L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Un pigeon teigneux (Libre)

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Stan Calder
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MessageSujet: Un pigeon teigneux (Libre) Ven 1 Oct - 22:09

Stan poussa un léger soupir avant de poser ses cartes. Décidément, il n'avait pas de chance ce soir. Sans doute ferait-il mieux d'abandonner la partie avant de perdre son dernier shilling...

*Bon ! Faisons les comptes. Il me reste...*

- Tu me dois dix livres Calder.

Le jeune homme redressa brusquement la tête, prêt à protester. Comment pourrait-il devoir de l'argent, alors qu'il lui restait encore quelques pièces en main ?

- Tu as l'air d'oublier que c'est moi qui ai avancé l'argent pour le repas de ce soir ! Renchérit l'homme sans lui laisser le temps de répondre. T'as perdu, tu dois tout me rembourser. C'est l'usage.

- C'est nouveau ça ! S'esclaffa Stan. Si tu crois que je vais me laisser faire, tu te...

- A ta place, je n'essaierai pas trop de discuter. Un conseil comme ça...

Aussitôt, quatre paires d'yeux fort agressives se tournèrent vers lui. Apparemment, toute la tablée semblait au courant de cette nouvelle pratique. Sauf lui évidemment.

*Je vois... Je me suis fait bêtement piégé.*

D'un autre côté, il aurait dû s'y attendre. Frank Jones, l'individu qui lui réclamait avec tant d'insistance le prix du repas, était une de ses victimes favorites. Il jouait mal, ne savait pas tricher et s'énervait dès qu'il avait un mauvais jeu. Par conséquent, Stan s'amusait régulièrement à le plumer. Mais cette fois-ci, Jones avait décidé de lui donner une petite leçon. A présent, il était évident que les trois autres joueurs étaient ses complices.

- Ca va, j'ai compris... Tu auras ton argent demain. Parole d'homme. Tu me connais, je paie toujours mes dettes.

Frank le regarda d'un sale oeil, comme s'il allait lui sauter à la gorge. Puis il se détendit légèrement.

- D'accord... Tu me paieras demain, à la même heure. Mais si tu as UNE minute de retard, tu pourras dire adieu à ta main gauche. En attendant, tu vas nous laisser tes dernières pièces en guise de pourboire...

- Si tu y tiens... Mais n'oublie pas de payer mon whisky.

Stan fila vers la porte, sans se soucier des jurons braillés par son ennemi. Agacer cet imbécile l'amusait beaucoup, mais cela pouvait s'avérer dangereux. Jones devenait facilement violent quand il avait bu et Stan avait déjà vu son poing casser une table. Il faudrait sans doute qu'il donne un peu plus de dix livres s'il voulait qu'il le laisse tranquille.

*Bah, j'ai le temps d'ici demain soir.... Bouh, il fait un de ses froids...*

Le jeune homme rabattit les pans de son manteau autour de lui. S'il voulait trouver dix livres d'ici demain, il lui faudrait certainement détrousser quelques passants. Sans doute devrait-il aller faire un tour du côté des quartiers riches... Pourquoi pas tout de suite après tout ? La nuit était encore jeune ! Il trouverait certainement une ou deux bourses à voler à cette heure-ci.
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Gaspard de Sorel
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MessageSujet: Re: Un pigeon teigneux (Libre) Sam 2 Oct - 19:02

En provenance de Retour de la mascarade

Il faisait un noir d'encre. La soirée était fraiche. Voir même froide. Emmitouflé dans un manteau noir de qualité, le chef recouvert d'un chapeau haut de forme assortit, sa canne épée bien tenue dans sa main gantée, un homme battait le pavé de ses bottes. De sa bouche entrouverte s'échappait un nuage de fumée bien visible. Les cheveux plaqués en arrière d'un roux flamboyant se perdaient dans le col de sa veste, seule marque de couleur sur cet être se mouvant près du pont de Londres.
Ce soir, cet homme revenait d'une pièce de théâtre donnée de l'autre côté de la Tamise, dans un tout petit local, où des gens de basse extraction avaient habitude de se retrouver, ainsi que la bourgeoisie mineure. Pourquoi avoir été si loin de sa demeure alors qu'il vivait dans les beaux quartiers et non loin du grand théâtre de Londres? Tout simplement parce que ces derniers temps, Gaspard avait envie de se mêler à d'autres foules que cette aristocratie décadente qui parfois l'écœurait. Sentiment qu'il éprouvait à certains moments pour lui-même. Il était sortit de sa maison dans l'intention de passer un moment agréable, seul entre tous, dans un lieu qui ne lui était pas commun, cependant à regarder quelque chose qu'il connaissait depuis des siècles. Tout s'était bien déroulé, bien entendu il n'était pas passé inaperçu, des yeux l'avaient détaillé sans gêne, mais au cas où il serait tombé sur des envieux ou des mauvais bougres, il avait prit soin de ne pas se parer de trop d'objets de valeur.
L'aristocrate pensait à la pièce qu'il avait vue
, l'Ecole des Femmes de ce fameux Molière, une comédie qu'il aimait beaucoup. Malheureusement, il n'avait pas eût la chance de la voir à l'époque de sa création, ce qu'il regrettait un peu, mais les choses avaient fait qu'il avait été impossible pour lui de rester en France et il s'était embarqué pour l'Amérique. Ce soir il avait rit, il n'avait pas tenu compte des costumes et des décors moins affriolants qu'à l'accoutumé, il s'était laissé emporter dans la comédie. Et à cet instant encore flottait le reste d'un sourire. Perdu dans ses pensées, il ne faisait pas trop attention à ce qui se passait autour de lui, même s'il se savait dans un quartier parfois malfamé. Connaissant le chemin qui le menait chez lui sur le bout des doigts, il laissait faire ses pieds qui avançaient à un bon rythme.
Cette pièce lui avait fait immanquablement penser à Julia, cette jeune bourgeoise aux doigts de fées qui l'avait enchanté et qui hantait maintenant sa vie à chaque seconde lorsqu'il ne se trouvait pas près d'elle. Bien sur, ils se voyaient régulièrement, mais malheureusement rendre publique leur amour aurait été faire preuve de négligence. Il était noble. Elle était de plus basse extraction. Cela l'affligeait. Il avait souvent outrepassé les règles, mais même s'il avait des envies, celles des autres pouvaient en être autrement. Si l'aristocratie apprenait ce qui se passait entre eux, Gaspard attirerait le regard, il serait objet de potins, il y aurait des conséquences. Mais il n'en avait cure. Ce qui l'empêchait de révéler tout au grand jour c'était son amour pour Julia. Si lui avait des soucis avec la noblesse, la demoiselle serait d'autant plus accablée par les commérages. Elle aurait les bourgeoises jalouses et les nobles outrées sur le dos. Elle serait vite attristée, car dans sa nature, Gaspard se doutait qu'elle n'était pas faite pour être le centre de toutes les attentions, surtout lorsque celles ci étaient mauvaise.
Ils devraient vivre ainsi encore un certain temps. Prévenir petit à petit des personnes. S'ils se rendaient dans des lieux publics, ils devraient se faire discrets. Il faudrait qu'ils masquent jour après jour ce qui les prenait tant à cœur. Mais le Lycan comptait bien trouver un moyen de faire se passer les choses en douceur et qu'un jour ils puissent vivre ouvertement leur relation. Qu'il puisse l'emmener au théâtre, dans un salon de thé, l'accompagner dans des galeries d'art ou au musée. Pourquoi pas se promener au zoo, partir dans sa maison de campagne en sa compagnie... Il avait envie de tant de choses! Il avait retrouvé espoir grâce à elle. Et l'espoir demeurerait tant que cette jeune fille en fleur le voudrait.

D'un pas décidé, l'aristocrate passa le Pont de Londres, longea la Tamise avec dans l'intention de prendre l'une des ries adjacente dans quelques deux cents mètres.


Dernière édition par Gaspard de Sorel le Mer 4 Mai - 12:35, édité 1 fois
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Stan Calder
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MessageSujet: Re: Un pigeon teigneux (Libre) Lun 4 Oct - 9:24

Stan avançait d'un pas rapide en sifflotant joyeusement. S'il continuait par là, il devrait atteindre les limites du quartier en moins de cinq minutes. Heureusement, il n'arriverait pas tout de suite dans les rues les plus riches, où ses vêtements un peu trop usés seraient vite repérés. Non, normalement il passerait inaperçu. Avec un peu de chance, il croiserait sans doute la route de promeneurs nocturnes, de gens revenant du spectacle ou de riches bourgeois désirant s'encanailler. Peut-être pourrait-il même retourner jouer dès ce soir. Mais certainement pas dans la taverne qu'il venait de quitter !

*Jones veut son argent demain à la même heure ? Parfait ! Mais il ne l'aura pas avant !*

Soudain, le jeune homme entendit un bruit de pas venant dans sa direction. Au bout de quelques secondes, il vit apparaître une silhouette plutôt massive. Prudence... Mais l'inconnu s'avéra particulièrement habillé. Mieux ! Avait-il l'air perdu ? Non, il semblait marcher d'un bon pas, comme un homme qu'il sait très bien où il va. D'ailleurs, il n'allait pas tarder à le dépasser s'il n'y prenait pas garde. Il fallait qu'il l'intercepte avant. Stan traversa brusquement la rue pour se retrouver en face de sa future victime.

- Monsieur, je vous prie d'excuser mon insolence... Mais j'ai cru comprendre que vous comptiez vous rendre dans cette rue. Malheureusement, je dois vous avertir qu'il s'agit d'une idée extrêmement mauvaise. L'endroit est particulièrement agité ce soir. Tel que vous me voyez, je viens tout juste d'échapper à une bagarre où j'aurais certainement perdu la vie si je n'avais pas fui. Et pourtant, j'ai l'habitude de ce quartier ! Bien sûr, je ne doute pas une seconde de votre grand courage ou de vos capacités en combat... Mais il serait dommage pour un homme respectable comme vous d'être impliqué dans une rixe avec de vulgaires bandits.

Stan avait montré la direction de la ruelle prolongeant celle où ils marchaient. Tout était silencieux autour d'eux, comme si personne ne se trouvait aux alentours. En dépit de l'horrible danger auquel il prétendait avoir échappé, le jeune homme souriait et ne paraissait pas effrayé le moins du monde. Par contre, son manteau était taché par endroits, la faute à une serveuse qui avait accidentellement renversé un plateau dessus.

- Heureusement, il existe une multitude d’autres routes moins dangereuses pour visiter le quartier. Tout dépend de l’endroit où vous souhaitez vous rendre. Par exemple, je ne vous conseillerais pas de vous rendre dans la taverne la plus proche. Celle-ci est très mal fréquentée et elle est loin d’être la seule dans ce cas. Par contre, si vous traversez ces différentes rues, vous découvrirez des cabarets bien plus attrayants que les sinistres bouges installés par ici.

Tout en discutant, Stan s’était déplacé à côté de l’homme pour obtenir une vue imprenable sur ses poches et sa ceinture. Il lui fallait repérer son objectif, c’est-à-dire sa bourse ou ses objets de valeur, avant de tenter quelque chose. D’ailleurs, il venait de repérer quelques renflements prometteurs dans sa veste… Mais il fallait qu’il détourne son attention s’il voulait y glisser la main. Il lui faudrait agir très vite, car cet homme était probablement sur la défensive. A moins d’être totalement stupide, n’importe qui se méfierait s’il se faisait aborder par un inconnu dans un endroit pareil.

- Tenez ! Dit-il en se plaçant brusquement derrière lui. Vous arriverez rapidement aux meilleurs établissements du quartier si vous passez par cette petite rue. Je reconnais qu’elle ne paye pas de mine, mais je vous assure qu’elle vous fera gagner beaucoup de temps.

Tandis qu’il indiquait une direction à l’homme, sa main s’égara vers une poche apparemment bien remplie. Elle ne s’y arrêta qu’à peine une ou deux secondes, pour éviter d’être remarquée. Au même moment, les deux hommes purent entendre une rumeur qui s’approchait d’eux. Apparemment, une bande d’ivrognes passait dans la ruelle à côté. Stan en profita pour visiter une autre partie de la veste. Ses deux larcins, ou tentatives de larcin, ne lui avaient pas pris plus de dix secondes. Mais la rapidité était sa seule chance d’éviter qu’on ne le remarque.

- Vous voyez, ajouta-t-il en s’écartant de quelques pas, vous ne devriez pas rester dans un endroit aussi malfamé. Heureusement que vous êtes tombé sur moi au lieu de croiser la route d’un bandit.
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Gaspard de Sorel
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MessageSujet: Re: Un pigeon teigneux (Libre) Mar 12 Oct - 17:26

L'aristocrate ne vit qu'au dernier moment le jeune homme qui lui parla la seconde suivante. Il stoppa sa marche subitement. Il fronça les sourcils et raffermit sa poigne sur le pommeau de sa canne. Ses yeux de feu foudroyèrent la personne qui l'accostait. Personne qui d'après son allure n'était pas de son rang, c'était l'un de ces nuisibles dont Londres regorgeait. Un jeune homme aux cheveux en bataille, paraissant noir dans la pénombre, dont les vêtements usés déterminaient une classe ouvrière, voire pire. C'était un de ces badeau banals que le noble ignorait de voir lorsqu'il en croisait dans la rue, un homme qui n'avait pas eut la chance de naitre dans le bon berceau et qui se donnait rarement la peine de s'élever au delà de sa naissance. Fort heureusement, pensa Gaspard.
Il hésitait entre l'ignorer, l'éviter d'un geste rapide, partir à grandes enjambées, ou bien l'écouter tranquillement et rejeter posément sa proposition d'aide, pour partir ensuite.


- Je n'ai... L'aristocrate avait ouvert la bouche pour parler, cependant l'inconnu avait la langue bien pendue et ne semblait pas vouloir le laisser prononcer une phrase.

Il se renfrogna, la mine sombre, pestant intérieurement contre la mauvaise fortune qui l'avait fait traverser le pont de Londres au mauvais moment et rencontrer cette raclure qui le retenait. Il se doutait que même s'il avançait, cet idiot continuerait à le suivre. Il devait avoir les veines remplies d'alcool. Quoique d'après le débit de ses paroles et le son de sa voix, cela ne se pouvait. D'ailleurs, il semblait étrange à Gaspard que cet homme qui disait vouloir l'aider, le protéger d'un danger, n'avait aucune crainte lisible sur son visage. L'aristocrate ne poussa pas plus loin ses déductions, trop impatienté par la situation.


- Attendez, attendez vous dis-je...

Mais ces nouvelles paroles ne firent pas encore taire son interlocuteur. Le Lycanthrope soupira et ferma quelques secondes les yeux, avant de les rouvrir et de ne plus voir celui qui lui parlait. Il s'était déplacé sur ses flancs, puis derrière lui en un bond. Se retournant vers lui, fronçant les sourcils et se demandant ce qui pouvait bien l'avoir fait bouger ainsi. Il s'avéra qu'il lui montrait un chemin. Comme s'il n'était pas assez vieux pour connaître Londres! Résigné, Gaspard regarda la direction qu'on lui indiquait.

- Laissez moi tranquille je vous prie, dit Gaspard dans un heureux moment de silence.

Il allait continuer sa phrase lorsqu'il entendit du bruit non loin. Attiré par celui ci, il tendit l'oreille. Il s'agissait d'hommes. Soudainement, Gaspard espéra ne pas tomber dans un guet-apens monté de toute pièces par de la vermine. Son cœur se mit à battre plus vite. Mais rien dans son attitude ne laissa paraître son trouble.


- Oui, quel heureux hasard d'être tombé sur vous. D'ailleurs, laissez moi vous dire quelque chose: vous m'avez importuné, je n'ai pas l'habitude d'être traité avec si peu d'égards. Rien d'étonnant de la part d'une personne de votre espèce. Alors sachez mon enfant, que je n'ai nullement besoin de votre aide, les tavernes et les cabarets sont peut-être un divertissement digne de vous maroufle, mais loin de moi l'intention de m'avilir à y pénétrer. Maintenant, Gaspard mit la main dans l'une des poches de sa veste pour y trouver sa bourse et fronça les sourcils. Il marqua une pause puis dit: j'aimerais vous poser une petite question...

Il était pourtant certain d'avoir mit sa bourse dans cette poche. Il se souvenait même l'avoir remit après s'être payé un ticket pour le théâtre. Pareil à ses habitudes il avait même vérifié une seconde fois qu'elle était à sa place et non tombée au sol par mégarde. Depuis il n'y avait pas touché et dans la loge ou il avait regardé L'école de Femmes, il n'y avait personne. Et ce jeune homme était presque la seule personne à l'avoir approché depuis la fin de la pièce. N'aimant pas se mêler à une trop grande foule, Gaspard avait patienté, afin qu'une grande partie des hommes et des femmes aient quitté les lieux. Personne ne l'avait approché à moins de deux mètres. Personne jusqu'ici.
Cependant, l'aristocrate garda ses doutes pour lui. Il n'y avait rien qui avait de l'importance dans cette bourse. Pour lui du moins. C'était certainement une petite fortune pour un habitant des bas quartiers. Il s'en fichait éperdument.


- Non laissez. J'espère que vous ferez bon usage de ce que vous avez gagné de moi.

L'aristocrate avait prononcé ses paroles les yeux rivés dans ceux du jeune homme. Il n'avait plus rien à dire. Il désirait seulement rentrer maintenant.

- Quant à moi, je m'en vais par ce fabuleux chemin que vous m'avez indiqué. Au bon plaisir de vous recroiser un jour.

Gaspard tourna les talons, enfonçant les mains dans ses poches vides. Cependant il s'arrêta brusquement. Ce n'était pas seulement la bourse qui avait disparu. Le ruban. Lui aussi n'était plus dans sa poche. Le bicentenaire ressentit un tiraillement au cœur. Non! Aussi vite qu'il s'était arrêté, le Lycan fit demi tour et s'approcha en deux enjambées de la vermine qui lui avait dérobé son bien. Il était en fureur. L'argent n'était rien pour lui. Mais ce petit bout d'étoffe qui ne le quittait plus avait tant de valeur qu'il ne pouvait pas se le laisser prendre.
Violemment, Gaspard attrapa le jeunot par le col et approcha son visage du sien. Le ruban il en était certain, n'avait pas pu tomber.


- J'espère que tu mesures ce que tu as fait. Et que tu ressens de la peur! Tu vas payer pour cet affront...
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Stan Calder
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MessageSujet: Re: Un pigeon teigneux (Libre) Mer 13 Oct - 7:38

Au début, Stan trouva cette rencontre fort distrayante. Evidemment, l’inconnu ne souhaitait qu’une seule chose : fuir à toutes jambes cet excité. Mais le jeune voleur n’avait pas l’intention de le laisser s’échapper ! Cherchant à l’étourdir de paroles, il inventa toute une histoire pour empêcher sa nouvelle victime de réagir. Cependant, cela ne durerait pas longtemps… Juste assez pour le soulager d’une bourse qui devait terriblement l’alourdir. Et peut-être de quelques bijoux ? C’est qu’il avait l’air riche, cet inconscient…

*Hum, ça risque d’être plus difficile. Mieux vaut laisser tomber si je ne les trouve pas tout de suite.*

Effectivement, il valait mieux éviter de rentrer en conflit avec un individu capable de le plier en deux s’il l’attrapait par le mauvais côté. Heureusement, Stan n’avait pas pour habitude de s’attarder après avoir dépouillé ses proies. Il lui suffirait de se montrer assez rapide pour disparaître avant que l’autre ne comprenne ce qui lui était arrivé. Au moment où il sentit une baisse d’attention de la part de l’inconnu, il se glissa derrière lui en vidant ses poches au passage.

*Pas le temps de regarder ce que j’ai pris… Je dois filer maintenant.*

Manque de chance, cet homme semblait un peu trop énervé pour le laisser s’échapper sans rien dire. Il était encore trop proche de lui. S’il partait en courant, il le rattraperait un peu trop facilement. Il garda donc son expression souriante et aimable, tandis que le richard l’assommait d’un cours de morale.

*Pour quelqu’un qui voulait qu’on lui fiche la paix, il est plutôt bavard !*

Ah, il n’avait pas l’habitude qu’on l’ennuie ? Pauvre petit va ! Voilà ce qui arrivait quand on sortait tout seul dans la rue. La prochaine fois, il ne faudra pas qu’il oublie sa bonne !

*Non mais pour qui il se prend ce vieux croûton ?*

Stan fit un effort pour conserver un sourire poli, mais il avait bien du mal à rester de marbre. Il allait faire quoi maintenant ? Lui conseiller de se mettre au pain et à l’eau pour faire pénitence ? Lui donner l’adresse du monastère le plus proche ?

*Bon allez… Dégage puisque tu en as tellement envie !*

Soudain, le jeune homme comprit que la situation venait de changer. L’inconnu avait mis sa main dans sa poche et ne pouvait que s’être rendu compte de l’absence de sa bourse. Pourtant, il ne lui demanda rien. Stan était persuadé qu’il savait ce qu’il avait fait, mais il le laissait s’en aller.

*Et ce n’est pas moi qui vais m’en plaindre !*

- Monseigneur… Lâcha-t-il avant de se détourner.

Finalement, cette rencontre se terminait plutôt bien. Non seulement il avait récupéré une bourse bien remplie, mais son propriétaire ne semblait pas vouloir la lui réclamer. Que demander de plus ? Pour une fois qu’il était tomber sur un bon samaritain, il avait eu raison de voler tout ce qui lui tombait sur la main.

*Et maintenant, où vais-je aller ? Vu la taille de la bourse, je peux encore jouer toute la nuit.*

Stan soupesa avec satisfaction le sac de cuir dissimulé dans sa poche. Sur le coup, il en oublia que sa victime n’était pas encore très loin et pouvait toujours changer d’avis. Alors qu’il s’éloignait tranquillement, il sentit une poigne de fer le saisir par le col et le tirer violemment en arrière. Il se retrouva face à face avec un visage qui n’avait rien, mais vraiment plus rien à voir avec le richard blasé de tout à l’heure.

- Lâchez-moi !!! Je… Je n’ai rien fait que vous…

Ah ça oui ! Il ressentait bien la peur, très bien même ! Mais le reconnaître n’allait certainement pas le sauver. Paniqué, il fourra la main dans son manteau à la recherche de son couteau. Heureusement, une lueur d’intelligence l’arrêta avant qu’il ne le sorte.

*Non ! Ce n’est pas la solution ! Ca ne ferait qu’aggraver les choses !*

Vu sa position, il ne pourrait pas se servir de son arme comme il le souhaitait. Et pourtant, il ne devait pas rater son adversaire. Si cet homme s’emparait de son couteau, il serait capable de l’éventrer !

- Ecoutez ! Je ne sais pas pourquoi vous réagissez comme ça. Mais… Mais tout ce que j’ai pris est là. Il ne manque rien…

Le jeune homme vida entièrement l’une de ses poches et jeta le contenu par terre. Il n’avait pas encore eu le temps de vérifier ce qu’il avait volé. Après avoir détroussé son futur agresseur, il avait tout mis au même endroit. Il savait juste qu’il avait eu la chance de récupérer une bourse bien remplie. Le reste, il s’en moquait un peu, sauf maintenant.

- Je vous assure qu’il n’y a rien autre ! Lâchez-moi, vous m’étranglez !

Vexé qu’on l’ait attrapé aussi facilement, et surtout très inquiet à l’idée de ce qui pouvait lui arriver, Stan se débattit frénétiquement. Si seulement il parvenait à balancer à cette grosse brute un coup de pied bien placé… Ou un poing en pleine figure… Mais c’était plus facile à dire qu’à faire.

*Il est obligé de me libérer s'il veut récupérer ses affaires. Ca va s'arranger...*
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Gaspard de Sorel
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MessageSujet: Re: Un pigeon teigneux (Libre) Mar 26 Oct - 15:32

La fureur de l'aristocrate était à son comble. Son si soudain changement de comportement avait été vif. Il avait agrippé ce pauvre jeune homme sans qu'il ne puisse se débattre et dans ses quelques paroles prononcées il avait ourdit une rage qui broullait en lui. Toujours dans les règles, ou presque, Gaspard parlait sans dépasser les mesures. Mais cette fois-ci ses actes disaient tout ce qu'il ressentait sur le coup. Sa voix était distincte, mais chuchotante, martelant chaque mot. Tout portait à croire qu'il était devenu fou. Fou pour une étoffe. Mais quelle étoffe! Celle que sa chère et tendre lui avait confiée. Bien sur, le petit voleur ne pouvait pas se douter de ce qu'il avait commis. Quoique, si, il savait avait réalisé un méfait. Mais il ne connaissait pas encore la réelle raison qui lui vaudrait certainement d'être bastonné.
Le visage du Lycan, presque collé à celui du jeunot, avait les trais tirés par ce sentiment qu'il ressentait rarement. Ses yeux ambrés n'avaient plus rien d'amicaux et leur couleur semblait rougir. Mais ce n'était qu'un effet d'optique du à la lumière. Son haleine chaude, profonde, se rependait sur le pâle visage de celui qui pouvait être nommé victime. Il y avait quelque chose d'ancien enfouit dans les expressions de l'aristocrate. Ainsi il faisait deux fois son âge. Ces réactions faisaient partit de son quotidien à un moment de sa vie passée qu'il avait enfouit dans un tiroir de sa mémoire pour ne plus le laisser en ressortir. Mais parfois il devait faire face à des résurgences, au grand malheur de ceux a qui il était confronté.
Grisé par la colère, Gaspard serra d'autant plus le col du jeune homme. Il avait envie de lui briser les os. De lui déchirer la nuque. De le vider de ses viscères. Il avait cette envie animale de faire un carnage. Ses sentiments étaient embrouillés et d'entendre le voleur lui demander de le lâcher ne l'apaisa nullement. Mais celui-ci fit quelque chose qui le sauva sans aucun doute. D'un geste, il avait jeté à terre le contenu de ses poches. Sans pour autant lâcher le gamin, le Lycan fit glisser ses yeux sur les objets étalés sur le sol. Il distingua alors le ruban de tissu bleu que Miss Thanas lui avait prêté en gage d'amour. Son coeur s'emballa. Cet idiot de voleur lui avait bien prit ce qui était cher à ses yeux! Mais il semblait vouloir le lui rendre, ajouta la voix de la raison au fond de Gaspard. Divisé entre le désir de faire mourir cet ingrat et la bienséance qui voulait qu'il se calme sans tarder, l'homme ne savait que faire.
Finalement, alors que le jeune homme se débattait frénétiquement et lui donnait des coups, certainement plus faible que ce dont il était capable à cause du manque d'air, l'aristocrate le repoussa en arrière avec violence. Tout en lui lançant:


- J'aurais prit beaucoup de plaisir à t'étrangler jusqu'à ton trépas, mais ton sang ne vaux pas cette peine.

Il se baissa et attrapa le fin bout d'étoffe qu'il mit sans tarder dans sa poche. Tout aussi vite qu'il s'était accroupit, le bicentenaire se releva. Sa mine était sombre, il sentait encore en lui l'envie de faire souffrir cet énergumène qui l'avait importuné. D'un ton acerbe il ajouta, le regard rivé sur sa cible:

- C'est uniquement par pitié pour toi que je te laisse le reste. Maintenant va t'en manant, avant que je ne décide de passer outre la clémence et les règles.

Il espérait que ses sarcasmes toucheraient le voleur dans sa fierté. Quoiqu'il puisse en douter, étant donné qu'il n'avait peut-être pas comprit le sens de ses mots. La fureur de l'aristocrate était retombée, il se sentait las de cette situation et désirait plus que tout rentrer chez lui. Cependant, il se demandait ce qu'allait faire le jeune galopin. Peut-être n'avait il pas apprécié de se faire maîtriser ainsi et que cela le pousserait à venir de nouveau à sa rencontre. Si tel était le cas, Gaspard l'attendait de pied ferme avec dans l'intention cette fois ci de ne pas le laisser sans une égratignure.
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Stan Calder
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MessageSujet: Re: Un pigeon teigneux (Libre) Jeu 28 Oct - 2:51

Cette nuit-là, Stan sentit la mort le frôler de très près… L’inconnu l’avait soulevé par le col comme s’il ne pesait pas plus lourd qu’un paquet de chiffons. Le jeune homme avait beau se débattre, il tenait bon ! On aurait même dit qu’il serrait son cou de plus en plus fort, comme s’il voulait l’étrangler.

*Ce n’est pas qu’une impression… S’il continue, il va m’étouffer… Ou me briser la nuque…*

Stan serra les dents pour ne pas paniquer quand il vit l’homme s’abandonner à la fureur. Il semblait vraiment effrayant ! Pendant une seconde, le voleur se demanda s’il avait bien un humain en face de lui.

*C’est pas vrai… J’aurais détroussé un monstre en plus…*

La situation lui parut si ridicule que ses nerfs faillirent lâcher. Il fut pris d’une énorme envie d’éclater de rire… Ou peut-être d’hurler, tout simplement. Mais la faible voix de la raison lui souffla de se reprendre et de réfléchir deux secondes avant d’imaginer n’importe quoi.

*Arrête de délirer Stan… Des coïncidences pareilles, ça n’arrive jamais. Tu crois que tu n’as pas assez d’ennuis comme ça ?*

Le voleur se débarrassa rapidement de son larcin, en espérant que ce que réclamait ce fou se trouvait bien dedans. S’il l’avait perdu ailleurs, ce serait la catastrophe ! Malheureusement, ce geste de bonne volonté ne parut pas suffisant pour le calmer. Le jeune homme se débattit pour se libérer, mais ses mouvements lui semblaient lourds. Il ne parvenait plus à respirer normalement et sa vue commençait à se brouiller.

*Je vais y passer… C’est fichu… Je vais mourir…*

Au même instant, Stan se sentit partir en arrière, comme s’il allait s’écrouler par terre. Heureusement, le mur situé derrière lui l’empêcha de s’effondrer sur le sol. Au bout de quelques secondes, il comprit que son adversaire l'avait finalement lâché. A moitié asphyxié, il lui fallut plusieurs grandes respirations pour reprendre son souffle. Il ne fit pas attention à l’inconnu quand celui-ci se baissa pour récupérer ce qu’il cherchait. Mais il entendit ses paroles, qui lui parurent aussi pompeuses que méprisantes. D’un seul coup, la colère envahit le jeune homme, lui faisant oublier qu’il risquait gros s’il ne partait pas tout de suite.

- TU SAIS OU TU PEUX TE FOURRER TON ARGENT ! ESPECE DE MALADE !!!

Une seconde, il fut tenté de s'en aller sans rien prendre, voire de cracher à la figure de cette brute qui l’insultait. Il était plus riche que lui, mais cela ne lui donnait pas le droit de le traiter comme un valet ! Et il croyait qu’il allait accepter sa pitié en plus ? Le voler d’accord, prendre son aumône non ! Très énervé, Stan se rappela cependant la dette qui lui restait à payer. Il saisit la bourse, en retira dix livres qu’il compta soigneusement pour ne pas prendre un penny de trop et jeta le petit sac de cuir aux pieds de son propriétaire. Il le vit avec satisfaction atterrir dans une flaque d’eau sale.

- Oh désolé ! Fit-il d’une voix moqueuse. Mais si tu as peur de salir tes petits doigts fuselés, d’autres feront le travail à ta place. Comme toujours !

Stan savait très bien qu’il aurait dû se taire et filer sans demander son reste. D’ordinaire, il était trop raisonnable pour asticoter quelqu’un qui avait failli l’étrangler. Malheureusement, il avait eu si peur cette fois-ci qu’il brûlait d’envie de se venger, d’humilier cet individu tellement méprisant.

- En tout cas, je me souviendrai de ta poigne ! Tu dois souvent battre tes domestiques pour avoir autant de force. Et je suppose que ta femme en profite aussi… La pauvre, je la plains sincèrement ! Mais un ours comme toi ne peut pas être marié ! Ajouta-t-il en riant.

Le jeune homme sentit qu’il commençait à aller trop loin en paroles. Il ne savait pas si cet homme allait réagir, mais il ne se laisserait pas faire cette fois-ci. Il glissa sa main dans son manteau et saisit son couteau, qu’il dissimula contre sa manche. Sans un mot de plus, il se détourna, comme s’il allait s’en aller. Demain, il regretterait sûrement d’avoir abandonné une bourse bien remplie par pur orgueil. Pour l’instant, il voulait juste rentrer chez lui.
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Gaspard de Sorel
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MessageSujet: Re: Un pigeon teigneux (Libre) Ven 29 Oct - 14:56

Tandis que le petit voleur l'insultait, Gaspard fit passer la pointe de sa chaussure sous sa canne épée qui était tombée sur le sol irrégulier lorsqu'il avait à moitié étouffé son interlocuteur, et d'un geste habile il l'envoya en l'air et la rattrapa au vol. Les mots de la vipère qui se trouvait devant lui l'atteignirent à peine, s'était la peur qui parlait et certainement un égo vexé de s'être ainsi laissé faire. Mais malgré ses mots, le jeune homme se baissa pour prendre quelques pièces dans la bourse de l'aristocrate, et comme s'il ne voulait pas faire preuve de faiblesse il lança le reste dans une flaque d'eau. Réaction puérile pensa le Lycan, qui ne se retient pas de dire, après la petite réplique médisante du voleur:

- Oh ce n'est pas moi qui ai besoin de cet argent, lança l'aristocrate d'un ton acerbe. Je ne pense pas non plus avoir laissé à quelqu'un d'autre le soin de te remettre à ta place, n'est il pas vrai?

Un sourire étrange se dessina sur les lèvres de Gaspard. Avec cette mimique, il avait quelque chose de terrifiant, on aurait pu croire un fou qui jouait avec sa proie avant de prendre la décision de la broyer car elle n'avait plus d'intérêt. Rare étaient ceux à avoir vu le bicentenaire dans cet état et sa pauvre victime ne semblait pas prendre conscience que sa manière d'agir amusait énormément l'aristocrate. Cette manière de se défendre après avoir été humilié était typique, mais il ne pourrait rien contre lui. Les mots qu'il dit par la suite élargirent le sourire du Lycan, qui découvrit sa dentition.

- Souvient-en en effet. Et sache, mon enfant, que ce n'est pas en battant mes proches que j'ai acquis cette force, et à la place de faire le beau tu devrais fuir devant moi, car t'étrangler n'est rien par rapport à ce que je peux te faire subir.

Contre toute attente, même s'il ne l'avait pas montré, Gaspard avait été touché par ce que le voleur lui avait dit. Comme s'il avait pu frapper quelqu'un de son entourage! C'était une méprise! Mais il s'était tout de suite raisonné en se disant que cet enfant tentait seulement de se défendre ou de le provoquer, alors qu'il aurait du prendre ses jambes à son cou. En cet instant, l'aristocrate n'avait nullement l'intention de partir, il attendait avec impatience de voir les réactions du jeune homme, comme si tout cela n'était qu'un jeu. Une simple plaisanterie, qui pouvait mal tourner car le voleur avait sortit son couteau, chose que Gaspard n'avait pas vu.
Comme pour provoquer le voleur, le Lycanthrope fit un pas en avant. Les yeux rivés sur lui, il analysait tout de ce qu'il voyait de lui. D'après son maintient, il était sur la défensive et encore maintenant on entendait sa respiration sifflante après s'être fait étrangler. Malgré ses paroles qui voulaient donner l'air d'être dans son élément, Gaspard sentait bien que le jeune homme avait été terrifié et qu'il ne s'enfuyait pas parce qu'il voulait effacer l'affront qu'on lui avait fait subir. Réaction toute humaine, mais qui n'était pas toujours réfléchie.


- Allez, va chercher cette bourse, tu en meurt d'envie. Ce n'est pas pour laisser tout cet argent que tu as décidé de t'en prendre à moi. Maintenant qui tu peux avoir une petite fortune, tu oserais cracher dessus? Ce n'est pas logique...

Nouvelle provocation. Gaspard ne savait pas ou il voulait en venir. Mais il prenait un malin plaisir à ridiculiser le jeune homme et à le mettre face à ses contradictions.

- Hum, attends mon garçon.

L'aristocrate marcha jusqu'à la flaque d'eau et en sortit la bourse du bout de sa canne. Il se retourna vers le voleur et lui fit un signe de la tête. Il était impassible. Mais au fond de lui il riait de la situation.

- Tiens prend là, elle n'attend que toi.

Le visage de Gaspard était froid. Dur. Comme la glace éternelle des hauts neigeux. Il attendait de voir ce que ferait le jeune homme. Il patientait sans un mouvement. Il avait hâte de voir ce qui allait se produire. Pousser ainsi quelqu'un n'était pas dans ses habitudes, loin de là même si dans son passé il l'avait déjà fait, mais cela faisait un bien fou de voir que de simples paroles pouvaient avoir un impact sur autrui. Parfois même plus que des actes en eux même.

Qu'allait-il faire?
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Stan Calder
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MessageSujet: Re: Un pigeon teigneux (Libre) Ven 29 Oct - 20:54

Stan avait beau rire ouvertement de son adversaire, il savait très bien le danger que représentait celui-ci. Pourtant, son énervement lui faisait oublier sa prudence habituelle. Sa raison lui répétait de s’éloigner rapidement, de disparaître dans les ombres comme il savait si bien le faire et de rentrer chez lui. Hélas, il était trop vexé pour agir raisonnablement. Pour se venger, il voulut se montrer aussi méprisant que cet homme. Mais ce dernier réagit cette fois-ci avec le plus grand calme.

- Tu m’as attaqué par derrière ! Répondit-il sèchement. C’est facile de rosser quelqu’un dans ces conditions ! Si tu n’avais pas agi comme un lâche, tu aurais eu beaucoup plus de mal à m’attraper.

*C’est bien la dernière fois que tu me saisis par le col. La prochaine fois, tu y laisseras ta main…*

Fuir ? Et puis quoi encore ? Pour l’entendre se moquer de lui et le traiter de gamin ? Ou pour qu’il s’amuse à lui tirer une balle dans le dos ? Peut-être était-ce ce qu’il souhaitait dès le début… Etriper quelques personnes trop pauvres pour qu’on se soucie de leur sort devait être un loisir bien distrayant pour certains nobles ou riches bourgeois. Après tout, ils ne risquaient pas grand-chose à s’amuser de la sorte. Cependant, Stan ne croyait pas vraiment à cette théorie. Cet individu aurait pu le tuer trop facilement tout à l’heure.

- Mais je suis terrifié… Ajouta le jeune homme avec un rictus moqueur. J’ai si peur que je ne peux même plus bouger. Malheureusement, plus j’ai peur, plus j’insulte les gens. C’est comme une maladie, je suis incapable de me retenir. Quel dommage ! Je m’en veux tellement d’ennuyer un vieux débris comme toi !

Cependant, cette situation commençait à fatiguer le voleur. Plus le temps passait, plus cet inconnu le mettait mal à l’aise. Il pouvait comprendre qu’il se soit mis en fureur parce qu’il lui avait volé un objet précieux. Pourtant, le fait de l’avoir récupéré ne semblait pas suffisant. Cherchait-il à se venger d’une autre façon ? Stan se détourna, bien décidé à planter là cet individu désagréable. Mais il s’immobilisa quand il le vit s'approcher de lui.

*Qu’est-ce qu’il veut maintenant ?*

- Etre hautain et violent ne te suffit pas ? Tu es sourd aussi ? Je ne veux PAS de cet argent !!! C’est clair cette fois-ci ou tu es trop décrépi pour entendre ?!? Je peux gagner ce genre de petite fortune quand ça m’amuse. Je n’ai même pas besoin de voler pour ça !

Cette remarque n’était pas vraiment exacte, car Stan jouait la plupart du temps avec des personnes aussi pauvres que lui. Il arrivait que des gens un peu plus riches viennent s’encanailler dans le quartier, mais ils ne se promenaient pas avec autant d’argent. Le jeune homme suivit avec soin chaque mouvement de son adversaire. Il le vit suspendre la bourse au bout de sa canne pour la mettre sous son nez. Le voleur observa l’objet avec dédain, avant de relever la tête vers l’inconnu.

*Hé bien… Puisqu’il a envie de jouer…*

Brusquement, le couteau jaillit dans sa main droite, comme s’il sortait de nulle part. Stan regarda froidement l’homme en face de lui. Allait-il lui lancer son arme à la tête, viser la gorge ou profiter de son éventuelle surprise pour fuir ? Le jeune homme ne choisit aucune de ces options. D’un geste vif, la lame fendit en deux la bourse sur une canne perchée. Les pièces s’éparpillèrent sur le sol sans qu’il n’y prête attention. La scène n’avait duré que quelques secondes. Stan avait réagi rapidement, pour ne pas laisser le temps à son ennemi de l’attaquer.

- Tout compte fait, personne n’emportera cette bourse, ajouta-t-il d’une voix calme.

Son couteau était de nouveau dissimulé par sa manche, mais il l’avait gardé en main. Cependant, il ne donnait pas l’impression de vouloir s’en servir.

- Je ne sais pas pourquoi vous êtes encore là, mais je n’éprouve aucune envie de vous tenir compagnie. Même si je suis loin d’être aussi inoffensif que j’en ai l’air, il y a des choses bien plus dangereuses que moi qui traînent dans ce quartier, surtout la nuit. Vous avez beau être fort, je crois que vous ne feriez pas le poids devant une bande armée. Malheureusement, vous êtes justement le genre de personne qui les attire. Pire qu’une charogne pour de la vermine ! Alors, vous comprendrez que je vous laisse seul, face à vos futurs ennuis…

Stan s’éloigna de quelques pas, en gardant un œil sur son ennemi au cas où il tenterait de l’agresser. S’il avait cessé de tutoyer cet homme, ce n’était nullement par respect. A présent calmé, il tenait à maintenir une certaine distance avec un individu dont il se méfiait. D’ailleurs, il trouvait ridicule de s’être énervé à ce point. Qu’aurait-il fait si une bande de voyous avait débarqué ?

*Facile, je les aurais aidés à le massacrer… Pensa-t-il avec un sourire méchant. D’ailleurs, c’est bizarre que personne ne soit venu. Avec tout le bruit qu’on a fait…*
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Gaspard de Sorel
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MessageSujet: Re: Un pigeon teigneux (Libre) Lun 15 Nov - 19:00

Gaspard sentit bien que son interlocuteur n’était pas à l’aise. Qui le serait dans pareille situation ? Prit la main dans le sac, confronté à un aristocrate grand et imposant, personne n’aurait désiré prendre sa place. Il devait avoir envie de partir, ou bien de disparaître comme par enchantement. Mais à la place de s’éloigner la queue entre les jambes, ce gredin persiflait des injures plus grosses que lui. Le traiter de lâche n’était pas la solution, la noblesse de mœurs dont l’aristocrate faisait preuve interdisait de prendre un homme dans le dos, il avait seulement fait preuve d’efficacité. Comme un enfant terrifié par l’autorité parentale, le voleur se justifiait et expliquait la raison de la démesure de ses propos. Cela n’excusait en rien son comportement provocateur aux yeux de Gaspard qui se retint de bondir sur ce gringalet lorsqu’il l’insulta de « vieux débris ». Il avait déjà fait preuve de violence et la tension commençait à retomber. Et le bicentenaire à retourner dans la léthargie habituelle qui calfeutrait ses sentiments. Même s’il lançait des sarcasmes, il allait bientôt perdre toute envie de parler. Il voudrait rentrer dans sa demeure, s’asseoir devant un bon feu de cheminée et lire la suite du Rouge et le Noir.
Il continuait de provoquer le jeune homme et en recevait de glorieuses répliques railleuses à souhait, qui tantôt l’amusait et tantôt le vexait, mais il ne transparaissait sur son visage qu’indifférence et froideur. Et bien vite, après avoir poussé le garçon à bout, Gaspard eût la réponse à sa question. Le petit voleur sans le sou qui avait tenté de lui dérober son argent et qui avait réussit par le fait, et s’était ensuite fait prendre, mais pas pour la chose à laquelle il s’attendait, ce petit voleur surprit le Lycanthrope. Sans qu’il ne s’y attende, la bourse tenue au bout de sa canne épée tomba au sol et l’argent se répandit sur le sol en tintant. La bourse en tissus onéreux était fendue, devenue inutilisable. Le regard de Gaspard la contempla un certain temps, même après que le jeune homme ait parlé d’une voix qui s’était raffermit et avait tenu un discours moralisateur de quelqu’un qui connaissait parfaitement la vermine de Londres. Et qui en faisait partie.
Les yeux ambrés de l’aristocrate quittèrent les pavés étincelants pour s’attarder sur le voleur. Il n’avait pas eût le temps de réagir, s’il l’avait voulu ce scélérat aurait pu lui placer le couteau sous la gorge. Avait-il voulu lui donner une leçon ? C’était en partie le cas d’après ce qu’il avait pu entendre. Oui, il voyait bien que le jeune homme savait manier les armes courtes, comme le ferait un homme habitué à agir vite et proprement. Avait-il déjà tué pour de l’argent ? Cela n’étonnerait pas Gaspard. Il n’y avait plus rien qui pouvait l’étonner de la part des basses classes de la société. Tous plus bestial les uns que les autres.


- Puisque nous ne voulons plus nous tenir compagnie l’un comme l’autre, je retourne vaquer à mes affaires. Mais la prochaine fois que tu détrousses une personne, assure toi qu’elle ne voit même pas ta présence. Le mieux aurait été de s’en prendre à une foule. Mais bon, je ne vais pas t’apprendre ton métier…

Tout en parlant, le Lycanthrope avait lui aussi placé quelque distance entre lui et le jeune voleur. Il espérait que ses dernières paroles allaient le vexer. Il faisait aussi attention à ce qu’il ne vienne pas lui couper la gorge l’instant suivant. Les sens en alertes, l’aristocrate s’éloignait. Bien décidé à quitter les lieux. Ce n’est que quelques rues plus loin qu’il baissa sa garde. Le voleur ne l’avait pas suivit. Tout du moins il l’espérait.

En partance pour Retraite à la campagne


Dernière édition par Gaspard de Sorel le Mer 4 Mai - 12:37, édité 1 fois
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Stan Calder
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MessageSujet: Re: Un pigeon teigneux (Libre) Mar 30 Nov - 15:16

Stan avait reculé lentement, sans quitter l’inconnu des yeux. Il savait très bien que son geste ne serait pas interprété comme une bonne plaisanterie, même si la conclusion de la rencontre l’amusait. A présent, cet homme devait le considérer comme un ennemi dangereux… D’ailleurs, il avait bien raison ! Il avait déjà affronté bien plus coriace que ce richard et il s’en était toujours bien sorti ! S’il le croisait à nouveau, peut-être ne se montrerait-il pas aussi magnanime !

*C’est ça, recule… Rentre bien vite dans ton nid douillet maintenant !*

Evidemment, le jeune voleur ignorait la nature de celui qui se trouvait en face de lui. Dans le cas contraire, sans doute se serait-il montré plus prudent, mais aussi plus agressif. Au lieu de cela, il s’éloigna d’un pas détendu quand il comprit que l’homme n’avait pas l’intention de se venger.

- Oh, ne vous inquiétez pas ! Je connais très bien mon métier, bien mieux que vous ne pouvez l’imaginer, répondit-il en souriant. Mais savez-vous ce qu’est mon métier seulement ? Ou quelles sont mes activités nocturnes ? En général, j’ai mieux à faire que de détrousser un vieillard !

Sur ces méchantes paroles, Stan se détourna et s’enfonça dans la ruelle. Cependant, il resta sur la défensive, au cas où il entendrait un pas un peu trop pressé derrière lui. Une seconde, il lui prit l’envie de revenir sur ses pas pour récupérer l’argent étalé sur le sol. Après tout, il l’avait bien gagné ! Mais les ombres lui parurent un peu trop nombreuses alentour. Les vautours se massaient déjà autour de leur proie, à savoir un joli tas de pièces. Il était même possible que l’un des miséreux se jette sur les restes de la bourse. Un si joli cuir, cela ne se voyait pas tous les jours. Peu désireux de se mêler à ce groupe avide, Stan accéléra le pas. Il n’avait pas envie que l’un d’entre eux ne vienne vérifier directement dans ses poches s’il ne restait pas un peu de menue monnaie.

*Je ne leur conseille pas d’essayer…* Pensa-t-il en serrant le manche de son couteau dans sa main.

Pourtant, le jeune homme n’était pas du genre à égorger le premier venu. Il n’avait jamais tué personne, hormis quelques créatures qui n’avaient plus rien d’humain à ses yeux. Et encore, il se contentait de surveiller son quartier et de celui où vivait sa famille. Ailleurs, ce n’était pas son problème.

*Bon, je crois qu’ils ont tous laissé tomber.*

Stan venait de traverser plusieurs ruelles vides et silencieuses. Il était resté aux aguets, mais personne ne semblait l’avoir suivi.

*Je fais quoi maintenant ?*

Même s’il refusait de le reconnaître, les derniers évènements l’avaient plus contrarié que prévu. Fatigué par ce début de soirée agité, il décida de rentrer chez lui. Pour une fois, il se lèverait tôt le lendemain.

*Si je me souviens bien, c’est jour de marché demain. Une bonne occasion de se remplir les poches !*

Dire que cet idiot de Frank Jones pensait l’avoir mis dans le pétrin ! Stan se promit de lui rendre la somme exacte à l’heure dite, ni avant, ni après. Puis il offrirait une tournée aux autres clients, histoire de bien montrer à ce crétin que dix livres n’étaient rien pour lui. Il fallait plus que quatre imbéciles pour l’impressionner !

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