L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Balade nocturne et drôle de rencontre [PV Caitlyn]

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MessageSujet: Balade nocturne et drôle de rencontre [PV Caitlyn] Mar 22 Jan - 13:10

On ne pouvait pas spécialement dire que cette nuit allait être chaude. On pouvait même affirmer avec certitude qu’elle serait très fraîche. Un vent glacé soufflait sur la capitale anglaise ce soir-là, frigorifiant tout ce qu’il touchait, s’engouffrant insidieusement sous les manteaux, gonflant les chemises, glissant entre les différentes couches de vêtements, s’infiltrant entre les mailles des étoffes et gelant le moindre centimètre carré de peau.
Quelque part sur les bords de la Tamise, un éternuement tonitruant retentit dans l’air du soir.

Le docteur John Williams resserra les pans de son manteau autour de lui, grelottant, tentant tant bien que mal de contrôler les claquements intempestifs de ses dents serrées par le froid. Il coula un regard en coin assassin au jeune dandy à côté de lui. Adrian ne portait rien de plus que d’ordinaire qu’une grande cape de tissu noir et lourd. Le vêtement claquait derrière lui, accompagnant le bruit de leurs pas sur le petit chemin pavé au bord du fleuve. La cravate rouge du jeune homme ressortait furieusement au beau milieu de cet accoutrement sombre, ce qui ne semblait pas le moins du monde préoccuper son propriétaire. Son éternel fin sourire aux lèvres, Adrian marchait tranquillement, sa canne dans une main, profitant du Nina’s Park de nuit, une petite heure tout au plus après que le soleil ait disparu derrière l’horizon, les dernières traces du crépuscule laissant place au bleu profond du ciel de nuit. Le vent, bien que froid, avait chassé les nuages, et la voûte céleste était dépourvue de tout ce qui aurait pu entraver la vision des millions d’étoiles scintillant au-dessus de la grande ville de Londres. Le dandy agita un peu sa main libre, ses yeux bruns rivés sur le spectacle au-dessus de leurs têtes.


- Tu vois John, je trouve ça extraordinaire : un peu de vent frais, et pouf, plus personne dans les rues pour observer les étoiles ! C’est triste, vraiment. Comment bien les contempler et les étudier sans aller sur le terrain ? Par terrain, j’entends l’extérieur, bien sûr, ça serait difficile d’aller se planter devant une grande boule de gaz enflammée et d’entretenir une discussion sérieuse avec elle.

Le docteur Williams regarda son ami, retenant mal un sourire. Il avait beau être habitué aux interventions parfois étranges de son drôle de comparse, il lui était difficile de rester neutre lorsqu’il les entendait ainsi déclamées avec conviction. Il secoua la tête en soupirant, puis fouilla dans l’une des poches de son manteau et en sortit son mouchoir qu’il utilisa avec plaisir, soulagé de ne l’avoir pas oublié quelque part chez lui. Il détailla son ami.

- Comment est-ce que tu fais ?
- Hmm ? se contenta de répondre Adrian, l’air d’avoir la tête ailleurs.
- Pour ne pas mourir de froid ! Regarde-moi, je suis emmitouflé comme au plus froid de l’hiver, tout le monde porte un manteau par-dessus d’autres manteaux pour réussir à avoir à peu près chaud, et toi, il te suffit d’une cape sur tes épaules, et tu ne grelottes même pas !

Un grand sourire étira les lèvres d’Adrian tandis que ses yeux s’écarquillaient légèrement, comme souvent.

- La mer, mon ami, la mer déchainée qui te glace jusqu’aux os, ça rend résistant aux intempéries ! Ca, ou une maladie – mais je ne suis pas malade sinon je le saurai, non ? Ou alors, je ne suis pas frileux. Ou bien le vent souffle autour de moi et se venge sur toi. C’est une très jolie nuit, tu ne trouves pas ?

John Williams retint un soupire à la fois désespéré et amusé. Jetant un nouveau coup d’œil au jeune homme, il sourit.

- C’est drôle, tu corresponds parfaitement au cliché du vampire errant dans les rues à la nuit tombée.

Adrian éclata de rire.

- Ah, en effet, ça doit être drôle à voir ! Ne t’approche pas de moi avec une petite cuillère en argent, je risque de me transformer en cendres !

Le docteur leva les yeux au ciel.

- A force de ne te voir sortir qu’au coucher du soleil, je vais finir par croire que tu en es un.
- C’est tellement plus amusant de dormir le jour, vraiment. Tu devrais essayer.
- Non merci, sans façon, répondit John en riant doucement.

Adrian ne lui avait jamais révélé qui il était vraiment bien sûr, ç’aurait été fort mal avisé de sa part, les mettant en danger tous les deux. Et puis, rien que pour ce genre de remarques, c’en devenait incroyablement plus drôle.
Le duo continua sa promenade du soir, le dandy se mettant à chantonner doucement jusqu’à ce qu’il se décide à parler à celui qui était son seul et meilleur ami depuis une petite décennie désormais. Leur conversation passa d’un sujet à l’autre tandis qu’ils étaient passionnés comme toujours, et les digressions d’Adrian n’entamaient en rien leur enthousiasme.
Ce ne fut que lorsqu’ils s’arrêtèrent qu’ils se rendirent compte que le temps avait filé à une vitesse folle. Penchant la tête sur le côté, le vampire fouilla de sa main libre à l’intérieur de sa veste et en sortit sa montre à gousset, dont le métal doré ressortait furieusement sur ses gants noirs.
Il n’était pas très loin de minuit.
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MessageSujet: Re: Balade nocturne et drôle de rencontre [PV Caitlyn] Mar 22 Jan - 17:42

Caitlyn grelottait. Assise sur un banc, quasiment roulée en boule. Elle était glacée, elle avait faim et malgré sa volonté de ne pas y penser, chaque bourrasque la transperçait de part en part. Le froid s'insinuait dans ses frusques dont les troues constituait un labyrinthe complexe où l'air glaçant de la nuit trouvait toujours un bout de peau à mordre.
La fillette faisait la manche depuis le petit matin après avoir fait le tour des boutiques du coin afin de savoir si elles n'avaient pas quelques courses à faire. Il s'était avéré que non. Elle était retournée à Nina's park, sa casquette vissée sur la tête. Finalement, après avoir fouiller les poubelles à la rechrerche de n'importe quoi de comestible pouvant la faire tenir encore un peu, elle s'était assise sur un banc, les jambes ramenées contre elle et avait tendu la main.
La froideur et la rigueur de la journée l'avaient mené à tomber dans un état totalement léthargique où elle voyait sans vraiment voir, seuls les tremblement et les nuages de vapeurs qui s'échappaient de sa bouche semblait indiquer qu'elle était en vie. Sa main toujours tendue, faiblissant de temps en temps n'avait récolté que quelques piécettes qui ne lui assurait ni nourriture, ni même une bouteille de gin pour la tenir au chaud. Elle avait décidé de rester là jusqu'à ce qu'elle finisse par obtenir la somme nécessaire pour pouvoir aspirer à un bout de pain au moins.

Sa tête lui semblait si lourde qu'elle l'avait posé sur ses genoux, luttant contre l'engourdissement du froid. Elle se forçait à redresser la tête lorsque quelqu'un passait.

-A votre bon cœur, m'sieur dames....

Elle les regardait passer avec un espoir teint d'amertume. Ils ne s'arrêtaient pas. Elle le savait bien, ici. A Nina's Park. Personne ne s'arrêtait. Elle ne voulait pas s'éloigner de son pont. Elle avait conscience qu'après trois jours de famine, les forces finiraient par lui manquer. S'écrouler au beau milieu d'une rue londonienne signifiait au mieux mourir dans la nuit, au pire des choses encore plus désagréables. Elle resserra ses frusques autour d'elle. Elle n'avait pas l'intention d'y laisser la vie. Non... Bien au contraire. Elle aimait la vie. Elle releva la tête en regardant un monsieur et un dandy passer. L'un semblait amusé par son collègue qui n'arrêtait pas de parler. Le dandy sorti une montre à gousser en or de sa poche. Caitlyn cligna des yeux en la regardant passer ne la quittant pas des yeux un seul instant.
Cette montre... Cette montre lui permettrait de manger pour au moins une semaine. Cette montre pourrait lui offrir une bouteille aussi. Elle se redressa, refermant les mains sur les modestes pièces qu'on y avait mis dans la journée. Elle les glissant dans une vieille bourse et entreprit de suivre le duo. De loin, tout d'abord, constatant que le Dandy était particulièrement dissipé. Caitlyn sourit. Au moins, ça ne serait pas très compliqué. Elle attendit qu'il sorte de nouveau la merveilleuse promesse de repas. Et, inspirant profondément, fonça directement sur le Dandy.
Dans son impulsion, elle lui arracha sa montre des mains tirant de toute ses forces pour que le bouton du veston auquel elle était accrochée. Malgré ses muscles douloureux, malgré sa vision qui se voilait, elle continua à courir encore et encore jusqu'à atterrir dans le dédale des rues de Londres.
Elle s'arrêta, détaillant la montre.

-Wouah...

En or, elle en avait rarement vu d'aussi bel objet. Les détails étaient fins et l'objet cliquetait d'une façon qui plaisait à la petite. Elle regardait la petite montre et sourit de toutes ses dents.

-J'vais pouvoir manger !

Elle rit en s'agitant un peu, le vent la rappela à l'ordre. Elle regardait autour d'elle afin de repérer les lieux. Il fallait qu'elle trouve un preteur sur gage. Un qui ne poserait pas de question. Son ventre émit une vive plainte et elle se rendit compte qu'elle tremblait sous l'effort, sa bouche était pateuse, ses mains glacées. Elle rangea la précieuse montre dans ses poches avançant prudemment, remettant sa casquette en place pour dissimulés ses longs cheveux dont quelques mèches avaient finit par filtrer. Elle se mit en route, tête baissée, main dans les poches. On aurait dit une ombre. Elle n'effleurait personne, rasait les murs et par dessus tout évitait les endroits trop peuplés. Les grands et elle ne faisaient pas bon ménage. Elle préférait les éviter un maximum. Elle ne pensait déjà plus au Dandy. Elle pensait l'avoir semé depuis longtemps. Elle machonnait un peu sa joue en marchant, l'air absent.
Elle était désolée d'avoir voler la montre mais... Elle savait bien que cette montre n'était pas vitale au dandy. Caitlyn, elle, n'avait pas mangé depuis beaucoup trop longtemps. Elle avait besoin de l'argent qu'elle en tirerait. Elle soupira. Elle se souvenait de ce que sa mère lui avait dit sur les voleurs. Maintenant qu'elle avait vécu si longtemps dans la rue, elle aurait pu lui dire que nécéssité faisait loi, que certains s'en serait sans doute passé si ils avaient pu. Elle évitait de le faire, ça lui attirait des problèmes mais aussi elle entendait le sermon de sa mère. Elle ne réalisait pas. Elle ne pouvait pas. Elle survivait comme elle pouvait.
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MessageSujet: Re: Balade nocturne et drôle de rencontre [PV Caitlyn] Mar 22 Jan - 19:02

Ils avaient tout juste eu le temps de faire quelques dizaines de mètres, pas plus, avant qu’Adrian ne s’arrête et ne sorte à nouveau sa montre à gousset. Les yeux rivés sur les aiguilles, il observa la trotteuse égrener les secondes durant un bref instant, juste le temps pour lui de lire l’heure.
Ensuite, il arriva quelque chose qu’il n’avait pas prévu du tout.
Une petite silhouette maigrichonne fondit sur lui, lui vola sa montre et s’enfuit en courant, arrachant dans l’opération le bouton de veston auquel était accrochée la fine chainette de l’objet. Ce fut John Williams qui réagit en premier. Clignant des yeux, il fronça les sourcils.


- Hey, revenez ici !

Adrian, quant à lui, n’avait même pas levé les yeux. Il regardait sa paume gantée et vide et pencha la tête sur le côté, les yeux légèrement écarquillés et son éternel sourire aux lèvres, révélant ses dents blanches.

- Voilà que les montres disparaissent maintenant ! Ca ne va plus du tout, comment vais-je faire pour savoir l'heure ?

Le docteur se tourna vers le dandy, incrédule.

- Elle n’a pas disparu, on vient de te la voler, Adrian, de te la voler !
- Me la voler ? Vraiment ? Oh, c’est fâcheux.

Regardant le petit voleur qui s’éloignait à vive allure, il se redressa, l’air tout à coup fort jouasse.

- Un peu de course à pieds, ça te tente ?

Et sans attendre, il se mit à trottiner tranquillement vers les bâtiments les plus proches, avant de disparaître dans le dédale de ruelles. Williams, un instant médusé, suivit les traces de son ami, mais dû bientôt se rendre à l’évidence : il l’avait tout simplement perdu dans ce labyrinthe de murs et de bâtisses. En soupirant et secouant la tête, il se dirigea vers les grandes allées, se disant qu’il aurait plus de chances de les retrouver par ce chemin.

Le vampire avait accéléré la cadence dès lors qu’il avait été hors de vu du docteur. Les dons de sa race lui étaient bien utiles cette fois, et sa vitesse accrue lui permit de retrouver rapidement le voleur de sa montre. Tendant l’oreille, il eut vent des desseins qu’il fomentait au sujet de l’objet joliment ouvragé. Le vendre pour manger ? Quelle drôle d’idée : qui mangerait une montre, se dit Adrian. Mais plutôt que de lui sauter dessus et de lui reprendre son bien par la force, il décida que grimper sur les toits et le suivre ainsi un petit moment serait diablement plus amusant. Alors, escaladant la façade ombragée d’une maison, il se retrouva au sommet de Londres. Bondissant de bâtiment en bâtiment lorsque le vide l’empêchait d’avancer en marchant, il était aussi silencieux qu’une ombre. Même la grande cape sur ses épaules semblait avoir arrêté de claquer au vent.
Et puis, lorsqu’il en eut assez, il redescendit sur la terre ferme et alla se poster à un tournant où il était sûr que le petit personnage devrait passer s’il voulait continuer sa route.
Et lorsqu’il passa à portée de main, il tendit le bras et le saisit par le col, le ramenant à lui.


- Ah non non non, j'aime bien cette montre, je voudrais bien que tu me la rendes maintenant.

Sourire aux lèvres, il détailla sa prise de ses yeux ourlés de khôl. Petite et chétive, ses vêtements amples et sales étaient tellement troués qu’il était étonnant qu’ils cachent encore le moindre centimètre de peau. Adrian plissa le nez. Lui qui appréciait que l’on s’habillât bien, il ne pouvait que désapprouver un tel accoutrement. Voilà une chose à laquelle il aurait bien remédié.
Soudain, il baissa les yeux et réalisa pour la première fois que le bouton de son veston avait disparu. Il le vit pendouiller misérablement au bout de la chainette de sa montre à gousset, toujours prisonnière d’une petite main malingre.


- Et voilà qu’en plus de cela, mon bouton trop affectueux ne veut pas la laisser partir et s’est enfui avec elle ! C’est bien triste, que vais-je donc faire maintenant ? Il ne reviendra pas à sa place tout seul, ce petit traître.

Il laissa échapper un long soupire avant de sourire à nouveau, plongeant son regard brun dans les yeux vairons de son interlocutrices – interlocutrice parce que les longues mèches dépassant de sous son épaisse casquette ne laissaient plus aucun doute quant à sa nature.

- Alors, tu me les rends ?
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MessageSujet: Re: Balade nocturne et drôle de rencontre [PV Caitlyn] Mer 23 Jan - 12:51

Caitlyn mit quelques secondes à comprendre qu’elle ne volait pas mais bien qu’on la soulevait. Cela lui prit exactement le temps de sentir le tissus rugueux de sa chemise lui esquinter la peau. Elle eut un léger cris de surprise qui fut bien vite maîtriser lorsqu’elle comprit ce qui venait de lui arriver... Le Dandy... Le dandy l’avait suivi. Elle cligna des yeux plusieurs fois, légèrement sous le choc. Ca n’allait pas l’aider cette histoire. Si il était si rapide, elle ne pourrait pas le semer et si elle ne le pouvait pas alors elle n’aurait d’autre choix que de lui rendre sa montre... Adieu le repas.
Ses yeux tombèrent sur les piercings du jeune homme. Elle envisagea de lui en arracher un pour qu’il la lâche. Elle se ravisa en se disant que la raclée qui suivrait si elle n’arrivait pas à l’égarer dans les ruelles serait absolument exemplaire. L’homme qui l'empêchait de fuir alors qu’elle essayait de se dégager ne semblait pas du tout affecter par les tentatives de la gamine de se sortir de ses griffes. Et pour cause, elle était tellement faible qu’elle ne parvenait pas à maîtriser les tremblements de ses muscles tant l'énergie venait à lui manquer.


- Ah non non non, j'aime bien cette montre, je voudrais bien que tu me la rendes maintenant.

Caitlyn arrêta de se débattre, faisant face à sa «victime», ses yeux légèrement voilés par la fatigue et la faim se plissèrent. Elle pencha la tête sur le coté et se rendait compte que cet homme n’avait pas l’air tout à fait normal. Déjà, il était maquillé ce qui ne manqua pas questionner la jeune fille. Pourquoi faisait-il ça? Et pourquoi tout ces bijoux dans la peau? Elle ne comprenait pas. C’était un excentrique. Il avait un regard qui l’inquiétait, le genre de regard qu’on apprend d’ordinaire à fuir ou à éviter. Elle se trouvait dans de beau draps... Elle ne l’avait pas évité, elle l’avait volé... C’est ce qu’on appelait couramment un carton plein et la jeune Caitlyn se demandait bien comment elle pourrait bien faire pour se sortir de ce mauvais pas.
Caitlyn, dans toute sa mauvaise foi et son insolence, eu un sourire mesquin de petite fille tandis que son ventre criait famine.


-Vous l’aimez p’t’etre bien, mais moi, j’en ai b’soin pour manger! Alors z’avez qu’à en ach’ter une autre.

Elle le vit plisser le nez et se rappela à quel point elle était mal vêtue pour le commun des mortels et donc, à quel point elle était une insulte aux yeux des bourgeois et autre nobliaux. Elle détourna les yeux. Se voir ainsi dans le regard d’un autre, aussi inquiétant soit-il, ramenait à son souvenir l’époque où ses robes et ses vêtements étaient certes vieux mais décent.
Maintenant, il n’y avait plus aucune décence, il y avait de la nécessité. Elle devait se couvrir pour ne pas mourir de froid. Elle devait ressembler le plus possible à un garçon parce qu’ils étaient moins agresser et les proxénète les laissait plus tranquille que les filles.


- Et voilà qu’en plus de cela, mon bouton trop affectueux ne veut pas la laisser partir et s’est enfui avec elle ! C’est bien triste, que vais-je donc faire maintenant ? Il ne reviendra pas à sa place tout seul, ce petit traître.

Caitlyn releva les yeux vers lui en fronçant les sourcils. De quoi...? Un bouton s’enfuyant avec une montre... Mais d’où sortait ce type... Caitlyn le trouvait bien étrange. Il y avait quelque chose de profondément dérangeant chez lui mais quelque chose qu’elle trouvait aussi extrêmement fascinant aussi. Elle secoua la tête malgré tout car sa situation faisait que malgré toute la fascination qu’elle éprouvait pour le curieux personnage, il l’énervait surtout beaucoup.
Ce dandy excentrique se tenait entre elle et un repas qui se faisait de plus en plus nécessaire. Son souffle était devenue irrégulier au fur et à mesure que l’immobilité et la froideur pénetrait ses vétements. Elle ne sentait déjà plus ses pieds et se demandait si elle allait mourir pendant que ce dandy la tenait pour qu’elle lui rende sa montre. Elle devait se rendre à l’évidence, l’homme ne partirait pas sans sa montre mais elle, elle ne pouvait pas se permettre de la lui rendre. Il était riche, il ne manquait pas. Elle, elle manquait de tout. Cet argent lui permettrait d’acheter de quoi reprendre des forces. Elle devait manger. Avec le froid qui s’étendait sur Londres depuis quelques jours, elle n’avait pas le choix: si elle ne mangeait pas, c’était la mort.


-Alors, tu me les rends ?

La petite fille fronça les sourcils et fouilla vigoureusement dans sa poche sans quitter l’homme du regard. Ses yeux vairons lançaient des éclairs tant elle était mécontente, voir indignée. Sa main se referma sur le bouton qu’elle extrait de sa poche et lui lança au visage avec le peu de force qui lui restait.

-Tiens! Ton bouton à la noix! L’ssez moi partir.

Elle essaya de se dégager une nouvelle fois mais n’y parvenant pas. Elle se redressa, droite comme un «i» et tremblante à cause du froid, ses yeux résolument plantés dans ceux du Dandy malgré l’inquiétude qu’il lui inspirait.

-J’vous rendrais pas la montre! J’en ai b’soin, vous pas. Alors fichez moi la paix!

Elle se débattit encore un peu et voyant qu’il ne lachait pas, alla jusqu’à le mordre. Elle n’avait plus assez de force, ses machoire serraient à peine plus qu’une épingle à linge. Elle s’écarta, essoufflée continuant malgré tout se débattre.
Pendant ce temps, sa main se glissait dans sa poche, sortant le lanceur de sable qu’elle s’était construit. Elle le braqua sur les yeux du dandy et relacha le ressort, propulsant une quantité généreuse de sable dans les yeux de son interlocuteur et s’échappa à toute jambe lorsqu’il la lacha. Parcourant les rues aussi vite que possible, elle trébucha contre un pavé rebel qui la fit chuter avec un cri de surprise. Une fois au sol, transie de froid et de douleur, la faim se faisant pesante, elle se retrouva totalement incapable de se relever. Tapant du poing contre le sol, essayant malgré tout de se relever elle laissa échapper un indigné et douloureux.


-C’est pas juste!
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MessageSujet: Re: Balade nocturne et drôle de rencontre [PV Caitlyn] Mer 23 Jan - 22:50

- Vous l’aimez p’t’etre bien, mais moi, j’en ai b’soin pour manger! Alors z’avez qu’à en ach’ter une autre.

La petite fille lui avait répondu en lui lançant un petit sourire que n’importe qui d’autre aurait qualifié de mesquin. Adrian lui ne se préoccupait pas le moins du monde de ce que signifiait ledit sourire. Il se contenta seulement d’hausser les sourcils et de cligner des yeux, surpris.

- Mais enfin, c’est absurde ! Qui donc aurait besoin d’une montre pour manger ? C’est absolument indigeste, et ça fait très mal aux dents.

Le vampire affirmait cela avec conviction, bien qu’il n’ait jamais testé lui-même. Seulement, l’idée même de croquer dans un objet métallique et de se nourrir ainsi lui arracha une moue perplexe. Quelle était donc cette drôle de fillette qu’il tenait au-dessus du sol et qui semblait dévorer de pauvres montres innocentes pour survivre ? D’ailleurs, à bien y regarder, cela devait faire longtemps qu’elle n’en avait plus mangé. Ses joues étaient creuses, ses yeux cernés par la faim et la fatigue, et son teint presque aussi pâle que le sien, voire plus encore. Le hâle qu’il possédait des siècles plus tôt au moment de sa transformation s’était estompé depuis bien longtemps, mais sa peau avait malgré tout conservé une teinte légèrement plus foncée que celle de ses congénères. Il n’était pas né aristocrates, il ne faisait pas partie de ceux dont on disait qu’ils avaient le sang bleu car leurs veines ressortaient de cette couleur sous leur peau d’un blanc cadavérique et translucide. Il avait été marin et le soleil avait tanné son corps, le dorant tout le long de ses nombreux voyages.
Penchant la tête sur le côté, il détailla à nouveau la petite et sa tenue plus que misérables. Des frusques même pas bonnes à se protéger du froid. Oui, vraiment, il allait falloir faire quelque chose pour ça, dusse-t-il s’en charger lui-même. Et en parlant de tenue, le dandy demanda à son petit otage de bien vouloir lui rendre le bouton qu’elle lui avait arraché en lui volant sa montre – et de lui restituer sa montre aussi par la même occasion. La gamine fouilla dans sa poche.


- Tiens! Ton bouton à la noix! L’ssez moi partir.

Elle lui lança faiblement son bouton au visage, avec si peu de force qu’il n’atteignit jamais Adrian. Le dandy tendit sa main libre et récupéra l’objet au vol en souriant. Il souleva légèrement le bord de son chapeau.

- Merci bien ! Pourrais-tu me rendre ma montre s’il te plait ? Elle manquerait beaucoup à mon bouton.

La petite se tenait bien droite au bout de son bras, ayant cessé de se débattre. Elle plongea son regard dans le sien, arrachant un nouveau sourire à Adrian. Etrangement, peu de gens le fixaient droit dans les yeux ; il avait bien du mal à savoir pourquoi.

- J’vous rendrais pas la montre! J’en ai b’soin, vous pas. Alors fichez-moi la paix!

Le vampire haussa à nouveau les sourcils.

- Mais c’est vrai, tu as raison ! Cependant, je ne peux pas lever les yeux vers le ciel et me repérer grâce au soleil comme avant – ça fait très mal, tu sais ? Alors, j’aimerai bien la récupérer quand même.

Il ne voulait pas laisser la petite fille partir avec sa montre, pour la simple et bonne raison qu’il aimait bien cette montre-là. Cela aurait pu paraître totalement égoïste, mais le vampire s’en fichait royalement. Il avait décidé que celle-ci ferait partie de ses préférées et qu’il ne s’en séparerait pas de sitôt.
Sentant une drôle de pression sur sa main, il baissa les yeux vers sa prisonnière, qui avait faiblement planté ses dents dans le gant de cuir noir. A cette vue, le sourire d’Adrian s’élargit.


- Oh, tu mords aussi ? On fait un concours ?

Il s’apprêta à retrousser ses lèvres et dévoiler ses longs crocs aiguisés, mais se ravisa. Pas la peine de lui faire peur, pas la peine de se vendre non plus puisqu’il n’avait pas du tout l’intention de la manger, malgré la faim qui commençait doucement à revenir.
Il n’eut pas vraiment le temps de comprendre ce qui arriva ensuite.
Toujours est-il qu’il se retrouva avec du sable plein les yeux et que, sous la surprise, il ouvrit le poing serré sur le col de la fillette, qui en profita pour prendre ses jambes à son cou. Adrian cligna des paupières plusieurs fois, chassant comme il le put le sédiment importun qui l’avait agressé. Il sentit quelques larmes couler et il les essuya d’un revers de main. Il n’était même pas en colère, plutôt agréablement étonné.


- Oh, ça alors, comment pouvais-je savoir que tu avais un morceau de plage dans tes poches ? Bien joué, pas mal du tout, mais ça manque un peu de mouettes.

Il reprit son chemin tranquillement et s’arrêta devant la première fenêtre à sa hauteur. S’aidant du reflet que lui renvoyait la surface de verre polie, il arrangea rapidement son maquillage qui avait légèrement pâti de l’attaque, jusqu’à ce qu’il soit satisfait du noir autour de ses yeux et de ses joues nettoyées de toute trace éventuelle de khôl. Il continua à avancer, prenant son temps, suivant les sons et les odeurs qu’émettait la petite fille. Un cri indigné lui parvint.

- C’est pas juste!

Le jeune homme haussa les sourcils. Retrouvant la fillette, il s’accroupit à côté d’elle, aussi silencieux qu’un chat.

- Ah bon, tu trouves ? Mais qui a dit que ça devait l’être ? Si tu le rencontres un jour, présente-le moi, j’aimerai beaucoup lui parler.

Attrapant la petite fille par les épaules, il la remit debout, la soutenant lorsqu’elle vacilla et manqua retomber sur les pavés. Il l’épousseta un peu, réajustant ses frusques comme il le put.

- Vraiment, tout cela pour une montre ? Vaut-elle vraiment la peine que tu embrasses le sol à chaque pas que tu fais ? Si tu la veux vraiment, tu n’as qu’à la demander.

Il était tout à fait sérieux. Oubliant son affection pour l’objet, ayant déjà oublié le sable dans ses yeux et le bouton arraché, il était tout à fait prêt à la lui céder si elle la lui demandait correctement.
Le vampire adressa un grand sourire à la gamine, un sourire un peu fou comme toujours, mais il ne se moquait certainement pas d’elle. Quel intérêt aurait-il eu à le faire ?

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MessageSujet: Re: Balade nocturne et drôle de rencontre [PV Caitlyn] Ven 25 Jan - 12:04

-Ah bon, tu trouves ? Mais qui a dit que ça devait l’être ? Si tu le rencontres un jour, présente-le moi, j’aimerai beaucoup lui parler.

Caitlyn n'emit pas l'ombre d'un son. Son regard, posé sur le jeune homme accroupie devant elle, était légèrement voilé. Elle n'avait plus la force de le fuir : les dernière forces qu'elle avait étaient parti lors de sa tentative de fuite. Elle eu un léger cris en le voyant s'approcher et ferma les yeux avec force comme si il allait la frapper. Il la remit debout. Elle ouvrit les yeux sans comprendre. Ses jambes tremblaient tellement qu'elle ne tenait pas debout. Il la maintenait debout, la soutenait. Elle cligna des yeux, détaillant une nouvelle fois son interlocuteur. Pourquoi l'aidait-il a rester debout ? Il aurait pu reprendre sa montre et la laisser là, sur les pavés à mourir doucement sans qu'elle ne puisse plus rien faire contre ça. Elle baissa les yeux, elle s'en voulait.
Caitlyn n'était pas quelqu'un de mauvais. Elle avait beaucoup de défaut, mais la méchanceté pure n'en faisait pas partir de ceux-ci. Elle ne pouvait pas se permettre de lui rendre sa montre. Elle en avait besoin. Pourtant... Maintenant qu'il l'avait aidé, même si ça n'était pas conscient de la part du Dandy, elle éprouvait des remords violents. Quand elle volait, elle imaginait que ses victimes étaient de mauvaise personnes, probablement de ses gens qui enlevaient les enfants des rues dans le noirs. Ca allégeait sa conscience.
Dans le cas du Dandy... C'était pire que tout. Il avait quelque chose qui l'attirait et maintenant, voilà qu'il l'aidait, remettant ses vêtements sales, n'hésitant pas à la toucher. Elle déglutit mal à l'aise, non pas parce qu'il avait l'air fou mais bien parce qu'elle éprouvait de la culpabilité. Ca lui arrivait régulièrement après un vol ; elle vendait jamais les objets tout de suite -quand elle n'était pas dans le besoin comme c'était le cas- elle les gardait un moment se demandant si elle devait le faire ou bien le rendre... Elle finissait par le vendre, la faim venait ou alors un des membres du réseau avait besoin de manger. C'était toujours la faim.
Elle glissa la main dans sa poche, effleurant la montre. Elle se mordillait la lèvre, ne sachant pas quoi faire. Elle soupira. C'était impossible qu'elle lui prenne sa montre maintenant. Elle s'en rendait bien compte, son petit elle pragmatique l'enguirlandait violemment sur la bêtise dont elle faisait preuve. Elle sortit la montre de sa poche finalement et posa les yeux dessus puis regarda le dandy qui se remit à parler.


-Vraiment, tout cela pour une montre ? Vaut-elle vraiment la peine que tu embrasses le sol à chaque pas que tu fais ? Si tu la veux vraiment, tu n’as qu’à la demander.

La petite fille sourit faiblement en haussant les épaules, l'air désolé.

-J'avais faim....

Elle vacilla une nouvelle fois, ses yeux partant en arrière. Elle remarqua à quel point sa tête était lourde, elle se rendait compte que chacun de ses mouvements lui coûtait cher et était douloureux. Elle remit la montre dans la poche du Dandy. A bien y refléchir, elle n'avait pas envie de garder cette montre. Elle n'avait pas envie de le priver de sa montre maintenant qu'il avait été gentil et qu'il lui avait proposé sa montre. Ca n'arrivait jamais. La fillette se rendait compte que c'était surtout parce qu'il devait être fou. Elle ne savait pas trop pourquoi il était comme ça mais elle ne pouvait pas voler quelqu'un de gentil avec elle. Personne ne l'était plus
Les enfants des rues étaient oubliés par les adultes et par la société en général, c'était un genre de tabou. Ils existaient, tout le monde le savait et personne ne disait rien. Caitlyn avait appris à ne pas demander d'aide, elle avait appris à se débrouiller toute seule parce que le monde se fichait des enfants comme elle. Ils étaient une tache sur Londres. Elle regardait toujours Adrian, dans les yeux.


-Désolée. J'aurais pas dû. C'était pas bien.

Elle se força à tenir sur ses jambes. Elle s'éloigna, retournant à Nina's Park avec une lenteur qui témoignait de ce que lui coûtait chacun de ses pas. Elle mit quasiment dix minutes à remonter la rue dans laquelle elle était tombée. Elle s'arrêtait régulièrement, à bout de souffle, en sueur, tant sa vue se troublait.
Elle se glissa dans une plus grosse artère, s'assit par terre, les jambes ramenées contre son torse. Elle frissonna une nouvelle fois, plus violemment car la fine pellicule de sueur rendait le vent encore plus redoutable. Elle gémit un peu en sentant son estomac se tordre sous la faim et tendit la main. La tête posée sur ses genoux, incapable de la garder droite. Elle ne vit pas les gens la regarder d'un air inquièt comme elle ne réalisait pas que cette rue. Celle-là. Appartenait à un des gangs de Londres. L'un des hommes de mains, qui ne devait pas avoir plus de 19 ans, lui, l'avait vu. Il s'approcha d'elle et décocha un violent coup de pied dans les cotes de la filette.
Caitlyn ne comprit pas tout de suite ce qu'il se passait. Elle gémit, tombant sur le coté. Le jeune homme commençait à crier.


-Tu t'es crue où toi ? T'as rien à fout' là ! C'est not' rue à nous ! Toi t'es pas d'chez nous ! Alors tu dégages ou tu payes !

Il eut un ricanement, voyant qu'elle ne pourrait pas papier. Caitlyn se redressa doucement et lança un regard mécontent au jeune homme.

-J'ai l'air d'avoir de quoi payer !?

Le jeune homme haussa les sourcils, ça n'était pas tout les jours qu'on lui répondait. Il ne se démonta pas.

-Alors tu t'cass' ou j'te fais ta fête !

Caitlyn le toisa de sa position assise. Elle était totalement incapable de se lever, incapable de bouger.

-Tu m'fais pas peur ! Vas-y ! Qu'est-ce que t'attends ! T'es rien qu'une poule mouillée.

Elle remontait le ressort de son lanceur de sable. Elle ne se laisserait pas frapper sans rien faire. Une fois son ressort remonté. Elle le brandit au visage de son agresseur propulsant tout ce qu'elle pouvait dans les yeux du jeune homme. Elle savait ça profondément inutile. Il serait encore plus énervé parce qu'elle lui avait manqué de respect en public. Elle soupira. Décidément, c'était une mauvaise journée.
Elle aurait pu s'en passer de l'ensabler. Mais elle était comme ça, elle ne se démontait quasiment jamais surtout que là, ça n'aurait rien changer. Elle était trop faible pour se lever et partir. Il allait la frapper jusqu'à ce qu'elle le fasse. Il l'affaiblissait, donc elle ne sortirait pas. La seule chance qui lui restait, c'était qu'il la frappe assez fort pour qu'elle s'évanouisse et la laisse pour morte. Elle cligna des yeux en le voyant se relever. Se roulant en boule pour se protéger comme elle pouvait.
Le jeune homme commença à la rouer de coup, elle gémit au début puis la force lui manquant, elle se contenta juste de subir, espérant que ça s'arrête à deux doigts de l'inconscience. Le jeune homme lui hurlait de partir. Elle ne repondait pas. Elle ne bougeait pas.
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MessageSujet: Re: Balade nocturne et drôle de rencontre [PV Caitlyn] Sam 26 Jan - 16:21

Adrian soutint le regard de la petite fille, la tête légèrement penchée sur le côté, un mince sourire un peu fou accroché aux lèvres.

- J'avais faim....

Il détailla une nouvelle fois la fillette d’un rapide coup d’œil et acquiesça, une main toujours posée dans le dos de son interlocutrice qui vacilla une nouvelle fois.

- Je m’en doute bien. Mais tout de même, je ne comprends toujours pas pourquoi tu voulais avaler cette montre ! Si tu avais si faim, il fallait nous le dire plus tôt ! Un repas, ça te tente ? Moi je commence à avoir faim aussi.

Il lui adressa un sourire éclatant qui révéla en partie les canines bien trop longues et aiguisées de sa dentition. Le vampire sentait l’appel du sang lui titiller l’estomac depuis quelques minutes déjà. D’ici une heure tout au plus, il irait chasser. L’idée de dévorer la gamine à bout de forces ne lui effleura pas même l’esprit une fraction de seconde, quand bien même eut-il éprouvé plus de difficultés à se chercher une autre proie. Tuer des enfants n’était pas son genre, et de tous les torts qu’on pouvait lui trouver, celui-ci n’en faisait certainement pas partie. Malgré tout, malgré sa folie, malgré sa vision bien étrange du monde, il lui restait encore quelque part au fond de son esprit éclaté quelques principes bien tenaces que ni son aliénation ni les ans n’auraient pu déloger.
La petite lui glissa alors sa montre dans la poche. Elle soutenait toujours le regard du dandy, ses yeux vairons à moitié clos voilés par la fatigue et la faim.


-Désolée. J'aurais pas dû. C'était pas bien.

Adrian sourit. Il s’inclina légèrement pour être à sa hauteur et souleva un peu son chapeau.

- Ca ne l’était pas, mais ça, ça l’était. Merci petite demoiselle avec la plage dans ses poches.

Elle fit demi-tour et s’éloigna en direction du Nina’s Park, retournant sur ses pas. Adrian quant à lui reprit sa route tranquillement, faisant tournoyer sa canne, ne se préoccupant déjà presque plus de la gamine.
Mais, alors qu’il avait déjà parcouru quelques bons mètres, il s’arrêta soudain, au beau milieu de la grande allée vide de toute présence hormis la sienne. Quelque chose le chiffonnait, mais impossible de savoir quoi. Croisant les bras, il passa les doigts sur son menton, faisant crisser son petit bouc sur le cuir de son gant.


- J’ai l’impression que quelque chose cloche ...

Il leva les yeux vers le ciel.

- Qu’est-ce que Tu en penses ? Je crois bien avoir oublié quelque chose, mais quoi ? Mystère. Et Toi, aurais-Tu une idée éclairée sur la question ?

Il resta ainsi immobiles plusieurs minutes, sans même parler, le cerveau tournant dans le vide la moitié du temps, lorsque soudain la révélation lui vint. Ecarquillant les yeux, il claqua des doigts.

- Mais où est-donc passé John ?

Soulevant son chapeau en direction du ciel, il tourna les talons et remonta les rues qu’il avait empruntées. Depuis Nina’s Park, il n’avait plus croisé personne encore dehors à cette heure, ou si peu qu’il ne leur avait pas prêté la moindre attention, focalisé qu’il avait été sur la petite voleuse de montre et de bouton.
Et tandis qu’il s’approchait du parc, il entendait des éclats de voix lui parvenant d’une avenue toute proche. L’une des voix lui était d’ailleurs tout à fait familière depuis quelques minutes.
Haussant les sourcils, le vampire tourna sur sa droite, s’engouffrant dans le passage assez large pour que deux hommes marchant de front puissent y passer à l’aise. Et là, à quelques pas de lui à peine, se trouvaient la petite fille qui lui avait volé sa montre, roulée en boule sur le sol, subissant les coups et les cris d’un jeune homme qui semblait s’en donner à cœur joie. Adrian haussa un sourcil : il pouvait supporter de voir des violences et des passages à tabac sans broncher, mais là, dans ce cas précis, il n’allait certainement pas laisser les choses se faire tranquillement jusqu’à ce que la fillette rende l’âme.
S’avançant tout à fait calmement, il tapota l’épaule de l’agresseur comme il l’aurait fait avec n’importe qui.


- Excusez-moi, bonsoir. Ca n’est pas très gentil de faire ça, vous savez ? J’aimerai beaucoup que vous arrêtiez.

Le dandy lui adressa un grand sourire, les yeux un peu plus écarquillés que d’ordinaire, tandis que l’autre se retournait en le foudroyant du regard. Voyant la tenue et l’apparence soignée d’Adrian, il délaissa la fillette pour se concentrer sur une proie bien plus alléchante.

- Ouais, t’as raison. J’f’rais mieux d’te faire les poches, le vieux.
- Oh, et le respect des aînés dans tout ça ? répondit le jeune bourgeois avec un sourire éclatant.

Le garçon fronça les sourcils et lança son poing en direction du visage d’Adrian, qui n’eut aucune difficulté à esquiver. Un nouveau coup partit, puis un autre, et un autre encore. Le vampire reculait un peu et se penchait sur le côté, sans plus d’efforts que cela. L’éclat d’une lame apparu dans son champ de vision. Une seconde plus tard, il sentait le métal froid et à moitié rouillé lui entailler la joue sur une bonne demi-douzaine de centimètres. Sa tête partit sur le côté. Pendant une seconde, il ne bougea plus, l’iris de ses yeux changeant de couleur durant un très bref instant. Il se retourna vers son attaquant, sourire aux lèvres, lui faisant bien face tandis que la blessure sur son visage se résorbait rapidement. Le dandy leva la main, index dressé, et l’agita de droite à gauche, les sourcils haussés au-dessus de ses yeux grand ouverts.

- Ah mais vraiment, quel manque de manières !

Le jeune homme face à lui eut un moment d’absence. Dans un réflexe totalement idiot mais dicté par la panique, il alla pour le frapper à nouveau. Adrian cette fois lui saisit le bras et le tordit violemment dans son dos. Maintenant derrière le garçon, il lui maintint la tête en arrière, la main plaquée sur sa bouche pour étouffer ses cris de douleur.

- Eh bien, moi qui commençait à avoir faim, quelle chance, vraiment.

Retroussant sa lèvre, le vampire révéla ses longs crocs aiguisés qui, un instant plus tard, s’enfoncèrent dans la chair tendre et chaude de la gorge qui lui était offerte, perforant la jugulaire. La saveur métallique du sang se répandit dans sa bouche au fur et à mesure qu’il vidait l’agresseur devenu victime du précieux liquide. Il le sentait se débattre de plus en plus faiblement, jusqu’au moment où il ne bougea plus du tout. Adrian ne le lâcha que lorsqu’il l’eut totalement vidé de la moindre goutte d’hémoglobine. Il laissa tomber le cadavre sur le sol en grimaçant et essuya sa langue du bout de ses doigts gantés comme pour la nettoyer d’un mauvais goût tenace.

- Eurk, non merci, sans façon, plus jamais. Bah, pourquoi est-ce qu’il a fallu que tu sois si pourri ? C’est vicieux de faire ça, je ne pouvais pas le savoir avant de te manger !

En soupirant, il attrapa le corps sans aucun ménagement et le souleva comme s’il ne pesait rien, avant de le balancer dans un tas d’ordures nauséabond dans un cul-de-sac non loin de là. Essuyant sa bouche d’une éventuelle trace rouge, il tourna la tête vers la fillette. Son regard croisa le sien, et il lui sourit presque gentiment, levant un doigt ganté qu’il posa en travers de ses lèvre.

- Adrian !

La voix du docteur Williams retentit non loin de là. Le vampire se pencha et récupéra la petite fille, qu’il enveloppa dans l’un des pans de sa cape avant de sortir vers une plus grande artère. Il faillit rentrer dans son ami, qui eut tout juste le temps de ralentir sa course et s’arrêter. Essoufflé, il leva les yeux vers le dandy.

- Mais où étais-tu passé, bon sang ?

Son regard tomba sur la gamine.

- Qu’est-ce que ... Adrian, c’est toi qui –
- Moi ? J’ai donc tellement l’allure d’un bourreau d’enfant ?

Le jeune homme haussait les sourcils, posant vraiment la question. John Williams le regarda un instant, puis soupira en secouant la tête.

- Non. Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
- Eh bien, cette petite demoiselle ici présente, après m’avoir rendu ma montre – et non, je ne l’ai pas menacée, enfin ! Arrête de me regarder comme ça – cette petite demoiselle donc a eu à faire à un personnage fort désagréable, qui a depuis levé les voiles vers d’autres horizons.

Le docteur cligna des yeux, quelque peu perplexe, puis reporta son attention sur la petite dans les bras d’Adrian. Il s’approcha d’elle et l’examina rapidement.

- Elle a un bon nombre d’os fêlés, voire cassés pour certains. Mais les énormes carences qu’elle doit avoir n’aident pas. Il va falloir faire quelque chose, ou elle ne passera pas la nuit.

Le dandy hocha la tête.

- C’est ce que je me disais aussi. Alors, qu’attendons-nous pour la soigner ?

Williams haussa les sourcils, surpris.

- Quoi ? Adrian, tu penses vraiment que nous pouvons nous occuper d’elle comme ça ? Il vaudrait mieux l’amener à l’hôpital le plus proche –
- Qui se fera un plaisir d’héberger et remettre sur pied une enfant des rues, bien entendu.
- Adrian, c’est –
- Un véritable honneur de travailler avec vous pour sauver une vie, cher confrère.

Le docteur soupira. Il n’arriverait pas à faire changer d’avis à son ami, et il fallait bien l’avouer, lui-même rechignait à laisser l’enfant sans soin. La petite silhouette recroquevillée contre Adrian était trop fragile, trop cassée pour qu’il se détourne et s’éloigne sans rien faire.

- Très bien, très bien ... Mais je ne peux pas la garder chez moi, tu sais comment est Lizzie, elle aurait trop de mal à l’accepter.
- Alors, je la garderai à la maison.

John Williams eut un moment d’absence.

- Tu veux la garder ... chez toi ... ?
- Bien sûr ! répondit Adrian avec un sourire éclatant.

Williams fronça les sourcils.

- C’est quelque chose de sérieux, Adrian.
- Ai-je l’air de ne pas être sérieux ?

Le docteur détailla un moment le dandy, puis soupira et secoua la tête.

- Alors en route. Je suppose que tu as tout le nécessaire chez toi, ne perdons pas plus de temps.

Le duo s’éloigna en direction de Nina’s Park, vers la demeure du vampire qui rabattit le pan de sa cape sur la petite fille qu’il tenait dans ses bras, pour lui tenir plus chaud et la protéger du vent qui s’était remis à souffler.



[HRP]Terminé[/HRP]


Dernière édition par Adrian B. Talbot le Mer 30 Jan - 10:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Balade nocturne et drôle de rencontre [PV Caitlyn] Mar 29 Jan - 11:26

- Excusez-moi, bonsoir. Ca n’est pas très gentil de faire ça, vous savez ? J’aimerai beaucoup que vous arrêtiez.

Caitlyn ouvrit faiblement les yeux, roulée en boule par terre. Elle sentait son corps meurtri de toute part. Elle essayait de se relever mais tout ce qu'elle parvint à faire, c'est s'arracher un gémissement de douleur.
Elle leva les yeux vers la voix, la voix qu'elle connaissait. Le dandy. Pourquoi le dandy se melait-il de l'histoire d'une gamine des rues comme elle ? Elle avait froid, tellement froid. Elle sentait l'humidité du sol et celle du sang perçant les différentes épaisseurs. Elle ne préférait pas penser à ce qui pouvait donner cette sensation humide ailleurs. Elle était trop endolorie pour sentir une quelconque honte à ce sujet.
Elle aurait aimé dire au Dandy qu'à ce stade, ça n'était sans doute plus la peine de s’embêter. Elle était déjà morte quelque part. Tout les enfants des rues savaient que l'immobilité était un genre de mort.
A partir du moment où elle ne pouvait plus bouger, elle savait que rien n'irait en s'arrangeant. Tout serait pire. Quelque part sombrer maintenant était une bonne chose. Pas de longue agonie, juste le froid, pénétrant et incisif.


-Ouais, t’as raison. J’f’rais mieux d’te faire les poches, le vieux.
- Oh, et le respect des aînés dans tout ça ?

Caitlyn se surprit à noter que le dandy n'avait aucune notion de ce qu'il se passait. Même avec elle, il avait été si étrange.
Elle ouvrit les yeux. Le jeune homme essayait de frapper le dandy sans jamais y parvenir. La fillette voyait tout cela par flash, elle se sentait faiblir doucement. L'inconscience arrivait par vague puis la douleur la réveillait ainsi de suite, de sorte qu'elle ne voyait que des bouts de ce qu'il se passait.
Elle vit le brillant de la lame, sa bouche s'ouvrit pour prévenir le dandy. Elle n'entendait plus que les pulsions de son cœur, le son était étouffant, stressant.
Son regard se fixa sur le dandy, sur la blessure qui disparaissait rapidement. Elle cligna des yeux, le noir l'enveloppa une nouvelle fois. Elle gémit un peu, forçant son esprit à se maintenir à flot. Ses yeux s'ouvrirent une nouvelle fois.
Le Dandy buvait au cou du jeune homme. Caitlyn fronça les sourcils. Alors c'était vrai ? Dans les brumes de son esprit, elle s'en fichait un peu. Là, à deux pas de la mort, plus rien ne semblait la perturber. Elle ne se demandait pas si c'était lui qui faisait disparaître les enfants.
Elle vit le jeune homme mourir avant elle et l'ironie de la situation la fit sourire. Les yeux vairons de la fillette se posèrent une fois de plus sur le dandy qui avait l'air dégoûté.


*Il a mauvais goût ?* fut la dernière pensée concrète qu'elle parvint à former avant d'enregistrer de simples images.

Elle vit le dandy lui adresser un sourire qui la fit se sentir particulièrement bien pendant que l'index venait barrer ses lèvres. Se taire ?... Serait-il compte qu'elle aurait été bien incapable de parler, et ce même si elle l'avait voulu ?
Ses yeux se fermèrent une nouvelle fois mais elle ne les rouvrit pas. Elle n'en avait plus envie, c'était trop dure et elle baissait les armes parce qu'elle savait que ce combat, seule, ne rimait à rien. Elle ne pourrait pas bouger, elle aurait faim, elle en mourrait.
Elle se sentit en lévitation, ne comprenant pas que le dandy l'avait prise dans ses bras puis une douce sensation de chaleur lui parvint. Si c'était ça, la mort, elle aurait dû y aller plus tôt. Elle réalisa qu'elle avait toujours faim. Elle n'était pas morte, pas encore. Elle ne comprenait pas pourquoi elle avait chaud. Elle avait chaud c'est tout.
La douleur vint ensuite quand les pas du dandy se répercutaient dans ses os brisés, alors elle comprit. Quelqu'un la protégeait du froid, quelqu'un la portait et la transportait vers un endroit où elle pourrait être soignée, du moins l'espérait-elle. Un très maigre sourire s'inscrit sur son visage dans cette inconscience étrange. Dans un souffle qui n'était pas plus fort que les hurlements du vent elle murmura.


-Merci.


[hrp]Fin[/hrp]
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Balade nocturne et drôle de rencontre [PV Caitlyn]

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