L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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"Misérable est l'amour qui se laisserait mesurer" [Katherine, Comte] [16/05/42]

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Comte Keï
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MessageSujet: "Misérable est l'amour qui se laisserait mesurer" [Katherine, Comte] [16/05/42] Ven 10 Nov - 16:52

[HRP/ En venant du RP "Perspectives"/HRP]



"Misérable est l'amour

qui se laisserait mesurer"

Le Comte Kei et
Katherine Thornes

"Refuge de mes doutes,
Scène, éclaire ma route."

Musiques: Florent Schmitt: Antoine et Cléopâtre, 1920 ou Ambiance Ancienne Egypte.

Acte I - Antoine et Cléopâtre selon le Comte Kei:
 


Grand Théâtre - Scène et Parterre
16 mai 1842


Il n'était que 16h de l'après-midi et pourtant le Grand Théâtre raisonnait déjà du travail des comédiens. Le soleil demeurait haut dans le ciel, mais il ne pouvait pénétrer la haute structure dont la salle principale était en pleine rénovation. La moindre fenêtre avait été occultée par de lourds rideaux bruns et des patrouilles du Yard venaient régulièrement vérifier les alentours. En effet, depuis l'attentat perpétré par Alexender Von Ravellow et ses complices, la sécurité du quartier, et notamment du théâtre, n'était pas prise à la légère. Nul ne devait pouvoir entrer sans être contrôlé et nul ne devait pouvoir jeter un oeil à l'intérieur de l'édifice. Certes, cela faisait maintenant deux mois tout rond que cet événement funeste s'était produit, mais les travaux entrepris par Sir Barry, le Grand Architecte, revêtaient leur importance dans la vie mondaine des londoniens: il fallait à tout prix les achever dans les temps.
Evidemment, cela n'aurait pas nécessité autant de moyens si la présence de l'éminent Comte Keisuke, qui continuait malgré tout ses répétitions, n'était pas aussi effective sur les lieux. Malheureusement, le metteur en scène ne pouvait rester sur son échec de
Coriolan et avait obtenu de la reine une autorisation spéciale pour participer à la restauration du bâtiment et pour l'occuper à sa guise le temps de monter sa nouvelle pièce. Cette effervescence risquait de pousser les criminels en fuite à faire une nouvelle tentative d'assassinat.
En vérité, le Comte ne redoutait pas d'attaque de Hunter et la condamnation des fenêtres l'arrangeait particulièrement: ainsi, il pouvait travailler de jour sans craindre les rayons du soleil. La salle principale était toujours entière fermée, cela ne changeait pas, mais le Vampire appréciait de pouvoir également passer par le grand hall et les couloirs destinés au public. En plus du rôle capital que jouaient les égouts pour lui permettre d'entrer ou de sortir, ainsi que celui de son grand fiacre noir de nuit, les rideaux l’accommodaient fortement.
Installé dans un des fauteuils restaurés, au premier rang du parterre, le lord avait de nouveau rassemblé quelques uns de ses comédiens et ouvriers pour continuer la mise en scène d'
Antoine et Cléopâtre, de William Shakespeare, son auteur préféré. Un livret à la main, il portait une chemise blanche surmontée d'un gilet pourpre brodé d'or, et un pantalon noir rentré dans ses grandes battes de cuir, ce qui lui donnait l'allure d'un cavalier. Sans cape, tête nue et jambes croisées, il coordonnait les voix et les emplacements d'un trio d'hommes qui se trouvait sur les planches.

- Non, non, non...Ce n'est pas ça. Il faut que vous ayez l'air plus affolé que ça Monsieur Dwight, allons ! dit-il de sa voix de stentor. Il se leva et s'avança vers la scène en secouant son livret en direction de l'acteur. Pompée est en train de perpétrer des actes de pirateries pendant qu'Antoine rêve dans les bras de Cléopâtre. C'est une catastrophe: César et Lépide doivent intervenir. Le messager doit leur faire réaliser l'importance de la situation. Sans l'intervention du triumvirat, Pompée demeura impuni et son pouvoir ne cessera d'augmenter à mesure qu'il se fera craindre. C'est un message urgent.

Le jeune acteur rougit, incapable de soutenir le regard du metteur en scène. Ce dernier était en contre-bas mais sa taille et sa carrure l'avaient toujours impressionné. Le Comte était de ces hommes que l'on n'aimait pas contrarier, notamment à cause de son statut mais aussi à cause de cette espèce d'aura qui se dégageait de lui. Une force étrange poussait ceux qui le fréquentaient à le respecter et, lorsque l'on faisait partie de sa troupe, à lui offrir la meilleure prestation possible. C'était un honneur de travailler pour lui et de pouvoir profiter de sa renommée pour se faire une place dans le monde du spectacle. Hormis pour la pièce de Coriolan qu'il avait dû interrompre en pleine représentation et qu'il semblait avoir laissé de côté, tous connaissaient la qualité de ses mises en scène. Le décevoir était très embarrassant.

- Je...Je suis navré, Monsieur le comte. Je vais tâcher de prendre un autre ton.

Jirômaru esquissa une moue d'impatience et retourna s'asseoir dans son fauteuil. A ses côtés, Ambre griffonnait sur un calepin toutes les remarques qu'elle aurait à faire aux acteurs concernant leurs placements sur la scène. Parfois, elle relevait la tête pour jeter un coup d'oeil à l'arrière des planches où les décors étaient en plein montage. Il y avait une dizaine de personnes qui s'activaient autour de grands panneaux de bois pour les placer, les peindre et les mesurer. Ce n'était-là qu'une petite partie de la main d'oeuvre au service du Comte et un minuscule aperçu de ce que serait la pièce finale, mais la qualité des tableaux annonçait déjà qu'elle serait grandiose, à l'image des ambitions de son maître. Cependant, un bruit de fond très désagréable régnait dans l'édifice tout entier, d'autant que les balcons étaient également en pleine restauration. En effet, les ouvriers de Sir Charles Barry travaillaient eux-aussi, sur les plâtres et les moulures des bordures, ainsi que les revêtements des différents piliers qui soutenaient les hauteurs. La salle résonnait donc des différents intervenants et travailler dans ces conditions ne semblait pas être agréable pour tout le monde.

- Si vous voulez mon avis, maître, il est difficile de se concentrer avec tout ce remue-ménage...murmura Ambre en jetant un regard impuissant au Comte.

- Les comédiens doivent savoir faire abstraction de ce genre de désagréments ma chère, répondit le grand Vampire en soupirant. Ce sont des professionnels ou ils ne méritent pas leur place dans cette troupe. Travaux ou public en délire, quelle différence ?

- ...Vous avez raison...fit la belle rousse en inclinant la tête.

Alors que les trois acteurs reprenaient leur jeu, une porte s'ouvrit sur le côté droit de la salle. Jirômaru tourna son visage de marbre vers l'homme qui entrait et reconnu aussitôt l'individu qui se dirigeait déjà vers eux. C'était Hamish Lawson, le duc de Bracknell, que le lord avait recruté le même jour que Katherine Thornes. Le comédien vint les saluer discrètement, avec humilité et respect, avant de les laisser à leur travail.


- Que penses-tu de notre Antoine ? demanda Jirômaru en montrant d'un coup de tête l'acteur dont c'était le rôle. Penses-tu qu'il conviendra à Miss Thornes ?

- Il a bonne allure. répondit la belle actrice en regardant l'acteur s'éloigner et disparaître dans les coulisses pour se préparer. Je dois dire qu'il est agréable à regarder. Sa carrure est parfaite pour le rôle. Elle sourit au Comte d'un air amusé. Vous vous souciez-donc des goûts de Miss Thornes ?

Jirômaru leva un sourcil, surpris par cette question légèrement insolente. Il s'était toujours soucié du bien-être de ses comédiens. Même s'il était d'une grande exigence, jamais il n'oubliait de les interroger sur leurs ressentis. Il savait que la qualité de leur jeu pouvait dépendre de leurs affinités entre-eux et s'assurait toujours qu'ils s'entendaient bien avant de les envoyer sur scène.

- Je ne prends pas plus soin d'elle que des autres, Ambre. répondit-il un peu sèchement.

- ...certainement maître, s'empressa de dire la jeune femme. Je pense que Monsieur Lawson conviendra. Ils se sont bien entendus à la soirée de Sir Barry, acheva-t-elle.

Le Comte tourna les feuilles de son livret et se remit à réfléchir. Il récupéra une mine de plomb pour inscrire des notes dans les marges. Il jetait des regards durs aux comédiens qui répétaient devant lui, simplement parce qu'il était fort concentré, mais cela avait le mérite de leur mettre une forme de pression qui les forçait à donner le meilleur d'eux-mêmes.
Au bout d'un moment, le Vampire se retrouva sur scène avec les acteurs pour régler quelques détails. En pleine lumière, en compagnie des personnages de César, Lépide et du messager, Jirômaru relut les passages clés de leur dialogue pour les aiguiller sur la bonne voie. Il conseilla d'ailleurs à Lépide quelques actions d'arrière-plan, puisqu'il n'avait que peu la parole dans cette scène.
Ambre remarqua alors que son maître avait repris quelques forces depuis qu'il était revenu de chez la Sorcière. Il était encore affaibli mais cela ne se voyait plus. Le sang de Ludwig l'aidait à se remettre de ses dernières blessures et même si la perspective de revoir Sarah dans le bal qu'elle avait annoncé l'avait quelque peu chamboulé la veille, il semblait avoir repris confiance en lui. Qu'il reprenne la mise en scène de sa nouvelle pièce était le signe qu'il avait besoin d'évasion et que son coeur prenait de la distance avec ce qui l'affectait.


- Antoine, quitte tes débauches et tes voluptés ! fit "César" avec verve. Lorsque repoussé de Mutine, après avoir tué les deux consuls, Hirtius et Pansa, tu fus poursuivi par la famine, tu la combattis, malgré ta molle éducation, avec une patience plus grande que celle des sauvages.

- Là, c'est mieux. Reprenons messieurs, reprenons !

La belle irlandaise sourit face à la motivation dont faisait preuve son maître. Puis, elle reprit son travail de prise de notes. Il ne manquait plus que Miss Thornes pour qu'ils puissent commencer la première scène de la pièce. En effet, les acteurs travaillaient actuellement sur la scène 4 de l'acte I. Il était courant que les scènes soient apprises et montées dans le désordre, mais il était temps pour la troupe de reprendre l'argument depuis son début. Cléopâtre en était le personnage clé: sans elle, il devenait difficile de se mettre à l'oeuvre.

Made by Neon Demon


Crédit image: Cléopâtre essayant ses poisons sur des condamnés à mort, tableau d'Alexandre Cabanel.


> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
Spoiler:
 

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Dernière édition par Comte Keï le Dim 17 Déc - 12:36, édité 3 fois
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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: "Misérable est l'amour qui se laisserait mesurer" [Katherine, Comte] [16/05/42] Sam 18 Nov - 23:35

[HRP/ Après Soirée tranquille en face de la bibliothèque /HRP]

Le domaine Thornes possédait une très belle demeure. Les fenêtres souvent ouvertes faisaient pénétrer la lumière dans chaque pièce et rendait ainsi le manoir bien plus lumineux que d'autres ne pouvaient l'être au centre de la capitale. Afin de pénétrer dans l'habitation il était nécessaire de traverser l'avant du jardin. Une longue allée de graviers permettait aux voitures d'entrer et de se diriger vers la riche fontaine sculptée. Amateurs d'arts depuis toujours la famille Thornes n'avait jamais négligé l'aspect artistique et séduisant de chacune de leur demeure. Il s'agissait plus d'un plaisir personnel que pour épater la galerie. Le goût du luxe et du raffinement mis à l’œuvre offraient un rendu tout à fait agréable et satisfaisants. Le père de Mademoiselle, lettré assoiffé de connaissances, ne s'était lassé de son vivant d'embellir chacune de ses demeures que ce soit les siennes ou bien celles de son épouse en Hongrie. Cette cour donnait ainsi un accès à l'entrée du manoir et s'élargissait sur les côtés afin de contourner les murs de la haute bâtisse pour se rejoindre dans un parc bien plus grand et somptueux que l'ensemble ne le laissait paraître. La faune était aussi présente que la flore. Les arbres cachaient en leur sein écureuils et oiseaux britanniques. De multiples fleurs venaient tapisser les sols et inondaient parfois les murs. C'était parfois à se demander si la Nature n'avait pas repris le dessus sur la Culture. C'était en réalité une disposition désirée par la jeune femme. Elle aimait faire contraster la structure de l'art et des sculptures faisant de son habitat un lieu culturel assez riche mais aussi le désordre et pourtant cette beauté si peu présente en Londres de la nature elle-même.

De la fenêtre du salon Katherine observait de loin Michael seller les chevaux et les attacher au fiacre qui les mènera au Grand Theatre. Une lettre cachetée reposait non loin d'elle, sur sa commode. Il s'agissait d'une invitation ou tout du moins le rendez-vous tant attendu. Celui des répétitions. La jeune femme avait longuement songé à tout ceci. Aux Hunters, au QG, à Raphaël qui n'avait de cesse de la surprendre de par sa nature et ses ambitions, à Eulalia qu'elle venait de rencontrer, à Isaac qui ne semblait toujours pas l'apprécier, aux prostituées qui n'avaient pas été libérées, à Sarah que tous cherchaient et dont elle s'en fichait presque, ce qui lui fallait c'était seulement une victoire contre ce monstre, cette femme lui importait peu d'autant plus qu'à son retour elle lui prendrait certainement son premier ami depuis si longtemps. Mais surtout elle pensait à Alexender, impulsif, idiot mais doux et chaleureux. Elle regrettait de ne pas l'avoir connu un peu plus tôt bien qu'elle songeait qu'elle n'aurait peut-être pas eu l'occasion de le connaître aussi intimement. Elle se rappelait son inquiétude par rapport à son nouveau rôle en tant que comédienne. Il se faisait du soucis pour elle et elle appréciait cette attention même si à ses yeux elle était assez grande pour pouvoir savoir elle-même ce qui était bon ou non de faire. Malgré tout cela la touchait et elle lui en était reconnaissante.
Aujourd'hui était un premier grand jour. Après la soirée à discuter théâtre et représentation avec le Lord Keisuke la jeune femme n'avait de cesse de retourner dans son esprit toutes les situations possibles et inimaginables qui pouvaient s'en découler. Elle se devait de faire bonne impression tout en restant la plus naturelle possible. La jeune hongroise devait rester fidèle à elle-même.

Michael se retourna au moment où sa Dame le contemplait. Elle sourit en le voyant la regarder et lui fit un petit signe de la main. Quelle femme capricieuse. La digne fille de son père. Un triste souvenir refit surface. Le visage du Comte Thornes. Un homme noble agréable mais têtu. Qu'aurait-il pensé de sa relation avec sa jeune fille ? Qu'aurait-il pensé de l'avenir de sa petite protégée ? Il lui en aurait certainement voulu, Katherine se mettait en danger à chaque instant et se moquait des conventions. Approchant de la fenêtre en s'essuyant les mains il se pencha. La comtesse fit de même et déposa un baiser sur les lèvres de Michael avant de souffler :


- Aller ! Vite ! Termine vite de préparer les chevaux Michael cela ne va pas se faire tout seul !

Riant elle se retourna et ferma la fenêtre. Atterré Michael la regarda s'éloigner et se dépêcha de terminer la préparation du fiacre. Lorsque le majordome eut fini d'atteler les montures il pénétra dans la demeure et partit à la recherche de la jeune femme. Cette dernière arrangeait ses cheveux. Ses longues mèches avaient été tressées et remontées sur le haut de son crâne donnant ainsi l'illusion d'un chignon royal. D'autres se fracassaient sur ses épaules mêlant tresses et mèches libres.  L'homme de main la contempla quelques secondes avant de se glisser derrière elle et s'en dire un mot, de lasser son corset. Katherine portait une robe légère pour les répétitions, elle ne désirait s'encombrer de cerceaux et de montures qui ne feraient qu'entraver ses mouvements. De plus, si elle devait essayer des costumes enlever une robe aussi fine était bien plus aisé que d'ôter toute une armature.

- Je suis confiante. Nous ne sommes que dans la première étape : l'approche. Je n'ai rien à craindre pour le moment. Nous ne serons pas seuls. Je dois simplement acquérir sa confiance…

Michael releva le visage l'air grave et caressa timidement le bras de la jeune femme :


- Ne prenez tout de même aucun risque. Votre couverture doit rester indemne.

- C'est pour cela que tu seras le seul armé. Je ne porterai rien d'autres que mes vêtements. C'est risqué mais c'est le jeu. Nous continuons le ballet.

La gorge du lycanthrope se serra et il tendit à la jeune femme un chapelet :


- Prenez au moins cela.

Katherine se retourna vers lui en riant, hilare qu'il puisse se tromper à ce point sur son compte. Ne la connaissait-il donc pas ?

- Voyons Michael. On ne m'a jamais vu tripoter un chapelet en public. Je ne suis pas la plus fervente des chrétiennes surtout en connaissant mes quelques comportements tendancieux. Je suis pratiquante mais pas à ce point. N'importe qui froncerait les sourcils en me voyant porter cet objet.

Caressant la joue de l'homme elle lui glissa dans la main un pistolet à percussion chargé de balles d'argent. De l'autre elle attrapa son manteau et se dirigea vers la porte d'entrée qu'elle n'eut pas besoin d'ouvrir. Le majordome le faisait déjà à sa place. Radieuse elle se dirigea vers le coche.


Le chemin n'était pas bien long, seuls les quelques passants qui s'attardaient en plein milieu des ruelles les retardaient. Michael ordonnait parfois à certains de laisser passer la Comtesse et de dégager ainsi le passage. Désiraient-ils donc être piétinés par les chevaux ? Certains enfants qui couraient dans les rues s'arrêtèrent pour observer le fiacre riche déambuler. Cela les émerveillait. Ce luxe était pour eux encore inaccessible. D'autres passants ne se fiaient guère à cette voiture. Ce n'était ni la première ni la dernière qu'ils verraient dans leur vie et parfois même ils en possédaient une, signe de leur aisance.
Les bâtiments défilaient. Katherine observait le paysage. Ses pensées l'envahissaient. Sa misson au sein de la guilde était certes périlleuse mais cela l'excitait. Elle allait enfin remonter sur les planches. Ces derniers temps, entre ses multiples papiers personnels et les soucis de la petite troupe, la jeune femme n'avait guère eu le temps de se consacrer à sa passion première : le théâtre. Elle n'avait pas eu besoin de découvrir cette pièce. Elle l'avait déjà lu à deux reprises. Cependant le travail de cette fois-ci fut bien différent. Appuyant un peu plus son analyse elle apprit par coeur les répliques de Cléopâtre et s'imagina une première mise en scène. Debout au milieu du salon, Michael s'était efforcé de jouer les autres protagonistes. Son jeu d'acteur était bien prête mais suffisant pour que la demoiselle puisse s'entraîner ou bien se moquer de lui…

Les appartements et les places laissèrent enfin place à un immense monument. Bien qu'en pleine reconstruction, le grand théâtre était des plus intimidants et pourtant regorgeant de magnificence. Le cœur de la Hongroise se mit à battre un peu plus fort. C'était là que c'étaient déroulés les derniers événements. Funestes… Et pourtant la foule était encore présente tout autour. Des ouvriers faisaient de leur mieux afin de rendre toute sa grâce au monument. L'attentat semblait presque ne s'être jamais déroulé. Katherine avait raté ce grand événement et même si elle regrettait de ne pas s'en être mêlée, elle était heureuse aujourd'hui d'avoir la possibilité d'approcher le Comte.  
Le fiacre s'arrêta et Michael posa pied à terre. Dévoilant le marche-pied il ouvrit la porte ainsi que l'ombrelle de la jeune femme et lui tendit la main. Posant ses doigts gantés dans la paume de son majordome la Demoiselle descendit les marche et couvrit sa tête de son élégant tissus dentelé. Elle grimpa ainsi les premières marches et pénétra dans l'immense bâtisse.


La porte s'ouvrit sur la Comtesse. Michael tenait l'ombrelle de la jeune femme sous le bras d'une manière tout à fait élégante. La jeune femme sourit en scrutant la salle. C'était si grand et si beau. Elle avait déjà eu l'occasion d'y jouer mais y retourner était toujours un immense plaisir. Ses yeux bleutés s'arrêtèrent un instant sur les comédiens en pleine répétition. Pendant un instant elle désira s'asseoir et simplement les observer afin de se régaler du spectacle. Son regard retomba finalement sur le Comte Keisuke et son assistante qu'elle avait déjà pu croiser lors de la soirée de l'architecte. S'avançant vers eux, son homme de main en retrait pa rapport à elle, elle sourit à son metteur en scène et s'inclina délicatement avant de faire un mouvement de tête respectueux envers la jeune femme qui l'accompagnait.


- Mademoiselle, Monseigneur, c'est un plaisir de vous retrouver ici. Je suis navrée pour le léger retard, il se trouve qu'aujourd'hui Londres est bien peuplée. J'espère ne pas avoir compromis vos attentes pour les répétitions de ce jour… Faisant une légère pause elle continua : C'est un véritable honneur et un plaisir de pouvoir jouer à nouveau et qui plus est dans votre compagnie.

Elle en oubliait presque le nature de l'homme qui se tenait devant elle. Il était tout simplement élégant, magnifiquement vêtu et sa simple carrure suffisait à intimider n'importe qui. Sauf la Comtesse qui ne se démontait pas devant ce géant et affichait toujours sa mine enjouée. Elle en oubliait presque que tout ceci n'était qu'un jeu. Peut-être fallait-il qu'elle l'oublie presque entièrement afin d'être plus crédible auprès de ce monstre. Ce qui cependant effaçait pour quelques instants sa haine des vampires était leur passion commune et l'exaltation qui la poussait à vouloir à tout prix remonter sur scène. Derrière elle Michael s'inclina bien bas afin de saluer très respectueusement la haute personnalité qui se trouvait là. Cela le démangeait. Sortir son arme et tirer sur le Comte. Peut-être avait-il le temps de le faire. Ou peut-être pas. Les vampires étaient des créatures rapides, il percevrait très certainement son mouvement. De plus, ils ne voulaient pas que la peau de ce monstre mais des autres et éliminer ce dernier voudrait dire effacer tout ce qu'il pouvait savoir et transmettre comme information. Et si d'autres vampires se trouvaient dans la pièce ? Katherine n'avait rien pour se protéger et les humains présents les verraient comme des assassins. Cependant cela le démangeait. Reculant il resta à une distance respectable afin d'observer la pièce et surtout sa maîtresse.
La jeune femme se tourna à moitié vers la scène.


- Acte I, scène 4… Je suis toute à vous.



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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MessageSujet: Re: "Misérable est l'amour qui se laisserait mesurer" [Katherine, Comte] [16/05/42] Dim 17 Déc - 14:51



"Misérable est l'amour

qui se laisserait mesurer"

Le Comte Kei et
Katherine Thornes

"Let Rome in Tiber melt and the wide arch
Of the ranged empire fall. Here is my space.
Kingdoms are clay."*

Musiques: Florent Schmitt: Antoine et Cléopâtre, 1920 ou Ambiance Ancienne Egypte.


Grand Théâtre - Scène et Parterre
16 mai 1842


Sous l'oeil attentif du Comte, l'Antoine de Shakespeare prenait vie. En l'absence de Miss Thornes, qui devait endosser le rôle de Cléopâtre, le grand Vampire avait lancé la répétition de la scène 4 du premier acte. Dans cette dernière, Lépide et César Octave, membres du triumvirat, débattaient sur les débauches de leur troisième compagnon, Antoine, resté en Egypte auprès de la reine étrangère qui avait déjà fait tourner la tête de Jules César.
Monsieur James Dwight, qui interprétait César Octave, et Monsieur Peter Lean, qui jouait le rôle de Lépide, parvenaient enfin à adopter le ton que le metteur en scène désirait entendre. Un fin sourire vint fendre son visage glacé tandis que le jeune James terminait sa dernière réplique avec ferveur. Il avait suffit de le reprendre une fois pour qu'il prenne la bonne direction. Le Comte était fier de lui. Dans un soupir éloquent de soulagement, l'ancien samouraï tourna la page de son livret et se remit à réfléchir en silence au sujet du placement des acteurs et des décors.
A ses côtés, Ambre, sa fidèle coéquipière, lui jeta un regard heureux. Jirômaru détestait la médiocrité, surtout lorsqu'il s'agissait du théâtre: le voir sourire signifiait que le jeu des acteurs avait atteint un certain niveau d'excellence qui assurerait à la pièce une belle renommée. Le grand Vampire avait l'air détendu, même s'il fronçait désormais le front sous l'effet de la concentration. Elle le sentait passionné et vivant, à l'opposé de la veille qui lui avait peint sur le visage un masque mélancolique et angoissé. Sarah quittait ses pensées l'espace d'un instant et ce n'était pas plus mal. La belle huntress oppressait son coeur comme jamais femme ne l'avait fait depuis des siècles et la perspective de leur mariage semblait perturber son maître outre mesure. Alors qu'il avait tant désiré posséder la jeune humaine ces derniers mois, voilà qu'il doutait de ses propres envies, ou du moins des sacrifices qu'il acceptait de faire en vue de la réalisation de ses desseins. Apparemment, le Prince avait modifié ses plans et plus rien ne se déroulait comme il le souhaitait. S'il pouvait retrouver sa joie de vivre et son assurance au travers de la mise en scène de cette nouvelle pièce, Ambre ne pouvait que s'en réjouir.
Ils n'étaient qu'au début des répétitions et le plus gros restait à faire, mais déjà l'âme du spectacle avait envahi l'ensemble de la troupe et promettait d'offrir aux spectateurs un événement grandiose. La jeune rouquine continua de prendre des notes. Les décors n'étaient qu'ébauches sur de grandes planches de bois, les costumes devaient encore être ajustés sur les comédiens et leur jeu, leurs placements et leurs attitudes étaient encore à bâtir. Cependant, les acteurs connaissaient déjà leur texte, du moins en majeure partie, avant même de commencer les répétitions et cela n'était pas rien. C'était d'ailleurs la première fois que la metteuse en scène voyait tant d'engouement pour un texte. Même s'il y avait encore quelques hésitations dans l'interprétation des personnages, les artistes demeuraient des professionnels triés sur le volet et leur motivation faisait plaisir à voir.
Était-ce là l'effet des scandales qui régnaient autour du Comte et des Hunters ? L'attentat et l'échec de Coriolan avaient sans doute donné envie aux jeunes acteurs de soutenir le lord. Après tout, les conversations de salon ne trompaient pas: cette nouvelle pièce ferait salle comble dès l'ouverture de la billetterie. Le public allait s'arracher les entrées et frémissait d'avance à l'idée de participer à ce grand retour du fameux comte Keisuke. Les comédiens savaient que le succès de cette pièce leur permettrait de se tailler un véritable nom dans le milieu du spectacle. La reine serait présente. C'était comme si l'effervescence autour de cet événement visait à déjouer le mauvais sort ou à effacer le souvenir de l'attentat. Face à l'adversité, le peuple se mobilise volontiers et se réapproprier les lieux maltraités par les armes devient un besoin vital.

Tandis que les acteurs reprenaient leur scène depuis le début, Ambre sentit dans son dos une porte s'ouvrir. Elle jeta un regard rapide au-dessus des sièges du parterre où ils se trouvaient et identifia les nouveaux arrivants.


- Monseigneur, Miss Thornes vient d'arriver, murmura-t-elle à l'oreille du Comte.

Sortant de ses pensées, Jirômaru referma son livret au moment où Katherine esquissait une courbette devant lui. Le sourire aux lèvres, le grand homme se leva et saisit doucement une de ses mains gantées pour déposer sur son dos un baiser de circonstances. Il avait l'air véritablement ravi de la revoir.


- Miss Thornes ! Bienvenue parmi nous ! Ne vous excusez pas, allons, nous avions prévu de travailler les scènes dans le désordre. Mais maintenant que vous êtes arrivée, nous allons pouvoir commencer depuis le début.

Le Comte ne jeta même pas un regard à Michael. Pourquoi s'intéresser à un serviteur ? Depuis le dîner chez Sir Barry, il avait compris que la jeune femme préférait être accompagnée d'un majordome plutôt que d'une camériste et n'avait pas jugé utile de s'attarder sur le sujet. Il n'était là que pour lui ouvrir le fiacre, porter son ombrelle et lui assurer un certain confort en société. C'était une ombre dont l'avis ne l'importait absolument pas. Dans son orgueil, le Vampire demeurait malgré lui un homme hautain voire méprisant avec les basses classes. Serviteurs, majordomes, caméristes, femmes de chambre, mignons et autres petites mains étaient quantité de personnes négligeables à ses yeux. Jirômaru était partagé depuis toujours à ce sujet mais les siècles avaient bel et bien dénaturé son regard et durci son coeur. De guerrier protecteur des faibles il était devenu garde du corps de l'empereur et s'était empli de fierté et de suffisance. Sa vampirisation en avait fait un pitoyable pantin de la débauche et de la fatuité. Depuis qu'il s'était mis à haïr les hommes comme les longues-dents, il avait pris le parti de ne se préoccuper que de ceux qui pourraient lui être utiles. Michael n'était rien pour lui, même pas une âme exploitable pour quelques desseins: pour engager et courtiser sa maîtresse, il n'avait nul besoin de lui.
Alors que la jeune femme observait les acteurs jouer leur scène, le Comte la détailla rapidement du regard. Elle avait pris le soin de tresser ses cheveux en un chignon royal, ce qui n'était pas une mauvaise idée, et de ne porter qu'une robe légère en vue d'essayer des costumes. C'était une femme intelligente. Belle et intelligente. En laissait ses iris grises glisser ses ses courbes, le Vampire se remémora leur petit jeu dans le jardin de l'Architecte. La roseraie leur avait ouvert les bras et ils avaient été à deux doigts de se laisser aller à la concrétisation du désir qu'ils avaient développé l'un pour l'autre en quelques regards. Kaherine était de ces femmes que l'on savait faciles et déjantées derrière leurs petits minois aristocratiques. Jirômaru ne doutait pas du nombre conséquent d'amants qu'elle avait dû posséder et, s'ils n'avaient pas été en présence de nombreux invités qui risquaient de faire scandale (notamment à cause de sa demande en mariage), il se serait volontiers laissé séduire...


- Vous avez l'oeil, dit-il en s'approchant d'elle tout en jetant un regard à la scène. Mais venez donc, que je vous présente vos confrères.

Jirômaru claqua dans ses mains et les acteurs cessèrent immédiatement leur jeu. Ils se redressèrent et se tournèrent vers leur metteur en scène. Le regard de James Dwight tomba sur Katherine et il comprit que Cléopâtre venait de faire son apparition. Il gratifia la belle aristocrate d'un sourire tandis que Peter Lean fixait le Comte avec attention.

- Messieurs, il est temps de rassembler la troupe pour le premier acte.

Le Vampire les laissa aller chercher les autres comédiens en coulisse. Ambre disparut tout juste après avoir salué Katherine et réapparut sur scène avec plusieurs demoiselles qu'elle était allée quérir dans leurs loges. Bientôt, tous les acteurs du premier acte se trouvèrent sur scène. Jirômaru offrit son bras à la comtesse Thornes et, ensemble, ils montèrent sur scène. D'un regard, Ambre invita le majordome à s'asseoir dans le parterre. Une fois que tout le monde fut enfin arrivé, le Comte les invita à s'approcher de lui, afin qu'il n'ait pas à parler trop fort (et que les ouvriers de Charles Barry, occupés aux rénovations, n'identifient pas tous les acteurs). Puis, il fit les présentations:

- Mesdames, messieurs, je vous présente Katherine Thornes, notre Cléopâtre. Certains d'entre-vous l'ont déjà rencontrée, comme monsieur Lawson, et d'autres la connaissent certainement de réceptions ou de salons. Certains hochèrent la tête et Lawson sourit de toutes ses dents en se remémorant la soirée chez l'Architecte. Miss Thornes, voici vos collègues pour l'acte I: Hamish Lawson, notre Antoine, votre amoureux, si je puis me permettre.

- Ravi de vous revoir Miss, fit l'homme en esquissant un baise-main avant de laisser la place aux suivants.

- James Dwight, notre César Octave.

- Enchanté.

- Peter Lean qui incarne Lépide. Anastasie Rewright, qui incarne Charmiante, votre suivante. Martin Painful qui interprète les serviteurs, les messagers et Alexas. Jefferson Malorn, pour Philon. Joseph Twin, pour Démétrius...

Ainsi le Comte présenta-t-il tous les comédiens présent ce jour au théâtre pour les répétitions. Chacun salua Katherine avec respect. Puis, le metteur en scène leur expliqua qu'ils allaient reprendre la pièce depuis le début et commencer à répéter la première scène. Ceux qui n'y avaient pas leur place devaient s'occuper d'essayer leurs costumes et de s'échanger les répliques dans une salle annexe. Ne restèrent donc sur scène que Katherine (Cléopâtre), Jefferson Malorn (Philon), Joseph Twin (Démétrius), Hamish Lawson (Antoine) et Martin Painful (messager).

- Bien. Vous connaissez tous vos répliques ? s'assura le Comte en joignant ses deux mains sous son menton. J'aimerai que l'on fasse un premier test, sans costume, puis un second, avec costumes.

Le metteur en scène rappela à tous l'argument de la première scène.

Acte I, scène 1:
 

Le Comte insista sur l'amour pressant d'Antoine et sur la froideur apparente de Cléopâtre face à ses insistances: le général a déjà abandonné ses fonctions alors que la belle égyptienne demeure, elle, une reine. Il insista également sur les chuchotements entre Philon et Démétrius qui sentent le conflit arriver: pour eux, Antoine est en train de se perdre au bras d'une prostituée.

- La scène se termine sur la sortie d'Antoine et Cléopâtre, qui partent se promener, et sur les deux conseillers qui s'inquiètent du destin du jeune général amoureux. Gardez tous un maintien de dignitaire, sauf pour Antoine qui n'agit qu'à sa tête.

Après avoir expérimenté quelques placements différents avec les comédiens, le Comte les laissa sur scène et revint s'installer au premier rang du parterre. Michael se trouvait au second rang, éloigné de quelques places pour qu'il ne se retrouve pas derrière le metteur en scène. Sans notifier sa présence, le Vampire reprit son livret et accueillit Ambre à ses côtés. Puis, lorsque tous furent en place, il claqua des mains et la scène put commencer.
Jirômaru observa tous les comédiens, sans exception, et prit des notes dans les marges du livret. Ambre avait reprit son observation elle aussi. Tous deux semblaient particulièrement attentifs au moindre détail et leur professionnalisme était flagrant. Ils n'interrompirent qu'une paire de fois la scène pour donner quelques indications supplémentaires, mais laissèrent aux acteurs une grande liberté afin de pouvoir juger de leur talent. Le Comte savait d'expérience que d'excellentes idées pouvaient provenir des comédiens eux-mêmes. Il demeurait donc à l'écoute. Les tons et les gestes des acteurs leur venaient souvent très naturellement et rien n'était à changer. Parfois, l'un d'entre-eux déviait de ses idées premières et le Vampire conservait son interprétation qu'il jugeait intéressante plutôt que de l'obliger à entrer dans le moule de la sienne. Comme metteur en scène, il était exigeant, mais également particulièrement apprécié pour son instinct et sa flexibilité dans le jeu.

Au bout d'une bonne demi-heure de répétition, le Comte se leva et claqua des mains pour y mettre fin. Il remercia les comédiens et monta sur scène pour revoir avec eux quelques placements, suggérés par Ambre, et pour en féliciter certains. Il s'attarda un peu sur Katherine, qu'il complimenta pour son ton et ses mouvements.
Puis, le Comte les invita à passer par les loges pour endosser leurs costumes. Même si ce n'était que des ébauches et des étapes préparatoires, cela donnerait une idée plus précise du rendu final. Katherine fut conduite dans les coulisses par Ambre qui la laissa dans une loge en compagnie de deux caméristes. Sur la porte de la loge figurait son nom, signe qu'elle lui était personnelle pour toute la durée de leur travail.
Étroite mais agréable, la pièce possédait un grand miroir devant lequel une table allongée le long du mur présentait de nombreux produits pour se grimer et se coiffer. Une commode et une vasque se trouvaient dans un angle. Enfin, une penderie pleine de robes et de costumes divers encombrait le dernier pan de mur libre. Un mannequin de bois, sans visage, était couvert d'une robe blanche à broderies dorées. Les caméristes invitèrent la jeune femme à porter ce costume et se mirent à l'habiller.

Descendant de scène, le Comte tourna le dos aux loges. Il devait laisser le temps aux comédiens de s'habiller. Partant à la rencontre d'un certain Alonzo di Paleston, un italien qui travaillait de concert avec sir Charles Barry, il discuta un moment des moulures toutes fraîches des balcons supérieurs et se perdit un peu dans ses pensées.


* "Les royaumes ne sont d'argile..." Que restera-t-il de tout cela dans quelques siècles...?*

La porte du fond s'ouvrit alors près de lui et un homme entra avec une boîte dans les mains. Il annonça qu'il avait un colis pour Miss Ghrianstad. Le Comte le réceptionna et s'éloigna un peu des travaux pour l'examiner. C'était un coffret de bijoux, rectangulaire et plat, qui contenait la parure de Cléopâtre. Le Vampire ouvrit le boîtier et observa un instant le lourd collier de perles multicolores et l'ensemble de boucles d'oreilles assorti. Décidément, il aimait cette parure !
Le Vampire referma la boîte et traversa la salle pour disparaître du côté des loges. Sans réellement y réfléchir, il pénétra dans les couloirs animés des caméristes et des comédiens qui terminaient de s'habiller et s'arrêta devant la loge de Katherine. Il frappa doucement à la porte et l'ouvrit, un peu cavalièrement, pour y entrer. Une femme manqua de lui mettre la porte dans le nez, tant elle fut surprise que l'on entre aussi rapidement dans la loge d'une lady en train de se changer. Mais, lorsqu'elle reconnut le Comte, elle s'écarta promptement et le laissa passer. Jirômaru ne perçut la gêne de la domestique qu'après coup. Katherine n'avait effectivement pas fini de se changer.


- Oh ! Excusez-moi, Miss Thornes, fit-il en se détournant un peu pour éviter de la gêner.

Son regard tomba alors sur le miroir et son coeur manqua un battement. Le reflet de la jeune femme lui assurait une magnifique vue sur son décolleté et il ne put s'empêcher de songer qu'elle lui plaisait presque à la hauteur de Chastity. Mais ce qui le perturba le plus, ce fut de réaliser qu'il avait manqué de passer devant la surface de verre, sans prendre garde à son absence de reflet. Heureusement que la camériste l'avait ralenti ! Sans Ambre, il ne pouvait donner l'illusion d'appartenir à ce monde...Restant dans un angle qui lui assurait l'absence naturelle de reflet, le Comte continua de détourner le regard et serra ses doigts autour du coffret.


- J'étais venu vous apporter la parure que j'ai choisie pour cette scène...

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* Shakespeare, Antony and Cleopatra, Acte I, scène 1, texte original.
[trad] Que Rome se fonde dans le Tibre,
que le vaste portique de l’empire s’écroule !
C’est ici qu’est mon univers.
Les royaumes ne sont qu’argile.

Crédit image: The fall of Rome, tableau de Tom Holland.


> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
Spoiler:
 

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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: "Misérable est l'amour qui se laisserait mesurer" [Katherine, Comte] [16/05/42] Sam 17 Mar - 22:55

Katherine prenait son rôle très au sérieux. Cela faisait hélas bien trop longtemps qu'elle n'avait pas eu le loisir de ce produire sur scène. Entre les dernières péripéties et sa vie de Comtesse, la jeune femme se sentait comme emportée par le temps. Il ne passait que trop vite, elle ne voyait plus les jours passer et ne profitait des délicieux moments qu'elle pouvait récolter. Elle avait parfois l'impression de ne vivre que pour venger ses pairs, pour rétablir un ordre saint dans cette ville. Peut-être prenait-elle cette mission beaucoup trop à coeur ? Qui le lui avait demandé ? Personne, elle avait été seule maîtresse de sa décision mais il lui était inconcevable de laisser vivre de pareils monstres. Ce jour était cependant un jour assez différent. En écartant le fait que le Comte soit ce vampire si recherché et si convoité pour ses canines, il était l'un, ou peut-être, le plus grand metteur en scène de Londres. C'était une magnifique opportunité pour elle. Katherine avait déjà percé en Hongrie mais son nom rappelait celui d'une femme qui se devait d'être déjà morte et elle n pouvait donc réellement s'en vanter. C'était l'occasion pour elle de pouvoir être à nouveau sur les planches, vêtue de costumes magnifiques ou farfelus, de s'exprimer sans avoir à se soucier de la cruauté de la vie. De jouer, oublier le personnage qu'elle incarnait chaque jour. A cet instant-là, même si le Lord représentait tout ce qu'elle exécrait du plus profond de son âme une petite voix lui souffler de fermer les yeux, ne serait-ce que pour son travail. C'était une chance inouïe. C'était comme le rêve d'une petite fille, elle avait été repérée et appréciée à sa juste valeur. Au fond d'elle, la jeune hongroise trépignait d'impatience. Si le vampire savait à quel point elle était soulagée de pouvoir jouer à nouveau. C'était certainement sa plus belle mission depuis des années. Risquée mais tellement excitante !

L'immense bâtisse avait ouvert ses portes au passage de la jeune femme. C'était le rêve de tout comédien de pouvoir se produire dans un tel lieu. A l'entrée, Katherine pouvait déjà les entendre. Les acteurs, leurs pas frottant, claquant, malmenant et caressant le parquet. Elle sentait l'odeur de la craie, le parfum de la charpenterie, s'imprégnait de la senteur des peintures fraîches et des tissus neufs. Son entrée ne fut pas fracassante comme dans ses habitudes. La Comtesse respectait profondément et presque religieusement le travail de chacun. Perturber le jeu des acteurs la couvrirait de honte. Silencieusement elle s'avança vers son employeur les yeux rivés sur la scène puis doucement elle se présenta et s'excusa platement pour le retard. La populace s'excitait. Londres était en feu. Le Comte préparait une nouvelle pièce, une nouvelle merveille qui cette fois-ci ne devait pas être gâchée par la venue de terroristes tristement célèbres dans la Capitale. Les commérages grondaient, boursouflaient la croûte de la société et la faisaient éclater en un millier de rumeurs répandues par-ci, par-là au gré des conversations et des intérpets propres à chacun. Celui qui savait était puissant, certainement très proches des grands et donc bien plus intéressants… Mensonges, hypocrisie, opportunisme.

Les yeux azurés de la Lycanthrope se posèrent dans ceux si étranges du géant. Son sourire la ravit. Il avait l'air véritablement heureux de sa présence. Son cœur se mit à palpiter comme celui d'une jeune fille à qui l'ont allait présenter son fiancé. Elle ne pouvait empêcher ses battements, cette mélodie sourde qui la faisait se sentir enfant. Elle attendit le baisemain puis posa ses doigts délicats sur le gant du Comte. Sa joie était contagieuse la jeune femme se mit à sourire de plus belle et s'exclama :

- SI vous saviez à quel point il me tardait de me joindre à vous ! Je suis toute vôtre.

Ne se souciant même pas du peu d'intérêt que pouvait porter le Lord à son majordome elle lui fit signe de s'installer quelques rangs en arrière afin de ne gêner personne et surtout d'avoir une vue d'ensemble du théâtre. Heureuse d'être enfin présentée au reste de la troupe, la demoiselle porta sa main sur le bras du Seigneur et le suivit élégamment. Son regard balaya chaque comédien. Tous semblaient si sérieux, si appliqués, certains nerveux d'autres plus détendus comme Sir Dwight qui osa même lui adresser un sourire chaleureux qu'elle lui rendit sans aucune difficulté. Son intérêt se porta par la suite sur les jeunes femmes qui venaient de faire leur apparition aux côtés d'Ambre. C'était une femme agréable qui devait très sans aucun doute conseiller le Comte sur bon nombre de ses tâches. Si proche de lui, elle serait certainement désigné comme prochaine cible des Hunters. Chaque partisan du Comte devait bénéficier du doute sur ses origines. Néanmoins cela ne l'empêchait pas de la trouver d'un naturel sympathique avant de la haïr pour ce qu'elle était.

Le metteur en scène la présenta ainsi au petit groupe en commençant par l'un des protagonistes principaux : Antoine. Il était joué par ce cher Lawson que la jeune femme avait pu croiser durant la soirée chez l'architecte. Il paraissait lui aussi ravi de la retrouver , ou bien était-ce peut-être sa bonne humeur habituelle. Suite à son baisemain, Katherine ne se priva pas de le détailler de la tête aux pieds de manière presque indécente. Enfin elle eut un petit sourire et caressa doucement sa joue :


- Mon Antoine me plait. Et vous Messire Lawson, appréciez-vous votre Cléopâtre ?

Sa main retomba doucement sur le haut du comédien puis elle se retourna pour saluer toutes les autres personnes présentes autour d'elle. A chaque nom elle hocha la tête en faisant de son mieux pour associer le nom, un statut, un visage au rôle qu'il devait jouer. Elle murmurait quelques politesses pour chaque présentation. Elle n'avait même pas besoin de faire l'effort de sourire. Certains personnes lui étaient familières elle les avait déjà côtoyées, d'autres étaient des nouvelles têtes. Katherine était toujours heureuse de rencontrer du monde.

Suites aux présentations, vint l'heure d'une première répétition en présence de la totalité des comédiens. L'euphorie gagna la jeune femme. Depuis combien de temps n'avait-elle pas senti cette atmosphère amicale de travail que pouvait offrir le théâtre ? Depuis, hélas, trop longtemps. La demoiselle se tourna vers le Comte et hocha de manière assurée la tête. Bien sûr qu'elle connaissait ses répliques, elle connaissait également celles de ses compagnons.


*******


Comme prévu, les répétitions furent un véritable plaisir pour la comédienne. Elle apprenait à connaître ses partenaires et relevait leur manière de jouer à chacun. Il ne faisait aucun doute qu'ils étaient tous des acteurs d'exception. Le Comte avait de très bons goûts, elle ne pouvait le nier. Katherine n'eut pas à se forcer pour montrer une prestation de qualité. Avec le temps et le nombre de pièces qu'elle avait joué, la belle hongroise avait pu se perfection jusqu'à atteindre un certain talent que l'on ne soupçonnait pas pour une femme qui paraissait avoir la vingtaine. Ainsi, les trente minutes ne furent à ses yeux que quelques secondes. Tout ne s'était terminé que trop vite. Elle pouvait jouer encore et encore jusqu'à l'épuisement, Katherine était une femme de scène, la quitter lui était presque douloureux. Après tout ce temps passé sans pouvoir se pencher sur le théâtre, il lui était difficile de se résoudre à faire une pause. Elle ne contesta cependant pas les propos du metteur en scène et écouta d'une oreille attentive ce qu'il avait à lui dire. Par ailleurs, à quelques moments peu satisfaite de son jeu puisque c'était la première fois elle lui proposa quelques modifications qu'elle pouvait effectuer pour son personnage. Enfin, une fois le tour des comédiens terminé le Comte les invita à rejoindre leur loge afin d'enfiler leur costume respectif. Ce fut Ambre qui guida la jeune femme à travers les couloirs pour lui indiquer la pièce qui lui était réservée. Légèrement en retrait derrière elle, Katherine eut tout le loisir de contempler la beauté de cette femme. Elle était flamboyante et d'une élégance sans faille. Elle lui plaisait. Sans réellement pouvoir se contrôler Katherine attrapa son poignet devant la loge et plongea ses prunelles dans les siennes. Elle lui avoua alors tout simplement :

- Si je puis me permettre Mademoiselle, vous êtes une femme magnifique.

La huntress lui adressa pour finir un sourire tout à fait sincère avant de pénétrer dans la pièce qui n'attendait plus qu'elle. Gentiment, elle salua alors les deux caméristes et admira la robe blanche qui allait lui servir de costume. Elle ne fut pas longue à se déshabiller. Sa tenue était si légère pour une femme de la haute société qu'il suffisait de desserrer le corset et de tirer un petit peu vers le bas pour  la faire glisser et dévoiler ses bas. Le costume fut ôté du mannequin et les deux caméristes aidèrent la demoiselle à le revêtir. Le tissu était doux, soyeux, il s'agissait tout simplement d'une robe magnifique. Cléopâtre aurait peut-être été jalouse. Ce simple questionnement fit sourire la jeune femme.

Les caméristes veillèrent à ne pas déranger la coiffure de la demoiselle en s'affairant autour d'elle bien qu'elle leur assura à plusieurs reprises que ce n'était rien et qu'elle pouvait l'arranger si cette dernière venait à tomber. N'importe quelle femme de la haute société s'indignerait devant la tenue que la Hongroise enfilait. Non pas qu'elle défiait toutes les règles de bienséance de l'époque mais plutôt qu'elle possédait un décolleté assez plongeant pour faire s'incliner tous les regards des hommes. Cléopâtre n'avait jamais fait dans la dentelle et les accoutrements des Égyptiens à l'époque du Siècle d'or furent bien différent hélas de la mode victorienne. Les exigences moindres auraient simplifiées la vie de la Comtesse.
Penchée vers l'avant alors qu'elle remontait la robe pour couvrir sa poitrine la jeune femme sursauta. La porte s'était brusquement ouverte, puis presque refermée avant de laisser se découper la silhouette du vampire. Stupéfaite, elle avait tourné la tête sans réellement se soucier de sa tenue puis elle eut un petit sourire presque gêné. Katherine n'avait pas vraiment prévu une potentielle arrivée du Comte alors qu'elle n'avait pas fini de s'habiller. Même si le bas de son corps était entièrement recouvert par la robe son dos restait pour le moment nu tant que les agrafes n'étaient pas attachées et les lacets serrés et offrait une vue plongeante vers ses hanches et la chute de ses reins tout comme sa poitrine qu'elle protégea de manière plus assurée en remontant un peu plus l'étoffe. Se reprenant elle posa ses prunelles sur l'homme qui se tenait à l'entrée et fendit nonchalamment l'air de sa main :

- Entrez, entrez donc My Lord, ne vous excusez pas… Ses mains pressèrent un peu plus le haut de sa robe encore instable. Si vous pouviez juste fermer la porte derrière vous, je vous en serais infiniment reconnaissante...

Un petit sourire amusé déforma délicieusement son visage. Le lord était t-il gêné ? Pour sûr. Il s'était tourné à demi pour éviter un trop grand embarras à la demoiselle. Cela ne la dérangeait plus. Ce vampire devait avoir vu des centaines de corps de femmes toutes différentes et pourtant si semblables. Katherine se tourna entièrement vers lui et posa ses yeux sur le coffret que le Lord tenait précieusement. Il était presque attendrissant… Sa main gauche lâcha alors le tissu qu'elle maintenait contre sa poitrine dévoilant ainsi sans réellement sans rendre compte une vue plus prenante sur son décolleté. La Hongroise lui tendit alors la main, fit deux pas vers lui, posa ses doigts sur son avant-bras droit et murmura le visage levé vers le sien :

- Faisons cela s'il vous plaît… Je vais fermer les yeux et vous me mettrez la parure. Je veux voir jusqu'où peut aller votre bon goût Monseigneur…

Sans attendre son approbation elle se retourna et ferma les yeux.



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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MessageSujet: Re: "Misérable est l'amour qui se laisserait mesurer" [Katherine, Comte] [16/05/42] Jeu 22 Mar - 16:36



"Misérable est l'amour

qui se laisserait mesurer"

Le Comte Kei et
Katherine Thornes

“Nous finissons par haïr ce que nous craignons trop souvent.”
Shakespeare, Antoine et Cléopâtre.

Musiques: Assassin's Creed Origins.


Grand Théâtre - Scène et Parterre
16 mai 1842


Cléopâtre prenait enfin vie et cela ravissait le Comte. Depuis l'arrivée de Miss Thornes, l'ambiance avait changée sur scène. Ambre semblait toujours aussi concentrée sur son travail, mais Jirômaru avait senti son aura se teinter d'une certaine joie. Joie qu'il ressentait également. Il fallait dire qu'avec la présence de Katherine, ils allaient pouvoir commencer les répétitions depuis la première scène et ainsi donner corps à la reine égyptienne, l'un des deux personnages principaux de la pièce.
Mais ce n'était pas seulement sur le plan technique et purement professionnel que la jeune femme venait apporter un nouveau souffle, c'était également sur le plan humain et social. En effet, son statut, quelque peu étrange, et les scandales qui s'égrenaient sur son chemin, en faisait une véritable attraction.
Les acteurs la saluèrent ainsi avec curiosité, suspicion parfois, mais aussi avec envie. C'était une femme réputée pour sa grande beauté et son mépris des règles. On disait que c'était une lady qui n'hésitait pas à dire tout haut ce qu'elle pensait et nombreux étaient ceux qui voyaient d'un mauvais oeil le fait qu'elle se fasse accompagner d'un majordome plutôt que d'un ami de son statut social ou d'une suivante de son sexe.  
Katherine était surtout une jeune femme pleine de vie. Pétillante, souriante à souhait, dynamique et assurée, elle salua ses collègues avec une fougue qui plut à tous. Elle s'exclama même, pleine d'entrain, et se permit d'approcher de très près Lawson qui allait jouer Antoine, son amant.
Le Comte avait déjà remarqué que la belle avait le contact physique facile. Chez Sir Charles Barry, elle avait très rapidement posé sa main sur son bras et esquissé quelques gestes fort inconvenants, et pourtant forts grisants, il fallait bien l'avouer. Ses paroles et ses regards étaient toujours très ambiguës. C'était une femme merveilleusement attirante qui jouait aisément de ses charmes pour converser et troubler son auditoire. Le Vampire trouvait son audace délicieuse...

Lawson fut gêné du regard que la jeune femme posa sur lui. Il se sentit jugé, mais également honoré de l'intérêt évident qu'elle lui portait. Puisqu'ils allaient devoir jouer les amoureux transits, il était important qu'ils se plaisent. L'homme eut l'impression que Katherine l'appréciait grandement. Depuis leur rencontre chez l'Architecte, l'acteur avait laissé ses pensées errer sur la silhouette de sa future partenaire et son esprit avait beaucoup fantasmé leurs retrouvailles. Que Katherine lui touche la joue fut particulièrement inconvenant mais si l'homme rougit comme jamais, ce ne fut pas de honte pour ce geste, mais bien de plaisir. Ce contact allait au-delà de ses espérances. Déjà, il imaginait pouvoir la charmer et lui tendre le bras à l'ouverture de la pièce.


- Jamais une reine d'Egypte fut aussi appréciable, Miss Thornes...C'est un honneur de jouer en votre compagnie, fit-il une main sur le coeur pour esquisser une nouvelle courbette. Son regard brilla d'une lueur de joie intense.

Qu'elle pose sa main sur son torse était un comble ! Comment osait-elle le toucher ainsi devant tout le monde ? C'était affreusement gênant ! Lawson sentit son coeur s'emballer. Il jeta alors un regard inquiet au Comte. Ce dernier lui sourit d'un air amusé. Oh oui, c'était vraiment amusant de voir l'acteur perdre ses moyens face à une femme ! Qu'il profite de ce moment, ce petit chanceux, c'était  maintenant ou jamais, car lors des représentations, Katherine serait obligée de tenir sa place et de conserver une bienséance à toute épreuve. Sa réputation de metteur en scène dépendait de la qualité de sa pièce tout autant que du comportement de ses acteurs : s'il tolérait ce genre de promiscuité entre eux durant les répétitions, il serait bien plus sec lorsque le public serait installé dans la salle.
Jirômaru lança un regard au parterre et aux balcons. Le théâtre serait entièrement rénové pour accueillir sa nouvelle pièce et les plus respectables de tous les nobles seraient présents. Ils avaient encore tant de choses à mettre en place ! Mais, maintenant que l'ensemble de la troupe était rassemblé, ils pouvaient réellement se mettre au travail.

Après que les acteurs et Katherine se soient salués, la répétition de la première scène débuta enfin. Le Comte fut heureux de constater que ses acteurs connaissaient déjà leur texte. Ils étaient réellement zélés et leur professionnalisme faisait plaisir à voir. C'était également le cas de Miss Thornes, qui avait elle aussi appris ses répliques par coeur. La discipline était une qualité que le lord savait reconnaître et apprécier à sa juste valeur. Il félicita donc ses acteurs et s'arrêta un peu sur la jeune femme qui avait déjà soufflé quelques répliques à ses collègues.


- Que vous connaissiez vos répliques est merveilleux, Miss Thornes, mais que vous puissiez aussi jouer celles des autres comédiens est parfait. La Comte rit un peu en voyant Miss Rewright rougir. C'était elle qui avait eu un blanc dans son rôle de Charmiante, la suivante de Cléopâtre. Ne vous en faites pas Miss Rewright, cela viendra. Nous avons encore de nombreuses séances de répétitions avant la première.

Ils continuèrent de répéter la scène, en changeant notamment leurs emplacement sur les planches. Jirômaru se leva plusieurs fois de son siège pour venir les déplacer et leur indiquer ce qu'il attendait d'eux. C'était un metteur en scène soucieux du détail et particulièrement attentif à l'harmonie finale du rendu. Son oeil d'amateur d'art composait l'espace comme un tableau.
Le Vampire fut heureux de voir que les comédiens étaient en accord avec sa vision et qu'ils comprenaient très vite ce qu'il leur demandait. Il fut également agréablement surpris par le perfectionnisme dont faisait preuve Katherine : elle reprenait régulièrement ses propres répliques pour leur donner un ton plus adapté et tâchait même de faire des suggestions pour améliorer l'ensemble du texte. Jirômaru la gratifia plus d'une fois d'un regard appréciateur. Ambre prenait des notes et acquiesçait volontiers face aux nouvelles dispositions que prenait la troupe.
Au bout d'un moment, le Comte les interrompit pour les inviter à se rendre dans les coulisses afin qu'ils essaient leurs costumes. Ces derniers n'étaient pas tout à fait terminés, bien évidement, mais cela donnerait une image plus proche du rendu final que s'ils demeuraient vêtus comme à l’accoutumée.
Ambre accompagna Katherine. La belle rousse conduisit la nouvelle recrue dans les couloirs interdits au public et la guida jusqu'à sa loge. Sur le trajet, un fin sourire vint fendre son visage : la pièce promettait d'être grandiose. La complicité entre les comédiens était déjà une réalité et son maître prenait décidément à coeur ce nouveau défi.
La main de Katherine sur son poignet la sortie de ses réflexions. Perplexe, l'actrice s'arrêta et tourna vers la jeune femme un visage interrogateur. La belle lui confia alors dans un souffle qu'elle la trouvait magnifique. Ambre lui sourit aimablement. Le regard que l'humaine venait de lui lancer voulait tout dire : elle lui plaisait réellement, au-delà de l'aspect amical que leurs positions sociales pouvaient leur accorder. Ainsi donc Katherine était-elle ce genre de femme ?


- Vous me voyez flattée, Miss Thornes...

Ambre se contenta de ces quelques mots. De son point de vue, il était inutile de prolonger le contact : elle n'était pas du tout intéressée. A vraie dire, Katherine était bien mal tombée avec elle...Homme ou femme, rien ne la motivait. Ambre était tout simplement asexuelle. Son plaisir n'avait jamais eu de rapport avec le sexe. Ses désirs même ne tenaient en rien à l'acte charnel et ne se réfugiaient même pas dans l'envie de plaire à quelqu'un. C'était pour cela que le Comte ne l'avait jamais approchée en adoptant une attitude de prédateur : il l'avait compris depuis longtemps. A quoi bon la forcer alors que rien ne l'excitait ? C'était une femme réellement frigide qui ne s'intéressait même pas à son maître. Elle avait partagé son bain il y a avait moins de trois semaines sans pour autant éprouver d'envie...

- Voici votre loge. N'hésitez pas à appeler s'il vous faut quelque chose.

Abandonnant l'actrice aux deux caméristes qui avaient été désignées pour l'aider dans ses préparatifs, Ambre fit demi-tour. Ainsi Katherine était-elle également intéressée par les femmes ? C'était bon à savoir. Fallait-il le révéler à Jirômaru ? Que ferai-il d'une telle information ? L'actrice sourit : elle le savait parfaitement.En retournant dans la salle, elle ne croisa pas son maître et n'eut donc pas l'occasion de lui glisser quelques mots au sujet de sa découverte. Mais où était-il donc passé ? Apparemment, il n'était plus dans son siège et il ne discutait même pas avec les ouvriers de Charles Barry.

*Je suis dans les loges.*

Ambre sursauta presque au contact de son maître. Elle avait dû penser assez fort pour que le Vampire entende qu'elle le cherchait. Amusée par la perspective qu'ils aient emprunté deux couloirs différents, la belle rouquine rit un peu.

*D'accord. Vous allez voir Miss Thornes je suppose ? Méfiez-vous, elle pourrait préférer les caméristes à vos charmes...*

Jirômaru ne répondit pas mais la commissure de ses lèvres se souleva légèrement. Vraiment ? Il en doutait. Serrant ses mains sur le coffret qui contenait la parure de Cléopâtre, le grand Vampire ouvrit la porte de la loge et se retrouva rapidement en son centre.
Entrer dans la loge de Katherine tel un diable pour la surprendre en plein essayage n'avait pas été dans ses intentions premières. En vérité, il n'avait même pas songé à l'aspect érotique qu'une telle situation risquait de provoquer. Quel idiot ! Il aurait pu attendre le retour des acteurs sur scène pour lui donner les bijoux. Quel besoin avait-il d'être aussi pressé ? Il s'était presque retrouvé aux prises avec les caméristes et il était désormais obligé de détourner le regard tel un criminel. Ambre rit doucement et coupa leur lien télépathique.
Après s'être excusé avec courtoisie, Jirômaru expliqua à la belle actrice les raisons de sa venue : il voulait lui montrer la parure qu'il avait choisie pour son personnage et la voir l'essayer. Katherine ne sembla pas outrée par sa présence. Elle se contenta de cacher sa poitrine et de l'inviter à entrer plus franchement. Elle lui intima également de prendre le soin de refermer la porte. Ce fut l'une des caméristes qui s'en chargea tandis que le lord demeurait figé, droit comme un "i", dans une posture qui se voulait digne et soucieuse de maintenir la bienséance qu'il avait déjà trop piétinée en entrant.


- Encore navré pour mon entrée quelque peu cavalière... fit-il comme pour se repentir d'une faute grave. J'avais tellement hâte de vous montrer cette parure que je n'ai pas réfléchi...

Le miroir et son angle lui permirent d'admirer les courbes de la jeune femme. Alors qu'une camériste était revenue vers elle pour l'aider à agrafer la longue robe dans son dos, le Vampire put ainsi se délecter d'une vue plongeante sur ses hanches et le bas de sa colonne. Il remarqua que sa peau comportait quelques marques. C'étaient peut-être des vestiges d'un accident d'enfance, mais le Vampire penchait plutôt sur des tendances débauchées qui l'avaient conduite à tester de nouvelles façons d'atteindre le septième ciel...Son regard brilla un peu d'envie.

- Hum, hum...Voyons, Monsieur ! chuchota la femme qui était restée entre lui et la porte qu'elle venait de refermer. Apparemment, elle avait clairement remarqué que le metteur en scène utilisait le miroir pour se rincer l'oeil.

Le Comte lui jeta un regard si noir que la pauvre femme en blêmit tout à coup et baissa les yeux en tremblant. Jirômaru s'attarda sur elle comme un maître observe de haut un esclave qui a eu l'audace d'interférer dans ses affaires : dès demain, elle serait renvoyée.


*Vous allez sortir en prétextant que vous avez Miss Rewhrite à aider.*

L'ordre mental fut reçu comme une claque par la jeune femme. Son regard se vida et elle émit un petit hoquet avant de clamer tout haut :

- Je dois aider Miss Rewhrite !

- Faites, faites... répondit le Comte en lui ouvrant la porte pour la laisser disparaître dans le couloir.

Pendant ce temps, la robe de Katherine avait été fermée par la seconde camériste et, lorsque le Vampire se retourna pour lui faire enfin face, il la considéra dans son entier avec un sourire sincère.


- Vous êtes superbe. Cette robe vous va à ravir ! fit-il plein d'entrain. Monsieur Lawson va vous trouver époustouflante. Pour un peu, je serais jaloux de lui...

Katherine s'approcha alors de Jirômaru et vint à son contact avec un petit sourire en coin. Ses doigts se mirent à danser sur son bras et ses yeux dévorèrent le coffret avec une petite lueur de curiosité enfantine. Elle proposa soudain au lord de lui mettre les bijoux lui-même tandis qu'elle fermerait les yeux. L'homme fut enchanté par cette perspective des plus amusantes.

- Si vous le désirez...

La camériste s'écarta légèrement et laissa Katherine tourner le dos au lord. Le Comte déposa le coffret sur la commode, en évitant toujours de se retrouver face au miroir, et entreprit de défaire le noeud qui scellait son couvercle.

- Pardonnez si je suis un peu maladroit...

Le Vampire attendit que la jeune femme soit tout à fait prête et qu'elle ait fermé les yeux pour ouvrir le coffret et révéler la parure. La camériste poussa une petite exclamation de ravissement en découvrant les boucles d'oreilles et le collier : ils étaient magnifiques ! Les perles dorées et rouges scintillaient à la lueur de la lampe à huile et l'ensemble, très exotique, semblait aussi lourd que cher.

- Claudia, allez chercher les escarpins que j'ai commandés l'autre jour, vous voulez bien ? Demandez à Miss Ghrianstad, elle sait où ils se trouvent.

- Bien Monsieur.

La camériste lui fit une courbette rapide et quitta la loge sans réaliser qu'elle laissait Katherine et Jirômaru en tête à tête. Dans son esprit, ramener les escarpins était devenu une mission des plus urgentes à remplir. Sans eux, la tenue de Cléopâtre ne serait pas complète.
Enfin seul avec Katherine, le Comte saisit doucement une première boucle d'oreille et s'approcha de la belle avec lenteur. Il replaça une mèche de ses beaux cheveux noirs derrière son oreille et clipsa le bijou en faisant bien attention à ne pas la pincer.


- Surtout, dites-le moi si je vous fait mal...murmura-t-il dans son cou avec sensualité.

Toujours aussi lentement, pour se délecter de chaque minute qu'il passait en compagnie de la jeune femme, le Vampire s'empara de la seconde boucle d'oreille et l'accrocha de la même manière à son autre lobe. Les boucles étaient pourvues de clips et non de fermoirs habituels tout simplement pour qu'elles puissent être enlevées d'un coup sec sans risquer de blesser l'actrice. Dans certaines scènes, ils auraient besoin de simuler la colère de la grande reine et Jirômaru avait songé à lui faire enlever ses bijoux comme une enfant gâtée jetterait à terre son jouet le plus précieux pour manifester sa révolte.


- Attendez, ne bougez pas...

Jirômaru passa devant Katherine pour observer l'équilibre des deux boucles. Ses doigts frôlèrent ses joues et il replaça doucement quelques mèches pour rendre à sa coiffure un côté sauvage qui lui plaisait bien. Ainsi, il eut l'impression de se retrouver devant une poupée qu'il parait à sa guise. Cela lui plut. Tourner autour de la jeune actrice qui conservait les yeux fermés avait quelque chose de terriblement excitant, d'autant qu'il pouvait contempler sa gorge à loisir et profiter de son décolleté plongeant.

- Passons au collier...souffla-t-il.

Ses longs doigts ôtèrent le bijoux du coffret et il se replaça derrière la jeune femme. Ses mains passèrent près de ses épaules et le cliquetis du fermoir se fit bientôt entendre. Katherine put sentir sur sa gorge le métal glacé prendre place. Il était lourd, plus lourd que les petits tours de cou que les bourgeoises et aristocrates avaient l'habitude de porter à leur époque, mais il ne tirait pas sur la nuque.


- Vous pouvez ouvrir les yeux...

Le Comte s'était de nouveau placé de façon à ce que son absence de reflet ne se remarque pas. Décidément, il détestait les miroirs.

- Cela vous plait-il ? demanda-t-il aimablement. J'espère que le collier n'est pas trop pesant. Le tout est de s'assurer qu'il soit bien fermé. Venez voir...?

Le lord invita Katherine à s'approcher de lui et à lui tourner de nouveau le dos, afin de l'éloigner discrètement du miroir et de s'assurer que le bijoux était bien attaché. La chose faite, il laissa son regard tomber sur les agrafes de la robe que portait l'actrice. L'homme se rendit alors compte que la plus haute n'était pas fermée. C'était sans doute la raison pour laquelle le décolleté était aussi provoquant et que Katherine avait dû le maintenir à son arrivée. La camériste n'avait pas fait son travail jusqu'au bout.

- Permettez...Les caméristes ne sont plus ce qu'elles étaient...murmura-t-il doucement en approchant ses lèvres de son cou.

Ses mains trouvèrent le haut de l'étoffe précieuse et ses doigts se mirent à rajuster le col à partir des bordures qui couraient dans le dos de la jeune femme. Puis, il tira un peu sur le tissu pour fermer la dernière agrafe en prenant garde de ne pas malmener le costume ou la poitrine de la belle.


- Montrez voir...fit-il en attrapant la jeune femme par la taille pour la retourner.

Katherine était parfaite. Ses yeux clairs sublimaient le costume et la parure s'accordait à merveille avec l'ensemble. Il avait eut l'oeil.


- Dieu ! Je ne sais pas si j'ai "bon goût", Miss Thornes, mais je trouve que cet ensemble vous place au-dessus de bien des égéries !

Leurs regards se croisèrent et le Comte se rapprocha encore de la jeune femme. Ses mains saisirent doucement les siennes et les serrèrent un peu. Puis, dans un élan d'envie, le Vampire les porta à ses lèvres pour les embrasser. Sans quitter son regard, il s'approcha encore pour pousser la belle à reculer contre la commode.

- Si je n'avais pas été malade, j'aurais tout fait pour que nous nous revoyions plus tôt...Ses yeux gris prirent une teinte plus audacieuse. Quand je vous ai vue jouer Phèdre chez Sir Barry, j'ai tout de suite su que c'était vous qu'il me fallait pour ma pièce ! Le Vampire glissa une main sous le menton de la jeune femme et approcha le sien. Leurs lèvres ne furent plus qu'à quelques centimètres les unes des autres. Vous vous souvenez de notre petite promenade ? Je vous avais dit qu'il nous faudrait être prudents...Son sourire fut presque celui d'un conquérant. Si je le pouvais, je jouerai Antoine...mais mon intérêt pour vous serait bien trop flagrant...

Sans autre préavis, le Comte embrassa Katherine avec fougue. Sa main libre remonta sur sa taille qu'il serra avec force, comme pour imprimer dans le tissu le désir qu'il éprouvait maintenant. Dans cette loge, personne ne pouvait les voir. C'était l'occasion rêvée de se laisser tenter par le Diable.
Malheureusement, ils ne pouvaient pas aller au-delà d'un baiser. Même si Ambre détournait l'attention de la seconde camériste, les acteurs seraient bientôt tous prêts et se demanderaient où était passé leur metteur en scène. Gâcher ce moment en le bâclant n'intéressait pas le grand Vampire. Quand une femme lui plaisait, il aimait prendre son temps et savourer chaque moment en sa compagnie. Il n'appréciait guère de se sentir pressé par une quelconque activité, comme ici la répétition, et préférait amplement donner à la belle un avant goût de ce qu'ils pourraient concrétiser plus tard. C'était ainsi que s'entretenait le désir. Leurs retrouvailles n'en seraient que plus excitantes !
Détachant ses lèvres de celles de Katherine, Jirômaru demeura contre elle et lui sourit. Il semblait près à la dévorer mais également très conscient que ce n'était pas le moment.


- J'ai beaucoup pensé à vous...Et je dois bien avouer que je regrette avoir interrompu notre exploration de la roseraie chez Sir Barry...

C'était vrai. Avec le recul, il avait refusé une aventure sous prétexte de ne pas attirer l'attention sur lui la veille de son mariage alors qu'ils auraient très bien pu s'adonner à leurs plaisirs sans forcément se faire prendre. Une certaine frustration lui était restée, même si entre-temps son esprit avait réellement été accaparé par Sarah et ses souffrances dues à la bataille d'Highgate.

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Crédit image: Pinterest Cléopâtre..


> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
Spoiler:
 

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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: "Misérable est l'amour qui se laisserait mesurer" [Katherine, Comte] [16/05/42] Mar 5 Juin - 12:55

Les présentations faites Katherine ne put se retenir de détailler de plus près celui qui allait incarner son amant. Elle estimait qu'afin de mieux jouer son personnage elle devait apprécier au moins physiquement son compagnon de scène. C'était chose réussie pour le moment. Il avait tout d'un parfait gentleman tout à fait désirable. Sa main s'attarda légèrement sur sa joue malgré les regards de leurs compères. Ce n'était guère convenable mais cela ne faisait de mal à personne… Les rougeurs de l'acteur l'amusèrent. Elle se réjouissait d'avoir toujours autant de succès et ce n'était, hélas, pas donné à toutes les femmes… Son secret de jeunesse la préservait plutôt bien des aléas du temps. Ses compliments achevèrent de la ravir et s'approcha un peu plus de lui elle murmura pour que seuls les plus proches puissent entendre :

- Allons, élargissons plutôt vos termes de reine d'Egypte à femme… Elle lui fit un clin d’œil puis s'exprima de manière plus audible : Tout l'honneur est pour moi.

Ses doigts glissèrent brusquement sur le torse du jeune Lawson et elle put sentir alors le coeur du garçon s'affoler, s'emballer, battre bien plus fort et bien plus vite qu'il ne le devrait. Une lueur brilla dans ses pupilles. Amusée elle eut un sourire provocateur. L'homme perdait ses moyens et c'était une chose tout à fait jouissive à contempler… Elle avait démasqué son envie pour elle et par ce sourire elle le lui fit très clairement comprendre. La comtesse eut un petit regard enjoué vers le metteur en scène avant qu'elle ne s'écarte du jeune acteur tout émoustillé. C'était une sensation tout à fait agréable pour Katherine, elle aimait être désirée, contemplée, au centre des conversations que ce soit en bien ou en mal. Elle était une femme qui n'avait pas froid aux yeux et qui se permettaient les rapprochements les plus honnis par la société de classe.  Par ailleurs, elle avait pu le constater depuis des années déjà, les hommes ne haïssaient pas tant que ça ce genre de comportement, alors pourquoi était-il proscrit ? Jésus a t-il toujours été un homme d'une pureté exemplaire ? Non Marie-Madeleine en témoignait assez bien. Les prescriptions des hommes avaient toujours été pour elle un grand mystère… Quel mal y avait-il à se montrer sans masque ?

Lors des répétitions Katherine oublia presque la nature du Lord et sa mission. Elle appréciait tellement d'être à nouveau intégrée dans une certaine sphère de la société, de pouvoir parler, saluer et être appréciée autrement que par les Hunters. Elle adorait monter sur scène, déployer ses talents qu'elle savait excellent depuis le temps qu'elle les peaufinait mais ce qu'elle ne pouvait nier c'est qu'il ne pouvait plaire à tout le monde. De toute évidence, le Comte appréciait grandement ses qualités de comédiennes et elle fut touchée d'être ainsi complimentée. Il était bien entendu impensable pour elle de commencer les répétitions sans avoir appris son texte au préalable. Katherine n'aimait que trop la perfection pour se permettre un tel zèle. Face aux félicitations du Comte, la jeune femme inclina légèrement la tête en guise de remerciement et posa sa main sur la bras de la demoiselle qui incarnait sa servante. Elle lui sourit sans aucune moquerie simplement de la bienveillance puis chacun retourna à son poste. Les répétitions se poursuivirent ainsi. Les quelques modifications du Comte rendaient la pièce plus belle encore et plus agréable à regarder en tant que spectateur. C'était une chose que Michael ne pouvait nier, cet homme était certes un monstre, un être mort qui aurait du le rester, il avait le sens du spectacle et de la beauté. Il ne pouvait le lui ôter même si se l'avouer lui poignardait l'estomac.

Après un long moment passé sur scène, les acteurs furent invités à rejoindre leur loge. Katherine suivit la demoiselle qui accompagnait le Comte dans presque tous ses déplacement tout en admirant la finesse des couloirs. Cela faisait hélas bien longtemps qu'elle n'avait pas joué ici, elle n'avait été que trop prise par ses obligation de Huntress et en avait presque oublié qu'elle était elle aussi vivante et qu'en tant qu'humaine elle se devait de vivre pleinement sa vie. Aussi ce fut sans réelle gêne que Katherine se laissa et attrapant le poignet de la rousse elle lui avoua qu'elle la trouvait vraiment magnifique. Les femmes qui la rendaient presque jalouses de leur beauté était rare mais Ambre était un cas à part, comme un être surnaturel, elle semblait ne comporter aucun imperfection. Katherine en était admirative. Malgré le sourire d'Ambre et ses quelques mots de remerciement la demoiselle perçut en elle une certaine distance qu'elle ne pouvait réellement ignorer. Elles étaient rares les femmes qui se détournaient ainsi d'elle sans une remarque acerbe ou bien sans rougir. Pour une raison qui lui était toute à fait inconnue cela plut à la jeune Hongroise qui lui rendit son sourire et lâcha son poignet en laissant ses doigts caresser sa main. C'était sincèrement que Katherine avait osé lui souffler ces quelques mots sans désirer pour autant l'avoir dans sa coucher, il était cependant troublant qu'une femme de son rang se permette un tel écart dans un lieu aussi étroit qu'un couloir en compagnie seule de cette demoiselle. Sans s'attarder plus que nécessaire la comédienne hocha la tête et toute guillerette elle lui répondit :


- Je vous en remercie !

Puis sans dire un mot elle pénétra dans la pièce et s'abandonna aux deux femmes qui n'attendaient plus qu'elle. La tenue qu'elle se devait d'arborer était tout simplement exquise et elle espérait secrètement que sa coiffure avait plu au Lord, c'était l'une de ses manières de s'investir. S'admirant dans le miroir, elle contempla sans retenue l'étoffe qui commençait à la recouvrir. C'était d'un luxe sans égal, qu'elle aurait aimé pouvoir se présenter à un bal vêtue d'une telle robe ! Les diverses broderies et dorures soulignaient les formes de l'actrice et pétillaient lorsqu'elles croisaient les rayons d'une lumière chatoyante. Il n'y avait pas à dire, Jiromaru avait vraiment de très bons goûts et savaient rendre grâce à la beauté et à la grandeur de cette Reine d'Egypte. En revanche l'excitation semblait avoir fait oublié au Lord les bonnes manières puisqu'il se permit d'entrer précipitamment dans la loge personnellement de la Comtesse alors que celle-ci n'avait pas terminé de se changer. Remontant d'une main sa robe, Katherine lui demanda gentiment d'entrer afin d'éviter que par mégarde un autre homme l'aperçoive dans une telle tenue. Elle avait déjà perçu la gêne du jeune acteur lorsqu'elle avait osé toucher son torse, elle n'osait ainsi imaginer les diverses pensées qui traverseraient l'esprit de l'heureux qui la verrait dévêtue. Lui souriant gentiment Katherine lui répondit sincèrement :


- Ce n'est rien, vraiment, si vous aviez si hâte de me la montrer je me doute qu'elle vaut le coup d'oeil… et une telle entrée dans ma loge…

Détournant le regard, Katherine leva légèrement les bras pour permettre à la camériste d'attacher correctement sa robe puis s'appuyant contre le meuble elle rentra un peu plus son ventre afin qu'elle mette les agrafes sans aucun soucis. Pendant ce temps, elle s'amusa de la remarque de l'autre jeune femme vis à vis du comportement du Lord un quelque peu indécent. Cependant la rapide déclaration de cette dernière fit tiquer la demoiselle qui se retourna un instant pour la regarder partir. Ce changement soudain d'expression, de ton dans la voix, cette obligation si prompte… Tout ceci avait étonné l'actrice qui hocha la tête en guise de réponse alors que cette dernière était déjà partie. Quelle était donc la cause de sa précipitation ? La Hongroise grimaça, sa taille se retrouva légèrement comprimée lorsqu'elle relâcha la pression de son ventre. Lorsque la camériste eut fini Katherine s'avança vers le metteur en scène et souffla :

- Vous devriez être jaloux… Cléopâtre ne fut pas une enfant sage… Je suis ravie cependant que je vous plaise ainsi, il n'est pas aisé pour une femme comme moi de mettre n'importe quel type de robe.

En effet, contrairement à la majorité des femmes Katherine possédait une taille fine et marquée mais des hanches hautes qui se trouvaient bien souvent malmenées par les corsets qu'elle se devait de mettre. Proche de lui elle s'aventura à poser laisser glisser ses doigts sur son bras tout en contemplant la boite à bijoux. Satisfaite de l'accord du vampire, la demoiselle se retourna et ferma les yeux. C'était une situation incongrue et une sensation terriblement excitante de sentir derrière elle le Lord s'appliquer à lui mettre ses boucles. Le petit cri d'excitation de la demoiselle fit frémir Katherine, la parure devait être superbe pour provoquer un tel émoi. Des escarpins en plus de cela ? Le Comte voyait les choses en grand… La mèche que l'homme replaça derrière son oreille fit frissonner la belle Hongroise qui inclina légèrement la tête sur le côté pour lui faciliter la tâche. Le fermoire se referma autour de son lobe, sensation surprenante à chaque fois, elle se sentait prisonnière d'une gueule d'acier. Le poids de la boucle l'étonna un instant puis elle souffla :

- Vous êtes bien soigneux… je n'ai rien à craindre...

Katherine se mordilla la lèvre, leur proximité était délicieuse… Elle avait envie qu'Alexender la voit ainsi, peut-être en serait-il jaloux… Cela l'amuserait et lui donnerait cette importance qu'elle cherchait.
Lorsqu'il eut placé la seconde, la demoiselle dut se redresser et perçut le vampire en face d'elle. Son apparence d'homme la séduisait, sa nature la répugnait. Elle voulait autant lui faire l'amour que l'emmurer. C'était une sensation bien difficile à dissimuler mais elle y parvint. Les doigts de Jiromaru survolèrent alors ses joues et un petits sourires étira doucement les lèvres délicates de la comédienne. Sage, elle ne bougeait pas d'un pouce. Elle savait l'effet que cela faisait pour un homme de disposer ainsi d'une femme. C'était délicieux d'être une séductrice en série.

Hochant la tête, elle attendit sagement qu'il pose sur sa gorge la lourde parure et ne put s'empêcher un petit frisson tant le contact, glacé, contrastait virulemment avec la chaleur de sa peau. Levant sa main, elle la passa dans sa nuque pour toucher le fermoir du collier et effleura au passage les doigts du Lord puis sur son ordre Katherine ouvrit les yeux. La demoiselle fut tout d'abord éblouie par la beauté des bijoux qu'elle portait avant de s'étonner de ne pas trouver le Comte dans le reflet du miroir. N'était-il pas derrière elle quelques secondes auparavant ? Elle ne l'avait pas senti bouger… Trahissait-il sa nature ou bien.. ? La jeune hongroise se retourna un instant innocemment comme pour confirmer la présence du metteur en scène non loin d'elle et lui sourit en le voyant sur le côté hors de portée du miroir. Le filou. Sans plus attendre, Katherine posa ses longs doigts sur le bijou puis se pencha vers la glace pour admirer son profil avec les délicieuses boucles.


- Je ne pouvais espérer mieux ! Cette parure est sublime Monseigneur ! Avez-vous choisi les couleurs et les arrangements ?

Hochant la tête elle se détourna de son reflet et fit quelques pas en sa direction puis se retourna. Sa peau frémit, ses lèvres étaient si proches de son cou. Sa respiration se coupa un instant. Avait-il remarqué les morsures ? Elles étaient légères… Allait-il la mordre ? Allait-il agir en vampire pour la première fois en sa présence ? Les battements de son coeur s'accélérèrent. Alors que la peur décidait de s'emparer de son corps, Katherine dut se faire violence pour se calmer.  Refoulant ses souvenirs elle ferma un instant les yeux puis soupira et lâcha un petit rire :

- Il faut croire que vous les ayez perturbées dans leur travail lorsque vous êtes arrivé… Ne vous gênez pas…

Ramenant le tissu de sa robe contre sa poitrine, la dernière agrafe mise en place finit de maintenir contre elle le bustier. D'un coup sec Katherine attrapa l'étoffe et la tira légèrement vers le bas afin de provoquer à nouveau un décolleté assez plongeant n'ayant pas peur de dévoiler ce qui, à ses yeux, sublimait le corps féminin. Après tout, Cléopâtre n'avait jamais vécu au XIXème siècle, toutes ces coutumes l'auraient sans aucun doute choquée avant de la faire éclater de rire. Retournée elle releva ses yeux bleutés vers ceux grisatres du Lord puis sourit en réponse à ses compliments. Ses mains dans les siennes la demoiselle le scruta et lentement elle fut poussée vers l'arrière et heurta la commode. Cette dernière fit un petit grincement de mécontentement. Katherine avait ôté l'une de ses mains des siennes afin d'amortir légèrement le choc. Sagement elle écouta ses confidences. L'extravagance de Katherine lors de la soirée chez l'architecte avait attiré l’œil de l'aristocrate. Rien avait été laissé au hasard. La Huntress savait ce qu'elle faisait. Ce qu'on aimait et haïssait chez elle c'était sa manière de se montrer. Et pour séduire un metteur en scène quoi de mieux que de jouer la comédie… Oui il l'avait désiré et il regrettait de ne pas avoir poussé la chose plus loin, pourtant ce n'était pas faute d'avoir essayé… Le menton relevé la demoiselle le fixa intensément et posa doucement l'une de ses mains sur le torse du Lord remontant doucement vers son cou. Elle glissa ses doigts alors sous quelques mèches de cheveux en l'écoutant et esquissa le début d'un sourire. Katherine ne risquait pas d'oublier cette soirée, son premier vrai contact avec lui, le début de sa mission, une première réussite. C'était bien trop beau pour être gâché par les ravages du temps.

Avant même qu'elle ne puisse répondre leurs lèvres se rencontrèrent. Fougueusement la jeune femme répondit à ce baiser empli de désir. La main de l'homme froissa légèrement le tissu de la robe, marquant de ses doigts la peau délicate de la hongroise. Son envie était puissante, palpable et envahissait la lycanthrope. Mettant de côté sa nature la jeune femme happa ses lèvres et glissa ses ongles dans sa nuque sur laquelle elle s'agrippa pour se mettre sur la pointe des pieds et coller quelques instants son corps au sien. Lorsqu'il détacha ses lèvres des siennes la belle garda un instant les yeux fermés puis contre lui elle eut un petit rire.


- Vous auriez du me laisser faire… Et je n'aurais pas du vous laisser vous échapper… Ce n'est que partie remise…

Ses doigts retombèrent sur son torse, glissèrent sur sa chemise qui se froissa à leur passage puis se posa sur son pantalon. Un instant elle s'amusa à agripper la ceinture pour le garder près d'elle puis malicieusement elle posa sa main entière sur sa cuisse. Cet homme, ou ce vampire, devait lui appartenir. Elle n'avait pas quitté un seul instant son regard puis d'une lueur amusée elle effectua une légère pression vers son bas ventre de ses doigts. Se mordillant la lèvre, de son autre main elle attrapa la sienne et la fit monter le long de sa taille pour la caler sous sa poitrine ne rougissant point du contact de l'un de ses doigts sur son sein. Katherine approcha alors à nouveau son visage du sien et sournoisement elle chatouilla les lèvres du lord de sa langue, remonta vers son oreille qu'elle mordilla avant de revenir vers sa bouche et de s'en emparer à nouveau. Finalement lorsqu'elle se détacha elle soupira :

- Dommage que nous ne soyons pas seuls, Jiromaru… En attendant de vous retrouver dans de plus agréables conditions, je vais me contenter de rêver de tout ceci… Et d'une manière ou d'une autre… Vous finirez par m'appartenir…

Les hommes ne la possédaient pas, elle possédait les hommes et ce qui l'attirait encore plus était qu'un homme pense de la manière opposée. Commençait alors un combat acharné pour savoir lequel des deux allait posséder l'autre l'instant d'un soir. Ce ne devait pas être la pensée d'une femme de son époque… Ses lèvres s'étirèrent alors en un magnifique sourire et elle finit par le repousser doucement. Ses doigts ne quittèrent les siens que lorsque la porte s'ouvrit sur la camériste qui avait ramené les escarpins. Sa fine ouïe avait détecté l'approche d'une femme dans le couloir, une démarche légère et pourtant rapide comme si elle était pressée, cela n'avait pu n'être qu'elle… Comme si de rien n'était Katherine s'était replacée devant le miroir et jetait de temps en temps quelques regards au Lord. Elle n'était pas prête d'oublier son désir ni même les paroles qu'il lui avait murmuré… Savait-il dans quel jeu il entrait ?

Le terrain de chasse de la Huntress.

Quelques minutes passèrent et finalement tous les comédiens retournèrent sur scène. Les répétitions costumées purent ainsi commencer, les personnages prirent vie sur scène et l'on voyait déjà la soirée de la représentation approcher…

[HRP/ Fin du rp avec Katherine, je rame un peu en ce moment navrée :/ /HRP]



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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Comte Keï
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Age (apparence) : 28 ans
Proie(s) : Les Humains (pour se nourrir) et tout ceux qui se mettront en travers de son chemin.
Secte : Indépendant
Clan : Ventrue
Lignée : Kyasid (les ombres)
Rang Pyramidal : Premier
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MessageSujet: Re: "Misérable est l'amour qui se laisserait mesurer" [Katherine, Comte] [16/05/42] Jeu 30 Aoû - 12:17



"Misérable est l'amour

qui se laisserait mesurer"

Le Comte Kei et
Katherine Thornes

“L'ambition fait préférer une défaite à une victoire
qui ternit la renommée du chef.”
Shakespeare, Antoine et Cléopâtre.


Grand Théâtre
16 mai 1842


Installé dans son fauteuil, près d'Ambre qui continuait de prendre des notes, Jirômaru fixait Katherine Thornes comme s'il la voyait pour la première fois. Son jeu était parfait. Elle connaissait son texte et ses mouvements étaient calculés au pouce près. Mais ce n'était pas ce qui fascinait le lord à cette heure. C'était le fait que ses courbes elles aussi étaient parfaites. En vérité, le Vampire crevait d'envie de monter sur scène pour la posséder. Il la désirait maintenant, sans délais, directement sur les planches, à la vue de tous. La belle actrice avait réussi à réveiller ses pires instincts. Le lord crispa sa main sur l'accoudoir purpurin de son fauteuil et s'y enfonça légèrement, comme s'il se trouvait partagé entre une joie intense et une fureur sans nom.

*Concentrez-vous, mon maître !*

Le Comte se redressa brusquement et jeta un regard courroucé à Ambre. Son impératif ne lui plaisait pas, mais il savait qu'elle avait raison. Il se ressaisit, se recoiffa un peu et entreprit de s'occuper des autres comédiens. Ils devaient monter cette pièce avec art et ce n'était pas le moment de songer à satisfaire les pulsions de son corps...Il reprit donc le travail, avec un semblant de sérieux qu'il n'était plus en mesure de fournir réellement. Ses pensées ne se détachaient plus de ce qu'il venait de se passer dans la loge de la belle.

Que Katherine soit réceptive à ses avances était une évidence depuis leur petit jeu chez l'Architecte, mais que la jeune femme soit si aventureuse avait fort perturbé le grand Vampire. Ses mains sur son torse, son bas-ventre, sa cuisse, son entre-jambe...Que d'indécence ! Quel moment excitant !
Jirômaru avait l'habitude d'être le prédateur, que ce soit avec les autres créatures en termes de domination animale, au niveau de la chaîne alimentaire notamment, ou que ce soit avec les femmes en termes de domination sexuelle. L'inverse était souvent rare, surtout avec lui. En sa présence, les demoiselles s'adoucissaient et le laissaient faire. Son aura les écrasait. Tout chez lui inspirait une forme de respect et de soumission qui poussait les autres à se plier à SES caprices. Katherine n'avait pas baissé les yeux une seule fois. Elle avait pris les devants aussitôt qu'il lui avait laissé une ouverture et avait même osé le provoquer avec sa langue. Elle avait agi comme une catin aurait agi.
Chez Sir Charles Barry, la jeune femme avait déjà été particulièrement entreprenante, mais elle avait tout de même fait preuve d'une certaine retenue, à cause du fait qu'ils aient été en public. Dans cette loge, cachés aux yeux de tous, ils avaient pu se toucher et se découvrir dans un milieu bien plus intime. Cela annonçait une suite plus qu'enivrante...

Jirômaru tiquait maintenant quant à son propre manque de réactivité. Il avait eu peur de s'emporter et de risquer de gâcher la répétition. Les caméristes, les comédiens et Ambre les attendaient et il ne pouvait se permettre de donner foi aux rumeurs qui se répandaient déjà trop facilement au goût des puissants de son genre. Mais il regrettait de ne pas avoir un peu insisté lorsqu'il avait senti la belle lui mordre l'oreille...Il regrettait de ne pas avoir défait ce corset...Que lui avait-il répondu déjà ? Qu'elle le posséderait quand elle le désirerait...N'était-ce pas contre sa nature de laisser ainsi le choix ?


*Mon maître ? Voulez-vous que nous reportions la répétition à demain ?*

Le Comte grimaça et se leva brutalement. Cette fois, il devait se concentrer. Il était hors de question de reporter la répétition. Ambre avait raison de s'inquiéter un peu. Elle avait perçu le grand trouble qui agitait son maître à cause de son attitude quelque peu éteinte. Il réfléchissait, en se détachant de ce qu'il se passait sur scène. Or, il ne pouvait se permettre de montrer une seule faiblesse devant ses comédiens. Jirômaru était clairement tombé sur une femme qui lui plaisait beaucoup et qui l'excitait outre mesure. Rien d'alarmant en soi, mais il était rare qu'on réussisse à le troubler de cette façon...

La suite de la répétition se passa sans incident notoire. A part Miss Rewright qui ne connaissait pas toujours très bien son texte et Lawson qui peinait à se placer dans le décors, Jirômaru n'eut guère à redire quant à la façon dont ses comédiens jouaient la pièce qu'il avait choisie. Cléopâtre prenait vie. Katherine était extraordinaire.

A la fin de la répétition, Jirômaru hésita à donner un rendez-vous galant à la jeune actrice mais il n'en fit rien. Il lui enverrait un messager avec un billet si besoin. Pour l'heure, il devait régler quelques histoires concernant le Sabbat, le bal de Sarah et l'Orphelinat...


[HRP/ Fin du RP avec le Comte. Suite de ses aventures dans Un Brin d'existence/HRP]

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> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
Spoiler:
 

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"Misérable est l'amour qui se laisserait mesurer" [Katherine, Comte] [16/05/42]

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