L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Day after day life slips away [PV Madalene]

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MessageSujet: Day after day life slips away [PV Madalene] Lun 28 Jan - 13:13

Londres… Déesse maudite gorgée des larmes de ceux qu’elle déchut, aimait à déverser son courroux sur les londoniens en quête de rédemption. Les vapeurs d’une ère nouvelle se mêlaient à la suie et aux douces senteurs de chairs en état de putréfaction avancé tapie sous un épais brouillard. C’était ainsi qu’elle apparaissait, la Victorienne et son voile dédaigneux. Des volutes insolentes qui s’étiraient de part et d’autre de la ville lorsque le soleil déclinait pour saisir d’effroi les passants déambulant en ses rues à demie pavées. La cruauté n’était pas discriminante, et celle de la déesse maudite s’immisçait autant dans les haillons poisseux que dans les costumes serrés. Leroy percevait ce karma lunaire contre lequel aucune lame n’était assez aiguisée, aucune dent assez affutée, aucune griffe assez acérée, aucun esprit assez futé pour lui résister. Elle aimait inlassablement se glisser dans le revers des corps, parcourir les canaux vitaux jusqu’à remonter au plus haut pour obscurcir la raison. Les pensées ainsi embrumées, les londoniens se divertissaient dans des plaisirs sans intérêt, recouvrant avec leurs pulsions animales. Ainsi se mêlaient opium, sexe et sang, et toujours dans la plus douce des démences.

Leroy ne cessait de ressentir cette présence glaciale contre sa poitrine. Levant les yeux au dessus des formes abstraites et sombres le surplombant, il jetait son regard au loin, en direction de cet astre à la lueur timide qui teintait d’argent un ciel dénué de toute étoile. Au travers des nuages filtrait cette douce lumière donnant du relief au ciel. Dans ce tumulte céleste se distinguaient des formes effrayantes qui évoquaient des visages se déchirant en des cris de douleurs. Tel était le reflet de la bassesse qui régnait ici bas. C’était cette même image que la Victorienne offrait aux êtres abjects faisant de Londres une ville-théâtre de l’absurde. Abject, Leroy l’était et peut être même plus que l’on pouvait le penser. Refusant de se comporter en spectateur, il se préférait acteur de la décadence, participant comme il le pouvait à la chute de ce monde. D’ici là, il n’aurait de cesse de tuer, de baiser, de fumer ou de nourrir de viles complots visant à faire tomber des têtes. Pour l’heure, c’était la chaleur humaine qui l’intéressait.

Encore une nuit qu’il passait à jouir de plaisirs éphémères, offrant son corps en pâture au désir. Désireux de toucher un peu plus les étoiles à chaque coup de reins qu’il infligeait à celle qui pour une nuit devenait l’écrin de ses fantasmes. Il aimait sentir une myriade de frissons parcourir son corps et éveiller cette chaleur intense qui naissait au niveau de son bas ventre puis se diffusait dans tous ses recoins de chair. Telle était sa revanche sur les étreintes glacées de la déesse maudite. Sa réponse à la froidure qui avait embrasé bien des âmes. C’était sa façon de se sentir vivant, d’être autre chose qu’une coquille vide animée par un cœur qui ne savait plus que battre.



Leroy avait passé la matinée au sein de la bâtisse des Carvanello, située à proximité de la Tour de l‘Horloge du Palais de Westminster. La veille, avant de s’adonner aux plaisirs de la nuit, il avait monté une affaire avec sa comparse, Léana, qui faisait partie de l’élite de la famille Carvanello. Un apothicaire était capable de leur fournir une substance assez rare aux effets méconnus qui rentrait dans la composition d’une puissante substance létale, la Cantarella, que l’alchimiste de la famille convoitait de reproduire. Il s’agissait d’un poison permettant de pouvoir fixer la durée de la période de latence en fonction de la dose. Léana avait découvert ce poison dans ses ouvrages, et, était désireuse d’en percer les mystères. L’intérêt de ce poison était double, premièrement aucun antidote spécifique n’existait, ce qui le rendait particulièrement redoutable, et il permettait surtout de préméditer avec précision un assassinat.

Les Carvanello étaient rentrés en contact avec l’apothicaire par l’intermédiaire de Léana qui passait régulièrement acheter des herbes. Un jour, alors qu’elle était rentrée dans la boutique située à Covent Garden pour des emplettes basiques, un fluide aux reflets ambrés avait retenu son attention. L’apothicaire l’informa qu’il s’agissait d’essence de Magioe particulièrement prisée des dames du haut monde pour son délicat parfum. Léana, surprise de voir une telle substance dans les mains de cet apothicaire des rues, avait nié connaitre ce nom et feint de ne pas s’y intéresser. Elle était restée attentive aux paroles du marchand, et, bien que le vendeur de remèdes ait semblé ne pas connaitre le véritable intérêt de cet ingrédient du poison secret des Borgia, Leana avait préféré ne pas lever le voile sur ses ambitions. Sa connaissance des plantes était connue de cet homme et ce qu’elle était capable d’en faire également. « Particulièrement prisée des dames du haut monde pour son délicat parfum ». L’idée lui était venue de proposer à Leroy une petite mise en scène…

Londres était clémente en ce milieu d’après midi et gratifiait ses habitants d’un soleil radieux. C’était donc au Covent Garden que Leroy devait récupérer l’essence de Magioe. Il comptait se montrer vêtu de l’un de ses costumes de haute facture, arborant les manières de l’aristocratie anglaise. Leroy avait pour l’occasion apparié sa tignasse rousse au bleu marine d’une redingote en velours de qualité remarquable. Un haut de forme à ruban bleu couvrait sa tête et un large jabot de dentelle diffusait la lumière du soleil et la reflétait sur son visage. Des gants de cuir souples habillaient ses mains. L’une d’elle logeait en sa paume le pommeau en argent finement ciselé d’une canne. Elle avait appartenu à un Lord peu farouche dicté par l’envie de se mêler des affaires des Carvanello. L’opium attisait bien des intérêts… Néanmoins, Leroy n’était guère du genre à apprécier qu’on se mette à le pister. Ainsi le perturbateur avait fini par nourrir les quelques poissons survivants de la tamise.

Le temps radieux devant aider, Covent Garden grouillait de monde. Les vielles rues semi pavées du quartier commerçant semblait accueillir tout le Royaume Uni en cet après midi. Leroy s’amusait à marteler les pavés avec sa canne. Il aimait la maltraiter ainsi, la faisant cogner sur tous les recoins de la ville. Ou presque. Cela était aussi une manière d’attirer les regards sur lui, car il aimait afficher son excentricité aux yeux des autres. Cette excentricité qu’il clamait haut et fort, c’était le reflet de la mondanité qu’il tournait en dérision. Sa condition de bourgeois ne lui permettait certainement pas un tel affront, mais sa façon d’oser et de ne porter que peu d’intérêt au « qu’en dira-t- on ? » le nantissait de quelque chose de relativement attirant. Mais il n’était pas venu dans le quartier commerçant pour se donner en spectacle. Prenant la rue principale qui menait à la cour intérieure, Leroy finit par bifurquer sur la gauche. La boutique de l’apothicaire se tenait un peu excentrée du monde. La devanture souillée était loin de respirer la jeunesse et la crasse avait prit possession des vitrines qui n’étaient absolument plus transparentes. Sa main gantée vint faire tinter la petite cloche fendue.

L’apothicaire ne mit pas longtemps à rappliquer, il était conforme à la description que Léana lui en avait faite. Pas bien grand et barbu, le regard embrumé par un œil qui avait tendance à loucher. Prétextant quérir une flagrance pour l’une de ces dames au raffinement certain, il laissa l’homme lui proposer la petite fiole aux reflets ambrés. Cela prit un certain temps et finit par exaspérer le mafieux qui pestait intérieurement, les excuses justifiant ses refus répétés venaient à manquer. Enfin, le vendeur proposa au bourgeois une substance qu’il nomma furtivement essence de Magioe. Leroy huma les légères volutes florales qui s’en dégageaient. La petite fiole exhumait un parfum délicat d’une subtilité rare. Il était indéniable que cette odeur plairait aux femmes de gout. De nobles pensées traversèrent furtivement l’esprit du bourgeois qui quitta le magasin avec la précieuse fiole dans l’une des poches internes de sa redingote et un sourire narquois aux lèvres. Revenant au cœur du marché couvert, Leroy aperçut la foule agglutinée autour de ce qui s’apparentait être un spectacle de rue. Le lieu était propice à ce genre de manifestation d’artistes des bas quartiers venus exprimer leur propre vision de l’art. Il n’en perdrait pas une miette.



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MessageSujet: Re: Day after day life slips away [PV Madalene] Mer 30 Jan - 0:59

[HRP/ C'est un peu cours, mais ça fait longtemps que j'avais plus RP Razz On va dire que j'ai plus trop l'habitude !/HRP]

La journée n’avait pas particulièrement bien commencée. Madalene trouvait qu’il faisait bien plus froid que la veille, et les basses températures n’étaient pas franchement ses meilleures amies. Mais il fallait travailler, gagner sa vie… Il fallait bien qu’elle puisse se nourrir et payer le logis. Et justement, les pièces commençaient à sérieusement manquer dans son baluchon… En descendant les escaliers grinçants de l’immeuble dans lequel elle louait une petite chambre, elle se maudit pour la 150ème fois de ne pas être restée avec l’ancienne troupe de Tziganes de Djidjo. Là-bas, au moins, elle n’aurait pas été toute seule. Tandis qu’elle rajustait un foulard coloré autours de sa tête, elle s’engouffra dans les rues grouillantes de Londres. Elle n’aurait jamais cru qu’une ville puisse sentir aussi mauvais lorsqu’elle avait débarqué dans ce lieu de débauche quelques années auparavant, encore trop naïve pour sérieusement croire que les gens pouvaient être à ce point indifférents au monde décadent qui les entourait. Ou plutôt, qu’ils puissent à ce point s’y complaire et s’y rouler avec un bonheur insolent… Elle ne savait pas trop ce qui était le pire à ses yeux.

Malgré ses vêtements bigarrés et ses cheveux roux qui attiraient l’attention, Madalene était une experte en vol à la tire. Peut-être parce que justement, les gens étaient trop obnubilés par sa tête et ses jupons pour remarquer ses mains un peu trop baladeuses. Elle s’empara d’une pomme, adressant de charmeurs sourires au vendeur, un homme d’âge mûr, bedonnant et légèrement dégarni. N’importe quelle fille pouvait, à l’aide d’artifices, devenir splendide. Un simple sourire langoureux pouvait faire tellement, et si parfois Madalene détestait tellement n’être qu’une simple femme, il lui arrivait d’en remercier chaleureusement le ciel… Comme lorsqu’elle distrayait un marchand de son étal le temps de lui chaparder une pomme, songea-t-elle en croquant le fruit.

Alors qu’elle était occupée à scruter la foule, tout en fouillant dans sa besace en regardant quel genre de potions elle pourrait refourguer à des innocents, elle reconnut un visage familier. Un Tzigane de chez Djidjo ! Elle traversa la foule pour aller le saluer et lorsqu’il la reconnut, il se lança dans une longue discussion dans la langue des Bohèmes. Malgré le monde ahurissant qui se pressait autours d’eux, une petite bulle de calme sembla se former autours des deux Tziganes. Ils n’avaient plus vraiment conscience de tous ces gens qui se bousculaient pour aller on ne sait où… Malgré tout, Madalene finit par attirer son camarade un peu à l’écart pour poursuivre leur conversation. Elle lui demandait des nouvelles de leur petite troupe. Tout le monde semblait aller bien, même si l’absence de Djidjo se faisait cruellement ressentir… Ils se turent un instant, puis subitement, il empoigna sa petite guitare. « Allez, fit-il, une petite danse en souvenir de ce vieux fou ? ». Le visage de la rouquine s’éclaira d’un sourire sincère.

Une Tzigane qui danse, ça attire forcément un peu d’attention. Des tissus colorés qui volent dans tous les sens et un certain mépris des convenances concernant la longueur des jupons, ça avait de quoi attirer quelques regards lubriques. Madalene en avait bien conscience, et soit elle s’en fichait, soit elle en jouait dans l’espoir de glaner quelques pièces supplémentaires. Une bonne petite troupe de curieux s’était formée autour d’eux, certains claquant même dans leurs mains au rythme de la musique. Et puis, curieuse tâche d’excentricité dans ce décor morne et grisâtre, elle le remarqua au détour d’une pirouette. Tout aussi roux qu’elle, mais certes pas du même niveau social. Ça sentait l’aristocratie à plein nez, ça en était presque désagréable... Madalene ne chercha pas à se poser plus de questions et, avec un sourire mutin, elle l’attira dans sa danse endiablée. Remarqua-t-il ses doigts agiles qui lui faisaient les poches ? Sur le moment, en tout cas, il n’en dit rien. Le faisant tourner sur lui-même, elle le renvoya habilement dans la foule et, d’une révérence, indiqua que le spectacle était fini. La petite foule se détourna, retournant à ses mornes occupations, pendant que Madalene et son coéquipier ramassaient leur argent. Pressée, elle fit un rapide partage de leurs bénéfices et prit congé du Tzigane. Le spectacle avait duré une bonne partie de la matinée, elle mourrait de faim et avait surtout très envie de jeter un coup d’œil à son larcin. Elle n’en avait pas prit le temps dans la danse, se contentant de fourrer ce qu’elle trouvait dans les replis de ses jupons.

Bondissante et légère, elle se dirigea vers une ruelle déserte pour être tranquille. Elle avait toujours dans sa besace une vieille cape grise pour dissimuler ses vêtements colorés et sa tignasse de femme, et elle s’empressa de s’emmitoufler dedans avant de fouiller dans les replis de ses jupons. Avec l’argent habituel, relativement abondant, elle constata qu’elle avait réussi à délester l’aristocrate d’une élégante et raffinée petite fiole de verre… Est-ce que cela avait beaucoup de valeur ? Elle n’aimait pas trop revendre le fruit de ses vols, les marchands étaient souvent bien trop méfiants vis-à-vis des Tziganes. Elle l’ouvrit et en renifla le contenu avec suspicion. L’odeur était enchanteresse, surtout comparée à celle de la ruelle dans laquelle elle se tenait… Elle tressaillit soudainement en entendant du bruit, et releva la tête.
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MessageSujet: Re: Day after day life slips away [PV Madalene] Mer 13 Fév - 14:48

Au travers des silhouettes qui encerclaient l’objet de sa curiosité, Leroy entrapercevait des bribes de tissus colorés qui virevoltaient au gré d’accords puissants et clairs. Cette façon de jouer échappait aux conventions de la musique d’orchestre que le bourgeois connaissait bien. Il avait, durant son enfance, étudié la musique et pratiqué le violon avec plus ou moins d’assiduité. Bien loin d’être un musicien prodige, il savait néanmoins manier l’archet et faire glisser ses doigts fins sur les cordes pour en sublimer le timbre. Leroy n’était jamais resté insensible à cette sonorité solennelle qui imposait le silence. Logé dans le creux de son cou, l’instrument irradiait d’un pouvoir singulier : celui d’embrumer le présent de volutes du passé. Le violoniste novice se faisait alors magicien du temps, invoquant de son archet des forces inconnues capables d’entrer en résonnance avec les vestiges enfouis aux tréfonds de son être. Ainsi invoqués, les fragments de son histoire s’élevaient et s’entremêlaient en de lancinants légatos. Leroy utilisait le violon pour s’inviter dans sa propre geôle et libérer les fragments de son âme mêlée d’ombre et de lumière.

La mélodie qui lui arrivait aux tympans était rapide et ponctuées de trilles et d’appoggiatures. Il s’agissait de ce genre de musique que l’on improvisait en mémoire d’un temps oublié, une musique capable de transporter loin de la moiteur de cette ville. Une musique chaude qui appelait à la débâcle des rires et des couleurs. Le bourgeois, qui était resté en retrait, finit par jouer des coudes afin de se placer aux premières loges. Le carnaval de couleurs s’offrit alors à lui. Son regard resta de prime abord attiré par une chevelure carmin qui semblait gorgée de la lumière du soleil. De cette corolle bariolée émergea le corps voluptueux d’une danseuse tzigane qui se mouvait au rythme des claquements de mains de la foule battant la mesure. Ses mouvements fluides suggéraient les formes d’une silhouette délicieuse. Leroy perçut au détour d’un regard la peau de ses cuisses mise à nue par un sautillement peut être trop franc qui avait soulevé les nombreux revers de son jupon. Un tel appel ne se refusait pas…

Le magicien sourit en repensant à ce qu’il s’était dit en sortant de la boutique de l’apothicaire. La petite fiole parfumée avait tenu sa promesse en mettant une femme sur son chemin. Une femme différente des pimbêches coincées qui pullulaient dans les salons mondains. Celle-ci semblait plus sauvage et nantie d’un exotisme lui conférant un charme singulier. Leroy jeta un coup d’œil autour de lui. Cette petite danse improvisée n’avait cessé d’attirer du monde depuis que lui-même avait pris part à la foule. Les gens s’agglutinaient les uns aux autres pour se délecter de ce spectacle de rue. Tout comme l’opium, l’appel du large charmait la population londonienne engluée dans son propre désespoir. Une idée naquit soudainement dans l’esprit du bourgeois. L’idée d’une femme-opium. Alors que la danseuse s’évertuait à sublimer son corps en suivant la rythmique vive du musicien qui l’accompagnait, Leroy imagina ses mouvements se fondre en d’épaisses volutes colorées. De ses cheveux roux jaillissaient des rails de vapeurs venant épouser les lignes de son corps. Et de ses bras, la femme-opium agitait les effluves enivrants qui l’entouraient sous les yeux des amoureux de l’ailleurs.

La danseuse le tira elle-même de ses douces rêveries en l’attirant dans sa danse le sourire aux lèvres. Charmante ironie. La silhouette colorée du bourgeois se mêla ainsi à la saveur exotique de la danse endiablée animant le marché couvert. Quittant ses gants de cuir ainsi que sa canne, Leroy se prêta au jeu et entoura de ses bras la silhouette de la danseuse. Celle-ci glissait avec élégance entre ses bras à demi-tendu. Une position qui, bien entendu, laissait ses poches à découvert. Une pensée fugace qui surgit à l’instant où Leroy sentait les mains de la danseuse contre son torse. Elle n’avait quitté son radieux sourire mais de son visage transparaissait son initiative. Ses mains se baladaient à tâtons dans le revers de la redingote du bourgeois qui fit mime de ne rien remarquer. Second sourire lorsqu’il sentit les doigts agiles de la danseuse s’emparer de la petite fiole qu’il avait récupéré un peu plus tôt. L’essence de Magioe semblait véritablement nantie d’une attirance singulière à la frontière de la magie. Alors que la danseuse s’appliquait à faire ses poches avec discrétion, Leroy se preta lui-même au jeu du larcin. Ses mains nues de mirent à visiter les recoins du jupon qui s’agitait de lui-même sous les mouvements de la tzigane. Il n’avait qu’à suivre la musique afin de fondre ses mains dans le corps animé de la même rythmique. Les doigts fins du magicien s’arrêtèrent sur une besace qui se confondait avec les remplis du jupon. Du bout des doigts, il en inspecta le contenu, des fioles de petite ou moyenne taille semblables à celle qu’il venait de se faire chaparder. Leroy n’eut pas à tergiverser des heures pour en comprendre le sens. Durant son enfance, il avait côtoyé des mendiants d’Europe de l’Est subsistant en utilisant la superstition de passants crédules. Lire dans les lignes d’une main roussie par le travail, vendre des potions aux milles promesses ou encore quérir la vérité dissimulée derrière une composition de cartes, tel était le quotidien de ces naufragés que la Victorienne tenait en victimes.

Ponctuant son larcin semi-furtif en faisant tourner le danseur improvisé sur lui-même, la Tzigane le remercia d’un geste gracieux avant de saluer la foule. Ce spectacle improvisé au détour de la cour principale de Covent Garden avait fait mouche vue la quantité honorable de pièces qui chutaient près du musicien en cognant les unes contre les autres en de petits tintements. Leroy se détourna pour enfiler sa paire de gants puis récupérer la canne à pommeau qu’il avait laissé sur le bas côté durant son exhibition. A peine avait-il relevé le regard que la tzigane se vêtait d’une cape grisâtre à l’aspect douteux avant de s’engager dans une ruelle en retrait du monde. Le bourgeois la suivit avec discrétion. Appuyé contre le mur formant l’angle de la rue, il l’observa farfouiller dans les replis de son jupon puis porter à son nez la fiole aux reflets ambrés qu’elle lui avait dérobée. L’odeur délicieuse de l’essence de Magioe ne tardit pas à faire son effet. Il choisit alors de révéler sa présence tandis que la tzigane restait transie par le bouquet de senteurs qu’elle venait d’inhaler.


- Une odeur dont on peine à se détacher, n’est ce pas ? Lança-t-il à la tzigane qui lui tournait le dos. Une odeur qui a elle seule suffirait à redorer ces façades transpirant de suie et de crasse.

Leroy avait quitté ses manières parodiant les hautes têtes de Londres. Il parlait avec un détachement qui contrastait étrangement avec le costume de haute facture qui l’habillait. Les manières qu’il arborait en milieu de la foule s’étaient envolées. S’approchant lentement de celle qui était devenue l’espace d’un instant une mystique à ses yeux, il continua sur sa lancée.

- Je crains cependant que tu aies quelques difficultés à refourguer cette fiole aux superstitieux à la façon des breuvages qui remplissent ta besace. J’ai une proposition qui devrait avoir bien plus d’intérêt à tes yeux que ce flacon de parfum sans valeur.
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MessageSujet: Re: Day after day life slips away [PV Madalene] Jeu 28 Fév - 23:25

Avant de redresser vivement la tête, alertée par un bruit dans la ruelle, Madalene était puissamment attirée par l'odeur qui se dégageait du flacon. C'était merveilleux... Même magique, lui sembla-t-il, car l'odeur était tellement réelle, tellement consistante, qu'elle en voyait presque des images se former sous ses yeux ébahis. C'était comme si, rien que par son pouvoir olfactif, le liquide la transportait dans un autre monde... C'était un monde forestier, libre et pur, que l'humain n'avait pas encore réussit à entacher de sa sombre présence. Oui, c'était forcément un monde sauvage où les créatures mythiques évoluaient librement, sans entraves, sans avoir à se cacher pour survivre misérablement. Pas de pollution, de nuage gris, de souffre ou de saleté. S'il devait exister un paradis, c'était forcément à cela qu'il devait ressembler... Madalene finit par secouer la tête en plissant le nez, cette odeur était tellement forte qu’elle se sentait glisser dans un état de somnolence dangereux. Sur un humain, ça ne devait pas être aussi fort… Sûrement que son odorat plus développé de Lycanne l’avait piégé sur ce coup là. En grognant comme un animal, elle reboucha violemment le flacon et, secouant la tête, tenta de se débarrasser des derniers résidus d’odeur qui traînaillaient autours d’elle de manière persistante… Elle en éternua même.

Puis, survint ce drôle de bruit. Et, presque aussitôt, il fut suivit d’une voix. Ce n’était pas vraiment une voix aux accents aristocratiques, aussi fut elle bien surprise de découvrir le rouquin qu’elle avait entraîné dans sa danse un peu plus tôt. Celui qui, pendant qu’elle lui faisait les poches, avait fait les siennes. Elle lui avait abandonné ses pommades avec condescendance, car elles se vendraient certainement bien moins chère que ce qu’elle avait réussi à dérober. Le fait est que, vu le pouvoir magique certain du flacon, elle n’était pas bien sûr de vouloir le garder. Elle s’en méfiait, elle avait pu constater à quel point on était facilement hypnotisé par cette odeur enchanteresse… Ce n’était pas bon de frayer avec la magie des autres, songea-t-elle. Elle cacha un sourire moqueur quand il parla de « parfum sans valeur ». Il la prenait pour une idiote. Elle se garda bien de lui faire remarquer que, bien que sans éducation, elle n’était pas totalement dénuée d’intelligence. Enfin, tout du moins l’espérait elle. Se relevant, elle lissa avec application les plis de sa cape. Endossant son rôle de femme fatale, elle s’approcha avec un sourire enjôleur et un déhanché impeccable. Par habitude, elle voila même sa voix pour la rendre plus mystérieuse.


- Une proposition, hein ? Ce n’est pas le meilleur endroit pour en discuter.

Et, en quelques enjambées rapides, elle rejoignit la rue pour s’engouffrer dans la foule. Elle n’allait certainement pas rester dans une sombre ruelle mal fréquentée pour discuter affaires. Trop d’oreilles indiscrètes pouvaient traîner dans les environs, elle le savait bien puisque généralement elle faisait plutôt parti de cette catégorie malveillante. Elle s’assura que l’aristocrate, quoi qu’elle commençait à se demander s’il en était vraiment un, la suivait bien. Au bout d’un moment, elle se retourna vivement et recouvrit de sa cape grise les vêtements trop riches de l’homme aux cheveux roux.


- Inutile d’attirer l’attention, murmura-t-elle avant de reprendre sa route.

Elle l’entraîna dans un établissement bondé, situé à quelques rues de là, qui n’était clairement pas un lieu régulièrement fréquenté par la haute société. Il y avait du monde, une population joyeuse et bruyante qui jamais ne ferait attention à eux, perdus qu’ils seraient dans la foule. Il y avait assez peu de femmes, mais comme elle était accompagnée, on la laissa tranquille. Deux bières arrivèrent bientôt sur leur table, mais Madalene n’avait aucune intention d’y toucher, de laisser l’alcool lui monter à la tête et troubler son attention alors qu’elle en aurait doublement besoin. Prudente, méfiante et ayant peu confiance en la nature humaine, elle se voyait mal accepter à la légère une proposition émanant d’un homme inconnu. D’ailleurs, elle aurait dû refuser tout net et s’enfuir rapidement dans les rues. Ses talents de lycannes lui aurait aisément permis de disparaître sans laisser de traces et il n’aurait jamais pu lui remettre la main dessus. Cependant, le flacon magique l’intriguait… Si les choses tournaient mal, elle le lui rendrait sans demander son reste et s’enfuirait aussitôt dans les rues de Londres. Peut-être même irait elle rejoindre le groupe de Djidjo pour quelques temps, histoire d’être bien sûr de se faire oublier.

Se rappelant subitement de sa faim, une des raisons pour lesquelles elle avait mis fin au spectacle un peu plus tôt, elle héla une serveuse et lui demanda le plat du jour. Bien sûr, en tant que femme, ce n’était certainement pas elle qui règlerait le tout au moment de partir. Mais après tout, ce n’était pas elle qui se pavanait dans des vêtements coûteux et soignés. Cela ne le dérangerait probablement pas d’aligner quelques pièces… Elle ne daigna finalement accorder son attention au jeune homme qu’une fois une rudimentaire assiette posée devant elle. Un petit morceau de viande baignait littéralement dans sa sauce, au milieu de quelques légumes spongieux. Ce n’était certes pas grand-chose, mais la Tzigane n’était forcément habituée à beaucoup mieux.
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MessageSujet: Re: Day after day life slips away [PV Madalene] Dim 19 Mai - 15:17

Le mage blanc aimait à flirter avec les puissances magiques qui échappaient bien souvent au contrôle des Hommes. Des pratiques qui nourrissaient leur orgueil et les laissait rêver de l’infini divin. Un concept bien abstrait en lequel les Hommes plaçaient leurs ignorances, leurs doutes et pour certains leurs chimères. Qu’importent les milles et unes illusions tissées par leurs pensées, la réalité persévérait de s’étendre telle une toile épaisse et obscure en laquelle nul ne restait agrippé bien longtemps. Chacun s’appliquait néanmoins à l’entailler de ses songes, enfin de s’y engouffrer pour y insuffler de la lumière tant elle s’embourbait dans la laideur. Et c’est avec une avidité certaine que Leroy passait son temps à taillader cette nébuleuse filée afin de s’y insérer, mais jamais avec brutalité. Leroy aimait s’immiscer en la réalité des autres, et, agitant ses fuseaux aiguisés, le bourgeois prenait un malin plaisir à tresser des voiles de mensonges qui conduisaient au naufrage. Son ambition n’était pas s’approcher au plus près du tisseur mais de perpétrer le jeu malsain auquel il s’affairait, celui de faire tomber toujours plus de têtes.

Le bourgeois mirait la danseuse exhumer les merveilles qui résidaient au sein du flacon de verre. Il en avait fait de même auparavant et avait constaté le pouvoir du fluide aux reflets ambrés. Ce bouquet olfactif possédait un pouvoir insoupçonné, celui de créer un vide aussi cruel que merveilleux ne laissant plus de place à la réalité crasseuse. L’essence de Magioe offrait ainsi un soupir au quotidien effréné, une bouffée d’air pur qui s’accompagnait de milles et une images colorées caressant l’âme rendue docile. Ce flacon autorisait la dérive, un peu comme le faisait si bien l’opium mais dans une toute autre mesure. Alors que la gitane semblait se laisser enivrer de ses bourrasques agréables, son visage se crispa soudainement et sa bouche enfanta un son rauque, bestial même. Leroy en resta transi de stupeur, comment un tel parfum pouvait provoquer ce genre de rejet ? Il ne connaissait pas précisément les vertus de cet ingrédient à la mort mais savait néanmoins que l’essence de Magioe était empreinte d’une certaine magie qui ne pouvait laisser place à la subjectivité. Leroy en était certain (ou voulait en avoir la certitude) un humain lambda n’aurait pu résister à cette flagrance merveilleuse, lui-même, bien qu’initié à la magie, n’y était parvenu.

Cette danseuse mystérieuse, qui n’avait lors de son exhibition attisé que des désirs primaires chez Leroy, commençait à éveiller une certaine forme de curiosité. Alors qu’il n’avait envie que de l’amener dans son lit, la consommer puis la jeter, un nouvel intérêt naissait à son sujet. Une fois encore il se félicitait de la quête que Léana lui avait suggérée, après l’avoir mis sur une essence à l’odeur singulière dont il ferait usage pour ses intérêts personnels, il se retrouvait face à une gitane des bas fonds nantie d’une beauté sauvage si prisée alors que les femmes de la haute sphère perdaient en fraîcheur derrière leur profusion de froufrous et d’armatures métalliques. Une gitane qui était en train de lui dévoiler à son insu, une singularité toute autre. La danseuse répondit à Leroy par une démarche chaloupée et un sourire naturel. Le mage observa l’agilité avec laquelle elle était parvenue à se détacher de la promesse de paradis proposée par l’essence de Magioe. Alors que le mage blanc imaginait qu’elle n’en ressortirait pas indemne, la tzigane n’en oublia pas de jouer avec ses désirs. Ce fut finalement lui qui aurait pu se laisser aller à la surprise. Il n’en fut pas moins charmé.

Leroy lui emboîta le pas alors qu’elle s’engouffrait dans la foule de londoniens en quête d’affaires. Evidemment, tous n’étaient pas là pour réaliser leurs emplettes au meilleur prix. Ce dont la danseuse semblait avoir bien conscience. Tous deux glissèrent à travers le monde pour se fondre dans la foule. Leroy et son costume de haute facture se prêta mal à ce petit jeu. Au détour d’un regard, la tzigane prit l’initiative de le couvrir de sa cape crasseuse. Il repoussa le linge douteux d’un mouvement de bras et fit un détour par une échoppe à la devanture bien sobre. Il en ressorti rapidement couvert d’une longue cape sombre masquant ses fantaisies et d’une casquette qui contenait ses cheveux noués. Il reviendrait chercher sa canne et son haut de forme plus tard. Il fallait dire que ces accessoires n’étaient plus vraiment au centre de ses préoccupations. L’heure n’était plus à la parade. D’ailleurs, ils s’engouffrèrent rapidement dans une tanière bondée en laquelle les singularités de chacun s’envolaient pour laisser place à l’envie partagée d’alcool et de drogues. Un endroit que la danseuse avait choisi pour leur discussion. Ainsi, dissimulés parmi les rires et les cris, perdus dans l’euphorie générale, tous deux s’installèrent à une table bancale dont le plateau était parsemé de coups de lame et de salissures. Un monde que Leroy connaissait bien plus que la danseuse aurait pu le croire. Celle-ci demanda à manger. Lorsque la misérable assiette lui parvint, Leroy demanda à ce qu’on lui serve ce que l’on buvait de coutume dans ce genre de trous à rats. Une dose de gin qui lui réchaufferait les viscères. Leroy prenait plaisir à sentir l’alcool lui brûler les entrailles, descendre toujours plus bas. Une chaleur qui s’ajouterait à celle qui le faisait se sentir à l’étroit dans son pantalon depuis que ses pensées s’étaient arrêtées sur cette danseuse mystérieuse.

Il décida de rompre le silence alors qu’elle finissait de se repaître de la nourriture sommaire qu’on lui avait servie. Il avait envie de la titiller sur un terrain qui la mettrait peut être mal à l’aise, un terrain sur lequel elle ne l’attendait peut être pas. Ainsi, il ironisa :


- Il semblerait que le parfum que tu m’as dérobé tout à l’heure ne soit pas à ton goût… Comment peut-on ne pas se laisser charmer par pareille odeur ?

Ses yeux se portèrent alors sur son visage. Leroy n’avait auparavant pas prêté attention à la pâleur de sa peau, celle-ci était largement relevée par les couleurs de sa tenue mais surtout, maintenant il le comprenait, par une kyrielle de petites taches de rousseur. Cette danseuse qu’il croyait alors tzigane possédait les airs des femmes des terres du nord de l’Angleterre. La question de ses origines se faisait de plus en plus tumultueuse. Qu’importe, cela n’intéressait pas Leroy qui posait alors son regard sur ses lèvres pulpeuses aux lignes parfaites dont il se prenait à imaginer au dessous de sa ceinture.

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Day after day life slips away [PV Madalene]

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