L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42]

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Alexender Von Ravellow
Hunter - "Criminel" en fuite
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Race : Humain
Classe sociale : Aristocrate déchu
Emploi/loisirs : Hunter / Il est recherché par le Yard et les Vampires de Jirômaru Keisuke.
Age : 25 ans
Proie(s) : Tous les Vampires, sauf Raphaël qu'il surveille maintenant sans chercher à l'assassiner. Le Comte Kei est son pire ennemi. Alexender peut aussi s'attaquer à des Loups-Garous.
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MessageSujet: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Ven 2 Déc - 10:50

[HRP/ Suite de La crainte d'un espoir/HRP]

Installé confortablement dans le sofa du salon, Alexender jouait avec une plume qu'il venait de tremper dans l'encre. Devant lui, sur la table basse, trônait une paire de parchemins sur lesquels reposaient quelques croquis inachevés. Des tunnels, des arches, des toits...aucune logique transparaissait de ces essais, si ce n'était une certaine cohérence esthétique.
Poussant un long soupir de satisfaction, le Hunter toucha du bout de sa plume blanche un verre de vin rouge posé non loin de sa main et sourit. Ce vin était bon. Il l'avait trouvé dans la réserve que ses camarades lui-même s'étaient faite en quittant la demeure d'Eulalia Grey. La jeune et jolie bourgeoise avait du goût ! Portant le verre à ses lèvres, l'aristocrate déchu jeta un coup d'oeil à la tête blonde de Nathan qui était assis par-terre non loin de lui. Le dos contre le sofa, les jambes étirées vers l'âtre qui crépitait devant eux, il tenait un petit livre entre ses longues mains : un recueil de poèmes en latin, publié par un illustre inconnu.
Le jeune calligraphe et écrivain profitait de ce moment d’accalmie pour se détendre un peu. Depuis qu'ils avaient fait sortir de prison les filles de Romerta et que Katherine avait réussi à infiltrer la troupe de théâtre du Comte, les Hunters avaient le cœur en fête. Cependant, une ombre planait toujours au-dessus de leurs têtes. La nécessité les poussait à se tenir sur leurs gardes d'autant plus que la belle Lycanthrope devait désormais passer plus de temps dans sa demeure publique et les salons afin de jouer son rôle d'aristocrate et d'actrice fière d'avoir accroché le regard du lord. Ses allers-retours entre son manoir et le QG risquaient de les faire découvrir et ils devaient donc renforcer la sécurité générale. Nathan n'en pouvait plus de surveiller l'entrée de leur repaire. Pour une fois, c'était Christopher qui y veillait pendant qu'il prenait une pause bien méritée en compagnie de son ami et maître.
Laissant un instant son regard plonger dans les flammes de la cheminée, le jeune écrivain soupira légèrement. Il songea aux débats qu'il avait régulièrement avec Christopher au sujet de la nature de Katherine et de son majordome, ainsi qu'au sujet du départ de Raphaël. C'est que cette affaire les avait tous remués avant leur exploit à la prison et qu'elle continuait de les poursuivre...
Seamus ne savait plus que penser des créatures de la nuit et son esprit était aussi confus que ses gestes depuis quelques jours. Nathan le soupçonnait d'admirer la belle Katherine qui leur faisait tourner la tête à tous et de jalouser Alexender. Christopher, lui, restait distant avec tout le monde. Il ne parvenait pas à oublier sa conversation avec Raphaël et la tournure des choses l'avait littéralement fait sortir de ses gonds. Il avait même frappé Alexender...une première depuis leur association ! Apparemment, quelque chose s'était brisé entre eux. De son côté, Alphonse semblait heureux de pouvoir considérer les Lycanthropes comme des alliés. Il ne se préoccupait plus du Vampire qui avait choisi de s'exiler et se focalisait sur leurs prochaines actions d'éclat. C'était celui qui parlait le plus de Suzanne et Marguerite, les domestiques chéries d'Alexender, ainsi que de Sarah qui restait introuvable. C'était sans doute celui qui conservait le plus d'espoir et de gaieté dans l'équipe. Enfin, Izac, le plus âgé de tous, restait en retrait. D'ailleurs, il ne passait pas beaucoup de temps au QG, préférant les ruelles pour chasser ou pour rassembler des informations. Depuis deux jours, on savait qu'il rôdait autour du Grand Théâtre pour observer les dernières réparations et tâcher de voir le Comte. Ils étaient tous d'accord sur le fait que ces sorties étaient particulièrement dangereuses, mais personne n'osait réellement s'opposer au gitan. Il avait toujours agi à sa guise, fier de sa grande expérience et de son efficacité redoutable.


- Tu n'arrives pas à traduire ? pouffa Alexender dans le dos du jeune blond.

- Mmh ? Si...répondit Nathan en sortant de ses pensées. Il finit par mentir pour orienter la conversation sur un sujet qu'il voulait aborder depuis un moment : Je songeais simplement à Miss Thornes...

Alexender croisa les jambes en souriant, comme si son coéquipier venait de lui rappeler une merveilleuse nouvelle.

- Elle ne va pas tarder je pense. Michael nous a confirmé qu'elle avait réussi à intégrer la troupe du Comte, maintenant elle doit se faire discrète : elle doit jouer son rôle d'aristocrate et d'actrice. Elle ne pouvait pas rentrer aussitôt la soirée passée chez Sir Barry, ça aurait pu nous mener à la catastrophe.

- Je sais...Mais je songeais plutôt à sa Lycanthropie. ajouta le jeune Hunter d'un air morose.

Alexender fronça les sourcils et posa son verre sur la table basse près de ses croquis. Plongeant ses iris ambrés dans les yeux de Nathan, il se pencha en avant pour s'en rapprocher et murmura dans ses longs cheveux roux qui lui tombaient maintenant sur les épaules :


- Hé...Ne t'inquiète pas...Les Lycanthropes ne sont pas comme les autres créatures de la nuit. Je peux te garantir que leurs particularités ne sont pas destructrices, pas comme celles des Loups-Garous ou des Vampires. Tu peux avoir confiance en Katherine et Michael.

Nathan soupira et referma son recueil dans un claquement sec avant de le glisser sur la table.

- Monsieur De Sorel en est un n'est-ce pas ?

Le sang d'Alexender ne fit qu'un tour dans ses veines et son cœur manqua un battement. Il ne put retenir une expression de surprise et de peur traverser son visage. Nathan profita du choc pour se relever.

- Ne t'inquiète pas, je l'ai compris ce matin en me remémorant ta façon d'en parler. Je ne dirai rien à personne.

Alexender lui fit un sourire coupable et soupira en levant les yeux au ciel.

- Je ne suis pas assez prudent...vous êtes de vraies petites fouines...Haha !

Sa main retrouva son verre et il le termina d'un coup pour se remettre de ses émotions. Lui qui avait toujours pris soin de couvrir son ami se rendait soudainement compte qu'il en parlait trop souvent...
Nathan se mit à observer les croquis sur la table et à leur chercher un sens.


- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il curieux.

- Les bâtiments qui se trouvent autour de la prison où Suzanne et Marguerite sont enfermées. fit le Hunter d'un ton quelque peu fier.

- Tu sais où elles sont ? s'étonna le jeune homme en posant ses deux mains sur la table.

- Oui, c'est Izac qui a trouvé l'information. Elles ont été transférées deux fois à deux endroits différents mais nous avons retrouvé leur piste. Elles sont à Chelmsford.

- Chelmsford ? Mais c'est loin ça !

- Je sais...C'est pour ça que l'on doit se préparer avec soin...Izac a ramené des plans de la ville et des récits de voyageurs pour que je m'en fasse une idée. J'ai du mal à visualiser les détails, mais je sais par exemple qu'il y a un système d'évacuation des eaux usées qui peut nous être utile. Un tunnel passe par-dessous la prison. Il rejoint un vieux manoir qui pourrait nous servir de base, mais il est habité...

- Où est-ce qu'il a récupéré des plans pareils ? s'interrogea Nathan en prenant l'un des parchemins jaunis qui traînaient sur la table.

- Ça, je ne sais pas...confessa le rouquin en haussant les épaules. Tu sais bien que les voies d'Izac sont impénétrables...

Nathan sourit brièvement.

- Et...Sarah ? se risqua-t-il à demander.

Le visage d'Alexender se ferma d'un coup et il détourna le regard. Ses dents se serrèrent.


- Tu crois sincèrement qu'elle est encore vivante, Nathan ?

Le ton glacé que venait de prendre le Hunter figea le jeune blond qui tiqua à sa question. Sarah avait été attaquée par des Vampires, elle avait chuté dans le fleuve et nul n'avait plus entendu parler d'elle. Le Yard lui-même avait arrêté les recherches. Il y avait effectivement peu d'espoir qu'elle s'en soit sortie vivante.

- Alors...tu abandonnes ?

Cette fois, Alexender s'échauffa.

- Bon Dieu, mais qu'est-ce que tu veux que je fasse de plus ?! Nous l'avons cherchée partout ! Avec les disciples du Comte qui la cherchent aussi, nous ne pouvons pas sortir comme ça...Son regard se perdit sur les taches qui maculaient le plafond. Il faut que je me fasse une raison Nathan...je ne la reverrai plus jamais...

Le jeune Hunter vit briller une larme au coin de l'oeil de son ami et se tue tout à fait. Ils ne pouvaient plus y faire grand chose, c'était vrai. Mais, au fond, il ne pouvait s'empêcher de songer que si Katherine n'avait pas été là, il aurait sans doute cherché sa fiancée plus longtemps.

- Où est Michael ? demanda-t-il soudain pour changer de sujet.

- Je crois qu'il est avec Seamus dans la salle d'eau. La baignoire a un trou. fit mollement Alexender en se passant la main sur le visage.

Après quelques minutes de silence durant lesquelles Nathan remit une bûche dans l'âtre brûlant, Alexender se redressa dans le sofa et se resservit un verre de vin. Puis, il reprit sa plume et continua d'esquisser le fameux tunnel dont il notait les proportions avec soin en traçant de petites réglettes tout autour. Depuis qu'il avait abandonné l'espoir de retrouver Sarah, le Hunter avait placé ses dernières espérances dans le plan qu'il avait élaboré avec Katherine et dans la libération de ses domestiques. Avec la Lycante dans la troupe de théâtre du Comte, ils auraient rapidement des informations capitales pour le coincer enfin. Et s'ils parvenaient à récupérer Suzanne et Marguerite, alors son cœur, qui ne cessait de saigner en silence, retrouverait un semblant de santé qu'il avait perdu malgré la présence de la belle Katherine à ses côtés.
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Eulalia Grey
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Ven 16 Déc - 9:47

Les petits talons de la Huntress claquaient sur le pavé mouillé. Elle avançait d'un pas décidé, gardant près de lui son précieux Raphaël. Elle en voulait terriblement à Alexender d'avoir ainsi abusé de Sarah, de se livrer ainsi à une jeune femme dont personne ne savait rien, d'avoir laissé Raphaël s'en aller seul dans la nuit... Oh, il aurait beau prétendre qu'il n'avait rien pu faire pour l'arrêter, elle connaissait suffisamment l'aversion de ce dernier pour les Vampires pour savoir qu'il n'avait sans doute fait aucun effort afin de retenir l'Italien.
Elle avait envie de le gifler, de lui hurler dessus. Eulalia, d'un naturel si calme, n'avait étrangement aucun remords vis à vis du savon qu'elle s'apprêtait à passer au grand roux. Il avait trop longtemps mené la barre comme il l'entendait sans prendre en considération les avis des autres, il serait temps que cela change !

En réalité, ce qu'Eulalia peinait surtout à avaler, c'était le risque qu'Alexender avait fait courir à son amant. Le Comte aurait bien pu lui prendre davantage que ses deux doigts et personne n'aurait rien pu faire pour l'en empêcher.
Un frisson parcourut sa nuque. Que ferait-elle si Raphaël venait à retomber entre les griffes dj Comte, de façon plus définitive ?
Craintivement, rejetant cette perspective dans un sombre recoin de ses pensées, la jeune chasseresse se contenta de saisir à nouveau la main glacée du Vampire alors qu'ils arrivaient en vue de la masure qui servait de Quartier Général.
Avant que les hommes qui en gardaient l'entrée n'aient eu le temps de dire quoi que ce soit, elle s'avança, dévoilant son visage dans la lumière et s'annonça d'une voix qu'elle n'avait jamais eu aussi impérieuse.


- Je suppose que vous avez reconnu sans peine Monsieur Veneziano. Je suis Eulalia Grey, celle grâce à qui vous pouvez manger et boire tous les jours sans avoir à fouiller dans les détritus.

Elle s'arrêta un instant et se mordit la lèvre. Ces hommes n'étaient sûrement pour rien dans ce qui s'était passé et ne méritaient sans doute pas d'être traités aussi sèchement. Elle se racla la gorge et adoucit son ton avec un regard d'excuses.

- Veuillez m'excuser. Je dois m'entretenir avec Monsieur Von Ravellow d'une affaire urgente. Auriez-vous l'amabilité de me conduire jusqu'à lui ?

La Huntress s'en voulait d'être si sèche et expéditive mais son ressentiment n'avait cessé de grimper pendant tout le trajet. Cet imbécile d'Alexender, malgré ses talents de combattant et de meneur, avait besoin d'une bonne correction.
La masure était vraiment minable et poussiéreuse. L'entrée était si petite qu'elle n'eut que quelques pas à faire avant de trouver l'homme qu'elle cherchait, installé avec un verre de vin. Elle le regarda depuis l'encoignure de la porte avec un air profondément grave. Elle se contenait pour ne pas hurler sur le chasseur mais ses mains tremblaient tant il était difficile pour elle de se retenir. Avant d'entrer, elle se tourna vers le Vampire et serra doucement ses mains contre les siennes.


- Je vais y aller seule... Essaye de te reposer pendant ce temps, tu en as vraiment besoin.

Elle s'avança ensuite dans la pièce, fermant la porte derrière elle, faisant bruisser le tissus sombre de sa robe simple sur le sol. Elle aurait voulu se réfugier dans les bras de Raphaël, le laisser parler à sa place, mais il était tant qu'elle fasse entendre sa propre voix et surtout, qu'elle montre à tous qu'elle n'avait besoin de personne pour pouvoir affirmer son autorité.

- Quand vous m'aviez entretenue de l'esclandre qui avait eu en ces lieux dans votre missive, j'étais bien loin d'imaginer dans quel état j'allais retrouver Raphaël.

Elle serra plus fort les poings en le revoyant, si faible, si démuni, dans le cagibi du bibliothécaire. Sa voix trembla l'espace d'un instant.

- Le Comte l'a découvert. Il a été torturé psychologiquement et mutilé, c'est un miracle de l'avoir récupéré en vie. Elle soupira profondément. C'est déjà un miracle en soi d'avoir réussi à retrouver sa trace. Bon Dieu, Alexender, à quoi pensiez-vous ?! Est-ce que nous sommes seulement en état de nous passer d'un de nos combattants ?! Est-ce que vous avez seulement pensé à ce qui se serait passé si le Comte s'était mis dans la tête de le torturer pour obtenir des informations sur notre alliance ?

Eulalia secoua la tête. Bien sûr que non, il n'y avait pas pensé. Elle était presque sûre qu'au fond, il préférait voir Raphaël entre les mains du Comte plutôt que de devoir collaborer avec lui. Pourquoi s'arrêtaient-ils tous ici à la simple appartenance à telle ou telle espèce pour décider de la qualité d'un être vivant ? Pourquoi, aux yeux de ces gens, Raphaël vaudrait toujours moins qu'un humain de la pire espèce malgré ses bons sentiments ? Pourquoi personne ici ne faisait l'effort de comprendre la double peine qu'il subissait ? Pourquoi personne ne voyait en lui l'Homme qu'il était toujours ?

- J'ai aussi appris un peu plus précisément ce qui s'était passé entre "Miss Hughton" et vous.

L'oeil d'Eulalia était devenu accusateur. Elle avait délibérément usé du pseudonyme qu'Alexender avait donné à cette femme dans la dernière lettre qu'elle avait reçu. Lorsque Raphaël lui avait confié les incartades du Hunter, elle n'avait pas tout de suite fait le rapprochement, aveuglée par la colère et l'incompréhension. Maintenant, tout était clair.

- Vous n'avez pas honte ? Vous n'avez pas honte de tromper Lady Spencer avec une femme sortie d'on ne sait où ? Une femme incapable de contenir son majordome, une femme qui n'a pas versé la moindre goutte de sang ou de sueur lorsque nous nous sommes démenés au Théâtre ?! Êtes-vous donc si peu constant dans vos sentiments au point qu'il suffise qu'une gourgandine vienne battre des cils devant vous pour que vous en oubliiez l'amour de votre vie ?!

Ils avaient tous beaucoup souffert pour tirer Sarah de l'emprise du Comte. Elle y avait d'ailleurs laissé ses deux parents. Eulalia se sentait écoeurée, trahie. Tous ces sacrifices pour qu'Alexender finisse par oublier sa belle dans les bras d'une catin de bas étage.

- Continuez donc dans votre lancée Sieur Von Ravellow. Continuez donc à vous abîmer dans les bras de cette femme alors que Lady Spencer est vivante et entre les mains du Comte, je suis sûre que cette situation satisfera le principal intéressé de l'affaire. C'est d'une tristesse, tous ces sacrifices que nous avons dû faire pour en arriver à une situation aussi vaudevillesque, ne trouvez-vous pas ?
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Raphaël Veneziano
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Sam 17 Déc - 10:53

Soutenu par Eulalia, Raphaël peinait à suivre le rythme effréné que la jeune bourgeoise donnait à leurs pas. Elle semblait dévorée d'un feu ardent qui lui faisait pousser des ailes. Était-ce la peur ou bien la colère qui la motivait ainsi ? Les deux sentiments étreignaient sans aucun doute son cœur.
D'un côté, elle venait de faire sortir de la bibliothèque l'un des Vampires les plus recherchés du royaume. Son visage les suivait sur chaque pan de mur capable d'accueillir une affiche, et son aura risquait de rameuter les plus dangereux de ses congénères. Comment ne pas céder à la peur alors même qu'ils erraient dans la nuit dans un des pires quartiers de la capitale ? Même si le Comte, ses disciples et les deux Sectes étaient censés être concentrés du côté d'Highgate pour récupérer Sarah, il était impensable que les ruelles puissent avoir été entièrement vidées de leurs présence. La peur était une émotion nécessaire à leur survie.
D'un autre côté, Eulalia semblait fulminer depuis que son amant lui avait confié qu'il ne souhaitait pas retourner au QG des Hunter notamment à cause de l'attitude d'Alexender. Elle avait rapidement compris que le rouquin avait trompé Sarah avec miss Thornes et cela l'avait visiblement mortifiée. Raphaël comprenait son aversion pour ce genre de chose, et il la partageait clairement, mais il ne pouvait s'empêcher de se répété qu'il n'aurait peut être pas dû en parler de la sorte. La colère qui crispait la mâchoire de sa belle était tout compréhensible, d'autant qu'elle l'avait retrouvé lui, agonisant, mutilé, sans espoir, dans un réduit poussiéreux où la seule lueur qui l'avait maintenu en vie lui avait été donnée par un Vampire. Il y avait de quoi chercher un responsable à haïr.

Le trajet depuis les égouts jusqu'au QG parut une éternité au Hunter. L'air glacé du soir et la brume les dissimulaient en partie mais son angoisse ne cessa de grandir à mesure qu'ils arrpochaient de leur destination. Il faisait tout pour ne pas songer à son aura, afin de la garder cachée, mais il ne pouvait détacher ses pensées de l'accueil qu'ils risquaient d'avoir en arrivant.
Lorsqu'ils furent enfin devant la porte de la masure, le Vampire avait la respiration saccadée par l'effort et son cœur de cessait de battre contre sa poitrine comme pour en sortir.


- Att...attends...

Eulalia s'avança, dévoila son visage et s'annonça avec fermeté. Raphaël serra les dents et jeta des regards craintifs autour de lui.

- Pas si fort...Ne donne pas nos noms...souffla-t-il le cœur battant.

La jeune bourgeoise avait oublié d'utiliser leurs noms de code et prenait des risques inconsidérés tant elle était pressée d'entrer. Le son du petit judas se fit entendre et un cri de surprise, étouffé par la porte, leur parvint juste avant que cette dernière ne se déverrouille. C'était Christopher qui gardait l'entrée ce soir. La vision du jeune homme rassura quelque peu le Vampire. C'était celui avec lequel il avait le plus conversé avant son départ, celui en lequel il croyait sans doute le plus.
Christopher marqua un temps d'arrêt et dévisagea tour à tour les deux arrivants d'un air à la fois surpris et inquiet. Eulalia s'excusa pour son ton et demanda à voir Alexender. Le jeune homme fronça les sourcils mais s'écarta pour les laisser entrer. Il vérifia que personne ne les avait suivi dans la rue avant de refermer la porte derrière eux et de la verrouiller à nouveau.


- Miss Grey, vous ne deviez pas venir au QG...fit-il en se présentant devant la jeune femme.

Puis, sans attendre, il passa devant eux pour leur ouvrir la porte qui les faisait passer du vestibule au salon où se trouvaient Alexender et Nathan.
Eulalia demanda alors à Raphaël de l'attendre en retrait tandis qu'elle irait parler au Hunter. Elle ne lui laissa guère le choix puisqu'elle passa devant lui et referma la porte du vestibule pour l'y laisser avec Christopher. L'Ange Blanc se laissa tomber sur un des bancs miteux qui ornaient le petit couloir et se pencha en avant pour mettre sa tête entre ses mains. Il était intimement convaincu qu'ils n'aurait jamais dû revenir ici.
Christopher était resté un instant devant la porte qui venait de se refermer sur eux, légèrement interloqué par l'attitude de la jeune femme. Puis, il s'était tourné vers le Vampire.


- Monsieur Veneziano, qu'avez-vous fait après nous avoir quittés ? Qu'est-ce que c'est...que tout...ça ? Pourquoi aller chercher Miss Grey ? Elle ne devait pas venir au QG...

Cela sonnait comme une accusation. L'Italien poussa un profond soupir et crispa ce qu'il restait de ses doigts à la racine de ses cheveux blancs. Il mit un certain temps à répondre mais il finit par murmurer entre ses dents:

- C'est elle qui est venu me chercher. Je ne l'aurais jamais volontairement mise en danger.

Christopher aperçut alors le bandage sur la main droite du Vampire et ouvrit la bouche en grand, choqué par l'absence de deux de ces doigts.

- Bon Sang...Où étiez-vous passé ? Qui vous a fait ça ?!

Raphaël lui mit sous le nez sa main meurtrie.

- Ça ? A votre avis... ? répondit-il avec une grande amertume.
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Alexender Von Ravellow
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Sam 17 Déc - 11:49

Lorsque la porte s'ouvrit brusquement, Alexender tourna mollement la tête, pensant que c'était Christopher qui venait se faire une tasse de thé ou leur demander de le relever. Son regard d'ambre se posa alors sur Eulalia et il se leva d'un bond, comme traversé par un éclair. Nathan sursauta près de lui et se leva à son tour.

- Miss Grey !? s'étonna le rouquin en lâchant sa plume pour aller à sa rencontre. Mais...que faites-vous là ?

Le ton de la jeune bourgeoise saisit le Hunter qui se figea pour la laisser finalement venir à lui.

- Dans quel état...? répéta-t-il sans comprendre.

Raphaël avait quitté le QG plein d'amertume et de rage, mais Alexender ignorait encore ce qui avait bien pu lui arriver par la suite. Que voulait-elle donc dire ? Où était le Vampire ? Quel était cet « état » dont elle parlait maintenant ?
Avant même qu'il puisse lui poser toutes ces questions, la jeune femme lui expliqua que son amant avait été découvert par le Comte et que ce dernier l'avait torturé physiquement et mentalement. Elle lui confia ensuite que c'était un miracle qu'elle ait pu retrouver sa trace puis elle l'accusa d'avoir fait preuve de négligence dans un moment où ils manquaient d'alliés. Elle le mit devant le fait que le Comte aurait pu obtenir du Vampire l'emplacement du QG et tous les anéantir.
Alexender serra les dents et son regard se fit plus dur.


- J'espère qu'il n'a rien dit...grommela-t-il sans douceur.

Que Raphaël ait été pris par le Comte était une dure nouvelle. Alexender savait à quel point sa capture avait pu les mettre en danger. Il espérait maintenant que le Vampire était en sécurité dans un coin, loin de leur ennemi. Il allait lui demander où se trouvait désormais le Hunter à canines mais Eulalia ne comptait pas arrêter là ses reproches...
La jeune femme continua sur sa lancée pour lui dire qu'elle avait compris la relation qui le liait à Katherine, qu'elle surnomma d'ailleurs « Miss Hughton » pour bien lui rappeler que sa lettre était devenue plus claire à ses yeux depuis qu'elle était au courant, puis elle l'accusa violemment de tromper Sarah et de trahir l'ensemble des Hunters pour une femme dont la loyauté et les services lui semblaient bien dérisoires par rapports aux leurs. Katherine n'avait pas participé au théâtre, elle venait tout juste de rejoindre leur cause et restait pour cela une inconnue en laquelle placer hâtivement sa confiance relevait de la stupidité. De plus, son majordome ne paraissait pas capable de se tenir et elle-même ne le maîtrisait qu'avec peine. Pour la jeune bourgeoise, ce n'était apparemment qu'un duo de cirque composé d'une « gourgandine » et d'un enragé.
Alexender sentit la colère lui monter aux joues. Eulalia parlait sous l'emprise du dégoût et de la rage, mais cela n'excusait en rien le ton qu'elle employait avec lui, ni la portée de ses accusations. Chaque parole qu'elle prononçait était pour lui un coup de couteau dans l'estomac, une fouille dans les tréfonds de son intimité. De quel droit se permettait-elle d'étaler là ses écarts sexuels ?
Le pire fut lorsqu'elle prit le ton de l'ironie pour impliquer Sarah et la possibilité qu'elle soit vivante, à la merci du Comte, pendant qu'il s'amusait avec Katherine. Alexender explosa : d'un pas, il s'approcha dangereusement de la jeune femme et ramena son visage à quelques centimètres du sien. Serrant ostensiblement les dents, il la toisa avec mépris.


- Je n'ai aucune leçon de morale à recevoir d'une femme qui écarte les cuisses pour s'offrir au premier Vampire qui la fascine. Aucune ! ajouta-t-il en hurlant sur elle tout en la regardant de haut en bas comme s'il s'apprêtait à lui cracher dessus. Son air devint encore plus mauvais. Vous ne savez rien de moi, rien de ce que j'ai vécu ou de ce que je ressens. Vous n'avez pas à me juger ! Surtout pas sur quelques romans que vous vous êtes écrits lorsque, seule au milieu de la nuit, vous ruminiez votre amertume d'aimer un mangeur d'hommes !

Alexender était littéralement sorti de ses gonds. Derrière lui, Nathan restait coi, la bouche ouverte. Il ne savait s'il devait intervenir ou non.
Bientôt, le rouquin posa sans gêne son doigts sur la poitrine de la jeune femme et grinça:


- Je m'efforce de maintenir en vie tout ce petit monde, voyez-vous, mais je ne suis pas une gouvernante. Raphaël a décidé de partir de son plein gré, jamais je ne lui ai demandé d'aller se jeter dans les bras du Comte ! fit-il en ramenant son pouce vers la porte d'entrée comme pour désigner le Vampire. Si cet imbécile est incapable de survivre, tant pis pour lui ! Je lui ai offert sa chance mais il a préféré se piquer d'orgueil face à Michael et prendre la mouche comme un enfant. C'est lui qui a décidé de s'exiler, je ne lui ai rien demandé, sauf peut-être de ne pas vous bouffer ! Le souffle court, les yeux exorbités par la fureur, Alexender jeta un coup d'oeil au cou de la jeune bourgeoise. Mais ça...susurra-t-il en souriant d'un air parfaitement moqueur, ça vous plaît, n'est-ce pas ? A chacun ses vices, hein ? Il devrait vous transformer, puisque vous êtes si fière de lui, si attachée ! Après tout, l'immortalité vous tente bien, non ? Son sourire se mua en une grimace de dégoût et il écarta les bras dans un geste théâtral. Et ils vécurent heureux, jusqu'à la fin des temps ! Ah ! Laissez-moi rire, Eulalia...Je ne suis peut être pas le plus fidèle des amants mais, moi au moins, je reste fidèle à l'Humanité.
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Eulalia Grey
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Proie(s) : Lally pourchasse les Vampires qui tuent pour se nourrir.
MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Sam 17 Déc - 18:36

Eulalia vibrait d'une rage profonde. Elle se sentait profondément outrée de la conduite d'Alexender vis à vis de Sarah. Elle ne comprenait plus pourquoi ils avaient fait tout ceci, pourquoi elle était liée d'un amour si profond à Raphaël, pourquoi elle avait sacrifié ses enseignements les plus chrétiens pour lui. Elle ne pouvait s'empêcher d'y penser, elle ne pouvait s'empêcher de ressasser toutes ses craintes, tous ses remords, elle ne pouvait s'empêcher d'agir imprudemment. Eulalia avait 20 ans, elle était pleine des idéaux et des questionnements communs à cet âge et évoluait sans repères depuis le décès de ses parents.

Elle accusa, impérieuse, violente, rageuse, déçue. Son regard et son ton se firent durs, elle ne s'embarrassa pas de sa douceur coutumière.
Elle savait qu'Alexender ne resterait pas de marbre mais elle ne fut pas prête à encaisser la totalité du flot d'injures outrancières qu'il déversa à son encontre. Lorsqu'il étala ainsi sa liaison avec Raphaël, le rouge flamboya sur ses maigres joues. Ce n'était pas tant pour l'étalage de sa sexualité ou même le fait qu'il suggérait qu'elle était une fille facile. C'était parce que, au fond de son coeur, elle avait l'impression qu'il avait une part de raison. Et si elle n'était rien de plus qu'un faible esprit, rongé par des années de littérature sentimentale pour seule distraction ? Si elle s'était jetée sur le seul homme qui lui avait témoigné de l'affection par crainte de continuer sa vie morne de solitude ?

Il s'approcha d'elle comme un fauve et la toucha. Lally ne put réfréner son envie de s'écarter et fit un pas en arrière. Elle soutenait de ses yeux saphirs le regard haineux du Hunter qu'elle avait suscité. Elle avait envie de riposter. Non il n'était pas une gouvernante mais en tant que chef, il aurait dû prendre ses responsabilités et calmer le jeu avant que la situation ne s'envenime. Alexender n'avait pas pris ses responsabilités et renversait la situation pour se dédouaner de tout reproche. Elle sentit ensuite son regard dériver sur son cou, qui cachait sa marque de morsure. Maintenant il insinuait que cela lui plaisait, qu'elle voulait rejoindre le monde de la nuit.
Le regard d'Eulalia devint noir. Comment Alexender pouvait-il oser insinuer de telles abominations ? Comment pouvait-il insinuer qu'elle faisait tout ceci par plaisir ? Comment pouvait-il juger Raphaël alors que celui-ci était déchiré par un conflit interne qu'il ne pourrait jamais imaginer ? Comment osait-il les moquer sans savoir pour quoi elle se battait ? Pourquoi ne voulait-il pas voir qu'elle voulait simplement sauver tout le monde, à sa façon ?

Lorsqu'il écarta les bras, cessant cette intolérable pression sur sa poitrine, elle serra le poing. Lorsqu'il eut terminé sa diatribe, elle s'avança à son tour et le gifla de toutes ses forces, en espérant que la surprise le calme. La respiration d'Eulalia était haletante, des larmes perlaient au coin de ses yeux mais elle n'avait pas fini. Elle ne parlait plus aussi fort désormais. Son ton paraissait plus posé, quoique tremblant.


- Traitez-moi de fille facile, inconstante si ça vous amuse. Mais je vous interdit de penser un seul instant que je ne suis pas de votre côté. Envers et contre tout, malgré ce qui vient de se produire, je vous apporterai le soutien nécessaire. Je vous le demande Alexender... Qu'y a-t-il de plus humain entre le pire des hommes et un Vampire qui se bat contre les siens pour nous sauver ? Vous oubliez qu'ils ont tous été des nôtres autrefois... Et vous oubliez que Raphaël préférerait mourir plutôt que de tuer un humain pour se nourrir. Cette marque n'est pas le fruit d'un plaisir quelconque mais une nécessité pour le garder en vie ! Pouvez-vous comprendre cela ?!

Elle sentait ses jambes trembler mais hors de question pour elle de flancher avant d'avoir terminé.

- Même si la majorité des Vampires sont dangereux et ont renoncé à tout remords, certains, à Londres ou ailleurs dans le Monde, sont condamnés à une vie de ténèbres qu'ils n'ont pas voulue. Devrions-nous les tuer aussi, alors qu'ils ne nous veulent aucun mal, sur le simple motif de leur race ?

Elle jeta un regard à Alexender. Ces derniers mois avaient été ravageurs pour leur moral, à tous.

- Je vous le demande Sieur Von Ravellow, pourquoi nous battons-nous ? Pour sauver l'Humanité qui se cache en chacun d'entre nous ou pour ne sauver que ceux qui mériteraient de l'être selon des critères de chasseur ?

Elle passa sa main sur son visage. Le manque de sommeil, la course dans Londres, tous ces sentiments contraires commençaient à avoir raison de sa résistance physique.

- Alexender je... Je suis désolée d'avoir été désobligeante avec vous. Je pense que, l'un comme l'autre, nous avions besoin d'entendre un point de vue différent que celui que nous avons décidé d'adopter. Je... Je ne sais pas ce qui s'est passé entre vous et Lady Spencer ou entre vous et Miss Thornes. Cela ne me concerne pas et je n'aurais jamais dû vous en parler en des termes si durs. Mais si vous tenez encore à Sarah, sachez qu'elle est bel et bien en vie, je vous le jure sur tout ce qu'il me reste de cher.

Eulalia avait les sourcils moins froncés. Son visage était las, désolé. La colère s'était envolée pour une profonde fatigue. Elle aurait sans doute mieux fait de ne rien dire pour ne pas attiser les tensions mais elle était persuadée qu'Alexender avait besoin de se faire quelque peu secouer les plumes. Elle était au bord des larmes, sa résistance était sur le point de craquer mais elle ne le pouvait pas. Elle devait rester forte.

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Raphaël Veneziano
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Ven 23 Déc - 11:00

- C'est le Comte qui vous a fait ça ?

Christopher ne semblait pas tolérer le silence qui s'était installé dans le hall. Depuis son arrivée, il avait de cela à peine quelques minutes, Raphaël s'était assis sur un des sièges d'appoint et ne disait mot. Il semblait plongé dans un genre de mélancolie qui lui rongeait les sangs.

- Oui. En personne...grommela le Vampire en adoptant un ton particulièrement cynique.

Il leva même les yeux au plafond, comme pour marquer son impatience face à une telle question. Le jeune Hunter grimaça et se passa une main dans ses cheveux en bataille. Son cœur venait de s'accélérer.


- Mais alors, il vous aura sans doute suivis ! souffla-t-il en jetant un coup d'oeil à la porte d'entrée.

Cette attitude exaspéra Raphaël, d'autant plus que la perspective qu'Eulalia et lui aient été suivis ne cessait de le hanter depuis qu'ils avaient quitté la bibliothèque et qu'ils s'étaient engouffrés dans les égouts sordides de la ville. Il serra les dents, parfaitement contrarié, et soupira :


- Nous n'avions pas d'autres choix...Et puis...il est occupé ailleurs...ajouta-t-il avec une moue amère.Il ne se souciera pas de moi ce soir...

- C'est-à-dire ? grogna le jeune homme en se rapprochant du Vampire. Vous parlez par énigmes Raphaël...Il est occupé à quoi ?

- Il a retrouvé Sarah.

Cette nouvelle laissa Christopher coi de surprise. La bouche ouverte, il jeta à Raphaël un regard mêlé de joie et de crainte. Sarah était donc bien vivante ! Mais si le Comte avait mis la main sur elle avant eux, quel espoir avaient-ils de la récupérer désormais ?

Des éclats de voix leurs parvinrent soudain depuis le salon. Eulalia haussait le ton depuis qu'elle était entrée et Alexender, qui était resté muet jusqu'alors, se mit à lui répondre en hurlant. Le Vampire fronça les sourcils et arrêta son regard sur la porte qui donnait vers la pièce d'à côté. Il hésita un instant: devait-il intervenir au risque de jeter de l'huile sur le feu avec sa seule présence ou bien valait-il mieux laisser les Humains se débrouiller entre-eux ? Quelques brides de conversation le firent frisonner. Le rouquin insultait la jeune femme et la prenait de haut. Maintenant qu'il se concentrait sur la conversation, l'Ange Blanc entendait chaque mot, chaque reproche qu'ils se faisaient. Alexender utilisait un vocabulaire réellement outrancier à présent et certains mots qu'il balança au visage de son amante lui donnèrent des envies de meurtre. Eulalia ne le supporterait pas. Toute cette scène resterait gravée dans sa mémoire à jamais! Comment osait-il s'adresser à elle d'une telle façon, comme si elle n'était qu'une vulgaire prostituée...!? Comment osait-il ainsi rejeter sur ses frêles épaules un poids qu'elle n'avait jamais désiré ?

Bientôt Raphaël serra tellement les dents que sa mâchoire prit une raideur anguleuse. Christopher le remarqua. Inquiet lui aussi de la tournure des choses, même s'il en entendait moins que le Vampire, il tâcha de le rassurer:


- Il ne pense pas ce qu'il dit...Il a toujours parlé avant de réfléchir...C'est un impétueux qui ne sait pas communiquer correctement dans les situations de ce type. Alexender est dépassé...

Mais cela ne suffisait pas pour que le Hunter aux cheveux blancs ne puisse tolérer plus longtemps le ton qu'employait le rouquin pour s'adresser à son amante. Comme si Christopher n'avait rien dit, il se leva d'un bond et vola vers la porte qui les séparaient du salon. Le jeune homme voulut l'arrêter mais à peine avait-il esquissé un geste vers le Vampire que ce dernier l'avait violemment poussé en arrière pour passer.
Au moment où Raphaël entra dans la pièce d'à côté et que Christopher se redressait pour le suivre, un claquement sonore envahit l'espace : Eulalia venait de gifler Alexender. Figés par ce geste, le Vampire et Christopher s'arrêtèrent et, silencieux, assistèrent à la discussion qui s'en suivit. Eulalia tentait de calmer le jeu et Alexender semblait quelque peu sous le choc. Derrière lui, Nathan ne disait mot, comme s'il craignait de voir le couple se retourner contre lui.
Ce qu'entendit Raphaël à ce moment-là fut pour lui à la fois aussi douloureux qu'un coup de poignard et aussi doux qu'un baiser. Eulalia le défendit, envers et contre tout. Sans le vouloir, elle donna à sa spécificité une dimension plus marginale encore qu'elle ne l'avait déjà, mais elle lui rendit en même temps une part d'humanité qu'il avait tendance à oublier lui-même. Oui, les Vampires avaient été des hommes, autrefois, et c'était vrai qu'il préférerait mourir plutôt que de tuer un humain pour satisfaire les appétits de la Bête qui rôdait en lui...Mais c'était bien naïf de le croire si inoffensif. Eulalia faisait preuve d'empathie, de compassion et sans doute de raison. Peu pensaient comme elle. Peu laissaient autant de chance à des êtres tels que lui. Malheureusement, la belle Huntress ne savait pas encore ce que son amant cachait dans les tréfonds de son âme.

Peu à peu, alors que le ton des deux Hunters s'adoucissait, le Vampire et le gardien s'approchèrent pour se joindre à eux. Raphaël se plaça naturellement près de la jeune femme et posa doucement sa main valide sur son épaule, pour lui montrer son soutien, mais également pour dissuader Alexender de continuer plus avant ses insultes...


- Calmez-vous Ravellow. Ce qui est dit est dit mais je ne vous laisserai pas débiter plus longtemps de tels propos. Son visage, sévère, trahissait sa colère, mais il avait cependant gardé un ton tranquille, comme pour enterrer la hache de guerre.

Qu'il l'insulte de « mangeur d'hommes » était une chose, mais qu'il avance de semblables propos sur leur sexualité et suppose qu'Eulalia rêvait de se faire transformer en Vampire en était une autre. Cela lui était égal d'être considéré comme un monstre, lui-même se voyait comme une abomination inventée par le Diable en personne, mais il ne pouvait supporter que l'on prête à son amante des vices et des intentions aussi sombres. Et puis, il était temps de passer à autre chose...


- Eulalia dit vrai. fit-il en grimaçant à la fois de douleur et d'amertume. Sarah est bien en vie et elle a été retrouvée par le Comte avant nous. Il la récupère en ce moment même au cimetière d'Highgate, où un grand rassemblement de Vampires a lieu. Nous n'en savons guère plus, hélas, mais une chose est sûre : Sarah est en vie. Plutôt que de nous disputer ici, nous ferions bien de nous concentrer sur les suites possibles de cette affaire.
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Alexender Von Ravellow
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Sam 24 Déc - 11:22

Les nerfs à vif, Alexender fusillait Eulalia du regard. Une main sur sa joue douloureuse, les yeux exorbités, il fulminait intérieurement en tentant de retrouver son calme. La gifle qu'il venait de prendre l'avait quelque peu remué. Il ne disait plus rien depuis quelques secondes et écoutait la jeune bourgeoise défendre Raphaël, mais une terrible envie de la frapper à son tour le dévorait. Heureusement pour elle, le Hunter ne frappait jamais les femmes, sauf évidemment lorsqu'elles lui montraient crocs et griffes dans les ténèbres...
La belle chasseuse en profita pour continuer sur sa lancée. Elle lui « interdit » de penser qu'elle puisse les trahir, quels que soient les sentiments qu'elle éprouvait pour son Vampire d'amant, et elle lui soutint une nouvelle fois que les créatures de la nuit n'étaient sans doute pas toutes aussi cruelles et sournoises qu'il semblait le croire. Le pire fut lorsqu'elle lui avança que le sang qu'elle offrait à Raphaël n'était rien d'autre qu'une nécessité pour le maintenir en vie dans l'adversité. Alexender serra les dents et grogna son mépris. Le regard plein d'éclairs, il finit par sourire à la jeune femme avec hargne :


- Une « nécessité »...mais bien sûr...Vous vous entendez un peu ?

Dans sa colère, Alexender n'avait pas entendu la porte s'ouvrir et n'avait pas remarqué que Raphaël et Christopher assistaient à la scène un peu plus loin. Ils étaient dans son dos. Nathan, lui, les regardait du coin de l'oeil. Il avait légèrement blêmit en voyant le Vampire entrer et il songeait maintenant qu'à ce rythme ils risquaient réellement l'accident. A force de se disputer les uns les autres, alors qu'ils possédaient chacun un passé peu reluisant, des armes et même pour certains des pouvoirs, ils allaient finir par s'entre-tuer. Il ne manquait plus que Michael descende ou que Katherine ne revienne et l'orage éclaterait pour de bon...

- Alex...murmura-t-il timidement. Mais son ami, trop concentré sur celle qu'il dévisageait toujours avec fureur, ne lui prêta aucune attention.

- Le jour où je me ferai bouffer par une de ces choses, j'espère sincèrement que mes gars auront le courage de m'achever !

Eulalia tremblait et ses yeux se remplissaient de larmes silencieuses à cause de l'émotion. Le rouquin, lui, sentait son cœur battre la chamade sous sa chemise de coton et sur sa joue qu'il massait encore lentement. Son poing s'était serré près de sa cuisse. Il hésitait à attraper la jeune femme par le bras pour la mettre dehors. Jamais, de toute sa vie, il n'avait été physiquement violent avec une femme, hormis avec les créatures de la nuit, et il ne comptait pas commencer à le devenir. Mais il considérait que la bourgeoise venait d'envahir son espace propre et prenait ses remontrances pour une menace. Certes, la jeune écervelée avait parlé sous l'effet de la colère et sa gifle magistrale n'avait été qu'une réaction épidermique face à ses accusations et à ses insultes, mais le Hunter était fier et rancunier. Une chose était certaine : il ne s'excuserait pas et ne serait pas inutilement doux avec elle.

A la vérité, Alexender ne supportait plus de voir la moindre de ses actions jugée et conspuée. Chaque parole qu'il prononçait, chaque geste qu'il exécutait, chaque décision qu'il prenait étaient sujets à débat. Depuis peu, il avait la cruelle impression que tout le monde se reposait sur lui et qu'il n'avait le droit à aucun faux pas, aucune erreur d'aucune sorte, sans être arbitrairement condamné. Le Hunter peinait à tenir sous toute cette pression que ses camarades et la situation critique de Londres exerçaient sur ses épaules. Souvent, il se demandait de quel droit on lui mettait toujours tout sur le dos. Lui qui souffrait autant que chaque Hunter, voire plus, lui qui tentait désespérément de maintenir un équilibre et un semblant de cohérence entre eux, méritait-il autant de reproches ?

Avant l'arrivée de Sarah dans sa vie, le jeune Américain prenait déjà des risques pour sauver l'humanité. Il défiait en solitaire les créatures de la nuit, uniquement soutenu par ses deux fidèles domestiques, ainsi que son ami, Gaspard de Sorel - qui restait cependant en retrait – et quelques prostituées ; mais il avait toujours réussi à conserver sa couverture et à vivre sous ses deux différentes identités. Le jour, Alexender Von Ravellow était cet aristocrate excentrique venu tout droit de la Nouvelle-Orléans. Un galant qui faisait rire les plus pincés dans les grands salons, un Dom Juan réputé pour ses fastes banquets, ses bals magnifiques et ses apparitions rocambolesques dans les soirées les plus mondaines de la capitale anglaise. La nuit, il revêtait sa cape sombre pour devenir le chasseur de Whitechapel, la terreur des Loups sur la lande. Son récent retour, après qu'il ait enfin mis un point final à son obscur passé sur sa terre natale, lui avait laissé croire qu'il pourrait reprendre tranquillement sa double vie. Mais il y avait eu ce bal, cet incendie, le Comte, Sarah...
Ah ! Comme il regrettait amèrement d'avoir organisé cette mascarade ! C'était ce qui avait rassemblé le lord et l'héritière des Spencer ! Sans savoir qu'il encourageait un Vampire à posséder sa proie de prédilection, il y avait joué son rôle mondain jusqu'à ce qu'il doive sauver la jeune femme des flammes. De là, il avait senti la nécessité de monter un nouveau groupe de Hunters et il avait mis en place l'attentat au théâtre. Toute sa vie avait alors complètement basculé. Toutes ses précautions, tous ses plans, tous ses efforts jusque là solitaires avaient été soudainement anéantis.
Alexender n'était plus le même. En quelques mois, il avait perdu son sourire, son titre, ses terres et une grande partie de ses amis. En quelques mois, il était passé du statut d'aristocrate plongé au cœur du beau monde à celui de paria. Il devait à présent se satisfaire d'une bicoque en ruines et se cacher comme un vulgaire criminel en fuite...

Aujourd'hui, on le prenait pour un chef de guerre, un homme à tout faire, mais il n'en pouvait plus de subir les revers de la fortune et de s'occuper de ce que pensaient les uns et les autres. Il avait besoin de repos, de calme et de douceur. La belle Katherine lui avait offert ses bras et sa chaleur, le temps d'une nuit, peut être deux, et le monde entier semblait lui en vouloir. Les Hunters lui jetaient maintenant des regards noirs, certains l'évitaient, d'autres le giflaient...En quoi cela les regardait-il après tout ? N'avait-il pas suffisamment souffert pour mériter un peu de réconfort ? Qu'est-ce que cela pouvait bien leur faire ?
Irrité, il ne pouvait s'empêcher de répondre sombrement à Eulalia :


- Je ne vais pas m'amuser à chercher l'once d'humanité qu'il reste soit-disant en chacun, miss, d'autant que je n'ai pas la prétention de sauver le monde entier. Il faut être lucide...Vous rêvez éveillée !

La jeune bourgeoise finit par radoucir le ton et par s'excuser. Elle semblait très fatiguée, complètement à bout de force. Alexender l'observa un peu, silencieux, et sa respiration s'apaisa légèrement.
D'où venait-elle exactement ? Comment avait-elle récupéré Raphaël s'il était tombé entre les mains du Comte ? Toutes ces questions commençaient à poindre dans l'esprit du Hunter qui, jusque là, avait laissé la colère dicter ses paroles et pervertir son cœur.

Alors, Eulalia lui affirma que Sarah était en vie. Sur le coup, le jeune homme ouvrit la bouche mais seul un soupir en sortit. Il n'y croyait pas. Elle le lui « jurait », mais sur quelles informations pouvait-elle bien dire une chose pareille ? Ce n'était qu'un espoir qu'elle conservait, rien de tangible. Au même instant, il réalisa que Raphaël était présent avec Christopher. Il eut d'abord un geste de recul, puis il leur jeta un regard sombre. Le Vampire se posta aux côtés de son amante et la garda près de lui, comme pour la protéger. Sa façon de se tenir là, sur la défensive, et de réclamer le calme ne plut pas au Hunter, mais ses yeux glissèrent bientôt sur lui et saisirent une partie des souffrances que la créature avait enduré entre les mains de leur ennemi. Encore plus pâle que d'habitude, il semblait aussi harassé que sa compagne mais également plus usé. Alexender ne remarqua pas qu'il manquait des doigts à sa main droite, mais il sentit qu'il était différent, comme si quelque chose s'était brisé en lui.
Le Hunter était presque prêt à leur demander de s'installer et de lui raconter ce qu'il venaient de vivre, mais le Vampire lui confirma à son tour que Sarah était bel et bien en vie, et qu'elle était à l'heure actuelle en train d'être récupérée par le Comte au cimetière d'Highgate. Cette fois, son sang ne fit qu'un tour dans ses veines.


- Un grand rassemblement...? répéta-t-il d'un air fatigué. Mais qu'est-ce que vous me chantez-là... ? Comment savez-vous ça ?

Le rouquin se sentit soudainement mal. Il réalisa qu'il ne maîtrisait plus rien et qu'il avait abandonné bien trop tôt l'espoir de retrouver Sarah. Il avait l'impression de l'avoir trahie, doublement trahie, et le malaise qui se mit alors à lui ronger l'âme le rendit malade. Après un gémissement pathétique lancé au plafond comme s'il s'adressait au Seigneur, il délaissa ses compagnons, pour retourner près de l'âtre. Il se laissa alors tomber sur le sofa et attrapa sa tête de ses deux mains pour la presser avec force.

- C'est pas possible...C'est pas...possible...murmura-t-il d'une voix brisée. Il avait l'air complètement désespéré. Sa façon de répéter ses mots lui donnait l'attitude d'un dérangé. Ce n'est pas possible...

Nathan s'approcha doucement de son ami et posa une main sur le dossier du vieux sofa. Inquiet, il voulut aider le Hunter à surmonter cette nouvelle. Sa voix, tendre, fut presque un chuchotement :

- Alex...Calme-toi...Il faut juste ré..

- Comment veux-tu que je me calme !!? éclata l'aristocrate déchu en se relevant d'un coup à renfort de grands gestes. Cet enfoiré !! Je vais le saigner ! Avec rage, il frappa des deux mains sur la table basse devant lui avant de la balayer, jetant à terre son verre, ses cartes et ses esquisses. Raaa !!!

Au milieu de ce raffut, Christopher bouscula Nathan pour le faire reculer et attrapa fermement Alexender par le bras afin de l'empêcher de gesticuler davantage. Il voulait éviter qu'il ne renverse la bouteille qu'il avait miraculeusement loupée.

- Alexender ! Calme-toi ! C'est bon ! fit-il en l'agrippant par la chemise.

- Lâche-moi ! hurla le Hunter en se débattant. Je vais à Highgate ! Je vais la récupérer avant lui !

- Non ! cria le jeune homme en le secouant un peu. Non...Alexender...Tu sais bien que ce n'est pas possible...Pas ce soir. Pas comme ça...

Le ton radouci de Christopher calma un peu son aîné qui cessa de se débattre. Leurs regards se croisèrent, l'un plein d'inquiétude et d'insistance, l'autre empli de désespoir et de peur. Alexender sentit sa gorge se serrer et ses yeux s'humidifier de larmes. Son élève pressa alors son bras pour le rassurer et le poussa vers le sofa afin qu'il y reprenne place. Sans pour autant le lâcher, il l'obligea à s'asseoir et jeta un regard à Nathan puis à Eulalia et Raphaël. Il était temps de s'expliquer les uns les autres et de mettre à plat tout ce qui pourrait leur être utile.
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Eulalia Grey
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Lun 2 Jan - 9:58

Eulalia était fatiguée, agacée. Elle n’en pouvait plus de cette querelle stupide avec Alexender. Ses yeux étaient las, elle n’avait même plus envie de lui tenir tête. La seule chose qui lui restait en travers de la gorge, c’était son infidélité envers Lady Spencer. Enfin… Son infidélité et le fait qu’il s’était dédouané de toute responsabilité dans l’incident qui était survenu avec Raphaël. Le Hunter se posait en chef de leur alliance, tenait à prendre les décisions et choisissait quel combat mener mais il était incapable de faire respecter l’ordre au milieu de ceux qui le suivaient. La jeune bourgeoise était assez dérangée par cette façon de faire. S’il n’était pas capable d’assumer ses responsabilités de meneur entièrement, il devrait apprendre à prendre des décisions de manière beaucoup plus collégiales que tout ce qui avait été fait jusqu’à présent.

Ceci dit, elle reconnaissait volontiers que la position d’Alexender était des plus complexes à tenir. Il avait vu bon nombre de ses amis se faire emprisonner ou mourir pour lui, il s’était fait déchoir de tous les honneurs, mis au ban par ceux qui l’avaient autrefois encensé. Sa vie n’était plus qu’une ombre ténue du faste d’autrefois. Il souffrait, c’était évident, et ne pouvait pas porter le fardeau de la lutte contre le Comte tout seul. Malgré ses mots durs, Eulalia comprenait cela. Elle était prête à le soutenir jusqu’au bout du monde, cet homme à la chevelure de feu. Elle était prête à tout si cela pouvait éloigner le Comte et sauver la vie de Raphaël. Elle était prête à tout pour qu’il puisse enfin retrouver Lady Spencer et l’aimer enfin.
Elle savait que Sir Von Ravellow, malgré ses insultes, savait qu’elle mettait un point d’honneur à mettre tous ses moyens eu service de leur cause. Elle ne répondit presque pas à ses dernières accusations, se contentant de soupirer.


- Sir Von Ravellow, personne ici ne parle de se faire dévorer de son plein gré. Je vous ferai le même reproche que vous venez de me faire. Ne jugez pas trop hâtivement une situation qui vous est étrangère.

Elle le laissa encore s’énerver, lui hurler au visage qu’elle rêvait éveillée. Peut-être Alexender avait-il raison. Peut-être que le monde était trop amer, trop cruel pour des idéaux comme les siens. Peut-être qu’elle se trompait. Mais son souffle d’espérance, son envie de pardonner, manquaient cruellement aux hommes de cette pièce. D’un air assez radouci, elle leva ses yeux dans ceux du Hunter.

- Mon père était un Hunter. Il m’a appris à chasser, et je crois que vous avez déjà pu constater que je me débrouille dans ce domaine. Mais il m’a également appris à chérir l’humanité sous toutes ses formes, à pardonner et accorder la rédemption tant qu’elle était possible. Certains Vampires sont des menaces à éradiquer je vous le concède volontiers Sir Von Ravellow, et je serai la première sur les rangs pour vous y aider. Mais ceux qui demandent et recherchent le pardon ne doivent pas être ignorés. Je suis certes idéaliste comme on peut l’être à 20 ans mais je gage que vous n’avez rien à perdre à délaisser un peu de votre sévérité pour une once d’espoir.

Tout de suite après, ils lui apprirent que Sarah était en vie. Comme elle s’y attendait, la nouvelle fit l’effet d’un véritable explosif. Alexender sortit à nouveau de ses gonds et Lally posa instinctivement sa main sur celle de son amant. Elle avait peine de voir leur allié dans un tel état mais elle ne pouvait que comprendre son désarroi. Elle laissa les disciples du grand roux essayer de le calmer et elle sursauta à nouveau lors de son accès de colère. Elle se mordit la lèvre et regretta de lui avoir révélé une telle chose. Cela accentuait encore la culpabilité qu’il ressentait. Heureusement, Christopher réussit à reprendre les choses en main et parvint à faire en sorte qu’il puisse se rasseoir sur le sofa. Lally soupira à nouveau. Ils allaient devoir discuter longuement… Mais Alexender n’était pas encore assez maître de ses émotions. Malgré sa fatigue, Eulalia estima qu’elle pouvait user un peu de son don pour essayer d’apaiser au moins un peu les douleurs qui tordaient le cœur du Hunter. Bien sûr, elle soignait avant tout les blessures physiques, mais son flux de magie avait souvent des propriétés apaisantes qui ne pouvaient que faire du bien en de pareils moments. Elle suivit Raphaël vers un canapé mais avant de s’asseoir, elle alla en direction du grand Hunter roux.

-Sir Von Ravellow, permettez-moi… Ce n’est pas grand chose mais cela devrait vous soulager l’espace d’un instant. Durant les prochaines heures, nous allons tous avoir besoin d’avoir l’esprit clair.

En même temps qu’elle disait ces mots, elle approcha une de ses mains vers la joue qu’elle avait giflé. Un petit hématome commençait à se former. Lorsque sa peau entra en contact avec celle du chasseur, un halo mince, légèrement doré, sembla traverser son épiderme pour se répandre et s’éteindre dans son corps, diffusant soin, chaleur et un peu d’apaisement. Le contact dura environ une dizaine de secondes, après quoi elle retira sa main pour s’asseoir près de son Raphaël. Discrètement, elle effleura ses doigts glacés au passage, témoin de sa douceur et de son attention, avant de se rasseoir le plus droit possible malgré sa fatigue.
Le sort ne lui avait pas coûté beaucoup d’énergie en comparaison de tout ce qu’elle avait pu soigner jusqu’à présent mais elle ressentait un profond besoin d’avoir enfin une vraie nuit de sommeil. Elle ne savait pas vraiment par où commencer, ce qu’elle pouvait dire ou ne pas dire au sujet de la bibliothèque et d’Alastor. Bien que les échanges avec ce dernier avaient été très limités, elle ne tenait pas à le trahir en dévoilant ainsi son antre. Elle regarda ensuite Raphaël avec un air un peu interrogateur. Elle ne voulait pas se risquer à prendre la parole à sa place… Il devait raconter lui-même ce qu’il avait vécu face au Comte.
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Katherine Thornes
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Age (apparence) : 24 ans
Proie(s) : Criminels, vampires, loup-garous, homonculus, bref toutes les créatures de la nuit!
Entité n°2 : Léopard, Syrya, fauve parsemé de rosettes noires...
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Dim 15 Jan - 16:52

[HRP/ Suite de La crainte d'un espoir/HRP]

Une jeune domestique pénétra dans la chambre de sa maîtresse. Nue, elle se coiffait devant le miroir. Ses longs doigts délicats attachaient ses cheveux en un chignon élégant quoi que rebelle. Chacune de ses mèches étant de taille variable la belle ne pouvait tout bien discipliner. Et puis… cela reflétait en quelque sorte son caractère. Rebelle, elle se sentait plus libre que toutes ces femmes de la Cour qui devaient obéir à la Couronne, à leur mari, à Dieu et aux règles de bienséance. Elle… Elle ne respectait que Dieu et la Couronne, au diable la convenance ! Elle s'était affranchie des codes et des hommes depuis bien longtemps. Seul son plaisir comptait désormais, ses désirs, ses pulsions naturelles qu'elle se devait de nourrir. Elle ne s'obligeait pas à trouver un mari, il fut un temps où son père lui aurait trouvé un fiancé à combler. Depuis sa disparition elle s'était surprise à en rêver quelques fois puis lorsqu'elle y songeait plus posément elle se disait qu'elle vivait peut-être bien mieux de cette manière. Tant de femmes n'étaient pas respectées car elles n'étaient que femmes. Tant d'épouses étaient négligées, frappées, dédaignées, humiliées, elle n'en faisait pas partie, du moins pas totalement. Katherine ne possédait pas ces chaînes.

Son regard s'assombrit,une silhouette se glissa derrière elle.

Non, elle était emprisonnée par des chaînes pire encore, celles de la vengeance, de la haine. La blondinette s'inclina respectueusement bien que ses joues se teintèrent de rose en surprenant sa maîtresse nue. Judith ne posait jamais de question, elle avait appris qu'avec cette femme il valait mieux passer outre ses agissements particuliers qui contrastaient avec ceux des femmes de son rang et de son époque. Tenant délicatement dans ses bras la tenue du soir de la Comtesse elle se redressa et la lui tendit. Katherine se leva gracieusement de sa chaise et s'empara des vêtements. Elle la remercia puis la congédia.

Lorsque la femme de chambre revint lui porter ses bottes de cuir cirées, Katherine boutonnait déjà sa chemise dentelée. Même masculine la Comtesse hongroise restait élégante. Elle savait comme se mettre en valeur. Elle savait aussi que cette manie à vouloir mettre en valeur ses formes pourrait la perdre. Que faisait donc une femme déguisée en homme ? Le travestissement était bien peu toléré… on se poserait des questions mais c'était plus fort qu'elle. Judith les déposa au pied du lit et quitta la pièce soulagée qu'on ne lui demande rien d'autre que de se taire, oublier et apporter des vêtements. Katherine enfila ses bottes puis ouvrit le tiroir de sa table de nuit. Elle en sortit un Bloody Rose légèrement abîmé. Les quelques rayures et coups qu'il possédait montraient son ancienneté. Il avait bien plus de cent ans… Un triste sourire se forma sur ses lèvres. Katherine se demandait souvent si son père aurait été fier d'elle. Se serait-il attendu à ce qu'elle reproduise son petit chemin de vie ? A ce qu'elle devienne à son tour une chasseuse de créatures ? Il aurait eu peur, James aurait craint de la perdre.
La jeune femme ajouta à son équipement trois dagues, l'une qu'elle glissa dans sa botte gauche, une autre qu'elle accrocha à sa ceinture et une dernière qu'elle fixa à son poignet grâce à un système en lanière de cuir servant de micro-fourreau. Une fois prête la belle se rendit jusqu'à l'entrée.

Une fois à l'extérieur la jeune femme inspira l'air pollué par les usines et les déchets de Londres. Elle possédait un très beau domaine mais la ville en elle-même empestait la saleté. L'élégance de la noblesse et des beaux monuments était noyée par l'insalubrité des ruelles. Nul ne semblait réellement s'y préoccuper mais Katherine n'en doutait. Si les maladies proliféraient au sein des classes les plus basses et donc par conséquent des ouvriers c'était à cause de la saleté de la ville. Un jour, les esprits s'éveilleront, du moins elle osait l'espérer. C'était nécessaire pour une marche vers le progrès…

Son chapeau sombre enveloppant ses belles boucles brunes la demoiselle était méconnaissable dans l'obscurité. Elle était un homme parmi tant d'autres, avec des traits plus fins, plus jeunes, plus élégants. La route jusqu'au QG des hunter fut des plus longues et éprouvantes. Elle se voyait déjà se jetant dans les bras d'Alexender autant de soulagement dans sa mission que par bonheur de le revoir tout simplement. Elle qui avait vécu plus d'une centaine d'années toute seule, elle avait enfin trouvé un petit cercle d'amis chez lequel se réfugier lorsque son cœur se faisait trop lourd. Elle y pouvait se réconforter dans leur bonne humeur, dans leur joie de vivre, dans leurs espoirs et leurs ambitions, dans leurs repas. Tout chez eux la comblait déjà tant. Katherine ne demandait pas grand-chose, seulement un peu de compagnie, c'était tout ce dont elle avait besoin afin de continuer dans sa voie. De la chaleur humaine. L'idée de les retrouver tous la ravissait. Toute joyeuse elle se surprit à sourire comme une enfin et rougit de honte. Quel âge avait-elle bon sang pour se permettre de telles futilités ? Elle qui avait tant vécu, devait-elle se permettre d'être aussi heureuse à la seule perspective de les revoir ? Katherine ne les connaissait pas, elle s'était montré méfiante, arrogante, sans gêne et pourtant elle ne pouvait s'empêcher d'éprouver pour tous ces jeunes gens une profonde affection. Savait-il seulement que c'était la première fois qu'elle se permettait cela depuis bon nombre d'années ?

Un coup de vent la fit frissonner et elle rabattit le pan de son manteau afin de ne laisser passer aucune brise glaçante. Cachant son nez dans son manteau, elle inspira profondément et profita intensément de la chaleur que lui procurait son vêtement masculin. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Il portait l'odeur de son majordome. Son manteau était celui de Michael. Michael… il lui avait manqué lui aussi… Toute excitée elle trottina jusqu'à la prochaine rue et arriva dans le quartier de Whitechapel. Une femme attrapa sa manche et glissa sa main entre les boutons de sa chemise. La respiration de Katherine se coupa. Elle s'arrêta et observa la prostituée qui lui faisait face. Elle ne possédait aucune réelle beauté, elle désirait seulement s'en sortir. Beaucoup de femmes ne possédaient que leur corps pour survivre. La fille de joie tressaillit en s’apercevant que ce qu'elle prenait pour un homme était une femme travestie. Doucement la comtesse posa son doigt sur ses lèvres puis caressa sa joue d'une main maternelle.


- Navrée Mademoiselle, pas ce soir…

Elle lui fit un petit signe de la main et continua son chemin. Elle fut bousculée par un homme ivre qu'elle se contenta d'ignorer tout bonnement. Il ne l'entendit pas de la même oreille et jeta la bouteille à ses pieds qui se brisa en un millier de fragments. Décidée à ne pas s'attarder plus longtemps, elle attrapa le badaud par le col et écrasa son poing sur son nez. Celui-ci trop soul pour répliquer s'écrasa contre le mur et la regarda bêtement en clignant des yeux. Il lança quelques insultes et s’apprêta et fondre sur elle mais trébucha et tomba à genoux. Elle massa son poing et fit volte-face, ce n'était pas le moment de s'arrêter sur ces hommes qui aimaient se mettre minables. Ses pas la guidèrent vers les tanneries. Baissant la tête elle marcha jusqu'à la porte du bâtiment. Elle frappa trois fois de son poings et releva les yeux. Son coeur se mit à battre la chamade. Des éclats de voix lui parvenaient et si son ouïe ne la trompait pas il s'agissait d'Alexender. Que se passait-il ? Attendant pendant de longues secondes on concéda enfin à lui ouvrir. Elle se retrouva face à Christopher et se glissa sur la pointe des pieds pour embrasser ses joues avec affection. On referma la porte derrière elle et Michael qui avait ressenti sa présence peut-être par son odeur se précipita. Il jeta un regard inquiet à Alexender et déboula dans l'entrée. Sans qu'elle ne puisse faire quoique ce soit il la ramena brusquement dans ses bras et enfouit son visage dans son cou. Fermant les yeux il se détendit et ramena sa main à ses lèvres. Le fait de ne pas avoir été à ses côtés lui avait rongé l'âme, le coeur. Elle n'était qu'une femme dans cette jungle que représentait Londres à ses yeux. Une femme au fond fragile qui voulait se montrer forte. Mais elle possédait bien plus de failles qu'elle ne voulait bien l'admettre et lui seul le savait. Lui seul l'avait vu au fond du gouffre. Lui seul l'avait vu blessée et incapable de bouger. Lui seul avait vu la maladie décimer son corps, l'inquiéter, la faire lentement mourir pour finalement l'abandonner et lui offrir une seconde chance. Katherine avait malgré elle une santé fragile bien trop souvent malmenée par ses émotions.

Observant son majordome d'un regard bienveillant elle le laissa et pénétra dans le salon. La vision qui s'offrit à elle la figea. Alexender était là, assis sur le canapé, il semblait hors de lui, affolé, énervé, déboussolé. Que lui arrivait-il ? N'était-il donc pas heureux de la revoir. Ne faisant pas attention aux autres personnes qui se trouvaient dans la pièce à ses côtés elle la traversa rapidement et le rejoignit. Ravie de le retrouver elle se dirigea vers lui. Les larmes de son amant la glacèrent. Sans plus attendre elle l'enlaça et caressa doucement ses cheveux :


- Allons mon ami… Que se passe t-il.. ? Tu étais inquiet pour moi ? Fit-elle pour tenter de le dérider en lui souriant avec bienveillance.

Elle posa sa main sur sa joue et se tourna à moitié pour chercher une explication chez les autres jeunes gens. Ce qu'elle vit la figea de plus belle. En plus des Hunters qui habitaient le QG deux autres personnages avaient fait leur apparition. Elle pourrait le reconnaître parmi une centaine de jeunes hommes de son âge. L'un des deux était le vampire, Raphaël, qu'elle n'avait vu que quelques minutes avant qu'il ne parte excédé par le comportement de Michael et les paroles blessantes de ce dernier. Elle voulut reculer mais se retint. Son coeur s'emballait. Un vampire. Un monstre. Contenant toute sa haine et finalement toute sa crainte pour cette créature elle lui sourit difficilement et se redressa. Michael revint auprès d'elle et la débarassa de son lourd manteau. Elle se retrouva en pantalon et chemise devant les autres hunters. Que pouvait-elle dire à cet homme que son coeur exécrait ? Ses mains auraient voulu l'étrangler, lui arracher son coeur, sa bouche l'accabler de tous les maux de l'univers mais encore une fois elle se contenait. Tout ceci ne ferait qu'aggraver les choses. La jeune femme qui se tenait à ses côtés lui semblait fort appréciable. Si bien qu'elle préféra la détailler pour s'adresser au Vampire :


- Vous me voyez heureuse de vous retrouver parmi nous en… vie, Raphaël…

Se détendant elle contempla la demoiselle. Elle était jolie, naturelle, pleine de charmes. Elle devait certainement être de bonne compagnie et emplie de bienveillance. Qui était-elle ? Assise sur le canapé en compagnie du vampire elle faisait face à Alexender. Sa proximité avec le monstre lui en donnait des frissons. Tout sourire, pleine de sa gaieté ordinaire mais aussi de son excentricité sans égale Katherine se dirigea vers elle.


- Nous n'avons pas été présentées, je suis Katherine, et vous êtes.. ?

Elle jeta un regard aux hunters présents et se sentit soudainement de trop. Comme si elle avait déboulé au beau milieu d'une conversation qu'il ne fallait pas interrompre. Elle se sentait à la fois menacée par la présence de Raphaël et envahissante. Aurait-elle du contenir sa joie ? Peut-être mais le mal était fait.

Michael observait derrière sa maîtresse la réaction de la jeune femme. Il était prêt à se battre pour elle. Il n'était pas dupe, il avait bien entendu le début de leur conversation lorsque le vampire et elle avaient débarqué. Une certaine animosité avait été dirigée contre la Comtesse et il s'était retenu de descendre pour ne pas leur sauter à la gorge. De plus l'explosion d'Alexender l'inquiétait. Etait-il capable de recevoir en ce moment-là la bonne humeur de Katherine ? Inquiet il attendait sagement la suite des événements. La jeune Hongroise n'avait pas besoin qu'on dirige une certaine haine vers elle, pas alors qu'elle revenait pour une soirée.



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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Raphaël Veneziano
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Lun 20 Fév - 23:42

Malgré ce qu'ils avaient convenu ensemble, Raphaël n'avait pas pu laisser Eulalia affronter seule Alexender. Le rouquin était difficile à raisonner et sa colère semblait impossible à contrôler. Il était meurtri, à sa manière, et les remontrances de la jeune femme l'avaient ébranlé plus qu'elle ne l'aurait imaginé. Ses mots, empli de rage, s'étaient ainsi mis à dépasser l'entendement, alors qu'ils étaient alliés, et le Vampire avait craint qu'il ne violente son amante. C'était pour cela qu'il avait quitté le hall à tout hâte et qu'il avait fini par fausser compagnie à Christopher : il avait voulu s'interposer et mettre un terme aux paroles insensées que le Hunter déversait sur la belle. Mais lorsqu'il était entré, c'était Eulalia elle-même qui giflait l'aristocrate...

Les tensions s'étaient ensuite apaisées et ils avaient annoncé à Alexender que Sarah était bel et bien vivante. Cela avait provoqué chez lui un véritable désarroi qui s'était peu à peu mué en colère. Le Hunter s'était alors soudainement agité et, si Christopher n'était pas intervenu à son tour pour le calmer, sans doute aurait-il fini par réussir à sortir du QG pour se précipiter tête baissée au milieu de la bataille que les Vampires semblaient se livrer au cimetière.

Raphaël observait maintenant l'aristocrate déchu. Assis dans son sofa, le visage dans ses mains, il s'abandonnait à un profond désespoir. Il semblait complètement déboussolé, incapable de réprimer ses larmes. A ses côtés, Christopher et Nathan tentaient de le calmer. Le Vampire sentit la main de son amante se glisser au-dessus de la sienne. Sa chaleur le surpris un peu mais il soupira ensuite de bonheur. Même s'il vivait un calvaire depuis quelques jours et que l'avenir ne paraissait pas leur ouvrir d'heureuses perspectives, il était heureux qu'elle soit à ses côtés.
Le regard de Christopher les invita alors à prendre place, afin que tous puissent discuter avec plus de calme. Raphaël hésita un peu, mais il finit par s'asseoir dans un des fauteuils qui trônaient près du sofa. Il fit signe à Eulalia de venir avec lui. Le fauteuil n'était pas assez large pour deux, mais il lui offrait volontiers ses jambes. Au diable les convenances ! Il préférait l'avoir sur lui plutôt que de la regarder s'asseoir près du Hunter dont l'esprit était clairement en proie au doute et à la colère.

Cependant, la jeune femme s'approcha plutôt d'Alexender. Raphaël grimaça, se demandant ce qu'elle projetait de faire. Sa douce voix voulut apaiser le rouquin et lorsque sa main se posa sur sa joue rougie, une légère lueur dorée en émana et la rougeur se mit à disparaître. Son pouvoir de guérison sembla faire immédiatement effet. Le Vampire sourit discrètement, fier de son amante. Même s'il ne lui avait jamais dit, il trouvait son don aussi utile que magnifique. Lui qui ne savait que blesser autrui admirait cette capacité qu'elle avait de faire le bien autour d'elle. Tant de douceur se dégageait d'elle !
Lorsqu'elle revint vers lui, l'Ange Blanc frissonna en sentant ses doigts frôler sa peau. Puis il se décala au maximum pour la laisser prendre place auprès de lui. Il respira avec plus de sérénité. Ils allaient enfin pouvoir discuter et exposer leurs griefs respectifs. Même si la tâche n'était pas aisée, il ressentait un certain besoin de raconter sa mésaventure avec le Comte.


- Alexender, Sarah est en vie et nous devons nous en réjouir. Même si c'est le Comte qui la récupère, au moins sommes-nous certains de sa survie. Il ne la tuera pas. Il était persuadé que c'était vous qui la cachiez.

Mais alors que le Vampire allait enfin expliquer ce qu'il lui était arrivé, des pas raisonnèrent à l'étage et Michael apparut en bas des escaliers. Raphaël lui jeta un regard interrogatif tandis que le majordome de Katherine se précipitait vers l'entrée. Les yeux bleus du Hunter croisèrent ceux d'Eulalia. Pourquoi le Lycanthrope courait-il ainsi ? Derrière lui, Seamus semblait tout autant surpris par l'attitude de son collègue bricoleur.
Ce fut lorsque trois coups résonnèrent contre la porte d'entrée que l'explication logique se présenta à tous : Katherine revenait au QG. Christopher sauta sur ses pieds et dépassa le majordome pour aller vérifier au judas que c'était bien la belle Huntress. Les pas dans l'entrée et la voix de Katherine les informèrent que leur instinct avait vu juste.
Raphaël, qui avait déjà grimacé en voyant Michael, se sentit quelque peu alourdit d'un poids supplémentaire. Les Lycanthropes ne l'acceptaient pas et leur animosité le perturbait beaucoup. C'était en partie à cause de leur présence qu'il ne s'entendait pas avec Alexender...Fallait-il qu'ils arrivent à ce moment-là ? Quelle plaie !

Lorsque Katherine entra dans le salon, elle fut débarrassée de ses affaires pendant que Christopher l'invitait à les rejoindre près de l'âtre. Leur petite réunion improvisée prenait de l'ampleur, pour le meilleur comme pour le pire. Les Lycanthropes avaient le droit d'en faire partie.
Quand les yeux de la belle Hongroise se posèrent sur lui, Raphaël se tassa légèrement et lui sourit, avec difficulté, pour éviter d'envenimer leurs relations. Il fut soulagé de la voir s'attarder sur Eulalia plutôt que sur lui...Cependant, il ne put s'empêcher de lui répondre :


- On ne me tue pas si facilement, Mademoiselle Thornes...vous le savez bien.

Le coeur battant, le Vampire ramena contre lui sa main enrubanné de bandages et grimaça à son contact. Étrangement, raconter ce que lui avait fait subir le Comte lui sembla maintenant d'une difficulté sans nom. Pourtant, il savait qu'elle avait sans doute vu le lord entre-temps, et qu'ils avaient donc de nombreuses informations à échanger...
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Alexender Von Ravellow
Hunter - "Criminel" en fuite
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Mer 22 Fév - 23:22

Eulalia était une utopiste et son optimisme l’écœurait.

Depuis qu'il avait appris l'existence des Vampires, depuis que sa mère avait été brutalement assassinée sous ses yeux, l'aristocrate déchu ne pouvait pardonner aux créatures de la nuit leur nature si différente, si dangereuse...
Qu'il puisse y avoir des aberrations de cette espèce qui n'aient jamais désiré leur nouvelle forme, il le concevait aisément, de même qu'il concevait que certaines d'entre-elles puissent se battre pour le bien de l'humanité, comme le prétendait par exemple Raphaël. Mais le Hunter qui sommeillait en lui refusait d'y croire complètement. Pour lui, repentantes ou non, ces créatures ne pouvaient pas être considérées comme des leurs. A ses yeux, elles étaient comme ces chiens élevés pour l'attaque et dont l'instinct de chasseur ne laisse jamais réellement la place à une docilité suffisante pour garantir la sécurité d'autrui.
Laisser un Vampire se fondre parmi eux était un supplice. Déjà, Raphaël se nourrissait de la naïveté de la jeune femme et buvait à sa belle gorge blanche sa vie et ses désirs. Il jouait avec ses sentiments, loin de maîtriser les siens, et ne faisait que retarder l'inévitable accident mortel que sa nature félonne ne tarderait pas à provoquer. Utiliser Raphaël et sa romance ridicule avec la belle Miss Grey pour trouver et détruire le Comte était une chose, le prendre pour un être parfaitement doué de raison et de tendresse envers les Hommes en était une autre.
Maintenant, élargir ces illusions à tous ses semblables et croire profondément en l'once d'humanité que chacune des créatures de la nuit pouvait encore avoir sous sa peau de glace ou de poils, était, de son point de vue, parfaitement insensé.
Eulalia rêvait.


- Votre pardon est un fantasme...

Éviter le regard du Vampire qui venait d'arriver. Éviter de frapper Nathan qui venait de le frôler.

Alexender eut un mal fou à se contenir. Le pire fut lorsqu'il comprit que Sarah était bel et bien vivante. C'était...impossible.

Le vide, l'incompréhension, la culpabilité...
Alexender crut devenir fou à cette confirmation.
Sarah était bien vivante et c'était le Comte qui l'avait récupérée ?

Un cauchemar...
Ce n'était qu'un cauchemar.

S’asseoir sur le sofa, pleurer, rager, jeter tout à terre, se décider, se lever, réaliser que tout ce que l'on entreprend n'est que vanité.

Alexender ne pouvait plus accepter cette vie. Son cœur déborda d'émotions et sembla désirer mourir sur le bord de ses lèvres desséchées.
Il se sentit effroyablement coupable.

Nathan et Christopher tentaient de le raisonner, mais à la vérité, Alexender n'écoutait plus ses alliés. Il ne voulait plus participer à tout cela. A chaque fois qu'il avait pris une décision, l'ensemble du groupe était allé à la catastrophe. Combien d'innocents avaient donc péri à cause de sa fougue irresponsable ? Combien d'amis avait-il perdu ? Il n'était pas fait pour être à la tête d'une équipe, encore moins à la tête de ce qu'il avait cru pouvoir devenir la plus grande alliance de Hunters de Londres depuis la Guilde d'Ivoire. Il se sentait idiot, lâche, incapable. Il refusait de porter plus longtemps le poids de ses erreurs et de toute cette pression. Jamais il n'avait pensé pouvoir un jour regretté d'avoir jamais entendu parler des créatures de la nuit. Lui qui avait été si entouré dans ses déambulations mondaines, ses dîners, ses bals, ses soirées, ses nuits, ses escapades chevaleresques au milieu des vestiges d'un ancien temps empli d'obscurité et de crainte...se retrouvait finalement seul, complètement seul. Il ne savait plus s'il fallait qu'il s'accroche au vains espoirs que ses coéquipiers tentaient de lui insuffler ou s'il valait mieux qu'il abandonne le combat afin de libérer ses élèves et amis, et de leur rendre la vie qu'ils méritaient. Mais les contradictions que ses sombres pensées soulevaient par vagues lui revenaient sans cesse en pleine figure. Et qui se chargerait d'éliminer ces démons si ce n'était pas lui ? Et qui mènerait ces jeunes gaillards si ce n'était pas lui ? Izac avait le potentiel requis pour prendre sa place, mais il avait déjà signalé à plusieurs reprises qu'il les aidait sans désirer faire partie de leur groupe. Le gitan agissait seul.

Le visage perdu dans ses mains couvertes de larmes, Alexender se laissa aller au plus grand des désespoir. Sarah, sa chère Sarah...Il l'avait abandonnée ! Il l'avait livrée au Comte !
Comment pourrait-il se le pardonner ? Comment allait-il la récupérer ?
Tous ses efforts avaient été vains.

Alors qu'il pleurait sans pudeur, Eulalia s'approcha de lui avec douceur. Elle tendit sa main vers sa joue et une étrange lueur brilla dans le creux de sa paume. Le Hunter tendit tout d’abord le dos et se crispa tout à fait à son contact. La chaleur de son geste s'immisça lentement dans sa peau irritée de larmes. Le pouvoir que la belle utilisa sur lui l'apeura. Il tenta de reculer son visage. Puis, il finit par se détendre et ferma les yeux pour recueillir ses bienfaits. La jeune femme l'avait déjà tiré des griffes de la mort suite à leur échec au théâtre, pourquoi ne lui accorderait-il pas de nouveau sa confiance ? Après tout, la bourgeoise n'avait jamais agi contre lui, même si leurs idéaux étaient souvent en conflit et qu'elle éprouvait des sentiments pour le Vampire au cheveux blancs...
Quelques minutes passèrent et Eulalia alla s'installer près de son étrange amant. Alexender resta sur le sofa où Nathan et Christopher venaient de le rejoindre, inquiets face au don surprenant de leur alliée. Le soupir du rouquin en dit long sur son apaisement. Il ne pleurait plus et son souffle semblait plus calme. Même si son cœur souffrait encore, et même s'il demeurait très émotif, il sembla plus à même de discuter. C'était comme si la jeune Miss Grey lui avait massé les tempes à l'aide d'un spiritueux voluptueux destiné à soulager les maux de tête. Il paraissait soudainement frais et dispo.

Avec Christopher et Nathan, il fit face au couple qui se tenait devant l'âtre en leur compagnie. Il était temps de s'expliquer un peu et de mettre à plat leurs différents griefs avant d'établir de nouveaux plans afin de servir leur cause commune.
Raphaël se voulut rassurant. Il lui avança que le Comte ne ferait pas de mal à Sarah et qu'il la désirait en vie. Alexender tiqua. En vie ? Rien n'était moins sûr...On voyait bien que ce n'était pas lui qui avait récupéré l'héritière des Spencer exsangue au milieu d'un salon en flammes...Et que dire des nombreux supplices que le Vampire pouvait lui faire subir ? Il pouvait la violer, la torturer, la saigner, lui offrir l'immortalité aussi...C'était pitoyable de se réjouir qu'elle était en vie ! Peut-être qu'à l'heure où ils parlaient, la jeune femme suppliait qu'on l'achève.

Mais, alors que le Vampire allait sans doute raconter sa mésaventure avec le Comte, des pas raisonnèrent à l'étage et Michael dévala les escaliers en courant. Alexender se redressa et interrogea Christopher du regard tandis que ce dernier se levait. Alphonse et Seamus descendaient l'escalier au pas, hésitants. Tout le monde se demandait ce qui pouvait bien motiver le geste du Lycanthrope.
Alors, on frappa à la porte. Alexender sursauta. Christopher empêcha son ami de se lever.


-  Laisse ! J'y vais.

C'était Katherine, le rouquin en était persuadé. Izac ne frappait pas de la sorte pour entrer.
Soudain, ses pensées s'affolèrent. Si c'était bien la belle Lycanthrope, alors elle revenait de sa première mission auprès du Comte ! C'était aussi excitant qu'angoissant. Et si elle avait été suivie ? Et si ce n'était pas Katherine mais le Comte lui-même qui se trouvait derrière la porte ? A cette idée, le rouquin blêmit tout à fait et son expression se décomposa en une moue d'effroi.
Épouvanté, les ongles crispés sur le sofa, le Hunter tendit l'oreille. A ses côtés, Nathan sentit son propre cœur battre la chamade. Comme son ami, il arrêta de respirer.
Quand il entendit la voix de la jeune femme, Alexender soupira bruyamment, sans cacher son intense soulagement. Il jeta un regard sombre à Raphaël avant de sourire à Nathan qui venait de lui mettre un coup de poing amical sur l'épaule, soulagé lui aussi.


- Katherine...murmura l'aristocrate avec une joie non dissimulée.

A peine la Lycanthrope fut-elle entrée dans le salon en compagnie de Christopher et Michael, que les tensions se ravivèrent. La belle ne supportait pas Raphaël à cause de sa nature et de sa dangerosité. C'était l'amante d'Alexender, et c'était en partie à cause de leur relation que le Vampire s'était enfui quelques jours plus tôt et qu'en cet instant Alexender dévisageait avec mépris Michael en le voyant si près d'elle...
Durant cet échange de regards noirs, Seamus et Christopher se rejoignirent pour s'asseoir par-terre près de l'âtre. Alexender resta près de Nathan, sur le sofa, et laissa Alphonse prendre place à leurs côtés. Il restait encore un peu d'espace et le Hunter songea que Katherine pourrait les rejoindre. Michael n'avait qu'à se tenir droit comme un « i » derrière sa maîtresse...

Lorsque Katherine se trouva près d'eux, elle demanda à Alexender ce qu'il se passait.


- Je...C'est compliqué...

Son doux regard lui fit chaud au coeur et il la laissa l'enlacer. Pourquoi la repousserait-il ? Tout le monde était désormais au courant de leur relation, il était stupide de s'en cacher. Evidemment, il aurait tout de même préféré qu'elle n'aie pas ce genre de geste en cet instant. A part scinder un peu plus les opinions en affichant clairement son infidélité...cela ne pouvait rien donner de bon...
La main de la belle se posa sur sa joue et il posa la sienne par-dessus pour la presser un peu. Il lui sourit, d'un air coupable, puis la laissa lui caresser les cheveux. Au bout d'un moment, les doigts de la belle s’enfuirent et Michael vint chercher son manteau. Puis, elle se plaça devant Raphaël et Eulalia. Alexender grimaça. Elle les salua mais ses mots envers le Vampire furent un peu osés par leur ironie. Heureusement, ce dernier y répondit avec moins de violence qu'il l'aurait pu. Il semblait chercher la paix plutôt que d'attiser les braises qui les brûlaient tous.
De son côté, la Lycanthrope s'attarda volontiers sur Eulalia afin de faire sa connaissance. Il était évident que sa proximité avec le Vampire en faisait une femme particulière...
Alexender hésita à les présenter lui-même, mais il se ravisa.
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Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42]

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