L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Codex et manuscrits - Maison Freeman's [06/05/42]

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Sarah Spencer
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MessageSujet: Codex et manuscrits - Maison Freeman's [06/05/42] Ven 3 Mar - 4:57

[HRP: Suite de L'onde Immuable /HRP]

Le temps était gris et une pluie désagréable tombait du ciel grondant. C’était le premier orage de la saison, mais même cette pluie torrentielle n’empêchait pas le centre-ville de Londres de bouillonner d’activité. La Grande Horloge de Westminster sonnait tout juste 13 heures lorsque l’héritière arriva devant l’édifice de Stephen’s Street. Il fallait dire que le bâtiment qui habitait la célèbre maison Freeman’s avait de quoi couper le souffle. Ses grandes colonnes de marbre encadraient l’imposante porte noire dont les poignés dorés étaient toujours bien lustrés. Les marches qui menaient à la porte étaient recouvertes d’un tapis rouge et un valet dans un uniforme des plus respectable se tenait sur le seuil pour ouvrir la porte à chaque personne qui y entrait. Une plaque en bronze était posée contre le mur de pierre blanche et on pouvait y lire : Maison Freeman’s, antiquité et œuvres d’art.

La belle aristocrate était passable essouffler lorsqu’elle arriva à destination. Elle venait de traverser une bonne partie de la ville pour arriver jusqu’ici. Incapable de surmonter son blocage à monter dans une calèche, elle avait décidé de se rendre à cette grande vente exclusive à pied, et ce malgré les protestations de sa mère. Mais rien n’avait pu la faire changer d’idée. À chaque fois qu’elle s’approchait du fiacre, son cœur se mettait à battre à tout rompre, elle était saisit de nausée, d’étourdissement et ses mains tremblaient encore plus fort. Il ne servait à rien d’insister pour le moment. Et puis le grand air  lui faisait du bien. Ses joues rosies par l’effort avaient rendu ses yeux pétillant et vivant. Dans son ombre, son chaperon rajustait doucement la cravate de son complet. Il s’agissait de William Blake. Son père, grand ami de la famille ,l’avait proposé comme escorte personnel à Monsieur Spencer. William était un jeune homme de bonne famille qui avait fini son service militaire et qui cherchait à occuper son temps. L’occasion était trop belle et Dorian avait accepter sur le champ que le jeune homme accompagne sa fille lors de ses sorties en ville. Cela avait légèrement apaiser madame Spencer, mais Sarah pour sa part voyait cela comme une intrusion dans sa vie personnelle. Elle était parfaitement capable de se défendre elle-même, peu importe ce que pouvaient en penser ses parents. Mais elle avait eu beau s’opposer et tempêter, leur décision était prise.

La chasseuse se retourna et releva son parapluie pour jeter un coup d’œil à son chaperon. William était un jeune homme dans la fleur de l’âge. Ses yeux étaient gris et profonds, mais toujours pétillants d’insolence et de malice. Ses cheveux brun indiscipline lui donnaient un air d’éternel enfant. Le pied poser sur la première marche de l’escalier, il rajustait tant bien que mal son manteau qui avait fini par s’ouvrir en marchant. On voyait apparaître dans le revers de sa veste le manche d’une lame que le jeune homme avait dissimulée. Sarah lui jeta un regard courroucé.


-Est-ce vraiment nécessaire?

Wiliam leva vers elle un regard gêné qu’il changea en sourire effronté. Refermant rapidement son manteau il lui fit un clin d’œil.

-Tout peut arriver, Mademoiselle Spencer...

Les lèvres de la demoiselle s’étirèrent en un sourire froid et d’une voix sarcastique elle se contenta de lui lancer :

-Et bien je ne crois pas être l’item le plus intéressant en ces lieux, monsieur Blake, il s’agit d’une vente aux enchères, pas d’une taverne, espérons toutefois que vous soyez habile pour faire baisser les prix...

Sans un regard elle grimpa les escaliers pour passer devant le valet qui lui ouvrit prestement la porte. Sarah s’en voulait un peu d’être aussi brusquement, mais cela passerait bien vite. Le hall d’entrée était une grande pièce très éclairée. Le plancher en damier ciré dans les moindres coins reflétait les lumières diffusées par le grand lustre de cristal qui éclairait la pièce. À droite se trouvaient les vestiaires et à gauche un élégant escalier qui menait au deuxième étage. Tout au fond de la pièce se trouvait un petit comptoir en bois d’acajou derrière lequel se trouvait une imposante porte dont le cadre en marbre représentait des divinités grecques. Le deuxième étage de la Maison Freeman’s servait de salle d’exposition. Les gens de la haute société et les connaisseurs d’arts et de sciences pouvaient venir y admirer les œuvres qui allaient être vendues. Les enchères se tenaient dans la grande salle qui se trouvait derrière le comptoir des inscriptions. Il fallait dire que l’endroit était étroitement surveillé. Partout des gardes de sécurité arpentaient les salles et le hall à la recherche du moindre geste suspect. Les œuvres présentes et les antiquités avaient de quoi attirer les voleurs. Des tableaux inestimables, des enluminures inédites, des sculptures, des bijoux, tout chez Freeman’s semblait sortir de l’ordinaire. On racontait souvent que la maison d’antiquité aurait très bien pu être un musée.

Sarah alla déposer son parapluie et son chapeau au vestiaire et prit quelques instants pour ajuster sa toilette devant le grand miroir. Sa robe se fondait dans la longue veste qui lui servait également de manteau. Son habit était gris, discret, mettant en valeurs la pâleur de sa peau et le bleu éclatant de ses yeux. Le col de la robe était élégant et laissait apercevoir sa grogne gracile et la naissance de sa poitrine. Ses cheveux ramenés en chignon patiemment désordonné laissaient volé ses mèches rebelles autour de son visage. Le veston d’un velours bleu profond descendait sur ses coudes avec douceur. L’aristocrate observa un instant ses gants bleus avant de décider de les garder. Bien que cela pouvait passer pour un geste de coquetterie, comme il était coutume à l’époque, la belle les gardait surtout par nécessiter. Elle avait l’impression qu’ils l’aidaient à masquer le tremblement de ses mains.

La jeune femme inspira profondément puis elle sortit dans le hall où William l’attendait. D’un pas décider, elle se dirigea au bureau d’inscription. Elle sentit clairement les murmures enflés à son passage. On la salua de loin comme si personne n’osait s’approcher d’elle. Elle sentit à ses côtés Wiliam se raidir sous le poids des regards. Le pauvre, il ne savait plus où se mettre. Lorsqu’elle se présenta, le jeune homme derrière le comptoir la salua avec distinction.


-Mademoiselle Spencer, quelle joie de vous revoir enfin! Vous êtes la lumière de cette triste journée! Alors mademoiselle, vous achetez pour votre père aujourd’hui?

Le sourire sincère que la jeune femme avait esquissé se figea brusquement. Ses yeux s’assombrirent et elle du faire un effort surhumain pour ne pas perdre son apparence mondaine. Pour son père? L’ondine avait oublié qu’elle n’était plus Gabriel Fitzwilliam et qu’aux yeux de tous, elle n’était qu’une simple femme.

D’une voix douce, elle dévisagea le commis.

-Non, aujourd’hui je viens agrémenter ma collection personnelle...

Sa réponse saisit le jeune homme qui se figea. Autour d’eux un silence s’installa et tous tendirent l’oreille. Le commis rougit jusqu’à la pointe de ses oreilles et se lança dans la contemplation d’une tache imaginaire sur son registre tout en marmonnant.

-Voyez-vous mademoiselle... nous ne pouvons prendre l’inscription… d’une… femme… enfin d’une demoiselle... non mariée vous comprenez...

Un coup de tonnerre éclata à l’extérieur. Cette fois, une lueur cruelle anima le regard perçant de la belle qui garda son sourire froid.

-Vraiment? Peut-être devrais-je aller dans un autre endroit dans ce cas, je suis certaine que la maison Heffel sera heureuse de me recevoir…

Le silence s’abattit sur la petite foule déjà bien réunie autour du bureau d’inscription. Sarah venait de viser juste en mentionnant la maison concurrente. Le commis rougit encore plus et fouilla dans les pages de son registre comme s’il y cherchait une réponse divine. Un homme plus vieux se glissa rapidement derrière le comptoir.

-Mademoiselle Spencer, c’est toujours un plaisir de vous compter parmi nos acheteurs, je prends votre inscription immédiatement, voici votre numéro, les enchères commencent dans 1 heure.

D’un geste lent, l’héritière attrapa le carton des mains du jeune homme tout en lui offrant son sourire le plus mondain avant de faire demi-tour. Les murmures enflèrent. Les propos de la jeune femme oscillaient dangereusement. Toute son attitude criait au scandale, mais ses manières mondaines faisaient en sorte qu’on ne pouvait la réprimander ouvertement. S’accrochant au bras tendu de William, Sarah s’éloigna en vitesse du petit bureau, prenant la grande respiration qu’elle avait retenue pendant tout l’échange. Plusieurs regards curieux se posèrent sur sa silhouette gracile tandis qu’elle traversait le hall pour se rendre à l’escalier. Une chose était certaine, la bonne société allait entendre parler de cet épisode. C’était la première sortie publique de la jeune femme et elle ne passerait pas inaperçue. Tandis qu’ils avançaient, un jeune homme au loin leur fit signe. Sarah tourna la tête vers William à qui visiblement s’adressait le signe. Cela devait être un ami du jeune homme. L’aristocrate libéra sa main pour saisir la rampe de l’escalier.

-Allez-y donc. Je serai à l’étage et bien sage.

Sans attendre la réponse de Blake, elle gravit les marches d’un pas rapide. Le deuxième étage était composé de trois salles de très grande dimension. Chaque salle était en soi un joyeux d'architectures. Elles possédaient toutes de grandes fenêtres entourées de rideaux de velours bleu. Les cadres de portes étaient en marbre sculpté de style néoclassique et représentaient des scènes de l'époque grecque. Mais bien que les salle étaient magnifiques, c'était surtout pour les items qu'elles renfermaient que les gens se donnaient la peine de venir. La première renfermait les bijoux et pièces de valeur. C’était la pièce la mieux gardée. Des gardiens se trouvaient en haut des escaliers, devant les fenêtres et circulait autour des œuvres présentés. C’était également l’une des pièces les plus populaires. Aujourd’hui un célèbre collier venant tout droit d’Inde allait être vendu. De nombreux curieux se pressaient dans la salle rendant l’air irrespirable. L’aristocrate passa la salle d’un pas rapide, sourde aux murmures sur son passage. La deuxième pièce contenait les tableaux et œuvres d’art. Plusieurs faux murs divisaient l’endroit pour que chaque toile puisse y être accrocher et à son meilleur. La troisième pièce était la plus sombre. Elle était composée de trois grandes tables, séparées par des étagères et encombrées de livre et de vieux manuscrit. La plupart des ouvrages étaient ouverts et des gants étaient disposée afin que les curieux puissent les feuilletés. Le long des murs on retrouvait quelques bancs. Dans un coin, un vieux gardien était assis sur une chaise et semblait assoupi. Sarah soupira, elle était enfin seule.

Spoiler:
 


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Sarah Spencer
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MessageSujet: Re: Codex et manuscrits - Maison Freeman's [06/05/42] Ven 21 Avr - 21:16

Sarah aimait les livres. Elle s’était toujours sentie à sa place au milieu d’étagères remplies d’ouvrage n’attendant que son attention. C’était bien la seule chose qui l’avait suivi à chacun de ses déménagements; une pièce remplie de livre. Sa collection personnelle était considérable. Elle avait accumulé beaucoup d’ouvrage qu’elle prêtait quelques fois à des salons pour des discussions. Mais chaque fois, c’était avec un certain pincement au cœur. Elle n’aimait pas prêter ses livres. Ils étaient précieux, de véritables petits bijoux et elle connaissait très peu de gens qui prêtaient autant attention à ses ouvrages qu’elle-même. La chasseuse songea un instant que ce geste anodin lui semblait bien loin dans sa mémoire. C’était d’un égoïste tout à fait humain. Un petit geste qui la rattachait à ce qu’elle était. Sa main se figea et l’air lui manqua brusquement. Comme elle se sentait perdue soudainement. Dans ce silence immuable, il lui semblait encore entendre les cris de sa détresse. Même ici, elle se sentait terriblement seule. Elle inspira profondément, sa main tremblante sur son cœur. Ses mains gantées caressaient amoureusement les couvertures rugueuses des ouvrages. Les manuscrits étaient ouvert, leur page jauni par le temps dégageait dans l’air une odeur intemporelle qui faisait sentir à la jeune femme qu’elle était enfin chez elle. Un silence religieux pesait dans l’espace, simplement interrompu par la respiration lourde du gardien. Elle tourna autour des étagères prenant le soin d’observer chacun des ouvrages, de les feuilleter avec délicatesse, de tourner les pages afin de découvrir les secrets et mystères qu’ils contenaient.

Elle feuilletait tranquillement un ouvrage depuis quelques minutes lorsqu’elle entendit une voix masculine derrière elle.


-Lilibeth?

Ses sourcils se froncèrent et ses mains quittèrent immédiatement le livre qu’elle tenait, se tournant brusquement vers l’homme qui s’était glissé à ses côtés. Le regard pétillant et bleu de Lord Andrews l’enveloppa aussitôt. Un sourire sincère étira les lèvres fines de la jeune femme qui lui tendit aussitôt ses mains gantées.

-Loic!

Le sourire de Lord Andrews s’étira malicieusement. Loic Andrews avait toujours été un ami intime de la jeune héritière. Gentleman aventureux, ses cheveux blond bien mis, il portait des vêtements d’une noble coupe. Il avait dû enlever son manteau, car sa veste ne semblait pas avoir souffert de la pluie. Véritable allié dans les salons, soutien moral, ses conseils avisés et sa bonne humeur contagieuse avaient toujours attendri la jeune femme. Il y avait eu un temps d’ailleurs où il lui avait fait la cour, comme de nombreux prétendants, mais la rebelle aristocrate qu’elle était alors l’avait brusquement refusé. Pourtant, il ne lui en avait jamais voulu, continuant de lui offrir son amitié. Il serra les mains tremblantes de Sarah dans les siennes si fort que la jeune femme put sentir le tremblement d’émotions qui les secouaient.

-Ma chère amie, vous m’avez fait une de ces peurs, j’ai bien cru ne jamais vous revoir...

Les joues de l’aristocrate se teintèrent de rose. Elle libéra ses mains et replaça doucement une mèche de ses cheveux. Elle avait toujours trouvé Loic charment avec ses manières quelque peu gauches et son sourire enjôleur. Mais il était maintenant marié, sa femme était enceinte, il ne pouvait plus se permettre ce genre de blague frivole.

-Allons, Loic, je suis certaine que votre épouse aurait bien su vous consoler.

Les yeux du jeune homme se voilèrent aussitôt et elle le sentit se raidir. Elle l’avait insulté. Il soupira douloureusement avec de lâcher platement :

-Ce n’était qu’un compliment Lilibeth, lâcha-t-il dans un murmure...

Sa voix atteignit la jeune femme en plein cœur. Loic était le seul qui l’appelait toujours par son deuxième prénom. Sa sœur s’appelant elle aussi Sarah, il avait toujours préféré ce petit surnom pour désigner sa chère amie. La Chasseuse s’en voulut un instant de l’avoir blessé. D’un sourire d’excuse, elle lui offrit sa main pour prendre son bras et faire quelque pas avec lui au milieu des étagères. Il avait vu la vente dans les journaux et il s’était convaincu qu’il allait la croiser ici. Son instinct ne l’avait pas trompé, la jeune femme n’aurait pas manqué une vente de livre rare pour rien au monde. Il lui donna des nouvelles de sa famille, de la société, la manière dont sa disparition avait fait jaser. Toutes ces petites manies humaines firent sentir à la belle à quel point elle était loin de tout cela à présent.

-J’ai discuté avec votre père de la somme d’argent que vous m’aviez remise en son nom lorsque j’ai entrepris mon voyage, vous vous souvenez?

Lui demanda-t-il tandis qu’ils descendaient le grand escalier pour se rendre à la salle d’enchère où la vente allait bientôt commencer. Sarah se mordit la lèvre inférieure, mais Loic ne lui laissa pas le temps de répondre.

-Imaginez donc ma réaction lorsqu’il m’a révélé qu’il ne vous avait jamais confié le moindre penny et qu’en tant qu’homme avisé il ne se serait jamais lancé dans une telle aventure.

Sarah s’arrêta brusquement pour se retourner vers Loic, lui jetant un regard qui lui réclamait un peu de silence. Quelques têtes s’étaient tournées en leur direction, attirer par leur conversation. La jeune femme ajusta son gant et esquissa un pâle sourire. Lorsqu’elle parla, sa voix sortit en demi-murmure de ses dents serrées.

-Loic, vous êtes mon ami et je vous aie toujours épaulés de mon mieux. Vous sembliez si certain de votre projet que je ne pouvais que me réjouir et vous encourager dans une telle entreprise. L’argent venait de mon compte personnel et effectivement mon père n’était pas au courant, seul Monsieur Dumburry mon secrétaire l’était.

Un silence pesant s’installa entre eux deux et l’aristocrate fit quelques pas pour obliger son compagnon à la suivre. Lord Andrews semblait stupéfait.

-Lilibeth…

-Loic,le coupa-t-elle aussi brusquement. Votre voyage c’est bien déroul et vous avez pu en tirer un grand bénéfice, tant mieux, rien ne me réjouit plus que cela. Prenez donc votre temps pour me rembourser et n’en parlons plus voulez-vous?

Cette fois ce fut le jeune homme qui s’arrêta brusquement. Il fouilla nerveusement dans le revers de son manteau et en sortit un petit carnet rouge qui contenait divers papiers.

-Lilibeth, je tiens ici la copie du contrat que nous avions signé. En tant que bienfaiteur, votre père m’avançait une partie de la somme nécessaire à mon entreprise. En échange, si cette aventure s’avérait prolifiante, un peu moins de la moitié de nos gains lui revenait...

Sarah fronça doucement les sourcils. Elle ne comprenait pas où il voulait en venir. Bien sûr ce n’était pas son père qui lui avait prêté cet argent, mais, qu’importe, si cela c’était bien passer alors tant mieux pour lui, pourquoi voulait-il en faire toute une histoire. Elle était assez mature pour administrer sa propre fortune sans avoir besoin de mille et un conseillers. Elle avait le sens des affaires de son père et cette somme, même considérable, qu’elle lui avait prêtée ne l’avait affecté en rien.

-Toutefois, comme c’était votre argent, les bénéfices reviennent à vous...

Loic lui tendit le petit livre qu’elle saisit avec un geste d’exaspération. Le montant qu’elle y lut la laissa coite de stupeur. C’était une somme énorme. Elle releva la tête en direction de son ami dont les yeux brillaient de nouveau de malice.

-Avec ma part j’ai déjà pu acheter une nouvelle demeure pour Adélaïde et moi et j’ai lancé une nouvelle affaire et une nouvelle expédition dont les navires quitteront le port dans deux semaines.

La Chasseuse secoua doucement la tête.

-Mais c’est une somme…

-Pharamineuseje sais, mais elle vous revient de droit, j’en aie déjà discuté avec mes avocats et ils m’ont certifiés que tout avait été fait dans les règles...

Un homme au loin annonça que les enchères allaient débuter. La petite foule entra dans la salle des ventes en un brouhaha joyeux. Sarah chercha l’air un instant. Une somme aussi énorme était déraisonnable. Cela n’avait aucun sens. Qu’allait-elle pouvoir en faire? Elle aperçut alors à travers la foule une jeune femme à la chevelure rousse entrer dans la salle des ventes. Les sens en alerte de la Chasseuse s’éveillèrent. C’était pour elle qu’elle était venue. Elle se tourna de nouveau vers son ami.

-Et bien, allons dépenser mon cher Loic.


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Sarah Spencer
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MessageSujet: Re: Codex et manuscrits - Maison Freeman's [06/05/42] Ven 12 Mai - 6:38

BANG

Le coup de marteau de l’encanteur résonna dans la petite pièce tandis que la foule se mettait à applaudir. Une autre œuvre venait d’être vendue et son acquéreur se dépêchait d’aller signer les papiers qui le faisaient officiellement le propriétaire de l’objet en question. Cette vente concluait la fin des enchères des œuvres d’art. Dans quelques instants allaient débuter la vente des codex et manuscrit. Les ouvrages avaient été descendus et reposaient à présent sur une table dont le bois brun et massif faisait ressortir les tranches pâles des couvertures des ouvrages.

Confortablement installée sur sa chaise, Sarah se donnait des airs d’aisance tandis qu’intérieurement son sang bouillonnait d’anticipation. Se retrouver ainsi à une vente réveillait en elle ses instincts de chasseuse. La ruse, l’attente, la jubilation d’atteindre son but. Elle songea avec amertume que si elle s’était trouvée de l’autre côté de son arc, dans la peau d’un vampire, elle aurait été sans aucun doute la pire manipulatrice et la plus sadique des immortelles. Cette pensée la fit frissonner et elle refoula au plus profond d’elle-même cette sombre réflexion. Elle avait tant à faire. Ses yeux d’azur furent attirés par une chevelure rousse qui bougea doucement au premier rang. Aussitôt le regard de l’héritière s’accrocha à la jeune femme pour ne plus la lâcher. Ils y avaient au total 4 femmes dans la foule. Sarah en était une, il y avait Madame Villmayer, épouse de l’encanteur sur la scène qui se chargeait de présenter les ouvrages. Au troisième rang une jolie blonde serrait le bras de son mari avec impatience. La quatrième était Mademoiselle Rainworth, assistante personnelle de celui que tous appelaient Le Conservateur. Elle agissait aujourd’hui en tant qu’acquéreuse privilégiée et représentante de la Grande Bibliothèque. C’était évident, Alastor Drake n’aurait pu se présenter à une enchère en plein jour, vu sa condition. Sarah avait appris auprès de quelques-unes de ses sources que le bibliothécaire avait fait des demandes express pour que la tenus de l’encan soit changer d’heure, mais la Maison Freeman ayant déjà annoncé n’avait pu satisfaire la demande du Conservateur. Ainsi donc, il devait y avoir là un ouvrage qui intéresse assez l’homme pour qu’il soit insatisfait de pouvoir sortir de sa tanière.


-Je ne comprends pas comment on peut payer une telle somme pour un simple livre…marmonna Loic

-Je suis bien d’accord renchéris William

L’héritière ne put retenir un soupir. Depuis qu’elle avait fait les présentations, les deux hommes semblaient se trouver de plus en plus de points communs. Cela commençait à mettre sa patience à rude épreuve. Les ouvrages passèrent, tous se vendant a bon prix. Miss Rainworth en acquiert quelques un. Des ouvrages divers, certainement pour le bien de la bibliothèque. Mais ce n’était pas ce qu’attendait la magicienne. Elle sentait que la jeune femme était venue ici pour un but précis. Elle guettait ses réactions avec minutie, l’éclat pétillant de ses yeux, sa manière de lever sa petite pancarte, pour l’instant rien ne semblait trahir la belle rousse.

-J’ai bien hâte que tout cela soit fini, je meurs de faim grogna William à voix basse.

Cette fois Sarah ne put retenir un regard courroucé. Ses joues se teintèrent immédiatement d’un rouge écarlate et ses iris s’assombrirent si brusquement que le pauvre dandy se sentit obligé de reculer sur sa chaise. L’héritière l’observa un instant jusqu’à ce que le jeune homme, incapable de supporter plus longtemps le poids de son regard sente le besoin de baisser les yeux. Elle avait déjà bien assez à l’endurer comme chaperon, s’il commençait à lui mettre des bâtons dans les roues, elle serait obligée de se débarrasser rapidement de lui, peut importe ce qu’en dirait ses parents. Un nouveau livre fut présenté et la jeune femme ramena son attention sur le premier rang. Cette fois elle sut que c’était le bon moment. Le visage jovial de l’assistante avait pris un air déterminé. Ses yeux s’étaient allumés d’un éclat de convoitise et elle regarda les notes qu’elle tenait à la main. C’était donc cela l’ouvrage que souhaitait ardemment le conservateur. L’aristocrate reporta son attention sur l’encanteur. Il s’agissait d’un manuscrit ancien découvert dans une grotte à Alexandrie. Probablement l’un des rares vestiges de la célèbre bibliothèque. L’ouvrage était en Babylonien. Personne n’était réellement conscient du thème dont traitait l’ouvrage, car les experts de cette langue depuis longtemps disparue étaient très rares. Les enchères débutèrent et c’est sans réelle surprise que Sarah vit l’assistante du bibliothécaire lever avec ferveur sa petite pancarte pour annoncer qu’elle acceptait le prix. Sarah resta immobile, sourde au bavardage qu’avaient repris Loic et William à ses côtés. D’autres acheteurs se mêlèrent à la partie, certain par convoitise et d’autre simplement par plaisir de faire augmenter les prix. À chaque fois, Miss Rainworth levait prestement sa petite pancarte pour avoir le dernier mot. Alors que le prix semblait se stabiliser, les autres acheteurs quittèrent la partie. Un silence commençait à s’installer et l’encanteur commençait déjà à lever son marteau lorsque d’un mouvement brusque l’héritière leva à son tour sa pancarte. L’homme sur la scène la dévisagea avant de sourire et de reprendre les montants. Qui était-il pour se plaindre de voir sa cote augmenter. Miss Rainworth se retourna à la recherche de son nouvel adversaire son regard croisa celui de la chasseuse. Les deux jeunes femmes s’affrontèrent silencieusement puis l’assistante releva sa pancarte pour renchérir, aussitôt suivie par Sarah. Le prix continua de grimper et bientôt un frisson d’excitation traversa la foule. C’était l’ouvrage qui allait être vendu au plus gros prix de la journée. Bientôt le montant devint bien trop important pour ne pas déclencher les commentaires. La magicienne resta sourde aux murmures de Loic à ses côtés qui lui reprochaient son attitude tandis que William manquait de s’étouffer à chaque fois qu’elle relevait sa pancarte. Comment pouvait-on payer aussi cher pour un livre? Les commentaires des autres membres présents allèrent de bon train également. En tant qu’assistante du Conservateur, Miss Rainworth représentait la Grande Bibliothèque et certains commençaient à se demander s’il était judicieux de se permettre une telle dépense avec l’argent de la couronne et surtout celle des contribuables. Les commentaires semblèrent déstabiliser la belle rousse qui hésita à poursuivre. Sa réaction fut assez longue pour que l’encanteur fasse résonner son marteau sur le petit bureau. L’ouvrage était vendu et c’était Sarah qui venait d’emporter la mise.

Un sourire triomphant étira les lèvres de la jeune femme qui se leva d’un seul bon sous les applaudissements de ses confrères. D’un pas déterminé, elle se rendit au comptoir, ignorant le dernier ouvrage de la liste qu’il restait à vendre. Dans son sillage, elle entendit ses deux compères emboîter son pas.


-Depuis quand t’intéresses-tu au texte babylonien! S’emporta Loic.

Sarah soupira intérieurement. Au final, elle était bien heureuse de ne pas l’avoir épousé, il pouvait se montrer si bête parfois. Elle signa les documents que lui tendit le jeune commis et les signas d’une main assurée. L’adrénaline de la situation lui avait fait oublier ses démons intérieurs et aucun tremblement ne venait secouer ses doigts. Elle venait à peine de prendre sa confirmation d’achat qu’elle aperçut la chevelure rousse de l’assistante qui s’approchait d’elle.

-Mademoiselle Spencer!

La Chasseuse se tourna lentement vers l’assistante qui effectua une courbette de salutation comme le voulait l’usage.

-Je crois que je dois vous féliciter pour votre achat... Vous savez que la bibliothèque serait très heureuse de conserver votre ouvrage afin d’en faire profiter les chercheurs de nos écoles et du pays qui fréquente chaque jour la Grande Bibliothèque. Vous pourriez nous le confier et

Le regard de la magicienne coupa court à la tirade de la jeune femme. Rajustant ses gants, elle lui offrit un regard attendu.

-Vous serez d’accord avec moi qu’avec la somme que je viens de dépenser pour cet ouvrage le donner serait une utopie...

-Oh, mais je ne parle pas d’un don, je suis certaine que le Conservateur serait prêt à débourser pour vous accommoder et acquérir l’ouvrage en question en toute légalité.

Le sourire de Sarah s’étira tandis qu’elle refermait doucement son piège autour de la belle assistante. Son intuition avait porté fruit. C’était l’ouvrage que souhaitait le conservateur. En tant que simple assistante, Miss Rainworth s’était retenue de se laisser aller dans une dépense faramineuse pour éviter que les gens ne croient que c’était l’argent de la bibliothèque qui servait à payer l’ouvrage et non pas la fortune personnelle du Conservateur. Avantage qu’avait pris aisément la Chasseuse. William rêve à cet instant et lui présenta son manteau qu’elle enfila avec élégance.

-Et bien je serai d’accord pour en discuter avec le Conservateur lui-même. Je suis certaine que nous parviendrons à trouver un accord.

Cette fois la bonne humeur revint s’installer dans les yeux malicieux de l’assistante. Tout n’était pas perdu. Elle souria de nouveau

-Mais très certainement, j’en aviserai Monsieur Drake le plus rapidement possible.

Elles se saluèrent avec courtoisie et Miss Rainworth disparut dans la foule qui quittait maintenant la salle. William siffla d’admiration.

-Bien joué! Vous allez pouvoir revendre ce bouquin au bibliothécaire et peut-être même faire un profit!

Sarah et Loic échangèrent un regard attendu. Négocier avec le Conservateur? Décidément William ne connaissait pas la terrible réputation d’Alastor Drake. L’héritière attrapa son parapluie d’une main tremblante. Il ne restait plus qu’à attendre des nouvelles de l’homme.

[HRP: Fin du rp suite à venir à la bibliothèque Un pas dans le Sanctum Sanctorum /HRP]


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