L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Nous portons tous des masques ... [PV Deydreus] [13/11/1841]

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Red'maw
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MessageSujet: Nous portons tous des masques ... [PV Deydreus] [13/11/1841] Jeu 30 Juin - 0:11

- Rhaaaa, il fait vraiment chier ce gamin !

Je ne commente même pas les paroles qui viennent littéralement de retentir à l’intérieur de l’intégralité du Broken Jaw, et me contente de souffler doucement par le nez pendant que je charge, une à une, les boissons commandées sur un plateau de bois. De la bière, blonde ou brune, pour 4 consommations sur 5 : le dernier n’avait souhaité « qu’un verre de vin pour accompagner ». Tsss, et ça se dit irlandais. Vérifiant qu’il y avait le compte et que je ne m’étais pas trompée dans les boissons, j’arrange un peu les choppes pour les placer autour du verre, et soulève le plateau après avoir glissé la main dessous, sortant de derrière le comptoir pour me rapprocher de la table. Ayant saisi de
nombreuses brides de la conversation, je sais de quoi Jeff’, le client qui vient de réveiller tout le quartier tellement il parle fort, était en train de se plaindre. Notamment parce que ce n’était pas la première fois qu’il le fait. Le type n’était pas, comme on aurait pu s’y attendre pour un résident de ce quartier, un simple miséreux qui avait la chance d’avoir encore ses 4 membres de valides et la majorité de ses dents. Il était en réalité relieur – couvreur d’ouvrage de grande valeur, et son travail était d’une qualité relativement exceptionnelle : à peu près n’importe quel bourgeois voir noble qui tenait à avoir de beaux tomes dans sa bibliothèque – que ces derniers soient neufs mais nécessite une petite « personnalisation », ou qu’ils soient au contraire ancien et aient besoin d’une restauration – avait probablement au moins une fois fait affaire avec lui, et rare étaient ceux qui étaient repartis déçus. Enfin, ça, c’était ce qu’il disait, bien sûr, mais dans la mesure où il avait toujours payé ses consommations et où ses frusques étaient en un peu meilleur état que la moyenne, je veux bien le croire. En fait, tant qu’il paie et qu’il ne me demande pas de participer à la discussion, je veux bien le laisser raconter ce qu’il veut …

Accessoirement, s’il vit dans ce quartier, ce n’est pas à cause de son origine – bien qu’il pourrait y prétendre … S’il buvait autre chose que cette saloperie française dont il raffole – mais tout simplement parce que le cuir qu’il utilise pour faire ses couvertures était traité à deux pas de chez lui … On lui laisse généralement les chutes et autres pièces un peu trop abîmées : il parvient, dit-il, parfois à faire des miracles avec. Et puis, le fait que des gens viennent jusque dans le quartier juif pour faire appel à ses services prouve sa compétence, n’est-ce pas ? Enfin … Peut-être. Mais en attendant, s’il râle encore ce soir, c’était justement parce que sa solution pour éviter à ses clients de revenir à sa boutique lui fait faux bond en ce moment. Comme pas mal de monde, il engage régulièrement un jeune garçon du quartier pour aller porter les livres qu’il a terminé à leurs propriétaires : ça lui laisse plus de temps pour le « vrai » travail, le gamin est payé, et les clients reçoivent leurs ouvrages à leurs domiciles plutôt que d’avoir à aller se balader dans les odeurs de tannerie et de miséreux. Sauf qu’en ce moment, le gamin concerné ne porte rien du tout : une mauvaise rencontre qu’il a fait lui avait coûté une belle fracture à la jambe, et sa mère a renvoyé Jeff’ de manière quelque peu rude lorsqu’il est venu chercher directement chez lui l’employé qu’il attendait depuis quelques heures. L’un dans l’autre, c’est pas non plus si grave que cela, beaucoup de clients peuvent venir chercher leur bouquin sans trop de problème … Sauf quelques-uns. Et bien sûr, l’un d’entre eux avait passé une grosse commande quelques semaines auparavant, commande maintenant presque terminée. Posant le tableau sur la table et distribuant les boissons, je fais un petit sourire lorsqu’on complimenta ma rapidité de réaction et de service, et reprend mon plateau sous le bras, pivotant pour retourner vers le bar… Mais une main se saisit de son poignet, me coupant dans son élan.

- Jeff ?
- Red … Je viens de me souvenir. Ça t’arrive de livrer des trucs aux gens, n’est-ce pas ?
- ça arrive.
- Ce serait merveilleux ! J’ai ce client … Lord Vulpes, il est à l’hôpital, incapable de se déplacer, mais avec la charge de travail que j’ai en ce moment …
Je m’abstient de lui répondre qu’il pourrait tout à fait engager un autre orphelin tout aussi qualifié que moi pour aller se balader au milieux des malades et infections, et me contente de hausser les épaules en tournant la tête vers le bar.
- David ? T’es d’accord ?

Bien entendu, David n’écoutait pas du tout, lui, et se contentai de nettoyer ses choppes en se retenant d’étrangler le type à 2 mètres de lui qui boit tellement que s’il ne vomit pas avant la fin de la soirée, moi et mon boss seront littéralement des miraculés. Peu importe … Jeff lui réexplique depuis le début, et précise aux passage quelques détails, comme ma rémunération, le fait que ce n’est pas loin, l’hosto où je dois aller, quand … Mon patron frotte pendant quelques instants sa barbe d’une semaine avec ce frottement si caractéristique que j’avoue apprécier assez, avant de répondre de sa voix grave et d’un ton implacable. En l’espace de 5 minutes, je regarde le colosse stoïque expliquer au relieur que s’il compte me débaucher ne serait-ce que le temps d’une après-midi, ce sera seulement à partir d’une certaine heure, pour un prix plus élevé que ce qu’il propose, et avec la certitude que son « lord Vulpes » n’est pas juste un type étrange qui fantasme sur les petites blondes et lui aurait proposé une belle somme pour qu’il lui en fournisse une. L’idée me fait ricaner dans mon poing : je le cache en simulant une quinte de toux quand un ou deux regards se tournent vers moi … Mais David sait aussi bien, voir même mieux que moi que si une telle chose se produisait, ce serait plus le type qui serait en danger que moi … Et de très loin. Au bout d’une négociation qualifiable « d’à sens unique », l’affaire est conclue sans même que j’ai à prononcer un mot autre que mon accord. C’est ainsi que, le lendemain, je me retrouve à parcourir les rues de Londres dans l’habituelle tenue de garçon que je mets pour ce genre d’occasions, en direction de l’hôpital ST patrick. La journée est fraiche, mais douce, et je ne regrette même pas réellement de ne pas m’être extrêmement couvert avant de sortir. Bien sûr, ça ne veut en rien dire que je révèle plus qu’il n’en faut … Mais au moins, je n’ai pas besoin de me couvrir jusqu’au menton avec un foulard ou quelque chose du genre … ce qui change, un peu. La demoiselle qui m’accueille à l’hôpital se moindre relativement froide lorsque je lui fais comprendre que je viens pour une visite, mais m’indique la chambre sans trop de problème : je la trouve sans trop de mal … Et cogne doucement à la porte. Une voix fatiguée, précédée d’une quinte de toux, me demande qui est là. Les mots «
- Monsieur Vulpes ? “ et “Votre livre” sont les seules réponses qu’il obtient, avant de me laisser entrer dans la pièce.

C’est à peu de choses près ce que m’a décrit Jeff’ avant que je parte, une demi-heure plus tôt. Un homme que l’âge n’avait pas épargné, aux cheveux argentés, mais aux traits relativement bons malgré la fatigue qui les accablait. Vu ce qui se trouvait sur les draps entre ses genoux, il était en train de lire lorsque je suis arrivée … Et dans la mesure où il ne comprend visiblement toujours pas très bien qui je suis et pourquoi je suis là, je sors très rapidement de mon sac de toile le livre que je dois lui remettre, et lui dépose dans les mains. Son visage semble s’illuminer en voyant l’ouvrage : soulevant délicatement la couverture qui sent le cuir fraichement traité, il fronce les sourcils, et en tire un mot plié en 4. J’ai vu Jeff l’écrire devant moi avant que je parte dans son petit atelier poussiéreux, mais je n’en connais pas le contenu : je me contente de rester à le regarder en attendant de savoir si je peux prendre mon congé et retourner chez moi … Mais visiblement, il a d’autre plans pour ma personne lorsqu’il relève les yeux. Avec un ton curieux, il me demande en premier lieu si je suis vraiment un garçon : la question me tire un sourire. Retirant mon béret et défaisant le chignon qui se trouve dessous, je secoue un peu la tête pour laisser mes cheveux blonds tomber sur mes épaules, et constate que ma réponse semble appréciée. Vient ensuite un
« Est-ce que ce qui est marqué sur ce billet est vrai ? » face auquel je ne peux qu’hausser les épaules : je n’en sais absolument rien… Il sourit une fois de plus. Je suppose que mes manières peu loquaces répondent à sa question d’une manière que j’ignore. Il m’invite à m’asseoir… David m’a dit que je pouvais bien prendre l’après-midi : il appellerait le gosse qui doit me remplacer de temps à autres. Je prends un tabouret, et m’exécute avec politesse, le laissant commencer à parler … Et je dois admettre que je suis surprise. Je m’attendais à un grand discours, quelque chose du genre … Mais au début, il me pose surtout des questions. En s’arrangeant pour que je puisse répondre par « oui-non ». Est-ce que j’aime lire. Si j’ai accès aux bibliothèques londoniennes. Si je suis curieuse plutôt des sciences, de la fiction .. Mon point de vue sur certains sujets, comme la religion, ou la musique. Rapidement, ce petit jeu m’amuse autant que lui, et j’hasarde des « Et vous ? » après certaines questions qui m’intéressent. Contrairement à un nobliau lambda, il ne prend pas la mouche, et répond de manière bien plus éloquente que je n’en serai jamais capable … Je ne sais combien de temps s’écoule comme cela. Et à vrai dire, cela fait bien longtemps que je ne me suis pas amusé de la sorte.
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Deydreus Fictilem
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MessageSujet: Re: Nous portons tous des masques ... [PV Deydreus] [13/11/1841] Mer 10 Mai - 23:24

Tendant la main doucement, Deydreus attrapa un des nombreux scalpels se trouvant sur sa trousse de médecin. Approchant la lame de la chaire de son "patient", le docteur appliqua une légère pression sur cette dernière avant de commencer un mouvement ascendant, remontant le long du bras de la personne allongée sur la table de marbre. Très rapidement, un long filet sanglant s'écoula le long de la peau sectionnée, imbibant presque immédiatement le fin tissu posé en dessous du corps. Soufflant au travers de son masque, Deydreus posa ensuite l'outil de nouveau sur la trousse, s'emparant d'une multitudes de petites pinces qu'il apposa sur différentes parties de la peau sectionnée, ouvrant littéralement le bras de son cobaye pour exposer les muscles et tendons de ce dernier.

- Charles?

Presque aussitôt, le majordome du médecin lui tandis un couteau un peu plus grand, que le porte-peste utilisa pour ouvrir les muscles de son patient de manière méthodique, prenant soin de ne pas abîmer les tendons du bras. Une fois le découpage effectué, le docteur reposa le couteau et s'empara d'un flacon emplit d'un liquide émeraude. Faisant voler le bouchon de liège qui scellait le flacon, le docteur pencha légèrement l'ustensile pour verser son contenu sur les tendons et les os du bras de sa victime. Presque instantanément, une fumée grisatre s'échappa du bras et les os commencèrent à fondre légèrement, tandis que la chaire se nécrosait petit à petit, dévorant les cellules saines entourant la zone d'éclaboussure du liquide. Observant son oeuvre d'un sens critique, le médecin de peste recula sa chaise puis pivota pour attraper son journal et commencer à griffonner dessus avec sa plume et son encrier.

- Fascinant... Cette nouvelle formule nécrose même la chaire des cadavres et provoque une réaction innatendue sur les ossements humains. Visiblement, il n'y a aucune différence de faite entre les individus de sexe masculin et féminin...

Se concentrant par la suite de nouveau sur la plaie qu'il avait causé, le docteur s'étira doucement avant de finalement se lever, refermant son journal qu'il déposa sur son bureau avant de se diriger vers le sortie du sous-sol, analysant ce qu'affichait sa montre à gousset.

- Je te laisse refermer tout ça et placer le corps dans un des conteneurs d'acier Charles. Nous observerons les effets de cette formule sur le long, je veux voir si la nécrose continue de se répandre sur les corps décédés ou ne s'applique qu'aux alentours de la plaie. Tu prendras également le soin d'envoyer au fossoyeur qui a gentiment mis ses services à notre contribution l'or que je lui avais promit veux-tu? Si mes souvenirs sont bons il se trouve aux alentours de Whitechapel. Je serais revenu un peu plus tard dans la soirée, ne m'attend pas pour souper et si le cœur t'en dit, je serais ravi qu'à mon retour les numéro quarante et trente-quatre aient été nourris. Le numéro trente-cinq cependant n'a toujours pas le droit de manger, je veux voir les effets de la maladie sur un corps affamé.
- Bien, maître.

Quittant finalement le sous-sol donc, le docteur se dirigea vers sa chambre où il se changea, avant de finalement quitter ses appartements pour se diriger vers l’hôpital de St-Thomas. La route fut relativement rapide et Deydreus ne rencontra pas d'obstacles particulier sur sa route, mis à part peut être deux ou trois marchands un peu trop insistants, mais rien de bien fâcheux. Arrivant sur place, le médecin se présenta à l'accueil, s'annonçant. Rougissante et bégayant légèrement, partagée entre un sentiment de crainte et d'admiration, l'infirmière indiqua rapidement la direction du couloir de Lord Vulpes et le fait que ce dernier avait eu de la visite plus tôt dans l'après-midi. D'un geste vif de la main, Deydreus intima le silence à la pauvre femme avant de lui rappeler qu'il avait demandé à être prévenu en cas de visite non programmée. Se mettant à sangloter légèrement, l'infirmière se confondit en excuses que le médecin n'écouta même pas, marchant d'un pas boiteux mais relativement rapide vers la chambre de son vieil ami.
A mesure qu'il avançait au sein du couloir, le docteur sentait de plus en plus une odeur particulière emplir les lieux. Un mélange étrange entre l'houblon, le malt et... Les parfums d'un requin? Se retrouvant devant la porte, le docteur tourna la poignée doucement mais rapidement, poussant la porte du bout de sa canne.
Fixant le père d'Azeria et la jeune femme avec qui il échangeait des mots, le médecin leva un sourcil en entrant dans la pièce silencieusement, remarqué par les deux individus se trouvant à l'intérieur.


- Ah! Tu es là Deydreus... Je te présente, Red! Une jeune femme charmante, vraiment, et à l'esprit très curieux. Elle me rappelle un peu ma chère épouse lorsque je l'eut connue. Et contrairement à toi, je dois avouer qu'elle a plus de conversations.
- Navré d'être plus préoccupé par votre état de santé que par des discussions futiles. A ce propos, qu'elle est la raison de la venue de cette "jeune femme charmante"?
- Allons, ne sois pas rabats-joie fiston, approche donc un peu et viens parler avec nous! Cette enfant est venue m'apporter les ouvrages que j'avais commandé. Tu sais, celui qui parle des vampires dans la culture asiatique moderne. Je ne l'ai pas encore entamé, mais j'ai déjà remarqué les mots Nukekubi et  Mandurugo, respectivement du peuple japonais et philippin. Cela promet d'être intéressant.
- Probablement. Et je dois préparer vos médicaments, je ne m'approcherais donc pas pour le moment.
- Comme tu voudras. En tout cas, Red'Maw, je suis heureux que ce ne soit pas mon livreur habituel qui soit venu en ce jour! Ça me change, toute cette curiosité.

Attrapant une poudre verte qu'il avait sorti d'une bourse pendant à sa ceinture, le docteur écrasa cette dernière dans un petit bol de bois avant de la mélanger à un liquide emplit de sucre et d'autres composés végétales. Une fois cela fait, le corbeau s'empara d'une bougie et commença à réchauffer le contenant liquide dans lequel commençait à bouillir le liquide résultant de son mélange. Pendant tout ce procédé, le docteur observa la demoiselle se trouvant au niveau du lit du vieux Vulpes, analysant chacun des mouvements et expressions de cette dernière, au travers de son masque corbin. Aucun détail ne lui échappait, et plongeant dans sa mémoire, l'homme tentait en vain d'assimiler son odeur à quelque chose de connu, restant toujours dans le flou mais s'approchant légèrement des odeurs non "naturelles" sans en être certain. Après tout, son odorat humain n'était pas aussi parfait que celui sous forme lupine, même si impressionnant.
Versant le liquide épais dans une cuillère, le médecin se leva doucement et s'approcha du vieil homme pour lui tendre l’ustensile. Ce dernier tandis la main difficilement puis, aidé par le porte-peste, avala le contenu médicamenteux que Deydreus lui avait confectionné. Une fois cela fait, le médecin se dirigea de nouveau vers la table pour y déposer la cuillère.

- Cela devrait empêcher la toux de se propager et de vous empêcher de dormir tout en évitant les saignements. De plus, j'y ai ajouté quelques composés qui permettront de soigner vos maux d'estomac.
- Tu es un génie Deydreus. C'est un génie vous savez ma chère Red'maw! Il n'y a rien que ce médecin là ne puisse soigner.
- La vieillesse et la sénilité. Preuve en est, je n'ai rien pu faire pour vous.
- Hahahaha... Tu as de la chance de dire ça lorsque ma fille n'est pas là, elle t'aurait attaqué sans hésitation pour ces mots. Dis moi Deydreus, compte-tu garder ce masque pendant toute ta visite? Tu cherches à impressionner ma convive?
- Absolument pas, comme je l'ai dis plus tôt, je ne m'approchais pas car je préparais vos médicaments. Je n'ai que faire "d'impressionner" cette demoiselle. D'autant que je ne la trouve pas très réceptive à mon image.

Posant son grand manteau sur la chaise en bois se trouvant à côté de la table, Deydreus retira par la suite ses gants et son masque, déposant ce dernier sur la dite table et laissant ses cheveux noir de jais tomber sur ses épaules, se grattant légèrement la barbe avant de se tourner vers le duo près du lit, observant le vieil homme puis la demoiselle de ses yeux vairons. Les minutes qui suivirent ne furent remplis que de diverses questions rapides de la part du médecin vers Red. Chaque fois, le docteur posais des phrases directes et fermées, ne laissant la possibilités à la demoiselle que de répondre par des mots simples et concis. A mesure du temps, les questions s'éloignèrent de l’interrogatoire simple pour partir sur des sujets plus divers, Deydreus ne souhaitant pas brusquer et le vieil homme, et la jeune femme devant lui. Chaque fois qu'elle lui demandait de répondre cependant, le docteur bottait en touche ou le vieux Vulpes répondait à sa place. Une bonne heure passa ainsi, puis le médecin se leva et alla récupérer ses affaires, intimant à la demoiselle de faire de même, afin de laisser le vieil homme se reposer. Ce dernier ricana doucement et demanda à la jeune fille de lui livrer ses livres à l'avenir, afin qu'il ne tombe pas dans la monotonie londonienne. Sortant de la chambre de son patient, Deydreus fit signe à Red de le suivre de manière silencieuse, ne s'exprimant que par des gestes précis. Lorsqu'il s'approcha de la sortie de l’hôpital, l'infirmière qui l'avait accueilli s'approcha de lui et lui tendit un panier de divers objets brodés. Deydreus attrapa le panier et la remercia de manière froide et sèche, ne pouvant cependant pas enlever cette expression mêlée chez la jeune femme. Une fois dehors, le docteur commença à marcher doucement en direction de Whitechapel, demandant à Red de le suivre.

- Je suppose que votre mandataire à parler d'un paiement n'est-ce pas? Sachez qu'à la base, ce dernier ne fait que rembourser une dette qu'il doit à la famille Vulpes, c'est pourquoi Lord Vulpes ne vous avait rien donné à votre arrivée. Néanmoins, il semble avoir apprécié votre compagnie donc un salaire est mérité. D'après vos vêtements, vous habitez probablement vers Whitechapel, n'est-ce pas? Et d'après l'odeur qui recouvre ces derniers, je suppose que vous travaillez dans une taverne, ou quelque structure de la sorte? Et à l'odeur de malt dominant l'houblon, je suppute que c'est un bar irlandais? Pourrais-je vous demander de m'y conduire? J'aimerais voir les produits que vous proposez, je vous paierais en conséquence naturellement, je suis certain que vous ne doutez pas de ma capacité à tenir pareil promesse, n'est-ce pas?

Faisant une courbette volontairement surjouée après avoir jeté le panier de broderies dans un caniveau, le corbeau tendit la main vers les ruelles suivantes, demandant par ce fait à Red'Maw de passer devant. Sur la route, Deydreus posa de nouveau quelques questions un peu plus ciblées sur la demoiselle, et ses origines. Le docteur était intrigué par son odeur si particulière et quelque chose en elle titillait sa curiosité. Sa façon difficile de parler, peut être... Quelques minutes plus tard, le duo tomba au détour d'une ruelle sur un groupe de pauvres voleurs et malfrats, qui semblaient vouloir dépouiller le corbeau de ses biens, et faire quelques "expériences" avec la jeune demoiselle se trouvant à ses côtés. Ricanant doucement en s'appuyant sur sa canne, le corbeau montra le groupe d'un bandit tout en fixant le rictus énervé de la demoiselle, et le "couteau" qu'elle venait de sortir.

- Et bien et bien... Chère Red'Maw, voila pour vous l'occasion de gagner un peu plus d'argent, vous semblez tout à fait capable de me protéger. Ou alors je me trompe, et il en est finit de vous et de mes possessions...

HRP: I AM NOT DEAD!!!! ( Bon si, je l'ai été un peu, j'avoue... )
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Red'maw
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MessageSujet: Re: Nous portons tous des masques ... [PV Deydreus] [13/11/1841] Mar 4 Juil - 17:17

Un bruit me perturbe, alors que je continue de discuter avec le vieux lord. Un son de canne. Provenant sûrement du couloir. Peu étonnant dans un hôpital, et pourtant … il se rapproche. Coïncidence ? Je doute. Le bruit continue de gagner en intensité. Distraite, je cligne des yeux, et réponds enfin à une question que le malade m’a posé quelques instants plus tôt avec un brin de gêne. Est-ce que j’aime les animaux sauvages … Pas vraiment. Je n’en côtoie quasiment aucun, en même temps. Soudain, la porte grince, puis s’ouvre. Je pivote. Je ne devrais pas être surprise de voir un médecin dans un hôpital, et ce doit être un médecin, vu son masque … Mais pourquoi ? Est-ce qu’on traite des pestiférés ici ? Lorsque le lord l’appelle par son prénom, je comprends mieux … C’est une connaissance, tout simplement. Ça n’explique pas le masque, mais tant pis. Il s’écoule quelques instants, durant lesquels le lord échange avec son … ami ? Son ton est froid. Il donne l’impression de n’en avoir rien à faire. Ou si peu. S’éloignant dans un coin, il se met à préparer quelque chose … Je réalise que je ne me suis toujours pas vraiment introduite. Mais ça ne semble pas déranger.

Les questions reprennent, mais je suis moins enjouée. L’impression d’être observée m’est pesante. J’ai très peu à craindre, en théorie … Mais pourtant, j’ai quand même l’impression qu’il s’intéresse trop à moi. Le lord alité ne semble rien remarquer, et au bout d’un temps, je m’y fait : ce doit simplement être son caractère. Lorsqu’il administre le médicament à mr. Vulpes, je ne peux pas m’empêcher de noter que ce dernier a besoin d’aide, rien que pour prendre le médicament … Je ne sais pas de quoi il souffre, mais ça a l’air grave. Un instant, je me sens coupable d’être entièrement valide et bien portante. Le sentiment passe alors que je me gratte la poitrine. La pierre philosophale qui s’y trouve me rappelle l’obtention de ma « santé de fer ». Son prix. Je ne sais pas si je resterais jeune et en bonne santé longtemps … Si c’est le cas, tant mieux. Sinon, tant pis.

Le fait que je ne sois « pas très réceptive à son image » m’amuse. Devrais-je vraiment avoir peur d’un homme masqué s’aidant d’une canne pour marcher ? Certes, cela laisse une forte première impression, mais cette dernière passée, c’est un humain. Que dire de plus ? Bon, un humain original. Lorsque je le vois finalement sans son masque, je corrige légèrement … Un humain original avec des traits élégants. Je suppose que certaines trouvent ça beau.
Viennent ensuite des questions plutôt nombreuses du docteur, sur moi en général … Je dois dire que c’est peut-être la première fois en si peu de temps qu’autant de monde s’intéresse autant à moi. Mais le côté « joueur » que j’avais avec Lord Vulpes est beaucoup moins présent, et même si je reste polie et courtoise à l’extérieur, j’ai un peu l’impression d’être interrogée … Pourtant, je réponds franchement et sans détour à chaque fois : il ne demande rien de dérangeant. Du moins, a mes yeux : je réponds peut-être un peu trop rapidement et naturellement à certaines questions, pour une « fille normale » … En général, je m’en rends compte aux haussements de sourcils de l’homme alité. Mais le temps continue de filer … Et l’après-midi touchant à sa fin, le docteur me demande de partir avec lui : il faut laisser le malade se reposer. Ce dernier me prit de revenir, et c’est avec un sourire franc que je lui répond.

- Avec plaisir.

Je referme la porte, et emboite le pas au médecin avec une petite envie de froncer les sourcils. Je sais où est la sortie de l’hôpital, même si je m’y rends probablement moins souvent que lui … mais après tout. Pourquoi se montrer désagréable ? Je me retiens de ricaner en voyant le docteur accepter le panier d’objets brodés. Ça lui apprendra, à cette garce. En revanche, je trouve gâché de laisser le panier dans le caniveau. C’est moins grave que s’il avait contenu de la nourriture, mais bon. Le regardant filer un instant, je me mets ensuite à marcher à côté du docteur. Il faut d’ailleurs que ce dernier m’évoque le paiement pour que j’ouvre grand les yeux, réalisant. Mais son explication me calme tout de suite. Rembourser une dette … Moi, je sais que je serais payée à l’arrivée, de toute manière. Par contre, le fait qu’il veuille me dédommager aussi me surprend. Je ne dis pas non, je ne le voyais simplement pas généreux à ce point … En revanche, je hoche négativement la tête avec un sourire. Non, je ne doute pas de sa capacité à donner de l’argent. Par la suite, il se remet à me poser des questions. J’ai un peu plus de mal à y répondre … De façon courte, en tout cas. Je profite donc d’un instant de pause pour sortir mon carnet, et écrire. C’est brouillon, vu que je note en marchant, mais quand même lisible … je crois ? Je dois avouer qu’une ou deux questions me sont venues à l’esprit, que je n’osais pas poser à côté de Mr. Vulpes.


Mr. Deydreus,
Vous avez probablement remarqué, mais je ne parle pas beaucoup. J’ai des problèmes d’élocution.
Effectivement, je vis dans l’east end, dans une taverne où je suis serveuse et où je tiens parfois le bar, mais vous avez vraiment deviné ça à mon odeur ? D’habitude, c’est plus l’accent qui me trahit … Ou le fait, comme je vous l’avais dit à l’hôpital, que je vienne d’Irlande. Un petit hameau au sud de Dublin. Et pour répondre à la question, non, je ne vis pas avec mes parents, je suis orpheline. Ma famille adoptive est toujours en Irlande, d’ailleurs … Je suis venue ici il y a quelques années, et me suis installée chez un ami à eux. Je sais lire, écrire et compter, grâce à l’orphelinat où je suis restée étant petite … Et je n’ai pas vraiment de … « nostalgie » vis-à-vis de ma patrie d’origine.
Je pense que cela répond à toutes vos questions, dites-moi si j’en ai oublié … Quant à moi, je voulais vous demander … Pourquoi portez-vous ce masque ? Est-ce que la différence de couleur entre vos yeux a une origine particulière ? Je dois avouer qu’elle m’intrigue, et je vois si rarement des yeux rouges … également, est-ce que vous ê


Comme le souligne l’homme que je guide cependant, je n’ai plus vraiment le loisir d’écrire … Un groupe nous barre la route. De petites frappes. Mais de petites frappes à l’esprit vicieux. Leurs intentions n’ont pas besoin d’être dites : elles se lisent sur leurs visages. Regardant derrière nous, je vois deux autres personnes. Le guet-apens a visiblement bien été planifié. Agacée, je dégaine. Le stylet n’est pas fait pour le « combat », mais il suffira. De toute façon, je n’ai pas besoin de tous les mettre hors-combat … Faire assez peur à la majorité en en blessant un ou deux sera suffisant. Lorsque Deydreus évoque un paiement, mon rictus devient en partie moqueur. Comme celui de mes adversaires. Une fille, les battre tous les 5 ? Pourtant, je me contente de lâcher un simple mot.

-

L’un me lance une raillerie, comme quoi « ça ne va servir qu’à me faire passer un encore plus mauvais moment ». Je lève simplement ma seconde main, et lui fait signe d’approcher. Il semble hésiter un bon moment … Mais finit, lame la première, par se jeter sur moi. Ses amis se moquent de lui, le motivant encore plus à ne pas se défiler. D’un mouvement vif sur le côté, j’esquive sa lame, et bloque son bras entre le mien et mon torse. D’un geste rapide et brusque, je poignarde l’intérieur de son coude déplié : le stylet passe entre les os, et tente de les écarter pour continuer. Sans succès. Ça ne lui en fait que plus mal, et il lâche son arme, cherchant désormais à tout prix à reculer. D’un revers, je lui envoie une « claque » qui, accompagnée par le couteau, lui balafre la joue. Il est repoussé en arrière, et je le laisse tituber, puis tomber à terre, gémissant de douleur. Hors combat. Les autres hésitent, mais finissent par attaquer également. Heureusement pour moi, tous ne sont pas armés. Et ceux qui le sont … J’ai vu des clous plus menaçant que le couteau d’un d’eux. Et celui d’un autre est émoussé au possible, vu la façon que la lame a de riper sur mon bras sans m’entailler profondément … Mon rictus s’accentue.

La suite du combat est confuse. Probablement le nombre d’opposants. Mais même à 4, ils ont un mal fou à faire quoi que ce soit. Un récolte une belle entaille sur le bras. Un poing me percute l’épaule. Je plante la cuisse de celui-ci. Celui-là parvient à me faire une estafilade sur le flanc. J’en désarme un en lui entaillant profondément l’intérieur du poignet. L’un d’eux, s’étant probablement saisi d’une planche, l’éclate sur l’arrière de mon crâne après m’avoir contourné. Le coup ne m’assomme pas … Il me rend furieuse. J’en saisis un devant moi, me baisse sur mes appuis en commençant à pivoter, et le fait brusquement passer par-dessus ma tête pour l’envoyer dans son pote. Les deux tombent à terre lamentablement, et je me retourne pour les deux autres. Celui à la cuisse blessée tente une attaque maladroite. Je passe sur le côté, lève la jambe, et abat mon pied sur le côté de son genoux. Ce dernier craque, se tord. Il crie. Le dernier, la main en sang, m’en balance dans les yeux. Je le trouve à l’aveugle, lui saisit le col d’une main. Le crâne de l’autre. Je fais se percuter nos deux têtes. Il titube, mou. Je recommence. Plus fort. Trois fois. Cinq. A la 6ème, j’entends un craquement, et je lâche : il s’écroule comme une poupée de chiffon.

Je pivote vers l’entrée de la ruelle … Mais ce que je vois me surprend assez pour me calmer. Les deux types qui bloquaient la ruelle ont visiblement tenté de venir. Tenté. Le premier gigote et gémis dans une marre – littérale – de sang. Je crois qu’il est blessé à l’intérieur de la jambe. Le second peine à résister … à Deydreus. Le corbeau a dégainé une épée fine, et donne une leçon d’escrime au freluquet, qui n’a qu’un surin en guise d’arme. La leçon est courte. L’homme masqué ouvre son adversaire d’une épaule à la hanche opposée, et le regarde tomber à genoux … Avant de l’achever d’un brusque coup de pommeau sur la tempe. Je réalise alors seulement que son épée et sa canne ne font qu’un. Je regarde à terre, autour de nous. 7 garçons, hommes ou adolescents, gravement blessés sinon morts. Deux « victime » … plus ou moins en parfait état. Je renifle, et crache un petit peu de sang. Je me suis mordu la langue quand l’autre m’a frappé la tête. Me tournant vers la sortie de la ruelle, je soupire … Puis revient vers le docteur.

- Un pansement ?

Mon sourire n’est pas très convaincant. Dans ces conditions, c’est difficile. J’espère simplement qu’il comprend quand je lui montre mon bras et mon flanc du doigt.


[HRP]Hésites pas à me dire sur skype si tu veux que j'édite tel ou tel passage ô_o et sinon bon retour, jésus [/HRP]
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Deydreus Fictilem
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MessageSujet: Re: Nous portons tous des masques ... [PV Deydreus] [13/11/1841] Lun 30 Oct - 23:12

D'un regard analytique, le docteur avait observé. Il avait observé les mouvements de la jeune femme dans un esprit critique, et dans le but de voir si ses doutes étaient fondés. Et ils l'étaient. La petite savait se battre. Un bruit de pas tira quelques instants le docteur de son analyse, se tournant vers les deux intrus se trouvant derrière eux. Tant pis, l'observation du combat de Red sera reporté pour une autre fois.

- Allons messieurs. C'est lâche d'attaquer de dos. Surtout envers une demoiselle.

Tournant la tête rapidement, le docteur rectifia.

- Une demoiselle massacrant vos potes, visiblement.
- Ferme ta gueule toi.

Haussant un sourcil, le porte-peste se précipita avec une vitesse qui, visiblement, surprit assez l'attaquant le plus proche pour que ce dernier ne puisse riposter au coup d'estoc frappant l'artère de sa cuisse. Dans un cri de douleur, ce dernier se pencha vers sa jambe alors que cette dernière ne semblait plus vouloir supporter son corps, l’entraînant sur le sol dans diverses volutes régulières de jets sanguins. Pointant le bout de sa canne-épée ensanglantée vers le type à terre alors qu'il avançait doucement vers le second attaquant qui, armé d'une dague courbée, avait reculé de quelques pas d'hésitation.

- L'artère fémorale est l'une des artères les plus fortes. Apportant le sang nécessaire aux muscles de nos jambes, elle permet ainsi à ces dernières de supporter notre poids. Seulement, bien tranchée, il arrive parfois qu'elle ne rétracte vers le bassin, dans un mouvement de repli, la tension reprenant ses droits. De ce fait, il faut alors attraper l'artère via une pince en passant par la plaie, qu'il faut parfois aggraver pour sauver la victime.
- MAIS T'ES QUI PUTAIN!

Accompagnant ses mots, le vaurien se jeta vers le corbeau qui esquiva le coup de poignard d'un pas de côté, s'éloignant un peu plus du type au sol, qui tentait en vain d'appuyer sur sa plaie.

- Connais-tu les principes basques de l'escrime?

Un autre coup, ce dernier visant la poitrine du docteur, qui dévia la lame d'un geste du poignet, son allonge lui permettant aisément de dévier la frappe.

- Premièrement, le battement.

Tendant son bras, Deydreus frappa le dessus de la dague de son assaillant, faisant vibrer cette dernière et tomber sur le sol puis, d'un geste rapide et précis, trancha le corps du malheureux, enfonçant sa lame de l'épaule gauche à la hanche droite. Retirant sa lame, le loup pris bien le temps de regarder son adversaire s'écrouler, visiblement déçu de la faciliter de sa victoire, puis l'acheva finalement d'un violent coup de pommeau. Se tournant vers Red, qui semblait en avoir fini avec ses adversaires, le docteur remarqua les quelques blessures de la demoiselle. Si elle n'avait rien de bien méchant, il était évident qu'elles devaient tout de même être soignées. Rengainant sa lame, Deydreus avança vers le type au sol, qui gesticulait péniblement, sans même jeter un regard vers son accompagnatrice. Se plaçant accroupi vers la tête de sa cible, le docteur posa sa main gantée sur la nuque du pauvret, qui se figea dans une stupeur remarquable, l'effroi ayant saisi sa personne.


- Malheureusement pas sur moi ma chère. Ma demeure n'est cependant pas très loin. Enfin toujours plus près que votre auberge, là bas, je pourrais vous soigner convenablement et nous reprendrons notre route. Cela me laissera également le temps de répondre à vos questions.

Resserrant son emprise sur le malfrat, le docteur brisa les vertèbres de sa victime dans un silence presque religieux puis, soupirant, se releva et se tourna vers Red.

- D'après les cris, la police devrait arriver dans quelques minutes. Cette fois, suivez-moi.

Faisant signe à la demoiselle de lui rendre le carnet, le docteur observa quelques instants les quelques questions griffonnées, avant de rendre son carnet à Red tandis qu'il continuait d'avancer, prenant diverses ruelles.

- Si je porte ce masque, c'est tout d'abord en hommage à mes anciens collègues de l'époque de la Grande Peste. Et j'avoue que j'aime bien l'aspect de ces derniers. Ça et le fait qu'ils me permettent également de ne pas avoir à sentir l'odeur de ses ruelles, et de cette ville. J'ai un odorat "sensible". Vient ensuite mes yeux n'est-ce pas? Il n'y a rien de non-naturel avec ces derniers, si c'est ce qui vous trouble. Je suis né ainsi. Mon père avait les yeux rouges, ma mère quand à elle en avait des bleus. Les joies de la génétique ont fait cette "anomalie", si l'on peut parler ainsi. Quand au rouge en lui même, c'est une couleur coulant dans ma famille depuis des générations, impossible de savoir son origine. A mon tour donc. Où avez-vous appris à vous battre? L'odeur du sang vous dérange-t-elle, ou bien vous sied elle? Trouvez-vous que ce gout d'acier est.. Agréable?

Un ricanement s'échappa de la gorge du docteur lorsqu'il acheva sa question, se doutant des diverses réponses que Red allait lui fournir. Alors qu'elle semblait commencer à griffonner son carnet, le docteur pointa de sa canne son repère, et la grille en fer forgée marquant l'entrée de sa propriété.

- Nous sommes arrivés. Venez.

Poussant la grille, Deydreus remarqua les "hommes de main" de son associé et lui même qui transportaient diverses caisses des caves pour le mener à deux chariots déjà bien rempli. Leur faisant signe d'accélérer, le porte-peste remarqua Charles qui avançait vers eux de sa démarche courbée de vautour. Saluant son maître puis la nouvelle arrivante après l'avoir dévisagée de son regard louche, le majordome s'excusa lamentablement pour le retard des associés de Deydreus, qui réprima les demandes de pardon d'un geste de la main, intimant par la suite à Charles de mener son invitée jusqu'à la salle à manger, pendant qu'il allait récupérer le matériel de soin.

- N'ayez crainte, Charles et mes "amis" ne vous feront rien.

Alors qu'ils pénétraient dans la demeure, l'un des sous-fifres du docteur se stoppa et tapota l'épaule de son ami, attirant l'attention de Deydreus.

- Hey, c'pas celle qui traînait avec l'autre boss?
- Ptètre bien, j'sais pas, j'm'en fous. Tu vas la bouger cette caisse? Le vautour va encore nous engueuler si on fout rien.

Se tournant quelques secondes vers Red, Deydreus ricana finalement doucement avant de se diriger vers les locaux où le matériel médical était stocké, tandis que Charles, quand à lui, menait la jeune femme vers la salle à manger. Quelques minutes passèrent ainsi, le temps que le corbeau ne recueil les outils nécessaires et ne vienne retrouver Red, qui avait été installée sur l'une des chaises proches de la table principale, dans des vêtements plus "nobles" et sans son masque. Comme à l'accoutumée, un grand chandelier cristallin pendait au dessus de la salle, illuminant les broderies et la pièce, révélant le confort de vie du propriétaire des lieux, tandis que plusieurs plats et autres argenteries étaient finement rangés dans diverses armoires vitrées au bois rouge taillé. S'approchant de la demoiselle, Deydreus déposa son matériel sur la table. Nettoyant ensuite les plaies et bandant ces dernières, le porte-peste essuya finalement ses mains à l'aide d'un chiffon avant de jeter ce dernier dans le panier prévu à cet effet, puis alla s'installer à sa place préférée, claquant des doigts pour attirer Charles, qui déboucha et versa un verre de vin à son maître, s'approchant par la suite de Red pour en verser un à cette dernière, ne se préoccupant pas de savoir si il avait son approbation. D'un salut grotesque, ce dernier alla se replacer dans l'ombre, derrière le docteur. Buvant lentement une gorgée de l'élixir écarlate, Deydreus plongea son regard dans celui de la demoiselle.

- Bien. Ma demeure est-elle à la hauteur de ce qu'on attend d'un docteur de cette ville? Ou bien en fais-je trop? Le vin versé est un millésime venu du sud de la France. Je ne sais pas si vous êtes en âge de boire, enfin, je m'en moque un peu, vous devriez y goûter. Même si vous n'aimez pas, vous aurez au moins bu ce que plus de la moitié de cette ville ne peut se payer. Enfin, je ne suis pas venu m'installer sur cette chaise pour étaler ma richesse présumée et surtout pas pour fanfaronner devant vous. A vrai dire, j'ai une certaine question, pour vous spécifiquement. Il s'agit de mon associé, la seule personne dans cette ville, mis à part Charles, Lord Vulpes et sa fille, que je considère comme mon ami.

Buvant une nouvelle gorgée de vin puis déposant le verre maintenant vide sur la table, le porte-peste s'adossa contre sa chaise, toujours les yeux rivés vers Red.

- Connaissez-vous un certain Krieg?
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Red'maw
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MessageSujet: Re: Nous portons tous des masques ... [PV Deydreus] [13/11/1841] Dim 10 Déc - 23:27

Mon sourire ne faiblit pas lorsqu’il prend au sérieux ma question. Je ne m’attendais pas à ce qu’il ait de quoi faire de la chirurgie sur lui … de toute façon, ce n’est pas grave. Je sens d’ors et déjà la soif commencer à monter légèrement … Mais c’est le prix à payer pour que mes blessures, d’elles-mêmes, ne se referment.

- Pas grave.

Je fouille un instant mes poches … et trouve un mouchoir. Il est presque neuf … tant pis. Je m’essuie le front, quelque peu tâché de rouge. Ces coups de boule étaient peut-être un peu trop forts. Voir le médecin achever un des hommes à terre me surprend un peu … Est-ce vraiment … Indispensable ? Je soupire, mais ne relève pas. Comme il dit, la police sera là d’ici peu. Mieux vaut quitter ce bain de sang. J’emboite le pas au médecin lorsqu’il reprend la marche. Des questions me viennent à propos de sa canne … Si cette dernière peut servir d’épée. En a-t-il réellement besoin pour marcher ? Et si non … Pourquoi boiter ? Mais je n’ai pas le temps de m’interroger beaucoup plus, qu’il répond déjà à d’autres questions. Je hoche la tête sans répondre. Je n’ai pas vraiment de commentaire à faire.

L’idée que son œil rouge ait été là à la naissance me … déçoit. J’aurais aimé me sentir moins unique, sur ce plan. Tant pis. Quant aux odeurs … je ne peux qu’agréer. Londres n’est pas l’endroit le plus désagréable que j’ai vu, pour le nez. Mais par endroits, pas loin. Ses questions à lui, en revanche, m’embêtent légèrement. Savoir comment j’ai appris à me battre, encore … pourquoi pas. Mais ma relation au sang … En plus, sa dernière phrase est louche. A croire que lui-même en boit régulièrement. Marchant d’un pas régulier, j’hésite. Honnêteté, ou mensonge ?  D’un côté, il n’a pas l’air mauvais, ou en tout cas pas avec moi. De l’autre, c’est la première fois que je le rencontre. Et c’est un bourgeois, ça ne fait aucun doute … « il n’a pas les idées aux mêmes endroits que ceux qui bossent vraiment », comme dirait David lorsqu’il parle de personnes trop riches. Enfin. C’est peut-être juste un apriori.

Puis je réalise qu’il vient, de sang-froid, de tuer deux personnes devant moi, en plein jour, après m’avoir envoyé me battre contre 4 autres, et ce en plein jour. Le constat à froid fait tout de suite diminuer la sympathie induite par ses belles paroles.

Pourtant, je n’hésite pas en rentrant chez lui. Son épée ne me fait pas peur. Son masque non plus. Je n’aurais probablement besoin que de rester tranquille quelques minutes … Puis de rentrer chez David, une fois le paiement fait. Et si ça tourne mal … Malgré la taille de la demeure, je doute sincèrement qu’une famille n’y vive. Peut-être un ou deux serviteurs. Je tourne la tête sur le côté. Les types donnent tout de suite l’impression de passer leurs soirées dans des coupe-gorges … Et pas en tant que prostitués. Définitivement louche. Presque autant que l’homme courbé, m’apparaissant un peu flétris, qui s’approche de nous avec des yeux de vautour. Saluant son maître, il s’excusa trop tôt et trop vite pour le retard de leurs « associés », qui visiblement n’étaient pas conformes aux attentes. La chose ne semble pas émouvoir mon étrange commanditaire. Il me fait conduire au salon, me demandant d’y patienter un peu. Sa mise en garde, vu ma légère méfiance, a l’inverse de l’effet escompté : pas un instant je ne me relâche en suivant le majordome. Lorsqu’il m’installe, je l’observe s’affairer à un peu de rangement, mais rien de bien intéressant. Il ne fait pas d’effort particulier pour me parler ou me mettre à l’aise, et semble plutôt opter pour l’option d’ignorer l’invitée. Je ne pense pas être en droit de m’en plaindre. Fermant les yeux, je me masse un peu les tempes, cherchant à relativiser. Mais quelle que soit la manière que j’ai de tourner le problème, tout me paraît … louche.

Lorsque Deydreus, qui a changé de tenue et retiré son masque, revient au salon, c’est autre chose. Le « vautour », comme l’ont appelé les hommes, est de retour à ses pieds. Prêt à se faire piétiner. Je souffle par le nez, cherchant à ignorer mes sentiments vis-à-vis de ce « Charles ». Plutôt, je retrousse ma manche de façon à exposer mon bras blessé, et fait plus ou moins de même avec ma chemise, pour la plaie au flanc … Heureusement, il se montre d’un professionnalisme qui me fait très vite oublier l’idée de surveiller ses gestes. Et en prime, il ne semble même pas penser à la suture. Ça m’arrange. Se retrouver avec des fils dans la peau qui doivent être retirés 20 minutes après n’est pas agréable. Je soupire, et me remet la tenue en ordre lorsqu’il termine. Le service du verre de vin me surprend : si je voulais qu’on m’apporte quelque chose en claquant des doigts … Déjà, je dirais « please ». Et ce n’est pas de l’alcool que je demanderais qu’on me serve ainsi. Le serviteur veut d’ailleurs me verser un verre. Je cherche à décliner poliment. Il ne semble pas en tenir compte. Je soupire. Il y a peu de chance que le liquide soit empoisonné de quelque façon que ce fut. Pas s’il a servir de la même bouteille à son maître un instant plus tôt. Observant le breuvage, je me contente de le porter à mon nez … Et de fermer les yeux pour renifler. Je n’ai pas l’odorat de David ou d’un autre loup, en humaine. Mais je devrais pouvoir sentir un poison … Pourtant, à part l’alcool, rien. Ou plutôt, si … Tant d’arômes que j’en rouvre les paupières, surprise. Il ne ment pas en qualifiant le vin de coûteux.

La reprise de parole du docteur m’arrange à mes pensées, et je tourne le regard vers lui. Je hausse les épaules à sa première interrogation. Je me fiche quelque peu de l’aspect de sa demeure, tant qu’elle lui plaît … Et pour le vin, sa remarque me pousse une nouvelle fois à l’observer. Effectivement, la tentation d’y goûter est forte … Et ça n’a rien à avoir avec le prix. Encore que ? Qu’importe. Laissant le docteur terminer sa tirade, je dois admettre que sa formulation m’intrigue … Je ne le vois pas comme un homme ayant envie, ou « besoin » d’amis. Et je ne sais pas très bien ce qu’il voudrait : que j’aide l’individu en question ?
Pourtant, lorsque le nom de Krieg tombe, je reste aussi stoïque qu’une pierre tombale. Je dois cligner à deux, trois reprises des yeux avant de bouger de nouveau. Krieg … Si je m’étais attendu à entendre son nom ici. Je lâche un soupire. Sors une nouvelle fois fusain et carnet. Et prends une page blanche, pour commencer à brosser dessus, appliquer des touches de noir là où il le faut, ne touchant le papier que pour le noircir.

Un front légèrement ridé, mais sans plus. Celui de quelqu’un qui feint souvent l’étonnement, parfois innocent, parfois pas. Un rictus mauvais. Pas de moquerie. Pas de sarcasme. Pas de méchanceté. Pas
juste cela. Mais plutôt … tout ça à la fois. Un sourire moqueur, dont il ne se départit jamais, et qui agace ceux à qui il le présente. Une chevelure longue, noire. Grasse, même si c’est quelque peu difficile à représenter. Des joues un peu tombantes, mais pas trop non plus. Un menton fin. Des traits ni « laids », ni « beaux ». Quelqu’un ne mangeant pas beaucoup, mais tout de même assez. Et pour finir … des yeux noirs. Noir comme le néant. Comme si … Comme si, non contents de leur teinte surnaturellement opaque, ils reflétaient un … Manque ? Mes pensées tournent autour du mot sans le trouver tout le temps que je passe, en m’appliquant, à faire ces yeux. Et ce n’est que lorsque j’ai terminé que je réalise. Un manque d’humanité. Total. Le sourire d’un connard. Le visage d’un prolétaire. La chevelure d’un jean-foutre. Le teint d’un vieux. Et les yeux d’un monstre. C’est ce que je viens de dessiner. Et c’est le portrait le plus fidèle que je pense pouvoir brosser de Krieg … même si son menton est peut-être un peu long sur le papier. Tant pis. Je note des choses sous le portrait, et finit par poser le fusain : je prends la feuille, la soulève, la retourne. Mes yeux rencontrent à nouveau ceux du médecin.

- Celui-ci ?

Pas besoin d’attendre la réponse du corbeau : l’expression de Charles, derrière lui, réponds très bien à sa place. Faisant un signe de tête à ce dernier pour qu’il approche, je lui tend le papier lorsqu’il est à portée, afin qu’il puisse le relayer à Deydreus. La table doit faire 3 ou 4 bons mètres … Je ne me vois ni me lever pour le donner moi-même, ni l’envoyer directement. Laissant donc le majordome faire son office, je prends le verre de vin, et en prends une gorgée également. Le liquide m’attaque la langue d’une façon dont je n’ai pas l’habitude. La façon que le tanin a de se faire sentir dans le fond de la bouche est étrange, mais pas trop désagréable. La brûlure de l’alcool s’atténue presque tout de suite … Et les saveurs me laissent curieuse. Je reste un moment, mon vin en bouche … Puis, aspire un peu d’air entre mes lèvres, à travers le liquide. Ce n’est pas très poli de faire cela, mais tant pis. Fermant les yeux de nouveau, je laisse l’air chargé d’arômes me ressortir par l’arrière du nez. Et soudainement, j’ai l’impression de sentir 3, 4 fois mieux ce que j’ai en bouche. J’ai l’impression de goûter d’autres fruits en même temps. L’alcool et les tanins ne me dérangent plus le moins du monde … J’ai presque l’impression de gâcher lorsque j’avale. Pourtant, la saveur et le parfum me restent en bouche un certain temps après … Et je soupire, rouvrant les yeux. Encore la moitié du verre … Seulement. Relevant les yeux, je préfère savoir ce que va dire le docteur, plutôt … Il doit largement avoir eu le temps de lire ma note, après tout.


Pour ce qui est du combat, disons que j’ai eu une vie m’y prédisposant, et que je me suis entraîné, ces dernières années. Pour le sang, j’y ai … une sorte de dépendance. Le goût m’enivre très légèrement.
Pour ce qui est de Krieg, je ne le connais que depuis quelques semaines, mais je travaille pour sa … « petite organisation », de façon de plus en plus régulière. Un individu très intéressant … Et particulier. Je suppose que vous êtes le « docteur » dont il m’a parlé plus d’une fois.
Entre les discussions et livres de Lord Vulpes, votre odorat, Krieg, et le fait que vous l’appelez votre « ami », je suppose que, de même que lui, vous n’êtes pas un « simple » médecin un peu excentrique, n’est-ce pas ?
Dans tous les cas, j’ai encore toute l’après-midi, voir la soirée de libre. J’avoue que j’avais dans l’idée de repartir rapidement chez moi, mais si vous êtes réellement celui que vous dites, je pense au contraire que nous pourrions profiter de l’occasion pour un peu mieux faire connaissance. Et peut-être via d’autres questions que la simple couleur des yeux, ou région d’origine.
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Deydreus Fictilem
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MessageSujet: Re: Nous portons tous des masques ... [PV Deydreus] [13/11/1841] Mer 27 Déc - 15:10

Un sourire amusé s'étira sur les lèvres du médecin lorsqu'il vit le croquis. Red avait représenté Krieg avec une précision remarquable. Lorsque Charles lui tendit le papier avec le message écrit dessus, Deydreus jeta tout de même un regard en coin à la demoiselle se trouvant de l'autre côté de la table et fut heureux de voir qu'elle semblait apprécier le vin. Une fois le message lu, le docteur tendit ce dernier à son majordome.

- Charles, va déposer cela dans mon bureau. Il faudra que je le montre à Krieg lorsqu'il sera rentré. Je suis certain qu'il appréciera ce dessin. Bien. Red. Nous avons effectivement pas mal de choses à nous raconter.

S'étirant doucement, Deydreus se leva et se dirigea vers la demoiselle, attrapant au passage la bouteille de vin entamé, qu'il déposa près de son invitée.

- Vous pourrez repartir avec la bouteille et la partager avec qui vous voudrez, je vous l'offre. En attendant suivez-moi, j'ai encore une personne à vous présenter.

N'attendant aucune réponse particulière, le docteur entreprit de se diriger vers son laboratoire, ouvrant une première porte en silence, puis marchant silencieusement jusqu'à une seconde, où il attendit patiemment quelques secondes avant de tourner le loquet.

- Vous êtes une créature alchimique, n'est-ce pas? Krieg m'avait évoqué votre existence, et vos blessures avaient commencé à guérir bien trop vite pour une personne normale. J'avoue que mes connaissances en alchimie ne sont que celles d'un néophyte, mais, qu'êtes-vous? Une chimère? Ou bien un.. Comment dit-on déjà? Homonculus? Navré si je semble ignare à ce sujet, j'avoue que je préfère la médecine "classique" à celle défiant les lois de physique primaire. Enfin. Vous me parliez d'une sorte de "dépendance" au sang. Sous quelle forme se présente-t-elle? Est-ce là comme un drogué cherchant à combler un vide? Ou bien est-ce une forme de pulsion bestiale, vous forçant à faire couler le sang?

Poussant la lourde porte devant lui, le docteur souffla de satisfaction en apercevant son assistante, Tatiana, en train de découper soigneusement les chairs mortes d'un cadavre, accompagnée par trois autres "médecin", portant chacun un masque de docteur de la peste blancs, même si différents de celui de Deydreus, étant plus "sobres" et "classiques". Le premier "médecin", prélevant divers liquides organiques, n'avait pas de couvre-chef et laissait une tignasse rousse attachée en tresse tomber le long de son manteau hospitalier. On devinait rapidement la nature féminine de cette personne. Le second corbeau était le plus grand de tous, et ne laissait transparaître aucun morceau de peau, tandis qu'il plaçait divers viscères dans des bocaux de formol. Le dernier enfin, occupé nettoyer divers outils, portait une tenue de médecin de peste classique, mais entièrement blanche. Tous, Tatiana comprise, cessèrent leur activité lorsqu'ils aperçurent le corbeau et son invitée. Tatiana portait comme à son habitude sa tenue d'infirmière, mais avait cette fois un masque chirurgicale couvrant sa bouche, et des gants au niveau des mains. Retirant son masque en silence, elle lança un regard blasé et froid en direction du duo, comme à son habitude, même si elle offrit un léger sourire au docteur en plongeant son regard dans le sien.

- Ma chère Red. Voici Tatiana, mon assistante personnelle, et les Corbeaux blancs, mon "équipe" médicale et de recherches. Vous aviez raison dans votre note, je ne suis pas un "simple" médecin, à l'instar de Krieg, je suis un Loup-Garou. A vrai dire, la moitié des personnes présentes dans ma demeure le sont également, et tout ceux dans cette pièce sont de cet espèce.
- Qui est-ce?
- La jeune au dents pointues dont m'avait parlé Krieg ma chère. Un heureux hasard nous a fait nous rencontrer d'une manière plus informelle que ce que j'aurais imaginé.
- Ravie de vous rencontrer, en ce cas.

Accompagnant son ton monotone d'une légère révérence, l'assistante repris ses tâches, sans plus de cérémonie, se focalisant de nouveau sur sa découpe de chaires. Se tournant vers son interlocutrice, Deydreus l'invita à le suivre un peu plus loin, lui présentant le laboratoire et le gigantesque recueil de revues médicales s'y trouvant.

- Je ne sais pas si la lecture vous passionne. Et encore moins si le domaine médical et alchimique vous intéresse, mais je garde ici un grand nombre d'ouvrages sur ces deux sujets, si l'envie vous prend, et tant que votre "association" avec le projet commun que Krieg et moi dure, vous serez libre d'emprunter ces ouvrages si l'envie vous prend.

S'arrêtant devant une sorte de box, dont les murs étaient rongés par les traces de profondes griffes, Deydreus étira un large sourire.

- Ah.. Tatiana a vraiment ruiné la décoration de cette chambre lors de ses premières transformations. Enfin. Puis-je vous demander un service Red? J'aimerais, si vous le souhaitez, et si cela ne vous coûte en rien, que vous preniez votre apparence alchimique. Vous êtes la première créature alchimique que je rencontre et j'avoue que ma curiosité me tiraille légèrement. Je vous rassure, je ne compte pas vous ausculter et vous manipuler comme un test médical, seulement observer votre nature. J'aurais bien proposer, dans une courtoisie la plus totale, de me transformer également mais au delà du fait que je ne sois pas certain de votre curiosité quand aux différents aspects lupins, je ne le peux pas, étant donné que le soleil est bien haut dans le ciel, et que la pleine lune est déjà passée.

A son étonnement, la demoiselle s’exécuta et prit son autre forme. Les yeux du docteur s'écarquillèrent quelques secondes avant de reprendre leur aspect froid et calculateur. Tournant doucement autour de Red, analysant les écailles qui parcouraient son corps, et cet aspect surnaturel, le docteur resta silencieux pendant toute la durée de son observation, avant de se replacer devant Red, les bras croisés.

- Je vous remercie de votre amabilité. Navré si cela a été "gênant" ou quoi que ce soit. Oh! J'oubliais la raison pour laquelle je vous ai fait venir ici. Suivez-moi.

Plaçant ses mains dans son dos, le corbeau avança silencieusement, pensif, vers le bureau se trouvant près de leur dernière position. Dessus se trouvant un grand registre, à l'image des registres commerciaux que l'on peut trouver dans les magasins londoniens. Allant jusqu'au fameux ouvrage, Deydreus tourna quelques pages et tapota du doigt sur quelques lignes, avant d'inviter Red à le rejoindre.

- Vous m'avez dit avoir l'après-midi de libre, ainsi que la soirée s'il fallait? Voudriez-vous m'accompagner en ce cas? Voyez-vous, le projet que nous menons, avec Krieg, fait que nous devons nous implanter et restaurer la vraie nature des lupins dans les différentes sphères de cette société. Si Krieg se focalise principalement vers les bas-quartiers, et la plèbe, je vais, de mon côté, chercher quelques alliés du côté des plus aisés. Ayant utilisé mes relations du domaine médical pour entrer en contact avec un nouveau bourgeois ayant fait fortune grâce à l'importation et la revente d'opium. Vous le savez sans doute mais cette ressource est illégale. Aussi, ses prix crèvent le plafond et lui apportent des revenus qui nous seraient particulièrement utiles. En plus de ces revenus, l'apport d'opium dans notre organisation nous permettrait une revente efficace, plus aisée de ses produits, et une ancre dans le milieux bourgeois, qui raffole de ces petites choses malgré l'interdiction politique résultant du conflit passé entre la Chine et l'Angleterre. Il faut dire que les bourgeois ont tendance à aimer bien des choses, je vise également les milieux spirituels, avec les tables de oui-ja dont ils sont friands également, m'enfin.

Tapotant du doigt la ligne de l'ouvrage, le docteur enchaîna.

- Après être entré en contact donc, ce jeune bourgeois semble avoir conclu que nous pourrions nous rencontrer, et établir éventuellement un accord. Aussi, ce dernier m'a invité à une réception mondaine qu'il organise en secret près de Piccadilly. Tous les invités y seront des personnes de la bourgeoisie ou de la noblesse, et des consommateurs réguliers de divers drogues. Pour s'y rendre il faut naturellement avoir son nom sur liste, qu'il soit faux ou non, et porter des loups particuliers. Chaque invité a reçu deux loups, afin de venir accompagné. Si j'aurais pu demandé à Tatiana de n’accompagner, cette dernière n'est pas encore assez doué en combat lorsqu'elle n'est pas sous forme lupine, et je ne suis pas dupe, soit mon interlocuteur me tend un piège, soit il compte me jauger. Aussi, j'aurais souhaité que vous m'accompagnez là-bas. Votre problème d'élocution serait également un plus, car il est assez rare que les gens communiquent plus que par des phrases courtes ou des signes corporels dans ce genre d’événements. Et votre capacité de combat serait un plus, si les choses tournent mal. Si on vous acceptez de me suivre, vous serez évidemment grassement payée, en plus de monter dans mon estime, bien que cette dernière ne paie pas le souper. Pour les vêtements, Charles ira vous chercher les affaires qui conviennent à ce genre d’événements. Cette invitation prend place dans deux heures, le temps que je vous parle plus en détail de notre "nouvel ami".

Marquant une pause et se tournant vers son invitée, le corbeau afficha une mine amusée à peine dissimulée.

- Alors Red, qu'en dites-vous?
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Red'maw
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MessageSujet: Re: Nous portons tous des masques ... [PV Deydreus] [13/11/1841] Jeu 8 Fév - 7:14

Mon portrait semble l’amuser, vu sa réaction. J’ai un doute. A cause de la qualité et fidélité, ou du principe ? Je suppose que peu de gens « dressent » un portrait d’autres personnes de cette manière … mais avec mon handicap, c’est un moyen efficace et plutôt rapide. Récupérer le portrait ne m’intéresse pas, je peux en refaire un autre. En revanche, la bouteille me fait hausser un sourcil. L’offrir, directement ? De ce que je sais, le vin doit être bu rapidement, une fois ouvert … Mais alors que le docteur s’éloigne, Charles rebouche le conteneur de verre. Le contraste entre l’impression qu’il dégage et ses réflexes et manières me sidère quelque peu. Je me contente cependant de le remercier brièvement, puis de me lever pour suivre le docteur, que mon « merci beaucoup » n’affecte pas. Pas assez pour que ce soit visible de dos, en tout cas.

Je le rejoins à l’entrée d’une salle visiblement réservée aux sciences, devant laquelle il reprend la parole, me faisant part de ses interrogations. Qu’un médecin loup-garou soit ignorant vis-à-vis des créatures alchimiques me surprend … sans m’étonner. Je n’ai même pas souvenir d’avoir croisé créature similaire à moi, même si bien sûr, ce n’est pas comme si moi-même je l’exposais ouvertement mon appartenance à cette race. Sa dernière question demande des explications quelque peu détaillées, mais il faudrait que je la lui note : dans l’état actuel des choses, il va falloir qu’il patiente légèrement. Lorsqu’il ouvre la porte de son second laboratoire, je suis à vrai dire surprise :
D’une part, de constater la présence d’une pièce de plus dans son manoir, qui est définitivement plus grand que ce que j’avais estimé
D’autre part, de voir d’autres médecins travailler … Ici. Du moins, leurs expériences ont très visiblement trait à la médecine, mais c’est sans aucun doute un cadavre qui se trouve sur la table d’opération … Et les mesures qu’ils prennent pour se protéger ne sont pas béguines. Ceci dit ? Ça ne me surprend pas, et à vrai dire, même en connaissant mes pouvoirs, je ne tiens pas à m’approcher de cette table. Les présentations avec Tatiana sont brèves, sobres. J’aime bien. Je me contente d’un signe de main, mais ne laisse pas plus qu’un « enchanté » franchir mes lèvres. Les trois autres avaient cessé leurs activités quelques instants, mais les ont reprises sans faire montre d’être affectés par ma présence. Les masques aident sûrement.

La bibliothèque dans laquelle nous nous rendons ensuite m’intéresse, et pas qu’un peu. Je ne compte pas m’orienter vers la médecine – ou peut-être si mon vieillissement est bel et bien arrêté, dans plusieurs décennies – ni l’alchimie, mais mieux m’y connaître dans ces domaines ne peut jamais faire de mal. Quelqu’un sachant soigner sait souvent mieux tuer que les autres … je regarderais plus en détail, au moment de partir. Pour l’instant, nous continuons d’avancer, jusqu’à une « chambre » dont les murs ont été profondément marqués de coups de griffes épaisses. N’importe qui penserait à un énorme fauve, peut-être un tigre ou un lion, comme ils en montrent dans certaines foires … Mais moi, je sais quel type de fauve a fait ça. Je le sais un peu trop bien. L’affirmation que me livre alors le docteur me surprend. Tellement qu’il me faut plusieurs secondes pour saisir que c’est une requête. Si me changer en créature alchimique ne me coûte rien … Ce n’est pas le cas. J’ai toujours tendance à avoir rapidement envie de boire du sang, après une métamorphose. Mais ce n’est au final pas grand-chose, vu l’argent que m’a déjà offert le docteur, et sa nature … il sait, de toute façon. Autant le satisfaire.

- Pourquoi pas.

Je me contente de glisser les pieds hors de mes bottes, et de déboutonner un peu mon pantalon et mon col. Non pas que je veuille aguicher : la transformation a juste tendance à … me faire prendre plus de place dans mes vêtements. Lorsque je sens l’alchimie opérer sur mon être, un instant, je me crispe. Si je veux faire ça « en douceur », la transformation prend plusieurs minutes. Si je veux faire ça rapidement … j’ai mal. C’est supportable. Mais pénible. Lorsque je rouvre les yeux, je perçois de la surprise sur le visage du corbeau. La chose me tirerait presque un sourire. Presque. J’essaie de garder la tête froide. La douleur et la transformation peuvent me faire avoir des pensés étranges. Question d’instinct, je suppose. Je l’observe, alors qu’il se met à m’étudier et me tourne un peu autour. Etre observée n’est pas dérangeant … je crois. Il a raison pour sa forme lupine ceci dit. Ce n’est pas que ça ne m’intéresse pas … mais j’ai déjà assez eu l’occasion de voir David et des membres de la bande de Krieg. A ce point, l’observer serait aussi intéressant que d’étudier un juif pour le différencier d’un autre. Je hausse les épaules lorsqu’il « s’excuse ». C’est loin d’être la pire chose qu’on m’ait fait faire.

Lorsqu’il se remet à marcher, j’ai juste la présence d’esprit de ramener mes bottes vers moi avec ma queue, et de m’en saisir d’une main en me penchant un peu. Je lui emboite le pas sans un mot, étudiant toujours l’environnement avec un mélange de curiosité et d’amusement. Son bureau fait beaucoup plus « normal » qu’une grande partie du reste de sa demeure. Le registre assez volumineux qu’il dépose sur la table ne m’évoque rien : il est juste très différent de ceux que tient David. Ceci étant, si « la raison de ma venue ici » est la tenue de ses comptes, je vais être dubitative … mais visiblement, il part d’emblée sur un autre sujet, évoquant leur « plan » à lui et Krieg. Le fait de totalement ignorer l’existence même de ce plan ne me surprend pas. En revanche … « restaurer la vrai nature lupine » ? Je ne suis pas certaine de saisir entièrement la nature de l’idée, mais elle m’inquiète légèrement. En partie parce que je ne deviens pas poilue à la pleine lune. Cependant, je reste coi, continuant de suivre les paroles du docteur.

C’est la première fois que je suis invitée à une soirée mondaine. Sans même parler de m’y rendre. Pas besoin d’interrompre deydreus : il explique de façon relativement simple et claire que la majeure partie des détails ont déjà été pris en compte … Enfin, qu’il les a déjà pris en compte. C’est agréable d’avoir quelqu’un capable de s’adapter. Non pas que ce ne soit pas le cas de David ou Krieg, mais je planifie rarement de les accompagner dans des pièges orchestrés dans la haute société pour défendre des intérêts et machinations plus ou moins politiques et économiques … en soit, le seul intérêt que cette perspective suscite me motive presque plus que l’argent. Même si je n’aime pas l’idée de devoir me faire passer pour une noble, dans une soirée où ils ne feront que parler … enfin. Je ne devrais pas avoir trop de mal à jouer la potiche quasi muette.

Ce n’est qu’à ce moment que je me rends compte que je suis toujours transformée, ce qui rend assez incongrue la façon que j’ai de parcourir son registre en réfléchissant. Lentement, fermant les yeux, je laisse donc les écailles, l’aileron, la queue et autres se résorber lentement, jusqu’à reprendre mon apparence naturelle. Remettant mes chaussures en place, je prends ensuite un support pour m’asseoir devant son bureau. Il me faut juste de quoi noter, ce qui n’est pas difficile à trouver, et je réponds à l’écrit en cherchant à former des lettres et phrases un peu plus lisibles qu’avant.

Cette invitation m’intéresse.
Pour ce qui est du sang, c’est comme … de la nourriture. Si je n’en bois pas régulièrement, je commence à me sentir plus faible, à cran. Même si je n’ai jamais trop cherché à savoir ce qui se produisait si je jeûnais durant trop longtemps.
Pour vous répondre également, je suis une chimère. Née de la fusion entre une petite irlandaise orpheline et une roussette maillée, une race de petits requins. Et vous avez raison : j’ai survécu à bien lourdement pire que ce que vous avez vu plus tôt, mais justement : plus je me guéris, plus il faut que je boive de sang.
Il serait peut-être bon d’envoyer quelqu’un porter le message à mon patron que je ne rentrerais pas ce soir : il risque de s’en faire pour moi s’il n’est pas prévenu. Sinon, je suppose que je dois au moins permettre à Charles d’avoir mes mensurations, pour la tenue ? J’ai du mal à ne pas écrire que l’idée m’insupporte, mais parvient finalement à résister. à part ce point, je vous écoute … Et si vous pouviez peut-être me montrer simplement un ou deux pas de danse, je ne serais pas contre, au passage.

Non pas qu’en soit, l’idée de danser avec lui soit vraiment si séduisante que cela, même s’il ne faut pas se mentir : le docteur a un visage agréable à regarder. Et puis … ce n’est pas comme si à l’orphelinat, ou au broken jaw, la valse et autres danses tranquilles et distinguées étaient beaucoup de mise.
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Deydreus Fictilem
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MessageSujet: Re: Nous portons tous des masques ... [PV Deydreus] [13/11/1841] Jeu 22 Fév - 22:50

Se penchant légèrement par dessus l'épaule de Red, Deydreus analysa chacun des mots de la chimère, souriant légèrement. Se redressant puis contournant la table pour attraper quelques papiers sur une étagère, le médecin se tourna ensuite vers son hôte.

- Fort bien. Pour vos mensurations, il faudra également les communiquer à mon majordome afin qu'il achète auprès du tailleurs la robe adéquate, il ne faudrait pas que vous perdiez votre corset en chemin n'est-ce pas? A ce sujet, en avez-vous déjà porté un?

N'attendant pas réellement de réponse, le docteur lança une des feuilles qu'il tenait devant Red afin qu'elle puisse analyser le papier. Sur ce dernier se trouvait un liste de détails sur l'une de ses anciennes patientes.


- A cette soirée, vous jouerez le rôle de Scarlet O'donovan, une de mes anciennes patientes ayant été victime d'un coup de fouet laryngien, qui, non traité et sous-estimé par mes pairs, donna lieu à une dysphonie permanente. En bref, cette dernière ne pouvait plus parler que par petites expressions ou mots simples, sous peine de sentir une douleur à la gorge et avoir la voix "cassée", ne lui permettant plus de communiquer. Cette fille de bourgeois est partie après mes examens vers la Chine, avec qui Londres avait encore quelques affaires politiques en cours à l'époque. Officiellement tout du moins. Officieusement, cette petite est morte suite à une expérience malheureuse. Si je l'ai choisie, c'est parce qu'elle vous ressemblait énormément, mis à part vos courbes un peu plus accentuées et vos cheveux un peu plus clairs. Egalement, je pense peu recevable que l'on ne vous présente sous le titre de "Red", cela susciterait trop de questions. Croyez-moi les noms "hors du commun", suscitent beaucoup trop de curiosités De plus, elle n'avait pas de proches directs, ses parents se trouvant eux aussi en Chine. Avec la guerre et le cessé des traités, ces derniers n'ont certainement pas rejoints les terres irlandaises, ou ils sont morts là bas. Quoiqu'il en soit, cette couverture ne sera surement pas nécessaire dans un long discours, puisque les masques servent principalement à "conserver" nos anonymats respectifs, pour ne pas créer une "fissure" entre les bourgeois et nobles présents à cette soirée. Mémorisez cependant autant que possible ce qu'il y a écrit sur cette fiche, au cas où.

S'adossant contre le mur, le docteur enchaîna.

- Nous préviendrons votre patron dans l'heure, l'un de mes hommes s'en occupera, peut-être désirez-vous que nous déposions la bouteille de vin que je vous ai offert en même temps? Si non, cette dernière sera sagement entreposée ici afin que vous la récupériez plus tard. AH! Et autre chose...

Le docteur quitta son appui pour ouvrir un fin coffret se trouvant au dessus du pupitre devant Red. Il en sortit une fiole remplit d'un liquide écarlate.

- Concernant le sang, que vous devez boire. Avez-vous le même odorat que les requins lorsque "votre instinct" prend le dessus? Egalement, faut-il obligatoirement que ce sang ne provienne d'une victime de votre attaque, ou bien le sang en lui même suffit-il? Si la deuxième option est valable, et que notre collaboration s'avère fructueuse et avérée, vous pourrez venir en récupérer ici si besoin s'en fait sentir, je dispose d'un stock conséquent, et pour mes études, et pour les soins que je prodigue dans mes fonctions. Bien que j'aime la manière de fonctionner de mon collègues et les effusions sanguines, si nous pouvons éviter de massacrer tout le "bas peuple" londonien dans nos envies et soifs, cela en serait tout aussi agréable, principalement pour limiter notre visibilité aux hunters, et aux autres créatures de la nuit. Après, si vous préférez tuer froidement ou sadiquement, je ne peux en aucun cas vous juger, surtout aux vues de mes actes. Enfin.

Déposant la fiole devant la chimère, le docteur attendit quelques instants qu'elle ne réponde par écrit puis l'invita par la suite à le suivre vers la sortie du laboratoire.

- Venez, il est temps de vous apprendre à danser et "parler" en soirée mondaine.

Remontant jusque dans son salon, le docteur demanda à Red d'aller fournir les informations nécessaires à Charles pendant qu'il allait pour sa part missionner un de ses sbires pour avertir le patron de la demoiselle. Ceci fait, il attendit patiemment que son invitée ne le rejoigne, un éventail posé contre la table à ses côtés. Voyant finalement Red descendre les marches menant jusqu'au salon, Deydreus se leva tout en attrapant l'éventail, qu'il montra à la demoiselle avant de reculer de quelques pas, l'invitant à s'asseoir.

- Commençons.

Ouvrant puis refermant l'éventail rapidement, le docteur entama un jeu avec ce dernier, le faisant passer entre ses doigts de manière plus ou moins rapide, comme l'on jouerait avec une dague, ou un crayon.

- Lors des bals masqués, il n'est pas rare que les dames usent d'une vieille tradition espagnole, le langage de l'éventail, "el abanico" de son nom originel. Cette tradition consiste principalement à dire si oui ou non on est intéressé par quelqu'un, ou lui faire comprendre que nos envies sont plus que charnelles. Dans votre cas, ce langage sera utile pour communiquer avec moi, si nous ne sommes pas proches, ou avec un invité "un peu lourd", les coups de poings n'étant pas bien vus dans ce genre d’événements. Quoiqu'il en soit, prenez note, je ne vais pas vous montrer tous les mouvements, mais simplement quelques utiles. Le premier, consistant à poser l'éventail fermé sur votre joue gauche, signifie un simple "non". Le poser sur la joue droite signifie l'inverse. Ensuite, si vous maintenez l'éventail pendant plusieurs secondes, fermé, sur votre oreille gauche, cela signifie que vous souhaitez rester seule. Le tenir, ouvert, de la main gauche et devant votre visage, signifie au contraire le souhait d'un entretien. Le faire avec la main droite cependant indique la volonté d'être suivi. Si vous désirez que je vous rejoigne au plus vite, touchez l'extrémité de votre éventail avec votre doigt. Si nous somme surveillés et que vous le remarquez, faites le tournoyer dans votre main gauche. Enfin. Cette leçon n'est utile que si nous restons en visuel tout le long de la soirée, ce qui serait fort étrange. Néanmoins, mémorisez autant que faire se peut ces codes basiques, afin de vous rendre plus "crédible" dans votre imposture. Passons maintenant au plus important dans cet "apprentissage". La danse.

Tendant la main à Red après avoir déposé l'éventail sur la table, le docteur conduisit la chimère dans une partie un peu reculée de la salle où ils pourraient se mouvoir sans risquer de casser quoique ce soit.

- Je vais vous montrer les bases de deux danses précisent et que je connais. La valse, et le Quadrille, danse la plus populaire des bals. La valse sera ce que nous étudierons en premier. Cette dernière est une danse noble mais charnelle, rapprochant les deux danseurs l'un de l'autre et les forçant au "contact". Cependant, elle reste très simple, avec simplement trois pas à mémoriser, le tout est de suivre le tempo, et de ne pas m'écraser les pieds. Approchez.

Attendant que la roussette ne vienne à lui, le docteur plaça ensuite la main gauche de la chimère contre son épaule droite, puis plaça sa propre main droite dans le creux du dos de la demoiselle, tandis qu'il joignait sa main gauche à la droite de Red. La fixant dans les yeux quelques instants, le corbeau enchaîna.

- Cette danse donc se fait en trois rythmes. Généralement, c'est l'Homme qui mène la danse, vous devrez donc caler vos pas sur les miens. Le tout sera de bouger de droite à gauche tout en tournant parfois sur nous même, au rythme de la musique et de nos pas.

Commençant à lancer des "un, deux, trois", le docteur entama les premiers mouvements de Valse, accompagné par Red. Pendant de longues minutes, le duo s'entraina ainsi, et bien qu'il reçut au départ quelques pas écrasant les siens, le corbeau devait bien reconnaître que la chimère était une élève studieuse. Stoppant finalement les mouvements, Deydreus tapa dans ses mains, faisant venir trois types à l'air louche accompagnés de leurs instruments. Si la scène pouvait faire sourire, le sérieux dont faisait preuve le docteur était presque religieux.

- Reprenons, cette fois en musique.

Les premiers accords furent donc accompagnés d'une nouvelle valse, cette fois légèrement plus rapide, et complexe. Le docteur ne ménageait plus la roussette et il fut agréablement surpris de la voir suivre le rythme avec aisance. Dansant ainsi jusque la fin de la musique, le docteur recula ensuite légèrement, s'éloignant ainsi un peu de la chimère.

- Vous apprenez vite, je ne doute pas que vous ferez parfaite illusion ce soir. Passons maintenant au Quadrille. Cette dernière est plus "complexe" de par le fait que vous devrez changer souvent de partenaires, joignant vos mains à tour de rôle avant d'entamer quelques rondes, puis de changer de nouveau de partenaire. Quelques fois, le Quadrille se changera en Valse le temps d'une mélodie, avant de repartir ensuite sur un Quadrille. Je vais vous montrer les mouvements nécessaires.

Poursuivant ses mots par un regard aux musiciens, qui se remirent à jouer, le corbeau fit signe à Red de s'approcher de lui, attrapant sa main et commençant son apprentissage. Ils dansèrent ainsi pendant une heure complète, mélangeant valse, quadrille, et rappel du langage des éventails, rejoins de temps à autres par Tatiana, qui se joignit à eux pour le Quadrille. Ce fut le retour de Charles, qui acheva leur entrainement. Ce dernier transportait la robe de Red dans une valise, et probablement le costume de son maître dans une autre. Il salua ce dernier et avança vers la table, déposant les deux conteneurs dessus avant de les ouvrir lentement, révélant un costume de haute couture pour le docteur, et une robe rubis aux broderies blanches remarquables.

- Merci Charles, tu as fais du bon travail. Je te laisse aller manger quelque chose puis demande à ce qu'on prépare le carrosse.

Se tournant vers Red après avoir attrapé la robe et la lui tendant, le corbeau lui adressa un sourire étonnement doux et entama sur un ton presque mesquin.

- Voici pour vous ma chère Scarlet. Je vous laisse monter à l'étage pour enfiler cette dernière. Tatiana vous y aidera, cela relève parfois d'une manipulation fastidieuse, à faire, et à défaire, croyez moi. Prenez un bain également au préalable, non pas que votre odeur soit particulièrement déplaisante, mais autant s'assurer qu'elle soit agréable. Je m'en vais faire de même, retrouvons-nous dans... Disons quarante minutes? Je dois en profiter pour envoyer un message à quelqu'un.

Sa remarque sur l'odeur fit sourire Tatiana, qui invita Red à la suivre. Par la suite, le Corbeau s'en alla lui aussi se laver, puis commencer les préparations de son plan minutieux.

*
*  *


Il était exactement quarante minutes plus tard lorsque Deydreus se plaça en bas des marches pour attendre Red et Tatiana. Ce dernier, vêtu d'un parfait costume de gentleman, se tenait droit, ses cheveux mi-longs parfaitement coiffés et placés en arrière tandis que sa barbe fine  était également parfaitement taillé et brossé. Son collier tombait sagement sur le haut de son torse, révélant la petite cloche des Fictilem, tandis que sa canne-épée reposait contre la table à ses côtés. Sur cette dernière était ouvert une valise noire à la doublure de velours rouge, sur laquelle reposaient deux loups. Le premier loup, celui du docteur, était assez fin et fait en plumes de corbeaux, ou tout du moins, en donnait l'illusion entre deux broderies argentées. Le cache-nez de ce dernier se prolongeait en un court bec, rappelant le faciès du volatile fétiche du docteur. Le second masque quand à lui était dans un style similaire, mais aux couleurs opposées. Les plumes rappelaient cette fois celles d'un cygne, et les broderies étaient noires, et un peu plus accentuées au niveau des yeux. Là aussi, le cache-nez se prolongeait en un petit bec, cette fois orangée afin de rappeler l'animal qui l'avait inspiré.
Levant la tête en entendant l'arrivée des jeunes femmes, Deydreus observa lentement et analysa chacun des mouvements de Red, et sa robe. Lorsqu'elles arrivèrent finalement en bas des marches, le docteur attrapa le masque cygne.


- Vous êtes splendide Red, cela vous change grandement des habits dans lesquels je vous ai rencontré.
- Le bustier ne fut pas facile à ajuster, elle n'était pas vraiment habituée.
- J'imagine. Tenez Red, voici votre masque. Directement arrivé de Venise. Et commandé par celui qui nous invite. Il faut croire qu'il tient à faire preuve de sa richesse. Enfilez le avant d'arriver sur place, pendant la route ou ici même, comme vous voulez.

Prenant ensuite son propre masque puis sa canne-épée, le docteur invita le duo à le suivre jusqu'à l'extérieur où les attendait un carrosse dirigé par, évidemment, Charles. Même si le véhicule n'était pas de grand luxe, il montrait cependant suffisamment que son propriétaire avait eu les moyens de se l'offrir. Ouvrant la porte, Deydreus laissa monter Red qui ne semblait pas encore très à l'aise dans son nouveau vêtement, puis il monta à son tour, après avoir laisser ses instructions à Tatiana.

Une fois cela fait, le convoi se mit en route, et la soirée pouvait enfin commencer.
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MessageSujet: Re: Nous portons tous des masques ... [PV Deydreus] [13/11/1841] Ven 4 Mai - 19:43

J’ai un soupire étouffé. Je savais que je ne couperais pas à l’histoire des mensurations … mais bon. Je note simplement ces dernières sur un papier en essayant de ne rien omettre, puis garde la feuille à la main : je la remettrais à Charles dès que je le croiserais. Deydreus me tend ensuite une feuille, que je parcours à toute vitesse. Une nouvelle fiche ? Mais celle-ci n’est pas de la même nature que dans le registre sur sa table : c’est plutôt la présentation de quelqu’un. « Scarlet » … ironique. Je suppose que je tenterais de garder ce pseudonyme, si besoin. O’donovan … Scarlet O’donovan. Ce n’est pas bien compliqué à retenir. Elle était légèrement plus âgée que moi. Je ne comprends pas certaines des informations renseignées sur elles, mais le vocabulaire des médecins n’est pas particulièrement transparent. Qu’importe. Je tente de mémoriser les informations intéressantes : son lieu d’origine, le fait que ses parents soient en chine, le fait qu’il lui soit arrivé de fumer de l’opium … Je fais un signe de tête négatif lorsque Deydreus propose de porter ma bouteille à David. D’une part parce que c’est ma bouteille – la confier à mon tavernier de patron n’est pas forcément des plus malin – et ensuite parce qu’il va trouver ça bien trop louche. A raison, mais qu’importe.

Lorsque Deydreus sort un petit coffret, dont il extirpe une fiole de liquide rouge, je tire une petite moue. Je note l’attention. Mais boire du sang froid, c’est un peu comme … manger un potage plus fait d’eau que de légumes. Et plus il a été prélevé il y a longtemps, pire c’est. Je prends juste le temps de noter cela, et je note aussi mon refus pour la bouteille, avant de passer le papier au docteur, et de lui emboiter le pas. Revenue dans la pièce à vivre, je donne à Charles le billet que j’ai préparé pour lui, qui lui fait légèrement hausser un sourcil avant de hocher la tête comme s’il approuvait. Ce qui me donne une forte envie de le claquer. Mais je résiste. Je le laisse simplement s’en aller, voûté comme à son habitude, et vais retrouver le bon docteur.

Ce dernier, qui décidément n’a pas voulu se montrer avare en préparation, m’explique dans un premier temps l’utilisation d’un langage faisant usage d’un éventail … mais je dois l’avouer franchement : lorsqu’il a fini tous les gestes de bases, je n’en ai retenu aucun. Oui, joue gauche, non, joue droite … non, c’est l’inverse … Et toucher l’éventail du doigt si nous sommes suivis … Que se passe-t-il si je le déploie devant mon visage ? Est-ce que ça ne dépend pas de la main qui le tient ? Je n’ai pas le temps de retrouver l’information dans ma mémoire – je doute qu’elle y soit – qu’il pose l’éventail, et commence à parler de danse. Un peu hésitante, je finis par le rejoindre, incertaine … Effectivement, je vais avoir besoin qu’on me montre les pas. Je suppose que je suis toujours confuse pour son histoire d’éventails. Cela explique peut-être ma surprise première lorsqu’il me passe la main dans le dos, avant que je me rappelle du nouveau sujet : la valse.

Danser sans musique n’est pas des plus instinctif, et j’ai quelques difficultés à me cadencer correctement au tout début, mais au moins ce n’est pas très difficile de savoir quoi faire, et il me faut peu de temps pour m’adapter à l’exercice. J’avais déjà entendu un vieux bourgeois se moquer, au broken, des « soirées mondaines » … « Ils disent qu’ils dansent, mais ils ne font que marcher en ronds dans les bras les uns des autres ». Si la formulation est un peu exagérée, reste qu’effectivement, ce n’est pas bien dur à comprendre et employer. Nous marquons une pause le temps que trois musiciens nous rejoignent, et reprenons un peu plus rapidement une fois qu’ils nous donnent le tempo, mais je m’en sors sans contrainte, voir même au contraire. Je me demande si David sait valser, lui aussi … j’aimerais essayer avec lui.

Le temps se met progressivement à filer sans que je ne réalise vraiment. Le quadrille est plus complexe, mais également plus stimulant : j’ai moins de mal à en apprécier les gestes, moins somnolents. Il ne me faut que quelques minutes pour atteindre un niveau me satisfaisant, et à peine plus pour le docteur. Le rappel sur le langage des éventails est en revanche plus que nécessaire, et c’est probablement la partie sur laquelle nous insistons le plus via des exercices simples : il prend l’éventail, fait les gestes, et je m’efforce de les reconnaître. Un peu lentement à mon goût … Pour moi, il serait tellement plus simple d’envoyer paître quiconque m’importune trop, et de subir simplement le reste. Mais je me force … Lorsque la leçon se termine, je retiens les divers éléments suivants : non, joue gauche, oui, joue droite, si j’ai besoin de Deydreus je touche le bout de mon doigt, si je me sens suivie je fais tournoyer dans la main gauche. J’ai des doutes vis-à-vis du désir d’entretien, et je crois que le déployer contre sa joue signifie un besoin d’être isolée … mais bon, lui-même l’a bien dit : ce n’est pas la partie la plus importante.

Lorsque Charles revient en apportant avec lui nos costumes, je ne peux m’empêcher d’avoir le souffle coupé par ma robe. D’une part, parce qu’elle est magnifique … et aussi parce que cela doit faire partie des objets les plus chers que j’ai eu l’occasion de tenir dans mes mains de ma vie. Les motifs qui y sont brodés, la légère dentelle, la soie rouge de certaines pièces de tissus … Je ne cligne des yeux pour réaliser que lorsque Deydreus commence à me justifier la prise d’un bain, et lève un regard dubitatif vers lui. Je n’avais pas spécialement de doutes sur mon odeur … Et j’aurais tout de même volontiers accepté de me laver avant d’aller au bal. Enfin, qu’importe. Gardant précieusement la robe contre moi sans pour autant prendre le risque de la froisser, j’emboite le pas à Tatiana, qui est plus à l’aise en ces murs que moi.

S’en suivent plusieurs dizaines de minutes … fastidieuses. Le bain est probablement la partie la plus agréable. Même si je le prends dans un grand baquet de bois plutôt que dans une baignoire – après tout, Deydreus est également en train de se laver – l’eau chaude et le fait d’être immergée me font du bien. En revanche la suite … Pendant que j’essaie de me sécher, je suis parfumée et maquillée, tâche rendue apparemment difficile par mes « nombreuses grimaces ». Peut-être que si on ne me recouvrait pas d’une poudre nauséabonde, il n’y aurait pas besoin de me donner une fausse odeur. L’enfilage de la robe n’est pas moins désagréable. Je dois me faire violence pour ne jeter ni mon corset, ni l’armature semi-rigide de la robe par terre. Nous passons un temps monstrueux à me compresser la poitrine en ajustant de façon plus ou moins serrée le premier d’ailleurs. Tatiana me répète que « c’est comme cela que ça se porte ». Elle
manque de recevoir mon coude dans le visage une fois où elle sert trop, trop vite. Mais après beaucoup de négociations difficiles, nous parvenons à l’ajuster sans me broyer les côtes. Je conserve mon écharpe blanche et ma broche, dont le blanc et le doré ne contrastent heureusement pas trop avec ma tenue luxueuse. Il me faut faire quelques pas, aidée de Tatiana, pour m’habituer au talons larges mais heureusement plats de mes bottes. Nous passons même quelques instants, toutes les deux, à vérifier que je n’aurais pas de mal à danser avec. Lorsqu’elle a fini d’estimer ma capacité à danser, qu’elle juge plus que satisfaisante, elle me confie un petit paquet, et me ramène au salon. Deydreus nous y attend déjà, prêt à partir, et me donne un objet amusant : un masque. Je réalise la fragilité de ce dernier en le soulevant. Il est si léger … je prendrais soin de ne pas jouer avec. L’enfilant directement, afin de me laisser le temps de m’y habituer, j’accompagne les deux médecins jusqu’au carrosse. Je peine à y monter. La faute aux bottes. Et à cette fichu armature, qui n’a visiblement été prévue pour rien, à part servir d’entrave. Un moyen de s’assurer que les demoiselles ne fuient pas leurs prétendants ? Je soupire, et tire mon carnet dans le carrosse pour noter.

Mon nom est Scarlet O’Donovan, j’ai 23 ans, je viens d’Irlande et suis de retour à Londres pour quelques mois pour une affaire de testament. J’ai eu un coup de fouet laryngien expliquant mon quasi mutisme, que la médecine chinoise n’a visiblement pas soulagé.
L’éventail posé contre la joue gauche signifie « non », devant la joue droite, « oui ». Si j’ai besoin d’aide, je touche le bout de ce dernier de mon doigt. Fermé devant l’oreille gauche, je souhaite être seule, ouvert devant le visage, je désire de la compagnie. Si je le fais tournoyer dans ma main gauche, je me sens suivie.


Alors que je tends le papier au docteur et le laisse me dire si ce que j’ai retenu est exact, je doute. Serais-je capable de jouer le rôle ? Vais-je donner l’illusion toute la soirée ? Je l’espère … mais peut-être que je réfléchis trop. Ça ne me ressemble pas vraiment. La proximité du docteur fait sûrement ça … J’espère simplement que les choses suivront son plan. Par acquis de conscience, je vérifie le contenu du paquet de Tatiana …et sourit. Un stylet, plus finement ouvragé que le mien. Et un cran d’arrêt, dont la lame claque avec un bruit des plus satisfaisants lorsque je le déplie. L’acier noir de la lame n’a été que très peu poli, comparé au fil : il a été forgé artisanalement … il est lourd, et son manche en bois est agréable, ne glisse pas en main. Je replie la lame avec quelques efforts, et le range, de même que le stylet, dans l’étui en cuir fournis avec. Je l’accrocher ensuite à ma cuisse, tandis que le stylet glisse de façon quasi imperceptible dans ma manche. Subitement, je me sens beaucoup plus rassurée. Les minutes défilent. Deydreus m’explique un peu plus les détails de son plan. Lorsque le carrosse s’arrête, et que Charles en ouvre la porte, le corbeau me conseille quelques légers ajustements sur ma tenue avant de me laisser sortir, masque sur le visage. Je repère aussitôt une lady, à quelques mètres, qui progresse à une allure feutrée et soutenue, tout en entretenant une discussion avec un homme qui l’accompagne … à côté, je me sens gauche. Raide. Il faut dire que ce fichu corset est contraignant. Mais je vais devoir faire avec …

Nous entrons dans un hôtel particulier, à l’entrée duquel un majordome, ainsi que deux solides gaillards dont on a tenté de masquer les muscles sous des redingotes plus ou moins élégantes, nous attendent et font patienter un instant. Sans surprise, Deydreus traite la partie discussion, pendant que j’affecte un air le plus désintéressé possible en m’éventant. J’observe tout de même les lieux, comme à la recherche d’une source d’intérêt … En réalité, j’en ai déjà plusieurs, mais cela correspondrait peu à mon personnage. Je ne suis pas supposée être « nouvelle » dans ce milieu. Feindre l’indifférence n’est pas très dur ceci dit. Je plisse simplement les paupières pour discerner certains détails … mais déjà, nous devons continuer à avancer. L’intérieur du bâtiment est moins chaud que je ne l’aurais cru. Sûrement la faute au plafond : quelle idée de le faire si haut ? Sinon ça, la pièce est richement décorée. Pas trop ostentatoire, les reliefs dans la pierre des murs suffisent. Nombre d’invités sont déjà présents : ils conversent, boivent un verre, picorent la nourriture présentée sur une longue table sur le flanc de la salle. Je sens déjà des odeurs peu naturelles émaner de certains : même si mon odorat était humain, ils ne cherchent parfois même pas à masquer cet aspect d’eux. Je sens une légère appréhension me saisir, à nouveau … Puis soupire, et tire doucement sur le bras de mon cavalier pour attirer son attention, et le regardé avec un sourire peu rassuré.

- So …. What’s next ?

Et dire qu’à la base, je partais simplement livrer un livre à quelqu’un se trouvant à l’hôpital …

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Nous portons tous des masques ... [PV Deydreus] [13/11/1841]

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» Nous portons tous des masques ... [PV Deydreus] [13/11/1841]» Genesis +Nous portons tous des masques, mais vient un temps où on ne peut plus les retirer sans s’arracher la peau.» Nous sommes tous des enfants, il n'y a que le prix des jouets qui change» Arthur ? Nous naissons tous libre et égaux.» Nous sommes tous destinés à mourir [Shingen]
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