L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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C'était la saison des sorcières... (PV Heydan)

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MessageSujet: C'était la saison des sorcières... (PV Heydan) Dim 12 Aoû - 1:38

Il n'y avait pas de quoi être fier.... Il regardait l'homme qui était gonflé d'orgueil et le jeune asiatique ne pouvait pas s'empêcher de se dire qu'il n'y avait pas de quoi paraître si suffisant. Shizuo le flattait, comme d'habitude. Il savait comblé ce client, un régulier. Après tout, c'était son boulot et il était bon, très bon même. Son business était loin d'être mort. On imagine pas le nombre d'hommes qui refoulent des pulsions de ce genre. L'asiatique regardait l'homme en le faisant, il savait parfaitement quoi faire, quand et jusqu'où il pouvait aller.
Son client faisait partie de ceux qui aimaient les endroits incongrues, le risque.... Le danger. la pulsion d'adrénaline, celle qui vous fait vivre à six milles à l'heure. Pour sa part, Shizuo ne comprenait pas. Il avait toujours rêver à des choses beaucoup plus simple. Pour lui, l'acte d'amour ne devait pas être un geste de satisfaction personnel. Il n'avait pas le choix. Il profanait ça et il l'avait toujours fait. Ca ne le dérangeait pas quelque part il se savait préserver, jamais il n'avait aimé, ni apprécié un de ses clients. Pas une seule fois. Il se disait que c'était un peu comme si il lui restait une part d'innocence. Comme si , au moins, ça c'était resté intact... Il pensait souvent à autre chose en travaillant, ça l'empêchait de réaliser tout ça... L'horreur. Enfin, il avait finir par s'y faire, se disant que le jour où il craquerait il finirait à l'asile... Peut être pas... Même complètement taré, il restait beau... Ca devait suffire à Glen. Il ne l'avait pas acheté pour son esprit... Ca se serait sans doute vue.
Il finit par se reculer, une fois le travail fini. L'homme, le souffle court, la mine réjouit, les pupilles dilatées de plaisir regardait Shizuo comme si il s'agissait d'un joyau. Ca le faisait vomir... Il ne supportait pas ça. Il lui adressa un sourire malgré tout. Un sourire factice et ça se voyait. C'était un accord tacite entre prostitués et clients, ils ne cherchaient pas le vrai, elles leur donnaient donc du faux, parce qu'il n'y avait aucune raison de se forcer. C'était un travail, ni plus ni moins qu'un service à la personne. Il n'était pas payé pour ses sourires, même si ils aidaient. Shizuo annonça d'une voix sans émotion, calme, impassible, son sourire était tombé.


-Douze livres 20 shilling.

-C'est le double de la somme habituelle.grogna l'homme d'un coup mécontent.

-Oui. Parce que vous avez passé deux fois plus de temps que d'habitude et vous avez consommé des extras, vous le saviez. Donc...

-J'ai déjà payé la moitié de la somme avant!

-Oui, maintenant la deuxième.

Il lui lança un sourire éclatant. Il sentait quelque chose glisser à la commissure de ses lèvres mais n'y fit pas attention une seule seconde. L'homme finit par soupirer et le payer. Shizuo attrappa les pièces en verifiant qu'elles étaient vrais.

-Merci.

L'homme grommela en remontant son pantalon. Shizuo s'appuya sur l'arbre et soupira. Il regarda les quelques 12 livres dans sa main qui allèrent rejoindre les autres dans sa poche, c'était son troisième client de la journée... A ce rytme là.... Il n'entendait pas la course poursuite. Rien du tout, en train d'essayer de calmer le profond dégout contre lequel il se battait constamment. Il commençait tout juste à essuyer le liquide blanc laiteux qui coulait de la commissure de ses lèvres quand ce jeune homme débarqua de... Nulle part...


Dernière édition par Shizuo le Dim 28 Oct - 2:34, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: C'était la saison des sorcières... (PV Heydan) Dim 12 Aoû - 2:28

- Reviens ici, espèce de sale voleur ! Arnaqueur !

Heydan courrait aussi vite que ses longues jambes le lui permettaient. Il slalomait entre les passants, bondissait par-dessus les objets se dressant sur son chemin, glissait et esquivait habilement les carrioles et autres voitures tirées par des chevaux paniqués de le voir se faufiler entre leurs pattes tandis qu'il faisait de son mieux pour semer ses poursuivants. Peine perdue : ils le talonnaient de près, malgré tous ses efforts. Au détour d'une rue quelconque, le jeune homme se risqua à lancer un coup d'oeil par dessus son épaule. Lorsqu'il vit les visages déformés par la colère des deux hommes derrière lui, il laissa échapper un léger gémissement paniqué et se remit à courir de plus belle. Il ne réfléchissait absolument pas aux directions qu'il prenait, se laissant guider par son instinct de survie qui lui hurlait de fuir le plus rapidement possible sous peine de se faire passer à tabac - encore une fois.
C'est ainsi qu'il finit par se retrouver à Suzanne's Park. Sans réfléchir, il se jeta tête la première dans les ronces, indifférent aux épines lui griffant allègrement les jambes et déchirant les bords de sa cape de cuir déjà bien éprouvée par le temps et les éléments. Cette action, si stupide fut-elle, eut au moins le mérite de ralentir ses deux traqueurs. Il les entendait toujours, certes, mais ils étaient désormais suffisamment loin de lui pour qu'il puisse chercher quelque part où se cacher. Il ralentit suffisamment le pas pour faire le moins de bruit possible, regardant régulièrement dans son dos, puis reportant son attention sur le sol, évitant de faire craquer les branchages secs et les feuilles mortes. Il parvint à se dissimuler derrière le tronc épais d'un gros arbre aux feuilles jaunissantes. Adossé contre l'écorce, il ferma les yeux et repris son souffle comme il put, tentant de calmer le rythme affolant de son coeur. Lorsqu'il les rouvrit, ses iris d'un vert extraordinaire ne purent que se poser sur le jeune homme face à lui, une main sur la bouche et un étrange liquide blanc dégoulinant sur son menton, figé comme lui par une surprise mutuelle. Heydan cligna des paupières plusieurs fois, sourcils haussés. Il ne s'attendait vraiment pas à voir quelqu'un ici.


- Euh ...

Il se stoppa net en entendant ses poursuivants se rapprocher rapidement de l'endroit où il se tenait. Il n'avait plus le temps de chercher une autre cachette, et il ne pourrait plus continuer une telle course bien longtemps. Il se plaqua le plus possible contre le chêne imposant dans son dos et retint sa respiration lorsque, du coin de l'oeil, il vit débarquer les hommes qui le cherchaient. Les yeux grands ouverts, il les regardait avec une angoisse non dissimulée tourner la tête de droite et de gauche tandis qu'ils essayaient de le repérer dans le décor environnant. L'un des deux grogna quelque chose à son compère, puis s'approcha du jeune homme blond.

- Hey toi, t'aurais pas vu passer un type par là y a une minute ? Grand, cheveux bruns, les yeux verts, une cape sur les épaules ?

Heydan dévisagea l'asiatique et posa un doigt devant ses lèvres en secouant la tête avant de joindre les mains et de le fixer intensément, une mimique suppliante sur le visage.


Dernière édition par Heydan le Dim 12 Aoû - 19:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: C'était la saison des sorcières... (PV Heydan) Dim 12 Aoû - 3:25

Shizuo regardait le jeune homme depuis quelques secondes déjà... La main figées, la langue légèrement tirée vers le liquide salé. Il cligna des yeux deux ou trois fois. La première chose qui capta son attention, c'est les yeux de l'homme. Merveilleux. Et lui non plus n'était pas ce qu'on pouvait qualifié de banal. Plutôt bien taillé, il possédait un visage que Shizuo qualifia de parfait, Shizuo le trouvait merveilleusement beau. De ces gens dont on tombe sous le charme tout de suite. De fait, il s'en méfiait. Les gens beaux, ils les connaissaient, à commencer par Glen, s'il fallait donner un seul exemple. Ses sourcils se froncèrent à peine.Il détailla le jeune homme sans rien dire. Il se racla légèrement la gorge, par gêne. Totalement figé, il se rendait compte de l'image qu'il devait donné... Quoiqu'il ne comprenait pas pourquoi le jeune homme n'était pas plus choqué. Il remarqua la terreur sur son visage. Il se demandait bien pourquoi le jeune homme était dans cet état là. Il entendit des pas de courses, la peur commençait à monter. On était pas à l'abri dans ce parc, il le savait parfaitement. C'est d'ailleurs pour cette raison que son client lui avait donné rendez vous ici. On en revenait toujours à cette décharge d'adrénaline... Il vit le jeune homme se tendre à l'approche du son.
Puis les deux hommes débarquèrent. Ses sourcils se froncèrent automatiquement en entendant "hey toi". Méprisant, comme à chaque fois qu'il travaillait, il les toisait légèrement. Même assis. Lançant un regard au jeune homme désormais uni à l'arbre par la peur, il finit d'essuyer son menton et se redressa doucement, détaillant les deux gus. Il se demandait quoi faire... Prendre part pour le joli coeur derrière ou vendre la mêches et se casser en courant. Son regard glissa à celui-ci l'air de rien... Ce regard suppliant lui rappelait des choses... Intérieurement, il commença à s'insulter dès qu'il comprit que sa décision était prise. Il renifla légèrement de dédain. Il était rarement aussi vindicatif, mais la fatigue faisant, son role de gigolo et ce qu'il fallait être pour survivre dans les rues.... Il lui arrivait d'être cassant, ce qui différait grandement de son attitude général face aux gens. Il était un objet, il le savait. Mais il avait un but et ça n'était pas ces deux troufions de seconde zones qui allaient l'emmerder. Il prit appuie sur un pied, bras croisés.

-Hey, moi.... C'est pas la politesse qui vous égorge.

N'ayant aucune éducation, il n'était pas rare qu'il se trompe dans les expressions qu'il avait pu entendre vu combien l'anglais de ceux qu'il avait côtoyé dans sa tendre enfance était châtié. Cela lui valait toute sorte de raillerie qui manquaient assez rarement de le plonger dans une confusion colérique qui s'empressait, comme toujours de ravaler, gardant ça pour lui. Il n'avait jamais appris à bien parler. Il savait se faire comprendre et il n'était pas bête, malgré tout, il lui manquait quelques subtilités de la langue qui l'handicapait grandement.

-Pourquoi je vous donnerais ce renseignement, quand bien même je l'aurais vu. Et j'ai pas dit que c'était le cas. J'aurais quoi en retour. Rien n'est gratuit et encore moins moi.

Ne perdant pas d'une certaine superbe qu'il avait façonné avec les années de métiers. Il gardait dans le coin de l'oeil le jeune homme en priant pour que celui-ci ait la bonne idée de quitter les lieux en courant. Shizuo n'aimait pas être brave et il n'avait pas envie d'être brave surtout que si il l'était, c'était parce qu'il trouvait dommage de mettre a sac un si beau visage. Il continua de parler, s'approchant des hommes faisant assez de bruit pour couvrir les déplacements de Heydan, pour peu qu'il fasse attention. Il priait également pour que le jeune homme soit discret. Il n'avait pas envie de se faire passer à tabac, parce que les deux hommes n'étaient pas à sa poursuite pour boire le thé... Sa petite voix interne continuait à l'insulter.

-Vous vous prenez pour qui à débarquer comme ça! Y en a qui voudrait être tranquille! Et en plus vous oubliez d'être corrects! On est pas à la foire au sac de noeud ici!

Il était clairement conscient que les quelques taches suspectes sur le sol leur permettrait de savoir de quoi il s'agissait et il savait aussi que ces deux hommes allaient souvent au bordel dans lequel il se réfugiait de temps à autres. Il se demandait si ils l'avaient déjà vu. Si c'était le cas, ils connaissaient le propriétaire des lieux et ça lui assurerait une certaine protection. Malgré tout... Il savait parfaitement ce qui arrivait régulièrement aux hommes "de sa trempe", l'homosexualité était stigmatisée et était complètement interdites, raison pour laquelle il était si facile de faire pression sur les escort boy. Raison pour laquelle tout le monde se foutait qu'on les passe à tabac jusqu'à ce qu'ils en meurrent....


Dernière édition par Shizuo le Dim 28 Oct - 2:34, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: C'était la saison des sorcières... (PV Heydan) Dim 12 Aoû - 4:39

Heydan, toujours collé à son arbre, regardait la scène sans bouger ni émettre le moindre son, en apnée depuis les trente dernières secondes déjà. Les hommes interrogeant le jeune inconnu à deux pas de lui à peine froncèrent les sourcils, visiblement mécontents de sa remarque. L'un des deux renifla, relativement méprisant.

- Et toi, on t'a jamais appris à baisser les yeux et à répondre ?

Son acolyte lui administra un bon coup de coude dans les côtes.

- Qu'est-ce que tu crois, abruti ? Pour qui tu te prends ?

Il se tourna vers le jeune homme assis devant eux.

- Ecoute gamin, on veut juste savoir si tu as vu passer ce type, c'est tout. C'est important.

Heydan déglutit en silence. Très discrètement, décollant à peine les pieds du sol pour ne pas déranger les feuilles mortes qui auraient crissé sous ses pas, il commença à faire le tour de l'arbre avec lenteur, fixant toujours les trois hommes tout près de lui. Il profitait de la diversion que lui offrait son complice temporaire. Ce dernier tenait tête aux deux autres avec un aplomb plutôt impressionnant.

-Pourquoi je vous donnerais ce renseignement, quand bien même je l'aurais vu. Et j'ai pas dit que c'était le cas. J'aurais quoi en retour. Rien n'est gratuit et encore moins moi.
- Et encore moins toi ? ricana l'un des poursuivants. Et tu crois être qui pour dire ça, hein ?

Il remarqua alors le filet blanchâtre au coin des lèvres, les tâches visqueuses sur le sol, et la tenue bien particulière de son interlocuteur. Il sourit, goguenard.

- Voyez-vous ça ! On est tombé sur un sacré lot, qu'est-ce que t'en dis ? demanda-t-il à son "ami" qui leva les yeux au ciel en lâchant un soupire exaspéré.
-Vous vous prenez pour qui à débarquer comme ça! Y en a qui voudrait être tranquille! Et en plus vous oubliez d'être corrects! On est pas à la foire au sac de noeud ici !
- Ah ben c'est drôle, j'étais persuadé du contraire !

Un nouveau coup parti dans les coudes de l'irritant personnage, qui semblait tout aussi insupportable à celui qui l'accompagnait.

- La ferme, combien de fois il faudra te le répéter jusqu'à ce que que tu comprennes un ordre auquel même les chiens obéissent ? Bon, pour la dernière fois : est-ce que tu as vu ce type, oui ou non ?

Heydan avait presque terminé de faire le tour de l'arbre. Ensuite, il n'aurait pu qu'à s'enfuir discrètement. Les yeux rivés sur le chemin qu'il allait prendre ensuite, il en oublia de regarder le sol.
Sa botte écrasa impitoyablement une brindille desséchée qui craqua bruyamment. Le coeur du jeune homme rata un battement tandis qu'il remarqua que la conversation à côté de lui avait cessé. Il tourna lentement la tête en direction des trois hommes. L'inconnu aux yeux bleus le dévisageait d'un air navré. Les deux autres avaient l'air à la fois surpris et très, très en colère.
Heydan resta quelques secondes immobiles, totalement en panique. Et lorsqu'il bougea, ce fut pour faire quelque chose de profondément idiot. Il adressa un grand sourire marqué par le stress à ceux qui le traquaient.


- Hey, quelle surprise ...

Les hommes s'avancèrent vers lui, menaçants. Le jeune homme recula précipitamment, s'efforçant de garder le plus de distance entre lui et eux. Il leva les mains devant lui.

- Attendez, pourquoi s'énerver comme ça ? Entre bonnes gens comme nous -
- Tais-toi ! T'es vraiment pas en état de dire quoi que ce soit !
- Mais laissez-moi au moins m'expliquer -
- Ca fait deux semaines que tu nous dois cet argent, Heydan. DEUX SEMAINES !
- Deux semaines, déjà ? Oulà, comme le temps passe vite ! Eh bien, merci à vous d'être venu me rappeler à l'ordre. Sur ce, je vous souhaite une bonne soirée, et moi je vais -
- Tu vas rien du tout, le coupa le plus idiot des deux hommes.

Il empoigna Heydan par le noeud de sa cape et le tira brutalement. Le jeune homme battit un peu des bras tandis qu'il chutait en avant, mais se redressa avec une aisance et une souplesse remarquables. Il eut tout juste le temps de se retourner que l'autre lui envoya son poing droit dans la figure. Les phalange de la brute entrèrent violemment en contact avec la mâchoire d'Heydan qui fut sonné juste assez longtemps pour que l'autre le ceinture. Le second homme s'approcha du jeune Hunter aux yeux verts et dégaina une dague qu'il laissa courir le long de sa nuque, sous les longues et épaisses boucles brunes.


- Je vais me rembourser avec tes cheveux. Je les vendrai à un coiffeur pour qu'il en fasse une perruque, et je prendrai bien le temps de détacher ton cuir chevelu avec.

Heydan ne put s'empêcher de laisser échapper un bruit à mi chemin entre le sanglot et le rire nerveux. Les longs doigts fins de sa main gauche essayaient d'atteindre la crosse de son pistolet, sans grand succès.


Dernière édition par Heydan le Dim 12 Aoû - 19:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: C'était la saison des sorcières... (PV Heydan) Dim 12 Aoû - 5:28

Shizuo leva les yeux au ciel à la première remarque en soupirant bruyamment. Il regarda le gros lourdaud d'un air profondément désespéré. Bras croisés, un sourcil haussé, il détailla l'homme d'un oeil critique tout en lançant un vague regard compatissant à son collègue. Lançant toujours un regard vers le jeune homme, il l'exhortait intérieurement à aller plus vite.
Il n'aimait pas du tout la façon de se comporter de l'autre enclume et sentait que si il ne dégageait pas vite d'ici, ça allait mal se finir. Il se pencha vers l'abruti, avec tout l'aplomb dont il était capable, un petit sourire méprisant sur le visage et un ton qui le prenait ouvertement pour un con.


-Oh, bravo... On me l'avait jamais sortie celle-là... Serait-on un peu frustré parce que nous n'avons pas les moyens?...

Il eut un rire narquois qui s'arrêta quand le ton se mit à monter entre les deux. L'autre homme, visiblement plus "noble" que l'autre, s'était décidé à parler.
Quand les patrons parlaient, ça n'était jamais très bon signe. Shizuo détailla l'homme et se mit une nouvelle fois à refléchir à toute allure. Sachant pertinemment que les deux accolytes feraient demi tour au moment où il dirait non et découvrirait le jeune homme, il se demandait si il était très prudent de les retenir encore plus. Si jamais il devait avoir un bleu sur une partie visible de son corps... Il aurait de sérieux problème.
Le jeune homme n'avait pas finit de faire le tour de son arbre et Shizuo se fit la reflexion qu'un arbre n'avait jamais été aussi long à contourner. Il se demandait si le poursuivi le faisait exprès. Il finit par hausser un sourcil, professionnel.


-Ca dépend vous avez quelque chose pour moi?...

Il n'eut pas le temps de voir une quelconque réaction qu'il entendit la brindille craquée. Sa main alla sur son visage et y glissa lentement. Il posa le regard sur Heydan, navré. Comment avait-il fait pour faire du bruit? Shizuo doutait très clairement de ses capacités intellectuelles.... Quoique la malchance, ça arrivait. Il était très bien placé pour le savoir. Mais là quand même... Il fallait le vouloir? Ou bien être totalement dépourvu d'instinct de survie pour échouer si près du but. Quelque part Shizuo lui en était reconnaissant, ça lui évitait de se faire frapper ou pire. Il soupira cependant, un peu déçu que le stratagème fut déjoué par un simple bout de bois sec...
Shizuo regarda Heydan se mettre à sourire, saisi par la beauté du jeune homme une nouvelle fois. Malgré tout, LUI, il avait un instinct de survie. Lorsque la conversation, absurde - il ne comprenait pas pourquoi le jeune homme n'avait pas fuit au moment même où la brindille avait cassée, débuta il se glissa doucement, très doucement loin de la scène histoire de ne pas se faire embarquer dans une nouvelle histoire sordide et s'attirer de nouveau problème. Il en avait déjà assez... Il s'informa juste sur la course poursuite. L'argent: classique par les temps qui courraient... Il le savait, la misère transpirait dans les rues comme la sueur d'un front d'ouvrier. Il allait s'en aller lorsque les deux hommes le saisirent et que le chef, approchant le couteau de la nuque de bel éphèbe, menaça de le scalper.
Shizuo se stoppa net. Comme figer, il detestait avoir une conscience dans ce genre d'instants cruciaux. Il regarda un peu vers le ciel, s'insultant sans réserve à voix basse. Il secoua la tête, yeux finalement fermés, poings serrés. Il se retourna finalement vers les trois hommes et se rapprocha. Mains sur les hanches, en appuie principalement sur un pied, il pencha la tête sur le coté et demanda d'une voix légèrement plus grave.


... Il vous doit combien, cet espèce d'abruti.....

Il lança un regard plein de reproches à Heydan. S'il y avait bien un truc qu'il detestait, c'était perdre de l'argent... Et là, il le proposait sciemment.... C'était quoi ce délire? Il se maudissait d'avoir demandé, bien conscient qu'il ne pouvait plus faire marche arrière maintenant la question posée.
Il allait traquer ce beau jeune homme pour l'engueuler de tout son saoûl.
Il détailla le patron, ne prétant pas un instant son attention à l'abruti qui lui servait de larbin. Il se mordillait la lèvre, anxieux. Il n'aimait pas se mettre dans des situations pareilles. Perdre de l'argent tout simplement parce qu'un garçon était beau.... C'était stupide, il le savait mais ça le debectait. Il savait combien il était douloureux de se faire découper la peau à vif. Il le savait trop bien... Il y avait peut-être autre chose qu'une histoire de beauté après tout... Mais ça n'avait pas d'importance, le resultat serait le même. Si il n'avait pas assez dans ses poches, il subirait le même sort que ce gros abruti et ça.... Ca, ça lui posait un vrai problème. Il s'approcha du patron, pas une seconde menaçant. Les mains levées pour montrer qu'il n'était pas armé et qu'il ne tenterait rien. Mieux valait le faire tout de suite que risque quoique ce soit.


-Vous voulez votre argent non?... J'ai peut-être ce qu'il faut pour vous rembourser. On s'en fout qu'il vienne de lui ou de moi non? Si vous avez votre compte...

Il se détestait d'insister mais savait que ne pas le faire lui poserait des problèmes de conscience qu'il ne pouvait pas se permettre. Il soupira légèrement rien que d'y penser. Lançant un nouveau regard furibond à Heydan, il l'insultait copieusement dans sa tête.
Quelle idée cette espèce de stupide andouille avait-il eu de venir le déranger sur son lieu de travail du jour?
La campagne en cette saison et fin de soirée n'était-elle pas assez jolie pour lui?
Non il fallait qu'il vienne dans un parc.
Dans CE parc.
Shizuo fit darder nerveusement sa langue entre ses lèvres, pas très content et même si cela ne se voyait pas du tout à son comportement, ça se sentait parfaitement.


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MessageSujet: Re: C'était la saison des sorcières... (PV Heydan) Dim 12 Aoû - 13:38

Heydan déglutit en sentant la lame courir sur sa peau et se glisser sous ses cheveux. Tandis qu'il essayait toujours de calmer les velléités de ses créanciers, il pria intérieurement qu'un miracle se produise.
Et, pour une fois dans sa vie, sa prière fut entendue.
Une unique question, salvatrice, retentit tout près d'eux.


- ... Il vous doit combien, cet espèce d'abruti ...?

Les trois hommes se retournèrent vers le jeune asiatique. Heydan le dévisageait en clignant des yeux, incrédule. Pourquoi diable est-ce qu'un parfait inconnu, qui avait certainement autre chose de bien plus intéressant et de beaucoup moins dangereux à faire que de se mêler de cette histoire, proposait-il de rembourser sa dette ? Apparemment, les deux autres ne comprenaient pas plus que lui. Celui qui tenait le couteau fixait le charmant blondin, pas sûr d'avoir bien entendu.

- ... Pardon ?
- Vous voulez votre argent non?... J'ai peut-être ce qu'il faut pour vous rembourser. On s'en fout qu'il vienne de lui ou de moi non? Si vous avez votre compte...

Les beaux yeux verts d'Heydan passaient de son créancier à son potentiel sauveur, toujours aussi sonné par la tournure que venaient de prendre les évènements. Le meneur du duo réfléchit un instant, se demandant même si tout cela n'était pas un stratagème inventé par le Hunter pour se tirer de ce mauvais pas. Lorsqu'il fut convaincu que ce n'était pas cela, il consentit enfin à répondre.

- Cinquante livres.

Son acolyte tourna la tête vers lui, presque choqué.

- Mais ... pourquoi tu donnes la bonne somme ? On aurait pu -
- On aurait pu quoi ? Se prendre une jolie petite com' ? Je me demande si tu as vraiment la moindre idée de pourquoi on courait après l'autre abruti.


Le sombre idiot qui ceinturait Heydan déglutit et se tût. L'autre se tourna vers Shizuo.

- Je disais donc que cet imbécile ici présent ...

Il asséna un coup de poing rageur et vicieux dans l'estomac d'Heydan, qui se plia en deux en retenant un gémissement de douleur tandis qu'il sentait un liquide chaud et acide remonter dans sa gorge.

- ... nous doit cinquante livres tout rond. Pas un shilling de plus.

Trois paires d'yeux étaient désormais braquées sur le jeune asiatique aux iris d'un bleu extraordinaire, et le Hunter le fixait d'autant plus intensément qu'il ne comprenait pas pourquoi il offrait de rembourser ces cinquante livres.


Dernière édition par Heydan le Dim 12 Aoû - 19:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: C'était la saison des sorcières... (PV Heydan) Dim 12 Aoû - 14:35

Shizuo posa son regard sur Heydan, toujours aussi torve. Ces assaillants, visiblement surpris par sa demande ne devait pas l'être plus que lui-même. Il se demandait bien pourquoi il faisait ça et une nouvelle fois il se fit la réflexion que le jeune homme était incroyablement beau. Shizuo se demandait bien combien le joli jeune homme devait bien à ses poursuivants pour qu'ils s'énervent aussi vite et violemment. Scalper les gens était légèrement exagéré, se disait-il, quoique... Il avait vu pire pour moins que ça... Pour quelques gouttes de sang, en fait.
A l'audition de la somme due par le merveilleux crétin. Il avala de travers, s'étouffant un long moment, plié en deux, il finit par regarder les créanciers puis Heydan qu'il assassina littéralement du regard. 50 livres.... Qui était assez stupide pour emprunter 50 livres et croire qu'il pourrait les rembourser vite. Ca représentait une grosse journée de travail de Shizuo. Une comme aujourd'hui à vrai dire. Il sentait le poids dans sa poche des 60 livres et quelques qu'il avait dans la poche. Il n'aimait pas se faire dépouiller.
Cet argent était destiné à autre chose que ça, bien autre chose... Il pensait à sa "dette" à lui. La peau marquée des armoiries de Glen le démangea un instant, comme à chaque fois.
La mâchoire crispée, les yeux légèrement plissés, on aurait dit qu'il cherchait à tuer Heydan du regard tant il était en colère contre celui-ci de s'être attiré ses faveurs sans raisons apparentes mise à part sa beauté.


-Pardon....? Cinquante livres....?

Son regard passa d'un homme à l'autre, il était légèrement sous le choc de la nouvelle, il allait perdre ce qu'un ouvrier moyen gagnait en toute une année... Et encore c'était un très bon ouvrier qui faisait de l'extra. Shizuo ferma les yeux un instant, essayant de se résigner à fuir, vite et loin.
Shizuo écouta les deux créanciers parler entre eux. Sourcils haussés, il rouvrit les yeux, il méprisait de tout son être le larbin. Il émit un claquement de langue mécontent en entendant ce crétin parler de se prendre une commission. Ca lui donnait vaguement envie de lui mettre son pied à l'entre-jambe et de lui faire payer ledit coup de pied. Le patron avait l'air plutôt réglo et Shizuo n'était pas sure de pouvoir lui faire confiance, c'était inquiétant. Il détailla le jeune homme une nouvelle fois qui le regardait incrédule, lui, il était en colère. Repensant à ce poids qui allait s'alléger dans sa poche sous peu.
Malgré la colère qu'il éprouvait pour l'homme à ce moment, lorsque le larbin frappa Heydan et que celui-ci gémit, Shizuo eut un haut le coeur qui le fit reculer de quelques pas, détournant le regard. Il ne supportait pas ça, raison pour laquelle il prenait toute sorte de drogue, ça lui permettait de passer outre... Mais là... L'effet de la drogue s'était estompé depuis son dernier client et ça n'était pas vraiment pour le mieux. Il se racla la gorge pour se ressaisir, ses iris d'un bleu limpide s'étaient teintées d'une souffrance voilées que bien peu de gens pourraient remarqués. Il inspira un grand coup, plongeant la main dans sa poche il en retira les cinquante livres en grommelant tout de même un peu. Il les tendit à l'homme.

-Cinquante hein.... Va vraiment falloir voir à calculer vos crédits à la baisse....

Il jeta un nouveau regard à Heydan, pas forcément sympathique. Il mit quelques secondes à lâcher les 50 livres. Il écouta les pièces tintinabuler dans les mains de leur nouveau propriétaire.
Shizuo se souvenait de comment il les avait durement gagné. Certains bleus étaient là pour en témoigner, certaines plaies ouvertes aussi d'ailleurs mais on ne les voyait pas.
Les clients connaissaient la règles: Pas le visage, ni les avant bras. Rien de visible une fois habillé. Malgré ses règles strictes, il était très prisé.
Il soupira une nouvelle fois et s'écarta prudemment des deux créanciers et du jeune homme. Il n'avait pas confiance. Pas du tout, surtout qu'il avait remarqué les regards du larbin. Ce genre de regard qui vous fait frissonner de peur. Il priait pour ne jamais, jamais plus croiser sa route. Mais Shizuo n'avait jamais de chance et il le savait. Il dit d'une voix un peu plus rauque que d'habitude.


-Je.... Je suppose que c'est réglé.... Donc...

Il les invitait à se barrer. Il voulait les éloigner de lui. Il ne les aimait pas du tout. Il savait que si l'abruti le retrouvait... Il payerait cher ses insultes et son métier. Il savait parfaitement que si cet homme précis le revoyait, il passerait un sale quart d'heure et se ferait trousser le plus salement possible. Ce genre de connard tuait pour moins que ça.
Il lança un nouveau regard torve à Heydan de ses iris bleutée. Shizuo restait sur ses gardes, près à se mettre à courir si il le fallait, il n'était pas sur d'en réchapper mais au moins il avait une chance d'atteindre la route et de fuir... De trouver des gens... De se cacher dans une masse.
En présence de témoins, ils ne feraient rien, ils ne voulaient pas s'attirer d'ennui, tout ceux qui vivaient en marge de la société faisait tout pour rester dans l'anonymat le plus complet, pour pouvoir continuer leur trafique, pour ne pas se faire attraper par les forces de l'ordre.
Shizuo faisait partie de ces gens-là, de ce monde-là. Il le connaissait merveilleusement bien. Trop, à son gout. Il attendait le moindre signe de la part des deux hommes.
Le jeune homme ne perdait rien pour attendre, Shizuo avait une méchante envie de lui crier dessus jusqu'à en perdre la voix. Il se demandait si Heydan avait la moindre conscience de ce que représentait cette somme pour le commun des mortels. Ca lui donnait envie de le secouer comme un prunier.


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MessageSujet: Re: C'était la saison des sorcières... (PV Heydan) Dim 12 Aoû - 15:56

En voyant la réaction du jeune asiatique, Heydan ne put s'empêcher de penser que ce dernier allait finalement se raviser et le laisser là à la merci de ses créanciers - qui ne se contenteraient certainement pas de simplement le scalper. Il se demanda aussi s'il était seulement possible qu'il ait en sa possession la somme exorbitante qu'il devait à ces hommes. Un soulagement et une reconnaissance sans nom s'emparèrent de lui lorsqu'il le vit tendre les cinquante livres. Sa réaction plutôt étrange lorsqu'il s'était fait frapper ne lui avait pas échappé, mais pour l'heure, il ne s'en souciait pas le moins du monde.

-Cinquante hein.... Va vraiment falloir voir à calculer vos crédits à la baisse....
- Haha, ouais, ricana l'homme au couteau, on va surtout faire attention à ne plus prêter à des pécores dans son genre. Je sais même pas ce qu'il voulait faire de cet argent. Tout ce qu'on a pu tirer de lui, c'est des promesses qu'il n'a pas tenu.

Heydan ouvrit la bouche pour se justifier et s'expliquer, mais il eut la présence d'esprit de se raviser au dernier moment et de ne pas aggraver son cas. Il se crispa en sentant le larbin qui le maintenait immobile resserrer douloureusement prise, sans raison apparente, seulement pour le simple plaisir d'essayer de lui briser une côte ou deux. Finalement, les pièces passèrent d'une main à l'autre et, après qu'elles aient été soigneusement comptées et vérifiées, le meneur du duo fit signe à l'autre de lâcher le Hunter. Ce qu'il fit en s'arrangeant pour lui faire mal. Heydan se redressa et se retrouva face à son créancier.

- Tu as de la chance pour une fois, apparemment. Je doute que tu tombes sur des gens comme lui tous les jours.

Il désigna le jeune blond d'un mouvement de tête. Il fit mine de commencer à s'éloigner, puis brusquement, il balança son poing dans le visage du jeune homme. Ce dernier, qui ne s'y attendait vraiment pas, bascula en arrière et tomba lourdement sur ses fesses en plaquant sa main contre son oeil. Le larbin abruti ricana bruyamment, indifférent au regard exaspéré que lui lançait son chef, puis les deux hommes s'éloignèrent après avoir adressé une dernière menace à Heydan. Il soupira en les voyant partir. Il tourna la tête vers son sauveur inopiné, assez gêné de ce qui venait de se passer. Et surtout, il s'en voulait de l'avoir embarqué dans cette histoire qui l'avait fait perdre cinquante livres, peu importe d'où il les tenait.

- Je ... euh, merci beaucoup. Et désolé pour tout ça ...

Il se racla la gorge et se redressa en grimaçant un peu. L'autre avait réussi à lui fêler une côte à forcer comme l'idiot qu'il était. Il n'avait pas ôté la main de son visage, et il sentait pulser douloureusement le sang dans son oeil. Il était parti pour avoir un beau cocard.


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MessageSujet: Re: C'était la saison des sorcières... (PV Heydan) Dim 12 Aoû - 16:36

Shizuo ne répondit pas, se contentant d'être silencieux et d'attendre qu'ils s'en aille. Bras croisés, sur la défensive. Il suivait du regard les deux hommes, surveillant attentivement qu'aucuns ne s'approche de lui. Tout les muscles de son corps était tendus comme un arc, prêt à fuir. Il voulait que ça se termine. Maintenant qu'il avait donné l'argent, il n'accordait plus un regard à Heydan. Cet abruti lui avait fait perdre 50 livres. CINQUANTE LIVRES!
Il les regarda le lâcher sans rien dire et se racla la gorge en reculant prudemment d'un pas en voyant Heydan s'approcher de lui en faisant face à son créancier. Lorsque le coup partit, Shizuo eut exactement la même réaction sauf que cette fois il fut bien incapable de regarder Heydan où les deux assaillants, il se détourna même, faisant dos à la scène. Les poings serrés, la tête légèrement baissée, il essayait de calmer l'anxiété croissante qui frôlait l'hystérie la plus pure. Bien entendu, il ne montrait rien. Il savait se tenir. Malgré tout, il eut un mal fou à se calmer. La colère aidant grandement. Il se maudissait d'avoir accepter de venir dans ses bois, il se maudissait de ne pas être partie quand il en avait eu l'occasion, il se détestait d'avoir aider ce crétin.
Il pensait à la journée supplémentaire, à ce qu'il allait une nouvelle fois devoir faire pour récolter cette somme-là. Une journée de plus au service de Glen, à être un jouet dans les mains d'un gamin psychopathe. Il porta la main un instant à son coté, sur la marque.


*Tu n'es pas libre.... Tu ne l'es pas...*

Il se répétait cela avec force. Détaillant la verdure, il finit par fermer les yeux en secouant la tête.

*Encore... Il manque encore tellement... Quel crétin! Putain, fallait que tu l'aides! Abruti!*

Il soupira de plus belle s'énervant tout seul. Les sourcils froncés, il mordillait sa lèvre sous l'énervement, réfléchissant à ce qu'il devrait faire pour récupérer ça. La boulette qu'il venait de connaître allait lui coûter cher... Très cher. Il lança un sifflement désapprobateur. Il croisa les bras une nouvelle fois, tapotant de ses long doigts fins sur son avant bras. Entendre la voix du jeune homme s'adresser à lui, fit l'effet d'une décharge electrique pure qui le mit dans une colère noir et profonde. Il tendit le doigt vers le ciel devant le jeune homme.

-TAIS TOI! Franchement ta gueule! Tu viens de me faire perdre une putain de fortune!

Il se retourna vers Heydan, furibond, ses yeux bleues sur ce visage en colère donnait l'impression qu'il allait lui sauter dessus pour le découper en rondelle.Bien entendu, ça n'était pas le cas, il en était bien incapable. Faire du mal au gens... Il n'y arrivait pas... Il n'avait jamais réussi. Jamais...

- T'as pas conscience des réalités? T'as des problèmes mentaux! J'en sais rien? Parce que faut quand même etre sacrément con pour emprunter CINQUANTE LIVRES! Merde!

Il s'était rapproché du jeune homme en parlant, le faisant reculer jusqu'à l'arbre où l'asiatique s'était appuyer quelques minutes avant qu'on ne vienne troubler la paix de son repos plus que mériter. Il se détourna, dédaigneux et cracha d'un air mauvais.

-Revois tes priorités et grandis! On est pas dans une foutu pièce de théatre!

Il avait eu la "chance" d'y aller une fois, au théatre. Il avait trouvé ça stupide. Les actions lui avaient paru débile et tellement facile alors que rien ne l'était. Il récupéra par terre un tissus noir, finement brodé qui se trouvait être une partie de la manche de sa tunique qui s'était décroché. Il regarda le morceau d'étoffe d'un air énervé et murmura en s'en allant.

-Parfait. Il manquait plus que ça. Putain de journée de merde.... Aisling va me tuer...

Il glissa l'étoffe dans sa poche s'exhortant de ne pas faire demi tour pour aider le jeune homme à se soigner. Les plaies étaient vraiment moches et... Et il s'en foutait! Il venait de lui faire perdre cinquante livres!

*Ressaisis toi! C'est qu'un gus abruti... Va t'en... Va t'en merde...*

Il avançait doucement essayant de ne pas arracher sa tunique dans les différentes ronces environnantes. Chaque accroc dans cette tenue lui couterait cher. Encore. Rien de tout ça ne lui appartenait, il le savait. Il en avait bien conscience mais il n'avait pas le choix...


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MessageSujet: Re: C'était la saison des sorcières... (PV Heydan) Dim 12 Aoû - 18:22

-TAIS TOI! Franchement ta gueule! Tu viens de me faire perdre une putain de fortune!

Heydan se redressa sous la surprise et se figea net. Il s'était attendu à une réaction violente, mais pas à ce point. La main gauche toujours plaquée contre son oeil, il leva légèrement la droite et ouvrit la bouche pour parler, mais le jeune asiatique se retourna vers lui, et ses yeux d'un bleu éclatant, brillant de colère, le clouèrent sur place.

- Mais euh, je ...

Le jeune homme recula en voyant son vis-à-vis s'approcher de lui, et finit par se retrouver une nouvelle fois plaqué à un arbre, ses yeux verts fixés sur le blondinet fou de rage face à lui.

- T'as pas conscience des réalités? T'as des problèmes mentaux! J'en sais rien? Parce que faut quand même etre sacrément con pour emprunter CINQUANTE LIVRES! Merde!

Heydan fronça les sourcils, pas spécialement heureux de se faire insulter comme ça. Certes, il avait eu une réaction des plus ridicules en ne prenant pas ses jambes à son cou lorsqu'il l'aurait dû, mais ça ne méritait pas d'être traiter ainsi. Pas à ses yeux du moins. Il leva un doigt de sa main libre devant lui.

- Tout d'abord, et bien que tu m'aies vraiment sauvé en faisant ça, tu n'étais pas obligé de payer et tu aurais très bien pu t'en aller en me laissant derrière. Et ensuite, j'avais vraiment besoin de ces cinquante livres, et j'avais de quoi rembourser la somme il y a encore cinq jours, mais j'ai eu un léger ... contretemps ...

Il se souvenait très bien de la raison qui l'avait pousser à emprunter autant d'argent à des gens aussi vindicatifs et près de leurs sous que les créanciers qui l'avaient coursé. Il s'en était servi pour appâter un vampire particulièrement cupide presque une semaine auparavant. Il avait fait en sorte de le guider habilement vers le petit pactole, et l'avait abattu dès qu'il en avait eu l'occasion. Tout se serait très bien passé si l'un de ses serviteurs un peu trop zélé ne l'avait pas suivi ; Heydan, après avoir récupéré la bourse encore pleine, s'était enfui en direction des docks. Ledit serviteur avait alors plongé sur lui, les entraînant tous les deux dans la Tamise. Le jeune chasseur avait tué son nouvel assaillant en luttant pour rester hors de l'eau alors que l'autre s'acharnait à le maintenir sous la surface. Et ce ne fut qu'une fois de retour sur la terre ferme qu'il avait réalisé que la bourse et son contenu avaient coulé à pique, s'enfonçant dans la vase parmi les innombrables déchets qui y croupissaient. Blessé, épuisé et sachant pertinemment qu'il n'aurait jamais la force ni les capacités pour lutter contre le courant et plonger si profondément, il avait abandonné aux courants les précieuses pièces d'or. Il avait cru pouvoir semer ses créanciers jusqu'à ce qu'il obtienne, d'une façon ou d'une autre, de quoi les payer. La suite avait été bien moins simple que ce qu'il avait naïvement pensé. Le jeune homme leva les yeux au ciel et secoua la tête en se traitant mentalement d'imbécile.

-Revois tes priorités et grandis! On est pas dans une foutu pièce de théatre!

Heydan plissa légèrement les yeux. Ses priorités, il les connaissait très bien. Ses problèmes d'argent n'en faisaient pas partie, malgré tous les problèmes qu'ils lui apportaient. Pourtant, il ferma les yeux et soupira.

- Je sais bien. J'éviterai d'emprunter des sommes aussi grosses à l'avenir. Ca a encore failli me coûter cher.

Il ne mentionna pas les nombreuses côtes brisées et les jours à attendre au fond d'un lit tâché de sang de pouvoir se remettre debout sans vaciller ni hurler de douleur. En voyant le jeune homme aux yeux bleus s'éloigner en marmonnant, il fronça les sourcils.

- Aisling ..? Qui est ...

Il soupira et se tût en remarquant que l'autre s'était trop éloigné pour qu'il l'entende. En grimaçant, il ôta la main de son visage et effleurant du bout de ses longs doigts fins sa paupière tuméfiée qui commençait déjà à prendre une teinte violacée tirant sur le bleu. Il réajusta son gilet de cuir dépourvu de manches, vérifia que le précieux arc accroché dans son dos n'avait pas été endommagé, puis s'apprêta à se remettre en route lorsque, du coin de l'oeil, il aperçut deux silhouettes dans son champ de vision. Il sentit son coeur rater un battement en reconnaissant ses deux créanciers, mais les fixa avec incompréhension en les voyant continuer leur chemin. C'est alors qu'il remarqua qu'ils ne s'intéressaient plus du tout à lui, mais plutôt à son sauveur impromptu. Ils marchaient assez loin derrière lui, sans faire de bruit. Heydan fronça les sourcils. Tout ça n'augurait rien de bon pour le jeune asiatique. Et, silencieux comme une ombre, sans même réfléchir davantage, il suivit le trio, attentif.


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MessageSujet: Re: C'était la saison des sorcières... (PV Heydan) Dim 12 Aoû - 19:19

Shizuo se retint très franchement de lui mettre une grosse claque quand le jeune homme se mit à essayer de lui dire quoique ce soit. Il fronça les sourcils et cracha d'un ton sarcastique.

-Désolé de pas être un monstre, la prochaine fois j'aurais la bonté âme de laisser illustre inconnue se faire scalper à vif!

Le jeune homme ne devait pas l'entendre et il continua sa route d'un pas rapide et décider. Il n'avait pas la moindre idée qu'on le suivait et continuait son chemin d'un pas vif et coléreux. Marchant aussi vite que possible pour sortir du parc, trop occupé à insulter à mi-voix le jeune homme qui lui avait coûté 50 livres que de vérifier qui faisait quoi dans ce parc. Il parcourut le parc pendant une vingtaine de minutes jusqu'à ce qu'il s'arrête net, les deux créanciers du jeune con lui faisait barrage. Shizuo les détailla un instant sans rien dire, comprenant parfaitement ce qu'il se passait, sachant aussi que s'enfoncer dans le parc ne servirait à rien, bien au contraire... Il soupira de désarroi, redevenant l'objet. D'un coup, il était calme, quasiment paisible. Mains sur les hanches il regardait les deux hommes tour à tour. Vu comme il avait copieusement insulté le seul être sur terre qui avait une dette envers lui, il ne comptait absolument pas dessus. Le plus bête des deux s'approcha de lui et l'attrapa par le col. Shizuo le regardait toujours aussi calmement, malgré la panique qui le gagnait doucement.

-Alors, Princesse.... On a de l'argent, hein. Et on sait comment tu le gagnes, hmmm...?

Le patron devisageait Shizuo d'un air satisfait, comme quand on ferre un poisson particulièrement gros. Shizuo pestait interieurement. Le patron haussa les épaules d'un air faussement navré.

-Les temps sont dures.... Il faut bien comblé les trous.

Son accolyte se mit à glousser et ajouta.

-Et tu t'y connais toi...

Le Patron émit un bruyant soupire tandis que Shizuo le regardait un instant et par lacher un étouffé.

-Vous voulez quoi...?

Vide tes poches.

Shizuo crispa la mâchoire quelques secondes sans bouger. Le lourdeau lui assena un violent coup à l'estomac qui le plia en deux, faisant remonté une vague acidité qui attaqua sa gorge. Il leva le regard vers les hommes et commença à amener la main à sa poche pour aller chercher les précieuses pièces. L'homme lui asséna un nouveau coup, une claque qui manqua de lui tirer les larmes, il n'émit pas un bruit. Il n'en émettait pas un seul, jamais...

*Crétin! Crétin! Putain! Bien fait pour ta gueule... J'aurais pas du... J'aurais pas dû merde!....*

-Et si tu me payais pour être gentil avec toi hein? Après tout. T'as l'air d'être doué.

-Tu vas la fermer oui!.... On est pas là pour ça. Tu peux toujours aller à la maison close du coin.


Le lourdeau soupira déçue. Shizuo s'était figé en entendant l'homme. Il se mit presque immédiatement à trembler, très légèrement mais quand même. Ses piercing s'entrechoquèrent quand un nouveau coup le percuta faisant craqué ses cotes, rouvrant des plaies qui venaient à peine de cicatriser. Il finit par sortir les quelque 17 livres qu'il lui restait et les quelques shillings qui s'y trouvait.

-... Tenez..... C'est tout ce que j'ai...

Sa voix était incroyablement blanche et dénuée d'émotion. A deux doigts de l'état de choc, comme à chaque fois qu'il se faisait passer à tabac, il essayait d'isoler ses sentiments pour ne pas sombrer purement et simplement. Le patron récupéra les précieuses pièces et se retourna pour les compter. Le lourdeau s'accroupit, prenant le visage de Shizuo le tournant dans tout le sens pour le regarder. Le jeune asiatique se laissait faire. Ne pas lutter, ça évitait de nouveau problème.

-C'est vrai que t'es pas dégueu... Hum...

Il eut un sourire goguenard et lui décrocha un nouveau coup.

-Mais je préfère quand y a des marques, c'est mieux.

Shizuo ne répondit rien, il se redressa sans toucher à sa mâchoire qui lui faisait un mal de chien. Il regarda l'homme sans rien dire. Le regard paisible comme si rien ne venait de se passer. En son for intérieur, il priait de toute ses forces pour que les prochaines heures passent vite, parce que ce gros con allait rester là, une fois son patron partit... Et les choses sérieuses allaient commencer. L'homme confirma ses pensées en disant.

-Moi les tapettes comme toi... Je les fais souffrir, vous me dégoûtez.

Un sourire satisfait de sa menace sur le visage, il regarda son patron commencer à s'éloigner sans rien dire. Shizuo posa ses yeux sur l'abruti, regrettant d'un coup d'avoir tenter la chevalerie. Il déglutit légèrement et regarda par terre, comme si il s'excusait d'exister.

*Putain... Putain! Fais chier, c'est pas vrai! Tu le sais que ça se passe toujours comme ça, Tou-jours!...*

Les plaies ré-ouvertent le lançaient violemment, sa mâchoire le faisait souffrir. Il n'y pensait pas, n'y prêtant pas attention ou du moins essayant.


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MessageSujet: Re: C'était la saison des sorcières... (PV Heydan) Dim 12 Aoû - 20:46

Heydan n'avait pas perdu une miette de la conversation. Il serrait les poings et dévisageait les hommes avec colère, s'en voulant sincèrement d'avoir embarqué le jeune inconnu dans quelque chose qui ne le regardait pas et allait lui attirer des problèmes. A cause de lui, parce qu'il s'était trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, quelqu'un d'autre allait payer à sa place - dans tous les sens du terme. Ses yeux verts fixaient intensément ses créanciers. L'un d'entre eux s'éloignait tranquillement, sans se presser, et alla s'asseoir au pied d'un arbre proche. Il sortit une pipe en bois qu'il bourra et alluma, apparemment désireux de ne rien manquer du spectacle - et peut-être aussi décidé à limiter un peu les pulsions de son abruti d'acolyte. Ledit abruti regardait le jeune asiatique en souriant, goguenard. Il le balança sans ménagement sur le sol, les coups qu'il lui avait déjà porté ne lui suffisant apparemment pas. Il le mit sur le ventre du bout du pied et posa son talon dans le creux de ses reins, l'empêchant de bouger.

- Je vais tellement m'éclater, dit-il d'une manière qui sonnait très désagréablement aux oreilles.

Il fit jouer ses épaules et commença à descendre une de ses mains vers sa boucle de ceinture.
Un sifflement aigu se fit entendre tandis qu'une flèche, déchirant l'air tiède et moite du soir, vint se ficher dans l'épaule de l'homme. Ce dernier mit deux bonnes secondes à comprendre ce qu'il venait de se passer. Et lorsque son cerveau eu finalement fait la connexion entre le morceau de bois fiché dans son épaule et le bruit qu'il venait d'entendre, il hurla sous la surprise et la douleur. Il se recula, la main crispée autour de son membre blessé. Son chef se leva d'un bond, balançant sa pipe et dégainant une petite dague. Un nouveau sifflement retentit, et une seconde flèche se planta dans la cuisse du créancier qui grogna sous la douleur. Il releva la tête et dévisagea d'un air mauvais l'archer qui les attaquait. Heydan, son arc à la main, prêt à tirer une fois encore, était bien décidé à défendre celui qui l'avait tiré d'un si mauvais pas quelques minutes à peine auparavant. Le plus abruti des deux hommes parvint enfin à arracher le trait planté dans ses chairs, et brisa la hampe de bois fin en grognant et en montrant les dents. Il ne prit même pas la peine de sortir de son fourreau le couteau attaché à sa ceinture. Son chef lui lança un ordre.


- Descend-moi ce con !

Il se rua sur Heydan, qui esquiva habilement les mouvements lourds et maladroits de son assaillant. Il glissa sous son bras au moment où il abattait le poing et lui asséna un coup sec derrière la nuque, qui eut pour effet de l'assommer à moitié et de le faire basculer en avant. Le Hunter eut tout juste le temps de se retourner et de faire un bond en arrière pour éviter le coup de poignard que le second créancier lui flanqua. La pointe de la lame parvint tout juste à entailler la surface du cuir souple de son gilet sans manches. Il releva brusquement son arc, parvenant à frapper l'autre à la mâchoire - ce qui ne fit que l'énerver d'autant plus. Une fois encore, Heydan esquivait bien plus qu'il n'attaquait. Il finit cependant par attraper son adversaire à la taille et fonça en direction de l'arbre le plus proche. La violence du choc sonna l'homme qui se cogna violemment la tête contre l'écorce. Le jeune homme aux yeux verts sentit alors que des mains puissantes le saisissaient dans le dos, et on l'envoya valser un bon mètre plus loin. Son premier réflexe, une fois au sol, fut de porter la main à sa ceinture et de vérifier que la dague qui y était accrochée s'y trouvait toujours. Le deuxième fut de prendre une poignée de terre de sa main libre et de la balancer dans les yeux du gros imbécile qui recula en grognant, se frottant les paupière. Heydan bondit sur ses pieds. Sans réfléchir une seule seconde, il plongea la main dans sa poche et en sortit une étrange petite sphère qu'il jeta brutalement sur le sol. L'objet éclata, et répandit en se brisant une épaisse et âcre fumée blanchâtre. Le jeune homme cligna des yeux plusieurs fois, mettant un instant à comprendre ce qu'il venait de se passer.

- ... Ah tiens, il m'en restait une ...

Il secoua la tête pour se remettre les idées en place ; il fixa très rapidement son arc dans son dos et se précipita vers le jeune asiatique toujours au sol. Il l'aida à se relever, passa un de ses bras par-dessus ses épaules et l'aida à courir aussi vite que possible en direction de la sortie du parc, qu'ils atteignirent au moment où les deux autres hommes parvenaient à s'échapper du nuage de fumée. Heydan se jeta dans une ruelle très étroite entre deux bâtiments, si étroite à vrai dire qu'il avait gardé le jeune inconnu serré contre lui pour qu'ils puissent s'y dissimuler. Il retint son souffle et tendit l'oreille. Il vit les deux créanciers passer en courant, puis s'arrêter quelques mètres plus loin en hurlant et jurant tout leur saoûl. Finalement, après quelques longues secondes, ils finirent par s'en aller. Le Hunter ferma les yeux et s'autorisa un soupir de soulagement. Il écarta de lui le jeune homme et le regarda.

- Ca va aller ? Ils ne t'ont rien cassé ?

Il posait la question en s'inquiétant sincèrement de l'état de l'inconnu qu'il détailla véritablement pour la première fois depuis qu'il l'avait vu, ses yeux verts le scrutant intensément, à la recherche de la moindre blessure, du moindre hématome. Son oeil gauche à lui avait viré violet depuis longtemps.
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MessageSujet: Re: C'était la saison des sorcières... (PV Heydan) Lun 13 Aoû - 22:18

Shizuo ne grogna pas non plus lorsque l'homme le plaquait au sol, sentant les cailloux pénétrés ses plaies, ni lorsque le pied de l'homme l'écrasa par terre. Il avait mal, il avait envie de hurler mais visiblement c'est ce qu'attendait cet homme. Il ne lui donnerait pas cette satisfaction. Non... Il ne lui ferait pas ce plaisir.
Il savait qu'il n'aurait pas dû l'aider le jeune homme. Eviter les problèmes c'était pourtant simple non? Il serrait les dents avec force de colère, il s'en voulait d'avoir été altruiste. Il le savait pourtant que ça ne lui apportait que des ennuis. Il n'y avait rien de bon à tirer des gens. Il aurait du le savoir depuis le temps. Pourquoi diable continuait-il à se faire des illusions...? Il était aussi stupide que ce mec. Voir encore plus stupide. Il entendit la main de l'homme sur la boucle et ferma les yeux, prêt au pire.
Il avait souffert ça n'était pas nouveau mais... Là... C'était différent. Il ne voulait pas... Il avait peur.
Il voulait que ça s'arrête. Il pensait aux vêtements que Aisling lui avait fourni... Leur état étaient désormais lamentable. Il se concentrait là-dessus pour oublier ce qui allait lui arriver. Il ne devait pas y penser. Il ne pouvait pas se permettre de le faire. Ne cherchant pas à se débattre, il serra la machoire d'autant plus fort.

*C'est un mauvais moment à passer... C'est juste ça... C'est juste un mauvais moment... Juste un mauvais moment.*

Il se le répétait comme une litanie, comme pour s'en persuader. Il savait très bien au fond de lui que ça n'irait pas, chaque situation de ce genre contribuait à le mettre à terre. A le tuer un peu plus; comme si il avait besoin de ça... Il entendit le sifflement de la flèche et ne bougea pas plus, trop épuisé, trop apathique pour ça.
Il les entendit crier et tentant de se relever plusieurs fois pour s'éloigner, il savait que c'était maintenant ou jamais. Il ne comprenait pas ce qu'il se passait, ni pourquoi ses agresseurs criaient un peu partout comme des gorets et il s'en fichait. Shizuo n'avait pas d'éducation mais il avait un instinct de survie tout à fait remarquable. Il s'évertuait à se lever, fit quelques pas et retomba plusieurs fois, le sang qu'il avait perdu plus tôt, celui qu'il venait de perdre l'emmenait presque au porte de l'anémie. Sans compter le choc et le reste. Il avait parcouru quelques mètres lorsque le jeune homme qu'il avait sauvé du scalpe, l'attrapa.
Il ne refléchit pas un seul instant, s'agrippant à lui pour ne pas retomber une nouvelle fois. Il se laissa faire. Il ne comprenait pas pourquoi il était venu l'aider. Voilà qui était bien inédit. Et... Etrange... Qui se préoccupait de lui? Il n'était pas grand chose après tout. Il n'était, après tout, qu'à peine plus qu'un bibelot décoratif. Il ne remarquait pas à quel point ils étaient proches.
L'asiatique avait le regard vide, tremblant encore, mâchoire contracter. Il n'avait pas relevé la tête, regardant par terre sans vraiment y faire attention. Il se reperait au son. Il savait à peu près dans quelle ruelle ils se trouvait. Lorsque le jeune homme au yeux verts lui demanda comment ça allait. Il hocha mécaniquement la tête et murmura.

-Je... Ca va.

Puisque l'homme l'avait lâché, il se détourna vers le bout de la ruelle. Il voulait s'éloigner loin de lui. Ca lui apportait des problèmes. Il ne voulait pas. Il avait assez de problème dans sa vie sans rajouter ça en plus. Il tremblait toujours mais fit en sorte de paraître bien, il se mit à marcher plus vite.
Son vêtement, d'un blanc écru avec de fines broderies argentées, était parsemé de terre et de sang de plaies réouvertures. Il n'y prêtait aucune attention, il avait mal mais il aurait tout le temps de voir ça une fois à l'abri. Il tourna au bout de la rue et manqua de s'écrouler tant il tremblait, prenant appuie contre un mur, il continua à avancer.
Il ne savait pas bien où aller... La maison close sans doute... Chez Glen... Non, c'était exclu... Avec le sang qui imprégnait ses vetements c'était dangereux. Il fallait qu'il s'écarte du joli garçon. Il ne voulait pas de ça. Pas d'amis, pas de gens dans sa vie. C'était trop compliqué, ça faisait trop mal. Il n'était pas humain, il fallait qu'il finisse par l'accepter. Il était moins que ça. Beaucoup moins que ça. Sa place n'était pas là. Sa place était en dehors de la ronde des humains naïfs et fiers... Lui... Lui il n'avait rien à y faire, c'était un objet dont on se servait et qu'on jetait. Il ne devait pas laisser cet homme s'approcher de lui. Ca l'exposait. Il ne pouvait pas s'exposer.


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MessageSujet: Re: C'était la saison des sorcières... (PV Heydan) Mar 14 Aoû - 1:16

-Je... Ca va.

Heydan fronça légèrement les sourcils. Non, le jeune homme n'allait pas bien, et cela se voyait beaucoup. Son bel habit était couvert de boue et de sang. Beaucoup de sang - beaucoup trop, en tout cas, pour les quelques coups qu'il venait de se prendre, aussi violents avaient-ils été. Le Hunter le vit commencer à s'éloigner en tremblant comme une feuille malgré tous les efforts plus qu'évidents qu'il déployait pour se contenir. Il le fixa un instant, un peu déstabilisé par cette réaction. Pourquoi un si grand désir de s'éloigner, dans cet état qui plus est ? Il finit par se glisser à son tour en dehors de la ruelle, et chercha du regard son sauveur inattendu. Ses yeux verts se posèrent sur lui au moment où il vacilla et se laissa lourdement tomber contre un mur, s'appuyant dessus pour avancer tant bien que mal. Heydan le regarda faire et soupira. Son oeil tuméfié l'élançait, et à chaque mouvement qu'il faisait, une décharge électrique partait de sa côte fêlée pour se répandre dans tout son corps. Mais il ne s'en préoccupa pas davantage. En quelques pas rapides, il avait rattrapé l'asiatique. Il lui posa doucement la main sur l'épaule.

- Hey, ça ne sert à rien de t'enfuir comme ça. Si tu ne te calmes pas, tu vas perdre suffisamment de sang pour que ça en devienne dangereux. Viens, je t'accompagne à l'endroit où je loge ce soir, pour que tu puisses te reposer au moins une heure ou deux.

Il lui sourit gentiment, et ne lui laissa pas le loisir de protester. Il passa un bras sous les épaules du jeune homme et le soutint tout en prenant garde à ne pas appuyer sur les plaies ouvertes. Ils avancèrent tranquillement, sans se presser, pour ne pas essouffler l'asiatique aux si beaux yeux bleus. Heydan lançait de temps à autres un regard attentif autour d'eux, sur la défensive comme toujours. Il sentit quelque chose de frais couler dans son cou, et quelques secondes plus tard, une fine bruine s'abattait sur eux. Il fronça légèrement les sourcils en levant la tête vers le ciel.

- Hmpf, c'est bien le moment ...

Il rabattit sa capuche sur son visage et, de sa main libre, leva sa cape au-dessus de la tête de son compagnon d'infortune pour le protéger de la pluie. Clopin clopant, ils arrivèrent finalement devant une auberge apparemment bien calme. Heydan les fit contourner la bâtisse jusqu'à atteindre la porte de service, puis regarda le jeune homme à ses côtés.

- J'ai de quoi te laver et te soigner dans mon sac. Et oui, j'ai payé ma chambre - je passe par ici pour éviter la foule, tout simplement.

Il s'engouffra dans le bâtiment, soutenant toujours le jeune asiatique. Une fois dans la petite pièce où il logeait pour la nuit, il le fit asseoir sur le lit et entreprit de fouiller le sac déposé négligemment dans un coin, marmonnant dans sa barbe de trois jours tandis qu'il cherchait de quoi laver et panser les plaies de son "invité".

- Bon sang, où ai-je bien pu les ranger ... Ah, les voilà.

Plongeant la main dans les tréfonds de sa sacoche de cuir, il en sortit ce qu'il cherchait. Il décrocha l'arc harnaché dans son dos et laissa choir sa cape au sol. Plus libre de ses mouvements, il récupéra ce dont il avait besoin et s'approcha du jeune homme.

- Bien, enlève ta chemise, que je nettoie tout ça.
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MessageSujet: Re: C'était la saison des sorcières... (PV Heydan) Lun 20 Aoû - 14:04

Shizuo ne posa pas un seul instant son regard sur le jeune homme, trop à bout de force. Trop choqué aussi. Il était dans cet état médiant entre la peur la plus totale et le stress le plus complet, le cerveau comme dans du coton, il ne ressentait rien de bien définie et tout à la fois. Il n'aimait pas cet état, il le connaissait trop bien. C'était pour ça qu'il collectionnait les fumoir à opium et autre drogues: empêcher son cerveau de s'embrumer dans cet état ignoble qui le rendait encore plus vulnérable si c'était possible. Il gémit légèrement lorsque Heydan posa la main sur lui, comme si ce simple geste avait constitué une menace lointain. Le regard dans le vague, il n'entendit pas vraiment ce qu'il se passait, ni ce que lui disait Heydan. Dans sa tête, il n'y avait qu'une chose qui tournait en boucle, une seule: Il fallait qu'il fuit. Il fallait qu'il s'éloigne vite. Malgré ça, malgré ce hurlement bestial qui l'aurait poussé à fuir d'ordinaire, il n'y avait rien. Il entendait à peine la rumeur de la ville, à peine les pas dans la rue. il ne comprenait plus rien, en état de choc.
Il tremblait toujours autant et ne s'en rendait consciemment plus compte, bien que ses poings serrés et la multitude de muscles contractés ait pu indiqué l'inverse. Un espèce de bruit blanc, un sifflement peut-être bien - il n'arrivait pas vraiment à déterminer ce que c'était- l'empêchait d'entendre ce que l'homme disait. Il ne comprenait pas bien pourquoi il le suivait, ou plus exactement pourquoi il se laissait faire. Il se sentait incroyablement extérieur à tout ça. Il se demandait bien ce que ce crétin de blond faisait avec l'homme qui lui avait causé tant de problèmes. Il n'avait pas l'impression que c'était lui, dans un espèce de vide émotionnel, il traversa les rues de Londres sans comprendre un seul instant pourquoi il faisait ça, comment il arrivait là, ni la raison pour laquelle il restait sagement là. Cela étant dit, il réalisa aussi qu'à cet instant, il ne se posait pas réellement la question.
Il avait l'impression qu'on l'avait privé de pensées, ce qui n'était pas loin d'être le cas. Il avait arrêté tant son cerveau avait été sollicité aujourd'hui. Shizuo avait toujours été quelqu'un à la sensibilité à fleur de peau. Il lui en fallait assez peu, finalement, pour le traumatiser. C'était exactement ce qu'il s'était passé. Il avait fait le fier et avait manqué de le payer cher. Il s'était fait tabassé tout ça pour avoir aider un homme. C'était trop pour lui, ça lui rappelait à quel point il avait tort de croire qu'il était quelqu'un, il ne le disait jamais. Il l'enfouissait au plus profond de son âme, une fondation sur laquelle il faisait tenir tout le reste. Cette fondation était fragile, ténue. On lui rappelait souvent qu'il n'était pas humain et qu'il n'était pas un monstre pour autant. Il était moins que ça: une décoration tout au plus, un objet qu'on prenait et qu'on jetait une fois lassé. Il avait fini par en être convaincu mais il restait toujours une infime partie de lui qui gardait en tête que ça n'était pas le cas. Il s'étonnait toujours du nombre de personnes qui s'amusait à ensevelir cet espoir sous les décombres que constituaient son esprit.
Lorsqu'il senti la pluie tombée, il lui en fut reconnaissant. Cette fraîcheur était la bienvenue. Il plissa les yeux, ne retrouvant pas sa vivacité d'esprit pour autant. Il soupira un peu en sentant la cape sur ses épaules. Il ne comprenait pas vraiment ce qu'elle faisait là, il était sure de ne pas en avoir. Il avait toujours autant le regard dans le vague. Il ne distinguait qu'une masse informe de choses, des taches de couleurs plus ou moins vives. Il entendit vaguement le bruit émit par Heydan. Il n'en compris pas un traître mot, il ne voulait pas. Tout ça n'importait pas. C'était une mascarade. Ca l'était toujours.
Il se laissa traîner dans l'hôtel, trop sonné pour faire quoique ce soit. Une fois assis sur le lit, il ne bougeait plus. Le regard rivé sur le sol, la tête basse. Ses bras posé sur ses jambes, il ressemblait à une poupée de chiffon. Il avait autant de volonté qu'un vulgaire pantin de théâtre. Quelqu'un tirait les ficelles, comme d'habitude. Il y avait toujours cet espèce de bruit blanc étrange qui le coupait du monde. Il s'y habituerait, on pouvait s'habituer à bien pire à vrai dire. Pourvu qu'il soit avisé que ça arriverait. La respiration faible, il commençait à avoir froid, il ne le sentait pas vraiment. Il tremblait toujours, son corps entier lui faisait l'effet d'un immense amas rocheux qu'on ferait bientôt exploser.
Malgré le bruit assourdissant et indéfinissable que créait son cerveau sous l'angoisse et les dernières vapeurs de drogue sans doute. Une phrase cingla aussi violemment qu'un coup de fouet même si le jeune homme n'eut aucune réaction.


Bien, enlève ta chemise, que je nettoie tout ça.

Shizuo s'exécuta comme un véritable automate. Déboutonnant un à un les boutons de sa tunique, il regardait toujours dans le vague, il n'avait pas prononcé un son - exceptées ses dents qui s'entrechoquaient de temps à autre. Il finit par laisser tomber la tunique, révélant l'ampleur du carnage proféré sur son corps.
Le torse du jeune asiatique ressemblait plus à un champ de bataille qu'à de la peau humaine. Contusionnée en de nombreux endroits, sa peau était parsemée de larges tâches allant d'un violet profond à un noir presque total où s'ouvraient des plaies tant la peau avait été profanée avec la plus profonde violence. De large coupures, qu'on devinait là depuis un certain temps, béaient désormais, probablement réouvertes par les coups des deux hommes. Ce qui choquait encore plus, c'était le nombre de cicatrices qui striaient l'ensemble du corps de l'homme épargnant son cou, son visage, ses mains. Le reste était couturés de marques appliquées, de patientes incisions qu'on devinait faites pour la plupart avec une lenteur extrême, une application passionnée.
Le corps de l'asiatique était un vrai musée de la folie humaine sous son jour le plus noir. La marque de glenn sur sa hanche trônait fièrement parmi elles, légèrement remplie de sang qui lui donnait un relief tout à fait sinistre. De merveilleuses cicatrices trônaient également au niveau de ses cotes, épaisses, profondes. A leur tons chairs, on devinait qu'elles n'étaient pas récentes. Il y en avait des centaines comme cela parsemées sur tout son corps, certaines légèrement irritées car elles n'étaient pas vieilles d'autres encore croûtées mais propre laissaient deviné que cela ne faisait que quelque mois que cela avait été fait.
Dans un état normal, Shizuo n'aurait jamais montré ça. Certainement pas à un inconnu. En général, on le payait pour ça. Ca le dégoutait, mais il avait besoin de cet argent. Il en avait désespérément besoin. Toujours dans un état second, il ne remarquait absolument pas à quel point ce qu'il venait de faire était dangereux pour lui. Il n'en avait pas conscience. Il avait fait ce qu'il savait faire de mieux, celon tout le monde: Obéir.


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MessageSujet: Re: C'était la saison des sorcières... (PV Heydan) Mer 22 Aoû - 0:28

Heydan eut l'impression qu'une tonne de brique s'était abattue sur le sommet de son crâne. Il écarquilla les yeux et demeura interdit devant l'affreux spectacle qui s'offrait à lui. Il avait cru voir sous la chemise du jeune homme quelques contusions et hématomes, conséquences des coups qu'il avait reçu plus tôt. Il ne s'attendait certainement pas à ça, à ce massacre minutieux et innommable perpétré sur le corps de l'asiatique. Asiatique qui semblait avoir autant de réactivité qu’une personne droguée à l’opium, mais en cet instant, le Hunter ne s’en rendait pas compte. Il ne pouvait que voir l’horreur de la chair tuméfiée et tailladée de celui qui l’avait empêché de se faire passer à tabac et sans doute bien pire encore. Qu’avait-il donc bien pu se passer pour qu’il termine dans cet état ? D’autant que certaines plaies étaient fraîches et d’autres bien plus vieille. Que pouvait-il arriver à ce jeune homme pour que son torse soit si atrocement blessé ?
Après quelques longues secondes d’absence, Heydan cligna des yeux pour se remettre les idées en place et articula d’une voix blanche :


- Oh ... Je ... je vais avoir besoin de plus de soins ...

La seconde suivante, il était debout, et il se dépêcha de ramener son sac près de son lit. Il y plongea la main, saisit la pochette de cuir où il conservait tout ce qui était herbes, bandages et cataplasmes, et la renversa sur le sol. Il saisit d’abord un pot de pommade, dont l’odeur qui s’en dégagea une fois qu’il l’eut ouverte aurait pu faire tourner de l’œil n’importe qui. Il n’hésita pas une seconde et l’appliqua très doucement sur les bleus noirs et pourpres parsemant le corps du jeune homme. Il déglutit et retint un haut le cœur en voyant l’état de son dos. C’était un charnier sans nom, peut-être pire encore que celui qu’il avait vu lorsque l’asiatique avait laissé choir sa tunique couverte de boue et de sang. Une fois encore, Heydan appliqua la pommade, puis referma son pot et essuya ses mains sur la couverture râpeuse, mais propre, recouvrant le lit de l’auberge. Il attrapa quelques bandes de gaze qu’il imbiba d’une solution antiseptique avant de les appliquer délicatement sur les blessures, récentes ou non, puis les maintint en place grâces à de solides bandages de lin qu’il prit soin de ne pas serrer trop fort pour ne pas incommoder le jeune homme. Une fois ceci fait, le Hunter aux yeux verts agita ses longs doigts fins dans l’air, réfléchissant à voix haute.

- Pommade, désinfectant ... Quelque chose contre la fièvre.

Il fouilla dans le désordre de la trousse de soins déversé devant lui et trouva quelques brins d’une plante particulière. Il fit claquer sa langue contre son palais et laissa échapper un sifflement contrarié.

- Rha, il n’en reste plus assez ! Il faudra que ça fasse l’affaire, je ne peux pas couper ça avec autre chose ...

Il rangea grossièrement son matériel dans sa sacoche de cuir avant de se lever rapidement et de tout remettre dans le coin de la pièce, ses herbes toujours serrées entre ses doigts. Il finit par se remettre à genoux devant le jeune inconnu et lui tendit la plante.

- Tiens, mâche ça. Ca évitera à ta température de monter.

Il le fixa un instant, puis fronça légèrement les sourcils en ne le voyant pas réagir. Il posa doucement une main sur son épaule et le secoua légèrement.

- Hey, ça ne va pas ? Qu’est-ce que tu as ? Tu as besoin de quelque chose ?

Heydan s’inquiétait sincèrement de l’état de l’asiatique aux cheveux blonds. Après tout, il lui devait beaucoup. Et surtout, il ne supportait pas de le voir dans cet état alors qu’il n’avait absolument rien fait de mal. Il ne méritait pas le traitement qu’on lui avait infligé, quel qu’il soit.
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MessageSujet: Re: C'était la saison des sorcières... (PV Heydan) Sam 29 Sep - 17:55

Shizuo n'esquissa pas un mouvement durant toute l'opération, il sentait à peine le jeune homme étaler la pommade. Il était complètement anesthésié. Il ne pensait à rien, ne voulait pas se forcer à le faire. Il restait là, assis, torse nu. Ne réalisant ni les regards inquiets de Heydan, ni ce que disait le jeune homme. Il s'en foutait, rien ne lui importait. La drogue complètement annihilée de son système nerveux, il comprenait doucement, sans le vouloir ce qu'il s'était passé avec toute la violence de l'hypersensible qu'il était. Il ne sentait pas l'antiseptique le bruler, ni le contact rapeux du lin sur sa peau. Il revivait la scène, encore et encore. Comme si il se punissait d'avoir été si bête. Il avait eu peur, très peur... Il savait qu'il était passé près du pire. Il se souvenait de ce qu'il considérait comme "pire".
Il se mit à trembler un peu plus fort, ne comprenant toujours pas ce qu'il se passait. Il détaillait les raisons qui l'avaient poussé à agir dans le parc, il ne comprenait pas. Ca lui donnait envie de rire tout autant que de pleurer. Au bord du gouffre, tant nerveusement que physiquement, il savait que cet état cotonneux avait quelque chose de bon. L'angoisse laissait place à un malêtre qu'il accueillait à bras ouverts. Il avait l'habitude d'être mal dans sa peau, on l'avait dégoûté de lui-même alors qu'il avait à peine dépasser la dizaine d'années. Mais tout ça n'avait pas vraiment d'importance, finalement, il était seul avec lui-même et c'était très bien. Du moins, c'était mieux. Les autres n'étaient bons qu'à le blesser, les autres étaient son fléau.
Lorsque Heydan lui tendit l'herbe, il ne fit pas un mouvement. Il n'en avait pas envie, il n'en avait pas la force. Il leva à peine les yeux pour regarder de quoi il s'agissait. Il se fit la reflexion qu'il avait bien plus puissant dans sa poche et se dégouta presque d'en ressentir une quelconque fierté. Il avait besoin de ça pour survivre, certes... Mais jamais, jamais il ne devait en être fier. Etre fier du vice auquel on le poussait serait tombé dans un piège bien plus grand que celui de sa vie. Il ne voulait pas faire ce plaisir à Glen et à tout les autres. Non... Ca n'arriverait pas.
Il plaça sa main devant ses yeux et l'observa trembler un long moment, il n'entendait pas les questions de Heydan. Sa main tremblait beaucoup trop.


*Pitoyable......* pensa-t-il.

Il la serra doucement avant d'appliquer son poing contre son front, fermant les yeux aussi fort qu'il pouvait. Le bruit blanc n'avait pas cessé. Assourdissant, il lui donnait envie de vomir. Il voulait aller dans un endroit rassurant, un endroit où il pourrait se cacher, rester tranquille. Il voulait trouver aller là où on l'accueillerait.... Un sourire désabusé barra son visage tandis qu'il réalisa que cet endroit n'existait nulle part. Il n'avait jamais eu le droit à ça et il n'y aurait probablement jamais le droit. Ses yeux se rouvrirent doucement, avec une lenteur incroyable, comme si il espérait se réveiller d'un long cauchemar.
Malgré tout, la lucidité semblait se frayer un chemin avec ses ongles crochues, déchirant avec assiduité le cocon cotonneux qui s'était formé autour de l'esprit de Shizuo. Tandis qu'il recouvrait ses sens, la peur le gagna, insidieuse. Finalement, ses membres se contractèrent un par un. Sa respiration, calme malgré les tremblements, se fit plus nerveux, plus courte, saccadée. Il n'écoutait toujours pas Heydan. Il ne l'entendait pas. La situation avait changer.... Il ne l'entendait pas parce qu'il luttait de toute ses forces pour ne pas sombrer à la panique la plus totale. Il se débattait contre lui-même.
Réalisant qu'il était torse nue, cicatrices à la vue d'un inconnue, il se tendit encore plus laissant échapper ce qui ressemblait à un gémissement étouffé. Il attrappa sa chemise dont il se couvrit comme il pu, se recroquevillant sur lui-même. Des larmes difficilement contenues aux coins des yeux. Sans regarder Heydan, livide de honte et de peur. Il articula d'une voix faible comme si on essayait de l'étouffer.


-Sors.... S'il te plait.

Au bord de l'hystérie, il priait pour que le jeune homme sorte, il priait tout les dieux dont il avait entendu parler.


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MessageSujet: Re: C'était la saison des sorcières... (PV Heydan) Sam 29 Sep - 20:14

Le changement d’attitude du jeune homme n’échappa pas à Heydan qui fronça les sourcils, inquiet. Il se demandait bien ce qui pouvait passer par la tête de l’inconnu pour qu’il se mette dans un état pareil aussi brusquement, pour qu’il retrouve ses esprits avec autant de violence. Le Hunter vit les muscles se tendre les uns après les autres sous la peau meurtrie, ne pouvant qu’entendre le rythme de la respiration de l’asiatique augmenter rapidement. Il prit l’initiative de faire un mouvement vers lui et s’apprêta à poser une main bienveillante sur son épaule tandis qu’il le dévisageait avec une inquiétude qui n’était pas feinte. Mais il eut tout juste le temps d’amorcer son geste que son vis-à-vis récupérait sa chemise froissée et tachée de sang et de boue, s’en couvrant maladroitement, tentant tant bien que mal de dissimuler les cicatrices et les blessures qui zébraient son corps. Un léger gémissement s’échappa d’entre les lèvres fines tandis qu’il articulait faiblement :

- Sors.... S'il te plait.

Heydan le regarda un instant, hésitant. Il se demanda un bref moment s’il ne valait mieux pas accéder à cette requête. Mais d’un côté, il craignait que l’état du jeune homme ne s’aggrave durant son absence. Et surtout, il ne voulait pas le laisser en présence de quoi que ce soit dont il aurait pu se servir pour se nuire.
Il secoua la tête, ses boucles brunes volant autour de son visage.


- Non, je ne te laisse pas tout seul dans cet état.

Il ne se préoccupa pas plus que cela que sa décision déplaise ou non à l’inconnu. Il ne voulait pas l’abandonner ainsi à une crise qui s’annonçait violente. Il avait connu quelques années plus tôt un autre Hunter aux réactions parfois totalement imprévisibles. Le poids des longues années de traque et les évènements terribles dont il avait été le témoin avaient à jamais marqué son esprit, le condamnant à des nuits peuplées d’affreux cauchemars et à des accès de folies qui faisaient craindre aussi bien pour sa vie que pour celles de ceux qui l’entouraient. Un jour qu’il avait été laissé seul quelques heures, le petit groupe de Hunters qui l’accompagnait alors n’avait trouvé en lieu et place de leur ami et compagnon d’armes qu’un cadavre égorgé, un rasoir à la lame couverte de sang serré dans une main, une expression de bienheureuse libération sur son visage pâle. L’accident avait choqué Heydan qui, à l’époque, était encore jeune et bien plus impressionnable que maintenant. Il ne voulait pas voir un tel drame se reproduire, encore moins sous ses yeux.
De plus, il se sentait éminemment responsable de l’état de l’asiatique aux cheveux blonds, s’en voulant de l’avoir entraîné malgré lui dans ses affaires. L’inconnu lui avait sans doute sauvé la vie, ou lui avait au moins épargné de grandes souffrances et de longues heures de torture, mais il avait dû payer le prix de son acte et cela plongeait le jeune Hunter aux yeux verts dans les remords. Il aurait bien voulu s’excuser, mais ne savait pas vraiment comment s’y prendre.
En soupirant, il rassembla rapidement son matériel et le rangea dans la trousse de cuir prévu à cet effet, puis se leva et alla la glisser dans son sac avant de revenir près du jeune homme, inquiet, se demandant bien ce qui allait arriver maintenant qu’il commençait à reprendre pied dans la réalité.

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MessageSujet: Re: C'était la saison des sorcières... (PV Heydan) Sam 29 Sep - 20:50

Le refus de Heydan sonna comme un coup de fouet aux oreilles de Shizuo. Il était douloureux, il se sentait à découvert. Il se mit à trembler avec une toute nouvelle violent, grinçant dangereusement des dents. Son regard azuré traduisait d'une rage sortant du plus profond des entrailles du jeune asiatique. Il redressait la tête tandis que le Hunter rangeait ses affaires. Il ne lâchait pas des yeux Heydan, le regard rageur quoique tout aussi désespéré. Il voulait qu'il sorte, il voulait être tranquille, pouvoir se reconstruire. Il se fichait que cette chambre soit celle d'Heydan. Il avait besoin de calme. Il avait besoin de se cacher à son regard. Il avait dépasser le stade de la simple survie qui l'avait poussé à vouloir fuir l'homme.
Maintenant, il ne voulait qu'une chose: ne plus voir son dégoût se refléter dans Heydan. L'image qu'il renvoyait à cet instant l'insupportait. Ses mains enserrèrent ses bras avec force, jusqu'à ce que la jointure de ses mains blanchissent. Il regarda le hunter s'approcher de lui comme un véritable animal en souffrance. Il ne voulait pas qu'on l'approche. Il ne voulait pas de sa pitié. Il voulait qu'il s'en aille, qu'il le laisse avec le peu de dignité qu'il lui restait. Shizuo en voulait injustement au jeune homme aux yeux d'émeraudes, il l'avait aidé... Mais il l'avait VU. Il avait vu le massacre, il lui avait fait enlever sa chemise.
Il baissa la tête un instant retenant un quelconque cri de sortir. C'est alors qu'il la vit... La dague. Sans vraiment calculer ce qu'il faisait, il l'empoigna, l'arrachant à son fourreau, l'attrapant à deux mains, il la pointa vers Heydan. Tout dans sa manière de la tenir et dans sa posture indiquait qu'il ne savait pas la manier, il n'avait jamais su. Les larmes aux yeux, la mâchoire serrée, il avait les lèvres retroussées, dévoilant des dents d'un blanc tout simplement éclatants. Tremblant comme si il avait à faire à un horrible bandit, il se recroquevilla encore plus sur le lit essayant de devenir encore plus petit.


-DEHORS! Sors!

Chaque sons résonnaient comme un cri d'agonie, comme si on était en train de le torturer. La lame toujours tendue vers Heydan, Shizuo laissait un instinct primaire, animal, le guider. Il ne devait pas le voir comme ça, personne ne devait à part "eux"... Ceux qu'il n'estimait pas, ceux qui n'étaient pas humain. Il ne devait pas voir ça, c'était son secret, sa honte, son fardeau. Personne ne devait voir ça. Il se remit à hurler en fermant les yeux, se levant cette fois.

-DEHORS! DEHORS! DEHORS! DEHORS!

Il reculait vers un mur, lorsqu'il l'effleura il gémit de peur, respirant avec difficulté. Les yeux écarquillés, il n'arrivait plus à empêcher les larmes de couler. Des larmes de pure terreur.
Il s'immobilisa là, complètement tétanisé à deux doigts du malaise. Ses plaies et la douleur qu'elles diffusaient chacune dans son corps le faisant un peu plus paniqué. Elle le faisaient sombré un peu plus.
La chemise sur ses épaules cachant à peine l'horreur couturée qui lui servait de peau. Le jeune homme, en proie à la panique la plus pure, ne pensait plus. Il réagissait. En temps normale, jamais il n'aurait fait ça, il savait que c'était dangereux. Mais... Il l'avait vu. Il avait touché ses cicatrices. Et même si il ne l'avouait pas, il était désormais "sobre", voilà pourquoi il se droguait... Oui, cela empêchait de réfléchir à plein régime... Mais il n'avait aucune envie de comprendre toute l'horreur de la situation, il n'avait pas besoin de comprendre à quel point sa vie était un calvaire pour y survivre. Les substances qu'il prenait étaient une nécessité, elles lui permettaient d'enfouir bien des choses sous leur volutes amères.
Il suivait chacun des mouvements d'Heydan, chacun d'entre eux le terrifiait au delà du qualifiable. Intérieurement, il le suppliait de sortir. SHizuo ne se souvenait pas de la dernière fois où il avait fait une crise aussi grosse, aussi violente et finalement.... Pour si peu, car, il le savait... Il ne s'était quasiment rien passé dans le parc pour ne pas dire que, de son point de vue, il ne s'était rien passé du tout. Il ne comprenait pas pourquoi cette situation l'avait mis dans un tel état, il ne comprenait pas pourquoi il avait aidé cet homme, il ne comprenait pas non plus pourquoi il réagissait comme ça. Tout cette incompréhension nourrissait sa peur, le détruisant un peu plus.


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MessageSujet: Re: C'était la saison des sorcières... (PV Heydan) Sam 29 Sep - 22:41

Il avait été beaucoup trop naïf et avait oublié d’être vigilant. Un bon Hunter ne vit longtemps que s’il reste perpétuellement aux aguets, se méfiant de tout et de tout le monde. Même de ceux qui semblent inoffensifs. Même de ceux sur qui semble peser toute la misère du monde.
Ce fut en tout cas la réflexion que se fit Heydan en voyant le jeune homme se jeter en avant dans sa direction. Durant une fraction de seconde, il se dit qu’il avait peut-être fait une erreur, qu’il avait oublié de vérifier qu’il se trouvait face à un humain et non pas à une quelconque créature qui se serait empressée de lui sauter à la gorge au moment où il s’y serait le moins attendu. Il n’eut pas le temps de se faire la réflexion que s’il s’était agit d’un monstre, il se serait défendu face à ses agresseurs, ou du moins aurait trouvé un moyen de s’enfuir plutôt que de se laisser faire. Ses pensées arrêtèrent momentanément d’affluer lorsqu’il vit les doigts de l’asiatique se refermer sur le manche de la dague accrochée à sa ceinture et la tirer hors de son fourreau avant de la pointer vers lui.
Le sang d’Heydan ne fit qu’un tour, et il lui sembla bien que son cœur rata un battement. Il resta immobile une seconde, avant de baisser très légèrement la tête et de se redresser. La peur et la surprise avaient disparu, laissant place à un calme effrayant et une colère sourde qui s’insinuait doucement en lui. Il oublia l’état physique déplorable de l’inconnu face à lui. Il ne se souciait pas le moins du monde de l’arme qu’il tenait maladroitement entre ses mains tremblantes. Il ne se soucia même pas de lui faire peur ou non.
Tout ce qu’il retenait de la situation, c’était qu’on avait attrapé la dague de sa meilleure amie, et que c’était quelque chose qu’il ne pouvait pas laisser passer. Ce fut d’une voix posée où pointait cependant une pointe d’énervement qu’il parla.


- Rend-la moi.

Il était rare de voir le jeune Hunter faire preuve d’énormément d’autorité, évitant généralement d’élever le ton dans des discussions qu’il jugeait dangereuse pour sa santé aussi bien mentale que physique. Mais lorsqu’il donnait un ordre, tout le monde se taisait et obéissait, peu rassuré par la lueur farouche brillant dans ses yeux d’un vert émeraude.
Les cris de l’asiatique ne l’atteignirent pas. Il avança même de deux pas lorsque son vis-à-vis recula. Ce ne fut que lorsqu’il entendit le gémissement qui s’échappa d’entre les lèvres du jeune homme qu’Heydan s’arrêta. Fronçant légèrement les sourcils, il détailla un peu plus la personne presque plaquée contre le mur qui lui faisait face, tenant toujours la dague à deux mains, tremblant de tous ses membres. Les larmes dévalaient ses joues tandis qu’une expression de pure terreur étirait ses traits et que sa respiration était rapide, bien trop rapide.
La colère d’Heydan s’évapora en partie. Juste assez pour que l’étincelle inquiétante dans ses iris verts disparaisse. Il fit un pas en avant, lentement, levant les mains devant lui et dit doucement :

- Calme-toi ... Je ne vais rien faire, je te le promets.

Il continua à avancer, prenant son temps, ne voulant pas effrayer l’inconnu plus qu’il ne l’était déjà. Aux yeux du chasseur, il ressemblait plus à un animal blessé que la douleur aurait rendu fou de rage et de peur. Il savait que la pire manière d’agir aurait été d’y aller avec brusquerie et violence. Alors, prenant sur lui, contrôlant ses nerfs comme il le pouvait, il s’approcha calmement, s’arrêtant lorsqu’il le jugeait nécessaire, puis continuant son chemin lorsqu’il estimait qu’il pouvait le faire sans risquer de se faire poignarder.
Enfin, il arriva juste devant l’asiatique aux cheveux blonds. Doucement, tout doucement, il referma une main sur la lame de la dague, s’appliquant à déplier les doigts serrés sur le manche de celle qu’il gardait libre.
Il finit enfin, après quelques instants, à récupérer l’arme si précieuse à ses yeux. Fermant les paupières, il la garda un moment contre son torse, luttant un bref instant contre les souvenirs et les sentiments qui l’envahirent. Puis il la glissa dans son fourreau, et son esprit le laissa en paix. L’état étrange dans lequel il se trouvait disparu aussi vite qu’il était arrivé. Le visage du Hunter retrouva sa douceur et sa gentillesse habituelles. Il rentra légèrement la tête dans les épaules et se voûta même un peu pour pouvoir regarder l’asiatique dans les yeux et lui paraître le moins menaçant possible.


- Je ne suis pas là pour te faire du mal, je te le jure. Je veux simplement t’aider. Ce qui est arrivé – ce que ces hommes t’ont fait dans le parc, c’est ma faute. Je voudrai juste te soigner un peu. Si tu ne veux rien me dire sur tes cicatrices, je ne te poserai pas de question.

Et c’était vrai. Malgré le fait qu’il brûlait de savoir ce qui avait pu perpétrer un tel massacre, il respecterait le silence du jeune homme. Il espérait juste qu’il repartirait avant de laisser échapper une question ou une remarque malvenue. Un léger sourire sincèrement gentil étira un peu ses lèvres fines tandis qu’il s’écartait de l’inconnu aux yeux bleus, ne voulant pas l’oppresser davantage. Cependant, cette fois, il restait sur ses gardes, à l’affut du moindre geste un peu trop brusque, du moindre mouvement un peu trop étrange.
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MessageSujet: Re: C'était la saison des sorcières... (PV Heydan) Dim 28 Oct - 2:30

- Rend-la moi.

Shizuo laissa échapper un gémissement, il voyait le jeune homme. La lueur qui brillait dans ses yeux l'inquiétait profondément. Nourrissant également sa peur, lui donnant une raison - même infime - de le craindre. Il le regardait avancé, se plaquant d'autant plus contre son mur, tenant de s'infiltrer dans le mur. Il aurait aimé y disparaître. Ne plus jamais avoir à craindre ce genre de regard. Le jeune homme le terrifiait désormais, ça n'était plus le jeune homme un peu stupide qu'il avait aidé dans le parc. Désormais, c'était un homme capable de lui faire du mal. Il le savait capable de ça. Il avait déjà vu cet étrange regard chez beaucoup trop de gens. Lorsqu'il gémit au contact du mur, tremblant d'autant plus.
Il était acculé, le beau jeune homme était désormais un autre monstre à ses yeux et il ne sentait plus aucun des effets des drogues qu'il prenait. Il se sentait mal, il avait mal et les tensions que son corps subissait sous le manque et la peur le rendait fou. Il remarqua sans que ça change quoique ce soit le changement d'attitude de l'homme aux yeux d'émeraude. Certes, il faisait attention mais l'asiatique avait depuis longtemps dépassé le stade de la peur rationnelle. Il ne parvenait pas à se calmer, il ne voulait pas le faire. Cette peur autodestructrice se nourrissait de tout: des bruits de la ville qui se répercutaient dans la salle, de son coeur qui lui donnait l'impression d'éclater, de sa tête comprimée et surtout d'Heydan qui s'approchait.

- Calme-toi ... Je ne vais rien faire, je te le promets.

Il eut un éclat de rire proche de l'hystérie qui se transforme bien vite en gémissement de terreur. Il regardait le jeune homme approché essayant de reprendre ses esprits. Il se rendait compte que si il avait changé d'attitude c'est qu'il n'était pas violent. Il ne lui ferait pas de mal. Quelque chose dans son cerveau lui hurlait que rien n'était joué, qu'il pouvait encore être mauvais. Il n'avait pas de chance, il n'en avait jamais. Pourquoi ça serait différent cette fois... Lorsque le jeune homme referma finalement les doigts sur la lame, Shizuo le regarda faire. Il espérait ne pas le blesser. Il n'arrivait pas à la lâcher. Il ne voulait. Si il lui faisait du mal? Si jamais Heydan l'attaquait? Il gémit et ferma les yeux.
Puis... étrangement... Les mains du jeune homme l'apaisèrent un peu. Juste un peu. Il regardait l'homme faire, les yeux écarquillés, pleurant toujours. Il ne comprenait pas pourquoi il le laissait desserrer ses doigts de la seule choses qui pourrait le protéger. Malgré tout, doigt après doigt, secondes après secondes... Il lâchait l'arme jusqu'à ce qu'enfin Heydan récupère sa lame. Il se laissa glisser le long du mur en tremblant, recroqueviller sur lui-même. Terrifié mais désormais honteux. Il mit ses mains en protection, persuadé dans sa terreur que le jeune homme aller le frapper.

-Je suis désolé... Désolé... Désolé....

Il étouffe un sanglot et finalement, il se tait, comme à son habitude, il fait le moins de bruit possible. Attendant que les coups viennent et surtout qu'ils s'arrête.


- Je ne suis pas là pour te faire du mal, je te le jure. Je veux simplement t’aider. Ce qui est arrivé – ce que ces hommes t’ont fait dans le parc, c’est ma faute. Je voudrai juste te soigner un peu. Si tu ne veux rien me dire sur tes cicatrices, je ne te poserai pas de question.

Pour Shizuo... C'était quelque chose de curieux. Il redressa la tête vers le jeune homme.

-Je....

Venait-il d'être vraiment gentil avec lui? Shizuo n'osait pas y croire. Il ne comprenait pas pourquoi il faisait ça. Pourquoi était-il si incroyablement naïf et gentil. Pourquoi l'aidait-il? Il n'arrivait pas à admettre que dans son monde, quelqu'un comme lui pouvait exister. Complètement sous le choc, encore effrayé, il se sentait comme dans du coton. Ce que Heydan lui avait dit l'avait abasourdi. Il le regardait, clignant des yeux. Le visage toujours baigné de larmes. Finalement, quelque chose qui ressemblait presque à de l'indignation se lut dans ses prunelles claires.

-Pourquoi tu t'occupes de moi....

Il ne comprenait pas que quelqu'un comme Heydan s'abaisse à l'aider lui. Ca le dépassait totalement. C'était presque plus douloureux que de se faire rejeter. Il baissa les yeux, réfléchissant. Non... Pas douloureux. C'était l'inverse mais il savait ce qu'il se passerait après ça... Il le savait. Il aurait des espoirs et puis. Et bien... Il les verrait éclater. Il fallait qu'il s'écarte de lui. Il le savait mais il n'arrivait pas. Encore transi de peur, il sentait la douleur dans son corps. Il ferme les yeux et gémit un peu en grimaçant. Il serra les mains sur le tissu de sa chemise, cachant ses cicatrices.

-C'est stupide...

Il avait dit ça sans comprendre vraiment pourquoi. Il ferma les yeux et se tendit, trembla et finalement évita de regarder le jeune homme. Il avait honte, il était terrifié et sutout, il était en sueur. Une sueur qu'il connaissait particulièrement bien lorsque Glen décidait de l'enfermer sur un coup de tête pendant plusieurs jours.
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MessageSujet: Re: C'était la saison des sorcières... (PV Heydan) Lun 29 Oct - 19:09

Heydan vit le jeune homme se laisser glisser contre le mur et se recroqueviller sur lui-même dès lors qu’il n’eut plus la dague en main. En sueur et tremblant de tous ses membres, il faisait plutôt peine à voir, et se serait sans doute attiré la pitié et la sympathie d’un certain nombre de gens – pitié et sympathie relativement mal placées étant donné les circonstances. Heydan, lui, s’inquiétait sincèrement de son état. Outre la peur panique qui semblait l’avoir saisi, il craignait que ses blessures ne se rouvrent ou s’infectent, ou qu’il se retrouve avec une fièvre dangereuse ... Il ne savait pas du tout pourquoi il tenait tellement à ce que l’inconnu s’en sorte, ni pourquoi il avait décidé de prendre soin de lui. D’ordinaire, il aurait fait demi-tour depuis un moment déjà, au moment où l’autre l’avait repoussé en hurlant. Cependant, non seulement ce n’était pas son genre de laisser un blessé derrière lui, mais en plus, c’était de sa faute s’il s’était retrouvé dans cet état. S’il n’avait pas croisé sa route, s’il n’avait pas remboursé sa dette, s’il n’avait pas eu la malchance de se retrouver dans ce parc à cette heure précise, alors il s’en serait tiré sans dommage – aucun, du moins, qu’il aurait récolté à cause du Hunter qui, pour l’heure, s’en voulait de l’avoir embarqué dans cette histoire.
La voix paniquée de l’asiatique aux cheveux blonds parvint à ses oreilles.

-Je suis désolé... Désolé... Désolé....

Le jeune homme avait relevé ses bras devant lui, comme pour se protéger d’une pluie de coup qui allait s’abattre sur son corps déjà trop amoché, trop torturé depuis longtemps. Heydan haussa un peu les sourcils et se demanda, soudain mal à l’aise, s’il a vraiment été si effrayant que cela. S’il s’était entendu et vu, peut-être aurait-il réagi comme le jeune homme à ses pieds. Se traitant d’idiot, il s’accroupit et le rassura comme il pu, lui assurant honnêtement qu’il ne lui voulait pas de mal, bien au contraire. Il lui sourit même légèrement, sincèrement gentil, et se recula un peu pour ne pas lui faire peur une fois encore. Il ne savait pas comment il réagirait face à une autre crise de panique – certainement pas aussi posément. Sans doute se mettrait-il à paniquer lui aussi, à force. Le garçon releva la tête, plantant son regard azuré dans ses yeux d’émeraude. Il avait l’air un peu perdu, et plutôt étonné de la tournure que prenaient les évènements.

-Je....

Il avait l’air totalement perdu, désarçonné par ce que venait de lui dire Heydan – comme s’il n’arrivait pas à concevoir qu’on puisse lui adresser le moindre geste un tant soit peu gentil et désintéressé, mais ça, le Hunter ne le comprenait pas encore. Le visage baigné de larmes et marqué par la peur de l’asiatique était tourné vers lui.

-Pourquoi tu t'occupes de moi....

Heydan le regarda et haussa les épaules.

- Ce serait vraiment indigne de ne pas le faire. Tu t’es retrouvé dans cette galère à cause de moi, tu as pris des coups et des risques dont tu aurais pu facilement te tirer, et puis ... je ne laisse jamais les blessés en arrière. Tous les gens ont le droit qu’on s’occupe d’eux quand ils sont dans le besoin.

Tous, à quelques exceptions prêt. Mais cela, Heydan ne le dit pas à voix haute, chassant rapidement ces noires pensées pour se concentrer sur le jeune homme. Ce dernier ferma les yeux et grimaça légèrement tandis qu’il refermait les pans de sa chemise, dissimulant ses cicatrices une fois encore.

-C'est stupide...

Le Hunter haussa un peu les sourcils, surpris. Puis il haussa les épaules.

- Ce qui aurait été stupide, ç’aurait été de te laisser seul te faire massacrer par ces deux abrutis, et de ne pas soigner tes blessures avant qu’elles ne s’infectent et manquent te tuer.

Il se demanda un instant si les créanciers auxquels ils avaient échappé n’allaient pas les retrouver, et se dit qu’entre la pluie, la nuit et l’itinéraire compliqué qu’avait suivi Heydan dans le but de les perdre s’ils essayaient de suivre leur trace, ils ne pourraient jamais remonter jusqu’à cette petit auberge perdue dans un coin de Londres, comme tant d’autres. Le jeune homme se releva doucement et lui tendit la main vers le blondin, qui était trempé de sueur et commençait à grelotter. Roulé ainsi contre le mur glacé, ça n’apporterait rien de bon.

- Allez, ne reste pas comme ça, tu vas prendre froid, et par les temps qui courent, c’est dangereux.

Il se rappela tout à coup d’une chose : si les hommes à qui il devait de l’argent avaient prononcé son nom tout à l’heure, en revanche, il ne connaissait pas le nom de son fortuit bienfaiteur.

- Ah, j’y pense, je ne sais pas comment tu t’appelles ! Moi ... tu l’as entendu tout à l’heure, c’est Heydan. Et toi ?

Il lui sourit gentiment, l’air vraiment intéressé par la question, histoire de pouvoir mettre un nom sur ce visage délicat et trempé de sueur.
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MessageSujet: Re: C'était la saison des sorcières... (PV Heydan) Mar 6 Nov - 23:21

Tout ça n’avait absolument aucun sens. Il n’arrivait pas à comprendre pourquoi Heydan s’occupait de lui. Personne ne s’occupait de lui. La majorité.. Non tout le monde, tout les gens qui le côtoyait, personne ne disait «he» c’était «it». Il n’était rien d’autre qu’un objet, un simple objet. On pouvait faire ce qu’on voulait d’un objet, d’un simple animal de compagnie. Pourquoi diable Heydan était-il si humain avec lui... La question lui brûlait tant et tant les lèvres qu’il finit par demander, il ne pouvait pas comprendre ça. Il détaillait Heydan s’attendant à tout ou presque.Aussi incongru que cela pouvait paraitre, il s’attendait à ce qu’Heydan se relève en riant à gorge déployer lui annonçant qu’il allait subir de nouvelles horreurs, il s’attendait même à ce qu’il soit en fait envoyer par Glen. Ce vampire était capable de tout pour s’amuser un peu... Ca incluait de nouvelles façon de torturer son objet par des mises en scène macabres. Shizuo était en permanence sur le qui-vive. Aussi n’en crut il pas ses oreilles lorsque le jeune homme au yeux verts déclara d’une voix calme et que l’asiatique jugea sincère autant que ses yeux pouvaient le montrer.

- Ce serait vraiment indigne de ne pas le faire. Tu t’es retrouvé dans cette galère à cause de moi, tu as pris des coups et des risques dont tu aurais pu facilement te tirer, et puis ... je ne laisse jamais les blessés en arrière. Tous les gens ont le droit qu’on s’occupe d’eux quand ils sont dans le besoin.

Tout les gens... Shizuo en eut le souffle coupé, littéralement. Son coeur s’emballa et finalement rata un battement, douloureusement. Tout les gens? peut-être que cette généralisation aurait vexé certaines personnes. Shizuo, lui, regardait Heydan comme si il venait de lui offrir une rivière de diamants et la maison qui allait avec.
Depuis qu’on l’avait acheté, jamais personne ne l’avait considéré comme quelqu’un. Il n’était pas les gens. Il n’était pas à part, il n’était pas spécial, il n’était rien. Il cligna des yeux comme si on venait de lui mettre une claque pour le réveiller.


-Les gens....

Il regardait par terre comme si il y cherchait une quelconque réponse. On aurait dit qu’il vérifiait que rien ne s’écroulât sous lui tandis que quelqu’un qu’il ne connaissait absolument pas le considérait comme autre chose qu’un simple objet.
Shizuo, pour être tout à fait honnête, était effrayé que quelqu’un - qui que ce fut- le considère comme quoique ce soit. Non pas que l’idée lui déplaise, bien au contraire, mais quelqu’un dans ce monde attendait quelque chose de lui. Oh, il savait bien que ces clients et Glen aussi mais... Ca n’était pas la même histoire. Heydan le considérait comme une personne ; il n’avait pas la moindre idée de ce qu’on attendait d’une personne. Il avait bien vue des gens dans la rue, il les avait observé. Malgré cette appréhension qu’il trouvait idiote mais tenace, il se sentait soulagé.
Finalement, après tout ce temps... Après toutes ces années de combats contre lui et les autres, enfin il n’était plus le seul à se voir comme une personne... Comme pour lui rappeler à quel point il avait tord de croire ça, ses plaies recommencèrent à le faire souffrir. L’adrénaline de la peur désormais partiellement retombée, son corps n'anesthésiait plus rien. C’était comme un rappel à l’ordre. Il ramena sa chemise à lui, pour se cacher. Pour cacher l’ignominie qu’il était.
On ne pouvait pas imaginer à quel point Shizuo se faisait horreur, personne au monde ne pouvait le dégoûter plus que lui-même. Il supportait à peine son reflet dans une glace, se préparer et s’appreter pour son travail constituait pour lui une torture auto-infligée qui ne s’arrêterait jamais. C’était son enfer à lui.


-C’est stupide.

Il le pensait. Il le pensait tellement fort. Il avait le droit d’être quelqu’un. Il le savait. Quelque chose l’avait toujours hurlé en lui. Il l’avait muselé, enfoui très loin. Il l’avait gardé pour lui, comme une vieille litanie rassurante. Il n’aurait su dire pourquoi il s’était obstiné à se croire humain malgré tout ça. Peut-être qu’il l’avait lu quelque part... Non. Il n’avait su lire que très très tard et il avait bien du mal, parfois, à déchiffrer certains vieux livres. Il avait entendu des clients dire lors de soirées où on le présentait comme un joli objet que certains avaient ceci ou cela dans le sang. Peut-être que lui l’avait, cette conviction, dans le sang. Mais pour l’heure que quelqu’un d’autre l’ai, qu’il puisse rêver le revoir pour sentir cette liberté illusoire juste quand il serait avec ce jeune homme... C’était de la stupidité ou de la folie. Il allait jusqu’à penser que c’était sans aucun doute les deux. Qui plus est, il n’avait pas la moindre idée de la raison pour laquelle il considérait revoir le beau jeune homme comme une option viable.
Il avait détourné le visage, il avait honte et surtout, il ne comprenait pas du tout. Il ne comprenait ni son envie de revoir l’homme ni la raison pour laquelle sa proximité ne le dérangeait plus. Ni pourquoi il s’acharnait à vouloir l’aider. Il ne méritait pas ça. Ou tout le monde pensait qu’il ne le méritait pas, c’était du pareil au même de son point de vue. Il n’avait jamais cru à ces contes de fées qui consistait à dire que quand on le voulait assez fort, avec toute son âme ça finissait invariablement par arriver. Shizuo avait tant et tant de fois voulu et prier pour être libre pour pouvoir faire partie de toutes cette masse de gens normaux qu’il devenait ridicule de croire, après tout ça, que quoique ce soit arriverait en ce sens.


- Ce qui aurait été stupide, ç’aurait été de te laisser seul te faire massacrer par ces deux abrutis, et de ne pas soigner tes blessures avant qu’elles ne s’infectent et manquent te tuer.

Shizuo redressa un instant la tête vers Heydan et presque malgré lui. Comme dans un rêve, il murmura doucement.

-Tu... te soucies de ma mort...?

Cela pouvait paraître anodin mais personne ne se souciait de ça. A vrai dire, Glen avait déjà parler de le faire empailler. Le problème des humains, voyez vous, avait-il déclaré, c’est qu’ils vieillissent, un jour il sera affreux. L’un des convives avait alors avancer l’idée de le faire empailler, il nécessiterait alors beaucoup moins d’entretien. Glen avait considéré l’offre, visiblement intéressé. Ce qui avait sauvé Shizuo s’était la terreur que Glen avait vu sur le visage de l’asiatique. Apparemment, elle le divertissait grandement et pour une fois, Shizuo ne s’en était pas plains le moins du monde. L’idée d’être tuer puis vider et empli de paille ne le séduisait pas plus que ça pour ne pas dire qu’elle le terrifiait au plus haut point.
Il posait sur Heydan un regard de gamin perdu. Comment cet inconnu pouvait il se soucier de lui à ce point? Il ne comprenait pas du tout. C’était si étrange. Ca n’était pas son monde. Son monde à lui était violent et malsain. Il n’y avait personne de bienveillant ou de place pour une quelconque sensibilité. Il avait appris la leçon chèrement. Heydan semblait tout droit sortie d’un monde qu’il ne connaissait pas. Shizuo le trouvait tellement solaire, quasiment éblouissant. Non pas qu’il ai été un grand orateur, non. Il ne pensait pas à cela mais il était tout ce que Shizuo avait jamais cherché à être. Libre, il était quelqu’un, il avait son opinion et elle comptait. Sans qu’il comprenne pourquoi il savait qu’il DEVRAIT revoir le jeune homme. C’était une lumière dans ses ténèbres. Une petite voix lui rappelait que, cependant toute les lumières brûlaient si on s’en approchait trop, il n’y avait aucune raison qu’Heydan diffère des autres.
De nouveau, il baissa les yeux regardant tout sauf le jeune homme. Il n’avait pas le droit d’espérer ça. C’était dangereux pour lui et pour Heydan. Le beau jeune homme ne savait pas à quoi il se frottait en restant près de l’escort boy. Il avait trouvé cela terriblement regrettable de l’attirer dans cette embrouille... Il n’imaginait pas dans quel cauchemar Shizuo l'emmènerait sans jamais le vouloir si il venait à devenir une relation - Shizuo n’osait même pas pensé qu’ils puissent devenir amis. Se disant cela, il songea à sortir, disparaitre dans les rues de Londres mais il se rendit bien vite compte qu’il n’avait aucune envie d’aller ailleurs, il n’avait pas envie de partir. Tout ça, toute cette rancune envers le jeune homme s’était muée sans qu’il ne s’en rende compte en une gratitude profonde et autre chose dont il ne distinguait que vaguement les contours mais qui avait le mérite de lui déglacer le coeur.


- Allez, ne reste pas comme ça, tu vas prendre froid, et par les temps qui courent, c’est dangereux.

Shizuo releva une nouvelle fois les yeux vers Heydan, regardant sa main tendue de longues secondes avant de poser sa main fine dans la sienne et de s’aider de l’homme pour se relever. Il tremblait encore, titubant un peu pour se relever, incapable de marcher sans avoir l’impression qu’il allait tomber purement et simplement par terre. Se servant de la main d’Heydan comme appuis, il alla se laisser tomber sur le lit. Il tenait assis par un miracle digne de Dieu - Bien qu’il n’y ai jamais cru.
Il avait lâché la main du jeune homme et le contemplait dans toute les largesses du mot. Il le regardait comme un explorateur découvrant pour la première fois une espèce dont il avait à peine osé rêver. Heydan était ce dont il avait rêvé comme modèle d’humanité non pas ce qu’il en avait vu pour l’instant.
Shizuo s’était toujours imaginé que malgré tout le mal que le monde portait, malgré la nature viciée de l’espèce humaine et vampirique, il y avait autre chose: une petite poignée de gens profondément bons ou ne serait-ce que gentils par moment et non pas une pléiades de monstres comme l’univers entier s’était évertué à lui prouver jusqu’à maintenant. Heydan arrivait au moment ou cette divagation avait été reléguée au rang de triste souvenir plutôt qu’à une aspiration réelle.
Shizuo finit par fermer les yeux, longuement, il était fatigué, il s’en rendait compte. Il devait lutter, il savait qu’il devait retourner au manoir, Aisling l’attendait. Il n’avait pas dit qu’il passait la nuit chez un client. Il n’avait pas envie d’expliquer. Non... Il avait peur d’expliquer. Si Aisling sentait ce que Shizuo ressentait envers cette rencontre... Elle irait en parler à Glen et Shizuo voulait à tout prix éviter ça.


- Ah, j’y pense, je ne sais pas comment tu t’appelles ! Moi ... tu l’as entendu tout à l’heure, c’est Heydan. Et toi ?

L’étonnement se peignit une nouvelle fois sur le visage du japonais. Il cligna des yeux.

-Je... On m’appelle Shizuo.

Le terme employé était plus qu’exacte. «On» l’appelait comme ça. Il ne savait pas comment il s’appelait, si «Shizuo» était le nom qu’on lui avait donné ou si il avait jamais eu un nom autre que son nom de scène comme l’appelait le proxénète qui l’avait mis sur le marché. Shizuo... Ca faisait exotique, c’était «calme» dans sa langue natale, lui avait-on dit un jour.
Il ferma une nouvelle fois les yeux, longtemps. Il ne savait pas si c’était longtemps d’ailleurs. Tout comme il n’était pas persuadé que le contact à demi rugueux contre sa joue soit un effet de son imagination ou la couverture. Il se sentait partir dans une inconscience cotonneuse contre laquelle il se battait pour le principe. Lâchant d’une voix pâteuse et pratiquement murmurée.


-Il faut... Il faut que je rentre... Elle... Elle ne va pas être... contente....

Shizuo cessa de lutter, cet état cotonneux, l’inconscience... Il y était beaucoup trop bien pour arrêter d’y être. Il soupira doucement et finalement sombra sur le lit d’Heydan, il avait confiance ou du moins, il était trop faible pour se méfier.
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MessageSujet: Re: C'était la saison des sorcières... (PV Heydan) Jeu 15 Nov - 23:22

Heydan était une personne fondamentalement gentille. Jamais il n’aurait causé du tort à autrui volontairement, jamais il n’aurait laissé quelqu’un se débattre et s’enfoncer dans les problèmes, fut-il l’une des pires ordures qui soient. Les seuls qui échappaient à ce comportement, que d’aucun décrirait comme étant d’une naïveté presque déplorable, étaient les vampires. Cependant, il avait des raisons de détester cette race, des raisons qu’il gardait pour lui et lui seul ; il avait beau être encore étonnamment candide et crédule, il n’en était pas pour autant stupide, et plutôt que de se confier sans hésiter aux premiers Hunters qu’il avait croisé, il s’était lancé à corps perdu dans la chasse sans jamais dévoiler ses desseins. Ses pairs ne retenaient de lui que sa farouche détermination lors des nuits de traque et le regard aussi bien désolé que soulagé qu’il lançait aux créatures qu’il faisait passer de vie à trépas ; comme s’il s’excusait de réaliser une vengeance qui lui tenait à cœur. Mais là encore, il lui arrivait parfois d’être trop gentil, et de laisser s’enfuir un vampire terrifié et maladroit, un être qu’il ne pouvait se résoudre à abattre malgré sa rancœur, malgré sa promesse. Le jeune homme venait en aide aux autres dans la mesure de ses moyens, dut-il jouer les Robin des Bois pour cela. Après tout, il avait contracté assez de dettes pour ne plus être inquiété par un ajout supplémentaire à son ardoise déjà fort longue. Aussi, ce fut tout naturel pour lui de vouloir soigner l’asiatique qui l’avait sauvé d’un bien mauvais pas à Suzanne’s Park. Sans lui, il serait sûrement en train de gésir sous un des arbres noueux et sec de l’inquiétant square, le crâne en sang et un couteau planté dans le ventre. Il lui était infiniment redevable, et aussi ... il lui était étrangement sympathique. Peut-être était-ce tout simplement parce qu’il lui devait son intégrité et la disparition d’une partie de ses dettes colossales ; peut-être était-ce parce qu’il se sentait coupable de son état. Peut-être aussi parce que, sans le savoir, il s’était placé en protecteur de ce garçon au corps mortifié, tremblant de peur et recroquevillé à ses pieds comme s’il allait lui faire subir les pires tortures qui soient.
A la place, il s’accroupit pour être à sa hauteur et lui expliqua calmement pourquoi il s’occupait de lui, puisque cela semblait tant le surprendre. L’étonnement et la gratitude qu’il lut sur le délicat visage trempé de larmes qui lui faisait face lui firent hausser légèrement les sourcils. Lui aussi était surpris, c’était le moins que l’on puisse dire. Avait-il dit quelque chose de particulier ? Avait-il prononcé un mot, une phrase qui avait du sens aux yeux de l’asiatique plus qu’aux siens ? A ce moment, il ne pouvait décemment pas savoir tout ce qui traversait l’esprit du jeune blond roulé en boule contre le mur froid. Il n’aurait probablement jamais conscience de tout ce qu’il déclencherait chez lui, de tout ce qu’il représenterait pour lui. Pour l’heure, il se contenta de le regarder, un peu perplexe, mais sans le montrer.

- Les gens....

Heydan cligna un peu des yeux, puis hocha tout doucement la tête, répondant avec précaution, de peur de laisser échapper une parole malencontreuse.

- Oui, les gens ... Ou toutes les personnes, tous les individus, je ne sais pas si tu préfères employer un terme plutôt qu’un autre.

Oui, le jeune chasseur était parfois bien naïf.
Un naïf au grand cœur. C’était à se demander comment il avait fait pour survivre aussi longtemps dans cette ville dévorée par le brouillard et envahie de monstres, certains beaucoup plus humains qu’on ne pourrait le croire. Il aurait le temps de vérifier ce dernier point encore et encore aux côtés de l’asiatique aux yeux d’azur, lorsqu’il verrait de nouvelles marques sur son corps, d’anciennes plaies rouvertes et d’affreuses cicatrices plus tordues les unes que les autres. En attendant, ledit asiatique avait l’air de trouver ça profondément stupide qu’on s’occupa de lui. Ce à quoi Heydan haussa les épaules en répondant simplement et sincèrement :


- Ce qui aurait été stupide, ç’aurait été de te laisser seul te faire massacrer par ces deux abrutis, et de ne pas soigner tes blessures avant qu’elles ne s’infectent et manquent te tuer.

Le jeune homme face à lui releva la tête et le fixa longuement, l’air sonné. Une fois encore, le chasseur se demanda s’il n’avait pas fait une bêtise ou dit quelque chose de travers, jusqu’à ce que son vis-à-vis murmure doucement :

-Tu... te soucies de ma mort...?

Heydan le regarda, les sourcils haussés, son regard vert planté dans le sien. Il se demanda ce qui avait bien pu arriver au garçon pour qu’il en vienne à ce genre de réflexions. Sa réponse partit spontanément, poussée hors de sa gorge par la surprise.

- Bien sûr que je m’en soucie, quelle question !

Il soupira et se passa une main dans les cheveux, dérangeant quelques boucles brunes.

- Aucune vie ne devrait être gâchée stupidement. C’est idiot et injuste. Et puis, tu m’as l’air d’être quelqu’un de bien, donc ça m’embêterait qu’il t’arrive quelque chose – surtout que cette fois, j’en serai responsable.

Il rentra légèrement la tête dans les épaules et eut un mince sourire désolé, avant de se lever et de lui tendre la main tout en lui proposant de se décoller de ce mur de pierres froides qui ne réussirait qu’à le rendre malade s’il y restait adossé plus longtemps. L’asiatique aux cheveux blonds comme les blés fixa son bras durant quelques longues secondes, si bien que le Hunter faillit insister doucement, pensant que l’autre refusait son aide une fois encore. Mais finalement, une main si fine et délicate qu’il avait peur de la briser en refermant tout juste ses doigts dessus se posa dans la sienne. Lui adressant un sourire encourageant et sympathique, il l’aida à se mettre debout et le guida jusqu’au lit, qui frémit à peine quand il s’y assit. Il alla ensuite ranger un peu son sac, vérifiant que les précieux remèdes et objets dans sa trousse de soin ne risquaient pas de quelconques dommages, puis il se retourne de nouveau vers le jeune inconnu. C’est d’ailleurs la pensée qui le frappa à ce moment-là : il ne savait rien de son sauveur et maintenant patient improvisé, pas même son nom. Il le lui demanda alors, tout naturellement, vraiment intéressé par la question.

-Je... On m’appelle Shizuo.

Heydan sourit et inclina légèrement la tête.

- Shizuo ? C’est un très joli nom. Ravi de faire ta connaissance ... même si elle s’est faite dans des circonstances un peu malencontreuses.

Il passa à nouveau la main dans ses cheveux en levant les yeux au ciel. Lorsqu’il les baissa de nouveau sur Shizuo, celui-ci s’était écroulé sur la couverture râpeuse du lit de l’auberge. Le jeune chasseur se demandant soudain s’il n’y avait pas une autre blessure plus importante qui l’aurait mis dans cet état. Le jeune asiatique murmura alors :

-Il faut... Il faut que je rentre... Elle... Elle ne va pas être... contente....

Heydan fronça très légèrement les sourcils, intrigué.

- Elle ? Qui est ...

Il fixa le jeune homme qui s’était endormi en une fraction de seconde.

- ... elle ...

Il soupira et entreprit d’envelopper Shizuo dans la couverture, refermant la chemise du jeune homme au passage, déglutissant lorsque son regard vert se posa sur le charnier sang nom qu’était son corps. Il s’étira ensuite, fourbu, et éteignit la bougie qui brûlait sur la table de chevet, seule source de lumière dans la pièce. Récupérant sa cape et un gros morceau d’un antique dessus de lit en laine qu’il avait trouvé Dieu seul sait où, il s’improvisa un sac de couchage et s’endormi aussi sec sur les planches de bois dur.
Son sommeil léger fut perturbé à plusieurs reprises par les gémissements de Shizuo, et à chaque fois il cru qu’il avait laissé échapper une plaie ou un hématome douloureux. Mais non. Ce n’était que des cauchemars. Alors, vers le milieu de la nuit, de longues heures avant que l’aube ne se lève, il s’occupa comme il le put tandis qu’il veillait le jeune homme.
Oui, il l’avait définitivement pris en sympathie.
Et aucun des deux ne savait encore ce que cette rencontre fortuite et incroyable allait apporter dans leurs vies.





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C'était la saison des sorcières... (PV Heydan)

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