L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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La capture de la créature

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Willhelm Grindhouse
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MessageSujet: La capture de la créature Sam 6 Avr - 21:58

[HRP/ Venant du post "Plan de bataille" dans l'atelier de Willhelm/HRP]

Le manoir des Covenant...
C'était une bâtisse immense, à moitié en ruines, située sur un amas rocheux en surplomb de la ville. Elle siégeait non loin de Regent's park mais plus personne ne levait les yeux vers cet édifice plein de murmures et de chants lugubres. A vrai dire, on ne le voyait presque plus tant il était envahi par les arbres et les broussailles. C'était une propriété à l'abandon depuis plus de quarante ans et plus personne ne s'en souciait. Ni la ville, ni les autorités, ni même les badauds. Le chemin pour y accéder, escarpé et encombré de multiples buissons épineux, ne permettait plus à quiconque de s'y rendre facilement. C'était dangereux, impraticable à cheval et tout simplement trop aventureux. Même les plus pauvres qui souhaitaient un toit l'hiver ne pouvaient pas se targuer d'y vivre puisque le manoir était bien trop éloigné des rues pour leur permettre de mendier aisément une fois installés là-bas. Descendre du manoir prendrait des heures, quel intérêt avaient-ils à s'y rendre alors que les bouches d'égout et l'arrière des tripots leurs offraient nourriture et chaleur?

Les yeux de Willhelm brillèrent d'un éclat étrange lorsqu'il aperçu la grille fixée dans la roche aux pieds de l'escarpement. Le chemin qui menait au manoir commençait ici. Comment allaient-ils faire pour capturer leur Honmonculus et la descendre du manoir? Ils ne pouvaient clairement pas monter avec leur fiacre et leur cage...C'était-là un véritable problème. Il faudrait réussir à immobiliser la créature pour pouvoir l'emmener avec eux. Cela n'allait certainement pas être une mince affaire. D'après Neil, l'Alchimiste d'État avec qui Willhelm entreprenait cette périlleuse mission, cette fameuse Lizbeth était dangereuse: très agressive, vive et même folle. Il avait d'ailleurs parlé d'éventuels pouvoirs, ce qui devait être une manifestation alchimique. Tout ceci était à prendre en compte. Willhelm réfléchissait alors qu'il arrêtait le fiacre qu'il conduisait lui-même.
Il allaient devoir laisser leur véhicule en bas de l'amas rocheux et monter à pied. Mais l'obscurité était déjà grande et cela n'allait pas les aider. En effet, ils étaient partis à la tombée de la nuit pour éviter d'éveiller les soupçons sur leur entreprise et pour surprendre la demoiselle. Peut-être qu'elle aussi dormait?

L'Alchimiste tâta sa ceinture: son pistolet à percussion était toujours à sa place et il sentait son couteau dans sa botte droite. Avec Neil, il était passé à une armurerie dans l'après-midi pour se fournir en armes. Il n'avait pris qu'un pistolet pour accompagner le couteau qu'il avait retrouvé dans un de ses vieux tiroir mais il avait aussi acheté une longue corde et un pistolet à fléchettes que l'on utilisait dans les zoo pour calmer les animaux. Tout ceci coûtait cher, même s'il avait mis en gage une de ses montres à gousset en argent, et il n'avait donc pu prendre que 5 fléchettes de narcotique. Il fallait qu'ils visent correctement s'ils voulaient éviter d'avoir dépensé pour rien...

Willhelm se pencha pour parler à Neil à la fenêtre du fiacre:


- Nous ne pouvons pas aller plus loin, il va falloir laisser ici le fiacre et la cage. Malheureusement nous devrons à tout prix ramener la créature endormie ou assommée, nous n'avons pas le choix...

Willhelm mena le fiacre au plus près des arbres qui longeaient la grille et s'arrêta. Il sauta du véhicule pour attacher les deux cheveux aux barreaux à l'aide de leur licol. Dans le mouvement, sa capuche retomba sur ses épaule, dévoilant sa chevelure de neige. D'un geste, il la remit en place. Sa longue cape le recouvrait entièrement et s'il n'avait pas été Alchimiste on aurait pu aisément le prendre pour un brigand, la différence étant certainement des moindres...
Lorsqu'il tourna son regard vers Neil, ses yeux brillèrent comme ceux d'un animal. La faible lueur de la lune à moitié cachée dans les nuages venaient de s'y refléter. Willhelm ne perdit pas de temps: il agissait la nuit, inutile de cacher à son collègue du moment sa petite particularité rétinienne:


- Ne vous en effrayez pas, Monsieur Burnett, ce n'est qu'un défaut de l'oeil...Une sale expérience ratée dans ma jeunesse. Je vois un peu mieux que la normale, c'est tout.

Sans attendre de réponse, comme un coup de vent, l'Alchimiste passa devant le jeune homme et s'en fut à la grille pour la pousser. Elle pivota lentement en grinçant avant de se coincer.

- Merde!

La grille était tordue et elle c'était enfoncée dans la terre. Willhelm força un peu et se jetta même deux fois contre la grille avant de renoncer.

- Impossible de la bouger...fit-il en s'appuyant sur la grille avant de se retourner pour en observer le haut. Et ce serait bien dangereux de l'escalader...Par où étiez-vous entré la première fois?

Willhelm songea à utiliser l'Alchimie mais le désavantage de cette technique était la grande lumière qu'elle produisait: cela aurait certainement attiré l'oeil des gens dans les rues alentour, quand bien même ils étaient cachés en partie par les arbres, la lumière alchimique était d'une puissance phénoménale. Et puis l'Homonculus les aurait perçu sans aucun doute...

- On ne peut pas utiliser l'Alchimie...nous risquons d'éveiller l'attention de la créature...Montrez-moi le chemin, je vous suit.

Willhelm suivit Neil. Pendant presque une demi-heure ils progressèrent sur le chemin, entre les arbres et les buissons, prenant garde à ne pas faire de bruit. Ce ne fut qu'une fois qu'il furent en vue de la large porte d'entrée que Willhelm repris la parole, jusque là il s'était fait terriblement silencieux.

- Nous ne devrions pas nous séparer, chuchota-t-il accroupi derrière un arbre. Il ouvrit sa sacoche de cuir et sortit une craie qu'il conserva dans sa main droite. Nous devons être très prudent. Si la moitié de ce que vous m'avez dit est vrai, j'imagine que l'autre l'est aussi. Entre son agilité, sa propension à la haine et sa pseudo-magie, je doute en effet que nous soyons utiles l'un à l'autre si l'on se perd de vue.

L'horloger jeta un coup d'oeil vers l'entrée et souffla:

- Allez-y, passez devant, vous connaissez un peu ce manoir. Sans torche nous allons avoir de réelles difficultés, j'espère que l'on ne tombera pas dans un trou du plancher...Vous savez où la trouver? Je vous suis. Évitez l'Alchimie autant que possible, il ne faut pas qu'elle nous remarque trop vite. Par contre, en cas de bataille, n'hésitez pas. Je tiens à ma peau même si personne d'autre ne s'en soucie...

Willhelm n'avait pas l'habitude de travailler en duo, et encore moins dans ce genre de situation, mais il restait pragmatique et confiant. Il avait une grande maîtrise de l'Alchimie et le jeune homme qui lui ouvrait la route était déjà passé par-ici. Et puis, ce petit avait l'air intelligent et il devait posséder une montre d'État qui décuplait son Alchimie, c'était une paire de bons points qu'il n'oubliait pas. Pour la première fois de sa vie, Willhelm allait suivre quelqu'un. Cette Lizbeth ne perdait rien pour attendre et il était impatient de lui tomber dessus...
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Neil Burnett
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MessageSujet: Re: La capture de la créature Ven 12 Avr - 13:22

Plongé dans ses pensées, Neil ne se montra guère bavard durant le trajet. Il laissa Willhelm conduire le fiacre, d'autant plus qu'il n'avait pas l'habitude de ce genre d'exercice. Il sentait le contact de son pistolet contre son torse, rangé soigneusement sous sa veste. Il ne savait pas très bien tirer et l'idée de devoir compter sur cette arme pour survivre le mettait mal à l'aise. D'ailleurs, il n'était pas sûr d'avoir acheté suffisamment de munitions. Peut-être aurait-il dû réfléchir plus longtemps avant de se lancer dans cette aventure ? S'il s'était montré patient, il aurait certainement trouvé de l'aide auprès des alchimistes officiels. N'avait-il pas fait une erreur en s'associant à un parfait inconnu ? Pourtant il ne pouvait pas laisser une créature aussi dangereuse que Lizbeth en liberté... De toute façon, il devait se montrer honnête envers lui-même. Il ne voulait pas attendre plus longtemps. Le hasard lui offrait l'occasion d'étudier une Homonculus puissante, aux capacités particulièrement étranges. Il
était incapable de résister à la tentation.

Il jeta un coup d'oeil dehors, cherchant à distinguer le paysage à travers l'obscurité. Il se rendit compte qu'ils venaient de quitter la cité de Londres. Ils n'allaient pas tarder à atteindre leur destination. L'alchimiste crispa ses poings nerveusement, résistant à l'envie de se saisir de son arme. Cela ne servirait à rien pour l'instant, à part inquiéter son collègue. Il regrettait d'avoir oublié de prendre sa canne, qui aurait peut-être été plus efficace qu'une arme à feu entre ses mains. Quoique... Quand il repensait à la force de la créature, son pistolet lui semblait d'un coup plus rassurant. Soudain, il vit une grande forme apparaître sur le bas-côté de la route. Il s'agissait de la colline sur laquelle se dressait le manoir Covenant. Willhelm guida le fiacre pendant quelques minutes encore, mais il dut bientôt s'arrêter.


- Oui, je me doutais que nous devrions nous arrêter ici, répondit Neil. Le chemin est beaucoup trop escarpé pour ce véhicule. Même à pieds, il n'est pas facile à suivre.

En fait, l'alchimiste ne reconnaissait pas très bien le chemin qu’ils venaient de prendre. Il n’était pas passé par là la première fois où il était venu. Heureusement, les ruines se découpaient bien sur le fond du ciel nocturne. Ils ne s’étaient pas trompés de route, mais ils n’étaient pas arrivés exactement au même endroit.

- J’espère que nous n’aurons pas trop de difficultés pour… Euh…

Neil s’apprêtait à descendre du fiacre. Surpris par le regard étrange de son collègue, il s’arrêta un instant la main sur la portière.

- Ah… Je comprends mieux. Vous avez eu de la chance de ne pas devenir aveugle…

Mais Willhelm n’avait pas attendu sa réponse. Il s’acharnait déjà sur la grille qui résistait à toutes ses tentatives d’ouverture.

- Attention, vous allez vous faire mal ! Lança Neil quand il vit son associé se jeter contre la grille. De toute façon, il y a certainement une autre entrée. Je ne me souviens pas d’être passé par ici.

L’alchimiste regarda autour de lui, espérant reconnaître le sentier qu’il avait suivi pour atteindre le sommet de la colline. Normalement, ils devraient trouver un passage à travers le mur clôturant la propriété. Il suffisait de le suivre jusqu’à ce qu’il soit possible de l’escalader.

- Je pense que nous devrions prendre vers la droite, ajouta-t-il en rejoignant son collègue. A gauche, la pente paraît trop escarpée.

Par chance, il ne leur fallut pas longtemps avant de trouver le chemin qui les mènerait au manoir. Neil n’était pas sûr d’être passé par le même sentier la première fois, mais qu’importe ! Tout comme Willhelm, il essayait de se montrer le plus silencieux possible. Après de longues minutes de marche, il vit enfin apparaître la grande porte du manoir.

*Voilà, nous y sommes... Et maintenant ?*

La voix de son partenaire résonna d'une façon étrange à ses oreilles. On entendait si peu de bruit autour d'eux... Ce silence le mettait mal à l'aise. Il avait l'impression qu'il n'était pas naturel, mais cela venait sans doute de sa nervosité.

- Vous avez raison, murmura-t-il. Il est préférable d’avancer prudemment. Nous risquons aussi de recevoir une partie du bâtiment sur la tête si nous n’y prenons pas garde. Ces murs ne sont plus très solides. Nous devrons probablement nous servir de l’alchimie pour la calmer, mais il vaudra mieux éviter les sorts trop puissants.

Neil regarda au-dessus de lui, vers les fenêtres de l’étage. Se trouvait-elle là-bas en cet instant ? Malheureusement, il était difficile de voir quelque chose à cette distance sans lumière.

- Je pense que nous ne risquons pas grand-chose pour l'instant, répondit-il à voix basse. A mon avis, elle ne se trouve pas près de l'entrée. Je crois plutôt qu'elle est retournée dans sa chambre... Ou ce qui s'en rapproche le plus. Cette créature semble ignorer qui elle est réellement. Elle se prend pour une véritable humaine et ne se rend pas compte que ce manoir n’est plus qu’une ruine. Si seulement nous pouvions la convaincre que nous venons de la part de sa famille… Mais je doute que ce soit possible, surtout si elle me reconnaît.

Quoi qu’il en soit, il leur fallait agir à présent. Neil s’approcha de la porte et la poussa doucement. Contrairement à la grille, celle-ci s’ouvrit tout de suite. L’alchimiste craignit même de la voir s’écrouler sur le sol. Il la poussa contre le mur pour éviter que cela ne se produise. Au moment d’entrer, il éprouva de nouveau un fort sentiment de malaise. Instinctivement, il plongea sa main dans la poche où se trouvait sa montre d’alchimiste. Sur le coup, elle lui parut plus rassurante que son arme à feu. D’un pas lent, il traversa l’imposant vestibule pour se diriger vers l’escalier principal.
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Lizbeth
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MessageSujet: Re: La capture de la créature Sam 13 Avr - 1:15

Spoiler:
 

La nuit était bien plus calme que lors de la première visite de Neil. La Lune filtrait à travers le plafond, sans l'ombre d'un nuage. Le manoir, en revanche, semblait plus humide et vermoulu que jamais. Le bois du plancher et de la charpente s'était changé en véritable éponge avec le temps. A y voir de plus près, on s’apercevait que certains pans de mur avaient été entièrement envahis par la mousse et les champignons. Cela empestait le moisi. A première vue, l'endroit était désert. Pourtant l'atmosphère était pesant. On eut dit que la maison entière lorgnait les deux alchimistes.

Un détail cependant attirait l’œil: à quelques mètres de l'entrée, au centre du hall, gisait un petit objet blanc. Il s'agissait d'une fine pièce de tissu déchirée, coincée par un clou tordu. A n'en pas douter, elle avait été arrachée à la robe de la créature durant la "rencontre" avec l'alchimiste d'état. Cependant, il n'y avait aucune trace de Lizbeth. Peut-être était-elle effectivement dans sa chambre? C'était difficile à dire, le manoir était gigantesque. Deux personnes auraient pu cohabiter durant plusieurs jours sans jamais se croiser...
Il était également possible que l'homonculus soit aller errer dans le parc du domaine, voire pire, qu'elle ait décidé de passer la nuit en ville.

Soudain, une voix lointaine se fit entendre. Cela semblait venir de l'extérieur. Le mystérieux appel se répéta à nouveau. Puis encore.

Au bout de la quatrième fois, la voix se fit plus distincte. Elle provenait d'un large trou dans la toiture. La créature semblait se balader sur les tuiles de sa propre demeure...


- Clover...? appelait-on. Clover...? Cesses-donc de disparaître ainsi sans prévenir! Je suis une jeune femme pressée...!

Un épais morceau de plâtre se détacha du plafond, et vint éclater sur le plancher. Quelques secondes plus tard, une silhouette familière apparu dans l'ouverture, cherchant des yeux l'origine du son. Ses yeux brillants se fixèrent immédiatement sur les deux visiteurs.

Silencieuse, immobile, elle avait des airs de félin. Seules sa fine toilette blanche et ses cheveux clairs flottaient au gré de la brise. Le silence se fit lourd.

Lizbeth était là.


Spoiler:
 
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Willhelm Grindhouse
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MessageSujet: Re: La capture de la créature Sam 11 Mai - 6:28

[HRP/ Désolé pour l'attente, j'avais du boulot et j'ai clairement oublié que c'était à mon tour XD avançons correctement maintenant, c'est une honte pour un Admin, lol/HPR]

Un Homoncule...Willhelm jubilait d'avance de la capture qu'il allait faire ce soir. Accompagné de Neil Burnett, un Alchimiste d'État, il se trouvait à présent devant une des bâtisses les plus glauques de Londres pour se saisir d'une certaine Lizbeth. C'était une soirée qu'il n'était pas prêt d'oublier. Il allait enfin obtenir un sujet expérimental de première qualité. Finies les chimères imparfaites! Finies les tentatives avortées! Il allait pouvoir disséquer un de ces êtres immortels et en observer l'entier fonctionnement. Dans cette créature, il allait peut-être même trouver une pierre philosophale qui, même incomplète, lui permettrait de passer outre l'échange équivalent et de continuer ses recherches au sujet du temps. Un jour il l'arrêterait. Un jour il en serait le maître...

Songeant à ses projets mégalomanes et dangereux, Willhelm suivait Neil en silence tandis que ce dernier s'avançait sur le perron du manoir délabré. Il fallait qu'ils se montrent prudents, très prudents...L'Homonculus était apparemment dangereuse: d'après son associé, elle possédait peut être des pouvoirs en plus d'avoir des capacités de lutte très développées. L'Alchimiste du temps avait hâte de la rencontrer et de se frotter à elle. C'était un défit qu'il relevait avec joie. La présence de Neil allait certainement lui être d'une grande aide, même s'il risquait également de devenir une gêne conséquente. Mais il serait toujours temps d'y penser lorsque le moment serait venu de rompre leur alliance nouvelle. Willhelm était-là le parfait exemple de l'opportuniste. Neil avait découvert la créature et Willhelm en profitait pour s'en emparer. Sous prétexte que l'État la ferait disparaître pour la conserver loin de tout sujet afin d'en faire une arme militaire, il avait réussi à convaincre l'Alchimiste de le laisser gérer la créature et de l'emmener chez lui, dans son laboratoire, au lieu de la conduire dans l'Alchimist Room. Il ne fallait pas que l'État puisse lui enlever cette opportunité d'observer un tel être et de s'en servir à ses propres fins. Willhelm était prêt à tout pour atteindre ses buts. L'idée de tuer Neil était loin de lui être répugnante.

Ainsi, dans le noir du vestibule, avançant à pas lent, l'Horloger suivait son collègue dans le dos duquel il pouvait très bien planter un couteau à tout instant. Pour l'heure, il fallait rester soudés et Willhelm ne voyait pas encore de raison de l'éliminer. Peut-être ne lui en donnerait-il jamais? Cela allait dépendre des évènements de ce soir et de son attitude...

Neil émit l'hypothèse que la créature serait peut-être encline à les prendre pour des membres de sa famille et qu'il serait ainsi peut-être possible de l'amadouer assez pour la conduire sans trop de difficultés là où ils voulaient la conduire, c'est-à-dire dehors, dans la cage qu'ils avaient apprêtée. Willhelm en doutait fortement, à moins que l'Homonculus soit réellement folle, il ne voyait pas comment il pourrait se faire passer pour un membre de sa famille sans même en connaître la généalogie. Mais à ce moment-là, l'Horloger ne savait pas encore à quel point la jeune femme était perturbée. Sa complexité n'allait pas tarder à le surprendre.

Ses yeux de rat scrutaient l'obscurité du hall qui s'offrait à eux lorsqu'il aperçu au loin un bout de tissu déchiré qui gisait au sol. D'un coup de coude, il attira l'attention de Neil pour le lui montrer du doigt.


- Là...Il y a un morceau de vêtement. Vu l'état, il ne date pas d'hier mais puisque la poussière a été déplacée à son entours, je pense qu'il peut s'agir là d'un bout de vêtement récemment utilisé.

Willhelm nota le blanc qui se présenta entre lui et son collègue avant de tourner son regard brillant vers ce dernier.

- Je vous l'ai dit...je vois mieux que la normale...Allons vérifier...

Sans laisser le temps à Neil de lui répondre, il s'approcha doucement du bout de tissu afin de l'analyser. Mais alors qu'il tendait la main vers le lambeau pour le saisir, une voix au-dessus de lui le fit frémir de la point des pieds jusqu'à la moelle de ses cervicales. Il releva lentement la tête vers le plafond qui s'avérait être entièrement percé d'un trou béant. Comment avait-il pu l'ignorer jusqu'ici? Son attention, toute tournée sur le tissu, lui avait fait oublier de vérifier l'entièreté de l'endroit avant d'avancer. Une erreur qui aurait pu lui être fatale dans d'autres circonstances.
Willhelm arrêta son geste et se redressa. La voix s'approchait par-là, elle paraissait lointaine et pourtant si proche...Alarmé, il sortit le pistolet à fléchettes de son étui pour se tenir prêt à tirer sur la créature, si c'était bien elle qui venait maintenant. Reculant dans l'ombre, l'Horloger jeta un regard à son collègue et, d'un geste de la main, il lui intima de se cacher.
La voix appelait un nom, une certaine...Clover...Elle s'approchait toujours...
L'Alchimiste libre se crispa contre un mur sans quitter des yeux le trou dans le plafond. La voix s'approchait encore...
Soudain, un morceau de plâtre se détacha du plafond pour s'écraser brutalement sur le sol. Willhelm sursauta brusquement et se plaqua un peu plus contre le mur, une main sur sa joue droite. Une faible lueur brilla sous sa paume avant de s'éteindre aussitôt.
Il était un peu trop nerveux.

La fine silhouette d'une jeune femme apparut alors. Elle portait une robe déchirée, presque un morceau de chiffon ruiné par le temps. Ses cheveux flottaient comme la brume dans un cimetière d'Irelande et ses yeux brillèrent vivement comme ceux d'un chat lorsqu'elle les planta sur eux comme-ci l'obscurité ne pouvait absolument pas les dissimuler. Willhelm ouvrit la bouche mais resta muet. C'était donc ça un Homonculus femelle? Un Humain? Enfin...une forme parfaitement humanoïde? Jusqu'à présent, il n'en avait jamais rencontrés. Certes, quelques jours auparavant, il avait ramassé un être capable de se régénérer à une vitesse effrayante, un certain Fye, mais ce dernier c'était annoncé comme un Loup-Garou. Pour lui, le jeune homme était certainement un Homonculus et cette idée lui avait longtemps couru le cerveau jusqu'à ce qu'il se renseigne un peu sur les Garous. Mais finalement, même s'il n'avait rien trouvé de bien intéressant sur ces bêtes qu'il jugeait encore imaginaires, il avait assez de  mal à le cerner pour ne pas conserver l'hypothèse qu'il était sincère. Et puis il ne l'avait pas revu, il n'avait pas eu le temps de l'observer...
Cette fois, il allait pouvoir gérer l'affaire comme un scientifique et non pas comme un vulgaire hôte. Jouer le jeu des mondanités débectait l'Horloger. Lizbeth serait sa première réelle capture.

Serrant les dents pour étouffer sa voix, Willhelm se pencha un peu vers Neil pour lui demander:


- Est-ce que c'est elle?

Lorsqu'il eut confirmation, il se redressa un peu pour avancer vers le milieu de la pièce. Cependant, il prit garde de rester loin du morceau de tissu et surtout du trou du plafond pour éviter de se prendre sur la tête un morceau de plâtre qui pouvait aussi bien l'assommer que le tuer sur le coup.

- Lizbeth? Demanda-t-il sans jamais quitter des yeux la créature. Lizbeth? Je sais où est Clover...

Willhelm jeta un regard à Neil et haussa les épaules. Il fallait bien qu'il tente son idée de la convaincre tout d'abord gentiment, non? Sinon, il était prêt à utiliser son Alchimie pour la faire tomber et pour refermer ce trou afin de l'enfermer avec eux pour enchainer sur un combat des plus retentissants.

- Lizbeth?  Continua-t-il en s'avançant avec un sourire presque paternel.

Il s'arrêta suffisamment loin du tissu et du trou pour éviter tout risque d'éboulement maladif. Lorsqu'il stoppa ses pas dans la poussière, il sourit de plus belle à l'étrange créature, conservant ses yeux sur elle. Il ne voulait plus la perdre de vue. Il était hors de question de lui laisser l'occasion de lui faire du mal, encore moins de disparaître ailleurs. Lentement, il tendit une main vers elle pour l'inviter à descendre d'un air bienveillant.


- Viens, nous allons t'amener à elle...

Sous sa cape, il serrait fortement le pistolet à fléchettes qu'ils avaient acquis chez l'armurier le matin même. Une bonne touche et c'était fait: Lizbeth serait à lui.
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Neil Burnett
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MessageSujet: Re: La capture de la créature Mar 25 Juin - 3:53

A mesure qu’ils s’approchaient du manoir, Neil se sentait de moins en moins concentré. Peut-être avait-il eu tort de venir cette nuit-là chasser l’Homonculus ? En fait, il s’était laissé emporter par sa curiosité et l’enthousiasme de Willhelm, sans se soucier des conséquences. A présent, il se retrouvait dans un manoir sur le point de s’écrouler, accompagné d’un parfait inconnu dont l’activité alchimique n’avait rien d’officiel.

Il s’était pourtant promis de ne plus jamais travailler avec un alchimiste libre ! Même s’il ne doutait pas des compétences de son associé, il savait qu’il courait des risques si ses supérieurs avaient un jour vent de cette expédition. Il devrait sans doute répondre à un certain nombre de questions gênantes… Peut-être dénoncer le sieur Grindhouse, qui n’apprécierait sans doute pas d’être interrogé sur ses activités… Tant pis, il ne pouvait plus revenir en arrière à présent. S’il voulait étudier Lizbeth à loisir, il lui fallait cacher son existence à ses employeurs. Ceux-ci seraient ravis de disposer d’un spécimen aussi intéressant. Hélas, ils n’accepteraient pas de le laisser à un simple alchimiste. Neil sursauta lorsqu’il sentit le coude de son collègue contre son bras. Décidément, il était beaucoup trop nerveux…


- Désolé, je pensais à autre chose… Euh… Je ne me souviens pas l’avoir vu ici hier, murmura-t-il en regardant le morceau de tissu. Il faisait si sombre, j’ai dû le rater…

L’alchimiste sentit son estomac se nouer quand il croisa le regard de Willhelm. Etait-il vraiment humain ou… Non, il était humain évidemment ! D’ailleurs, il lui avait expliqué que la particularité de ses yeux venait d’une expérience ratée. Il fallait qu’il se calme s’il ne voulait pas devenir un boulet lors de cette expédition.


- C’est une chance… Lâcha-t-il d’une voix presque inaudible. Je n’avais rien vu…

Il resta en retrait, observant Willhelm qui s’apprêtait à saisir le linge. Soudain, une voix sinistre retentit dans la grande salle. Paniqué, Neil se figea sur place et tenta de trouver l’origine de ce bruit. Apparemment, cela venait du dehors… Lizbeth aurait-elle fui le manoir en les voyant arriver ? Elle ne semblait pourtant pas effrayée par les inconnus. En général, cela devait être plutôt l’inverse qui se produisait. Au bout de quelques instants, la voix lui parut venir du plafond. Neil redressa lentement la tête, mais il ne vit pas la créature. Willhelm avait déjà sorti son pistolet à fléchettes, alors que l’alchimiste d’état n’avait pas encore mis la main sur son arme. Il recula lentement lorsque son collègue lui fit signe de se cacher. Si l’Homonculus ne le remarquait pas, il pourrait compter sur l’effet de surprise en cas d’attaque.

Sa main se crispa sur son arme quand un morceau du toit se décrocha pour s’écraser tout près de Willhelm. Au même instant, Lizbeth fit son apparition à travers les trous du plafond. Elle semblait encore plus effrayante que la veille, comme prête à fondre sur eux au premier geste suspect. Neil la fixait fasciné, si bien qu’il n’entendit pas tout de suite la question de son collègue. Il dut faire un effort pour comprendre le sens de ses mots.


- Oui, c’est elle… J’espère qu’elle est bien la seule ici, répondit-il à voix basse.

Il observa Willhelm, tandis que celui-ci se déplaçait lentement vers le centre de l’ancien hall. La créature appelait une certaine Clover, peut-être sa femme de chambre ? Elle semblait plongée dans son ancienne vie, comme si elle recherchait sa femme de chambre ou sa dame de compagnie. Oui, il fallait en profiter ! Lorsque son partenaire se tourna vers lui, Neil l'encouragea franchement d'un signe de tête. Il avait raison de profiter de la mémoire de cette créature. Avec un peu de chance, ils réussiraient à la capturer sans la brutaliser ou sans finir à l'hôpital.


A première vue, il s'y prenait d'une façon plutôt convaincante. Bizarrement, Neil ne se sentait pas très à l'aise devant son gentil sourire et sa voix doucereuse. Il semblait capable d'embobiner n'importe qui, y compris une Homonculus folle et hystérique. Par chance, ils comptaient justement piéger cette dernière dans une cage dont elle ne pourrait pas s'échapper. Cependant, il fallait qu'elle fasse confiance à l'alchimiste libre pour accepter de le suivre jusqu'au piège.

*Qu'est-ce que je peux faire ? Si je l'approche, elle risque de me reconnaître...* Pensa-t-il en regardant tout autour de lui.

Soudain, Neil vit un morceau de toile usée à côté de lui. Il s'agit d'une pièce de tissu très longue, qui aurait pu le recouvrir comme une cape. Ne devrait-il pas tenter quelque chose grâce à ce déguisement imprévu ? Il ne voulait pas que Lizbeth le voit, car il craignait qu'elle ne le reconnaisse. Il saisit l'étoffe d'un geste brusque et s'en couvrit de la tête jusqu'aux pieds. Il fit quelque pas vers les halos de lumière, projetés à travers les ouvertures du toit. Il ne dit rien, car il voulait laisser à Willhelm ou à Lizbeth la possibilité de tirer les conclusions qui leur convenaient. Il se sentait un peu ridicule, recouvert d'un tissu crasseux qui lui donnait envie d'éternuer. Malheureusement, il ne voyait pas quoi faire d'autre en ce moment.

Sa main gauche serrait le ling sous son menton, alors que la droite tenait toujours son pistolet. A cause de la poussière, il ne put s'empêcher de tousser fortement. Par chance, sa toux ressemblait plus à celle d'un individu malade ou très vieux. Il supportait plus mal la poussière quy'il ne le pensait, mais il en était plutôt heureux ce soir.

- Mademoiselle... Lâcha-t-il d'une voix volontairement éraillée. Je suis soulagée que vous soyez rentrée. Ne restez pas dehors, vous allez prendre froid...

Neil fut pris d'une toux violente, à cause de l'état de la toile qui le recouvrait. Il tenta de reprendre son souffle, mais il n'y parvint pas. Il se dirigea rapidement vers un coin plus obscur où il put se débarrasser temporairement du tissu qui avait failli l'asphyxier. Il remit le linge sur sa tête, en espérant que Lizbeth ne se méfierait pas de cette réaction imprévue.
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Lizbeth
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MessageSujet: Re: La capture de la créature Lun 7 Oct - 17:02

La situation devenait étrangement comique : cherchant à tromper la maîtresse des lieux, les deux camarades de chasse usaient de tous les stratagèmes à leur portée, n'hésitant pas à se faire violence. Tous deux s'improvisèrent dramaturges, s'appropriant quelques rôles inventés sur le qui-vive, pour un résultat pour le moins surprenant.

Cela suffit cependant à créer chez Lizbeth un état de silencieuse réflexion. Penchant la tête sur le côté, elle avait des airs de chaton. Interrogée par ces deux nouveaux venus, elle semblait se laisser porter par leur stratégie.


- ... Eh bien dîtes à cette petite trainée qu'elle me doit une garde-robe toute neuve !!! brailla-t-elle soudain, enfonçant ses doigts griffus dans le bois pourri de la charpente.

Sans prévenir, Lizbeth disparu de son perchoir, pour réapparaître dans une autre trouée. De la colère, son visage était devenu larmoyant :


- Clover a encore fait des siennes sur la façade nord, et a écrasé ma commode d'ébène...! A-t-on jamais obligé une jeune femme à se promener en guenille...?

Cette fois, la jeune femme sauta du haut de la toiture, pour atterrir avec souplesse à une dizaine de mètres des alchimistes. De nouveau, c'était l'énervement que l'animait. Tout en parlant, elle se rapprochait à une marche rapide :

- Regardez ! Regardez !! hurlait-elle tout en déchirant sa robe, exposant son corps à la fois sale et séduisant. Est-ce ainsi que fonctionne l'Angleterre ?!!

C'est vers Willhelm que Lizbeth s'avança le plus, avant de s'arrêter brusquement à longueur de bras. Par chance, elle ne sembla pas reconnaître Neil, dissimulé sous son costume de fortune. Ses yeux perçants brillaient d'excitation, et ses pupilles semblaient s'étendre et se rétracter fébrilement.
Elle fut soudain prise d'un tic étrange, tandis qu'elle plongeait son regard dans celui de l’alchimiste. Quelque chose semblait la déranger...
Affichant un sourire en coin, elle se mit à parler avec un air amusé.


- Vous avez de bien beaux yeux, bel inconnu... A quelle pauvre bête avez-vous bien pu les prendre...?!

Manque de chance, il semblait que l'homonculus aie reconnu la nature alchimique des yeux luisants de Willhelm. Sans prévenir la bête jeta l'une de ses mains griffues vers le visage de son interlocuteur, manquant de l'éborgner. Elle s'éloigna de quelques bonds, jusqu'au bas de l'escalier du hall, et écarta les bras d'un air provoquant.
Les négociations avaient manqué de peu leur objectif. Restait la manière forte...


[ HRP : Reprise du RP =P Sonnez les cloches! ]
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Willhelm Grindhouse
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MessageSujet: Re: La capture de la créature Mer 9 Oct - 11:24

Willhelm jubilait. La main tendue vers la dénommée Lizbeh, il jouait une véritable pièce de théâtre pour saisir l'opportunité inouïe qui se présentait à lui ce soir. La capture d'un homonculus. Cela le rendait fou de joie et, derrière son jeu d'acteur, son sourire n'était plus réellement feint.
Il y était presque. Le fruit d'une vie de recherches se cachait peut-être aux creux de ces reins de femmes...Lizbeth était là, au-dessus de lui. Il allait s'en saisir, l'éventrer, la découper en morceaux pour lui extraire tout ce don il avait besoin. Des éléments anatomiques, des éléments chimiques, une pierre philosophale...La chance était avec lui depuis quelques semaines. D'abord cet étranger, Fye, aux origines étranges et maintenant Neil et cette histoire de la famille Covenant...C'était inespéré !


- Viens...Lizbeth...Je sais où est Clover...Je vais te mener à elle...

La paume de sa main était éclairée par la faible lumière nocturne qui filtrait pas le trou où la jeune femme se penchait. Willhelm apparaissait presque comme une figure religieuse, salvatrice, impérieuse et tendre. Sous sa cape grise, il tenait fermement son pistolet à percussion, prêt à tirer sur elle au moindre geste suspect. Il la capturerait coûte que coûte. Qu'elle le suive sans histoire ou qu'elle se mette à les attaquer, qu'elle arrive en un morceau dans la cage ou en miettes...
Sa voix doucereuse atteignit donc un paroxysme pour convaincre la créature de descendre et de le suivre lorsqu'il entendit derrière lui un bruissement étrange. Il jeta un rapide coup d'oeil vers Neil qui étai en train de s'envelopper d'un bout de toile poussiéreuse. Levant un sourcil, l'Alchimiste libre tiqua face à ce stratagème des plus douteux. Neil avait donc si peur que la créature ne le reconnaisse ? Étrange façon de procéder, c'était tout bonnement dangereux et maladroit. Ce homme était déciment un peu trop jeune et naïf.
Serrant les dents sans pourtant grogner sur son partenaire, Willhelm repris rapidement sa « conversation » avec la créature pour éviter qu'elle ne reporte son attention sur le jeune Burnett :


-  Aller, viens ! Clover t'attend...

Neil arriva à ses cotés en toussotant. A son tour, il tenta d'amadouer la jeune femme en lui expliquant qu'il valait mieux qu'elle les rejoigne à l'intérieur sans quoi elle prendrait froid. Willhelm trouva son ton bien choisi mais ses toux répétitives l'obligèrent à s'éloigner pour secouer son déguisement de fortune. Levant les yeux au ciel d'un air impatient, l'Alchimiste libre serra plus fermement encore son pistolet à fléchettes.

Alors que la créature avait paru calme jusqu'ici, elle s'énerva soudain et se mis à hurler que Clover lui avait volé des vêtements. Puis elle disparu, laissant dans le bois des traces d'ongles que nul en bas ne pouvait voir, même Willhelm avec sa vision de rat. Ce dernier ouvrit la bouche de surprise et de panique. Où allait-elle ? Non ! Il ne fallait surtout pas qu'elle s'en aille !
Mais heureusement la créature refit rapidement son apparition dans le trou. Sa silhouette svelte et élancée se détachait sur le fond de ciel nocturne éclairé maintenant par un morceau de lune. Willhelm sourit à nouveau.
La jeune femme était toujours aussi énervée contre cette fameuse Clover. Elle parlait maintenant d'une commode d'ébène, de la façade Nord, c'était incompréhensible mais là n'était pas l'important. Ce qu'il fallait c'était la faire descendre de son perchoir, ce qu'elle fit d'elle-même en sautant du toit pour atterrir au milieu de la pièce non loin de lui.

Instinctivement Willhelm recula d'un pas et se prépara au pire. L'Homonculus semblait dans un état d'excitation passablement dangereux et elle se mit d'ailleurs à arracher ses vêtements en hurlant sa colère. L'Alchimiste du temps la considéra d'un œil professionnel, observant ses formes somme-toute très humaines. Il venait d'assister à un saut des plus impressionnants et la belle ne semblait avoir aucune séquelles physique après un pareil exploit, ce qui le convainquait d'autant plus de son intérêt.


- Oui, oui, je vois...Fit-il en tentant de rassurer la jeune femme. Nous allons punir Clover, vient, il faut lui dire de ne pas recommencer...

Il jeta un coup d'oeil à Neil pour lui faire signe de l'aider à l'encercler avant de s'avancer d'un pas vers elle. Il restait prudent même s'il considérait qu'il fallait tout de même franchir désormais une certaine limite physique.

- Viens...On va t'acheter de nouveaux vêtements et une nouvelle commode aussi...

Lizbeth le considéra alors étrangement et Willhelm se figea. Son regard ne semblait plus seulement haineux contre une personne absente mais bel et bien sournois et directement dirigé sur lui. Un sentiment d'insécurité saisit l'estomac de l'Alchimiste tandis que la jeune femme penchait sa tête sur le côté. Cette vision avait quelque chose de définitivement cauchemardesque.
L'Homonculus semblait perturbée par ses yeux et le jeune homme saisit alors l'ampleur de son handicap : la brillance de ses iris pouvaient fasciner mais contre toute attente cela pouvait aussi attirer la convoitise ou, dans ce cas-ci, la curiosité malsaine et morbide.
Alors qu'il entamait un second pas en arrière pendant que la créature l'approchait, cette dernière se jeta soudainement sur lui pour tenter de lui arracher les yeux d'un geste bref et violent. Willhelm poussa un cri de rage en reculant et reçu malgré son mouvement un coup de griffe sur la joue et une partie de son nez. Trois marques lui striaient désormais le visage et pendant que l'Homonculus sautait vers l'escalier, l'Alchimiste ajustait le canon de son arme sur sa nouvelle position.


- Lizbeth!  Cria-t-il dans sa direction. Viens avec nous ! Ce n'est pas un endroit pour toi ici ! Clover n’est pas loin, nous pouvons la rejoindre pour que tu la punisses...

L'Alchimiste prit sur lui à cet instant. Il avait une envie folle de tirer dans tous les sens et de coincer la créature par la force la plus brute dont il était capable, mais la diplomatie pouvait encore sauver sa tête de décharnée et donc une partie de ses expériences à venir. Il lui coûtait d'agir ainsi, il aurait volontiers hurlé que « Lizbeth n'avait pas été sage » et qu'il fallait donc la punir elle-même, mais il devait tenter une dernière fois la manière douce...
Avec un peu de chance, Neil aurait une idée de génie pour l'attirer sans fracas, mais il en doutait. L'attitude de la jeune femme était désormais provocante, et seulement provocante, il ne paraissait plus guère y avoir d'espoir de la capturer sans bataille.
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Neil Burnett
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MessageSujet: Re: La capture de la créature Mar 12 Nov - 2:24

Neil secoua le tissu pour enlever le plus possible de poussière. S'il passait son temps à tousser, il ne serait d'aucune utilité dans cette affaire. Cependant, il valait mieux qu'il dissimule son apparence au cas où il se retrouverait face à face avec Lizbeth. Malheureusement, cette toile risquait aussi d'entraver ses mouvements. Par chance, l'homonculus parut tomber dans le piège qu'ils cherchaient à lui tendre. Elle se plaignit de nouveau avec violence de la fameuse Clover.

*Dommage que l'on ne sache rien de l'identité de cette femme... Songea-t-il. J'ai du mal à croire qu'une simple domestique lui ait laissé un souvenir aussi marquant.*

Quels éléments de la mémoire originelle finissaient par s'incruster dans l'esprit d'une homonculus ? Pouvait-on vraiment parler d'esprit d'ailleurs ? L'Alchimiste repoussa ces questions à plus tard, car il lui fallait se concentrer d'abord sur la capture de la créature. Quand elle serait entre leurs mains, elle leur permettrait sans doute de comprendre de nouvelles choses sur ses semblables.

*Où est-elle donc passée... Ah !*

Neil sursauta lorsqu'il vit Lizbeth se jeter sur le sol, un peu trop près d'eux à son goût. Il retint de justesse un cri qui n'aurait pas eu grand-chose de viril. Comment parvenait-elle à faire de tels bonds sans en souffrir ? La veille, son agilité et sa puissance l'avait déjà surpris. Ils étaient deux ce soir pour tenter de la maîtriser, mais cela suffirait-il ?

*En tout cas, je ne risque pas de l'aider en restant dans mon coin.*

L'Alchimiste d'Etat préférait laisser son acolyte prendre les devants, car il semblait bien maîtriser la situation. Il ne se serait pas pardonné de le mettre en danger en réagissant de façon maladroite. Toujours recouvert du drap crasseux, il s'approcha lentement de Willhelm. Celui-ci lui lança un coup d'oeil, comme pour l'inciter à prendre position pour une future attaque. Neil fit quelques pas vers la droite, cherchant à contourner l'homonculus pour lui barrer la route. Hélas, il n'en eut pas le temps. Soudain, la créature parla des yeux de son collègue et lança une main griffue vers lui. Surpris, l'Alchimiste plongea la main dans sa veste à la recherche de son arme. Manque de chance, elle s'empêtra dans le drap.

*Aaaaah, c'est pas vrai !!! Mais quel crétin !* Se maudit-il.

Pendant ce temps, Lizbeth rejoignit en quelques sauts l'escalier du hall. Neil finit par saisir son pistolet, mais il hésita à le sortir. Willhelm semblait de nouveau décidé à tromper leur ennemie. S'il fonçait sur elle, prêt à tirer, il savait qu'elle n'aurait aucun mal à leur échapper. Peut-être pouvait-il aussi la convaincre de les suivre dehors ?


- Mademoiselle, lâcha-t-il d'une voix éraillée, il a raison... Clover nous attend dans le fiacre dehors. C'est là que nous avons rangé votre garde-robe, pour qu'elle ne soit pas abîmée. Il y a tant de saleté ici, sans oublier les rats... Clover regrette beaucoup d'avoir brisé votre commode. C'est elle qui veut que nous vous en achetions une nouvelle...

Pris d'une soudaine inspiration, l'Alchimiste d'Etat s'accroupit sur le sol.

- Elle voulait que je vous montre quelque chose avant de partir. Un joli dessin qu'elle a réalisé elle-même... Mais elle m'a appris comment le reproduire.

Neil sortit une craie de la poche intérieure de sa veste. De la main droite, il commença à tracer un symbole qui ressembla bientôt à un cercle alchimique. Son geste était à la fois sûr et appliqué, car il avait une grande habitude de ce genre de dessin. Concentré sur sa tache, il commença à oublier son inquiétude et sa nervosité. Cependant, il ne perdait pas des yeux son but. Il n'espérait pas attraper Lizbeth grâce à l'alchimie, cela lui paraissait trop compliqué. Il voulait simplement détourner son attention et la calmer. Pour cette raison, il avait choisi de réaliser un cercle simple, qui risquait juste de briser une petite partie du parquet. Dans un manoir sur le point de s'écrouler, il ne voulait pas se lancer dans quelque chose de plus puissant.

- Vous allez voir, c'est très joli... Avec de belles lumières...

Gêné par la poussière, l'Alchimiste recommença à tousser. Heureusement, cela ne le dérangeait pas trop pour tracer son cercle alchimique. Il dessinait lentement, pour laisser le temps à l'homonculus de s'intéresser à ce qu'il faisait et de s'approcher de lui. Il espérait que la créature céderait à la curiosité et finirait par oublier sa méfiance. Peut-être serait-elle éblouie si elle se trouvait assez près du cercle quand il serait terminé ? Neil ne pensait pas qu'elle traverserait le parquet, car les dégâts sur le sol devaient rester minimes. Mais il fallait déjà qu'elle se sente un minimum attirée par ses dessins pour que ses efforts donnent quelque chose.

- Le résultat vous plaira... Vous verrez, je suis certain que tout cela vous amusera beaucoup, ajouta-t-il d'une voix doucereuse.
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Lizbeth
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MessageSujet: Re: La capture de la créature Sam 16 Nov - 1:50

Les deux intrus semblaient perdre patience peu à peu, entre-mêlant leurs histoires, rendant leur subterfuge de plus en plus complexe. Trop complexe pour l'esprit embrumé d'une homonculus démente. Lizbeth en avait même abandonné sa posture de défense, se contentant de se tenir au milieu du hall, les jambes pliées vers l'intérieur, le visage de travers, et le visage perplexe. L'un de ses sourcil était levé, et sa bouche était à demi-ouverte. Punir Clover? Un fiacre? Elle ne comprenait plus rien...
Cependant, c'est une mention toute particulière qui fit réagir la créature :


- Des rats?! glapit-elle en tirant sur le bas de sa nuisette. Il y a des rats dans le manoir...?!

Lizbeth jeta quelques regards inquiets aux alentours. La crainte de "l'ancienne Lizbeth" pour les rongeurs l'avaient finalement replongée dans ses rêves éveillés. Les alchimistes n'étaient pas passé loin de l'accident...

Lorsque Neil évoqua un dessin de la part de la fameuse Clover, la créature se montra hésitante. Le fait que l'homme se mette à dessiner sur le sol l'intrigua. Elle s'approcha pour mieux voir, comme hypnotisée par le cercle de craie. Les symboles dansaient dans son esprit, tels des flammes. Elle avait la sensation de les avoir déjà vu quelque part...

Soudain, une grande lumière déchira l'obscurité, suivit d'un bruit assourdissant, comme si un éclair était tombé au beau milieu du hall. Incapable de réagir, Lizbeth fut aveuglée sur le coup, et poussa un hurlement de douleur. Pliée en deux, elle lançait ses mains griffues autour d'elle, chancelante, tout en couvrant ses yeux.


- Hiiiiiisssss! siffla l'homonculus, qui gesticulait comme un animal blessé. Mes yeux...! Je suis aveugle...!! Assassins !!! Je vais vous...

La créature n'eut pas le temps d'achever sa phrase que, dans son agitation, elle s'assomma contre la rambarde du grand escalier. Le choc fut rude, à tel point que le son résonna dans le hall. Lizbeth s'effondra sur le parquet, inerte. Le sang ne tarda pas à couler de son cuir chevelu, et à ruisseler le long de son visage.
Allongée de la sorte, elle semblait dormir profondément. Il était rare de la voir aussi calme. Pour la première fois depuis longtemps, Lizbeth ressemblait véritablement à la jeune fille qu'elle était autrefois...

Le stratagème des alchimistes semblait avoir porté ses fruits. La malheureuse était à présent vulnérable, et n'allait pas se réveiller avant quelques temps.
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Willhelm Grindhouse
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MessageSujet: Re: La capture de la créature Mar 19 Nov - 19:58

Le coup de griffe que Lizbeth venait de lui infliger tiraillait la peau de son visage. Intérieurement, Willhelm fulminait de colère. C'était une colère froide, assassine, qui, s'il n'avait pas été face à un Homonculus mais face à un homme sans valeur scientifique à ses yeux, lui aurait sans aucun doute fait vibrer les sens au point de le déchiqueter sans vergogne. Il sentait son sang couler légèrement le long de son nez. Les trois stries qui traversaient sa joue gauche jusqu'à remonter sur l'arrête de son nez, juste à la limite de ses lunettes, déchirant l'un de ses tatouages triangulaires, le piquaient et lui donnaient un air guerrier qu'il n'arborait pourtant pas souvent en public.

Les yeux brillants de colère, il conserva cependant un sourire feint et une voix nette, ferme et douce, pour s'adresser à la créature. Il lui fallait vivante! Sans cela il y aurait longtemps qu'il aurait fait s'effondrer ce pauvre manoir en ruine pour ensuite retrouver son petit corps pantelant sous les décombres. Mais il la voulait entière, bien vivante et lucide, si cela était encore possible chez une femme aussi incroyablement dérangée.

A ses côtés, Neil l'accompagna dans sa nouvelle et dernière démarche pacifique. Et ce fut heureux. Si en premier lieu Willhelm lui siffla dessus lorsqu'il parla de rats et que cela affola encore plus la jeune femme, il se tue et l'observa s'accroupir au sol lorsque ce dernier sembla avoir trouvé un nouveau plan. Neil eut ainsi l'idée de dessiner un cercle alchimique au sol, invitant la jeune femme à venir le voir en tant que "dessin de Clover". Willhelm joua le jeu. Il n'avait pas le choix et cet ultime stratagème lui semblait bon.


- Ho oui, viens voir Lizbeth, c'est vraiment beau! Fit-il en jetant un coup d'oeil aux traces de craie qu'appliquait l'Alchimiste au sol.

C'était apparemment un cercle de décomposition de la matière, assez efficace pour ouvrir un trou dans le parquet, pas assez grand pour risquer un effondrement. C'était ingénieux!
L'Alchimiste libre sourit de plus belle alors que l'Homonculus venait vers eux. Il s'accroupit lui-aussi. C'était bon, ils l'auraient! Plus que deux mètres...un mètre...
L'éclat de lumière et le bruit de tonnerre que fit le cercle activé par Neil effrayèrent Lizbeth autant qu'ils la déroutèrent. Willhelm réagit aussitôt, sans se trouver incommodé par cette lueur si souvent expérimentée chez lui. Il attrapa le morceau de toile que portait encore Neil sur son dos et le lui arracha d'un coup sec: il n'en aurait plus besoin, par contre cela allait leur servir!


- Attrape-la!! Cria-t-il à son coéquipier.

Dans un mouvement, l'Alchimiste se jeta vers la créature qui s'enfuyait déjà. Il ne fallait pas qu'elle leur échappe! Pas maintenant, pas si près du but! Mais la fortune semblait être avec eux ce soir: à peine la créature eut-elle fait trois pas qu'elle se prit la rambarde de l'escalier de bois qui menait aux étages et qu'elle s'effondra sous le choc. Willhelm poussa un juron et arriva sur elle avec la toile. Alors qu'il allait la recouvrir et l'emballer dedans pour la coincer, il vit, grâce à ses yeux de rat, que la belle saignait abondamment de la tête. Il stoppa alors son geste.


- Merde! Elle est bien sonnée! J'espère qu'elle ne va pas en crever...!

En disant ceci, il s'était déjà agenouillé auprès d'elle pour lui soulever la tête et pour observer la blessure qu'elle s'était faite. Elle avait un cran, profond, sur le côté droit du crâne, ce qui n'était pas bon signe du tout. Son sang macula ses grandes mains effilées.

- Il faut qu'on la sorte d'ici et qu'on l'emmène au labo, vite!

Après quelques minutes de labeur pour enrouler la créature dans le morceau de toile et la porter, Willhelm encouragea Neil à lui ouvrir la voie pour retourner au fiacre. Il avait rangé à sa ceinture ses armes et n'avait pas jugé utile d'injecter un calmant à l'Homonculus à l'aide de ses fléchettes. Peut-être serait-ce une erreur? Pour le moment il ne s'en souciait pas. Tenir l'objet de leur chasse dans ses bras le rendait si heureux qu'il en avait oublié sa possible dangerosité. Lizbeth était assommée, c'était déjà bien, et puis ils avaient la cage dehors...
Maintenant, ils devaient retrouver la sortie et disparaître en fiacre le plus discrètement possible. Le laboratoire les attendait, mille et unes expériences aussi!

Alors qu'il marchait, Lizbeth dans les bras, Willhelm regarda son visage qui dépassait légèrement du tissu poussiéreux. A la faible lueur nocturne, aidé par sa vision de chimère, il pu constater que l'Homonculus était bien humaine, ou du moins physiquement et visuellement parlant. Sa peau semblait rongée par le temps, comme décharnée, mais selon l'inclinaison et la lumière, elle pouvait aussi sembler jeune et belle. D'où venait-elle? Que faisait-elle ici, seule? Qui était Clover? Tant de questions sur sa nature, sa naissance, sa vie. Comment l'avait-on créée? Était-ce bien des Alchimistes qui l'avaient enfantée? Était-elle bien le résultat d'un échec, comme il l'avait lu dans un livre, une fois, dans les archives de la Grande Bibliothèque?
Oui, tant de questions sur cette créature, sa création mais aussi son corps...
Avait-elle en elle une pierre philosophale? Cela, Willhelm comptait bien le vérifier au scalpel...


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Neil Burnett
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MessageSujet: Re: La capture de la créature Lun 27 Jan - 18:08

Neil serra les dents quand il vit l'angoisse de la créature face à une hypothétique invasion de rats. Il ne fallait pas qu'elle commence à paniquer, alors qu'ils ne la maîtrisaient pas encore. Heureusement, elle réagit beaucoup mieux lorsqu'il lui parla de dessins. Willhelm l'encouragea d'une voix enthousiaste, comme si son collègue était en train de réaliser une véritable merveille. Intriguée, Lizbeth finit par se rapprocher pour contempler le délicat ouvrage. L'Alchimiste fit mine d'ignorer sa présence, même s'il savait très bien qu'elle se trouvait à côté de lui. Il ne devait pas faire d'erreur, pour ne pas provoquer une chute du sol un peu trop violente.

*Ce ne sera rien du tout... Mais ça devrait suffire à la surprendre...*

Pourtant, le choc fut bien plus puissant que prévu. Le plancher éclata en un flash de lumière aveuglant, signe que la transmutation avait très bien réussi. Neil se recula en gémissant, la main sur le visage. Déconcentré par la proximité de la créature, il n'avait pas cherché à protéger ses yeux. Il sentit que l'on arrachait la toile qu'il portait sur le dos. Dans le même temps, il entendit la voix de Willhelm lui commandant d'attraper l'homonculus.

- Je... Je ne vois plus rien... Ca va passer... Mais j'aurais dû faire plus attention...

Heureusement, son éblouissement ne dura que quelques instants.  Lorsqu'il ouvrit de nouveau les yeux, il vit son associé enrouler Lizbeth dans le vieux tissu qui lui avait servi de déguisement. Neil fut surpris par la taille du trou qu'il venait d'ouvrir dans le sol. Il ne pensait pas qu'un cercle aussi rudimentaire pouvait causer de tels dégâts... Non, il savait que c'était impossible. Le pouvoir destructeur de ce cercle n'aurait jamais dû être aussi important. Ce manoir contenait des choses qu'il ne maîtrisait pas... A moins que le problème ne vienne de l'homonculus ? L'Alchimiste redressa brusquement la tête lorsqu'il entendit que la créature avait été blessée.

- Je suis vraiment désolé ! S'exclama-t-il. Je ne pensais pas que les choses tourneraient ainsi ! Pourtant, je ne me suis pas trompé en dessinant le cercle...

Très troublé, Neil se frotta les yeux pour chasser les dernières taches obscurcissant sa vue. Il sentait que quelque chose n'allait pas, mais il était trop tard pour s'en soucier. Il se releva et se dirigea vers son collègue. Cependant, celui-ci lui fit signe de repartir en direction de l'entrée. L'Alchimiste sortit rapidement du bâtiment, butant au passage contre les vieilles lames du plancher. Il faisait si sombre à l'extérieur qu'il hésita quelques instants. Ils ne parviendraient jamais à retrouver leur chemin sans lumière ! Pourtant, ils ne pouvaient pas perdre plus de temps. Neil s'avança lentement vers les arbres, à la recherche du sentier qu'ils avaient emprunté. Il finit par repérer un passage plus clair, qui semblait serpenter entre les arbres. Descendre jusqu'au fiacre lui parut long, très long... A plusieurs reprises, il se demanda s'ils ne devraient pas rebrousser chemin. Heureusement, leur moyen de transport finit par apparaître au bout du sentier. L'Alchimiste regarda sa montre à la lumière de la lune. Le jour approchait, il fallait qu'ils se dépêchent de rentrer.

- Sans doute préférez-vous rester avec elle ? Demanda-t-il en se tournant vers son collègue. Je crois qu'il est préférable de ne pas la laisser seule dans sa cage, au cas où son état s'aggraverait. Dans ces conditions, je vais conduire le fiacre jusqu'à votre laboratoire. Je pense avoir bien retenu le trajet, je ne me perdrai pas.

Neil jeta un coup d'oeil inquiet vers l'homonculus. Sa blessure ne lui plaisait pas du tout, mais ils ne pourraient pas la soigner tant qu'ils resteraient ici. D'un autre côté, ce type de créature était réputé comme très résistant. D'ailleurs, ses prouesses physiques lui avaient paru plutôt effrayantes. Il espérait qu'ils réussiraient à la contrôler lorsqu'elle se réveillerait. Il se hissa sur le siège du fiacre et saisit les rênes, avant d'ajouter :

- Si elle revient à elle, les chevaux risquent de prendre le mors aux dents à cause de ses hurlements. Cela m'étonnerait qu'elle soit devenue muette... Même s'ils gardent leur calme, nous aurons du mal à ne pas attirer l'attention, d'autant plus que la nuit est presque terminée. Peut-être faudrait-il lui faire une injection tout de suite, pour éviter d'avoir une mauvaise surprise avant d'arriver chez vous... Mais je pense que vous êtes plus qualifié que moi pour le savoir. Je ne connais pas très bien les effets de ces produits soporifiques.

*J'ai encore du mal à croire que l'on ait fini par la capturer. Vivement qu'on commence à l'étudier !*

Pour l'instant, Neil ne se posait pas trop de questions sur la façon dont s'organiseraient les recherches ou comment ils tireraient bénéfice de leurs découvertes respectives. En tant qu'Alchimiste d'Etat, il devrait obligatoirement garder cette alliance secrète. Expliquer l'origine de certaines trouvailles à ses supérieurs serait donc quelque peu ardu... Tant pis, à chaque jour suffisait sa peine.

[HRP/ Suite à l'horlogerie: "Poupée de sang". /HRP]
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MessageSujet: Re: La capture de la créature Lun 10 Mar - 13:49

[HRP : J'ai posté directement dans l'horlogerie, ne sachant pas trop quoi dire sur mon personnage inconscient ^^ Je n'ai pas trop donné de détails, je vous laisse voir de quelle manière vous souhaitez continuer. >>Suite ICI<< ]
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MessageSujet: Re: La capture de la créature

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La capture de la créature

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