L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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We're all mad here [Le Fou, Véronica] [30/05/42]

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Veronica Newburry
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MessageSujet: We're all mad here [Le Fou, Véronica] [30/05/42] Mer 8 Mar - 0:16

La jeune femme tremblait. Pas de froid mais de nervosité. Elle était assise dans le cab depuis un petit moment maintenant, postée dans un coin de rue, non loin des supposés bureaux de la CIAH. Le lendemain de son entrevue avec Adrian, elle avait suivi Declan dans l'espoir de trouver l'emplacement de cet endroit de malheur et il l'avait menée jusqu'ici. De l'extérieur, on aurait dit un bâtiment comme les autres. Aucun signe extérieur n'indiquait qu'il s'agissait d'un endroit appartenant aux instances officielles; Véronica avait d'ailleurs bien cru qu'elle avait filé l'homme pour rien. Cependant, l'uniforme vert de l'officier qui avait ouvert à l'alchimiste, entraperçu furtivement, avait suffi à l'aiguiller sur la bonne voie. Cet endroit, quel qu'il soit, abritait des Alchimistes et semblait plus ou moins caché au grand public.

Elle avait ainsi décidé de surveiller l'entrée, de nuit. Si des expériences malsaines étaient pratiquées entre ces murs, elles devaient probablement se faire de nuit. Mais les 12 coups de minuit avaient sonné depuis longtemps et toujours aucun signe de vie... Véronica désespérait et le cocher s'impatientait. Bien qu'elle l'ait payé une coquette somme pour qu'il l'assiste et la conduise sans poser de questions, celui-ci commençait véritablement à se sentir mal à l'aise.


- Dites mam'zelle, c'est pas l'tout d'me payer mais j'ai une famille à r'trouver ! J'veux pas m'faire embarquer dans des affaires étranges par vot' faute moi hein ! Ça fait presque une heure qu'on est confinés à l'ombre dans c'te ruelle... J'trouve ça louche !

Véronica eut un air désolé et regarda l'homme bourru avec un air suppliant.


- Encore un peu, s'il vous plaît... Ce ne sera plus très long, je vous le promet.

Elle avait décidé que si à une heure et demie, rien ne se montrait, elle rentrerait chez elle. D'ailleurs, elle commençait à s'endormir sur la banquette... Elle aurait presque pu se laisser aller, si un bruit de sabots ne la fit pas sursauter. Elle vit une charrette bâchée sortir de la cour du fameux bâtiment et s'engager au petit trot dans la rue. C'était un attelage de deux chevaux, conduit par trois hommes plutôt robustes, en tenue de travailleurs. La jeune femme se sentit instantanément réveillée et s'empressa de donner ses indications au chauffeur.

- Suivez cette charrette, mais pas de trop près !

L'homme soupira mais obtempéra. Il engagea son cab, gardant une distance respectable, si respectable qu'on pouvait tout juste discerner la charrette devant eux. Heureusement, il réussit à ne pas la perdre de vue et conduisit jusqu'aux docs. Véronica grimaça. La dernière fois qu'elle avait mis les pieds dans cet endroit, elle avait failli se faire violer, avait subi la torture et tué plusieurs hommes toutes seule. Elle rougit une nouvelle fois. Elle avait cru perdre Armando cette nuit là... Aurait-il approuvé sa conduite ? S'il avait eu vent de ses enquêtes nocturnes, n'aurait-il pas bondi pour l'empêcher de se mettre en danger ?

L'Alchimiste préféra balayer ces pensées de son esprit. Armando ne devait pas être une protection à laquelle elle se rattachait. Elle devait affronter les difficultés seule et gérer seule cette enquête. Et, après tout, les problématiques internes à l'Alchemist Room ne concernaient pas le moins du monde l'Italien. Il le lui avait bien souligné à plusieurs reprises...

Le cab s'arrêta et Véronica, intriguée, passa la tête dehors.


- Ils se sont arrêtés là bas, j'crois qu'ils déchargent quelque chose sur les quais. J'vous préviens, j'vais pas plus loin.

Avec un air déterminé, la jeune femme descendit et adressa un sourire au conducteur en lui glissant un pourboire bien mérité.


- Ce ne sera pas nécessaire, je ferai le reste à pied. Merci pour votre patience.

Elle se glissa ensuite comme une ombre le long des bâtiments, alors que le cab faisait demi tour. Véronica passait très inaperçue. Robe sombre très simple, cheveux tressés, chaussures plates et silencieuses... Dans la nuit, elle n'attirerait pas les regards. Doucement, elle se rapprocha des hommes qui déchargeaient, jusqu'à-ce qu'elle soit capable de les distinguer. Ils avaient approché la charrette de l'eau et descendaient des paquets...

Véronica hoqueta lorsqu'elle parvint à les discerner, cachée derrière une pile de tonneaux. Les choses enveloppées dans du tissus avaient forme humaine ! Ces paquets étaient tous entourés de lourdes chaînes rouillées. Les hommes saisirent le premier, par la tête et les pieds, et le balancèrent d'avant en arrière plusieurs fois avant de le lâcher dans l'eau sombre de la tamise. L'Alchimiste horrifiée vit la forme blanche couler lentement et disparaître sous l'effet du poids alors que les hommes se chargeaient déjà du deuxième. Rapidement, elle sortit un carnet et un crayon de son sac et commença à dessiner les visages des hommes qu'elle distinguait. Elle fit également un croquis de la scène, en notant tous les points de repère qui auraient permis de retrouver l'endroit.

Elle connaissait suffisamment l'Alchimie pour comprendre qu'il s'agissait là des expériences ratées, des Homonculus qui n'avaient pas survécu aux mauvais traitements, des humains qui avaient rejeté la pierre philosophale. Le fleuve avalerait à jamais l'existence de ces anonymes, sans famille, sans attaches, qui avaient eu la malchance de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. La jeune femme brûlait d'envie de les attaquer de front, les obliger à comparaître et payer pour cette injustice mais elle aurait tout gâché. Au lieu de cela, elle attendit que le dernier cadavre soit balancé et que l'attelage soit reparti pour sortir de sa cachette et inspecter la scène. A la lueur pâle de l'astre lunaire, elle vit qu'ils n'avaient rien laissé à terre. Seules quelques gouttes de sang, tombées sur un pavé, trahissaient ce qui venait de se produire et indiquèrent à Véronica qu'un des cadavres était mort récemment et avait été victime de plaies relativement profondes.

Elle récupéra une partie du liquide sur un mouchoir qu'elle glissa dans son carnet et se pris soudain à réfléchir à la manière de rentrer chez elle. A pied, Soho était loin. Elle réalisa soudainement qu'elle était une jeune femme aisée, seule à une heure plus que tardive dans un des quartiers les plus mal famés de la capitale. Véronica réalisa soudain qu'elle pouvait se faire agresser à tout moment. Et plus aucun cab ne se risquerait ici à une heure pareille...
Sentant son sang filer plus vite dans ses veines, elle réfléchissait à la meilleure solution quand un bruit étrange la fit se retourner, aux aguets. Elle était sûre d'avoir entendu quelqu'un approcher.


- Qui... Qui est là ?

Nerveusement, elle posa sa main sur son gant Alchimique, prête à se sauver la vie si nécessaire, alors que ses yeux scrutaient frénétiquement la pénombre.
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Le Fou
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MessageSujet: Re: We're all mad here [Le Fou, Véronica] [30/05/42] Ven 10 Mar - 10:24

[HRP/ Suite de "Pastorale en rêve/HRP]

Un petit craquement. Deux petits craquements.
Craquoti ♪
Craquota ♫
Branchettes, briquettes
Brinquebalantes
Clic, clic ♫
La serrure cède
Clap, clap ♥
BRAVO!
☼ Clapotements

Il releva la tête, comme un animal à l'affût, et son oeil de verre brilla dans l'obscurité. Il l'avait bien entendu, ce clapotement ! Il n'avait pas rêvé ! Mais pourquoi fallait-il qu'on vienne le déranger à chaque fois qu'il s'amusait avec un trésor ?
Abandonnant le petit coffret qu'il tenait entre ses longs ongles noirâtres, l'Irlandais agrippa la caisse derrière laquelle il était caché et jeta un coup d'oeil par-dessus le bois vermoulu.
D'où ça vient ? Hein ?
Les froissements étaient maintenant parfaitement audibles.

Une moue irritée fit grimacer l'Homonculus et un soupir ennuyé monta dans sa gorge:


- Aww...Quels rustres ! C'est plus tôt que prévu ça...Faut leur acheter des montres à ces bouffons ! ...bouffons...mpfhaha

Le rire du jeune homme s'étouffa tandis qu'il se mettait à escalader les hautes caisses. Ses mains et ses pieds nus s'appliquèrent à leur surface, et il se retrouva rapidement à la verticale. Comme un lézard, il serpenta jusqu'au sommet, son corps maigre et étiré complètement collé à la surface du bois gluant.
Une fois perché en hauteur, dissimulé par l'obscurité, il jeta un regard circulaire sur les docks. Le premier lampadaire était loin et la lune jouait à cache-cache avec les nuages noirs. Il ne voyait pas grand chose.


- Où êtes-vous, petits amis ? murmura-t-il entre ses fines lèvres.

Après quelques minutes de silence, l'Homonculus décida d'aller inspecter les environs. C'est qu'il ne voulait pas rater le spectacle !
Il redescendit de son perchoir et récupéra le petit coffret. D'un geste un peu brusque, il l'ouvrit et, fier de l'avoir crocheté, il le retourna pour faire tomber sur les pavés sont contenu. C'était une boule de tissu mauve. Laissant le coffret sur le sol près de lui, il s'accroupit comme un enfant et déplia le tissu du bout des doigts. Bientôt, au creux de l'amas de velours protecteur, étincela une tiare sertie d'émeraudes polies. Le Fou pencha la tête sur le côté, à l'instar d'un petit garçon qui s'interroge sur un élément qu'il ne comprend pas. Puis, il saisit l'objet entre ses mains et le tourna dans tous les sens, comme pour l'admirer. Au bout d'un moment, il grogna entre ses dents:


- Mouais...ça suffira...

Il glissa sous une des pierres un de ses ongles durs comme la pierre et força un peu le métal qui la maintenait. L'émeraude se déchaussa, non sans mal, et l'Homonculus la tint entre deux doigts pour la lever un peu, histoire de mieux la voir dans la nuit.

- Bien...bien...Mon bel amour...Ce sera notre secret.

Alors le jeune fou jeta au loin la tiare, sans se soucier de sa fragilité ou de sa réelle valeur, et enleva la lourde couronne qu'il portait sur sa tignasse rousse. Il la tourna, afin d'en voir l'arrière, et compara la taille de sa nouvelle pierre à celle d'un trou que l'objet dévoilait.
Il lui fallut un peu de temps pour enchâsser la précieuse relique et refermer sur elle les petits bouts de métal qui encadraient l'espace vide. Mais une fois que son oeuvre fut achevée, l'Homonculus sembla satisfait.


- Oui ! Parfait ! En avant pour le bal, Monseigneur !

Posant la couronne sur sa tête, comme s'il fut à son propre couronnement, le Fou rit doucement dans sa gorge et son sourire monta jusqu'à ses oreilles. Sa tâche accomplie, il s'éclipsa dans les ténèbres en se jetant à quatre pattes sur les pavés.

*************

C'était bien eux. Les clapotis.
C'était bien eux. Les mains sales des blouses blanches.
Ils se débarrassaient des petits frères. Comme toujours. Cette heure était la leur.
Combien en avaient-ils cette fois ? Deux ? Trois ? Quatre ?
Des filles ou des garçons ? Ah ! Ils n'avaient presque jamais de sexe de toute façon.
C'était des inconnus. Des oubliés.

Graver leurs visages. Ne pas les laisser tranquille.
Mais...où est le plus costaud ? Il boit son thé chez Alma ou quoi ?

Le temps passe.
C'est ennuyeux ! Quand est-ce qu'ils vont se tirer ?
La lune ferme les yeux. Quelle hypocrite !
Tiens. Ça y est, ils s'en vont. Enfin !

Le Fou attendit que la charrette et les hommes aient disparu à l'angle d'une ruelle avant de s'avancer un peu. Mais son pas s'arrêta net lorsqu'il vit une silhouette se rendre sur les lieux du crime.
Qu'est-ce que c'est ? Cachons-nous !
Intrigué, la créature se cacha derrière une autre caisse de bois et observa ce qu'il se tramait. D'après la finesse de l'ombre qui s'affairait désormais au niveau du sol, c'était une femme. Mais pourquoi prenait-elle un peu de sang ? C'était une chauve-souris ? Un de ces drôles de citoyens qui montraient les dents à la moindre contrariété ?
Un frisson parcourut l'échine du Fou. Il se souvenait de ce noble à la canne qui lui avait passé son couteau sur la langue. Ce n'était pas un Mordant, et pourtant il lui avait fait peur ce soir-là.
L'Homonculus passa sa langue sur son palais et sentit la petite boursouflure qui lui rappellerait toute sa vie cet horrible incident. Son front se durcit.
Bah...Là ce n'était qu'une femme...Il suffisait de s'en approcher et de lui faire peur...
Bonheur.


- Tssshihihihi...

Son rire d'enfant, moqueur et méprisant, déchira les ténèbres de son timbre clair pour surprendre la jeune femme. Sa langue serpentine claqua contre son palais desséché tandis que sa silhouette efféminée se détachait dans la seule flaque de lumière que projetait la flamme tremblante du vieux lampadaire qui dominait la scène.

- Voilà une bien mauvaise idée, votre honneur...Traîner si tard dans ces ruelles de chiens affamés...

L'homme sourit, passa ses longs ongles noirs dans la tignasse de ses cheveux roux et souleva la haute couronne bombée qui écrasait un peu cette dernière. Son oeil bleu perça la nuit et brilla sur la jeune femme devant lui.

- Une petite souris au milieu des rats et des molosses ne fait jamais long feu...

Ravi de faire son effet, le Fou s'approcha davantage en adoptant le pas mesuré d'un aristocrate. Evidemment, il n'avait rien d'un aristocrate. Son pantalon brun finissait en lambeaux sur ses tibia nus et sa veste pourpre restait ouverte à tout vent, faute de boutons en état. Des poches avaient été créées au couteau dans sa doublure beige et on devinait à sa ceinture trop large qu'il manquait de tout. Pourtant, sa couronne dorée brillait de multiples pierres, souvent fausses, parfois éminemment précieuses.
Surjouant ce nouveau rôle qu'il venait de prendre, l'Homonculus bomba le torse, souleva les épaules et sourit de toutes ses dents à la belle avant de lui présenter sa main, paume vers le ciel, à la manière d'un parfait gentleman.


- Si vous venez pour le bal, Miss Souricette, je serais volontiers votre cavalier...
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Veronica Newburry
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MessageSujet: Re: We're all mad here [Le Fou, Véronica] [30/05/42] Ven 14 Avr - 12:55

Véronica avait eu peur. Elle s’était reculée, un peu méfiante. On approchait, dans son dos. Qui était là ? Pourquoi ? Elle s’attendait à ce qu’on lui réponde mais un seul rire transparut dans l’obscurité. Quelque chose qui aurait paru enfantin si il n’avait pas manqué cruellement d’innocence. C’était le sifflement d’un serpent, le rire vicieux et dérangé d’une créature qui semblait s’être éloignée de l’humanité.

La lumière révéla une silhouette fine, déguingandée. Un fantoche à la crinière rousse sale et mal brossée, habillé de nippes et fièrement coiffé d’une couronne cabossée et rafistolée. Ses ongles étaient noirs, noirs de crasse et de suie. Tout son corps semblait baigner dans un nuage de fumée tant il était gris. C’était un miséreux, un gredin des bas quartiers avec quelque chose de dégénéré dans le regard. Véronica avait plusieurs fois croisé le regard avec des pauvres qui vivaient aux abords des docks et de Whitechapel mais jamais elle n’avait rencontré quelqu’un avec l’air aussi dément. Soudainement, l’Alchimiste craignit pour sa vie. Elle se sentait capable d’affronter des mafieux, des Alchimistes véreux, mais la vision de la folie lui faisait infiniment plus peur. Elle ne savait pas comment réagir.
Aussi, elle resta de marbre, interdite, alors qu’il lui sussurait, de sa voix pernicieuse, qu’il ne faisait pas bon de traîner dans les ruelles de Londres…

La jeune femme savait. Elle savait qu’elle n’aurait jamais dû venir ici, mais si personne ne levait le doigt face à l’injustice par crainte pour sa vie, des milliers d’innocents continueraient de souffrir.
Ses yeux verts croisèrent le bleu des yeux du roux. Elle ne recula pas mais se fit muette comme une tombe. Elle retint un rictus face à la réflexion de l’homme. Une petite souris… Avait-elle donc l’air si faible ? Elle était une femme mais elle était un être humain avant tout. Elle pouvait aussi se défendre, voire être dangereuse. Un jour, les criminels regretteraient de la penser sans défense…


- Une souris sait faire preuve d’astuce et de malice là où les molosses ne peuvent que mordre et aboyer…

Elle le regarda se prendre pour un aristocrate avec un air dubitatif. Il faisait vraiment peine à voir… Comment pouvait-il vivre avec des vêtements dans un tel état ? Sans vraiment le contrôler, la jeune Alchimiste ressentit un élan de sympathie envers cette étrange personne. Il devait vivre dans un taudis et ne survivre que grâce au vol ou à l’escroquerie… Bien sûr, il respirait la folie dangereuse mais aurait-il été victime de pareille démence si il avait pu s’épanouir dans un environnement plus sécurisé ?

Lorsqu’il lui présenta sa main, elle hésita. Puis elle eut une idée. Les hommes comme lui erraient souvent dans les mêmes endroits. Ils savaient se faire discrets et voyaient ce que les autres ne voyaient pas. Si elle arrivait à parler son langage, peut-être lui livrerait-il des informations sur ce qu’elle avait vu ?
Elle inspira puis gratifia l’inconnu d’une révérence avant de lui confier sa main. Cela faisait longtemps que Véronica n’avait pas valsé, néanmoins elle se prêta au jeu du mieux qu’elle put.


- Ce sont les esprits de l’eau qui m’ont guidée au bal… Je pensais qu’ils danseraient aussi mais les cochers qui les emmenaient les ont laissés dans le fleuve… Je ne comprends pas, viennent-ils danser souvent ?

La jeune femme, tout en dansant, écoutait les réflexions du dément avec attention. Tout ce qu’elle entendait pouvait servir à un moment ou à un autre. Elle allait lui poser une autre question quand un sifflet bruyant transperça l’air. Un policier, à la lumière d’un lampadaire, pointait le doigt vers son cavalier.


- LÂCHE LA SALE MONSTRE !

Il descendit à toute allure en fulminant, jouant de sa matraque.

- Cette fois tu m’échapperas pas !!

Bien sûr, il était inutile de préciser que les affirmations du fonctionnaire de police furent très vite infirmées. Véronica se trouva seule sur le pavé des Docks. Le policier ne la reconnut pas. Il ne devait pas appartenir au Yard mais à un poste local. Il la raccompagna sans poser de questions et s’assura qu’elle rentra en sécurité. Peut-être que Véronica avait échappé de peu au pire. Mais elle avait beaucoup appris ce soir.

[HRP/ Fin du RP avec Véronica, suite ici : Orgueil et préjugés /HRP]


Dernière édition par Veronica Newburry le Lun 17 Avr - 10:51, édité 1 fois
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Le Fou
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MessageSujet: Re: We're all mad here [Le Fou, Véronica] [30/05/42] Ven 14 Avr - 21:01

La souris savait parler ! Et elle parlait bien ! Méfiez-vous des petits rongeurs habiles: ils peuvent s'immiscer dans vos frusques et vous mordre le petit bout qui dépasse...Astuce, malice...oui, oui...la souris montrait presque les dents. C'était mignon.

Bondir, faire le beau, tendre la main et proposer une danse. Voyons si la petite frimousse sait se trémousser...

La belle lui tendit la main et le Fou leva un sourcil, surpris par tant de docilité. Il n'avait pas l'habitude que ses proies entrent dans son jeu. Au contraire, il s'attendait à des cris, des pleurs, des grimaces de dégoût ou de peur...Entendre la jeune femme lui parler d'esprits de l'eau et de cochers bouleversa son esprit. Qu'est-ce qu'il devait répondre maintenant ? Qu'est-ce qui était vrai, qu'est-ce qui ne l'était pas ? Était-elle...folle ?

Son hésitation fut sans doute évidente. Il recula la main, comme s'il eût craint de se piquer sur une rose et fit une moue de gamin contrarié. Mais ses ongles se crispèrent doucement sur la paume de l'inconnue et il s'approcha finalement d'un bond pour serrer sa taille de sa main libre. Se composant un sourire charmeur, il papillonna des yeux et l'entraîna avec vigueur au rythme d'une valse imaginaire.


- Les esprits de l'eau prennent de la place. Les cochers s'en débarrassent toutes les semaines...Ils sont ponctuels d'habitude...

L'Homonculus était parfois totalement incapable de raisonner correctement, mais il lui restait tout de même assez de lucidité pour comprendre l'intérêt que pouvait avoir la jeune femme concernant le cadavres qu'ils venaient de voir tous les deux. Maintenant, il se demandait pourquoi cette inconnue traînait sur les docks à cette heure et ce qu'elle cherchait. C'était bien une petite souris...

- Non...une petite fouine...n'est-ce pas, Mademoiselle ? fit-il entre ses dents serrées dans un sourire cynique.

Son oeil brilla d'une lueur sournoise. Elle entrait dans son jeu pour avoir des réponses à ses questions ? Très bien, elle en aurait, mais qu'avait-elle à donner en échange ? Que venait-elle chercher ici ? Qui était-elle ?


- Les esprits de l'eau sont dangereux...et quand ils sont ratés, les cochers les balancent ici. Moi je les repêche, je récupère les résidus de leur vie.

Montrant ses dents jaunies, le Fou approcha ses lèvres de celles de sa cavalière. Ses mains serrèrent la jeune femme avec plus de fermeté, comme s'il s'apprêtait à l'embrasser. Son haleine fétide frôla le menton de sa victime.

- En tant que grand frère, j'en ai le droit, non ?

Un coup de sifflet vrilla ses tympans et son dos se tendit brusquement. Tournant la tête avec effroi, l'Homonculus aperçu le policier qui braillait en gesticulant avec sa matraque. Ouvrant la bouche avant de la refermer d'un coup, le Fou ramena ses yeux dans ceux de la belle et un sourire mielleux fendit sa face de singe.

- Navrée darling, mais le devoir m'appelle...Au plaisir...

Soudain, il la lâcha et s'enfuit sur les quais. Léger comme le vent, il semblait porté par l'esprit de la liberté et de l'insolence. Sa langue claqua dans l'air tandis qu'il faisait une ultime grimace à son camarade de jeu et sa silhouette filiforme disparut dans l'ombre.

[HRP/ Fin du RP avec le Fou. Suite à venir./HRP]
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