L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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[01/06/42] - Festivités Lupines interrompues {Krieg & Aos}

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Aos Keggerdan
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Nombre de messages : 11
Date d'inscription : 02/11/2017
Race : Vampire
Classe sociale : Haute Bourgeoisie
Emploi/loisirs : Traîner sur ses lieux de promenade préférés, aller au théâtre...
Age : 251 ans
Age (apparence) : 24
Proie(s) : Ceux qui se mettront en travers de sa route, Hunters comme Vampires.
Secte : Indépendant
Clan : Indépendant
Lignée : Laïbon (Adopté)
Rang Pyramidal : Ordinaire, mais commence sévèrement à avoir une certaine influence & un certain pouvoir
Crédit Avatar : CASHILE
MessageSujet: [01/06/42] - Festivités Lupines interrompues {Krieg & Aos} Ven 29 Déc - 13:15

___________
Le soir du 1er Juin 1842, à 23h pile se tiendrait une réunion d’une bande organisée de Loups-Garoux : « La meute », qu’ils se faisaient appeler. Ces malfrats s’étaient donné rendez-vous dans une bâtisse abandonnée, au milieu des Landes.
Aos s’était informé de cette réunion au vue de sa récente enquête sur les bandes de malfrats qui se réunissaient pour accomplir leurs faits, notamment sur les docks, et cela faisait bien un moment qu’il enquêtait sur toute cette histoire. Il avait donc un soir précédent, réussi à capturer de jeunes « louveteaux », qu’il put aisément faire parler sous ses traits revêtis du Masque, avant de les tuer. Après avoir continué son affaire, il parvint à remonter à la piste de cette fameuse Meute, et le 1Er juin, il avait tout planifié. Il avait fait en sorte de décaler légèrement le rythme de son horloge interne, et alors que d’habitude il se réveillait vers 19h, voire 20h, il se réveillerait ce soir vers 21h45. Ainsi, Aos Keggerdan s’était assuré d’être en pleine forme pour les dites festivités qu’il viendrait malencontreusement interrompre ce soir-ci.
Il se prépara méthodiquement, comme à chaque fois lorsqu’il sortait en tant que Diable Bleu et après avoir passé un grand coup d’eau sur son visage dans sa chambre, il ouvrit la porte secrète de sa chambre qui le mena jusqu’à son repère souterrain, en dessus de sa maison.
Le Vampire, une fois vêtu de son équipement léger, confectionné par ses propres soins, rangea ses nombreuses dagues de lancer sur les différents étuis répartis sur sa combinaison, avant d’ajouter une corde à son assortiment. Il enfila une grande cape noire, qui lui servait sûrement pour être inaperçu lorsqu’il devait se déplacer à grande vitesse sur les toits de Londres, et qu’il retirait souvent en cas de combat, avant de s’avancer vers son instrument de terreur principal…



Ce Vampire, camouflé sous ses traits de grand jeune homme, eux-mêmes camouflés par la figure du Diable Bleu, traversa Londres rapidement, avant d’en sortir et de se d’arriver au niveau des Landes.
Il savait que cet endroit était déjà réputé pour être ce qu’il appelait une déchetterie pour les meurtriers, qui venait ici souvent pour se débarrasser de corps.
Si cet endroit était un lieu de promenade sauvage, et idéal en plein jour, il devenait de nuit le cimeterre à « tombes ouvertes » de nombreux cadavres, au milieu des cuissons et des hautes herbes. De plus, le brouillard des Landes recouvrait une bonne partie des terres, et de nuit il devenait quasi-impossible de s’y repérer sans en être un prévenu. Et au milieu de ce sombre décor se tiendrait la scène de la Meute que Aos viendra perturber : une grande bâtisse abandonnée, en plein milieu des Landes, réellement peu connue et disposée sous une colline , idéal en toute somme pour venir se retrouver entre bons amis, ou bons ennemis…
Après s’être assuré d’avoir camouflé ses odeurs et dissimulé son aura vampirique, Aos s’approcha de la bâtisse, où d’ailleurs la Meute n’était pas encore présente. Il se mit dans une position dans laquelle il pourrait pénétrer aisément et discrètement par le toit pour venir faire une entrée musclée si besoin, et de l’extérieur, il pouvait aisément observer les convives qui se réuniraient à l’intérieur, de par notamment sa vision nocturne, et si besoin il pouvait utiliser sa « Vision Parfaite ».
Quant à entendre leur conversation, rien de plus facile pour les sens très développés du Vampire, qui en plus de cela, s’assura de ne perdre aucune bribe en plantant sèchement, mais proprement, ses doigts dans la vitre en usant de sa force. Il retira ses doigts, en constatant les trous qu’il avait faits dans le verre, qui laisseraient aisément passer le son.
Pour cette intervention, s’il en sentirait le besoin, le Diable Bleu était déjà suffisamment armé de ses multiples couteaux de lancers, -allié à son contrôle du métal ils faisaient un ravage et Aos pouvait les faire sortir instantanément de sa cape pour éliminer brutalement ses adversaires-, mais si ce n’était pas assez, le toit au-dessus de leurs têtes recelait de suffisamment de composants métalliques pour le faire effondrer, ou en utilisant des pans pour écraser quiconque.
Aos Keggerdan, ou plutôt, le Diable Bleu était en position de force, et n’attendait désormais plus que la venue des différents hôtes…

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Krieg
Membre de l'Ombre
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Nombre de messages : 31
Date d'inscription : 19/12/2015
Race : Loup-garous, indubitablement
Classe sociale : Âme errante. Je n'existe pas aux yeux de votre société, vermine humaine.
Emploi/loisirs : Chef de meute. Tente d'unifier les gangs de Londres sous la lumière de La Lune.
Age : 334
Age (apparence) : La trentaine passée.

Proie(s) : Tout le monde.
Oui.
Absolument tout le monde.
Résistance mentale : 5/5 de résistance mentale.
Crédit Avatar : Veronica Anrathi
MessageSujet: Re: [01/06/42] - Festivités Lupines interrompues {Krieg & Aos} Sam 13 Jan - 16:47

Krieg détestait ces réunions. Elles étaient utiles, bien sûr. Lors de ces nuits, où tout privilège de "rangs", de "grades" ou "d'ancienneté" se voyait jeter aux oubliettes, les nouveaux comme les vieux de la vieille pouvaient se rencontrer et échanger sereinement sans craindre une quelconque remontrance de la part de quiconque pour une parole ou un geste un peu trop brusque. Un principe de "loge" classique...L'idée venait du père Roderick, naturellement. Qui d'autres qu'un ancien curé aurait pu si sereinement mettre en place un fonctionnement de secte dans une bande de loups-garous?
Le vieux loup se retint de ricaner à cette pensée.
Ce n'était pas le principe de la chose qui le dérangeait. Plutôt son fonctionnement...Ou plutôt son absence de fonctionnement. Car malgré toutes ces belles paroles sur "l'égalité" entre "fils de la lune"...Tout le monde se comportait différemment en sa présence. Au début, ça l'avait amusé : Regards soumis. Respectueux. Changement de place. Quelques "patrons" ou "monsieur" par-ci par-là. Même sans être particulièrement friand des courbettes de ses sbires, Krieg avait su apprécier l'effort de ces derniers pour paraître "aimables". Lors des deux premières réunions, en tout cas.
Quatorze assemblées plus tard, le vieux loup n'arrivait tout simplement plus à supporter les attitudes des siens. On se taisait ou on chuchotait en le voyant arriver... On s'écartait. L'un des plus fervent partisan du culte lunaire de Roderick l'avait même appelé "Père", l'autre soir. C'en devenait un véritable calvaire.
Comble du bonheur, Slick, Alasker, Alexey et même Fergusshon refusaient de l'accompagner lorsque ce foutu curé l'invitait. Comme ce soir, par exemple. Comme beaucoup trop de soirs.

"-Monseigneur?"
Le vieux loup cligna des yeux, bailla, puis reporta son attention sur l'insupportable blablateur qui lui tenait la jambe depuis dix bonnes minutes déjà. En arrivant, il avait "par hasard" croisé le chemin du père Roderick et, après avoir fait l'horrible constat que ce dernier comptait de toute façon le noyer sous un flot de parole, avait décidé de lui faire part de son ressenti concernant ces fameuses réunions. La discussion ayant suivi s'était occupée d'achever proprement tout ses espoirs concernant une éventuelle amélioration  de la situation.
"-Je t'écoute, coco."
Roderick fronça les sourcils et Krieg espéra durant un court instant que l'illuminé avait flairé le mensonge. Mais non.
"-Le fait qu'ils vous témoignent un si grand respect, malgré ce contexte "détendu" vous inquiète-t-il toujours malgré cela?"
Le soupir qui franchit les lèvres du vieux loup à cet instant sembla interminable. Eternel. Un peu comme cette conversation. Le chef de meute et son "conseiller" s'étaient quelque peu éloignés de la bâtisse où avait lieu la réunion pour marcher dans le noir et discuter à l'abri des oreilles indiscrètes. Le fait d'être à l'extérieur, loin de tout ces imbéciles pompeux, avait rendu la discussion un tantinet plus supportable...Mais elle restait pénible.
"-Je n'ai pas dis que cela m'inquiétait fiston, j'ai dis que ça m'ennuyait."
Roderick, les mains dissimulées dans les manches de sa toge noire, émit l'un de ces fameux rire. Quand l'illuminé riait, il donnait l'impression d'être en train de mourir. Son faciès squelettique se tordait dans une affreuse grimace lui retirant tout semblant de charisme et ses deux gros yeux, marrons, globuleux et aux bords rougies, semblaient être sur le point de sortir de leurs orbites. Qui plus est, il riait en ouvrant grand sa bouche aux lèvres fissurées et aux parois intérieures de chairs lacérées ou brûlées. A la lumière du jour, c'était un spectacle particulièrement déroutant pour le commun des mortels. Moins franchement intimidant que les dents taillées en pointes de Krieg, mais plus...Surprenant? Surtout lorsqu'on savait que l'ancien homme d'église s'était infligé ces mutilations lui-même, en mâchonnant bougies allumées, lames et clous.
"-Monseigneur, c'est pour ça que vous me surprendrez toujours. Nous sommes en train d'établir un nouveau culte qui vous placera légitimement au même niveau que les prophètes envoyés par les faux-dieux de nos proies et vous...Ahaha...Vous trouvez que les marques de respects de nos premières ouailles sont "ennuyeuses".
-Hilarant, effectivement." Grinça le vieux loup, soudainement très fatigué.
Roderick se sépara soudainement de lui pour partir en direction du seul bâtiment des environs via son habituelle –et très sobre- démarche claudicantes.
"-Je dois aller allumer les bougies monseigneur, et accueillir les nouveaux arrivants, c'est mon rôle !"
Krieg hocha la tête en l'observant rejoindre un quatuor de jeunes imbéciles venant d'arriver et les saluer un à un. Une fois sûr que personne ne comptait venir l'importuner de nouveau, il s'accorda le droit de vérifier si son haut-de-forme cabossé était toujours bien vissé sur son crâne. Ce qui était le cas. Puis parti uriner derrière un buisson.

La première goutte d'eau lui tomba sur le chapeau quelque seconde après. Une trentaine d'autres rejoignirent la première l'instant suivant.

Sa chemise, blanche et à manche courte, n'était pas faite pour supporter même de courtes averses. Même chose pour le veston de cuir noir qu'il portait par-dessus et son pantalon noir, un peu trop long, touchait le sol. Seules ses bottes semblaient plus ou moins imperméables. Plus ou moins. Aussi maudit-il copieusement ce "fichu pays toujours sous la flotte, même au mois de Juin" avant de se diriger à son tour, au pas de course, vers le seuil du bâtiment.
Le vieux loup fit donc son entrée en même temps qu'un petit groupe d'habitués, rieurs et trempés, qui s'écartèrent pour le laisser passer devant eux en le saluant au passage. La réponse souriante qu'il leur adressa  manqua, sans surprise, de franchise.
L'intérieur de la "conjonction" puisque c'était ainsi que Roderick et les siens avaient nommés le bâtiment, n'était rien de plus que celui d'un entrepôt lambda, usé par toutes les années d'abandons ayant précédés sa découverte et réhabilitation de la part de la meute. Ses parois de métal grinçant étaient toutes couvertes de toiles d'araignées, de mousses, et parfois même de champignon, là où l'humidité atteignait un seuil critique, près du sol. Quand il pleuvait –comment maintenant, hélas- le toit fuyait à trois endroits différents, tous situés à l'arrière de l'entrepôt. L'écoulement de l'eau avait finit par enfoncer le sol terreux en-dessous de ces emplacements et il n'était pas rare que de grandes flaques s'y forment, lors d'averses particulièrement longues.  On avait donc installé la plus grande partie des sièges et tables à l'avant de la conjonction, près de l'entrée et du petit promontoire improvisé que Roderick s'était créé à l'aide d'un amas de planche en bois à la solidité douteuses, pour présider les réunions. Aux quatre coins du bâtiment se trouvait des dizaines de bougies allumées aux flammes tantôt vacillantes, tantôt carrément mourantes, éclairant excessivement faiblement l'intérieur. L'odeur qui émanait de toute cette cire fondue avait quelque chose de profondément troublant, pour Krieg, même si il mettait un poing d'honneur à ne pas le montrer.
Le vieux loup plissa les yeux et chercha une tête connue parmi la foule rassemblée. Une satisfaction toute relative le traversa lorsqu'il reconnut deux silhouettes déjà assises, visiblement peu intéressée par l'opportunité de se mélanger à la mélasse de convives tapageurs massés autour de l'entrée.
"-Patron." Le salua le plus vieux des deux, une fois qu'il les eût rejoint.
"-Jim'." Ils se serrèrent la main."Danny. Je ne vous savais pas amateur de la conjonction."
Danny émit un rire tellement las qu'on aurait pu le prendre pour le début d'un sanglot.
"-Nous non plus."
Satisfait par cette réponse, le chef de bande accepta la chaise qu'on lui tendait pour s'asseoir à leurs cotés.

Jimmy et Danny étaient frères, chose qui ne sautait pas vraiment aux yeux tant ces deux-là semblaient, physiquement comme mentalement, différents. Le premier avait tout de la grosse brute et pour cause, c'en était une.  L'un des écorcheurs des Docks. Jimmy se plaisait à raconter qu'il n'avait, de sa vie, jamais rien volé à quiconque. Si son imposante personne avait su se faire un nom parmi les gangs, c'était exclusivement grâce à sa force et son absence totale d'empathie. Il prétendait avoir tué dix-neuf hommes en un an. Krieg savait qu'il exagérait. Tout comme il savait où étaient enterrés ses six vraies victimes.
Danny, de son coté, déployait tout ses efforts pour conserver une allure toujours avenante. Séduisante pour les dames, sympathiques pour les hommes. Alors que Jimmy portait sur son visage couturé de cicatrices, chauve et à la barbe brune, sa brutalité naturelle et son absence de manière, Danny, lui, faisait toujours tout pour mettre en valeur ses traits fins, sa mâchoire saillante, et son regard d'un noir profond.  Cheveux bruns, mi-longs, rassemblés dans un catogan faussement négligé, rasé de près, nez droit –pas brisé, pas même une seule fois, ce qui était sans doute la chose la moins commune pour un gars des docks- tenue impeccable. Il s'habillait bien au-dessus de ses moyens, pour amadouer les riches, se mêler à eux...Eventuellement culbuter leurs femmes, puis partir avec leurs bijoux. Un voleur de qualité, qui n'avait, pour faire miroir à son frère, jamais tué quiconque pour se faire un nom.
Le duo était ami avec Slick et avait travaillé plusieurs fois avec lui, avant que ce dernier ne rencontre son "boss". Ils avaient rejoins la meute dès que cette dernière s'était fait un peu connaître et n'avait jamais causé le moindre tort à cette dernière, malgré la distance qu'ils mettaient entres-eux et les autres membres. Les deux frères aimaient agir comme si ils étaient les plus vieux, les plus expérimentés, les plus forts...Mais Krieg savait que Jimmy, le plus vieux, n'avait pas encore trente ans. Un fait qui entachait quelque peu leurs fantasmes de vieux de la vieille respectables, à qui "on ne la faisait pas".

"-Qu'est-ce que vous faites là, alors?" Demanda le chef de bande en s'installant sur sa bien-trop-grinçante chaise en bois.
"-On profite de cette ambiance de douce fraternité."
Les trois malfrats ricanèrent. Puis Jimmy adopta brutalement un ton sérieux, en baissant d'un ton.
"-Slick veut qu'on surveille le coin. Surtout quand vous êtes là. Il serait bien venu lui-même mais, La Fouine a besoin d'aide pour gérer les récalcitrants du bordel de feu Boyd."
Krieg soupira et hocha la tête, gravement. Ce n'était pas compliqué de comprendre pourquoi Slick avait donné cet ordre. Des louveteaux étaient morts sans raison, récemment. Un type les avait "questionnés" puis assassinés. Des gars des Docks. Pas de gros dangereux, mais pas des petites filles non plus. La vie était courte, dangereuse, quand on bossait pour un gang, à Londres. On pouvait se faire tuer par un autre gang, par un père de famille revanchard, par un justicier du dimanche, par les "escaliers" de Scotland Yard...Les trois quarts du temps, les seules personnes visées sont les victimes directes, en l'occurrence ces trois pauvres louveteaux. Mais, parfois... lorsque les corps retrouvés portaient la trace d'interrogatoire, par exemple...Eh bien...Le Gang lui-même pouvait être la cible du tueur.
"-C'est vraiment de la connerie, ce coin." Gronda Jimmy en fixant Roderick, occupé à rire avec une bande fraichement arrivée. "C'est censé être une réunion sans rang. Et pourtant le curé joue le rôle du père attentif et tout les autres vous regardent pour ce que vous êtes. Le Patron. Pas un frère, pas un membre de la "Conjonction". Le Patron. Le Premier. C'est stupide."
Krieg hocha vivement la tête.
"-A qui le dis-tu."
Danny croisa les jambes et se fit l'avocat du diable :
"-Il est impossible de nier l'efficacité de ces assemblées, cependant. La cohésion est pl..."
Krieg le coupa.
"-Je sais déjà tout ça, les enfants. Pourrait-on changer de sujet? J'arrive déjà difficilement à accepter le fait qu'on m'ait encore invité.
-L'amour de vos ouailles ne vous plait pas, patron?"
Jimmy écopa d'un regard mi-amusé mi-énervé de la part du concerné. Puis la foule alentour se mit en branle, d'un coup, et chacun partit s'asseoir silencieusement quelques instants plus tard. La plupart des sièges furent orientés de sorte qu'ils soient tournés vers le promontoire miteux où Roderick venait de prendre place. Une fois sûr que plus aucune conversation ne risquait de venir parasiter son discours de bienvenue, l'ancien curé prit la parole.
"-Avant toute chose je tiens à saluer notre Père De Morsure, Monseigneur Krieg, ici présent, pour avoir encore une fois accepté de venir perdre son temps avec nous ce soir." De sa manche trop longue, il désigna la place assise du chef de bande, qui hocha poliment la tête lorsque l'attention se dirigea vers lui. Intérieurement, le vieux loup repoussa l'envie d'aller massacrer Roderick  sur place pour mettre fin à cette farce. "Comme chacun sait : C'est aujourd'hui la quinzième conjonction que j'ai le plaisir d'organiser avec vous, pour vous. Et, comme à chaque fois, j'ai le plaisir de découvrir et d'accueillir de nouvelles têtes : Fred Reece, lève-toi."
Et les présentations commençaient. Krieg retint un nouveau bâillement tandis que les derniers arrivants se levaient un à un pour se présenter aux autres. Chaque présentation ressemblait à la précédente, toujours...Ennuyeuse. Plate. Sans intérêt. Les hommes comme les gamins présents dans cette salle n'étaient pas fait pour se faire connaître avec des mots. Ils ne vivaient pas dans un milieu où les mots comptaient plus que les actes, et cela se sentait...Pourtant tous se pliaient à cette fichue blague. Plus tard, dans la soirée, des groupes, comme toujours, se formeraient pour discuter de futurs plans d'actions. Certains louveteaux,  ayant des contacts dans d'autres gangs, partageraient avec leurs confrères ce qu'ils avaient apprit, donneraient les noms de ceux pouvant "potentiellement" changer de camp. Les plus sauvages discuteraient de la prochaine pleine lune... L'atmosphère serait alors nettement plus...Acceptable, selon Krieg. Mais pour l'instant...Pour l'instant cela ressemblait à une réunion de voisins banale, bien qu'au fonctionnement un peu louche. Sur sa gauche, Danny mit uu coup de pied à son frère, qui faisait mine de s'endormir, comme un gosse. Avec un petit sourire, le vieux loup croisa les bras, pencha la tête sur le coté, et entreprit de prendre son mal en patience.
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