L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Tentative d'assassinat au Buckingham palace

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MessageSujet: Tentative d'assassinat au Buckingham palace Dim 18 Mar - 17:12

Encore une nuit sombre et glaciale pour les rues de Londres ! Les badauds étaient devenus rares voire même inexistants. Une soirée idéale pour les créatures de la nuit. L’astre lunaire, voilé par de sombres nuages, présageant une averse imminente, assurant une discrétion de mise pour ces créatures. Personne pour découvrir leur méfait… Les quelques âmes ayant le malheur de s’aventurer sur les ruelles pavés n’étaient plus que des pauvres fous, trop ivres ou trop ignorants pour mesurer le danger qui pouvait les guetter à chaque coin de rue.

Et justement, parmi ces cruels prédateurs, se trouvait notre vampire. Son corps était recouvert d’un fin capuchon, lui couvrant les épaules et lui descendant jusqu’aux chevilles. Sous ce manteau, celle-ci avait opté pour un habillement simple, et aux yeux de tous choquant pour une femme. En effet, par mesure pratique, la jeune femme avait emprunté un pantalon à la gente masculine, l’associant au caraco coutumier des femmes.

On ne pouvait distinguer son visage dans la nuit noir, celui-ci étant recouvert d’une capuche. Sa démarche, rapide et silencieuse, se perdait dans les ruelles de Londres. Ou allait-elle ? On ne pouvait le dire. D’ailleurs, qui pouvait la discerner ? Se faisant oublier aux yeux de tous, personne n’y prêtait attention, et c’était le but. Car en effet, notre vampire avait une idée précise en tête. Ce soir, ce serait la fin de tout… En bien ? En mal ? Personne ne pouvait le savoir ! Mais il était temps de régler les comptes et de poser carte sur table. Trop de temps avait passé, sans que le nom des Mc Cartney ne soit lavé de tout déshonneur ! Ce nom vous dit quelque chose ? Sans doute… Une survivante à cette triste famille vivait encore. Personne n’était sans savoir qu’il était arrivé malheur dans cette famille. Mais tous s’en réjouissait secrètement, satisfait de la chute de ceux qu’on appelait « les lèches-bottes » de la reine. Au final, ce nom fut oublié et balayé par d’autres…

Mais Elizabeth allait s’assurer qu’on ne puisse pas l’oublier. A défaut de redorer son nom, elle allait le rendre célèbre comme étant la personne ayant mis fin au règne de la reine ! Malheureusement pour cette dernière, la fin de son règne ne s’annonçait pas joyeux ! En effet, la jeune femme avait emporté avec elle ses deux dagues, bien décidée à s’en servir, ainsi que de ses deux canines. Un festin royal, voilà qui s’annonçait bien.

Les pas d’Elie l’emmenèrent devant le Buckingham palace sans même qu’elle s’en aperçoive. Elle avait déjà tant de fois fait le chemin ! Et tant de fois elle s’était laissé aller à ses plus sombres desseins devant les portes du palais…

La vampire observa rapidement comment la sécurité du palais était organisée. A l’extérieur, plusieurs hommes étaient postés aux entrées. En revanche, le long des murs d’enceintes, personne ne montait la garde. Qui pourrait pénétrer le bâtiment à cet endroit ? Personne… Hormis un vampire ! Ainsi, escalader le mur ne fut pas bien difficile. Après avoir scruté les environs afin que personne ne la voit, la jeune femme parvint aisément à se hisser en haut du mur. Elle se laissa retomber en souplesse de l’autre côté.

Son premier réflexe fut d’observer les environs. Personne… Elle ne ressentait à ce moment aucune autre présence que celle des humains en ce lieu. Parfait… Elle allait pouvoir user de son don d’invisibilité, malgré que son utilisation soit encore précaire. Elle se concentra sur elle-même quelques secondes et fit le vide en elle. Enfin, plus facile à dire qu’à faire… En elle bouillonnait un sentiment de rage, de haine et en même temps d’excitation. Mettre de côté tout cela lui demandait une volonté de fer. De plus… la nuit étant peu avancée, elle ne s’était pas encore restaurée. La soif s’insinuait en elle comme un poison, lui rappelant la sentence dont elle avait écopée.

L’obsession du sang ne la quittait pas. Malgré tout, une fois s’être assurée que les humains ne pouvaient pas l’apercevoir, elle s’élança vers l’imposant édifice. Illuminé de mille feux, à chaque fenêtre Elie pouvait voir la vie grouiller en son sein. Se faire discrète à l’intérieur n’allait pas être facile, mais après tout, elle avait du sang aristocrate dans les veines ! S’immiscer dans cette foule, affabulée des vêtements d’une de ces insipides femmes de cours ne devrait pas être d’une grande difficulté.

La jeune femme parvint au bout de quelques minutes à s’avancer suffisamment près du palais pour voir les allers retours incessants qu’il se passait à l’entrée. Elle s’accroupit derrière l’un des innombrables arbustes jalonnant le jardin royal. En silence elle sortit la dague qu’elle gardait toujours à sa ceinture, à l’affût de sa première proie.

La pluie commença à tomber tandis qu’Elie attendait patiemment son heure, à la recherche de la personne idéale pour lui soudoyer sa tenue. La nuit s’annonçait sanglante…
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Comte Keï
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MessageSujet: Re: Tentative d'assassinat au Buckingham palace Mer 30 Mai - 5:30

[HRP/ En provenance du Grand Théâtre, "De Sombres coulisses"/HRP]

Il est de ces soirs où l'on sait qu'un drame se prépare. Tout l'indique, depuis le chien errant qui glapit au bout de la ruelle jusqu'à la pluie annoncée par la fine brume sur le pavé. C'était l'un de ces soirs. Et cette brume s'étendait, roulait, se mouvait dans la rue comme pour indiquer aux rats les interstices exploitables des lieux.

Un homme soulevait cette brume de son pas titanesque. Un homme qui avait repéré l'un de ces petits rats...

L'air était glacial et la lune, cachée par intermittence, contribuait à donner à cette soirée son aspect mystique. Le Comte jouissait de ce crépuscule funèbre au goût de cimetière. Les volets fermés, la populace de Londres s'enterrait dans ses cryptes sur pilotis. Les cheminées étaient éteintes, certaines crachotaient encore quelques volutes noirâtres qui se dispersaient aussitôt dans l'éther souillé de la cité. Les oiseaux dormaient, les hommes avec eux, et leurs nids, ce soir, paraissaient clos pour fermer les yeux sur ce monde de violence silencieuse. Nul n'était à l'abri, tous priaient Jésus Christ.

Errant, le Comte était sorti de sous l'Opéra pour respirer cette atmosphère mortifère. Depuis quelques jours il ne trouvait plus le sommeil: sa pièce était prête, la mise en scène s'achevait et son impatience grandissait. Le grand jour arrivait, sa gloire allait à nouveau l'élever au rang de maître. La magnifique fleur de Londres, Sarah, serait sienne. La reine le bénirait, douce ironie, et lui, son gardien, lui baiserait la main d'un sourire triomphant.

La reine, cette bonne chère Victoria. Celle vers laquelle ses pensées allaient le plus souvent tenter de s'accrocher. L'amour de la mort, l'amour de la vie, la puissance d'un symbole: tout lui était cher en cette entité mortelle. Ce n'était qu'un être humain, un sacrifice savamment choisi par les destins, mais c'était également, il le pensait, la plus intrigante des personnalités. Un lot de pureté associé à un don de pragmatique, une gouvernante à la touche d'humour indomptable: c'était la reine, sa muse, son espérance cachée.

Comme souvent ses pas l'avaient donc conduit aux alentours du Buckingham Palace, la demeure de la reine, sa résidence et son cabinet d'accueil. Une de ses nombreuses réceptions était d'ailleurs donnée ce soir. Il y avait été invité, comme toujours, mais il avait prétexté l'épuisement de la pièce à monter, travail laborieux en soit, et une fatigue tenace. Se frotter aux pimpants de la société? Le Comte n'en avait guère envie ce soir. Mais il rôdait alentours comme le tigre explore les taillis pour assurer son territoire.
Salluste n'était pas loin: il sentait sa présence. C'était lui, parmi les Sept, qui était de garde ce soir. Victoria pouvait donc être en paix.

Après avoir salué par la pensée son associé, le Comte entreprit ainsi de faire le tour de l'édifice. Sa cape de sang ondulant avec la brume au rythme de ses pas silencieux, il se mit à se promener tranquillement. Son haut de forme commençait à perler lentement: la pluie s'annonçait. L'air était lourd et la brume se condensait, mais l'air était pur à cette heure et il le respirait avec véhémence. Les réverbères jouaient avec son ombre: sa canne-épée lui donnait une allure de dandy.
Le Comte sourit.

Jirômaru était un Vampire nostalgique, atteint parfois même de mélancolie. Ce type de promenade nocturne lui seyait à merveille. Revenu à l'état primal, solitaire créature aux dons obscures, il appréciait ces moments avec la délectation d'un assoiffé arrivé dans une oasis. Charmant le ciel, charmant la terre et chaque objet sur son trajet, il jouait avec la matière comme l'on joue avec des vers: tout est poésie lorsque l'on regarde de ses yeux vampiriques ce monde de misère. Même un banc apparaît magnifique aux yeux de celui qui sait regarder. Chaque son, chaque odeur prend alors des proportions gigantesques et les sens sont eux-mêmes charmés. Un charme pour un charme, cercle de beauté inconditionné.

Il songea à la Mongolie. C'était le lieu sur Terre où il avait le plus apprécié la nature. Ses forêts, ses rivières, ses chevaux... Depuis les yourtes des humains jusqu'aux divines montagnes, il y avait avalé la vie à pleines bouchées. Ce pays lui manquait. Ses femmes, ses herbes, ses rocs...Rien ne lui avait déplu alors, si ce n'est la présence de son maître. Sombre sujet. Il valait mieux songer aux autochtones et à leurs magnifiques paysages...

Tandis que le Comte laissait ainsi ses pensées se nourrir d'éphémères satisfactions mystiques, une forme encapuchonnée disparue au loin près des grilles. Le mouvement eut beau être bref, les yeux brumeux du Vampire le repéra immédiatement. Délaissant la douceur de la nuit, le Comte se mit alors en marche.
Si son aura à lui était naturellement dissimulée, celle de la jeune créature qui venait de passer ne l'était pas ou peu. Que faisait donc ici une jeune Vampire? Salluste l'avait repérée de loin, malgré ses minutieuses précautions, mais le Comte lui intima de la lui laisser. Un nouveau jeu, c'était inévitable! Salluste resta loin, laissant son maître opérer.

Le Comte suivit la silhouette maintenant disparue. Il prit garde à ne pas être vu et, attendant quelques minutes, il s'engagea à son tour dans la rue où s'était éclipsée la jeune inconnue. Respirant l'air, suivant ses traces à l'aide de ses dons, il sauta d'un bond sur le muret, comme porté par le vent, et domina alors les jardins royaux. Ses yeux firent le point sur la situation: l'inconnue s'était éloignée, elle s'approchait du palais. Simple curiosité? Malice insensée? Il allait en avoir le coeur net. Le lord sauta alors du muret et atterri à son tour dans l'herbe tendre du Buckingham Palace. Bien vite, il retrouva l'inconnue. Son don obscure était intéressant: elle pouvait apparemment aisément passer les défenses humaines du palais et se dissimuler aux yeux des gardiens habituels. Mais ni Salluste, ni lui n'étaient humains. Et dans la hiérarchie vampirique, ils faisaient presque office d'arrières grands-pères face à cette jeunette.

L'inconnue était là, derrière un buisson, en train d'observer les allés et venus des humains. La lune se cachait. Les arbres et les multiples plantes qui les environnaient les dissimulaient avec connivence. Le Comte s'approcha lentement, observant cette petite forme accroupie devant lui. La cape de l’intrigante soustrayait ses cheveux et ses vêtements aux regards. Elle était menue, c'était une enfant.
Tandis que la lune montrait sa face lumineuse le temps d'une seconde, un éclat argenté indiqua l'arme que tenait la jeune Vampire. L'instant fut court, mais il suffit au Comte pour passer à l'action.


- Tiens, tiens, tiens...Mais qu'avons-nous là? fit-il de sa voix douce et grave en s'approchant encore jusqu'à dominer la fillette de ses 1,92m. Son ombre recouvrait entièrement la jeune fille.

Il montra alors ses canines dans un sourire amusé et laissa une infime partie de son aura l'envelopper.


- On a perdu quelque chose?

De l'autre côté du palais, Salluste sourit. Il avait senti l'aura vibrer dans l'air: son maître allait encore jouir de sa puissance.


> Jirômaru Keisuke <

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MessageSujet: Re: Tentative d'assassinat au Buckingham palace Mer 30 Mai - 23:22

Elie avait son entière attention portée sur le palais. Ses yeux, habitués à l’obscurité de la nuit malgré la pluie battante, suivaient chaque mouvement à l’entrée. Pourtant elle ne sentit pas celui qui se profilait derrière elle. Elle n’était, à vrai dire, pas habituée à vivre en présence d’autres de ses congénères. Elle ne se méfia donc pas à l’approche du vampire. Il l’arracha même à ses réflexions. En effet, malgré son envie de vengeance, un doute l’assaillait.

Qu’allait-elle faire une fois sa vengeance accomplie ? Elle ne pourrait certes pas retourner à son ancienne vie. Le nom des Mc Cartney allait se trouver souillé du sang royal ! La haute société ne saurait accepter une criminelle dans ses rangs ! Et encore moins un vampire…
Vampire… Voilà bien la cruelle condition à laquelle Tharin l’avait condamnée. Vivre dans l’ombre, se nourrir du sang d’autrui. Cela était loin de l’idéal de la jeune femme. D’ailleurs, en avait-elle vraiment un ? Elle ne savait guère… Elle avait l’impression d’être vide, comme si son âme l’avait désertée depuis fort longtemps. Tout ce qu’elle sentait en elle, c’était ce besoin de haine et de sang. C’était cela qui lui dictait sa conduite, cela qui l’animait encore.
Son âme, seul son violon parvenait à lui arracher. Triste réminiscence de son passé, souvenir lointain d’un bonheur éphémère, fané par le temps… Il était son plus fidèle ami, elle qui errait seule dans les rues de Londres. Avec lui, elle s’échappait loin des rues pavées de la ville, sans doute vers un monde imaginaire où ses sentiments n’auraient plus lieu de la faire souffrir. Loin de cette famille décimée, loin de son maître mort ou partis ? Seul Dieu le savait. Dieu ou personne… elle n’y croyait pas. Son existence aurait en sa présence aucun lieu d’être.

Elle n’aimait pas sa nature. Elle n’avait jamais été une meurtrière… Et pourtant, vider de leur sang de pauvres innocents ne lui faisait pas éprouver l’ombre d’un regret. Elle se voyait à présent, comme pour tous les autres de son espèce, comme une machine à tuer, inlassablement ! Elle n’avait connu que Tharin comme vampire. Malgré sa nature bonne et prévenante avec elle, il avait détruit les dernières traces d’humanité en elle lors de sa disparition. Enfin… se plaisait-elle à le croire ! N’était-ce pas ce regret, cette rancœur qu’elle lui gardait, et cette haine pour la reine qui faisaient d’elle un être plus proche des hommes qu’elle le pensait ? Niant totalement cette réalité, elle s’abîmait dans les méandres de ses sombres pensées.

C’est à ce moment qu’elle ressentit cette ombre, gigantesque pour elle, si petite, recroquevillée derrière son buisson. Et cette voix douce qui se fit entendre et qui pourtant lui donnait des frissons. Ou bien était-ce l’aura qui accompagnait cette ombre. Elle la sentait crépiter sur sa peau, pourtant celle-ci était caresse, eau dormante et sage.
Ce fut sans doute cela qui fit retourner calmement la jeune femme vers son interlocuteur aux longues canines. Car il ne manqua pas de lui montrer. Un de ses congénères… un de ses assoiffés ! Mais un aristocrate ! Elle pouvait le voir à sa mise impeccable, soignée jusqu’au bout des doigts ou plutôt de sa canne. La vermine n’avait de cesse de s’immiscer dans chaque recoin de la ville !

Elle se redressa pour faire face à l’homme. Encore là, elle paraissait bien petite face à lui. Et bien fluette… Mais sous la pénombre de sa capuche, ce fut un regard ferme qui se posa sur l’homme pour le toiser. Il était son aîné, de cela elle était sûre. Et son sourire confirmait ce qu’elle pensait de lui au premier regard… Un caractère aussi fort que le sien, voire même plus… vaniteux, plus fier ! C’était ce qu’il lui présageait. Mais ce n’était pas pour autant qu’elle allait s’abaisser devant lui. Il la gênait dans son entreprise, ce qui agaçait fort la demoiselle. Elle remarqua également qu'il était plutôt bel homme, bien que son physique soit pour le moins étrange. Un charme étrange, elle l'aurait qualifié ainsi.
Cependant, à ce moment, elle était bien loin de lui en attribuer la qualité. Il tombait au mauvais moment. Décidément... cela l'agaçait plus encore.
Elle prit garde cependant de ramener sa lame dans les pans de son mantel. Sa compagne attendait bien sagement dans un étui à sa bottine. Toujours avoir une arme de secours…


- Oui… il semblerait que j’ai égaré mon carton d’invitation… répondit-elle d’une voix d’où perçait l’ironie.

Inutile de jouer à l’innocente face à l’homme. Il ne l’aurait pas interpelé de cette manière si son attitude n’avait pas éveillé son attention. Et il y avait de quoi… Quelqu’un caché derrière des buissons à espionner les invités de la famille royale ne devait pas être quelqu’un leur voulant grand bien.
Elle s’en voulut alors de sa sottise. Avait-elle oubliée qu’elle n’était pas la seule immondice dans cette ville ? Peut-être oui ! Ainsi, avait-ils réussi à percer les rangs jusqu’au sein du Buckingham Palace. Mais elle était encore loin de se douter à quel point !
Intérieurement, elle pestait contre son créateur qui l’avait laissé livrée à elle-même, méconnaissante des fondements même du royaume de la nuit ! Elle s’éveillait à ceux-ci à chaque nouvelle rencontre, curieuse malgré elle, d’un fonctionnement qui lui avait toujours été tut. Elle ne savait même rien de Tharin. Son passé, ses origines… Rien n’avait été dit, ces questions étant toujours balayées par d’autres sujets.

Mais l’heure n’était pas aux regrets ni aux reproches. Abandonnant toute fausse civilité, elle s’adressa de nouveau à l’homme, d’un ton ferme et sans chaleur :


- Et vous, vous recherchez quelque chose ? Si ce n’est pas le cas, ma présence vous sera alors inutile. Je retournerai ainsi à la réception de la reine, je ne voudrais briller par mon absence…

Oui… il était hors de question cette fois qu’elle ne puisse pas régler ses comptes avec elle. Et ce, elle était prête à tout pour y arriver, malgré cet homme qui lui barrait la route. Il n’y avait pas de demi-mesure chez elle. Soit elle parviendrait à passer, et alors son projet aboutirait, soit elle allait passer un très mauvais moment en sa compagnie. Pourtant elle savait bien que la balance risquait de pencher vers cette dernière. Ce moment si bien réfléchis, laissait place au paradoxe qu’elle était. Son impulsivité, son impatience même, la faisait foncer tête baissée malgré tout. Voilà trop longtemps qu’elle attendait ce moment, elle n’allait certainement pas remettre à plus tard ses projets, quel que soit l’identité de l’homme en face d’elle.

Elle se retourna alors, marchant résolument vers l’entrée du palais. Mais impulsivité n’était pas synonyme de stupidité. Elle gardait bien en main l’arme qu’elle avait préparée un peu plus tôt. Elle se tenait également prête à bondir, à tout signe d’agressivité de l’homme.
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Comte Keï
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MessageSujet: Re: Tentative d'assassinat au Buckingham palace Jeu 31 Mai - 13:27

Ces yeux...Un regard résolu, un regard dur perdu au milieu d'un océan de douceur. Un teint pâle à croquer, de petites lèvres charnues...Le Comte n'eut ainsi que le temps d'apercevoir le visage de l'inconnue sous sa capuche lorsqu’elle se retourna pour lui faire face. La jeune femme avait levé son visage vers le sien, perché comme un faucon au-dessus de sa proie, mais elle l'avait toisé comme l'on toise un étranger qui dérange par sa simple présence, non pas comme un prédateur.

Elle était jeune, très jeune. Son visage était celui d'une jeune fille entre 17 et 18 ans. C'était peut-être même un cas interdit. Le Comte ne supportait pas cela. Certains de ses congénères n'avaient donc aucun respect pour leur race? Les faire si jeunes c'était les condamner à la folie, à l'exsanguination ou à la dégénérescence prématurée! Elle ne semblait pas avoir été mordue depuis longtemps...peut-être cinq ou six ans...D'ailleurs sa seule présence en ce jardin, sans organisation apparente et sans allié, montrait assez bien son inexpérience. Elle était belle, dans sa jeunesse envolée, mais le Comte sentit monter en lui une pointe de dégoût. Elle était le fruit d'un irresponsable, c'était évident.

Cependant, lorsqu'elle le dévisagea, il resta inexpressif. Figé dans son sourire narquois, il l'observa. Elle ne se démonta pas, loin de de là. Elle prit même un air ironique et le ton de sa voix amusa alors le Comte. Elle ne savait donc pas à qui elle avait affaire? C'était une situation peu banale...En effet, il suffisait souvent qu'il se montre pour qu'on le reconnaisse immédiatement, même si l'on ne le connaissait que de réputation, et ce grâce à ses cheveux ou à sa cape rougeoyante.
Était-elle donc si jeune que cela? Peut-être était-ce une nouvelle venue à Londres?

Immobile, le Comte faisait office de montagne. Mais l'inconnue ne comptait pas se laisser impressionner. Elle avait des choses à faire, c'était clair, et sa présence la perturbait sans pour autant la pousser à changer ses plans. Aussi prit-elle le parti de jouer le jeu de la franchise. Son ton se fit plus net et tranchant. Et tandis qu'elle s'éloignait vers le palais, le Comte lui fit réellement obstacle. Se retrouvant devant elle en une fraction de seconde, il lui barra la route et lui intima ainsi physiquement de rebrousser chemin. Les ombres des buissons s'étalèrent un peu, comme si un nuage venait de passer devant la lune pour mieux les dissimuler aux regards des humains à proximité.


- Allons allons. Sans invitation, tu ne passeras pas. Les Humains ne sont pas assez stupides.

Son regard était amusé mais également clairement sérieux. Il ne comptait pas la laisser entrer.
Se posant sur sa canne-épée d'un air décontracté, il continua avec détachement:


- Range ce couteau, il ne te sera pas utile ici...

Sa voix, douce et tonnante, s'était faite murmure agréable. Il ne souhaitait pas l'effrayer ni la menacer. Il se posait en ancien qui venait de trouver un jeune égaré. L'attitude de la belle était clairement belliqueuse. Elle souhaitait tuer quelqu'un. Qui? Il ne voulait pas le savoir. Pourquoi? Quelle importance? Elle n'avait que peu de chance d’atteindre sa cible. Certes, c'était une Vampire, elle avait par conséquent des pouvoirs obscures et des dons pratiques, mais ici, à Buckingham Palace, la sécurité était la plus forte. Non seulement la garde royale rôdait dans les parages en sur-effectif, mais en plus nombreux étaient les gardiens silencieux qui surveillaient la reine et quelques nobles en son nom propre à lui. C'était le garant de la sécurité royale et de la haute hiérarchie londonienne, elle n'avait aucune chance.

- Quel est ton nom? Demanda-t-il en se penchant un peu comme s'il souhaitait adapter sa taille à la sienne. Je sais que tu es pressée mais tu ne passeras pas. Autant utiliser cette nuit pour avoir une conversation mondaine...Tu ne crois pas?

Le Comte sourit aimablement même s'il y avait clairement une touche d'ironie dans ses propos. Il restait sincère car il sentait que la jeunette était aristocrate. En effet, même si ses vêtements étaient simples et faits pour la discrétion, il y avait dans ses cheveux et son maintient une pointe de noblesse. C'était peut-être une haute bourgeoise, il pouvait se tromper. En tous cas ce n'était pas une ouvrière. Sans cela il l'aurait certainement déjà saisie par un bras pour la jeter au-dessus du mur...

Son regard de brume fixait désormais l'iris brun de l'inconnue. S'il lisait chez elle de la détermination, elle pourrait lire chez lui de l'insistance, une douce menace. Elle avait plutôt intérêt à ne pas tenter sa chance et il lui proposait donc une alternative. Pour l'instant, son aura était douce, il ne lui servait à rien de l'écraser par sa présence.


- Je ne cherche rien ici...fit-il alors doucement pour répondre à la question rhétorique que la belle lui avait posée quelques minutes auparavant. Je rôde ici...Je me promène, je veille. Et la tendre lune, fit-il en lançant un regard vers le ciel, me murmure des secrets.

Ses yeux voilés revinrent dans ceux de la jeune femme. Son sourire disparu.

- Alors...Quel est ton nom? Où est ton créateur? Je m'étonne qu'il te laisse venir ici seule...A moins qu'il ne t'aie envoyée? La nuit est tellement emplie de mystères...


> Jirômaru Keisuke <

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MessageSujet: Re: Tentative d'assassinat au Buckingham palace Ven 1 Juin - 20:43

Malgré sa nature vampirique, le mouvement de l’homme pour lui barrer la route lui sembla rapide. Trop rapide… Elle avait à peine fait quelques pas qu’il se dressait déjà devant elle, menace implicite, pour lui faire abandonner son projet. Une pointe de curiosité perça la jeune femme. Elle s’était mépris sur son compte. Il devait être plus âgé encore qu’elle ne l’avait imaginé. Un ancien. Qui se dressait devant elle ? Qui était-il pour prétendre ainsi lui barrer la route ?! La Reine s’était-elle trouvé un nouveau chien de garde ? Si c’était le cas, il n’allait certainement pas compter parmi les amis d’Elie. Cependant, il devait être suffisamment influant pour s’être fait une place jusqu’ici.

Elie recula d’un pas. Non pas par crainte, l’homme ne lui en inspirait aucune. Elle tenait seulement à garder une distance respectueuse entre elle et lui. Anti sociabilité… méfiance… La liste était longue ! Ou bien était-ce ces ombres qu’elle avait vues grandir autour d’eux, les entourant de ténèbres ? Elle ne savait pas jusqu’où s’étalait la puissance de cet homme, et jusqu’à ce qu’elle ait une réponse, elle préférait prendre ses distances.

Elle l’écouta parler, prétextant que les humains n’étaient pas dupes. Vraiment ? Pourtant, plus d’un d’entre eux s’était laissé tromper par son apparence douce. De plus, quel danger pourrait bien apporter une jeune femme ?! Oui… leur méfiance n’était pas éveillée par la gente féminine, et encore moins lorsqu’elle paraissait si jeune ! Aussi, un petit rictus vint percer le coin de ses lèvres. Etait-il naïf pour ne point imaginer de quoi était capable une femme ? Il devait en avoir connu bien peu dans ce cas ! Elle se retint d’ailleurs à grande peine de lui en faire la remarque. Elle aurait tout le temps d’être déplaisante avec lui plus tard !

Il continua ensuite sur sa lancée, lui sommant d’une voix qui se voulait sans doute apaisante de ranger son arme. Sans un mot, elle sortit sa dague des pans de son mantel. Elle fixa alors son regard dans celui de l’homme, dans lequel brillait une lueur de défi. Avec toute l’impertinence dont elle était capable, elle souleva l’arme du bout des doigts, pour finalement la laisser tomber au sol, dans lequel elle se planta. Elle avait d’autres cordes à son arc pour tenter d’insister afin de garder son arme !
Elle laissa plutôt retomber sa main avec désinvolture.

Il se pencha alors vers elle pour continuer à lui parler. Instantanément, cela fit penser à la jeune femme à un parent s’adressant à son enfant. Comme s’il voulait se mettre à sa hauteur pour lui expliquer une chose que, trop petite, elle ne serait pas en mesure de comprendre. Elle n’aimait pas ça. La prenait-il pour une enfant ? Peut-être qu’à ses yeux elle en était une, mais ce n’était définitivement pas le cas. Elle avait passé l’âge de se considérer comme tel ! Depuis longtemps déjà, devant faire face à l’absence de ses parents, elle avait dû faire preuve de maturité… même si celle-ci ne se retrouvait pas ce soir-là !
Il lui demandait son nom. Son nom ? Autant signer sa mort que de lui donner. S’il était vraiment au service de la reine, sans doute qu’il achèverait le travail commencé il y a des années déjà. La suite, elle ne l’entendit pas. Son attention fut captée par le tiraillement familier qui se fit sentir dans sa gorge. La soif… Si cet individu ne l’avait pas empêché, voilà longtemps qu’elle ne serait plus embêtée par celle-ci ! Du moins, pensait-elle… Elle sentait son palais se dessécher, ses pensées, elles, ne tournoyant plus qu’autour d’images de veines et d’artères, dont le sang coulerait à flot. Et ses crocs qui se planteraient dans la chair tendre…

Non ! Il fallait qu’elle se reprenne ! Si elle se laissait aller à ses pensées sanglantes, sans doute perdrait-elle la raison ! Elle imaginait facilement que cela ne serait pas une bonne idée en présence du vampire. S’il ne la laissait pas passer actuellement, nul doute qu’un vampire rendu fou par la soif serait encore moins le bienvenue !
Elle reconcentra donc son regard noisette, sur celui, étrangement blanc, de son interlocuteur.
Il lui parlait de ses promenades nocturnes et de sa surveillance… Surveillance qui devait bien comporter une faille cependant. Il ne pouvait pas toujours être aux côtés de la reine. Certains soirs… le jour ! Il y aurait bien une autre alternative afin de déjouer son attention. Peut-être, si elle se montrait suffisamment « docile » à ses yeux et croyant à son départ du palais, pourrait-elle y revenir en toute tranquillité plus tard. Tant de solutions qu’elle cherchait à trouver. Il fallait qu’elle trouve la faille de cet homme, et surtout, qu’elle obtienne plus d’informations de sa part. Il n’était peut-être pas tout seul. Combien étaient-ils ? Quand est-ce que la sécurité était la plus faible ? Probablement qu’il lui faudrait plusieurs jours pour recueillir toutes ces réponses.
Et cette recherche commençait dès à présent…

Pendant ce temps, la question de l’homme se réitéra, bientôt accompagnée par d’autres. Où était son créateur ? Même si elle aurait voulu le renseigner, elle n’aurait pas pu ! Elle poussa un soupir d’exaspération. Tout cela l’ennuyait. Les mondanités n’avaient jamais été de son goût, ni même qu’on lui refuse quelque chose. Voilà bien longtemps qu’elle se serait débarrassée de cet homme si cela avait été en son pouvoir ! Elle se contenta seulement de répondre à l’homme d’une voix d’où perçait son agacement :


- La tendre lune ne vous a pas murmuré mon nom ? Un petit sourire amusé apparut sur ses lèvres. Je me nomme Elizabeth… Elizabeth Dawson.

A croire que certaines de ses bonnes manières lui étaient restées. Alors que l’homme était déjà devenu plus familier, celle-ci le vouvoyait toujours. Le respect des années qu’on lui avait inculqué, ou le fait qu’il soit un inconnu pour elle. Toujours étant que dans sa politesse verbale elle ne lui avait pas avoué sa véritable identité. Elle ne comptait pas se mettre en danger plus qu’elle ne l’était. Après tout, le mensonge était préférable à la camarde !
Elle sera le poing, autant de rancœur que de cette soif qui l’envahissait, avant de continuer :


- Pour ce qui est de mon créateur, il vous faudra découvrir ce mystère vous-même, puisque je l’ignore moi-même…

Elle redressa légèrement la tête, comme pour se donner plus de constance devant l’homme. Elle se retenait à grande peine de s’agiter nerveusement. Déjà, ses sens étaient à l’affût des êtres vivants restant encore dans le jardin, à la recherche de sa prochaine proie. Son teint même, avait dû pâlir davantage, devant l’absence de nutrition de cette soirée. Pour ne pas découvrir cette situation pour le moins compromettante, elle se força à continuer la conversation :

- Et pourrais-je savoir à qui je m’adresse ?
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Comte Keï
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MessageSujet: Re: Tentative d'assassinat au Buckingham palace Sam 2 Juin - 15:47

Sonder son esprit...Oui..C'était une chose aisée à faire sur elle vu son âge. Mais il n'en n'avait pas envie. Le jeu était trop amusant. Il fallait qu'elle comprenne d'elle-même la situation et que lui-même reste humble, pour une fois. Tout connaître, tout apprendre en une fraction de seconde était tellement ennuyant! Et puis il n'avait pas envie de se forcer. Ce soir, il voulait rester en paix. Impressionner, certes, jouer de sa puissance, mais éviter de passer à l'action. Utiliser ses vrais pouvoirs pour une enfant n'était pas dans ses habitudes. Et puis...la menace était tellement délicieuse à manier...

Ainsi le Comte observait-il la jeune femme encapuchonnée. Son visage adorable prenait les marques du mépris, de l'impatience, de la gêne...Mais nulle ride de peur ne l'envahissait. Nulle angoisse liée à la crainte. C'était une ingénue. Une charmante petite créature, naïve et vindicative. Qui voulait-elle donc éliminer? Avait-elle seulement une cible ou bien cherchait-elle simplement le frisson? Le Comte hésitait. Elle semblait si déterminée qu'il sentait bien en son être la force d'une vengeance en action. Cependant, une autre force l'animait dans le même temps...Cette force, insupportable, c'était la soif. Et cela était amplement palpable chez ses semblables. Rien que le cou de la Vampire le montrait. Sa gorge haletante, ses yeux, son teint...Tout était signe. Elle avait soif, terriblement soif. Et cela agaçait le Comte. Rien ne l'énervait plus qu'un Vampire qui ne savait pas se contrôler, qu'un assoiffé désespéré, si ce n'était Sarah, peut-être, cette humaine impossible...
Le Comte se souvint alors de Wynn qu'il avait rencontré quelques semaines auparavant: lui aussi il l'avait rencontré dans cet état. Il l'avait aussitôt méprisé. Puis ils s'étaient alliés. Le violoncelliste était actuellement en train de diriger l'orchestre de sa pièce de théâtre, il en serait le directeur. Une plaisante pensée.

Sur son indication, la jeune femme avait laissé tomber son couteau. Sage décision que le Comte apprécia beaucoup. Elle se présenta alors et le lord lui sourit aimablement malgré le ton sec qu'elle avait prit.


- Elizabeth...Dawson...fit-il en faisant mine de réfléchir. Hum...Non, jamais entendu parler. Je pensais peut-être te connaître...

Il se redressa sur sa canne-épée et enleva son chapeau haut de forme pour esquisser une courbette galante.

- Enchanté. Si la Lune ne m'a pas parlé de vous, c'était certainement pour soustraire à mes regards un joyaux de sa nature.

Le ton du Comte se fit ainsi clairement mondain. Certainement même beaucoup plus poli, enjoué et par-là factice...Vouvoyer une enfant n'était pas non plus dans ses habitudes, mais la situation lui intimait d'incarner l'un de ses nombreux rôles publics.

La jeune Elizabeth serra le poing lorsqu'il fut question de son créateur. Le Comte fit mine de l'ignorer alors qu'il sentait la tension monter. Son créateur? Elle ne le connaissait pas...et cela semblait lui tenir à coeur.
Ainsi le Comte avait-il vu juste au sujet de son maître: c'était un irresponsable qui l'avait faite trop jeune et qui l'avait abandonnée dans ce monde avec le fardeau du Don Obscure. Un crétin! Un scélérat sans honneur! Par chance elle avait survécu et elle avait réussi à s'adapter à sa nouvelle nature. Même si elle montrait clairement des signes d'agitation et d'intrépidité quelque peu dangereuse, elle semblait forte, et son caractère devait s'être forgé dans la misère et l'épreuve pour qu'elle ose ainsi se montrer aussi raide face à lui. D'un autre côté, le Comte dissimulait son identité et cachait sa véritable puissance pour éviter de l'écraser et pour tenter de lui donner confiance: c'était peut être le résultat de cela? Il allait voir...

Elizabeth s'égara un peu dans ses sens. Ses yeux semblaient agités. Oui, elle avait soif. Le Comte maintint son sourire enjoué avec difficulté. La colère commençait à monter en lui. Elle venait par vague, comme de coutume, lécher ce qui lui restait d'âme.
La jeune femme lui demanda alors son nom en retour du sien. Le Comte rit dans un murmure inquiétant.


- Hahaha...Tu ne sais donc pas qui je suis?

Il rit de plus belle en se recoiffant de son chapeau. Le Comte s'éloigna alors un peu, jouant avec sa canne, regardant le sol puis le ciel, comme s'il cherchait ce qu'il allait répondre. Il fit tourner sa canne-épée pendant quelques secondes avant de s'immobiliser et de tourner la tête vers la jeune Vampire. Son sourire était dur cette fois.

- Ton créateur est un imbécile fini. J'espère pour lui qu'il est déjà mort ou qu'il a été retenu comme son gré auprès d'affaires importantes...Sinon grand est son crime...et je serais là pour l’accueillir s'il posait le pied à Londres.

Le Comte leva son regard vers la lune qui montrait une partie de son visage et récita:

- "Ceux que tu crées sont tes infants. Jusqu'à leur émancipation, tu les commanderas en toutes choses. Leurs fautes seront les tiennes."

Puis il s'approcha de la jeune femme en souriant d'un air froid, presque sadique.

- Elizabeth, fit-il fermement, il est temps de quitter ces jardins.

Il se baissa pour ramasser l'arme de la jeune femme plantée dans l'herbe à ses pieds. Il frotta la terre qui restait accrochée à la lame, souillant ses gants d'un blanc immaculé. Il lui tendit alors, le manche en avant, insistant pour qu'elle le reprenne.

Mais au moment où la belle allait toucher l'arme, il l'attrapa par le poignet, l'enveloppa d'un mouvement ample sous sa cape de sang et la recouvrit entièrement. Il la souleva, ainsi prise, et lorsqu'il la lâcha, ils étaient à nouveau de l'autre côté du mur, à l'extérieur, dans la rue sombre.
Le Comte, éloigné de quelques pas de la jeune Vampire, lui avait laissé le couteau dans la main. Son regard en disait long.


- Vas-t'-en. Ne reviens pas traîner dans les environs. Quelle que soit ta proie, je serai toujours là pour veiller. Sous cette forme ou sous une autre...Ce lieu est mon territoire. Toute la ville m'appartient. Mais ici...entre ces murs...seule ma haine peut guider mes pas vers celui qui enfreint les lois.

La menace était claire. Il se posait en maître des lieux et elle, elle avait pénétré son domaine avec de mauvaises intentions: elle avait donc de la chance d'échapper à son courroux. Qu'elle le veuille ou non, son autorité était là pour l'arrêter. Il était le Prince de Londres, le plus vieux des Vampires et certainement le plus puissant de cette époque. Elle ignorait son nom, son créateur ne lui avait donc rien apprit. Elle ignorait ses pouvoirs, son inexpérience lui portait préjudice.

Le Comte déploya alors la moitié de son aura. Un aura étouffante, une aura écrasante, dépassant inconditionnellement toutes celles qu'elle avait pu croiser.

Il lui sourit
:

- Nous nous reverrons, Elizabeth "Dawson". L'insistance sur le nom voulait tout dire: il n'était pas stupide.

Les ombres s'étirèrent alors avec une rapidité effrayante, s'allongeant et serpentant comme des créatures démoniaques venues de l'ancien monde. Elles envahirent chaque espace de lumière, éteignirent les lampadaires et immobilisèrent l'air ambiant.
Puis tout redevint comme avant.
Le Comte avait disparu.
Sur les pavés, une tête de rose blanche siégeait à sa place.


************************************

La salle noire: le lieu de perdition du Compte. Il l'avait rejoint.
Errant seul dans les ombres, il atteignit le cadavre de son maître.
Les mains dans le dos, il s'arrêta. Contemplant de haut le squelette défraichit de ce qui fut Matosaï, son propre créateur.

Puis de sa bouche étirée sortirent ces quelques mots:


- "Nul ne détruira un de ses semblables. Le droit de destruction appartient aux seuls anciens.
Seuls les plus anciens d'entre nous peuvent appeler à la chasse au sang."
Voilà la loi...Et la loi...maintenant...c'est moi.


Il poussa du pied son maître qui était à moitié assit. Le squelette frémit et s'écroula un peu plus sur lui-même.

La chasse serait amusante...


[HRP/ Fin du RP avec le Comte. Je te laisse continuer comme tu l'entends. Wink Au plaisir de te revoir tantôt Eli! Suite à la Grande Hologe, "Parade sur les toits/HRP]


> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Tentative d'assassinat au Buckingham palace Dim 3 Juin - 2:36

Elie ne put retenir une légère tension à l’estomac lorsque l’homme avoua la connaître peut-être. Il s’agirait là d’une des pires choses qui pourrait lui arriver ! Fort heureusement, il ne s’attarda pas plus sur son identité, répondant seulement à sa provocation par un compliment, flatteur, mais trop enjolivé pour être sincère ! Ce genre de compliments avait été entendu des milliers de fois déjà, comme l’un de ces aristocrates aux dames de salon.
Cela ne toucha donc pas la jeune femme. De toute façon elle était insensible aux flatteries autant qu’à toute marque d’affection qu’on pourrait lui porter. Sa vengeance lui avait gâtée tout goût aux relations sociales. De plus malgré l’apparente amabilité de l’homme, il n’était pas pour plaire à la damoiselle. Aussi resta-t-elle de glace.

Jusqu’à ce qu’un rire s’élève des lèvres de l’homme. Un rire dérangeant et sinistre, à l’image de ce que l’homme dégageait parfois. Qu’y avait-il pu avoir de si drôle dans les propos d’Elie ? Elle se le demandait. A croire qu’ils n’avaient pas le même sens de l’humour ! Elle se demandait si elle souhaitait avoir une réponse à sa question ou non.
Dans tous les cas, l’homme ne lui en donna pas le choix, continuant sur sa lancée. Il semblait pour lui que tout le monde devait le connaître. Aussi lui fit-il remarquer d’une manière qui déplut à la jeune femme ! Comme si elle était stupide… Ignorante, certes, mais en était-elle vraiment responsable ? L’égocentrisme de cet homme suintait-il au point qu’il se croyait populaire parmi toute la populace ? Cela la dégoûta. Aucun doute qu’il faisait parti de la Haute Société… Toujours en train de faire parler d’eux et pavaner parmi tous les paons de l’entourage de la Reine !

Le regard de la jeune femme devint dur et fixe sur son interlocuteur. Elle le regarda, sans un mot remettre en place son chapeau, laissant quelques instants avant de reprendre son discours. Elle suivi chacun de ses faits et gestes, semblant le fusiller du regard chaque seconde qui passait. Et rien ne s’arrangea lorsqu’il dépeignit un tableau peu flatteur de son maître. Son sang se mit à bouillir et une vive colère monta en elle. Comment pouvait-il le juger si rapidement ! Elle ne savait pas pourquoi, elle qui pourtant lui en voulait de son absence, ne pouvait pas supporter que quelqu’un lui en fasse critique. Elle avait envie de faire perdre ce sourire qui s’affichait sur le visage de cet inconnu. Qui que ce soit, il n’avait à ses yeux, pas le droit de le juger. Que pouvait-il donc bien savoir ?! Cette fois, il était aussi ignorant qu’elle. La seule personne qui l’attendrait s’il revenait à Londres, ce serait elle ! Seule elle, avait à recevoir une explication de sa part et non ce vampire imbu !
Il récita ensuite une phrase, que la jeune femme devina comme une loi. Bien entendu elle ne la connaissait pas, mais où était donc son péché, là où elle avait voulu sauver son honneur et celui de sa famille ? Dans les mêmes circonstances, cet homme n’aurait-il pas fait la même chose ? La vengeance est une chose que bien peu de personne parvienne à refuser ! D’autant plus quand la cause est grande ! Le jugement de l’homme était décidément trop hâtif. Mais de toute façon, même s’il aurait connu toute la raison de son action, elle n’aurait pas voulu de pitié ou de compassion de sa part, ni de personne. Personne n’en avait eu à l’époque, il n’était plus temps d’en avoir !

Puis, le décret tomba. L’homme souhaitait qu’elle parte. Enfin souhaitait… c’était plus un ordre qu’une sommation. Le jeu était fini ! Déjà, il se baissait pour lui récupérer son arme. Délicate attention que voilà ! Surtout que quelques instants plus tard, il lui tendit. Elle le regarda quelques instants, se demandant s’il la prenait pour une idiote. N’était-ce pas une ruse de sa part pour mieux l’abuser ? Forte de sa méfiance, elle avança sa main pour récupérer son arme, se préparant à réagir à tous les scénarios possibles, sauf ce qu’il se passa. Lui saisissant le poignet, elle se retrouva bientôt emmitouflée dans cette cape dont l’homme était vêtit. Le temps qu’elle réagisse et ne tente de se dépêtrer du tissu, elle se sentit soulever pour à peine quelques instants après, retourner sur la terre ferme. Sa dague avait retrouvé sa paume, et elle son point de départ, c’est-à-dire le mur extérieur de l’enceinte du palais. Tous ses efforts réduits à néant en l’espace de quelques minutes ! Elle devait tout recommencer, bien que le visage de l’homme fût à présent tout, sauf engageant dans cette idée. La menace n’était plus implicite maintenant, mais clairement déclarée tant dans son attitude que dans les propos qu’il tint. Ainsi se déclarait-il comme le régent de la ville, du moins le comprit-elle, pour les vampires. S’attendait-il à des courbettes de sa part ? Des Monseigneur et Votre Majesté ? Il allait vite déchanter car elle ne courberait pas l’échine devant lui ! Et s’il devait s’attirer sa haine, ainsi soit-il. Qu’était-ce donc qu’une personne en plus ou en moins la haïssant ? Après tout, elle n’avait pas d’autres choix. Face à l’immortalité, aucun autre choix ne s’imposait. A moins qu’attendre gentiment que la reine expire sans avoir payé pour ses fautes ? Inconcevable !

Elle sentit alors, l’aura de cet homme, auparavant calme et sereine, se déverser sur elle. Si elle n’avait été bien campée sur ses pieds, sans doute aurait-elle titubé devant sa puissance. Elle sentait sa propre aura, si petite, fléchir devant celle imposante de l’homme, cette dernière lui opprimant chaque parcelle de sa peau et lui arrachant une expression de stupeur. Bien qu’elle s’attendait à ce que l’homme soit puissant, elle était loin d’imaginer jusqu’à tel point !
Puis sa surprise fit de nouveau place à de la colère. Une colère sourde, lui vrillant l’estomac. Une lueur de défi traversa son regard, dont le message était clair : peut-être pourrait-il l’écraser de son aura, la soumettre à sa volonté, mais son âme aurait besoin de plus que ça pour sa laisser ainsi dominer !

Il lui promit ensuite une prochaine rencontre, laissant suggérer d’ailleurs, par son insistance sur son nom, que le poisson n’avait pas mordu à l’hameçon. Peu importe… Le but n’était pas de lui faire croire à ce nom, mais surtout de lui en taire le vrai. Chose accomplie. Du moins elle l’espérait. Et elle comptait bien ne pas faire la lumière sur ce point !

Puis les ténèbres autours d’eux semblèrent une nouvelle fois répondre à la demande de l’homme, puisqu’ils reprirent leur droit sur la lumière, ne laissant plus aucun éclairage, avant que tout s’arrête.
L’homme n’était déjà plus là. Elie devait avouer qu’il aimait les sorties théâtral. Il lui avait même laissé, sur le pavé trempé de la rue, un bouton de rose au blanc nacré.
La tension que la jeune femme avait ressentie quelque temps plus tôt s’arrêta, et, même si respirer n’était plus obligatoire pour elle, elle sentit ses poumons de nouveau s’emplir d’oxygène, comme pour combler le manque de ces derniers instants.

Elle s’avança alors de quelques pas pour cueillir en sa main la rose. Se redressant, elle sera le poing, avant de relâcher négligemment sa poigne vers le sol, laissant tomber la fleur, effeuillée et froissée.


- Oui… nous nous reverrons… Et plus tôt que vous ne pouvez l’imaginer ! murmura-t-elle entre ses dents.

Après une hésitation, elle partit alors dans l’une des ruelles sombres de Londres, songeant à cette rencontre. Rien se servait d'y retourner ce soir-là. Cela aurait été pure folie !
Mais, malgré qu’elle n’ait pu atteindre ses objectifs, elle était ressortit avec un enseignement… il lui fallait au plus vite apprendre à tirer parti de sa condition vampirique. Ses pouvoirs devaient être contrôlés et sa connaissance sur le monde des ténèbres parfaite. Malheureusement, sans mentor le chemin allait être bien difficile ! Mais une chose était sûre ! La prochaine fois que sa route croiserait celle de cet homme, il ne pourrait plus retrouver en elle une femme ignorante et faible !

Sur cette conclusion, elle décida enfin de satisfaire son besoin de sang. Trouver un humain à détrousser et vider de son sang ne fut pas bien difficile pour la jeune femme. Voilà un petit moment que ses sens étaient déjà en éveil en vue de satisfaire sa soif.
Mais lorsqu'elle laissa retomber le cadavre de sa victime au sol, un goût amer traîna sur sa langue… La chasse ne lui avait été d’aucun plaisir… Il lui avait coupé l’appétit !


[HRP/ fin du RP avec Elizabeth /]
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Tentative d'assassinat au Buckingham palace

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