L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42]

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Alexender Von Ravellow
Hunter - "Criminel" en fuite
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Race : Humain
Classe sociale : Aristocrate déchu
Emploi/loisirs : Hunter / Il est recherché par le Yard et les Vampires de Jirômaru Keisuke.
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Proie(s) : Tous les Vampires, sauf Raphaël qu'il surveille maintenant sans chercher à l'assassiner. Le Comte Kei est son pire ennemi. Alexender peut aussi s'attaquer à des Loups-Garous.
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MessageSujet: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Ven 2 Déc - 10:50

[HRP/ Suite de La crainte d'un espoir/HRP]

Installé confortablement dans le sofa du salon, Alexender jouait avec une plume qu'il venait de tremper dans l'encre. Devant lui, sur la table basse, trônait une paire de parchemins sur lesquels reposaient quelques croquis inachevés. Des tunnels, des arches, des toits...aucune logique transparaissait de ces essais, si ce n'était une certaine cohérence esthétique.
Poussant un long soupir de satisfaction, le Hunter toucha du bout de sa plume blanche un verre de vin rouge posé non loin de sa main et sourit. Ce vin était bon. Il l'avait trouvé dans la réserve que ses camarades lui-même s'étaient faite en quittant la demeure d'Eulalia Grey. La jeune et jolie bourgeoise avait du goût ! Portant le verre à ses lèvres, l'aristocrate déchu jeta un coup d'oeil à la tête blonde de Nathan qui était assis par-terre non loin de lui. Le dos contre le sofa, les jambes étirées vers l'âtre qui crépitait devant eux, il tenait un petit livre entre ses longues mains : un recueil de poèmes en latin, publié par un illustre inconnu.
Le jeune calligraphe et écrivain profitait de ce moment d’accalmie pour se détendre un peu. Depuis qu'ils avaient fait sortir de prison les filles de Romerta et que Katherine avait réussi à infiltrer la troupe de théâtre du Comte, les Hunters avaient le cœur en fête. Cependant, une ombre planait toujours au-dessus de leurs têtes. La nécessité les poussait à se tenir sur leurs gardes d'autant plus que la belle Lycanthrope devait désormais passer plus de temps dans sa demeure publique et les salons afin de jouer son rôle d'aristocrate et d'actrice fière d'avoir accroché le regard du lord. Ses allers-retours entre son manoir et le QG risquaient de les faire découvrir et ils devaient donc renforcer la sécurité générale. Nathan n'en pouvait plus de surveiller l'entrée de leur repaire. Pour une fois, c'était Christopher qui y veillait pendant qu'il prenait une pause bien méritée en compagnie de son ami et maître.
Laissant un instant son regard plonger dans les flammes de la cheminée, le jeune écrivain soupira légèrement. Il songea aux débats qu'il avait régulièrement avec Christopher au sujet de la nature de Katherine et de son majordome, ainsi qu'au sujet du départ de Raphaël. C'est que cette affaire les avait tous remués avant leur exploit à la prison et qu'elle continuait de les poursuivre...
Seamus ne savait plus que penser des créatures de la nuit et son esprit était aussi confus que ses gestes depuis quelques jours. Nathan le soupçonnait d'admirer la belle Katherine qui leur faisait tourner la tête à tous et de jalouser Alexender. Christopher, lui, restait distant avec tout le monde. Il ne parvenait pas à oublier sa conversation avec Raphaël et la tournure des choses l'avait littéralement fait sortir de ses gonds. Il avait même frappé Alexender...une première depuis leur association ! Apparemment, quelque chose s'était brisé entre eux. De son côté, Alphonse semblait heureux de pouvoir considérer les Lycanthropes comme des alliés. Il ne se préoccupait plus du Vampire qui avait choisi de s'exiler et se focalisait sur leurs prochaines actions d'éclat. C'était celui qui parlait le plus de Suzanne et Marguerite, les domestiques chéries d'Alexender, ainsi que de Sarah qui restait introuvable. C'était sans doute celui qui conservait le plus d'espoir et de gaieté dans l'équipe. Enfin, Izac, le plus âgé de tous, restait en retrait. D'ailleurs, il ne passait pas beaucoup de temps au QG, préférant les ruelles pour chasser ou pour rassembler des informations. Depuis deux jours, on savait qu'il rôdait autour du Grand Théâtre pour observer les dernières réparations et tâcher de voir le Comte. Ils étaient tous d'accord sur le fait que ces sorties étaient particulièrement dangereuses, mais personne n'osait réellement s'opposer au gitan. Il avait toujours agi à sa guise, fier de sa grande expérience et de son efficacité redoutable.


- Tu n'arrives pas à traduire ? pouffa Alexender dans le dos du jeune blond.

- Mmh ? Si...répondit Nathan en sortant de ses pensées. Il finit par mentir pour orienter la conversation sur un sujet qu'il voulait aborder depuis un moment : Je songeais simplement à Miss Thornes...

Alexender croisa les jambes en souriant, comme si son coéquipier venait de lui rappeler une merveilleuse nouvelle.

- Elle ne va pas tarder je pense. Michael nous a confirmé qu'elle avait réussi à intégrer la troupe du Comte, maintenant elle doit se faire discrète : elle doit jouer son rôle d'aristocrate et d'actrice. Elle ne pouvait pas rentrer aussitôt la soirée passée chez Sir Barry, ça aurait pu nous mener à la catastrophe.

- Je sais...Mais je songeais plutôt à sa Lycanthropie. ajouta le jeune Hunter d'un air morose.

Alexender fronça les sourcils et posa son verre sur la table basse près de ses croquis. Plongeant ses iris ambrés dans les yeux de Nathan, il se pencha en avant pour s'en rapprocher et murmura dans ses longs cheveux roux qui lui tombaient maintenant sur les épaules :


- Hé...Ne t'inquiète pas...Les Lycanthropes ne sont pas comme les autres créatures de la nuit. Je peux te garantir que leurs particularités ne sont pas destructrices, pas comme celles des Loups-Garous ou des Vampires. Tu peux avoir confiance en Katherine et Michael.

Nathan soupira et referma son recueil dans un claquement sec avant de le glisser sur la table.

- Monsieur De Sorel en est un n'est-ce pas ?

Le sang d'Alexender ne fit qu'un tour dans ses veines et son cœur manqua un battement. Il ne put retenir une expression de surprise et de peur traverser son visage. Nathan profita du choc pour se relever.

- Ne t'inquiète pas, je l'ai compris ce matin en me remémorant ta façon d'en parler. Je ne dirai rien à personne.

Alexender lui fit un sourire coupable et soupira en levant les yeux au ciel.

- Je ne suis pas assez prudent...vous êtes de vraies petites fouines...Haha !

Sa main retrouva son verre et il le termina d'un coup pour se remettre de ses émotions. Lui qui avait toujours pris soin de couvrir son ami se rendait soudainement compte qu'il en parlait trop souvent...
Nathan se mit à observer les croquis sur la table et à leur chercher un sens.


- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il curieux.

- Les bâtiments qui se trouvent autour de la prison où Suzanne et Marguerite sont enfermées. fit le Hunter d'un ton quelque peu fier.

- Tu sais où elles sont ? s'étonna le jeune homme en posant ses deux mains sur la table.

- Oui, c'est Izac qui a trouvé l'information. Elles ont été transférées deux fois à deux endroits différents mais nous avons retrouvé leur piste. Elles sont à Chelmsford.

- Chelmsford ? Mais c'est loin ça !

- Je sais...C'est pour ça que l'on doit se préparer avec soin...Izac a ramené des plans de la ville et des récits de voyageurs pour que je m'en fasse une idée. J'ai du mal à visualiser les détails, mais je sais par exemple qu'il y a un système d'évacuation des eaux usées qui peut nous être utile. Un tunnel passe par-dessous la prison. Il rejoint un vieux manoir qui pourrait nous servir de base, mais il est habité...

- Où est-ce qu'il a récupéré des plans pareils ? s'interrogea Nathan en prenant l'un des parchemins jaunis qui traînaient sur la table.

- Ça, je ne sais pas...confessa le rouquin en haussant les épaules. Tu sais bien que les voies d'Izac sont impénétrables...

Nathan sourit brièvement.

- Et...Sarah ? se risqua-t-il à demander.

Le visage d'Alexender se ferma d'un coup et il détourna le regard. Ses dents se serrèrent.


- Tu crois sincèrement qu'elle est encore vivante, Nathan ?

Le ton glacé que venait de prendre le Hunter figea le jeune blond qui tiqua à sa question. Sarah avait été attaquée par des Vampires, elle avait chuté dans le fleuve et nul n'avait plus entendu parler d'elle. Le Yard lui-même avait arrêté les recherches. Il y avait effectivement peu d'espoir qu'elle s'en soit sortie vivante.

- Alors...tu abandonnes ?

Cette fois, Alexender s'échauffa.

- Bon Dieu, mais qu'est-ce que tu veux que je fasse de plus ?! Nous l'avons cherchée partout ! Avec les disciples du Comte qui la cherchent aussi, nous ne pouvons pas sortir comme ça...Son regard se perdit sur les taches qui maculaient le plafond. Il faut que je me fasse une raison Nathan...je ne la reverrai plus jamais...

Le jeune Hunter vit briller une larme au coin de l'oeil de son ami et se tue tout à fait. Ils ne pouvaient plus y faire grand chose, c'était vrai. Mais, au fond, il ne pouvait s'empêcher de songer que si Katherine n'avait pas été là, il aurait sans doute cherché sa fiancée plus longtemps.

- Où est Michael ? demanda-t-il soudain pour changer de sujet.

- Je crois qu'il est avec Seamus dans la salle d'eau. La baignoire a un trou. fit mollement Alexender en se passant la main sur le visage.

Après quelques minutes de silence durant lesquelles Nathan remit une bûche dans l'âtre brûlant, Alexender se redressa dans le sofa et se resservit un verre de vin. Puis, il reprit sa plume et continua d'esquisser le fameux tunnel dont il notait les proportions avec soin en traçant de petites réglettes tout autour. Depuis qu'il avait abandonné l'espoir de retrouver Sarah, le Hunter avait placé ses dernières espérances dans le plan qu'il avait élaboré avec Katherine et dans la libération de ses domestiques. Avec la Lycante dans la troupe de théâtre du Comte, ils auraient rapidement des informations capitales pour le coincer enfin. Et s'ils parvenaient à récupérer Suzanne et Marguerite, alors son cœur, qui ne cessait de saigner en silence, retrouverait un semblant de santé qu'il avait perdu malgré la présence de la belle Katherine à ses côtés.
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Eulalia Grey
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Ven 16 Déc - 9:47

Les petits talons de la Huntress claquaient sur le pavé mouillé. Elle avançait d'un pas décidé, gardant près de lui son précieux Raphaël. Elle en voulait terriblement à Alexender d'avoir ainsi abusé de Sarah, de se livrer ainsi à une jeune femme dont personne ne savait rien, d'avoir laissé Raphaël s'en aller seul dans la nuit... Oh, il aurait beau prétendre qu'il n'avait rien pu faire pour l'arrêter, elle connaissait suffisamment l'aversion de ce dernier pour les Vampires pour savoir qu'il n'avait sans doute fait aucun effort afin de retenir l'Italien.
Elle avait envie de le gifler, de lui hurler dessus. Eulalia, d'un naturel si calme, n'avait étrangement aucun remords vis à vis du savon qu'elle s'apprêtait à passer au grand roux. Il avait trop longtemps mené la barre comme il l'entendait sans prendre en considération les avis des autres, il serait temps que cela change !

En réalité, ce qu'Eulalia peinait surtout à avaler, c'était le risque qu'Alexender avait fait courir à son amant. Le Comte aurait bien pu lui prendre davantage que ses deux doigts et personne n'aurait rien pu faire pour l'en empêcher.
Un frisson parcourut sa nuque. Que ferait-elle si Raphaël venait à retomber entre les griffes dj Comte, de façon plus définitive ?
Craintivement, rejetant cette perspective dans un sombre recoin de ses pensées, la jeune chasseresse se contenta de saisir à nouveau la main glacée du Vampire alors qu'ils arrivaient en vue de la masure qui servait de Quartier Général.
Avant que les hommes qui en gardaient l'entrée n'aient eu le temps de dire quoi que ce soit, elle s'avança, dévoilant son visage dans la lumière et s'annonça d'une voix qu'elle n'avait jamais eu aussi impérieuse.


- Je suppose que vous avez reconnu sans peine Monsieur Veneziano. Je suis Eulalia Grey, celle grâce à qui vous pouvez manger et boire tous les jours sans avoir à fouiller dans les détritus.

Elle s'arrêta un instant et se mordit la lèvre. Ces hommes n'étaient sûrement pour rien dans ce qui s'était passé et ne méritaient sans doute pas d'être traités aussi sèchement. Elle se racla la gorge et adoucit son ton avec un regard d'excuses.

- Veuillez m'excuser. Je dois m'entretenir avec Monsieur Von Ravellow d'une affaire urgente. Auriez-vous l'amabilité de me conduire jusqu'à lui ?

La Huntress s'en voulait d'être si sèche et expéditive mais son ressentiment n'avait cessé de grimper pendant tout le trajet. Cet imbécile d'Alexender, malgré ses talents de combattant et de meneur, avait besoin d'une bonne correction.
La masure était vraiment minable et poussiéreuse. L'entrée était si petite qu'elle n'eut que quelques pas à faire avant de trouver l'homme qu'elle cherchait, installé avec un verre de vin. Elle le regarda depuis l'encoignure de la porte avec un air profondément grave. Elle se contenait pour ne pas hurler sur le chasseur mais ses mains tremblaient tant il était difficile pour elle de se retenir. Avant d'entrer, elle se tourna vers le Vampire et serra doucement ses mains contre les siennes.


- Je vais y aller seule... Essaye de te reposer pendant ce temps, tu en as vraiment besoin.

Elle s'avança ensuite dans la pièce, fermant la porte derrière elle, faisant bruisser le tissus sombre de sa robe simple sur le sol. Elle aurait voulu se réfugier dans les bras de Raphaël, le laisser parler à sa place, mais il était tant qu'elle fasse entendre sa propre voix et surtout, qu'elle montre à tous qu'elle n'avait besoin de personne pour pouvoir affirmer son autorité.

- Quand vous m'aviez entretenue de l'esclandre qui avait eu en ces lieux dans votre missive, j'étais bien loin d'imaginer dans quel état j'allais retrouver Raphaël.

Elle serra plus fort les poings en le revoyant, si faible, si démuni, dans le cagibi du bibliothécaire. Sa voix trembla l'espace d'un instant.

- Le Comte l'a découvert. Il a été torturé psychologiquement et mutilé, c'est un miracle de l'avoir récupéré en vie. Elle soupira profondément. C'est déjà un miracle en soi d'avoir réussi à retrouver sa trace. Bon Dieu, Alexender, à quoi pensiez-vous ?! Est-ce que nous sommes seulement en état de nous passer d'un de nos combattants ?! Est-ce que vous avez seulement pensé à ce qui se serait passé si le Comte s'était mis dans la tête de le torturer pour obtenir des informations sur notre alliance ?

Eulalia secoua la tête. Bien sûr que non, il n'y avait pas pensé. Elle était presque sûre qu'au fond, il préférait voir Raphaël entre les mains du Comte plutôt que de devoir collaborer avec lui. Pourquoi s'arrêtaient-ils tous ici à la simple appartenance à telle ou telle espèce pour décider de la qualité d'un être vivant ? Pourquoi, aux yeux de ces gens, Raphaël vaudrait toujours moins qu'un humain de la pire espèce malgré ses bons sentiments ? Pourquoi personne ici ne faisait l'effort de comprendre la double peine qu'il subissait ? Pourquoi personne ne voyait en lui l'Homme qu'il était toujours ?

- J'ai aussi appris un peu plus précisément ce qui s'était passé entre "Miss Hughton" et vous.

L'oeil d'Eulalia était devenu accusateur. Elle avait délibérément usé du pseudonyme qu'Alexender avait donné à cette femme dans la dernière lettre qu'elle avait reçu. Lorsque Raphaël lui avait confié les incartades du Hunter, elle n'avait pas tout de suite fait le rapprochement, aveuglée par la colère et l'incompréhension. Maintenant, tout était clair.

- Vous n'avez pas honte ? Vous n'avez pas honte de tromper Lady Spencer avec une femme sortie d'on ne sait où ? Une femme incapable de contenir son majordome, une femme qui n'a pas versé la moindre goutte de sang ou de sueur lorsque nous nous sommes démenés au Théâtre ?! Êtes-vous donc si peu constant dans vos sentiments au point qu'il suffise qu'une gourgandine vienne battre des cils devant vous pour que vous en oubliiez l'amour de votre vie ?!

Ils avaient tous beaucoup souffert pour tirer Sarah de l'emprise du Comte. Elle y avait d'ailleurs laissé ses deux parents. Eulalia se sentait écoeurée, trahie. Tous ces sacrifices pour qu'Alexender finisse par oublier sa belle dans les bras d'une catin de bas étage.

- Continuez donc dans votre lancée Sieur Von Ravellow. Continuez donc à vous abîmer dans les bras de cette femme alors que Lady Spencer est vivante et entre les mains du Comte, je suis sûre que cette situation satisfera le principal intéressé de l'affaire. C'est d'une tristesse, tous ces sacrifices que nous avons dû faire pour en arriver à une situation aussi vaudevillesque, ne trouvez-vous pas ?
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Raphaël Veneziano
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Sam 17 Déc - 10:53

[HRP/ Suite de "Échappatoire impromptu"/HRP]

Soutenu par Eulalia, Raphaël peinait à suivre le rythme effréné que la jeune bourgeoise donnait à leurs pas. Elle semblait dévorée d'un feu ardent qui lui faisait pousser des ailes. Était-ce la peur ou bien la colère qui la motivait ainsi ? Les deux sentiments étreignaient sans aucun doute son cœur.
D'un côté, elle venait de faire sortir de la bibliothèque l'un des Vampires les plus recherchés du royaume. Son visage les suivait sur chaque pan de mur capable d'accueillir une affiche, et son aura risquait de rameuter les plus dangereux de ses congénères. Comment ne pas céder à la peur alors même qu'ils erraient dans la nuit dans un des pires quartiers de la capitale ? Même si le Comte, ses disciples et les deux Sectes étaient censés être concentrés du côté d'Highgate pour récupérer Sarah, il était impensable que les ruelles puissent avoir été entièrement vidées de leurs présence. La peur était une émotion nécessaire à leur survie.
D'un autre côté, Eulalia semblait fulminer depuis que son amant lui avait confié qu'il ne souhaitait pas retourner au QG des Hunter notamment à cause de l'attitude d'Alexender. Elle avait rapidement compris que le rouquin avait trompé Sarah avec miss Thornes et cela l'avait visiblement mortifiée. Raphaël comprenait son aversion pour ce genre de chose, et il la partageait clairement, mais il ne pouvait s'empêcher de se répété qu'il n'aurait peut être pas dû en parler de la sorte. La colère qui crispait la mâchoire de sa belle était tout compréhensible, d'autant qu'elle l'avait retrouvé lui, agonisant, mutilé, sans espoir, dans un réduit poussiéreux où la seule lueur qui l'avait maintenu en vie lui avait été donnée par un Vampire. Il y avait de quoi chercher un responsable à haïr.

Le trajet depuis les égouts jusqu'au QG parut une éternité au Hunter. L'air glacé du soir et la brume les dissimulaient en partie mais son angoisse ne cessa de grandir à mesure qu'ils arrpochaient de leur destination. Il faisait tout pour ne pas songer à son aura, afin de la garder cachée, mais il ne pouvait détacher ses pensées de l'accueil qu'ils risquaient d'avoir en arrivant.
Lorsqu'ils furent enfin devant la porte de la masure, le Vampire avait la respiration saccadée par l'effort et son cœur de cessait de battre contre sa poitrine comme pour en sortir.


- Att...attends...

Eulalia s'avança, dévoila son visage et s'annonça avec fermeté. Raphaël serra les dents et jeta des regards craintifs autour de lui.

- Pas si fort...Ne donne pas nos noms...souffla-t-il le cœur battant.

La jeune bourgeoise avait oublié d'utiliser leurs noms de code et prenait des risques inconsidérés tant elle était pressée d'entrer. Le son du petit judas se fit entendre et un cri de surprise, étouffé par la porte, leur parvint juste avant que cette dernière ne se déverrouille. C'était Christopher qui gardait l'entrée ce soir. La vision du jeune homme rassura quelque peu le Vampire. C'était celui avec lequel il avait le plus conversé avant son départ, celui en lequel il croyait sans doute le plus.
Christopher marqua un temps d'arrêt et dévisagea tour à tour les deux arrivants d'un air à la fois surpris et inquiet. Eulalia s'excusa pour son ton et demanda à voir Alexender. Le jeune homme fronça les sourcils mais s'écarta pour les laisser entrer. Il vérifia que personne ne les avait suivi dans la rue avant de refermer la porte derrière eux et de la verrouiller à nouveau.


- Miss Grey, vous ne deviez pas venir au QG...fit-il en se présentant devant la jeune femme.

Puis, sans attendre, il passa devant eux pour leur ouvrir la porte qui les faisait passer du vestibule au salon où se trouvaient Alexender et Nathan.
Eulalia demanda alors à Raphaël de l'attendre en retrait tandis qu'elle irait parler au Hunter. Elle ne lui laissa guère le choix puisqu'elle passa devant lui et referma la porte du vestibule pour l'y laisser avec Christopher. L'Ange Blanc se laissa tomber sur un des bancs miteux qui ornaient le petit couloir et se pencha en avant pour mettre sa tête entre ses mains. Il était intimement convaincu qu'ils n'aurait jamais dû revenir ici.
Christopher était resté un instant devant la porte qui venait de se refermer sur eux, légèrement interloqué par l'attitude de la jeune femme. Puis, il s'était tourné vers le Vampire.


- Monsieur Veneziano, qu'avez-vous fait après nous avoir quittés ? Qu'est-ce que c'est...que tout...ça ? Pourquoi aller chercher Miss Grey ? Elle ne devait pas venir au QG...

Cela sonnait comme une accusation. L'Italien poussa un profond soupir et crispa ce qu'il restait de ses doigts à la racine de ses cheveux blancs. Il mit un certain temps à répondre mais il finit par murmurer entre ses dents:

- C'est elle qui est venu me chercher. Je ne l'aurais jamais volontairement mise en danger.

Christopher aperçut alors le bandage sur la main droite du Vampire et ouvrit la bouche en grand, choqué par l'absence de deux de ces doigts.

- Bon Sang...Où étiez-vous passé ? Qui vous a fait ça ?!

Raphaël lui mit sous le nez sa main meurtrie.

- Ça ? A votre avis... ? répondit-il avec une grande amertume.


Dernière édition par Raphaël Veneziano le Dim 10 Sep - 19:51, édité 2 fois
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Alexender Von Ravellow
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Sam 17 Déc - 11:49

Lorsque la porte s'ouvrit brusquement, Alexender tourna mollement la tête, pensant que c'était Christopher qui venait se faire une tasse de thé ou leur demander de le relever. Son regard d'ambre se posa alors sur Eulalia et il se leva d'un bond, comme traversé par un éclair. Nathan sursauta près de lui et se leva à son tour.

- Miss Grey !? s'étonna le rouquin en lâchant sa plume pour aller à sa rencontre. Mais...que faites-vous là ?

Le ton de la jeune bourgeoise saisit le Hunter qui se figea pour la laisser finalement venir à lui.

- Dans quel état...? répéta-t-il sans comprendre.

Raphaël avait quitté le QG plein d'amertume et de rage, mais Alexender ignorait encore ce qui avait bien pu lui arriver par la suite. Que voulait-elle donc dire ? Où était le Vampire ? Quel était cet « état » dont elle parlait maintenant ?
Avant même qu'il puisse lui poser toutes ces questions, la jeune femme lui expliqua que son amant avait été découvert par le Comte et que ce dernier l'avait torturé physiquement et mentalement. Elle lui confia ensuite que c'était un miracle qu'elle ait pu retrouver sa trace puis elle l'accusa d'avoir fait preuve de négligence dans un moment où ils manquaient d'alliés. Elle le mit devant le fait que le Comte aurait pu obtenir du Vampire l'emplacement du QG et tous les anéantir.
Alexender serra les dents et son regard se fit plus dur.


- J'espère qu'il n'a rien dit...grommela-t-il sans douceur.

Que Raphaël ait été pris par le Comte était une dure nouvelle. Alexender savait à quel point sa capture avait pu les mettre en danger. Il espérait maintenant que le Vampire était en sécurité dans un coin, loin de leur ennemi. Il allait lui demander où se trouvait désormais le Hunter à canines mais Eulalia ne comptait pas arrêter là ses reproches...
La jeune femme continua sur sa lancée pour lui dire qu'elle avait compris la relation qui le liait à Katherine, qu'elle surnomma d'ailleurs « Miss Hughton » pour bien lui rappeler que sa lettre était devenue plus claire à ses yeux depuis qu'elle était au courant, puis elle l'accusa violemment de tromper Sarah et de trahir l'ensemble des Hunters pour une femme dont la loyauté et les services lui semblaient bien dérisoires par rapports aux leurs. Katherine n'avait pas participé au théâtre, elle venait tout juste de rejoindre leur cause et restait pour cela une inconnue en laquelle placer hâtivement sa confiance relevait de la stupidité. De plus, son majordome ne paraissait pas capable de se tenir et elle-même ne le maîtrisait qu'avec peine. Pour la jeune bourgeoise, ce n'était apparemment qu'un duo de cirque composé d'une « gourgandine » et d'un enragé.
Alexender sentit la colère lui monter aux joues. Eulalia parlait sous l'emprise du dégoût et de la rage, mais cela n'excusait en rien le ton qu'elle employait avec lui, ni la portée de ses accusations. Chaque parole qu'elle prononçait était pour lui un coup de couteau dans l'estomac, une fouille dans les tréfonds de son intimité. De quel droit se permettait-elle d'étaler là ses écarts sexuels ?
Le pire fut lorsqu'elle prit le ton de l'ironie pour impliquer Sarah et la possibilité qu'elle soit vivante, à la merci du Comte, pendant qu'il s'amusait avec Katherine. Alexender explosa : d'un pas, il s'approcha dangereusement de la jeune femme et ramena son visage à quelques centimètres du sien. Serrant ostensiblement les dents, il la toisa avec mépris.


- Je n'ai aucune leçon de morale à recevoir d'une femme qui écarte les cuisses pour s'offrir au premier Vampire qui la fascine. Aucune ! ajouta-t-il en hurlant sur elle tout en la regardant de haut en bas comme s'il s'apprêtait à lui cracher dessus. Son air devint encore plus mauvais. Vous ne savez rien de moi, rien de ce que j'ai vécu ou de ce que je ressens. Vous n'avez pas à me juger ! Surtout pas sur quelques romans que vous vous êtes écrits lorsque, seule au milieu de la nuit, vous ruminiez votre amertume d'aimer un mangeur d'hommes !

Alexender était littéralement sorti de ses gonds. Derrière lui, Nathan restait coi, la bouche ouverte. Il ne savait s'il devait intervenir ou non.
Bientôt, le rouquin posa sans gêne son doigts sur la poitrine de la jeune femme et grinça:


- Je m'efforce de maintenir en vie tout ce petit monde, voyez-vous, mais je ne suis pas une gouvernante. Raphaël a décidé de partir de son plein gré, jamais je ne lui ai demandé d'aller se jeter dans les bras du Comte ! fit-il en ramenant son pouce vers la porte d'entrée comme pour désigner le Vampire. Si cet imbécile est incapable de survivre, tant pis pour lui ! Je lui ai offert sa chance mais il a préféré se piquer d'orgueil face à Michael et prendre la mouche comme un enfant. C'est lui qui a décidé de s'exiler, je ne lui ai rien demandé, sauf peut-être de ne pas vous bouffer ! Le souffle court, les yeux exorbités par la fureur, Alexender jeta un coup d'oeil au cou de la jeune bourgeoise. Mais ça...susurra-t-il en souriant d'un air parfaitement moqueur, ça vous plaît, n'est-ce pas ? A chacun ses vices, hein ? Il devrait vous transformer, puisque vous êtes si fière de lui, si attachée ! Après tout, l'immortalité vous tente bien, non ? Son sourire se mua en une grimace de dégoût et il écarta les bras dans un geste théâtral. Et ils vécurent heureux, jusqu'à la fin des temps ! Ah ! Laissez-moi rire, Eulalia...Je ne suis peut être pas le plus fidèle des amants mais, moi au moins, je reste fidèle à l'Humanité.
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Eulalia Grey
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Sam 17 Déc - 18:36

Eulalia vibrait d'une rage profonde. Elle se sentait profondément outrée de la conduite d'Alexender vis à vis de Sarah. Elle ne comprenait plus pourquoi ils avaient fait tout ceci, pourquoi elle était liée d'un amour si profond à Raphaël, pourquoi elle avait sacrifié ses enseignements les plus chrétiens pour lui. Elle ne pouvait s'empêcher d'y penser, elle ne pouvait s'empêcher de ressasser toutes ses craintes, tous ses remords, elle ne pouvait s'empêcher d'agir imprudemment. Eulalia avait 20 ans, elle était pleine des idéaux et des questionnements communs à cet âge et évoluait sans repères depuis le décès de ses parents.

Elle accusa, impérieuse, violente, rageuse, déçue. Son regard et son ton se firent durs, elle ne s'embarrassa pas de sa douceur coutumière.
Elle savait qu'Alexender ne resterait pas de marbre mais elle ne fut pas prête à encaisser la totalité du flot d'injures outrancières qu'il déversa à son encontre. Lorsqu'il étala ainsi sa liaison avec Raphaël, le rouge flamboya sur ses maigres joues. Ce n'était pas tant pour l'étalage de sa sexualité ou même le fait qu'il suggérait qu'elle était une fille facile. C'était parce que, au fond de son coeur, elle avait l'impression qu'il avait une part de raison. Et si elle n'était rien de plus qu'un faible esprit, rongé par des années de littérature sentimentale pour seule distraction ? Si elle s'était jetée sur le seul homme qui lui avait témoigné de l'affection par crainte de continuer sa vie morne de solitude ?

Il s'approcha d'elle comme un fauve et la toucha. Lally ne put réfréner son envie de s'écarter et fit un pas en arrière. Elle soutenait de ses yeux saphirs le regard haineux du Hunter qu'elle avait suscité. Elle avait envie de riposter. Non il n'était pas une gouvernante mais en tant que chef, il aurait dû prendre ses responsabilités et calmer le jeu avant que la situation ne s'envenime. Alexender n'avait pas pris ses responsabilités et renversait la situation pour se dédouaner de tout reproche. Elle sentit ensuite son regard dériver sur son cou, qui cachait sa marque de morsure. Maintenant il insinuait que cela lui plaisait, qu'elle voulait rejoindre le monde de la nuit.
Le regard d'Eulalia devint noir. Comment Alexender pouvait-il oser insinuer de telles abominations ? Comment pouvait-il insinuer qu'elle faisait tout ceci par plaisir ? Comment pouvait-il juger Raphaël alors que celui-ci était déchiré par un conflit interne qu'il ne pourrait jamais imaginer ? Comment osait-il les moquer sans savoir pour quoi elle se battait ? Pourquoi ne voulait-il pas voir qu'elle voulait simplement sauver tout le monde, à sa façon ?

Lorsqu'il écarta les bras, cessant cette intolérable pression sur sa poitrine, elle serra le poing. Lorsqu'il eut terminé sa diatribe, elle s'avança à son tour et le gifla de toutes ses forces, en espérant que la surprise le calme. La respiration d'Eulalia était haletante, des larmes perlaient au coin de ses yeux mais elle n'avait pas fini. Elle ne parlait plus aussi fort désormais. Son ton paraissait plus posé, quoique tremblant.


- Traitez-moi de fille facile, inconstante si ça vous amuse. Mais je vous interdit de penser un seul instant que je ne suis pas de votre côté. Envers et contre tout, malgré ce qui vient de se produire, je vous apporterai le soutien nécessaire. Je vous le demande Alexender... Qu'y a-t-il de plus humain entre le pire des hommes et un Vampire qui se bat contre les siens pour nous sauver ? Vous oubliez qu'ils ont tous été des nôtres autrefois... Et vous oubliez que Raphaël préférerait mourir plutôt que de tuer un humain pour se nourrir. Cette marque n'est pas le fruit d'un plaisir quelconque mais une nécessité pour le garder en vie ! Pouvez-vous comprendre cela ?!

Elle sentait ses jambes trembler mais hors de question pour elle de flancher avant d'avoir terminé.

- Même si la majorité des Vampires sont dangereux et ont renoncé à tout remords, certains, à Londres ou ailleurs dans le Monde, sont condamnés à une vie de ténèbres qu'ils n'ont pas voulue. Devrions-nous les tuer aussi, alors qu'ils ne nous veulent aucun mal, sur le simple motif de leur race ?

Elle jeta un regard à Alexender. Ces derniers mois avaient été ravageurs pour leur moral, à tous.

- Je vous le demande Sieur Von Ravellow, pourquoi nous battons-nous ? Pour sauver l'Humanité qui se cache en chacun d'entre nous ou pour ne sauver que ceux qui mériteraient de l'être selon des critères de chasseur ?

Elle passa sa main sur son visage. Le manque de sommeil, la course dans Londres, tous ces sentiments contraires commençaient à avoir raison de sa résistance physique.

- Alexender je... Je suis désolée d'avoir été désobligeante avec vous. Je pense que, l'un comme l'autre, nous avions besoin d'entendre un point de vue différent que celui que nous avons décidé d'adopter. Je... Je ne sais pas ce qui s'est passé entre vous et Lady Spencer ou entre vous et Miss Thornes. Cela ne me concerne pas et je n'aurais jamais dû vous en parler en des termes si durs. Mais si vous tenez encore à Sarah, sachez qu'elle est bel et bien en vie, je vous le jure sur tout ce qu'il me reste de cher.

Eulalia avait les sourcils moins froncés. Son visage était las, désolé. La colère s'était envolée pour une profonde fatigue. Elle aurait sans doute mieux fait de ne rien dire pour ne pas attiser les tensions mais elle était persuadée qu'Alexender avait besoin de se faire quelque peu secouer les plumes. Elle était au bord des larmes, sa résistance était sur le point de craquer mais elle ne le pouvait pas. Elle devait rester forte.

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Raphaël Veneziano
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Ven 23 Déc - 11:00

- C'est le Comte qui vous a fait ça ?

Christopher ne semblait pas tolérer le silence qui s'était installé dans le hall. Depuis son arrivée, il avait de cela à peine quelques minutes, Raphaël s'était assis sur un des sièges d'appoint et ne disait mot. Il semblait plongé dans un genre de mélancolie qui lui rongeait les sangs.

- Oui. En personne...grommela le Vampire en adoptant un ton particulièrement cynique.

Il leva même les yeux au plafond, comme pour marquer son impatience face à une telle question. Le jeune Hunter grimaça et se passa une main dans ses cheveux en bataille. Son cœur venait de s'accélérer.


- Mais alors, il vous aura sans doute suivis ! souffla-t-il en jetant un coup d'oeil à la porte d'entrée.

Cette attitude exaspéra Raphaël, d'autant plus que la perspective qu'Eulalia et lui aient été suivis ne cessait de le hanter depuis qu'ils avaient quitté la bibliothèque et qu'ils s'étaient engouffrés dans les égouts sordides de la ville. Il serra les dents, parfaitement contrarié, et soupira :


- Nous n'avions pas d'autres choix...Et puis...il est occupé ailleurs...ajouta-t-il avec une moue amère.Il ne se souciera pas de moi ce soir...

- C'est-à-dire ? grogna le jeune homme en se rapprochant du Vampire. Vous parlez par énigmes Raphaël...Il est occupé à quoi ?

- Il a retrouvé Sarah.

Cette nouvelle laissa Christopher coi de surprise. La bouche ouverte, il jeta à Raphaël un regard mêlé de joie et de crainte. Sarah était donc bien vivante ! Mais si le Comte avait mis la main sur elle avant eux, quel espoir avaient-ils de la récupérer désormais ?

Des éclats de voix leurs parvinrent soudain depuis le salon. Eulalia haussait le ton depuis qu'elle était entrée et Alexender, qui était resté muet jusqu'alors, se mit à lui répondre en hurlant. Le Vampire fronça les sourcils et arrêta son regard sur la porte qui donnait vers la pièce d'à côté. Il hésita un instant: devait-il intervenir au risque de jeter de l'huile sur le feu avec sa seule présence ou bien valait-il mieux laisser les Humains se débrouiller entre-eux ? Quelques brides de conversation le firent frisonner. Le rouquin insultait la jeune femme et la prenait de haut. Maintenant qu'il se concentrait sur la conversation, l'Ange Blanc entendait chaque mot, chaque reproche qu'ils se faisaient. Alexender utilisait un vocabulaire réellement outrancier à présent et certains mots qu'il balança au visage de son amante lui donnèrent des envies de meurtre. Eulalia ne le supporterait pas. Toute cette scène resterait gravée dans sa mémoire à jamais! Comment osait-il s'adresser à elle d'une telle façon, comme si elle n'était qu'une vulgaire prostituée...!? Comment osait-il ainsi rejeter sur ses frêles épaules un poids qu'elle n'avait jamais désiré ?

Bientôt Raphaël serra tellement les dents que sa mâchoire prit une raideur anguleuse. Christopher le remarqua. Inquiet lui aussi de la tournure des choses, même s'il en entendait moins que le Vampire, il tâcha de le rassurer:


- Il ne pense pas ce qu'il dit...Il a toujours parlé avant de réfléchir...C'est un impétueux qui ne sait pas communiquer correctement dans les situations de ce type. Alexender est dépassé...

Mais cela ne suffisait pas pour que le Hunter aux cheveux blancs ne puisse tolérer plus longtemps le ton qu'employait le rouquin pour s'adresser à son amante. Comme si Christopher n'avait rien dit, il se leva d'un bond et vola vers la porte qui les séparaient du salon. Le jeune homme voulut l'arrêter mais à peine avait-il esquissé un geste vers le Vampire que ce dernier l'avait violemment poussé en arrière pour passer.
Au moment où Raphaël entra dans la pièce d'à côté et que Christopher se redressait pour le suivre, un claquement sonore envahit l'espace : Eulalia venait de gifler Alexender. Figés par ce geste, le Vampire et Christopher s'arrêtèrent et, silencieux, assistèrent à la discussion qui s'en suivit. Eulalia tentait de calmer le jeu et Alexender semblait quelque peu sous le choc. Derrière lui, Nathan ne disait mot, comme s'il craignait de voir le couple se retourner contre lui.
Ce qu'entendit Raphaël à ce moment-là fut pour lui à la fois aussi douloureux qu'un coup de poignard et aussi doux qu'un baiser. Eulalia le défendit, envers et contre tout. Sans le vouloir, elle donna à sa spécificité une dimension plus marginale encore qu'elle ne l'avait déjà, mais elle lui rendit en même temps une part d'humanité qu'il avait tendance à oublier lui-même. Oui, les Vampires avaient été des hommes, autrefois, et c'était vrai qu'il préférerait mourir plutôt que de tuer un humain pour satisfaire les appétits de la Bête qui rôdait en lui...Mais c'était bien naïf de le croire si inoffensif. Eulalia faisait preuve d'empathie, de compassion et sans doute de raison. Peu pensaient comme elle. Peu laissaient autant de chance à des êtres tels que lui. Malheureusement, la belle Huntress ne savait pas encore ce que son amant cachait dans les tréfonds de son âme.

Peu à peu, alors que le ton des deux Hunters s'adoucissait, le Vampire et le gardien s'approchèrent pour se joindre à eux. Raphaël se plaça naturellement près de la jeune femme et posa doucement sa main valide sur son épaule, pour lui montrer son soutien, mais également pour dissuader Alexender de continuer plus avant ses insultes...


- Calmez-vous Ravellow. Ce qui est dit est dit mais je ne vous laisserai pas débiter plus longtemps de tels propos. Son visage, sévère, trahissait sa colère, mais il avait cependant gardé un ton tranquille, comme pour enterrer la hache de guerre.

Qu'il l'insulte de « mangeur d'hommes » était une chose, mais qu'il avance de semblables propos sur leur sexualité et suppose qu'Eulalia rêvait de se faire transformer en Vampire en était une autre. Cela lui était égal d'être considéré comme un monstre, lui-même se voyait comme une abomination inventée par le Diable en personne, mais il ne pouvait supporter que l'on prête à son amante des vices et des intentions aussi sombres. Et puis, il était temps de passer à autre chose...


- Eulalia dit vrai. fit-il en grimaçant à la fois de douleur et d'amertume. Sarah est bien en vie et elle a été retrouvée par le Comte avant nous. Il la récupère en ce moment même au cimetière d'Highgate, où un grand rassemblement de Vampires a lieu. Nous n'en savons guère plus, hélas, mais une chose est sûre : Sarah est en vie. Plutôt que de nous disputer ici, nous ferions bien de nous concentrer sur les suites possibles de cette affaire.
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Alexender Von Ravellow
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Sam 24 Déc - 11:22

Les nerfs à vif, Alexender fusillait Eulalia du regard. Une main sur sa joue douloureuse, les yeux exorbités, il fulminait intérieurement en tentant de retrouver son calme. La gifle qu'il venait de prendre l'avait quelque peu remué. Il ne disait plus rien depuis quelques secondes et écoutait la jeune bourgeoise défendre Raphaël, mais une terrible envie de la frapper à son tour le dévorait. Heureusement pour elle, le Hunter ne frappait jamais les femmes, sauf évidemment lorsqu'elles lui montraient crocs et griffes dans les ténèbres...
La belle chasseuse en profita pour continuer sur sa lancée. Elle lui « interdit » de penser qu'elle puisse les trahir, quels que soient les sentiments qu'elle éprouvait pour son Vampire d'amant, et elle lui soutint une nouvelle fois que les créatures de la nuit n'étaient sans doute pas toutes aussi cruelles et sournoises qu'il semblait le croire. Le pire fut lorsqu'elle lui avança que le sang qu'elle offrait à Raphaël n'était rien d'autre qu'une nécessité pour le maintenir en vie dans l'adversité. Alexender serra les dents et grogna son mépris. Le regard plein d'éclairs, il finit par sourire à la jeune femme avec hargne :


- Une « nécessité »...mais bien sûr...Vous vous entendez un peu ?

Dans sa colère, Alexender n'avait pas entendu la porte s'ouvrir et n'avait pas remarqué que Raphaël et Christopher assistaient à la scène un peu plus loin. Ils étaient dans son dos. Nathan, lui, les regardait du coin de l'oeil. Il avait légèrement blêmit en voyant le Vampire entrer et il songeait maintenant qu'à ce rythme ils risquaient réellement l'accident. A force de se disputer les uns les autres, alors qu'ils possédaient chacun un passé peu reluisant, des armes et même pour certains des pouvoirs, ils allaient finir par s'entre-tuer. Il ne manquait plus que Michael descende ou que Katherine ne revienne et l'orage éclaterait pour de bon...

- Alex...murmura-t-il timidement. Mais son ami, trop concentré sur celle qu'il dévisageait toujours avec fureur, ne lui prêta aucune attention.

- Le jour où je me ferai bouffer par une de ces choses, j'espère sincèrement que mes gars auront le courage de m'achever !

Eulalia tremblait et ses yeux se remplissaient de larmes silencieuses à cause de l'émotion. Le rouquin, lui, sentait son cœur battre la chamade sous sa chemise de coton et sur sa joue qu'il massait encore lentement. Son poing s'était serré près de sa cuisse. Il hésitait à attraper la jeune femme par le bras pour la mettre dehors. Jamais, de toute sa vie, il n'avait été physiquement violent avec une femme, hormis avec les créatures de la nuit, et il ne comptait pas commencer à le devenir. Mais il considérait que la bourgeoise venait d'envahir son espace propre et prenait ses remontrances pour une menace. Certes, la jeune écervelée avait parlé sous l'effet de la colère et sa gifle magistrale n'avait été qu'une réaction épidermique face à ses accusations et à ses insultes, mais le Hunter était fier et rancunier. Une chose était certaine : il ne s'excuserait pas et ne serait pas inutilement doux avec elle.

A la vérité, Alexender ne supportait plus de voir la moindre de ses actions jugée et conspuée. Chaque parole qu'il prononçait, chaque geste qu'il exécutait, chaque décision qu'il prenait étaient sujets à débat. Depuis peu, il avait la cruelle impression que tout le monde se reposait sur lui et qu'il n'avait le droit à aucun faux pas, aucune erreur d'aucune sorte, sans être arbitrairement condamné. Le Hunter peinait à tenir sous toute cette pression que ses camarades et la situation critique de Londres exerçaient sur ses épaules. Souvent, il se demandait de quel droit on lui mettait toujours tout sur le dos. Lui qui souffrait autant que chaque Hunter, voire plus, lui qui tentait désespérément de maintenir un équilibre et un semblant de cohérence entre eux, méritait-il autant de reproches ?

Avant l'arrivée de Sarah dans sa vie, le jeune Américain prenait déjà des risques pour sauver l'humanité. Il défiait en solitaire les créatures de la nuit, uniquement soutenu par ses deux fidèles domestiques, ainsi que son ami, Gaspard de Sorel - qui restait cependant en retrait – et quelques prostituées ; mais il avait toujours réussi à conserver sa couverture et à vivre sous ses deux différentes identités. Le jour, Alexender Von Ravellow était cet aristocrate excentrique venu tout droit de la Nouvelle-Orléans. Un galant qui faisait rire les plus pincés dans les grands salons, un Dom Juan réputé pour ses fastes banquets, ses bals magnifiques et ses apparitions rocambolesques dans les soirées les plus mondaines de la capitale anglaise. La nuit, il revêtait sa cape sombre pour devenir le chasseur de Whitechapel, la terreur des Loups sur la lande. Son récent retour, après qu'il ait enfin mis un point final à son obscur passé sur sa terre natale, lui avait laissé croire qu'il pourrait reprendre tranquillement sa double vie. Mais il y avait eu ce bal, cet incendie, le Comte, Sarah...
Ah ! Comme il regrettait amèrement d'avoir organisé cette mascarade ! C'était ce qui avait rassemblé le lord et l'héritière des Spencer ! Sans savoir qu'il encourageait un Vampire à posséder sa proie de prédilection, il y avait joué son rôle mondain jusqu'à ce qu'il doive sauver la jeune femme des flammes. De là, il avait senti la nécessité de monter un nouveau groupe de Hunters et il avait mis en place l'attentat au théâtre. Toute sa vie avait alors complètement basculé. Toutes ses précautions, tous ses plans, tous ses efforts jusque là solitaires avaient été soudainement anéantis.
Alexender n'était plus le même. En quelques mois, il avait perdu son sourire, son titre, ses terres et une grande partie de ses amis. En quelques mois, il était passé du statut d'aristocrate plongé au cœur du beau monde à celui de paria. Il devait à présent se satisfaire d'une bicoque en ruines et se cacher comme un vulgaire criminel en fuite...

Aujourd'hui, on le prenait pour un chef de guerre, un homme à tout faire, mais il n'en pouvait plus de subir les revers de la fortune et de s'occuper de ce que pensaient les uns et les autres. Il avait besoin de repos, de calme et de douceur. La belle Katherine lui avait offert ses bras et sa chaleur, le temps d'une nuit, peut être deux, et le monde entier semblait lui en vouloir. Les Hunters lui jetaient maintenant des regards noirs, certains l'évitaient, d'autres le giflaient...En quoi cela les regardait-il après tout ? N'avait-il pas suffisamment souffert pour mériter un peu de réconfort ? Qu'est-ce que cela pouvait bien leur faire ?
Irrité, il ne pouvait s'empêcher de répondre sombrement à Eulalia :


- Je ne vais pas m'amuser à chercher l'once d'humanité qu'il reste soit-disant en chacun, miss, d'autant que je n'ai pas la prétention de sauver le monde entier. Il faut être lucide...Vous rêvez éveillée !

La jeune bourgeoise finit par radoucir le ton et par s'excuser. Elle semblait très fatiguée, complètement à bout de force. Alexender l'observa un peu, silencieux, et sa respiration s'apaisa légèrement.
D'où venait-elle exactement ? Comment avait-elle récupéré Raphaël s'il était tombé entre les mains du Comte ? Toutes ces questions commençaient à poindre dans l'esprit du Hunter qui, jusque là, avait laissé la colère dicter ses paroles et pervertir son cœur.

Alors, Eulalia lui affirma que Sarah était en vie. Sur le coup, le jeune homme ouvrit la bouche mais seul un soupir en sortit. Il n'y croyait pas. Elle le lui « jurait », mais sur quelles informations pouvait-elle bien dire une chose pareille ? Ce n'était qu'un espoir qu'elle conservait, rien de tangible. Au même instant, il réalisa que Raphaël était présent avec Christopher. Il eut d'abord un geste de recul, puis il leur jeta un regard sombre. Le Vampire se posta aux côtés de son amante et la garda près de lui, comme pour la protéger. Sa façon de se tenir là, sur la défensive, et de réclamer le calme ne plut pas au Hunter, mais ses yeux glissèrent bientôt sur lui et saisirent une partie des souffrances que la créature avait enduré entre les mains de leur ennemi. Encore plus pâle que d'habitude, il semblait aussi harassé que sa compagne mais également plus usé. Alexender ne remarqua pas qu'il manquait des doigts à sa main droite, mais il sentit qu'il était différent, comme si quelque chose s'était brisé en lui.
Le Hunter était presque prêt à leur demander de s'installer et de lui raconter ce qu'il venaient de vivre, mais le Vampire lui confirma à son tour que Sarah était bel et bien en vie, et qu'elle était à l'heure actuelle en train d'être récupérée par le Comte au cimetière d'Highgate. Cette fois, son sang ne fit qu'un tour dans ses veines.


- Un grand rassemblement...? répéta-t-il d'un air fatigué. Mais qu'est-ce que vous me chantez-là... ? Comment savez-vous ça ?

Le rouquin se sentit soudainement mal. Il réalisa qu'il ne maîtrisait plus rien et qu'il avait abandonné bien trop tôt l'espoir de retrouver Sarah. Il avait l'impression de l'avoir trahie, doublement trahie, et le malaise qui se mit alors à lui ronger l'âme le rendit malade. Après un gémissement pathétique lancé au plafond comme s'il s'adressait au Seigneur, il délaissa ses compagnons, pour retourner près de l'âtre. Il se laissa alors tomber sur le sofa et attrapa sa tête de ses deux mains pour la presser avec force.

- C'est pas possible...C'est pas...possible...murmura-t-il d'une voix brisée. Il avait l'air complètement désespéré. Sa façon de répéter ses mots lui donnait l'attitude d'un dérangé. Ce n'est pas possible...

Nathan s'approcha doucement de son ami et posa une main sur le dossier du vieux sofa. Inquiet, il voulut aider le Hunter à surmonter cette nouvelle. Sa voix, tendre, fut presque un chuchotement :

- Alex...Calme-toi...Il faut juste ré..

- Comment veux-tu que je me calme !!? éclata l'aristocrate déchu en se relevant d'un coup à renfort de grands gestes. Cet enfoiré !! Je vais le saigner ! Avec rage, il frappa des deux mains sur la table basse devant lui avant de la balayer, jetant à terre son verre, ses cartes et ses esquisses. Raaa !!!

Au milieu de ce raffut, Christopher bouscula Nathan pour le faire reculer et attrapa fermement Alexender par le bras afin de l'empêcher de gesticuler davantage. Il voulait éviter qu'il ne renverse la bouteille qu'il avait miraculeusement loupée.

- Alexender ! Calme-toi ! C'est bon ! fit-il en l'agrippant par la chemise.

- Lâche-moi ! hurla le Hunter en se débattant. Je vais à Highgate ! Je vais la récupérer avant lui !

- Non ! cria le jeune homme en le secouant un peu. Non...Alexender...Tu sais bien que ce n'est pas possible...Pas ce soir. Pas comme ça...

Le ton radouci de Christopher calma un peu son aîné qui cessa de se débattre. Leurs regards se croisèrent, l'un plein d'inquiétude et d'insistance, l'autre empli de désespoir et de peur. Alexender sentit sa gorge se serrer et ses yeux s'humidifier de larmes. Son élève pressa alors son bras pour le rassurer et le poussa vers le sofa afin qu'il y reprenne place. Sans pour autant le lâcher, il l'obligea à s'asseoir et jeta un regard à Nathan puis à Eulalia et Raphaël. Il était temps de s'expliquer les uns les autres et de mettre à plat tout ce qui pourrait leur être utile.
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Eulalia Grey
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Lun 2 Jan - 9:58

Eulalia était fatiguée, agacée. Elle n’en pouvait plus de cette querelle stupide avec Alexender. Ses yeux étaient las, elle n’avait même plus envie de lui tenir tête. La seule chose qui lui restait en travers de la gorge, c’était son infidélité envers Lady Spencer. Enfin… Son infidélité et le fait qu’il s’était dédouané de toute responsabilité dans l’incident qui était survenu avec Raphaël. Le Hunter se posait en chef de leur alliance, tenait à prendre les décisions et choisissait quel combat mener mais il était incapable de faire respecter l’ordre au milieu de ceux qui le suivaient. La jeune bourgeoise était assez dérangée par cette façon de faire. S’il n’était pas capable d’assumer ses responsabilités de meneur entièrement, il devrait apprendre à prendre des décisions de manière beaucoup plus collégiales que tout ce qui avait été fait jusqu’à présent.

Ceci dit, elle reconnaissait volontiers que la position d’Alexender était des plus complexes à tenir. Il avait vu bon nombre de ses amis se faire emprisonner ou mourir pour lui, il s’était fait déchoir de tous les honneurs, mis au ban par ceux qui l’avaient autrefois encensé. Sa vie n’était plus qu’une ombre ténue du faste d’autrefois. Il souffrait, c’était évident, et ne pouvait pas porter le fardeau de la lutte contre le Comte tout seul. Malgré ses mots durs, Eulalia comprenait cela. Elle était prête à le soutenir jusqu’au bout du monde, cet homme à la chevelure de feu. Elle était prête à tout si cela pouvait éloigner le Comte et sauver la vie de Raphaël. Elle était prête à tout pour qu’il puisse enfin retrouver Lady Spencer et l’aimer enfin.
Elle savait que Sir Von Ravellow, malgré ses insultes, savait qu’elle mettait un point d’honneur à mettre tous ses moyens eu service de leur cause. Elle ne répondit presque pas à ses dernières accusations, se contentant de soupirer.


- Sir Von Ravellow, personne ici ne parle de se faire dévorer de son plein gré. Je vous ferai le même reproche que vous venez de me faire. Ne jugez pas trop hâtivement une situation qui vous est étrangère.

Elle le laissa encore s’énerver, lui hurler au visage qu’elle rêvait éveillée. Peut-être Alexender avait-il raison. Peut-être que le monde était trop amer, trop cruel pour des idéaux comme les siens. Peut-être qu’elle se trompait. Mais son souffle d’espérance, son envie de pardonner, manquaient cruellement aux hommes de cette pièce. D’un air assez radouci, elle leva ses yeux dans ceux du Hunter.

- Mon père était un Hunter. Il m’a appris à chasser, et je crois que vous avez déjà pu constater que je me débrouille dans ce domaine. Mais il m’a également appris à chérir l’humanité sous toutes ses formes, à pardonner et accorder la rédemption tant qu’elle était possible. Certains Vampires sont des menaces à éradiquer je vous le concède volontiers Sir Von Ravellow, et je serai la première sur les rangs pour vous y aider. Mais ceux qui demandent et recherchent le pardon ne doivent pas être ignorés. Je suis certes idéaliste comme on peut l’être à 20 ans mais je gage que vous n’avez rien à perdre à délaisser un peu de votre sévérité pour une once d’espoir.

Tout de suite après, ils lui apprirent que Sarah était en vie. Comme elle s’y attendait, la nouvelle fit l’effet d’un véritable explosif. Alexender sortit à nouveau de ses gonds et Lally posa instinctivement sa main sur celle de son amant. Elle avait peine de voir leur allié dans un tel état mais elle ne pouvait que comprendre son désarroi. Elle laissa les disciples du grand roux essayer de le calmer et elle sursauta à nouveau lors de son accès de colère. Elle se mordit la lèvre et regretta de lui avoir révélé une telle chose. Cela accentuait encore la culpabilité qu’il ressentait. Heureusement, Christopher réussit à reprendre les choses en main et parvint à faire en sorte qu’il puisse se rasseoir sur le sofa. Lally soupira à nouveau. Ils allaient devoir discuter longuement… Mais Alexender n’était pas encore assez maître de ses émotions. Malgré sa fatigue, Eulalia estima qu’elle pouvait user un peu de son don pour essayer d’apaiser au moins un peu les douleurs qui tordaient le cœur du Hunter. Bien sûr, elle soignait avant tout les blessures physiques, mais son flux de magie avait souvent des propriétés apaisantes qui ne pouvaient que faire du bien en de pareils moments. Elle suivit Raphaël vers un canapé mais avant de s’asseoir, elle alla en direction du grand Hunter roux.

-Sir Von Ravellow, permettez-moi… Ce n’est pas grand chose mais cela devrait vous soulager l’espace d’un instant. Durant les prochaines heures, nous allons tous avoir besoin d’avoir l’esprit clair.

En même temps qu’elle disait ces mots, elle approcha une de ses mains vers la joue qu’elle avait giflé. Un petit hématome commençait à se former. Lorsque sa peau entra en contact avec celle du chasseur, un halo mince, légèrement doré, sembla traverser son épiderme pour se répandre et s’éteindre dans son corps, diffusant soin, chaleur et un peu d’apaisement. Le contact dura environ une dizaine de secondes, après quoi elle retira sa main pour s’asseoir près de son Raphaël. Discrètement, elle effleura ses doigts glacés au passage, témoin de sa douceur et de son attention, avant de se rasseoir le plus droit possible malgré sa fatigue.
Le sort ne lui avait pas coûté beaucoup d’énergie en comparaison de tout ce qu’elle avait pu soigner jusqu’à présent mais elle ressentait un profond besoin d’avoir enfin une vraie nuit de sommeil. Elle ne savait pas vraiment par où commencer, ce qu’elle pouvait dire ou ne pas dire au sujet de la bibliothèque et d’Alastor. Bien que les échanges avec ce dernier avaient été très limités, elle ne tenait pas à le trahir en dévoilant ainsi son antre. Elle regarda ensuite Raphaël avec un air un peu interrogateur. Elle ne voulait pas se risquer à prendre la parole à sa place… Il devait raconter lui-même ce qu’il avait vécu face au Comte.
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Katherine Thornes
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Classe sociale : Aristocrate
Emploi/loisirs : Comédienne / Huntress
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Age (apparence) : 24 ans
Proie(s) : Criminels, vampires, loup-garous, homonculus, bref toutes les créatures de la nuit!
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Dim 15 Jan - 16:52

[HRP/ Suite de La crainte d'un espoir/HRP]

Une jeune domestique pénétra dans la chambre de sa maîtresse. Nue, elle se coiffait devant le miroir. Ses longs doigts délicats attachaient ses cheveux en un chignon élégant quoi que rebelle. Chacune de ses mèches étant de taille variable la belle ne pouvait tout bien discipliner. Et puis… cela reflétait en quelque sorte son caractère. Rebelle, elle se sentait plus libre que toutes ces femmes de la Cour qui devaient obéir à la Couronne, à leur mari, à Dieu et aux règles de bienséance. Elle… Elle ne respectait que Dieu et la Couronne, au diable la convenance ! Elle s'était affranchie des codes et des hommes depuis bien longtemps. Seul son plaisir comptait désormais, ses désirs, ses pulsions naturelles qu'elle se devait de nourrir. Elle ne s'obligeait pas à trouver un mari, il fut un temps où son père lui aurait trouvé un fiancé à combler. Depuis sa disparition elle s'était surprise à en rêver quelques fois puis lorsqu'elle y songeait plus posément elle se disait qu'elle vivait peut-être bien mieux de cette manière. Tant de femmes n'étaient pas respectées car elles n'étaient que femmes. Tant d'épouses étaient négligées, frappées, dédaignées, humiliées, elle n'en faisait pas partie, du moins pas totalement. Katherine ne possédait pas ces chaînes.

Son regard s'assombrit,une silhouette se glissa derrière elle.

Non, elle était emprisonnée par des chaînes pire encore, celles de la vengeance, de la haine. La blondinette s'inclina respectueusement bien que ses joues se teintèrent de rose en surprenant sa maîtresse nue. Judith ne posait jamais de question, elle avait appris qu'avec cette femme il valait mieux passer outre ses agissements particuliers qui contrastaient avec ceux des femmes de son rang et de son époque. Tenant délicatement dans ses bras la tenue du soir de la Comtesse elle se redressa et la lui tendit. Katherine se leva gracieusement de sa chaise et s'empara des vêtements. Elle la remercia puis la congédia.

Lorsque la femme de chambre revint lui porter ses bottes de cuir cirées, Katherine boutonnait déjà sa chemise dentelée. Même masculine la Comtesse hongroise restait élégante. Elle savait comme se mettre en valeur. Elle savait aussi que cette manie à vouloir mettre en valeur ses formes pourrait la perdre. Que faisait donc une femme déguisée en homme ? Le travestissement était bien peu toléré… on se poserait des questions mais c'était plus fort qu'elle. Judith les déposa au pied du lit et quitta la pièce soulagée qu'on ne lui demande rien d'autre que de se taire, oublier et apporter des vêtements. Katherine enfila ses bottes puis ouvrit le tiroir de sa table de nuit. Elle en sortit un Bloody Rose légèrement abîmé. Les quelques rayures et coups qu'il possédait montraient son ancienneté. Il avait bien plus de cent ans… Un triste sourire se forma sur ses lèvres. Katherine se demandait souvent si son père aurait été fier d'elle. Se serait-il attendu à ce qu'elle reproduise son petit chemin de vie ? A ce qu'elle devienne à son tour une chasseuse de créatures ? Il aurait eu peur, James aurait craint de la perdre.
La jeune femme ajouta à son équipement trois dagues, l'une qu'elle glissa dans sa botte gauche, une autre qu'elle accrocha à sa ceinture et une dernière qu'elle fixa à son poignet grâce à un système en lanière de cuir servant de micro-fourreau. Une fois prête la belle se rendit jusqu'à l'entrée.

Une fois à l'extérieur la jeune femme inspira l'air pollué par les usines et les déchets de Londres. Elle possédait un très beau domaine mais la ville en elle-même empestait la saleté. L'élégance de la noblesse et des beaux monuments était noyée par l'insalubrité des ruelles. Nul ne semblait réellement s'y préoccuper mais Katherine n'en doutait. Si les maladies proliféraient au sein des classes les plus basses et donc par conséquent des ouvriers c'était à cause de la saleté de la ville. Un jour, les esprits s'éveilleront, du moins elle osait l'espérer. C'était nécessaire pour une marche vers le progrès…

Son chapeau sombre enveloppant ses belles boucles brunes la demoiselle était méconnaissable dans l'obscurité. Elle était un homme parmi tant d'autres, avec des traits plus fins, plus jeunes, plus élégants. La route jusqu'au QG des hunter fut des plus longues et éprouvantes. Elle se voyait déjà se jetant dans les bras d'Alexender autant de soulagement dans sa mission que par bonheur de le revoir tout simplement. Elle qui avait vécu plus d'une centaine d'années toute seule, elle avait enfin trouvé un petit cercle d'amis chez lequel se réfugier lorsque son cœur se faisait trop lourd. Elle y pouvait se réconforter dans leur bonne humeur, dans leur joie de vivre, dans leurs espoirs et leurs ambitions, dans leurs repas. Tout chez eux la comblait déjà tant. Katherine ne demandait pas grand-chose, seulement un peu de compagnie, c'était tout ce dont elle avait besoin afin de continuer dans sa voie. De la chaleur humaine. L'idée de les retrouver tous la ravissait. Toute joyeuse elle se surprit à sourire comme une enfin et rougit de honte. Quel âge avait-elle bon sang pour se permettre de telles futilités ? Elle qui avait tant vécu, devait-elle se permettre d'être aussi heureuse à la seule perspective de les revoir ? Katherine ne les connaissait pas, elle s'était montré méfiante, arrogante, sans gêne et pourtant elle ne pouvait s'empêcher d'éprouver pour tous ces jeunes gens une profonde affection. Savait-il seulement que c'était la première fois qu'elle se permettait cela depuis bon nombre d'années ?

Un coup de vent la fit frissonner et elle rabattit le pan de son manteau afin de ne laisser passer aucune brise glaçante. Cachant son nez dans son manteau, elle inspira profondément et profita intensément de la chaleur que lui procurait son vêtement masculin. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Il portait l'odeur de son majordome. Son manteau était celui de Michael. Michael… il lui avait manqué lui aussi… Toute excitée elle trottina jusqu'à la prochaine rue et arriva dans le quartier de Whitechapel. Une femme attrapa sa manche et glissa sa main entre les boutons de sa chemise. La respiration de Katherine se coupa. Elle s'arrêta et observa la prostituée qui lui faisait face. Elle ne possédait aucune réelle beauté, elle désirait seulement s'en sortir. Beaucoup de femmes ne possédaient que leur corps pour survivre. La fille de joie tressaillit en s’apercevant que ce qu'elle prenait pour un homme était une femme travestie. Doucement la comtesse posa son doigt sur ses lèvres puis caressa sa joue d'une main maternelle.


- Navrée Mademoiselle, pas ce soir…

Elle lui fit un petit signe de la main et continua son chemin. Elle fut bousculée par un homme ivre qu'elle se contenta d'ignorer tout bonnement. Il ne l'entendit pas de la même oreille et jeta la bouteille à ses pieds qui se brisa en un millier de fragments. Décidée à ne pas s'attarder plus longtemps, elle attrapa le badaud par le col et écrasa son poing sur son nez. Celui-ci trop soul pour répliquer s'écrasa contre le mur et la regarda bêtement en clignant des yeux. Il lança quelques insultes et s’apprêta et fondre sur elle mais trébucha et tomba à genoux. Elle massa son poing et fit volte-face, ce n'était pas le moment de s'arrêter sur ces hommes qui aimaient se mettre minables. Ses pas la guidèrent vers les tanneries. Baissant la tête elle marcha jusqu'à la porte du bâtiment. Elle frappa trois fois de son poings et releva les yeux. Son coeur se mit à battre la chamade. Des éclats de voix lui parvenaient et si son ouïe ne la trompait pas il s'agissait d'Alexender. Que se passait-il ? Attendant pendant de longues secondes on concéda enfin à lui ouvrir. Elle se retrouva face à Christopher et se glissa sur la pointe des pieds pour embrasser ses joues avec affection. On referma la porte derrière elle et Michael qui avait ressenti sa présence peut-être par son odeur se précipita. Il jeta un regard inquiet à Alexender et déboula dans l'entrée. Sans qu'elle ne puisse faire quoique ce soit il la ramena brusquement dans ses bras et enfouit son visage dans son cou. Fermant les yeux il se détendit et ramena sa main à ses lèvres. Le fait de ne pas avoir été à ses côtés lui avait rongé l'âme, le coeur. Elle n'était qu'une femme dans cette jungle que représentait Londres à ses yeux. Une femme au fond fragile qui voulait se montrer forte. Mais elle possédait bien plus de failles qu'elle ne voulait bien l'admettre et lui seul le savait. Lui seul l'avait vu au fond du gouffre. Lui seul l'avait vu blessée et incapable de bouger. Lui seul avait vu la maladie décimer son corps, l'inquiéter, la faire lentement mourir pour finalement l'abandonner et lui offrir une seconde chance. Katherine avait malgré elle une santé fragile bien trop souvent malmenée par ses émotions.

Observant son majordome d'un regard bienveillant elle le laissa et pénétra dans le salon. La vision qui s'offrit à elle la figea. Alexender était là, assis sur le canapé, il semblait hors de lui, affolé, énervé, déboussolé. Que lui arrivait-il ? N'était-il donc pas heureux de la revoir. Ne faisant pas attention aux autres personnes qui se trouvaient dans la pièce à ses côtés elle la traversa rapidement et le rejoignit. Ravie de le retrouver elle se dirigea vers lui. Les larmes de son amant la glacèrent. Sans plus attendre elle l'enlaça et caressa doucement ses cheveux :


- Allons mon ami… Que se passe t-il.. ? Tu étais inquiet pour moi ? Fit-elle pour tenter de le dérider en lui souriant avec bienveillance.

Elle posa sa main sur sa joue et se tourna à moitié pour chercher une explication chez les autres jeunes gens. Ce qu'elle vit la figea de plus belle. En plus des Hunters qui habitaient le QG deux autres personnages avaient fait leur apparition. Elle pourrait le reconnaître parmi une centaine de jeunes hommes de son âge. L'un des deux était le vampire, Raphaël, qu'elle n'avait vu que quelques minutes avant qu'il ne parte excédé par le comportement de Michael et les paroles blessantes de ce dernier. Elle voulut reculer mais se retint. Son coeur s'emballait. Un vampire. Un monstre. Contenant toute sa haine et finalement toute sa crainte pour cette créature elle lui sourit difficilement et se redressa. Michael revint auprès d'elle et la débarassa de son lourd manteau. Elle se retrouva en pantalon et chemise devant les autres hunters. Que pouvait-elle dire à cet homme que son coeur exécrait ? Ses mains auraient voulu l'étrangler, lui arracher son coeur, sa bouche l'accabler de tous les maux de l'univers mais encore une fois elle se contenait. Tout ceci ne ferait qu'aggraver les choses. La jeune femme qui se tenait à ses côtés lui semblait fort appréciable. Si bien qu'elle préféra la détailler pour s'adresser au Vampire :


- Vous me voyez heureuse de vous retrouver parmi nous en… vie, Raphaël…

Se détendant elle contempla la demoiselle. Elle était jolie, naturelle, pleine de charmes. Elle devait certainement être de bonne compagnie et emplie de bienveillance. Qui était-elle ? Assise sur le canapé en compagnie du vampire elle faisait face à Alexender. Sa proximité avec le monstre lui en donnait des frissons. Tout sourire, pleine de sa gaieté ordinaire mais aussi de son excentricité sans égale Katherine se dirigea vers elle.


- Nous n'avons pas été présentées, je suis Katherine, et vous êtes.. ?

Elle jeta un regard aux hunters présents et se sentit soudainement de trop. Comme si elle avait déboulé au beau milieu d'une conversation qu'il ne fallait pas interrompre. Elle se sentait à la fois menacée par la présence de Raphaël et envahissante. Aurait-elle du contenir sa joie ? Peut-être mais le mal était fait.

Michael observait derrière sa maîtresse la réaction de la jeune femme. Il était prêt à se battre pour elle. Il n'était pas dupe, il avait bien entendu le début de leur conversation lorsque le vampire et elle avaient débarqué. Une certaine animosité avait été dirigée contre la Comtesse et il s'était retenu de descendre pour ne pas leur sauter à la gorge. De plus l'explosion d'Alexender l'inquiétait. Etait-il capable de recevoir en ce moment-là la bonne humeur de Katherine ? Inquiet il attendait sagement la suite des événements. La jeune Hongroise n'avait pas besoin qu'on dirige une certaine haine vers elle, pas alors qu'elle revenait pour une soirée.



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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Raphaël Veneziano
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Lun 20 Fév - 23:42

Malgré ce qu'ils avaient convenu ensemble, Raphaël n'avait pas pu laisser Eulalia affronter seule Alexender. Le rouquin était difficile à raisonner et sa colère semblait impossible à contrôler. Il était meurtri, à sa manière, et les remontrances de la jeune femme l'avaient ébranlé plus qu'elle ne l'aurait imaginé. Ses mots, empli de rage, s'étaient ainsi mis à dépasser l'entendement, alors qu'ils étaient alliés, et le Vampire avait craint qu'il ne violente son amante. C'était pour cela qu'il avait quitté le hall à tout hâte et qu'il avait fini par fausser compagnie à Christopher : il avait voulu s'interposer et mettre un terme aux paroles insensées que le Hunter déversait sur la belle. Mais lorsqu'il était entré, c'était Eulalia elle-même qui giflait l'aristocrate...

Les tensions s'étaient ensuite apaisées et ils avaient annoncé à Alexender que Sarah était bel et bien vivante. Cela avait provoqué chez lui un véritable désarroi qui s'était peu à peu mué en colère. Le Hunter s'était alors soudainement agité et, si Christopher n'était pas intervenu à son tour pour le calmer, sans doute aurait-il fini par réussir à sortir du QG pour se précipiter tête baissée au milieu de la bataille que les Vampires semblaient se livrer au cimetière.

Raphaël observait maintenant l'aristocrate déchu. Assis dans son sofa, le visage dans ses mains, il s'abandonnait à un profond désespoir. Il semblait complètement déboussolé, incapable de réprimer ses larmes. A ses côtés, Christopher et Nathan tentaient de le calmer. Le Vampire sentit la main de son amante se glisser au-dessus de la sienne. Sa chaleur le surprit un peu mais il soupira ensuite de bonheur. Même s'il vivait un calvaire depuis quelques jours et que l'avenir ne paraissait pas leur ouvrir d'heureuses perspectives, il était heureux qu'elle soit à ses côtés.
Le regard de Christopher les invita alors à prendre place, afin que tous puissent discuter avec plus de calme. Raphaël hésita un peu, mais il finit par s'asseoir dans un des fauteuils qui trônaient près du sofa. Il fit signe à Eulalia de venir avec lui. Le fauteuil n'était pas assez large pour deux, mais il lui offrait volontiers ses jambes. Au diable les convenances ! Il préférait l'avoir sur lui plutôt que de la regarder s'asseoir près du Hunter dont l'esprit était clairement en proie au doute et à la colère.

Cependant, la jeune femme s'approcha plutôt d'Alexender. Raphaël grimaça, se demandant ce qu'elle projetait de faire. Sa douce voix voulut apaiser le rouquin et lorsque sa main se posa sur sa joue rougie, une légère lueur dorée en émana et la rougeur se mit à disparaître. Son pouvoir de guérison sembla faire immédiatement effet. Le Vampire sourit discrètement, fier de son amante. Même s'il ne lui avait jamais dit, il trouvait son don aussi utile que magnifique. Lui qui ne savait que blesser autrui admirait cette capacité qu'elle avait de faire le bien autour d'elle. Tant de douceur se dégageait d'elle !
Lorsqu'elle revint vers lui, l'Ange Blanc frissonna en sentant ses doigts frôler sa peau. Puis il se décala au maximum pour la laisser prendre place auprès de lui. Il respira avec plus de sérénité. Ils allaient enfin pouvoir discuter et exposer leurs griefs respectifs. Même si la tâche n'était pas aisée, il ressentait un certain besoin de raconter sa mésaventure avec le Comte.


- Alexender, Sarah est en vie et nous devons nous en réjouir. Même si c'est le Comte qui la récupère, au moins sommes-nous certains de sa survie. Il ne la tuera pas. Il était persuadé que c'était vous qui la cachiez.

Mais alors que le Vampire allait enfin expliquer ce qu'il lui était arrivé, des pas raisonnèrent à l'étage et Michael apparut en bas des escaliers. Raphaël lui jeta un regard interrogatif tandis que le majordome de Katherine se précipitait vers l'entrée. Les yeux bleus du Hunter croisèrent ceux d'Eulalia. Pourquoi le Lycanthrope courait-il ainsi ? Derrière lui, Seamus semblait tout autant surpris par l'attitude de son collègue bricoleur.
Ce fut lorsque trois coups résonnèrent contre la porte d'entrée que l'explication logique se présenta à tous : Katherine revenait au QG. Christopher sauta sur ses pieds et dépassa le majordome pour aller vérifier au judas que c'était bien la belle Huntress. Les pas dans l'entrée et la voix de Katherine les informèrent que leur instinct avait vu juste.
Raphaël, qui avait déjà grimacé en voyant Michael, se sentit quelque peu alourdit d'un poids supplémentaire. Les Lycanthropes ne l'acceptaient pas et leur animosité le perturbait beaucoup. C'était en partie à cause de leur présence qu'il ne s'entendait pas avec Alexender...Fallait-il qu'ils arrivent à ce moment-là ? Quelle plaie !

Lorsque Katherine entra dans le salon, elle fut débarrassée de ses affaires pendant que Christopher l'invitait à les rejoindre près de l'âtre. Leur petite réunion improvisée prenait de l'ampleur, pour le meilleur comme pour le pire. Les Lycanthropes avaient le droit d'en faire partie.
Quand les yeux de la belle Hongroise se posèrent sur lui, Raphaël se tassa légèrement et lui sourit, avec difficulté, pour éviter d'envenimer leurs relations. Il fut soulagé de la voir s'attarder sur Eulalia plutôt que sur lui...Cependant, il ne put s'empêcher de lui répondre :


- On ne me tue pas si facilement, Mademoiselle Thornes...vous le savez bien.

Le coeur battant, le Vampire ramena contre lui sa main enrubanné de bandages et grimaça à son contact. Étrangement, raconter ce que lui avait fait subir le Comte lui sembla maintenant d'une difficulté sans nom. Pourtant, il savait qu'elle avait sans doute vu le lord entre-temps, et qu'ils avaient donc de nombreuses informations à échanger...
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Alexender Von Ravellow
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Mer 22 Fév - 23:22

Eulalia était une utopiste et son optimisme l’écœurait.

Depuis qu'il avait appris l'existence des Vampires, depuis que sa mère avait été brutalement assassinée sous ses yeux, l'aristocrate déchu ne pouvait pardonner aux créatures de la nuit leur nature si différente, si dangereuse...
Qu'il puisse y avoir des aberrations de cette espèce qui n'aient jamais désiré leur nouvelle forme, il le concevait aisément, de même qu'il concevait que certaines d'entre-elles puissent se battre pour le bien de l'humanité, comme le prétendait par exemple Raphaël. Mais le Hunter qui sommeillait en lui refusait d'y croire complètement. Pour lui, repentantes ou non, ces créatures ne pouvaient pas être considérées comme des leurs. A ses yeux, elles étaient comme ces chiens élevés pour l'attaque et dont l'instinct de chasseur ne laisse jamais réellement la place à une docilité suffisante pour garantir la sécurité d'autrui.
Laisser un Vampire se fondre parmi eux était un supplice. Déjà, Raphaël se nourrissait de la naïveté de la jeune femme et buvait à sa belle gorge blanche sa vie et ses désirs. Il jouait avec ses sentiments, loin de maîtriser les siens, et ne faisait que retarder l'inévitable accident mortel que sa nature félonne ne tarderait pas à provoquer. Utiliser Raphaël et sa romance ridicule avec la belle Miss Grey pour trouver et détruire le Comte était une chose, le prendre pour un être parfaitement doué de raison et de tendresse envers les Hommes en était une autre.
Maintenant, élargir ces illusions à tous ses semblables et croire profondément en l'once d'humanité que chacune des créatures de la nuit pouvait encore avoir sous sa peau de glace ou de poils, était, de son point de vue, parfaitement insensé.
Eulalia rêvait.


- Votre pardon est un fantasme...

Éviter le regard du Vampire qui venait d'arriver. Éviter de frapper Nathan qui venait de le frôler.

Alexender eut un mal fou à se contenir. Le pire fut lorsqu'il comprit que Sarah était bel et bien vivante. C'était...impossible.

Le vide, l'incompréhension, la culpabilité...
Alexender crut devenir fou à cette confirmation.
Sarah était bien vivante et c'était le Comte qui l'avait récupérée ?

Un cauchemar...
Ce n'était qu'un cauchemar.

S’asseoir sur le sofa, pleurer, rager, jeter tout à terre, se décider, se lever, réaliser que tout ce que l'on entreprend n'est que vanité.

Alexender ne pouvait plus accepter cette vie. Son cœur déborda d'émotions et sembla désirer mourir sur le bord de ses lèvres desséchées.
Il se sentit effroyablement coupable.

Nathan et Christopher tentaient de le raisonner, mais à la vérité, Alexender n'écoutait plus ses alliés. Il ne voulait plus participer à tout cela. A chaque fois qu'il avait pris une décision, l'ensemble du groupe était allé à la catastrophe. Combien d'innocents avaient donc péri à cause de sa fougue irresponsable ? Combien d'amis avait-il perdu ? Il n'était pas fait pour être à la tête d'une équipe, encore moins à la tête de ce qu'il avait cru pouvoir devenir la plus grande alliance de Hunters de Londres depuis la Guilde d'Ivoire. Il se sentait idiot, lâche, incapable. Il refusait de porter plus longtemps le poids de ses erreurs et de toute cette pression. Jamais il n'avait pensé pouvoir un jour regretter d'avoir entendu parler des créatures de la nuit. Lui qui avait été si entouré dans ses déambulations mondaines, ses dîners, ses bals, ses soirées, ses nuits, ses escapades chevaleresques au milieu des vestiges d'un ancien temps empli d'obscurité et de crainte...se retrouvait finalement seul, complètement seul. Il ne savait plus s'il fallait qu'il s'accroche aux vains espoirs que ses coéquipiers tentaient de lui insuffler ou s'il valait mieux qu'il abandonne le combat afin de libérer ses élèves et amis, et de leur rendre la vie qu'ils méritaient. Mais les contradictions que ses sombres pensées soulevaient par vagues lui revenaient sans cesse en pleine figure. Et qui se chargerait d'éliminer ces démons si ce n'était pas lui ? Et qui mènerait ces jeunes gaillards si ce n'était pas lui ? Izaac avait le potentiel requis pour prendre sa place, mais il avait déjà signalé à plusieurs reprises qu'il les aidait sans désirer faire partie de leur groupe. Le gitan agissait seul.

Le visage perdu dans ses mains couvertes de larmes, Alexender se laissa aller au plus grand des désespoirs. Sarah, sa chère Sarah...Il l'avait abandonnée ! Il l'avait livrée au Comte !
Comment pourrait-il se le pardonner ? Comment allait-il la récupérer ?
Tous ses efforts avaient été vains.

Alors qu'il pleurait sans pudeur, Eulalia s'approcha de lui avec douceur. Elle tendit sa main vers sa joue et une étrange lueur brilla dans le creux de sa paume. Le Hunter tendit tout d’abord le dos et se crispa tout à fait à son contact. La chaleur de son geste s'immisça lentement dans sa peau irritée de larmes. Le pouvoir que la belle utilisa sur lui l'apeura. Il tenta de reculer son visage. Puis, il finit par se détendre et ferma les yeux pour recueillir ses bienfaits. La jeune femme l'avait déjà tiré des griffes de la mort suite à leur échec au théâtre, pourquoi ne lui accorderait-il pas de nouveau sa confiance ? Après tout, la bourgeoise n'avait jamais agi contre lui, même si leurs idéaux étaient souvent en conflit et qu'elle éprouvait des sentiments pour le Vampire au cheveux blancs...
Quelques minutes passèrent et Eulalia alla s'installer près de son étrange amant. Alexender resta sur le sofa où Nathan et Christopher venaient de le rejoindre, inquiets face au don surprenant de leur alliée. Le soupir du rouquin en dit long sur son apaisement. Il ne pleurait plus et son souffle semblait plus calme. Même si son cœur souffrait encore, et même s'il demeurait très émotif, il sembla plus à même de discuter. C'était comme si la jeune Miss Grey lui avait massé les tempes à l'aide d'un spiritueux voluptueux destiné à soulager les maux de tête. Il paraissait soudainement frais et dispo.

Avec Christopher et Nathan, il fit face au couple qui se tenait devant l'âtre en leur compagnie. Il était temps de s'expliquer un peu et de mettre à plat leurs différents griefs avant d'établir de nouveaux plans afin de servir leur cause commune.
Raphaël se voulut rassurant. Il lui avança que le Comte ne ferait pas de mal à Sarah et qu'il la désirait en vie. Alexender tiqua. En vie ? Rien n'était moins sûr...On voyait bien que ce n'était pas lui qui avait récupéré l'héritière des Spencer exsangue au milieu d'un salon en flammes...Et que dire des nombreux supplices que le Vampire pouvait lui faire subir ? Il pouvait la violer, la torturer, la saigner, lui offrir l'immortalité aussi...C'était pitoyable de se réjouir qu'elle était en vie ! Peut-être qu'à l'heure où ils parlaient, la jeune femme suppliait qu'on l'achève.

Mais, alors que le Vampire allait sans doute raconter sa mésaventure avec le Comte, des pas raisonnèrent à l'étage et Michael dévala les escaliers en courant. Alexender se redressa et interrogea Christopher du regard tandis que ce dernier se levait. Alphonse et Seamus descendaient l'escalier au pas, hésitants. Tout le monde se demandait ce qui pouvait bien motiver le geste du Lycanthrope.
Alors, on frappa à la porte. Alexender sursauta. Christopher empêcha son ami de se lever.


-  Laisse ! J'y vais.

C'était Katherine, le rouquin en était persuadé. Izac ne frappait pas de la sorte pour entrer.
Soudain, ses pensées s'affolèrent. Si c'était bien la belle Lycanthrope, alors elle revenait de sa première mission auprès du Comte ! C'était aussi excitant qu'angoissant. Et si elle avait été suivie ? Et si ce n'était pas Katherine mais le Comte lui-même qui se trouvait derrière la porte ? A cette idée, le rouquin blêmit tout à fait et son expression se décomposa en une moue d'effroi.
Épouvanté, les ongles crispés sur le sofa, le Hunter tendit l'oreille. A ses côtés, Nathan sentit son propre cœur battre la chamade. Comme son ami, il arrêta de respirer.
Quand il entendit la voix de la jeune femme, Alexender soupira bruyamment, sans cacher son intense soulagement. Il jeta un regard sombre à Raphaël avant de sourire à Nathan qui venait de lui mettre un coup de poing amical sur l'épaule, soulagé lui aussi.


- Katherine...murmura l'aristocrate avec une joie non dissimulée.

A peine la Lycanthrope fut-elle entrée dans le salon en compagnie de Christopher et Michael, que les tensions se ravivèrent. La belle ne supportait pas Raphaël à cause de sa nature et de sa dangerosité. C'était l'amante d'Alexender, et c'était en partie à cause de leur relation que le Vampire s'était enfui quelques jours plus tôt et qu'en cet instant Alexender dévisageait avec mépris Michael en le voyant si près d'elle...
Durant cet échange de regards noirs, Seamus et Christopher se rejoignirent pour s'asseoir par-terre près de l'âtre. Alexender resta près de Nathan, sur le sofa, et laissa Alphonse prendre place à leurs côtés. Il restait encore un peu d'espace et le Hunter songea que Katherine pourrait les rejoindre. Michael n'avait qu'à se tenir droit comme un « i » derrière sa maîtresse...

Lorsque Katherine se trouva près d'eux, elle demanda à Alexender ce qu'il se passait.


- Je...C'est compliqué...

Son doux regard lui fit chaud au coeur et il la laissa l'enlacer. Pourquoi la repousserait-il ? Tout le monde était désormais au courant de leur relation, il était stupide de s'en cacher. Evidemment, il aurait tout de même préféré qu'elle n'aie pas ce genre de geste en cet instant. A part scinder un peu plus les opinions en affichant clairement son infidélité...cela ne pouvait rien donner de bon...
La main de la belle se posa sur sa joue et il posa la sienne par-dessus pour la presser un peu. Il lui sourit, d'un air coupable, puis la laissa lui caresser les cheveux. Au bout d'un moment, les doigts de la belle s’enfuirent et Michael vint chercher son manteau. Puis, elle se plaça devant Raphaël et Eulalia. Alexender grimaça. Elle les salua mais ses mots envers le Vampire furent un peu osés par leur ironie. Heureusement, ce dernier y répondit avec moins de violence qu'il l'aurait pu. Il semblait chercher la paix plutôt que d'attiser les braises qui les brûlaient tous.
De son côté, la Lycanthrope s'attarda volontiers sur Eulalia afin de faire sa connaissance. Il était évident que sa proximité avec le Vampire en faisait une femme particulière...
Alexender hésita à les présenter lui-même, mais il se ravisa.
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Eulalia Grey
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Mar 28 Mar - 22:50

Quelle infâme situation de crise ils devaient gérer !Eulalia n’en pouvait plus. Si elle avait appris, quelques mois plus tôt, qu’elle perdrait père, mère et virginité pour un Vampire, elle n’y aurait pas cru. Mais c’était arrivé. Raphaël était devenu sa raison de se battre, l’homme qu’elle avait décidé d’aimer, sans trop savoir ni pourquoi ni comment. La Huntress aurait voulu qu’Alexender et lui s’entendent. Peut-être auraient-ils pu être amis, si elle n’avait pas tout gâché… C’était sa faute, son unique faute si la nature du Vampire avait éclaté au grand jour. Elle aurait pu ignorer la Blood Tablet trouvée dans la salle d’eau de l’Éclipse, faire comme si de rien n’était… Mais au lieu de cela, elle avait choisi de tout dire. Elle n’en parlait jamais, mais Lally s’accablait d’une grande partie de la responsabilité de ce qui était arrivé au Théâtre et des conséquences logiques qui avaient suivi.

Elle avait réussi à gérer la colère du grand roux après l’avoir sévèrement (mais justement) remis à sa place. Dans ce monde d’hommes, elle avait souvent l’impression d’être vue comme une faible chose, un bijou à protéger. Elle avait l’impression qu’ils avaient vite oublié qu’elle n’avait attendu personne pour monter sur le toit du Queen’s Heads et défier la Vampire qui s’y tenait. Il fallait qu’elle se fasse valoir non seulement en tant qu’aide à l’arrière mais aussi comme soldat vaillant et entraîné.
Enfin, l’heure n’était pas encore au roulement de mécaniques. Il fallait expliquer tout ce qui s’était produit depuis que Raphaël avait fui le QG. La jeune femme, qui semblait toute désignée pour commencer la discussion, hésitait sur ce qu’elle devait dire ou ne pas dire, afin de préserver l’anonymat de Drake, qui les avait aidés bon gré mal gré. Même s’il lui avait fait l’effet d’un rigide personnage, elle avait apprécié sa prise de risque pour eux. Pouvait-elle ainsi révéler son existence aux yeux du très amer Alexender ?

Alors qu’elle allait prendre la parole, une femme entra, vêtue en homme, comme une tornade. Elle arriva souriante, bienveillante, plantureuse, magnifique. Eulalia jalousa un bref instant son visage sculptural et sa splendide chevelure. Elle se sentait si terne à côté d’elle… Mais elle chassa bien vite ses pensées, indignes d’une jeune femme aussi pieuse qu’elle. Elle la vit s’approcher d’Alexender et essayer de le consoler. Elle se rendit alors compte que cette femme était la fameuse Comtesse dont Raphaël lui avait parlé. Elle ne sut soudainement plus quoi penser. Par sympathie pour Sarah, elle l’avait imaginée vénale, mesquine, manipulatrice. Mais pourtant, elle avait face à elle une jeune femme qui semblait douée d’empathie et qui avait l’air de tenir à Alexender… Peut-être l’aimait-elle, mais il appartenait à Sarah ! Il ne pouvait pas rompre ses engagements, pas après tout ce qu’il avait vécu pour la sauver des griffes du Comte ! Nerveusement, Lally serra un peu le bras de son amant pour manifester discrètement son trouble. Rien n’était jamais blanc ou noir… Par principe elle aurait détesté Miss Thornes mais ses sens lui renvoyaient une image positive… Que dire ? Que penser ?

Elle laissa Raphaël montrer sa blessure, en réponse aux paroles de la douce jeune femme. Visiblement, la tension était toujours palpable entre ces deux là… Alors qu’elle évitait de dévisager la jeune femme, par peur de paraître trop troublée, elle manqua de sursauter quand elle fut interpellée par cette dernière. Lally releva son visage vers elle et, pendant quelques secondes, elle resta interdite. Elle eut l’air de vouloir parler, ses lèvres s’ouvrirent, mais aucun son n’en sortit. Elle ne pouvait pas se montrer discourtoise avec elle mais ne pouvait pas non plus lui témoigner de l’affection qu’elle ne lui portait pas. Cette femme prenait la place de Sarah, elle ne devait pas l’oublier !
Hésitante, elle finit par lui adresser un sourire gêné mais sans animosité alors qu’elle inclinait la tête en guise de salut.


-Lady Thornes… Je suis Eulalia Grey. Vous ne m’avez pas encore vue ici mais c’est moi qui me charge de fournir et faire acheminer ici les provisions nécessaires à la vie quotidienne.

Eulalia en savait très peu sur cette jeune femme. Depuis combien de temps était-elle à Londres ? Quand avait-elle rejoint exactement leur groupuscule ? Comment ? C’était l’occasion d’entamer la discussion, essayer d’abaisser autant qu’elle le pouvait le feu des tensions et préserver Raphaël d’une nouvelle rixe.

- Je n’ai eu que de vagues évocations de vous dans les missives que j’ai reçues de la part de Sieur Von Ravellow… J’aimerais savoir un peu plus précisément quand et comment vous vous êtes retrouvée à apprendre l’existence de notre petite organisation ? Je ne puis vous cacher que cela m’intrigue au plus haut point.

Elle lui sourit une nouvelle fois. Elle paraissait moins mal à l’aise mais Raphaël aurait sans doute senti à quel point elle était en proie à un duel intérieur. Son bon sens lui hurlait de tout faire pour créer une atmosphère agréable mais son sens de l’honneur la poussait à la culpabiliser pour prendre la place de Lady Spencer. La pauvre… Combien de temps avait-elle passé, enfermée sous Terre avec cet affreux Comte Keï ? Combien de nuits passées à rêver, à attendre Alexender alors que celui-ci se pâmait dans les bras de Katherine ?


Eulalia était, bien évidemment, très loin de savoir que les penchants de Sarah pour le Comte s’étaient également exacerbés fortement depuis… Mais pour combien de temps le secret serait-il encore gardé ?

D’un geste aimable, elle invita la jeune femme à prendre place et l’écouta un moment avant de se résigner à parler à nouveau. Elle devait bien faire un compte rendu de ces derniers jours à leurs compagnons.


-Bien… Je suppose qu’un jour où l’autre nous allons devoir vous conter notre périple… Ces derniers jours j’ai fait énormément de recherches. J’ai écumé les archives et les ouvrages généalogiques que j’ai pu trouver, à la recherche de la plus petite incohérence qui pourrait nous servir contre le Comte. Autant vous dire que cela n’a rien donné… Il a dû employer d’excellents faussaires, ou alors il a détruit toutes les preuves compromettantes. J’ai également essayé de préparer une série de réponses types à donner au Yard si, un jour où l’autre, ils se décidaient à venir me quérir.

La jeune femme soupira. Que dire de plus ? Comment expliquer comment elle avait retrouvé Raphaël sans dévoiler l’existence d’Alastor ? Prudemment, elle continua, alors qu’elle se serrait un peu plus vers lui, comme pour chercher un soutien.

- Quand j’ai appris que Raphaël avait disparu, j’ai mené l’enquête pour le retrouver. Seule. Evidemment, ça n’a pas été facile, mais un concours de circonstances m’a permis de remonter jusqu’à lui. Une personne neutre, qui souhaite que son identité ne soit pas divulguée, le gardait chez elle.

Elle ne savait pas quoi dire d’autre. Son amant était bien plus à même de raconter ses malheurs…. Elle tourna ses grands yeux clairs vers lui avec un air encourageant et compréhensif. Son regard seul disait tout. Elle l’aurait cherché jusqu’au bout du Monde si cela avait été nécessaire.
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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Lun 10 Avr - 22:46

Sur le qui-vive Michael n'avait pas tardé à réagir à l'approche de sa maîtresse. Se projetant hors de la salle d'eau il avait dévalé les escaliers pour se jeter à l'entrée. Ce furent lui ainsi que Christopher qui accueillirent la demoiselle à la porte. Cette dernière, comme toujours, ne contenait aucunement sa joie. Pour quoi faire ? Elle était merveilleusement heureuse de pouvoir tous les retrouver. Saluant tout d'abord le jeune hunter elle finit par embrasser Michael avec affection. Tout sourire elle se dirigea vers le salon. Ce dernier malgré la forte lumière émanant de l'âtre et des bougies était envahi par un bon nombre d'ombres. Des ombres humaines qui tamisaient la pièce et laissait le loisir à la jeune femme de se rendre compte du nombre de personnes. Ne voyant dans un premier temps que son amant Katherine se dirigea vers lui, le coeur serré, le sourire légèrement effacé qu'il puisse se sentir mal. Qu'il ne saute pas de joie de la retrouver. Avait-il un problème ? Il était à cran et elle se doutait bien que les voix perçues à l'extérieur comportaient au moins celle du rouquin. Malgré tout elle percevait le soulagement dans son regard, le bonheur tout de même de la retrouver. Son angoisse devait très certainement disparaître à sa vue, elle était saine et sauve et sa mission n'avait nullement effacé sa gaieté naturelle. Katherine allait bien. Sans aucune hésitation la Comtesse se rapprocha d'Alexender et le ramena dans ses bras de manière chaleureuse tout en lui parlant. Que lui arrivait-il ? Pourquoi son visage était-il marqué par tant de détresse, de désarroi mais aussi de colère ? Que pouvait-elle faire pour lui ? Pour le moment elle se contentait de le dérider, de vouloir le réconforter.

- C'est compliqué ? Allons mon ami… Je saurais t'écouter…

Le pressant contre sa poitrine elle finit par déposer ses longs doigts fins sur la joue blanchâtre de l'homme et la caressa sans aucune pudeur. La jeune femme le couvait tendrement du regard, elle voulait déjà soigner les plaies de son coeur, guérir sa tristesse et réchauffer cette détresse glaciale. Son sourire la soulagea pendant quelques instants et elle glissa son autre main dans sa belle chevelure, les femmes pouvaient en être jalouses ! Jouant avec quelques mèches de ses cheveux elle dut se redresser pour délaisser son manteau à son majordome. Michael avait été témoin de cette affection partagée et les avait observé, le visage fermé, les yeux lançant des éclairs en direction d'Alexender. Il le haïssait, il le méprisait pour lui prendre de temps en temps cette femme qu'il convoitait. En mission leur relation était différente. Il mettait de côté son ressentiment à son égard et se comportait de manière si professionnelle que l'on ne doutait plus de ses capacités de majordome et de défenseur de la belle.

Se retournant la demoiselle fit enfin face aux autres occupants de la pièce. Saluant discrètement Seamus avec un léger petit sourire elle se rendit compte de la présence du vampire. Aussitôt l'atmosphère se tendit et la jeune femme crispa ses doigts incapable de retenir réellement le dégoût qu'elle éprouvait à son égard. Se rendait-il seulement compte à quel point il l'horripilait ? N'était-il pas un traître à son sang ? Un traître au sang humain pour être devenu un vampire, un traître au sang vampirique pour tuer ses congénères ? Tout ceci la révulsait et au fond la peur guidait ses pensées. Elle craignait ses monstres pour bien des choses, pour leur bestialité, pour leurs pulsions meurtrières, pour leur sens de la manipulation, pour leur régime protéiné… S'attardant plus volontiers sur la demoiselle qui accompagnait l'albinos elle s'adressa à lui bien que fuyant dans les premiers instants son regard.

- Je n'en doutais pas mon cher… veuillez accepter mes excuses pour le comportement de Michael, nous regrettons profondément votre départ et espérons que vous avez, comme nous, oublié cette bavure…

Posant finalement ses yeux sur lui elle l'observa tenir sa main, à priori le départ avait été rude pour lui. Était-ce une blessure liée à son altercation avec Michael qui avait lui-même senti les os de son poignet craquer ou bien lui était-il arrivé une quelconque mésaventure ? Tout ceci avait l'air assez grave pour qu'il en garde des séquelles malgré les capacités extraordinaires de son corps à se régénérer. Lui tendant la main elle faisait un effort phénoménal afin d'enterrer l'animosité qui rêgnait entre les trois jeunes gens. Son regard s'assombrit et se posa sur Michael, s'il ne s'était pas mis hors de lui elle n'aurait pas eu besoin de faire de tels efforts pour détruire la haine apparente. Tout ceci la révulsait cependant son bon sens lui hurlait de mettre tout ceci de côté afin de conserver une bonne entente entre les hunters.
Se concentrant à nouveau sur la demoiselle qui l'accompagnait elle prit la parole et se présenta rapidement sans 'étendre sur son identité. En avait-elle besoin ? Cette femme n'était à ses yeux qu'une parfaite inconnue. Très certainement une bonne amis des Hunters mais une inconnues et elle ne désirait se prononcer sur l'identité de celle-ci. Derrière elle Michael guettait les réactions de ces jeunes gens, un seul pas de travers l'inciterait à rentrer dans une colère noire… Il n'était que très peu enclin à accepter la demande de paix de sa maîtresse, il ne comprenait pas. Comment pouvait-elle mettre sa nature de côté ? Elle ne le faisait en réalité pas vraiment, elle ne voulait seulement plus attiser les tensions et des allers-retours trop fréquents alarmeraient les autorités…

Reprenant sa bonne humeur la jeune femme lui adressa un sourire des plus agréables avant de tiquer. Lady Thornes ? Quand ? Qui ? Comment ? Elle n'avait donné que son prénom.. Ah… Un soupir s'échappa d'entre ses lèvres. Ainsi donc il s'agissait de Miss Grey ! La troupe s'agrandissait ou bien se reformait, c'était à voir… C'était une bien agréable surprise que de la voir ici, cela la réjouissait, une nouvelle personne à connaître, à écouter, à regarder. Cela lui plaisait.

- Oh Miss Grey, vous me voyez ravie et très honorée de votre présence, je peux enfin mettre un visage, des plus plaisants, sur ce nom…

Lui souriant elle l'écouta avec un véritable plaisir et cela pouvait se lire à son regard. Près d'Alexender elle lui jeta un regard, pouvait-il lire sa joie ? L'excitation de rencontrer une nouvelle personne ? Le bonheur malgré Raphaël de se retrouver parmi eux ? Contenant sa joie elle se baissa légèrement pour être à la hauteur de la jeune femme tandis qu'elle lui parlait. Tout ceci l'amusa, elle avait l'impression d'avoir passé des années en leur compagnie alors que leur rencontre était des plus récentes.

- Ô Ciel ! Je m'en rends compte maintenant, cela ne fait qu'un mois que je suis parmi vous j'ai pourtant cette très agréable impression que je suis ici depuis si longtemps… C'était le 4 avril si ma mémoire est correcte, oui cela doit être ça, je sortais d'un de ces bals. Tout à fait excitant… ahah… J'ai surpris Stan et Alexender en une position assez peu confortable se disputant très indiscrètement et très imprudemment, heureusement que ce n'était que moi Sieur Von Ravellow…

Elle lui sourit légèrement en reprenant les termes de Miss Grey et en le détaillant de pieds en cap. Katherine en avait de la chance, elle s'en rendait compte de jour en jour, elle se sentait même changée de leur rencontre. Elle se sentait différente. Auparavant méfiante et d'une arrogance sans pareille il lui semblait impossible de s'attacher à des personnes, de vouloir les aider, de craindre pour leur vie. Elle qui avait juré de ne pas s'occuper d'eux, de ne pas pleurer si leur arrivait n quelconque malheur. Peut-être avait-elle faibli mais elle s'en sentait grandi et bien plus forte de part cette faiblesse. Auparavant mourir l'importait peu, ce ne serait qu'un échec, une défaite, désormais elle réfléchissait, voulait-elle cesser de les voir à tout jamais ? Katherine se mettait à accorder bien plus d'importance à sa vie… Sortant de ses rêveries elle percuta qu'Eulalia lui indiquait une place à ses côtés depuis peut-être une bonne minute. Elle s'était murée dans un silence intense dans lequel elle avait nourri quelques réflexions sur cette rencontre fortuite, sur ses nouveaux amis. S'excusant silencieusement elle prit place et croisa les jambes. Se raclant la gorge elle comprit qu'on attendait d'elle peut-être qu'elle raconte la soirée passée en compagnie du Comte.

- Le plan fut une réussite. Par un heureux hasard j'ai réussi à attirer son regard, ou peut-être celui de sa compagne. Nous avons longuement parlé et nous fixerons prochainement un rendez-vous. Je suis désirée pour le rôle de Cléopâtre dans sa nouvelle pièce nous avançons à grands pas et cela me plaît ! Il ne se doute de rien pour le moment en revanche… quelques détails me font penser que des informations m'échappent… Je trouve cela des plus inquiétants. Lorsque nous dînions je l'ai clairement vu se servir de couverts en argent. Est-il sensible à l'argent ? A t-il développé une certaine résistance ? Si c'est le cas nous devons adapter notre matériel, cela m'a mise assez mal à l'aise. Ou bien ne serait-ce que sorcellerie ? Si c'est le cas combien de sombres pouvoirs nous cache ce monst… vampire? Elle jeta un regard à Raphaël inquiète qu'il ait pu le prendre pour lui même si elle ne voyait aucune différence entre lui et un vampire lambda. Tout ceci m'inquiète…

Laissant planer un instant ses questionnements elle joignit ses mains et finit par sourire, malgré tout la première approche avait été un véritable succès et malgré le dégoût profond qu'elle éprouvait elle en était des plus fières.
Écoutant la jeune Grey elle posa ses yeux sur le pantalon de son amant histoire de fixer un point tout en assimilant les informations. De son côté Michael servait des verres à chacun d'entre eux regardant Raphael avec méfiance puis l'ignorant afin de ne pas être remarqué par Katherine.


- Ou alors il les cache… Si ces papiers existent encore il suffirait qu'un journaliste un peu tendancieux tombe dessus pour créer de petites étincelles. Peut-être existe t-il des archives ailleurs, dans d'autres pays, des archives plus pointues. Il n'a pas pu tout cacher, il y a bien eu un moment où une erreur a été faite.

Prenant le verre servi par Michael elle avala une gorgée puis papillonna des yeux en sentant ce liquide brûlant détruire sa gorge. La concentration lui avait fait oublier qu'elle buvait de l'alcool.

- Que s'est-il passé Eulalia, Raphaël ? Cette personne vous a t-elle sauvé ? Fit-elle en montrant de la tête son bandage.



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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Raphaël Veneziano
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Dim 16 Avr - 14:56

Les retrouvailles entre Alexender et Katherine ne plurent pas à Raphaël. Non seulement la Lycanthrope ne le portait pas dans son cœur et allait sans doute amener avec elle de nouvelles tensions, mais en plus elle rejoint le Hunter comme s'il lui fût parfaitement acquis. Ensemble, ils affichèrent sans retenue leur affection respective, devant lui-même, devant Eulalia, devant Christopher, Nathan, Seamus, Michael...C'était tout simplement cruel de provocation. Le Vampire en serra les dents, outré, gêné, énervé de constater que, malgré tout ce qui lui était arrivé, rien n'avait changé. Il songea soudain que rien ne changerait jamais : Alexender était d'une nature volage et Katherine adorait jouer les catins. Sa présence à lui au sein de leur groupe ne signifiait rien, si ce n'était un apport de force, et tout ce qu'il pourrait penser au sujet de leurs comportements ne les atteindrait jamais. A quoi bon les juger finalement ? Ils n'auraient cure de son opinion.
Raphaël soupira imperceptiblement. Il se contenta de rappeler à la jeune femme que sa nature le rendait particulièrement résistant et qu'il n'était pas prêt de se laisser mourir, sous-entendu « que cela vous plaise ou non ». C'était une façon pour lui de se défendre de ses regards inquisiteurs et de son air quelque peu hautain. Au moins, il conservait une certaine forme d'honneur, même si c'était sans doute un peu idiot de l'afficher ainsi.

Alors que le Vampire allait ignorer Katherine pour ruminer sa déconfiture face au Comte tout en tâchant de cacher sa main estropiée, la Lycanthrope s'excusa soudain pour le comportement de son majordome et le gratifia d'un geste aimable. Même si ce geste n'était qu'une composition de circonstance et non un signe quelconque d'amitié, cela surprit Raphaël. Le Hunter aux cheveux blancs recula un peu dans son fauteuil, comme s'il eût craint qu'elle ne le morde. Et il rougit. Il rougit de son attitude défensive, résidu de sa peur envers le Comte. Il rougit de sa réaction, épidermique, qui avait été celle d'un animal blessé qui ne désirait pas qu'on l'approche. Le cœur battant, il ne tendit pas la main pour répondre à celle que la jeune femme lui tendait. Ce n'était pas par irrespect, c'était par inexpérience et surtout par méfiance.


- Michael avait peur pour vous...et moi je n'aurais pas dû partir...fit-il d'une voix éteinte tout en baissant les yeux.

Certes, il n'excusait en rien l'attitude agressive du majordome, mais il ne pouvait ignorer les efforts de la Lycanthrope pour enterrer la hache de guerre. S'il ne trouvait pas la force de lui tendre sa main gauche, au moins pouvait-il lui accorder ces quelques mots aimables vis à vis de Michael. Évidemment, au-delà de sa gêne et de ses efforts intimes pour rester poli, le Vampire ne pouvait s'empêcher de fulminer : comment pourrait-il oublier quoi que ce soit ? Il y avait perdu deux doigts ! Le Comte aurait pu le tuer ou pire, les trouver tous ! Il aurait suffit qu'il le torture quelques heures de plus et il aurait immanquablement parlé ou trouvé la mort. Ce qui c'était passé la dernière fois qu'il s'était trouvé au QG n'était, en rien, excusable. Mais pour faire avancer les choses, pour leur permettre d'espérer un jour vaincre leur ennemi commun, ils se devaient tous de s'assagir et de faire bonne figure. Si les tensions persistaient, ce serait la catastrophe. Continuer de se disputer et de montrer crocs et Bloody Rose finirait par les mener à leur perte.


- Je ne lui en veux pas...

Il mentait, c'était flagrant au vu du ton cassé qu'il venait de prendre, mais au moins avait-il fait l'effort de chercher la paix.

La mine renfrognée, Raphaël observa ensuite la grande femme aux cheveux noirs aller à la rencontre d'Eulalia. Il était temps de faire les présentations.  
Les deux jeunes femmes furent tout à fait cordiales, comme devaient l'être deux ladies de leur âge et de leur rang. Cependant, Katherine parut plus joviale que prévu et son attitude bondissante eut le bon goût de détendre l'atmosphère. Les regards étant braqués sur elle, le Vampire se sentit plus serein. Eulalia se présenta la première, intriguée par cette femme qu'elle n'avait jamais vue. Elle lui appris qu'elle était celle qui fournissait les Hunter au QG et qui veillait à leur confort. Puis, elle demanda à la Lycanthrope comment elle avait eu vent de leur organisation et comment elle avait pu l'intégrer. Katherine évoqua sa rencontre avec Stan et Alexender comme l'on se remémore une fête d'enfance. Elle semblait transportée de joie en constatant que cela faisait un mois qu'elle les avait rejoint.
Raphaël se perdit un peu dans ses pensées. Où était Stan à l'heure qu'il était ? Depuis qu'il l'avait revu sur les quais, il n'en avait plus entendu parler. Cet homme mystérieux semblait les avoir abandonné, voire les avoir trahi. Le Vampire ne se souvenait que trop bien de l'intervention de cet agent du Yard alors qu'ils étaient en pleine discussion sous le pont...

Les deux femmes se mirent alors à raconter leurs aventures respectives afin que chacun puisse être au courant des avancées de leurs projets et de ce qu'il s'était passé depuis leur dernière réunion. Raphaël fut soudain très mal à l'aise.
Eulalia raconta d'abord qu'elle avait fouillé les archives pour tenter de trouver une trace de la généalogie du Comte, histoire de voir s'il n'avait pas une faiblesse exploitable publiquement. Elle n'avait rien trouvé. Ce n'était finalement pas étonnant. Raphaël avait senti que son aîné était terriblement vieux, bien plus vieux que ce que chacun ici pouvait sans doute imaginer. Pour lui, il devait avoir au moins 500 ans...Comment un tel Vampire aurait-il pu laisser traîner derrière lui des documents qui risquaient de le trahir ? Il devait avoir tout prévu, tout calculé, tout brûlé...Il n'y avait que chez lui, dans son manoir près du Royal college of Music, qu'ils pourraient éventuellement trouver des traces de son passé.
Eulalia expliqua ensuite qu'elle avait préparé des réponses types à fournir au Yard au cas où il viendrait l'interroger. Raphaël lui jeta un coup d'oeil inquiet. Il avait oublié cette possibilité. Certes, elle n'était pas recherchée et sa présence dans les combats au théâtre n'avait pas été vérifiée, mais c'était tout de même ses parents qui étaient morts sur place et le Comte connaissait sans doute son implication. Il avait la main mise sur une bonne partie de la ville et il fallait en effet s'attendre à ce qu'il se tourne vers elle pour obtenir leurs têtes à tous. Raphaël sentit un long frisson lui parcourir l'échine. Ne lui avait-il pas dit qu'il allait s'occuper de son cas ? Ne lui avait-il pas murmuré qu'il allait bientôt lui rendre visite ? Imaginer Eulalia seule aux prises avec le Comte le rendait malade. Il fallait à tout prix éviter cet affrontement. Dès ce soir, le Vampire avait prévu de lui demander de rester cachée, ici, avec eux. Il savait qu'elle lui répondrait qu'elle ne pouvait pas abandonner leur ravitaillement, mais il préférait crever de faim plutôt que de lui faire prendre toujours plus de risques. Le Comte avait été clair : c'était la prochaine qu'il torturerait...
La belle ne perçut pas sa détresse. Elle continuait son récit en expliquant à la Lycanthrope qu'elle avait enquêté sur sa disparition avant de le retrouver. Elle n'évoqua ni la bibliothèque, ni Alastor Drake. Surpris par sa pudeur, Raphaël lui jeta un regard étonné. Ne voulait-elle pas prévenir les Hunters au sujet de la nature du Conservateur ? Était-ce bien prudent d'omettre semblable information ? Leurs regards se croisèrent et le Vampire sut alors qu'elle hésitait et lui demandait un peu d'aide. Raphaël blêmit un peu et hésita à son tour. Katherine était avide de savoir. Les autres les observaient avec intérêt. Alors, le Vampire toussota et prit la parole:


- Lorsque j'ai quitté le QG, je me suis mis à chercher Aria, une de nos consoeurs qui a disparu. Malheureusement, deux Vampires me sont tombés dessus. Ils étaient à la solde du Comte et nous avons lutté dans les rues, du côté de Bedlam Hospital. J'aurais pu m'enfuir si le Comte lui-même n'était pas arrivé...Le Vampire déglutit. Il n'avait aucune envie de raconter la suite. Il voulait savoir où se trouvait Sarah. Je ne le savais pas, donc je ne pouvais pas le renseigner. Il a alors voulu que je lui révèle l'emplacement de notre cachette, pour trouver Alexender...Raphaël jeta un regard morne au rouquin. Il était persuadé que c'était vous qui la cachiez. Ses yeux se perdirent dans le vide et sa main gauche vint serrer un peu son poignet droit. Il m'a torturé. Fallait-il qu'il aille jusqu'à montrer ce qui se cachait sous son bandage ? Non...Inutile de perturber les jeunes Hunters. Il avait un minimum de pudeur. Il m'a coupé deux doigts, voilà. ajouta-t-il brusquement d'un air grave. Même si je me régénère plus rapidement que vous, je ne peux récupérer des os...Je ne suis plus capable de tenir un épée...

Sa voix se perdit dans sa gorge nouée. Il se sentit soudain plus inutile que jamais et tous ces regards tournés vers lui et sa main lui donnaient la nausée. Déstabilisé, il hésita à continuer. Qu'est-ce qu'il leur fallait de plus ? Lentement, il reprit :

- Il m'a enfermé dans une pièce noire, un endroit étrange, qu'il a matérialisé avec ses pouvoirs. Je ne sais pas trop où j'étais. Cela pourrait leur être utile. Jusque là, aucun d'entre eux n'avait eu affaire à ce phénomène. J'ai réussi à m'en sortir en parlant à un cadavre qui s'y trouvait...Je ne saurais expliquer ce qu'il s'est passé. Mais quand je suis sorti, il a été pris de rage et a tenté de me tuer. J'ai été secouru par un homme. Ce dernier m'a soigné quelques jours. Eulalia est alors arrivée...Nous avons pu fuir ici parce que le Comte était occupé au cimetière.

Il aurait voulu leur dire que c'était dans la bibliothèque qu'il avait été sauvé et qu'il avait compris que le Comte ne pouvait s'y rendre à sa guise, ni y faire ce qu'il voulait. Cela leur aurait été utile. Mais les réserves qu'Eulalia émettait concernant son sauveur le perturbaient. Pourquoi ne pas aller au bout ? Elle devait avoir ses raisons.

- Le Comte ignore toujours où nous nous cachons. termina-t-il en soupirant.  Maintenant qu'il a retrouvé Sarah, il sait que ce n'était pas nous qui la cachions. Peut-être qu'il va nous oublier un moment...

Le silence se fit. Puis, tous les regards se tournèrent naturellement vers Katherine. Elle était la dernière à avoir vu le Comte et ils attendaient tous son récit. La Lycanthrope fit alors le récit de la soirée passée avec lui et d'autres artistes. Elle leur appris qu'elle était engagée pour le rôle de Cléopâtre et qu'elle avait bon espoir de s'approcher toujours plus du lord.

- Vous prenez beaucoup de risques...murmura Raphaël.

Mais Katherine semblait prête à tout pour s'infiltrer dans les petits papiers du Comte. Elle était sûre d'elle et volontaire. Mais bientôt, elle leur fit également part de ses craintes le concernant : apparemment, le Comte pouvait utiliser des couverts en argent...Raphaël saisit son regard alors qu'elle venait de manquer de le désigner comme un « monstre » et lui sourit au travers d'une grimace gênée. Il n'avait cure de ce genre de terme. Lui-même se considérait comme une aberration de la Divine Création. Par contre, ce qu'elle leur avançait là était très grave.


- S'il peut toucher à l'argent, alors ses pouvoirs sont bien plus terribles que ce que nous pensions...Aucun Vampire ne peu supporter ce métal. Aucun. Il empoisonne le sang et affaiblit ce qu'on appelle le « Don Obscur », cette maladie qui nous donne des pouvoirs surnaturels.

Aussitôt qu'il eût prononcé ces mots, Raphaël les regretta. Seamus et Christopher lui jetaient des regards intrigués. Ils lui avaient déjà demandé quels étaient ses pouvoirs et il avait été incapable de leur répondre. Évoquer ainsi le Don Obscur ne pouvait que les conduire à reformuler leurs questions. De plus, il ne désirait pas utiliser ce « nous » qui le mettait dans le même panier que les autres Vampires. Cela desservait son image auprès des Hunters. Quel maladresse !

Sous le regard inquisiteur de Katherine, Raphaël n'y tint plus. Il se devait de les informer jusqu’au bout.


- Écoutez, Eulalia et moi ne vous avons pas tout dit. Celui qui m'a sauvé du Comte n'est autre qu'Alastor Drake, le Conservateur. Le Comte discutait avec lui lorsque je suis sorti de sa pièce noire. C'est lui qui m'a protégé de sa colère en invoquant un genre de pacte qu'ils auraient passé entre-eux. Apparemment, le Comte ne peut pas verser le sang dans ce lieu...

Nathan semblait abasourdi et l'assemblée entière retenait son souffle. Raphaël jeta un regard inquiet à Eulalia, cherchant l'approbation dans ses beaux yeux.

- Le bibliothécaire est un Vampire. Il semble neutre, voire plutôt tourné vers la protection de la vie. Il est possible que nous puissions nous réfugier chez lui en cas de coup dur.

Le Hunter s'écrasa encore un peu dans son fauteuil et soupira. C'était si sortir tout cela lui avait été particulièrement difficile. En réalité, il était épuisé et peinait à se remettre de leur fuite à travers les égouts. Et puis, cela faisait beaucoup à assimiler: les pouvoirs du Comte, le retour de Sarah, l'infiltration de Katherine, sa propre fuite...Quel avenir leur restait-il ? Il fallait à tout pris que Katherine parvienne à trouver le point faible de leur ennemi.
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Alexender Von Ravellow
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Lun 17 Avr - 0:25

Alexender se sentait plus apte à affronter les autres et à défendre ses positions. L'arrivée de Katherine lui avait fait l'effet d'un spiritueux. Elle l'avait à la fois apaisé et réveillé. Même s'il avait tout d'abord été gêné par ses démonstrations affectives, il avait bien vite compris qu'il ne pourrait jamais s'en dérober sans aller contre ses propres envies, et donc sa nature. Pourquoi faire semblant ? Tout le monde était au courant de la situation : il aurait été ridicule de jouer encore les innocents. Et puis, Katherine était la seule qui lui offrait son réconfort sans rien attendre en retour. Elle le faisait naturellement, sans y voir là une stratégie pour maintenir un certain équilibre dans le groupe. Ils s'étaient offert l'un à l'autre sans pudeur, et maintenant ils partageaient une forme d'intimité avec laquelle leurs alliés ne pouvaient rivaliser.

Ainsi presque tous réunis, ils pouvaient réamorcer les conversations. La Lycanthrope ne se fit pas prier pour s'intégrer et se tourna bientôt vers Eulalia pour répondre à ses interrogations. Les deux jeunes femmes ne se connaissaient pas encore et elles se présentèrent l'une à l'autre avec sympathie. Alexender fut agréablement surpris par l'attitude éminemment positive de Katherine. Cela lui redonna du baume au cœur. La voir ainsi s'extasier sur cette nouvelle rencontre et calculer depuis quand elle faisait partie de leur groupe lui donna l'impression qu'ils formaient une famille recomposée dans laquelle les différents membres se redécouvraient à chaque fête. Alexender lui sourit avec sincérité. Il lui était reconnaissant d'être parfois aussi simple et agréable. Il ne regrettait rien.
Eulalia fut aimable elle aussi, quoique moins joviale, et les deux jeunes femmes échangèrent bien vite les politesses basiques. Katherine s'excusa ensuite pour l'attitude qu'avait eu son majordome et tendit une main à Raphaël. Alexender observa la scène d'un air dubitatif. Le Vampire ne semblait pas enclin à répondre à ce genre de geste mais il fit des efforts pour s'excuser lui-même. Même si cet échange fut maladroit des deux côtés, il eut au moins le mérite d'exister. Les tensions qui régnaient entre eux ne pourraient pas s'effacer d'un seul geste, d'un mot ou d'un regard, mais ce semblant de paix était mieux que rien. Il y a avait de l'espoir.

Laissant de côté les salutations et les excuses, les deux jeunes femmes se mirent à établir leurs différents questionnements. Deux points centraux étaient à éclaircir pour l'heure : Qu'était-il arrivé à Raphaël et Eulalia ? Est-ce que Katherine avait réussi à approcher le Comte ? Tout le monde éprouvait le besoin de savoir.

A la première interrogation, Eulalia expliqua qu'elle avait cherché, en vain, des informations sur le Comte et qu'elle avait retrouvé son amant en enquêtant. Elle dissimula le nom de leur sauveur et resta très évasive quant à ses méthodes. Que voulait-elle cacher ? Alexender fronça les sourcils. S'ils continuaient tous à se faire des cachotteries, ils ne parviendraient jamais à aller au bout de leurs ambitions. Qui était donc cette « personne neutre » ? Un de ses amis ? Après ce qui était arrivé à ses parents, la jeune miss Grey avait sans doute le droit, ou le devoir, de protéger ses proches, mais c'était un peu pénible de manquer autant de confiance les uns envers les autres...
Le rouquin songeait à tout cela lorsque Raphaël se mit à compléter les dires de sa compagne. Un froid glacial s'abattit soudain sur l'assemblée. Non pas à cause du fait que ce soit un Vampire qui parlait mais bien parce que son récit glaçait le sang. En effet, il leur appris qu'il était malheureusement tombé directement sur le Comte après avoir quitté le QG. Il leur expliqua qu'il avait été torturé, amputé de deux doigts, et enfermé dans une pièce noire avant de réussir à s'en échapper miraculeusement. Alexender lui-même prit en pitié la créature qui se confiait avec difficulté. Il évita de regarder sa main bandée en se concentrant sur son visage. Raphaël paraissait particulièrement gêné de leur raconter ce qu'il avait vécu, comme si avouer ses faiblesses le déchirait intérieurement. Le rouquin songea que sa mutilation avait sans doute eut de grandes répercussions psychologiques sur lui. Il se mit à sa place l'espace de quelques secondes et déglutit avec peine. L'empathie qu'il éprouva pour son étrange collègue lui fit froid dans le dos mais il ne put s'empêcher de le plaindre. Quel effet cela faisait-il de perdre ainsi deux doigts ? Alexender serra les poings pour enfoncer un peu ses ongles dans sa paume. Quelle affreuse sensation ! Le Comte était un barbare...Raphaël ajouta alors qu'il ne pourrait plus jamais tenir une épée correctement. Son ton, bas et malheureux, fit grimacer Alexender qui tenta de s'imaginer dans sa situation. Que ferait-il s'il perdait lui-même les capacités motrices de ses mains ? Cette idée était effroyable...


- Je suis désolé pour vous...dit-il dans un murmure à peine audible.

Et c'était sincère. Quelque part, Alexender se sentait en partie coupable des souffrances qu'avait éprouvé le Hunter aux cheveux blancs. Même si son instinct lui criait que ce n'était pas grave, que ce n'était qu'un Vampire qu'il avait prévu d'éliminer un jour de ses propres mains, c'était tout de même devenu un allié et un membre de leur pseudo guilde. C'était l'amant d'Eulalia, un homme qui les aidait tous dans leur quête et qui prenait des risques mortels avec eux. Il méritait sans doute un peu de soutien...
Les autres Hunters durent ressentir ce même élan de peine puisqu'ils le dévisageaient désormais avec compassion. Seamus murmura lui-même un « Je suis désolé... » en baissant les yeux et Christopher grinça un « Il faut le tuer. C'est un malade. » en parlant du Comte.

Alexender, lui, soupira en s'affaissant dans son canapé. Entendre le nom de Sarah franchir les lèvres de l'albinos l'avait ramené à son désir immédiat de sauver la jeune femme. Si Eulalia et lui avaient pu s'enfuir, c'était parce que le Comte était occupé avec l'héritière des Spencer ce soir...Le rouquin sentit son cœur se soulever et ses larmes revinrent envahir ses yeux mordorés. Il ne pouvait pas rester là, assis, à palabrer, pendant que Sarah était une nouvelle fois emportée par leur ennemi ! C'était intolérable ! Mille et une pensées envahirent l'esprit fatigué du Hunter et il crut que sa tête allait exploser sous la pression qu'il ressentait maintenant.


- Sarah...n'est pas un bouclier...Nous ne pouvons pas nous cacher derrière elle...grogna-t-il entre ses dents serrées.

Mais ses mots se perdirent dans le flot de la conversation qui animait désormais chacun. Katherine racontait son aventure à la soirée où elle avait été conviée par le Comte. Elle expliqua qu'elle avait été choisie pour incarner Cléopâtre. Alexender ne put s'empêcher de s'exclamer :


- Il t'a choisie pour le rôle principal d'une de ses pièces !? Sa voix monta un peu dans les aiguës tant il était surpris et inquiet. Mais...comment l'as-tu convaincu ? Je veux dire...comment as-tu pu l'approcher à ce point ?

Alexender n'imaginait pas que Katherine ait usé de ses charmes, il songeait que le Comte avait peut être repéré en elle un Lycanthrope et qu'elle était en train de tomber dans un piège.
La suite du récit de la jeune femme ne parvint pas à le rassurer, bien au contraire. Apprendre que le Comte n'était pas sensible à l'argent lui donna un coup supplémentaire au moral.


- Attends...tu rigoles ? demanda-t-il avec anxiété.

Raphaël était surpris lui aussi. Il partait du principe qu'aucun Vampire n'était capable de supporter l'argent. Comment expliquer ce que Katherine avait donc vu.


- Michael, vous êtes sûr vous aussi qu'il touchait des couverts en argent ? fit Alexender en se tournant brusquement vers le majordome.

Ce n'était pas qu'il ne croyait pas en Katherine, mais deux regards valaient mieux qu'un. Peut être que la jeune femme avait mal vu ? Il l'espérait du fond du cœur. Sinon, comment pourraient-ils espérer gagner face à un tel monstre ? L'image du poison que venait d'utiliser Raphaël le frappa soudain.


- Il est sensible aux Bloody Rose et au poison noir. Sarah lui a tiré dans le genoux et il a mis des mois à s'en remettre...ajouta le rouquin d'un air soulagé, comme si ce souvenir les sauvait tous.

- Il faut qu'on rassemble plus d'informations que ça pour espérer le battre un jour. dit Nathan en jetant un regard à Katherine. Christopher suivit son raisonnement.

- Si Miss Thornes est infiltrée auprès de lui, c'est l'occasion de nous renseigner sur ses allées et venues, sur ses goûts...Elle pourra peut être trouver des indices dans sa demeure si elle parvient à y être invitée. Même pendant les répétitions, chaque détail pourra nous aider.

- Et elle pourra savoir ce qu'est devenue Sarah...Enfin peut être...ajouta Seamus.

Alexender grimaça. Katherine portait un lourd fardeau et chacun y ajoutait toujours plus de poids.


- Il est japonais. Il faudrait chercher au Japon mais nous n'en avons ni le temps, ni les moyens. fit soudain Alphonse qui n'avait pas émis le moindre son depuis son arrivée. Peut être qu'en interrogeant des asiatiques, dans le quartier chinois, nous pourrions avoir un semblant de piste... ?

Son idée n'était pas bête, mais Alexender doutait que cela soit efficace.
Raphaël leur révéla alors la nature du Bibliothécaire et son implication dans sa fuite avec Eulalia. C'était un Vampire, un Vampire qui pouvait tenir tête au Comte et même l'empêcher de verser le sang au sein de la bibliothèque. Un genre de pacte les liait et c'était ce qui avait sauvé Raphaël de la mort. Le rouquin blêmit.


- Alastor Drake ? Un Vampire ?! Mais...

Alexender se souvenait du nombre de fois où il avait croisé ce personnage aux vêtements sombres. Il se souvenait l'avoir frôlé, lui avoir parlé, l'avoir entraperçu avec des gens de tout sexe et de tout âge...Comment un Vampire pouvait-il se trouver ainsi à la tête de la plus grande bibliothèque d'Angleterre, avec celle d'Oxford, sans qu'il ne soit au courant ? Comment avait-il pu être aussi aveugle ! C'était effrayant...atrocement effrayant...

- Quel intérêt aurait-il à s'opposer au Comte ?

Le Hunter se sentait complètement dépassé par tout ce qu'il apprenait ce soir. La réussite de Katherine lui donnait des sueurs froides, la main mutilée de Raphaël lui rappelait qu'aucun d'entre eux n'était invincible et que leur ennemi était particulièrement sadique, que le Conservateur soit un Vampire le tuait...Et Sarah dans toute cette folie ? Où était-elle ? Et ses domestiques ? Qui les sauverait ? C'était trop dur. C'était bien trop dur...

La tête dans les mains, Alexender soupira à la fois de colère et de désespoir.


- Bon Dieu mais ils sont partout...partout...
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Eulalia Grey
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Dim 14 Mai - 14:49

Eulalia réfléchissait en écoutant Katherine. Elle s’était rapidement faite à la vie du petit groupe de Hunter, après une rencontre complètement fortuite. Elle ne put s’empêcher de penser que Stan et Alexender auraient dû se montrer plus prudents. Ils avaient eu de la chance de croiser une autre Huntress au cours de leurs périgrinations, mais il aurait très bien pu s’agir d’une Vampire ou d’une Louve-Garou. Bien qu’elle tendait à juger ces créatures avec plus de bienveillance qu’auparavant, elle n’oubliait pas que la plupart d’entre eux restaient motivés par des instincts sanguinaires et violents. Le regard profondément soucieux, les mains nerveusement croisées sur son giron, elle écouta la Lady raconter la suite de son histoire. La jeune femme haussa un sourcil en apprenant qu’elle avait approché le Comte de près, très près. Elle se mettait dans une posture dangereuse…  Jouer dans une pièce dirigée par ses soins était une grande prise de risque ! Bien sûr, il s’agissait d’un excellent moyen de démasquer le Lord, mais s’il démasquait la Huntress avant ? Qui pourrait lui porter secours dans ce cas ?

La jeune Grey faillit émettre tout haut ses réserves mais la suite du discours de la belle hongroise l’en empêcha. Le Comte se servait donc de couverts en argent ?! C’était impensable, impossible même ! Alexender réagit évidemment au quart de tour à cette révélation alors que Raphaël commençait à livrer ses observations sur ce qu’il appelait le Don Obscur. Il laissait lui aussi entendre que les pouvoirs du Comte dépassaient les limites de l’entendement. Comment pouvaient-ils espérer un jour le vaincre dans ce cas ?
Sourcils froncés, la jeune femme remonta ses lunettes sur le nez en réfléchissant. Il fallait tempérer les choses. Les Hunters ici n’imaginaient que le cas de figure où le Lord serait invulnérable… Mais n’y avait-il pas une autre façon d’envisager les choses ?
Doucement, elle reprit la parole, lissant pensivement les plis de sa robe noire.


-N’allons pas trop vite en besogne… Vous savez, certains Vampires sont dotés d’un don leur permettant d’approcher et de toucher les objets religieux pendant une période de temps définie. Mon père a eu l’occasion de les observer… Ne serait-il pas possible d’envisager que, de la même manière, d’autres Vampires puissent disposer d’une aptitude similaire concernant les objets en argent ? A moins que vous ayez été victime d’un sort d’illusion qui vous fasse croire que le Comte utilisait de l’argent. Ou bien, il aurait pu avoir un complice dans le personnel de service qui aurait remplacé ses couverts par de la coutellerie en étain… Je pense sincèrement que ce Comte Keï est astucieux mais certainement pas aussi puissant que ce qu’il laisse paraître.

Eulalia posa une de ses mains sur celle de son amant pour le rassurer. Elle savait que ce genre de question était sensible pour lui. Se faire sans cesse comparer et assimiler aux êtres contre lesquels il luttait devait être une souffrance sans nom…
Elle rougit et baissa les yeux quand Katherine commença à se montrer inquisitrice vis à vis de l’homme qui leur avait sauvé la mise. La Huntress ne savait pas sur quel pied danser. Le Vampire les avait aidés mais il avait semblé tenir à son anonymat et à sa tranquillité. Ne risquaient-ils pas de s’en faire un ennemi en divulguant ainsi ses actions et son mode de vie ? Elle donna cependant son approbation à Raphaël pour continuer à parler. Il n’avait pas totalement tort de leur en parler… S’ils l’avaient appris de façon fortuite, ils auraient pu penser qu’elle avait pensé à leur cacher des informations pour leur nuire. Elle tiqua cependant quand Raphaël émis la possibilité de se réfugier à nouveau chez lui en cas de problème.


- Je préfèrerait éviter de trop me reposer sur cette éventualité… Le Comte finira tôt ou tard par savoir que Mr Drake nous a laissé la vie sauve. Il nous attendra sans doute au tournant si nous décidons de revenir à la bibliothèque… Ensuite, il est vrai que cet homme avait l’air plutôt pacifique mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il est plutôt neutre… J’ai peur qu’il n’hésite pas à nous refuser l'asile si cela peut lui permettre de garder la vie sauve.

Elle regarda Alexender qui paraissait déconfit et lui adressa un regard qu’elle voulait rassurant. Cependant, quand Katherine ouvrit la bouche, la jeune Huntress serra les poings. Se prononcer de cette faon sur le conservateur en présence de Raphaël était plus qu'inconvenant. Ne voyait-elle pas qu'il souffrait suffisamment ? Ne pouvait-elle manifester un minimum de compassion ? Bien qu'elle ne dit rien, son regard se fit quelque peu défiant et sa main alla se loger dans celle du Vampire, qui pouvait sentir ses nerfs tendus. Elle avait tout à fait compris le petit sous entendu qu'elle avait glissé en parlant de son entrevue avec le Comte... Cette femme ouvrait les cuisses pour un Hunter, pour un Vampire, sans doute pour son majordome aussi, à voir comment il la couvait du regard ! Elle avait trouvé le Lord Keisuke "sympathique" et se permettait de faire la leçon au sujet d'Alastor, sous le nez de Raphaël ! Quelle garce impertinente !
Elle dût se faire violence pour rester agréable et balaya la conversation comme elle put.


- Ne vous préoccupez pas trop de Mr Drake. Si nous ne trainons pas dans ses pattes, il ne nous fera aucun mal. Ignorons le et concentrons nous sur la cible principale… Pour le moment, il est en possession de votre aimée, mais s’il tient à la faire sienne, je doute que cette séquestration durera longtemps. Il a une image de standing à tenir dans notre monde. Cela étant dit, je ne serais pas étonnée de le voir ramener Lady Spencer à sa famille pour se faire bien voir de son père et prendre le pas sur vous et votre condition actuelle de fugitif. Eulalia avait bien appuyé sur certains mots. Elle voulait, sans manifester de haine envers Katherine, montrer à Alexender qu'il fallait se rappeler que c'était Sarah qui avait gagné son coeur. Et si, par la même occasion, elle pouvait montrer à Katherine qu'elle n'était pas tout à fait légitime à ses yeux dans les bras du rouquin, tant mieux.

Elle se rencogna un peu dans son fauteuil et mordilla sa lèvre avec un soupir. Son front paraissait soucieux, elle repensait aux informations qu’ils auraient pu glaner sur le Comte.

- Il va falloir repenser à un autre moyen de faire tomber le Comte… Peut-être que cela ne mènera à rien, mais rien ne coûte d’enquêter du côté de Chinatown. De mon côté, je questionnerai ma marraine, Lady Worlingham. Elle a une connaissance très pointue de la noblesse britannique et elle ne manquera pas de me dire comment a été perçue l’arrivée du Comte auprès de la Reine Victoria. Que sa généalogie soit douteuse ou pas, je suis certaine qu’il a de nombreux ennemis à la chambre des Lords qui auraient eu vent de quelque secret ou qui seraient prêts à tout pour le faire tomber… En parallèle, je vais réfléchir à un moyen de vous disculper, tous les deux. La police finira tôt ou tard par frapper à ma porte, c’est inévitable. Mais cela me permettra peut-être de flouter les témoignages et de remettre en doute un procès bien trop vite conclu.

Au loin, un clocher sonnait une heure du matin. La Huntress réalisa soudain qu’elle était terriblement lasse. Elle sentit ses épaules s’affaisser, comme si on avait affublé son dos d’un poids de 10 kilos. Elle passa une main sur son visage, ne voyant pas vraiment quoi ajouter de plus. Elle ne se sentait pas utile à grand-chose et ne pouvait s’empêcher de se sentir terriblement mal à l’aise. Ils avaient besoin de repos.

- Malheureusement, nous ne pouvons rien faire tant que nous n’avons pas de nouvelles de Sarah. Nous allons devoir attendre qu’elle réapparaisse, ce qui arrivera assez tôt, j’en suis certaine. En parallèle nous aurons de nouvelles du Lord Keïsuke par l’intermédiaire de Lady Thornes… Voilà qui devrait nous permettre d’élaborer une nouvelle stratégie. Mais pour le moment, je propose que nous prenions tous quelques heures de repos bien mérité.

Elle se leva difficilement et enleva ses lunettes pour pouvoir masser ses yeux. Sa tête lui faisait affreusement mal.

- Je repartirai aux premières lueurs de l’aube, avant que l’on ne découvre ma disparition… Mrs Patterson fait croire à Lady Worlingham que je garde le lit en raison d’une forte fièvre mais je ferais mieux de ne pas abuser trop longtemps de ce stratagème.

Ils discutèrent encore quelques minutes puis Eulalia suivit Raphaël dans la petite chambre qui lui avait été attribuée à son arrivée au repère. La pièce était exigüe, le lit miteux et le plancher vermoulu. Mais la Huntress aurait pu dormir sur n’importe quel support tant elle était fatiguée. En soupirant, elle posa ses lunettes sur la table de chevet, retira ses chaussures ainsi que son vieux manteau et laissa ses cheveux déborder en cascade sur ses épaules. Son corset l’étouffait, ces derniers jours l’avaient mise à bout et elle redoutait les mondanités qui allaient l’attendre à son retour à Belgrave Square.

Sa fatigue ne l’empêcha pas de sourire alors qu’elle saisissait la main valide de son amant. Elle massa doucement sa chair froide entre ses doigt et embrassa délicatement sa paume.


- Je suis si contente que tu sois en vie… Tu m’avais tant manqué.

Elle l’invita à venir près d’elle alors qu’elle s’étendait dans un coin de la couchette, légèrement repliée en position fœtale. Les baleines de son corset grincèrent et le tissu rêche de sa robe-déguisement émis un froufroutement discret en frottant contre les draps rugueux. La Huntress avait l’air pensive et soucieuse. L’arrivée de Lady Thornes l’avait complètement déboussolée.

- Je ne m’attendais vraiment pas à une telle personne. Je m’imaginais… Je ne sais pas, une femme méprisante, intéressée, manipulatrice. Au début, elle m'a surpris, je l'ai même trouvée agréable... Mais après ce qu'elle a dit ce soir, je ne pourrais pas la tolérer comme une amie. Elle se permet de t'insulter sans même prendre conscience des souffrances que tu endures ! Elle se croit au service du bien alors qu'elle semble avoir oublié le sens du mot compassion... Et par dessus le marché, elle se permet de remplacer Lady Spencer dans la couche de Lord Von Ravellow, de faire sa loi ici comme si elle avait toujours été des nôtres. Elle se laisse posséder par le Comte et en parle comme d'une bagatelle, on dirait même qu'elle a apprécié. J'ai l'impression que cette femme n'a aucune vertu...

Elle soupira en caressant la joue du Vampire avec un air contrit. Elle s'en voulait de s'emporter comme cela. Au fond, elle était encore très naïve. Eulalia croyait foncièrement en l'amour de son prochain et au pardon. Elle était prête à aider quiconque semblait vouloir s'engager sincèrement dans le chemin de la rédemption. La pauvre était bien loin de découvrir quelles amours complexes allaient agiter ses camarades... A croire que sa relation avec le Vampire était encore la plus saine de toutes.
Elle voulait que Raphaël sache que quoi qu’il advienne, elle serait de son côté. Il pouvait voir dans ses yeux la profonde fidélité qu’elle lui témoignait et lui témoignerait toujours, quoi qu’il advienne.


- Le futur n’augure rien de bon… Ce schéma qui se dessine entre Lady Spencer, Lord Von Ravellow et Lady Thornes, sans oublier le Comte… J’ai peur que tout cela ne se retourne contre eux le moment venu.


Dernière édition par Eulalia Grey le Jeu 25 Mai - 14:49, édité 1 fois
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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Mer 24 Mai - 20:56

Seuls, les Hunter ne remporteraient jamais la bataille. Ils avaient besoin d'être soudés, liés, quelques soient leurs différents. Ils devaient apprendre à se faire confiance mutuellement, à ne plus douter de l'autre, à effacer toute rancœur. Cela pouvait prendre du temps, beaucoup de temps car ils restaient avant toute chose humaine, sauf Raphaël. Ils luttaient contre une espèce, une race différente. Sauf Raphaël. Il était de leur devoir de s'unir, de s'aider les uns les autres, d'oublier ce que chacun pouvait contenir en lui pour devenir plus forts encore face à cette menace omniprésente. C'était dans cette optique là que Katherine s'était excusée et qu'elle tendait la main au vampire. Il était certes différent mais il était présent et malgré son sang impur il luttait pour la même cause que chacun ici. Il n'aimait pas sa nature et c'était une chose qu'elle pouvait tout à fait concevoir car elle ne pouvait que l'exécrer cependant même lui devait être intégré. Ils étaient peu à se ranger sous le drapeau de la résistance, à ne pas se faire duper, à ne pas faiblir face à ces créatures du Diable. Chacun devait y mettre du sien et la jeune hongroise faisait un effort monumental pour ne pas sortir son Bloody Rose et lui tirer une balle dans le crâne. Elle redoutait ce contact autant qu'elle l'attendait. Nul vampire l'ayant touché n'en était ressorti vivant, c'était une coutume presque, une tradition. Une sorte de purification mais elle pouvait bien faire de Raphaël un cas à part.

Observant sa réaction Katherine plissa les yeux. Etait-il prêt de son côté à faire le même effort qu'elle ? Désirait-il l'union ou la défiance ? Les rougeurs du vampire lui plurent, le mettait-elle mal à l'aise ? Cela lui aurait plus agréable s'il avait été sa proie du soir. Sa réponse lui parut acceptable bien qu'elle eut un rictus de mépris en voyant qu'il ne tendait pas la main pour signer une paix durable et profonde. Non, il n'en faisait rien comme s'il avait peur de la toucher, le répugnait-elle ? Tentant de conserver sa colère d'avoir fait cet effort qui n'avait pas été réellement respecté ses doigts se crispèrent et elle les referma. Le poing serré, le bras tendu elle s'empêcha d'être tout à coup désagréable et se maudit intérieurement. A quoi pensait-elle ? Que voulait-elle réellement qu'il fasse ? Qu'il lui serre la main comme un Humain ? Affectée elle se mordit l'intérieur de la joue et baissa le bras avant de caresser ses doigts délaissés de son autre main. Au fond d'elle son entité hurlait. Raina ne disait rien, calme, sereine, à l'image d'une louve dominante elle clamait le respect et le contrôle de soi. Le félin prenait ça pour une déclaration de guerre. Il s'agissait à ses yeux d'un malotru, d'un monstre à abattre, que si humanité il lui restait il aurait du répondre à ce geste de paix. Elle soufflait à la Huntress de la laisser faire, qu'elle réparerait cet affront. Avait-elle envie de voir son sang ? Oui certainement. Katherine n'en fit rien, elle devait se contrôler sinon l'unité pourrait belle et bien se briser à nouveau.


- Nous sommes quittes.


Ses dernières paroles puaient le mensonge. La belle comtesse arqua un sourcil et dans un silencieux accord elle hocha la tête. Elle restait respectueuse bien qu'agacée qu'il n'ait pas répondu à ce geste. En même temps elle en était presque soulagée. Elle avait retenu sa respiration dans l'espoir secret qu'il ne la touche jamais. Sentir sa chaire froide, ses muscles inhumains, ses doigts qui avaient du tuer des gens pour le simple fait de se nourrir, tout ceci l'envahissait de frissons désagréables, terrifiants. Fermant les yeux pour se rappeler au calme la jeune femme finit par s'intéresser à la demoiselle qui l'accompagnait. Faisant connaissance Katherine fut ravie de rencontrer une nouvelle personne en espérant qu'elle ne cachait pas le même secret que Raphaël mais elle en doutait. Alexender lui en aurait parlé. La lycanthrope, oubliant tout d'un coup l'attitude de Raphaël, paraissait des plus épanouies. Elle se remémorait avec joie sa première rencontre avec tout le petite. Même si tout ne s'était pas très bien passé elle en gardait de bons souvenirs, ils lui faisaient renouer avec l'humanité, elle qui n'avait vécu qu'avec Michael depuis bien longtemps. Ils avaient été son échappatoire et Alexender la gardait précieusement à la surface. Elle se sentait en sûreté ici, parmi eux, elle savait qu'elle pouvait compter sur chacun d'eux ou presque. Regardant son amant avec une joie nouvelle elle ne put s'empêcher de continuer à sourire. Il ne pouvait savoir à quel point tout ceci était important pour elle qui n'avait jamais eu personne sur qui compter à part Michael.

Les discussions plus sérieuses commencèrent. Qu'était-il réellement advenu de Raphaël après son départ ? Pourquoi ce bandage ? Et Eulalia comment s'en était-elle sortie pendant tout ce temps ? Écoutant le récit du vampire Katherine blêmit. Ainsi le Comte qu'elle avait rencontré cachait une vie des plus tourmentées. Rien dans son attitude ne pouvait montrer tout cela. Il n'avait pas été des plus perturbés de torturer l'un de ses congénères. Observant la blessure sans aucune volonté de rester discrète, elle releva son visage vers le vampire et grimaça en écoutant la suite. Tout ceci lui paraissait sortir d'un horrible cauchemars. Cela avait-il seulement réellement eu lieu ? Une telle magie était-elle réelle ou était-ce seulement une parfaite illusion troublant la victime ? Elle devait faire attention, apparemment ce monstre cachait des cartes sous sa manche et Raphaël avait eu le malheur d'en découvrir quelques unes. Rejoignant ses mains de manière pensive la jeune femme finit par demander :


- Je suis navrée pour tout ce que vous avez vécu et c'est en partie de ma faute. Elle resta silencieuse pendant quelques instants puis continua. Il vous est certes impossible de tenir une épée mais les fleurets sont conçus de manière différente. Il vous faudrait apprendre à utiliser votre main gauche. Michael peut être assez doué dans la confection et la modification d'armes, nous pourrions peut-être alléger armes blanches et armes à feu afin que vous n'utilisiez qu'une main. Nous nous intéresserons également de plus près aux prothèses. Qu'en pensez-vous ? Je ne veux agir et commencer à chercher sans votre accord.

Grimaçant en voyant la réaction de son amant elle lui adressa un doux sourire. Il était impulsif, tout ce qui concernait Sarah le concernait directement et chaque parole était pour lui l'effet d'un coup de couteau. Cependant Sarah était en vie, le Comte ne pouvait lui faire grand-chose d'autant plus que Londres entier la lui savait promise. Elle était pour le moment en sûreté, du moins presque et ils n'avaient plus à s'inquiéter pour la vie de la jeune Spencer.
Tentant de passer à autre chose la jeune femme conta son exploit, celui de s'être approché de la créature et de passer les auditions pour incarner le rôle principal. Elle s'exprimait avec gaieté, pour elle il s'agissait d'une véritable chance. Elle aimait monter sur scène, jouer, se mettre dans la peau d'une nouvelle personne, arrêter d'être elle-même quelques instants et puis si cela pouvait servir la cause de l'humanité… Toute souriante elle hocha la tête et lança un regard coquin et amusé à Alexender :


- Oh nous avons fait pleins de choses… Tu ne veux pas savoir…

Eclatant de rire elle croisa les jambes et commença :

- Je suis simplement restée moi. J'y ai retrouvé un ami, un comédien avec lequel j'avais déjà joué. Nous avons récité quelques répliques de Phèdre et il faut croire que cela leur a plu. J'ai une manière assez particulière de jouer, je ne fais pas dans la demie-mesure et je pense que c'est cela qu'ils ont apprécié, lui et sa… compagne ? Voilà tout. L'approcher n'est pas si compliqué, il y avait peu d'invités, il fut facile de converser autour de la table.

Souriant à Raphaël elle se contenta de répondre :

- Le jeu en vaut la chandelle.

L'inquiétude se fit rapidement sentir. Katherine n'avait jamais vu encore de vampires capables de toucher de l'argent et cela l'inquiétait au plus haut point, cela pouvait être une démonstration de puissance autant dans la résistance, dans l'inefficacité de ce matériau mais également le don de ces créatures à user des illusions. Ecoutant Raphaël la jeune femme se pencha vers l'avant ses coudes sur des genoux et les mains liées. Secouant la tête à la question d'Alexender elle affirmait qu'il ne s'agissait aucunement d'une plaisanterie. Papillonnant des yeux elle fronça les sourcils et demanda :

- Le « Don Obscur »… Pouvez-vous nous en parler ? Cela pourrait s'avérer utile. Quels sont vos pouvoirs ? De quelle nature sont-ils ? Possédez-vous des capacités propres à vous-même Raphaël ?


Katherine pouvait paraître des plus intrusives, cela ne lui posait absolument aucun problème, elle paraissait sans gêne. Pour elle il s'agissait d'informations des plus importantes. Elle aussi elle avait des pouvoirs. Elle voulait savoir en quoi ce vampire pourrait leur être d'avantage utile. Peut-être possédait-il des dons des plus astucieux et si particuliers qu'ils serviraient lors d'une attaque.
Michael tressaillit en entendant Alexender lui adresser directement la parole. C'était presque étrange. Il ne saurait dire si c'était bien la première fois qu'ils osaient communiquer… A quel point ce phénomène était rare. Se tenant droit comme un pic il répliqua :


- J'en suis certain. Pensez bien que j'ai tout vérifié. Nous sommes également sensible à l'argent. Nous ne le craignons pas particulièrement mais cela peut être assez désagréable bien que nous en usons assez régulièrement.

Ecoutant dans un premier temps Alexender se rassurer sur les faiblesses du vampire elle écouta attentivement la proposition d'Eulalia. Elle avait peut-être raison mais tout ceci lui paraissait effrayant. Un peu trop en fait. Posant un doigt surs ses lèvres elle réfléchit alors à ces quelques idées et répliqua :

- Justement c'est le fait qu'il soit ingénieux qui le rend puissant. Michael a vérifié, il a vu comme moi ce qu'il s'est passé j'en suis certaine, et lui aussi, qu'il s'agit de l'argent. L'illusion… C'est intéressant et redoutable. Si l'on peut nous avoir de la sorte alors Dieu seul sait ce qu'il pourrait arriver de pire et de préjudiciable… Pour ce qui est de cette capacité, est-il possible de la développer ? Je veux dire, aujourd'hui nous avons votre ami avec nous. S'il a le pouvoir de résister à l'argent nous pourrons exploiter de nouvelles éventualités, comme des attaques surprises, nul ne pourra se douter qu'un vampire use de l'argent contre un autre. Ce qui pourrait le rendre redoutable.


Hochant la tête en prenant en compte les remarques de Nathan Christopher et Seamus elle leur offrit un sourire agréable. Regardant Alexender avec tendresse elle souffla :

- Je rédigerai un rapport détaillé que je vous rendrai à chaque visite si cela peut aider. Un rapport notifiant tout ce que j'ai pu voir ou entendre qui pourrait nous aider. Pour ce qui est du Japon, je pourrais, éventuellement, envoyer l'un de mes domestiques. Je possède des demeures également en Hongrie et en France. Nous n'en avons pas le temps certes mais il se pourrait que nous mettions du temps pour démanteler le réseau londonien, peut-être que quelques potentielles informations supplémentaires pourraient s'avérer utiles.


Tous les regards se tournèrent vers Raphaël. Ses paroles lui firent froid dans le dos et elle se redressa comme si on l'avait piqué avec une aiguille. Serrant les poings la jeune femme bouillonnait intérieurement. Le conservateur un vampire ?! Et dire qu'elle n'avait porté aucun soupçon sur ce dernier, qu'elle avait été dupé depuis si longtemps ! Elle ne le connaissait pas personnellement mais l'avait plusieurs fois croisé. Ils étaient naïfs ! Stupides ! Ignorants ! Les vampires étaient partout, bien plus nombreux qu'eux, comment pouvaient-ils les vaincre ? Ils se devaient désormais de douter de chaque personne. Tentant de garder au fond d'elle cette colère contre elle-même la comtesse hongroise s'efforça d'écouter ce que les deux jeunes gens avaient à dire. Serrant les dents elle grogna :

- Oh la protection de la vie en se nourrissant de la vie… Si c'est pas beau ça…


La mine dédaigneuse ses doigts se crispèrent et elle répliqua :


-Il est hors de question de ce réfugier chez… ça. D'autant plus que nous ne le connaissons pas, comme Miss Grey vient de nous le dire il pourrait très bien envisager de nous sacrifier pour sauver sa peau. Il en est hors de question, d'autant plus qu'il nous faudra nous en débarrasser un jour où l'autre. Avec un petit rire sarcastique elle continua. Je finirai bien par traîner « dans ses pattes ».

Secouant la tête brusquement ses mains tremblaient tant la colère s'emparait d'elle. Au fond d'elle ses totems s'agitaient. Elles lui en donnaient mal à la tête. Plus elle s'énervait plus elle exarcerbait la colère de Syrya, plus cette dernière se chamaillait avec Raina, plus Katherine montait d'un cran. Elle murmura alors :

- Oh la ferme… La ferme…

La main de Michael sur son épaule la fit tressaillir et elle grimaça comme si elle ne s'était pas rendue compte de ses paroles. Il lui massa doucement ses muscles pour la détendre et elle ferma les yeux. Elle cherchait le silence. Elle mit quelques minutes avant de revenir à elle le regard plus fatigué qu'à l'accoutumé. Tout ceci l'exténuait. Son Seigneur n'aurait-il pas pu choisir des âmes plus agréables à supporter ?


- Bien, j'espère que vous trouverez quelques petites choses à nous rapporter sur le Comte, nous comptons sur vous. L'un de nous ira mettre son nez dans Chinatown. Vous avez raison, nous aurons une plus grande liberté de mouvement si leur honneur est lavée de toute accusation bien qu'ils resteront dans la ligne de mire de Keisuke.

Regardant la belle se lever Katherine la salua avec politesse avant d'adresser quelques paroles à Raphaël restant à une distance respectable de lui. Les laissant se retirer la huntress se dirigea vers Alexender et veillant à ce qu'ils soient seuls elle déposa un doux baiser sur ses lèvres puis caressa son visage :

- Ne t'en fais pas, tout ira bien…

Michael s'était retiré ne voulant pas assister à ce spectacle qui lui tordait l'estomac et lui nouait la gorge. La comtesse  laissa glisser ses doigts vagabond dans les cheveux du noble déchu et se hissa sur la pointe des pieds pour embrasser son front. Doucement elle prit sa main et lui sourit :

- Tu m'as manquée…

Restant quelques minutes contre lui n'osant bouger de peur que ce moment s'arrête elle lui souffla en lui faisant monter les escaliers :

- Un jour je te montrerai ce que je suis. Quand tu le voudras, quand tu seras prêt. Mes totems, les âmes qui habitent mon corps veulent faire ta connaissance. Aimerais-tu les voir un jour ? Cela nous tient à coeur…



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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Raphaël Veneziano
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Ven 26 Mai - 9:23

Raphaël avait confié ses aventures aux Hunter, ainsi que la nature d'Alastor Drake. Tout le monde semblait compatir quant à ce qu'il avait vécu face au Comte. Son récit, maladroit et intime, l'avait secoué, mais il fut malgré tout heureux de constater que les Hunters avaient encore un cœur. Même si Katherine et Alexender se méfiaient violemment de sa nature, le fait qu'il ait perdu deux de ses doigts parut les atteindre. De même, les compagnons du rouquins eurent quelques expressions peinées qui le rassurèrent : finalement, peut-être avait-il encore sa place parmi eux ? Eulalia, elle, savait déjà tout, mais cela ne l'empêcha pas de lui montrer par quelques signes qu'elle était toujours là pour lui. Le Vampire lui signala plusieurs fois sa reconnaissance par quelques regards muets traversés d'émotions diverses. Ce qu'il avait traversé durant sa capture, nul ne pouvait réellement l'imaginer, mais sa situation avait au moins atteint une partie de leur âme. Raphaël se sentit soulagé de s'être confié. Honteux, mais soulagé. Il répondit aux petits mots aimables de chacun des Hunters par un léger sourire triste. Il était navré d'avoir pu les mettre en danger par sa capture...

- Merci...J'aurais dû être plus prudent..c'est ma faute...Je n'ai eu que ce que je méritais. fit-il en marmonnant, histoire de les remercier.

Katherine lui fut plus sympathique que prévu. Elle lui expliqua qu'il pourrait toujours apprendre à se battre de la main gauche et qu'il existait maintenant des armes plus légères ou même des prothèses. Elle semblait prête à chercher pour lui des solutions, voire à travailler sur ces fameuses prothèses. Raphaël fut surpris par ses propositions.


- Je...je ne sais pas si j'y arriverai...mais...je suppose que c'est ma meilleure chance de vous être encore utile...souffla-t-il, stupéfait. C'est bien aimable à vous...

Raphaël se sentait comme un enfant qui s'était enfui de son orphelinat et qui s'était blessé dehors. Il culpabilisait et avait honte de voir que même des gens aussi méfiants que Katherine allaient jusqu'à lui proposer leur aide. Quelque part, cela lui confirmait qu'il avait l'air pitoyable...
Cependant, à mesure qu'il se dévoilait ainsi aux Hunters, et qu'il recueillait les réactions de chacun, Raphaël ne put s'empêcher de trouver son expérience enrichissante plutôt que déplorable : après tout, n'avait-il pas réussi à échapper au piège noir du Comte ? Peut être qu'il serait capable de recommencer cet exploit et d'apprendre aux autres comment il fallait faire pour se soustraire à son emprise ? C'était lui-même un Vampire, doté de capacités extraordinaires, mais rien ne leur disait qu'un humain ne pouvait pas lutter de la même manière dans cet espace sans commencement ni fin. Il y avait de l'espoir, quoi qu'ils puissent en dire.
Et puis, un autre atout était désormais dans leur manche : Katherine avait réussi à plaire assez au Comte pour intégrer sa prochaine pièce de théâtre. Elle avait approché leur ennemi jusqu'à le convaincre de lui donner le premier rôle. C'était inespéré ! Même si cela la mettait bien évidemment en danger, au moins pourrait-elle enquêter à sa manière pour leur rapporter des informations utiles, si ce n'était capitales, pour en venir à bout.

D'ailleurs, la jeune femme avait déjà eu l'occasion de l'observer. Elle leur expliqua qu'il pouvait utiliser des couverts en argent. Cette nouvelle choqua toute l'assemblée : le Comte était-il si puissant que cela ? Alexender demanda au majordome de Katherine s'il confirmait cette information. Le Lycanthrope hocha la tête et confirma, ce qui plongea la rouquin dans un désarroi tout naturel. De son côté, Eulalia tâcha de calmer les Hunters qui commençaient à paniquer. Elle mit en avant leur ignorance des pouvoirs que pouvait receler chaque individu doté du Don Obscur et leur rappela qu'elle avait même entendu dire que certains Vampires pouvaient toucher des objets religieux. Raphaël baissa les yeux, hautement perturbé par sa manière d'exposer les choses, d'autant que cela le touchait directement sans qu'elle ne le sache...Alexender, lui, à la fois hors de lui et complètement désespéré, se raccrocha à la perspective que les Bloody Rose étaient efficaces contre le vieux Vampire. Pour lui, il leur restait cette solution pour l'anéantir : le poison noir l'affectait toujours. Katherine se tourna alors vers Raphaël pour lui demander des précisions sur ce qu'ils appelaient le « Don ». L'Italien aux cheveux blancs tiqua. Il avait déjà tenté d'expliquer tout cela aux jeunes Hunters, et cela le gênait de se répéter, d'autant qu'il ne connaissait pas réellement l'étendu de ses propres pouvoirs.
Il laissa les Hunters continuer de débattre sur les possibilités qu'il leur restait de récolter des informations sur le Comte. La nature du Conservateur fut également sujette  débat. Après un élger soupir, le Vampire reprit la parole :


- Écoutez...Il est possible que le Comte possède le pouvoir de résister à l'argent un certain temps donné. Miss Grey a raison, certains Vampires peuvent même toucher des objets religieux. C'est mon cas....avoua-t-il doucement en grimaçant. Je peux tenir dans la main un crucifix, pendant presque trente minutes. Cela m'a permis d'en affronter plusieurs... Le Vampire laissa à l'assemblée le temps de digérer cette information avant de continuer: Miss Thornes, fit-il en jetant un regard à Katherine, il est normal que vous souhaitiez en savoir plus sur nos...pouvoirs. Aussi vais-je tenter de satisfaire votre curiosité, somme toute légitime. J'ai déjà expliqué une partie de ce que je sais à certains de vos collègues...Cette fois son regard glissa sur Seamus et Christopher qui l'observaient d'un air neutre. Mais je suis jeune, pour un Vampire, et je n'ai jamais eu de maître pour m'apprendre les rudiments du « Don ». J'ai été abandonné par mes « créateurs » et j'ai dû me débrouiller seul, ou presque. Raphaël se redressa un peu dans son fauteuil et entreprit son récit avec calme : Voilà ce que je sais, ou du moins ce que j'ai compris avec les années : nous, les Vampires sommes animés par le sang, c'est la seule chose qui nous permet de survivre dans ce monde. Au travers de ce sang circule un fluide, ce que nous appelons le « Don Obscur ». C'est ce fluide qui nous maintient en vie et nous confère des pouvoirs. C'est aussi de lui que vient le poison noir de vos Bloody Rose...

Le Hunter avait compris cela quelques années auparavant en se fournissant en balles noires. Aujourd'hui, il prenait conscience de la portée de cette information. Ceux qui fabriquaient le poison noir pourraient sans doute les aider dans leur quête...mais il savait également que certains étaient des Vampires eux-mêmes...Un lourd mystère planait sur le trafic du sang qui leur permettait de tirer le poison...
Raphaël ne s'attarda pas là-dessus, il continua en tâchant de rester clair et concis :


- Certains pouvoirs sont communs à tous, comme le fait de voir dans le noir, de sentir les auras des autres Vampires, ou encore d'être très rapides ou dix fois plus forts qu'un être humain...Certains peuvent également lire les pensées ou interagir avec les animaux...Raphaël regardait tour à tour les Hunters pour appuyer chacun de ses mots. Ils devaient savoir. Et puis il y a une partie de ce « Don » qui réagit différemment d'un Vampire à l'autre. Il confère des pouvoirs individuels, propre à chacun. Pour moi, je ne sais pas encore vraiment ce don je suis capable, mais je sais que je peux tenir les crucifix et entrer dans une Église sans me sentir mal à l'aise...Je sais que mes cauchemars peuvent prendre forme...enfin...je crois. Je ne maîtrise pas encore tout...

Le Vampire laissa le silence s'installer. Il ne pouvait rien dire de plus sur lui-même car il n'en savait pas plus. L'étrange impression d'appartenir à un autre monde se rappela à lui. Il se sentit de nouveau exclu, différent, monstrueux...Il parlait des Vampires, en s'incluant dans leur espèce avec le « nous », tandis qu'il isolait les Hunters avec le « vous »...Au milieu de ces humains qui le dévisageaient avec curiosité et méfiance, il se sentit dans la peau d'un animal pourvu de crocs et de griffes menaçantes, dont on tentait de comprendre les mœurs.
Le jeune homme grimaça mais il voulut aller au bout de son exposé :


- Je sais que le Comte peut lire les pensées et effacer les mémoires. Il n'est pas étonnant que nous ne trouvions pas de trace de son passé, surtout dans les archives de la bibliothèque. Il aura pris le soin de tout supprimer et d'effacer les esprits de ceux qui auraient pu nous renseigner. Je doute que nous trouvions quoi que ce soit du côté de Chinatown. Quant à Alastor Drake, je pense aussi qu'il peut représenter un danger pour nous, mais s'il avait voulu nous tuer, il l'aurait fait. Une chose est sûre : le Comte ne peut pas l'offenser dans sa bibliothèque.

Les discussions allèrent bon train jusqu'à tard. Kaherine et Eulalia semblaient d'accord sur le fait qu'il ne faille pas s'appuyer sur le Conservateur. Tout le monde s'accordait également sur le fait qu'il faille attendre des nouvelles de Sarah, sans se jeter dans la gueule du loup. Alexender devrait être patient et laisse au Comte son amante. Cela était terrible, mais ils ne pouvaient rien faire à part frapper la porte du Vampire...La jeune Lycanthrope suggéra également que Raphaël tente de développer la capacité de résister à l'argent pour s'en servir contre le Comte. Le Vampire lui expliqua qu'il lui était tout bonnement impossible de résister à ce métal et qu'il fallait mettre de côté cette idée.

- Je doute que je puisse un jour toucher de l'argent sans me brûler...Même s'il était possible de développer un tel pouvoir, je n'ai que 70 ans face aux cinq, voir six siècles du Comte...Je ne veux pas paraître pessimiste mais cela me semble impossible à mon échelle...

Katherine proposa ensuite que quelques uns de ses domestiques aillent enquêter au Japon pour eux, voire en Hongrie et en France. Cette idée fut bien accueillie par le groupe. Cela ne coûtait rien d'essayer. Elle suggéra également qu'elle leur ferait toujours un rapport détaillé de ses rendez-vous avec le Comte, histoire de les rassurer et de faire tourner les informations.
Puis, elle sembla fatiguée, comme tout le monde, et se parla à elle-même. Raphaël ne l'entendit qu'à moitié, perturbé par le départ prochain qu'Eulalia annonçait. Elle allait donc retourner chez elle ? Cette perspective étreignit son cœur d'autant qu'elle venait de leur rappeler que le Yard n'allait sans doute pas tarder à venir s'intéresser à elle. Le Comte savait qu'elle avait participé à l'attentat au théâtre et il avait même confié qu'il irait la voir prochainement. Raphaël ne pouvait tolérer qu'elle ne retourne chez elle pour se retrouver face au grand Vampire !
Suivant son mouvement, le Hunter salua tout le monde d'un signe de tête et accompagna la jeune femme, jusqu'à l'étage où les attendait une des chambres.

Muet, Raphaël observa la belle humaine se défaire de ses lunettes, de ses chaussures et de son manteau. Il abandonna aussi sa cape et ses bottes, puis il se lava les mains dans une bassine posée sur la vieille commode, avant de répondre à son invitation de la rejoindre sur le lit. Eulalia s'était allongée, exténuée. Le Vampire la laissa lui prendre la main gauche et lui baiser. Il grimaça.


- Toi aussi...tu m'as manqué...murmura-t-il en serrant sa main dans la sienne.

Eulalia lui confia alors ses impressions sur Katherine Thornes et sur ses craintes concernant l'avenir des Hunters. Raphaël resta muet un moment. Il ne l'écoutait qu'à moitié, se retenant de la supplier de ne pas rentrer chez elle le jour venu. Il ne voulait pas rester là, seul au milieu des Hunters, tandis qu'elle serait la proie du Yard et du Comte. Cependant, la position de la belle et ses soupirs inquiets lui intimèrent de n'en rien faire. Elle avait besoin de réconfort, pas de reproches ou d'une pression supplémentaire.


- Ses paroles sont maladresses et craintes. Je ne m'y attarde pas. Tu sais, si je devais me décrire, j'emploierais plus que des "ça" ou des "monstre"...

Raphaël s'allongea lentement aux côtés d'Eulalia et planta ses yeux d'azur dans les siens. Son corps entier sembla lui faire mal alors qu'il s'enfonçait dans le matelas et les draps délavés. Il était épuisé, alors que c'était encore la nuit. S'enfuir de la Bibliothèque et arrive au QG des Hunters n'avait pas été de tout repos.
La main chaude de son amante sur sa joue le tira de ses réflexions et il passa son bras droit par-dessus sa taille. S'il ne sut que répondre de plus au sujet de Katherine. Il ne l'appréciait toujours pas mais il n'était pas du genre à jaser au sujet des gens. Le Vampire tenta tout de même de rassurer son amante au sujet de leur futur:


- Ne t'en fais pas, nous trouverons des solutions...soupira-t-il en rapprochant ses lèvres de sa joue pour l'embrasser tendrement. Il y a encore de l'espoir...Le Comte n'est pas invincible. Regarde: je suis toujours en vie, j'ai réussi à sortir de ce piège affreux, le Conservateur nous a aidés, Katherine est engagée dans sa troupe, Sarah a été retrouvée et il ne la tuera pas...Nous pouvons encore nous organiser et le vaincre...J'en suis persuadé.

Contre son bras, Raphaël sentit les baleines rigides du corset que portait la jeune femme. Il songea que si sa respiration était un peu saccadée ce n'était pas tant à cause de ses craintes qu'à cause de ce vêtement des plus contraignants.

- Évidemment, nous souffrirons tous...et je doute qu'Alexender et Sarah soient jamais réunis dans la paix...Mais rien ne coûte d'y croire un peu...

Le Vampire se redressa sur son séant et ramena sa main droite contre le ventre de sa bien-aimée. Ses ongles grattèrent un peu la surface du tissu tendu et son regard se fit plus douloureux. Au bout d'un moment, il se mordit la lèvre inférieur, conscient de ses vices.

- Eulalia...Je m'en veux de...t'avoir...de...Mais...

Il ne savait pas comment l'exprimer. Il regrettait amèrement d'avoir pris l'innocence de la jeune femme et en même temps il rêvait de replonger dans le péché avec elle. Leur situation ne leur laissait que peu de temps ensemble et si la belle devait le quitter à nouveau, dès l'aube, alors il voulait profiter de chaque seconde d'intimité qui leur était accordée. Dans la bibliothèque, ils n'avaient pas eu un seul moment de paix. Malgré leur lassitude respective, Raphaël sentait qu'ils avaient tous les deux besoin de se réapproprier le corps de l'autre et de se redécouvrir, doucement, afin de soupirer l'espoir d'une seule et même voix.
Sans ajouter un mot, le Vampire glissa ses doigts sur les agrafes du corset que portait la belle et entreprit de les défaire. D'une main, c'était presque impossible. Du coup, il se rabattit sur les rubans, afin de laisser à la jeune femme la tâche de se défaire elle-même de ses entraves. Ses lèvres rencontrèrent bien vite les siennes.


- Je t'aime, Eulalia. Je t'aime et je jure devant Dieu que jamais je ne t'abandonnerai. Jamais.

Il aurait voulu lui hurler qu'elle devrait être prudente lorsqu'elle serait chez elle. Il aurait voulu la forcer à rester avec lui au QG des Hunters. Mais il savait pertinemment que tout ce qu'il dirait ne ferait que la heurter et les brouiller. Il savait que la jeune femme n'avait pas le choix de revenir sur la scène publique afin de garantir aux Hunters le ravitaillement et de fournir au Yard des fausses pistes. Sa disparition serait encore pire pour eux tous. Mais, au fond de lui, le Vampire tremblait d'effroi.
Pour oublier ses craintes, Raphaël s'abandonna dans les bras de la belle. Tandis qu'il la poussait à défaire son corset, il l'embrassait avec tendresse sur les joues, le cou, la poitrine...Puis il la laissa continuer de se débarrasser de cet encombrant attribut tandis qu'il ôtait sa propre chemise. Puis, appuyé sur son coude gauche, il peina un peu à trouver une position avantageuse pour eux deux, et il glissa doucement sa main valide sous ses jupons. Ses douleurs et son inconfort s'effacèrent bien vite lorsqu'il toucha les cuisses de la belle et trouva le creux de son corps...


[HRP/Fin du RP avec Raphaël. Suite dans "Alliances restaurées"/HRP


Dernière édition par Raphaël Veneziano le Dim 10 Sep - 19:39, édité 1 fois
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Alexender Von Ravellow
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Ven 26 Mai - 11:49

Quand au creux de l'estomac se forme une boule que l'on ne digère pas, passant par toutes les émotions, l'esprit ne suis pas.

Alexender était désemparé.
Tantôt il désespérait face à sa situation et tantôt il nourrissait les espoirs les plus fous. Sarah était en plein cœur d'une bataille entre Vampires, et il ne pouvait rien y faire. Le Comte allait la récupérer, et il ne pouvait intervenir. Raphaël était revenu, deux doigts coupés, et leur apprenait qu'Alastor Drake, le grand Bibliothécaire, était un Vampire. Katherine jouait avec ses nerfs en leur racontant qu'elle avait approché le Comte de très près et intégré sa troupe. Tous jouaient à un jeu bien dangereux...en lequel il ne croyait qu'à moitié.
Pourquoi Sarah devait-elle donc se retrouver entre les mains de leur ennemi ? Comment expliquer que les instances les plus sages soient tenues par des Vampires ? Jusqu'où irait Raphaël pour les aider ? A quels extrémités serait prête Katherine pour obtenir davantage d'informations sur le Comte ? Et Eulalia, qui risquait à tout moment un interrogatoire du Yard ou une visite du Comte, comment pourrait-elle continuer de les aider sans se condamner ?
Tout ceci ne lui disait rien qui vaille. Le Hunter craignait pour la vie de ses compagnons et pour la sienne. Il songeait encore à ses domestiques, emprisonnées depuis maintenant un mois ; à Gaspard, qui lui avait semblé malade ; à Romerta, qui avait été exécutée ; à ses filles, qui se trouvaient désormais hors de la ville...Comment en étaient-ils arrivés là ? Comment pouvait-il agir de façon à ce que tout le monde puisse s'en sortir vivant ? C'était impossible. Toute entreprise de cette envergure nécessitait des sacrifices...
Le dégoût et la fureur se mêlaient dans son cœur fatigué pour former un poison des plus coriaces. Il pleurait souvent, il hurlait beaucoup, et toutes ses relations semblaient se déliter à mesure qu'il tâchait de rassembler les personnes susceptibles de le suivre dans sa croisade, pour la liberté et la justice.
Alexender n'était plus lui-même. L'homme hargneux et désabusé remplaçait le gai-luron. Le sentimental remplaçait le Don Juan...Il perdait la foi. Tout semblait le conduire à la catastrophe. Tout ce qu'il entreprenait devenait compliqué, dangereux, empli de souffrances parfois pourtant inutiles. Depuis qu'il avait croisé Sarah, depuis qu'il s'était mis en tête de détruire le Comte Kei, sa vie avait basculé dans un enfer brûlant. Sa demeure, ses gens, ses ambitions : tout avait brûlé ce soir-là, dans le petit salon du châtelet...Tout était parti en cendre dès lors qu'il s'était retrouvé entre le Vampire et la belle aristocrate...
Quelle était sa place finalement ? Quel rôle jouait-il dans cette immense pièce dont le destin ne semblait pas vouloir tirer les ficelles à son avantage ? Aujourd'hui, il ne chassait plus les Vampires et les Loups-Garous avec légèreté. Il ne rendait plus visite à son ami. Il ne serrait plus dans ses bras Suzanne et Marguerite qui bandaient ses estafilades en le grondant. Aujourd'hui, il ne dansait plus aux bras des demoiselles qu'il faisait rougir en quelques mots. Il ne lustrait plus ses bottes et son épée en vue de nouvelles batailles épiques dans les ruelles sombres de la capitale. Non...aujourd'hui il n'était plus rien, rien qu'un rat qui se terrait dans les bas fond poisseux d'une ville décadente dont chaque recoin brillait des crocs mortels prêts à le dévorer vivant. Il n'était plus qu'une âme en peine qui cherchait sa compagne dans les dédales glissants des égouts. Un Orphée qui s'était déjà retourné sur son Eurydice et qui l'avait vue disparaître dans l'obscurité...Il n'avait plus de patience, plus de courage. Ce n'était qu'un concentré de témérité, blessé et chancelant, l'épée émoussée, la garde baissée, qui attendait le moment de sortir dans un ultime assaut afin de périr sous la lune infidèle.


- Alex ?

La voix de Nathan le sortit de la spirale infernale de pensées négatives qui s'était emparée de lui. Ramenant son attention sur les Hunters qui l'environnaient, le rouquin soupira, exténué, stressé et cruellement frustré de ne pas pouvoir porter secours à sa bien-aimée.
L'équipe fit débat sur les capacités du Comte et sur les chances qu'ils avaient de l'approcher. L'infiltration de Katherine était un avantage considérable et il fallait qu'ils en tirent le meilleur parti. Quant à Drake, tout le monde semblait d'avis de ne plus s'en préoccuper pour le moment. La solution de repli que sa soit-disant neutralité leur offrait ne plaisait qu'à Raphaël. Rien d'étonnant aux vues de sa nature...Alexender le plaignait volontiers pour ses doigts, mais sa proposition le convainquit qu'il ne serait jamais totalement des leurs. Il était bien naïf quant à ses semblables, ou du moins trop confiant à son goût envers le Bibliothécaire...
Alexender resta muet un long moment. Il ne répondit pas à la provocation de Katherine, au risque de lui hurler dessus et de s'éclipser comme il l'avait déjà fait à plusieurs reprises avec les Hunters. De même, il ne donna pas son avis concernant la Bibliothèque ou les pouvoirs du Comte. Il se contenta de réfléchir en silence, sans pour autant desserrer ses poings. Ses ongles s'enfonçaient dans ses paumes. Il ne supportait plus tout ça. Il avait besoin de dormir et de faire le point avec lui-même. Il ne savait plus du tout où il en était. Qui devait-il sauver en premier et comment ? Quelles chances avait-il de revoir Sarah un jour ? Devait-il abandonner son plan pour sauver ses domestiques au profit d'un nouveau destiné à sauver la huntress ? Que devait-il penser d'Alastor Drake désormais ? Comment faire comprendre à Katherine qu'elle prenait trop de risques à son goût et qu'il rêvait qu'elle poignarde le Comte à la moindre occasion, plutôt que de jouer les midinettes à ses côtés ?
Mêler sentiments et devoir n'avaient jamais été sain, tout le monde le savait bien. Mais le pauvre Hunter ne savait plus où donner de la tête et ses émotions ne cessaient de le submerger.

Alexender se renfermait, mais il écoutait tout avec attention. Les propos de Raphaël l'intéressèrent particulièrement. Il avait toujours voulu entendre de la bouche d'un Vampire son avis sur l'origine de leurs pouvoirs. A la vérité, les Hunters manquaient cruellement d'informations à ce sujet. D'où venaient leurs extraordinaires capacités ? Comment les pouvoirs fonctionnaient-ils d'un individu à l'autre ? Pouvaient-ils changer ? Pour la première fois depuis qu'il avait toléré Raphaël au sein de leur équipe, le rouquin en voyait l'utilité intrinsèque.
Le Vampire leur expliqua donc que leur « Don » venait du sang et que, malgré quelques pouvoirs communs, ils développaient tous des pouvoirs propres à chacun. Raphaël ne semblait pas lui-même très au point sur le sujet. Il ne connaissait pas l'étendue de ses pouvoirs et ne pouvait pas expliquer comment le Comte avait pu tenir de l'argent sans en souffrir. Finalement, tout resta presque aussi mystérieux qu'au départ.

Alexender croisa les bras, contrarié. Il doutait à nouveau de l'utilité du Vampire. Qu'il puisse tenir un crucifix pouvait s'avérer pratique dans un combat, mais il se retrouvait manchot et incapable de manier une arme. Combien de temps lui faudrait-il pour s'adapter à une prothèse ? Malgré la généreuse proposition de Katherine, le rouquin savait qu'ils n'auraient pas le temps de s'y pencher...

Au bout d'un moment, le Hunter se décida à donner son avis sur tout en même temps. Il avait hâte d'en finir avec cette conversation. Il devait prendre sur lui les dernières nouvelles qu'ils venaient tous de lui apporter...


- Nous ne devons pas faire confiance à Drake. C'est hors de question de traîner dans la Bibliothèque à présent.fit-il d'un air sombre en dévisageant ses confrères avec une moue impérieuse. Nathan et Christopher tiquèrent. Monsieur Veneziano ne devrait plus sortir d'ici : le Comte a su lui tomber dessus une première fois, il le tuera sans hésiter à leur prochaine rencontre...Son regard transperça celui du Vampire avant de dévier sur sa main mutilée. Miss Thornes, vous prenez des risques, mais c'est votre choix. Faites attention à vous, c'est tout ce que je vous demande. Son regard se fit plus triste et plus intime. Il craignait pour la vie de Katherine et la perspective qu'elle se retrouve dans les petits papiers du Comte le tuait. Et s'il la courtisait ? C'était ce qu'elle avait sous-entendu...Cette idée le répugnait. Il se tourna alors vers Eulalia afin d'éviter le regard de son amante. Miss Grey, vous feriez bien de vous méfier...Si le Conservateur est bien un Vampire, ce n'est pas parce qu'il vous a laissés sortir, vous et Raphaël, qu'il ne vous aura pas dénoncés au Comte. Si vous rentrez demain pour vous faire attraper, nous ne pourrons plus rien pour vous. Et puis, je doute que sous la torture vous ne dévoiliez pas l'emplacement du QG...C'était là la pire crainte du Hunter. Eulalia était à découvert et il ne suffisait que d'une erreur pour qu'ils soient tous pris. Il fallait que la jeune femme soit extrêmement prudente. Avec Raphaël, c'était la plus susceptible de les perdre... Quant à Sarah, ajouta-t-il en baissant la tête de dépit, je ne vois pas ce que je peux faire pour le moment. Ma priorité sera de récupérer Suzanne et Marguerite.

Isaac se passa une main sur son visage buriné et soupira bruyamment. Il comprenait le désarroi de son jeune collègue mais il ne concevait pas qu'il soit aussi buté avec ses domestiques. Pour lui, il fallait au contraire les laisser en prison : c'était là qu'elles prenaient le moins de risques. Certes, leur présence pourrait les aider dans leur tâche, mais il doutait qu'elle ne soit réellement nécessaire.

- Suzanne et Marguerite sont bien là où elles sont. Au moins, le Comte ne risque pas de les tuer...marmonna-t-il avec colère.

Alexender lui jeta un regard noir. Il savait que le gitan n'était pas d'accord avec ses plans pour récupérer les jeunes femmes à Coldbath Field, mais il n'en avait cure. A ses yeux, ses domestiques représentaient sa seule famille et il sentait le besoin qu'il avait de les avoir près de lui. Elles pourraient les aider à gérer les stocks d'armes et de nourriture, panser leurs blessures, leurs donner des idées...Isaac les croyait sans doute aussi stupides que n'importe quel autre bonniches, mais ce n'était qu'un ignorant.


- Nous avons besoin d'elles.

Le grand Hunter ne répondit pas. Il savait que c'était inutile et qu'il ne risquait qu'une dispute de plus au sein du QG.

- Fais donc à ta guise, comme toujours, mais ne viens pas te plaindre si tu les mets plus en danger qu'elles ne le sont déjà. acheva-t-il avant de se diriger vers l'âtre afin d'y replacer une bûche.

Nathan, qui avait relevé la tête comme un suricate sort de son trou, murmura doucement:


- Tout est déjà prévu. Elles ne seront pas difficiles à récupérer. Nous avons les plans de Coldbath. Une fois sur place, l'opération prendra moins d'une heure.

Isaac l'ignora. Il ne voulait pas les encourager dans leur entreprise, ni les blâmer. Ils étaient assez grands pour décider d'eux-même la voie qu'ils avaient à suivre.

Au cour de la soirée, Katherine proposa de leur faire des rapports sur chacune de ses missions auprès du Comte et Alexender accueillit la proposition avec réticences. Il voulait des nouvelles de son amante, afin d'être certain qu'elle se portait bien, mais les missives allaient devenir de plus en plus dangereuses. Isaac s'opposa tout bonnement à toute communication écrite, sauf via les journaux en utilisant leurs pseudonymes. La conversation s'éteignit peu à peu et Eulalia se leva bientôt pour mettre un terme à cette longue réunion. De toute façon, tant qu'ils n'auraient pas de nouvelles de Sarah, il serait inutile et dangereux d'agir.
Elle s'éclipsa à l'étage, Raphaël sur ses talons. Tous les Hunters décidèrent alors de faire de même. Ce furent Isaac et Christopher qui prirent le premier tour de garde dans l'entrée. Le salon se vida.

Alexender laissa Katherine l'embrasser en lui caressant la joue. Il l'observait depuis un moment, sans mot dire. Il l'avait entendue discuter avec elle-même, comme l'avait déjà fait Gaspard. C'était étrange. La belle tenta de le rassurer tandis que son majordome s'éloignait. Elle lui chuchota qu'il lui avait manqué et qu'elle était prête à lui montrer qui elle était réellement. Le rouquin frémit au contact de ses doigts dans ses cheveux. Avait-il envie d'en savoir plus sur sa Lycanthropie ? Oui, il était curieux...Mais cela ne risquait-il pas de le dégoûter d'elle ? Elle qui était si sensuelle, si désirable...


- Je...je suis prêt. Je crois. fit-il avec appréhension. Montre-moi...mais pas ici...

Le Hunter poussa la jeune femme à se lever pour l'accompagner à l'étage. Il la tint par la main jusqu'à ce que la porte de sa chambre soit fermée à clef. Enfin en tête à tête, les deux êtres se redécouvrirent dans l'intimité. Alexender ôta de lui-même ses bottes et sa chemise avant de s'asseoir sur le bord du lit.

- Tu es sûre que tu veux me montrer ? Je veux dire...J'ai envie de savoir quelles sont tes « entités », quels sont tes pouvoirs...Mais...j'avoue que ça me fait un peu peur tout ça...Gaspard ne m..heu...mon ami ne m'a jamais vraiment montré alors que l'on se connaît depuis des années...

Alexender tiqua. Il venait de donner le nom de son ami alors qu'il l'avait toujours caché jusqu'à présent. Quelle bourde ! Il ne faisait pas encore assez confiance à Katherine et pourtant il était soulagé de partager une nouvelle nuit avec elle. Peut-être qu'ils apprendraient enfin à se connaître vraiment...

- C'est à "elles" que tu parlais tout à l'heure ? demanda-t-il avec hésitation.


Dernière édition par Alexender Von Ravellow le Mar 11 Juil - 14:47, édité 1 fois
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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Ven 2 Juin - 22:31

Les déclarations de Raphaël avaient fait mouche et avaient même réussi à les effrayer, eux qui ne le portaient guère bien haut dans leur coeur. Katherine s'en était sentie gênée, peinée et d'une certaine manière coupable. Coupable de craindre autant ces créatures et pourtant c'était légitime mais cela avait ravivé la haine de Michael ainsi que son désir de protection. Leur altercation avait plutôt mal terminée et le vampire était parti de la modeste demeure, claquant la porte et s'exposant ainsi plus facilement au danger. Ainsi elle ne put faire autrement que de s'excuser pour eux deux. Raphaël parut comprendre. Elle se sentait mal autant qu'elle désirait rester distante vis à vis de… ça. Michael  jeta un regard sans pitié au vampire. Ça ne l'atteignait pas. Il s'agissait encore d'une espère, d'une race qui pouvait nuire à sa maîtresse et il savait à quel point elle pouvait les redouter. Il regrettait que le Comte n'y soit pas allé bien plus fort, qu'il ne soit pas définitivement mort, cela lui aurait épargné cette future tâche. Face au regard noir de la hongroise il détourna les yeux, presque gêné qu'elle ait pu le lire aussi facilement.

Soucieuse de perdre un Hunter malgré tout et qu'il devienne totalement vulnérable la jeune femme se mit à réfléchir et fit quelques propositions. Non pas qu'elle considérait Raphaël comme l'un des leurs elle ne le pourrait jamais. Ils avaient besoin d'être soudés, liés et pour se faire il devait lui aussi pouvoir se battre et non pas se sentir comme un étant un poids mort et ainsi rester à déprimer au QG. Elle lui demanda alors s'il voulait bien tenter d'entraîner sa main gauche, de son côté elle pourrait se charger de l'alléger de l'arme, Michael était plutôt doué. Cela ne plaisait guère au majordome mais il s'agissait de la parole de la Comtesse il ne pouvait contester. Elle proposa enfin de s'intéresser de plus près aux prothèses. Même s'ils manquaient de temps Raphaël devait récupérer les membres perdus, pour son moral pour commencer mais également pour la praticité.


- Non c'est normal. Croyez en vous Raphaël, il ne faut pas essayer, vous devez le faire, pour vous, pour nous, pour votre amie, pour l'humanité.

Lui souriant de manière plus franche la jeune femme laissa les autres parler. Raphaël devait reprendre du poil de la bête. Même si elle n'éprouvait absolument aucun affection pour lui il était jusqu'à preuve du contraire un Hunter, un des leurs, elle saurait mettre de côté ses craintes et sa haine pour l'unité de tous.
Faisant par la suite part de ses inquiétudes la jeune femme dévoila ses observations et exprima ses inquiétudes vis à vis de l'argent. Le Comte ne semblait pas le craindre et si la femme qui l'accompagnait était un vampire elle non plus ne paraissait pas s'en soucier. Est-ce seulement une illusion ou bien une véritable capacité ? Tout ceci lui était des plus effrayants et elle avait donc du avertir ses alliés. C'était une information qu'elle analysait comme étant importante. S'intéressant à ce que le vampire appelait le Don elle demanda de plus amples informations. Ils en avaient tous besoin, s'ils voulaient avoir une chance de vaincre leurs ennemis ils se devaient de les connaître mieux que quiconque. Plongeant ses prunelles dans celle de l'homme aux cheveux clairs elle l'écouta attentivement. Tenir dans la main un crucifix, un fluide circulant dans le sang permettant ainsi aux vampires de vivre. Réfléchissant elle souffla :


- Vous ne savez pas de quoi vous êtes capable n'est-ce pas ? Je pense qu'il serait important que… Elle fit une petit pause puis continue. Que vous vous penchiez un peu plus sur votre cas. En vous connaissant en vous comprenant on peut réussir à mieux connaître nos ennemis. Peut-être pourriez-vous vous révéler plus puissant, et si ce n'est le cas plus ingénieux. Ne méprisez pas vos capacités et même si nous sommes peu à les apprécier ici je suis certaine que malgré tout, malgré nos différents nous pouvons y trouver une grande utilité. Je vous demande de réfléchir s'il vous plaît, à ce dont vous êtes capable à ce que vous pourriez développer, aux forces que vous pourriez mettre au service de l'humanité dont vous avez fait un jour parti.


Soudainement la jeune femme écarquilla les yeux et se mura dans le silence au même titre que ses compagnons. Une pensée venait de la foudroyer sur place. Et si Raphaël était le seul à pouvoir tous les sauver ? Et si lui seul en avait les capacités ? Sauver l'humanité en se changeant en monstre… Était-ce donc ça la solution ? Son coeur se mit à tambouriner contre sa poitrine et sa gorge se serra. Si l'ennemi se faisait plus fort ne fallait-il pas songer à cette éventualité ? Pouvait-elle l'admettre ? Fallait-il créer une puissance intermédiaire afin d'anéantir cette force monstrueuse vampirique pour la suite se détruire ? Et si le destin des Hunter était simplement de détruire puis de se détruire par la suite pour faire régner la paix ? Son regard croisa celui d'Alexender. Il parlait. L'écoutait-elle ? Peu… très peu… Elle avait oublié que les autres continuaient la conversation. Elle devait lui en parler, ici il était peut-être le seul auquel elle désirait confier ses craintes.
Bientôt elle s’intéressa au fait que Raphaël pouvait tenter de résister à l'argent, de s'entraîner afin d'obtenir cette capacité mais était-ce seulement possible ? Selon ses dires il était peut-être trop jeune pour pouvoir développer un tel pouvoir. Il ne s'en sentait pas capable.

- Rien ne vous coûte d'essayer, cela sera peut-être douloureux mais si par chance vous y arriviez cela pourrait être d'une grande utilité.

Le vouvoiement d'Alexender la tira immédiatement de ses pensées. Pourquoi faisait-il cela ? Serrant les poings elle se retint de lui jeter un regard noir, pourquoi mettait-il autant de distances en quelques mots. Ne pouvant ravaler sa langue complètement elle lui répondit :

- Ne vous en faîtes pas pour moi Sir. Je sais ce que je fais.

Hochant la tête en réponse aux propos suivant du Hunter la jeune femme se raidit en écoutant les oppositions d'Isaac.

- Permettez Isaac, je ne pense pas que Margueritte et Suzanne se sentent mieux en prison, elles doivent y broyer du noir et craindre chaque jour qui s'annonce. Je soutiens la proposition d'Alexender, si vous ne voulez pas aider à l'accomplissement de cette mission nous le ferons sans vous mais je pense que dans leur intérêt, pour leur santé, leur moral puis dans notre intérêt à tous nous devons les libérer. Les laisser croupir en prison voudrait dire que l'on signe un acte de défaite. Nous devons leur montrer que même silencieux nous sommes toujours là. Je ne veux pas qu'ils aient la conscience tranquille. Nous les protégerons.


Souriant elle hocha la tête aux paroles de Nathan :

- Il doit s'agir d'une mission éclair, surprenante, rapide, efficace.

Dans sa même optique d'aider Katherine proposa d'envoyer des domestiques au Japon afin d'y recueillir quelques potentiels informations. C'était risqué et long mais jouable. Elle proposa également de rédiger des rapport à chaque fois qu'elle verrait le Comte. Voyant la mine réticente d'Alexender elle lui assura qu'elle prendrait moult précautions à commencer par les rédiger de manière anonyme en employer des surnoms surtout si elle devait évoquer le nom du Comte mais également qu'elle ne les enverrait pas comme des lettres mais plutôt qu'elle les ferait transmettre par Michael qui pourrait les glisser sous la porte ou bien les leurs donner en mains propres. Elle ajouta qu'il allait s'agir d'une sorte de journal qu'elle tiendrait régulièrement et qu'elle leur donnera en main propre pour la plupart du temps. Le système de lettres ne sera là qu'en remplacement afin de leur donner des nouvelles mais également de leur fournir des informations s'ils devaient attendre avant de se voir et d'éveiller les soupçons du vampire.

Au bout de longues minutes de conversations, les discussions finirent par s'éteindre et bientôt il fut l'heure de partir se coucher. Les Hunter se retirèrent un à un, tous se saluèrent. Une fois seule avec Alexender la demoiselle se rapprocha de lui et l'embrassa. Cela ne faisait que trop longtemps à ses yeux et elle avait senti Alexender lointain, méfiant, étrange. Sur les nerfs… Elle-même fatiguée par la lutte intérieur que se livraient ses deux entités, elle tenta de le rassurer et se montra des plus affectives. Glissant ses doigts dans ses beaux cheveux roux elle lui sourit et lui demanda s'il était prêt de la voir réellement, de voir la Lycanthrope, au-delà de la femme, de la découvrir une bonne fois pour toute. Elle lui faisait confiance. Terriblement confiance. Son regard s'illumina lorsqu'il accepta et elle l'accompagna à l'étage sa main dans la sienne. Fermant la porte à clef elle le contempla ôter ses bottes puis sa chemise se faisait la réflexion qu'il était merveilleusement beau avant de s'asseoir sur le lit à ses côtés. Elle posa une main sur la sienne et sa tête sur son épaule tout en le regardant.


- Certaine. Tu n'as pas à en avoir peur. Même si je laisserai ma place à ces deux autres âmes elles m'écoutent car si je meurs elles meurent. Ma volonté est plus forte que la leur. Elles ont interdiction de te faire du mal. Ne me crains pas s'il te plait, tu n'auras sans doute pas l'habitude voir ce genre d'animal ici. Gaspard ? C'est donc son nom ? Je suis honorée de le rencontrer à travers toi, j'aurais aimé lui parler un jour, je ne connais que Michael et à vrai dire je… Je ne m'accepte pas. Tu vois ce que ressent Raphaël pour sa nature ? Je me sens tout aussi monstrueuse, je ne me sens pas normale et j'aurais aimé l'être. Heureusement mes totems sont compréhensifs… Je finis par prendre ça comme un don de Dieu, ce don n'est pas malfaisant.

Otant ses chaussures elle se redressa et prit ses deux mains dans les siennes pour les lui faire poser sur son cœur qui battait la chamade.

- Oui c'est à elles que je parlais, elles sont fatigantes, jamais d'accord l'une avec l'autre, c'est terrible d'entendre des voix et de ne pouvoir rien faire réellement. Maintenant ferme les yeux s'il te plait. Elle lui fit poser ses mains sur son visage. Ferme les yeux, je ne veux pas que tu vois la transformation, peut-être un jour mais pas maintenant, je ne veux pas t'effrayer, je n'aime pas particulièrement ça. J'ai donc deux entités. La première est une louve Raïna, elle ne te fera aucun mal, elle est pacifique, tu peux la toucher, je te la montrerai après. La seconde se nomme Syrya, elle s'approchera si elle veut s'approcher. Ne… Ne force pas le contact, elle n'est pas mauvaise, elle apprécie simplement moins les hommes.

Après quelques secondes plongées dans le silence elle baisa son front et souffla :

- Je reviens… Merci…

S'approchant de la fenêtre elle ferma les volets et se mit dans un coin de la pièce, dans le coin le plus sombre. Fermant les yeux elle laissa déferler cette énergie si possessive, qui s'infiltraient dans son sang sous sa peau. Lui chatouillait les cheveux et hérissait les poils de ses bras. Au fond d'elle le fauve bondit, Syrya n'était que trop heureuse de pouvoir se montrer enfin. Pouvait-elle le croquer ? Katherine la réprimenda immédiatement. Tout tait silencieux. Elle ne voulait pas effrayer son amant en la rendant bruyante. Ses ongles s'allongèrent, son corps se modifia, ce n'était pas douloureux ou presque pas. Le léopard forçait plus que ce qu'elle ne laissait passer la transformation. La comtesse réprima un gémissement. Se laissant glisser contre le mur elle lui intima le calme et sentit son corps se transformer. Ses bras devenaient pattes, ses ongles griffes. Son visage s'allongea, ses oreilles se firent pointues. Du pelage recouvrit sa peau nacrée et laissa place à une somptueuse fourrure fauve parsemée de rosettes sombres. Ses dents s'allongèrent et une queue balaya le sol poussiéreux. Deux perles oscillant entre le bleu et le vert ressortaient dans l'obscurité. Un grognement se fit entendre comme le ronronnement d'un chat mais un chat bien plus gros. Syrya prenait enfin place, Katherine n'était plus au premier plan de la scène. Elle y assistait. Alexender allait-il l'accepter ainsi ? Le léopard était agité. La jeune femme sollicitait son calme, elle ne voulait pas que la situation dégénère. Elle faisait confiance à son amant mais il restait homme et il pouvait, pris de panique, offenser ou bien se défendre face à la bête qui adoptait pour le moment un comportement pacifique. La situation n'en serait que plus complexe et la jeune femme devrait reprendre son corps avant que tout ne s'accélère et ne vire au drame.

Le félin fit glisser ses pattes silencieuses sur le parquet et d'un bond se retrouva à un mètre du jeune homme. Tendant la gueule d'une manière presque menaçante le félidé tentait de percevoir son odeur de plus près. Les griffes faisant grincer le parquet le léopard se redressa et plongea ses prunelles dans celles de l'homme.



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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Eulalia Grey
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Sam 17 Juin - 17:26

Eulalia était fatiguée, elle tournait et retournait dans sa tête toutes les révélations des derniers jours. Elle avait peur pour ses alliés, elle ne faisait pas confiance à l’avenir. Elle ne voulait pas quitter Raphaël alors qu’elle venait de le retrouver, mais si sa tante réalisait ses disparitions fréquentes, elle aurait le Yard sur le dos pour de bon… Nul doute qu’ils trouveraient le moyen d’accuser les Hunters de l’avoir enlevée et détournée du droit chemin. Non… Il était hors de question qu’elle laisse une telle chose se produire. Elle avait des responsabilités à assumer et elle s’y tiendrait.

Son regard couleur du Temps sefixa dans celui de Raphaël. Elle aurait voulu lui dire à quel point elle le trouvait beau, à quel point elle voulait passer le reste de sa vie avec lui. Elle voulait oublier, pour quelques heures, le fossé qui les séparaient. Elle voulait qu’il se sente chez lui, au creux de ses bras. Elle en voulait à Katherine d’avoir été dure avec lui mais visiblement, son amant semblait n’en faire que peu de cas. Elle se sentait d’une infinie tristesse lorsqu’il se dévalorisait lui-même de la sorte… Il ne sortirait sans doute jamais de la spirale infernale dans laquelle il était pris s’il continuait à se considérer comme moins qu’un monstre.


-Raphaël… Ne dis pas ça, je t’en prie…

Elle le laissa s’installer près d’elle et frémit doucement en sentant son bras sur sa taille. Elle avait oublié le bien-être que sa proximité lui procurait. Elle était grisée de l’avoir si près d’elle, malgré la fatigue… Rien que ce simple geste suffit déjà à la rassurer quelque peu, alors qu’elle se mortifiait au sujet de Lady Thornes, d’Alexender et de Sarah. Pour une fois, ce fut le Vampire qui se montra optimiste. Elle sourit légèrement en l’écoutant. Il avait plus que raison… L’espoir était la clé de leur victoire. Elle devrait œuvrer en surface pour leur donner les moyens nécessaires de vaincre.

-Tu as raison… Oui, maintenant que nous savons où est Lady Spencer, cela sera plus facile. Abandonner maintenant serait bien trop facile… Père et Mère n’auraient pas aimé cela, je pense.

Elle grimaça un peu. Bien sûr, ils souffriraient, eux les premiers. La jeune femme n’était que trop consciente que le Comte ferait tout pour supprimer Raphaël. Il était de son devoir de lui faire face. Pour tous ceux qu’elle aimait, tous ceux qu’elle avait perdu et ceux qu’elle ne voulait pas perdre.
Elle le regarda se redresser avec un petit sourire et soupira doucement en le voyant gratter son corset, nerveusement. Elle essaya de restreindre les pensées peu chrétiennes qui lui passaient par la tête en cet instant. Elle avait du corps de Raphaël, elle s’était languie de lui des mois durant. Le voir dans la même pièce qu’elle ne pouvait que lui faire de l’effet… Elle devina, à sa gêne et à la façon dont il se mordillait les lèvres, qu’il pensait la même chose.
Elle ne regrettait pas de lui avoir donné son innocence. Elle avait presque la sensation de s’être offerte à un ange. Eulalia savait qu’elle avait fait le bon choix. Bien vite, elle alla embrasser son amant en l’aidant à enlever son corset, libérant progressivement son corps du joug de cet infernal objet.

Les mots du Vampire la firent frémir de plaisir. Elle le serra fébrilement contre elle en embrassant le creux de son cou, tendrement.


- Moi aussi Raphaël… Je serai pour toujours avec toi… Je t’aime tant.

Ses lèvres rencontrèrent à nouveau celles du Vampire, en une étreinte fébrile et envieuse. A nouveau, la Huntress s’abandonnait au jeune homme, elle oubliait tout ce qui leur faisait obstacle, l’espace d’un instant.
Lorsque son corset tomba, elle poussa un soupir libérateur et aida l’Ange blanc à se débarrasser de sa chemise. Elle le trouva infiniment attirant dans cette tenue qui n’en était plus vraiment une… Elle aurait pu passer des heures à détailler les plus petits détails du grain de sa peau, le volume de ses muscles qui s’imbriquaient délicatement les uns dans les autres.
Doucement elle s’allongea en suivant son impulsion et l’aida à trouver une position confortable. Soupirant d’aise et d’excitation, elle le laissa parcourir son corps et remonter sous ses jupes alors qu’elle l’enlaçait, désireuse de l’avoir contre elle.

Lorsque les doigts glacés de Raphaël trouvèrent la parcelle de chair où se concentraient ses désirs, la jeune femme sentit son corps se cambrer, frissonnant de sensations nouvelles. Elle connaissait mal son corps et cet endroit lui était étranger. Elle n’aurait pas soupçonné qu’effleurer un simple endroit du corps puisse lui faire autant d’effet.
Le jeune homme n’eut aucun mal à lui arracher des gémissements, qu’elle peinait à contenir par pudeur. Agrippée à lui comme à une bouée de sauvetage, elle se sentait partir toujours plus loin sous ses caresses. Elle se sentit ensorcelée, enivrée, à tel point qu’elle finit par trouver le moyen de basculer au-dessus du Vampire, qu’elle couvrit de baisers brûlants.

Bientôt, ce fut elle qui trouva les commandes. Blottie contre son amant, elle ne tarda pas à l’accueillir en son sein, une nouvelle foi. Elle se découvrit des ardeurs qu’elle ne soupçonnait pas, les yeux rivés dans ceux de son amant. Elle faisait attention à ses mouvements, effrayée à l’idée de lui faire mal, elle retenait ses gémissements par peur de se faire entendre… Mais la retenue semblait presque décupler intérieurement ses sensations.

Elle ne sut combien de temps dura leur ballet fougueux, mais lorsqu’ils se séparèrent enfin pour de bon, les premières lueurs de l’aube caressaient les volets de la chambre miteuse, les baignant d’une lueur rose pâle. Complètement dénudée à présent, la jolie Huntress se redressa un peu pour embrasser son amant sur le front.


- Je vais bientôt devoir partir… Tout ira bien pour moi ne t’en fais pas. Je reviendrai vite… Promet moi de rester ici. Je ne veux plus te perdre là dehors…

Elle se leva doucement et se dirigea vers la bassine d’eau pour se laver sommairement, dans la pénombre. Délicatement, elle repassa ses vêtements, recouvrant son corps frêle, et attacha ses lourds cheveux en un chignon à peu près décent. Une fois prête, elle revint se pencher au-dessus du Vampire et l’embrassa une ultime fois, tendrement. Sa main fine caressait les cheveux d’ivoire, comme pour s’assurer qu’ils étaient bien réels.

-N’oublie jamais que tu es tout ce qu’il me reste… Je ne laisserai rien ni personne te blesser désormais.

Quelques temps plus tard, une silhouette brune quittait la mansarde et s’éloignait rapidement dans les rues, évitant les ouvriers. La petite souris reviendrait à temps dans son terrier sans se faire remarquer…

[b][HRP/ Fin du RP avec Lally, à bientôt pour la suite !
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Alexender Von Ravellow
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Mar 11 Juil - 16:15

La main chaude de Katherine dans la sienne, Alexender gravit les marches de l'escalier qui menait aux chambres avec un certain poids sur le coeur. Son esprit ne cessait de ressasser les différentes conversations qu'ils avaient tous eues ce soir et pesait les conséquences de leurs choix. Le pauvre Hunter ne pouvait s'empêcher de songer à Raphaël et à ses doigts coupés, à ses pouvoirs en sommeil et à son amour contre-nature pour Eulalia ; il ne parvenait pas à oublier Drake dans sa bibliothèque, lui qui les avait dupés si longtemps, et qui conservait les ouvrages les plus précieux de sa Majesté ; il imaginait Suzanne et Marguerite dans leurs froides cellules de Coldbath ; ses lèvres murmuraient le nom de Sarah pour laquelle le Comte se battait maintenant...
Alexender avait l'impression que tout lui échappait, depuis sa propre vie en passant par celles de ses alliés. Au fond, il avait cruellement honte : honte de ses faiblesses, honte de constater que son ennemi se trouvait là où il aurait dû se tenir ce soir. Fallait-il prier pour Sarah ? Fallait-il l'oublier ? Le rouquin se sentait terriblement impuissant: il crevait d'envie de se jeter à Hightgate et de retrouver Sarah au beau milieu des Vampires, mais il ne le pouvait pas. C'était désespérant.
Heureusement, cette main qu'il serrait dans la sienne lui redonnait un peu de courage. A ses côtés, Katherine brillait d'entrain. Elle avait réussi à infiltrer la troupe du Comte et à venir leur faire son rapport. Elle avait proposé à Raphaël de travailler sur une prothèse pour remplacer ses doigts manquants. Et maintenant, elle souhaitait offrir à son amant la possibilité de mieux comprendre sa nature lycanthropique en lui présentant ses deux entités. Alexender restait sceptique, car ignorant et apeuré, mais il était également particulièrement heureux de constater que la jeune femme désirait avant tout se montrer utile et efficace au sein de leur groupe; qu'elle faisait des concessions pour ramener la paix entre les Hunters; et qu'elle oeuvrait pour une forme d'harmonie avec lui, basée sur la confiance mutuelle...Le rouquin lui était fortement reconnaissant de son soutien, notamment en ce qui concernait ses domestiques.
Alexender aimait Katherine pour sa verve, son attitude provocatrice et son assurance. Il l'aimait pour ses formes, ses différents talents d'actrice, de tueuse et de femme, pour son aisance à évoluer dans ce monde de brutes et pour sa vive intelligence. Devait-il lui faire entièrement confiance ? Plus d'un se seraient méfiés de cette femme de petite vertu, toujours acoquiné de son majordome lugubre, Lycanthope de nature, manipulatrice de Vampires...Mais pas lui. Le jeune Von Ravellow avait décidé de serrer sa main autour de la sienne et de laisser l'avenir lui dire s'il avait eu raison de lui faire confiance ou non.

A l'abri, dans sa chambre fermée à double tours, il écouta donc son amante lui expliquer les rapports qu'elle avait avec ses entités. Apparemment, ces dernières restaient relativement sauvages, mais elle les contrôlait tout de même d'autant qu'elles devaient toutes les trois s'entendre pour leur survie commune. Alexender comprenait ça. Gaspard lui avait déjà dit que le trio fonctionnait en inter-dépendance. Cependant, lorsque la jeune femme l'assura que si l'une d'elles mourrait les deux autres mourraient, le Hunter fronça les sourcils: ne pouvaient-elles donc jamais survivre à la mort de l'une d'elles ? Si c'était bien le cas, il trouvait cela affreux. Trois êtres liés par l'esprit était déjà fort compliqué à vivre, le supposait-il du moins, (et c'était d'ailleurs également très dur à concevoir pour quelqu'un qui n'était pas né Lycan), mais si en plus chacun des êtres devait sa vie aux deux autres...


- Votre relation de dépendance va jusque là ? C'est assez effrayant non ?

Katherine lui demanda de ne pas avoir peur de sa nature. Elle lui promit que c'était sans danger pour lui et expliqua qu'elle avait déjà du mal à supporter sa nature sans que l'on ne la traite en plus comme un monstre. A l'instar de Raphaël, elle se considérait déjà comme une aberration. Alexender ne répondit pas vraiment. Il ne pouvait pas lui promettre de ne pas la rejeter après ce soir...Il craignait ce qu'il allait voir et son coeur était déchiré. Gaspard et lui n'avaient jamais réellement échangé au sujet de la Lycanthropie pour deux raisons: la première était la pudeur de Gaspard lui-même qui l'empêchait de se confier, la seconde était la forte réticence d'Alexender qui savait que Lycan, Loup-Garou ou Vampire avaient, finalement, la même place dans son coeur...

- Tu n'y peux rien de toute façon...C'est héréditaire non ? Tes parents étaient des Lycanthropes ? se risqua-t-il à demander.

Au bout d'un moment, il chuchota:


- Ne répète jamais ce nom...s'il te plaît. Je n'aurais jamais dû le prononcer...fit-il en parlant de Gaspard. Je manque de prudence...ça a toujours été mon plus gros défaut...ajouta-t-il en souriant faiblement.

Il songeait qu'une fois encore il en manquait en se retrouvant avec une femme telle qu'elle dans le QG des Hunters. Après tout, ils se connaissaient à peine et déjà Katherine partageait ses sentiments, ses secrets, sa couche...
Alexender avait hâte de dormir, même si la curiosité le dévorait quant à la Lycanthropie de sa compagne. Au fond, il craignait cet échange. Peut être qu'il valait mieux ne pas aller plus loin et demeurer ainsi, dans l'ignorance, afin de conserver leur petit confort ?
Katherine lui prit les mains pour les placer sur son coeur. Le Hunter sentit la poitrine de la jeune femme rebondir sous une partie de ses paumes et rythme cardiaque s'accéléra. Ne préférait-il pas qu'ils s'adonnent une nouvelle fois à leurs vices les plus basiques plutôt que de s'accabler de soucis supplémentaires avec cette histoire d'entités ?


- Raïna...Syrya...répéta-t-il comme un enfant.

Il mourrait d'envie de lui dire d'arrêter tout ça et d'enlever ce qu'il lui restait de vêtements pour oublier tout ce qui les chagrinait l'un et l'autre dans la chaleur d'une étreinte. Mais Alexender craignait de la blesser en rejetant son aimable proposition. A ses yeux, ce serait comme un rejet de sa nature, avant même qu'elle n'ait pu la lui montrer dans son entièreté.
Et puis, n'était-ce pas l'occasion rêvée d'en apprendre enfin un peu plus sur les Lycanthropes et donc sur son ami Gaspard ?


- Je...je te fais confiance...finit-il par soupirer en laissant la jeune femme s'éloigner de lui.

Alexender baissa les yeux et fixa le sol, pour respecter la pudeur de son amante qui venait de lui demander de ne pas l'observer pendant sa "transformation". L'esprit palpitant d'angoisse, le Hunter se força à ne pas la chercher du regard. Il voulait la voir, observer tout le processus, du début à la fin, pour comprendre définitivement ce que c'était que cet échange d'entité. Mais il respectait Katherine et ne désirait pour rien au monde lui être désagréable. Il fut donc patient. Les bruits qu'il entendit faillirent le détourner de sa position mais il tint bon et tâcha de se concentrer sur ses mains qu'il gardait jointes entre ses jambes. Ses phalanges blanchirent tandis qu'il les serrait l'une contre l'autre, tout comme ses dents. La fatigue et la peur mettaient ses nerfs à vif. Comment allait-il réagir face à un loup ? Il fallait absolument qu'il conserve son sang froid et qu'il salut l'entité avec gentillesse. Quelque part, sous le pelage qu'il allait trouver, Katherine l'observerait...Il ne voulait pas la décevoir.

Au bout d'un moment, alors qu'il était perdu dans ses pensées en cherchant ce qu'il pourrait bien dire à un loup, une ombre bondit près de lui et Alexender se leva en poussant un cri. Il recula contre le lit et tenta de s'éloigner de l'animal qui lui faisait maintenant face en s'agrippant aux draps pour escalader le matelas.


- NOM DE DIEU !!

Ce n'était pas un loup qu'il avait devant lui mais un genre de panthère au pelage couleur sable tacheté de rosettes. Alexender fouilla dans sa mémoire et reconnu finalement un Léopard: l'animal le plus rapide de la création. Un bras devant lui comme pour se protéger d'une éventuelle morsure, il monta sur le lit et recula dessus. Il tremblait de tous ses membres. Le fauve était immense et menaçant. Ses crocs luisaient à la lueur de l'unique lampe à huile qu'ils avaient allumées en entrant dans la chambre quelques minutes auparavant, et son attitude ne semblait pas du tout amicale.

- Je...b..bonjour...Syrya, c'est ça ? demanda le Hunter en reculant toujours.

Son coeur battait la chamade. Il craignait que l'animal ne lui bondisse dessus et ne le dévore d'un coup de dent. Son regard ne pouvait quitter le sien, si profond, si sauvage. Où avait-il mit son Bloody Rose déjà ? C'était trop tard...Il ne pourrait plus se défendre si cette rencontre tournait mal...


- C'est moi..Alexender...L'ami de Katherine...continua le rouquin en bégayant d'appréhension.

Il se trouvait à la fois ridicule et courageux de s'adresser ainsi à une telle créature. Pouvait-elle seulement parler ? Qu'avait dit Katherine déjà ? Qu'il pourrait la toucher ? Non...c'était du loup dont elle avait parlé. Pour Syrya, il devait la laisser faire le premier pas...
Doucement, le Hunter tendit la main devant lui et attendit, tremblant, une réaction du léopard. Il ne pouvait s'empêcher de songer qu'il allait sans doute finir comme Raphaël: avec quelques doigts en moins...
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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Mer 9 Aoû - 22:44

Là dans cette chambre Katherine se sentait bien, ou presque. Elle avait l'impression d'être comprise, écoutée et appréciée. Pouvait-il sentir à quel point elle avait besoin de leur amitié ? Elle qui n'avait jamais vraiment connu ces sentiments elle se surprenait à les découvrir et à les aimer. Katherine s'attachait à ce qu'elle éprouvait pour le noble déchu, elle espérait ne jamais avoir à en souffrir mais elle le savait, toute forme d'attachement menait à la souffrance. Tout ceci finirait par lui arriver. C'était inévitable. Si elle ne mourrait pas avant elle verrait Alexender s'éteindre ou bien la repousser pour retourner vers Sarah si celle-ci revenait. Et si elle ne retournait pas dans ses bras qui pouvait lui assurer que le jeune homme n'en mourrait pas de chagrin ou ne faillirait pas au combat ? Pouvait-il l'accepter toute une vie comme une amie à ses côtés ? Katherine savait déjà que son attachement allait la détruire. Elle ne l'avait simplement pas encore totalement accepté. Elle avait déjà tellement perdu que de perdre à nouveau lui semblait insurmontable. Serrant sa main dans le sienne la jeune femme lui parlait. Il l'écoutait, c'était incroyable à quel point tout pouvait être si doux ou fougueux entre eux.

Les rapports entre elle et ses entités lui paraissaient compliqués. Pouvait-elle réellement le lui faire comprendre lui qui ne vivait pas ça ? Non, cependant elle se devait de le rassurer. Ce qu'elle lui demandait n'était simple ni pour l'un ni pour l'autre. Pour un humain voir une femme se transformer en deux créatures était si inconcevable qu'elle en devenait monstre. Katherine était un monstre. Elle ne pouvait cependant s'empêcher de penser que si tout ceci n'était pas malfaisant c'était que Dieu l'avait voulu. Satan avait crée les vampires, les loups-garous et ces autres créatures. Dieu avait peut-être crée ses propres chevaliers de l'harmonie… Se mordillant la lèvre à sa remarque elle se surprit à rougir et fit un mouvement des épaules d'impuissance.

- Je ne sais pas tout sur ma nature mais oui je suppose. J'y suis habituée Alexender. Cette dépendance m'a faite vivre jusqu'à ton époque. Sans ma nature je serai morte depuis bien longtemps… J'ai appris à vivre avec, c'est pourquoi nous nous devons de bien nous entendre, de nous écouter et de ne pas affaiblir l'une de nos entités.

Finalement un beau sourire vint égayer son visage de porcelaine. Il semblait comprendre, tout du moins, il essayait de la comprendre et de ne pas prendre peur. Savait-il à quel point elle redoutait ce moment ? A quel point elle avait besoin qu'on la rassure ? Elle se sentait presque vieille finalement à ses côtés. Cet enfant venait de naître, elle, elle était déjà bien décrépie et pourtant elle continuait de se comporter comme une jeune femme. Alexender avait encore tant à apprendre. Ne se sentait-elle pas sale de fricoter avec un garçon comme lui, elle qui aurait pu être son arrière arrière grand-mère ? Repoussant ces sombres pensées la jeune lycanthrope caressait tendrement ses mains.

- Je pense oui, comme je te l'ai dit, je ne connais que peu de lycanthropes. Michael, moi… Mon père l'était, ma mère était simplement humaine avant de… Enfin tu sais… Ricanant elle posa sa main sur ses lèvres et y déposa un délicat baiser : Entendu, je ne l'emploierai plus. Ce secret restera bien gardé tu as ma parole. J'en aurais pour toi ne t'en fais pas…

Plaçant ses mains sur son coeur afin de lui faire sentir que malgré sa nature elle n'était pas si différente de lui, qu'elle savait éprouver les mêmes émotions, que son coeur battait si fort à cause de l'angoisse qu'elle ressentait, de l'excitation à la fois de tout lui montrer, qu'elle lui faisait confiance, qu'elle l'appréciait bien plus que n'importe qui. Avait-il peur ? Oui elle le sentait, tout ceci la faisait frissonner. Alexender redoutait terriblement ce moment tout comme elle. Elle espérait qu'il n'en ressorte pas terrorisé, qu'il l'accepte encore après tout cela. Leur amitié n'était-elle ainsi simplement que charnelle et ne reposait-elle sur aucune autre sorte d'affection ? Lui présentant tour à tour ses entités elle lui assura qu'il ne devait pas en avoir peur. Katherine sera toujours là pour le regarder, veiller sur lui, surveiller les intentions de ses partenaires. Elle ne les laisserait pas agir n'importe comment. Certes elle le savait apeuré mais c'était une chose qu'il ne devait pas montrer à ses compagnes. Syrya n'appréciait pas la crainte, cela la faisait se sentir en danger. Un homme se sentant faible aura plus de faciliter à attaquer, à se montrer agressif, comme tous les autres prédateurs. La fuite n'est pas une solution. Raina elle… Ne s'en souciait pas tellement. Simplement une relation saine devait se baser sur la confiance et non la crainte. Baisant son front la demoiselle finit par se lever. Elle lui avait demandé de ne pas chercher à la voir se transformer. Il n'était peut-être pas prêt. Elle non plus. Elle avait peur de sa réaction et avait honte de tout ceci. Peut-être allait-elle ainsi le dégouttait… Elle voulait à tout prix que cela n'arrive pas mais ne pourrait empêcher son ressentiment.

Le changement de forme lui parut bien compliqué. Ses deux entités excités la forçaient plus que nature, du moins Syrya accélérait le cours des choses. La transformation ne lui était jamais douloureuse en cas normal, elle se compliquait seulement à cause de son agitation. La comtesse aurait bien apprécié que le léopard se calme ne serait-ce que quelques minutes le temps d'effectuer le changement d'âme. Son corps entier laissa place au fauve qui sommeillait en elle. Recouverte d'un somptueux pelage mordoré, la jeune Katherine se tapissait dans cet esprit. L'inquiétude la tiraillant elle demanda silencieusement à Syrya de se montrer agréable, pas trop intimidante afin de laisser Alexender digérer ce qu'il venait de se produire. Le félin s'avança doucement avant de bondir à ses côtés. La tension était palpable. L'animal s'amusait plutôt de cette situation. Joueuse, le fait de tourmenter l'amant de son amie lui plaisait. C'était un divertissement plutôt assez agréable. Agréable parce qu'il rentrait dans son jeu. Parce qu'il était terrorisé devant une telle créature. Sa peur ne tarderait pas à se transformer en défense puis attaque… Ce qui semblait être un sourire écarta les babines de l'animal.

* Il est amusant ton ami Katherine… Je voudrais jouer avec… Comme… comment vous dites déjà ? Au chat et à la souris ?*

L'animal ricana intérieurement. Katherine était prête à reprendre sa place. Elle lui grogna sauvagement :

* C'est non ! Tu le sais… je t'ai prévenu...*

* Ca va… ça va… Qui aime bien châtie bien...*

Un grognement brisa le silence de la pièce. Ses crocs qui luisaient quelques secondes auparavant ne furent plus visible. Approchant de cette main tendue elle y passa doucement son museau afin de sentir de plus près son odeur et baissa légèrement les oreilles. S'asseyant face à lui ses deux pattes avant se posèrent sur ses genoux et elle approcha sa gueule de son visage. Brusquement un rire envahit la pièce. Aussi séduisant que terrible. Cette voix faite d'un mélange de sensualité et pourtant si grave ne paraissait ni bonne ni mauvaise.


- Tu en as du courage, petit… Est-ce ton amitié pour elle qui te fait rester ou ta curiosité ? Je t'aime bien. Ton odeur me plait, te manger maintenant serait du gâchis. Ahah, elle gronde… C'est dommage que tu ne puisses pas l'entendre…

Descendant de ses genoux elle fit le tour du jeune homme laissant glisser sa queue sur ses épaules plus son dos avant de venir frapper gentiment sa joue.

- C'est une autre que tu dois rencontrer maintenant. Je reviendrai, tu me plais…

La gueule de félin s'allongea brusquement. Ses pupilles s'arrondirent et ses yeux se firent plus fins. Ses muscles s’affinèrent, son pelage se fit plus profond, plus long. Les tâches disparurent sous des poils enneigés. Toute la morphologie de l'animal changea. D'un félidé l'on put assister à la création d'un canidé. Le loup retrouva sa place dans le monde des vivants, dans le monde des mortels. Blanche comme neige Raina fixa de ses yeux bleus profonds l'étrange créature que Katherine cotoyait. Raina aimait cette espèce là. Elle les trouvait incroyablement faibles, fragiles, il avait sans cesse besoin d'être protégé tout d'abord par des tissus qu'ils appelaient vêtements pour ne pas attraper froids, par des maisons composées de serrures afin que nul n'entre. Ils n'avaient pas de griffes, ni de crocs. Leur mâchoire ne lui faisait pas peur et leurs ongles la faisaient rire. Ils étaient si insignifiant. Elle peinait à croire qu'ils étaient une création de la nature capable de chasser. Elle les avait cependant accepté depuis longtemps. Elle avait grandi avec Katherine. Elle l'avait vu se métamorphoser et devenir ce qu'ils appelaient une femme. Elle l'avait vu tuer, pleurer, aimer, jouer, se renforcer. Elle l'avait rassurée lorsqu'elle angoissait. Douce, sage, calme le loup inclina la tête sur le côté comme pour mieux essayer de le comprendre. Cet homme semblait démuni. C'était la première fois qu'il voyait des êtres aussi particuliers. Son regard profond s'ancra dans le sien.

La louve s'installa devant lui. Tendant la truffe elle toucha sa main chatouillant doucement sa peau de ses moustaches. Le contact humain ne l'effrayait pas. Une enfant l'avait déjà touchée dans une rue de WhiteChapel. Michael l'avait déjà longuement caressé en pensant à celle qu'il aimait avec un profond respect. Doucement l'animal s'allongea. Sa lourde tête vint se poser sur la cuisse du chasseur. Fermant les yeux un long soupir s'échappa de sa gueule. La louve était énorme. Grande et fine elle semblait taillée pour la poursuite, la chasse. Ses membres puissants lui permettaient sans aucun doute d'abattre un humain d'un coup de griffe bien placé. La louve resta là de longues minutes afin qu'il s'habitue à sa présence. Son souffle puissant caressait les vêtements du garçon. Peut-être un jour pourraient-ils travailler ensemble s'il avait assez confiance en elle. Au bout d'un temps qui parut certainement interminable à l'humain Raina souffla :

- Tu ne lui feras pas de mal n'est-ce pas ?

Se redressant l'être lupin le fixa intensément. Sa voix était également rauque, gutturale mais féminine. Malgré tout elle semblait plus douce, moins fausse que celle de sa compagne féline. Non Raina était bien plus droite, bien plus franche. Elle ne jouait ni sur la peur ni sur les allusions.

- Reste là…

L'animal s'écarta et baissa la tête comme pour le saluer. S'évanouissant dans l'ombre le loup sembla disparaître. La respiration sifflante de l'animal ne perturbait plus la pièce, seuls quelques bruits étranges venaient rompre le silence et peut-être l'inquiétude du jeune Hunter. Quelques instants plus tard une forme en surgit. Une chevelure brune se précipitait vers lui. Rapide cette dernière grimpa sur le lit. Brusquement Katherine lui sauta dans les bras. Ses longs bras fins vinrent l'enlacer avec force tandis qu'elle liait ses lèvres aux siennes en un baiser fougueux. Sa respiration était haletante, ses yeux pétillaient dans la pénombre. Des larmes semblaient par ailleurs perler et menacer de s'écouler sur ses joues. Voulait-elle pleurer ? Non elle voulait garder cela pour elle. Mais sa joie était si intense. Il n'avait pas essayé de rejeter le léopard, il avait voulu être son ami si nous pouvons dire ça comme ça… Encadrant son visage de ses mains elle colla son front au sien et s'exclama toute tremblante :

- Oh Alexender si cela ne tenait qu'à moi je t'épouserai !



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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Alexender Von Ravellow
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Mar 15 Aoû - 16:20

Alexender était un jeune homme plein de fougue, d'énergie et d'optimisme. Il était réputé pour son ouverture d'esprit et sa lutte pour l'égalité des classes, malgré son rang de privilégié. On le connaissait pour ses extravagantes soirées mondaines, ses frasques dans les salons, ses duels amicaux et sa propension à mêler les bourgeois à ses amis intimes, souvent dans l'unique but de déranger ses pairs. On le trouvait tolérant à outrance et on l'aimait pour cela ou on le détestait.
Dans le Monde de la Nuit, les Hunters le connaissaient jusqu'à Plymouth pour son efficacité, notamment dans la chasse des Loups-Garous, et pour sa volonté de reformer la Guilde d'Ivoire qui avait longtemps fait sa loi au sein de la capitale. On le disait fiable et prometteur. Mais l'on savait également qu'Alexender portait de profondes cicatrices qui nuisaient à sa paix intérieure. C'était un Hunter parfois excessif : d'un naturel impulsif, l'âme emplie d'une rage inextinguible envers les Créatures de la Nuit, il n'avait aucune pitié pour ces dernières et son apparente tolérance ne s'appliquait plus dans ce domaine. Face à un Vampire ou à un Loup-Garou, au cœur de la nuit noire, il pouvait faire preuve d'une cruauté que l'on ne lui aurait jamais soupçonnée de jour. Le rouquin ne pouvait accepter leur présence sur Terre, au milieu des Hommes, ni leurs pouvoirs qu'il jugeait dangereux, voire démoniaques.
Ainsi, le jeune Von Ravellow était-il un homme à multiples facettes, comme la plupart des chasseurs et de ceux qui avaient ouvert les yeux sur les diverses menaces qui rôdaient dans les ruelles et sur les landes. Ces facettes, aisément compréhensibles, avaient réussi à collaborer pour former un tout à la fois unique et harmonieux. Alexender était parvenu à trouver un certain équilibre dans cette folie et à y trouver son compte.

Seuls trois sujets lui posaient réellement problème dans son existence apparemment stable : les femmes, qu'il ne savait toujours pas approcher avec les formes et la fidélité que ces dernières pouvaient attendre d'un gentleman digne de ce nom, la prudence, dont il n'était pas capable de faire preuve lorsque son instinct et ses émotions guidaient son bras armé, et les autres créatures qu'il ne connaissait pas assez pour pouvoir déterminer si ce même bras devait ou non s'abattre sur elles, c'est-à-dire les créatures alchimiques et les Lycanthropes...Sur cet ultime point, sa tolérance hésitait. Que devait-il penser des Alchimistes ? Comment pouvait-il les comprendre s'il ne les approchait pas ? Pour lui, moins il en savait sur eux et mieux il se porterait. Ce qui était profondément stupide, et il en était bien conscient. Au fond, il ne les redoutait pas vraiment et les sous-estimait beaucoup. Son ignorance et sa méfiance le poussaient à croire qu'il n'avait pas le temps de s'en préoccuper. En vérité, s'occuper des Chimères ou des Humanoïdes créés artificiellement le répugnait. Il imaginait cela comme des expériences visant à inventer des pantins mécaniques, à l'instar de ceux que possédaient les grandes horloges criblées de petits personnages animés, et cela l'effrayait. Mais il n'imaginait pas encore que ces fameuses pratiques cachaient un pouvoir plus grand et plus terrible que ce qu'il avait entraperçu comme tous les citoyens de son rang. Il paierait sa négligence, comme beaucoup d'autres, dans un avenir de moins en moins lointain. Mais, une fois encore, ce n'était pas son soucis principal.
Ce qui l'occupait désormais, et retenait son attention, c'était la réalité que représentaient les Lycanthropes. Son opinion à leur sujet demeurait cruellement indécise, notamment à cause de son ami Gaspard. S'il n'avait pas vu ce dernier se transformer un soir, et s'il ne s'était pas ensuite lié d'amitié avec lui, jamais il n'aurait pu considérer ces créatures comme autre chose que des nuisances à éliminer au même titre que les Longues dents ou les Loups. L'inconnu fait peur. La peur mène à la haine de l'inconnu et à l'intolérance. Mais lorsque l'amour s'en mêle, qu'il soit charnel ou fraternel, la peur devient confiance et la confiance fait peu à peu disparaître doutes et colères. Gaspard n'avait jamais pris le temps d'expliquer sa nature, ni de lui présenter ses entités. Il était demeuré particulièrement pudique quant à ses dons. Peut-être avait-ce été par crainte de perdre son ami ou d'être révélé aux yeux de tous et de subir le courroux d'une population ignare et destructrice. Alexender avait rapidement compris que l'interroger à ce sujet n'était pas des plus facile. Les seules informations que Gaspard lui avait fournies avec le temps l'avaient généralement conforté dans l'idée que les Lycanthropes étaient plus pacifiques que les autres créatures et il avait renoncé à en apprendre plus. Son cœur refusait de découvrir la vérité qu'il redoutait et de réveiller le chasseur impitoyable qui était en lui. Il s'était ainsi convaincu que le meilleur moyen de ne pas perdre pied et d'éviter d'ajouter à sa liste noire son ami et les siens était de se forcer à porter des œillères.

Aujourd'hui, pour la première fois de sa vie, on lui offrait l'opportunité de brûler ces œillères et de comprendre enfin ce qu'était la Lycanthropie. Katherine Thornes, sa nouvelle compagne, lui livrait sur un plateau d'argent les réponses aux centaines de questions qu'il se posait encore sur cette race qu'il ne connaissait finalement pas. C'était une opportunité idéale, une possibilité pour lui de se voir enfin éclairé et de cesser de se tourmenter quant à ce sujet. La belle Hongroise lui ouvrait les bras et lui donnait sa confiance. Il devait saisir de cette chance ! Suite à ses révélations et à ses démonstrations, il ne pourrait en ressortir que grandi. Rassuré ou terrifié, prêt à accepter la présence des Lycanthropes ou à les éliminer jusqu'aux derniers, qu'importaient finalement les conséquences de cette soirée ? Alexender n'en pouvait plus de jouer les idiots et de s'enfermer dans ses noires alcôves personnelles. Il voulait évoluer, cesser de foncer tête baissée, en apprendre plus sur ses ennemis et sur ses alliés. Il voulait libérer ses ami(e)s sans créer de vagues, sauver Sarah sans mourir, être efficace d'intelligence et non plus seulement d'instinct. Désormais, tout ce qu'il pourrait apprendre pour développer ses connaissances, il l'apprendrait. Rester dans l'ignorance ne pouvait plus le sauver, bien au contraire : à force de se protéger, il se mettait en danger. Ce paradoxe est fort courant dans les mécanismes sociaux, et ce depuis la nuit des temps. On se cache dans une caverne, la peur au ventre, pour éviter l'orage et ses éclats, et l'on ne trouve le feu que lorsque l'on ose sortir sous les trombes d'eau après qu'un éclair a frappé l'arbre mort de l'entrée. Le Hunter se sentait désormais prêt à affronter les intempéries pour retrouver la flamme qui l'animait autrefois.

Tremblant à la fois d'excitation et de peur, Alexender attendit que Katherine laisse place à sa première entité. Découvrir les entités d'un Lycanthrope n'est une expérience ni courante, ni aisée, mais il s'était fait une petite idée de la chose. Il se croyait prêt. Il ne l'était pas.
Lorsque le léopard bondit devant lui, son cœur faillit s'arrêter. Il s'était attendu à un loup, pas à un fauve de plusieurs mètres de longueur, les crocs sortis, le regard su profondément ancré dans le sien. Il crut qu'il allait se faire dévorer sur place. Mais, grâce aux douces paroles de la belle, le Hunter s'était forcé à conserver son calme et à agir en conséquence de ce qu'elle lui avait conseillé. Il avait reculé sur le moment, pris de panique, puis il avait tenté de converser, en tendant la main devant lui pour permettre à la bête de le renifler et de poser son museau dans sa paume. Syrya était belliqueuse, cela se sentait, mais son expression se radoucit et elle finit par le toucher avec douceur. Alexender frissonna à son contact. Avoir une telle créature au bout de son bras était à la fois extraordinairement fascinant et grisant, et à la fois terrifiant. A tout moment, il pouvait de faire arracher la main et perdre la moitié de ses doigts, voire pire. Mais il devait prouver à Katherine qu'il lui faisait confiance. Ne lui avait-elle pas promis que tout se passerait bien ? Gaspard lui-même ne s'était jamais transformé en loup pour le mordre, ni en chouette pour le lacérer. Dès leur première rencontre, il aurait pu se montrer agressif, surtout si chaque entité avait son caractère propre comme Katherine venait de lui expliquer. Au lieu de cela, il s'était approché et lui avait fait promettre de ne jamais répéter ce qu'il avait vu cette nuit-là. Ils s'étaient donné rendez-vous et Alexender lui avait confié son double visage lui-aussi. Garder un secret est plus facile lorsque son interlocuteur en conserve un aussi. La balance s'équilibre.
Le grand fauve avait des yeux magnifiques, tout comme sa maîtresse, ou sa sœur : Alexender ne savait pas encore comment les Lycanthropes considéraient leurs rapports avec leurs entités. Y avait-il une hiérarchie ? Son museau tiède mouillait le creux de sa main qu'il n'osait pas refermer pour caresser son poil roux et noir. Quelle étrange sensation ! Katherine ressentait-elle ce contact ou était-elle simple spectatrice ? Comment fonctionnait tout cela ? Il n'en avait qu'une vague idée.
Soudain, l'entité posa ses pattes sur ses genoux. Alexender se raidit et recula un peu son visage en arrière face à la gueule de l'animal. Le rire de Syrya gronda dans sa gorge et le Hunter recula plus vivement la main, surpris. Elle lui grogna qu'elle aimait bien son odeur et lui-même. Elle semblait rire de le voir si perturbé. Alexender ne su que répondre, tant il était saisi. C'était un point éminemment positif, qu'il aurait sans doute dû soulever avec joie, mais il manquait de défaillir sous tant de pression et aucun son très développé ne franchit ses lèvres entrouvertes. Il se contenta d'incliner légèrement la tête, avec un demi-sourire, signe qu'il était heureux qu'il puisse trouver grâce à ses grands yeux irisés d'or.


- Je...merci...de...oui.

Vint alors le moment du loup, au plutôt de la louve. Alexender laissa le fauve le quitter, frôlant de sa queue sa joue comme pour lui dire au revoir. Il entrevit la transformation et serra les dents d'appréhension. C'était si étrange qu'il s'affaissa un peu dans le lit, incapable de se relever depuis qu'il s'y était précipité. Il avait déjà assisté à des transformations de Loups-Garous, et ce genre de spectacle lui avait toujours fortement déplu. Mais il était aussi inquiet qu'intrigué. Par pudeur, il tenta de détourner son regard à plusieurs reprises jusqu'à ce que l'animal vienne vers lui en trottinant. Malgré sa taille démesurée et son poil d'un blanc de neige, le loup était plus rassurant que le léopard. C'était un animal plus commun, qui s'apparentait aux grandes races de chiens que l'on pouvait croiser en ville ou dans les campagnes pour garder les moutons et les champs. Alexender eut moins de mal à retrouver sa confiance. Face au calme de la bête et à son regard plus tendre, il hésita un peu moins. Lorsque sa truffe entra en contact avec sa paume, il sourit plus sincèrement.

- Bonjour...fit-il dans un souffle mal assuré.

La louve le considéra avec respect et ses paroles le rassurèrent un peu. Elle se contentait de protéger Katherine et de s'assurer que le Hunter n'était pas dangereux pour elle.


- Non...jamais je ne lui ferai de mal...promit le rouquin d'une voix tremblante d'excitation.

Parler avec un léopard ou un loup avait quelque chose de dément. Il se demandait s'il ne rêvait pas ou s'il n'était pas sous l'emprise d'un sortilège lancé par Kate Lewis...


- Au revoir, Raina...

Alexender se forçait à parler et à être d'une politesse exemplaire, par respect pour Katherine et pour tâcher de donner à cette première entrevue une teneur positive. Mais, au fond de lui, mille questions se bousculaient et son esprit était en proie à une tempête d'émotions qu'il avait le plus grand mal à contenir. Le loup disparut dans l'ombre, laissant le jeune homme seul au milieu du lit, l'air égaré. Alors Katherine se révéla à lui et l'attrapa par le visage pour coller son front au sien. Ses yeux étaient emplis de larmes de joie.
Le Hunter fut pris d'un soulagement si intense qu'il se mis à hoqueter en reprenant son souffle. Le bonheur qu'il lut sur le visage de son amante lui fit un plaisir fou, mais une légère note de détresse accompagnait son cœur. Il n'était plus certain de savoir qui il avait au bout des lèvres qu'il dévorait de nouveau avec avidité.


- Oh...Katherine...C'était si...si...

Il l'embrassa encore, noyant ses paroles désarticulées dans cet échange charnel impulsif. Puis, il la prit par les épaules pour l'observer et l'entoura de ses bras. Une main passa dans ses longs cheveux noirs et s'y agrippa tandis qu'il lui passait par-dessus dans un élan de folle envie de domination, comme s'il craignait encore que le léopard et le loup ne prennent le contrôle. Il s'allongea sur elle et la maintint contre sa hanche.

- Katherine...ne dis pas des choses comme ça...Tu le sais...Nous ne pouvons pas...

Une envie furieuse de la posséder une nouvelle fois lui passa dans le corps. Cette scène l'avait énormément perturbé mais il voyait désormais en la jeune femme une amie capable de lui confier sa vie. Ce n'était pas rien.

- Explique-moi tout. Dis-moi tout. Je veux comprendre. Je veux savoir. Dis-moi tout ce que je dois savoir sur les Lycanthropes. Apprends-moi à parler à Syrya et Raina. Dis-moi d'où ça vient, comment tu le ressens, comment tu le contrôles. Je ne veux plus être un imbécile qui ignore tout de ce que tu vis, ça me fait de la peine de demeurer aussi suspicieux. Je veux savoir ce que mon ami n'a jamais osé me révéler.

Ses baisers s'enchaînaient entre chaque paroles. Il ne voulait plus se détacher du corps de Katherine.

- Au diable l'heure...Nous avons toute la journée...

Disparaissant sous le drap, le couple ne fut jamais aussi intime que les heures qui suivirent.

[HRP/ Fin du rp avec Alexender. Suite dans Alliances restaurées Wink Sarah, il faut qu'on se coordonne !!/HRP]
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Katherine Thornes
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Proie(s) : Criminels, vampires, loup-garous, homonculus, bref toutes les créatures de la nuit!
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42] Ven 15 Sep - 18:58

Depuis longtemps Katherine ne s'était pas autant souciée du regard qu'on lui portait. L'angoisse l'envahissait, la terreur déferlait dans son coeur et sa raison lui hurlait de ne pas montrer cela au jeune Hunter. C'était la première fois depuis des décennies qu'elle ne s'était pas montrée telle qu'elle était. Allait-on l'accepter ou bien la rejeter ? Elle craignait déjà son dégoût, sa haine… Allait-il la considérer comme les autres monstres ? Comme Raphaël ? Au fond il n'aurait peut-être pas eu tort. Quel humain normal aurait la capacité de prendre la forme de deux animaux réputés pour être agressif ? Katherine devait certainement être folle. Elle savait qu'elle n'aurait jamais du demander mais en même temps un espoir naissait en elle. Peut-être verrait-il autre chose en elle qu'une créature étrange, inhumaine et dangereuse. Peut-être lui porterait-il un autre regard que le sien… Peut-être pourrait-elle changer d'avis et peut-être s'accepter… Était-ce ce que vivait le vampire ? Ressentait-il la même chose qu'elle ? Le coeur serré elle lui avait demandé de ne pas la regarder lors de sa transformation. Elle ne voulait pas l'effrayer d'avantage. Lui montrer ses deux autres formes étaient déjà un effort immense. Cela la pétrifiait. Elle qui avait enfin trouvé une place allait peut-être se voir haïe et méprisée. Peut-être voudrait-il même la tuer. Elle en avait besoin. Se montrer réellement, ne pas avoir à se cacher, avoir un autre ami, un vrai ami peut-être et non pas exclusivement Michael. Elle se sentait emprisonnée à ses côtés. Elel avait besoin de vivre, de se libérer. Lui montrer tout ceci attestait de la confiance et de la foi qu'elle avait placées en lui. Sa réaction déterminerait la justesse de ses choix. Cette jeune hongroise qui avait toujours tant perdue désirait pouvoir enfin être soutenue pleinement, vivre peut-être comme les humains, ne plus avoir à se soucier de sa nature comme d'un fléau. Elle devait s'en libérer et par conséquent en parler, le lui montrer...

Rassurée qu'il accepte cependant de la voir sous un autre jour, la belle prit une première forme, la plus agressive. Elle voulait terminer sur une note plus calme, plus douce, plus positive. Les deux entitées étaient impitoyables envers l'injustice mais toutes deux animales craignaient l'homme. Katherine et ichael étaient les seuls à leur inspirer confiance, l'une parce qu'elle leur prêtait son corps, l'autre parce qu'il était comme Katherine, un lycanthrope. Les autres êtres humains qu'elles avaient pu approcher n'étaient bien souvent que des ennemis. Aucun n'avait pu les toucher, les caresser, leur parler calmement à part cette petite fille… Que Raïna avait approché doucement. Oui la louve était bien plus douce, bien plus modéré, Alexender devrait pouvoir s'en consoler. Sa première forme fut donc le léopard, la plus indomptable des deux, la plus agressive, la plus méfiante envers les hommes mais aussi peut-être la plus tordue d'esprit. Elle s'imaginait déjà dévorer le jeune homme mais Katherine l'en avait formellement interdit. L'immense animal avait bondit devant Alexender. Avait-il peur ? Oui elle le sentait mais qui ne l'aurait pas été. Seul un fou pouvait se jeter sur elle pour tenter de la maîtriser. Non, elle n'en ferait qu'une bouchée, une morsure bien placée, un coup de patte et c'était fini du pauvre être qu'était l'humain. Syrya se montra tout d'abord belliqueuse avant de s'approcher faisant rouler sa masse musculaire imposante sous son pelage. Sa voix s'éleva alors de sa large gueule et cela eut pour conséquence de surprendre le jeune homme. Katherine sourit intérieurement, elle était imposante c'était vrai… Sa voix ne laissait nul être indifférent. Grave, et pourtant si sensuelle. Katherine la convoitait presque. Après l'avoir taquiné un quelque peu le fauve posa alors une question à l'humain… A laquelle il ne répondit pas vraiment. Ou bien était-ce sa réponse… Difficile à dire tellement il était surpris de l'entendre parler ainsi… Peut-être n'avait-il même pas compris sa question ? L'entendre bafouer de la sorte la fit éclater de rire, finalement elle l'aimait bien cet humain, un peu bêta, ignorant, inconscient.

La première entité s'effaça pour laisser place à un loup bien plus gros que la normale. Cette dernière cependant ne semblait lui vouloir aucun mal. Bien plus calme et posée elle s'avança vers lui gracieusement. Doucement contre lui, elle avait commencé à lui parler, lui murmurant qu'elle désirait simplement protéger Katherine. Méfiante Raina avait toujours plus confiance en l'homme que le léopard. C'était également elle qui avait toujours été la plus proche de Katherine car elle fut la première entitée à se révéler à elle, elles avaient grandi ensemble. Elle possédait une certaine sagesse que la jeune comtesse lui louait et n'agissait jamais sans réfléchir. Leur discussion fut courte. Ils n'avaient pas besoin de converser longtemps. Seulement les promesses étaient importantes, le reste n'était que futilité et venait embrouiller la promesse dite. Raina voulait simplement s'assurer que la jeune femme ne risquait rien. Apparemment Katherine semblait ne pas s'être trompée dans son jugement. Alexender était un bon garçon, craintif et facilement impressionnable à ses yeux mais une bonne personne. Peut-être était-il capable de lui faire du mal, mais ce ne serait pas forcément consciemment. Et puis d'un homme, il ne fallait pas attendre grand-chose, du moment qu'il n'attentait pas à sa vie… Le laissant enfin Raina permit à la jeune hongroise de revenir.

Toute émue de voir le déroulement des rencontres Katherine ne put s'empêcher d'accélérer le processus de transformation pour se jeter dans ses bras. Elle était comme un animal sauvage. Les cheveux fous et les larmes aux yeux elle avait encadré son beau visage de ses mains et colla son front au sien. Le soulagement avait relâché son corps. Il semblait les avoir appréciées. Elle ne l'avait pas dégoûté. Le jeune homme hoquetait. Heureuse elle se mit à sourire et dévora avidement ses lèvres. Alexender était si bon. Pouvait-elle se considérer comme acceptée ? Elle l'espérait du plus profond de son coeur. Elle avait partagé avec le Hunter son plus gros secret, celui qui empiétait sur toute son existence, celui qui la définissait. Se pressant contre son torse elle eut un petit rire qui témoignait de son bonheur. Brusquement elle se retrouva sur le dos et le changement de position la fit pousser un petit cri de surprise. Ses longs doigts fins se posèrent sur la main puissante du Hunter. Doucement elle y fit jouer ses ongles avant de s'y agripper. Ses paroles la firent sourire mais son regard se perdit. Elle avait été impulsive, l'avait-elle vraiment pensé ? L'avait-elle vraiment voulu ? Elle ne le savait pas. Il avait cependant fait preuve d'une telle compréhension qu'elle n'en pouvait qu'être émue. Peut-être que ces mots lui serraient un peu le coeur. Non ils ne pouvaient pas. Le coeur d'Alexender ne pouvait appartenir qu'à une femme tout comme la certaine immortalité de Katherine l'empêchait de pouvoir avoir une vie de famille. Tout ceci la ramenait devant la dure réalité. Pour ce soir elle se retrouvait dans ses bras, dans quarante ans, si elle n'avait pas périt sous les crocs et les balles avec quel homme sera t-elle ? Alexender sera t-il toujours en vie ? Aura t-il eu des enfants ? Tout ce présent s'effacera car c'était bel et bien son destin. Chacun de ses souvenirs n'étaient que dur passé. Même son enfance lui paraissait plus que lointaine. Pouvait-elle réellement la considérer comme une partie de son histoire ? Avait-elle vraiment une histoire ? Sa vie traversait le temps bien plus longuement que toutes les autres vies humaines. Elle côtoyait, vivait, parlait, aimait avant que chacun de périsse et c'était le début d'une nouvelle époque. Alexender faisait passer de cette autre époque. Dans un demi-siècle il n'en restera plus que le souvenirs de leur jeunesse passionnée, de leurs étreintes fougueuses, de leur alliance déterminée. Sa vie ne lui appartenait finalement pas vraiment. Elle était composée des vies de ses rencontres. La vie de Katherine ne racontait pas sa propre histoire, elle était le recueil de la vie de chacune de ses connaissances.


- Pardon… Je le sais…

Pendant un quart de seconde son sourire s'effaça. Malheureuse ! Quelle naïveté si elle avait osé penser pendant quelques instants qu'elle pouvait songer à une existence ordinaire, ou presque. Si elle avait pu songer appartenir à un homme, pouvoir aimer comme chaque femme, comme Sarah le faisait ! Elle en était presque jalouse…
Se hissant sur les coudes Katherine le dévisagea. Il était si avide de savoir. Etait-ce pour elle qu'il le désirait ? Ou bien pour lui ? Peu importe finalement, les jours, les heures, les secondes qu'elle passait en sa compagnie était pour la vie de ce jeune homme. Sa main douce se posa sur sa joue puis ses lèvres se lièrent une nouvelle fois aux siennes. Elle en appréciait les saveurs un peu plus chaque jour, chaque instant où elle le redécouvrait.

- Tout ce que tu voudras…

Ses paroles se noyèrent dans le flot de chacun de ses baisers qu'elle ne pouvait ignorer. Peu à peu ses tristes pensées la quittèrent. Alexender avait envahi chaque espace de son esprit. Entraînée par la fougue de son amant, la jeune femme ne put que le désirer d'avantage.
Le reste de la soirée fut un véritable condensé de passion, d'émotions durant lesquels la jeune femme ne se sentit jamais autant elle-même que dans ses bras.


[HRP/ Fin du rp avec Katherine la suite plus tard! Smile /HRP]



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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MessageSujet: Re: Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42]

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Juste peine [Alexender, Eulalia, Raphaël, Katherine] [01/05/42]

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