L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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La Sagesse de Sahale [RP solo] [28/04/42]

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Sidka
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MessageSujet: La Sagesse de Sahale [RP solo] [28/04/42] Dim 13 Nov - 11:25

[HRP/Suite du RP « Un oiseau aux mille couleurs des larmes »/HRP]

Le Monde des Esprits lui ouvrait les bras. Comme une mère tend le sein à son enfant apeuré, pour le serrer contre elle, cet univers, caché aux hommes, respirait la paix et la sérénité. Marchant pieds nus dans le sable de son espace désert, Sidka méditait en se rendant auprès de son arbre mort : il avait besoin de réconfort. L'Iroquois venait de vivre une bien étrange expérience et son âme avait beaucoup de mal à s'en détacher...Il devait réfléchir et mettre de l'ordre à ses pensées. Il sentait qu'un événement tragique était sur le point d'arriver. Son instinct réclamait ce moment privilégié pour se préparer à l'avenir.
Koulaï, le grand loup noir, marchait d'un pas souple et imposant à ses côtés. Son échine frôlait parfois sa jambe d'homme tandis que son regard d'or touchait au loin leur destination. L'entité lupine semblait calme, mais en vérité une sensation fort désagréable l'habitait. Son ouïe particulièrement développée percevait la respiration anormale de son frère humain et son odorat avait saisi une fragrance qu'il ne connaissait pas. Dans ce Monde sans frontière, fait des esprits de tous les Lycanthropes de la Terre, ce n'était que la seconde fois qu'il sentait une présence vivante.
Cocoa, le colibri qui voletait çà et là autour du duo, était silencieux. Cela était bien assez rare pour que Sidka ne s'en inquiète. Mais le petit oiseau avait refusé de répondre à son regard et s'était éloigné pour atteindre le premier l'arbre de leurs pensées.

Arrivés devant l'arbre mort, l'Iroquois et ses entités marquèrent une pause et le considérèrent avec respect. Puis, Cocoa alla se percher sur l'une de ses plus hautes branches pour l'inspecter de près avant de se mettre à passer d'un rameau à l'autre afin de vérifier l'état de l'écorce et la fermeté des bourgeons. Cet arbre ne poussait plus depuis quelques années et ses feuilles ne revenaient pas. Il semblait figé dans un éternel automne. Ses bourgeons étaient peu nombreux et tous restaient bruns et fermés, comme s'ils furent desséchés depuis des années. A chaque fois qu'il revenait dans le Monde des Esprit, son rôle était de vérifier son sommet et ses branches pour s'assurer de sa santé. Il savait, au fond, que cet arbre symbolisait la vie de Sidka.
L'Iroquois le regarda un moment, puis il escalada le rocher et la dune qui se trouvaient devant lui afin d'aller s'asseoir le dos contre ce tronc formidable. Ainsi installé, sa veste de cuir crissant contre l'écorce raide, il ferma les yeux et respira un grand coup l'air sec des lieux. Koulaï s'allongea sur l'éminence rocheuse. Les pattes en avant, le museau posé sur ces dernières, il ferma les yeux lui aussi. Cependant, ses oreilles restèrent à l'affût des rares sons alentours. Il était persuadé que l'air transportait une nouveauté et se tenait sur ses gardes.

Sidka se mit alors à réfléchir. Il devait faire place nette dans son esprit afin de résoudre les énigmes qui s'imposaient à lui depuis quelques semaines. Son principal soucis concernait la comtesse Swan Carthew. La jeune femme l'avait engagé pour quelques menus travaux dans son domaine, parce qu'elle avait apprécié leur première discussion dans les ruelles sombres et parce qu'elle avait sans doute senti en lui une profonde bienveillance, malgré les paroles souvent désagréables qu'il proférait à son encontre. Elle lui avait permis de voir en son cœur et lui avait silencieusement demandé de partager ses douleurs. Sidka était devenu son ami, son confident, son protecteur. Sans le vouloir, il s'était attaché à la belle. Pourtant, il ne la connaissait pas encore réellement. C'était une dame du grand monde, une aristocrate aux crinolines de soie, pas une simple catin comme il avait l'habitude de fréquenter dans les bas fonds de la capitale. Le Lycanthrope ne savait pas comment gérer cette amitié inattendue. Il sentait bien que, malgré les distances qu'il tentait de conserver entre eux, il était entré dans son intimité et cela lui faisait peur. L'Iroquois était fortement conscient des différences sociales que le monde imposait à tous en ce siècle de doute et de souffrance. Il savait ce qu'il risquait à fréquenter de tels gens. Un ouvrier crasseux des tanneries et une aristocrate telle qu'elle n'avaient pas à frayer ensemble. Cela serait condamné, tôt ou tard. Swan risquait de s'attirer les foudres des siens, de déchoir encore un peu plus dans une société qui l'avait déjà conspuée pour sa solitude, et lui risquait la prison voire un châtiment plus cruel encore, sous prétexte qu'il était dangereux.
Mais ce qui troublait réellement le Lycanthrope, c'était le fait que la jeune femme puisse avoir un lien avec des Longues-Dents et des Garous. Elle venait d'être enlevée, avec une autre humaine, afin d'être sacrifiée à un groupe de ces créatures. Sidka n'avait pas tout saisi, mais ce qu'il savait c'était que la comtesse était devenue la cible de bien étranges monstres et qu'elle risquait de l'entraîner dans des histoires qui le dépassaient. Lui qui avait toujours été plus ou moins neutre dans les conflits inter-raciaux se demandait s'il n'allait pas devoir choisir un camp...Et puis, il y avait également cette aventure malheureuse avec le Cavalier. Le fils des Landsong avait abusé de la gentillesse de Swan et l'avait même battue. Sidka n'était pas assez stupide pour ne pas avoir compris que la jeune femme était éperdument tombée amoureuse de ce gosse de riche insupportable et qu'elle lui avait offert son corps sur un plateau. Il savait qu'elle avait accepté de lui bien des bassesses ignobles et que l'homme en avait profité pour laisser libre cours à ses pulsions les plus infectes. Swan portait des marques sur les bras, il les avait vues, et elle ne parvenait plus à manger correctement...La jeune femme était entrée dans une dépression que peu sauraient comprendre. Cocoa l'avait rapidement remarquée et Koulaï avait même senti que Swan portait un enfant de cet homme violent. Les médecins l'avaient confirmé à l'hôpital où elle reposait maintenant...
Sidka avait honte, terriblement honte. Comment avait-il laissé une chose pareille arriver ? Lui qui avait presque juré qu'il la protégerait contre vents et marées se retrouvait seul sur la plage tandis qu'elle dérivait dans les courants d'un océan de malheur.

Koulaï se redressa soudain en grognant. Le museau tendu vers les nuages de poussière qui tournoyaient au pied de l'éminence rocheuse où il se trouvait, il flaira l'air et enfonça ses griffes dans la pierre.


- Quelque chose approche.

Cocoa revint comme une flèche près de l'oreille de Sidka qui venait de se lever à son tour pour observer le désert. Bientôt, une petite forme apparut dans le sable qui voletait en tous sens et sa queue en panache interpella le Lycanthrope.

- Un rongeur ? s'interrogea le colibri en tirant la langue à plusieurs reprises.

La petite créature s'avança et sortit de la tourmente de sable. C'était bien un rongeur: un écureuil roux au pelage chatoyant. Il s'ébouriffa un peu et se secoua pour enlever la couche de sable qui le recouvrait. Puis, il vint se présenter devant le rocher en exécutant une série de petits bonds gracieux. Koulaï lui jeta un regard noir et lui montra les dents. C'était un totem, il le sentait, mais sa présence dans leur espace mental le dérangeait fortement.


- Où vas-tu comme ça, petit ? demanda le grand loup noir d'un ton impérieux.

Sidka le rejoignit sur le rocher, accompagné de Cocoa qui ne disait mot. L'écureuil les regarda tour à tour, tous les trois, et fit un bond pour atteindre le rocher. Koulaï poussa un jappement d'avertissement et ouvrit sa gueule pleine de crocs. Sidka posa une main sur son col et enfonça ses doigts dans son pelage épais pour le calmer.


- Paix ! Koulaï...Il n'a pas l'air dangereux...

- Comme beaucoup de nos ennemis, mon frère...répliqua le loup dans un grognement suspicieux.

Alors deux autres formes apparurent dans le vent du désert et bientôt un vieillard appuyé sur un bâton et un grand loup gris sortirent de la tourmente. Sidka sentit son cœur faire un bond prodigieux dans sa poitrine et Cocoa se posa sur sa tête en crispant ses petites pattes dans ses cheveux tressés vers l'arrière. Le vieillard était vêtu d'une espèce de toge brune et chaussait des sandales. Son bras était appuyé sur un bâton noueux et sa longue barbe blanche descendait jusqu'à son ventre. Sur sa tête, un capuchon était relevé pour le protéger du sable qui piquait sa peau fripée par l'âge.
Le vieillard se présenta à son tour au pied du rocher et rappela d'un geste son entité. L'écureuil bondit immédiatement dans ses mains tendues et se mit à courir sur son corps comme s'il le prenait pour un arbre à escalader pour jouer. Le vieillard eut un sourire amusé en le regardant exécuter ses petites caracoles sur lui. Puis, il ramena son regard perçant sur le trio qui se tenait au-dessus de lui. Dans une courbette un peu grotesque, il salua le Lycanthrope et ses entités:


- Bonjour, mes braves. Je suis Sahale, votre voisin et votre ami, si vous le désirez.

Sidka resta interdit un instant tandis que Koulaï refermait sa gueule pour s'asseoir et pencher la tête sur le côté, signe qu'il hésitait à répondre. Cocoa, lui, s'envola soudain et se mit à pousser une série de petits cris stridents en tournoyant autour de ses compagnons.

- Ami ! Ami ! C'est lui que j'ai vu l'autre fois ! C'est lui !

L'Iroquois jeta un regard interrogatif à son entité qui ne cessait plus de s'agiter et s'approcha enfin du bord du rocher pour considérer le vieillard.

- Je suis Sidka Damballah, fit-il en mettant ses deux mains sur ses hanches, et ceci est mon espace. Que viens-tu faire ici, Sahale ?

Koulaï eut un rictus amusé. Sahale signifiait « au-dessus » en amérindien et il trouvait cela drôle que le vieillard se trouve en réalité en-dessous d'eux en cet instant.

- Je me promenais, quand j'ai entendu ton appel. Je suis venu t'aider.

- Mon appel ? M'aider ?

Sidka ne comprenait pas. Il n'avait appelé personne.

- Tu as besoin de conseils, mon ami. C'est pour cela que je suis là.

Sidka leva un sourcil, puis il descendit du rocher pour s'approcher du vieillard et de ses entités. Koulaï l'accompagna. Arrivé devant l'étranger, l'Iroquois l'observa un moment sans rien dire et s'attarda sur ses totems. L'écureuil avait cessé de s'agiter et le regardait maintenant avec une grande curiosité. Le loup gris quant à lui s'était sagement assis près de son frère d'esprit et le considérait avec une étrange paix. Sidka réalisa alors que c'était une louve.

- Un de tes totems est une femelle ? s'interrogea l'Iroquois, affichant un air incrédule.

- Cela te surprend-t-il ? répondit le vieillard en lui souriant, légèrement penché en avant sur son bâton.

Sidka hésita un instant face au ton particulièrement doux que venait de prendre le vieil homme. Saisis d'un doute étrange, il se demanda s'il avait déjà vu un autre Lycanthrope posséder des totems aux sexes différents du sien. Finalement, il acquiesça d'un signe de tête et leva un sourcil songeur:


- Oui...car je n'ai jamais ça avant...

- Une entité féminine ?

- Pour un homme, s'empressa de compléter le tanneur.

Le vieillard rit dans sa barbe et considéra le jeune Lycanthrope avec une affection non feinte.


- C'est plus courant que tu ne peux le croire. J'ai même déjà vu des hommes posséder deux entités femelles ou des femmes posséder des entités mâles. Cela n'a pas d'importance.

Sidka fit une grimace. Il n'était pas d'accord avec son aîné. Ce dernier perçut son questionnement et lui sourit d'un air navré.

- Ça t'embête, mon ami ? Tu sais, le sexe importe peu. L'esprit d'un homme ou d'une femme est semblable.

- Tsss...C'est ridicule ! fit brusquement Sidka en faisant claquer sa langue de mécontentement. Les femmes sont bien plus faibles que nous. Que ce soit de corps ou d'esprit, nous sommes complètement différents.

La louve du vieux Lycanthrope releva la tête et ses oreilles pivotèrent dans la direction de Sidka. Elle lui jeta un regard froid et se détourna en soufflant dans sa truffe, signe de mépris. Koulaï grogna près d'elle et décida de ne plus s'en préoccuper. Cocoa vint alors près de l'écureuil et tous deux décidèrent de jouer à se poursuivre.
Sidka soupira et commença à se détourner du vieillard.


- Qui t'a mis au monde, mon garçon ? demanda soudain Sahale à l'Iroquois.

Sidka fronça les sourcils. Pourquoi lui demander une telle chose ? Quel intérêt pouvait-il bien trouver à ses origines ?


- Ma mère repose sur la terre de mes ancêtres. Laisse-la en paix, vieil homme.

Le Lycanthrope sourit et pointa son doigt sur le nombril du jeune homme qui dépassait de sa veste entrouverte.

- Elle ta créé, elle t'a nourri, elle t'a ouvert au monde. Il t'en restera toujours une marque, ici. Crois-tu que les femmes ne méritent pas notre respect ?

Sidka s'indigna :

- Mais...je les respecte !

- Non, mon jeune ami, tu les rejettes. Pour toi, elles ne sont qu'image et problème, je le vois dans tes yeux. Si tu oublies que nous sommes tous liés à elles, par le sang, par la chair, par l'amour, et que tu les écartes de ta vie, tu ne pourras jamais prétendre les respecter.

L'Iroquois serra les dents et fit une moue enfantine. Koulaï appuya son échine contre sa jambe pour lui rappeler son soutien. Sidka laissa ses doigts glisser sur le pelage de sa tête noire.

- Je les respecte. confirma-t-il à nouveau d'un air sévère.

Sahale rit dans sa barbe et se mit en marche. Avec son bâton, il renvoyait l'image d'un ermite en quête d'une nouvelle terre à habiter. Il semblait si vieux avec sa longue barbe blanche et ses membres décharnés, que l'on pouvait s'attendre à le voir périr après chaque pas. Mais il avançait, courbé par les ans, comme avancent ces tortues centenaires dont la lourde carapace laisse sur le sable fin une infinie sagesse. L'écureuil quitta la course avec le colibri pour venir escalader son hôte et s'agripper à son épaule droite. Ainsi installé, la queue en panache vibrant près de son oreille, il agita ses petites oreilles dans la douce brise de ce royaume spirituel et poussa un couinement de satisfaction. Cocoa revint près de Koulaï et resta en vol stationnaire un instant avant de rejoindre Sidka pour se poser à son tour sur son épaule. Ses petites pattes crissèrent contre le cuir usé de sa veste et son long bec siffla sa langue serpentine devant lui.


- On va avec eux ! Hein ! Dis ?

L'Iroquois soupira et se mit en marche sans répondre à son entité. Le loup lui emboîta le pas.
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Sidka
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MessageSujet: Re: La Sagesse de Sahale [RP solo] [28/04/42] Sam 14 Jan - 9:57

Sahale marchait vite, pour un vieillard, et Sidka le suivait sans grande envie. Après tout, pourquoi écouter un Lycanthrope dont les seules paroles ressemblent à un sermon pour enfant? Cocoa, lui, semblait être heureux qu'ils aient rencontré un de leurs frères. Il restait agrippé à l'épaule de Sidka, par fidélité, mais mourrait d'envie de retourner avec l'écureuil roux de Sahale afin de relancer leur jeu de course-poursuite. De son côté, Koulaï se méfiait de ce trio inconnu. Il ne tolérait pas leur intrusion dans leur espace mental et refusait de se laisser berner par quelque apparence que ce soit.

Au travers des rideaux de sables que le vent ramenait en légers tourbillons autour d'eux, l'Iroquois observait Sahale. Cet homme était vieux, très vieux, si vieux qu'il ne parvenait pas à lui donner d'âge. Jusqu'à quand peuvent vivre les Lycan? Il l'ignorait. Mais ce qu'il savait, c'était que Sahale était de loin son aîné et qu'il jouait de son physique de sage pour lui faire la morale et l'entraîner à sa suite. Devait-il continuer à le suivre? Il commençait à hésiter. Doucement, Sidka se retourna pour jeter un coup d'oeil à son arbre mort. Il n'était déjà presque plus visible. Cela l'effraya soudain.

Sahale arrêta son pas, comme s'il avait saisit la peur de son jeune ami. Appuyé sur son bâton, il se tourna vers le tanneur et lui sourit:


- De quoi as-tu peur, Sidka ?

Face à cette question, posée de but en blanc, le Lycanthrope se retrouva quelque peu dépourvu. Après un silence, durant lequel il ne décrocha pas son regard de son arbre qui paraissait maintenant trop loin à son goût, il se redressa en bombant le torse et gronda:

- Je n'ai peur de rien, Sahale. Mais je ne veux pas te suivre si c'est pour m'égarer.

Le vieillard gloussa légèrement:

- T'égarer ? Et si tu te retrouvais plutôt ?

Koulaï grogna et Sidka leva les yeux au ciel. Encore une réponse qui manquait de sens !  Ce vieillard se voulait donc spirituel ? Quel intérêt de venir le déranger dans ses pensées si c'était pour le faire tourner en rond dans cet espace vide ? Qu'est-ce que cela pouvait bien lui apporter ? S'il s'ennuyait, ce n'était pas son problème. Il avait autre chose à faire que de le divertir.

Alors que l'Iroquois s'apprêtait à dire au vieux Lycanthrope que la promenade s'achevait là et qu'il allait retourner près de son arbre, ce dernier tendit une main et fit un geste circulaire.


- Que vois-tu autour de toi, mon ami ?

Cocoa siffla de sa petite langue dans l'oreille de Sidka qui soupirait et Koulaï serra les dents. Tous les trois avaient maintenant l'impression de perdre leur temps.

- Qu'est-ce que tu veux à la fin ? demanda le jeune tanneur en haussant le ton. Il n'y a que du sable et du vent ici. Ce n'est qu'un désert, il n'y a rien, voilà.

Sahale s'approcha du Lycanthrope et pointa son doigt sur son poitrail.

- Rien ? Et si je te disais que ce désert est ton coeur...ce n'est rien ?

Koulaï enfonça ses griffes dans le sable craquelé à leurs pieds et le colibri poussa un petit couinement pathétique. Sidka lui tendit sa main afin qu'il se rassure en frottant son bec contre.

- Que veux-tu dire vieillard ? s'inquiéta le Lycanthrope.

Sahale se pencha en avant et saisit un morceau de craquelure. Son écureuil roux descendit le long de son bras pour l'aider à le décrocher du sol. Alors le sage se redressa et montra d'un coup de tête le trou laissé par son action. Là où se trouvait le sable quelque secondes auparavant se trouvait désormais un liquide noirâtre qui semblait ondoyer. Comme s'il fut vivant, le tanneur et ses entités crurent le voir épouser les contours de leur creux en les tâtonnant pour tâcher d'en sortir. C'était effrayant. Sa surface luisante paraissait gluante et terriblement avide.

- Que...Qu'est-ce que c'est ? souffla Sidka en reculant d'un pas.

Sahale prit un air sombre et ses yeux brillèrent sous sa capuche de lin.


- Ta colère, ta rage, ta souffrance, mon ami...C'est là le fruit de ton entêtement.

Sidka blêmit. Il ne comprenait pas tout, ou du moins il craignait de comprendre.
Alors le vieillard reboucha brutalement le creux, écrasant le liquide noir qui commençait à se répandre en dehors de ses frontières. Puis, il tendit la main à l'Iroquois et lui sourit.


- Ton désert manque d'eau tout comme ton coeur manque d'amour. Tu es assoiffé, mon ami, assoiffé des sentiments que la vie t'as injustement refusés depuis de trop longues années.

L'Iroquois hésita. Lentement, sa main entra en contact avec celle de son aîné.

- Regarde !

Depuis leurs poings liés, une lueur grossit et se répandit dans leurs corps avant de passer dans la terre sous leurs pieds. Alors l'herbe jaillit en touffes grasses et verdoyantes, le sable devint terre fertile, le vent salé se fit légère brise caressante et une multitude de fleurs mauves et jaunes s'ouvrirent en tous sens. Sidka resta ébahi par ce qu'il voyait se dérouler sous ses yeux. Koulaï ne savait plus où se placer, il bondissait, apeuré, et grognait sur chaque plante qui poussait sous ses pattes puissantes. Cocoa, lui, s'était déjà élancé dans les fleurs pour en butiner le nectar brillant.
Bientôt, la lueur s'affaiblit et Sahale lâcha la main de Sidka. Le désert n'était plus. Ils se trouvaient désormais dans un champ de fleurs et de cressons, sous un soleil plus doux, plus agréable pour la peau.
Sahale se pencha en avant et saisit une motte de terre. Lorsqu'il la souleva, un liquide bleuté s'agita, comme s'il avait dérangé le nid d'une petite lumière. Le vieillard sourit alors à son cadet:


- Bienvenue dans mon monde.

Sidka resta bouche-bée. Le vieillard prit un air malicieux.

- Il ne tient qu'à toi de cultiver le tien.
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La Sagesse de Sahale [RP solo] [28/04/42]

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