L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Terribles Convergences [Willhelm Grindhouse, Black Velvet] [15/05/42]

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Willhelm Grindhouse
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Willhelm Grindhouse
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MessageSujet: Terribles Convergences [Willhelm Grindhouse, Black Velvet] [15/05/42] Sam 27 Jan - 11:50

[HRP/ Suite de Le Paradis est le plus court chemin vers l'Enfer./HRP]



Terribles Convergences

Willhelm Grindhouse et Black Velvet

"Soit le boucher dont tu as toujours rêvé."


Une cellule de la C.I.A.H.
Le 15 mai 1842.


Le coup claqua dans l'air comme le tonnerre. Willhelm serra les dents et poussa un gémissement rauque. Son regard vitreux tomba sur la goutte de sang qui venait de couler de la cravache de son geôlier. Sur le carrelage blanc, elle brillait d'un carmin magnifique...

- Mange.

L'Alchimiste releva la tête et ses yeux clairs transpercèrent l'homme qui se tenait devant lui dans une posture éminemment dominatrice. Au travers de ses cheveux poisseux, il le dévisagea comme s'il avait affaire à un moins que rien.

- Ça t'excite hein ?! Ça t'excite de me frapper...

L'homme lui sourit. Décidément, cet Alchimiste était difficile à faire ployer. Pour un gringalet, il s'en sortait mieux que beaucoup d'autres. C'était vrai: le voir ainsi, pieds et poings liés par des chaînes accrochées au mur de sa cellule, en pantalon de toile fine souillé de ses propres excréments, lui donnait un sentiment intense de joie. De là à l'exciter, non. Il avait déjà torturé des femmes, et là c'était autre-chose.

- Fais attention...J'en connais un qui rêverait de te la mettre ailleurs que dans la face...répondit-il à son prisonnier en levant sa cravache. Là, pour le coup, ça l'exciterait lui...

Willhelm lui sourit d'un air mauvais et cracha à ses pieds comme un animal enragé. Ses chaînes tintèrent tandis qu'il esquissait un mouvement pour attraper la jambe du gardien. Ce dernier recula d'un pas avant de lui asséner un grand coup de poing sur la nuque qu'il tendait. L'Alchimiste s'écroula dans son propre crachat comme une poupée de chiffon et se recroquevilla sur lui-même en poussant un grognement de douleur.

- T'as toujours pas pigé ?! T'es vraiment trop con ! rugit l'homme en l'attrapant par le col pour le redresser. C'est ton dernier jour ici. Demain, soit tu seras dans un four, soit t'auras enfin compris ton rôle dans cette histoire.

- LA FERME ! hurla l'Allemand. Sa voix fut particulièrement aiguë. L'Alchimiste était épuisé. La ferme...fit-il dans un dernier souffle avant de laisser son menton heurter sa poitrine. Un filet de bave coula à la commissure de ses lèvres.

Willhelm aurait tout donné pour égorger son tortionnaire. Son visage l'obsédait, même dans ses cauchemars lorsqu'il parvenait à trouver un peu de sommeil, sa voix le rendait fou. Cet espèce de macaque ne perdait rien pour attendre ! Qu'il continue...Qu'il alimente sa haine...Il verrait, un jour, lorsqu'il serait libre...Il verrait Ô combien la mort pouvait être désirée une fois entre ses mains...Oh oui...Il le supplierait de l'achever. Il le supplierait à genoux...

L'unique porte de la pièce exiguë s'ouvrit alors derrière l'homme. Willhelm ne releva même pas la tête pour voir qui venait assister à cette merveilleuse scène de barbarie dont il était l'acteur central. Ses oreilles sifflaient, il n'entendait plus grand chose. Des larmes, incontrôlables, coulaient maintenant le long de ses joues meurtries et l'aveuglaient.


- C'est l'heure, Jasper. Owen n'attendra pas plus longtemps.

- Vous n'en tirerez rien, j'en ai bien peur.

Willhelm entendit des pas converger dans sa direction et sentit qu'on le saisissait avec force au niveau des épaules. Des mains puissantes l'obligèrent à tendre le bras droit et une aiguille pénétra sa peau sans douceur. L'Alchimiste se débattit un peu, mais le coup qu'il venait de recevoir sur la nuque l'étourdissait encore. La morphine fit rapidement effet. En quelques minutes, il sentit la douleur quitter son corps et son esprit s'apaisa. On le libéra de ses chaînes pour le détacher du mur et on enserra ses poignets de menottes faites pour l'empêcher de joindre ses deux mains. Puis, on le traîna en dehors de sa cellule. L'Alchimiste du Temps ne réagit pas. Il n'aida pas ses gardiens à l'emporter mais ne résista pas non plus.
Après quelques minutes de ce manège pitoyable, on le jeta à genoux et une main lui attrapa la nuque pour l'obliger à relever la tête et à regarder en face l'homme devant lequel on l'avait amené. Willhelm cilla un instant, incapable de supporter la lumière du lustre grossier qui brillait d'une dizaine de bougies au-dessus de leurs têtes.


- Me connais-tu, mon garçon ? fit l'homme d'une cinquantaine d'années en lui souriant.

L'Allemand haussa les sourcils. Il ne l'avait jamais rencontré mais il en avait suffisamment entendu parler au cours de ces deux dernières semaines pour savoir qui c'était. Cependant, il n'allait certainement pas lui faire le plaisir de lui répondre.


- Je suis Owen Montgomery, celui que l'on appelle couramment "le Philosophe". Cela doit te dire quelque chose...

Face à l'absence de réaction de son sujet, l'homme fronça les sourcils et interrogea les gardiens d'un regard mécontent. Ces derniers grimacèrent et celui qui tenait l'Alchimiste par la nuque le secoua un peu. Willhelm grogna en serrant les dents.

- Qu'est-ce que j'en ai à foutre ?

Owen soupira. On lui avait dit que ce cas-là était pénible mais il n'avait pas prévu de passer plus d'une dizaine de minutes en sa compagnie. Il avait autre chose à faire que de perdre son temps avec un gamin.

- Ecoute, tu as le choix: soit tu nous rejoins, soit nous t'éliminons, c'est simple. Nous n'avons pas de temps à perdre. Tu es un gars intelligent, tu nous serais utile ici. Dehors, la société t'as condamné. Nous t'avons sauvé de la pendaison et...

- Un choix...l'interrompit l'Allemand en riant doucement. Un choix...Vous appelez ça un choix ? Crever ou vous servir de chien...Son regard devint venimeux. Le Gouvernement peut aller au Diable ! Jamais mes travaux ne lui serviront ! JAMAIS !

La pression sur sa nuque l'empêcha de se jeter au cou du professeur. Il se sentit étranglé et fut pris d'un haut le coeur. Devant lui, l'homme venait de s'accroupir à sa hauteur. Son sourire était d'une condescendance insupportable.

- Mais nous ne travaillons pas pour le Gouvernement mon gars...Je te l'ai déjà dit: nous allons au-delà...Bien au-delà...

La conversation qui s'en suivit parut durer une éternité pour l'Alchimiste. Owen l'éclaira quant à ce qu'était véritablement la C.I.A.H. et à ce ses membres attendaient de lui. Willhelm eut beaucoup de choses à assimiler et à encaisser. On lui expliqua qu'on l'avait traité aussi sauvagement pour vérifier sa fiabilité sous la torture et juger de ses capacités à protéger le secret de leur entreprise. Ils dépendaient du Gouvernement, en apparence, mais étaient en réalité détachés de ce dernier depuis longtemps. Les membres de la C.I.A.H. n'étaient que des traîtres à la Couronne qui comptaient bien doubler la reine et le Yard pour gouverner la capitale et même l'Angleterre toute entière. Ils travaillaient sur la création d'une armée de sur-hommes et de créatures insensibles à la douleur ou dotées de pouvoirs extraordinaires dans l'unique but de prendre le pouvoir par la force.
Sur le moment, Willhelm eut du mal à y croire. Pourquoi ne lui avaient-ils pas dit tout ça avant ? Pourquoi ne lui avaient-ils pas tout expliqué dès le premier jour qu'ils l'avaient récupéré chez le Yard ? Owen lui offrait une nouvelle vie, un nouveau départ. Il mettait à sa disposition un bureau, des laboratoires, des équipiers et des sujets d'expérimentation. Son identité première demeurerait et les soupçons qui pesaient sur lui seraient ôtés. Il retrouverait sa boutique et son métier d'horloger, on effacerait son casier judiciaire et ferait passer ses anciennes expériences pour des fabulations de journalistes. La C.I.A.H. avait tout pouvoir sur les informations qui circulaient au sujet des Alchimistes. C'était une organisation bien plus puissante que l'Achimist Room...Tout cela sonnait comme une fantastique providence !

De retour dans sa cellule, Willhelm rumina toutes les paroles qu'ils s'étaient échangées. Il avait jusqu'à l'aube pour prendre sa décision. En soit, le choix n'en était pas un et il était évident que pour survivre il fallait qu'il accepte les conditions qu'on venait de lui proposer. Mais, maintenant qu'il en savait un peu plus sur ce que l'on désirait obtenir de lui, l'Alchimiste songeait que ce n'était pas si mal. Il ne serait plus indépendant, certes, mais il travaillerait pour faire ce qu'il avait toujours eu envie de faire: créer des chimères. Et puis, on venait de lui dire qu'il se verrait attribué une montre d'Alchimiste d'Etat qui décuplerait son Alchimie et donc ses possibilités d'expérimentations. C'était tout bonnement merveilleux ! On lui rendait sa double identité, à ceci près que sa face d'ombre officierait pour une organisation et non plus seulement lui-même. Qu'avait-il à y perdre ?
Willhelm comptait accepter l'offre et même devenir un membre important de la C.I.A.H. Il savait qu'il était capable de les épater tous et de jouer son rôle à la perfection. Cependant, son coeur brûlait d'une flamme qui l'empêchait d'adhérer totalement à cette entreprise: celle de la vengeance. Comment pouvaient-ils espérer qu'il demeure docile après ce qu'ils venaient de lui faire subir ces deux dernières semaines ? Cet homme, qui était encore là à le frapper de sa cravache il y avait à peine deux heures de cela, ne pouvait espérer vivre en paix une fois qu'il aurait été relâché...Accepter toutes les conditions d'Owen et de sa clique revenait à courber l'échine une fois de trop. Il ne pouvait le tolérer...
Pour la première fois depuis qu'il était dans sa cellule, on laissa sur le sol une petite bougie. Sa nuit ne serait pas aussi noire que les autres. De plus, nul gardien, nul tortionnaire ne fut délégué à sa cellule. Il allait pouvoir dormir et réfléchir à sa guise avant que le soleil ne se lève. Soleil qu'il ne pourrait revoir que s'il acceptait le rôle qu'on lui offrait.
Willhelm ne tira pas sur ses chaînes ce soir-là. Muet, il laissa son esprit peser le pour et le contre de cette aventure. Il songea à Shanoa et à ses ailes, à ses corbeaux, à ses dons si mystérieux...Il songea à Lizbeth, cette Homonculus qu'il n'avait pas réussi à capturer...Peut-être que la C.I.A.H. lui donnerait enfin les moyens de les attraper pour de bon ?
Ainsi, les heures de la nuit commencèrent à s'écouler lentement, très lentement. L'Alchimiste eut froid, comme toutes les nuits, mais une nouvelle chaleur réchauffait son coeur: celle de l'espoir.


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Dernière édition par Willhelm Grindhouse le Dim 4 Fév - 10:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Terribles Convergences [Willhelm Grindhouse, Black Velvet] [15/05/42] Dim 28 Jan - 17:21

[HRP/ Suite de Une rose d'automne est plus qu'une autre exquise./HRP]



Terribles Convergences

Willhelm Grindhouse et Black Velvet

"Le chat se moque du temps."


Couloirs et cellules de la C.I.A.H.
Le 15 mai 1842.


Les bougies léchaient de leurs flammes les murs glacés des couloirs de la C.I.A.H. Pourtant, une jeune femme s'y promenait, à demi-nue, en chantonnant doucement une comptine d'enfant. Sa peau d'un noir profond tranchait violemment avec la blancheur éclatante des carrelages qui recouvraient une partie des couloirs. Tantôt debout, les doigts glissant contre les murs, tantôt à quatre pattes, reniflant les bordures et les interstices divers que lui offraient les lieux, elle se dirigeait vers la cellule de Willhelm à l'instar d'un petit chat qui se faufile dans un espace interdit avec envie et joie.

- Mange. Il a dit. Mange.

La Chimère s'arrêta et écouta les sons alentours.
Il n'y avait rien. Pas un gardien. Pas un bruit suspect. Rien que le son d'une espèce de ventilation dont elle ne comprenait toujours pas le sens.


- Ou. OU ! Son petit cri ressembla à celui d'un singe.

Bientôt, la main de la Chimère touchait la poignée de la porte qui donnait sur la cellule de l'Alchimist du Temps. Elle ne le connaissait pas, mais son ennui l'avait poussée à aller le voir. Elle avait écouté, dans les entre-plafonds, ses conversations avec les gardiens. Elle l'avait entendu gémir, pleurer, hurler. L'aider ne lui était pas venu à l'esprit, parce qu'elle-même ne savait pas comment sortir de ce bâtiment qui lui paraissait infini, mais elle avait eu envie de lui parler, simplement, et de l'écouter lui expliquer pourquoi il ne mangeait pas.
La porte s'ouvrit lentement. Elle pivota sur ses gonds, sans mal, sans que la petite créature n'ait eu besoin de clé. Étrange...Pourtant, la jeune femme ne s'en soucia pas le moins du monde. C'était aussi sensé pour elle que si elle avait été fermée. C'était comme ça, c'est tout. Ouvert, tant mieux. Fermé, tant pis. Velvet était un être simple. En aucun cas elle avait imaginé que les chercheurs avaient tout orchestré pour provoquer cette rencontre. Ils avaient laissé la petite Chimère quitter sa propre cellule pour lui permettre d'errer dans les locaux et l'observer, de loin, s'approcher des différents prisonniers qu'ils possédaient. Son influence sur les êtres vivants était fascinante et la perspective de voir son pouvoir en action avait grisé les Alchimistes responsables d'elle.


- Ou. OU ! fit-elle en passant la tête par l'ouverture de la porte. Tu manges pas ? demanda-t-elle à Willhelm en lui faisant une grimace amusante.

Velvet passa la porte en un petit bond rapide et s'arrêta pour écouter les bruits qui venaient des couloirs adjacents. Rien d'inquiétant. Cependant, par instinct, elle tira la porte vers elle pour l'ouvrir un peut plus et la laissa ainsi, comme pour être certaine de pouvoir s'enfuir.
Une fois plus à l'aise, la petite Chimère s'approcha de Willhelm. A quatre pattes, dans une position des plus félines, elle avança, doucement, sans jamais quitter l'Alchimiste du regard. Ses grands yeux verts brillèrent à la vue des menottes qu'il portait. Il saignait de la joue aussi, et cela l'interpella. Elle s'arrêta à quelques mètres de l'homme et fronça les sourcils.


- Faut manger, dit-elle d'un ton un peu sombre.

L'africaine s'approcha encore un peu et s'assit devant l'Alchimiste pour l'observer d'un oeil attentif. Elle pencha plusieurs fois la tête sur le côté et grogna de curiosité.


- Toi non plus, t'aimes pas le haut ? demanda-t-elle en esquissant un geste vers sa poitrine nue.

Elle ne portait qu'un petit pagne bleu nuit qui couvrait son intimité. Pour elle, un haut était une épreuve et les scientifiques n'avaient pas réussi à lui imposer de robe.


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MessageSujet: Re: Terribles Convergences [Willhelm Grindhouse, Black Velvet] [15/05/42] Dim 4 Fév - 10:37



Terribles Convergences

Willhelm Grindhouse et Black Velvet

"Soulage ma peine.
Étouffe ma haine."


Une cellule de la C.I.A.H.
Le 15 mai 1842.


La poignée émit un petit cliquetis en tournant sur elle-même. Willhelm sursauta. Ce n'était pas l'heure ! Impossible ! Était-ce le gardien qui était de retour ? Venait-on le torturer une dernière fois pour se délecter de sa souffrance ?Venait-on lui apporter un peu d'eau et de pain ? Il en avait grand besoin. Le regard inquiet, l'Alchimiste observa la porte pivoter lentement sur ses gonds. Au travers de ses cheveux en bataille, poisseux et décolorés, il cilla. Son corps fut pris de tremblements incontrôlables. Il crevait de froid et la perspective d'être battu à nouveau le rendait malade.

- Fichez-moi la paix...Son murmure mourut dans sa gorge serrée par l'émotion.

Deux grand yeux d'un vert étincelant croisèrent alors les siens et son coeur manqua un battement. La petite créature qui venait de laisser sa tête dépasser du cadre de la porte n'avait absolument rien d'un gardien. C'était une femme, une gamine à la peau noire comme l'ébène et aux cheveux fous. C'était une panthère qui sortait de l'ombre.
Willhelm arrêta presque de respirer. La fillette poussa un petit cri de singe et lui dit qu'il fallait manger. L'horloger ne répondit pas. Le sourire de la créature venait de le perturber comme jamais. Cette dernière entra, doucement, avec une prudence toute mesurée, et prit soin de laisser la porte ouverte derrière elle, comme pour s'assurer un espoir de repli en cas de danger. L'Alchimiste ne pouvait plus en détacher le regard. Le coeur battant, il l'observait sous toutes ses coutures.
De toute évidence, c'était bien une femme. Frêle et même sans doute maigrelette, elle ne portait qu'un petit pagne de toile bleue. Sa poitrine, enfantine, laissait ses tétons visibles sur sa peau d'un noir profond. Élancée, d'une souplesse effarante, elle s'approchait de lui à l'instar d'un félin.
Willhelm réfléchit à vive allure. La jeune femme n'était plus qu'à quelques mètres de lui. Qui était-elle ? Pourquoi venait-elle le voir ? Qui l'avait envoyée ? Comment avait-elle pu ouvrir la porte sans clé ? Elle n'avait aucun plateau repas, elle ne pouvait donc pas réellement venir pour le forcer à manger...D'où venait-elle donc ? Qu'était-elle ? Tant de questions se bousculaient dans l'esprit du pauvre homme qu'il se sentit suffoquer sous leur nombre. Était-ce là une créature alchimique que l'on envoyait pour l'achever ?


- ...Je... L'Allemand laissa sa voix s'éteindre. Il craignait autant d'effrayer cette étrange créature que de la pousser à l'attaquer.

L'homme se raidit lorsque la fillette s'arrêta devant lui. Il pâlit un peu et son visage se crispa de peur. Pourtant, la créature se contenta de lui sourire et de lui demander pourquoi il ne mangeait pas. Puis, elle s'assit et se mit à l'observer à son tour, comme un animal intrigué par une nouvelle chose dans son environnement. Willhelm se perdait dans ses immenses yeux verts. Il était comme fasciné par tant de beauté. Le mystère de cette femme venait de le conquérir tout à fait.
A ses paroles, il se sentit soudainement apaisé. Elle semblait tout sauf belliqueuse. Apparemment, elle était simplement d'une grande curiosité et elle venait lui apporter un peu d'amitié où d'autres n'auraient amené qu'une cravache ensanglantée.
A sa dernière question, l'Alchimiste du Temps leva un sourcil. Elle parlait comme ces peuples primitifs d'Afrique qui vivaient encore en tribus dispersées au milieu des déserts les plus arides et des fauves sanguinaires.


- Heu...Si, mais on me l'a volé, répondit-il un peu hésitant. Et...et toi ? Tu n'aimes pas le haut ? demanda-t-il pour tenter de rebondir sur sa question pour en savoir un peu plus sur elle.

Willhelm craignait d'effrayer la belle et de perdre tout espoir de fuite. Maintenant, il était persuadé que c'était une expérience qui s'était échappée de sa cellule. Quel type de créature alchimique avait-il là ? Il l'ignorait. Mais sa sympathie pourrait peut-être le tirer de cette cellule.


- Tu...Comment tu t'appelles ? osa-t-il demander d'une petite voix douce. Qu'est-ce que tu viens faire ici ?

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MessageSujet: Re: Terribles Convergences [Willhelm Grindhouse, Black Velvet] [15/05/42] Mer 7 Fév - 17:38



Terribles Convergences

Willhelm Grindhouse et Black Velvet

"Je n'ai pas de nom.
A toi de m'en donner un."


Couloirs et cellules de la C.I.A.H.
Le 15 mai 1842.


Il avait peur. C'était évident, même pour une créature aux allures aussi primitives qu'elle. La Chimère lui souriait, à cet homme qui portait des fers. Elle l'observait avec attention tout en lui demandant pourquoi il ne mangeait pas. Velvet était intelligente, bien plus que ce qu'elle laissait croire. Pour elle, si le prisonnier la craignait c'était bien entendu parce qu'il avait vu beaucoup de chemises blanches. Sa joue blessée et les multiples marques de coups qu'il portait signifiaient qu'il avait été allègrement battu par ses semblables.
Il eut du mal à répondre. Il hésitait. Peut-être qu'il avait peur qu'elle le morde ? Velvet le regardait maintenant avec un petit air malin. Elle n'avait pas souvent mordu pourtant. Les rares fois où elle avait montré les dents, cela n'avait été que pour défendre chèrement sa vie. Elle détestait la violence, sous toutes ses formes et, lorsqu'elle en avait le choix, elle prenait toujours le parti du plus doux.

L'homme sembla lentement reprendre courage et articula enfin quelques mots intelligibles. Il répondit qu'on lui avait volé son haut et lui demanda si elle-même n'aimait pas son haut. Velvet rit un peu et s'installa en tailleur pour attraper ses pieds. Elle se balança un peu en avant et en arrière, comme une enfant qui joue avec son équilibre pour tester ses limites.


- Le haut, ça gêne. Ça gêne pour grimper là-haut, fit-elle en levant le yeux au plafond.

La Chimère émit un petit son qui ressemblait à un rire. Elle paraissait avoir remarqué qu'elle avait répété deux fois le même mot en lui donnant un sens différent.


- Ouuuuu

L'Alchimiste lui demanda son nom et Velvet lui sourit d'un air enfantin. Elle hulula doucement, comme un petit singe amusé, et s'intéressa soudain à un ongle de ses pieds qui avait un petit accro. Elle fronça les sourcils.

- Velvet n'aime pas cet endroit. Froid. Sale. Coupant.

Elle évitait de répondre, c'était en tout cas l'impression que son attitude laissait. Mais en réalité, elle écoutait les sons qui provenaient du couloir. Elle comptait. Un. Deux. Trois. Ils étaient au moins trois à les écouter. Tapis, dans l'ombre, le long des murs blancs des couloirs...Velvet les avait sentis. Il fallait "faire semblant", comme disait maman. Mais ça, "faire semblant", c'était très difficile pour elle.

- Velvet, dit Mme Hellington. Black, dans la rue. murmura-t-elle doucement. Démon, dans les murs blancs.

Son regard dévia vers la porte entrouverte avant de revenir se fixer dans celui du prisonnier. Son intensité fut des plus particulières.

- Velvet vient voir pourquoi c'est pas mangé, dit-elle d'un ton étrange. Elle se rapprocha un peu. Velvet veut sortir...sans mordre...

Un morceau de métal brilla dans sa main: c'était la clé des menottes que portait l'Alchimiste. Comment l'avait-elle obtenue ? Les membres de la C.I.A.H. ne le savaient que trop bien...Willhelm allait devoir faire vite s'il voulait quitter cet endroit. Mais s'il voulait devenir un membre à part entière de l'organisation, alors il allait devoir s'emparer de la Chimère pour prouver sa fidélité à son monstrueux programme.

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MessageSujet: Re: Terribles Convergences [Willhelm Grindhouse, Black Velvet] [15/05/42] Dim 13 Jan - 21:15



Terribles Convergences

Willhelm Grindhouse et Black Velvet

"J'accepte ce rôle.
Petite, sois témoin de ma détermination."


Prison de la C.I.A.H.
Le 15 mai 1842.


La petite Chimère parlait lentement, avec une gentillesse infinie, comme si elle s'adressait à un jeune animal farouche qui risquait de s'enfuir ou de la mordre. Willhelm se sentit apaisé par sa douceur. Il comprit très rapidement que ses attitudes risquaient d'effrayer la créature et se calma pour l'écouter et tenter de dialoguer avec paix. Il avait tout à y gagner. Apparemment, elle avait déjà réussi à ouvrir la porte de sa cellule, normalement fermée à clé. Elle pouvait aussi bien l'aider à sortir d'ici et à recouvrer sa liberté chérie ! Ainsi, il n'aurait plus à penser à ses bourreaux, ni à la proposition de la C.I.A.H. Il serait libre de fuir la capitale, voire le pays, et d'installer un nouveau laboratoire loin de toute cette folie.
Mais, alors que ses espoirs se forgeaient une place dans son coeur et qu'il observait la Chimère qui lui demandait pourquoi il ne mangeait pas, ni ne portait de haut, il réalisa qu'il n'était en ce moment même qu'un acteur au milieu d'une scène qui avait été organisée par les Alchimistes qui le tenaient prisonnier.


* Quel crétin ! Ils l'ont guidée jusqu'à moi ! C'est évident ! *

Malheureusement, rien n'était plus vrai. La petite femme à la peau d'ébène lui montra bientôt qu'elle avait en sa possession les clés de ses menottes. Comme par hasard...Une mise en scène vraiment grossière...Si la pauvre ne semblait pas comprendre qu'elle n'était qu'un pion entre les mains de ses bourreaux, Willhelm, lui, venait de le comprendre...

- Ah ! C'est bien ça...Moi aussi je veux sortir. Tu sais te servir de ça ? Tiens, mets ce bâton brillant dans le trou là...sur mes bracelets...tu vois ? fit-il en tendant ses menottes vers la Chimère afin de lui montrer la serrure qui les maintenait verrouillées.

A quoi bon fuir désormais ? C'était fini, il n'avait plus le choix. Cette évasion orchestrée par les membres de la C.I.A.H. n'avait sans doute que pour but de vérifier qu'il était capable de se carapater en tirant partie de la naïveté de la petite créature. Autant exécuter ce pour quoi il était encore en vie...avant de les rejoindre pour continuer ses expériences...C'était sa meilleure option. De toute façon, maintenant qu'il y pensait, où aurait-il trouvé les fonds nécessaires à la reconstruction de son laboratoire ? Il aurait vécu dans l'anonymat et la misère des années durant avant de pouvoir retrouver des conditions décentes pour recommencer ses expériences alchimiques...Quelle plaie !

La suite de cette étrange journée fut tumultueuse et infecte. Willhelm en ressorti en partie brisé, mais également renforcé. Sa détermination grandit et les nombreuses possibilités qui s'offraient à lui le ravivèrent un peu.
Comme prévu, la Chimère le libéra et ils s'enfuirent tous les deux au travers des couloirs blancs de leur prison. Ils passèrent par des conduits d'aération et parvinrent à regagner l'extérieur. Pendant leur escapade, l'Horloger observa la Chimère. Il la détailla dans ses gestes, dans ses paroles et dans ses réflexions. Il la trouva fascinante, aussi belle que laide, aussi intelligente que naïve. D'où venait-elle ? Comment pouvait-elle être aussi souple ? Pourquoi ses yeux étaient aussi grands et brillants ? Ainsi la C.I.A.H. possédait de tels spécimens...C'était réellement passionnant ! Owen avait décidément les moyens de le convaincre...
Une fois dehors, des gardiens et des Alchimistes les arrêtèrent, exactement comme l'Allemand s'y attendait. Ils emmenèrent la Chimère qui crachait et gesticulait en grognant sa colère, avant de se tourner vers lui qui, resté de marbre, les regarda d'un oeil entendu. Il acceptait de les suivre. Il avait compris que leur petit manège n'avait été qu'un test de plus. Convaincus, Messieurs les cinglés ?

Willhelm fut donc reconduit devant le Philosophe et accepta de devenir l'acteur que l'organisation désirait faire de lui. On lui apprit comment Black Velvet avait été enlevée, près du zoo, et ce qu'elle était réellement : une femme d'Afrique, mêlée à un chat, apparemment immortelle et capable d'influencer les émotions et les souvenirs. On lui expliqua qu'elle demeurerait enfermée ici encore un moment avant d'être relâchée dans la ville, marquée d'un sceau Alchimique qui la rendrait facilement localisable, afin d'être observée "dans son environnement". Peut-être qu'elle les conduirait à d'autres Chimères et leur permettrait d'obtenir de nouveaux sujets d'expérimentations...
Quant à lui, il était bel et bien relâché à la seule condition qu'il adhère à la C.I.A.H. Cette fois-ci, il accepta sans demander un nouveau temps de réflexion. On lui rendit son nom et sa boutique d'horlogerie. On le lava de tout soupçon en prétextant que les histoires de Chimères n'étaient que les divagations de journalistes en manque de scoops. Puis, on le fit embaucher par l'Alchimist Room qui lui servirait de couverture officielle. Mais il devait encore faire ses preuves et remporter le concours des Alchimistes d'Etat pour récupérer une montre d'Alchimiste...conditions nécessaires pour parfaire son rôle et pouvoir lui offrir enfin un espace de travail digne de ses compétences.

Willhelm allait passer des mois à travailler pour passer les différentes épreuves, mais l'Horloger savait désormais qu'il ne manquerait plus jamais de fonds pour ses recherches et qu'il pourrait continuer ses travaux sur les Chimères...


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[HRP/ Fin du RP. Suite de Willhelm dans Nouvelle traque avec Véronica. /HRP]



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Black Velvet
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Crédit Avatar : Dark Velvet de thienbao sur Deviantart.
MessageSujet: Re: Terribles Convergences [Willhelm Grindhouse, Black Velvet] [15/05/42] Dim 13 Jan - 21:47



Terribles Convergences

Willhelm Grindhouse et Black Velvet

"La cruauté de l'homme ne saurait me faire fléchir."


Couloirs et cellules de la C.I.A.H.
Le 15 mai 1842.


L'homme semblait plus calme maintenant. Il parlait. Un peu trop au goût de la Chimère. Velvet aimait le silence. Il fallait dire aussi qu'elle lui avait posé des questions, c'était naturel qu'il se mette à lui répondre.
Il n'avait rien répondu au sujet de la nourriture. C'était peut être quelque chose qu'il n'aimait pas. En tous cas, il dit qu'on lui avait "volé" son haut. Cela surprit un peu la jeune femme. Qui aurait osé faire une chose pareille ? C'était aussi méchant que de voler à manger.


- Tu parles beaucoup.

Lorsqu'elle montra à l'homme la clé qu'elle possédait, ce dernier sembla surpris et en colère. La Chimère hésita. Il avait l'air de ne pas trop apprécier son cadeau. Il ne voulait pas se libérer les mains ? Peut-être qu'il pourrait enfin manger si elle lui enlevait ses bracelets. Il ne comprenait pas qu'elle pouvait l'aider ?Soudain, il lui tendit ses mains en lui expliquant comment utiliser la clé. Velvet se sentit un peu humiliée sur le coup. Il la prenait pour qui ? Elle savait très bien ce qu'elle avait dans les mains. Elle savait ce qu'était une serrure et une clé ! Mme Hellington lui avait appris plein de choses !

- Je sais, fit-elle en le dévisageant avec intensité.

Une fois qu'elle eut libéré l'humain, la Chimère s'en éloigna un peu avant de l'encourager à la suivre. L'homme ne se fit pas prier et lui emboîta le pas. Ce fut difficile d'avancer en silence avec lui : ses pas semblaient lourds. Il avait du mal à ne pas faire de bruit. C'était comme si son corps dolent ne pouvait plus se déplacer sans peser plus lourd que son poids.


- Chut ! fit-elle en s'arrêtant à chaque carrefour.

La Chimère conduisit l'homme vers une grille qu'elle retira doucement et le poussa à entrer à sa suite dans le tunnel qui s'ouvrit devant eux. Passer par les ventilations leur permettrait de rejoindre l'extérieur sans se faire voir.

Il leur fallut près d'une heure pour sortir du complexe et respirer enfin l'air frais. Mais, alors que Velvet gonflait ses poumons dans un réflexe d'aisance, des hommes se jetèrent sur elle et l'entraînèrent avec eux. La Chimère cracha et cria pour appeler son compagnon d'infortune. Cependant, lorsqu'elle vit ce dernier demeurer immobile, elle comprit qu'elle n'obtiendrait aucune aide de sa part.
La pauvre petite créature tenta de se débattre encore mais finit par abandonner la lutte. Ses grands yeux jetèrent un dernier regard à son "compagnon" avant de s'attarder sur ceux des hommes qui l'emmenaient. Les deux gardiens évitèrent son regard. Ils savaient qu'elle était capable d'influencer leurs émotions.
Velvet soupira avec mélancolie et se laissa emporter. Elle ne voulait pas retourner dans le complexe mais elle savait qu'elle n'avait pas le choix. Il lui faudrait trouver un nouveau moyen de fuir sa prison...


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[HRP/ Fin du RP. Suite de Black Velvet à venir.../HRP]



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Terribles Convergences [Willhelm Grindhouse, Black Velvet] [15/05/42]

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