L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


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Que Dieu nous pardonne [12/05/42]

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Sarah Spencer
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Date d'inscription : 29/12/2007
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Race : Humaine (Hunter)
Classe sociale : Aristocrate
Emploi/loisirs : Hunter
Age : 21 ans
Proie(s) : Les êtres de nuits mais plus particulièrement les vampires.
MessageSujet: Que Dieu nous pardonne [12/05/42] Mar 19 Sep - 5:06

Que Dieu nous pardonne


[12/05/42]

Sarah et Alexender

Le souffle court, le cœur au bord des lèvres, la Chasseuse resta immobile, cherchant à calmer son corps éprouvé par l'effort. Dehors, on entendait le bruit étouffé de la pluie qui tombait contre la porte de bois et les pavés de la ville, créant un bruissement continu. L'eau ruisselait le long du capuchon de la jeune femme et glissait contre ses cheveux et sur ses joues froides. Elle posa une main tremblante contre sa poitrine, cherchant à apaiser sa respiration sifflante et la douleur qui sillait sa poitrine. Elle resta contre la porte un instant, attendant de voir si des pas venaient en sa direction. Peut-être avait-elle été suivie? Pourtant, elle avait pris toutes les précautions… Elle tendit l’oreille cherchant à percer le bruit de l’eau. Le bruit des calèches qui passaient dans la rue parvenait étouffer à travers l’épaisse porte en bois, mais rien de suspect ne semblait éveiller l’attention vigilante de la jeune femme. Sarah avait passé deux jours à soigneusement préparer son plan. Elle avait pensé aux moindres détails, aux moindres possibilités. Échapper à la vigilance de ses gardes n’avait pas été une chose facile et l’aristocrate n’avait rien voulu laisser au hasard. Sa nature prudente et pragmatique lui avait fait prendre toutes les précautions nécessaires pour être certaines que sa sécurité et encore moins celle de l’homme qu’elle venait rencontrer n’étaient pas compromises...

Le soleil se levait à peine lorsque l’aristocrate avait quitté sa demeure. Profitant de l’heure, elle avait saisi sa monture et quitté le manoir, avant même l’arrivée de Blake, prétextant une visite urgente à Hortense. Une fois au Leonticon, elle était entrée, saluant le majordome toujours fidèle à son poste, avant de quitter aussitôt en empruntant la sortie des domestiques, revêtant la cape bon marché de l’une des servantes. Elle avait alors longé la ruelle, puis remonté vers le nord, jusqu’à la librairie Narrow. De là, elle avait emprunté l’ancien sous-sol qui débouchait une rue plus à l’est dans l’ancienne cave de la taverne Logan’s, changeant au passage de nouveau sa cape. Elle avait ensuite redescendu la place publique faisant plusieurs détours. Après 1 heure de marche, elle avait pris la direction de la demeure d’Abigail sous les nuages sombres qui avaient commencé à obscurcir les cieux. La journée s’annonçait pluvieuse, une de plus.  Arrivée à la demeure de son amie, Sarah avait pris quelques secondes pour reprendre son souffle. Ses récentes blessures rendaient ses mouvements difficiles et marcher ainsi lui donnait l’impression d’avoir les poumons en feu. Mais elle n’avait pas le temps de s’éterniser, tant qu’elle restait en mouvement, ses pensées ne remontaient pas à la surface de son esprit tourmenté. Tant qu’elle était en mouvement, elle ne pensait pas à rebrousser de chemin. Dissimulée sous une cape d’Hunter, la magicienne avait alors quitté la demeure de son amie et traversé plusieurs parcs en faisant de nombreux détours inutiles. Lorsqu’elle avait finalement atterri devant l’imposante grille qui entourait l’Oratoire, une pluie diluvienne avait percé les cieux, noyant le paysage sous le brouillard.

Lorsqu'elle fut certaine que personne n'allait passer la porte, Sarah s'en éloigna quelque peu. Le clocher sonna 13h00. Elle était en avance, comme à son habitude. La Chasseuse poussa un soupir avant de tourner son regard azur vers la salle. Doucement, ses yeux s'habituèrent à l'obscurité ambiante et bientôt la vision de la petite chapelle de l'Oratoire Brompton plongée dans une douce pénombre, se dessina devant le regard bleu de l’aristocrate. La petite chapelle n'avait jamais rien eu à envier à sa grande sœur. Située à gauche de l'entrée principale, la petite chapelle était composée d'un chœur et de quelques rangées de bancs. Elle possédait un orgue majestueux situé au deuxième étage du chœur dont la mélodie venait se répercuter contre le plafond, créant un effet acoustique impressionnant. Dissimulée à l’abri de la population, la petite chapelle n’était plus très populaire et servait principalement pour les messes privées ou encore les mariages officiels de l’aristocratie. À cette heure tardive, l’endroit était désert. Seuls quelques lampions brulaient le long du mur de pierre. Au loin, on entendait le bruit étouffé de chant grégorien qui venait probablement de la Grande Chapelle. L’aristocrate s’avança doucement sur la petite allée. Le bruit sourd de son pied résonna dans l’espace lui renvoyant l’écho de sa solitude. Brusquement, la belle se figea, sa main serrant le col de sa cape. Le froid ambiant de la grande demeure ecclésiastique s’abattit sur elle et la glaça. C’était la première fois qu’elle remontait l’allée d’une église. La gorge serrée, l’héritière songea avec une certaine amertume qu’il existait une époque lointaine où elle avait espéré accomplir ce mouvement pour rejoindre l’homme de sa vie qui l’aurait attendue près de l’hôtel. Cette époque lui semblait si lointaine à présent. Et puis...

-Gabrielle?

Sarah se retourna en un sursaut, mais se détendit tout de suite en apercevant la silhouette familière du Père Gregory. Le vieil homme s’approcha d’elle de son pas plein d’assurance malgré ses membres tremblants. Ses longs cheveux blancs peignés vers l’arrière montraient son front dégarni et plisser par l’âge et la sagesse. Ce qui frappait chez ce vieil ecclésiastique était ses yeux d’un bleu d’acier qui témoignaient de son caractère fort et de sa jeuneuse fougueuse. Le Père Gregory avait une foi inébranlable. Il ne parlait que latin et appelait toujours chaque personne par leur nom de baptême, c’est pourquoi il appelait Sarah, Gabrielle. L’héritière sourit lorsque le Père saisit ses mains entre les siennes. Leur raconte remontait à bien longtemps déjà. Le Père Gregory était un descendant direct de Daniel Thompson, l’un des premiers membres de la guilde. Sa jeunesse avait été ponctuée de combat contre ceux qu’ils appelaient les anges déchus. Puis, l’appel de Dieu avait été plus fort et il avait pris les ordres. Lorsqu’il avait croisé Sarah et Abigail un soir de pleine lune, il avait tout de suite su le combat qu’elles menaient. Ils les avaient alors guidées jusqu’ici.

L'étreinte du Père fit sourire Sarah et lui redonna courage. La jeune femme l’ayant déjà prévenu par lettre de la situation, le vieil homme avait tout préparé. Après une brève discussion, ils se dirigèrent vers la grille qui menait à la crypte de l’Oratoire. La première fois qu’elle s’était aventurée à cet endroit, la Chasseuse n’avait pu s’empêcher de frissonner à la vue des cercueils des prêtres décédés, mais c’était un passage obligatoire pour accéder au secret de l’oratoire. Tout au fond de la crypte se trouvait un passage secret, construit à même le mur de pierre. Une fois actionné, celui-ci dévoilait un escalier qui descendait dans les profondeurs des souterrains qui évoluaient sous l’Oratoire. Les sous-sols de l’église dataient de bien avant le développement de la ville. Construits à même une ancienne carrière de pierre, ils étaient composés de plusieurs passages et de salles. Mais se promener dans les souterrains était dangereux. Avec les années, plusieurs passages étaient devenus impraticables, certains conduits avaient été inondés, d’autres s’étaient effondrés sous le poids des immeubles qui se développaient en surface. Les passages qui donnaient accès aux égouts étaient protégés par des entraves magiques créées par les anciens hunters. C’était le Père Gregory qui avait redécouvert le tout lors de son arrivée à l’Oratoire. Après des années de fouilles et de restaurations, il avait initié Sarah et Abigail à se diriger dans la noirceur des sombres passages. Ainsi, ce fut avec une certaine agilité que les deux êtres se glissèrent dans les corridors de pierre, éclairés par les flammes d’une chandelle. Une fois un corridor traversé, ils débouchèrent à une immense salle qui se trouvait sous le chœur de l’oratoire. Il s’agissait d’anciens thermes qui remontaient à l’époque où Londres était une capitale romaine. À moitié effondrer, l’ancien bassin était encore rempli d’une eau claire et chaude avec en son centre les restes d’un statut d’apparence féminine. Venaient ensuite les anciens Cartier des hunters. L’endroit était inoculer depuis plusieurs années, depuis que les guerres intestines avaient mis fin à l’alliance des membres de la Guilde d’Ivoire. On y trouvait encore une salle commune ainsi qu’une salle d’armes et de quelques chambres. La grande salle avait toujours été austère. Seuls quelques meubles la constituaient, dont une grande table ronde, derniers vestiges de ses hommes liés contre les créatures de la nuit. On avait dessiné sur l’un des murs un immense arbre d’un noir profond. À travers les années, les hunters qui avaient profité du refuge avaient gravé leur nom le long des branches de cet arbre à moitié effacé par le temps. L’acharnement du Père Gregory avait porté fruit. Des flambeaux avaient été allumés pour tenter de chasser l’humidité et des chandelles avaient été déposées sur les tables, habillant l’endroit d’une douce lumière. Après quelques paroles, Sarah resta seule dans la pièce, attendant que le père ne vienne raccompagner celui qu’elle attendait.

Désormais seule, la Chasseuse laissa échappé le bruyant soupir qui opprimait ses poumons depuis son départ matinal. Une main contre son visage, elle essuya l’eau de son visage d’un geste machinal. Elle ne pouvait réprimer les tremblements qui habitaient son corps. Était-ce le froid? L’humidité? Ses tremblements habituels depuis son retour de la rivière? Mais c’était surtout le stress et la peur qui faisaient frémir ses membres. Ses mains se posèrent contre l’âtre et une fine poussière recouvrit aussitôt la paume des gants noirs. Le choix du lieu pour cette rencontre si importante avait été spontané. La perspective de revoir Alexender et de lui donner un rendez-vous secret avait empêché la belle de réfléchir bien longtemps lors de sa discussion avec Eulalia. Sous le coup de l’impulsion, l’Oratoire s’était dessiné dans son esprit comme un endroit sécuritaire et propice à une telle rencontre. Maintenant qu’elle y songeait, la Chasseuse était plutôt fière d’avoir proposé le Sanctuaire. Eulalia ne se doutait pas du trésor qui se cachait sous les sous-sols de cette maison de dieu. Son idée avait du semblé à la jeune femme comme frivole, peut-être même déplacée, mais la magicienne n’en avait désormais plus cure. Le Sanctuaire représentait un trésor d’information et un endroit si sécuritaire qu’aucune créature nocturne ne pouvait y mettre les pieds. Quel vampire aurait tenté de forcer passage dans une Église? L’eau bénite, les croix et les items en argent ne manquaient pas.

Un nouveau frisson traversa le dos de la demoiselle. Malgré les chandelles, le froid continuait de pénétrer l’endroit. La Chasseuse enleva l’un de ses gants et tendit la main vers les bûches qui remplissait le foyer. Une puissante étincelle surgit au milieu du bois aussitôt suivi d’une violente flamme d’un rouge vif qui embrassa les brindilles et journaux. En quelques instants, un feu ronronna dans l’âtre de pierre, répandant dans la pièce une douce lumière et une chaleur qui chassa rapidement l’humidité. Le brusque changement d’éclairage illumina un instant le visage pâle de la jeune femme dont elle perçut le reflet au miroir poussiéreux qui reposait sur l’âtre. Sarah perçue son visage pour la première fois de la journée et elle jugeât gravement son apparence. Ses cheveux gorgés d’humidité avaient affaisé son chignons et quelques mèches rebelles retombaient désormais autour de son visage dont la peau blanche semblait presque translucide et qui faisait ressortir le rouge de ses lèvres. Les cernes sous ses yeux accentuaient son regard perçant et le bleu éclatant de ses yeux. L’héritière se mordit doucement la lèvre, pour peu, elle aurait ressemblé à un vampire... Après une grimace douloureuse, la jeune femme ramena sa paume blessée par son acte et serra ses mains tremblantes contre son manteau. Sarah soupira de nouveau avant de se laisser tomber sur le fauteuil miteux qui faisait face au foyer. Ses yeux purs parcoururent la pièce, observant les ombres être tranquillement chassées par la lueur des flammes. Comme elle aurait aimé que les choses soient différentes. Revoir Alexender la plongeait à la fois dans une intense émotion de joie mélanger de peur et de stress. Tout aurait été si simple si elle l’avait croisé au parc, sous le soleil chaud de printemps, comme n’importe quel amant. Tout aurait été si simple si toute cette histoire n’avait pas dégénéré à ce point. S’il n’y avait pas eu le théâtre, le Comte, leur fuite...

Ici, le temps ne semblait pas avoir d’emprise. À travers le crépitement des flammes, on entendait au loin une douce mélodie qui se répandait dans les corridors. C’était les chants grégoriens des chanteurs qui pratiquaient dans le chœur de l’éclisse bien loin au-dessus de sa tête. Perdue dans ses pensées, la belle demoiselle regardait avec un acharnement contrôlé l’horloge dont les aiguilles semblaient avancer à reculons. Malgré tout, trois heures sonna bientôt bientôt suivies de 15h10, puis de 15h20 et finalement de 15h30. Une douleur scia brusquement le cœur de la jeune femme. Peut-être ne viendrait-il pas...


Crédit photo
Image1: Church interior - Netgraftx
Image2: Rain - Guava Pie

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