L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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L'Opéra ou comment brûler un loup dans la chaufferie [Chastity, Comte] [20/12/41]

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Chastity E. Stephenson
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 30/05/2012
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Race : Vampire
Classe sociale : Haute Bourgeoisie
Emploi/loisirs : A la tête d'une grande entreprise spécialisée dans la production de machines à vapeur
Age : 330 ans
Age (apparence) : 25 ans
Proie(s) : Tous ceux qui essayeront d'attenter à sa vie.
Secte : Liée à la Camarilla de par ses idéaux mais se conduit comme une indépendante.
Clan : Toréadors
Lignée : Émissaires du Crâne
Rang Pyramidal : Premier (grâce à son érudition peu commune même au sein de sa communauté)
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MessageSujet: L'Opéra ou comment brûler un loup dans la chaufferie [Chastity, Comte] [20/12/41] Ven 6 Juil - 9:00

[HRP/ Depuis le post La curiosité est un vilain défaut /HRP]


La nuit était tombée depuis longtemps sur la plus grande ville du monde et les pâles lueurs tremblotantes des réverbères peinaient à éclairer convenablement les rues, créant de véritables gouffres noirs dans les ruelles, paradis des criminels en tous genres. Dans les grandes artères de la capitale, la lumière était un tantinet plus présente, pour permettre aux nobles et riches bourgeois de rentrer chez eux sans encombres après une soirée un peu trop arrosée. Comme ce soir, par exemple. L'Opéra se vidait lentement, vomissant une masse de messieurs en costumes, de dames toutes corsetées dans des robes du dernier cri dont la couleur laissait parfois à désirer, de dandys fiers de leur mise et de jeunes filles aux robes froufroutantes qui se pâmaient de bonheur au premier regard appréciateur d'un homme. Au milieu de cette foule bruyante se tenait Chastity, une vampire d'environ 330 ans. Elle avait décidé de s'offrir un petit plaisir en allant voir "Das Liebesverbot", une pièce de Mr Wagner qui l'avait agréablement distraite.

La jeune femme était vêtue d'une robe lie-de-vin en soie, agrémentée de dentelle sur le corsage au décolleté peu plongeant mais parfaitement ajusté. A son cou, elle avait passé un collier d'or finement ciselé, serti de tout petits rubis. Ses cheveux d'un roux flamboyant, laissés aux bon soins de sa camériste, avaient été relevés dans un chignon simple mais élégant. Elle était consciente que beaucoup d'hommes la désiraient et que nombre de femmes la jalousaient pour cette beauté presque sans égale. Mais elle ne leur accordait aucune attention. Les humains s'avéraient parfois extrêmement pathétiques et ceux qui s'abaissaient à vouloir posséder quelqu'un juste pour son apparence physique n'étaient rien de plus que des idiots.

Une jeune femme l'aborda. Elle était jolie mais ses lèvres ourlées, son port de tête altier et son menton trahissaient un caractère belliqueux et orgueilleux. Manifestement, elle l'avait déjà rencontrée... Mais oui, il s'agissait de Constance Addams, la fille de Lord Addams. Un homme charmant, au demeurant, mais un peu trop sûr de lui à son goût. Sa fille la détestait cordialement, la considérant comme une rivale. Constance ne supportait pas l'idée qu'une femme puisse être plus jolie qu'elle. Elles discutèrent une bonne dizaine de minutes, échangeant des mondanités lourdes de sens. Chastity s'efforçait d'être polie. Elle n'avait pas de temps à perdre avec les gamineries d'une enfant gâtée. Néanmoins, la rembarrer ouvertement aurait signé une guerre ouverte entre sa famille et elle, ce qui lui aurait progressivement fermé toutes les portes des cercles très fermés de l'aristocratie. Les rumeurs allaient bon train dans ce milieu et tout était bon pour se distraire. Quoi de mieux que de mettre les gens en porte à faux et de rire à leurs dépens ? La Vampire pensa qu'il n'y avait pas pire panier de crabes que les hautes sphères de la bonne société londonienne. Heureusement, Constance finit par s'en aller pour rejoindre une amie, à la grande joie de son interlocutrice.

Elle passa son manteau brun chocolat en laine du Cachemire et rabattit la capuche sur sa tête en sortant. Il faisait toujours aussi froid... Les dernières personnes s'éloignaient peu à peu. Bientôt, elle fut seule, en tête à tête avec la lune, ronde et pleine comme un ventre de femme. Elle ne voulait pas rentrer. La soirée était trop belle... Un bruit soudain, retint son attention. Les buissons de la courette de l'Opéra s'agitaient furieusement. La curiosité l'emportant sur le reste, elle s'avança. Grossière erreur. Ses sens exacerbés saisirent l'odeur pestilentielle en un rien de temps. Un Loup-Garou !
En se maudissant de son étourderie, elle tenta de faire demi-tour mais la créature était déjà sur elle, suante, bavante, toutes griffes dehors. Affreuse. Dans un mouvement agile, elle l'évita et s'enfonça dans l'obscure ruelle. Il devait être jeune et son degré de résistance, très faible. La bourgeoise faillit jurer. Elle n'avait pas envie de se salir les mains. Cela l'aurait arrangé que la bête aille faire des misères à quelqu'un d'autre ! Mais le Loup ne l'entendit pas de cette oreille. Il la percuta violemment, la forçant à reculer encore. Agacée, la vampire sortit d'entre ses jupes un poignard effilé en argent qu'elle gardait toujours sur elle en cas d'urgence. Comme maintenant.

Droite comme un i, elle pointa l'arme vers la bête qui préparait son prochain assaut, essayant de la dissuader. Mais elle fonça à nouveau. Chastity leva son bras, balafrant le museau de l'infâme créature qui hurla. Sa rage n'en fut que crimsonoublée. Manquant de se faire arracher la moitié du visage d'un coup de griffe, la jeune femme n'hésita plus et égorgea rapidement le canidé, lui épargnant de terribles souffrances.

En soupirant, elle essuya son arme sur la fourrure de l'animal et la rangea dans son étui. Bien... Qu'allait-elle faire du cadavre ? Elle ne pouvait tout de même pas le laisser là ! Une idée lui vint... A cette heure-ci, le personnel de l'Opéra devait avoir quitté les lieux... Peut-être qu'elle pourrait brûler le corps dans la chaufferie ! Oui, excellente idée. Sans effort, la Vampire chargea la bête sur son épaule comme un sac de pommes de terres, la tête de la bête pendant sur son giron, et utilisa son pouvoir pour se rendre invisible. Elle poussa du pied la porte arrière du bâtiment qui n’était heureusement pas fermée. Le couloir était illuminé par des lampes à huiles qui diffusaient une lueur glauque et presque morbide. Se fiant à la chaleur, elle descendit silencieusement une volée de marches, se retrouvant en face d’un grand couloir sombre. Elle s’avança encore, touchant les portes de sa main libre pour discerner la bonne.

Chastity s’arrêta devant une porte en métal extrêmement chaude. Elle pensa avoir trouvé. Elle poussa sur la poignée et pénétra dans une véritable fournaise dont la chaleur prit la jeune femme à la gorge. C’était insupportable. Comment faisaient les gens qui étaient employés ici pour ne pas se liquéfier ? On se serait cru à la porte de l’enfer. Elle regarda autour d’elle. La salle, encombrée par le charbon, était déserte de toute vie. Tant mieux. Se penchant en avant, la jeune femme déchargea le cadavre de son épaule et alla fermer la porte. Puis, elle ouvrit la porte de la chaudière, laissant s’échapper quelques flammes. La chaleur était intenable. Elle souleva ensuite le corps du défunt loup-garou et le balança sans remords dans le feu avant de refermer le four. Bien malin celui qui arriverait à retrouver quoi que ce soit ici ! Scotland Yard allait se retrouver avec une disparition inexpliquée de plus sur les bras.


- Bon, voilà une tâche rondement menée... Mais je crois que ma robe est bonne à jeter maintenant... Quel dommage, je l'aimais bien...

En effet, une tâche de sang et de charbon avait maculé la jupe de la jeune femme, de telle sorte qu'il était impossible de la dissimuler avec le manteau qui était, fort heureusement, intact. En soupirant, la jeune femme sortit un mouchoir blanc de son réticule et essuya ses mains rendues noires par la cendre. Elle le passa ensuite sur son visage et, bien vite, ce fut comme si rien ne s'était passé. Elle rangea le bout de tissus, qu'elle projetait de jeter dans la rue lorsqu'elle rentrerait chez elle. D'ailleurs... Il serait temps qu'elle rentre chez elle, justement. Elle se retourna, faisant froufrouter ses jupes et marcha vers la sortie. Soudain, elle se figea. Quelque chose approchait... Quelque chose d'oppressant, de dérangeant... Une aura puissante, sans aucun doute. Quelqu'un approchait. Et si ce quelqu'un la repérait ou la prenait en grippe, elle ne ferait certainement pas de vieux os. Heureusement, elle avait appris à dissimuler son aura à la perfection... Mais si cette personne était assez puissante pour la repérer quand même ? Bon... Dans tous les cas, cela ne servait à rien de maintenir son sortilège qui l'épuisait pour rien. Ce n'était pas ce ridicule subterfuge qui allait bluffer cette créature, certainement pas humaine. Cependant, elle prit soin de garder sa capuche sur la tête, dissimulant son visage. Immobile dans la chaleur torride de la chaufferie, elle attendit.


Dernière édition par Chastity E. Stephenson le Mer 31 Juil - 11:12, édité 2 fois
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Comte Keï
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MessageSujet: Re: L'Opéra ou comment brûler un loup dans la chaufferie [Chastity, Comte] [20/12/41] Ven 6 Juil - 17:10

[HRP/ Revenant de Parade sur les toits/HRP]

A son retour sous l'Opéra il dû rassurer les Sept et établir un nouveau Conseil. Chacun fut mis au courant de la nouvelle alliance: nul ne devait plus ignorer désormais la présence du Protectorat à Londres et nul ne devait se risquer à le froisser. Lui-même saurait punir les insolents. Il était hors de question de risquer une guerre et encore moins de laisser passer cette occasion de contrôler plus de puissance. La présence de Fiora et des siens gênait ses plans, mais elle était également pratique dans le sens où il serait plus en tranquillité quant à la sécurité de la reine. Une chose de moins à surveiller avec attention! Il avait bien d'autres choses à faire! Fiora le soulagerait de quelques exigences. Cela lui permettrait de s'attarder sur ses terribles plans...
Une fois la réunion close, le Comte avait profité de son cercueil. Les songes l'avaient quitté, pour l'instant. Aussi sa journée fut-elle paisible. Après le théâtre, il prendrait le temps de retourner dans ce monde endormi de filaments et de cercueil ancestraux. Pour l'heure, il devait se reposer.

Le lendemain, le Comte continua à donner des instructions à l'ensemble de ses disciples ainsi qu'aux esclaves humains. Il prit toutes les précautions pour qu'aucun trouble-fête ne puisse ternir cette alliance nouvelle.
Sa pièce de théâtre était prête, l'alliance avec Fiora s'achèverait bientôt et Sarah serait à lui. L'échiquier était en place, la tour s'armait, ses fous se préparaient, le roi se tenait au-dessus du futur champ de bataille: la reine tomberait.
Il envoya une lettre à Fiora pour lui expliquer ses ambitions quant à sa pièce de théâtre. Il lui donna un nouveau rendez-vous. Une fois la lettre expédiée, il se mit au piano.

C'est le moment que choisit un jeune disciple pour l'interrompre. Il y avait un visiteur venu apprendre à son maître une terrible nouvelle. Le Comte rencontra alors Kohl, un serviteur d'une certaine Adhéna Lisbutig. Le Comte n'avait jamais vu cette Vampire du Sabbat, mais il la connaissait de nom à cause de sa réputation de tueuse invétérée. Elle menaçait la Mascarade avec ses actes publiques! Comme tout ceux du Sabbat...Aussi, à l'arrivée du serviteur, le Comte faillit exploser de haine. Qu'avait-il donc à voir avec cette jeune écervelée dont il ne connaissait qu'une rumeur désagréable? Les membres du Sabbat pouvaient bien crever! Mais Kohl lui raconta qu'Adhéna était morte dans des circonstances atroces. Le Comte l'écouta, un sourcil levé. Qu'en avait-il à faire? Mais la mort de la Vampire était due à des Hunters. Quatre Hunters au total. Des Humains en ligues...Cela sentait mauvais. Depuis l'anéantissement des guildes, aucun rassemblement de Hunters n'avait été noté à Londres. Cette nouvelle était bien préoccupante...
Après quelques paroles, le Comte prit réellement conscience de l'ampleur de l'information: ils se réunissaient pour lui! Et d'après l'homme, Raphaël, ce Vampire dégénéré, menait la bande. Le Comte le reconnu à la description de ce dernier. La rage du lord fut à son comble. Il remercia le serviteur et lui ordonna de porter un message au Sabbat afin que ses membres lui laisse régler cette affaire en privé. Même si les grands pontes du Sabbat allaient grogner pour leur enfant, ils n'oseraient pas se dresser face au Comte.

De nouvelles pièces s'ajoutaient sur l'échiquier d'en face...Jirômaru Keisuke se coucha soucieux.

Le lendemain soir, le Comte informa ses disciples. Les Hunters n'étaient pas à prendre à la légère en ce moment. Il envoya des espions dans les rues de Londres et donna ordre de trouver ces quatre Hunters. Peut-être s'étaient-ils séparés après tout? Puis il sortit à son tour rôder autour du palais de Westminster avant de se rendre au théâtre régler quelques problèmes de scènes avec ses acteurs. Il fut heureux de constater que tous étaient fin prêts. Seuls les décors manquaient encore de peinture. Cela serait réglé pour la représentation.

Son sommeil fut plus serein.


*****************
Deux nuits s'étaient ainsi écoulées depuis sa rencontre avec Fiora Hagane à la Grand Horloge.

Ce soir, la lune était ronde. Une lune ronde pour une nouvelle nuit de carnage! Le Comte était parti très tôt, avec Salluste et Ambre, pour détruire quelques vies impies dans les bords extérieurs de Londres. Les Loups-Garous commençaient à s'organiser aussi dans la capitale et cela n'était pas pour plaire au Prince de l'Ombre. Quelques mois plus tôt il avait saccagé un hangars et tué pas moins de 40 bêtes à l'aide de ses disciples. Une purge qui avait eu pour motif la vengeance de la mort de Huysmans, tué non loin de l'Opéra par l'un de ces êtres poilus. Une vengeance qui n'avait pas ramené le défunt Vampire mais qui avait suffi à calmer les Loups pendant un moment. Cependant, ils étaient fort nombreux et ils revenaient peu à peu depuis la lande et les forêts environnantes pour envahir la cité. Le Comte reprenait ses activités mensuelles.
Il en tua trois cette nuit-là. Et ce fut une véritable partie de plaisir. Ils étaient certes plus nombreux qu'il y avait un siècle mais ils étaient également moins robustes, plus jeunes et inexpérimentés. Salluste et Ambre formaient un duo agréable. Leurs conversation, hors du carnage, le rendirent plus joyeux. Ambre parlait de la pièce de son maître avec entrain. Salluste, lui qui restait généralement muet, se voulu rassurant quant aux Hunters. Pour lui, leurs petits rassemblements étaient encore dans l'oeuf et il doutait qu'ils sachent s'allier sans s'entre-tuer tant leur réputation de belliqueux leur collait à la peau.

De retour à l'Opéra après une longue marche, le Comte et ses deux élèves arrivèrent au moment où la foule quittait l'édifice. Ce soir, la pièce "Das Liebesverbot", de Wagner, avait eu du succès. Il eut envie d'éviter de saluer quelques personnalités, aussi prit-il le soin de rester dans l'ombre d'une ruelle avant de se rendre directement à son repaire par une porte dérobée. Une fois entrés, Salluste et lui s'arrêtèrent dès les premières marches qui s'annonçaient à eux: un disciple de garde venait à leur rencontre.


- Mon maître, fit-il avec une courbette, une intruse...

Oui, il l'avait sentie en s'approchant de l'édifice. Son odeur était forte, parfumée et jeune.

- On s'en occupe nous-mêmes. Répondit le Comte d'un air distrait. Retourne à tes occupations.

Le regard qu'il lança à Salluste fut sans réplique. Ce dernier inclina la tête et, suivit d'Ambre, emboîta le pas du Comte. Le disciple, quant à lui, s'engagea dans l'escalier descendant avant d'actionner un passage secret afin de rejoindre leur repaire.

Au bout d'un moment, le Comte s'immobilisa pendant quelques minutes. Respirant l'air, il sonda mentalement la structure de l'édifice. Oser venir ainsi envahir les lieux les plus reculés de l'Opéra...sans cacher son aura...sans y avoir été invitée...c'était une Vampire ignorante...ou une inconsciente. Le Comte n'avait jamais sentit cette aura. Si...Dans un bal...Lequel? Il ne se souvenait pas. Ils avaient dû se croiser une fois ou deux sans qu'il n'y prête attention. Peut-être était-elle venu assister à la pièce et qu'elle s'était isolée pour mordre un spectateur?
Puis lui vint alors l'odeur d'un Loup...Le Comte fronça les sourcils. Lui qui pensait que cette odeur venait de son manteau souillé de sang et de ses mains après les combats de ce soir, s’aperçut soudain qu'il y avait une quatrième odeur lupine dans l'air.


- Je pensais que vous l'aviez senti avant moi...fit tranquillement Salluste.

Ambre pesta:


- Quel Loup serait assez stupide pour enter là!? Les gardiens ne l'ont pas arrêté?

Le Comte soupira.

- Ambre...Il est déjà mort.

Ignorant l'air choqué de l'actrice, le Comte hâta ses pas. Les odeurs provenaient de la chaufferie. La chair calcinée empestait les lieux. Ambre resta en retrait, préférant laisser le Comte et Salluste s'occuper de l'affaire. Elle resterait en soutient.

Arrivés devant la lourde porte de la chaufferie, le Comte et Salluste se jetèrent un regard entendu. Oui, l'aura avait vacillé. La Vampire avait senti leur présence d'autant qu'Ambre ne savait pas encore dissimuler son aura.


- Je suis désolée...murmura-t-elle.

Le Comte lui jeta un regard mauvais. Quelle idiote! Les excuses ne suffisaient pas! Il fallait de la maîtrise, point final. Mais en la laissant venir avec eux, il avait par avance tout calculé. La Vampire qui se tenait derrière cette porte s'attendait à voir une seule entité surgir. Elle en verrait trois...et Salluste le suivrait lorsqu'il libérerait une partie de son aura afin de faire les présentations...

La porte s'ouvrit donc d'un seul coup sans que personne ne la touche. Le Comte et Salluste entrèrent dans un même mouvement. La cape rougeoyante du Comte fut soulevée par cette vive entrée et par l'air chaud de la pièce. Droit, le regard dur, il domina de sa taille la Vampire qui les attendait à l'intérieur. Salluste et lui libérèrent une partie de leurs auras: la fête était finie.
Le Comte dévisagea la jeune femme. Elle portait une robe en soie élégante. Mais elle avait surtout une cape à capuche rabattue sur sa tête comme pour se dissimuler au mieux. Jirômaru s'attarda néanmoins sur une mèche rebelle d'un roux éclatant qui pendait sous la capuche.


- Hé bien, fit-il d'un air amusé, ce n'est guère un lieu fait pour les grillades de printemps!

Salluste et Ambre restèrent silencieux. Le vieux stratège accompagnait son maître dans une expression fermée. La pièce avait une couleur de feu, cela ne plaisait pas à ses yeux, cependant, il regardait l'intruse fixement.


> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
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Dernière édition par Comte Keï le Dim 8 Juil - 11:19, édité 1 fois
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Chastity E. Stephenson
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MessageSujet: Re: L'Opéra ou comment brûler un loup dans la chaufferie [Chastity, Comte] [20/12/41] Ven 6 Juil - 18:43

La vampire fut surprise de voir trois vampires franchir la porte de la chaufferie. Une femme et deux hommes aux auras inquiétantes. Celui qui se trouvait au centre était extrêmement beau. D'après les muscles qui se dessinaient sous ses vêtements, il devait être très puissant aussi... La jeune femme, prudente au possible, pensa directement qu'il fallait plutôt s'en faire un allié plutôt qu'un ennemi. Les deux autres la scrutaient d'un oeil mauvais, mais ils n'avaient aucune importance. Maintenant qu'elle y songeait... Les longs cheveux blancs et le regard voilé de cet homme correspondaient à la description qu'on lui avait faite du Comte Keï... Le vampire le plus ancien et le plus puissant de tout Londres. Et elle venait d'entrer sans autorisation sur sa demeure ! Alors ça... C'était vraiment un gros, gros problème. Elle se rendit compte qu'elle jouait sur des charbons ardents, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Enfin, un peu de distraction !

L'homme plaisanta sur la bête qu'elle venait d'incinérer. Comment devait-elle répondre ? Il fallait qu'elle mesure chaque parole, chaque geste, tout en menant son jeu. La nuit promettait d'être plus amusante que prévu...


- Je conçois que ce n'est ni le moment, ni l'endroit propice pour ce genre de choses... Mais il arrive que, dans la vie, nous soyons confrontés à des situations qui doivent être traitées dans les plus brefs délais.

Chastity esquissa un sourire à l'adresse du vampire et se concentra mentalement, masquant au maximum son aura. Elle avait dû se relâcher lorsqu'elle avait incinéré le Loup. Il fallait qu'elle prouve, par des moyens détournés et peu ostentatoires, qu'elle était très douée pour une vampire de son âge. Elle se demanda ensuite s'il verrait d'un mauvais oeil le fait qu'elle reste masquée... Mieux valait ne pas courir le risque. Jouer franc-jeu, pour le moment, était son meilleur atout. Elle enleva alors sa capuche, gracieusement, comme elle l'avait fait quelques jours plutôt face à Johansen, le clerc lycanthrope. Elle dévoila alors son visage, aussi beau et froid que la plus belle des porcelaines. Quelques mèches de ses cheveux de feu retombèrent sur le devant et elle fixa le Comte de ses yeux noisettes aux reflets dorés, semblables à de l'ambre.

- Navrée d'être entrée sur votre territoire sans votre autorisation, Earl Jirômaru Keisuke. Elle esquissa une révérence, révélant de manière très esthétique son sage décolleté et le bijou qui ornait sa gorge. J'ignore si vous savez qui je suis... Dans ce cas, appelez-moi Antigone... Du moins, pour le moment.

Ce n'était pas par hasard si elle avait choisi le prénom de ce personnage mythologique. Elle avait toujours été passionnée par l'ambiguïté de cette jeune femme, autant que par toutes les questions que soulevaient sa légende. La vie des hommes était-elle réellement régie par le Destin ? Si c'était le cas... Une puissance supérieure existait-elle vraiment ? Le libre-arbitre n'était-il qu'une invention des hommes destinée à prouver le contraire, alors que, dans le même temps, ils imploraient un Dieu miséricordieux de sauver leurs piètres existences ? L'esprit tortueux de la jeune femme avait déjà commencé à s'embarquer dans des réflexions d'un niveau philosophique horriblement complexe. Elle se demanda s'il fallait qu'elle révèle sa nature de "bâtarde" à son interlocuteur... Non, cela la mettrait plus en mauvaise posture qu'autre chose. C'était aussi pour cela qu'elle s'identifiait plus ou moins à Antigone, une enfant ratée issue comme elle de l'idiotie et des appétits morbides de l'homme. Elle se demanda si le Lord saisirait ce subtil sous-entendu. Au sein du monde sombre des vampires, on avait la fâcheuse tendance de la traiter de "cobaye", d'"expérience", d'"erreur". Même les vampires d'un rang inférieur à elle la méprisaient dans son dos. Son poing se serra. Non... Elle ne devait pas se mettre en colère. Elle valait mieux qu'eux. Elle avait acquis en 300 ans de vie les connaissances d'un vampire d'au-moins l'âge du Comte. Elle aurait toujours un train d'avance sur eux, quoi qu'il arrive.

Elle pensa à sa dague, bien cachée dans les pans de sa robe... Elle se demanda si elle avait emporté avec elle une fiole de son dernier poison, à base de sang d'Homonculus concentré, très rare. Elle n'aimait pas se servir du poison. C'était une arme de lâche, selon elle. Mais face à un vampire d'une telle puissance, elle ne devrait reculer devant rien pour sauver sa peau. Ici, elle n'avait aucune chance. Ils étaient trois contre elle et son érudition ne la sauverait pas. Elle s'avança d'un pas, sans quitter le Lord des yeux. Comment mettre au point une stratégie digne de ce nom ? Peut-être devait-elle se laisser aller à l'instinct...


- Bien que le moment soit mal choisi, je tenais à vous féliciter pour la mise en scène de l'Opéra de Mr Wagner... Ce fut très distrayant. Et dieu sait que nous avons besoin de distractions. L'éternité est parfois longue à tenir, n'est-ce pas ?

Elle se mit à marcher pensivement dans la pièce illuminée par le gigantesque poêle. La chaleur devenait vraiment insupportable, même pour elle. Elle enleva alors entièrement son manteau, qu'elle plia soigneusement avant de le poser sur son bras droit, dévoilant à peine des épaules d'une blancheur immaculée. Contrairement à toutes les femmes, humaines ou vampires, Chastity pensait que l'érotisme d'une tenue ne se trouvait pas dans l'exhibition mais dans la suggestion des formes; l'esprit se devait de faire le reste. Elle choisissait toutes ses robes en conséquence. Son atout principal était son élégance naturelle et son sens du style, qui ajoutaient encore du cachet à sa mise qui n'avait rien à envier à celle d'une reine. Obnubilée par la façon dont on la traitait dans le monde des vampires et celui des humains, elle donnait son maximum pour exceller dans tous les domaines. Elle voulait écraser les autres, afin qu'ils se rendent compte de sa valeur. Intérieurement, elle se surprit à penser qu'elle aurait bien aimé que ce seigneur des Vampires, ce Prince de l'Ombre lui accorde son respect. Cela permettrait encore une fois de prouver que la force de la volonté et la rage de vaincre permettaient de s'élever et de s'imposer. Oui... Et s'il ne lui accordait pas ce respect qu'elle s'était surprise à envier, alors elle le gagnerait elle-même.

Mais pour cela, elle devait se montrer pondérée et maîtresse du jeu. Si elle se retrouvait roulée par cet homme, alors elle n'aurait plus qu'à s'exiler, loin, très loin. La pensée de l'échec lui était tout simplement insupportable.


- Il fait vraiment une chaleur torride ici... Si nous poursuivions la discussion dans un endroit plus calme ? Et, de préférence, en comité réduit ? Je dois dire que vos compagnons, bien qu'ils m'inspirent le respect, ne sont guère réjouissants et je n'ai en aucune façon l'envie et le pouvoir d'attenter à votre vie... De plus, si vous tenez à me supprimer ou à me punir de mon imprudence, je suis persuadée que vous y arriverez seul.

Voilà, c'était comme cela qu'il fallait procéder. Petit à petit, sans trop se presser. Rester courtoise sans négliger le second degré... Ce Comte Keï était quelqu'un de très intelligent et ils la jaugerait sur tous les plans. Elle se devait d'être irréprochable. Époussetant une de ses manches, son regard se posa sur la tâche de sa jupe. Comment allait-elle faire pour rentrer sans éveiller les soupçons ? On pouvait aisément deviner la provenance des saletés, de par leur couleur et l'odeur qui s'en dégageait. Elle esquissa une petite grimace. S'il y avait bien une chose que Chastity détestait, c'était la saleté et le laisser-aller.

crimsonressant la tête, ce qui accentua la courbe gracieuse de son cou de cygne, elle porta son regard vers les couloirs. Il ne fallait pas qu'elle se montre trop curieuse, mais l'antre de ce Vampire surpuissant l'intriguait au plus haut point. Combien de salles, d'escaliers, de passages secrets et de portes dérobées cachait-il ? Nul ne le savait...


Dernière édition par Chastity E. Stephenson le Dim 5 Mai - 18:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'Opéra ou comment brûler un loup dans la chaufferie [Chastity, Comte] [20/12/41] Dim 8 Juil - 12:29

L'intruse comprit bien vite à qui elle avait affaire. La réputation du Comte le précédait souvent et son physique, qui n'était pas banal, permettait souvent de le reconnaître facilement. Cela l’énervait parfois, mais d'un autre côté cela avait également son utilité. La Vampire sentit qu'il était inutile qu'elle se cache plus longtemps. Aussi enleva-t-elle sa capuche après avoir justifié son acte. Le Comte la regarda plus attentivement. Ses yeux glissèrent sur ses cheveux, ses yeux et ses lèvres. C'était une belle fleur. Elle était puissante pour son âge, cela se voyait à la détermination qui se lisait dans ses yeux noisette mais cela se sentait aussi dans son aura, fine et ciselée.

Le Comte sourit:


- Oui...parfois il vaut mieux faire disparaître un cadavre dans les plus bref délais...Jirômaru jeta un regard dégoûté à la chaudière. Surtout lorsqu'il s'agit de ces bêtes infectes...

Il regarda la Vampire esquisser une courbette de politesse. Son décolleté était appétissant et le collier qui ornait son cou lui donnait une élégance agréable à regarder. L'envie de mordre à cette peau de pêche parcouru l'esprit du Comte le temps d'une seconde. Il avait soif. Cette chasse aux Loups-Garous l'avait laissé sur sa faim du soir. Mais quelque chose clochait chez cette Vampire. Son don obscure et sa vision surnaturelle donnaient au Comte un avertissement presque sonore.

La jeune femme se présenta alors à moitié. Ce qui déplu fortement au Comte.


- "Antigone"? fit-il en levant un sourcil. Ne seriez-vous pas plutôt une certaine "Pandore"? La curiosité, l'inconscience et la maladresse vous siéraient mieux en cet instant que l'inceste originel et l'insolence...Même si...

Le Comte laissa sa phrase en suspens. La jeune femme sembla perdue dans ses pensées. Salluste recula d'un pas avec Ambre, sentant que l'aura de son maître agissait en conséquence. La colère intérieur de l'intruse ne plaisait pas au lord. Après cette nuit épuisante, il avait autre chose à faire que de jouer aux énigmes et l'air commençait à se charger de suspicions. Il avait horreur du mensonge et de la dissimulation en sa présence. Ce petit jeu auquel s'employait la belle était bien dangereux...
Le Comte fixa un instant le poing fermée de la Vampire. Son esprit n'eut pas de difficulté à sentir la menace qui rôdait dans le coeur de la jeune femme. Songeait-elle à fuir? Voulait-elle se battre? Sonder ce qui lui restait d'âme ne serait pas très difficile, mais le Comte voulait éviter d'entrer dans les pensées, préférant les deviner aux expressions du corps et de l'aura. Il n'utilisait son esprit de cette manière qu'en dernier recours, pour briser mentalement, obtenir une information ou effacer la mémoire.

Il resta muet, écoutant l'intruse le féliciter pour une pièce qu'il n'avait pas mise en scène. Il en sourit froidement mais resta coi. La jeune femme se mit alors à marcher. Oui, l'éternité était parfois longue...il était bien placé pour le savoir. Que voulait-elle? Quelques paroles nostalgiques? Son regard posé sur la belle n'avait plus rien de souriant. Tout son être s'était fait raide et froid comme le marbre. Cependant, il faisait en effet une chaleur torride en ces lieux. Les Vampires n'aimaient pas la lumière, encore moins le feu et ils étaient comme des bêtes à sang froid, préférant l'humidité et les coins sombres pour vivre, laissant la chaleur humaine remplacer ce soleil perdu à jamais.
La Vampire enleva donc son manteau, révélant ses formes souples et graciles. Un semblant de manipulation se dessinait derrière ces gestes censé se faire anodins. La belle esquissa alors un sourire et demanda la possibilité de changer de lieu pour discuter. Elle préférait être seule avec le Comte...De quel droit se permettait-elle ainsi pareil caprice en cet instant? Rien ne lui permettait d'espérer un traitement de faveur. Cependant, le Comte donna un ordre mental tout en la regardant épousseter quelques secondes sa jupe souillée. Salluste et Ambre disparurent dans l'ombre du couloir et se retirèrent pour retourner au repaire. Leur maître avait trouvé un nouveau jouet. Céder ainsi à la demande de l'intruse ne signifiait qu'une chose: le Comte avait décidé de donner une leçon de taille à l'imprudente.

La porte de la chaufferie se referma lentement derrière le Comte jusqu'à claquer durement. Barrant la route jusqu'à cette dernière, le Vampire s'approcha de sa consoeur.


- "Antigone"...répéta-t-il doucement en la regardant avec insistance. Une mère étranglées par son écharpe, un père incestueux, des frères ennemis...Il arriva à hauteur de la Vampire, tout près d'elle. Une femme...Il mit ses mains derrière son dos, comme un professeur avant de se pencher et de la fixer dans les yeux. ...emmurée...

La menace était lourde. Il en avait le droit et cela l'amusait, même si en cet instant c'était plutôt le mépris et la colère qui siégeaient en son coeur. Le Comte se redressa, imposant sa stature à sa consoeur.

- Si vous tenez à ce nom autant que je tiens à la tranquillité de mon domaine, continua-t-il sur un ton plus ferme, je peux vous donner satisfaction quant à la suite de votre histoire...

Son regard était froid au possible. Il dédaigna les courbes et les dentelles qu'arborait la belle et se mit à marcher à son tour dans cette pièce arrondie aux murs rougeoyants. L'air commençait à devenir étouffant.

- N'êtes-vous pas cette "expérience" dont parlent les enfarinés de salon? demanda-t-il d'un air faussement détaché en se promenant dans la pièce comme s'il s'intéressait à tout ces tuyaux et conduits de vapeur qui les environnaient. Votre sang, fit-il en ramenant son regard de brume sur elle, a quelque chose de mort...

En effet, alors que le Comte voyait en temps normal les veines de ses confrères et consœurs luire sous leur peau, cette Vampire semblait empli de sang mort, terni, presque sale. Il avait entendu une histoire qui expliquait qu'une Vampire "cobaye" était à Londres. Il ne l'avait jamais rencontrée, elle n'était pas venue se présenter à lui à son arrivée. Une rumeur courrait sur sa nature "expérimentale". Un Humain aurait réussit à commettre l'irréparable. Le don obscure prodigué par cette insipide créature ne pouvait être sans défaut. Quel était donc son véritable créateur? Alors que le Comte avait laissé cette rumeur dans l'ombre, persuadé que ce n'était qu'un nouveau jeu de quelques égarés, elle lui revenait ce soir en présence de cette Vampire particulièrement étrange.

Il s'approcha à nouveau de l'intruse et lui saisit durement le bras gauche pour la ramener contre lui.


- Est-ce vrai qu'un Humain est à l'origine de votre "don"? demanda-t-il l'air mauvais en serrant son étreinte. Est-ce vrai!?

Cette possibilité le rendait malade. Si la rumeur s'avérait tangible, cela était d'une gravité sans nom.


> Jirômaru Keisuke <

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Chastity E. Stephenson
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Proie(s) : Tous ceux qui essayeront d'attenter à sa vie.
Secte : Liée à la Camarilla de par ses idéaux mais se conduit comme une indépendante.
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MessageSujet: Re: L'Opéra ou comment brûler un loup dans la chaufferie [Chastity, Comte] [20/12/41] Dim 8 Juil - 16:57

Quelle idiote ! Elle s'était complètement fourvoyée sur ses suppositions. Elle avait emprunté la mauvaise pente et contrarié le Prince. Zut... Comment allait-elle faire pour se rattraper... Si cela était encore possible. Elle mordit ses lèvres délicates, à la recherche d'une solution. Le Comte lui tourna autour, à la manière d'un prédateur, d'un vautour autour d'une charogne... Il la regarda, carnassier et évoqua le funeste destin de cette femme, dont elle avait choisi le pseudonyme. Triste coïncidence quand on y repensait. Durant un instant, Chastity entrevit la mort. Elle pouvait fort bien être emmurée en cet instant. Mais elle le savait pertinemment. Elle avait couru le risque, il fallait qu'elle continue jusqu'au bout, quelle que soit l'issue.

Encore une fois, ses pensées allèrent vers son arme. Oui... Si elle devait mourir, elle le ferait avec dignité. Elle ne laisserait pas cet homme la rendre folle avec cette torture qu'il avait le droit d'appliquer. Elle se calma autant que faire se pouvait et sa tension baissa progressivement. Elle n'avait pas peur. Elle savait pertinemment qu'un vampire de l'âge de ce Comte Keï l'écraserait en un instant, sans aucun état d'âme. Mieux valait pour elle de ne pas résister. La mort viendrait d'une façon ou d'une autre alors autant choisir l'issue la plus digne pour elle... Elle se jura intérieurement que, quoi qu'il puisse advenir par la suite, elle resterait calme et ne perdrait pas ses moyens. Son regard impénétrable se posa sur l'homme imposant, fier comme un roquet de sa menace sous jacente. Elle n'avait pas peur. Elle n'aurait plus jamais peur. Elle répondrait avec calme à sa violence, jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il n'avait pas l'emprise escomptée sur elle et qu'il était inutile de s'énerver.


*Je n'ai pas peur de mourir. Je n'ai pas peur d'être torturée. Quoi qu'il arrive, je ne céderais pas à la pression et jamais je ne ramperais à tes pieds en implorant ton pardon. Je ne te ferais pas ce plaisir...*

Il lui demanda ensuite si elle était la fameuse vampire transformée artificiellement. Lui aussi, il l'appelait "expérience"... Mais à quoi s'attendre d'autre ? Même les sous-fifres la dédaignaient. Elle garda son calme. Elle ne laisserait pas cet homme rouvrir ses vieilles blessures. Ici, il avait tous les droits. Mais elle se ferait un malin plaisir de renverser la situation à son avantage. Son pragmatisme était sa carte maîtresse. Tant qu'elle ne céderait pas à la colère à son tour, elle pourrait encore s'en sortir sans trop de mal, voire même, se trouver un nouvel allié. Mais ce ne serait pas chose aisée... Cet homme n'accorderait jamais sa confiance au premier venu... Adoptant le même ton détaché de conversation mondaine, elle lui répondit avec un sourire. Malgré tout, elle était fière de sa nature. Elle était différente d'eux, unique. Et, d'après les recherches qu'elle avait menées, elle était sûrement plus résistante qu'un Vampire de son âge, transformé "normalement". Elle vaudrait toujours mieux qu'eux.

- Oui, c'est bien moi. Chastity Esther Stephenson. La "paria", le "cobaye"... Appelez-moi comme vous voulez, de toute façon, personne ne prononce mon nom. J'en viens à me demander à quoi cela sert de me présenter encore. Je suppose que vous avez compris pourquoi j'aime utiliser des pseudonymes... Elle marqua une pose avant de continuer : Mon sang n'a pas quelque chose de mort... Il est mort. Comme moi.

Elle avait prononcé ces mots avec une infinie douceur, pourtant mêlée à l'indifférence. Cela ne servait à rien de s'énerver ou de pleurer sur son sort. Elle n'était pas faite de ce bois là. Elle resta droite, à fixer simplement le Comte. Elle ne fit rien d'orgueilleux ou de belliqueux. Instinctivement, elle avait reconnu la puissance de cet être et s'était inclinée devant elle. Le courage était une vertu mais la témérité relevait de la bêtise profonde, elle le savait bien. Cela ne servirait à rien de le provoquer. Il fallait se montrer extrêmement prudente et humble.

Dans son regard, cependant, elle nota une certaine douleur. Une douleur semblable à la sienne... Lui aussi avait connu la trahison de l'être aimé. Il le cachait bien d'ailleurs. Si elle n'avait pas vécu la même expérience que lui, peut-être ne s'en serait-elle pas rendu compte... Malgré les apparences, ce Prince de l'Ombre cachait une grande mélancolie... Il n'était pas si différent d'elle, en réalité. Ils avaient été blessés par l'amour et l'un comme l'autre, ils y avaient renoncé, cachant leur douleur derrière un masque de fer. Elle ne sut pas s'il avait lu ou non dans son regard ce qu'elle avait compris. Elle ne fit aucune allusion, car elle savait que c'était une corde sensible.

Soudainement, il lui saisit le poignet avec violence et la serra contre lui. Il semblait perturbé par sa réputation... Avait-il peur ? Était-il intimidé ? Comment savoir ? Mais la colère dégoulinait par tous les pores de sa peau. Elle décida de répondre par le calme.


- Oui... C'est vrai. Les rumeurs sont fondées. Alors ? Qu'est-ce que je vous inspire ? La colère ? Le dégoût ? Le mépris ? Vous me détestez n'est-ce pas ? Je vous ai offensé, j'ai pénétré sur votre domaine sans votre autorisation et, par dessus le marché, je suis une honte pour ma race...

Sa voix s'était faite apaisante. Son poignet ne lui faisait pas mal. Elle avait appris à ignorer la douleur, au cours de son enfermement. Elle ne quittait pas le Comte des yeux et n'abandonnait pas sa maîtrise d'elle-même. En son for intérieur, elle avait l’intime conviction que le Comte ne la tuerait pas. Il avait besoin d’informations qu’elle seule était en mesure de lui fournir. De plus, s’il était au courant de cette rumeur, il devait aussi savoir qu’elle était connue pour son savoir exceptionnel et son esprit savant et calculateur qu’elle cachait à merveille. S’il était dans ses projets d’étendre son emprise plus loin que Londres, il aurait sans doute recours à elle. Elle seule, à Londres, qui possédait des succursales sur chaque continent. Oui… Elle pourrait sans doute lui être très utile.

Elle cachait ses pensées à merveille, de sorte que même le Comte n’aurait pu les discerner. Si jamais il devinait, ne serait-ce qu’un centième de ses idées, elle était bonne pour l’emmurement à vie. Mieux valait ne pas courir le risque. Elle restait immobile, souple contre le torse massif de cet homme bestial. Elle n’opposait pas de résistance… Physiquement, du moins.

Il lui sembla qu’il se calmait un peu, maintenant. Mais mieux valait toujours rester sur ses gardes… Elle baissa la tête, pliant son cou gracile au maintien royal. Elle repensa à ce qu’il avait dit… Son sang avait l’air mort. Mais il n’était pas vraiment mort, à vrai dire. Contrairement au fluide des autres vampires, brillant et incolore, son sang avait conservé la texture, l’odeur et le goût du sang humain. Elle avait d’ailleurs comparé son liquide vital avec celui d’un de ses semblables, mort au combat, et n’avait pas trouvé d’explication logique à cela. La perspective de mener une expérience sur elle-même ne l'avait pas rebutée. Elle était prête à tout pour arriver à ses fins.


- Il semblerait… Que la morsure ait un rôle plus important que celui de vider le futur vampire de son sang. Dit elle à voix haute. D’après mes recherches… Elle contribue également à la transformation, et change le sang du mortel en un fluide spécial. Mon sang est resté humain. Il paraît donc plus terne et sale… Je ne parviens pas à me l’expliquer… Elle se tut un instant. Que voulez-vous savoir de plus ?

L'air posé, elle soutint son regard, poliment, sans chercher à le provoquer. Mieux valait se soumettre en partie. Cet homme l'intriguait fortement. Elle aurait voulu en savoir plus sur lui, sur ses projets. Elle se demanda s'il savait quelque chose de concret au sujet de l'existence de ceux qu'on appelait le Père et la Mère. Elle voulait les retrouver pour les examiner. Elle voulait des réponses à ses questions. Elle avait besoin de savoir ce qui était à l'origine de l'existence des vampires. Une tare génétique, sans doute. Mais elle se devait de vérifier. Elle voulait s'assurer que la légende n'était pas vraie. Et quoi de mieux pour cela que d'étudier ceux qui étaient connus comme les deux premiers vampires existants ? Elle espéra que ce voeux qui lui tenait à coeur n'avait pas été percé à jour par le Comte. S'il était allié aux vampires originels, il allait voir d'un très mauvais oeil ses projets... Les dés étaient jetés.


Dernière édition par Chastity E. Stephenson le Dim 5 Mai - 18:48, édité 1 fois
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Comte Keï
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MessageSujet: Re: L'Opéra ou comment brûler un loup dans la chaufferie [Chastity, Comte] [20/12/41] Lun 9 Juil - 14:53

Elle avait osé prétendre gérer la situation en demandant un tête à tête, le Comte l'avait enfermée avec lui. Elle avait tenté de dissimuler son nom, le Comte l'avait mise en garde et menacée. Désormais, le feu de la chaufferie ne semblait plus brûler uniquement pour lui-même: deux êtres se faisaient face, comme aux premiers temps du monde, dans un enfer clôt et calculé. La tension qui s'était installée allait au-delà des sous-entendus morbides. Depuis que Salluste et Ambre avaient quitté le Comte, ce dernier avait bien l'intention de savoir avec précision qui se tenait devant lui.

Il était face à une arrogante. Il le sentait à des lieues. Son regard, ce maintient, cette voix, cet air faussement détaché...Elle jouait à un jeu dangereux mais elle ne pouvait s'empêcher de s'aventurer plus loin encore. Le Comte ne supportait pas cela. Lui qui tirait un nombre infinis de ficelles en ce monde...se retrouver ainsi considéré comme un éventuel pantin n'était pas pour lui plaire. La belle était sournoise et prête à la guerre, ses airs et son aura la trahissaient. Mais soit, le Comte saurait faire avec. Si la présence d'une pareille consœur s'avérait utile, pourquoi ne pas lui laisser un peu de liberté?
Le lord calculait depuis toujours les liens avec les siens, de la même manière qu'il louvoyait chez les Humains depuis des siècles sans éveiller les soupçons. Quand bien même se méfiait-on de lui, son pouvoir et sa puissance lui assuraient une certaine cohésion dans ses entreprises. Il savait placer une infime partie de sa confiance dans des êtres totalement instables pour tirer d'eux le meilleur parti. Ses disciples en étaient la preuve, Angelstone également, Wynn, Fiora...Sa liste s'agrandissait. Seule Ilsa avait sa place d'honneur: elle, il ne la manipulait pas, laissant toujours son libre-arbitre parler avant ses sentiments, son allégeance ou sa peur.

Le Comte tournait ainsi autour de la Vampire, laissant ses pensées obscures badiner avec lui-même. La belle fermait son esprit, mais surtout le lord ne tentait pas d'y pénétrer. Cette situation avait de quoi l'amuser autant qu'elle avait de quoi l'énerver. Dans ce genre de rencontre, son humeur était toujours changeante selon les paroles échangées. Il attendait un respect qu'il ne trouvait parfois pas, ou du moins altéré par quelques mauvaises volontés. C'était là tout le problème de l'orgueil relative à sa race. Les plus jeunes étaient toujours perdus entre l'admiration, la soumission totale voire même l'adoration, quant ils ne basculaient pas dans la jalousie, la lutte de pouvoir et la volonté renfrognée de se montrer à la hauteur. Jirômaru Keisuke commençait à en avoir l'habitude, mais cela avait le donc de l'agacer outre-mesure dans des moments inappropriés.

Cette Vampire...C'était la troisième qu'il rencontrait cette semaine et la deuxième à tenter de dissimuler son identité. Cela devenait lassant. Cependant, lorsqu'elle eut compris que se cacher derrière un pseudonyme aussi classique ne lui serait d'aucune utilité face à lui, Prince et lettré, elle se présenta enfin. Chastity Esther Stephenson...Elle devait être liée à l'entreprise du même nom, la compagnie Stephenson, versée dans les machines à vapeur. Oui...Une Vampire dans l'empire mécanique, pourquoi pas? C'était donc elle qui séjournait à Londres dans cet univers de métal et de rouages? Intéressant...

Il ne releva pas son avis sur l'état de son sang et lorsqu'il la saisit par le bras pour lui demander si ce que l'on racontait sur sa nature était vrai, la belle n'eut pas de mouvement de recul ni de lutte. Elle se contenta de répondre calmement. Le Comte la dévisageait avec une froide colère mais bientôt ses traits s'adoucirent et sa main se desserra quelque peu. Son visage était tout près du sien, même s'il la regardait de haut à cause de sa taille de titan.


- Une honte? répéta-t-il doucement avant de lâcher Chastity et de s'éloigner pour reprendre sa marche dans la chaufferie. Ce qui est honteux, Chastity, fit-il d'une voix piquetée de haine, c'est qu'un Humain aie osé utiliser le sang de l'un des nôtres pour réaliser cette...expérience.

Ses yeux de brumes revinrent dans ceux de la Vampire.

- Vous n'avez été qu'une victime...

Son ton s'était terriblement radouci et sa voix calme reprenait le dessus sur la colère.

- Votre corps a dû souffrir bien plus que les autres...

Le Comte semblait pensif. Les mains dans le dos, il faisait des aller-retour dans la pièce. L'air chaud réveillait en lui une nausée oubliée. Ces Humains méritaient le sort du Loup! Mais les brûler serait encore trop laxiste! Oser utiliser leur sang pour donner à leurs rejetons des particularités sensibles, c'était ce qu'il redoutait le plus chez ces créatures démunies. Les Hunters eux-mêmes évitaient de se salir les mains avec ce genre de pouvoir. Qui était donc le fou qui avait osé transformer l'un des siens en cobaye et un Vampire en vulgaire donneur afin de satisfaire son égoïste projet?

Le lord s'arrêta. Ses yeux, fixés dans ceux de la belle, prirent un air nostalgique. Ils avaient plus en commun que ce qu'il aurait imaginé. Le regard de sa consoeur en disait long sur sa douleur passée. Elle avait subi des atrocités, elle avait été trahie. Pendant un instant le Comte songea à sonder son esprit pour prendre part à ses malheurs. C'était sans doute une piètre histoire que la sienne. Il y avait une trahison de l'amour...Le Comte laissa ainsi Chastity comprendre une partie de sa nostalgie. Mais bien vite il remit en place ses barrières mentales. Il dénotait chez elle une force différente des autres Vampires. Elle avait la détermination des Humains, leur curiosité et la volonté de s'élever, comme eux, vers d'autres strates. Elle n'était pas totalement Vampire.

D'ailleurs, cette dernière semblait réfléchir elle aussi. Certainement à un moyen d'entrer dans ses petits papiers, comme tout ceux qu'il croisait. Mais elle se mis alors aussi à tenter d'expliquer la teneur de son sang.

Le Comte délia ses mains et s'approcha de la belle d'un pas lent. Revenu face à la Vampire, il lui sourit et glissa une main sous son menton pour lui tourner un peu le visage et admirer son cou. Tout était fait en douceur, sans brusquerie.


- Vous n'êtes pas totalement de ma race, ni de celle des Hommes...fit-il en l'observant. Votre sang est altéré pour les deux partis. Son regard était devenu tendre. Peut-être ne devriez-vous pas chercher de réponse...

Jirômaru approcha alors son visage de celui de Chastity. Il arriva dans le creux de son cou, respira ses cheveux et alla tantôt près de l'oreille, tantôt près de l'artère principale de la belle. Il sentait son parfum de femme, celui du sang aussi, celui de sa race, du Loup, de la pluie...un mélange entre le paradis et l'enfer.
La main de Jirômaru quitta le menton de sa consoeur pour venir la saisir par la taille, sans dépasser les limites de la bienséance entre Vampires, il la rapprocha encore de lui.
Il était son aîné tant en âge qu'en hiérarchie, les deux en découlaient. Les Vampires avaient bien des coutumes. Sentir ainsi l'autre était dans leurs pratiques courantes. Il ne dérogeait pas aux règles malgré son haut rang. En général, les Princes évitaient ce genre de choses car leur intérêt était rapidement défiguré en honneur particulier.
Il savait que nombreux étaient ses confrères qui rêvaient de lui donner leur sang, en hommage, pour l'honneur et la fidélité. Ils rêvaient de cette morsure insigne et flatteuse. Mais c'était justement trop de privilèges que de mordre l'un d'entre eux. Imposer ainsi sa marque sur un de ses congénères le protégerait des autres qui sentiraient vite "l'appartenance" du sujet. Mais beaucoup, surtout, espéraient que leur ainé se sépare un jour de quelques goutte de son sang puissant à leur égard. Espoir de fous.

Le Comte sentit ainsi le sang de la belle qui palpitait dans ses veines. Il était parfumé, oui, même à travers sa tendre peau il pouvait détecter l'odeur de ce sang mêlé. Ses deux mains saisirent la taille de la jeune femme et la soif le prit en même temps que l'envie sensuelle. Mais il s'arrêta, jeta un long regard à la belle...puis l'abandonna.

La porte de la chaufferie s'ouvrit alors.


- Venez...fit-il en esquissant un geste vers la porte, continuons cette discussion dans un endroit plus adéquat.

Le Vampire prit soin de refermer la chaufferie derrière eux. Il conduit alors Chastity dans les couloirs sombres de l'Opéra et emprunta le même passage que Salluste, Ambre et le disciple: un mur pivota, et un escalier se déroula devant eux. Il était sombre, sans aucune torche et long. Le Comte prit garde de refermer le passage et d'écarter les veilleurs à distance, pour laisser Chastity entrer sans qu'elle ne se sente observée. Aussi ne croisèrent-ils aucun disciples sur leur chemin.
A la fin de l'escalier, une lourde porte leur fut ouverte. Deux disciples se hâtèrent de la refermer à leur suite en faisait mille et une courbettes silencieuses.

Ils étaient arrivés dans une immense salle aux allures de crypte. C'était la grande salle de ses serviteurs, leur endroit de débauche et de sommeil. Ce soir, il y avait peu de monde sous l'Opéra. C'était la pleine lune, "la nuit des Loups", celle durant laquelle ils étaient en faction pour éliminer le maximum de Loups-Garous.
Le Comte ne souhaitait pas s'attarder avec son "invitée" dans ce lieu froid et terne. Le plafond était terriblement haut et des niches creusées partout en faisait un repaire de chauve-souris. Même si nombre de tapis et de fauteuils étaient disséminés dans la pièce, elle gardait une allure de grotte froide et vaste. Quelques disciples s'y étaient figés avant de se relever pour faire une courbette respectueuse à l'arrivée de leur maître.
Le lord les ignora et prit une porte directement sur leur gauche après l'escalier. Chastity et lui entrèrent alors dans un grand salon où tapis et bibliothèques agrémentaient l'espace. Une longue table y était installée mais le Comte la dénigra et proposa à Chastity l'un des deux fauteuils qui se trouvaient là. Encadrant la porte, deux statues de femmes les observaient. C'étaient des matrones romaines aux visages souriants et qui portaient des jarres de vin dans leurs bras nus.


- Bien! Fit le Comte en s'asseyant à son tour dans le fauteuil libre. Il s'étira et soupira: Je suis fort las ce soir...

Se redressant, il croisa ses jambes d'athlète et sourit à Chastity les mains jointes.

- Vous me demandiez ce que je voulais savoir de plus...tout à l'heure..Hé bien j'aimerai savoir, tout simplement, comment un loup s'est-il retrouvé le museau dans ma chaudière? Il marqua une pause, l'air contrarié. Entre, Maria! Fit-il en direction de la porte alors qu'absolument aucune aura n'était dans l'air.

Une Vampire aux cheveux noirs entra timidement. C'était une magnifique créature, pleine de charme et de douceur. Elle portait un plateau avec deux verres et un pichet de la même matière, tout translucide. Il était donc d'un rouge éclatant, comme le sang qu'il contenait.


- Mon maître, voilà de quoi vous délasser.

Le Comte se leva, alla quérir un tabouret autour de la table et le ramena près des fauteuils avant de laisser la Vampire poser le plateau dessus. Mais alors qu'elle allait se saisir du pichet pour les servir, le Comte lui saisit le poignet et lui jeta un regard mauvais.

- Ta place n'est pas ici, Maria. C'est aux disciples de s'en charger. Quand est-ce que tu l'assimileras?

La Vampire rougit et s'excusa en une courbette avant de quitter la pièce. Elle n'avait pas jeté un seul regard à Chastity. Le Comte prit alors le pichet et servit la Vampire lui-même. Le sang coula tranquillement d'un récipient à l'autre, sans coaguler. il était clair, il sentait bon, c'était le meilleur qu'il avait. Son Calice perdait un peu de sa valeur mais il avait été choisi avec soin.

- Ne faites pas attention. Certains de mes plus fidèles...partenaires...font un peu trop de zèle...Tenez, fit-il en tendant le verre plein à la Vampire, profitez qu'il soit encore chaud...

Une fois qu'il se fut débarrassé de sa cape rouge en l'abandonnant sur le sol, Jirômaru se rassied, les jambes croisées. Il porta aussitôt son verre à ses lèvres, fermant les yeux, pour apprécier le liquide vital avec bonheur.

- Il est étrange, fit-il tranquillement en rouvrant les yeux, que nous ne nous soyons jamais croisés auparavant.

Il faisait gentiment allusion au fait qu'elle n'était pas venue se présenter à lui en arrivant à Londres. Au final, il s'en contrefichait, mais il aimait rappeler les bonnes manières à ses frères et soeurs. Lui n'en avait pas réellement, sa façon de se tenir chez lui en était la preuve. Mais il était chez lui, justement.


> Jirômaru Keisuke <

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MessageSujet: Re: L'Opéra ou comment brûler un loup dans la chaufferie [Chastity, Comte] [20/12/41] Lun 9 Juil - 22:03

Apparemment, Chastity avait réussi à calmer la colère du Comte... Mais il était trop tôt, bien trop tôt pour se réjouir. Elle ne gagnerait sans doute pas la partie mais elle pouvait toujours faire en sorte de perdre le moins possible de plumes. Lorsqu'elle évoqua le fait qu'on la voyait comme une honte, il desserra son emprise sur son délicat poignet et la toisa. Il était bien plus grand qu'elle... Puis, il recommença à marcher dans la pièce, faisant osciller sa cape. Il semblait pensif, écoeuré même. Mais, pour une fois, son écoeurement ne venait pas de Chastity elle-même, mais de l'homme qui l'avait transformée de cette façon. Cela lui mit un peu de baume au coeur. Mais elle ne devait pas baisser sa garde. Cet homme pouvait bien faire semblant de compatir pour mieux la manipuler...

Non. Jamais elle ne se laisserait manipuler par un vampire, aussi puissant qu'il pouvait être. Déjà considérée comme une créature étrange, une loque indigne de sa race, si en plus elle perdait le contrôle d'elle-même... Si elle perdait son libre arbitre, alors ce serait toute sa dignité qui passerait aux oubliettes. Son honneur, déjà bafoué à maintes reprises... Elle ne supporterait pas qu'on le lui arrache encore. Une haine sourde dans la voix, il lui exposa son opinion. L'idée qu'un homme ait pu faire une chose pareille, défiant l'ordre de la nature, lui était apparemment insupportable.

Dieu qu'elle partageait son avis. Elle resta silencieuse mais lorsque son regard croisa le sien, elle lui fit comprendre le fond de sa pensée. Il continua sur sa lancée et lui susurra qu'elle n'avait été qu'une victime. Elle le savait. Jamais elle n'avait voulu devenir immortelle. On lui avait tout arraché, on l'avait utilisée comme un objet... Son seul crime avait été d'aimer un homme qui ne voyait en elle qu'un spécimen de recherches fort intéressant. Mais elle avait prit sa revanche, c'était tout ce qui comptait. Elle revit encore cette scène affreuse, qui aurait peut-être fait trembler le Comte lui-même et qui, avec du recul, la hantait également...


*****

La jeune femme se tenait au milieu de la pièce sombre et humide, aux murs de pierre puants la moisissure. Accroupie sur le corps tremblant de ce qui fut jadis son amant, elle allait s'adonner à mille et uns sévices, aveuglée par sa soif de vengeance. Sa robe de coton bleue serait bientôt tachée de sang. Il geignait, la suppliant de ne rien faire, de se calmer, se confondant en excuses. Inutile. Il était trop tard. Avec un air faussement compatissant, la jeune femme caressa la joue du jeune homme en souriant, pour endormir sa garde. Et, au moment où il s'y attendait le moins, elle enfonça deux doigts dans son oeil gauche, créant une bouillie sanglante tout simplement horrible. Le jeune homme hurla à la mort, se cambra, portant les mains à son visage. En riant, Chastity essuya ses doigts sur la chemise blanche du scientifique. Ce n'était que le début. De l'eau se mêla au sang. Il pleurait. Son oeil droit connut rapidement le même sort.

Elle lui laissa quelques minutes de répit, soignant ses plaies pour éviter qu'il ne saigne trop. Sa respiration se calmait au fur et à mesure. Il la suppliait encore. Elle lui murmura un "Chuuut" rassurant et entreprit de le déshabiller, comme elle le faisait, dans leur chambre à coucher. Il frémit, incapable de voir le moindre de ses gestes. Sensuellement, elle enleva un à un les vêtements de l'homme et le contempla nu. Jamais il n'aurait dû ouvrir cette cage... Elle eut un sourire glauque et le caressa. Bien malgré lui, il sentit le désir poindre. Ce petit jeu dura un moment. Et, quand la jeune vampire se lassa, elle saisit un scalpel, discrètement, pour éviter qu'il n'entende le bruit du métal. Puis, d'un coup sec et précis, elle énucléa ses parties intimes. Il se brisa les cordes vocales tant il beugla de douleur.

Le bleu devint rouge. Rouge sombre. Et la soirée venait à peine de commencer...

Le lendemain, dans la lande, les corbeaux se pressaient en masse devant un tas de chairs et d'os difforme. On avait du mal à croire que douze heures plus tôt, il s'agissait d'un être humain...


*****

Le Comte remarqua que son corps avait dû souffrir plus que les autres... C'était probablement vrai. Elle resta neutre et le regarda avant de répondre :

- C'est possible... Je n'ai jamais pu jauger la douleur que ressent un vampire lorsqu'il est transformé "normalement."

Il parut perdu dans ses pensées... A quoi pouvait-il bien réfléchir ? Sans doute au meilleur moyen d'éliminer les humains aussi dérangés que l'avait été Thomas. Voire même de tous les éliminer. Visiblement, son histoire l'avait remué plus que ce qu'elle aurait pensé...

Il se tourna vers elle. Leurs yeux s'accrochèrent. Elle sut qu'ils s'étaient compris. Le même genre de douleur les hantaient. Pendant un instant, il se fit moins impénétrable. Cela la rassura plus ou moins. Il était bon de savoir qu'elle était déjà en terrain moins glissant... Ils se ressemblaient, à leur manière. Elle avait également noté qu'il l'avait appelée par son prénom, tout à l'heure... Cela l'avait quelque peu ébranlée mais n'avait pas manqué de la rendre un peu plus confiante. Il s'approcha d'elle, saisit son menton, en douceur. Il examina son cou. Son cou si blanc, si gracile, dont elle avait travaillé le maintient des heures durant, à force de livres et de carafes d'eau en équilibre précaire sur le haut de son crâne. Elle avait souffert mais était indéniablement fière du résultat. Elle le laissa l'examiner. Elle était toujours aussi calme mais moins raide. Plus détendue... Il l'avait regardée tendrement.


- Vous avez sans doute raison... Les réponses, une fois qu'elles sont en face de nous, sont parfois horrifiantes de vérité. Peut-être vaudrait-il mieux que j'abandonne...

Elle le laissa respirer sa peau, ses cheveux. Il se comportait très familièrement mais elle était sur son territoire... Et elle y prenait même un certain plaisir, en réalité. Cela faisait si longtemps qu'un homme ne l'avait pas touchée, regardée et sentie de cette façon... Elle était au courant de ces vieilles coutumes de vampires. La fierté qui résultait de la morsure d'un vampire plus âgé... Elle trouvait cela stupide. Comment se faire longuement aspirer le sang pouvait relever d'une quelconque montée en grade ? Elle ne comprenait pas... Puis, deux mains se posèrent, l'une après l'autre, sur sa taille corsetée. Elle crut un instant avoir frémi, discrètement. Elle réagissait comme une jeune vierge qui découvrait l'amour charnel pour la première fois... Leurs regards se lièrent encore une fois. Longtemps. Puis la porte de la chaufferie s'ouvrit et l'homme se proposa de la conduire dans un endroit plus adéquat. Elle lui accorda un sourire agréable, sans aucune arrière pensée. Juste un sourire franc.

- Très bien, je vous suis...

Ils progressèrent le long d'un corridor sombre, jusqu'à un mur pivotant. C'était... Exceptionnel. Elle sourit à nouveau, impressionnée et ils pénétrèrent dans une grande salle froide, qui contrastait avec l'insupportable chaleur de la chaufferie. L'endroit était sombre à souhait. Elle entendit un petit cri d'animal. Il y avait même des chauve-souris... Ils tournèrent à gauche et arrivèrent dans un salon des plus confortables. Quelques esclaves et jeunes vampires s'étaient inclinés devant le Comte qui les avait ignorés. Certaines d'entre elles étaient particulièrement belles...
Le vampire l'invita à s'asseoir et se carra à son tour dans un fauteuil. Il croisa les jambes et elle put deviner sa musculature puissante. Il lui demanda ensuite, l'air amusé, ce qui avait amené le Loup ici. Il fut interrompu par une superbe femme qui entra, dévorant presque le Prince de l'Ombre des yeux. Elle posa les verres et le pichet, magnifiquement ciselés, sur la table et alla les servir lorsque son maître la reprit à l'ordre. Elle se comportait comme une servante. Tête basse, elle repartit sans rien dire.


- Ce n'est rien. Quant au Loup... Eh bien, en sortant de l'Opéra, j'ai entendu de l'agitation dans la courette voisine. Poussée par ma curiosité, je suis allée y jeter un coup d'oeil... Pour me rendre compte trop tard de la nature de ce qui m'attendait. Je l'ai tué le plus rapidement possible et... Il fallait absolument que je me débarrasse du corps. Il était jeune... Sans doute ne savait-il pas où il se rendait... Si je ne lui avait pas réglé son compte, un de vous élèves s'en serait sans doute chargé.

Ces Loups... Leur bêtise avait toujours le don de l'amuser. Le Comte la servit alors. Le sang était clair et parfumé... Une vraie merveille. Elle fixa sa jolie couleur. Le vampire, après avoir bu, lui fit courtoisement remarquer qu'elle avait manqué de politesse. Sans toucher à son verre, elle le regarda et répondit :

- Lorsque je suis arrivée à Londres... Les membres de la Camarilla ont préféré me garder dans l'ombre. Ils ne voulaient pas que... Que vous soyez au courant de mon existence. Je n'ai aucune idée de ce qui les a poussés à agir de la sorte.

Sans doute voulaient-ils cacher leur brebis galeuse... Oui, c'était sûrement ça. Elle regarda à nouveau le sang. Elle ne pourrait pas le boire. Par principe, mais aussi à cause de sa nature... Au cours de tests sur son sang, elle avait remarqué que le sang humain était comme... "rejeté" par ses cellules. Dieu seul savait ce qui lui arriverait si elle cédait à la tentation. Le parfum était trop fort, trop alléchant... Même pour elle. Elle repensa à la petite table de laboratoire. Son sang, dans une coupelle en étain. Son sang d'un rouge si sombre qu'il paraissait presque noir. Son sang fluide, parfumé comme un vieux vin... Son sang qui semblait se dégrader au contact du fluide humain.

- Vous connaissez sans doute la mythologie grecque, n'est-ce pas ? Vous souvenez-vous de cette histoire, qui raconte qu'un homme, ayant servi le corps de son propre fils au Dieux, a été attaché à un arbre fruitier, au-dessus de la mer ? Lorsqu'il avait soif, les eaux se retiraient. Lorsqu'il avait faim, les fruits disparaissaient... Une sensation très déplaisante que celle de ne pouvoir avaler ce dont on a besoin ? Elle soupira avant de reprendre : De par ma nature plus ou moins hybride, je ne peux pas boire de sang. Mon organisme le rejette... Et pourtant, le reste de mon corps en réclame sans cesse...

Elle reposa le verre à pied sur la table basse, soudain très mélancolique.





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MessageSujet: Re: L'Opéra ou comment brûler un loup dans la chaufferie [Chastity, Comte] [20/12/41] Jeu 12 Juil - 23:54

La discussion alla bon train. Confortablement installés dans ce eptit salon qui était d'ordinaire un lieu de rassemblement des disciples, le Comte et Chastity se faisaient face. L'ambiance s'était fortement adoucie depuis la chaudière. Chastity était désormais traîtée comme une invitée. Cela était assez rare que le Comte se montre courtois jusqu'à faire entrer des inconnus dans son repaire, mais il avait évidemment ses raisons. Cette Vampire ne s'était pas trouvée là par hasard. Si elle était venue à l'Opéra, c'était déjà qu'elle appréciait le même type de culture que lui. Ensuite, tuer un loup-Garou et aller jusqu'à faire disparaître son corps montrait assez au Comte son allégeance à la Mascarade qui obligeait à la discrétion inter-raciale. Et puis cela lui indiquait également qu'elle était l'ennemi de ces créature infectes, cela lui plaisait.

Chastity expliqua alors la raison de sa présence à l'Opéra ainsi que ce qui l'avait conduit jusqu'à la chaudière. Son histoire amusa quelque peu le Comte. Brûler ainsi un Loup-Garou sous l'Opéra, c'était une première !


- Hé bien...fit-il en souriant les yeux dans son propre verre. Il l'agitait lentement pour observer le liquide rougeoyant sur ses parois transparentes. Ces stupides créatures sont rares dans les parages, notre tanière les dissuade bien vite d'approcher. Vous n'avez pas eu de chance...

Il bu une nouvelle gorgée de sang et reprit :

- Mais je suis heureux que vous ayez agit de la sorte. Même si mes disciples s'en seraient certainement chargés...Je hais profondément ces bêtes et l'aide d'une consoeur ne me déplaît pas à ce sujet...

Le regard du Comte s'était marqué d'un éclat de tueur. Il abhorrait les Loups-Garous, ils lui donnaient la nausée. Pour lui ce n'étaient que des chiens à abattre sans dialogue possible. Ils constituaient une menace pour leur race toute entière. De plus, c'était la quintessence de ce qu'il détestait par-dessus tout : celle du manque de contrôle de soi, celle de la faiblesse face à la Bête originelle. Ils ne pouvaient qu'être barbares sans subtilité et sans réelle organisation. Même s'ils s'associaient comme des tribus de sauvages, le Comte n'y voyait qu'une hiérarchie bestiale et primitive. Leurs plans étaient toujours avortés par leur ignorance et leur imbécillité latente. L'idée que ces monstres puissent dominer les siens grâce à leur force physique énervait le Vampire. Ils pouvaient contaminer tellement d'Humains en une nuit que les Vampires étaient bien conscients que pour eux, lever une armée était un jeu d'enfant. Ils n'étaient que danger immédiat et parasite à éliminer.

Le Comte resta silencieux quelques minutes. Détruire un de ces répugnants canin le remplissait toujours de joie. Il songea à la chasse de cette nuit...Une partie de plaisir. Mais une chose l'inquiétait : ils n'avaient rencontré que des jeunes, et Chastity avait également trouvé le sien plutôt inexpérimenté. Où étaient donc passés les plus vieux ? Quelque chose se préparait depuis un moment chez les Garous...Il devrait rester sur ses gardes et retourner visiter les docks...

Le lord sortit de ses pensées. Il décroisa ses jambes pour les recroiser de l'autre sens. La jeune femme s'excusa alors pour sa présence cachée à Londres. Seule la Camarilla était au courant. La belle n'avait fait que suivre les instructions de ses hauts-membres qui avaient apparemment tenté de lui cacher sa présence le plus longtemps possible. Cela irrita le Comte à un degré phénoménal. Il soupira en grognant, plaquant une main sur son visage:


- Les imbéciles...Ces vieillards séniles enchaînent idioties sur idioties...

Il resta silencieux un instant, tentant de faire redescendre cette soudaine fureur qui envahissait ses veines. Puis son regard de brume revint dans celui de la jeune femme.

- Ces abrutis me craignent!Fit-il en pestant les dents serrées. Et ils font bien ! Ils ont dû croire que je vous tuerais aussitôt votre venue annoncée...Ils ne comprennent rien à mes méthodes ! Ils ont peur de mon pouvoir et l'idée que je puisse avoir quelqu'un comme vous à mes côtés leur fait certainement l'effet d'une épée de Damoclès. Votre sang...ajouta-t-il en laissant son regard couler le long du cou marbré de la Vampire peut être exploité à des expériences, Il bu à nouveau, les yeux toujours fixés sur Chastity. Mais...s'il m'arrive de créer des abominations, utiliser les miens, même ceux du Sabbat, n'a jamais été mon genre...

C'était vrai. Derrière sa réputation de sadique, le Comte avait des principes. Il ne haïssait pas vraiment les Humains et ne dédaignait pas totalement ceux de sa race. Il vouait une aversion extrême pour les Garous mais hormis ces créatures qu'il souhaitait exterminer, il rêvait d'une harmonie certaine. Jamais il n'avait meurtris sans raison l'un des siens. Certes, sa fureur pouvait aller loin et une infime faute pouvait entraîner la mort d'un disciple, mais il n'était tortionnaire qu'avec les traîtres, les imbéciles et ses ennemis. Lui aussi était sous l'autorité de lois anciennes, malgré son rang.

- D'ailleurs, ajouta-t-il
, quelle perte cela serait pour l'industrie des machines à vapeur! Moi qui en suit un admirateur, malgré mes réticences face aux nouveautés...Son regard se perdit dans les étagères pleine de livres reliés. Certainement à cause de mon âge...je suis peut être trop conservateur.

Chastity ne buvait pas, le Comte l'observait. Il commençait à comprendre l'ampleur de la douleur de sa consoeur. Elle sembla alors triste. Le Comte l'écouta se confier. Tête baissée, elle expliqua qu'elle ne pouvait pas boire ce sang, que son corps le rejetterait. Elle prit à nouveau un mythe antique pour illustrer ses propos.

- Tantale...soupira le Comte en reposant son verre sur le plateau. Oui je connais...

Sa voix était douce et grave. Il se pencha en arrière et sourit gentiment.

- Lui qui mit son fils dans un chaudron et le servit en pâture aux dieux, fut attaché à un arbre pour expirer ses péchés dans la soif et la faim éternelle...Une juste punition m'est avis. Nous sommes tous un peu comme lui...

Son regard s'égara sur les statues de marbres qui encadraient la porte. Oui, les Vampires avaient toujours faim, leur rage venait de ce besoin constant de sang, cet inextinguible soif. Jamais ils ne pourraient respirer la paix.

- ''Cendre sera ta nourriture, d'eau tu ne boiras point, ce fluide sera ton fardeau, et jusqu'à la fin des temps tu t'en contenteras''...

Ces paroles résonnèrent dans la salle de manière étrangement sonore et mélancolique, comme une chanson. Le Comte n'avait pas articulé un mot. Il joignit à nouveau ses mains et se pencha vers Chastity.

- Je suppose que la nourriture humaine ne vous sied pas non plus ? Vous êtes bien trop imprégnée de notre race pour que cela satisfasse votre appétit. Prenez-vous des Blood Tablett ? Ces comprimés destinés à éviter la mort des Humains et à satisfaire nos envies à n'importe quel moment...?

Jirômaru sortit de sa poche un étui et l'ouvrit. Il contenait quatre ultimes cachets qu'il laissa tomber dans sa main gantée avant de tendre la main vers Chastity, comme un plateau de coton.

- Est-ce réellement votre corps qui rejette cette nutrition ou bien est-ce que vous vous bornez à suivre quelques principes charitables à l'égard de nos chères proies ?

Le regard du Comte était sévère. Il referma sa main puis remit les cachet dans leur étui.

- Nous sommes en haut de la chaîne alimentaire, il ne faut pas l'oublier. Lutter contre nos besoins ne peut que nuire à notre race, et même aux Humains, finalement, puisque cela entraîne la dégénérescence de nos cellules déjà bien atteintes et finit par nous rendre incontrôlables...

Le Comte avait déjà vu des Vampires fous. Il avait dû réduire lui-même en poussières plusieurs disciples qui avaient dépassés le stade de non-retour.

- Ces cachets sont assez infâmes, je vous l'accorde, mais ils sont parfois bien utiles. Il se pencha très bas et prit une main de la belle pour lui laisser la boîte. Tentez si vous ne l'avez pas déjà fait. Tentez...maintenant. S'il vous plait.

Ses yeux étaient fixés dans ceux de Chastity. La porte s'ouvrit alors et la même Vampire qui était venu leur donner la carafe de sang vint donner au Comte une nouvelle carafe mais cette fois-ci emplie d'eau. Un nouveau verre était avec. Le Comte se leva, congédia d'un regard sa fidèle élève et remplit le verra d'eau avant de s'approcher de Chastity.
Il lui mit le verre dans les mains et se tint derrière son fauteuil. Il lui souleva les cheveux afin de les reposer sur le dossier de velours rouge dans un geste ample et doux.


- Allons, buvez tranquillement, je ne suis pas un empoisonneur. J'aime autant poignarder ma cible ou la vider de son sang.


> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
Spoiler:
 

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Chastity E. Stephenson
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MessageSujet: Re: L'Opéra ou comment brûler un loup dans la chaufferie [Chastity, Comte] [20/12/41] Ven 13 Juil - 12:07

L'ambiance était déjà plus détendue depuis qu'ils avaient quitté la chaufferie. Ce n'était pas pour déplaire à la jeune vampire, confortablement assise dans son fauteuil. Elle se trouvait en face du Comte et discutait calmement avec lui... Elle ne put s'empêcher de songer à des vampires au sang plus pur que le sien qui se seraient damnés pour un tel honneur. Ses efforts payaient, d'une certaine manière. A l'aide de son immense culture, elle pouvait capter l'attention d'interlocuteurs plus vieux, plus expérimentés, et jouer sur un pied d'égalité avec eux. Son esprit calculateur également, prouvait qu'elle ne se bornait pas à suivre les instructions de ses supérieurs à la lettre. C'était elle, la sang-mêlée, qui parlait en tête à tête avec le Prince de l'Ombre et pas un de ces stupides flagorneurs arrogants.

Ils continuaient à parler des Loups-Garous d'un ton calme et presque badin. Elle n'avait pas eu de chance, d'après lui. Elle faillit rire devant la véracité de ses dires. Un sourire fendit son visage et elle se pencha un peu en avant, pour lui répondre.


- Je suis entièrement d'accord avec vous. Cette bête était des plus inconscientes... Je me suis retrouvée au mauvais endroit au mauvais moment. Mais je me promène toujours avec une dague en argent sur moi, pour les cas comme celui-ci...

Elle passa la main dans ses jupes, par une ouverture si bien faite qu'elle en était invisible. Elle en ressortit un poignard long et effilé en argent. Cependant, le manche semblait avoir été fait dans une autre matière, bien que les couleurs soient très similaires. On aurait dit une longue aiguille, pointue, mortelle... Le manche, torsadé et gravé de motifs complexes, était une véritable oeuvre d'art. Au milieu des dessins et volutes, les yeux avertis pouvaient lire : "In Libro Veritas". Afin qu'il puisse l'examiner, elle la tendit au Comte. Il portait des gants, il n'y avait pas de risques qu'il se blesse ou s'empoisonne... Ce geste était aussi là pour lui montrer qu'elle était franche avec lui et ne lui cachait rien. Peut-être pouvait-il deviner que la lame était empoisonnée... En tout cas, il se montrerait bien malin s'il devinait la provenance de ce poison.

- De nos jours, il nous faut être prudents... Les loups se font de plus en plus nombreux... J'en ai senti qui rôdaient dans les environs il y a quelques semaines. Ils sont tous très jeunes... Soit les plus anciens nous envoient leurs pions pour jauger notre force, soit il sont en train de lever une armée en mordant à tort et à travers, ce qui pourrait expliquer la recrudescence de jeunes loups... Elle soupira un instant, préoccupée elle aussi par la situation. La dernière chose qu'elle souhaitait, c'était bien une guerre ouverte entre toutes les races qui peuplaient Londres. Ils ne se rendent pas compte à quel point ils nous menacent et se menacent eux-mêmes en sortant les soirs de pleine lune et en tuant à tout va. Les humains se doutent depuis déjà fort longtemps de notre existence mais je suis prête à parier que si cela continue dans ce sens, nous ne serons bientôt plus un secret pour personne.

Les Loups-Garous étaient décidément bien bêtes... C'en était presque à la limite du concevable. Elle ne cherchait pas à les exterminer tant qu'ils ne la menaçaient pas directement. Mais s'ils continuaient à agir inconsidérément, elle se verrait contrainte de prendre une part active dans la lutte, pour préserver sa sécurité. Il en allait de la survie de la Mascarade. Bien qu'ils soient plutôt inexpérimentés, il leur suffisait d'une morsure pour contaminer leur victime. S'ils continuaient, les vampires finiraient vaincus. Bien qu'ils soient plus intelligents et expérimentés, si le nombre d'adversaire était trop important, ils seraient inexorablement submergés. Ces créatures étaient vraiment des sources de problèmes constants.

Elle changea ensuite de sujet pour lui parler des hauts dignitaires de la Camarilla. Quand elle était arrivée à Londres, ils avaient voulu la garder pour eux, lui interdisant tout contact avec le Comte. D'ailleurs, maintenant qu'elle y repensait... Cet interdit tenait toujours. Son interlocuteur semblait passablement en colère contre les vieux vampires qui dirigeaient la secte. Il passa une main sur son front, exaspéré et elle sourit intérieurement devant sa réaction. Il lui ressemblait bien plus que ce qu'il ne pensait... Et ce côté colérique le rendait encore plus charmant. Lissant les plis de sa robe, elle l'écouta se plaindre de ces vieux bougres et conjecturer sur leurs intentions. Il était contre utiliser les siens, même s'ils ne lui inspiraient pas grande sympathie, comme des cobayes. Cela plut à la bourgeoise qui eut à nouveau un sourire pour lui.


- Je suis heureuse de vous l'entendre dire... En réalité, j'ai été rattachée à la Camarilla à cause de mon profond respect de la Mascarade. Mais j'ai plutôt tendance à me conduire comme une indépendante et ces messieurs se sont plusieurs fois plaints mon insubordination... Ils me traitent comme une bâtarde mais je leur suis utile. Les résultats de mes expériences les intéressent et ils font tout pour mettre la main dessus. Ils ont voulu me soustraire à votre vue pour dissimuler la brebis galeuse de leur secte et pour éviter que je me détache d'eux pour embrasser votre cause, quelle qu'elle puisse être. Elle soupira et laissa échapper un petit rire. Hypocrites et paranoïaques... Quoi qu'il en soit, je viens de transgresser l'ordre qu'ils m'ont donné et ce n'est pas pour me déplaire.

Chastity sourit au Comte et lissa à nouveau sa robe. La tache s'était incrustée... Elle n'aurait plus qu'à la brûler. La jeune femme retint une grimace d'agacement. Elle détestait ne pas être impeccable et, par dessus le marché, cette robe comptait parmi ses favorites. Enfin... Sa camériste pourrait toujours récupérer le tissus qui n'avait pas été abîmé et en faire des ornements pour les cheveux. Elle regarda à nouveau le Comte, soutenant son regard et reprit :

- Il m'est arrivé de mener des expériences sur de très jeunes vampires ou des humains... Mais ceux-ci étaient déjà morts et laissés sans sépulture. Elle lui sourit. Je suis une femme de principes, Lord Keï. Ils ont tous reçu un traitement post mortem digne et dans les règles de leur communauté. Le respect des gens qui vous rendent service, même s'ils sont déjà passés de vie à trépas, est quelque chose d'important pour moi. Pendant un instant, elle se fit pensive et son regard devint vague, vagabondant dans ses souvenirs. Elle se reprit. Les expériences que je mène n'ont pas pour but de créer des êtres contre-nature; je laisse volontiers ce plaisir aux alchimistes. Mon but consiste à percer les mystères de ma race et à trouver une explication logique à des faits encore inexpliqués... Les craintes de la Camarilla ne sont pas justifiées. J'ai déjà utilisé mon propre sang dans mes expériences afin de déterminer ce qui était bon ou mauvais pour moi.

Chastity ne reculait devant rien pour satisfaire sa soif devant sa connaissance, mis à part ses principes moraux. Depuis sa "résurrection" en tant que vampire, elle n'avait pas profané une seule tombe et avait offert aux cadavres qui lui avaient servi, tous les rites funéraires requis. Jamais elle ne se permettrait de malmener ses sujets d'expériences comme elle l'avait été.
Le Comte parla ensuite de son entreprise, lui confiant la grande perte que le monde de l'industrie connaîtrait si elle disparaissait. Ainsi donc, il appréciait les machines à vapeur. Cela lui fit plaisir... Sa compagnie, présente sur presque tous les continents, était la première productrice et exportatrice de machines à vapeurs du monde. Elle possédait des comptoirs en Amérique, en Europe, en Inde et, plus récemment en Chine. La victoire de l'Angleterre lors de la Guerre de l'Opium lui avait permis de s'étendre davantage. Elle avait un réseau de contacts dans le monde entier et ses ramifications ne cessaient de s'étendre.


- Conservateur... Peut-être. Je dirai plutôt que les années vous ont apportées un sens critique et une expérience qui vous permettent de juger de manière plus critique les inventions de notre temps...

Elle évoqua ensuite le fait qu'elle ne pouvait ingérer de sang humain, illustrant ses propos avec un ancien conte. Elle avait cette petite manie de constamment faire référence aux anciens écrits. Le regard du Comte se perdit et une voix résonna dans la pièce, articulant des paroles bien connues. Cela impressionna légèrement la Vampire. Cette soirée se révélait être pleine de surprise... Son interlocuteur se pencha en avant, lui présentant quatre cachets dans la main gantées. Elle les observa et acquiesça.

- Les Blood Tablets... J'en ai déjà entendu parler. Pour ma part, j'utilise un palliatif de ma composition, mais il n'est pas tout à fait au point. Je dois en prendre plusieurs fois par jour car son efficacité est encore très réduite.

Il lui demanda ensuite si elle ne faisait pas, d'un certain côté, preuve de sentimentalisme envers les humains et se réfugiait derrière une excuse. Plus ou moins percée à jour, elle sourit, n'en attendant pas moins de lui.

- Mon organisme rejette le sang humain, qui s'avère nocif quand il est consommé régulièrement. D'un autre côté, il est vrai que j'éprouve une certaine répulsion à tuer des humains pour satisfaire mes besoins... Je me sens trop proche d'eux.

Le Prince de l'ombre la regarda sévèrement et lui fit la morale. Effectivement, les Blood Tablets étaient réputées pour favoriser la dégénérescence des cellules... Elle acquiesça sans mot dire, sachant pertinemment qu'il avait raison.
Il prit ensuite sa main et lui glissa la boîte dans la main, tandis que la dénommée Maria apportait de l'eau. Il remplit son verre et le lui glissa dans les mains, lui enjoignant de boire. Aucun risque qu'elle ne s'empoisonne. Il caressa doucement ses cheveux aussi doux que des fils de soie, faisant courir un agréable frisson le long de sa colonne vertébrale. De sa main libre, elle ouvrit la boîte, prit un cachet et le laissa se dissoudre dans l'eau qui prit la couleur du sang. Elle porta ensuite le breuvage à ses lèvres, le vidant par petites gorgées.

Quand le verre fut vide, elle le reposa sur la table. Le goût de ces cachets était affreux mais elle sentait qu'il était plus efficace que ses palliatifs. Elle tourna la tête vers le Comte, toujours derrière elle. Sa main frôla la sienne avant de se poser sur un accoudoir.


- Vous avez raison... C'est tout à fait détestable mais indéniablement plus efficace... Néanmoins, mes médicaments ralentissent voire même annulent la dégénérescence cellulaire... Puis-je emporter les trois cachets restants afin de les examiner et, éventuellement, d'y apporter une amélioration ?

Effectivement, si elle arrivait à déterminer les composants qui faisaient les vertus de la Blood Tablett, elle pourrait les combiner à sa recette, ce qui lui permettrait peut-être de créer un nouveau médicament, plus efficace et moins dangereux. Ce serait une avancée spectaculaire dans la science vampirique.

En guise de remerciement, elle adressa un lumineux sourire à Keïsuke. Ses lèvres fines sur sa peau de porcelaine avaient prit la couleur du sang, ce qui les fit ressortir encore plus. C'était à la fois étrange et intensément beau, comme une invitation à la sensualité.


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Comte Keï
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MessageSujet: Re: L'Opéra ou comment brûler un loup dans la chaufferie [Chastity, Comte] [20/12/41] Lun 16 Juil - 17:28

Le Comte commençait à apprécier cette Vampire de sang mêlé. Elle était plus intéressante que ce qu'il aurait pensé. En plus d'être l'héritière des Stephenson dans l'industrie des machines à vapeur, elle savait se défendre, elle avait de la volonté, une certaine conception idéaliste des relations entre Humains et Vampires, une aversion pour les autorités qui se dénotait par ses relations avec la Camarilla...Et elle avait ainsi de nombreuses ressources exploitables. Au fur et à mesure de la discussion, le Comte comprit mieux la volonté de la Camarilla. Il était dangereux de la laisser répandre des idées pacifiques et de risquer qu'elle n'affirme sa nature hybride. On pouvait se servir de son sang, on pouvait tenter de créer une armée d'êtres semblables en torturant les Humains avec la même hargne que son ancien compagnon.

Lorsque Chastity lui avait montré son poignard d'argent, le Comte avait souri et accueilli l'arme dans ses mains gantées. Comme tout Vampire, malgré ses gants, il sentit le métal assassin chercher à travers les fibres à satisfaire son envie meurtrière. Une sensation désagréable. Jirômaru l'ignora cependant et observa les gravures, la qualité de la lame, l'inscription en latin. C'était une magnifique oeuvre. Son attention fut retenue par l'aspect luisant de la lame qu'il porta à son nez pour sentir le poison qui y était imprégné. Il faillit y mettre un coup de langue, mais il pensa qu'il aurait pu choquer la jeune femme ou lui paraître déplacé. Il la rendit donc à Chastity en souriant:


- Une bien belle pièce, si vous voulez mon avis. Utile pour les Humains, les Loups-Garous et autres créatures qui craignent le poison...Utile contre tout ceux qui ne peuvent supporter l'argent, évidemment. Mais il me semble que vous ne savez pas que nous autres, Vampires, ne pouvons être empoisonnés...

Il l'avait lu dans ses yeux. La jeune femme avait craint un instant que le Comte ne sentent pas le poison qui imprégnait la lame. L'odorat du Vampire l'avait bien vite détecté et, au-delà de la matière première de la lame, il avait bien remarqué que sa jeune consoeur avait eu un mouvement imperceptible d'excitation.
Il imaginait aisément la déception de la jeune femme à cette information. Si elle ignorait réellement que les Vampires étaient immunisés à tout poison, sauf celui des Hunters, cela allait lui faire un choc. Peut-être que sur elle le poison pouvait faire effet, vu son sang étrange. Mais sur les Vampires, seul l'argent était efficace.


- Nous ne craignons pas le froid, nous ne craignons pas le poison, ainsi est notre corps. L'immunité aux maladies en fait partie. On ne l'explique pas encore, mais nombreux pensent que nos cellules sont altérées lors de notre première mort et que le sang de notre créateur nous transmet directement ces immunités liées au don obscur et qui s'empressent de traiter les zones meurtries par l'exsanguination. Un avantage que les Humains nous jalousent depuis la nuit des temps. Notre immortalité en est le résultat.

Jirômaru observa les réactions de la jeune femme. Lui trouver du poison anti-Vampires serait difficile mais finalement à sa portée. il suffisait de coincer un Hunter et de tirer de ses balles de Bloody Rose ce fameux liquide qui empêchait la régénération des cellules. A partir d'un tel produit il était possible de créer une substance nocive, voire mortelle. Mais le Comte préférait éviter le sujet. La dernière chose dont il avait besoin, c'était de Vampires tuant les Vampires. L'acte meurtrier était gravement punit et devoir appliquer les sentences pour quelques inconscients le fatiguait par avance. Il avait autre chose à faire que de poursuivre les siens de ses foudres.

Heureusement la discussion dévia sur la Camarilla pour s'échapper ensuite vers le sujet des Blood Tablett que le Comte tendit à la jeune femme. Chastity expliqua alors qu'elle s'occupait d'expériences sur ces cachets et qu'elle utilisait d'ailleurs le même type de palliatif mais qu'ils venaient de sa propre composition. Le Comte en fut étonné. Il lâcha les cheveux de la belle qu'il caressait pour les coiffer sur le dossier de son fauteuil et se pencha sur le côté avant d'errer dans la pièce vers les statues de marbres.


- D'autres palliatifs? Intéressant...

Il l'écouta. Elle avait des principes, mais elle se servait tout de même de corps pour ses expériences. Même si elle leur offrait des obsèques dignes, le Comte n'approuvait pas ses méthodes, surtout si elle avait testé sur des jeunes Vampires...Cependant le Prince de l'ombre savait que ce genre de chose était nécessaire à l'évolution de sa race. Un petit mal pour un grand bien. C'était souvent ce qui dictait sa conduite.

- Si vous trouvez le moyen d'améliorer le goût de ces affreux machins et surtout le moyen de ralentir la dégénérescence des nôtres, je vous appuierai dans vos démarches. Fit-il en revenant vers sa consoeur pour rester derrière elle à toucher ses beaux cheveux. L'évolution de notre race dépend de ce genre d'expérience, je suis heureux de découvrir chez vous une telle passion.

C'était une chose intéressante. Si Chastity trouvait le moyen d’améliorer les Blood Tablett, cela rendrait la vie plus facile aux Vampires. La dégénérescence était un véritable problème dans leur société et c'était un phénomène amplifié par ces cachets. Rien ne valait le sang humain pour garder en vie leurs cellules déjà bien meurtries. Remplacer l'hémoglobine et l'ADN Humain par ces concentrés de sang déshydraté amalgamés de bien d'autres substances nutritives n'était ni fiable, ni bon pour leur organisme. Mais pour ceux qui voulaient éviter de tuer des Humains, ou pour les voyages et longs trajets, les Blood Tablett restaient nécessaires. Les améliorer, encore et toujours, était la tâche de certains alchimistes. Mais les résultats restaient peu probants. Plus il y avait de chercheurs penchés sur le sujet, mieux cela valait.

- Gardez-les, fit le Comte lorsque Chastity lui demanda si elle pouvait conserver les trois cachets restant. S'ils peuvent vous être utiles, j'aime autant. Je peux même vous en donner une boite neuve.

Sur ces mots, le Comte farfouilla dans ses poches et tira une nouvelle boite de Blood Tablett. En la tendant à la jeune femme, il laissa ses yeux dévorer le corps de la belle qu'il avait en contre-plongée. Ses lèvres et son teint, rougis par la Blood Tablett ingérée, lui donnaient un visage à croquer. Il fit le tour du fauteuil pour revenir devant elle d'un pas lent.

- Cela est étrange que vous ne puissiez pas boire le sang Humain. Si votre corps le rejette, c'est que vous n'êtes décidément pas faite comme nous. C'est un problème, vous pourriez descendre au niveau le plus dangereux de dégénérescence par manque nutritionnel. Si les Blood Tablett ne sont pas adaptées, vous risquez un jour de chuter. Votre cher scientifique de malheur ne vous a pas fait un beau cadeau. Mais peut-être que si l'on vous transformait une seconde fois, ce qui reste impossible en temps normal, peut-être que cela terminerait votre formation. Oui...peut-être...Si cela ne vous tue pas.

Le Comte réfléchissait. En soit, le sang utilisé par le scientifique qui avait transformé Chastity devait être altéré. Un sang de Vampire qui n'était pas directement donné à la victime ne pouvait pas garder les mêmes propriétés que le sang frais, prit au poignet du créateur encore vivant. Mordre Chastity, dont le sang était mêlé aux Humains, et lui donner du nouveau sang la transformerait en Vampire, c'était indéniable. Mais comment réagirait ce sang mêlé? N'était-il pas nocif pour un Vampire? La vider de son sang comportait de grands risques, et pour le donneur, et pour la receveuse. La question était délicate. Les réponses viendraient en temps voulu.

L'heure tournait et le jour n'allait pas tarder à darder ses rayons mortel sur le terre. Londres ne pourrait garder longtemps assez d'ombres pour permettre à la Vampire de rentrer chez elle s'ils continuaient ainsi leur discussion. Il fallait se séparer, la force des choses l'obligeait. Salluste avait donné le signal mental habituel.

Debout près de Chastity, le Comte lui prit une main et la releva doucement. Il lui fit un baise-main et continua:


- Vos expériences m'intéressent fortement, mademoiselle Stephenson, vos méthodes et vos machines à vapeur également...Mais la Grande Horloge va bientôt sonner 5h du matin et je doute que vous puissiez arpenter le monde des Humains en plein jour, malgré votre nature. Nous pourrons parler de tout ceci plus tard, nous n'aurons qu'à nous écrire. Je pense pouvoir vous aider à trouver de nouveaux palliatifs. D'ailleurs je souhaiterai que vous m'envoyiez quelques uns de vos propres cachets, si ce n'est pas trop demander, afin que je les goûte.

Le regard du Comte était serein. Une affaire était en train de voir le jour. C'était peut-être la naissance d'une alliance plus intéressante que prévue.

- Je vous demanderais simplement d'éviter d'ébruiter le fait que ma chaudière soit un bon moyen de se débarrasser des Loups-Garous.

Son sourire se fit plus charmeur. Il rebondissait sur cette anecdote déjà devenue comique.

- Non pas que je n’apprécie pas que l'on fasse disparaître définitivement ces créatures ainsi, mais je tiens trop à ma tranquillité en ce domaine pour accepter toutes les lunes cette odeur de grillade...Cela pourrait énerver mes disciples. Je préfère de loin votre parfum...

Le regard du Comte était brillant d'envie, et il ne le cachait pas. Chastity lui plaisait de la manière la plus humaine possible. Mais le lord savait aussi se tenir. Un nouveau baise-main mit fin à leur soirée.
Le Comte raccompagna Chastity jusqu'à l’extérieur de l'Opéra en réempruntant le même passage. Lorsqu'ils passèrent par la salle des disciples, le nombre de Vampire présent était tout simplement surprenant. La salle entière accueillait des créatures de tout âge. Certains jouaient, d'autres se rendaient à leur niche creusées dans la roche sous forme de chauve-souris ou en escaladant souplement les parois. Tout donnait une impression de grouillement et de chaos.
Tout se figea plus ou moins au passage du Comte. Tous esquissèrent une courbette. Beaucoup dévisagèrent Chastity avec des regards interrogateurs ou des airs suspicieux. Quelques sourires aussi lui furent adressés aimablement.

Une fois dehors, le Comte salua une dernière fois Chastity.


- J'espère que nous nous reverrons bientôt.


***********************
Une fois que Chastity eut quitté le domaine, le Comte rentra sous l'Opéra. Il y eut une paire de réprimandes concernant les disciples, tous furent pétrifiés face à la violence de l'information que leur donna le Comte. Chastity Stephenson était une Vampire particulière, une sang-mêlé, un spécimen important et il comptait le conserver pour en tirer le meilleur parti. Nul n'avait le droit de l'offenser. Beaucoup n'étaient pas d'accord avec le Comte, pour eux il aurait fallu l'éliminer, elle représentait une menace pour la tranquillité de leur race. Mais d'autres comprenait l’enjeu de cette nouvelle rencontre. Le Comte pourrait une nouvelle fois contrôler la situation.

Après avoir récupéré sa cape que lui tendit Maria, le Comte retourna dans sa chambre. Il finit par se rendre dans sa salle de musique pour jouer à nouveau du piano. Salluste vint lui amener les chiffres relatifs au nombre de Loups massacrés cette nuit. Ils étaient vraiment de plus en plus nombreux mais, comme il en avait discuté avec Chastity, ils étaient aussi plus jeunes et plus vulnérables...Le Comte sentait qu'une guerre ouverte se préparait. Il s'en occuperait après le montage de Coriolan.



***********************
Le lendemain, le Comte devait revoir Fiora Hagane. Il se leva tôt et se rendit au théâtre pour organiser les derniers préparatifs de sa pièce. Une fois sa tâche accomplie, il se rendit chez sa nouvelle alliée, ils devaient maintenant parler de stratégie défensive: de nouveaux éléments étaient à prendre en compte.

[HRP/ Suite du Comte chez Fiora, "La Tour entre en jeu"/HRP]


> Jirômaru Keisuke <

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Chastity E. Stephenson
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MessageSujet: Re: L'Opéra ou comment brûler un loup dans la chaufferie [Chastity, Comte] [20/12/41] Sam 21 Juil - 16:30

Le Comte lui plaisait, à n'en pas douter. Sa puissance, son air sûr de lui... Quelque chose de spécial s'émanait de lui. C'était... magnétique. Elle le fixait de ses yeux noisettes, le sondant par des moyens détournés, de la même façon qu'il le faisait avec elle. Contrairement aux grands dirigeants de la Camarilla, il était moins obtus, plus visionnaire et conscient des limites de son pouvoir. Il était rusé, intelligent, manipulateur. La bourgeoise songea que bon nombre de vampires puissants étaient sous ses ordres, fiers d'avoir retenu l'attention de leur Prince. Il devait sans doute leur faire croire qu'ils étaient exceptionnels à ses yeux alors qu'en fait, ils n'étaient que des pions. Mais avec elle... Ce serait différent. Elle ne se laisserait pas berner aussi facilement. Pour gagner sa confiance et son respect, il fallait se montrer audacieuse et réfléchie.

Lorsqu'il saisit son poignard, elle su qu'il le trouvait beau. Elle se souvenait encore des heures passées à travailler dessus, des sueurs, de la chaleur et du feu rougeoyant de la forge. Une pièce unique tout à fait remarquable. Elle en était fière. Il la lui crimsononna par la suite et lui fit remarquer avec un certain sourire que les vampires ne craignaient pas le poison. Elle faillit en rire. Ainsi donc, elle avait une longueur d’avance sur lui, au moins dans ce domaine… Ses yeux pétillèrent d’amusement. Elle pouvait bien lui révéler le secret de son poignard, de toute manière, la recette de ce poison était connue d’elle seule.


- Je ne puis vous donner tort sur ce point, très cher Comte. Néanmoins… Elle se pencha un peu en avant, offrant son esthétique décolleté à sa vue. Le spectacle, loin d’être vulgaire, était digne d’une peinture de maître. Il me semble que certaines substances peuvent s’avérer mortelles même pour nous… Elle fit scintiller la lame à la lueur des lampes avant de la ranger. Ce poison est à base de sang mort à très haute concentration mêlé à des molécules d’argent. Il suffit qu’une infime quantité pénètre dans l’organisme et… C’est la mort.
Je n’en suis pas encore tout à fait certaine mais il se pourrait que le poison présent dans les balles de Bloody Rose soit conçu sur le même modèle…


Elle fit ensuite tourner la conversation sur les Blood Tablets, peu désireuse de s’étendre davantage sur une de ses plus grandes réussites. Les palliatifs qu’elle utilisait résultaient d’un procédé chimique complexe qu’elle avait réussi à décomposer dans les moindres détails. Ils empêchaient la dégénérescence des cellules grâce à des plantes rares, poussant dans des endroits reculés. La jeune femme avait également observé que la probabilité de rejet était diminuée par soixante-dix. Mais leur apport nutritif était très faible et elle devait en prendre plusieurs par jour. Elle repensa à son laboratoire, caché derrière une porte dérobée dans les sous-sols de sa maison. Elle y faisait le ménage elle-même. Pas question qu’une bonne ou un valet vienne mettre le nez dans ses petites affaires ! Mentalement, elle s’égara dans cette grande pièce aux murs passés à la chaux. Elle revit la grande table de bois impeccable, l’angle gauche obstrué par les alambics de toutes les formes, la grande commode qui abritait ses instruments… Elle s’y rendrait demain soir, pour poursuivre ses travaux.

Le Comte revint vers elle et lui annonça qu’il l’appuierait dans ses recherches. Elle en sourit de plaisir. Visiblement, aucun vampire de Londres hormis elle ne se donnait la peine d’essayer de sauver leur race. Cela lui conférait l’avantage indéniable de la sécurité. Jamais le Comte n’apprécierait que l’on attente à sa vie. Elle lui était utile et le serait encore pendant de nombreuses années. Il lui tendit ensuite une seconde de boîte de cachets, celle-ci entièrement pleine. Elle l’accepta en souriant et la cacha dans son réticule.


- Je vous suis gré de cette attention, Mylord…

Il revint ensuite dans sa direction pour se camper en face d’elle. A nouveau, il évoqua son intolérance au sang humain. Il fit ensuite une proposition qui la désarçonna. La transformer une seconde fois… Jamais elle n’avait envisagé cette possibilité. Cela lui déplut. Elle risquait fort d’y passer en tentant le coup. Et puis… Malgré tout, elle restait très attachée à sa nature hybride, qui lui conférait une originalité exceptionnelle. Les inconvénients étaient nombreux, bien sûr… Mais elle ne se sentait pas prête à subir un nouveau changement de métabolisme.

Elle ne dit rien, préférant le laisser réfléchir. En soi, son sang ne devait pas être dangereux pour un vampire. Mais elle ? Si le sang humain réagissait mal avec elle, en était-il de même pour le fluide de ses semblables ?

Le Comte la releva de son fauteuil et baisa sa main. Il devait être tôt… Le soleil n’allait pas tarder à poindre, sinon, ils auraient continué à discuter bien longtemps. Il confirma ses pensées. Cinq coups n’allaient pas tarder à retentir sur la ville encore endormie, marquant le début de la journée des domestiques. Les premiers à se lever seraient sans doute les domestiques qui passeraient les fours au noir et recevraient les livreurs dans les courettes. Bien qu’elle ne se nourrisse de rien d’autre que ses palliatifs, elle avait à son service une cuisinière et plusieurs filles de cuisine qui préparaient toutes sortes de mets lors des réceptions ou des dîners. Contrairement aux autres vampires, Chastity pouvait ingérer de la nourriture humaine. Cela ne la tuait pas mais le goût était atroce et elle subissait quelques heures après de violents malaises. Malgré tout, elle considérait cela comme un avantage qui lui permettait de se montrer en société sans éveiller de soupçons.


- Quel dommage… Mais il est vrai que le temps passe bien plus vite lorsque l’on s’amuse, n’est-ce pas ? N’ayez aucun souci, je vous tiendrai au courant de la moindre évolution dans mes travaux. Je vous enverrai quelques échantillons de mes palliatifs. Votre opinion me sera des plus utiles, j’en suis certaine.

Il plaisanta sur l’épisode du Loup-Garou, ce qui lui arracha un éclat de rire cristallin.

- Ne vous en faites pas… Je garderai ce secret pour moi.

Il continua sur sa lancée, charmeur. Elle sourit à sa flatterie et le gratifia d’un regard enjôleur et sensuel, avant de lui répondre tout bas, sur le ton de la confidence :

- Je me dois de vous dire que c’est réciproque…

Il embrassa une nouvelle fois sa main et il la reconduisit dehors. La salle qu’ils avaient traversée à l’aller était maintenant noire de monde. Tous les vampires étaient rentrés de leur chasse et s’adonnaient à quelques distractions. Ils se turent au passage du Comte mais elle sentit leurs regards dans son dos. Eux aussi la méprisaient… Ils la dévisageaient de façon fort malpolie, ce qui manqua de la faire tiquer. Quoique certains la regardaient avec un peu de respect. Peu importait. Elle commençait à avoir ce qu’elle désirait. Le reste n’était que fioriture.

Ils ressortirent à l’extérieur et Chastity respira l’air pur de cette fin de nuit. Il la salua courtoisement et elle répondit par une révérence exquise
.

- Oh, nous nous reverrons certainement… Peut-être même plus tôt que prévu. Bonne journée, Lord Keï.

Ils se quittèrent ainsi. Un cab la déposa devant chez elle, à la tombée de la nuit. La grille n’était pas verrouillée. Elle l’ouvrit discrètement, prenant soin de refermer derrière elle et monta dans sa chambre. Elle y trouva sa camériste, déjà réveillée. A moins qu’elle n’ait pas fermé l’œil de la nuit… Quoi qu’il en fut, la jeune femme se leva à son entrée, sans faire de commentaire sur la tache de sa robe. Elle la salua et la débarrassa ensuite de son manteau noir et de ses gants qu’elle posa sur une chaise. Elle les emmènerait à la buanderie tout à l’heure.

- Avez-vous passé une bonne soirée, madame ? fit-elle en déboutonnant le dos de la robe de Chastity.

- Oui. Ce fut un spectacle des plus remarquables.

Gracie fit glisser la robe à terre et la plia tant bien que mal avant de la poser sur le lit. Puis elle défit le corset de sa maîtresse qu’elle porta dans la penderie. Enfin, elle délaça ses bottines qu’elle posa près du manteau, en vue de les faire cirer. Chastity s’assit sur le tabouret de sa coiffeuse en chêne et se regarda dans le miroir. Elle distingua sa bonne qui rassemblait ses affaires de la nuit.

- Gracie, la jupe de ma robe est bonne à jeter. Décousez-la et jetez-la. Quant au corsage, regardez si vous pouvez conserver les baleines et faites donc des fleurs à cheveux avec les chutes de tissus.

- Bien, madame.

La jeune femme brune s’approcha d’elle et défit son chignon, brossant ses cheveux avec application. Elles ne se dirent plus rien. Quand elle eut fini, Chastity termina de se déshabiller et enfila une chemise de nuit en lin, ornée de dentelle avant de se glisser sous les draps. Sa femme de chambre ramassa ses affaires et sortit discrètement. Avant qu’elle ne referme la porte, la riche jeune femme lui glissa :

- Gracie, une fois que vous aurez fini ce que vous avez à faire, allez donc dormir. Vous avez une mine épouvantable.

La petite bonne lui adressa un sourire et referma la porte. La bourgeoise s’endormit, bercée par le bruit de la ville qui s’éveillait. Elle ne se leva que vers seize heures et s’adonna par la suite à ses travaux de recherche, dans son atelier.

_________________________

Quelques semaines après, elle commença à rédiger des invitations pour le bal qu’elle avait décidé d’organiser. Ce serait la plus grande réception de l’année, à n’en pas douter… Elle apporta au courrier du Comte un soin tout particulier et joignit à la lettre un petit paquet enveloppé dans du papier journal et entouré de ficelle. A l’intérieur se trouvait un petit mot sur une feuille blanche pliée en quatre.

"Comme promis, voici un échantillon de palliatifs. Les cachets de la boîte rouge sont mes médicaments habituels. La boîte bleue contient mes derniers spécimens, améliorés grâce à votre don de Blood Tablets.

Je vous saurais gré de me faire part de vos impressions et critiques. En vous remerciant par avance.

C.E.S."



[HRP/ Fin du RP avec le Comte, suite de Chastity à définir. /HRP]
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L'Opéra ou comment brûler un loup dans la chaufferie [Chastity, Comte] [20/12/41]

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