L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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La crainte d'un espoir [Katherine, Alexender] [27/04/42]

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Alexender Von Ravellow
Hunter - "Criminel" en fuite
Date d'inscription : 11/03/2008
Nombre de messages : 329
Race : Humain
Classe sociale : Aristocrate déchu
Emploi/loisirs : Hunter / Il est recherché par le Yard et les Vampires de Jirômaru Keisuke.
Age : 25 ans
Proie(s) : Tous les Vampires, sauf Raphaël qu'il surveille maintenant sans chercher à l'assassiner. Le Comte Kei est son pire ennemi. Alexender peut aussi s'attaquer à des Loups-Garous.
Crédit Avatar : Personnage par Ayami Kojima.
MessageSujet: La crainte d'un espoir [Katherine, Alexender] [27/04/42] Jeu 9 Juin - 20:32

[HRP/Suite de Lettre à Eulalia Grey puis de L'Audace déliée/HRP]

Alexender ouvrit les yeux. Son regard ne trouva d'abord rien d'autre qu'une épaisse obscurité, le vide, le néant. Puis, doucement, ses pupilles s'habituèrent à la pièce dans laquelle il se trouvait et il se mit à percevoir les objets qui la composaient : une commode, deux chaises, une petite table...Un confort tout relatif, le minimum vital, sans ornement, sans futilité. C'était une chambre provisoire, le refuge d'un homme en cavale, la cachette d'un Hunter...La lumière du jour filtrait au travers des volets de bois qui fermaient cet alcôve rassurant. Unique rempart dressé face au monde extérieur, la fenêtre crasseuse la laissait pénétrer à l'instar d'une vieille amie que l'on ne pouvait éconduire. Quelques petites taches de soleil brillaient ainsi sur le sol, grimpant aux murs et au plafond comme des esprits joueurs qui faisaient la course pour gagner toujours plus de terrain sur les ténèbres. La poussière de l'air tourbillonnait mollement dans les rayons qui les projetaient. Tels de minuscules papillons d'espoir, ils dansaient les uns avec les autres, symboles d'union au cœur de l'incertitude de l'espace. Dehors, on entendait le roucoulement de deux tourterelles qui se tournaient autour sur la gouttière. Leurs petites pattes cliquetaient sur le métal et on pouvait presque suivre leurs allés-retours au pouce près. De temps à autre, les éclats de voix des badauds qui passaient dans la ruelle en contrebas parvenaient aux oreilles, comme pour rappeler aux habitants des immeubles serrés au-dessus des pavés que la vie était encore possible, même dans ces lieux reculés.

Le Hunter soupira et se tortilla dans les draps chauds pour profiter à son aise de cette merveilleuse sensation qui l'envahissait. Il était en paix. Cela faisait si longtemps qu'il n'avait plus dormi comme il venait de le faire ! Sans s'éveiller, sans faire de cauchemar, sans craindre une attaque pendant la nuit, un Vampire, un coup de feu...et surtout, sans se sentir abandonné, mortellement seul...

Tournant lentement la tête, l'aristocrate déchu observa celle qui dormait à ses côtés : Katherine Thornes. Malgré la demi-pénombre, la jeune comtesse était d'une beauté éblouissante. Ses cheveux noirs cascadaient dans sa nuque nue, encadrant son visage parfait d'un rideau onctueux et sauvage. Ses lèvres, entrouvertes, étaient presque un appel aux baisers les plus fougueux qu'il brûlait de lui donner à nouveau.


- Katherine... ? Katherine...

Alexender hésitait à la réveiller. Sans doute avait-elle encore besoin de repos. Après la folle soirée qu'ils avaient passé ensemble, il ne pouvait lui en vouloir...
Un sourire fendit son visage. Rien que d'y repenser, il sentait l'excitation le gagner. Cette femme était décidément incroyablement désirable. Désirable et douée d'une expérience qui l'intimidait presque, lui, le plus inconstant des aristocrates de sa génération. C'était dire !

Tendant précautionneusement ses doigts au-dessus du visage de la belle Lycanthrope, le Hunter toucha ses cheveux avant de redescendre sur sa joue avec tendresse. Une grimace vint alors troubler son expression paisible. Un nuage se profilait dans ce paradis terrestre. Une ombre venait briser l'harmonie de ce tableau.
La séparation.


- Katherine?

La veille, ils avaient longuement discuté de leur prochain plan pour défaire le Comte. Après la libération des prostituées, les Hunters ne devaient pas se relâcher. Sarah était toujours introuvable, Raphaël était parti et il fallait maintenant s'organiser pour éviter que le Vampire ne tombe sur eux avant d'avoir un poignard entre les omoplates.
Ils avaient alors convenu que Katherine irait proposer ses talents de comédienne au vieux lord afin de s'insinuer dans son intimité et de le mener dans un piège. Elle espionnerait sa vie, noterait ses habitudes et finirait par le conduire à un endroit précis, un jour précis, pour qu'ils puissent l'abattre tous ensemble. C'était leur meilleure chance de le tuer et de sauver Londres de son emprise malsaine. Mais ce plan restait risqué et ils avaient passé un temps considérable à chercher comment la jeune Lycanthrope allait bien pouvoir entrer en contact avec le Comte.
Et puis était arrivée l'invitation...Katherine avait été invitée par l'architecte qui aidait le Vampire à reconstituer sa troupe de comédiens après les attentats au théâtre. C'était Nathan qui avait apporté l'heureuse nouvelle après avoir été faire un tour avec Michael à la demeure des Thornes.

Alexender était traversé par divers sentiments.
Il cultivait sa haine, contre cette créature infernale qui avait fait de sa vie un véritable cauchemar ; la rancoeur, contre Raphaël qui les avait abandonnés et contre Stan qui avait apparemment trahi leur confiance ; la tristesse, pour Eulalia qui avait perdu ses parents et s'était entiché de Raphaël ; la culpabilité, pour Sarah qu'il ne trouvait pas et qu'il trompait avec Katherine ; la méfiance, face à la jalousie visible de Michael ; le dégoût, face à l'Angleterre qui l'avait rejeté ; la joie, pour avoir sauvé les filles de Romerta ; la fierté, pour ses élèves qui prenaient maintenant les choses en mains à ses côtés ; la peur, face à l'implication de Katherine dans leurs futures opérations...
Tantôt abattu par le plus violent des désespoirs, s'abandonnant à l'alcool et aux excès en tout genre, tantôt empli d'un espoir fou qui le transportait vers un futur fantasmé, le Hunter avait parfois du mal à se sentir entier.
Souvent, il se demandait si sa lutte aurait un jour une fin. Mille questions venaient ainsi l'assaillir, chaque heure, chaque minute, chaque seconde. Pourrait-il retrouver sa place d'antan ? Connaîtrait-il le bonheur de prendre femme et d'avoir une descendance ? En avait-il réellement envie ? Défaire le Comte était-il seulement possible ?
A ces questions, il n'avait jamais de réponse. Fallait-il en trouver une maintenant ? Le destin ne faisait pas partie de ses croyances. Pour lui, la vie ne suivait pas un sentier tracé dont les ramifications dépendaient de Dieu ou de la chance. Pour lui, la vie traçait sa propre route, selon les choix que l'on faisait pour l'orienter, selon les contextes dans lesquels on évoluait. Il dépendait de soi-même et des autres, pas d'une entité quelconque. Destin rime avec fatalité. Choix rime avec liberté. C'est ainsi qu'il gardait espoir dans un monde qu'il qualifiait souvent d'ingrat.
Aujourd'hui, il se retrouvait devant un choix qui engageait sa responsabilité : devait-il ou non permettre à Katherine de s'infiltrer chez le Comte ?


- Ce n'est pas comme si tu allais me laisser le choix, n'est-ce pas ? Fit-il en soulevant une mèche de la jeune femme. Son sourire était triste.

A ses yeux, Katherine risquait d'être sacrifiée pour rien. Si elle rencontrait le Comte et réussissait à se faire accepter dans sa troupe de théâtre, elle serait dans la gueule du loup. Le Vampire n'aurait qu'à refermer ses crocs sur elle et ce serait fini. Comment croire qu'il ne découvrirait pas sa double identité ? Certes, il ne l'avait pas vue au théâtre et jamais la jeune femme n'avait eu en apparence un quelconque rapport avec lui ou Raphaël, mais Alexender ne pouvait s'empêcher de penser que ce nouveau plan était bien trop dangereux.

Secouant légèrement la belle Lycanthrope, le Hunter insista pour la réveiller. Cette fois, il fallait qu'ils discutent pour de bon.


- Hey...Il fait jour...Il accueillit l'endormie avec un sourire radieux. Je crois que les autres sont levés, j'ai entendu des assiettes en bas...

Le rouquin se pencha en avant et l'embrassa tendrement. Puis, il se redressa et s'assied sur le rebord du lit. Laissant ses jambes pendre un instant, il finit par poser la plante de ses pieds nus sur le parquet irrégulier dont les lattes massives semblaient venues d'un autre temps. Ramenant sa crinière de feu sur ses épaules, il s'étira et joignit ses mains entre ses jambes pour les poser sur la couverture qui faisait une boule sur ses hanches.
Il se demanda comment il allait aborder la question. C'était le matin, Katherine s'éveillait à peine...ce n'était guère le bon moment. Finalement, il regrettait de l'avoir réveillée. C'était comme pour Eulalia: il regrettait de lui avoir écrit la veille pour l'informer du départ de Raphaël...[voir la Lettre à Eulalia Grey]
Pourquoi ouvrir les yeux de ces femmes qui risquaient leurs vies pour eux? Pourquoi ne pas les laisser à leurs rêves?
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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: La crainte d'un espoir [Katherine, Alexender] [27/04/42] Ven 8 Juil - 18:49

[HRP/ Après L'Audace déliée/HRP]


Fermer les yeux et se reposer, simplement se reposer. Ne plus penser à rien et sourire. Naturellement, sourire sans se cacher ou bien sourire pour soi-même. Ne plus sourire pour faire plaisir ou agacer, sourire par satisfaction. S'autoriser quelques égarements et se laisser envahir par les doux sentiments que procure l'affection, l'attachement mutuel, le plaisir partagé, l'amitié. Arrêter de prier, de pleurer et d'espérer. Simplement profiter, profiter de chaque instant avant de se jeter dans la gueule du loup. Profiter du jeune homme qui se trouve à ses côtés et ne plus penser. Ne plus penser et vivre un rêve éveillé. Puis se relâcher et dormir. Dormir dans des bras chauds et rassurants. Katherine n'avait jamais réellement songé à tout cela et finalement… Finalement elle le vivait. Elle ne songeait plus à Michael qui devait très certainement se ronger les ongles dans son lit et mourir de jalousie. Elle avait du mal avec lui en ce moment. Elle perdait confiance. Katherine avait peur d'être trahie et pourtant elle s'alliaient avec des inconnus amis avec un vampire. Du moins des inconnus… Alexender n'en faisait plus parti. Alexender était devenu un ami, un ami avec lequel elle partageait des choses formidables, qu'elle pouvait découvrir un peu plus chaque jour et auquel se confier. Un ami fidèle qui lui apportait d'autres amis encore et qui lui permettait de passer de merveilleux moments ainsi que de partager des repas avec une compagnie des plus agréables. La jeune femme n'avait jamais vécu tout cela malgré son grand âge, elle le découvrait. Qu'il était bon de pouvoir rire sans se soucier des paroles qu'ils lançaient ! Michael était un homme bon mais si peu bavard, Katherine ne pouvait qu'être sérieuse avec lui.

Dans ses rêves, Katherine ne s'inquiétait plus, elle oubliait.

Elle oubliait que la veille une invitation lui était parvenue. Elle était conviée à un dîner, un dîner où serait présent le Lord Keisuke, leur cible. La belle hongroise y proposerait ses services, pour ce faire elle le séduirait par son talent et serait une ombre parmi les Hunter pour disloquer les ténèbres de l'intérieur. Cette invitation avait provoqué euphorie et inquiétude. Tout le monde se réjouissait. Une porte leur était enfin ouverte, ils devaient simplement la pousser. Le danger était pourtant derrière, dans l'obscurité, à les guetter, mais il ne fallait pas avoir peur, il fallait continuer d'avancer. Après tout ces monstres n'étaient pas invincibles, ils étaient mortels. L'angoisse ne disparaissait pas pour autant. Katherine oubliait dans ses rêves qu'elle allait y risquer sa vie. Qu'elle n'en reviendrait jamais peut-être vivante, qu'elle allait très certainement souffrir si l'on venait à la découvrir. Oui elle oubliait qu'elle vivait peut-être pour la dernière fois ces instants de vie.

Le soleil pointait le bout de son nez et caressait de son halo doré le visage doux de la Comtesse. Les lèvres à demi entre-ouverte, la jeune femme dormait paisiblement. Des voix lui parvenaient de temps en temps pour troubler son sommeil et celui de ses entités mais jamais elle ne parvint à ouvrir les yeux. Elle avait tellement besoin de dormir tranquillement, sans se soucier de quoi que ce soit qu'elle en était presque imperturbable. Auprès du jeune roux, Katherine se sentait en sûreté.
Une main avait même caressé sa joue mais rien n'y faisait, cette nuit ne devait jamais se terminer. Elle avait si bien commencé dans le creux des bras du Hunter, à assouvir leurs penchants respectifs, à se regarder dans les yeux, se murmurer des mots doux et se dévorer les lèvres. Aurait-il le même comportement avec Sarah ? Serait-elle privilégiée ou au contraire Katherine aurait-elle la chance d'être la seule à le voir se comporter ainsi ? En un sens elle l'espérait pour Sarah. Cette femme avait été froide avec elle au premier abord, cependant elle était éperdument amoureuse d'Alexender, elle méritait tout le bonheur qu'il offrait en ces temps-ci à Katherine.
Ils s'étaient aimés une bonne partie de la nuit et ne s'étaient endormis que lorsque l'épuisement les avait cueillis.

Finalement la belle fut péniblement tirée de son sommeil. Les rayons du soleil vinrent lui brûler instantanément les yeux. Elle fronça les sourcils et s'habitua à la luminosité peu agréable de bon matin. Son perturbateur était là, devant elle, tout sourire. Devant tant de gaieté de bon matin la jeune femme se laissa faire et répondit doucement à son baiser. Elle glissa sa main dans les cheveux soyeux du rouquin avant de lui répondre d'une voix à la fois douce et rauque comme elle venait de s'éveiller :


- Penses-tu qu'ils aient besoin de nous.. ?

Elle esquissa un petit sourire qui voulait tout dire. Elle voulait rester là encore des heures, seules avec lui, à parsemer sa peau de baisers et de délicates caresses. Ce n'était pas juste, il la tirait de son sommeil pour lui signaler que les autres étaient réveillés. Elle s'en fichait, en ces instants à ses yeux seul leur petit bonheur comptait. Le voyant se redresser elle en fit de même et s'éleva légèrement grâce à ses coudes. Le drap glissa imprudemment et dévoila sa poitrine. Non gênée, elle continua de se redresser et l'observa. Quelque chose clochait chez lui. Alexender avait l'air si mélancolique. Que lui arrivait-il ? Sa mission la frappa de plein fouet et elle papillonna des yeux, oui le repas décisif approchait dangereusement et elle était excitée tout comme elle désirait le repousser. Se hissant sur ses genoux, la belle aristocrate finit par se glisser derrière son amant. Elle laissa ses mains vagabonder sur son torse avant de trouver le chemin vers son bas ventre puis elle les fit remonter et caressa son cou puis ses épaules. La jeune Hongroise avait collé sa poitrine contre son dos et parsemait son cou de baisers. Elle finit même par lui faire tourner le visage enfin de s'emparer à nouveau de ses lèvres. Doucement elle murmura :

- Tu m'as l'air bien préoccupé… Quelque chose ne va pas ? N'es-tu pas heureux ? Moi je suis heureuse de me trouver près de toi et d'avoir tes merveilleux sourires lorsque j'ouvre les yeux. La prochaine fois laisse moi t'arracher ainsi de ton sommeil. Je veux que tu connaisses ce petit bonheur matinal.

S'il y avait une prochaine fois… Si elle survivait. Si le Comte ne la torturait pas et s'il ne la tuait pas. Si elle était assez prudente pour ne pas se faire découvrir. Elle eut un petit pincement au cœur. C'était peut-être la dernière matinée qu'ils passaient ensembles. Était-ce donc cela qui le chagrinait ? Il était vrai qu'elle craignait elle aussi de sa potentielle mort mais elle ne devait pas penser ainsi, non, elle devait se concentrer sur son objectif : approcher le Comte. Il ne la connaissait pas, il ne savait rien sur elle à moins-ce qu'il s'intéresse aux rumeurs et ait déjà entendu parler de la Comtesse qui avait repris une demeure assez ancienne pour être qualifiée d'habitée par des esprits. Esprits qu'elle a balayé, il n'en était absolument rien, certainement des enfants qui s'y amusant lorsque personne n'y était ont du entendre des bruits inquiétants, rien de plus, tout avait été rénové. Katherine était une comtesse réputée, réputée pour son extravagance et sa proximité avec les hommes. Elle s'attirait bien souvent la jalousie de leur femme. Réputée pour son talent de comédienne et peut-être sa richesse. Mais c'était tout, nul ne l'avait vu habillée en homme, ni traîner avec les Hunters. Rien ne laissait présager qu'elle était l'une des leurs. Pour son travail Katherine était discrète. La Cour était si préoccupée par son comportement révoltant qu'elle ne voyait rien d'autres en elle que la catin des aristocrates. Et c'était tant mieux, elle s'en réjouissait presque, nul ne viendrait fouiner chez elle, cependant cela ne faisait pas son bonheur. Non… Loin de là…

Se pressant contre lui comme pour se rassurer qu'elle pourrait à nouveau l'attraper ainsi et l'embrasser elle huma son parfum et posa sa tête contre son dos. La jeune femme ferma les yeux avec un air rêveur. Qu'elle était bien ainsi contre lui…


- Alexender…

Elle se mordit les lèvres et annonça d'un air très sérieux :

- S'il venait à m'arriver quelque chose, je voudrais une plaque et une statue à mon effigie me divinisant et je veux que tu viennes m'honorer tous les jours ! Je le saurais si tu ne le fais pas.

Elle se mit soudainement à rire pour réprimer des larmes qui pourraient potentiellement monter. La comtesse attrapa sa main et y posa délicatement ses lèvres. Qu'elle avait envie d'être là pour toujours ! Souriant avec plus de sincérité elle finit par lui demander :

- Je suis certaine que nous sommes sur la bonne voie. Un jour nous réussirons. Quand cela sera fait, comment perçois-tu ton avenir ? Que désires-tu pour ta jolie Sarah ?

Elle-même ignorait ce qu'elle ferait. Elle continuerait certainement sa lutte ou bien partirait. Peut-être aura-t-elle une vie loin d'ici en Hongrie. peut-être mourra t'elle dans sa lutte. Ce qui était sûre c'est qu'elle fera de son mieux pour qu'Alexender survive à leur combat. Il avait une mission, faire connaître le bonheur à Sarah et pour Katherine qui même si elle ne la connaissait que très peu c'était important. Elle, personne ne l'attendait. Alexender avait encore toute une vie à construire, la lycanthrope avait assez vécu.



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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Alexender Von Ravellow
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MessageSujet: Re: La crainte d'un espoir [Katherine, Alexender] [27/04/42] Ven 12 Aoû - 13:05

Lorsque Katherine s'éveilla, le cœur d'Alexender fit un bond. Perdu entre un sentiment de tendresse infinie à son égard et une profonde culpabilité, le Hunter ne savait s'il devait ou non se réjouir de l'avoir à ses côtés.
Katherine était une femme magnifique, dont les formes voluptueuses et le regard étincelant généraient bien des fantasmes dans le cerveau d'un homme tel que lui. Sa peau, même dans la pénombre, donnait de folles envies de caresses, et ses boucles, noires comme l'ébène, semblaient aussi douces que la plus fine des soies. Sa voix, grave et posée, rappelait en outre son expérience et ses capacités...Alexender se souvenait de ses soupirs de la veille et il ne pouvait pas nier qu'il désirait les entendre à nouveau. Une seule nuit de plus. Dix autres nuits...
Mais le Hunter ne pouvait pas non plus oublier qu'il l'avait acceptée dans son groupe de tueurs et que cela signifiait qu'il la condamnait. Pour lui, en la prenant avec eux, il l'exposait aux pires dangers qu'ils soient. Certes, c'était une chasseuse elle aussi et il n'aurait rien pu faire contre ça. Katherine poursuivait déjà des Vampires avant même de le rencontrer. En soit, elle prenait déjà elle-même des risques terribles. Mais, si elle avait continué seule, ou avec son étrange majordome, au moins n'aurait-elle pas senti le besoin de se dresser contre le Comte.
Le Comte...
Alexender sentait qu'il l'avait complètement sous-estimé. Depuis l'attentat au théâtre, le Hunter ne cessait de repenser à ce qu'il s'était passé ce jour-là. Il avait failli y passer...Pourtant, il avait déjà eu affaire à lui dans les égouts et il aurait dû se rendre compte à quel point le vieux Vampire était puissant et impitoyable. Ses pouvoirs dépassaient tout ce qu'il avait déjà vu.
Quel âge pouvait-il bien avoir ? Deux cents ans ? Trois cents ans ? Plus ?
Comment était-il arrivé là et pourquoi ? Il n'avait rien d'un être humain. Trop grand, trop blanc. Et ces yeux vides...D'où venait-il ? Pourquoi voulait-il Sarah ?


- Mmhm?

Le jeune aristocrate n'écoutait qu'à moitié sa compagne qui lui jetait un regard coquin. Il était perdu dans ses pensées. Mélancolique. Il lui jeta un regard un peu osé et lui sourit sans réellement la considérer. Il songeait qu'il aurait mieux valu qu'ils ne se rencontrent jamais. Ainsi, Katherine n'aurait pas été mêlée à ses histoires et elle n'aurait pas pris autant de risques. Dès demain, elle allait même servir de pion dans leurs plans douteux...Une infiltrée...Quelle folie ! Il fallait qu'il la raisonne. Ce plan ne pouvait que la tuer. C'était ridicule ! Penser qu'elle puisse ainsi entrer dans la troupe du Comte et l'approcher sans se faire prendre était profondément insensé.

La jeune femme se rendit compte que son amant n'était pas dans son assiette. Elle se redressa et sa poitrine se dévoila. Alexender ne put s'empêcher de la regarder. Il esquissa même un geste pour la toucher, mais il se ravisa, la laissant passer dans son dos et se coller à lui. Recevant ses caresses avec plaisir, il tenta de se raisonner lui-même. Mais une petite voix ne cessait de le harceler lui répétant avec insistance :
« Si tu l'avait pas rencontrée, elle n'aurait jamais fini dans ce lit.
Si tu ne l'avait pas rencontrée, tu n'aurais pas trompé Sarah. »
Cruelle vérité.


- La prochaine fois...murmura le chasseur en posant une de ses mains sur celle de la jeune femme qui l'enlaçait. Il semblait égaré et fatigué. Il répondit à son baiser avec une mollesse particulièrement prononcée. Il avait l'air de rêver éveillé. La prochaine fois...Mmhm...Si, je suis heureux, Katherine...Mais...

Il n'arrivait pas à articuler ses pensées. Tout se brouillait.
Pourquoi le cœur des hommes était-il si compliqué ? Pourquoi ne se levait-il pas tout simplement pour dire à cette femme qu'il lui interdisait de bouger d'ici et qu'il se chargeait du reste ? Pourquoi ne pouvait-il pas lui dire qu'il l'aimait ?


- Je...j'ai peur pour toi. Fit-il avec amertume en serrant ses doigts sur un de ses poignets.

Non, il ne l'aimait pas. Pas comme ça. Il ne le pouvait pas.
Il l'aimait comme Suzanne et Marguerite, comme Romerta et ses filles...
Comme une domestique ? Comme une prostituée ? Non...C'était encore différent. Il l'aimait comme il avait aimé quelques filles...quelques rares filles...


- Pfff....

Le Hunter rageait contre lui-même et soupirait face à ses propres questions. Pourquoi s'en poser de la sorte ? Il fallait vivre, vivre tant qu'il le pouvait et profiter de ce que sa misérable existence lui offrait. Katherine avait croisé sa route, ils s'étaient entendus, ils avaient couché ensemble, pris du bon temps, du plaisir et c'était tout. Inutile de se remuer les méninges pour tenter de comprendre ce sentiment d'attachement qui commençait à lui ronger le cœur ! C'était ridicule. Il fallait maintenant discuter sérieusement de la fiabilité de ce plan...

Mais alors qu'il allait aborder cette question avec sérieux, la jeune femme se pressa contre lui et tenta une pointe d'humour. Son rire brisa la lourdeur du silence qui s'était installé mais Alexender serra les poings. Il se retourna lentement, le visage traversé d'une expression d'horreur et de colère contenue. Il attendit que Katherine ne se taise avant de lui gronder dessus, mais le baiser qu'elle déposa sur une de ses mains l'apaisa quelque peu. Malheureusement, ses derniers mots l'achevèrent.
Le Hunter explosa :


- Bon sang Katherine ! Tu te rends compte de ce que tu me demandes ?! C'est tout sauf drôle !

Le jeune homme se leva et attrapa sa chemise qui traînait sur le vieux parquet. Tout en l'enfilant à renforts de grands gestes brusques, il s'exclama brutalement :

- A quel avenir crois-tu que je puisse encore prétendre ?! Je n'ai plus rien ! RIEN ! Plus de titre ! Plus de château ! Plus d'honneur ! La Cour entière veut ma mort ! Et Sarah... Son regard changea. Il passa de la colère à la plus profonde des détresses. Ses bras retombèrent le long de son corps et il serra poings et dents tandis que ses yeux se remplissaient de larmes. Sarah...Elle est sans doute morte à l'heure qu'il est...Et quand bien même on la retrouverait, qu'est-ce que tu veux que je lui dise ? Qu'est-ce que tu veux que j'en espère, moi ? Il se montra du doigt et se mit à rire nerveusement. Moi... ?! Un rebut, un imbécile, un traître...

Alexender entreprit de boutonner sa chemise mais ses mains tremblaient. Il ne parvenait pas à aligner les boutons et les trous. Au bout de quelques secondes à peine, il abandonna l'affaire et poussa un grand soupir.

- Pfff...Suzanne et Marguerite sont encore en prison...Je veux les libérer, tuer le Comte et disparaître. Voilà mon avenir. Qu'on réussisse ou non, Sarah ne dois plus rien avoir avec moi. Elle, elle a encore la possibilité de vivre « normalement ».

Après un silence, le Hunter passa une main sur son visage trempé. Puis, pestant contre lui-même, il revint s'asseoir sur le lit. Doucement, il posa sa tête en arrière sur Katherine et grogna dans un sanglot presque enfantin :

- J'ai peur pour toi. Je...je ne veux plus perdre ceux que j'aime.

Ses parents, son maître d'armes, ses disciples, les parents d'Eulalia, Romerta...Il y avait déjà eu trop de morts dans son sillage, il ne voulait pas que Katherine prenne autant de risques en le suivant.

- C'est trop dangereux. N'y vas pas.

Il se redressa et fit face à la jeune femme. Son regard flamboyait d'une rage depuis trop longtemps contenue.

- Je vais le crever avant qu'il ne pose les yeux sur toi. Je vais le crever pour tout ce qu'il nous a fait. Pour les gars...Pour toi...Pour...« ma jolie Sarah ». Le Hunter prononça ces derniers mots en affichant un sourire douloureux. Pour lui, l'avenir n'existait que dans le sang. Son optimisme de la veille s'était mué en un profond désespoir.
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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: La crainte d'un espoir [Katherine, Alexender] [27/04/42] Ven 2 Sep - 19:44

Katherine avait passé une dernière nuit dans cette chambre de fortune, une dernière nuit avant de reprendre ses folles idées de justice. Une dernière nuit avant de se jeter dans la gueule du loup. Une dernière nuit avant de tenter l'impossible. Mais cela ne signifiait pas qu'il s'agissait d'un adieu. Non. C'était une dernière nuit avant le début de sa mission. De cette invitation. De cette soirée qu'elle devrait passer en compagnie d'artiste et du vampire peut-être accompagné. Une dernière nuit avant qu'elle n'entre en contact avec lui. Après cela, il y aura pleins d'autres nuits. Elle en était certaine. Peut-être s'agirait-il de nuits infinies, happées par la froideur de la Mort ou bien de belles nuits à observer la lune élégante qui de travers sourit. Dans tous les cas ce n'était pas la dernière mais elle en profitait, elle en profitait avant de quitter ce beau jeune homme allongé à côté d'elle. Alexender ne lui appartenait pas, il ne lui appartiendrait jamais, de toutes les manières elle avait du s'y résoudre bien avant lui. Aucun homme ne pouvait un jour lui appartenir à part peut-être Michael. Elle avait cette capacité que peu possédait. La longévité. Elle vivait bien plus longtemps, si elle survivait à cette mission elle pourrait traverser des décennies et mêmes peut-être des siècles sans mourir. Alexender mourra peut-être bien avant elle. Elle ne voulait pas contempler la vieillesse sans ne jamais être touché, voir tomber un à un les hommes qu'elle a pu aimer. Ses rêves s'envolaient. Pas de maisons, pas de campagne, pas de justice, pas d'enfants dans les jambes, pas de vie douce à vieillir, boiter puis mourir. Cela lui faisait mal au cœur alors… Alors elle profitait de l'instant présent, oui car plus tard elle sera encore là que lui se sera déjà marié et enterré avec sa belle épouse. Peut-être. S'ils survivaient tous…

Réveillée la belle lui fit part de son envie discrète de vouloir rester à ses côtés sans se préoccuper des autres jeunes gens qui s'étaient levés. Elle s'en fichait royalement, elle les appréciait mais c'était tout. Tout ce qui l'importait ce matin-là c'était Alexender. Lui et seulement lui. Pourquoi fallait-il qu'il lui rappelle qu'ils n'étaient pas seuls et qu'ils devraient descendre ? Ce n'était pas juste. L'air pensif cependant, le Hunter ne semblait pas tout à fait bien. Quelque chose le taraudait et le chagrinait. Il ne l'écoutait presque pas. Soupirant elle avait fini par se redressant et se colla derrière lui avec douceur. Elle voulait encore sentir sa chaleur contre elle. Cela la rassurait. Il était humain, il était normal. Elle était normal elle aussi, du moins presque et c'est cette petite différence qui faisait voler en éclats tous ses rêves et ses espoirs. La jeune hongroise laissa vagabonder ses mains sur sa peau brûlante et elle déposa quelques baisers dans le creux de son cou avant de s'emparer de ses lèvres impérieusement. Rien à faire, il était absorbé dans ses pensées. Il était mou c'était désolant. Le noble déchu ne réagissait pas ainsi la veille ! Elle l'écouta et lui sourit :


- Mais quoi ?

Elle le regarda emprisonner l'un de ses poignets et pour tenter de le détendre elle glissa son autre main sur la sienne. Ses propos la figèrent un instant puis elle se pressa un peu plus contre lui. Cela la touchait qu'il puisse craindre pour sa vie. Elle continua cependant de lui sourire et se hissa jusqu'à sa joue qu'elle embrassa à nouveau.

- Tant que je resterai Katherine la comédienne je ne risquerai rien. Je te promets de faire attention, tu n'as pas à avoir peur tu as d'autres préoccupations.

Alors qu'elle faiblissait peu à peu en pensant à la triste possibilité de sa mort, la jeune femme tenta de leur redonner le sourire et tenta une pointe d'humeur qui de toute évidence ne plut pas à son amant. C'était la goutte de trop. Celle qui lui fit déformer assez sauvagement son visage et serrer furieusement les poings. Elle ne s'attendit pas à une telle réaction.  Ne pouvait-il pas comprendre ? Ne faisait-il aucun effort pour cela ? Le coeur serré elle lui répondit à cran :

- Préfères-tu que j'en pleure Alexender ? Que la dernière chose que je me rappelle de nous soit des regards tristes et des larmes ? Et si cela devait arriver ? Je ne veux pas te revoir avec cette mine sévère qui me réprimande parce que j'essaie de voir ça avec le sourire. Alexender si c'est dur pour toi dis-toi que ça l'est encore plus pour moi. Laisse moi sourire avant de prendre le risque de ne plus jamais rire à tes côtés.

Non elle ne voulait pas faiblir, pas se mettre à pleurer. Elle n'en avait pas besoin. C'était déjà assez dur pour elle, trop dur pour que la jeune femme se permette de craquer et de se comporter comme lui. Elle savait qu'il ne supportait pas la pression, qu'il était impulsif. Elle le voyait bien à sa réaction. Alexender prenait très mal sa pointe d'humour. Katherine ne voulait pas y penser en pleurant, elle avait trop pleuré dans sa vie pour continuer encore aujourd'hui et il fallait qu'il la comprenne.
Elle le regarda exploser de colère et resta assise sagement. Si lui arrivait à se mettre dans de tels états, elle elle pouvait se contenir et certainement pas faiblir de la sorte ! Elle le trouva alors ridicule. Il lui gâchait sa dernière matinée à ses côtés. Il aurait voulu qu'elle s’apitoie sur son sort, ce n'était qu'un enfant, un grand enfant qui ne savait pas contenir sa colère. Un homme tout simplement. Le sourire d'une femme était-il aussi douloureux à contempler ?!


- Ah oui toi un imbécile ça je sais. Tu es si défaitiste ça me déçoit. Tu ne réussiras rien en parlant ainsi Alexender. Allons calme toi, tout se passera bien. Tu sais, avant qu'elle ne disparaisse j'ai pu la voir. Elle a l'air de t'aimer plus que tout, même en n'étant rien Alexender, même en n'étant qu'un imbécile comme tu le dis, elle continuera de t'aimer. Et puis tu te trompes… toute la Cour ne veut pas ta mort. Je ne m'y rends plus trop en ce moment mais… Je te veux encore en vie, fit-elle en lui souriant avec tendresse.

Alexender s'agaçait, Katherine venait de le mettre à bout, il craquait si facilement. Il avait attrapé sa chemise et l'avait mise avec une rage certaine. La belle salua la résistance du tissu malmené.
Elle le regarda faire et attendit qu'il vienne s'installer contre elle arrêtant de froisser sa chemise et de triturer les boutons qu'il n'arrivait pas à manipuler. Elle lui ouvrit ses bras pour l'accueillir et l'enlaça avec douceur, l'une de ses mains glissa sur ses joues afin d'essuyer ses larmes. La Comtesse lui boutonna doucement sa chemise mettant fin à son calvaire et lui souffla :


- Tu ne me perdras pas… Jamais tu entends ? Et même dans l’au-delà, si je venais à partir je resterai toujours près de toi, de vous. N'aie pas peur…

La belle soupira au creux de son oreille et finalement elle lui répondit :

- Et nous les libérerons. Tu les libéreras. Elles comptent sur toi et tu n'es pas seul. Tu n'as pas à décider pour Sarah. Nous sommes des femmes différentes de la société, nous aimons être libre, laisse la choisir comment elle veut vivre. Je pense que si tu dois disparaître tu devras la prendre avec toi. C'est toi qu'elle veut, pas ta richesse ni ta réputation. C'est un être qu'elle aime pas ta condition. L'empêcheras-tu de vivre à tes côtés mon chéri ? De continuer à t'aimer même si c’est sa seule et unique volonté ?

La Hongroise le regarda avec douceur et continua de caresser son visage. Au bout d'un moment elle plongea ses prunelles bleutées dans les siennes mordorées et murmura :

- Même sans toi j'y serai allée. Tu sais c'est ma décision. Que tu le veuilles ou non. C'est mon plus grand rêve désormais. Rendre justice. Si je devais mourir alors j'en serai honorée, je suis fière de cette mission, je suis fière de partir pour accomplir ce que je pense juste et je prie chaque jour pour y arriver et qu'importe si c'est dangereux. Je le fais pour moi, pour nous, pour vous, pour l'humanité entière. Ne cherche pas à me protéger tu en perdrais la tête crois-moi… Elle eut un petit rire et déposa un baiser sur ses lèvres. Tu sais Alexender, la mort serait bien plus douce que la vie à mes yeux, parfois… Tu ne peux comprendre encore, peut-être un autre jour. Je n'ai pas peur de partir, j'ai peur de ne plus te voir. Cela pourrait revenir au même sauf que les deux issus seront bien certaines un jour. Un jour, tu partiras, de vieillesse peut-être et si je ne suis pas morte jusque là je te verrai partir toi, tes compagnons, Sarah, la moitié de la population londonienne. Je m'attache à des personnes que je vais perdre et je ne peux les protéger de la vie. Parfois je prie pour partir avant. Laisse moi ce plaisir et cet honneur-là Alexender, aider à rétablir l'ordre.

La belle déglutit.

- Si je ne le fais pas tu le feras à ma place. Mais tu as un avenir devant toi avec une femme qui t'attend. Moi personne ne m'attend après cela. Je n'ai rien à perdre, simplement la vie. Je voudrais que tu découvres un peu plus longtemps les saveurs de l'existence, l'amour et peut-être des enfants. Tes amis aussi ont une longue vie devant eux. J'ai peur que tu ne découvres jamais ce que j'ai tant rêvé d'avoir.

Un soupir de détresse s'échappa des lèvres de la jeune femme. Elle finit par lui sourire et grimpa sur ses genoux doucement. Katherine captura son visage entre ses mains et baisa son front avant de se mettre à rire :

- Ah ça je te l'interdis ! Je veux être la première à le tuer tu ne me voleras pas la vedette mesquin !

Elle glissa ses mains dans ses cheveux et se pressa contre lui pour humer son odeur, sentir sa chaleur, l'étreindre une dernière fois. La Huntress lui fit poser ses mains dans son dos et murmura à son oreille :

- Serre-moi fort, très fort avant que l'on s'en aille de cette chambre. Avant que je parte. Je te reviendrai mais en attendant je veux garder ce souvenir de nous. Ça me ferait plaisir.



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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Alexender Von Ravellow
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MessageSujet: Re: La crainte d'un espoir [Katherine, Alexender] [27/04/42] Dim 4 Sep - 16:39

Alexender n'avait pas réussi à cacher bien longtemps ce qui se tramait au fond de son cœur. Katherine était perspicace et observatrice: elle comprit rapidement que son amant n'était pas au mieux de sa forme et qu'une sombre pensée venait marquer son front d'une lourde inquiétude.
Malgré ses baisers et sa tendresse, le Hunter ne put s'empêcher de lui avouer ses craintes concernant sa mission. Pour lui, c'était du suicide.
La jeune femme tenta un peu d'humour, histoire de le dérider, mais cela attisa sa colère et il explosa, comme un enfant qui rumine depuis des heures quelque grief. Pour lui, s'il avait effectivement d'autres préoccupations, il ne pouvait pas la laisser se jeter ainsi dans la gueule du loup. La perspective de devoir l'enterrer n'avait rien de drôle !  
Katherine tint bon face à sa crise de nerf. Inébranlable, son amante était restée de glace. Son calme olympien aurait fait blêmir n'importe quel enfant colérique. Mais Alexender continua longtemps de lui crier dessus avant de la regarder d'un air pitoyable, les yeux emplis de larmes.


- Je ne veux pas qu'il te tue...

La jeune Lycane le remit alors doucement à sa place. Elle lui demanda d'arrêter de la condamner pour son sourire. Pour elle, pour lui. Elle voulait user de ce plaisir qu'elle pouvait perdre à tout moment. Alexender se sentit soudainement bien égoïste. La voix basse, il grogna sans articuler:

- Je préfère quand tu souris...Je sais...je sais que c'est pire pour toi...Mais...

Sa gorge s'était serrée et ses poings aussi. Il se leva alors, percuté par l'idée que sa vie avec Sarah était impossible. En tentant de remettre sa chemise qu'il malmena comme un diable, il reprit avec colère pour détruire ses derniers espoirs. Alors que Katherine songeait à une quelconque possibilité de la retrouver pour qu'il puisse l'aimer comme n'importe quel quidam, lui y avait déjà renoncé. A quoi bon lui faire miroiter un trésor qui avait déjà disparu au fin fond des océans ? Le Comte, ce requin sanguinaire, avait déjà détruit tout ce qu'il avait bâti: son titre, sa réputation, sa demeure, ses ami(e)s. Maintenant, Sarah avait disparu, elle était sans doute morte ou dans un cercueil à ses côtés, et il ne supportait pas qu'on lui maintienne qu'il y avait encore quelque chose à faire à ce sujet. C'était blessant, horriblement blessant, car cela le ramenait à toutes ses faiblesses et à son manque de moyens.

Katherine prit à nouveau sur elle. Le poussant au calme, elle lui mit en relief le fait qu'il était plus que défaitiste et que ce n'était pas ainsi qu'il parviendrait à faire quoi que ce soit. L'assurant qu'elle agissait de son propre chef et lui demandant s'il aurait préféré qu'elle prenne cette mission comme une promesse de mort, elle le rassura à maintes reprises avant de lui rappeler que Sarah l'aimait et que le monde entier n'était pas encore contre lui.
Alexender se sentit de plus en plus ridicule et ses yeux trouvèrent bien souvent le sol. Elle avait raison...Tellement raison...
Penaud, le cœur déchiré par les émotions, le Hunter ne savait plus que penser. Laissant la jeune Lycane lui reboutonner sa chemise, il hésita puis, après une longue inspiration, il accepta de souffler un peu. Il se tue, pour écouter la belle qui passait chaque bouton dans son trou avec une patience infinie.
Tout en l'aidant, elle tâcha de l'apaiser encore en le persuadant qu'il libérerait bientôt ses domestiques, tout comme ils l'avaient fait des prostituées, et que la seule solution pour qu'il puisse vivre avec Sarah serait de fuir avec elle. Ils pourraient vivre côte à côte, loin de Londres et de ses fantômes, dans la paix. Ses biens n'étaient rien comparés à l'amour...

Depuis qu'il connaissait Katherine, Alexender avait souvent cette impression de n'être qu'un enfant qui pleurnichait ses malheurs aux pieds d'une femme bien plus mature que lui. Bien sûr, il était très loin d'imaginer que la chasseuse avait en réalité 140 ans, mais il sentait bien qu'elle avait de l'expérience, sans aucun doute plus que lui, et il savait que cette dernière ne se limitait pas à ses pratiques sexuelles (même s'il les appréciait de plus en plus). En réalité, son admiration concernait surtout sa facilité d'adaptation aux différentes situations qu'ils traversaient. Face à Raphaël, la jeune femme s'était retenue et c'était surtout son majordome qui avait réagi. Même si elle s'était abandonnée aux pleurs dans ses bras et à de douloureuses confidences au sujet des Vampires et de la peur qu'une telle proximité entre elle et l'une de ces créatures lui insufflait, elle n'avait jamais tenté d'humilier le Vampire et encore moins de lui planter une lame entre les omoplates. Alexender savait qu'à sa place, il aurait sans doute tiré dans tous les sens...De la même manière, Katherine l'avait accompagné à la prison de Coldbath Field pour libérer les prostituées et ce sans jamais s'affoler. En effet, la belle Lycane avait fait preuve d'une prudence extraordinaire et d'un professionnalisme à couper le souffle. Elle avait été droite et efficace : sa maîtrise d'elle-même avait été remarquable ! N'était-ce pas lui qui avait paniqué avant de se jeter dans l'aventure qu'il avait lui-même proposée ? N'était-ce pas également lui qui avait laissé ses émotions l'envahir lorsqu'il avait posé ses lèvres brûlantes sur les siennes dans un moment aussi ridiculement dangereux ? Alexender admirait Katherine pour sa fiabilité et lui savait gré d'être à la fois tendre et rassurante avec lui.

Ce matin, il l'avait presque agressée avec sa mauvais humeur. Il s'était muré dans un silence pesant, en affichant un visage décomposé après son semblant d'entrain, et il venait de lui hurler dessus alors qu'elle n'avait fait que tenter de le dérider avec une pointe d'humour. Il se sentait stupide.
Maintenant, il pleurait, désespéré par la perte de Sarah, honteux face à ses propres craintes...Il réalisait surtout qu'il envoyait peut être Katherine à la mort et culpabilisait violemment. Comment pourrait-il se taire à ce propos ? Ses émotions l'avaient submergé, comme d'habitude. Lui qui était si jovial autrefois, si rieur, si détendu...était devenu aussi sombre et déplaisant que Raphaël. En cette heure noire, alors qu'on lui avait pris tous ses biens, il pleurait son identité perdue et ses échecs. Il ne voulait pas y ajouter un cas de conscience.
Mais Katherine avait fait son choix. C'était une adulte responsable, une chasseuse émérite et il ne la connaissait pas assez pour s'octroyer le droit de la retenir. Par ailleurs, endosser la responsabilité de cette tentative d'infiltration dans les rangs du Comte était ridicule. Personne ne forçait la jeune femme à agir de la sorte. Personne. Elle agissait parce qu'elle le désirait, et cela elle lui répéta une paire de fois avant qu'il ne finisse par l'accepter.


- Je sais...Tu es forte, Katherine...

Le Hunter laissa volontiers la belle l'embrasser une nouvelle fois et se calma enfin. Attentif, il l'écouta exposer sa conception de l'avenir et de la vieillesse tout en enroulant lentement ses longs cheveux d'ébène autour de son index droit. Sur le moment, il eut du mal à saisir ce que signifiaient ses propos mais soudain il fit le lien avec son ami Gaspard. Il écarquilla les yeux et un vide se fit en lui. Il venait de réaliser qu'il ne s'était même pas renseigné concernant la nature Lycanthropique de la jeune femme.
Se redressant d'un bond, il la dévisagea avec inquiétude.


- Je...Tu es...immortelle ? acheva-t-il dans un souffle.

La laissant continuer, il se plaqua une main sur le front, complètement abasourdi. Elle lui disait qu'elle allait voir tous ceux qu'elle aimait périr avant elle et que pour cette raison elle aspirait presque à la mort. Si le Comte la tuait, au moins aurait-elle l'assurance de ne pas subir toutes ces pertes. Elle lui demanda ensuite de vivre sa vie de mortel en l'appréciant à sa juste valeur, pour elle qui ne connaîtrait jamais le bonheur de vieillir et d'avoir une vraie famille.
Alexender sentit sa gorge se serrer de nouveau tandis que la belle lui montait sur les genoux et emprisonnait son visage dans ses mains.
Alors sa rage le brûla et toute sa haine envers les créatures surnaturelles rejaillit pour tomber sur le Comte. Katherine accueillit ses imprécations avec humour et l'étreignit. Le Hunter la saisit par les hanches et l'embrassa fougueusement, avec un soupçon de colère. Puis, sans ajouter mot, il laissa ses mains parcourir le corps de la belle et l'allongea sur le lit encore chaud. Ignorant leurs camarades au rez-de-chaussée, il ne se préoccupa plus que du plaisir qu'il pouvait donner à cette femme exceptionnelle qui partageait désormais sa couche. Si rien ne pourrait la retenir ici, si elle voulait à tout prix affronter son destin, alors il ferait en sorte qu'elle ne l'oublie jamais et qu'elle trouve en sa personne un chemin vers lequel revenir. Il voulait à son tour lui donner une raison d'espérer et surtout de ne pas se laisser inutilement happer par la mort avant l'heure.


- Souris, Katherine. Souris ! Fit-il en la dominant soudain. Aime-moi comme je t'aime ! Crions ensemble ! Je veux que tu n'oublies jamais cette matinée et qu'elle te rappelle à moi dans tes plus sombres moments. Je veux que tu vives, toi aussi, que tu sentes combien la vie est belle ! Immortelle ou non, je veux que tu me reviennes, toujours, et que tu saches que moi, je serai là pour t'accueillir à ton retour. Je t'attendrai, jusqu'à ce que la mort me prenne...

Enflammé, l'aristocrate déchu s'empara des lèvres de la jeune Lycante et laissa leurs désirs respectifs s'occuper du reste.
Les Hunters savaient que le départ de Katherine serait douloureux pour Alexender et ils le connaissaient bien. C'est pour cette raison que nul ne vint les déranger avant que le couple ne descende de lui-même pour que la belle puisse leur faire d'ultimes adieux avant sa mission.


[HRP/ Suite avec Alex dans Juste peine/HRP]


Dernière édition par Alexender Von Ravellow le Ven 2 Déc - 10:51, édité 1 fois
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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: La crainte d'un espoir [Katherine, Alexender] [27/04/42] Lun 28 Nov - 12:32

La belle ne s'était pas attendue à un tel réveil après avoir passé une nuit tout à fait fantastique à ses côtés. Nue, elle s'était redressée et avait tenté une pointe d'humour pour faire dérider son jeune amant qui ne s'inquiéter que trop pour l'avenir. Elle ne voulait pas souffrir, pas maintenant. Après tout s'inquiéter n'est-ce pas souffrir deux fois ? Elle préférait aborder cela avec enthousiasme, avec joie. Oui elle allait enfin faire ce qu'elle désirait et quoi que le jeune homme en dise rien ne pourrait la faire reculer. Londres avait besoin d'un changement, un changement de taille. Elle espérait de tout coeur mener à bien cette mission. Les conséquences en seraient des plus importantes. Le Lord possédait une grande influence politique dans le royaume, la reine devait ouvrir les yeux et rétablir l'équilibre. Jiromaru Keisuke n'était pas le meilleur des hommes, Katherine le voyait avec un mauvais fond. Elle allait même jusqu'à penser qu'il avait soif de pouvoir, des envies mégalomanes. C'était un danger pour la société, autant pour l'ordre établi que pour la vie des hommes et femmes de Londres. Il était un vampire et très certainement à la tête d'un des plus grands réseaux du vampirisme national. Ils constituaient pire qu'un danger potentiel, une menace réelle et pesante. Sans eux la vie serait tellement plus simple, plus calme, plus douce, sans eux et toutes les autres créatures du Diable. La révélations de son amant lui réchauffa le coeur. Doucement elle leva la main vers lui et lui répondit :

- Tu t'inquiètes trop… Bien trop pour moi… Allons…

De son doigt elle vint cueillir une larme qui menaçait de creuser impitoyablement sa joue. Tentant de lui faire comprendre qu'elle préférait sourire que pleurer avant son départ la jeune femme l'observait. Elle comprenait parfaitement qu'il puisse angoisser mais cela la torturait de plus en plus. Elle n'avait pas besoin d'avoir peur plus que nécessaire.Elle faisait ce qui lui semblai juste. Elle agissait par sa propre volonté et… quoi qu'il puisse lui dire elle ne reviendrait pas sur sa décision. Elle allait partir et tenter de réussir.  Le regardant se lever avec colère elle fit se son mieux afin de rester à son tour calme et peut-être un peu froide. Elle n'avait pas besoin de ça. Son réveil s'assombrissait de plus en plus. Alexender explosait. Il voyait tout du mauvais œil, elle ne savait comment le faire réagir. Le faire percuter que le monde n'était pas si sombre, que la vie n'était pas si pourrie, qu'il avait encore des chances de retrouver la femme qu'il aimait. Défaitiste, il acceptait cette situation, pire, il la subissait et se résolvait à ce futur peu lumineux. Pessimiste il se voyait haï de tous. Non, il était haï des ignorants. Tous n'étaient pas dupes, le peuple n'était pas si idiots, certains voyaient bien ce qu'il se tramait. Querelle politique ou bien conflit surnaturel, chacun avait son point de vue. Pourquoi le jeune Ravellow était-il si recherché alors qu'il n'avait pas agi seul ? Certes les autres étaient également recherchés mais on se focalisait sur deux trois personnes et non sur l'ensemble. Pourquoi le Comte ? Les idées germaient…

Tentant de le remettre d'aplomb elle contredisait chacune de ses pensées. Non il n'était pas haï de tous, oui Sarah continuait à l'aimer, non il n'avait pas à diriger la vie de cette jeune Huntress, elle pouvait agir comme bon lui semblait. Oui, elle en certaine, elle le suivrait partout parce que leur amour était plus fort que la colère du Comte. Oui ils avaient une chance de s'en sortir, oui ils avaient la vie devant eux, non abandonner ne servirait à rien d'autre qu'à se rabaisser, se ratatiner pour ne plus exister. Il fallait résister, montrer que ces gens-là, ces monstres des bas-fonds n'avaient rien à faire en ce monde, qu'ils n'étaient que des parasites et qu'aucun d'entre eux ne pouvait gouverner la destinée des habitants de la Terre.

Se levant la belle prit soin de boutonner un par un les boutons de sa belle chemise. Patiemment, elle n'en sautait aucun et y allait précautionneusement tout en continuant de lui parler. Elle ne voulait pas paraître trop froide ou sauvage, elle était ce qu'elle était et nul sur ce point ne pouvait la changer. C'était elle qui avait pris cette décision, elle qui se jetait dans l'antre du loup. Elle ne faisait pas partie de ces femmes qui se pliaient aux exigences de leur mari, non la Comtesse était responsable, indépendante et quoiqu'il puisse en dire elle ne changera pas d'avis. C'était sa mission, l'un de ses désirs les plus profonds. C'était douloureux de le voir ainsi l'en empêcher.  De vouloir ainsi la garder, la protéger, mais rester là à ne rien faire d'autre qu'attendre ou regarder lui donnait la nausée. Un sourire fendit son visage et creusa doucement ses joues.


- Je suis bien moins forte que tu ne le penses mais je veux l'être et c'est le plus important…

La perspective de perdre tout ceux qu'elle aimait la terrorisait, c'était une idée effroyable de tous les voir tomber soit par prise de risques en voulant sauver l'humanité et les valeurs morales soit de vieillesse. Les voir vieillir et se mourir lentement tandis qu'elle resterait la même. Katherine haïssait sa condition, elle la condamnait à souffrir, à ne plus apprécier la vie, à craindre de trop s'attacher et c'était exactement ce qu'elle faisait. Elle s'attachait à un humain, il commençait à compter énormément pour elle et elle avait désormais peur de le perdre. Elle savait qu'elle faisait une bêtise qu'elle devrait s'éloigner, s'arrêter à des rapports sexuels sans réelle amitié mais elle s'en sentait tout à fait incapable. Elle s'était glissée dans un groupe, une petite famille qui l'avait accueillie malgré ses différences… non c'était trop dur de rester éloignée, de ne pas s'approcher de ceux qui nous tendent les bras.
La jeune femme se confiait un peu à lui, elle lui faisait part de ses craintes, de certaines de ses douleurs, de ses tourments. C'était elle ou eux et au fond elle priait pour que ce soit elle qui meurt en premier. Finalement son aventure n'était-elle pas là pour lui permettre de quitter ce monde au plus vite ? Éviter de voir ceux qu'elle aimait tomber les uns après les autres ? Cette pensée la paralysa un instant. Non. Katherine la balaya de son esprit, elle ne l'incommodait que trop. La jeune hongroise ne voulait pas se dire qu'elle luttait pour mourir, c'était faux mais c'était peut-être un vecteur, une raison de plus pour se battre à corps perdu.


Douleur...

Se tirant de ses sombres pensées la jeune femme termina son long monologue, après avoir déposé un tendre baiser sur ses lèvres, qui avait eu pour but de faire réagir Alexender, de lui faire relever la tête afin de pouvoir contempler son joli minois. Ses révélations firent mouche sans même qu'elle ne le veuille. Son coeur se serra brusquement. Non il devait arrêter ça, de la questionner ainsi sur ce qui lui faisait le plus de mal, sur ce qui la détruisait petit à petit. Le jeune homme se redressa, la mèche ébène chuta librement pour rebondir souplement en une belle boucle. Avec détresse la belle se pencha vers lui et attrapa sa main pour la garder dans la sienne, ne pas perdre le contact, non c'était encore plus douloureux. Katherine lui répondit d'une voix rauque et effacée qui laissait percevoir les larmes qu'elle s'efforçait de surmonter :

- Oui enfin… Non… pas vraiment… je continue de vieillir. Viendra le jour où je mourrai soit parce que l'on m'aura tuée soit de vieillesse… Je ne suis pas immortelle, le temps passe simplement plus lentement pour moi… Pour Michael et moi…

Grimpant sur ses genoux la demoiselle captura son visage entre ses doigts et y traça des sillons circulaires comme pour tenter de le réconforter. Avait-il plus besoin d'être réconforté qu'elle ? Souffrait-il plus qu'elle à l'annonce de cette nouvelle ? Cela pouvait-il être possible ? Katherine voulait profiter, profiter de ces moments à ses côtés qui n'étaient qu'éphémères, un jour sa peau se flétrira, un jour ses muscles se raidiront un jour il tombera… Katherine n'avait pas le courage de l'accompagner jusqu'à la fin. Elle était forte il était vrai pour se battre, pour avoir envie d'un monde meilleur, pour ne pas craindre autant la mort mais elle était si faible face aux hommes, aux femmes auxquels elle tenait.

Arrêtant enfin de se lamenter la Hongroise l'étreignit avec force en riant des paroles du jeune homme. Ses mains dans son dos parcouraient sa peau, cherchait la chaleur désespérement. Elle aurait voulu pleurer dans ses bras, évacuer toute sa tristesse mais une nouvelle fois elle se retint. Cela serait bien égoïste de sa part de lui faire subir ses émotions, ses sentiments. Elle ne voulait pas paraître si faible elle qui avait déjà pleuré lorsque les souvenirs de sa mère avaient hanté son esprit et teinté d'un goût amer sa bouche. Se laissant faire, la jeune lycanthrope ne sut que répondre à chacun de ses baisers avec autant de ferveurs qu'il les lui donnait. S'allongeant elle écarta doucement les cuisses pour l'accueillir contre son corps et ne permettre aucune frontière entre leurs deux corps. Ses cheveux formaient une couronne sombre autour de sa tête. Son coeur fit un bon dans sa poitrine. Allait-il s'échapper ? Allait-elle mourir ainsi rien qu'en entendant des paroles ? Allait-il franchir la barrière de ses lèvres pour s'envoler ? Des larmes se mirent à border ses yeux. Quel homme lui avait-il donné autant d'affection ? Quel homme lui avait-il donné l'espoir d'un retour ? L'espoir d'un accueil malgré le temps, malgré sa condition ? Quel homme voulait-il lui offrir un peu de joie ? Ce n'était pas Michael alors qu'il la convoitait depuis tant d'années, c'était un jeune homme presque inconnu qu'elle ne connaissait que depuis quelques semaines.
Doucement, la jeune femme se redressa sur ses coudes et attrapa son visage pour l'embrasser avec toute l'envie qu'elle ressentait pour lui. Ses sentiments passaient un par un et s'échappaient entre les lèvres d'Alexender qu'elle n'avait de cesse de dévorer. Une larme salée dévala sa joue et termina sa course dans son cou. Un sourire apparut.


- Je souris Alexender… je souris… Merci… Je n'oublierai rien de nous, je t'en fais la promesse. Je te reviendrai. Toujours…

Elle lui fit poser sa main sur son coeur et continua :

- Tant que tu croiras en moi il continuera de battre. Sens le…

La belle posa la sienne à son tour sur celui d'Alexender comme pour tenter de se l'approprier et se pencha à nouveau vers ses lèvres pour les baiser.
Le départ de la jeune femme s'approchait. De par leurs baisers et leurs caresses les deux jeunes gens tentaient de retarder le moment où elle devrait passer la porte et peut-être ne plus jamais la franchir. Ce matin-là il n'y avait qu'eux, qu'eux qui comptaient. Elle voulait s'imprégner de son corps, de son odeur, rire encore, vivre encore.


[HRP/ Suite avec Katherine dans .../HRP]



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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La crainte d'un espoir [Katherine, Alexender] [27/04/42]

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