L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Uwabami Haiko ~ Mon obsession vous tuera ~

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Uwabami Haiko
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Date d'inscription : 04/07/2017
Nombre de messages : 1
Race : Chimère
Classe sociale : Marginal
Emploi/loisirs : Satisfaire sa soif de connaissance
Age : 32 ans
Age (apparence) : La trentaine
Proie(s) : Alchimistes, les faibles
Crédit Avatar : Alex-J-Crow DeviantART
MessageSujet: Uwabami Haiko ~ Mon obsession vous tuera ~ Mer 5 Juil - 17:26



Uwabami Haiko




~ Priez pour vous pauvres pécheurs, maintenant à l'heure de votre mort~



Fiche d'identité




Prénom: Uwabami (nom de transformation signifiant le python en japonais donné par son créateur. Son réel prénom, c'est à dire, celui donné par ses parents, est Kiseki qui signifie le miracle)
Nom: Haiko (à la base son prénom d'adoption qu'il garde en nom de famille en souvenir de ces longues années passées. Signifie l'enfant des cendres. Son nom de naissance est Byron.)
Surnom: Le Serpent, l'Ignoble, le Monstre, l'Orphelin, le Déchu.
Sexe: Homme
Âge réel: 32 ans
Âge d'apparence: La trentaine
Origine: Asiatique de par sa mère. Il ne sait rien sur sa propre famille mais possède un nom japonais et sait le parler. L'homme qui l'a recueilli le considère donc comme un immigré japonais. Cependant il possède des origines également européennes du côté de son père qui fut un Londonien de pure souche.
Classe sociale: Uwabami ne considère pas appartenir à la société anglaise. Il ne se sent ni pauvre ni riche, simplement aisé de son savoir. C'est un marginal qui se plaît cependant à se vêtir à peu près correctement afin de se fondre dans la masse.
Emploi: Aucun, s'il survit c'est par ruse et crime...




Race: CHIMERE



Type de Chimère: Uwabami est une chimère à base humaine. Lors d'une expérience organisée par un alchimiste il fut mêlé à un serpent, le python du zoo qui s'est échappé. Très venimeux, il possède des crocs capables de transpercer la peau provocant ainsi une vive douleur avant l'injection du venin. Dès lors son corps dut subir d'étranges changements qui font de lui un véritable homme-serpent. Sous sa forme chimérique les changements se font bien plus brutaux. Son corps s'allonge considérablement déformant ainsi ses membres. Ses jambes laissent place au corps du python ne laissant que le buste et les bras indépendants de l'enveloppe reptilienne. Le corps recouvert de milliers d'écailles vertes foncés, il peut se déplacer aussi bien en rampant qu'en se propulsant avec ses bras afin d'attraper sa proie ou bien de la fuir. Sa langue alors fendue en deux devient pointue et ses crochets sortent entièrement de sa mâchoire. Ses pupilles se dilatent et son visage se fait plus pointu à l'image d'une gueule de serpent. Sa force et sa souplesse sont ainsi décuplés. Il obtient une vitesse phénoménale. Néanmoins il s'agit d'une forme de dernier recours. Elle n'intervient que lorsqu'il est en danger de mort et lui permet de s'en sortir in-extremis non sans séquelle. D'abord terrorisé à l'idée de mourir dans d'atroces souffrances il agit dans la précipitation avant d'être aveuglé par le sang et de se déchaîner. Les conséquences sont problématiques. Au retour de sa forme humanoïde il est vidé de toutes ses forces. Les membres tremblants il tombe alors inerte et peut rester inconscient des jours entiers avant de se réveiller fiévreux, frissonnants, malade.

Allégorie: Uwabami représente l'allégorie de l'Obsession. Sa transformation a fait de lui un être tout à fait abominable, obnubilé par le fait de retrouver sa puissance d'antan. La chimère est prête à tout afin d'atteindre son but et de se venger. Il est prêt à oublier tout ordre moral, s'il lui en reste depuis la trahison de l'alchimiste, à sacrifier n'importe qui n'importe quoi afin d'arriver à ses fins. Toutes ses entreprises deviennent obsessions au point qu'il est capable de se priver de ses besoins vitaux afin de les satisfaire. Ses obsessions sont une part de lui, sans elles il n'a plus de raison d'emprunter le chemin de la vie.




Description physique



Taille: 1m83
Poids: 68 kilos
Yeux: De serpent, verts en amande.
Cheveux: Longs cheveux noirs, lisses et fins

Description détaillée:
Journal du Dr Kellington


Le 31 octobre 1836, 21h27:

Uwabami est un homme assez grand pour ses origines tenant certainement cela de son géniteur. Elancé, il possède une souplesse qui n'égale que celle de l'animal auquel je l'ai mêlé : le serpent. Son corps est ainsi tout en finesse, je pourrai presque le qualifier de maigre si je ne connaissais pas sa véritable nature. Il arbore cependant une fine musculature due à quelques techniques de corps à corps que je lui ai enseignées durant son adolescence. Ses mains sont toujours aussi longues et fines, ses ongles n'ont pas poussé plus que de nature. Je remarque que ses cicatrices n'ont pas disparu, il possède toujours ces mêmes cerclages autour des poignets et ces quelques balafres dans le dos...
Ce qui m'a tout d'abord frappé chez lui la première fois que je l'ai vu c'est son teint pâle. D'un blanc neige enfant, il est devenu blême après la transformation. J'ai parfois l'impression d'avoir fait une erreur, il a l'allure d'un cadavre. Ainsi son visage paraît livide, terne, sa peau colle à ses os ce qui lui donne un air bien trop fin pour son âge. Il possède des yeux tout à fait particuliers qui font ressortir l'ADN de l'animal implanté en lui. Ses yeux sont ainsi similaires à ceux d'un serpent. Ses pupilles sombres traversent d'un trait vertical ses iris d'un vert émeraude sertis de quelques rayons dorés. En amandes, ils sont l'héritage de ses origines asiatiques et européennes. Sa bouche fine et étirée sous-plombe un nez aquilin. Je crois que si je ne l'avais pas élevé j'en aurais éprouvé de la crainte en le voyant. En soulevant sa lèvre supérieure ce que j'ai pu constater est des plus intéressant. Il ne s'est pas contenté d'arborer l'allure d'un serpent ! Ses canines se sont allongées et sa gencive supérieure s'est légèrement épaissie. Je suppose que sous cette dernière se trouvent les glandes sécrétrices du venin, serait-il capable de mordre et d'empoisonner à son tour comme le fait le reptile ? Voilà une chose que j'étudierai plus profondément. Enfin en écartant sa mâchoire j'ai pu observer une modification de sa langue. Celle-ci me paraît bien plus grande et presque étirable… Je me pose cependant la question, au vue de ses observations a t-il également la particularité d'être sourd comme les serpents ? Cela m'intrigue… En continuant mes expériences j'ai eu le loisir d'entailler sa peau et d'observer la réaction. De légères écailles se mettent à la recouvrir, est-ce un système de protection ? Je n'en sais pas plus, il s'agit de ma première chimère, réagirait-il de la même manière si je l'avais couplé à un chien ? Son physique des plus particuliers a l'avantage au moins de me donner une bonne raison de continuer à le garder enfermé...

Le voilà qu'il se réveille...


Vêtements: Uwabami n'est pas un homme très coquet. Il ne fait guère plus attention à son apparence qu'à celle des autres, ses vêtements sont ainsi des plus simples. S'habillant de tuniques noires à manches longues rappelant sa captivité ou bien d'une chemise ample sombre avec un pantalon tout aussi noir, Uwabami fait dans la sobriété. En réalité il s'en fiche, il ne se regarde pas, ce n'est pas ce qui l'intéresse. Afin de passer inaperçu entre les passants la chimère se couvre d'un long manteau sombre et s'amuse à copier les bourgeois en coiffant sa tête d'un chapeau haut-de-forme. Parfois pieds nus afin de mieux sentir la terre, les graviers, les galets sous sa peau il daigne dans les zones trop peuplées se chausser de bottes.

Particularités:  Le jeune homme ne ressemble plus à un humain ordinaire… En dehors de ses traits asiatiques et de sa pâleur effrayante, Uwabami porte comme mentionné ci-dessus les caractéristiques d'un serpent. Ses yeux de serpent, ses canines semblables à ses crochets, sa langue étirable lui donnent un véritable air reptilien.  





Caractère



En public: L'homme est peu sociable. Non pas qu'il s'agit pour lui d'une volonté de se mettre à l'écart mais plutôt qu'il n'a jamais vécu en société. Il ne connaît pas les rapports humains, ne sait comment sympathiser ni même s'il est capable de se montrer agréable. Tout ceci lui est inconnu si bien que pour se protéger il se montre assez agressif, peu courtois, sombre, silencieux et même sauvage. S'il se montre poli, respectueux et aimable c'est uniquement dans son propres intérêt. Sa confiance en l'être humain étant altérée, il ne porte absolument aucun amour à cette forme de vie et donc aucun intérêt à la vie d'autrui. Pour lui les personnes sont abjectes, pire que des déchets, capables de se cracher dessus, de se mentir, de se détruire pour des futilités puis de pleurer à la perte de l'un des leurs qui pourtant n'a jamais été aimé. Il ne comprend donc rien en cette logique et s'amuse parfois à jouer avec ces comportements. Il ne ressent ainsi que du mépris et chaque personne qu'il croise n'a pour lui qu'une utilité : l'amusement, la proie, l'arme. Malgré tout, dans des terrains peu favorables à son épanouissement personnel il lui arrive de faire des efforts si autrui ose lui adresser la parole. Il devient alors un tout autre homme. Suave, l'oeil malicieux, il se montre flatteur, respectueux quoique des plus malaisants. La société n'est pas faite pour lui qui a été rejeté depuis trop longtemps. Uwabami n'est ni bon, ni généreux, ni honnête, ni quoi que ce soit. Il est simplement égoïste ne pensant qu'à sa petite personne, les autres êtres vivants ne sont pour lui rien d'autres que des jouets, des armes ou de la nourriture. La souffrance d'autrui ne lui fait absolument rien, sa sensibilité ne dépasse pas les limites de son corps. Avide de pouvoir, de retrouver ses capacités, il ne se soucie que de son principal objectif, son obsession première. Il s'agit d'une chimère tout particulièrement curieuse qui aime savoir, apprendre, maîtriser. La connaissance est pour lui la seule chose qu'il puisse reconnaître en un homme ou une femme, le reste n'est que futilité éphémère inutile et encombrante. Malgré sa nature sombre, Uwabami est un homme déterminé, fier, parfois arrogant mais fiable dans ses objectifs et généralement dans sa parole. Même s'il peut ne pas être honnête, envers ses alliés ce qu'il promet se verra attribué.

En tant que Chimère: En tant que chimère le grand serpent possède un caractère qui lui est assez similaire. Il devient cependant bien plus agressif, bien plus désagréable et effrayant. D'abord craintif en cas d'attaque il se révèle redoutable et abominable. Il ne possède ainsi plus aucune valeur, plus aucun respect, pour le peu qu'il en avait, pour la vie en elle-même et cherche l'attaque, jusqu'à la mort de son adversaire. En compagnie d'autres chimères il se révèle bien plus chaleureux. On le croirait presque épanoui. Un sourire se dessine sur son visage et une véritable joie l'envahit. Pour lui il s'agit d'être humains trahit, de nature bafouée, qui s'est vue manipulé par le sadisme de l'homme. Il éprouve envers ces créatures une profonde affection qui a cependant ses limites, il se considère au-dessus de tout et donc supérieures à elle, mais y trouve une certaine consolation. Il s'agit de créatures ayant autant soufferts que lui, d'êtres qui n'ont jamais voulu cela, qui se sont fait voler leur liberté et par la même occasion leur nature d'origine. Il devient ainsi compatissant et altruiste, peut-être un peu trop… car ce qu'il fait n'est jamais entièrement pour autrui, il s'intéresse tout d'abord à lui.

Loisirs:  Uwabami court sans relâche afin de combler, de satisfaire ses obsessions. Pour lui rien n'est plus important que son accomplissement. Ainsi il part à la recherche d'Alchimistes qu'il s'amuse soit à tuer soit à tourmenter, soit s'il les sent dignes de s'allier avec. A côté de cela, il n'est pas rare qu'il se rende dans les bibliothèques afin de se renseigner un peu plus au sujet de l'Alchimie. Il déambule également dans les rues copiant les bourgeois qu'il croise. Uwabami se rend également souvent dans les parcs le soir ou bien les jours sombres mais aussi au cirque lors des représentations. Enfin, il peut passer des heures entières au zoo observant les animaux et s'imaginant sa nouvelle famille.

Religion: L'homme-serpent ne croit en rien. D'après ce qu'il a vécu et ses connaissances Dieu n'existe pas. Du moins il le suppose très fortement. Dieu laisserait-il des êtres en modifier d'autres ? Il ne croit qu'en la Vérité des alchimistes. Athé, il méprise ceux qui se font manipuler par une quelconque religion.

Qualités:  Déterminé, fidèle à ses principes, loyal, chaleureux envers ses semblables, savant, curieux

Défauts: Arrogant, condescendant, malsain, asociale, froid, sauvage, hypocrite, obsédé, haineux, violent, manipulateur, insensible, égocentrique, faux, mauvais et nous en passons...




Background



Résumé: RÉSUMÉ

Education
- La musique: Uwabami ne sait jouer d'aucun instrument, il n'en est pas pour autant insensible. Même s'il s'agit de goûts particuliers il apprécie les musiques funèbres, les mélodies mortuaires qui animent l'église lors d'un décès. Souvent il s'arrange alors pour entrer et assister à la cérémonie, un sourire aux lèvres. Son allié joue pour lui de l'orgue lorsque les églises sont vides.
- Les sciences: La chimère est loin d'être inculte en matière de sciences, bien au contraire. Ayant longuement étudié avec l'homme qui l'a recueilli il est capable de pratiquer des opérations chirurgicales avec les moyens du bord. Ce qui ne veut pas forcément dire que c'est un expert, loin de là, ni même qu'il peut guérir. Il connaît cependant aussi bien l'anatomie qu'un médecin. En revanche tout ce qui est physique, chimie Uwabami ne sait pas grand-chose là-dessus. Il a peut-être lu deux ou trois livres sur l'astronomie...
- L'Alchimie: Cet homme possède un lien très étroit avec l'Alchimie tout d'abord parce qu'il s'agit d'une chimère. Cependant il fut aussi comme son salvateur alchimiste dans le passé...
- Les langues: Le Grand Serpent ne parle entièrement que l'Anglais, il possède cependant des notions de japonais dues à son enfance.

Histoire:

Le 9 août 1806


Mon cher Gerald,

Voilà bien longtemps que j'ai quitté Londres et c'est peut-être la première lettre que je t'écris depuis mon départ. Tu m'en vois navré, je n'ai eu que peu de temps à m'accorder… Je prie chaque jour pour ta femme et ton fils. A ce propos comment vont-ils ? Je vous envoie mes plus sincères salutations.
J'ai une grande nouvelle à t'annoncer. Rappelle toi, j'ai quitté le pays pour quelques négociations en Inde. Ma société d'import-export d'opium marche encore mieux que prévu. Le commerce britannique est important à Londres, c'est grâce à ce dernier que j'ai pu acquérir le titre de baron. L'opium est un trésor. Figure toi que le commerce marche encore mieux en Asie. Après avoir donc signé ces quelques accords j'ai fait déplacer toute la cargaison en Chine, là se trouvent nos plus grands consommateurs et donc nos meilleurs clients. Les mesures prises par le gouvernement de l'empereur Jiaqing m'empêchent cependant de faire fructifier un peu plus mon entreprise mais sois en certain, je suis plus riche que Crésus ! Ainsi après de longues années de commerce, j'ai décidé de me retirer. Je crois avoir suffisamment de richesse pour vivre encore des décennies sans lever le petit doigt, l'aurions-nous cru il y a encore 20 ans en arrière ? Je suis donc parti pour le Japon en quête de découverte, de saveurs d'ailleurs. C'est un pays magnifique et même si ses habitants ne sont que peu enthousiastes à voir un étranger circuler parmi eux je m'y plais beaucoup. J'arrive enfin là où je voulais en venir. Je me suis marié. Oui j'ai épousé une femme magnifique, une japonaise de bonne famille qui mecomble chaque jour que je passe en sa compagnie. Notre mariage est secret, sa famille n'approuve en rien notre union, elle ne m'apprécie guère mais cela m'importe peu. J'ai épousé Emiko, je suis l'homme le plus heureux. Dans quelques jours nous quitterons le pays, je reviens à Londres en compagnie de ma bien-aimée. Je voudrai te la présenter, toi mon plus grand ami. Sois prêt pour mon retour, j'ai tant de choses à te raconter.

Avec toute mon affection,

Edwin Byron


******

Les doigts s'incrustèrent dans le papier abîmé par de fines gouttelettes transparentes. L'homme pleurait.

******

Le 14 novembre 1809


Gerald,

Je n'arrive pas à te l'avouer, à te le dire en face. C'est bien trop dur. Je ne souris que par bienséance et non par ma véritable volonté. Mon ami, nous avons encore perdu notre enfant. Je crois que nous n'en aurons jamais. Je ne sais si le problème vient de moi ou de Emiko. Est-ce le mélange de race comme le disent les scientifiques ? Je ne pense pas, j'ai déjà vu bien des familles métisses… Je ne comprends pas. Nous tentons chaque jour et à chaque don de Dieu en son sein, il s'évapore. Il meurt ou ne s'est pas développé. Gerald, je voudrai tant être père. Je suis navré de t'écrire tout cela, je sais que ce n'est pas simple pour toi non plus… Pouvons nous nous voir demain à 17h ?
Je t'en remercie d'avance…

Bien à toi,
Edwin Byron


******

Le 21 mars 1810, un enfant naquit. Blanc comme la neige, un léger duvet sombre recouvrait son petit crâne. Les mains du père tremblaient, la mère pleurait. L'ami était là lui aussi, il attendait. Il attendait qu'on le laisse enfin entrer et voir le bébé. L'instant leur était si précieux, depuis le temps qu'ils l'avaient désiré, qu'ils l'avaient pleuré. Le médecin sortit et murmura quelques paroles à l'intention de Gerald. L'homme hocha la tête et pénétra dans la pièce. Edwin releva la tête :

- C'est un garçon ! Approche, il te considérera comme son oncle. Viens mon frère.

La japonaise sourit et tourna doucement l'enfant qui reposait nu contre la peau de son sein, endormi. Il gazouilla, éternua puis ouvrit ses beaux yeux en amande. Gerald s'approcha. Un sourire se dessina sur ses lèvres et il tendit la main. Ses doigts effleurèrent cette peau délicate.

- Quel est son nom ?

L'homme qui venait de devenir père souriait tellement que ses yeux pétillaient d'eux-mêmes de bonheur.

- Kiseki Byron parce que cet enfant est un miracle.

******

Cette haine, cette colère. Il avait été rejeté depuis si longtemps. Pourquoi ? Parce que cette femme l'avait attirée, une fois, il avait suffi d'une fois. Cette jalousie qu'il ressentait le hantait, l'avait mené jusque là. Les mains ensanglantées l'homme s'essuya le visage. Le baron était tombé, la gorge coupée par un fil de fer très fin. Gisant à terre, les yeux exorbités il fixait son épouse pour la dernière fois de sa vie. Edwin avait toujours tout réussi absolument tout. Ses entreprises, sa famille. Il avait l'argent, une femme et un enfant. Des êtres vivaient sous son toit. Lui sa femme et son fils s'étaient envolés avec la maladie. Il les avait longtemps pleuré et cet homme-là n'avait fait que compatir. Il le haïssait, lui et sa jolie petite vie. Tout n'était que jalousie. Son bras se leva. Le chien de son pistolet à percussion claqua.

PAN.

La jeune femme s'écroula en une supplication. Du sang jaillit de son crâne. Gerald se rapprocha de son corps. La ramenant vers lui il posa ses lèvres sur les siennes. Une larme s'écrasa sur la joue de la belle asiatique avant qu'il ne la lâche brusquement.

Quelques minutes plus tard, la maison brûla.

******

Le lendemain matin la famille Byron fit la une du quotidien. Un croquis de la maison dévastée se trouvait au premier plan. On put alors lire : « Le 29 juillet 1812 au soir le domaine familiale de la famille Byron prit feu pour une raison encore inconnue. Deux corps calcinés furent retrouvés dans la même pièce. Il s'agirait d'Edwin Byron et de son épouse Emiko Byron. Monsieur Byron, prestigieux fondateur de la compagnie (…) Leur fils âgé de 2 ans n'a pas été retrouvé. Il se pourrait qu'il se soit enfui seul. Nous sollicitons votre aide  afin de retrouver au plus vite ce jeune garçon. De type asiatique (…). La piste criminelle est privilégiée (...)»


******


Un homme lui tendit la main. De la cendre recouvrait sa chevelure sombre. Le petit garçon recula le regard vide. L'homme s'agenouilla et posa sa main sur son crâne. L'enfant ferma les yeux se crispant. Son coeur battait la chamade. Les joues noircies il détourna la tête. L'inconnu lui tendit à nouveau la main et souffla :

- Tu n'es plus seul, c'est fini. Viens avec moi je vais t'aider.

Le garçon releva la tête et mit sa main dans la sienne. Il se leva doucement et le suivit. Le visage tourné il observait les décombres de sa maison condamnée. Lors de l'incendie le jeune enfant était sorti de sa chambre et s'était réfugié dans une petite cabane au fond du jardin. Il resta une journée entière seul. Sortant le lendemain soir il avait contemplé tristement ce qu'il restait de son passé. A genoux dans les cendres il avait pleuré. Quelques minutes seulement avant d'adopter le silence comme meilleur ami. Restant là il ne bougea que lorsqu'une ombre se dirigea vers lui. Kiseki changea de vie.

******

Gerald referma la porte derrière lui. Soupirant il s'assit sur une chaise. Le petit garçon restait debout devant lui, le regard dans le vide. Il l'avait complètement oublié. Ce garçon… Il aurait pourtant du le tuer, comme Edwin et sa femme. Pourquoi l'avoir épargné ? Pourquoi n'éprouvait qu'une haine infime face à lui ? Il était l'enfant qu'il avait perdu, le fils qu'il n'aurait jamais. Cela pouvait changer désormais. Passant une main dans ses cheveux il observa l'enfant. Le petit paraissait absent. Il n'était pas intéressé par ce qu'il se trouvait dans la pièce, il semblait réfléchir, songer à ce qu'il avait vécu ce qu'il avait perdu. Pouvait-il penser à tout cela à seulement deux ans ? Il pleurerait certainement sa mère. L'appartement était gigantesque. Non pas que cela soit somptueux, il était grand pour une question de pratique. Gerald pratiquait l'alchimie. Des bocaux étaient entassés de part et d'autres des pièces. Des instruments particuliers étaient accrochés au mur et de nombreux livres formaient des tours bancales. Au loin se tenait une cage, une cage d'acier vide et juste en face une table à hauteur d'homme lui permettant de faire des expériences.

Kiseki changea de nom, l'alchimiste voulait couper tout lien avec son ancienne famille. Se rendant compte de ses connaissances en japonais, l'homme le nomma Haiko, l'enfant des cendres. Son enfance se déroula sans réel problème. Il étudia auprès de son père adoptif l'alchimie. Il était pour lui le fils qu'il avait perdu et se rendit rapidement compte que le jeune garçon était des plus doué, peut-être bien plus que lui. Haiko possédait un véritable don. Il comprenait tout, se passionnait pour la lecture de manuscrit, apprenait sagement, s'entraînait seul lorsque son bienfaiteur ne pouvait s'occuper de lui et avait développer sa propre alchimie. Il maniait la fumée, la faisait passer d'un état à un autre pour la rendre solide ou au contraire étouffante. Il savait la faire devenir ombre pour suivre et se glisser sur la personne afin de l'empêcher tout mouvement. Il l'avait appris avec les animaux que Gerald rapportait. Ensemble ils avaient fait des expériences entre animaux afin d'en mêler plusieurs et le jeune enfant était ébloui à l'idée de créer une telle chose. Seulement il ne put sortir. Aller à l'extérieur lui était interdit, il n'était que trop reconnaissable… Ensuite cela compromettrait l'alchimiste qui était censé ne pas avoir d'enfant. Enfin, lorsqu'il mit le pied dehors pour la première fois il ne se contrôla pas et provoqua une vague de panique dans un quartier non loin du leur. Rebelle, il fut enfermé dans la petite cage à peine âgé de 7 ans. Haiko ne connaissait pas l'amusement, ni même ce qu'était qu'être un enfant. Il avait grandi en tant qu'adulte. Chaque punition n'était pas celle d'un enfant mais celui d'un prisonnier. Même s'il était aimé il fut haï, pour son origine et les coups qu'il recevait étaient parfois regrettés. Gerald voyait en lui son père, cet homme qui avait toujours tout réussi, talentueux, brillant. Son fils était pareil. Intelligent.
Pour l'affection qu'il ressentait envers l'alchimiste Haiko n'usa jamais de son alchimie contre lui.

Les années passèrent. Lui à se perfectionner, à apprendre encore plus mais à dépérir dans cet appartement à ne pouvoir sortir. Plus blanc que nature il semblait pur malgré sa longue chevelure noire. Haiko était un jeune homme réservé et silencieux. L'Alchimiste lui avait promis de le recommander en tant qu'alchimiste d'état en étant lui-même un mais il voulait attendre qu'il grandisse afin qu'on oublie l'incident avec la famille Byron et qu'il ne se manifeste pas comme étant son fils. Il attendait qu'il soit plus mature et peut-être plus docile… La docilité ne vint pas. En grandissant le jeune homme ne comprenait pas les réactions de l'alchimiste. Pourquoi ne jamais le laisser sortir ? Quand avait-il vu la lumière du soleil pour la dernière fois ? Par fidélité Haiko ne s'était jamais défendu face à cet homme. Il lui faisait entièrement confiance et subissait sans crier les punitions qu'il pouvait recevoir. Il oublia alors sa volonté de sortir, de retrouver l'extérieur. Pour lui c'était peine perdu. Déjà un homme et encore enchaîné. Il fit alors ne sorte d'être le plus utile possible. Il s'abreuva de livres et se renforça. Il se contenta de quelques compagnies animales que lui procurait Gerald. La bêtise humaine fit que la jalousie remplissait à nouveau le coeur de l'alchimiste. L'orphelin développa de véritables liens avec ces derniers. Avec eux, il se sentait bien, il se sentait nécessaire et peut-être un peu aimé, si c'était bien de l'amour que pouvaient éprouver ces bêtes envers lui. A l'âge de 19 ans Haiko était bien plus doué que lui à 43 ans. Lui faire passer les tests revaudrait certainement à se faire surpasser par ce même enfant. A ce qu'il monte en grade bien plus rapidement et pourquoi pas qu'il finisse par être son supérieur ? Une autre idée germa en lui. Haiko ne devait pas être reconnu comme lui en tant qu'alchimiste talentueux. Non, pour une fois la famille Byron devrait le servir... S'il montrait à l'armée qu'il pouvait faire avancer la science, qu'il pouvait les rendre encore plus puissant, la fortune lui sourirait. Oui il pourrait enfin être récompensé pour ce qu'il était...

******

Un sifflement trancha le silence du cliquetis des outils. La mâchoire du jeune homme se crispa, ses poings se serrèrent. Un hurlement traversa la salle. Son torse se soulevait difficilement et ses traits étaient tirés. Les muscles tendus il ouvrit brusquement les yeux un léger voiles les recouvrant. La douleur le tiraillait de toutes parts. Son sang le brûlait, il voulait s'arracher la peau, se poignarder le coeur, s'arracher les yeux. Son cri cessa, sa souffrance était bien trop intense pour qu'il puisse continuer à crier. Incapable de bouger, ses poignets et chevilles liés il tenta de relever la tête. Rien il n'entendait rien, ne voyait rien, ne comprenait rien.
On l'entailla peu profondément. Du sang en sortit avant que la peau ne s'effrite légèrement. Lui faisant ouvrir de force les yeux enlevant ainsi le voile l'alchimiste pôinta la lumière sur la pupille du garçon. Ce dernier respirait difficilement. Son coeur battait à tout rompre, sa poitrine se soulevait frénétiquement. Haiko écarquilla les yeux en voyant son maître.

- J'ai réussi Haiko ! J'ai réussi ! Comme je suis fier de moi. Tu devrais te voir ahah. Lié ! Boum ! A tout jamais ! Si les autres voyaient ça… une vraie arme humaine… On ne pourrait rien me refuser, pas même le grade de général…


Fronçant les sourcils en haletant le jeune homme tenta de parler. L'alchimiste le coupa net sans qu'il ne puisse s'exprimer.

- J'aime te donner des noms… te sens-tu encore humain ? Non bien sûr que non, tout a magnifiquement bien marché… Haiko, Haiko, tu ne connais pas ta chance. Alors toi qui aime cette langue que tu marmonnes de temps en temps, dis moi que dirais-tu de Uwabami ? Tu as toujours aimé ces reptiles. Félicite moi ahah ! Tu es ma plus belle réussite. Sois sage.

Sa main se posa sur ses lèvres lui appliquant ainsi un linge humide. Le voile de la chimère se replaça sous ses paupières. Son esprit dériva à nouveau. Une voix lointaine résonna sombrement. « Tu es bien l'enfant du miracle Kiseki, sois mon serpent. »

******

Les journées de la chimère étaient désormais bien fades. Nourri, l'ancien humain devait se contenter de ses barreaux. Les mains tremblantes, son corps semblait effectuer un rejet. Pris de nausées chaque jour il ne se déplaçait pas, ne parlait pas. En réalité il ne comprenait pas. Qu'avait-il fait de mal ? L'avait-il mérité ? Pourquoi ? Etait-ce un rêve ? Que lui voulait donc son sauveur ? Tout avait changé. Il ne voulait pas qu'il utilise l'alchimie et quand il avait réussi à s'emparer d'une craie il n'avait absolument rien ressenti. Rien en était sorti. Non, le silence s'était réinstallé et lui impuissant avait longuement pleuré. Hermétique il se fermait à toute discussion, il ne comprenait pas et au fond il ne voulait pas le comprendre. Sa gorge se nouait et sa respiration se faisait plus douloureuse. Sa nouvelle condition l'indisposait. Les vibrations le pétrifiaient, le réveillaient. Les sens en alerte il posait ses mains sur ses oreilles attendant, paniqué, que tout ceci s'arrête. La nourriture n'avait plus de saveur. Les odeurs le gênaient. Il avait l'impression d'être de trop. Il n'était plus lui, il n'était plus humain depuis cette nuit. Ce soir où se promenant dans le zoo en compagnie de Gerald il s'arrêta devant le vivarium. Sa main s'était posée sur la vitre. L'animal l'avait fixé. Il avait souri. C'était un magnifique spécimen ce python… Des écailles lumineuses et le regard vif. Comme hypnotisé il n'avait pas décroché. « Prends-le... » avait-il murmuré à son oreille. « Je peux ? » « Je ne te l'ai pas interdit. ». Heureux et naïvement le jeune homme s'était glissé jusqu'à l'ouverture. Tendant la main dans la cage de verre le reptile avait glissé le long de son perchoir. Sifflant il avait enroulé son bras. Avait-il senti son affinité pour les serpents ? Peut-être. Il ne se rappelait plus du retour mais il s'en doutait. Assommé sa vie d'humain avait pris fin. Seul il s'était surpris à désirer chasser la chaire fraîche. Les souris et les rats qui s'amusaient à passer par là ne trouvaient jamais la sortie de son trou. Il se dégouttait mais étrangement cela lui était agréable. Il se sentait bien à suivre son instinct reptilien.

L'alchimie ne lui était plus accessible. C'était ce qu'avait déclaré Gerald. On ne pouvait pas tout avoir dans la vie selon lui. Le pouvoir d'être un serpent et celui des alchimistes. Toutes ses tentatives étaient vaines et après avoir longuement pleuré sur son sort, sur le temps passé à apprendre tout cela, sur son incapacité à changer quoique ce soit à sa vie Uwabami avait fini par se taire. Il passa une longue année derrière ses barreaux à subir les multiples expériences de son maître. Ses joues se creusèrent. Son regard se fit vif, sauvage. Son teint se fit plus pâle que jamais. Aussi pâle que la mort. Elle devait le jalouser. Il en était presque fier finalement. Il surpassait quelqu'un. La haine l'envahit, lentement, doucement, en même temps que le venin s'infiltrait dans ses veines. Cet homme, il lui avait tout pris. Absolument tout. Son humanité, ses pouvoirs, son avenir. Le monstre sombrait dans la folie. Il avait appelé la mort une fois. Il avait tenté de mettre fin à sa vie. Tout avait dégénéré. Ses jambes avaient disparu pour laisser place à l'être immonde crée. Il était une véritable chimère. Il devait l'accepter. Il ne supportait cependant plus sa captivité. Cet homme. Ce chien. Non, ce rat. La colère s'immisçait en lui. Cela le chatouillait. Parfois un sourire le trahissait lorsqu'il le regardait. Il se demandait de quelle manière il allait le faire mourir. Gerald prenait souvent peur. Il menaçait de la brûler, il voulait créer en lui la crainte, qu'il lui soit totalement soumis. Avec un tel atout, ne pouvait-il pas renverser les autres alchimistes ? Devenir plus puissant que jamais ? Certes… Sa créature cependant se faisait dangereuse. Reconnaissait-il le garçon qu'il avait élevé ? Non. Il avait disparu. Enfoui sous ce sourire carnassier, sous ce regard fou et effrayant, sous cette peau morbide.

Une nuit de mai un hurlement déchira le quartier. La bête avait profité d'un nouvel essai de l'alchimiste pour se glisser à l'extérieur de sa prison et lui sauter à la gorge. Les crocs sortis Uwabami les planta férocement dans sa gorge ne se souciant que de sa mort. Alertés par tout ce vacarme plusieurs hommes se précipitèrent à la porte. Le serpent, hostile et vif, lâcha rapidement prise et sans terminer son repas se sauva de son appartement. Le coeur battant la chamade il serra les poings et dévala la rue sans que nul ne puisse l'attraper. Le cou lacéré par la morsure de la chimère python l'alchimiste gisait au sol en respirant difficilement. Quelques jours plus tard, tous les effets éparpillés de l'appartement furent enlevés. L'homme s'était enfui. Demandant à devenir pensionnaire à l'Alchimist Room il s'y installa. Il n'avoua jamais sa création. Etant un homme de confiance, malgré quelques enquêtes ses paroles ne furent pas remises en doute. Certes, il exerçait quelques expériences sur les animaux afin de mieux comprendre le mécanisme mais nul ne pouvait se doutait qu'il avait fait subir tout cela à un humain. Ses amis qui n'avaient jamais été mis au courant de l'existence du jeune Haiko ne purent que le croire. Il prétendit avoir été suivi jusque chez lui par une créature monstrueuse qui sous la peur lui était innommable. Créature de conte ? Homonculus ? Chimère ? Qui Diable avait donc franchi le pas ? Qui donc avait fait le sacrifice de quelques vies humaines pour une existence monstrueuse ? Gerald garda précieusement pour lui que les sacrifices faits avaient été des mendiants, des hommes sans attache mais aussi des prostituées croisées dans la rue. Qui aurait pu le croiser dans les égouts en traînant les corps de ces malheureux condamnés à mourir jusqu'à les jeter dans la cave du petit immeuble ? Personne. Tout avait été si bien fait… La peur lui recouvrant la peau ce fut au coeur du monde des alchimistes qu'il se réfugia. Uwabami reviendrait-il le chercher ? Certainement…

*****

Derrière les épais murs de la paroisse un chant bourdonnait. Un chant mélodieux comme chaque fidèle se devait afin de rendre grâce à leur Seigneur. Un chant hypocrite. Qui croyait réellement entre ces vitraux ? Qui avait une foi inébranlable en Dieu ? Dieu le Père ? Tous ces hommes et femmes n'étaient que naïveté pensante, hypocrisie rampante. Ces larves n'étaient bonnes à rien… A rien d'autre qu'à être dévorées. Si elles savaient… Dieu était-il capable de sacrifier des hommes pour créer des êtres aussi merveilleux et répugnants que lui ? Dieu aurait-il délégué sa capacité à créer à des hommes sans foi ni loi, sans âme ni scrupule ? Si Dieu l'avait fait alors Dieu n'était pas tout puissant, alors Dieu était aussi minable que les hommes, alors Dieu n'existait pas car Dieu est omnipotent. Or Uwabami l'a bien appris, lui même pouvait créer, lui-même savait se rendre divin, peut-être même qu'il surpassait ce Dieu. Uwabami avait perdu tant de choses… Son existence, son savoir… Tant de choses qu'il désirait retrouver. Le son de l'orgue le fit sourire. L'homme à ses côtés hocha la tête et disparut dans l'obscurité.
Ce qui est raconté par la suite est une véritable tragédie. Une mise en scène si bien orchestrée et si fabuleuse que l'interrompre ne serait que sacrilège.
Le chant des prêcheurs s'était tu. Le prêtre qui lisait un des passages de l'ancien testament en latin s'écroula à terre le dos ensanglanté. Des cris firent trembler les murs. Uwabami balaya la salle du regard. Son sourire étirait ses fines lèvres, ses yeux scrutaient chaque individu. Ces hommes auraient-ils eu pitié de lui, lui le monstre ? Non, jamais, jamais de compassion. Son rire résonna lugubrement, machiavéliquement. La foule se tut, les yeux écarquillés. Ce qu'ils voyaient n'était pas humain. Ils le sentaient. Ces pupilles dirigées sur eux ne pouvaient venir que du Diable. L'orgue souffla à nouveau des notes. Des notes terribles. Les doigts de l'homme qui avait accompagné la chimère courraient sur les claviers sans s'arrêter. Tout allait beaucoup trop vite, beaucoup trop fort et cette mélodie faisait s'accélérer le coeur de chacune des victimes. Certains firent le signe de la croix. Ceux-là s'écrasèrent par terre sans autre explication que la peur. Le châtiment de Dieu, ou plutôt du Diable. Du sang s'écoulaient lentement de leurs oreilles, un flot sanguinolent se déversa de leur bouche. Leur coeur avait explosé. Uwabami tendit les bras. L'une de ses mains était aussi rouge que le sang. Portant ses doigts à sa bouche il lécha scrupuleusement chaque goutte. Sa voix gutturale s'éleva dans les hauteurs de l'édifice :

- Admirez la sentence divine. Priez pour vous pauvres pêcheurs, maintenant, à l'heure de votre mort…

Trente hommes et femmes étaient ici réunis. L'enfer commençait.

- Hebi…


Les femmes se mirent à hurler. Leurs bras gigotaient frénétiquement, leur peau se boursouflait et se crevait. Des cavités, remplaçant la chaire et les os des serpents prirent place. Sifflant tous se jetaient sur le visage de leur malheureuse victime. Leurs gémissements s'étouffaient. Le cou déchiqueté par les pythons chacune s'écroula. Les bougies se jetèrent sur les enfants présents cramant de leur cire leur peau si douce. De ce blanc inerte naquit des reptiles albinos. Encerclant le corps frêle de leur proie le corps de chacun des serpent se raffermit, étouffa et brisa chacun des os de ces petites victimes. Les yeux exorbités, les prêcheurs tombaient un à un. Les hommes terrorisés s'étaient brusquement reculés de leur épouse ou bien de leur voisine. Certains s'étaient mis à prier d'autres tentaient de s'échapper. Un autre se jeta devant Uwabami pour tenter de l'arrêter brandissant un chandelier. La chimère le fixa en ricanant. Les pupilles d'Uwabami disparurent, ses yeux étaient dorénavant d'un blanc plus pâle que la mort.

- Infernum.

Chaque homme s'écrasa à genoux devant lui. Tous se mirent à hurler. Nul autre qu'eux et Uwabami ne virent ce qu'ils vécurent. Tous moururent d'une crise cardiaque. Un dernier cri retentit dans la chapelle. Le silence se fit. L'homme-python aux yeux vides tendit sa main. Une petite fille y logea la sienne le regard émerveillé. Ensemble ils sortirent du lieu profané. Le musicien referma la lourde porte derrière lui.

Quelques minutes plus tard après leur passage des habitants s'échappaient de leur appartement. La chapelle brûlait.


- Vous auriez du vous contenter de Hebi… Maître, Infernum vous affaiblit plus que nécessaire si jamais il était apparu vous…


- Il n'était pas là.

Assis sur le fauteuil l'homme caressait les cheveux de l'enfant endormi sur ses genoux. Doucement il entortillait ses mèches autour de ses doigts et ouvrit les yeux. Son visage était tiré, il paraissait exténué mais il avait aimé, tellement aimé les voir hurler, souffrir. Lui aussi il avait vécu ça, sauf que la mort n'était jamais venu le prendre.

- On nous a trompé. L'informateur a soit confondu, soit donné une mauvaise information délibérément. Si c'est le cas tu le retrouveras pour moi. Le laisser en vie n'amènera rien de bon. Je pense qu'il s'agit d'une erreur… Il y en avait bien un… Qui lui ressemblait. Un. Et ce n'était qu'une légère ressemblance.

Baissant les yeux la chimère sourit :

- J'ai de grands projets pour elle. Grands…

- Ma mélodie vous a t-elle plu?

- Oh oui… merveilleuse… Une tuerie Howard.

L'homme s'inclina les yeux brillants de fierté.

*****

Ce que la chimère fait dans l'ombre, nul ne le sait réellement. On ne la croise que peu souvent dans les rues et à ses heures perdues on ne la regarde pas. Uwabami se fait discret. Il ne parle à personne et ne se montre presque jamais entièrement. L'homme modifié ne cessait de chercher, d'expérimenter. Ses anciennes mains d'hommes manipulaient les substances comme il l'avait tant fait auparavant. Dans ce petit local il expérimentait, il s'injectait du sang humain dans le sien à chaque fois rejeté. Il désirait retrouver cette puissance enlevé. De ce qu'il restait du jeune Haïko peu avait subsisté. Son maître lui avait tout retiré dans ce désir égoïste de devenir plus puissant encore. Il l'avait transformé en monstre, l'avait lié à un animal et lui avait ôté toutes ses capacités d'alchimiste qui lui paraissaient infinie. Au lieu de cela il maitrîse quelques pouvoirs qui à ses yeux ne valent rien. Ces pouvoirs le fatiguent, le rendent fou, le plongent en léthargie. Il devait trouver un moyen de redevenir celui qu'il était auparavant, telle devint son obsession. Depuis ce jour de septembre 1838 la petite fille l'accompagna dans ses expériences. Elle représentait son espoir. Elle, elle pouvait devenir alchimiste. Elle, elle pouvait assimiler tant de choses. Aussi petite fut-elle elle était tellement émerveillée par les pouvoirs d'Uwabami qu'elle fit de son mieux pour apprendre.

La traque de Gerald s'avérait plus complexe que prévu. Ce chien se cachait, se tapissait dans l'ombre. Toujours accompagné, il faisait en sorte de se rendre dans des lieux publics où il prenait des bains de foule afin de ne pouvoir être attrapé séparément. Il craignait la chimère. Il la rêvait. Sa vie ne tenait qu'à un fil et il le savait. Une seule erreur et ce fil serait coupé. toujours accompagné il se contentait de se rendre dans les lieux où se trouvaient ses confrères. Uwabami ne pouvait y accéder. Seul et même avec ses compagnons ils seraient tués et si jamais il parvenait à s'enfuir il serait traqué. Non il voulait être le serpent et non la souris. La chasse de Gerald se retardait. Sa vengeance allait devoir attendre une inattention de la part de son ancien père...

Dès la formation de la jeune fille prénommée Espérance, de nouveaux plans se mirent en place. Uwabami se mit à voir plus loin que sa propre existence. C'était la soumission complète de ces humains infâmes. A ses côtés il accueillit une jeune chimère. Un jeune homme victime de la manipulation de ces êtres abjectes. Il lui assurait provenir d'une organisation secrète d'alchimiste où il aurait vécu des immondices en compagnie de nombreux autres humains. Ainsi, conquis par cette noble cause Uwabami se mit en tête d'éliminer cette organisation, de l'achever et au passage, d'anéantir tous les autres alchimistes. Seule sa petite Espérance devait posséder ce pouvoir. L'ère des hommes allaient s'éteindre, bientôt les créatures nées de l'alchimie, les seuls êtres capables de comprendre ce qu'étaient la douleur et la trahison mais aussi les plus humains prendront le pouvoir… En l'an de grâce 1842 Uwabami développe un nouveau pouvoir… Le dernier… Sa main tendue vers l'espoir... Et pour se faire il avait besoin de corps... De corps d'alchimistes encore chaud...



En société



Famille: La famille d'Uwabami a disparu depuis bien longtemps. Il n'était qu'un enfant lorsque son père et sa mère moururent lors d'un incendie. Du moins c'est ce qu'a retenu la société. Lui n'a jamais su. Son maître lui a avoué l'avoir trouvé, errant, seul et affamé. Il possède certainement de lointains cousins ou un oncle en ville sans le savoir. Il a grandi dans l'ignorance. A ses yeux il n'a jamais eu de famille à part son sauveur. Désormais il considère les êtres crées par l'alchimie comme faisant partis d'une seule et même famille, la sienne.

Ennemis: Des ennemis la jeune chimère en possède hélas beaucoup. Le premier qu'il se doit de tuer est Gerald qui après avoir abusé de sa confiance, l'a délibérément trahi puis laissé enfermé afin d'assouvir sa soif de pouvoir. Il est son sauveur, son créateur mais aussi le traître et donc la pire ordure au monde à ses yeux. Ses recherches pour le retrouver sont pour le moment vaines, il ne se déplace que dans des lieux difficilement accessibles au jeune homme et souvent accompagné… Ses autres ennemis sont tous les autres alchimistes et les croyants qui pensent servir des causes louables alors qu'ils ne font que trahir le vrai sens de la vie. L'alchimiste se prend pour un Dieu en modifiant les formes vivantes et en se servant d'êtres humains pour exercer leurs pouvoirs. Ils sont tous des nuisances à éliminer. Aucun ne possède de respect pour toutes les formes vivantes qui peuplent la Terre. Les croyants, quant à eux, ne possède assez de raison pour admettre l'existence d'hommes troublés et charcutés par des alchimistes. Ces êtres modifiés sont considérés comme des monstres sans état d'âme, purs fruits du Diable alors que le Diable était humain… Les croyants ont une confiance aveugle en un maître, un traître qui n'a jamais eu l'intention de sauver qui que ce soit. Dieu était-il tout puissant si les hommes exerçaient le même pouvoir que lui ? Alors si Dieu n'est pas tout puissant, Dieu n'est pas omnipotent, alors Dieu n'existe pas. Ces hommes sont donc des êtres faibles sans aucune capacité de raisonnement qui pour de multiples raisons (dénonciation, exorcisme, humiliation, crainte et bêtise) nuisent aux êtres nés de l'alchimie.

Alliés:
Description des alliés:
 

Situation: VOTRE RAPPORT AVEC LES CRÉATURES DE LA NUIT




Localisation sur l'Ombre



Votre demeure: OU LOGE VOTRE PERSONNAGE

Endroits les plus fréquentés: OU SE PROMÈNE VOTRE PERSONNAGE




But(s)



VOS BUTS ET AMBITIONS




Armes et équipement



Armes: ARMES (ATTENTION NOUS N'ACCEPTONS PLUS DE KATANA)

Objets personnels: VOS OBJETS PERSONNELS




Pouvoirs



Un à trois pouvoirs possibles, selon le type de Chimère choisi. Voir la section sur les Chimères.

- PREMIER POUVOIR: DÉTAIL DU PREMIER POUVOIR
Inconvénients: INCONVÉNIENTS DU PREMIER POUVOIR

- DEUXIÈME POUVOIR: DÉTAIL DU DEUXIÈME POUVOIR
Inconvénients: INCONVÉNIENTS DU DEUXIÈME POUVOIR

- TROISIÈME POUVOIR: DÉTAIL DU TROISIÈME POUVOIR
Inconvénients: INCONVÉNIENTS DU TROISIÈME POUVOIR




Autres personnages



NOM, PRÉNOM, RACE et PROFESSION de VOS AUTRES PERSONNAGES + LIEN VERS LEUR FICHE PERSO




Questions IRL



Comment avez-vous découvert le forum?: RÉPONSE

Votre niveau de RP?: RÉPONSE




Crédits


Les images utilisées dans ce message viennent de :
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- Ewiszon de DeviantART (identité)
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Uwabami Haiko ~ Mon obsession vous tuera ~

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