L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Poupée de sang

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Lizbeth
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MessageSujet: Poupée de sang Lun 10 Mar - 13:46

[ Suite du RP La capture de la créature ]

Les homonculus étaient-ils capables de rêver? Difficile à dire. Etaient-ils seulement capable de dormir réellement? Peut-être. Lizbeth, en tous cas, avait le sommeil agité. Ses yeux roulaient dans leurs orbites, tandis qu'elle émettait des gémissements. Le choc qu'avait subit son crâne était inquiétant, mais les créatures alchimiques avaient la peau dure. La blessure allait probablement guérir d'elle-même.
La jeune femme eut l'impression d'entendre des chevaux, des voix masculines, et des tintements métalliques. Elle se sentit soulevée et manipulée, puis déposée sur un sol sec et inconfortable. Un bruit de lourde serrure que l'on ferme lui irrita les tympans, avant que le silence ne revienne.

Le temps passa. Quelques minutes ou quelques heures, elle n'était pas en mesure de faire la différence. Ses paupières s'entre-ouvrirent lentement. Il fallu quelques secondes pour que sa vision se précise, révélant au dessus d'elle une lourde cage de métal sombre.
Lizbeth se redressa sur les genoux et, saisie de nausée, fut prise de vomissements. Elle serra les poings, se rendant compte que le sol était couvert de paille. A l'extérieur de sa prison, elle pouvait distinguer quelques tables d'études chargées d'outils divers. Deux silhouettes familières étaient présentes : l'homme aux yeux luisants était courbé sur un siège, occupé devant un mécanisme d'horlogerie, et le jeune homme qu'elle avait rencontré plus tôt était assoupi dans un fauteuil.

La créature se rendit rapidement compte qu'elle avait été enfermée comme un oiseau en cage, et l'hystérie qui sommeillait en elle prit le dessus en un clin d'oeil :


- BÂTARDS !!! hurla Lizbeth en se jetant contre l'épaisse grille, passant ses bras griffus au travers des barreaux. RELÂCHEZ-MOI, ENFANTS DE PUTAIN ! JE VAIS ARRACHER VOS YEUX, DÉCHIRER VOTRE PEAU ET RONGER VOS OS !!!

Le reste de son discours fut à peu près du même ressort. Les deux ravisseurs avaient certainement dut l'enfermer en sous-sol, en prévision de ses hurlements stridents. La cage était d'ailleurs soigneusement éloignée de tout objet dangereux, afin que l'homonculus ne puisse rien saisir qui puisse leur nuire. Cela ne l’empêchait toutefois pas d'insulter les alchimistes, tout en brandissant des bras menaçants dans leur direction.

La scène s'éternisa durant une bonne dizaine de minutes, et Lizbeth ne semblait jamais à court de jurons... Par chance, elle changea se stratégie, et se mit à ronger les barreaux de la cage, ce qui était un peu moins bruyant. Elle n'avait visiblement pas tout à fait compris ce qu'elle faisait ici, mais elle avait conscience d'être prisonnière. Dans tous les cas, elle ne semblait pas prête de coopérer pour quoi que ce soit.

Le voyage jusqu'à l'horlogerie s'était plutôt bien déroulé. A présent, les alchimistes devaient décider de la manière dont ils allaient procéder. Allaient-ils l'étudier ici-même, ou allaient-ils la laisser décanter quelques heures le temps de mettre leurs intérêts au point...?


[ HRP : j'ai décidé de continuer ici, car je ne savais pas trop quoi dire sur le voyage x) ]
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Willhelm Grindhouse
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MessageSujet: Re: Poupée de sang Jeu 13 Mar - 22:42

[HRP/Venant du RP « La capture de la créature »/HRP]

Ramener Lizbeth jusqu'à son laboratoire n'avait pas été une mince affaire. Car si l'Homonculus semblait bel et bien sonné pour de nombreuses heures, le jour n'allait pas tarder à se lever lorsqu'ils quittèrent le manoir des Covenant et Willhelm avait peur que les ouvriers soient déjà levés au moment où ils atteindraient Covent Garden. En plus, c'était le quartier des magasins et des marchés, le plus matinal de toute la capitale, c'était réellement risqué. Mais maintenant qu'il avait mis la main sur cette créature, il n'allait certainement pas laisser l'occasion de l'étudier lui échapper. Neil conduisit le véhicule d'une main que son « collègue » qualifierait de « sûre » mais il n'allait pas assez vite à son goût et, tandis qu'il enroulait la tête sanglante de Lizbeth dans un morceau de tissu pour arrêter son hémorragie, il le pressait d'avancer:

- Vite ! Le soleil se lève, on va se faire repérer ! Je doute que les idiots du centre-ville ne nous laissent tranquilles s'ils voient que nous transportons une cage avec une femme en guenilles dedans!

Le temps pressait pour éviter les scandales et par-là que le gouvernement ne soit mêlé de plus près à leur trouvaille, et que Neil soit Alchimiste d’État était déjà bien suffisant aux yeux de Willhelm, mais c'était également une impatience de scientifique qui motivait le jeune homme. Un de ses plus chers désirs allait être réalisé : celui de découper un Homonculus en morceaux pour en comprendre l'immortalité. Avait-elle une pierre philosophale en elle ? D'après les textes, les Homonculus en portaient une ! Du moins, c'était ce qu'il avait compris en décodant un apparent livre de cuisine qui avait appartenu à un Alchimiste de renom dont il avait volé les affaires à sa mort.

- Elle est salement amochée mais son sang a déjà coagulé...Remarqua-t-il en soulevant la tête de Lizbeth tandis qu'il était secoué dans la cage lui aussi. C'est fascinant...

Leur arrivée à Covent Garden ne fut remarquée peut être que part quelques prostituées qui traînaient dans les ruelles mais il faisait encore noir et l'heure du remue-ménage n'avait pas encore sonné à la Grande Horloge.

- Dieu soit loué ! Vite, il faut porter la cage...

Remettre la cage à taille humaine dans le laboratoire fut une épreuve. Il fallait passer par la cours arrière de sa boutique pour accéder via une porte cochère à une autre grande porte au fond de son laboratoire. Une fois que la cage fut en place, Lizbeth, toujours évanouie, y fut enfermée à double tour. Contemplant leur œuvre, Willhelm ne pu se retenir d'exploser de joie. Il claqua dans ses mains en bondissant:

- Nous avons réussi ! Bravo cher collègue ! C'est magnifique!

Il accorda à Neil un sourire réjouit et s'en alla vers sa boutique.

- Je reviens, surveillez-la!

Lorsqu'il réapparut, ce fut pour proposer à l'Alchimiste son meilleur alcool dans un verre à gros volume. Il n'avait pas prévu de saouler le jeune homme mais pour lui une telle réussite se fêtait.

- Tenez, vous m'en direz des nouvelles ! Haha ! Nous avons réussi!

Sirotant son verre, Willhelm alluma le plus de bougie possible dans la pièce pour tuer les ombres que projetaient les deux lampes à hule qu'il avait allumé à leur arrivée. Il commença ensuite à faire le tour de la cage, rôdant comme un fauve autour d'une proie, pour observer l'Homonculus.
Lizbeth était presque nue, mais cela n'attirait pas son attention. Ce qu'il voulait voir, c'était comment sa plaie se refermait. Il lui avait enlevé le bandeau de tissu en la remettant dans la cage. Son sang, coagulé jusque là, semblait se désagréger, c'était étrange, comme si le fait que sa peau qui se refermait à une vitesse anormale avait décidé de se nettoyer en séchant le liquide sur sa tempe.


- Fascinant, oui, fascinant...

Il déposa le pistolet à fléchettes sur un établi et s'installa dans une chaise branlante après avoir proposé une autre chaise à Neil.

- Vous imaginez la chance que nous avons ? C'est une immortelle ! Peut-être que l'on va trouver sur elle le secret de la longévité ? Peut-être qu'on va comprendre d'où viennent les pouvoirs dont vous avez été témoins, s'ils existent vraiment ?

Willhelm était tout excité. Cependant, il ne savait pas par où commencer. Devait-il sortir son scalpel maintenant ou attendre que Neil aie le dos tourné ? Il était presque certain que ce dernier n'allait pas le suivre jusqu'au bout dans ses expériences...De toute façon, le voulait-il ? N'allait-il pas rapidement devenir gênant ? Lui qui était au service de l’État, lui qui paraissait si intègre...Il allait certainement devoir l'écarter très vite. Il n'avait déjà plus besoin de lui...Quoique...Peut-être qu'il valait mieux commencer par étudier cette chose à deux histoire d'être certain de ne rien louper. Il allait devoir être patient un moment...
Mais ça, la patience, c'était son domaine. On ne devient pas horloger sans la cultiver.

Penché en avant, les mains croisées sur ses genoux, Willhelm observait Lizbeth et son cran qui se résorbait tout doucement. Quelle merveille ! Connaissait-elle son propre passé ? Pourrait-elle les renseigner ? Elle qui avait l'air si sereine à présent...L’Alchimiste ne pouvait pas avoir pitié d'elle, il ne connaissait pas ce sentiment, mais son visage endormi le fit sourire. Oui...qu'elle dorme...bientôt elle ne le pourrait plus...

Saisissant son verre, il vida ce qu'il en restait d'une traite.


- Comment voudriez-vous commencer, Neil? Demanda-t-il à son coéquipier en lui jetant un regard interrogatif par-dessus ses verres de lunette teintés. Avez-vous déjà réfléchi à cette question?

Lizbeth se réveilla alors et ses cris lui percèrent les tympans. Willhelm laissa son verre sur un plan de travail où traînaient ça et là des fioles et des planches à découper pour se lever et revenir vers elle. Prenant garde de rester loin des griffes de la jeune femme qui se déchaînait maintenant contre les barreaux en les noyant dans des injures plus retentissantes les unes que les autres, il rit dans sa direction:

- Allons allons jeune fille ! Tu vas réveiller les voisins ! Il y a une église tout près, tu ne voudrais pas déranger le Seigneur ? Haha!

Willhelm fut en cet instant véritablement humiliant. Maintenant qu'elle était enfermée, il pouvait bien la railler.

- Et range tes griffes, sale bête! T'as déjà failli m'éborgner...Ajouta-t-il en lui montrant du doigt les trois marques de griffe qu'elle lui avait laissé sur le visage. C'est pas très gentil...Lizbeth devait être punie...

Il lui jeta un nouveau regard mesquin avant de se rasseoir dans sa chaise.

- Je me demande si elle boirait de l'alcool...Fit-il sans lâcher du regard l'Homonculus.
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Neil Burnett
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MessageSujet: Re: Poupée de sang Mar 6 Mai - 23:07

Poussé par les exhortations de son collègue, Neil avait fouetté les chevaux pour que ceux-ci accélèrent. Hélas, il avait dû ralentir car il craignait de faire une embardée dans les rues plus étroites. Le jour venant, il avait aussi très peur qu'ils soient surpris par un badaud un peu trop curieux. D'ailleurs, qui sait si la boutique de Willhelm n'avait pas déjà été repérée par les Alchimistes d'Etat ? Peut-être était-il surveillé sans le savoir ? Dans ce cas, que se passerait-il si on les voyait décharger leur précieux fardeau ?

*Tant pis, je ne peux plus reculer maintenant... S'ils le surveillent, ils doivent savoir que je l'accompagne.*

Cependant, Neil n'y croyait pas trop. Ses collègues auraient déjà agi s'ils avaient été au courant de cette expédition. De plus, son partenaire semblait disposer de certaines ressources, comme ces yeux si particuliers... Peut-être se faisait-il des idées, mais il pensait que Willhelm aurait forcément remarqué d'éventuels espions. L'Alchimiste soupira de soulagement quand il vit la rue où se trouvait l'horlogerie de son associé.

- Oui, nous sommes arrivés à temps ! Répondit-il en descendant de son siège. Il n'y a quasiment personne dehors.

Il se précipita pour aider Willhelm à porter la cage à l'intérieur. Cette opération lui parut beaucoup plus difficile que prévu. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle pèse un tel poids! Elle lui paraissait même plus lourde qu'au départ, à moins que ce ne soit lui qui soit très fatigué. Heureusement qu'il n'était pas tout seul ! Même s'il se méfiait toujours de son collègue, il savait que cette chasse se serait mal terminée sans son aide.

- C'est... C'est merveill... Pas... Pas de soucis, j'a... j'attends...

Complètement essoufflé, il regarda Willhelm sortir de la pièce. Ce dernier semblait en forme comparé à lui. L'avantage de la jeunesse... Pourtant, Neil n'était pas sûr qu'il soit réellement plus jeune que lui. En fait, il ne savait pas trop quel âge lui donner. En tout cas, son enthousiasme le remplissait d'une énergie qui commençait à manquer à son associé. Il le vit revenir avec une bouteille et de grands verres.

- Merci, c'est très aimable de votre part, répondit-il en souriant. C'est effectivement un événement qu'on doit fêter ! C'est la première fois que j'approche une Homonculus d'aussi près.

Son verre à la main, Neil se dirigea vers la cage où reposait la dangereuse créature. A présent, elle ressemblait à la jeune fille qu'elle avait sans doute été dans une autre vie. Cependant, ils devraient rester sur leurs gardes dès qu'elle se réveillerait. Il observa avec attention la plaie qui s'était déjà refermée.

- Je suis surpris... Je ne pensais pas qu'elle guérirait aussi facilement. C'est rassurant. Je craignais que sa blessure ne soit beaucoup plus grave.

Finalement, les deux Alchimistes s'en étaient très bien sortis pour l'instant. Ils avaient capturé une Homonculus en pleine santé dans la plus grande discrétion. A présent, ils pouvaient s'adonner à l'étude de cette créature en toute tranquillité. Willhelm semblait d'ailleurs pressé de commencer. Neil s'assit sur la chaise que son collègue lui présentait.

- Vous avez raison, nous allons au devant de grandes découvertes, approuva-t-il. Mais nous devrons veiller à ne pas causer de catastrophes. Sans parler des dangers liés à l'Alchimie, cette Homonculus est particulièrement retorse. Il va être difficile de l'étudier sans qu'elle ne nous agresse. A mon avis, il sera nécessaire de l'endormir pour réussir à bien l'observer.

Il posa son verre sur une table avant de l'avoir terminé. Même s'il supportait bien l'alcool d'ordinaire, il avait l'impression qu'il lui tournait la tête ce soir. A présent, il avait du mal à garder les yeux ouverts. Au moment où il sombrait dans le sommeil, il entendit vaguement la voix de Willhelm. Soudain, un cri horrible le fit bondir sur sa chaise.

- Qu'est... Qu'est-ce que... ???

La furie venait de se réveiller. A première vue, elle n'appréciait pas du tout sa nouvelle demeure. Heureusement, sa cage semblait bien solide. En dépit de sa force impressionnante pour un corps de jeune fille, son acharnement ne mena à rien. Neil soupira, fatigué par les hurlements de la créature. Mais lui brailler de se taire n'aurait rien arrangé... Finalement elle se tut pour commencer à ronger les barreaux. Neil observa son partenaire qui paraissait s'amuser de la situation.

- Vous devriez peut-être l'endormir avant de faire quoi que ce soit, lui répondit-il. Vu son état d'énervement et ses capacités physiques, elle est bien capable de vous arracher la main.
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Lizbeth
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MessageSujet: Re: Poupée de sang Lun 19 Mai - 0:49

Les yeux révulsés de la furie roulaient dans leurs orbites, à la recherche d'une escapade. Ils dardaient tantôt vers ses ravisseurs, tantôt vers l'imposant verrou. Alors que l'homme au regard luisant la narguait, Lizbeth plaqua son visage contre les barreaux, refermant ses mains griffues sur le métal sombre.

- Qui t'a permis de prononcer mon nom de jeune fille, pendard...?

La créature feula, puis se laissa tomber vers le fond de sa prison. Les événements de la nuit et sa blessure à la tête l'avaient épuisée. Lentement, la jeune femme orienta la tête vers Burnett, et pointa sur lui un index crochu :

- Toi! fit-elle d'une voix inquisitrice. Apportes-moi des vêtements. Il ne sied pas à une noble d'être ainsi dénudée!

Son index virevolta dans l'air, se posant cette fois sur Grindhouse. Son regard se fit plus dur, et sa voix prit un ton de défi.

- Et toi...! siffla-t-elle. Donnes-moi une bouteille d'alcool. Je vais te faire ravaler ton arrogance de mâle...!

L'homonculus tenait-elle l'alcool? Peu probable : son corps était frêle, et sa nature surnaturelle ne l'empêchait pas d'être intoxiquée. De plus, cela devait faire des années qu'elle n'avait pas bu une goutte d'alcool. Elle allait certainement s'effondrer après quelques gorgées de tord-boyau... Peut-être était-ce une solution comme une autre pour l'endormir?


Dernière édition par Lizbeth le Mer 21 Mai - 16:52, édité 1 fois
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Willhelm Grindhouse
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MessageSujet: Re: Poupée de sang Mer 21 Mai - 0:28

Depuis leur retour du manoir des Covenant, Willhelm avait la plus grande peine du monde à ne pas afficher sa jubilation. Lizbeth était un don! Un don qu'il saurait utiliser à son avantage! C'était une des clés qu'il avait toujours cherchées pour accéder à l'immortalité, c'était un de ces êtres capables d'une auto-régénération spectaculaire dont il enviait les effets...C'était enfin un être qui était censé contenir en elle une de ces fameuses pierres philosophales...

Neil y songeait-il? Que savait-il sur les Homonculus? En savait-il plus que lui? Son aide était encore précieux, pour l'instant...Mais l'idée que l'Etat puisse mettre son nez dans ses affaires et que ses recherches puissent profiter à d'autres que lui le crispait. Willhelm était un égoïste fini, un menteur, un voleur, un terrible traître lorsqu'il s'agissait de biens précieux et d'enquêtes scientifiques. Il était d'une jalousie maladive si d'autres Alchimistes trouvaient de nouvelles choses avant lui, il gardait ses recherches avec férocité et ne se gênait pas pour voler celles des autres et se les approprier. C'était un malade qui ne voyait que lui, que sa victoire prochaine sur le temps, que ses propres plaisirs. Neil n'était ici que l'instrument de sa volonté. Mais jusqu'où irait cette entente? Pour le moment, l'Alchimiste d'Etat l'avait suivi, aidé et appuyé en tout. C'était un bon départ. Peut-être allait-il lui être d'une aide bienvenue encore prochainement?

Mais pour l'heure, l'horloger laissait de côté toutes ces pensées alambiquées et se concentrait sur Lizbeth qui s'acharnait maintenant contre la cage. Depuis qu'elle s'était réveillée, sa fureur emplissait la pièce. Willhelm était heureux que son commerce soit entouré d'autres boutiques sans appartements et que, par conséquents, nul ne pouvait entendre ses cris. Dans ce laboratoire, loin de toute fenêtre, elle pouvait bien s'égosiller et cracher jusqu'à s'abîmer les codes vocales que personne ne viendrait à son secours, du moins l'espérait-il. Jusqu'à présent, il avait même réussi à travailler avec des Chimères à base de chiens et de chats sans jamais avoir de soucis avec le voisinage...

Ce qui animait le plus sa curiosité, c'était la capacité de régénération de la créature. Son cran à la tête avait déjà disparu et seules quelques traces de sang sur le haut de sa tempe laissait penser à une blessure. C'était stupéfiant!

Neil, qui avait accepté son verre avant de s'assoupir sur une chaise, venait d'être réveillé tout à fait par les hurlements de l'Homonculus. Willhelm lui jeta un regard amusé.


- Comme vous l'avez dit tout à l'heure, cela va être difficile de l'étudier sans se faire arracher un oeil...J'ai déjà donné pour ma part...Et, mine de rien, j'y tiens un peu plus que tout le reste...Fit-il en passant une main dans ses cheveux blanchâtres.

Les trois griffes qu'il portait au visage disparaîtraient avec le temps, ce n'était pas digne de laisser des cicatrices, c'était en surface de l'épiderme, mais cela avait suffit à mettre en garde Willhelm contre les ongles acérés de la demoiselle. Non...il ne comptait pas perdre ses yeux...Il en avait grandement besoin...

Lizbeth se remit alors à jouer la grande duchesse qui parle à ses sujets. Neil lui avait expliqué que la première fois qu'il l'avait vue elle l'avait prise pour son domestique. Quelle drôle de créature! Lui un domestique? Pfff! C'était stupide! Elle était décidément complètement tombée sur la tête...
Elle demanda des vêtements, ce qui fit rire l'horloger à plein gorge:


- Hahaha! Oui...oui...Neil...Allez lui chercher des vêtements...HAHA! Je dois avoir des robes dans mon armoire à l'étage...Son regard se fit plus sérieux. Je plaisante. N'y allez pas. Je n'ai rien pour elle à part une cape...Mais...je ne sais pas si elle a froid? Est-ce possible? Je me demande ce qu'elle ressent...

L'Homonculus s'adressa alors directement à lui en le pointant du doigt. Willhelm leva un sourcil. De l'alcool? Elle voulait boire de l'alcool?

- Les désirs de Ma Dame sont des ordres...Si elle souhaite une bouteille, hé bien soit! Je lui en offrirais une! Tenez...

Avec une courbette ridiculement ironique, l'Alchimiste s'approcha de la cage et fit rouler la bouteille de whisky jusqu'aux barreaux. Il était hors de question qu'il ne se tienne à portée de griffes. Redressant ses lunettes teintés, il resta accroupi pour observer les réactions de la jeune femme. Une fois qu'elle eut la bouteille dans les mains, il se releva et continua à l'observer tout en cherchant dans ses tiroirs une cape. Il n'en trouva pas mais il réussit à dégoter un tissus noir très tendre. C'était un genre de coton qu'il gardait pour le plier et en recouvrir parfois sa chaise afin de s'improviser un coussin. C'était assez grand pour que Lizbeth puisse s'enrouler dedans toute entière et imaginer que c'était un genre de toge...

Doucement, tandis que la créature s'occupait de la bouteille, il roula en boule le tissu et le lui balança en bas des barreaux.


- Ma Dame a aussi un vêtement maintenant, une belle étoffe des pays du Nord...Qu'elle en dispose comme bon lui semble, je lui offre dans ma grand mansuétude!

Pouffant légèrement de rire, Willhelm se rassied sur sa chaise. Il soupira. Il était fatigué, la pression de la veille et de la nuit retombait sur ses épaules. Il était encore plein de force, prêt à jouer à l'apprenti sorcier avec la créature et même de lutter contre elle à mains nues s'il le fallait, mais le soleil se levait déjà et ses yeux lui semblaient plus secs que jamais. Il finit son verre d'un coup et le posa sur l'établi avant de s'adresser à Neil d'une voix plus traînante:

- Je ne sais pas ce que l'on pourra en tirer mais je doute que l'on puisse songer à la laisser longtemps en vie...Sa voix était chuchotement à présent. Lizbeth semblait trop occupée pour les entendre mais valait mieux rester prudent.  Si elle possède une pierre philosophale en elle, je la veux à tout prix. Cette pauvre créature n'a aucun avenir, elle est trop dangereuse, trop instable pour espérer la relâcher un jour et la laisser vivre...même si elle reste enfermée dans un lieu tel que le manoir des Covenant...C'est trop risqué. A mon avis, ses crises d'hystérie ne finiront jamais.

L'horloger venait de dévoiler en partie ses intentions à Neil et il attendait de voir ses réactions. Peut être que lui aussi désirait obtenir une pierre philosophale? Peut être qu'il allait lui expliquer ce qu'il savait sur ce type de créature? En tous cas, quelle qu'allait être sa réaction, Willhelm venait de laisser son regard tomber sur le pistolet à fléchettes...
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Neil Burnett
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MessageSujet: Re: Poupée de sang Jeu 5 Juin - 18:33

Neil se pinça l’arête du nez, excédé par les nouveaux hurlements de Lizbeth. Ne pouvait-elle pas se taire et se contenter de ronger ses barreaux ? L’Alchimiste sentait monter un violent mal de tête, qui aurait au moins l’avantage de le maintenir éveillé. Lorsqu’elle s’adressa de nouveau à lui, il la fixa quelques instants comme s’il n’avait pas compris ce qu’elle lui demandait.

- Où diable voulez-vous que je trouve une robe dans une horlogerie ? Lâcha-t-il d’une voix tendue. Personne ne se soucie de votre apparence de toute façon. Nous avons bien d’autres problèmes.

Les cris de la créature commençaient à l’inquiéter. Si elle continuait, un voisin allait finir par venir se plaindre. Comment réussiraient-ils à se justifier si un policier débarquait pour cause de tapage nocturne ?

*Heureusement que le jour est déjà levé… Mais elle risque bien plus d’attirer l’attention maintenant. Avec tout le bruit qu’elle fait, on croirait qu’on assassine quelqu’un !*

Lorsque Willhelm lui annonça en riant qu’il avait rangé des robes à l’étage, il se dirigea vers l’escalier d’un pas pressé. Peut-être accepterait-elle de se taire si on lui offrait une tenue correcte… Cependant, son collègue l’arrêta tout de suite. Neil se sentit bête d’avoir réagi aussi vite. Bien sûr qu’il plaisantait ! Qu’est-ce qu’un homme comme lui ferait avec des robes ? Quoiqu’il aurait pu avoir été marié… Pourtant, l’Alchimiste l’imaginait mal avec une femme à son bras.

*Oui, c’est une bonne idée de lui donner de l’alcool. Cela m’étonnerait qu’elle en boive souvent. Avec cette carrure, il y a de grandes chances qu’elle s’écroule après quelques verres.*

Willhelm lui lança une grande étoffe noire, dans laquelle l’Homonculus pouvait aisément draper la totalité de son corps. Il la lui présenta comme un tissu précieux venu du Nord, dont il daignait lui faire cadeau. En espérant que cela suffise à la calmer…

- C’est d’une grande générosité de votre part, insista Neil en jetant un coup d’œil vers Lizbeth. Cette toge magnifique est digne d’une jeune fille de la haute noblesse.

Si la créature se laissait amadouer par ce qu’on venait de lui offrir, il serait sans doute plus facile de l’étudier. Mais l’Alchimiste d’Etat comprit vite que son partenaire comptait employer des méthodes radicales et définitives. Observer leur prise ne lui suffisait pas, il voulait ce qui la maintenait en vie. D’ailleurs, il s’agissait sans doute de son but dès le départ.

- Je comprends… Je crois que vous avez raison sur plusieurs points. Il est dangereux de laisser cette Homonculus en liberté. Nous sommes en quelque sorte devenus responsables d’elle en la capturant. Ici, elle ne peut s’en prendre à personne. Cependant, nous ne pouvons pas la garder indéfiniment dans cette cage. De même, il nous faudra un moment ou à un autre nous absenter tous les deux. Que se passera-il si elle parvient à s’échapper et qu’elle agresse un voisin ? En fait, je suis surpris qu’ils ne se soient pas montrés avec tout ce bruit.

Neil hésita avant de poursuivre. Il n’aimait pas l’idée de mettre à mort Lizbeth immédiatement. Il était lui aussi fasciné par la pierre philosophale. Quel Alchimiste ne le serait pas ? Mais ils ne devaient pas faire d’erreur avec ce spécimen unique. Ils risquaient de rater quelque chose d’important en se précipitant. Cette Homonculus serait peut-être la seule qu’ils rencontreraient au cours de leur vie.

- Je pense que nous devrions l’observer plusieurs jours avant de… De la disséquer. Il est possible que nous soyons surpris par certaines réactions. J’aimerais aussi vérifier ses différentes capacités. Vu ce à quoi j’ai assisté au manoir, je me demande si elle ne maîtrise pas un pouvoir inconnu. Tiens, il serait intéressant de la mettre en présence d’une horloge. Celle que j’ai trouvée dans les ruines semblait à moitié démolie. Pourtant, je suis à peu près sûr de l’avoir entendu sonner.

Tout ce qui s’était passé lors de sa première intervention au manoir le laissait encore perplexe. Qu’est-ce qui aurait pu expliquer ces bizarreries en dehors d’une créature née de l’Alchimie ? Neil commençait à sentir l’enthousiasme naître en lui.

- Il y a beaucoup de choses que je souhaiterais comprendre sur cet être. En tant qu’Alchimiste d’Etat, j’ai pu accéder à de nombreux ouvrages parlant des Homonculus. Pourtant, tout est tellement différent quand on en croise un ! Si vous avez besoin d’informations sur le sujet, je pourrai peut-être vous en apporter. Il y a des données, ou plutôt des évènements, qu’il me sera impossible de partager. Mais je ne compte pas vous cacher de connaissances théoriques ou pratiques, les seules importantes au final. Nous sommes déjà allés si loin, il serait idiot de nous mettre des bâtons dans les roues.

*Pourvu que mes supérieurs ne soient jamais au courant de cette opération…*
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Lizbeth
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MessageSujet: Re: Poupée de sang Ven 6 Juin - 22:35

La créature grogna tandis que l'homme aux yeux luisants faisait des ronds de jambe. Curieusement, elle ne semblait plus aussi dupe que la nuit passée, et les politesses exagérées lui échauffaient visiblement les oreilles. Cependant, elle ne broncha pas, et se contenta de passer la main à travers les barreaux pour se saisir de la bouteille et de la cape. "Un grand tissu du nord", affirmait le plus vieux. Lizbeth l'inspecta un instant, reniflant son odeur poussiéreuse.

- En temps normaux, je ne me serais même pas mouché avec, mais cela fera l'affaire.

Drôle d'attitude pour une jeune fille vêtue de guenilles qui vivait dans un manoir pourrissant. Cependant, elle semblait un peu plus calme à présent. D'un coup sec, elle dévissa la bouteille de whisky comme elle aurait brisé le coup d'un poulet. Le parfum alcoolisé lui irrita les narines, ce qui la fit grimacer.
Par fierté plus que par plaisir, Lizbeth ferma les yeux et en ingurgita une pleine gorgée. Manquant de s'étouffer, elle se mit à tousser fortement, la gorge en feu. Elle s'était longtemps demandé pourquoi l'accès à l'alcool lui avait toujours été interdit. A présent, elle comprenait un peu mieux...

La créature vida encore quelques lampées, à une fréquence bien trop élevée pour être raisonnable. Bientôt, elle se sentit mal, et sa vue se troubla. Elle entendait encore les murmures confus de ses ravisseurs, qui discutaient à voix basse. Qu'allaient-ils bien pouvoir faire d'elle?

Le temps passant, Lizbeth fut bientôt complêtement térassée par l'alcool. Elle avait bu bien plus que de raison, et bien trop vite. Et pourtant, elle n'était parvenu à vider que la moitié de la bouteille. Incapable de continuer, la prisonnière sentit monter en elle la honte et la colère.


- VOUS !!! hurla-t-elle soudain en se redressant, déchirant le silence qui s'était installé.

La jeune fille tituba, incapable de trouver l'équilibre, et se plaquant contre la porte de sa cage. Elle pointa approximativement un index accusateur sur le duo, avant de poursuivre :


- Ca vous amuse, pas vrai?! siffla-t-elle. C'est dans vos habitudes d'enlever des filles de la noblesse?! Vous vous sentez puissants...?!

Prise de nausée, Lizbeth peina à maintenir son appui sur les barreaux, et manqua de tomber. Victime de l'alcool, la jeune fille devint incapable de maîtriser son propre corps, et se mit à uriner, souillant sa robe et ses sous-vêtements. Sentant sur elle des regards moqueurs, elle fut prise d'une rage telle que les larmes lui montaient aux yeux.

- Ne me regardez pas!!! hurlait-elle, montrant les crocs et agitant les bras. Vous n'obtiendrez rien de moi, vous entendez?! RIEN !!!

Dans un éclair de folie, l'homonculus se mit à crier si fort que ses propres tympans en souffrirent. D'un mouvement maladroit, la jeune fille se saisit de la bouteille de whisky, la passa à travers les barreaux, et la lança avec violence contre l'une des lampes à huile qui éclairaient la salle. Les deux objets éclatèrent sous le choc, l'huile et l'alcool s'unifiant dans une gerbe, qui explosa au contact de la flamme.
En l'espace d'une seconde, un incendie s'était déclaré dans la pièce, léchant la paroi du mur, et entamant la consommation d'un petit meuble. Impressionnée par la déflagration, Lizbeth était tombé au fond de sa cage, l'air ahuri. L'effet avait été bien plus dévastateur qu'elle ne l'avait imaginé.

Un sourire en coin gagna ses lèvres, et la jeune femme s'empressa de saisir l'occasion pour narguer les alchimistes:


- Ne sous-estimez jamais une femme en colère...! gloussa-t-elle en frappant dans ses mains.

Emportée par son euphorie, elle jeta la cape qui lui avait été confiée dans le brasier, offrant une nouvelle proie aux flammes affamées. Le foyer augmenta encore en volume et, rapidement, se fraya un chemin jusqu'à la cage de la créature. Le rire enjoué de Lizbeth disparu, tandis que la paille qui tapissait sa prison commençait à roussir.


Prise de panique, l'homonculus se plaqua contre la paroi opposée, réalisant que son stratagème s'avérait aussi dangereux pour elle que pour ses geôliers. Elle essaya de balayer la paille du bout de ses orteils, mais cela donnait encore d'avantage d'intensité aux flammes, qui ne cessait de gagner du terrain.

- Sortez-moi de là...! Je veux sortir!!! se mit-elle à hurler, oubliant sa fierté l'espace d'un instant.

La terreur se lisait dans les yeux de la créature, qui une fois encore paraissait retrouver quelque chose d'humain. Secouant la porte de sa cage avec l'énergie du désespoir, Lizbeth implorait le secours, jusqu'à ce que les flammes ne la forcent à battre en retraite dans un coin.

Il n'avait pas fallu longtemps pour que la situation dégénère. L'incendie pouvait encore être maîtrisé, mais le temps de s'occuper des flammes, Lizbeth allait probablement brûler vive comme sur un bûcher. D'un autre côté, la libérer serait courir le risque d'être blessé, et la créature allait probablement disparaitre dans la nature à nouveau. Peut-être les sédatifs pouvaient-ils servir, mais Lizbeth avait déjà absorbé beaucoup d'alcool...
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Willhelm Grindhouse
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MessageSujet: Re: Poupée de sang Dim 8 Juin - 20:57

Depuis que Lizbeth était dans cette cage, dans ce laboratoire, Willhelm jubilait et s'amusait.
La pauvre créature avait d'abord hurlé à tue-tête pour réclamer sa liberté, puis elle avait exigé qu'on lui apporte des vêtements décents. L'Alchimiste s'était contenté de lui donner une cape de mauvaise facture en lui disant qu'elle venait du Nord, ce qui, en soit, ne voulait strictement rien dire. C'était censé donner au tissu un semblant de qualité. Neil le suivit dans son mensonge, ce qui le fit d'autant plus sourire que la créature ne sembla pas les croire. Finalement, elle était moins stupide que ce qu'ils avaient cru.


- Madame va devoir se contenter de cela si elle ne veux pas finir toute nue, sans rien du tout sur le dos. Fit-il en sirotant son verre.

Il souriait encore quant au fait que Neil avait failli monter à l'étage pour aller chercher une robe. Cela lui avait fait lever un sourcil. Avait-il vraiment l'air de faire partie de ces hommes qui multiplient les conquêtes féminines au point d'avoir dans ses penderies de pareils vêtements? C'était fort drôle et, à vrai dire, l'horloger en fut réellement flatté. Ainsi pouvait-il donner l'impression que c'était un homme à femmes...C'était bon à savoir. Mais ce qui l'intéressait bien plus dans cette histoire c'était que cela montrait surtout que l'Alchimiste d’État était prêt à dire Amen à la moindre de ses paroles. Il lui donnait donc tant de crédibilité? Pourtant, il semblait plus vieux que lui d'une bonne dizaine d'années, quoique Willhelm était très mauvais pour définir l'âge des gens sur leur visage. Cela aurait dû en faire le leader de cette incroyable aventure. Mais à chacun son caractère, et cela convenait fort bien à l'horloger. Si Neil avait montré un peu trop de passion pour le commandement, il l'aurait sans doute éliminé bien rapidement.

Le plus amusant fut cependant lorsque la créature se mit à brailler des insultes tandis qu'il la charriait avec sa bouteille d'alcool. Lizbeth se mit à le défier et à lui demander de lui donner à boire. Elle voulait lui prouver qu'elle pouvait elle aussi consommer semblable boisson. Cela arrangea bien l'Alchimiste qui souhaitait tester sur elle le liquide brûlant. Willhelm était un homme qui adorait soumettre les autres à sa volonté et leur prouver qu'il était le plus fort, le plus intelligent, le plus vicieux. Faire croire n'importe quoi à ce semblant de femme l'amusait, lui jeter une bouteille d'alcool aussi. Comment réagirait-elle? C'était une situation cocasse! Et pour la science, il était capable de tout. Si l'Homonculus réagissait mal au whisky, il serait toujours temps de noter les résultats et de l'achever pour chercher sa pierre philosophale. Qu'avait-il à perdre? Cela n'altérerait sans doute pas le précieux don d'immortalité. Il lui donna donc la bouteille et songea à sa dissection avec Neil.

Contrairement à ce à quoi il s'était attendu, son collègue improvisé ne tiqua même pas à la mention de la pierre philosophale qu'il voulait récupérer, ni à celle de la mise à mort de la créature. Cela lui semblait presque normal, prévu...Willhelm en fut tellement surpris qu'il l'écouta sans l'interrompre pendant un moment. Neil était d'accord avec lui: l'Homonculus était dangereuse, il était impensable de la remettre au manoir, sa pierre était précieuse pour eux et sa mort semblait inévitable. Il s'inquiétait également des voisins. L'horloger le rassura:


- Ne vous en faites pas, la maison de droite est celle d'une grand-mère sourde comme un pot et celle de gauche est une boutique. A cette heure, il ne doit y avoir que le gérant qui s'occupe de son stock. Du vin voyez-vous, il est souvent à la cave...Cependant, vous avez raison, il va falloir qu'elle se calme. Fit-il en jetant un regard soudainement sombre à la jeune femme qui buvait le whisky comme un coy-boy.

Il fut alors très intéressé par ce que lui dit Neil: son histoire d'horloge qui se réveillait en la présence de la créature était passionnante. Lui qui était non seulement Alchimiste mais aussi horloger et obsédé par le temps trouvait que cette Homonculus était décidément un don du ciel. Tant pis pour Fye, ce dernier ne s'était jamais montré au rendez-vous, et puis que valait-il avec ses étranges pouvoirs de glace face à un pouvoir de temps? Son regard brilla d'une vive lueur d'avidité.


- Oui...Vous m'en aviez déjà parlé avant...C'est fascinant! Il faut absolument faire cette expérience! J'ai une foule d'horloges cassées, dont les rouages sont grimés, dont le balancier est lent ou ce genre de chose...J'ai aussi une montre à gousset qui ne redémarre pas, je n'ai pas encore eu le temps de travailler dessus, ça tombe bien! C'est une excellente idée !

Mais alors qu'il jubilait à nouveau, Lizbeth se remit à hurler. Willhelm se tourna vers elle avec un regard désespéré. Mais qu'elle se taise ! Qu'est-ce qu'elle pouvait être bruyante ! Neil avait raison, à ce rythme-là, même la vieille Elizabeth allait l'entendre...Cependant, lorsqu'il la vit s'uriner dessus, un rictus triomphant remplaça son air contrarié. Ha ! Elle pouvait bien grogner comme un chien, gémir comme une génisse qui accouchait, cela ne changeait pas le fait qu'elle était elle aussi sensible à l'alcool.

- Il faut tout noter...Murmura l'horloger en cherchant des yeux un calepin et une plume dans son bric-à-brac. Il faut tout noter!

Et cette façon de demander à ce qu'on ne la regarde pas. Ainsi Lizbeth était-elle une créature pudique, capable de ressentir la honte. Son corps se régénérait à une vitesse déconcertante mais elle pouvait tout de même s'enivrer. C'était incroyable !
Tournant le dos à la cage, Willhelm farfouilla sur ses tréteaux et poussa du revers de la main plusieurs livres et  ustensiles de chirurgie. Enfin, il mit la main sur un morceau de parchemin vierge et s'enquit d'une plume.
Soudain, un fracas épouvantable de verre et une explosion de flammes surgirent près de lui. Lizbeth venait de jeter la bouteille d'alcool à moitié pleine sur une lampe à huile. Se protégeant le visage déjà balafré de trois longues griffures, l'Alchimiste lâcha le parchemin et ragea en voyant son coffre de draps s'enflammer.


-  Bon Sang ! Mais c'est pas vrai! Vite Neil aidez-moi !

Mais alors qu'il se dépêchait de jeter sur le feu des coups de pieds et d'étouffer les flammes avec tout ce qu'il trouvait qui pouvait couper l'arrivée d'oxygène sans prendre feu à son tour, la cape noire qu'il avait donné à l'Homonculus atterrit dans le brasier et projeta de nouvelles flammes dans le laboratoire.
Atterré, l'horloger se tourna vers la créature qui riait aux éclats. Il serra les dents et chercha des yeux le pistolet à percussion qu'il avait abandonné non loin. Cet excès de colère fut cependant rapidement endigué par la nécessité de la situation. Le feu ne pourrait pas être éteint s'il ne s'en occupait pas immédiatement et son laboratoire, son atelier, sa maison tout entière, ses recherches, tout y passerait ! Aussi Willhelm abandonna-t-il l'idée de tuer sur le champ la créature et enleva sa veste avant de remonter les manches de sa chemise. Ainsi, il dévoila les tatouages qu'il avait sur chaque bras avant de s'accroupir non loin des flammes. Il joignit les mains, comme pour faire une prière et son tatouage droit brilla d'une forte lumière orangée. Il appliqua ses mains sur les dalles qui recouvraient le sol de son laboratoire et ces dernières se transformèrent en poudre grisâtre sur deux mètres de diamètre. A pleine main, il se mit alors à jeter ce sable improvisé sur les flammes pour les étouffer. Il ne se préoccupait plus de Neil. Qu'il voit ses tatouages, qu'il réalise qu'il était capable d'user de l'alchimie de cette façon, qu'en avait-il donc à faire ? Par contre, lorsqu'il entendit Lizbeth hurler qu'il fallait la sortir de sa cage, il se tourna vers elle et réalisa qu'elle était effectivement en danger de mort.


- Neil ! L'Homonculus ! Il nous faut sa pierre !

Willhelm ne savait pas si le feu pouvait détruire une pierre philosophale mais il partait du principe que c'était sans doute la seule chose au monde qui pouvait le faire. Se redressant avec précipitation pour aider son collègue, l'Alchimiste trébucha sur un flacon qui traînait à terre et tomba une main dans les flammes. Ses cheveux prirent feu. Le cri de douleur qu'il poussa fut étouffé dans le sable dans lequel il plongea immédiatement sa tête. Sa main était pleine de cloques mais cela ne l'empêcha pas de se relever à nouveau et de se précipiter vers la cage en priant pour que Neil ait sauvé la créature.
Le crépitement du feu et la fumée altérait maintenant tout leurs sens, il n'y avait d'une petite fenêtre à ce laboratoire et une cheminée, ils ne pouvaient sortir que par l'atelier dont le parquet n'allait pas tarder à prendre feu. Une seule solution se présentait à Willhelm pour sauver un maximum de documents et le reste de sa maison : l'effondrement du plafond, un maximum de gravas.
Tant pis pour Neil, tant pis pour la vie de l'Homonculus, il pourrait toujours récupérer la pierre sur son cadavre.

Joignant les mains à nouveau, l'Alchimiste les appliqua contre le mur le plus proche et commença à dissoudre tout ce qu'il trouvait de minéral dans sa structure. Bientôt, une vague de sable formée par les murs et le plafond déferla dans la pièce. Des poutres tombèrent dans un fracas épouvantable, il y eu des éclats de verre en tout sens, un pied de son lit traversa le plafond et s'il n'avait pas arrêté-là son geste, sans doute serait-il tombé avec ses draps et édredons dans ce qu'il restait de flammes et les aurait ravivées. Heureusement, le foyer principal de l'incendie fut enseveli dans le sable, le reste continua de brûler mais avec un peu de courage il parviendrait à tout éteindre avant que l'ensemble de la maison ne disparaisse.
Haletant, Willhelm passa au-dessus d'une poutre et sentit sur sa peau une brise qui perçait la fumée. Le laboratoire avait désormais une énorme ouverture sur le côté et si la vieille Elizabeth jetait un coup d'oeil sur son jardin, elle l'aurait vu débouler sur l'herbe et s'y asseoir, couvert de traces noirâtres et de brûlures.
La tête dans les mains, l'Alchimiste pesta. Son laboratoire était détruit et il ne manquait pas grand chose pour que sa chambre se retrouve à sa place. Il ne voyait pas Neil revenir de cet enfer dans lequel quelques flammes continuaient de lécher des meubles.
Se relevant d'un coup, l'horloger prit une grande respiration et porta sa main à sa ceinture. La bouche ouverte, il réalisa avec horreur qu'il n'avait pas sur lui ses sacoches dans lesquelles il cachait ses craies et ses deux plus précieux livres d'Alchimies, ceux dans lesquels il avait gribouillé toute sa vie sous forme de notes dans les marges. Décidément, cette aventure allait lui coûter cher !
Comme un fou, il plongea dans les décombres et se mit à jeter des poignées de sable sur toutes les flammes qu'il trouva. A raison de coup de pieds, de gravas et de mouvements, il réussit à éteindre tout ce qui se trouvait à sa portée avant d'entendre un craquement sinistre au-dessus de sa tête. Relevant les yeux, il vit que son lit fendait ce qu'il restait du plafond et le menaçait. Rapidement, il s'enfuit pour éviter le danger. Puis il se mit à appeler :


- Lizbeth !! Lizbeth où es-tu ?! Neil ! Bon Sang ! Neil ! J'y vois rien !

La fumée pouvait se voir dans tout le quartier, c'était fini, il allait devoir déménager...Comment expliquer tout ce que les autorités allaient trouver dans les gravas ? Son laboratoire secret n'allait plus l'être, il allait devoir officialiser son Alchimie s'il ne voulait pas se voir finir en prison ! Il remettrait tout sur le dos de Neil...voilà, c'était la solution. Mais l'Homonculus ? Il fallait qu'il lui prenne sa pierre ! Lorsqu'il retrouva la cage...elle était en miettes.


Dernière édition par Willhelm Grindhouse le Sam 30 Aoû - 18:08, édité 1 fois
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Neil Burnett
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MessageSujet: Re: Poupée de sang Dim 20 Juil - 23:46

Comme il s'y attendait, Willhelm parut particulièrement intéressé par l'idée de confronter l'Homonculus à différentes horloges. Le hasard avait voulu qu'il demande l'aide d'un horloger pour maîtriser une créature pouvant agir sur le temps. La coïncidence était si réussie que cela lui paraissait presque inquiétant. Lizbeth aurait-elle pu agir sur son esprit pour le pousser à aborder un Alchimiste horloger, disposant d'un bâtiment discret... Non, c'était ridicule !

*Elle n'a conscience de rien, elle ne sait même pas qu'elle existe réellement...*

Neil se concentra sur les propos de son collègue pour oublier des idées qu'il considérait comme délirantes, ou peut-être liées à une grande fatigue. Oui, il avait de très bonnes idées... Ils découvriraient beaucoup de choses en travaillant sur les montres... Plongé dans ses pensées, l'Alchimiste sursauta quand il entendit les hurlements de la créature. Celle-ci venait d'uriner sur elle-même, sans doute à cause de l'alcool. Instinctivement, Neil détourna les yeux. Même s'il savait qu'il s'agissait d'une chose née de l'Alchimie, son apparence lui semblait encore trop féminine. Il ne se sentait pas ému par sa nudité, mais il était perturbé par certaines de ses réactions.

- Oui, c'est étrange qu'elle réagisse à l'alcool... Ce n'est pourtant pas un être humain. Mais c'est peut-être normal pour une simple copie, aussi fragile que l'original.

Comme il préférait ne pas regarder Lizbeth, Neil observa Willhelm qui semblait parti à la recherche de quelque chose... Un parchemin... A première vue, il voulait prendre des notes sur ce qui se passait. Soudain, l'Alchimiste entendit un bruit énorme, comme si on venait de briser un meuble.

- Qu'est-ce que... Bon sang !

L'Alchimiste vit une gerbe de flammes jaillir, sans comprendre d'où elle venait. Instinctivement, il se recula brusquement et plaqua sa main sur son visage. Un morceau de tissu noir s'envola vers le brasier, nourrissant un feu déjà très ardent. Sa main se crispa sur son nez et sa bouche tandis que les fumées l'entouraient.

- Il faut sortir d'ici ! Cria-t-il avant de s'étrangler.

Alors qu'il cherchait une sortie, il vit Willhelm se débarrasser de sa veste et remonter ses manches. Puis il s'accroupit près du feu... Mais il était fou ! Il fallait qu'ils sortent tout de suite ! Neil se précipita vers lui, mais il fut prit d'une violente quinte de toux. Ses yeux irrités étaient remplis de larmes et sa bouche ne trouvait plus d'air. Il devait faire quelque chose avant qu'il ne soit trop tard. Sa main droite plongea dans sa veste pour prendre sa craie d'Alchimiste. Il la sortit du premier coup, comme si sa main savait où elle se trouvait. Il se dirigea vers la base des flammes les plus proches et se laissa tomber à genoux sur le sol.


*Non, il a raison... On doit tenter quelque chose avant qu'il ne soit trop tard...*

Soudain, une vive lumière attira son attention. Willhem venait de se servir de l'Alchimie pour modifier une partie du sol. Neil le regarda fixement, figé par la surprise. Avait-il bien vu ? Pendant un instant, ses tatouages semblaient s'être illuminés comme s'il s'agissait de symboles alchimiques. Comment avait-il pu réussir une chose pareille ?

*Je lui poserai des questions plus tard. Pour l'instant, il faut absolument éteindre cet incendie !*

Aveuglé par la fumée, Neil ne voyait plus très bien ce qu'il faisait. Heureusement, il connaissait par cœur certains symboles alchimiques. Celui qu'il traça devait créer assez d'eau pour transformer le sol en une gadoue relativement compacte. Il ne voulait pas non plus ruiner les fondations du magasin de son collègue s'il pouvait l'éviter. Hélas, son tracé ne fut pas aussi précis qu'il l'espérait.

*J'ai l'impression... Oui, le sol s'humidifie. Mais ce n'est pas suffisant !*

Il entendit Willhem lui crier quelque chose à propos de la pierre de Lizbeth. Sa voix fut couverte par la voix de Lizbeth, terrifiée à l'idée de mourir brûlée. Eux aussi risquaient de griller tout vifs à ce rythme !

- Je peux pas tout faire ! Brailla-t-il, de plus en plus angoissé.

Pourtant, il voulait lui aussi sauver l'Homonculus. C'était la première fois qu'il se retrouvait en face d'une telle créature. Et il la perdrait aussi bêtement ? Certainement pas !


*Je vais tenter de refaire ce que j'ai dessiné dans le manoir...*

Neil plaqua sa main gauche sur sa bouche et s'approcha de la cage. Il dut s'arrêter avant de l'atteindre pour éviter d'être intoxiqué. Il se pencha pour tracer un symbole proche de celui réalisé dans les ruines. Cette fois-ci, il espérait fendre tout ce qui se trouvait à moins d'un mètre. Tant pis pour la cave, il n'avait plus le temps de réfléchir à autre chose. Au moment où il relevait sa craie, un flash de lumière explosa suivi d'un grand craquement. L'Alchimiste se recula, mais il ne put pas juger du résultat de son action. Une vague de cendres s'était envolée pour se mêler à la fumée, ce qui lui bouchait complètement la vue. Alors qu'il s'écartait, il entendit de nouveaux bruits très inquiétants. Il se tourna vers Willhem pour lui dire qu'il valait mieux s'enfuir. Brusquement, il vit un flot de sable jaillir au-dessus d'eux. La maison tombait en poussière au sens propre du terme ! Les vitres, les murs, les poutres... Tout risquait de suivre très vite !

*D'un autre côté, c'est le meilleur moyen d'étouffer l'incendie. C'est sans doute ce qu'il cherchait à faire. Mais nous n'allons peut-être pas survivre à cet effondrement !*

Cependant, le plafond résista mieux qu'il ne le craignait. Le sable parvint à étouffer le dangereux incendie avant que le reste de la maison ne leur tombe dessus. Neil vit son associé s'extirper de la cave. Il hésita à le suivre, car il voulait essayer de récupérer Lizbeth, ou ce qu'il en restait. Il se dirigea avec précaution vers la cage, étouffant sous le sable les flammes qu'il voyait encore. Il se retourna quand il entendit du bruit derrière lui. Willhem était bien sûr revenu pour la même raison que lui. L'Alchimiste s'approcha de lui et s'aperçut qu'il avait été sérieusement brûlé.

- Vous ne devriez pas rester ici ! Lâcha-t-il d'une voix inquiète. Vous semblez gravement blessé, il faut vous soigner rapidement !

Pourtant, Neil sentait qu'il ne partirait pas tant qu'ils n'auraient pas retrouvé l'Homonculus. D'un autre côté, il aurait sans doute fait la même chose à sa place.

- Quand vous avez crié, j'ai tenté quelque chose pour briser la cage. Mais il y avait trop de fumée, je ne sais pas si j'ai réussi. J'ignore si cette créature a réussi à s'enfuir, si elle est morte ou si elle se cache quelque part...

Cette dernière option lui fit froid dans le dos. Ils n'avaient pas besoin d'une Homonculus folle, prête à les égorger ou les éventrer de ses trop longues griffes. Il redressa vivement la tête quand il entendit un bruit, mais celui-ci venait du plafond.

- Les restes de la cage sont par là je crois. Si on ne trouve rien, il vaudra mieux sortir. C'est trop risqué de rester ici pour l'instant. De plus, il serait préférable que vous vous fassiez soigner rapidement.

Neil faillit proposer à Willhem de l'emmener voir son médecin de famille ou même de l'héberger tant qu'il n'aurait pas trouvé un nouveau logement. Il décida de se taire car il ne voulait pas vexer son collègue. Celui-ci se sentirait peut-être humilié par l'offre de l'Alchimiste, comme s'il sous-entendait qu'il était incapable de se débrouiller seul. En fait, il avait encore du mal à se sentir à l'aise avec lui. Il n'en savait pas assez sur son compte. Qui sait comment il réagirait après la perte de son commerce et de sa maison ? De même, si toutes ses recherches se déroulaient ici, peut-être avait-il perdu bien plus de choses que Neil ne pouvait l'imaginer.
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MessageSujet: Re: Poupée de sang Dim 24 Aoû - 23:23

Les poumons de la créature brûlaient, alors qu'avec peine, elle s'extirpait des décombres. Lizbeth n'avait pas tout à fait suivi le cours des événements : elle se souvenait des flammes qui lui brûlaient les orteils, de la fumée qui l'étouffait, puis d'une grande secousse. L'instant d'après, sa cage fut éventrée par l'une des voûtes du plafond. L'homonculus manqua l'écrasement de peu, et c'est par instinct qu'elle parvint à s'en sortir.

A présent, la jeune fille rampait sur les dalles humides de la rue. Son visage ruisselait de sang, plusieurs entailles parcouraient son corps, et son épaule gauche était déboîtée. Toujours victime de l'alcool et à bout de souffle, Lizbeth se mit à vomir de nouveau. Elle finit par se redresser avec peine, et observa les alentours.

Partout, aux alentours, les fenêtres s'éclairaient : l'aube approchait, et les voisins avaient été réveillés par l'effondrement. L'incendie n'avait pas pu s'étendre, mais l'horlogerie elle-même semblait en avoir souffert. Une certaine agitation s'installa, tandis que les badauds s'agglutinaient.
Soudain, les yeux rougis de la créature repérèrent les deux hommes avec qui elle avait partagé cette désagréable soirée. Les alchimistes n'étaient qu'à une quinzaine de mètres, et semblaient hésiter à pénétrer à nouveau dans les décombres. Lizbeth grimaça, tant par colère que par douleur. Elle jurait intérieurement que, à la première occasion, elle leur ferait la peau.


- Mademoiselle! s'exclama-t-on. Mademoiselle, ne paniquez pas, quelqu'un va venir s'occuper de vous!

Il s'agissait d'un policier qui, alerté, s'était précipité à son secours. Une foule se formait, et les forces de l'ordre commençaient à arriver. Lizbeth, qui se trouvait alors ensanglantée, blessée, ivre et pratiquement nue, ne se sentait pas capable de s'enfuir. A la place, elle saisit l'occasion qui se présentait à elle:

- Aidez-moi, hoqueta-t-elle, la gorge sèche et les yeux larmoyants. Ces deux hommes... ils m'ont battue, puis ils m'ont enlevée, déshabillée, saoulée et enfermée comme une bête... Ne les laissez pas m...

Soudainement, son coude glissa sur les dalles de pierres, et son épaule blessée émit un affreux craquement, arrachant à l'homonculus un cri déchirant. Plusieurs personnes affluèrent autour d'elle, tandis que son regard se perdait dans le vague. Les altérations de l'alcool, de la fumée et de la douleur finirent par avoir raison de ses forces, et la firent de nouveau plonger dans l'inconscience.

La nuit avait été agitée, et la journée qui allait suivre promettait de ne pas être une partie de plaisir...
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MessageSujet: Re: Poupée de sang Sam 30 Aoû - 18:57

Une simple copie...
Oh non...Lizbeth n'était pas une simple copie. Contrairement à ce que semblait penser Neil, un Homonculus n'était pas une copie, c'était une créature à part entière qui gardait en partie la forme de ce que l'on avait tenté de ressusciter mais qui posséderait toujours ses propres traits, sa propre personnalité, ses propres pensées et pouvoirs. Lizbeth était bien plus qu'une simple copie: c'était un être unique! Un être qui possédait le don de l'immortalité! Un être qui conservait au creux de ses entrailles une pierre de vie! LA pierre de vie que tous les Alchimistes cherchaient!

Mais pour le moment, Lizbeth était surtout pour Neil et lui, un animal en furie, une poupée faite de chair et de sang, une sale garce qui méritait une balle dans la tête. C'était leur prisonnière, leur cobaye, l'objet de leurs futures expériences qui avait trouvé le moyen de réduire en miettes son laboratoire...
Willhelm était désemparé.
Au milieu du champ de ruines qui lui restait, (en partie grâce à Neil qui l'avait aidé à son insu), l'Alchimiste réalisa que tout avait basculé dans le pire de ses cauchemars. Son laboratoire était en partie brûlé, sa maison était complètement éventrée, sa chambre branlante menaçait de faire tomber le plafond sur sa tête et il venait de trouver la cage de l'Homonculus totalement ouverte. C'était l'apocalypse! La maréchaussée n'allait pas tarder à rappliquer, les voisins devaient déjà être tous sorti de leurs maisons et l'Alchimist Room ne mettrait pas longtemps à lui tomber dessus pour pratique illégale de l'Alchimie sur sujet vivant.  

Adieux à sa tranquillité! Adieux à ses recherches! Adieu à la pierre philosophale!
Non, il ne pouvait s'y résoudre...

Haletant, couvert de charbon et de poussière, l'Horloger abandonna la cage en titubant. Il quitta le laboratoire et traversa des flammèches qui léchaient encore l'encadrement de la porte qui donnait sur son atelier avant de se mettre à ouvrir tous les tiroirs de ses établis avec frénésie. Sa panique lui fit faire des gestes brusques et à son front perlèrent de nombreuses gouttes de sueur qui brûlèrent sa peau à vif sur ses joues. Enfin, il trouva ce qu'il cherchait: ses sacoches où il gardait ses craies et ses deux livres de notes. Toute sa vie. Elles étaient là, sur un rebord de poutre. D'un mouvement, il les attrapa et passa la ceinture autour de sa taille avant de se précipiter dehors. Au passage, il vit son reflet dans un miroir brisé dans le laboratoire: la moitié de son visage saignait, sa chair était à vif par endroit et les trois longues griffes que l'Homonculs lui avait faites rayaient son visage en biais. On eut cru qu'il revenait de guerre, c'était affreux.
Sans se préoccuper de son état, l'Alchimiste se mit à chercher la créature. Il zigzagua en tout sens tout en criant son nom.


- Lizbeth! Lizbeth! Où es-tu!? Lizbeth! Reviens!

Il tomba alors soudainement sur Neil qui lui parla immédiatement de soins en voyant son visage en partie brûlé. Cela le mit hors de lui.

- Tu plaisantes? Il faut plutôt retrouver cette saloperie avant que le Yard rapplique! Elle n'est plus dans sa cage, je l'ai retrouvée éventrée et complètement vide! Elle ne peut pas être morte! C'est pas possible! Et quand bien même ce serait le cas, tant mieux! C'est sa pierre que je veux! Elle est forcément pas loin!

Mais alors qu'il reprenait ses recherches, un détail le frappa: lorsqu'il était parti dans l'atelier, il avait aperçu des traces de sang sur le parquet. Dans son esprit, il n'avait pas fait le lien avec l'Homonculus puisqu'il était habitué à voir du sang en ces lieux à cause de ses expériences sur les Chimères, sauf qu'avant l'arrivée de Neil, il avait tout nettoyé, comme à chaque fois qu'il ouvrait sa boutique aux clients...

Il se tapa le front et poussa un cri de rage et de dépit.


- Bon sang! A tous les coups elle est sortie!

Il l'avait sans doute loupée de peu mais elle était passée devant lui et avait quitté la boutique. C'était la seule solution, à moins qu'elle ne se trouve sous un pan de mur. Sautant par-dessus les décombres, Willhelm retourna à l'intérieur, traversa le peu qu'il restait du laboratoire, passa dans l'atelier et la boutique avant de se stopper net devant la porte qui était grande ouverte sur la rue.

- Il y a quelqu'un à l'intérieur!

- Oui regardez!

- Monsieur? Est-ce que ça va?

- C'est forcément un des sagouins qui retenaient cette jeune fille!

- Les renforts de police arrivent! Écartez-vous!

Étranglant un juron particulièrement bien senti, l'Horloger fit demi-tour. Tant pis, il devait quitter les lieux, disparaître, abandonner la partie pour cette fois. La foule massée devant sa boutique avait récupéré l'Homonculus qui leur avait sans doute dit qu'elle avait été séquestrée. C'était trop tard. Il ne pourrait jamais justifier tout ça au Yard, encore moins aux grands pontes de l'Alchimie. S'il ne fuyait pas, ce serait la prison.

- Lizbeth! J'aurais ta peau! Tu ne perds rien pour attendre!

Ses menaces balancées alors qu'il repartait vers le fond de sa boutique rendirent la foule hystérique. Les femmes crièrent au scandales, les hommes commencèrent à entrer, la police arriva tant bien que mal en écartant les badauds, forçant les gens à sortir pour garantir leur sécurité. Tout le bâtiment risquait de s'effondrer.

Repassant devant Neil, Willhelm s'arrêta le temps de l'attraper par le col.


- Elle a filé! On aurait dû la disséquer directement sur place! Maintenant tout est perdu! Je te préviens: cette Homonculus est à moi, ne t'avise pas de me la prendre, je vais lui faire payer! Et si tu parles au sujet de cette affaire, t'es mort.

Sur ces mots, l'Alchimiste lâcha le col de son collègue, redressa ses lunettes sur son nez et s'enfuit par le jardin du voisin. Passant par-dessus un muret de pierre, il disparut bientôt au loin.

Spoiler:
 

[HRP/Fin du RP avec Willhelm. Suite à définir./HRP]
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Neil Burnett
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MessageSujet: Re: Poupée de sang Jeu 2 Oct - 18:24

Neil se retourna quand il entendit la voix de Willhelm à quelques mètres de lui. Apparemment, son collègue n'avait pas réussi à remettre la main sur l'Homonculus. La situation était grave, car ce genre de créature risquait d'agresser n'importe qui sous l'effet de la colère. Une femme, un enfant... Même un homme pouvait être en danger entre ses mains monstrueuses. Il fallait la retrouver au plus vite !

*Si elle était morte, on aurait trouvé quelques restes... Ou sa pierre philosophale...*

Non, ce genre de chose ne pouvait pas brûler. L'Alchimiste n'y croyait pas. D'ailleurs, Willhelm semblait du même avis que lui. Lorsque Neil s'inquiéta pour son visage brûlé, l'autre homme le rembarra brutalement. Comme s'il avait le temps de s'occuper de ce genre de détails ! Son partenaire n'ajouta rien, se contentant de fixer le sol d'un air soucieux.

- Je ne pense pas qu'elle soit morte, sa cage s'est effondrée suffisamment vite pour qu'elle échappe au feu. En fait... Je crois que c'est moi qui l'ai démolie...

Neil n'eut pas l'occasion de regretter son aveu, car Willhelm était déjà reparti. Il n'avait sans doute pas entendu sa dernière phrase, ce qui était peut-être préférable. L'Alchimiste d'Etat continua à fouiller les restes de la maison à la recherche de quelques indices. Cependant, il dut se rendre à l'évidence : il n'y avait rien à tirer de ces ruines. En restant là, il risquait surtout de recevoir le reste de la charpente sur le crâne. Sincèrement désolé pour l'Horloger, il décida de le rejoindre dehors pour continuer ses recherches. Mais alors qu'il se dirigeait vers l'une des issues, il vit Willhelm jaillir dans la pièce.

- Qu'est-ce qui se passe ? Tu as repéré ses traces ? Tu penses qu'elle s'est cachée dans le bâtiment ?

Sans prendre la peine de répondre, l'homme se précipita vers lui et l'attrapa par le col. Stupéfait, Neil resta figé sur place tandis que son ancien associé laissait libre court à sa colère. Il ne se gêna pour le menacer, prétendant qu'il irait jusqu'à le tuer s'il ne se montrait pas discret.

- Mais... Mais ça va bien oui ? J'y suis pour rien si tu poses tes lampes n'importe où ! Je t'avais dit et répété qu'elle était dangereuse, qu'on devait prendre toutes les précautions possibles ! Espèce de... de... Espèce d'escroc !!!

Dire qu'il était prêt à lui ouvrir la porte de sa maison ! Quel imbécile... Il fallait vraiment qu'il se montre plus méfiant. Jamais, jamais il n'aurait dû faire confiance à un Alchimiste non-officiel. On ne savait jamais sur quelle racaille on pouvait tomber ! Furieux, il suivit Willhelm pour tenter de le rattraper et exiger des explications. Malheureusement, il se retrouva bloqué par un pan de mur. Le temps qu'il parvienne à le contourner, l'ancien Horloger avait déjà filé.

*Bon, je suis où moi ? J'ai l'impression que je suis sorti par une autre ouverture. Tiens, on entend des bruits de voix par là...*

Comme il était resté dans la maison, il ne savait pas que Lizbeth avait cherché de l'aide auprès des habitants du quartier. De là où il se trouvait, il ne pouvait pas contourner les restes du bâtiment pour revenir dans la rue principale. Il emprunta donc le même chemin que Willhelm, en passant discrètement par le jardin du voisin avant de rejoindre l'une des rues adjacentes. Là, il brossa ses vêtements couverts de poussière, puis il se dirigea vers le petit attroupement. Il ne comprenait pas pourquoi son ex-partenaire s'était enfui sans demander son reste. Ne voulait-il pas sauver ce qu'il restait de ses biens ? A moins qu'il n'ait trop de choses à cacher... Soudain, Neil se figea sur place.

*Ce n'est pas possible... J'ai du mal entendre !*

D'après la discussion qu'il venait de saisir, la police avait pris en charge une jeune fille gardée prisonnière et torturée par deux ignobles individus. L'un d'entre eux avait filé, mais l'autre était peut-être coincé sous les ruines. Il fallait le capturer avant qu'il ne s'échappe ! Quelle chance que la boutique se soit effondrée, sans quoi leur pauvre victime serait peut-être morte à l'heure qu'il est !

*C'est un cauchemar... Je vais me réveiller...*

Paniqué, l'Alchimiste fit demi-tour pour retourner dans la petite rue qu'il venait de quitter. Il comprenait mieux la réaction de Willhelm à présent !

*Le fiacre... Que doit-on en faire ? Bah, ce n'est pas mon problème ! C'est Grindhouse qui l'a loué, c'est lui que cela regarde. De toute façon, la police le ramènera sans doute à son propriétaire.*

De petite rue en petite rue, Neil s'enfonça dans des quartiers qu'il connaissait pas. Pourtant, il n'en avait cure. Il pensait surtout aux conséquences de cette nuit sinistre. Sous la garde du Yard, Lizbeth semblait pour l'instant hors d'atteinte. Peut-être finirait-elle dans les mains d'autres Alchimistes d'Etat, si les policiers finissaient par comprendre à quoi ils avaient affaire. A moins qu'elle ne réussisse à leur fausser compagnie. Il faudrait qu'il lise les journaux pour connaître les suites de cette histoire.

*J'espère qu'elle ne leur donnera pas notre signalement. Cette teigne ne serait bien capable ! Elle m'a déjà vu deux fois, elle risque de se rappeler de moi.*

Neil avait déjà pris la décision de ne parler à personne de ses mésaventures. Si par malheur ses supérieurs apprenaient qu'il s'était associé à un Alchimiste libre pour étudier une Homonculus et, bien pire, que cette dernière leur avait échappé, il ne donnait pas cher de sa carrière.

*Mais je n'abandonnerai pas moi non plus ! Je finirai bien par la retrouver. Je ferai les choses dans les règles cette fois-ci. Pas question de m'associer à nouveau avec l'un de ces Alchimistes illégaux !*

[HRP/ Ce fut un plaisir pour moi aussi. Je ne sais pas encore comment les choses vont évoluer, mais il y a beaucoup de potentiel. En attendant, le RP se finit là pour Neil. Un lien sera posté prochainement vers la suite. /HRP]
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Poupée de sang

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