L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Erreur fatale

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Julia Thanas
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Race : Loup-Garou
Classe sociale : Bourgeoisie
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Age : 22 ans
Proie(s) : Tout ce qui passe une fois qu'elle est transformée.
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MessageSujet: Erreur fatale Lun 28 Mai - 13:26

Il était déjà 20h. Julia frissonnait au fond de son fiacre. Ses pensées se bousculaient et son coeur battait contre sa poitrine à un rythme effréné. La lune...la lune était presque ronde...Elle avait fait une grave erreur ce soir.

Au retour de la maison de campagne de Gaspard de Sorel, la jeune couturière avait eu droit à maintes questions indiscrètes et sévères de la part de sa mère. Sa grand-mère devenant de plus en plus sourde, sa mère se faisant insistante et terriblement curieuse, Julia avait repris ses activités à la boutique avec un pincement au coeur. Non seulement elle se sentait revenue en cage, dans son milieu bourgeois sans fard et sans lumière, mais en plus elle se sentait épiée, observée, jugée sans discontinuité. Cela était insupportable.
Julia était revenue pour sa malédiction. Dans quelques jours la lune allait être pleine et il lui fallait regagner la pièce du sous-sol de leur demeure, spécialement aménagée pour elle et ses transformations. Le verrou et la porte avaient été changés depuis sa dernière fuite qui avait été une véritable catastrophe: elle pouvait donc s'y enfermer tranquillement pendant les quelques jours qui régissaient son corps sans la permission de son esprit.

Cependant, un jour avant la pleine lune, alors que son caractère était clairement devenu plus acide, froid et colérique, comme prémices habituels à sa transformation, Julia avait craqué: elle s'était enfuie de la demeure des Thanas et s'était rendue au zoo. Pourquoi au zoo? Elle n'en avait aucune idée. Sa mère et sa grand-mère n'avaient pas pu la retenir: elle s'était enfuie en fiacre sans leur expliquer où elle se rendait. Excès de fureur? Volonté de respirer encore une fois l'air de l'extérieur avant d'être à nouveau emprisonnée sous la demeure? Instinct? Elle n'y réfléchit même pas. Suivant ses envies, suivant son coeur, elle s'était rendue au zoo et y avait passé la journée entière. Elle avait rencontré une femme aimable, célibataire, âgée d'une trentaine d'années. Ensemble, elles avaient rit un peu, elles avaient observé les animaux et elles avaient déjeuné et dîné. Julia apprit d'elle beaucoup de choses agréables: elle s'occupait des enfants dans une garderie et les anecdotes amusantes étaient nombreuses. Au fond d'elle, la petite bourgeoise songea à ses futurs enfants. Elle pensa à Gaspard et rêva, gentiment, à un avenir tristement avorté dans ses gènes sans qu'elle ne le sache.

Le soir, une fois la dame partie, elle était dangereusement restée jusqu'à la fermeture du parc zoologique. Le fiacre l'attendait aimablement, son chauffeur étant d'une patience à toute épreuve et il était surtout payé pour ne poser aucune question, répondant aux caprices des autres. La jeune femme se mit donc à errer, seule, le long des grilles fermées. Elle prit vite goût à cette balade improvisée et s'éloigna du fiacre pour se perdre sous les réverbères. A travers les barreaux, elle voyait parfois au loin des cages avec quelques animaux qui s'endormaient. Elle fit signe à des singes excités par le crépuscule avancé et sourit devant les canaris réduits à des boules de plumes agglutinées les unes aux autres sur leurs branches artificielles.

C'est alors que la lune se dévoila. Julia ressentit une grande douleur au creux de son ventre et dans le bas du dos. Elle s'affola, se mit à respirer bruyamment et à chanceler dangereusement. Elle s'appuya sur un banc. Des perles de sueur envahirent son front et tout ses membres se mirent à trembler. Une crise. Une chose qui lui arrivait régulièrement la veille de la lune complètement pleine. Comme beaucoup de Loups-Garous, Julia se transformait quelques jours. Parfois un peu avant la lune ronde, parfois un peu après. Cela dépendait de nombreux éléments qu'elle ne maîtrisait pas pour résoudre l'équation mystérieuse qui enveloppait son mal.
Au bord de l'évanouissement, la jeune couturière regarda derrière elle pour tenter d'apercevoir le fiacre: peut-être que le chauffeur l'avait suivit du regard et se rendrait compte qu'il y avait un problème? Peut-être allait-il venir la chercher?
Espoir vain.

Les mains crispées sur son ventre, Julia se plia en deux. Ses pupilles changèrent de couleur puis redevinrent normales. La transformation démarrait mais elle semblait ralentie par la volonté de la jeune femme. Elle se retrouva à genoux. Les ongles de Julia grandirent un peu puis se stoppèrent, ses cheveux s'allongèrent et firent de même. Elle lutta.


*Pas maintenant...*

Elle suppliait maintenant le ciel de lui rendre son âme.
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MessageSujet: Re: Erreur fatale Sam 2 Juin - 22:45

Alors que l’ombre commençait à s’étendre sur la capitale Londonienne, alors que les hommes rentraient bien au chaud dans leur maison, savourant les minutes passés en compagnie de leur famille, alors que d’autres se cachaient dans des ruelles miteuses, essayant de se réchauffer les uns contre les autres, un oiseau, un seul, planait au dessus des cheminées fumantes.
Un immense rapace, aussi noir que la nuit mais à la tête blanche comme l’éclat du soleil, poussa un cri semblable à un oiseau marin avant d’amorcer une légère descente, utilisant les courants d’air chaud pour se laisser transporter avec aise. Enfin, chaud, tout était relatif. Car l’air de Londres semblait aussi glacial que le cœur de ses habitants, songea Hanska sous sa forme d’oiseau. Lui qui était habitué aux vents chaleureux de sa terre natale, aux brises caressantes, avait eu beaucoup de mal à s’habituer au vent cinglant du nord. Pourtant, certains hivers étaient rigoureux en son pays, mais la moindre source de chaleur semblait avoir disparu de cet étrange continent.
De ses yeux dorés, le rapace observait avec dégoût et amertume, ce monde qu’il ne comprendrait jamais. Tout ceci semblait si loin de ce qu’il avait connu, si loin de sa notion de l’humanité. C’est comme si, tout bien avait disparu de cette terre, que même la nature avait refusé de leur accorder sa chaleur. Hanska trouvait cela bien triste.

Le lycanthrope survola le zoo, et jeta un regard sur les silhouettes animales, emprisonnées qui somnolaient dans leurs cages. Pauvres animaux. Hanska entendait leur appel, entendait leur souffrance. « Liberté ! » criaient ils mais il était le seul à les entendre. Comment peut-on enfermer de si belles créatures, les enfants de la Terre, et les exhiber ainsi au plaisir des hautes strates de la société humaine. Son peuple, les Lakota, ne s’étaient jamais sentit supérieur aux animaux. Ils les respectaient, les adulaient même parfois. Une telle ignominie, Hanska n’aurait jamais cru qu’il verrait cela un jour.
Pourtant, il sentit une présence familière dans une des cages. Un lycanthrope, ici ? L’oiseau se posa dans un arbre du zoo et analysa plus en profondeur la trace de l’être. Non, ce n’était pas quelqu’un qu’il connaissait. Une jeune fille visiblement, et sous l’apparence d’un puma. Intéressant… même si elle ne venait sans doute pas de son clan. Il chercherait à en savoir plus bien plus tard. Pour l’instant, il devait finir sa ronde autour de la ville à la recherche de quelques Lakotas.

Alors qu’il se dirigeait vers un immense et beau parc, quoiqu’un peu sombre une fois la nuit tombée, Hanska se décida à se poser dans cet endroit peuplé de végétation où il pourrait se fondre facilement et ainsi y passer la nuit. Il se posa dans un arbre et repris son aspect humain, ses plumes se changeant en un froissement de tissu, en son imposante tunique, son masque tribal en forme de tête de rapace accrochée à son nuque et les perles et autres décorations cliquetant doucement entre elles. Les yeux du natif américain brillaient encore un peu dans l’obscurité alors qu’il sautait de sa branche pour atterrir sur le chemin avec l’adresse de son espèce.
Hanska se redressa, attentif, reniflant l’air autour de lui. Pas la moindre présence humaine, le parc devait être fermé ou devait être sur le point de l’être. Il fit quelques pas, observa le sol avec attention puis détecta la présence des petits animaux, curieux, qui sortaient de leurs tanières. Surtout des lapins et des souris, visiblement. C’était devenu son régime depuis un bon moment… Le lycanthrope tendit l’oreille, à la recherche d’un bruit d’eau produit par une quelconque source. Et il en repéra une, à quelques mètres, visiblement une cascade ornementale. Il se dirigea lentement vers cette dernière, ses pas semblant ne jamais toucher le sol tellement il faisait peu de bruit. Arrivé devant la source, il mit ses mains en coupe dessous et récupéra de l’eau pour asperger son visage éreinté, et but quelques gouttes... jusqu’à ce qu’il se retourne en percevant une présence étrange.
En se concentrant, il sentit une grande détresse et quelque chose d’anormale, comme une profonde rage qui cherchait à se libérer. Il sentit Amarok s’agiter en lui, comme si le loup sentait que quelque chose n’allait pas. Hanska grogna de mécontentement et mis son masque avant d’escalader rapidement un arbre, sautant de branche en branche jusqu’à atteindre l’endroit précis du phénomène : prêt des grilles du parc. Une jeune humaine, visiblement caucasienne se tordait de douleur en s’accrochant aux barres de fer. Le lycanthrope l’observa un moment sans rien faire avant de s’élancer et sauter pour atterrir non loin d’elle, de l’autre côté des grilles, afin que cette barrière reste toujours entre eux.

Le Lakota l’observa, son masque étrange semblant la transpercer des yeux. Il restait debout, droit comme un i et imperturbable. Puis, il utilisa son pouvoir pour pénétrer son esprit et fut rejeté furieusement par la vision de rage qui hantait la jeune femme. Hanska frissonna en analysant ce qu’il venait de voir. Un loup visiblement qui cherchait à gagner sa liberté au sein même du corps de cette femme. Voilà qui était bien étrange. Mais il était sûr que ce n’était pas une lycanthrope. Il fit quelques pas vers elle, puis s’arrêta.


- Contrôle. Dit-il de sa voix grave mais douce, autoritaire comme celle d’un père. Tu dois contrôler. Tu en es capable, humaine.

Son accent indigène troublerait sans doute la jeune femme, mais elle devait être d’autant plus perplexe face à ses vêtements et au mystère qui l’entourait. Hanska avait l’habitude que cela fasse cet effet sur les humains. Il s’approcha et posa ses mains sur les barreaux de fer qui le séparait de la caucasienne en proie à un mal étrange.
Puis, sans un mot, il essaya à nouveau de pénétrer son subconscient afin de l’aider à maîtriser la bête en elle. Même si cela lui faisait de la peine, ce loup n’avait pas le droit d’être libre. Il n’était pas normal qu’une humaine soit victime d’une bête aussi féroce, et Hanska l’aiderait. D’autant qu’il n’avait pas envie que le loup s’attaque aux animaux du zoo.
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MessageSujet: Re: Erreur fatale Dim 3 Juin - 21:49

Lorsque Ehawee était sortie de la maison de passe, la nuit avait déjà embrassé Londres et l'avait recouvert d'un épais voile noir. Humant l'air nocturne avec satisfaction, la jeune femme s'était avancée dans les rues en observant le ciel, comptant les étoiles une à une jusqu'à s'engouffrer dans une ruelle déserte.
Un gros puma au pelage ocre en était ressortit, trottinant rapidement en longeant les murs pour ne pas être repéré.
D'aidant d'un arbre à un carrefour, l'animal était grimpé sur les toits et s'était assit un instant à côté d'une cheminée pour observer la ville. Même à une heure aussi tardive, Londres était agitée et frénétique, les nobles se massaient à l'entrée des théâtres et des salons, de jeunes nobles en robes de poupée souriaient au bras d'un riche héritier, là où les bourgeois essayaient de briller en société, prêt à tout pour s'attirer les faveurs des plus grands.
Avec un regard dédaigneux pour ces humains corrompu, le félin avait baissé la tête vers les quartiers moins favorisés. Certaines familles essayaient de subsister dans toute cette misère, d'autres humains s'adonnaient aux plaisirs de la chair sans commune mesure... Et les derniers mouraient de faim ou de maladie dans les rues.
Ehawee en était persuadée, c'était avant tout la corruption et le désir, qui tuaient les gens. Elle n'aimait pas plus les londoniens qu'elle n'avait apprécié les moscovites, mais elle avait tout de même pitié d'eux. Et certains valaient la peine qu'on s'intéresse à eux.

Le puma se leva de nouveau, faisant onduler son corps souple sous la lune, ronde et pleine comme le soleil. L'animal arpenta les toits, bondissant entre chaque sans la moindre difficulté, puis gagna le zoo, où il atterrit souplement. L'endroit était fermé, mais Ehawee n'eut aucun mal à en franchir les grilles, et se promena un moment sur les sentiers, fleurit avant de s'arrêter devant une première cage. De petits singes au pelage orangé et noir dormaient paisiblement sur les branches, sans se soucier des grilles qui les séparaient de la liberté. Poursuivant son chemin, le puma s'arrêta devant la cage d'un énorme tigre, et s'assit un moment devant la grille, soutenant le regard fauve de l'énorme félin. Sans qu'elle n'ait besoin d'ouvrir la bouche, elle comprenait ce qu'il ressentait d'un simple regard. Elle même n'aurait pas souhaité vivre dans un lieu aussi fermé, ni même être dévisagée du matin au soir par des inconnus. Elle qui appartenait au genre animal et humain en même temps, elle savait que l'Homme pouvait s'ennuyer au point d'aimer ce genre d'attraction... Là où l'animal n'aspirait finalement qu'à la liberté.

Reprenant sa route, elle alla finalement s'installer sur la branche haute d'un énorme chêne, où elle se coucha, sa longue queue battant l'air tandis que ses oreilles s'agitait au rythme du vent. Elle restait attentive au moindre son, mais ce ne fut pas son ouïe qui fut alertée. Relevant brusquement la tête, Ehawee regarda autour d'elle, puis en dessous, cherchant l'origine de son malaise. Elle avait sentie une présence... Mais pas n'importe laquelle. Une présence qu'elle cherchait depuis longtemps, depuis maintenant près d'un an: Celle d'un autre lycanthrope. Malgré son jeune âge, son instinct ne pouvait la tromper, et elle était persuadée que l'un d'entre eux se trouvait tout prêt.
Quittant son perchoir, elle reprit sa marche dans le parc zoologique, cherchant du regard une quelconque présence qui ne soit pas totalement animale.

Sa traque fut interrompue par un bruit sourd non loin de la sortie du parc. S'approchant d'une démarche féline et parfaitement silencieuse, elle se cacha dans l'ombre pour observer.
Un homme à l'étrange tenue et aux cheveux coiffés de perles se tenait face à une jeune femme pliée en deux par la douleur. Un instant, Ehawee pensa qu'il cherchait à lui faire du mal, mais ses gestes lui indiquèrent le contraire. D'autant que la jeune lycanthrope ressentait une immense rage émanant de la jeune femme, comme si une bête incontrôlable cherchait à surgir de son corps. Le puma quitta sa cachette d'ombre, et lorsque la lumière recouvrit son corps, Ehawee avait retrouvée son apparence humaine. Cet homme... Elle sentait émaner de lui la même aura qui l'avait tant perturbé tout à l'heure. Il était probablement le lycan qu'elle avait sentie un peu plus tôt.
Levant les yeux vers le ciel où brillait une lune dénuée de toute imperfection, Ehawee se souvint de ce qu'on lui avait raconté au sujet des loups prisonniers de cette demoiselle solitaire. Aussi songea-t-elle à cela en voyant les yeux jaunes de la jeune femme.


-Avez-vous besoin d'aide, monsieur? Puis elle se tourna vers l'infortunée et s'approcha doucement, comme pour ne pas l'effrayer.

Elle était bien sûre curieuse d'en savoir plus, mais elle n'était pas idiote ni dénuée de bon sens. Elle savait que la bête tapie à l'intérieur de cette femme n'hésiterait pas à lui arracher la tête, et ce sans aucune autre raison que celle de ses pulsions animales.
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Julia Thanas
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MessageSujet: Re: Erreur fatale Lun 4 Juin - 1:11

Julia priait. Elle priait le ciel, elle priait la terre, elle priait le monde pour qu'elle puisse retenir La Bête. En son sein grondait une fureur abominable. Un monstre de souffrance, une créature terrifiante et brutale. Elle qui n'était qu'une jeune femme aspirant à la paix, une aimable couturière sans ambition démesurée, une femme aimante et aimée...Pourquoi subir tant d'épreuves? Dieu ne pouvait que prendre pitié! Et si ce n'était pas pour elle, ce serait pour les autres! Elle ne voulait pas tuer! Pas encore! Elle, oui, qu'elle meure enfin! Mais les innocents...jamais!

- Jamais!! Hurla-t-elle dans un souffle rauque.

Se tordant de douleur, Julia serra les dents et se mit à pleurer à la fois de souffrance et de rage. Elle avait lavé depuis longtemps sa faute! Elle n'avait pas à vivre de pareilles situations.

Ses amies lui revinrent alors en mémoire. L'image de leurs corps déchiquetés par les monstres frappa ses pensées. Ses deux amies...Innocentes...Comme elle...Elle les avait vues. Pourquoi devait-elle en payer le prix?
Elle se ressaisit soudainement. Ses yeux reprirent la teinte saphir qui leur était naturelle, ses ongles redevinrent normaux et sa respiration se fit plus régulière.
Cette image la calmait toujours. La culpabilité la rongeait mais l'injustice était le sentiment dont elle tirait sa force. Ses amies ne pouvaient pas avoir périt en vain. Il fallait qu'elle se batte!

Mais la Lune était là. L'air ambiante palpitait de ses rayons tranchant. Pour elle, la tension était trop intense. La jeuen femme quitta son banc, erra un instant, comme ivre, titubant jusqu'aux grilles du zoo qu'elle avait quitté une petite heure auparavant. Qu'elle avait été stupide de s'attarder ici! Elle saisit les barreaux de fer et s'y agrippa. Ils étaient glacés. Comme son âme à cette heure. Comme la lune et la rosée qui commençait à recouvrir chaque parcelle de Londres. Julia y posa son front couvert de sueur et tenta de respirer lentement à grandes bouffées.

Mais la douleur reprit. Elle fut plus intense cette fois et la jeune femme ne put que se plier à nouveau en deux pour subir son mal.

C'est alors qu'une voix douce et profonde la tira de son tourment. Elle sursauta et releva la tête. Elle haletait sa surprise en même temps que sa souffrance. De l'autre côté de la grille qu'elle tenait, un homme se dressait. Son visage, couvert de perles de sueur, fixa l'inconnu. Il était très grand par rapport à elle, même plus grand que Gaspard qui était pourtant taillé comme un géant. Sa peau était sombre, il portait des tatouages, ses vêtements paraissaient venir d'un autre âge. Un indigène, c'était ce qu'il évoquait immédiatement. Il était étrange et malgré ses gestes aimables, sa voix qui se voulait tranquillisante et ferme, Julia fut horrifiée par le masque qu'il portait. Ses yeux écarquillés s'étaient arrêtés sur ce dernier. Il était en forme de tête de rapace. Un bec crochu, des plumes, un air affreusement hostile.
Julia sentit la frayeur l'étouffer et la rage du Loup-Garou se décupler. Ses yeux se recolorèrent vivement de jaune et ses ongles s'allongèrent à nouveau.


- Je...Je ne peux...pas! fit-elle dans un cri en pleurant.

Puis une jeune femme rejoint l'homme au masque. Elle venait s'enquérir de la situation...

Ce fut trop.
Le Loup sortit de son corps.

Soudainement frappée de terreur face aux inconnus, d'une angoisse profonde et de sa rage intérieure, Julia recula. Elle lâcha la grille en poussant un hurlement de femme meurtrie, peu à peu mué en cri de bête. Rien ne pouvait la calmer désormais. Le coup de stress l'avait définitivement déclenchée.
Son corps se recouvrit alors de poils bruns. Elle tomba à genoux et se prit la tête dans ses mains. Ses membres s'étirèrent et ses vêtements se déchirèrent. Chaussures vernies, corset, jupons...tout y passa. Seules quelques reliques dépareillées restèrent autour de ses bras comme vestiges de son ancienne allure. Sa mâchoire s'allongea en même temps que ses bras qui prirent une ampleur démesurée et ses jambes qui s'arquèrent comme sur les gravures des anciens contes. Ses dents se transformèrent en crocs acérés et une queue vint parachever l'oeuvre du Mal.

Le Loup-Garou se mit à grogner, baver, se tordre. La créature, extirpée de l'oublie, gesticula dans tous les sens, griffant les pavés et s'énervant sur le banc tout proche, tandis que la transformation terminait sa course folle.
Puis le Loup s'immobilisa, comme blessé, recroquevillé, gémissant, tremblant. Un chien torturé n'aurait pas gémi de façon plus pitoyable. Il sembla perdu, apeuré. Il s'appuyait sur le banc.

Mais un grondement sourd commença à surmonter sa plainte.
Le Loup-Garou tourna brusquement sa tête vers la grille derrière laquelle se tenaient les deux individus qui avaient voulu l'aider. Il leur jeta alors le banc qui éclata en morceaux et se jeta à sa suite sur la grille. Avec une vitesse inattendue, d'une brutalité sans nom, la bête hurla en tentant de passer ses bras au travers des barreaux pour atteindre ses deux proies. Mais sa physionomie nouvelle ne lui permettait pas d'aller bien loin. Avec rage, le Loup-Garou enleva ses membres du fer et donna un coup de griffe terrifiant. Les barreaux se plièrent. L'un d'eux céda. La force du geste fut redoutable, mais cela ne permettait pas le passage de la bête. Le Loup-Garou grogna de plus belle, bavant de colère. Puis il lança un regard vers le haut de la grille. C'était inévitable: il sauta par-dessus...

Sa haine, entièrement dirigée vers les deux inconnus, l'entraîna dans leur poursuite.
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MessageSujet: Re: Erreur fatale Sam 9 Juin - 19:28

Que c'était pathétique. Vraiment. Si Hanska n'avait pas autant vécu, la tristesse aurait certainement été visible sur son visage. Mais le lycanthrope était vieux et avait enterré bon nombre de ses proches, avait vu bon nombre des siens en proie à la douleur et la souffrance. Ce spectacle l'affligeait mais il semblait rester de marbre malgré tout, aussi droit et solide qu'un pin d’Amérique.
La jeune femme semblait dévorée par un mal immense, une malédiction dont personne ne pouvait échapper. Au départ, il commençait à trouver cela intriguant et sa curiosité fit qu'il analysait le moindre de ses mouvements avec minutie, essayant de deviner quel pouvait être la raison d'une telle mixité avec un animal. Mais visiblement, c'était quelque chose de trop complexe pour lui pour le moment et il baissa vite les bras, se concentrant alors pour aider la jeune femme en proie au pire.
Hanska sentit la présence de la jeune lycanthrope se rapprocher mais ne bougea pas, économisant son énergie et son attention sur la créature qui tentait de se transformer. Que faisait elle là, ne se rendait elle pas compte du péril qu'elle encourrait en venant ici ? Le natif, toujours tourné vers la jeune femme en souffrance, se contenta de répondre à la lycanthrope :


- Va t'en.

Sa voix était sèche et froide, avec un fort accent, mais il faisait ça pour la protéger, sentant que la créature était féroce et n'allait pas seulement rester là à les regarder avec curiosité. Seulement, la réaction de la jeune humaine fut violente et elle perdit pied malgré l'aide de Hanska, se changeant en une affreuse créature semblable à un loup sur deux pattes. L'américain grogna et fit la grimace, levant son bras et reculant pour inciter la lycanthrope derrière lui à faire de même.

- Idiote, tu as tout gâché... dit il entre ses dents, fronçant les sourcils mais ne la regardant toujours pas.

Ils avaient reculé juste à temps car la créature se jeta sur la grille après leur avoir lancé un banc qui vola en éclat, et passa son bras à travers les barreaux qui commençaient à grincer en se tordant, fragilisé. Mais Hanka ne bougea pas, droit comme un piquet, observant les griffes passer à quelques centimètres à peine de son visage. Il retira son masque qu'il fit basculer dans son dos pour regarder la bête dans les yeux, son calme et sa maîtrise de ses sentiments devant être admirable à voir.


- Pauvre créature. Tu fais peine à voir... dit il en utilisant son pouvoir pour calmer la bête, son esprit enveloppant le mental du loup garou. Une telle soif de liberté, une telle ferveur, est admirable pour un loup. Mais tu n'es pas un loup, tu n'es qu'un être abjecte qui jamais n'aurai du voir le jour.

Hanska perçu l'excitation d'Amarok, son inquiétude aussi, comme si le loup en lui s'agitait, prêt à protéger les animaux du zoo et son ami. L'homme tenta de le calmer et lui insuffla un peu de sa patience, sachant qu'il devrait sans doute faire appel à lui bientôt. Le loup gris semblait affligé par une telle rage qui était inhabituelle pour un être lupin. Et Hanska le savait bien, pour quelqu'un qui avait côtoyé des loups toute sa vie.

- Un loup est un animal bon, ampli d'abnégation et le symbole du sacrifice pour ma tribu. Mais toi, ta rage... c'est celle d'un humain. Une telle hybridation, si elle n'est pas l’œuvre d'un Wichsha Wakan, un Guide Spirituel, n'est qu'abomination. Et je dois t'empêcher de tout détruire et surtout pas la vie d'innocent.

Il esquissa un léger rictus avant de se mettre en garde en voyant les barreaux céder, son corps semblant s'entourer d'une aura étrange, presque électrique.

- Tu désires un adversaire à ta taille, je vois. Et bien, tu seras servi...

Hanska se concentra, ferma les yeux et laissa Amarok prendre le dessus. Son corps sembla se réfugier au sein d'une boule de fourrure grise qui pris bientôt l'apparence d'un hybride de loup gris, loin de la transformation douloureuse qu'avait subit la jeune femme mais qui ressemblait plus à une harmonisation de deux entités distinctes. Le lycan gris grogna en voyant son adversaire sauter par dessus la grille et se plaça avant de s'élancer et lui rentrer dedans de toutes ses forces pour le plaquer contre la grille, sa taille étant égale à celle du loup garou bavant de rage.
Grondant, Amarok faisait de son mieux pour immobiliser son adversaire, mordant et griffant si cela était nécessaire. Il ne devait pas atteindre les animaux du zoo, jamais. Jamais il ne le laisserait faire du mal à des innocents et surtout si ce n'était pas pour satisfaire sa faim.
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MessageSujet: Re: Erreur fatale Dim 10 Juin - 15:09

Ehawee ne pouvait s'empêcher d'avoir de la peine pour la pauvre jeune femme prostrée devant la grille du zoo. Sa souffrance était palpable et fit frissonner la jeune lycanthrope, qui restait à quelques mètres de distance, pour ne pas trop l'effrayer.
Mais c'était mal connaître l'instinct d'une bête sauvage et meurtrière. Car sa simple présence avait suffit à achever l'abominable transformation. Sous ses yeux, Ehawee assista à un bien cruel spectacle, impuissante: Ses os se déformèrent pour adopter la carrure du monstre, sa peau se déchira et se couvrit d'un épais pelage brun, et une longues rangées de dents acérées vint compléter le sinistre spectacle.
Ehawee pinça les lèvres en entendant la voix glaciale de l'homme au crâne rasé. Elle ne cherchait après tout qu'à l'aider lui, mais aussi la jeune femme à l'apparence de loup. Mais elle ne pouvait nier qu'il avait raison. Avec la distance, elle ne s'était pas rendu compte assez vite qu'il essayait de communiquer avec elle pour apaiser sa rage. Elle n'avait pas comprit suffisamment vite qu'elle avait brisé cette communion, mais maintenant qu'elle se tenait là, elle n'avait pas l'intention de s'enfuir comme une lâche, ni de hurler comme la première dévergondée venue.
Il n'y avait pas qu'eux, dans cette histoire. Un peu plus loin, un cocher semblait attendre patiemment, et il serait probablement la première victime du loup si personne ne l'arrêtait. Mais ce qui inquiétait vraiment Ehawee, c'était ce que le loup serait capable de faire aux nombreux animaux du zoo. Il les tuerait peut-être pour étancher sa soif de meurtre ou pour se nourrir... Et ce n'est certainement pas ce que désirait la jeune femme enfermée dans le corps de la bête.

Malgré les paroles sèches et désagréable de l'autre lycan, Ehawee ne répliqua pas. L'heure n'était pas aux explications et encore moins à la dispute, d'autant qu'elle risquait d'énerver encore plus le loup garou. Elle se contenta d'écouter ce qu'il disait pour tenter d'apaiser l'effroyable créature, se tenant toujours à distance. La jeune fille était partagée entre la volonté de Selena, prête à protéger l'étrange inconnue, tandis que Macha l'incitait à reculer un peu plus pour protéger sa propre vie.
Avisant le petit sentier menant aux enclos des animaux, et le parterre dans lequel ils se trouvaient, Ehawee évalua la distance les séparant d'un côté du reste du zoo, de l'autre côté des habitations humaines.
Et tandis qu'elle réfléchissait, le loup fracassa la grille du zoo pour se jeter sur les deux lycans. Surprise, Ehawee trébucha et tomba à la renverse derrière le grand homme, avant de rouler sur le côté pour se redresser. Epoussetant ses mains, elle maudit sa maladresse naturelle. Elle se concentra autant que possible sur la barrière brisée, et y créa un mur constitué d'air, une paroi translucide et solide au toucher. Cette protection ne tiendrait pas très longtemps, surtout si elle était confrontée aux assauts du loup, mais elle protégerait l'extérieur du zoo le temps que les deux lycans puissent réagir.

Ehawee vit l'inconnu se changer en loup, prêt à se battre seul contre l'énorme monstre, et regarda à nouveau derrière elle. Elle sentait sa puissance et sa maitrise, mais face à une bête aussi enragée, elle doutait qu'il soit en mesure de se protéger, de protéger les animaux, et d'épargner la jeune femme prise au piège.


-Votre... Amabilité n'est peut-être pas ce qui vous honore, mais vous ne cracherez pas sur un peu d'aide, je suppose..., murmura-t-elle d'une voix faible.

Se tenant toujours en retrait, elle fit appel à Macha et retrouva son corps de puma en quelques secondes. Se jeter à deux dans la bataille risquait de faire plus de dégâts qu'autre chose, aussi préféra-t-elle rester en arrière, prête à bondir sur l'énorme loup s'il tentait de fuir ou de s'aventurer plus loin.
Fixant la bête, le puma faisait des allers et venues sur une petite portion du chemin, comme un fauve en cage. Prête à mordre s'il le fallait, elle observait le combat tout en surveillant sa fragile barrière de vent, laquelle semblait tenir le coup. Du moins pour le moment.
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Julia Thanas
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MessageSujet: Re: Erreur fatale Mar 12 Juin - 14:31

Le Loup-Garou n'écoutait plus rien. Depuis qu'il s'était jeté sur la grille, ses sens s'étaient décuplés dans un seul et unique but: détruire, tuer, répandre le sang, anéantir la vie. Sa rage était telle qu'il s'aveuglait aisément au point de s'oublier lui-même. Sans aucune précaution, sans même songer un seul instant que les individus dans l'enceinte du zoo puissent être prêts à se défendre, il passa par dessus la grille pour s'acharner sur eux.

Le temps qu'il escalade d'un bond la structure métallique, l'homme au masque se métamorphosa à son tour. Lorsqu'il atterrit face à lui, le Loup-Garou ne se soucia absolument pas de cette transformation. C'était comme s'il avait tout simplement effacé les dernières miettes de conscience et d'intelligence possible en son être. Seule la rage le guidait. Il allait se jeter sur la première créature vivante quelle qu'elle fut. Et puis, il avait déjà combattu un Lycan la dernière pleine lune.
Le puma, derrière le loup, n'avait même pas attiré un de ses regards puisqu'à peine arrivé dans l'herbe du zoo le loup s'était jeté sur lui afin de l'immobiliser ne laissant pas au Garou la possibilité même de s'intéresser à ce deuxième adversaire.

Le Loup-Garou fut ainsi heurté violemment. Surpris, il se retrouva contre la grille, maintenu avec force. Il se débattit immédiatement, grognant comme un chien terrible, bavant sa haine et crachant son envie de sang. Il tenta de mordre son adversaire à la jugulaire, réflexe de carnassier, et de lui saisir la gorge de ses pattes griffues. Mais le loup était de taille conséquente et sa force égalait presque la sienne. Le Loup-Garou sentait la puissance musculaire de l'hybride et dans sa chair des griffes se figèrent. La situation virait au cauchemar macabre: la lutte se fit terrible.

Le Garou jeta de côté le Lycan, hurlant sa colère, puis il se jeta à son tour dessus crocs et griffes en avant. Mais le loup était rapide aussi et plus souple que lui. La Garou arracha l'herbe plusieurs fois et s'acharna à poursuivre, tenter de blesser et de choper dans sa gueule son adversaire. Dès qu'il était à portée d'un objet tel qu'un banc, une poubelle ou un morceau de roc, il l'arrachait de son emplacement pour le balancer sur le loup. C'était un instinct de destructeur qui étalait-là son art décati. Tout ce qu'il approchait se retrouvait immédiatement en miette. Le sol était déchiré par ses attaques, la puissance de ses coups et ses multiples aller et retour piétinaient l'herbe et soulevaient la terre. Le chaos s'installait.

Puis le Garou, alors qu'il tentait une nouvelle fois d'arracher au Lycan un morceau de peau, aperçu le Puma non loin. Ses yeux fixèrent l'animal un instant et il lâcha prise.
Quelques secondes de répit pour tout le monde marquèrent cet événement. Le Garou semblait s'être calmé. Haletant, il grognait lugubrement sans bouger.

Puis il s'enfuit, se jetant sans prévenir dans un buisson.

Une once de conscience lui était revenu. Sa rage berserk venait de le quitter, il redevenait un Loup-Garou capable de réfléchir et de converser. En son sein déstabilisé, une idée venait de germer. Son instinct, sa soif de sang et ses capacités venaient de lui insuffler une nouvelle façon d'attaquer.

Son pelage gris et brun se tinta de noir jusqu'à devenir entièrement couleur charbon. Il était temps de disparaître dans l'ombre du parc zoologique pour mieux frapper...

Le Loup-Garou revint ainsi à l'assaut. Sortant des buissons, presque invisible dans la pénombre, il frappa le Puma de plein fouet. Le Loup, non loin, devait avoir comprit sa technique. Dès qu'il touchait un adversaire, il disparaissait dans les buissons, grimpait dans un arbre et revenait attaquer de plus belle. Le combat prenait une tournure plus subtile, plus difficile à gérer. Mais entre animaux, dont les regards nyctalopes aidaient aisément à percevoir les mouvements, la lutte allait infailliblement redevenir brutale et directe.

Au bout de quelques attaques bien placées, le Loup-Garou resta à découvert pour se battre avec le Loup. Il voulait lui planter ses griffes dans l'estomac, le vider de ses entrailles, s'en nourrir jusqu'à étaler partout sur l'herbe boyaux et os. Le Puma aussi l'intéressait désormais. Il voulait le dévorer aussi, le choper dans sa gueule et lui briser la colonne, le jeter contre la grille et l'achever contre un arbre. Cette violence suintait de tout ses pores. Ses poils s'agglutinaient à cause de la rosée, de la terre retournée et aussi du sang: le sien et celui de ses adversaires. Il ne semblait absolument pas se soucier des animaux du zoo qui commençaient à s'agiter dans leurs cages à cause du raffut que ce combat faisait. Il n'en avait pour le moment qu'au Loup et au Puma.

Il se dressa soudainement sur ses pattes arrières, abandonnant la position de combat bestiale. Sa taille était démesurée. Il se mit à grogner d'une voix affreusement rauque et gluante:


- Homme, tu n'es rien! Les miens savent écraser les os...toi tu ne fais que les ronger comme un chien!

Puis il se jeta à nouveau sur le Loup. Il en avait apparemment fait tout de même son adversaire principal. Pourquoi? Peut-être parce qu'il avait été le premier à donner un coup? Peut-être parce que c'était le mâle de la bataille, donc le plus apte à le battre? Peut-être aussi parce que le Garou sentait derrière cette enveloppe lupine un être qui n'était pas de sa nature? Il y avait aussi clairement une volonté d'imposer sa loi, d'imposer une forme de hiérarchie. C'était à n'en pas douter une envie de violence naturelle mais aussi une lutte en vue d'une domination. Comme chez tous les loups, le désir de régner était présent chez lui. Ou du moins chez elle. Car le Loup-Garou était né d'une femme, c'était donc une entité féminine, même si rien ne l'indiquait réellement, hormis peut être sa taille plus petite que d'autres.

Julia n'était plus. La petite couturière avait complètement disparue derrière ce monstre sanguinaire. Sa jeunesse envolée, sa douceur annihilée, la jeune femme sommeillait sous cette enveloppe physique répugnante. Elle ne pouvait même plus se lamenter: sa conscience humaine était écrasée.
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MessageSujet: Re: Erreur fatale Lun 25 Juin - 16:10

A peine le loup garou avait il sauté par dessus la grille du zoo que la masse puissante d'Amarok hybridé le heurta de plein fouet. Le corps bouillonnant de rage de la créature aurait du être brisé par une telle force, mais visiblement ce n'était pas un animal comme Hanska avait eu l'habitude de chasser. Il était plus fort et plus résistant qu'un grizzli, plus rapide qu'un cheval en fuite, et le natif américain commença presque à être surpris d'une telle puissance meurtrière. D'où pouvait bien venir une telle créature torturée par la rage ?
Amarok esquiva les morsures les plus dangereuses que voulut lui infliger son adversaire mais ne put toutes les éviter et le sang commença à couler de ses bras, collant son pelage argenté d'un mélange de sueur, de poussière et du liquide rougeâtre. Il grogna férocement et contre attaqua avec férocité, donnant coup de griffes et coup de dents pour immobiliser son adversaire. Le loup gris hybridé essayait aussi de plaquer le loup garou à terre en posture dominante, mais le monstre ne se laissait pas faire, loin de là.
Il dut reculer plusieurs fois pour ensuite attaquer de nouveau, concentrant toute son énergie sur cet ennemi qui semblait invincible. Alors qu'il reculait à chaque fois d'un bond pour éviter ses attaques, le loup garou arrachait des objets autour de lui pour les lancer sur le lycanthrope, qui les esquivait à chaque fois en grande partie ou les tranchait en deux quand il les voyait arriver sur lui. Grognant de fureur, Amarok décida de le choper à nouveau, le plaquant contre un arbre et le combat reprit de sa fureur initiale.
Et pourtant à l'intérieur du corps d'Amarok, meurtri par son ennemi, Hanska tentait de se concentrer pour entrer en contact avec Julia et pour calmer la fureur du loup. Il y mettait tout ce qu'il pouvait pour parler à l'âme de la jeune femme mais il n'y avait qu'un faible echo, un murmure à peine audible.


*Julia Thanas... Tu dois reprendre contrôle... Tu en as la force... Bats toi..!*

Amarok se prit un coup de griffe en pleine tête et dut battre légèrement en retraite pour reprendre ses esprits. Mais le temps qu'il revienne à lui, le loup garou avait changé de stratégie. Il allait et venait entre les arbres, furtivement puis escalada un arbre pour se jeter sur la lycanthrope puma non loin de là. Hanska pesta intérieurement. Pourquoi n'avait elle pas fui comme il lui avait ordonné ? Amarok se concentra et finalement finit par repérer le loup garou qui s'apprêtait à grimper de nouveau à un arbre. Ni une, ni deux, Hanska changea d'apparence pour se changer en aigle à tête blanche et fonça, les serres en avant sur le loup pour le heurter et tenter de lui crever les yeux. Puis l'oiseau s'envola avant d’atterrir de nouveau au sol, prenant une forme hybride homme-oiseau, ses serres tranchantes prêtes à faire leur office, poussant un cri strident à l'égard du prédateur, qui répondit en se jetant de nouveau sur lui.
Mais à présent, le lycanthrope avait pris sa forme la plus redoutable car celle qu'il maîtrisait le mieux. Plus frêle, certes, mais beaucoup plus rapide et précise, aussi efficace qu'un assassin dans un coupe jarret londonien. A chaque fois que le loup se jetait sur lui, il s'envolait et retombait toutes serres dehors pour le lacérer avant de battre des ailes pour être hors de portée de ses coups.
Finalement, le loup garou pris la parole et Wakinyan, l'oiseau émit un cri strident pour ponctuer ses mots.


- Les tiens sont des monstres. Tu n'es pas digne de ton apparence !

Puis il fonça de nouveau sur lui pour combattre, lacérant sa peau dés qu'il l'effleurait. Mais le loup garou était rapide et bientôt Hanska sentit qu'il arrivait à lui porter des coups. Quand il lacéra son aile droite, l'aigle hybride poussa un cri de détresse et se laissa tomber au sol, reprenant alors la forme d'Amarok. Car une blessure à l'aile le rendait plus vulnérable mais une griffure de plus sur la peau du loup ne lui ferait presque rien. Aussi Amarok repartit il à l'attaque, essayant de faire en sorte que la puma ne soit pas prise pour cible et qu'il concentre toute l'énergie de son adversaire.
Hanska continuait d'essayer de communiquer avec l'humaine au sein de la créature et la rage de la créature amenuisé, il percevait mieux son âme et tenta de nouveau de calmer le loup.
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MessageSujet: Re: Erreur fatale Dim 1 Juil - 19:15

Toujours prêt du sentier menant à l'arrière du zoo, le puma allait et venait, rôdant autour du loup comme autour d'une proie. Plus tôt, Ehawee avait ressentit la peur et la douleur de la jeune femme. A présent, il n'y avait plus que de la haine, chez l'animal qui l'habitait. Et la jeune lycanthrope se demandait comment une bête aussi féroce et cruelle pouvait prendre possession du corps d'une femme à l'apparence si douce. Le regard rivé sur le loups garou, Ehawee restait à ne certaine distance des deux combattants. Elle était consciente de son inexpérience comparée à celle de l'autre lycan, mais elle n'avait toujours pas l'intention de fuir. Se jeter dans la mêlée à cette instant aurait été une grave erreur, et elle n'aurait fait que gêner l'autre lycan, aussi préférait-elle rester en retrait le temps de trouver une faille pour attaquer.
Le combat était féroce, et ni l'une ni l'autre des deux créatures ne semblaient prendre le dessus sur l'autre.

Jusqu'à ce que le garou ne porte son regard sur Ehawee, qui cessa ses allers et venues pour soutenir le regard de la bête. Les babines du puma se retroussèrent alors qu'il grognait à l'encontre du loup. Prête à bondir, elle ne le lâchait pas le loup du regard, mais elle fut désarçonnée lorsqu'il disparut dans les buissons. Tournant la tête de tous les côtés et reniflant pour trouver le loup, le puma s'aplatit dans l'herbe, attentif, les oreilles couchées en arrière. Mais le loup était plus rusé qu'elle, et il la prit par surprise, la frappant de plein fouet. Poussant un grognement de douleur à mi chemin entre le cri humain et le rugissement animal, Ehawee fut projetée contre arbre avec une grande violence, sombrant dans l'inconscience en retombant au sol.
Elle avant le flanc en sang, et une patte luxée, mais elle se releva rapidement. Sa tête était douloureuse, et elle tenait difficilement debout, d'autant que tout autour d'elle tanguait dangereusement. Elle voyait flou, et distinguait à peine la danse meurtrière des deux autres combattants. La rage de Macha se décuplait en elle, et lui donnait suffisamment de force pour rester debout, mais elle ne tiendrait probablement pas très longtemps. Si elle était agile et rapide, elle n'avait pas la force brute et sauvage du loup garou.
Tout son corps la faisait souffrir, mais elle ne perdait pas une miette du combat, et commençait à comprendre la manière de faire du loup. Il attaquait de front ou de côté, mais surveillait peu ses arrières. A vrai dire, il ne semblait pas s'inquiéter d'être attaqué de dos.

Aussi discrète que possible, Ehawee parvint à se hisser sur la branche d'un arbre, où elle se coucha en attendant le bon moment pour attaquer. Elle avait besoin de reposer sa patte blessée, et elle ne pourrait probablement porter qu'une ou deux attaques avant d'être contrainte de battre en retraite. La queue fouettant l'air, elle observait les deux assaillants. Elle avait de la compassion pour la jeune femme dans le corps du loup, tout comme elle était exaspérée par le comportement de l'autre lycan. Il voulait sûrement la protéger et lui épargner d'être blessée, mais il la sous estimait plus qu'il ne l'imaginait. Après réflexion, Ehawee finit par se dire que son attitude était justifiée. Après tout, il ne la connaissait pas.
La jeune femme pouvait communiquer avec certaines formes animales et végétales, mais rien à faire, elle ne parvenait pas à comprendre ce qui poussait le loup garou à attaquer de la sorte, avec une telle rage, une telle envie de tuer... Elle n'avait vu que peu de loup garou, mais tous avaient cette soif dévorante de chair et de sang.

Alors que le lycan adoptait une nouvelle forme, celle d'un immense oiseau au plumage blanc et aux serres tranchantes comme les lames d'un rasoir. Sous cette forme, peut-être aurait-il la puissante suffisante pour affaiblir suffisamment le loup garou. A force de coups de serre, il laboura le pelage du loup garou, qui recula sous les assauts. S'avançant doucement sur la branche, Ehawee se dissimula dans l'ombre des feuilles, prête à bondir sur le loup garou lorsqu'il serait suffisamment proche de l'arbre.
Lorsque l'oiseau fut touché, il reprit sa forme de loup, sûrement par sécurité, Ehawee bondit sur le loup en grognant de douleur tant ses blessures la faisait souffrir. Plantant ses griffes dans les bras puissants de la bête, elle lui mordit violemment l'épaule, l'immobilisant comme elle le pouvait.
Elle savait qu'elle ne pourrait pas tenir longtemps, tout comme elle savait que le loup ne tarderait pas à reprendre ses esprits. Ses crocs toujours plantés dans l'épaule du loup, elle fixa le lycan avec un regard plein de détermination et de douleur. Elle avait eu la preuve que les lycans étaient capables de converser entre eux sans avoir besoin de remuer les lèvres, aussi pria-t-elle tous les esprits qu'elle connaissait pour qu'il l'entende.


-C'est maintenant ou jamais ! Fais quelque chose pour l'arrêter, tu semblais bien parti tout à l'heure ! Je n'y arriverai pas seule, mais toi non plus, rend toi à l'évidence. Tu as besoin de mon aide, je te propose une alternative, ne la gâche pas !!

Fermant les yeux à cause de la douleur de sa patte arrière luxée, Ehawee usa de toutes ses forces pour garder une certaine emprise sur le loup garou et permettre à l'aure lycan d'agir pour les sauver eux, mais aussi pour sauver la jeune femme dans son corps.
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Julia Thanas
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MessageSujet: Re: Erreur fatale Lun 2 Juil - 14:56

Julia avait disparu. Pendant une dizaine de minutes, son esprit, pourtant vif et jeune, resta complètement englouti dans les limbes de l'inconscience. La fureur du Loup-Garou avait ravagé les derniers remparts qu'elle s'était érigés et sa force avait failli. Pendant ces terribles instants de lutte bestiale, la jeune femme c'était laissée emportée par les ténèbres. Le Loup-Garou avait prit le contrôle total de son corps et malmenait maintenant ses adversaires en changeant de stratégie. La bête était agile et vorace. La bataille reprenait encore et toujours, comme si elle n’allait jamais cesser de croître pour ensuite s’atténuer et recommencer encore. Les coups se succédaient, les blessures s'ouvraient, la peau se déchirait de chaque côté. Le sang se mit à couler plus durement et le Garou se gonfla alors de haine pour lancer de lugubres paroles emplie d'orgueil et de violence. L'homme-oiseau lui répondit avec fierté et le combat continua de plus belle.

Tandis que la lutte atteignait ainsi son sommet de violence, dans la noirceur de son esprit, une voix réveilla Julia. C'était la voix de cet homme qu'elle ne connaissait pas. La voix de cet homme impressionant, au regard sauvage et dur, et qui l'avait dévisagée à travers les barreaux du zoo. Il lui demandait de combattre et de revenir. Il l'incitait à la paix et au calme. Lui parlait-il vraiment ou bien pénétrait-il son inconscient grâce à quelques magies ? Peu importait. Sauver des vies, limiter les dégâts, c'était ce que Julia avait toujours essayé de faire !
La couturière tenta alors de reprendre le contrôle.

Cependant, le Loup-Garou se déchainait. Il avait blessé le puma et se battait désormais avec un oiseau, puis un loup, un homme-oiseau...La créature, destabilisée par ces transformations, fut plusieurs fois prise de court et blessée à son tour. Dans un chaos de grognements et de coups de griffes, la bête tenta d'attraper cet insaisissable adversaire dont la rapidité et la capacité à voler le perturbait grandement. A chaque fois que l'oiseau s'envolait, le Loup poussait un hurlement de colère et tentait de l'attraper au vol. Il escaladait les arbres, sautait en l'air et revenait à la charge dès que l'homme-oiseau revenait à terre. Mais sa fureur ne pouvait parfois rien contre lui.
Julia commençait également à entraver sa hargne. Elle se forçait à reprendre possession de ses moyens. Elle l'avait déjà réussi plusieurs fois, à force d'entrainement dans les sous-sols de sa demeure, mais jamais elle n'avait essayé à l'extérieur, ainsi lâchée dans la nature. La voix de l'homme-oiseau l'aidait dans son entreprise mais souvent Julia cédait et disparaissait à nouveau pour revenir encore. Le combat était mené sur deux fronts. Cette guerre était affreusement difficile pour tous.

Mais c'était sans compter sur l'entre-aide bienvenue des deux Lycans.

En effet, alors que le Loup-Garou jeta enfin l'homme-oiseau au sol après lui avoir déchiré un côté d'aile, le puma se jeta sur lui par derrière. Ne s'attendant pas à pareille attaque, le Loup-Garou fut destabilisé et il réagit donc avec toute la surprise et la violence d'une bête hors d'elle. Tentant d'attraper dans son dos l'animal dont les griffes et les crocs perçaient la peau, la bête se démena comme un diable. Grognant, bavant, hurlant de rage, il tenta de désarçonner le puma terriblement bien accroché malgré sa patte durement touchée.

Julia hurlait intérieurement. Cette colère était trop dure pour elle. La jeune femme n'arrivait pas à l'endiguer. Cependant, la force de la lycanne en panique la poussa à continuer sa lutte. Bientôt le Loup-Garou sembla vouloir cesser de se débattre. Il ralentit ses gestes et se mit à souffler bruyamment comme tout animal après un combat. Il était épuisé par l'homme-oiseau et l'étreinte du puma le gênait dans ses mouvements. Cependant, la douleur qui lacérait le dos le fit vite reprendre la guerre. Il saisit le puma par une patte qui avait eu le malheur de se trouver à sa portée et il s'apprêta à la briser.

Mais il était là. L'homme-oiseau. Dans son esprit. Il l'aidait. Julia en était toute émue.
Un faille chez le Loup-Garou avait permi au Lycan d'y introduire ses paroles tranquillisantes. Julia pu enfin les entendre parfaitement. Elle se força à coopérer et bientôt le Loup-Garou fut vaincu.

Il était temps. Le puma pu sentir la patte du Garou desserrer lentement son étreinte et abandonner le combat. Le Loup-Garou tomba à genoux, gémissant de douleur et d'incompréhension, son esprit perdu entre la haine et la bonté. L'apaisement fut long. Il trembla de tout ses membres, comme s'il était en proie à de la fièvre. Puis il se mit à pleurer comme un chien martyrisé. Le Garou poussa des gémissements à fendre l'âme et se recroquevilla finalement sur lui-même, comme honteux et triste.

La maîtrise de Julia était assez mauvaise. Sans l'aide chamanique du Lycan, jamais elle n'aurait réussit un tel revirement.

Bientôt, le Loup-Garou s'allongea à terre, plié en position phoetale, comme pour dormir. Ses poils tombèrent peu à peu, son corps rapetissa lentement et ses crocs en même temps que ses griffes redevinrent des dents humaines et des ongles fins. Au bout de quelques minutes, à la place du monstre de muscles et de poils, se tint une jeune femme au corps élancé et blanc, meurtri de coups et d'entailles. Julia était nue. Seul un morceau d'étoffe déchiré lui couvrait encore un morceau de bras. Ses longs cheveux dénoués recouvraient en partie son visage désormais paisible. Dans cette position originelle, elle paraissait terriblement fragile. Sa respiration était tranquille et ses bras étaient ramenés contre sa poitrine dans un mouvement naturel. Elle était inconsciente, c'était ce qu'il fallait espérer de mieux.

Dans la ruelle à côté, le fiacre avait disparu. L'homme qui avait conduit la jeune femme jusqu'au zoo avait certianement fuit en entendant le fracas de la bataille. Peut-être même qu'il avait risqué un œil dans leur direction avant de s'enfuir au loin avec son précieux véhicule ? Nul ne le saurait. L'homme ne serait même jamais revu à Londres tandis que le fiacre serait retrouvé dans la Tamise quelques mois plus tard. Un accident ? Nul ne s'en soucierait, Julia elle-même oublierait vite cet homme insipide.
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MessageSujet: Re: Erreur fatale Lun 2 Juil - 16:10

Hanska était plongé dans l'esprit de la jeune femme alors que son corps contrôlé par Amarok, continuait de combattre. Tout était un gouffre de ténèbres et le natif du faire de nombreux efforts pour trouver la présence de la volonté de Julia. Elle était là, sous la forme d'une faible lumière clignotante, et Hanska prit forme devant elle. Il lui parla, sa voix calme et sombre résonnant dans son esprit alors qu'il tendait la main vers la lumière, ignorant les ténèbres autour de lui qui cherchait à le happer et le rejeter.

Il appelait Julia doucement, comme un père réveillerait son enfant, l'incitant à se battre et à calmer la fureur du loup en elle. Cette malédiction il en avait conscience à présent, était effroyable mais Hanska ne laisserait pas la jeune fille sombrer ainsi dans les tourments de la colère du monstre. Sa main légèrement lumineuse, semblant rayonner d'une multitude de lucioles continuait de se tendre vers elle attendant que la jeune humaine réagisse, s'éveille et combatte le mal qui la rongeait.

Bientôt, il sentit l'âme fragile et éphémère de l'humaine s'éveiller et reprendre peu à peu des forces, il continua alors de lui parler, l'incitant à continuer ses efforts et qu'elle était proche de la réussite, qu'il fallait qu'elle se batte pour empêcher des sacrifices inutiles. En vérité, ce n'était pas vraiment des paroles au sens propre du terme, c'était plus comme ce qu'il se passait avec ses deux animaux totems : des émotions transmises, des images, des sentiments. Ces flux étaient là et se déversaient doucement dans l'esprit de la jeune femme pour dissiper les ténèbres.

Amarok recula brutalement, esquivant les attaques du loup et reprenant son souffle. L'homme loup haletait, la langue pendante, et du sang s'écoulant dangereusement de ses plaies. Sans parler de son bras brisé qui pendait lamentablement le long de son flanc. Il était éreinté, mais continuait de se battre car il savait que Hanska n'avait pas encore réussi à ramener totalement l'esprit de l'humaine au milieu du corps bestial.

Mais alors qu'il s'apprêtait à reculer et que son adversaire se précipitait vers lui, Amarok vit le puma sauter depuis une branche pour atterrir sur le dos du loup garou et y planter ses crocs dans sa nuque. Le loup garou poussa un hurlement de bête blessée et se mit à gesticuler pour se débarrasser de l'importun. L'acte de défense de la lycane permis à Amarok de reprendre quelque force et d'entendre ses suppliques mentales.

Le loup devait avouer qu'il ne savait plus trop quoi faire à présent et cherchait un nouveau moyen de calmer la bête. Mais c'est alors qu'il sentit que l'esprit d'Hanska avait réussi à faire réanimer l'âme de l'humaine qui commença à agir sur la colère de la bête. Amarok en profita donc pour donner un violent coup de patte à son adversaire pour le sonner et l'empêcher de faire du mal à la lycanthrope. Et cela eut visiblement l'effet escompté.

En effet, le loup commença à se calmer peu à peu puis à geindre plaintivement, se recroquevillant sur lui même comme un chien honteux. Amarok sentit alors l'esprit de Hanska revenir à lui et il le laissa reprendre le contrôle. Le sauvage attendit un petit moment avant de reprendre sa forme humaine. Il était rudement blessé mais continuait à garder cette attitude noble et ce pas altier qui le caractérisait.

Hanska n'était pas du tout paniqué par ses blessures et se concentrait d'avantage sur la jeune femme qui reprenait forme humaine, en position fœtale. Il s'approcha doucement, ses pas à peine perceptible et se pencha sur elle, venant retirer son masque d'oiseau qu'il posa à côté de lui, révélant son visage mat marqué par une imposante balafre, une trace de griffure très ancienne, et ses longs cheveux noirs comme la nuit tressés de multiples nattes ornées de perles et de plumes.

Passant sa main au dessus du visage de Julia et marmonnant des paroles dans sa langue natale, il esquissa un sourire. La respiration de la jeune femme était calme et son esprit visiblement en paix rassura l'amérindien qui détacha sa cape qui fait office de poncho pour la déposer sur son corps nu afin de la maintenir au chaud et lui forma ainsi un cocon chaleureux. Puis il leva ses yeux noirs vers la lycanthrope, la fixant un moment avant de hocher la tête en signe de gratitude, ses tresses s'entrechoquant dans un doux tintement.


- Merci pour ton aide, Wichsha Wakan. Elle fut précieuse. Sais-tu où demeure cette jeune femme..? Il faudrait la ramener chez elle mais tout d'abord je dois la soigner...

Hanska ouvrit sa sacoche et en sortit des bandages qu'il avait visiblement fait lui même avec des plantes et se fit des premiers soins rapides avant de se relever et regarder la jeune lycanthrope qui se tenait devant lui.

- Reste avec elle, ici. Je vais chercher des plantes pour nous soigner.

Puis le lycanthrope s'éloigna dans les fourrés à la recherche de quoi les soigner. Grâce à l'herboristerie sociale, il trouva facilement ce dont il avait besoin et revint quelques minutes plus tard, s'agenouillant prêt de la loup garou pour préparer ses onguents. Le spectacle était assez amusant à voir : les doigts fins et longs de l'homme semblaient danser littéralement alors qu'il psalmodiait des paroles ésotériques dans sa langue, les plantes semblant se reformer entre elles pour créer un onguent entre les mains de l'homme qui vint les appliquer sur les blessures les plus graves de Julia avant de se tourner vers Ehawee.

- Montre moi tes blessures.

*************************

[HRP/EDIT ADMIN pour débloquer le jeu/HRP]

Une fois qu'il eut vérifié silencieusement les blessures de la Lycanthrope, Hanska releva la tête et huma l'air du soir. Julia dormait paisiblement emmitouflée dans leurs manteau respectifs. Il n'y avait plus de signe de menace. L'orage était passé et la jeune femme semblait désormais perdue dans un sommeil de paix et de douceur. Qui eut cru qu'une si frêle bourgeoise puisse abriter un pareil monstre de rage et de violence? Hanska n'aimait pas cette nouvelle découverte. L’amérindien venait de réaliser que la nature n'accordait pas toujours des dons bénéfique à ses oeuvres.

Il se leva assez brusquement, imposant sa carrure à Ehawee. Il prit le petit bout de tissu et lu à Ehawee l'inscription avant de la commenter.


- C'est le nom d'un cocher. Tu ne devais pas avoir trop de mal à le retrouver. En tous cas, il n'y a plus de danger, pour l'instant. Je te laisse te charger de cette Humaine, je n'ai plus rien à faire ici. Cette jeune femme ne devrait pas se re-transformer ce soir. Surveille-la bien.

Le Lycanthrope ne demanda pas son reste et se transforma en aigle. Ses longues ailes le portèrent alors dans les airs. Hanska était parti, laissant son manteau. Ce soir, ses yeux avaient perçu le danger que représentaient ces Loups. Ehawee pourrait maintenant s'en sortir sans lui, il n'était pas là pour servir de gardiens aux Humains, même si son coeur allait toujours dans le sens des victimes. Ses pensées, maintenant tumultueuses, lui firent ruminer quelques sombres idées. Il devait se renseigner sur les Loups-Garous.

[HRP/ Fin du RP d'Hanska/HRP]
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MessageSujet: Re: Erreur fatale Jeu 12 Juil - 23:24

Agrippée au dos de l'énorme loup garou, Macha grognait, la mâchoire serrée et le pelage couvert de sang. Son flanc la faisait souffrir, et sa vue commençait à se brouiller. Elle ne tiendrait pas longtemps, et espérait que l'autre lycan aurait le temps de tenter quelque chose pour sortir Julia de ce mauvais pas. Le loup se secouait dans tous les sens mais elle tenait bon, ses crocs et ses griffes fermement enfoncés dans son pelage, sans pour autant le blesser mortellement.
Soudain, Ehawee lâcha prise, incapable de résister plus longtemps. Elle s'écroula contre la grille, brisant la barrière de vent qu'elle avait érigée un peu plus tôt. Groggy, elle ne put se relever immédiatement mais constata avec un immense soulagement que les pouvoirs et la patience de l'autre lycan avaient portés leurs fruits.
Ehawee frissonna en sentant la souffrance qui habitait le loup garou, et à travers son hurlement, elle entendit la détresse de Julia, qui tentait de refaire surface tant bien que mal.
L'affrontement fut impressionnant. Le loup luttait d'un côté contre la présence d'Hanska, tandis qu'il se battait de l'autre côté contre la volonté de Julia. Leur union eut raison de la créature, qui ne pu lutter plus longtemps et laissa place à la frêle jeune femme.
Son corps pâle et mince s'écroula au sol, et Ehawee s'approcha d'elle en boitillant, n'ayant toujours pas retrouvé sa forme humaine. La jeune femme semblait sereine, comme endormie, malgré son corps nu et ses blessures.
Quelques secondes suffirent à Ehawee pour retrouver forme humaine, et elle détacha l'un des jupons de cuir de sa robe pour couvrir le corps de la jeune femme. Le grand indien déposa lui aussi sa cape sur son corps, pour la protéger du froid.
Portant la main à sa taille en grimaçant, la jeune femme remarqua le sang qui coulait de sa plaie, et sa cheville violacée lorsqu'elle retira sa botte. Elle était dans un piteux état, mais se sentait incroyablement rassurée. Pour son premier combat avec un loup garou, elle s'en sortait bien, et Julia également. Elle poussa un soupir de soulagement et releva la tête vers le grand indien, qui lui parlait enfin d'une voix plus posée et sereine. Son timbre était grave et chaud, comme celui d'un conteur, et la jeune fille se surprit à penser qu'il devait être très agréable de l'écouter pendant des heures raconter des histoires.
Le surnom qu'il lui donna fit sursauter la jeune femme. Elle n'en connaissait pas la signification, mais ces deux mots suscitèrent en elle une brusque vague de nostalgie. On aurait dit la langue natale de sa mère... Bien qu'elle n'en soit pas totalement sûre.


-Navrée... Je ne la connais pas... Si elle se réveille, je vais essayer de me renseigner...

Le bonheur d'avoir de nouveau entendu sa langue natale se disputa avec la mélancolie tandis que le lycanthrope allait chercher des plantes pour soigner les deux jeunes femmes.
Ehawee resta songeuse un long moment, veillant toujours sur Julia, puis elle se leva, à la recherche d'un quelconque indice sur les origines de la jeune endormie. Prêt du morceau de grille brisée, Ehawee ramassa un petit coupon, sur lequel était inscrit le nom et l'adresse d'un cocher. Mais cela, la lycanthrope ne pouvait le deviner. Elle ne savait pas encore très bien lire l'alphabet latin, et les noms restaient un peu trop obscurs pour elle. En revanche, elle reconnu le bâtiment représenté sur le papier sous la forme d'une lithographie. Il s'agissait de la tour de Trafalgar Square, elle en était presque certaine. Revenant prêt de Julia, Ehawee se laissa tomber à terre, blessée et exténuée.
Quand Hanska revient, elle lui tendit le papier.


-Je suis désolée, je ne sais pas très bien lire, mais ce bâtiment je le reconnais. Je pense que notre jeune amie habite du côté de Trafalgar Square, ou du moins qu'elle y a de la famille.

Docile bien que méfiante, Ehawee retira sa main de son flanc avec une grimace pour laisser Hanska la soigner. Muette depuis quelques minutes, elle se décida finalement à reprendre la parole.

-Au fait... Je ne sais même pas qui vous êtes mais merci. Vous m'avez bien aidé, et vous avez sauvé cette jeune femme. Je m'appelle Ehawee. Pas très courant comme prénom, je sais..., dit-elle en riant doucement. Et vous ?

Le regardant tandis qu'il la soignait, Ehawee hésitait à lui demander d'où il était. Après tout, il portait une tenue peu commune et avait un curieux vocabulaire qui ne lui était pas étrangé.


EDIT:

Ehawee ne s'était pas attendu à cela. Hanska ne semblait certes pas très bavard, mais elle avait espéré qu'il lui donnerait au moins son nom... Et surtout qu'il ne la laisserait pas seule. Quand il eut finit de parler, la jeune femme écarquilla les yeux en se levant précipitamment pour essayer de le retenir.

-Mais... Attendez!! Hè! Revenez! Dites moi au moins comment vous vous..., commença-t-elle d'une voix forte avant de baisser brusquement en le voyant disparaître au loin. Appelez... Charmant garçon... Même pas fichu de me donner son nom... Je me sens aimée, dites donc! Bon! C'est pas tout ça, mais...

Elle se tourna vers Julia, qui dormait toujours profondément, enveloppée dans la couverture d'Hanska. Ehawee poussa un soupir et se pencha vers la jeune femme, passant ses bras dans le dos et sous les genoux de la louve.
Elle était incroyablement légère, aussi frêle et délicate qu'une plume. Bien loin du monstre qui lui avait fait face quelques minutes auparavant...
La lycanthrope traversa les rues de Londres en direction de Trafalgar Square, où elle chercha du regard des chevaux et des calèches. Lorsqu'elle en eut repéré, elle chercha le même dessin que celui du petit papier qu'elle avait gardé dans un des plis de sa jupe de cuir.
Elle frappa trois coups à la porte, attendit qu'une bougie soit allumée et s'éclipsa à son tour, retrouvant son enveloppe de puma pour mieux se fondre dans l'obscurité.
Elle n'aimait pas beaucoup laisser la pauvre Julia dans une telle situation... Surtout après ce qu'elle venait de vivre, mais elle n'avait guère le choix. Ehawee n'était qu'une courtisane, elle serait sûrement accusée d'avoir volontairement blessé Julia... Et la jeune femme n'avait pas très envie de finir au fond d'un cachot.
Aussi attendit-elle dans l'ombre qu'un vieil homme ramasse le corps endormit de Julia et la ramène avec lui à l'intérieur pour reprendre le chemin du bordel.

En route, elle décida finalement de continuer sa route. L'air frais de la nuit l'aidait à réfléchir, et elle en avait bien besoin. Elle avait eut un espoir, en voyant Hanska... Il ressemblait tant aux hommes que sa mère lui décrivait jadis... Ehawee souhaitait plus que jamais retrouver d'anciens membres du clan de sa mère, mais une fois de plus, ses efforts s'étaient soldés par un échec...
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Noa
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MessageSujet: Re: Erreur fatale Ven 24 Aoû - 11:45

Noa se promenait en ville. L'air frai du soir et la couverture d'ombre qui rérecouvrait les lieux lui apportaient un sentiment de sérénité. La lande restait son meilleur envionnement pour ce genre de tranquillité nocturne, mais ce soir, l'Africaine avait décidé de quitter son observatoire sur la lande pour venir en ville. Elle avait prévu de dormir dans sa chambre d'hôtel à l'Albany et de se rendre le lendemain dans son café préféré pour saluer une paire de connaissances en dégustant un bon whisky. Elle avait promi d'aller rendre visite aux enfants de l'orphelinat et de leur rapporter des nouvelles de ses observations.

Comme à son habitude, la Lycanne avait senti le besoin de se balader dans un parc pour observer les étoiles avant d'aller se coucher. L'heure était avancée et, sous sa forme humaine, elle s'était dirigée vers Regent-s Park et le zoo de manière presque automatique. Les animaux l'attiraient, à cause de sa nature lycanne, mais aussi parce qu'elle les avait toujours préféré aux Hommes. Dialoguer un peu avec eux, les rassurer, les apprécier et les côtoyer lui apportait une forme de réconfort, même si les voir en cage lui serrait le coeur. Elle savait, au fond, qu'ils étaient mieux ici qu'ailleurs à cause des chasses barbares qui se faisaient dans leurs régions natales. Comme les siens, ils étaient souvent traqués.

Sans savoir qu'un drame se produisait justement par-là, Noa avait ainsi erré tranquillement dans les ruelles sombres, les mains dans les poches de son pantalon d'homme, vers ce parc. Ses pas l'avaient conduit alentours et elle entreprit de faire le tour des grilles pour atteindre la porte d'entrée afin de l'escalader. Cette entreprise en tête, elle continua à marcher jusqu'à ce qu'elle aperçoive au loin cette femme qui portait dans ses bras une forme évanouie. Sans attendre, Noa s'était changée en suricate pour se faire toute petite et acquérir une meilleure vision. Discrètement, elle s'était cachée puis sa curiosité l'avait poussée à s'approcher du duo pour observer la scène. S'éloignant du parc, elle leur emboita le pas.
Elle l'avait donc surveillée de loin, cette femme magnifique qui portait une Humaine dans ses bras. Elle avait senti chez elle cette présence spirituelle propre aux Lycanthropes. Une autre présence avait quitté les lieux. Étrange situation. Tal'nam l'avait mise en garde. Quoiqu'il se soit passé, une Humaine était dans un état d'inconscience. Son rôle était de s'assurer de sa survie. Plus près, elle avait soudainement vu l'inconnue déposer l'Humaine sur un palier et se changer en puma. Magnifique animal ! Un homme avait ouvert la porte, trouvé l'Humaine et, après un coup d'oeil alentours, l'avait prise avec lui.

La curiosité de Noa s'était décuplée. Que s'était-il passé ? Pourquoi cette Humaine était-elle inconsciente ? Et cette Lycanne ? L'avait-elle sauvée ? Blessée ? Son instinct lui disait que l'inconnue ne pouvait pas avoir mal agit aux vues de la situation. Pourquoi la déposer si doucement et lui permettre de regagner un toit si ses intentions avaient été mauvaises ?

Changée en louve noire, Noa se mit à suivre le puma. Son pas était aussi discret et souple que ce dernier. Elle la filait de loin, lentement. Il fallait qu'elle lui parle! Mais comment l'aborder ? Neïma était joueuse mais il valait mieux garder ses distances pour le moment. Noa n'avait encore jamais rencontré de Lycanthropes à Londres, c'était une première depuis 3 ans qu'elle s'était installée là. Elle était donc impatiente d'entrer en comunication avec elle, mais l'Africaine n'aimait pas l'idée que cette rencontre puisse se faire au beau milieu des rues. Elle aurait préférée qu'elle se fasse dans un parc, à l'abri des regards. Mais Noa n'avait guère le choix.

Toujours sous la forme de Neïma, l'Africaine escalada un amas de caisses en bois pour atteindre les toits. Elle suivit pendant quelques minutes le puma sans rien dire, souple et gracile dans la nuit, prenant garde à ne pas faire un seul bruit. Le silence des rues était presque pesant. Noa arriva à hauteur de l'inconnue, puis elle s'arrêta, la regardant de haut à travers les yeux de son entité louve. Elle discutèrent quelques secondes pour prendre une décision. Neïma poussa alors un jappement léger pour attirer l'attention du puma.


- Bonsoir, fit-elle de sa voix grave et douce lorsqu'elle eut réussit à capter le regard de l'inconnue. Mon nom est Neïma et l'Humaine que j'accompagne, Noa, souhaiterait vous parler.

Les yeux brillants de la louve noire restèrent fixés dans ceux du puma. Elle était massive et sa fourrure lui donnait une carrure très impressionnante. Descendant d'abord lentement du toit, elle atterrit sur le sol d'un bond puissant et s'avança vers la lycanne d'un pas souple.

- C'est la première fois que je vois une entité puma...

La louve s'arrêta à distance respectable de l'inconnue et s'assied tranquillement, le col droit et les pattes avant jointes. Ses oreilles s'orientèrent vers l'arrière une seconde, comme pour écouter un bruit dans la rue, puis elles revinrent vers l'avant.

- Cette Humaine...que vous avez laissée sur le palier de cet homme, était-elle blessée ? Que s'est-il passé ? Si cela n'est pas indiscret...Nous aimerions le savoir.


Dernière édition par Noa le Lun 27 Aoû - 19:03, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Erreur fatale Ven 24 Aoû - 21:37

Se fondant dans l’ombre, le puma évoluait dans les rues de Londres, sautant par-dessus les caisses vides des échoppes du quartier et divers autres obstacles. Ehawee était d’une humeur étrange, à mi chemin entre la mélancolie et l’agacement. Elle s’inquiétait encore pour Julia... Allait-elle bien ? Etait-elle en sécurité ? Se souviendrait-elle de ce qu’elle avait vu ? Et par-dessus tout, se souviendrait-elle de la jeune lycanne lorsqu’elle viendrait prendre de ses nouvelles ?
Et Hanska... Pourquoi était-il parti si vite, sans même lui donner d’explication ni même une parole sympathique... L’agacement d’Ehawee venait de cette incompréhension totale. Elle aurait tant aimé parler avec lui, en apprendre un peu plus sur lui, qui semblait avoir les mêmes origines qu’elle...
Macha était elle aussi agacée, car elle ne supportait pas qu’on la snobe de la sorte. Sa fierté lui jouait souvent des tours à ce sujet. Selena essayait toujours de temporiser son sale caractère, et argua que le natif devait probablement avoir mieux à faire que discuter avec la jeune femme.

Soudain, Macha ralentit sa course, ses oreilles se dressant vers l’arrière. Elle n’en était pas certaine, mais il lui semblait avoir sentit quelque chose. Pourtant, la rue était incroyablement silencieuse et déserte. Cette sensation était étrange, elle semblait lui venir du fond de son cœur, une sensation semblable à celle qu’elle avait ressentie en présence de Hanska. L’avait-il suivit ?
A la réflexion, non. L’aura que Macha ressentait était différente, plus chaude mais aussi plus jeune. Un autre lycanthrope, ici à Londres ? Ehawee qui les cherchait depuis plusieurs mois avait du mal à croire qu’en l’espace de deux heures, deux d’entre eux se retrouvaient à croiser sa route. Elle voulu s’arrêter, le cœur battant la chamade, mais Macha lui intima le contraire, préférant poursuivre sa course en ignorant l’inconnu.
Ce n’est que lorsqu’un loup jappa du haut d’un toit que le puma daigna stopper sa course. Elle se coucha pratiquement au sol, les muscles de ses épaules ondulant sous la lune. Elle était prête à bondir à la moindre occasion, et sa première réaction fut de retrousser les babines en laissant échapper un grondement menaçant.
L’animal observa la louve pendant un long moment, méfiante comme jamais. Que lui voulait-elle ? Pourquoi l’interpeler ainsi, en pleine nuit ? Immédiatement, Ehawee calma le tempérament si méfiant de sa compagne féline en l’invitant à se montrer un peu moins agressive.
Docile, le puma se redressa et s’assit au sol, son regard vert d’eau détailla la belle louve noire qui lui faisait face. Elle semblait si douce, si gentille... L’aura qu’elle dégageait réchauffa le cœur de la jeune russe, qui retrouva un semblant de bonne humeur, oubliant pendant quelques minutes son angoisse. Remerciant Macha, Ehawee reprit forme humaine pour pouvoir parler avec la louve. La jeune femme s’attacha à masquer au mieux son fort accent russe pour ne pas rendre son discours incompréhensible.


-Oh... Veuillez pardonner l’attitude de Macha... Elle ne fait que me protéger, mais elle est un peu... Excessive, parfois ! Dit-elle en riant d’un air gêné. Vous souhaitiez me parler ?

La jeune femme se tut, grimaçant alors que la douleur de son flanc, toujours mal en point, refaisait surface. Les soins d’Hanska l’avaient un peu apaisée, mais la blessure ne s’était pas encore refermée. Avisant une caisse de bois, Ehawee alla s’y assoir en portant la main à son ventre blessé.
Elle releva la tête vers la nouvelle venue et lui sourit gentiment.


-Les pumas ne sont pas des animaux très répandus en Europe, il faut dire... Si ce n’est pas indiscret, qu’elle est la votre ?

Pestant à voix basse, Ehawee releva sa main, couverte de sang, et sortit un vieux mouchoir de tissu usé. Elle l’appliqua sur sa blessure pour éponger le sang qui coulait toujours faiblement. Elle s’en voulait un peu de se montrer si peu attentive, mais les évènements récents l’avaient un peu retournée, et elle ne savait pas encore comment réagir. Quand la louve mentionna Julia, Ehawee releva la tête vers elle, les yeux écarquillés d’horreur. Comment savait-elle ? L’avait-elle suivie ? Ou connaissait-elle Julia ? Comment le savoir ? Elle se mordilla la lèvre, consciente que son air horrifié parlait pour elle. Elle ne pouvait répondre que ce n’était rien sans perdre le peu de crédibilité qui lui restait.

-Je... Mais... Je... Enfin... Comment dire...

Elle se tut un instant, très mal à l’aise, avant de se lancer, les yeux rivés au sol.

-C'est-à-dire que... Je ne lui ai rien fais, je vous jure ! Enfin si, mais... Comment l’expliquer... Je n’aimerais pas qu’il lui arrive quoi que ce soit par ma faute..., dit-elle en relevant les yeux vers la louve. Elle... Elle nous ressemble, c’est une louve, elle aussi. Mais elle semble prisonnière des rayons de la lune. Comme si la nuit l’avait changée en une bête sanguinaire... Je ne sais trop comment l’expliquer... L’un des notre m’est venu en aide, mais nous n’avons pas eu le choix... Nous avons du la... Neutraliser pour l’empêcher de faire du mal à qui que ce soit. J’aurais préféré ne pas avoir à en arriver là... Elle avait l’air de souffrir de sa situation... Je... Je ne la connais pas, j’ai jugé bon de la ramener chez le cocher qui l’avait amené jusqu’au zoo. Je m’inquiète beaucoup pour elle, j’espère qu’elle va bien...

Ehawee ne savait plus où se mettre. Elle avait horreur de faire du mal aux gens, la souffrance la répugnait presque autant que l’intolérance, et le fait d’avoir du blesser Julia pour l’arrêter la mettait hors d’elle.

-Ne lui faites aucun mal, elle n’est pas responsable de sa situation, j’en suis certaine ! Je m’en veux d’avoir du en arriver là..., elle se mit à rire nerveusement. Et je ne sais même pas pourquoi je vous dis tout ça... Je ne vous connais pas, je ne peux que compter sur votre confiance... Pardonnez ma maladresse, je suis un peu déboussolée par toute cette histoire...

La jeune femme soupira, se sentant soudain très fatiguée. Elle trouva néanmoins la force de sourire à la louve, dont la présence chaleureuse apaisait son inquiétude.
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Noa
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MessageSujet: Re: Erreur fatale Lun 27 Aoû - 19:12

La première réaction du Puma n'étonna guère Noa et ses entités. Il fallait se montrer méfiants à Londres, surtout en ce moment, il y avait de sordides histoires qui courraient les rues et il n'était pas bon de faire des rencontres si tard le soir. Celui qui osait se promener seul était soit un inconscient, soit une personne qui savait se défendre. Cette Lycanne faisait certainement partie de la seconde catégorie. D'ailleurs, lorsque le Puma dévoila ses crocs en signe de menace, cela devint une évidence. Cependant, face aux babines retroussées du Puma, Neïma, la forme louve de Noa, ne réagit pas. Elle se contenta de s'asseoir tranquillement face à elle et de lui demander ce qui s'était passé avec l'Humaine. Inutile de passer par quatre chemins et de risquer un quiproquo.

La Lycanne se changea alors en Humaine. Noa la détailla aussitôt à travers les yeux jaunes de sa louve. C'était une belle femme, jeune d'après ses traits et ses pommettes arrondies. Elle ne devait pas avoir plus d'une vingtaine d'années. Ses longs cheveux bruns descendaient en cascade sur ses épaules d'un air rebelle qui accentuait la masculinité de sa tenue vestimentaire.


*Elle est comme toi, Noa...* fit Tal'nam, son entité suricate. *Elle préfère porter des vêtements pratiques, c'est amusant !*

Noa sourit intérieurement. Oui, c'était effectivement un point à relever. Elles se ressemblaient sur leur façon de se vêtir. Un pantalon, des bottines, un bustier...rien de tel pour être à même de réussir quelques mouvements impossibles en robe de cour. A cette époque, c'était une chose qui restait très rare et mal perçu chez les femmes. C'était l'ère des corsets et robes à crinolines. Les femmes qui se faisaient garçonnes étaient regardées comme des phénomènes de foire et elles étaient bien plus gênantes aux goûts des bourgeois et des aristocrates que les catins qui tombaient dans la débauche ouverte.

Neïma gronda sourdement au fond de sa gorge. Tal'nam comprit aussitôt, Noa aussi. Les yeux vifs de la louve suivaient la jeune femme qui venait de s'excuser pour la fougue de son entité. Du sang sur la main, elle s'assied sur une caisse. L'odeur était parvenue depuis longtemps au museau de Neïma mais elle n'avait pas songé que ce puisse être la Lycanne qui était blessée. Pour elle, c'était certainement l'Humaine qui était blessée, pas l'inverse. Son point de vue changeait radicalement.

Tandis que la jeune femme tentait d'expliquer la situation, d'une façon maladroite et perturbée tout en épongeant sa blessure avec un mouchoir, Noa prit le relais.

La louve noire disparu lentement pour échanger sa forme avec celle d'une Humaine. Noa était forte, carrée et grande. Sa peau noire comme le chocolat faisait ressortir son sourire, le blanc de ses yeux et ses bijoux dorés. Son corset, blanc comme ses dents, trompait l'obscurité. Une fois entièrement transformée, l'Africaine s'avança vers l'inconnue et s’accroupit devant elle.


- Calmez-vous...Je ne vous de mal à personne...Ni à vous, ni à cette Humaine...Je vous crois...

Doucement, elle prit la main de la jeune femme et la souleva pour observer sa plaie.

- Vous avez-là une sacrée entaille...

Noa sourit d'un air attristé.

- Malheureusement, je suis mécanicienne et je doute que mes outils puisse vous être utiles pour cela. Vous devriez voir un médecin.

Apparemment, la blessure avait déjà été vérifiée car un onguent la recouvrait partiellement. Elle était profonde mais pas mortelle, la Lycanne ne risquait pas grand chose à part peut-être une fièvre si elle ne s'en occupait pas mieux d'ici une paire de jours. Noa avait bien un peu de fil de pêche sur elle et une aiguille mais recoudre la plaie ne semblait pas recommandé. Tal'nam s'y opposa d'ailleurs fermement.

*Non Noa, la recoudre maintenant ne servirait qu'à risquer de laisser dans la plaie une ou deux mauvaises choses qui pourraient l'infecter. Il faut d'abord la nettoyer à fond...*

L'Africaine n'aimait pas se sentir inutile, surtout quand il s'agissait de blessures. Déjà à l'orphelinat elle s'était fait la réflexion, à plusieurs reprises, qu'elle devait ajouter dans ses sacoches une paires de bandelettes et une flasque d'alcool pour ce genre de situation. Cela pourrait même s'avérer utile pour elle-même.
Se maudissant de ne pas s'être écoutée la dernière fois qu'elle y avait songé, Noa rassura la jeune femme.


- Ce n'est pas très grave...Restez bien appuyée sur la plaie avec votre mouchoir pour arrêter l’hémorragie.

Attrapant une caisse, elle l'enjamba pour monter à califourchon dessus et se poser en face de la Lycanne.

- Vous me dites que vous venez de vous battre contre un Loup-Garou... ? Fit-elle d'un air très sérieux. Cette Humaine était transformée en loup...c'est cela ? Et elle était incontrôlable ?

Noa réfléchit quelques secondes et reprit sur le même ton grave :

- Vous avez de la chance d'être encore en vie. Un deuxième Lycan vous a donc aidé ? Et où est-il ? C'est incroyable...

L'Africaine n'en revenait pas. Ainsi cette jeune femme qu'elle avait déposée sur le palier du vieillard était un Loup-Garou ? C'était rare de les croiser. Rare mais extrêmement dangereux. Noa en avait déjà vu dans sa vie et cela avait changé radicalement son point de vue sur sa propre conception des loups.

*Etrange, Neïma, que tu ne l'aie pas senti...* fit-elle mentalement à son entité canine.

*Oui...Peut-être que je ne sens pas la présence des loups lorsque la transformation est finie ?*

Un mystère de plus. Noa leva son regard vers le ciel. La lune était effectivement ronde. Ces créatures étaient une calamité. D'autant plus qu'ils faisaient des Lycans une cible pour les chasseurs qui tentaient de protéger leurs familles. Un quiproquo bien gênant. Et maintenant qu'elle y songeait, heureusement que la blessure de la Lycanne n'était clairement pas une morsure...sinon Dieu sait ce qui serait arrivé à son entité louve...

Noa observa l'inconnue. Elle était fatiguée et sa voix tremblait un peu. La douleur se lisait sur son visage ainsi que la panique. Elle craignait être prise pour responsable d'éventuelles blessures à l'Humaine. L'Africaine savait qu'elle n'avait pas entièrement cerné la situation mais elle était vive d'esprit et elle avait très bien compri que face à un Loup-Garou deux Lycans avaient dû se liguer pour l'empêcher de faire des ravages. C'était bien assez pour qu'elle se montre aimable et complaisante à l'égard de la Lycanne.


- Allons, restez tranquille, vous ne pouviez rien faire d'autre que de vous défendre...Ce sont des créatures très fortes et agressives...

Détendre la Lycanne devenait une priorité. Si Noa voulait réussir à converser avec elle, il fallait d'abord qu'elle la rassure et se montre plus joyeuse. Certes la situation n'avait rien de drôle, bien au contraire, c'était une rencontre malheureusement placée sous le signe de la douleur et de la violence, mais maintenant que l'Humaine était entre de bonnes mains, maintenant que la Lycanne avait fait ce qu'elle pouvait, il fallait qu'elle se soigne et songe à autre chose pour le moment. Inutile de la brusquer avec plus de questions et d'autres discours sur les Loups-Garous.
S'assurant que la Lycanne allait bien et qu'elle ne semblait pas prête à s'évanouir, Noa se leva en lui souriant.


- Vous avez un accent particulièrement prononcé, mademoiselle. Vous venez des terres de l'Est ? Votre Puma me met la puce à l'oreille...Êtes-vous donc russe ? Je n'ai pas entendu votre nom...

Elle n'avait pas l'accent Allemand, Noa le connaissait trop bien pour ne pas se tromper à ce sujet. Elle avait celui des grands hommes de l'Est, bien plus éloignés.
Noa tandis une main à la jeune femme et se présenta.


- Je m'appelle Noa, je viens d'Afrique, cela se voit je suppose, ajouta-t-elle en riant tout en jetant un coup d'oeil sur sa peau basanée. J'ai été élevée en partie en France et je suis passée par l'Allemagne avant de m'établir ici. Et vous ? D'où venez-vous ? … Ha ! J'oubliais ! Vous me demandiez qu'elle était mon autre entité...

Noa se métamorphosa en suricate. Le petit animal couleur sable se dressa sur ses pattes comme s'il était aux aguets et salua la Lycanne en baissant la tête.

- Je suis Tal'nam, ravie de faire votre connaissance.

Parlant à travers la bouche de son entité, Noa continua :

- Tal'nam et Neïma me sont précieuses, nous nous entendons parfaitement...

La suricate sauta sur la caisse où se trouvait l'inconnu et se posa en boule à côté d'elle.

- Que faites-vous dans la vie ? Ha mais j'y songe, votre blessure vous fait peut-être trop souffrir... ? Vous voulez peut-être que l'on continue notre conversation ailleurs ? J'ai une chambre d'hôtel à l'Albany. Peu de femmes y logent mais c'est un lieu agréable et malgré l'heure tardive nous pourrions certainement obtenir de quoi vous désinfecter. A moins que vous n'habitiez dans le coin ?
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MessageSujet: Re: Erreur fatale Sam 1 Sep - 21:48

Ehawee ne s'était pas rendue compte tout de suite de la profondeur de sa blessure. Avec l'effervescence du combat et son corps échauffé par l'exercice, elle n'en avait pas eu conscience au début. A présent qu'elle était posée et au calme, la douleur se rappelait à elle comme une vieille amie un peu trop insistante et désagréable. Heureusement, l'onguent de Hanska apaisait la douleur et l'empêchait de s'infecter, mais il lui faudrait quelques point de suture pour guérir rapidement.
La jeune femme n'avait pas de quoi se soigner sur elle, car après tout, elle n'avait pas l'habitude de se faire attaquer ou de se blesser aussi grièvement, et ce malgré sa maladresse naturelle. Cela lui apprendrait à jouer les héroïnes... Ce qui lui importait vraiment était la sécurité de Julia, et elle était heureuse de la savoir saine et sauve.


Ehawee releva la tête vers la nouvelle venue et la détailla. Sa peau était sombre, couleur chocolat, et ses cheveux noirs comme l'ébène. Elle était grande et forte, et l'aura qu'elle dégageait était faite de douceur et de volonté. Une aura qu'Ehawee trouvait incroyablement apaisante et réconfortante, comparée à ce qu'elle avait pu voir à Londres ces derniers mois. Et la jeune femme ne ressemblait pas aux occidentaux à la peau d'ivoire et au regard cruel qu'elle voyait tous les jours. Elle était différente... Ehawee n'aurait su exprimer cela par des mots, c'était un ressentit avant tout.
Néanmoins, quand cette femme a la peau noire s'approcha d'elle, la russe eut un mouvement instinctif de recul, comme si elle cherchait à se protéger d'une attaque. Les gestes doux de son interlocutrices finirent par briser le rempart de sa méfiance, et elle se laissa approcher avec un léger soupir, qui s'adressait à elle même. La jeune femme n'aimait pas se méfier à ce point des gens. Elle aimait pouvoir leur accorder sa confiance avec un simple regard, mais la fatigue la rendait farouche.


-Je... Je n'ai pas d'argent pour payer un médecin, malheureusement. Je trouverai bien une aiguille à coudre et du fil en rentrant..., dit-elle avec un sourire aimable.

Ehawee n'aimait pas beaucoup l'idée de recoudre une plaie ouverte avec du fil de couture, mais avait-elle vraiment le choix? Le peu d'argent qu'elle gagnait, elle le volait, et il lui servait à acheter sa nourriture et payer une partie de son logement. Les médecins coutaient horriblement cher, surtout en cette période. Soigner était devenu un luxe que peu de gens pouvaient s'offrir.

-Oui, cette jeune femme s'est changée en loup garou. Sous mes yeux, répondit la russe en hochant la tête. Impossible pour nous de la contrôler, elle a perdu ses moyens en très peu de temps, et la bête qui l'habite est emplie d'un sentiment de rage si puissant qu'il nous a fallut nous entraider avec l'autre lycanthrope pour en venir à bout. J'ai eu peur que nous l'ayons tué...

La jeune femme se mordit la lèvre avant de reprendre.

-Il y avait un autre lycan avec moi, oui! Qui pouvait prendre l'apparence d'un grand aigle. Il s'appelle Hanska, mais je n'ai pas pu en apprendre davantage. Après nous avoir soigné, la jeune dame et moi, il a reprit son envol et est repartit sans rien ajouter. Je ne sais rien de lui, c'est assez déroutant... J'aurais voulu pouvoir le remercier pour son aide, mais...

Ehawee haussa les épaules. Qu'y pouvait-elle, si cet homme était peu loquace? Rien de plus. Elle ne se formaliserait pas là dessus, car après tout il l'avait aidé, sans rien lui demander en retour.

-Je n'ai jamais vu de bête aussi puissante. A vrai dire, je pensais que les loups garous étaient des légendes. Mais leur force est brutale, bestiale et totalement inhumaine. Leur hurlement sont d'une tristesse déchirantes, et la rage dans leur regard... On aurait dit une bête meurtrit, blessée... Ce n'est pas tant la peur que l'envie de lui venir en aide qui m'est venu à l'esprit.

Le regard plongé dans le vague, Ehawee repensait à ce qu'elle avait vu. Les loups garous étaient-ils donc aussi monstrueux que la légende le disait? N'était-il pas simplement prisonnier du cycle éternel de la lune? Pris au piège dans un cercle sans fin, condamnés à se tapir dans l'ombre d'une âme humaine à chaque nouvelle lune? Tirée de ses pensées par la jeune africaine, Ehawee lui sourit gentiment.

-Vous avez raison... Qui sait quel mal elle aurait pu faire autour d'elle... Et le mal qu'elle aurait pu se faire à elle-même, aussi! Puis elle éclata de rire et porta sa main libre à ses cheveux avec un air quelque peu gêné. Ah... Oui, vous avez vu juste, je ne suis pas de Londres. Mon anglais est encore un peu bancale, je viens de Saint Petersbourg, en Russie! J'y ai vécu pendant dix neuf ans, je suis à Londres que depuis une petite année. Tout est si différent de la Russie, je m'en étonne tous les jours! Je m'appelle Ehawee.

Son nom n'avait certes rien de russe, mais elle le trouvait plus mélodieux que Natacha, et il était affilié à un souvenir bien plus fort. Pour peu que le sujet dévie, Ehawee pouvait retrouver très rapidement sa joie de vivre et sa capacité à parler de tout et de rien en permanence. Cette grande bavarde pouvait trouver de l'intérêt dans le plus insignifiant des sujets de conversation. Ecarquillant les yeux, elle resta bouche bée quelques secondes avant de reprendre.

-L'Afrique? Quelle merveille! J'en ai entendu parler de nombreuses fois, on raconte tant de choses sur ces terres! Malheureusement, je n'ai jamais eu l'occasion de voyager en dehors de la Russie ou de Londres... Que pouvez vous me dire de votre terre natale?

Mais avant que Noa n'ait pu lui dire quoi que ce soit, un suricate se tenait à sa place. L'adorable petit être beige se dressa sur ses pattes arrière, son petit museau remua doucement. Ehawee écarquilla les yeux en laissant échapper une exclamation enjouée. Elle n'avait encore jamais vu d'entité aussi petite et agile. Tendant la main, la jeune femme ne put résister à l'envie de lui caresser le dessus de la tête. Son pelage était doux et tiède, agréable au toucher.

-Ravi de vous rencontrer, Tal'nam! Je vous aurais bien présenté Selena, ma louve, mais j'ai peur d'être un peu faible pour cela..., dit-elle avec un sourire sincère et désolé. Selena est comme une seconde mère pour moi, elle m'a toujours apporté le réconfort dont j'avais besoin! Macha est plus solitaire, mais elle m'a toujours protégé et malgré son air bougon, elle est de bonne compagnie!

Ehawee rit à nouveau et le regretta très rapidement. Grimaçant, elle appuya un peu plus fort sur sa blessure. Le contact du petit animal roulé en boule à côté d'elle la fit cependant sourire, mais elle jeta un regard quelque peu paniqué à Noa à sa dernière question. La jeune femme lui était sympathique, et Ehawee ne voulait pas gâcher cela en lui annonçant qu'elle vivait dans un bordel et ne gagnait sa vie qu'en volant. La jeune fille n'était pas fière de ce qu'elle faisait, pas plus qu'elle ne portait fièrement sa couverture de courtisane.

-Hum... J'ai bien peur qu'il n'y ait trop de monde, chez moi... Et ce n'est pas un lieu très... Distingué. Si cela ne vous ennuie pas, je préfère vous suivre! Nous pourrons continuer à discuter au calme, et vous pourrez m'en dire un peu plus sur vous, qu'en dites vous?

Ehawee était curieuse de nature, et particulièrement sociable. Bien que maladroite, elle aimait en apprendre toujours plus sur les gens, les connaître... Mais elle ne pourrait échapper à la réciproque. Il lui faudrait sûrement parler d'elle, et s'il y avait bien une chose qu'elle ne savait pas faire, c'était bien mentir!
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Noa
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Entité n°2 : Suricate du nom de Tal'nam.
Crédit Avatar : I don't know.
MessageSujet: Re: Erreur fatale Lun 3 Sep - 20:16

Visiblement, la jeune femme allait garder un douloureux souvenir de cette rencontre avec le Loup-Garou. Que pouvait-elle en garder d'autre ? Une balafre sur le côté, ça c'était certain. Si elle s'était retrouvée dans le coin pour se promener paisiblement, elle devait être bien déçue ! Comment imaginer que l'on puisse croiser pareille bête en ces lieux ? Noa savait que les Loups-Garous traînaient parfois en ville mais c'était très rare. En général, ils arpentaient la lande, et elle était bien placée pour le savoir puisqu'ils venaient régulièrement rôder autour de son observatoire. Mais ils restaient finalement distants et désintéressées de la structure en dur qui s'offrait à eux. En effet, les Loups-Garous ne cherchaient qu'une chose : la vie pour mieux la détruire, le sang pour mieux s'en nourrir, la chair et l'os ! Frapper toute la nuit contre les portes de son observatoire les avait vite ennuyés et ils s'étaient maintenant tous fait à l'idée qu'il était inutile d'insister. Ils allaient donc rôder près de la ville, à ses abords, sur les rives de la Tamise, parfois jusqu'aux quais, mais ils n'entraient pas dans Londres pour parcourir ses rues, c'était bien trop dangereux pour eux et surtout éclairé de lampadaires à huile assez réguliers pour les dissuader de risquer leur fourrure en allant jusqu'au centre. Cette fois-ci, c'était tout de même à Regent's Park qu'avait eu lieu l'agression ! Si près du zoo, si près des habitations ! C'était un de ces cas isolés qui devait certainement être dû à un problème plus en aval. Il n'était pas difficile de comprendre que la jeune femme qu'elle avait aperçu tout à l'heure avait dû perdre le contrôle plus tôt que prévu. A moins que ce ne soit carrément sa première transformation, ce qui était une hypothèse qui tenait la route.
Noa n'insista pas sur le sujet, l'éludant presque pour éviter de gêner la Lycanne. A quoi bon s'accrocher à ces lugubres questions ? L'essentiel était que l'Humaine avait finalement été maîtrisée et que personne n'avait péri sous ses coups. Désormais, il fallait soigner cette vilaine plaie et avancer.

Comme elle s'y attendait, la Lycanne venait de Russie et précisément de Saint-Pétersbourg. Noa lui sourit chaleureusement.


- Ha ! Je m'en doutais, votre accent est fort, mais cependant je ne trouve pas cela disgracieux, au contraire, cela vous donne une touche d'exotisme que l'on ne rencontre pas tous les jours dans cette ville...ça change.

Noa était sincère. Elle, qui était noire et qui portait un léger accent dû à ses nasales appuyées, était regardée comme une étrangère et une curiosité tout simplement parce que même si la capitale anglaise commençait à recevoir de plus en plus de visiteurs étrangers, il était rare d'en croiser vraiment. Souvent, ces derniers finissaient dans les rues à mendier leur pain et la société passait complètement à côté. De temps en temps un accent écossais ou irlandais venait animer les bars, un accent français aussi, les francophones étaient nombreux dans la région, mais l'accent russe restait exceptionnel.

- Saint-Péterbourg...murmura l'Africaine pour elle-même. Je n'y suis jamais allée. Cela me semble froid...

La Suricate rit un instant puis elle se redressa pour sauter au sol. Ehawee venait de s'extasier devant ses origines. Finalement, l'une comme l'autre semblait passionnée par les contrées absentes de leur carnet de route.

- Sur l'Afrique ? Répéta Noa à travers son entité.

Tal'Nam reprit le relais et s'exprima de sa propre voix. Elle était bien plus indiquée que Noa pour parler de ce pays.


- C'est un lieu très sec et très pauvre. Les gens n'y vivent pas du tout de la même manière que vous. Évidemment nous avons des similis de villes mais cela reste tout de même une multitudes de petits villages éparpillés dans le sable et les roches. Noa y a très peu vécu finalement.

La suricate hésita puis elle reprit avec l'autorisation de Noa.

- Elle y est née, nous aussi, et nous sommes restées pendant seulement huit ans. Des esclavagistes ont décimé sa tribu et nous nous sommes retrouvées ballottées entre la mer, la France et l'Angleterre. Notre histoire n'est pas très heureuse.

Le petit animal se mit à sautiller d'un air plus joyeux.

- Mais l'Afrique reste notre terre ! Elle est jaune et orange, chaud et pleine de surprises ! L'eau coule dans son sous-sol, il faut creuser pour la trouver, mais elle est bien là ! Et les animaux là-bas sont énormes ou minuscules, il n'y a jamais de demi-mesure en Afrique. Les Éléphants, les antilopes, les fourmis et les scorpions...Moi je mange des serpents ! Neïma chasse avec les lions la gazelle et Noa aussi ! Enfin...ça c'était avant. Maintenant on s'occupe des étoiles et des enfants.

La petite suricate esquissa un sourire comme le lui permettait sa physionomie. Cela eu l'effet de la rendre tout à fait craquante. C'était ainsi : Tal'Nam était bavarde, heureuse et éveillée comme aux premiers jours de leur périple. C'était une entité pleine de vie et d'humour.
Revenant sur la caisse, elle se laissa caresser, même si elle n'y était aucunement habituée.

Noa continua à travers sa bouche. Elle demanda à Ehawee ce qu'elle faisait dans la vie et si elle désirait rentrer chez elle ou venir avec elle dans son hôtel. Une ombre sembla passer sur le visage de la jeune russe. Apparemment, la perspective de se rendre chez elle ne lui convenait pas. Était-ce de la peur ? De la gêne ? Noa ne voulait pas savoir. Si cette jeune femme lui disait qu'elle serait mieux en sa compagnie dans sa chambre d'hôtel, l'Africaine n'allait pas en chercher la raison immédiate. Pour elle, l'important c'était que cette vilaine blessure soit désinfectée et bandée.


- Vous avez une famille nombreuse ? Demanda alors Tal'Nam sans prévenir. C'est comme chez mes frères et sœurs, on est toute une colonie normalement, mais moi je suis une entité, je n'ai que Noa et Neïma.

La petite bête fut interrompue par la transformation de Noa qui reprenait les rennes. Une fois revenue sous sa forme humaine, l'astronaute se passa une main dans les cheveux et s'excusa :

- Pardonnez mon entité, elle est très démonstrative...Venez, je vous emmène à l'Albany. Le maître d'hôtel doit être encore à moitié endormi sur son bureau. Il ne nous embêtera pas.

Lentement, Noa aida Ehawee à se relever, prenant garde à sa blessure. L'hôtel n'était pas tout près, il allait falloir qu'elles marchent une bonne demi-heure. Cela n'allait pas être évident pour la jeune russe. Prendre leur mal en patience, voilà ce qu'elles allaient faire.

Sur le chemin, Noa continuait d'entretenir la conversation tout en laissant le soin à Tal-Nam de lui confier une partie de sa vue et de son odorat. Il fallait éviter d'être à nouveau attaquées, que ce soit par un homme ou une bête. Rester attentives devait être une priorité avec la blessure d'Ehawee. Évitant soigneusement de parler famille, l'Africaine reprit sur leurs pays respectifs.


- Alors comme ça vous venez de Russie... ? Est-ce vrai que la neige recouvre toute la contrée une bonne partie de l'année ? Nous en Afrique n'avait pas de neige, ou presque. Certains monts en avaient, à leur sommet, mais il n'a jamais fait très froid. Depuis que je suis arrivée en France, puis en Angleterre, le climat ne me sied guère. La pluie, le vent, le gel...Cet hivers a été épouvantable mais heureusement que dans mon laboratoire l'aménagement reste colossal. C'est grâce à mon travail dans les orphelinats et aux dons que je reçois régulièrement, sans cela je resterai à l'hôtel ou dans la rue. Je n'ose imaginer ce que je ferais sans mes lunettes astronomiques...

Noa se faisait bavarde à son tour. Ce n'était pas vraiment parce qu'elle avait besoin de parler, au contraire, Noa avait beau être une femme très avenante et sociale, elle n'avait pas l'habitude de raconter sa vie au premier qui acceptait de l'entendre. C'était en réalité une stratégie délicate pour forcer la Russe à penser à autre-chose qu'à sa blessure qui devait la lancer durement à chacun de ses pas. Il fallait qu'elle l'oublie le temps du trajet pour avancer plus vite et arriver enfin à l'Albany. Noa songeait en même temps à la façon dont elle allait s'y prendre en franchissant les portes de l'édifice. Fallait-il qu'elle paye pour elle cette nuit ? Le maître d'hôtel était un homme bon malgré son petit air mesquin et même s'il semblait privilégier largement les bourgeois et aristocrates qui débarquaient par dizaine chaque nuit, il appréciait assez l'Africaine pour lui accorder quelques avantages. En soit, c'était son métier et sa réputation qui lui faisait accepter sa présence. Sans cela, rien que pour sa couleur de peau et ses vêtements, il l'aurait tout de même laissée sur le pallier. Noa jouait beaucoup de sa réputation d'astronaute. Cela l’aidait souvent en société.

Enfin, les jeunes femmes arrivèrent à l'Albany.


[HRP/ Suite à l'Albany, ''Compresses''/HRP]
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Erreur fatale

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