L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Une petite bête dans un lac de nuit.

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MessageSujet: Une petite bête dans un lac de nuit. Sam 9 Juin - 20:57

[HRP venant de Pour le salut d'un rat coincé sur une table bancale, Royal Academie of Art /HRP]

Aria avait errer jusqu'à midi aux alentours de la royal academie of art. A cet heure-là son ventre lui fit comprendre que, bien qu'ayant pris un bon petit déjeuner chez Eulalia, il avait encore besoin d'être rassasié. Mais la jeune femme n'avait rien sur elle, pas d'argent, pas de nourriture, juste un rat immobile sur son épaule. Elle avisa une petite échoppe avec des fruits. Elle passa devant et chipa habilement une pomme, avant de s'éloigner promptement. un peu plus loin, un boulanger. Hop, un bon morceau de pain. Elle faillit se faire voir, mais un bon coup dans les côtes coupa la respiration au malotru qui allait dénoncer son forfait. Quand il put enfin parler, elle était loin, et s'il avait tenté de parler, il serait alors passé pour le voleur, surtout qu'Aria avait remarqué un pain dissimulé dans sa main.

La jeune Hunter arriva au Paulo's park vers une heure. Elle s'assit tranquillement sur un banc et dévora son butin. Le rat lui rappela sa présence en voyant la nourriture. Elle lui donna un morceau de pain. Une effluve pestilentiel lui parvint.
*Oh mon Dieu ! il faut absolument que je le lave ! Mais pourquoi y-a-t-il en core des gens autours du lac ? Combien de temps vais-je devoir attendre ?* se lamentait mentalement Aria. Mais elle n'avait guère d'autre choix. Faire cela à la vue de tous lui était impensable.

Dix-huit heure sonna. Le parc commença à se vider. Aria s'aperçut qu'elle s'était endormie. Elle s'aperçut également que le rat était encore sur son épaule et qu'il n'y avait pas fait de saleté. Cette bestiole là savait se retenir ? Après tout, pourquoi pas ! Elle le caressa en partant du museau puis suivant le colonne vertébrale. Elle murmura :


- Gentille bête... Tu as de la chance que personne ne t'ai vu. La cachette que te procure mes cheveux te plaît ? J'espère que non, car je ne compte pas te garde planquer là toute ta courte vie.

Elle se redressa, en ayant affreusement mal. Il faut dire que s'endormir assise sur un banc de bois n'avait rien d'agréable. Son corps immobile trop longtemps criait. Elle se leva, s'étira. Le rat manqua de peu de chuter. Elle pouffa. Il avait une bonne tête. Elle marcha un peu dans le parc, patiente. Elle sortit de sa sacoche son carnet à dessin, s'assit par terre et commença à croquer le lac. Quelques canards semblait flotter à la surface de l'eau. Quelques passants leur refilaient du pain dur pendant que d'autres semblaient saliver en pensant au bon plat qu'ils pourraient faire et aux nombres de personne qu'ils pourraient nourrir avec un seul de ces canards. La jeune fille cessa de voir le temps passer, absorbée par sa tâche. L'heure tournait. La nuit tomba, le parc se vida. Les yeux du rat brillait dans la pénombre naissante. Elle posa son travail à côté d'elle et empoigna à deux mains l'animal. Celui-ci se fit "baigner" dans l'eau du lac. Il se débattit, voulut mordre. Mais elle ne le lâcha pas. Quand elle le sortit, elle avait les mains aussi frigorifiées que le corps de la petite bête, qui, néanmoins avait perdu sa mauvaise odeur. Aria sécha le rat contre sa vieille veste noire en laine. Le rat se réchauffa tout contre elle, bien calé au creux de ses bras. Il avait du faire ses besoins dans l'eau, car il ne fit rien sur la jeune femme.

Elle le caressait, là, au bord de l'eau, sans vraiment savoir ce qu'elle allait faire du reste de la nuit. Elle n'avait pas sommeil. Elle était même en forme. Elle se sentait bien, dans la fraîcheur de la nuit, dans cette liberté qu'elle s'était en partie enlevée en acceptant d'aider Mrs Patterson, la domestique d'Eulalia. Vraiment, jamais elle ne tiendrais avec un jour de repos par semaine... Elle leva la tête, un brin rêveuse.


- La lune est belle ce soir... il n'y a pas de nuage pour la camoufler...
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MessageSujet: Re: Une petite bête dans un lac de nuit. Sam 9 Juin - 23:22

La longue chevelure rouge carmin du vampire flottait au rythme du vent, ondoyant comme un étrange fleuve de sang alors qu'il évoluait dans les rues de Londres.
Glen appréciait la compagnie, le brouhaha et la profusion, mais parfois la quiétude d'une cité endormie lui procurait plus de bien que l'ambiance confinée d'un salon. Il était de charmante humeur ce soir là, et se prit à avoir l'envie irrésistible de faire une mauvaise farce à quelqu'un... Mais quoi? Et à qui? Ces deux questions freinaient sa créativité chaotique, sans pour autant le contrarier. Il était tôt, il avait tout son temps, et la nuit lui appartenait. Levant les yeux au ciel, il offrit son plus beau sourire à l'étrange rêveuse aux yeux d'argent qui l'observait juste au dessus de lui. Glen avait toujours beaucoup aimé la lune, pour son côté poétique, mais surtout pour la mélancolie qui s'en dégageait. Il la voyait un peu comme sa semblable: Seule et méprisée par un soleil dévastateur, abandonnée à la nuit éternelle et triste... Si triste... Elle en devenait magnifique.

Baissant à nouveau les yeux, l'aristocrate se figea prêt de Paulo's Park et fit un tour sur lui même, observant les alentours. Il n'y avait pas un chat. Pas une âme qui ose s'aventurer à l'extérieur à une heure pareille. Glen sourit avec une mine presque cruelle. L'Homme n'était pas courageux, il était lâche par nature. Il préférait se terrer entre quatre murs, persuadé d'y être à l'abri. Pourtant, il était toujours plus facile de s'enfuir en extérieur que dans une petite habitation.
Il serait d'ailleurs aller se repaitre à la gorge d'une délicate donzelle si un son d'éclaboussure n'avait pas attiré son attention, quelques dizaines de mètres plus loin. Plissant les yeux, le vampire commença à s'approcher de la grille du parc, laquelle restait ouverte en permanence, malgré l'absence de visiteurs le soir. Il ne prit pas la peine de pousser le portillon métallique, se contentant de léviter un instant au dessus, pour éviter d'attirer l'attention sur lui.
Il était inconscient de la quantité d'énergie qu'il consommait rien qu'en sollicitant ses pouvoirs pour flotter à une trentaine de centimètres du sol. A vrai dire, il s'en fichait totalement. S'il lui fallait plus de sang pour maitriser ses pouvoirs, alors il consommerait plus de sang, même si cela devait achever de le rendre complètement fou et incontrôlable.

Glen ne tarda pas à apercevoir une jeune fille au bord du lac, penchée au dessus de l'eau. Le vampire fronça le nez avec dégout. L'odeur lui semblait insupportable, lui qui d'ordinaire était habitué au raffinement et aux parfums délicats en tous genres. A une telle distance, il n'aurait su dire si l'odeur provenait de la jeune femme ou d'une autre créature, mais elle s'estompa légèrement après quelques minutes.
S'approchant silencieusement jusqu'à ce que son reflet déformé par les vaguelettes se dessine à la surface de l'eau. Lui même se trouvait curieusement effrayant, ainsi représenté. Sa longue chevelure rouge avait une forme tentaculaire, et son visage déformé arborait un sourire démesuré à l'aspect clownesque des plus macabre. Seules ses deux prunelles d'un bleu glacial semblaient avoir gardé leur nature originelle.
Ayant entendu la jeune fille murmurer, il ne put se retenir de répliquer.


-N'est ce pas...? C'est un charmant tableau qui s'offre à nos yeux ce soir. J'en suis moi même ravi!

Il la dévisagea un long moment, masquant son dégout naturel pour les humains derrière un masque jovial et parfaitement détendu. Elle n'appartenait ni à sa race, ni à sa classe. Et ce n'est que parce que son visage ingénu lui plaisait que le vampire ne céda pas à la tentation de lui tordre la nuque immédiatement. C'était plus fort que lui, et cette fâcheuse manie risquait bien de lui attirer des ennuis. Baissant les yeux, Glen vit un petit rat le fixer avec ses petits yeux jaunes, son museau brun frémissant.

-Les rats sont de curieuses créatures. Contrairement aux humains, ils ressentent la peur et s'en nourrissent comme de véritables carnivores. Ils sont fascinants, malgré leur aspect chétif, peu amène et cette... Facilité avec laquelle ils transmettent les maladies...

Sa voix chaleureuse, son timbre grave et son visage souriant formaient un contraste choquant avec ses paroles. Elles étaient dures, acides, pessimistes au possible, et particulièrement désagréables. Pourtant, le vampire les avait prononcé avec une infinie politesse et beaucoup de mesure.
Mais il n'attendait pas de la jeune fille qu'elle se mette à papillonner des yeux en le voyant. A vrai dire, ce n'est pas ce qu'il recherchait. Il avait toujours envie de jouer un vilain tour à quelqu'un, et sa cruauté semblait gagner du terrain à mesure que les minutes passaient.
Lui offrant un magnifique sourire dévoilant sa dentition de carnassier, Glen se redressa en soupirant et en époussetant son long manteau noir. Il jeta un regard dédaigneux au petit rongeur avant de reprendre.


-Mais je suppose que vous savez déjà tout cela, non, Mademoiselle...?

Laissant sa phrase en suspend en attendant qu'elle lui donne son nom, un nouveau sourire vint parachever l'étrange spectacle qu'offrait son visage de clown effrayant. S'il n'en avait pas réellement conscience, Glen aurait du comprendre que ce qu'il avait dit pouvait s'appliquer également à sa propre personne: Lui aussi se nourrissait de la peur des gens à son encontre. A ceci prêt que lui préférait souvent y ajouter la haine ou la colère.


Dernière édition par Glen O'Sullivan le Mar 16 Oct - 23:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une petite bête dans un lac de nuit. Dim 10 Juin - 23:07

Aria n’entendit pas le nouveau venu arriver. Elle ne le remarqua que lorsque son reflet fuy visible dans l’eau du lac. Elle fut frappée par la déformation que causaient les vaguelettes de l’eau sur l’image. Cela donnait un visage une apparence de calamar géant sortant tout droit de l’abysse pour la dévorer. Heureusement, ce n’était qu’un reflet. Il parla, comme répondant à sa remarque sur la Lune. Elle leva les yeux vers l’inconnu, alors que sa bestiole se lovait dans le creux de ses bras, le fixant du regard. L’homme –si c’en était un– la dévisageait, et elle fit de même. Il devait avoir une bonne dizaine de centimètres de plus qu’elle avec une touffe de cheveux rouge ordonnée avec des mèches plus ou moins longues selon l’endroit. Dans le noir de la nuit, elle ne put guère voir autre chose. Il y avait quelque chose au niveau de ses oreille s(probablement des anneaux), et il était assurément habillé vraiment très coûteusement (notons que pour la jeune fille, rien qu’un morceau de pain peut s’avérer chère). Certainement quelqu’un de la haute société, un lord même. Ou alors un riche bourgeois. Il l’extirpa de ses réflexions en parlant du rongeur.

- Aria… Et vous, si je puis me permettre ?

Un détail lui apparu comme étrange. Il avait parlé d’humain. Hors, un humain justement aurait plutôt eut tendance à employer « nous », cependant elle laissa passer. Elle ne se méfiait jamais assez, et peut-être que cette nuit cela allait lui jouer un mauvais tour, qui sait ? Le contraste entre les mots et la façon dont ils avaient été dits était frappant. On ne pouvait pas être aussi froid dans ses propos et être réellement de bonne humeur. Pour Aria, ce type de comportement était un grand classique des aristocrates : tout dans l’apparence, évitons le moindre scandale ! Mais les nobles ne se baladaient pas ainsi de nuit. Ou tout du moins pas seul. Et pas dans un tel endroit. Celui-là devait avoir un certain cran, ou une grande confiance en ses capacités de défense. A moins que ce soit un imbécile insouciant, mais au vu de ses paroles dures imprégnées de réalité, cela semblait peu probable.

-Vous savez, si je tombe malade à cause de ce rat, cela n’affectera personne. Au mieux, j’éviterai la compagnie afin d’éviter de contaminer quelqu’un. Et après, j’irai mourir tranquille. Ca ne vous ennuie pas de discuter avec une souillon ? Une souillon qui se balade avec un rat ? De nuit ? Vous n’êtes pas obligé de sourire vous savez…

La jeune fille laissa son regard gris délavé parcourir la surface du lac. L’inconnu ne lui était pas hostile, du moins pour le moment. Elle lui posa alors une question totalement incongrue :

-Vous savez faire la différence entre un rat mâle et un rat femelle ?

Son regard presque innocent interrogateur planté dans les yeux de l’homme avait un côté déstabilisant, tant il était vif.

- J’ai besoin de le nommer, car tout le temps l’appeler « le rat » « la bestiole » ou encore « abruti » devient lassant.

Depuis le début de la conversation, Aria avait naturellement adopté un langage plus soutenu que ce que l’on aurait pu attendre de quelqu’un de son rang social. Mais elle aimait bien les mots, et les manier correctement l’amusait beaucoup. Aussi, pouvoir parler du mieux qu’elle pouvait à quelqu’un était plaisant. Bien sûr, elle était limitée par sa culture misérable. Mais elle n’y pouvait pas grand-chose. D’un autre côté, sa vivacité d’esprit lui permettait de s’en tirer pas trop mal, par quelques pirouettes plus ou moins étranges.

La jeune hunter se décida à se lever, car se tordre le cou pour voir son interlocuteur allait sérieusement finir par lui donner le torticolis. Elle fit face à l’aristocrate, lui sourit. Le rat sembla ne pas apprécier le mouvement, mais il se recala confortablement. Elle le caressa. Tout doux ! Voilà quelque chose quel aimait toucher. Toutes les choses douces qui sortaient de la dureté, l’horreur de la vie. Après tout, c’était un de ses rares plaisirs, avec le dessin. Elle se souvint de son carnet et se pencha pour le ramasser. Une nouvelle secousse pour l’abruti de rat qui la griffa.


- Aïe !

Elle s’accroupit et plongea sa main dans l’eau, avant de l’agiter pendant que l’autre tenait fermement le rat. Déjà qu’il véhiculait certainement des maladies, comme l’avait fait remarqué le noble aux cheveux rouge, il ne fallait surtout pas que sa plaie s’infecte, même minime. L’eau du lac n’était pas pure, mais c’était mieux que rien. Elle pourrait toujours demander à Mrs Patterson quelque chose contre les coupures. La vieille domestique d’Eulalia saurait bien quoi faire.
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MessageSujet: Re: Une petite bête dans un lac de nuit. Lun 11 Juin - 12:52

Toujours aussi souriant, Glen avait apprécié la façon que la pauvresse avait eu de le dévisager. Certains s'en seraient offusqué, lui non. Il avait toujours beaucoup aimé qu'on le regarde avec envie ou admiration... Peut-être était-ce du au fait qu'il avait été totalement ignoré pendant toute son enfance... Ou peut-être simplement parce que tout ne tournait pas rond, chez lui.
Esquissant une révérence, il répondit à la jeune fille avec une amabilité déconcertante.


-Glen O'Sullivan, Damoiselle Aria. Je n'avais pas encore eu le... Plaisir de vous croiser à Londres...

Un plaisir gourmand, c'était certain... Le vampire laissait ainsi planer le doute. La jeune fille pouvait l'interpréter de bien des manières, il ne se départirait pas de son sempiternel sourire. Tous deux se dévisageaient toujours d'une étrange manière. La jeune humaine semblait chercher à percer sa véritable personnalité, tandis que le rouquin envisageait mille et une manière de la faire hurler de terreur... Elle ne semblait pas se douter une seule seconde de sa véritable nature, et pourtant, on lui avait souvent répété que son visage de démon le trahissait dès les premières secondes. Fort bien... Si elle ne se doutait de rien, sa terreur n'en serait que plus délectable... Glen était présomptueux et sous estimait systématiquement les humains, persuadé qu'ils ne pouvaient qu'être lâches et terrifiés. Pourtant... Il était loin d'avoir la science infuse à ce sujet...

Quand Aria reprit la parole, le sourire du vampire se crispa en ce qui ressemblait plus à une grimace, ses yeux bleu acier fixement posé sur la jeune fille. S'il y avait bien une chose qu'il exécrait, c'était bien le sacrifice désintéressé. Et c'était ce à quoi faisait allusion la jeune humaine. Elle semblait inconsciente de ce qu'une morsure de rat porteur d'un quelconque pathogène pouvait impliquer pour elle... Et si la plupart des gens auraient trouvé sa volonté et son sacrifice honorables, le vampire ne le supportait pas. Pour la simple et bonne raison que lui même ne pouvait pas envisager une seule seconde de se sacrifier pour qui que ce soit. Ou pour quoi que ce soit. Il était bien trop égoïste et orgueilleux pour cela. C'est pour cela qu'il ne comprenait pas le point de vue de la jeune femme. Recouvrant ses esprits, il ferma les yeux un instant, ses lèvres s'étirant à nouveau en un sourire serein.


-Je n'aime pas afficher une mine triste ou déconfite... Le sourire est plus agréable..., dit-il d'une voix qu'il aurait souhaité moins sèche, avant de reprendre. Être prête à donner ta vie pour rester avec cet... Animal, c'est... C'est...

Il se tut un instant, cherchant ses mots. Si Glen était un manipulateur né, il lui arrivait parfois d'avoir du mal à être l'hypocrite qu'il était habituellement. La franchise lui titillait le bout de la langue, et il poussa un profond soupir en baissant les yeux.

-Navré, je ne suis pas en mesure de te dire que je trouve ça honorable ou magnifique. Tout simplement parce que je ne comprends pas ce genre d'attitude. Loin de moi l'idée de te faire du tort, bien sûr!

Il lui sourit à nouveau, pensant l'exact opposé de ce qu'il venait de dire. S'il pouvait lui causer du tort, il serait ravit de le faire! Mais l'heure n'était pas encore aux plaisanteries douteuses...

-Tu as... Sûrement bien plus à attendre de la vie qu'une agonie misérable à cause d'une bête morsure de rat... N'est ce pas? Cependant, discuter avec une souillon, comme tu le dis, ne me gêne pas plus que ça. Je ne suis pas un noble ordinaire, on me le répète souvent!

Il éclata d'un rire jovial et presque enfantin, à tel point que le plus méfiant des hommes n'aurait pu que lui faire confiance devant tant de bonne humeur. Certes il n'aimait pas les petites gens, comme la plupart des aristocrates, mais il savait très bien passer outre son mépris.

-Et j'aime la nuit autant que je hais le jour..., conclut-il avec une voix de conspirateur.

N'importe quel vampire se serait offusqué en l'entendant parler ainsi. Il dévoilait presque sa véritable nature, et semblait s'en fiche royalement!
Quand Aria lui demanda s'il savait faire la différence entre un rat mâle et femelle, Glen en perdit sa contenance, la bouche entrouverte et les yeux écarquillés à cause de l'étonnement. Jamais encore on ne lui avait parlé avec autant de désinvolture et d'insouciance... Et curieusement, il ne trouvait pas cela désobligeant ou encore insultant, non il trouvait plutôt cela... Amusant. La jeune ingénue ne semblait pas plus le craindre qu'elle ne craignait la morsure du rat. Intéressant... Un peu de piment venait corser le jeu. Se raclant la gorge, il tendit une main gantée vers l'animal, le montrant du doigt.


-Hum... S'il ne te griffe pas avant, il te suffit de regarder entre ses pattes arrière pour avoir ta réponse..., dit-il avec une moue presque dégoutée en voyant le rat lever la tête pour renifler sa main. Tu peux toujours lui donner un nom asexué, qui t'évitera toute confusion...

Sa propre logique déstabilisa le vampire. Depuis quand était-il aussi rationnel? Le regard de la jeune fille l'avait un instant dérouté. Ce gris délavé ressemblait au bleu pâle et ternit par l'âge de ses propres prunelles. Pourtant, elle ne devait pas avoir plus de 18 ans, contrairement à lui qui avait dépassé les quatre siècles... Que pouvait bien cacher un regard aussi terne et effacé...?
Glen fut tiré de sa rêverie par la jeune fille qui se relevait. Il put alors la détailler de haut en bas, constatant avec satisfaction qu'il la dépassait d'au moins vingt centimètres. Il avait toujours eu un étrange complexe avec sa taille... Mal nourrit et vendu à un cirque comme acrobate, il avait vu sa croissance s'arrêter rapidement, et même à 27 ans, il ne mesurait pas plus d'un mètre soixante dix, et gardait les empreintes d'une adolescence malmenée. En devenant vampire, ses traits avaient légèrement forcit, le vieillissant par la même occasion, et il avait gagné une dizaine de centimètres. Pourtant, il se sentait toujours un peu petit, à côté de vampire le dépassant d'une tête...

Penchant la tête sur le côté, il regarda Aria avec amusement. La façon qu'elle avait de traiter son rat avec une infinie douceur aurait du l'attendrir... Mais pour cela, il aurait fallut qu'il sache ce qu'est la tendresse. Or, il l'ignorait totalement. Il trouvait plutôt cela incongru et étonnement drôle. Du moins trouva-t-il cela drôle jusqu'à ce que l'animal griffe sa maitresse. Une odeur métallique parvint aux narines du vampire, qui en frémit d'excitation. Contrairement aux jeunes vampires, Glen savait se maitriser, mais il était habitué à se nourrir convenablement, presque à outrance, si bien qu'une simple griffure éveillait sa faim de carnassier. Il n'était pas très difficile. Seul le sang des personnes âgées et des malades l'incommodait... Quand au sang d'un mort... Il préférait ne pas y penser.


-Les animaux sont cruels, Damoiselle... Ils frappent sans prévenir..., susurra-t-il.

En une fraction de seconde, il fut devant elle, tenant sa main blessée, le regard rivé sur les griffures rougeâtres. Elle saignait peu, mais cela suffisait à aiguiser sa soif.


-Ce n'est pas très profond mais... Vous risquez d'attirer bien pire que des maladies...

Un sourire cruel s'étira sur ses lèvres tandis qu'il fixait avec insistance la gorge de la jeune fille. Puis son attention se reporta sur le rat, qui siffla à son encontre.

-Et jetez donc cette immonde créature..., persiffla-t-il, sa soif décuplant son agacement et chassant par la même occasion son habituelle amabilité.


Dernière édition par Glen O'Sullivan le Mar 16 Oct - 23:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une petite bête dans un lac de nuit. Lun 11 Juin - 16:07

Ainsi il se nommait Glen O'Sullivan... Elle n'en avait jamais entendu parler. Et voilà qu'il parlait de plaisir. La bonne blague. Dans une autre vie, il avait du être comédien. De plus, il pouvait parfaitement y avoir mis un sous-entendu déplaisant, du point de vue de la jeune fille. Il pouvait toujours rêver. A ce qu'elle sache, le bloody rose faisait des dégâts sur tout le monde, avec plus ou moins d'efficacité.
Cependant l'idée de n'en avoir rien à faire de mourir à cause d'un rat sembla lui déplaire. C'est vrai qu'Aria n'avait pas montré dans sa phrase un grand intérêt pour sa vie, et pourtant, elle y tenait plus que tout. Vivre en ayant la possibilité de mourir, avoir une vie éphémère dans le temps... Voilà une chose que les vampires n'avaient pas, et elle les plaignait bien. Quelle horreur, être éternellement là ! Peut-on au moins dire qu'on est vivant si on ne peut pas mourir ? Le pauvre noble n'en trouvait même plus ses mots. Elle eut bien envie de se moquer de lui. On aurait dit qu'il avait peur de la mort.


Il ne la comprenait pas. Mais Aria le perçut comme la première chose franche qu'il aie dite. Par contre, son histoire de lui faire du tort semblait étrange. Il est vrai qu'il faisait nuit, mais à son attitude, faire du tort pouvait sembler lui être impossible. Le fait qu'il l'évoque pouvait signifier sa véritable pensée. La jeune femme avait l'air innocente, mais elle était attentive, et observait à la fois le caractère et la manière d'être de Glen le plus finement possible.

- Avez-vous peur de la mort ? A vous entendre, on pourrait le croire. Et puis, je ne donne pas ma vie pour cet animal. Jusqu'à présent, celui de nous deux qui a failli le plus mourir, c'est bien lui.

Aria se remémora le couteau qu'elle lui avait lancé parce qu'il passait par là sans discrétion alors que les bonnes gens de l'académie faisait un brouhaha d'enfer au dessus de sa cave. Pauvre de lui, c'était dans une période d'hibernation de la jeune fille. Un moment où il ne faut surtout pas faire quelque chose à son encontre, sous peine de passer un sale quart d'heure. Pour sa peine, il était d'ailleurs resté piégé sur une table affreusement bancale.

- Les nobles ordinaires ne se baladent pas seul dans les rues de Londres de nuit.

Aria n'affichait pas une once de méfiance. Elle aimait faire confiance au gens jusqu'à ce qu'il la trahisse. Ou plutôt qu'ils se trahissent eux-même. Cependant elle ne se baladait jamais sans arme.

L'Aristocrate lui indiqua comment savoir si son rat n'était peut-être finalement pas une rate avec un air de dégoût profond. Et il en était apparent qu'il ne toucherais pas à la petite bête. Il lui proposa de prendre un nom asexué. Certes. Une idée bien pratique qui ne convenait absolument pas à la jeune fille, puisqu'elle voulait savoir. Elle avait bien envie de le lui donner d'office pour qu'il regarde lui même. Parce que regarder en dessous sans savoir faire la différence n'aiderais pas la demoiselle. Si elle ne le fit pas, c'es uniquement parce qu'elle refusait de prendre le risque que Glen balance l'animal dans l'eau ou par terre. Il pouvait aussi le tuer.

Il changea d'attitude quand le rat la griffa. Il fit une réflexion sur la cruauté des animaux. Mais le rat n'avait jamais eu que peur. Elle ne put le voir se placer devant elle. Trop rapide pour ses yeux. Il lui prit la main, le regard d'abord fixé sur le peu de sang qui coulait puis sa gorge, un sourire cruelle aux lèvres. Le rat sifflait contre lui, ayant senti un danger. Cela agaça le vampire qui insinua qu'il ferait mieux de disparaître.

La jeune hunter soupira. Souvent elle entendait les vampires se plaindre de l'incompétence des humains, mais ils étaient eux-même si prévisible dans certaines de leurs actions... Avec les mots qu'il avait prononcé, tout le monde -sauf les idiotl indécrotables- pouvait comprendre sa véritable nature, après, libre à la personne de croire aux créatures de la nuit ou non. Mais Aria chassait les vampires, et elle avait déjà quelques doutes, il ne les avait que confirmer. Seulement il ne lui avait encore rien fait, bien qu'il était évidant que cette situation ne puisse durer longtemps. Sa main libre alla chercher machinalement son Bloody rose. Il n'y avait pas de peur, pas de crainte dans son regard. Elle mit le canon sous le menton du vampire.


- Vous savez, nous, humains, sommes faible. Mais vous le savez. Tous les vampires ne cessent de le répéter. Faible. Mais pas sans défense. Vous devriez le savoir, puisque vous même avez été humain. Vous aussi, vous avez été faible, à un moment ou un autre de votre vie. Je conçois que vous nous vidiez de notre sang pour survivre. Les humains eux-même mangent des êtres-vivants.

Elle marqua une pause, totalement sereine. Plongeant ses yeux dans ceux du vampire, elle ajouta dans un demi-sourire :

-Je n'aurais pas imaginé trouver un regard si semblable au mien dans de telle circonstance...Qu'a-t-il bien pu vous arriver ?

La hunter avait le doigt sur la gâchette. Pour sa survie, elle serait peut-être obligé d'appuyer, qu'elle le désire ou non, cela avait moins d'importance que sa vie. Elle laissa son autre main dans celle du vampire, car pour elle c'était le meilleurs moyen de le sentir bouger. Mais elle était si proche que s'échapper lui était impossible, à moins qu'il la laisse délibérément partir, mais elle en doutait.

- Dites... c'est peine perdu n'est-ce pas ? Je n'aurais jamais le temps de tirer. De plus j'y mets de la mauvaise foi, car je n'en ai pas envie. Cependant...

Elle en vint à se demander pourquoi elle faisait encore causette avec un vampire. D'habitude, elle ne demandait que l'âge réel. Et surtout, elle aurait déjà tiré depuis longtemps. Ce n'était pas de la naïveté. C'était de la folie, une folie certes différente et peut-être même opposé à celle du vampire, mais une folie prononcée dans laquelle elle s'enfonçait de plus en plus.

- ... Je ne veux pas mourir.

Non. Elle ne mourrait pas ce soir. Et sa voix portait sa conviction, son désir de vivre, immense. Elle ne reculerait pas, et n'aurait pas peur. Cette peur qui entravait la majorité des humains, elle ne l'avait pas.
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MessageSujet: Re: Une petite bête dans un lac de nuit. Mar 12 Juin - 19:27

Lorsque Aria avait fait allusion à son apparente peur de la mort, Glen avait penché la tête sur le côté, son regard se perdant dans le vague. Il se demandait s'il avait réellement peur de la mort... Elle était pourtant son amie la plus chère depuis plus de quatre siècles, et elle l'accompagnait partout où il allait, sombre et gracieuse compagne totalement silencieuse.
Pourtant, jamais elle ne l'avait effleuré, le regardant se débattre année après année contre sa propre existence éternelle. Et pour cela, Glen haïssait la mort. Il la haïssait tout autant qu'il l'aimait. Car il l'avait maintes fois appelé et accueillie comme une reine, mais jamais elle n'avait fait l'effort de répondre à son invitation... Plus qu'un concept obscur, la mort représentait une véritable entité à ses yeux. Et tout bien réfléchit, il ne la craignait pas, pour la simple et bonne raison qu'il était assez fou et morbide pour la trouver en tout point parfaite.


-Hum... Mon exposé sur la question serait fort long et ennuyeux, aussi je me contenterai de te dire que je ne crains ni la mort, ni la haine, et encore moins la souffrance... Je tiens juste à me préserver...

Se disant, il lui offrit son plus beau sourire innocent. Bien peu de chose pouvaient effrayer Glen. Pourtant, il ne supportait pas qu'on l'ignore, tout comme il s'attachait à laisser un souvenir indélébile dans le crâne de ceux qui pouvaient croiser sa route. Son pire cauchemar restait une cage, suspendue par une simple chaine au dessus du vide, dans un monde fait d'un noir opaque et luisant, où on l'aurait totalement oublié. Un monde où il serait désespérément seul et ignoré du vide qui l'entourerait. Voilà ce qui lui faisait peur. La solitude et l'indifférence. Mais cela... La jeune fille ne le saurait pas, à moins qu'il décide de se confier à elle, ce qui aurait été purement ridicule et irrationnel, bien sûr.
Il se contenta de balayer d'un revers de la main la réflexion de la jeune fille.


-Je ne suis pas un noble ordinaire, j'aime autant flâner dans un salon et séduire de jeunes donzelles que d'arpenter les rues désertes de Londres une fois la nuit tombée... Et je ne crains pas grand chose! Du moins... J'espère! A moins que tu n'aies dressé ton rat pour qu'il morde, ce qui m'étonnerait beaucoup...

Un ricanement s'échappa de sa gorge, tandis qu'il arborait toujours le même sourire innocent et presque bienveillant qui tranchait tant avec ses paroles. Sur son visage, il y avait une innocence et une naïveté qui aurait poussé n'importe qui à lui faire confiance... Pourtant, Glen était sans nul doute la personne la plus déloyale et traitre de Londres. Lui faire confiance revenait à signer son arrêt de mort à peu de choses prêt! C'était d'ailleurs triste de constater à quel point il s'appliquait à se mettre à dos tous ceux qu'il croisait.

Mais maintenant qu'il avait un Bloody Rose collé sous le menton, Glen sentait monter la tension et son amusement par la même occasion. Son regard se fit acéré, son sourire sarcastique, et il se contenta d'effleurer la main de la jeune fille avec une infinie douceur.


-Oh... Quel dommage... Nous commencions à peine à nous entendre! Moi qui pensais que nous pourrions être amis... Comme je suis déçu... Aurais-je prononcé quelques vilaines paroles?

Il éclata d'un rire clownesque aux accents macabres, et approcha son visage de celui d'Aria, niant totalement l'existence du revolver. Passant une main dans les cheveux emmêlés de la jeune femme, il lui lança un regard des plus mystérieux avant de reprendre.

-Malheureusement oui. J'ai bien peur que je n'esquive avant même que tu n'aies appuyé sur la détente. Mais c'est tout à ton honneur de le reconnaître. Aussi je vais m'écarter sans plus tarder, car je ne suis pas plus invincible que toi...

Il recula d'un geste vif et s'écarta de quelques pas, pour échapper au Bloody Rose.

-Qui te parle de mourir, jeune humaine? Ai-je seulement émis cette hypothèse...? Qui te dit... Que j'ai l'intention de te tuer...?

Le vampire hausse les épaules, laissant planer un doute certain après ce qu'il venait de dire. Toujours aussi rapide, il s'effaça une fraction de seconde pour se retrouver quelques mètres plus loin, assit nonchalamment sur un banc. Il reprit, toujours aussi bavard.

-C'est un fait, je l'admet... Je dois reconnaître que vous autres les humains, vous savez défendre votre misérable existence... C'est d'ailleurs l'une de vos uniques qualités! Il soupira. Je n'étais pas faible j'étais plutôt... Terrifié. Terrifié par cruauté des humains qui m'entouraient, terrifié par la maladie qui rongeait mes congénères, terrifié par tant de choses... Es-tu satisfaite de l'apprendre? Je suis un vampire qui admet avoir connu la peur. Mais j'aurais du mal à en dire de même maintenant...

Il fit une moue enfantine tandis qu'il réfléchissait, cherchant les bons mots pour conclure. Il leva un doigt, comme une personne s'apprêtant à énoncer une vérité fondamentale, et aligna ses dernières phrases à une vitesse déroutante.

-Car à vrai dire je ne ressens plus grand chose! C'est jouissif et frustrant en même temps... Mais passons! Je ne sais même pas pourquoi je te raconte tout ça! Après tout, tu t'en fiches, je m'en fiche, nous nous en contrefichons! Nous disons?

Glen se contenta de papillonner des yeux en regardant Aria, pas le moins du monde gêné de montrer à quel point il pouvait être fou et déconcertant. Tant qu'il ne se mettait pas à parler à l'envers, tout irait bien! Il n'avait jamais essayé... Ce devait être amusant! Mais il n'en fit rien.
Une fraction de seconde après, il était perché sur une grosse pierre non loin de la rive du petit lac, fixant toujours la jeune huntress.


-Dis moi... C'est étrange, tu n'es pas comme tous les chasseurs que j'ai pu croiser dans ma longue vie... Je reconnais ces révolvers, ils font la fierté des chasseurs... Et n'importe lequel d'entre eux se serait empressé de me mettre une balle dans le crâne, et il aurait eu raison!! Il hocha la tête avec détermination. Après tout, je suis un danger public, c'est évident!!

Il ricana de nouveau, jouant avec l'eau du bout de sa botte en cuir, fier de ses plaisanteries douteuses.

-Mais toi... Tu m'accordes un peu de ton temps, tu ne persifles pas à mon encontre et ne m'affuble pas d'un tas de noms d'oiseaux... Cette attitude est déroutante et plaisante à la fois... La dernière fois que j'ai croisé la route d'un hunter, il m'a poursuivit pendant un mois avant que je ne l'embroche sur une pique... C'était un acharné, j'avais du respect pour lui! Jusqu'à ce qu'il crache ses boyaux, bien sûr...

Un nouvel éclat de rire alla résonner à la surface de l'eau, tandis que le vampire venait regagner sa place d'origine, au bord du lac.

-On me dit joyeux et de bonne compagnie, mais aurais-tu vraiment envie de connaître les quatre siècles qui constitue ma vie? J'en doute fort..., dit-il avant de se taire, un sourire charmeur aux lèvres.

Il lui en fallait peu pour s'amuser, mais il espérait que la jeune fille avait encore de quoi le divertir... Car il commençait tout juste à s'échauffer.


Dernière édition par Glen O'Sullivan le Mar 16 Oct - 23:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une petite bête dans un lac de nuit. Ven 15 Juin - 12:35

Aria ne trouvait rien à répondre à la vision de la mort de Glen. Elle n'avait pas vraiment envie de continuer sur ce sujet là non plus, puisque de toute évidence il n'en parlerait pas de son plein gré. Palabrer sur un sujet qu'ils côtoyaient tous les deux sans le savoir ne semblait pas à l'ordre du jour.

- Je n'ai ce rat que depuis hier, quand il m'a réveillé et que j'ai manqué de... Elle se stoppa. Elle allait dire « de le tuer, » mais dans la bouche d'un misérable comme elle, ça aurait été étrange. Enfin bref... il a passé un sale quart d'heure. De ce fait, je n'ai pas eu le temps de le dresser ou quoi que ce soit d'autre. Je l'ai juste nourri.

Il rit. De manière assez sinistre. Sourire aimable bien étrange. Rien ne collait chez lui. Le comportement, les mots, le caractère... Comment tout cela pouvait être si différent ?

Vint le moment où elle lui mis son arme sous le menton. Son visage devint carnassier. Typique des vampires. Mais Aria ne s'en souciait pas trop. Ce qui l'inquiéta plus, c'est quand il rapprocha son visage. Son doigt commença à s'enfoncer sur la gâchette. Il était beaucoup trop près d'elle. Humain, vampire ou autre, jamais personne n'arrivait aussi près. Il faisait comme si son arme n'existait pas. C'était passablement énervant. Mais elle n'allait pas le changer. Elle préféra soutenir son regard assoiffé. Il passa sa main dans ses cheveux emmêlés. Elle s'interrogea sur la manière sont il s'y était pris pour y parvenir tellement il devait y avoir de nœuds. Cependant elle ne le comprenait pas vraiment. Il jouait, c'était évident. Mais à quoi cela rimait-il ? En plus, il était une véritable pipelette !

Il s'éloignait d'elle, mais parlait toujours. Il traitait l'existence des humains de misérables. Et la sienne ? Ne l'était-elle pas tout autant, avec cette éternité inutile, cette soif ravageante, ces pulsions assassines ? A part un abime où tous les vampires s'enfonçaient, qu'était l'existence d'un vampire ? La jeune femmes garda pour elle ses multiples réflexions. Autant ne pas empirer sa situation, même si son interlocuteur semblait tout à fait apte à recevoir tout type de parole. Après tout, pour l'instant, mis à part faire causette, qu'avait-il fait ? Il s'était intéressé de près au sang qui avait coulé de sa coupure.

Glen fit une phrase tordu. Aria rit. Elle ne savait plus quoi penser. Ce vampire avait certainement une idée derrière la tête peu saine pour elle, mais il fallait avouer qu'il avait quelque chose de dérangé et de comique.

- Je suis désolée...

*Vous en faites souvent des phrases dans le genre ?* avait-elle envie de demander. Il bougea, sans qu'elle puisse le voir. Elle le chercha des yeux que le qui vive. Il parla, elle tourna vivement la tête vers l'origine du son. Il était sur une des pierres qui bordaient le lac et jouait avec l'eau du bout de sa botte de cuir.

Elle l'écouta palabrer sur elle.


- Les bloody rose... Vous savez, j'ai rencontré quelqu'un qui chassait les vampires et qui ne connaissait pas cette arme. Elle ignorait même la présence de d'autres hunter. En fait, on est pas si différent. Les vampires ont été humain un jour. Quand je tue l'un des vôtres, je me pense telle une assassin. Mais du point de vue de la majorité des humains, dans cette histoire, seuls les vampires méritent le titre d'assassin. Pourtant, nous aussi on tue. Quand on fait la guerre, contre vous, ou contre d'autres nations remplies de créature diurne ou nocturne.

La vision du monde d'Aria était pessimiste. Elle ne voyait pas où un tel monde allait. Si ce n'est à sa propre perte, tout comme elle. Mais elle ne pouvait pas y faire, elle, simple clocharde. Enfin peut-être que cela allait évoluer. D'ailleurs, quand elle arriverait chez Eulalia, elle commencerait pas prendre une douche et, peut-être demanderait-elle à Mrs Patterson de lui démêler les cheveux. Peut-être.

- Je ne connais pas de nom d'oiseau.
Il y avait une pointe de regret dans sa voix. Un mois... Il devait avoir à cœur de vous faire mordre la poussière... Vous n'avez pas de manière plus élégante de tuer ? Enfin la mort n'a rien d'élégant quand elle est distribué par une tierce personne....

Il riait dans la nuit. Ça aurait effrayé n'importe qu'elle humain, mais Aria souriait, simplement. Ses sens était toujours en alerte, car il est bien évident qu'un humain ne peut pas se permettre de faire confiance à un vampire. Seulement la jeune huntress se sentait blessée de ne pas pouvoir accorder sa confiance à n'importe qui.

- Quatre siècle, c'est effectivement un peu long à conter... C'est triste n'est ce pas ? Le regard de la jeune femme s'assombrit. Vous jouez certainement la comédie en permanence...

Aria craignait qu'en abordant ce sujet, on en vienne à son histoire, et elle n'en avait guère envie. Elle se rassit au bord du lac, repris son carnet à dessin. Le rat -sans nom, toujours- descendit de son haut qu'il avait lamentablement abimé. Déjà que c'était pas de la qualité... Elle soupira. Sortant son crayon, elle se plaça de façon à avoir le vampire face à elle, par précaution et aussi parce que c'était ce qu'elle voyait le mieux, et donc ce qu'elle aurait le plus de facilité à dessiner.

- Je peux ?

Levant les yeux vers lui, puis les reposant sur sa feuille, elle traça quelques traits au crayon. Petit à petit, une ébauche, où l'on ne reconnaissait pour l'instant que la forme d'un visage apparaissait sur la feuille blanche de son carnet. Le plus grand soucis serait sûrement de retranscrire ce sourire charmeur où se terrait une grande cruauté.
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MessageSujet: Re: Une petite bête dans un lac de nuit. Mer 20 Juin - 22:10

Glen masqua son ricanement sournois derrière sa main gantée, presque avec pudeur. Aria n'avait pas terminé sa phrase, mais il aurait pu trouver une multitude de mots pour elle... Ecraser ? Tuer ? Car la jeune fille n'avait pas l'air d'avoir peur des rats, tout comme elle n'avait pas l'air de les trouver répugnants... Ce qui était pourtant le cas de la plupart des gens. Hurler de terreur en voyant un animal aussi petit, c'était d'un risible !

Et lorsqu'il en vint à s'approcher d'elle, son arme sous le menton, Glen eut un instant d'hésitation en entendant le déclic du revolver. Elle était à deux doigts de tirer. Et de l'envoyer six pied sous terre par la même occasion, chose qui lui plaisait peu voire même pas du tout. Du moins pas pour le moment. Il préférait continuer à l'occuper en parlant, car après tout, meubler une conversation délicate était sa spécialité. Avait-il envie d'en venir aux mains ? Pas sûr. Du moins pas de cette manière là. Mettre en confiance la jeune femme, la pousser à ranger son arme avec quelques douces paroles... Pour mieux frapper après ? Ce n'était pas très courageux de sa part, mais tellement drôle, au fond...
Tandis qu'il parlait, Glen réfléchissait à la meilleure manière de s'amuser ce soir. Aria le prenait au dépourvu par son attitude, et il n'avait pas encore trouvé la façon idéale de jouer.
Ce n'est que lorsqu'elle s'excusa d'avoir ris qu'il cessa d'y penser. Penchant la tête sur le côté, il la regarda avec un air étrange. A quoi bon s'excuser pour un éclat de rire ? C'était une chose qui lui échappait. S'excuser pour tout et rien était une chose étrange propre aux humains qui lui échapperait toujours. Le pardon était devenu une monnaie courante, et quand venait l'heure des véritables excuses, il était difficile de savoir s'ils étaient honnête ou s'il s'agissait d'un simple mot de liaison adopté par principe... Avec un demi sourire, Glen hocha la tête.


-Inutile de t'excuser, je ne vois pas en quoi rire est un crime...

Sa manière tordue de parler l'avait sûrement fait rire, comme la plupart des gens, qui même en ne trouvant aucun sens à ses paroles le trouvait particulièrement amusant. Pourtant, à bien y regarder, c'était beaucoup moins drôle de l'entendre parler ainsi avec un couteau sous la gorge ou attaché au dessus d'un précipice... Dans une société différente, sans son grade et sans sa condition de vampire, Glen aurait sûrement été abattu de sang froid en sa qualité de fou dangereux. Mais malgré son apparente instabilité, il n'avait été que rarement inquiété.
Ecoutant ce que Aria avait à dire, il sourit de nouveau, ravi de l'entendre parler ainsi. Qu'un hunter ne connaisse pas les bloody rose et se croit seul était absurde au point qu'il se retint de rire. Pour se croire seul chasseur de vampire, il fallait être idiot ou avoir un ego démesuré. Les vampires étaient bien trop nombreux pour une seule personne, c'était évident... Mais ce n'est pas seulement ça qui lui plaisait. C'était surtout la façon de voir les choses de la jeune femme.


-Toi... Je t'aime bien !! Conclut-il d'une voix joyeuse. Tu as tout compris ! Les vampires ne sont pas si différents des humains ! Si peu d'entre nous acceptent de le reconnaître, ce que tu dis est vrai. Nous avons été humains, et la plupart d'entre nous s'en souviennent. Les plus faibles oublient tout simplement leur humanité et sombrent dans les bas-fonds de la bestialité... Ils s'abandonnent tout simplement à leurs instincts primaires, et je peux comprendre que ce genre de vermine soit à éliminer. Mais pour les autres... Nous sommes comme vous, à quelques détails près... Nous vivons plus longtemps, nous nous nourrissons différemment, mais nos sentiments, certes exacerbés, restent sensiblement les mêmes...

Glen se garda bien de préciser que le premier sentiment ressentit par un vampire était celui de la haine. S'ils gardaient tous une apparence plus ou moins humaine, ils étaient mû par une volonté de tuer extraordinaire, et leurs sentiments les plus positifs se transformaient souvent en véritable calvaire. Les vampires ne connaissaient la culpabilité que dans une faible mesure, et leur demander de regretter quoi que ce soit était une perte de temps pure et simple.

-Cependant... Il y a une chose qui m'échappe. Si tu te sens tellement coupable, pourquoi nous chasses-tu... ? Demanda Glen avec un regard malicieux.

Il préférait toujours utiliser un pronom personnel en parlant des vampires, pour montrer qu'il faisait partie des créatures qu'elle chassait. Inconsciemment, les gens se sentaient plus gêné de répondre que s'il lui avait simplement demandé pourquoi elle chassait les vampires.
Et lorsqu'elle poursuivit, Glen, pinça les lèvres avec dédain, la regardant de haut avec un mépris flagrant.


-La mort, bien orchestrée, peut être bien plus élégante qu'une misérable vie passée à ramper dans l'obscurité... Tout dépend de la manière d'opérer. Ce chasseur en avait après moi parce que j'avais soit disant séduit sa fille et massacré sa famille..., il haussa les épaules, mais si je me souviens bien, c'est l'inverse qui s'est produit... C'est elle qui est venu me voir ! Je n'ai fais que profiter de la situation ! Enfin passons, cet événement là n'a pas plus d'importance que le reste !

Il haussa à nouveau les épaules et retrouva son sempiternel sourire.

-Pour ta gouverne, je connais mille et une façons de tuer. Certaines avec délicatesse et sensualité... D'autres non.

Et il n'ajouta rien de plus. Inutile de palabrer là dessus plus longtemps, Glen n'avait pas l'intention de dire quoi que ce soit de plus à ce sujet. A vrai dire, il aimait l'originalité et la surprise, et dévoiler à la jeune fille certains de ses secrets aurait brisé toute la magie... Si magie il y avait.
Le sourire du vampire se tarit dès lors que la jeune fille évoqua son histoire, et c'est avec un regard glacial qu'il la toisa. Qu'elle ait envie ou non qu'il lui conte son histoire, il n'en ferait rien. Il avait horreur de la raconter, et il l'avait entendu de mille et une manières différentes en Irlande, à tel point qu'il n'était parfois plus certains de quelques détails de sa propre histoire. Mais les grandes lignes restaient inchangées, et son histoire faisait maintenant pratiquement partie du folklore local, tant elle servait à effrayer les enfants pour les dissuader de sortir la nuit... Glen haïssait son ancienne vie au point de la taire et de l'ignorer la plupart du temps. Depuis qu'il était arrivé en Angleterre, il n'avait vu que peu de personnes au courant de sa triste épopée, et c'était bien suffisant. Il n'avait aucunement l'envie d'aller crier sous les toits celui qu'il avait été pendant vingt sept ans.
Sa bouche se crispa en moue bougonne lorsque Aria évoqua sa manière de jouer la comédie. Car elle avait raison, Glen était rarement honnête, pour ne pas dire jamais. Il souriait pour mieux cacher son dégoût et sa haine de tout, il riait pour dissimuler ses larmes refoulées, et il frappait pour mieux cacher ses faiblesses... Chez lui, tout se jouait dans le paraître, rien dans l'honnêteté. Et il avait sous estimé Aria, pour qu'elle en vienne déjà à cette conclusion... Quoi qu'il n'était pas très discret non plus.


-Ah... Là je t'aime moins.

Et il n'ajouta rien, se contentant de la regarder avec une froideur jusque là inexistante. Si ce genre de réflexion aurait pu avoir un côté attendrissant chez un enfant, il n'en était rien avec Glen. Dès lors qu'il n'appréciait plus quelqu'un, il lui prenait l'irrésistible envie de le faire disparaître... Gardant pourtant son calme, il ne bougea pas d'un cil et se contenta de regarder la jeune fille qui commençait à esquisser quelques traits. Au bout de quelques minutes, il reconnu ses propres traits sur le papier, et constata avec amusement que Aria tentait de reproduire le sourire charmeur et aimable qu'il avait eu auparavant. Mais à présent, son sourire s'était tarit, et il semblait même n'avoir jamais existé...
Glen s'accroupit face à la jeune femme et effleura simplement le papier du bout des doigts. Usant de son don d'illusionniste, le vampire fit apparaître un curieux décor aux aspects morbides et sanguinolents sur le papier. Puis le décor évolua, se muant en une réplique parfaite et innocente du parc où il se trouvait.
Relevant la tête pour regarder Aria, Glen lui sourit d'un air sinistre.


-A quoi joues-tu, gamine... ?

D'un geste nonchalant de la main, il fit disparaître son illusion, ne laissant sur le papier qu'un innocent croquis inachevé. Saisissant le calepin, Glen le feuilleta, appréciant les esquisses de la jeune fille. Pour une demoiselle de sa condition, elle avait un certain talent qu'il ne pouvait nier.

-Tu es plutôt douée, je dois l'admettre... Mais que cherches-tu à me prouver, ou à te prouver en me dessinant ? Tu es décidément bien irrationnelle... Encore plus que moi. Je t'avoue que je ne sais pas trop quoi en penser... Tous les chasseurs poursuivent un but précis, alors... Quel est le tiens... ?

Agitant la main, Glen fit apparaître un miroir, tourné vers Aria. Si user de son don de télékinésie l'affaiblissait beaucoup, il pouvait en revanche créer un grand nombre de petites illusions sans que sa santé n'en soit affectée. Et Glen savait aussi que les illusions étaient à l'appréciation de chacun. Elles n'avaient pas la même allure pour chaque personne. Ainsi, S'il avait créé un petit rat pour Aria, elle s'y serait sûrement attaché, alors qu'une autre femme aurait pu partir en hurlant. Aria ne verrait dans le miroir que ce qu'elle aurait envie de voir. Ou ce qu'elle redoutait le plus...

-Alors dis moi... Que vois-tu... ?

Il esquissa un sourire des plus cruels en la fixant avec insistance. Sa curiosité devenait morbide, ce qui dans le fond n'était pas un mal. Cela prouvait qu'il n'était pas encore suffisamment contrarié pour en vouloir à la jeune femme.


Dernière édition par Glen O'Sullivan le Mar 16 Oct - 23:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une petite bête dans un lac de nuit. Lun 25 Juin - 14:57

Le vampire semblait intéressé par certain de ses propos. Cependant, il lui posa une question auquel elle préférait ne pas réfléchir. Y répondre lui paraissait difficile, et sortir "j'en sais rien" aurais été fort peu sérieux. Surtout que bien que se considérant comme assassin, elle ne ressentait aucune culpabilité à tuer. Elle cherchait vainement une chose potable à émettre pour son interlocuteur. Alors elle poursuivit sur la mort et il éclaira sa lanterne sur sa vision de la fin d'une vie. Elle l'écouta, sans frémir, apparemment impassible. Quel comédien, tout de même. Capable de parler de tout et de rien. De faire correctement la conversation, d'être en société, de sourire innocemment en pensant... à sa prochaine proie, peut-être. Elle lui fit remarquer, et la réaction du vampire ne se fit pas attendre. Elle repartit à rire. Sans s'excuser, cette fois.

- Je n'ai pas demandé à ce qu'on m'aime. Ah, enfin un regard froid qui vous ressemble.

Elle pris alors son carnet, et commença à le dessiner. C'était une tache ardu, car pour Aria, un portrait de personne réussit devait pouvoir retranscrire cette personne avec sa personnalité et les facettes de son caractère. C'est pourquoi elle s'appliqua à refaire son sourire charmeur et ses yeux glacials délavés.

Il s'accroupit face à elle, cachant sa source de lumière, déjà très faible. Elle eut une moue agacée. Et puis, à sa grand surprise, il effleura son papier, donnant l'impression d'y déposer un décor morbide et sanguinolent. Mais ce qui perturba Aria fut qu'elle voyait deux images : celle de son dessin normal, et, superposé, le décor. Intriguée, la posa une main sur son oeil gauche, et ne vit plus la feuille de papier. Elle échangea, cachant désormais son oeil droit, et elle ne vit alors que son croquis, normal, sur sa feuille blanche. Plus de décor. Elle laissa tomber sa main, plus qu'étonnée, stupéfaite. Il y eut ensuite le décor calme du parc puis tout disparut. Il parla, elle sursauta presque.


- Moi, jouer ? Nenni. Vous peut-être. Ce sont des illusions ? C'est fantastique ! je savais que les vampires pouvaient avoir des pouvoirs très spéciaux, mais ça... !

La jeune femme avait les yeux émerveillé des enfants. Et ce n'était pas la vision morbide qui pouvait y faire quelque chose. D'ailleurs, la seule chose qu'elle daigna en retenir fut les magnifiques armes qui avaient fait le carnage.

Il lui prit des mains son carnet, le feuilletant. Il appréciait son travail, ce qui fit momentanément sourire Aria, jusqu'à ce qu'il lui demande son but. Ce qui revenait presque à lui redemander pourquoi elle chassait les vampires. Et elle n'avait pas plus de réponse à cette question.


- Contentez-vous de savoir que je fais mon possible pour survire. Et que j'y arrive très bien. JE suis libre, JE vis et J'avance. C'est tout. elle réfléchit quelques secondes, insatisfaite de se réponse Oh, et je cherche aussi à apprendre à lire, écrire, et autre savoir. Oui, voilà, je cherche à m'instruire, et à possé... elle allait dire "posséder des armes" mais elle ne s’épanchait jamais sur sa lubie, jugée généralement immorale pour une fille comme elle.

Glen agita sa mains, faisant apparaître un miroir. Il lui demanda ce qu'elle y voyait. Mais le jeune huntress ne voyait rien. Tout du moins jusqu'à ce qu'elle ferme l'oeil gauche. Là, enfin, elle ne le vit plus en transparence, et put apprécié la vue d'un banale miroir. Ne devait-on pas se voir soi-même la dedans ? Ou alors, en qualité d'illusion, cela était un peu différent ? Curieuse, elle plongea son regard dans l'illusion. Des volutes, des fumerolles... du noir... Elle crut un instant que son oeil guache était ouvert, mais, en posant sa main dessus, elle comprit que non. Elle espéra que le vampire n'avait pas accès à ces images. Mais s'il avait posé la question, c'est que ce ne devait pas être la cas.

Changement de décor. Des armes, à foison. Et elle, enfant, qui tire et tranche allègrement ce qui l'entour. Mais elle est seule, il n'y a pas une âme qui vive. Le tout dans un champs de blé à la saison des récoltes.


- Je... Je ne pense pas pouvoir décrire ça. Un sourire résigné apparu sur son visage teinté d'un légère tristesse. C'est... vide... de vie...

Une certaine angoisse pouvait être perceptible. Elle n'imaginait pas vivre sans le brouhaha de Londres. Ni même complètement seule. Elle savait tenir l'ennuie loin d'elle, mais partir dans l'imaginaire à longueur de journée menait à la perte de son esprit, et du réel. Mais surtout, Aria aimait la vie, et être seule au monde, elle n'appelait pas cela "vivre". C'était en tout point pareil à la mort.

Aria doutait que sa réponse aie contenté le vampire, mais comment lui expliquer ? De plus, il était absolument hors de question qu'elle lui parle de son oeil gauche. Ça aurait été comme signer son arrêt de mort. Elle rouvrit sa paupière gauche, fermant par la même occasion la droite. L'illusion disparut de sa vision. Elle pencha la tête sur le côté, cherchant ce qu'il manquait. Elle trouva. Le rat ne couinait plus. Il regardait le miroir, et on eu dit qu'il était sur le point de se faire dévorer par un chat. Doucement, souriante, elle lui obstrua le vue. Le petit coeur de l'animal battait vite.


- Vous lui avez fait peur, au sans-nom.

Elle reprit son carnet, son crayon, et, comme s'il n'y avait rien eut, elle repris son croquis. Cela ressemblait de plus en plus au vampire. Quand elle considéra que continuer risquait d'abîmer le dessin, elle s'arrêta. Elle avait envie d'écrire le nom du vampire dans un coin, mais c'était peine perdue, ne sachant pas écrire. C'est tout juste si elle devinait que cela commençait par un G, qu'elle savait tout juste tracer.

- Vous écrivez bien, non ? Parce que moi, pas du tout. C'est bien embêtant, comment puis-je écrire votre nom et prénom sur mon dessin ? Vous ne pourriez pas le faire ? c'est pas compliqué pour vous ! sinon, il y a la méthode longue : m'apprendre à lire et écrire.

Elle avait lancé sa dernière phrase sur un coup de tête, légèrement moqueuse. Car si jusqu'à présent il avait semblé éprouvé un certain intérêt pour elle, celle-ci doutait qu'il prenne le temps de lui apprendre ce qu'elle désirait le plus au monde : lire et écrire.
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MessageSujet: Re: Une petite bête dans un lac de nuit. Mer 27 Juin - 23:04

Glen était d'humeur changeante. Du moins c'est ainsi qu'une personne polie et mesurée l'aurait formulé. Car il passait du rire à la colère, du sadisme à l'amabilité avec une aisance déconcertante. Il ne lui fallait que quelques secondes pour entrer dans une colère noire, et l'instant d'après il était gai comme un pinçon... Il était aussi changeant que le ciel un soir d'orage. Pourtant, sa nature lunatique en faisait une personne redoutable, puisqu'il était difficile de savoir ce qu'il pensait réellement.
Malgré tout cela, Aria l'avait percé à jour un peu trop facilement à son goût... S'il n'était pas très compliqué de comprendre qu'il était fou à lier, il était en revanche plus difficile de savoir qu'il était rarement honnête, même avec lui même. Elle n'avait pas tort, dans un sens. Le sourire glacial qu'il arborait en étant contrarié lui ressemblait bien plus que son rictus charmeur. Pourtant, jamais il ne lui montrerait son véritable visage. Celui d'une créature meurtrie et délaissée, solitaire malgré elle, oubliée et dénigrée... Un enfant que l'on avait privé de toute affection maternelle et paternelle, un enfant rejeté pour sa chevelure sanglante, un enfant pourtant innocent, défiguré par une haine farouche de l'humanité, et rendu fou par l'abus de sang. A vrai dire, peu de choses tournaient vraiment rond chez cet individu... Il pouvait relater le fait le plus triste de l'Histoire en riant d'un air parfaitement décontracté, tout comme il était capable de s'énerver pour des broutilles inutiles, par pur caprice.
Ayant retrouvé un semblant de sourire lorsqu'il avait fait apparaître le miroir, Glen marqua un temps de pause avant de répondre à Aria.


-Chaque vampire possède des pouvoirs qui lui sont propres. Certains nous sont transmis par notre géniteur, d'autres sont le reflet de notre existence humaine...

Et il n'ajouta rien, laissant planer une grande part de mystère dans ce qu'il venait de dire. Pourtant, il disait vrai. La télékinésie, pouvoir qu'il ne maîtrisait pas encore totalement, et seulement depuis une cinquantaine d'années, lui avait été transmis par son créateur. Glen l'ignorait, puisque le vampire en question s'était contenté de lui faire boire son sang avant de le laisser seul à la merci d'un monde dont il ignorait tout. Quant à son don d'illusionniste, il lui venait de son passé d'acrobate et magicien, mais aussi de sa perception du monde plus qu'approximative. Mais cela, la jeune fille face à lui l'ignorait très certainement.
Il était conscient que son pouvoir, bien que très puissant, comportait de grosses faiblesses. En poignardant un homme faible et fragile avec une illusion, il pouvait le tuer, pour qu'il croit à sa propre mort. Pour d'autres, il lui suffisait de connaître leurs peurs les plus secrètes pour les désarçonner. Mais dès lors qu'il avait affaire à quelqu'un d'aguerri ou de totalement rationnel, son don devenait pratiquement inefficace. De plus, il n'avait rien d'un pouvoir offensif, et Glen n'était pas un combattant. Il faisait combattre les autre à sa place pour survivre.


-Oh... Tu es dans une simple optique de survie ? Pas très gratifiant mais je devrais comprendre ça, de la part d'une humaine... Votre existence est plus éphémère que la notre, vous connaissez moins l'ennui... Et dis moi... Que cherches-tu tant à posséder pour que le mot t'échappe ?

Il lui sourit d'un air aussi mesquin que charmeur. Il avait noté la gêne dans le regard de la jeune femme, et il lui semblait évident qu'elle cherchait à dissimuler quelque chose... Mais quoi ? S'il y avait bien une chose qui frustrait Glen, c'était bien de ne pas savoir lire dans les pensées des gens. Il en aurait pourtant été ravit ! Toujours avide de connaissances, c'était une véritable mine d'informations, et il connaissait bon nombre de choses que certains aristocrates auraient préféré oublier. D'un autre côté, tout savoir rien qu'en touchant ou en regardant une personne aurait été trop facile. Le jeu de la traque et de la recherche n'aurait plus eu lieu d'être, et il se serait alors ennuyé bien plus vite.

C'est alors qu'Aria plongea son regard dans le miroir. Attentif, le vampire vit une foule d'émotions passer dans son regard terne, les déchiffrant les unes après les autres. Horreur ? Ou stupeur ? Peut-être un peu d'effroi ou de surprise ? Mais elle n'eut pas de réaction particulièrement violente, lui répondant simplement en le regardant avec un air profondément triste. Un sourire se dessina sur le visage de Glen.


-Vide ? Intéressant... On ne m'avait encore jamais dis ça... La plupart des gens y voient ce qu'ils ont envie de voir. A savoir l'être aimé, la famille, un souvenir heureux, parfois un regret... Mais jamais quelque chose d'aussi tragique et fataliste qu'un monde dénué de vie...

Il commençait à trouver la petite humaine singulièrement intéressante. Elle ne voyait pas ce qu'elle voulait voir, sinon elle l'aurait dit avec le sourire. Elle voyait sûrement ce qu'elle ne voulait voir sous aucun prétexte, sa hantise, ou peut-être son souvenir le plus douloureux, qui pouvait le savoir à part elle même ? Tout ceci était bien mystérieux et pourtant si excitant... Ne pas savoir, être dans la spéculation était une chose qui mettait Glen de très bonne humeur. Du moins pendant un temps. Passé ce délai, il se lassait et exigeait alors de tout savoir dans la minute. Et il savait se montrer très convaincant dans ce genre de situations.
Une autre question venait se joindre à l'éventail pourtant déjà bien chargé : Pourquoi diable masquait-elle un de ses yeux ? Les illusions n'étaient pas seulement un phénomène visuel, elles tenaient plus de la perception du cerveau, du système des émotions et du ressentit.


-Dis moi... Pourquoi te caches-tu l'oeil... ? Tu as peur de ne pas bien voir avec les deux yeux ?

Il ricana un instant avant de retrouver un semblant de sérieux. Il n'accorda pas un regard au rat, et se contenta de soupirer en grimaçant de dégoût.

-Et bien tant mieux, si je lui ai fais peur... Je n'aime pas les rats... Mais tu ne lui as toujours pas trouvé de nom ? Enfin suis-je sot... Ce n'est qu'un rat... Mais passons...

Glen commençait à perdre patience et devenait de plus en plus sec, à tel point qu'il en oublia un moment son amabilité. Il n'avait que faire de la survie d'un rat quelconque, dont il aurait oublié jusqu'à l'existence dès le lendemain soir. Ce qu'il voulait avant, c'était des réponses, aussi Aria le prit-elle totalement au dépourvu en lui demandant avec innocence d'écrire son nom sur le dessin qu'elle venait de réaliser. Certes le dessin était fin et bien exécuté, et si son style n'avait rien à voir avec celui des canons de l'époque, il était néanmoins intéressant et particulièrement réaliste.
Malgré la beauté évidente du trait, Glen fixa Aria avec les yeux écarquillés, la commissure de ses lèvres secouée par un soubresaut nerveux.


-Petite effrontée... Comme o...

Il s'interrompit, faisant taire par la même occasion le grondement menaçant de sa voix grave. Il venait de se rendre compte que la demande de la jeune fille n'était peut-être pas dénuée d'intérêt pour lui. Il avait eut envie, l'espace d'un instant, de l'égorger pour faire taire ses demandes insolentes, mais il se ravisa. Après tout... Ecrire son nom sur une feuille et donner des bases d'écriture à la jeune fille ne le tuerait pas... Cette perspective l'ennuyait d'avance, puisqu'il n'avait aucune patience, mais il avait une idée bien plus sournoise en tête. Il n'avait pas l'intention de laisser Aria profiter de ses services sans demander un paiement en échange, et il lui apparaissait évident que son absence de peur face à la mort et aux vampires, et en sa qualité de hunter, elle pourrait lui être bien utile... En la soudoyant un peu, il pourrait en faire son pantin et la pousser à exécuter des tâches que seuls les hunter pouvaient accomplir... Comme assassiner l'un de ses semblables sans pour autant qu'on puisse l'accuser. Car il y avait nombre de vampires que Glen souhaitait voir mort. Mais chaque fois qu'il en avait assassiné un de ses mains, il avait frôlé la mort de près. Aussi déléguer cette mission à une tierce personne, humaine qui plus est était probablement la meilleure solution.

-Hum... Tu te doutes forcément qu'un tel effort de ma part ne sera pas gratuit... Je suis assez... Exigeant. Si tu souhaites apprendre quelque chose de ma part, il te faudra redoubler d'efforts et accepter toutes mes critique... Je ne suis pas un homme tendre, et encore moins conciliant. Je ne récompense les gens que lorsqu'ils le méritent, et j'espère que tu as les nerfs qui tiennent..., il eut un sourire énigmatique, de plus, j'aimerais que tu me rendes quelques... Petits services. Rien de bien méchant, juste quelques nettoyages bien orchestrés ! Si tu acceptes de me rendre service, je t'aiderai à apprendre à lire et écrire. Peut-être même que je t'apprendrai à te tenir en société. Il faut juste que tu me promettes que tu feras tout ce que je te demanderai, sans jamais broncher... Marché conclu ?

Comme s'il avait voulu signer un contrat, Glen prit le calepin de Aria, son crayon, et traça son propre prénom, suivit de son nom sous le dessin. La calligraphie était allongée et d'une rare élégance, mais elle était aussi stricte et nerveuse.
Son affaire achevée, il rendit à Aria son dessin, la fixant avec insistance. Il n'avait pas été très clair sur ses intentions, ni sur ce qu'il attendait d'elle, mais elle n'avait pas besoin de tout savoir. Seulement d'accepter ou de refuser. Dans quelques secondes, il verrait si Aria tenait plus à son honnêteté qu'à son désir d'apprendre à écrire.
Un sourire où se lisait cruauté et malhonnêteté se dessina sur le visage de Glen. Il avait toujours adoré chercher à détruire l'honnêteté et la droiture des gens, et c'est avec un plaisir malsain qu'il attendait la réponse de la jeune fille. S'il avait su se rendre compte de sa méchanceté, il aurait comprit qu'une fois de plus, il allait trop loin. Beaucoup trop loin. Pousser une personne au meurtre par contrainte n'était pas évident à supporter, même pour une jeune fille aussi détachée qu'Aria.


Dernière édition par Glen O'Sullivan le Mar 16 Oct - 23:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une petite bête dans un lac de nuit. Sam 30 Juin - 22:05

La jeune femme n'y voyait vraiment rien de l'oeil gauche. Plus rien n'y fonctionnait comme il l'aurait fallut. Et son cerveau n'était plus affecté par les illusions. Mais... Pourquoi ? En voilà une chose qu'elle ne comprenait pas... Pas plus que Glen.

- Mes... Yeux ? Heu... c'est rien, pas besoin de chercher à comprendre... J'ai faillit dire pas besoin de vous inquiéter, mais comme vous vous fichez de moi comme de votre première chaussette !

Elle émis un petit rire gêné. Il ricana. Le rat effrayé ? Il s'en fichait...

- Pas trouver de nom ? Mais vous ne m'y avez pas aidé !

C'est vrai quoi... Elle lui avait demandé de trouver le sexe du rat et au lieu de voir lui-même il lui avait expliquer. Mais elle n'avait absolument aucune idée de la tête que ça avait chez les mâles, elle ! Ni chez les femelles d'ailleurs...Même si elle en avait une meilleur idée... Enfin, elle laissa passé, qu'y pouvait-elle si ce n'est strictement rien ?

Aria avait enfin fini son dessin... Ce simple fait la faisait sourire. Mais la première réaction de vampire à sa demande la rendit complètement hilare. Jusqu'à ce qu'il change du tout au tout et appose son nom sur son carnet. Elle se tut et ouvrit de grand yeux. Il avait une écriture magnifique... Certes, il avait eu bien quatre siècles pour y parvenir, et il faisait partie de l'aristocratie, mais Aria n'avait vu que peu d'écritures, et tracées à la va vite par des roturier. Elle laissa s'échapper un léger cri d'admiration. Cependant, elle avait plein de choses à redire sur sa proposition foireuse... Oui, vraiment plein de choses...

- Dites, vous n'imaginez tout de même pas qu'il n'y a que vous sur terre qui puisse m'apprendre à lire et écrire, tout de même ! Un tel effort... Mais vous vous entendez parler des fois ? Qu'est ce qu'on vous a appris, à part la bienséance ? Et d'abord, faire le ménage, j'aime pas. Même si le sens que vous avez mis dans ces mots est sans aucun doute différent que celui que je viens d'évoquer. Mais ça ne change rien. En plus, j'aime pas me laisser faire ou encore ne rien dire quand quelque chose m'énerve. Surtout avec vous, je crois bien. Et puis... Eulalia va mal le prendre, si elle l'apprend... Elle hait vraiment les vôtres, tu sais ?

Elle se releva, plutôt mécontente. Dans sa main droite, il y avait le bloody rose, juste au cas où. Plusieurs sentiments se bousculait en elle. D'abord, une certaine méfiance envers le vampire, ensuite, l'envie d'apprendre, vive... et un certain mauvais pressentiment, aussi... Un souvenir lui revint même en mémoire. Celui du jour où elle eut la chance de se faire sauver par un vampire. Elle devait la vie à un vampire... Mais pas à celui qu'elle avait devant elle, cependant, par son biais, peut-être pourrait-elle le trouver, et le remercier, qui sait ? Elle sourit de sa propre bêtise. Cela ne faisait pas partie du marché qu'il lui avait proposé... le demander en plus pouvait autant être risqué qu'amusant.


- Vous êtes bizarre, quand j'y pense... Mais bon, peut-être que mon idée de la normalité est erronée. Enfin bref ! Faire un contrat avec vous c'est peut-être pas la pire chose qui puisse m'arriver. Ça m'assure de sortir vivante de cette nuit qui plus est. Néanmoins... rien ne me prouve que vous ferez ce que vous dites. J'ai beau accorder ma confiance trop facilement, je ne suis pas une imbécile. Je vous ai bien observé vous savez ? Vous changez d'humeur comme de chemise, mais jamais vous n'êtes vous-même. Je suis bien curieuse de savoir ce que vous cachez... Et puis, le jour où je n'aurais plus rien à tirez de vous, pourquoi ne vous tuerai-je pas ?

Elle était froide... Et elle était on ne peut plus sérieuse. Aria ne craignait pas de tuer, elle n'éprouvait pas de peur. Seulement la souffrance. Elle défit ses bandages autour de son cou et de ses poignets, lentement, un à un. Et elle fixa courageusement le vampire.

- C'est un cadeau de trois vampires. Ils sont à l'heure actuel très probablement mort. Mais surtout, si je suis vivante, c'est grâce à l'un des vôtres. Je vous hais et je vous accepte. Parce que personne n'est pareil. La généralité est une chose qui n'existe pas. Ce serait trop simple, vous ne croyez pas ? Je me débrouille toujours pour tuer les vampires qui ont au moins vécu le temps d'une vie humaine. Vous faites partie de ceux-là, si je ne m'abuse. Alors, ne me prenez pas de haut comme si je n'étais rien d'autre qu'un instrument ridicule. dans un demi sourire, elle ajouta : cependant votre proposition peut s'avérer intéressante, mais avec quelques conditions en plus...

Aria était un peu comme dans un état second, celui qui pouvait parfois habiter les fous. Un état où plus rien n'avait d'importance, et surtout pas la vie d'autrui. Elle s'en fichait tellement en ces instants ! Rien... Non, rien de sa soirée ne s'était déroulé comme elle l'avait pensé. Qu'avait-elle pensé déjà ? ah oui, chasser un vampire, tout simplement, et ensuite rentrer chez Lally dormir, se laver, et mettre les vêtement qu'on avait mis à sa disposition. Au lieu de ça, elle discutait avec un vampire, et allait peut-être faire un marché avec celui-ci. Étrange situation pour une hunter...

- Au fait, quelle heure est-il ?

Au lieu de préciser sa pensée sur le marché, elle demanda l'heure. Oui, pour elle c'était un détail important. Il lui fallait savoir quand le jour se lèverai. Mais cela ne faisait pas si longtemps qu'ils étaient là, ou alors elle avait perdu la notion du temps. Elle espérait pouvoir discuter encore. En fait, Aria ne pouvait détester les vampires simplement parce qu'elle les aimait. Elle voulait simplement être proche d'eux, et le meilleurs moyen qu'elle avait trouvé était de les chasser.

Elle sourit. Elle ne savait même plus pourquoi. Le parc était là, le rat à ses pieds, le vampire face à elle, elle qui avait son bloody rose dans sa main droite, et la main gauche de libre pour attraper son poignard, et puis, elle avait son chapelet autour du cou. Il ne lui manquait plus que son arc... Elle était en mesure de sauver sa peau,si ça dégénérait. Et pourtant... Elle, hunter, se tenait là, fière sans pour autant toucher à un seul cheveux du vampire. Elle n'en avait d'ailleurs toujours pas l'intention


- Je voudrais bien savoir... qui vous êtes vraiment, vous savez ? Oui, vraiment... Apprenez-moi à écrire, s'il vous plaît. A lire... Apprenez-moi tout ce que vous savez !

La fin de sa phrase ressemblait à un cri du coeur. Et pourtant, elle n'avait toujours pas accepté les clauses du marché. Elle avait juste réitéré sa demande.
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MessageSujet: Re: Une petite bête dans un lac de nuit. Mer 4 Juil - 0:01

Glen fit la moue en se frottant le menton, cherchant ses mots, mais il finit par sourire.

-Hum... Tu n'as pas tort, en un sens. Pourquoi ma soucierais-je de toi alors que je ne te connais que depuis... Une heure ? Peut-être deux ? Ce serait incohérent ! Mais si cela peut te rassurer, je ne m'intéresse à personne et ne me soucie que de ma propre survie, ce qui n'est pas une mince affaire... Quant à ton rat... Je suis pas doué pour donner des noms. Encore moins à des animaux, après tout ils n'en ont pas besoin. Mais si tu y tiens tant, et si ça peut me permettre d'être tranquille avec ça, ton rat est une femelle...

Glen le savait depuis le moment où il avait désigné le bas ventre de l'animal à la jeune fille, mais il s'était bien gardé de le lui révéler. Il voulait voir si elle était capable de faire preuve de jugeote. Visiblement, elle cherchait quelque chose de compliqué là où il n'y avait que de la logique. Évident pour une personne novice en la matière, décevant pour Glen, qui avait horreur de devoir expliquer les choses aux gens.
Quand Aria se releva suite à sa proposition plus que douteuse, le vampire sourit d'un air goguenard, et se releva à son tour. Il perdit vite son sourire et le troqua pour une moue bougonne. Son absence de peur à son encontre pouvait s'avérer fort contrariante, et Glen avait horreur d'être contrarié. Aussi se retint-il en se montrant aussi aimable que possible.


-J'aurais été très étonné que tu acceptes mon marché sans rechigner... Je suis parfois un peu naïf..., il ricana avant de reprendre. Mais ne te méprends pas sur mes intentions. Je sais remercier ceux qui m'aident, je ne suis pas non plus ingrat à ce point. Si tu consens à m'aider, je t'offrirai mon éducation, et ma protection. Je ne suis certainement pas le plus vieux et puissant vampire de Londres, mais je ne pense pas non plus que ma protection soit dénuée d'intérêt... Quant à ta chère... Eulalia, c'est bien ça ? J'ignore qui elle est, mais pourquoi te rallies-tu sans broncher à son avis ? Tu as dis toi même que tu ne haïssais pas les vampires...

Glen avait pour habitude de chercher à déstabiliser les gens, ou bien les forcer à douter, remettre en cause leur propre jugement. Cependant, cette fois il ne faisait qu'énoncer des évidences pour Aria, car elle ne semblait pas haïr les vampires comme la plupart des hunter. Au contraire, elle avait l'air mitigée, et Glen comptait bien se servir de ça pour la rallier à sa cause. Cependant, il n'appréciait pas du tout qu'elle le juge comme elle le faisait. Pourtant, c'était ce que lui faisait depuis le début, mais qu'elle ose dire qu'il n'était pas honnête et ne montrait pas son vrai visage lui déplaisait. Car montrer son vrai visage revenait à se rendre vulnérable, pour lui, et personne à part peut-être Aisling, sa seconde, n'avait jamais vu ce visage. Elle était la seule avec qui il avait été vraiment honnête, et c'est en voyant le visage meurtrit d'un enfant solitaire que la jeune femme avait accepté de rejoindre sa cause. Ajoutant à cela le plaisir de suivre un fou dont les règles étaient purement inexistantes.

-... Bizarre, dit-tu ? Es tu sûre que ce n'est pas plutôt le monde qui t'entoure qui est bizarre, et moi qui suis parfaitement lucide et normal ? Tu es trop arbitraire, jeune fille..., il sourit néanmoins. Tu pars du principe que si tu refuses ma proposition, je vais te tuer... C'est bien mal me connaître. Je suis peut-être capricieux, mais si tu refuses ma proposition, ce n'est certainement pas ce que je ferai... Je n'y ai pas encore réfléchis, à vrai dire... Quant à me tuer... Je pourrais te répondre la même chose, moi aussi je pourrai te tuer le joue où je n'aurai plus besoin de toi... J'ai un certain sens de l'honneur, ce que je ne peux pas avoir par la manipulation, je l'ai par la force. En revanche, je sais honorer un pacte, et si je m'engage à ne pas te tuer, je m'y tiendrai...

En un sens c'était vrai. Si la jeune fille partait du principe qu'elle allait de toute manière mourir, autant qu'elle refuse le marché que lui proposait le vampire, puisqu'il lui évitait le sale boulot. Glen n'était pas idiot, loin de là, et il savait très bien récompenser un travail bien fait, que ce soit par de l'argent, un souhait ou autre. En revanche, s'il en venait à être contraint de forcer la jeune fille à lui obéir, il mettrait sûrement de côté ce qu'il appelait sa bonté...
Quand Aria retira son bandage, Glen fixa sa gorge puis son poignet avec un intérêt certain, sans pour autant que son regard ne se fasse animal ou gourmand. Son regard n'était qu'intéressé dans le sens où il aurait observé un beau tableau ou une belle sculpture de la même manière. Par la simple et bonne raison qu'il aurait probablement fait la même chose à une humaine... Avec plus de finesse et d'élégance, bien sûr. Car Glen aimait théâtraliser ses actions, qu'elles soient innocentes ou sanguinolentes.


-C'est... Triste. Je ne vois pas d'autre mot que celui ci. As-tu conscience que je fais probablement partie de ces vampires cruels et sans pitié qui pourraient te faire subir bien plus... ? Je suis un vampire peu fréquentable, il me semble normal de le préciser, mais je n'en reste pas moins lucide. Si tu acceptes mon marché, tu n'auras rien à craindre de moi. Car ce n'est pas moi qui te nuirai. Il se mit à rire doucement, sincèrement amusé. Tu n'as pas encore accepté les terme du contrat et déjà tu cherches à le revoir en ta faveur ? Soit. Je suis de bonne humeur, je t'écoute ! Que souhaites-tu ? N'en demande pas trop non plus, bien sûr...

D'un geste de la main, Glen fit apparaître un parchemin et une plume, deux objets purement fictifs qu'il prit tout de même en main, comme s'il avait voulu prendre des notes. Mais il se rendait compte que Aria était nerveuse, comme si elle avait sentie qu'elle allait trop loin en lui demandant de revoir les closes du contrat. Elle n'avait pas tort, en temps normal, Glen l'aurait embrochée au bout d'une pique, mais la situation était différente. Il n'était pas mécontent de pouvoir compter une huntress parmi ses alliés... Même si elle resterait une alliée fugace et incertaine, de par sa nature humaine et sa condition de chasseuse de vampires.
Éclatant de rire, il sortit une jolie montre à gousset de la poche de son veston. En argent, elle avait l'air d'être de belle facture, mais elle était aussi usée, et le décor était passé depuis de nombreuses années. Mais le vampire aimait beaucoup cette petite montre, aussi vieille et démodée soit-elle. Jetant un coup d'oeil aux aiguilles ciselées qui continuaient leur interminable course avec le temps, il y eut approximativement vingt trois heures quarante cinq. Approximativement car les chiffres romains et graduation s'étaient effacés avec le temps, rendant la lecture de l'heure plus difficile. Il releva la tête en rangeant la petite montre.


-Il sera bientôt minuit... Dans une dizaine de minutes...

Il se tut, laissant Aria réfléchir. Il était vraiment curieux de savoir ce qu'elle avait en tête, ce qu'elle pensait et ce qu'elle avait l'intention de faire... Allait-elle accepter ? Ou bien refuser à nouveau... Pour son bien à elle, il espérait qu'elle se montrerait coopérative. Sa réaction le surprit, et il lui sourit à nouveau, lui tendant la main.

-Dans ce cas nous sommes d'accord ! Marché conclu ! Mais je tiens à mettre une choses au clair... Je t'offre ma protection et je t'apporterai l'éducation que tu veux... En échange, je te confierai certaines missions... Tu pourras en penser ce que tu veux, mais c'est un échange de bon procédé, tu n'auras pas à rechigner. Maintenant...

La fixant droit dans les yeux, la main tendues, Glen l'invitait à choisir entre le rejoindre, ou lui tourner définitivement le dos. Il ne passerait pas des heures à la torturer pour la pousser à accepter, mais il serait tout de même fort contrarié si elle refusait.

-Si tu souhaites en savoir plus sur moi, il te faut accepter...

Il ne lui révélerait pas ses véritables intentions, ni sa véritable personne, mais il avait sûrement quelques petits secrets que lui jugeait insignifiants, qu'elle serait ravie d'apprendre. Retirant sa main, il sortir de la poche de son manteau un minuscule livre relié de cuir qu'il ouvrit, avant de le lui tendre. Il était couvert d'une écriture fine et délicate, la même que celle qui ornait le bas du dessin de la jeune fille. Il s'agissait du petit carnet dans lequel Glen notait tout ce qui lui passait par la tête lorsqu'il sortait.

-Tu comprendras bien vite que savoir lire et écrire apporte un plus non négligeable à beaucoup de choses...


Dernière édition par Glen O'Sullivan le Mar 16 Oct - 23:35, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Une petite bête dans un lac de nuit. Ven 10 Aoû - 15:19

Aria s'était laisser emporter par son enthousiasme grandissant du à bien des facteurs. D'abord, apprendre, ensuite avoir en vie un vampire à proximité avec qui parler. Elle en oublia momentanément le tribu à payer, le "nettoyage" ou, autrement dit "l'élimination de gêneur pour l'aristocrate". Cependant ses gêneurs pouvaient autant être humains que vampires. Mais il n'était que minuit, et le jour n'était certainement pas près à se lever ! Ça ne marche pas comme les éclipses, on ne peut pas avoir le soleil au milieu de la nuit ! Naturellement Aria ne savait pas comment fonctionnait les éclipses. Il lui tendit la main. Elle ne la saisit pas. Ou tout du moins elle ne la saisirait pas dans la seconde.

- Autant vous dire que je veux bien "nettoyer" mais pas chez les humains.

Et après cette courte phrase elle glissa sa main dans celle du vampire et la serra, pour conclure leur accord. Il retira sa main pour aller chercher quelque part dans son manteau un petit livre relié qu'il ouvrit avant de lui tendre. Les pages étaient couvertes par son écriture. Elle avait bien envie de "baver" devant, mais elle se retint d'y montrer trop d'intérêt, les limites à sa curiosité et à sa soif d'apprendre étant quasiment inexistantes. Elle prit le livre, sans savoir si c'était ce qu'il voulait ou non, à vrai dire elle s'en fichait, maintenant qu'elle était un peu plus sûre de ses chances de survie !

- Wouah ! vous écrivez beaucoup, prof !

*oups* fut la première chose qui lui vint à l'esprit. Elle avait parlé avec admiration, mais avec une point d'amusement, surtout quand elle lui avait donné un surnom. Cette pensée la ramena à son rat, ou plutôt sa "rate" toujours sans nom, d'ailleurs. Elle regarda autour d'elle. Où était l'abrutie qui l'avait réveillée l'autre matin ? Elle en aperçut le museau dépassant d'un des buissons ornementales du parc. Se désintéressant de Glen, elle alla attraper sa fidèle bestiole qui savait où était ses intérêts apparemment. La jeune fille titilla l'animal du bout du doigt, l'air totalement insouciante, ce qui n'était pas vraiment le cas, bien qu'elle s'en approche. Elle rit légèrement quand les moustaches de la petite chose la chatouilla. La jeune hunter se retourna alors vers son interlocuteur en souriant.

- Vous croyez que ça va si je la nomme Zorba ?

Vraiment, n'importe quel hunter l'aurait mal jugée en ces instants. Accorder sa confiance à un vampire devait être un affront pour la plupart. Naturellement, Aria ne pouvait pas savoir que son "amie" Eulalia tombait à ce moment même sous le charme d'un vampire... ni dans quel galère elle allait se fourrer.

La jeune fille était très certainement sur une autre planète. Son esprit partit vagabonder alors qu'elle regardait Glen. Son regard s'en fut au bord de l’extinction quand elle imagina un arbre gigantesque de couleur orangées, chaudes. Et puis elle redescendit un peu sur terre lorsque "Zorba" couina, lui rappelant qu'il y avait encore un danger potentiel face à elle. Ses yeux se rouvrir en grand dans la nuit. Peu à peu ils s'étaient habitués à l'obscurité, bien qu'aucun humain ne puisse se vanter d'y voir aussi clair qu'une créature de l'ombre. Néanmoins elle distinguait bien mieux la silhouette du vampire et aurait encore pu rajouter quelques détails à son portrait qui lui avait jusque là échapper.


- Si ça n'est pas trop indiscret, qu'allez vous faire maintenant ? Vous m'apprenez tout de suite ? Ou je suis trop impatiente ?

Elle s'perçut qu'elle avait toujours dans une main son bloody rose. Elle pouvait le ranger désormais. Et même si cela s'avérait un piège, il serait toujours à porter de sa main. Elle releva la tête vers la lune. N'était-ce pas à une remarque sur celle-ci qu'il était intervenu un peu plus tôt dans la soirée ? Son sourire innocent s'agrandit. Au moins elle pourrait lui parler de ça, et éventuellement partir dans son délire sans s'en rendre compte.



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MessageSujet: Re: Une petite bête dans un lac de nuit. Dim 12 Aoû - 21:19

Aria n'en avait peut-être pas conscience mais... Cette main tendue vers elle, ce sourire amical et cet air avenant que le vampire savait si bien prendre... Tout cela revenait à signer un pacte avec le démon, ni plus ni moins. Glen savait déjà comment tirer profit de ce pacte, qu'importe les conditions de la jeune fille. Même s'il devait avouer que se contenter des vampires le chagrinait un peu. Il avait espéré pouvoir la manipuler à sa guise pour qu'elle ne fasse aucune distinction entre les Hommes et les vampires, mais elle n'était pas idiote et savait où étaient ses limites.
Il pinça les lèvres et haussa finalement les épaules en serrant la main fine de la jeune femme dans la sienne.


-Eh bien... Soit! Quel dommage, tu ne sais pas ce que tu rates! Mais j'ai plus d'un subordonné pour me débarrasser des humains gênants, j'imagine que tu t'en doutes... Rassure toi, je ne l'ordonne pas à tout bout de champ! Mais tu me seras d'une grande aide si tu m'aides à me soustraire au harcèlement de quelques... Importuns.

Souriant de plus belle, le vampire lui lâcha la main pour lui tendre son petit carnet, observant avec amusement la passion naissante sur le visage d'Aria. Malgré le dénis total de son père, il avait reçut une éducation stricte et exemplaire, raison pour laquelle il ne s'était jamais rendu compte de la chance qu'il avait eu d'apprendre à lire, écrire et compter dès son plus jeune âge. L'Histoire, la Géographie, les Sciences et même la Philosophie avaient fait partie de son apprentissage, et il ne s'était encore jamais attardé sur un fait pourtant ordinaire à cette époque: Les Hommes étaient encore nombreux à ne pas savoir lire ni écrire. Par ennui et par volonté de se distinguer, Glen avait même étudié le gaélique, et certaines pages de son carnet étaient couvertes de cet ancien dialecte, rendant leur lecture parfois très compliquée pour un lecteur ordinaire.
Cependant, malgré la passion évidente de sa toute nouvelle apprentie, le rouquin tiqua en entendant le surnom qu'elle lui avait donné, et se passa la main dans les cheveux d'un geste sec et nerveux.


-Hum... Je ne te demanderais pas de te répandre en politesse ou minauderies à mon égard mais... Monsieur suffira, je pense... Prof c'est un peu trop... Trop... Je ne dirais pas familier mais... Convenu. Oui c'est cela, un peu trop convenu. Ou déplacé... Oh et puis je ne sais plus, tiens! Ne m'appelle pas prof, c'est tout!!

Un sourire enfantin vint éclairer son visage, lui donnant un air jovial qui jurait avec ses précédentes paroles dont le sens alambiqué aurait eu besoin d'être éclaircit. Aria aurait sûrement besoin de temps pour s'habituer à l'étrange façon de parler de Glen... Elle l'avait pourtant croisé dans l'un de ses rares bons jours. La plupart du temps, ses phrases ne voulaient tout simplement plus rien dire. Dès lors qu'il en venait à inverser sujet et verbe dans une phrase, c'est qu'il fallait fuir et vite. S'il usait d'un nombre incalculable de métaphores et de palindromes... Il fallait fuir aussi. S'il devenait incompréhensible, c'était en général mauvais signe, car il faisait alors preuve d'une telle instabilité qu'il en devenait aussi dangereux qu'un baril de poudre à proximité d'une torche.
Glen ne l'avouerait jamais, mais il était aussi dangereux pour le reste du monde que pour lui même. Ses actes inconsidérés le mèneraient dans le mur un jour ou l'autre.
Distrait, le vampire suivit la jeune fille du regard lorsqu'elle alla récupérer son petit rongeur, et pinça les lèvres de dégout en la voyant revenir. Glen n'avait absolument rien contre les animaux, lui même possédait une véritable ménagerie, mais un rat d'égout... Il avait pu trainer on ne sait où... Rien de tel pour lui couper l'appétit. Penchant la tête sur le côté, il observa longuement Aria, cherchant à savoir si elle était sérieuse ou si elle se moquait de lui.


-... Zorba? Ma foi... C'est... Original... Plutôt étrange, comme nom, et même incongru, mais l'attachement que vous semblez mutuellement vous porter est déjà un paradoxe en soi, alors... Je dirais que c'est un prénom qui lui va plutôt bien... Autant qu'un prénom puisse aller à un rat, bien sûr!

Il haussa les épaules en se détournant de l'animal. A vrai dire, peu lui importait le nom, pour lui ça ne serait jamais rien de plus qu'un rat... Et il était presque vexé de trouver le nom fort bien choisit pour ce genre de créature. Il n'aimait pas s'intéresser aux autres, il vivait depuis quatre siècles en ne se préoccupant que de lui même... Mais ce qui était dit était dit.
Et Aria ne semblait pas s'en être préoccupé, étant donné le regard qu'elle lui lançait. Fronçant les sourcils, Glen fut tenter d'agiter sa main devant les yeux de la jeune fille, totalement perdue dans le vague. Son regard avait perdu sa vivacité, et il semblait encore plus terne qu'auparavant, effacé et dépourvu de toute émotion. Son regard s'apparentait presque à celui d'un fou. Au sien. Et le vampire écarquilla un moment les yeux en la voyant ainsi, perdue dans des songes qu'elle ne pouvait partager avec lui. Ce n'est que lorsque le rat se mit à couiner qu'elle sembla revenir à la réalité, avec un vampire décontenancé en face d'elle.
Il secoua la tête pour se remettre les idées en place lorsqu'elle lui posa une question, et lui sourit d'une façon tout à fait mystérieuse.


-Tu es trop impatiente, oui... Quel plaisir aurais-tu à apprendre ici, en pleine nuit? Tu tomberas de fatigue avant même que je ne t'ai enseigné les premières bases. Et... Ce parc ne me semble pas être le meilleur endroit pour t'apprendre quoi que ce soit. Disons... Dans huit jours? En espérant que tu connaisses au moins les jours de la semaine... C'est ma seconde qui viendra te trouver, ne te fais pas de soucis. Retrouve la à Emminent's park à la tombée de la nuit, elle te mènera jusque chez moi.

Il marqua une courte pause. Il aurait préféré lui envoyer une lettre, mais la pauvre aurait eu l'air bien embêtée, une fois le pli en main... Aisling se chargerait de la mener jusqu'à lui, et même s'il savait d'avance que la vampire serait de très mauvaise humeur en apprenant que sa prochaine mission serait de servir de pigeon voyageur, Glen trouvait cela amusant. Il se pencha vers Aria, le ton de sa voix se faisant intime.

-Nous discuterons alors de notre petit... Marché. Et tu auras ton premier cours, et ton premier contrat. Donnant donnant! Et j'espère que notre collaboration sera fructueuse... Pour toi comme pour moi... A présent, je ne sais pas trop ce que je vais faire... Peut-être ce que font tous les vampires à la nuit tombée mais..., il termina sa phrase en chuchotant, tu vas trouver cela déplacé!

Il se redressa finalement, posant les mains sur ses hanches avec un air satisfait.

-Et bien damoiselle Aria, je me réjouis que cette rencontre improbable nous apporte tous deux le soutient dont nous avions besoin! Je vous dis à bientôt et vais me retirer...

Se disant, il esquissant une courbette et disparut dans la nuit, se fondant littéralement avec le décors du parc, comme s'il n'avait été qu'une ombre ou un spectre.
Il erra un moment dans les rues de Londres, humant l'air frais et parfumé qui l'aidait à réfléchir. Dans quelques jours, il aurait enfin l'assassin idéal pour tous les vampires qui le gênaient un peu trop. Tant qu'il ne se salissait pas lui même les mains, il n'avait pas trop de risques... Et il plaçait beaucoup d'espoir dans cette si jeune demoiselle! Elle semblait cacher une grande force, sous son apparence frêle et démunie, et elle avait un avis si différent des autres chasseurs... Il avait sûrement bien plus à tirer d'elle que de n'importe quel autre chasseur borné et tête brûlé.
Passé ce moment de réflexion, Glen regagna son manoir, où sa bonne humeur ne le quitta pas de la soirée... Pour une fois.



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Dernière édition par Glen O'Sullivan le Mar 16 Oct - 23:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une petite bête dans un lac de nuit. Mer 22 Aoû - 15:32

La jeune femme rangea soigneusement dans sa mémoire le lieu de rendez-vous, ainsi que le nombre de jours à attendre. Huit jours ? Au moins, elle aurait le temps de s'installer chez les Gray. Et d'aider Mrs Patterson. Et de chasser tranquille, qui sait ? Elle nota également de l'appeler Monsieur, si tout du moins elle ne trouvait rien de mieux avant leur prochaine rencontre. La rate s'appellerait Zorba pour le restant de sa courte vie... Et maintenant, chacun allait partir de son côté.

- J'ai été ravi de vous rencontrer ! A bientôt !

Et sans plus de cérémonie, elle s'en alla. Où ? eh bien, la nuit n'était pas encore fini, après tout. Elle avait le choix de continuer à se balader, chasser, ou encore rentrer chez Eulalia. En pleine nuit... Bah, on n'allait pas la blâmer d'être sorti pour chasser des vampires, même si elle n'avait pas tout à fait fait cela... Néanmoins fatiguée, elle pris sa première décision raisonnable de la journée : celle de rentrer se reposer, pour prendre une bonne douche au réveil, et ensuite s'habiller dans les habits propres de l'ancienne aide.

Tout du long du chemin, elle ne cessa de penser à ce qu'elle venait de faire, partager entre l'excitation d'apprendre et l'idée d'être à la botte d'un vampire passablement fou. Le tout fini par se mêler à ses songes éveillés qui lui firent oublier son chemin. Elle se retrouva trop loin, et du faire demi-tour.

Enfin, après un long temps de marche, elle arriva dans la petite maison du pasteur et se glissa silencieusement à l'intérieur. Là veillait la bonne Mrs Patterson, inquiète de ne savoir à la maison ni Eulalia, ni Aria. en voyant cette dernière, elle se rassura, mais ne fut que partiellement soulagée en s'apercevant qu'Eulalia n'accompagnait pas Aria. La jeune femme obligea Mrs Patterson à aller se coucher, lui assurant qu'avec son caractère, il ne pouvait rien arriver à Eulalia, et que celle-ci s'en sortirais toujours. La hunter parlait comme si cela faisait des années qu'elle connaissait la jeune femme, alors qu'en réalité, tout n'était que suppositions faites à partir de ce qu'elle avait vu de la fille de ses patrons...

Quand enfin elle parvint à endormir son amie, elle partit à son tour se coucher dans la petite chambre sous les combles. Se trouvant trop sale pour dormir sur le lit, elle prit des couvertures, et alla s'installer sur le toit facilement accessible depuis sa fenêtre. Elle s'endormit vite, malgré l'inconfort, il faut dire qu'elle y était habituée tout comme au froid de la nuit. C'est sans doute pour cette raison qu'elle n'entendit pas Eulalia rentrer, et que celle-ci ne la vit pas.

Vers neuf heure, elle trouva de quoi se laver, et une fois fait, mis pour la première fois depuis des mois voir des années des habits propres avec une odeur charmante, la changeant de la puanteur des égouts et autres... Elle ne croisa pas Eulalia, mais Mrs patterson l'informa qu'elle était bien rentrée. S'activant, elle commença à faire le ménage dans les recoins que cette brave Mrs Patterson ne pouvait plus atteindre.


[HRP : vers "Rencontre avec une demoiselle"
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Une petite bête dans un lac de nuit.

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