L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Un murmure écrit noir sur blanc. [Maria, Alastor] [20/05/1842]

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Maria Moonshire
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MessageSujet: Un murmure écrit noir sur blanc. [Maria, Alastor] [20/05/1842] Jeu 8 Fév - 0:10

- Dame Maria?

La voix cristalline de Sophie me tira de mes pensées. Assise sagement dans un fauteuil de cuir, j'avais passé les vingt dernières minutes à observer l'extérieur de ma demeure, analysant silencieusement les va-et-vient des oiseaux nichant aux creux des combles face à moi.
Détachant mon regard de ce spectacle naturel, je me tournais doucement dans mon siège pour observer mon interlocutrice, souriant paisiblement.


- Oui?
- Votre... Votre bain est prêt.

M'étirant doucement, je quittais mon reposoir pour me diriger vers la baignoire qui m'attendait. Silencieusement, je retirais les quelques dentelles qui recouvraient encore les parties les plus intimes de mon corps, ne me souciant guère du regard de la jeune femme présente. Plongeant une jambe, puis l'autre, je m'engouffrais finalement dans ce vaste liquide chaud, lâchant un long soupir de plaisir et satisfaction une fois mon corps presque totalement immergé. Fermant les yeux quelques instants pour savourer cette relaxation bienvenue, j'humais l'air pour ressentir toute l'essence des parfums se dégageant de l'eau, mêlant dans l'air une odeur délicate de cerises. Laissant de nouveau mon esprit vagabonder, une myriade d'images se mélangeaient dans mon esprits avec les saveurs olfactives que dégageait mon bain. Un instant, je me retrouvais dans un champ de tulipes, courant naïvement parmi ces dernières tout en savourant l'innocence de ce moment. L'instant d'après, je me retrouvais transportée au cœur de contrées exotiques et totalement étrangère, dont on ne m'avait parler qu'en souvenir d'exploration, et dont les cerisiers en fleurs donnaient aux parcs des allures poétiques, romantiques. Le romantisme... Cette valeur si importante aux yeux des gens croisant ma route, plaçant cette pratique au cœur de ce qu'ils appellent amour...

- Dis moi Sophie. Ton client, hier soir, il venait des terres de l'Ouest, n'est-ce pas?

Je n'attendis pas la réponse de cette dernière pour me retourner dans la baignoire, plaçant mes bras sur le battant où reposait précédemment ma nuque, fixant de mon regard écarlate la jeune prostituée qui, comme je m'y attendais, n'avait pas quitté la pièce lorsque j'étais entrée dans mon bain.

- Je.. Oui, il m'a dit venir de la compagnie des Indes orientales. C'était un marchand parait-il, bien qu'il me semblait assez idiot pour négocier quoique ce soit..
- Ahh... Les Indes. Je me demande quels genres de saveurs et plaisirs inconnus nous pourrions trouver là bas. As-tu déjà voyagé chaton?
- Non, je suis navrée. Je n'ai jamais mis pied en dehors de Londres. Quand je vois les dangers nous guettant déjà ici, je n'ose imaginer ce que le reste du monde recèle!
- Et pourtant... Pour ma part je ne peux qu'imaginer le plaisir que doit procurer pareils voyages. J'ai dans l'idée d'un jour pouvoir me déplacer de manière aussi lointaine. Quand je vois ce que les hommes et femmes rapportent de leurs déplacements depuis la gare... Ca me donne tellement envie de découvrir le monde et les plaisirs que cache ce dernier!

Un petit rire s'échappa de la gorge de la rousse qui me tenait compagnie.

- Vous semblez si passionnée soudainement.
- Le plaisir de découvrir de nouveaux horizons. D'en apprendre plus sur les autres, sur soi. Et puis les cuisines exotiques! Imagine les mets et saveurs que ces pays peuvent te faire découvrir, les plaisirs culinaires, ou charnels, qu'ils ont à nous proposer.
- Tout cela me semble passionnant, en effet, mais je crains ne pas vivre assez longtemps pour être témoin de pareilles merveilles, nos vies sont courtes et dirigées par le Très-haut après tout.

Ma mine se referma alors légèrement à cette mention. Nos vies sont courtes, pas vrai? Cette phrase n'est valable que si l'on est certain de sa propre vieillesse, de sa fin. Qu'en est-il si l'on ne vieillit pas? Si le temps n'as aucune prise sur nous? Goûterai-je un jour aux plaisirs exotiques de l'Inde, des états-unis, de France, du Japon? Mes plaisirs seront-ils toujours aussi abondants si je quitte ma demeure actuelle? Soupirant doucement, je reprenais mon air amusé précédent et me laissais glisser doucement au fond de l'eau, m'immergeant complètement pendant quelques secondes sous le regard circonspect de Sophie avant de ressortir soudainement la tête, mêlant mon regard à celui de la demoiselle.

- Peut-être que je ne suis pas humaine et que j'ai déjà vu tout ça, qui sait?

Court silence, puis le rire cristallin de Sophie résonna de nouveau dans la pièce.

*
*   *


Il était quatorze heures, peut-être quinze, lorsque je m'étais décidée à partir pour la grande bibliothèque de Londres. A vrai dire, je ne sais toujours pas quelle idée saugrenue m'avait traversé l'esprit et m'avait forcée à quitter le bain chaud et la compagnie de Sophie. Quoiqu'il en fut, je marchais à présent d'un pas jovial vers le gigantesque édifice, évitant les rues "malfamées" pour me mêler à la populace londonienne, jouant parfois de mes charmes pour qu'on me laisse passer. Je prenais à vrai dire un malin plaisir à voir le regard jaloux des futures épouses des "gentlemen" qui  faisaient le nécessaire pour qu'aucune flaque ne vienne m'éclabousser plutôt que de s'occuper de leurs promises.
A ce propos, je crois que ma tenue d'alors était légèrement inadaptée pour une visite de bibliothèque. Peu m'importait en vérité, j'étais séduisante et cela me plaisait. Ma robe, tombant légèrement sur mes épaules, se trouvait maintenue par des attaches en "corset" se trouvant dans mon dos. Les manches tombaient quand à elles jusqu'à la naissance de mes poignets et de fins gants de soie blanche tranchaient avec la couleur sanguine de la robe. Un collier au rubis écarlate cernait ma gorge, serré contre ma peau par un fin ruban blanc, tandis que deux boucles d'oreilles tombaient sur les côtés de mon visage fin. Mes cheveux quand à eux étaient attachés  dans une queue de cheval haute, terminant leur chute aux creux de mes omoplates. Finalement, une coiffe noir et blanche ornait le tout et un fin voile de dentelle barrait mon visage dans un doux quadrillage brodé, un peu à la manière des voiles que portent les veuves mais d'une manière plus travaillée et séduisante. Une broche à la pointe aiguisée attachait le tout.

Au bout d'un moment, je parvenais à la bibliothèque, et y pénétrais d'une manière nonchalante, respectant cependant les "protocoles" en vigueur, et demandant à pouvoir consulter différents ouvrages. Parcourant par la suite les différentes catégories que possédait le bâtiment, je flânais sans livre précis en tête. Je butinais telle une abeille sur tous les ouvrages qui attiraient ma curiosité, les plaçant chaque fois sur une table précise ne m'arrêtant cependant que rarement à cette dernière. Seulement pour vérifier qu'aucun doublon ne s'y trouvait. Malgré ma recherche non structurée, je faisais cependant attention à bien déposer les ouvrages de manière rangée et ordonnée, les plaçant par ordre alphabétique et par thèmes. Sans même m'en rendre compte, le temps défilait et cela faisait bien une bonne demi-heure que je passais aux travers des rangées d'ouvrages, me servant lorsque quelque chose attirait mon œil curieux. Finalement, je me dirigeais vers la table où je me souvenais avoir déposé mes futures lectures, bien décidée à tout lire.
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Alastor Drake
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MessageSujet: Re: Un murmure écrit noir sur blanc. [Maria, Alastor] [20/05/1842] Mar 13 Fév - 21:38

[HRP/ Suite d"Un pas dans le Sanctum Sanctorum"/HRP]



Un murmure écrit noir sur blanc

Maria Moonshire et Alastor Drake

"Ô toi, capitale décadente
Laisse donc tes piètres enfants
Dormir et rêver sagement
Loin de ta flamme ardente"


Le 20 mai 1842
Annexe de la Bibliothèque
Bureau d'Alastor Drake


Alastor ne dormait plus. Cela faisait deux jours qu'il peinait à trouver le sommeil et son humeur était plus mauvaise que jamais. La raison de son agitation était-là, devant lui, sur ce bureau qu'il commençait à exécrer : un livre, volumineux, aux pages jaunies par le temps, et qui semblait sourire de son mystère. Le manuscrit babylonien que la jeune Spencer lui avait transmis déjouait ses méthodes les plus abouties. Jamais ouvrage de ce genre ne lui avait donné autant de fil à retordre que celui-ci. L'archiviste sentait son sang bouillir: son incapacité à traduire un paragraphe entiers commençait à toucher à son orgueil.
Mais ce qui devenait inquiétant, c'était que son travail allait finir par en pâtir. En effet, depuis qu'il avait l'objet en sa possession, le Conservateur tâchait de le déchiffrer et de donner sens à la légende qu'il recelait. Il y passait ses nuits, mais il y passait désormais également ses journées, délaissant de plus en plus les rayonnages de la Bibliothèque et ses travaux de comptable. Cela devenait problématique.
Alastor Drake était un Vampire qui ne divisait pas son temps comme les autres. Il dormait généralement entre 2h et 8h du matin, et entre 12h et 15h, afin de pouvoir être actif à la fois une partie de la nuit et une partie de la journée. Ainsi, le public pouvait le rencontrer dans l'enceinte de la Bibliothèque le matin, entre 9h et 11h, mais aussi l'après-midi, entre 16h et 19h.
Mais, depuis deux jours, on ne le voyait plus errer dans les salles, entre les étagères et les bureaux, entre les globes et les pupitres. Cela était si rare que les étudiants et grands habitués de la Bibliothèque commençaient à murmurer qu'il était malade. L'on s'étonnait: son planning - réglé à la minute près - ne souffrait généralement pas de la moindre anicroche. Le Conservateur était réputé pour sa ponctualité à toute épreuve et son impatience lorsqu'il s'agissait de devoir remettre son travail au lendemain. C'était un homme zélé et terriblement efficace. Qu'il décale ses heures relevait de l'extraordinaire. Son absence à son poste dénouait un peu les langues et soulevait de nombreuses questions.

Appuyé sur son bureau, il ruminait une fois de plus,
poussant la limite de ses propres forces. Près de lui, un verre de sang froid gisait, glacial, presque aussi brun que le bru de noix qu'il utilisait pour noter ses réflexions sur son petit calepin blanc.


- Je vais devenir fou... souffla-t-il une nouvelle fois en agrippant la racine de ses cheveux. Cela n'a pas de sens...

Il abandonna rageusement sa plume dans son encrier bordé d'encre sèche et poussa un grand soupir d'exaspération. D'un geste brusque, il remonta ses lunettes sur l'arrête aiguisée de son nez et serra les dents avant de reprendre sa lecture comme un scientifique qui craint de perdre la réaction chimique qu'il a sous les yeux.
Les trois coups que l'on donna contre la porte de son bureau ne le tirèrent pas de ses réflexions. Plongé dans son travail, il ne sembla même pas les avoir entendus. Il fallut donc que sa secrétaire, la douce Jézabel, ne s'avance au milieu de la pièce et toussote doucement pour le faire revenir dans un semblant de réalité.


- Hem...hem...Monsieur ? Vous devriez être en train de mettre à jour les fonds. Vous les avez déjà délaissés hier...

Alastor frappa du poing sur la table et lui jeta un regard noir par-dessus ses lunettes rectangulaires. Son soupir en dit long. Il détestait être interrompu et c'était loin d'être le bon moment pour lui faire une telle remarque.

- Vous n'avez donc rien d'autre à faire que de venir jouer les donneuses de leçons ?

Le silence se fit. Puis, face au petit sourire que lui fit la jeune femme, il respira un grand coup pour tâcher de se calmer.

- Je suis fatigué, fit-il finalement dans un grognement en guise d'excuse. Puis, il tourna le dos à la belle pour reprendre son travail.

- Vous devriez faire une pause. Laissez donc de côté ce livre, reprit la secrétaire d'un ton doux.

- Pfff... Alastor ôta ses lunettes et les laissa tomber sur son torse au bout de leur chaînette argentée. Vous avez raison.

Le bibliothécaire abandonna ses notes et quitta son bureau. Il passa devant la jeune femme, sans ajouter un mot, et disparut dans les couloirs de son domaine. Jézabel jeta un regard en direction du volume que l'archiviste avait refermé et soupira doucement. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas vu son collègue aussi fatigué.
Il fallait dire que la période semblait être aux rencontres désagréables...Entre le comte Keisuke qui était venu le menacer sous son toit, Raphaël Veneziano dont ils avaient dû garder le chevet et limiter les pouvoirs, miss Grey qui s'était presque installée aux côtés du réfugié et Sarah Spencer qui était venue fouiller les origines des Vampires...le pauvre homme avait peiné à se concentrer sur son travail.


- Vous comptez rester plantée-là ? fit une voix grave derrière elle.

Jézabel sursauta. Alastor lui jeta un regard sceptique avant de l'obliger à reculer un peu pour le laisser passer. La jeune femme cilla lorsqu'il la frôla de sa veste noire. Son regard tomba sur le verre que son collègue tenait dans sa main droite. Le liquide rouge sang qui s'y trouvait contrastait fort avec ses doigts d'un blanc de craie. Une Blood Tablett, ou deux, diluée(s) dans l'eau...histoire de reprendre des forces.


- Allons, retournez travailler Miss Rainworth. Le Vampire s'assit contre son bureau et lui indiqua la porte d'un coup de tête. J'arrive.

La jeune secrétaire lui sourit et quitta la pièce pour retourner dans son propre bureau. Elle savait que son collègue allait enfin arpenter de nouveau les allées de la Bibliothèque et se détendre.

*********

La Bibliothèque

Vers 16h15, Alastor avait quitté son domaine pour retrouver les couloirs de la grande bâtisse. Il avait reboutonné son col légèrement ouvert pour le fermer très haut sur son cou et avait repositionné en son centre sa broche montée d'une pierre rouge. Ses lunettes avaient retrouvé leur emplacement fétiche, sur son nez fin, et il avait réorganisé sa crinière d'ébène, sans pour autant la domestiquer.
Dans l'ombre des rayons, le Vampire tâchait maintenant d'oublier ses derniers échecs de traduction. Il errait entre les volumes, comme n'importe quel client à la recherche d'un ouvrage à consulter, à ceci-près qu'il connaissait par coeur les lieux et qu'il n'avait pas à consulter les index pour trouver ce qu'il désirait feuilleter.
Ses longs doigts passaient parfois sur la tranche d'un ouvrage, comme pour en vérifier la solidité, la propreté ou le titre gravé entre les nerfs de son dos. Ses yeux bruns parcouraient les lettres dorées des plus prestigieux et s'attardait volontiers sur les plus grands spécimens. En réalité, loin de délaisser son travail, le Conservateur était en train de vérifier que chacun était à sa place. Il calculait également le prix qu'il faudrait mettre dans la restauration des plus fragiles et l'espace qu'il restait dans les étagères pour accueillir de nouveaux "pensionnaires".
Tandis que le Conservateur se détendait à sa manière, quelques étudiants et lecteurs lui jetaient des petits coups d'oeil discrets. Sans pour autant le déranger, ils s'étonnaient de le revoir parmi les vivants. Avait-il été malade ? Avait-il dû se déplacer pour gérer les fonds de la Bibliothèque ? Le revoir en intimidait certains, mais d'autres trouvaient sa présence rassurante, ou du moins l'assimilaient-ils à une forme de sécurité et de disponibilité du personnel qui leur plaisait.
Les regards curieux et les avis des clients importaient peu le Bibliothécaire. Sans se soucier des petites vagues que sa silhouette soulevait dans l'esprit des visiteurs, Alastor continuait son petit tour des rayons. Il semblait hermétique à la vie qui circulait entre ses murs. Son visage, impassible, paraissait totalement absorbé par la contemplation de ses ouvrages préférés.
Cependant, lorsque son chemin croisa celui d'une jeune femme à la mise sanguine, sa concentration fléchit et ses yeux glissèrent sur la belle. Ses longs cheveux blonds, presque blancs, et la teinte de sa robe lui rappelèrent le Comte. Un léger frisson le parcourut. Puis, il attarda un peu le regard sur sa robe. Son décolleté n'était guère conventionnel...Il la trouvait particulièrement "voyante".
Alastor n'était pas excessivement prude, mais il aimait que les codes soient respectés, surtout dans son domaine. Ce manque de respect des règles fondamentales de leur société l'exaspérait lorsqu'il s'agissait de conserver l'image de la Bibliothèque. Perturbé, le Conservateur laissa sa main trouver machinalement un livre dans le rayon qu'il était en train de vérifier. Son manque d'attention lui fit oublier que sa couverture quelque peu rugueuse raccrochait toujours celles de ses voisins...
Le boucan que firent les trois livres qui tombèrent à ses pieds fit sursauter une paire clients et Alastor lui-même étouffa un cri de surprise. Il se pencha en avant pour ramasser les ouvrages et émit un grognement de mécontentement. En se redressant, il jeta un nouveau regard à la jeune femme qui l'avait déconcentré. Son sourire fut forcé.


- Excusez-moi pour le bruit, fit-il en replaçant les livres dans l'étagère.

Made by Neon Demon


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Maria Moonshire
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MessageSujet: Re: Un murmure écrit noir sur blanc. [Maria, Alastor] [20/05/1842] Ven 16 Fév - 19:51

Je fus particulièrement surprise lorsque le bruit assourdissant des ouvrages résonna dans l'allée. Non pas à cause du bruit lui même, mais plutôt de la réaction du type que je venais de croiser. J'avais eu le temps, en quelques regards rapides, d'observer son air global. Droit, strict, austère mais éléguant. Le genre d'homme qui ne réagit pas aussi fortement à mes charmes. Me retournant un peu plus vers lui tandis qu'il ramassait les livres, j'analysais plus en détail les courbes de son visage fin. Ses traits étaient beaux, assez fins. Ses yeux châtains et la couleur de ses cheveux apportaient un contraste remarquable avec le teint de sa peau et sa mine froide. En parlant de cette dernière, le sourire qu'il m'adressa me paraissait faux, exagéré. Sans doute était-ce là un simple sourire de politesse, comme il m'est coutume d'user dans mon établissement, ou bien cet homme était mal à l'aise. A sa manière de s'excuser, et à la façon qu'il avait de se mouvoir juste avant cet "incident", je devinais qu'il s'agissait là d'un employé de la bibliothèque, voir même de l'un de ceux la dirigeant vu son air "noble".
Tentant de plonger mon regard dans le sien au travers du voile quadrillé me barrant une partie du visage, je cherchais aux travers de ses yeux une émotion, quelque chose, sans même trop savoir pourquoi.


- Ce n'est pas grave, ne vous inquiétez pas. Mais faites attention, c'est une bibliothèque ici, le bruit y est prohibé.

Je ponctuais ma phrase par un léger sourire, m'excusant par la suite d'une manière délicate afin de continuer ma route. Cet homme était peut-être une personne de choix dans ce lieu, mais je n'étais pas venue ici pour séduire, tout du moins, pas spécifiquement pour cela, et préférais pour l'heure m'adonner aux plaisirs de la lecture.
Retournant à ma table, je constatais avec satisfaction que mes livres étaient toujours en place. M'asseyant doucement et ouvrant le premier ouvrage à ma portée, je laissais au préalable mes doigts gantés glisser le long de la couverture, savourant les moindres relief du cuir utilisé pour scellé cet écrin de savoir. Un soupir s'échappa de ma bouche lorsque mes yeux parcoururent les premiers lignes de ce qui semblait être un recueil des différentes maisons royales d'Angleterre, pré-existantes à la monarchie actuelle. Le livre en soit n'était pas des plus captivants, mais le savoir qu'il renfermait me satisfaisait pour le moment, et j'aimais à découvrir l'histoire associée aux différentes maisons. Un court passage de la narration parla d'une bataille ayant eu lieu à York, la ville qui m'avait vue naître. Un sourire niais s'étira quelques secondes sur mon visage, alors que je me rappelais ma vie passée.

*
*  *


- Il fait froid.
- Evidemment Maria, nous sommes en hiver.
- Ais-je dit que cela me déplaisait, Alvin?

Mon regard se mêla à celui de l'alchimiste qui me faisait face. Son regard, me jugeait comme un père jugeant son enfant. Plein de bienveillance et d'amour. Sa main, calfeutrée dans un gant de cuir, caressa ma joue tendrement, avant que ses lèvres ne s'apposent contre les miennes quelques secondes. Me délaissant par la suite, Alvin se dirigea vers le petit portail qui délimitait notre maisonnée, puis pointa du doigt une direction.

- Viens, j'aimerais de montrer quelque chose.

Silencieuse, je le suivais aveuglément. Quelques minutes s'écoulèrent puis, nous parvinrent finalement au lieu qu'Alvin avait indiqué. Une large bâtisse nous faisaient face, siégeant aux côtés de l'église centrale de la ville. Suivant mon amant alors qu'il pénétrait dans le bâtiment, la chaleur qui s'échappa de l'intérieur et qui s'enveloppa autour de mes joues me procura une douce sensation de bonheur, comme un baiser déposé délicatement sur ma peau de porcelaine au petit matin, alors que je suis encore emmitouflée dans mes draps. Ma chaleur corporelle, captive de ces derniers, me servant de cocon. Après la chaleur, se fut les bruits métalliques qui captivèrent mon attention, me décalant légèrement sur la droite d'Alvin afin d'observer la scène qui nous faisait face. Un duel d'escrime.
Amusée, je tapotais doucement l'épaule de l'alchimiste.

- Tu es venu ici pour parier sur le meilleur gentleman? Ou bien pour trouver un partenaire idéal?

Le petit rire qui s'échappa de sa gorge tranchait d'une douceur sans égale, comparativement à son visage brusque et sa barbe épaisse.

- Je suis ici pour me battre. Ou plutôt, te faire une démonstration. Quand tu étais au bor... Quand tu travaillais avant de vivre chez moi, je n'ai jamais eu l'occasion de te démontrer mes talents!
- Tu en as? Vraiment?

Mon sourire taquin le fit rougir d'une manière inattendue, alors qu'il m'indiquait les sièges où je pouvais m'asseoir pour l'observer. Rejoignant plusieurs dames, ces dernières me fixèrent d'un regard amical mais faux, traduisant leur mépris à mon égard. Sans doute étaient-elles de "hautes" naissances. Peu m'importait en réalité.
Plusieurs duels passèrent, et bien qu'au début ces derniers ne m'attiraient pas particulièrement, mon regard sautant de personnages atypiques en personnages atypiques, je devais admettre qu'au bout de quelques passes et feintes, mon attention était prise aux fers des fleurets. Quand arriva finalement Alvin sur la "zone de duel", mon cœur accéléra étrangement, comme si je mettais quelque chose en jeu. Ce dernier m'adressa un sourire discret avant de saluer son adversaire, un home brun aux cheveux bouclés et à la moustache taillé. Les premières feintes me captivèrent avec une force insoupçonnée. Je fixais le spectacle comme si la vie de l'alchimiste en dépendait, tandis que les autres dames semblaient tout aussi attentives que moi. Un point fut marqué par Alvin, puis un par son adversaire, un certain Guillaume.
Les minutes passèrent, et le duel ne trouvait aucun vainqueur. Malgré le statut-quo qui se dégageait, aux grands déplaisir des spectatrices, je restais pour ma part captivée par ce spectacle. Soudain, Alvin et Guillaume se tournèrent tous deux vers moi. Haussant un sourcil, je les dévisageais, l'un, puis l'autre.


- Oui?
- Alvin, aux vues de nos exploits martiaux respectifs, me propose d'enrichir notre duel par un pari. Qu'en dites-vous? Avez-vous une idée de ce que nous pourrions parier gente dame?
- Bien sûr, moi.

Leurs sourcils s'haussèrent en même temps, et ils manquèrent de par leur réaction de me déclencher un fou rire, tandis que les dames autour de moi s'offusquaient, certaines plaçant un éventail devant leurs lèvres afin de cacher le venin qu'elles devaient cracher à mon égard.

- Plait-il?
- Je prends beaucoup de plaisir à vous regarder tous deux combattre, mais je ne crains qu'Alvin n'aie pas pareil richesse à parier que vous même, Sir Guillaume. Alors je me mets en pari. Si Alvin gagne, vous lui donnerez de quoi payer notre loyer pour le mois. Si vous gagnez, je suis votre pour la nuit.

Le regard d'Alvin m'incendia tandis que celui de Guillaume s'emplit d'une lueur perverse.

- Je ne suis qu'une dame, mais je suis certaine de savoir moi aussi manier le fleuret.

Ma remarque souleva des "oh!" dans le publique, et un rire concordé d'Alvin et Guillaume, et de quelques messieurs eux aussi présent pour assister au duel.

- Je suis d'accord.

Les yeux de la foule se ruèrent alors sur Alvin.

- Cela reste pour moi la plus grande des motivations, je ne veux pas voir ma dulcinée dans les bras d'un autre. Le duel n'en sera que meilleur, sir?
- J'en suis pareillement mon ami. Même si je vous ai déjà dit de ne pas m’appeler "sir".
- Parfait alors.

Ils se saluèrent de nouveau puis reculèrent tous deux de plusieurs pas, se remettant en garde. Ils se battaient pour moi, et j'avoue que le plaisir que cela me procurait réchauffa mon corps bien plus que les feux présents dans la bâtisse. Après quelques secondes, ils s'élancèrent tous deux.

*
*  *


Une silhouette attira mon regard, me faisant quitter mes souvenirs et ma lecture en cours. Le type au collier rubis, celui qui avait fait tomber les livres après m'avoir croisée, me dominait, fixant soit ma lecture, soit ma personne. Ce qui me troubla le plus, ce ne fut pas sa manière de se tenir, droite et rigide, ni l'air contradictoire qu'il dégageait, ou le simple fait de me fixer. Non, ce qui me perturbait le plus, c'est que je ne savais pas depuis combien de temps il était là. Ma lecture m'avait elle tant captivée?
Redressant la tête vers lui, j'étendu un sourire discret, alors que mes doigts parcouraient doucement les reliefs du motif de la maison des Tudors.


- Vous faîtes de l'escrime?

Ricanant doucement à ma propre remarque, qui n'avait ni sens, ni lieu d'être, je reprenais tant bien que mal un calme forcé, confuse.

- Veuillez m'excuser, j'étais dans mes pensées et cette phrase est sortie toute seule.

Mon regard passa alors rapidement des livres, étalés méthodiquement sur la table, mais étalés, à celui de mon "interlocuteur".

- Navrée pour cela également, c'est ma première visite ici et j'avoue m'être sûrement un peu emportée quand aux nombres d'ouvrages que je pourrais lire aujourd'hui. Vous êtes employé ici n'est-ce pas? Vu comment vous arpentiez les allées. Dîtes moi, auriez-vous une oeuvre spécifique à me conseiller?

Plaçant un fin ruban rouge sur la page que je consultais avant de refermer le livre, je replongeais mon regard dans celui impassible du bibliothécaire.


- Et j'en oublie mes manières. Je me nomme Maria, Maria Moonshire, enchantée.
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Alastor Drake
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MessageSujet: Re: Un murmure écrit noir sur blanc. [Maria, Alastor] [20/05/1842] Ven 23 Fév - 17:46



Un murmure écrit noir sur blanc

Maria Moonshire et Alastor Drake

"Impertinence ou innocence ?"


Le 20 mai 1842
La Bibliothèque


En entendant la réponse de la jeune femme à laquelle il venait de faire quelques excuses, pour le bruit occasionné par sa maladresse, Alastor crut qu'il allait s'étouffer. Son coeur fit un bond prodigieux dans sa poitrine, sous l'effet de la surprise, et il ne put s'empêcher de considérer la belle avec hauteur, un sourcil levé, comme s'il eût affaire à une gamine d'une rare insolence. Avait-il bien entendu ? Venait-elle réellement de lui rappeler qu'ils se trouvaient dans une bibliothèque et que le bruit y était prohibé ? C'était aussi surprenant qu'offensant. Un patient qui prescrirait des médicaments à son médecin aurait eu autant d'audace que cette petite ignorante ! N'était-il pas, lui, gérant des lieux ? Pensait-elle donc n'avoir affaire qu'à un passant quelconque qui viendrait en ces murs pour son loisir sans en connaître les règlements ? C'était à mourir de rire ! Sauf qu'Alastor était tout sauf un amateur de ce genre de plaisanterie...
Figé sur place, le Conservateur regarda la jeune femme s'éloigner pour regagner sa table de lecture. Il ne lui avait pas répondu, pour éviter d'être trop agressif, mais le goût amer de la soumission lui resta dans la bouche. Pour respecter ce fameux "silence" qu'une bibliothèque digne de ce nom réclamait, et pour éviter de froisser une "lady", le Vampire avait préféré se taire plutôt que de lui grogner dessus qu'elle était face à l'un des plus éminents archivistes et chercheurs de la capitale. A quoi bon ? Avait-il besoin d'être reconnu au point d'étaler sa frustration à la première personne qui ne le situait pas ? Lui-même ne la remettait pas...Peut-être l'aurait-il dû ?
Alastor réfléchit. L'avait-il déjà croisée ? Non, il s'en serait souvenu, surtout si elle avait toujours eu de tels cheveux. C'était étrange. Était-elle donc nouvelle en ces lieux ? Non, il avait l'impression de la connaître. Sans doute ne s'attardait-il pas assez sur les femmes de "ce genre", plantureuses et légèrement excentriques. Jézabel lui avait déjà fait la remarque : à ne s'occuper que des nobles et bourgeois du sexe fort, il finissait par laisser de côté tout un pan de la société qu'il ferait mieux d'observer avec plus d'attention. Les rumeurs allaient d'ailleurs bon train quant aux désirs du conservateur qu'il était. On le disait amoureux de ses livres et des boiseries de la Bibliothèque, plus que des femmes ou de l'argent. On le soupçonnait même de porter le deuil de son passé avec trop de ferveur pour que cela ne révèle pas chez lui un penchant pour son propre genre...
Le Vampire fronça encore les sourcils. Le sourire que cette femme lui avait jeté avant de s'en aller avait presque été condescendant. Du moins était-ce ainsi qu'il l'avait pris. En avait-elle seulement eu conscience ? Peut-être qu'il fabulait. La fatigue ne l'aidait pas à demeurer très lucide. Décidément, aujourd'hui il n'était pas disposé à accepter ce genre de quiproquo ridicule.
Levant les yeux au ciel, Alastor grogna son mécontentement et termina de ranger les malheureux livres qu'il avait fait tomber. Il tâchait de paraître calme mais, au fond, il fulminait. Entre sa traduction qui n'avançait pas et cette petite insolente qui venait de le prendre pour un simple client ou un vulgaire commis, cette journée s'annonçait franchement fort peu plaisante !
Une fois les ouvrages remis à leur place, l'archiviste se redressa et replaça ses lunettes sur l'arrête de son nez, avant de continuer sa petite inspection des lieux. Il avait encore de nombreux rayonnages à inspecter et il n'était plus temps de se préoccuper des petites péronnelles.

Au bout d'une bonne demi-heure de ce travail de repérage et de vérification, Alastor dut revenir sur ses pas sans s'en rendre compte puisqu'il retomba sur la jeune femme en rouge. Marquant un arrêt en l'apercevant à son bureau, il l'observa d'un oeil nouveau.
Finalement, à part son décolleté un peu provoquant, la demoiselle n'était pas aussi déplacée que ce qu'il avait pensé au premier abord. Sa voilette noire, finement dentelée, dissimulait en partie un visage plutôt doux et agréable à regarder. La broche qui l'attachait à sa coiffure de neige était ravissante et sa robe, quoiqu'un peu trop ouverte au col, demeurait tout à fait correcte. Elle semblait faite d'un tissu de qualité et, malgré sa couleur quelque peu voyante, elle ne remontait pas au-dessus des chevilles.
Alastor se surprit à chercher du regard le titre du volume qu'elle était en train de consulter. Cette femme l'intriguait. Comment pouvait-elle avoir besoin de tant d'ouvrages à la fois ? Ne savait-elle donc pas trier et ranger au fur et à mesure les volumes dont elle interrogeait le savoir ? Quelle déplaisante façon de gérer son espace ! Tout était étalé à qui mieux mieux, sans ordre.
La curiosité poussa le Vampire à approcher son bureau. Lentement, il finit par se placer derrière elle pour jeter un coup d'oeil sur les pages qu'elle tournait avec un sourire emprunt d'une étrange passion. Le Conservateur se pencha un peu en avant et reconnu les symboles que la jeune femme observait. Les maisons royales pré-victoriennes ? Mais que cherchait-elle donc ? Était-ce pour un travail de recherche ?

Bientôt, la belle sursauta en sentant sa présence et ses grands yeux d'un brun soutenu pénétrèrent les siens. Alastor n'eut aucune expression face à sa surprise. Fidèle à lui-même, il se contenta de se redresser, les mains dans le dos, pour l'écouter. La question que la jeune femme lui posa ne sembla avoir aucun rapport ni avec la situation présente, ni avec le livre qu'elle tenait devant elle. Le Vampire prit son sourire et son ricanement pour de nouvelles marques d'insolence. Aussi ne répondit-il pas, mais son regard en dit long sur son dédain. Il avait l'impression de se trouver dans la peau d'un précepteur qui doit composer avec une élève particulièrement récalcitrante.
Il soupira doucement, tandis que la belle s'excusait pour sa question sans queue ni tête. Elle lui expliqua alors que c'était sa première visite de la Bibliothèque et qu'elle se rendait maintenant compte qu'elle s'était sans doute "emportée" par rapport au nombre de livres qu'elle pourrait consulter dans la même journée. Enfin, elle lui demanda conseil et se présenta.
Alastor tâcha de se départir de sa froideur. Il lui sourit, par convention, et fit mine de vouloir la rassurer tout en la renseignant.


- Hé bien...Vous avez effectivement une drôle de façon d'organiser votre espace de travail, Mademoiselle, répondit-il en indiquant d'un geste circulaire les ouvrages étalés sur le bureau. En général, nous ne sortons pas plus de trois livres à la fois. Les étudiants ont pris l'habitude de ranger les ouvrages au fur et à mesure qu'ils les consultent. Je vous invite à en faire de même.

Maria Moonshire...Ce nom lui disait quelque chose mais il ne parvenait pas à le situer. Si c'était bel et bien la première fois que la belle entrait dans la Bibliothèque, cela était relativement logique qu'il ne la connaisse pas. Cependant, le Vampire avait l'habitude de maîtriser tous les potins de la capitale et se trouver face à une femme aussi "voyante", sans en savoir grand chose, le frustrait un peu. D'aucuns diraient que c'était-là l'occasion pour lui d'en apprendre un peu plus sur elle.

- Enchanté, Mademoiselle Moonshire, fit-il en esquissant une petite courbette, la main sur le coeur, avant de se redresser. Monsieur Drake, pour vous servir. Comme vous l'avez habilement deviné, je suis employé à la Bibliothèque. Je suis ici en tant qu'archiviste, conservateur et traducteur. Je suis également comptable à mes heures et précepteur pour les jeunes enfants qui ont des prédispositions un peu particulières...

Le Vampire marqua une pause. Il regarda la jeune femme par-dessus ses lunettes rectangulaires et lui sourit un peu plus franchement.

- Quant à l'escrime, j'en ai fait, il y a longtemps. Mais je doute de savoir encore manier le fleuret avec autant de facilité qu'alors.

Alastor sentit sa tension s'apaiser. Même s'il détestait les mondanités, car parler pour parler l'horripilait, satisfaire sa curiosité lui faisait toujours le plus grand bien. Et puis, la douce voix de la jeune femme et sa politesse venaient d'effacer ce qu'il avait pris pour de l'insolence un peu plus tôt. Finalement, si elle était nouvelle dans les parages et qu'elle venait se perdre dans la Bibliothèque, c'était qu'elle appréciait la culture et qu'il pourrait lui être utile.

- Vous conseiller une oeuvre spécifique sans connaître vos goûts me semble difficile, Mademoiselle. Quel type de livre souhaiteriez-vous lire et pourquoi ? Je vois que vous vous intéressez aux membres de la Couronne...Qu'êtes-vous venu chercher en ces lieux ? Est-ce par loisir que vous avez sorti tous ces ouvrages ou travaillez-vous sur un quelconque projet qui concerne ces prestigieuses maisons ?

Alastor s'éloigna un peu de la jeune femme pour réorganiser les livres qui traînaient sur le bureau. Il entreprit de les classer selon les rayons d'où ils étaient tirés afin de faciliter leur rangement.

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MessageSujet: Re: Un murmure écrit noir sur blanc. [Maria, Alastor] [20/05/1842]

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Un murmure écrit noir sur blanc. [Maria, Alastor] [20/05/1842]

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