Heather RunawayMembre de l'OmbreDate d'inscription: 12/02/2012 Nombre de messages: 10 Race: Homonculus -du tabou-. Classe sociale: Bourgeois. Emploi/loisirs: Chasseur de papillons. Age: 83 ans. Age (apparence): 17 ans.
 | Sujet: Heather Runaway - Le chasseur de papillons Mar 14 Fév - 0:37 | |
| Nom: Runaway
Prénom: Heather
Sexe: Homme
Origine Angleterre
Race et classe: Homonculus
Allégorie: Philanthropie
Nature: Artificiel
Classe sociale: Bourgeois
Age: Heather fêtera bientôt ses 83 années d’existence, bien qu’il ne paraisse physiquement qu’une vingtaine d’années. Sa mémoire perturbée, son amnésie récurrente, et le fait que ses traits ne changent pas au fur et à mesure que le temps passe le poussent à se voir comme un homme n’ayant pas encore atteint l’âge adulte.
Age d'apparence: 17 ans.
Description: « Tu es tout le portrait de ta mère, mon enfant. Un visage toujours souriant, ces longs cheveux dont la couleur me surprendra toujours. Oui, mon enfant, tu n’as pas eu les cheveux de ton père. Ne t’en fais pas. Ce bleu te va très bien. »« Les paroles de mon père », verset un.
C’était marqué sur ce livre, il me le répétait tout le temps. Je ressemblais à ma mère. Mon visage relativement efféminé me donnait une allure plutôt atypique pour l’époque, il faut dire. Je n’apprécie guère ces hommes portant la perruque comme on subit la maladie. J’apporte une réelle importance à mon apparence, car c’est probablement la seule chose que ma mère m’ait laissé.
Des mains fines, aux doigts interminables. Une peau claire et douce, que l’on peut dire mise en valeur par une corpulence assez légère. Je ne suis pas grand, pour mon âge. Du haut de mon mètre soixante-dix, je rivalise difficilement avec ces hommes de grande taille et de poids lourd. Je me préférais fin. Tout comme pour mes vêtements, c’était un choix. J’aimais les tenues longues, justes au niveau de la taille. Les gens me disaient toujours de ne pas porter de couleur, ça ne faisait pas ressortir mes cheveux. Et puis, attendre sur le haut d’une bâtisse, vêtements au vent, les cheveux poursuivant la trajectoire de la douce brise Londonienne un soir de printemps… C’était vivre. Cette tenue était pour moi comme une deuxième peau. On se sentait bien, si léger… Surtout léger, après tout, c’était tellement plus facile pour chasser les papillons…
Particularité physique: Un tatouage de l’Ouroboros sur la nuque, caché par mes cheveux.
Caractère: « N’oublie pas, mon enfant. La principale qualité d’un homme est sa gentillesse. Tout homme bon sur Terre se devra d’avoir le sourire. Tout homme bon sur Terre se devra de respecter son prochain. Tout homme bon sur terre ne fera jamais de mal aux animaux, et les considèrera comme ses amis. Tout homme bon sur terre se devra de donner sa vie pour sauver un inconnu, pour peu que celui-ci ne laisse couler une larme de remerciement. Tu veux être un homme bon, n’est-ce pas ? » « Les paroles de mon père », verset quatre. »
Oui, papa. Si tu savais à quel point j’aurai aimé te répondre ça lorsque tu me l’as demandé. Malheureusement, j’étais trop jeune pour comprendre ce que ça voulait dire… Beaucoup m’appellent le candide. Toujours accompagné d’un sourire, j’ai souvent eu l’occasion de risquer ma vie pour aider mon prochain. Je n’avais que faire de ma propre vie, peut-être était-ce les paroles de mon père qui m’ont fait comprendre, le temps passant, que les autres comptaient plus que moi.
Je voulais être un homme bon. Je voulais être la personne que mon père regardait, là haut, expliquant à ses amis qui j’étais, et pourquoi il était fier de moi. Je voulais être celui que l’on considérait comme le vendeur de joie, celui que l’on voulait apprécier à son bonheur perpétuel. Je voulais être tant de choses… Je voulais, et je veux surtout, vivre. Prendre le temps de rêver, assis sur un banc en compagnie d’une fille de bonne famille, lui expliquer pourquoi les animaux ne font pas de théâtre, et ce en rigolant. Je voulais m’élever, haut, dans le ciel. Voir la vie d’au-dessus, comme le fait mon père en ce moment. Je voulais m’adosser à un arbre, et entamer une sieste jusqu’à ce qu’une pomme me réveille en tombant sur mon crâne. Je voulais manger cette pomme, et la jeter parce que son acidité m’arrachait le gosier. Je voulais vivre tant de choses…
Après tout, je ne reste qu’une personne aimant la vie, aimant les gens, et le bonheur. Peut-être qu’un jour, tout le monde s’aimera ? Woâh… Si ça arrivait, ce que mon père serait fier de moi…
Religion: « Mon enfant, nous ne t’obligeons pas à croire. Les croyances sont comme les rêves. Chacun d’entre nous a ce petit quelque chose, caché au fond de son cœur, comme une étoile qui brille en plus jour. » [i]« Les paroles de mon père », verset neuf.
Histoire:
| « Les paroles de mon père », partie I. 1759.: | | |
« Les paroles de mon père », partie I. 1759.
« Tu es tout le portrait de ta mère, mon enfant. Un visage toujours souriant, ces longs cheveux dont la couleur me surprendra toujours. Oui, mon enfant, tu n’as pas eu les cheveux de ton père. Ne t’en fais pas. Ce bleu te va très bien. »
J’étais là. Assis sur les genoux de ma mère, sur le lit de cet établissement tout blanc où les gens semblaient costumés. J’avais déjà les yeux ouverts, comme des billes, pour explorer le monde. Tout se jouait dans le regard durant mes premières heures de vie. Je regardais ma mère, comme pour la remercier de m’avoir tenu pendant neuf mois, mais en lui expliquant tout de même en fronçant le sourcil que maintenant, c’est moi qui allait commander dans la maison ; et j’avais un argument de poids pour soutenir ma cause. C’était mon droit d’hurler à trois heures du matin pour réclamer un câlin. Ma mère, quant à elle, regardait mon père, amoureuse comme jamais, le sourire aux lèvres. Elle me berçait dans ses bras, contre lesquels je me sentais apaisé. Mon père, lui, regardait mon oncle, lui tapant systématiquement le dos d’une accolade qui le faisait rire. Il riait aux éclats, mêlant joie et fierté dans sa façon de se tenir. En revanche, mon oncle m’observait comme une poule ayant trouvé un cure-dent. Il ne voyait aucune utilité aux enfants. Ce n’était pas ça, il les détestait. Je n’ai jamais su pourquoi il avait une telle haine contre la jeunesse, mais il était gentil avec moi. Il ne m’appréciait pas, mais ne le montrait pas. Il se contentait de sourire, me frotter le front avec sa grosse main, et rire.
Cinq ans plus tard. J'étais un homme. Du moins, c’est ce que je voulais montrer. Je me tenais droit, fier comme un coq, pour montrer à tout le monde mon corps qui ne cessait de grandir. Je me sentais grand ! Je gambadais partout, récitant un petit poème que je devais apprendre pour l’école, en cherchant quelqu’un à qui le réciter. Mon oncle était parti, il venait de trouver une compagne. Une certaine Marie-Ange, apparemment. Elle était plus âgée que lui, mais ne le paraissait pas. Elle faisait jeune, tout le contraire de mon oncle ! Du haut de ses trente-deux ans, il en paraissait la quarantaine – il ne supportait cependant pas que je l’appelle « pépé », il trouvait ça dégradant -. Nous n’avons pas de nouvelles de lui en ce moment, il reviendra sûrement un de ces jours pour dire bonjour à mon papa ! Je continuais à courir partout, en cherchant quelqu’un. Tandis que ma mère préparait le dîner, papa travaillait dans son bureau. Il n’aimait pas être dérangé quand il était dans ce bureau. « Il faut le laisser réfléchir, c’est si rare ! » répétait maman en rigolant. C’est en me rappelant ces mots que je me rendis dans la cuisine, tirant le tablier de ma mère, en exhibant mon corps grandi.
Elle me regarda du coin de l’œil, en souriant. Elle me disait souvent que j’étais le plus grand des tout petits. Après tout, tant que je suis le plus grand… Je tirai à nouveau sur son tablier, en reniflant l’odeur délicieuse des plats qui mijotaient. Elle me prit sur ses épaules, et me fit regarder comment préparer le traditionnel gratin de topinambours dont ma mère avait le secret. Après quelques minutes à me servir des épaules de ma maman comme d’un siège, elle me posa par terre, et me laissa fouiller un peu partout, comme j’en avais l’habitude. Je passais à nouveau devant le bureau de mon papa, en hésitant à toquer. Soudain, je pris mes grands airs que seul le plus grand des tout petits avait le mérite d’avoir, et j’entrai dans le bureau sans frapper. Mon père se retourna, les yeux rouges, avec un sourire qui camouflait sa tristesse. Petit, je ne comprenais pas.
« On va jouer ? demandai-je. - Non, on va faire mieux que ça. Je vais t’apprendre la chasse au papillon ».
Nous sortions de la maison, et nous rendions dans le jardin de Grand’ma Weinström, une petite dame venant d’Allemagne, s’étant installée ici depuis si longtemps que tout le monde la considérait comme la grand-mère de tous. Elle nous aimait bien, la Grand’ma. Nous autorisant à jouer dans sa propriété, nous prirent le matériel de chasse au papillon, constitué d’un filet et de petites papillotes.
Mon père me fit la démonstration. Tenant son filet à une main, il me montra les deux papillons au loin, et leur courait après. Je riais, j’avais l’impression que mon père trébucherait et roulerait dans la boue. S’approchant des papillons, il leva le filet. J’arrêtais de rire. Son mouvement n’était pas commun, j’étais persuadé qu’aucun chasseur de papillon ne pratiquait la chasse de la sorte. Il abaissa le filet, captura le premier papillon, puis fit tourner le manche du filet dans sa main. Il donna un à-coup en arrière, afin de capturer le second papillon dans le même geste. J’étais stupéfié.
« Woâââââh, ça alors ! Ça, mon papa, c’est digne d’un homme ! m’écriai-je. - N’oublie pas, mon enfant. La principale qualité d’un homme est sa gentillesse. Tout homme bon sur Terre se devra d’avoir le sourire. Tout homme bon sur Terre se devra de respecter son prochain. Tout homme bon sur terre ne fera jamais de mal aux animaux, et les considèrera comme ses amis. Tout homme bon sur terre se devra de donner sa vie pour sauver un inconnu, pour peu que celui-ci ne laisse couler une larme de remerciement. Tu veux être un homme bon, n’est-ce pas ? » Je ne répondis pas. Je n’avais pas tout à fait compris ce dont il voulait me parler, et ne comprenais encore moins ce en quoi ça avait à voir avec la chasse aux papillons.
Qu’importe, c’était à mon tour, maintenant ! |
| « Les paroles de mon père », partie II. 1776.: | | |
« Les paroles de mon père », partie II. 1776.
« Joyeux anniversaire, Heather ! » s’écriaient en chœur ma famille et mes amis. Surtout ma famille, mes proches étant davantage attirés par le gâteau.
C’était mon anniversaire, le 16 Février 1776, l’année de mes dix-sept ans. J’étais heureux. Comme toujours, d’ailleurs. Après avoir soufflé sur les bougies, et dévoré le gâteau avec un appétit plus qu’inhumain, j’allai voir mes cadeaux. Sans surprises, c’est tout un attirail de chasse au papillon que l’on venait de m’offrir. J’étais encore plus heureux. La fête prit fin à 23:45, heure à laquelle les convives s’en allèrent. Il était tard, mais pas de repos pour les papillons ! pensai-je. Je partis donc dehors, dans notre jardin, qui ressemblait étrangement à la propriété de la Grand’ma. Nous avions déménagé, le jour de mes quinze ans. Ayant muri, je ne comprenais pas pourquoi nous allions dans une résidence plus grande alors que notre budget était limité… « Ce n’est pas la taille qui importe, c’est ce qui l’en habite », me disait mon père. Je le croyais.
23:49. La chasse au papillon commençait. 23:51. La chasse au papillon était terminée.
J’avais capturé vingt-trois espèces différentes de ces insectes magnifiques. J’étais si fier de moi ! Surtout l’un d’entre eux, un tout petit, qui devait être un enfant, probablement. Il avait de magnifiques ailes bleues, comme la couleur de mes cheveux. Étant encore un bébé, je décidai de le relâcher plutôt de le conserver dans les papillotes. Il avait encore longtemps à vivre…, enfin, longtemps pour un papillon, car leur durée de vie est très courte. J’ouvris la papillote pour faire sortir le petit papillon. Il ne bougea pas. Il restait là, immobile, comme un petit chiot qui attend une caresse de son maître. « Allez, vole ! » lui dis-je.
Il ne bougea pas. Il se contenta de tourner sur place. J’avais compris, il ne savait pas voler. Il est vrai que je l’avais capturé sur une petite fleur, celui-ci. Je mis mon doigt sous ses pattes, et l’aida à s’envoler, avant de rentrer à la maison. Ma mère me regarda. Elle sourit. Je ne comprenais pas ce qu’il y avait de drôle dans ma tenue, peut-être étais-je plein de terre, qui sait.
« Mais non, gros béta ! Sur ta tête ! »
Je passai la main sur ma tête. Le petit papillon bleu s’était faufilé dans mes cheveux. On aurait dit un caméléon, on ne le voyait presque pas. Je le gardais donc de mes cheveux, le portant comme un fier couvre-chef, et m’en allais voir mon père. Je toquais à son bureau. La porte s’ouvrit. Il était là, sanglotant, le visage dans le creux de ses bras. Il pleurait toujours, mon papa. Mais il ne le montrait jamais. Il se retourna, et me sourit. La chasse était bonne ? me demanda-t-il. Je ne répondis pas. Je me contentais d’aller dans ma chambre.
Je m’endormis paisiblement, et me réveilla à l’aube.
Tout le monde dormait encore, je suppose. Je partis dans la cuisine boire un verre d’eau, pour me débarbouiller. Et c’est au moment où j’empoignais le verre dans la main que je regardais le mur. Mes yeux se remplirent de larmes. J’éclatais le verre dans ma main, celle-ci saignait abondamment. Je m’en moquais. Il était écrit, sur le mur :
« Tu aurais dû payer, l’ami. Nous commençons par ta femme. Ensuite viendra le tour de ton enfant. »
Je n’avais même pas tenu compte qu’il risquait de m’arriver quelque chose de grave. Je savais que ma mère était en danger. Je rentrais dans le bureau de mon père, posais mes fesses sur sa chaise, et lut ses documents. Je ne m’empêchais pas de regarder dans les comptes financiers.
« Non payés : Prêteur sur gages. Prêteur sur gages. Prêteur sur gages. Épicier. Préteur sur gages. » était marqué en tout petit, sur une feuille à moitié déchirée.
Je regardais les feuilles concernant le prêteur sur gages. « 11 boulevard de la haine », dans Londres.
Il était six heures du matin. Je m’en allais, dans ce boulevard, sans prévenir personne. Je me fichais de ce qui m’arriverait. Je voulais ma mère, saine, et sauve. J’arrivais sur le lieu lu précédemment. Une gigantesque bâtisse au nom de « Wynn L. » Caché derrière un grand muret, quelqu’un me hurla. « Montrez-vous ! Qui êtes-vous ? - C’est moi, Wynn ! dis-je en balbutiant. - Si vous êtes bien qui vous prétendez être, montrez-vous ! - Oh, euh… Je n’ose pas, je suis plein de boue ! Ouvrez-moi, que je prenne un bon bain ! » Mon cœur battait. J’étais fichu, personne ne croirait à une excuse si stupide. « Excusez-moi, monsieur Leichenhalle. Entrez, je vous prie. » Se moquait-il de moi ? Enfin. Il tira la grande corde qui retenait le grillage. Celui-ci s’ouvrit, me laissant libre cours à un sauvetage réussi. J’entrais dans la demeure.
« UN INTRUS ! UN INTRUS DANS LA DEMEURE LEICHENHALLE ! » entendis-je. Il m’avait vu rentrer, je n’étais pas comme Wynn physiquement. Je compris que je n’avais plus de seconde chance. J’empoignais une lame qui faisait office de trophée, et montais les escaliers. Je ne savais pas où aller. Un homme s’interposa devant moi. « Alors comme ça, l’intrus est un gamin hein ? – il lâcha un soupir – Tuer un gamin n’est pas dans mes habitudes, mais on va faire avec. »
Je fermais les yeux. J’allais mourir. Je pensais aux belles choses de ma vie. Mon père, ma mère, mes amis, la chasse au papillon. Je me rappelais de comment chassait mon père. Un grand coup de filet en diagonal, puis un retour horizontal. J’ouvris les yeux. L’homme face à moi avait une cicatrice béante sur le corps, en diagonale, et une autre, ayant déchiré ses vêtements et son buste, à l’horizontale. Sans m’en rendre compte, je venais de blesser cet homme en reproduisant les mouvements de la chasse.
« Petit démon… » cria-t-il. Je m’approchais de lui, et le prit sur mes épaules. Il n’était pas très lourd, j’arrivais à le soulever légèrement. « Aidez-moi ! criai-je. J’ai blessé un homme ! Venez l’aider, il est gravement blessé ! » Je ne voulais pas que cet homme ne meure. Je ne voulais le mal de personne ici. Juste ma maman saine et sauve. Trois hommes accoururent. « Il a buté l’épéiste ! Ce gosse a buté l’épéiste ! Qu’est-ce qu’on fait ? » Un homme se précipita vers moi. Il avait son sabre en main, et s’apprêtait à me trancher la gorge d’un coup sec. Je ne pouvais pas me défendre, je portais un homme en le tenant sous ses épaules. Un bruit de fer se fit entendre.
L’homme que j’aidais avait pris mon sabre dans ma main gauche, et m’avait défendu. Il avait sa lame, juste face à mon visage, retenant le sabre de l’homme face à moi. Mon assaillant poussa un cri de stupeur. La lame de mon héros se glissa contre sa gorge, le mit au sol, et l’empêcha de bouger.
« Il tente de me sauver la vie, je lui sauve la sienne. Laissez le parler à monsieur Leichenhalle, en l’escortant jusque devant sa demeure. » Ils firent. Je me tenais devant une grande porte, face au bureau de Wynn Leichenhalle. Je toquais à la porte, avec un souvenir du bureau de mon père.
« Entre », entendis-je. J’entrais. Cet homme aux cheveux longs et aux yeux d’ébène me regarda.
« Que veux-tu ? - Woah, vos yeux… ils s- - Tais toi, imprudent. » Il me coupa la parole. Il poussa un léger soupir. « Tu sais, lorsqu’un homme ne donne pas le dû qu’il devrait, on s’assure que celui-ci ne recommence pas à abuser de la confiance des gens… - Il jouait avec une dague dans sa main droite -, c’est bien pourquoi j’ai décidé de m’occuper personnellement du cas de ton paternel… » Je le regardais, bouche bée. Il m’effrayait, sans même le vouloir. « Une vie contre une autre. Tu veux sauver ta mère ? Alors péris à sa place. » Je baissais les yeux. Je ne savais pas quoi répondre. Je me contentais d’hocher significativement la tête de haut en bas. |
| « Les paroles de mon père », partie III. 1784.: | | |
« Les paroles de mon père », partie III. 1784.
Je n’avais aucun souvenir de ce qui m’était arrivé. Beaucoup me disaient mort, je ne comprenais pas. Je n’ai non plus aucun souvenir de ce qui m’est arrivé depuis mon enfance… Où suis-je… Me regardant dans le miroir, je remarque que rien n’avait changé chez moi, physiquement. Mes cheveux avaient un peu poussé, il est vrai, mais rien de surprenant. Je ne comprenais pas… et qu’est-ce que… J’avais un tatouage à la nuque. Un dragon, se mordant la queue. Je ne savais pas ce que c’était.
« Hey ! Salut fiston ! Comment vas-tu ? »
Je me souvenais de mon père, de son nom, et de son métier. Il était chasseur de papillons. Moi aussi, d’ailleurs ! Je suis un chasseur de papillons, c’est vrai ! Je jetais un œil par-dessus le bureau de ma chambre, où je vit toutes les papillotes de ma chambre, toutes étant vides. « Pourquoi il n’y a plus de papillons, papa ? - Oh, euh… Haha, euh… ils se sont tous envolés ! » me balbutia-t-il. Je savais qu’il mentait. Je cherchais ma maman. Je ne la trouvais pas. Un homme lisait le journal sur le canapé. « PAPA ! UN INTRUS ! - Ça a foiré, Jack. Il a perdu la mémoire. - Perdu la mémoire ? Mais de quoi parlez-vous ! - Laisse. Ton père t’a transformé. »
Mon père accourut, et mit l’homme dehors à la maison, en le traitant de « frère stupide ». Je ne le connaissais pourtant pas… Il me raconta l’histoire.
Wynn Leichenhalle n’avait pas relâché ma mère comme il le faisait entendre. Il la tortura, comme le demandait son employeur. Quant à moi, il me força à travailler pour lui. Je fus tué par balle par un homme que celui-ci m’avait forcé à abattre. Mon père ne put s’empêcher d’avoir recours à l’alchimie pour me redonner la vie. Mais comme toute alchimie sur un corps mort, je ne fus qu’une abomination pour beaucoup. Un « homonculus », comme il disait. Ce tatouage, dans mon cou, représentait une sorte de ligne de vie en forme de cycle. De plus, il m’expliqua qu’en tant qu’homonculus, je serai certes détesté par beaucoup, mais mes compétences au combat seraient accrues.
« Mais, je ne me bats pas, papa… Tu m’as toi-même dit, les vrais hommes sont gentils. »
Il pleura. Je n’avais jamais vu mon père pleurer face à moi. Habituellement, il me cachait sa peine par un sourire. Là, il pleurait. « De plus, ta mémoire sera constamment… effacée. Comme un cycle, remettant ta mémoire au point 0. Tout ce dont tu te rappelleras, c’est ce dont tu te souvenais avant que je te parles… Je suis désolé, mon enfant. Tu n’as pas à subir tout ça. - Ne t’en fais pas, papa ! Je suis content d’être avec toi ! Mais… Ça veut dire que je ne me souviendrais pas de ce que tu viens de me dire ? »
Il me glissa à la main un petit carnet, enveloppé de cuir brun.
« Là dedans, tu y trouveras tout ce que tu auras besoin de savoir sur ton passé. Garde-le toujours très précieusement près de toi. Si tu venais à l’égarer un jour, il se peut que ta mémoire te fasse oublier son existence, et tu te retrouverais perdu dans une vie que tu ne connais pas… D’accord, mon enfant ? - Oui, papa. - Tu ne te souviendras pas non plus de Wynn Leichenhalle. Je pense que c’est la meilleure chose à faire, je ne veux pas que tu souffres davantage à cause de lui. D’accord, mon enfant ? - Oui, papa. »
Il me montra aussi deux très grands cadeaux. Très hauts, je ne savais pas ce dont il pouvait s’agir. Je m’approchais du premier. « Qu’est-ce que c’est ? », demandai-je. J’ouvris l’emballage. Une longue épée, à la lame totalement incurvée, brillait sous mes yeux. Sa forme de croissant de lune m’éblouissait. Je me souvenais de cette arme, c’était celle de mon papa quand il n’était pas dans son bureau. Je la garderais toujours précieusement avec moi. Je continuais à regarder mes cadeaux. Le second était fin en bas, et relativement épais en haut de l’emballage.
« C’est… un filet de chasse pour papillons ! dis-je, émerveillé. - Oui, mon enfant. C’est un filet de chasse pour papillons. Car tu resteras toujours mon petit chasseur de papillons. » |
Situation: Heather ne connait l’existence d’aucune créature de la nuit. Il ne connait pas non plus l’existence des autres homonculus, et ne s’en doute pas. Il est néanmoins très ouvert à la connaissance de ceux-ci. Il ignore aussi sa forme « monstre », qui elle, est tout le contraire de la Philanthropie. En danger, il méprise tout humain, et ne les considère plus que comme un tas de chair et de sang qu’il faut à tout prix éliminer. Bien heureusement, il n’a aucune conscience de cette forme, et reste paisible et agréable à quiconque ne lui veut aucun mal.
Emploi: « Chasseur de papillons. »
Localisation sur l'Ombre: Dans une petite résidence paisible, au 09 Becker Street, à Londres.
But(s): Heather souhaite avant tout épater son père, qui le regarde de là haut. Pour cela, il souhaite être un homme, un vrai. Celui qui, comme le disait le seul homme qu’il admire, serait prêt à mettre sa vie en jeu pour sauver la vie d’une autre personne.
Arme(s), équipement: Heather est constamment armé de la longue épée que lui a donné son père, mais ne s’en sert pas. Il ne se bat quasiment pas, et ne la conserve que comme un souvenir de son père. Il garde aussi, bien sûr, précieusement le petit carnet en cuir que lui a confié son père, souvenir de son passé.
Pouvoir(s): Sans pouvoir, il est pourtant doté d’une vitesse et d’une habilité monstrueuse que lui a conféré l’habitude de chasser le papillon. Il a aussi une très bonne vue.
Ennemi: Son ennemi historique reste bien sûr Wynn Leichenhalle, mais dépourvu de mémoire, il oublia très vite l’existence de celui-ci.
Allié(s): Personne, pour le moment. Philanthrope, il reste néanmoins très agréable, et rêve de se faire des tas d’amis.
Loisir(s): Heather reste passionné de chasse aux papillons. Il garde précieusement avec lui quelques papillotes, en cas de rencontre fortuite d’un papillon rare.
Endroit(s) le plus fréquenté: Heather a l’habitude de fréquenter les bancs publiques dans la place de Londres, et tous les endroits relativement peuplé. Il est très extraverti, et ne se doutant pas de son âge, aime se lier d’amitié avec des adolescents.
Qualité(s): Une humanité pure, et un grand respect de tout son entourage font d’Heather une personne apte au dialogue, chose très souvent ressentie chez les autres personnes.
Défaut(s): Les seuls souvenirs de son passé étant écrits sur un carnet, Heather souffre du manque relationnel qu’il devait normalement avoir. Il n’a jamais connu sa mère, et n’a jamais été mentionnée dans ce carnet. Peut-être souffre-t-il tout simplement de ce manque maternel.Heather se situe actuellement dans le Coven Garden.
Dernière édition par Heather Runaway le Mar 14 Fév - 17:08, édité 2 fois |
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