L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42]

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Comte Keï
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Emploi/loisirs : Lord / Comte de Scarborought / Metteur en scène
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Proie(s) : Les Humains (pour se nourrir) et tout ceux qui se mettront en travers de son chemin.
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MessageSujet: Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42] Mar 25 Sep - 17:16

[HRP/En venant du cimetière de Highgate, "Rêveries antiques"/HRP]

L'air était frais. Il laissait sur les corps et les choses une fine couche d'eau cristalline : il bruinait. Légèrement, comme pour instaurer un net contraste entre l'atmosphère brumeuse de la sombre ville  et les lampadaires incandescents, il bruinait. Et l'eau tentait vainement d'étouffer les lumières éclatantes qui ornaient ce soir la devanture du Grand Théâtre. Mais lampes à gaz, guirlandes d'étoffes chaleureuses et bougies anéantissaient les ombres, magnifiant l'édifice comme pour une fête. Rien ne pouvait enlever à la rue sont air de cabaret. Les affiches rouges et or, annonçant la pièce et les détails de la soirée, étaient exposées, au statut œuvres d'art, comme des morceaux de spectacle donnés en pâture aux monde. Merveilles pour les yeux, leur gravures dorées n'étaient pas sans faire frémir le public impatient de connaître enfin la satisfaction de ses sens. Ces derniers, en éveil depuis un mois que la rumeur avait colporté le montage de cette pièce, étaient sur le qui-vive. Une pièce de Jirômaru Keisuke, homme brillant, dont le talent n'avait pas été vu depuis bien des années : c'était un événement de taille ! Pendant un temps, on avait douté de l'information, et c'étaient les salons qui avaient énormément contribué à l'attente. Finalement, lorsque les invitations avaient enfin été envoyées et reçues, la haute société de Londres était entrée dans un véritable chaos d'effervescence mêlé d'enthousiasme, de méfiance aussi, et de folie urbaine. L'orgueil des plus hauts avait explosé. La présence de la reine aidant les esprits baignés d'ambition à se croire plus importants que les autres, l'imaginaire de la culture, la superbe des prétentieux lettrés et le faste dantesque de tout le gratin de la capitale s'étaient tout bonnement sentis obligés d'éclater aux yeux de tous. Depuis une semaine, le sujet de toutes les conversations tournaient autour de Coriolan, Coriolan de Shakespeare, mis en scène par le lord le plus influent du royaume : le Comte Jirômaru Keisuke.

Une pièce rare, un lord mystérieux, un spectacle royal...

En ce jeudi 11 mars 1842, l'effervescence était ainsi à son comble au théâtre de Soho. L'édifice avait ouvert ses guichets à 20h00, laissant passer son flot d'aristocrates excités et hâtifs de voir s'ouvrir les portes. Trop pressés de trouver bientôt leurs places, ils se bousculaient comme des enfants devant un sachet de bonbons. Les capes, chapeaux à plumes et hauts de formes étaient les bienvenus par un temps pareil. Les gants eux aussi, portés avec élégance pour l'occasion ou par habitude mondaine. Les dames affichaient voilettes, élégantes panoplies et toilettes, parapluies noirs, bottines et souliers vernis. Elles se pressaient, aux bras des gentlemen les plus éminents de la capitale, commentant les affiches, rajustant leurs tenues et vérifiant leurs boucles d'oreilles. Chaque mouvement participait à l’élan de la foule qui s'affairait à l'entrée. C'était une véritable marée humaine qui submergeait les portiers. Chacun de ses membres se collait aux guichets pour faire valoir son carton d'invitation tel un passe-droit officiel, brandi au-dessus de la masse, les uns se pensant toujours plus importants que les autres. C'était une foule d'aristocrates. Autrement dit une farandole composée d'une myriade de chiens galeux persuadés d'être aussi nobles que leurs maîtres alors que le mot « prestance » leur était inconnu.

Au second étage de l'édifice, dans l'ombre d'un pilier, un homme regardait cette foule désordonnée. Le Comte était là. Sa cape flottait lentement dans la brise humide. L'eau avalait goulûment chaque parcelle d'air sec mais ne l'atteignait pas lui, le metteur en scène, le lord, le Vampire, le Manipulateur. Seuls ses cheveux prenaient un aspect filandreux au contact de la bruine. Ils lui collaient un peu le visage, membranes mélancoliques tâchant de s'étirer vers le sol. Comme s'il portait un masque de marbre, le Comte observait l'affluence sans expression. Immobile telle une statue, impassible comme un portrait de prince oublié, il semblait presque dormir les yeux ouverts. Ses iris et ses pupilles voilés d'une pellicule blanchâtre, comme ceux d'un aveugle, ajoutaient à son aspect statique. Entre le monde des morts et celui des vivants, bâtit comme un homme, animé comme un monstre, le cœur battant, lentement, très lentement, l'âme déchirée par le temps et la faim, cette faim devenue soif, soif inextinguible, de sang, de vie, d'amour et d'art, de poésie, de grandeur et de l'essence de ce monde ; Jirômaru était mêlé au néant de ce ciel noir de nuit.

Il était là.
Il était là et il songeait à Sarah.

Son cœur malade, malade et maudit, malmené, renforcé par la haine et l'âge, semblait chercher en cette jeune femme un soupçon d'humanité qu'il ne possédait plus qu'en son abîme le plus profond. Elle seule l'avait réveillée. Cette humanité perdue, abandonnée aux frontières des pays de l'Ouest, elle l'avait relevée. Elle seule pouvait le sauver. Mais le sauver de quoi ? De ce monde ? De lui-même ? De sa folie ? De ses plans dans lesquels la Mort ne saurait que trop tôt le rappeler ? Peut-être...


- Monseigneur... ?

Le vent souffla. Ces mots, doucement prononcés derrière le lord, se perdirent dans l'espace infini. Le Comte resta droit, le regard toujours baissé vers le pied de l'édifice, tombant sur la foule et les pavés qu'il dominait de sa hauteur de colosse marbré. Il songeait aussi à Glen, ce Vampire étrange aux cheveux de sang qu'il avait rencontré la veille à Highgate...Quelque chose changeait en son coeur.

- Monseigneur...Reprit la voix avec une tendre insistance, comme une supplique marquée par le deuil. Il vous faut maintenant venir...Nous ne pouvons plus attendre.

- J'arrive...répondit le Comte d'une voix sans timbre.

Salluste s'éloigna et disparu dans l'ombre. Il était venu prévenir son maître : l'heure tournait. Il était 20h passé, les invités allaient s'installer, les acteurs étaient prêts, les musiciens n'allaient pas tarder à arriver et à prendre place dans la fosse, le rideau allait être levé. D'ici une heure les planches raisonneraient de leurs pas, de leur fougue, de leur verbe. Coriolan allait se jouer et il fallait encore saluer la reine...
Le carrosse de Sa Majesté et sa garde cavalière arrivaient au loin. Le Comte leva son regard vers l'agitation que l’instance royale provoquait à son passage. Ses cheveux se soulevèrent dans la brise. Plus que quelques rues, un pâté de maisons, et Victoria franchirait les portes du Grand théâtre, qui avait été rénové pour l'occasion. Il lui fallait être prêt à l’accueillir.

Le Comte descendit enfin de la bordure sur laquelle il s'était perché. D'un bond félin, il atterrit sur le rebord d'une fenêtre plongée dans l'ombre avant de s'engouffrer dans sa gueule ouverte. En quelques secondes, il fut arrivé dans les couloirs des loges. Il tomba alors nez à nez avec Ambre qui s'affola en le voyant ainsi humide de pluie, la cape froissée.


- Monseigneur !? Mais vous n'êtes pas prêt !? La reine arrive !

- Je sais, Ambre, je sais...

Face au ton de son maître, la jeune Vampire n'insista pas. Cela faisait quelques jours que le Comte semblait être tombé dans une mélancolie particulière. En effet, la ferveur et la motivation paraissaient l'avoir quitté au fur et à mesure que la pièce s'était montée. La veille, il était rentré d'une promenade étrangement frustré. Pourtant, lorsqu'il était sur les planches avec les acteurs ou dans les coulisses avec Sir Charles Barry, elle l'avait trouvé presque exalté, enflammé voire brûlant de volonté ! Qu'est-ce qui l'avait autant changé en si peu de temps ? Était-ce la présence prochaine de cette Fiora Hagane et de son Protectorat qui minait ainsi le moral du Comte ? Ou était-ce donc l'appréhension de revoir Sarah Spencer ? Impossible. Et pourtant, quelque chose tiraillait l'esprit de leur maître. Quel soucis lui saisissait donc ainsi le cœur ? Nul ne le savait mais tous le ressentaient. L'ambiance joyeuse du théâtre s'était muée en terrifiante raideur : tous étaient conscients qu'ils n'avaient pas le droit à un seul faux pas, surtout pas ce soir, et l'attitude de chaque membre de l'équipe s'était faite la plus sérieuse du monde.

Les rénovations du théâtre avaient durées jusque mardi soir. Heureusement, les acteurs avaient pu répéter directement sur les planches, ces dernières étant prêtes avant l'heure. Ambre avait ainsi pu s'occuper des trappes et autres particularités dans l'espace avec son maître et l'Architecte. Seuls les stucs et la finition des panneaux, destinés au décors, avaient quelque peu traînés.

L'actrice hésita à frotter la cape de son maître : le contact physique avec lui pouvait se révéler mortel selon le moment choisi. Finalement elle préféra le laisser, se contentant d'un sourire réprobateur en regardant ses cheveux défaits. Le Comte l'ignora totalement. Son regard s'était posé bien plus loin, au-delà de la belle rousse, au-delà du couloir, à travers la paroi du fond : les acteurs se préparaient dans les loges, les maquillages étaient prêts pour l'Acte I, les costumes étaient triés selon les besoins d'apparition, Sir Charles Barry discutait avec Marco...Il ne manquait plus que sa propre tenue. Il devait saluer la reine, inaugurer le théâtre à ses côtés, ouvrir le spectacle...
Oui, il fallait maintenant qu'il entre en scène.

Écartant Ambre d'un lent revers de main, le Comte se rendit dans sa propre loge d'un pas soudainement rapide et droit. Ses vêtements l'attendaient sur son fauteuil.
Il enfila un pantalon noir taillé sur mesure, parfaitement ajusté à sa physionomie. Puis il se saisit d'une chemise blanche, comme à son habitude, mais cette dernière était coupée dans la soie la plus fine qu'il puisse y avoir sur le marché de l'époque. Ses boutons de manchettes étaient d'or, gravés d'une rose. Une fois rangée dans son pantalon avec précision, il mit par dessus sa chemise un gilet brun brodé de fils dorés et de motifs végétaux. Ses boutons étaient eux-aussi dorés, assortissant le tout. Sa cravate, brune, nouée amplement en foulard comme cela se faisait à l'époque ajoutait la touche de dignité nécessaire à son costume. Enfin, sa cape rouge sang venait terminer sa tenue offrant son large double-col aux bordures blanches. Le Comte mit sa montre à gousset dans la poche de sa veste et en relia la chaîne à son pantalon avant d'ajuster ses gants immaculés. Enfin, il arrangea ses longs cheveux blancs pour les coiffer en une queue de cheval, inhabituelle chez lui mais extrêmement distinguée, avant de poser son haut de forme sur sa tête.
En dix minutes le Comte fut ainsi prêt. Sa tenue était plus élégante que toute celles qu'il avait l'habitude de porter, plus riche, plus noble encore que ce qu'il arborait déjà naturellement. Il l'avait évidemment choisie pour cette occasion si particulière : il fallait qu'il soit irréprochable, éclatant de présence et de faste, toujours plus prestigieux, toujours plus imposant.

Bientôt, ses pas le conduisirent à l'entrée royale. Il y avait-là une foule de spectateurs qui voulaient assister à l'arrivée de la reine. Lorsqu'ils virent le Comte sortir de l'édifice, ce fut un grand fracas de cris et d'appels en tout genre. Il n'y avait pas que des aristocrates qui s'affairaient autour du théâtre. Bourgeois et badauds tentaient eux-aussi de voir le lord si rarement sorti en public, ainsi que de se trouver une place pour voir la reine Victoria. Le Comte ignora tout bonnement la foule. Le carrosse de la reine arrivait, annoncé en grande pompe. La reine-mère faisait des signes aux fenêtres de son véhicule. Son sourire avait quelque chose de rassurant. C'était une reine aimée, jeune et dynamique. Lorsque son pied se posa sur la première marche du véhicule royal, ouvert par deux laquais, le Comte se trouvait là, devant elle, droit et fixe au milieu de l'allée formée par les gardes de la cour qui avaient précédé son convoi. Il tenait sa canne-épée avec allure. La reine marqua un léger temps d'arrêt, posant les yeux sur le Comte avec une intensité particulière. Puis elle lui sourit et continua sa descente aidée par une suivante. Une fois qu'elle eut les deux pieds sur terre, le Comte leva son haut de forme, s'avança et la salua d'une grande courbette, presque agenouillé tant il mit de la ferveur dans son geste.


- Votre Majesté, fit le Comte, vous me voyez au sommet de ma joie, trop heureux de vous accueillir ici pour l'inauguration du théâtre et de ma pièce. Votre divine présence m'est un insigne honneur.

D'un signe de sa main droite et gantée, Victoria lui indiqua de se relever. Sa vaste robe couleur saumon et ses bijoux dorés faisaient ressortir son teint de pêche rosie. La reine avait un air sévère mais elle ne perdait rien de son amabilité. Sa prestance n'était que le reflet de sa grande intelligence et de son pouvoir. Elle était encore très jeune. En effet, Victoria avait tout juste 23ans. Le Comte l'avait vue naître, monter sur le trône, accéder aux plus hautes dignités. Lorsqu'à ses huit mois elle  avait perdu son père, puis son grand-père, le Comte avait été présent pour veiller sur elle. A ses trois ans il avait été son précepteur secret. A sa montée sur le trône en 1837, à son mariage avec le prince Albert en 1840...il avait toujours été là. Beaucoup de choses étaient dissimulées au monde. Mais beaucoup savaient que Jirômaru Keisuke et Victoria partageaient une relation étrange, de confiance et de politique rapprochée.

- Mon cher ami, fit-elle d'une voix haut perchée, l'honneur est pour moi. Je n'aurai raté pour rien au monde cette nouvelle œuvre que vous nous apportez. Je dis nouvelle, rit-elle, nouvelle pour sa scène, pour son jeu, pour votre touche. Vous ne me décevrez pas, je le sais...

Ses yeux verts rencontrèrent le regard perturbant du Comte. Puis la jeune femme s'élança dans l'allée. Son bras un peu potelé passa dans celui que lui tendait le Vampire et tous deux, accompagnés des plus hauts aristocrates de la cour qui eurent accès derrière eux, entrèrent dans l'édifice. L'arrivée de la reine marquait l'ouverture des portes du théâtre. La cohue se fit intense et, bientôt, le flot humain qui se brisait sur les barrières érigées par Arath et les gardes fut soudainement libéré. La rue se désengorgea peu à peu tandis que la foule prenait enfin place à l'intérieur de l'édifice.

Les plus distingués des aristocrates étaient disposés sur le devant du par-terre, dans des fauteuils rouges d'un confort extrême. Le Comte avait pris soin d'y placer quelques disciples et connaissances personnelles. Sarah Spencer et sa famille, ainsi qu'Angelstone, étaient placés à la troisième rangée au centre, avec un écart de trois personnes entre le Vampire et la Huntress. Au fond de la salle, des hauts bourgeois avaient leurs places. Venaient ensuite les deux étages et les balcons latéraux. Les aristocrates dominaient largement les Hauts-bourgeois, le Comte avait pour habitude de préférer les plus hautes strates sociales, méprisants les plus basses avec ferveur. Aussi les seuls bourgeois qui se trouvaient au théâtre ce soir, invités par obligation mondaine et politiques, étaient placés dans les parties latérales des étages, là d'où le spectacle ne pouvait être vu qu'en partie et de biais.
La reine était placée dans un balcon latéral du second étage, à droite, au-dessus de la scène, avec ses suivantes, ses plus proches conseillers et quelques gardes royaux. Le Comte l'y mena en grandes pompes et l'aida à s'asseoir une fois que son ample manteau lui fut ôté. Il lui fit un baise-main et quelques recommandations qui la firent pouffer de rire. Ils avaient toujours été très complices. Le  lord lui offrit une magnifique paire de jumelles ciselées pour l'occasion et lui demanda d'éviter de trop l'utiliser pour regarder les détails du décors.


- Ho mon cher, le seul risque qui pourrait vous effrayer serait que je ne m'attarde sur l'un de vos acteurs, si ce n'est vous.

La reine rit de son propre humour décalé, ses conseillers en furent gênés.
Salluste les rejoignit presque dans le même temps. Son rôle était de « tenir compagnie à la reine au nom du Comte » qui ne pouvait malheureusement pas rester à cause de sa place d'acteur dans la pièce. La reine connaissait bien Salluste, elle l'appréciait beaucoup pour son flegme et sa patience. Ce n'était pas la première fois qu'elle le rencontrait. Le Comte précisa à la reine que deux autres personnes allaient rester avec elle en son nom. C'étaient les deux gardiens de Fiora. Salluste devait les accueillir à leur arrivée.
Le tireur d'élite du Protectorat se trouverait dans le balcon opposé à la reine, à gauche de la scène, dans la pénombre. Il aurait ainsi toute la salle et la scène en vue, particulièrement le balcon de la jeune reine qu'il aurait en face de lui. Seule une partie du par-terre lui était invisible.
La fosse des musiciens était prête, les instruments attendaient leurs maîtres. Seuls les spectateurs des étages pouvaient les voir, c'était un privilège. Wynn serait le seul visible des spectateurs depuis le par-terre, dépassant avec son pupitre sur une estrade. Il aurait ainsi une vue parfaite de l'intérieur de la salle lorsqu'il lui ferait face si le besoin se faisait sentir.

Tout était prêt. Le Comte attendit que la salle soit en partie remplie avant de laisser la reine à ses occupations et de reprendre les siennes. Il alla vérifier à l'entrée que ses deux disciples, gardiens de la porte principale, étaient bien en place. Le Protectorat les aiderait dans leur tâche.
Dehors, autour du théâtre, de nombreux Vampires rôdaient déjà sur les toits. Le Comte avait fait sortir de sous l'Opéra une bonne partie de ses élèves pour assurer la tranquillité de sa pièce. Mais il avait un peu sous-estimé les forces ennemies et il n'avait pas organisé précisément les tours de garde et autres rondes, considérant que ses élèves auraient suffisamment saisi l'ampleur de cette soirée pour rester attentifs. Grossière erreur. En réalité, ses élèves étaient distraits et, sachant que le Protectorat accompagnait le Comte, en plus des Sept, les disciples éparpillés autour du théâtre ne se préoccupaient guère des ruelles alentour, concentrant leur attention sur les entrées, les attroupements d'Humains et les nuages amoncelés au-dessus de leur tête. Beaucoup se réfugiaient dans des niches et les premiers creux de cheminées qu'ils trouvaient plutôt que de surveiller concrètement l'édifice. La pluie les gênait.

Pendant que ces derniers grognaient sous la pluie, le Comte retourna dans les loges et rassembla les Sept et les acteurs, sauf Salluste qui était déjà avec la reine. Il leur rappela les règles à respecter durant la pièce, ils firent ensemble un rapide tour des rôles et bientôt tous patintèrent dans les coulisses pour le grand départ.
Il fallait encore attendre que tous les invités soient assis, que le Protectorat soit en place et que Wynn fasse son entrée. Il y avait un morceau de musique d’ambiance à jouer avant l'ouverture des rideaux. La reine devait ensuite se lever, inaugurer d'une phrase le théâtre et annoncer l'ouverture de la pièce avant que le rideau ne se lève à son tour et que le Comte ne présente Coriolan. C'était la pratique de l'époque.

Malgré le brouhaha, le Comte ne se préoccupait que d'une chose : la présence de Sarah Spencer. Serait-elle bien là ? Il l'espérait de tout son cœur et de toute son âme. Elle était invitée, avec sa famille, c'était impossible qu'elle ne se présente pas. Se permette une telle transgression des codes sociaux qui liaient les mortels entre-eux aurait terni sa réputation t celle de sa famille.
Un verre de sang dans la main, le Comte arpentait maintenant les coulisses, attendant que le public soit enfin installé. Il jetait de temps en temps un coup d'oeil par une fente sur le côté de la scène pour s'assurer que tout était en place.

L'échiquier se complétait.


> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
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Dernière édition par Comte Keï le Mer 27 Fév - 22:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42] Jeu 27 Sep - 14:45

Spoiler:
 



Dans les coulisses du grand Théâtre, comédiens et techniciens allaient et venaient depuis la scène, virevoltant de tous côtés comme les ouvrières d'une ruche. L'euphorie et le stress montaient à une vitesse vertigineuse, et les quelques mots échangés par tous ces gens étaient brefs et nerveux.
Eloigné de toute cette agitation, Wynn attachait un jabot à son col de chemise avec un calme des plus religieux. Lui n'était ni angoisse, ni stressé, ni impatient. Il ne connaissait pas l'impatience, il avait la fâcheuse habitude de tout prendre avec beaucoup de recul et de calme.
Malgré les enjeux de la soirée, il n'était pas inquiet. Les choses se dérouleraient d'une manière positives ou négatives pour lui, peu lui importait car il n'avait pas envie de se ronger les sangs inutilement.

Malgré l'agitation, Wynn était encore préoccupé par les évènements de la veille. Les dernières paroles d'Elizabeth résonnaient avec force dans son crâne, et s'il avait pu s'attarder un peu plus longtemps dans le parc, il l'aurait fait. Elle ne comprenait... Non elle ne comprenait pas qu'il cherche à se garder du monde extérieur en laissant des zones d'ombre sur son passé. Et inconsciemment, il voulait la tenir à l'écart de tout, il n'avait pas envie de sentir son regard poser sur lui, il ne voulait tout simplement pas qu'elle le juge. Il se rendait à peine compte que lui aussi la jugeait sans réellement la connaître... Ils avaient réussit à dépasser le stade de la violence et des insultes, mais ils n'étaient pas tirés d'affaire pour autant. Bien au contraire, ils avaient du chemin à parcourir, et Wynn persistait à se demander si le jeu en valait la chandelle... N'allait-il pas réveiller de vieux souvenirs enfouis et douloureux en se montrant aussi bavard avec la jeune femme?
Ca... Il ne pouvait le deviner à l'avance, il n'était pas en mesure de prévoir les choses et d'être tranquille là dessus. Elizabeth avait l'air déterminée à le revoir, et il se doutait bien que les questions l'accompagneraient. Elle avait l'air de tenir à ses réponses... Des réponses qu'il n'était pas encore prêt à fournir, et des questions qui ne les mènerait qu'à un dialogue de sourds particulièrement tendu.

Rajustant le col de sa chemise blanche, Wynn poussa un profond soupir en saisissant le noeud de velours noir qu'il avait posé sur une console. Ce soir, il avait opté pour une élégante et discrète tenue noire et marine. Le vampire n'avait jamais été un adepte des couleurs vives et n'aimait pas particulièrement l'excentricité, c'est d'ailleurs pour cela qu'il était toujours vêtu de noir ou de bordeaux. Un pantalon noir venait ceindre ses longues jambes, ses pieds étant chaussés d'une paire de bottines de cuir noir. Une veste mi longue bleue marine à boutons argentés venait recouvrir son veston noir et compléter sa tenue.
Replaçant le grand col bleu et argent de sa veste, Wynn accorda un regard au miroir, un seul, bref et rapide. Ainsi vêtu, il avait perdu une partie de l'allure féline et inquiétante de l'assassin qu'il était, pour la troquer contre l'apparence élégante et raffinée d'un musicien. Ses longs cheveux blonds étaient soigneusement attachés dans son dos, ne laissant s'échapper que deux mèches plus courtes qui venaient encadrer son visage de marbre. Ce soir, il n'y aurait que ses yeux et son regard peu amène pour le trahir. Un sourire se dessina sur ses lèvres. La soirée promettait d'être riche en évènements.

Se décidant enfin à bouger, Wynn alla récupérer son violoncelle, soigneusement posé dans un coin de la pièce. Le bel instrument décoré de rune n'attendait plus qu'un musicien pour faire entendre sa voix, et le vampire entreprit de l'accorder, même s'il lui faudrait reprendre cette étape fastidieuse à l'entracte. Il n'avait écrit qu'une courte pièce pour son instrument, et il n'était même pas certain de la jouer. Tout dépendrait de la tournure que prendrait la soirée, mais il doutait que la pièce connaisse sa première salve d'applaudissement et son premier tombé de rideau dès ce soir...

Enfin, une harpiste vint le trouver pour lui dire que tout était prêt. Hochant la tête en la remerciant, Wynn se saisit de son instrument, de son archet et de sa baguette, et se leva pour prendre la direction de la fosse.
Le vampire n'avait pas quitté le théâtre de la journée, il y était même arrivé très tôt, avant le lever du jour. C'était un perfectionniste, qui n'aimait pas faire les choses à moitié, aussi était-il venu répéter avec les musiciens, leur donner les dernières instructions... Musicien pointilleux et maniaque, il ne saurait souffrir la moindre fausse note et aspirait à une véritable perfection musicale.
Il avait fait répéter les musiciens jusqu'à ce qu'il juge le résultat convaincant, et à présent, il allait se présenter à un public glouton et avide, un public critique et sans pitié, un public essentiellement constitué d'aristocrate.
Déposant son instrument prêt de son estrade, Wynn se tourna un instant vers le public, qui commençait tout juste à s'installer. Les dames portaient de couteuses toilettes taillées dans les tissus les plus lourds et les plus chers du marché, les dentelles fines rivalisaient avec les perles scintillantes, les brocard se gonflaient d'importance face à la douceur veloutée des soies les plus pures. Ici, une marquise portait une élégante robe corsetée qui aurait fait rougir le plus entreprenant des hommes, là une autre arborait fièrement une coiffe de feutre ouvragée et décorée de plumes.
Pathétique... Toute cette débauche de richesse, l'opulence à l'état pur... C'était à celui qui aurait la tenue la plus couteuse. Wynn les comparait à une basse cour, les hommes bombaient le torse comme un coq gonflait ses plumes, les dames roucoulaient à l'instar des dindes... Un ridicule petit ramassis de volatiles prétentieux qui avaient décidé ce soir d'user de tous les artifices pour se faire remarquer. Ils étaient naïfs et doté d'un orgueil qui n'avait pas lieu d'être, étant donné leur situation. Tous étaient nés avec une petite cuillère en argent dans la bouche, ils ne devaient leurs titres et leurs richesses qu'aux sacrifices de leurs ancêtres, et beaucoup avaient aujourd'hui oublié la réelle valeur des choses. Certains se détachaient sûrement du lot, avec des principes, de l'honneur, une conscience un peu plus élaborée, mais Wynn n'en avait encore jamais croisé. Il s'était tout simplement mit en tête qu'ils étaient tous les mêmes.

Il observa alors les loges, les poulaillers et le reste de la salle. La reine venait de s'installer dans une loge à sa droite, et il se devait de garder un oeil sur elle depuis la fosse. Quant au reste de l'assistance, il ne connaissait personne, il ne reconnaissait que quelques visages aperçu au détour d'une rue ou dans un salon, mais rien de transcendant. Wynn n'avait vu le Comte que brièvement dans la journée, et tous deux étaient trop occupés pour perdre leur temps en palabres inutiles. Ce qui n'était pas pour déplaire au violoncelliste qui n'avait aucune envie de lui rendre des comptes ce jour là.
Détournant son regard, Wynn déposa sa baguette sur son pupitre, lequel croulait sous l'épaisseur du conducteur de la pièce. Regagnant les coulisses, il laissa les musiciens s'installer dans la fosse avant lui, comme le voulait la tradition.
Les spectateurs terminaient de s'installer, tout serait bientôt prêt. Enfin, Wynn fit son entrée, calme et droit comme si rien ne pouvait l'atteindre. Il alla serrer la main du premier violon et se tourna vers l'assistance pour la saluer d'une courbette. Se tournant à nouveau vers l'orchestre, il ouvrit son conducteur et saisit sa baguette, prêt à donner le départ d'une pièce qui s'annonçait déjà mouvementée.

Il avait l'apparence tout à fait ordinaire d'un chef d'orchestre, avec pour seule arme une baguette de bois. Pourtant, il gardait un poignard sans sa botte et ses revolvers cachés au niveau de sa taille. Il espérait ne pas avoir à s'en servir, gâcher une oeuvre si prometteuse et un lieu fraichement rénové l'aurait contrarié... Après tout, il n'était là que pour observer et garantir de la sécurité de la reine et d'une femme qu'il ne connaissait pas encore.


Dernière édition par Wynn Leichenhalle le Sam 17 Nov - 15:49, édité 1 fois
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Fiora Hagane
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MessageSujet: Re: Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42] Ven 28 Sep - 21:10

Spoiler:
 


Dix-neuf heures sonnées aux cloches de la grande horloge, ce tintement aigu et magistral inonde le repaire du Protectorat qui se prépare depuis une semaine à présent. La salle était vide à cette heure-ci, tous les membres s'habillaient, se préparer, certains posaient délicatement des balles de Bloody Rose dans leur rame, des balles ravageuses sur les vampires... Certains rangeaient leurs armes de lancés , couteaux, aiguilles... Le grand soir était là... il était présent et sonné la revenue du Protectorat au grand jour, du moins dans un monde vampirique.

Fiora, chef du Protectorat regardait la salle, encore couverte de sang dans les coins, il fallait dire qu'avec l'entraînement qui c'était déroulé durant toute la semaine, il y avait eu des morts, mais pas des membres du Protectorat, de simples humains, brigands, voleurs, sans domicile, enfin, des gens que personne ne regretterait. La belle française était dans son canapé, allongée sur le dos, les cheveux partant sur le sol, à droite à gauche, la chevelure ébène de Fiora s’étendait partout. Rien ne semblait perturber la jeune femme quatre fois centenaire. Depuis la visite du Comte dans le repaire Fiora semblait différente, quelque chose la rendait à la fois mélancolique et excitée, serait-ce le fait que le Comte soit d'une puissance dépassant tous ce que Fiora imaginée ? Peu être bien.

Des pas de chaussures pointues et neuves se firent entendre, Fiora ne bougea pas un cil, ce devait être Xavier, son ami de toujours savait à quel point Fiora attendait ce moment. Le Français marchait lentement vers Fiora et s'assit sur la table face canapé, cette table en verre, très basse. Le vampire fini par tourner la tête vers son ami, ils se croisaient pour la première fois de la journée puisque chacun avait des occupations plus ou moins importantes, mais toutes concernées le théâtre. Le regard de l'un se plongeait dans l'autre, ils s'échangeaient des paroles par la vue, ils se connaissaient trop bien pour se parler et se comprendre que par des mots, un simple regard et ils savaient tous de l'autre
.

-Bonsoir... finit par lâcher Xavier, je profite de ce que tu sois seule et que les autres se préparent. Pour ce qui est de loge en dehors du théâtre pour placer les lions de Racht c'est bon, l'homme veut bien nous laisser nous installer pour la soirée. Devront nous quand même suivre tout ce que tu as demandé ? Même tous ce passe bien ce pauvre n'a pas À...

-Ne, conteste, pas, mes, ordres. Est-clair Xavier ? Coupa sèchement Fiora, chaque mot était suivi d'une pause et le ton de la fougueuse femme était sans réponse et son regard mélancolique se teintait d'une sévérité rare, une sévérité que le Protectorat ne voit que lors de ses grandes soirées. On devra tuer l'homme qui hébergera les animaux, on ne peut pas laisse d'indice, notre mission consiste à protéger la Reine, pas les petits bourgeois. Cette soirée marquera la puissance du Protectorat, nous ne pouvons pas égaler le Comte et les Sept, ils sont plus puissants que nous, mais nous avons notre place sur le haut de la scène vampirique. Ils apprendront tous qui sont les maîtres après le Comte.

-Bien bien... je le tuerais le lendemain du théâtre alors, ainsi sera ta volonté. On s'en tient à ce qu'on a dit pour l'arrivée de tous et toutes . Demanda Xavier, d'un coup moins entreprenant devant son amie.

-Oui, pour Gérome et le fusil de précision j'userais de mon pouvoir, tous les vampires me reconnaîtront, mais tant pis, je préfère qu'on me repère moi plutôt que vous, en tant que chef de notre groupe, je dois prendre le plus de risques. Elle marqua une pause durant laquelle elle souffla longuement avant de reprendre. Bien cette discussion est terminée Xavier, monte te préparer... j'ai besoin d'un peu de temps encore.

Le vampire se retira à au demain de sa supérieure après avoir acquiescé ses propos. Les pas de chaussures résonnèrent à nouveau et ils disparurent dans les escaliers, Xavier n'avait rien dit mais il était dix-neuf heures quinze à présent, Fiora devait se préparer, sinon, le retard serait coutume. Après avoir monté les escaliers Xavier se retrouvèrent nez à nez avec James, lui aussi ne s'était pas habillé, Xavier lui demanda ce qu'il allait faire, l'armurier avec un sourire répondit qu'il allait prendre les Khopeshs, Angel et Lucifel, car il avait une autorisation spéciale de Fiora pou ça. Ne disant rien Xavier se contenta de monter dans sa chambre, ou il se prépara pour cette grandiose soirée.

James lui descendit et voyant Fiora ainsi dans le canapé, il ne préféra pas lui parler, mieux valait ne pas la déranger dans un moment comme celui-là. Le plus jeune de la bande pris donc les deux lames Égyptiennes et monta à son tour se préparer dans sa chambre. Tous les membres devaient être près sauf Fiora, mais elle restée seule dans cette salle vide tachée de sang... Dans le silence morbide de la salle elle murmura ces quelques vers chargés de tristesse et nostalgie


Quelle est cette douleur
Qui te harcèle et empoisonne ton cœur
Qui occupe ton esprit
T’empêchant d'avancer dans cette triste vie.

Une déchéance, une descente aux enfers
Que rien ne peut égaler
Ni même toutes les veines coupées aux verres.
Ou tous ce sang qu'on a voulu se faire couler.

Un hurlement sans nom
À en réveiller tous les morts de l'Achéron
Et si je me laissais aller par ce vautour
Qui me jure un bonheur sans détour?

Il me ment sans doute
Mais de ma propre volonté je laisse
M'emmener et tracer la route
Pour un lieu ou j’oublie la tristesse
.


Il n'y avait rien à dire, Fiora était dans un état second, étrange mais un coup de fouet vint la sortir de rêverie, Racht qui sortait avec les poupées, la vue des canines des félins rendirent à Fiora son comportement normal. L'africain ne s'occupa pas de Fiora, les poupées étaient déjà surexcitées, Racht avait sûrement déjà donné la drogue aux animaux, leurs claquements de gueules étaient impressionnants. Il sera cependant simple de les faire obéir pour qu'ils tuent les nuisibles.

Alors que Racht fermait la porte du fond, Fiora se leva d'un bond et partie prendre le katana ainsi que ses deux Bloody Rose. Une fois ses armes du soir en sa possession elle partit dans sa chambre où elle déposa l'arme japonaise et les deux armes de poing sur le lit avant d'ouvrir son armoire. À l'intérieur on pouvait y voir des dizaines de tenues mais Fiora voulait impressionner, comme à son habitude, elle sortit donc une réplique de sa robe fétiche, qu'elle portait le jour du sacrement de Charles VII à Reims. Une robe toute en dentelle, dans un style de l'époque, une réplique de robe ayant quatre cent vingt ans. La pauvre jeune femme eut du mal à mettre sa tenue, car elle n'avait plus l'habitude de la porter, mais une fois à l'intérieur elle put se voir dans sa tenue blanche et bleue, ou un sublime fleure de lys était brodé sur la poitrine côté gauche au niveau du cœur de la robe. Elle était sublime, la robe et les tissus la sublimait. Mais attention, sous cette réplique de robe se cacher sa tenue de protection avec le corset en cuir dur et noir, mais la robe cachée absolument la tenue de cuir. À présent il fallait mettre les armes et se coiffer... Alors Fiora hurla dans tout l'appartement et ordonna à Sakura de venir l'aider à se coiffer. Cette dernière ayant immédiatement rappliqué, la séance coiffure pouvait enfin commencer, elle dura une vingtaine de minutes et après quelques essaye infructueux la Japonaise finie par y arriver, Fiora en plus de sa robe portait un chignon magnifique, des épingles droites faisaient un quart se cercle vers le bas pour que les épingles sortent vers le haut, et sur les épingles pointant vers le haut se trouvait une fleur de lys bleue cyan brodée.

En se voyant dans la glace de sa chambre, la Française poussa un sourire satisfait et remercia sa belle-sœur d'un long baiser sur la joue pour le plus grand plaisir de Sakura. La japonaise partie se préparer à son tour et Fiora resta dans sa chambre, prenant ses deux Bloody rose elle les incrusta derrière ses chaussures, quand elle arracherait sa robe pour combattre elle pourra les prendre plus simplement, car si la robe que Fiora était une réplique, c'est qu'elle ne comptait pas la garder intacte. Quant-au katana, elle le mis à sa ceinture, elle se ferait remarquer comme à son habitude, mais en signalant qu'elle venait du Japon, ou serait le problème puisque peu de gens avaient visité ce lieu. Le Comte n'allait pas aimer, mais elle s'en fichait totalement. Qu'il accepte ou non ses manières, cela importait totalement à Fiora.

La jeune femme descendit les escaliers en furie scandant à tous qu'il fallait partir tout de suite, ils allaient être en retard encore une fois. Aux simples mots de sa directrice du protectorat, les six membres arrivèrent rapidement, tous très bien habillés, Xavier avait une tenue assortie à celle de Fiora, mais une fleur de lys brodée à l'opposé du cœur, il portait une belle épée, celle de Fiora à la ceinture dans son fourreau. James avait les deux Khopeshs dans son dos, ils étaient couverts d'une cape qui dissimule les deux armes, d'une tenue noire, les cheveux gominés pour l'occasion, il faisait très peur, dans la mascarade du soir il jouait le rôle du gardien de Xavier et Fiora qui jouerait les faux couples débarquant spécialement d'un voyage au Japon mais originaire de France. Que se serait drôle... Igort, dans une tenue très Russe, il portait les habits traditionnels de son pays natal, comme Sakura et son kimono blanc et rouge, coiffée traditionnellement, la belle ne se séparait pas de ses deux éventails de fer ou elle avait rangé quelques aiguilles. Racht le costume londonien de la haute noblesse de l'époque il tenait les poupées en laisse, les félins relativement excités à cause de la drogue regardaient froidement chaque humain présent, sauf Fiora dont le regard était bien plus glacial. Gérome lui avait une tenue semblable à celle de Racht sauf qu'elle était marron et blanche, ce qui lui allait à ravir. Il faudrait se presser pour passer légèrement inaperçu, car même si tous n'arrivaient pas en même temps, il fallait faire attention
.

-Bien... Vous êtes tous là mes enfants, allons-y... Igort, Sakura, Racht, vous savez où aller, puis Xavier demain tu iras exécuter l'homme. Une mort digne en gage de reconnaissance pour son aide. Le ton de Fiora était neutre et sans réponse, elle prit le bras de Xavier le forçant à le suivre sortie, en première avec son ami dehors, il bruinait faiblement mais Fiora demanda aux membres du Protectorat de libérer leur aura pour qu'ils puissent éviter à la pluie de leur tomber dessus.

Rapidement le groupe se coupa en trois, d'un côté, le Sibérien, la Japonaise et l’Égyptien, ils devaient voir un homme qui vivait face au théâtre, Racht cacherait les animaux là-bas et resterait avec eux, au moindre problème Fiora l’appellera mentalement et il viendra au théâtre avec les bêtes. C'était un imprévu pour le Comte, il fallait bien garder une part de mystère dans le fond. Gérome Parti seul, le fusil de précision dans une valise, il marchait rapidement pour rattraper le temps qu'il perdait à faire un détour pour arriver à l'opposé de Fiora. Et enfin, Fiora, Xavier, James, ils marchaient avec élégance et leur tenue faisait des envieux, sauf celle de James qui était effrayante.

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Igort, Sakura et Racht avancés par des ruelles sombres où chacun faisait attention de ne pas se tacher aux murs, à l'eau dégoulinante sur ces derniers, sur les traces de moisissure et le sang parfois, cette substance n'attira aucun des trois vampires, tous les trois savaient parfaitement se contrôler. Le pas des vampires était rapide et précis, ils savaient parfaitement chez qui ils allaient, chez un vieil homme que Xavier connaissait vaguement, ce dernier avait accepté de les aider pour cette soirée en l'échange d'argent, bien sûr Fiora avait accepté mais il ne gagnerait qu'une mort digne.

Ils arrivèrent enfin près de la maison, les lions étaient calmes pour l'instant et Igort toqua à la porte, ce n'est quelques secondes plus tard qu'un homme, d'environ soixante ans ouvrit la porte, un homme relativement ridé mais soigneusement habillé. Il habitait face au théâtre, à une centaine de mètres et de son habitation on entendait le bruit que faisaient les nobles de la ville. L'homme ne réagit pas devant les lions, il savait déjà qu'il devrait héberger impressionnants animaux. Racht entra avec les poupées mais Igort et Sakura s'éclipsèrent rapidement pour entreprendre leur marche vers le théâtre.

Racht une fois dans l'habitation échangea quelques civilités avec celui qui l'héberger et installa les lions dans le salon où il s'assit et se mit à converser avec l'homme de ses origines, sa vie, sa passion pour le dressage et autre sujet mille fois répétés par l'Africain.

Pendant ce temps les deux futurs gardes de la Reine croisèrent sur leur route une voiture d'une rare beauté, mais à l'intérieur ils furent surpris de voir la Reine elle-même, dans une robe qui semblait être corail à en voir par le peu qui puisse apparaître. Sakura s'entreprit à avertir Fiora pour qu'elle ne rate pas l'arrivée de la Reine


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Lorsque Fiora reçut le message de Sakura concernant l'arrivée de la Reine dans la minute, elle était à moins des trois-cent métrés du théâtre. Ses sourcils se froncèrent elle accéléra le rythme de marche de façon inhumaine, son pas rapide forçait Xavier et James à suivre en essayant d'avoir le même rythme que la Native d'Orléans. Enfin sur place, les vampires arrivèrent à temps pour voir la Reine descendre de sa voiture dans une robe saumon dans une robe de toute beauté, elle vit aussi le Comte avec un comportement bien surprenant, la seule personne devant qui il baissait la tête était bien la reine, ce qui était très bon à savoir, il n'était donc pas supérieur à tous et toutes.

Devant les quelques mots échangés entre la Reine et le Comte, Fiora comprit immédiatement qu'ils étaient très proches, il avait au moins quelques émotions le grand tyran de Londres pensa-t-elle. Pour signaler sa présence au Comte elle libéra un bref second, une très courte seconde son aura mais à pleine puissance qu'il remit au ras des pâquerettes tous de suite après pour ainsi dire. Son entrée devait être spectaculaire...

Bon, Xavier James, on y va, il faut bien une entrée fracassante et faire du bruit, je ne suis pas Fiora Hagane pour rien moi. Ils vont apprendre ces petits humains...* Fit la voix de la française dans l'esprit de tout le Protectorat.

Et la joyeuse scène commença, James d'une allure menaçante, avança vers la foule quelques secondes après que la Reine soit entrée et commença à pousser les aristocrates devant lui, avec un sourire malicieux Fiora prit le bras de Xavier et les deux vampires commencèrent à avancer derrière leur garde du corps du soir
.

-Poussez-vous, petits aristocrates de Londres, pour cette soirée vous vous verrez honoré de la présence de la haute bourgeoisie française qui revient justement d'un voyage au Japon spécialement pour cette sublime pièce de théâtre qui sera jouée ce soir même. Je nome donc, Xavier Hagane et Fiora Hagane !

Les aristocrates qui avaient reculés ou alors c'étaient écartés tendaient le cou pour voir ces soi-disant aristocrates français qui les surpassait, et de nombreux commentaires naquirent des lèvres de la noblesse londonienne devant la robe simple mais magnifique de Fiora d'une époque presque médiévale, une robe simple avec des tissus de bonne qualité sans être trop pouponné comme celle que la Française pouvait voir à sa droite et sa gauche. Pendant qu'elle avançait James libérée son aura relativement effrayante pour montrer que le couple vampirique devant eux était à respecter. Fiora entendit son nom naviguer de bouches en bouches, et dans ce groupe cinq à six auras empestées l'air par leur impureté, Fiora était donc connue par certains vampires.

-Je suis parfaitement heureuse de pouvoir assister à cette pièce dans une ville où la beauté est à son rendez-vous, tous les hommes et femmes ici sont parfaitement habillés n'est pas mon doux Xavier ? La voix de Fiora était d'un coup mielleuse et douce, elle jouait son rôle de jeune femme noble à la perfection, mais au fond d'elle, elle méprisait ces gens de la haute noblesse qui n'avait aucune morale, car Fiora, sa noblesse, elle l'avait eu sur trois cent si ses souvenirs étaient bons.

-Mais oui très chère, voilà bien cinq années que nous n'avions pas fait un voyage ici, que l'air est frais, c'est agréable. Répondit Xavier en souriant. James, faites nous avancé, il est absolument hors de question que nous passions apès les autres.

James se retourna et souris, ses yeux suivirent quelques regards et tous étaient braqués sur le katana de Fiora et l'épée de Xavier, les deux sentant les regards, Fiora rectifia d'un ton doux presque offusqué.

-Les armes que vous voyez ici ne sont que des armes faites pour les jeux, au Japon les femmes et les hommes se battent souvent pour se divertir, quand on est de haute classe sociale, on doit absolument se battre.

Tous de suite des bruits coururent, mais Fiora ne fit rien, James poussait encore et encore, rapidement le trio arriva près du cabinet destiné à faire valider son billet d'entrée. Les vampires enfin sourire, James marchait encore devant et ils suivirent les quelques indications sur les murs pour arriver à leurs loges. Ils s'installèrent tous les trois, la vue était sublime, ils étaient face à la Reine un balcon en dessous, une vision parfaite, la scène était grande et impressionnante. On pouvait voir dans la fosse celui qui semblait être le chef d'orchestre, il avait une stature imposante et une belle chevelure blonde qui ressortait grâce à sa tenue noir et marine, mais la légère pigmentation d'aura n'échappa en aucun cas à Fiora, il avait dû être recruté par le Comte lui-même.

-Restez là, je vais parler au Comte... Fiora avait senti son aura derrière le rideau, aussi elle se leva et partit vers l'entrée des artistes côtés internes du théâtre car elle savait qu'il y en avait une.

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Pendant ce temps Igort et Sakura avaient avancé rapidement vers l'entrée des artistes côtés externes du lieu, après avoir montré leurs billets ils étaient donc entrés. Soulageaient, les deux vampires soupirèrent quelques secondes admirant les lieux. La partie réservée aux artistes était très belle, somptueuse. Un peu plus tard, Sallustre vint les chercher, seuls des échanges de regards suffire à se éviter les banalités. Le bras droit du Comte les amena devant la loge de la Reine et repartit sans un mot
.

-Bon... Prêt mon petit Sibérien ? Lança Sakura pour se donner courage.

-Bien sur jeune Japonaise, ne me sous-estime pas, tu me connais. Répliqua le Sibérien avec un sourire.

Après sa réponse Igort poussa la porte de la loge royale et entra en silence avant de venir devant la Reine et poser un genou à terre pour la saluer.

-Bonsoir à vous Reine Victoria, c'est un grand honneur pour moi d'avoir la charge de votre sécurité. Le grand vampire se relava et se mit à droite de la Reine légèrement en retrait.

Ce fut au tour de Sakura, dans sa tenue japonaise elle s'avança devant la Reine et fit une courbette respectueuse avant de se présenter à son tour
.

-Je suis celle qui accompagne le grand homme à l'accent Sibérien dans votre protection, je me nomme Sakura, japonaise à la charge de votre sécurité. Puis la Japonaise se retira et se mit à gauche de la Reine un peu en retrait elle aussi. Sakura lança un message aux autres membres du Protectorat par la pensée.

*On est avec la Reine, tout est en place de notre côté Fiora, Gérome, il ne manque plus que la pièce commencer.*

*Pas de soucis, bien joués Igort et Sakura, faites bien votre travail. Il ne manque que Gérome, mais il ne peut nous entendre via la pensée.* Fit Fiora calmement


Le lycan, seul membre à ne pas être encore présents avant du mal à avancer, dans ce flot d'humain bourgeois stupide, ils voulaient tous entrer, et le plus vite possible, Gérome aussi mais lui pour des raisons plus importantes. Il devant se placer à son balcon et installer le matériel. Au bout de cinq minutes encore il arriva à faire valider son billet et à entrer dans le théâtre, où, tout semblait plus calme d'un coup lorsqu'on voyageait dans les couloirs. Il finit par entrer dans sa loge, seul, abandonné, ce qui n'était pas plus mal, il était également dans une sorte de pénombre qui le cachait de tous et toues, sauf les vampires des loges face à lui. Il posa donc sa valide, l'ouvrit et sortit le fusil de précision qu'il caressa du regard, une arme parfaite à trois lunettes de précision. Quoi de mieux pour toucher à coup sur sa cible ? Rien. Il entra les premières balles en argent après avoir mis ses gants pour se protéger les doigts. Il installa le matériel et commença à viser face à lui en réglant les viseurs, il arriva sur le front de la Reine puis en décalant droite il arriva sur le front de Sakura, en deux touches de lunette, Gérome arriva à une vision parfaite de sa cible, mais par précaution il arrêta tout de suite et s'assit avant de poser le fusil de précision sur la chaise à sa droite.

Tout était donc prêt.

-----------------------------

Fiora pendant ce temps avait trouvé l'entrée de l'entrée des artistes côté interne du théâtre et y entra pour sa plus grande surprise, elle pensait qu'il lui serait impossible mais elle y avait été dans l'espoir de croiser le Comte. Elle entra donc et suivit l'aura très bas du Comte, esquivant les artistes, acteurs, musiciens et autres elle finit par le voir près du rideau et discrètement, libérant son aura de quart elle s'approcha de lui.

-Il n'est pas bien Comte d'observer les gens en cachette... Elle lâcha un petit rire. Mais il est toujours amusant de voir une salle se remplir vous ne trouvez pas . J'ai vécu cela dans la jeunesse... Elle sourit encore, une jeunesse, dans une vie vampirique . Impossible car la vie poursuivait et dans le fond il n'y en avait pas, ou plus dans ce cas.

Elle attendit que le Comte se retour avant de la détailler. Comme à son habitude il était très bien habillé, dans des ton d'or, noir et blanc. Il était beau, on aurait dit Yuko, dans cette tenue, un clone parfait... Fiora ne put s'empêcher de repenser à toute sa vie avec lui, laissant sa pensée sans barrière sous les émotions, mais ce ne fut que quelques secondes
.

-Ce théâtre est sublime, vraiment, c'est un travail parfait que vous avez fait là, comme à votre habitude Comte. Sinon des nobles qui ne savent pas s'écarter seuls et gentiment, il n'y a rien à reprocher, sinon les cent cadavres devant le théâtre, ils me bouchaient le passage. Elle ne put s'empêcher de rire puis elle reprit avant de subir ses critiques. C'est faux bien sûr, sous un jeu d'acteur j'ai faits passer Xavier pour mon mari, James pou un garde du corps qui nous faisait un passage en forçant les gentilshommes et belles femmes à se pousser... Bien, avez-vous Raphaël ? J'ai hâte de lui montrer ma lame noire...

La voix de la jeune femme était douce, mais pigmentée d'excitation. Il ne lui tardait qu'une chose. Le début du combat.
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Sarah Spencer
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MessageSujet: Re: Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42] Dim 7 Oct - 3:22

[HRP: En provenance de Frères d'armes]


La soirée commençait doucement avec la paresse des premiers jours froids. Les cieux, maitres du temps, était décidément en colère ces jours-ci. Le brouillard avait disparut rapidement en matinée, mais en cette belle nuit de festivité, les nuages maussades laissaient tombée une fine pluie froide sur la ville de Londres, forçant ses passants à incliner la tête et à courir pour se chercher un abri plus chaud et accueillant. Les belles dames de l’aristocratie anglaise allaient avoir quelques difficultés à se rendre dans les divers salons. Pour celle qui s’y rendraient bien sur, car se soir la haute société avait un évènement beaucoup plus important en vue, plus important encore que n’importe quel bal ou encore soirée en ce début de saison.

En effet, tous se dirigeait d’un pas pressé vers le quartier chic de Trafalgar Square, éclairée particulièrement en cette nuit grisâtre. Les rues qui menait au théâtre donnait un  air de fête, ponctuer de pourpre et d’or et d’affiches colorés qui illuminaient les yeux des passant. L’immeuble du Théâtre aussi était majestueux. Fraichement rénover, ses grandes colonnes semblait briller à la lumière. À l’affiche se soir, la première tant attendue de Coriolan, la plus grande pièce de Shakespeare montée à ce jour. Si le simple attrait artistique de l’évènement ne suffisait pas à impressionner, les membres de la troupe inspiraient une curiosité nouvelle. Outre les nombreux noms d’acteurs connus, la mise en scène de la pièce était réalisée par l’un des aristocrates les plus influents de la société londonienne : Le Comte Keï en personne. Grand lord à la Cour de la Reine Victoria, Comte de nom et conseiller. Son implication dans le domaine artistique rendait ses œuvres des évènements spéciaux à ne pas manquer, sans compter qu’un véritable engouement évoluait autour de sa dernière pièce. Présenter comme un évènement spéciaux, particulier et surtout très prisé, le lord avait prit soin d’inviter les membres d’élites et de la haute sphère de la société. Tout le beau monde de l’aristocratie se trouvait en ce lieu en ce moment précis. On murmurait depuis quelques semaines d’ailleurs que la reine allait assister elle-même à la première représentation de la pièce. Personne n’osait donc arrivée en retard.

Les carrioles et autres voiturettes se pressaient devant l’imposante devanture, fraichement repeinte et rénovée du Grand Théâtre. Une véritable masse humaine se bousculaient afin d’accéder le plus rapidement possible à la grande salle du théâtre. Vicomte, grandes dames, duchesses, tous les aristocrates parée de leur plus beaux atours passait le grand portique pour se hâter à leur place.

Confortablement assis dans une berline bleu foncé frappé aux armoiries de la famille Spencer, Monsieur Spencer observait sa montre de poche en or, finement travailler d’un air distrait. Ses calculs avaient été bons et malgré les insistances de sa femme pour partir tôt, ils allaient arrivés juste à temps pour la pièce tout en évitant l’effervescence et l’attroupement que provoquaient l’ouverture des guichets et bien sur l’arrivée tant attendue de la reine. Devant lui, son épouse terminait d’ajuster sa tenus dans un mouvement qui trahissait son excitation. Sa longue robe verte émeraude aux replis vaporeux lui seyait à merveille. Avec les années, Madame Spencer avait acquérit l’élégance et la prestance des grandes dames de sa condition. Ses robes étaient toujours le symbole même du ravissement. Ses longs cheveux blonds remonter en un chignon serrer laissait entrevoir un léger ondulement qui faisait briller quelques cheveux blancs. Malgré son âge, Madame Spencer était encore une femme fort belle. Son époux cependant trouvait que leur fille était la beauté qui marquerait la soirée. Emmitouflée dans sa cape, la jeune demoiselle regardait par la fenêtre le temps maussade. Ses longs cheveux bruns étaient remontés contre sa tête, ornée d’une délicate orchidée mauve. Contrairement à sa mère qui adorait les gros ornements brillants, Sarah avait opté comme bijoux pour de simple boucle d’oreille en perle en forme de fleur de même qu’un collier dans le même model qui faisait étrangement briller la peau délicate de son cou.

La jeune fille était pourtant bien préoccuper. Elle révisait pour la millième fois le plan qu’ils avaient créé la veille. La pièce commencerait dans environ 1 heures. Après un moment, Raphael mettrais le feu au bâtiment voisin en tentant de rendre les flammes le plus intense possible. Alerté, les membres du Scotland Yard viendrait discrètement avertir la reine et la ferait évacuer pour la mettre à l’abri. Le père d’Eulalia pourrait alors donner l’alerte, ce qui déclencherait le chaos dans la salle. Une fois la salle évacuée, le combat commencerait.


-Nous y sommes... annonça Mr Spencer .

Les deux dames se redressèrent. La porte de la berline s’ouvrit et Mr Spencer en descendit avant de tendre la main à sa fille pour l’aider à descendre, puis à son épouse avant de garder celle-ci à son bras. Tandis qu’ils avançaient vers l’entré, Sarah ralentit le pas, jetant un coup d’œil inquiet aux alentours. Malgré l’air festif de l’endroit, il ne lui avait jamais semblé aussi sombre qu’en cette nuit. La pluie n’était pas désagréable ni très intense mais elle rendait l’air et le bois très humide. Elle espérait de tout cœur que leur plan ne serait pas contrarier. Après une grande inspiration, elle laissa ses lèvres dessiner un sourire charmeur avant de concentré toute ses pensées sur le théâtre avant de franchir d’un pas décider les grandes portes d’entré, laissant au passage sa cape au domestique qui l’accompagnait.

Lorsqu’elle entra, elle fut littéralement estomaquée par la prestance de l’endroit. Le grand hall avait entièrement été rénové. De nouvelles statues avaient remplacé les anciennes et les escaliers qui menaient aux divers sièges de la salle avaient été refait. Se hâtant de rejoindre ses parents, la jeune femme entra dans la salle de spectacle les yeux agrandis d’émerveillement. Le théâtre était magnifique. Les sièges pourpre et le grand rideau éclatait de couleur, les poutres n’étaient plus simple et sans ornement mais sculpter dans un bois fin qui dessinait des courbes gracieuses augmentant l’acoustique de la salle. Tandis qu’elle était subjuguer par l’endroit, la Chasseuse ne remarqua guère que l’attention de la foule se concentrait peu à peu sur elle. La pièce étant la première de la saison, les jeunes dandys observaient avec une attention particulière l’héritière de la famille, toujours et fièrement célibataire. Il fallait dire qu’elle avait su se mettre en valeur. Sa robe à elle seule suffisait à la rendre unique parmi la foule au couleur trop clair ou trop foncé. D’une jolie teinte bleue qui tirait à la fois sur un bleu plus claire et sur le mauve, elle était coupée avec une simplicité qui avantageait en tout point la jeune aristocrate. L’encolure, guère plongeant comme la plupart des jeunes demoiselles de son âge, débutait sur le haut des épaules avant de descendre vers sa poitrine sans rien révéler si ce n’est que la blancheur de sa gorge et de ses épaules. À droite du collet, une série de fleur dans les mêmes teintes ajoutait une touche d’originalité et de vitalité à la robe. Les manches descendaient jusqu'à la moitié du bras laissant par la suite deux couches de volant en dentelle retomber avec grâce jusqu’au coude. Elle était tout simplement splendide.

Tandis qu’elle descendait en direction du parterre, sans remarquer les regards qui se tournait à son passage, la magicienne ne cessait de laisser ses yeux fureté dans tous les coins et recoins. Sarah remarqua alors que la répartition des places étaient attribués selon le grade social des spectateurs. Le Comte marquait encore une fois son goût prononcé pour les hautes sphères sociales. Après un petit coup d’œil vers le balcon de la reine, ou la dirigeante du pays rayonnait en beauté et en présence, l’aristocrate et sa famille prirent place dans les confortables sièges. Le maitre d’orchestre sans doute nouvellement engagée car Sarah ne se souvenait pas de l’avoir déjà vue, tapa de sa baguette sur son lutrin avant de saluer la foule. La pièce allait bientôt commencer.




Dernière édition par Sarah Spencer le Sam 8 Mar - 19:00, édité 2 fois
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Eulalia Grey
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Crédit Avatar : Moi (d'après un dessin de Kaoru Mori)
MessageSujet: Re: Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42] Dim 7 Oct - 13:43

Le soleil venait de se coucher, dans une explosion de vermeils et jaunes, pour laisser place à une nuit pure, uniformément noire et dénuée de tous nuages. Le quartier tranquille de Bloomsburry square demeurait quelque peu éclairé grâce aux bon soins des allumeurs de réverbères. Au numéro 40, demeure du pasteur Grey et de sa famille, on était sur le départ. Thaddeus, élégant dans son costume noir pourtant très simple, ajustait pour la énième fois son nœud de cravate qu'il trouvait à chaque fois un peu plus tordu ou disproportionné. Il n'avait pas l'habitude des costumes et se sentait toujours un peu gêné lorsqu'il ne sentait pas son costume clérical sur ses épaules. Il avait l'impression d'être dénudé. Finalement, pour couper court à ses tergiversations, il accrocha sur le nœud une broche sertie d'une simple croix en bois finement ciselée et vernie, rappelant par là même son appartenance à la religion. Il tapota ensuite sa veste avec appréhension. Tout à l'heure, il avait soigneusement dissimulé son matériel dans ses vêtements mais il craignait qu'un plis du tissus ou un faux mouvement ne vienne le trahir. Mais à son grand soulagement, tout était parfaitement ajusté. Dieu qu'il avait eu raison de perdre du poids !

Ce fut le moment que choisit Harriet pour descendre. Femme aimée et aimante, elle était mariée à Thaddeus depuis vingt-cinq ans ce soir. Pour elle, amatrice invétérée de Shakespeare, son mari avait réussi à obtenir deux places pour la première du Coriolan, mis en scène par le Comte Kei. Evidemment, ils seraient placés en haut et en retrait mais elle avait de très bons yeux et, cela ne la gênait pas d'être privée des acteurs, pourvu qu'elle puisse entendre leurs voix.

Un seul regard échangé et le prêtre sentit son cœur battre plus fort. Il en était amoureux, comme au premier jour, dans Hyde Park... Elle était à l'époque gouvernante chez une grande duchesse respectée par toute la société Londonienne et lui, jeune vicaire en apprentissage. Il revit le moment où l'un des deux bambins était passé à côté de lui en courant et s'était engagé sur la route au moment où une calèche arrivait au galop. Il l'avait attrapé par le col et tiré violemment en arrière. Le petit, choqué, s'était immédiatement mis à pleurer, appelant désespérément ce qui devait être la domestique qui l'avait en charge. Il avait vu débouler une jeune femme aux abondants cheveux bouclés, dorés comme le miel le plus coûteux. Elle avait un visage un peu carré, trop éloigné des canons de beauté en vogue mais il lui avait tout de suite trouvé une originalité et une vitalité absente chez toutes ces précieuses de la haute société.
Elle s'était confondue en excuses, serrant le petit garçon dans ses bras. Il l'avait rassurée maladroitement et simplement. La conversation était venue tout naturellement par la suite. Ils s'étaient revus plusieurs fois et, en cachette, il avait mis tout ce qu'il pouvait de côté pour pouvoir, un beau jour de décembre, la demander en mariage.

Aujourd'hui, elle n'avait que peu changé. Son opulente chevelure était, bien sûr, moins éclatante que dans sa prime jeunesse mais son visage était resté le même. Les petites rides qui étaient apparues sur son visage au fil des années et qu'elle n'avait pas cherché à cacher ne jouaient pas en sa défaveur. Sans aucun doute, elle était bien plus belle que les autres femmes de son âge qui avaient été mieux pourvues par la Nature mais qui avaient bien trop usé du fard pour gommer leurs quelques défauts.

Ce soir là, elle portait une robe bleu paon qui s'accordait à merveille avec son teint. Certes, la coupe était quelque peu surannée mais elle ne s'en souciait guère. Mrs Patterson l'avait aidée à coiffer ses cheveux en un chignon complexe qui mettait en valeur les boucles rebelles de la quinquagénaire. Pour toute parure, elle portait une ambre montée sur une chaîne en or autour du cou.

Thaddeus aurait voulu la prendre dans ses bras, l'embrasser avec fougue et passion, l'aimer comme le soir de leur mariage... Mais il était temps de partir. Avant qu'elle n'enfile son manteau de velours brun, il posa tendrement ses lèvres sur celles de sa femme et la complimenta.


- Vous êtes magnifique ce soir...

Harriet sourit et l'enlaça un bref instant avant de boutonner le col de sa mante et de passer avec précaution son chapeau. Mr Grey fit de même et ce furent enivrés de bonheur qu'ils se rendirent au Théâtre.

En chemin, le temps avait changé de bord, devenant bien vite pluvieux et maussade, au grand dam du prêtre. Si la pluie était trop importante, le feu ne prendrait pas dans Milte & Co... Pour ne pas inquiéter sa femme, il fit comme si de rien n'était et resta souriant le temps du trajet.

On ne lui avait pas menti, le Théâtre resplendissait depuis sa rénovation. C'était tout bonnement splendide... Tout brillait et rutilait, les statues, les ornements, les tentures... Ainsi que ces dames qui se pavanaient avec leurs bijoux et leurs robes du dernier cri. Il sentit la main de sa femme se crisper sur son bras. Elle ne se sentait pas à sa place au milieu de ces gens et elle avait déjà remarqué plusieurs personnes qui l'avaient toisée d'un regard des plus méprisants.
Il se moquait pas mal de ces aristocrates mal élevés qui se rengorgeaient d'une richesse qu'ils n'avaient pas acquise à la sueur de leur front et qui se contentaient de profiter oisivement en se moquant des malchanceux qui n'étaient pas nés sous une bonne étoile. Mais pourtant, il avait plusieurs fois ardemment souhaité appartenir à cette classe sociale pourtant impitoyable, non pas pour lui, mais pour sa femme et sa fille. Il aurait tellement voulu les voir porter de belles robes de taffetas soyeux, des perles en collier... Sa fille aurait été resplendissante...

Tout en cherchant leurs places, il se prit à penser à l'avenir d'Eulalia. Il s'en voulait, soudain, de lui avoir transmit son savoir de Hunter... Il ne voulait pas qu'elle passe sa vie à traquer les vampires, au mépris de sa vie personnelle. Il fallait qu'elle se marie, qu'elle fasse des enfants... Quand il ne serait plus là, qui pourvoirait à ses besoins ? Une femme seule et sans attache était une cible facile pour l'impitoyable société dans laquelle ils vivaient. Dorénavant, il devrait s'occuper de son avenir avec plus d'efficacité...

Ils grimpèrent jusqu'aux places du poulailler, se gardant de marcher sur le pan d'un costume ou de froisser malencontreusement une robe. Même cet endroit, partie la plus ingrate de l'édifice, avait été entièrement restaurée et ce fut un plaisir que de s'asseoir sur les fauteuils confortables et tapissés de rouges qui meublaient l'endroit. Nerveusement, il jeta un coup d'oeil à la fenêtre derrière lui. Il y voyait le fameux entrepôt. Bientôt, il devrait guetter la flamme salvatrice... Il pensa ensuite à sa fille, inquiet comme jamais.

************

Quelques temps plus tôt, Eulalia sortait en trombe du manoir de Raphaël, vêtue pour la chasse. Elle les accompagnerait, quoi qu'ils puissent en dire. L'air froid la fit frissonner mais elle n'y prit pas garde. Elle scruta le ciel nocturne et huma l'air calmement. Il allait pleuvoir... C'était mauvais pour leur incendie. Elle attendit sous un arbre que les trois hommes sortent enfin puis ils se mirent en route. La jeune Huntress pensait que le jeune vampire ne devait pas être très en accord avec sa décision, ce qui était compréhensible. Elle leur devait quelques explications. Sans cesser de marcher, elle prit la parole, à voix basse.


-Je suis désolée de vous soumettre une décision si impromptue... Elle inspira un coup et posa la main sur un des compartiments de sa ceinture. Mais j'ai en ma possession un objet qui pourrait changer clairement la donne des combats. Il s'agit d'une potion que mon père m'a donné tout à l'heure. Elle annulera les effets secondaires de mon don durant environ deux heures, ce qui me permettra de vous soigner sur place sans devenir une cible facile... Bien sûr, cela nous impose une limite de temps mais... J'ai pensé que cela serait utile.

Elle baissa la tête, attendant les critiques ou les réflexions des autres membres de l'équipe. C'était évident, un tel revirement de situation n'allait pas plaire à tous. Cependant, l'atout qu'ils possédaient maintenant dans leur manche était trop providentiel pour ne pas être utilisé.

- Je vous promet que je fuirai les combats autant que faire se peut pour pouvoir me concentrer sur votre guérison. J'ai tout ce qu'il faut pour écarter les ennemis potentiels...

Elle posa sa main d'abord sur sa rapière puis sur son stock d'eau bénite. Il était temps pour elle de rentrer dans la danse. Elle n'allait pas rester inactive alors que ses parents et ses alliés se trouvaient en première ligne ! De plus c'était une opportunité de surveiller Raphaël. Elle avait extrêmement peur pour lui depuis la scène du jardin et son état l'inquiétait. Bien sûr, le regain de sang avait fait naître en lui une force qui lui serait fort utile dans la bagarre mais qu'adviendrait-il si quelqu'un était blessé ? Maintenant, elle voyait la plus petite goutte de sang comme un danger pour le jeune homme à la crinière blanche.

Ils cheminaient à présent sans bruit dans les rues désertes de Londres. L'ombre des bâtiments les absorbaient pour les masquer à la vue des curieux et des gêneurs. Alexender et Stan ouvraient la marche et elle était derrière, au côté du Vampire. Ce fut sans rien dire qu'elle lui prit doucement la main, lui transmettant sa chaleur ainsi que sa douceur. Le contact de la peau froide l'apaisa et elle se sentit plus calme tout à coup. Il fallait qu'elle se maîtrise pour la bataille à venir...

Elle exerça une légère pression sur la main du jeune homme après s'être assurée que ni Alexender ni Stan ne les observait. Elle coula ensuite un regard vers lui. Il n'y avait pas besoin de mots pour expliquer ce qu'elle ressentait. L'amour, la peur de perdre un être cher... Mais aussi la détermination d'aller jusqu'au bout et d'éliminer celui pour qui ils se déplaçaient ce soir. Bientôt, Sarah serait libre et Londres, délivrée du joug de ce vampire démentiel.

Ils finirent par arriver à un coin de rue, peu avant l'avenue qui passait devant le théâtre. Lally choisit de s'arrêter et regarda les hommes.


- Je ne vais pas venir avec vous par ce côté-ci... Une femme en robe noire, un jour comme celui-ci, aura tôt fait d'attirer l'attention, je ne pourrais pas entrer avec vous. Je vais passer par les toits et retrouver Messire Veneziano à l'entrepôt.

Elle attendit l'accord de ses compères puis s'éclipsa de son côté. Qu'ils aient été d'accord ou pas, elle aurait fait comme bon lui semblait. La jeune femme passa dans une ruelle sombre et inspira un coup. Il fallait qu'elle se concentre, des sbires du Comte patrouillaient certainement sur le haut des immeubles.

Quand elle se sentit prête, elle sauta avec toute la force dont elle était capable et se raccrocha à une fenêtre, non sans mal. Ses pieds cherchèrent un creux sur la paroi de brique abrasive. Heureusement pour elle, les faces cachées des bâtiments étaient toujours moins soignées que l'avant et on y retrouvait des aspérités et des irrégularités qui permirent à la jeune femme de trouver des prises facilement. Une fois son pied solidement calé, elle progressa sur la façade rapidement et sûrement, avec l'agilité d'un animal nocturne. Sa main finit enfin par toucher le haut de l'immeuble. Elle jeta d'abord un coup d'oeil aux alentours ; ses yeux ayant à présent recouvré toute leur acuité.

Aucune forme ne semblait se mouvoir... Les gardes se terraient probablement plus près de l'édifice fraîchement rénové.
Elle ne prit pas pour autant de risques inconsidérés et se hissa rapidement avant de courir vers la cheminée la plus proche pour s'y cacher et vérifier que la voie était libre.
Ce manège se répéta sans cesse, quelques fois coupés par un saut agile d'un immeuble à un autre. Mais la jeune Huntress dût bientôt renforcer sa vigilance et sa discrétion car elle sentait que des vampires approchaient.
Ils étaient cinq en tout et discutaient entre eux sur le toit de l'immeuble qui était séparé du Théâtre par Milte & Co. Lally prêta l'oreille. Visiblement, ils râlaient contre le Comte qui les obligeait à rester sous la pluie pour guetter d'éventuels assaillants. Mais qui serait assez fou pour vouloir se mesurer à eux ? Ils contrôlaient la ville et le nombre de Hunters était tout simplement dérisoire face à eux, qui pullulaient dans tous les recoins du royaume.

Un rictus narquois aux lèvres, Eulalia se mit à quatre pattes et rampa dans l'obscurité, s'éloignant le plus possible des Disciples qui ne l'avaient visiblement pas remarquée. Elle progressa, centimètres par centimètres, à l'affut du moindre bruit. Rien ne vint et elle arriva au bout du toit. Ces créatures étaient tout de même bien stupides !

Ni une ni deux, elle sauta avec agilité et se réceptionna avec légèreté sur le toit du vieil entrepôt. Elle crut qu'elle allait tomber mais son équilibre et son instinct de survie la sauvèrent. Agrippée de toutes ses forces à une poutre qui avait été dénudée par les intempéries, elle avança jusqu'à un vasistas cassé qu'elle ouvrit. Sans plus de prérogatives, elle entra.

L'intérieur du bâtiment puait le renfermé, la moisissure et l'humidité. Le plancher sur lequel elle se trouvait était si vermoulu qu'elle crut qu'il ne soutiendrait pas son poids. Précautionneusement, elle marcha jusqu'à une échelle qui se découpait dans la pénombre. A chaque pas qu'elle faisait, les planches grinçaient affreusement. Et plus elle prenait de précautions, plus le bruit était intense.
Arrivée à l'échelle, elle se prépara à descendre lorsqu'elle sentit une très légère pression sur son épaule. Elle tourna la tête et découvrit avec horreur qu'une énorme araignée s'était posée sur sa robe. Elle sentit un frisson glacé la parcourir de la pointe des orteils à la racine des cheveux et, dans un mouvement fébrile de terreur pour de débarrasser de la bestiole, manqua de tomber à la renverse. Sans plus de tergiversations, elle descendit à toute vitesse l'échelle, sans se préoccuper d'un éventuel accident.

Etrangement, aucun des barreaux ne céda et elle était allée tellement rapidement qu'aucun son n'avait eu le temps d'être produit.
La jeune femme essaya de calmer son rythme cardiaque. La sale bête était partie, son équipement était intact... Tout allait pour le mieux.

Elle embrassa la grande pièce du regard. Manifestement, Raphaël n'était pas encore là. Elle s'adossa alors à un pan de mur et attendit.


Dernière édition par Eulalia Grey le Dim 5 Mai - 18:16, édité 1 fois
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Raphaël Veneziano
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MessageSujet: Re: Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42] Lun 8 Oct - 17:02

Spoiler:
 

Depuis qu'ils avaient quitté son manoir, Raphaël était plongé dans un mutisme effrayant. Lally venait avec eux, qu'ils le veuillent ou non. Elle leur imposait sa présence, changeant à la dernière minute leurs plans. Ses paroles résonnèrent longtemps dans la tête du Vampire. Elle justifiait sa venue en mettant en avant ses armes, une potion que son père avait confectionnée, ses pouvoirs...Mais ce que Raphaël voyait surtout, c'était sa volonté. Elle venait sur un coup de tête. C'était un caprice, rien de plus. Elle ne voulait pas se retrouver sur la touche, elle voulait prouver à tous qu'elle pouvait être efficace sur le terrain et elle ne pouvait pas supporter l'idée d'être loin d'eux si la situation devait dégénérer. Qui l'aurait pu dans pareilles circonstances ? Raphaël savait que cette décision de la part de la jeune femme était non seulement naturelle mais aussi légitime. Cependant, il ne pouvait s'empêcher de la voir d'un très mauvais œil.

Ainsi, lorsque Lally baissa la voix pour leur expliquer son point de vue, Raphaël se contenta d'un grognement. Il détourna le regard. Là, elle l'avait bien énervé. Décidément elle ne comprenait pas l'ampleur de son rôle. Se jeter dans la gueule du loup avec eux n'allait que les affaiblir. Elle serait une cible facile, une partenaire de plus à protéger. Ces Hunters qui l'entouraient finissaient par exaspérer le Vampire. Certes, il ne pourrait évidemment pas faire face au Comte seul, mais maintenant il avait trop de choses à penser, en plus de ses propres frappes, pour ne pas être déstabilisé. Il ne pourrait pas assurer la survie de tous, surtout pas maintenant.

Mais il ne pouvait plus lutter. L'âme humaine était décidément bien buttée. La sienne était fatiguée de lutter.

Avançant dans la nuit, il se concentra sur la rue devant eux. La cape noire d'Alexender le frôlait parfois sans qu'il ne s'en préoccupe. Le Vampire allait se contenter d'accomplir sa mission. Il irait dans le bâtiment de Milte & Co, y mettrait le feu, se battrait contre les Vampires que son aura aurait attirés, pendant que ses compagnons pénétreraient dans le théâtre en profitant de la pagaille provoquée par l'inévitable évacuation. Lally était le seul élément qui le gênait réellement. Elle accompagnerait les autres, sans qu'il ne puisse garder un œil sur elle...Y songer le tuait. Il aurait tant préféré qu'elle reste à l'abri avec Suzanne et Marguerite, dans son manoir...

Lorsque la jeune femme lui prit la main, Raphaël esquissa un geste de recul. Il avait été surpris par ce contact inattendu. Mais il répondit finalement à sa tendre intention, préférant la rassurer plutôt que d'exploser à nouveau au sujet de sa venue. Il resta dans son mutisme amer tandis qu'il lui esquissait un pâle et faux sourire avant de serrer sa main autour de la sienne.

La vie ne lui avait jamais accordé le moindre temps mort dans sa lutte, maintenant qu'il avait l'occasion d'espérer accéder à quelques liens, il ne voyait s'étendre à l'horizon que de noirs nuages gonflés de haine et de sang. Comment rêver de ce moment volé dans le jardin ? Comment songer, ne serait-ce qu'un instant, à un futur quelconque dans une pareille situation ? Plus rien ne pouvait maintenant les sauver, Raphaël sentait que sa venue sonnerait comme un glas pour l'un d'eux.


*******************

Arrivés non loin du théâtre, les Hunters s'arrêtèrent. Raphaël ne devait pas aller plus loin s'il voulait profiter de son aura avec malice.

- Nos chemins se séparent ici. Je me rends à Milte & Co par ce côté-ci, fit-il en désignant de la tête une rue opposée à la leur. Je vais attirer le maximum de Vampire dans le hangar.

Il regarda sa montre à gousset et continua.

- Nous devrions être dans les temps. Dès que l'heure dite sonnera, je mettrai le feu aux poudres...

Le Vampire jeta un regard à Lally puis aux deux hommes qui l'accompagnaient.

- Je compte sur vous...Veillez bien les uns sur les autres. Je vous rejoindrai lorsque j'aurais terminé ma danse avec les disciples.

Sans rien ajouter de plus, Raphaël leur tourna le dos et s'engouffra dans l'obscurité de la ruelle qui menait vers Milte & Co. Il devait contourner un peu le théâtre pour éviter de s'en approcher de trop. Son aura était faible mais il savait qu'elle était aisément détectable pour un Vampire plus âgé, ou du moins plus expérimenté, et il n'était pas assez fou pour imaginer que les sbires du Comte étaient inférieurs à lui. Il se savait jeune et débutant dans l'empire du don obscur. Il ne ferait que servir d'appât et de diversion. C'était son rôle. Et s'il s'en sortait vivant, il rejoindrait ses complices dans le théâtre.

Une fine pluie tombait du ciel noir, comme pour lui rappeler la faiblesse de leur plan. Le feu prendrait, il en était certain grâce à ses torches, mais à quelle vitesse et pour combien de temps ? C'était un problème qu'il allait devoir régler rapidement avant que les Vampires ne rappliquent.

Capuche rabaissée, masque noir enfilé, le jeune aristocrate déchu arriva bientôt le long des murs de Milte & Co. Il avait senti une paire d'auras, faiblement, mais suffisamment pour être certain que le Comte avait bel et bien posté quelques gardiens sur les toits. Heureusement, sa discrétion et la douceur de sa propre aura n'avait pas encore attiré l'attention. Il s'était tenu bien assez loin. Observant l'édifice de Milte & Co qui s'érigeait maintenant près de lui, Raphaël soupira. Les murs du hangar suintaient d'humidité. La bâtisse était faite de briques, de bois et de fer, c'était un décor lugubre et industriel.
Vérifiant qu'il n'y avait personne, le Vampire s'élança enfin pour escalader le mur et atteindre une fenêtre brisée. Il prit garde à ne pas se couper, achevant les quelques débris de verre qui restaient accrochés au cadre de ladite fenêtre. Le bruit qu'il en tira n'était pas exceptionnel, mais un Vampire, deux toits plus loin, pouvait avoir entendu son geste. C'était volontaire. Il devait les attirer à lui.

Une fois arrivé sur un plancher vermoulu, couvert de mousse et de champignons minuscules, le Vampire se fraya un chemin jusqu'à un escalier pour descendre au rez-de-chaussé. Une fois arrivé dans le hangars, il jeta un rapide coup d'oeil alentours avant de revenir vers le centre de la pièce. Dans l'ombre, il chercha alors quelques planches à peu près sèches et les disposa en tas contre une poutre qui serait à ses yeux le point de départ idéal pour un grand feu. Les flammes atteindraient ainsi rapidement le plafond, le plancher du dessus, celui d'après puis la charpente.

Tandis qu'il s'afférait ainsi, un choc sourd deux étages plus haut, l'arrêta dans ses gestes. Raphaël tendit l'oreille. Quelqu'un venait d'entrer dans le bâtiment ! Pourtant, il ne sentait pas encore d'aura. Était-ce un sbire du Comte qui savait dissimuler cette dernière à la perfection ? Trop tôt, c'était trop tôt ! Cela n'allait pas dans le sens de leur plan !
Une seule solution apparaissait au Vampire : il devait éliminer ce gardien au plus vite. Se dissimulant dans l'ombre, quoique cela ne serait pas d'une grande utilité face à un Vampire, Raphaël sortit Ira de son fourreau, lentement, en évitant de faire teinter sa lame d'argent.
Les pas évoluaient au-dessus de lui. Ils étaient légers, très peu perceptibles. Le Vampire loua alors son don, pour une fois, qui lui permettait d'entendre ce genre de petit détail. Ce ne pouvait pas être un rat, c'était clairement une personne. Patient, il attendit. Bientôt, une forme surgit depuis une échelle. Raphaël plissa les yeux. C'était forcément une femme, vu la corpulence, ou un dandy. La forme descendit l'échelle lentement, avec souplesse et atterrit dans le hangar. Elle sembla chercher quelque chose, puis elle se mit à attendre contre un mur. Le Vampire hésita. La cape noire d'Eulalia et son doux visage lui firent un choc. Mais que faisait-elle donc là ?

Sortant de sa cachette, Raphaël s'avança vers la jeune femme, l'épée à la main, le visage plus menaçant que jamais.


- Eulalia ! Que fais-tu là !? Fit-il en grognant d'un ton franchement mécontent. Tu devais rester avec les autres ! Au théâtre !

Ses pas se firent rapides, il saisit la jeune femme par un bras et la secoua un peu, serrant les dents de rage.

- Je sers d'appât ! Tu ne l'as donc pas compris ? Les Vampires vont bientôt venir se précipiter ici !

Desserrant son étreinte, il s'éloigna en soupirant. S'arrêtant, il vérifia l'heure sur sa montre à gousset. Ils avaient encore un petit quart d'heure avant que le départ du feu ne soit lancé. Mais déjà, les Vampires postés sur les toits n'allaient pas tarder à sentir sa présence suspecte au sein des autres auras.

Se tournant à nouveau vers la chasseuse, Raphaël leva les yeux au ciel en enlevant son masque de velours.


- Je n'ai pas besoin de toi ici, Eulalia. Les autres ont besoin de ton aide, c'est eux qui vont se retrouver les premiers face au Comte. Songe aussi à tes parents ! Bon sang !

Raphaël serrait les dents et tentait de rester le plus discret possible dans sa colère pour éviter d'ameuter les gardiens trop tôt.
Au fond, il savait que c'était l'amour et la crainte de le perdre qui avaient poussée la jeune femme à venir lui porter assistance en ces lieux décrépis. Mais s'il était heureux, d'un côté, parce que la belle ne se trouvait pas à proximité du Comte, il était terriblement angoissé face à la multitude de Vampires qui allaient venir chercher bataille ici. Lorsque le feu serait déclaré et son aura clairement détectée, les gardiens postés dans la rue et sur les toits près du théâtre allaient inévitablement se diriger vers Milte & Co pour s'inquiéter de ce qu'il se passait. Qu'adviendrait-il d'Eulalia ? Elle serait prise en otage, voire pire, tuée par l'un de ces assoiffés ! Que pouvait donc une humaine face à plusieurs Vampires ? C'était insensé. La jeune femme agissait réellement de manière dangereuse.


- Retourne vite là-bas, s'il te plaît...

Mais ici, comme là-bas, elle risquait sa vie. A part au manoir, Eulalia serait définitivement un poids pour son cœur. Finalement, loin du Comte, près de lui, c'était peut-être la meilleure place qu'elle aie pu trouver en cet instant. Raphaël se le cachait, évidemment. Il ne voulait pas être responsable des attaques contre elle, hors il était clairement là pour attirer le maximum de Vampires dans cette direction. La situation était des plus complexes et des plus dramatiques. Il était dans une impasse.

Il fit quelques pas, tournant en rond, puis il revint vers elle pour la prendre dans ses bras.


- Reste prudente, quoi que tu entreprennes. Si nous devons lutter côte à côte, Dieu saura peut-être te protéger mais moi, je crains de ne pas avoir assez de force.

Raphaël regarda son amante dans les yeux.

- Ils vont venir ici en masse...en es-tu consciente ?

Eulalia avait choisi sa place, elle voulait lutter avec lui. Raphaël venait d'accepter malgré lui. Il voulait la protéger au maximum.
Doucement, le regard triste, il laissa contre un mur son épée et son masque pendu sur sa garde, et enleva les lunettes de la jeune femme. Observant ses yeux, il l'embrassa avant de lui remettre ses verres.


- Je n'avais pas fait attention à ce détail...Elles vous vont à merveille...
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Alexender Von Ravellow
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MessageSujet: Re: Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42] Lun 8 Oct - 19:10

[HRP/Après "Frères d'armes"/HRP]

Suzanne et Marguerite étaient restées seules dans le manoir de Raphaël. Leurs regards éperdus de crainte et de tristesse, elles avaient regardé s'en aller leur maître et ses compagnons. Leur rôle était de leur assurer une retraite sûre et paisible, des soins efficaces et rapides. Il fallait qu'elles s'apprêtent à leur porter secours et qu'elles n'excluent pas la possibilité de subir un siège ici, au manoir, après que les Hunters soient intervenus au théâtre. La situation était des plus délicate. Jamais encore auparavant elles n'avaient participé aussi activement à l'une des chasses de leur maître. Aujourd'hui, il avait besoin de leur aide comme jamais. Les deux domestiques, fidèles et aimantes, l'avaient suivi dans ses démarches et l'avaient assisté dans sa préparation. Désormais, il comptait sur elles.

Avant le départ des Hunters, Eulalia Grey, la jeune femme qui avait été mordue par Raphaël et qui avait provoqué tant de colère chez le jeune sieur Von Ravellow, avait annoncé sa participation active à leur combat. Elle leur imposait sa décision qui était de les accompagner. En soit, ce n'était pas une surprise pour les domestiques. Elles avaient senti chez elle cette volonté de fer caractéristique des femmes de leur milieu. Comment laisser partir ceux qu'elle aimait et attendre leur retour sans bouger alors qu'elle était formée à la même échelle qu'eux dans l’art de la guerre contre les Vampires ? Suzanne et Marguerite la comprenaient, d'autant que rester en arrière par rapport à leur maître leur faisait le même effet qu'à elle. Cependant, elles n'étaient pas chasseuses, elles étaient domestiques, et leur présence dans les affaires d'Alexender ne pouvait que le gêner dans ses mouvements. Et de cela, elles n'en avaient que trop conscience.

Les adieux faits, la porte refermée, les deux jeunes femmes se regardèrent d'un air triste. Puis, bien vite, elles prirent leur propre décision. Chargeant dans le fiacre les deux caisses de soin, elles entreprirent de rejoindre les environs du théâtre. Alexender leur avait glissé dans l'oreille un rendez-vous sur l'avenue adjacente du grand édifice où se déroulait la fameuse pièce de ce soir. Elles devaient s'assurer d'être au bon endroit, à la bonne heure, pour évacuer les Hunter. La seule chose que les domestiques choisirent de faire, en plus de cette secrète précaution, c'était de héler un second fiacre. Marguerite dans l'un, avec un cocher, Suzanne dans l'autre, seule. Chacune avait une caisse de soin dans son véhicule afin d'être prête à effectuer les premiers soins sur les Hunters.


*******************

La nuit était tombée. Le ciel, couvert de sombres masses noires, roulait dans son corps des océans de tempête. Le temps ne jouait pas en la faveur des promeneurs nocturnes.
A la tête des Hunters, accompagné de Stan, Raphaël et Eulalia, Alexender pestait contre la pluie qui tombait sur eux comme une brume alourdie d'eau.


- C'eut été trop beau de demander une éclaircie ce soir...

Marchant dans les flaques d'eau qui s'accumulaient entre les pavés irréguliers de la rue, le rouquin et ses acolytes eurent tôt fait d'arriver à destination. Ils avaient effectué leur chemin, depuis le manoir de Raphaël, dans un silence presque religieux. C'était comme s'ils étaient en deuil, un deuil précoce s'il en est. La décision finale d'Eulalia pesait sur le groupe comme une dernière pierre dans l'estomac. La fureur de Raphaël à ce sujet était palpable et nul n'osait plus en parler. Lui-même, qui avait été pour laisser le choix à la jeune femme, sentait que sa présence allait risquer de gêner le Vampire.
Mais Alexender ne pouvait plus se permettre de s'occuper des autres. Sarah était sur place, elle siégeait en plein cœur de l'action, il n'avait plus qu'une hâte : la rejoindre, la sauver, la venger. Imaginer qu'elle soit en cet instant en présence du Comte le rendait malade. Elle était rentrée chez elle pour se préparer, ils ne se reverraient qu'au beau milieu de leur attaque...Quelle douleur pour lui ! C'était la première visée par les agissements du Comte. Il lui avait envoyé une invitation un peu spéciale, cela l'écoeurait. Qu'avait-il donc en tête ? L'impressionner ? La coincer à nouveau pour la ramener chez lui et la torturer encore et encore, jouant sur la sensualité de sa race maudite ? Alexender sentait monter en lui une véritable rage. Oui, il avait hâte de se trouver au théâtre. Il avait hâte que le feu ne ronge Milte & Co, que les Vampires s'en trouvent déstabilisés, que les spectateurs soient évacués et qu'ils entrent en scène à leur tour, capés, masqués, armes brandies, afin de porter un coup fatal à ce malade mental. Une balle de Bloody Rose dans la tête le calmerait certainement définitivement.

Alexender jeta un coup d'oeil à Eulalia. Elle était derrière Stan et lui-même qui ouvraient la marche. Silencieuse, rattachée à Raphaël, elle portait ses vêtements d'homme, ses armes et ses lunettes. Elle semblait assurée, malgré la marque de tristesse qui restait près de ses yeux.
Détournant le regard, Alexender s'arrêta dans le même temps que le Vampire au cheveux blancs.


- Oui...nous y voilà...murmura-t-il sombrement.

Il écouta Raphaël et le laissa partir. Seuls quelques mots, inattendus, sortirent ensuite de sa bouche en direction du Vampire qui s'éloignait.


- Nous serons prudents...sois-le aussi. Rendez-vous au 236 de l'avenue si cela devait mal tourner.

Puis il reprit sa marche avec les autres. Le stress montait. Une pareille opération était d'une telle ampleur qu'il leur fallait tout calculer, tout prévoir, tout assimiler. Il ne fallait pas faire un seul faux pas, éviter les quiproquos, s'assurer que tout se déroule comme prévu. Taddeus Grey était leur agent en intérieur, cela rassurait quelque peu le rouquin qui voyait en cet homme la dose de sagesse qui leur manquait à tous.

Alors qu'il était plongé dans ses pensées, Alexender fut surpris par l'arrêt soudain d'Eulalia. Elle ne souhaitait pas entrer comme eux pendant la diversion de Raphaël, elle voulait aller aider ce dernier dans le bâtiment de Milte & Co. Alexender ouvrit la bouche et la referma aussitôt face à ses arguments. Comment la retenir ?


- Je ne suis pas certain que cela soit une bonne idée, miss. Fit-il en fronçant les sourcils. Passer par les toits alors que la majeur partie des gardiens du Comte doit s'y trouver...et je ne pense pas que Raphaël soit d'accord pour qu'on vienne le perturber dans sa mission...

Mais il n'y avait rien à faire, l'amour, l'attachement faisait tout. Eulalia disparut à son tour dans l'ombre pour se diriger vers Milte & Co. Finalement, ils ne seraient certainement pas trop de deux pour allumer le feu et faire face aux gardiens. Ce n'était peut être pas plus mal. Alexender prit soin cependant de lui répéter le lieu de rendez-vous s'il y avait un problème. Il expliqua à la jeune femme que ses domestiques les attendaient en fiacre pour les évacuer. C'était une chose évidente à laquelle nul n'avait songé : leur retraite, s'il étaient blessés, aurait été tout bonnement impossible sans cet appui de véhicule...

En un sens, c'était une véritable opération suicide. Un groupe de Hunter, tout sauf soudés, inconnus pour la plupart, dont un Vampire qui ne savait pas se contrôler, des amours naissants, des enjeux grandissant et une coordination des plus déplorable : comment pouvaient-ils espérer vaincre un ennemi tel que le Comte ? Ils n'étaient pas encore assez organisés, ils ne s'entendaient pas, tout était incertain, même leur simili de plan qu'ils changeaient constamment à la dernière minute.

Enfin arrivés près du théâtre, après mille précautions pour ne pas de faire apercevoir depuis les toits, Stan et Alexender restèrent en retrait, à une rue de leur objectif. Les portes de l'édifice avaient déjà été ouvertes, la foule s'était dissipée pour s'installer ou vaquer à d'autres occupations. Seuls quelques curieux restaient là à rôder, des gardes de Scotland Yard, des gardes royaux, quelques faces étrangères qui surveillaient les environs...


- Nous n'avons plus qu'à attendre le signal, fit-il à Stan en mettant son masque. A nous de donner le bal ensuite...

Alexender n'était absolument pas rassuré. Même s'il était habitué à chasse des Vampires dans les rues de Londres la nuit, même s'il avait surmonté de nombreux obstacles dans sa vie, vécu de véritables drame, des tortures et autres gnominies sans nom depuis ses plus jeunes années, il n'était pas assez expérimenté pour se jeter ainsi au beau milieu d'une troupe aussi conséquente de Vampires, face au plus puissant qu'il n'ai jamais rencontré, sur son propre territoire...Certes, Rpahaël, le feu et l'effervescence de la foule allaient leur servir de diversion, et il leur serait plus aisé d'entrer dans l'édifice pour coincer le Comte, mais la présence de la reine, du Scotland Yard, des sbirs du Comte, des plus hauts aristocrates de Londres ne leur faciliterait pas la tâche. C'était une véritable folie qu'ils entreprenaient là. Il leur fallait gagner à tout prix. La ville débarrassée du Comte, ils pouvaient bein finir en prison, il n'en avait cure.

Sarah serait sauve, c'était ce qui lui importait le plus, même si au fond la victoire sur une de ces créatures à longues dents composait bien la moitié de sa motivation.
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Comte Keï
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MessageSujet: Re: Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42] Sam 13 Oct - 20:57

Ce sang, délicieux, si subtile, qui coulait dans sa gorge...
Un calice de qualité.

Le Comte était là, derrière le rideau, posté en biais, le regard tourné vers une des fentes de bois qui présentaient aux acteurs et souffleurs un morceau de la scène et du public. Il attendait, se délectant de son nectar sacré. D'un œil il surveillait l'assemblée.

La reine était à son balcon, les acteurs étaient prêts, l'Architecte Charles Barry avait regagné son siège juste devant la scène, les Vampires que le Comte avait invités par politesse étaient presque tous installés, les aristocrates et bourgeois entraient en masse et s'asseyaient aux places qui leur étaient assignées : tous attendraient bientôt le grand départ. Coriolan allait se jouer d'ici une demi-heure.

Le Vampire soupira, sirotant une nouvelle gorgée de sang. Ses yeux de brume se posèrent sur Wynn installé devant son pupitre. Le violoncelliste était au théâtre depuis le début du jour pour s'organiser et discuter avec les musiciens. Ils s'étaient croisés brièvement, s'échangeant quelques mondanités sans s'y appesantir. Le Comte n'avait pas l'intention de lui demander s'il avait commencé l'instruction d'Elizabeth, c'était bien la dernière chose à laquelle il avait songé dans la journée. Lorsqu'il l'avait rencontré dans un des nombreux couloirs du théâtre, il lui avait sourit, le saluant rapidement, avant de retourner à ses multiples tâches. Il devait gérer ses acteurs, les décors, la mise en scène générale. Ses préoccupations étaient loin de leur petite discussion désagréable datant l'avant-veille au soir. Il avait laissé Wynn le saluer et passer son chemin. Tous deux avaient beaucoup à faire. Derrière le rideau le Comte vit que le chef d'orchestre était enfin prêt. Son élégance était remarquable, même s'il était vêtu comme tout chef d'orchestre qui se respectait, il gardait cet air calme et placide qui le caractérisait tant. Après la reine, ce second élément était donc en place. Les instruments avaient leur maître et il ne manquait plus rien sur le plan technique : la pièce pouvait être lancée à tout moment.

Cependant, il manquait encore des invités. Les aristocrates et hauts bourgeois n'avaient pas terminé de prendre place et Sarah n'était toujours pas arrivée. Il manquait également Angelstone. Il fallait être patient. Le Comte songea alors à Fiora. Le Protectorat n'était pas encore tout à fait là, même si le Comte le savait arrivé depuis un moment déjà. En effet,alors qu'il accueillait la reine, le Comte avait sentit l'aura de Fiora et son équipe. Il avait sourit, imperceptiblement, alors qu'il esquissait une courbette devant Victoria. Oui, le Protectorat était arrivé à l'heure. Cependant, concentré sur l'accueil de la reine, le lord n'avait plus pris garde à ce qui se passait dehors suite à son arrivée. Après avoir fait entrer la jeune souveraine dans le théâtre, loupant de peu la mise en scène fracassante de la française, le Comte s'était concentré sur son installation et l'attente de la jeune héritière des Spencer. Cependant, Arath, qui était encore en faction à l'entrée pour gérer la sécurité du théâtre, avait assisté au choc provoqué par Fiora et ses fidèles compagnons. Le Protectorat, sous l'égide de sa maîtresse, avait prévu de tout mettre en œuvre pour éclater aux yeux du monde. Cette pièce de théâtre permettait certes à Fiora d'entrer en jeu dans l'univers sombre de Londres, mais aussi dans sa lumière la plus aveuglante, celle de la mondanité. Elle était arrivée depuis peu dans la capitale britannique, elle avait un nom à revendiquer. Le mettre sur un piédestal dès maintenant relevait à la fois de l'orgueil et de la présomption, mais aussi d'une certaine forme de stratégie sociale qui devait s'étaler dans toute sa cruelle logique. Arath avait observé la scène d'un regard mauvais, laissant cependant la Française et sa troupe bousculer les badauds et se présenter en une proclamation des plus sur-jouée avant de leur permettre l'accès aux portes. Un rictus traversa son visage au passage de Fiora, il n'avait pas pu se retenir jusqu'à éviter le moindre signe de mépris. Cette mise en scène l'avait exaspéré, mais il n'était pas là pour juger, le Comte avait laissé ses instructions concernant le Protectorat, il avait plutôt intérêt à les suivre.
Une fois que Fiora fut entrée, Salluste vint chercher les deux gardiens prédisposés à la loge royale. Il les conduisit à la reine, gardant un œil sur eux en tout instant. Sakura et Igort une fois en place, salutations royales passées, Salluste leur montra leur sièges. Ils entouraient tous les trois la reine, mêlés aux plus hauts lords de ce siècle. A la porte de la loge, quatre gardes royaux assuraient l'entrée et la sortie des invités.


*Il y a des membres du Scotland Yard parmi les nobles qui nous entourent, c'est évident* songea Salluste en partageant ses pensées avec ses deux adjuvants. *Évitez de vous faire remarquer*

C'était dit gentiment, sans agressivité, avec douceur même. Salluste était calme, très calme et si l'humeur de son maître avait été plus joyeuse, il se serait tenu là sans aucune appréhension. Cependant, quelque chose n'allait pas, le Comte leur avait fait sentir à tous son mal, quelque chose le rongeait depuis la veille. Ce n'était pas bon signe. Avait-il peur de ce Raphaël qui avait apparemment rassemblé des Hunters pour chasser les leurs et qui risquait de se pointer pendant le spectacle ? Ou était-ce un mal plus profond ? Salluste connaissait le Comte mieux que personne. Cette attitude détachée dans pareil moment n'était vraiment pas bon signe.
Un éclat dans le balcon en face attira le regard du Vampire. Gérome, le Lycan dont la tâche était de rester dissimulé dans l'ombre pour mieux viser avec son fusil de précision, était en place. Apparemment il testait son arme. L'éclat que Salluste avait capté n'était pas visible au regard humain, Gérome était parfaitement caché dans l'obscurité de sa loge. Le Vampire l'observa. Il le trouva bien imprudent de viser la reine. Au moindre mouvement de son doigt sur la gâchette, il interviendrait et ce serait un carnage. Mais le Comte faisait confiance, en partie, au Protectorat, il fallait donc qu'il leur accorde le bénéfice du doute, lui aussi. Aussi resta-t-il droit sur son siège, les bras croisés, gardant cependant un œil sur le tireur. Salluste comprenait en partie les intentions du Comte en procurant au Protectorat un tel rôle d'importance. C'était une nouvelle stratégie qui s’avérerait efficace avec son temps. Cependant, il ne pouvait s'empêcher de pense que les récentes attitudes du Comte cachaient bien plus...Salluste, pour la première depuis longtemps, était soucieux pour son maître. Que préparait-il qu'il ne lui ai pas dit ?

Les yeux morts du Comte scrutaient toujours l'assemblée lorsque Fiora se présenta derrière lui. Son aura s'était décuplée pour marquer sa présence, le Comte, lui, retint la sienne. Les Vampires dans la salle n'étaient pas tous prêt à la supporter, il fallait éviter de les déranger. La voix claire et le ton amusé de la Française arrachèrent un sourire au Comte qui se retourna lentement vers elle. Son regard alla se figer dans le sien.


- Je vous attendais, miss Hagane...

Il la détailla un instant, conservant son sourire et son verre de sang maintenant vide.

- Et toujours aussi délicieuse...

Sa robe lui allait à merveille, il ne pouvait que le remarquer. Elle était d'un bleu soutenu, agrémentée de mille et une dentelles blanches. La fleur de lys, symbole royal de France, ornait son poitrail côté cœur et se répétait sur les pics de son chignon impeccable. Elle était belle, ses formes mises ainsi en valeur révélaient d'autant plus la jeunesse de son corps encore peu atteint par les affres de la vieillesse. Elle devait l'entretenir avec cette touche de ferveur propre aux femmes. Elle devait boire beaucoup de sang de qualité.

A sa remarque sur les "cadavres" devant le théâtre, le Comte leva les yeux au ciel et pris un ton plus haut perché.


- Que voulez-vous ma chère amie ! Fit-il en laissant son verre à un acteur qui passait près d'eux. Les Humains n'ont aucune éducation...

C'était amusant de jouer au lord Vampire en cet instant. Le Comte avait saisit dans le brouhaha du public le nom de Fiora se répéter. Elle avait fait une entrée particulièrement bruyante. Devait-il lui reprocher ? Non, cela n'avait absolument pas d'importance pour lui. Qu'elle passe pour de la noblesse française hautaine, sortie de l'ombre décatie des temps anciens, c'était son choix. Lui-même appréciait les entrées à scandales, elle pouvait bien avoir la sienne, du moment que cela ne dérangeait ni la reine, ni ses plans.

- Évitons cependant de trop les malmener en public, voulez-vous? ajouta-t-il plus sérieusement.

Fiora semblait fière de son stratagème avec Xavier, cela fit intérieurement rire le Comte : c'était encore une enfant, dans le fond, prête à s'auto-flatter de ses nouveaux exploits.


- Habile. Fit le Comte dans un demi-sourire en se détournant d'elle quelques secondes pour revenir aux fissures dans le bois. Sarah n'était toujours pas arrivée. Habile...reprit-il en revenant vers la Française, mais j'eus peut-être préféré que vous n'ayez pas de mari...

Son regard se faisait amusé. C'était un jeu, une plaisanterie, mais il savait que cette réplique pouvait piquer doucement le cœur de la belle. Un silence se fit. Le Comte faisait maintenant presque dos à la chef du Protectorat.
Puis Fiora eut le malheur de parler de Raphaël. Ses yeux se voilèrent un peu plus. Il fit face à la Française qui semblait prendre ce sujet à la légère.


- Fiora, fit-il d'un ton plus ferme. Raphaël est à vous. S'il a la ridicule idée de venir attenter à ma vie ce soir, faites-en des lambeaux. Cependant, si ma pièce pouvait ne pas en être gâchée, je vous en serais reconnaissant. Faites cela discrètement, à votre guise mais discrètement, sauf s'il se jette sur les planches...à ce moment là, je ne pourrais peut-être pas vous assurer de vous en laisser un morceau...

Le Comte sourit enfin. Cette idée même lui paraissait drôle finalement. Raphaël ne viendrait pas, c'était évident, à moins qu'il n'aie rassemblé une armée de Hunter, c'était tout bonnement suicidaire de tenter de l'atteindre ce soir. Ce qui gênait le Comte, ce n'était pas tant ce personnage que ce que la mort d'Adhéna Lisbutig annonçait pour l'avenir. Elle avait perturbé le Sabbat autant que la Camarilla, même si elle n'était pas un membre éminemment important, car elle marquait une certaine forme d'alliance chez les Hunters qui ne s'était pas vue depuis très longtemps. C'était mauvais. Il fallait absolument les empêcher de se rassembler sous une même bannière. Individuellement, ils étaient certes dangereux mais également fragiles, en meute, ils poseraient un vrai problème.

- Allons, continua-t-il en riant un peu, regagnez votre place, nous allons commencer.

Laissant la Française s'en retourner, le lord s'éloigna dans les loges. Ambre l'accueillit avec un visage resplendissant. Ses boucles rousses encadraient son visage de poupée tacheté d'une myriade de petites notes de couleur brunes.

- Mon maître ! Le Protectorat est en place, les acteurs son prêts ! Commençons-nous ?

- Patience, Ambre, répliqua le Comte en grognant. Tu connais la procédure.

Il était venu reprendre un verre de sang. Ambre le lui servit.
De retour derrière le rideau, le Vampire s'appuya contre un pan de bois, le regard toujours tourné vers la salle. Il sentait monter en lui un sentiment d'appréhension. Il avait hâte de commencer sa pièce, mais il avait encore une tâche à accomplir pour le salut de son futur.

Alors que le Comte partait dans ses pensées, portant son verre à sa bouche, le brouhaha de l'assemblée changea bientôt de consistance. Ramenant son attention dans la salle, Jirômaru suspendit son geste. Ses yeux de brumes aperçurent alors Sarah. Elle était magnifique, dans une robe bleue bordée de blanc, ses mèches rebelles étaient coiffés avec distinction, la dentelle de ses manches marquait d'autant plus la pâleur de sa peau. Elle était entourée de ses parents. La famille Spencer était réputée parmi les meilleures de la capitale. Riche, aimable, galante, courtoise et noble, c'était une famille qui était habituée de la cours, proche de la reine et des plus hauts. Madame Spencer était ravissante, tout à fait aux goûts du Comte. Mais, bien évidemment, son attention était focalisée sur la jeune héritière, tout comme les dandy et aristocrates célibataires de l'assemblée.
Jirômaru observa la famille s'installer. Son sourire était désormais sincère. Enfin, la pièce allait pouvoir commencer. C'était à lui de faire son entrée.

Un quart d'heure plus tard, les portes furent fermées et Arath rejoignit la troupe. Tout était prêt. Il manquait ça et là quelques aristocrates qui arriveraient en retard, Angelstone également, mais ses disciples les accueilleraient le moment venu.

Le signe fut donné, la musique pouvait commencer, doucement, tranquillement.
La salle étouffa bientôt son brouhaha et les voix se firent chuchotements.

Sur les planches, un pas régulier se fit entendre et le Comte apparut soudainement devant le rideau, arrivant depuis la droite. Son haut de forme allongeait son ombre sur le bois du plancher et sa canne-épée lui donnait une allure de belligérant. Parvenu au centre de la scène, il fit face à la foule. Appuyé sur sa canne-épée, il leva sa main libre, gantée de blanc, vers l'assemblée.


- Notre reine bien aimée, ladies and gentlemen, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue et de me présenter.

Il enleva son haut de forme et esquissa une courbette élégante.

- Moi, Keisuke Jirômaru, ai été désigné par notre souveraine ici présente pour rénover cet édifice grandiose et présenter la première pièce de la saison.

Le Comte se redressa, gardant son haut de forme à la main.

- C'est avez un insigne honneur que je vais laisser à notre reine le plaisir d'annoncer l'ouverture de cette soirée.

Victoria se leva dans sa loge et déclama d'une voix claire et vive :

- Nous, Alexandrine Victoire de Hanovre, fille d'Edward Augustus, duc de Kent et Strathearn, et de Victoria de Saxe-Cobourg-Saalfeld, déclarons les portes du Grand Théâtre ouvertes pour cette nouvelle saison ! Sa rénovation en fera le nouveau joyaux de notre couronne. Nous remercions Keisuke Jirômaru et Sir Charles Barry pour leurs efforts et déclarons la pièce de Coriolan lancée !

La reine se rassied sous les applaudissements enthousiastes d'une foule émue.
Le Comte attendit que la salle redevienne calme avant de reprendre la parole :


- Avant de commencer l'animation de la scène avec les délires antiques de notre cher Coriolan, fit-il en commençant à errer sur la scène, j'aimerais vous entretenir d'une chose qui me tient à cœur.

L'assemblée restait muette de stupéfaction. Une déclamation personnelle n'était pas habituelle au théâtre, surtout pas pour une aussi grosse pièce, devant la reine, de la part d'un lord aussi éminent. S'apprêtait-il à annoncer au public que c'était sa dernière pièce ? C'était possible. Jirômaru Keisuke n'avait plus mis en scène de pièce depuis longtemps et cette réapparition sonnait comme un hommage à son temps, un ultime effort pour la société. Le Comte croisa le regard de Sarah mais s'en défit aussitôt pour se lancer dans son discours.

- Nombreux ici s'amusent à répandre une rumeur...

Le public se tendit et quelques murmures se firent écho. Le ton du Comte se faisait amusé mais cela avait l'air de sonner comme un reproche.

- ...Une rumeur selon laquelle...je serais de l'autre bord...Entendez-moi bien.

Le sourire du Comte et ses sous-entendus firent rire l'assemblée. L'atmosphère se détendit sensiblement. Dans la tribune royale, Salluste fronça les sourcils.

- Comment un homme de bien, lord qui plus est, âgé aujourd'hui d'une trentaine d'années passées, peut-il de nos jours rester encore célibataire ? Il semble évident que ce bougre d'individu ai un sérieux problème...

Les mimiques du Comte firent à nouveau rire l'assemblée. Il se mettait en scène d'une façon comique, accentuant ses traits, faisant des gestes de dépit et d'innocence.

- Mais ! Continua-t-il en leva un doigt. Je vous dirais que cet homme a peut-être une femme cachée, ou, Dieu le soutienne, une femme aujourd'hui décédée.

Jamais Londres n'avait entendu d'histoire de femmes au sujet du Comte. Évidemment, on le savait homme et on l'avait déjà "surpris" à traîner du côté des prostituées de luxe, c'était une chose courante, mais il n'y avait jamais eu de question de mariage, ni de descendance.

- Beaucoup l'ignorent, fit-il plus sombrement en se promenant sur scène, mais le Comte Keisuke est effectivement veuf depuis une bonne dizaine d'années.

Il y eut des sursauts dans l'assemblée, des murmures en nombre et des exclamations. Beaucoup de choses s'expliquaient maintenant. Son absence de la scène publique, sa froide tenue dans les assemblée du Parlement et l'on pouvait aisément deviner qu'il n'avait pas repris femme par amour et tristesse.

- Malade, faible et fragile, je l'ai soutenue dans l'ombre de ma cape, continua-t-il en esquissant un mouvement de sa cape rouge sang. Elle avait besoin de calme et de tranquillité, aussi lai-je cachée pour son rétablissement. Seule notre reine était au courant, et elle m'a toujours appuyé dans ma démarche.

Les regards se tournèrent vers la tribune royale. Victoria ne bougeait pas d'un cil. Elle était muette, le visage fermé, sans surprise. Apparemment, elle avait été mise au courant de ce discours.

- Hélas ! Mon épouse n'a pas su vaincre la maladie. Ce fut une tragédie ! Cependant, continua-t-il d'un ton plus joyeux, aurait-ce été une raison suffisante pour rester aussi distant d'un nouvel hyménée ? Non, bien entendu, un lord a ses responsabilités et un nom à transmettre. Pourquoi aurais-je mis tant de temps à songer à une nouvelle vie ? L'amour justifie bien des choses mais dix ans...ce serait se prendre pour Ulysse qui fait attendre Pénélope !

La foule retenait son souffle. L'instinct dictait à tous l'annonce qui allait être faite. Des sourires s'affichèrent, des joues rougirent.

- Mais je ne suis point Ulysse ! Continua-t-il avec verve. Guerroyer et s'oublier sur les flots, dans les bras de Didon et autres dames de renom, n'est pas dans mon éducation. Je serais plutôt Pénélope, patiente dans l'attente du retour de son promis.

Quelques rires fendirent la foule.

- Si monsieur Spencer veut bien se lever...fit le Comte en ouvrant sa paume de main vers l'homme en question.

Les rires se stoppèrent net. Toutes les têtes se tournèrent vers la famille Spencer. Quel choc ! Une annonce en public ? Il visait lui aussi l'héritière des Spencer ? Bien des hommes sentirent cette simple phrase comme une enclume dans leur estomac. Ils n'avaient plus aucune chance.

Le Comte attendit que le père de famille ne se lève face à la pression de la foule, c'était une obligation polie, puis il reprit en s'adressant cette fois-ci directement à lui.


- J'ai attendu dix années que votre fille ne soit en âge de se marier, afin d'éviter de ne la déranger dans son jeune prélude et pour préserver votre famille des tensions d'un arrangement précoce, voilà les raisons de ce célibat si prolongé. Je me suis toujours destiné à sa personne, depuis que je l'ai rencontrée à votre bras. Jamais je ne me destinerai à une autre, mon choix est déjà fait depuis longtemps. Aujourd'hui, Sarah a atteint un âge convenable pour songer à ce genre de chose. Elle est maintenant prête, je le pense, à endosser son rôle de femme. Monsieur Spencer, à vous qui avez tant fait pour notre royaume, à vous dont la famille n'a plus à prouver sa valeur et son rang, je demande la main de votre fille, Sarah.

Les éventails s'agitèrent, les murmures grossirent, et dans ce semblant de silence fort bruyant, le Comte ne détacha pas ses yeux de Monsieur Spencer. Il ne regardait pas Sarah, elle aurait son mot à dire plus tard, pas maintenant, c'était à son père qu'il s'adressait, uniquement à son père, comme le voulait la coutume.

- Ne pensez pas, Monsieur Spencer, que cette demande soit faite en public pour vous forcer la main, ni celle de votre fille, car votre choix restera ma ligne de conduite future et je saurai l'accepter avec respect, quel qu'il soit. Mais songez bien que je voulais que Londres comprenne cette demande tardive et ne vous importune point pour un silence que vous-même ne pouviez pas prévoir.

Beaucoup chuchotaient au sujet du bal d'Alexender Von Ravellow et de la romance que la jeune femme avait apparemment eue avec cet aristocrate débauché. Cela n'était pas une rumeur qui valorisait l'héritière des Spencer, d'autant qu'on disait que le jeune homme avait même osé se pointer chez elle une nuit, rumeur étouffée derrière quelques vasistas entre-ouverts et dont personne ne pouvait prouver les dires. Mais tous s'accordaient sur le fait que le Comte était un bien meilleur parti et qu'il saurait remettre la jeune femme sur le droit chemin tout en lui offrant une vie rêvée.

Profitant de la surprise générale et de l'ampleur de la demande, le Comte ne laissa pas à Monsieur Spencer le temps de répondre à ses propos.


- Reprenez place, je vous en prie, fit-il au chef de famille en esquissant un geste aimable. J'attends votre réponse après la pièce, demain, nous nous rencontrerons, si vous le voulez bien. Pour l'heure, vous avez devant vous tout le temps d'y réfléchir et d'en converser avec votre femme. J'ose espérer compter sur votre bienveillance...

Après un sourire mondain, le Comte jeta un regard à Sarah. Il lui fit comprendre par ses yeux de brume, à quel point il avait calculé ce moment. Elle s'était enfuie de chez lui, il l'avait laissée libre, vaquer à ses occupations, plutôt que de la poursuivre encore, aujourd'hui, elle découvrait dans quelle terrifiante mesure il avait prévu cette pièce. Ses parents, coincés au milieux des plus hauts aristocrates de Londres, sous le regard de la reine, face à un tel parti, ne pouvaient refuser sans craindre leurs cruelles langues. Même s'il affirmait que leur décision serait à leur honneur, il savait que la société de leur époque ne laissait guère de place aux décisions saugrenues face aux yeux d'une pareille assemblée. Son propre refus à elle serait perçu par les commères comme une insulte, un manque d'éducation et surtout la preuve qu'elle était en étroite relation avec le sir Von Ravellow, une histoire honteuse en soit, par rapport à sa famille, puisque le jeune homme faisait partie des aristocrates de bas étages qui ramenaient même dans leur bal des bourgeoises.

- Ladies and gentlemen, reprit le Comte avec ferveur, laissant la famille Spencer prendre sur elle une pareille déclaration, j'annonce l'ouverture de Coriolan, tragédie de notre bon Shakespeare, homme de talent, s'il en est, et père de toutes nos pièces !

Le lord remit sur sa tête son haut de forme.

- L’argument de la pièce, le voici : La faim ! La famine ! Cette plaie frappe de plein fouet la Rome de nos ancêtres. Nous sommes en 493 avant Jésus Christ, notre bon Seigneur et Père, et les émeutes de la plèbe conduisent Caius Martius...

Arath entra sur scène depuis la droit et rejoint son maître. Vêtu en guerrier romain, avec armure, casque à plume, bouclier et dague, sandales et jupe de cuir, sa carrure en impose à tous. Il pousse un grognement sinistre de barbare.
Les femmes poussent des cris excités dans l'assemblée, les hommes s'amusent en tortillant leurs moustaches.


- ...à mépriser la plèbe. Il encoure ses foudres. Ménénius !

Entre Marco vêtu d'une toge, son visage est grave et sage.

- Ami de Marcius, vient calmer la foule et assagir les âmes. Brutus !

Un Vampire entre vêtu d'une toge.

- et Sicinus !

Un autre entre vêtu de la même toge.

- Tribuns de la plèbe, interviennent pour mitiger ses dures paroles. Volumnia !

Entre Maria par la gauche, vêtue en dame romaine, les cheveux relevés en une grappes harmonieuse piquetée de perles et de feuilles de vigne. Elle salut le public qui applaudit son arrivée.

- et Virgilie !

Entre Ambre du même côté que Maria et qui va prestement la rejoindre. Elle est vêtue d'une toge ocre qui fait ressortir ses boucles rousses et ses yeux verts.

- Femme et fille de Marcius, attendent son retour. Mais les Volsques ! (cris de guerre dans les coulisses qui font sursauter l'assemblée et rire les gentlemen) Sont en guerre contre Rome et Turnus !

Entre Manouk, l'Africain à la peau noire d'ébène. Il est vêtu en guerrier autochtone, avec plaques de métal, tissus colorés et armes aiguisées. Il s'avance près des deux femmes qui tremblent à son arrivée face au visage sévère qu'il leur impose.

- Chef des Volsques, jure la mort de Marcius le présomptueux !

Le Comte s'avance plus en avant de la scène pour donner plus de poids à ses paroles.

- Mais pendant que Commenius !

Entre un Vampire vêtu en guerrier romain. Il est sur la droite, près d'Arath.

- Ami fidèle de Marcius dirige les troupes pour marcher sur les Volsques, Marcius prendra la ville de Coriole, seul, refusera les récompenses et deviendra : Coriolan !

L'assemblée est passionnée, le public applaudit et clame sa joie. La pièce promet d'être magnifique.

- Saura-t-il déjouer la jalousie des tribuns lorsqu'il se présentera au consulat ? L'exil de ses excès tyranniques le pousseront-ils à brûler Rome avec les Volsques qui le recueillent dans sa haine ? Résistera-t-il aux suppliques des femmes ?

Le Comte recula pour revenir auprès des acteurs principaux de sa pièce. Il ouvrit les bras et déclama :

- Ladies and gentlemen, voici venir Coriolan !

Tous quittèrent la scène sous les applaudissements et le silence se fit. La musique démarra, le rideau se leva.
Sur scène, une place publique est représentée entre plusieurs morceaux de maison. Un bâtiment en façade, au sommet d'escaliers de pierre, présente ses colonnades ioniques. Les décors sont immenses, magistraux, détaillés. Bientôt arrive une foule de personnages, tous vêtus de tuniques courtes, sales, déchirées. Le peuple se lamente de la faim en brandissant des bâtons, quelques citoyens parlent entre eux : Caius Marcius les indigne, il mérite la mort. Ménénius, incarné par Marco, arrive de la droite et vient calmer l'ardeur des citoyens. Marcius, incarné par Arath, arrive au sommet des escaliers, vêtu d'une toge (il a apparemment abandonné son équipement militaire). Il s'adresse à la foule comme si elle était composée d'insectes.

Ainsi commence la pièce. L'Acte I est lancé, la première scène anime le Grand Théâtre.
Dans les coulisses, le Comte observe de son regard vide ses disciples jouer. Ils sont bons, le décors est bien agencé, le ton est donné.
Bientôt, il quitte les coulisses et rejoint le tireur d'élite de Fiora.


- Ne t'occupes pas de moi, fit-il à Gérome en prenant place sur un siège. Je ne te dérangerai pas.

Les jambes croisées, les mains jointes, le Comte s'installe et se met à suivre la pièce de prêt, jetant par moment un regard à la reine et à Sarah.

*******************

Dehors, le temps empire. La pluie tombe à gros bouillon et les disciples du Comte s'abritent. Les auras qui sont installées dans le théâtre ne permettent pas toute d'être senties correctement. Leurs sens sont perturbés par la présence du Protectorat et des aristocrates à longues dents qui observent la pièce. Ils n'ont pas senti Raphaël, pas encore, et ils n'ont pas vu Lally passer de toit en toit pour atteindre le bâtiment de Milte & Co. Cependant, un des gardiens les plus éloignés du théâtre, a sentit une altération de l'air ambiant grâce à son attention. Il a entendu un bruit de verre non loin, peut-être a-t-il rêvé? Pour servir son maître, il sort de sa cachette, récupère deux de ses compagnons et se dirige vers le bâtiment désaffecté où se trouve le couple.

Spoiler:
 


> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
Spoiler:
 

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Eulalia Grey
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MessageSujet: Re: Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42] Dim 21 Oct - 14:32

Eulalia était nerveuse. Elle savait bien qu'elle était allée contre la volonté de Raphaël et qu'il l'avait extrêmement mal prit mais elle ne pouvait revenir en arrière. C'était son choix et il devait le respecter, au nom de ce qu'ils partageaient désormais tous les deux.
Elle ne pouvait plus supporter l'idée de rester inactive tandis qu'ils iraient risquer leur vie au Théâtre. Se morfondre alors qu'elle possédait un moyen de les soigner directement sur place... Non, elle ne le pouvait décemment pas.

Elle avait essayé de garder un contact avec lui durant leur trajet, lui tenant la main, nerveuse et désireuse de se faire pardonner. Elle n'avait eu droit en échange qu'à un sourire des plus faux qui lui avait transpercé le cœur de part en part. Néanmoins, ils avaient gardé un contact physique durant le trajet, avançant silencieusement dans la nuit.

Plus la Huntress y réfléchissait, plus elle réalisait que la romance interdite qu'elle vivait depuis si peu de temps avec le Vampire semblait vouée à l'échec. Rien n'était fait pour que les engrenages de leurs sentiments puissent s'emboîter convenablement. Il y avait toujours quelque chose, un petit grain de sable, qui venait perturber la machinerie complexe que formaient leurs deux êtres unis par le sang et les larmes.
Tout les opposait. Ils n'appartenaient pas au même monde, ne vivaient pas pour les mêmes objectifs... Elle voulait changer cela.
Eulalia, de par sa nature d'humaine, était mue par l'espérance et la persévérance, deux qualités qu'on ne trouvait que peu chez les autres races. Au nom de son amour, elle était prête à tout changer. Elle croyait fermement qu'avec de la patience et des efforts acharnés, elle réussirait à vivre avec l'italien, voire même, à le sortir de sa dépression morbide.

Mais pour cela, ils devraient survivre à l'épreuve qui les attendait. Et ce n'était pas une mince affaire qui se profilait à l'horizon. Derrière les murs du grand édifice qui apparaissait maintenant, faiblement éclairé par les lampadaires, le plus dangereux et machiavélique des vampires de Londres les attendait. Il y avait également Sarah... Elle espéra que tout allait bien pour elle, et pour ses parents aussi.
Au fond, la jeune femme aimait bien cette aristocrate qui, à bien y réfléchir, n'était pas très différente d'elle même.


********************

A l'intérieur, l'excitation était à son comble. Les lumières avaient été baissées, signe que le spectacle allait démarrer incessamment sous peu. Harriet, les yeux brillants d'excitation, s'était penchée en avant pour entrapercevoir la scène. Un homme à la stature plus qu'imposante était monté sur les plancher. Théâtral, magnifique, dangereux et inexorablement mortel.

Une cape rouge, des cheveux aussi blancs que la neige des monts les plus hauts qui pouvaient exister en ce monde, des yeux voilés comme ceux d'un homme qui aurait perdu la vue...

Le Comte Jirômaru Keisuke se tenait devant l'assemblée. Il commença avec les politesses d'usage, laissant un bref instant la parole à la reine Victoria. Sa voix jeune et claire s'éleva de la loge qu'elle occupait. Le silence le plus complet s'abattit dans la salle. On aurait dit que la terre avait cessé de tourner.

Puis, à la stupéfaction de tous, il annonça ce qui semblait être un discours des plus personnels. Thaddeus se raidit et tendit l'oreille. Il avait beau se tenir à l'écart du beau monde, il n'en était pas moins au courant des règles de bienséance. Et ce genre de déclaration, juste avant un événement aussi important, était loin d'être habituel.

Il se mit alors en scène, d'une façon que le prêtre trouva obscène et glauque. Ses mains se crispaient sur son pantalon.
Il raconta au public une histoire qui relevait de l'affabulation pure et dure, il en était convaincu. Comment un être aussi dénué d'âme que lui pouvait avoir un jour soutenu une femme, malade et faible qui plus est ? Il se serait plus certainement débarrassé d'elle si elle ne lui était plus utile...

L'homme d'église était outré. Comment ces bourgeois pouvaient-ils gober de telles paroles ?! C'était insensé ! Pourquoi ne voyaient-ils pas le monstre qui se cachait en lui ?

Il se souvint d'un soir, alors qu'il était un jeune hunter de tout juste vingt ans. Il avait pu se confronter à un vampire extrêmement puissant, dont l'aura l'avait glacé jusqu'au sang. Il n'avait aucun indice qui pouvait confirmer son hypothèse mais il était sûr, au fond de lui-même, que c'était le Comte qu'il avait vu.

La foule s'agita soudain. Il avait raté une partie de son monologue, perdu dans ses pensées. Bien vite, il se raccrocha, écoutant les murmures de ci, de là, pour avoir un bref résumé de la situation.
Il en vint à demander ouvertement Miss Spencer en mariage, prenant pour témoin toute l'aristocratie londonienne ou presque.

Il faillit rire lorsque le Comte se défendit d'avoir fait cette demande en public pour forcer la main du Lord. C'était clairement se moquer du monde ! L'aristocrate aux cheveux de neige savait mieux que quiconque comment fonctionnait la société.
Thaddeus était persuadé que tout avait été calculé dans les moindres détails. Si le père de Sarah refusait, les langues de vipères, jalouses et perfides, se délieraient. On parlerait d'Alexender, on dirait certainement de la jeune héritière qu'elle avait été déflorée... Ce serait la honte et le déshonneur pour cette famille.

Le prêtre jeta un coup d'oeil du côté de Milte & Co. Il priait maintenant pour que l'incendie démarre le plus vite possible.


********************

A l'intérieur de ce même bâtiment, Eualia était adossée contre un mur. Elle s'était ingénieusement infiltrée, se jouant des gardes mobilisés sur les toits.
Elle avait peur pour Raphaël. Si les vampires venaient à le repérer, il aurait certainement du fil à retordre. Elle se devait d'être là pour l'épauler et le soigner en cas de besoin. C'était son rôle en tant que coéquipière et amante.

Il ne tarda pas à la repérer. Elle se tourna, entendant des pas sur le plancher vermoulu. La silhouette masquée et encapuchonnée du jeune homme se dirigea vers elle, épée dégainée. Elle ne voyait pas le haut de son visage mais rien que l'expression de sa bouche lui laissait entendre qu'il était loin d'être content.

Elle se redressa et lui fit face, mais, avant qu'elle n'ait pu protester, il la saisit par le bras et la secoua, lui rappelant que le danger était imminent. Elle ne chercha pas à se dégager mais plongea ses yeux bleu-vert dans les siens, de l'azur le plus pur.


- Je le sais ! C'est pour ça que je suis venue figure-toi !

Il la lâcha et fit les cent pas. Elle lui causait tant de souci... La jeune femme baissa les yeux et fixa le plancher un bref instant. Puis, quand elle eut trouvé la force de faire face à celui qu'elle aimait, elle releva la tête, faisant voler les boucles qui s'étaient échappées de son catogan.
Il la disputa à nouveau après avoir enlevé son masque. Au fond, il n'avait pas tort, elle avait agi de façon inconsidérée et terriblement égoïste mais elle ne pouvait plus revenir en arrière. Elle croisa les bras et ne dévia pas le regard.


- Je le sais, merci bien ! Crois-tu que je ne pense pas à eux ? C'est vraiment comme ça que tu me vois ? Tant que l'incendie n'a pas été déclaré, il n'y aura pas de confrontation entre le Comte et les autres. Contrairement à toi, qui es dehors, à la merci des gardes. Si jamais il y a un contretemps, quelqu'un doit prendre le relais!

C'était vrai, au fond. Si le feu n'était pas allumé en temps et en heure, les combats en seraient encore plus compromis. Et comment Raphaël pouvait allumer un feu s'il était en train de se battre ?
Elle savait qu'elle risquait sa vie, elle avait mesuré les risques. Mais elle ne pouvait pas faire autrement que de les accompagner. Il lui demanda de rentrer. Elle hocha négativement la tête.


- Comment peux-tu me demander ça... Si les rôles avaient été inversés, si je t'avais demandé de te sauver sans te soucier de mon sort... L'aurais-tu fait ? Raphaël... Je t'aime. Et c'est pour ça que je refuse de te laisser affronter tout seul les vampires qui rôdent autour de ce lieu.

Elle savait qu'elle le mettait dans une situation délicate mais il devait lui faire confiance ! Elle savait se battre...
Le Vampire tourna encore en rond puis il la prit contre lui. Elle frémit au contact de sa peau glacée et posa sa tête sur son épaule. Le sentir si proche lui donnait la force d'avancer. Elle se battrait avec lui, quoi qu'il puisse advenir.

Il lui enjoignit d'être prudente. Bien sûr qu'elle le serait ! Elle n'avait pas l'intention de mourir ce soir.


- Je te le promets... Tu n'auras pas à te soucier de moi. Je sais me défendre...

Son regard croisa le sien. Il lui parla à nouveau du danger que représentait sa présence dans ce hangar.

- Je le sais Raphaël... Et je suis préparée à les recevoir.

Il posa ses affaires dans un coin et lui ôta doucement ses lunettes. Elle pouvait toujours le voir, bien que ce soit d'une manière plus floue et imprécise. Elle caressa la joue froide de l'homme qui faisait battre son cœur. Ils s'embrassèrent longuement, tendrement. Leur étreinte avait quelque chose de douloureux, comme si c'était la dernière avant un long, très long moment.

Sa vue lui fut rendue et elle cligna plusieurs fois des yeux, pour s'habituer au changement de vision. Il la complimenta, ce qui la fit imperceptiblement rougir. Elle n'avait jamais supporté le fait de devoir porter des lunettes. Les moqueries des uns et des autres à ce sujet lui avaient fait beaucoup de peine...
Mais aujourd'hui, face à cet ange sorti du plus profond des abysses, elle se sentait belle.


- Merci... Elle marqua une pause puis releva la tête. Lorsque tout ceci sera terminé... J'aimerais que... Ehm...

Elle n'eut pas le temps d'aller au bout de sa pensée. Une silhouette apparut dans l'ombre... Suivie de deux autres d'à peu près la même taille et le même gabarit. Eulalia recula et dégaina sa rapière, les sourcils froncés.
- On dirait bien que nous avons de la visite...

Les vampires sortirent de l'ombre, menaçants, prêts à déchiqueter les deux importuns qui venaient perturber la pièce de leur maître. Celui qui semblait avoir le plus d'autorité s'avança, défiant Raphaël du regard.

- Alors ce qu'on disait était vrai... C'est toi le minable petit vampire qui s'allie aux hunters et fricote avec les humaines ? Tsss... Regardez-moi ça... C'est tout jeune et ça croit pouvoir venir à bout du Maître...

Il tourna autour des deux jeunes gens, goguenard, visiblement fier de son coup. Il s'arrêta près d'Eulalia et, d'un mouvement rapide, s'approcha d'elle, la respirant, prêt à laisser ses mains se balader.

- Mais c'est qu'elle est pas si mal que ça en plus la petite humaine... Tu sais quoi ? Je crois que je vais d'abord m'occuper de ta catin... Il passa sa langue sur ses lèvres avec un sourire félin. Elle a l'air délicieuse... Dans tous les sens du terme...

Eulalia, qui avait fait semblant d'être totalement paralysée par la peur afin d'éviter d'éveiller l'attention du vampire, effectua un large mouvement du bras, lacérant son visage. Celui-ci recula en hurlant, le visage sanguinolent. Il cracha de fureur et repartit à l'assaut contre la jeune femme qui sauta sur le côté.

- Raphaël ! Charge-toi des deux autres, je m'occupe de celui-ci!

Et la jeune Huntress se jeta sur son agresseur. Il n'avait rien d'autre que sa force pour se défendre, sans doute trop fier pour emmener quelques armes en cas de lutte. Il lui était supérieur mais elle avait une meilleure allonge et esquivait plus lestement. Elle faillit plusieurs fois se retrouver acculée mais, à chaque fois, elle s'en sortait grâce à une parade savante ou un coup rapide dans les jambes.

Comprenant qu'elle ne pourrait l'avoir par sa simple maîtrise de la lame, elle sema son agresseur en s'enfuyant dans les étages supérieurs, tout en faisant attention à laisser une distance raisonnablement réduite entre eux. Au détour d'un couloir, elle se cacha et déboucha une fiole d'eau bénite. Il approchait, elle sentait son pas... Deux secondes plus tard, il lui faisait face. Sans hésiter, elle lui jeta le liquide au visage et profita du temps où il était paralysé par la douleur pour pouvoir lui couper la tête d'un coup net et précis.

Sans prendre le temps de souffler, elle redescendit pour s'enquérir de la situation de son amant. Elle était terriblement inquiète.


Dernière édition par Eulalia Grey le Dim 5 Mai - 18:17, édité 1 fois
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Raphaël Veneziano
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MessageSujet: Re: Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42] Mar 23 Oct - 18:38

Alors que la pièce de Jirômaru Keisuke venait d'être annoncée par la Reine-mère en personne, à l'intérieur de Milte & Co se tenaient Eulalia et Raphaël. Ce couple, tout juste formé dans les méandres de leur tristesse, mêlé de remords et d'un amour étrangement amorcé, avait pour devoir de mettre le feu à l'ancienne usine. L'incendie servirait de diversion, les Vampires s'y précipiteraient laissant la voix libre à Stan et Alexender, aidés de Thaddeus Grey, et les civils seraient évacués rapidement, ce qui éviterait les dommages collatéraux. Ce plan était bancal, car comment un si jeune couple pourrait retenir une masse de Vampires formés par le Comte?

Raphaël avait souhaité être seul pour accomplir cette tâche, car il était justement bien trop conscient de l'aspect suicidaire de la chose. Il n'avait d'ailleurs pas prévu d'en réchapper. C'était certes un Vampire, un être surnaturel doté de pouvoirs étonnants, d'une rapidité hors normes et de sens sur-développés, mais il était très jeune pour un Vampire, il n'avait été mordu qu'une trentaines d'années auparavant et il faisait donc piètre figure à côté des autres membres de sa race maudite. Ce qui le sauvait dans ses chasses, c'était l'effet de surprise provoqué par sa nature ainsi que sa force de frappe à l'épée. Ses pouvoirs l'aidaient beaucoup également cependant ils le rongeaient un peu plus à chaque utilisation. Sa dégénérescence précoce le lançait dans des excès de fureur incontrôlables, ce qui le rendait dangereux pour ses ennemis, c'était certain, mais c'était aussi ce qui lui faisait faire de nombreuses erreurs en combat. Raphaël était ainsi plein de ressources mais également criblé de faiblesses. Cette entreprise ne signalait que sa fin. De toute manière, sa relation avec Eulalia ne devait pas aboutir, autant mourir avant de la blesser d'avantage...

Ainsi pensait-il jusqu'à présent, en arrivant dans le bâtiment. Mais Lally l'avait rejoint et il semblait bien que plus rien ne pourrait le séparer d'elle. La colère qui avait envahi Raphaël à son arrivée s'était atténuée au fur et à mesure que la belle chasseuse argumentait pour justifier sa présence. Elle l'aimait, elle voulait rester avec lui, elle serait la relève pour assurer l'incendie s'il échouait, elle serait son alliée pour lutter contre les Vampires attirés dans la bâtisse...Que pouvait-il répondre à tout cela? La jeune Humaine avait raison. Pour l'heure, Raphaël craignait d'assister à sa perte. Il avait peur de devoir la protéger et de voir ainsi ses forces s'amoindrir, mais surtout il avait peur de la voir mourir. Il avait le pouvoir de la préserver du Mal, mais pour combien de temps? Cette situation était de loin la pire qu'il avait rencontré jusqu'à présent. Le Comte était le Vampire le plus puissant qu'il n’avait jamais affronté. Pour le vaincre, pour anéantir ses disciples et lui porter un coup fatal, il fallait que chaque Hunter donne le maximum de lui-même. Mais comment accepter de redevenir le meurtrier qu'il était quelques années auparavant, lorsque ses chasses étaient bien plus sanglantes qu'aujourd'hui, alors qu'il y avait désormais le regard de Lally posé sur lui? En sa présence, saurait-il accepter de dévoiler son vrai visage?

La chasseuse s'était ainsi défendue en augmentant le ton. Elle s'était énervée, elle l'avait réprimandé comme un enfant et, lentement, leurs mots s'étaient adoucis. Tous deux finirent en effet par laisser leur colère s'apaiser dans un baiser.
Tenant la belle dans ses bras, prolongeant ce contact apaisant, Raphaël songea au fossé qui les séparerait toujours. C'était un immortel, un monstre à visage humain...Il avait des fautes à expier...Il avait prévu de périr ce soir...Ce baiser pris donc un goût amer, celui du deuil, celui des adieux. Lally le ressentit, cela se lu dans son regard.

Cependant, Raphaël lui sourit pour éviter ce sujet auquel tous deux pensaient clairement.


- Tu as raison...tu as...raison...Fit-il dans un murmure en lui tenant le visage dans ses mains. Son regard c'était fait doux et tendre, il avait l'air triste, le regard presque embué de larmes. Que serais-je sans toi...?

Oui...Et si les rôles avaient été inversés? Jamais, Dieu, jamais il ne l'aurait laissée seule dans ce bâtiment! La réaction de Lally était mêlée d'amour et de raison. Laisser l'autre risquer sa vie seul alors que l'amour commençait à régir son coeur, était évidement une chose inacceptable. De même, accepter que son amant soit chargé d'une pareille mission seul était insensé. Il pouvait échouer, alors qu'à deux, l'incendie avait réellement une chance d'être déclaré. Elle avait raison. Son attitude était complètement logique, dangereuse mais tout à fait compréhensible.

- ...jamais je ne t'aurais laissée...moi non plus...

Ses deux mains se posèrent sur les épaules de la chasseuse. Il l'embrassa à nouveau et la serra contre lui. Comment allait-il la protéger? La peur le prenait.
Mais alors Eulalia commença à le rassurer et la jeune femme allait lui demander quelque chose lorsqu'une impression désagréable stoppa net Raphaël dans ses réflexions. Il sentit son amante se raidir dans ses bras. Ce qu'il avait senti, elle, elle l'avait vu: trois Vampires sortaient de l'ombre. A cause de leur dispute et de leur baiser, Raphaël n'avait pas pris garde aux auras qui s'étaient dirigées vers eux. Première erreur due à l'amour.

Eulalia dégaina sa rapière. D'un geste rapide, Raphaël saisit son épée qui était contre le mur près de lui. Son masque tomba au sol. Le Hunter ne jeta même pas un regard à l'objet. Il se retourna et passa immédiatement devant la jeune femme dans un geste défensif. Raphaël voulait rester devant dans un réflexe inhérent à sa condition d'homme et d'amant. L'épée en travers, il dévisagea les trois Vampires qui s'avançaient maintenant vers eux. Il serra les dents de rage.

Le plus intrépide des Vampires s'avança, comme pour se détacher des deux autres par son autorité, ou du moins par sa force. Son air narquois marquait d'un sourire mesquin sa face blanche. Il vint provoquer Raphaël. Riant, il mit en avant sa traîtrise, cracha sur sa jeunesse et se moqua tout bonnement de sa liaison avec Eulalia. A ses mots goguenards, le Hunter montra les crocs d'un air sauvage.


- La ferme ! Rugit-il d'un ton brutal.

Les dents serrées, le Hunter se campa sur ses pieds prêt à attaquer. Mais ce nouvel adversaire était fort et confiant. En un éclair, il se retrouva près d'Eulalia. Il avait été trop rapide pour l'oeil humain mais aussi pour Raphaël qui n'eut pas le temps de réagir. Le temps qu'il ne se retourne, le Vampire avait déjà atteint la jeune femme, posant ses mains sur elle, laissant son nez se promener contre ses cheveux et sa gorge. Raphaël lui fit face, laissant dans son dos les deux autres Vampires. Ses yeux d'azur brillèrent d'une lueur meurtrière. Il était au sommet de sa rage.
Qui insultait-il de catin ? Croyait-il donc que sa jeunesse en faisait un faible qui ne saurait pas la défendre ? Qu'il vienne donc ! Il se moquait de lui et menaçait Eulalia ? Quelle imprudence ! Il était condamné ! De par sa race, sa présence, ses mots, son regard...il était déjà mort. La haine revenait hanter chaque pores de la peau du Hunter. Raphaël n'allait pas se retenir, pas ce soir, il ne pouvait pas se le permettre, quand bien même Eulalia devait-elle découvrir chez lui ses penchants sanglants.


- Tu oses poser les mains sur elle...grogna-t-il en s'avançant.

Mais Eulalia n'était pas sans défense. D'elle-même, elle réussit à se dégager soudainement de l'étreinte ennemie en assénant un coup au visage de l'arrogant Vampire. Le premier sang était versé, la suite devait s'accélérer. La Huntress enchaîna, criant à Raphaël qu'elle se chargeait de celui-ci et qu'elle lui laissait les deux autres. Le temps d'ouvrir la bouche, Eulalia était déjà aux prises avec son adversaire tandis que les complices de ce dernier se jetaient sur lui dans son dos.
Raphaël pivota sur lui-même et brandit son épée. Dans un ample mouvement, il brisa l'élan des deux Vampires. L'un d'eux, celui qui s'était le plus avancé, poussa un hurlement de douleur et resta étendu à terre, agonisant, le ventre ouvert par la lame d'argent. La régénération ne pouvait se faire, de la fumée s'échappait de ses entrailles en charpies. Son acolyte avait esquivé de peu le coup en se jetant sur le côté. Les deux Vampires avaient sous-estimé les réflexes de Raphaël. Ils avaient pensé que l'action de leur compagnon, et puisqu'elle avait touché l'humaine à laquelle le Vampire semblait attaché, avait permis de le déstabiliser assez pour l'attaquer aussi primitivement. Mais le Hunter n'en était pas à sa première chasse et comme Eulalia s'était échappée en courant pour se battre plus loin, il avait capté leur mouvement dans son dos. Son épée d'argent brillait dans l'ombre. Le reflet de la lame luisait dans ses yeux. Il serait sans pitié.

Sans laisser au survivant le temps d'intervenir Raphaël poussa un cri de rage et se jeta en avant pour asséner un violent coup de pied au Vampire à terre avant de le retourner d'un nouveau coup afin de lui enfoncer son épée dans le cœur d'un geste vif et sec. Raphaël lui jeta un regard noir tandis qu'il tournait son arme dans ses chairs, l'achevant dans une expression de froide colère. Le Vampire hurla, ramenant vainement ses mains autour de la lame d'argent. Une partie de son corps s'effondra dans un souffle poussiéreux, le reste bouillonna un instant avant de se taire.

Mais déjà Raphaël ne s'en souciait plus. Ignorant même son second adversaire qui s'était éloigné dans l'ombre, il resta figé, l'épée plantée dans ce corps maintenant décharné. Il cherchait Eulalia du regard. Elle avait disparu dans les étages. Son inquiétude grandit lorsqu'il entendit le hurlement de douleur du Vampire auquel elle venait de jeter de l'eau bénite. Alors qu'il amorçait le pas pour la rejoindre, le second Vampire surgit de l'ombre d'un poteau et se jeta sur lui. Il n'avait pas d'arme, comme les deux autres, et c'est donc crocs et griffes en avant qu'il arriva sur le Hunter. Raphaël esquiva l'attaque en s'écartant soudainement de la trajectoire de son assaillant et pivota pour frapper. Mais le Vampire fit preuve d'une souplesse inattendue et, passant sous la lame, il entra dans l'ouverture créée par le Hunter. D'un coup de griffe, il effleura son torse, déchirant légèrement sa chemise noire. Raphaël recula d'un pas et s'esquiva sur le côté pour remonter sa lame vers la face du Vampire. Ce dernier l'évita à nouveau de justesse dans un rire rauque avant de se jeter en avant alors que le Hunter avait les bras levés. Cette grande ouverture, éminemment dangereuse, aurait pu coûter la vie à Raphaël s'il n'avait pas eu un réflexe des plus surprenants. Alors que le Vampire arrivait à son contact, il lui enfonça un pied dans la figure, levant la jambe si haut qu'il se pencha en arrière pour exécuter son geste. Ce magistral mouvement laissa sur la face du Vampire la marque des bottes de Raphaël qui, pour retrouver son équilibre, recula de quelques pas avant de ramener devant lui son épée pour se remettre en garde.

Le Vampire faillit basculer en arrière mais il revint vers le Hunter, tenant son nez sanguinolent.


- Enfoiré ! Grogna-t-il avec rage. Tu crois que la chance va te sauver à chaque coup ?! Tu n'es pas à la hauteur!

Sur ces mots, il revint à l'attaque. Raphaël l'attendit sans bouger. Analysant son arrivée, il se mit en garde et attendit qu'il soit à sa portée. Le Vampire se rua sur lui, penché en avant, prêt à bondir. Alors Raphaël lui jeta un regard terrible qui le stoppa net. Le Vampire dérapa, atterrit aux pieds du Hunter et, paralysé de tout ses membres, il se mit à trembler.

- Que...que...qu'est-ce que tu...

Raphaël le regarda de haut et lui sourit. Ses yeux étaient désormais d'un bleu électrique très vif et brillant. Il se pencha en avant, attrapa le Vampire par le col et lui montra ses crocs.

- Vois-tu...sale prétentieux...un jeune Vampire comme moi, inexpérimenté, attaché aux Humains, si faible et si misérable face à ton maître...peut cacher des pouvoirs à vous faire frémir...

Le Vampire ne bougeait plus, il ne faisait que trembler et bégayer.

- Je...tu...en..enfoiré...

Raphaël planta ses crocs dans la gorge du Vampire d'un geste brutal. Ce dernier poussa un cri de pure frayeur. Le Hunter bu quelques gorgées de sang et, d'un coup, dans un mouvement des plus bestial, il lui arracha la gorge. Le Vampire eu à peine le temps de hurler sa douleur qu'il était à terre, raide mort.
Le menton goutant de sang, Raphaël cracha sur son cadavre et lui donna un inutile coup de pied supplémentaire.


- Crève en enfer!

Rangeant son épée dans son fourreau, le Vampire s'éloigna de la dépouille pour revenir vers le centre de la pièce. Eulalia se tenait dans l'encadrement des escaliers menant vers l'étage. Raphaël lui jeta un regard brillant.

- Tu n'es pas blessée, Dieu soit loué!

Essuyant son menton d'un revers de gant, Raphaël montra à la jeune femme l'amas de bois qu'il avait placé sous une poutre.

- Enflammons ça! Nous allons être en retard.

Sans attendre, il alla s'accroupir près des planches et craqua quelques allumettes. Pour amorcer le feu, il déchira des lambeaux de tissus qu'il prit sur les cadavres de leurs adversaires. Bientôt, la fumée monta jusqu'au plafond. Le feu démarrait lentement.
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MessageSujet: Re: Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42] Ven 26 Oct - 14:45

Figé devant son pupitre, Wynn attendait sagement un signe pour commencer. La rumeur des conversations derrière lui ne l'atteignait même pas, et il toisait l'orchestre d'un regard étrangement vide. La situation ne lui plaisait guère. Trop d'incertitudes demeuraient, et il était incapable de savoir contre qui il aurait à se battre. S'il avait à se battre, d'ailleurs. La soirée se déroulerait-elle sans encombre? Ou bien les hunters choisiraient-ils ce moment pour entrer en scène à leur tour? La deuxième hypothèse lui semblait bien plus réaliste et pourtant tellement invraisemblable! Assassin depuis deux siècles, il était habitué à évoluer dans l'ombre et seul, à toujours arracher la vie avant même que sa victime n'en ait conscience... Agir ainsi sous les yeux de l'élite de l'aristocratie britannique, la reine qui plus est, était le comble du ridicule, à ses yeux. Seraient-ils seulement assez nombreux pour anéantir les alliés du Comte? En soit, s'ils venaient, leur but était honorable. Mais Ô combien suicidaire.

Wynn se rasséréna brutalement, tapotant doucement le pupitre de sa baguette pour captiver l'attention de l'orchestre. Les hautboïstes firent chanter leurs instruments, suivis des autres bois puis du reste de l'orchestre, et tous s'accordèrent jusqu'à ne former plus qu'une seule et même note. Ainsi, ils étaient prêt, l'ouverture pouvait être lancée.
Mais tous les spectateurs n'étaient pas encore installés, et le brouhaha grandissait de minute en minute. Cette ruche infatigable était composée d'une multitude d'êtres captivés par l'intérêt et les ragots, et certains prenaient même le temps de se raconter leur journée entre deux courbettes. Wynn poussa un soupir de lassitude, accordant un bref sourire à une violoniste qui semblait avoir eu la même réaction que lui.

Le vampire releva brusquement la tête vers le rideau qui masquait la scène. Un bref instant, il avait sentit une aura puissante se déployer, avant de s'éteindre tout aussi vivement. Un autre vampire entrait en scène, et sa manière de dire bonjour fit sourire le violoncelliste. Encore un original... Ou une peut-être. Plusieurs minutes s'écoulèrent à nouveau, et enfin, le signe fut donné à l'orchestre.
Wynn leva doucement les mains, concentré sur sa partition et sur les musiciens. Lentement, presque timidement, la mélodie s'éleva dans la fosse et la quitta pour aller englober toute l'assistance. Le timbre diffus d'une clarinette vint se joindre à la mélancolie d'un violon, les basses s'ajoutèrent à leur tour, et alors que les discussions se raréfiaient dans la salle, la musique prenait de l'ampleur. Une incommensurable masse sonore vint poser les fondations de la pièce, les thèmes s'enchainant tour à tour pour caractériser chacun des personnages. Une explosion de grandeur vint marquer le klimax de l'ouverture, avant que l'orchestre ne soit emporté dans un souffle, retrouvant peu à peu le calme du début. Enfin, les dernières notes de l'ouverture vinrent se poser avec la douceur d'une plume et moururent pour laisser place à un silence religieux.

Toujours aussi stoïque, Wynn hocha la tête pour remercier l'orchestre et quitta son estrade pour présenter l'orchestre à la foule et laisser le metteur en scène prendre la parole. Celui-ci fit face à son public et invita la reine à prendre la parole pour lancer la pièce. Déjà, Wynn s'apprêtait à rejoindre son pupitre pour poursuivre, mais le Comte se remit à parler, le figeant dans son mouvement. Le violoncelliste resta à sa place, attentif. Il haussa un sourcil, dubitatif. Pour un vampire mystérieux, il trouvait le Comte bien bavard, en ce début de soirée... Un bref sourire s'étira sur les lèvres du vampire tandis que l'assemblée riait des sous entendus de l'aristocrate. Il ne devait pas avoir peur des «qu'en dira-t-on», pour se mettre ainsi en scène!
Et pourtant, plus il parlait, plus Wynn voyait où il voulait en venir. Le Comte lui avait fait part de son plan, de ce qu'il souhaitait accomplit ce soir là, mais le violoncelliste était loin d'imaginer que le vieux vampire choisirait un tel procédé.
Les sourcils froncés, Wynn notait chaque allusion, et même si le Comte semblait sûr de lui, il avait du mal à l'imaginer veuf... Tout bien réfléchit, il avait du mal à imaginer beaucoup de choses le concernant. Il le connaissait trop peu, après tout.

Puis monsieur Spencer fut invité à se lever. Tournant son regard d'ébène vers le public, Wynn le repéra, ainsi que sa femme et sa fille. Ainsi donc c'était elle, la jeune femme qu'il devrait protéger si les hunter intervenaient? Wynn devait reconnaître que le Comte avait bon goût. Elle avait un visage des plus agréables à regarder, un teint de peau qui se mariait parfaitement à ses belles boucles brunes, et un regard envoutant. C'était une très jolie femme, mais le regard qu'elle semblait porter vers la scène avait tout sauf l'air fasciné ou envouté. Avec la distance, le violoncelliste avait du mal à voir, peut-être se trompait-il, après tout.

Alors qu'il regardait toujours l'assistance, Wynn tourna brusquement la tête vers le Comte quand celui-ci fit part de son souhait à monsieur Spencer. L'air sincèrement étonné, le vampire restait totalement interdit. Il s'était attendu à bien des demandes de la part de l'aristocrate, mais celle-ci ne lui avait même pas traversé l'esprit. On lui avait tant répété que chez les nobles la discrétion primait qu'il n'avait pas envisagé une telle possibilité.
Et Wynn devait reconnaître que cette façon de procédé avait quelque chose de radical. Le pauvre homme ne pourrait décemment pas refuser une telle demande, quand bien même il l'aurait souhaité. Le Comte avait toutes les cartes en main, et même si le violoncelliste ne le portait guère dans son coeur, il ne pouvait que saluer son efficacité.

Les murmures dans l'assistance de muèrent en un nouveau brouhaha de conversations diverses et variées, jusqu'à ce le Comte reprennent pour présenter les différents protagonistes de sa pièce. La tension qui régnait dans la salle était presque palpable, et Wynn fut étonné de ne pas voir plus de vives réactions.
Finalement, il reporta son attention sur ce qui se passait sur scène. Tous les acteurs étaient en place, ils pouvaient maintenant commencer. L'assassin regagna son pupitre sans un mot et laissa la pièce défiler sous ses yeux, suivant le conducteur du regard. Maintenant, il n'avait plus qu'à attendre la prochaine intervention de l'orchestre.

Intervention qu'il aurait pu attendre longtemps si un élément n'était pas venu le perturber. Sensible au feu et relativement pyromane de son état, Wynn avait la capacité de créer des flammes avec la plupart des sources de chaleur. Ainsi, il sentait la chaleur de chacune des bougies qui éclairaient le grand théâtre. Mais une sensation nouvelle venait de lui pincer l'échine, une chaleur autrement plus grande que la flammèche vacillante d'une chandelle.
Seulement, Wynn ne maitrisait pas totalement ce pouvoir, et ses sensations étaient encore trop diffuses. Il était incapable de situer avec précision l'endroit où se situaient ces flammes, mais elles ne devaient pas être loin, pour qu'il les sente à ce point. Qu'est ce qui pouvait avoir déclenché ce feu? Il l'ignorait, mais cette situation ne lui plaisait pas du tout. Il était trop tard pour faire quoi que ce soit. Wynn n'était pas dupe, il connaissait les limites de son hypersensibilité: Pour qu'il les sente à ce point, les flammes devaient être déjà trop importantes.
Une grimace se dessina sur son visage alors qu'il tournait brièvement la tête vers les loges, cherchant le Comte du regard.


*Si je puis me permettre, ça sent le roussi... Et pas qu'au sens figuré...*

Tournant à nouveau la tête vers la scène, le violoncelliste se laissa à nouveau emporter par la pièce. Les choses sérieuses n'allaient pas tarder à commencer, il en avait l'étrange sentiment.


Dernière édition par Wynn Leichenhalle le Sam 17 Nov - 15:49, édité 1 fois
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Alexender Von Ravellow
Hunter - "Criminel" en fuite
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MessageSujet: Re: Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42] Dim 28 Oct - 17:14

Alexender frissonnait.
Depuis que Raphaël et Eulalia étaient partis en direction de Milte and Co, il s'était tenu avec Stan dans une sombre ruelle non loin du théâtre. Attentif, capuche baissée et masque porté, le Hunter ramena sur lui les pans de sa cape noire. La pluie tombait de plus en plus fort. Le tissu de ses vêtements s'alourdissait peu à peu malgré l'ouvrage d'Eulalia. L'eau glissait entre les pavés, ruisselant le long de ses bottes noires comme pour lécher leur semelle. Alexender était transit malgré la tension qui raidissait ses muscles et faisait battre son cœur. Le froid commençait à s'emparer de ses membres. Il espérait avec force que le couple réussisse à allumer le feu destiné à servir d'excuse à l'évacuation et également d'appât pour la plupart des gardiens à longues dents qui se dressaient entre eux et le théâtre. L'humidité n'allait pas les aider. La race de Raphaël non plus...
Au fond de lui, le Hunter aux cheveux de feu avait quelques difficultés à accepter l'idée que le Vampire puisse encore les aider. Savoir qu'Eulalia était seule avec lui commençait à torturer sa conscience. Et s'il les trahissait vraiment ? Et s'il s'emparait d'Eulalia avec la complicité des sbires du Comte ? Tout était possible. Leur mission était dangereuse, leur plan bancal...Alexender priait pour que ses craintes restent infondées.

Et Sarah qui était à l'intérieur de l'édifice...
Tant d'éléments le stressait maintenant...

Déjà, la musique et les clameurs à l'intérieur du théâtre parvenaient à leurs oreilles. La rue principale s'était vidée peu à peu et la pièce avait commencé. Devant l'édifice se tenaient des hommes de Scotland Yard à n'en pas douter. Ils étaient habillés en gentlemen et restaient près des gardes royaux. Sur les toits, des ombres se cachaient dans les niches à leur disposition. Tout grouillait silencieusement, laissant un semblant d'immobilité et de tranquillité dans l'air en réalité lourd de menace.
Alexender prenait garde de rester dans l'ombre, derrière des caisses et des poubelles qui s'offraient à lui pour se dissimuler. Il était à quelques rues du théâtre mais il avait une vue imprenable sur les immenses marches d'entrée qui menaient jusqu'aux portes de l'édifice. Il fallait attendre que le feu ne soit déclaré et que la foule commence à sortir pour pouvoir entrer en toute discrétion. Il fallait profiter du chaos que provoqueraient Raphaël et Eulalia pour atteindre le Comte et sa troupe.
Thaddeus Grey attendait lui aussi le moment de diriger la foule.
Sarah devait être prête à réagir pour qu'ils puissent cerner le Comte.

Mais si les Hunter avaient prévu d'assaillir la scène, Stan et lui-même en passant par les coulisses, Sarah et Monsieur Grey en arrivant du public, ils n'avaient pas prévu que le Comte ne fasse pas partie de sa propre pièce. En effet, ils ignoraient tous qu'il allait se tenir en réalité sur le balcon face à la reine, dominant la salle entière. Leur plan avait oublié cette éventualité lugubre. Seuls Thaddeus et Sarah pouvaient maintenant remarquer son absence sur les planches. Alexender, lui, imaginait sans cesse son arrivée triomphale devant le Vampire costumé, en sautant au milieu de la scène. Oui, il était prêt à se jeter sur le Comte en plein milieu de sa dernière tirade ! Quel doux rêve ! Alexender avait certainement lu trop de roman de cape et d'épée. Il oubliait qu'un pareil plan ne pouvait pas se dérouler sans embûche avec autant de conditions invérifiables.

Alors qu'il songeait encore à la façon dont il allait achever le Vampire, un mouvement sur le toit en face de la ruelle où il était caché avec Stan le fit sortir de ses pensées. Il leva la tête, se tassa un peu sur lui-même pour rester le moins visible possible et attendit, la main sur le manche de son katana. Nul doute que c'était un Vampire qui rôdait là-bas. S'il regardait dans leur direction, malgré la pluie, il pourrait certainement les apercevoir d'où il était.
Fort heureusement le Vampire s'éloigna bientôt sans les avoir aperçus.


- Nous ferions bien de nous séparer...grogna le Hunter en se redressant.

Bientôt, Alexender laissa Stan partir sur la gauche du théâtre tandis que lui-même partait sur la droite de l'édifice. Ainsi, même s'ils avaient en soit deux fois plus de chance de se faire repérer, au moins l'un d'entre eux arriverait sans doute à entrer dans l'édifice. Le but était bien entendu le Comte : il fallait le tuer sans sommation, à vue, le plus rapidement possible. Alexender commençait à se focaliser sur lui.

Arrivé dans une ruelle étroite, le Hunter, à présent seul, jeta un nouveau coup d'oeil à l'entrée du théâtre. Les gardiens se tenaient droits, les mains dans le dos, sans se soucier de la pluie. C'était des hommes expérimentés, habitués à ce genre de cas. La reine n'était pas n'importe quelle personne, c'était aussi un symbole et la protéger était leur principale mission. Alexender priait pour que leur diversion soit assez efficace pour leur éviter la confrontation avec ce genre de type. Non seulement ils étaient fort et il craignait d'être reconnu malgré son masque et sa cape, mais en plus il ne vouait en aucun cas faire d'innocente victime.

Patient, enroulé dans sa cape, Alexender attendit le signal qui ne devait plus tarder. Il ignorait que Raphaël et Eulalia avaient déjà été aux prises avec des Vampires et que ce qui les attendait allait être encore pire que tout ce qu'ils avaient imaginé. Il ignorait également que le feu venait de démarrer et que son intervention allait être réclamée plus rapidement que prévu.

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Fiora Hagane
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MessageSujet: Re: Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42] Lun 29 Oct - 19:23

L'air plutôt chaud des loges fit frémir Fiora, la jeune Française à la peau bien pâle apprécié beaucoup la chaleur, la chaleur humide des bains, sèches des nuits d'été. Elle observait le Comte avec un œil amusé, le savoir soumis à la Reine la rendait euphorique, mais dans le fond elle trouvée cette euphorie idiote, puisqu'un jour elle aura le Comte à ses pieds, cependant... la route reste longue et il faudra s'entraîner encore et encore sans jamais s'arrêter.

Dans ses gestes qui ne pouvaient venir que d'elle, pleins d'orgueil et fierté elle écouta le Comte lui répondre, elle vit son demi-sourire concernant son stratagème, le sourire faux, plein d'hypocrisie, elle détestée ça elle était bien trop franche, c'est pour cette raison que parfois, elle n'avait pas vraiment sa place dans les salons mondains des grands quartiers chics.

Mais elle rit de bon cœur à ses plaisanteries qui étaient bien drôles pensa-t-elle, elle ne répondait que par un sourire aimable et où l'une de ses canines se découvrait, parfaitement blanche, le vampire avait mis du temps à parfaire sa denture pour ce soir.

En écoutant le commentaire du Comte sur Raphaël elle sourire à en dévoiler toutes ses dents blanches ivoire.


-Eh bien... s'il est à moi je vous interdis de me le piquer, une proie qu'on m'offre, on ne me la reprends pas... Elle laissa un sourire charmeur plein de douce insolence. Mais ne soyez pas étonné de voir ma robe se déchirer... ce n'est qu'une réplique de l'original sous laquelle je garde ma tenue de combat. La dentelle est trop pénible à porter pour quelque combat vous savez... Quant au maris...un jour peu être... même si votre femme du soir, celle de votre prochaine vie, sera Mademoiselle Spencer.

Elle laissa ensuite le Comte qui lui demanda de regagner sa place, elle le fit, non pour lui obéir, mais car elle avait envie de s'affaler dans les confortables sièges du théâtre.

Dans le chemin du retour elle fit plus attention aux fresques, décorations qui étaient très détaillées, le Comte avait un esprit perfectionniste, mais ça, Fiora le savait déjà depuis leur première rencontre. Alors qu'elle marcha, elle adressa un message à l'égard de tout le protectorat, sauf Gérome qui était un lycan, mais elle avait prévu le coup.


*Bien. Tous les spectateurs semblent être installés dans leurs sièges. Je vous demande tous et toutes, se cherche une tête de vampire, une tête coiffée au carré et de couleur blanche. Le visage doit être jeune puisque nous avons affaire ici à un vampire mes enfants.*

Tous les vampires reçurent l'instruction, et ils acquiescèrent quasiment en même temps. Une fois revenue à sa place, Fiora garda le silence et observa les spectateurs en souriant.

*Quand vais-je te croquer... jeune vampire...* Pensa-t-elle en parlant de Raphaël.

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Chez Rachd



Du côté du vampire africain, qui avait reçu le message et qui n'avait rien dit, le seul à n'avoir pas répondu car il n'était pas au théâtre. Il était assis, serein, observant les poupées, douces créatures qui allaient certainement mourir ce soir-là... Rachd était triste à cette idée, mais bon, les animaux ne sont pas des humains.

Il se leva rapidement, disant à l'homme qu'il revenait, il avait du matériel à ramener. Sortant de la maison, le vampire entendit du bruit venant Milte & Co, mais il n'y prête pas attention. Des chats pensa-t-il, car c'était une usine désertée sans intérêt particulier. Où bien peu être le rendez-vous de quelques gens malhonnêtes, mais qui ne représentaient aucun danger. Rachd se dirigea vers l'armurerie de James, pour chercher l'équipement de ses poupées, achetées le soir de la visite du Comte dans le repaire tu Protectorat.

L’allée retour fut rapide, mais les mallettes étaient lourdes et le retour plus lent même sur les toits de la ville endormie. Il ne s'était écoulé que dix minutes mais en rentrant à nouveau dans l'habitation il entendit encore un peu plus de bruit, et quatre auras, quoi que faible sauf un qui était incontrôlée et déployée.


*Ce n'est pas bon signe ça, les sbires du Comte sont sur les toits, ils devraient contrôler le flux sur les toits, empêché tous vampires de passer. Ce pourrait-il qu'il y est un ou des intrus. Mieux vaut la prévenir. Mais quand j'aurais vérifié moi-même.*

Le vampire entra alors et posa ses mallettes au fond de la salle, il fit venir la lionne et ouvrit la mallette ou était rangé une armure pour la femme du roi des animaux, en argent, il fit donc appelle au vieil homme pour l'aider à installer l'attirail de l'animal.

L'animal était impressionnant, l'armure couvrait le dos, les flancs et les pattes de l'animal, l'avant pour les pattes avant et l'arrière pour celles à l'arrière. Sur l'armure dorsale étaient posés des pics d'argent, des petits tranchants sur les pattes. Une fois piqué, en plus des instructions du maître, même si un vampire esquive les attaques, s'il est touché par l'argent, il souffrir quand même. C'était une armure efficace mais basique, et puis des animaux sont plus faibles que des humains normaux.

Il fit venir le second animal, le lion majestueux et installa l'armure identique au détail que la crinière était couverte de piques en argent.


-Bien, gardez l'animal je vous prie, je vais vérifier certaines choses.

Sans demander son reste il prit la lionne avec lui et partit vers le Milte & Co en dissimulant son aura à l'état de néant. Et il prévint la Fiora, mais en plus de cela, il y avait une odeur de bois brûlé, que se passait-il enfin ici !

Il arriva à une embouchure du Milte & Co et et cacha dans un lieu assez grand pour lui et le lion, il ordonna à la bête de ne faire aucun bruit. Usant de son pouvoir des ombres car il avait été vampirisé par la française et elle lui avait appris les bases de ses pouvoirs, même s'il se servait des ombres comme boucliers pour lui et ses animaux.

Étant à présent parfaitement caché et avec un très bon point de vue, il voyait un vampire aux cheveux blancs assassiner deux autres vampires, des sbires du Comte, et une humaine revenir près de lui. À l'autre bout du bâtiment, un feu brûlait, prenant de l'ampleur, il fallait l’arrêter à tout prix !


*Fiora, c'est Rachd, et je m'adresse à tout le protectorat, je me situe au Milte & Co, bâtiment désert à côté du théâtre, je suis avec la lionne en armure. Je viens de repérer le dit Raphaël. Donne moi mes instructions Fiora, je demande de l'aide pour le tuer, car il y a une humaine, sûrement une huntress avec lui. Terminé.*

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Au théâtre

Alors que les autres membres du protectorat étaient confortablement assis. Tous purent assister au numéro du Comte après le message d'ouverture de la Reine. La belle Victoria avait pour son âge une voix forte est assurée, voilà qui fait plaisir à voir pour Fiora.

Le Comte, dans ses mimiques qui firent rire une bonne partie de l'assemblée, parla de sa vie, sa femme, sa défunte femme morte dans la maladie, Fiora pensa à Yuko, qui ressemblait beaucoup au Comte mais lui, il était mort abattu par un yakuza. Mais le vampire continua. Et sans surprise pour Fiora, le Comte demanda la main de Mademoiselle Spencer à Monsieur Spencer, et que cela cette déclaration dans ce lieu remplit de toute la mondanité de Londres et de ses alentours ne serait pas pour lui forcer la main.

Il est vrai que cette Sarah était de toute beauté, dans cette robe si particulière, riches et décorées mais sans excès, c'était bien rare à cette époque.

Ainsi le discours du Comte passa, ainsi que la présentation des acteurs, elle reconnut les Sept au milieu des acteurs qu'ils étaient beaux ainsi costumés. On présenta la pièce et elle débuta. Le théâtre, s'il n'y avait pas d'action, Fiora trouait cela fort ennuyeux.


La paix c'est la guerre.
La liberté c'est l'esclavage.
L'ignorance c'est la force.


Voilà ce qui passa par la tête de Fiora quand elle réfléchit à la société du Comte. Car il menait une guerre froide pour le maintien de paix. Il réduisait en esclavage nombre de ses sujets qui n'étaient pas ses sbires en leur laissant une fausse liberté. La seule force que ces esclaves avaient, était simplement leur ignorance quant à la force du Comte.

Alors que Fioa réfléchissait, Gérome se vit gratifié de la venue du Comte dans sa loge
.

-Mais comme vous voudrez Comte Keïsuke. Je me dois de jeter un coup d’œil dans la salle après tout. Fit-il en répondant à la phrase que le vampire lui avait adressée.

Il posa le fusil de précision sur le bord de la loge, et visa sans poser de doigt sur la gâchette et il observa chaque rang du théâtre, cherchant la tête blanche à laquelle il fallait couper la tête.

C'est à ce moment que Fiora et tous les autres vampires du protectorat reçurent le message de Rachd lui indiquant la venue de Raphaël au Milte & Co. La vampire poussa un cri de joie par pensée mais uniquement pour elle avant de reprendre avec sérieux.



*Très bien, je me déplace personnellement, s'il y a un feu à cet endroit, il menace le théâtre aussi, et il serait dommage de gâcher la pièce. Je pense que Sarah fait partie huntrers alliée avec Raphaël, s'il y a une autre huntress avec lui, c'est qu'ils sont au moins trois. Peu étre que certains sont dans le théâtre, mais peu importe. Je vais le faire goûter à ma lame l'enfoiré... Je préviens Gérome pour qu'il vienne. J'ai un plan et ils vont bien aimer. Elle fit une pause. Personne, je dis bien personne ne peut me défier sans mourir, sinon le Comte mais c'est une autre histoire.* Un sourire sadique illuminait les lèvres de Fiora qui regardait le Comte dans la brume de ses yeux.

Après un silence elle prit une de ses fleures de lys et la lança en toute discrétion à Gérôme qui le reçu devant la lunette de son fusil. Il savait ce que cela voulait dire. Chacun fleure de lys avait un message, celui-ci indiquait que Raphël était présent. Le lycan resta interdit et le regard qui se plongea dans ses yeux, celui de Fiora lui fit comprendre qu'il fallait sortir. Il posa le fusil de précision sur son siège et regarda le Comte.

-Je vous demande d'un prendre soin. Je dois prendre congé. Il sortit alors de la loge lorsque le Comte l'arrêta soudainement. Et Fiora commença à parler au Comte télépathiquement.

*Notre ami Raphaël est présent, au Milte & Co, allumant un feu qui pourrait être dangereux. Remerciez Rachd qui attend à l'extérieur du théâtre et qui a perçu les auras de vos sbires morts et celle de notre ennemi du soir. Je me déplace moi-même, pour l'affaiblir et lui faire quitter le théâtre. Une huntress est avec elle, je vais l'éloigner pour me battre en toute tranquillité. Envoyez quelques sbires bloquer les issues. Il ne faut pas qu'ils arrivent près du théâtre mais qu'ils s'en éloignent dans le pire des cas.*

Elle se leva et quitta la loge, confiant le rôle de meneur à Xavier au théâtre. Sans bruit elle sortit par les loges inventant une excuse féminine aux gardes masculins qui n'osèrent pas contester vue l'état de la pauvre aristocrate. Dans la rue elle fit mine durant quelques rues de faire la pauvre jeune femme en faiblesse qui se battait contre la douleur pour ne pas défaillir. Puis lorsqu'elle vu tranquille elle se mit à courir vers le Milte & Co à grande vitesse malgré les chaussures peu confortables du soir.

Arrivée près de l'édifice délabré. Fiora dégaina en silence son katana. L'objectif en soi n'était pas de tuer Raphaël, mais de le blesser, de le tester, et elle ne déchirerait pas sa tenue, ou alors une partie qui se démonte si elle le trouve trop enquiquinant.

Elle les repéra et elle sourit sadiquement, son aura parfaitement dissimulée. Voyant les cadavres au sol, et l'homme aux cheveux blancs sans égratignures elle fit le choix de déchirer sa robe. Mais après enfin.


*Rachd. Je t’envoie un signal quand tu surgis de l'ombre.* Fit-elle en étant très concentré sur sa cible.

D'un bon elle sauta du son perchoir pour atterrir à côté de Raphaël sans bruit et lui glissa en souriant.


-Alors c'est toi... le vampire... dont le Comte veut la peau...

Puis elle recula en arrière d'un bon pour faire face à ses deux adversaires du soir. Son katana dégainé, dont la lame était d'un noir ébène, un tranchant parfait que Fiora entretenait elle-même depuis longtemps.

Le vampire du soir était de taille normale, un beau manteau en Hermine, ce serait donc un jeune et riche vampire. Des cheveux blancs au carré, un blanc tel que celui du Comte. Il était beau dans une tenue sobre, et surtout, une belle épée d'argent à la main. Elle détailla ensuite les cadavres, ils étaient salement amochés, mais pas plus qu'elle aurait pu les amocher. La jeune demoiselle derrière le vampire était une humaine, une rapière l'équipée, plutôt belle et fine, sûrement en argent aussi, voilà qui était bien drôle, l'humaine était belle, des cheveux d'une couleur que Fiora aurait aimé porter un jour, mais cela ne lui allait pas.


-Bien... pour commencer. Bonsoir, je me nomme Fiora Hagane, fidèle vampire à la charge de la sécurité de notre belle Reine, française d'origine, j'ai vécu la guerre de cent ans de l'intérieur, au combat et l'époque de Napoléon. Et vous ?

Le ton joueur et enfantin, Fiora savait parfaitement qu'ils n'en avaient rien à faire, mais ils étaient d'office informés qu'elle savait se battre.

-Sinon... Je suis également là pour te tuer Raphaël, non pas contre toi, mais tu mets en danger la vie de la Reine en étant à l'initiative d'un plan contre le Comte Keïsule qui se tiendra dans le même édifice que la Reine. Je ne veux que toi. Alors si la jeune fille là-bas veut bien partir sous peine de finir en mon repas de la soirée je t'en serais reconnaissante. Elle marqua une pause. Plus sérieusement, vous allez tous les deux mourir dans le fond, vous portez tous les deux atteinte aux objectifs du protectorat, à savoir, défendre les hautes personnalités mondiales.

Dans un voilà d'ombre qui assombrit toute la salle où ils étaient Fiora déchira sa tenue, cette réplique de sa belle robe datant de l'époque de Jeanne d'Arc. Sous la robe était donc cachée la tenue de combat de Fiora, d'apparence seulement habillée de cuir noir, un plastron en métal, très fin mais suffisamment résistant pour empêcher une épée de se planter dans son corps ou une à deux balles de Bloody Rose pénétrer sa chair. De belles et fières épaulettes sobres d'un noir ébène ornés les épaules de belle française.

-Au fait... ma lame n'est pas en argent, mais ça ne m'a jamais empêché de tuer des vermisseaux de ton espèce. Même si j'ignorais que les vermisseaux étaient parfois si beaux... Elle sourit et lâcha un petit rire. Quelque part, je t'offre déjà une chance de m'avoir, soit-en fière Raphaël.

Elle se mit à tourner autour du couple, lentement, gardant deux allonges de rapière d'écart entre eux pour ne pas se laisser surprendre si le vampire décidait d'attaquer, car elle pouvait esquiver facilement les mouvements de l'humaine.

Elle arriva derrière l'humaine et sentit qu'elle avait déjà un propriétaire, un vampire l'aurait déjà mordu . C'était sûrement Raphaël... Cette idée la fit sourire, pourquoi ne pas pousser l'insolence jusqu'aux limites supportables d'un vampire moyen ? Celle de mordre une personne déjà mordue par un vampire...

-Quelle belle jolie jeune demoiselle... la couleur de tes cheveux me rendent bien envieuse... Mais... Elle fit un silence et créer une palissade d'ombre entre Raphaël et la jeune femme rousse, dans un semblant de temps passé elle était derrière elle. J'ai bien envie... de te mordre toi qu'il l'a déjà été.

Très rapidement sans attendre elle planta ses crocs dans le cou de cette femme, juste à côté de la marque qu'un vampire lui avait faite, mais elle ne but qu'une gorgée, elle voulait seulement faire preuve d'insolence.

Elle se retira ensuite, laissant une distance de sécurité entre le couple et retira la palissade d'ombre. Sa position était parfaite, à présent, elle allait séparer le couple pour se battre avec sérieux. Elle fit juste toucher sa lame de sa pointe sur le sol et souffla.



-C'est le moment Rachd...

Le signal enfin arrivé, Rachd sortit de l'ombre aux côtés de Fiora, la lionne en armure avec lui. Elle était imposante par sa taille, mais sans attendre les réactions, le vampire africain piqua la lionne de cette drogue qui dans l'instant qui suivit, rendit la lionne nerveuse, agressive poussant de petit rugissement.

-Ce n'est pas Coriolan... Mais la tragédie est tout de même présente... Elle commença à marcher lentement vers Raphaël, un sourire illuminant ses lèvres. Je ne veux que toi Raphaël...

Après cette phrase d'une voix douce elle laissa une très petite partie de son aura se développer pour presque disparaître à l’œil humain et revenir entre les deux amants. Elle voulait son combat quitte à utiliser une petite partie de son énergie dès le début.

-Fuit... humaine...

Un bref instant elle développa toute la grandeur écrasante de son aura ainsi qu'une onde d'ombre qui ne visait que l'humaine, ainsi lorsque la frayeur obscure heurta la peau de l'humaine, la seule idée qu'il lui viendrait à l'esprit serait de fuir en jetant tout ce qui serait néfaste pour elle, donc : argent, eau bénite, crucifix. Mais l'effet de la frayeur passée, elle pourrait revenir chercher tous son matériel.

Voyant l'humaine sous l'effet de ses pouvoirs elle donna un rapide coup de peau dans le ventre de Raphaël très énergique pour le faire reculer et elle commença à courir vers le vampire le katana noir ébène frôlant le sol. Pendant ce temps, Rachd prit la même direction que la jeune femme pour la dévorer grâce à la poupée.

En arrivant à portée du beau vampire elle donna un coup sec de katana, en diagonale, partant du bas à droite vers le haut à gauche (et donc Raphaël verra l'inverse) . Si le vampire encaissait le coup, le point d'impact de la lame sur son corps serait juste au-dessus de l'os de son bassin jusqu'à l'épaule droite du vampire. Décidant d'enchaîner mais sans être au maximum de ses capacités, elle fit rapidement un tour sur elle-même pour profiter de l'élan procuré par sa dernière attaque pour viser cette fois-ci le crâne de vampire.

Dans s'arrêter elle fit un pas en avant et exécuta une suite de coups d'estoc chacun vers les points vitaux à portée de la lame, et elle recommença plusieurs fois sans s'arrêter, sans savoir s'il avait subi des dégâts ou non.

Elle recula un peu pour observer son adversaire, elle était à peine essoufflée, heureusement qu'il y avait eu cette semaine d'entraînement à plein régime car elle n'aurait pas eu cette forme sinon.


-Tu ne te débrouille pas trop mal tu sais, mais combien de temps tiendras-tu jeune vampire ?

Elle le laissa arriver à son contact, restant quasi immobile elle para tous ses coups, bien que les premiers étaient simples, les autres l'obligèrent à bouger un peu sur ses appuis, il avait de la forcer, mais ne la contrôlait pas entièrement.

Pendant une petite pause qu'elle se vit offrir elle reprit son souffle. Elle devait passer à la vitesse supérieure, surtout, car le vampire avait beaucoup d'énergie. Mais c'est avec un sourire qu'elle sentit le grand picotement d'un contact à l'argent sur sa main, une petite égratignure qui était quand même douloureuse, mais elle avait connu bien pire que ça, alors elle ignora la douleur.


-Je me demande ce qu'il est advenu de ta chère et tendre...je pense qu'elle c'est déjà faite manger...

Elle rigola à plein poumon, laissant encore le vampire venir à elle, mais cette fois elle prit fermement ses appuis et à chaque contact de leur lame elle laissa une infime partie d'électricité partir de son corps vers celui du vampire, progressivement, sur le temps il serait ralenti, au début il ne s'en apercevrait même pas, mais ensuite, au moment fatidique de combattre le Comte, d'ici une heure maximum s'il n'était pas mort entre-temps, il serait en difficulté. Elle para ses mouvements, à son niveau ils étaient à égalité, car elle ne dévoiler même pas le quart de son aura veille de plus de quatre cents années. Elle appliquait tout ce qu'on lui avait appris, par elle-même ou par un enseignement.

Elle décida de mettre fin au combat en imposant un instant son aura. Elle lui avait suffisamment insufflé d'électricité pour le ralentir au moment le plus important de cette soirée.


-Tu es bon, je ne te tuerais pas dans l'ombre, mais devant les gens importants de la société... ou devant ceux qui seront encore présents. Elle s'adossa au mur en rengainant son arme. Dit moi jeune homme... pourquoi vouloir tuer le Comte ? J'ai beau lui être allié, c'est dans une seule raison, protéger la Reine. Qu'on évite les quiproquos, nous ne sommes pas au théâtre ici... du moins pas encore. Elle imposa un court silence avant de reprendre. Un jour j’aurais sa peau de toute manière, après tous, il n'aime pas mes manières, un beau jour, ce sont ces manières qui le tueront...

Elle sourit en regardant le vampire, qu'il était beau dans le fond... dommage de tuer une si belle pièce.

-----------------------------------------------------------------------------------------
Du côté de Rachd.

Il avait poursuivi l'humaine avec la lionne en armure, tous en ayant récupéré le matériel de l'huntress tant dit que Fiora occupé le vampire aux cheveux blancs. Dans les petits couloirs il était aisé de la suivre, mais à un moment, ils débouchèrent dans une grande pièce sans issue.

-Dommage pour toi humaine... Tu vas devoir mourir, ou alors tu peux fuir, ou alors combattre... mais comme on ne combat jamais sans arme... Il sortit son couteau pour le lancer à ses pieds. Tu peux le ramasser afin d'essayer de m'éliminer. Si tu réussis à m'éliminer, tu n'auras jamais Fiora... elle a cent cinquante années de moins que le Comte, et sa force lui sont quasi identique, à quelques détails près.

Alors que faire . La lionne nerveuse n'attendait que les ordres de son maître, de plus cette drogue développée ses aptitudes, la rendant sauvage comme les lions d'Afrique.
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Eulalia Grey
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MessageSujet: Re: Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42] Lun 5 Nov - 11:01

Le sang avait éclaboussé le plancher vermoulu à l'étage. Eulalia rengaina sa rapière et regarda le cadavre du vampire qui gisait à terre. Désormais sans vie, il commençait à reprendre son état naturel et se décomposait à une vitesse affolante. La jeune femme, sans s'en préoccuper davantage, replaça quelques mèches de ses cheveux derrière ses oreilles et redescendit vers Raphaël le plus vite qu'elle put.

Des bruits de lutte s'échappaient d'entre les lames du plancher et elle se faisait du souci pour lui. Elle l'aimait, à un point fou. En cet instant, elle n'imaginait plus sa vie sans lui et comptait bien à ce qu'ils ressortent tous deux vivants de cet enfer. A vrai dire, elle aurait été prête à abandonner sa vie s'il devait mourir face au vampire qui avait surgi de l'ombre.
Toutes ces pensées défilèrent les unes après les autres dans sa tête à une vitesse affolante. Elle revit leur étreinte, quelques minutes auparavant. Elle avait eu raison, lui non plus n'aurait pas pu la laisser aller seule au devant d'un tel danger.

Elle entendit des bruits de coups sourds et s'imagina sans peine la lutte violente qui se déroulait sous ses pieds. Elle ne voulait pas le voir disparaître ! En un éclair, elle se rendit compte qu'il y avait encore tant de choses qu'elle avait à lui dire, à lui donner... A commencer par sa propre vie, ce qu'elle avait de plus cher, ce qui lui donnait cette pureté caractéristique de la plupart des jeunes femmes de son âge.

Quand elle déboula en bas, elle vit que son amant avait maîtrisé la situation. Ses yeux brillaient d'un éclat étrange et le vampire en était paralysé. Elle même recula d'une marche, perturbée par l'aura qui se dégageait de celui qu'elle aimait. Il était vraiment impressionnant comme ça...
Elle le vit ensuite tuer son agresseur avec violence. Elle ne dit rien. Après tout, Lally savait que Raphaël cachait une part sombre de son caractère. Malgré tout, il était un vampire. Mais elle passa outre. Il faisait ça pour la protéger, pour mener à bien leur mission... Ses intentions étaient nobles et c'était tout ce qui comptait.

Quand tout fut fini, il se tourna vers elle et parut heureux qu'elle ne fut pas blessé. Elle courut vers lui et le serra dans ses bras avant de l'examiner, pour s'assurer que la blessure sur son torse n'était pas profonde.


-Moi aussi je suis contente que tu n'aie rien... Enfin presque. Tu es sûr que ça va ? Je n'ait pas l'impression que la plaie soit empoisonnée...

La jeune femme caressa la joue d'albâtre du vampire avant de se diriger avec lui vers l'amas de bois. Elle fouilla dans sa ceinture. Elle conservait toujours quelques allumettes dans une poche, en cas de besoin. Elle les tendit à Raphaël qui les craqua. Puis elle l'aida à amener des lambeaux de vêtements pour faire partir le feu. La Huntress ramassa ensuite de quoi éventer le feu pour le rendre plus important. Bien vite, il commença à lécher le vieux bois du bâtiment et elle recula, emmenant son amant avec elle

-Maintenant, il n'y a plus qu'à espérer que mon père repère le signal...

********************

La pièce de théâtre avait commencé depuis quelque temps mais le père Grey ne pouvait se concentrer. Il regardait nerveusement par la fenêtre, à l'affut de la lueur salvatrice. Il s'inquiétait pour son enfant unique. Quand il s'était rendu chez ce fameux Raphaël, il avait sur que quelque chose se passait entre lui et Eulalia. Il avait joué l'aveugle mais pourtant, il n'avait pas manqué de noter les regards furtifs échangés entre les deux jeunes gens, le ton enfiévré sur lequel sa huntress de fille lui avait parlé de cet homme extraordinaire... Aussi vieux-jeu qu'il pouvait paraître, il savait reconnaître l'amour quand il en voyait. Si jamais il lui arrivait quelque chose ce soir... Il espérait pouvoir compter sur ce jeune noble pour s'occuper d'elle...

Soudain, une lueur orange lui sauta aux yeux, coupant court à ses pensées. Sans plus attendre, il se redressa et clama de sa voix de stentor :


- Ladies and Gentlemen, restez calmes ! Le bâtiment désaffecté voisin du Théâtre est en train de prendre feu mais nous pouvons tous sortit à temps si vous m'écoutez ! Sortez dans le plus grand calme et laissez la priorité aux femmes enceintes et aux personnes âgées ! Si vous suivez ce que j'ai dit, personne ne sera blessé !

Le silence s'était fait dans la salle et tous les regards se tournèrent vers Thaddeus. Puis, un brouhaha sans commune mesure éclata. Tout le monde commença à s'inquiéter, à râler, à vouloir sortir avant les autres. L'homme réussit à se faire entendre à travers la foule.

-SILENCE ! Tenez-vous tous à mourir ce soir ? Ecoutez-moi et tout se passera bien. Je suis pasteur et j'ai déjà dû faire face à des situations semblables ! Laissez descendre les personnes présentes à l'étage puis aux loges et enfin, les personnes dans la salle. Pas de précipitation surtout mesdames et messieurs!

Les années passées à prêcher avaient donné à cet homme une voix et une prestance qui fit que tout le monde se tut et finit par le suivre. Plus personne ne parlait, on suivait ses directives sans rien dire. Il descendit le dernier, s'assurant que tout le monde était bien sorti, que personne n'était blessé, étouffé ou ne s'était fait piétiner.

La rue se remplit de dizaines d'aristocrates tous plus irrités les uns que les autres. Le pasteur finit par sortir avec sa femme, inquiète. Tous les regards se tournèrent en direction de Milte&Co qui brûlait de plus en plus fort. Il était temps pour Thaddeus de s'éclipser, pour affronter les vampires qui étaient sans doute restés à l'intérieur. Il serra alors sa femme contre lui.


-Harriet, vous n'avez rien, Dieu soit loué...

-Que se passe-t-il... ? Vous avez l'air tendu... Thaddeus, dites-moi ce qu'il se passe, je sens que cet incendie ne s'est pas déclenché par hasard... Par pitié, ne me mentez pas, je vous connais depuis trop longtemps...

Le prêtre se pencha sur sa femme, la serra contre lui et l'embrassa longuement. C'était un baiser d'adieu, langoureux, amer et douloureux.

-Je suis désolé... Harriet... Il faut que je retourne à l'intérieur... Quelque chose de dangereux se prépare et... Il faut que je remédie à cela... Et... Il est probable que je ne revienne pas. Je vous en prie, ne pleurez pas...

Il fouilla dans ses affaires et lui donna discrètement le Bloody Rose qu'elle cacha dans sa robe d'un air horrifié.

-Prenez ça pour vous protéger... Je vous aime, Harriet.

-Thaddeus... Je vous aime aussi...

Le prêtre caressa la joue de sa femme, mouillée de larmes puis, à contrecoeur, retourna à l'intérieur de l'édifice. Au fond, il savait qu'il ne la reverrait plus jamais.
********************

Le feu prenait bien et Eulalia souriait faiblement. De là où ils étaient, on pouvait entendre les bruits des gens dans la rue. Son père avait fait du bon travail, à n'en pas douter. Mais ils n'eurent pas le temps de se réjouir qu'un nouvel ennemi surgit de l'ombre. Une femme, magnifique, qui semblait sortir d'un autre âge avec sa robe depuis longtemps désuète et que l'on ne retrouvait aujourd'hui que dans les gravures historiques et les tapisseries médiévales.

La jeune femme dégaina sa rapière et alla se poster à côté du Vampire, prête à se battre contre cette nouvelle adversaire. Elle se présenta d'une manière bien singulière, leur faisant l'inventaire de toutes les périodes illustres qu'elle avait traversé, sûrement pour les intimider... Elle jouait, cela se voyait.
Elle continua en exposant ses plans, le sort qu'elle leur réservait. Elle comptait les tuer, tous les deux... Eulalia la regarda froidement, méprisante comme jamais. Le comportement de cette Vampire qu'elle savait puissante ne lui plaisait pas du tout et elle n'allait certainement pas fuir devant elle.

La Huntress garda le silence quand elle se mit à tourner autour d'eux, comme leurs précédents agresseurs. Malgré tout prudente, elle avait gardé une distance de sécurité entre eux. Elle se moqua de Raphaël non sans le complimenter sur son physique, ce qui fit définitivement sortir Lally de ses gonds.


- Il suffit ! Ce n'est pas en tournant autour de nous comme un vautour et en tortillant votre arrière-train pour vous donner des airs que vous allez nous intimider ! Arrêtez donc de parler et battez-vous ! A moins que votre langue soit le seul muscle que vous puissiez encore utiliser après tant d'années...

Les yeux d'Eulalia brillaient d'une lueur farouche, celle de la jeunesse, rebelle et indomptable. Fiora porta son attention sur elle et, en un rien de temps, l'isola de Raphaël. Sans attendre, elle l'enserra et la mordit. Lally hurla et se débattit. Cette morsure était bien plus désagréable que la première. Son corps appartenait à Raphaël depuis qu'il l'avait mordue et elle venait de violer ce droit. Lorsqu'elle la relâcha, la jeune femme réagit au quart de tour et envoya son poing dans la figure de la Vampire, abîmant son joli minois.

Bien sûr, la française ne devait pas avoir senti grand chose mais elle s'en moquait. L'important, c'était la symbolique de ce geste, l'affront qu'il représentait.

L'ennemie s'éloigna bien vite et un de ses acolytes surgit de l'ombre avec une lionne. Puis, elle ne sut pas bien ce qui se passa mais une froideur, une noirceur écrasante l'enveloppa. Elle eut peur comme jamais dans sa vie et, sans savoir ce qu'elle faisait, se débarrassa de sa ceinture pour courir dans une salle annexe. Pourtant, l'esprit de Lally allait dans le sens contraire. Son corps agissait seul, elle n'avait aucune emprise sur lui. L'instinct de survie avait agi sur elle comme des fils sur une marionnette.

Quand elle fut à l'abri, ayant recouvert le contrôle de son corps, elle frappa contre la cloison, en colère et humiliée.


-MERDE ! Il faut que je récupère ma ceinture...

A ce moment là, l'autre vampire surgit avec la lionne, sa ceinture à la main. Il la provoqua, lui vantant les mérites de sa maîtresse et lui lançant un pauvre couteau, la laissant devant un choix cornélien. Cependant, l'impétueuse jeune femme se montra décidée et téméraire. Elle ramassa le couteau et cracha au visage de son assaillant

-Si ta maîtresse est aussi forte que tu le prétends, pourquoi m'a-t-elle obligée à fuir et à abandonner mon équipement au lieu de m'affronter ? Avec un âge tel que le sien, je ne lui aurait pas causé énormément de problèmes... Tout ce que je vois, moi, c'est une pauvre gamine prétentieuse qui n'est pas capable d'affronter ses ennemis à la loyale ! Et toi, pauvre chien sous ses ordres, tu ne vaux pas mieux... Je vais me battre. Et tu vas payer.

La jeune femme s'empara du couteau, s'isola dans les poutres du plafond afin de ne pas être attrapée par Rachd et psalmodia à une vitesse affolante. La lame fut entourée d'une lumière bleutée qui partait en volutes complexes qui s'étendaient autour de la chasseuse.

-Dies irae, dies illa, solvet saeclum in favilla, teste David cum Sybilla ! Quantus tremor est futurus quando judex est venturus cuncta stricte discussurus ! Tuba mirum spargens sonum per sepulcra regionum coget omnes ante thronum !

Au fur et à mesure de la mélopée, la lumière s'était faite plus aveuglante, hypnotique. Sans prévenir, elle se jeta du plafond sur le vampire dont elle lacéra le bras qui tenait sa ceinture à l'aide de l'arme désormais ensorcelée grâce à son chant biblique. C'était moins efficace que l'argent mais néanmoins, elle put récupérer ses affaires sans grand mal. Le plus vite possible, elle attacha sa ceinture, se défendant de l'autre main contre la lionne.

Dès qu'elle le put, elle brisa le sort et laissa tomber le couteau à terre. Il fallait qu'elle économise son énergie.

La jeune femme dégaina sa lame avec précipitation pour se défendre face à la lionne qui l'avait emmenée déjà loin du vampire. La sale bête lui grippa l'épaule plutôt profondément ce qui la fit hurler et elle se défendit en lui crevant le museau d'un mouvement large. Elle était protégée sur le dessus et ne pouvait pas la toucher facilement.

S'ensuivit une lutte dont elle ne ressortit pas indemne. La Huntress se défendait plus qu'elle n'attaquait. La lionne lui rentrait dedans, la mordait, faisant gicler le sang et le tissus. Lally la repoussait tant bien que mal, arrivant parfois à la toucher sur les pattes, la rendant à chaque fois un peu plus énervée et donc, dangereuse.
Mais la bête prenait le dessus et réussit à faire basculer la jeune femme qui tomba un demi-étage plus bas. Sonnée, elle eut juste le temps de voir la lionne se jeter sur elle. Alors, dans un geste désespéré, elle leva les bras.

La lionne s'empala sur la rapière et mourut sur le coup, répandant sur le visage de l'humaine son sang animal. La jeune femme resta un instant pantoise, tremblante et fatiguée. Elle crut entendre les pas de course d'un homme dans le sens inverse au sien. C'était peut-être le fameux vampire...

Elle se dégagea tant bien que mal, souffrant des mille et une blessures infligées par la lionne. Elle n'avait plus le choix.
Eulalia déboucha la fiole de potion que lui avait donné son père et l'avala d'un coup. Sans se laisser le temps de souffler, elle soigna ses plaies unes à unes, y compris la morsure de Fiora, qui laissa cependant une petite marque à peine visible.

Quand elle eut fini sa besogne, elle rassembla ses affaires et se précipita dans la salle principale pour aider Raphaël. La bataille était rude, elle l'entendait. De plus, l'incendie commençait à prendre des proportions dangereuses aussi bien pour elle que pour lui.
Elle débarqua en trombe, arme au poing et se prépara à se jeter dans la mêlée.


********************
Harriet, seule dehors, regardait l'entrepôt avec inquiétude lorsqu'elle entendit un cri féminin à l'intérieur. Elle reconnut aussitôt la voix. Eulalia. Elle était en danger !
Sans se poser plus de questions, elle s'engouffra à l'intérieur par la partie encore épargnée par les flammes, le Bloody Rose de Thaddeus en main. Des bruits de lutte lui parvinrent. Elle se dépêcha aussi vite qu'elle put et arriva devant une scène qui la glaça d'effroi. Un jeune homme et sa fille se battaient contre une femme qui avait l'air d'un véritable monstre et qui était sur le point de porter un coup qui aurait pu être fatale à son enfant. Sans réfléchir, elle tira une balle qui toucha l'ennemie à la jambe.


-Pas ma fille espèce de monstre!!!

Eulalia, libérée de l'étreinte, aperçut Harriet et ses yeux s'agrandirent d'horreur.

-Maman, non !

La mère, au moment où elle vit la mort fondre sur elle, tira une dernière balle avant de lancer l'arme vers sa fille qui la réceptionna tant bien que mal.

-Sauvez-vous tous les deux...

-Maman ! Non ! NOOOOOOOOOON !!

Harriet Grey ferma les yeux et partit avec le sourire. Son corps sans vie glissa à terre dans un bruit sourd, à moitié étouffé par le bruissement de sa robe bleu paon désormais tâchée de rouge.


Dernière édition par Eulalia Grey le Dim 5 Mai - 18:19, édité 2 fois
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Comte Keï
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MessageSujet: Re: Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42] Mar 6 Nov - 0:49

Au théâtre

Assis au fond de son siège, non loin de Gérome, le Comte observait la scène. Jambes croisées et mains jointes, il écoutait entièrement la pièce, concentré sur sa mise en scène, les costumes, l'attitude de ses acteurs. Arath était meilleur qu'il ne l'avait jamais pensé. Ambre rayonnait, comme toujours. Marco révélait des talents cachés. Même s'il connaissait ses élèves et ses disciples, le lord avait souvent joué à leurs côtés sans réellement profiter du spectacle. Aujourd'hui, c'était une des rares fois où il ne paraissait sur les planches que pour les présenter, comme un vrai metteur en scène. D'habitude, il jouait lui aussi et revêtait un costume pour se fondre dans l'intrigue. Ainsi, de l'autre côté de la fosse, il pouvait d'autant mieux apprécier le travail qu'ils avaient fourni. Leur prestation était parfaite, tout à fait dans sa vision, éclatante ! Les décors étaient magnifiques, les costumes brillaient et la musique harmonisait l'ensemble avec brio.

De temps à autre, le Comte jetait un regard sur le public, laissant ses yeux de brume épouser la salle pour trouver Sarah, quelques nobles connus et certains Vampires invités pour l'occasion. Il prenait la température des spectateurs, observant leurs mimiques, ressentant leurs émotions. Il voulait être certain que la pièce plaisait.
Le lord revint sur Wynn occupé à diriger l'orchestre. L'assassin violoncelliste s’acquittait de sa tâche première avec ferveur et menait ses musiciens d'une main de maître. Jirômaru le jugeait sur sa performance. Il appréciait grandement son art, accueillant chaque mélodie avec plaisir : Wynn était un artiste, c'était indéniable, et le Comte ne pouvait que se flatter d'avoir découvert un tel Vampire dans cette soirée à Westminster. Il avait bien fait de lui accorder sa confiance et de lui réserver ce rôle primordial. Loin d'être déçu par sa manière de gérer les choses, Jirômaru en était plutôt transporté. Un sourire agrémentait son visage face à tant de poésie dans la partition qui se jouait en cet instant.
Tandis que le Comte songeait ainsi au chef d'orchestre, Marco déclamait une tirade des plus retentissantes. Le lord laissa son regard tomber sur lui. C'était amusant de voir son disciple ainsi vêtu d'une toge. Ses cheveux blonds en bataille lui donnait un air noble et efféminé malgré sa carrure athlétique. Il était tout à fait désirable.

Comme dans une succession d'idées, le Comte pensa alors à Fiora. Il la chercha du regard, lentement, et la trouva. La belle Vampire était à sa place, digne et magnifique dans sa robe décalée pour ce siècle. Le lord ne pu s'empêcher de sourire en la regardant. Croisant les bras, il se rappela les paroles de la belle au sujet de sa petite ironie mondaine concernant son supposé mari. Elle l'avait bien provoqué en retour...Mais avait-il bien compris le message qu'elle avait laissé transparaître derrière ce petit rire cristallin? Maintenant qu'il y songeait, il n'avait pas relevé ses propos à cause d'un véritable manque de temps relatif au lancement de la pièce mais il aurait apprécié qu'elle développe un peu plus ces derniers. Il y avait-là tout un jeu de sensualité qui commençait à se développer entre-eux. Le Comte n'était pas fou, il avait senti depuis longtemps que la Française tentait de lui plaire. Ses tenues, ses allusions, son attitude...Elle avait clairement tenté de piquer son instinct primaire de mâle dans l'armurerie de James. Et encore ce soir, avec son histoire de "robe déchirée", elle avait volontairement mis en avant ses atouts physiques. Le Comte saurait les goûter s'ils le désiraient tous les deux...Le temps viendrait, peut-être, où Fiora Hagane aurait sa place dans son cercle intime. Pourquoi pas ? Le Comte restait un homme, un débauché, un être empli de sensualité. Celle dont faisait preuve le chef du Protectorat pouvait lui paraître déplacée et insolente, mais il l'acceptait comme telle, temps que cela ne lui portait pas atteinte.

Le Vampire décroisa les bras pour les poser sur les accoudoirs de son siège. Tapotant des doigts sur ces derniers, il continua d'observer ses acteurs et ses invités.
La pièce avançait. Les scènes se succédaient. A chaque retombée de rideau, à chaque changement de décors, à chaque reprise, le public applaudissait. Cette sensation de plénitude qui envahissait chaque maître grâce à un tout qui fonctionne à son goût était, pour Jirômaru, un délice.

Dehors, la pluie battait le toit de l'édifice mais ici nul ne s'en souciait.

Le Comte jeta un coup d'oeil à la reine et sourit, amusé de la voir penchée en avant avec les petites jumelles qu'il venait de lui offrir. La jeune femme lui dévoilait son jeune décolleté, à Gérome également. Le lord ne pu s’empêcher de songer que le Lycan avait une meilleure vue que lui avec la lunette de son fusil et à cette distance. Cette situation l'amusait, certes, mais elle l'agaçait également. Après tout, il était en présence d'un de ces Humains capables de se transformer en loup...c'était lui qui tenait une arme pointée dans la direction de Victoria...Même si Salluste était aux côtés de la reine, cette idée ne lui plaisait pas. Gérome avait la charge de surveiller l'être qui lui était le plus cher au monde, pour l'instant, et cela le Comte le lui rappellerait encore.


- Victoria reste un trésor que l'on ne pourra jamais remplacer...murmura-t-il dans l'ombre derrière lui.

Jirômaru prit alors le parti de se détendre. Il s'enfonça encore dans son siège et souffla. Après tout, Gérome n'avait aucune chance de blesser la reine avec Salluste en face. Il vallait mieux maintenant se soucier des Sept sur les planches et de vérifier que Sarah était à sa place. Le Vampire était tout à fait à son aise, tranquillement installé pour suivre sa pièce, lorsqu'une sensation désagréable vint le déranger. Au début, il n'y fit pas attention. Son esprit était fermé, son aura coupée, ses sens atténués par son envie de profiter de cet instant savoureux que seul un metteur en scène pouvait apprécier à sa juste valeur. Cependant, le Comte finit par se redresser et, l'esprit plus ouvert, il passa en revu les disciples qui montaient la garde dehors. Il sentit disparaître trois auras. L'une après l'autre. Brutalement.
Plantant ses ongles dans le tissu soyeux de son siège, le lord serra les dents. Qui assassinait ainsi les siens !?

Prêt à se lever pour aller donner des ordres directement à l'entrée du théâtre, le Comte perçu une nouvelle présence. La voix de Wynn entra en écho avec la sienne qui hurlait sa rage dans son propre esprit.
Le feu...Une odeur de feu...Oui...Maintenant que le chef d'orchestre le signalait...Il y avait bien cette satanée odeur qui traînait dans l'air, presque imperceptible pour un Vampire, invisible encore pour un Humain.

Que se passait-il donc dehors ?

Gérome se leva alors et s'excusa : il voulait quitter la loge pour aller voir ce qui se passait à l'extérieur. Lui aussi avait remarqué que quelque chose ne tournait pas rond. Cependant, le Comte l'attrapa aussitôt par une manche pour l'arrêter net.


- Tu plaisantes j'espère ?

Son regard de brume fixa celui du Lycan.

- Ta mission est définie. Oserais-tu trahir ma confiance ?

Il n'y avait rien à ajouter. Gérome devait protéger la reine. Son fusil de précision était là pour cela, non pas pour parcourir les rues.
Fiora intervint alors elle aussi. L'esprit du Comte, détendu volontairement, recueillit sa remarque: Raphaël était à Milte & Co, le bâtiment désaffecté situé presque contre le théâtre. Il était accompagné d'une Huntress. Évidemment, il apparu logique au lord que c'était lui le responsable des trois morts prématurées de ses disciples. Fiora expliqua qu'un incendie venait d'être déclaré et qu'elle allait à la rencontre de Raphaël. Jirômaru bouillonna intérieurement. Comment osait-il donc se pointer ce soir ? Ainsi, la mort d'Adhéna Lisbutig avait bien été un commencement. La rumeur qui disait que ce Vampire dégénéré rassemblait des Hunters était donc fondée ! L'imbécile n'irait pas loin...Ce soir marquerait sa chute définitive. Il était inutile de jouer encore avec ses nerfs et sa vie. Tout comme pour Alexender, il fallait en finir maintenant.


*Je vous le laisse, Miss Hagane, je compte sur vous. Maîtrisez-moi ça rapidement et en silence. Cet imbécile ne mérite aucune clémence !*

Le Comte entrait dans une colère froide. Il fallait donc que ce jeune prétentieux vienne gâcher son plaisir ?! Il le payerait de sa vie ! Cette fois, il avait signé son arrêt de mort...
Jirômaru se concentra quelques secondes pour communiquer à ses disciples la situation. Aux portes du théâtre, trois Vampires par entrées se tenaient maintenant au milieux des hommes du Scotland Yard et de la garde royale. Ceux qui étaient sur les toits furent envoyés en grande partie vers Milte & Co. Ainsi, une vingtaine de Vampire furent dépêchés dans la direction de Raphaël et celle que le Comte devait plus tard appeler Eulalia.

Maintenant qu'il y prenait garde, le lord sentait clairement l'odeur âcre du feu se propager dans l'air. Ce fou avait enflammé Milte & Co...Quel plan stupide!

Salluste s'était déjà raidit dans son siège depuis plusieurs minutes. Il avait senti l'aura de Raphaël, le feu, la perte des disciples, la colère de son maître. Il attendait maintenant les ordres. Sa mission, comme celle des deux Vampires qui l'accompagnaient et de Gérome, était de veiller sur la reine. Rien d'autre ne devait interférer.


************************
A Milte & Co

Raphaël et Eulalia avaient fait vite avec les trois disciples qui s'étaient présentés à eux. Ces derniers avaient eu le malheur de sous-estimer les Hunters. L'un gisait éventré, l'autre ébouillanté par de l'eau bénite et décapité, le dernier avait la jugulaire arrachée et baignait dans son sang. La violence de leurs adversaires et leurs capacités assistées d'armes puissantes les avaient surpris. Même s'ils n'étaient de toute manière qu'une paire de très jeunes recrues mal entraînées, ils ne s'étaient pas attendu à un tel combat. Expéditifs, les Hunters les avaient renvoyé en enfer d'un battement de cil.

Mais bientôt Fiora devait arriver en renfort avec Rachd et la lionne en armure. Le Comte n'avait pas été mis au courant de cette initiative au sujet de Rachd. S'il l'avait été, très certainement qu'il aurait donné un avis négatif quant à l'utilisation d'une armure en argent pour l'animal d'Afrique. Quelle folie d'utiliser pareil métal ! Même si Raphaël était un Vampire, cela ne valait pas la peine de prendre autant de risques pour un seul individu ! Mais le Comte n'en savait rien et, depuis le théâtre, il ne pouvait qu'espérer que Fiora tuerait Raphaël et sa compagne le plus rapidement possible. Que pouvaient donc deux êtres de leur acabit contre lui ? Raphaël allait regretter d'avoir emmené avec lui une jeune femme ! Au fond, le Comte riait bien de son insolence : ils ne quitteraient même pas Milte and Co ! Comment pourrait-il penser qu'il puisse l'atteindre au théâtre ? Espérances vaines d'un jeune insensé...

Alors que Fiora lançait la bataille, les sbires du Comte arrivaient. Envahissant les toits et les ruelles, ils cernèrent le bâtiment en ruine. Le feu gagnait déjà la charpente de l'édifice. Face aux flammes, les Vampires hésitèrent un instant. L'intérieur de l'édifice allait s'écrouler d'ici moins qu'un quart d'heure, déjà le bois craquait de toutes parts. Mais bientôt plus de la moitié des nouveaux arrivés pénétrèrent dans Milte & Co. Parmi eux se tenaient quelques grandes figures, des vieux Vampires qui traînaient derrière eux les plus jeunes. Pendant que certains tentaient de ralentir le feu, les autres cherchaient les coupables. Lorsque qu'une partie des disciples sur les lieux trouvèrent Fiora qui faisait face à Raphaël, ils n'intervinrent pas, par respect pour leur aînée, se contentant de rire et d'observer le Hunter se défendre en lui lançant des remarques mesquines. Les autres avaient découvert Eulalia et la lionne. L'animal était furieux mais la Huntress était encore debout. Rachd, membre du Protectorat, semblait gérer la situation. Bientôt, la lionne entraîna la chasseuse plus loin et les sbires du Comte rejoignirent Rachd.


- Belle bête que vous avez-là...
- Mais c'est de l'argent?
- La pauvre petite chose...hahaha!
- Avez-vous vu le traître?
- Ce dingue...Vous l'avez tué?

Ce fut une foule de petites questions et de remarques. Pendant ce temps, la chasseuse était seule avec l'animal.

De son côté, le Scotland Yard abandonna un instant le théâtre pour aller quérir les pompiers et tenter de comprendre ce qu'il se passait dans le bâtiment. L'arrivée des Humains était imminente.


************************
Au théâtre

La fumée envahissait l'espace à l'entrée du théâtre. Le Scotland Yard avait déjà fait passer le mot à la reine : l'édifice voisin brûlait, l'évacuation était à prévoir. Le Comte commençait à s'inquiéter de l'odeur de fumée que ses sens sur-développés détectaient avec une sensibilité maintenant insoutenable.

Et puis, soudain, un homme se leva dans l'assemblée et cria au feu. C'était un ecclésiastique. Il accentua sa voix pour attirer l'attention. L'orchestre s'arrêta après quelques hésitations. La pièce se figea. Les acteurs tournèrent tous leur tête vers l'imprudent, choqués par cette interruption. Cependant, le feu était un sujet bien trop important pour l'ignorer. Peu à peu, tous les acteurs tournèrent leur regard vers leur maître perché dans l'ombre du balcon gauche. Les uns se regardaient avec crainte, les autres piétinaient sur les planches pour chuchoter leur avis à leur voisin. L'immense mécanique de Coriolan s'était arrêtée.

Le pasteur prenait les choses en mains. Et il fut alors question d'évacuation. Le Comte fixa l'homme depuis son balcon avec une intensité rare : cet insolent...pour qui se prenait-il ? Si le théâtre devait être évacué, ce serait Scotland Yard et la garde royale qui en décideraient! Temps que ces derniers ne bougeaient pas, temps que ses disciples ne venaient pas lui expliquer qu'ils étaient dans une situation dangereuse pour le théâtre, rien ne justifiait l'arrêt de la pièce, encore moins l'évacuation!

Mais il était trop tard. Déjà la foule s'agitait et la pièce était gâchée. La reine se leva, aussitôt encadrée par ses gardes, Salluste et les deux sbires de Fiora.
Le Comte fulminait de rage. La foule s'entassait aux portes pour sortir. Sarah avait disparue.
Le Vampire se leva d'un bond et attrapa Gérome par une épaule.


- Surveille-moi toute cette agitation et tue le premier qui ne marche pas dans le sens de la file. Fit-il entre ses dents serrées.

L'utilité du tireur d'élite ne pouvait plus se restreindre à la protection de la reine: cette dernière était déjà partie avec les autres pour être évacuée. Gérome devait avoir compris ce que le Comte venait de lui sous-entendre, car ni l'un ni l'autre n'était assez dupe pour ne pas imaginer qu'un véritable complot venait d'éclater: Raphaël n'était pas directement venu au théâtre et avait pris la peine d'enflammer le bâtiment d'à côté, ce pasteur s'était étrangement levé tôt et maintenant tout le monde sortait du théâtre. C'était évident: d'autres Hunters attendaient pour entrer. A moins que Raphaël n'aie réellement agit comme un demeuré, ce qui, du point de vue du Comte, était encore tout à fait probable aux vues de sa dégénérescence avancée et de ses convictions qui, elles, sortaient clairement d'une forme d'honneur avortée par la raison même.

Dans un froissement de cape, le Comte quitta le balcon pour retourner sur la scène. Le rideau venait d'être remis en place et tous les acteurs l'attendaient derrière dans un état de confusion certaine. Ambre tentait de calmer les disciples, Arath maudissait le pasteur, Maria pleurait, Agniès restait dans un coin les bras croisés, Marco cherchait le Comte du regard.
L'arrivée de ce dernier provoqua une série de questions et l'agitation battit son plein chez les Vampires. D'un regard, leur maître les calma. Libérant la moité de son aura, le lord s'avança d'un air terriblement énervé. La plupart des disciples pâlirent. Ceux qui n'étaient pas des Sept reculèrent lentement, tremblant de tout leurs membres. L'aura du Comte était écrasante.


- Taisez-vous...grogna-t-il tout d'abord lentement la tête baissée. TAISEZ-VOUS!

D'un coup vif il explosa de sa main libre un pan de mur en plâtre qui servait de maison romaine dans le décors. Sa force à main nue était inouïe. Dans la poussière, le Comte surgit pour attraper Arath par le col.

- Tu vas aller renifler du côté de Milte & Co et me ramener la tête de ce Raphaël...fit-il les crocs totalement sortis. Son air était terrible. Son haut de forme couvert de poussière lui donnait une apparence fantomatique et ses yeux un regard infernal. Le Protectorat est déjà sur place, assure-toi que cette raclure se noie dans les flammes qu'il vient d'allumer!

Lâchant brusquement Arath en le poussant en arrière, le Comte le regarda partir en courant pour s'acquitter de sa nouvelle tâche. Il dévisagea alors Maria d'un regard dégoûté.

- Est-ce cela, un membre des Sept? Des chiens qui pleurnichent?

Sa question fit l'effet d'un grondement avant une tempête. Maria gémit et resta en arrière.

- Trouve-moi Sarah.

Sa réplique fut brève et sèche. Maria acquiesça et s'esquiva pour chercher la Huntress dont elle connaissait parfaitement le visage et même l'odeur. Il fallait mettre la main dessus au milieu de cette foule en délire, cela n'allait pas être une tâche aisée mais elle avait son don obscur pour l'aider.

Le Comte écarta alors le lourd rideau pourpre d'un geste brusque, laissant derrière lui les autres disciples.


- Maître! NON! Cria Ambre en se jetant vers lui pour tenter de le rattraper par sa cape. Mais Marco se précipita pour arrêter la jeune femme.

Jirômaru déboucha donc en plein centre de la scène. Il fit face à la salle qui était en pleine évacuation. Les spectateurs quittaient leurs sièges, les musiciens rangeaient leurs instruments. Ce tableau lui arracha un grognement de haine.
Le lord attrapa alors Wynn du regard. Appuyé sur sa canne-épée, penché en avant, il lui sourit d'un air désabusé.


- Maître Leichenhalle, j'ai bien l'impression que notre petite mascarade ne soit malheureusement terminée...

************************

Dehors

La reine était déjà dans son carrosse. Escortée par Salluste, ses propres gardes et les deux membres du Protectorat. La pluie tombait en rafale, s'accumulant en gros bouillons dans les rigoles et les creux formés par les pavés mal agencés. Salluste monta avec la reine dans le véhicule et se pencha par la fenêtre ouverte pour donner ses instructions aux deux autres Vampires:

- Retournez au théâtre ou portez assistance à votre chef, je peux acheminer Sa Majesté seul, ce n'est pas elle la cible de ce soir...

Le cocher fouetta l'air, les chevaux partirent en trombe. La reine retournait à Buckimgham Palace très déçue de la tournure qu'avait prise cette magnifique pièce.

************************

A Milte & Co

La bataille faisait rage.

Fiora croisait le fer avec Raphaël, les disciples du Comte avaient envahi l'espace, Rachd était avec la moitié d'entre-eux, Eulalia avait tué la lionne sans témoin et soigné ses blessures...

Lorsque la jeune chasseuse revint vers le centre de l'édifice, une paire de Vampire du Comte ne se génèrent pas pour tenter leur chance de tuer l'importune dès qu'ils en eurent l'occasion. Rachd avait beau être plus vieux que la plupart d'entre-eux, il n'avait pas l'autorité pour les arrêter et leur désir de satisfaire leur besoin de sang les poussait à se jeter sur Eulalia dès qu'elle était à leur portée. Quelques uns brandissaient des rapières mais la plupart des sbires du Comte utilisaient seulement leurs capacités surnaturelles et leurs pouvoirs pour combattre. L'un d'eux pouvait transformer le bois en une forme de carbone très rigide, comme le diamant, à ceci-près que l'objet transformé gardait une apparence charbonnée.

Mais la belle leur échappa et les perdit dans le bâtiment pour finalement débouler en plein milieu du combat entre son amant et la cheftaine du Protectorat. Tout se déroula très vite. Les fers se croisèrent, les sbires du Comte se déchaînèrent, la mère d'Eulalia surgit, Fiora prit une balle de Bloody Rose dans une jambe et puis ce fut la fin pour Harriet Grey...

A Milte & Co, ce fut bientôt l'anarchie la plus totale. Les flammes léchaient chaque recoin de l'édifice, des poutres de bois tombaient de-ci de-là, les cris des belligérants ébranlaient ce qui tenait encore debout et la mort siégeait en maîtresse absolue.

[HRP/ Vous êtes libres de vos mouvements, jouez comme vous le pensez!/HRP]


> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
Spoiler:
 

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Raphaël Veneziano
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MessageSujet: Re: Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42] Mar 6 Nov - 4:09

Trois Vampires...déjà...
Le feu n'était pas encore allumé que déjà trois Vampires venaient de leur tomber dessus. Il fallait absolument qu'ils se dépêchent.
Trois Vampires...déjà morts. Au moins une bonne chose.

Soulagé de retrouver Eulalia, Raphaël l'accueillit dans ses bras même si sa rage, à peine contenue, continuait de couler dans ses veines.


- Oui, oui...je vais bien...fit-il dans un souffle. Ce n'est que la chemise...Non ce n'est pas empoissonné...mais tu sais...les Vampires ne sont pas affectés par le poison...

Le temps leur était compté et bien vite il se dégagea de l'étreinte de son amante pour entreprendre l'acte incendiaire. Eulalia alla quérir des tissus avec lui pour l'aider dans sa manœuvre. Ensemble, et grâce aux allumettes qu'avait la chasseuse sur elle, ils réussirent à faire partir un feu bientôt nourrit à outrance par la poutre en bois contre laquelle Raphaël avait pris soin de l'installer. Les flammes dansèrent devant leurs yeux. Raphaël sourit. Enfin leur plan était en marche! Ils avaient accompli leur mission principale. Maintenant, il ne restait plus qu'à s'assurer que le feu allait se propager assez violemment pour forcer l'évacuation du bâtiment d'à côté et ils devaient également conserver leur rôle d'appâts pour qu'Alexender, Stan, Sarah et Thaddeus Grey puissent aller à la rencontre du Comte sans se retrouver confrontés à de trop nombreux obstacles.

Prenant la main d'Eulalia, Raphaël l'éloigna un peu du feu tandis qu'il ramassait son épée qu'il avait posée au sol précédemment afin de garder ses deux mains libres.


- Oui, espérons que Thaddeus agira vite à présent...

Mais alors qu'il allait expliquer tranquillement à Eulalia que les Vampires ne craignaient que le poison contenu dans les balles de Bloddy Rose et l'argent, une aura puissante le déstabilisa. Dans un mouvement d'affaissement, Raphaël blêmit et se tint en position de défense en poussant son amante en arrière.

- Recule...

Bientôt, de l'ombre d'un recoin de la salle, apparue une magnifique jeune femme. Ses vêtements, richement ornés, appartenaient à une autre époque mais ils ne faisaient que magnifier un corps parfait. Trop parfait...
Raphaël sortit ses crocs. C'était clairement une Vampire d'un âge fort avancé.

Cette dernière semblait envoyée par le Comte d'après ses petites remarques, mais bientôt elle se présenta, comme l'aurait fait n'importe quelle noble personne dans un bal. Elle s'appelait Fiora Hagane et protégeait soit-disant la reine. Elle avait connu la guerre de cent an et l'époque de Napoléon. Raphaël sourit d'un air mauvais et pesta:


- Pfff! ''Protéger la reine''...Haha! Vous êtes ridicule!

Que pouvait-elle bien en avoir à faire de la reine? C'était encore une de ces Vampires qui se prenaient pour les maîtresses du monde entier et qui souhaitaient toujours étaler leurs années comme on étale des bijoux sur une commode! C'était une prétentieuse qui se donnait des grands airs et se croyait digne d'une quelconque mission pour l'Humanité! Elle était de mèche avec le Comte et se faisait passer pour une bonne samaritaine? Quelle drôle d'idée! C'était tout bonnement ridicule!

Raphaël ne pouvait imaginer que le Comte avait effectivement recruté Fiora pour protéger Victoria. Dans son esprit en proie aux plus vives marques de haine, il ne pouvait comprendre l'étendu des plans de ses ennemis. De même qu'il ne pouvait pas encore saisir la différence latente qui se terrait entre le Comte et ce nouvel adversaire. A ces yeux, c'était simplement une cible à éliminer pour la survie d'Eulalia, la sienne et celle de tous les autres impliqués dans leur plan d'assassinat.

Mais Fiora étala ensuite d'autant plus son rôle de ''protectrice des hautes instances''. Raphaël grogna en serrant ses mains autour de la garde de son épée. Elle était là pour le tuer lui parce qu'il portait atteinte à la reine? Quelle excuse débile! Elle était là pour l'éliminer au nom du Comte qui s'inquiétait pour sa petite personne et c'était tout! La reine n'avait rien à voir là-dedans! Jamais il ne la mettrait en danger! Pénétrer dans le théâtre pour assassiner le Comte était leur objectif et il savait bien que la reine-mère serait mise en sécurité avant tout le monde. Victoria n'était en rien une excuse valable pour prendre sa vie.
Au fond, le Vampire fut rassuré d'entendre son ennemie écarter Eulalia de la bataille. Elle lui laissait la vie sauve puisqu'elle n'en voulait qu'à lui. Un certain soulagement envahit son coeur. Mais soudain, la Vampire se reprit et affirma qu'elle allait les tuer tous les deux puisqu'elle était autant impliquée que lui. Raphaël serra les dents de rage.


- Touche-la...et je t'éparpille tellement qu'on ne saura pas reconnaître un membre d'un autre sur ta carcasse putride!

Fiora s'écarta un peu pour déchirer sa robe. Sous celle-ci se cachait en vérité une tenu de combat complète avec cuir, plastron en métal et épaulettes. Raphaël la dévisagea d'un regard perturbé. Cela donnait à la Vampire une apparence tellement plus belliqueuse encore que s'en était insupportable! Ainsi avait-elle donc tout planifié depuis le départ? Cette façon de changer de tenu indiquait clairement à Raphaël que ce n'était pas tellement eux qui avaient tendu un piège mais bien le Comte qui s'était attendu à leur arrivée! Mais comment? Comment avait-il prévu cette attaque entièrement planifiée depuis son manoir? Rien n'avait pu filtrer! A moins que cette femme n'ai été présente au théâtre dans le réel but de protéger la reine, rien ne justifiait sa tenue de combat soigneusement préparée sous ses jupons.

De longues minutes de bataille silencieuse s'enchainèrent alors. La Vampire se mit à tourner autour d'eux, se délectant de chaque parole qu'elle prononçait pour les énerver un peu plus. Elle exposait la qualité de son arme, les insultait et les provoquait. Raphaël la suivait d'un regard empli de haine. Il prenait garde à ne laisser aucune faille dans sa défense, dos à dos avec sa compagne. Son dernier souhait était évidemment qu'Eulalia soit blessée. La jeune femme ne pouvait imaginer à quel point leur nouvel adversaire était puissant. Lui-même l'ignorait, mais il venait de sentir une aura qui, même si elle n'atteignait pas celle qu'il avait sentit avec le Comte, était si écrasante qu'il avait chancelé tout à l'heure.

Eulalia cria sa colère et insulta la Vampire. Raphaël pesta intérieurement: la chasseuse vouvoyait encore cette saloperie? Et après elle espérait encore se croire moins éduquée que les aristocrates! C'était assez comique d'autant qu'elle utilisait cette marque de respect et de distance pour qualifier un être qui voulait attenter à sa vie. L'Ange Blanc apprécia malgré tout son insulte. Elle était bien salée! Mais Eulalia poussait la Vampire à attaquer et c'était une bien mauvaise chose...


- Méfies-toi...grogna-t-il dans un vain conseil.

Puis tout s'accéléra.
Soudain, le premier sang fut versé et ce fut celui d'Eulalia.
Raphaël sentit monter derrière lui une palissade invisible le séparant de la belle chasseuse. Dans un cris de rage, il vit disparaître Fiora de sa vue et se retourna pour la voir accrochée au cou de sa bien-aimée. Une montée d'adrénaline lui fit louper deux battements de coeur. Il hurla sa rage et donna un coup d'épée dans la paroi noirâtre qui s'était maintenant formée entre eux. Le choc fut sourd, rien ne faillit. L'odeur du sang d'Eulalia envahit les sens du Vampire et réveilla une soif éteinte depuis sa première morsure dans son jardin. C'était son sang...SON sang...celui d'Eulalia et LE SIEN! De quel droit osait-elle...? Comment pouvait-elle...? Cette catin...porter ses mains sur elle...porter sa bouche contre elle...lécher sa peau...boire son sang...C'était insoutenable. Raphaël avait l'impression qu'on lui enlevait bien plus que son amante, comme un objet de désir, un être vital, un morceau d'âme. On souillait son bien! C'était une sensation affreusement désagréable, comme si l'on violait devant ses yeux la femme de sa vie, comme-ci l'on brisait une loi existentielle qui régissait ce monde.
Raphaël venait d'être confronté à la marque qu'il avait laissé sur Eulalia.


- Sale Garce! CATIN!! Lâche-la!!!

Sa rage se décupla. Il frappa à nouveau de son épée d'argent sur la paroi qui perdit un instant de sa texture tangible, comme-ci elle était prête à céder pour redevenir une illusion perméable.
Mais bien vite Fiora lâcha Eulalia qui en profita pour lui assener une gifle retentissante. La Vampire s'éloigna d'un bond en ricanant.
Raphaël attrapa le bras d'Eulalia pour la ramener à lui. Ses yeux luisaient d'un éclat violent.

Sortit alors de l'ombre derrière la Vampire un de ses élèves qui tenait une lionne énorme caparaçonnée dans une armure d'argent. Raphaël ouvrit la bouche d'étonnement. Comment pareil animal pouvait-il se trouver ici? Fiora était fière de l'effet produit par ce coup de théâtre. Le Hunter sentit que le métal était de l'argent, il fronça le nez et recula.


- De l'argent...

Cette Vampire était folle!
Avançant vers lui d'un pas lent et mesuré, Fiora s'amusa encore avec ses nerfs. Sa prestance la rendait terrible. Ces yeux, ces cheveux, ces vêtements...Tout chez elle accentuait sa démarche impérieuse.
Une tragédie...oui...A ce rythme-là elle allait en faire partie...Il ne suffisait plus qu'elle avance de quelques mètres et il pourrait aisément lui sauter au cou pour lui donner un rôle...

Mais alors Fiora jeta un regard particulièrement acide à Eulalia. Raphaël fléchit sous l'aura qui venait de s'étendre dans l'atmosphère. Alors qu'il s'appuyait sur son épée dont il venait de poser le bout au sol, il vit Eulalia partir en courant.


- EULALIA!! hurla-t-il dans un sursaut de panique.

Avec horreur, il vit sa bien-aimée fuir le combat et s'éloigner dans les sombres corridors de l'édifice. Ses armes étaient tombées au sol dans un bruit sourd.
Raphaël se passa une main sur le visage et ramena son attention sur Fiora qui était presque à sa portée.


- Saloperie...

Mais dans le même temps, il reçu un violent coup de pommeau dans l'estomac qui lui coupa le souffle. Reculant d'un bond en donnant un coup d'épée dans le vide pour éloigner Fiora de lui, il se redressa pour voir le dénommé Rachd se lancer à la poursuite d'Eulalia avec la lionne. Dans un râle de rage, il se tourna vers la Vampire au moment où cette dernière allait le lacérer en diagonal, la lame en avant cette fois-ci. Il s'en fallu de peu pour que le Hunter ne rejoigne le royaume des cieux tant il esquiva à un cheveu près la lame ennemie. Il avait manqué une seconde d'attention et cela avait faillit lui être fatal! Raphaël n'eut pas le temps de se remettre de ses émotions que la Vampire se jetait à nouveau sur lui enchainant des coups d'estoc mortels. Le Hunter esquiva bon nombre d'attaque en utilisant ses dons de rapidité, mais bien vite, l'expérience de Fiora le submergea. Il reçu un violent coup dans un rein qui le fit hurler de douleur, puis il esquiva de peu un nouveau coup vers son coeur qui dérapa le long de son flanc en ébréchant une de ses plus hautes côtes.

Dans un cri, il se jeta sur la Vampire alors qu'elle relâcha un peu sa garde pour l'observer avec un rictus amusé. Enchainant à son tour les coups, il fut perturbé par la rapidité de son adversaire et par la facilité avec laquelle elle devinait ses attaques. Mais bientôt, Raphaël trouva une faille et donna un bref coup en biais dans le but de toucher le bras dont se servait la Vampire pour utiliser son katana. Cependant, il ne réussit qu'à toucher sa main. L'argent d'Ira, son épée, brûla la peau de la Vampire dans un grésillement sinistre. Enfin il avait pu la toucher! Mais ce n'était qu'une égratignure...

Fiora le regarda avec amusement, encore, et s'esclaffa en songeant à Eulalia en prise avec la lionne et son complice. Se tenant le bassin tandis que son rein se reformait très lentement, Raphaël gémit de douleur et gronda de rage:


- LA FERME!! Je vais...te...tuer!

Il reçu alors une légère décharge d'électricité. Le Hunter recula tout d'abord mais lorsqu'il se rendit compte que ce n'était rien, en apparence tout du moins, il se relança à l'assaut. Cependant, son rein le torturait et sa douleur aux côtes le ralentissait. Enchainant plusieurs coups calculés, Raphaël tentait de ne pas penser à Eulalia. Son but était maintenant de tuer cette furie: temps qu'il ne l'aurait pas achevée, il ne pourrait pas secourir son aimée. Il recommença alors à frapper de plus belle vers Fiora. A un moment donné, il marcha sur son masque resté à terre et dérapa dessus brièvement, brisant l'objet sous sa botte. Sans se soucier de ce dernier, Raphaël continua ses attaques, changeant toujours d'angle pour tenter de surprendre son adversaire.

Mais soudain, alors qu'il allait asséner un nouveau coup, l'aura de la Vampire se développa à un tel point que Raphaël s'arrêta net. Il se mit à trembler et s'affaissa sur un genoux le souffle coupé. Quelle puissance! Elle était bien plus forte qu'il ne l'aurait cru...Quelle chance avait-il de la battre? Et le Comte? Finalement, ce pressentiment qui lui avait empoigné le coeur au départ, ce pessimisme dont il avait fait preuve face à ses compagnons d'armes...tout cela prenait son sens en cet instant: ils n'avaient pas la force pour vaincre ce soir...

La Vampire rengaina son arme et s'appuya contre un mur de façon détachée, comme s'il ne s'était rien passé. Elle n'était même pas essoufflée. Raphaël, lui, reprenait son souffle appuyé sur son épée. Il gardait un genoux à terre, épuisé et surtout blessé. Son rein percé n'allait pas cicatriser si rapidement. Il n'était pas de ces Vampires puissants qui savaient refermer leurs blessures en quelques minutes.
Obligé d'écouter la Vampire, Raphaël serra son poing sur la garde de son épée. Elle lui demandait pourquoi il voulait tuer le Comte? Quelle question idiote! Redressant la tête, il allait lui répondre lorsqu'elle lui révéla qu'elle n'agissait en réalité que pour son propre compte et qu'elle avait l'intention d'éliminer le Vampire en question une fois qu'elle en aurait décidé. Surpris, Raphaël commença à croire à ses histoires de protection des plus hauts. Le Comte s'était-il donc allié avec une Vampire qui criait son indépendance et refusait sa suprématie?


- Ne...commença Raphaël en se relevant lentement avec maintes difficultés. Ne...t'a-t-on jamais assez répété que notre...race...était maudite? Il lui sourit d'un air volontairement niais. Et que notre impureté ne saurait avoir de repos qu'en Enfer?

Avec une moue de douleur, le Hunter se redressa complètement, tenant de sa main gauche son flanc ensanglanté.

- Tuer un Vampire doit être une des actions le plus nobles qu'il soit...surtout quand ils ont atteint une telle puissance...

Raphaël ne mettait jamais tous les Vampires dans le même panier mais au fond de lui, il n'avait jamais tenté de dissocier les ''bons'' des ''mauvais''. Éliminer ces menaces était son but.

- Dieu nous a banni...nous sommes des meurtriers...assoiffés de sang...Tu nous l'as encore montré tout à l'heure! Rugit-il.

Le Hunter revit la scène où Fiora plantait ses crocs d'ivoire dans la peau d'Eulalia. Sa rage revint de plus belle envahir ses sens.


- Le Comte fait obstacle aux amours d'Alexender...toi tu fais obstacle aux miennes!

Sur ce cri, Raphaël se jeta sur Fiora l'épée en avant. Une de ses jambes restait paralysée par le précédent déploiement de son aura mais le Hunter réussit tout de même à la toucher de son épée d'argent.
Ce fut ce moment-là que choisirent les disciples du Comte pour apparaître. Encerclant leur combat, ils se mirent à se moquer de lui et à encourager Fiora. Raphaël en compta presque sept. C'était une situation désespérée dans l'état dans lequel il se trouvait. Ignorant cependant leur mesquineries, il se concentra sur Fiora et tenta de la toucher à nouveau.

Eulalia arriva alors en trombes. Elle avait défait la lionne et avait accouru jusqu'ici en esquivant les autres Vampires envoyé par le Comte. Raphaël la vit revenir à ses côtés, les disciples s'engagèrent alors dans la bataille qu'ils avaient laissé jusqu'ici à Fiora seule. Les épées des Hunters lançaient des étincelles à chaque choc et dans leur rage de survivre aucun d'eux ne fut à nouveau atteint. Les disciples se mêlaient de toute part, Fiora n'avait plus une cible précise: tous étaient pris dans le même combat.
L'incendie commençait à détruire l'ensemble du bâtiment. Déjà des flammes chauffaient leur peau et aveuglaient leurs yeux vampiriques. Quelques morceaux de bois enflammés tombaient parfois du toit. Raphaël voyait trouble mais sa volonté était forte, d'autant plus qu'il avait maintenant Eulalia à ses côtés.

Soudain, un coup de feu claqua dans l'air et les Vampires se tassèrent sur eux-même l'espace d'une seconde. Fiora venait d'être touchée à la cuisse. Raphaël ne s'en soucia pas, pensant à Alexender ou Stan, mais lorsqu'il entendit le hurlement de sa compagne, il se retourna vers la direction d'où était parti le tir.


- Maman? Murmura-t-il dans un souffle rauque.

Avec effroi il aperçu une femme d'âge mûr qui tenait un Bloody Rose dans ses mains. Fiora était déjà sur elle lorsque Raphaël hurla à son tour:


- Madame Grey!!

C'était trop tard. Le Bloody Rose glissa jusqu'aux pieds d'Eulalia et sa mère glissa dans l'autre monde. Raphaël esquiva un coup mortel en se baissant: les disciples continuaient leur lutte sans se préoccuper de la scène. Sans autre choix que de se défendre, le Hunter trancha dans le vif un Vampire et rejoignit Eulalia pour se poster à ses côtés et faire face à Fiora de nouveau. Il voulait empêcher sa compagne de se ruer sur elle et servait une nouvelle fois de rempart.

- Tu vas payer...rugit-il entre ses dents.

A ses pieds, une flaque noire se forma comme un liquide visqueux venu du sous-sol. Eulalia n'était pas affectée, elle avait les pieds dedans mais cela ne la mouillait pas ni n'essayait pas d'entrer dans ses bottines à travers leurs lacets. C'était comme une substance intangible venue d'ailleurs.
Des formes s'y mouvèrent alors et des sortes de serpents ailés, noirs comme l'ébène, cornus, tordus, écaillés, en sortirent pour remonter le long du corps de Raphaël et s'agripper à la peau de ses bras. Sa chemise en fut déchirée à se niveau-là et bientôt les créatures semblaient émaner des pores de sa peau elle-même. Raphaël sourit d'un air réellement sadique. Sa bile commençait à se déverser...son plus noir pouvoir se réveillait...Enfin, dans une cacophonie de cris monstrueux, quatre créatures se jetèrent sur Fiora pour l'écorcher de leurs griffes acérées, la mordre et insinuer dans son esprit des cauchemars infernaux.

Au bout de quelques minutes, Raphaël mit genoux à terre et son épée tomba sur le sol. Les créatures allaient être vaincues. La flaque noire s'était déjà atténuée et le Vampire commençait à flancher.


[HRP/ Fiora note que je ne porte pas mon manteau d'Hermine, trop blanc pour notre mission, mais bien des vêtements noirs et une cape noire à capuche! Smile - je suis épuisé, ne faites pas attention aux fautes ^^'/HRP]
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Alexender Von Ravellow
Hunter - "Criminel" en fuite
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Race : Humain
Classe sociale : Aristocrate déchu
Emploi/loisirs : Hunter / Il est recherché par le Yard et les Vampires de Jirômaru Keisuke.
Age : 25 ans
Proie(s) : Tous les Vampires, sauf Raphaël qu'il surveille maintenant sans chercher à l'assassiner. Le Comte Kei est son pire ennemi. Alexender peut aussi s'attaquer à des Loups-Garous.
Crédit Avatar : Personnage par Ayami Kojima.
MessageSujet: Re: Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42] Mar 6 Nov - 20:06

La pluie lui trempait le dos. Alexender commençait à ruminer sous sa cape imbibée. Pourquoi le feu mettait-il autant de temps à s'allumer? Que faisaient donc Raphaël et Eulalia? Avec un rictus amusé, Alexender imagina une foule de petites galanteries qu'ils pouvaient s'échanger...tout comme il en donnait régulièrement à ses domestiques, même si la comparaison n'était pas forcément la bienvenue aux vues du contexte actuel, d'autant qu'Eulalia n'avait pas le statut de domestique. Mais ainsi était le rouquin: toujours à plaisanter quand il ne le fallait pas forcément. Au fond, il espérait que les deux tourtereaux de l'enfer s'occupaient bien plus du feu que de leur amour interdit. Il priait presque que Raphaël sache défendre sa dulcinée.
Le Hunter serra les dents et souffla dans ses mains pour se réchauffer un peu. Une légère brise s'engouffrait dans sa ruelle pour lui glacer la peau même à travers ses gants. Il redevint sombre. Quel couple maudit! Un Vampire et une Humaine...c'était une bien mauvaise blague...Peut-être que Raphaël avait enfin enlevé son masque de fausse sympathie pour se jeter sur Eulalia et la dévorer entièrement? Peut-être qu'ils étaient trahis comme il l'avait toujours craint? Ce Vampire...non décidément il ne pouvait pas encore lui faire confiance...C'était inimaginable...Être aidé par une telle créature...jamais il n'y aurait songé.

Poussant un soupir d'exaspération, Alexender sortit de sa poche de pantalon une montre à gousset. La chaine tinta une seconde et les yeux du rouquin parcoururent les ornements dont était saturé l'objet brillant. Perdu un instant dans ses pensées, songeant à quelques bride de son passé empli de ténèbres, il finit par ouvrir l'instrument qui cliqueta doucement. Le Hunter jeta un coup d'oeil rapide à l'heure qui tournait sur le cadran vitré: ils étaient en retard...Cela ne signalait rien de bon.
Redressant la tête, le rouquin quitta le mur contre lequel il s'était appuyé et observa les toits avant de s'avancer prudemment vers l'extrémité de la ruelle. Il jeta un regard à l'entrée du théâtre qui s'agitait un peu. Étrangement, la garde avait doublée. Alexender n'y avait pas prêté attention jusqu'ici. Analysant la situation, il se rendit compte qu'il y avait trois types de gardiens. Des agents du Scotland Yard, très certainement aux vues de leur attitude droite et ordonnée, des gardes royaux bien mis en évidence avec leurs costumes caractéristiques, et un troisième genre d'hommes...Ces derniers étaient souvent vêtus de noir. Ils allaient et venaient pour surveiller l'entrée. Alexender serra les dents: c'était sûrement des Vampires dépêchés par le Comte! A moins que ce ne soient de simples Humains, mais il en doutait fortement. Pourquoi autant de précautions? Le Comte les attendait-il? Impossible! Surtout pas lui, Alexender, puisque le Vampire le croyait mort dans les égouts.

A cette idée le Hunter sourit. Oui...le Comte le croyait mort...c'était un avantage dont il saurait tirer partie au coeur de la bataille. L'effet de surprise serait fort! Cela ne pourrait que déstabiliser la créature décatie qu'il était.

Égaré dans ces pensées somme toute jubilatoires, Alexender gardait un oeil sur l'entrée. Soudain, il sentit une odeur caractéristique lui envahir le nez: le feu. Enfin l'incendie avait été lancé! Finalement il s'était inquiété pour rien! Il était temps pour lui d'agir.
Se faufilant discrètement derrière des poubelles, le Hunter réussit à atteindre la ruelle suivante pour se rapprocher de l'édifice visé. Pour le moment, l'évacuation n'avait pas encore commencé, il ne pouvait donc rien faire. Se jeter maintenant dans les bras des agents du Scotland Yard et de la reine n'était pas une bonne idée. Il avait attendu bien assez longtemps pour éviter ce genre de folie. La patience était encore de mise dans pareille situation. Inutile de gâcher toute cette attente sous la pluie.
Rabattant au maximum sa capuche sur son visage, Alexender remit correctement en place son masque et sortit son Bloddy Rose qu'il avait à l'arrière de son pantalon. Il vérifia le chargeur. Tout était prêt. Les balles empoisonnées enrobées d'argent luisirent un instant avant que le Hunter ne referme l'arme d'un geste professionnel. Le Comte ne perdait rien pour attendre...Avec un peu de chance, Thaddeus et Sarah l'aurait déjà coincé à son arrivée. Il espérait aussi que Stan était prêt à entrer lui aussi.

C'est alors qu'il se rendit compte que les hommes en noirs laissaient passer d'autres hommes qui se dirigèrent vers Milte & Co. Alexender fronça les sourcils et les suivit du regard. C'étaient cette fois-ci, sans aucun doute possible, des sbires du Comte. Ils avaient flairé le feu depuis un moment, c'était maintenant évident puisque la garde avait été renforcée avant même que l'odeur ne lui parvienne. Et ils allaient voir ce qu'il se passait dans le bâtiment d'à côté. Leur plan fonctionnait, le leurre était parfait. Mais au fond Alexender eut du mal à rester à sa place. Porter secours à Eulalia et Raphaël lui vint aussitôt à l'esprit. Ils allaient être submergé par le nombre de Vampires...

Les sens sur-développés de ces créatures énervaient au plus haut point le Hunter qui avait dû maintes fois y faire face. Il se sentait souvent démuni lorsqu'il se retrouvait engouffré dans un combat trop rapide pour l'oeil humain, trop vif et violent pour être normal...et leurs pouvoirs...Ils faisaient toujours froid dans le dos! Qu'allaient donc pouvoir faire le couple face à autant de Vampire à la fois? Ils étaient condamnés...Même si Raphaël possédait lui aussi des capacités hors-normes, comment pourrait-il vaincre autant d'ennemis en même temps?


- J'espère que tu sais ce que tu fais, décoloré...murmura-t-il entre ses dents.

Un brouhaha retint l'attention du Hunter qui s'était laissé aller un instant sur ces ombres furtives envoyées dans la nuit. Il se plaqua encore plus au mur qui lui servait de cachette et ramena son attention sur l'entrée du théâtre. L'évacuation commençait! Déjà des centaines de personnes s'amassaient devant le bâtiment et les gardiens mettaient tout en œuvre pour gérer la foule. Les spectateurs, dérangés dans leur pièce, grognaient, criaient, geignaient leur mécontentement. Mais lorsque les flammes de Milte & Co apparurent à tous dans une lueur rougeoyante, tous se pressèrent de s'éloigner des lieux. Alexender aperçu la lueur: il était grand temps d'entrer en scène!
Profitant de la confusion, il se lança au milieux des spectateurs qui envahissaient maintenant les rues. Tout le monde regardait l'édifice brûler et nul ne remarqua que cet homme vêtu de noir et qui allait dans le sens contraire de la foule portait un masque. Alexender fit tout son possible pour maintenir sa capuche rabaissée au maximum.
Arrivé à l'entrée, il constata que les gardiens n'étaient en réalité pas si dispersés que cela. Si le Scotland Yard et la garde royale s'affairaient en effet à guider les citoyens vers l'extérieur, les hommes en noir, eux, restaient à leur postes, furetant partout comme s'ils cherchaient quelqu'un. Alexender eut la désagréable impression qu'il se jetait dans un piège...Ils semblaient s'attendre à ce que quelqu'un profite du chaos pour entrer...

Comment allait-il faire? Son but était d'entrer discrètement mais il s'avérait que cela serait impossible.

Tentant le tout pour le tout, Alexender profita qu'un groupe sortait dans un affolement particulier pour bousculer violemment un des gardes en noir avant de pénétrer dans l'édifice dans un mouvement de cape. Le Vampire, qui ne s'était pas attendu à un tel choc, tomba sur son séant dans un cri de rage et se précipita à la suite du Hunter en entraînant ses deux compagnons et un membre du Scotland Yard.


- Arrêtez-le! Il veut attenter à la reine!

Perdu dans la foule sortante, Alexender joua des pieds et des mains pour mettre le maximum de distance entre lui et la porte d'entrée. Comment les gardiens pourraient le retrouver dans pareille anarchie? Heureux d'avoir réussi à forcer l'entrée, le Hunter se perdit encore volontairement au milieu des gens dans le hall pour monter ensuite les escaliers donnant sur le par-terre. Bousculant quelques spectateurs au passage, il déboula dans la salle de théâtre. Les étages étaient déjà vides et le par-terre se délestait de ses derniers invités.

Alexender stoppa net sa course. Le chemin central se présentait maintenant à lui. Jetant un regard directement concentré sur la scène, Alexender le vit. Il était là, en face de lui, sur les planches: le Comte. Sa cape rouge se noyait sur le fond qu'offrait le rideau derrière lui. Apparemment il discutait avec le chef d'orchestre.

Ni une ni deux, Alexender brandit son Bloody Rose et ouvrit la bouche pour hurler une injure.

Mais avant même qu'un seul son ne puisse sortir de sa gorge, avant même que son doigt n'appuie sur la gâchette de son arme, et alors qu'il ne s'y attendait pas le moins du monde, le Hunter sentit quelque chose lui traverser les chairs au niveau de son abdomen. Dans un cris de douleur, il bifurqua dans un coin sombre pour éviter de rester à découvert. Assis au sol, il enleva sa main de son ventre et sentit couler son sang entre ses doigts. Qu'est-ce que c'était? Une balle? Mais il n'avait rien entendu tirer! La douleur l'envahit. Il était touché de manière si habilement localisée qu'il avait du mal à respirer.
Il pesta. Il n'allait quand même pas crever là sans même avoir porté un seul coup au Comte? Mais que faisait Stan? Et où était Sarah? Et Thaddeus?


- Merde!

Les trois Vampires à sa poursuite et l'agent du Scotland Yard arrivèrent en trombes. Alexender profita de sa position latérale pour allonger ses jambes et les faire tomber dans l'allée les uns sur les autres. Se redressant en tremblant, il tira cinq balles sans attendre. Les Vampires hurlèrent. L'un d'eux, touché au coeur, parti en poussière, l'agent humain tomba pénétré d'une balle dans l'épaule et la cuisse droite, Alexender n'avait pas le temps de faire de distinction, un second Vampire resta au sol une balle figée dans son poitrail. Mais le dernier Vampire avait habilement esquivé la balle mal tirée qui avait traversé un siège derrière lui et il se jetait maintenant sur Alexender.

Alors qu'il voyait les griffes du Vampire fondre sur lui, le Hunter n'eut pas le temps de bouger davantage. Il reçu le coup au torse. Poussant un cri de rage, il asséna un coup de pied dans le ventre de son agresseur et se retourna pour se relever. Mais le Vampire l'attrapa par la jambe gauche et planta ses crocs dans son mollet. Un coup feu retentit. Mais ce n'était pas celui d'Alexender. Soulagé de son adversaire, le Hunter se retourna. Une main le saisit par le col et le releva avec une force surprenante. Alexender se retrouva nez-à-nez avec un homme d'une quarantaine d'années. Il portait une cape noire, un chapeau ample, des moustaches et une boucle d'oreille en forme d'anneau. Il avait tout du gitan. Un Bloody Rose fumait dans ses mains.


- Allons! Debout! Je suis un ami de Thaddeus! Le Comte nous a repéré et il y a un tireur embusqué! On ne peut pas rester là!

Alexender serra les dents. Il était déjà gravement blessé. S'appuyant un instant sur son nouveau compagnon, il se redressa et le suivit le long des rangées droites. Dans l'ombre d'un pilier, il s'affaissa.

- Bordel...gémit-il dans un souffle. Ça ne devait pas se passer comme ça...

- Chut...souffla le gitan alors qu'il s'accroupissait aux côté du rouquin. D'autres amis doivent arriver. Recharge ton arme.

Alexender grogna et se redressa un peu, le menton sur son poitrail ensanglanté. Il ouvrit son Bloddy Rose et replaça les balles manquantes. Fermant l'arme d'un coup sec, il jeta un regard à son allié.

- Et maintenant?

Il sentait qu'il ne pourrait pas aller bien loin. Cette fois, il n'en réchapperait certainement pas.

[HRP/ Je fais intervenir ce pnj, vous pouvez en faire intervenir d'autres. Fiora: je pars du principe que ton tireur Gérome a suivi les instructions du Comte et m'a tiré dessus ^^' dis-moi si ça ne te convient pas je changerai/HRP]
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MessageSujet: Re: Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42] Mer 7 Nov - 1:04

Wynn avait vu juste. Un bâtiment brûlait, au dehors. A peine avait-il flairé le danger que déjà, le public s'agitait. De la fosse, le vampire ne pouvait apercevoir quoi que ce soit, mais un spectateur s'en chargea pour lui. Les flammes devaient déjà darder leur langues incandescentes vers le ciel, menaçant le théâtre et tous les bâtiments alentours.
Le violoncelliste se tourna vers l'importun qui avait osé interrompre la pièce, lui jetant un regard glacial. Le musicien perfectionniste qu'il était avait horreur d'être interrompu... Surtout pendant la création d'une pièce comme celle ci. L'humain était-il donc fou? Avait-il peur du feu au point de hurler au désastre à la moindre flammèche? Wynn serra les dents en se tournant à nouveau vers l'orchestre.
Bien vite, il descendit de son estrade et fit signe aux musiciens de rejoindre les coulisses pour ranger leurs instruments et fuir au plus vite. Certains devraient sûrement laisser leurs biens sur place, mais leur vie était en jeu. Wynn avait beau être un vampire totalement désintéressé de la race humaine, il avait un grand respect pour les musiciens, et voir tant de talent sacrifié le chagrinait.
L'assassin ramassa son conducteur et son violoncelle, et les tendit au messager qui l'attendait patiemment dans les loges depuis le début de la pièce.


-Rapporte tout ça chez moi... Tu as l'adresse, alors dépêche toi de filer! S'il y a la moindre page brûlée tu auras affaire à moi..., grogna-t-il.

L'homme hocha vivement la tête, s'empara de l'instrument et des feuilles, puis quitta précipitamment les loges en empruntant la sortie des artistes.
Contrarié, Wynn regagna la fausse, embrassant la salle du regard. Quel gâchis... Briser ainsi un si beau spectacle! Qui pouvait dénigrer à ce point l'art? Songeant à cela, l'assassin tiqua et fronça les sourcils. Il venait de mettre le doigt sur une chose qui l'inquiétait depuis quelques minutes. Tout était bien trop évident, trop de coïncidences, quelque chose de minutieusement calculé... Le temps était pluvieux, le bâtiment de Milte & co vieux et mal isolé. Le feu ne pouvait s'être déclaré tout seul, le bois de l'édifice était bien trop humide, et le vampire était bien placé pour savoir qu'un feu ne pouvait naitre du néant. Il lui fallait une étincelle. Et cette rapidité d'action de la part de l'homme qui était intervenu lui semblait maintenant bien louche. Peut-être à tort, mais il l'avait trouvé bien prompt à réagir. Et si les deux éléments étaient liés? Si le feu n'était qu'un prétexte pour faire fuir le public et ainsi s'en prendre à la reine, par exemple? Parcourant la salle du regard, Wynn cherchait une ombre, un fugitif, un espion qui se serait glissé dans l'assistance, attendant son heure pour leur sauter à la gorge. Il remarqua la loge royale, déjà vide. Continuant leur course, ses yeux ne rencontrèrent pas non plus Sarah et sa famille.

Son rôle de chef d'orchestre s'était achevé avec le départ du public, et maintenant il n'avait plus personne à protéger. Il aurait pu s'en aller sans demander son reste, choisir de ne pas prendre part à un combat qui finalement, n'était pas le sien. Mais la fuite n'avait jamais fait partie de ses options. Il se sentait bien trop agacé et contrarié, déçu de ne pas avoir pu suivre la pièce jusqu'au bout, presque vexé de pas pouvoir lui donner le coup de baguette final. Il entendait bien terminer cette soirée en beauté, et dans le sang s'il le fallait.
Son agacement était cependant loin d'égaler la colère du Comte, qu'il sentait envahir le théâtre depuis quelques minutes déjà. L'aura lourde et ténébreuse que Wynn sentit évoluer autour de lui lui arracha une grimace de malaise. Le rideau tomba, et le violoncelliste fit face à l'aristocrate, dont la fureur marquait le regard. Levant un peu plus les yeux, l'assassin esquissa un léger sourire.


-On dirait bien, en effet... Quel dommage, la soirée avait si bien commencé! Je suppose qu'il s'agit là des parasites dont vous m'aviez parlé. Si la poésie ne leur sied guère, peut-être leur faut-il les armes pour comprendre! Répliqua le vampire dans un souffle.

Comme pour accompagner ses paroles, un homme encapuchonné fit irruption dans la salle, bousculant les derniers spectateurs et quelques disciples du Comte au passage. Un chuintement aigu se fit entendre, et une balle vint le cueillir avant même qu'il puisse faire le moindre mouvement, lui perçant l'abdomen. Il s'effondra sous le choc, faisant ricaner l'assassin qui n'avait toujours pas bougé de la fosse. Trois vampire semblaient déjà s'occuper de lui, il n'avait guère besoin de s'interposer tout de suite.
Ce n'est que lorsque les trois créatures furent abattues que Wynn se décida enfin à réagir. Un autre chasseur venait de se joindre au rouquin, renforçant ainsi le camp adverse.


-Et bien je crois que les festivités continuent! Je vais aller accueillir notre nouvel invité...

Soupirant doucement, le violoncelliste sautant par dessus la balustrade qui séparait la fosse des premiers rangs de spectateur, et s'avança dans l'allée centrale, cherchant les deux chasseurs du regard.

Qu'il l'aimait, ce petit jeu du chat et de la souris, prenant un malin plaisir à les chercher dans les moindres recoins... Sans état d'âme, il enjamba les corps poussiéreux des vampires et se figea. C'est à l'odeur du sang qu'il se fia, se glissant tel une ombre sous les piliers qui soutenaient les loges et les poulaillers.
Enfin, il les repéra. L'homme blessé peinait à se tenir debout, un masque lui couvrant le visage, tandis que l'autre chuchotait, accroupit à ses côtés. Un sourire mesquin naquit sur les lèvres du vampire, qui tenait toujours sa baguette de chef dans la main droite. Il la porta à hauteur de ses yeux et la regarda un instant. C'était un instrument très simple, une simple brindille polie et vernie, un objet en apparence si anodin et inoffensif... Qui ne servait qu'à battre la mesure. Regardant à nouveau les deux chasseurs, Wynn se décida à donner une nouvelle vie à cette insignifiant morceau de bois brun.
D'un geste vif, il lança le projectile. Avec une force et une précision incroyables, il alla se ficher dans l'oeil de l'homme au chapeau. Celui-ci hurla en tentant de retirer la baguette qui s'était profondément enfoncée dans son globe oculaire.
S'approchant doucement, sereinement, Wynn prit un air faussement désolé.


-Oh! Je suis navré, ma baguette m'a échappé! Je vous proposerais bien de la retirer mais... J'ai bien peur que cela ne soit inutile... Quel maladroit, vraiment!

Le vampire laissa échapper un ricanement plein de mépris et de méchanceté. Malgré son cynisme, il n'avait pas du tout envie de jouer, et encore moins de plaisanter. Il entendait bien se faire payer cette soirée avec le sang de ces chasseurs impétueux. L'homme blessé recula de quelques pas, manquant de trébucher à chaque pas. La douleur l'aveuglait mais déjà, Wynn reportait son attention sur l'autre chasseur. Son masque couvrait une partie de son visage, empêchant Wynn de le reconnaitre éventuellement, ou de déceler une quelconque expression faciale. Il ne voyait que ses yeux, un regard ambré animé d'une volonté sans faille. Sa poitrine saignait abondamment, le vampire s'accroupit à son tour et secoua la tête.

-Et bien et bien! Quel courage! Te jeter ainsi seul dans la bataille, c'est beau! Ca l'aurait été davantage si tu n'étais pas à moitié mort, bien sûr..., répliqua le vampire avec un sourire avant de retrouver son sérieux. Qu'espérais-tu? Tirer à tout va en espérant nous tuer tous? Téméraire! Bien trop téméraire! Maintenant... Tu peux encore fuir et sauver ta misérable carcasse, je te laisse une chance. Je n'aime pas abattre les estropiées...

Se relevant, Wynn le toisa de toute sa hauteur. En réalité, il n'avait pas vraiment envie de se battre contre un homme déjà bien mal en point. Lui donnant un violent coup de pied dans les côtes, il grogna.

-Aller debout!! Bats toi donc ou fiche le camp! Qui es-tu donc, d'ailleurs? Après qui en as-tu? Tu as le regard d'un homme courageux et déterminé, alors qu'est ce qui te pousse à venir ici?

Le vampire du résister à l'envie lui donner un autre coup de pied, tant la violence le démangeait. L'énervement lui faisait oublier sa mesure habituelle, tant et si bien qu'il du serrer vivement les poings pour rester stoïque. Il voulait comprendre, savoir ce que cherchait ce chasseur, ce qu'il cherchait à accomplir en venant ce soir là. Etait-il fou ou avait-il un intérêt tout particulier à défendre? Le Comte lui avait parlé des chasseurs qui chercheraient à faire obstacle à sa pièce et ses plans, mais cet homme masqué devait avoir bien plus à défendre, pour venir seul.
Wynn s'apprêtait déjà à relancer le hunter quand le cliquetis caractéristique d'un revolver l'interpela.


-Recule, suceur de sang ou je te troue le crâne! Fit une voix haineuse.

Sans même lui accorder un regard, l'assassin soupira. Il avait horreur d'être interrompu lorsqu'il parlait. D'un geste vif, il souleva un pan de sa veste et saisit l'un de ses revolver, attachés à sa ceinture. Tournant son regard ébène vers le nouveau venu, Wynn le toisa. C'était un homme d'une trentaine d'années, chétif, le visage émacié et creusé de grosses cernes. Pourtant, il se tenait droit, ne tremblait pas et regardait le vampire avec une lueur de défi dans les yeux.


-J'aimerais bien voir ça, grogna le vampire en appuyant sur la détente de son revolver.

La balle fut expulsée du canon et alla se loger dans la jambe du chasseur. Tout paraissait si simple, pour un vampire! Pour un oeil humain, l'action était allée bien trop vite, et l'homme aux yeux cernés de noir ploya le genou en gémissant de douleur, lâchant son arme au passage.
S'approchant, Wynn donna un coup dans l'arme avec le bout de sa botte de cuir, la mettant ainsi hors de portée.

Mais il s'était aussi montré trop imprudent, et avait sous estimé l'acharnement et la volonté des humains. Le gitan, qu'il pensait hors d'état de nuire, profita de se moment d'inattention de la part du vampire pour se jeter sur lui, un poignard en argent à la main.
Wynn réagit vivement, faisant volte face pour esquiver l'attaque, mais le geste était puissant. Si la lame ne toucha pas son coeur, elle alla néanmoins se plonger dans le creux de ses reins, lui arrachant un grognement de douleur.
Faisant un bond en arrière, le violoncelliste retira la lame d'argent et la jeta au loin. La blessure saignait abondamment et fumait, dégageant une abominable odeur de chair calciné. Portant la main à son flanc, le vampire grogna de douleur et se redressa, faisant face à ses ennemis. La plaie tuméfiée mettrait un certain temps à cicatriser, mais il n'en perdit pas pour autant son sourire. Un rictus froid et méprisant.


-Et bien... Quelle vivacité, pour un borgne!

Cependant, ce n'était pas lui qu'il voulait. Dès qu'il en aurait l'occasion, Wynn se débarrasserait du gitan. Ce qu'il voulait connaître, c'était les motivations du rouquin. Mais se défouler ainsi sur les deux autres chasseurs lui avait fait le plus grand bien.
Maintenant, les choses sérieuses pouvaient commencer.



[HRP: J'aime quand ça se bastonne! *o* Pardon pour les fautes, je n'ai plus toute ma tête, il est tard, je corrigerai ça demain soir! /HRP]


Dernière édition par Wynn Leichenhalle le Sam 17 Nov - 15:48, édité 1 fois
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Sarah Spencer
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MessageSujet: Re: Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42] Jeu 8 Nov - 18:05

Au théâtre.

L’ambiance était à son comble. Si le brouhaha constant de la foule pouvait sembler rassurent pour certain, il sillait aux oreilles de la chasseuse comme un murmure menaçant. L’angoisse lui serrait violament l’estomac et elle reteint pendant un moment une quinte de toux sévère qui manquait de lui faire régurgiter le maigre repas qu’elle avait prit plutôt. Elle avait chaud à en avoir des sueurs froides et la salle était définitivement beaucoup trop remplie. Fermant les yeux, la jeune femme inspira profondément pour se redonner constance. Pour l’instant, ils étaient dans les heures. Bientôt, le feu serait mit chez Milt and Co et l’évacuation du théâtre commencerait.

-Vous n’allez pas ma chère?

Sarah ouvrit de nouveau les yeux pour se tourner vers son père, qui la dévisageait avec une ombre d’inquiétude sur le visage. Mr Spencer était parfaitement habillé, comme à son habitude, un mélange discret de noblesse et de savoir se reflétait dans ses vêtements jusqu’au nœud simple de sa cravate. Avec un pâle sourire, la jeune femme tenta une boutade pour éviter tout doute.

-Bien sur, père, je songeais simplement que tous les galants ici présent nous retarderaient lorsque nous quitterons.

Son père reteint le sourire qu’elle espérait avant de reporter son attention sur le devant de la scène où le lourd rideau pourpre tardait à être levé. Heureuse de pouvoir se plonger de nouveau dans ses pensées, l’aristocrate porta à son tour ses yeux d’azur vers la salle. Elle n’avait toujours pas vue la silhouette inquiétante du comte. À ce moment ci de l’organisation, il devait être en train de veiller au dernier préparatif de la pièce. C’était sans doute beaucoup mieux ainsi, de cette manière, leur confrontation était retarder. La jeune femme ne pouvait savoir qu’à ce moment même, le Comte la regardait, de sa cachette. À travers les voix de la salle, la chasseuse, attentive, entendit soudainement quelques notes claires. Se redressant sur son siège, elle vit le maestro guider ses musiciens tandis que la musique prenait de la force en sonorité. Le silence se fit dans la salle avec une lenteur caractéristique des hauts rangs. Lorsque tout fut silencieux, la musique cessa et le metteur en scène entra sur les planches. La magicienne se crispa sur son siège en le voyant entrer. Autour d’elle, les femmes soupirèrent d’envie, leurs yeux brillant de dévotion et de passion, tandis que les hommes se redressaient sur leur personne, imperceptiblement. Il faut dire que le comte était imposant et en allure se soir. Ses longs cheveux blanc, peignée avec soin, encadrait son visage aux traits enjôleurs et qui se voulait joyeux. Ses vêtements riches lui seyaient à merveille, dévoilant sa carrure imposante. Tout les visages était fixé sur lui, attendant avec un soif particulière, les mots auquel ils s’abreuveraient sous peu. Fier de son effet, le vampire attendit quelques secondes avant de commencer à parler.

- Notre reine bien aimée, ladies and gentlemen, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue et de me présenter.

Sarah fronça les sourcils d’une manière élégante tandis que l’homme effectuait une petite courbette à l’avant. Était-ce vraiment nécessaire? Le comte, lord de premier rang, n’avait nullement besoin de se présenter. Si son visage n’était connue que d’une partie des aristocrates, son nom lui résonnait jusqu’au écho lointain des paysans. Non vraiment, c’était encore une mise en scène de sa part. La chasseuse décida de rester aux aguets. Il allait sans doute simplement répéter la mise en scène avant de laisser la reine officialiser l’ouverture. Puis la pièce commencerait.

- Moi, Keisuke Jirômaru, ai été désigné par notre souveraine ici présente pour rénover cet édifice grandiose et présenter la première pièce de la saison. C'est avec un insigne honneur que je vais laisser à notre reine le plaisir d'annoncer l'ouverture de cette soirée.

Comme la majorité des gens présent dans la salle, l’aristocrate se retourna, un sourire admiratif aux lèvres. La reine rayonnait de sa loge officielle. Avec une prestance royale, elle se leva pour proclamer son discours d’une voix forte qui imposait le respect.

- Nous, Alexandrine Victoire de Hanovre, fille d'Edward Augustus, duc de Kent et Strathearn, et de Victoria de Saxe-Cobourg-Saalfeld, déclarons les portes du Grand Théâtre ouvertes pour cette nouvelle saison ! Sa rénovation en fera le nouveau joyau de notre couronne. Nous remercions Keisuke Jirômaru et Sir Charles Barry pour leurs efforts et déclarons la pièce de Coriolan lancée !

Une véritable clameur s’éleva de la foule tandis que la reine reprenait place sous un tonnerre d’applaudissement. Malgré ses pensées sombres, la chasseuse se laissa aller aux applaudissements également. C’était un fait établis, le peuple de Londres aimait sa reine de tout cœur. L’esprit un peu plus léger, la demoiselle rapporta ses pensées sur la scène. La pièce allait maintenant pouvoir commencer. Le silence revient mais le comte resta sur scène sans bouger. Un vague murmure se divulgua entre les spectateurs. Le vampire attendit un instant avant de reprendre.

- Avant de commencer l'animation de la scène avec les délires antiques de notre cher Coriolan, j'aimerais vous entretenir d'une chose qui me tient à cœur.

L’héritière Spencer devient livide tandis que ses yeux se mirent à briller. Pour avoir assisté à plusieurs pièces de théâtre notoire, toutes avaient un schéma de déroulement bien précis. On ne s’en départissait que pour une raison particulière. Le murmure de la foule augmenta sans toutes fois devenir très sonore. La plupart des gens étaient suspendue aux lèvres pâles du comte, tout comme Sarah. Il commença à parler de rumeur en se ridiculisant lui-même. Si les jeunes dandys ébauchèrent des sourires moqueurs, les plus vieux fronçait les sourcils de désapprobation. Le vampire parla alors de sa femme décéder et comme tous les spectateurs, Sarah afficha une stupéfaction des plus totales. Le comte poursuivit ses explications se qui détendit la salle au contraire de la chasseuse qui se crispait de plus en plus sur son siège. Mais où voulait-il en venir? Se comparant à Pénélope, Jirômaru conclut qu’il n’attendrait plus l’amour. La salle s’exclama bruyamment et ce fut avec une perfidité sans nom que sa demande claqua sur cette soudaine joie, imposant un coup de stupeur de nouveau à tout les gens présent.

- Si monsieur Spencer veut bien se lever...

Le silence dura un moment puis toutes les têtes se tournèrent vers la famille Spencer. Les dames dévisagèrent la jeune demoiselle avec un mélange de jalousie et de frustration tandis que derrière leurs éventails, elles laissaient leur venin augmenter celui de leur voisine. Certes la demoiselle était belle mais à son âge, elle ne pouvait en aucun cas satisfaire un homme d’âge mur et du statut social du Comte Keï. D’ailleurs ne racontait pas dans certain salon qu’elle avait une relation déjà établis avec le Sieur Ravellow? Les jeunes dandys quant à eu affichèrent une mine déconfire en voyant que l’aristocrate s’appropriait ainsi par un coup sur, la main de la jeune héritière. Madame Spencer ne pu retenir un sourire de satisfaction tandis que sa fille restait immobile, totalement stupéfaite. De tous ce à quoi elle c’était attendue, ce scénario était le plus loin de ses spéculations. Le premier à réagir fut son père. Dorian Spencer se leva avec une prestance qui imposa le silence immédiat au gens qui l’entourait, faisant taire ainsi les chuchotements désagréables. Le visage neutre et inexpressif, il se teint droit tandis que sa fille lui jetait des regards affolé. Le comte, sans doute satisfait de la situation, poursuivit une fois l’homme levé.

- J'ai attendu dix années que votre fille ne soit en âge de se marier, afin d'éviter de ne la déranger dans son jeune prélude et pour préserver votre famille des tensions d'un arrangement précoce, voilà les raisons de ce célibat si prolongé. Je me suis toujours destiné à sa personne, depuis que je l'ai rencontrée à votre bras. Jamais je ne me destinerai à une autre, mon choix est déjà fait depuis longtemps.

À chaque mot, la chasseuse sentait un malaise grandir. Son visage livide de couleur, elle était incapable d’esquiver un semblant de sourire à la galerie, malgré les pincées douloureuses et subtiles de sa mère. Monsieur Spencer gardait un silence coït. Il lui était impossible de faire autrement après tout. Le comte avait joué avec les règles de société pour tirer à son avantage la situation.

-Aujourd'hui, Sarah a atteint un âge convenable pour songer à ce genre de chose. Elle est maintenant prête, je le pense, à endosser son rôle de femme. Monsieur Spencer, à vous qui avez tant fait pour notre royaume, à vous dont la famille n'a plus à prouver sa valeur et son rang, je demande la main de votre fille, Sarah.

Monsieur Spencer resta interdit, ne prenant guère une attitude orgueilleuse comme l’aurait fait n’importe quel autre homme de se voir offrir une position si avantageuse.

- Ne pensez pas, Monsieur Spencer, que cette demande soit faite en public pour vous forcer la main, ni celle de votre fille, car votre choix restera ma ligne de conduite future et je saurai l'accepter avec respect, quel qu'il soit. Mais songez bien que je voulais que Londres comprenne cette demande tardive et ne vous importune point pour un silence que vous-même ne pouviez pas prévoir.

D’un geste brusque, l’héritière ouvrit son éventail avant de l’agiter devant son beau visage cherché un peu d’air qui avait quitté ses poumons. Dorian Spencer, malgré le poids des regards restaient avec une grande courtoisie sans faille. Ses lèvres étaient étirées en un sourire mondain qui ne révélait rien de ses pensées.

-Reprenez place, je vous en prie. J'attends votre réponse après la pièce, demain, nous nous rencontrerons, si vous le voulez bien. Pour l'heure, vous avez devant vous tout le temps d'y réfléchir et d'en converser avec votre femme. J'ose espérer compter sur votre bienveillance...

Après une inclination de la tête en signe de respect, le père tourna le regard vers la reine avant de refaire le même geste avec toute la dévotion qui lui devait, puis il se rassit à sa place. Sarah tenta aussitôt de lui adresser un mot mais son regard l’intima au silence. Ce n’était ni le lieu, ni le moment et malgré son caractère impulsif et parfois effronté, Monsieur Spencer ne tolèrerais en aucun cas qu’elle ose répliquer. Se retournant vers la scène, la Chasseuse affronta le comte du regard avec une colère bouillonnante. Il lui en fallait peu pour qu’elle décide de l’enflammer directement sur les planches de son cher théâtre. Il avait tout prévus, c’était certain. L’invitation était beaucoup trop particulière pour ne pas qu’elle soit sans but précis. Les poings serrés à en faire blanchir ses jointures, la jeune femme devait faire des efforts sur humains pour ne pas afficher son mépris devant tous. Les regards étaient encore sur elle et une telle attitude lui aurait valu des reproches immédiats. Sa famille ne pouvait se permettre de subir les foudres de la société.

Le comte commença la présentation des acteurs et la mise en situation de la pièce. Malgré les costumes merveilleusement bien fait, la jeune femme reconnaissait facilement les vampires qu’elle avait déjà croisés sous Londres. La pièce commençait sans que l’intérêt artistique de l’héritière Spencer ne soit suscité. Sa colère en ce moment était si grande qu’elle ne pouvait se concentrer sur rien. Autour d’elle, les gens commencèrent à se laisser entrainer dans l’histoire de Coriolan. Les décors et les effets mécaniques suscitaient beaucoup d’émerveillement chez le public qui étaient rivés sur l’action qui se déroulait sur scène. Malgré l’absence du comte, Sarah sentait son regard brulant sur sa nuque. Comment pouvait-elle finir par être marié à ce monstre? La simple possibilité lui levait le cœur au point de l’évanouir. Jamais une telle chose ne se produirait. De sa position, la jeune femme ne pouvait jeter des coups d’œil sur la lucarne et observer le toit de Milt and Co. Il lui fallait rester immobile et patiente, souhaitant que le père d’Eulalia intervienne à temps pour que cesse cette mascarade.

Une éternité sembla s’écouler. La pièce avançait avec un rythme entrainant. L’acte 2 était presque terminé et le signal n’avait toujours pas été donné. L’anxiété repris la magicienne. Et si le plan n’avait pas lieu? Les alentours étaient certainement surveiller par les sbires du comte. Le stresse reprit la demoiselle manquant de la faire mourir sur place. Rester dans l’ignorance sans pouvoir bouger était tout simplement insupportable. Soudain, une voix puissante fendit l’air, faisant littéralement sursauter la belle sur son siège de velours. Plusieurs têtes se tournèrent dans sa direction tandis que l’orchestre s’arrêtait avec une lenteur incertaine. L’homme, un prêtre selon ses vêtements, était situé plus haut dans les bancs. Debout, il attirait l’attention.

- Ladies and Gentlemen, restez calmes ! Le bâtiment désaffecté voisin du Théâtre est en train de prendre feu mais nous pouvons tous sortit à temps si vous m'écoutez ! Sortez dans le plus grand calme et laissez la priorité aux femmes enceintes et aux personnes âgées ! Si vous suivez ce que j'ai dit, personne ne sera blessé !

Un murmure s’intensifia dans la salle, certain ramassant déjà leur effet tandis que les femmes poussait de petites exclamations. Sarah du faire un effort colossale pour ne pas bondir de son siège et quitter tout de suite. Un brouhaha s’éleva ensuite d’un seul bloc tandis que tout le monde commençait déjà à se bousculer pour quitter rapidement.

- SILENCE ! Tenez-vous tous à mourir ce soir ? Écoutez-moi et tout se passera bien. Je suis pasteur et j'ai déjà dû faire face à des situations semblables ! Laissez descendre les personnes présentes à l'étage puis aux loges et enfin, les personnes dans la salle. Pas de précipitation surtout mesdames et messieurs!

Tournant la tête vers la loge royale, la magicienne vit la reine quitter les lieux rapidement. Hors, si les plus peureux se hâtait de quitter leur place, il y avait encore une certaine hésitation parmi les gens. Fixant un pamphlet qui trainait sur un banc, quelque rangée plus bas, la jeune femme invoqua ses dons magiques pour l’enflammer. L’un des coins se mit à bruler, tranquillement, c’était à peine une petite flamme, simplement assez suffisante pour faire monter de la fumer de son emplacement. En voyant les voluptés blanches, une dame poussa un cri, persuadé que le feu était déjà rendu dans le théâtre. Son exclamation de peur accentua la rapidité de l’évacuation et cette fois, tout le monde se dépêcha de quitter la salle.

Au milieu du brouhaha, de la foule et des gens qui se bousculait pour quitter tous plus rapidement les lieux que leurs voisins, plusieurs querelle éclata. Un noble se fâcha de se faire dépasser par un bourgeois en dessous de sa condition. Les cris fusèrent et les coups aussi. Le Scotland Yard eu du mal à gérer l’évacuation. Au moins la reine était déjà en route pour son palais et le reste des effectifs avait beaucoup moins de préoccupation. Sarah profita du désordre général pour s’éclipser rendue au niveau du hall. On cria plus loin que quelqu’un tentait de tuer la reine. La panique repris et les gens se mirent à courir dans tout les sens. À l’ombre d’une colonnade, bien camouflé, la demoiselle attendit que les dernières personnes quittent les lieux. Lorsque le premier hall près de la salle de théâtre fut vide, la magicienne usa de ses pouvoirs pour refermer la grande porte qui menait au hall d’entré. Le lourd loquet abaissé, il était maintenant impossible de rentré par ici. Fière de son coup, la jeune demoiselle admirait fièrement son travail lorsqu’une main se posa sur son épaule. Elle se retourna d’un bloc prêt à réagir mes elle croisa les yeux attentifs et brillant derrière des petites lunettes d’or.


-Monsieur Wallas!

L’agent du Scotland Yard esquissa un sourire avant de redresser son chapeau melon.

-C’est une belle pagaille que nous avons là... Je vais en avoir pour des semaines à faire des rapports.

-Le temps presse monsieur...

-Oui, oui, bien sur... J’ai apporté ce que vous m’avez demandé.

-Parfait.

Sans plus attendre, la chasseuse souleva le tissu qui recouvrait ses hanches, dévoilant des boutons qui retenait la grande jupe de sa robe. Elle détacha ceux de devant pour les rattacher à l’arrière de son dos. La robe ainsi placé, l’effet changeait complètement. Sarah se retrouvait maintenant vêtue de la même robe bleu dont le devant arrêtait à ses genoux. L’arrière était attacher dans le bas de son dos et les pans retombaient en un seul bloc de tissus jusqu’à la moitié de ses mollets. Aucun jupon ni tuiles n’avait encombré son habillement, aussi la jeune femme n’avait pas eu à se soucier d’une quel conte commodité de ses accessoires à la mode. À ses pieds, ses bottes souples noires complétaient son habit. Se retournant vers l’homme, la magicienne prit les objets qu’il lui tendait avec rapidité : Une ceinture de cuir auquel étaient attaché une petite dague d’argent et un carquois remplis de flèche d’argent. Puis, il lui tendit son arc et la chasseuse souri pour elle-même. Elle était prête. Wallas ne dit rien, habituer qu’il était de la voir ainsi vêtue. Leur route c’était croiser alors qu’il enquêtait sur un mystérieux tueur à Whitechapelle. Rapidement le monde obscur c’était révéler à ses yeux et c’était pour cette raison qu’il avait accepté d’aider la jeune femme se soir. Sarah lui fit un petit signe de tête.

-Merci.

-Je resterai ici pour retarder les autres membres d’intervenir rapidement...prenez ceci.

Il lui tendit un petit pistolet avec un clin d’œil avant de tourner les talons. Fin prête, la demoiselle se mit l’arme à sa ceinture et se dirigea rapidement vers les escaliers qui menaient aux loges. Elle aurait une meilleure utilité en hauteur. Un bruissement sur sa droite attira son attention. Avant même qu’elle n’esquive le moindre mouvement, une main dure attrapa son épaule avant de la relâcher, brulé par la poudre d’argent qui recouvrait la peau de la demoiselle. Se retournant d’un bloc, la chasseuse repoussa son agresseur avant de lui décocher une flèche à bout portant qui se ficha dans son cœur. Elle continua son acensions ne laissant qu’un tas de poussière derrière elle.

Arrivé au premier balcon, la demoiselle y entra afin d’avoir une vue sur l’entièreté du théâtre. À sa droite, un combat se déroulait : Un homme aux longs cheveux blond presque blancs était entouré de trois hommes gravement blessé. L’un avait une baguette dans l’œil, l’autre était blesser à la jambe et le dernier, un homme avec une cape et vêtue de noir était au sol, du sang coulant de sa poitrine. Il ne pouvait s’agir que de Stan ou d’Alexander. L’homme qui se tenait encore debout près d’eux ne pouvait être qu’un vampire. D’ailleurs en se concentrant, Sarah reconnue le maitre musicien. Regardant la salle, la magicienne vit deux hommes qui s’apprêtaient à rejoindre le maestro sans doute pour achever les hunters. Prenant une grande respiration, la chasseuse décocha trois flèches l’une à la suite de l’autre. Les deux premières touchèrent leur cible, les deux hommes qui s’avançait, la dernière visait le maestro.


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Fiora Hagane
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Race : Vampire
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Secte : Indépendant
Clan : Temeres
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MessageSujet: Re: Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42] Jeu 15 Nov - 20:25

Au Milte & Co : Fiora

La française était totalement satisfaite d'elle: ses provocations avaient eu l'effet recherché et elle avait mis son adversaire hors de lui. Or il est bien connu que lorsque l'on est en colère on fait souvent des erreurs, cependant, même en colère, Fiora ne faisait que rarement des erreurs. Le coup qu'elle avait reçu venant d'Eulalia n'avait laissé aucune trace sur sa peau parfaite. 

Parmis les coups qu'elle et Raphaël s'étaient échangés, elle avait réussi à percer l'un des reins du Vampire même si elle avait simplement voulu jouer avec lui: voilà qui trahissait grandement le jeune âge de son adversaire. Il se débrouillait bien à l'épée, mais même si la blessure qu'il avait reçu n'était pas en argent elle mettrait du temps à cicatriser. Il avait perdu du sang et cela l’affaiblirait même s'il se soignait par on ne sait quel moyen.

Fiora l'avait ensuite écouté, arme rengainée. Il parlait après avoir pris son aura de plein fouet, lui disant que sa race était maudite.


- Non... cette race que tu trouves maudite, et qui donc te maudit toi-même existe pour faire avancer les humains, même si le prix à payer pour faire avancer le monde entier, est la mort de certains d'entre eux. 

Elle sourit, et l'écouta. Alors selon lui, tuer un vampire était une action noble ? Elle reprit avec un sourire moqueur: 

- Voilà pour toi... Elle matérialisa avec de l'ombre une cordeSuicide toi donc... voilà un vampire que tu auras tué...Elle fit cesser le jeu avec cet humour que nul sauf elle supportait.

L'écoutant à nouveau elle se rendit compte qu'il était bien dégénéré et que la folie l'emmenait un peu plus à chaque utilisation de ses pouvoirs comme disait si bien Igort. 

- Dieu ? Tu parles de l'abrutis qu'on a crucifié ? Avec des clous dans le corps ? Elle explosa de rire. Ne me fait pas rire, les seuls dieux qui sont efficaces sont les dieux asiatiques, ceux que je prie chaque jour depuis plus de trois-cent ans. Susano le dieu de la foudre dans la mythologie japonaise est celui qui m'a donné un pouvoir qui mettrait même le Comte à mal sans aucun problème.

Elle le prenait en pitié. Soupirant elle le regarda, ce pauvre jeune homme croyait donc en Jésus est ses petits anges ? Foutaises, la religion chrétienne était uniquement celle qui assassinait sans raison, ou par convoitise, même si elle s'était certes battue à une époque au nom de cette religion pour Jeanne, cette femme qui l'avait rendu si forte, cette femme qui lui avait appris que chacun avait ses propres idéaux, et que l'on pouvait dire qu'on ne les aimait pas, mais que l'on devait toujours respecter, Fiora n'y avait aucune allégeance. 

Raphaël lui déblatéra que le Comte faisait face aux amours d'Alexender, qui était-il ? Et qu'elle faisait face aux siens, ceux de Raphaël. Elle n'eut pas le temps de rire que l'épée d'argent qui servait d'arme au Vampire s'enfonça dans son bras. Retenant un hurlement de douleur, moins fort qu'un vampire ordinaire elle lui sourit sadiquement. 


- Pauvre fou... on dirait moi à ton âge! Prendre des risques qui ne sont pas loyaux...attaquer une femme, une adversaire arme rengainée... 

Sans continuer elle regarda ses mains: les deux mains du hunter étaient sur les siennes...Aussi contracta-t-elle les muscles se sont bras transperçé, ce qui lui causa une certaine douleur, afin de lui déccrocher un coup de poing dans la mâchoire suivit d' n autre avec le second bras en uppercut par le bas sous le menton puis d'un coup de boule franchement mérité dans le nez. Elle savait qu'il n'aurait pas bien mal, mais la suite risquait d'être drôle: ses actions précédentes visaient à le déconcentrer un peu. Elle le poussa donc ensuite avec un coup au niveau du plexus solaire et se dégagea. Son bras était en sang, il était encore fonctionnel mais relativement endommagé.

Elle sentit juste l'arrivée des sbires du Comte et l'aura de Rachd. Il était blessé mais lui fit un récapitulatif du combat. 


**********************************
Rachd :

Ils étaient l'un face à l'autre, l'humaine et le vampire, la jeune femme lui jeta quelques insultes sur Fiora, Rachd répondit calmement.

- Fiora n'est pas lâche, si elle a fait ça c'est pour deux raisons. La première par un semblant de loyauté, un combat, un vrais, c'est du un contre un, non un contre deux. N'es-tu pas d'accord ? La seconde, concerne sa vie privée, Fiora n'as pas toujours été cette femme de la haute aristocratie, elle l'a mérité par des actes courageux. Lors de son voyage au Japon, elle a eut un mari. Yuko Hagane, cependant il est mort devant elle, tué par un chef mafieux alors que son mari n'était qu'un forgeron sans histoire. Voilà pourquoi elle t'a fait fuir. Voilà pourquoi j''ai ramassé tes armes, car elle n'est pas lâche, elle respecte les humains, sauf ceux qui portent atteintes à nos objectifs. Comme vous ce soir. Il fit une pauseC'est Fiora qui m'a transformé en vampire, de mon plein grès aussi. Je ne suis pas un chien. Fiora n'est pas comme le Comte à prendre ses alliés pour des sbires, à rester froid comme lui. Non, elle nous traite en égaux, comme une famille. Après, elle doit parfois faire usage de certains moyens pour arriver à ses fins.

Le combat s'était engagé et il avait reçu une bonne blessures au bras, mais il n'avait lâché aucun cri, trop entraîné à la douleur. Il s'étaient poursuivis l'un l'autre et, même si l'humaine avait reçu beaucoup de blessures, sa lionne avait été vaincue et il avait dû fuir malgré la présence des sbires du Comte. 

**********************************
Fiora :

Fiora avait attentivement écouté Raphaël en lui faisant face. Katana dégainé, elle avait esquivé ou paré habilement tous ses assauts comme les précédents. Cependant elle vit Eulalia arriver en pleine forme et demanda silencieusement à Rachd.

- Tu ne m'avais pas dis qu'elle était couverte de blessures ?

- Mais... c'est vrai, elle n'aurait pas l'extraordinaire faculté de se soigner si rapidement ? C'est peu probable.

- Et pourtant oui, ma marque de crocs n'est presque plus làFinit la vampire.

L'incendie avançait rapidement, des petits morceaux tombaient de temps à autres entre elle et son opposant, entre quelques coups d'estoc, taillades ou autre. 

Peu après l'arrivée d'Eulalia, alors que Fiora combattait Raphaël et cette dernière au milieux des sbires du Comte, elle arriva à un moment à repousser Raphaël par un long coup horizontal et parvint de l'autre main à attraper Eulalia par le cou. 


- Au moins... tu ne verras pas l'homme que tu aimes mourir devant tes yeux...lui murmura-t-elle au moment d'enfoncer son katana dans le cœur de l'humaine.

Mais un coup de feu retentit et elle lâcha enfin un cri de douleur, sentant le liquide infâme du Bloody Rose se répandre en elle. Fiora regarda avec des yeux d'assassin la personne qui lui avait tiré dessus. Elle vit alors une pauvre femme avec un Bloody dans les mains. Jetant son opposante au sol, elle se dirigea vers elle d'un pas rapide. 

- Ça s'improvise tireur maintenant... pauvre folle...ragea-t-elleTu vas apprendre ce que veux dire tirer, et subir aussi ! Son ton était froid, colérique au possible et son aura fut déployée au maximum, si bien qu'elle cloua au sol les sbires du Comte.

Un simple geste de sa jambe valide et un Bloody accroché derrière le talon se décrocha pour valser en l'air. Fiora l'attrapa, c'était une arme à double crosse, double chargeur et double canon. D'un autre geste ample et répété des dizaines de fois, elle tira deux coup: les deux premières balles se logèrent dans la bouche ouverte de la pauvre femme et explosèrent dans son crâne en fêlant son cou, les deux autres, prenant comme logement les yeux, réduirent le peu d'humanité qu'il restait au visage à l'état de néant. Le corps tomba au sol après maintes effusions de sang mêlées aux morceaux d'ossements. 

Fiora rangea l'arme et reporta son regard sur Raphaël qui déployait un liquide étrange. Aussitôt, des monstres venus des enfers arrivèrent. En voyant ce pouvoirs elle sourit. 


- Toi, je te veux dans le Protectorat. C'est irréfutable.

Les monstres se jetèrent sur elle, le combat débuta. Fiora ripostait comme elle le pouvait, mais il lui fallu tenter d'ignorer la douleur un petit temps pour se concentrer sur le combat. La bataille était acharnée et féroce, si bien que Fiora reçu quelques lacérations sur les bras, mais très légères et qui se régénéraient rapidement sans totalement se fermer pour autant. Elle réussit à exploser un des monstres en vidant un chargeur de Bloody Rose dessus qu'elle rechargea ensuite rapidement. Il ne lui restait que quatre chargeurs. 

Cependant, au bout d'un moment, elle fut coincée: les deux bras bloqués, un démon pour chaque...Le second qui avait des bras en longues lames comme une mante religieuse, planta ses bras dans ses épaules, si bien que Fiora hurla et cracha un peu de sang au sol. Elle l'avait senti...ses nerfs et ses articulations venaient d'être coupés...Combien de mois lui faudrait-t-il, ou de combien de litres de bon sang aurait-t-elle besoin pour cicatriser d'une telle attaque ?

Étrangement, elle se revit des années avant, trois-cent ans plus tôt, le jour de la mort de son mari. Il avait péri devant elle, qui était alors dans cette même position. Elle était restée immobile pendant que son mari se faisait abattre avec une rare violence. La folie la prenait...Fiora se mit à pleurer, les larmes coulant à flots sur ses joues.


- Yuko ! Yuko ! Sa voix hurlait toute la douleur qu'elle avait au plus profond d'elle. Puis elle releva la tête fixant le vide avant de hurler encore: YUKO !

Soudain son regard devint noir. Fixant tout le monde en même temps, une haine plus forte que toutes celles qu'elle avait ressenties jusqu'à ce jour l'anima. D'une simple extension d'aura plus puissance que jamais, elle se libéra, et même Rachd fut plaqué au sol. Puis, tournant sur elle-même Fiora donna un monumental coup de pieds dans la face d'un montre l’exposant sur le coup avant d’enchaîner sans utiliser ses bras sur les deux autres, son aura se concentrait autour d'elle. Elle plongea ensuite son regard dans celui de Raphaël.

- Comment as-tu osé, me refaire vivre ce moment, le plus douloureux de ma vie !? Tu vas payer, mourir, crever, te faire charcuter, jusqu'à être néant! Son sourire fou, sadique, montrait qu'elle avait perdu la raison et c'était bien là le problème.

Ramassant son katana avec un pied elle prit la garde entre ses dents avant de concentrer toute son aura et la libérant d'un coup sous forme d'ombre, prit par une soudaine paniques, les sbires du Comte fuirent tous ensemble, s'éparpillant comme des insecte voyant un pieds arriver vers eux.


-Ils me gênaient ces pauvres chiens. Même si je n'ai plus mes bras et qu'il me manque une partie de mes jambes, tu vas apprendre le vrai sens du mot puissance...

Fiora était folle: revivre ce moment atroce, le pire moment qu'elle avait vécu jusqu'à présent, venait de faire naître en elle un déclic, comme si un rouage qui n'avait jamais voulu tourner se mettait soudainement à bouger dans sa grande mécanique, et ce à une vitesse impressionnante, déraillant son système, sa raison, ses muscles, tout, pour finalement tout accélérer, comme pour servir une rage ultime. 

Elle commença à courir vers le vampire aux cheveux blancs, faisant voler grâce à un tour habile avec ses pieds, son katana en l'air. Arrivée à une dizaine de mètres de lui, elle sauta pour rattraper l'arme entre ses dents et retomber en donnant un coup de tête horizontal pour tenter de couper la tête du vampire. Ce fut sans succès. Cependant, à peine retombée au sol, elle prit une impulsion sur sa jambe totalement valide pour s'élancer d'un bond sur le vampire tentant de le lacérer en passant à ses côtés. Puis, en arrivant au mur, elle prit appui dessus pour sauter en l'air et retomber cette fois-ci sur Eulalia en tentant un coup de lame vertical sur toute la longueur de son corps. Un échec encore.
 

- Restez immobile, ce sera moins douloureux....grogna-t-elle en lâchant son katana. Mais je vais vous montrer un tour de magie...

Une idée venait de naître dans l'esprit de Fiora, une idée qui ferait frémir toust le monde...Malgré son esprit sur un mode de berzerker tel que ceux des contes pour enfants, Fiora déploya son pouvoir de l'ombre: une masse noire l'entoura puis rétrécit petit à petit laissant des fils se lier entre eux aux niveaux de ses propres articulations, comme une marionnette. Toutes, absolument toutes ses articulations, de la nuque jusqu'à celle des petits doigts et des gros orteils, son corps était une marionnette qu'elle maîtrisait. Tout ça lui demanderait beaucoup d'énergie, elle le savait, mais elle puiserait dans les hunter du théâtre pour la restaurer. 

- Mourrez...dit-elle de sa voix folle et ses yeux ardents, des yeux que même le dieu des enfers ne voudrait pas voir. 

Elle s'élança alors ramassant son katana avec un bras bien qu'elle souffrait de cette utilisation, car pour accomplir sa mission, il le fallait. Arrivant au contact de Raphaël, elle para habilement ses attaques et riposta d'une longue fente en arc de cercle les forçant à reculer. Elle attendit ensuite leur assaut avec impatience. Au moment où il se jetèrent sur elle pour planter leurs armes, elle déploya toute son aura pour les faire reculer. À ce moment-là, elle coupa les liens d'ombre pour créer une main d'ombre qui partit s’accrocher à la gorge d'Eulalia. Cette dernière la fit brusquement avancer vers la vampire et, avant que l'humaine ne puisse faire quoi que ce soit, elle enfonça son genoux dans son estomac avec une rare puissance. Créant une seule liaison d'ombre au niveau de son bras gauche qui ne tenait pas le katana, elle rompit totalement le bras d'ombre en décrochant une impressionnante droite dans la mâchoire de l'humaine.

- Souffre sale catin... 

Avec sa main Fiora la prit à la gorge la soulevant elle-même cette fois comme une plume et refit la liaison entière de son corps. La pauvre Eulalia était dans une posture délicate et elle allait en souffrir.

- Tu sais te soigner il semblerait...comment se fait-il que tu sois en pleine forme après qu'une lionne t'aie lacérée à plusieurs endroits du corps ? Tu comptais soigner la blessure de ton amant ? Dommage doigts de fées, car tu n'auras bientôt plus de doigts, ou alors... les bouger te fera tellement souffrir que tu tomberas dans les pommes avant, pauvre merde... 

Elle utilisa un peu plus d'énergie pour créer plusieurs mains d'ombre qui saisirent les mains et les doigts de l'humaine et elle commença alors à broyer sadiquement les doigts de sa main droite, fracturant chaque doigt, chaque os, jusqu'au poignet. Les cris de douleursétaient presque jouissifs pour la vampire.

- Alors, le massage est agréable ? 

Sa réserve d'énergie n'était vidée qu'au quart avec ses années intenses d'entraînement, mais aussi avec sa rage folle elle avait l'impression de carburer plus que jamais. 

Enfin elle mit fin à la torture, laissant à la pauvre humaine une main totalement broyée. Mais elle ne s'arrêta pas là: elle la mordit à nouveau en contrôlant à l'aide de son pouvoir des ombres sous formes de mains les bras et jambes de l'humaine. Elle but beaucoup plus cette fois, sans la vider de son sang pour la laisser dans un état déplorable. Elle se restaura, juste de quoi tenir un quart d'heure de plus avec cette utilisation d'énergie. 

Après, elle jeta la pauvre femme sur son amant. Comme il ne pouvait pas non plus se battre en l'ayant dans ses bras elle se rua sur eux, enfonçant son katana dans la jeune femme et en même temps dans le vampire. Elle lâcha son katana pour faire un tour sur elle même, basculant en marchant sur les mains mais en changeant de position elle fit une rapide balayette au duo qui se ramassa au sol. Elle se redressa en souriant. 


- Je vais vous laisser une chance de partir. Mais si vous venez au théâtre, je vous coupe et vous mange pauvres gosses. 

Elle tourna les talons au milieux de tous ces cadavres dans une marche impérieuse. Elle rengaina le katana avant d'arrêter d'utiliser ses bras, créant une barrière entre elle et les hunters pour éviter toute attaque par derrière.

****************************
Rachd : 

Alors que Fiora devenait folle et sanguinaire, Rachd s'était éclipsé pour éviter d'être tué car dans cet état il faudrait du temps à Fiora pour revenir à la raison et elle ne faisait aucune différence entre alliés et ennemis parfois, de plus il savait qu'elle les punirait sauvagement.

Il était alors retourné chez cet homme chercher le lion. A son retour l'homme n'eut le temps de rien dire que Racht bût avidement son sang pour combler une partie de sa blessure au niveau de l'épaule, et pour stopper l’hémorragie. L'homme mort à terre, il prit le lion et partit. Sans prévenir il préféra se poster dans une ruelle à côté de l'entrée, deux seringues de drogue à la ceinture. Il jouait là son dernier atout, si le lion mourait, il devra rentrer à la base. 

Il attendait de voir sa maîtresse arriver. 


***************************
Au théâtre 

Alors que Fiora venait de partir pour le Milte & Co. Xavier, Gérome, Igort, Sakura et James étaient ensemble au théâtre. Tous au courant de la menace qui plane sur eux, ils guettaient tout ce qui paraissait suspect. Aucun n'était rassuré et ils voulaient tous respecter en priorité leur mission: protéger la Reine-mère. 

Cependant, quand un ecclésiastique s'était levé, quand cet homme dans ses habits de pasteur signala un feu, tous leur sembla clair: un complot se préparait et surtout, le groupe dont avait parlé Fiora était conséquent...Combien pouvaient-ils être ? Dix, vingt, plus ? Xavier, qui avait le commandement quand Fiora n'était pas là, prévint ses compagnons: 

*Soyez sur vos gardes et cachez-vous, sauf pour Igort et Sakura qui doivent jouer leur rôle puis revenir.* Fit la voix de Xavier dans l'esprit des autres.

L'homme en habits d'église fit donc évacuer tous le monde criant au feu. Une petite flamme naquit même dans la partie noble. Et à partir de ce moment là, tout s'accéléra. Les hommes et les femmes courraient pour sortir, hurlant leur rang pour être prioritaire. Même des cochons dans une porcherie seraient plus aimables.

La Reine fut évacuée, Igort défit ses gants, laissant voir ses poings américains et Sakura décala une petite pression sur ses éventails, pour laisser les aiguilles sortir pour le lancé, c'était des aiguilles d'argents forcément. Mais à peine les deux vampires étaient-ils dehors près à entrer dans le carrosse que Sallustre leur intima de rester au théâtre. Après un échange de regards, le duo retourna dans l'édifice d'art et se positionna aux balcons. Ils observaient le théâtre, comme les autres membres du Protectorat.

L'édifice fut bientôt vide. Le chef d'orchestre était avec le Comte, et ils semblaient discuter. Xavier, était debout, seul homme visible, Gérome lui, comme le Comte lui avait dit plutôt, devait tirer sur tout ce qui n'allait vas pas dans le sens de la foule fuyante.

Il ne fallut pas longtemps pour que Gérome puisse voir un homme aux cheveux roux arriver à l'entrée de la salle de théâtre, un bloody à la main.


- Minute papillon... goûte donc à l'argent avant d'en tirer...

Dans un geste éclair il sortit des balles un peu différentes des autres, légèrement en forme de vrille mais avec la même masse: l'homme allait recevoir une balle qui le mettrait bien mal en point. Il ne tuerait pas, il l'amocherait juste assez pour laisser les autres le tuer. Il servait d'éponge, à limiter les dégâts chez les alliés.

Ayant mis ses six balles d'un geste, il visa avec une rapidité qui laissait-là voir toute son expérience. Visant le torse, dans le ventre en particulier, il visa jusqu'à voir les coutures de la veste de ce hunter aux longs cheveux roux.

Il appuya alors sur la détente, un bruit sourd envahit le théâtre à l'instant même ou la balle s'envolait du fusil, tournant sur elle même tout en prenant sa trajectoire la balle prit comme point d'impact le plexus du hunter. Les autres membres du Protectorat, eux, regardèrent la balle en souriant. Ce morceau de plomb massivement concentré et sa coque d'argent, se logèrent au point visé. Un giclement de sang vola sur les peintures blanches du théâtre alors que la balle déchirait tout ce qu'elle touchait en raison de son vrillement. 

Le pauvre homme tomba à la renverse disparaissant dans les rangées. Le lycan lâcha un rire. Il regarda la scène et il vit à présent le chef d'orchestre aux mains avec des hommes, dont ce type qui avait pris une belle balle. Il ne fuyait pas l'idiot, vu son état il aurait mieux fait....Cependant Gérôme vit aussi Sarah: il l'avait reconnue grâce aux descriptions qu'on lui en avait faites. Dans une robe taillée pour le combat elle était magnifique mais elle décocha des flèches qui mirent en difficultés les alliés du chef d'orchestre. Sans réfléchir Gérôme songea que ces belles mains étaient dangereuses, mais il n'oublia pas qu'il ne fallait pas les abîmer: le Comte allait les côtoyer après tout. 

Visant l'épaule droite d'un rapide coup mais avec précision, il tira une première balle en direction de la jeune femme. Changeant l'angle des lunettes de visée, il se retrouva ensuite sur l'épaule gauche et tira deux balles cette fois. Il avait décidé de vider son chargeur de cinq balles pour la blesser et la mettre hors course: ainsi il l’amènerait au Comte par la suite. Il tira donc ensuite volontairement deux fois dans le vide et une dernière fois vers la cuisse droite de la futur femme du Comte. 

Il prit alors l'initiative de saisir son matériel en laissant la valise pour se transformer en chacal. Sous cette forme il passerait pour un chien errant, puis les armes et les munitions étaient sur sa forme humaine dans le monde des esprits, il pourrait donc tirer à nouveau en se transformant en humain. Il partit donc pour l'autre côté, là ou étaient les autres membres du Protectorat afin de pouvoir viser avec un peu plus de sécurité. 

****************************
Dehors et au Théâtre

Fiora était sortie de Milte & Co, enragée: le fait de frapper et entendre les cris de cette jeune femme aux cheveux brun l'avait un peu apaisée, mais avoir revécu cette horrible scène l'avait rendue folle. Le pouvoir de Raphaël était terrifiant et il s'avérait qu'elle ne l'avait pas pris assez au sérieux. A présent, elle était rendue avec des bras inutilisables...La régénération prendrait du temps, sauf si elle vidait un milliers de personnes pour se rétablir d'un coup. Elle songea alors qu'il faudrait au moins essayer de vider quelques humains pour bouger un seul bras: avec son pouvoir de l'ombre elle serait dans de meilleures conditions de combat.

Elle marcha donc dans une ruelle annexe, les bras sans mouvements, comme un mort-vivant. Soudain elle vit trois bels hommes...Dommage pour eux, ils allaient mourir...Elle se rua sur eux et, avant qu'ils ne puissent comprendre ce qui leur arrivait, le premier était vide de sang, le second mordu, le troisième immobilisé par la peur. Fiora se régala, et, avec tout ce sang, dans un effort de concentration, son bras commençait à répondre à nouveau à ses ordres. Cependant, seul le système nerveux était à peu près correctement reconnecté. 

Elle entra donc par les coulisses dans le théâtre, marchant à vive allure toute tâchée de sang. Elle passa derrière le rideau, devant les acteurs et son regard noir les firent tous frémir.

Passant sur scène, elle vit le Comte, arrivée à côté de lui elle se stoppa un instant. 

- Je vais paraître très désagréable...commença-t-elle d'un ton peu aimable mais peu engageant Mais... Les combats se font en un contre un chez moi... non vingt contre un. Même si à cette occasion mes ennemis étaient deux. Donc vos sbires en bonne santé qui ont évités la colère de Raphaël. Dit-elle en regardant ses bras. Heureusement que je sais me servir de mes pouvoirs...elle tissa ses liens d'ombre entre ses articulations, toussant du sang en soupirantJe vais calmer ces merdeux... Aussi...qui est cet Alexender ? Soit disant que vous vous mêlez de ses histoires amoureuses.

Elle regarda le combat qui se déroulait sous ses yeux en soupirant. Il n'y avait rien de croustillant à tuer. Ou alors c'était déjà trop amocher pour un combat équitable.

[HRP Voilà, pardon du temps pour avoir écrit le rp, mais la longueur justifie se temps prit X.X bonne lecture mes amis Very Happy vous allez vous régaler. Alex j'ai très bien détaillé le passage du tir de Gérome juste pour toi Very Happy/HRP]
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Alexender Von Ravellow
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Proie(s) : Tous les Vampires, sauf Raphaël qu'il surveille maintenant sans chercher à l'assassiner. Le Comte Kei est son pire ennemi. Alexender peut aussi s'attaquer à des Loups-Garous.
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MessageSujet: Re: Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42] Ven 16 Nov - 22:56

Alexender et son nouveau compagnon étaient hors de vue. Dissimulés derrière les banquettes le long du mur droit de la salle, ils attendaient un moment propice pour se lancer de nouveau à l'attaque. Mais le rouquin était très mal en point. Une belle logée dans son abdomen, une paire de longues griffes sur le torse, il suait et tremblait tant la douleur l'empoignait. Appuyé contre une colonne marbrée, il serrait les dents sous la souffrance et dans la rage. Cette situation était pire que toutes celles qu'il avait pu imaginer. Et sans ce collègue surgit de nulle part, il serait certainement déjà mort à l'heure qu'il était. Qu'il avait été stupide de se jeter ainsi au milieu de la salle! C'était décidément une erreur de débutant! Non...plutôt une erreur d'imbécile trop pressé d'accomplir sa tâche. C'était une faute ridicule! Maintenant, il devait en payer le prix...

L'ami de Thaddeus semblait fort et sûr de lui. A ses côtés, il gardait un calme impressionnant. Son large chapeau lui donnait un air de conquérant espagnol et son regard, étroit, sombre et dur, lui assignait un soupçon de prestance oubliée. Alexender le dévisageait, tenant son abdomen sanglant d'une main. Le gitan dressait la tête comme pour écouter le moindre son qui se risquait à passer dans l'air. Mais soudain, il fronça les sourcils.


- Un homme arrive...

C'était vrai. Alexender n'avait rien entendu. En réalité, ses oreilles étaient en partie bouchées par la douleur qui lui perdait les sens. Grand, blond, vêtu d'une manière très élégante, Alexender reconnu le chef d'orchestre avec lequel le Comte semblait discuter plus tôt lorsqu'il était arrivé dans la salle. Il portait un petit bouc, chose rare à cette époque et qui dénotait chez cet homme un besoin de se démarquer des autres. Mais surtout, ses yeux brillaient d'une lueur mauve très inhabituelle. Le gitan s'était tendu, entre le nouvel arrivant et Alexender. Il s'était relevé pour faire face à ce dernier qui semblait occupé à admirer sa baguette de maestro.

- Un Vampire...Méfie-toi, il doit êt...

Mais le Hunter n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'il hurlait en se tenant le visage, plié en deux. Alexender se redressa d'un bond derrière lui. Il réalisa alors avec horreur que leur adversaire venait de planter sa baguette dans l'oeil de son compagnon. Son geste avait été fulgurant et d'une précision effroyable. Reculant en même temps que son camarade estropié, Alexender ne pouvait rien faire sans être gêné par sa présence. Le Vampire arriva rapidement à leur hauteur. Dénigrant le gitan qui s'éloignait sur le côté pour s'accrocher aux sièges dans sa douleur, il vint le provoquer à son tour. Son ton, ironique au possible, et son air fier, hautain, dédaigneux, firent rager Alexender. Sa main droite serrait son Bloody Rose complètement rechargé dissimulé par sa cape noire repliée en tous sens sous lui. Ce Vampire avait l'air autrement plus puissant que les trois autres. Cette fois, il n'avait plus le droit à l'erreur...

- Une chance de fuir...? Pffrr! Pesta-t-il les dents serrées en reculant encore un peu en rampant sur les coudes. Non...je suis trop ''téméraire'' pour ça...

Sa phrase se termina dans un gémissement étouffé et un demi-sourire mesquin. Le Vampire lui donna alors un coup de pied dans les côtes. Alexender sentit sa blessure par balle saigner abondamment d'un coup et il se mit à tousser en crachant du sang. Il avait lâché son Bloody sur le moment tant le coup venait de le meurtrir. Allongé sur le côté, replié sur lui, le Hunter respirait mal. Ses doigts retrouvèrent lentement son arme sous sa cape pendant que le Vampire lui susurrait à nouveau quelques questions sournoises en le toisant de haut.
Le rouquin allait tenter le tout pour le tout en se jetant sur le Vampire arme brandie lorsqu'une voix inconnue retentit derrière ce dernier. Alexender aperçu alors un homme chétif qui tenait un Bloody prêt à faire feu sur le chef d'orchestre. Mais, étrangement, plutôt que de tirer, il demanda juste au Vampire de s'arrêter.


- Qu'est-ce que t'attends...crétin...bouillonna Alexender en crispant les poings.

Tout s'accéléra alors: le Vampire dégaina un révolver et tira le premier. Le Hunter ploya dans un hurlement, le genoux touché. Alexender s'agrippa à la moquette puis au mur pour se redresser. Le gitan éborgné se jeta sur le Vampire avec un poignard d'argent avant d'être violemment repoussé en arrière...Ces élans de bravoure valurent au gitan d'être projeté au sol et au second Hunter d'être désarmé, mais la créature de la nuit avait enfin été touchée à son tour. Le temps qu'il enlève le poignard de son rein, Alexender s'était relevé en s'appuyant sur la colonne de marbre et alignait le Vampire de son Bloody.


- Trop téméraire hein...? Sale blondin...grogna-t-il dans ses dents avant d'actionner la gâchette.

Ce ne fut pas une balle, ni deux, qui fusèrent, mais bien six. Le canon de l'arme fuma à chaque coup de feu et le masque d'Alexender brilla d'une étincelle blanche. Ses yeux d'ambre étaient marqués par la haine et la volonté de vaincre. Il irait jusqu'au bout de ses forces s'il le fallait. Pour Sarah, pour Eulalia, pour les autres, cette ville, ce monde...pour sa vengeance...Dû-t-il en crever maintenant, dans cet édifice grandiose...
Le Bloody faisait un bruit de tous les diables. Alexender se déplaçait de droite à gauche, s'agrippant aux sièges, se baissant, pour mieux toucher son adversaire trop véloce pour ne pas être loupé plusieurs fois. Grâce au Hunter à genoux et au gitan, il avait eu une opportunité sans égale pour surprendre le Vampire.
Dans le même temps qu'il tirait, deux flèches atteignirent des renforts arrivés pour le maestro. Deux Vampires venaient en effet d'entrer dans la salle pour se joindre au combat. Alexender ne les avait pas entendu à cause de ses coups de feu mais il avait brièvement aperçu derrière le Vampire qu'il alignait une forme se mouvoir vers eux et tomber presque aussitôt.
Une flèche arriva alors sur le maestro.

Alexender en profita pour s'éclipser à la hâte. Ce devait être Sarah ou un nouvel allié qui tirait depuis un balcon. Un dernier coup de feu, son septième et dernier, tiré sur le Vampire alors qu'il se précipitait en direction de la scène, fit mouche. Sans se retourner, Alexender suivit ensuite le mur droit pour se rapprocher du Comte.
Qui que soit son allié perché, le blondin n'en avait plus pour très longtemps, du moins le croyait-il. Il abandonnait le gitan et l'autre Hunter aux soin de l'archer. Sa mission était le Comte et il se focalisait dessus. Sa blessure à l'abdomen était trop grave pour qu'il l'ignore: son temps était clairement compté et il ne devait plus lambiner s'il voulait affronter le lord. C'était tout bonnement suicidaire à ce stade, et il en était parfaitement conscient, mais faire demi-tour n'était plus possible pour les Hunters car, même s'ils battaient en retraite, il n'était pas assez fou pour croire que le Comte allait les laisser s'échapper. Ceux qui ne seraient pas assez forts pour ce soir étaient condamnés. Et quand bien même ferait-il parti des faibles, Alexender comptait sauver Sarah avant de rendre l'âme. Question d'honneur, question d'amour-propre mais aussi question d'amour tout court: même s'il devait périr, rien ne lui ferait plus plaisir de savoir son amante enfin en sécurité. L'idée même qu'elle puisse rester sous le joug de ce Vampire le rendait malade! Et encore...il ne savait pas qu'il venait de la demander en mariage...

Au bout d'une demi-douzaine de mètres, Alexender s'arrêta. Il était à mi-parcours de la scène, il voulait se faire discret au possible pour surprendre le Comte qui devait focaliser son attention sur le combat à l'entrée. Accroupi, il rechargea son Bloody Rose. Ses mains tremblaient et la tâche ne fut donc pas aisée. Il saignait fortement, sa chemise noire lui collait le ventre accentuant la pression sur la plaie à chaque mouvement. Le front trempé, Alexender serrait les dents de douleur.


*Aller mon con...faudrait pas flancher avant de l'avoir amoché...merde...*

Alexender songea à Gaspard. Ce n'était guère le moment, il n'avait pas le temps, mais, quelque part, quelque chose lui remuait l'estomac, en plus de la balle qu'il avait reçue plus tôt...Avec Julia, le Lycan devait vivre de beaux moments...pendant que lui allait mourir-là...C'était triste...Son ami le retrouverait au cimetière pour lui faire encore des reproches sur sa...''témérité''...oui...Tant pis...Il aurait aimé le revoir...

Le Bloddy Rose fut rapidement chargé malgré les difficultés qu'éprouvait maintenant le Hunter. Se relevant, Alexender jeta un regard derrière lui: le Vampire n'était toujours pas à terre. Qu'ils étaient résistants parfois ces enfoirés! Il espérait de tout coeur que l'archer en viendrait à bout et que le gitant ne souffrirait pas trop s'il devait expirer.
Quelle situation désespérante...

En ramenant son bras vers son estomac, Alexender toucha une de ses torches. L'idée lui vint alors automatiquement: brûler le théâtre n'avait plus d'incidence sur les spectateurs maintenant qu'ils étaient tous partis...
Ni une, ni deux, le Hunter enflamma deux torches qu'il glissa sous les sièges près de lui avant de continuer sa route vers la scène d'un pas rapide. Il ne lui restait que quelques mètres avant d'arriver aux planches. D'un geste, il saisit dans sa poche une fiole d'eau bénite par les soins de monsieur Grey. Se stoppant, il déboucha le petit récipient.
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Comte Keï
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MessageSujet: Re: Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42] Sam 17 Nov - 1:19

Au théâtre

Coriolan s'achevait à mi-parcours.
Les spectateurs s'étaient affolés, une flamme était même née dans la salle, accélérant l'évacuation. Elle avait été habilement éteinte au passage par quelques gentlemen, mais la panique avait tout de même envahi la foule et des cris avaient fusé en tout sens. Les acteurs humains étaient déjà presque tous sortis par les coulisses, rejoignant la masse de spectateurs dehors sous la pluie battante. Les musiciens avaient tous rangé leurs précieux instruments dans leurs gaines renforcées et quitté peu à peu la fosse.
Cette pièce héroïque, épique, dramatique n'aurait donc pas de fin ce soir. Comme dans un mauvais rêve, le Comte voyait tout son travail anéanti en l'espace de quelques minutes. Toute cette préparation, ces décors, ce texte, tout ces mois de rénovation...envolés, dispersés, en fumée! Et pour quoi? Un Vampire décati venu attenter à sa vie dans un espoir de fou!

Raphaël...
Une bourrasque sur son échiquier...

Le Comte était au sommet de sa rage.
Il se contenait, c'était évident, mais ses disciples et tous les Vampires à l'horizon pouvaient sentir son aura trembler dans l'air ambiant. C'était un orage de colère vive qui vibrait autour de lui. Voir ainsi son œuvre gâchée, perdre Sarah de vue, assister à l'affolement de la foule et sentir l'odeur du feu se répandre dans la salle...Tout cela ne pouvait qu'allumer en lui une soif de sang terrible.

Et pourtant, le visage détendu, il s'adressait au chef d'orchestre avec un demi-sourire, comme s'il était amusé par la situation, ou du moins comme s'il s'y était réellement attendu et qu'il l'acceptait d'un sentiment désabusé.


- Ho mais je suis persuadé que même les armes ne sauraient faire comprendre à pareils imbéciles la grandeur d'une telle pièce...Murmura-t-il avec un rictus.Des parasites...oui...ceux-là même...Ajouta-t-il d'un air plus sombre pour répondre aux interrogations sous-entendues par l'assassin.

Le Comte laissa son regard épouser la salle bientôt complètement vide. Il songea à Fiora qui était certainement aux prises avec Raphaël dans le bâtiment d'à côté. Si c'était bien ce crétin dégénéré qui avait osé ramener ses petits amis, il ne donnerait pas cher de sa peau. La cheftaine du Protectorat avait en effet carte blanche pour lui prendre la vie. Le lord jeta un coup d'oeil au balcon vide de la reine avant de ramener son regard glacé sur le chef d'orchestre. Se penchant un peu plus sur sa canne-épée, il lui sourit d'un air ironique en montrant les crocs.


- Une bande d'imbéciles...oui...Mais si j'ai toute l'éternité pour redonner vie à ma pièce, eux pourraient bien regretter d'avoir gaspillé leur temps dans ce vain attentat...

Un homme en cape entra alors dans le théâtre en surgissant comme un fauve. Capuche rabattue, visage masqué, il s'arrêta net en apercevant le Comte sur les planches. Ce dernier jeta à peine un regard dans sa direction que le Hunter était déjà à terre avec une balle dans l'estomac. Gérôme avait fait mouche avec une rapidité et une efficacité de maître. Le metteur en scène sourit en coin et se redressa. Il avait bien fait de laisser le tireur d'élite sur le balcon...Pour qui le prenaient donc ces ridicules pantins ? Entrer ainsi dans le théâtre...c'était se jeter directement dans la gueule du loup !
Quelques secondes plus tard, trois Vampires et un Humain de Scotland Yard se jetaient sur le Hunter qui venait de leur faire un croc-en-jambe dans l'allée principale. Une succession de coups de feu s'en suivit.
Le Comte leva un sourcil et enleva son haut-de-forme pour se mettre à l'épousseter du revers de la main d'un air totalement détaché.


- Hé bien...On dirait même qu'ils soient suicidaires de nos jours...ça va nous faciliter la tâche...

Baissant le regard sur son chapeau, le lord continua son petit geste tranquillement tandis que Wynn allait voir ce qu'il se passait exactement. Apparemment le Hunter venait d'être rejoint par un collègue et la situation méritait peut être quelque intervention...Le Comte apprécia le geste de l'assassin. Alors qu'il ne lui avait rien demandé, il prenait des initiatives bien plaisantes...Les deux malheureux Hunters qui se débattaient au bout de la pièce n'allaient pas en mener large avec pareil adversaire.

- Ils sont plus bêtes que je ne le pensais... Fit le Comte pour lui-même en soupirant d'un air las tandis que son regard de brume accompagnait à nouveau le chef d'orchestre dans son mouvement. Jirômaru reconsidérait maintenant son caractère. Étrange, énigmatique, un poil insolent, ce dernier pouvait aussi bien s'avérer plus intéressant que prévu. Après tout, s'il pouvait lui être utile comme ce soir, son air suffisant pouvait bien resté collé sur sa face...

Alors qu'il remettait son haut-de-forme sur sa tête blanche, Jirômaru entendit Ambre ouvrir lentement le lourd rideau de velours derrière-lui.


- Monseigneur...Fit-elle dans un demi-gémissement. Que voulez-vous que l'on fasse? Vous ne devriez pas rester à découvert...

Le Comte se tourna vers l'actrice et lui sourit d'un air presque paternel dans un mélange d'ironie et de lassitude. Salluste était avec la reine pour assurer sa protection, Arath était parti à Milte & Co pour veiller à ce que Raphaël soit bien tué, Maria cherchait Sarah et la plupart de ses disciples géraient la foule dehors, s'éparpillaient dans le bâtiment en feu et autour du théâtre pour gérer d'éventuels combats. Que pouvaient faire les Sept qui restaient si ce n'était le protéger lui ou attaquer les Hunters qui osaient envahir les lieux? C'était bien là une questions des plus stupides!

- L'initiative n'est décidément pas dans vos habitudes à vous...n'est-ce pas? Fit-il avec une grimace en se tournant vers la jeune irlandaise. Il est temps de vous rappeler quelques anciennes leçons oubliées...

Un hurlement perça le silence qui avait pris possession des lieux depuis quelques minutes. Le Comte sourit et fit à nouveau face à la salle pendant qu'Ambre rougissait la tête baissée. Wynn venait de planter sa baguette de maestro dans l'oeil d'un des Hunters. Le Comte laissa échapper un rire profond :

- Hahaha ! Décidément ces Humains sont tellement pitoyables !

Manouk sortit des coulisses, écartant le lourd rideau de velours à son tour, et fut aussitôt suivis par le reste des Sept. Jirômaru se tourna vers ses disciples qui s'étaient maintenant alignés derrière lui comme pour l'encadrer sur ce fond théâtral. Ils semblaient attendre des ordres, comme des soldats prêts à obéir à leur chef de guerre. Le Comte leur fit face d'un air amusé.

- Ce ne sont que des souris qui jouent qui croient pouvoir jour avec des chats....Coriolan sera reportée, évidemment. Pour l'heure, occupons-nous de ces cloportes. Une fois cette fournaise éteinte, nous saurons tirer avantage de cet outrage.

Marco eut un rictus amusé. Il avait saisi les idées de son maître. Tirer parti de cette situation qui pouvait s'avérer désastreuse pour leur œuvre allait en effet être très aisé. Il suffisait de crier à l'attentat sur le Comte et sa troupe pour que la reine et tout le gratin de Londres ne se liguent contre leurs opposants et ne soutiennent encore mieux la pièce et ses acteurs. Coriolan serait rejouée, avec son lot de rumeurs qu'apporteraient les journaux dès le lendemain de cette soirée avortée. Ce ne serait plus seulement une pièce magnifique donnée par le lord le plus influent de la capitale, ce serait en plus une pièce sujette à un scandale, la meilleure publicité de ce siècle, et qui attirerait les curiosités de tout bord. Tout était bon, finalement, pour en faire parler. Il suffisait d'éliminer ces Hunters pour faire d'une pierre deux coups. Ces idiots fournissaient au Comte un contexte idéal pour illuminer la ville de sa gloire tout en la débarrassant des gêneurs de leur acabit.

- Comment voulez-vous qu'on les cuisine Monseigneur? Demanda alors Agniès avec un sourire aimable.

************************
A Milte & Co

Arath bougonnait.
Sur l'ordre du Comte, il était sorti du théâtre par une porte dérobée qui se situait après les coulisses, du côté de Milte & Co, ce bâtiment délabré, abandonné des hommes, rongé par le temps et les rats. La pluie lui cinglait le visage. Sa cuirasse de fer qui l'armait en guerrier romain, brillait d'un éclat métallique par-dessus sa tunique blanche. Il n'avait même pas pris le temps d'abandonner son costume de Marcius, héros de Coriolan. Après tout, même s'il portait désormais avec elle une impression d'humidité désagréable, l'armure ne le gênait pas non plus dans ses mouvements et pouvait lui donner un avantage dans la lutte, si lutte il y avait.

Au fond de lui, le Vampire espérait fortement que la cheftaine du Protectorat avait déjà fait le sale boulot à son arrivée. Tuer Raphaël pouvait être intéressant, un bon combat plaisait toujours à ce Vampire belliqueux, mais, frustré dans son rôle qui l'avait forcé à se stopper en pleine tirade, Arath ne rêvait plus que d'une chose : dormir. Lui qui avait toujours démontré le plus de hargne possible dans l'élaboration de combats en tout genre, lui qui rêvait de découper du Hunter en temps normal, n'avait étrangement pas envie de se livrer à la lutte ce soir. Il était fatigué des journées entières à veiller pour apprendre son rôle, il était très perturbé par son dernier conflit avec le Comte qu'il avait eu sous l'Opéra à cause de cette fameuse Sarah et la déclaration publique de son maître à son sujet avait achevé sa détermination. Finalement, ce genre d'affaire commençait à le lasser et il regrettait amèrement l'époque bénie où il était chef de nombreux Vampires à la solde du lord pour conduire les siens dans le massacre des Loups-Garous. Même si la mort de Huysmans avait décidé d'une nouvelle bataille sanglante sur les quais quelques mois plus tôt, la menace lupine semblait écartée des pensées du Comte. C'était bien simple : depuis que cette Humaine était apparue dans la vie de son maître, ce dernier semblait plus préoccupé et plus changeant que jamais. Arath aurait souhaité que cette femme périsse le premier soir où le Comte l'avait ramenée sous l'Opéra...

Arrivé devant l'édifice en feu, Arath plissa les yeux. Les flammes étaient déjà hautes, la foule s'amassait tout autour en poussant des cris hystériques tout en s'empêtrant dans leurs parapluie, des pompiers arrivaient avec leurs pompes et tonneaux d'eau croupie...Quelques briques tombaient de-ci de-là, accompagnant la fumée noirâtre de poussière qui se boursouflait dans l'air à chaque coup de vent. La pluie était forte mais jamais elle n'aurait pu sauver le bâtiment.
Avec un rictus désapprobateur, Arath écarta quelques badauds et disparu dans une ruelle annexe pour pénétrer dans l'édifice sans se faire remarquer. La tâche n'était pas aisée au vu du nombre de personnes qui grouillaient devant le théâtre, mais le Vampire escalada prudemment une maison avant de se lancer par la fenêtre brisée du second étage. De ce côté-ci le feu n'était pas encore parvenu avec grande force, aussi le Vampire réussit-il à se faufiler entre les caisses et planches en vrac qui envahissaient la pièce dans laquelle il était arrivé.

Très vite, il croisa des Vampires qui sortaient du bâtiment et le fameux Rachd qui faisait partie du Protectorat. Ce dernier ne s'arrêta pas à sa hauteur. Apparemment il avait perdu un combat, ou du moins il poursuivait quelqu'un. Le suivant sans un mot, avec un simple regard sombre, Arath descendit aussi au rez-de-chaussé du bâtiment. A cet endroit, le feu avait pris des proportions gigantesques. Le bras devant les yeux pour se protéger un peu de la lumière flamboyante qui saturait l'espace, le Vampire aperçu Fiora qui se battait avec deux formes distinctes l'une de l'autre, même s'ils portaient des vêtements noirs de la même facture: une femme et un homme, une jeune épéiste et un gars aux cheveux blancs...ce ne pouvait être que ce fameux Raphaël...

Un peu déçu de le trouver toujours en vie, Arath resta en retrait pour observer la cheftaine du Protectorat s'en charger. Après quelques coups, une femme intervint et fut aussitôt tuée par Fiora. Pendant ce temps Arath avait attrapé quelques disciples du Comte pour leur intimer de sortir. L'édifice allait s'écrouler, c'était évident. Puis une aura épouvantable se déploya. Arath cru recevoir un coup de poing dans l'estomac et recula pendant que d'autres s'écroulaient à terre. Fiora se déchainait. Des monstres étranges s'étaient jetés sur elle la blessant gravement et elle se déchainait maintenant avec une rage meurtrière rare. Arath recula encore et décida de quitter le bâtiment. Il ne faisait plus bon de traîner par-ici: Fiora allait décapiter ce débile profond qui avait osé les affronter et les flammes achèveraient son ouvrage. Il était inutile ici.

Mais alors qu'il sortait, accompagné d'une paire de disciples, une poutre s'effondra sur lui. Le Vampire hurla sous le poids de l'objet et s'écroula en dessous de lui. Les flammes lui brûlèrent une partie du bras droit et sa tunique s'enflamma à son tour. Les disciples avaient failli l'accompagner dans sa chute mais ils avaient été bien placé, par chance, pour esquiver la chose. D'un mouvement accordé, ils attrapèrent l'extrémité de la poutre qui ne brûlait pas et tentèrent de libérer leur congénère. Mais c'était peine perdue, cette partie du bâtiment s'effondrait totalement et bientôt ils furent obligé de fuir en abandonnant Arath derrière eux. Le Vampire tenta de se dégager mais son armure tordue lui rentrait dans les côtes droites, lui infligeant une douleur particulièrement insupportable. Le feu commençait également à lui lécher les chairs et dans un hurlement de rage et de douleur, il fut bientôt submergé par les éboulements et les flammes.

************************
Au théâtre

Le Comte répondait à Agniès:


- Tuez-les tous, sans exception. Je ne veux pas en voir un...

Il s'arrêta soudainement et releva la tête vers l'entrée du théâtre comme s'il avait senti quelque chose de dangereux se mouvoir à l'extérieur.

- Maître...vous avez senti? Fit Marco d'un air choqué.

Le lord sourit.


- Ce n'est rien, elle déploie son aura comme moi...c'est intéressant...

Mais son air devint soudainement plus grave, presque soucieux, puis un éclair de colère traversa ses yeux de brumes. Il les regarda un à un, tous étaient en état de choc. Jirômaru se mit à marcher de long en large sur les planches en serrant sa canne-épée dans son poing fermé. Tous reculèrent d'un pas. Cette fois-ci leur maître allait prendre des mesures certainement terribles.

- Impossible...Fit-il dans un grognement sonore. Quel imbécile...Je n'aurais jamais dû l'envoyer là-bas...

Agniès flancha sous le poids de l'aura du Comte. Manouk la retint par l'épaule.

- Manouk, vas voir s'il est encore en vie...et évite d'y perdre la tienne. Fit soudainement le Comte en faisant face à ses disciples. Sa voix tremblait sous l'effet de l'énervement. Il serra encore les poings, crocs sortis. J'ai fait une grossière erreur...

S'inclinant, l'Africain s'éclipsa dans les coulisses après avoir jeté un regard inquiet à son maître et aux Hunters qui se battaient avec le chef d'orchestre au bout de la salle. La situation avait pris un tournant des plus alarmants. Cependant, un ordre était un ordre, et ce que le Comte venait de lui demander était d'une importance capitale.
Ambre se rapprocha du Comte et tendis une main vers lui. Jirômaru lui donna un coup pour rejeter sa main brusquement. L'actrice recula vivement, Marco lui serra l'épaule d'une main puissante pour la rassurer. Le Comte jeta un regard glacial à la jeune rousse et s'en approcha pour la dominer de toute sa hauteur.


- Rendez-vous utiles plutôt que de traîner dans mes pattes...ALLER!

Ce fut le moment que choisit Fiora pour arriver derrière lui par les coulisses. Tournant son regard fantomatique vers elle, le Comte l'accueillit avec un air furieux. Elle était bien mal en point et ses vêtements tâchés de sang étaient déchirés par endroits. Apparemment son combat à Milte & Co avait nécessité plus de hargne que prévu. Ses deux bras balaient près d'elle comme si c'était un pantin désarticulé.

- Désagréable...? répéta-t-il dans un rictus méprisant en s'avançant vers elle. Vous me l'êtes toujours...Et Raphaël? Où est sa tête?

Fiora s'anima comme une marionnette avec des fils d'ombre. Le Comte reconnu-là un pouvoir des Kyasid mais ne s'en préoccupa pas plus que cela. Sa question attendait une réponse. Raphaël était-il mort, oui ou non? C'était lui qui avait tout manigancé depuis le départ et qui attisait maintenant sa haine la plus profonde. Ce déploiement d'aura, ces pouvoirs, cette énergie dépensée par la française devaient bien avoir une cible. Était-ce donc Raphaël qui l'avait poussée à déverser autant d'aura? Mais la cheftaine du Protectorat enchaina sur une autre chose bien plus désagréable encore: Alexender.

Le Comte resta interdit un instant, comme perdu dans ses pensées, puis il grogna entre ses dents:


- Alexender...ce fils de chien...serait-il donc vivant...?

Jirômaru releva soudainement la tête comme s'il avait songé à quelque chose d'important. D'un geste vif, il revint sur le devant de la scène et scruta la salle de théâtre. Wynn était aux prises avec un trio de Hunter, des coups de feu fusaient, un homme s'éclipsait, une femme était perchée sur un balcon et tirait à l'arc. C'était tout simplement l'anarchie. Le Comte avait oublié un instant le chef d'orchestre et réalisait maintenant qu'il était dans une position peu encourageante. L'odeur du feu, mêlée à l'odeur du sang, lui parvint encore plus précisément qu'avant. Sa colère se décupla en même temps que son aura.

- Ce salopard...Marqué par la haine la plus profonde, le Comte avait soudainement changé de visage. Ce n'était plus une statue terrible, c'était un monstre de rage pure. Il venait de saisir l'ampleur de ce complot de Hunter. Sarah était de mèche, c'était elle sur le balcon...Et Alexender...l'imbécile qui s'était précipité dans la salle...Vous n'allez calmer personne, miss Hagane...ceci ne vous regarde plus.

D'un mouvement de cape le Comte était de l'autre côté de la fosse. Ambre attrapa Marco par la manche et lui jeta un regard terrifié. L'Allemand fit signe à Agniès de revenir vers lui. Leur maître dévoilait tellement de son aura que c'en était étouffant, même pour eux qui le connaissaient. Il n'y avait plus rien à faire: leur maître était lancé, nul ne pouvait l'arrêter, et rester dans les parages devenait simplement dangereux. Si le Comte avait décidé de se charger lui-même des Hunters dans la salle, ils ne devaient pas intervenir.

Marco se tourna vers Fiora. Il la dévisagea un instant d'un air soucieux: la cheftaine du Protectorat était effrayante à sa façon avec ces fils d'ombre accrochés aux articulations. Elle avait été fortement touchée à Milte & Co.


- Madame, fit le Vampire à la crinière blonde en repoussant Agniès sur le côté. Avez-vu Arath? Le chauve...Il semble avoir péri, nous n'en savons pas plus.

Agnès montra alors du doigt les sièges qui flambaient sur la droite. Le Comte avait disparu dans l'ombre sous les balcons. Aussitôt Ambre sauta au-dessus de la fosse pour aller éteindre le feu. Agniès la suivit, c'était elle qui avait des pouvoirs relatifs aux éléments grâce à ses dons de sorcière vampire. Il fallait éteindre à tout prix les flammes, le théâtre venait d'être rénové...

De son côté, le Comte arrivait sur Alexender comme un aigle fond sur un lièvre. Ce dernier n'avait pas eu le temps de comprendre ce qu'il se passait qu'il était recouvert de son ombre immense. Abandonnant sa canne-épée, le Comte attrapa le Hunter par son poignet droit qui tenait un Bloody Rose, puis plaqua violemment sa main libre sur son masque pour le lui arracher d'un geste brusque. Le Vampire reconnu aussitôt Alexender. D'un mouvement, il lui broya le poignet tout en le plaquant au mur derrière lui, laissant tomber le masque et l'arme maudite au sol. Son visage blafard colla le sien. Les crocs serrés, la haine peinte sur chaque parcelle de peau, le Vampire explosa:


- Alors comme ça, pauvre inconscient, non seulement tu n'es pas mort mais en plus tu te ligues avec Raphaël pour gâcher ma pièce?!

Avec une force inouïe, le Comte saisit le second poignet du Hunter pour lui plaquer aussi le bras gauche contre le mur. Mais ce simple mouvement fut une erreur pour le lord qui sentit couler sur lui un liquide brûlant. Dans un cri sourd, le Vampire lâcha Alexender et recula en se tenant le front et le visage.

- Haaaarrrr!!! ENFLURE!!! Tu vas le regretter...

C'était de l'eau bénite. Le Comte n'avait pas pris garde au fait que le Hunter tenait une fiole de ce poison dans sa main gauche et il se l'était versé lui-même dessus en attrapant ainsi son bras pour le relever contre le mur.

Le visage et le front grésillant, la peau déformée par endroit, le Comte attrapa Alexender par le col pour le projeter dans les sièges au milieu de la salle. Avec ses blessures, l'homme ne pouvait plus faire grand chose face à la puissance du Vampire. Il atterrit durement sur plusieurs sièges et dossiers qui se désoclèrent sous son poids décuplé par la vitesse de sa chute.
Le Comte, une main sur son front dont la peau se détachait sur le côté, avança vers lui.

Ambre l'aperçu non loin d'elle et Agniès alors qu'elle éteignait le feu grâce aux pouvoir de glace de la sorcière. Cette vision la perturba beaucoup. C'était rare, très rare que le Comte ne soit blessé ainsi.


- JE VAIS TE TUER! Rugit ce dernier en arrivant sur le rouquin.

Il l'attrapa à nouveau par le col et plaqua sa main sur son visage. Ses longs doigts blancs se serrèrent tandis qu'il étouffait le Hunter en lui obstruant la bouche et le nez qu'il écrasait dans le même temps.


- Tu ne seras plus jamais un obstacle! JAMAIS!

Le Comte serra encore plus ses doigts, soulevant le Hunter par le visage. Dans moins d'une trentaine de secondes, Alexender serait mort, les poumons vidés à moins que ce ne soit sa tête qui cède en premier...


> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
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Dernière édition par Comte Keï le Sam 17 Nov - 21:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42] Sam 17 Nov - 18:09

Wynn avait esquissé un sourire quand le Comte avait répondu à ses petites railleries. Si trop de choses les séparaient pour qu'ils s'entendent ne serait-ce qu'un peu, il y avait tout de même un point sur lequel ils s'accordaient: L'art. Gâcher une pièce de cette d'ampleur d'une manière aussi rustre et peu courtoise ne plaisait pas plus au Lord qu'à l'assassin. C'est d'ailleurs par orgueil et pour laver cette offense que le violoncelliste était parti au devant de ces chasseurs incapables et grossiers.
Pour une fois, il était prêt à aller dans le même sens que le Comte. Nul doute qu'en d'autres circonstances, il aurait peut-être trainé les pieds ou rechigné à obéir docilement comme un brave petit chien. La situation était exceptionnelle, et il se devait donc d'adopter une attitude tout aussi exceptionnelle.
Pourtant, il ne prit pas la peine de prévenir ou de se présenter aux chasseurs, et frappa le premier. Alors que l'homme au chapeau hurlait de douleur en tentant de retirer la baguette de son oeil, Wynn s'acharnait sur le blessé. Qui faisait preuve d'une véhémence qui lui plaisait, malgré ses blessures. L'assassin n'avait pas affaire à un couard mais à un homme qui semblait prêt à se battre jusqu'au bout pour défendre ses idéaux et peut-être même bien plus. S'il n'avait pas été aussi amoché, Wynn aurait pu voir en lui un adversaire comme il aimait en rencontrer: Ceux qui gardent la tête haute en toutes circonstances et se fichent bien de savoir s'ils vont perdre ou remporter la bataille.
Seulement pour l'heure, le violoncelliste aurait aussi bien pu lui alourdir le crâne de plomb sans avoir à se fatiguer. Il aurait d'ailleurs peut-être du.

Car à présent, il était blessé, son flanc ensanglanté fumait en dégageant une horreur des plus abominables. De l'argent, bien sûr. Wynn regretta de ne pas avoir achevé le gitan quand il en avait eu l'occasion, mais l'heure n'était plus aux palabres, il lui fallait agir. L'assassin jeta au loin le poignard qu'il avait retiré en grognant de douleur, et se redressa, tenant toujours l'un de ses revolvers dans une main. Ses sourcils se froncèrent tandis que le chasseur au masque se redressait. S'il n'avait tiré qu'une balle, le vampire aurait sûrement l'esquiver, mais il fut surprit d'en voir six foncer sur lui. L'intervalle entre chaque tir était tellement réduit que Wynn ne put tous les éviter. La seconde balle lui toucha le sternum, lui coupant la respiration, et c'est en adoptant la forme d'un nuage de cendres, immatériel, qu'il parvint à éviter les autres.
Reprenant sa forme initiale, Wynn allongea le bras à son tour et tira. Deux balles ricochèrent sur les sièges, l'une d'elle alla se ficher dans une colonne, et il ne sut ce qu'il advint des deux dernières. Le chasseur était déjà loin, et le vampire ignorait s'il l'avait touché.
Trop concentré sur ses gestes, l'assassin ne vit pas les deux autres vampires tomber en cendres derrière lui, foudroyés par des flèches d'argent. Mais le sifflement aigu que produisit la troisième l'alerta, et il ne du son salut qu'à ses réflexes. Au lieu de venir lui fendre le crâne en deux, la flèche vint pénétrer son épaule droite. Dans le même temps, la septième et ultime balle du chasseur lui brisa la clavicule. Le vampire hurla de douleur, tenant son épaule ensanglantée en tremblant. La flèche avait touché son point sensible, la zone de son corps la plus vulnérable en raison de la maladie qui le rongeait.
Les genoux flageolant, Wynn se tint à une colonne pour ne pas flancher. Ses épaules étaient secouées de spasmes douloureux tandis qu'il tentait de retirer la flèche meurtrière de son dos. La douleur était telle que lorsqu'il la brisa, son estomac se retourna en un haut le coeur violent et soudain. Son propre sang lui maculait les lèvres et le menton alors qu'il serrait les dents, le regard luisant de haine et de malveillance.
La flèche fut jetée au loin, et l'assassin tourna la tête vers les loges. Analysant sobrement la trajectoire du projectile, il en déduisit approximativement l'endroit où devait être situé l'archer. Le vampire était prêt à le cueillir pour lui faire regretter son geste, et ce même s'il n'était plus tout à fait en état de combattre.
Saisissant par le col le chasseur qu'il avait blessé à la jambe, Wynn le regarda un instant avant de planter ses crocs dans sa gorge pour se repaitre de son sang. Un sang qui l'aiderait à tenir encore un peu, mais qui avait aussi le mérite d'apaiser un tant soit peu la rage du vampire. Le corps sans vie tomba au sol dans un bruit mat, tandis que le vampire essuyait ses lèvres d'un revers de la main.

Se tournant vers l'homme qu'il avait éborgné, l'assassin s'apprêtait à lui régler son compte lorsque des coups de feu attirèrent son attention. Le vampire se tourna vivement vers les loges, à la recherche du tireur, et il reconnu celui qui avait tiré peu de temps avant sur le premier chasseur. Pestant, Wynn se désintéressa du gitan et quitta l'enfilade qui le dissimulait. Immédiatement, il fut frappé par l'aura du Comte qui venait brusquement d'exploser dans le théâtre. Le vampire blessé courba l'échine sous la puissance et la haine que dégageait l'aristocrate. A présent, Wynn se félicitait de ne pas l'avoir énervé plus que cela. Le Comte aurait été en mesure de le réduire à un tas de chair et d'os broyés d'un simple mouvement de la main. Il semblait avoir prit le chasseur au masque pour cible, et même si l'assassin aurait été ravi de lui régler son compte lui aussi, il préféra ne pas s'interposer. Il n'avait pas du tout envie de finir en dommage collatéral.

Tournant la tête dans la direction opposée, Wynn découvrit enfin le visage de l'alliée du Comte. Celle dont il avait sentit l'aura avant que la pièce ne débute. Une femme qui avait l'air très remontée et qui observait les combats autour d'elle avec un dédain évident. Qu'attendait-elle donc pour agir? N'avoir que les miettes d'un repas déjà bien maigre la répugnait donc à ce point? Un rictus méprisant se dessina sur les lèvres de l'assassin tandis qu'il regardait à nouveau vers les loges. Là où le tireur embusqué avait visé, Wynn reconnu l'étoffe bleuté de la robe de Sarah Spencer.
Il ne lui en fallut pas plus pour comprendre. Se changeant à nouveau en une nuée de cendres noires, le violoncelliste gagna la loge de la belle et reprit forme humaine en s'agenouillant auprès d'elle.
Un arc et des flèches d'argent l'accompagnaient, et un dilemme s'imposa au vampire. L'achever par pures représailles, ou la protéger et lui venir en aide, comme il avait été convenu avec le Comte? Après tout elle ne lui était rien, il ne la connaissait pas, et n'avait pour elle que de la rancoeur, maintenant qu'elle lui avait tiré dessus. Mais en agissant ainsi, il aurait perdu ses maigres espoirs de sortir du théâtre en vie et surtout entier.
Ainsi, c'est avec un soupir résigné que l'assassin entreprit d'aider la jeune femme. Fort heureusement, le tireur avait évité ses points vitaux et ses balles n'avaient fait que la blesser superficiellement. Mais l'une de ses blessures à l'épaule saignait assez pour que le vampire s'alarme. Rendre à un homme enragé une «fiancée» exsangue risquait de grandement entacher son parcours jusque là irréprochable... Même si agir de la sorte allait lui écorcher les doigts.


-N'essaye même pas d'attraper ton arc ou quoi que ce soit d'autre, sinon je te brises les doigts un à un. Je vais rendre sa princesse à l'autre tyran mégalomane et estime toi heureuse comme ça... Ne compte pas sur moi pour te cirer les pompes hypocritement..., gronda le vampire, toujours en colère.

Il sortit de la poche de sa veste un petit flacon contenant de la poudre de pavot, qui servirait à atténuer la douleur le temps qu'il retira la balle de l'épaule de la jeune femme. L'assassin sortit tira un petit couteau de sa ceinture et l'approcha de la blessure.


-Maintenant évite de gesticuler si tu ne veux pas souffrir inutilement. Je vais retirer la balle...

Wynn pratiqua une incision fine dans la blessure de Sarah, jusqu'à ce qu'il aperçoive le cul de la douille d'argent. L'héritage de médecin que lui avait légué son père lui était bien plus utile qu'il ne l'avait imaginé, finalement. L'assassin posa son couteau et le troqua contre une petite pince dorée, qu'il inséra dans la blessure afin d'en extraire la balle. Celle-ci tomba au sol et Wynn tendit un mouchoir en tissu à la jeune femme.

-Maintiens ça sur ta plaie pour arrêter l'hémorragie.

Le vampire se leva, titubant toujours légèrement. Les balles en argent logée dans sa poitrine et son épaule le faisait horriblement souffrir, et il sentait les stigmates de son dos lui remonter dans la nuque, lui agressant les nerfs au passage. Son corps lui donnait l'impression d'être en fusion, et son front fiévreux était perlé de sueur. La suite s'annonçait assez mal pour lui, d'autant que la soif de sang commençait à lui tirailler l'estomac et les mâchoires. Il ne fut donc pas fâché de s'éloigner de quelques mètres, car le sang de la jeune Sarah avait un parfum des plus exquis. Parcourant rapidement le couloir du regard, Wynn cherchait une aide quelconque pour surveiller la jeune femme. Seulement, il ne connaissait que peu des alliés du Comte. A vrai dire, il ne connaissait que Maria, aussi décida-t-il d'appeler la jeune femme en espérant qu'elle se montrerait.

-Maria! Appela-t-il d'une voix forte avant de marmonner entre ses dents serrées. Il va falloir qu'on m'explique dans quel camp agit ce tireur incapable...

Soupirant, Wynn pénétra dans la loge que le tireur en question avait du occuper quelques minutes plus tôt. Il n'y avait plus aucune trace de lui, si ce n'est une désagréable odeur canine qui déplut fortement au vampire. Ressortant, il poursuivit son exploration dans le couloir sombre, son revolver à la main.
Quant enfin il perçut un mouvement devant lui, au bout du couloir, il fondit dans l'ombre pour avancer le plus silencieusement possible.
A la lueur vacillante d'une torche, l'assassin vit l'ombre d'un chien se dessiner sur le mur.
Wynn tira, évitant volontairement l'animal. Il doutait fortement qu'un chien errant se soit introduit dans le théâtre, surtout avec l'agitation qui y régnait. Les animaux avaient un instinct de survie autrement plus développé que les humains ou encore les vampires, et jamais l'un d'eux ne se serait aventuré dans un lieu pareil, où les balles de revolver côtoyaient le sang, la mort et les épées.


-Dis donc, toi... Ca t'ennuierait de te montrer? Ou bien aurais-tu des choses à te reprocher...?

Le vampire s'avança un peu plus et baissa son arme pour marquer son absence d'hostilité. Il ne souhaitait pas engager un combat inutile qui n'aurait fait que le fatiguer encore plus.


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Raphaël Veneziano
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MessageSujet: Re: Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42] Lun 19 Nov - 23:29

A Milte & Co

Raphaël avait trouvé une adversaire plus farouche que prévu. A Milte & Co, tandis que le feu gagnait le second étage et les toits, il faisait face à Fiora Hagane.

Cette dernière se moquait. Elle se moquait de son amour pour Eulalia, de sa conception maudite de leur race, de son pessimisme et de sa place dans ce monde, elle le piquait de paroles hautaines et mesquines, matérialisait une corde avec de l'ombre, riait à gorge déployée...
De toute sa vie, hormis au sujet du Comte pour lequel il vouait désormais une véritable haine terrible et concevait des idées affreuses de vengeance, Raphaël n'avait pas autant souhaité la mort de quelqu'un. Peut-être que son père avait attisé autant de haine, voire plus, mais c'était une haine bien différente qu'il ressentait pour cette femme à la dégaine bancale, c'était une envie de tuer pour tuer et non pour atteindre une certaine justice dans ce monde de fous. Ce soir, il avait des désirs de meurtre, un besoin de faire taire cette femme insupportable.
Fiora le provoquait, elle avait osé mordre Eulalia, elle se riait de ses idéaux...
Et puis, parachevant son oeuvre, elle s'en prit à Dieu pour le ridiculiser et le comparer à des entités asiatiques...Ce fut la goutte d'eau, Raphaël explosa :


- Pauvre tarée ! Retourne dans ton pays prier tes dieux impies et ne viens pas t'en prendre à l'Unique ! Le dieu de la foudre...pff, l'ombre des cercueils t'as lavé la tête...

Le coup d'épée qu'il porta alors à la Vampire la toucha au bras. Malgré l'argent dont sa lame était faite, Fiora ne sembla pas souffrir beaucoup de ce geste pourtant bien ajusté. Raphaël n'eut pas le temps de reculer qu'elle lui assénait coups de poing, coude et tête. Le Hunter fut obligé de reculer sous la douleur et la surprise d'autant que la Vampire s'empressa de lui mettre un autre coup dans le plexus pour se dégager de lui.

Puis tout s'était accéléré : Eulalia était arrivée, Fiora l'avait attrapée, la mère de l'humaine s'était pointée et la Vampire l'avait assassinée...Face à tant de douleur, Raphaël avait perdu quelque peu le contrôle de lui-même, ou du moins avait laissé s'échapper de ses entrailles son pouvoir le plus noir. Blesser Fiora, la tuer, l'anéantir : voilà tout ce qui guida chacun de ses souffles en cet instant. Sa bile, déversée en monstres de cauchemars, atteignit la Vampire et la heurta violemment. Les créatures écailleuses lui sectionnèrent muscles et tendons en la meurtrissant de leurs griffes acérées. Ils la bloquaient grâce à leurs queues puissantes et la mordaient dès qu'ils le pouvaient avec leurs crocs aiguisés. Sous l'apparence de petits dragons, entre le serpent et la chauve-souris, ces aberrations matérialisées par le pouvoir de Raphaël empêchaient la Vampire de bouger et insinuaient dans son esprit les pires souvenirs de sa vie.

Fiora se mit à hurler un nom, un nom asiatique, peut-être un ami, un frère, un amant. Raphaël avait un genoux à terre et son épée venait de tomber à ses côtés. L'énergie lui manquait pour ce pouvoir. Alors qu'il fléchissait, ses créatures disparurent peu à peu en s'évaporant dans l'air. Fiora le regarda dans les yeux pour exprimer sa haine. Son regard avait changé : son sourire en disait long sur la folie qui l'habitait à présent. Tremblant, le Hunter releva la tête pour lui répondre en crachant:


- Je peux recommencer...pour ton Yuko...

Un sourire mesquin vint se peindre sur son visage marbré. Raphaël n'allait pas se soumettre. Temps qu'il pourrait énerver davantage la Vampire, il pousserait la chose. C'était terminé le petit jeu du chat et de la souris, c'était maintenant une bataille à mort, une lutte ultime qui se jouait entre-eux. Il était hors de question de la laisser parler sans lui répondre.

Mais l'aura déployée par Fiora le plaqua soudainement au sol. Dans un grognement de douleur et de malaise, le Hunter se retrouva à terre, sur le dos. Il tendit alors la main pour attraper son épée jetant un regard aux sbires du Comte qui s'éloignaient maintenant clairement de la scène. Il se redressa juste à temps pour voir arriver sur lui Fiora, katana à la bouche. Il esquiva en roulant le coup fatal qui faillit lui être porté. Se relevant en titubant, Raphaël esquiva un second coup et son épée fit des étincelles contre le katana de la Vampire alors qu'elle venait de s'appuyer contre un mur pour revenir à l'assaut. Raphaël dû s'affesser contre une poutre encore intacte pour reprendre son souffle et se tenir le rein qui commençait à se régénérer lentement. Contre tout attente, Fiora se jeta alors sur Eulalia. Heureusement, elle loupa à nouveau son coup. Apparemment, fort mal en point elle aussi, la Vampire commençait à avoir quelques difficultés à se battre.

Cependant, Fiora utilisa bientôt un pouvoir des plus effrayants : telle une marionnette, elle se para de fils pour redonner vie à ses bras meurtris. Toutes ses articulations furent actionnées par ces étranges liens d'ombre. A leur contact, utilisant à nouveau son katana avec dextérité malgré ses blessures, Fiora rengagea le combat. Usant de son aura, elle fit reculer le couple et donna coup sur coup pour tenter de les trancher. Raphaël esquiva un coup puissant avant d'hurler :


- Eulalia !

Fiora venait de l'attraper par le coup avec une main d'ombre avant de la ramener à elle. Raphaël cru sur le moment que la Vampire allait percer de part en part son amante avec son arme aiguisée mais, plutôt que de brandir en avant sa lame, Fiora se contenta heureusement d'un coup de genoux incroyablement puissant. Mais elle ne s'arrêta pas là. Après un coup de poing au visage, la Vampire bloqua l'humaine contre un mur grâce à plusieurs mains d'ombre et se mit à lui briser les os de ses mains. Raphaël hurla de rage et se précipita vers elles. Mais Fiora eut le temps de mordre à nouveau Eulalia.

- Lâche-la ! Rugit Raphaël alors qu'il arrivait à leur hauteur l'épée brandie.

Fiora lança alors Eulalia sur lui. Le Hunter recueillit son amante dans ses bras en les écartant volontairement pour la retenir. Mais, tandis qu'il la recevait contre lui, il sentit une lame lui traverser la cage thoracique. Dans un souffle rauque, il ouvrit la bouche en crachant du sang. Eulalia et lui venaient d'être embrochés ensemble par la Vampire. Raphaël resta droit malgré le coup et maintint Eulalia en crispant sa main libre sur son bras. Mais Fiora leur balaya les jambes et bientôt le couple fut à terre. C'était fini. Raphaël sentit qu'il ne pourrait pas sauver Eulalia. Elle était au premier plan, il ne pouvait se dégager à temps pour la sauver d'un nouveau coup. Mais Fiora choisit de ne pas les achever. Enlevant son katana de leurs chairs, elle s'éloigna. Raphaël lâcha son épée pour prendre entièrement son amante dans ses bras et la regarder. Sa blessure à lui était violente mais restait superficielle pour le Vampire qu'il était, et puis le coup avait été en partie amorti et estompé par Eulalia. Mais qu'en était-il de la jeune femme ? Inquiet, épuisé, servant de support pour la belle, Raphaël se redressa pour soulever Eulalia et regarder son visage.


- Eulalia ? Eulalia ?! Regarde-moi !

La panique s'entendait dans sa voix tremblante. Le Vampire enleva ses gants et toucha d'une main le poitrail de son amante qui saignait abondamment. Frottant ses doigts entre-eux, il sentit que le sang coagulait. Eulalia était faible : elle avait du mal déjà à renouveler le sang qu'il lui avait pris la veille, maintenant elle venait de subir deux autres morsures...en plus de ses blessures...La pauvre Humaine allait finir exsangue...

- Eulalia ?

Fiora était partie, ils étaient seuls dans le bâtiment en feu. Les flammes commençaient à les étouffer dans la fumée et à les éblouir. La chaleur du lieu brûlait la peau de Raphaël. Quelques morceaux de bois tombaient de-ci de-là, un effondrement avait déjà eu lieu un peu plus loin. Il fallait quitter Milte & Co maintenant ou périr dans l'incendie.

Faisant preuve d'une force inattendue, Raphaël se releva en soulevant Eulalia pour la mettre debout. Il ramassa son épée tout en maintenant contre lui la jeune femme et commença à l'aider à se diriger vers la sortie. Raphaël ne disait plus rien. Il grognait de douleur et soupirait de fatigue. Même si à la surface de sa peau son rein c'était refermé, il le faisait souffrir dans chacun de ses mouvements. Sa nouvelle blessure au katana saignait fortement, même si son sang coagulait plus fortement que celui d'Eulalia. Enfin, l'usage de ses pouvoirs l'avait vidé de ses forces et s'il tenait sur ses jambes en soutenant son amante, ce n'était que grâce à sa volonté et son amour pour la jeune femme.


- Il faut quitter le bâtiment...fit-il les dents serrées. Vite...

Sur le chemin, Raphaël ramassa la rapière de son amante et se dirigea vers une porte au-delà des flammes. Mais bientôt un mur de feu les obligea à bifurquer pour sauver leur vie et esquiver un éboulement de briques et de bois. Raphaël trébuchait, il suait fortement et ses genoux tremblaient. Il avait du mal à tenir Eulalia tout en gardant son épée en main ainsi que la rapière. Tout lui coûtait.

Arrivé devant une porte barrée d'un morceau de bois, le couple fut arrêté par deux Vampires qui se dressèrent, menaçants, entre eux et la sortie. Raphaël sortit les crocs et les dévisagea avec un air terrifiant. Il était certes très diminué mais son pouvoir de frayeur pouvait encore les sauver. Le premier Vampire recula la bouche ouverte, comme paralysé, le second se jeta sur les Hunters. D'un geste rapide, Raphaël redressa son épée pour parer son attaque. La porte en bois s'ouvrit alors soudainement derrière leur adversaire qui eut le malheur de se retourner pour voir se qu'il se passait. Raphaël en profita pour lui planter son épée d'argent dans le dos avant de le pousser pour sortir.


*********************
Dehors

Il fut accueilli par un groupe d'hommes en uniformes : les pompiers étaient-là, ils venaient de forcer la porte. Raphaël s'agrippa à l'un d'eux et le repoussa pour passer avec Eulalia sans se soucier de ses cris de protestations. Un jeune homme attrapa la belle par une épaule pour s'inquiéter de son état, Raphaël lui envoya aussitôt un revers de la main dans la bouche pour le virer.

- Dégagez ! Faites place !

Il trébucha, se rattrapant de justesse à un lampadaire. Il sentit sur sa peau la pluie qui tombait avec force. Ses cheveux blancs lui collèrent le visage et une brume envahit ses yeux. Il fléchit, se redressa, trébucha, se redressa, écarta les passants avec violence et continua son chemin en supportant Eulalia. La foule qui était sortie du théâtre s'était amassée partout autour du bâtiment de Milte & Co pour observer avec excitation les flammes qui le rongeaient. Certains virent le couple sortir du bâtiment et leur curiosité attira bientôt celle des autres. Raphaël était très visible malgré sa cape noire à cause de ses cheveux couleur neige. Certains le reconnurent.
Les armes que le Vampire tenait en mains, ainsi que ses blessures et celle de la jeune femme qu'il tenait, firent paniquer quelques femmes et agitèrent une paire d'hommes. Mais bientôt Raphaël se perdit dans la foule et revint vers le théâtre tandis que la plupart des gens commençaient à rentrer chez eux. C'était la foule et l'intervention des pompiers qui sauvèrent le couple du piège tendu par Fiora pour leur sortie. S'ils étaient passé par une ruelle annexe, cela aurait été certes plus discret mais ils se seraient retrouvés face à un lion...Finalement, la chance était avec eux pour l'instant.

Soudain, une masse attrapa Raphaël par une épaule et lui arracha Eulalia des bras tandis qu'une autre lui saisissait la main droite pour lui enlever ses armes. Raphaël tituba et se débattit avec force.


- Lâchez-moi !

Un homme vêtu d'un grand manteau gris se présenta pendant que ses hommes maintenaient Raphaël et s'en allaient avec Eulalia.

- N'aggravez pas votre cas, monsieur Venezziano ! Nous savons tout ! Et vous êtes blessé....

Le Vampire reconnu l'insigne du Scotland Yard que lui montrait l'homme et adoucit ses gestes sans pour autant se laisser faire.

- Qu'est-ce que vous m'voulez ?! Bande de crétins ! C'est pas moi qu'il faut arrêter ! Vous ne savez rien!

Eulalia fut emmenée plus loin par deux hommes comme pour l'éloigner de lui au maximum. Raphaël dégagea soudainement une de ses mains pour attraper le chef d'escouade par la gorge.

- Si vous me faites obstacle maintenant, je vous tue !

Ses yeux reflétaient toute sa rage et sa haine qui dégoulinaient de sa bouche comme son sang sur son poitrail et l'eau de pluie dans ses cheveux.
Il prit un coup dans l'estomac et dans les reins, fut mis à terre à genoux, un bras dans le dos. Il n'avait plus beaucoup de forces, ce qui expliquait cette faiblesse soudaine à la lutte. Cependant, il ne lâcha pas la gorge de l'agent et serra au contraire ses doigts avec plus de conviction. L'homme se plia en deux, emmené vers le sol par le Vampire qui était à genoux et suffoqua en crachotant. Un autre agent attrapa Raphaël par les cheveux pour le faire lâcher prise. Le Hunter fut obligé d'abandonner.
En effet, au bout d'un moment, il sentit qu'il ne pouvait plus se battre sans entraîner la mort de ces hommes. Et puis il avait vu qu'Eulalia était emmenée vers un fiacre qui attendait justement devant la porte principale du théâtre. Une idée venait de lui traverser l'esprit.

Docile, il se laissa donc mener lui aussi vers l'entrée de l'édifice. Mais, alors qu'ils arrivaient à hauteur du fiacre, le Vampire mit un coup de pied dans l'estomac de l'un de ses gêneurs avant de mettre un coup de coude dans le nez du second et de se précipiter vers les escaliers. Il laissait Eulalia derrière lui avec un pincement au coeur mais maintenant qu'elle était blessée à ce point, maintenant que c'était le Comte qu'ils allaient affronter, il préférait la laisser aux agents du Scotland Yard plutôt que de la perdre définitivement.
Les agents se mirent aussitôt à sa poursuite en soufflant dans leurs sifflets. Raphaël accéléra le pas autant qu'il pu et franchit la porte en bousculant une paire de personnes restées devant. Sa blessure au poitrail le faisait grandement souffrir mais il fit tout pour l'oublier, se concentrant sur sa cible.
Ce serait son dernier acte désespéré.


*********************
Au théâtre

Arrivé contre la seconde porte, il voulu l'ouvrir lorsqu'il se rendit compte qu'elle était verrouillée. Mais comment cela était-il donc possible? C'était fait de l'intérieur! Bifurquant sur le côté pour chercher l'entrée des artistes, Raphaël monta deux escaliers à la hâte pour finalement se retrouver au second étage sur un balcon.

Ses yeux embrassèrent alors la salle et chacun de ses détails lui sautèrent aux yeux et au coeur. Sarah était là, sur le même étage que lui, elle était clairement vivante mais elle semblait recroquevillée sur elle-même de là où elle était, trois Hunters agonisaient en dessous de lui mais il ne les voyait pas vraiment à cause de l'avancée de son balcon, Fiora était sur scène avec un homme, deux femmes semblaient affairées à arrêter un feu sur la droite des rangées de sièges, mais surtout, il voyait très nettement le Comte en plein centre de la salle, au milieu de sièges renversés, qui tenait Alexender par le visage comme s'il allait lui broyer la tête. Clairement, le Hunter allait y passer.

Raphaël s'accrocha à la rambarde devant lui et serra les dents de rage et de douleur. Plié en deux, il tonna le plus fort possible:


- Lâche-le! C'est moi que tu veux!? Viens me chercher enfoiré! Lâche-le, c'est qu'un pauvre Humain! Viens te battre!

Sur ces mots, Raphaël se redressa et un serpent noir commença à se matérialiser sur son bras droit. Il n'avait plus son épée, seuls ses pouvoirs allaient pouvoir lui servir. Mais il se souvint alors de sa croix en or dans son petit tube de plomb. Il la sortit lentement en prononçant les paroles bénites nécessaires à l'utilisation d'objets religieux pour lui.

-
Ad imposibilitas nemo tenetur...

Tenant fermement sa croix dans la paume de sa main droite, il provoqua une nouvelle fois le Comte:


- Aller viens te battre! Ta pitoyable pièce avait besoin d'un peu de lumière et je lui en ai ajouté, c'est à moi qu'il faut que tu te plaignes si ça ne t'as pas plu, pas à lui!

Il allait périr, c'était maintenant inévitable. Mais quitte à crever, au moins aurait-il sauvé Eulalia et peut-être Alexender...
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Eulalia Grey
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MessageSujet: Re: Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42] Mar 20 Nov - 19:29

Harriet Grey était tombée de la manière la plus abominable qui pouvait être, juste sous les yeux de sa fille. En moins d'un quart de seconde, il ne restait rien du visage de la femme qui avait donné bien plus que la vie à Eulalia. Cette dernière était restée coite un instant, horrifiée par ce qu'elle venait de voir. Jamais plus elle ne reverrait sa mère. Jamais plus elle ne la consolerait, la prendrait dans ses bras... Elle venait de perdre une partie de ce qu'elle avait de plus cher. Ce que cette vampire venait de lui arracher, elle le lui ferait payer au centuple. Un sentiment de rage folle, quasiment hystérique venait de se déverser dans tout son corps. Les yeux de la Huntress brillaient de rage et si Raphaël ne l'avait pas retenue, elle se serait jetée la tête la première sur la vampire. Chaque centimètre carré de son corps appelait à la vengeance. Elle ramassa le Bloody Rose et le glissa furieusement dans sa ceinture.

-Espèce de monstre ! JE VAIS TE FAIRE LA PEAU!

Mais alors que leur adversaire revenait à la charge, Raphaël déploya un stupéfiant pouvoir qui la surprit et sembla glacer d'effroi les sbires qui n'osèrent pas s'approcher. Elle-même était en plein dans la flaque noire, qui ne ressemblait à rien qui puisse exister sur terre. Ils bénéficiaient d'un court instant de répit...

Elle priait pour que Raphaël tienne et en finisse avec la Vampire. Elle ne savait pas combien de temps ils avaient passé là-dedans et doutait que le moment fatidique arrive bien plus vite que prévu. Tôt ou tard, elle devrait payer le tribut que lui imposait son pouvoir.

La vampire finit par hurler. Lally redressa la tête et fut frappée par ce qu'elle vit. Leur agresseur, cette femme si forte, si dangereuse, pleurait et appelait celui qu'elle identifia comme l'homme qu'elle avait aimé. La façon qu'elle avait de prononcer ce mon lui laissait imaginer que cette personne était morte maintenant. Etrangement, Eulalia ressentit un soupçon de compassion pour elle. Pour avoir elle-même goûté à l'amour, elle pouvait aisément imaginer que la mort de son âme sœur était une épreuve qui ne nous laissait jamais indemne. Quelle pitié...

Le seul problème, c'était que ce souvenir qui avait ressurgi fit naître en Fiora une rage meurtrière. Elle se déchaîna et balaya les monstres sans l'aide de ses mains. Raphaël mit un genoux à terre et Eulalia lui serra brièvement le bras pour l'encourager avant de dégainer son arme. C'était maintenant qu'ils risquaient bien plus que de simples coups. A la moindre erreur, ils payeraient de leurs vies.
Le sourire fou de la femme le montrait bien, elle était déchaînée et ne se contrôlait plus. C'était un fauve enragé qu'ils allaient devoir affronter.

L'imposante guerrière libéra son aura mais, cette fois-ci, Eulalia y fit face dans un effort de volonté quasiment surhumain. Elle n'abandonnerait pas son amant. Pas encore. La rage de vaincre, l'envie de vengeance, l'amour... Tous ces sentiments qui faisaient bouillonner son être à cet instant lui permirent de tenir face à la française à la beauté effroyable. Elle s'élança alors avec une puissance impressionnante et faillit lacérer l'Ange blanc d'un coup de katana, heureusement esquivé.
Lally la vit ensuite fondre sur elle. D'une roulade habile, elle échappa aux coups de la vampire qui ne réfléchissait plus. Les sbires avaient battus en retraite. Ils étaient seuls.

Ils se défendirent avec brio, usant de toute la technique et la force dont ils étaient capables. Ils reculaient mais ne prenaient pas de blessures trop graves, c'était déjà l'essentiel. A un moment, la Vampire laissa une ouverture et, d'un coup d'oeil entendu, les deux amants se jetèrent de concert sur leur adversaire pour l'achever. Ils furent alors propulsés violemment en arrière par l'aura de la Vampire.
Avant qu'elle n'ait eu le temps de se redresser, quelque chose la prit à la gorge et la ramena à une vitesse affolante vers l'ennemie. Elle avait du mal à reprendre son équilibre et le noir se fit un court instant lorsqu'elle reçut un coup dans l'estomac suivi d'un crochet du droit bien senti. La jeune femme cracha une petite gerbe de sang mais ne laissa pas passer le plus petit gémissement de douleur. Elle regarda la française, sauvage et rebelle et articula avec peine.


- Il n'y a que les fous... et les gens sans honneur qui se complaisent dans la souffrance de leurs adversaires... A quelle catégorie... appartenez-vous donc?

Eulalia sentait qu'elle était en mauvaise posture et, désormais, tout ce qu'elle pouvait faire c'était se servir de sa langue acérée pour sauver le semblant de crédibilité qu'il lui restait. Elle ne subirait pas comme une lâche. Elle trouva on ne sait où la force de répliquer à la Vampire, qui venait de lui faire un inventaire détaillé de la souffrance qu'elle allait endurer tout en l'inondant d'insultes dégradantes.

- Tsss... Vous êtes pathétique... Je ne suis pas un simple insecte à qui un enfant sadique ira couper les ailes par plaisir... Mais qu'importe... La vie ne vous a pas épargné vous non plus... Elle vous a privée de votre amour... Alors... Pour vous venger, vous infligez cette souffrance aux autres... Comme vous devez être malheureuse... Je vous plains sincèrement...

Eulalia trouva la force de sourire, en ultime affront. Elle garda la tête haute et sentit alors ses os se briser uns à uns. La jeune femme se retint de hurler le plus longtemps possible, ne voulant surtout pas faire ce plaisir à son agresseur. Mais quand la douleur se fit trop importante, elle hurla, hurla à ne plus en pouvoir. Ce qu'elle ressentait était au-delà du descriptible, c'était tout simplement insoutenable. Sa voix se brisa mais elle ne cilla pas. Ses yeux ne pleuraient pas, elle ne se débattait pas. Et, surtout, elle n'osait pas regarder vers Raphaël. Il ne fallait surtout pas qu'il la voie comme ça... L'entendre hurler pour elle était déjà amplement suffisant.

Intérieurement, elle pria pour que tout se termine, ne pouvant plus supporter tant de douleur. Lally ferma les yeux et se sentit envoyée contre quelque chose. Elle sentit que c'était Raphaël qui l'avait réceptionnée. Elle n'eut même pas le temps d'être soulagée qu'elle se fit transpercer par un coup d'épée qui faillit lui faire perdre connaissance.

Ce fut la voix de son amant qui la rappela à la raison. Elle plissa les yeux et, même au travers de ses lunettes, le visage du Vampire lui apparut flou. Il fallait qu'elle lui montre qu'elle était toujours en vie, toujours en état d'avancer...

Il murmura son prénom une deuxième fois.


- Je... Je vais... Je vais bien...

C'était faux, ils le savaient tous les deux. Ils étaient tous les deux presque hors d'état de nuire et ils pouvaient y rester s'ils ne sortaient pas vite du bâtiment en feu. Ce fut Raphaël qui prit l'initiative et ils cheminèrent comme ils pouvaient vers la sortie. Ils faillirent se faire écraser plusieurs fois par des poutres ou des briques. Faible plus que jamais, Lally essayait néanmoins de ne pas trop peser sur lui.

Ils finirent par arriver dehors et la cohue faillit la faire tomber à nouveau. Elle entendait vaguement les voix des gens autour... La jeune femme se raccrochait à la voix de Raphaël comme à une bouée pour ne pas sombrer dans l'inconscience.

On essaya une première fois de l'arracher à lui et l'importun ramassa une gifle pour tout tribut. Ils continuèrent à progresser et Eulalia luttait pour ne pas sombrer dans l'inconscience.
Des bras l'arrachèrent à l'étreinte de son amant et elle ne put rien faire pour lutter. Elle n'avait plus de force. Un seul mot réussit cependant à franchir ses lèvres fines.

- Raphaël...

On la porta dans un fiacre et on l'allongea sur la banquette. Un médecin s'y tenait déjà et l'examina sans plus tarder. La Huntress ne distingua pas ses traits dans l'obscurité mais ses gestes étaient doux et assurés tandis que sa voix, grave et douce comme du velours, imposait le respect.

Elle sentit qu'il touchait sa plaie au ventre et elle gémit faiblement. En d'autres circonstances, elle se serait trouvée totalement pitoyable... On lui fit un garrot et le médecin se tourna vers ses assistants.


- Il faut la transfuser maintenant.

Un des jeunes hommes qui se trouvaient là parut sceptique.

- Il y a de fortes chances qu'elle rejette... Elle va probablement mourir si on fait ça.

Le médecin haussa le ton

- Sanders, si on ne fait rien, cette jeune femme va vraiment y passer ! Alors amenez-moi le matériel nécessaire dans les cinq secondes ou vous aurez une morte sur la conscience!

Le dénommé Sanders déchargea le matériel nécessaire et, dans les secondes qui suivirent, on transfusa du liquide vital dans le corps d'Eulalia, déjà dangereusement vide. Heureusement, et ce, pour une obscure raison, tous les membres de la famille Grey possédaient la faculté de pouvoir recevoir n'importe quel type de sang humain, ce qui fut salutaire pour la jeune demoiselle.

Pendant que le médecin surveillait le processus, on lui recousit la plaie à vif afin d'éviter qu'elle ne perde le peu qu'elle venait de gagner. Mais la jeune femme ne reprit pas de couleurs et sa peau paraissait de plus en plus blanchâtre.

Quelques minutes après, les assistants sortirent l'air désolé. Seul restait le médecin, au chevet de la Huntress.


********************

Thaddeus Grey s'était infiltré dans le Théâtre à la recherche de ses alliés. Il avait cru bon de contacter d'anciens amis, Hunters avec qui il avait partagé de folles aventures dans sa prime jeunesse.

Maintenant, son souci premier était de retrouver Alexender ou Sarah afin de s'assurer qu'ils étaient en sécurité. La jeunesse se montrait fort impétueuse et cela les rendait plus vulnérables. Il se cacha lorsqu'il aperçut le Comte envoyer des directives à ses disciples. Il fallait à tout prix éviter les combats. Il se connaissait et savait que son âge ne lui permettrait pas d'assumer une lutte avec un ou plusieurs disciples et une lutte avec le Comte.

Il fuirait donc, pour mieux tomber sur ce fou à bras raccourcis.

Ce serait son dernier combat.

L'homme esquiva habilement les regards ennemis et ne perdit pas une miette de ce qui se passait. Changeant régulièrement d'endroit, il aperçut Alexender aux prises avec le chef d'orchestre ainsi qu'un de ses amis qui se battait avec hargne. Il fut effroyablement blessé et le Hunter doutait de pouvoir soigner cet œil dans les minutes qui allaient suivre.
Le chef d'orchestre disparut de son champ de vision. Il descendit prudemment pour se cacher au milieu des sièges et observer, une main sur le manche d'un de ses poignards en argent.

Il vit le Comte fondre sur le jeune homme roux tel un faucon sur sa proie et se reçut de l'eau bénite sur le visage. Vu comme ça, il était tout de suite moins élégant et raffiné que ce gentleman respectable qui se plaçait parmi les plus hauts de l'aristocratie britannique. Le vampire fou de rage étrangla Alexender. Dans cinq secondes, c'en serait fini de lui. Il se leva pour prendre sa défense quand une voix distincte et sûre interrompit son geste.

C'était Raphaël, sur le balcon. Sans Eulalia. Que lui était-il arrivé ? Etait-elle morte ou en sécurité ? L'avait-il laissée avec Harriet ? Un étau se resserra sur la cage thoracique de l'homme. Il ne savait pas encore qu'il ne reverrait jamais son épouse et que sa fille était à l'article de la mort.

Comme il s'y attendait, le Comte se prépara à foncer sur le jeune aristocrate. Si le prêtre ne prenait pas une décision maintenant, l'amour de sa fille disparaîtrait dans un nuage de poussière.

Avec toute l'agilité dont il était capable, il s'élança et lacéra le dos du puissant vampire de ses lames d'argent. Il se réceptionna à l'aide d'un siège et atterrit dans une travée latérale. L'homme d'église, sourcils froncés, interpella l'homme.


- Toi, sale Vampire ! Je te défend de toucher à un seul cheveu de la tête de ce garçon, tu m'as compris ? Si tu veux régler tes comptes, c'est par moi qu'il faut passer ! Après tout... C'est à cause de moi que tu as perdu toute ta crédibilité devant Sa Majesté...

Thaddeus se mit en position de garde et attendit que le Comte vienne répondre à sa provocation, ce qu'il ne manqua pas de faire.

********************

Dans le fiacre, le médecin assistait à un spectacle des plus étranges. Au fur et à mesure que le sang affluait dans les veines de la jeune femme qui peinait à rester consciente, il sentait comme un fourmillement sous la peau de ses bras. Les os... Les os de la jeune femme se reconstruisaient tous seuls !

Mais quelle était cette sorcellerie ? Cette jeune femme... Se pouvait-il qu'elle soit la fille de Thaddeus ?

Les marques multiples sur son cou disparurent à leur tour. Seule restait la légère cicatrice de la toute première, faite par Raphaël.
Le médecin rechargea la transfusion de sang. La jeune femme en avait consommé une quantité impressionnante... Les points de suture sautèrent pendant que la plaie se refermait. L'homme en resta bouche bée. Lui qui avait cru que, quelques secondes plus tôt, Eulalia avait rendu l'âme...

Encore quelques minutes et son corps fut soigné, en surface tout du moins. Le pouvoir de Lally possédait en effet une seconde facette, comme un cran de sûreté, qui s'activait quand l'état de la jeune femme était critique. Mais ces soins intensifs consommaient du sang et n'étaient malheureusement possibles que si la jeune femme était sous transfusion. Autant dire que cela ne servait pas à grand chose en combat.

Eulalia ouvrit les yeux et inspira d'un coup en se relevant. Elle avait mal partout et se sentait faible. De gros blancs apparaissaient dans son esprit, elle avait du mal à reconstituer les évènements. Sa tête lui tournait et elle se rallongea.


- Oh mon Dieu...

Le médecin prit son pouls.

-Faites attention mademoiselle... Vous n'êtes pas en état de bouger... Votre ami s'est montré très récalcitrant, j'espère que vous ne ferez pas de même...

En effet, il avait entendu les bruits de lutte aux abords du cab et avait vu la tignasse blanche s'enfoncer dans la foule. Mais sa priorité avait été de soigner la jeune femme alors il ne s'en était pas trop préoccupé.

Eulalia se redressa. Raphaël ! Il était allé au Théâtre ! Quel idiot... Il était blessé et nécessitait des soins de toute urgence ! La jeune femme se releva, cette fois bien décidée à faire preuve d'imprudence.


- Ne bougez pas, vous n'êtes pas en état!!

- Il est à l'intérieur... Je ne peux pas le laisser seul... J'irai, que cela vous plaise ou non. S'il meurt... Alors moi, je n'ai aucune raison d'être en vie.

Eulalia sortit du cab. Le médecin hésita et, finalement, la rattrapa, un Bloody Rose à la main. Cet homme avait autrefois été Hunter et s'était retiré de la profession pour devenir médecin. Cependant, il avait décidé de se mobiliser ce soir sur une demande d'un ancien ami. Il ignorait d'ailleurs que ce dernier avait une fille aussi déterminée et tête de mule. Quand Lally vit le Bloody de l'homme, elle lâcha un hoquet de surprise. L'homme pour toute réponse passa devant elle.

- A la moindre attaque contre vous, je vous ramène à l'extérieur. Vous n'êtes pas en état d'assurer un combat, même contre le vampire le plus inoffensif de Londres. Et si vous ressentez le moindre signe de fatigue en soignant l'un de vos amis, arrêtez immédiatement. Me suis-je bien fait comprendre ?

Eulalia acquiesça et, sans un mot de plus, ils pénétrèrent dans l'édifice. La porte était fermée... Ils cherchèrent un autre moyen d'entrer et passèrent dans un dédale de loges désertes et sombres pour arriver sur un balcon. La jeune femme s'y précipita et jaugea avec horreur le spectacle qui s'offrait à ses yeux. Dans la cohue, elle fixait un homme en noir qui semblait vivre ses derniers instants face au Comte. Son père.

-Non.... NON!


Dernière édition par Eulalia Grey le Dim 5 Mai - 18:14, édité 1 fois
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Attentat au Grand Théâtre [PV groupe] [11/03/42]

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