L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Une enquête ardue, en perspective [Armando, Véronica] [10/03/42]

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Veronica Newburry
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MessageSujet: Une enquête ardue, en perspective [Armando, Véronica] [10/03/42] Sam 24 Nov - 14:52

[HRP/ En venant de Soirée mondaine, soirée mortelle. /HRP]

Le lendemain matin, Véronica s'était levée sur le coup des dix heures. D'habitude elle ne dormait jamais si tard, c'était surprenant ! C'était Mrs Walters qui était allée la réveiller avec un sourire, une tasse de thé et des scones. De quoi démarrer la journée dans la bonne humeur.

Après une toilette rapide, elle avait enfilé des vêtements simples, une chemise blanche, une jupe brune et des bottines noires, pour se rendre à l'Alchemist Room afin de récupérer des documents qu'elle prévoyait de montrer à Armando.

Le souvenir de cet homme la fit quelque peu rougir. Il était si impressionnant... Un homme d'une prestance pareille irait loin dans la vie. Sur le papier, elle était sa supérieure mais elle savait qu'elle ne se comporterait jamais comme telle.

La jeune femme prit un cab jusqu'à son lieu de travail, pensive. Elle essaya de se faire la plus discrète possible au milieu de ses supérieurs et fila droit au cagibi qui lui servait de bureau. Elle essaya d'ouvrir la porte avec sa clé et se rendit compte qu'elle n'était pas verrouillée... Pourtant, elle se souvenait bien d'avoir fermé correctement hier soir. L'Alchimiste déglutit puis entra. Rien n'avait bougé depuis hier soir... Enfin, en apparence.

Lorsqu'elle s'approcha de son bureau, elle commença par passer au crible son dossier pour vérifier que rien n'y manquait. Après un examen minutieux, elle se rencogna dans le fauteuil, soulagée. Personne n'était allé fouiller pendant son absence...

Un bout de papier jaune glissa alors, sans doute caché par les autres feuilles. La jeune femme le prit et le porta à hauteur de ses yeux. Elle lut les quelques mots, griffonnés à l'encre bleue.


Tu es peut-être la prochaine...

La jeune femme tremblait. Comment... Comment cela était-il possible ? Elle n'avait parlé à personne de ses recherches... Horrifiée, elle ramassa tout ce qui concernait l'enquête et le fourra dans une petite mallette qu'elle gardait dans un coin.  Elle arracha les papiers et les fils du mur pour les cacher dans sa corbeille, qu'elle envoya ensuite sous son bureau.

Elle tournait et virait, peinant à garder son calme. Surtout, ne pas ameuter du monde. Le coupable ayant eu accès à l'Alchemist Room, il pouvait très bien l'observer à l'instant même. La jeune femme renvoya quelques unes de ses mèches rebelles derrière son oreille, vérifia qu'elle n'avait rien laissé derrière elle et sortit de son bureau en le refermant à clé. Puis, sans demander son reste, elle repartit chez elle, sa valise sous le bras.

Véronica revint chez elle aux environs de midi et demi et se dirigea sans attendre vers son bureau, pièce spacieuse meublée dans les tons de vert et acajou. Elle y passait le plus clair de son temps et en connaissait chaque recoin. L'Alchimiste se dirigea vers un tableau sur le côté gauche après avoir fermé tous les rideaux. Il représentait une scène champêtre, dans d'agréables tons pastels. Derrière se trouvait le coffre-fort de la maison, où se trouvaient entreposés quelques objets de grande valeur pour elle.

La jeune femme fit glisser l'objet sur le côté et composa la combinaison. L'objet s'ouvrit dans un cliquetis métallique et la jeune femme y entreposa tous les documents à l'exception du bout de papier jaune et d'un document officiel de son ordre, qui servirait de preuve de sa bonne foi auprès d'Armando.

Quand tout fut en ordre, elle ré-ouvrit les tentures et ressortit comme si de rien n'était, les deux papiers cachés dans sa veste.

Elle prit un déjeuner frugal, composé d'une tranche rôti froid, de légumes et de quelques pommes de terre. Après ce qu'elle venait de voir, elle ne se sentait pas d'humeur à manger beaucoup. Le repas se termina par une coupelle de fruits découpés et une tasse d'Earl Grey.

La jeune femme monta ensuite dans sa chambre pour se préparer pour l'après-midi. Elle choisit une robe d'après-midi framboise en coton lourd agrémentée de brocards sur le bustier et sur les manchettes. La jupe, moins ample que pour une robe de soirée, ne possédait pas de tournures superflues. Pour aller avec, elle choisit un petit camée qu'elle fixa sur le col, une capeline nouée avec un foulard rosé, des gants blancs ainsi que des bottines vernies.

Elle demanda à Mrs Walters de faire boucler ses cheveux. Tandis que la femme de chambre mettait le fer dans la cheminée, la jeune femme teignit ses lèvres d'un rose très naturel et, pour une fois, laissa ses yeux vierges de tout maquillage, se contentant d'un peu de poudre sur ses joues pâlies par l'émotion.


- Ce n'est pas dans vos habitudes de faire preuve d'autant de coquetterie pour un événement comme celui-ci... Auriez-vous par hasard rendez-vous avez le gentleman d'hier soir?

Véronica faillit s'étrangler sur place et son teint vira au rouge en un quart de seconde.

- Mais... Mais bien sûr que non ! Enfin, qu'allez-vous donc chercher là Mrs Walters ?!

La femme de chambre répondit par un sourire qui en disait long et sortit le fer des braises. Elle fit boucler les cheveux de la jeune femme avant de les réunir en un chignon simple, sublimé par la souplesse des ondulations nouvelles.

Avant de partir, la jeune femme s'empara d'un petit sac cousu dans le même tissu que sa robe et y cacha quelques pièces et les deux documents. Son majordome lui apporta une ombrelle et un châle blanc taillé dans une laine coûteuse avant qu'elle ne parte.

Il était prêt de deux heures dix quand elle arriva au Paulo's Park. Après avoir payé le conducteur du cab, elle s'avança vers les grilles de l'entrée. Armando n'était pas encore là...
Mais le public affluait de tous côtés. Jeunes enfants avec leurs nourrices, amuseurs, gentlemen accompagnés de quelques élégantes... Tout Londres s'était déplacé pour admirer les splendides fleurs exposées dans ce parc, de la plus commune à la plus rare. Fleurs européennes ou importées de lointaines contrées, les couleurs, les senteurs et les formes se mariaient au travers de prouesses architecturales et jardinières à couper le souffle. On avait même aménagé un jardin à la française et un labyrinthe pour l'occasion.

Lorsqu'enfin, la jeune femme aperçut l'Italien, elle essaya avant tout de paraître naturelle lorsqu'elle le salua poliment. Elle pensa qu'on les observait peut-être... D'un geste machinal, elle vérifia que son pistolet à percussion était bien attaché à sa cuisse avant d'esquisser une révérence.


- Ravie de vous revoir, Mr della Serata...

Ils commencèrent à progresser au milieu de la foule. Elle avait posé sa main sur son bras, galamment. L'autre tenait son sac et son ombrelle. L'alchimiste observa l'inspecteur au travers de ses lunettes.
- Je ne vous ai même pas demandé si vous aimiez les expositions florales...

Ils avancèrent jusqu'à un coin reculé, un peu plus à l'abri des regards. Il y avait un banc sous une arcade de roses trémières. Avec un peu de chance, on les prendrait pour deux amants en quête de poésie et de calme.

Après un moment, elle sortit le papier officiel de son réticule et le lui présenta.


- C'est le rapport de l'incident dont je vous ai parlé hier... Il porte le cachet de mon ordre et, comme vous pouvez le constater, il est très voire trop succin.

Elle espérait que ce serait suffisant pour convaincre l'inspecteur. Après lui avoir laissé le temps d'examiner la feuille, elle la rangea et sortit en déglutissant le bout de papier jaune.

- Tout à l'heure en me rendant à l'Alchemist Room, je me suis rendue compte qu'on avait crocheté la serrure de mon bureau... Rien n'a été déplacé, détruit ou retiré. J'ai juste trouvé ceci...


Dernière édition par Veronica Newburry le Jeu 9 Mai - 9:07, édité 1 fois
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Armando della Serata
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MessageSujet: Re: Une enquête ardue, en perspective [Armando, Véronica] [10/03/42] Mar 27 Nov - 21:09

[HRP/ Venant de Soirée mondaine, soirée mortelle/HRP]

Il était tôt, le soleil n'était pas encore levé sur la capitale, lorsqu'Armando se réveilla en sursaut. Il se rendit compte qu'il s'était endormi dans son fauteuil, tout habillé. Il l'avait regagné après avoir repéré les gravures sur les allumettes qu'il avait réquisitionnées comme preuves dans sa nouvelle enquête. Pendant des heures il avait réfléchi à cette dernière avant de s'assoupir. Endolori, l'Italien se leva et ce simple mouvement fit tomber les deux boites d'allumettes au sol. Avec un grognement entre l'étirement et l'irritation, il se baissa pour les ramasser. Posant les boites sur sa table, il descendit à l'accueil pour demander à ce qu'on lui prépare un bain. Une fois remonté dans sa suite, il petit-déjeuna en lisant le journal et prit un air blasé face aux première pages couvertes de gros titres tels que "le colonel Felton assassiné au Queen's Head: la fin de la sécurité est-elle arrivée?", "le tueur égorge le colonel Felton!", "un carnage inexpliqué", "le Scotland Yard sur une nouvelle enquête sanglante"...Refermant le journal d'un geste las avant de le jeter sur la table, Armando prit son bain, enfin prêt, et s'habilla d'un nouveau costume noir. Sa chemise boutonnée, il noua sa cravate et ajusta sa veste avant de se passer une main dans les cheveux afin de les rejeter en arrière. Normalement, à cette époque, il aurait dû attacher ces derniers avec un ruban mais il préférait leur laisser la liberté. Depuis toujours il portait ainsi ses longs cheveux noir, en crinière, sans se préoccuper des normes de la société.
Une fois prêt, il était aux environs de 8h30 du matin. Il glissa les deux boites allumettes dans ses poches de pantalon et sortit en attrapant au passage une chemise dans laquelle il gardait les documents relatifs à son enquête.

D'un pas leste, l'Italien se rendit aux bureaux de Scotland Yard et regagna ses pénates. Jonathan n'était pas encore arrivé, c'était habituel, mais Diego était là.


- Ha! Armando! fit-il en l'accueillant les bras ouverts. Bien dormi? Il portait une pochette qui se vida de son contenu dans le même temps qu'il esquissait son geste amical. Ha! Shit!

Armando leva les yeux au ciel et aida son collègue à ramasser ses documents.

- Je ne serai pas là cet après-midi, enchaina-t-il en tendant des paperasses à Diego, j'interroge le témoin qui a découvert le cadavre. Préviens Dean et Jonathan, je veux que les média cessent d'affoler la population et je veux aussi un rapport complet sur le déroulement de la soirée d'hier. Rassemblez les listes de convives que nous avons établies et vérifiez toutes les entrées et sorties entre 22h et 23h.

- Heu...ok, d'accord. répondit son collègue en bégayant un peu.

Il n'avait pas son mot à dire, Armando gérait cette affaire maintenant qu'on lui avait confiée. C'était le chef de l'enquête.
L'Italien le remercia d'un coup de tête et s'installa à son propre bureau. Farfouillant dans ses papiers et multiples dossiers qui étaient rangés près de lui dans une étagère extrêmement bien rangée, il passa ainsi deux heures à rassembler tout ce qu'il pouvait sur le passé du colonel Felton. Ses recherches ne furent pas très concluantes. Aussi se leva-t-il, avant de saisir son manteau et de sortir.
Il se rendit à la Grande Bibliothèque et demanda à voir les archives personnelles de la famille Felton. On lui refusa l'accès aux documents et ce malgré son statut. Armando s'énerva pour la première fois depuis longtemps:


- Vous plaisantez?

- Non Monsieur, les Felton ont juridiquement placé une limite concernant le regard d'autrui sur leur famille.

- Cela ne veux rien dire mademoiselle, je suis du Scotland Yard, j'enquête sur la mort de Monsieur Felton, je vous prie de me donner l'accès à ces documents.

- Je n'ai pas le droit.

Armando quitta la section des archives en fulminant. Quelque chose ne tournait pas rond avec cette famille, c'était maintenant évident. Pourquoi cacher ces dossiers sinon? Tout ce qu'ils étaient censé conserver étaient les arbres généalogiques des Felton et leurs expéditions. Nul doute que monsieur Felton avait écrit un journal durant son voyage aux Indes. C'était d'une importance capitale pour son enquête. A moins que l'homme ne l'aie laissé chez lui. En tout cas il n'avait aucune trace de ce genre de document sur lui lorsqu'on l'avait retrouvé au Queen's Head...
L'enquête se compliquait. S'ils n'avaient même plus l'autorisation de fouiller les archives, les choses allaient ralentir...
Cependant, il avait tout de même emprunté un livre sur les contes.

L'Italien se rendit dans un café, près du Bukingham Palace pour prendre un café et manger une pâtisserie. Ce n'était pas dans ses habitudes d'errer ainsi en prenant du bon temps mais il avait une faim de loup. L'horloge avait tournée et le petit-déjeuné de l'Albany avait été pris bien tôt.

A 12h30, il était assis sur un banc du Paolo's park. Il était largement en avance sur son rendez-vous avec Véronica. Sortant de sa chemise ses documents, il continua à réfléchir sur l'enquête. Le meurtre d'un Alchimiste vingt an plus tôt...cet homme sous le pont...le colonel Felton...Et ce jeune garçon dont le nom revenait dans les archives d'une de leurs anciennes enquêtes, ce petit Danny Virelton, retrouvé égorgé dans l'Est de l'Allemagne il y avait maintenant cinq ans...les mêmes stigmates, la même méthode...mais pas d'allumettes...Il avait été retrouvé dans une rivière...
Armando commençait à penser que le meurtrier avait tué par le passé sans forcément chercher plus loin qu'une mise en scène macabre avant de se terrer dans un coin, et qu'il était désormais sorti de sa cachette pour jouer avec leurs nerfs sur un mode plus ludique. Ces phrases sur les allumettes...les premiers mot d'un conte...L'Italien sortit le livre de contes qu'il avait emprunté et chercha à tous les débuts d'histoire, pour trouver un éventuel "Once upon a time, there was a cat..." Mais rien. L'Italien referma le livre en soupirant. Même s'il faisait parti des plus hauts agents du Scotland Yard et qu'il appréciait en quelque sorte de résoudre des affaires, il ne supportait pas cette idée qu'on puisse jouer avec lui. Un meurtrier qui commence ainsi à rire de la police en laissant des indices, comme un jeu de piste, tout en érigeant des barrières dans leur enquête, ça avait le don de l'exaspérer. Quel malade! Encore un fou qui s'ennuyait...
Mais Armando allait mettre un terme à son petit jeu et tôt ou tard il lui expliquerait que les seules règles à suivre étaient celles de la Justice.

Lorsqu'il fut 13h45, Armando rangea ses affaires et se posta à l'entrée du parc. Il y avait en effet une exposition de fleurs et beaucoup de monde s'affairait autour des plantes aux mille couleurs pour sentir leurs parfums embaumés et toucher leurs feuilles grasses. L'Italien erra un moment entre les bouquets, cherchant Véronica des yeux.
Enfin, ils se retrouvèrent. La jeune Alchimiste était habillée d'une robe couleur famboise. Ses magnifiques cheveux, ondulés aujourd'hui, formaient des grappes de raisin dans un chignon relevé. Armando vint à sa rencontre. Il lui fit une petite courbette avant de lui faire un baise-main.


- Miss Newburry, je suis moi aussi ravi. Vous êtes élégante...

Après cette petite remarque glissée aimablement, Armando lui tendit son bras et leur marche commença. Ils devaient discuter de l'enquête en cours et ce lieu était tout a fait approprié pour se perdre dans la foule et chuchoter en toute discrétion tout en jouant sur la mondanité.

- Ce genre de promenade ne m'est pas familière,rit-il, je suis toujours enfermé dans un bureau, je ne m'accorde jamais de temps libre...

Avec un sourire amusé, Armando soupira. Puis il regarda quelques secondes le visage de Véronica. Elle n'était pas seulement élégante, elle était tout à fait ravissante. Ses lunettes lui donnaient un air sévère mais chacun de ses traits trahissait une bonté et une douceur dissimulées derrière ce masque de tristesse et de rigueur qu'elle portait. Et puis sa bouche, qui était légèrement teintée de rose, semblait sortie de la plus grandiose des confiseries...

Bientôt, ils s'écartèrent un peu de la foule pour s'asseoir sur un banc sous un massif de roses aux doux tons rosés. Armando posa sa pochette près de lui et ramena son attention sur ce que lui présentait Véronica. La jeune femme lui tendit un papier qui relatait la découverte du corps de l'Alchimiste dont elle lui avait parlé la veille. L'Italien examina le dit-papier et lu rapidement le rapport. Il était simple, sans ornement, sans indice, sans recherches...vide. C'était un simple comtpe-rendu sans teneur. Armando sourit à Véronica en lui rendant le papier.


- En effet, c'est un document qui a dû être fait à la va-vite...Quel manque de rigueur...

Souriant malgré tout, il prit le nouveau papier que lui tendait la jeune femme. Il nota dans son regard une once d'inquiétude et fronça les sourcils lorsqu'elle lui expliqua qu'on avait forcé son bureau de l'Alchimist Room. Lorsqu'Armando déplia le petit papier jaune, son expression changea radicalement. Il serra les dents et, l'air furieux, il releva la tête pour dévisager Véronica.

- Est-ce la première fois?

Puis il relu le papier et sa menace: "Tu es peut-être la prochaine...". Il observa alors plus attentivement les lettres, la forme de l'écriture pour s'en imprégner et se souvenir de la typographie. C'était calligraphié rapidement, sans fioriture, à l'encre bleue...C'était clairement de la main d'un homme. Armando failli froisser le papier dans un élan de rage mais il se retint, c'était tout de même une pièce à conviction.

- Ha mais ça ne se passera pas comme ça! Fit-il en se passant une main sur le visage avant de ramener son regard dans celui de Véronica. Miss Newburry, fit-il plus doucement, vous n'êtes plus en sécurité, il faut que je dépêche des agents chez vous et à l'Alchimist Room. Nous ne pouvons pas le laisser vous porter atteinte...

L'Agent sortit alors de sa poche les deux boites d'allumettes et montra à la jeune femme les gravures qu'il avait trouvées.

- Hier soir, alors que je réfléchissais à l'enquête, j'ai découvert ceci...Ce psychopathe s'amuse, c'est un jeu...Vous voyez? Il ne faut pas le sous-estimer. Ce genre de puzzle, accompagné de menaces, est l'oeuvre d'un homme qui s'ennuie, c'est évident. Mais je ne compte pas le laisser jouer ainsi plus longtemps...

Armando s'assombrit et, le regard perdu sur la foule qui s'empressait autour des fleurs, il murmura:

- Je vais le coincer...Il vient de faire une terrible erreur...

Réalisant qu'il s’égarait, l'Italien s'excusa:

- Pardonnez mon attitude, mademoiselle, je suis un peu à cran. Jouer avec la vie d'autrui me débecte tout simplement. Et maintenant que vous êtes menacée, je ne vois pas pourquoi, mandat ou pas, vous n'enquêteriez pas avec moi.

Armando lui sourit.

- Je peux officialiser votre place dans l'enquête, même si en vérité j'ai toujours travaillé seul et que ce genre de chose pourrait nous attirer les regards suspicieux de nos collègues respectifs. Je ne peux vous écarter...car même si je vous mets sous surveillance, cela m'étonnerait que vous soyez en sécurité. J'aime autant vous avoir à mes côtés pour avancer, d'autant que vous êtes le lien qu'il nous faut avec l'Alchimist Room. D'ailleurs ce n'est pas tout, j'ai retrouvé dans nos dossier le meurtre d'un petit garçon, un certain Danny Virelton, en Allemagne il y a cinq ans. A part l'absence d'allumettes, c'est le même mode opératoire qui a eu raison de lui.


Dernière édition par Armando della Serata le Ven 30 Nov - 19:14, édité 1 fois
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Veronica Newburry
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MessageSujet: Re: Une enquête ardue, en perspective [Armando, Véronica] [10/03/42] Jeu 29 Nov - 18:43

Si l'émotion de sa découverte n'avait pas été aussi présente dans son esprit, Véronica aurait très certainement rougit lorsqu'Armando apparut dans son champ de vision. Il était aussi élégant que la veille, majestueux au milieu de la foule qui se massait dans le parc. Il n'avait pas attaché ses cheveux selon les critères de mode du moment et ceux-ci tombaient sur ses épaules de la manière la plus séduisante qui pouvait être. Sa promise devait avoir beaucoup de chance... si tant est qu'il en eût une. Malgré tout, cet homme semblait marié à son travail. Il était vrai que mener de front une vie amoureuse et un travail d'inspecteur au Scotland Yard ne devait pas être une partie de plaisir...

Elle faillit s'étouffer lorsqu'il complimenta son apparence. Cela faisait si longtemps qu'on ne faisait plus attention à la manière dont elle s'habillait... Elle baissa les yeux et esquissa un sourire heureux. Une petite rougeur apparut sur ses joues l'espace d'un court instant.


-M-Merci... Vous... Eh bien... Vous êtes très élégant vous aussi.

Elle préféra ne rien dire de plus. La jeune femme ne pratiquait que peu l'art de la flatterie et elle craignait de se fourvoyer en essayant de plaire à l'Italien. Ils marchèrent donc le long des allées fleuries comme un couple en promenade. Ils fallait qu'ils se fassent le plus décontractés possible pour ne pas éveiller l'attention du public.

La jeune femme prenait le temps de jeter un œil aux nombreuses compositions qui décoraient le parc tout en parlant avec l'homme. Cette année encore, l'exposition florale était un succès. Elle aimait s'y rendre pour pouvoir admirer le paysage et profiter de la vie qui s'écoulait sous ses yeux.

Mais maintenant, elle était obligée de se rendre à l'évidence. L'une de ces personnes pouvait très bien vouloir attenter à leur vie en ce moment même. Sous ces masques souriants et empreints de bonhomie se cachait peut-être un tueur. Elle frissonna et se tourna vers Armando pour s'enquérir de son intérêt pour ce genre de sorties.

Il lui répondit qu'il ne se déplaçait que peu en dehors de son travail. Étonnamment, elle s'y attendait.
Elle hocha la tête, compréhensive et lui adressa un sourire.


-Je comprends... Enquêter pour le Scotland Yard doit sûrement être un travail à plein temps...

Elle lui sourit et continua à avancer, son bras sur le sien. Elle ne savait pas que l'Italien la regardait en ce moment même et était loin d'imaginer qu'elle puisse éventuellement lui plaire. Ils s'installèrent sur un banc, à l'abri des oreilles et des regards indiscrets.

Là, elle lui présenta le rapport de l'affaire dont elle lui avait parlé hier. Bien qu'Armando lui ait stipulé qu'il ne la soupçonnait pas, elle ne pouvait s'empêcher de prouver sa bonne foi. Elle le laissa examiner le papier et attendit qu'il le lui rende.

Véronica écouta son avis tandis qu'elle repliait la feuille. Elle répondit avec un sourire.


- Oui, c'est étrange n'est-ce pas ? Mais je vous présenterai les informations complémentaires que j'ai réussi à assembler... Ce n'est pas grand chose mais je suis sûre que ce sera suffisant pour nous lancer sur une piste plus concrète. Après tout, j'ai cru comprendre que vous êtes un fin limier.

Elle lui adressa un sourire qui se fana bien vite lorsqu'elle songea à l'autre pièce à conviction qui se trouvait dans son sac. Lorsqu'elle la présenta à Armando, sa gorge se serra. Durant un instant, elle avait oublié à quel point elle était en danger.
Il semblait fulminer lorsqu'il la dévisagea en la questionnant.


- Oui... Et je peux vous certifier que ce papier n'était pas là hier après-midi. La personne qui a fait ça n'a pu agir qu'entre six heures du soir et dix heures du matin... Mais si vous voulez mon avis, je mettrai ma main au feu que la personne a agi après les évènements du Queen's Head.

Elle observa l'homme assis à côté d'elle. Il ne fallait pas être un génie pour comprendre qu'il était hors de lui. Il fulminait et laissa poindre son mécontentement, avant de lui parler plus doucement. Il voulait dépêcher des agents sur son lieu de travail et chez elle... C'était une bonne idée en soi mais quelque chose gênait la jeune Alchimiste.

- J'apprécie votre attention mais je doute que poster des agents à l'Alchemist Room soit une bonne chose... Si le meurtrier a eu accès à mon bureau, c'est certainement un habitué des lieux. Et lorsqu'il se rendra compte de la présence de la police, il s'enfuira probablement et nous auront perdu toute chance de le retrouver... Ne vous inquiétez pas, je sais me défendre. Et puis... Je ne compte plus retourner à l'Alchemist Room pendant un moment. Lorsque j'ai vu ce message, j'ai réuni tous les indices que j'avais réussi à obtenir et je les ai cachés chez moi.

Armando lui présenta ensuite les allumettes qu'il avait examinées. Il avait raison... Ce n'était pas un simple meurtrier qui tuait pour un motif quelconque, c'était un véritable psychopathe qui jouait avec ses poursuivants.

La jeune femme inspecta les bouts de bois et lut les gravures avec appréhension. D'une main tremblante elle les rendit à Armando et hésita avant de lui faire part d'un doute qui venait de germer dans son esprit.


- Mr della Serata... Cela n'a peut-être aucun rapport mais... Lorsque l'on devient Alchimistes d'état, il est de coutume de se voir attribuer un surnom... Eh bien... On m'a appelée ''the Cat's Eye Alchemist''... A cause de mes yeux. C'est peut-être à cause de ça qu'il est question d'un chat.

Armando s'agitait, visiblement dégoûté par l'attitude du tueur. Il s'emporta un instant mais s'excusa bien vite. La jeune femme posa une main rassurante sur son bras et lui adressa un sourire.

- Ne vous en faites pas, je vous comprends tout à fait... Ce genre de personnes méritent un aller simple pour Bedlam.

Il lui annonça alors qu'il pouvait officialiser sa présence dans l'enquête, remarque que la jeune femme accueillit avec grand plaisir. Il aurait grandement besoin d'elle pour résoudre cette enquête. D'autant plus qu'un nouvel élément venait de s'ajouter à la liste. Un petit garçon...
Véronica pâlit. Tuer un homme était un acte qui la révulsait mais tuer un enfant... Même la mort ne semblait pas être un châtiment suffisant. Un petit être si pur, qui avait eu toute la vie devant lui... Cela lui donnait envie de pleurer. Après un moment, elle releva la tête, encore retournée par ce nouveau meurtre, qui l’émouvait bien plus que celui du Colonel.


- Je suis presque sûre que notre tueur est un Alchimiste. C'est la seule explication... Je me souviens avoir salué quelques uns de mes collègues lors de la soirée d'hier et plusieurs ont entre quarante et cinquante ans, ce qui fait qu'ils avaient environ vingt ans lors de l'assassinat du russe. Je pense que l'un d'entre eux pourrait être mêlé à l'affaire... Mais quelque chose me chiffonne. Ce pauvre petit garçon avait un nom typiquement anglais... Que faisait-il en Allemagne?

Petit à petit, l'enquête avançait. Mais c'était encore des avancées minimes par rapport aux crimes qui avaient été commis... Peut-être qu'en ce moment même, une autre victime était en train d'être égorgée quelque part...

Il fallait qu'ils se penchent davantage sur tous les indices qui avaient été laissés par la personne qu'ils recherchaient... Pensive, Véronica posa son menton dans sa paume droite.


- Ces victimes n'ont probablement pas été choisies au hasard... Il y a forcément un rapport... Bon, reprenons. J'ai déjà parlé à chacun des membres de l'Alchemist Room et seulement cinq d'entre eux étaient présents à la soirée. Sur ces cinq personnes, trois sont assez âgés pour avoir commis tous les meurtres. Harrisson Balantyne, Granville Maxwell et Obediah Scott. Ils sont tous assez haut placés dans la hiérarchie de mon ordre, ce qui ne va pas nous faciliter la tâche. Si l'un des trois est coupable, si tant est que ce soit le cas, il pourra nous mettre des bâtons dans les roues sans aucune difficulté.

Il allait falloir enquêter sans se faire remarquer... La jeune femme soupira, visiblement dépassée par l'ampleur des événements qui s'annonçaient. Elle joua avec le pli de son châle beige, pensive. Ses pensées se bousculaient à toute allure et elle avait peine à y mettre de l'ordre.

- Il ne faut pas écarter l'hypothèse de l'imitation... Les deux derniers meurtres sont liés, c'est évident. Cependant, Danny a été retrouvé sans boîte d'allumettes et le premier meurtre date d'il y a plus de vingt ans... Peut-être que notre fou se calque sur le mode opératoire d'un autre meurtrier... Il faudrait que nous puissions réunir toutes les preuves que nous avons accumulées le plus vite possible.

Bien qu'elle n'y croyait que moyennement, Véronica ne voyait qu'un seul motif qui puisse pousser un Alchimiste à commettre de pareilles atrocités ; la pierre philosophale. Mais si le meurtrier tuait au coup par coup en prenant soin de la mise en scène, il ne risquait pas de la créer rapidement. Non... Il y avait une autre solution. Ce devait être un motif bien plus personnel.

La foule était dense derrière eux, cette exposition attirait de plus en plus de monde d'années en années. Cela leur permettait de converser tranquillement mais ils n'étaient pas les seuls à vouloir se cacher dans la masse. La jeune femme le comprit au moment même où le coup de feu partit. La détonation, flagrante, surprit tout le monde. La balle passa entre les deux jeunes gens et rafla l'épaule de Véronica et se ficha dans l'herbe, soulevant une gerbe de terre.

La jeune femme avait senti le courant d'air déplacé par l'objet métallique. Vif, précis, mortel. Elle en avait réchappé de peu. Son visage perdit toute couleur et de sa voix enrouée par l'émotion, elle chuchota:


- Oh mon Dieu...

Le tireur l'avait sciemment manquée. Il s'était fondu dans la foule comme si de rien n'était, feignant lui aussi la surprise et la peur. Il s'éclipsa sans que personne ne se rende compte de sa culpabilité.

Véronica, sous le choc, fixa la balle. Les gens l'entouraient, la pressaient de questions. Mais elle n'entendait pas leurs voix. Elle se leva difficilement. Ses jambes tremblaient tant que l'on aurait dit du coton. Elle se dirigea vers le trou et ramassa la balle. On y avait gravé cette phrase.


''La prochaine fois, je ne vous raterai pas.''


Dernière édition par Veronica Newburry le Jeu 9 Mai - 9:08, édité 1 fois
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Armando della Serata
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MessageSujet: Re: Une enquête ardue, en perspective [Armando, Véronica] [10/03/42] Dim 2 Déc - 20:52

Véronica était menacée. Maintenant, le tueur s'amusait à laisser des mots...c'était inacceptable. Armando ruminait des pensées rageuses. Il aimait résoudre ses enquêtes et d'ailleurs, traquer les pires criminels était sa passion, mais lorsqu'il s'agissait d'un jeu derrière lequel ne pouvait se tenir qu'un psychopathe tout droit sorti de l'asile...Certes, la chose devenait plus palpitante d'un point de vue purement fonctionnel, c'était un jeu auquel l'enquêteur pouvait aussi bien se prendre, mais c'était aussi une manière de faire tellement plus énervant...Ce genre de tueur n'hésitait jamais à impliquer des tiers...C'était là tout le problème. La menace, la prise d'otage, la joie d'angoisser l'autre...L'As n'avait encore jamais vraiment eu affaire avec ce type de personnage. Une fois il avait dû résoudre une énigme à partir de dessins laissés par le tueur, mais c'était un cas simple et aucun otage n'avait été impliqué. Cette affaire commençait à prendre une tournure des plus alarmante. Véronica était menacée de mort...Cela le répugnait. Quel lâche pouvait donc bien se laisser à abandonner des mots sur le bureau des jeunes femmes? C'était décidément un pauvre type sans scrupules.
Le pire, dans cette affaire, c'était qu'Armando ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable par rapport à Véronica. Même si cela pouvait tout aussi bien ne rien à voir avec la soirée de la veille, il pensait fermement que c'était de sa faute si elle était maintenant impliquée à ce point. S'il n'avait pas été à la soirée du capitaine Felton, peut-être que ce dernier serait encore en vie et que Véronica serait à l'heure actuelle tranquillement installée derrière son bureau à l'Alchemist Room...La chance, le hasard, le destin...Il ne pouvait plus faire marche-arrière de toute façon.

Sous l'arche fleurie, Véronica et lui échangeaient maintenant des informations capitales. Lui avait découvert un nouveau meurtre en Allemagne, elle lui avait ramené ce petit mot...


- Entre six heures et dis heures du matin...répéta-t-il en murmurant. Cela va nous aider à restreindre le champ de recherche. Il faudrait vérifier quels collègues se sont pointé à l'Achimist Room dans ces heures-la...Je ne sais pas si vous avez un planning à respecter? Peut-être avons-nous des témoins...

Les boites d'allumettes, une fois sortie, ce fut la révélation la plus étrange de la journée: Véronica portait le nom de « Cat's eyes alchemist » dans son domaine. Armando sursauta à cette information.

- Pardon?! Ho! Mais...c'est...

Armando se tue. Cette fois ça allait trop loin. La menace était plus que claire et si le tueur avait vraiment utilisé le « chat » pour désigner Véronica, c'est qu'il avait prévu que l'agent la rencontre. C'était donc un calculateur très intelligent. A moins que ce ne soit une pure coïncidence, cette remarque de la jeune Alchimiste donnait à l'enquête une ampleur supplémentaire. Mais peut-être qu'ils s'égaraient?

Véronica exposa son point de vue: pour elle, c'était certainement un Alchimiste. D'ailleurs, elle avait croisé une paire de collègues au Queen's Head et son regard se portait sur eux. Armando sourit. Finalement ils allaient coincer ce cinglé bien plus vite que ce qu'il craignait quelques minutes auparavant. Il avait fait beaucoup d'erreur, ou du moins avait-il pris des risques, volontairement ou non.


- Notre tueur était forcément au Queen's Head parmi les invités. Reprit-il une main sous le menton. Nous avons la liste de ces derniers. Si c'est un Alchimistes et que tout nous y rattache, nous le trouverons très vite. Et puis ce mot...nous pouvons le faire analyser par des graphologues pour déterminer un peu mieux le caractère de ce...dingue.

Armando se retenait, c'était flagrant. Il conservait un langage articulé et distingué au possible alors qu'il fulminait. C'était assez rare chez lui ce genre de saute d'humeur, mais cette histoire l'énervait. Il se sentait acculé, utilisé, malmené par le Scotland Yard qui l'avait mis sur l'affaire sans réellement lui demander son avis mais en plus maintenant il se sentait observé et ridiculisé par le tueur. Ce bout de papier était-là pour le faire rager, il en était sûr.

- Danny Virelton...continua l'Agent pensif. Oui...ça sonne anglais. Je ne sais pas ce qu'il faisait en Allemagne. Les rapport indiquent juste qu'on a retrouvé son corps dans une rivière et qu'il portait les mêmes stigmates que les autres. J'ai sa taille, son poids, son âge, sur le rapport, des détails physique. Mais l'enquête a été suspendue et oubliée, personne ne sait d'où il venait, ni ce qu'il faisait-là. C'était sûrement un enfant des rues, égaré, mendiant...Je ne sais pas...

L'Italien poussa un soupir. Il avait mal dormi et cette histoire de jeune garçon semblait avoir perturbé la belle qui l'accompagnait. C'était tragique, en effet, de mourir si jeune par la main d'un psychopathe sans pitié. Quel intérêt avait-il eu à le tuer de la sorte? Toutes les victimes devaient avoir un lien...A moins que le tueur ne choisissent au hasard, par pur hasard, lorsqu'il tombait dessus...

Véronica commença à récapituler les indices qu'ils avaient au sujet des Alchimistes. Elle expliqua que cinq membres de son ordre étaient à la soirée de la veille et que seuls trois d'entre-eux étaient susceptibles d'être assez âgé pour avoir fait le coup. Harrisson Balantyne, Granville Maxwell et Obediah Scott...Des noms qui ne disait rien à l'Agent, étrangement. Elle ajouta qu'ils étaient haut-placés...

- Je ne les connais pas...Mais n'oubliez pas qu'il ne faut pas exclure la possibilité que le tueur ne soit pas seul. Des complices, des informateurs, des alliés peuvent lui être attachés pour quelles que raisons que ce soit...Et s'ils sont haut-placés, fit-il en ramenant ses yeux noirs dans ceux de Véronica, je les ferai tomber avec encore plus de joie.

Son regard était plein de conviction et son air sévère appuyait son ton devenu sombre. Armando n'avait que faire de la hiérarchie! Un criminel restait un criminel, fut-il roi ou empereur! Si le meurtrier s'avérait être un éminent représentant de l'Alchimist Room, il n'hésiterait pas pour autant à le coincer. Et si on tentait de leur mettre des bâtons dans les roues, comme à la Grande Bibliothèque où il s'était rendu le matin-même, il passerait outre les lois ou agirait à sa façon.

Véronica continua sa réflexion pendant qu'Armando l'écoutait et réfléchissait lui aussi. L'affaire était étalée...Géographiquement, matériellement...Les indices étaient finalement rares et même si les pièces à convictions telles que les boites d'allumettes ou ce petit mot sur papier jaune pouvaient constituer des preuves et des objets à étudier, ils restaient légers.

Soudain, un coup de feu claqua dans l'air. Armando se raidit, sentant passer entre lui et Véronica la balle qui venait d'être tirée. Il attrapa dans le même temps l'Alchimiste pour la serrer contre lui en la retournant pour faire barrière au cas où un seconde projectile était tiré. Mais déjà la foule s'amassait autour d'eux, des cris fusaient, les gens paniquaient et les pressaient de questions. Armando jeta un coup d'oeil à l'épaule de Véronica: c'était une éraflure, le tireur l'avait heureusement loupée.
Ni une ni deux, l'Agent sauta sur le banc, debout, sans se soucier du fait qu'il s'exposait à un nouveau tir. Il voulait dominer la foule pour tenter d'apercevoir le tireur. Plusieurs personnes s'éloignaient en courant. C'était impossible de repérer un homme plus suspect que les autres...
Descendant rapidement de son perchoir, Armando écarta les passants en les poussant gentiment du revers de la main.


- Poussez-vous! Allons écartez-vous! Laissez-la respirer!

Attrapant Véronica par la main, il la tira doucement vers lui pour poser sur ses épaules sa propre veste qu'il enleva d'un geste ample et précis.

- Vite! Venez! Il ne faut pas rester là!

Il emmena la jeune femme à sa suite, vérifiant les alentours, écartant les passants en grondant et atteignit un fiacre. Une fois Véronica montée à l'intérieur, l'agent alla chuchoter quelques mots au cocher avant de lui glisser une paires de billets dans la poche.
Puis il revint dans le fiacre, ferma les portes et les rideaux très soigneusement avant de ramener toute son attention sur la jeune femme. Il souleva l'encolure de sa veste pour voir l'épaule de la belle.


- Je me permets...excusez-moi...

Il vit qu'une tache de sang s'était formée sur la robe de la jeune Alchimiste et grimaça.

- Ça a l'air léger...mais sait-on jamais...Je vais vous emmener chez moi, à l'Hotel Albany...Le tueur sait où vous travaillez, il sait donc où vous habitez. Mais moi...même mes collègues ne connaissent pas le lieu où je dors...Ils ne me contactent qu'au bureau ou en passant par Somerset House...

Armando était très prudent. C'était un Agent qui pouvait se rendre invisible s'il le désirait. Ce n'était pas pour rien qu'on l'avait surnommé « l'As » de Scotland Yard, c'était un fin limier, certes, un expert dans la poursuite des criminels, mais aussi un détective qui savait se fondre dans la masse et se faire oublier pour avancer sur ses enquêtes: il était très pragmatique et cela le sauvait souvent.

Sortant de sa poche de pantalon un mouchoir blanc, il le donna à Véronica.


- Tenez, appuyez sur la plaie si cela peut vous aider et sauver votre robe...

Il lui fit un sourire bancal et soupira.

- J'aurai aimé lui tomber dessus maintenant...Je suis certain que ce genre de type n'est pas capable d'accepter un duel!

Il serra les poings.

- Il ne perd rien pour attendre...

Armando s'intéressa alors à la balle qu'avait conservé la jeune femme.

- Ho! Vous l'avez ramassée! C'est merveilleux! Il entre-ouvrit le rideau de son côté et leva l'objet à la lumière. Le calibre était celui d'un bon pistolet à percussion. Armando retourna la bille métallique dans ses doigts et examina la gravure. Ha! Ce salopard! Il s'amuse vraiment! Mais c'est une nouvelle piste! Seul un orfèvre peut graver une si petite chose! Ou un Alchimiste...? Qu'en pensez-vous? On pourrait vérifier l'écriture et la comparer au mot...

L'Italien tendit l'objet à la jeune femme et tiqua en la regardant. Ce n'était peut-être pas le meilleur moment pour lui poser des questions. La pauvre venait de vivre certainement la peur de sa vie.

- Excusez-moi, fit-il en baissant la tête, je suis impoli...Je devrais surveiller mon langage et mes manières...Cet homme va me rendre fou...

Il se passa une main dans les cheveux, gêné.

- J'ai demandé au cocher de faire des allers-retours dans la ville et de nous promener aléatoirement avant de retourner à l'Albany. J'ai pris garde à ce qu'il passe par les grandes avenues pour que l'on confonde notre véhicule avec d'autres...Ne vous en faites pas. Une fois dans ma suite, vous serez en sécurité. J'espère que ça va aller?

Son regard croisa les beaux yeux verts de Véronica. Elle ne semblait pas souffrir, c'était un soulagement pour l'Agent. Cette fois, il en faisait bien plus qu'une affaire personnelle...Une vengeance allait se mettre en place à ce rythme là.

[HRP/ Direction l’hôtel Albany, "A la lueur d'une bougie"/HRP]
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Veronica Newburry
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MessageSujet: Re: Une enquête ardue, en perspective [Armando, Véronica] [10/03/42] Lun 3 Déc - 17:36

L'enquête se compliquait encore mais ils entrevoyaient petit à petit des pistes à exploiter. Il était plus que probable que l'assassin soit un Alchimiste haut placé. L'italien fit observer très justement que si l'un d'entre eux s'étaient absentés, ils le sauraient. Mais il fallait rester prudents. Le meurtrier pouvait aussi agir avec l'aide de complices et d'intermédiaires. Peut-être que les trois étaient dans le coup qui sait... Elle s'aperçut que l'homme semblait très remonté contre ce criminel et l'éclair qui passa dans ses yeux lorsqu'il parla du plaisir qu'il éprouverait à voir tomber un homme haut-placé lui donna presque la chair de poule.

Mais elle comprenait aussi la fougue de l'agent et le lui pardonnait bien volontiers. Ils allaient avoir du boulot... Elle lui expliqua ce qu'elle pensait des possibles liaisons qui pouvaient exister entre ces meurtres. Leurs méninges travaillaient à pleins régimes avant de se retrouver brusquement stoppées par le bruit sec et violent d'un coup de feu.

Tout se passa alors très vite. Véronica sentit qu'Armando tentait de la protéger en se plaçant derrière elle. La jeune femme était tout à fait tétanisée par l'horreur de la situation. Ils pouvaient mourir d'un instant à l'autre. Il se leva, au risque de s'exposer au tireur. La jeune femme faillit le tirer en arrière par précaution mais son ample robe l'empêcha d'agir vite. Heureusement, rien ne vint.

Choquée, elle regardait la foule autour d'elle. L'Italien était monté sur un banc pendant un moment avant de revenir vers elle. Entre temps, elle avait ramassé la balle qu'elle glissa dans son réticule. Il écarta les passants pour s'approcher d'elle et elle sentit le tissus chaud de sa veste noire se poser sur ses épaules. Elle en serra les pans et le remercia d'un court signe de tête.

Sans plus hésiter, il l'emmena jusqu'à un fiacre et ils y montèrent après que l'agent ait donné quelques judicieuses informations au cocher. Lorsqu'il fut remonté, il tira les petits rideaux de sorte qu'ils se retrouvèrent dans une semi-obscurité, seulement éclairés par la lueur faiblissante du soleil hivernal.

L'agent souleva sa veste avec une galante excuse pour observer l'épaule de l'Alchimiste. Cette dernière tourna également la tête vers la plaie pour constater avec stupeur qu'une tache de sang maculait le tissus. L'Italien constata que la plaie était très légère et annonça qu'il allait héberger Véronica chez lui, pour plus de sécurité. La jeune femme acquiesça d'un petit signe de tête.


- C'est très gentil à vous... Je pense que le tueur aura plus de mal à nous repérer en procédant ainsi. Je... Je vous en suis infiniment reconnaissante.

Il lui tendit alors un mouchoir blanc qu'elle accepta alors que ses joues rosissaient légèrement de gêne. Oui... A ce train là, la tâche risquait vite de devenir énorme si l'on ne faisait rien. Elle l'accepta et le posa sur la plaie avec un certain remords. Le mouchoir serait irrécupérable après cela...

- Je vous remercie...

Véronica lui adressa un gentil sourire auquel il répondit avant de fulminer à nouveau. Elle fouilla alors dans son réticule et lui tendit la balle.

- J'ai trouvé ceci dans l'herbe... Je pense que cela pourrait vous intéresser.

L'Italien l'examina à la lumière et se montra quelque peu grossier. Mais elle ne lui en tint pas rigueur, bien au contraire. Il ne le savait pas mais lorsqu'il rouspétait, Armando avait quelque chose d'étrange qui le rendait presque adorable. Aussi lorsqu'il s'excusa, l'Alchimiste lui sourit franchement.

- Ne vous en faites donc pas pour cela voyons ! Je ne suis pas de ces jeunes femmes qui vont s'offusquer à la première grossièreté. Pour répondre à votre question... Il est plus que probable que l'Alchimie soit à l'origine de cette gravure... Regardez, l'écriture est plutôt ronde, comme si elle avait été tracée à la plume... Je ne connais pas beaucoup d'orfèvres qui seraient capables de tracer de cette manière. De plus c'est un métal toxique... J'espère que vos graphologues aiment leur métier, ils vont avoir du pain sur la planche avec notre homme.

Il lui expliqua ensuite qu'ils allaient faire des tours et des détours avant d'arriver à l'hôtel, par mesure de précaution. La jeune femme acquiesça et sourit à l'agent. Il était vraiment très prudent... Pas étonnant qu'il soit un des meilleurs agents du Yard.

Ils se regardèrent un long moment dans les yeux, sans plus rien dire. Qui savait où cette enquête allait les mener?


[HRP/ Suite à l'hôtel Albany, A la lueur d'une bougie /HRP]
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Une enquête ardue, en perspective [Armando, Véronica] [10/03/42]

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