L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Une visite inattendue [Shanoa, Asher] [10/06/1842]

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Shanoa Wingheart
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MessageSujet: Une visite inattendue [Shanoa, Asher] [10/06/1842] Ven 20 Avr - 22:22



[HRP] En provenance de Prendre de la Hauteur[/HRP]

Une visite inattendue

Shanoa Wingheart, Asher Rosebury


““Le vrai bonheur est dans le calme de l’esprit et du coeur.”
Charles Nodier



Demeure de Shanoa Wingheart [10/06/1842]

Le temps était magnifique. L’été était enfin arrivé et avec les rayons du soleil réchauffant la peau.
Depuis qu’elle avait sondé son âme et réfléchis aux événements passés, elle semblait plus libre, plus heureuse, comme libérée d’un poids invisible. On la voyais plus souvent se balader dans les parcs et flâner devant les vitrines de magasins cherchant de nouvelles trouvailles à ajouter à sa garde-robe.
Déjeunant, elle avait revêtu sa tenu de cavalière et avait chevauché un cheval pour leur dégourdir les jambes à l’arrière de sa demeure où se trouvait un petit bois. Entendre la nature chanter c’était si reposant. Si calme. Cela la changeait bien de la nuit et du sang coulant de sa rapière fraîchement retirée de la poitrine d’un monstre. Pour ne pas sombrer dans la folie, elle avait besoin de cette lumière. Prenant un peu de vitesse, le pan de son long manteau beige flottait en rythme avec le bruit que faisaient les sabots du cheval. La sensation de liberté était exquise. Les cheveux attachés en queue de cheval au vent, ses fines mains tenant la bride en cuir, ses bottes serrant les flancs de sa monture.
Le temps semblait avoir arrêter de s’écouler. C’était si calme. Son épaule s’en remettait petit à petit. Elle pouvait à présent jouer du piano et reprendre le violon. Mais elle ressentait la douleur quand les efforts était trop intenses.

La jeune femme était rassurée. Aucun agent du Yard n’était venu la voir, ce qui voulait donc dire que la planque de Wilhelm ne contenait aucun indice qui pourrait permettre de la relier à l’horloger. Cela faisait si longtemps qu’elle n’avait pas eu cette sensation de plénitude, de calme. Regardajnt sa montre a gousset, elle décida de rentrer et de prendre son temps pour brosser son cheval. Celui-ci arborait une robe aussi noire que la couleur des cheveux de sa cavalière. Un magnifique étalon du nom de Zéphyr. Le faisant rentrer dans les écuries, elle le brossa lentement et soigneusement. Le pelage brillait aux rayons du soleil.
Perdue dans ses pensées, elle regarda ses poignets. Ces mêmes poignets sciés par la corde. Il en restait par là des traces. Des souvenirs revinrent et l’aristocrate secoua la tête pour chasser ses démons. Le regard vide, elle serra le poing et posa son front contre le cou de son cheval. Elle essayait de paraître forte aux yeux de tous, mais quand elle se retrouvait seule, les souvenirs remontaient à la surface.

Une domestique vint et lui demanda si elle allait bien.
Revenant à la réalité elle lui sourit et demanda d’être relayée par son palefrenier.
Marchant à côté de sa domestique elle respira l’air frais du matin


-Mademoiselle, vous avez l’air préoccupée depuis cet incident. Vos blessures guérissent-elles bien ?
-Oui je te remercie mes blessures sont en bonne voie de guérison, mais tu dis vrai cette histoire me préoccupe. Les journaux n’en n’ont pas vraiment parlé alors qu’il était recherché depuis un moment. J’ai vraiment eu peur de rester là-bas. Cet homme me regardait comme si j’étais un animal de foire. Il s’est joué de moi, il a déchiré mes vêtements.  Je dois me montrer plus prudente. Un homme sait à présent. Et s’il doit être relâché je sais qu’il va me traquer. Je l’ai lu dans ses yeux, entendu à sa voix. Il ne s’arrêtera pas. ET je risque de le payer cher  s’il me retrouve. C’est à cause de moi s’il a été arr^été. S’il n’était pas sorti pour me rattraper peut-être que le Yard n’aurait pas mis la main dessus. Mais après ce qu’il a fait, je pense qu’il risque de rester un long moment en prison. Je dois me changer les idées cela passera ne t’inquiète pas pour moi.
- Bien mademoiselle, vous me rassurez par votre sourire. Tout le monde s ‘inquiète pour vous.
-Je le sais et je vous remercie de votre soutien. Vous êtes comme ma famille, je n’ai que vous pour me confier et je sais que je peux compter sur vous.

La domestique lui tendit alors le courrier qu’elle avait reçu et repartir à ses tâches. La huntress éplucha les lettres et s’assit pour les ouvrir. Rien de bien intéressant.  Pas de lettre de Ludovik Dickins, ni d’Asher Rosebury. Soupirant elle Se releva et marcha d’un pas assuré vers la fenêtre arrière de son manoir. Donnant les lettres sans importance à une domestique pour les brûler, elle fut prise d’une envie soudaine de jouer du piano. S’avançant vers l’instrument imposant, elle souleva son manteau et s’assit sur le banc. Remontant un peu ses manche elle entama une mélodie douce et joyeuse. La pièce n’était constitué que du piano et d’une commode sur lequel était posé un vase rempli le matin même. La lumière du soleil s’infiltrait par les nombreuses fenêtres de la pièce. C’était un tableau magnifique. Le carrelage blanc reflétait les rayons et illuminait toute la pièce. l’un d’eux se posa sur le piano noir. Une esquisse parfaite, une œuvre d’art lumineuse. La musique retentissant dans toute la demeure. La joie de vivre était de nouveau présente. Sa méditation sur soi l’avait aidée et elle se sentait plus apaisée que jamais.
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Asher Rosebury
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MessageSujet: Re: Une visite inattendue [Shanoa, Asher] [10/06/1842] Sam 29 Sep - 23:39

Les dédoublements d'Asher se faisaient de plus en plus fréquents. Il en restait pourtant inconscient. A chaque fois  qu'il revenait à lui, sa mémoire se retrouvait comme… Altérée, effacée. Pendant de longues minutes le jeune homme se relevait, perdu, hagard, un mal de tête insoutenable et les jambes tremblantes. Il ne comprenait pas la situation et ne savait en quelle réelle circonstance il s'était retrouvé à cet endroit précis de sa demeure. Par ailleurs ses derniers mouvements lui étaient inconnus. Asher ne se rappelait de rien et quand il forçait un peu trop ses maux revenaient. La souffrance l'accaparait à nouveau. Il cessait. Pour combler ses vides il se renseignait auprès de ses domestiques. Certaines ne comprenaient pas, le regardaient d'un air interrogateur en répondant des banalités. Eléanore, quant à elle, plus attentive, lui narrait ce dont elle se rappelait. Elle prenait toujours soin de ne pas le vexer et omettait parfois volontairement de lui conter ses quelques crises de colère. Elle le savait malheureux et empreint d'une profonde détresse. C'était peut-être sa peine de cœur qui provoquait en lui des réactions excessives ou qu'elle ne lui connaissait pas. Le fait le plus choquant qu'elle avait pu relever de la personnalité de son jeune maître fut son soudain sadisme, ses sourires malsains que la belle domestique n'avait pas su déchiffrer. Ses regards, à quelques moments, prenaient une soudaine expression de perversité, de vice. Qui donc avait pu changer à ce point Asher lui d'ordinaire si doux, si tendre, si sentimentale.. ? Elle ne lui parla pas égalemet es fois où il était revenu les vêtements tâchés de sang. Elle savait ses mésaventures avec les femmes mais ne doutait pas de son innocence. Elle supposait seulement qu'il s'était battu avec un homme ou deux. Ses bras comportaient parfois d'étranges bleus. Des mains l'avaient serré. Oui cela ne pouvait être que ça.

Les journées au manoir étaient longues. Asher ne se laissait plus happer par la joie. Il semblait en avoir oublié l'existence. Les femmes avaient fait de lui un être vide, brisé. Elle haïssait cette Swan et toutes celles qui osaient mourir. Si Eléanore l'avait pu elle l'aurait séduit. Oui, si elle avait été d'un autre rang que celui d'une domestique anciennement catin elle ne se serait pas faite prier. Cependant, pour la réputation du bel anglais elle ne le pouvait et contemplait donc ses défaites amoureuses sans parvenir à le ranimer. Le bourgeois passait donc son temps dans les bars à boire, dans les cafés écoutant distraitement les conversations ou chez lui assis devant son piano, entamant une mélodie et l'assassinant à coups de mauvaises notes. Le son de son piano ricochait dans la pièce, se heurtait contre les murs et s'écrasait sur le parquet. L'homme, lui, grinçait des dents, retenait sa tristesse, sa colère, frustré de ne plus jouer comme avant, d'avoir perdu ses muses et assaillait les touches de de coups puissants jusqu'à ce qu'il s'en donne lui-même mal au crâne. Après avoir martyrisé le piano, il s'attaquait à son violon arrachant une par uneles notes, bousillant l'un de ses archers et faisant grincer sans ménagement les cordes déjà fragiles de l'instrument. A plusieurs reprises il voulait s'en débarrasser, le jeter à terre et le piétiner, les larmes ravageant ses joues pures et bousillant ses belles prunelles grises. A ce moment-là, la jeune domestique se jetait dans ses bras. Elle retenait d'une main ferme son poignet l'empêchant de fracasser le pauvre instrument et le suppliait d'arrêter et de venir se reposer. Incapable de la repousser, il la laissait reprendre le violon qu'elle posait sur le meuble le plus proche et il la suivait, la sueur dégoulinant de ses tempes jusqu'à son fauteuil. Là, elle lui faisait la discussion, lui changeait les idées. Une certaine joie revenait. Elle faisait de son mieux pour lui redonner le sourire. Cela ne durait jamais bien longtemps. Dès qu'elle quittait la pièce, ses sombres pensées lui revenaient.

A de nombreuses reprises il voulut se donner la mort.

Elle ne voulait pas de lui.

Si seulement… Si seulement… Si seulement quoi.. ? Qu'attendait-il ? Lui-même ne le savait pas.
L'été avait repointé le bout de son nez. Du moins, le temps s'était adouci et il n'était plus nécessaire pour le bourgeois de veiller à se couvrir. Il se laissait aller à de simples chemises et vestons délicats. Avait-il vraiment envie de paraître présentable ? La seule pensée qu'il puisse être encore en vie le révulsait, le dégoûtait et pourtant il ne parvint à mettre fin à tout cela. La religion le tenait, l'étranglait. Égoïstement il avait peur. Peur des interdits. Du terrible enfer… Il donnerait tout pour aller au Paradis, revoir sa famille, ceux qu'il avait perdu à cause du temps, des maladies et… du crime. Et Swan… Peut-être l'aimerait-elle à nouveau s'il la rejoignait des années plus tard dans cet havre de paix. Oui Swan… Elle n'avait pas su comprendre. Dans cet état morose, lors d'une belle journée de cet été tant désiré, Asher ne quitta pas le lit. Ses migraines le prirent à nouveau. Les mains se glissant dans ses cheveux il gémit puis cria. Il enfonça son visage dans son oreiller. La domestique ouvrit précipitamment la porte et le voyant si souffrant elle s'assit sur son lit. Il s'arrachait presque sa belle chevelure. Tendrement elle le ramena contre elle et caressa sa tête. Il se laissait faire mais ne contenait pas ses gémissements. Avec cette habituelle douceur, la demoiselle continua ses mouvements et sans rien dire elle épongea son front avec son gant de toilette. Elle humidifia son cou et son dos. Finalement, au bout de longues minutes, le maître cessa ses plaintes et il retomba inerte sur les genoux de la belle. Il haletait, ses membres tremblaient. Le regard qu'il releva vers elle lui glaça le sang. Elle détourna immédiatement les yeux et l'installant sur son coussin elle lui souffla qu'elle allait lui préparer de quoi se rafraîchir. Asher avait retrouvé ce regard… qu'elle finissait par craindre. La bienveillance du jeune homme dans ces instants-là disparaissait…

Dans l'heure qui suivit le pianiste était prêt. La peau lavaée de toute impureté, il avait revêtu des habits plus décents que sa chemise de nuit et avait ramené ses cheveux en catogan. Surprise par le brusque changement de comportement, Eléanore s'empressait de lui porter sa redingote la plus légère ainsi que son habituel chapeau haut de forme. Pour la prestance, elle lui tendit également sa canne-épée et arrangea les boutons de sa chemise. Il la regardait, la scrutait, la détaillait mais ne disait presque rien. Elle était bien dressée la petite. Alors qu'elle reculait pour avoir une vue d'ensemble il tendit le bras et glissa sa main dans son dos la forçant à coller sa poitrine contre son torse. D'ordinaire, la demoiselle aurait succombé mais ce sourire, ses yeux… Ces expressions qu'elle n'arrivait pas à discerner la mettaient mal à l'aise. Détournant son joli visage elle murmura quelques excuses : elle allait froisser la chemise. De sa main tenant la canne il lui fit relever le menton et tourner son joli minois vers Asher puis sans douceur il écrasa sa bouche contre la sienne. Le bourgeois rit en sentant sa réticence et fit glisser sa main sur son fessier ce qui pétrifia la jeune femme :

- Te ferais-tu plus sauvage Eléanore ? Je t'ai connue plus coopérative…

Le visage de la belle s'embrasa et comme si sa vie en dépendait elle ferma les yeux pour fuir son regard. Le rire de l'anglais se fit alors plus puissant et il la relâcha après avoir caressé avec insistance sa joue. Finalement, sans un regard pour la jeune femme il quitta la demeure. Il ne prit ni cheval ni diligence et se contenta de marcher. Il savait exactement où se rendre et il n'en doutait pas… son hôte allait être surpris !

Traversant les longs dédales des rues londoniennes, saluant au passage quelques riches marchants et bourgeois il eut le plaisir de converser quelques minutes avec un petit noble avant de continuer sa route. Le soleil n'était pas encore de feu à cette période-là mais il était chaleureux et il admit bien vite que sa redingote était de trop. Aussi songea t-il pour la prochaine fois qu'il conviendrait peut-être mieux de prendre un cheval, ainsi la chaleur serait peut-être moins écrasante au bout de longues minutes. Se ventilant quelques instants à l'aide de sa main, il fit un pas sur le côté et se retrouva non loin du Brittish Museum. Son autre lui avait été friand de cet endroit lorsqu'il pouvait encore supporter le poids de sa propre existence. Le sourire radieux, Asher fit volte-face continua un peu plus loin et s'arrêta devant le portail d'une vaste demeure. Tout était si beau, si ordonné, si bien entretenu. Shanoa était une femme de la haute société il fallait bien endroit à la hauteur de sa classe sociale. Posant sa longue main gantée sur la poignée du portail, il n'eut aucune peine à pénétrer dans l'immense cour. A priori quelqu'un avait mal fermé ou bien la jeune femme laissait ouvert toute la journée. Quel manque de prudence… N'importe quel crevard pouvait pénétrer chez elle… Foulant la grande allée dans ses bottes de cuir, l'ancien soldat ne se pressa qu'à peine vers la porte. Le vrai Asher était d'un ennui mortel, ses sorties se résumaient la plupart du temps à boire alors qu'il y avait tant d'autres choses à faire… Comme séduire cette ravissante aristocrate. Il admira ainsi un instant le paysage avant de monter les escaliers qui le menaient jusqu'à la porte d'entrée. La main sur le heurtoir il s'arrêta dans son élan. Une douce mélodie séduisait son oreille. Un large sourire étira ses lèvres. Serait-elle une femme à la Asher ? Voilà qui était fort réjouissant il avait un peu plus de quoi l'appâter.

Descendant les marches il fit le tour de la demeure. Il y croisa quelques domestiques mais ne fit pas attention à ceux qui tentaient de l'interpeller. Lorsqu'une femme se mit devant lui il dut s'arrêter et ricana un instant pretextant être un ami de Shanoa et vouloir lui faire une surprise. Il agita sous son nez le bouquet qu'il avait acheté au marché sur le chemin et d'un regard méprisant il la contourna pour suivre les notes de musique. Il la découvrit enfin, dos à la fenêtre derrière laquelle il se trouvait. Poussant la vitre le plus silencieusement possible, il se posta derrière elle. Par dessus elle il posa les fleurs sur le piano ainsi que son couvre-chef et glissa ses doigts vers les lèvres de la demoiselle. Il ne voulait pas qu'elle hurle ni même ne lui crie qu'il était fort inconvenable de se présenter ainsi. Joueur ses doigts caressèrent tendrement sa joue puis s'installa toujours aussi silencieusement à ses côtés. Enfin ses mains sur le clavier il accompagna sa mélodie. Il y eut quelques moments où ses doigts frôlaient les siens puis les quittaient tout aussi furtivement. Sa manière de jouer était professionnel et c'était dans un instant comme celui-là qu'il faisait remonter à la surface la sensibilité de son autre lui. La tristesse, la détresse, tout ceci teinta d'un ton plus sombre la mélodie de la belle. Finalement il tourna le visage vers cette dernière ses yeux métalliques scrutant son regard. Son petit sourire ne l'avait pas quitté. Toujours en l'accompagnant il se pencha vers son oreille et souffla :


- Je n'ai pas osé vous faire interrompre lorsque j'ai entendu votre mélodie…  Pardonnez cette intrusion… Je suis ravi de vous revoir enfin…

D'un air amusé il ajouta quelques notes puis sans prévenir il attrapa les doigts de la belle et porta sa main à ses lèvres. Il espérait que cette surprise fasse son effet et qu'il ne soit pas jeté comme un malpropre… il se pourrait qu'il le prenne extrêmement mal et Asher n'avait pas encore envie que cela se termine en un bain de sang. Il désirait encore… S'amuser avec elle.
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Shanoa Wingheart
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MessageSujet: Re: Une visite inattendue [Shanoa, Asher] [10/06/1842] Mar 2 Oct - 22:57




Une visite inattendue

Shanoa Wingheart, Asher Rosebury





Demeure de Shanoa Wingheart [10/06/1842]

Ce soleil d’été avait donné de belles pensées à la jeune femme. C’est donc toute souriante qu’elle avait déjeuné en compagnie de ses domestiques et qu’elle s’était préparé pour monter sa fidèle monture, Zéphyr. Elle avait prit le temps de bien harnacher le tout et vérifia qu’aucun de ses sabots n’était blessé. Elle avait fait changer ses fers il y a peu et comme quand une femme essaye de nouveaux souliers, ceux ci doivent s’accommoder. C’était pareil pour son étalon. Shanoa était une femme assez proche des animaux et avait vu grandir ce cheval depuis qu’il était petit. Le montant, elle lui fit se dégourdir les pattes et cela lui permettait également de  sentir le vent frais du matin effleurer son visage d’ange, soulever ses cheveux noirs de jais et de lui donner assez d’air frais pour affronter la chaleur de l’après-midi. Après une demi-heure ou peut-être plus, l’aristocrate décida de rentrer et brossa le cheval tandis qu’une domestique vint à sa rencontre. Celle-ci lui fit remarquer sa bonne humeur mais un certains tracas qu’elle essayait de masquer. En effet, même si cette chimère avait répondu à ses interrogations sur plusieurs points sombres, la peur que cet alchimiste revienne la tenait par les tripes et elle priait pour ne plus jamais avoir affaire à lui. Son regard la terrifiait encore la nuit, ses yeux brillants la tétanisait dans son lit qu’elle se réveillait en sueur et devait se calmer et reprendre une respiration normale avant de pouvoir se rendormir un peu.

La jeune Anglaise essayait de masquer tout cela, ses problèmes. Ce n’était pas une femme à dévoiler au monde entier ou à qui voulait l’entendre son histoire. Elle avait dévoilé certes la nuit avec Wilhelm a une chimère mais c’était pour qu’il la prenne en pitié, et puis, il avait du sûrement déjà vu cette scène et cela ne lui aurait pas été étranger. Elle faisait des effort sur elle-même afin de paraître moins naïve, moins facile à  embobiner. Mais qu’en était-il pour Asher ? Cet homme qui avait fait vaciller le coeur de Shanoa ? Elle ne savait pas quoi faire avec lui. Son inconscient lui murmurait de garder pour elle ses pouvoirs et de ne pas en dire un mot sauf si une situation critique venait à se présenter comme avec Ludovik.  Presque heureusement, celui-ci était aveugle et la huntress avait pu  passer sous silence certaines choses mais cela ne fut pas le cas avec son valet qui lui avait demandé de prendre des distances avec le noble. Depuis ce jour-là elle n’avait eu aucune réponse, rien de sa part. Mais Asher était vu dans sa vie et un sentiment d’espoir pu enfin renaître en elle-même. Il la comprenait et ne respectait pas tous les codes ce qui dans certaines circonstances pouvait se révéler des plus agréable.
Par ailleurs, elle avait tardé à donner sa veste à ses domestiques pour la mettre à laver et qu’elle soit repassée pour lui rendre à la prochaine occasion. Son odeur lui était si apaisante, si sublime. Bien sûr, elle ne s’en vanterait pas à la prochaine rencontre. Cet homme l’avait intriguée de part son maniement des armes et en particulier du katana, arme très rare ici à Londres. Shanoa en connaissait l’existence mais n’avait jamais pu en voir un d’aussi près. La plupart était parfois exposée dans les musée pour des exposition sur des thèmes asiatiques. Et il y avait eu cette force contre le loup qui l’avait impressionnée. Cette force, elle en était sûre était toute sauf humaine. Pouvoir projeter un animal d’un tel poids et d’une telle envergure assez loin pour avoir le temps de se relever. Et ce papillon mort avant de se relever par magie et se remettre à battre des ailes. C’était tout simplement magnifique. Elle n’avait pas voulu en parler le soir-même pour ne pas le gêner au risque qu’il ne se revoient jamais.
Tandis qu’elle réfléchissait à tout cela, elle finit de s’occuper de Zéphyr et fit le tour de son manoir pour y rentrer. Ses domestiques virent lui faire un compte rendu de la journée, des chambres faites, des habits lavés et dans le lot la veste de Monsieur Rosebury, une servante la lui donna et l’anglaise La posa sur le meuble le plus proche d’elle afin d’y penser au prochain rendez-vous et la remercia du service rendu. Elle prit également la poignée de lettres qu’une autre domestique lui tendit et alla dans le salon les ouvrir avec son coupe papier et les lire. S’installant dans son beau fauteuil et mettant ses bottes sur le repose pieds prévu à cet effet, elle fit vite fait le tour pour voir les lettres les plus prioritaires. Les triant, elle les ouvrit alors une par une. Des factures dans quelques unes, des réceptions dans d’autres, rien de bien intéressant en soi. La demoiselle Wingheart était une noble et l’étiquette voulait qu’elle se présente lors de grandes réception pour que les hôte se sentent honorés de sa présence et s’en enchantent. Ces soirées là se finissaient de la même façon selon elle, les hommes se regroupaient tous entre eux autour d’un verre de whisky  et d’un cigare refaisant le monde, parlant d’investissement et d’entreprises si cela ne parlait pas des épouses ou à conter leur aventure d’un soir avec la prostituée du coin et a comparer les beautés. Les femmes quant a elles, parlaient de bijoux, d’habits et déversaient leur haine et leur jalousie sur la basse société ou sur de soi-disantes rivales. C’était une sorte de course a celle qui serait le mieux à la mode du siècle, qui achèterait les gants que la reine aurait mis lors de sa dernières prise de parole. Bien souvent, la jeune femme partait juste avant cette partie là pour ne pas mourir d’ennui et surtout pour ne pas donner une leçon à ses vipères.

Faisant noter ses rendez vous dans un agenda, elle jeta les lettres sans importance dans la cheminée et décida d’aller jouer un peu de piano pour se reposer l’esprit. Ses notes étaient à la fois joyeuses et triste.  La musique était pour elle un moyen d’exprimer ses sentiments sans avoir à dire un seul mot.  Le seul moyens pour que seul quelqu’un d’attentionné et d’instruit comprenne son message. Ludovik avait fait partie de ces hommes à s’être rendu compte d’une certaine tristesse chez Shanoa.
Sa longue veste  parant vers l’arrière du fauteuil touchait le sol gracieusement. Les doigts pianotant les touches et ses pieds jouant avec les pédales, la jeune femme se laissa aller à la mélodie et ferma,  les yeux pour se concentrer et s’évader, libre comme un oiseau, libre comme un corbeau.

Les yeux fermés, et les sons résonnant dans la salle quasiment vide, elle n’entendit pas Asher arriver derrière elle et lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle vit un bouquet posé sur le piano et ensuite un haut de forme. Dans la tête de Shanoa tout fusa à grande vitesse. Se retournant vivement, elle se retrouva nez-à-nez avec le jeune bourgeois qui apposa ses doigts sur ses lèvres pour l’empêcher de hurler. Son coeur battait à tout rompre. Il n’imaginait pas qu’à l’instant précis où elle s’était retournée, tout ce qui s’était passé dans la tête de la jeune femme. Elle avait cru à un ennemi. Il avait eu de la chance de ne pas avoir prit une rapière dans le corps.  
Comment était-il venu jusqu’ici ? Pourquoi personne n’était venu la prévenir de son arrivée ?  Comment avait-il franchit la grille ? Pourquoi arriver derrière elle ?  A bien y réfléchir elle avait demandé à une domestique d’aller faire une course pour elle et elle a du malencontreusement oublier de fermer derrière elle. Avec les ennuis qui lui tombait dessus...il lui fallait beaucoup plus de prudence.Son regard terrifié s’apaisa un peu en le reconnaissant et en sentant cette douceur familière avec laquelle il caressa sa joue. Se tenant à lui pour ne pas tomber dans les pommes à cause du choc émotionnel, elle essaya de reprendre son souffle. Elle en avait presque les larmes aux yeux. Une envie de le gifler vint dans son esprit mais elle se ravisa en le voyant s’installer à ses côtés tout souriant. Il voulait sans doute lui faire une surprise.

Ecoutant les notes, elle le suivit et la tension ainsi que la peur retombèrent et un sourire se dessina progressivement sur ses lèvres délicieuses. Il lui fallu quand même plusieurs longues minutes pour ne serait-ce que ralentir le battement de son coeur qui menaçait de sortir de sa poitrine. Son sourire s’étira lorsqu’elle sentait le bref contact de ses doigts aux siens. Mais elle entendit dans la mélodie quelque chose de triste de sombre. Qu’avait-il vécu pour jouer une aussi triste partition ?

Mais elle était contente qu’il soit là. Il avait le don de redonner de la bonne humeur à l’anglaise et outre qu’il ne savait rien de ce qui se passait dans sa vie, et donc qu’il aurait pu potentiellement finir avec un piano sur lui en guise de pierre tombale, elle était le genre de femme à aimer les bonnes surprises. Cela changeait de la vie routinière et pâle qu’elle pouvait avoir de temps en temps.

L’entendre la fit tourner son visage vers celui du jeune brun et plongea ses yeux dans les siens. Ils étaient si énigmatiques, si troublants et cette odeur familière envoûtait la jeune femme.
Lorsqu’il s’arrêta pour baiser sa main, elle ne pu se retenir et l’enlaça comme pour se rassurer. Elle lui avoua alors :


-Ne refaites plus jamais cela mon ami...j’ai eu si peur mon coeur a je crois cesser de fonctionner pendant une seconde a cause de la frayeur que vous m’avez faites....Mais j’ai quelques ennuis et ces temps ci je ne me sens pas en sécurité je peine à dormir le soir et je suis toujours sur mes gardes...Je comprends et je vous en remercie mais s’il vous plait...interrompez moi...je passe beaucoup de temps au piano alors il faut m’en sortir un peu dit elle en souriant et en riant un peu.

- J’aurais pu vous faire mal...heureusement que je n’avais rien dans la main sinon je crois bien qu’il aurait fini sur vous pour me venger de cette terreur. fit elle en étouffant un rire discret pour détendre

Se reprenant un peu elle se recula et observa le bouquet qu’Asher lui avait offert, elle n’avait pas eu le temps de le remercier. La composition était belle et s’accordait à merveille avec le manoir. Le contemplant, elle rougit et releva ses prunelles vers son invité surprise.


-Merci beaucoup pour les fleurs, elles sont sublimes je dois dire... dit elle avec un sourire tendre sur son visage. Son visage semblait apaisé depuis si longtemps. Le temps semblait ‘être arrêté et cette simple attention lui réchauffait le coeur et la rendait plus vivante que jamais.
Quand est-ce que c’était la dernière fois qu’un homme lui avait offert un bouquet de fleurs ? Cela remontait trop loin pour le dire. L’anglais savait y faire avec les femmes.


-Je dois vous avouer que je suis heureuse aussi de vous revoir après ce qui s’est passé au parc j'ai passé une belle soirée.
Ses joues se mirent à rosir. En effet elle venait de se rappeler du baiser qui avait eu lieu devant le manoir et les sensations qui l’avaient traversées.

La jeune femme était plus qu’heureuse en réalité. Elle avait hésité à lui envoyer une lettre pour avoir de ses nouvelles te pouvoir fixer un prochains rendez-vous. Mais elle se disait qu’il ne fallait pas presser les choses et ne pas trop se faire d’illusion. S’il connaissait les femmes et leur envies, c’est qu’il avait du avoir de nombreuses conquêtes. Il était fort charmant et plutôt bel homme. Il avait de l’éloquence et ses yeux troublaient quiconque le regardait. Non il fallait y aller lentement mais sûrement. Voir quel genre d’homme il était au-delà des apparences. Mais pour le moment elle profitait juste et simplement de cette surprise qui l’amusait au final.

Une domestique vint à sa rencontre et l’averti qu’un homme était rentré sur la propriété et demandait s’il fallait appeler le Yard pour le faire virer du domaine. Se levant elle tendit le bras pour présenter Asher avec un air assez blasé. et la domestique rougit de honte d’être arrivée trop tard


-Je crois que c’est un peu tard pour m’avertir n’est-ce pas ?! Il s’agit de Monsieur Rosebury, c’est lui qui m’a raccompagnée lors de ma sortie au parc. C’est un ami. Mais puisque tu es ici, j’aimerai que tu refermes le grand portail, il est resté ouvert et c’est comme cela que Monsieur a pu s’introduire chez moi sans permission. Un inconnu mal intentionné aurait pu tout aussi facilement rentrer et il n’aurait sans doute pas apporté un bouquet si tu vois ce que je veux dire ?! Et aussi préviens les autres que nous avons de la visite.

-Bien mademoiselle, pardon pour cette erreur cela ne se reproduira plus, je vais avertir le reste des domestiques de faire plus attention la fois prochaine.

Attendant que la domestique sorte de la salle, elle soupira assez fort pour être entendue et ajouta à son invité surprise :
-Pardonnez cet échange, ne prenez surtout pas pour vous le fait que je renforce un peu la sécurité sur mon domaine. Se faisant plus souriante, elle fit d’une façon joyeuse et pleine de vitalité :
-Eh bien qu’est-ce qui vous ferait plaisir Monsieur Rosebury ? Voulez vous visiter ? Ou bien prendre le thé dans le salon ou encore autre chose ?



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Asher Rosebury
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MessageSujet: Re: Une visite inattendue [Shanoa, Asher] [10/06/1842] Dim 7 Oct - 0:39


Au détour d'une ruelle, Asher s'était arrêté chez un fleuriste. Shanoa était une femme de l'aristocratie, une telle attention devrait pouvoir la toucher. C'était amusant de jouer avec des oiseaux en cage… Oh elle était belle sa nouvelle conquête, plus pure que certaines. Comment la tuerait-il ? Qu'en ferait-il exactement ? Elle pouvait être sa libératrice. Celle qui par la douleur ferait flancher son autre lui. Oui, l'autre Asher devait la rencontrer mais comment organiser cela ? Ses prunelles posées sur les délicates pétales, il avait porté sa main à son menton et réfléchissait. Il devait la ramener au manoir. Le bourgeois allait très certainement passer pour fou mais il devait se rendre compte de cette certaine amnésie plus profondément. Oui il devait rencontrer la belle, en tomber fou amoureux et être détruit lorsque le seul et unique Asher l'étriperait. Alors son frère de corps hurlerait, pleurerait… Et le mieux serait encore qu'il apprenne que c'était lui l'auteur de ses actes. Il en perdrait suffisamment la tête pour désirer la mort, rester prostré contre un mur, la douleur attaquant son ventre, rongeant ses viscères et le faisant pleurer des larmes de sang. Il devait découvrir quel monstre il pouvait être. Ces seules pensées l'exaltaient déjà. Le démon avait si hâte de voir cette décadence plus profonde encore. L'idée ne lui était pas venue immédiatement. Il n'avait cessé de contempler son désespoir, sa détresse et sa dépression dès le refus de Swan. L'amour rendait fou cet homme.

Pointant du doigt celles qui l'intéressaient, il laissa par la suite le marchant exercer son art. Asher préférait les armes aux fleurs, il laissait cela aux professionnels. Leur langage lui importait bien peu, il ne s'en servait finalement que pour séduire et empoisonner le coeur de belles demoiselles. Le bouquet en main, il paya et partit en direction du manoir.

Par mégarde le portail n'avait pas été fermé, il put ainsi s'introduire chez la jeune femme et faisant fit des convenances il suivit la mélodie comme si celle-ci le tirait jusqu'à elle. Guidé par ce fil mélodieux il apperçut enfin la belle derrière les fenêtre. Elle jouait, pianiste, superbe. Qu'il avait envie de glisser ses mains dans sa délicate chevelure, de toucher ses lèvres de ses doigts, de presser sa peau, de mordre cette délicieuse bouche et contempler la couleur de son sang… Écarlate ou plus sombre ? Se faufilant à l'intérieur de la pièce certainement la plus sobre de ce petit palais, il ôta son chapeau puis déposa le bouquet sur l'instrument. La surprise de la jeune femme fut telle qu'Asher dut glisser ses doigts sur ses lèvres pour l'empêcher de crier. Un petit sourire agrandit sa bouche et le rendit plus juvénile. Il s'empêcha alors de caresser sa peau et d'abuser de la pureté de la belle. Non, elle devait lui appartenir mais pour cela il devait être parfait à ses yeux. Un prince, son sauveur. Finalement, ses longs doigts délicats de pianiste se permirent de détailler sa joue approchnt son visage du sien . Shanoa s'était accrochée à lui. Allait-elle s'évanouir ? Cela ne serait que trop romantique ? L'attendait-elle à ce point-là ou bien la peur la faisait défaillir ? Finalement il l'aida délicatement à se rasseoir et il s'installa près d'elle les mains sur le clavier pour entamer l'une de ses mélodies dont il avait le secret.

Entraîné par le chant du piano, Asher ferma un instant les yeux. Il comprenait l'amour de son jumeau pour ce superbe insrument. Cétait si ennivrant… cette douceur, cette pureté pouvaient en quelques notes, en quelques glissements de doigts dénoter un air sombre voir agressif. Le piano pouvait tout retransmettre : la beauté tout comme l'effroi. Etait-ce un génie, un superbe artiste ou bien un fou qui s'acharnaient ainsi sur chaque touche manquant d'en faire sauter quelques unes de par sa rage ? Continuant sur un air tout à fait lent mais assez original et complexe il finit par tourner son visage vers elle. Ses mains ne quittèrent pas le clavier avant qu'il ne fut sûr et certain qu'elle avait terminé sa partie puis finalement l'enchantement se rompit. Les notes qui flottaient dans la pièce s'écroulèrent et s'enfoncèrent dans la dureté du parquet. Le gentleman se permit d'emprunter la main de la demoiselle et de la baiser, le regard insistant. Elle devait sentir son intérêt pour elle, son désir de la séduire et en même temps de la rassurer. Il fut cependant arrêté par celle-ci qui l'enlaça. Ce fut une belle surprise, apparemment sa venue lui tait agréable et peut-être des plus attendues. Répondant enfin à son élan, il glissa un bras autour de sa taille et de sa main libre il caressa ses beaux cheveux. Elle était plus que sublime ce jour-là en tenue de cavalière. Cela ne lui déplaisait pas. Il aimait celles qui s'affranchissaient, celles qui osaient exercer des activités que peu de femmes s'autorisaient. Inclinant le visage vers elle il se mit à rire sans réelle retenue et s'exclama :


- Je suis confus pardonnez-moi My Lady… je ne pensais pas à mal simplement vous faire une surprise, toutes les portes m'étaient ouvertes je me sentais presque attendu dans votre demeure… Mais j'ai été bien insolent de pénétrer ainsi chez vous… Acceptez mes plus plates excuses je vous prie… Désirez-vous que je veille sur vous en gardant votre portail ? Je chasserais quiconque oserait vous déranger. Vous me parlerez de tout ceci plus tard, une fois remise de vos émotions. Etirant ses lèvres en un agréable sourire il prit son menton entre ses doigts et souffla : jamais je ne me le permettrais Shanoa… Le piano est un superbe instrument pour exhiber nos sentiments. Nous n'avons jamais assez de piano dans une vie… Mais permettez-moi de me présenter. Je suis pianiste de profession. Les mélodies ont pour moi un sens tout particulier…

Riant à ses côtés il approcha ses lèvres de son front et y déposa un délicat baiser :

- Alors j'aurais été tué par une créature des plus sublimes. C'est une belle mort, je ne l'aurais pas regretté.

Ses yeux d'acier se posèrent dur la demoiselle. Cette dernière se plaisait à contempler le bouquet offert, oui toutes les femmes aimaient cela. Après toutes ses conquêtes, ces dernières n'avaient presque plus de secret pour lui. Il connaissait leurs goûts, leurs attentes, leurs craintes. Il lui fallait se montrer prudent s'il désirait la posséder. Les dés étaient déjà jetés. Avec un petit sourire il inclina la tête afin de répondre à son remerciement. Il songea au baiser qu'ils avaient tous deux échangés. Oui, il lui plaisait c'était indéniable. Les demoiselles étaient si faciles à cerner, si innocentes… Si désireuses de trouver le grand amour. Asher avait joué un rôle parfait pour Shanoa, il le savait, elle lui était tombé dans les bras. Il se devait de concrétiser, pourrir la racine de leur amour, torturer ce corps si voluptueux et détruire l'âme de son autre lui. Tant de projets, de désirs et pourtant son regard ne laissait paraître qu'un brin de malice. Ni perversité, si agressivité simplement de l'amusement. Cela pouvait-il être pris pour de la moquerie ? La gêne de la jeune femme le ravissait. L'écoutant il ferma un instant les yeux puis de ses doigts il frôla sa main avant de lui murmurer :

- Ce fut une superbe soirée, Mademoiselle. Ces souvenirs ne m'ont pas quitté durant ces derniers jours...

Prenant légèrement une certaine distance afin de ne pas trop la brusquer, il s'apprêta à poser de nouveau ses mains sur le clavier lorsqu'une domestique entra en trombe dans la pièce. Etait-ce la même qu'il avait croisé ? Très certainement. Cette créature était si insignifiante qu'il n'avait même pas daigné se rappeler de son visage. Se contentant de fixer la jeune femme sans aucun intérêt pour elle il eut finalement un petit sourire presque enjoué lorsque celle-ci se fit réprimander :


- Apparemment vous n'êtes pas au bout de vos surprises Miss ! Peut-être devrais-je tenter une venue de nuit… fit-il taquin avant de rapporter son attention sur la maîtresse de maison. Mais ne vous excusez donc pas, c'est tout à votre honneur que de vouloir la sécurité ici. Soyez donc soulagée que cela ne fut que moi pour aujourd'hui et que certaines choses puissent être éclaircies. Permettez-moi d'être le fier et valeureux testeur de vos défenses…

Il lui adressa un léger clin d'oeil, il épousseta sa redingote et se leva du banc. Le soldat exécuta alors une courbette des plus gracieuses et tendit sa main vers celle de Shanoa :

- Après vous Mademoiselle, je vous suivrai n'importe où, jusqu'au bout du monde s'il le fallait… ou bien jusqu'au bout de votre manoir si vous préférez… Surprenez-moi… un thé, une visite ou autre chose.. Tout ce qui pourrait vous faire plaisir… lui répondit-il en retournant la phrase de l'aristocrate.
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Shanoa Wingheart
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MessageSujet: Re: Une visite inattendue [Shanoa, Asher] [10/06/1842] Lun 8 Oct - 22:45

La jeune anglaise jouait au piano des mélodies diverses. Tantôt tristes tantôt un peu plus joyeuses, elle se laissa aller à ses émotions et à son coeur. La balade du matin lui avait fait grand bien et lui avait permis en plus de pouvoir se changer les idées, d’y réfléchir un peu plus. La pièce était tout ce qu’il y avait de plus simple. Un lustre assez volumineux, le pan du mur derrière elle orné de fenêtres et le carrelage d’un blanc éclatant.  Le piano noir contrastait avec la pièce et apportait un cachet assez prestigieux.

Mais elle fut arrêté dans sa partition quand un bouquet de fleurs et un haut de forme firent leur soudaine apparition sur l’instrument à cordes. Se retournant vivement afin  de pouvoir se défendre et de connaître l’identité de cet intrus, elle tomba nez à nez avec Asher Rosebury qui lui sourit et l’empêcha de hurler. La peur avait fait écarquillé ses beaux yeux océans et sa poitrine se soulevait et redescendait à vive allure.  Par où était-il rentré ? Pourquoi ne l’avait-elle pas vu ? Immobile car pétrifiée par la terreur qu’il lui avait faite, elle tourna légèrement son regard vers la fenêtre, ouverte, assez pour qu’un homme tel que le jeune brun puisse s’y faufiler. Ce n’est que lorsqu’il caressa sa joue que la tension se mit à baisser dans la salle. Ayant peur de défaillir, elle se tint à lui in extremis pour pouvoir souffler et reprendre ses esprits. Il n’imaginait pas à quel point la peur qu’elle avait était si grande. Entre Wilhelm dont on n’avait plus aucune nouvelle dans les journaux ni même l’annonce de son arrestation et le fils du vampire qui menaçait de se venger pour la mort de son père...Il y avait de quoi s’inquiéter. De plus, elle voulait s’appuyer contre lui pour voir si cela était bien réel ou non. Elle attendait une lettre de sa part ou bien de ses nouvelles mais pas de cette façon en tout cas. Se rappelant qu’elle était en tenue de cavalière elle rougit de ne pas être un peu plus présentable.
Aidée par son invité surprise à se rasseoir au piano, tous deux entamèrent une mélodie sans même s’être dit un mot. IL y avait de la complicité dans l’air, une  alchimie. Se concentrant pour eviter une fausse notes elle termina sa partie et ses joues prirent un légère teinte rosée face au comportement de son ami. Il avait l’air si attentionné, si heureux de lui avait fait cette superbe surprise.  N’y tenant plus elle se jeta presque sur lui en l’enlaçant, ses bras autour de son cou et lui faisant part de sa frayeur et s’excusant de son attitude. Son corps tremblotait mais ce fut l’odeur du parfum et la délicate attention du bourgeois qui calmèrent la jeune femme.
Lui rendant son sourire, elle répliqua un peu moins nerveuse :

- Vous n’avez pas à vous excusez...vraiment...vous ne pouviez pas savoir...c’est moi qui vous prie de m’excuser...J’attendais de vos nouvelles Monsieur…
se mettant à rire gracieusement, elle continua :
- Non mon ami, jamais je ne vous attellerais à une tâche aussi peu gratifiante. Non permettez moi de confier cette tâche à une de mes domestiques ou bien j’engagerais un garde pour veiller sur mon domaine...Oui...plus tard… pardon…
Relevant la tête et le fixant, elle le contempla et rougit de plus belle face à tant de proximité mais qui ne lui était en aucun cas désagréable. C’était si réconfortant d’avoir une présence à ses côtés. Comprenant alors d’où venait le talent de l’homme pour le piano et le fait qu’il sache si bien en jouer, elle fit d’un air bienveillant et presque pur :
- Si permettez le vous de m’interrompre...je préfère quand même la compagnie d’un ami à celui d’un instrument...Vous avez du vous dire que mes mélodies ne sont guère joyeuses n’est-ce pas ?

Se laissant faire, elle ferma les yeux pour apprécier ce chaleureux baiser sur son front. C’était si reposant de se savoir épaulée, de se sentir comprise.
- Arrêtez vous allez me faire rougir...il ne faut pas penser cela Asher...j’aurais regretté bien vite de vous avoir tué...Je vous préfère en vie que mort… dit elle en souriant d’amusement.

Se levant, elle prit le bouquet qui n’avait pas bougé du piano et le contempla longuement. La composition était parfaite. Les fleurs délicatement choisies et leur parfum enivrait les narines de l’aristocrate. Le remerciant, elle continua à regarder chaque détail de ce cadeau et un sourire angélique se dessina. Des fleurs...Ce n’était que ça mais pour elle cela allait beaucoup plus loin que cette simple pensée. On se préoccupait d’elle, Shanoa était enchantée. Depuis combien de temps un homme ne lui avait-il pas offert un bouquet ? Cela était pourtant devenu si banal mais elle en recevait si peu pour ne pas s’émerveiller.
Relevant un peu les yeux pour voir Asher, elle vit son regard. Que pensait-il ? Qu’elle était si naïve de prendre à coeur une simple composition de végétaux ? A quoi pensait-il ? Se moquait-il d’elle ? Baissant ses prunelles, elle rougit une fois de plus.
Se remémorant la soirée, elle le fixa comme pour savoir s’il disait la vérité. Comme si pour elle elle n’avait pas une grande importance. Mais inconsciemment elle était heureuse de savoir qu’un homme s’intéressait à elle, qu’il avait voulu lui faire une surprise. Et elle porta ses doigts à ses lèvres comme pour se remémorer le baiser devant le portail.

Mais ses pensées furent brisées par la venue de la domestique. La servante venait la prévenir d’un inconnu qui était entré sur le domaine des Wingheart.
Un peu remontée par le fait que quiconque aurait pu entrer et ne pas lui vouloir que du bien, elle la sermonna un peu et se mordit la lèvre quand Asher prit la parole pour taquiner la domestique. S’il savait. S’il savait qu’elle espérait que cela aille plus loin, s’il savait aussi la vie qu’elle menait au-delà de ces murs. Elle se surprit à penser à des choses très coquines et peu convenable pour une femme de son rang. Non Elle n’en était pas encore là et il fallait qu’il fasse ses preuves. Qu’il montre qu’elle pouvait lui faire confiance. Elle ne le connaissait que depuis peu mais elle avait l’impression de l’avoir déjà connu il y a longtemps. Elle était attirée par quelque chose chez lui mais dont elle n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. A chaque fois qu’elle semblait se rapprocher de la réponse, celle-ci lui filait entre les doigts.
Revenant à la réalité sans même avoir éveillé des soupçons quant à ses pensées secrètes, elle se tourna vers son invité et s’inclina respectueusement :

- Mais je sais que si je rehausse le niveau de sécurité ici vous ne pourrez plus me faire la surprise de votre venue, même si je l’avoue cela m’évitera de frôler la crise cardiaque. Mais oui je suis soulagée que ce ne soit que vous et ravie par la même occasion. Je sais que ce n’était pas volontaire et que ce n’était qu’un accident mais parfois les erreurs les plus simples peuvent être les plus fatales.

Amusée de sa réplique elle proposa alors au jeune homme diverses occupations : un tour du domaine, une tasse de thé. Lui rendant sa courbette, elle se rappela qu’elle n’était qu’en tenue de cavalière, c’est à dire un pantalon beige moulant, des bottes qui lui montaient un peu plus haut que le genou, une chemise blanche rentrée dans le pantalon et un long manteau large en bas sombre. Faisant état de ses vêtements, elle s’excusa :
-Je vous prie d’excuser ma tenue peu conventionnelle je ne m’attendais pas à de la visite si tôt et je n’ai pas eu le temps de me changer. J’espère que cela ne vous paraîtra pas vulgaire ou outrageant. Si toutefois cela vous gène, je pourrais me changer et mettre une robe plus formelle.

Mettant sa main dans la sienne, elle se mit à rire. Décidément il savait la mettre à l’aise et l’anglaise  se rapprocha de lui et lui fit presque malicieusement :
- Vous surprendre ? Hummm je pourrais tout d’abord vous montrer l’étendue de ma demeure. Quand on la voit de la rue, elle ne paraît pas immense mais c’est l’une des demeure les plus grandes de Londres, qu’en dites vous ?

Se mordant la lèvre, elle avait une chose en tête mais ne savait pas si elle devait le faire ou non. Elle était si tentée mais avait peur de la réaction du beau brun. Sans crier gare, elle l’embrassa furtivement. Ce baiser avait comme survolé la bouche délicate d’Asher. Les lèvres de la jeune femme à la chevelure de jais sse posèrent comme une plume sur l’eau et qui s’envole presque immédiatement que l’eau a à peine eut le temps d’osciller et d’onduler.  Pour une fois elle avait envie de s’amuser, de braver quelques interdits, de ne pas respecter à la lettre le code. Lui souriant, elle recula vers la porte mais face à lui et joueuse, elle fit :

- Assez surprit à votre goût Asher ?

Prenant le bouquet elle le senti et elle entraîna le jeune homme main dans la main et ils quittèrent la pièce. La maîtresse de maison ordonna à mettre l’assortiment de fleurs dans le plus beau vase et de le poser en évidence dans le salon. Pendant se temps, elle prit la main du bourgeois et lui fit visiter les principales pièces de son manoir. Bien entendu malgré sa bonne humeur et son air innocent et pur, elle se garda bien de montrer sa pièce secrète, son sous sol dérobé. Il lui servait à la fois à cacher ses loisirs nocturnes et ses escapades mais aussi à se protéger si un jour elle se sentait en danger. Shanoa pouvait être naïve mais une voix dans sa tête lui disait de se méfier, de ne pas trop parler, de laisser planer le mystère ? Plus les gens ignorent ce qu’elle est vraiment, plus elle a l’avantage si cela venait à mal tourner. Non quelque chose avait changé en elle depuis l’alchimiste. Elle prenait plus de prudence, plus de sécurité même avec les gens qu’elle appréciait comme Asher Rosebury. Jouer la naïve pour mieux contre attaquer et riposter.
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MessageSujet: Re: Une visite inattendue [Shanoa, Asher] [10/06/1842]

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Une visite inattendue [Shanoa, Asher] [10/06/1842]

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