L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Chaleureuse amertume [Comte, Chastity] [08/05/42]

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Comte Keï
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Date d'inscription : 01/11/2007
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Race : Vampire
Classe sociale : Aristocrate
Emploi/loisirs : Lord / Comte de Scarborought / Metteur en scène
Age : 589 ans
Age (apparence) : 28 ans
Proie(s) : Les Humains (pour se nourrir) et tout ceux qui se mettront en travers de son chemin.
Secte : Indépendant
Clan : Ventrue
Lignée : Kyasid (les ombres)
Rang Pyramidal : Premier
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MessageSujet: Chaleureuse amertume [Comte, Chastity] [08/05/42] Sam 22 Avr - 0:46

[HRP/ Suite de Paradis Perdu/HRP]


Chaleureuse amertume

Le Comte Kei et Chastity Stephenson

"Et toi, l'Immortel, tu te ris de la mort, tu la fuis, tu l'humilies. Mais dans ton coeur, tu sais que tu la désires plus que n'importe quel mortel. Succomber à son baiser glacé hante tes nuits solitaires. Elle t'observe. Tu l'adores. Elle te touche. Tu l’abhorres."

Richard de Vernancourt, 1810.


Demeure de Jirômaru Keisuke, 8 mai 1842

En compagnie de Ludwig, le Comte observait une partition de piano. Le jeune Allemand, au chevet de son maître depuis la veille, était assis sur une chaise au velours rouge tandis que le grand Vampire restait allongé dans son lit. Le dos appuyé sur deux oreillers, il avait repoussé sa couverture avec l'aide de son calice afin de dégager son torse et ses hanches. Il était nu et pourtant il mourait de chaud. Son front, perlé de sueur, et ses joues rougies témoignaient de la fièvre maligne qui l'habitait. Pourtant, il paraissait paisible. Ses yeux parcouraient les portées avec vivacité et son souffle semblait clair.

- C'est du beau travail, Ludwig. Je suis impressionné. fit soudain le vieux Vampire en tendant le manuscrit à son serviteur.

Le calice sourit à son maître en inclinant la tête. Ses longs doigts diaphanes récupérèrent la partition avec douceur avant de la poser sur ses genoux. D'un geste simple, mais élégant, il remit en place une de ses mèches d'or derrière son oreille.


- Vous me flattez, mon maître...dit humblement le mélomane. Heureux que cela ait pu vous distraire.

Le Comte lui sourit à son tour avant de se redresser un peu en poussant un grognement de douleur. Le calice se leva aussitôt et abandonna la partition sur la table non loin de lui. Puis, il revint rapidement auprès du vieux Vampire pour l'aider à remonter ses cousins dans son dos. Sans aucun commentaire, il l'assista avec zèle, allant jusqu'à ouvrir les deux premiers boutons de sa chemise. Le tissu était trempé, il collait à sa peau et au pendentif que Sarah lui avait offert. Ludwig grimaça en tombant sur le premier stigmates sombre qui couvrait sa peau. Le lord lui jeta un regard fatigué.

- Je meurs de chaud...

Le calice tendit délicatement une de ses mains au-dessus du front de son maître. Ce dernier ferma les yeux, acceptant son geste avec lassitude. L'Allemand posa sa paume sur la peau poisseuse de Jirômaru et s'y appuya un peu. Il était brûlant. Jamais encore il n'avait été aussi fiévreux.

- Il vous faut du repos, beaucoup de repos...Et vous avez besoin de vous réhydrater. murmura le jeune homme en s'éloignant un peu.

Le grand blond avisa une carafe cristalline et quitta doucement la pièce pour aller chercher de l'eau fraîche. Dans l'encadrement de la porte, qu'il avait volontairement laissé ouverte, Marco tendit le cou pour jeter un oeil sur le Comte. Ses bras croisés, il attendit que Ludwig ne revienne pour refermer la porte derrière lui. Il gardait le couloir et se tenait près à répondre aux moindres demandes de son maître. Cependant, lorsque le calice se trouvait avec lui, il n'avait pas le droit d'entrer.
Ludwig remercia le disciple d'un sourire franc et retourna auprès du Comte. Ce dernier semblait dormir, mais la vitesse à laquelle se soulevait son torse laissait savoir qu'il souffrait...Le calice se hâta de verser l'eau de la carafe dans une bassine qui trônait sur une commode un peu plus loin. Puis, il revint au chevet du lord avec la bassine et un linge. Occupant la seconde table de nuit, qui n'était pas encombrée comme l'autre ni de lettre, ni de fleurs blanches, il plongea le linge dans l'eau glacée avant de l'essorer et de le placer sur le front de son maître. Le Comte frissonna à son contact et poussa un soupir de soulagement.


- Maître...

Jirômaru ne répondit pas. Laissant le silence s'installer, le vieux Vampire tâchait de contrôler sa respiration. Son calice le comprit et se tue. Avec douceur, il continua d'éponger le front de son maître. A plusieurs reprises, il passa le linge sur le cou du grand Vampire et sur son torse. Les stigmates noirs qui le recouvraient couraient sur sa peau de marbre comme des branches avides de sucer sa vie. Néanmoins, ils ne s'étiraient plus jusqu'à ses omoplates. Ils restaient concentrés sur ses pectoraux, ses flancs, son dos et sa zone abdominale, sans se propager davantage.
Jirômaru poussa un long soupir. Il était épuisé et son bras droit refusait toujours de bouger. Il se sentait lourd, lourd et collant. Il ne supportait plus ces draps qui le recouvraient à demi. Tout semblait peser dix fois son poids habituel et rien ne paraissait apaiser son corps douloureux. Ludwig lui jeta un regard inquiet. Puis, il se leva. Abandonnant le linge dans sa bassine, le jeune homme se pencha un peu au-dessus de son aîné et se saisit avec délicatesse du drap qui le gênait et le tira jusqu'aux pieds du lit. Le Comte ne réagit pas. Qu'il soit totalement nu ne le dérangeait pas. Ainsi vêtu uniquement du pendentif de Sarah, il sentit son corps refroidir un peu.
Après un moment, le Comte s'endormit. Ludwig resta à son chevet, pour prendre soin de lui. Il prit garde à sa température, humidifia son front et son torse à maintes reprises pour l'aider à réguler cette dernière. Malgré tous ses efforts, la fièvre ne semblait pas vouloir quitter le colosse d'ivoire...


*************

La nuit était déjà bien avancée lorsque le Comte se réveilla. La première chose qu'il sentit, ce fut sa grande soif. Vinrent ensuite les douleurs, cette sensation d'étouffement, de lourdeur...et enfin ce sentiment d'être observé. Il gémit en se redressant et une grand main vint l'aider à se tenir sur son séant.

- Doucement mon frère...

Le vieux Vampire tenta de s'appuyer sur son bras droit mais il n'eut aucune réponse musculaire. L'obscurité était difficile à percer et il ne comprenait pas pourquoi. Sa main valide passa devant ses yeux, comme pour chasser une ombre qui le gênait. Ses doigts se refermèrent alors sur le visage de Manouk qui ne broncha pas au contact de son aîné.

- Jirômaru...Tu dois boire...

Le géant d'ébène recula lentement et Ludwig prit sa place. Le calice s'agenouilla devant le lit et défit sa chemise avant de tendre son cou à son vieux maître. La vision du Comte était encore floue, mais ses sens s'éveillaient et son appétit lui hurlait de prendre ce dont il avait cruellement besoin. Ses forces l'abandonnaient bien plus vite qu'à la normale et il devait par conséquent boire plus souvent. Après quelques minutes durant lesquelles le temps semblait s'être figé, Jirômaru tendit sa main vers son calice. Il était trop loin. Manouk saisit Ludwig par l'épaule et le releva avant de le pousser vers le Vampire. Son geste fut vif, mais pas brutal. L'Allemand accompagna son mouvement et, un genoux posé sur le bord du lit, il laissa son aîné mordre à pleine dent dans sa chair. Le Comte s'abandonna à la succion du fluide vital qui coulait en son jeune serviteur et s'enivra de son goût et de sa qualité. Ses crocs, acérés, longs comme des poignards, brillèrent de leur crime à la faible lueur de la lampe à huile qui trônait désormais sur la commode aux côtés de la bassine d'eau.

- Il suffit...murmura Manouk en tirant en arrière Ludwig.

Mais Jirômaru ne l'entendit pas. Le calice tenta de reculer un peu mais son maître ne semblait pas avoir envie de le laisser partir. Soumis, affreusement soumis, l'Allemand était prêt à mourir pour lui. Si le Comte désirait boire sa vie jusqu'à sa dernière goutte, alors il le laisserait faire. Il était né pour le servir, né pour le satisfaire.


- Recule, Ludwig. fit l'Africain sur un ton plus impérieux. Recule.

Jirômaru se rendit compte qu'il allait trop loin et lâcha soudainement le calice en poussant un râle de plaisir. Incapable de se maîtriser, il ramena sa main sur ses lèvres d'où bouillonnait une gorgée de sang qu'il n'avait pas avalée correctement. Son menton goutta sur son abdomen et le Vampire rejeta sa tête en arrière, le visage traversé d'une expression d'extase complète. Ludwig, une main sur la plaie qui déchirait son cou blanc, lui jeta un regard satisfait. Manouk, lui, repoussa le calice pour lui ordonner de sortir.

- Quelle heure est-il ? demanda soudain le Comte d'une voix étrangement posée.

Manouk et Ludwig se figèrent et lui jetèrent un coup d'oeil intrigué. Manouk releva d'un geste le calice qui farfouillait déjà dans sa poche pour trouver sa montre à gousset. Jirômaru était en train de regarder le sang qui coulait sur le dos de sa main gauche. On eut cru un enfant qui découvre ce précieux liquide pour la première fois. L'image était effrayante.


- Il est 01h12 monseigneur...répondit l'Allemand en observant le cadran translucide de sa montre.

- Manouk, accueille Miss Stephenson et fais-la entrer ici. Ludwig, mon peignoir...

Le ton du Vampire ne souffrait aucune question. L'Africain fronça les sourcils, étonné de ne pas avoir senti plus tôt l'aura de l'entrepreneuse. Ludwig, lui, rangea sa montre d'un geste avant d'aller quérir le peignoir gris qui reposait sagement sur une chaise. Le calice aida Jirômaru à se vêtir sommairement, et ce ne fut pas tâche aisée: il fallait déjà le laisser nettoyer le sang qui perlait sur ses lèvres et sur son ventre, passer ses bras alors que l'un d'eux était inerte et tout cela en prenant garde de ne pas tâcher le vêtement avec son propre sang qui coulait depuis son cou. Ce ne fut pas facile, mais les deux Vampires parvinrent à leurs fins au bout de quelques longues minutes, à coups d'astuces et de gestes coordonnés. Le Comte était épuisé, mais il voulait absolument entendre ce que Chastity avait à lui dire. Plus vite l'affaire de Raphaël serait réglée et plus vite il pourrait se pencher sur d'autres.

De son côté, Manouk se heurta à un Alphonse sur les nerfs. Les deux Vampires se toisèrent avec un mépris affiché tandis que l'un s'opposait à l'entrée de la visiteuse qui venait de se pointer devant le manoir alors que l'autre tentait de passer pour exécuter les ordres. Le domestique ne résista pas longtemps, le grand noir étant bien plus fort que lui, à la fois physiquement et en terme de pouvoir et de place, mais il se permit d'entrer dans la chambre de son maître.


- Monseigneur, vous devriez remettre à demain cet entrevu. Mademoiselle Stephenson peut repasser...Vous venez de vous réveiller...Je doute que...

Le Comte lui jeta un regard glacial. Ses iris étaient redevenues laiteuses mais leur intensité le figea sur place. Ludwig finissait de replacer la couverture sur son bassin et de redresser les oreillers. Il jeta à Alphonse un regard appuyé qui lui imposait le silence.

- Faites-la entrer, et laissez-nous seuls.

Cette fois Ludwig blêmit. Sans Alphonse, sans aucun membre des Sept et sans lui...comment ferait-il pour se défendre d'une attaque si la jeune femme décidait de s'en prendre à lui ? C'était trop dangereux !

- Sortez. fit le lord d'une voix grave. Vous me fatiguez...

Le calice et le domestique s'éloignèrent et disparurent dans le couloir, têtes baissées. Puis, Manouk se présenta à la porte avec Chastity. Il lui indiqua la chaise qui se trouvait devant le lit et l'invita à s'y installer. Cécilia l'avait déjà délestée de son manteau dans l'entrée tandis qu'Elwood lui avait déjà proposé une tasse de sang chaud, sucré ou salé, selon sa convenance, ainsi que des Blood Tablett.

- Miss Stephenson...annonça l'Africain avant de s'avancer dans la pièce. Le Comte accueillit la belle d'un sourire.

- Bienvenue, miss. fit-il à la jeune femme. Laisse-nous, Manouk. ajouta-t-il lorsqu'il vit que son disciple s'apprêtait à se placer à son poste de surveillance habituel.

Le grand noir hésita. Il lui lança un regard sombre, puis il finit par quitter la pièce lui aussi. Enfin seul avec la jeune scientifique, le Comte soupira. Il se passa la main gauche dans les cheveux, essuyant son front de nouveau perlé de sueur, et ramena son regard malade dans celui de son invitée.


- Je vous en prie, installez-vous...Pardonnez ma tenue et ma position... dit-il en tâchant de se tourner vers elle. Racontez-moi votre petit entretien avec notre cher Hunter...

Made by Neon Demon




> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
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Chastity E. Stephenson
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MessageSujet: Re: Chaleureuse amertume [Comte, Chastity] [08/05/42] Dim 30 Avr - 18:13

Une silhouette noire glissait dans la nuit. Furtive et beaucoup trop rapide pour être celle d’un humain. Bien trop gracile et froufroutante pour appartenir à un homme. Le bruissement des jupons légers se propageait dans l’espace, bruit feutré annonçant l’arrivée d’une femme que beaucoup de Vampires auraient préféré éviter. Elle retrouva sans peine le logement qu’elle cherchait. Le Comte l’y attendait. Il était temps pour Chastity de rendre compte de son enquête sur le terrain. Elle se présenta en enlevant le manteau sombre qui la recouvrait. Elle était éclatante et désirable dans sa robe de satin rose pâle. Sa cascade de cheveux roux avait été laissée presque libre ce soir, seulement rangée grâce à une tresse bouclée. Son cou gracile était mis en valeur et souligné par un.tour de cou de velours noir, simple. Sa bouche était rose, ses joues à peine fardées. Elle était à la foi si naturelle et artificielle, si troublante et si sûre d’elle que c’en devenait presque indécent.

Elle se trouva face à celui qu’elle découvrirait plus tard sous le nom d’Alphonse. Le Vampire, dans toute sa morgue et sa superbe, ne daignait pas la laisser entrer. Masquant son agacement derrière un mouvement d’éventail calculé, elle se contenta de lui sourire poliment, sans pour autant bouger. Elle savait que quelqu’un finirait par la faire entrer. Finalement, ce fut un grand nègre qui vint l’introduire dans l’opulente demeure. Elle ne manqua pas, en passant, d’adresser un sourire appuyé au Vampire qui avait tenté de la renvoyer chez elle et suivit l’homme. Il partit devant, sans doute pour prévenir le Lord de son arrivée. Elle confia son manteau à une femme et accepta les Blood Tablets qu’on lui proposait, en tentant de ne pas marquer son dégoût pour le sang dans son état vivant. Ils ne savaient sans doute pas qu’elle ne pouvait le supporter très longtemps… Oh, bien sûr, il n’y avait pas là de quoi l’empoisonner, mais suffisamment pour la clouer au lit quelques jours si elle en buvait.
L’homme exotique finit par revenir la chercher alors qu’elle finissait son verre et se laissa conduire jusqu’à la chambre du Lord. Elle entra sans crainte dans la pièce sombre qui sentait la lourdeur, le sang et le sommeil puis s’assit gracieusement sur le siège qu’on lui proposait.


- Monsieur le Comte… Elle le salua d’un sourire et d’une inclinaison de la tête.

Ses yeux glissèrent sur le corps du Vampire, l’espace d’un instant. Dénudé et alangui comme il l’était, il avait l’air infiniment désirable mais également vulnérable. Quelque chose semblait s’être brisé en lui. Le grand Comte de Londres arrivait-il sur ses vieux jours ou tout ceci n’était-il que fatigue passagère ? Elle nota également le pendentif autour de son cou. Elle ne l’avait jamais vu avant… De qui cela pouvait-il bien venir ? Elle n’eut pas le loisir d’y réfléchir. La question fatidique arriva bien vite. Il était temps pour elle de jouer de son charisme pour parvenir à ses fins.

- Lord Keïsuke… Je crains que Veneziano nous ait échappé. Lorsque je me suis rendue de la bibliothèque, il n’était plus sur les lieux.

Elle décida de ne rien dire à propos du rôle de Drake. Le Vampire saurait bien tirer ses conclusions tout seul. Elle inspira et continua en caressant doucement sa tresse rousse avec un air réfléchi.


- Cependant… Cependant tout n’est pas perdu. J’ai réussi à négocier avec le bibliothécaire qui fera jouer sa connaissance et quelques informateurs afin de le retrouver.

Elle faillit lui apprendre que le Vampire savait maintenant contrôler son aura mais elle se retint. Plus Raphaël devenait dangereux, moins le Lord serait enclin à le laisser en vie.


-Cela ne devrait pas prendre trop de temps pour le retrouver. Un mois ou deux tout au plus, si nous voulons être discrets. Il est toujours très faible, vous lui avez infligé de profondes blessures psychiques… D’après Monsieur Drake, il serait entouré de nombreux humains et aurait lié des liens puissants avec une mortelle. Je gage qu’elle pourrait nous mener jusqu’à lui si nous nous y prenons correctement.

Elle pesa ensuite ses prochains mots. Comment aborder le fond du problème sans le vexer ? Avec un air délicat, elle se pencha un peu en avant et posa sa tête dans le creux de sa main gauche, alors qu’elle laissait les doigts de sa main droite parcourir le bois de l’accoudoir du fauteuil.

- Il va sans dire que ce Vampire serait d’une aide précieuse pour mes travaux. Sa dégénérescence est sans précédent et je souhaiterais pouvoir l’étudier de près… Si je parviens à guérir ce garçon, je pourrais élaborer le remède final qui soulagerait presque définitivement la déchéance qui nous guette tous, tôt ou tard.

Elle se leva doucement et s’approcha de lui, pour s’agenouiller au pied de son lit. Elle restait tout de même suffisamment éloignée de lui, pour respecter une distance de bienséance qu’elle ne s’autoriserait pas à franchir sans son accord.


- Je sais que ce fugitif représente une grande menace pour vous Milord. Mais réfléchissez… Si vous le tuez, vous en ferez un martyr. Qui sait combien de Vampires, ici à Londres, ourdissent des complots semblables au sien. Si Veneziano meurt, les troubles ne seront qu’accentués, il n’apportera rien d’utile à la science. Si monsieur Drake et moi-même avons l’autorisation de nous pencher sur son cas, il sera assigné à résidence et constamment surveillé, il apportera sans doute à la science les réponses que nous cherchons. Peut-être parviendrons-nous même à l’assagir…

Ses longs doigts fins revinrent se perdre dans sa chevelure de feu.

- Parfois, il faut garder ses ennemis plus proches de soi que ses amis…

Elle sourit légèrement et se redressa en inclinant la tête, toujours respectueuse de son aîné et droite dans la place qui lui était assignée.

- Je sais ce qu’il vous en coûte de ne pas le tuer mais je vous implore de me laisser essayer. Jusqu’à présent j’ai été sur la voie du progrès. Veneziano est peut-être l’unique élément qu’il me manque pour atteindre mes objectifs… Je vous en prie, laissez moi essayer. Il existe peut-être un moyen autre que le meurtre et la torture pour vous débarrasser de ceux qui vous gênent. Si je comprends la nature du don Obscur de ce Vampire, si je parviens à contrer son évolution, si je trouve le remède à cette maladie qui nous ronge, plus rien ne s’opposera à vous…
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Comte Keï
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MessageSujet: Re: Chaleureuse amertume [Comte, Chastity] [08/05/42] Mar 9 Mai - 22:04



Chaleureuse amertume

Le Comte Kei et Chastity Stephenson

"Où demeure encore la justice ? N'est-elle pas l'apanage des puissants ? Pourquoi fuit-elle ton horizon, à toi, juge de ce monde ? Peut-être es-tu à bout de souffle...?
Accepte donc ton destin, accepte l'évidence, et lève-toi sans prévenir, pour que demain ton règne soit plus éclatant qu'escompté. C'est au milieu de la poussière que brillera l'or des âmes martyres ! Patiente, mon frère, patiente pour l'avenir qui palpitera bientôt au creux de ta main."



Demeure de Jirômaru Keisuke, 8 mai 1842

Chastity était décidément magnifique. Lorsque la jeune femme était entrée dans sa chambre, le Comte s'était contenté d'un sourire de circonstances et d'un regard rapide avant de donner des ordres à ses disciples. Il avait immédiatement proposé à la belle la chaise qui se trouvait près de son chevet, avec politesse et amabilité. Le lord avait ainsi été mondain, sans rien exagérer, et avait pris garde de se comporter avec respect et dignité malgré son état. Cette mise en scène était nécessaire à tous: chacun attendait de ce genre de rendez-vous un minimum de cadres et de codes. C'était tout de même une nouvelle rencontre entre le Prince de Londres et le "cobaye", la Vampire la plus étrange de la capitale. Il était important de savoir encore faire preuve d'officialité, d'autant que Jirômaru était blessé. Devant Manouk et Ambre, il évitait d'afficher trop franchement ses penchants pour cette créature. Du désir purement charnel, d'homme à femme, au désir de détenir la puissance de ses secrets, le Comte préférait se taire en leur présence. Cela était plus sûr pour sa réputation et son autorité.

Cependant, dès que la porte fut refermée sur les derniers gêneurs, alors qu'il se retrouvait enfin en tête à tête avec la belle scientifique, le Comte se permit de la dévorer du regard comme un amant peut l'oser après plusieurs ébats. Il embrassa de ses iris glacées le corps de sa dernière conquête, sans retenue, allant de son décolleté de dentelle à ses jupons de satin rose qui froufroutaient avec grâce contre ses jambes qu'il savait parfaites. Puis il ramena son regard sur son beau visage avant de parcourir ses boucles cuivrées à peine disciplinées par une tresse d'une grande élégance. Au travers de son expression mitigée, la belle put voir tout le désir coupable qui habitait le vieux Vampire ainsi que son besoin de rester prisonnier des mondanités. Pour le moment, il était fatigué et il n'attendait qu'un rapport d'officier. Même si ses pensées erraient clairement sur leurs derniers baisers échangés sous la verrière cristalline de son observatoire, le sort de Raphaël Veneziano était plus important que leurs petites envies lubriques. De toute façon, le Comte restait lucide: oui il désirait cette femme, mais il savait qu'il n'avait pas la force, ni la réelle volonté de concrétiser quoi que ce soit ce soir. Sarah obnubilait ses pensées et son corps ne répondait plus à ses exigences. Une ombre passa sur son front. Au moins Chastity pourrait-elle lui apporter une bonne nouvelle pour égayer sa soirée...

Malheureusement, la belle l'informa que Veneziano s'était enfui de la bibliothèque...Le regard du Comte se fit d'une dureté sans nom tandis qu'il la foudroyait soudain. Il ouvrit la bouche, près à rugir toute la colère qui venait de faire bouillir son sang, mais il se tue, laissant la jeune femme continuer son exposé des faits. Quelle amère déception ! Comment pouvait-elle lui annoncer un tel échec si calmement, sans craindre qu'il ne l'étrangle ?! Veneziano avait quitté la bibliothèque...mais comment ? Drake l'avait aidé ! Aucun doute possible. Mais pourquoi ? Quel intérêt pouvait bien trouver ce fou à braver ainsi son autorité ?
Les pensées du Comte s'affolèrent. Son front se barra d'un trait d'incompréhension et de contrariété. Chastity lui dit alors qu'ils avaient encore bon espoir de remettre la main sur le Vampire-Hunter, d'autant plus qu'elle avait obtenu du Conservateur un certain soutien. Jirômaru la quitta des yeux et appuya sa tête dans son oreiller. Il se mit à regarder le plafond, plongé dans ses multiples réflexions. Cela n'avait pas de sens ! Si Drake avait permis à son captif de s'échapper, pourquoi chercherait-il à le récupérer ? Quel genre de négociations sa consoeur avait-elle bien pu entreprendre avec lui pour en arriver là ?


- J'aurais dû le tuer...soupira péniblement le vieux Vampire en serrant les dents de dépit. Impossible de dire s'il parlait du bibliothécaire ou de son ennemi. Il y en a tant d'autres...

Chastity semblait positive. Malgré la situation, elle tentait de sourire et son ton restait doux. L'ancien samouraï lui jeta un regard dolent. Il soupira, impatient, et ses doigts se crispèrent sur ses draps. Il hésitait à la renvoyer, mais sa lassitude eut raison de sa colère. Quoi qu'il fasse, rien ne changerait les faits. Veneziano s'était enfui, il fallait maintenant le rattraper ou abandonner les poursuites. Inutile de se demander ce qu'il aurait dû faire...Laisser ce dégénéré entre les mains de Drake avait été une terrible erreur...Mais avait-il eu le choix ? Non. Sans doute aurait-il dû tuer Veneziano avant d'entrer dans la bibliothèque...
Les paroles de Chastity le coupèrent dans ses réflexions. Elle avait évoqué avec Drake les relations humaines du Hunter et ils songeaient le rattraper en s'en servant. Le Comte avait fait le lien depuis longtemps mais, étrangement, il n'avait encore jamais agi en conséquence...


- Eulalia Grey...fit-il en grognant. Il détourna le regard pour fixer un vase chinois rempli de roses blanches. Il ne cessait de penser au visage de Sarah. Sa main gauche se porta doucement à son collier sur son peignoir ouvert. Veneziano a des affinités avec Eulalia Grey, la fille de Taddeus...acheva-t-il d'une voix rauque.

L'air sombre, le vieux Vampire se redressa un peu dans son lit et abandonna son collier pour passer sa main dans ses cheveux. Chastity argumentait pour conserver le droit de traquer Raphaël afin de le garder comme cobaye et non pas pour le tuer. Elle semblait craindre qu'il ne le fasse éliminer une fois pour toute. Ce n'était pas l'envie qui lui manquait, mais il était conscient qu'il avait quelques obligations envers sa consoeur depuis qu'ils avaient plus ou moins passé un pacte. Depuis cette histoire de loup-garou dans la chaufferie de l'opéra et le bal que la jeune femme avait organisé tantôt, il lui avait dit et répété qu'il la soutiendrait dans ses expériences, pour le bien de tous...
Jirômaru regarda la belle scientifique s'agenouiller près de son lit pour le supplier de la laisser continuer ses expériences avec ce sujet-là en particulier. Pour elle, il représentait un véritable trésor d'observation et c'était en étudiant son don déjà très altéré qu'elle saurait les "sauver" de la dégénérescence. Elle y mit les formes et enroba son discours de douceur et d'accents de soumission. Le Comte l'écouta sans mot dire, même si les expressions de son visage semblaient évoluer vers un mécontentement grandissant. Il la toisait maintenant avec une pointe de mépris non dissimulée. La pauvre...Si seulement elle savait...Sauver ce pitoyable tueur ne l'intéressait pas le moins du monde ! Pire que ça: sauver les "leurs" était contraire à ses rêves les plus fous ! S'il désirait améliorer les palliatifs, ce n'était pas pour eux...ni pour lui-même...


"Il n'y a que tes canines qui pourraient me donner envie de te tuer..."

Le vieux Vampire sentit la mélancolie le prendre tandis que ses propres paroles lui revenaient...Ses yeux dévoraient de nouveau la jeune femme et son coeur se délitait. Il songeait, une fois encore, que sa terrible entreprise le condamnait à la solitude. Il ne pouvait compter sur personne, ni confier ses plans à quiconque. Même Ilsa, sa douce Ilsa, avait refusé d'y participer. D'ailleurs, il pensa qu'il devait la faire tuer...Chastity aussi finirait dans la gueule infernale de ses desseins...Quoi qu'elle fasse. Quels que soient les sentiments qu'il puisse éprouver pour elle. Ni la pitié, ni la tendresse ne sauraient la sauver de sa volonté. Détruire l'ensemble des Vampires, éliminer cette race impie qui faisait miroiter l'immortalité comme récompense alors que ce n'était qu'un piège pour les condamner à la souffrance éternelle...Tel était son souhait. En finir, une fois pour toutes, avec cette malédiction qui pourrissait l'existence des hommes tentés par le Diable...Il voulait laver ses péchés en arrachant les crocs de tous les démons de son espèce !
Tuer. Mourir. Oublier.


"Et elle ?"

Un long frisson parcourut l'échine du Comte qui trembla un instant avant de s'affaisser un peu sur le côté. Le visage tourmenté, tourné vers Chastity, il serra les dents, visiblement glacé d'une vague de douleur dans la poitrine.

- Je ne le tuerai pas...Je vous le laisse...fit-il avec peine. Mais...s'il a le malheur de recroiser ma route et de me faire obstacle, je n'aurais aucune pitié.

Jirômaru plissa les yeux, comme s'il cherchait à percer le voile qui se remettait à couvrir ses iris anthracites. Puis, il tendit la main pour désigner d'un geste la bassine remplie d'eau et le morceau de tissu qui restait sur son bord.

- S'il te plaît...

Le Comte mourait de chaud. Sa fièvre ne cessait de lui donner des bouffées de chaleur et sa peau le brûlait. Depuis que Ludwig lui avait remis son peignoir et une partie des draps, il avait l'impression d'étouffer. Son regard malade accrocha les beaux yeux de la jeune rousse.

- Chastity...Mon bras droit...ne fonctionne plus...Il est...mort. avoua-t-il en grimaçant. Peut-être que toi...tu aurais une solution ?

Le docteur Fortunato, ses disciples et même l'Occulis n'avaient rien pu faire pour lui. Il était sans doute ridicule de croire que Chastity pourrait soigner son mal avec plus d'efficacité. Cependant, le Comte était littéralement dévoré par la morsure de son congénère et il ne supportait plus ni la douleur qu'elle lui insufflait, ni l'immobilité à laquelle elle le contraignait. La jeune Stephenson était une scientifique de renom, héritière d'une grande famille d'érudits. Elle possédait une bibliothèque d'ouvrages occultes, il l'avait vue chez elle, et s'intéressait à l'Alchimie. Il avait un espoir qu'elle aie une opinion salvatrice...

- Viens...murmura-t-il en l'attrapant doucement par le bras pour la tirer à lui sur son lit.

Son geste, maladroit et faible dans son mouvement, laissait néanmoins percevoir une poigne encore fort ferme: Jirômaru souffrait et quémandait l'aide de quiconque passait à sa portée, mais il était encore doté de grands pouvoirs et de forces obscures.

- Il m'a mordu...regarde... fit-il en lâchant la jeune femme pour tirer comme une brute sur son bandage tout neuf. Le tissu s'étira difficilement mais finit par se décaler assez pour qu'une zone affreusement noirâtre ne se dévoile à la belle rousse. Je suis paralysé.

Le parfum de Chastity envahit les narines du Vampire qui l'avait poussée à se pencher au-dessus de lui. Ses instincts, et sans doute une cruelle volonté de se confier et de partager sa souffrance, à la fois physique et mentale, lui dictèrent la suite de ses gestes: sans plus de cérémonie, il saisit ses lèvres entre les siennes pour lui donner un long baiser fougueux, plein d'envie et de tourments. A l'instar d'un naufragé qui se précipite sur une plage, Jirômaru se redressa un peu pour saisir la jeune femme et la serrer contre lui. Tandis qu'il l'embrassait encore, le long de ses joues se mirent à couler des larmes silencieuses. Le Comte était désespéré.

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> Jirômaru Keisuke <

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Chastity E. Stephenson
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Emploi/loisirs : A la tête d'une grande entreprise spécialisée dans la production de machines à vapeur
Age : 330 ans
Age (apparence) : 25 ans
Proie(s) : Tous ceux qui essayeront d'attenter à sa vie.
Secte : Liée à la Camarilla de par ses idéaux mais se conduit comme une indépendante.
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MessageSujet: Re: Chaleureuse amertume [Comte, Chastity] [08/05/42] Sam 13 Mai - 0:00

[HRP/ Attention, ce post contient une scène relative à la sexualité./HRP]

Plusieurs fois, la jeune femme crut que le Comte allait l’assassiner ou ordonner à un de ses disciples de faire le travail. Elle avait senti son regard percer ses défenses et dévoiler sa profonde contrariété, mais elle avait décidé d’y aller au culot. Après tout, le Vampire était affaibli, fatigué. Le moment parfait pour s’imposer à la justesse de son rang.
Visiblement, ses salamalecs et ses minauderies eurent raison du Lord, qui sembla abandonner sa colère pour une profonde lassitude. Intérieurement, la Vampire jubilait. Elle était sur le point d’obtenir le contrôle sur la vie du jeune Veneziano. Cela lui garantissait le champ libre pour effectuer ses expériences et tirer le dégénéré de la spirale infernale dans laquelle il s’était enfermé.

Quand le Comte lui confirma que le jeune homme fréquentait une humaine, Chastity haussa un sourcil et son regard se fit absent l’espace d’une seconde. Comment assumer un tel couple ? Un Vampire et la fille d’un Hunter ? Ils allaient finir par se détruire, tôt ou tard. Il la blesserait, elle partirait ou alors… Ou alors le Lord pourrait aussi bien décider d’abréger la courte vie de la demoiselle. Elle ne savait pas trop comment se positionner par rapport à cette union. Selon sa logique, c’était un pari risqué, une prise de risque inutile. Mais sa sensibilité et son statut tout particulier, à la frontière entre les races, ne pouvaient que l’inciter à considérer ce lien amoureux avec bienveillance. Elle jugea inutile de s’épancher sur la question et se contenta tout bonnement de hocher la tête gravement, alors que ses yeux coulaient sur le pendentif que le Comte semblait si prompt à serrer entre ses doigts.

Sarah Spencer.

Le Comte lui même s’était entiché d’une humaine, d’une Huntress. Elle songea avec ironie qu’il était bien plus semblable à Raphaël que ce qu’il voulait bien admettre. Avec surprise, elle se rendit compte qu’elle était taraudée par une pointe de jalousie. Comment pouvait-elle en vouloir à la mortelle pour laquelle le Lord soupirait ? Se serait-elle attachée à lui, en fin de compte ? Non… Non, cela ne pouvait être rien de plus que pure attirance physique. Si elle commençait à ressentir de l’affection pour ce Vampire, elle ne pourrait peut-être pas s’en détacher le moment venu.
Discrètement, elle mordit sa lèvre inférieure pour recentrer ses pensées, sans cesser de regarder le Vampire droit dans les yeux, alors qu’il semblait ressentir une vague de douleur dans le bras.
Elle entendit enfin ce qu’elle voulait. Il lui laissait Veneziano, elle aurait simplement à veiller à ce que les deux Vampires ne se recroisent plus jamais. Un fin sourire de victoire vint s’afficher sur ses lèvres alors qu’elle inclinait la tête en signe de remerciement. Elle adorait cette sensation grisante d’avoir quartier libre. Rien ne valait plus pour elle que la liberté d’action et de mouvement. Son travail dans la recherche venait de faire un bond en avant, grâce à la lassitude de ce grand Vampire sur le déclin.

Cependant, sa face souriante se transforma en une moue soucieuse lorsqu’il lui demanda de lui apporter linge et bassine d’eau. Il devait vraiment être au sommet de sa vulnérabilité pour accepter de se faire border par elle, comme un enfant. Avec un air entendu, elle se leva, faisant froufrouter ses jupes, et apporta la bassine. Gracieusement, elle s’assit au bord du grand lit et plongea le linge dans l’eau avant de l’essorer entre ses doigts fins. Enfin, elle l’appliqua avec délicatesse sur le front blanc du colosse.
Chastity fut surprise par la température du Vampire. Il était brûlant, dévoré par la fièvre.


- Là… Vous sentez-vous mieux… ?

Elle fronça les sourcils quand il mentionna sa blessure. Comment un Vampire ordinaire avait-il pu réussir à le rendre malade à ce point ? Son regard vitreux lui fit presque peur. Il semblait souffrir le martyr. Il avait peur. Chastity ne sut pas réellement quelle expression afficher, elle n’aurait jamais pensé voir un jour le Comte sous un tel jour. Lorsqu’il lui demanda de l’aide, elle acquiesça en fermant un instant les paupières.

- Je vais voir ce que je peux faire.

Elle se laissa tirer sur le lit, se demandant par la même occasion comment il pouvait encore user d’autant de force en étant alité. Le front plissé, elle le laissa lui dévoiler l’affreuse blessure. La Vampire soupira alors que ses yeux faisaient le tour de chaque centimètre carré de peau qui se dévoilait devant elle. On aurait presque dit une blessure de Bloody Rose.
Malheureusement, Chastity n’avait pas encore percé le mystère de la substance de ce genre de poison et elle ne disposait que de médicaments destinés à ralentir ou stopper le développement de l’infection mais elle était dans l’incapacité totale de le guérir.


- Je vois… Demain, je vous ferais porter de quoi atténuer votre douleur. Cependant… Je ne peux rien faire de plus. Ce genre d’empoisonnement est très complexe à comprendre et je n’ai pas encore déterminé le moyen de le guérir. Mais je connais quelqu’un qui est capable de vous soigner.

Elle se pencha vers lui pour murmurer doucement au creux de son oreille d’albâtre.

- On l’appelle la Sorcière… Cherchez-la dans les fumeries d’Opium de Chinatown…

Il la surprit un peu lorsqu’il l’embrassa soudainement, mais elle se laissa aller contre lui. Elle frémit de plaisir en lui rendant son baiser puis s’adoucit en sentant ses larmes silencieuses couler le long de ses joues. Le Comte était si vulnérable qu’elle en eut presque de la peine. Délicatement, ses mains vinrent essuyer les pleurs alors qu’elle le serrait doucement contre son giron.

- Ne vous en faites pas… Je suis là. Laissez-moi faire…

Ses mains expertes descendirent avec délicatesse le long du torse du colosse, effleurant ses muscles saillants alors que ses lèvres douces se liaient à nouveau aux siennes. Elle fit reculer doucement la couverture pour libérer le corps du Maître des lieux puis elle s’assura de son approbation en le regardant droit dans les yeux. Elle savait que le Vampire ne serait sans doute pas aussi vigoureux qu’à l’accoutumée… C’était l’occasion de lui apprendre une passion plus dolente.
Lorsqu’elle eut le feu vert, elle fit glisser le peignoir du Lord à terre pour dévoiler son corps affaibli, mais toujours éminemment désirable. Avec un sourire, la subtile rousse se recula hors du lit pour s’offrir entièrement à sa vue, alors qu’elle se défaisait de ses atours avec une sensualité certaine pour apparaître dans son plus simple appareil.

D’une démarche lente et féline, elle revint l’embrasser à nouveau alors que ses mains s’emparaient de la source de sa vigueur. Bien que sa carrière de prostituée commençait à s’éloigner, elle n’avait jamais oublié les enseignements qu’elle avait reçu. Ce n’était pas la première fois qu’elle devait éveiller le désir chez un homme souffrant, et elle savait exactement équilibrer la fougue et la délicatesse pour parvenir à ses fins.
Alors que ses doigts de musicienne allaient et venaient sur la chair du Vampire, sa bouche s’empara du lobe de son oreille avec douceur, l’englobant d’un souffle chaud.
Elle respira avec délectation l’odeur du puissant Lord, usant de tout son corps pour mobiliser ses sens, sans le brusquer, tout en lui jetant, de temps à autre, des œillades soucieuses mais brûlantes de désir.

Là bas, au creux du bassin du Comte, les caresses avaient laissé place à des baisers langoureux et bien placés. La jeune femme avait décidé d’oublier pour cette nuit tout ses desseins personnels et ses réserves concernant les méthodes du Comte pour profiter uniquement de leur statut d’amant. Une de ses mains était remontée pour serrer la paume encore valide du Vampire, comme pour le rassurer et l’inciter à s’abandonner.
Elle usa de ses charmes de cette façon un bon moment, jusqu’à être certaine que le Comte était prêt à profiter de la suite.


- Si quoi que ce soit vous déplaît, n’hésitez pas à me le dire… Je sais m’adapter.

Elle se pencha en avant et exerça une douce pression sur ses épaules pour l’inciter à s’allonger, alors que ses lèvres capturaient à nouveau tendrement les siennes. Elle se redressa ensuite et le détailla un instant, forte de sa position en hauteur.
La Vampire le trouva magnifique. Le Comte pouvait inspirer la peur ou le respect, mais le premier sentiment qu’il avait éveillé chez elle était le désir. Le désir de sentir contre elle sa carrure d’athlète, de caresser cette peau de marbre. Il ressemblait à ces statues antiques à la beauté inaccessible, tout en étant bien réel. Malgré l’absence de coloration de ses iris, elle parvenait à percevoir la profondeur de son regard et les envies qui y bouillaient. Un nouveau sourire se dessina sur ses lèvres alors qu’elle l’enfourchait élégamment.

La jeune femme se rappela de leur première union, bestiale, sauvage, dans sa salle des expériences. Elle frémit de plaisir en se rappelant des sensations que le Comte avaient éveillées lorsqu’il l’avait prise. Délicatement, elle se pencha un peu en avant afin de faciliter l’entrée de l’homme en elle, tout en laissant un petit soupir d’aise franchir ses douces lèvres. Les premières ondulations expertes de son bassin ne tardèrent pas à suivre alors qu’elle dévorait le Comte du regard. Il devait savoir que même blessé et vulnérable, il restait pour elle cet homme dominant et puissant qui l’avait séduite au premier regard, dans la chaufferie de l’Opéra.


- Jiromaru…
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Comte Keï
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MessageSujet: Re: Chaleureuse amertume [Comte, Chastity] [08/05/42] Dim 14 Mai - 3:02

[HRP/ Attention, ce post comporte une scène explicitement sexuelle. /HRP]


Chaleureuse amertume

Le Comte Kei et Chastity Stephenson

"Quand au cœur de la débauche, le pécheur trouve son plaisir,
Le poison qui le rend gauche, n'est pas seul à le faire gémir..."


Demeure de Jirômaru Keisuke, 8 mai 1842

Se confier à Chastity ne plaisait pas au Comte. Cette femme, quoique plantureuse et avenante, était encore loin d'avoir son entière confiance. De toute façon. A part à Salluste, pour lequel il avait cependant tout de même gardé quelques réserves - notamment à cause de ses critiques constantes au sujet de ses méthodes - et à Manouk, qui le rassurait par son calme olympien, Jirômaru n'avait jamais réellement accordé sa confiance à quiconque. Il ne croyait plus depuis longtemps en la bonté innée ou en l'amour véritable qui inspiraient la confiance absolue. Aujourd'hui, il considérait que les travers et les besoins de chacun revenaient toujours altérer cette notion que l'on nommait « fidélité ».
Lui-même avait pourtant été l'un de ces hommes pour lesquels la fidélité et l'honneur étaient des biens plus précieux que la vie. Au service de différents empereurs, parmi les plus prestigieux guerriers des ères Bun'ei, (sous Kameyama), Kenji et Kōan, (sous Go-Uda), le fils des Keisuke avait eu maintes fois la preuve que le cœur des hommes pouvait être d'une droiture sans nom. Malheureusement, sa propre déchéance et les années qu'il avait vécues depuis cette époque, avaient eu largement raison de sa foi. Pour lui, la fidélité n'était qu'un concept utopique qui ne relevait que du rêve et de la mièvrerie. Son statu en faisait une cible privilégiée et il ne comptait rien laisser à la légère.
Chastity était une alliée intéressante. Terriblement attirante et utile pour ses expériences sur les Blood Tablet, elle promettait de lui devenir fort précieuse. Mais c'était également une aberration de la nature, une perversion de ce qui était déjà, à la base, une espèce viciée. C'était un cobaye qui utilisait des cobayes, une scientifique de talent dont les principes restaient obscures et contradictoires. La belle rousse était une amante fougueuse, une fille que la société admirait ou détestait...La tenir près de lui était une manière pour Jirômaru de crier au Monde de la Nuit qu'il jouissait d'une totale liberté quant au choix de ses serviteurs et conquêtes. C'était un véritable pied de nez à la Camarilla qui n'avait pas su la protéger de ses ennemis et qui avait tenté de s'emparer de ses secrets sans la considérer comme l'une des leurs. Oui, Chastity représentait beaucoup de choses, mais elle n'incarnait certainement pas la jolie petite jeune femme en laquelle on pouvait avoir une confiance aveugle. Ce n'était pas la confidente idéale.

Néanmoins, Jirômaru lui accordait ce soir un nouveau privilège : la garde de Raphaël. Plus que cela, il lui exposait son bras décharné, affichant sa faiblesse en arrachant son bandage. Il l'embrassait en la serrant contre lui, comme s'ils étaient ensemble depuis des années et lui pleurait dans le cou...Était-ce la fièvre qui le faisait agir de la sorte ? Ou était-ce tout simplement son affreuse solitude qui le poussait à considérer Chastity comme sa compagne ? Ses larmes étaient faites de douleurs physiques et morales. Elles représentaient toute la fatigue du vieux Vampire qu'il était, ses derniers échecs, son amour brûlant pour Sarah, sa peur de la perdre...Elles représentaient sa solitude intérieure et ses projets destructeurs qui le conduisaient à sa perte prochaine...Chastity, elle, représentait le baume qui viendrait apaiser ses souffrances le temps d'une nuit. Elle serait cet océan de douceur qu'une femme peut offrir à l'homme harassé. Jirômaru n'avait plus personne. Ses disciples, trop cérémonieux, trop souvent à ses côtés, l'exaspéraient. Ses calices devaient se reposer pour se remettre de leurs derniers tête à tête. Ilsa lui avait tourné le dos. Sarah restait chez elle et ne répondait même pas à sa dernière lettre...Le Vampire ne voulait pas dormir seul. Pas cette nuit. Il avait besoin de tendresse et d'affection. Il se sentait si démuni...si cruellement abandonné par le sort...

Heureusement pour le Comte, Chastity était venue afin de marchander la traque et le salut de Raphaël. Elle se trouvait dans la nécessité de mesurer ses propos et de faire preuve de douceur et de patience en sa présence. Il suffisait d'un mot pour qu'il condamne définitivement ses expériences. La belle scientifique le savait pertinemment. D'habitude, elle était déjà d'un naturel agréable avec lui, et leur folle nuit sous la verrière de son observatoire, à contempler les étoiles dans leurs yeux teintés de désir, prouvait assez bien qu'elle appréciait son aîné bien au-delà d'une simple alliance de circonstance. Mais ce soir elle devrait se montrer d'autant plus aimable et serviable qu'elle lui rapportait une mauvaise nouvelle et qu'elle avait une grande requête à formuler.
Jirômaru avait bien compris la situation de la jeune femme, et il aurait pu aisément en jouer pour obtenir d'elle tout ce qu'il voulait. Mais ce n'était pas pour cette raison qu'il lui avait intimé de disposer le linge humide sur son front...Non...C'était parce que la fièvre le dévorait et que sa température n'était plus supportable. C'était parce qu'il souffrait réellement et qu'il avait besoin d'aide. Ce soir, il voyait en Chastity une amante capable de soulager son mal de ses douces mains et de raviver chez lui une flamme qui vacillait dangereusement. Qu'elle s'exécute ne lui procura aucun sentiment de domination. Il n'eut pas l'impression d'avoir donné un ordre et de voir son serviteur suivre à la lettre ses exigences. Au contraire, il se découvrit presque suppliant et finalement heureux d'avoir une amie à ses côtés. Une fois le linge humide posé sur son front, son regard, dolent et fatigué, glissa quelques remerciements muets à la jeune femme.


- Merci... articula-t-il difficilement tandis que la jeune femme se penchait un peu au-dessus de lui pour observer son bras. Oui...tu vois ? Il m'a mordu et depuis un poison se répand sous ma peau...

Chastity se dit impuissante. Elle ne pouvait aider son aîné à soigner cette étrange plaie qu'il venait de lui révéler. L'ancien samouraï soupira doucement. Il s'y était attendu. Comment aurait-elle pu avoir la solution alors que même l'Occulis avait échoué ? Ainsi son dernier espoir de retrouver un jour l'usage de son bras se perdit sur ses joues humides de larmes. Tant pis pour lui...Au moins Sarah était-elle désormais de retour dans sa famille, en sécurité. Cette blessure avait valu le coût...
Mais, alors que le Comte allait abandonner la partie et congédier la jeune femme pour dormir et digérer cette terrible perspective, cette dernière l'invita à prendre contact avec celle que l'on nommait « la Sorcière » et qui avait des liens avec les fumeries d'Opium. Jirômaru resta interdit un moment, frissonnant au contact des belles boucles rousses de son amante qui glissaient dans son cou tandis qu'elle lui murmurait ses conseils à l'oreille avec toute la sensualité qui lui était propre.


- La...Sorcière ? Tu veux parler de Kate Lewis ? J'en ai déjà entendu parler...oui...

Le souffle chaud de la superbe créature qui s'occupait de lui, et ce nouvel espoir qu'incarnait cette fameuse Sorcière, rendirent au Comte une certaine vigueur. Ses larmes roulèrent le long de ses cils blancs alors qu'il embrassait avec envie les lèvres de sa consoeur. Jirômaru ne poussa pas la belle à se pencher au-dessus de lui pour réclamer en paiement de sa magnanimité quelques plaisirs charnels qu'elle se sentirait obligée de lui accorder. Il voulait simplement lui rappeler qu'il appréciait son corps autant que son esprit et qu'il lui pardonnait. Raphaël s'était enfui ? Ce n'était pas de sa faute. La faute incombait à Alastor. Ce dernier paierait tôt ou tard sa négligence, ou sa traîtrise...Pour l'heure, Chastity était ici en tant qu'invitée, et non plus en tant qu'alliée uniquement venue faire son petit rapport. Elle semblait réellement inquiète pour lui et l'ombre qui était passé sur son front en l'observant avait fait étrangement plaisir au vieux lord : la belle scientifique se faisait du mouron pour lui...C'était à la fois très plaisant de sentir qu'il avait tout de même réussi à se l'attacher autrement que par la force ou le chantage, et particulièrement gênant. Son cœur battait déjà plus fort depuis quelques minutes mais il s'accéléra encore aux douces paroles emplies de désirs que lui murmura son amante.
Jirômaru laissa Chastity essuyer tendrement ses larmes et le serrer contre elle. Dans le creux de son cou, ses lèvres laissèrent passer un long soupir. Le vieux Vampire était avide de caresses, avide d'une paix qu'il ne trouvait plus depuis des semaines.


- Tu n'es pas obligée...souffla-t-il alors que la jeune femme caressait déjà son torse et dégageait avec précaution les draps que le recouvraient.

Spoiler:
 

Cela faisait si longtemps qu'il ne s'était pas laissé faire ainsi. Lui qui était généralement acteur bien plus que spectateur ou patient, vit ses habitudes chamboulées par sa blessure. Mais il constata qu'il appréciait que sa partenaire prenne les initiatives à sa place et le domine pour extraire son désir à son rythme.
Épuisé après un tel effort, Jirômaru resta allongé, Chastity posée contre son épaule. Il lui caressa le visage, encore essoufflé de leur performance, et ferma les yeux, soulagé. C'était comme si ce moment avait effacé une partie de ses soucis et noyé ses douleurs dans la sueur. Il se sentait mieux, plus serein.


- Reste...Dors avec moi...fit-il à la jeune femme en soupirant. Je ne veux pas dormir seul...

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Chastity E. Stephenson
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MessageSujet: Re: Chaleureuse amertume [Comte, Chastity] [08/05/42] Sam 3 Juin - 20:17

Leurs souffles saccadés. La frénésie de leurs mouvements, le plaisir intense qui les avait envahis. Leurs odeurs et leurs cheveux mêlés. En laissant le Comte entrer en elle, Chastity avait une fois de plus satisfait leurs désirs. Elle s’était encore rapproché du Vampire, elle l’avait laissé prendre possession d’elle. Elle avait joui de son corps comme il avait joui du sien. Elle avait mené la danse avec dextérité pour le soulager de ses peines corporelles mais l’ardeur de son désir l’avait comblée. Après une danse des plus exquises, elle l’avait laissé atteindre le sommet de son plaisir à l’intérieur de son écrin de chair, sans savoir que cet acte aurait des conséquences qu’elle n’aurait jamais attendues.
En gémissant une dernière fois son nom, elle se figea quelques instants avant de s’allonger au côté du géant, la tête délicatement posée contre son épaule musculeuse. Elle ferma les yeux mais un sourire éclaira son visage lorsqu’elle sentit la main froide de l’homme passer sur sa joue. Ce geste tendre fit battre son cœur plus fort, ce qui l’étonna. Elle avait aimé lorsqu’il l’avait regardée comme un chat regarde sa proie, mais elle avait aimé davantage lorsqu’il l’avait couvée du regard comme une amante.

Chastity s’attachait à un homme dangereux. Elle s’attachait à un homme qu’elle avait prévu de trahir si les circonstances se montraient avantageuses pour elle. Et plus son attachement envers lui augmentait, plus sa loyauté faisait de même. La belle rousse aurait dû se montrer prudente, ses amours risquaient de la mener à sa perte. Mais là, dans les bras du Comte, elle se sentait bien. Elle se sentait désirée non seulement pour ses capacités physiques mais aussi pour son soutien moral. Au plus bas de sa santé, c’était elle que le Lord avant envoyé quérir.
Lorsqu’il lui demanda de rester, son cœur se gonfla un peu plus. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas passé la nuit en compagnie d’un homme… Elle devait reconnaître que cela lui manquait. Avec un sourire, elle se redressa un peu pour embrasser délicatement les lèvres froides du Vampire.


- Je reste… Je resterai aussi longtemps qu’il te plaira.

D’une main délicate, elle débarrassa le front de son amant d’une mèche de cheveux blancs et elle se tourna vers la commode pour se saisir de la bassine et du linge qu’elle avait laissé avant leurs ébats. Après toute cette action, le corps de Jirômaru était plus brûlant que jamais…
Délicatement, elle passa le linge sur son front, dans son cou et sur ses épaules pour lui redonner un peu de fraîcheur. Elle pris soin de ne pas mouiller le pendentif qu’elle n’avait pas quitté et repensa un instant à la personne qu’elle soupçonnait de lui en avoir fait cadeau. Au fond… Cette Spencer ne la gênait pas tant que cela. Elle savait qu’elle apporterait toujours au Comte des choses qu’une mortelle ne pourrait jamais donner. Elle savait que cet homme continuerait d’aimer d’autres femmes, cela ne la dérangeait pas. Après tout, elle était tout autant conquise par les plaisirs de la chair et prenait ses libertés en la matière…

Avec un sourire elle reposa la bassine et se rallongea à ses côtés, un bras passé sur le torse de son amant. Elle respira doucement son odeur, la tête posée sur l’oreiller, caressant nonchalamment sa peau d’albâtre.


- Quelque part, cela m’avait manqué… Ta présence m’avait manqué. J’ai tant de choses à te raconter sur les progrès de mes recherches…

Elle lui sourit, désireuse de savoir s’il tenait à converser un peu ou à récupérer. Elle se tenait au fait de ses envies et de sa santé. Chastity ne se rendait pas compte que son inquiétude sincère pour le Prince de la nuit était palpable. Elle espérait sincèrement qu’il recouvre sa santé le plus vite possible.


- Mais nous avons tout le temps pour ces préoccupations n’est-ce pas ?

Un long moment passa ensuite, pendant lequel elle ne fit rien d’autre qu’écouter la respiration du Comte et profiter de sa présence. Elle se sentait apaisée, contentée et surtout, elle n’avait pas l’impression de se trouver en terre inconnue, même si elle soupçonnait bon nombre des disciples du Lord de la détester.
Elle laissa son esprit divaguer, de réflexions en réflexions. Elle repensa à sa rencontre avec Alastor, au jeune Raphaël, aux réactions du Comte quand elle lui en avait parlé. Elle avait repensé à une façon de le capturer. Soudain, le visage mélancolique d’une jeune femme, dessiné dans un journal, lui apparut. Le nom prononcé par le Comte résonna à nouveau dans son esprit. Les yeux dans le vague, elle murmura.

- Eulalia Grey… Quels secrets cachez-vous… ?

Elle se tourna vers le Comte avec le regard brillant, caressant doucement une mèche de ses cheveux. Elle se rappelait que la jeune orpheline avait été adoptée par Lady Worlingham, une noble très respectable. Suffisamment respectable pour que le grand Jirômaru Keïsuke lui fasse l’honneur d’une visite.


- L’amour est la pire des faiblesses pour un homme aussi tempétueux que Raphaël… Crois-tu que tu pourrais faire en sorte de faire croire aux journaux mondains que tu comptes rendre visite à sa bienfaitrice ? Il n’en faudrait pas plus pour que notre homme sorte de sa cachette. Je n’aurais plus qu’à le cueillir…

Elle savait que le jeune homme possédait de dangereux pouvoirs. Plusieurs fois, elle avait surpris des conversations, de ci, de là. Il ne maîtrisait pas son don obscur, que l’on considérait comme dévastateur. La dégénérescence avait décuplé ses facultés destructrices. La jeune ingénieure eut un sourire en coin et donna au Comte un regard confiant.


- Il est peut-être dangereux et imprévisible mais s’il est incapable de se contrôler, je n’aurais pas de difficultés à prendre l’ascendant sur lui. Et j’ai quelques hommes de mains capables de m’assister, au cas où cela tournerait mal… Qu’en dis-tu ?

Elle se redressa sur son coude, voluptueuses, ses yeux d’ambres brillant d’une lueur d’intelligence qui la rendait éminemment originale et désirable. De ses doigts fins, elle replaça une de ses boucles rousses derrière son oreille et écouta l’homme lui donner son avis. Après qu’ils soient parvenus à une solution, elle posa doucement ses lèvres sur son front et caressa son visage.


- Nous devrions nous reposer un peu…

Doucement, elle passa ses bras autour de lui et remonta un peu la couverture sur eux. Ses bras ondulaient légèrement, comme pour le bercer, alors que sa voix légère fredonnait un air ancien qu’elle avait appris en français, il y avait très longtemps.


- Belle qui tient ma vie, captive dans tes yeux… Qui m‘a l’âme ravie, d’un sourire gracieux… Viens tôt me secourir, où me faudra mourir…

Elle attendit que le Prince de Londres soit emporté dans les bras de Morphée pour s’allonger à son tour et fermer les yeux, enveloppée par son odeur et son bras valide.

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MessageSujet: Re: Chaleureuse amertume [Comte, Chastity] [08/05/42] Mar 6 Juin - 20:48



Chaleureuse amertume

Le Comte Kei et Chastity Stephenson

Contre l'amertume de tes lèvres
J'ai rêvé
Contre ton corps d’Ève
J'ai péché

Alors Dieu murmura à mon oreille:
"Sois heureux, fils indigne,
Ton souffle blanchi, ton sang vermeil
De la vie seront les signes"


Demeure de Jirômaru Keisuke, 8 mai 1842

Chasity avait été une prostituée et sa grande expérience en avait fait une experte des arts du lit. Le Comte, perdu dans ses sombres projets et ses douleurs, l'avait presque oublié. De plus, les deux seules occasions qui leur avaient été données, dans le laboratoire et dans l'observatoire de la belle, ne lui avaient pas réellement permis d'apprécier ses talents. En vérité, il avait presque toujours gouverné l'échange, comme pour asseoir sur elle sa domination d'aîné et d'homme.
Mais, cette nuit, ce fut Chastity qui mena la danse et elle la mena bien. Quelle extase grandiose ! Quelle union mémorable ! La sentir ainsi presser son désir et gémir son nom avait transcendé son plaisir comme jamais ! Jirômaru venait de vivre une expérience nouvelle, bouleversante. Pourquoi cette fois-ci avait-elle été aussi belle ? Chastity avait mué sa solitude en une tendre réunion. Elle lui avait redonné espoir et, malgré la déception que son opinion au sujet de Raphaël avait provoquée chez lui, le vieux Vampire s'était senti plus proche d'elle que de n'importe qui d'autre. C'était une aberration, une paria, une femme qui n'appartiendrait jamais à un seul univers. Comme lui, elle cherchait la vérité et fantasmait un avenir pour l'Humanité. Comme lui, elle avait tout perdu il y avait longtemps et son âme demeurait creuse. Ce vide happait frénétiquement tout ce qui pourrait le combler. L'un dans l'autre, ils oublièrent leurs blessures et créèrent une nouvelle cohésion.

Lorsqu'il reprit conscience du monde qui l'entourait, le coeur battant, le souffle haletant, Jirômaru s'abandonna aux soupirs, délivré d'un poids qu'il n'avait pas soupçonné. Le corps de sa consoeur, voluptueux contre lui, l'apaisait tout à fait. Brûlant de fièvre et de sueur, le lord sentit que ses membres n'étaient plus capables d'exécuter un seul mouvement sans trembler. Il se trouva pitoyable, et pourtant il ne s'en soucia pas outre mesure. Chastity ne semblait pas avoir peiné durant leur superbe danse. Elle avait même eu l'air d'apprécier cette situation nouvelle et de prendre autant de plaisir que lui dans son application. Elle avait convaincu Jirômaru de ne pas culpabiliser de son état mais plutôt de se satisfaire du duo qu'ils venaient de former. Il pouvait donc fermer les yeux et respirer en paix la douceur de son parfum de femme.

Soudain, Chastity se soustraya à lui et il fronça les sourcils en la regardant s'éloigner. Elle le quittait déjà...? Non...Il voulait qu'elle reste avec lui, qu'elle dorme avec lui...! Il ne voulait pas que son regard incandescent le quitte maintenant. Il venait de le lui demander et elle venait de lui dire qu'elle restait ! Que faisait-elle ? Jirômaru eut presque un mouvement de panique qu'il ne s'était jusqu'alors jamais connu. La fièvre le rendait étrangement dolent mais également particulièrement sensible aux émotions qui le traversaient. Ce fut à ses yeux comme une trahison, un abandon qu'il vécut de façon totalement infantile.
Mais lorsqu'il réalisa que Chastity n'était pas partie pour remettre ses vêtements et l'abandonner mais bien pour se diriger d'un pas divinement souple jusqu'à la bassine d'eau pour revenir à ses côtés avec le linge humide, le Comte soupira de soulagement. Un peu honteux d'avoir eu si peur pour si peu de chose, il la laissa lui passer le linge sur le front, le cou et les épaules. Les gestes de la jeunes femmes furent doux et tendres, ce qui le calma tout à fait tandis que sa température baissait de quelques degrés.
Bientôt, Chastity rapporta le morceau de tissu sur la commode et revint prendre place dans le lit. Le Comte l'accueillit à ses côtés, heureux de pouvoir la tenir contre lui. Sa crinière de feu reposait en bataille sur l'édredon, libérée de sa tresse défaite. Jirômaru adorait cette couleur, proche du miel, de l'ambre, du soleil...Combien de femmes rousses avait-il désirées ? Étrangement, il n'en avait jamais aimées aucune comme il avait aimé Arame ou Sarah. Combien de femmes avaient donc réellement fait battre son coeur ? Là se trouvait la réelle question...à laquelle il ne préférait pas chercher de réponse.


- Je t'ai tant manqué ? fit-il d'une voix douce pour répondre aux aimables mots de la belle. Il déposa un baiser sur son front.

Chastity était désireuse de converser mais Jirômaru n'en avait plus la force. Il devait dormir. Déjà, son corps réclamait de nouveau du sang et du sommeil. Mais elle dut s'en rendre rapidement compte puisqu'elle lui murmura qu'ils avaient bien le temps de discuter des avancements de ses projets. Le grand Vampire lui sourit un peu. Elle prenait soin de lui, c'était à la fois charmant et étrangement dérangeant. Jirômaru n'avait pas l'habitude d'être bordé. Il rejetait généralement ses disciples lorsqu'ils venaient lui prodiguer leurs soins et n'acceptait que Ludwig.


- Plus tard...Je suis fatigué...

Le silence se fit. Chastity ne l'interrogea pas plus et se contenta de respirer contre lui. Jirômaru se perdit lui aussi dans ses pensées, quoiqu'elles furent insupportablement brouillées. Il songea à Miss Runaway et Miss Thornes qu'il n'avait pas pu faire répéter, puis il pensa à Crimson et à ses maigres chances de remporter le duel s'il ne guérissait pas avant d'être contraint d'y participer. Alors il se remémora les mots de son amante: la Sorcière pouvait le sauver. Mais qui était donc cette consoeur sortie de l'ombre depuis quelques années et qui ne s'était jamais présentée à lui ? Il l'avait laissée dans son coin, libre, un peu à la façon d'Alastor Drake, comme s'il avait senti son utilité première. Mais cela avait-il été judicieux ? Pouvait-il lui faire confiance ? En avait-il le choix ?

- Mmh ?

Chastity venait de prononcer le nom de la jeune Grey. Jirômaru se rendit alors compte qu'il était en train de s'endormir. Ce nouveau sujet le réveilla quelque peu et le renfrogna. Oui, la petite demoiselle semblait avoir un lien profond avec les Hunters et Raphaël lui avait presque avoué qu'il l'aimait. C'était là l'otage idéal à faire valoir pour remettre la main sur le Vampire. Mais que pouvait-il faire dans son état ?

- Je n'en ai pas la force...Chastity...fit-il en serrant un peu ses doigts sur l'épaule de son amante. Si je récupère assez et que je parviens à me réintégrer dans la vie mondaine, alors oui, je le pourrais.

Il suffisait d'une lettre, mais le Comte ne pouvait se permettre que les citoyens imaginent qu'il était rétabli et viennent le harceler chez lui. Il devait d'abord voir la Sorcière et tâcher de tuer ce mal qui brûlait ses dernières forces, avant de s'occuper de quoi que ce soit d'autre. Les Hunters, les Sectes et même Sarah n'étaient plus à sa portée pour l'heure...et cela le rendait fou.

- Je t'ai dit qu'il était tien, fais-en ton jouet...Je ne m'impliquerai pas outre mesure: je risque de le tuer...

La belle scientifique dut percevoir la lassitude du grand Vampire puisqu'elle jugea qu'il était l'heure de se reposer. Elle se blottit contre lui, remonta les couvertures sur leurs corps nus et récita une pavane française du XVIème siècle. Jirômaru la connaissait, mais son propre français était dénaturé par son accent anglais et il fermait déjà les yeux.

- Ou me faudra...mourir... murmura-t-il en s'endormant tout à fait,
comme s'il rendait lui-même son dernier souffle.


********************

Le Comte dormit quelques heures seulement, mais ces heures furent réparatrices, du moins plus réparatrices que les dernières nuits qu'il avait passées. Lentement, il s'était recroquevillé sur lui-même, comme un enfant. Incapable de bouger son bras gauche, il s'était retourné plusieurs fois avec pénibilité, avant de trouver finalement une position plus confortable, en forme de cuillère, pour accueillir dans le creux de son corps celui de la belle rousse. L'un contre l'autre, ils avaient dormi dans la paix, sans qu'aucun disciple ne vienne les déranger. La lampe s'était éteinte, la mèche noyée dans son huile, et le souffle d'une légère brise vint apporter à la pièce une fraîcheur bienvenue pour les deux êtres de la nuit. Dehors, l'orage menaçait.
Vers 4h30 du matin, Jirômaru ouvrit doucement les yeux. Il remua péniblement et grogna en reprenant vie. Une soif terrible étreignait sa gorge. L'odeur de Chastity, ainsi que celle de son propre corps, envahirent ses narines. Ils sentaient la sueur et la luxure, le parfum et l'alcool médical. La nausée le prit. Tandis qu'il se mettait sur son séant, la porte s'ouvrit sans un bruit et Alphonse passa la tête par son entrebâillement.


- Monseigneur...?

- Ludwig. pesta le Comte en mettant une jambe hors du lit.

Le majordome esquissa une courbette et disparut rapidement. A peine une minute plus tard, ce fut la longue chevelure blonde de Ludwig qui le remplaça. Jirômaru leva les yeux sur lui tandis que l'Allemand se penchait sur la lampe pour replacer la mèche et la rallumer. Dans la douce lueur de sa jeune flamme, le Calice des calices apparut dans toute sa splendeur. Cet homme était décidément magnifique. Filiforme et élancé, ses muscles tendus saillaient sous sa chemise d'un blanc éclatant de dentelles et jabots plus élégants que ceux d'un marquis. Son regard glacé et ses lèvres pincées lui donnaient un air languissant et ses longues mains allongées rappelaient ses dons de pianiste. Le petit sourire qui pointa à la commissure de ses lèvres en dit long sur le plaisir qu'il prit en voyant ainsi son maître le dévorer du regard. Mais, dans son humilité et sa volonté de le servir, il oublia bien vite ses propres désirs pour s'avancer vers lui et poser genoux à terre.


- Mon maître...?

Jirômaru lui sourit faiblement. Ses canines pointaient déjà entre ses lèvres desserrées. Son calice jeta un bref regard à Chastity et tendit docilement le cou en ouvrant sa chemise jusqu'à trois boutons. Le Comte frémit en saisissant sa nuque pour le rapprocher de lui et un long soupir d'envie ronronna dans sa gorge tandis qu'il passait sa langue contre sa jugulaire. Doucement, il planta ses canines un peu plus bas, dans le trapèze du jeune homme, et se mit à lui aspirer la vie. Ludwig ne grimaça pas, il ne grimaçait plus depuis longtemps, mais il n'offrit pas non plus de visage transcendé par le plaisir. Il resta muet, souple et confiant. Son coeur battait la chamade, passionné par l'étreinte du Vampire, fasciné par sa nature aussi monstrueuse que sensuelle. L'extrémité de ses doigts se mit alors à trembler légèrement et le Comte fronça les sourcils avant de se détacher de lui. Il recula son visage maculé au menton gouttant de sang et lui jeta un regard malade.

- Repose-toi...Mange...J'ai besoin que tu sois en forme Ludwig.souffla-t-il en passant le dos de sa main valide sur sa bouche ensanglantée. Appelle John. Miss Stephenson a besoin de se sustenter elle aussi.

- Bien, my lord. fit le calice en se relevant lentement. Il parut un peu froid, sans doute vexé par la brièveté de son utilité.

Le Comte l'observa avec suspicion tandis qu'il regagnait la porte. Ludwig manquait de sang, il n'avait pas refait ses réserves depuis qu'il avait bu à son cou pour la dernière fois. Il fallait absolument qu'il se méfie de sa santé s'il voulait encore lui servir...
Jirômaru se passa une main sur le front. Il brûlait toujours de fièvre et ses sens demeuraient faibles et désorientés. Son bras gauche le tiraillait, comme si ses chairs tentaient de se dissoudre en lui. Il avait l'impression qu'un puissant acide le rongeait et que ses os commençaient à en pâtir. Avec maladresse, il se rallongea. Chastity en fut un peu secouée et il la réveilla en lui caressant le visage.


- Chastity...l'aube ne va pas tarder...

Alphonse revint avec John. C'était un jeune homme de 26 ans, particulièrement bien fait. Le Comte l'avait désigné pour ses traits, presque parfaits, et parce qu'il pensait qu'un homme ferait plus plaisir à son amante qu'une femme. John était docile, comme tous les calices de sa maison, mais il était également jovial.
Son sourire mettait de bonne humeur et ses chemises, parfois extravagantes, faisait beaucoup rire les filles du domaine. Il était charmant, bien éduqué et facile d'approche.
Jirômaru l'invita à s'avancer vers le lit et lui fit comprendre qu'il serait de bon goût qu'il s'agenouille du côté de Chastity. Le bel Anglais obéit aux regards de son maître et fit un grand sourire à sa compagne tout en se rapprochant du bord du lit. Ses yeux noisettes pétillaient d'une joie étrange à cette heure,
mais c'était sa nature et il semblait heureux de servir les hautes strates de l'aristocratie. Comme Ludwig, il déboutonna sa chemise, qui elle était d'un mauve inconcevable pour l'époque, et tendit le cou. Sa peau était lisse, comme s'il n'avait pas été mordu depuis des mois. Il se laissa faire.
De son côté, Jirômaru se leva, aidé par Alphonse qui le soutint, et se dirigea vers la bassine d'eau. Il y plongea le tissu et s'épongea de nouveau le front avant de laisser au majordome la tâche de le lui passer dans le cou et sur le dos. Puis, il lui réclama son peignoir. Sur le moment, Alphonse ne le trouva pas. Enfin, après quelques coups d'oeil près du lit, il le retrouva en boule sur la tapis. Il le défroissa un peu avant de le passer aux bras de son maître et d'en fermer la ceinture sur ses larges hanches.


- Laissez-nous...fit le grand Vampire en regagnant le lit.

Alphonse courba l'échine et attendit que John ne revienne vers lui pour sortir en sa compagnie. La porte fut fermée avec délicatesse et bientôt le silence revint s'emparer de son atmosphère. Le Comte grogna un peu en s'installant dans le lit. Puis, une fois redressé contre son oreiller, il attrapa doucement une des mèches de Chastity et enroula son doigt autour.


- Parle-moi des progrès de tes expériences...Qu'as-tu découvert ? demanda-t-il intrigué. Quant à Raphaël, pour en revenir à notre discussion de tout à l'heure, il est plus que dangereux...Son regard s'assombrit. N'oublie pas que s'il est capable de me résister, c'est que son pouvoir est bien plus grand que ce que nous avions imaginé...

Jirômaru ne comprenait toujours pas comment le jeune Vampire avait pu sortir de la Salle Noire. Cet exploit l'avait convaincu de la nécessité de l'éliminer. Pour lui, si le Hunter était capable d'échapper à son plus grand pouvoir, c'était qu'il était capable de le terrasser un jour et cela il ne pouvait le permettre. Pas maintenant.



Contre l'horreur de tes veines
J'ai songé
Contre ton coeur de peine
J'ai pleuré

Alors le Diable me tendit la main:
"Sois heureux, sublime bâtard,
Tes sens réveillés, tes plans pour demain
Conçoivent qu'il n'est jamais trop tard"



Made by Neon Demon




> Jirômaru Keisuke <

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Chastity E. Stephenson
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MessageSujet: Re: Chaleureuse amertume [Comte, Chastity] [08/05/42] Dim 2 Juil - 21:26

Chastity s’était endormie lourdement. Ses ébats avec le Comte avaient relâché ses muscles. Sereine, vidée de toute énergie, elle s’était laissée tomber sur le matelas, lovée sous les couettes, tout contre le corps puissant du Lord. La nuit était passée relativement vite, elle n’entendit pas les premiers chants des oiseaux ni les premiers travailleurs qui partaient aux aurores. Elle ne broncha pas quand l’homme se réveilla et appela Ludwig. Seul le sursaut que le Comte imprima au lit en se rallongeant lui fit lâcher un petit soupir. La sensation de sa peau froide contre la sienne, son souffle près de son visage… Doucement, elle papillonna des yeux et s’étira à la manière d’un chat, tout en gémissant légèrement.

- L’aube… Déjà ?

Elle était si bien dans cette chambre alourdie par les effluves d’amour et de mort qui y circulaient. Doucement, elle se releva, entourée d’un drap qui cachait à moitié sa nudité, alors que ses cheveux roux tombaient en cascade sur la courbe blanche de son dos. Elle avait faim, bigrement faim. D’habitude, elle se nourrissait de Blood Tablets mais, cette fois-ci, son corps réclamait du sang humain. A demi allongée, telle une matrone romaine, elle regarda le jeune homme qui venait d’entrer. Il était très bien fait de sa personne, plutôt sympathique de physionomie… Si la nuit n’avait pas été aussi intense en activités physiques, elle aurait volontiers passé du temps avec le bel homme.

La belle vampire le laissa mettre son torse à nu et laissa sa bouche courir le long de sa nuque alors que ses doigts fins effleuraient son torse sculpté. Elle était subtilement érotique, nue dans ses draps. Délicatement enfin, elle mordit le calice avec un sourire et savoura le liquide chaud qui envahit sa bouche. Elle ressentit un plaisir immense lorsqu’elle commença à boire. Le sang lui ferait sans doute un peu de mal à la digestion et elle devrait se sevrer pendant plusieurs mois, mais la richesse de l’instant présent la combla. De ses mains habiles qui caressaient le torse de l’homme, elle pu apprécier chaque détail de sa musculature en frissonnant de plaisir. Enfin, elle le relâcha, rapidement rassasiée, gratifiant d’un coup de langue puissant la plaie qu’elle laissait sur la peau : deux petits trous, nets, d’une précision chirurgicale.

Avec un sourire, elle le laissa se redresser et elle enfila ses sous vêtements, raccrochant ses lacets et ses agrafes aussi facilement qu’elle les avait enlevées. Elle se rallongea, alanguie, à côté du Comte en chemise et le laissa balader ses doigts dans ses cheveux roux. Elle sourit lorsqu’il lui demanda des nouvelles de ses expériences , la jeune femme esquissa un fin sourire. Evidemment, elle ne manqua pas d’entendre les inquiétudes de son amant à propos de Raphaël. Tout en fixant le plafond, elle leva une de ses mains blanches, comme pour saisir le vide.



- Je n’oublie pas la menace que représente le Sieur Veneziano… Mais je n’agirai pas seule. Le Conservateur aura intérêt à m’aider… Je peux également rallier quelques sbires à ma cause sans trop de complications. Il est peut-être porteur de grands pouvoirs mais vous l’avez affaibli. Il ne tiendra pas sous l’effet de surprise et la supériorité numérique.

Elle se tourna un peu vers lui en réfléchissant à ses expériences. Sa main se déplaça doucement sur l’abdomen du Comte, détaillant ses formes, les bosses de ses muscles ; tout doucement.



- J’ai remarqué que l’enfermement dans une cellule créait un climat d’emprisonnement qui n’était pas propice à la guérison. J’ai sorti un des sujets pour lui offrir une chambre à l’étage. Il a le droit de se promener dans les pièces que j’ai choisi de lui ouvrir, tout en restant assigné aux limites de mon domaine. Le traitement semble fonctionner sur lui. Les crises dues à sa dégénérescence se sont calmées, son état est stabilisé, je me hasarde presque à espérer une régression d’ici quelques années de traitement intensif.

Elle se tourna un peu pour le regarder dans les yeux. Elle aurait pu rester à détailler ainsi son visage de porcelaine pendant des jours entiers. Il était beau, beau comme un dieu. Elle avait envie de rester près de lui, ce Prince de l’Ombre, cet oiseau blessé qui cachait une puissance fantastique.


- Cependant, le deuxième sujet a longtemps refusé de s’alimenter. J’ai tout essayé pour lui faire prendre son traitement, jusqu’à des méthodes plus… Musclées. Rien n’a fonctionné, je crains que la dégénérescence ne soit en train de venir à bout de lui, à mon grand regret. Cela m’aura au moins permis de déterminer les méthodes optimales pour donner un élan à la guérison… J’ai encore pu avancer sur la composition de mes Blood Tablets. Je commence également à réfléchir à un moyen plus efficace pour favoriser l’ingestion des composants de mon remède.

Maintenant allongée sur le ventre, les coudes relevés pour soutenir sa tête, elle arborait un air pensif. Cependant, le fond de son œil brillait de ce grain de passion propre aux scientifiques.



- Je me demande dans quelle mesure un liquide injecté directement sous la peau ne serait pas plus efficace qu’une simple prise de cachets… En cas de crise, les composants passeraient plus vite dans les tissus pour faire leur office. Je tente d’élaborer la version liquide en ce moment même mais le travail s’annonce colossal.

Elle avança sur le lit et embrassa doucement le front du Comte, caressant son visage de ses boucles flamboyantes.


- Si je suis certaine d’une chose… C’est qu’en guérissant Raphaël, je pourrais arriver à guérir n’importe quel Vampire. Nous pourrions mettre le hola à ce mal qui nous ronge tous. Ce serait formidable…

Quelques temps plus tard, elle entendit des domestiques piétiner derrière les portes. Son ouïe fine décela quelqu’un en train de grommeler. Visiblement, cela signifiait pour elle la fin des réjouissances… En soupirant, elle se releva, non sans avoir épongé le visage de son amant une dernière fois. Elle enfila sa robe, tressa négligeamment ses cheveux, sans quitter le géant des yeux. Elle savait qu’il la trouvait désirable et son regard sur elle avait le don de lui procurer une sensation grisante toute particulière. Elle enfila son manteau noir d’un ample mouvement et replaça son grand chapeau ainsi que le voile qui cachait son visage et le protégeait des rayons du soleil. Une fois prête, elle se rapprocha du Comte et serra sa main puissante dans ses menottes gantées.



- Je souhaite que votre entrevue avec la sorcière soit fructueuse… je serai dans l’attente de vos nouvelles.

Doucement, elle approcha ses lèvres de celles de l’homme en relevant son voile noir. Elle lia doucement sa bouche glacée à la sienne avant de lâcher, dans un dernier soupir alangui :



- Fais attention à toi…

Chastity quitta la chambre du Comte la tête haute. Elle était sans doute entourée d’ennemis ou, au mieux, de sbires méfiants. Mais elle s’en moquait bien. Son impertinence était le meilleur moyen de se défendre face à ces ignares. Un jour, un jour peut-être, elle finirait par installer son propre pouvoir sur cette ville gangrénée. Son savoir et son industrie la sauveraient.

Pourtant, elle était loin, très loin de savoir qu’elle portait à présent quelque chose qui pourrait faire basculer le destin de nombreuses créatures de la nuit.


[HRP] Fin du RP avec le Comte, suite à définir. [/HRP]
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MessageSujet: Re: Chaleureuse amertume [Comte, Chastity] [08/05/42] Mar 8 Aoû - 0:07



Chaleureuse amertume

Le Comte Kei et Chastity Stephenson

Lorsque ton rêve devient mon cauchemar
Ne dois-je pas briser tous tes espoirs ?


Demeure de Jirômaru Keisuke, 8 mai 1842

L'aube pointait déjà le bout de son nez et il allait être dangereux pour Chastity de sortir. Il était temps de se quitter. Et pourtant, le Comte avait tout de même pris la peine de faire venir ses calices, afin qu'ils se sustentent tous deux.
La belle rouquine but au cou de John. Jirômaru l'observa, sans pudeur, se restaurer à son rythme. Elle semblait se délecter du sang du jeune homme avec un plaisir apparemment non feint. Pourtant, le Comte en put s'empêcher de songer en son fort intérieur qu'elle jouait peut-être la comédie malgré cet air ravi qu'elle affichait. Lors de leur première rencontre, dans la chaufferie de l'Opéra, elle avait clairement manifesté son dégoût du sang humain. Sa nature, quelque peu bâtarde, altérait ses envies et ses besoins. Ce n'était pas un Vampire comme les autres, d'où ses nombreux surnoms désagréables comme le "Cobaye" ou "l'Aberration". La voir ainsi apprécier le sang de John intriguait le vieux Vampire. Peut-être en avait-elle besoin mais à des fréquences moindres que les "vrais" Vampires ? Il ne savait pas encore comment la considérer. Sa position parmi les êtres de la nuit demeurait incertaine. Ce qui perturbait beaucoup ses semblables, c'était que l'on savait qu'elle pouvait parfois paraître en plein jour, la peau simplement cachée sous des tissus épais et une ombrelle, chose que le Comte lui-même était incapable de faire malgré ses six cents ans d'expérience...A quel point Chastity faisait-elle partie de leur race maudite ? Jirômaru savait qu'il faudrait qu'il se renseigne bientôt et la pousse à lui répéter son histoire avec plus de détails. Il ne pouvait plus se permettre de s'entourer de personnages mystérieux. La dissimulation amène souvent la traîtrise, il était bien placé pour le savoir...
Après le passage des calices, et une fois qu'il les eut tous les deux congédiés, le Comte s'était installé pour discuter un peu. Il se sentait légèrement mieux depuis qu'il avait dormi et, même si son bras le torturait toujours, il désirait s'entretenir avec sa belle compagne quant à l'évolution de ses expériences. Après tout, le sujet des Blood Tablet l'intéressait particulièrement et il lui avait même prêté deux de ses sbires les plus dégénérés afin qu'elle mène ses enquêtes scientifiques sur des cobayes dignes de ce nom. Evidemment, les pauvres gaillards n'avaient pas été volontaires et le Comte ne se souciait guère de leur survie, mais il brûlait de curiosité quant aux pratiques de sa consoeur et à ses avancées. Il la questionna donc un peu, avec légèreté, afin de clore leur petit rendez-vous sur le rapport que la jeune femme lui devait.
Le vieux Vampire écouta la belle lui apprendre qu'un des deux cobayes avait obtenu des permissions qui ressemblaient à celles d'un hôte afin de lui octroyer un environnement plus favorable à sa "guérison". D'après elle, après avoir procédé à de nombreuses observations, il fallait éviter les conditions stressantes pour que ses "médicaments" fassent plus d'effet sur leur organisme. Il appris aussi que le second cobaye, à contrario, refusait de se nourrir et laissait sa dégénérescence le dévorer. Elle était pessimiste quant à sa survie. Pour elle, tenter l'expérience sur Raphaël serait d'un intérêt tout particulier. De plus, développer une formule liquide des Blood Tablett, que les Vampires pourraient s'injecter directement dans le sang à l'aide de seringues, lui semblait plus pertinent pour traiter ce mal qui les rongeait tous un jour. Le Comte se fit pensif. Il l'écoutait avec avidité, mais aussi avec une certaine dose de scepticisme: "soigner" les Vampires de la dégénérescence n'était pas son but. Pour lui, le développement des Blood Tablett devrait aller jusqu'à bannir toute trace de vampirisme...voilà la direction dans laquelle il souhaitait faire évoluer les expériences...Telle était sa volonté. Faire durer l'espérance de vie des Vampires ne l'intéressait pas. Cela allait même à l'encontre de ses plus grands projets. Cependant, faire croire à Chastity que son but restait louable aux yeux des siens était le meilleur moyen pour la pousser à travailler sur les cachets et à les améliorer au maximum. Un jour, peut-être, il pourrait lui souffler dans le creux de l'oreille que le mieux serait de couper la soif de tous. Pour l'heure, éviter que les Vampires ne deviennent fous et incontrôlables était déjà bien.


- Intéressant... fit-il dans un murmure rauque. Une version liquide pourrait effectivement s'avérer très utile. L'efficacité d'un produit injecté directement dans le sang est prouvé depuis longtemps...C'est une excellente idée. Quant au confort des cobayes pour leur éviter trop de stress, tu as évidemment la liberté de le tester. Du moment qu'ils ne sortent pas de ta demeure...

Jirômaru ne craignait pas les deux hommes, loin de là, mais les laisser en liberté risquait de provoquer des scandales au coeur de la Nuit. Certes,
il restait le Prince de Londres et c'était son droit de "punir" les plus dangereux d'entre-eux,
mais cette fois il aurait bien du mal à trouver une véritable excuse pour justifier cette forme de "torture" sur ses confrères. Travailler avec "l'Aberration" et la fréquenter était déjà dangereux pour son image, si en plus ses expériences sur les siens s'ébruitaient, il risquait de se faire de nouveaux ennemis, voire même de trouver des Vampires assez hardis pour remettre en question son statut de maître. Et puis, des dégénérés lâchés dans la nature risquaient tout simplement de faire beaucoup de dégâts. Il suffisait d'une crise de folie pour que les cobayes se mettent à assassiner tous ceux qui auraient le malheur de croiser leur route. La Camarilla se chargerait de faire disparaître les cadavres et les preuves, les Primats pourraient effacer les mémoires, mais la faute retomberait tout de même sur lui car un lien serait rapidement établi entre eux et sa bande d'Indépendants.


- Si Alastor Drake t'aide réellement, ce dont je doute toujours, il faudra qu'il promette le silence sur ces expériences...Je ne pourrais gérer une révolte massive si nos petits arrangements viennent à se savoir. Je suis fatigué et je n'ai plus l'usage de toutes mes capacités...ajouta-t-il en jetant un regard peiné à son bras paralysé prêt de lui. Tente de ne pas y mêler trop de personnes. Moins de curieux nous auront dans les pattes et mieux nous nous porterons. Alastor jouit d'une position ambiguë par rapport à mon autorité, je ne veux pas qu'il détienne sur moi plus de pouvoir qu'il n'en a déjà.

Entre ses confidences et ces aveux de faiblesses, le Comte semblait faire aveuglément confiance à Chastity. Ce soir, il se dévoilait à elle, dans toute sa nudité, au sens propre comme au figuré.

- Tiens-moi au courant. Si un des cobayes meurt, ce n'est pas important. Sois prudente, surtout si tu trouves Veneziano.

Lorsque Chastity remis son manteau sur ses épaules, le Comte soupira. Il se sentait lourd de responsabilité et son immobilité le démoralisait au possible. La belle serra sa main dans les siennes et lui souhaita un prompt rétablissement, notamment grâce aux bon soin de la Sorcière.

- Nous verrons bien ce que valent toutes ces rumeurs...fit-il d'un ton laconique.

Jirômaru laissa la belle l'embrasser sur les lèvres et lui rendit son baiser avec fougue. Son regard glacé toucha celui de sa consoeur, toujours aussi désirable et flamboyante dans son écrin d'automne. Son visage était magnifique.


- Je n'oublierai pas cette nuit...dit-il avec ferveur.

Chastity quitta la pièce et fut accompagnée d'Alphonse qui ne pouvait s'empêcher de lui jeter des regards suspicieux. Jirômaru se retrouva seul. Dans son esprit se formèrent de nouveaux plans. Ses stratégies s'étaient en partie effondrées avec l'attentat du théâtre, mais il avait encore quelques pions à placer sur son échiquier à demi-calciné. Si la Sorcière était à la hauteur de sa réputation et qu'elle parvenait à guérir ce bras de malheur, alors le Monde de la Nuit ne tarderait pas à être bouleversé. Il était si près, si près du Père...et pourtant si loin.


[HRP/ Fin du RP avec le Comte. Suite dans "Pour un souffle de plus"/HRP]

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> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
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Chaleureuse amertume [Comte, Chastity] [08/05/42]

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