L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Dans l'ombre du vampire demeure la rancoeur. (Elizabeth)

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MessageSujet: Dans l'ombre du vampire demeure la rancoeur. (Elizabeth) Mar 4 Sep - 13:10

(En provenance de: Trois notes de musique et un problème.)


Lorsqu'il fut arrivé dans le parc, le vampire s'enfonça dans l'obscurité sans réellement savoir où il allait. L'endroit était sinistre à souhait, sombre et mal fréquenté. La végétation n'était pas entretenue, et la nature avait reprit ses droits depuis longtemps déjà, ensevelissant les bancs et tables de pierre sous une épaisse couverture de mousses et de lichens. Tout autour de lui, les arbres aux branches noueuses s'élevaient vers le ciel, laissant retomber sur le sol un voile d'ombre des plus inquiétants. Elles semblaient prêtes à engloutir les quelques intrépides qui oseraient s'aventure plus avant, mais Wynn ne semblait nullement effrayé par tout cela. Une ombre à la lumière blafarde de la lune ne l'impressionnait pas tant qu'elle ne se mettait pas à se mouvoir ou à parler... A ce moment là, il aurait eu des raisons de s'inquiéter. Horriblement rationnel, il avait du mal à concevoir certaines choses, et le fait d'imaginer une ombre ou un arbre en train de se mouvoir le fit presque rire. Il avait de curieuses idées...
S'enfonçant un peu plus dans le bois, sautant par dessus les racines sournoises qui semblaient attendre de lui qu'il chute, Wynn finit par trouver un lieu qui lui semblait adéquat. Il n'avait rien de différent du reste du parc, il était simplement suffisamment isolé pour que personne ne vienne les déranger.
Le vampire grimpa sur la souche d'un gros arbre et s'y installa en attendant l'éventuelle arrivée de sa toute nouvelle... Disciple? Il n'aimait pas particulièrement ce mot là, à vrai dire. Portant son regard vers le ciel, que l'on percevait à peine à cause des arbres, il attendit. Il finit par se dire qu'il aurait du apporter son violoncelle... L'instrument n'était pas certes pas très pratique à transporter, mais il aurait eu de quoi s'occuper en attendant.
Immobile et silencieux, il se mit à compter une à une les quelques étoiles qu'il parvenait à voir à travers les feuilles.
Il n'avait pas précisé à Elizabeth où et comment le retrouver dans le parc. Ce serait à elle de le retrouver, en se fiant à son odeur ou son aura. Un sourire s'étira à nouveau sur les lèvres du vampires. Autant commencer en douceur, elle n'avait qu'à le chercher et le trouver. Rien de bien compliqué, elle n'avait qu'à faire marcher ses sens vampiriques. Du moins si elle consentait à venir...
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre du vampire demeure la rancoeur. (Elizabeth) Mar 4 Sep - 23:06

[En provenance de : Attentat aux moeurs]

Le soleil s’était couché depuis quelques heures déjà. Elizabeth venait seulement d’ouvrir les yeux. Son corps était encore lourd de sommeil. Son sommeil avait été agité. Les souvenirs de ce qu’il s’était passé durant la nuit venait la hanter. Plus dérangeant encore… Ses souvenirs semblaient ne plus vouloir la laisser en paix, pesant un peu plus sur les épaules de la jeune femme au fur et à mesure que le temps s’écoulait. Se redressant, elle passa les mains sur son visage. Ce simple geste la fit grimacer. Elle était extrêmement raide dans ses mouvements. Lorsque son regard se posa sur son épaule, elle n’eut aucun mal à se souvenir pourquoi… La veille elle était revenue blessée de sa soirée. Une balle de bloody rose… Elle n’avait pas eu le choix, elle devait l’enlever elle-même si elle ne voulait pas que le poison de ses balles altère complètement la régénération de sa blessure. N’ayant pas de quoi retirer correctement la balle, elle avait dû se résoudre à une méthode beaucoup moins agréable… Même pour un vampire qui supportait mieux à la douleur que les humains, ce fut un mauvais moment à passer lorsqu’elle appliqua la dague sur sa blessure. Mais une fois le corps étranger éjecté de son corps, ce fut pour aller un véritable soulagement.
Sa blessure n’était pas encore totalement régénérée. Elle était trop jeune pour pouvoir prétendre guérir aussi vite à ce genre de plaie. Sa main quant à elle ne portait plus de trace de brûlure… Comme il l’avait dit, elle avait guérit rapidement… Mais, semblant suivre l’exemple de son épaule, mouvoir ses doigts lui était encore difficile. Il semblerait que sa musique doive attendre… Il était impossible qu’elle songe un seul instant jouer de cet instrument alors qu’elle n’était pas capable d’en tirer le meilleur… Sans doute son côté perfectionniste et pointilleux qu’elle avait toujours eu lorsqu’il s’agissait de musique…

Elle soupira. Qu’allait-elle faire de cette nouvelle nuit ? Elle n’avait que peu envie de sortir… Se restaurer serait sa seule sortie de la soirée décréta-t-elle ! En vérité, elle n’avait aucune envie de courir le risque de croiser à nouveau le Comte… ni même Wynn ! La perspective de devoir passer du temps avec lui, pour apprendre quelque chose ne lui plaisait guère ! Il était toujours difficile d’apprendre avec quelqu’un qu’on n’appréciait pas. Elle se demandait d’ailleurs comment tout cela se passerait. Est-ce que l’homme allait ignorer l’ordre du Comte ? S’il s’exécutait, qu’allait donc lui apprendre ? Et surtout de quelle façon ? Prendrait-il Elizabeth pour un jeune vampire à l’affût de ses moindres ordres ? Beaucoup de questions qui n’auraient de réponse que s’il venait à la contacter pour la former…
Elle se leva et s’approcha de l’étui de son violon. Dans l’affrontement, une corde s’était cassée. Au fond, il était pareil à elle… Elle aussi s’était brisé hier soir. Son masque s’était fissuré et une nouvelle cicatrice striait son cœur. Elle sera le poing. Elle s’était laissé abuser par le Comte. Elle l’avait sous-estimé… mais cette erreur elle ne la ferait plus, de cela il pouvait en être sûr ! Elle devait elle aussi trouver une autre approche envers lui… La force brute ne serait que peine perdue… Tout comme son arrogance, bien qu’elle peinait à l’idée de devoir remiser sa langue de vipère au placard…

Mais son problème dans l’immédiat, c’était Wynn… Elle avait bien envie de le pousser à bout… Mais elle n’était pas non plus stupide… Elle n’en tirerait rien de bon à trop le provoquer… Qu’est-ce qu’elle détestait être au pied du mur comme elle l’était à présent ! Elle se méfiait… Peut-être que Wynn n’avait pas le droit de lui faire de mal, mais le Comte n’avait-il pas dire de ne pas trop énerver ce vampire en retour ? Elle sentait la menace lui pendre au coin du nez, et cela avait le don de la mettre de fort mauvaise humeur.
Finalement, se sentant comme un lion en cage dans son petit appartement, elle prit le partit de sortir. En guise de vêtement, elle choisit ce qu’elle préférait le plus porter… des vêtements d’homme ! Elle avait tout particulièrement en horreur de se voir gêner dans ses mouvements par les amples jupons que devait subir les femmes. Attrapant au passage son manteau à capuche, elle sortit, la démarche rapide.
Mais elle se stoppa net sitôt le seuil de la porte passé. A ses pieds traînait un papier. Une lettre, sur laquelle s’était échouée cette inscription… Suzanne's Park. Elie n’eut aucun mal à deviner de qui provenait ce mot… Cette calligraphie soignée… Ce ne pouvait qu’appartenir à une personne de la Haute Société…. Or, qui, hormis Wynn pouvait lui faire parvenir ceci ?
En revanche, là où elle demeura perplexe, ce fut sur sa connaissance de son lieu de résidence… L’avait-il suivi jusqu’ici ? Pourtant, il ne lui avait pas semblée que ces pas aient été précédés par d’autres… Elle tiqua. Son petit coin de solitude, son lieu de retraite ne l’était plus ! Il lui faudrait percer ce mystère… Elle n’allait certainement pas le laisser s’immiscer ainsi dans sa vie. Il ne serait que son tuteur, pas son père, ni son maître ou quoi que ce soit d’autre !
Elle sera le poing dans lequel se trouvait ce papier. Il voulait qu’elle le retrouve au parc ? Soit, elle le ferait… Non pas par plaisir de lui obéir, mais par curiosité… Et puis, comme le Comte l’avait si bien dit, oui, il avait des choses à lui apprendre, même si ça lui écorchait la bouche de devoir l’avouer.

Elle sortit alors dans la fraîcheur de la nuit. La nuit était particulièrement sombre ce soir-là et fraîche aussi. Elle resserra son manteau autour d’elle. Malgré qu’elle ne ressentait pas la morsure du froid, elle ne l’aimait tout de même pas… Tout comme elle n’aimait pas ce genre de nuit. Trop sombre, personne ne s’aventurait bien loin dans les rues. Ca donnait une touche triste à la ville… Morte et désolée, c’est ainsi qu’elle la voyait. Qu’est-ce qu’elle n’aurait pas donné pour pouvoir parcourir les pavés sous un soleil brûlant ! Malheureusement c’était un souhait qui était condamné à rester indéfiniment insatisfait !
Le pas de la belle s’accéléra. Elle n’avait pas eu l’occasion d’aller beaucoup au Suzanne’s Park, au moins ça lui changerait de ses habitudes…
Elle se remémora très vite pourquoi elle n’allait jamais dans ce parc… Le lieu était laissé à l’abandon. Les herbes folles et les arbres crochus peuplaient l’endroit, ainsi que les quelques fous osant y poser le pied. Enfin… Après tout, ce lieu était rêvé pour une créature de la nuit telle qu’Elie. Un endroit discret et délaissé…
C’est après quelques pas qu’une question, tout à fait pertinente pour le coup, se posa à elle. Le rendez-vous était où dans Suzanne’s Park ? Wynn pouvait se trouver n’importe où à l’intérieur… Le trouver pouvait lui prendre du temps… Bien que… Elle était un vampire, ce n’était pas pour rien ! Elle se concentra sur ce qu’elle ressentait. Elle sentait bien les humains de loin, alors pourquoi pas un de ses congénères ?

Elle laissa libre court alors à sa perception. Elle sentit la vie qui s’étendait dans ce parc. Il n’y avait pas grand monde… Des humains un peu plus loin, et lui… Pas de doute. C’était le seul vampire présent. Et puis elle avait passé suffisamment de temps avec lui pour le reconnaître sans avoir le moindre visu. Confiante en son pressentiment, elle s’enfonça dans les méandres du parc, enjambant tantôt le tronc d’un arbre déraciné, évitant les buissons de ronces, évitant les branches sur son passage. Elle ne put que se féliciter de s’être habillée en homme… Cela ferait bien longtemps que les jupons d’une robe se seraient coincés dans les fourrés. Jusqu’à ce qu’elle parvienne à sentir son odeur… Elle avait goûté son sang, il n’était pas bien dur de le reconnaître à présent. Le sang était bien une chose qu’elle n’oubliait pas !
Progressant rapidement mais silencieusement, elle le vit enfin, assit sagement à observer les étoiles. Il aurait pu attendre longtemps comme ça si elle n’était pas venue. L’idée qu’il puisse rester planté là à faire le poteau plaisait particulièrement à Elie. Heureusement, sa curiosité de ce soir en avait voulu autrement.
Arrivée suffisamment près de lui, elle bondit alors pour se réceptionner agilement sur le bord de la souche sur laquelle l’homme était assis. Elle s’accroupit alors pour se mettre à sa hauteur. Un petit sourire parcourait ses lèvres tandis qu’elle détaillait l’homme du regard. Il semblait s’être bien rétablit de la veille…
Elle articula alors d’une voix calme et posée, voire presque un poil amusée :


-Tu t’es bien amusé ?


Elle s’installa alors sur la souche aux côtés de Wynn. Elle prit un air faussement ennuyé.

-J’espère que ce petit test t’aura satisfait…

Elle laissa alors tomber la lettre que lui avait fait parvenir l’homme sur ses genoux. Elle comptait bien mettre les choses au clair immédiatement. S’ils devaient apprendre ensemble, il y avait quelques points sur lesquels Elie allait devoir insister.
Son petit sourire avait disparu. A la place, une mine sérieuse et investigatrice. Il n’allait pas s’en tirer comme ça, elle attendait de lui la vérité.


-M’as-tu suivi ? Elle reprit après quelques secondes. Le Comte souhaite que je tire enseignement auprès de toi… certes… mais cela n’inclut pas le fait que tu ailles me surveiller jusqu’à chez moi !

Elle soupira. Décidément, ces leçons auprès de cet homme ne s’annonçaient pas de tout repos !
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre du vampire demeure la rancoeur. (Elizabeth) Mer 5 Sep - 15:32

Pas un bruit... Il n'y avait pas un bruit dans le parc. Rien qu'un vampire immobile sur une souche d'arbre, en train de contempler le ciel et cherchant à reconnaître les quelques étoiles qu'il voyait. Il sentait au loin la présence de quelques humains, mais le parc était grand et ils étaient trop loin pour qu'il les voit. Wynn aimait cette quiétude et ce silence, seulement troublé par le mouvement effrayé un petit animal dans les fourrés ou le crissement sec d'un insecte.
Le cadre n'avait rien d'élégant ni de réjouissant mais cela, il s'en fichait. Ce calme omniprésent avait eu raison de l'agacement qu'il trainait derrière lui depuis la veille. Car si les véritables colères de Wynn n'étaient pas belles à voir, elles étaient rares. Il était à présent aussi calme que s'il ne s'était rien passé la veille. Après tout, à quoi bon remuer le couteau dans la plaie, ce qui était fait était fait. Il ne l'oublierait pas mais ne s'en formaliserait pas pour autant.
Il observait le ciel depuis déjà de longues minutes lorsqu'il sentit un nouvelle présence dans le parc. Un sourire vint étirer ses lèvres fines quand il reconnut Elizabeth. Finalement, elle était venue... Elle aurait pu le laisser dans le parc toute la nuit en dénigrant totalement son invitation. Cette attitude aurait agacé Wynn, mais passer sa nuit ici seul ne l'aurait pas gêné tant que ça, finalement. Après tout, c'était elle qui avait besoin d'apprendre à contrôler ses pouvoirs, pas lui.
Le vampire la laissa venir à lui sans faire le moindre mouvement, et resta parfaitement immobile quand elle sauta sur la souche à ses côtés. Fixant toujours le ciel, il sourit.


-Bonsoir, Elizabeth, moi aussi je suis content de te voir..., dit-il avec une pointe d'ironie.

Etait-ce une habitude chez elle de provoquer ainsi tous les gens qu'elle croisait? Ou lui réservait-elle cette attitude, dans sa grande générosité? Son insolence la perdrait un jour, mais cela, Wynn se garda bien de le lui rappeler. Elle ne l'écouterait pas, de toute manière, et commencer par lui faire des reproches n'était peut-être pas la meilleure stratégie à adopter.


-Tu es là, c'est donc que ce petit test, tu l'as réussis, puis il tourna enfin vers elle son regard qui apparaissait totalement noir dans la nuit, et ce n'est pas la satisfaction de t'avoir fait chercher, que je ressens. Ce n'est pas ce que je cherche.

Puis il tourna à nouveau la tête vers le ciel, jusqu'à ce qu'un morceau de papier chiffonné n'atterrisse sur ses genoux. Il le prit dans une de ses mains et le regarda avec un demi sourire. Elle avait du être fâchée de trouver ce papier sur son perron, pour l'avoir chiffonné de la sorte. Le vampire fit disparaître le morceau de papier d'une étincelle et reprit d'une voix toujours aussi calme et tranquille.

-Je ne t'ai pas suivis, j'ai autre chose à faire... Et quoi que tu penses, je suis encore capable de respecter l'intimité de quelqu'un. Et je ne connais d'ailleurs pas l'endroit où tu vis. Je me suis simplement servit des contacts que j'ai en ville pour te faire parvenir ce message. Si je t'avais suivis, je m'y serais prit autrement.

Wynn était loin d'être mauvais lorsqu'il s'agissait de mentir. Si une partie de son discours était vraie, l'autre était un mensonge. Wynn n'avait usé de personne pour trouver le lieu de résidence d'Elizabeth, mais il préférait garder l'un de ses pouvoirs secrets, surtout face à elle. Cependant, il ne l'avait pas suivit et ne savait donc pas où elle vivait. Il n'avait pas besoin de cela, puisque leurs rencontres se feraient exclusivement en dehors de chez eux.

Le vampire finit par se lever. Il s'étira et fit face à Elizabeth, qui était toujours assise sur la souche. Croisant les bras, il la détailla. Elle avait abandonné sa légère robe de coton blanc, laquelle devait être bien abimée à cause de la soirée passée, et l'avait troqué contre des vêtements d'homme. Un choix judicieux de sa part. Une robe pleine de dentelles et de fanfreluches n'aurait fait que l'handicaper. Même si Wynn ne doutait pas que ce genre de tenue devait lui aller comme un gant! Son sourire s'élargit alors qu'il imaginait Elizabeth, la mine renfrognée, dans une superbe robe de bal. Le tableau était assez comique, mais il ne fit aucune remarque sur la tenue de la jeune femme.


-J'imagine que tu n'es pas venue ici pour que nous discutions comme les deux vieux amis que nous ne sommes pas. Tu n'es pas heureuse d'être ici, la haine que tu me portes est tellement palpable qu'elle doit se sentir à des lieues d'ici, et tu préfèrerais sûrement être ailleurs. Moi aussi, mais je crois que nous n'avons pas le choix. Je tiens à mettre certaines choses au clair tout de suite. Si par principe tu refuses tout ce que je te propose, nous en resterons au même point tous les soirs, et nous finirons tous les deux au bout d'une pique. En revanche si tu es prête à faire un effort, je vais de toute manière en faire moi aussi et je t'apprendrais ce que je sais. Après, libre à toi de choisir si tu useras de tout cela pour te venger du Comte ou rejoindre ses rangs. Ca, ça ne me regarde pas, c'est ton choix...

Wynn se tut enfin. Parler autant ne lui ressemblait pas, mais il avait besoin de clarifier certains points pour ne pas risquer les quiproquo plus tard. Il ignorait ce qu'Elizabeth comptait faire de son enseignement. Elle aurait très pu lui répondre quelque chose, lui mentir et faire le contraire.
Il devait lui montrer comment maitriser ses pouvoirs et prendre le dessus sur sa soif de sang, ça il en était capable. Mais lui taper sur les doigts en lui disant «c'est mal ce que tu fais», c'était une autre affaire. Ce que lui estimait mal ne l'était certainement pas pour elle et inversement. C'était un détail fâcheux qu'il lui faudrait pourtant résoudre s'il voulait éviter les ennuis plus tard.
Wynn sortit d'une des poches de sa veste une petite fiole contenant un liquide trouble ainsi qu'un minuscule couteau en acier. Il tendit la fiole à Elizabeth.


-Pour soigner la blessure de ta main et celle de ton épaule...

Et il n'ajouta rien, se contentant de poser le petit couteau sur le bord de la souche. Il jouait avec le feu en agissant ainsi, car même s'il n'était pas en argent, Elizabeth pouvait l'attraper et le lui planter dans l'oeil. Mais il s'agissait là d'un autre test pour elle: Voir si elle était capable de passer outre sa haine.

-Maintenant, si tu me montrais ce que tu es capable de faire en soulevant ce couteau? Sans tes mains, cela va de soi...

Un sourire se peignit sur ses lèvres alors qu'il la regardait attentivement. Il était tendu, c'était un fait, et prêt à réagir au moindre geste violent de la jeune femme. Quant aux sarcasmes, il les attendait. Il n'avait pas l'intention de lui laisser cette satisfaction.
Il n'avait vu son pouvoir à l'oeuvre que lorsqu'elle était en colère ou en danger de mort. Ici, il n'y avait rien de tout ça, ou du moins pas assez pour que son pouvoir se déchaine de lui même. Si jamais elle ne parvenait pas à soulever le couteau par la force de sa pensée, Wynn avait une idée toute trouvée pour la forcer à se contrôler... Une idée qui ne plairait pas du tout à Elizabeth et qui aurait beaucoup plu au vampire en temps normal... A ceci prêt qu'elle était risqué, et qu'il tenait à sa tête.
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre du vampire demeure la rancoeur. (Elizabeth) Ven 7 Sep - 0:10

Quel ton enjoué pour l’accueillir ! Il semblait aussi ravi qu’elle, même si le poids des années avait sans doute eu raison du caractère quelque peu débordant des jeunes années. De toute façon, la jeune femme avait bien compris que Wynn était quelqu’un de très mesuré dans ses propos et ses gestes. Mais il n’était pas infaillible… Elle l’avait déjà senti bouillonner cette colère ! Il n’était pas si différent d’elle au final. Il pouvait se montrer aussi colérique et violent qu’elle… Bien que chez lui le sadisme soit aussi une de ses particularités que la jeune femme n’avait pas ! Il n’attendait juste que la bonne étincelle pour mettre le feu à la poudre… Cela, Elie pensait pouvoir le faire aisément. Elle avait bien remarqué qu’elle avait chez lui un pouvoir certain d’exaspération. Il n’était pas le seul à en faire les frais !
Mais il semblait ce soir-là avoir pris la résolution de ne pas s’énerver contre elle. Bon point pour lui… Sans doute que la menace du Comte devait avoir fait son petit bonhomme de chemin dans son esprit.
Un petit sourire effleura le coin de ses lèvres. Cela l’amusait fortement, même si elle imaginait très bien qu’à sa place, elle se serait sans doute résignée aussi… Il semblait beaucoup plus tenir à la vie qu’elle en tout cas. Et semblait encore moins enclin à quitter Londres… Pourquoi ? Cette question se posait à elle depuis qu’elle était revenue sur les évènements de la veille. Mais ceci, elle aurait tout le temps de le découvrir. Après tout… Apprendre ce qu’il y avait à savoir pour un vampire ne faisait pas en trois jours ! Petit à petit elle arriverait à percer cette carapace de secrets ! Mais pour cela, il lui faudrait s’armer de patience… Elle le rongerait, l’effriterait jour après jour… Contrairement à ce qu’il pouvait penser, elle avait de la patience quand elle voulait… Beaucoup même !
Ainsi, elle ne fit qu’observer les prunelles noires de l’homme, sans répondre. Ces dernières étaient étranges. Elle l’avait déjà remarqué dans la ruelle, mais maintenant qu’elle était à côté de lui, assise calmement, elle pouvait un peu plus contempler cette bizarrerie de la nature. Ça lui donnait un côté plus sombre encore, comme s’il avait besoin de ça pour paraître ténébreux ! Elle avait bien envie de lui poser la question sur cette étrange couleur, mais pour une fois les mots de franchirent pas ses lèvres. Peut-être se cachait-il une raison palpitante à cela ?
Elle arqua un sourcil tout de même à sa remarque répondant d’un ton léger :


-Et que cherches-tu dans ce cas ?

Elle le fixa calmement. Elle cherchait réellement à le comprendre. Elle préférait plutôt voir où il voulait en venir, ça leur ferait gagner du temps. Il n’avait pas envie tous les deux de s’attarder plus l’un avec l’autre, alors pourquoi ne pas entrer directement dans le vif du sujet ? Elie n’était pas le genre de personne à tourner autour du pot.
Elle regarda brûler le message l’air de rien. Sa pyromanie était un pouvoir assez impressionnant. Il est vrai qu'il intéressait grandement la jeune femme. Mais elle n’avait pas ce genre de capacités. Et encore moins la possibilité de l’utiliser quand ça lui chantait. C’était sans doute une capacité très pratique contre les vampires… le paradoxe étant qu’une de ses créatures pouvait détruire ce qui pouvait le plus le détruire… Mais après tout, ce pouvoir allait bien à Wynn.
Elle l’écouta déblatérer son mensonge. Est-ce qu’il y avait une partie de vérité dans ce qu’il disait ou bien tout n’était que mensonge ? Ses contacts dans Londres ? Connaissait-il même le pauvre gérant d’hôtel dans lequel elle habitait ? Personne ne la connaissait à Londres… Elle ne parlait pas aux gens… Elle n’adressait la parole qu’aux humains généralement… Et cela finissait toujours très mal pour ceux-là. Cependant, elle était assez encline à le croire lorsqu’il disait ne pas présenter d’intérêt à la suivre personnellement… Ce serait trop s’impliquer dans une relation qu’ils ne souhaitaient guère tout deux.
Elle soupira.


-Comme toujours, tu réponds toujours de façon très succincte à mes questions. Tu as des choses à me cacher ?


Bien sûr qu’il en avait… mais sa remarque était purement provocatrice… Mais pas que… Elle tenait à lui faire comprendre qu’elle n’était pas non plus une idiote comme il avait l’air de le croire. Mais après tout, qu’importait son avis… Elle n’avait que faire de ce qu’il pouvait bien penser d’elle ! Et pourtant, comme beaucoup de personne, elle avait sa fierté. Elle ne pouvait pas le laisser penser d’elle qu’elle était la plus pure des imbéciles…
L’homme lui fit alors face. Apparemment lui aussi devait clarifier des choses. Elle l’avait à son tour… Elle savait parfois être sociable et laisser parler les autres.
Enfin il semblait passer aux choses sérieuses. Lui non plus il ne voulait pas perdre son temps. Ils étaient donc deux. Il lui demandait de faire des efforts. En échange il en ferait lui aussi. Lesquels ? C’était une bonne question. Voulait-il se montrer plus aimable ? Ou voulait-il se montrer plus gentil ? Ou serait-ce l’effort de ne pas la frapper ? Il est vrai que pour lui ça serait sans doute un effort exceptionnel !
Il lui parlait ensuite de ce qu’elle ferait de cet enseignement par la suite. Sa réplique fut directe.


-En effet, cela ne te regarde pas… Inutile donc de s’étendre sur la chose !


Elle n’avait pas envie de lui raconter ce qu’elle comptait en faire. Rejoindre le Comte, se dresser contre lui… C’était un choix personnel qu’elle saurait faire seule le moment voulu. La question ne se posait pas pour le moment. De toute façon dans un cas comme un autre, elle était encore totalement instable. Cela excluait totalement la possibilité de s’approcher du vieux vampire.
Elle soupira. Tout cela l’ennuyait. Plus le temps passait et plus elle désespérait de pouvoir un jour satisfaire enfin son besoin de vengeance. La route semblait longue, et son but inaccessible. Après tout… Wynn avait mis… combien d’années ? Elle ne le savait pas exactement, mais plusieurs centaines avant de pouvoir se contrôler… Alors qu’était-ce donc pour le vieux vampire ? Elle était curieuse de savoir réellement ce que représentait le poids de toutes ces années, bien que cela l’effrayait également. Elle avait peur d’en devenir folle. L’immortalité pouvait être attrayante pour certains, pour elle, elle ne représentait qu’une peur profonde et enracinée.

Elle le vit alors mettre la main dans sa poche, ce qui attira immédiatement sa méfiance. Elle fronça les sourcils lorsqu’elle vit briller dans sa main un poignard. Une fiole accompagnait ce dernier. Il lui tendit le flacon, présentant ceci comme un remède pour soigner ses blessures de la veille. Elle prit le flacon sans rien dire mais ne l’utilisa pas. Il disparut dans l’une de ses poches de son manteau. Elle verrait bien plus tard si elle l’utiliserait plus tard ou non. En revanche, le poignard, lui, fut posé à côté d’elle sur la souche. Elle le regarda perplexe. Il voulait qu’elle le fasse léviter grâce à ses dons télékinésiques. Avait-il conscience qu’il mettait à disposition de quelqu’un qui le détestait, une arme ? Il tenait si peu que cela à sa vie ? Qu’est-ce qui lui disait qu’Elie ne prendrait pas ce couteau pour le planter immédiatement ?
Un petit sourire vint parcourir ses lèvres. Tant d’idées se bousculaient dans sa tête. Elles étaient toutes aussi tentantes les unes que les autres. Mais ce n’est pas pour elles qu’elle opta. Il voulait qu’elle fasse des efforts, très bien. Elle verrait bien si lui de son côté pourrait en faire aussi. Elle releva son visage vers lui pour planter sans regard dans le sien. Elle n’aimait pas ce qu’elle allait lui dire, ça lui mettait un coup à sa fierté. Mais bon, il devait sans doute être passé par ces moments-là…


-Ce que tu me demandes est inutile si je ne suis pas vraiment en colère ou si je ne me sens pas en danger…

Elle reporta son attention sur le couteau se concentrant quelques instants. Seigneur comme c’était dur une simple action comme le soulever sans catalyseur pour l’y aider. Le couteau s’éleva faiblement. A peine quelques centimètres… rien à voir avec la démonstration qu’elle avait fait dans la ruelle !

-Tu vois ? Sans catalyseur je suis incapable de contrôler ce pouvoir…


Elle attrapa l’arme dans sa main avec un soupir. Lassée par cette incapacité à contrôler son pouvoir, elle se releva et se planta devant le vampire, déposant dans sa main la lame.
Comment faisaient-ils tous pour pouvoir manipuler leurs pouvoirs. Ça lui paraissait comme un jeu d’enfant lorsqu’elle les voyait faire !
Elle se demandait comment Wynn pourrait bien lui révéler toute l’ampleur de sa puissance. Elle restait ancré en elle, enchaînée à ses sentiments. Arriverait-il à ses servir de ce jeu dangereux afin de révéler à Elie ce dont elle était capable ?

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MessageSujet: Re: Dans l'ombre du vampire demeure la rancoeur. (Elizabeth) Ven 7 Sep - 22:08

Quand Elizabeth lui demanda ce qu'il cherchait, Wynn ne répondit pas. Du moins pas immédiatement. Il laissa son regard se perdre dans le ciel au dessus de lui avant de répondre.

-Beaucoup de choses. Ce soir, je cherche un bon moyen pour t'apprendre à te maitriser.

Ce qui était vrai. Il n'avait jamais éduqué personne, et même s'il avait bien quelques idées, il n'était pas certain de leur fiabilité. Certaines de ses yeux employaient la patience et le calme, mais d'autres pouvaient s'avérer plus sportives et surtout bien plus dangereuses. Mais s'il lui fallait arriver à ce genre d'extrémités, il le ferait. Il y avait une façon de toute simple de voir si elle était capable de se contrôler ou non... Mais tout cela viendrait en temps voulu.
Pour l'heure, il répondait aux questions d'Elie, et ne pu s'empêcher de laisser échapper un rire bref lorsqu'elle lui demanda s'il avait des choses à cacher. Il ne répondit pas, mais oui, il avait beaucoup de choses à lui cacher. Rien que la concernait personnellement, que ce soit de près ou de loin, mais sa personne était parcourue de zones d'ombres qu'il était difficile d'effacer.
Wynn avait sentit le regard insistant d'Elizabeth quand il s'était tourné vers elle. Elle se posait sûrement des questions sur son étranges couleur d'yeux, comme la plupart des gens qu'il croisait. Mais elle ne lui posa aucune question, et il lui en fut reconnaissant. Il n'avait pas envie de se lancer dans une longue explication, et lui avouer que son corps était rongé par un mal inconnu et violent n'aurait fait que la faire jubiler un peu plus. Et puis elle avait déjà eu un petit aperçu de la nature maléfique de ses précieuses armes. Si elles rongeaient systématiquement la main de ceux qui essayaient de s'en emparer, elles réservaient un châtiment bien plus sournois à leur porteur.

S'étant levé pour lui exposer ses idées, Wynn s'était attendu à ce que Elizabeth réplique, et il eut un rictus en secouant la tête. Elle partait au quart de tour, elle était encore trop impulsive... Et ce n'est pas une série d'entrainements qu'il lui faudrait pour se calmer mais des années entières.
De même que pour contrôler ses pouvoirs, d'ailleurs. Il lui faudrait peut-être plus d'un siècle pour développer totalement son pouvoir de télékinésie, et Wynn n'avait pas un siècle à lui accorder. Il ne serait peut-être même plus à Londres dans un siècle, cela il ne pouvait le prévoir.
Tout ce qu'il pouvait faire, c'était lui apprendre à maitriser cet embryon de pouvoir qu'elle possédait.
Il savait à quel point un pouvoir mal maitrisé pour tourner à la catastrophe. Lorsqu'il ne maitrisait pas encore sa capacité à se changer en brume, il lui arrivait souvent de se retrouver avec un bras brumeux sans savoir comment lui faire reprendre sa forme originelle. De même qu'il avait passé des journées sous la forme d'un nuage de cendres, sans comprendre comment faire pour retrouver sa forme physique. En ce temps là, il était obligé de s'épuiser totalement pour que la fatigue reprenne le dessus sur ses pouvoirs.
Mais lorsque ses pouvoirs de pyromanie s'était révélés, il avait mit le feu à plus d'un meuble sans le vouloir et avait même gravement brûlé l'un des membres de son clan qui l'avait un peu trop agacé, et ce involontairement. Ce pouvoir là, il ne le maitrisait que depuis une cinquantaine d'année, et il n'était pas encore arrivé à son stade le plus développé. Peut-être serait-il un jour capable de produire des flammes immenses? Pour l'heure, ses flammes ne dépassaient pas la taille de sa main, paume à plat.

Wynn esquissa un sourire quand Elizabeth répliqua qu'elle ne pouvait user de ses pouvoirs correctement sans un catalyseur particulier. Ce, il l'avait bien remarqué et ne prononça pas le moindre mot. Il préférait la laisser essayer, d'autant qu'il lui avait laissé le poignard. Certes l'arme avait une lame très courte et elle n'aurait pas pu lui faire beaucoup de mal, mais le moindre geste violent de sa part aurait été un signe de son manque de contrôle.
Or, elle fit preuve d'un grand calme et se contenta d'obtempérer. Wynn ne pouvait nier qu'il en fut surprit. Il l'avait sous estimée, finalement. Elle n'était pas aussi impulsive qu'elle le montrait et pouvait finalement faire preuve de sérieux et d'attention.
Il fut d'autant plus surprit lorsque le petit objet se souleva de quelques centimètres. Ce n'était pas grand chose, mais son pouvoir était suffisamment précoce pour qu'elle soit capable de faire appel à lui dans une telle situation. Ce n'était peut-être pas si désespéré que ça, et elle ne se débrouillait pas si mal. Il tendit la main et reprit le petit couteau, qu'il garda dans sa paume ouverte.


-S'il te faut un catalyseur, je peux t'en fournir un qui me paraît efficace..., dit-il en brandissant un revolver qu'il lui planta entre les deux yeux.

Il eut un sourire, s'attendant à ce que le petit poignard ne vole dans sa direction, raison pour laquelle il disparut dans un nuage de cendres pour réapparaitre derrière Elie, sur la souche.


-Mais tu n'auras pas toujours un revolver sous la gorge pour stimuler ta peur et tes pouvoirs. Tu l'as dans le sang, et ce au sens propre du terme. Ton don, tu peux le sentir si tu en fais l'effort. Une fois que tu l'auras trouvé, tout te semblera plus facile. Il te suffit simplement de prendre conscience de ce que tu as dans les veines. Regarde.

Il s'accroupit sur la souche et tendit une main vers Elie. Sa voix se fit douce et presque gentille, comme s'il venait d'oublier toute l'antipathie qu'il avait pour elle.

-Ce n'est pas seulement sur l'objet que tu veux faire flotter, que tu dois te concentrer, mais aussi sur ton pouvoir en lui même. Si tu le sens évoluer à l'intérieur de toi, tu dois pouvoir le rendre malléable et en faire ce que tu veux. Tu dois pouvoir l'amener à faire flotter l'objet que tu veux.

Doucement, les doigts de Wynn se mirent à crépiter. Il contenait suffisamment son pouvoir pour le faire évoluer lentement, et bientôt un léger voile bleuté vint recouvrir sa paume.

-Tu dois pouvoir en faire ce que tu veux, c'est à toi de le diriger et non l'inverse, ajouta-t-il alors qu'une boules de flammes bleues pâles recouvrait peu à peu sa main.

Il referma le poing d'un coup sec, étouffant les flammes par la même occasion. Si Elie avait saisit ce qu'il essayait de lui expliquer, elle devait être en mesure de mieux comprendre ce qu'il attendait d'elle. Si elle parvenait à sentir son don en elle, elle devait être capable d'en faire ce qu'elle voulait. En revanche, il fallait qu'elle garde à l'esprit que les premières fois seraient épuisantes. Dompter un pouvoir encore incomplet et anarchique demandait une grande concentration et de gros efforts physique qui épuisaient la plupart des vampires.
Wynn finit par se relever et descendit de la souche. Il alla ramasser le petit couteau et se tint assez éloigné d'Elizabeth. Il n'aimait pas du tout la tournure que risquaient de prendre les évènements. Malheureusement, il n'avait pas vraiment d'autres choix, et il se doutait que la jeune femme devait s'être elle aussi préparée à cette éventualité.
Pour vaincre l'appel du sang, il n'y avait rien de mieux que le sang. Et Wynn n'avait aucun humain sous la main. En impliquer risquait de voir les évènements de la veille se reproduire.


-Maintenant il y a une chose encore plus cruciale que la maitrise de tes pouvoirs, que j'ai à t'enseigner... Je doute que tu apprécies beaucoup, mais si cela peut te rassurer, moi non plus. Mais je ne vois rien de plus efficace., dit il d'une voix étrangement désolée.

Le vampire creusa alors une entaille dans le creux de sa main avec la lame du poignard. Stoppant sa régénération vampirique, il laissa son sang couler le long de ses doigts. Quelle serait la réaction d'Elizabeth, il ne le savait pas, mais il ne se ferait pas avoir comme la veille et était préparé. Il était temps pour elle d'apprendre à se contrôler et à résister au sang. C'était à elle de choisir de boire et non à son instinct de le faire. Wynn jeta un bref coup d'oeil en hauteur. Si elle se montrait trop agressive, il lui suffirait de disparaître et d'aller se percher sur une branche haute. Mais il espérait ne pas avoir à en arriver là.
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre du vampire demeure la rancoeur. (Elizabeth) Dim 9 Sep - 0:42

Pour une fois, des paroles qui semblèrent sincères sortirent de la bouche du vampire. Pour lui aussi cette éducation semblait être un casse-tête ! Elie comprenait parfaitement qu’il n’était pas simple de réagir face à elle. Son caractère, elle le connaissait. Après tout, elle ne l’avait pas composé pièce par pièce pour rien. C’était un choix de sa part. Mais elle apprécia tout de même ce bref moment de sincérité, même si, comme toujours, l’homme restait vague sur ce qu’il pensait. Il ne répondit d’ailleurs pas à toutes les questions, confirmant bien ce que pensait la jeune femme depuis le début… Sa vie était plus palpitante que celle d’un mélomane fourrant son nez dans les histoires des autres ! Elle avait au moins une raison valable pour rester près de lui. Elie était quelqu’un de curieux de nature… D’autant plus lorsque la personne en question était puissante et cherchait par tous les moyens à cacher son passé. Cela pressentait quelques sombres histoires…

En revanche elle eut très envie de lui faire perdre ce petit sourire qui s’afficha lorsqu’elle lui avoua ne pouvoir se servir correctement de son pouvoir. Se moquait-il d’elle ? Voulait-il qu’elle lui fasse regretter cette mimique ? Oh elle savait bien qu’à mains nues elle ne pourrait pas, mais il y avait d’autres façons de procéder… Elle ne supportait pas qu’il puisse se moquer d’elle. Si cela devait se passer ainsi, autant qu’ils en arrêtent là tout de suite ! Mais contre toute attente, elle s’exécuta tout de même. Elle n’était pas là pour perdre son temps. Cependant, il verrait très vite qu’elle ne supporterait pas longtemps ses petits sourires dès l’instant qu’elle ne pouvait pas faire quelque chose.
Il la laisse faire sa petite démonstration jusqu’au bout pour au final lui braquer son arme en pleine tête. Qu’est-ce qu’il lui prenait ?! Voulait-il qu’il vole sur lui ce couteau ? C’est d’ailleurs ce qui se produisit, lorsqu’un élan de rage et à la fois d’instinct de survie monta en Elie. La lame partie se ficher dans un arbre, l’homme semblant avoir anticipé cette réaction.
La jeune femme se retourna lorsqu’elle entendit la voix de ce dernier derrière elle. Elle ouvrit la bouche, prête à déverser toute sa colère contre cet individu pour au final la refermer et écouter ce que l’homme avait à lui dire, la mine renfrognée. De quoi parlait-il ? Sentir le pouvoir en elle ? Elle baissa un moment le regard vers ses mains. Son sang possédait-il vraiment tout ce pouvoir ?
Elle le regarda s’accroupir devant elle, les sourcils froncés. Sa colère était quelque peu retombée face à ses paroles, mais elle se méfiait tout de même de qu’il pouvait faire.
Elle le vit manier son pouvoir à la perfection, appliquant sans doute les conseils qu’il lui avait donnés. Son attention était entière à ce qu’il faisait… jusqu’à ce qu’il lui parle de contrôler son don et non l’inverse.

Elle reprit alors une expression fermée et Wynn perdit cette attention qu’il venait de capter. Au fond, elle le savait d’où venait le problème mais n’osait se l’avouer… Chercher ce don en elle, le sentir couler dans ses veines impliquait qu’elle accepte enfin son statut de vampire… Or jusque-là, elle l’avait toujours rejeté avec fougue. Il fut une époque où, avec le temps et son maître, sa condition avait commencé à lui sembler moins lourde… Mais tout cela était du passé. Toute cette rancœur, tout ce dégoût qu’elle ressentait pour ce qu’elle était devenue lui était revenu, plus vivace encore. Tout ce qu’elle avait appris avec lui avait été oublié, sa maîtrise était devenue plus que chaotique, mais plus encore, elle ne cessait de rejeter ce qui faisait l’essence même des vampires. Le sang… si cela n’avait pas été une pulsion naturelle chez elle, cela aurait fait bien longtemps qu’elle s’en serait passée. Malgré cette sécurité et cette sérénité qu’apportait les cercueils pour dormir, elle refusait catégoriquement de s’étendre dans l’un deux. Elle regrettait la caresse du soleil sur sa peau, autant que cette chaleur corporelle qui était caractéristique des humains. Rien ne lui faisait aimer ce qu’elle était, même pas cette vengeance qu’elle s’était promise !
Alors chercher son pouvoir, ce don obscure qui coulait en elle… c’était comme remuer le couteau dans la plaie ! C’était comme accepter le monstre ! Comme se satisfaire d’une chose d’une chose qu’elle n’était pas du tout prête à accepter.
Le regard de la jeune femme s’assombrit.


-Compris… répondit-elle d’une voix détachée.

Compris certes… mais loin d’être applicable pour le moment ! Sur ce point-là, Elie doutait que Wynn puisse l’aider ni quiconque d’autre. Voilà bien une chose qu’il fallait qu’elle surmonte seule, même si pour le moment ça lui semblait impossible !

Puis l’homme se releva pour aller chercher le couteau planté dans l’arbre. Voulait-il à nouveau la mettre à l’épreuve ? Lui faire appliquer ce qu’il venait de lui expliquer ? Il serait alors atrocement déçu. Pour l’instant elle était bonne à faire voler des plumes, rien de plus !
Une nouvelle fois sa voix s’éleva dans la nuit. Une chose plus cruciale que ses pouvoirs ? Voulait-il parler du sang ?
Immédiatement la jeune femme se mit sur la défensive. Qu’allait-il faire pour pallier cette obsession, cette pulsion qu’elle avait envers le sang ? Elle le savait qu’il allait en venir à ce problème, cela ne lui empêchait guère de ne pas avoir la moindre envie de l’aborder ! Mais ce qui la dérangeait le plus, c’était le ton sur lequel il lui parlait. Il semblait s’excuser rien que dans la façon dont il parlait, dans le ton qu’il prenait. Elle n’aimait encore moins lorsqu’il lui avoua que ce qu’il s’apprêtait à lui faire n’allait pas lui plaire.
Elle le regarda alors avec horreur s’entailler la main. Alors c’était ça la solution ?! La soumettre à la tentation, lui agiter du sang frais sous le nez pour la forcer à y résister ?
Elle recula d’un pas, le visage livide, bien que ses yeux exprimaient une colère pure.


-Es-tu devenu fou ?!

Elle sentit le sang à ses narines avant même de le voir. Cette fragrance était d’autant plus facile pour elle à sentir vue qu’elle y avait déjà goûtée. Ce n’était pas la même tentation que du sang humain, mais il n’en restait pas moins qu’Elie ne s’était pas encore nourri ce soir-là et que la veille, ses blessures l’avaient pas mal affaiblit. Son corps lui réclamait ce que lui agitait l’homme à quelques mètres d’elle. Il se fichait pas mal que ce soit du sang de vampire dès l’instant que c’était nutritif ! Et puis… son corps n’avait pas oublié ce pouvoir qui en découlait. Il en redemandait encore.
Elle commençait déjà à regretter d’être venue. Pourquoi n’avait-elle pas tout simplement ignoré le mot ? Elle se détestait déjà pour avoir laissé sa curiosité prendre le pas sur le reste ! Elle aurait pu faire tout simplement sa chasse habituelle, même si celle-ci n’avait rien de contrôlée, pour ensuite retourner chez elle et ruminer les sombres évènements d’il y a peu.
Mais non, il fallait qu’elle se retrouve à lutter contre ce qu’elle redoutait le plus. Pauvre fou… Wynn voulait-il se retrouver à nouveau dans une situation incontrôlable ?! Il serait servi ! Elie sentait monter en elle à nouveau cette soif incontrôlable qu’elle ressentait toujours en situation de faim.
L’incident aurait pu se clore sans qu’il n’y ait de réel problème, mais le vampire laissa exprès cette plaie ouverte, laissant volontairement le liquide vermeille couler le long de sa main. Le regard de la jeune femme se détourna mais cela n’empêchait en rien de sentir cet effluve de sang. La lutte recommençait. Encore une fois elle travaillait contre sa nature. Elle songeait à fuir, partir loin de cette tentation, mes ses pieds refusaient déjà de lui obéir.


-Arrêtes ça… arrête ça maintenant !

Sa voix avait été perçante malgré le tremblement qui l’avait saisi. Elle le savait, ses instincts féroces reprendraient le dessus. Comment lutter ? Elle ne le savait pas. A quoi se rattacher ? Comment museler la bête ? Peut-être était-ce propre à chacun !
Qu’allait-il faire maintenant qu’il avait réveillé sa soif ? Comment allait-il l’aider ?
Mais déjà elle bondissait vers l’homme toute canine sortis. Elle ne le mordit pas directement. Elle se contenta d’attraper Wynn au poignet, fixant sa blessure avec insistance. Elle releva difficilement le regard vers le sien pour lui dire, les dents serrées :


-Imbécile… tu ferais mieux de partir tout de suite si tu ne veux pas que les évènements de la veille se reproduisent !


Sa poigne se resserra sans qu'elle ne le veuille. Des actions bien contraires à ce qu’elle venait de dire. Elle voulait bien lutter… Elle essayait… La preuve en était, ses canines n’étaient pas encore plantées dans sa main. Il fallait qu’elle résiste plus. Qu’elle se concentre sur autre chose. Elle se concentra alors sur sa musique. Elle ne voyait que ça qui pourrait la calmer un minimum. Quand elle jouait du violon elle était sereine, il lui fallait retrouver cet état de sérénité. Personne ne l’avait vu perdre sa concentration dans ces moments.
Et cela sembla marcher, celle-ci relâchant sa prise sur l’homme. Peut-être était cela la solution ? Mais ce fut sans doute une grave erreur de chercher à la repousser aussi farouchement. La soif revint en elle, féroce. Elle se sentait devenir folle, glissant doucement dans cet état de perte de contrôle qu’elle détestait tant !
Cette fois, lorsqu’elle releva le visage, ses yeux avaient retrouvés cette même lueur sauvage qu’il lui avait connu un peu plus tôt, avant qu’elle ne retourne à l’assaut de l’homme, lui attrapant une nouvelle fois le poignet pour cette fois-ci ne pas s’arrêter à cette simple action. Cette fois, ses crocs semblaient bien résolus à se planter dans la chair…
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre du vampire demeure la rancoeur. (Elizabeth) Dim 9 Sep - 16:12

Comprit? Wynn n'était pas certain qu'Elizabeth ait réellement comprit ce qu'il cherchait à lui enseigner. Quelque chose dans son regard ne lui plaisait guère. Il semblait lui manquer quelque chose pour pleinement prendre conscience de ce qu'il venait de lui dire. Un élément lui faisait sûrement obstacle et l'empêchait de mettre en application ses paroles.
Mais pour l'heure, Wynn se tenait face à Elizabeth, son couteau en main. Sa main n'était pas encore totalement guérie, mais il avait suffisamment récupéré pour qu'une coupure aussi ridicule cicatrise en un rien de temps. Laissant pourtant couler le sang quelques secondes pour que la jeune femme le sente, Wynn resta immobile, sur le qui vive alors qu'il attendait une réaction de sa part.

Réaction qui ne tarda pas, puisqu'elle le traita de fou. Il n'était pas fou, simplement très téméraire. Un peu trop à son goût, mais ayant tourné l'affaire dans tous les sens, il n'avait trouvé que cette solution là. Impliquer à nouveau un humain aurait été bien plus dangereux. Quant à utiliser un animal, l'effet n'aurait pas été aussi violent, et Wynn avait horreur de se servir à la gorge d'un animal. Non seulement pour le goût, mais aussi parce qu'il avait bien plus de respect pour les animaux que pour les humains.
Le sourire du vampire s'était effacé à la minute même où s'était entaillé la main. Il n'était plus question de plaisanter ou de rire dans une pareille situation, et le sérieux s'imposait.


-Pour t'amener à te contrôler, il faut que tu aies face à toi l'objet de ta convoitise. Il n'y a que le sang pour vaincre l'appel du sang, et je sais de quoi je parle... Tu devras composer avec...

Oh oui, il savait de quoi il parlait... Il n'avait pas oublié de quelle façon il avait vaincu sa soif de sang. On l'avait enfermé avec une dizaines d'humains se vidant de leur sang. Il avait cru devenir fou plus d'une fois, forcé de résister à l'envie de sucer leur substance à leur gorge ouverte. L'odeur entêtante du sang avait fini par lui donner la nausée, et c'est ce qui avait eu raison de son appétit phénoménal. Il n'appréciait pas beaucoup Elizabeth, mais il n'avait aucunement l'envie de lui faire subit la même chose. C'était une situation intenable, un véritable supplice et une torture sans nom pour un vampire. Mais il l'avait cherché. Après la mort de sa fiancée, le coeur de Wynn s'était empli d'une haine et d'une rage si féroce que même ses aînés avaient eu du mal à contenir sa violence purement animale. Les coups à répétition n'avait eu aucun effet, la privation non plus... Jusqu'au jour où il en vint à arracher la gorge de l'un de ses frères à coups de crocs. Ce jour là, il faillit bien mourir pour la seconde fois. Il ne dut sa tête qu'à ses talents d'assassins et ses pouvoirs qui étaient plus que prometteurs. Wynn devait bien avouer qu'un moment, il aurait préféré la mort à cette torture. Rester prostré pendant des jours dans une cave, entouré d'humains dégoulinants de sang... Les voir mourir et sentir le sang mort lui brûler les narines... Ce sourire lui souleva le coeur un instant avant qu'il ne revienne à la réalité. Lorsqu'il était sortit de la cave, Wynn n'était plus le même. Il avait enfoui sa haine et son chagrin au plus profond de son coeur, et aujourd'hui encore il les gardait emmurés en lui. Pour rien au monde il ne voulait avoir à subir ce genre de choses une seconde fois. Il ne laisserait exploser pleinement sa rage que face à une seule personne. Un seul vampire. Et ce vampire était introuvable. Wynn n'avait donc aucun soucis à se faire à ce niveau là.

Il était bien conscient qu'il y avait des façons plus tendres d'apprendre à un vampire à se contrôler. Ce qu'il faisait avec Elizabeth en faisait partie. Mais elle ne pouvait le comprendre, elle ignorait tout de la manière de procéder de la «famille» de Wynn quand ils avaient cherché à l'éduquer. Il était un peu idiot sur ce point, d'ailleurs. S'il avait prit le temps de lui expliquer les choses, peut-être aurait-elle comprit, mais cela revenait pour lui à s'apitoyer sur son sort, et il avait horreur de ça.
Lorsqu'Elizabeth lui ordonna d'arrêter, Wynn se contenta de secouer doucement la tête. Il fallait qu'elle s'habitue à cette odeur et cette envie, et qu'elle ait le courage de lui dire non la tête haute. Il devait pouvoir lui mettre son poignet sous le nez sans qu'elle n'éprouve l'envie de s'y abreuver.
Or, elle était tout simplement incapable pour le moment. Tant qu'elle n'accepterait pas cette soif...

Les yeux du vampire s'écarquillèrent un court instant. Et si le problème venait de là? Si comme la plupart des vampires elle refusait le sang et cette semi dépendance qui habitait chaque vampire? Wynn ne se doutait pas qu'Elizabeth refusait en réalité sa véritable nature et n'avait pas encore accepté qu'elle était un vampire et le resterait jusqu'à la fin de sa vie. Il songeait davantage à un refus de se nourrir par peur de la dépendance.
Lorsqu'elle lui saisit le poignet, Wynn baissa la tête pour la regarder dans les yeux, le visage toujours aussi fermé. Rien ne se lisait sur ses traits; ni peur, ni amusement, ni rien. Il était attentif.
Bientôt il laissa sa régénération reprendre le dessus, et la blessure se referma en quelques secondes. Il ne resta plus que le sang à peine sec sur sa main.


-Je ne partirai pas... Je ne suis pas là pour ça... Cesse donc de cracher sur moi, et contente toi de refréner tes instincts, tu avanceras d'autant plus vite... Je sais à quel point c'est difficile, mais ça..., il posa un doigt sur l'épaule d'Elizabeth, il n'y a que qui en sois capable, personne ne pourra le faire à ta place...

Un moment, la jeune femme sembla l'écouter. Elle lâcha son poignet et sembla se concentrer sur une chose qui la calma un moment. Sa concentration se lisait sur son visage et paraissait incroyablement douloureuse, à en juger par ses traits tirés. Quoi que ce soit, l'élément auquel elle pensait l'apaisait assez pour qu'elle résiste à sa faim. Seulement cette chose, quelle qu'elle soit, ne fut pas suffisante pour contenir pleinement sa faim. Et cela, Wynn s'y était préparé. Alors qu'elle se jetait à nouveau sur lui, il s'évapora immédiatement et ne reparu que sur la branche qu'il avait repéré quelques minutes plus tôt.

-Tu vois, tu y étais presque arrivée! Mais tu brises trop vite ta concentration! Tu n'arrives pas à oublier que tu as du sang face à toi... Quand tu sauras te contrôler, tu pourras tenir une conversation avec un humain couvert de sang! Mais pour cela, il faudrait que tu arrêtes de te voiler la face...

Il y allait un peu fort, en parlant de converser avec un homme couvert de sang, mais il fallait des propos sec et radicaux pour faire comprendre les choses à Elizabeth. Il essuya le sang sur sa main à l'aide d'un mouchoir, pour en atténuer l'odeur au maximum.

-Tu en as la force, tous les vampires le peuvent. Mais il y a ceux qui affrontent leur nature dans le blanc des yeux, et ceux...

Wynn sauta au pied de l'arbre et se précipita sur Elizabeth. Il lui saisit les poignets, son visage à quelques centimètres de celui de la jeune femme. Le regard fixe et froid, sa voix n'était plus qu'un murmure lorsqu'il parla.

-Qui sont trop lâche pour le faire..., dit-il en insistant suffisamment sur le mot lâche.

Qu'elle le haïsse encore plus n'était que le cadet de ses soucis. S'il lui fallait prendre certains propos en pleine figure pour comprendre, il le ferait. Elle l'avait traité de lâche la veille, mais ne se voilait-elle pas la face elle aussi?


-Cesse de te refuser ce qui t'es vital, et tu arrêteras sûrement de t'en vouloir en permanence... Ta culpabilité est encore plus flagrante que ta rancoeur. Tu as peur d'en devenir dépendante? Ou de devenir un animal? Mais regarde la réalité en face! Tu peux voir ça comme une fatalité, d'autres parleront de bénédiction, mais tu n'es plus humaine. Tu l'as été, tu en as les traits et certainement encore les sentiments. Maintenant il est temps pour toi de grandir et d'assumer ce que tu as en toi. Ce n'est pas plus compliqué que ça sur le papier, plus difficile à mettre en pratique.

Wynn la lâcha et recula, retournant s'assoir sur la souche de l'arbre. Le regard toujours rivé sur Elizabeth, il la détaillait avec un intérêt curieux. Elle se montrait si forte, la tête haute, mais elle était en réalité vulnérable comme tous les nouveaux nés. Elle avait la fougue et l'humanité que les vieux vampires n'avaient plus, mais elle était bien plus fragile qu'eux. En avait-elle seulement conscience?

-Je ne cherche pas à t'enfoncer... Je suis peut-être mesquin, mais pas à ce point. Regarde toi dans une glace et admet ce que tu es, ne...

Il ne termina pas sa phrase. S'il n'avait pas réagit, il aurait ajouté «ne te montre pas aussi couard que moi». Lui était incapable de se regarder dans un miroir. Son propre regard le terrifiait à un point inimaginable. Il ne voyait dans ses yeux que l'âme d'une bête blessée assoiffée de sang. Un homme trop faible pour conserver le peu qu'il possédait. Wynn avait accepté sa nature depuis longtemps, mais il était incapable de le dire en se regardant en face.

-Approche..., dit-il en lui faisant signe de le rejoindre.

Un sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'il ramassait une grande feuille de châtaigner au sol. La tendant à Elizabeth, il reprit.


-Je pense que tu es maintenant suffisamment en colère pour me refaire une petite démonstration, non? Essaye donc avec quelque chose de plus léger... Cette feuille devrait être un bon début, je pense...

Puis il posa la feuille sur la souche et attendit patiemment que la jeune femme obtempère... Ou l'envoie sur les roses, ce qui restait une option envisageable.
Tant qu'il l'occuperait ainsi, il éviterait sûrement les questions embarrassantes. Une des raisons pour lesquelles il ne restait jamais bien longtemps en présence de quelqu'un. Devoir répondre de son attitude étrange était une chose qu'il avait beaucoup de mal à faire.
Pour le moment il n'attendait qu'une chose, voir la feuille s'élever à une distance respectable de la souche de bois.

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MessageSujet: Re: Dans l'ombre du vampire demeure la rancoeur. (Elizabeth) Lun 10 Sep - 0:11

Composer avec… Elle n’avait pas envie de le faire ! Elle ne voulait plus avoir affaire à du sang. Elle n’avait plus envie de le humer, plus envie de sentir ce goût cuivré sur sa langue. Pourquoi fallait-il qu’elle soit devenue un vampire ? Cette bête incontrôlable… Mais quelles options lui restaient-elles encore ? Si elle abandonnait maintenant, elle resterait avec ce problème… Mais si elle résistait, cela n’équivaudrait-il pas au fait qu’elle acceptait de saigner des innocents, de tuer des gens… Cela ne voudrait-il pas dire qu’elle acceptait d’être un vampire ? Que faire ?
Et lui qui disait savoir de quoi il parlait. Etait-il passé par ce moment aussi où sa nature le répugnait ? S’était déjà-t-il posé au moins une fois un problème de conscience ?
Mais sans doute que Wynn était aussi têtu qu’Elie. Malgré l’insistance de celle-ci pour qu’il arrête cette torture, celui-ci se contenta de refuser calmement. Ce qu’il pouvait être agaçant parfois… Il se positionnait comme quelqu’un qui avait déjà tout vécu… C’était peut être le cas, mais il était loin de pouvoir comprendre tout ce qu’elle ressentait. Il n’était pas elle, autant qu’elle, elle n’était pas lui. Elle voulait qu’il arrête un peu de faire comme s’il était en mesure de compatir pour elle, ça la dégoûtait.
Il referma alors sa blessure, mais l’odeur du sang restait encore bien présente sur cette dernière. Assez pour que les sens d’Elie soient encore totalement en alerte. Wynn lui faisait encore la morale…. Il voulait qu’elle trouve la force de lutter contre ses instincts, mais avouait qu’il n’y avait qu’elle qui pouvait résoudre ce problème. Alors pourquoi ne la laissait-il pas tranquille ? Pourquoi s’acharnait-il ? Ne pouvait-il pas se concentrer sur autre chose que ce point-là ? Bien sûr le Comte lui avait ordonné… Mais puisqu’il s’agissait d’une chose qu’elle seule pouvait résoudre, cela ne changerait rien au résultat final !

Mais malgré toute la volonté dont elle pouvait faire preuve, ce désir était encore trop fort pour qu’elle puisse y résister sans armes ! Lorsqu’elle voulut une nouvelle fois attraper Wynn celui-ci se volatilisa pour réapparaître sur une branche dans un arbre. Croyait-il qu’un simple arbre allait l’arrêter ? Peu importe le temps qu’elle mettrait, mais elle finirait bien par l’attraper ! Ou bien, et là ce serait plus embêtant pour le vampire, elle changerait de cible, se mettant en tête de poursuivre un humain dans ce parc… Que ferait-il dans ce cas-là ? Il se retrouverait bien stupide perché là-haut !
Il continua sa petite discussion après s’être ainsi mis en sécurité. Croyait-il que la concentration était suffisante ? Même la pensée de sa musique n’était pas suffisante pour la retenir ! Et pourtant… Elle ne voyait rien qu’elle aimait plus que ça ! Alors que pouvait-elle faire d’autre ? Bien sûr que son effort était voué à l’échec !
Comment voulait-il qu’elle oublie cette odeur lui emplissant ses narines ! S’il n’y avait que la vue, il lui aurait suffi de détourner les yeux ! Mais son odorat aussi captait ce liquide… S’il suffisait seulement de se boucher les narines, cela aurait été bien trop simple. Une fois sentit, cette pensée l’obnubilait jusqu’à ce que sa soif soit rassasiée ! Alors l’idée même de discuter avec un humain couvert de sang était inconcevable à ses yeux. Cela ne la ferait que frémir pour lui faire perdre la raison une bonne fois pour toute !
Mais se voilait-elle la face comme il le disait ? Oui… Rien de plus sûr ! Mais il était bien plus facile de vouloir arrêter de le faire, que de l’appliquer vraiment !
Mais sa soif se calma quelque peu lorsqu’il s’essuya la main, la laissant reprendre quelque peu ses esprits. Mais bientôt son besoin de sang fit place à de la colère. Elle le foudroya du regard alors que c’était à son tour d’être attrapé par le poignet. Etait-il tellement susceptible qu’il retournait contre elle ses propres paroles. Il avait la rancune tenace ? Elle aussi…
Ils étaient ainsi semblable, aussi lâche l’un que l’autre ! Son regard croisa celui de l’homme si près du sien. Pouvait-il contrôler son esprit lui aussi ? Cette pensée la fit frémir d’horreur. Malgré tout elle soutint le regard de son aîné, suffisamment énervée pour en avoir l’audace.
Sa colère ne fit que croître lorsqu’il continua sur sa lancée. D’où se permettait-il une telle remarque ? Elle n’avait pas choisis d’être un vampire et encore moins d’être délaissée par son maître ! Assumer sa condition vampirique n’était pas aussi facile ! Elle doutait également de pouvoir un jour ne plus ressentir de culpabilité. Un vampire tuait de nature… Elle culpabiliserait de nature… Mais là n’était pas sa plus grande faute… Sa faute première était d’y prendre plaisir à cette tuerie, à ne pas y ressentir de culpabilité. Son erreur était de se laisser aller à ses instincts primaires ! Pas étonnant ensuite qu’elle se refuse ce fluide vital !
Alors en quoi cela pouvait-il être une bénédiction ? Il fallait lui montrer, car elle ne voyait ça aucunement comme tel !
Dès l’instant que le vampire la lâcha, elle voulut lui exprimer sa colère, sa main se dressant déjà dans une gifle qui se voulait retentissante, qui fut claquée dans le vent puisque le vampire se recula.


-De quoi j’ai peur ?! Tu le devines pas toi qui sait tout ?!

Elle regarda quelques instants ses mains avec colère. Depuis qu’elle était devenue un vampire, elles n’avaient de cesse d’être souillées de sang ! De quoi elle avait peur ? La réponse était tellement simple que personne ne songeait à cette évidence… Elle-même, voilà ce qui l’effrayait ! Et sans une épaule pour la soutenir, cette nature lui était encore plus insupportable ! Mais elle n’allait certainement pas se reposer sur Wynn. Elle le connaissait à peine, et il lui était si antipathique ! Comment lui faire confiance ? Elle ne l’accordait pas facilement… Pour ne pas dire jamais. Fini le temps de la naïveté… Peut-être l’était-elle en agissant comme ça, mais elle pensait l’être moins qu’en se faisant une nouvelle fois trahir !
Une fois cette conclusion faite, elle redressa le visage vers lui, un petit rictus s’affichant sur ses lèvres. Il ne se disait pas mesquin et pourtant il se montrait odieux avec elle. S’en rendait-il au mois compte ? Certes, elle non plus n’était guère très agréable avec lui, mais il le lui rendait bien ! Ainsi le regard que ramena la jeune femme sur son congénère n’eut rien d’amical !


-Et si je refuse ? Si je n’ai pas envie d’admettre ce que je suis ?


Car là était toute la question. Elle supposait qu’elle n’arriverait pas à se regarder dans un miroir plus de deux minutes…
Le ton était donné. Il allait se rendre compte maintenant à quel point la route allait être longue ! Il comprendrait enfin que tout ne serait pas aussi simple qu’il l’énonçait ! Elle était fragile en effet. Mais c’était aussi de ses faiblesses qu’elle tirait ses forces. S’était ses peurs et sa colère qui lui permettait de se défendre en cas de danger, c’était elles qui lui permettaient de se protéger quand il le fallait plutôt que de foncer tête baissée.
Il souhaitait qu’elle approche. Était-ce vraiment une bonne idée ? Elle était en colère, autant qu’elle était blessée de voir qu’il pouvait la comprendre en partie. Il mettait le doigt sur plusieurs problèmes qui la freinaient. Peut-être était-il mesquin, mais il était plutôt doué pour observer les gens. Ça ne lui donnait pas pour autant le tact pour leur adresser la parole. Elle se rapprocha tout de même de lui, bien que son expression faciale devait être peu avenante à ce lui allait suivre. Son regard était devenu glacial.
Sa feuille, pour sûr qu’elle pouvait lui faire voler ! Son couteau aussi ! Mais ce n’était certainement pas avec la méthode qui lui avait indiqué. Comme d’habitude ses sentiments prenaient le dessus sur son contrôle…


-Tu veux que je le fasse voler ta feuille ? Très bien !

Et c’est ce qui se produisit. Pas bien longtemps, certes, puisque la jeune femme ne trouva rien de mieux à faire que de lui renvoyer sa feuille en plein visage. C’était simple… Un jeu d’enfant ! Tellement plus simple de se laisser guider par son ressentiment ! Elle s’était toujours laissé aller à cette facilité, et maintenant qu’on lui pointait le doigt dessus, ça faisait mal !
Elle n’avait plus envie de jouer à ce jeu. Elle était loin d’imaginer que se former auprès de Wynn ferait ressurgir tant de choses douloureuses. Tout comme elle n’avait pas pensé que l’homme puisse être si fin observateur. Elle préférait fuir encore une fois….


-Je crois que nous perdons notre temps tous les deux, remballe ta feuille et repars chez toi, je me débrouillerai mieux seule !

Elle tourna les talons. Elle ne comptait plus répondre à ses mots laissés sur son pallier par « ses contacts ». Il pourrait bien la poursuivre dans toute la ville qu’elle n’en ferait qu’à sa tête.

-Je suis peut être lâche comme tu dis, mais toi tu n’es pas fait pour être un bon tuteur… Le jour où tu arriveras à ressentir une parcelle de sympathie pour quelqu’un, peut-être qu’à ce moment quelqu’un viendra te porter compagnie dans ta vie de grand solitaire !

Sa remarque était purement méchante. Peut-être injuste alors qu’il avait essayé de se montrer plus courtois, mais naturelle chez quelqu’un comme Elie qui avait été touché à un endroit où ça faisait mal. Sans doute en éprouverait elle quelques remords en y réfléchissant plus tard, mais il était trop tard, c’était dit. De toute façon il fallait bien lui faire comprendre que la force n’y résoudrait rien… Plus il allait tenter ainsi, plus il allait se heurter à un mur… Ses paroles abruptes, il pouvait bien les proférer… plus il le faisait, plus la jeune femme se braquait. La preuve en était ce soir alors qu’elle partait.


-Et arrête de faire comme si tu connaissais tout de moi…


Elle n’avait plus rien à lui dire à présent. Il lui semblait que le fossé qui la séparait de Wynn ne faisait que s’agrandir encore et encore, sans pouvoir parvenir à le combler. Et leurs cris n’arrangeaient rien à l’histoire…
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre du vampire demeure la rancoeur. (Elizabeth) Lun 10 Sep - 12:45

Wynn se rendait compte à présent qu'il avait surestimé Elizabeth. Elle n'était pas encore prête à assumer sa nature et encore moins sa soif de sang. Il avait joué avec le feu une fois de plus, mais qu'aurait-il pu faire d'autre? La jeune femme n'ouvrait la bouche que pour lui cracher sa rancoeur au visage, et à aucun moment elle ne lui avait fait part de quoi que ce soit. Dans un sens, son attitude était compréhensible. Elle ne connaissait pas Wynn, le détestait ouvertement et n'avait donc aucun intérêt à aller lui parler. Mais qu'elle ne vienne pas se plaindre ainsi si ses méthodes ne lui plaisaient pas. Car en aucun cas elle ne l'aidait à trouver autre chose. Si encore il avait eu l'habitude d'éduquer de jeunes vampires... Mais son refus ostensible par le passé lui portait à présent préjudice. Car il était évident qu'il n'avait aucune idée de la manière de procéder. Il avait été éduqué d'une manière si spéciale qu'il ne savait pas comment s'y prendre autrement. Si encore il avait eu affaire à un vampire calme, attentif, mesuré... Il avait hérité du total contraire, et Elizabeth commençait à l'énerver prodigieusement.

En quelques secondes, elle était passée pour lui du stade du dénis total à celui d'une personne qu'il avait à présent méchamment envie d'égorger. Pour qui se prenait-elle, cette gamine avec ses grands airs? Ce n'est pas seulement pour l'ennuyer qu'elle se comportait ainsi. Elle n'en avait pas envie. Elle ne voulait pas accepter sa nature, elle n'avait aucune envie de s'y soumettre, et c'était là le plus grand obstacle qu'elle mettait entre eux. Si Wynn n'avait pas eu la menace du bannissement au dessus de sa tête, il aurait certainement déjà abandonné et l'aurait laissé se débrouiller toute seule. Après tout, il ne lui devait absolument rien.
Mais avait-il seulement le choix? S'il baissait les bras dès maintenant, il ne tarderait pas à devoir faire ses bagages pour fuir Londres. Le vampire était prêt à devoir endurer les pires supplices, ou à se faire malmener par une impertinente enfant, mais il était hors de question qu'il fuit comme un lâche.
Wynn n'évita la gifle d'Elizabeth que parce qu'il recula. Le visage dur, il la fixa avec un agacement plus que contenu.


-Je ne devine rien du tout... Je ne comprends que ce qui est évident... Et je n'ai aucune idée de ce qui te fait peur, à vrai dire ça c'est ton problème. Si tu veux garder tes angoisses pour toi, c'est tout à ton honneur. Mais dans ce cas, arrête de me faire perdre mon temps...

Il avait pourtant décidé de faire preuve d'un peu de gentillesse, en début de soirée... D'être aimable et concilient, et même de se laisser aller à un peu de sympathie. Mais il manquait d'expérience dans ce domaine, et chaque fois qu'il avait essayé de parler gentiment à Elizabeth, le message lui avait glissé dessus sans l'atteindre. C'était bien la peine qu'il fasse des efforts... Finalement, il était bien plus doué et direct lorsqu'il s'agissait d'être odieux ou cynique.
Elle n'avait pas envie d'admettre ce qu'elle était? Grand bien lui fasse! Elle serait vite rappelée à l'ordre ou terminerait embrochée au dessus d'un grand feu. Un vampire incapable d'assumer sa nature, s'y refusant obstinément ne pouvait que mal finir. Car tôt ou tard, ces êtres là finissaient par sombrer dans les bas fonds du vampirismes et ne ressemblaient alors plus qu'à d'immondes goules assoiffées de sang et dénuées de réflexion. C'était ce qu'elle souhaitait? Elle avait donc si peu d'estime pour elle même? Finalement, Wynn calma sa colère et soupira.


-Tu peux refuser ce que tu es. Tu en as le droit, après tout, nous avons toujours le choix. Mais si tu tournes le dos à ta véritable nature, tôt ou tard elle finira par te poignarder dans le dos et ne te laissera plus d'autre alternative. C'est elle qui te manipulera. Si tu consens à l'accepter, tu seras en mesure de la dominer, et c'est là que tu arriveras à te comporter comme une humaine et non comme une bête..., répondit-il d'un ton calme.

Elle avait encore bien du chemin à parcourir... Tout comme lui, elle avait été délaissée bien trop tôt par son maitre. D'ailleurs, Wynn n'en avait jamais eu, puisque son géniteur avait fuit comme un couard après l'avoir vidé de son sang. Mais Elizabeth ignorait des choses que lui avait apprise avec le temps. Au début, il en avait voulu à la terre entière, avait caché l'immonde bête assoiffée de sang au plus profond de lui, il avait décimé des familles entières sans savoir pourquoi, simplement pour étancher sa faim et sa tristesse. Et aujourd'hui il ne ressentait plus rien. Il ne l'avouait jamais, il prétendait que sa nature vampirique avait terrassé ses émotions, mais en réalité elle n'avait fait que les exacerber. C'est parce qu'il les gardait cachées qu'il donnait l'impression de ne rien ressentir, et avec le temps il avait finit par y croire, si bien qu'il ne s'attachait jamais à personne. Mais le chagrin restait là, tapis dans l'ombre. Sinon, pourquoi aurait-il gardé un vieux portrait à la peinture craquelée et ternie par le temps, si ce n'est par nostalgie?
Contrairement à Elizabeth, Wynn ne regrettait pas son existence humaine, après tout il s'en fichait royalement. Il n'y avait que la vengeance, à ses yeux, une vengeance qui lui tiraillait l'estomac à chaque fois qu'il avait le malheur d'y penser. Il se comportait comme une véritable bombe à retardement, un homme en apparence calme et posé mais prêt à exploser s'il se retrouvait en face de son meurtrier.

Mais Elizabeth... Quelle était son histoire? Pourquoi cachait-elle ce ressentiment en elle et que cherchait-elle à accomplir? Wynn avait beau être observateur et perspicace, il n'était ni voyant ni devin. Il n'était pas en mesure de comprendre ce qui la motivait ni ce qui la bloquait à ce point. A ce niveau là, ils étaient aussi têtus d'un que l'autre. Ils avaient aussi bien trop de fierté pour laisser tomber une partie du voile qui les empêchait de se comprendre convenablement.
L'un d'eux devraient faire le premier pas... Mais lequel? Elizabeth avait cerné Wynn et savait lorsqu'il mentait. Mentir n'aurait fait qu'aggraver la situation. Et dans le sens inverse, Wynn comprenait bien des choses au sujet de la jeune femme, ce qui lui donnait bien des raisons de ne rien lui dire de plus. Elle n'avait pas tort en disant qu'ils étaient dans l'impasse et qu'ils n'arriveraient à rien...
Et lorsqu'il se prit la feuille dans la figure, Wynn en fut d'autant plus certain. Tout cela ne menait à rien. Cette semi cohabitation qui leur avait été imposée n'était décidément pas facile à vivre, et ils ne parvenaient pas à composer avec sans faire de fausses notes toutes les trois mesures.
Le vampire retira la feuille de son visage, la serra dans son poing alors qu'il sentait la colère l'envahir à nouveau. Elle avait une capacité à se montrer exaspérante qui tenait de l'incroyable. Elle lui aurait valu son respect si ce n'est pas lui qui avait été visé.
Il étouffa cependant un ricanement mauvais. Se débrouiller seule? Elle n'avait pas vraiment fait ses preuves à ce niveau là. Elle était incapable de se mesurer, et un instant, Wynn eut envie de la secouer violemment pour qu'elle arrête de se mentir à ce point.

Mais lorsqu'elle reprit la parole, il resta un moment sans voix, la regardant s'éloigner sans faire le moindre mouvement pour la retenir. Qu'en savait-elle? Il ne cherchait la sympathie de personne, il voulait simplement qu'on le laisse tranquille et qu'on arrête de l'ennuyer avec ce genre de réflexions idiotes. Il ne voulait pas qu'on lui tienne compagnie, pas plus qu'il ne voulait qu'on le prenne en pitié. Les dents serrés, il finit par se lever, sans pour autant rattraper Elizabeth. Elle venait de toucher un point un peu trop sensible à son goût. Au fond n'avait-elle pas raison? Il s'était volontairement fermé à toutes formes d'affection ou de gentillesse et s'était emmuré dans sa propre solitude. Une solitude qui tôt ou tard aurait raison de lui, qu'il le veuille ou non. Mais tant de méchanceté dans cette réflexion, acérée comme une pique brûlante qu'elle lui aurait planté dans le crâne avec une dévotion proche du fanatisme... Wynn ne s'en rendait pas compte, mais il n'était pas simplement en colère. Il était blessé. Qu'il arrête de croire qu'il connaissait tout d'elle? Mais n'était-ce pas ce qu'elle était elle même en train de faire?

En une fraction de seconde, il rattrapa la jeune femme et lui fit face. Pour la première fois, son regard était animé par autre chose que de la moquerie ou de l'insolence. Il avait là un regard bien plus humain, le regard d'un homme que l'on vient de blesser avec seulement quelques mots.


-Qui te dit que je veux la sympathie de quelqu'un? Je n'en ai pas besoin, pas plus que je n'ai besoin de compagnie. Tu ferais bien d'appliquer ce que tu viens de dire à ton propre cas. Tu ne connais rien de moi, toi non plus. De mon côté, je ne connais que ton nom. Je n'ai fais que mettre en avant ce qui me semblait évident chez toi, mais j'aurais aussi bien pu me tromper... C'était pour te faire réagir, et tu n'as pas eu la réaction que j'attendais... J'ai commis une erreur en agissant ainsi... Mais tu ne me facilites pas la tâche. Au moins maintenant les choses seront claires. Je ne chercherais pas à savoir qui tu es, et de ton côté tu te contenteras de la même chose de ma part.

Puis il passa devant elle et retourna s'assoir sur sa chère souche d'arbre.

-J'ai pourtant essayé de me montrer calme et sympathique avec toi. Je ne suis pas doué pour ce genre de choses, c'est un point que je veux bien admettre, mais tu aurais certainement plus de gentillesse de ma part si tu arrêtais de constamment t'acharner sur moi... Je ne suis pas responsable de ton malheur ni de ce que tu es, ce n'est pas moi qui t'ai ordonné d'être ici ce soir, à l'origine. Maintenant, si tu souhaites à ce point partir, vas y. Je ne sais plus quoi te dire pour que tu changes d'avis. Après tout, tu te fiches certainement du sort que me réserve le Comte si tu fais encore un pas de travers. Mais je doute qu'il te tapote gentiment la tête en te pardonnant tout la prochaine fois...

C'était dit. Il lui donnait le choix. Si la forcer à faire les choses et lui mettre sous le nez ce qu'elle détestait le plus au monde ne marchait pas, Wynn essayerait une autre alternative. Cette fois ce n'est pas lui qui déciderait des choses mais elle. Si elle souhaitait apprendre quelque chose, elle ferait demi tour. Dans le cas contraire, elle s'en irait. Le violoncelliste était fatigué de devoir chercher une solution pour la pousser à changer d'avis. Il avait essayé la force, ça n'avait pas fonctionné. A présent, c'était à elle de se décider.
Même s'il était fortement contrarié et déstabilisé par ce qu'elle lui avait dit plus tôt, il ne pouvait se permettre de faire comme elle et de partir la tête haute. Pourtant, il se sentait blessé, et ce pour la première fois depuis deux cents ans. Elle s'y prenait de la même façon que lui pour frapper là où ça fait mal, et s'il y avait bien une chose pour laquelle elle semblait particulièrement douée, c'était bien ça.
Tournant et retournant machinalement une autre feuille d'arbre dans une main, Wynn poussa un énième soupir en regardant le ciel.
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre du vampire demeure la rancoeur. (Elizabeth) Mar 11 Sep - 23:42

Elie aurait facilement rit au visage de Wynn si elle n’avait pas été aussi énervé. Ce qui était évident ? Ça ne l’était pas pour tous… Savait-il qu’il lui donnait l’impression de lire en elle comme dans un livre ouvert ? C’était une sensation très dérangeante pour quiconque avait des choses à cacher comme elle. Il devinait bien trop de choses, et en faisait les trois quart du temps les bonnes déductions ! En revanche, il semblait ne pas encore avoir compris comment se comporter face à Elie. Chaque fois qu’il voulait tenter quelque chose, il ne faisait qu’accroître la colère de la belle. Elle n’était pas facile à cerner, même son maître avait mis du temps avant qu’elle soit moins farouche avec lui. Alors il ne fallait pas s’attendre à ce qu’elle soit calme et docile face au vampire. Sans compter qu’elle n’était pas là de son plein gré…
Il lui parla de sa nature vampirique… Pouvait-on vraiment se comporter comme un humain ? Tout ce qu’elle avait pu voir de ses congénères et d’elle-même, ce n’était que ce goût pour la violence, la manipulation et la colère… Si être un vampire voulait dire attiser un peu plus les mauvais penchants humains alors il ne restait qu’une bête aux yeux d’Elie… Wynn avait-il montré un seul moment de bonté ? Un seul moment où son humanité ressortait plus que son vampirisme ? Elie n’en avait pas souvenir. Il se comportait comme s’il ne ressentait pas d’autres émotions que celles négatives… Il était ainsi difficile de croire qu’accepter d’être un monstre pouvait au final la rendre plus humaine… Son choix, quel était-il ? Finir morte car dégénérée ou bien accepter sa nature telle qu’elle était. L’alternative n’était pas brillante… Elle avait plutôt l’impression de se sentir au pied du mur… Sensation qui la braquait totalement !

Contrairement à la veille, aucun geste violent ne vint accueillir son impertinence ! Elle s’attendait à un petit traitement de choc, ou bien une petite remarque acérée. Mais rien… Elle put tourner les talons sans trouver autre chose qu’une colère affichée sur son visage… Se retenait-il sous la menace du Comte ? Si cela était le cas, il pouvait se rassurer tout de suite, Elie ne serait pas le genre de personne à aller pleurnicher dans les bras du Comte… D’autant plus que cette personne lui était encore plus insupportable que Wynn… Elle était trop fière pour s’apitoyer auprès de quelqu’un ! Et encore plus pour se cacher derrière son influence… Si elle devait se défendre, elle le ferait elle-même, mais pas comme une lâche. S’il y avait bien une chose qu’elle affrontait dans le blanc des yeux, c’était les conséquences de ses paroles et de ses actes envers autrui !
Mais il est vrai que ne pas avoir de réaction directe la déstabilisa. Elle n’avait pas eu la réaction escomptée. Elle le pensait fâché, près à la tuer dans les plus cruelles souffrances… Mais rien… Avait-elle perdu ses dons d’exaspération ? Ou bien seulement avait-elle visé au mauvais endroit ?
Tandis qu’elle s’en faisait la réflexion, le visage de l’homme revint dans son champs de vision. Relevant son regard noisette vers celui de l’homme, ce fut plus ce qu’elle y lut qui la stoppa plutôt que la présence directe de ce dernier en face d’elle. C’était donc possible… Un vampire pouvait arborer un regard si humain ? Wynn pouvait être blessé au même titre que n’importe quelle autre personne… C’était la première fois qu’il se dévoilait ainsi… Il n’arborait pas cette sorte de masque lui aussi d’indifférence, de colère ou de supériorité. Cette facette-là semblait beaucoup plus sincère.
Et ce fut sans doute la raison pour laquelle elle écouta sagement ce que l’homme avait à lui dire. Il se défendait de sa solitude, lui expliquant cela comme un choix personnel. Mais dans ce cas pourquoi avait-il été touché par la remarque d’Elie… Les choses qui nous blessent sont forcément des choses qui nous tiennent à cœur… Sa solitude n’avait pas l’air, en apparence si peu importante comme il le présentait… Au fond, elle commençait à comprendre qu’ils pouvaient peut-être se ressembler quelque part… Elle adoptait le même discours que Wynn quant aux relations sociales… La solitude était pour elle sa plus fidèle amie, et c’était ce que semblait penser son congénère.
Mais là où il l’étonnait le plus, ce fut lorsqu’il reconnut qu’il n’avait pas agi pour le mieux. Il avait de la fierté, certes, mais il savait reconnaître ses erreurs. Voilà qui dénotait d’une certaine maturité pour se remettre ainsi en question. L’homme remontait dans l’estime d’Elizabeth.

Ainsi, elle le suivit du regard, jusqu’à ce qu’il retourne s’assoir sur la souche. Et pour la première fois depuis longtemps, elle se sentit comme un enfant qu’on venait de gronder. Elle ne pensait pas regretter si tôt ses paroles. Elle avait été très cruelle dans ses dires… Alors que c’était justement ce qu’elle reprochait à Wynn… Cette façon qu’il avait de lui balancer des vérités à la figure, de mettre le doigt sur ses défauts. Elle venait de lui faire exactement la même chose ! Pourtant, elle n’avait pas un caractère méchant à l’origine… Mais c’était tellement devenu une base, une défense continuelle, que même pour une personne qui lui paraissait sympathique, elle ne pouvait s’empêcher de se montrer distante et peu encline à la discussion. Avec Wynn qui avait un caractère assez similaire, cela avait vite pris des proportions beaucoup plus grandes ! Et pourtant… Mis à part son attitude arrogante et si sûre d’elle, qu’avait-elle réellement à lui reprocher ? Le fait d’être intervenu la veille ? Elle avait beau se voiler la face, elle en revenait toujours à cette réalité… Il l’avait empêché de commettre une action qu’elle n’avait aucunement l’intention de proférer. Il l’avait sorti des griffes de cette soif obsédante, aussi barbare qu’ait été sa méthode… Tout ce qu’elle pouvait lui faire remarquer, c’était son manque de diplomatie dans ses paroles. Alors au fond, d’où venait le problème ? C’était bien d’elle et de son comportement ! Elle et de son incapacité à ne pas pouvoir entendre des vérités tout droit sortis de la bouche d’autrui ! Et cela était une réalité dure à accepter… Elle venait d’apprendre une bien amère leçon, et ce de la part d’un vampire qu’elle considérait encore il y a quelques secondes comme quelqu’un d’inhumain ! Le pire devait sans doute résider dans le fait que cela s’était fait à l’insu du vampire….

Ce regard humain avait eu bien plus d’impact que quoi que soit d’autres… Ce fut une démonstration directe de ce qu’il tentait d’expliquer, mais aussi ce qui toucha le plus la jeune femme. Outre sa culpabilité qui lui pesait sur les épaules, c’était également le premier vampire qu’elle croisait après son maître qui tentait patiemment de lui apprendre quelque chose. Et oui… elle lui crachait dessus, déniant totalement ce qu’il avait à lui offrir, rejetant avec violence cette main tendue. Peut-être était-ce parce qu’elle savait que ce geste n’était pas naturel… Ou bien était-ce dû au caractère si électrique en contact du sien de l’homme. Ou alors… et cela la tuait de l’avouer, était-ce dû à sa propre sottise ! Il avait raison, il n’était en aucun cas responsable de sa condition ! Comme tous les autres d’ailleurs ! Sans doute était-ce du mépris qu’elle ressentait envers sa propre race. Elle l’avait ensuite retranscrit sur Wynn. Il était tellement une cible idéale !
Mais il lui donnait le choix… Pour la première fois depuis longtemps, on lui laissait choisir la voie qu’elle voulait emprunter ! C’était à elle de faire ses propres choix, à elle de décider dans quelle direction elle voulait aller. Elle avait bien conscience que cela devait sans doute être la dernière fois que le vampire faisait un pas vers elle. Et contrairement à ce qu’il pouvait penser, elle n’était pas indifférente à ce que le Comte pouvait lui faire… Il était aussi coincé qu’elle, même s’il semblait pactiser avec ce dernier ce qui n’était guère pour enchanter la jeune femme ! Mais signer l’arrêt de mort de quelqu’un simplement parce qu’elle était trop imbu de sa personne ne lui ressemblait pas…

Son visage se radoucit tandis qu’elle observait l’homme. Au final, il n’était peut-être pas si mauvais que ça… Il pouvait avoir de bons côtés, même s’il avait du mal à les exprimer correctement ! Elle ne lui avait peut-être pas laissé sa chance ! Elle hésita quand même quelques instants. Ce choix serait définitif, il n’y avait pas de deuxième chance après celle-ci !
Elle opta finalement de retourner auprès de Wynn. Non sans une certaine lassitude. Elle se lassait elle-même de toujours sortir les griffes face aux autres.
Elle se laissa tomber en souplesse à côté de lui, non sans éviter de rencontrer son regard. Que pouvait-elle bien lui dire à présent ? Elle avait perdu toute sa verve en même temps que sa colère était tombée. Des excuses ? Peut-être étaient-elles appropriées ? Mais s’il y avait bien quelque chose de difficile à faire, c’était bien cela ! Un silence pesant s’installa. Elle se retint d’ailleurs à grande peine de ne pas se tordre les mains pour cacher sa nervosité. C’était embarrassant. Elle qui n’avait jamais eu à s’excuser de son comportement, c’était une grande première !
Sa voix fut hésitante, bien que pour une fois parfaitement calme et posée.


-Tu as raison… J’ai aussi ma part de responsabilité dans cette histoire et malgré notre animosité commune je ne veux pas que mon comportement porte préjudice à qui que ce soit.


Elle tourna enfin son visage vers lui. Elle avait décidé d’être franche, autant le faire en le regardant en face.

-Je ne t’aime pas, et je pense pouvoir dire que cela est réciproque… Cependant je ne ressens aucun intérêt à te voir mort. Après tout… le seul blâme que je puisse te faire est ton attitude que je trouve trop arrogante. Autant que la mienne sans doute… Qu’importe ! J’ai sans doute été quelque peu injuste avec toi… J’en suis désolée.


Elle l’avait dit ! S’il savait combien cela lui en avait coûté ! Cette dernière phrase… Ces derniers mots qui avaient tiraillé la bouche ! Mais ils étaient sincères, sinon elle ne les aurait jamais prononcés !
Les choses étaient à présent posées à plat. Même si la curiosité d’Elie était vive quant à l’histoire de l’homme, elle respecterait cette distance qu’ils avaient décidés d’établir tout deux pour le bien commun. Elle tâcherait également de mesurer ses paroles, malgré que cela promettait d’être bien difficile ! Pour ce qui était de son comportement… Malheureusement il s’agissait bien d’une chose dont elle ne pouvait pas tout promettre ! Son attitude, elle pouvait la changer, ou du moins la modérer, mais sa soif… Celle-ci ne se contrôlerait pas du jour au lendemain ! Mais après tout… Wynn n’était-il pas là pour ça ? Il était difficile de lui accorder sa confiance, mais elle était bien obligée de devoir se reposer un minimum sur lui. Sinon elle n’apprendrait jamais rien ! C’était un futur bien tortueux qui s’offrait à eux !

Elle se releva alors. Cette conversation la mettait affreusement mal à l’aise, même si elle tâchait d’intérioriser tout cela. Elle se planta devant l’homme, bien déterminée à essayer de recoller les pots cassés. Se penchant un peu vers l’homme, l’expression sérieuse elle lui demanda :


-Très bien… Je t’écoute ! Que veux-tu que je fasse ?


Elle n’aimait pas poser cette question de cette manière… Elle avait l’impression d’être un petit chien en l’attente de l’ordre de son maître. Mais comment la poser autrement ? Et puis, elle avait décidé de montrer patte blanche… Enfin, dans la mesure du possible ! L’homme devait garder à l’esprit qu’elle essaierait de calmer son caractère sanguin, mais cela ne voulait pas dire qu’il serait inexistant !
C’était un nouveau départ dans son apprentissage vampirique… Elle se demandait si chacun saurait accorder ses violons pour enfin parvenir à avancer ensemble et non l’un contre l’autre !
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre du vampire demeure la rancoeur. (Elizabeth) Jeu 13 Sep - 16:46

Toujours assit, Wynn serrait les poings en regardant fixement le ciel. Qu'il la détestait, cette faiblesse humaine qui le suivait depuis toujours... Il pouvait montrer les dents, grogner, faire ce qu'il voulait pour dire le contraire, son attitude le trahissait, et il s'en voulait de s'être laissé si facilement faire. Mais Elizabeth avait vu juste et avait brisé sa défense d'une simple pichenette désinvolte.
Certes Wynn n'avait jamais été un grand bavard, et même lorsqu'il était encore humain, il n'aimait pas beaucoup la compagnie des gens. Mais il s'était toujours montré aimable et attentionné avec sa famille et celle de sa fiancée. C'est parce qu'il l'avait perdu si facilement qu'il s'était fermé à toutes formes de sentiments. Elle lui avait été arraché sans qu'il puisse dire quoi que ce soit, elle avait été son seul rempart contre la solitude mais aussi sa plus grande faiblesse.
Il lui semblait bien plus facile de mépriser son entourage et de n'avoir pour lui que du dédain. Sans haine, sans amour, il n'y avait pas de passion, pas de jalousie, rien. Il en venait à agir comme un pantin, mais en contrepartie, il en oubliait son amertume. Pourtant, Elizabeth venait de mettre le doigt sur un détail important: Il se voilait la face et finalement, cette solitude il la subissait plus qu'il ne l'appréciait. Il l'avait choisit, mais plus par dépit qu'autre chose. C'était égoïste, mais il aurait préféré affronter l'éternité avec sa fiancée que tout seul. Il n'avait pas besoin d'être entouré de centaines de personnes pour être heureux, mais son désir de vengeance n'aurait pas été aussi vivace s'il n'avait eu aucun sentiment.

Wynn fut surprit de voir Elizabeth s'assoir à côté de lui. Il s'était attendu à ce qu'elle le gifle ou à ce qu'elle parte sans rien ajouter de plus, mais elle était toujours là. Elle avait parue sincèrement surprise en voyant le regard blessé du vampire quelques minutes plus tôt. Il aurait préféré ne pas lui montrer cette facette de sa personne, mais contre toute attente, c'est ce qui avait fonctionné. Wynn n'était pas fondamentalement mauvais. Il était cruel et aimait le sang, il était cynique et aimait se moquer, mais il n'était pas mauvais arbitrairement. S'il n'avait rien à reprocher à la personne en face de lui, il se contentait simplement de l'ignorer. Seulement avec Elizabeth, il s'y était vraiment prit comme un manche, il n'y avait pas d'autres manières de le dire. S'il avait du lui parler d'un ton mielleux en prenant des pincettes, il aurait abandonné au bout de trois phrases. Ce n'était pas dans sa nature d'être aussi hypocrite, il était franc et grognon, rien de plus. Il valait mieux ne pas le chercher au risque de provoquer sa colère, mais il avait un caractère si semblable à celui d'Elie qu'ils avaient fini par exploser tous les deux.
Silencieux, Wynn laissa la jeune femme s'exprimer, et il se contenta de sourire lorsqu'elle parla d'animosité commune. C'était une bien faible expression pour traduire leurs échanges verbaux et leurs coups de crocs.
Quand elle lui avoua qu'elle ne l'aimait pas, il ne tiqua pas plus. Il s'en était bien rendu compte, mais à l'inverse, lui ne la détestait. Il n'avait aucune affection pour elle et elle avait tendance à l'agacer d'une manière assez particulière, mais il n'éprouvait aucune haine à son égard. Quand elle aurait finie, il faudrait qu'il mette ce point au clair, ne serait-ce que par honnêteté.
Le regard du vampire ne quitta le ciel que lorsqu'Elie s'excusa. Il la regarda, les yeux écarquillés, comme s'il n'en croyait pas ses oreilles. Trois mots avaient suffit, il n'en fallait pas plus. Ils avaient été prononcés d'une voix étouffée, comme si la jeune femme éprouvait une vive douleur rien qu'en y pensant. Elle ne devait pas s'excuser souvent, et encore moins devant quelqu'un qu'elle détestait à ce point. Wynn tourna à nouveau les yeux vers le ciel en souriant.


-Il est vrai que mon attitude a pu passer pour de l'arrogance... Pour être honnête, tu as le même comportement que moi que moi à mes débuts... La différence, c'est que personne n'a eu la patience de m'expliquer certaines choses, et je ne souhaite à quiconque l'entrainement que j'ai eu. J'ai pensé que te dire les choses aussi... Violemment, c'est vrai, te ferait réagir pour que tu prennes conscience de tout ça... Bon je l'admet, je ne suis pas très doué, et un léger rire s'échappa de sa gorge. Je m'excuse aussi pour mon... Manque d'humanité, je crois que c'est le terme qui convient le mieux... comme ça nous sommes quitte!

Il eut un petit sourire en sentant peu à peu la tension redescendre. Ils ne s'entendraient probablement jamais, mais ils arrêteraient sûrement de se chercher mutuellement jusqu'à se mettre en colère. Wynn n'avait pas vraiment besoin de plus, il respectait les secrets d'Elizabeth et s'abstiendrait à l'avenir de lui parler aussi crument.

-Tu ne m'aime pas, ça je le sais. Je ne t'apprécie pas particulièrement, mais je n'éprouve aucune haine à ton égard. Il m'en faut bien plus pour détester quelqu'un...

Mais déjà Elie se levait pour lui faire face. Levant les yeux, il la regarda avec son calme habituel. Intéressant, elle prenait les devants... Il avait eu raison en décidant de lui laisser le choix. C'était à elle de choisir si elle préférait rester à son état actuel ou si elle voulait apprendre quelque chose de lui. Le vampire resta un long moment silencieux. A vrai dire, il n'en avait aucune idée... Que pouvait-il lui faire faire d'autre? Provoquer sa soif n'avait pas été une bonne idée du tout, et la maitrise de ses pouvoirs lui prendrait des mois, voire des années. Il était inutile de lui apprendre à se servir de ses crocs, il y avait goûté et était certain d'une chose: Quand elle tenait une proie, elle ne la lâchait pas. En revanche, il lui restait une chose qu'il n'avait pas encore essayé... Un sourire s'étira sur ses lèvres.

-Ta soif, je ne peux pas y faire grand chose pour le moment. Dans un premier temps, c'est à toi d'apprendre à la surmonter, je ne vais pas te museler, ça n'aurait aucun sens. Quant à tes pouvoirs, tu ne les maitrises pas si mal que ça, finalement. C'est un peu brutal, tu manques encore de finesse et tu les laisses un peu t'échapper mais soyons honnête, tu t'en sors plutôt bien. Ca viendra avec le temps, inutile que je reprenne ça ce soir. Par contre...

Il se leva, s'étira longuement et passa devant Elie sans s'arrêter. Il fit volte face un peu plus loin, près d'un grand arbre.

-Tes réflexes, ton instinct, ça je n'en ai rien vu. Et j'aurais du y penser dès le début. Alors..., puis il énuméra les règles tout en dévoilant un à un les doigts de sa main droite. Tu n'as pas besoin d'user de tes pouvoirs. Tu n'auras pas à mordre qui que ce soit, même les écureuils, interdiction de détruire le moindre arbre ici, on ne vole pas, bref, si quelqu'un passe ici, il ne doit même pas suspecter ta présence. Tu vas sûrement trouver tout cela idiot mais crois moi, c'est primordial...

Il marqua une pause, souriant d'un air espiègle qui ne lui allait finalement pas si mal. Ce sourire changeait de son habituelle mine bougonne. Il s'approcha un peu d'Elizabeth, sans pour autant lui faire de l'ombre.

-Maintenant que tu as compris, tu n'as plus que tes 5 sens et tes jambes pour t'aider... Essaye donc de m'attraper!

Puis le vampire disparut. Non pas dans un nuage de cendres comme il avait l'habitude de le faire mais simplement grâce à sa vitesse surhumaine. S'il avait donné des règles à Elizabeth, c'était pour les suivre lui aussi, et il n'userait pas de ses pouvoirs ici. Rien que les capacités hors norme propres à sa race.
Suzanne's Park était un vaste endroit peu entretenu, les arbres et autres plantes y poussaient comme bon leur semblait, et s'élevaient si haut que par endroits, on ne voyait plus le ciel. Ils avaient donc suffisamment d'espace pour évoluer et suffisamment de temps pour que Wynn se fasse une idée au sujet d'Elizabeth. Elle avait goûté à son sang, elle le trouverait sûrement plus facilement, mais c'était sous estimer ses talents d'assassin. Il pouvait se cacher des heures dans un endroit minuscule et se faire totalement oublier, la discrétion était l'une de ses plus fidèles amies.
La jeune vampire trouverait certainement sa nouvelle façon de procéder étrange, mais pour une fois, il n'y avait aucun danger apparent pour elle.

Wynn courait toujours, sautant avec agilité d'un arbre à l'autre en jetant de temps à autre des regards au sol. Elizabeth avait peut-être un avantage sur lui sur un point: Il ne connaissait pas ce parc et le découvrait à chaque pas qu'il faisait.
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre du vampire demeure la rancoeur. (Elizabeth) Dim 16 Sep - 18:42

Voilà qu’ils étaient tous les deux assis l’un à côté de l’autre à faire ce qu’ils auraient du faire dès le début… Parler ensemble et apprendre à connaître suffisamment le caractère de l’autre pour pouvoir ne pas se tirer dans les jambes… Elie découvrait un homme pas si insensible que cela tandis que ce dernier pouvait se rendre compte qu’elle n’était pas nécessairement complètement butée et qu’elle pouvait faire preuve d’une plus grande maturité. Il n’était pas toujours aisé de prendre ses responsabilités, mais Elie tentait toujours de le faire. C’était l’éducation qu’elle avait reçue… Et pourtant, elle s’en était tellement éloignée ! Elle n’osait penser ce que ressentiraient ses parents d’elle s’ils étaient toujours vivants ! Elle serait sans doute reniée… Qu’importe… Aujourd’hui ils n’étaient plus là pour la voir tomber dans cette décadence qu’avait apportée avec elle la perte de son humanité.
Pourtant elle se souvenait encore ce que ça faisait d’être blessée… Elle se sentait toujours honteuse d’avoir pu avoir un comportement aussi méchant ! Peut-être que tout n’était pas perdu ! Une simple supposition cependant, qui resterait toujours au stade d’embryon si elle ne faisait pas un pas vers l’homme.
Celui-ci l’écouta sans l’interrompre, chose appréciable. Il était toujours aussi stoïque. Cela était perturbant, décrypter ce qu’il pensait était vraiment difficile ! Il exprimait facilement la colère, mais le reste…
Alors quand celui-ci la regarda tout étonné qu’elle s’excuse, la jeune femme eut envie de rire. Elle l’aurait sans doute fait si seulement il ne lui en coûtait pas autant de prononcer ces simples mots. Il la pensait donc si fière et impulsive que cela ? Le pauvre… S’il la connaissait vraiment il saurait qu’elle ne détenait pas qu’une seule facette. Et s’il remontait dans le temps il aurait pu constater qu’elle était même loin d’être la jeune femme qu’il voyait aujourd’hui ! Mais celle-ci était définitivement morte et enterrée. Ce qu’elle avait vécu l’avait changé, elle ne pourrait jamais rattraper le passé !
Cela ne changeait rien au fait qu’elle restait incroyablement humaine malgré tout ce qu’elle pouvait penser !

Lorsqu’Elie s’arrêta enfin de parler, ce fut au tour de Wynn de prendre le relais. Elle aussi fut quelque peu étonnée de sa réaction. Peut-être s’attendait-elle à ce qu’il la rabaisse, ou qu’il se venge pour ses paroles. Mais il n’en fit rien. Ce fut une conversation d’adulte mature qui sortit de sa bouche. Lui aussi s’excusait… Il est vrai que les torts pouvaient être attribués aux deux parties…
Il lui parla aussi de l’entraînement qu’il avait subi. C’était bien là qu’il se montrait stupide. Comment demander à chacun de ne rien chercher à découvrir sur l’autre s’il attisait ainsi sa curiosité ? Quelle éducation avait-il eu ? Quel était son maître pour lui faire subir pareille chose ? Tant de questions dont elle n’avait pas le droit de demander des réponses !
Mais elle fut réellement surprise lorsqu’elle apprit que l’homme ne la détestait pas. Il arrivait encore à supporter son sale caractère sans que cela n’altère grandement ce qu’il pensait d’elle ? Bravo… Il gagnait son respect !
Un petit sourire s’afficha sur son visage. Pour le moment il ne la haïssait pas… Ca ne saurait tarder ! Non pas qu’elle le veuille particulièrement, mais c’était toujours ce qui arrivait lorsqu’on restait près d’elle trop longtemps !

Mais le temps n’était pas à la réflexion. Pleine d’une bonne volonté nouvelle, elle attendait de voir ce qui l’attendait. Elle ne pouvait s’empêcher de ressentir une certaine appréhension lorsqu’elle songeait à sa manière de faire précédemment. Comment allait-il faire pour rectifier le tir maintenant ?
L’évocation de sa soif lui fait l’effet d’une douche froide. Ne pouvait-il pas la laisser tranquille cinq minutes sur ce point ? Prière exhaussée…
Il fit même la remarque qu’elle ne se débrouillait pas trop mal avec ses pouvoirs… Elle ne les contrôlait pas, mais une chose était sûre, jamais ils ne lui avaient fait défaut lorsqu’elle en avait eu besoin.
Il sembla arrêter son choix lorsqu’il se leva pour lui faire face. Il lui annonçant alors des règles semblant lui faire tester son habilité. Son sourire espiègle fit froid dans le dos à Elie. Qu’est-ce qu’il lui inventait encore là ? Une course poursuite dans le parc ?!
Elle n’aurait pas pu avoir plus la mine déconfite qu’à ce moment-là ! Si elle s’était attendue à ça ! L’homme avait déjà disparu, prenant de l’avance. Elle resta quelques secondes plantée sur place comme une potiche, les sourcils froncés.


-Alors c’est comme ça ? Ne te plains pas si je t’attrape trop facilement, marmonna-t-elle.

Elle se concentra quelques instants sur Wynn. Avait-il oublié qu’elle avait su le trouver rapidement lorsqu’elle était arrivée dans le parc ? Elle localisa sa présence plus loin, seulement celui-ci se déplaçait sans cesse ce qui ne l’aidait pas à le retrouver précisément.
Elle s’élança tout de même à sa poursuite. Pas de pouvoir, elle ne pouvait que se baser sur ses sens surdéveloppés, et de plus, sans se faire voir par les humains. Elle allait devoir être vigilante !
Elle prenait de la vitesse, évitant les branches, contournant les arbres. Tout cela était aisé pour un vampire… Même l’obscurité ne leur posait pas de problème. Ce petit jeu était décidément bien facile…
Jusqu’à ce qu’elle se rende compte qu’il n’était déjà plus là où elle l’avait localisé… Elle aurait dû se douter que ça ne serait pas aussi simple ! Elle allait devoir tout le temps se concentrer sur l’aura du vampire !
C’est ce qu’elle fit alors qu’elle courait. Elle le sentait, il se déplaçait, vite… très vite ! Le poids des années avait eu raison de ses capacités, les développant bien plus que celles d’Elie. Il n’allait pas être aisé finalement de l’attraper… Mais ce n’était qu’un challenge aux yeux de la jeune femme. Peut-être qu’il ne le savait pas, mais elle était joueuse, et ne se laisserait pas faire par ce défi. Elle le relèverait coûte que coûte !
Son attention était tout entière sur l’homme suivant son itinéraire, la faisant se déplacer au gré de ses changements de direction, si bien que lorsqu’elle regarda la route qu’elle prit, elle vit dangereusement un tronc d’arbre s’approcher d’elle. Ses yeux s’écarquillèrent tandis qu’elle évita l’impact de quelques millimètres. Elle s’arrêta alors le cœur battant, dans un trébuchement pour regarder derrière elle. Elle était plutôt contrariée par son inattention. Il était tellement compliqué de se concentrer sur l’homme dans ses circonstances ! Elle n’était pas encore posée et certaine de ses capacités pour se permettre ce genre de fantaisie ! Sa maîtrise et surtout sa rigueur psychologique n’étaient pas encore assez développées pour qu’elle puisse en user sans aucun problème.
Le choix qui se présentait à elle était donc simple… Soit elle maintenait sa concentration et prenait le risque de se prendre à nouveau un arbre, soit elle errait au hasard à la recherche de l’homme. Elle opta pour la seconde solution. Elle n’avait pas envie de graver sur son visage toutes les rainures qui constituaient le tronc des saules et autres bois peuplant le parc ! Elle n’avait pas envie que l’homme se moque d’elle en la voyant arriver ainsi !

Commença donc son erre dans le parc. Plusieurs fois elle failli se retrouver face à face avec un humain errant. Elle se refugiait alors à l’abri dans un arbre ou derrière un tronc pour masquer sa présence. Elle avait bien retenu les règles imposées, elle ne comptait pas tricher. Elle préférait alors s’éloigner, de peur de nouveau réveiller la soif qu’elle portait en elle.
Elle continua sa route jusqu’à ce que dans le plus grand des hasards elle voit passé un jet de couleur blé. Wynn… Est-ce qu’il avait fait exprès de se rapprocher, la voyant mettre tant de temps à le rejoindre ou était-ce le plus pur des hasards ? A y réfléchir, Elie préférait la deuxième solution. Elle préférait réussir par elle-même plutôt que sur le coup de pouce de quelqu’un ! Elle se lança alors à sa poursuite ! Elle avait retrouvé sa trace, maintenant elle allait pouvoir l’attraper !
Lorsqu’elle fut suffisamment près pour voir son dos, elle bondit alors, les bras en avant prête à mettre la main sur lui ! Joli saut… mais ce fut dans le vide que ses bras se refermèrent, et le sol qui l’accueillit. Elle commençait à bien le connaître lui aussi… Elle ne se laissa pas pour autant démonter, se relevant elle repartit de plus belle, désireuse de ne pas le perdre de vue.
Il semblait bien s’amuser lui en tout cas. Et il fallait avouer que cette petite partie de cache-cache amusait beaucoup Elie. Il y avait bien longtemps qu’elle ne s’était pas lâchée ainsi, et même si elle ne s’en rendait pas compte, un petit sourire satisfait s’affichait sur ses lèvres, et son visage n’avait rien d’agressif. Elle n’était jamais détendue. Toujours sous pression… A la continuelle recherche d’une vengeance impossible ! Cette soirée lui faisait pour une fois complètement oublier tous ses soucis pour se concentrer sur un unique but… rattraper l’homme ! Elle aurait pu être une fille quelconque s’amusant dans un parc, et non Elie devant apprendre à maîtriser ses dons vampiriques… Lâcher prise lui apportait une bouffée d’oxygène dont elle n’aurait jamais soupçonné l’existence !


Elle essaya une nouvelle fois de d’attraper Wynn. Se mettre à sa hauteur était impossible, elle commençait à s’essouffler à courir si vite. Elle n’avait pas d’autre choix que de lui bondir dessus… Tentative vaine…
Se redressant une nouvelle fois l’air grognon –elle avait tendance à être mauvaise joueuse- elle le regarda courir. Il lui fallait trouver une autre tactique… Celle-ci lui vint tout de suite à l’esprit… Plus sournoise mais moins fatigante… L’homme ne courait pas toujours droit devant lui comme un débile… Et c’était sur cela que comptait jouer la belle. Lorsqu’elle le vit enfin changer de direction, elle anticipa sa trajectoire. Se mettre devant lui était une mauvaise idée. Il était bien trop facile pour lui de tourner les talons. Non… Il fallait autre chose.
Se perchant dans l’un des arbres, elle attendit la bonne occasion… Lorsqu’il passa enfin à proximité de ce dernier, elle se laissa alors tomber droit sur lui.
Victoire ! Enfin elle l’avait enfin atteint ! Et elle n’était pas prête à le lâcher, quitte à faire le drapeau derrière lui !
Un sourire victorieux s’afficha sur son visage essoufflé.


-Tu cours vite pour un homme si grand ! Mais… je t’ai eu !
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre du vampire demeure la rancoeur. (Elizabeth) Lun 17 Sep - 23:14

Wynn bondissait d'arbre en arbre, ses bottes affleurant à peine les branches. On eut dit un simple zéphyr un peu plus facétieux que les autres jouant entre les feuilles des cimes. Ce n'était pourtant pas un vampire très joueur. A vrai dire, Wynn n'était pas franchement la personne enjouée et extravertie vers qui on se précipitait lors d'une soirée pour partager quelques éclats de rire. Il ne racontait jamais rien de drôle, était cynique et désagréable, il n'aimait pas les jeux, et seule la torture pouvait encore l'amuser. Il avait toujours été bien trop sérieux, même lorsqu'il était enfant. Il ne riait pas, ne jouait pas et préférait rester des heures le nez plongé dans un ouvrage de médecine.
Malgré tout, le tournant que prenait cette soirée commençait à lui plaire. Courir ainsi sans but réel, sans savoir où il se rendait avait une certaine forme de suspense qui l'amusait étrangement. A tout moment il pouvait tomber sur Elizabeth, mais c'était ça, cette petite pincée d'adrénaline et d'inconnu qui provoquait cet enthousiasme chez lui.

Un sourire moqueur se dessina sur ses lèvres tandis qu'il sautait à terre, poursuivant sa course au sol, toujours aussi rapide. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas couru ainsi. Jadis, il passait des heures à courir pour s'épuiser suffisamment et se passer l'envie de frapper contre un mur avec rage. Aujourd'hui, il était suffisamment calme et posé pour ne plus en avoir besoin, et il avait oublié à quel point courir pouvait être une félicité.
A chaque inspiration, il sentait l'air emplir ses poumons, et il s'enivrait de cette curieuse sensation de bien être. Il était attentif à tout, chaque bruissement était identifiable. Là, un écureuil se terrait dans le creux d'un arbre en le sentant arriver. Ici, un mulot se carapatait pour rejoindre son logis. Plus loin, le bruissement d'une chouette qui se pose sur une branche. Et derrière lui, le remous calme et paisible d'un cours d'eau. Son cerveau analysait avec une minutie impressionnante chaque élément qu'il trouvait à sa portée. Ce n'est plus sur sa vue qu'il devait se focaliser. Il courait à une vitesse telle que même ses yeux de vampire ne pouvaient distinguer tout ce qui l'entourait. Il ne pouvait qu'évaluer les distances. Et c'était justement ce qu'il cherchait à faire comprendre à Elizabeth. Elle avait cinq sens humains surdéveloppés, un sixième sens affûtés, et des dons vampiriques qu'il lui fallait apprendre à exploiter. Son odorat, par exemple. Dans les arbres, Wynn humait la douce fragrance des feuilles et de la sève, au sol son nez était assaillit par le parfum lourd de l'humus, l'odeur musquée des rongeurs et celle désagréable de l'eau croupit.
Quant à son toucher, il n'en usait pas pour tâtonner autour de lui, tout se ressentit était au niveau de ses pieds, de ses appuis. Léger et agile, il sentait pourtant chaque branche et chaque feuille sur lesquels ses bottes venaient imprimer leur marque.

Tout autour de lui s'harmonisait comme la plus parfaite des symphonies. Ses pas marquaient la pulsation, le vent faisait glisser un invisible archet à la surface boisée de chaque arbre, en tirant un timbre différent à chaque fois, le clapotis d'un ruisseau au loin semblait vouloir imiter le timbre cristallin d'un glockenspiel, et tout un choeur d'oiseaux nocturnes venait parachever cette fantaisie obscure. Pas une fausse note, pas un...

Elément perturbateur. Si, justement, un seul. Un élément qui fit de nouveau sourire Wynn alors qu'il tournait la tête. Il sentait la présence d'Elizabeth. Dans cet étrange concerto qui se jouait dans sa tête, elle était la soliste. Celle qui se détache du reste, qui apporte sa fantaisie, sa mélancolie, sa joie et ses humeurs à l'oeuvre. Une soliste farouche mais néanmoins déterminée à l'attraper. Il aimait cela. Elle s'était pliée sans broncher à ses règles, et il sentait en elle la volonté de lui montrer qu'elle ne se laisserait pas si facilement démonter. Elle avait de l'énergie, elle était façonnée par la passion et l'envie, elle aimait s'affirmer et donner son avis, en cela elle était différente de lui. Wynn était un homme effacé, peu présent et spectateur de tout ce qu'il faisait. Il ne s'en rendait pas totalement compte et était loin de comprendre qu'il manquait en fait d'assurance en société, pour parler ou simplement partager un moment avec d'autres vampires.
Wynn avait beau ne pas porter Elizabeth dans son coeur, il devait reconnaître que sa ténacité et sa fierté n'étaient pas que des défauts. Le vampire la vit tomber une première fois, et il ne put retenir un ricanement amusé.

Elle n'avait ni son endurance, ni son habitude. Wynn avait parcourut des forêts inconnues à la recherche d'une chimère, d'une ombre, il avait suivit des traces infimes laissées par un vampire bien plus doué que lui. Il avait prit l'habitude de parcourir des kilomètres sans savoir où aller, et il avait acquit avec le temps la capacité d'analyser le décors autour de lui et de se focaliser sur un point particulier et non un autre. Elizabeth semblait plus pataude, mais ce n'est pas de cela qu'il se moquerait, car après tout il lui avait fallut des années avant d'être capable de tenir de longues distances sans perdre une trace. Il pourrait cependant l'aider à en prendre l'habitude.

Il sentit alors l'aura d'Elizabeth s'éloigner, mais ne ralentit pas sa course pour autant. Elle l'avait retrouvé une fois, elle pouvait bien le faire une seconde fois. Fermant les yeux, il profitant une fois de plus de l'air nocturne, de cette sensation de liberté qu'il ressentait soudain. Il l'avait sentit dans l'aura d'Elizabeth, elle aussi semblait trouver cette petite activité agréable, finalement. Il leur fallait peut-être ça, pour se détendre après les incidents de la veille et du début de la soirée.
Plongé dans ses pensées, Wynn ne fit pas attention où il allait, et c'est lorsqu'il sentit la présence d'Elizabeth tout prêt de lui qu'il comprit qu'il lui fonçait pratiquement dessus. Bifurquant vivement, il repartit dans la direction opposé. Il eut juste le temps de la voir tomber une nouvelle fois, et éclata de rire. Ce n'était plus le rire mesquin ou désagréable dont il usait régulièrement mais bien un éclat de rire spontané, volontaire et qui n'avait rien de moqueur. Il était simplement amusé. Amusé de la voir s'accrocher à ce point pour l'attraper. Et il jouait le jeu, tout comme elle.
Wynn était un assassin, silencieux et discret comme une ombre. Il était capable de rester accroupit sur une poutre pendant des heures en attendant que sa prochaine victime passe à portée de sa lame. Là, il aurait pu se cacher dans un arbre et attendre patiemment, ou dans le creux d'un rocher, mais il préférait rester une cible mouvante, à la manière d'un feu follet.

Riant toujours, Wynn reporta son attention sur le chemin qu'il empruntait, et parce qu'il avait relâché sa vigilance, il se rendit compte trop tard qu'Elizabeth n'était plus derrière lui mais au dessus de lui.
Lorsqu'elle lui tomba dessus, il manqua de tomber mais se rattrapa comme il pu en sautant sur un rocher, sans pour autant arrêter sa course. Hoquetant en portant les mains à son cou, que la jeune femme tenait fermement, il tenta de lui faire lâcher prise.


-Elizabeth... Tu... M'étrangles, là! Dit-il d'une voix étouffée.

Comprenant qu'elle n'avait pas l'intention de le lâcher, Wynn eut un rictus mauvais et s'arrêta brusquement, sans prévenir.


-Tu veux la jouer comme ça...? Très bien!

Et il s'élança à tout vitesse vers un énorme chêne, tenant fermement les mains d'Elizabeth pour qu'elle ne tombe pas. Le tronc centenaire avait prit possession du lieu en enfonçant ses racines au plus profond de la terre. Il était si gros qu'il aurait fallut trois hommes adultes pour l'enlacer, et ses branches épaisses s'étiraient au loin, comme si l'arbre avait voulu toucher chacun de ses frères. Il était en tout points imposants. Et le vampire se dirigeait sur lui, comme s'il avait voulu tester sa propre résistance face à celle d'un arbre immense et bien implanté dans la terre. C'était peine perdue. Il allait prendre l'arbre de plein fouet, et Elizabeth avec lui. Tout deux finiraient le crâne explosés contre le bois, et l'arbre ne ferait que gémir face à l'impact mais ne bougerait pas d'un centimètre.

Ricanant, Wynn attendit le dernier moment pour poser un pied sur le tronc et s'élancer vers la cime de l'arbre. Il n'avait jamais eu l'intention de percuter l'arbre, il voulait simplement faire une mauvaise plaisanterie à Elizabeth. Si elle avait été capable de lui faire un minimum confiance, elle aurait comprit. Wynn grimpa sans trop d'encombre et s'arrêta sur une grosse branche bien solide. Ici, les feuilles étaient peu nombreuses, et l'on pouvait voir une partie de Londres vu d'en haut. Les lumières des quartiers animés dansaient au loin, les pavillons résidentiels dormaient du sommeil du juste, et il n'y avait pas âme qui vive dans le quartier où les vampires se trouvaient.


-Tu veux bien me lâcher, maintenant? Je commence à manquer d'air...

Il hoqueta et se laissa tomber sur la branche une fois libre. Là, il reprit sa respiration, les joues roses de gêne et à cause de l'effort. Il n'avait pas fait cela depuis bien longtemps. Courir aussi longtemps et grimper aux arbre... Il avait oublié à quel point cela pouvait être jouissif et fatiguant à la fois. Soupirant profondément, Wynn resta un long moment silencieux, observant la ville qui se découpait à ses pieds. Perdu dans ce parc, invisible aux yeux de tous, il se sentait bien plus libre qu'entouré de dizaines de personnes au milieu d'un salon. Il s'y était fait, à cette solitude, à ce besoin d'être seul, et même si parfois elle pesait lourd sur ses épaules, elle n'était pas si oppressante.

-Tu as réussis à m'attraper, c'est vrai... Tu es plus douée que je le pensais! Dit-il avec un sourire malicieux. J'aurais peut-être du me cacher quelque part et attendre que tu me trouves... Mais je trouvais ça plus amusant comme ça. Tu vois, finalement je ne suis pas un tyran! Enfin... Pas totalement!

Il lui sourit avant de se tourner à nouveau vers le décors qui s'offrait à lui. Wynn aurait du songer plus tôt à ce genre de petite course improvisée. Il se sentait plus serein qu'à l'accoutumée, et son esprit s'était vidé de tout. Il n'avait pas réellement conscience qu'il montrait son véritable visage à Elizabeth. Le visage de celui qu'il avait été avant d'être un vampire. Un homme certes renfermé et peu enclin à la discussion, mais pas un homme mauvais, finalement. Ce n'est parce qu'il était un vampire et un assassin, qu'il aimait le sang et les meurtres. Car au fond, il n'avait rien d'un psychopathe et plutôt tout d'un sociopathe. Il fallait seulement prendre le temps de l'observer pour saisir la nuance.
Regardant un long moment Elizabeth, il hésita à lui poser la question qui lui brûlait les lèvres. S'il commençait à s'intéresser à son comportement, s'il posait des questions, elle voudrait sûrement en savoir plus sur lui... Mais après tout, il lui avait dit qu'il ne chercherait plus à la tester pour deviner les choses lui mêmes... Il pouvait bien lui poser quelques questions... Elle pourrait y répondre ou choisir d'éluder...


-Tes réflexes ne sont pas trop mauvais. Mais tu sembles avoir encore du mal à percevoir tout ce qui t'entoures, à te focaliser sur un point et le suivre aveuglément en faisant confiance à tes sens, je me trompe? Oublie que tu as des yeux, ils sont trompeurs et c'est eux qui te feront chuter. En revanche, si tu te fies à tes oreilles et à ton odorat, tu verras que les choses seront bien plus faciles!

Finalement, Wynn invita Elizabeth à s'assoir à côté de lui en désignant la branche. La curiosité lui avait joué bien des tours par le passé, mais qu'avait-il à perdre de plus, de toute manière?

-Il y a quelque chose que j'ai du mal à comprendre... Pourquoi attaques-tu sans arrêt avant de chercher à comprendre? Tout à l'heure, j'avais à peine le temps de dire quoi que ce soit que déjà tu attaquais... Quand tu es arrivée, je n'ai pas ouvert la bouche. Tu as piqué d'entré de jeu, sans détour... J'ai du mal à saisir pourquoi tu réagis comme ça...?

Penchant la tête sur le côté, Wynn observa Elizabeth. Pour la cerner et pour savoir comment l'éduquer à l'avenir, il avait besoin de mieux la connaître, d'en savoir un minimum sur son caractère et ses motivations. Il n'avait pas besoin qu'elle lui raconte sa vie, lui non plus n'aimait pas raconter la sienne. En revanche, il aimait savoir sur quel pied danser lorsqu'il se trouvait face à une nouvelle partenaire...
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre du vampire demeure la rancoeur. (Elizabeth) Mer 19 Sep - 0:48

Les vaines tentatives de la jeune femme semblèrent beaucoup amuser Wynn. Malgré ses échecs, ce dernier ne se donnait pas la peine de ralentir pour autant. Au contraire, cela semblait lui donner plus d’entrain, le faisant partir dans un éclat de rire… Celui-ci devenant de plus en plus spontané… Comme si le vampire lâchait prise lui aussi durant cette folle course. Au final cet exercice n’était peut-être pas simplement une leçon pour Elie mais pour Wynn également. Il semblait assez évident qu’il ne devait pas souvent avoir ce genre de comportement et bien évidemment Elie le préférait largement comme ceci… Il lui rappelait comment un vampire pouvait être parfois. Ce visage humain sous ce masque de monstre… Il était la représentation de ce qu’il tentait de lui expliquer. Et, bien malgré lui, il pouvait se montrer plus sociable qu’il ne le pensait. Il devait bien avec Elie… S’il ne voulait pas la braquer, il devait mettre de l’eau dans son vin. Adieu sa solitude, adieu sa tranquillité, il allait devoir transformer sa partition de soliste en un duo mélodieux. Leurs accords allaient devoir s’harmoniser sans chercher à ce que l’un domine l’autre. Une partition qui n’était pas encore écrite, mais qui s’annonçait difficile à composer !
Et pourtant, malgré les couacs du début ils semblaient repartir sur de bonnes notes que cette course poursuite ne rendait que plus coordonnées.

Les pas de la jeune femme étaient loin d’être aussi assurés que ceux de Wynn. Elle ne s’aidait que de sa vue pour la guider. Une réaction bien humaine… Elle peinant encore beaucoup à prendre conscience que son odorat, son ouïe et son touché était beaucoup plus développés que la moyenne. Elle ne prenait pas le temps de sentir sous elle les branches craquer lors de son passage, du vent s’engouffrer dans ses cheveux, du bruit d’un hibou au loin hululant avec bienveillance. Non… Elle ne se concentrait que sur sa vision et cette action de courir. Il lui faudrait bien du temps pour apprendre à développer le reste…
Et c’est ce qui lui faisait principalement défaut, autant que l’écart d’expérience entre elle et l’homme. Mais elle put compter sur une ruse ainsi que l’inattention de l’homme pour pouvoir enfin en venir à bout. Et sa manœuvre fut vouée à la réussite puisque l’homme sembla surpris. Elie crut bien finir avec l’homme dans les ronces si celui-ci ne s’était pas rétablit finalement d’un bond. Elle ne s’en agrippa qu’un peu plus au cou de l’homme jusqu’à ce qu’il lui fasse la remarque qu’elle l’étouffait. C’était ça ou… il repartait pour un tour. Et de toute façon l’homme ne lui laissa pas beaucoup l’occasion de réagir. Il s’arrêta brusquement la précipitant brusquement contre lui. Elie eu même l’impression de s’être cognée contre un roc. Il avait des épaules solides ! Elle poussa un hoquet de surprise.
Elle allait lui demander ce qui avait bien put lui passer par la tête lorsqu’il lui saisit les mains et partit à toute vitesse vers un grand chêne. Vampire… chêne centenaire… Le combat était perdu d’avance ! Aux yeux d’Elizabeth aucun doute qu’ils finiraient tous les deux broyés contre l’arbre ! Elle lâcha immédiatement prise, cherchant à se débarrasser de l’emprise de l’homme. S’il voulait s'exploser contre ce chêne, c’était son problème, mais qu’il n’embarque pas Elie avec lui !


-Wynn ! Que… ? Stop !


Mais il ne l’écoutait déjà plus, et l’arbre était déjà si proche ! Dans un réflexe de protection, elle rentra la tête dans les épaules, ses bras se serrant comme un étau autour du cou de l’homme. Et c’est ainsi recroquevillé contre l’homme les yeux fermés pour ne pas voir l’horreur qui allait se produire qu’elle se prépara à l’impact… Qui ne se produit pas ! Elle se sentit tout d’un coup projeté avec l’homme, et quand elle rouvrit enfin les yeux put s’apercevoir qu’il suivait le tronc de l’arbre plutôt que de copiner avec ! Elle ne lâcha pas pour autant son étreinte, et ce fut lorsqu’ils furent tous deux biens postés sur une branche que Wynn lui fit à nouveau la remarque. Elle regarda vers le bas. Ainsi accrochée, elle ne touchait même pas la branche… Elle ne put s’empêcher de pester intérieurement… Trop grand, il était trop grand ! Mais elle consentit tout de même à le lâcher, retomba souplement sur le bois. Son cœur battait encore à tout rompre de cette soudaine adrénaline. Elle en avait même elle aussi les joues rosies par l’essoufflement.

-Idiot… Tu aurais plutôt mérité de finir étouffé entre mes mains !


Remarque purement taquin ! Si elle devait en vouloir à quelqu’un, c’était plutôt à elle et sa grande stupidité ! Comme si un vampire aussi vieux que lui avait soudainement envie de finir sa vie broyée contre un arbre ! Elle était décidément bien idiote et cet homme la manipulait à sa guise bien trop facilement ! Il n’y avait pas de doute qu’elle avait dû faire le jeu de Wynn ! Il semblait l’avoir suffisamment comprise quelque part, pour pouvoir si facilement s’amuser de ses réactions !
Elle se laissa aller dans un soupire contre le tronc d’arbre. C’est seulement à ce moment qu’elle prit le temps de regarder ce qui l’entourait. De cet endroit, elle pouvait voir une partie des toits de Londres. Malgré quelques quartiers animés à cette heure avancée de la nuit, Elie voyait cette image d’un œil morose… Personne dans les rues… Peu d’agitation, pas de vie… Comme une ville morte, comme si sa transformation vampirique l’avait condamné à vivre dans le silence et le calme.
Elle s’en détourna ainsi bien vite pour se concentrer sur Wynn. Ils ne devaient pas voir la même chose tous les deux, ou du moins par l’interpréter de la même façon… Là où Elie n’avait trouvé que désolation, le vampire quant à lui avait retrouvé son calme et cette sérénité qui lui était propre. Il semblait être attaché à ce genre de moment, après tout, elle l’avait bien trouvé en train de regarder les étoiles en l’attendant.
Cet homme l’intriguait. Tel un lunatique, il semblait avoir plusieurs humeurs, mais celles-ci s’apparentaient plutôt à des masques, qui, tel que le font les acteurs, seraient remplacés en fonction des évènements. Il était déstabilisant pour Elie de se trouver devant une personne fonctionnant comme elle le faisait. Jouer de son image, n’être qu’apparence… Mais qui se cachait sous ce terrible jeu de devinette ? Elie pensait toucher la réponse du bout des doigts mais celle-ci s’envolait aussi vite qu’elle était venue… Il lui faudrait beaucoup de temps avant de découvrir qui se cachait vraiment derrière ce mur de glace. Cette solitude n’était-elle pas là, tout comme celle d’Elie, pour masquer son être profond ?

Le silence persista jusqu’à ce que Wynn reprenne la parole. Une remarque qui amusa d’ailleurs beaucoup la jeune femme, lui arrachant un sourire malgré elle. Oui… il n’était peut-être pas totalement un tyran… Mais il n’était pas tout blanc non plus… Elle avait bien compris que cet homme était tout dans la retenue, celle-ci devant cacher une colère, une douleur bien plus vivace encore que ce qu’il avait laissé paraître. Il lui semblait être une bombe à retardement, une personne qui, lorsqu’elle serait arrivée à bout, serait plus terrible encore que ce qu’il pouvait être volontairement. Elie en savait quelque chose… Sa colère n’était jamais retombée… le jour où elle arriverait à son apogée, où tous ses sentiments seraient trop exacerbés, elle ne savait pas si elle tomberait dans la plus pure des folies, ou se roulerait par terre de désespoir. Elle espérait enrayé le problème avant qu’il ne se pose réellement à elle…
Elle chassa cependant toutes ses sombres idées de son esprit pour se concentrer sur la conversation actuelle.


-Peut-être…

Elle avait lancé cette réplique, pleine de sous-entendus… Lesquels ? Etait-ce une affirmation, ou un doute ? Elle laissait l’homme seul juge… C’était lui le plus enclin à savoir s’il était si tyrannique que cela ou non…

Il commenta ensuite tout de même ce qu’il avait pu relever de cet exercice… Car après tout, et il ne l’avait pas oublié, cette petite mise en jambe avait surtout été un test pour évaluer les capacités d’Elie. Malheureusement il semblait que la route était encore longue avant qu’elle ne puisse le réussir parfaitement… Il avait parfaitement raison. Cela arracha une grimace à Elie. Mais retirez la vue à une personne et elle perdra, dans un premier temps, l’équilibre… C’était la même chose pour la jeune femme. Elle se fiait beaucoup à ses yeux, au détriment de ses autres sens. Elle n’avait pris le temps de faire attention à ce qui l’entourait autrement qu’avec eux. Son ouïe, le seul moment où elle en employait toute sa puissance était sans doute lorsqu’elle faisait de la musique… Mais après ? Le monde n’était pas seulement une image… Il y avait aussi des sons, des goûts et des odeurs qu’il lui fallait découvrir… Après les utiliser pour améliorer encore ses capacités vampiriques étaient autre chose… tout comme leur faire confiance les yeux fermés !
Elle hocha la tête pour lui signifier qu’elle avait bien compris ses paroles. Qu’ajouter de plus ? Qu’elle était totalement novice en la matière ? De ça, il avait pu se rendre compte lorsqu’il ricanait alors qu’elle peinait à le rattraper…

Il lui fit alors signe de la rejoindre à côté de lui. Après une hésitation, et un froncement de sourcil, la jeune femme fini par s’exécuter. A vrai dire, elle se méfiait encore de ce qu’il pouvait bien lui vouloir, même si le dernier exercice s’avouait finalement être une réussite.
Et elle eut raison de se méfier, même si le danger ne venait pas de ce à quoi elle s’attendait, mais plutôt sous l’apparence d’une question. Son agressivité… Gros point noir dans son caractère, une facette d’elle qui ne comprenait. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle était créée, qu’elle n’existait que pour repousser les autres… Et non par réel besoin de l’être.
Elle tourna son regard vers celui de l’homme et prit le partit d’afficher un sourire moqueur, fabriqué de toute pièce, pour lui répondre d’une voix ironique :


-Parce qu’il y a besoin d’une raison pour expliquer le caractère de quelqu’un ?

Elle détourna les yeux pour de nouveau le fixer sur Londres. Elle ramena l’une de ses jambes contre elle, laissant sa jumelle se balancer dans le vide.
Avait-elle vraiment envie de lui répondre ? Non… A personne, jamais… Et pourtant elle sentait s’abattre sur elle une grande lassitude. Il était pesant de toujours devoir mentir…
Le silence dura encore quelques instants avant qu’elle ne reprenne sérieusement, son regard planté vers un point fixe dans la cime des arbres.


-C’est juste… plus facile. Tu n’es pas le seul à tenir à ta solitude… Pas de peine, pas de trahison, aucune enclave…

Elle ne serait pas plus claire sur ce point. Elle n’avait pas envie de lui expliquer le pourquoi du comment elle en était arrivée là. Il devait déjà s’avouer heureux d’avoir eu un début de réponse ! Si cela pouvait l’aider à la comprendre, grand bien lui fasse… Elle, elle n’en voyait pas l’utilité ! Son agressivité était une arme dont elle usait tellement souvent qu’elle faisait partie intégrante de son caractère maintenant… C’était comme expliquer pourquoi être timide ou bien jaloux… Ca ne s’expliquait pas, c’était juste comme ça…
Mais la conversation prenait un tournant qu’Elie trouvait trop personnel. Il mettait en danger ce qu’elle cherchait à cacher par tous les moyens… Non… Il était temps de passer à autre chose… ou disons, à un autre individu !

Elle se pencha vers lui, abandonnant son sérieux pour affiché un petit sourire inquisiteur.


-Mais dis-moi… N’aurais tu pas brisé une règle que tu avais toi-même instaurés ?
Elle laissa un petit temps d’arrêt pour laisser l’idée et ses conséquences bien s’immiscer en l’homme… Cela veut-il dire que je peux te poser des questions moi aussi ?

Elle se redressa dans un petit rire amusé. Elle n’allait pas se priver… Après tout, puisqu’il avait lancé le sujet… Elle aussi avait envie d’étancher sa soif de curiosité…


-Qui es-tu vraiment Wynn Leichenhalle ? Pourquoi aimes-tu la solitude alors que ta propre attitude m’indique clairement qu’elle t’est autant une bénédiction qu’un fléau ?

Elle avait tapé fort… Elle savait bien que sa question devenait très personnelle, mais après, n’avait-il pas lancé ce jeu tout en sachant qu’il pourrait y en avoir des conséquences ? Après tout… le couteau n’était pas sous sa gorge, et même si elle brûlait d’envie de savoir les réponses à ses questions, elle comprenait très bien le fait que l’homme ne réponde pas, puisque c’est ce qu’elle aurait fait face à ce genre de questions…
Elle énuméra ensuite ses doigts tout en parlant :


-Et puis... Quel était donc ton entraînement pour que tu sois aussi démuni pour apprendre les bases vampiriques à un novice ? Ton maître était-il lui aussi en quelque sorte un tyran pour te faire subir pareille chose ? Et..., un sourire cynique s'afficha sur ses lèvres, Quel est donc la nature de ton engagement envers le Comte pour que tu te montres à la fois si complaisant mais aussi insolent face à lui ? Tu n'as pas l'air de le porter beaucoup dans ton cœur et pourtant il semble te détenir dans le creux de sa main...


C'était une avalanche de questions... Et pourtant... elle était à la mesure de la curiosité qu'avait éveillé l'homme à l'encontre de la jeune femme...
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre du vampire demeure la rancoeur. (Elizabeth) Mer 19 Sep - 21:53

Elizabeth avait eut la réaction que Wynn imaginait: Elle l'avait cru, ne serait ce qu'un instant, lorsqu'il s'était élancé vers l'arbre. Et c'est ce qui l'avait tant amusé et le faisait encore rire. Il était loin d'être suicidaire, mais il avait trouvé cela très drôle de le faire croire à la jeune femme. Il n'avait pas agit de la sorte depuis bien longtemps... Finalement, se laisser aller un peu à l'amusement ne lui faisait pas de mal, même s'il retrouvait rapidement son sérieux.
Elie n'avait pas tort, il jouait un peu trop la comédie pour avoir l'air honnête. Mais c'était plus fort que lui. A quoi bon engager la conversation avec quelqu'un s'il n'en avait rien à faire, s'il se fichait totalement de sa vie et de ses projets? Au premier abord, c'est ce qu'il se disait à chaque fois. Il s'était dit la même chose en voyant Elizabeth pour la première fois. A quoi bon chercher à connaître une femme qui le laissait profondément indifférent et à qui il n'avait pas envie de parler? Pourtant, il avait passé deux soirées avec elle, et déjà il se posait énormément de questions sur elle. Qui elle était, pourquoi elle en était arrivée là, que lui était-il arrivé? Une étrange forme de curiosité s'était insinuée en lui, remplaçant son habituel caractère morose.

Dans un sens, Wynn n'aimait pas la tournure que prenaient les évènements. Il se montrait trop transparent avec Elizabeth, il l'invitait à être curieuse elle aussi et à poser des questions... Elle ne pouvait que s'engouffrer dans la brèche qu'il avait lui même ouvert, et découvrir bien plus de choses à son sujet. Ce n'est pas tant raconter son histoire que risquer de mieux la connaître, qui ennuyait Wynn. Il n'avait pas envie de s'attacher à qui que ce soit, même de manière infime, pour ne pas ressentir à nouveau cette angoisse, ne pas avoir l'impression d'être suivis en permanence par deux yeux gris et froids au regard cruel. Pour rien au monde il ne voulait sentir à nouveau son géniteur lorgner sur lui et son entourage. Wynn n'aimait pas plus Elie qu'elle ne l'aimait lui, mais il ne voulait pas se sentir responsable de ses ennuis si ce vieux fou venait à nouveau le tourmenter. Ce vampire avait bien comprit que pour atteindre Wynn, il était inutile de chercher à lui arracher les membres un à un, il fallait frapper plus fort et plus sournoisement.

Tournant les yeux vers Elizabeth, le violoncelliste la regarda un moment. Elle ignorait tout de ses plus sombres secrets, mais à trop le côtoyer elle finirait par les effleurer de si près qu'il ne pourrait plus les dissimuler... Que ferait-elle, si elle avait conscience de son passé? Le plaindrait-elle? Ca non, elle ne semblait pas être du genre à s'épandre comme une jouvencelle éplorée. En jouerait-elle pour le faire tomber? Quelque chose lui disait que la jeune femme était peut-être agressive et farouche, mais pas sournoise à ce point. Dans le doute, Wynn préférait dissimuler au moins ses secrets. Il n'en avait fait part à personne, pourquoi commencer maintenant? Mais il était las. Las de mentir au monde, las de se mentir à lui même, d'arborer un masque qui devenait de plus en plus lourd à porter et qui peu à peu enfermait son visage dans un étau. Bientôt, il suffirait d'une pichenette pour voir ce masque voler en éclats, et sa véritable personnalité exposerait alors son hideuse face meurtrie au reste du monde. Une blessure purulente et infectée par la haine depuis deux siècles et demi, un mal qui ne cesserait de le ronger qu'une fois sa vengeance assouvie. Et ensuite... Que ferait-il? Il n'aurait plus personne à haïr, plus personne à pleurer, et certainement pas quelqu'un à aimer. Wynn préférait ne pas penser à cet après. Car il était teinté de néant et d'abandon, un avenir nu et stérile qui n'avait aucun intérêt à ses yeux. Finalement, il était dominé par la haine et le ressentiment, il n'y avait ni passion ni envie chez lui. Cette haine brûlait ardemment en lui, mais quand il n'y aurait plus rien pour alimenter ce feu, que lui resterait-il? Des regrets, de la honte... Peut-être se laisserait-il alors aller aux larmes, mais il doutait tout de même.
Wynn chassa vivement ces pensées qui venaient assombrir son visage pourtant si détendu quelques minutes auparavant.


-Peut-être? Comment ça peut-être? Demanda-t-il avec un sourire malicieux.

Une fois qu'Elizabeth se fut assise à côté de lui, Wynn put enfin lui poser la question qui lui brûlait les lèvres. Sa réponse lui arracha un sourire tandis qu'il hochait la tête. Après tout elle avait raison. On ne pouvait guère expliquer ou interpréter un caractère, même lorsqu'il était aussi étrange que le sien. Et elle partageait le même sentiment que lui au sujet de la solitude. Seul, on n'avait pas à souffrir des séparations ni des trahisons, on ne connaissait ni l'hypocrisie des proches, ni les entraves d'une relation... Il y avait des bons côtés à tout cela, mais valaient-ils seulement la peine de vivre l'éternité tout seul? Wynn ne s'était pas posé ce genre de questions depuis bien longtemps. Elizabeth avait tout de même réveillé plus que de la colère et du mépris en lui. Elle avait ravivé les quelques bribes de sentiments humains qu'il avait, et il ne pouvait pas la blâmer pour ça.

Mais déjà, la jeune femme se penchait vers lui avec un sourire moqueur. Instinctivement, le vampire recula légèrement en fronçant les sourcils. La suite n'allait pas lui plaire du tout... Mais il ne trouva rien à dire lorsqu'elle mit le doigt sur un fait pourtant évident: Il avait posé les questions le premier, c'était à lui d'en faire les frais à présent. Il se mordit la lèvre de dépit. Il aurait du garder ses pensées pour lui, il aurait échappé à cet interrogatoire... Il ne pouvait pas se défiler sous peine de se voir reprocher une fois de plus son attitude. S'il instaurait des règles, il se devait de les respecter lui aussi... Même si cela lui coutait.
Après tout, il n'était pas obligé de répondre en détail à Elizabeth, il pouvait être aussi évasif qu'elle l'avait été. Il marqua un long silence, la tête penchée vers le sol. Il trouvait soudain que ses bottes noires avaient un intérêt tout particulier. Il se demandait en quelle matière elles étaient faites... Du cuir, sûrement... A vrai dire il ne s'était jamais posé la question... Car il ne s'était pas retrouvé dans une situation aussi embarrassante depuis bien longtemps.
Que pouvait-il lui répondre? Qu'il avait choisit de se fermer au monde après la mort tragique de sa fiancée, égorgée sous ses yeux par un vampire sanguinaire qui avait fait de lui ce qu'il était aujourd'hui? Au quoi bon... Il n'aimait pas parler de ça. Chaque fois il revoyait le regard terrifié de son Elizabeth juste avant que le vampire ne plonge ses crocs dans sa chair... Il n'aimait pas cette image...
Finalement, c'est après deux longues minutes de silence que Wynn se décida enfin à reprendre.


-Tu n'as pas une petite idée...? On fait rarement le choix de vivre en solitaire... Souvent, c'est à cause d'une séparation, ou parce que l'on ne veut pas avoir à subir de perte...

Et oui... Il éludait la question. Il y répondait en partie, car en parlant ainsi il se mettait en avant. Il avait en effet perdu quelqu'un, et il avait été séparé d'elle. Mais n'en dirait pas plus. Le ton morne de sa voix suffisait à faire comprendre à Elizabeth que le sujet le touchait toujours de prêt. Il n'aimait pas se plaindre, et encore moins à une femme qu'il ne connaissait que depuis deux jours. Il faudrait lui ouvrir le crâne et farfouiller dans son esprit pour connaître toute la vérité.
Il haussa tout de même les épaules avant d'ajouter.


-Je n'ai jamais beaucoup aimé la compagnie des gens, de toute manière. En général, je préfère les écouter que leur parler... Mais je serais un menteur si je n'avouais pas que tu as peut-être en partie raison...

Sa phrase mourut dans un murmure, puis il se tut. Il n'avait pas très envie de s'étendre plus là dessus et pourtant, prononcer ces quelques mots ne lui avait pas fait tant de mal, finalement.
Sa mine morose se fendit d'un sourire lorsqu'Elizabeth reprit ses questions. Il éclata de rire en la voyant s'animer ainsi. Qu'elle était curieuse... Elle voulait en savoir plus? Il n'y avait pas grand chose à savoir de lui... C'était un assassin, un homme qui aimait tuer contre de l'argent, un vampire qui appréciait le goût du sang et de la mort, mais aussi un personnage distant et effacé, qui n'aimait pas s'imposer. Il aimait observer, chercher et pouvait s'avérer être un informateur redoutable. Il excellait dans son métier, mais il avait de bien grosses lacunes en matière de dialogue et de vie commune. Un instant il eut envie de se lancer dans de longues explications. Il ouvrit la bouche, prêt à dévoiler tout ce qu'il avait sur le coeur, mais rien ne sortit. C'était idiot. A quoi bon passer une heure à raconter une vie passée à Elizabeth?
Il soupira, souriant toujours, et se tourna vers la jeune femme.


-Quelle curiosité... Je ne t'ai posé qu'une seule question, il me semble... Mais soit. Si tu veux que les choses fonctionnent de cette manière, allons y. Mon entraînement... Ca ne t'apportera pas grand chose de le connaître..., il marqua une courte pause, avant de décider de tout de même lui en faire part. Je n'ai pas de maitre à proprement parler. Le vampire qui m'a transmis son pouvoir est un lâche qui s'est enfuit juste après m'avoir offert son sang. Il ne m'a rien apprit, ce sont les vampires de mon clan qui s'en sont chargés. Et puisque tu tiens tant à le savoir, pour m'apprendre à me contrôler, ils m'ont enfermé dans une cave, entouré d'humains se vidant de leur sang, pas une seule fois il ne détourna le regard, incroyablement serein. C'est une façon de faire assez... Radicale... C'est pour cela que je n'ai pas su comment m'y prendre avec toi. Le reste je te l'épargne, il n'est guère plus agréable à entendre. Je n'ai jamais enseigné quoi que ce soit à un autre vampire, je ne suis pas très bon pédagogue... Là où j'ai été éduqué, on te fait mordre la poussière chaque nuits, on te fait user de tes pouvoirs jusqu'à en tomber d'épuisement... C'est un entraînement drastique mais qui fait ses preuves... Dans une certaine mesure.

Wynn se pencha vers Elizabeth, son visage à quelques centimètres du sien. Sa voix se fit murmure et son sourire énigmatique.

-Imagine toi dans cet environnement... Cinq jours et nuits enfermée avec sous ton nez du sang à profusion que tu as l'interdiction de boire... Puis lâchée en pleine nature à l'orée d'un village, avec pour mission de trouver toi même ta propre nourriture... Sans te faire remarquer. Tu n'as pas droit à l'erreur, et tu ne dois en tuer qu'un seul...

Puis il se redressa en haussant de nouveau les épaules.

-Crois moi, après ça je n'ai plus jamais été submergé par l'envie de boire à la gorge de qui que ce soit. Mais je ne dis pas pour autant que c'est une bonne façon de procéder. Je ne souhaite ça à personne. Maintenant, l'engagement qui le lie au Comte ne te regarde pas, je pense. Je n'en dirais pas plus à ce sujet, si ce n'est que non, je ne le porte pas particulièrement dans mon coeur. C'est un vampire puissant, il pourrait me broyer d'une main sans effort. J'en ai parfaitement conscience, et je ne suis pas assez fou pour me dresser contre lui. Mais je n'aime pas qu'on me rappelle sans arrêt que je suis bien plus faible que lui. C'est un fait qui n'a pas besoin d'être expliquer pendant des heures. Et puis je n'aime pas les aristocrates, ne me demande pas pourquoi, c'est comme ça!

Wynn laissa échapper un rire léger. Il faisait passer tout cela sur le ton de la plaisanterie, mais il n'en était rien. Qu'importe l'aristocrate, même le plus aimable, il n'aimait pas leurs façons de faire. Avec le Comte, c'était encore autre chose. Wynn avait très peu apprécié qu'il lui rappelle qu'il était sur son territoire, et qu'à tout moment il pouvait être sommé de s'en aller. Si le vieux vampire souhaitait obtenir son respect, ce n'est pas comme ça qu'il le gagnerait. Wynn avait la fâcheuse manie de répondre sèchement à tout ceux qui essayaient de lui rappeler des choses qu'il savait déjà.
Bien sûr, il n'avait pas été offensé au point d'envisager de saboter la représentation du Comte. Il ferait ce pour quoi il était payé, mais n'irait pas plus loin. Wynn ne savait tout simplement pas courber l'échine pour se plier à une quelconque autorité. Il lui faudrait pourtant s'y habituer, mais il lui faudrait du temps... Et il ne le ferait jamais de bon coeur. Il était bien trop farouche pour ça. Il n'y avait que l'argent et l'intérêt pour le motiver sur ce plan là. Il n'avait personne à aduler pour ses idées, personne à respecter pour son enseignement, et encore moins quelqu'un à admirer par pure fantaisie.


-Bon! Je crois que j'en ai suffisamment dis pour le moment, tu ne crois pas? A ton tour, maintenant, Elizabeth... Ton envie de solitude te vient d'où? Et de ton côté, pourtant t'entends-tu si mal avec le Comte? Il avait l'air de t'en vouloir, hier soir... Et pour finir... Qu'as-tu fais pour te retrouver seule et sans maitre...?

Un petit sourire vint se loger sur ses lèvres alors qu'il plongeait son regard dans celui de la jeune femme, lui accordant tout son intérêt. Il lui avait fait l'honneur de parler plus en quelques minutes qu'en trois jours, comme il le faisait habituellement. Elle pouvait bien lui donner quelques bribes de réponses à son tour...
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre du vampire demeure la rancoeur. (Elizabeth) Jeu 20 Sep - 23:15

Le masque avait de nouveau changé… Bien qu’à ce stade de la conversation, ils avaient commencés à en laisser tomber quelques-uns. Elle avait pu voir l’homme passer de l’amusement, à la sérénité, et maintenant le tourment semblait ravager son visage… Enfin, il n’était pas clairement affiché, mais sa mine sombre n’avait pas besoin de plus d’explications ! Quelque chose lui trottait dans la tête, et cela n’avait rien de bien réjouissant ! Son regard était posé sur elle. Que pouvait-il bien penser à ce moment-là ? La jeune femme aurait donné cher pour le savoir ! Est-ce que ça avait un rapport avec elle pour qu’il la fixe ainsi ? Avait-elle encore dit ou fait quelque chose de mal ? Mais il lui aurait dit dans ce cas-là non ? Lui aussi était plutôt spontané dans ce genre de situation. Quand il était fâché, Elie le voyait tout de suite. Il ne s’agissait pas de ça… Surement encore un secret qu’il faudrait faire remonter à la surface ! Le poids du passé semblait pesé sur ses épaules autant que pour Elie. Les souvenirs étaient bien souvent cruels lorsqu’ils refaisaient surface ! Il fallait pourtant bien composer avec, mais il semblait que pour certaines personnes comme Elie, ceux-ci étaient des enclaves… Impossible à oublier, impossible de tourner la page…

Et c’est dans cette similarité qui semblait les frapper tout deux qu’elle puisait sa curiosité. Plus il cherchait à lui cacher son histoire, et plus l’envie de creuser plus se faisait ressentir ! Elle sentait en lui une psychologie complexe, une manière de penser qui tenait du casse-tête… enfin pour elle ! Leurs deux caractères pouvaient être si différents !
Ou peut-être était-ce elle qui ne parvenait à comprendre… Une relation sociale avait toujours été une difficulté insurmontable à établir pour elle. Depuis petite déjà elle était seule. Ses parents étaient toujours sortis. Elle se souvenait de ce sentiment qui l’étreignait alors… De la douleur, une sensation de rejet, comme si elle n’était qu’une pestiférée. Pourtant elle le savait que ses parents l’avaient aimé, mais cette sensation d’abandon ne pourrait jamais se gommer. Elle avait grandi ainsi, n’osant plus sortir, trouvant un monde animé au travers de livre, et discussions qu’elle entendait lorsque les domestiques parlaient entre elles.
Alors comment savoir faire à présent ? Elle se sentait bien démuni face à la situation ! D’autant plus qu’elle n’était pas la seule à avancer sur un terrain miné !

Malgré tout, un lien semblait se créer entre eux. Dans leur peine respective ils arrivaient à avancer ! Oh bien sûr l’un ne pouvait pas s’empêcher de provoquer l’autre, mais cela semblait être le carburant pour pouvoir faire tourner la roue… Leur caractère était trop fort pour qu’ils se parlent de la pluie et du beau temps comme s’ils étaient des amis de longue date. A travers ce petit jeu, ils instauraient un dialogue qui ne pouvait être que bénéfique aux deux ! Qui pouvait se targuer de connaître ce que ressentait la jeune femme au plus profond d’elle ? Personne… Même son maître était loin de tout savoir ! Il n’avait fait que voir la surface des problèmes… Avec Wynn elle entamait un premier pas vers le dialogue… Un premier pas vers l’expression de ce qu’elle ressentait autrement qu’en le manifestant par de la colère. Et cela l’effrayait. Elle avait peur de ses questions, peur de ce qu’elle pouvait dire, peur de ce qu’il pouvait en penser… Peut-être la trouverait-il idiote ? Ou bien découvrirait-il qu’elle n’était pas si forte que ce qu’elle prétendait être… Qu’elle ne faisait que couvrir sa faiblesse par une insolence et une arrogance sans limite ! Il y verrait quelqu’un de seul, de désespéré et perdu dans ce monde trop grand pour elle. Cependant… son être était encore animé par une chose, la vengeance ! Elle sentait comme pourrir de l’intérieur, ronger par des émotions négatives… Mais ce soir, Wynn lui avait apporté un rire… Un moment de répit dans cette bataille continuelle. Il lui montrait une autre route, plus ensoleillée dans son aboutissement, mais cahoteuse et difficile d’accès… Elle n’était pas encore prête à la pratiquer malheureusement… Volontairement ou non, elle ne pouvait pas tourner la page, si elle le faisait elle se retrouverait plus vide qu’elle ne l’était encore… A quoi bon vivre sans but, sans rêves ni espoirs ? Il lui fallait quelque chose sur lequel repartir… Une base solide qui ne risquerait pas de s’effondrer sous ses pieds. Et c’était à elle de la reconstruire ! Mais elle se trompait complètement en pensant que ce serait sa vengeance qui la lui apporterait… mais ça c’est une leçon qu’elle apprendrait bien plus tard !

Elle sourit en voyant Wynn rentrer dans son jeu. Elle était amusée de voir qu’elle avait trouvé un partenaire de jeu qui pouvait la suivre sur son propre terrain. Généralement, les gens autours ne comprenaient pas quand elle essayait de faire de l’humour, et encore moins quand elle était ironique ! Elle laissa échapper un petit rire avant de répondre avec autant de malice que l’homme :


-Si je te dis ce que je pense de toi, ce ne serait plus drôle…


Mais le tournant de la conversation tournait déjà autant de quelque chose de plus sérieux… Un autre jeu commençait, plus sérieux mais hautement plus périlleux. Il n’empêchait qu’il en était pas moins intéressant… dans une certaine mesure !
Elle avait répondu à la question, réponse qui sembla lui convenir puisqu’il ne fit aucune remarque. Juste un sourire, comme s’il pouvait comprendre ce qu’elle disait. Etait-ce vraiment le cas ? Elle ne le connaissait pas suffisamment pour l’affirmer !
Dans tous les cas, il sembla méfiant lorsqu’elle se pencha à son tour vers lui pour lui poser ses questions. Cette attitude éveilla son amusement. Il craignait tout autant d’elle les questions que pouvait poser l’autre… Et cela ne fit que croître lorsqu’elle le vit baisser le nez, et regarder fixement ses chaussures. Lui seul semblait y trouver un intérêt certain, car Elie ne les regarda pas plus de quelques secondes. Le silence s’installa sans qu’Elie ne cherche à le rompre. Elle promenait son regard sur la ville endormie, attendant de voir la réaction, positive ou négative, de l’homme.
Et elle eut raison de garder le silence. L’homme lui parla de lui-même, étonnant la jeune femme par sa réponse. Elle ne s’attendait pas à tant de franchise ! Il ne s’étendait pas dans les détails mais sa réponse était tellement lourde de sous-entendus ! C’était bien là qu’il révélait le plus son humanité. Il avait fait son choix… Par protection… de lui, des autres, peu importe ? Mais il était suffisamment soucieux de ce qui l’entourait pour s’imposer les mornes bras de la solitude ! Lui aussi avait été blessé et s’était replié sur lui-même. Une perte ? De qui pouvait-il être suffisamment être attaché pour lui dire cela. Qui avait su faire fondre la glace ? Elie était bien curieuse de le savoir ! Une femme ? C’était généralement le cas… Elle se surprit à se demander qu’elle était donc ses goûts en matière de femme ! Elle n’arrivait pas à se faire une idée, il était tellement compliqué ! A première vue, elle le voyait mal engagé dans une histoire de couple… Ou même purement amicale d’ailleurs… En fait elle l’imaginait mal avoir des gestes attentionnés et tendres… Se montrer agréable… peut être ! Mais guère plus ! Ce qui fait que ce qu’il ajouta ne l’étonna guère. Elle avait bien remarqué qu’en plus de ne pas avoir de tact, il ne prenait aucun plaisir à côtoyer d’autre personne ! Mais finalement il était comme tout le monde… La solitude était bien pesante à tous !

Elizabeth provoqua à nouveau son rire lorsqu’elle abattit sur lui son avalanche de question… Au moins il ne s’ennuyait pas avec elle ! Et puis, c’était plus agréable d’avoir quelqu’un qui rit à côté de soi, plutôt qu’une personne faisant tout le temps la tête !
Malgré sa remarque il répondit tout de même à la question. Et elle put très vite se rendre compte qu’il avait eu une vie loin d’être facile. Mais encore une fois, elle fut frappée par leur ressemblance… Elle n’avait pas eu de maître, à moins qu’on considère le peu de temps qu’il avait passé avec elle comme tel ! Lui aussi avait dû se retrouver livré à lui-même. Même plus encore que ne l’avait été Elie. Seul, se réveillant en proie à une soif oppressante, ne sachant rien de sa condition… Pas étonnant qu’avec ce qu’il avait dû subir pour pouvoir surmonter sa nature, il soit devenu aussi froid et aussi mesuré dans ses actes. Il avait été comme formaté dès le début ! Son esprit avait été formé ainsi. Il était bien dur de sortir des rails qu’on nous avait tracé naturellement !
Mais un frisson la parcourut lorsqu’il se pencha vers elle. Elle n’avait d’autre choix que de le regarder dans les yeux. Cette proximité ne lui plaisait pas, mais se reculer signifiait le lui montrer… Elle n’osait même pas s’imaginer ce qu’il lui racontait. Elle le savait, pour elle se serrait une torture autant physique que mentale !

Il répondit ensuite à ses autres questions. Là, il se montra beaucoup plus intraitable… Elle s’y attendait parfaitement d’ailleurs ! Sa relation avec le Comte avait paru déjà plutôt complexe dès le début, il ne faisait que confirmer sa pensée ! Mais elle fut contente de constater qu’en l’effet, outre ce pacte qui semblait les lier, Wynn ne ressentait aucune sympathie pour cet homme. Encore un point commun entre eux… Mais là où ils n’étaient pas en accord, c’est qu’Elie ne voulait pas plier devant lui, malgré le danger qu’il représentait. Elle savait parfaitement qu’elle pourrait se faire anéantir en un claquement de doigts s’il le voulait, mais entre la mort et la soumission, son choix était fait, aussi drastique qu’il puisse être !
Par contre sa dernière remarque laissa trace à une surprise teintée d’amusement sur le visage de la jeune femme. Il n’aimait donc pas les aristocrates….


-Quel radicalisme ! Tes précepteurs t’auraient-ils appris à les détester ? Mais je comprends qu’on puisse détester les aristocrates quand on voit l’image qu’en donne le Comte…

Un petit rictus passa sur son visage. C’est clair qu’il ne leur faisait pas honneur avec son caractère mégalomane et dominateur ! Mais elle n’oubliait pas qu’elle était aussi issue de cette haute société. Est-ce que l’homme se doutait un seul instant qu’il parlait à quelqu’un qui avait côtoyé cette catégorie sociale. Aujourd’hui bien sûr elle n’avait plus rien de cette classe sociale, mais ce n’était pas pour autant qu’elle oubliait ses origines. Son nom était suffisamment là pour le lui rappeler !

Puis Wynn semblant penser qu’il était à son tour de s’amuser un peu. Lui aussi l’assaillit de questions. Elle tiqua. Il avait frappé fort lui aussi ! Peut-être qu’il n’en avait pas conscience, mais il avait visé Elie là où ça avait fait mal. Et ce mouvement de recul, de bref repli spontané en fut la preuve. La jeune femme ne savait cacher ce qu’elle ressentait aussi bien que Wynn. Ce court instant en fut la preuve. Elle recomposa son masque rapidement détournant le visage pour fixer la ville. Si ennuyeuse auparavant, elle paraissait maintenant si intéressante ! La jeune femme comprenait maintenant pourquoi l’homme avait fixé si intensément ses bottes. Questions gênantes, tant d’embarras ! Elle luttait pour ne pas se tortiller sur la branche, mais comme d’habitude choisis de plaisanter pour cacher son malaise.


-Et après c’est moi qui suis une curieuse ? Quelle est donc cette nouvelle règle ? A chaque question posée l’autre aura le droit d’en faire autant ?

Il semblait que ce soit le cas… Alors où s’arrêterait-il ? Qui cèderait le premier ?
Elle laissa retomber sa jambe dans le vide et poussa un soupir. Il y avait une question dont la réponse était facile, bien qu’elle ne puisse ne lui en donner qu’une incomplète…


-Le Comte… Je crois bien qu’il doit être tout le temps contrarié contre moi… C’est dur pour un tel mégalomane de voir son autorité bafouée par un vampire n’ayant même pas un centième de son âge… Elle eut un petit rire. Le jour où il me fera courber l’échine n’est pas arrivé ! Même si cela me jouera sûrement des tours à l’avenir…

La fin de sa phrase était plutôt une réflexion personnelle plutôt qu’une remarque à l’encontre de l’homme. Elle se mettait en danger, elle le savait, mais elle envisageait mal de lui obéir, tout comme à aucune autre personne !
Elle avait un esprit d’indépendance, et un farouche besoin de liberté. Plus on lui dictait ses lois, et moins elle se montrait encline à les respecter ! On pouvait peut être la traiter de folle, mais elle ne dérogeait jamais à cette règle, et surtout elle restait fidèle à elle-même…

Pour le reste, elle ne put s’empêcher de se relever. Il lui fallait, marcher, bouger avant de devenir folle. Ces questions… Il allait être difficile de lui répondre tout en les éludant. Elle fit quelques pas, silencieuse, avant de retourner s’accroupir près de Wynn.


-D’où me vient mon envie de solitude ? Comme tu l’as dit précédemment on ne la choisit pas forcément, mais elle peut devenir parfois nécessaire pour soi-même.

Elle le savait, elle n’était pas très claire. Elle n’avait pas envie de l’être. A ses yeux elle en avait déjà trop dit ! Pourquoi lui avouait-elle d’ailleurs tout ça ? Parce qu’elle se laissait prêter au jeu peut être ? Ou bien en réponse des paroles sincères de l’homme, sans mensonge malgré leur caractère concis.
Mais malgré sa bonne volonté, et son caractère qui était assez conciliant pour une fois, son visage se voilà à la pensée de son maître. Sans le vouloir, il avait enfoncé le couteau dans la plaie… Sa question était formulée comme si elle avait été la cause du départ de son maître… Et c’était bien une question qu’elle se posait elle-même… Une peur, autant qu’une colère qu’elle puisse en être la cause !
Il ne lui avait pas dit pourquoi il était partit. Pas de mot, rien… Même pas le courage de lui dire en face ! Mort… vivant ? Elle n’était même pas capable de le dire !
Elle se redressa alors, en laissant échapper d’une voix las et cynique.


-Pour ce qui est de mon maître, pose lui la question pour moi si un jour tu le croise !

Elle laissa échapper un sourire avant de continuer d’un ton plus guilleret.


-Mais je crois que tu as pris de l’avance mon grand… Ne serait-ce pas à mon tour de te poser mes questions ?

Elle fit mine de réfléchir quelques secondes à ce qu’elle allait demander, même si dans sa tête, ses questions étaient déjà parfaitement claires et formulées !

-Alors… Qui étais-tu donc avant de devenir ce grand solitaire ? Qu’as-tu perdu pour que tu penses rester ainsi seul ?


Elle l’avait senti, c’était un sujet sensible… Autant que la question de son maître pouvait l’être, autant que les raisons de sa solitude l’était aussi ! Donnant donnant non ? Après, il pouvait, comme depuis le début, éluder la question, voire même ne pas y répondre, même si cela signifiait qu’il perdait le jeu !
Elle eut un grand sourire, de ceux qui s’affichent lorsqu’ils sont satisfaits de ce qu’ils venaient de faire. Elle regarda une nouvelle fois Londres endormie avant d’à nouveau tourner son visage vers l’homme.


- Essaye donc de m’attraper lorsque tu auras une réponse à mes questions… Mais attention, interdiction formelle d’utiliser tes pouvoirs, de te faire voir par les utiliser, voler… Tu connais la règle n’est-ce pas ?

Elle se laissa alors tomber dans le vide dans un rire, cassant sa chute en se projetant contre une branche intermédiaire pour finalement atterrir souplement au sol.
Elle se mit alors à courir dans le parc. Elle avait besoin de retrouver son calme, de ré enfouir tout ce que l’homme avait réveillé en elle.
Est-ce que l’homme allait venir ? Peut-être… Ou peut-être qu’elle avait touché à un point qu’il ne fallait pas…
Dans tous les cas, elle savait bien qu’il ne serait pas difficile pour lui de mettre la main sur elle, mais elle avait envie de s’amuser de l’homme. Ce n’était qu’une provocation, mais surtout un moyen de casser le rythme de confidences dans lequel ils s’étaient engouffré tout deux. Alors oui, elle courrait, non sans, au passage, essayé d’appliquer ce que Wynn lui avait dit. Se concentrer sur autre chose que ses yeux. Alors elle fit attention à son ouïe, ainsi qu’à son odorat. Pas très brillant, mais bon il y avait un début à tout !
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre du vampire demeure la rancoeur. (Elizabeth) Ven 21 Sep - 22:11

Wynn laissa échapper un rire quand Elizabeth lui répondit. En fin de compte, ils arrivaient à bien s'entendre, même en se taquinant. Enfin s'entendre... Tout était relatif. Quoi qu'ils puissent penser tous les deux, un liens les unissait. Pas un lien fraternel, amoureux ou amical, mais un lien bien plus étrange. A peine s'étaient-ils rencontrés qu'ils s'étaient dressés l'un contre l'autre, cherchant à tout prix à faire tomber l'autre. Puis, forcés de se revoir, ils avaient continués sur cette voie là. Un chemin voué à l'échec, qui se serait révélé très dangereux s'ils l'avaient suivis. Ils n'auraient fait que se détruire mutuellement, par simple refus de plier devant l'autre. Car s'il y avait bien une chose qui les unissait, c'était ça: Ils étaient indépendants, farouches et fiers, ils n'aimaient pas courber l'échine devant qui que ce soit, ils n'avaient pas besoin d'un monarque ou d'une quelconque autorité pour marcher droit. Mais ils fallait qu'ils se rendent à l'évidence. Le monde ne pouvait pas tourner dans le bon sens avec un caractère comme le leur. Ca, ils l'avaient comprit, et c'est ce qu'il les avait amené à revoir leur jugement.

Mais ils étaient en train de s'enfoncer dans les tourments de l'autre, et Wynn n'aimait pas du tout la tournure que prenaient les évènements. Bien qu'il accepte de se livrer un tant soit peu sans broncher, il se sentait mis à nu, vulnérable et faible. Il se laissait bien trop aller à la confidence... C'est à ce moment qu'il comprit que le problème était là. Inconsciemment, il avait besoin de se livrer à quelqu'un, mais pourquoi Elizabeth? Peut-être parce qu'il lui ressemblait assez pour qu'il songe à lui faire assez confiance... Mais tout s'arrêterait là. Wynn ne lui raconterait pas sa vie, ses sentiments, ses douleurs, ses joies, rien de plus.
Il avait rit en entendant ses questions s'enchainer les unes après les autres, et il y avait répondu avec une grande franchise, mais il préférait garder certaines choses secrètes. Il n'avait livré à Elizabeth que la surface de l'iceberg. Il lui restait bien des choses à apprendre si elle espérait pouvoir un jour prétendre le connaître. Le vampire avait une psychologie qui pouvait paraître incroyablement simple au premier abord, mais il était en réalité très complexe, et de nombreux détails pouvaient avoir une importance capitale chez lui. Ce qu'il avait dévoilé à Elizabeth était bien mince comparé à ce qu'il était réellement. Certes son entrainement l'avait façonné plus qu'il ne le pensait et en avait fait l'assassin redoutable qu'il était aujourd'hui, mais il n'avait pratiquement rien dit de son maitre. Il en avait même parlé avec beaucoup de détachement. Pourtant, il le haïssait plus que tout au monde, et l'imaginer démembré par ses soins l'emplissait d'une joie extatique tout à fait malsaine.

Puis Elizabeth vint à parler de son radicalisme. Il sourit d'un air moqueur. Elle n'avait pas tort, il les mettait tous dans le même panier et ne faisait aucune distinction. Ce n'est pas leurs richesses et leurs titres qu'il leur reprochait, mais leur attitude en général. La plupart des aristocrates étaient suffisants, arrogants et trop sûr d'eux, il était persuadés d'être à l'abri de tout grâce à un simple nom... Mais si ce nom pouvait faire office de bouclier politique, en revanche il n'arrêtait pas les balles ou les épées. La plupart des nobles aimaient rappelés qu'ils descendaient d'une grande lignée mais au fond... Wynn ne se faisait pas d'illusions. Humains, bourgeois, gens du petit peuple ou encore mendiant, ils étaient tous façonnés sur le même modèle. Certains avaient simplement plus de chance que d'autre. Wynn ne les jalousait pas spécialement. Il n'avait pas besoin de brandir un titre honorifique pour savoir ce qu'il valait.


-Mes précepteurs n'y sont pour rien! Dit-il en riant doucement. J'ai toujours été comme ça, je n'ai jamais beaucoup apprécié les aristocrates... Et crois moi, le Comte est loin d'être le pire de tous. Certains ne prennent pas la peine d'adresser la parole à ce qu'ils appellent les petites gens, ils les méprisent et leur cracheraient volontiers à la figure. Ceux là sont si superficiels, si suffisants...

Wynn haussa de nouveau les épaules. Ces nobles dont il parlait, il aimait leur rappeler leur condition de mortel dès qu'il le pouvait. Mais il visait avant tout son maître, cet arrogant comte dont il ne connaissait même pas le nom... Il n'avait que son titre, son visage en tête... Et son sang dans les veines. Rien de plus. Cet homme qui l'avait prit de haut parce que trois siècles les séparait, et cet insupportable sourire qu'il avait juste avant de lui planter ses crocs dans la gorge...

La réaction d'Elizabeth le fit sourire une fois de plus. Elle n'aimait pas répondre aux questions, cela se sentait. Elle renchérissait systématiquement pas une autre question, comme si elle se sentait obligée de rappeler qu'elle n'aurait pas agit spontanément de la sorte. C'était une attitude purement défensive et assez courante, mais elle amusait Wynn. Nul doute que la jeune femme avait des choses à cacher, et pas forcément les plus reluisantes. Elle avait vécue deux siècle et demi de moins que Wynn, mais elle semblait tout de même avoir vécu de bien tristes évènements. Peu de vampires pouvaient se vanter d'avoir choisis leur condition et n'avoir souffert aucune perte. Il était rare de trouve un humain prêt à tendre docilement le cou vers les crocs d'un vampire pour s'abandonner à l'éternité. Une éternité qui n'avait rien d'un cadeau, surtout au bout de trois siècles. Mais cela, Wynn l'ignorait. Il était encore trop jeune, et même s'il était devenu vampire sans qu'on lui demande son avis, la vie éternelle ne lui allait pas si mal, finalement. Elle ne lui pesait pas plus que cela, ou du moins bien moins que sa solitude. Il avait vu les époques se succéder, les régimes changer, il était né au 16ème siècle, et peut-être ne mourrait-il qu'au 22ème ou 25ème, qui pouvait le savoir? Il préférait ne pas penser à ce que l'avenir lui réservait, car en avoir la surprise lui plaisait bien plus.

Wynn écouta sagement Elizabeth sans l'interrompre, et il se prit à rire avec elle. Ca... Il l'avait remarqué. Elle ne s'entendait pas du tout avec le Comte et semblait s'obstiner à lui tenir tête, quoi qu'il dise. C'était tout à son honneur, mais elle finirait par se casser les dents à force de vouloir mordre plus fort que lui. Le violoncelliste repensa alors aux paroles de l'aristocrate. Il lui avait demandé de rendre Elizabeth assez docile pour qu'il puisse la prendre sous son aile... Wynn était prêt à lui enseigner comment vaincre son addiction au sang, comment se servir de ses pouvoir et user de son instinct, mais il ne pouvait guère changer son animosité à son égard. C'était à elle de décider dans quel camp elle se rangerait, et à personne d'autre. De toute manière, il n'avait pas très envie de jouer les hypocrites en lui vantant les mérites du vieux vampire. Mérites dont il ignorait tout, puisqu'il ne savait pratiquement rien à son sujet.
Mais Elizabeth avait raison. Son attitude finirait par lui jouer des tours, et pas seulement avec le Comte. Pour peu qu'elle tombe sur un vampire plus âgé et plus capricieux, plus violent ou plus radical, elle ne vivrait pas longtemps. Si elle voulait conserver son masque fier, il fallait qu'elle fasse des concessions. On obtenait bien plus facilement le respect d'un pair en faisant preuve de souplesse. Mais il aurait été bien présomptueux de lui dire ça, lui qui prenait un malin plaisir à se mettre tout ceux qu'il croisait à dos.

Le vampire regarda sa cadette se lever puis reporta son attention sur la ville tout en l'écoutant. Elle éludait une fois de plus la question. Son attitude commençait à agacer Wynn. Il faisait l'effort de lui donner suffisamment de détails pour qu'elle ait matière à réflexion, mais elle... Elle ne lui donnait rien en retour. Que des bribes d'informations qu'il ne pouvait mettre bout à bout. Une solitude nécessaire pour soi même? Certes mais pourquoi? Lui qui l'avait trouvé sympathique un peu plus tôt commençait à la trouver bien ingrate et presque insolente. Elle ne respectait qu'à moitié les règles, et même si certains sujets devaient être difficiles à aborder pour elle, elle ne devait pas trop connaître la notion de partage ou d'équité. Que craignait elle? Qu'il aille se servir de son passé pour lui nuire? Il n'avait pas besoin de ça. Qu'il aille tout répéter à qui serait prêt à l'entendre? A quoi bon... Wynn n'avait ni ami ni entourage, et il n'avait aucun intérêt à dévoiler les secrets de la jeune femme à qui que ce soit. Elle faisait montre d'un manque de confiance en lui qui pouvait paraître normal, étant donné les évènements passés, mais elle offensait plus le vampire qu'autre chose. En aucun cas Wynn n'attendait d'elle une multitude de confidences. Mais éluder toutes ses questions ne ferait que réveiller son mépris.
Elle acheva d'ailleurs de le contrarier en laissant totalement de côté ce qui concernant son maître. Certes il pouvait comprendre qu'elle n'était pour rien dans son départ et qu'il était le seul à blâmer, mais il ne savait rien d'autre.
Sa réponse se fit sèche et directe.


-Et comment le pourrais-je? Je ne sais pas qui c'est.

Puis elle reprit ses questions. Wynn serra les dents, de plus en plus agacé. Elle ne perdait pas une minute, sa curiosité était telle qu'elle voulait tout savoir de lui et ne lui dévoiler que des bribes de sa propre personne. Les choses ne fonctionnaient pas comme ça, et elle allait devoir se montrer un peu plus coopérative si elle espérait obtenir plus que de vagues réponses de sa part à l'avenir. Qu'elle se montre aussi familière avec lui, il s'en fichait bien, ce n'est pas qui le dérangeait. Ce qui l'ennuyait, c'est qu'elle joue avec lui de la sorte. Wynn avait tout simplement horreur de ça, et même si ses questions étaient délicates, elle n'avait été très tendre avec lui non plus quelques minutes auparavant.
Il tourna la tête vers Elizabeth, plongeant son inquiétant regard d'ébène dans ses yeux de biche. Son regard était plus dur et sa mine plus sombre.
Qui il était? Un fils de médecin destiné à remplacer son père, puis un musicien de génie, promis à un grand avenir... Qui avait croisé la route d'une merveilleuse claveciniste. Une femme rayonnante, heureuse de vivre, qui partageait chaque seconde entre la musique et le plaisir d'être. Qui savait donner son amour à chacun sans rien demander en retour, une femme au sourire espiègle et chaleureux à la fois. Wynn aurait été bien malhonnête s'il avait cherché à lui trouver des défauts. Dans ses souvenirs, elle n'en avait aucun. Elle était belle et n'avait pas besoin d'artifice pour passer pour un ange, elle avait un rire qui lui réchauffait le coeur, des paroles douces et aimantes qui avaient su l'ouvrir un peu au monde, un enthousiasme et une capacité à se lier aux gens que lui ne connaissait pas... Elle l'envoutait par sa musique et son chant. Wynn se souvenait de tout cela, il se souvenait de l'amour incommensurable qu'il avait eu pour elle, mais il était incapable de se souvenir de ce que cela faisait, d'aimer et d'être aimé. Il l'avait oublié, l'horreur du meurtre et la brutalité de sa transformation l'avaient complètement anesthésié. Il ne se raccrochait qu'à une chose: Il était certain de l'avoir aimé comme jamais il n'avait aimé qui que ce soit. Mais quand il se perdait dans la contemplation de ce tableau craquelé et terni par le temps qu'il gardait dans son salon, il n'arrivait pas à avoir du chagrin ou de la nostalgie. Il avait beau tenter de les simuler, il ne ressentait qu'un vide, un gouffre immense qui tentait de l'aspirer pour le faire disparaître.

Elizabeth souhaitait-elle vraiment entendre cela? Que Wynn avait aimé une femme d'un amour fou mais qu'il avait perdu par bêtise et naïveté? Qu'il ne se souvenait plus de ses sentiments et qu'il était incapable de la pleurer? A quoi bon... Tout comme il avait horreur de parler de son passé, Wynn n'aimait pas tartiner ses récits d'un pathos sirupeux et propice à la pitié. Il n'en voulait pas, de la pitié des gens. Il ne parlerait pas de cette femme morte depuis deux cents ans, il ne parlerait pas des circonstances de son décès, et il ne parlerait pas de tout ce qu'il avait perdu ce jour là. Sa fiancée, son humanité, et le peu de bonté qu'il avait à cette époque. Songer à tout cela ne faisait que rouvrir ses plaies passées et raviver la flamme de sa haine.
Aussi Wynn préféra-t-il détourner le regard pour fixer la ville. Il n'avait pas envie de répondre... Elizabeth sembla le comprendre, puisqu'elle se leva à nouveau, l'invitant à jouer à nouveau avec elle.

Il l'avait trouvé agaçante quelques minutes plus tôt, mais il devait avouer qu'à ce moment précis, il lui était reconnaissante. Elle lui permettait de détourner l'attention sur autre chose, et même si elle semblait espérer qu'il lui réponde, elle brisait le silence pesant et tendu qui s'était installé entre eux.
Esquissant un bref sourire, Wynn la laissa prendre de l'avance, regardant calmement au loin. Un instant il eut envie de descendre de l'arbre pour quitter le parc sans prendre le temps de retrouver Elizabeth. Mais il aurait regretté son geste et ce n'était pas un lâche qui fuyait au moindre problème.
Après avoir laissé la jeune femme courir pendant cinq minutes, le vampire se décida à descendre, et la suivit en marchant tranquillement. Pour le moment, il n'avait pas besoin de courir. Il sentait sa présence, il sentait les battements de son coeur marteler sa poitrine alors qu'elle arpentait les allées inexistantes du parc. Elle avait l'air plus assurée que tout à l'heure. Peut-être l'avait elle écouté lorsqu'il lui avait parlé de se fier à son odorat et son ouïe? Il eut un sourire. Elle savait écouté et savait où étaient ses intérêts, c'était un bon point pour elle. Et pour le moment, Wynn préférait la laisser découvrir ses propres pouvoirs. Elle ne sentait pas assez les choses, il était temps pour elle d'en prendre conscience. Il aurait d'ailleurs pu la laisser courir un bon moment si au loin la cloche d'une église ne s'était pas faite entendre. Elle sonnait quatre heures. Le vampire n'avait pas vu le temps passer, et il allait devoir rentrer chez lui. Il ne pouvait se permettre de manquer les évènements du lendemain, d'autant qu'il se devait d'être présent bien avant la représentation. Wynn ne faisait jamais les choses à moitié. On l'avait engagé au départ pour diriger un orchestre, et sans quelques répétitions, les musiciens seraient perdus. Il lui fallait être suffisamment préparé, car s'il avait connaissance des plans du Comte dans leur ensemble, il ne pouvait prévoir le déroulement de la soirée.

Ainsi, Wynn s'arrêta un moment, cherchant Elizabeth. A gauche. Non loin du ruisseau, près des fourrés. Il se mit à courir, goûtant de nouveau à cette félicité. Le vent faisant voler ses longs cheveux argentés, cette sensation de plénitude... Il ne tarda pas à être suffisamment proche d'Elizabeth pour la toucher. Mais elle était vive et rapide, plus qu'il ne l'avait imaginé, et lorsqu'il voulut l'attraper par le bras, sa main se referma sur le néant.
Alors il décida d'anticiper sa course. Plus rapide, il ne tarda pas à se figer devant elle, suffisamment loin pour qu'elle ait le temps de s'arrêter avant de lui rentrer dedans.


-Bien... Tu fais des progrès, tu apprends vite! Je ne suis peut-être pas si mauvais que ça, finalement! Dit-il avait un sourire malicieux. Malheureusement, ta leçon touche à sa fin pour ce soir. J'ai des obligations moi aussi et nous allons devoir remettre ça à une prochaine fois. Cet endroit n'est pas si mal pour ce que nous avons à faire. J'essayerai de te contacter moins... Sournoisement que cette fois ci.

Wynn inclina brièvement la tête et fit volte face, sur le départ. Mais avant de partir, il se figea et tourna la tête, plongeant son regard dans celui d'Elizabeth.

-Qui j'étais avant de devenir un grand solitaire? Le fils d'un médecin, destiné à remplacer son père. Mais j'ai choisis de consacrer ma vie à la musique, mais ça tu le sais déjà puisque le Comte l'a souligné hier. Je n'étais qu'un violoncelliste de concert. Tu vois, il n'y a rien de passionnant à apprendre! Bonne soirée, Elizabeth.

Puis il repartit dans la direction opposée, prêt à regarder son manoir. Il avait mentit, il le savait et il n'aimait pas cela. Il avait fait passer ces quelques informations pour une chose totalement anodine, et avait fait l'impasse sur ce qui était le plus important. Mais qu'Elizabeth s'en contente, car il ne voulait pas en dire plus pour le moment. D'ailleurs, il ne lui dirait rien de plus temps qu'elle n'aurait pas fait l'effort de lui parler à son tour.
Mais tout cela serait pour une autre fois. Pour l'heure, son esprit était partagé entre les évènements de la soirée et ceux du lendemain, qui promettaient d'être riches en surprises...



(HRP: Fin du rp pour Wynn, suite au Théâtre)
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre du vampire demeure la rancoeur. (Elizabeth) Jeu 27 Sep - 2:55

Malgré tout ce que pouvait dire Wynn, il n’en était pas moins doté d’une certaine morale…
Sinon pourquoi porterait-il de l’intérêt à l’attitude que pouvait avoir les aristocrates vis-à-vis des autres classes sociales ? Cela dénotait d’une certaine justice et équité pour que cette attitude le révolte au point qu’il soit si radical ! Peut-être même qu’il avait été concerné de près pour avoir cette attitude ? Mais Elie devait bien le reconnaître… Bon nombre des aristocrates qu’elle avait croisé avaient cette attitude arrogante et de domination envers eux ! Le Comte n’en était qu’un parmi d’autres ! Mais là où il se détachait, c’est qu’il avait le pouvoir d’appliquer toutes paroles qu’il prononçait alors que les autres…
Malheureusement, Wynn ne semblait avoir connu que ce type de personne, sinon il n’aurait pas été aussi extrême ! Certaines personnes parvenaient à se détacher de ce stéréotype… L’argent noircissait les cœurs, mais il en était certains qui parvenaient à ne pas sombrer dans les noirs méandres de l’avarice.
Elie pouvait être fière d’appartenir à ce nombre restreint de populace. Les domestiques chez elle avait toujours eu leur place dans la famille, sans que leur condition sociale ne soit jamais devenue un fardeau pour elles.

Elle répondit ensuite aux questions de Wynn, autant qu’elle s’en sentait capable. La méfiance était toujours tenace en elle, et même si l’homme n’avait pas de raison apparente de se jouer d’elle, elle créait toujours ce fossé entre eux. Elle ne s’en rendait pas compte à quel point elle se protégeait de tous. Elle s’isolait volontairement sans oser vraiment se dévoiler. Seulement elle était bien plus transparente en agissant ainsi qu’en livrant des réponses ! Elle qui voulait se protéger ne faisait qu’éveiller les soupçons voire même aiguiser la curiosité ! Mais pas de possibilité de rectifier le tir puisqu’elle ne le saisissait pas.
Aussi, elle ne comprit pas la réaction de l’homme lorsqu’elle eut fini de répondre à ses questions. Elle ouvrit de grands yeux étonnés, ne sachant plus quoi dire pour le coup ! Que voulait-il qu’elle lui dise de plus sur son maître ? Qu’elle ne connaissait que son prénom, Tharin ? Qu’elle avait vécu environ un an avec lui, un an où il s’occupa d’elle comme un père… Il avait su gagner sa confiance et son affection, son départ lui avait apporté autant de colère que de peine, autant de regrets que de rancune. Elle ne savait rien de plus de lui. Son histoire, son passé, sa lignée et même les raisons pour laquelle il l’avait transformé ! Il était partit sans rien lui dire… Pas un mot, pas un signe avant-coureur permettant à Elie de s’en douter. Elle ne savait même pas s’il partageait encore le même ciel qu’elle !

Ses sourcils se froncèrent. Elle ne savait pas comment réagir face à l’homme. A vrai dire, elle ne le comprenait pas. Elle avait été franche. Très franche même pour cette question. Peut-être était-ce le ton employé ? Mais il ne pouvait pas mieux illustrer ce qu’elle pouvait ressentir… La lassitude d’en souffrir autant que l’amertume qu’elle ressentait. Alors comme d’habitude, elle reprenait ce ton léger, comme si rien ne l’effleurait, comme si elle ne ressentait rien.
Et pourtant, elle ne ressentit aucun plaisir lorsqu’il plongea son regard sombre dans le sien. Son petit jeu de frapper là où ça faisait mal avait trouvé son terme. Bizarrement la réaction de Wynn lui avait remis les pieds sur terre. La conversation, certes tendue, avait cette fois pris un tournant orageux, et ce, depuis la réponse d’Elizabeth. Et ça, par contre, ce n’était pas prévue par la jeune femme ce qui causait son désarroi.
Peut-être était-ce dû au regain qu’elle avait accordé à Wynn ? Oui… Il n’était plus considéré comme un nuisible, même si ses leçons allaient certainement continuées à lui causer du souci, mais comme une personne ayant attisé sa curiosité et dont il valait la peine de chercher à creuser un peu plus son histoire…
Aussi était-elle un peu déçue de la tournure que ceci prenait. Peut-être était-elle allée trop loin ? Mais il était trop tard pour faire machine arrière… Wynn et Elizabeth s’étaient engagés dans un chemin tortueux, mais un chemin sincère. Il avait décidé de chercher à se comprendre et de pouvoir apprendre ensemble. Elie le savait… Elle avait fait un choix tout à l’heure, il était définitif ! Il n’était pas question pour elle qu’elle revienne sur ce qu’elle avait dit.

Elle préféra cependant rompre le silence qui s’était installé entre eux, et briser le malaise. Il était mieux pour elle de se vider l’esprit en courant. Enfin… c’est ce qu’elle aurait voulu et pourtant les pensées ne cessaient de l’assaillir. Elle était songeuse, et ce qui aurait pu être un jeu ne l’était pas du tout en réalité. Elle était en pleine confusion. Que devait-elle faire ? Et surtout qu’avait-elle fait pour s’attirer ainsi les foudres de l’homme ? Quand elle voulait le faire, il restait quasiment statique et maintenant qu’elle se voulait plus sympathique c’était le cas inverse ! C’était à s’en tirer les cheveux !
Elle soupira, accélérant plus encore sa course. Au final, peut-être aurait-elle dû rester dans sa solitude ? Voilà bien les inconvénients d’une relation sociale… Toujours des questions, toujours des difficultés ! Et les premières s’offraient à elle, sans qu’elle ne sache comment les surmonter ! A moins qu’elle ne dise tout à Wynn… Idée totalement improbable ! Elle s’en sentait incapable. Et puis… elle n’avait pas envie de quelqu’un pour s’apitoyer ni pour se moquer de sa misérable vie. Elle savait le faire toute seule. Il ne lui venait jamais à l’esprit qu’une personne pouvait simplement l’écouter et comprendre, sans la juger, accepter les choix qu’elle avait fait. Elle ne savait voir que les mauvais côtés, que les mauvaises personnes dans ces cas-là. Elle n’avait jamais eu de confident. Tout était toujours resté prisonnier en elle… Son violon l’exprimait pour elle. Il avait été sa voix lorsqu’elle l’avait perdu et il l’était encore aujourd’hui lorsqu’elle criait sa peine dans les rues pavées de Londres. Cette douleur-là, l’archet l’exprimait pour elle lorsqu’il frottait douloureusement sur les cordes de l’instrument.
Il était bien dur à présent de devoir remplacer des notes par des mots, et elle s’y prenait maladroitement. Au final elle n’était pas plus douée que Wynn… Elle ne valait pas mieux que lui !

Mais il lui fallait chasser toutes ses idées de sa tête… C’est pour cela qu’elle se concentra sur les enseignements de Wynn. Elle tâchait de ressentir tout autour d’elle, d’éveiller ses sens. Bon… Elle n’était pas encore prête à fermer les yeux et se laisser guider par ses autres facultés… Là il était sûr qu’elle tomberait royalement dans les ronces ! Mais elle commençait à entendre le sifflement du vent à ses oreilles, l’odeur de la mousse poussant sur un arbre là-bas, et un autre un peu plus loin… Et cette façon qu’elle avait de poser le pied sur le sol pour prendre un peu plus d’impulsion pour bondir en avant… Oui… il y avait matière à ce qu’elle s’améliore, avec du travail et de la patience ! Mais au moins elle avait découvert tout cela… Elle pouvait en remercier Wynn…
Mais elle ne savait pas si c’était elle, ou bien son imagination, mais il lui semblait qu’elle courait déjà depuis un petit moment, sans que l’homme ne l’ait déjà rejointe. Il n’était pas dur pour un vampire tel que lui de la rattraper ! Etait-il déjà partit ? Il l’avait laissé en plan ? A cette idée la jeune femme grinça des dents. Ca n’aurait pas été fair-play de sa part ! Elle était venu le rejoindre, avait joué son jeu, même si elle l’avait fait à façon, il pouvait bien, lui aussi, faire de même ! Cela agaça la jeune femme.
Jusqu’à ce qu’elle le sente derrière elle… Il s’était enfin décidé le bougre ! Mais elle n’était pas décidée à le laisser faire si facilement ! Il l’avait fait attendre ? Elle aussi alors… Elle ralentit un peu la cadence, le laissant la rattraper plus aisément qu’il n’aurait dû si elle était vraiment élancé à toute vitesse… Puis… lorsqu’il fit un geste pour la saisir, elle accéléra brusquement, laissant la main de l’homme se refermer dans le vide.
Elle ricana. C’était à son tour de s’amuser de l’homme ! Mais son petit rire fut vite interrompu puisque, au détour d’une bifurcation elle vit l’homme planté sur sa route. Elle ralentit. Il était inutile de partir ailleurs, il serait bien facile pour lui de la rattraper aisément. Elle s’arrêta donc à quelques mètres devant lui.

Elle lui adressa un sourire amusé, qui pourtant n’avait rien de naturel. Elle avait tout sauf envie de sourire à ce moment-là. Elle avait plutôt envie de crier, de lui demander quel était donc son problème pour qu’en un instant il change ainsi de comportement ! Mais elle n’en fit rien, se contentant de fixer sagement l’homme, dans un détachement dans lequel il était rare de voir la jeune femme. Elle était passionnelle, spontanée, Ô grand jamais indifférente et froide à ce qui l’entourait comme elle le laissait paraître actuellement. Mais c’était toujours mieux à ses yeux que de laisser passer cette perplexité qui la rongeait.
Et elle garda cette expression malgré ce que Wynn pu dire. Il était vraiment difficile à cerner ! Autant quelques minutes plus tôt il lui avait parlé d’un ton sec que maintenant il avait retrouvé cet air malicieux… Elle n’arrivait pas à le suivre dans ses sautes d’humeur !
Fort heureusement il devait partir… Ce n’était peut-être pas plus mal avant que ce mauvais pas (lequel se demandait-elle ?) n’envenime les choses ! Elle lui répondit tout de même :


-Je suis peut être têtue mais je sais encore écouter un conseil qui me semble bon…


Sa voix était sèche… Plus qu’elle ne l’aurait voulu en fait. Sa contrariété qui s’exprimait… Comme à son habitude, elle ne pouvait s’empêcher d’être spontanée…
Elle continua sur sa lancée avec cynisme :


-J’attendrai donc ta prochaine invitation…


Elle inclina elle aussi la tête pour saluer Wynn, plus par réflexe de politesse que par envie réelle. Ca la contrariait de le laisser partir ainsi, sans avoir eu de réponse à ses questions, ni même à ce revirement de comportement ! En agissant ainsi, il perdait le jeu lancé… Mais pourquoi cela lui laissait-il un petit goût amer en bouche ?
Elle le laissa cependant partir, jusqu’à ce qu’il s’arrête pour lui adresser de nouvelles paroles. Des réponses… Qui ne convinrent guère à Elie ! Premièrement… il n’avait pas répondu à l’une d’entre elles ! Ensuite… Sa vie peu passionnante ? Elle ne le croyait guère ! Sinon pourquoi aurait-il évité sa question ? Il lui mentait… Sur tout ? Une partie de sa réponse ? Elle ne pouvait pas le dire, mais dans tous les cas sa vie n’avait pas l’air aussi simple qu’il le présentait. Là était le mensonge… En définir le contour précis était impossible pour Elie, mais elle avait suffisamment de déduction pour savoir qu’il lui cachait beaucoup de choses… Son silence sur sa dernière question en était la preuve… Là semblait résider la clé de ses secrets !

Elle sentit la colère bouillir en elle. Elle s’était montrée agréable, ou du moins avait essayé et lui… cet homme… Il lui répondait de manière sèche et lui mentait effrontément ! Croyait-il qu’elle allait se montrer statique ?
Elle posa les poings sur ses hanches, les sourcils froncés et une mine contrariée sur le visage.


-Menteur… C’est quoi ton problème ? C’est de ne pas connaître tout dans les moindres détails sur mon maître qui te chagrine ? Eh bien soit… Tu auras tes réponses ! Tu verras pour moi aussi il n’y a rien de passionnant à apprendre…


Et elle partit elle aussi dans son coin lançant par-dessus son épaule :


-Et bonne soirée Wynn !


C’est d’un pas ferme et décidé qu’elle sortit du parc. Ses paroles n’étaient pas des paroles en l’air. Il voulait savoir qui était son maître, il allait avoir des réponses… Seulement il ne serait pas plus avancé qu’elle ! Elle n’avait que très peu d’information à lui fournir…

Ses pas la ramenèrent chez elle où elle ne put que s’effondrer sur le lit… Elle n’avait même pas pris le temps de se nourrir ce soir-là ! Elle n’en avait pas envie… Les évènements de la soirée et de la veille l’avaient déjà bien éprouvés. Malheureusement elle savait bien qu’elle devrait payer les conséquences de ce sevrage… Mais ça, ce serait le problème d’un autre jour !
Le sommeil vint la cueillir à une vitesse alarmante… Tout comme les songes et les tracas…


[HRP : Fin du RP pour Elizabeth]
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Dans l'ombre du vampire demeure la rancoeur. (Elizabeth)

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