L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Le journal de Sarah Spencer

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AuteurMessage
Sarah Spencer
Super-Modératrice
Date d'inscription : 29/12/2007
Nombre de messages : 582
Race : Humaine (Hunter)
Classe sociale : Aristocrate
Emploi/loisirs : Hunter
Age : 21 ans
Proie(s) : Les êtres de nuits mais plus particulièrement les vampires.
MessageSujet: Le journal de Sarah Spencer Dim 23 Oct - 21:51

Le journal de la Chasseuse est un petit ouvrage pouvant facilement se glisser n’importe où. Il est composé d’une reliure en cuir bleu. La tranche des pages est faite en or. La page couverture de l’ouvrage ne porte que les initiales S.S.
Véritable objet artistique en soi, les deux couvertures de l’ouvrage sont retenues ensemble par un petit cadenas dont l’ouverture se fait par le roulement de cadran composé de lettre. Seul le mot exact permet l’ouverture du cadenas, une innovation pour l’époque.
À la première page, on retrouve le nom complet de la jeune aristocrate ainsi que le blason de la famille Spencer, fait à la main comme une enluminure du moyen âge.
Le journal actuel est le deuxième tome que la jeune femme écrit. Elle a débuté ce nouvel ouvrage après sa rencontre avec le Comte. Si dans le premier ouvrage, les entrées étaient saisies vigoureusement, le deuxième ouvrage est nébuleux, certaines entrées n’ont pas de date, ou de moment. Elle y relate des rêves, des souvenirs, des impressions, mais aussi des passages de sa correspondance personnelle. Elle y a noté des bribes de conversation et des phrases qui l’ont profondément marqué. On y voit l’évolution de ses sentiments, de ses réflexions.

Cet ouvrage appartient à :
Sarah Gabrielle Elisabeth Spencer

***

Je trouve dommage de débuter un nouvel ouvrage sur un passage aussi sombre, mais cette rencontre se doit d’être relatée, car il me semble que je rencontrerai cet homme de nouveau.

- Ce sera peut-être l’unique occasion que vous aurez… Tuez-moi...

Jirômarue Keisuke. Aristocrate, conseiller de la reine. C’est un lord respecter à la cour de Sa Majesté et pourtant c’est aussi un vampire, une créature à l’âme si noire que je doute qu’elle puisse exister. Je regretterai toujours ce qui reteint ma main cette nuit-là. Peur, doute, appréhension, quelque chose a ébranlé ma conscience et je n’ai pas pris la vie qu’il m’offrait comme offrande à la mort. J’ai le terrible pressentiment que je regretterai toujours amèrement cette nuit.

Son repère est grand, ses disciples nombreux. Outre les grands dirigeants des sectes, je ne croyais pas qu’un indépendant pouvait avoir sa propre cour et ses propres disciples. Tout m’inspire que cet homme ne soit pas comme les autres. Il semble vieux, d’origine du pays lointain dont parlent les Hollandais, le mystérieux Japon. C’est un être que les années ont ravagé intérieurement. Dieu seul sait ce que ses yeux ont pu voir à travers les siècles. Il est beau et mystérieux, comme il en existe beaucoup à Londres. Son visage est arrogant, ses manières hautaines. Tout en lui respire la noblesse. Mais le plus grave chez lui est son changement de comportement brusque. Je crois que sommeille en lui une bête faite de ténèbres. Une créature assoiffée de sang, de violence. Une pulsion de tuer presque animale.


- Ne jugez pas sur une paire de canine… il y a des êtres de votre nature qui ne mérite même pas de vivre.

Je ne saurai dire en quoi ses propos m’ébranlent dans la foi en la justice que j’ai choisie.

- Mais la justice chez les hommes n’existe pas...

Et s’il avait raison...

Malgré tout je le hais, lui et tout ce qu’il représente. Ce n’est qu’une bête qui ne rêve que de violence et qui laisse dans son sillage la mort parfumée à la rose blanche. Je ne dois ma survie à cette terrible épreuve dans les égouts qu’à ma bonne étoile.


***
La nuit, j’entends sa voix qui m’appelle
Comme un murmure
Une onde
Qui glisse sur le vent


***

Cette nouvelle rencontre m’ébranle sans fin et m’afflige. Ma faiblesse m’afflige. Je ne peux comprendre cette fascination malsaine. Le don obscur des vampires ne m’a jamais réellement affecté sauf chez lui. Ses cheveux blancs, ses yeux intemporels me dévorent et m’atteignent comme s’il réveillait en moi une existence passée.

Je l’ai rencontré de nouveau, sur le pont de Londres. Je ne sais pas si le hasard a fait que nos pas se sont croisés ou s’il me cherchait. Encore une fois, la folie habitait cet homme. La chasse, la traque, je crois que c’est ce qui captive cet homme. Une proie farouche, rebelle. Je ne peux qu’attiser cette envie de m’attraper. Et si ce jeu malsain commencé cette nuit-là au musée ne s’arrêtait jamais? Une traque interminable dans les ténèbres, un mélange de peur, d’excitation et d’appréhension. Qu’arriverait-il si je me laissais attraper?


- J’aurais dû te tuer dans le parc…

Combien de fois a-t-il annoncé ma mort? Je me demande pourquoi il n’a pas encore concrétisé cette rencontre avec la grande faucheuse. Mais ce moment ne saurait être retardé indéfiniment.

Le Comte est un homme cruellement fascinent et terriblement séduisant. Il me fait penser à ce noble tigre blanc que le Zoo avait eu l’espace d’un été. Un animal mystérieux, majestueux, d’une beauté farouche. Mais derrière ses crocs et son regard furieux, je devinais un animal en manque de grand espace. Toutefois, je crois qu’il porte en lui une bête faite de ténèbres, une créature assoiffée de sang qu’il ne peut résister à nourrir.


Je me doutais que cet homme possédait des capacités exceptionnelles, mais je n’aurais jamais pu imaginer l’étendue de ses pouvoirs. La Salle Noire. Le simple nom de cette chimère me fait frissonner. Il s’agit d’un endroit intemporel. Une pièce sans mur, plonger dans une obscurité d’encre. Cet endroit est la création même de l’esprit torturé du Comte qui en contrôle les entrées. Mes pouvoirs n’ont aucun effet dans cette salle. C’est un gouffre, un gouffre sans fin, une chute interminable.

- Nous sommes liés par cette nuit au parc d'une manière que tu ne peux pas encore comprendre.

Comment pourrais-je l’oublier? Je porte encore la marque de ses crocs contre ma peau. Et même si la blessure commence à guérir, elle me brule régulièrement, comme pour me rappeler ma faute, la lourdeur de mon pêcher. Pourtant, il a dans son regard un éclat si mélancolique qui me pousse à croire que sa demande cette nuit au parc était sincère. Peut-être aspirait-il réellement à ce que je mette fin à son existence.

Cette nuit m’a également permis de faire la rencontre de Raphael Veraziano. Un hunter, un autre de notre espèce.  Un jeune homme fier, bon combattant. Il fait preuve d’une grande adresse et il connaît bien les faiblesses des vampires. Je crois que nous pourrions recréer une Guilde. Nous unir, pour vaincre.


***

Je dors et je rêve
Mais est-ce réellement un rêve
Une main blanche se tend
Pourquoi ne m’atteint-elle pas?



***


Billet écrit par Lord Andrews

Beauté céleste,

Je ne peux me contenir plus longtemps après l’œillade dévastatrice dont vous m’avez gratifié aujourd’hui au Salon du Spirit. Cela fait quelque temps déjà que je regarde notre amitié d’un jour nouveau. Votre beauté me renverse. Il n’y a rien de plus délicieux qu’une femme qui n’est pas consciente de ses charmes et qui en fait usage avec une innocence dévastatrice. Vous n’êtes plus la créature farouche avec qui je m’exerçais à l’escrime lorsque nous étions enfants. Vous êtes devenus une dame du monde et mon cœur palpite à chacune de nos rencontres. Si vos sentiments sont similaires au mien, je vous porterai à l’hôtel dans plus attendre. Sinon, je me tairais à jamais.

Votre sincère chevalier servant,

Loic Andrews

***

Le miroir se brisa de part en part ;
" La malédiction s'abat sur moi " s'écria
La Dame de Shalott.

Étendue dans sa robe blanche comme neige
Qui flotte légèrement de gauche à droite.
Les feuilles au-dessus d'elle tombent doucement.
Dans les bruits de la nuit

***

Un rêve, encore, un songe, un filament, un fil d’or intemporel qui m’a sortie encore une fois de mon lit, conduisant mes pas dans notre jardin. J’y ai fait la rencontre d’un vampire, un gitan, à croire que le don obscur se partage peu importe la classe sociale. Cet être n’était pas belliqueux, mais il m’a confronté à cette marque qui orne désormais mon cou malgré que la blessure est guérie depuis un bon moment.

Je devrais sans doute installer des pièges autour du domaine. Si ce vampire a pu s’approcher, rien ne laisse croire que le Prince ne le pourra pas.


***

Me voilà de nouveau blessé. Mon épaule me fait souffrir horriblement. Un loup-garou, le grand blanc, la proie d’Abigail. Les loups-garous sont plus difficiles à tuer que les vampires. Leur force est brutale et ils frappent ma lame qui est souvent bien incompétente devant leur corps immense.

***

Un loup, encore, deux en un mois. On dirait qu’ils sont plus nombreux, incroyablement forts et incapables de contrôler la bête qui est en eux. Il faudra intervenir.

***

« Tu dois vivre dans le présent, te lancer au-devant de chaque vague, trouver ton éternité à chaque instant.  »
de Henry David Thoreau

***

Cette soirée est un fiasco. Comment peux-t-on être plus prétentieux que ce pédant de Drinkwater? À l’entendre, non seulement il est le plus belle partie de Londres, mais de l’univers tout entier! Et il a le culot de m’inviter dans ses jardins. Quel être pitoyable? Au diable les convenances, il l’a cherché. La boutade que je lui ai lancée était inoffensive, il s’est ridiculisé lui-même.

***

Billet écrit par Hortense Ballinger

Ma chère Sarah,

Que diriez-vous de venir prendre le thé à Leonticon, vous pourrez me raconter votre soirée chez Lord Drinkwater.

Au plaisir,

Hortense Ballinger.

***

Cette Hortense, toujours au courant de la moindre rumeur, je me demande comment elle fait...

***

Je commence à avoir de grand doute sur la nature ''humaine’’ de la cousine de Lady Arbukle. Ses servants sont pâles, souvent malades et son cocher a été retrouvé vidé de son sang sur la propriété.

***


Come little children
I'll take thee away,
into a land
of Enchantment
Come little children
the time's come to play
here in my garden
of Shadows
Follow sweet children
I'll show thee the way
through all the pain and
the Sorrows
Weep not poor childlen
for life is this way
murdering beauty and
Passions
Hush now dear children
it must be this way
to weary of life and
Deceptions
Rest now my children
for soon we'll away
into the calm and
the Quiet
Come little children
I'll take thee away,
into a land
of Enchantment
Come little children
the time's come to play
here in my garden
of Shadows

Edgard Allan Poe


***

Des pas sur le pavé, froid, sombre, une lumière au loin, un appel obscur. Cette voix contre mon oreille. Mes crises de somnambulisme ont recommencé et se sont accentuées depuis cette nuit au parc. Sitôt que je ferme les yeux pour la nuit, une voix m’appelle. Son timbre est inconstant, parfois une main blanche caresse ma joue. Serait-ce lui?

***

Une chasse encore infructueuse. Un loup-garou mort, ne laissant qu’un cadavre humain comme trace mortelle de la créature. Je déteste ce moment ou la bête redevient un humain avant de rendre l’âme. Cela me fait sentir coupable de ma main implacable. Il y a de ces jours, lorsque l’abattement ce fait aussi profond qu’il me prend l’envie de le retrouver, le démon blanc, et de jouer pour lui du piano jusqu’à ce que la nuit s’éteigne avant de lui enfuir ma vie pour m’endormir à jamais.

***

Nouveau scandale, ma mère sera horriblement fâchée lorsqu’elle l’apprendra. J’ai battu tous les hommes au tir à l’arc lors du Garden Tea de Lady Amills. Elle qui me dit si souvent qu’une femme ne doit pas se démarquer des hommes. Ils n’ont qu’à être meilleurs.

***

Ici se trouve une copie de l’invitation du bal au Châtelet des Céans

Mr Von Ravellow Alexender
a l'honneur d'inviter Mademoiselle Spencer au bal masqué qui sera donné en sa
demeure du Céans le dernier mardi de ce mois à 22h00.
Les invités souhaitant dormir sur place sont priés de lui faire
parvenir un communiqué.

Avec tout le respect qui vous est dû,
Chevalier V.R


***

Je l’aime! Il est si beau, il est si bon, si courageux. Mon cœur palpite à la simple évocation de son visage, de son nom. Je pourrais soulever le monde pour ses yeux sur moi. Il me donne la force de vivre, d’avancer.

C’est à son bal que je l’ai rencontré. Alexender Von Ravellow. Homme malicieux, magnifique, ses yeux pétillent d’intelligence et d’inconvenance. Il s’est présenté de lui-même, comme un garnement incapable de patience. Je dois avouer que ses manières un peu brusques m’ont séduite. Il s’est démarqué des autres convives en un tour de main.

Je crois que je n’ai jamais eu autant de plaisir à un bal. Ses remarques étaient justes, plaisantes. Il a un caractère presque enfantin. C’est un cœur bon, enjoué aux remarques parfois bien déplacées.
C’est bien la première fois que j’ai dû me comporter avec autant d’inconvenance... avec un homme, soit s’en dire. Partager un plat, sans couvert, à manger avec les doigts comme des enfants se farfouillant dans une cuisine. Je ne me suis jamais sentie aussi femme, aussi désirée, prenant conscience pour la première fois de l’attraction que je pouvais exercer sur lui.
C’était reposant et rafraichissant. De la simplicité, de la complicité, comme si nous étions faits pour nous entendre depuis le début.

Et le plus merveilleux dans tout cela est qu’il est un Hunter! Il connait les créatures des ténèbres et il les chasse! Sa demeure comporte une pièce secrète, similaire au laboratoire d’Abigail. Un endroit rempli d’ouvrage et de matériel pour lutter. Derrière le caractère joyeux d’Alexender, je devine une part de noirceur que seuls ceux qui ont côtoyé l’obscur ont. Il leur porte une haine profonde, son sens de la justice me ressemble. Ce sera un allié inestimable... pour le combat...et pour plus encore.

Je ne peux m’empêcher de frissonner toutefois en songeant que nous n’aurions pu jamais nous connaître... Encore une fois, le Comte y est pour quelque chose. Je n’avais pas songé qu’en tant qu’aristocrate nous finirions par nous retrouver ensemble lors d’une soirée ou d’un bal. Il est apparu comme un démon sortant d’un placard dans le petit bureau, jouant les grands acteurs, mais au fond je saisis rapidement ses menaces voilées. Alexender sortit, il m’agressa.


(Le dernier mot est écrit de manière brouiller, témoignant d’une main tremblante. L’encre qui poursuit le paragraphe est d’une couleur différente, signifiant que la deuxième partie a été écrite à différents moments, comme si le souvenir était trop douloureux pour qu’elle puisse l’écrire en un seul trait.)

Je sens encore ses mains contre ma gorge, serrant si fort jusqu’à ce que l’air me manque. Après m’avoir fait valser contre les  bibliothèques.
Sa morsure fut l’une des pires douleurs que je n’ai jamais ressenties.
Et puis  le feu, les flammes qui dévoraient tout sur leur passage.

Mais cette rencontre n’aura pas été sans leçon et sans avantage. Le Comte me croit morte et pour lui je ne suis déjà qu’un lointain souvenir, ce qui est parfait pour monter une réplique contre lui.


Je n’ai pas non plus oublié son sage conseil : Seule je n’arriverai à rien. Je suis prête à fonder de nouveau une Guilde de Hunter. Avec Alexender à mes côté, je sais que la nuit aura une fin et je me sens capable d’accomplir de grande chose.

***

Mes sorties sont désormais contrôlées. Mère était furieuse à mon retour à la demeure. Passer la nuit, chez un gentleman, cela était bien inconvenant à ses yeux. Le Yard aussi a été mis au courant. On a raconté que j’avais été agresser dans le salon des Céants. Alexender n’a pas démenti cette histoire, mais il n’a rien raconté non plus en ce qui concernait la nature de mes agresseurs. Ma mère est inquiète, mon père aussi. Le médecin est venu me voir. Il croit que je souffre d’anémie. Je n’ai pas osé lui dire la vérité, il ne m’aurait pas cru. Je suis donc obligé de rester au manoir, pour me reposer. J’ai prétexté l’amnésie, expliquant pourquoi  je n’avais aucun souvenir de l’événement. Ils y ont cru. Qu’importe, je me sens légère et libre, j’ai si hâte de le revoir.

***
Billet d’Hortense Ballinger

Mon aventureuse Sarah,

Je n’ose croire ce que j’ai appris : vous, chez un homme, ah ma tendre amie, en voilà donc des manières. J’espère que le moment vous fût agréable. Venez donc faire un tour au club, ils nous tardent d’en apprendre plus sur vos amours nouveaux.

Hortense Ballinger

***

Les nuits sont longues, les journées aussi. J’ai reçu quelques visites, mais ce n’est la qu’une vague de curiosité. On raconte déjà dans les salons que mon visage aurait été bruler, ma peau acharnée par les flammes. Quelle calomnie! Mais je ne suis pas complètement remise. Je me sens faible, épuisée au moindre geste, la fatigue me gagne à la moindre activité. L’horrible morsure à mon cou tarde à guérir. Je dois porter de grand col pour la dissimuler, mais dès que le jour tombe, la peau me brule comme si je sentais encore ses crocs dans ma chair.

***

Mes nuits sont interminables. Je n’ai toujours aucune nouvelle de mon tendre ami. Ses manières me manquent, son sourire aussi. C’est comme si j’avais perdu la chaleur du jour en le quittant. Peut-être devrais-je lui écrire? C’est ridicule de devoir se sentir triste, aussi vulnérable.

***
L’amour c’est d’être toujours inquiet pour l’autre.

Ah, Shakespeare, ses mots sont un baume sur mon cœur seul. Je me reconnais dans ses mots, ils m’apaisent et me réconfortent.

***
Mère est fortement opposée à ma fréquentation avec le Sieur Ravellow. Elle se plaint depuis des années que je ne m’intéresse à aucun gentleman et elle refuse le premier que j’accepte. J’ai hâte que père revienne de voyage. Peut-être saura-t-il lui faire entendre raison.

***

J’en ai appris plus au sujet d’Alexender par les discussions qui ressemble plus à des ragots de ma mère et de ses amis. Le sieur Ravellow est un homme connu de la haute société pour ses nombreuses inconvenances. La présence de Miss Thanas à son bal en est la preuve. Outre son caractère enfantin, il est considéré comme un homme à femmes, courant d’aventure en aventure. Tout cela ne m’affecte pas. Je sais qu’il est sincère.

***

Lettre de Lord Andrews

Ma tendre amie,

Je vous remercie pour la lettre que vous m’avez envoyée. Vos félicitations pour l’annonce de mes fiançailles me touchent beaucoup, car je craignais d’avoir perdu votre affection en vous dévoilant la mienne. J’ai bien hâte de vous présenter Isabella, c’est une femme douce et forte à la fois qui saura me tenir dans le droit chemin, comme vous me l’avez si souvent dit. Si je vous écris aujourd’hui c’est toutefois, car c’est de vous que je m’inquiète.
J’ai appris vos récentes fréquentations avec le Sieur Ravellow et c’est au nom de notre amitié que je vous adresse cette lettre. Prenez ce conseil comme la mise en garde sincère d’un ami qui ne veut que votre bien. Vous êtes de ces femmes qui ne savent pas jouer. Ce tempérament, tout à votre honneur, ne fera jamais de vous une dame du monde. Une de ces grandes horizontales qui savent jouer de leur charme et de leur manière pour plaire. Vous vous donnez corps et âme au jeu cruel de l’amour, mais prenez garde, car la blessure pour ceux qui sont sincères est impardonnable. J’ai surtout peur de voir votre cœur si bon, brisé par une passion trop violente qui ne vous serait pas partagée. Ne croyez pas que je cherche à vous protéger, votre caractère fort et votre mordant me persuade que vous s’avez vous défendre seule. Je crains surtout que vous vous retrouviez désarmé face à la guerre de l’amour.

Sincèrement vôtre,

Loic Andrews

***

Othello
La jalousie est un monstre qui s'engendre lui-même et naît de ses propres entrailles

***

Nous avons eu une étrange visite au manoir. Le Vicomte d’Angelstone est venu rendre hommage à mes parents. Ma mère était en plein émois. Un vicomte, voilà un parti qu’elle considérait d’un œil enviable. Mais le jeune homme n’est resté que très brièvement. Ma mère croit que c’est, car j’ai brisé la théière lors du service. Qu’importe, c’est un homme pédant et arrogant aux manières suffisantes. Et puis, mon cœur est déjà pris par un autre.

***

Chère mademoiselle,
Pardonnez cette correspondance quelque peu hâtive et mal habile de ma part, mais je souhaite vous faire part de mes inquiétudes. Depuis bientôt trois jours, madame Abigail est dans une grande agitation. Le matin lorsque j’ai commencé mon service, elle s’est empressée de châtié tout le personnel moi y compris. Depuis j’ai bien tenté de la raisonner, mais j’ai eu droit à un refus et à une porte fermée. Vous comprendrez, mademoiselle, que cette attitude n’a rien à voir avec celle de ma jeune patronne. Aussi je vous demanderais de bien vouloir vous occuper d’elle, et ce rapidement... Je crains pour sa vie...

Maëka, gouvernante à la résidence Olswan

***

Oh, Abi, ma chère Abi, je m’en veux de t’avoir délaissé. Pour vu  qu’il ne te soit rien arrivé.

***

Enfer et damnation. Elle s’est fait mordre! La blessure en soi est déjà bien remise, mais déjà le poison et la malédiction ont pris possession de son être. La porte en argent du cachot ne pouvait rien contre la force brutale d’une première morsure. Oh, ma tendre amie, qu’ai-je fait?

***

C’est un véritable enfer. Les marques de griffes sur mon épaule sont si profondes que j’ai dû appeler le médecin. J’ai raconté qu’un chien errant m’avait attaqué, mais cette fois il n’a pas semblé convaincu de mes propos. J’ai de la difficulté à tenir ma plume pour écrire ses lignes. Je ne pourrai définitivement pas reprendre mon arc avant un moment.


***

Nouveau cauchemar. Les flammes, la fumée et son rire sanguinaire tandis qu’il referme la porte sur le brasier. Je hais cet homme plus que tout au monde.

***

Toujours aucune nouvelle d’Alexender. Il doit être bien occupé pour ne pas me donner de nouvelle. Je ne veux pas me laisser abattre, je ne pourrais plus avancer. Et cet homme, ce rapace nocturne qui continue de hanter mes songes. Ne peut-il donc pas me laisser tranquille?

***

(le passage est écrit de manière hachurée, brusque, témoignant d’une colère et d’un horrible état d’émotion)

Cet homme! Cette créature! Par tous les saints, par Dieu lui-même, je jure… je jure que…

S’introduire ici, dans ma demeure, pour me menacer et me faire chanter. Il ne perd rien pour mourir. Je le tuerai moi-même pour mettre fin à son existence.

Jalousie, amour, qui est-il pour oser me parler de sentiment humain lui qui n’en est plus un! Je ne comprends pas son acharnement. Cela dépasse l’entendement et le simple jeu du chat et de la souris! Pourquoi moi? Je suis certaine qu’il pourrait avoir n’importe qu’elle demoiselle alors pourquoi moi? Qu’est que je peux bien représenter à ses yeux brumeux pour qu’il me poursuive ainsi?

Et je fonds encore devant sa beauté ténébreuse. Comment cet homme peut-il me charmer ainsi? Mais pas cette fois.

Mais ces arguments étaient de poids. Encore une fois il avait bien préparé sa rencontre. Toujours un pas d’avance, un geste d’anticiper, une page plus loin. Je n’ai même pas vu le piège se refermer que j’étais déjà dedans. Il avait Alexender.

Je ne saurais décrire le sentiment qui me saisit à ce moment-là. C’était comme si le monde au complet s’effondrait, ne devenait que ténèbres. Mon roi, mon précieux ami, mon tendre amour, en échec par ce cavalier arrogant. Sur ce balcon j’ai dû accepter cette répugnante proposition...

Un pacte. Comme si cette morsure ne nous liait pas déjà assez. Ma vie contre la sienne. Avais-je fait le bon choix? Mon sang, contre le sien.

Pacte qu’il s’est empressé de concrétiser. J’ai si honte des sentiments que j’ai pu éprouver. La morsure ne fut pas douloureuse, au contraire, elle en était... plaisante... Ce fut choquant. Mes souvenirs sont confus. Je frissonne encore à chaque fois que j’y repense. Je me souviens de mon corps qui ne me répondait plus, du plaisir, un plaisir si délicieusement honteux. Je me souviens de son corps nu contre le mien, mon sang bouillonnait. Quelle honte! Je suis heureuse que cet instant n’ait pas été jusqu’au bout. Je ne suis pas le genre de femme à trouver intéressantes les liaisons illicites. Mais ses mains sur mon corps, ses lèvres sur les miennes… ciel. Et pourtant, il me congédia comme une indésirable, me retournant dans ma chambre.

Mais cette situation ne m’a pas voilé l’horreur de la réalité. J’ai réussi à m’enfuir, emportant un étrange carnet qui contient les songes du Prince. Peut-être est-ce là clé de cet homme mystérieux?

Son repère est sous l’Opéra! Le plus grand bâtiment de Londres abrite le repère de l’être le plus dangereux. C’est inimaginable. Effroyable.

Et Alexender… je ne peux songer à lui sans ressentir tant de culpabilité. Je me sens faible et honteuse. Quel enfer...


***

Je suis certaine qu’il est mort. Aucune nouvelle, ses domestique ne l’ont pas vue. Je savais qu’il ne pouvait respecter un pacte. Maudit manipulateur. Il l’a probablement tué dans un coin. Je retourne ce soir le chercher même s’il me faudra virer la ville à l’envers pour le revoir!

***

(la page de ce journal est tachée, un liquide ayant coulé sur l’encre l’effaçant à moitié)

Oh Alex, mon tendre amour, mon cher amour. Je n’ai rien voulu lui dire, pourtant je lui ai tout dit, tout, non, je ne lui aie rien dit au sujet de son repère. Je ne veux surtout pas qu’il tombe dans ce tombeau qui signerait sa mort. Mon cruel amour, je n’ai trouvé aucun mot pour l’apaiser, pour le réconforter. J’ai si peur pour lui que je dois me montrer dur. Si je m’effondrais, il pourrait mettre le feu à chaque demeure juste pour me venger. J’ai si peur de le perdre. Il ne comprend pas à quoi il s’attaque. Ne comprends-tu pas que je t’éloigne pour te sauver?

***

Le Comte n’est qu’un menteur. Un vil manipulateur. Il a laissé Alex si habilement piéger par un vampire dans les égouts. Il avait tout organisé. Mon tendre ami, mon cher amour. Blessé, enfermer dans le noir, et moi qui m’extasiait de plaisir sur la soie comme la dernière des putains. Je ne mérite pas son amour. Je ne le mérite pas lui.

***

J’ai promis à Alex de rester chez moi, de ne pas me lancer à sa poursuite. Mais je peux l’aider à tout planifier. Je sais où se trouve son repère. Il faut qu’on puisse s’y introduire efficacement. J’ai besoin des plans de l’Opéra. On ne peut les trouvés qu’à la Grande Bibliothèque.

***

Le diable soit sur lui. Il est aussi malin qu’il en a l’air. Les plans de l’Opéra on disparut de la bibliothèque. Quel enfer.

***

Décidément, il va trop loin! Nous envoyer une invitation particulière au lancement de sa pièce. Je devrais le bruler sur les planches du théâtre. Soit, j’irai à sa pièce puisque je ne peux n’y échapper. Père souhait rencontrer Alexender. Et s’il l’accepte, nous pourrons discuter mariage. Une vie avec lui, ce serait merveilleux.

***

Oh, mon tendre ami, comme il me tarde de vous voir aujourd'hui. Je compte les heures, les minutes, chaque seconde qui me sépare de vous. J'en tremble d'impatience. Cette journée pluvieuse ne saurait être plus merveilleuse, car c'est celle où nous pourrons enfin être ensemble.
Le ciel peut bien attendre, demain aussi, cet après-midi nous serons ensemble et le monde pourra attendre.
Je ne peux me contenir, je dois aller le voir. Cette journée sera merveilleuse.


***
Je reviens chez moi, le corps encore rempli de ton odeur. Tout en moi respire ton être. Tu me manques déjà alors que je repars sur le chemin. Il pleut, je le remarque pour la première fois...

***

La guilde prend peu à peu forme. Alex a réussi à trouver sieur Verezanio, mais aussi deux autres Hunters que je rencontrerai ce soir. J'ai tant d'espoir que ce petit groupe puisse devenir aussi fort que la guilde d'ivoire! Une nouvelle alliance, liée contre un ennemi commun. Un espoir qui renaît de ses cendres tel le phénix.

À partir de cette entrée, de nombreuses pages ont été arrachées.
Les passages suivants ont été écrits après l’attentat raté du théâtre.


***
Mon tendre ami, je ne vous abandonne pas, je viendrai vous chercher même au plus profond des ténèbres.

***
-Tu ne seras pas toujours réticente à mes baisers, je te le promet...

***

Je n’arrive plus à dormir, je me réveil le corps en nage, après le bruit sourd des coups de feu.

***

Je suis descendue à l’hôtel Albany, endroit respectable. C’est la première fois que je me promène dans Londres sans chaperon et la ville ne m’a jamais semblé aussi inhospitalière. Pour la première fois, je me retrouve seule. Sans personne sur qui compter. Cela me terrifie.

***

La vie d’un homme est décidément beaucoup moins simple que je ne l’avais cru. Cela prend du temps et du doigté pour se faire une place dans ce monde. Il faut être intrétaible, manipulateur, joueur. Je commence à peine à me faire une place dans ce cercle intime.  Je comprends un peu plus leur manière, leur manière de bouger.  

***

J’ai réussi à me faire une place importante dans ce monde farouche. Désormais je jouis d’une position respectable à bien des égards. J’ai accès à de nombreuses informations et je commence doucement à faire valoir une opinion que beaucoup partage. Ils sont nombreux à croire que la présence d’Alexender au théâtre est une pure invention, réaliser par le Comte pour tasser un rival gênant. Si je peux faire enfler la rumeur, il se pourrait qu’Alexender soit discrédité…oh Alex.

***

Voilà 3 jours que je n’ai aucune nouvelle. Son manoir est sous étroites surveillances. Ses domestiques disparues. Eulalia a été envoyé chez sa tante. Par tous les saints, ou sont-ils?

***

« Il faut être perdu, il faut avoir perdu le monde, pour se trouver soi-même.  »
Henry David Thoreau

***

Trésors inestimables volés dans l'ombre. Le carnet des singes du comte est un véritable joyeux, une clé qui ouvre une partie de son âme torturée.

***

Cette soirée au salon de GailsPark est sans doute une réussite. Lord Mckanay et le Grand Intendant de Willsburg ont énoncé leur doute. L’enquête est relancée, mais trouveront-ils Alex à temps?

***

Tendre et tendre ami, où vous cachez-vous donc?

***

"Souvent le désespoir va plus loin qu'on ne pense."
Citation de Thomas Corneille

***

Je ne sais pas pourquoi je continue d’avancer. Plus rien n’a d’intérêt ni de goût. J’aimerais pouvoir les frappés, encore et encore jusqu’à ce que ma main ne puisse plus se lever.

***

À travers ces écrits j'ai compris qu'il cherche quelqu'un au milieu de ses rêves. Une voix, un homme. Je suis certaine que c’est d'un vampire qu'il s'agit. Celui qu'il appelle Père. Serait-ce son père originel? Ou encore l'homme qui le transforma en enfant de la nuit?

***

Son visage s’efface déjà. Je n’arrive plus à me souvenirs avec précision de ses traits. J’entends seulement son rire contre mon oreille, et ses yeux pétillant de malice. J’ai si peur de l’oublier, comme ce jour de pluie est loin à présent...Comme nous aurions du nous enfuir cette nuit là. Partir, loin. Comme j'aurais du être plus persuasive...

***

Qui est donc cet être mystérieux dont le corps ressemble à celui d'une momie et pourquoi le cherchent-ils avec autant d'acharnement?

J'ai poursuivi la lecture du carnet. Il me permet de combler mes nuits d'insomnie.

J'ai l'impression de marcher sur une couche fragile et dangereuse. Sa colère sera immense s'il apprend que je possède ce carnet et je n'ose imaginer le châtiment

Et mon nom, mon nom qui surgit régulièrement dans ce carnet


***

Par ici...
Comme des rats.
Surprenant.
Goutte par goutte...


Un couloir long, noir, sans lumière, sans mur.

Le hasard.
Chance
Quel destin?
Fatalité...
Où vas-tu?


Noir, comme cette salle, sans bruit, tapi au fond d’un esprit.

«Que sais-tu de l’amour, toi, pauvre humaine à peine née?»

Collée, comme une image de couleur sur un fond d’encre.

«Une peau si douce...Une vie si jeune...»

Mais où est-ce donc? Cet endroit où le froid n’existe pas.

«Ne jugez pas sur une paire de canines...Il y a des êtres de votre nature qui ne méritent même pas de vivre...»

Pourquoi moi? Je ne suis rien...

«Tu ne seras pas toujours réticente à mes baisers...je te le promets...»

Même dans les ténèbres, j’irai le rejoindre, pour ne pas être à toi...

«Ce ne sera peut-être que l'unique occasion que vous aurez...Tuez-moi.»

***

Alexender dans la tour de Londres, tout est perdu.

***

Demain, demain tout sera fini, tout sera perdu. Demain je repars dans cette vie qui n’est pas nécessairement la mienne. Oh Alex, ma seule consolation est que tu sois libre, libre et loin de toute cette folie.


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