L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Une visite inattendue [Comte, PNJ famille Spencer] [14/03/42]

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Comte Keï
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MessageSujet: Une visite inattendue [Comte, PNJ famille Spencer] [14/03/42] Mer 27 Fév - 22:53

[HRP/Venant de son manoir, ''L'Heure du cavalier a sonné''/HRP]

Il était en retard.
Le Comte Jirômaru Keisuke avait quitté son manoir vers 20h10, une heure un peu tardive pour aller rendre visite aux parents de sa future épouse. Mais le lord était évidemment obligé de les rencontrer exclusivement le soir et il avait eu une visite qui l'avait quelque perturbé dans ses projets : celle de Glen O'Sulliwan. Le Vampire avait dû surveiller le ciel pour s'assurer de pouvoir sortir sans risquer d'être grillé sur place mais en temps normal il se serait présenté tout de même plus tôt pour pareille affaire. En effet, en cette période sombre de l'année, même si le soleil se levait de plus en plus tôt pour écourter les nuits, le Comte aurait pu se présenter aux Spencer entre 18h et 19h. Mais son sens de la courtoisie et, il fallait le dire, son goût prononcé pour la luxure et le sang, l'avaient retenu en présence de son amant. Il s'étaient couchés trop tôt, levés trop tard, ils avaient paressé un peu et s'étaient nourris en jouant...De délicieux moments dont le lord avait bien besoin après la tragique histoire de Coriolan. La lettre de Chastity, cette courtoise invitation à la prochaine exposition des Stephenson et à son bal avait en outre réussi à lui arracher un franc sourire. Mais l'heure avait tourné vite, trop vite. Il avait mal calculé.

Sortant d'une poche de son pantalon sa montre à gousset, le Comte grogna en voyant que l'aiguille indiquait la demi. Comment justifier cette visite tardive et inattendue ? Les chaos des pavés le faisaient rebondir sur son siège, remuant son chapeau haut de forme et sa canne-épée qu'il tenait sur ses genoux. Le pommeau de son arme attira son regard tandis qu'il rangeait sa montre. Il était beau, tout de feuilles et de fleurs orné. Il la tenait d'Allemagne et ne s'en servait qu'en dernier recours. C'était surtout un objet mondain et en ce jour une véritable canne sur laquelle s'appuyer et qui servirait son jeu d'acteur.
Ses pensées allèrent alors à Ludwig, son premier calice. Peut-être aurait-il dû l'emmener avec lui, pour la forme ? Cela aurait justifié ses blessures et aurait appuyé sa visite d'une touche de drame non négligeable pour les négociations, car c'étaient bien des négociations qu'il allait faire ce soir...Il voulait savoir si Sarah était bien au couvent et s'il n'y avait pas moyen de l'en sortir avant qu'elle-même ne s'y résolve. A quoi bon attendre ?! Sarah ne sortirait peut-être jamais ! Il la prendrait de force s'il le fallait ! D'ailleurs ses parents devaient constituer un de ses pires points faibles et Jirômaru était prêt à les utiliser. S'il devait les manipuler et entrer dans leurs esprits, il le ferait ! S'il devait les menacer, les séquestrer, les torturer, il le ferait ! Sarah ne perdait rien pour attendre. Cette histoire de couvent ne pourrait pas durer.
Au fond, le Comte pensait que la belle avait peut-être craint sa fureur, à cause de l'attentat du théâtre et de cette balle au genoux. Croyait-elle que le couvent la sauverait de sa fureur ? Pensait-elle que quelques murs et une paire de barreaux la voleraient à ses ardeurs ? Non, rien ne pourrait arrêter le Comte. Ni le sang, ni la pierre, ni la mort.
Le lord tira de son fourreau une partie de sa lame qui étincela à la lueur d'un réverbère dont le trait avait percé les vitres du fiacre. Ses yeux de brume errèrent sur cet acier coupant. Rien ne l'animait plus qu'une lame. Il songea alors à son katana. C'était un des seuls vestiges de sa vie de samouraï et il prenait la poussière dans une armoire avec son ancienne armure. Son âme...flétrie à jamais...
Le Comte rangea son épée d'un coup sec et soupira en regardant le plafond de son véhicule. Quelle était cette furieuse envie d'endosser de nouveau sa carapace de métal et de soie ? Le Japon lui manquait-il ? Non. Jirômaru n'avait jamais éprouvé l'envie de retourner dans son pays d'origine, il n'en avait que rêvé et il avait toujours considéré ce retour comme une ultime façon de se condamner. A quoi bon ressasser ce paradis perdu ? Et puis, avait-ce été un réel paradis ? La guerre, le sang, les larmes, le fer, le vent, les lames...Non, rien ne l'y ramenait à part une nostalgie de son art guerrier. Lui qui avait tant de fois manié le sabre se voyait aujourd'hui marcher avec une canne, une canne-épée de la meilleure des factures, mais une canne tout de même...

Laissant de côté ses soupirs, le Comte se concentra sur ses plans à venir. Une fois qu'il aurait revu Sarah, il devrait se présenter au bal de Chastity. Il fallait qu'il y songe franchement, la date allait arriver vite. Quel costume mettrait-il ? Comment s'y présenterait-il ? Il devait impressionner la belle et montrer à ses semblables qu'il était toujours aussi distingué et puissant malgré cet attentat qui avait fait couler autant d'encre que de salive. Les Vampires de Londres et des environs devaient avoir bavé sur cet événement, Jirômaru n'en doutait pas. En bien comme en mal, il était évident que la pièce de Coriolan faisait parler d'elle, même une semaine après, même deux, même trois. Nul doute qu'au bal de Chastity, qui allait marqué son retour dans la société, certains lui poseraient des questions. Il fallait qu'il s'y prépare et qu'il songe à sa manière d'exposer les faits.

Le fiacre s'arrêta soudainement et le Comte esquissa une grimace. Il jeta un regard dehors et se rendit compte qu'il pleuvait. L'air maussade, il attendit qu'on vienne lui ouvrir. Le petit Arnoldo n'était pas son chauffeur cette fois, il avait trop souffert de sa dernière punition au saké. C'était un de ses chauffeurs humains, un homme d'une quarantaine d'années qui vient lui ouvrir avec un parapluie. Le Comte descendit les marches et ajusta son haut de forme. Ce soir, il n'avait pas endossé son éternelle cape rouge à bords blancs. Il l'avait laissée dans le salon où Eldwood lui avait apportée et avait demandé son manteau noir à double col. Il était plus sombre, plus simple mais aussi moins original et donc plus discret et mondain que tape-à-l'oeil et excentrique. C'était un choix stratégique. Il voulait montrer aux Spencer une face plus humaine et plus accessible. Il voulait qu'ils imaginent qu'il portait le deuil et qu'il venait les voir sur un coup de tête et non pas en grandes pompes préparées.

Lorsqu'il fut dehors, le Comte fut accompagné par son chauffeur jusqu'à la porte d'entrée. Mais déjà un aboiement des plus rauques retentit dans tout le parc alentour. Un énorme molosse se précipita alors dans leur direction. Le Vampire sortit les crocs d'un air à la fois dégoûté et menaçant. Il haïssait les chiens et ce type de bête, gardienne des demeures et terreur des voleurs, ne lui inspirerait certainement jamais aucune sympathie. C'était quelque chose d'instinctif, de primaire qui s'opérait en lui. Le chien s'arrêta devant eux, aboyant comme s'il eut repéré deux assassins venus égorger ses maîtres dans leur sommeil. En soit, ce n'était pas si faux...
Le chauffeur tenta d'éloigner la bête en lui faisant des signes.


- Aller ! Aller ! Vas-t-en ! Vilaine bête ! Mais où est ton maître?

La réponse fut presque immédiate. La porte d'entrée s'ouvrit, laissant apparaître un vieil homme qui ressemblait à Eldwood. On eut dit qu'ils étaient frères tant la ressemblance était frappante. Mais c'étaient aussi les vêtements de major d'homme qui faisaient cet effet-là.

- Comte Jirômaru Keisuke, je suis venu voir monsieur Spencer et sa femme.

Le Comte n'avait pas l'habitude de s'annoncer ainsi, d'habitude le rendez-vous était fixé et on l'attendait ou un domestique le reconnaissait immédiatement à son long manteau rouge et ses cheveux d'argent. Cependant, la pluie et l'obscurité avaient amené avec elles un soupçon de brume et de fraîcheur. Il valait mieux s'annoncer vite et entrer. Le chien sembla se calmer mais le Comte sentit qu'il restait méfiant. Peut-être que l'animal sentait en lui le danger ? Quelle sale engeance ! Le Vampire lui jeta un dernier regard empli de dégoût et franchit le hall. Son chauffeur retourna jusqu'au fiacre sans plus attendre.

Une fois que le Comte fut entré et qu'il eut laissé son manteau et son haut de forme au domestique, il se présenta à Monsieur et Madame Spencer avec toutes les courtoisies que les obligeait leur époque.


- Je vous souhaite bien le bonsoir Madame...Monsieur...Je suis navré de vous rentre visite à une heure aussi tardive et de manière si impromptue, mais je passais dans les parages après quelques affaires et le désir de vous revoir m'a convaincu de venir vous présenter mes hommages.

Il fit une courbette devant la maîtresse de maison avant de lui baiser la main et de se tourner vers le patriarche. Il le salua avec distinction en lui serrant la main et le suivit dans un salon. Le Comte s'appuyait volontairement sur sa canne-épée pour marquer sa blessure au genoux. En vérité, il pouvait marcher normalement, malgré un léger boitement, et cette mise en scène n'avait pour buts que de jouer la Mascarade et de toucher le cœur des deux Humains.

- Excusez-moi, vraiment, pour la canne...Le médecin dit que d'ici trois semaines je pourrais courir comme un lévrier mais j'en doute encore. Une balle ne fait pas de petits dégâts et je dois m'estimer heureux de ne pas avoir perdu ma jambe !

Lorsqu'ils furent assis, le Comte continua ses mondanités avec un naturel des plus aimables. Il notait du coin de l'oeil tout ce qu'il y avait dans la pièce et retenait la disposition des choses. Il était déjà entré chez les Spencer, par le balcon du premier étage, mais la seule pièce qu'il avait visité était la chambre de Sarah.

- Votre demeure est magnifique Monsieur Spencer, il est certain que votre famille a bon goût ! Ces meubles et ces tapis sont dignes d'un prince ! Et Madame votre service à thé est un des plus beaux qu'il m'a été donné de voir en ce monde...

Le Vampire comptait bien amener la discussion sur Sarah et il n'était pas assez idiot pour imaginer que ses parents n'avaient pas déjà compris que si le lord était passé ce n'était pas seulement pour parler de l'argenterie.

- Je suis vraiment navré que Coriolan ai si mal tourné, finit-il par dire en faisant semblant de siroter sa tasse de thé, vous imaginez bien que pour un metteur en scène voir ainsi flamber son œuvre en plus de tomber face à des assassins organisés est non seulement un échec mais aussi une frustration terrible. Je ne pensais pas que j'avais des ennemis capables de m'attaquer en pleine représentation, et devant le reine ! Vilenie ! Infamie ! Haute trahison ! En tous cas, heureusement que j'ai encore quelques ressources malgré mon âge, qui n'est pas si avancé si je puis me permettre...Ajouta-t-il en souriant d'un air amusé pour entrer en complicité avec le patriarche et sa femme.

Le lord poussa un soupir.


- Et heureusement aussi que j'ai encore le bras assez long pour empêcher le Scotland Yard de faire n'importe quoi. Sarah, votre fille ! Impliquée ? Jamais ! Ce fut une chance que je saisisse la première occasion que j'avais de m'en porter garant aux yeux de la reine et de la justice ! Les témoins de sa soit-disant complicité ne sont que de vils jaloux. Peu de personnes acceptent que je la choisisse comme héritière de mon sang. Calomnie ! Jalousie ! Mais ne vous en faites pas, Sarah est désormais écartée de tout soupçon...

Le Comte jouait avec son regard. Il allait de Dorian à sa femme pour les rassurer et gonfler leurs cœur de sympathie à son égard. Mais alors ses yeux s'assombrirent.

- Il n'y a que sa...relation...ou du moins ses liens avec ce Von Ravellow qui font réellement le bonheur des journaux...Le Comte appuya son regard sur Monsieur Spencer. Votre fille est en train de se compromettre, ainsi que vous, votre nom, et, partant de là, le mien aussi. Son attirance pour cet homme n'a fait couler que trop d'encre et de salive, sans parler du sang...J'ose espérer que ce n'était que folie de jeunesse et qu'elle n'a pas risqué son honneur et le vôtre. Cet aristocrate déchu n'est réputé que pour sa décadence et ses manières de Dom Juan, maintenant il est aussi couvert de sang. Sa main a trempé dans l'acier et la jeune demoiselle Grey n'a même plus de parents. J'ai moi-même failli perdre deux acteurs ! Des adolescents ont péri dans cet horrible attentat...Son complice, Raphaël Veneziano, a toujours été considéré comme un aristocrate en marge. Il n'est pas étonnant qu'ils aient signé quelques pactes pour me perdre. La jalousie, encore une fois...l'argent, les faveurs de votre fille, un nom, un rang...Tout cela les a rendu fous.

Le Vampire jubilait de mettre tout ces morts sur les dos d'Alexender et Raphaël. Rien ne pouvait lui faire plus plaisir en cet instant. Convaincre les Spencer qu'il n'était que victime et bienfaiteur pour leur fille n'était pas chose difficile. Tout allait dans son sens depuis l'attentat. Les journaux, le Scotland Yard, la reine...Il n'y avait rien pour remettre en question sa bonne fois.

- En parlant de votre fille, comment va-telle ? J'ai bien reçu votre lettre...Est-elle déjà au couvent ? Ne pouvons-nous pas la raisonner ? Je comprends qu'une jeune femme de son acabit, aussi belle et distinguée, aussi sauvage et intelligente, puisse avoir peur du mariage mais si elle veut entrer dans le beau monde et faire plus ample société, c'est un passage qui me semble tout aussi nécessaire que plaisant. A quel couvent l'avez-vous envoyée ?


> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
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Sarah Spencer
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MessageSujet: Re: Une visite inattendue [Comte, PNJ famille Spencer] [14/03/42] Jeu 7 Mar - 2:37

[HRP/RP annexe, sans Sarah/HRP]

-Mais était-ce la bonne chose à faire?

Pour la troisième fois depuis le début de la soirée, Monsieur Spencer posa son journal pour observer son épouse qui venait de lui poser la question. Assise près de lui, en cette heure avancée, Mme Spencer avait vêtue une robe d’intérieur sobre qui mélangeait les tons de blanc et de bleu. Elle dévisageait son époux de ses grands yeux verts attendant une réponse. La soirée avait été calme et allégée, leur décision commune ayant été de ne répondre à aucune des nombreuses invitations. Dorian, rentré depuis peu, prenait le temps de souffler un peu en lisant les nouvelles et en buvant un bon thé avant de se remettre dans ses dossiers.

Monsieur Spencer n’avait guère besoin de poser plus de question que nécessaire. Il savait exactement de quoi son épouse parlait. Après de nombreuses années de mariages, une certaines entende existait entre les deux et ils avaient une complicité digne des vieux couples. Le sujet était épineux, il en avait conscience. La veille, leur fille avait quitté la demeure familiale en direction du couvent St-Mary, toujours résolut à refuser la demande en mariage qui lui avait été faite. Comme si elle en avait le loisir avait alors songé avec une amertume profonde monsieur Spencer en regardant la voiture qui s’éloignait dans l’allée. Posant définitivement son journal, Dorian prit une gorgée de thé devenant songeur.

- Il est sur ma chère que notre décision peut sembler cruel, j’en aie conscience mais avec tous les évènements récents, c’est un miracle que notre famille ait pu s’en sortir indemne.

Le visage de Lydia s’anima enfin. C’était la première fois qu’ils reparlaient de l’évènement.

-Mais nous aurions sans doute pu trouver une solution moins radicale, dans ma jeunesse

-Certes mais nous sommes en Angleterre et les choses marchent différemment ici. Notre fille ne fait que déclencher scandales après scandales. Savez-vous les dernières nouvelles? Il semblerait que ce soit ce Ravellow qui ait mit lui-même le feu à son propre salon afin d’avoir une raison de se rapprocher de notre fille.

Lady Spencer ne trouva rien à rajouter. L’atmosphère était devenus tendue et un moment de silence allait sans doute être nécessaire pour ramené le tout à une discussion convenable. Derrière les portes closes, les deux servantes restaient immobiles attendant la suite des choses.

-Avez-vous assez de temps à perdre que vous n’ayez d’autre occupation que d’écouter aux portes?

La voix cinglante de Mrs Groove claqua dans le hall faisant sursauter les deux domestiques qui se retournèrent le rouge aux joues. Bafouillant des excuses inaudibles, elles restèrent là, la tête penaude ne sachant trop que faire. Mrs Groove les observa un moment avant d’ajouter :

- Dois-je vous trouver des tâches supplémentaires ou vous compter rester ici?

Sans un mot, les deux jeunes filles tournèrent les talons et se dépêchaient de quitter les lieux sans demander leur reste manquant de bousculer le majordome qui passait par là. Leur jetant un coup d’œil amusée, Albert s’approcha de l’intendante qui se tenait devant la grande fenêtre de l’entré.

-Vous êtes un peu sévère Mrs Groove.

-Il faut parfois l’être Monsieur Carson... Vous n’êtes pas sensé vous occuper de l’argenterie? Que faites-vous ici?


Albert alla prendre place près d’elle, observant par la grande fenêtre la pénombre et la pluie qui tombait à l’extérieur. Le temps était maussade, un peu comme l’humeur de tout les habitants du manoir en cette journée. Depuis le départ de mademoiselle, Mr Carson avait bien tenté de faire garder le moral de tous mais cela avait été en vain. Sans lâcher sa contemplation Albert répondit :


-Un pressentiment ma chère... un pressentiment...


Quelque chose ne semblait pas bien tourner ce soir. Pourtant le repas c’était bien passer autant en cuisine qu’à l’étage. Mais le majordome n’arrivait pas à ce débarrassé de sa mauvaise impression.

-Mais qu’importe, il est tard, je vais dire aux domestiques qu’ils peuvent commencer à éteindre les pièces du premier étage.

Il se retourna pour descendre aux cuisines lorsque le jappement sonore de Bentley résonna à l’extérieur. Revenant près de Mrs Groove ils aperçurent bien vite une carriole qui s’approchait de la demeure.

-Des visiteurs? À cette heure? Je vais prévenir les maitres...

Et tandis qu’Albert attendait, elle se précipita dans le grand salon. Monsieur et Madame Spencer se retournèrent à son arrivé.

-Des invités monsieur.

-Mais qui diable cela peut-il bien être?! S’écria Monsieur Spencer en se levant. Après tout, il n’était pas si loin de la réponse. C’était bel et bien le diable qui se pointait chez eux...


À l’extérieur, Bentley aboyait après les intrus, sans pour autant s’approcher d’eux ou de tenter de les mordre. Bien que quelque chose sembler horripiler l’animal, il avait été extrêmement bien dressé et il n’aurait jamais attaqué des visiteurs sans qu’on ne lui en ait donné l’ordre. Il n’eut pas grand loisir de poursuivre son concert que déjà la lourde porte s’ouvrait pour laisser entrer les inconnus. Albert se dépêcha de prendre les effets du monsieur pour les accrochés à l’entré avant d’introduire l’invité dans le grand salon.

-Monsieur le comte Jiromâru Keisuke, monsieur.

En le voyant entré, les deux membres de la famille Spencer c’étaient levé, complètement abasourdis par la visite inattendue du Comte. Après un regard complice entre eux, Mrs Spencer prit les choses en mains, comme son caractère de femme mondaine le lui dictait. Elle remercia vivement le domestique et lui demanda d’apporter du nouveau thé avant d’inviter le comte à prendre place près d’eux.

- Je vous souhaite bien le bonsoir Madame...Monsieur...Je suis navré de vous rentre visite à une heure aussi tardive et de manière si impromptue, mais je passais dans les parages après quelques affaires et le désir de vous revoir m'a convaincu de venir vous présenter mes hommages.

Madame Spencer lui offrit son sourire le plus charmant, visiblement heureuse d’avoir un invité de marque parmi eux et ce malgré les circonstances. Lorsque le comte lui fit un baisemain, une rougeur légère marqua ses joues et elle bafouilla un bref remerciement. Elle jeta un coup d’œil à son époux qui gardait un visage neutre et fermée, son éternel visage d’homme d’affaire. Malgré tout, leur hôte prit rapidement ses aises.

- Excusez-moi, vraiment, pour la canne...Le médecin dit que d'ici trois semaines je pourrais courir comme un lévrier mais j'en doute encore. Une balle ne fait pas de petits dégâts et je dois m'estimer heureux de ne pas avoir perdu ma jambe !

-Oh mais il ne faut nullement vous excusez cher monsieur, assisez-vous, assiez-vous je vous pris, comme cette blessure dois vous faire horriblement souffrir. Heureusement oui que vous n’avez guère perdue l’usage de votre jambe! J’imagine toutefois qu’il doit être assez difficile de marcher ainsi avec une canne.

La discussion tourna ensuite sur les mondanités habituelle tandis que le comte complimentait la demeure et ce qui s’y trouvait à l’intérieur. Bien que lady Lydia était plus que ravis de tous ces compliments, Monsieur Spencer n’arrivait pas à se sentir à l’aise. Il y avait quelque chose chez son visiteur qui lui donnait l’impression d’être traqué dans sa propre demeure. Dorian ne prenait pas part à la conversation. Il savait pertinemment que tout ceci n’était que du blabla inutile et il attendait que le Comte finisse par en venir au vrai sujet. Il n’était pas venu par simple courtoisie, au contraire! Le futur fiancé dans leur demeure? Voilà qui signifiait autre chose que de simple mondanité. Toutefois, nullement intéressé à en venir au sujet, il laissait son épouse se régaler et rougir sous les compliments. Il fallait dire que le comte était bel homme. Maintenant qu’il l’avait devant les yeux, Dorian pouvait constater que sa stature était tout aussi impressionnante qu’il l’avait vue de loin. Malgré ses vêtements décontracté et sobre, il se dégageait du personnage une prestance et une élégance certaine. Mais ses yeux dont les pupilles étaient à peine visibles ne le mettaient tout simplement pas à l’aise.

La conversation tourna finalement autour de Coriolan et puis sur Sarah. Les deux époux s’échangèrent un regard de circonstance. Le fiasco de la pièce avait du être un coup cuisant pour la carrière de metteur en scène du comte. Monsieur Spencer se redressa imperceptiblement sur son fauteuil, sentant le sujet glisser sur sa fille. Comme il le soupçonnait, la soudaine inaction du Scotland Yard avait été forcée par le Comte lui-même. Visiblement mal à l’aise, Mrs Spencer garda silence. Puis le sujet dévia entre la relation qu’avaient eue Sarah et le jeune Von Ravellow. Cette fois, Dorian coupa expressément la parole du comte avant qu’il n’aille trop loin.

-L’honneur de ma fille est tout sauf bafoué, Monsieur, et de cela je m’en porte expressément garent. Ses quelques rencontres avec le Sieur Ravellow ont toujours été bien encadrés et je peux vous assurer qu’il n’y avait là que de simplement mots entouré de passion. Passion qui n’a heureusement pas abouti comme vous pouvez le constater. Sarah est jeune, certes et passionné qui plus est. Mais elle est également une Lady et elle sait ce comporté comme telle. En ce qui concerne les rumeurs, mes avocats se sont déjà chargés de faire taire les plus mensongères. Le reste n’est que de vulgaire divagation comme il s’en voit à chaque jour.

Les yeux bleus brillant, son être légèrement emporté, Mr Spencer se tut. Il ne pouvait laisser de telle allusion à propos de sa fille être divulgué sous son toit. L’honneur de sa fille était intact, il en avait la certitude et il ne laisserait personne croire le contraire. La discussion redevient moins prenante et Monsieur Spencer sourit enfin, content de voir que le Comte se souciait réellement du sort de leur fille et qu’il tentait de faire de son mieux pour ne pas la brusquer. Finalement, il était heureux qu’un aussi bon partit se soit présenter à Sarah, cela allait peut-être la forcé à prendre enfin sa place dans leur société.

-Elle va bien, enfin c’est le moins qu’on puisse dire. Il faut dire qu’elle n’a jamais aimé être enfermé, peut importe les murs qui l’entoure. La mère supérieur nous à écrit ce matin pour nous dire que son arrivé c’était bien passé. Nous l’avons envoyé au meilleur endroit qui soit, le couvent de Ste-Marys. Nous avons prévus de l’y laisser environ 1 mois, histoire que le début de la saison passe et que la société ait autre chose à se mettre sous la dent. Ainsi, nous pourrons la ramener à la raison sans créer de nouveau scandale.


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MessageSujet: Re: Une visite inattendue [Comte, PNJ famille Spencer] [14/03/42] Jeu 7 Mar - 5:44

En ce soir sombre de pluie, le Comte Jirômaru Keisuke était sous le toit des Spencer. Sarah pouvait bien se refuser à lui, attenter à sa vie et finalement le fuir, elle n'aurait pas d'autre choix que de se plier à ses exigences et son envie. La société du XIXème siècle, surtout à Londres, ne laissait quasiment aucune liberté aux jeunes filles. Depuis leur éducation jusqu'à leur mariage, en passant par les ouvrages à lire ou non, les femmes n'avaient guère leur mot à dire face aux hommes et surtout face à la figure paternelle qui gérait alors toute la demeure. La société ne pouvait souffrir de voir ses beautés dégénérer entre les bras de n'importe quel parvenu, et ce particulièrement lorsqu'elles venaient de ses hautes sphères. Le mariage que proposait le Comte était inespéré pour une famille telle que celle des Spencer, il n'y avait presque aucun autre parti qui puisse se targuer de voguer plus haut que lui. Un proche de la reine, un homme qui avait même la main mise sur le Scotland Yard, un lord à la cours et surtout un homme riche, sans bavure, sans scandale, impeccable sur tous les fronts que lui opposait la société humaine...rien ne pouvait venir entraver les démarches mondaines du Comte.

Rien mis à part l'obstination de la jeune femme et ses amis Hunters. Car s'il y avait bien une chose que l'humanité n'avait pas saisie dans toute cette histoire, c'était que Jirômaru était un Vampire, et un Vampire de bientôt 600 ans d'existence, bien plus puissant que tout ce qui était imaginable à leur échelle! Sarah n'avait non seulement pas le choix face à sa propre société mais en plus elle n'avait aucun moyen de se refuser à lui même ne dehors de cette dernière. La belle devait savoir qu'un tel être était capable de tout. D'ailleurs, sa décision de partir s'enfermer dans un couvent pouvait bien la sauver sur le plan social, mais certainement pas sur le plan physique. Jirômaru était prêt à aller la dénicher chez les bonnes soeurs s'il le fallait. Il pouvait aussi bien brûler le couvent et la faire passer pour morte, une nouvelle fois, afin de s'en saisir définitivement en l'emmurant avec lui sous l'Opéra...Il y avait tant de possibilités pour le lord que s'en était presque devenu un véritable jeu pour ce dernier. Même si à cause de ses tours de passe-passe la belle avait réussi à lui échapper deux fois, à survivre lorsqu'il l'avait condamnée et même à gâcher sa pièce allant jusqu'à le blesser cruellement à coup de balles en argent, l'idée même de pouvoir la coincer à tout moment dans un recoin telle une souris perdue face à un chat, le faisait jubiler.

Installé dans le salon des Spencer, le Comte songeait donc à tout cela tout en se délectant de chacune des expressions de ravissement qu'il pouvait trouver sur le beau visage de Mme Spencer alors qu'il la complimentait sur le mobilier de sa demeure et sur le thé servi par ses domestiques. L'air fermé de son mari l'inquiétait cependant. Le lord avait l'habitude que les hommes lui démontre moins d'attention que les femmes, mais il était tout de même son futur gendre et, quand bien même sa présence inattendue à cette heure pouvait-elle le déranger, il aurait pensé que le secrétaire royal ne le reçoive avec un peu plus de chaleur. Peut-être était-ce justement l'appréhension de ne pas lui plaire qui rendait l'homme aussi rigide? Le Comte ne voulait pas le savoir. Il s'en contrefichait complètement. Après tout, Mr Spencer lui avait déjà donné la main de sa fille, il en avait la preuve par lettre. Sarah lui était donc acquise, il n'avait plus à négocier pour l'obtenir en mariage, de cela au moins il était sûr. Seul un véritable scandale pourrait décemment permettre à cet homme de revenir sur sa position à ce sujet. Heureusement, le Comte était loin de tout genre de situations compromettantes, il y prenait bien garde. Les seuls éléments qui venaient perturber sa tranquillité sociale aux yeux des Humains étaient bien Alexender et Raphaël, ces deux imbéciles qui osaient se dresser contre lui en public. Mais ils étaient maintenant traqués par la couronne et la police, rien ne pouvait plus leur permettre d'entraver encore sa route sans qu'ils ne risquent plus que leurs simples vies.

Les compliments passés avec toutes les mondanités qui s'imposaient dans pareilles circonstances, le Comte dévia la conversation sur le théâtre et la jeune lady Spencer. Il voulu tester la position de son père au sujet d'Alexender et la romance qu'avait eu sa fille avec lui. En soit, le Comte voulait s'assurer que le rouquin n'avait aucune chance de conquérir Sarah par la voie sociale. Ce sujet sembla perturber enfin l'Humain. Jirômaru le vit se redresser et froncer les sourcils avant de s'exprimer un peu vivement pour défendre l'honneur de sa fille et le sien au passage. Le Comte sourit intérieurement: au moins le père de Sarah avait-il une sainte aversion pour ce jeune rouquin écervelé, c'était un très bon point. Il tenait bien plus à sa place et à son honneur qu'aux sentiments puérils de sa fille. Ainsi le Vampire avait-il victoire complète. La famille Spencer était sienne et le jeune Ravellow pouvait bien venir réclamer leur héritière, il se ferait jeter comme un mal propre juste avant que le Yard ne vienne le cueillir aimablement sans même que le lord n'ai à lever le petit doigt. Quelle jubilation!


- Ho je vous prie de m'excusez Monsieur, fit le Comte lorsque Mr Spencer s'enflamma un peu, je ne pensais pas vous offenser, surtout pas au sujet de votre fille! Je comprends que son honneur vous tienne à coeur, il m'est très précieux aussi, soyez-en certain. Mais je ne puis taire ce que j'ai vu moi-même, ce qui se raconte et s'écrit. Cet aristocrate déchu perturbe votre fille, c'est un fait, et ses méthodes pour l'approcher ont toujours été criminelles. Cependant, si lady Spencer a pu le trouver à son goût, je ne doute pas qu'elle ai l'esprit plus éclairé depuis cet odieux attentat. D'ailleurs, cessons de parler de cet impertinent personnage, le Scotland Yard saura bien lui faire rendre des comptes tôt ou tard, c'est un meurtrier après tout...Je n'ai à son sujet que la crainte qu'il n'approche votre fille en toute discrétion pour mieux l'enlever...Tant qu'il ne sera pas dans la Tour, je ne saurai avoir l'esprit en paix concernant la sécurité de lady Spencer. D'une certaine façon, si vous me dites qu'elle est au couvent, je suis rassuré, même si cela m'attriste tout autant.

Après un bref silence, Mr Spencer et le Comte parlèrent dudit couvent. Lui et sa femme avaient envoyé leur fille à Ste-Marys. Un très bon couvent, le plus réputé de la région. Le Vampire s'en était douté. Où l'auraient-ils envoyée si ce n'était là? Eux qui étaient si riches, si distingués et si prompts à défendre leur statut, ne l'auraient certainement pas envoyée dans un couvent de bas étage où des histoires plus farfelues les unes que les autres portaient aux oreilles du monde des idées de solitude morose ou de perversions cachées sous le nez même du crucifié chéri.

- Ha! Ste-Marys! S'exclama doucement le Comte en souriant aimablement. C'est un bon établissement, à ce qu'il paraît. J'espère que votre fille y aura tout le confort nécessaire. Le Vampire laissa son regard tomber dans celui de Mme Spencer l'espace d'une seconde, comme pour lui imprimer dans l'esprit ses deux grands yeux de brume afin de la fasciner un peu. Mais un mois...un mois tout de même...J'espère que cela suffira pour que votre fille soit plus sereine avec cette idée de mariage. Je comprends qu'elle soit perturbée après la pièce et l'incendie de Milte & Co, et je ne puis la blâmer d'être aussi choquée que le reste de notre chère capitale face à des actes aussi déplorables de la part d'aristocrates de son entourage, enfin excusez-moi on ne peut pas considérer Mr Ravellow comme faisant partie de votre entourage, cela serait vous insulter..., du moins de ceux qu'elle peut croiser...comme au bal que ce jeune homme avait organisé il y a quelques mois de cela, et où des incidents similaires avaient d'ailleurs déjà été notés. Beaucoup affirment même que le feu de son salon m'était destiné, allez savoir la vérité...

Le Comte mêlait les affaires et parlait tout d'un bloc avec aisance, d'un air naturel, afin de contrefaire le jugement des Spencer. De ce point de vue-là, Alexender avait déjà tenté de séduire Sarah en l'écartant violemment jusqu'à attenter à sa vie par deux fois. C'était tout simplement l'écraser sous de plus en plus de lourdes accusations.

- Mais excusez-moi, je ne suis pas venu pour parler de choses aussi sombres, je suis simplement venu vous présenter mes hommages et prendre des nouvelles de votre famille. A cause de ce genoux je n'ai pu qu'échanger des lettres avec vous, je suis donc heureux d'avoir pu constater de mes propres yeux que vous et votre femme allez bien. Je suis évidemment navrée que votre fille se soit sentie obligée de se réfugier dans le recueillement, mais je comprends que toutes ces histoires, en plus de ma demande, puissent l'affoler un peu. Je lui laisserai le temps qu'il faudra, ne vous en faites pas, je ne suis pas de ces goujats que le coeur pousse à briser les codes et les manières. Vous-même avez-dit qu'il valait mieux prendre notre temps afin de nous connaitre avant l'hyménée..., je suis tout à fait d'accord. Laissons lady Spencer renaître dans la société et nous pourrons envisager quelques entrevues pour que nous nous accordions.

Le Comte était malin. Plutôt que d'insister pour ramener Sarah du couvent, il jouait l'aristocrate plein d'honneurs, de grâces et de courtoisies à la perfection. Il ne voulait pas accélérer des choses déjà gagnées d'avance. A quoi bon? Cela ne pourrait que les compromettre! Il valait mieux pour lui jouer le lord au grand coeur, trop magnanime et généreux pour pouvoir être haï. Il voulait ainsi prouver aux Spencer que leur fille n'était qu'une enfant qui ne pouvait imaginer la chance qu'elle avait d'avoir été choisie par un si grand homme. Ainsi le coeur de sa mère serait-il définitivement conquis et la rigidité de son père serait-elle peut-être un peu adoucie à son égard. Ce jeu d'acteur lui serait tôt ou tard bénéfique, il le savait. S'il marquait ainsi sa patience et son goût pour l'empathie, il finirait par accélérer naturellement les choses: si les Spencer allaient le trouver bien calme et agréable en cet instant, il était certain que son prochain silence et ses mondanités extérieure à cette affaire allaient leur faire craindre un nouveau désintérêt pour leur fille qu'ils se presseraient alors de sortir du couvent dans la peur que Jirômaru ne choisissent une autre épouse par lassitude. Tout était finement calculé. Le Comte évoluait dans la société humaine depuis assez de siècles pour qu'il ai appris toutes ces subtilités sociales. Aujourd'hui, il était bien plus maître de la situation qu'il ne l'avait jamais été depuis qu'il avait rencontré la jeune chasseuse. Malgré son échec au théâtre, malgré sa blessure cuisante, il tenait maintenant Sarah sans même exercer sa violence sur elle. Finalement, le Vampire regrettait presque de n'avoir pas commencé par-là. Cette idée de mariage avait tout simplement été la meilleure qu'il avait eu depuis sa rencontre avec la fougueuse jeune femme. De plus, le fait qu'elle ai baigné dans ce complot et qu'il ai effacé les traces pour les Spencer l'enfonçait d'autant plus que cela faisait du Comte un véritable sauveur. Les Spencer lui étaient redevables en plus de se retrouver face à un des meilleurs partis imaginables...

- Je ne vais pas vous déranger plus longtemps, fit le lord en se levant avec une grimace un peu forcée. Mes domestiques n'ont pas été prévenus de cette visite, ils risquent de s'inquiéter, surtout avec ce genoux...Je vous remercie pour votre accueil, et le thé, il était délicieux ajouta-t-il en jetant un regard courtois à Mme Spencer. Lentement, plein de manières, il se dirigea ensuite vers l'entrée et récupéra son chapeau haut-de-forme ainsi que son manteau noir. Madame...Monsieur...ce fut un plaisir. Fit-il en esquissant une courbette avant de remettre son chapeau sur sa tête blanche.

Lorsqu'il fut dehors, le chien de la famille aboya une paire de fois avant d'être réduit au silence par le major d'homme. Le Comte lui lança un regard meurtrier. Décidément cette bête avait beau être élégante elle n'était pas prête de lui plaire! Son cocher lui ouvrit la porte, il monta dans son fiacre après un dernier regard sur la demeure des Spencer. Ce soir, il avait accompli bien plus en quelques mots qu'en des mois d'actions. Finalement, Glen avait-il raison? En réalité, tout était relatif...les mots valaient parfois mieux que les gestes. C'était une nouvelle chose qu'il pourrait mettre en comparaison...la rose, le chardon...chacun avait ses manières mais chacun était maintenant en place.

Le fiacre s'ébranla et la demeure des Spencer disparu bientôt. Le Comte soupira en enlevant son haut de forme pour le poser près de lui. Il avait soif, terriblement soif...La gorge de Mme Spencer lui avait un peu trop plu...


[HRP/Fin du RP avec le Comte. Prochain post au bal de Chastity, "Entrez dans la danse! La seconde Tour entre en jeu."/HPR]


> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
Spoiler:
 

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Une visite inattendue [Comte, PNJ famille Spencer] [14/03/42]

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