-il considéré comme une brebis avant de laisser le Diable s'emparer de lui, ou ne l'avait-il jamais compté parmi ses disciples ? Sa nature avait-elle été décidée ce jour-là, lorsque son père adoptif l'avait furieusement mordu, ou son âme avait-elle toujours été faite pour devenir ce monstre qu'elle était devenue ? N'était-il finalement pas simplement le produit du Malin ?

Son esprit s'embrouillait encore. Sa main trembla contre lui tandis qu'il cherchait de la gauche une façon de rallumer la lampe qui s'était éteinte. Il n'en avait pas besoin pour voir ce qui l'environnait, mais la teinte qu'elle donnait aux objets ravivait un peu son cœur. Il avait cruellement besoin de chaleur, de vie. Exsangue, le corps las et mutilé, abandonné avec lui-même, il recommençait à imaginer le pire et à se demander si verser un peu d'huile sur sa carcasse ne lui ferait pas plus plaisir que l'idée que le Comte n'aie pas obtenu satisfaction en l'attrapant. Ce n'était que la Blood Tablett qu'il avait réussi à ingurgiter qui lui avait redonner un soupçon d'espoir : s'il parvenait à accepter ces palliatifs et s'il réussissait à sortir de la bibliothèque, peut-être qu'il pourrait encore servir la cause qui l'animait depuis sa transformation et qu'il serait en mesure de mourir dignement.


***************

Il attendait, nu, sur de grandes dalles noires. Vicieuses, elle reflétaient sa main devenue charpie en décomposition, rouge comme la grenade, poisseuse et abîmée. Ses lèvres restaient closes dans un rictus désespéré, pincées sous ses narines tremblantes. Il était moribond.
Une note claire traversa soudainement l'air, vrillant ses tympans comme une clochette d'argent. Lentement, le Vampire se releva et jeta un coup d'oeil autour de lui. Son regard chercha un instrument. Ce dernier ne se montra pas. Ses yeux trouvèrent alors une luciole sur le sol. Elle était verte et dorée, comme les feuilles des peupliers en automne. Une cigale ? Possible.
Au bout d'un moment, il comprit que le son venait de cette étrange créature. Était-ce donc une fée ? Possible.
Avec curiosité, le Hunter tendit son doigt pour toucher l'insecte mais il arrêta son mouvement. La peur, un instinct s'était réveillé dans son cœur. Mais une voix lui soufflait d'agir. A son contact, la luciole répandit une lumière des plus vives autour de lui et s'accrocha à sa main. Une grande sensation de chaleur lui traversa le corps et apaisa ses souffrances. Chacun de ses membres se tendit et se détendit, comme lorsque de l'on se blottit dans un bon bain ou une source chaude. Un sentiment de plénitude l'envahit et son souffle ralentit.


"Maintenant, je ne te quitte plus..."

La lumière s'atténua et l'obscurité reprit ses droits. Raphaël souffla tout l'air que contenaient ses poumons et se mit à respirer plus calmement. Un grand mal venait de le quitter. C'était comme si l'on avait soudainement enlevé un poids énorme de ses épaules en lui disant que ce poids était à partager. C'était comme si l'on venait de lui tendre une main alors qu'il basculait dans un précipice mortel.

Le Vampire mit du temps à sortir de sa torpeur. Son esprit était encore divisé et son corps n'était pas entièrement guérit. Il était complètement déboussolé et les voix qui lui parvenaient ne lui étaient pas encore familières. Il n'en saisissait que des brides, comme si elles étaient lancées de très loin à travers un long tunnel couvert de mousses et de lichens anciens.

Enfin, après quelques minutes d'efforts, le Hunter ouvrit les yeux. Il cligna plusieurs fois des paupières, incapable de voir quoi que ce soit, puis il grogna et se retourna lentement, avec difficultés, pour se mettre sur le flanc et faire face à la porte. Son regard tomba presque immédiatement sur le fauteuil dans lequel une silhouette se tenait assise. Perplexe, le Vampire se redressa un peu et il ouvrit la bouche pour parler. Aucun son ne sortit d'entre ses lèvres. Ses yeux virent alors un léger mouvement dans l'ombre et il compris qu'une autre personne était présente, debout, près de la commode.
Où était-il ? Qui étaient ces personnes ? Qu'est-ce qu'il faisait là ? Pourquoi avait-il si faim ? Et surtout pourquoi sa main le grattait ainsi ?

Raphaël retrouva peu à peu ses esprits et finit par s'asseoir sur le bord du lit. La main gauche en avant, comme pour se protéger d'une lumière trop vive, il la passa bientôt sur son visage et secoua légèrement la tête comme pour remettre ses idées en place.

Alors il la vit.

Ses yeux s'écarquillèrent et il comprit.
Ses lèvres s'entrouvrirent et il souffla sa surprise et sa consternation :


- Eulalia ...!?

D'un bond, le Vampire se leva et se précipita en avant pour se jeter entre le fauteuil et la commode. Les bras écartés en croix, il foudroya du regard Drake et pointa son moignon vers lui.

- Qu'est-ce qu'elle fait là ! Qu'est-ce que tu lui as fait !? Tu n'as pas intérêt à la...

Alors il réalisa.
Sa main ne souffrait plus. Ses doigts coupés ne saignaient plus.
Eulalia avait utilisé son pouvoir sur lui. Elle l'avait retrouvé et elle venait maintenant le sauver.
Sous le choc, Raphaël laissa ses bras tomber le long de son corps et ses yeux se remplirent à nouveau de larmes. Il jeta un regard désespéré à la jeune femme et s'approcha d'elle d'un pas incertain.


- Pourquoi... ? Comment as-tu fait ? Pourquoi es-tu ici... ? IL va te tuer. Tu n'es qu'une marionnette de plus dans son jeu sadique...

Se jetant à genoux aux pieds de la chasseuse, le Vampire lui attrapa la taille comme il put et se mit à sangloter sur son giron.

- Oh ! Eulalia ! Qu'est-ce que tu fais là... ? Eulalia...Je regrette tellement...Eulalia...
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Eulalia Grey
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MessageSujet: Re: De l'obscurité naît la lumière [Alastor, Eulalia, Raphaël] [28/04/42] Jeu 25 Aoû - 11:43

Eulalia était fatiguée. Assise dans son fauteuil, son regard las se posa sur le bibliothécaire. Celui-là semblait la regarder avec méfiance mais sans hostilité. Elle ne parvenait pas à savoir ce qu’elle ressentait envers cet individu. Il l’avait aidée mais dans son regard il y avait cette lueur de pédance érudite qui lui déplaisait. A ses paroles d’espoir. Il avait beau lui dire qu’il ne la jugeait pas, lui dire que l’harmonie qu’elle recherchait était louable, il ne manqua pas d’en critiquer le fondement même/ Contre-nature… De quel droit pouvait-il émettre un tel jugement ?! Lui, le vampire cloîtré dans sa tour d’ivoire, réfugié derrière sa passion pour le patrimoine afin de ne prendre aucun parti… Oui, que sa vie devait être douce, à ne prendre aucunement part aux luttes intestines, à laisser les hommes et les vampires s’entredéchirer tout en fermant les yeux. Au moins n’avait-il aucune difficulté à s’endormir le soir…
Et s’il avait raison ? Si sa quête était vouée à l’échec ? Après tout elle n’était qu’une femme qui avait vécu une enfance surprotégée, qui ne savait rien du monde qui ne soit écrit dans la bible ou prêché par son défunt père.

Un mince sourire étira ses lèvres. Eulalia trouvait tout ceci très ironique. Elle pouffa presque, faisant monter et redescendre ses épaules plusieurs fois au rythme de son faible rire.


- Contre-nature… Que savez-vous de la nature, la vraie, vous qui ne pouvez sortir au soleil ? Que savez vous de la joie d’une femme au moment de la naissance de son enfant ? Que savez-vous de la misère, que savez-vous de la maladie, hormis ce qui est écrit dans vos livres, et peut-être les rares souvenirs qu’ils vous restent ?

Elle baissa les yeux d’un air las.

- Souvent je me questionne. Souvent j’ai peur de ne pas avoir les épaules assez larges pour aider Raphaël à se sortir de la spirale infernale dans laquelle il est enfermé. Et quand bien même il s’en sortait, quel avenir pour nous ? Je suis mortelle… Mais je refuse de rester sans rien faire. Je veux lutter, même pour une utopie, je veux essayer d’apporter de l’espoir à ceux qui en ont besoin. J’essaye d’aimer mon prochain, quelle que soit sa race… Mais peut-être serait-il plus simple que je me retire ailleurs, loin de tout, et que je ne prenne plus part à cette lutte qui déchire nos âmes.

Son regard qui contenait à la fois le ciel et la terre se fixa sur le bibliothécaire. Personne n’était en sécurité. Jusqu’à quand pourrait-il rester terré au milieu de ses parchemins avant que l’on ne vienne le déloger de force ?

- La neutralité n’est pas un mauvais choix au fond… Elle évite les luttes intérieures que provoque la prise de parti. J’espère de tout cœur que vous pourrez rester dans cette position aussi longtemps que possible. Mais vous savez tout comme moi que rien dans l’histoire n’a jamais été immuable…

Eulalia sentait, au fond d’elle-même, qu’elle courait à sa perte. Elle savait qu’un jour, elle devrait mourir ou rejoindre le camp des vampires pour rester avec Raphaël. Ce jour là, elle devrait choisir entre le paradis ou la soif éternelle. Elle devrait quitter ce monde en paix ou dire adieu au soleil qui s’était si souvent accroché à ces cheveux.
Elle réalisait que, même dans leur fragilité, les humains étaient chanceux. Ils connaissaient l’amour, ils jouissaient de la vie, ils pouvaient se réfugier, même lorsque la misère était importante, dans l’amour de Dieu. Eulalia aurait aimé les aider, pouvoir contenter chaque être vivant et le ramener dans l’amour de quelque chose de plus beau, de quelque chose de saint. Elle aurait voulu porter toute la misère du monde sur ses épaules si cela avait pu décharger les autres de leur peine. Vampires, Humains, elle voulait tous les apaiser de leurs tourments. Mais était-ce possible au fond ? Le Monde n’était-il pas conçu de sorte à ce que ses habitants soient constamment dans la lutte, à la recherche d’un but inatteignable ? Si tous les problèmes, toutes les douleurs étaient effacées, aurait-on encore une raison de vivre ?

Toutes ces questions étaient contenues dans le regard de la jeune femme alors qu’elle regardait le bibliothécaire.

Eulalia revint de ses questionnements internes lorsqu’il lui glissa dans la main une boîte de Blood Tabletts. Un frisson la parcourut. Elle revit le jour où elle avait trouvé le cachet dans la salle d’eau de Raphaël. Ce jour où tout avait basculé si vite… Elle avait fait preuve d’un cruel manque de discernement, aussi bien envers lui qu’envers sa propre personne. Tout était allé beaucoup trop vite. Mais elle avait eu l’impression qu’il avait trouvé une raison de lutter, encore plus, de toutes ses forces. Elle grimaça quand il lui fit part de ses rejets successifs. Oui, elle savait qu’il ne tolérait pas les palliatifs, ce qui accélérait d’autant sa dégénérescence… Il lui fallait du sang, du sang de porc. A défaut d’être le plus savoureux, il restait nutritif. Puis il y avait le sien… Mais Eulalia ne survivrait pas longtemps si Raphaël ne savait pas se contenir. En soupirant, elle murmura.

- Si seulement il existait, quelque part, un médecin capable de se pencher sur son cas… Mais c’est impossible, qui pourrait se donner comme ligne de conduite l’amélioration de ces palliatifs… ?

Elle soupira en refermant ses doigts de pianiste sur la boîte.

- Je vais essayer de trouver un moyen de vous apporter discrètement du sang de porc…

Raphaël s’agitait. D’après Alastor, il allait bien vite se réveiller. Oui, elle serait brève. Il fallait qu’elle rentre, qu’elle échafaude de nouveaux plans après tout ce qu’elle avait appris ce soir.
Soudain, il grogna. Eulalia se tourna vers le lit et vit Raphaël se relever. Cela faisait si longtemps qu’elle ne l’avait pas vu… Sentir à nouveau sa vie, tout près d’elle, retrouver cette respiration si familière… Sans qu’elle s’en rende compte, quelques larmes de bonheur ainsi que de tristesse pour l’état dans lequel il se trouvait humidifièrent ses yeux. Il ne tarda pas à la reconnaître.
Presque aussitôt, il se leva, malgré sa malnutrition, pour s’imposer entre elle et le bibliothécaire. On aurait dit un loup, prêt à tout pour défendre son territoire face à l’envahisseur. D’une voix qu’elle voulu douce mais assurée, elle tenta de rassurer son amant.


- Raphaël… On ne m’a fait aucun mal. Il ne m’a rien fait, je te le promets.

Il semblait avoir réalisé. Hagard, il revenait vers elle, désespéré. Il ne comprenait pas pourquoi elle était ici, il craignait pour sa vie. Instinctivement, elle amorça de se relever du fauteuil mais quelques vertiges la ravisèrent.

- J’ai reçu une lettre… On m’a appris que tu avais quitté le repère… Je n’avais aucune nouvelle de toi, je ne savais pas si tu avais fui, si on t’avais pris… Tu pouvais aussi bien avoir été arrêté par le Yard que par le Comte, je ne pouvais pas rester sans rien faire… J’ai cherché des indices, je suis allée à la bibliothèque dans l’espoir de trouver la plus petite incohérence, le plus petit indice qui aurait pu le compromettre…

Elle passa sous silence les circonstances de sa rencontre avec Drake. Elle ne voulait pas l’alarmer ni lui faire part de sa crise de panique. La Salle Noire avait éveillé en elle une phobie de l’obscurité qu’elle ne pouvait pas lui confier. Il avait suffisamment à faire avec ses propres problèmes…
Elle l’écouta parler du Comte. Il pensait que cet homme viendrait la tuer, faire d’elle une marionnette de plus. La jeune femme eut un sourire faible.


- Raphaël, le Comte n’est pas invincible. Et je refuse de t’abandonner par peur de lui. Tu comprends ?

Comme un enfant, il tomba à genoux en pleurant, s’appuyant sur elle pour sangloter. Depuis combien de temps gardait-il toute cette rancœur, tout ce chagrin au fond de lui ? Que lui avait-on fait subir ? En mordant sa lèvre pour rester forte face à son désespoir, elle le laissa pleurer en caressant ses cheveux, comme une mère avec son enfant.


- Raphaël, tu n’as rien à regretter. Je t’ai retrouvé, c’est tout ce qui compte… Raphaël, ne pleure plus… Je suis là maintenant…. Je ne perdrai plus ta trace…

Elle en voulait terriblement au Comte pour l’avoir brisé comme ça. Pourquoi se donner tant de peine pour un Vampire si jeune, à moins qu’il ne porte en lui un don qui soit capable de sérieusement lui porter atteinte ? Si Raphaël n’avait été qu’une gêne mineure, il aurait envoyé ses sbires faire le travail. Mais non, il se déplaçait en personne.
Eulalia se tourna vers Alastor. Pensait-il la même chose ? Avait-il une idée des ravages que pouvaient causer les pouvoirs de Raphaël ?


- Monsieur Drake… Je ne vous ai pas encore remercié d’avoir pris soin de lui… Je vous en suis reconnaissante.

Mais jusqu’à quand l’hébergerait-il ? Attendrait-il qu’il revienne de ses carences, qu’il se remuscle, qu’il réapprenne à se servir d’une épée avec sa main mutilée ? Combien de temps encore lui servirait-il de refuge ? Même si Alastor tenait à sa neutralité, chaque instant que Raphaël passait sous son toit signait un peu plus sa prise de parti.
Doucement, elle revint vers le Vampire et d’une main délicate, le força à relever la tête, à la regarder dans les yeux.

- Tu es fort. Raphaël, si de l’aide t’es fournie, tu peux te reprendre, rien n’est perdu. Le Comte t’a mutilé le corps mais ton esprit, ce qui se cache au plus profond de toi, il ne pourra jamais l’atteindre si tu l’en empêches. Raphaël, écoute moi…. Je trouverai un moyen pour que tu recouvres tes forces… Il faut que tu apprennes à maîtriser tes pouvoirs…

Elle serra les mains froides du vampire contre les siennes. Ils n’avaient pas beaucoup de temps, bientôt elle devrait repartir. Elle devait lui redonner la force de se battre. Elle fit un effort pour se lever du fauteuil, imposant ainsi au vampire de se redresser aussi.

- Voilà… Redresse toi Raphaël. Redresse toi et bats toi. Tu peux le faire, je t’ai déjà vu le faire. Tu as une puissance exceptionnelle en toi, tu lui fais peur. Ne le laisse pas te briser.

Le voir ainsi en face d’elle… Eulalia retenait difficilement son émotion. Ses étreintes lui avaient si souvent manqué. Elle avait envie de se réfugier dans ses bras mais elle avait peur d’être trop près de lui et de le tenter. La jeune femme jeta un œil à Alastor, toujours contre sa commode. Elle allait avoir besoin de lui pour remettre le vampire sur pied, pour l’apprendre à se contrôler. Mais accepterait-il ? Cela reviendrait à prendre parti, à s’exposer devant le Comte, même discrètement. Peut-être que le moment pour lui de quitter sa neutralité était arrivé, au moment même où il avait accueilli le Vampire dans ses murs.

Cependant, dans l’esprit d’Eulalia, des questions demeuraient. En particulier, ce qui lui avait fait quitter le refuge d’Alexender. Tenue éloignée des discussions qui s’y tenaient pour ne pas compromettre sa position, elle n’avait aucune idée de ce qui avait pu causer sa fuite.


- Raphaël, je dois savoir… Pourquoi es-tu parti ? Que s’est-il passé là bas ?
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Alastor Drake
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Proie(s) : Les Humains, mais il les choisit avec soin pour éviter les meurtres inutiles.
Secte : Indépendant.
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Lignée : Aucune.
Rang Pyramidal : Premier.
Crédit Avatar : One more portrait of Dorian by Mezamero sur Deviantart
MessageSujet: Re: De l'obscurité naît la lumière [Alastor, Eulalia, Raphaël] [28/04/42] Jeu 8 Sep - 14:24

Alastor avait craint pour la vie de son hôte. Ainsi, lorsque miss Grey avait éclairé la pièce de son pouvoir afin de reconstituer les chairs de son ami, le Vampire avait esquissé un geste en avant, comme pour l'attraper par le bras et la tirer en arrière. Il avait cru, l'espace d'un instant, que la chasseuse allait mettre un terme à la souffrance du jeune malade, par compassion ou par vengeance, mais il fut soulagé de voir qu'elle n'avait fait que tenter de soigner ce qu'il restait de sa main droite.

- Vous avez un beau don...murmura-t-il doucement en s'approchant de la jeune femme.

Elle semblait épuisée. La regardant s'asseoir, le Conservateur l'écouta lui confier ses espoirs d'alliance. Sans vouloir la blesser, il ne put s'empêcher de lui répondre franchement qu'il ne croyait pas que leurs natures respectives étaient faites pour s'entendre. De son point de vue, les Vampires restaient en haut d'une chaîne alimentaire qu'il ne fallait pas ignorer. Ces mots firent quelque peu rougir de colère la belle qui se mit à l'attaquer violemment. Elle alla jusqu'à lui cracher qu'il ne pouvait rien savoir de ce qu'était le bonheur d'avoir une femme et des enfants...
Alastor fronça brusquement les sourcils et durcit son regard. Puis il se détendit. Il ne pouvait lui en vouloir. Après tout, ce n'était qu'une humaine, encore très jeune, et celui qu'elle venait de soigner était sans doute son amant : elle était aveuglée par ses idéaux. Certes, elle méritait sans doute qu'il la remette à sa place, mais le bibliothécaire avait toujours été de nature conciliante. De plus, il ne désirait pas lui faire part de sa propre vie : elle ne l'aurait ni cru, ni soutenu. De toute façon, il ne cherchait ni attention, ni compassion. Son intimité ne regardait que lui.
Finalement, en bon gentleman, il se contenta de quelques mots, grincés entre deux soupirs irrités :


- Vous êtes bien prompte à nous juger, mademoiselle. Dans cette situation, je trouve vos propos presque cocasses...

Pensait-elle réellement que les Vampires n'avaient que peu de souvenirs de leur passé ? N'avait-elle pas conversé avec Raphaël ? Ce dernier lui dirait sans doute qu'il n'avait pas oublié le soleil sur sa peau ou les soupirs de ses amantes...Que savait-elle de la vie, elle ? Son ami avait peut-être été marié, peut-être même qu'il avait eu des enfants...Prétendre que les Vampires étaient aussi détachés de ce qui avait fait d'eux des êtres humains avant de devenir des monstres était réellement insultant.
Balayant d'un geste cette discussion stérile afin de la mettre de côté, Alastor finit de l'écouter. Elle revint cette fois sur son choix de neutralité et en donnait un avis fixe. Cependant, le Vampire sentit bien que la belle ne savait pas elle-même qu'en penser. Elle était engagée dans une lutte terrible, pour quelque vengeance ou par conviction profonde, elle avait donc pris parti. Mais son cœur semblait conceptualiser le fait que la neutralité puisse apporter une forme de paix. De toute évidence, elle était perdue et se méprenait lourdement à son sujet.


- Vous pensez donc que je n'ai aucun état d'âme ? Que la neutralité que je vous avance est pour moi une facilité, une façon mesquine de rester loin des dangers auxquels vous exposent des luttes telles que les vôtres ? Mais vous savez bien que ce genre de neutralité n'est qu'une illusion, n'est-ce pas ? Vous me pensez sérieusement immobile ? Nul ne peut rester immobile au milieu de la tourmente...et celle qui s'abat sur le monde actuel ne fait que commencer...ajouta-t-il en laissant son regard trouver le vide avant de ramener ses yeux sombres sur la jeune femme qu'il trouvait de plus en plus insolente.

Au fond, tous deux s'accordaient sur une chose : la neutralité absolue n'existait pas. Là où ils étaient en désaccord, c'était sur la nature de cette neutralité.


- Ce qui me qualifie de « neutre » aux yeux de beaucoup, c'est ma façon de concevoir le savoir et ces lieux. Je veux que la bibliothèque soit le refuge de tous, un lieu où personne ne saurait en faire un terrain de chasse. Son regard se fit plus insistant. Humains, Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, créatures alchimiques...tous ces êtres ont leur place ici et aucun ne doit avoir la prétention de dévorer l'autre, ou de lui mettre une balle entre les deux yeux. Il eut un rictus ironique. Mais ne croyez pas que les « luttes intérieures » ne sont pas également le lot que de ceux qui s'échinent à préserver ce genre de sanctuaire...

La jeune femme se perdit un instant dans ses pensées et Alastor attendit qu'elle se recentre. Puis, le bibliothécaire finit par laisser sa curiosité l'envahir et il s'approcha sensiblement d'elle. Il lui fournit alors des Blood Tablet et trouva l'occasion de la toucher peau à peau. Le but de la manœuvre ? Comprendre son pouvoir. Le sien lui permettait de sonder ceux des autres et pour cela il avait besoin d'un contact physique. Mais sur les humains, la tâche restait difficile car ils ne possédaient pas tout à fait la même nature de pouvoir (c'était du moins sa théorie).
Dans le cas de la jeune Grey, il saisit assez facilement les grandes lignes de son « don » grâce à ce qu'il venait de voir. En effet, en observant la plaie de Raphaël et en analysant les maigres informations qu'il avait réussi à voler à son amante, le Vampire put rapidement conclure qu'elle possédait un pouvoir avancé de guérison, capable de prouesses dont la médecines ne pourrait peut être jamais se vanter. Mais il réalisa également qu'elle ne pouvait faire repousser les os et que ce don avait donc quelques limites...
Jetant un coup d'oeil à celui que le monde de la nuit surnommait encore « l'Ange Blanc », le Conservateur grimaça. Lui-même, avec l'aide de Jézabel, n'avait pas réussi à empêcher sa plaie de suppurer. Le Comte avait sans doute utilisé une lame d'argent pour que le résultat de sa torture soit aussi répugnant. Dans un cas pareil, il n'y avait pas grand chose à faire lorsque l'on était un Vampire, à part attendre et prier. Le Don Obscur ne permettait malheureusement pas de régénérer le corps face à l'argent. Le métal agissait en contradiction avec les propriétés de leur sang. C'était un des grands mystères de la Création. La théorie selon laquelle l'argent brûlait les chairs des créatures telles qu'eux parce qu'elles étaient démoniaques, ou impures, ne tenait pas debout puisque l'or ne leur faisait aucun mal. C'était pourtant un métal bien plus pur. Heureusement, la jeune Grey avait réussi à donner à la plaie de son ami un aspect propre et cicatrisé. C'était déjà bien.

La jeune femme aborda alors la question des palliatifs. Alastor soupira doucement. Comment les Humains pouvaient-ils encore croire que les Vampires ne cherchaient pas réellement de solution pour se nourrir autrement qu'en les dévorant ?


- Nous y travaillons. Les Vampires, mademoiselle, sont très nombreux à se pencher sur le sujet...Il y en a même qui sacrifient leur immortalité dans cette recherche...

Remontant vivement ses lunettes sur son nez, le Conservateur préféra ne pas continuer sur ce point. Il n'était pas là pour donner aux Hunters de telles informations. Quand il songeait que c'était à partir du sang même des Vampires que ces fameux cachets étaient conçus...il trouvait les humains bien ingrats.
Soudain, l'héritière Grey lui assura qu'elle lui ramènerait du sang de porc. Le bibliothécaire prit une mine circonspecte. Que croyait-elle donc ? Qu'elle allait pouvoir sortir et entrer comme bon lui semblerait pour lui ramener ce genre de chose ? N'avait-elle pas saisi que les disciples du Comte l'attendaient dehors ? Elle avait l'air de croire qu'elle pourrait veiller sur son amant en venant lui donner des visites de courtoisie comme dans un hôpital...

Le Vampire allait lui exposer un peu plus clairement l'aspect critique de leur situation lorsque Raphaël revint à lui. Cela attendrait.
La mettant en garde quant aux possibles réactions du blessé, il s'effaça pour les laisser dans un semblant de tête à tête.


- Méfiez-vous...Il ne se maîtrise pas.

Au début, Raphaël ne sembla pas réaliser que c'était bel et bien Eulalia Grey qui se tenait auprès de lui. Alastor l'observa attentivement. Il craignait que son pouvoir d'invocation ne blesse la jeune femme. Il était désorienté et très affaibli, mais un accident était vite arrivé...
Lorsque le Vampire comprit que son amie était bien réelle, il se leva d'un bond pour se placer entre elle et on hôte. Le Conservateur le regarda sombrement tandis qu'il hurlait des menaces à son encontre. Comme s'il l'avait ramenée pour jouer avec ses nerfs en la torturant sous son nez...C'était presque insultant pour un Vampire qui choisissait très judicieusement ses victimes.


- Calmez-vous, monsieur Veneziano.

Sans rien ajouter, Alastor laissa la jeune Grey s'interposer et prendre soin de son amant. Il les observa, sans ciller, figé comme une statue d'ombre non loin du bureau élimé. Il voulait rester en retrait : les retrouvailles des ces deux êtres ne le concernaient pas, ou peu. Et puis, il voulait connaître le lien qui les unissait.
Au bout d'un moment, Raphaël se mit à pleurer dans le giron de la belle humaine, comme un enfant mouille les jupons de sa mère suite à une grande frayeur. Il faisait pitié. Le bibliothécaire se demanda ce que la jeune femme trouvait à cet homme brisé. Ce n'était plus qu'un fantôme abîmé, une existence qui achevait de se déchirer. Raphaël avait déjà les cheveux blancs : sa dégénérescence était gravement avancée. Pour un Vampire aussi jeune, c'était une anomalie. Apparemment, il ne lui restait que peu de temps à vivre. Il rejetait ses pouvoirs ainsi que sa nature toute entière et cela accélérait le processus. Tant qu'il ne les accepterait pas, il ne serait jamais capable de redonner à son essence la vitalité qui lui échappait.
Tandis qu'il songeait à ces éléments, Alastor entendit la jeune Grey rassurer le Hunter avec des paroles qu'il aurait presque pu prononcer lui-même. Elle semblait avoir étonnamment bien saisi la situation de son ami et trouvé le moyen de lutter contre ses démons : il fallait qu'il domine ses pouvoirs et qu'il redonne à son esprit toute sa puissance. Son instinct voyait juste et le Vampire se demanda si ce n'était pas une faculté de son don de guérison.

Bientôt, il n'y tint plus. Sortant de l'ombre pour s'approcher du jeune couple, le Conservateur décida d'être bref mais efficace. Il fallait qu'ils comprennent maintenant les enjeux de ce qui allait suivre, pour leur bien à tous.


- Écoutez-moi bien attentivement tous les deux, fit-il à la manière d'un maître d'école. Le Comte surveille le bâtiment. Ses disciples sont postés tout autour et ni vous, miss Grey, ni vous, Sir Veneziano, ne pourrez sortir sans vous retrouver en son pouvoir. Ce soir, il est chez Sir Charles Barry, le grand architecte, mais il a laissé assez de Vampires pour vous cueillir comme des fleurs, soyez-en sûrs. Appuyant son regard sur la jeune femme pour qu'elle comprenne bien que ce n'était pas avec gaieté de cœur qu'il agissait de la sorte, il poursuivit après avoir pris une longue inspiration: Pour cette nuit, vous pouvez rester là tous les deux. Demain, à l'ouverture, Miss Grey vous vous mêlerez aux visiteurs pour sortir. Vous pourrez venir voir votre...ami...mais pas tous les jours, sinon vous allez rapidement attirer l'attention. Pour ce qui est de la convalescence, et tout ce qu'elle implique, je m'en occupe.

Alastor ignorait encore que quelques jours plus tard, le Comte retrouverait la jeune Spencer et qu'ils auraient alors l'occasion de laisser s'échapper Raphaël. Le Prince étant occupé avec la Camarilla et le Sabbat, il laisserait moins de veilleurs autour de la bibliothèque. Grâce à son aura, Alastor dissimulerait celle du jeune Vampire et le couple pourrait passer par les soubassements, en deçà des égouts, pour rejoindre le prochain quartier et s'enfuir.
Le Conservateur verrait cela comme une façon de se débarrasser d'intrus gênants et de préserver son domaine, mais le Comte et les Hunters verraient sans doute oute cette affaire comme une prise de position...


[HRP/ Fin du rp. Suite à venir. /HRP]
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Raphaël Veneziano
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MessageSujet: Re: De l'obscurité naît la lumière [Alastor, Eulalia, Raphaël] [28/04/42] Dim 18 Sep - 12:15

Ce que Raphaël avait vécu dans la Salle Noire, nul n'aurait pu l'imaginer. Lui-même n'était pas certain de pouvoir le raconter un jour. Cette expérience avait été un véritable cauchemar qu'il n'était pas prêt d'oublier. Après le rejet des Hunters et la mutilation qu'il avait subie dans la ruelle lorsque le Comte lui avait coupé les doigts, il avait pensé que rien ne saurait être pire. Puis le Vampire avait évoqué Eulalia, la condamnant au même titre que lui, et il l'avait enfermé dans son royaume de ténèbres. Raphaël avait vu tous ses espoirs se déliter à mesure que son esprit plongeait en enfer. Au lieu de lui donner la mort, son ennemi avait opté pour la torture. D'abord physique, puis mentale, elle s'était appuyée sur cet otage chéri et sur ses pires craintes.
Maintenant qu'il était réveillé et qu'il enserrait comme un enfant les flancs de sa compagne, l'Ange Blanc désespérait d'autant plus qu'à ses yeux les plans du Comte prenaient leur horrible forme.


- Lally...Tu ne comprends pas...Il l'avait prévu...

Ses sanglots ne cessaient pas tandis que la jeune femme tentait de le rassurer. Elle lui expliqua qu'elle avait reçu une lettre et qu'elle l'avait cherché partout. Raphaël sentit son cœur se crisper.

- Je suis désolé...je suis tellement désolé...J'aurai dû te prévenir...Je n'en ai pas eu le temps.

C'était la vérité. A peine était-il sorti du QG des Hunters qu'il était tombé sur les sbires du Comte et qu'il s'était retrouvé face à face avec le Diable. Il n'avait pas eu le temps de chercher Aria, ni de se remettre de son humiliation chez les Hunters, qu'il avait été cueilli comme une fleur dans la rue.

- Je sais...Je sais qu'il n'est pas invincible...Mais...Il redressa un peu la tête et son regard empli de larmes la dévisagea d'un air particulièrement douloureux. Tu ignore quels sont ses pouvoirs...Eulalia...Vous n'avez pas idée de ce qu'il est capable de faire.

Raphaël était encore sous le choc et l'idée même que sa compagne puisse un jour subir ce que le Vampire lui avait fait le rendait malade. La douce main de la jeune femme passa dans ses cheveux pour le rassurer. Cette tendresse glissa contre sa tête comme de l'eau et le calma quelque peu. Malgré tout, il se laissa aller contre elle, pris de mille pensées diverses, incapable d'articuler quoi que ce soit de plus tant sa gorge se serrait.
Eulalia remercia le Conservateur qui avait pris soin de lui. Le Hunter serra un peu les dents et obéit à la chasseuse lorsqu'elle le poussa à relever la tête. Elle lui expliquait qu'elle croyait en lui et qu'il lui fallait garder espoir. Pour elle, il devait se relever, encore, et aller de l'avant. Il devait maîtriser ses pouvoirs afin d'avoir une chance de faire face au Comte.
Ils n'avaient jamais abordé ce sujet ensemble. Elle savait que, comme toutes les créatures de la nuit, il possédait des pouvoirs surnaturels, mais ils n'en avaient jamais discuté et elle ignorait encore de quoi il était capable, ou incapable...
Le Vampire poussa un soupir déchirant :


- Je...Je suis incapable de faire quoi que ce soit d'utile...Je suis juste...dangereux. Dangereux pour les autres, dangereux pour moi-même...Oh Lally...Je ne sais même pas dissimuler mon aura...

La belle serra ses mains et se releva. Elle l'encouragea à faire de même et à se battre. Elle désirait lui insuffler une nouvelle force, une flamme pour réchauffer son cœur. Une fois debout, le Vampire l'écouta, blême, l'encourager encore et encore. Elle croyait en lui, plus que quiconque, et soutenait qu'il faisait peur au Comte. Cette idée fit son chemin, tout doucement, jusqu'à son esprit torturé. Peut-être qu'elle avait raison, au fond...N'avait-il pas fini par sortir de cette Salle Noire par ses propres moyens ? Le Conservateur lui avait dit qu'il était revenu de lui-même...

Eulalia l'aida à se redresser puis, après un silence, elle lui demanda pourquoi il avait quitté les autres. Raphaël tiqua et son regard trouva celui du Vampire qui les observait dans l'ombre. Il ne pouvait guère en parler devant lui...


- Ce...c'était mieux pour tout le monde. Nos... « amis » n'ont pas besoin de moi. Nous avons trouvé d'autres...chasseurs...Ils s'entendent bien, « très » bien, sans doute « trop »...Je suis ce que je suis, Lally, beaucoup ne l'accepteront jamais...J'ai préféré partir, pour éviter d'envenimer les choses...Et puis, je devais chercher la petite...

Il ne savait pas s'il avait été clair, mais il ne pouvait pas ouvertement parler d'Alexender, de Katherine ou d'Aria. Comment lui expliquer ce qu'il s'était passé sans que le Vampire ne réalise leur nombre, le nom de leurs complices, la reconstruction de leur groupe... ? Et s'il se mettait à les torturer lui aussi pour obtenir des informations qu'il revendrait au Comte ?

- Je...Ils s'en sortent bien.

C'était tout ce qu'il pouvait lui dire.

- Je n'ai...simplement pas eu de chance...

Sa voix s'étouffa dans un sanglot qu'il ne put retenir. Cette situation l'angoissait comme jamais. Qu'allaient-ils faire désormais ? Eulalia ne réalisait pas qu'elle venait de s'enfermer avec lui dans une boîte dont le couvercle était surveillé par la pire créature du royaume.
C'est là que le bibliothécaire intervint. Sortant soudainement de l'ombre, il se posta devant eux pour les informer une bonne fois pour toute de ce que leur situation signifiait. Raphaël eut un geste pour protéger la jeune Grey. Jamais il ne ferait confiance à cet homme. Il avait beau l'avoir sauvé des griffes du Comte, sa position restait incertaine.
Écoutant le Vampire d'un air soupçonneux, Raphaël accueillit sa mise en garde avec une moue contrite. C'était une évidence pour lui, il savait que le Comte n'attendait qu'une chose : qu'il sorte pour pouvoir le tuer en toute impunité. Mais lorsqu'il aborda le fait qu'il se trouvait actuellement chez Sir Charles Barry, connu pour être le plus renommé des architectes de la Couronne, l'Ange Blanc fronça les sourcils. Le Conservateur était donc au courant de toutes ses allées et venues ? C'était bon à savoir.
Finalement, Drake leur expliqua qu'ils étaient obligés de passer la nuit dans son domaine et que la jeune femme ne pourrait sortir qu'en se mêlant à la foule du lendemain. C'était logique. Raphaël enserra Eulalia en enroulant son bras gauche autour de sa taille. Au fond de lui, la perspective de rester dans cette pièce avec la jeune femme lui donna un peu d'espoir. Il préférait la savoir avec lui que dehors, à la merci du Comte. Le bibliothécaire semblait bienveillant à leur égard.


- Merci, murmura le chasseur dans un grognement quelque peu reconnaissant.

Plus tard dans la soirée, lorsque le Conservateur daigna enfin les laisser seuls un instant, Raphaël demanda à Eulalia de s'asseoir avec lui sur son lit miteux. Il lui confia alors que le Vampire était accompagné d'une secrétaire du nom de Jézabel et qu'elle était humaine. Elle avait apparemment connaissance de sa nature et pourrait peut être devenir leur intermédiaire lorsqu'elle reviendrait le voir à la bibliothèque. Il lui avoua également qu'il avait failli la mordre.


- J'ai soif, Lally, terriblement soif. Je ne veux pas que l'on dorme ensemble ce soir. Rejoins Jézabel, je pense qu'on peut lui faire confiance...

Sur ces mots, il embrassa fougueusement sa compagne.

- Tu n'aurais pas dû venir...mais...je suis heureux de te voir...Merci...Merci pour mes...doigts. Je t'aime.

Par la suite, il l'obligea à le laisser seul. Puis, il trouva le Conservateur et lui demanda de laisser les deux femmes entre elles, sans s'approcher d'Eulalia. Il lui réclama d'autres Blood Tablett et se recoucha, harassé, pour tâcher de trouver un sommeil réparateur qui le fuyait depuis des jours.

[HRP/ Fin du RP avec Raphaël. Suite bientôt !/HRP]
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Eulalia Grey
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MessageSujet: Re: De l'obscurité naît la lumière [Alastor, Eulalia, Raphaël] [28/04/42] Mer 28 Sep - 22:08

Eulalia serrait Raphaël contre elle avec force. Elle souffrait de le voir si faible, si déchiré, si esseulé… Elle fronçait doucement les sourcils en l’écoutant. Le Comte l’avait prévu ? Mais qu’est-ce que cet homme de malheur avait bien pu lui dire pour qu’il se pense pris dans ses filets ? Elle ne l’avait jamais vu pleurer de cette façon. Cela faisait peine à voir… Qu’avait-il dû endurer pour se trouver réduit à un tel état de crainte ?
Il s’excusa. Sa voix lancinante la perçait comme un poignard. Elle aurait voulu prendre toute sa misère, tout son chagrin sur ses propres épaules…

Il avait été pris par surprise, a tel point qu’il n’avait pas eu le temps de lui communiquer le moindre message… Comment les Vampires avaient-ils pu lui tomber dessus si rapidement ? Peut-être avait-il été malchanceux et qu’un groupe ennemi l’avait croisé par hasard… Ou peut-être y avait-il autre chose ? Fort de son expérience de Hunter, son regretté père lui avait confié qu’il pensait que les pouvoirs des Vampires étaient si puissants que leurs congénères étaient capables de les localiser à distance. Peut-être était-ce ce qui avait trahi l’italien ?

Raphaël paraissait chaque seconde plus abattu alors qu’elle tentait de le réconforter. Non, elle n’avait aucune idée de l’étendue des pouvoirs du Comte, c’était vrai… Mais l’aperçu de la Salle Noire l’avait amplement convaincue de sa dangerosité.

- C’est vrai, je ne le sais pas… Je suis certainement inconsciente et je nous pousse dans une lutte perdue d’avance…

Elle regarda rapidement le bibliothécaire. Leurs premiers échanges, précipités et rigidifiés, emplis d’une fierté mal placée et d’une méfiance de circonstance, n’avaient pas été très agréables. Mais dans son cœur, elle avait entendu ses paroles et compris qu’il n’avait pas essayé de lui nuire mais d’être réaliste. Eulalia était utopiste. Eulalia n’avait aucune expérience de la vie, à peine connaissait-elle la misère humaine, qu’elle avait pu côtoyer lors de missions pastorales menées par son père.

Eulalia avait vingt ans.

- Mais Raphaël… Si nous courbons l’échine devant son pouvoir alors il aura gagné. Si nous ne luttons pas parce qu’il est plus fort, si plus aucun grain de sable ne se glisse dans les rouages de ses plans, tout ce que nous avons sacrifié jusqu’ici l’aura été en vain.

Cela ne sembla pas apaiser le Vampire. Il se trouvait dangereux, il se considérait comme un monstre, une arme à garder enfermée pour avoir l’assurance de ne blesser personne. Mais au delà de sa dangerosité pour les autres, il l’était aussi pour sa propre personne. Il dégénérait, de plus en plus vite… Son Immortalité ne le sauverait pas si rien n’était fait.

Il ne dissimulait pas son aura… Son aura. C’était donc comme cela que l’on appelait cette force que les Vampires pouvaient percevoir ? Etait-ce à cause de cela qu’il avait été repéré ?

- Il faudra apprendre à la dissimuler…. Je ne sais si ce genre de chose peut s’apprendre mais... C’est essentiel à ta survie.

Elle regarda à nouveau le Bibliothécaire. Accepterait-il de les aider dans cette tâche, malgré leur première entrevue plutôt rêche ?

La jeune femme écouta ensuite le jeune Vampire user de réponses évasives pour l’entretenir de la situation au repère. Elle compris bien qu’il ne souhaitait pas trop en dévoiler en présence de Drake. Dans le ton de sa voix, elle sentait que quelque chose se tramait. Quelque chose de délicat. Quant au rejet de Raphaël par leurs camarades, elle s’y était attendue. Oh, elle en restait tout à fait révoltée mais après les événements du théâtre et les remarques acerbes d’Alexender, elle avait compris que leur alliance n’était qu’un principe de survie, le temps d’écarter la menace du Comte. Dès qu’ils en auraient terminé avec ça, Raphaël redeviendrait une cible.
Eulalia fronça les sourcils et sa mine se fit contrariée. Elle défendrai son amant devant cette troupe de chasseurs incapables de faire preuve de mesure et de réflexion. Et si jamais ils s’obstinaient, elle lutterait seule avec lui. Sa priorité n’était plus l’anéantissement du Comte mais le sauvetage de l’Italien. Il était ce qui lui restait de plus cher à ce jour…

- Je n’ai aucune nouvelle d’elle moi non plus… Mais je ne peux m’empêcher de penser qu’elle a dû simplement partir, pour une raison ou une autre. C’est une jeune fille débrouillarde.

Plus tard, l’archiviste les interrompit. Il avait raison… Repartir maintenant relèverait de la pure folie. Mieux valait passer la nuit ici et repartir à l’aube. Elle baissa un peu la tête, humblement. Elle commençait à réaliser à quel point elle avait eu de la chance….

- Merci, monsieur Drake.

Plus tard, Eulalia s’assit à côté de son amant. Enfin seuls, l’espace d’un instant. Ils s’enquérirent de leur situations respectives. Il lui parla de Jézabel et de sa tentative de la mordre. La jeune femme ne dit rien. Elle comprenait qu’il avait dû avoir soif. Sa nature était quelque chose d’insoutenable, il ne pouvait constamment lutter contre ses instincts. Afin de la protéger, il lui demanda de le laisser seul. Elle comprenait, ils se feraient du mal en restant si proches, elle le tenterait inutilement.

- J’irai avec Jezabel…. N’aies crainte. Je veux juste que tu ailles mieux.

Elle se laissa aller contre lui quand il l’embrassa et lui rendit son baiser avec ardeur. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas senti sa présence près de la sienne. A ses mots, elle ne put s’empêcher de sourire.

- C’était la moindre des choses… Tu sais que je pourrais tout risquer pour toi. Je t’aime tant…

Eulalia repartit. Après une courte nuit, elle revint comme si de rien n’était chez sa riche
marraine tout en réfléchissant à sa prochaine visite.


[HRP/ Fin du RP de Lally, suite à déterminer ! /HRP]
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De l'obscurité naît la lumière [Alastor, Eulalia, Raphaël] [28/04/42]

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