L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42]

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Marine Desmuguets
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MessageSujet: Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42] Jeu 28 Juin - 14:27

[HRP/De retour de "Le Restaurant The Simpson's on the Strand"/HRP]

Ce soir, dans le célèbre salon du Spirit, tous les artistes du coin c'étaient donné rendez-vous pour assister à un spectacle exceptionnel. L'affiche qui avait été placardée sur sa façade quelques jours auparavant annonçait en grosses lettres rouges: "Chahut-Cancan, l'andalouse à la française, spectacle inédit". Une estampe à l'encre noire y représentait des femmes alignées, jupons relevés à mi-mollets, chose peu courante à l'époque, surtout en cette Angleterre pudique et surveillée.

*****************
Marine Desmuguets avait passé un long mois chez elle, à lire et peindre, à jouer du piano et à écouter les sermons de sa servante Elize. Ses parents lui avaient encore écrit afin de l'encourager à regagner la France mais, au grand désespoir de sa domestique, Marine s'était encore mise en colère et avait répondu froidement qu'elle était bien mieux ici, à Londres, au milieux des sciences, qu'en France à subir leurs idées de mariage. Elize avait abandonné la partie au bout de deux semaines. Marine ne se souciait plus depuis longtemps de son avis et encore moins de ceux de ses parents. Son seul soucis, c'était son petit frère Louis. Il avait quatre ans le mois prochain et elle avait en tête de lui offrir un magnifique présent. Pour l'instant, elle n'avait pas d'idée précise. Mais au fond, elle songeait à un herbier relié avec un début de plantes anglaises, venues de la lande. Elle savait que son frère avait depuis l'année dernière une passion naissante pour la biologie. Elle souhaitait l'encourager dans cette voie.
Tandis qu'elle réfléchissait à tout cela, le heurtoir frappa la porte à trois reprises. Elize alla ouvrir et Marine, posant ses lunettes sur la table du petit salon, laissa de côté son livre pour aller accueillir son amie. Elle avait reconnu Maria à sa voix. Cette dernière voulait sortir ce soir au Spirit. Elle avait vu une affiche qui avait attiré son attention et elle encourageait la belle française à l'accompagner.


- Ce sont des danseuses de France! Elles viennent nous montrer le Chahut-Cancan! Je n'en ai jamais vu ma chère...Et vous?

Non, Marine en avait déjà entendu parler mais elle n'avait jamais eu l'occasion d'assister à ce type de représentation. C'était tout nouveau dans la société et c'était déjà très mal vu. Mais cela l'intriguait. Tandis que son amie la pressait et qu'Elize l'incitait à rester tranquille à la maison, Marine songea à Aahron Bradford. Cet homme qu'elle avait rencontré le mois dernier ne lui avait plus donné de nouvelles depuis le restaurant. Elle était déçue. Cependant, l'idée de le revoir ne la quittait pas. Peut-être que ce genre de soirée l'attirait? Elle avait peut-être une chance de le croiser à nouveau. Sa décision prise, Marine se changea. Elle enfila, avec l'aide de sa domestique, une robe à crinoline blanche et bleu ciel. Un ruban bleu dans les cheveux venait relever ces derniers et donner à son visage un magnifique cadre de boucles noires. Elle ajusta une paire de gants blanc montant jusqu'au coude pour insister sur son rang. Ses souliers de satins enfilés, un châle léger aux teintes grises et blanches sur les épaules, la belle Fleur de France accompagna son amie.

*****************

Arrivées en fiacre devant le Spirit, les deux amies descendirent émues par la foule qui faisait la queue pour entrer dans le salon.

- Hé bien, Maria, vous n'êtes pas la seule à vous intéresser de prêt à ce genre de danse...

C'était un évènement rare et nouveau qui était offert là aux londoniens. Les artistes s'étaient regroupés en masse pour voir ces fameuses danseuses de cancan. Les journaux en parleraient encore longtemps.
Décidées à aller jeter leur coup d'oeil, les deux jeunes femmes se joignirent à la foule. Marine resserra autour de ses épaules son châle. Elle n'aimait guère le contact avec les gens qu'elle ne connaissait pas et ce type de foule la perturbait beaucoup.
Une fois à l'intérieur, les deux aristocrates trouvèrent avec difficulté des places. Mais des gentlemen leurs laissèrent volontiers leurs sièges, geste aimable qu'elles apprécièrent avec un sourire bienvenu.
Le salon était bondé. C'était la première fois que Marine était autant compressée dans ce dernier. D'habitude, le Spirit était plein et l'ambiance y était agitée mais jamais il n'avait été aussi tumultueux. De nombreuses personnes furent obligées de rester debout, le verre à la main.

Les discussions allaient de bon train et Marine conversait elle-même avec Maria lorsque le rideau de la petite scène s'ouvrit enfin. Les lumières avaient été baissées exprès pour l'occasion. Un homme en jaquette présenta le groupe. Les filles étaient venues de France et n'avaient pas l'habitude de l'environnement anglais. Mais elle étaient "exceptionnelles", "magnifiques", "spectaculaires"! La foule ne tenait plus en place. Tous s'agitait, impatients que le spectacle ne commence.

Puis ce fut l'arrivée des danseuses. Une explosion de clameurs et de couleurs survint. Le public était gai, les filles souriantes et, c'était vrai, plus belles que les femmes du commun. Leurs maquillages et leurs robes chamarrées associées à leurs rubans et leurs bottines donnaient à ces femmes un air de poupées de collection. Leurs corsages échancrés reflétaient les couleurs de leurs courtes jupes. Chaque femme jouait des castagnettes. Elles utilisaient tout leur corps pour s'exprimer, avec de grands gestes. Elles se mirent ainsi à danser avec vivacité, levant jambes et jupons, poussant parfois des cris sauvages. Un homme habillé en noir avec un bicorne sur le côté de la scène les observait avec un regard sombre. Marine apprendrait plus tard dans le journal londonien que c'était le garde municipal chargé de limiter les atteintes à la pudeur et qui allait mettre fin à la représentation avant l'heure prévue.

Marine observait et riait. Son amie Maria s'exclamait avec le public à chaque saut, chaque grand écart et chaque mouvement de jupon trop ample pour la morale anglaise. Marine, elle cherchait Aahron des yeux. Elle ne le trouvait pas. Renonçant à cette recherche, Marine eut envie de sortir et de s'éloigner de ce vacarme. Elle prétexta à son amie une envie de se rendre aux toilettes pour se rafraîchir le visage et sortit tant bien que mal du salon. Enfin dehors, elle s'adossa au mur. Quelques gentlemen fumaient, d'autres discutaient avec des demoiselles. Marine s'éloigna un peu. La fraîcheur nocturne commençait à envahir les ruelles. Ramenant une nouvelle fois son châle sur ses épaules, elle respira l'air du soir à grand bouffées. La foule n'était décidément pas sa tasse de thé.
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MessageSujet: Re: Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42] Ven 29 Juin - 23:38

Encore une nuit pour Elizabeth. Une nuit d’ennuie… Plusieurs jours étaient passés depuis sa tentative d’infiltration du Buckingham palace. Une tentative menée à l’échec avant même qu’elle ait pu atteindre son entrée. Autant dire qu’elle avait remuée de sombres pensées depuis ces derniers jours. Elle cherchait un moyen de contourner le problème qui s’était posé à elle, autrement dit, d’éviter de se confronter au maître de la ville, vampire sans doute millénaire plusieurs fois. A cette idée, elle ferma le poing de rage. Quelle impuissance… elle détestait cette sensation. Mais au-delà de ça, c’était pour elle un véritable atout de motivation, afin qu’elle contrôle au mieux ses pouvoirs.
Mais pour le moment, il s’agissait surtout de gagner son pécule pour pouvoir continuer à louer son modeste appartement. Elle laissa glisser son regard tout le long de la pièce, plongée dans les ténèbres. Cela faisait maintenant quelques années qu’elle vivait ici. C’était son chez elle, elle s’en satisfaisait très bien. Les murs étaient quelques peu défraîchis, les meubles usés, mais le confort y était bien suffisant pour le peu de temps qu’elle y passait. Sa vie, elle se passait dehors dans les rues, telle une âme errante à la recherche d’un autre but que celui de tuer.
Son regard se posa alors sur son violon. Il allait encore lui servir ce soir. Elle se leva du lit sur lequel elle était assise, pour rejoindre l’instrument posé plus loin sur une table. Ouvrant l’étui qui le protégeait, elle laissa courir ses doigts sur les quatre cordes qui le composait. C’était son bien le plus cher, et pour rien au monde elle n’aurait voulu s’en séparer. Elle poussa un soupir avant de le refermer. Elle se demandait encore à quoi bon en jouer devant des personnes qui ne s’y intéressaient même pas… Les basses classes avaient bien d’autres soucis en tête que de s’intéresser à une pauvre violoniste. Pour eux aussi il fallait gagner quelques sous pour espérer remplir la marmite de quelques légumes le soir. Pour ce qui était de la Haute société, c’était bien là la plus ingrate. Une pauvre fille des bas quartiers n’était pas digne de se produire parmi les plus grands. Elle était dédaignée dans la rue, ignorée sans aucun scrupule. Alors à quoi bon ? Peut-être était-ce là son dernier plaisir encore humain !

Délaissant l’instrument, elle alla se revêtir d’une robe de coton blanche, simple, ainsi que de ses bottines. Ainsi parée, ses cheveux laissés libres, elle saisit son violon et sortit de l’appartement. L’air frais de la nuit lui saisit immédiatement les narines, et c’est un petit sourire satisfait qui s’afficha sur ses lèvres. Cela lui fit presque oublier que son besoin de sang revenait à la charge pour lui rappeler sa nature vampirique. Elle aimait le calme qui régnait la nuit dans les rues de Londres. Elle aimait aussi l’astre lunaire, ce soir-là plein. Elle laissa quelques secondes la brise caresser son visage, afin de commencer à arpenter les rues. Elle ne savait pas où elle allait se produire ce soir. Il lui fallait se rendre dans des lieux fréquentés si elle voulait espérer trouver public.
Son errance fut brève lorsqu’elle vit dans l’une des rues de Londres, une foule s’amasser devant un bâtiment. Elle le connaissait comme étant le spirit. C’était là, l’antre de plusieurs artistes, quelle que soit leur discipline. Mais il n’attirait pas autant de monde habituellement… Quelque chose d’exceptionnel devait s’y dérouler. C’est ce qui convainquit la jeune femme de s’approcher parmi les badauds. En gros sur une affiche se dressait l’ébauche de danseuses apparemment Françaises, qui, d’après le titre, dansaient du cancan. Leur tenue avait tout pour paraître osée en cette époque. Mais pas pour la jeune femme qui ne respectait parfois aucun code vestimentaire… Elle était assez intriguée à vrai dire. Elle n’avait jamais vu ce genre de spectacle, et était curieuse de voir cette danse exhibitionniste.

Mais pour l’heure, son violon l’appelait. Son pécule n’allait pas se gagner tout seul ! Ainsi, elle alla s’installer un peu plus loin de l’agitation.
Ouvrant son étui, elle en sortit son instrument, qu’elle porta immédiatement à son menton, dans un geste empreint d’habitude. Elle positionna ensuite ses doigts sur les cordes, qui formeraient ensuite les premières notes de sa musique. L’archet dans son autre main, elle le fit alors glisser avec dextérité sur les cordes. Commença alors à s’élever une musique de Chopin… Tristesse était son titre.
Se laissant porter par la mélodie, la jeune femme ne regardait même plus les personnes l’entourant. Elle racontait son histoire, mettait des mots sur les notes de musique. Peu importe si la populace était réceptive à cette musique, après tout, cela restait un plaisir pour elle.
Un plaisir qui fut rompu lorsqu’un homme lui saisit le poignet en s’exclamant :


- Il a d’autres endroits que la rue pour jouer petite… Va donc trouver un autre endroit pour faire ton violon !


Sans doute dans le but de mettre plus d’accent à son ordre, l’homme la poussa vers le mur. Surprise par ce geste, Elizabeth eu juste le temps de protéger l’instrument contre elle, lorsqu’elle heurta une femme se trouvant là. Son regard se porta quelques secondes sur elle. C’était une belle femme, sans doute de la haute bourgeoisie voire même de l’aristocratie au vue de sa mise élégante. Peut-être était-elle venue voir le spectacle qu’offrait le spirit ce soir ? Elie n’eut pas le temps de s’en poser la question, son regard, féroce à présent c’était détourné pour voir l’homme qui était venu la déranger. Il devait sûrement avoir bu, tellement il empestait l’alcool. Son regard, noir, était posé sur le vampire. Lorsqu’il s’aperçut la jeune femme qu’il avait fait heurter il prit une mine contrite avant de s’exclamer :

- Veuillez m’excuser Madame… Je voulais repousser la vermine empestant nos rues, ce n’était point contre vous…


Le visage d’Elie se décomposa… De la vermine ? Voilà comment était considéré des artistes de rues, des gens d’une classe inférieure, même si, au contraire de ce que pensais l’homme, la jeune femme était d’un rang plus élevé que le sien.
Retenant à grande peine sa colère, elle referma le poing sur son instrument. Elle aurait bien vite tué cet impudent si seulement la rue n’était pas si fréquentée…
Son regard colérique se tourna également vers la personne qu’elle avait heurtée… Et cette femme… pourquoi avait-elle droit à ce traitement de faveur ? L’argent devait-il tout excuser ? Ce n’était certainement pas ce que pensait la jeune femme…
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Marine Desmuguets
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MessageSujet: Re: Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42] Lun 2 Juil - 10:52

Marine savourait ainsi l'air du soir, un peu à l'écart de l'agitation. Il ne pleuvait pas, pourtant on pouvait sentir l'humidité se propager dans les ruelles. Le brouillard serait de mise à l'aube. La belle française songea à la France. Son climat, plus doux, lui manquait malgré tout. Certes elle était mieux à Londres, c'était sans conteste sa ville idéale pour une jeune femme qui avait soif de science et d'aventures au sens évènementiel du terme, cependant cette atmosphère glaciale la perturbait assez pour assombrir son beau visage.

Tandis qu'elle pensait à sa maison, ses parents, et son petit frère, une mélodie s'éleva peu à peu non loin d'elle. Marine tourna lentement son regard dans la direction d'où venait le son. C'était une jeune femme qui jouait du violon. Elle était vêtue de blanc et jouait comme un ange tombé-là. Marine l'analysa du regard. Elle était jeune, jeune et belle, un peu maigre peut-être. Ses longs cheveux lâchés lui donnaient un air sauvage mais ses petites mains maniaient l'archet avec vigueur. Elle était douée, très douée même. Marine reconnu aussitôt « Tristesse » de Chopin et son cœur se serra. C'était la mélodie à éviter pour elle ce soir, cependant elle était émue surtout par l'instrument lui-même, la portée de son art, la beauté de son timbre. Et cette jeune femme avait un visage si calme et tranquille...Elle avait un air innocent mais aussi volontaire.

Alors que Marine appréciait cette vision, un homme vint briser cette dernière. Il s'approcha vivement de la jeune femme au violon et lui attrapa un poignet pour l'empêcher de jouer. Il lui cracha une paire d'insulte et la poussa violemment en arrière. Marine reçu la jeune femme contre elle. Surprise, l'aristocrate eu seulement le réflexe d'écarter les bras pour la rattraper.
Le regard que la femme lui jeta la perturba quelque peu. Ses yeux qu'elle trouva noisette, après l'incompréhension, furent marqué par la colère. Elle perdit son charme innocent mais gagna un air d'enfant sauvage.

Marine leva alors son regard vers l'homme qui approchait pour s'excuser auprès d'elle-même. Il avait tout d'un bourgeois porté sur l'alcool et surtout d'un bedonnant égoïste mal-propre et désagréable avec ceux qu'il considérait comme des êtres inférieurs. D'ailleurs il parla de « vermine », ce qui acheva le tableau que Marine était en train de faire de lui. L'aristocrate ne supportait pas ce genre d'homme hautain et maladivement incorrect avec les pauvres hères. Aussi poussa-t-elle gentiment la jeune femme sur le côté pour se poster face à l'homme. Avec résolution et colère, elle enleva son gant droit et donna un coup bref et retentissant du dos de sa main contre la joue gauche du malotrus.


- Sachez, monsieur, fit-elle sèchement avec son accent français, que vous venez de gâcher mon plaisir ! Si vous n'aimez pas le violon, libre à vous d'aller baver devant les jupons colorés des filles d'à côté, mais veuillez laissez ceux qui apprécient cet art s'en réjouir en paix !

Son ton était sans réplique. L'homme avait été choqué. Il ne s'était pas attendu à pareille réaction de la belle et se tenait maintenant la joue avec incompréhension.
Marine n'attendit pas de réponse de la part de l'homme, elle prit la jeune femme au violon par le bras et commença à s'éloigner de lui. Cependant, une fois remis de ses émotions, l'homme, ignorant les regards des autres promeneurs qui avaient cessé leurs discussions pour reporter leur attention sur eux, fit trois pas et attrapa Marine par le col. Son haleine pestilentielle vint chatouiller l'odorat délicat de la jeune femme qui, stupéfaite face à ce retournement de situation, lâcha la violoniste.


- Dis-donc ma poule ! Où est-ce que tu t'crois ?! Depuis quand une dame se rebiffe-t-elle face au grand Stanislas Jackhill ?!

Marine, obligée de subir les postillons de l'homme, cligna plusieurs fois des yeux et fronça les sourcils. L'homme l'avait saisie par le col de sa robe, chose insupportablement rustre et violente. Les gentlemen qui étaient à l'entrée du Spirit commençaient à arriver en renfort mais Marine ne comptait pas se laisser faire en attendant qu'on vienne la sauver.

- Et depuis quand, monsieur, une dame doit-elle laisser une autre se faire violenter par un soudard de votre espèce?

Sur ces mots, la jeune française donna un coup pertinent à l'endroit le plus stratégique du monde pour la gente féminine toute entière. L'homme poussa un hurlement en la libérant pour occuper ses mains à d'autres priorités douloureuses.
Marine le poussa et s'enfuit dans une ruelle annexe, attrapant la jeune violoniste au passage. Elle tentait de tenir sa robe à crinoline afin d'éviter de la souiller outre mesure dans sa course mais ses bottines soulevait la terre et l'eau croupie restées entre les pavés.

Sans se soucier de l'agitation qui envahissait la place devant le Spirit, Marine continua hâtivement son chemin en maintenant la violoniste jusqu'à ce qu'aucun son ne puisse parvenir à leurs oreilles. Éreintée par cette course, Marine lâcha la jeune femme et s'adossa à un mur pour reprendre son souffle.


- Ces robes...souffla-t-elle, ne sont pas faites pour ce genre de folie...

Des perles de sueur transpiraient de son front et quelques mèches de sa coiffe retombaient maintenant devant son visage. Marine ramena son regard vers la jeune femme à ses côtés et lui sourit.

- Vous jouez si bien, fit-elle rayonnante. Ce lourdaud n'a eu que ce qu'il méritait !

Il était rare que Marine se mette dans de telles situations. A dire vrai, elle évitait les problèmes et sa gentillesse générale en faisait une femme très douce et tranquille. Cependant, ce soir, elle avait agit sans réellement réfléchir. La dignité de la femme, la reconnaissance des plus démunis, le respect des règles de bienséance...oui...finalement ses principes l'avaient poussée, sur le vif, à agir ainsi.

- Je suis désolée, ajouta-t-elle en toussant.

Elle était désolée, oui, que la jeune femme aie été ainsi interrompu. Mais qu'y pouvait-elle ? Pas grand chose. Elle était désolée pour le comportement de l'homme.

- Marine, fit-elle en se redressant et en tendant une main vers la violoniste. Marine Desmuguets.

Son sourire en disait long : c'était une aristocrate des plus courtoises mais aussi une femme forte derrière ce visage de porcelaine poudrée.
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MessageSujet: Re: Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42] Sam 7 Juil - 1:06

A peine fut elle poussée par ces mains d’homme, que sa chute fut amortie par le corps de la jeune femme, qui l’accueillit dans ses bras. Malgré les excuses de l’homme, Elie voyait la colère monter au visage de l’aristocrate. Avec douceur mais détermination, cette dernière poussa la vampire pour se poster devant elle, dans un geste de défense. Elie en fut la première surprise. Pourquoi cette inconnue la protégeait-elle ? Elle avait juste à passer son chemin et faire comme si de rien n’était. Après tout, la vie d’une « souillon » n’avait guère d’importance, on en dénombrait bon nombre dans les rues de Londres. Alors pourquoi cette contrariété ? Elie n’arrivait pas à comprendre ce sentiment humain. Elle demeura interdite, en retrait, ses yeux à présent fixés sur les moindres faits et gestes de l’inconnue, dans l’espoir de comprendre. Ce qu’elle fit encore, renforça l’incompréhension de la jeune femme. Retirant l’un de ses gants immaculés, sa main vint siffler contre la joue de l’homme, dans un geste vif. Peut-être même était-il malheureux… Avait-elle imaginé les conséquences de son acte ? Elle était une femme… Sans doute était-elle sans défense devant un homme bafoué dans son amour propre ! Comment allait-elle réagir ensuite ? Prendre la fuite… Ce serait bien digne d’un Humain…
Qui était-elle donc ? Un début de réponse fut apporté lorsque la jeune femme se mit à parler avec un accent fortement prononcé. Elle n’était pas Anglaise… C’était une évidence. Mais Elie n’aurait su donner une origine à celui-ci. Elle n’avait pas rencontré d’autres personnes que des Anglais… Ses victimes, elle ne prenait pas le temps de les écouter…
Mais cette fois, ces paroles étaient proférées dans le but de la défendre, vantant le plaisir qu’elle pouvait apporter par son violon. Ainsi, quelqu’un l’avait écouté dans cette ruelle. Son message avait-il trouvé quelqu’un sachant le déchiffré ? Inconsciemment, elle resserra un peu plus l’instrument contre sa poitrine.

Puis, l’inconnue l’attrapa par le bras, semblant, après son geste, s’aviser qu’il ne vaudrait mieux pas pour elles de rester près de cet homme discourtois. Mais trop tard. Elle n’avait pas emmené Elie à sa suite que l’ivrogne revint à la charge, saisissant par son vêtement l’aristocrate comme il l’aurait fait face à n’importe quel homme. Dans sa surprise, cette dernière lâcha Elie pour reporter son attention vers son agresseur. Il était pitoyable. L’alcool avait le don de le rendre écœurant et surtout pathétique, tant dans ses paroles que dans son attitude, en se vantant d’être Stanislas Jackhill, homme tout à fait inconnu pour Elie.
Une fois encore, la jeune femme fit face à l’homme, lui répondant une nouvelle fois d’une façon sèche, mais toujours courtoise. Fit suite, un geste bien placé, qui devrait lui couper toute envie libidineuse pour un bon moment. Elie en fut fortement amusé. Elle devait reconnaître que malgré la faiblesse des humaines en générale, celle-ci frappait peu, mais savait parfaitement bien choisir l’impact de ses coups. L’effet fut immédiat, puisque l’homme la lâcha. Sachant l’histoire close, la vampire voulu récupérer son étui qu’elle avait laissé au sol, mais à peine s’était-elle penchée que déjà l’aristocrate poussait l’homme pour l’empoigner à nouveau. Elie saisit l’objet du bout des doigts avant d’être entrainée une nouvelle fois à la suite de cette inconnue. Celle-ci semblait vouloir mettre le plus de distance possible entre elles et la scène de cette démêlée. Déjà, des badauds curieux de cette histoire entouraient l’homme. Elie entendait l’agitation au loin, ses sens de vampire décuplant son ouïe. Mais ses yeux suivaient la jeune femme qui s’abîmait dans sa course. Courir lui semblait fatigant, alors que pour la vampire, cela n’était qu’un enchaînement de gestes tellement enfantins… Si bien que lorsque l’aristocrate se stoppa enfin, toute essoufflée, Elie ne l’était pas du tout. Elle la regarda se rencogner contre le mur. Sa mise parfaite ne l’était plus… cela semblait lui donner un côté plus humain… ou du moins disons moins haut rang, mais plus proche des filles du bas peuple.
Elie quant à elle… était restée telle qu’elle était il y a quelques minutes. Elle se demandait si elle devait faire semblant d’être essoufflée. Cela ne serait-il pas étrange pour la jeune femme ? Et puis, pas une goutte de sueur, pas une once de fatigue ne perçait sur son visage. Elle ne savait pas qu’elle attitude adopter. Elle ne vivait jamais avec des humains, ne les côtoyait que quelques secondes. Jouer la comédie devait sûrement faire partie des attributions des vampires. Mais elle ne l’avait jamais appris. Tout cela l’ennuyait. Que faire ? Se débarrasser d’elle ? Cela aurait été facile, mais là se posait un dilemme moral. Après tout, elle avait été la seule qui l’ait défendu. La seule qui ait été suffisamment investie pour se sentir concernée par le sort d’une souillon ! La tuer comme ça de sang-froid serait sans doute une punition bien ingrate… pourtant elle l’était ingrate. Elle savait pertinemment qu’elle aurait bien pu se défendre sans elle. Cet homme aurait très vite fait le chemin inverse après s’être frotté à elle. Alors pourquoi écouta-t-elle cependant les paroles de cette femme ? Curiosité… Ce devait être la seule explication. Elle lui expliqua ainsi les difficultés à courir avec un tel accoutrement. Il est vrai qu’Elie préférait s’habiller en homme, lorsqu’elle devait produire un effort à la mesure de celui qu’avait fourni cette femme…

Un sourire de cette inconnue vint contraster celui, impassible, d’Elie. Elle continua ses paroles par un compliment, et cette remarque sur le sort réservé à l’ivrogne.

- Oui…

Ce fut la seule réponse que put sortir la vampire. Un oui pensif, un oui distant. Elle ne savait pas encore quelle attitude employer avec son interlocutrice. Encore moins lorsque celle-ci s’excusa. S’excusa de quoi au juste ? Pour le comportement de l’homme ? Avait-elle pitié d’elle ? Elle n’en voulait pas…
Aussi, lorsque la jeune femme se présenta poliment sous le nom de Marine Desmuguets en lui tendant la main, Elie recula d’un pas, son regard, impitoyable, se plantant dans le sien.


- Je ne veux pas de votre pitié… J’aurais très bien pu me débrouiller seule tout à l’heure !


Elle aperçut alors, posé contre le mur opposé, des cagettes servant à stocker le vin, empilées les unes sur les autres. Elle s’en approcha d’un pas rapide et énergique, posant dessus l’étui de son instrument qu’elle ouvrit. Elle y déposa l’objet responsable de toute cette histoire, avant de refermer la boîte d’un mouvement sec et de se tourner à nouveau vers l’aristocrate. Son ton se fit sec et tranchant.

- Que vouliez-vous prouver tout à l’heure miss Desmuguets ? Cet homme aurait très bien pu vous faire du mal…


Elle le savait, elle était injuste avec cette femme. Elle ne méritait certainement pas ces remarques en guise de remerciement. Malheureusement elle ne savait pas comment réagir autrement. Face à cet incompréhension de ce personnage, Elie réagissait comme elle savait le mieux faire… c’est-à-dire par l’agressivité.
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Marine Desmuguets
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MessageSujet: Re: Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42] Lun 9 Juil - 12:12

Marine reprenait son souffle. Le bas de sa robe blanche et bleu ciel était souillé par les pavés. La poussière alliée avec l'humidité avait créé un genre de petite boue fine qui collait aisément aux bottines. Mais l'aristocrate avait bien d'autres choses à penser pour le moment.

Face à sa poignée de main, la jeune femme au violon se contenta de lui jeter un regard noir et de refuser « sa pitié ». Marine resta un instant stupéfaite. Elle baissa sa main, regardant la violoniste ranger dans son étui le précieux instrument. L'aristocrate se redressa et soupira. Elle avait du mal à reprendre son souffle. Étrangement, la jeune fille, elle, ne semblait pas affectée par cette course. Elle devait être habituée aux cavales dans la rues. Peut-être même qu'elle était ainsi violentée très souvent. Au fond, Marine comprenait que la jeune femme soit quelque peu vexée d'avoir obtenu de l'aide d'une riche comme elle. Quoi de plus insupportable pour la classe la plus défavorisée que d'être aidée de cette façon par des membres de l'aristocratie ? Les membres de cette dernière passaient leur temps à vivre dans le luxe sans se soucier des autres. Et lorsqu'ils se préoccupaient des plus basses classes, c'était justement avec cette même violence dont avait fait preuve l'ivrogne devant le Spirit : par mépris, dédain et rejet.

Marine répondit quand même avec amabilité, toujours souriante:


- Je ne vous ai pas aidée par pitié, mademoiselle, et je pense bien que vous auriez pu vous défendre seule. Cependant cet homme ma dérangée moi aussi et je pense que ce malappris a eu ce qu'il méritait...

L'aristocrate défit son chignon qui était tout de travers. Ses longs cheveux d'ébène lui tombèrent jusqu'à la taille. Tout en relevant ces derniers pour les attacher de nouveau avec son ruban bleu, l'aristocrate continua :

- Je n'ai rien tenté de prouver...j'ai agi un peu par instinct, ce qui ne se fait pas dans mon milieu c'est certain...mais...je ne pouvais pas le laisser me parler ainsi, sur ce ton mielleux, alors qu'il venait de vous traiter comme un chien errant. Ce type d'homme me dégoutte ! Violenter comme ça une jeune femme dans la rue sous prétexte qu'elle joue du violon et qu'il n'a rien d'autre à faire que de se comporter comme un soudard...C'est exaspérant !

Marine plongea ses yeux d'azur dans ceux de la violoniste.

- Croyez bien que tous les aristocrates n'ont pas cette même aversion pour autrui. Être considérée comme « supérieure » par ce type d'homme en comparaison avec vous ne m'a vraiment pas plu. Libre à moi de choisir mes priorités par la suite.

Ainsi était Marine. Elle avait bien ramassé récemment un homme complètement drogué sous un pont pour le conduire à l’hôpital. Elle donnait son aide sans attendre de reconnaissance, c'était dans sa nature d'être quelque peu ferme face à l'injustice et au malheur d'autrui. Elle était profondément bonne et même si parfois ses agissement relevaient plus de l’inconscience que du courage, elle agissait toujours dans un but bienveillant.

Sa coiffure refaite, Marine regarda le bas de sa robe. Elle serait difficile à rattraper mais elle n'en avait cure.
L'aristocrate songea alors au spectacle et à son amie, Maria, abandonnée en pleine foule dans le salon. Elle allait s'inquiéter...


- Je...

La jeune française hésita. Non, elle n'avait pas envie de retourner dans cette ambiance et encore moins de faire face aux gentlemen qui avait tout vu devant le Spirit. Peut-être même que quelques uns les cherchaient désormais par pure conscience ? Non...L'égoïsme était monnaie courante par ici...
Marine chercha où s'asseoir et trouva bien vite une paire de cassiers empilés à l'envers.
Elle plia les pans de sa jupes et s'y assied tranquillement. Elle croisa ses bras, ramenant son châle sur ses épaules et observa la jeune violoniste avec un sourire aimable.


- Comment vous appelez-vous ? Je ne vous ai encore jamais vue par ici...

Marine se demandait si la jeune femme avait un toit ou si elle restait dans les rues. Elle se demandait aussi où est-ce qu'elle avait apprit à jouer du violon et si c'était son gagne-pain quotidien ou non. Mais l'aristocrate se contenta d'abord de cette première question, histoire de ne pas risquer de froisser à nouveau l'inconnue. Elle ne savait pas comment l'aborder. De tout son être émanait une méfiance dure et farouche. Elle était facilement irritable, aux vues de ses paroles, et Marine ne souhaitait pas la mettre mal à l'aise.
L'aristocrate regarda un peu autour d'elle. La ruelle dans laquelle ses pas l'avaient conduite était sombre et crasseuse. Un seul lampadaire éclairait la zone au bout de la rue adjacente. Des cagots, des caisses et autres se battaient avec les déchets pour obtenir une place sur les pavés. Le long des façades lugubres coulait parfois une goutte d'eau.
L'air commençait à se refroidir.
Marine frissonna. Elle se frotta les bras lentement.

Peut-être fallait-il tout de même retourner au salon? Maria allait déranger toute la maréchaussée pour elle si sa disparition durait trop longtemps. L'idée même que la violoniste puisse être accusée de quoi que ce soit à son sujet commençait à gêner Marine.
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MessageSujet: Re: Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42] Mar 17 Juil - 22:24

La nuit était déjà tombée lorsque Wynn sortit de chez lui. L'air était frais, la brise légère et le ciel était dégagé. Une nuit parfaite pour le vampire qu'il était. Rosalia semblait être rentrée chez elle depuis déjà quelques heures, et à sa grande surprise, Wynn n'en avait cure. Il s'était amusé avec la jeune humaine le temps d'un soir, mais à présent, tout cela appartenait au passé et il ne gardait ni remords, ni regrets. A vrai dire, il s'en fichait, tout comme il se fichait de la plupart des gens qui l'entouraient. C'était en quelque sorte sa manière de se garder de la cupidité des hommes, de leur hypocrisie et de toutes formes de malfaisance. Même si Rosalia lui avait prouvé le contraire tout au long de la soirée, elle n'avait pas été capable de changer la nature profonde de Wynn, qui restait un solitaire détaché de la réalité.
Son long manteau battant ses jambes au rythme soutenu de sa marche, Wynn avançait d'un pas déterminé dans les rues de Londres. Ce soir, il avait une affaire à régler avec un inconnu. Laquelle ? Peu lui importait. Une femme jalouse et possessive souhaitant ardemment se débarrasser d'un amant infidèle. Pas la première et certainement pas la dernière qui venait faire appel aux services du vampire. Wynn avait pour habitude de ne pas chercher à savoir si ce que l'on reprochait à ses victimes désignées était légitime ou non. Après tout, celui qui le payait avait tous les droits et la vérité, même déformée, lui appartenait.

Wynn ne savait que le strict minimum sur cet homme. C'était un jeune bourgeois frivole, qui vivait non loin de chez lui, à Trafalgar Square. Encore quelques rues et le pauvre homme tomberait entre les griffes du vampire...
Ayant prit l'apparence d'un nuage de cendres, Wynn pénétra chez l'inconnu, et ne lui laissa pas le temps de comprendre ce qui lui arrivait. Il mordit dans la chair tendre de sa gorge, lui aspirant le sang avec force et gourmandise. Lorsqu'il lui ne lui resta plus que quelques gouttes de sang, Wynn lui trancha proprement la gorge, masquant sa morsure par la même occasion. Le peu de sang qui restait dans le corps de l'homme se répandit au sol en une traînée rougeâtre et nauséabonde.
Le vampire ressortit de la même manière qu'il était entré, et entreprit d'aller faire un tour dans Londres. La nuit était agréable, et il tenait à profiter au maximum, d'autant qu'il était d'une humeur particulièrement agréable ce soir là.

Au détour d'une ruelle, il fut surprit d'entendre deux jeunes femmes discuter. Wynn n'avait pas pour habitude d'écouter les conversations d'autrui, aussi choisit-il de continuer son chemin, se retrouvant face aux deux demoiselles. L'une d'elle était vêtue d'une simple robe de coton, très ordinaire. Si sa tenue n'avait rien d'impressionnant, son allure et son aura, en revanche, trahissait une certaine noblesse. Mais plus que ses origines, c'est avant tout sa nature qui n'échappa pas à Wynn. C'était une créature de la nuit, tout comme lui. Bien plus jeune, certes, puisqu'ils avaient probablement plus d'un siècle d'écart, mais passé ce détail, ils n'étaient pas si différents l'un de l'autre. L'odeur du sang qu'il venait d'ingurgiter devait probablement la faire frémir, ce qui fit sourire un instant le musicien, qui finit par poser son inquiétant regard noir et améthyste sur la seconde jeune femme.
Elle avait tout d'une humaine. D'une ravissante humaine, qui plus est. Richement vêtue malgré le bas de sa robe abîmée, son parfum fleurit ne pouvait tromper Wynn. Elle appartenait à l'aristocratie, tout chez elle, de sa tenue droite et élégante à ses mains fines et délicates reflétait ses origines.
Wynn resta impassible, mais intérieurement il arborait une mine dégoûtée. Il n'avait jamais aimé les nobles, c'était un principe arbitraire et purement idiot.
Pourtant, c'est un parfait gentleman qui s'adressa aux deux femmes, en esquissant une courbette.


-Mesdames... Pardonnez mon audace, mais... Que font deux jeunes dames de votre condition dans ce coin reculé de Londres, et à heure telle heure ? Il rôde de bien étranges personnages dans les rues, la nuit..., dit-il d'une voix chaude et grave.

Par étrange personnage, il se visait en partie, conscient de ne pas être l'homme le plus fréquentable qui soit...
Soudain, une rumeur grandissante lui fit relever la tête, et Wynn plissa les yeux en regardant au loin, vers les rues plus fréquentées. Ecoutant un moment, il finit par regarder de nouveau en direction des deux jeunes femmes.


-Hum... L'une de vous deux se prénomme-t-elle Marine ? Il me semble avoir entendu ce nom...

Wynn frémit un instant. Jouer à ce point l'homme serviable lui coûtait plus qu'il ne l'aurait imaginé, et passé ce moment, il se tut, revenant à son habituelle attitude taciturne et mystérieuse. Les passants étaient trop éloignés pour que Wynn détermine s'ils étaient inquiets et belliqueux, mais il était curieux d'en savoir un peu plus sur l'étrange tableau se déroulant sous ses yeux...



(HRP: Bien le bonsoir mesdames!! Etant orphelin de rpg, je me permet de me joindre à vous, si cela ne vous ennui pas!)
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MessageSujet: Re: Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42] Mer 18 Juil - 17:20

La gentillesse de Marine agaça la jeune vampire. Face à cette impertinence, ce manque total de gratitude, pourquoi gardait-elle son calme ? Pourquoi tant de patience envers un être comme elle. Enfin… sa vraie nature, elle ne semblait pas l’avoir découverte. Une chance ? Pas aux yeux d’Elie au vue des réactions de l’aristocrate. Elle savait composer avec de la peur, de la colère, de la haine voire même le dégoût, mais la compassion… ça jamais ! Elle ne comprenait définitivement pas cette humaine. Le voulait-elle vraiment ? Peut-être pas… Elle se réfugiait derrière les seuls sentiments qu’elle connaissait, sans doute par peur. Elle n’était plus humaine, elle était devenu un monstre, pouvait-elle encore comprendre toutes ces émotions ? Il était facile pour elle de se réfugier derrière un masque de cruauté. Mais la vérité était tout autre. Cette peur était bien là… Celle de ressentir comme tout être humain… Et à nouveau de souffrir. Il n’était plus question de se laisser attendrir. Aucune marche arrière n’était possible. C’était une leçon qu’elle avait apprise à ses dépens.

Ainsi, ce fut sans un mot qu’elle écouta l’aristocrate parler. Son visage devint inexpressif, comme si elle n’était plus personne. Une coquille vide…
Le discours de Marine sonna comme un aveu aux oreilles d’Elie. Un acte d’égoïsme.. Le confort personnel… Voilà tout ce qui intéressait les humains.
La jeune femme, tout en se recoiffant, continua sur sa lancée. Cette fois elle dérouta la vampire. Avait-elle agit égoïstement ? Ou bien était-ce vraiment par compassion comme elle l’affirmait ? Après tout, Elie ne voulait pas savoir. Cela bouleverserait toutes ses réflexions. Elle préféra, pour tromper son embarras, épousseter sa robe d’une poussière qui n’existait que dans son imaginaire. Sans doute un vestige de ses anciennes habitudes… Elle s’appuya ensuite contre les cagettes, plus par lassitude que par besoin. Son regard accrocha alors celui de l’aristocrate. Sa phrase, cette moralité qu’elle affichait fit l’effet d’un coup de poing à l’estomac à Elie. Oui… Cette humaine lui rappelait ce qu’elle était avant de se transformer en monstre. Elle aussi accordait peu d’importance au statut social… Elle considérait même ses domestiques comme des membres de sa famille. Le mépris des autres n’avait jamais été l’une de ses caractéristiques… jusqu’à présent. Toutes ses valeurs s’étaient envolées en même temps que son humanité. Alors pourquoi ressentait-elle ce tiraillement au cœur ?

Son visage s’assombrit mais perdit malgré tout de sa fermeté. Seuls ses yeux trahissaient ce combat qui faisait lieu en elle. Un combat entre son humanité et le monstre en son sein.
Puis Marine sembla hésiter, commençant sa phrase sans la finir. Elle prit finalement le parti de s’assoir. Elie la regarda faire silencieusement. Elle laissait au soin de l’humaine de diriger la conversation. Après tout, que pouvait-elle bien lui dire ? Qu’elle était un monstre ? Qu’elle vouait sa vie à une vengeance impossible et l’utopie de retrouver son créateur disparu ? Pathétique… Sa vie n’était qu’un enchaînement d’absurdités. Peut-être devait-elle tout abandonner ce soir… Elle tenait à la vie, mais cette vie était inaccessible. Redevenir humaine était impossible… Vivre en tant que monstre lui était devenu insoutenable. Sa course commençait à l’essouffler. Il lui fallait trouver un dénouement.

Puis Marine, toujours aussi calme, lui demanda son nom. Le vampire détourna aussitôt la tête, ses yeux se fixant sur le sol comme pour cacher la vérité sur son identité. Comme pour lui cacher ce nom qui lui en avait coûté. Elle préféra se redresser et tourner le dos à l’aristocrate. Ce fut un nouveau mensonge qui sortit de ses lèvres. Encore un… Murmuré dans l’obscurité de la ruelle.


-Elizabeth Dawson…


Ce nom, elle l’avait déjà prononcé, quelques nuits plus tôt.
Elle se retourna à nouveau pour faire face à Marine. Son regard, bien plus humain qu’auparavant, se posa avec un certaine envie sur l’humaine lorsque celle-ci frissonna. Le froid… Elle le connaissait bien. Le froid de la mort… Ce n’était aucunement identique à celui que ressentait les humains. Cette incapacité d’éprouver les mêmes sensations que les humains était un lourd fardeau pour Elie.

Cherchant quoi dire pour briser la pesanteur qui commençait à régner, elle n’eut pas le temps de réfléchir outre mesure. Au détour de la ruelle, un homme fit irruption au milieu de cette scène. Il arborait une magnifique chevelure argentée, tandis que ses yeux extraordinairement violets, les détaillaient chacune. Au vue de son habillement soigné, Elie déduisit qu’il faisait partit soit de la bourgeoisie, soit de l’aristocratie. Mais ce qui la frappa le plus, ce fut cette odeur de sang qui l’accompagnait. Elle identifia immédiatement l’individu comme l’un de ses semblables. Elle frémit quelques instants. Cette douce flagrance excitait ses sens. Sa soif, non étanchée mais demeurée calme jusqu’à présent, se réveilla, aussi violente qu’un ouragan.
Elle écouta à peine les paroles de l’homme. Son regard n’avait plus rien d’humain, tout comme son visage. Ses yeux étaient braqués sur les lèvres de l’homme, comme hypnotisés. Elle imaginait déjà le liquide vermeille couler sur ses lèvres… Elle en humait l’odeur, se figurant déjà son goût. Son palais s’assécha, ses canines la tiraillaient tandis que ses sens s’affolaient et que ses pensées ne parvenaient plus à être cohérentes. Le monstre se réveillait. Elle n’avait aucun contrôle sur sa soif. C’était comme un barrage qu’on déversait. Elle devenait aussi incontrôlable que l’eau qui s’en déversait. Son humanité n’existait plus. Il ne restait que l’instinct sauvage de survie et de meurtre. Et cette envie de mordre, insidieuse. Ses idées n’étaient plus claires et répétaient toujours la même rengaine… mordre !

Tout son corps se crispa contre cette envie impétueuse. Elle recula précipitamment contre le mur, renversant sur son passage des cagettes. Rencognée contre celui-ci, son visage se tourna avec une lenteur effrayante vers Marine. Son regard remonta alors le long de sa carotide, ses yeux carnassiers palpitants déjà d’envie. Elle souffla alors d’une voix sifflante, déformée par la soif :


-Partez… Vite !

Cet ordre véhément s’adressait aux deux. Même si le sang de l’humaine serait son premier choix, le vampire dégageait une telle odeur de sang humain qu’elle pourrait également le mordre dans sa folie.
Or elle ne voulait ni boire le sang d’un vampire, et encore moins celui de Marine. S’il y avait bien quelque chose qu’Elie ne voulait pas, c’était devoir quelque chose à quelqu’un. Morte, elle lui serait toujours redevable…

Mais déjà, entêtée par l’odeur, elle ne put lutter plus longtemps contre la soif. Elle bondit vers l’humaine…


[HRP : pas de souci pour mon cas, c'est même avec plaisir que je t'accueille dans le RP ^^]
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Marine Desmuguets
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Emploi/loisirs : Lire, étudier les sciences.
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MessageSujet: Re: Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42] Jeu 19 Juil - 14:27

[HRP/ Pas de problème Wynn, tu es le bienvenue, ce post n'est pas privé ! ^^/HRP]

La française commençait à être transie. Le froid la pénétrait doucement tandis qu'elle se frottait les bras avec son châle. Assise sur les cagettes, elle souriait à la jeune violoniste. Cette dernière lui paraissait toujours renfrognée. Elle comprenait qu'elle puis avoir quelques haine envers les gens de son rang, mais malgré tout l'aristocrate voulait lui prouver par son calme et sa présence à ses côtés que la classe sociale ne faisait pas tout. Même si Marine était née dans le luxe, même si elle avait appris à rester à sa place dans les salons et autres lieux mondains, la rue lui offrait en et instant la possibilité de dialoguer avec une personne d'un autre monde que le sien et elle n'allait pas laisser cette chance lui échapper. Cette jeune femme avait été menacée et frappée par un ivrogne, elle avait réagit sans réellement songer aux conséquences. Cela avait été un pur réflexe. Cet homme lui avait fait horreur, la claque était partie sans avoir été réfléchie. Maintenant qu'elle se retrouvait dans cette ruelle sombre et humide, Marine ne regrettait pas son geste. Même si l'angoisse commençait à lui saisir le cœur, la faisant observer chaque recoins et chaque mouvement avec appréhension, l'aristocrate était heureuse de discuter avec la violoniste.

Cependant, la jeune femme ne s'ouvrit pas plus, au fur et à mesure que la française tentait de lui paraître sympathique. Cela était quelque peu perturbant. Mais heureusement, Marine n'était pas du genre à abandonner facilement les conversations. Elle était consciente qu'un blocage devait gêner la jeune femme, le blocage social, la volonté de se défendre seule, une certaine fierté à sauver. Mais toutes ces raisons, aussi valables soient-elles, ne justifiait pas un éventuel échec dans l'entreprise qu'elle avait de s'en faire une agréable connaissance.

Bientôt, la jeune femme donna son nom. Marine trouvait son attitude étrange. Non seulement elle paraissait gênée, mais en plus elle n'avait pas l'air tout à fait sincère, comme une enfant qui veut dissimuler des choses dans l'ombre de ses tiroirs. Néanmoins, l'aristocrate n'y prêta pas vraiment attention, préférant se focaliser sur le positif.


- Elizabeth Dawson ? Répéta-t-elle en souriant. C'est un joli prénom. J'aime beaucoup Elizabeth, c'est un prénom qui sonne bien et qui donne une touche de prestance. Enfin je trouve...

Les beaux yeux bleus de la française brillaient dans la lumière de l'unique réverbère. Elle voulu commencer à discuter plus intensément, profitant de cet apparent effort de la jeune violoniste.

- Vous êtes née ici, en Angleterre ? Moi je viens de France, c'est pour cela que mon accent est particulier. Rit-elle gentiment. Votre nom est très anglais, à moins que vous ne veniez des Amériques ?

Marine songea à tout ces pays qu'elle n'avait jamais vu et qu'elle ne verrait sans doute jamais. Son esprit s’égara quelques secondes dans des rêves de voyages outre-mer et de découverte à l'autre bout du monde. Sa passion des sciences l'avaient souvent menées à des ouvrages universaux dans lesquels on pouvait aisément trouver des croquis d'animaux exotiques et de nouvelles expériences scientifiques concernant la météo, l'énergie et les moyens de transports.

Mais bien vite, la jeune française revint à la réalité. Son regard qui s'était perdu un instant dans les cagettes et autres débris qui traînaient-là revint dans les yeux de la violoniste.


- Excusez-moi, je suis naturellement curieuse, je suis scientifique. J'aime imaginer que vous venez de loin.

Évidemment cette remarque enfantine fit rire à nouveau Marine qui ne pouvait s'empêcher de trouver ses propres pensées complètement idiotes. Malgré son esprit très terre à terre, c'était une spécialiste des rêves farfelus. Elle inventait souvent des vie aux passants qu'elle croisait. Elle se demandait toujours d'où ils venaient, de quoi était faite leur vie, s'ils auraient aimé converser avec elle de plantes et autres sujets scientifiques qui l'obsédaient.

Un homme arriva soudainement au bout de la rue. Marine sursauta. Son cœur manqua un battement tellement elle fut surprise par cet inconnu qui se profilait au loin. Ses pas l'amenaient directement vers elles. La française s'imagina maints scénario possible. Cet homme pouvait très bien les prendre pour des prostituées et les violenter. Il pouvait aussi bien les agresser par simple démence ou pour de l'argent. A moins que ce ne soit un gentleman du Spirit ? Il fallait se tenir prêtes à toute éventualité. Elizabeth sembla soudainement tendue. Comme elle, elle devait craindre quelques gestes sournois de cet homme.
Marine porta la main à ses jupons pour vérifier que son petit poignard se trouvait toujours accroché à ses bas. Il y était. Cela la rassura un peu mais aurait-elle le temps de le sortir s'il avérait dangereux ?

Lorsque l'homme fut à leur hauteur, Marine était descendu des cagots et se tenait debout, droite et inquiète. Mais l'homme les salua avec distinction. Sa courbette aimable ainsi que ses paroles rassurèrent Marine. Apparemment c'était bien un gentleman qui passait par-là et qui venait tout simplement s'enquérir de leur santé. Deux femmes ainsi perdues dans une telle ruelle avait de quoi intriguer un pareil homme.
Marine fut frappée par les iris de l'inconnu. Elle n'avait jamais vu de yeux aussi surprenants que les siens. Ils étaient tout simplement d'un violet profond, brillants et tintés d'un soupçon d'animalité étrange. Les cheveux de l'homme étaient eu aussi particuliers. Leur couleur ne semblait pas naturelle. Tout chez lui était fascinant. Marine ne pouvait en détacher ses yeux d'azur.

L'homme sembla tendre l'oreille. Puis il demande si l'une d'entre elles s'appelait bien Marine.
L'aristocrate rougit un peu. Elle songea au scandale devant le Spirit. Était-il venu la rechercher sur demande de Maria ? Ou avait-il assisté à la scène ? Elle était un peu honteuse finalement. Mais peut-être aussi qu'il n'avait qu'entendu son nom dans la bouche des dames et des messieurs agglutinés devant le salon ?


- Je...Oui, fit-elle de sa douce voix. Je me nomme Marine Desmuguets et voici Elizabeht Dawson. Elle sourit d'un air aimable en esquissant un signe de tête en guise de courbette. Et vous monsieur ? Que nous vaut l'honneur de votre inquiétude ? Nous avez-vous donc cherchées ?

Si cela avait été le cas, Marine était prête à lui exprimer toute sa reconnaissance. L'attention n'était plus guère d'actualité et si cet homme était venu à leur rencontre pour les ramener au Spirit, cela était fort gentleman de sa part. Mais s'il était venu simplement pour s'enquérir de leur santé, avec un simple nom sur les lèvres, cela restait aussi agréable.

Mais la discussion ne pouvait continuer. Elizabeth commençait à s'agiter étrangement. Marine avait noté qu'à l'arrivée de l'homme la jeune violoniste avait eu une soudaine attitude mêlée de méfiance et d'une forme de colère intérieure. La française avait mit cela sur le compte du rang apparent de cet homme. Elizabeth pouvait aussi bien se méfier de lui comme elle s'était méfié d'elle. La jeune femme pouvait renvoyer sur lui toute sa haine de la haut société. Mais peut-être aussi qu'elle le connaissait ? Maintenant que Marine voyait la jeune femme trembler, elle se demandait si cet homme n'était finalement pas le complice qu'une paire de maltraitances sur cette dernière. Son front se fit plus sévère au fur et à mesure que les battements de son cœur se faisaient plus forts. Pourquoi Elizabeth regardait-elle cet homme avec pareille insistance ? Qu'est-ce qui l'énervait à ce point ? Qu'est-qui l'effrayait peut-être ?

Mais Marine n'eut pas le temps de se poser plus de questions. La jeune femme eut un mouvement violent et elle bouscula plusieurs cagettes qui tombèrent au sol dans un fracas effroyable. La ruelle amplifia le son du bois contre le pavé. La jeune française sursauta.


- Elizabeth ? Se risqua-t-elle. Qu'y a-t-il ?

Elle voulu approcher la violoniste mais son regard assassin l'arrêta immédiatement. Ses yeux l'avaient dévorée comme si elle avait prévu de lui trancher le cou. Marine ouvrit la bouche mais ce fut la violoniste qui parla la première. Ce fut un ordre. Un ordre bref et terrible. L'ordre de fuir.
Marine eut un instant d'incompréhension totale, puis elle prit peur. Elle recula d'un pas. Elle allait demander de l'aide à l'homme, des explications, quelque chose, n'importe quoi pour aider la violoniste et comprendre la situation, mais cette dernière lui sauta alors dessus.

Marine poussa un cri aiguë et esquiva la jeune femme en prenant les jambes à son cou. Elle ne fit pas attention à l'homme, préférant l'oublier. Qu'arrivait-il à la violoniste ? Pourquoi tant de colère ? Marine attrapa les pans de sa robe pour courir plus vite sans risquer de se prendre les pieds dans le tissu gonflé. Elle sentit son couteau contre sa jambe. Dans sa course, elle releva ses jupons pour le sortir tout en continuant d'avancer dans les sombres rues. Elle ne savait pas où aller. Elle ne reconnaissait rien. Où était le Spirit ? Il faisait si sombre ! La française finit par disparaître dans une petite ruelle pour se cacher dans l'ombre. Elle longea les murs poisseux et se tint droite, cachée derrière un tas de caisses en bois qui encombraient heureusement les lieux. Son couteau contre sa poitrine qui palpitait comme jamais, elle ferma les yeux un instant pour tenter de reprendre son souffle. Elle transpirait beaucoup avec ces vêtements, et ce malgré l'humidité et le froid qui s'était installé sur Londres en cette heure. Rouvrant les yeux, elle priait en secret que son amie Maria avait remarqué sa bien trop longue absence et qu'elle la cherchait. Elle espérait qu'elle arriverait accompagnée pour la libérée de cette situation critique. Peut-être que le gentleman avait réagit ? Peut-être que d'autres arriveraient ?
Discrètement, elle jeta un coup d'oeil derrière les caisse pour voir le début de la rue adjacente. Il n'y avait rien. Les avait-elle semés ? Elle regarda autour d'elle d'un air inquiet. Où était-elle ? Elle s'était égarée !
L'angoisse pétrifiait maintenant l'aristocrate. Tout cela n'aurait pas eu lieu si elle était restée dans le salon. Quelle idiote avait-elle été d'en sortir et de se fourrer dans un tel pétrin ! Elle commençait, cette fois, à regretter son geste...
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MessageSujet: Re: Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42] Ven 20 Juil - 23:25

La tension était montée à une vitesse impressionnante, et se répandait à présent comme une traînée de poudre, prête à prendre feu. Wynn pouvait presque toucher du doigt cette tension, et sentait à quel point sa présence avait affecté la jeune vampire. Il n'avait pas une goutte de sang sur lui, mais s'étant nourrit depuis quelques minutes seulement, il en gardait une certaine odeur, que seuls les vampires pouvaient sentir. Leur sens olfactif était tellement développé qu'il leur permettait de sentir et pister une personne sur plusieurs kilomètres.
De part son âge et sa maîtrise, Wynn se sentait rarement affecté en présence d'un vampire ayant bu peu de temps avant, sauf s'il était lui même affamé. Mais il se souvenait à quel point surmonter son animosité avait été difficile, et comprenait parfaitement ce que ressentait Elizabeth. Pourtant, Wynn ne put s'empêcher d'esquisser un sourire purement mauvais. Être compatissant ou avoir de la pitié n'était pas dans sa nature, et il finit par détourner le regard pour s'intéresser à nouveau à Marine, qui semblait intimidée ou gênée.


-Ravi de faire votre connaissance, Marine Desmuguets, susurra Wynn d'une voix aimable en se penchant pour déposer un léger baiser sur sa main. Je me nomme Wynn Leichenhalle. Je n'habite pas très loin, et je me promenais, quand je vous ai entendu parler... J'ignore la raison de votre présence, mais si cela peut vous rassurer, je ne suis pas ici pour vous nuire. Je ne suis qu'un humble musicien...

Ce qui était en partie vrai... Sa couverture l'avait servit à la perfection, jusqu'à présent. Seuls ses clients savaient qu'il était en réalité assassin, et peu d'entre eux l'avait rencontré. Wynn privilégiait les relations épistolaires, pour plus de discrétion. Il ignorait pourquoi les deux femmes se trouvaient en ce lieu, ni pourquoi Marine semblait avoir espéré que quelqu'un vienne les chercher. Se tournant vers Elizabeth, Wynn la salua d'un signe de tête, préférant ne pas s'approcher d'elle pour ne pas attiser sa faim et risquer de la rendre plus agressive. Elle était déjà sur le qui vive... Prête à bondir... Ses yeux luisaient de faim et de cruauté, une lueur animale qui ne demandait plus qu'à bondir hors du refuge de ses iris. De part l'aura qu'elle dégageait, Wynn lui donnait moins de cinquante ans, peut-être même moins de trente. Il comprenait à présent que la lutte devait être rude, et lorsqu'elle lui souffla de s'en aller, il comprit qu'ils avaient atteint le point de non retour.
Instinctivement, Wynn porta la main à sa ceinture où reposaient ses revolver, prêt à dégainer et tirer si la jeune vampire tentait quoi que ce soit. Mais lui craignait moins que Marine, qui était humaine...
Et c'est sur elle qu'Elizabeth se jeta, le regard fou et les crocs saillants.

Wynn réagit avec une rapidité déroutante. Alors que Marine s'enfuyait, poursuivie par Elizabeth, il prit sa forme favorite, celle d'un nuage de cendres, et se lança à son tour à la poursuite de la vampire. Malgré le poids apparent de sa robe, Marine courrait de plus en plus vite, tournant dans des ruelles toujours plus étroites et sombres. Un bien pour un mal. Elle serait plus difficile à retrouver, mais si Elizabeth la trouvait, Marine ne pourrait plus s'échapper.
Wynn ne comprenait d'ailleurs pas pourquoi il cherchait à aider la jeune humaine... Il n'avait pas plus d'attachement pour les humains que pour qui que ce soit d'autre. Il s'en fichait royalement. Mais l'apparente attitude froide d'Elizabeth, masquant sa nature bestiale lui rappelait sa propre histoire, et la difficulté qu'il avait eut à surmonter l'appel incessant du sang. Wynn ne voulait pas spécialement l'aider, mais il savait ce que cela signifiait : Elizabeth semblait seule, incontrôlable et affamée. Elle aussi avait probablement été livrée à elle même et seule face à une nouvelle nature inconnue et difficilement contrôlable. Mais tout cela restait de l'ordre de la supposition, car Wynn ne savait rien de cette vampire, à part son nom.

La poursuivant toujours, le vampire déploya son corps de cendres tout autour d'Elizabeth pour l'encercler et l'aveugler. Il reprit forme humaine et lui saisit les poignets, la dominant de deux têtes. Le regard sévère et le visage impassible, il tentait de la contenir. S'il était puissant et plus musclé qu'elle, il fut surprit de la force brute dont elle faisait preuve. Il l'avait sous estimé, et comprit rapidement que la force d'un jeune vampire affamé dépassait celle de nombreux vampires vieux et expérimentés.


-Si tu ne te calmes pas rapidement, je vais être obligé de t'assommer, murmura-t-il d'une voix menaçante et froide. Si tu n'apprends pas rapidement à te contrôler, tu resteras l'esclave de ta fin pour le restant de tes jours... Tu auras tout juste le temps d'épancher ta soif avant que les hunter ne t'ajoutent à leur liste et t'abattent comme un vulgaire gibier... Ce n'est pas ce que tu souhaites, n'est ce pas... ?

Il la regarda droit dans les yeux, impassible, tentant toujours de la contenir comme il pouvait. Il ne la laisserait pas toucher à Marine, pas plus qu'il ne la laisserait se jeter sur le premier gentleman venu. Si elle avait faim à ce point, il fallait qu'elle apprenne à viser un peu moins haut dans la hiérarchie...

-Réfrène ta colère, ignore la faim et tu ne seras plus dépendante de tout ça. A moins que tu ne préfères devenir une vulgaire goule rampante se jetant sur le premier venu... Je n'agis pas ainsi pour protéger une humaine dont je n'ai que faire, pas plus que je ne fais ça pour te montrer ma sympathie. Mais j'exècre les vampires qui n'essayent pas de se contrôler... Alors montre moi donc de quoi tu es réellement capable...

Il sourit d'un air inquiétant et mystérieux, bien décidé à ne pas la lâcher aussi facilement. Tournant la tête vers l'arrière, il
cherchait Marine du regard, espérant qu'elle avait trouvé un refuge pour échapper à la fureur d'Elizabeth.
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MessageSujet: Re: Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42] Sam 21 Juil - 16:27

La Française avait réussi à retenir l’attention d’Elizabeth. L’évocation de la France l’avait surprise. C’est vrai qu’elle avait un accent… Elle n’était sûrement pas Anglaise au contraire du vampire. Elie avait toujours vécu en Angleterre. Elle aurait aimé voyager, visiter cette France qu’on disait si accueillante. Elle voulait apprendre sa culture, son histoire, comme celle de bien d’autres pays par ailleurs. Malheureusement elle se voyait mal voyager à présent. Passer tout le trajet en fond de cale avec pour seule nourriture les rats ou les passagers du bateau… Ce n’était guère propice pour un vampire ! Il était trop tard… Trop tard pour vivre ce qu’elle n’avait pu faire en étant humaine. Cette femme, cette dénommée Marine avait bien de la chance d’avoir eu accès à tant de choses ! Le voyage, la connaissance… Cette humaine avait tout ce qu’Elie aurait pu vouloir… Elle représentait une vie passée, une vie que la vampire regrettait. Elle n’avait jamais eu l’occasion de beaucoup bouger, même au sein de l’Angleterre. Ses parents étaient constamment en déplacement, au service de la Reine. Elle, elle restait dans la demeure familiale, attendant leur retour avec un peu plus d’impatience encore entre chaque visite. Elle ne connaissait que Londres… Elle devait bien reconnaître que c’était une maigre connaissance… Mais pour compenser, elle s’était plongée dans sa jeunesse dans les ouvrages, se plaisant à imaginer ce qu’elle lisait, donner une image aux lieux dont elle entendait parler. Son imaginaire avait été son moyen d’évasion… Elle comprenait aujourd’hui, à quel point sa vie d’antan avait aussi été une prison. Une prison d’illusions et d’attentes. Elle avait passé sa vie dans l’attente sans réellement profiter de ce qui se présentait à elle. Et maintenant qu’elle s’en rendait compte… il n’était plus temps de l’accomplir… Elle en ressentait un profond regret… Et bientôt… un autre se profilait dans la ruelle… Celui de sa perte total de contrôle… celui de sa faim, incontrôlable, venant encore ôter la vie à des innocents !

Même Marine fut tendue lorsque l’homme arriva. Elle devait sentir un danger. Malheureusement pour elle, le danger n’était pas où elle le croyait ! Leur échange fut courtois, tout d’un discours mondain. Quant à elle… Chaque mot qu’ils prononçaient était un peu plus un supplice. Partez… Partez ! Elle voulait leur crier, elle ne voulait pas encore céder au monstre en elle. Mais sa volonté était bien vite écrasée. Bien trop vite ! Son maître avait essayé de lui apprendre à la maîtriser. Sans doute y avait-il eu un progrès dans les premiers temps… Mais tout cet apprentissage s’était écroulé lorsqu’il avait disparu ! Cela faisait 5 ans qu’elle était devenue un vampire… 5 ans ! Bien peu dans la vie d’un vampire ! Et pas assez pour apprendre parfaitement la maîtrise de soi-même !
La pauvre humaine ne devait pas comprendre ce qui arrivait. Le vampire, quant à lui, avait sans doute perçu le changement d’attitude d’Elie puisqu’il avait gardé des distances. Mais ce ne fut pas suffisant pour l’aider à se contenir. Son odorat captait toutes les effluves du sang qu’il venait de boire. Deux ou trois mètres de plus ou de moins ne changeraient pas le fait qu’elle ne parviendrait pas à se contrôler. Et c’est ce qui se produisit. Elle sauta sur Marine. Par chance, celle-ci parvint à l’esquiver et prendre la fuite. Le monstre se réceptionna félinement sur le sol, pour bondir à nouveau à la poursuite de l’humaine, sans se préoccuper de son congénère. L’humaine courrait vite… Mais ça ne serait jamais assez pour semer un vampire. Elie sentait son cœur battre précipitamment, la peur lui enserrer les tripes, et cela l’excita plus encore. Sa proie s’affolait, elle avait peur, ça ne faisait qu’empirer l’envie qu’avait le prédateur qu’elle était de la saigner. Elle pouvait suivre son odeur, entendre le claquement de ses chaussures sur les pavés, entendre sa respiration haletante… La traque ne serait pas bien longue… Bientôt ses crocs seraient dans sa chair. Et dans celle d’autres gens encore… Le monstre n’allait pas s’arrêter à une seule victime…

Alors qu’elle poursuivait sa victime, semblant se rapprocher de plus en plus d’elle, un écran de cendres vint obstruer sa vision. Le vampire poussa un cri de rage, prêt à le traverser pour continuer sa route. Mais le vampire, Wynn d’après sa présentation, se matérialisa devant elle. Dans son élan, Elie percuta de plein fouet l’homme, la faisant rebondir en arrière. Elle aurait pu rebondir loin si Wynn ne l’avait pas saisi par les poignets, ce geste restaurant immédiatement l’équilibre du vampire. Elle repartit aussitôt à l’assaut, luttant pour se dégager de l’étau des mains de l’homme. Sa rage croissait, encore… Se mettre entre elle et sa proie pouvait paraître totalement insensé ! Heureusement, il devait avoir beaucoup plus d’années qu’elle, ceci lui donnant un avantage certain pour la maîtriser. Dans sa folie, Elie lui donnait quelques difficultés. Elle ne se maîtrisait plus, ses muscles bandés au maximum donnaient toute leur puissance pour se lancer à nouveau à l’assaut.
Le regard impitoyable était plongé dans ceux, carnassiers, d’Elie. Le monstre se fichait du visage dur que le vampire lui adressait. Il se fichait de tout, il se fichait de la morale, des sentiments. Tout cela était relégué au plus profond d’elle. Il la menaça de l’assommer si elle ne le calmait pas immédiatement. Cela aurait pu être une bonne solution certes… Il ne pensait quand même pas arrêter le monstre qu’elle était seulement avec des mots. Mais cette solution, aussi efficace qu’elle aurait pu être dans l’immédiat, ne faisait que reporter le problème… A son réveille, sa soif serait toujours là, voire pire encore ! Tout serait alors à recommencer ! C’était triste à dire, mais lorsqu’elle était affamée ainsi, il fallait qu’elle se restaure pour recouvrer la raison.
Wynn continua en la mettant en garde contre les hunters. Il est vrai qu’elle n’allait pas s’en faire des amis. A force de laisser des cadavres derrière elle, elle allait se faire remarquer et traquer. Contre une horde de hunter elle n’avait aucune chance. Elle avait tant de choses à apprendre encore ! Mais ça, c’est une notion que la soif ne prenait pas en compte. Elle avait besoin de sang, envers et contre tout. C’est avec encore plus de force qu’elle essaya de se dégager de lui, son regard, animal, défiant celui qui osait s’interposer. Mais l’homme ne se démonta pas, continuant sa réprimande. Il justifia son acte de défense de l’humaine, prétextant l’horreur qu’il avait d’un vampire ne se contrôlant pas. Dommage pour lui, il était mal servi avec Elie. De plus, elle non plus n’avait que faire d’un vampire qu’elle ne connaissait pas. Déjà qu’elle avait du mal à avoir de la sympathie envers quelqu’un qu’elle voyait régulièrement, elle ne pensait pas en avoir pour un parfait inconnu. Il la mettait au défi, lui intimant de contrôler sa faim et sa colère. Mais comment faire quand on être entier était entièrement empreint de colère ? Comment faire pour refermer cette plaie béante dont elle s’échappait ? Comment faire quand la faim prenait le contrôle au point que la conscience même du vampire était reléguée au second plan ?
Elle sentait tout son être bouillonner. Elle n’était que colère envers les autres. Pour elle ils étaient tous coupables. Ils étaient cupides et égoïstes… Rien ne les intéressait d’autre que leur petite personne. Mais elle était aussi en colère envers elle-même. Elle s’en voulait de ne pas se contrôler, elle s’en voulait de laisser le côté qu’elle détestait le plus en elle prendre le dessus, et contrôler tous ses faits et gestes. Elle s’en voulait d’être un vampire. Ce qui incluait qu’elle en tenait rigueur à son créateur Tharin… Tout comme elle lui ferait payer si elle le revoyait, le fait de l’avoir abandonnée, livrée à elle-même, sans aucune connaissance de ce qu’entrainait sa condition vampirique.
Mais elle voulait lutter. Elle voulait croire qu’elle pouvait limiter la catastrophe qui se préparait…

Elle serra les poings, son visage crispé par cet effort de concentration. Elle sentait sa soif faire rage. Ses idées peinaient à trouver place dans sa conscience. Ses mains tremblaient, ses phalanges blanchissaient sous la force qu’elle mettait dans son poing. Elle baissa quelques instants le visage, fermant les yeux, tandis que sa respiration, pourtant inutile s’accéléra. Tout en elle était combat. Même parler lui semblait une torture. Pourtant, elle releva son visage vers l’homme, plongeant son regard, désespéré, dans le sien.


-Je… Je n’y arriverai… pas !

Ces quelques mots lui avaient tellement coûtés ! Ses yeux reprirent peu à peu leur aspect animal. Se contrôler était tellement difficile. Elle ne pouvait pas le faire seule, elle le savait. Cela ne fit qu’empirer encore sa rage. Tout son corps trembla, quand tout d’un coup les poubelles et cagettes se trouvant dans la ruelle commencèrent à léviter au-dessus du sol. Nullement perturbée par ce phénomène, Elie continua à se débattre. Ce n’était pas la première fois que cela se produisait. Ce n’était que la manifestation de l’un de ses pouvoirs, la télékinésie. La colère l’avait déclenchée, et plus celle-ci augmentait, plus cette démonstration de son pouvoir devenait dangereuse.
Devant cet étau de fer qu’était l’homme, la fureur du monstre empira. Les objets commencèrent à aller s’écraser contre les murs dans un fracas impitoyable. Bientôt les caisses derrières lesquelles se cachait l’humaine volèrent aussi. Mais cette fois, elles volaient droit sur le vampire. Profitant de cette attention détournée, Elie se dégagea des mains de l’homme pour bondir à nouveau. L’humaine n’était pas bien loin, elle la sentait. Tournant au coin de la ruelle à une vitesse fulgurante, elle la vit, plaquée contre le mur. Sa course se stoppa. Son regard perçait les ténèbres dans une lueur effrayante. Elle s’avança d’un pas, puis de deux… Elle essayait de se retenir, d’enfermer à nouveau le monstre dans sa boîte… Cela expliquait qu’elle n’ait pas bondit à nouveau sur elle. Mais au fur et à mesure de ses pas, ceux-ci s’accéléraient, jusqu’à avoir rattrapé l’humaine qu’elle saisit par le bras.

Son regard ne cessait de changer d’attitude. Tantôt bestiale, il exprimait aussi de la peur… La peur de ne pas pouvoir contenir le monstre qu’elle était plus longtemps, la peur d’avoir un regret de plus sur sa liste…


[HRP : Si pour l’un de vous deux les gestes qu’a fait mon personnage ne va pas, dîtes le moi Wink]
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Marine Desmuguets
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MessageSujet: Re: Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42] Mar 24 Juil - 9:13

Son cœur battait à tout rompre. Son souffle était douloureux. Dans l'air frais du soir, Marine avait du mal à respirer. Son corset lui étreignait les côtes et sa robe l'étouffait. Plaquée contre le mu humide et froid, elle tentait de reprendre contenance. Elle serrait son poignard comme jamais. Elle n'avait que cela pour se défendre. Sa main tremblait.

Qu'est-ce qui était arrivé à Elizabeth ? Pourquoi la violoniste s'était-elle attaquée ainsi à elle ? Marine revit son visage déformé par la fureur, ses mains aux doigts crochus tendues vers elle...C'était un cauchemar ! Comment pouvait-on devenir aussi agressif d'un seul coup ? Elle l'avait attaquée sans raison aucune ! Qu'est-ce qui avait déclenchée chez elle cet excès de colère ? Cet homme, ce Wynn Leichenhalle, qui s'était présenté comme un gentleman charmant et courtois, semblait avoir été l'étincelle qu'il manquait à la jeune femme pour entrer dans cet état effroyable. Comment l'expliquer ? Était-ce donc une connaissance de la violoniste ? Ce baise-main, ce regard, comment expliquer que sa seule présence aie pu déclencher pareille réaction de la part de la jeune femme ?

Marine n'y comprenait rien. Elle devenait folle face à tant de questions. La nuit envahissait les rues. Tout était plongé dans l'ombre. La brume commençait à s'élever de chaque recoin. La sueur qui baignait le corps de l'aristocrate commençait à la refroidir drastiquement. Ses cheveux étaient tout défaits, son chignon ne ressemblait plus qu'à une masse noire assemblé en boule. Des mèches venaient se coller à son visage rendu pâle d'effroi. Tentant de calmer son souffle, la française ramena encore son châle contre elle. Elle tremblait de tout ses membres. Le froid, la course, la peur...toute cette soirée la troublait. Pourquoi avait-elle eu le malheur de s'éloigner du salon ? Pourquoi n'était-elle pas retourné auprès de Maria une fois qu'elle avait remis à sa place cet ivrogne insupportable ? Plutôt que de retourner assister au spectacle tout coloré, elle avait fuit dans les rues de Londres avec une fille errante ! Quelle erreur ! Elle était maintenant perdue dans une ruelle sans âme qui vive, poursuivie par une folle échevelée qui transférait sur elle toute sa rancoeur ! Que faire ?
Marine se risqua un coup d'oeil dans la rue. Elle s'éloigna quelques secondes de son tas de caissettes en bois pour s'approcher lentement du coin de la rue. Son poignard luisait sous l'unique lampadaire qui brillait au loin. Ses yeux bleus ne distinguaient pas grand chose mais ce qu'elle vit alors la tétanisa. Le gentleman tenait la violoniste par le bras. Cette dernière se débattait comme un diable. L'étau de l'homme se faisait plus sévère, il la maintenait fortement. C’était une scène de lutte à sens unique. Une femme tenue par un homme qui avait une taille de colosse à côté d'elle.
La jeune française s'avança encore un peu pour écouter ce qui se disait, d'autres cagettes la dissimulaient fort heureusement, mais elle était trop loin pour comprendre quoi que ce soit. Apparemment l'homme tentait de calmer la jeune femme. Il lui expliquait des concepts que Marine ne pu entendre. Elle ne savait pas ce qu'il se passait réellement. Une chose était sûre : ce gentleman s'était interposé entre la violoniste et elle-même.

Soupirant, Marine recula un peu et resta cachée. Elle s'accroupit, épuisée par sa course. Il fallait qu'elle attende que la situation soit moins agressive pour sortir, elle laissait l'homme prendre les choses en main. Au fond, elle était maintenant un peu rassurée. S'il la calmait, elle pourrait sortir et s'excuser de tout ce que la violoniste voudrait. Elle n'y comprenait rien mais elle était prête à lui être agréable pour débloquer la situation. Cet homme l'avait sauvée. Sa présence lui rendait courage. Et s'il était aussi aimable qu'il en avait eu l'air en arrivant, peut-être qu'il la raccompagnerait jusqu'au Spirit ?

Mais soudain, la française entendit distinctement un ''je ne peux pas'', crié par Elizabeth. Marine se releva et jeta un nouveau coup d'oeil derrière les cagettes en bois. La violoniste luttait encore pour se dégager de la poigne de l'homme mais ce dernier tenait bon. Marine était tendue. Sa tempe commençait à lui faire mal tant elle était maintenant stressée. Il allait finir par la violenter si elle ne se calmait pas. Quelle furie ! Pourquoi tant que haine ? Qu'est-ce qu'elle ne pouvait pas ? L'homme lui avait-il proposé un marché ? Marine se mit à songer que ce fameux gentleman, ce Wynn, était peut-être finalement son patron et qu'il lui ordonnait de faire plus de chiffre. Peut-être en effet que la violoniste n'était pas à son compte et que cet homme s'en servait pour se remplir les poches. Cela ne serait guère surprenant dans cette société de bourgeois cupides ! La jeune française commençait à imaginer toutes sortes de choses. Peut-être que cette femme avait réagit ainsi parce qu'elle avait vu son maître arriver, prêt à la punir pour sa prestation ratée ? Tout était possible !
Était-ce lui qui, par un regard particulier, lui avait demandé de l'éliminer ? C'était une option qu'elle ne pouvait effacer de ses hypothèses. Maintenant qu'elle y pensait, Elizabeth semblait tout à faire normale, quoiqu'un peu vive, avant que cet homme ne débarque. En quelques minutes elle était passé d'une attitude correcte à une attitude meurtrière. Elle ne pouvait pas quoi ? La tuer ? Cet homme la réprimandait donc pour cela ? Non...Marine ne savait plus que penser. Son esprit s'embrouillait. Elle était fatiguée, les nerfs tendus comme jamais. Et puis Elizabeht leur avait intimé à tous les deux de fuir. Rien n'était logique.

Tandis qu'elle réfléchissait à toutes ces hypothèses, une cagette s'éleva lentement dans les airs, puis une seconde, une troisième...Marine ne le remarqua pas immédiatement, la chose étant impossible, la nuit allongeant les ombres, son esprit scientifique ne s'étonna pas tout de suite de ce mouvement insolite. Mais bientôt elle réalisa la chose et elle fut frappée de terreur absolue. Pourquoi ces objets bougeaient-ils tout seuls de place ? La scientifique recula et trébucha dans les pavés mal agencés. Elle manqua de tomber en marchant sur sa robe dans le même temps mais elle se raccrocha au mur de briques qui bordait la rue. Les cagettes se mirent alors à voler en tout sens, explosant contre les murs dans un fracas épouvantable. La jeune aristocrate se recroquevilla contre le mur, mains sur la tête et poussa un long cris de panique.

Puis elle releva les yeux juste à temps pour voir Elizabeth courir vers elle et se jeter à nouveau sur elle. Marine hurla et se releva d'un bond pour s'enfuir à nouveau. L'homme l'avait lâchée, la violoniste l'avait vue, elle s'était remise à sa poursuite ! Cette soirée était un véritable enfer ! Marine reprenait sa course. Mais bien vite elle sentit avec horreur la main de la violoniste attraper brutalement son bras.


- Non ! NON !!! fit-elle en se débattant. Je ne vous ai rien fait ! Arrêtez ! Lâchez-moi ! Au secours !

Des larmes lui vinrent aux yeux. Elle devait se défendre, elle n'avait pas le choix, la panique lui prenait l'estomac, elle sentait ses membres fléchir sous le coup du stress. Sans attendre plus longtemps, face à la force et à la violence d'Elizabeth, Marine brandit son poignard et frappa une première fois, puis une seconde dans un cri de désespoir.

[HRP/Désolée je n'arrive pas à faire plus long là ^^' vous m'avez attendue longtemps, je le sais, mais ma pauvre Humaine ne peut pas faire grand chose, lol/HRP]
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MessageSujet: Re: Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42] Mar 24 Juil - 23:15

La dominant de toute sa hauteur, Wynn fixait toujours Elizabeth avec sévérité. Une note de cruauté s'y mêlait alors qu'il lui maintenait les poignets au point de lui faire probablement mal. Il n'agissait ni par compassion pour elle, ni pour Marine. Mais voir un vampire céder à ce point à ses pulsions les plus primaires lui rappelait toujours sa propre expérience, et la difficulté que la jeune femme devait éprouver à refouler son animosité.
Les vampires ne réagissaient pas tous de la même manière. Certains apprenaient très vite à se maîtriser, d'autres demeuraient des être dégénérés pour le restant de leur vie. Qui en général se retrouvait fortement écourtée par l'intervention d'un ou plusieurs hunter. D'autres encore haïssaient leur condition et choisissaient de se nourrir de gélules infâmes pour subsister.
Wynn avait eu une attitude plutôt étrange. Il lui avait fallut quelques années pour parvenir à se maîtriser. Il y avait tant de rage en lui, tant de rancoeur qu'il les avait évacués en tuant, torturant et décimant des familles entières. Lorsqu'il avait été recueillit par le clan des Tzimisces, il avait apprit à contrôler sa fureur et son envie de meurtre, mais ils appartenaient au Sabbat, et jamais ils ne lui avait reproché son prononcé pour le sang et la torture.
Seulement, peu importe le chemin qu'un vampire pouvait choisir de suivre, tous devaient passer par cette étape cruciale de la maîtrise de soi. Et peu de vampires y parvenaient seuls, guidés et attirer par leur besoin maladif de sang.

La jeune femme qu'il avait vu pendant quelques secondes était certes tendue, mais elle lui avait semblé très calme et posée, plutôt distante... Un peu comme lui, à quelques détails près. Pourtant, depuis quelques minutes déjà, elle s'était changée en une furie furieuse, mue par un désir de tuer totalement irrépressible. Sous sa poigne puissante, Wynn sentait les muscles de la jeune femme tendus à l'extrême, ses tendons prêt à se rompre sous la pression qu'elle leur imposait. Tout son corps n'était plus qu'une seule et même tension prête à exploser. Wynn n'avait jamais changé qui que ce soit en vampire. Non par volonté sociale ou bienfaitrice, mais simplement parce qu'il ne souhaitait pas s'encombrer d'un vampire nouveau né à éduquer. Si bien qu'il n'avait encore jamais été confronté à une jeune créature de la nuit. Il ne pouvait nier leur force brute et leur rage, qui dépassait l'entendement... Lui même sentait pleinement la résistance de la jeune vampire, malgré son imposante carrure athlétique. Même le regard d'Elizabeth était animé d'une lueur bestiale qu'il n'avait pas vu depuis plus de cent ans.
Ne perdant rien de sa contenance, Wynn déploya un peu de son aura pour tenter de la calmer par sa présence, mais rien n'y fit. Il ne maîtrisait pas encore cet art, et il n'était pas assez vieux et expérimenté pour parvenir à la calmer de cette manière. Resserrant un peu plus sa poigne, Wynn laissa échapper quelques mots d'une voix sourde et menaçante.


-Ce n'est pas une question de pouvoir... Nous le pouvons tous, et nous passons tous par là... Mets y de la volonté...

Si elle persistait de la sorte, il allait devoir lui briser le poignet, ce qui serait un jeu d'enfant étant donné la manière dont il la tenait. Seulement, c'était sans compter sur les pouvoirs de la belle, qui ne tardèrent pas à se manifester. Tout d'abord, Wynn ne ressentit qu'un étrange bourdonnement, sourd et distant, auquel il ne prête pas attention. Puis il perçut le mouvement des cagettes qui s'entrechoquaient, et eut un sourire moqueur à l'égard d'Elizabeth.

-Oh... On s'énerve, demoiselle ? Je parie que tu ne sais même pas ce que tu fais... Que tu ne le maîtrises pas...

Wynn paya son cynisme quelques secondes plus tard, lorsqu'une salve de caisses fonça sur lui et le percuta de plein fouet. Sous le choc, il lâcha la vampire et se plaqua contre le mur en se protégeant le visage. Il avait été persuadé qu'Elizabeth ne saurait pas user de son pouvoir pour lui nuire... Mais il avait été bien trop présomptueux. Se relevant en pestant, il plissa les yeux en la cherchant du regard. Plusieurs morceaux de bois avaient déchirés sa chemise et quelques échardes étaient venues se loger dans son épaule, déjà douloureuse à cause des stigmates. Les retirant en grimaçant, il rabattit une mèche de ses longs cheveux d'argent dans son dos.

-En revanche tu sais profiter de toutes les occasions, marmonna-t-il les dents serrés.

Prudent, le vampire s'avança silencieusement dans les rues désertes de Londres à la recherche de sa «proie». Il n'avait pas l'intention de la laisser s'en tirer aussi facilement, et faisait de cette histoire une affaire presque personnelle. S'il le montrait peu, Wynn était tout de même orgueilleux, et se voir ainsi mis de côté par quelques morceaux de bois l’insupportait.
Passant devant les cagettes réduites en miette, il en ramassa un morceau et soupira. Il était trop confiant et le savait bien... Mais l'oubliait souvent. Sous le coup de l'énervement, il mit le feu au petit morceau de bois, le réduisant en cendres, puis reprit son chemin, arpentant les rues en ne suivant pas la trace d'Elizabeth mais celle de Marine. L'odeur de la jeune humaine était encore fraîche, et il n'eut aucun mal à la suivre. En la retrouvant, il retrouverait sûrement la vampire et lui apprendrait les bonnes manières...

Soudain, un cri perça les ténèbres, et le vampire recouvra sa forme cendrée pour se glisser n'importe tout. Quand il eut retrouvé les deux femmes, Elizabeth tenait fermement le bras de Marine, l'empêchant ainsi de fuir. Son arme dérisoire ne ferait probablement qu'énever davantage la vampire, aussi Wynn choisit-il d'intervenir. Caché par l'ombre d'un bâtiment, il reprit forme humaine, l'un de ses revolver braqué sur la tempe d'Elizabeth.


-Lâche la... Immédiatement... A moins que tu ne préfères repartir avec un trou dans le crâne. Mais je n'hésiterait pas à faire feu...

Joignant le geste à la parole, Wynn changea légèrement l'orientation du canon de son revolver et tira. La détonation fut assourdissante, se répercutant en écho dans la ruelle mais la balle ne fit qu'effleurer la peau de la jeune femme.

-Mes balles ne contiennent qu'une infime quantité d'argent... Mais j'espère qu'elles te feront réfléchir... Si tu souhaites à ce point laisser le monstre qui est en toi prendre le pas, ce n'est pas moi qui t'en empêcherai. Je me ferai juste un plaisir de te regarder te faire décapiter par un chasseur... Réfléchis simplement à ce que tu t'apprêtes à faire. Voler la vie de cette jeune femme ne t'aidera pas à te sentir mieux, tu peux me croire. En revanche, vaincre ta dépendance animale t'apportera bien plus, ajouta-t-il avec un sourire énigmatique.

Lui même en avait été témoin. Dominer ses instincts était la meilleure chose qui lui soit arriver. Car enfin il avait pu vivre pleinement sa condition de vampire, qu'il n'avait finalement jamais regretté. A vrai dire, humain, vampire, il s'en fichait. Son tempérament le plus profond restait le même.


-Marine... Lâchez donc ce poignard, si vous vous coupez, je crains que vous n'ayez plus d'échappatoire..., dit-il d'une voix ferme mais doucereuse.

Wynn tendit sa main libre vers Marine, je lâchant pas Elizabeth du regard. Ce n'était pas dans sa nature de venir en aide à quelqu'un, pas plus qu'il n'avait l'habitude d'être aimable ou compatissant. Il se montrait même très maladroit et particulièrement méchant, la plupart du temps.

-Si tu choisis de la mordre, tu prends le risque de passer le restant de tes jours dans la peau d'un rat répugnant, condamnée à te cacher pour ne pas être tuée, et à dévorer des restes humains à peine comestibles...

Wynn ne voyait pas d'autre façon de lui expliquer les choses. Si Elizabeth parvenait à refuser d'obéir à son instinct et à passer au dessus de son envie de meurtre, peut-être aurait-elle l'air de moins culpabiliser. Car il était évident qu'il se déroulait en elle un combat manichéen opposant ses pulsions meurtrières aux dernières bribes d'esprit humain qui lui restait. D'autant que Marine était une aristocrate. Si elle venait à disparaître, elle serait probablement recherchée par sa famille ou d'autres personnes, sa disparition ne passerait pas inaperçu comme celle d'un mendiant. Au fond, Wynn aurait aussi bien pu la laisser se débrouiller seule...

-Je n'ai rien à gagner en t'aidant de la sorte... Et je n'aime pas me mêler de ce qui ne me regarde pas... Mais... Je me sens d'humeur à aider mon prochain, ce soir...

Il ricana faiblement, d'une voix toujours aussi sombre, la gardant en joue. La situation était tendue. Elizabeth tenait Marine, elle pouvait la mordre à tous moments, mais Wynn avait son revolver à deux mètres de son crâne, prêt à tirer. Quant à Marine, la jeune humaine se retrouvait bien malgré elle prise au piège dans une histoire si peu rationnelle qu'elle avait déjà du renoncer à l'expliquer.


(Pas de soucis, moi ça me va très bien! X3)
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MessageSujet: Re: Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42] Jeu 26 Juil - 2:11

La situation était complexe. Tout son être refusait de lui obéir, mue par son instinct primaire de sang. Sa volonté était totalement écrasée par cet instinct. Elle ne parvenait plus à reprendre le dessus… Par peur de perdre le contrôle, elle se refusait certains soirs à se nourrir. Cela expliquait sans doute pourquoi ses attaques étaient si virulentes… Le besoin devenait tellement fort qu’il prenait le dessus. Elle en avait besoin, sentait tout son être vibrer en présence de cette substance. Et quand il prenait le goût de la peur, il devenait plus délectable encore. Elle était comme un animal, excité par la peur de ses proies… Attendant qu’elles soient au point critique pour frapper. Alors quand la jeune femme avait fui, cela n’avait fait que décupler l’envie qu’avait Elie de la poursuivre… L’intervention de l’homme était fortement nécessaire à la survie de l’humaine. Seulement, celle-ci ne fit qu’augmenter sa rage. Son petit air moqueur et si sûr de lui… Cette façon qu’il avait à vouloir la dominer et mater sa soif… Non, cela ne faisait qu’exciter la bête et l’inciter à se débattre plus encore. Pourtant ses poignets étaient loin d’apprécier la pression qu’exerçait l’homme… il n’était pas loin de les briser… Mais ça ne l’empêchait pas de se débattre… Qu’importe, elle n’avait besoin que de crocs pour s’abreuver…
Ce n’était pas un problème de volonté… Elle le voulait. Pour sûr, c’était bien là quelque chose qui l’ennuyait que de se laisser diriger par la soif… Non, le problème venait surtout qu’elle n’avait personne pour l’aider à canaliser tous ses sentiments qui se déchaînaient lorsqu’elle avait soif… Personne pour l’aider à se diriger dans ses choix, dans le bon chemin… Alors ses petites remarques, il pouvait se les garder… Elle ne les acceptait pas, tout comme elle n’acceptait pas ce dégoût qu’elle lui imposait… Il n’avait qu’à passer chemin !

Sa rage s’en retrouvait aiguisée. Et c’est grâce à elle qu’elle parvint à se dégager ! Déclencheur de son pouvoir, les caisses entreposées dans la rue volèrent en direction de Wynn. Sans doute surpris par cette attaque, celui-ci la sous-estimant fortement, que par un réel manque d’agilité, celui-ci lâcha Elie pour se protéger au dernier moment. Elle n’eut pas un regard à l’arrière lorsqu’elle repartit à la chasse. Tout comme elle ne l’eut pas lorsqu’elle bondit sur Marine. Celle-ci était maintenant purement et simplement terrifiée. Elle ne devait sans doute pas comprendre ce qu’il se passait. Elie avait complètement changée de comportement, passant de quelqu’un de calme, malgré peut être un manque d’amabilité, à une furie, une bête incontrôlable ! Il y avait de quoi être décontenancé… Malgré cela, la jeune femme, dans un ultime recours, attaqua Elie avec son poignard. Ce geste était tout à son honneur, et porta ses fruits lors du premier… Ne s’attendant pas à ce que l’humaine se défende, Elie s’était jetée sur elle. La bête ne réfléchissait pas, elle n’agissait que pour se nourrir… Ce fut son abdomen qui accueillit la lame, venant écarquiller quelques instants les yeux du vampire. Par chance, la lame n’était pas en argent… Mais la douleur était bien là… Vivace et poignante. Immédiatement le vampire recroquevilla son corps, dans une position naturelle de douleur. Déjà, le deuxième coup suivait… Celui-ci, elle l’évita ! Elle n’allait pas se laisser prendre une deuxième fois. Elle porta la main à sa plaie… Du sang… Elle l’avait blessée ! La plaie n’allait pas tarder à se refermer, mais rien que le fait que l’humaine ait porté la main sur elle, cela la mit dans une rage incroyable, la déshumanisant totalement. Elle frappa la main dans laquelle Marine tenait son arme pour l’éloigner d’elle. Elle allait lui faire regretter son geste… Enfin, ce n’était pas vraiment elle, c’était la bête, encore et toujours… Elle sortit encore plus les crocs, prête à frapper dans la chair, quand elle se stoppa net, une arme étant pointée sur sa tempe. Wynn était de retour… Il avait une fois de plus pris sa forme de nuage de cendres pour passer inaperçu. Il n’avait pas du apprécier de se faire berner par elle. Cela la fit ricaner. Pauvre petit vampire…Se laisser avoir par un vampire aussi jeune qu’elle devait avoir blessé son égo !
Une nouvelle menace fut proférée… Accompagnée bientôt par un coup de feu. Immobilisée sous la menace, elle ne put bouger. La balle vint effleurer sa joue. Le vampire ne put retenir un cri de rage, tandis qu’un long frisson lui parcourut le corps. De l’argent… Les balles contenaient de l’argent… Sa plaie, bien plus petite que celle de l’abdomen, allait pourtant mettre plus de temps à se résorber. Elle voulut lui bondir dessus, lui marteler le corps de ses poings, lui planter ses crocs partout où elle en aurait l’occasion. Mais l’arme contre sa tempe était un moyen de persuasion efficace ! Elle dû écouter une nouvelle fois son discours moralisateur. Ne pas se sentir mieux ? Peut-être… Tout dépendait sous quel point de vue on se positionnait. Il était évident qu’elle allait une fois de plus avoir des regrets… Que sa peur n’allait pas cesser de croître. Mais son corps lui… Il dépérissait à chaque fois qu’elle ne le nourrissait pas régulièrement. Ses forces l’abandonnaient alors, ses sens s’en retrouvaient moins affûtés. La dégénérescence de ses cellules était alors inévitable… Alors qu’elle était son choix ? Se laisser mourir de faim ou bien se prendre une balle dans la tête ?

Il intima alors à l’humaine de baisser son arme, afin qu’elle ne se blesse pas. C’était une fort bonne idée… Une seule odeur de sang et il en était fini de la vie de Marine… Plus rien ne pourrait l’arrêter… Plus de raison, plus de morale. Il valait mieux pour elle qu’elle l’écoute. Cela parviendrait aussi à calmer sa rage. Si elle la frappait encore, elle ne répondrait plus de rien. Sans doute pour s’assurer que l’humaine ne fasse pas de bêtise, tendit-il la main vers Marine pour récupérer son arme.
Elie ne broncha pas. Peu importe qui tenait l’arme, ça ne changeait rien pour elle…
Il lui fit ensuite une remarque sur le risque qu’elle prenait en mordant cette humaine. Le risque ? Elle ne le savait que trop ! Elle se perdait un peu plus chaque fois qu’elle tuait quelqu’un. Elle perdait un peu plus de cette humanité qui, au fond, lui était tellement chère ! Elle serait poursuivie, elle serait persécuté. Peu importe… Au fond, tant que sa vengeance était assurée, qu’importe ce qui pouvait lui arriver, elle ne pouvait pas faire marche arrière ! Rien ne la rattachait à la vie mis à part ça. Sa vie vampirique n’avait aucune valeur, et personne ne s’était attaché à lui en donner. Alors au fond, quelle importance ?

C’est ce qui la poussa à agir… Le monstre avait vite fait son choix. Le plus simple ? Se baisser… Elle aurait moins de chance de se prendre la balle… Si la déflagration partie, elle ne le sut pas… Elle était trop concentrée, trop en furie pour pouvoir s’en soucier. Elle attrapa l’humaine par la cheville d’une poigne de fer, sans doute insupportable pour un être humain, puis la tira d’un coup sec pour la faire tomber à la renverse. A terre, elle mettrait plus de temps pour fuir…
Elle se tourna ensuite vers le fond du problème… Le vampire. Sans lui, il lui serait beaucoup plus facile de mordre… Dans un cri bestial, elle se rua sur lui. Son attention se concentra sur le bras tenant l’arme. Elle était dangereuse pour elle, il fallait qu’elle s’en occupe. Tout croc sorti, elle mordit alors dans la chair de sa main. Ça n’allait sans doute pas manquer d’énerver fortement le vampire, et peut être que cela l’amusait au final de provoquer un être plus âgé. Un défi, un jeu, une provocation ouverte à l’autorité. Autant dire qu’elle venait de commettre là une offense de taille ! Elle sentait sous ses crocs le sang du vampire et fut étonnée par cette puissance qu’elle ressentit. Ce simple contact lui irradiait les sens, lui donnant un sentiment de force et de pouvoir qu’elle n’avait ressenti auparavant seulement qu'avec son maître, bien que son maître en possédait encore plus. C’était un renouveau… Elle n’avait jamais mordu un vampire depuis sa création et comprenait à présent que cela n’était pas un geste anodin. Mais le monstre, lui, n’en avait cure. C’était du sang. Certes pas aussi bon que celui humain, mais cela en restait.
Mais en même temps que le vampire pompait le sang, il accentuait sa morsure, s’enfonçant impitoyablement dans la chair dans le but de faire lâcher son arme au vampire.
Les mains d’Elie quant à elles, s’accrochaient vigoureusement au bras du vampire pour l’empêcher de se débattre. Lui faire lâcher prise n’allait pas être chose aisée…
Tout autour d’eux, les ordures et caisses volaient dangereusement, toujours plus haut et fort. Vouloir la maîtriser par la force était une bien mauvaise idée… Tout comme la menacer et la rabaisser au rang de dégénérée…


[HRP : Pas de souci non plus pour moi. J'essaye de ne pas trop brusquer ton humaine non plus xD Et wynny dis moi si quelque chose ne va pas. Bien sûr entre le moment où elle fout par terre Marine et le moment où elle te mort tu peux lui casser le bras ou ce que tu veux hein ! Juste qu'elle est lancée, ça ne l'arrête pas :p]
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Marine Desmuguets
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MessageSujet: Re: Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42] Ven 27 Juil - 12:09

C'était trop tard, la violoniste était sur elle. Sa poigne de fer avait resserré ses doigts autour de son bras, elle était finie. C'est dans cet état d'esprit complètement retourné, fracassé par l'horreur, obnubilé par la seule volonté de vivre, que Marine avait brandit son poignard. Elle n'avait plus le choix et son cœur manquait trop de battement dans la folle panique pour que son cerveau ne se rende bien compte de ce qu'il lui faisait faire. Pour la première fois de sa vie, Marine planta son arme dans la chair. Elle qui avait toujours prié pour ne jamais avoir à s'en servir, elle brandissait sa lame comme aux premiers jours du monde, comme le cri de défense du nouveau-né. Elle qui n'avait appris aucune technique de combat, se retrouvait-là les doigts serrés autour d'une lame. Elle, enfin, qui, petite aristocrate de salon enfermée par ses parents, avait fuit le milieu familial chéri et cotonneux pour se retrouver dans la vie palpitante de Londres afin de goûter à la liberté et à l'aventure, n'avait jamais pensé se retrouver là, assailli par une jeune femme avec tant de violence et d'incohérence, se retrouvait ce soir en plein cœur d'une action qui la dépassait totalement.

La violoniste recula au premier coup qui avait porté, esquivant de ce fait le second. Marine resta tétanisée par la vu du sang. La jeune femme s'était pliée en deux pour tenir son abdomen ensanglanté et cette vision frappa l'aristocrate au-delà de ses cauchemars les plus intimes. Qu'avait-elle fait ? La violoniste lui jeta alors un regard haineux, bestial, empli de violence. L'aristocrate blêmit d'autant plus qu'elle aperçu bientôt une paire de canines démesurées. Qu'est-ce que c'était que ce monstre ? Elizabeth n'avait plus rien d'humain. C'était une bête assoiffé...de sang...Un Vampire ? Marine songea aux anciennes légendes, mais elle n'eut pas réellement le temps de penser. Elizabeth lui donna un coup dans la main pour éloigner le poignard d'elle et commença à s'approcher dangereusement. Voulait-elle donc la dévorer ? Marine fut déstabilisée par le coup, néanmoins, elle ne lâcha pas son arme.

Le gentleman, Xwynn, arriva alors, pointant un pistolet sur la violoniste. Marine l’accueilli d'un air malade. Elle était presque évanouie. L'homme s'avança, menaçant, et tira une balle tout près d'Elizabeth. La détonation fut terrible. Marine poussa un cri et se baissa dans un réflexe défensif et terrifié. Ses tympans sonnèrent longtemps sous ce coup mais le choc avait réveillé les réflexe de survie de Marine.

'' voler la vie'', ''argent'', ''monstre'', ''chasseur'', ''dépendance''...Elle ne comprenait rien au discours de l'homme mais bien vite les légendes urbaines lui revinrent en tête. Elle se redressa quelque peu, tremblante de la tête aux pieds. Il fallait qu'il bouge !
''lâchez ce poignard''...Marine hésita. Complètement traumatisée, elle ne pouvait se résoudre à abandonner la seule défense qu'elle avait. Aussi resta-t-elle immobile, baissant seulement le bras pour mettre la lame de son poignard vers le sol. Sans un mot, son regard resta fixé sur le couple.


- ...

La suite des paroles de Wynn acheva de plonger l'Humaine dans la terreur. ''mordre'', ''restes humains à peine comestibles''...s'en était trop. Marine flancha. Un de ses genoux plia et elle eut un mal fou à rester debout. Le rire de l'homme...Il semblait jouer. Il n'était pas digne de confiance...Comment savait-il tout cela ? Il parlait d'Humains et de chasseur, il s'exprimait comme s'il n'était pas de ces derniers et qu'il comprenait parfaitement la violoniste...Deux Vampires ? Une lutte entre deux créatures des ombres, des spécimens légendaires tout droit sortis des livres d'horreur destinés à faire peur aux enfants afin qu'il ne s'aventurent pas trop loin de chez eux en prenant des risques inconsidérés ? Marine commençait à voir flou. Les émotions s'emparaient de son corps. Qu'est-ce que c'était que ces histoires ? C'était à devenir folle !

C'est alors qu'Elizabeth se baissa soudainement pour attraper Marine à la cheville et esquiver un éventuel coup de feu dans le même temps. L'aristocrate sentit à travers ses bas blancs l'étreinte insupportable de ces doigts à la force surhumaine. Un violent mouvement la fit basculer. Elle hurla en tombant durement sur le sol. S'empêtrant dans ses jupons, sa chute fut un peu amortie mais sa tête fut brusquement frappée sur les pavés froid de la rue. L'aristocrate lâcha son poignard dans le mouvement. La lame glissa sur le sol au loin pour disparaître dans les ténèbres de la ruelle. Marine sentit son crâne se faire douloureux. Elle venait de se faire une sacrée bosse. Heureusement, elle ne saigna pas, ce n'était pas grave. Dans la panique, Marine s'était débattue comme une furie, gesticulant comme elle pouvait. Mais elle se rendit vite compte que la violoniste l'avait abandonnée au sol pour s'occuper de Wynn. Se redressant, l'aristocrate vit qu'elle s'était jetée sur la main de l'homme et qu'elle la mordait à pleine dents. C'était un spectacle affreux. Tout débordait de rage et de violence. Le sang coulait.
La rue commença à s'animer à nouveau d'objets volants. Marine se protégea la tête et resta au sol un moment. Puis elle se mit vivement à chercher son poignard, rampant pour s'en approcher. Cependant c'était peine perdue. L'obscurité était trop forte et les caisses et ordures qui volaient en tout sens ne lui permettait plus de le retrouver. La force du désespoir lui permit de s'éloigner encore un peu, le cœur battant dans son corsage étouffant.

Dans la tourmente, Marine se redressa enfin, assise au sol, ramenant ses jupons vers elle dans une position fœtale pour se protéger des objets en mouvement. Elle jeta un regard implorant au ciel et, s'agrippant à une paire de cagettes qui ne s'étaient pas encore envolées, elle se releva soudainement. Il fallait qu'elle fuisse ! Loin de tout ceci, loin de ces deux êtres effroyables. Mais l'aristocrate n'était pas encore certaine que Wynn était lui aussi une créature étrange, d'ailleurs elle n'était même pas sûre qu'Elizabeth soit bien une bête de légende. Son esprit scientifique ne pouvait s'empêcher d'analyser le cas comme une forme de rage avancée que l'on pouvait attraper par les rats ou les chiens de cette ville infestée jusqu'aux bords de la Tamise de toute sorte de maladies infectieuses. Et cet homme, derrière son apparent savoir et ses airs hautains, n'essayait-il pas de la sauver ? Après tout il était peut-être médecin ? C'était un homme spécial, fort et rapide, dur et tenace. Un gentleman joueur et pourtant farouche moralisateur. Que croire ? Que penser ?

Sa décision prise, Marine saisit une des cagettes sur lesquelles elle était appuyée et se précipita vers le couple en courant. Elle fut heurtée de plein fouet par un journal qui vint lui cacher le visage un instant. Cela lui cacha l'arrivée d'un objet bien plus imposant qui arrivait sur elle. Une caisse vint se fracasser contre sa jambe droite, ce qui la fit dévier un instant. L'aristocrate sentit que ses vêtements et sa peaux se déchiraient. Des morceaux de bois pénétrèrent ses chairs, lui arrachant un cri de détresse et de douleur. Mais cela n'arrêta pas sa course. La cagette brandie au-dessus de sa tête, elle arriva à pleine vitesse sur le couple, abattant l'objet irrégulier sur la tête de la violoniste qui était littéralement en train de boire le sang de Wynn. Son cri fut rauque et perçant. C'était une action impromptue et finalement complètement inattendue de la part de l'aristocrate. Son coup avait porté grâce à l'effet de surprise.
Cependant, dans l'achèvement de son mouvement, Marine trébucha dans sa robe et roula plus loin, près du couple déchaîné. Elle atterrit durement sur les pavés, épaule droite en avant. Ce fut le choc de trop : son épaule se déboîta violemment. Marine n'était pas habituée à pareil exercice. L'aristocrate poussa un cri et resta à terre, masse de tissu déformé, haletant et souffrant. Son chignon était complètement défait et ses longs cheveux d'ébène recouvrait entièrement son visage baissé vers le sol. Elle ne tenait plus. Bientôt, elle s'effondra une main crispée contre son épaule tordue, gémissant de douleur. Sa tête lui tournait, le peu de luminosité qui persistait dans cette rue infernale s'éteignait. La perte de conscience était proche.
Dans un effort incroyable, l'aristocrate se retourna sur le côté pour apercevoir Wynn et Elizabeth. Elle ne voyait déjà plus que des formes indistinctes. C'était la fin. Où était donc Maria ? Le Spirit ? Les danseuses françaises ? Sa patrie, ses parents lui revinrent en mémoire....Son petit frère...

Si semblables créatures existaient, que pouvaient faire les Hommes pour survivre ?

Marine toussa. Elle ne voyait plus rien. La douleur à son épaule l'aveuglait au point que les gros éclats de bois qui lui éperonnaient la cuisse étaient relégués au second rang. Elle sentit l'air froid de la nuit caresser ses longs cheveux. Le courant d'air venait d'une ruelle qui croisait la leur, non loin d'elle. En effet, elle gisait presque à un carrefour.


- S'il vous plaît...murmura-t-elle aux ténèbres, épuisée. Quelqu'un...Au secours...

Sa voix s'étrangla et Marine ferma les yeux. Le souffle coupé, l'émotion poussée à l'extrême et les multiples douleurs qui la contusionnaient eurent raison de ses forces. Marine s'évanouit.
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MessageSujet: Re: Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42] Mer 1 Aoû - 23:21

Cette nuit londonienne était calme et fraîche. C'est à peine si l'on pouvait voir les quelques nuages éparses qui s'étiraient tels des voiles de coton dans le ciel. La lune couvait la capitale d'une chaude lumière maternelle, tandis que les étoiles se comptaient par centaines dans le ciel.
C'était une nuit en tout points ordinaire, et de nombreux londoniens dormaient déjà du sommeil du juste. Les lumières de Chinatown brillaient au loin, et la rumeur montante des conversations parvenait jusqu'à une petite ruelle déserte où se déroulait un macabre spectacle.
Car dans cet étroit et sinueux corridor, une arme était brandie, une femme était menacée, deux créatures nocturnes se faisaient face, immobiles et menaçantes.
Wynn tenait toujours son revolver, braqué sur la tempe d'Eli. Il avait remit le cran de sécurité en place, pour éviter tout dérapage. Car il n'avait pas l'intention de tirer sur elle. Depuis qu'il était un vampire, Wynn n'avait tué qu'un seul de ses congénères, et en gardait un souvenir plutôt désagréable. Sur le coup, il avait jubilé, mais la chute avait été terrible. Il ne devait la vie qu'aux membres de son clan, qui avait plaidé en sa faveur et avait maquillé le meurtre en accident.
Depuis, même si ses semblables l'exaspéraient parfois, Wynn s'interdisait ce genre de pratique. Non par gentillesse mais par pur instinct de survie.

Le vampire n'avait pas prévu la suite des événements. Qu'Elizabeth se débatte, qu'elle se jette sur lui ou qu'elle cherche à le désarmer en s'emparant de son revolver, il y avait pensé... Mais elle le prit au dépourvu lorsqu'elle se baissa vivement pour faire tomber Marine au sol. Wynn pesta. Il l'avait trop sous estimé, et elle commençait à prendre le dessus. Il jura d'autant plus lorsqu'elle lui mordit violemment l'avant bras, le faisant hurler de douleur. Le cri rauque et grave du vampire perça les ténèbres alors qu'il tentait de lui faire lâcher prise. Le dents serrés, il s'interdit le moindre hurlement supplémentaire et se contenta d'un grognement sourd et belliqueux en fixant Elizabeth avec hargne. Elle avait une mâchoire d'une puissance inouïe, et c'est avec un frémissement de dégoût pur que Wynn sentit son sang aspiré hors de son corps. Son propre sang était souillé par la magie sombre de ses revolver ensorcelé, mais malgré le goût infâme qu'il devait avoir, la vampire refusait de lâcher prise. Wynn finit par laisser tomber son revolver, qui tomba au sol dans un grand fracas métallique.
Il la saisit par les cheveux, tentant de la forcer à desserrer les dents, mais pas moyen d'obtenir quoi que ce soit. Elle le tenait fermement, avec toute sa force de jeune créature de la nuit. Malgré la puissance de Wynn, c'était un combat stérile et sans espoir de victoire pour l'un ou l'autre.
Et cette confrontation aurait pu durer encore plus longtemps si Marine ne s'était pas blessée avec les caisses de bois. Sentant l'odeur du sang, Wynn tourna vivement la tête vers la jeune aristocrate. Si celle-ci avait encore des doutes sur sa nature, elle pouvait à présent être certaine d'une chose : Wynn n'avait rien d'un humain. Dans son regard améthyste luisait une faim animale et viscérale, un appétit insatiable que tous les vampires cherchaient à enfouir au plus profond de leur être pour mieux séduire les humains ou mieux se fondre parmi eux. Une faim que Wynn avait apprit à maquiller à la perfection, mais qui venait de refaire surface avec la force incroyable d'un raz de marée. Ses lèvres se retroussèrent, dévoilant des canines longues et brillantes, tranchantes comme la lame d'un poignard. Tout en lui réclamait un tribu de sang pour apaiser sa rage et sa faim, mais contrairement à Elizabeth, Wynn savait résister à l'appel du sang.

Il grogna de plus belle lorsque Marine se précipita sur eux avec une cagette. A gesticuler ainsi, elle ne faisait que rendre les effluves de son sang encore plus volatiles... Et appétissantes. Pourtant, son geste fut d'une aide au vampire, car lorsqu'elle frappe Elizabeth, elle lui donna l'occasion de la prendre par surprise.
D'un geste vif et sec, le vampire tira violemment sur la chevelure de la jeune femme, la forçant à lâcher prise. Il la regarda un instant dans les yeux, toute sa colère et sa rage suintant de ses prunelles, puis il disparut en fumée. Les cendres entourèrent Marine, et le vampire reparut un peu plus loin, portant la jeune femme évanouie. Il avait entendu un sinistre craquement lorsqu'elle était tombée à terre, et il soupçonnait son épaule ou son coude de s'être déboîté.
Il déposa doucement l'aristocrate au sol, reniant la soif comme il le pouvait. Sa colère était telle qu'il n'eut pas tant de mal que ça à se tourner de nouveau vers la sauvage vampire. Il se rechangea en fumée, et fonça sur Elizabeth. Lorsqu'il reprit forme humaine, il lui tenait fermement la gorge, pour l'empêcher de le mordre à nouveau. Son regard était impitoyable, froid et sombre, et toute sa colère, aussi grande soit-elle était maîtrisée. Seules ses mains tremblaient légèrement sous l'effet de la rage, et sa voix n'était plus qu'un murmure.


-Tu le sais, n'est ce pas... ? Je n'ai pas le droit de te tuer. Si je le fais, je serai traqué et tué. Et mourir pour avoir abattu une gamine comme toi... Mon orgueil en prendrait un coup. Ta petite dégustation t'a-t-elle suffit ? Tu n'as pas du en apprécier la saveur à sa juste valeur, je pense...

Un demi sourire d'une cruauté sans nom se dessina sur le visage du vampire alors qu'il levait sa main libre à hauteur de son visage. Frottant doucement ses doigts, il fit naître à leurs extrémités de petites flammes bleutées.

-Seulement... Je n'ai pas le droit de te tuer, mais rien ne m'empêche de te faire passer l'envie de me mordre à nouveau...

Wynn n'était pas au fait des histoires de liens qui pouvaient se créer entre un vampire et celui ou celle qu'il mordait. Il en avait vaguement entendu parler, mais il n'avait jamais eu l'occasion de se pencher sur la question.
Fixant toujours Elizabeth, imperturbable, le vampire lui planta ses ongles brûlant dans l'abdomen, sans le moindre sourire ou ricanement. Il avait même l'air plutôt serein. L'odeur de la chair brûlée envahie la rue, effaçant par la même occasion l'odeur d'urine, de pierre humide et de sang.
Wynn recula, lâchant Elizabeth sans la moindre considération, et s'approcha à nouveau de Marine, qui gisait toujours au sol. Le vampire n'aimait pas particulièrement dévoiler ses talents, encore moins son pouvoir de pyromancien. Mais s'il avait agit ainsi, c'était avant tout pour masquer au mieux l'odeur du sang qui enivrait à ce point la jeune vampire. Il espérait qu'elle se calmerait un peu, d'autant qu'il avait du l'affaiblir un peu. Wynn jeta un œil à son bras. Sa veste et sa chemise portaient les marques des crocs d'Elizabeth, mais la blessure s'était déjà refermée et le sang avait séché.


-Je n'ai pas l'intention de te faire la morale. Je ne suis pas un moraliste, et de toute manière tu ne m'écouterais pas, dit-il en levant les vers Eli. Mais si tu souhaites avancer et quitter ta condition de perpétuelle affamée, il va falloir que tu aies la volonté de résister à un peu de sang.

Joignant le geste à la parole, Wynn s'accroupit et souleva doucement Marine, dont la légère blessure à la jambe faisait frémir d'envie le vampire. Mais il n'en fit rien. Il regarda le bras de la jeune femme, et lui remit l'épaule en place d'un geste sec et mesuré. Son apprentissage de médecin remontait à loin, et les méthodes avaient beaucoup évoluées depuis, mais il savait tout de même remettre un membre en place quand la situation l'exigeait. L'aristocrate se réveillerait sûrement sous la douleur, aussi la tint-il en l'entourant d'un bras, au cas où.

-Dis-moi, jeune fille... Qui est ton maître... ? Dit-il avant que son regard ne tombe sur un éclat de métal brillant.

Son revolver reposait à quelques mètres de lui, n'attendant que d'être ramassé. Il jeta ensuite un coup d'oeil à Elizabeth. Elle pouvait lui répondre simplement, si elle était un peu plus sereine, tout comme elle pouvait se jeter sur l'arme pour chercher à se débarrasser de lui. Wynn se retint de rire. Si elle tentait cela, elle se brûlerait si fort qu'en comparaison, sa douleur à l'abdomen ne serait qu'une partie de plaisir... En revanche, il n'était pas rassurée pour autant. Elle était fougueuse et imprévisible, forte malgré son âge, et il ne pouvait se permettre de la sous estimer à nouveau.
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MessageSujet: Re: Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42] Dim 5 Aoû - 17:58

Les crocs d’Elizabeth étaient solidement campés dans la main de l’homme. Elle aspirait son sang avec une avidité non dissimulée. Son goût assez particulier ne freina pourtant pas la jeune femme. Quand la soif devenait si dévorante, peu importe si le sang était de moindre qualité dès l’instant qu’il rassasiait ses appétits. Elle sentait le liquide s’infiltrer dans ses membres, leur donnant une nouvelle vigueur. Elle sentait la puissance de l’homme à travers cet échange de sang. Et cette puissance l’effrayait autant qu’elle l’enivrait. S’il le voulait, l’homme n’aurait aucun mal à l’éliminer. Elle en fut convaincue immédiatement. Mais sa folie était coriace et ne parvint pas à la raisonner. Elle s’accrochait de toutes ses forces à cette main. Elle ne prêtait pas la moindre attention à l’humaine, qui avait pourtant gardée son arme, maintenant qu’elle avait un tribut de sang. Un cri de douleur avait accueilli ses crocs, satisfaisant les instincts de la bête, son envie de défier l’autorité. L’humaine, quant à elle, avait surement dû être pas mal sonnée par sa chute. Elie ne l’avait pas épargné, son geste avait été sec, précis, ne lui laissant aucune chance de garder son équilibre. Puis elle s’était jetée sur le vampire. Il avait dû être surpris. C’était la seule explication qu’elle trouvait pour expliquer qu’elle avait réussi à planter ses canines dans la chair. Le coup de feu n’était pas partit, l’action s’était comme figée.
Elie offrait là un spectacle pitoyable. Elle ne le voulait pas, mais elle n’arrivait pas à faire autrement. L’humaine ne devait pas comprendre. Elle ne devait voir en Elie qu’un monstre, une bête assoiffée et dangereuse. C’était de toute façon la seule chose qui transparaissait… Elle devait lui avoir semblé, de toute façon, fort peu agréable, même lorsqu’elles discutaient précédemment. Elie était peu sociable. Surtout depuis qu’elle était devenue un vampire… Elle ne côtoyait, ça n’était pas plus mal.

Tandis qu’elle continuait de s’abreuver du sang du vampire, celui tenta de lui faire lâcher prise, attrapant ses cheveux pour la tirer en arrière. Elle n’aurait pas eu ses crocs profondément ancrés dans la chair, elle aurait ricané. Pensait-il sérieusement qu’elle le lâcherait aussi facilement ? Quel idiot ! Il lui faudrait qu’il lui fasse bien plus de mal pour parvenir à lui faire ne serait-ce que lâcher prise. Elle comptait bien le vider de son sang pendant ce temps où elle avait accès à ses veines. Mais alors qu’elle était concentrée sur l’homme, une douce fragrance vint lui aiguiser plus encore son appétit. Du sang humain ! Elle se sentait, comme si celui-ci l’appelait. Elle se stoppa de boire, même si elle ne lâcha pas pour autant sa prise. Elle sentit quelques secondes plus tard un choc sourd sur sa tête. Plus surprise que réellement blessée par cette attaque, elle desserra ses crocs. Wynn avait dû le sentir… Il tira aussitôt la jeune femme en arrière, et celle-ci ne put que lâcher prise. Elle eut brièvement le temps de voir l’humaine, affalée au sol. Sa jambe… Voilà d’où venait cette odeur, et le regard du vampire se porta immédiatement à cet endroit. Mais elle n’eut pas le loisir de la regarder longtemps, le vampire la forçant à la toiser du regard. Et celui d’Elie à ce moment était purement sauvage, le sang du vampire lui titillant encore le palais. Cependant, cela ne dura pas bien longtemps. Le vampire disparut en un nuage de fumée. Il était fâché… Très fâché. Elle avait senti sa rage courir sur sa peau en un frisson désagréable. Il allait sans doute lui faire passer un mauvais moment…

Il réapparut alors, tenant dans ses bras l’humaine. Lui aussi semblait émoustillé par le sang provenant de la jeune humaine, ce qui était pour déplaire à Elie. Elle était sa proie ! Elle se battrait bec et ongle pour avoir l’exclusivité de son sang ! Mais là où était la différence entre Wynn et Elie, c’était que, lui, semblait pouvoir contrôler l’appel du sang. La jeune femme le toisa du regard, celui-ci sonnant comme un défi. Sa langue passa sur ses lèvres pour récolter les dernières gouttes de sang, avant qu’elle ne s’essuie finalement avec le revers de la main en ricanant. Il n’en fallut pas plus pour que Wynn disparaisse à nouveau. Elle ne s’aperçut que trop tard qu’il chargeait sur elle. Elle revint à la réalité lorsqu’elle sentit une main enserrer cruellement la gorge. Elle en eut le souffle coupé, même si cela n’avait peu d’importance. Elle porta immédiatement sa main au poignet de l’homme, tentant de lui faire lâcher prise. Elle écouta l’homme, cessant un instant de gesticuler. Non, elle ne connaissait pas les lois vampiriques, mais sommes toutes la primordiale devait être l’égale de celle des humains… Ne pas tuer son prochain ! Grand bien lui fasse ! Si lui se retenait pour la tuer, elle, n’allait pas se gêner pour le faire ! Elle ricana une nouvelle fois. Pensait-il lui faire peur ? Il lui faudrait alors revoir sa méthode ! En revanche, pour ce qui était de faire souffrir quelqu’un, il se révélait être plutôt doué. Lorsqu’il lui montra ses doigts, léchés par le feu, sa méfiance s’éveilla aussitôt. Le feu était le meilleur moyen d’infliger de la douleur… Et elle fut au rendez-vous lorsqu’il planta ses doigts dans l’abdomen de la jeune femme. La douleur qu’elle avait ressenti auparavant causée par le couteau ne fut rien à côté de ce qu’elle due subir. Elle hurla de douleur tandis qu’elle sentait un feu iridescent lui consumer la chair. L’odeur était ignoble, et le contact de ces doigts une véritable torture. Elle se tortilla dans tous les sens, cherchant une échappatoire à cette souffrance. Malgré tout, son regard restait résolument braqué dans celui de Wynn. Elle ne lui donnerait pas la satisfaction de baisser les yeux devant lui ! Puis tout cessa, l’homme la laissant tomber vulgairement au sol. Elle s’affala, surprise qu’il lâche prise. Elle n’osait regarder son ventre… Le résultat ne devait pas être beau à voir. Mais cette attaque l’avait aidé à reprendre pied. L’odeur de chair brûlée prenait le dessus sur celle du sang… Les blessures que lui avait fait Wynn lui avait calmé sec ses instincts, même si ceux-ci ne se trouvaient jamais bien loin. En revanche, sa colère, elle, était toujours présente. Elle se transformait même en haine. Quel homme méprisable ! Peut-être l’avait-elle cherché, mais il ne faisait aucun doute que ce dernier ne faisait pas dans la dentelle. Il aimait faire souffrir, cela ne faisait aucun doute à Elie.
Ne voulant rester plus longtemps à genoux, devant cet homme qu’elle considérait comme un ennemi, elle se releva pour lui faire face, malgré la douleur que lui occasionnait ce mouvement. Elle préférait serrer les dents et les poings qu’émettre le moindre gémissement. Son attitude était fière. Elle semblait, comme le vampire le disait, peu encline à écouter ce qu’il avait à dire. Qu’il se fasse moralisateur ou non, peu lui importait. Qu’il paye de son arrogance et de son mépris était plus important aux yeux d’Elie.

Elle le regarda retourner près de l’humaine. Son attention se porta sur ses gestes. Il était indéniable que sa folie la reprendrait de plus belle si elle regardait de plus près la jambe de l’humaine… Alors elle préférait se focaliser sur lui plutôt qu’elle. De toute façon, maintenant qu’elle avait retrouvé un semblant de raison, l’humaine ne l’intéressait plus ! Il sembla lui administrer des premiers soins. Elie entendit les os de Marine craquer sinistrement. Puis l’attention de Wynn sembla retourner sur elle. Il lui demandait qui était son maître ? Qu’avaient-ils tous à le demander ? Son maître n’avait pas la moindre importance ! Son maître n’était plus là ! D’ailleurs elle n’en avait pas. Il était son créateur, en aucun cas son maître ! Elle n’en avait pas, et n’avait pas l’intention de courber l’échine devant qui que ce soit, aussi puissant soit-il ! Elle s’apprêtait à répondre, lorsque son regard suivit celui de l’homme pour venir s’échouer sur l’arme, restée à terre. Que faire ? S’en saisir pour lui rendre la monnaie de sa pièce ? Ou bien se débrouiller par d’autres moyens ? Elle ne savait pas se servir d’une arme à feu… Ce fut pourtant sur cette option que se porta son choix. C’était le moyen le plus rapide, le plus sûr… Du moins le cru-t-elle ! Elle partit à toute vitesse sur l’arme puis se baissa pour la ramasser. Une douleur atroce se répandit alors dans sa main, faisant lâcher l’arme. Ce n’était pas une brûlure… C’était bien pire encore ! En quelques secondes sa main fut ensanglantée, sa peau rongée par de l’acide. Un hurlement de douleur lui échappa tandis qu’elle posa un genou à terre, coupée dans son élan. Elle ramena sa main contre elle, des larmes venant piquer le coin de ses yeux. Ceux-ci débordaient de rage envers l’homme. Ce fut d’une voix tremblante de colère qu’elle s’exprima :


-Je n’ai pas de maître !


Elle prit quelques instants avant de se relever. Ce coup avait été bien plus pervers que les autres ! Nul doute que l’homme savait ce qu’il allait se passer. Si ça se trouve, il avait même laissé intentionnellement son arme à portée de main d’Elie !
Une fois debout, et malgré sa main tremblante sous l’action de l’acide, elle releva le visage vers Wynn.


-Qu’est-ce que c’était que ça ?

Elle désigna l’arme de sa main valide. Son autre main allait mettre du temps à cicatriser… Elle allait se traîner cette blessure un bon moment ! Une chose était sûre, sa faim était coupée. La douleur l’avait ramenée à la raison. Même les derniers relents de sang ne parvenaient à ramener sa faim. Elle était supplantée par le désir qu’avait la jeune femme de vengeance. Qu’il pose encore une fois la main sur elle, et il comprendrait qu’elle serait prête à se battre jusqu’à l’épuisement !
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Marine Desmuguets
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MessageSujet: Re: Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42] Mer 8 Aoû - 19:03

Un flot de ténèbres l'enveloppait, une marée de sensations la submergeait. Marine n'avait plus la force de lutter. Elle venait de vivre trop d'émotions d'un seul coup pour tenir. D'abord l'ivrogne, la course puis l'arrivée de Wynn, l'attaque d'Elizabeth, une nouvelle course, le poignard, ces dialogues horribles et cette envolée d'objets...Trop de choses dépassaient maintenant le domaine de la science et de la raison pour la jeune femme. Des crocs acérés, du sang, des éclats de bois, des yeux mauves et beaucoup trop de haine, de sadisme et de violence...la pauvre petite aristocrate n'était pas préparée à pareille soirée. Elle qui était venue se détendre avec une amie au Spirit, curieuse de voir les nouvelles danses françaises, elle venait de participer à une bataille insensée et d'assister à un combat entre créatures infernales.

Alors qu'elle sombrait dans un méandre chaotique de pensées, tandis que son corps souffrant abandonnait toute résistance, une nuée de cendres vint l'encercler et la happer. Elle se sentit soulevée, sans dureté, dans un mélange d'ombres et d'éléments flottants. Ses yeux se fermèrent pour de bon. Elle se sentait bien, comme dans un cocon. Plus aucune partie de son corps ne réagissait. Son esprit se ferma peu à peu.

Dans son inconscience, Marine rêva, agitée de légers spasmes.


***********
Tout était confus et cela était dû à la nature peu commode de son sommeil. Elle voyait les yeux de ce gentleman, ce Wynn, qui la fixaient. Ils étaient violets, brillants et effrayants. Elle apercevait aussi un violon posé contre des caisses derrière lui. Des couteaux volaient autour d'eux dans une danse macabre. Puis une tignasse de cheveux bruns apparu soudainement. Elle était abandonnée au sol, à nouveau seule. Elle ne pouvait pas crier, sa voix était partie, enfermée dans un récipient au milieu d'herbes à thé. Il fallait le récupérer, il était à l'intérieur du violon. Sa voix mourrait. Qui l'avait mise là ? Elle ne pouvait pas bouger. Son petit-frère sortit alors d'une bouche d'égouts. Extirpé, pendant qu'un combat faisait rage entre deux ombres, il lui tendit la main avec un sourire.

- Viens, j'ai ramassé une marguerite aujourd'hui ! Mon herbier, c'est le plus beau !

Marine ne pouvait pas se lever, elle pleurait et elle n'avait plus de jambes. Elle avait fait la guerre, armée d'une cuirasse étincelante et on les lui avait coupées. C'était horrible. Comment pouvait-on en arriver là ? Alors les ombres s'approchaient. Le petit-frère disparaissait, effrayé, pour sauter dans les égouts. Marine l'appelait sans timbre. Une ombre l'attrapait et dans un geste sec lui brisait l'épaule.

***********
Marine hurla en se réveillant. Ses yeux, lourds de fatigue et de peur, tombèrent aussitôt sur Wynn qui la tenait dans ses bras. Il était-là, avec elle. C'était lui qui la sauvait. Elle ne pu que lui adresser un pâle sourire avant de sombrer à nouveau.
Mais cette fois, ses sens reprenaient le dessus. Elle ne pouvait bouger ni voir, mais son ouïe revenait lentement. Elle entendit ainsi une partie de la conversation entre Elizabeth et Wynn. Elle ne comprenait toujours pas leurs paroles mais elle répondit faiblement à la question que Wynn posait à la violoniste :


- Je...je ne suis pas servante...

Cela n'était absolument pas cohérent, Marine délirait. Son esprit était complètement décalé par rapport à la situation. Elle ne saisissait plus le sens de la réalité et elle venait de prendre pour elle une question insensée.

Un hurlement la réveilla enfin.
Ouvrant à nouveau les yeux, elle s'agrippa d'un coup à la chemise de Wynn. Les sens soudainement réactivés, elle fut saisit d'une peur indescriptible en se retrouvant ainsi sur le pavé, dans une ruelle inconnue, dans une semi-obscurité.


- Mon Dieu ! Où ? Comment... ?

Tenant toujours le gentleman d'une manière crispée, elle laissa ses yeux tomber sur Elizabeth qui s'énervait non loin. De quoi parlait-elle ? Que s'était-il passé ? Un pistolet était à ses pieds et elle se tenait pliée, une main complètement brûlée, presque décharnée. C'était horrible.
Tout lui revint alors. Le Spirit, l'attaque, Elizabeth qui mordait la main de Wynn, les crocs de ce dernier. Mais qu'est-ce qui c'était passé ensuite ? Elle s'était évanouie ! Et ce pistolet, c'était celui de Wynn. Comment la violoniste avait-elle eu la main aussi meurtrie ? Pourquoi Wynn la tenait-il à l'instant ?
Marine paniqua. Elle lâcha Wynn en poussant un cri aiguë. Ses yeux croisèrent les siens, si choquants.


- Non ! Pitié ! Je ne vous ai rien fait !

L'aristocrate se débattit. Heureusement que son épaule avait été remise sans séquelle. Sans cela elle l'aurait certainement immédiatement sentie. Cependant, la douleur qui la mordit la première fut celle des gros éclats de bois enfoncés dans sa jambe. En effet, lorsqu'elle voulu se relever et se dégager des bras de Wynn, la souffrance à la cuisse la fit fléchir et trébucher presque immédiatement.
Pleurant de toute son âme, l'aristocrate se recroquevilla sur elle-même, pliée en deux dans une position d'abandon et de prière. Elle agrippa le genoux du Vampire qui était encore devant elle.


- Empêchez-la de me dévorer...Laissez-moi la vie... ! Pitié !

Jamais, de toute sa courte existence, Marine ne s'était trouvée dans une situation aussi dangereuse. Elle venait de rencontrer ses premiers Vampires et son esprit avait une difficulté du diable à assimiler l'information. Elle venait d'être attaquée et blessée à plusieurs reprises sans raison valable à ses yeux. Des objets étaient entrés en lévitation...Son sauveur s'avérait être de la même nature que son agresseuse...C'était trop ! Comment survivre à cela ? Si Wynn la protégeait c'était inévitablement pour s'en emparer...Se battaient-ils donc pour son sang ?
Tremblante, mouillée de larmes, Marine ne trouvait plus d'autre issue que de réclamer la pitié de ses bourreaux. Au risque d'énerver le Vampire, la jeune Humaine continua, fébrile et désespérée.


- Je vous en supplie...

Ses grands yeux bleus étaient devenus rouges de larmes. Ses cheveux d'ébène encadraient son visage d'une pâleur extrême comme une cascade de contrastes. Marine restait belle malgré son état déplorable, sa robe déchirée, salie et froissée.

- Sauvez-moi...

Que pouvait-elle faire d'autre ? Elle sentait que son corps ne souhaitait plus qu'une chose : s'écrouler à nouveau. Ses mains tremblaient comme jamais. Elle n'avait personne d'autre que ce gentleman pour espérer vivre encore. Même s'il semblait hautain, fier et dur, même s'il était inhumain, il s'était opposé à la violoniste pour la protéger. Il y avait un espoir auprès de lui, chose impossible du côté d'Elizabeth.
Pourquoi Maria ne venait-elle pas avec des gentlemen du Spirit ? Pourquoi la maréchaussée n'avait-elle pas encore été appelée par les habitants ? Était-il si tard que cela ? S'étaient-ils éloignés du salon tant que cela ?
Marine était désespérée. Elle ne pouvait plus fuir. Sa jambe la faisait souffrir et de toute façon sa course lui avait bien assez montré qu'elle était trop lente par rapport à la créature qui la poursuivait. Elle ne pouvait pas non plus espérer récupérer son couteau, perdu dans l'ombre, pour se défendre. Ils étaient deux et elle avait bien vu que la violoniste avait des réflexes sur-humains. Son coup avait porté en plein estomac...Les yeux de l'aristocrate tombèrent sur le ventre de la violoniste. Ce fut le choc. Ses chairs étaient ouvertes, brûlées, déchiquetées. Son abdomen était en charpie. La vision de Marine se brouilla. Elle fut prise de convulsions. Était-ce elle qui avait fait cela ? Elle serra ses doigts autour du tissu du pantalon de Wynn.


- Mon Dieu...

Lentement, l'aristocrate se penchait en avant, incapable de tenir elle-même assise.

[HRP/ Mon RP est pathétique, je suis désolée, mais c'est décidément une situation difficile pour Marine, lol/HRP]
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MessageSujet: Re: Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42] Jeu 9 Aoû - 18:36

Un genou à terre, Wynn tenait toujours Marine dans ses bras, avec une délicatesse peu commune chez lui. Pourtant, c'est Elizabeth qui l'intéressait. Car il était prêt à s'éloigner encore plus si elle faisait le moindre mouvement violent en direction de l'aristocrate. Il n'avait pas plus d'affection pour Marine qu'il n'en avait pour Elizabeth. Simplement, il avait été éduqué ainsi: Bien qu'étant issu du Sabbat, son clan lui avait enseigné une chose vitale, à savoir toujours rester suffisamment dans l'ombre pour ne pas se retrouver avec une armée entière de chasseurs aux trousses. C'est en partie pour cette raison qu'il refusait d'accorder à la jeune vampire ce qu'elle convoitait. C'était aussi par pur orgueil, bien sûr, car elle l'avait tout de même mordu suffisamment fort pour que la douleur soit encore présente.
Elle semblait s'être calmée... Mais pour combien de temps? Sa faim s'était peut-être apaisée, mais Wynn voyait briller dans son regard toute sa rancoeur et son animosité. Il était évident qu'elle ne le laisserait pas se retirer si facilement, avec un signe de main en guise d'adieu et la promesse d'un repas amical à partager plus tard... Le vampire poussa un imperceptible soupir. Elle était trop impulsive, trop fougueuse, et elle se casserait sûrement plus d'une dent, si elle continuait sur cette voie là. Peut-être était ce aussi lui qui, doté d'un grand sang froid, considérait ses congénères comme de véritables bêtes impulsives...
Wynn plissa les yeux en voyant Elizabeth se pencher vivement pour se saisir de son revolver et le menacer avec. En temps normal, il aurait éclaté de rire et l'aurait sûrement provoquer encore plus. Mais il ne bougea pas d'un cil, tenant toujours Marine, et fixa la vampire avec un regard neutre. Il était encore trop énervé pour rire de quoi que ce soit, et attiser un peu plus la colère de son assaillante n'était certainement pas une bonne idée.
Il la vit se brûler la main, lâcher l'arme et reculer en hurlant. Comme à chaque fois. Quiconque se saisissait d'une de ses armes connaissait le même sort, Wynn y était habitué. En revanche l'odeur... La chair rongé par l'acide... Il ne s'y ferait probablement jamais, et fronça le nez de dégout.
Il soupira de nouveau et sourire avec amabilité, sans une once de moquerie.


-Je comprends mieux ton... Manque de contrôle, dans ce cas... Tu m'en veux, c'est évident, et je ne vais pas te blâmer pour cela. A vrai dire je m'en fiche. Que tu m'apprécies ou que tu me haïsses, peu m'importe, ce n'est pas ça qui m'empêchera de dormir. En revanche... Ton impulsivité de jouera des tours, et peut-être que le prochain vampire sur lequel tu tomberas n'hésitera pas à t'arracher la tête.

Wynn se retint d'ajouter que l'idée était pourtant encore très présente dans son esprit. Il n'aimait pas perdre, et même s'il avait obtenu ce qu'il désirait, ça n'avait pas été aussi facile qu'il l'avait prévu.

-Ta main guérira, si c'est ce qui t'inquiète. Ce revolver est... Spécial. Quelque peu maléfique, et il a tendance à mordre quand il fâché...

Il était conscient qu'Elizabeth n'était pas sotte et devait se douter qu'il omettait de nombreux détails, mais lui révéler toute l'étendue des pouvoirs de ses maléfiques armes à feu lui attirerait plus d'ennuis qu'autre chose. De toute manière, lui même ne connaissait pas leur origine. Il les savait issus de la magie la plus noire qui soit, une magie si sombre que peu de sorciers osaient la pratiquer... Une magie qui, alliée à l'alchimie, avait permit de créer ce curieux duo de métal. Ils n'étaient une bénédiction pour personne: Ni pour leur porteur, ni pour ceux qui cherchaient à s'en emparer. De toute manière, s'il tentait de lui expliquer, elle le prendrait pour un fou, et refuserait tout simplement de l'écouter.
Ils furent interrompu par Marine, qui commençait tout juste à se réveiller. Wynn baissa les yeux vers elle, et leurs regards se croisèrent, faisant sursauter la jeune femme qui se débattit comme une forcenée pour le forcer à la lâcher. Prit au dépourvu, il la lâcha immédiatement, comme s'il s'était brûlé, et la fixa en fronçant les sourcils. Ses nerfs avaient du être mit à rude épreuve, et elle semblait délirer, perdue dans un monde qu'elle ne pouvait comprendre, un monde qui habituellement restait caché aux yeux des hommes, pour ne pas les effrayer.


-Marine... Ne vous levez pas vous allez..., Il la vit se lever avant de fléchir le genou, blessée par les échardes. Il soupira profondément avant de finir sa phrase, Vous blesser. Inutile de vous agiter de la sorte...

Ne l'écoutant pas, elle se traina à nouveau jusqu'à lui, lui prenant le genou en s'y agrippant comme si sa vie en dépendait. Wynn ne lui accorda qu'un regard vide où perçait une pointe de mépris. Pourquoi fallait-il toujours qu'il se mette dans ce genre de situation? Lui qui cherchait toujours à éviter les gens pour rester avec sa chère Solitude qu'il chérissait tant... Quelle idée avait-il encore eu, en s'interposant... Après tout, il ne devait rien à Marine, ni à Elizabeth, et s'il n'avait eu ni honneur ni ce semblant d'humanité qu'il lui restait, il aurait laissé Marine se débrouiller seule face à Elizabeth pour s'en retourner à se petites affaires.Pour la troisième fois, Wynn soupira.

-Je commence vraiment à me demander si je ne ferais pas mieux de la laisser vous tuer, j'aurais au moins la paix..., puis il leva les yeux vers Elizabeth. Mais tu ne sembles plus avoir faim, et ce serait une bien piètre consolation, n'est ce pas?

Ignorant les bras de Marine, qui entouraient sa jambe, Wynn se leva, la dominant de toute sa hauteur. Il resta un moment silencieux, puis baissa à nouveau les yeux vers l'aristocrate. Malgré les larmes et sa tenue dépareillée, elle était d'une beauté évidente. Sa peau rosée avait pâlie et faisait à présent ressortir ses somptueux iris bleutés et ses boucles d'ébène. S'il n'avait pas eu si peu d'intérêt pour ceux qui l'entouraient, Wynn l'aurait certainement trouvé à son goût. Tout comme Elizabeth, et son charme sauvage indéniable. Mais qu'importait la beauté de l'une ou de l'autre, Wynn comptait simplement rentre aux hommes une jeune femme choquée et blessée, tandis qu'il rendrait aux créatures de la nuit une vampire assoiffée de sang et de vengeance. Rien de bien réjouissant en soi. En son for intérieur, il trouvait cela presque plaisant de savoir une humaine rampant à ses pieds pour avoir la vie sauve... Plaisant dans le sens où elle ne s'adressait pas à la bonne personne. Wynn ne lui avait montré que peu de sa véritable personnalité, bien plus proche de celle d'Elizabeth que de celle d'un humain. Mais pour tenir tête à la vampire, il devait continuer sur cette voie, à savoir aider la jeune aristocrate.
Il lui tendit une main, l'invitant à la prendre.


-Relevez vous... Et faites attention à votre jambe... Elizabeth ne vous fera plus rien..., il tourna les yeux vers la dite personne, Car à ton regard je devine que ce n'est plus après Marine que tu en as... Je me trompe?

Wynn s'avança vers Elie, ne la lâchant pas du regard, puis il se baissa pour ramasser son revolver, qui dans sa main se révéla tout à fait inoffensif. Si ce n'est la violente douleur qu'il ressentit dans son épaule à ce moment là. Il se figea un court instant, une grimace de douleur défigurant son visage. A peine deux secondes plus tard, il relevait la tête vers Elizabeth, époussetant le métal de son arme avec nonchalance.

-Et maintenant... Que va-tu faire? Montrer les crocs, me menacer, me faire la peau? Qu'aurais-tu à en tirer, de toute manière... Tu es forte, c'est indéniable. Et ce malgré ton jeune âge. Et je n'ai pas envie de me battre. Ni contre toi, non contre personne. Ca ne m'intéresse pas.

Wynn reconnaissait rarement la valeur des gens, mais lorsqu'il le faisait, c'était honnête. Quant à se battre... Il n'en voyait pas l'intérêt s'il n'y avait pas un réel challenge derrière, à savoir un vampire plus âgé que lui et bien plus puissant. Et il ne se battrait contre elle que s'il était payé pour le faire, ce n'était pas plus compliqué que ça. Wynn était assassin, tueur à gages, empoisonneur... Mais se battre à tout bout de champ pour un oui ou un non ne l'attirait pas plus que cela.
Il releva vivement la tête, à l'écoute, puis se tourna vers Marine avec un demi sourire.


-Je les entends toujours vous appeler... Vous n'êtes pas perdues. Seulement pour retourner vers Trafalgar, il va nous falloir l'autorisation d'Elizabeth..., dit-il en se tournant de nouveau vers elle.

La ruelle était sans issue, Marine n'avait pas d'autre choix que celui ci. Même si elle l'osait, il n'était pas certain qu'Elizabeth la laisserait passer sans rien lui demander en retour.


(HRP: Mais non, Marine, je t'assure, ce n'est pas pathétique! ^^ Que dire de mon post... Je meuble avec des dialogues, honte à moi!)
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MessageSujet: Re: Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42] Mar 14 Aoû - 22:17

L’action s’était comme figée lorsqu’Elie s’était brûlée la main. Chacun restait à une distance raisonnable de l’autre, attendant le moindre geste pour réagir. La réaction du vampire confirma ce que pensait Elie… Il savait bien ce qu’il se passerait. Il eut la bonne idée de ne pas en rire, ni de la narguer avec… Mais sa réaction ne présenta aucune surprise. Il ne fit que la regarder calmement… C’était bien le seul à l’être à ce moment-là ! Entre Marine tombée dans les pommes tellement elle était paniquée et s’était blessée… et Elie qui ne rêvait qu’une chose… sauter à la gorge de l’homme !
Elle ne comprenait pas ce qu’il voulait. Etait-il juste un bon samaritain au secours d’une jeune humaine ? Ce n’était pas ainsi qu’il se représentait… Et ses méthodes étaient pour le moins empruntes d’une certaine habitude de la violence… Il n’avait pas sourcillé lorsqu’il lui avait brûlé l’abdomen, tout comme il ne l’avait pas fait lorsque sa main fut brûlée. Juste cette mine dégoûtée… Il est vrai que l’odeur de la chair était frappante et avait de quoi retourner l’estomac. Elie elle-même supportait mal l’odeur, mais, par chance son attention n’était pas dirigée vers cette dernière.
Wynn se plaçait en dehors de tout sentiment et pourtant la mettait en garde contre son manque de contrôle. Mais que voulait-il à la fin ? Qu’est-ce que cela lui apportait de lui dire s’il n’en avait que faire de sa maigre existence… Il était un personnage bien mystérieux… Quelles étaient donc ses intentions pour être intervenu ainsi ? Peut-être n’était-il qu’une personne aimant s’immiscer dans les histoires des autres… Un petit curieux !
Elle préféra se taire.
Il lui répondit également à sa question. Enfin y répondre… C’était une explication bien vague qu’il lui fit là… On aurait même dit qu’il la prenait pour une enfant. Pour qui se prenait-il donc ? Malgré leur écart évident d’âge, Elie n’aimait pas qu’on la prenne pour une enfant, et encore moins pour une imbécile. Elle tiqua donc aux paroles de l’homme, son visage s’assombrissant un peu plus. Elle lui aurait bien fait regretter cette pensée que Marine hurla. Le visage surpris d’Elie se dirigea vers la jeune femme. Il était vrai qu’elle était pâle. Elle semblait délirer complètement tandis qu’elle s’agitait légèrement dans les bras de l’homme. Elie soupira. Les humains… S’il y avait bien une chose qu’elle ne regrettait pas de sa condition humaine c’était cette fragilité…
Lorsqu’elle fut totalement revenue à ses esprits, la jeune femme se débattit, cherchant à se soustraire à l’emprise de l’homme. Sa tentative fut autant un succès qu’un échec. L’homme la lâcha, mais la blessure qu’elle s’était faite à la jambe ne lui permettait pas de se relever aussi aisément. Elle non plus n’écoutait pas les recommandations de l’homme. A croire que ses paroles ne servaient pas à grand-chose… Elle s’accrocha à l’homme comme un naufragé à sa bouée de sauvetage. Si seulement elle savait… Elle était autant en danger avec Wynn qu’avec Elie… La différence résidait dans le fait qu’Elie n’avait su se maîtriser, lui montrant la partie la moins reluisante des vampires, alors que Wynn était resté maître de lui… Maintenant, seul le fait que l’homme voulait s’opposer à elle pouvait encore sauver véritablement l’aristocrate… Comme une provocation… Comme un jouet qu’on met hors de la portée d’un enfant. Du sadisme à l’état pur…
Il se fit alors la remarque qu’il aurait peut-être dû laisser l’humaine se débrouiller… Mais supposa ensuite, à tort, que l’humaine serait à présent un bien faible lot de consolation… C’est là qu’il se trompait totalement. Il sous-estimait le monstre tapit en elle. Ce n’était pas parce qu’il avait éloigné sa faim une fois qu’elle ne reviendrait pas au grand galop… Attention à ne jamais la tenter… Ses instincts étaient bien trop développés pour ne pas en tenir compte ! Cela la fit ricaner. Il pensait la connaître ? Il pensait la comprendre ? Qu’en savait-il de tout cela ? Il ne la connaissait ni d’Adam ni d’Eve !

L’homme se redressa alors, laissant l’humaine, rampante à ses pieds. Face à lui Elie se sentait petite, et atrocement fragile. Mais il était hors de question de lui montrer. Elle redressa le menton, son attitude restant fière malgré la douleur diffuse qui courait à présent de sa main jusqu’à son bras. Sa colère l’aidait bien à faire abstraction de tout ça. Elle la sentait bouillonner en elle.
D’autant plus, qu’hypocrite, il aida aimablement la jeune humaine à se relever. De la provocation pure et simple aux yeux d’Elie… S’il s’en fichait il l’aurait laissé au sol… Cela ne pouvait être qu’une action contre elle ainsi… En revanche il ne se trompa pas lorsqu’il affirma que ce n’était plus envers Marine qu’Elie en avait… Il était vrai qu’à cet instant ce n’était pas contre Marine qu’elle en avait mais contre lui. C’est ce qui expliqua son attitude défensive lorsqu’il s’approcha d’elle. Elle recula d’un pas, non par peur, mais par précaution. Il valait mieux pour elle mettre de la distance entre eux deux. De plus, tous ses muscles se crispèrent, prêt à parer une éventuelle attaque. Il se pencha pour ramasser l’arme. Une monstrueuse envie de lui décocher un coup de pied au visage la démangeait mais elle ne le fit pas. C’était fourbe… Elle ne l’était pas… Enfin… Quoique ! Mais elle ne le fit pas quand même. Elle ne se rabaisserait pas à ça devant lui ! Elle préféra guetter la réaction de l’homme au contact de l’arme. Rien ne se passa… Qu’était donc cette arme ? Qu’est ce qui pouvait faire qu’elle soit attaquée et lui non ? Par quel prodige cela était-il possible ?
Cependant elle eut le loisir d’observer pendant un bref instant cette grimace de douleur… Sa satisfaction personnelle fit un bon vers le haut. Ainsi, malgré que la morsure ait disparut de la surface de la peau de l’homme elle avait réussi à le blesser… Elle en ressentait une certaine fierté… Blesser un vampire beaucoup plus âgé qu’elle n’était pas donné à tout le monde… C’est avec impertinence et un sourire goguenard qu’elle le regarda se redresser, lui, réagissant comme si de rien n’était. Son impassibilité était somme toute assez déroutante… Elle ne savait plus sur quel pied danser. Elle avait autant envie de le provoquer qu’elle se rendait compte que cela était une pure folie !
Il posa d’ailleurs la question qu’elle se posait depuis un petit moment. Elle avait la rancune tenace. Partir sans rien dire après s’être fait brûler sadiquement l’estomac puis la main était une pilule difficile à avaler. Ce qu’il disait était atrocement tentant. Tout comme les empêcher de retourner vers le Spirit tout deux… Cependant elle soupira, avant de prendre la parole, d’une voix maîtrisée, calme.


-Pourquoi dans ce cas ? Pourquoi être intervenu ? Te prends-tu pour un noble samaritain ? Ou bien juste un vampire moralisateur, à cheval sur les principes ?


Elle se déplaça alors rapidement, profitant de ce que l’homme pense à une attaque directement à sa personne plutôt qu’envers Marine. Elle se glissa derrière Marine, entourant de son bras à la main blessée la taille de la jeune femme. Elle glissa alors un doigt le long du cou de l’aristocrate, suivant le chemin de son artère.

-Ou bien était-ce pour profiter seul du sang de cette jeune femme… Ne me dis pas que cela ne t’a pas tenté, je l’ai bien vu.

Elle approcha alors son visage de l’oreille de l’humaine, tout en gardant le regard braqué sur Wynn. Elle ne savait pas ce qu’il pouvait faire, il valait mieux le garder à l’œil…

-Ne faîtes pas plus confiance à lui que vous le faites à moi Marine… Tout n’est qu’apparences !

Elle la lâcha alors, s’éloignant de quelques pas. Il valait mieux se méfier également de l’humaine. Elle lui avait déjà montré qu’elle pouvait avoir des réactions plutôt stupides. Il ne valait mieux pas lui donner l’occasion d’en refaire à nouveau. D’autant plus qu’elle était déjà rentrée dans un état d’hystérie totale… Il n’était peut-être pas très intelligent de l’effrayer plus encore. Elle toisa alors Wynn, puis un petit sourire en coin vint percer ses lèvres.

-Très bien, comme tu veux… Je te laisse donc le soin d’expliquer à Marine ce qu’il vient de se passer, et… ses conséquences…

Elle insista particulièrement sur le dernier mot. Par conséquence elle voulait bien entendu dire le secret qui couvrait l’existence des vampires. Personne ne devait le savoir. Si quelqu’un venait à le divulguer, sans doute cela serait-il considéré comme de la folie par certain… mais entre de mauvaises oreilles… Cela pouvait finir mal ! Puisqu’il avait voulu jouer au héros, il se chargerait donc de ce détail ! Elie, elle, s’en lavait les mains ! Après tout, il n’y aurait pas eu ce problème s’il l’avait laissé dévorer Marine…
Elle passa alors avec désinvolture à côté de Marine puis de Wynn. Bien sûr désinvolture n’était pas synonyme d’inconscience… Elle était prête à bondir au moindre signe d’hostilité du vampire. Ses muscles étaient tendus jusqu’à ce qu’elle rejoigne l’étui de son violon, à l’angle de la ruelle. Il avait volé jusque-là… Elle n’osait songer à l’état dans lequel il devait se trouver ! Si jamais il se trouvait abîmé, il y a fort à penser que la jeune femme s’en voudrait énormément ! Ramenant l’étui contre elle, elle se tourna une dernière fois vers les deux autres.


-Je n’oublierai pas…


Ces mots sonnèrent comme une promesse… Il se rendrait bien vite compte à quel point elle n’allait pas oublier !
Elle ramena alors son attention sur la ruelle, faisant déjà un pas pour partir, lorsqu’elle se trouva nez à nez avec trois hommes, tenant à la main chacun un bloody rose pointé sur elle. Ils eurent tôt fait de voir qu’elle était sa nature… Couverte de sang, marchant malgré une brûlure à l’abdomen, la main complètement rongée par l’acide… Un bref coup d’œil les avait renseignés, et la déflagration partie immédiatement. Elie ne pouvait l’éviter, mais elle pouvait au moins protéger ce à quoi elle tenait le plus. Elle eut tout juste le temps de se retourner, que la balle s’encra dans son épaule, le choc la précipitant à terre dans les cagettes. Le choc fut rude… Mais pas plus que la douleur qui se ficha dans son épaule. Les bloddy… des armes étant spécialement créées pour éliminer les vampires. Ainsi, leurs balles étaient d'un alliage spécial. Autant ne pas préciser quel martyre provoquait ces balles chez les vampires ! Une régénération impossible tant que la balle restait là… Une régénération lente et douloureuse ! C’était des hunters à n’en pas douter !
Un cri autant de rage que de douleur échappa au vampire lorsqu’elle reçut la balle. Pas un autre son ne ressortit ensuite de sa bouche, tandis que, tant bien que mal, elle se redressait pour faire face aux hunters. Son épaule saignait, indéniablement, maculant sa robe blanche. Elle était foutue ! Tout comme elle… Jamais elle n’aurait le temps de maîtriser ces trois hommes.
Un, gardait son arme braqué sur elle, tandis que les autres braquaient maintenant Wynn. S’il décidait de fuir, elle n’aurait aucune chance… Elle n’allait cependant pas lui faire le plaisir de supplier… Même si maintenant tout reposait sur ses épaules… Et de Marine aussi ! Dans cette situation, il était bien embêtant que quelques minutes plus tôt elle eut été dévorée par la soif et par cette envie de la saigner…
L’un des hunters se mit alors à parler, s’adressant aux deux vampires.


-Ne bougez plus sale vermine ! Et laissez repartir l’humaine !


L’un des deux autres hommes lui répondit.

-Rien ne sert de parler avec eux, ce sont des animaux…

Tout trois semblèrent alors se rassembler derrière cette idée. Ils ouvrirent le feu en direction du vampire, imprudent à l’humaine qui se trouvait derrière.

[HRP Et moi donc...]
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Marine Desmuguets
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MessageSujet: Re: Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42] Jeu 16 Aoû - 15:54

Marine était indéniablement sous le choc. Son réveil venait de lui faire l'effet d'une gifle. Les yeux mauves de Wynn l'avaient transpercée comme le froid de l'hiver. Le souffle haletant d'Elizabeth avait persuadé son ouïe de la situation dramatique dans laquelle elle se trouvait. L'odeur de brûlure était remontée jusqu'à son nez, retournant son estomac. Cet homme somme toute inconnu, aux dents proéminentes qui la tenait dans ses bras...La violoniste elle-même qui les toisait d'un œil sévère. Sa main et son abdomen sanglants qui la faisait grimacer révélant ses dents de carnassier...Sa propre jambe qui la lançait atrocement. Son épaule douloureuse...
Trop d'émotions, trop d'informations, trop...
Cette soirée était devenue un véritable enfer pour l'aristocrate.

Aux pieds de Wynn, empêtrée dans ses jupons souillés, Marine le suppliait de l'aider encore. Même si elle avait compris qu'il était certainement de la même nature qu'Elizabeth, il semblait vouloir l'aider et elle plaçait ainsi tout ses maigres espoirs en lui. Agrippant son genoux, les yeux emplis de larmes, elle lui demanda d'accorder sa pitié à l'Humaine qu'elle était.


''Je commence vraiment à me demander si je ne ferais pas mieux de la laisser vous tuer, j'aurais au moins la paix...''
Ces mots résonnèrent longtemps dans sa tête. Elle était nue dans les ténèbres, laissée dans l'obscurité, seule, sans espoir. Lorsque le regard de l'homme croisa le sien, Marine en fut tétanisée. Ses yeux mauves étaient tombés dans l'azur des siens avec tellement de détachement, tellement d'indifférence et de froide insouciance, que l'Humaine chancela. Les mots qui avaient accompagné ce dédain achevèrent de la traumatiser. Elle se sentit si petite et si faible, si abandonnée en cet instant, qu'elle resta sans voix.

Wynn se leva, ignorant sa petite main qui était restée accrochée à son pantalon. Son ombre écrasa ce qui restait de Marine. Elle baissa la tête, pleurant à chaudes larmes tandis qu'il narguait à nouveau Elizabeth.


''une piètre consolation''...

N'était-elle donc qu'un vulgaire morceau de viande donné en pâture à des fauves ? N'avait-il donc aucune pitié ? Elizabeth était un Vampire, une cannibale, une buveuse de sang, une folle ! Lui aussi était une créature démoniaque qui jouait avec sa vie. Se battaient-ils donc pour la dévorer ?

Dans un ultime effort, elle leva les yeux vers Wynn. Elle fut surprise de constater que ce dernier avait la tête baissée vers elle, la regardant de haut. Encore plus lorsqu'il lui tendit une main pour la relever. Ce geste et ses mots lui firent l'effet d'un baume.
Il voulait qu'elle se relève en faisant attention à ses blessures. Il promettait qu'Elizabeth ne l'attaquerait plus. Avait-il donc joué avec ses nerfs pour mieux la redresser ensuite ? Marine hésita. Ce gentleman tombé du ciel avait donc bien deux faces. C'était un être à part, ferme et fier, hautain et dur. Mais c'était aussi le seul qui semblait vouloir l'aider malgré tout. Il semblait presque lutter contre son propre orgueil pour lui donner assistance. Que voulait-il ? Pourquoi l'effrayer pour ensuite la rassurer ?

Marine saisit tout de même la main de Wynn. Avait-elle seulement le choix ? Lentement, elle se releva grâce à son soutien. Que penser désormais ? L'aristocrate était perdue. Il se mettait maintenant à la rassurer alors qu'une minute auparavant il avait semblé vouloir l'abandonner. C'était un jeu cruel...
Une fois debout, Marine resta derrière lui tandis qu'il ramassait le pistolet au sol. La jeune femme se crispa. Il pouvait désormais se produire n'importe quoi. Il pouvait aussi bien tirer sur Elizabeth que se retourner vers elle-même pour la viser. Marine n'avait plus beaucoup de force.
A son grand soulagement, il resta immobile un instant avant d'épousseter son arme d'un air détaché tout en provoquant encore Elizabeth. Il ne voulait pas se battre, pour lui il était évident que la lutte était stérile.
Puis l'homme se tourna vers elle. Il entendait les gens du Spirit la chercher. Le salon n'était pas loin, la liberté de l'Humaine et sa survie non plus. Une seule barrière se dressait entre elle et son Salut.


''il va nous falloir l'autorisation d'Elizabeth...''

Marine jeta un regard suppliant à Wynn avant qu'il ne détourne le sien. Que pouvait-elle faire ? Elle était totalement incapable de lutter contre la Vampire !

Elizabeth se mit alors à gronder sur Wynn. S'il ne voulait pas se battre, pourquoi était-il intervenu ? La question valait en effet la peine d'être posée. Même Marine, depuis qu'elle avait clairement aperçu ses canines et saisi le sens de ses paroles, se demandait pourquoi le Vampire l'aidait-il en cette heure. Voulait-il la garder pour lui tout seul ? Ou était-il habité par quelques bons sentiments ? Elizabeth se posait ces questions, c'était légitime.
Mais son but n'était pas de discuter. Elle voulait prouver sa valeur face à son homologue et surtout lui faire comprendre qu'ils n'en auraient pas terminé ce soir.

Marine se sentit soudainement saisie par la taille et un doigt vint se poser le long de son cou. Elle poussa un petit cri strident de surprise et de peur. Restant figée, la tête en arrière pour éloigner son visage de ce doigt inquisiteur, elle n'eut que le temps de murmurer un ''non...pitié'' avant de se taire pour éviter de provoquer la Vampire qui venait de l'attraper grâce à une fulgurante vitesse. Crispée, Marine la sentit s'approcher de son oreille pour y déposer un conseil empli de menace. Elle devait se méfier de Wynn autant qu'elle. Cela, elle l'avait bien saisi, mais la situation lui prouvait encore qu'elle devait se méfier en premier lieu d'Elizabeth et non de lui. Wynn n'avait pas eu un seul geste hostile envers elle alors qu'Elizabeth avait essayé de la mordre à plusieurs reprises, elle l'avait poursuivie, elle l'avait attrapée par la cheville sans la ménager et la tenait maintenant sous son contrôle. Quitte à faire un minimum confiance à l'un d'entre eux, Marine avait déjà choisi à qui elle la donnerait le plus. Les pouvoirs étranges de la Vampire n'allaient pas non plus jouer en sa faveur dans le jugement de l'Humaine.

Enfin, la Vampire la lâcha. Marine tituba sous l'appréhension et s'éloigna d'Elizabeth comme elle le pu, paniquée par cette prise d'otage. Tandis que la violoniste retrouvait son précieux instrument qui avait volé loin dans la ruelle, Marine reprenait son souffle saccadé par la peur.
Elizabeth évolua ensuite dans l'espace avec désinvolture. D'un ton amusé et dur, elle ''accorda'' à Wynn la tâche d'informer Marine. L'aristocrate était tremblante mais cette attitude lui fit froncer les sourcils. S'ils étaient de la même espèce, s'il s'entendaient si bien sur leurs propres principes, qu'attendaient-ils pour se lier ? Pourquoi se faisaient-ils la guerre sans réelle raison ? Pourquoi Wynn la protégeait-il ? Cette situation était presque grotesque ! De quoi devait-il l'informer ? Marine se sentait piégée entre deux fauves, comme un os à ronger. L'un souhaitait la dévorer sans attendre, l'autre voulait la conserver encore un peu, l'un montrait les dents, l'autre les griffes, c'était un combat primitif et elle en était l'objet en cause. Elle devait fuir entre les barreaux. Elle ne voulait aucune explication. Tout ce qu'elle désirait en cet instant c’était se trouver loin d'ici, enfin en sécurité !

Elizabeth s'en alla alors. Tournant le dos avec une démarche fière, elle s'éloigna, menaçant une ultime fois Wynn. Elle n'oublierait pas...autrement dit ce n'était que partie remise.
Marine songea en son fort intérieur que ce jeu auquel ces êtres se prêtaient était décidément bien cruel. C'était presque une question d'honneur, comme dans un duel à outrance lorsque la mort de l'un ou de l'autre semble nécessaire, quel que soit le temps de la lutte.
L'aristocrate ramena son châle sur ses épaules et soupira un peu. Elizabeht partait, elle abandonnait pour le moment sa poursuite, c'était une bonne chose. Fallait-il pour autant se relâcher ? Non, bien entendu. L'idée même de rester seule avec Wynn commençait à immiscer en elle une violente panique. Elizabeth venait de soulever le fait qu'il avait été lui aussi attiré par son sang. Courir...elle le devrait encore certainement...
Des yeux, Marine chercha son couteau. Elle devait pouvoir se défendre à nouveau. Entre elle et le Spirit se dresserait encore Wynn et peut être même qu'Elizabeth ne ferait que se dissimuler dans l'ombre d'une ruelle pour mieux l'attraper. Tout ceci n'était peut-être que du calcul...Il lui fallait retrouver sa lame, c'était son unique défense. Mais les pavés tordus, les éclats de caisses et la pénombres ne pouvaient pas l'aider.

Un coup de feu lui fit alors relever les yeux dans un sursaut. Wynn avait-il donc tiré dans le dos d'Elizabeth ?! Mais Marine vit la Vampire face à eux, tenant son étui à violon. Ce n'était pas Wynn qui lui avait tiré dessus...Trois hommes se dressaient maintenant derrière elle qui venait d'être percutée d'une balle à l'épaule. Crispée, Marine tendit un peu le cou pour voir la scène que la carrure de Wynn lui cachait en partie. Avait-elle bien entendu ? Les hommes connaissaient la nature des deux êtres qui la tenaient en otage dans cette ruelle, ils venaient de parler de ''vermine'' et l'avaient qualifiée elle comme une ''humaine''.
L'aristocrate ne cru pas en sa chance. Quelle surprise ! Elle était sauvée !
Elle voulu ainsi s'avancer pour les rejoindre mais des coups de feux claquèrent alors partout autour d'elle et de Wynn. Le Vampire était bien entendu la cible des tirs mais il était évident que les trois hommes n'avaient en tête que l'exécution des deux Vampires. Sauver Marine devait être optionnel. Leurs tirs sifflèrent tout près d'elle sans réellement de retenue. Un cri lui échappa alors face à ce nouveau danger et son réflexe fut de se cacher derrière Wynn en lui attrapant sa veste pour se coller à lui. L'instinct de survie lui avait fait prendre le Vampire comme bouclier. Qu'aurait-elle pu faire d'autre ?


- Arrêtez !!! Hurla-t-elle de tout ses poumons. Vous êtes fous !!?

S'éloigner courir, retourner au Spirit, rentrer chez elle, oublier...Marine se sentait encore défaillir. Son espoir venait de se transformer en nouvelle source de problèmes. Comment ces hommes pouvaient-ils tirer ainsi dans sa direction ? Ils n'étaient pas là pour la sauver, ils étaient là pour éliminer les deux créatures. Les dommages collatéraux ne semblaient pas trop les gêner, à son plus grand désespoir.
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MessageSujet: Re: Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42] Mar 21 Aoû - 20:58

Wynn fusilla Elizabeth du regard. Il avait surprit la petit lueur de satisfaction dans le sien lorsqu’il avait eu le malheur de laisser entrevoir une grimace de douleur. Elle imaginait sûrement qu’il souffrait encore de sa morsure ? Elle se trompait... Sa morsure n’était plus qu’un lointain souvenir, en comparaison de ce qu’il ressentait au contact de son arme diabolique.
Quand Elie lui demanda pourquoi il agissait ainsi, Wynn laissa tomber son masque impassible et renfrogné. Son grand éclat de rire alla se répercuter en un écho inquiétant contre les parois de pierre humide de la ruelle. Se passant une main sur le visage, il regarda Elizabeth avec un mélange curieux de sadisme et de malice.
Lui ? Un bon samaritain ? Un moralisateur ? On ne la lui avait encore jamais faite, celle-ci... Il aurait pu se taire, mais il finit par se décider à lui avouer une chose, une seule, qu’il cachait depuis le début.


-Pourquoi j’agis de la sorte ? C’est pourtant simple... Je m’ennuyais. Je m’ennuyais et vous étiez là, toi et Marine, mais ça aurait très pu être quelqu’un d’autre... Ne te méprends pas, je ne t’ai pas tenu tête arbitrairement non plus... J’ai beau ne pas avoir le moindre intérêt pour qui que ce soit, je me voyais difficilement te laisser succomber à tes pulsions vampiriques... C’est écrit sur ton visage, tuer te répugne. Je me trompe ?

Sans attendre de réponse, Wynn s’adossa au mur et croisa les bras, l’air profondément détaché de tout. Elie ne pourrait que le haïr un peu plus, et Marine perdrait sûrement le peu d’espoir qu’elle avait placé en lui, mais il avait été on ne peut plus honnête. Il s’ennuyait ce soir là, et cette petite altercation l’avait bien occupé, malgré la rage d’Elizabeth et son envie de combattre qu’il ne partageait pas.
Lorsque la jeune vampire disparut pour reparaitre derrière Marine, l’entourant de son bras par la taille, Wynn se contenta de la regarder avec un calme impressionnant. Ce n’était pourtant qu’une apparence. Malgré ses bras croisés, il était tendu et prêt à se saisir de l’un de ses revolver au cas où la jeune vampire ferai le moindre geste menaçant.
Malgré son sourire, il la trouvait incroyablement exaspérante. Elle se jouait de lui, se moquait totalement de lui... Cela faisait longtemps que son orgueil ne s’était pas fait autant sentir, et il s’en serait pourtant bien passé...


-Oui le sang de Marine m’a tenté. Il me tente toujours, d’ailleurs. Mais je ne la toucherai pas, parce que je n’ai pas décidé de faire d’elle mon repas. Cette demoiselle m’est sympathique..., ajouta-t-il avec un sourire sincère. Mais Elizabeth a raison, placer votre confiance en moi ne vous apportera pas plus. Simplement... Je ne risque pas de planter mes crocs dans votre gorge par manque de contrôle...

Il sourit à Elie avec une nonchalance qui tenait presque de l’insolence. Il ne ferait pas le moindre geste violent à son égard, pas plus qu’il ne chercherait à la défendre. A leur stade, l’antipathie qu’ils se portaient mutuellement était palpable et presque oppressante.
Il baissa les yeux vers Elie, la toisant de haut.


-Et pour lui expliquer quoi... ? Que les vampires existent ? Que nous sommes des suceurs de sang morts depuis plusieurs siècles ou plusieurs années, dans ton cas ? A quoi bon, elle n’est pas idiote au point de ne pas l’avoir deviné...

Puis il passa devant Elie pour rejoindre Marine.

-Bien entendu, votre soirée n’est qu’un mauvais rêve, et vous ne nous avez jamais rencontré... Si notre existence doit restée secrète, c’est pour une bonne raison, vous vous en douter... Je ne puis malheureusement pas effacer cela de votre mémoire, aussi je compte sur vous pour taire cette soirée...

Wynn se garda bien d’ajouter que si elle venait à parler, il se verrait obligé de la faire taire... Définitivement. Se tournant vers Elie, il la vit ramasser son violon et passer devant lui pour s’en aller. Elle n’oublierait pas ? C’était certain. Quant à Wynn, il oublierait très rapidement l’existence d’Elizabeth... Jusqu’au moment où ils se retrouveraient à nouveau face à face. A ce moment là, leur rancœur mutuelle aurait sûrement besoin de s’exprimer, et ce par autre chose que de tendres paroles... Ils n’étaient définitivement pas fait pour s’entendre. Deux lions ne se seraient pas toisés avec plus de répulsion. Malgré toute sa patience et toute la compréhension dont il pouvait faire preuve, Wynn ne pouvait éprouver la plus petite sympathie pour la jeune vampire. Et ce malgré le respect naturel qu’il éprouvait pour la plupart de ses semblables.

Leur entrevue aurait pu en rester là si trois hunters n’étaient pas intervenus. Relevant vivement la tête, Wynn les vit tous les trois, bloody rose brandit dans leur direction. Son premier réflexe fut de porter la main à sa ceinture où reposaient ses revolvers. La balle fusa hors du canon de l’arme et alla se ficher dans l’épaule d’Elizabeth, la faisant hurler de rage. Mais cette balle n’appartenait pas à Wynn et était faite d’argent pur. Wynn sentit Marine s'agripper à sa veste, et si cette proximité le fit se crisper un moment, il posa une main sur son épaule comme pour la rassurer. Plissant les yeux, il s’avança doucement, tout juste menaçant.

-Ne nous emportons pas, messieurs... Je suis certain que nous pourrons trouver un terrain d’entente, dit-il d’une voix calme en souriant, évitant tous gestes brusques.

-Arrière, impie ! Tu ne nous berneras pas de la sorte ! Vous allez périr tous les deux ! S’exclama l’un des hunter en tirant.

Wynn poussa un profond soupir et évita la balle d’un pas sur le côté. S’il y avait bien une chose qu’il détestait, c’était bien l’obscurantisme qui régnait chez les hunters. Ils étaient incapables de faire preuve d’ouverture d’esprit, et engager un dialogue avec un vampire était probablement la dernière chose à laquelle ils pensaient. Le vampire haussa les épaules. Il n’avait plus envie de se fatiguer à discuter. Pas avec la colère qui le guettait toujours.

-Très bien... Puisque vous ne souhaitez pas discuter... Venons en aux mains, qu’en dites-vous ?

Il eut un sourire des plus cruels et disparut dans un nuage de cendres. Le haut de son corps reparut derrière l’un des hunters, tandis que le reste de son corps était toujours aussi immatériel. Il attrapa le poignet du hunter, le tordit et le désarmas alors qu’il hurlait de douleur. Jetant un regard à Elie, Wynn se pencha sur la gorge de l’homme.

-Je pense que tu me devras bien un petit merci après cela, Elizabeth...

Puis il planta violemment ses crocs dans la gorge de l’homme. Son attitude était contraire à ses principes, il n’aurait pas du s’en prendre à un hunter... Encore moins le mordre... Mais il était énervé et avait perdu beaucoup de sang. Il n’avait guère d’autre choix s’il voulait s’en tirer et sauver la vie d’Elie. Il ne l’avait pas encore vidé de son sang que déjà ses deux collègues contrattaquaient. Une seconde balle fut tirée à bout portant et alla cueillir le creux de son abdomen avant qu’il n’ait pu faire le moindre mouvement.
Le vampire releva la tête en gronda, les lèvres ensanglantées et les yeux animés d’une effroyable lueur bestiale. Il lâcha le hunter exsangue, qui s’effondra au sol, les yeux révulsés, et reprit forme humaine derrière Marine, posant presque sa tête sur son épaule.


-Bien bien bien... Restons calme, messieurs..., dit-il doucement en posant un revolver contre la gorge de Marine. Navré de vous mettre à contribution, ma chère, mais il le faut... Posez donc gentiment vos armes et il ne sera fait aucun mal à la dame !

Les gestes de Wynn étaient presque doux malgré la situation, et il savait Marine sur le point de craquer à nouveau, aussi préférait-il la ménager au mieux. Les deux hunters se regardèrent un moment, puis fixèrent Wynn et Marine, et enfin Elizabeth. Wynn était conscient qu’avec une balle en argent dans l’abdomen, il n’avait plus droit à l’erreur. Les deux hunters se baissèrent doucement et posèrent leurs bloody rose à terre. Wynn lâcha lentement Marine, méfiant. Et il fit bien. Le hunter le plus proche d’Elizabeth se redressa vivement, un long poignard en agent dans la main, et se jeta sur la jeune femme.
Plus rapide que lui, Wynn fut entre eux deux en une fraction de seconde. Mais la force du hunter n’était pas négligeable, et le vampire dut arrêter la lame à mains nues pour qu’elle n’atteigne pas son cœur. Ses mains ensanglantées dégageaient une étrange fumée au contact de l’argent, et il dut se mordre violemment la langue pour ne pas lâcher prise à cause de la douleur.
Le vampire et le chasseur résistaient chacun de leur côté, et Wynn finit par lancer un regard à Marine, espérant que la jeune femme aurait une solution de dernière minute à lui offrir pour les tirer de ce mauvais pas.
Les mains du vampire s’enflammèrent soudain, dans un espoir désespéré. Faire fondre l’argent lui apparaissait impossible, mais peut-être arriverait-il à faire reculer le chasseur... Mais il restait le troisième, qui n’avait certainement pas dit son dernier mot.
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MessageSujet: Re: Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42] Dim 26 Aoû - 20:26

Toutes les explications de l’homme ne tardèrent pas à venir. L’ennui avait été déclencheur de tout ce qu’il venait de se passer. Il avait de drôle de manières de tuer le temps… Sa réponse ne convainquit pas totalement Elie d’ailleurs… Il y avait d’autres manières de tuer le temps ! Après tout, certains coins de Londres, même de nuit, fourmillait d’activités ! Elle restait sceptique face à lui… Il demeurait un mystère ! En revanche, elle, il semblait l’avoir compris au premier regard… Cette manie de tuer sanguinairement, non elle n’aimait pas ça… Pas que sa compassion y soit pour grand-chose, cela ne lui faisait pas ressentir ce genre de choses… Non c’était de la peur, peur de ne plus avoir de maîtrise sur soi, peur de perdre pied… peur de ne pas pouvoir choisir. Le choix ! C’était une chose primordiale pour elle. La liberté, ne pas être prisonnière de chaînes… Mais cette soif dévorante, c’était elle qui l’enclavait actuellement ! Alors oui, cela la répugnait ! Surtout lorsque cela touchait quelqu’un qu’elle n’avait pas envie de tuer ! Mais cela, elle ne comptait pas le confirmer au vampire. Quitte à se détester, autant que personne ne sache rien de l’autre… Elle n’avait pas envie de s’étendre avec lui ni avec qui que ce soit d’autre !
Surtout que le vampire, supposant surement de sa suffisance, adopta une attitude tellement détachée et indifférente ! A en faire bouillir le sang d’Elie… Ils étaient proches dans leur caractère… Trop proche ! Ils partageaient tous les deux des émotions communes, mais leur manière de les exprimer était tellement différente ! Lui avait acquis la sagesse de l’âge, elle, la fougue de la jeunesse ! Chacun s’enfermait dans son monde, trop orgueilleux pour faire un pas vers l’autre… Une attitude bien puérile !

Cela n’arrêta pourtant pas Elie lorsqu’elle s’était approchée de Marine. Une provocation, une mise au défi qu’il décida, sagement, de ne pas relever. Il se contenta juste de lui répondre… Une réponse incroyablement juste, et pourtant si blessante ! Il avait visé juste… Il ne l’avait pas choisi de la tuer… Elie non plus, c’était son monstre… Et pourtant elle avait failli le faire ! Pourquoi fallait-il que ce soit cet homme, qu’elle haïssait, qui ait raison ? Pourquoi fallait-il que ce soit lui qui ait compris ce désarroi que ressentait la jeune femme. Ce fut au tour de l’orgueil d’Elie d’être blessé… Mais s’il y avait bien une chose que la jeune femme savait faire depuis longtemps déjà, s’était de ravaler toutes les expressions qui auraient dû en transparaître… Son désarroi, sa colère, sa gêne aussi, tout disparut sous son masque d’insolence et de suffisance… Se faire passer pour une personne abjecte était décidément plus facile que de montrer son vrai visage ! Pas plus qu’elle ne se décontenança lorsque Wynn la toisa de haut. Elle ne comptait pas s’aplatir devant lui. Elle l’écouta sans dire un mot. Faire à confiance à Marine pour se taire… Devinerait-elle ce qui lui arriverait si elle parlait une seule fois… Elie ne se posa pas la question très longtemps. Elle en avait assez de tout cela, il était temps pour elle de partir. La présence de l’homme l’étouffait. Il la provoquait autant qu’il la mettait face à ses problèmes les plus contraignants… Fuir encore une fois…

L’homme ne fit pas un seul geste à son encontre, ce qui, sans qu’elle ne s’en aperçoive libéra une grande tension dans ses épaules… Oh oui qu’il avait la force de le faire plier devant lui, de la réduire à l’état de loque humaine… Sa force n’avait rien de comparable avec l’ancêtre qu’il était. Mais il n’avait pas envie de se battre, il l’avait dit lui-même. Tant mieux, l’envie était passée aussi à Elie. Malheureusement cela devait être une maladie contagieuse… Une balle dans l’épaule, ce fut le résultat de la rage et la haine d’hunter à l’égard des membres de son espèce… Cela sembla surprendre tout le monde. Personne ne réagit sur le coup. Puis quand les balles commencèrent à déferler, ce fut là que Wynn intervint. Elie, elle, était totalement impuissante face à ce qu’il se passait. Une balle dans l’épaule, et une arme braquée face à elle… Non, cette fois elle n’aurait aucunement le temps d’agir ! Son regard se planta résolument dans celui de son agresseur. Elle ne flancherait pas. Dans son esprit, il était clair que le vampire allait sauver sa peau plutôt que de la risquer pour une personne qu’il haïssait, elle ne pouvait pas le concevoir autrement !
Mais la voix du vampire s’éleva, calme face à cette situation enflammée. La jeune fille tourna un regard étonné vers lui, ne pouvant retenir sa stupeur. Il se dressait devant les hommes. Malgré son calme, la situation ne pouvait être plus tendue, et les trois hommes n’étaient pas là pour discuter mais pour abattre du vampire… Les idiots… N’étaient-ils pas censés protéger leur espèce en tuant des vampires ? Alors pourquoi mettaient-ils ainsi Marine en danger ? Ne pensaient-ils pas que Wynn pouvait se protéger des balles en utilisant l’humaine comme d’un bouclier ? Elie en fut profondément dégoûtée. Une raison de plus pour ne pas leur laissé la vie sauve… Qui était l’animal dans l’histoire ? Peut-être que des griefs pouvaient être retenus contre elle, mais eux… eux n’avaient aucune excuse pour agir ainsi !
Wynn n’en attendit pas plus non plus. Il se dématérialisa comme il savait si bien le faire, et réapparut derrière le hunter qui la braquait. Désarmer l’homme lui sembla un jeu d’enfant. Il se tourna alors vers elle pour lui annoncer une nouvelle vérité. Lui devoir un petit merci… Certes, et c’était cela qui la tuait. Lui être redevable était la pire des choses qu’elle pouvait envisager… Lui dire merci lui scierait la bouche… Rien que d’y penser elle en avait la nausée. Mais, Elie était quelqu’un qui avait un minimum d’honneur… Elle avait une dette. Elle s’en acquitterait, même si celui devrait lui en coûter !
Elle le regarda alors planter ses crocs dans la chair de l’homme non sans un léger frémissement. Elle détourna immédiatement les yeux. Ce n’était pas le moment pour que la frénésie lui reprenne. Face à des hunters, il lui fallait toute sa présence d’esprit. Il était inconscient de sous-estimé les humains. Ils avaient des ressources dont ils savaient user en cas de danger. Bientôt, le corps de l’homme tomba au sol, inanimé, provoquant l’attaque de ses deux comparses. Une détonation retentit… Le visage d’Elie, jusqu’alors braqué sur les humains se détourna lentement vers Wynn, jusqu’à tomber sur cette tâche, rouge, s’étalant lentement sur les vêtements de l’homme au niveau de son estomac. Celle-là, il n’avait pas eu le temps de l’éviter… Voilà qui était fortement compromettant pour les deux vampires ! Ils étaient blessés tous les deux, avec deux hunters en furie sur le dos ! Cela ne pouvait pas être pire !

Wynn, semblant vouloir calmer le jeu, se matérialisa alors derrière Marine, se protégeant de son corps pour parer toute éventualité de nouveau tir… les deux hommes, face à l’arme du vampire braqué sur l’humaine furent bien obligés de déposer leurs armes… Ce ne fut sans compter, sur l’un, plus téméraire, et profitant du fait qu’Elie soit sans défense, pour lui bondir dessus, une lame en argent brillant dangereusement dans sa main. Elle se préparait déjà, à parer le coup comme elle pourrait, s’imaginant déjà le contact de l’argent sur sa peau… Quelle triste pensée… Mais une nouvelle fois, le vampire la surprit, s’interposant entre l’homme et elle, les deux mains plaquées sur la lame en argent. Une abominable odeur de chair brûlée envahit une nouvelle fois la ruelle. C’était insoutenable, mais sans doute pas pire que la douleur que devait ressentir le vampire. Bientôt ses mains s’enflammèrent, dans une tentative qu’Elie devina pour désarmer l’homme, mais le regard qu’il lança à l’humaine indiqua clairement à la jeune femme que cette action était vaine… Bientôt il lâcherait surement prise et alors…
Mais pas le temps de s’imaginer la suite, l’autre homme était déjà près à venir au secours de son confrère… Le regard de la jeune femme capta quelques secondes un éclat au sol. Elle entrevit alors une lueur d’espoir… C’était la lame de Marine ! Son poignard ! Elle n’avait que quelques secondes pour agir. Il lui fallait se lever, quoi qu’il en coûte !

Refusant d’écouter la douleur qui lui tenaillait l’estomac ainsi que son épaule qui la lançait violemment, elle se jeta sur le poignard, et se releva, tremblante, pour bondir sur le deuxième homme. Ses actions étaient maladroites… Elle était droitière, mais sa main n’était pas du tout en état d’accueillir un quelconque objet ! Ce fut donc de la main gauche qu’elle planta la lame dans le cœur de l’homme. Elle avait réussi ! Mais pas le temps de se réjouir, l’autre hunter voyant son camarade se vider de son sang, déversa ses dernières forces dans la lame qu’il tenait dans les mains dans l’espoir qu’il atteigne sa cible.

N’écoutant que son instinct, et non ses sentiments, qui lui auraient plutôt dans ce cas-là dictés de laisser là le vampire, elle retira la lame, encore planté dans la torse de sa victime, pour se tourner vers les deux hommes. Elle attira alors Wynn contre elle, sa taille ne lui permettant pas d’atteindre son torse, au ventre de l’homme, bien qu’elle évita soigneusement sa blessure, seul moyen qu’elle avait trouvé pour le soustraire à la trajectoire de la lame, tout en lançant son poignard sur le hunter. Un geste vif, précis, qui fut sans doute guidé par les dons télékinésiques de la belle pour se ficher aussi surement dans la gorge de l’homme. L’adrénaline y avait surement été pour quelque chose ! Tout comme l’excédent de force qu’elle avait mis dans son geste pour libérer Wynn de l’emprise de la lame, qui lui fit finir sa course sur les pavés de Londres. Elle serra alors les dents, se retenant de gémir de douleur tant ce geste lui lança l’épaule. Elle se contenta de se redresser, difficilement certes, pour regarder le triste tableau qui se présentait à eux. L’action n’avait pas durée bien longtemps, mais le constat était chargé… Trois hunters tués, deux vampires blessés et une humaine qui devait à présent être dans la plus totale des hystéries ! Elie pouvait le comprendre… Elle avait découvert l’existence des vampires, l’un d’eux avait essayé de la tuer (elle ne voulait pas s’imaginer que cela soit elle-même qui soit ce dit vampire…), puis elle avait assisté à des querelles entre vampire, pour au final assisté à la cruauté humaine… Pour finir sur un massacre… Oui… Si elle avait encore toute sa faculté mentale après tout cela, Elie lui en tirerait son chapeau…

Elle tourna alors son regard, sombre, mais affreusement calme après ce qu’il venait de se passer vers Marine pour murmurer.


-Les vampires ne sont pas les seuls monstres ici… Comprenez bien que chacun porte cette cruauté en lui… Homme, vampire, rien ne change…

Elle se tourna ensuite vers Wynn. Elle aurait préféré se lever et partir, sans rien dire… Ne pas lui faire face… Ne pas devoir assimiler qu’il lui avait sauvé la vie… Alors la seule chose qu’elle fut capable de dire, même si en temps normal elle ne l’aurait jamais demandé ce fut un :

-Comment vont tes mains ?

Pathétique me direz-vous ? Bien sûr… Mais Elie ne se sentait pas encore la force de se relever, il lui fallait bien trouver quelque chose à dire !
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Marine Desmuguets
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MessageSujet: Re: Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42] Lun 27 Aoû - 0:36

La situation devenait complètement irréaliste, si elle pouvait l'être encore...

Si l'on jetait un coup d'oeil sur les événements de cette soirée, Marine allait avoir de quoi cauchemarder un moment...
Après avoir aidée Elizabeth face à un ivrogne, elle s'était retrouvée poursuivie par la violoniste-même qui s'avérait être un Vampire incontrôlable. Un autre Vampire, Wynn, était intervenu pour l'aider mais surtout pour jouer avec les nerfs d'Elizabeth et se divertir. L'une avait des pouvoirs de télékinésie, l'autre pouvait se changer en cendre...Ils se renvoyaient répliques déplaisantes, menaces et jugements glauques. Leurs petites luttes intestines n'avaient pour Marine aucun sens, elle qui venait tout juste de découvrir avec horreur que les monstres des contes pour enfants n'étaient pas de simple affabulations, découvrait ainsi dans le même temps que ces créatures étaient aussi dangereuses que sadiques et fourbes, même entre-elles. Puis trois Hunters étaient arrivés, tirant à vue, sans se préoccuper de sa présence. Wynn s'était changé en nuage de cendres, en avait attrapé un et l'avait vidé de son sang. Marine s'était retrouvée seule sur le pavé, affolée face à pareille situation, dégoûtée par ce qu'elle voyait. Puis le Vampire avait pris une balle dans l'abdomen, il s'était maintenant rapproché d'elle et l'avait prise en otage...

Lorsque Marine sentit ainsi le Vampire la saisir pour lui braquer son pistolet sur la tempe, elle laissa échapper un cri de détresse. Les yeux du Vampire étaient d'un mauve flamboyant. Il venait presque de vider entièrement de son sang l'un des Hunter et cette vision avait fait de lui un véritable monstre aux yeux de l'aristocrate.
Crispée comme jamais, le cœur battant, Marine tremblait comme jamais. Son corps ne réagissait plus, trop mortellement perturbé par la situation. Même si elle sentait qu'il ne voulait pas la brusquer et même s'il s'était excusé tranquillement pour la rassurer peut-être, Marine était prise au piège et complètement incapable de contrôler sa peur. Il s'en faisait un bouclier humain, une victime au milieu du chaos. Les Hunters allaient-ils céder ? Elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'ils pouvaient tout aussi bien tirer à travers elle pour atteindre le Vampire...

Mais bientôt les Hunters finirent par poser leurs armes au sol. Le plan de Wynn semblait marcher. Finalement, elle n'était peut-être pas à leurs yeux un simple dommage collatéral à ignorer. Un peu soulagée, Marine se détendit imperceptiblement. Elle était toujours aussi perturbée mais elle eu l'espoir que cette soirée se termine enfin ainsi. Un homme était écroulé, peut-être mort...C'était bien suffisant...Il fallait que tout cela cesse ! Wynn détendit ses mains autour d'elle. Il la lâchait lentement...

Mais alors que Marine nourrissait quelques espoirs de paix, un des chasseurs se jeta soudainement sur Elizabeth en brandissant un couteau d'argent. Wynn réagit au quart de tour, s'interposant bravement entre le Hunter et la violoniste. Marine fléchit d'un genoux mais se redressa vivement pour regarder la scène d'un air effaré. Wynn se tenait maintenant avec un couteau enflammé entre les mains. Le Hunter s'acharnait pour tenter de l'atteindre. Marine croisa le regard du Vampire : il voulait de l'aide...son aide ?

Que faire ? Que croire ? Que penser ?
Marine se retrouvait totalement prise au dépourvu. Sauver le Vampire en agissant de quelque sorte que ce fut n'avait aucun sens ! Aider le Hunter semblait bien plus raisonnable ! Mais au fond, ce Wynn ne lui avait-il pas sauvé la vie ? Une vie pour une vie ? Fallait-il qu'elle songe ainsi en cet instant ? Plus rien n'était logique, et chercher une réponse à ces multiples questions qui se bousculaient maintenant dans sa tête, comme une nuée de chauves-souris se dispute la sortie d'une grotte, relevait de l'exploit.
Marine abandonna donc ses questions et ne réfléchit plus à rien. Déjà, un autre Hunter se jetait sur Wynn et Elizabeht lui faisait obstacle avec son propre couteau qu'elle venait de retrouver. Marine allait agir elle aussi, oui, comme son cœur lui dictait d'agir.

D'un mouvement vif, elle leva ses jupons qui l'empêtraient et donna un coup de pied d'une force inattendue dans la hanche du Hunter au couteau. Elle cria de douleur pour sa propre jambe. Le pauvre homme, obnubilé par sa cible, n'avait certainement pas prévu un tel retournement de situation. Comment aurait-il pu songer que l'Humaine puisse se ranger du côté du Vampire ? Il poussa un cri de douleur et un juron, quittant le Vampire des yeux une fraction de seconde pour jeter un regard mauvais à Marine. Ce fut sa pire erreur, elle lui coûta cher, trop cher aux yeux de la malheureuse aristocrate qui assista à son égorgement par Elizabeth déjà revenu de son affrontement avec l'autre Hunter.

Marine écarquilla les yeux comme si elle allait devenir folle.
Quitter ces lieux ! C'était la solution la plus censée. Deux Vampires en  plein conflit mêlés à des Hunters dont elle venait de condamner la vie...Que rêver de mieux pour élaborer le plus magnifique de tous les cauchemars ?

La violoniste pesta contre les Hunters. Au fond elle avait raison : Vampires, Humains...tous avaient leurs défauts et leurs cruauté. Mais ce soir, Marine avait assisté à un massacre si terrible qu'elle ne pouvait plus tenir.
Elizabeth la délaissa pour voir si Wynn allait bien malgré ses blessures aux mains.

Sans attendre son reste, Marine prit soudainement ses jambes à son cou. Dans un ultime effort désespéré, ses cheveux défaits ondulant comme une crinière, l'Humaine s'échappa dans une ruelle annexe et s'éloigna de la scène le plus rapidement possible sans se retourner. Fuir ! Fuir loin de tout ceci ! C'était une action folle mais c'était aussi sa dernière chance. La surprise et leurs blessures retiendraient peut-être assez longtemps les Vampires pour qu'elle retrouve Maria et le Spirit ! Elle avait échappé à Elizabeth, elle avait aidé Wynn, elle ne devait rien à personne. Il était temps qu'elle retrouve la douceur d'une habitation éclairée. Le salon ! Le Spirit ! Il fallait qu'elle le retrouve ! La culpabilité lui rongeait déjà les sangs...


- A l'aide !! Au secours ! Hurla-t-elle à plein poumons dans la rue. Des assassins !

Que pouvait-elle faire d'autre pour retrouver les siens ? Peut-être que ses cris attireraient même des badauds et des membres de la maréchaussée qui viendraient mettre un terme à toute cette violence ?

- A l'assassin ! Au secours !

Ses cris trouvèrent refuge dans l'oreille attentive d'un gentleman à sa recherche. Wynn avait raison : Marie, sa chère amie, et des gentlemen du Spirit la cherchaient. Son absence bien trop prolongée avait affolé son amie et les témoins de la scène devant le salon avaient aussitôt aiguillé la belle qui avait demandé de l'aide autour d'elle. Heureusement, il y avait encore de bonnes âmes, et quelques gentlemen n'avaient pas hésité longtemps avant de porter assistance à la jolie brune éplorée. Suivant les indications de cette dernière, ils s'étaient aventurés jusqu'ici, à quelques rues de la bataille. Par chance, Marine s'était enfuie vers eux.

Arrivant en courant, l'aristocrate atterrit presque dans les bras d'un des hommes. Toute défaite, la robe déchirée, la jambe en sang, les cheveux emmêlés, on eu crû une folle sortie d'un enfer de débauche.


- Maria ! Cria-t-elle en apercevant son amie.

S'arrachant des bras du gentleman qui l'avait rattrapée, l'aristocrate rejoint ceux de son amie pour s'y effondrer.


- Ho Maria ! C'était affreux !

Puis elle se tourna vers les gentlemen.

- N'allez pas par-là, appelez la maréchaussée, vous vous feriez tuer ! Ce sont tous des fous ! Ils se battent au pistolet et au couteau ! N'y allez pas !

Finalement, Marine était partie du principe que les Vampires ne feraient qu'une bouchée de pareils hommes, même s'il y mettraient toute la plus belle volonté du monde pour aider une jeune femme telle qu'elle afin de montrer leur courage et de se prouver à eux-même leur valeur. Il ne devait déjà plus rien rester des Hunters, c'était une folie.

- Vite ! Fit-elle en panique. Retournons au Spirit ! Il faut s'éloigner d'ici !

Voyant que deux des hommes s'aventuraient un peu en avant, elle les attrapa par les manches.

- Je vous en supplie ! Ne faites pas ça ! Elle leur offrit son visage le plus désespéré possible et les pria de s'arrêter. Venez ! Restez avec moi ! Je vous en prie ! La maréchaussée...

Elle fut convaincante. Bientôt, l'équipe, armée jusqu'aux dents, encerclant les deux jeunes femmes dont Maria qui soutenait Marine, retrouva le chemin du Spirit. Le spectacle était fini et les gens sortaient du salon en bavardant comme s'ils avaient assisté à la première démonstration de la locomotive à vapeur.

- Tu as vu comme son ton était terrible ? Faisait un homme à sa femme. « Attentat aux moeurs » a-t-il dit! Ha ! Il me fait bien rire ce municipal chargé de pudeur! Et lui avec ses maîtresses !? S'il croit qu'on ne le sait pas ! Haha !

Il fit tourner sa canne-épée comme un funambule et sourit de toutes ses dents à sa femme. Son regard s'assombrit lorsqu'il vit l'expression choquée sur son visage poudré. Il suivit son regard et tomba sur le groupe de gentlemen qui accompagnaient Marine.

- Dieu du ciel ! Fit-il en levant les yeux vers les nuages qui s'amoncellaient, encore l'oeuvre d'un ivrogne ou d'un mauvais perdant qui n'a rien comprit aux femmes ! Ha ! La pauvre demoiselle...Mais bon, allons ! Elle est bien entourée ma mie, rentrons !

- Allons George ! Fit sa femme en lui serrant le bras. Ce n'est peut-être qu'un accident...mais...

- Ha ! Hahaha ! Rit l'homme en pouffant comme un dandy tout en l'entraînant avec lui. Oui ! Un accident ! Ou un « attentat aux moeurs » ! Hahahaha !

Lui seul trouvait son calembour drôle et intéressant. Sa femme soupira et passa son chemin agrippée à son bras. Elle jeta un regard à Marine et l'oublia après lui avoir souri faiblement avec une pointe de compassion.

Marine ne lui répondit pas. Dans sa tête qui lui tournait dangereusement, tout se bousculait. Un attentat aux mœurs ? Se répéta-t-elle. Oui...Pour sûr...Mais quelles mœurs ? Ceux d'une femme ou ceux de toute l'humanité ? Mais surtout...quelle était la personne coupable de cet « attentat » ?
La soif, la nature, la rage, la trahison...Quel choix aurait-il fallu faire ?
Marine se le demanderait encore longtemps...


[HRP/ Fin du Rp de Marine. ^^ Il faut bien que je la sorte de là un jour lol Ravie d'avoir joué avec vous, je garderai un souvenir cuisant de notre rencontre! XD Suite dans "Cruelles Vérités/HRP]
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Comte Keï
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MessageSujet: Re: Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42] Lun 27 Aoû - 3:25

[HRP/Venant du post "La tour entre en jeu"/HRP]

Il était très tard devant le Spirit. Les nuages prenaient leur aise dans le ciel lourd de menace et l'air était devenu masse épaisse à filtrer pour respirer. Une foule se pressait à la sortie du salon éclairé de mille feux. Le spectacle de ce soir aurait dû se poursuivre encore plus avant dans le temps s'il n'avait pas été interrompu par les autorités locales qui avaient sous leur surveillance la bonne tenue des moeurs. Le gratin des bas fonds de Londres n'était pas encore prêt pour la débauche de couleurs et la nudité de quelques genoux qu'apportaient les français dans leurs bagages. Ladies et gentlemen sortaient outrés, fascinés, amusés par ce qu'ils venaient de voir ce soir. Si le gardien de la scène n'avait pas mis un terme à ce "cancan" quelques bourgeoises auraient certainement crié au scandale.
Dans un brouhaha assourdissant, le salon se vidait donc.

Sous un lampadaire, une ombre se profilait. On pouvait distinguer vaguement un homme en cape coiffé d'un haut de forme des plus élégants. Il tenait une canne-épée sur laquelle il s'appuyait dans une position d'observateur qui flânait tranquillement et s'était arrêté-là pour regarder passer les spectateurs de ce soir. En recul, la tête baissée et le chapeau penché en avant, la pénombre ne permettait en aucun cas de voir son visage. On l'apercevait, on le regardait d'un oeil curieux et on l'oubliait aussitôt. Il paraissait simplement calme et posé, recueilli dans un silence empli de politesse et peut-être de nostalgie. C'était le genre d'homme que l'on songe à laisser errer dans ses pensées sans chercher à le déranger.

En réalité, sous ce chapeau noir comme la nuit, se trouvait le Comte Jirômaru Keisuke. Loin d'être aussi calme qu'il n'y paraissait, ce dernier n'était pas venu au Spirit en qualité de lord mais bien en tant que Vampire. En effet, ce soir il avait soif et sa faim l'avait poussé à venir attendre ici la sortie de quelques haut-bourgeois prêts à se faire gentiment saigner. Patient, observant les étoiles avec un soupçon de poésie dans l'âme, il était arrivé à l'instant, juste au moment où le spectacle avait été prématurément arrêté.
Tout aurait pu se dérouler tranquillement, sans violence outrancière, sans cri ni pleur. Mais la cruelle capitale n'avait pas prévu de lui accorder cette heure de délectation. Plusieurs auras traînaient dans les parages et se mélangeaient. Une odeur désagréable était parvenu à ses sens, perturbant sa mélodieuse symphonie personnelle. Préférant néanmoins se concentrer sur ses prochaines proies, le Comte était resté ainsi embusqué pour chercher du regard un idéal à faire frémir sous ses crocs. Il n'avait pris comme précaution que la liberté d'atténuer son aura au maximum pour éviter d'être dérangé par quelques politesses impromptues. Mais bientôt l'odeur se fit plus forte. C'était une odeur de sang mêlée à une odeur de feu...Elle lui piqua presque le nez.
Cette fois, les sens en alerte, le Comte s'était concentré sur ce qu'il captait dans l'air. Ce n'était pas très loin d'ici, à quelques rues tout au plus. Son ouïe capta une paire de cris, un coup de feu, deux...L'odeur du sang lui chatouilla les narines et aiguisa son appétit en même temps que sa colère. On se battait par-là bas...Des Vampires, à n'en pas douter, des Humains également...
Il n'y avait pas prêté attention immédiatement. Il ne se souciait pas de la sécurité des citoyens de Londres, même s'il en protégeait certains pour des raisons politiques et personnelles. Il n'était pas là non plus pour réprimer toutes les chasses des membres de sa race. Ce soir, il était simplement sorti pour goûter à la paix de la nuit et au sang de quelques imprudents, pas pour s'occuper d'une paire de Vampires résolument bruyants.

Depuis son entretient avec Fiora à Chinatown, le Comte avait besoin de calme et de paix. Sa pièce de théâtre était fin prête et le jour clé approchait. Retrouver ses marches solitaires ne pouvait que faire du bien à son esprit tumultueux et le préparer à la gigantesque mise en scène qu'il devait assurer bientôt. En soit, le Comte sentait monter la pression de son entreprise. Ce n'était pas grand chose, s'il faisait le point sur ses choix et son parcours, mais le sujet lui tenait à cœur et c'était pour lui d'une importance capitale qu'il réussisse à mener à bien son ensemble. Jusqu'ici tout se déroulait comme prévu et chaque pièce qu'il avait choisies était à sa place sur son échiquier. C'était du moins ce qu'il pensait.
Ce soir, il était sorti se restaurer pour oublier en partie ses obligations.

Malheureusement, ses rêves de douce quiétude s'envolaient maintenant avec sa bonne humeur.
Analysant rapidement les auras qui se présentaient à lui, le Comte perçu une paire d'aristocrates qu'il connaissait de vue et dont il percevait la présence, certainement les Haston qui étaient venus voir le spectacle français. Mais ce qui attira son attention, en plus des sons qui lui parvenaient presque nettement, ce fut la sensation de reconnaître une aura récemment croisée dans des circonstances désagréables.

Ainsi, perdu dans ses pensées, il réfléchissait à la décision à prendre. Faillait-il laisser les Vampires égorger quelques manants et gentlemen qui se défendaient au pistolet ou fallait-il vérifier cette impression étrange ? Il n'était pas en forme, c'était un fait, lui-même le ressentait. Ses sens avaient perdu en profondeur depuis la veille à cause de sa journée de dur labeur au théâtre. Il avait soif et la fatigue accumulée ces dernières semaines l'empêchait de se donner la volonté de se mouvoir pour si peu.

Un jeune homme passa près de lui. C'était un véritable dandy poudré outre-mesure, moucheté et perruqué sans grande élégance mais avec un col si ample et souple qu'il éveilla les instincts du Comte. Pourquoi se soucier de ce qui se passait plus loin ?
Un petit sifflement léger pour attirer l'attention du jeune homme, un sourire, une main tendue, son nom confirmé et le dandy se prenait aussitôt au jeu. L'entraîner dans une ruelle, discrètement, sans brusquerie, était un jeu d'enfant pour le Vampire bientôt six fois centenaire. Une fois sa victime abandonnée contre un mur, comme endormi d'ivresse, le Comte revint vers l'entrée de la ruelle.
Un mouchoir sur la bouche pour essuyer les quelques gouttes de sang qu'il avait malencontreusement faillit laisser s'échapper de sa bouche rendue vermeille, il fronça les sourcils de déplaisir. L'odeur du feu s'était accentuée. D'autres tirs avaient retentis. Décidément, quelqu'un prenait goût à ruiner le silence apaisant de sa soirée. Sentant la colère monter durement en lui, il décida finalement d'aller jeter un coup d'oeil.

Tandis qu'il se mettait en marche, une voix aiguë déchira l'atmosphère et une jeune femme sortit des rues en face du salon. Le Comte resta figé. L'Humaine était échevelée, soutenue par plusieurs hommes et une femme. Elle tremblait de tout ses membres et paniquait complètement. Elle parlait d'assassins, de couteau, de pistolet...Le Comte écouta de loin ses paroles, n'hésitant pas à lire sur ses lèvres par moments. Il ferma les yeux puis les rouvrit, fixant l'Humaine qui faiblissait dans les bras de ses compagnons. Pénétrant ses pensées, il chercha une réponse à sa question. Mais l'esprit de la jeune femme était complètement retourné. Mille et une pensées s'y donnaient bataille et les images qu'il pouvait apercevoir se brouillaient en continue. Elle était au bord de l'évanouissement.
Le visage de Wynn frappa cependant le Comte.
Rouvrant les yeux, il grogna et s'éloigna dans les rues pour contourner la scène et gagner les ruelles qui l'intéressaient.

Que faisait donc le Vampire aux yeux mauve ? Il souhaitait attirer l'attention des Humains ou quoi ? A quel petit jeu sordide était-il en train de s'adonner ? Avait-il laisser fuir sa proie comme un jeune inexpérimenté ? Et cette odeur de feu...

Il ne fallu pas longtemps pour que le Comte atteigne la rue où se trouvait son futur chef d'orchestre. Trois cadavres gisaient non loin de lui. Mais surtout, il était en compagnie d'une jeune femme a l'air sauvage que le Comte reconnu aussitôt. Les crocs sortis, il s'arrêta. Son ombre s'allongeait à ses pieds jusqu'au couple blessé. Sa cape, son haut de forme et sa fidèle canne-épée ajoutaient à son air mauvais une touche de prestance.


- Encore toi...murmura-t-il en s'avançant d'un pas ferme vers les deux Vampires.

Il libéra une partie de son aura pour redonner à son enveloppe corporelle cette présence obscure qui caractérisait les siens. Ses yeux fixaient Elizabeth avec mépris. Arrivé à leur hauteur, le Comte jeta un coup d'oeil aux cadavres qu'il enjamba prestement. Des Hunters...leur Bloody et leurs tenue ne pouvaient pas tromper...Puis il laissa son regard de brume se poser sur Wynn qui était blessé violemment à l'estomac et dont les mains n'avaient plus guère de chair intacte. Ses yeux revinrent finalement sur la jeune femme. Elle avait prit une balle dans l'épaule...

S'arrêtant net, appuyé sur sa canne-épée, il enleva son haut de forme et soupira d'un air contrit.


- Quel travail...C'est écoeurant...

Replaçant son couvre-chef sur sa tête, le Comte salua Wynn d'un coup d'oeil.

- Je ne suis pas certain d'être heureux de te revoir maintenant, Wynn Leichenhalle...

Pointant sa canne-épée sur Elizabeth, il continua d'un ton grave et sec :

- Qu'est-ce que c'est que ça ? Ne me dis pas que cette fille est ton œuvre...

Le regard sombre, le Comte fixa Elizabeth sans bouger sa canne-épée.

- Et toi...Une nouvelle fois dans mes pattes...Décidément...

La voix du Comte était emplie de menace, cela se sentait à son timbre retenu qui allongeait chaque fin de phrase. Il était particulièrement énervé mais il se contenait visiblement.
Baissant sa canne, il s'éloigna du duo ensanglanté et leva un sourcil en passant devant Wynn.


- Avec pareilles mains, mon cher, tu risques de faire fuir les dames plutôt que de les attirer...Même une Gangrel n'en voudrait pas...

Il soupira, s'arrêtant en leur tournant le dos.

- Comment pourrais-tu mener un orchestre... ?

Faisait volte-face, lentement, laissant un bras le long de sa cape rouge sang pour en retenir le bord, le Comte sourit d'un air crispé.

- Si vous aviez voulu attirer tout Scotland Yard, vous n'auriez pas pu faire mieux.

Levant sa main libre, paume vers le ciel, les doigts raides et crochus, il fixa un instant les corps derrière le duo vampirique. Aussitôt , comme s'ils avaient été relevés par des fils, les Hunters se levèrent dans une série de mouvements saccadés. Le Comte les poussa à se redresser pour qu'ils se tiennent debout.

- Prenez leurs armes, il faut effacer l'idée qu'ils sont chasseurs...fit-il aux deux Vampires responsables de cette pagaille.

Ramenant lentement ses doigts vers le centre de sa main, le Comte rassembla ensuite les corps sans vie des Hunters. Puis, fermant tout a fait son poing, le serrant de plus en plus fort, il conduisit les cadavre a se compresser les uns les autres et à s'étreindre jusqu'à ce qu'une paire d'os ne craquent et que l'ensemble ne s'effondre, inerte pour de bon. Les crânes enfoncés des Hunters réduisaient leurs visages à un amalgame ignoble, les rendant méconnaissables pour un bon moment. La force de cet acte, réalisé uniquement d'un mouvement de main, montrait assez bien l'état d'esprit du Comte en cet instant.

Attrapant soudainement Elizabeth par le bras, ce dernier l'exposa à Wynn comme une enfant que l'on puni.


- Qu'a-t-elle fait ? Demanda-t-il fermement à Wynn d'un air sombre. Rien ne peut justifier le boucan que vous venez de faire...Vous avez laissé s'échapper un témoin gênant...

Le Comte était réellement énervé de trouver sa soirée gâchée par ce sanglant carnage. La rue puait la cendre, la peau brûlée et le sang coagulé. Il retrouvait-là son chef d'orchestre blessé, deux jours avant sa pièce, trois Hunters morts, même si cela l'arrangeait plutôt malgré le chaos que cela venait de provoquer au Spirit, il venait de voir une Humaine prise d'hystérie, mais surtout il retrouvait cette jeune Vampire égarée qu'il avait déjà attrapée une première fois dans les jardins du Buckingham Palace. Trop jeune, abandonnée par son maître, laissée à ses pulsions les plus basiques...Elle avait osé rôder près de la reine et des hauts aristocrates de la cours victorienne, elle avait osé lui tenir tête d'un air buté...Ce soir, elle gâchait son plaisir et Wynn y était mêlé. Rien ne pouvait lui faire garder son calme.


> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42] Mar 28 Aoû - 1:21

L'odeur de la chair brûlée lui piquait les narines, à tel point qu'une grimace de dégout pur se dessina sur son visage. Cette douleur là, Wynn la connaissait bien. Elle n'était en rien comparable à celle de son dos lors de ses crises, mais elle était aiguë, violente et dévorante. Il sentait la chair de ses paumes se rétracter au contact de l'argent bénit, et il devenait difficile pour lui de lutter contre l'envie de son corps de lâcher la lame du poignard.
Et alors qu'il commençait à prendre le dessus sur le hunter, y mettant toute sa rage et la force qu'il lui restait, Elizabeth passait derrière lui pour égorger son dernier compagnon. Marine se joignit à eux en donnant un coup de pied à l'assaillant du vampire, le faisant tituber. Wynn le repoussa un peu plus, et lorsqu'Elizabeth passa à nouveau derrière lui, il se laissa faire pour qu'elle puisse lui planter sa lame dans la gorge de l'homme, qui lâcha prise et s'écroula dans un gargouillis de sang.

Immédiatement, Wynn lâcha le poignard en argent qui alla rouler au sol dans un tintement métallique. Les mains tremblantes et encore fumantes, il s'appuya contre le mur de pierre de la ruelle et poussa un profond soupir. Cette soirée ne s'était définitivement pas passée comme il l'avait espéré. Après tout... Elizabeth avait raison, et même si cela lui coutait de le reconnaître, il n'aurait pas du s'interposer entre l'humaine et la vampire. Il aurait pu passer son chemin et ignorer la belle se faisant dévorer par la créature assoiffée... Il aurait même pu contempler le spectacle avec un sourire aux lèvres, après tout. Il aurait alors applaudit la prestation d'Elizabeth avec cette ironie qu'il maitrisait si bien, et l'aurait ensuite laissée seule avec le cadavre.
Au lieu de cela, il avait fallut qu'il s'en mêle. Lui qui d'ordinaire ne se mêlait jamais des affaires des autres, c'était à croire que cette habitude devenait trop monotone pour lui. Il avait eu envie de s'amuser un moment, voir jusqu'où Elie était prête à aller pour défendre sa proie... Mais plus que tout, c'est cette pointe de nostalgie et de pitié qui avait guidé ses gestes. Elle était si jeune, seule et sans attache... Mais aussi fougueuse, pleine de colère, une colère que lui même avait connu. N'était ce donc pas un semblant de compassion qu'il avait éprouvé, l'espace d'un instant?
Wynn refusait d'y croire. Il n'avait plus le moindre sentiment humain depuis bien longtemps, après tout. Néanmoins, son attitude le déroutait lui même.
Il attarda son regard sur ses mains. Ses propres flammes ne pouvaient le brûler, et il avait eu le réflexe de se protéger avec, aussi ne s'inquiétait il pas trop à ce sujet. La lame les avaient coupées, et la chair s'était consumée tout autour, mais il récupèrerait vite. Un ou deux jours et l'on ne distinguerait plus que deux cicatrices. Si le hunter avait eu plus de force ou s'il avait été plus rapide, il aurait probablement réduit les mains du vampire à néant, le privant des deux membres auxquels il tenait le plus. Si par la faute du chasseur il s'était retrouvé dans l'incapacité de jouer du violoncelle, il aurait certainement voulu traquer sa famille pour le punir... Mais punir un mort, quelle ironie!
Un sourire pâle se dessina sur ses lèvres alors qu'il portait la main à son abdomen blessé. Il n'avait pas écouté ce que Elie avait dit à Marine, et lorsqu'elle s'adressa à lui, il releva la tête d'un air distrait.


-Hum? Oh... Bien, merci... Elles devraient rapidement cicatriser, je pense. La coupure n'est pas trop profonde. En revanche pour toi... Tu devrais songer à retirer la balle de ton épaule, si tu ne veux pas te retrouver avec un bras en moins.

Se disant, il sortit de sa veste la petite trousse en cuir usé qu'il gardait toujours sur lui. Elle contenait de nombreuses fioles de poisons, deux seringues, des aiguilles, du fil et une petite pince. Il prévoyait toujours ce genre de situations, et pour une fois, il ne pu que remercier sa maniaquerie maladive. Il ouvrit un pan de sa chemise trouée et tâchée de sang, et s'empara de la pince. Avant qu'il n'ait pu faire le moindre geste, Marine était partie en courant, hurlant à qui voulait l'entendre que des assassins rôdaient dans les rues de Londres. Le vampire laissa échapper un sifflement agacé en regardant la bout de la ruelle.

-Tss... Les humains ne sont donc pas capables de se taire... Elle va attirer tout le quartier, en agissant ainsi. J'aurais peut-être du la faire taire moi même... Bah... Elle ne devrait pas être difficile à retrouver, si elle devient trop gênante.

Sa dernière phrase avait été murmurée, presque pour lui. Reprenant là où il s'était arrêté, Wynn approcha la pince de sa plaie et entreprit de retirer la balle. Se mordant la lèvre à cause de la douleur provoquée par le poison contenu dans les balles, il essayait de contenir les tremblements de ses mains, qui ne l'aidaient pas dans son entreprise. Au bout de quelques minutes d'effort, il parvint enfin à extraire la balle, et soupira de soulagement. Le morceau de métal s'était aplatit sous le choc, et il était couvert d'un liquide noir et poisseux auquel se mélangeait le sang pourpre du vampire. Il posa la balle sur une caisse prêt de lui, et sortit un mouchoir avec lequel il épongea le sang de sa plaie. Il constata également que son sang devenait de plus en plus sombre à mesure que passaient les années de cohabitation avec ses revolvers. Son sang avait à présent une teinte si peu ragoutante que même un vampire affamé n'en n'aurait pas voulu.
Tenant toujours le mouchoir contre son abdomen, Wynn alla ramasser le poignard qui l'avait blessé, le tenant du bout des doigts, puis il fouilla les cadavres pour prendre leurs papiers, insignes, titres... Tout ce qui pouvait prouver leur identité. Il fallait à tout prix effacer les preuves, c'est une chose qu'il faisait après chaque mission. Posant les papiers au sol, il claqua des doigts pour y mettre les feu et les faire disparaître. Lorsqu'ils ne furent plus que des cendres, il les ramassa et les déposa dans le mouchoir qui contenait la balle du Bloody Rose. Il déposa également le poignard et les couteux de lancer qu'il avait trouvé sur un autre des chasseur.
S'asseyant sur une des caisses de bois, il sortit une aiguille et du fil, s'apprêtant à recoudre sa plaie, silencieux depuis déjà quelques minutes.

Soudain, il releva vivement la tête et braqua l'un de ses revolver en direction de la rue adjacente, où il avait sentit une présence. Une présence qui n'avait rien d'humain. Plissant les yeux, il observa longuement l'ombre qui s'avançait vers eux. D'abord diffuse, elle ne tarda pas à se dessiner avec plus de profondeur, jusqu'à prendre l'apparence d'un homme de grande taille. Et avant que Wynn n'ait pu distinguer le visage du nouveau venu, celui ci sembla les saluer en déployant une aura écrasante de sagesse et d'ancienneté. Une aura qui appartenait à un vampire agacé, pour ne pas dire en colère. Et surtout, un vampire que Wynn connaissait, et qu'il ne s'était pas du tout attendu à trouver ici.
Poussant un profond soupir de lassitude, le violoncelliste baissa son arme et se désintéressa de son interlocuteur pour reprendre sa petite couture personnelle. Il n'avait pas besoin de le voir pour savoir que le Comte Keïsuke était de méchante humeur. Pourquoi? Wynn l'ignorait encore, mais il était à peu près sûr que cela avait un rapport avec les événements de la soirée.
Les deux hommes ne semblaient ni bien s'entendre, ni se haïr totalement. Tout deux n'avaient conclut un accord que pour servir leurs propres intérêts. En revanche, Wynn ne le portait toujours pas dans son coeur. Parce qu'il faisait une allergie virulente à tout ce qui touchait de prêt ou de loin les aristocrates. C'était idiot et presque puérile, mais c'était ainsi.
Aussi quand le Comte lui avoua qu'il n'était pas vraiment ravit de le revoir, Wynn releva la tête en souriant d'un air narquois.


-Oh mais tout le plaisir est pour moi, Comte..., dit-il en étouffant un ricanement.

C'était plus fort que lui, il ne pouvait s'empêcher de lâcher ce genre de petites piques, et il s'abstint de tous commentaires pour ne pas l'énerver encore plus. Après tout, Wynn n'avait pas vraiment envie de mourir ce soir là...
Lorsqu'il eut finit de recoudre sa plaie, il fit un noeud au fil et le coupa avec ses dents. Il lui faudrait plus longtemps pour récupérer... Il n'avait pas songé à sa prochaine mission. Il avait un orchestre à diriger dans deux jours. Il le ferait, et cela sans ciller, mais il n'était pas idiot. Si leur petite représentation devait essuyer une attaque de hunter, Wynn serait handicapé par sa blessure, qu'il le veuille ou non.
Et alors que le Comte renchérissait, Wynn le fixa avec de grands yeux, cherchant à savoir s'il était sérieux ou s'il le charriait. Mais son ton et son regard dur étaient sans appel, il était sérieux.


-... Je vous demande pardon? Je n'appellerais pas ça une oeuvre, et non elle n'est pas de moi. Je n'ai jamais transformé qui que ce soit, et je n'ai pas l'intention de commencer maintenant..., répondit-il d'une voix calme mais néanmoins glaciale.

Wynn n'avait jamais trouvé l'intérêt de l'élevage de vampires. Il trouvait cela tout simplement inutile, mais ce n'était que son avis personnel. Il ne voulait tout simplement pas s'encombrer avec des débutants qu'il serait forcé d'éduquer pendant des années, et ce à la chaine. Se constituer une armée de petits vampires ou chercher à fonder une «famille», cette utopie pathétique que visaient un grand nombre de vampires, tout cela lui échappait. Wynn avait été seul depuis le début, et il resterait probablement le seul de sa lignée jusqu'à sa mort, et cela ne lui faisait ni chaud ni froid. Il aurait pu appartenir à une sorte de fratrie que cela n'aurait pas changé sa vision des choses.
Et lorsque le Comte fit une remarque sur ses mains, Wynn serra les poings à s'en faire mal, pour retenir le rire jaune qui lui chatouillait la gorge.


-Mes mains vont bien, merci... Je serai tout à fait en mesure de diriger votre orchestre, n'ayez aucune crainte à ce sujet... Je n'ai pas pour habitude de me défiler.

Quant à attirer les dames, Wynn se retint de dire qu'il n'avait en général pas besoin de ses mains pour les venir, et encore moins pour les faire fuir. Mais il avait proférer assez de sarcasmes pour la nuit, et adopter un ton plus modéré ne pouvait pas lui faire de mal. Depuis quelques minutes déjà, il se montrerait incroyablement courtois et poli, car il était conscient que jouer avec le feu dans une situation pareille n'était pas une bonne idée.

-J'ai déjà détruit leurs effets personnels et leurs papiers. Quant à leurs armes, il ne reste que les Bloody Rose...

Wynn regarda les doigts du Comte s'agiter au rythme des cadavres qui se relevaient avec des mouvements saccadés. Il l'observa avec une certaine fascination, obnubilé par les gestes de ce sombre marionnettiste. Ainsi, il était capable de manipuler les ombres mais aussi les corps pour les plier à sa volonté... C'était intéressant. Wynn n'avait encore jamais rien vu de tel auparavant!
Il finit par se lever, ramassant le mouchoir contenant les cendres, la balle et le poignard. Il laissait à Elie le soin de ramasser les Bloody Rose. Il évitait en général tout contact avec des armes à feu autre que les siennes, et cela du se sentir lorsqu'il ne bougea pas d'un cil pour aller les récupérer.


-Qu'a-t-elle fait...? Ca... C'est plutôt à elle qu'il faut le demander. De mon point de vue ce n'est pas très compliqué. Elle allait se jeter sur la première humaine venue, laquelle était en plus accompagnée il n'y a pas si longtemps de ça, et j'ai cru... Bon de l'en empêcher. Un vampire qui cède à ses pulsions les plus primaires provoque souvent des carnages qui dépassent l'entendement. Elle n'est pas la première dans ce cas, et ne sera probablement pas la dernière. Quant au témoin, je doute qu'elle dise quoi que ce soit..., conclut-il d'une voix toujours aussi calme et imperturbable.

Il esquissa un sourire aimable en regardant distraitement la jeune vampire. S'énerver maintenant ne rimait à rien, et son calme légendaire avait vite reprit le dessus sur sa colère passée. A présent, il devait avouer qu'il redoutait un peu ce que le Comte allait faire. Il sentait en lui une colère peu commune, et Wynn sentait étrangement qu'il allait en faire les frais.
Il épousseta sa redingote, salit par les combats, se passa une main dans les cheveux, et regarda à nouveau le Comte.


-Je ne suis pas certain d'avoir encore grand chose à faire ici...

Il s'apprêtait à s'en aller, chose qu'il aurait d'ailleurs du faire depuis longtemps, et pourtant... Il sentait que la suite des évènements allait encore repousser son départ.
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Attentat aux moeurs [Marine, Wynn, Elizabeth, Comte] [14/02/42]

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