L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Perle de nacre [Swan, Sidka] [18/03/42]

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Sidka
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MessageSujet: Perle de nacre [Swan, Sidka] [18/03/42] Jeu 24 Juil - 0:12

[HRP/ Après le RP "Sous le ciel battant se rencontrent des âmes" et une ellipse.../HRP]

Dans une petite ruelle étroite, non loin du Waterloo Bridge, un homme était assis contre le mur d'un vieil entrepôt de briques rouges. Entre ses doigts allongés dont la peau mate portait la marque d'un travail laborieux, un couteau aiguisé brillait à la lueur des derniers vestiges du jour que le soleil couchant offrait à la capitale. Le ciel, bariolé de rose et d'ocre, était déchiré de nuages sombres en souvenir du terrible orage qui avait soufflé la veille et une partie de l'après-midi. Il faisait humide et chaud, l'air était cruellement lourd, comme s'il souhaitait étouffer les mortels qui fourmillaient sur terre. Les pavés de la capitale luisaient de filins d'eau et de vase là où les timides rayons du soir n'avaient pas eu le temps de les sécher.
L'homme n'était vêtu que d'une veste noire ouverte et d'un vieux pantalon rapiécé par endroits. Il ne portait même pas de chemise, arborant son torse musclé sans honte aucune, sans gêne ni pudeur. Troué au genoux gauche, son pantalon retombait sans grâce sur des bottines ternes qui ne semblaient pas avoir été entretenues depuis des siècles. Ce qui était le plus atypique dans son apparence c'était sa coiffure complètement farfelue : le côté gauche rasé laissait voir son crâne tandis qu'une houppe recouvrait l'autre partie de sa tête comme une crinière de cheval, dans un mouvement ondoyant sans aucune tenue.
Le coude posé sur l'autre genoux plié vers sa poitrine, il faisait tournoyer son couteau avec une habileté déconcertante, tenant tantôt son manche enroulé de cuir brun, tantôt sa lame de fer blanc. Son mouvement paraissait habituel, mécanique, presque trop simple. C'était comme s'il l'exerçait sans même y songer, avec la facilité du connaisseur et, même si pour l'heure son regard était tourné vers le ciel, cela n'avait rien de rassurant pour les quelques rares passants qui arrivaient à sa hauteur. La plupart étaient des ouvriers qui rentraient chez eux, certains l'évitaient du regard, d'autres lui jetait un coup d'oeil rapide avant d'accélérer leurs pas.
À cette heure, il ne faisait jamais bon traîner dans les rues, surtout dans ce quartier où les meurtres étaient monnaie courante malgré la présence de quelques miliciens qui patrouillaient depuis quelques mois.

Sidka avait toujours attiré les regards. Que ce soit par crainte ou par curiosité, les londoniens appréhendaient sa rencontre. Quoi de plus normal lorsque l'on se rendait compte que son teint n'avait rien d'européen, que ses vêtements étaient presque indécents, qu'il avait une coiffure des plus effrayantes pour l'époque ? Parfois, on le croisait même avec de la peinture sur le visage comme ces sauvages dont les récits des explorateurs du nouveau monde faisaient depuis quelques siècles...Sidka était à lui seul un océan improbabilités et de surprises exotiques. Au milieu des femmes corsetées, des sires portant le haut de forme et la queue de pie, au milieu des ouvriers coiffés de bérets et des marchandes à tablier, où qu'il se trouve, quelle que soit la classe sociale qu'il abordait, il faisait toujours partie de ces étrangers excentriques qu'il fallait éviter si l'on ne voulait pas se forger une sale réputation voire pire, attirer sur soit les cancans et les scandales.
On le connaissait sous le surnom de « l'indien », on en parlait comme d'une bête surprenante que l'on aurait croisé au détour d'une expédition dans un zoo et beaucoup lui attribuaient volontiers quelques unes des disparitions dont les journaux faisaient à peine mention mais qui laissaient les commères s'extasier de commerce en commerce, depuis les salons de thé jusqu'aux promenades dans les parcs. Sidka était surtout connu dans les quartiers les plus défavorisés, et notamment dans celui des tanneries où il habitait et travaillait régulièrement. Heureusement, personne n'avait jamais eu à se plaindre de lui, sauf une paire de truands auxquels il avait cassé le bras dans quelques combats de rue qu'il n'avait pas motivés de son propre chef.

Sidka se savait pris pour un fou et, même s'il adorait provoquer autrui et se battre, il évitait généralement de se frotter aux autres par simple besoin de paix. Qu'on le traite de tous les noms possibles et imaginables, qu'on lui mette sur le dos quelques crimes et bagarres ou qu'on le regarde comme une bête lâchée dans la ville, l'iroquois n'en avait cure. Son âme était saine et, même s'il pouvait parfois souffrir de son passé et de sa solitude, ses entités l’accompagnaient toujours. Car Sidka n'était pas uniquement le fils de différents mondes, c'était aussi un Lycanthrope. Cette force, personne ne pourrait la lui reprocher car il cachait sa nature profonde, comme la plupart de ses semblables, et s'en abreuvait dans les moments les plus difficiles de sa vie, en conversant avec son intérieur le plus intime. Koulaï et Cocoa, ses deux entités totémiques, lui parlaient régulièrement et entretenaient avec leur porteur d'excellents rapports, soulageant ses peines, accentuant ses joies, motivant son âme avec toute la force dont elles étaient capables. Cela l'aidait à supporter les regards, à conserver la paix sur son cœur et à oublier ses malheurs. Cela le poussait en outre à aller de l'avant et à combattre, toujours, à se relever, toujours, et à prendre en main son destin sans que quiconque ne puisse se croire assez puissant pour gouverner ce dernier à sa place.

Cessant son geste avec l'arme blanche, Sidka prit dans une de ses poches de pantalon ce qui semblait être un morceau de bois grossier et se mit à l'érafler doucement du bout de sa lame. En vérité, c'était un petit totem sculpté par ses soins, comme il en faisait souvent, à l'effigie d'un animal des plus nobles : un ours. Il lui restait à graver les poils de son col, ses griffes et sa truffe. Avec dextérité, il continua tranquillement son ouvrage en réfléchissant à la journée qu'il venait de passer.
Le vieil Oswald Mac Right avait fait appel à ses services pour déplacer son piano. Avec l'aide de quelques gars, l’iroquois avait accompli l'exploit de monter l'imposant instrument de musique au deuxième étage de la maison bourgeoise de ce gredin de trafiquant de poudre. Il payait, c'était le principal, mais Sidka n'avait jamais aimé ses manières. Il prenait des errants dans son genre pour accomplir ses petits caprices tout en étant certain qu'aucun parlerait grâce à son argent. Un de ces jours, il finirait avec une balle entre les deux yeux et sa jolie cassette remplie d'or s'envolerait d'un coup d'un seul. Inutile de le mettre en garde. Ce type d'homme n'avait déjà aucune considération pour les paroles de ses pairs...Tant pis pour lui.
Laissant de fins copeaux de bois tomber à ses pieds, l'iroquois soupira. Il avait mal à l'avant-bras droit à cause de cette histoire et cela n'était pas pour lui plaire. Abandonnant sa statuette de bois à ses pieds ainsi que son couteau, il farfouilla dans une poche à l'intérieur de sa veste dépareillée et en sortit sa pipe. C'était un bel objet à long manche sculpté de motifs de plantes. Il y fourra une touffe de tabac et l'alluma à l'aide d'une allumette. Jetant au loin le bâtonnet calciné d'une pichenette, le Lycanthrope respira quelques bouffées et porta son instrument à sa bouche pour reprendre son ouvrage en fumant du coin de la bouche.
Au bout d'un moment, il compara sa nouvelle statuette avec celle qu'il portait autour du coup au bout d'une ficelle et qui avait, elle, la forme d'un oiseau aux ailes déployées. Apparemment plutôt satisfait de son ouvrage, il sourit et reprit quelques détails qui le gênaient comme les oreilles qu'il arrondit encore ou la queue qu'il ajouta en forme de triangle creusé dans le bois.

Lentement, le soleil disparaissait derrière les toits et les cheminées de la ville. Dans cette ruelle sans importance, de moins en moins de citoyens s'attardaient. C'était bientôt l'heure de retrouver sa femme, de coucher ses enfants, de boire une soupe bien chaude ou de grignoter un infime morceau de pain pendant que d'autres festoyaient autour de banquets fabuleux dressés pour quelques bals débauchés. Ce serait bientôt l'heure du chat-huant et des loups, l'heure des créatures de la nuit, l'heure pour Koulaï de se dégourdir les pattes dans le parc le plus proche...
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Swan Carthew
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MessageSujet: Re: Perle de nacre [Swan, Sidka] [18/03/42] Sam 26 Juil - 0:00

[HRP/ Après "Dans la demeure de l'assassin" /HRP]

Le crépuscule tombait sur cette belle cité qu’était Londres. La ville semblait s’embraser les jours ou comme celui ci on voyait le disque solaire se coucher parant le ciel de couleurs plus belles et particulières les unes que les autres. Ocre, rose, jaune et orange. Mais des nuages assombrissaient encore le ciel au loin, vestige du terrible orage qui avait ravagé la ville.
La belle sortait rarement à ses heures alors que le soleil n’était pas encore couché. Mais la nuit dernière l’avait vraiment ébranlé et elle avait bien besoin de marcher. La jeune femme aux yeux myosotis avait donc revêtu une chemise de lin blanc sur un pantalon de cuire souple et avait chaussé comme à son habitude ses cuissardes semblant sortir d’une époque plus ancienne. Pour parfaire sa tenue masculine elle passa un long manteau noir assez semblable à ce lui d’Asher mais moins riche et un long chapeau rabattu vers l’avant pour cacher son visage au traits gracieux. Ses habits étaient plutôt simple, elle ne souhaitait pas se faire détrousser, ni reconnaître.

Un peu plus tôt après avoir payé son passage sur le pont de Waterloo Bridge elle avait offert sa bourse à une pauvre femme en haillon, qui avait certainement prit froid vu comme elle toussait,  accompagné d’une petite fille au visage d’ange et d’un bambin tout barbouillé de boue à cause de l’orage. Cette misère faisait de la peine à la belle jeune femme, elle même cette opulence dans laquelle elle vivait alors que sur le pas de sa porte des miséreux mourraient de faim.
La jeune aristocrate n’avait jamais connue la faim. La faim qui vous prenait au tripe, cette faim qui vous affaiblissait. Non, elle avait toujours eu à manger les plats les plus succulents et les plus fins. Avec la bourse bien garnie qu’elle avait donné à la mère miséreuse , elle pourrait acheter des souliers pour elle et sa fille ainsi que des manteaux chauds, payer un médecin et de la nourriture pendant un certain temps.

Perdue dans ses pensées la belle jeune femme trébucha dans une flaque d’eau boueuse. Les rues de la ville étaient toujours très salles après la pluie. Surtout dans les quartiers pauvres comme le lieu ou elle se trouvait. Lorsqu’elle releva la tête elle vit un homme. Rien de plus étonnant, sauf que l’apparence de cette homme était des pus atypique.
La première chose qui n’avait pas une grande importance était qu’il ne portait pas de chemise. Chose des plus irrespectueuses et des plus choquante dans ce monde ou la bienséance était si présente. Après elle ne connaissait pas si bien le bas peuple. Alvin à l’époque où ils s’entraînaient était souvent torse nu. Les fois ou elle avait combattue avec Asher dans un cadre privé il avait également retiré sa chemise de soie qu’il craignait d’abîmer.
Asher ...le premier l’homme qui l’avait repoussé. Le deuxième homme à l’avoir aimer. Cette homme si différent depuis son retour. La belle jeune femme s’était enfuie au matin comme une voleuse. Comme un homme ayant passé la nuit avec une femme qui lui était interdite et retournait au petit matin dans le lit de son épouse pour lui faire croire qu’il avait passé une nuit innocente à travailler dans son bureau voisin à la chambre. Swan n’était pas très fière de son acte plein de lâcheté.
La belle Comtesse revint à la réalité et continua de s’étonner de l’allure du jeune homme qui lui faisait face. Il avait une coupe étrange, venu d’un autre continent certainement. En réalité il ressemblait au images qu’elle avait vu dans les livres écrits par tout ses conquérant de l’Ouest. Ses cow boy à la vie si rude. Ses personne ayant cherché refuge dans ce nouveau pays qui était le premier à avoir son indépendance. Swan était fasciné par ce continent ou les Lumières en avaient fait leur terrain d’essai. Ou la vie était régis par la liberté et la nouveauté.
Un des côté de sa tête, le gauche, était totalement rasé et l’autre côté ressemblait à la crinière d’un cheval fougueux. Il portait une simple veste noir laissant apparaître son torse musclé et à la peau tanné par le soleil. L’homme était un solide gaillard qui semblait vivre une vie de dure labeur.

Il taillait une une petite statuette avec un couteau. Swan sourit. D’une certaine manière elle enviait ses gens à la vie simple mais en même temps si dure. La belle en avait assez d’être une aristocrate à la vie luxueuse, elle irait certainement se saouler dans un bar après. Comme une personne normal pour oublier ses problèmes. Sa vie de chasseuse de négrier lui manquait, mais ce n’était pas le genre de traque qu’on pouvait entreprendre seul. Et elle n’avait pas le courage de rechercher des gens pour l’aider. Elle balaya ses pensées de sa tête et sourit au jeune homme en s’approchant. A ce moment là elle ne voulait qu’une chose. Discuter, apprendre des choses. On apprenait toujours en discutant avec les gens et elle avait envie d’apprendre avec cette homme si différent.

- Bonsoir.

Elle lui dit ses paroles d’un ton badin et en même temps assez joyeux. Elle voulait mettre l’homme en confiance.
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Sidka
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MessageSujet: Re: Perle de nacre [Swan, Sidka] [18/03/42] Dim 27 Juil - 8:19

Copeaux après copeaux, Sidka avançait tranquillement sa petite figurine en forme d'ours. La lame de son couteau était bien aiguisée et il avait réussi à se procurer du tilleul, un des bois les plus tendres parmi les plus malléables des bois. La tâche lui paraissait facile, très facile. Mais pourquoi n'arrivait-il donc pas à reproduire les visages humains avec la même dextérité qu'il avait pour faire des animaux ?

* C'est parce que tu nous as toujours préférés.*

Tiquant en donnant un coup d'épaule dans le vide comme pour repousser quelqu'un qui venait de lui susurer à l'oreille quelques désagréables paroles, Sidka fronça les sourcils et se reconcentra sur ce qu'il était en train de faire.
Finalement, l'ours ferait un bel effet dans sa petite collection. Il le placerait entre la cigogne et le tigre peut-être...Ou aux côtés du carcajou...Si seulement le cerf était là...Il aurait pu trôner avec lui sur l'étagère au-dessus de son lit...


* Cesse d'y penser Sidka. Tu vas finir par te détruire. Tu ne peux rien pour lui.*

Cette fois-ci Sidka grogna en relevant la tête.

- Taisez-vous, j'ai besoin de paix.

Les deux entités du Lycanthrope étaient peu loquaces mais il leur arrivait de déranger leur hôte. L'iroquois détestait être interrompu dans ses réflexions, surtout lorsqu’il sculptait ou qu'il se promenait dans les parcs et les bois. Ce soir, il était particulièrement fatigué de sa journée. Le temps écrasant ajoutait à cette désagréable impression d'étouffement et ses muscles étaient encore douloureux de ses efforts pour bouger le piano de Mac Right. Il avait besoin de calme et de repos. En vérité, il avait réellement hâte que le soleil se couche pour laisser la place à Koulaï et aller se promener dans le monde des esprits pendant que son entité louve profiterait de ce plan à son tour. Loin de tout, perdu dans les limbes de cet espace infini modelé par son imagination, il pourrait s'évader le temps d'un souffle et oublier, ne serait-ce qu'un instant, le visage de son frère agonisant qui le hantait chaque jour.

Sidka savait que Koulaï avait raison, mais il refusait d'y croire. Comment pouvait-il baisser les bras et abandonner la partie ? Comment pouvait-il rejeter son propre sang ? Cheveyo avait sombré dans un abysse dans lequel il n'était pas capable de le suivre. Il s'était fermé tout d'un coup, comme pour se protéger de ce monde cruel et ténébreux, sans que nul ne puisse franchir les barrière qu'il avait érigées autour de son esprit. Lui qui avait toujours été malade mais qui avait toujours lutté à ses côté, l'avait finalement laissé tomber pour se réfugier là où les ailes de la morts ombraient chaque parcelle de son jardin. L'iroquois lui en voulait terriblement...

Mais alors qu'il replongeait dans ces sombres pensées, tirant toujours sur sa pipe de brèves bouffées de fumée pendant qu'il terminait enfin sa statuette, une ombre vint le perturber. Sur le moment, Sidka ne compris pas que cette ombre était pour lui et lorsque l'inconnu lui adressa un simple « bonsoir »  il ne réalisa pas qu'on lui parlait avant de sentir près de lui le bord d'un long manteau.
Relevant la tête avec une expression de surprise sur le visage, il jeta un coup d'oeil à l'importun et cessa son activité. Il regarda sur le côté comme s'il s'attendait à ce que cette personne parlât à quelqu'un d'autre avant de lui accorder finalement son entière attention.


- C'est à moi que vous parlez ? Hé bien...On ne peut pas dire qu'il y ai de « bons soirs » ici...mais si vous voulez...Bonsoir.

Haussant les épaules, Sidka ramena son regard sur sa statuette. Ses sourcils levés laissaient facilement voir qu'il était surpris et passablement dérangé par l'inconnu qui osait ainsi s'arrêter devant lui pour le saluer. Quel genre d'individu pouvait-ce être ? Un voleur...un mendiant...un acheteur...Pourquoi quelqu'un irait-il saluer un personnage tel que lui, à cette heure, à cet endroit ? Le connaissait-il ? Après tout, c'était peut-être un homme à la solde de quelques uns de ses ennemis. Ce ne serait pas la première fois...

Faisant mine de l'ignorer, Sidka avait en vérité déjà évalué la forme physique de son interlocuteur. C'était un jeune homme, d'après sa voix de freluquet, mince et élancé d'après sa taille et la faible carrure de ses épaules...Il n'avait pas d'arme visible tant son manteau était large mais sans doute de quoi les cacher. Soufflant sur son ours pour éliminer les derniers copeaux de bois qui traînaient à sa surface, l'iroquois reprit sans regarder l'étranger :


- Si c'est pour m'acheter cette figurine, sachez qu'elle n'est pas à vendre...Si c'est pour me chercher, vous tombez bien mal. Fit-il en relevant son regard de lagune tout en appuyant son poignet sur son genoux replié afin de pointer son couteau sur l'inconnu. Est-ce qu'on se connaît l'ami ?

Il savait pertinemment que non mais la question était rhétorique, sonnant comme une menace. Supportant mal que l'inconnu soit debout alors qu'il était lui-même assis à terre contre un mur, dans une position inférieure, Sidka finit par se lever. De toute façon, même en contre-plongée il ne voyait pas le visage de son interlocuteur à cause de son grand chapeau. L'iroquois n'était pas grand mais il dépassait le nouveau venu d'une bonne dizaines de centimètres. Il comprit alors la supercherie et lui sourit donc d'un air amusé avant de lui montrer sa figurine et de la ranger dans l'une de ses poches de pantalon comme un homme qui montre un bonbon à un enfant avant de le lui retirer. Regardant à droite puis à gauche pour s'assurer que personne ne les regardait, Sidka se rapprocha alors doucement de l'inconnu et susurra d'un air narquois :

- Je doute que ce soit un lieu pour une jeune femme...Si vous venez me proposer vos charmes, sachez que je n'ai pas l'intention de vous payer...

Avec un sourire mesquin, l'iroquois porta sa main libre à sa pipe et tira une longue bouffée de tabac d'un air détaché.

- Je ne sais pas ce que vous cherchez ici, my lady, mais le quartier n'est pas sûr et vous arrêter pour discuter avec le premier badaud qui traîne sa carcasse crasseuse dans les ruelles mal famées de la capitale, c'est faire preuve d'une grande imprudence, voire de simplicité.

* Sidka...laisse-la parler...Elle doit avoir quelque chose à nous dire...*

* Au diable la donzelle mon frère ! On a mieux à faire ! La petite imbécile...Elle serait tombée sur un homme de Rinzler elle serait déjà en train de pousser des petits cris de souris...*

Quoi que cette jeune femme lui voulait, Sidka devait reconnaître qu'il avait mis un peu de temps à comprendre que ce n'était pas un jouvenceau mais bien une jouvencelle. C'étaient son instinct et son don naturel qui ne l'avaient pas trompé, n'importe qui d'autre aurait sans doute été berné mais pas lui. Maintenant qu'il était à sa hauteur, il sentait son parfum et, s'il ne pouvait toujours pas voir ni son visage, ni ses cheveux, il devinait la douceur de sa peau en apercevant ses jeunes mains. Peut-être avait-elle besoin d'aide ? Peut-être cherchait-elle un tueur ? Seul le Grand Esprit le savait.
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Swan Carthew
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MessageSujet: Re: Perle de nacre [Swan, Sidka] [18/03/42] Dim 27 Juil - 13:24

Alors que la belle jeune femme regardait l’homme avec attention, elle l’entendit parler et faire un geste comme si une personne regardait par dessus son épaule et lui parlait. La jeune femme eu un sourire amusé caché par son chapeau à large bord.
La rue était boueuse et sale. Surtout déserte, si l’homme était agressif et décidait de l’attaquer elle devrait se défendre contre son couteau qui semblait très aiguisé.
Il était entrain de tailler un morceau de bois tout en tirant sur sa pipe. La statuette semblait représenter le visage d’un ourse. Elle était très proche de lui.
Quand elle le salua il prit un temps pour répondre, comme si il n’avait pas comprit qu’elle s’adressait à lui. Pourquoi les gens croyaient-ils toujours que ce n’était pas à eux qu’elle parlait ? Ça en devenait pénible de devoir attendre que les gens comprennent. La jeune Comtesse prit sur elle pour ne pas laisser paraître ce petit agacement qui la prenait souvent en repensant à Asher. Ou à Leigh dont les premières paroles à son égard avaient été «  C’est à moi que tu parle » Ça n’avait vraiment pas bien commencé entre les deux.
Le jeune homme à la coiffure si déconcertante finit par répondre qu’aucun soir n’était bon. Elle hocha la tête. Il n’avait pas vraiment tort. Mais en même temps pas tout à fait raison.

- Ca me semblait être une bonne entrée en matière, mais vous avez raison, mais également tort. Certains peuvent être bon.

* Lorsqu’on est dans les bras de la personne qu’on aime et qui nous aime * poursuivit-elle intérieurement en repensant à ses soirées avec les deux hommes qu’elle avait aimé.
Asher avait du être terriblement inquiet en trouvant le lit vide à son réveille. Elle avait également oublié la pâte que lui avait donné le médecin. La belle avait du bander sa main avec difficulté après l’avoir lavé un peu plus tôt.
L’homme lui expliqua qu’il ne comptait pas lui vendre de figurine. Lorsqu’il lui demanda si ils se connaissaient elle senti la menace dans sa voix. La jolie aristocrate répondit avec assurance et avec une légère pointe de provocation.

- Je ne suis pas venu pour vous acheter des figurines, même si je dois avouer que celle ci est un très bon travail, digne des meilleurs artisans de Londres. Et je ne pense pas vous avoir déjà rencontré Monsieur.

Le jeune homme à la peau tanné finit par se relever. Il devait se sentir menacé d’être ainsi vulnérable face à une personne debout. Swan sortie sa pipe de son long manteau noir. Alors qu’elle faisait ça, elle remarqua son sourire narquois. Il lui dit alors que ce lieu n’était pas sur pour une femme. Et que si elle souhaitait lui offrir ses charmes il ne payerait pas. D’un geste ample, la belle retira son chapeau en soupirant et le posa sur la clôture tout en continuant de fumer sa pipe avec lenteur.

- Je sais très bien me défendre... et je ne comptais pas non plus vous offrir mes charmes comme vous dîtes, ou en tout cas pas tout de suite et je dois avouer que vu votre comportement dédaigneux à mon égard, ça ne m’en donne pas envie.

Son ton était des plus cassants. Et elle ne ressemblait pas non plus à une fille de joie. Ce n’est pas comme si elle était venue avec un décolleté aguicheur en relevant sa robe pour lui montrer ses longues jambes. Lorsqu’on était une femme et qu’on aimait les plaisirs de la vie on était toujours comparé à une catin. C’était pénible.
L’homme à la coupe si original la toisait de toute sa hauteur un sourire narquois sur le visage. Ça devait être le genre d’homme qui se sentait supérieur au femme et qui était incapable de concevoir qu’une femme pouvait être l’égal de l’homme.

- Vous avez raison. Ça peut être un acte non réfléchi et digne d’une simple d’esprit, mais passant mes nuits dans ses rues depuis des années je connais je pense aussi bien que vous chaque ruelles. Et je n’ai pas peur. Mais c’est très aimable de vous préoccuper de ma personne et vous avez raison. Je voulais uniquement discuter, c’est une activité intéressante et enrichissante. Et j’avoue que votre allure m’intriguait et que je trouvais votre figurine jolie.

Elle le regardait ses yeux violets ou luisait une lueur de défi. La belle jeune femme détestait qu’on la prenne de haut sous prétexte qu’elle était une femme. C’était franchement agaçant. Alors qu’au départ elle avait juste voulue apprendre de nouvelles chose en discutant.
Elle tira sur sa pipe soufflant sa fumée vers le haut tout en le fixant avec morgue.
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Sidka
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MessageSujet: Re: Perle de nacre [Swan, Sidka] [18/03/42] Lun 28 Juil - 10:59

Sidka restait perplexe. Lui qui ne désirait qu'un peu de tranquillité après son épuisante journée se retrouvait soudainement face à une jeune femme qui désirait "discuter" avec lui. Alors que la nuit tombait sur la capitale et qu'il s'adonnait à l'un de ses passe-temps favoris, songeant avec une délectation certaine la nuit qui s’annonçait, la belle l'avait abordé avec un simple "bonsoir" en vue de développer une conversation. Quelle drôle d'idée! C'était si imprévu, si irréel et risqué...S'il avait été homme à violer une femme, sans doute l'aurait-il attaquée. C'était un quartier mal famé où les seuls passants à cette heure étaient des ouvriers fatigués ou des malfrats. Qu'attendait-elle donc? L'iroquois restait persuadé qu'elle cherchait quelque chose ou quelqu'un. Peut-être qu'elle faisait le tour des ruelles pour trouver un tueur, un enfant échappé, un collègue de combines? Pour l'heure, la belle semblait innocente quoiqu'un soupçon vindicative.

Levant un sourcil face à son ironie, ses provocations et son air morne, le Lycanthrope observa la pipe que la belle sortait de son manteau.


*Une femme qui fume la pipe...on aura tout vu.*

*Une femme en pantalon déjà que ça ne court pas les rues...*

Tout comme ses entités qui s'agitaient dans sa tête, Sidka trouvait cette inconnue bien étrange. Ses vêtements sombres pouvaient passer dans l'ombre et lui donner l'air d'un homme. C’était sans doute une stratégie pour éviter les ennuis, mais alors pourquoi s'adressait-elle ainsi au premier badaud venu? C'était illogique.

- S'il y a des bons soirs, avait répondu l'iroquois, il y a surtout ceux au cours desquels on finit avec un couteau entre les omoplates...Vous feriez bien de vous méfier miss...

Ce n'était pas une menace de sa part mais bien une recommandation supplémentaire donnée sur un ton qui montrait que l'assurance dont faisait apparemment preuve la belle était un peu trop téméraire à son goût.

Finalement, il s'était levé pour faire face à son interlocutrice de façon plus décente. La belle sembla piquée au vif par ses petites allusions. Elle ne venait pas acheter des figurines et elle ne l'avait jamais rencontré auparavant. Elle ne venait pas non plus vendre ses charmes...Son air pincé et son agacement avaient fait sourire l'iroquois fier d'avoir touché une corde sensible.


- Ho, je vois...Je ne suis donc pas à votre goût? Fit-il en levant un sourcil tout en tirant sur sa pipe. Quel dommage...

D'un oeil, Sidka surveillait les environs. Seuls, il ne craignait pas la rue, mais avec une femme, il s'attendait à tout même si sa propre présence en dérouterait sans doute certains.

La jeune femme lui expliqua alors qu'elle s'était arrêtée devant lui à cause de son apparence atypique et parce qu'elle avait trouvée sa figurine jolie. Quelque part, Sidka fut flatté que son ouvrage puisse plaire, mais jamais il n'avait jamais recherché la reconnaissance ni le baume de l'éloge.


- La curiosité est un vilain défaut...mais...Sidka ressortit sa figurine d'ours et la tendit à la belle. Je suppose que je peux vous laisser la regarder de plus près...vous n'allez pas la manger...

Attendant que la jeune femme prenne la figurine, l'iroquois la fixa de ses yeux clairs. Elle venait d'enlever son chapeau, ce qui révélait ses cheveux noirs dont les boucles encadraient avec grâce un visage tout à fait charmant. Sa peau était claire, son nez fin et son menton parfaitement lisse et découpé. C'était une belle femme, selon les critères recherchés par les occidentaux, mais un détail pouvait perturber: elle avait les yeux vairons. L'un de ses iris était effectivement vert tandis que l'autre était bleu.

- Il n'y a pas que moi qui ai une drôle d'allure...Fit remarquer le Lycantrhope en donnant un coup de tête en avant pour lui montrer qu'il avait remarqué la particularité ses yeux. C'est surprenant.

Laissant la jeune femme observer sa figurine, le Lycanthrope laissa son regard se poser sur la pipe qu'elle tenait. Lentement, il se mit à éteindre la sienne pour la ranger dans sa veste.

- On ne voit pas beaucoup de femmes se travestir en hommes, même dans les bas fonds, encore moins fumer la pipe ou s'arrêter au crépuscule sur le premier original venu...D'où venez-vous et que cherchez-vous miss?

Koulaï grogna alors dans l'esprit de Sidka l'arrêtant dans ses rélfexions.

*Qu'y a-t-il?*

*Quelqu'un arrive...*

Avant-même que l'ombre du nouveau venu ne s'allonge sur le mur derrière lui, l'iroquois fixa la rue d'où il finit par sortir. C'était un grand gaillard au dos voûté, vêtu de haillons bruns et grisâtres, portant des bottines trouées et un béret rapiécé.
Doucement, Sidka s'éloigna du mur pour se déplacer de façon à faire rempart entre l'homme et la jeune femme. Mais l'homme ne sembla pas les voir. Il passa son chemin en grommelant dans sa barbe de trois jours et disparut un peu plus loin. C'état sans doute un simple clochard qui errait dans le quartier et qui devait méconnaître le sens de la sobriété.
Fausse alerte.


- Nous ferions bien de discuter dans un endroit plus tranquille, même si je doute que l'on en trouve un dans les parages. Finit par ajouter Sidka en ramenant son regard sur la jeune femme.

Il hésita cependant. Après tout, ne seraient-ils pas plus en sécurité en restant ici? Il valait sans doute mieux une ruelle étroite plutôt qu'un parc rempli de buissons et d'ombres...Se diriger vers les quartiers plus riches et plus éclairés était une solution.


- Marchons. N'oubliez pas votre chapeau.

Le Lycanthrope préférait le mouvement. Avec une jeune femme à ses côtés, il se sentait moins tranquille et ses entités ne cessaient de tenter la communication pour l'avertir, le réprimander ou le pousser à l'abandonner. Koulaï était frustré de ne pas pouvoir savourer sa liberté à cause de cette rencontre fortuite. Cocoa, lui, appréciait la situation. Pour une fois que Sidka allait pouvoir dialoguer avec quelqu'un d'autre qu'eux, avec une femme qui plus est, c'était l'occasion pour lui d'oublier un instant son jeune frère prisonnier des ténèbres.

- Vous me dites que vous connaissez bien ces ruelles la nuit, pourtant je ne vous ai jamais croisée. Même si je suis plutôt des tanneries, je suis souvent dans les parages...

L'entité louve de Sidka soupira. Si son hôte se forçait ainsi à faire la conversation à cette inconnue, il ne sortirait jamais pour respirer l'air du soir. Le soleil avait déjà presque fini de se coucher et l'atmosphère se rafraîchissait enfin. L'orage était passé et la nuit commençait à chasser la pesanteur qui stagnait au-dessus de la capitale depuis la veille. C'était le moment idéal pour déambuler dans un parc! Au diable les mondanités!
Mais Sidka l'ignora. Cocoa le poussait à rester aimable avec la jeune femme et à ne pas la laisser seule. Même si elle assurait à Sidka qu'elle était capable de se défendre, ce dernier en doutait fortement et son instinct de mâle lui murmurait de lui accorder son attention au moins le temps de satisfaire son besoin de parler avant de la laisser dans un endroit plus sûr. Peut-être qu'elle se sentait simplement seule?
L'iroquois n'était absolument pas du genre à se préoccuper des états d'âme d'autrui, encore moins à faire la cours aux dames ou à plier le genoux devant elles pour leur faire plaisir, mais l'attention que la belle avait portée à sa figurine et ses yeux vairons lui insufflaient ce soir une envie de faire le fier.


- Je ne sais pas si vous trouverez en moi une "activité intéressante et enrichissante", mais nous pouvons toujours tenter. Fit-il au plus grand damne de Koulaï. Par quel nom dois-je vous appeler? Moi c'est Sidka.

Tout en marchant, il observait la belle. Sa démarche, son souffle, ses vêtements...Il analysait tout. D'où pouvait-elle bien venir? Elle n'avait rien d'une ouvrière...
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Swan Carthew
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MessageSujet: Re: Perle de nacre [Swan, Sidka] [18/03/42] Lun 28 Juil - 22:52

Le ton de l’homme semblait condescendant. Il semblait ne pas la croire lorsqu’elle lui disait qu’elle savait se défendre. Elle lui sourit avant de répondre tout en soufflant une bouffée de fumée.

- Je n’ai eu que des bon soirs alors, vu que ca fait dix ans que je parcoure les ruelles sombres de Londres et que je suis toujours en vie. On a bien essayé de me tuer et de me faire plein de choses fort peu ragoutante, mais personne n’a réussi.

La belle souriait toujours au jeune Indien. Mais son sourire disparut lorsqu’elle vit sa mine presque victorieuse lorsqu’elle s’emporta légèrement après lui avoir fait comprendre qu’elle ne vendait pas ses charmes et certainement pas à lui, il lui dit que cela était dommage. La jeune femme ne sue si il plaisantait ou si il trouvait vraiment que c’était dommage.

- Ravalez votre sourire Monsieur, vexé une femme n’est pas quelque chose de drôle ni de victorieux.

Ses paroles sonnaient comme une réprimande alors que le ton de sa voix était plus amusé que vexé ou autre chose. En effet, elle commençait à en avoir assez que sous prétexte qu’elle se baladait dans les rues on la prenait pour une catin. Le jour où elle relèvera ses jupes en passant devant les hommes elle comprendra mais certainement pas avant.
En entendant ses paroles Swan eu un petit rire amusé. Alors comme ça selon lui la curiosité était un vilain défaut. Allait-il lui servir un sermon sur le pêché ?

- En effet la curiosité est un pêché car la connaissance en est un aux yeux de Dieu. A mes yeux la connaissance est la jouissance absolue. Et cette connaissance s’acquit grâce à la curiosité.

Elle lui disait ça avec un air un peu provocant, sa curiosité était très mal vue c’est pour cela qu’elle se montrait curieuse uniquement la nuit après avoir revêtu une tenue d’homme. La nuit était totalement tombé à ce moment là. Et le froid se faisait plus vif, la belle jeune femme mit ses gants qui se trouvaient dans l’une de ses poches. Swan avait pris la statuette. Vraiment du très bon travaille, excellent. Et exotique. Ses statuettes feraient fureurs à la coure, pour leur beauté et leur originalité. Elle le lui dit.

- Vous devriez les vendre aux aristocrates. Vous y gagneriez, ce sont le genre de choses dont ils raffolent. En tout cas c’est un excellent ouvrage.

Le complimenta-t-elle. Alors qu’elle lui rendait, elle retira son chapeau et remarqua que le séduisant iroquois la regardait avec intérêt. Après le contraire l’aurait un peu étonné. La jeune femme se rendit compte qu’elle était un peu vaniteuse. « vanitas vanitatum, ominas vanitas » pensa-t-elle.

- Alors finalement vous êtes prêt à payer ?

Lui demanda-t-elle en riant, repensant à l’une des premières phrase qu’il lui avait dit en voyant son regard. Le jeune homme finit par lui dire qu’il n’était pas le seul à être atypique. Oui ses yeux vairons était particulier. Elle ne connaissait personne avec des yeux comme les siens. Swan hocha la tête,

- En effet, mes yeux sont particuliers. Je ne sais pas si ils sont uniques, mais je ne connais personne qui ai les mêmes. Et pour répondre à vos autres questions je vous dirais juste que je viens de quelque part comme tout le monde et que les pantalons sont bien plus agréables que les robes, que j’aime l’odeur de la fumée et que je consomme également de l’opium. Et pour finir je cherche juste de la compagnie et à m’amuser, ainsi qu’à apprendre.

Lui répondit-elle avec aplomb. Elle lui révéla beaucoup de chose mais elle se fichait qu’on sache ou non qu’elle fréquentait les fumeries d’opium avec assiduités lorsqu’elle ressentait le besoin d’oublier. Un homme passa alors, la jeune femme passa alors sa main dans son manteau posant sa main sur son poignard prêt à le dégainer si il les attaquait. Mais heureusement l’homme passa sans se préoccuper d’eux. Il lui dit qu’il valait mieux qu’ils aille à un endroit plus sur, elle hocha la tête et lui emboîta le pas cachant à nouveau ses longues boucles brunes sous son chapeau.

- Je ne vous ai jamais vu, nous ne devons jamais être au même endroit aux mêmes moment. Cependant il est vrai que je passe presque plus de temps dans les bars que dans les ruelles. Nous pourrions d’ailleurs allez boire un verre.

Lui proposa-t-elle petit sourire en coin tout en continuant de marcher à ses côtés. Ils n’étaient d’ailleurs pas très loin du bar où elle se rendait avant de tomber sur lui. Boire en verre ( ou plusieurs ) accompagné était plus agréable que seul. Le bel iroquois finit par lui dire qu’il ne pensait pas être une personne très interessante et enrichissante, mais que si elle voulait tenter le coup il ne s’y opposait pas.
Le jeune homme lui révéla son nom. Sidka... Quel beau prénom, pensa la belle aux yeux vairons. Elle répondit en lui souriant soulevant un peu son chapeau.

- Moi c’est Swan. Pour le moment je suis ravi de vous rencontrer Sidka et rassurez vous, chaque personne est intéressante et enrichissante, il n’y a aucune chance que vous y fassiez exception.

Elle lui tendit la main pour la serrer.
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Sidka
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MessageSujet: Re: Perle de nacre [Swan, Sidka] [18/03/42] Ven 1 Aoû - 23:56

La jeune femme avec laquelle Sidka se promenait maintenant dans les ruelles de la capitale semblait fort téméraire. L'assurance qu'elle affichait ouvertement donnait l'impression à l'iroquois qu'elle avait quelque chose à prouver. Sans doute que les femmes de sa trempe se sentaient emprisonnées dans les corsets de la haute, sous la tutelle d'un mari obtus ou d'une gouvernante envahissante. En tous cas sa voix claire, la qualité des tissus qu'elle portait, cette manière de revendiquer ses capacités de défense et de mettre en avant Dieu lui donnaient la désagréable impression qu'il avait affaire avec une jeune noble en fuite. Quelque part, il n'en avait cure. Mais son instinct et ses entités ne cessaient de l'avertir. Il n'était pas habitué à être abordé par les femmes, et celle-là pouvait bien lui attirer des ennuis.
Lorsqu'elle lui rendit sa figurine en lui disant qu'il devrait la vendre aux aristocrates friands de ce type d'ouvrage, il lui sourit d'un air amusé tout en reprenant le petit ours en bois :


- Je doute que ces gens-là s'intéressent au commun des mortels. À part leurs domestiques, l'heure du thé et leurs amants, rien ne retient leur attention.

Observant les réactions de la jeune femme, le Lycanthrope l'avait regardée enlever son chapeau et avait été surpris par ses yeux vairons. Cette inconnue était belle, surtout du point de vue des blancs, et cette particularité physique la rendait sans aucun doute plus désirables que de nombreuses autres femmes. Ne lui avait-elle pas dit que beaucoup avaient tenté de lui faire « plein de choses peu ragoûtantes » ? Rien d'étonnant. Dans ce siècle où l'obscurité et la débauche gagnaient toujours plus de terrain, comment une telle femme pouvait-elle éviter les hommes les plus tordus ? Et si les demoiselles se mettaient ainsi à sortir le soir, il ne fallait pas s'étonner que le nombre de meurtres et de viols se soit multiplié...

- Non je ne suis pas prêt à payer, fit-il en fixant son regard dans celui de la belle d'un air farouche, jamais, pas pour une femme. Et je suis navré, je ne voulais pas vous vexer, même si je dois bien avouer qu'vous êtes une étrange...lady.

Étrange, c'était un euphémisme. La jeune femme lui expliqua qu'elle mettait des pantalons pour leur confort, qu'elle fumait par plaisir, pour l'odeur du tabac, et même qu'elle consommait de l'opium. Sidka leva un sourcil. Porter un pantalon pour se sentir plus libre de ses mouvements était une chose, se droguer en était une autre. Lui-même consommait des substances particulièrement nocives, aphrodisiaques, apportant plénitude et sommeil, visions et langueur. Il comprenait ce besoin de liberté, cette envie d'évasion physique et mentale, mais que cela vienne d'une femme le dépassait. Ces êtres si fragiles, si vulnérables, si dépendants...

L'iroquois se perdait dans ses archaïques pensées. Soudain, une ombre, un clochard, un grognement, une alarme...puis rien. Le silence.
Oui, il valait mieux circuler, avancer vers les beaux quartiers plutôt que de rester là. La belle semblait d'accord. Elle remit son chapeau sur ses boucles parfaites et lui emboîta le pas. Sidka avait rangé sa pipe et son long couteau.


- Un bar ? Oui, si vous voulez...On sera mieux que dans la rue.

Tout en marchant, le Lycanthrope reprenait le cours de ses pensées. Il s'était retenu de commenter les propos de la belle, même s'il en avait eu l'envie profonde. Elle avait besoin de « compagnie », elle voulait « s'amuser » et « apprendre ». C'était désormais à n'en plus douter une femme seule, terriblement seule, assoiffée de contacts et de proximité. Sidka n'était pas le meilleur des compagnons, surtout pour les femmes, mais c'était un homme attentif et franc. Soigner son frère pendant des années, le protéger et l'aimer l'avait rendu compréhensif et doux. Derrière son air sauvage et ses manières de rustaud, il gardait un cœur d'or. Derrière le loup, il y avait le colibri. Après tout, discuter un peu avec cette aimable inconnue ne pouvait que lui faire du bien. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas badiné avec quelqu'un de plus cultivé que les ouvriers et malfrats de son environnement habituel. Depuis que Cheveyo avait basculé dans l'inconscience, il tournait en rond avec ses entités. Une touche de féminité, cela ne pouvait que lui faire du bien, même si Koulaï n'était absolument pas de son avis.

- Swan...Répéta-t-il perturbé par la poignée de main que lui tendait la belle. Allons pour un verre, vous me raconterez vos exploits dans les rues...

Il serra la main de la jeune femme, sans s'y attarder, gêné par cette nouveauté qu'il acceptait uniquement pour ne pas la vexer encore et continua sa marche. Au bout d'un moment, ils arrivèrent devant un pub. Apparemment, la belle le connaissait. Sans traîner plus longtemps dans la rue, l'iroquois lui fit un signe de la tête pour l'inviter à entrer dans le bâtiment dont la faible lumière des lampes à gaz et de l'âtre filtrait à peine les carreaux sales. Il passa en premier.

- J'espère que je ne ferai pas exception à votre règle. Dans un lieu comme celui-ci, je doute que les hommes restent longtemps intéressants...Fit-il en pénétrant à l'intérieur avec un sourire ironique.

Lorsqu'ils entrèrent, de nombreuses têtes se tournèrent dans leur direction. Sidka n'y prêta aucune attention, trop habitué à se faire dévisager par tous les quidams du coin pour se formaliser. Il se dirigea directement vers le comptoir pour commander leurs boissons.


- Un whisky et...Qu'est-ce que vous prenez miss? Fit-il en se tournant vers Swan.

Une fois qu'ils furent servis, Sidka balança sur le comptoir quelques pièces pour payer le tout. Sans regarder la jeune femme pour éviter tout commentaire, il quitta le barman pour se diriger vers une table vide. S'assurant que la belle le suivait, il s'assied et s'étira un peu avant de croiser les jambes en grimaçant un instant.


- Vous, vous n'aimez pas les robes...Moi je n'aime pas les pantalons, sauf votre respect...Habitude de « sauvages » comme ils disent...Haha !

L'iroquois sourit à la jolie brune et soupira en joignant ses mains sur la table devant lui.

- Alors...à quoi buvons-nous ? Je n'ai rien à fêter à part un déménagement rondement mené...C'est que c'est lourd un piano, croyez-moi.

L'iroquois trinqua avec Swan et bu une longue gorgée de whisky. Après un silence, il se pencha vers la belle et la fixa avec intensité.

- Ce que vous avez dit tout à l'heure, sur la connaissance...C'était beau, je ne l'oublierai pas. Même si je ne crois pas en votre « Dieu », je suis certain que la connaissance est loin d'être mauvaise, mais la curiosité qui y mène est pleine de dangers...Qu'est-ce que vous faites de vos journées miss ? Si vous connaissez ces rues et ces bars la nuit, vous devez bien avoir une vie le jour, non ? Qu'est-ce qui vous ennui au point que vous cherchiez l'aventure avec le premier excentrique venu ?

Tout en parlant, Sidka avait ressorti sa figurine de bois pour la poser sur la table entre eux. Il mourrait d'envie de reprendre son couteau en main pour ajouter une encoche dans le col de l'animal qui, à son avis, manquait, mais il se retint pour éviter d'attirer d'avantage les regards suspicieux.

*Dis...tu comptes rester longtemps avec elle ?*

*Au moins le temps de finir ce verre Koulaï...*

*Elle a des yeux magnifiques, vous ne trouvez pas ?*

*Tssss...*

Sidka ne prévoyait pas de rester longtemps en ces lieux, en compagnie de cette femme. Il avait besoin de laisser Koulaï vagabonder et de se reposer. L'alcool lui faisait du bien, même s'il préférait un grand bol d'air pur, mais il ne comptait pas rester toute la nuit assis là à discuter avec Swan, aussi charmante était-elle. En vérité, il n'avait absolument pas l'habitude de fréquenter les femmes et il s'en contrefichait même royalement. Lorsqu'il buvait, c'était seul ou avec quelques amis, pour se délasser d'une longue journée de labeur avant d'aller se coucher, certainement pas pour s'envoler ensuite vers les plaisirs de la chair avec la première paire de seins qui passait à sa proximité. D'ailleurs, ses amis eux-mêmes évitaient ce sujet avec lui puisqu'il réagissait assez mal à leurs blagues sexuelles. La plupart étaient veufs, mariés, impotents ou discrets, c'était pour cela que l'iroquois les appréciait. Chez lui, seul Cocoa avait une certaine notion de ce que serait plus tard appelé le flirt. Sidka ne ressentait pas le besoin de se trouver une femme. Jusqu'à présent, il s'était battu corps et âme pour son frère et rien d'autre.
Tournant la figurine de bois vers Swan afin qu'elle ai son visage devant les yeux, il rit un peu :


- Si vous étiez un animal, lequel seriez-vous?
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Swan Carthew
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MessageSujet: Re: Perle de nacre [Swan, Sidka] [18/03/42] Sam 2 Aoû - 16:53

La belle jeune femme voyait très bien la méfiance de l’iroquois. Elle le sentait et après tout, elle aussi l’aurait certainement été. Qui ne serait pas méfiant en voyant une femme en tenue d’homme débarqué devant sois au visage caché par un grand chapeau et qui vous aborde sans raison ? Certainement pas elle, Swan aurait certainement déjà sorti son poignard et serait bien plus méfiante que cet homme à la coupe de cheveux si étrange.
Toujours caché sous son chapeau à larges bords elle observait avec attention la petite statuette. Alors qu’elle lui conseillait de les vendre, elle eu une petite grimace en entendant sa réponse acerbe.
C’était un discoure habituelle chez la classe ouvrière et pas vraiment faux. Sauf qu’il n’était pas non plus juste. Aucune généralité ne l’était, ça la jeune aristocrate l’avait appris depuis un long moment déjà. La preuve, elle n’était pas ainsi. La belle aidait souvent ses servantes et travaillaient pour faire fructifier les manufactures qu’elle avait hérité de son père.


- Ne faîtes pas de généralité, beaucoup sont ainsi mais pas tous. Et oui ils ne s’occuperont pas de vôtres personnes, mais la plus part sont vaniteux. Il suffirait de lancer la mode pour que tout le monde ce les arraches. Après ce n’est qu’un conseil.

Elle haussait les épaules pour lui montrer que ça n’avait pas grande importance pour elle, et que si la jeune femme lui en parlait c’était pour éventuellement lui rendre service. Vivre de sa passion devait être quelque chose de bien et d’agréable. La jeune aristocrate avait souvent pensé à disparaître pour vivre uniquement de ses talents de musiciennes, mais elle serait obligé de changer de ville. Les employeurs étaient des nobles ou des bourgeois et la plus part la reconnaîtrait à cause de ses yeux. La belle jeune femme ne s’oubliait pas facilement une fois qu’on l’avait vu. Si elle voulait faire ça, elle devrait changer de ville. Mais arriverait-elle à vivre seule avec ce qu’elle aura gagné pour vivre ? Elle l’aurait fait sans hésiter avec Asher autrefois, mais aujourd’hui alors qu’elle était seule, elle ne savait pas trop. Swan avait terriblement peur en fait, elle avait envie cependant elle avait vraiment peur.
La belle Comtesse avait vu sa surprise alors qu’elle retirait son chapeau dévoilant son regard étrange et ses longues boucles de jais. Un sourire flottait sur ses lèvres en voyant son regard inquisiteur. Alors qu’en riant elle lui posait une question pour savoir si finalement il était prêt à payer, c’était une simple plaisanterie bien sur. Jamais la belle ne marchanderait ses charmes. Ce n’était pas vraiment son genre, en général si elle désirait un homme elle l’avait. Et ce n’est pas comme si la jeune femme avait un grand besoin d’argent.
L’homme répondit alors que non il ne payerait pas pour elle, ni pour aucune femme. Swan lui offrit un sourire sincère, elle comprenait les filles de joies qui exerçaient ce métier pour survivre mais pas les hommes qui payaient.Elle trouvait que la plus part était des pervers, vicieux.


- Rassurez vous, vous ne m’avez pas vraiment vexé. J’ai l’habitude des railleries. Et oui vous avez raison je suis une femme assez étrange. Mais auriez vous réagis pareille si j’étais venu vous accoster vêtu d’une robe pour vous demander quelque chose ?

Lui demanda-t-elle souriante avant de rejeter de la fumée. L’air était assez froid, elle était heureuse que son manteau sois chaud, la belle se dit que le bel iroquois devait avoir également très froid vêtu uniquement d’une simple veste sans chemise en dessous.
Swan s’était appuyé au côté de l’homme contre la rambarde de bois tout en continuant de fumer
. Elle appréciait l’odeur acre du tabac. Alors qu’elle répondait à ses questions et même plus que ce qu’il lui avait demandé elle remarqua ce haussement de sourcils. Swan éclata de rire, encore une fois on la jugeait car elle était une femme, elle arrivait presque à lire ses pensées. Enfin c’était tout comme, plusieurs personnes avaient déjà eu la même relation au par avant lorsqu’ils se rendaient compte que ce jeune homme qui fumait la pipe devant eux avec un air détaché tout en sirotant une bière n’était pas un jeune damoiseaux comme il le pensait mais bien une femme. Une femme ne devait pas consommer ce genre de chose et devait porter des robes selon la plus part des gens. Mais, la belle prenait presque un malin plaisir à briser ses règles.

- Le fait que je consomme certaines substances nocives et interdites par la reine semble vous choquer. Mais vous savez nous ne sommes pas vraiment plus fragile que les hommes, et je supporte aussi bien que vous n’importe quelle substance.

Swan fronça les sourcils regrettant ses paroles. Pourquoi essayait-elle sans cesse de prouver quelque chose au monde ? Ne pouvait-elle pas juste ignorer et faire comme si elle ne voyait rien ? Ignorer tout simplement le regard des autres ... C’est en tout cas ce que devrait faire la belle. Se vanter de pouvoir boire jusqu’au matin ou de respirer de l’opium pendant des heures n’avait rien de glorieux au contraire. C’était une réaction de personne faible et peu sur de sois.
Car on buvait pour oublier, on fumait pour voire autre chose, pour s’abandonner. En réalité c’était rarement par simple envie de plaisir.
La jeune femme se redressa rapidement, fléchissant un peu les genoux par réflexe de l’entraînement que lui avait offert autrefois Alvin. Un homme passait, si il se décidait à les attaquer elle aurait été prête. Mais heureusement l’homme n’en fit rien et ce contenta de passer au grand soulagement de la belle aristocrate qui malgré ce qu’elle disait avait horreur de devoir tuer ou faire du mal à une personne juste pour se défendre.
Le beau jeune homme approuva, ils seraient plus en sécurité à l’intérieur d’un bar plutôt que dans la rue où sévissaient les coupes bourses et diverses truands. Alors qu’ils marchaient en direction d’un bar la belle avait remit son chapeau pour cacher son visage au regard des importuns. En plus c’était toujours le genre de quartiers encore assez près de ceux des lieux d’habitations des aristocrates et riches bourgeois qui aimaient bien venir s’encanailler dans le coins.

Alors qu’ils marchaient, Swan respecta le silence de l’homme qui semblait perdu dans ses pensées. Les rues étaient encore boueuses à causes des orages et la belle jeune femme manqua de trébucher encore une fois son pied glissant sur les trottoirs humides. L’homme finit par lui révéler son nom, elle le trouvait vraiment joli, étrange. Elle lui dit alors le sien qui pouvait sembler tout aussi étrange, la jeune aristocrate lui tendit alors la main comme le faisait certains hommes pour sceller un accords ou encore se présenter. Le dénommé Sidka semblait  perturbé par la main qu’il lui tendait, elle allait la baisser lorsqu’il la serra certainement pour ne pas la vexé. Il lui dit qu’il était d’accord pour le verre et qu’ainsi elle pourrait lui raconter ses exploits.


- Rien de très palpitants, je suis juste encore en vie et tuer des gens qui vous attaquent n’a rien de glorieux. Et rassurez vous, je le deviens aussi beaucoup moins d’un coup. Ou beaucoup plus, l’avis diverge selon les personnes et les moments.

Répondit-elle alors que les deux jeunes gens entraient dans le bar bondé, lui rendant son sourire plein d’ironie. Le bel iroquois commanda pour lui un whisky, Swan hésita quelques instants et se décida à prendre la même chose. Elle trouvait cela un peu fort, mais cela ce buvait. Elle fut gêné de voire le jeune homme payer. La jeune anglaise s’assit devant lui et fut assez amusé par ses paroles.

- Je ne vois pas pourquoi ils disent cela, chacun ses goûts et ses opinons. Si je porte un pantalon pourquoi ne porteriez vous pas une jupe ? Pour moi les sauvages sont les gens qui critiquent et méprisent les gens car leur culture est différente de la leur.

Lui dit-elle avec assurance. Elle avait détesté la fois où elle c’était rendu à une soirée. La plus part des aristocrates avaient commencer à parler des pays étranger, à imiter de manière ridicule leur coutume pour se moquer. C’était un moment pitoyable et la jeune femme était rapidement partie, furieuse. Sidka lui demanda alors à quoi ils trinquaient. Excellente question, elle réfléchi quelques instants.

- Hé bien nous pouvons trinquer à notre rencontre imprévue? Et je vous crois tout à fait, je n’en ai jamais douté.

Lui dit-elle se souvenant avec amusement la fois où elle était tombé sur son piano après avoir trébuché, oui il arrivait qu’elle soit un peu maladroite, et le piano n’avait pas bougé d’un pouce.
Swan trinqua avec lui et bue une longue gorgée de son whisky tout en rallumant sa pipe. Elle regarda avec attention l’iroquois qui la fixait tout en se penchant vers elle. L’intensité du regard de l’homme failli faire rougir la belle jeune femme. Elle se reprit, après tout elle n’avait plus quinze ans. Elle sourit au beau jeune homme avec gentillesse, alors qu’il lui disait qu’il avait apprécié ce qu’elle avait dit et qu’il trouvait ça plutôt beau.
Tout en l’écoutant elle retira son chapeau et son manteau qu’elle posa sur sa chaise, dévoilant à nouveau ses longues boucles et ses yeux vairons. La jeune femme soutenait son regard malgré son envie de baisser les yeux. Elle avait été curieuse il l’était donc aussi, c’était normal mais désagréable.

- Je ne crois pas en Dieu, je ne fais que répéter ce qu’on me disait lorsque j’étais petite quand je me montrais trop curieuse. Mais merci, je pense ce que j’ai dis sur la connaissance. C’est l’un des seuls but de ma vie, et oui c’est dangereux. Mais je dois avouer qu’un peu de danger peut être agréable.

Elle resta silencieuse un moment finissant son verre. Elle éteignit sa pipe qu’elle rangea dans une poche de son grand manteau noire.


- Je ... je fais partie de ces gens qui selon vous ne s’intéresse à rien à part à leurs amants, à leurs domestiques et à l’heure du thé et bien sur à s’amuser. Mes journées je les passes seules dans mon manoir à lire, écrire, jouer de la musique ou encore à gérer mes affaires.
Ou alors à faire ce que je déteste le plus, me plier à la vie mondaine et recevoir du monde ou bien me rendre chez des gens ennuyeux. Hé bien oui je m’ennuie terriblement, je me sens égoïste de ressentir de l’ennuie alors que la plus part des gens meurent de faims et crèvent la misèrent dans les rues alors que je me prélasse dans le luxe.
Je pense de plus en plus souvent à distribuer toute ma fortune aux gens qui en ont besoin et de m’enfuir pour vivre une vie simple, gagnant ma vie en jouant de la musique. En attendant je vis la nuit et je rencontre des gens intéressants pour qui leur plus grand problème n’est pas une petite tache de boue sur leur chaussure ou encore que leur thé ne soit pas assez infusé.
Désolé je suis ridicule et mes paroles sont certainement révoltantes.

Swan avait honte de dire ça à cet homme qui n’avait peut être pas tout les jours à manger. A cet homme qui devait certainement ce battre comme beaucoup pour survivre dans cette ville. Elle avait si honte, se plaindre d’avoir une vie luxueuse. La jeune femme fut très étonné par la question qu’il lui posa par la suite. Quel animal serait-elle si elle en était un ? La belle aristocrate ne s’était jamais poser cette question. Elle réfléchis quelques instant avant de se résoudre à lui répondre.

- J’aime les chats, et je vis un peu comme eux. Donc un chat, ou alors peut être une chouette. Je ne sais pas vraiment. Mais j’avoue que toutes vos questions sont habituelles, mais celle ci non, on ne me l’a jamais posé. Mais vous, que seriez vous ?

Elle le fixait avec tout autant d’attention et presque de la fascination.


Dernière édition par Swan Carthew le Mer 1 Oct - 20:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Perle de nacre [Swan, Sidka] [18/03/42] Dim 3 Aoû - 1:12

Depuis qu'il était entré dans le bar, Sidka ouvrait l'oeil. Habituellement, l'iroquois ne se souciait pas des clients et se concentrait sur sa boisson ou sur les rires gras de ses camarades de galère sans s'attarder sur l'ambiance et les coups d’œil indiscrets qu'on lui jetait sans cesse. Mais ce soir il était en compagnie d'une femme et cette inconnue, dont les magnifiques boucles noires et la peau aussi blanche et lisse qu'une fine porcelaine française ne cessaient d'accrocher les regards, allait certainement lui attirer des ennuis. Envieux, curieux et malfrats risquaient bien de venir les déranger, que ce soit à la sortie du bar ou à l'intérieur même. Ce n'était pas tous les soirs qu'une telle créature entrait dans ce genre d’établissement douteux et Sidka sentait qu'il devait en quelque sorte veiller sur leur tranquillité. Sans la présence d'une femme, les rixes étaient déjà monnaie courante dans les parages. D'ailleurs, n'avait-il pas déjà vu des rustauds s'installer à la première table déjà occupée uniquement pour chercher querelle ? N'avait-il pas également déjà mis les dents d'un des hommes de Rinzler sur un coin de table pour calmer ses mauvaises paroles ? Inutile de jeter de l'huile sur le feu.
Ainsi l'iroquois faisait-il plus attention que d'habitude pour éviter les ennuis. En lui, Koulaï restait fortement attentif, attentif et blasé. Lui qui avait prévu de gambader pour jouir de sa liberté dans un parc se retrouvait finalement enfermé dans ce lieu, glauque et bruyant, où il devait surveiller les moindres faits et gestes d'une vingtaine d'ouvriers malpropres déjà à moitié ivres, sans compter les imbéciles qui pensaient pouvoir attraper une bourse au coin du tabouret le plus proche. Seul Cocoa se sentait relativement à l'aise. Pour le colibri, se poser un instant en semblable lieu permettrait à tous de se détendre tout en faisait un acte social. Sidka n'avait pas discuté avec une femme depuis des années, à part Miss Arlington pour qui il avait travaillé quelques mois et qui le trouvait si étrange qu'elle s'était tenue à grande distance de lui, passant toujours plus ou moins par ses domestiques pour lui donner ses missions. Le silence de la nuit attristait le colibri et ce genre de sortie lui faisait un bien fou.


*Dépêche-toi de vider ta coupe et on se taille.* Fit l'entité louve tandis que l'iroquois jetait des coups d’œil à droite à gauche pour surveiller les autres clients.

*On a le temps Koulaï, t'iras te promener plus tard, c'est bon, laisse-le un peu discuter, c'est si rare...*

*Taisez-vous tous les deux, j'ai besoin de paix, je vous l'ai déjà dit. Vous allez me faire dire des âneries.*

*T'as pas besoin de nous pour ça...*

Grognant une chose incompréhensible, Sidka reporta son regard sur la jeune femme assise en face de lui. Ses yeux vairons l’interpellèrent de nouveau. Il savait que ce type d'iris existait mais il n'en avait jamais vu de près, sauf dans son village, autrefois, lorsqu'il était petit. Un des préposés aux flèches avait effectivement eu des yeux étranges, un peu comme elle. Mais ses souvenirs étaient trop flous pour qu'il en garde une réelle impression. Swan lui rendait ainsi une partie de cette sensation particulière qui prenait celui qui pensait se trouver face à un être choisi par la vie pour porter cette marque. Sidka, lui, l'interprétait comme une manifestation de l'intrépidité mais aussi comme la présence de deux âmes en une. Lui-même n'en possédait-il pas trois ? Pourquoi cette jeune femme ne serait-elle pas une Lycanne après tout ? C'était peut-être une piste à creuser...Pourquoi l'aurait-elle abordé sinon ? Simplement pour discuter ? Il en doutait toujours.
Pourtant, il ne sentait pas en la jeune femme une présence lupine, ni aucune autre présence d'ailleurs. Contrairement à son frère et à quelques rares Lycanthropes qu'il avait croisés dans sa vie, Swan ne dégageait pas cette odeur familière qui caractérisait tant sa race. Non...Elle sentait l'eau de toilette, le tabac mais aussi une fine odeur de bois, un peu de lavande et de buis, des choses qu'elle avait ramenées avec elle sans le savoir, depuis sa demeure, celle de son parquet, quelques unes qui provenaient sans doute de sa chambre et de son jardin...La jeune femme ne vivait pas dans une bicoque mal famée, de cela il était au moins certain. C'était une bourgeoise ou une aristocrate. Ses mains n'étaient pas malmenées par le labeur, ni par le linge, la cuisine, la couture ou le travail dans les champs, les usines ou les tanneries. Elles étaient belles, blanches, lisses, fines et élégantes. Elles étaient la preuve que la belle ne travaillait pas, ou du moins n’exerçait pas un métier difficile. D'ailleurs, ne lui avait-elle pas demandé de ne pas faire de généralité sur les aristocrates ? N'avait-elle pas défendu leur intérêt pour l'art et les choses faites par les mains du peuple comme si elle faisait partie de ce type de classe sociale ?
L'instinct du Lycanthrope le trompait rarement mais son désintérêt à ce sujet le retint de poser directement la question. La jeune femme pouvait bien venir d'une maison close comme d'un palace, il s'en contrefichait royalement. Du moment qu'elle n'était pas là pour lui glisser un poignard entre les omoplates ni pour lui soutirer quelques pence qu'il n'avait pas, elle pouvait aussi bien faire partie du gouvernement que des assassins de Whitechapel qu'il ne s'en soucierait pas d'avantage.

Quant à ses figurines, il ne les vendrait à personne, pour rien au monde. Ce n'était pas parce qu'il conservait un certain orgueil ni parce qu'il doutait de son art, c'était une question de principes issus d'une longue tradition de son peuple. Pour lui, chaque animal ainsi taillé dans le bois représentait une entité, un esprit relié au Grand Manitou, et pouvait servir de réceptacle à ce dernier à volonté. À ses yeux, c'était un cadeau qui était destiné à l'esprit imité, pas une simple babiole que l'on mettait sur une étagère pour qu'elle prenne la poussière dans l'admiration rapidement perdue de quelques riches ignorants. Le « conseil » que la belle lui avait donné concernant leur vente ne pouvait donc que persuader Sidka que l'homme blanc aimait décidément faire profit de tout sans se soucier de la réelle valeur des choses. Choc culturel. Divergence de point de vue. Comment pourrait-elle le comprendre ? Ce n'était pas grave. L'iroquois préférait de loin conserver ce genre de réflexion pour lui-même plutôt que d'avoir à expliquer les coutumes de son peuple aujourd'hui écrasées par le temps et la botte du colon. Trop de rage siégeait en lui, trop de rancœur et de douleur.

L'apparence, la culture...Cette jeune femme et lui-même étaient séparés par tant de choses...

Pour le moment, ils se découvraient et se jugeaient. Sidka était finalement heureux de ne pas avoir vexé la belle en utilisant sournoisement son sexe pour la piquer au vif. Swan était fière et indépendante, forte de son caractère et de ses propres croyances. L'iroquois respecterait cela car elle lui paraissait sincère sous ce long chapeau et il n'attachait d'importance en quasiment rien d'autre en ce monde qu'en la franchise. En tous cas, elle était aussi perspicace que lui.
Oui cela le choquait de voir une femme clamer qu'elle fumait de l'opium alors que c'était une substance non seulement interdite avec la guerre qui faisait rage entre les Chinois et les Anglais mais aussi assez puissante pour ruiner la santé d'un homme aussi dur que le roc en une seule soirée. Qu'elle le revendique ainsi en lui expliquant qu'elle pouvait se montrer aussi forte que n'importe qui dans ce domaine l'amusa mais le rendit également quelque peu perplexe. Décidément, cette jeune femme avait quelque chose à se prouver et il craignait que cela ne finisse par lui porter un préjudice trop grand pour qu'il soit réparé. Être une femme en quête de sensations était une chose, mais à courir les rues en prenant de tels risques était inconsidéré. Elle risquait fort de se retrouver au fond de la Tamise. Et puis, sa place n'était certainement pas dans la rue, encore moins dans une fumerie d'opium ou dans les bars. Sa place était au foyer familial, dans les bras de son mari ou au couvent. Elle n'avait rien à faire ici, à moins qu'elle soit serveuse ou qu'elle se prostitue. Pour sa constitution naturellement fragile et pour le bien de la société, il était stupide de sa part que de se comporter comme un homme. C'était ce que l'iroquois pensait réellement.
Cependant, là encore il n'avait pas répliqué. À quoi cela aurait-il servi ? Lui dire qu'il doutait fortement qu'elle puisse résister à l'opium autant que lui n'aurait sonné que comme un défit qu'elle aurait sans doute relevé jusqu'à ce qu'ils se trouvent mal tous les deux et finissent malades. Sidka connaissait ce type de personne capable de tout pour prouver leur force dans un monde où elle est sans cesse remise en question. Lui-même combattait dans des caves pour prouver à tous qu'il était capable d'étrangler un homme deux fois comme lui avec un cou de bœuf et la carrure d'un piano à queue...Défier les hommes et les mettre à mal ne le dérangeait pas mais il avait cette fois-ci affaire à une femme. Se battre avec elle pour de stupides défis ne l'intéressait pas, il se sentait bien trop supérieur à elle pour cela. Qu'aurait-il fait une fois que la belle se serait évanouie ? C'était ridicule.

En tous cas, depuis qu'ils étaient installés dans le bar, Sidka souriait plus souvent. En effet, s'il se sentait un peu plus en sécurité malgré l'ambiance nauséabonde qui régnait dans ce lieux, la jeune miss Swan l'amusait et ses propres sourires, ainsi que son verre, l'encourageaient à rester aimable.


- Porter une jupe...Non...ce n'est pas de cela dont je parlais...Et je ne me formalise pas pour le terme « sauvage », je l'emploie moi-même. Je préfère être un « sauvage » qu'un blanc. Fit-il en buvant son Whisky pur malt d'un air vindicatif. Enfin je veux dire...un de ceux-là quoi...

Trinquant à leur rencontre, sans pour autant que l'iroquois ait réellement l'impression de se faire une amie, puisqu'il n'y croyait pas une seconde à cause de ses habitudes solitaires, Sidka et la belle se mirent à évoquer la connaissance et la curiosité. L'iroquois souleva le fait que ces deux concepts étaient forcément mêlés et que d'eux découlait toujours celui du danger. La jeune femme reprit alors ses termes pour les retourner à son avantage : pour elle, le danger était parfois « agréable ». Tiquant de nouveau face à la témérité de la belle, le Lycanthrope grimaça:

- Oui...Je comprends, mais vous ne pouvez pas prendre ainsi des risques pour le plaisir alors que votre place est avec votre famille, votre mari ou vos enfants. Vous ne devriez pas être là à boire en ma compagnie, à vous travestir et à sortir si tard...Vous pourriez tomber sur des hommes bien moins aimables que moi, des bandits, des violeurs...Ne vous déplaise, je trouve que vous êtes fort irresponsable.

Regardant la jeune femme éteindre sa pipe et la ranger, Sidka but une nouvelle gorgée de Whisky.

*Laisse tomber mon frère, elle est complètement folle cette fille. T'es sûr qu'elle ne vient pas de Bedlam ?*

*Arrête Koulaï...*

*Elle cherche les ennuis...Laisse-la donc chercher ailleurs ! Tu crois vraiment qu'elle veux juste discuter ? Moi je pense qu'elle fuit quelqu'un et qu'elle a trouvé une bonne poire pour faire obstacle...*

*La ferme. Et si c'était vrai ? Tu sais que je resterais.*

Soudain, Swan se mit à lui raconter qui elle était réellement et ce qu'elle faisait ici. Surpris, Sidka et ses entités se turent et l'écoutèrent d'une oreille attentive. La jeune femme avoua qu'elle venait de l'aristocratie et que si elle sortait ainsi le soir c'était pour se sentir plus vivante, pour respirer l'air d'une liberté qu'elle n'avait pas. Elle dit qu'elle s'ennuyait dans sa demeure luxueuse et qu'elle passait son temps dans la solitude la plus totale. Sa tristesse fit de la peine à Cocoa qui s'agita dans l'esprit de Sidka. Koulaï, lui, grogna. Cette jeune femme n'était là que par caprice, c'était encore plus indécent, plus stupide que ce qu'il avait imaginé. Sidka le réprimanda et réfléchit. Pourquoi Swan avait-elle soudainement tout révélé ? S'était-elle sentie si durement jugée qu'elle avait craqué ? Déjà ? Elle devait avoir le cœur bien lourd pour se confier si vite à un homme tel que lui.

Un peu gêné, l'iroquois soupira.


- Et vos parents ? Vous n'avez donc ni frère, ni sœur, ni soupirant pour animer vos journées ? Sortir la nuit n'est pas une bonne idée. Vous pourriez faire comme tous vos semblables, aller dans les salons, faire des bals...je ne sais pas...

Comment Sidka pouvait-il pousser une jeune femme telle que Swan à la raison alors que lui-même faisait partie des visages les plus farouches des bas fonds ? Comment l'encourager à aller de l'avant dans son petit monde luxueux alors qu'il représentait au mieux ces gens qui « crèvent la misère » ? Il était de loin le plus mal placé pour la rassurer ou l'aider.
Se rattachant à ce qu'il connaissait, l'indigène ramena leur attention sur la figurine d'ours en bois. Il demanda à la jeune femme quel animal il serait si elle devait être représentée par l'un d'eux. Swan répondit qu'elle serait sans doute un chat ou une chouette. Des animaux nocturnes, sages et pourtant vifs, des chasseurs nyctalopes rusés et doux. Ainsi elle lui révélait sans le savoir une partie de sa personnalité.


- Oui...un chat...C'est vrai que vous en avez le museau. Fit-il en souriant pour tenter de redonner le sourire à la belle. Moi ? Ah ah ! Je suis un colibri, ou un loup, comme vous voulez...Ajouta-t-il en lui montrant le pendentif de bois en forme d'oiseau qu'il portait autour de son cou. Ce sont des animaux fascinants...

*Arrête...*

*Les Humains le sont aussi...*

Sidka finit son verre. Il l'avait bu à une vitesse incroyable, trop habitué à l'alcool pour que ce dernier lui fasse autant d'effet qu'au premier venu.

- Vous savez, reprit-il en reposant son verre sur la table et en se ressuyant la bouche d'un revers de main, même si j'ai du mal à imaginer qu'on puisse s'ennuyer dans une vie comme la vôtre, surtout quand je vois par les fenêtres des salons et des hauts lieux des froufrous à tourner la tête à...ben un colibri peut-être, je suppose qu'on peut se sentir seul même si on est entouré de mille personnes...Enfin je ne sais pas, je ne l'ai jamais vécu ça...Je crois...Je n'ai plus rien, plus de famille, plus de patrie...Mais je n'ai pas le temps de m'ennuyer. La solitude vient lorsqu'on est sans activité...La musique pourrait vous aider oui, je suppose, comme moi je taille des morceaux de bois...

Sidka s'embrouillait un peu. Il ne savait pas quoi répondre à la jeune femme. Pour lui, son monde était tellement éloigné du sien qu'il devait faire de gros efforts pour tenter de se mettre dans sa peau. Une chose était cependant certaine : elle n'était pas à sa place en ces lieux. Ennui ou pas, solitude ou pas, elle ne ferait que s'attirer des problèmes à errer ainsi le soir dans les endroits les plus mal famés de la capitale.

- L'ennui et la solitude que vous ressentez et qui vous poussent à agir de la sorte, à sortir vêtue en homme et à discuter avec n'importe qui, risquent de vous perdre miss. Je ne suis peut-être pas le mieux placé pour vous dire ça, je ne suis qu'un vagabond, mais vous devriez éviter ce genre de caprice et vous concentrer sur le rôle qui vous est donné au sein de la société qui est la vôtre.

Mais que faisait-il là à discuter avec cette jeune femme ? Il étouffait! À mesure qu'il avançait dans la conversation, Sidka se sentait de plus en plus décalé et mal à l'aise. Il avait l'impression de se retrouver face à une enfant qu'il devait gronder. Ce n'était pas son travail ! Pourquoi avait-il fallu que ça tombe sur lui ? Swan faisait partie de ces nobles que rien ne pouvait satisfaire...Que cherchait-elle réellement ? Discuter ainsi pouvait la soulager un moment et lui permettre de s'évader de sa vie monotone le temps d'un verre, mais ensuite ? Lorsqu'elle retournerait dans son manoir avec ses domestiques et son jardinier, qu'en aura-t-elle ramené ? Rien. Rien, à part une amitié imaginaire qu'elle ne retrouverait plus le soir suivant, quelques nouvelles questions et des remords. Se confiait-elle ainsi tous les soirs au premier qui tendait l'oreille ? C'était vain, vain et dangereux.

- Je ne sais pas ce que vous cherchez ici miss. Un peu de compagnie c'est sûr, mais qu'en tirerez-vous réellement ? Une fois rentrée chez vous, les gens comme moi que vous aurez croisés, s'ils n'ont pas cherché à vous détrousser voire pire, ne pourront qu'être des ombres dans votre vie. Vous devez vous concentrer sur votre place, dans le beau monde. C'est mon avis.

Sur ces mots, Sidka saisit sa figurine, se leva et sortit du bar sans se retourner. Une fois dehors, il respira un grand coup l'air du soir et foudroya du regard un duo d'hommes qui venaient de le regarder de travers. Ils évitèrent ses yeux et reprirent leur conversation.

*Pourquoi tu l'as laissée comme ça ?*

*C'est bon, tu lui as accordé assez de temps. Aller on s'en va !*

Sans se soucier de ses entités, l'iroquois sortit sa pipe et la ralluma. Il resta devant le bar, droit comme un « i », attendant que la jeune femme ne le rejoigne si tel était son souhait.
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Swan Carthew
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MessageSujet: Re: Perle de nacre [Swan, Sidka] [18/03/42] Lun 4 Aoû - 23:30

La belle jeune femme remarqua qu’on l’observait alors qu’ils entraient dans le bar, C’était normal, elle en avait l’habitude. C’était ainsi presque chaques soirs. Ce bar était vraiment très sale, crasseux, malgré la proximité des beaux quartiers. Il y avait également une vingtaine d’ouvriers qui semblaient ne pas avoir vu de douches depuis des semaines et qui avaient déjà bien taquiné la bouteille Swan ne jeta pas un regard à ces gens, elle savait que pour éviter les ennuis il valait mieux s’occuper de ses affaires et de ne pas regarder les gens avec trop d’attention, mais elle sentait qu’on épiait chacun de ses mouvements et que la plupart des hommes ne se privaient pas pour admirer ses formes de manières insistantes.
Sidka était sur le qui-vive, cela se voyait. Il devait être anxieux d’être ici avec une femme, elle appréciait cet homme même si pour le moment elle ne savait pas grand-chose de lui et qu’elle trouvait ses pensées un peu trop archaïques à son goût. Et il semblait croire que malgré ses paroles, la belle aristocrate serait incapable de se défendre alors qu’elle avait toute ses chances avec une arme blanche. Cependant, il était vrai qu’à mains nues elle ne tiendrait pas très longtemps, Swan n’était pas très grande et était assez frêle.
L’homme n’avait rien ajouté alors qu’elle lui conseillait avec insistance, peut être un peu trop, de vendre ses statuettes. Elle comprenait qu’il devait y voir une certaine valeur sentimentale même si elle ignorait laquelle.
Après coup elle lui avait d’une certaine manière lancée un défi sans aucun intérêt. Il ne l’avait pas relevé et elle trouvait que c’était tout à son honneur. La jeune femme avait trouvé elle-même ses paroles dénuées de sens. Quel était l’intérêt de ressembler à une loque au petit matin après avoir consommé de l’opium et de l’alcool avec excès ? D’une certaine manière elle lui en était reconnaissante de ne pas avoir fait fi de ses paroles. L’aristocrate aux yeux vairons aurait tenu, alors qu’elle s’était trouvée seule après qu’Asher l’ai abandonné pour partir à la découverte du monde elle avait relevé tous les défis qu’on lui avait lancé. Elle les avait tous relevés et gagnés. Mais la jeune femme n’avait plus dix-sept ans, elle en avait presque dix de plus et avait mûri. Ce mettre en danger aussi gratuitement et de manière aussi bête ne faisait plus parti de ses activités nocturnes.
La jeune femme souriait au jeune homme, elle avait remarqué qu’il était tout de même plus détendu que dans la ruelle et en était heureuse.
La jeune femme ne cilla pas alors qu’il insultait presque sa couleur de peau. Elle lui souriait toujours et finit par dire.


- Alors, de quoi parliez vous ? Pour ma part, je préfère tout simplement être moi et ne pas me ranger dans une communauté ou une autre. Comment je considère les gens parce qu’ils sont eux et pas par leurs couleurs, cultures, classes sociales etc.

La jeune femme n’aimait pas ce genre de remarque. Elle savait que ce qu’avaient fait certains colons étaient scandaleux et elle s’était battu contre tout ça. Mais tous les gens sous prétexte qu’ils étaient blancs n’étaient pas pareils et ne partageaient pas les mêmes idées.
Ils avaient également évoqué la connaissance et la curiosité. Le bel iroquois trouvait cela dangereux, Swan elle adorait cela et ne vivait que pour apprendre et assouvir sa soif de savoir. Ils avaient également trinqué. La jeune femme espérait se faire un ami de cet homme à la coupe de cheveux si original, mais contrairement à elle il ne semblait pas en avoir envie. Cela fit un peu de peine à la belle, mais elle ne prit pas la mouche pour autant.
Elle écouta avec attention sa tirade et ressorti sa pipe pour se remettre à fumer, elle pris son temps, pour répondre un petit sourire amusé flottant sur ses lèvres.

- Non vous ne comprenez pas. Vous ne pouvez pas, vous êtes un homme et vous pouvez faire ce que vous souhaitez sans que l’on vous regarde de travers. Et je n’ai personne qui m’attend chez moi. Je n’ai pas d’époux, ni d’enfants. Je n’en aurait certainement jamais, je suis trop vieille pour qu’un homme souhaite m’épouser. Et ma beauté commence à ce faner.

C’était faux, mais c’est ce que lui avait répétée sa mère pendant des années, et elle avait finit par le penser. Que si elle ne se mariait pas avant ses vingts ans elle ne se marierait jamais, car après ce moment elle deviendrait laide et plus aucun homme ne la désirera pour autre chose que pour sa fortune. Selon sa mère c’était ça l’avenir d’une fille de bonne famille. Se marier avant ses vingts ans, avoir donné un héritier à cet homme dans les années à venir puis après le laisser la tromper sans en faire autant. La jeune femme trouvait cette vie affreuse et n’en voulait certainement pas. Mais des fois elle pensait avec nostalgie qu’elle n’aurait jamais d’enfants et cela la peinait. Elle aimait bien les enfants, mais il n’y avait pas d’intérêt à en avoir si ce n’était pas avec une personne qu’on aimait.
La jeune femme lui raconta alors toute la vérité. Elle avait tant besoin de parler, cela faisait si longtemps qu’elle ne l’avait pas fait. La belle avait presque plus confiance en cet homme qu’en son ancien amant. Il était maintenant si différent. Swan voyait son attention et sa gêne lorsqu’il s’adressa à elle pour lui demander si elle n’avait vraiment personne et pourquoi elle ne faisait pas comme les gens de son «  espèce  ».
La belle aux yeux vairons et aux longues boucles noires eu un petit rire amère avant de répondre tout en continuant de tirer sur sa pipe.


- Les gens de mon espèce ... pour moi comme vous dîtes mon espèce et simplement les humains. Et je fais ce que font la plus part, je vais m’amuser le soir dans un bar. Mais pour répondre à votre question, je n’aime pas la plus part des autres aristocrates et encore moins leurs soirées. J’y vais de temps en temps, mais je part rapidement.
C’est terriblement ennuyeux et les gens sont mesquins et narcissiques. Je m’amuse bien plus à écouter les marins jouer de l’harmonica dans les bars des dock et à regarder les hommes danser et s’amuser avec des catins, que dans ces soirées maniérées où tout le monde essaye de faire trébucher tout le monde pour se jeter sur eux comme des rapaces dès qu’ils commettent un faux pas.  Et non je n’ai personne ...


Elle lui avait répondu cela d’une traite avant d’engloutir le reste de son verres et d’en commander deux autres pour le beau jeune homme à la peau tannée et pour elle qu’elle s’empressa de payer.
Les deux jeunes gens en étaient alors venu à se demander ce qu’ils seraient comme animaux. Elle lui avait répondu qu’elle serait certainement un chat. Mais la belle fut d’autant plus étonné de sa réponse que le colibri était un animal extrêmement rare et assez particulier. Elle eu un petit rire alors qu’il lui disait qu’en effet elle en avait le nez. Swan ne savait pas si elle devait se sentir flattée ou au contraire offensé. Elle décida juste de le prendre en riant et de ne pas se prendre la tête avec cela.


- Le loup ne m’étonne pas vraiment. Vous semblez être un homme fort, agile et aussi dangereux que déterminé. Mais pourquoi le colibri ? Mais oui il est vrai que ces deux animaux sont fascinant, comme presque tous.

Lui demanda-t-elle en lui souriant avec gentillesse tout en regardant le pendentif avec attention. Il était très beau. L’homme à l’allure si particulière lui fit alors part de ses doutes comme aux faits qu’on puisse s’ennuyer dans de tels endroits avec une telle vie.

- Le monde de l’aristocratie et l’endroit où l’on se sent le plus seul au monde. Aucun acte, aucune parole n’est désintéresse. Tout est hypocrite et il n’y a aucune once de sincérité. Personne ne vous aidera jamais ou ne vous consolera lorsque vous êtes triste sans essayer après de vous soutirer quelques choses.
Cependant je ne me plains pas, je n’en ai pas le droit, je baigne dans le luxe alors que je pourrais vivre dans la rue sans avoir rien pour payer ma pitance. Mais comprenez que pour moi ma vie, celle à laquelle je tiens le plus c’est à ma vie nocturne.


Finit-elle par dire en entamant son deuxième verre de whisky le buvant avec plus de lenteur. Elle voyait bien que l’homme en face d’elle était troublé. Soudain il commença à la sermonner. Ses paroles lui firent l’effet d’un coup de poignard. Elle avala avec difficulté. Pour lui, tout cela n’était qu’un vulgaire caprice.
Ses yeux flamboyèrent alors qu’elle s’apprêtait à répondre, mais en gardant un ton posé. Elle ne supportait pas qu’on puisse croire cela alors que c’était tout sa vie. Qu’elle ne vivait que pour ces nuits.

- Ma place dans cette société est de faire la potiche de service ! Mon rôle dans cette société et de me marier et d’offrir des enfants à mon mari tout en paradant comme un pan dans les soirées mondaines. Et je déteste cela, je ne peut accepter se rôle. J’en souffrirais bien plus qu’en faisant n’importe quoi d’autre. Cette vie pour moi est une prison, dorée certes, mais une prison tout de même. Et je me fiche que vous soyez un vagabond, un aristocrate ou un bourgeois. Pour moi vous n’êtes que Sidka, un individu à part entière.

Répliqua-t-elle un peu plus vivement. Pourquoi essayait-il de lui faire la leçon ? Si elle avait eu un frère il n’aurait pas tenu un discours différent de celui de l’iroquois.
Swan voyait le mal aise apparent de l’homme qui se tenait en face d’elle. La belle bue une seconde gorgée de son second verre de whisky. Elle rangea à nouveau sa pipe après l’avoir éteinte.
Les paroles de l’iroquois lui firent terriblement mal. La belle aux yeux vairons dut réprimer rapidement les larmes qui lui venaient. Ce concentrer sur sa place ... elle faillis e lever rageusement et s’enfuir, mais elle resta assise et répondit d’une voix calme, mais on sentait sa tristesse.


- Oui je cherche de la compagnie. Je cherche à vivre à me sentir bien. Je cherche à être heureuse. Et je ne le serais jamais en restant à ma place dans le beau monde comme vous dîtes. J’étouffe dans mes robes de satins à longues crinolines. Je veux vivre, mais en même temps je me fiche de mourir par ce que je me serais trop approché d’une personne que je ne connaissais pas. Oui j’ai pris un risque immense frôlant l’inconscience en venant vous parler avant alors qu’en plus vous aviez un couteau à la main.

Elle reprit son souffle quelques instants avant de poursuivre.

- Je savais qu’en vous abordant, vous auriez pu tenter de me tuer, vous auriez pu tenter de me violer. Mais je savais aussi que peut être je me ferais un ami de cet homme si original, peut être un amant, ou une simple connaissance. En tout cas j’aurais appris au moins quelque chose. J’aurais appris que si j’étais un animal je serais certainement un chat. Sans vous je ne me serais peut être jamais posé la question.

La belle jeune femme à la chevelure de jais le regarda partir, emportant sa figurine avec lui. Swan finit son verre d’alcool, reposa son chapeau sur sa tête et remit son manteau laissant quelques pièces comme pourboire sur la table. Son cœur se réchauffa lorsqu’elle le vit ainsi se tenant droit alors que le vent soufflait, l’attendant. Elle s’approcha lentement et s’accrocha à son bras avec douceur, le fixant de ses yeux pleins de larmes.

- En quoi est ce si mal de chercher un peu de réconfort dans les bras d’un homme l’espace d’une nuit ...

Murmura-t-elle, plongeant ses yeux si particuliers dans ceux du bel homme.


Dernière édition par Swan Carthew le Mer 1 Oct - 20:36, édité 1 fois
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Sidka
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MessageSujet: Re: Perle de nacre [Swan, Sidka] [18/03/42] Mer 6 Aoû - 1:28

Dans l'air frais du soir, non loin du pont de Warterloo, Sidka se tenait debout devant un pub. Son imposante silhouette se découpait sur les fenêtres éclairées de l'établissement d'où sortaient quelques rires étouffés. Avec sa coupe irrégulière, ses vêtements dépareillés et l'aura éminemment imposante qu'il dégageait, l'ombre de l'iroquois se faisait plus remarquable que les autres. C'était peut-être aussi parce qu'il n'y avait que peu d'agitation dans la ruelle où il se trouvait. Seul un couple d'ouvriers discutait non loin de l'entrée tandis que trois hommes disparaissaient dans les ténèbres d'une rue annexe. Dans ce lieu de débauche où venaient s'encanailler quelques insatisfaits, trop malheureux pour dormir ou trop seuls pour oublier leur lourd labeur, un certain calme régnait. Mâchouillant sa pipe en plissant ses yeux allongés, Sidka réfléchissait. Il attendait qu'une jeune femme qu'il venait de rencontrer, une certaine Swan, ne sorte à son tour du pub et le rejoigne. Son désir de liberté et la tournure qu'avait pris leur conversation l'avaient poussé à retourner dehors et à l'abandonner quelques minutes. Car ce n'était certainement pas deux whiskys qui allaient lui faire passer l'envie de grogner sa colère...Couper court à leur discussion plutôt que de risquer de hausser le ton au point qu'il aurait sans doute déclenché une bataille avec ses voisins de table avait été, à son avis, la meilleure des solutions.

Observant du coin de l’œil les ouvriers qui bavardaient non loin de lui, le Lycanthrope soupira. Il repensait à tout ce qu'il venait de dire et d'entendre, comme pour faire le point.

Swan était une jeune femme très étrange. Ses yeux avaient une couleur particulière mais ce n'était rien en comparaison de ce qu'il venait de découvrir chez elle. C'était une aristocrate, une lady de haute éducation qui avait fuit ses comparses pour venir se changer les idées parmi la populace. Elle faisait partie de ces rares personnes qui, gâtées par la vie et par l'argent, n'étaient jamais satisfaites de ce qu'ils avaient, au point de toujours désirer une autre vie que celle que le destin leur offrait. Elle venait de lui dire qu'elle s'ennuyait et qu'elle était seule, terriblement seule au milieu d'une masse de visages hypocrites qui passaient leur temps à se vanter et à organiser des soirées qui servaient de cadre à leurs sournoises intrigues. Ne se rendait-elle donc pas compte que le monde qu'elle fuyait, malgré ses défauts, était toujours mieux que celui qu'elle fréquentait ce soir ? Il était fait de misère et de tueurs, de maladies et de cafards rampants. Elle avait dit qu'elle cherchait de la franchise et de la compagnie, mais ce n'était certainement pas dans ces rues qu'elle allait en trouver! Douce illusion d'une enfant perdue entre les mondes...

Ce qui avait particulièrement retenu l'attention de Sidka, c'était que Swan ne semblait pas juger les gens sur leur couleur, ni sur leur classe sociale, et encore moins sur leur simple apparence. Pour elle, la seule chose qui avait un sens, c'était la notion même d'Humanité. C'était un comportement noble, candide, éminemment différent que celui qu'avaient près de 90% de la population à cette époque. D'ailleurs, l'iroquois ne se souvenait pas d'avoir jamais connu quelqu'un qui osait penser ainsi et surtout qui osait le dire et le revendiquer de façon aussi provocante et décidée. Il trouvait que ce type d'opinion était merveilleux mais terriblement dangereux. D'ailleurs, de son propre point de vue, les classes sociales étaient une bonne chose. Évidemment, après avoir été vendu en tant qu'esclave, maltraité et regardé comme un objet pendant des années, il conservait une certaine haine de la richesse et des aristocrates, des bourgeois et des entrepreneurs qui avaient assez d'argent pour faire ramper le monde à leurs pieds. Mais, au fond, il considérait que chacun avait une place précise dans le grand cycle de la vie, un certain rôle à jouer au sein de la grande trame de l'existence. Pour lui, si l'on décidait soudainement de briser cet l'équilibre qu'il considérait comme originel, la société entière se trouverait bouleversée et cela provoquerait la fin de tout ce qu'ils connaissaient tous. Ses idées étaient archaïques, très animales car, même s'il croyait ferme à la loi du plus fort et qu'il se considérait comme un lion déguisé en loup parmi les brebis et les bœufs, il jugeait que sa position sociale était normale, logique, cohérente, impossible à modifier sans mettre à terre trop de ses principes. Sidka ne se rabaissait pas à une simple existence de servant en considérant que c'était son immuable fardeau que de lécher les bottes des poudrés et autres insupportables puissances, mais il pensait sincèrement que sa naissance et les circonstances qui l'avaient amené là n'avaient pas à être regrettées ni rejetées. Pour lui, sa vraie place n'existait plus de toute façon : elle avait disparu avec ses parents et il devrait lutter jusqu'à la fin des temps pour survivre dans un univers qui ne serait jamais le sien. Sa philosophie était ainsi des plus complexes et jamais il ne l'avait réellement établie. Comment pourrait-il donc la partager avec une femme telle que Swan ? Ses entités elles-mêmes ne partageaient pas toujours ses avis...

Mais malgré les beaux idéaux de la jeune femme, Sidka n'avait pas pu s'empêcher de tiquer face à sa fougue et à ses revendications. Au bout d'un moment, l'iroquois avait tout de même laissé transparaître ses propres pensées : pour lui, Swan devait garder sa place et arrêter de prendre des risques inconsidérés qui pouvaient mettre sa famille dans la honte voire pire, la faire tuer. Après tout, c'était égoïste de sa part de mettre ainsi sa vie en jeu sous prétexte qu'elle avait besoin de voir le monde.
Cependant, lorsque la jeune femme lui avoua qu'elle n'avait tout simplement personne à jeter dans l’infamie à part elle-même, le Lycanthrope la jugea un peu moins sévèrement. Ainsi était-elle réellement complètement esseulée...Comment cela était-il possible ? Lui-même venait d'un autre continent et son histoire était si terrible qu'il était facile de comprendre qu'il puisse se retrouver seul au monde. Mais pour une aristocrate, ne plus avoir un seul parent en vie ou quiconque capable de la soutenir, c'était une chose normalement impossible. N'avait-elle donc aucun cousin ? Aucune amie de son rang ? C'était impensable ! C'était sans doute elle-même qui s'était détaché de tout, pas l'inverse, cela devenait évident, à moins qu'elle n'ait subi un véritable drame ou qu'elle ait été rejetée de la famille pour une faute grave...
Un soupçon plus compréhensif, le Lycanthrope avait préféré s'abstenir et éviter de donner son opinion plus longtemps afin d'éviter de froisser la jeune femme avec ce sujet des plus sensibles.
En lui, Koulaï commençait à gronder férocement. Il n'aimait décidément pas cette femme. Pourquoi les avait-elle donc abordés eux pour se plaindre de son ennui et de sa solitude ? Elle était complètement inconsciente et stupide ! Qu'en avaient-ils à faire au fond ? Ils n'étaient pas là pour recueillir la veuve et l'orphelin, encore moins pour récupérer les gamines échappée du manoir de quelques lords véreux !

Heureusement, l'iroquois ne pensait pas comme son entité. Pour lui, il était clair que la belle cherchait une forme de réconfort, une aide, quelle qu'elle soit. Il pensait bien évidemment qu'elle s'était trompée de personne et qu'en venant le voir lui elle avait fait une grossière erreur. Mais il préférait finalement que cela lui tombe dessus plutôt qu'elle se soit adressée à n'importe quel autre homme qui aurait pu lui faire le plus grand mal. Malgré sa colère, il la laissa donc étaler ses sentiments sans piper mot. De toute façon, il n'allait pas tarder à sortir, qu'elle le suive ou non. L'atmosphère de ce bar l'énervait, Koulaï voulait respirer l'air du soir et lui aussi. Depuis qu'ils étaient entrés, un groupe d'hommes ne cessait de les regarder discrètement par-dessus leurs épaules et, dans son état, Sidka se sentait de coller des têtes contre les murs. Il valait mieux éviter de s'énerver d'avantage et d'avoir réellement envie de les provoquer. Son deuxième verre fut vidé encore plus vite que le premier.

Soudain, Cocoa avait rit et Sidka avait ramené son attention sur Swan. La belle était en train de lui soutenir qu'il ne pouvait pas la comprendre parce qu'il pouvait faire ce qu'il voulait, lui, en tant qu'homme, et parce que personne ne le regardait de travers contrairement à elle. L'iroquois fit une grimace qui annonçait une vive colère. Comment pouvait-elle croire une chose pareille ? Mais avant qu'il ne puisse répliquer, la jeune femme avait enchaîné sur l'idée que si elle n'avait ni d'époux ni d'enfants à son âge c'était qu'elle n'en aurait certainement jamais parce que sa beauté se « fanait » déjà. Cette fois-ci, Sidka avait fini par tiquer pour de bon. Souriant d'un air désabusé, il avait levé les yeux au ciel en riant jaune :


- Ah ! Ah ! Ah ! Mais vous vous entendez un peu ? Combien de filles de votre âge rêveraient d'avoir votre visage ? Vous pouvez me le dire ? Croyez-moi, des femmes j'en ai vues dans ma vie et vous êtes bien loin d'être repoussante ! Pensez un peu à toutes celles qui vivent dans la boue, qui traînent leur marmots en loques derrière elles, violées à dix reprises dans la semaine, défigurées par la misère, la famine, les enfoirés de porcs qui rôdent...Certaines n'ont jamais eu de miroir dans les mains...Et vous vous plaignez ?

C'était un peu virulent mais Sidka trouvait la jeune femme complètement ridicule, égoïste et futile. Tandis que rôdaient ainsi en lui maintes pensées plus violentes les unes que les autres par rapport à son soit-disant statut d'homme trop idéalisé à son goût, il avait écouté Swan se plaindre de l'ennui qu'elle ressentait parmi les siens. Il était évident qu'entre une soirée guindée dans l'aristocratie et l'ambiance que l'on pouvait trouver dans certains pubs en ville, l'écart était énorme, et l'iroquois admettait lui-même que, quitte à choisir, il prendrait sans doute ce qu'il connaissait le mieux à savoir les fêtes du peuple. Il imaginait fort bien que ces dernières étaient plus drôles et plus vivantes que tout ce que pouvaient organiser les imbéciles de la haute. Mais il savait aussi que leurs tables étaient bien garnies, que leurs stratégies visaient à mettre leur famille à l'abri du besoin et que, même si derrière leurs manières se cachait en vérité tout un monde plus sale et malsain que ce beaucoup pensaient, ils ne mouraient jamais de faim, de froid ou d'un dur labeur. Ce qui avait donné à Sidka la réelle envie de se lever c'était que Swan oubliait aisément que si dans les soirées mondaines les hypocrites attendaient « un seul faux pas » pour vous détruire en société, prendre votre gentil pucelage, votre fortune ou votre titre, dans la rue les sombres individus vous abordaient généralement c'était pour prendre la seule chose qu'il vous restait : votre morceau de pain, votre bicoque hantée par la peste ou tout simplement votre vie pour vous soutirer une bourse trouée. C'était un gâchis phénoménal et l'iroquois doutait que la jeune femme puisse comprendre l'étendu de leurs différences...Elle ne semblait pas se rendre compte de la cruelle vérité et elle idéalisait la « liberté » qu'avaient les gens du peuple par rapport à ceux de son rang, prisonniers de grotesques carcans, corsets et regards acérés.
La jeune miss avait un discours un peu étrange à ses yeux, parfois contradictoire. Elle disait qu'elle n'avait pas à se plaindre et pourtant elle se plaignait de toute son âme. Elle rejetait en masse ceux qui pourraient l'intégrer à un couple de son rang, avec un mari peut-être aimant, et elle disait qu'elle avait besoin de compagnie. Elle disait qu'elle savait se défendre seule et pourtant elle ne cessait de jeter des regards dans tous les sens pour surveiller ses arrières.


*C'est une femme qui ne sait plus sur quel pied danser. Elle est dans une confusion extrême...*

*Elle cherche juste un bon lit pour cette nuit ouai...*

Que croire ? Que penser ? Sidka avait du mal à cerner cette étrange personnalité. Swan et lui venaient de deux mondes complètement différents et l'un comme l'autre restait persuadé que son propre monde était pire que celui dont provenait l'autre. C'était un paradoxe des plus élémentaires et pourtant il déstabilisait violemment l'iroquois.

Un homme « fort », « agile », « dangereux ». Était-ce vraiment lui ? La description que la jeune femme avait fait de lui lorsqu'il avait été question des animaux représentatifs de leur personnalité l'avait laissé songeur. Le loup, elle le comprenait. Mais pourquoi le colibri ? Bonne question.


-  Je ne sais pas...Pour sa rapidité, ses couleurs, sa volonté peut-être ?

Sidka n'avait pas pu donner à Swan toutes les raisons pour lesquelles il était lié à cet animal totem. C'était trop intime, un peu honteux aussi...

*Arrête de ruminer, elle arrive.*

Swan sortit du bar et vint se ranger à son côté. Elle s'accrocha à son bras. Sidka laissa son regard tomber sur elle. Sous son large chapeau, la belle le regardait avec des yeux emplis de larmes. Sa voix tremblante lui demanda alors ce qu'il y avait de mal à chercher la compagnie d'un homme pour se réconforter. L'iroquois grimaça. La jeune femme venait de lui dire qu'elle cherchait le bonheur loin de son rôle de « potiche » auquel la restreignait la société. Elle cherchait un « ami », un « amant ». N'avait-elle donc pas toute sa tête ? Pensait-elle réellement qu'il était le genre d'homme qu'il lui fallait ? Elle ne frôlait plus l’inconscience à ce stade-ci, elle était parfaitement consciente de ce quelle demandait. Sidka en resta figé un moment. Le contact de la jeune femme avec son bras, même au travers de sa veste rapiécée, lui donnait une sensation désagréablement contradictoire : il refusait ce contact, comme un animal qui ne désire pas être caressé, mais en même temps il le trouvait frais et sensiblement familier. Cela faisait presque deux mois qu'il n'avait pas eu de relation charnelle avec une femme et cette opportunité le dérangeait autant qu'elle l'attirait.

Finalement, l'iroquois soupira et, dégageant sa pipe de sa bouche, il se pencha en avant pour relever le menton de la jeune femme.


- Dites-moi...Pourquoi, sous prétexte que je suis un homme, pensez-vous que je puisse faire tout ce que je veux ? Son regard était doux et pourtant ses paroles restaient aiguisées de reproches. Parce que mon sexe m'autorise à me promener dans les ruelles le soir, à boire jusqu'à plus soif dans les taudis de ce genre et à errer comme un fantôme où bon me semble sans que quiconque ne me force à porter un corset ou à lever le petit doigt en l'air en buvant un thé infecte, je serais bien plus libre que vous ? Que faites-vous donc de ma faim, de ma propre solitude, de ces heures de travail harassantes qui ne me permettent même pas de payer ma chambre toutes les nuits ? Hmm ? Oui, que faites-vous de ces heures de souffrance à trimer sous les travaux que les vôtres nous offrent dans leur « grande mansuétude » ? Que faites-vous du froid qui envahit la ville à la nuit tombée et contre lequel nous n'avons parfois rien ? Vous êtes bien naïve de penser que la liberté se résume à sortir pour aguicher le premier qui vous tape à l'oeil ! Bien sûr que je ne peux pas comprendre ! Je ne suis pas à votre place et je n'y serai jamais ! J'ai bien autre chose à penser qu'à une femme et à des enfants ! Je n'ai pas le temps de me morfondre sur ma « beauté » ou sur les regards que portent les autres sur ma carcasse puante. Je n'ai pas ce genre de soucis, j'en ai d'autres qui vous dépassent !

Le ton de l'iroquois avait passablement monté à mesure qu'il déversait tout ce qu'il avait sur le cœur. Les ouvriers, perturbés par son agressivité, avaient cessé de discuter pour les regarder. Sidka leur jeta alors soudainement un regard venimeux et attrapa Swan par un bras pour l'emmener avec lui.

- Vous savez ce que je risque en votre compagnie ? On peut m'accuser de tous les maux...

Une fois qu'ils furent hors de la vue des ouvriers, dans une ruelle plus étroite et plus sombre, loin des fenêtres du bar, Sidka lâcha Swan et s'appuya contre un mur. Occupé avec sa pipe qu'il débourrait un peu pour la ranger, il évita le regard de la jeune femme.
Au bout d'un moment, le jeune homme glissa l'instrument de bois dans une poche intérieure de sa veste et soupira :


-  Je vais vous raccompagner chez vous miss. Vous avez trop bu, vous ne savez plus ce que vous dites...
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Swan Carthew
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MessageSujet: Re: Perle de nacre [Swan, Sidka] [18/03/42] Jeu 7 Aoû - 23:41

La jeune femme finit par se rendre compte de absurdité de ses paroles pour une personne qui ne mangeait pas toujours à sa faim. C’était risible. Elle se plaignait alors qu’en même temps elle savait qu’elle ne devrait pas. C’est vrai sa vie était ennuyeuse, elle détestait la société. Cependant, la belle était à l’abri de tout besoin. La jeune aristocrate mangerait toujours à sa faim, elle n’aurait jamais froid et aurait toujours un toit au dessus de sa tête et de quoi se vêtir.
Mais les paroles de l’homme à la coupe de cheveux si originale la frappèrent de plein fouet. Cela lui fit mal et malgré le fait qu’elle soutenait son regard, elle n’avait qu’une envie, se terrer six pieds sous terre pour ne plus jamais en ressortir. Oui des femmes se faisaient violer chaque jour, voir même plusieurs fois dans la même journée, subissaient la famine, essayaient d’élever leurs enfants dans les rues sales et froides de la ville.
Swan finit par répondre après un long moment de silence, d’une voix faible.

- Je sais tout cela, je ne le sais que trop bien ... Vous avez raison, je sens votre colère et votre dégoût à mon égard pour ses paroles superficielles que j’ai prononcé. Et oui peut être que certaines femmes envient ma beauté. Mais on m’a raconté depuis que je suis toute petite qu’après vingt ans plus personne ne s’intéressera à moi pour ce que je suis et à vingt-cinq ans je n’ai même plus besoin d’espérer vivre un jour avec quelqu’un.
Enfin bref, je comprend votre haine à mon égard et à celle des autres aristocrates. J’ai l’habitude d’entendre les gens me la crier avec vigueur. Mais, je ne le fais pas exprès d’être née dans une famille d’aristocrate. Oui ... j’ai de la chance en fait, j'en suis malgré tout consciente lorsque je relativise ...

Murmura-t-elle lentement de sa voix douce.
Elle ne se comprenait plus elle même. Comment pouvait-elle être à la fois si futile et en même temps se sentir si concerné par ses gens et vouloir faire partie simplement du peuple. La belle Comtesse se sentait incohérente, elle ne savait pas qui elle était. Était-elle une aristocrate pure souche qui luttait contre sa nature de manière veine, ou était-elle juste une femme qui avait du mal à se défaire de son éducation malgré ce qu’elle était à la base. Elle ne savait pas. C’était une affreuse réalité qui la frappait de plein fouet. La jeune femme ne savait absolument pas qui elle était.
Les deux jeunes gens se mirent à parler alors d’animaux. L’iroquois lui révélé que si il était un animal, il serait un loup ainsi qu’un colibri. La belle femme aux longs cheveux de jais lui avait alors demandé, pourquoi. Le bel homme lui dit alors que c’était certainement à causes de ses magnifiques couleur, de sa rapidité et de sa volonté. C’était étrange, juste à cause de ce court échange elle avait appris plusieurs chose sur le jeune homme. La belle se demanda alors ce qu’elle apprendrait sur elle si elle savait qu’elle animal elle serait. Comment pourrait-elle répondre à cette question ? Et comment le jeune homme pouvait il y répondre avec tant d’assurance ?
Elle lui avait donc parlé de son ennui, de sa vie. Et la jeune aristocrate s’était rendue compte que ses paroles devaient lui sentir de plus en plus déplacées. Mais en même temps c’était vrai. Sa vie était fade ... sans couleurs. Cependant, n’importe qui parmi la classe ouvrière rêverait d’avoir une vie ainsi, calme, posée et sans histoire.* L’herbe est toujours plus verte de l’autre côté de la barrière * pensa la jeune femme.
Alors qu’elle réfléchissait, il était sorti. C’est vrai pourquoi était-elle allé trouver cet homme à la peau tannée alors qu’elle ne savait rien de lui. Pourquoi lui avait-elle tout dit ? Oui au départ, elle avait vraiment eu juste envie de discuter un peu, boire un verre puis finir la nuit dans son lit et disparaître le lendemain au matin. Mais à ce moment là, la belle jeune femme aux yeux vairons avait envie de rester un peu à cet homme. De mieux le connaître, cependant elle avait bien compris que lui ne voulait pas. Oh comme elle s’en voulait de lui avoir dit la vérité sur elle, elle aurait du se contenter de dire qu’elle faisait partie de la petite bourgeoisie comme à son habitude, ou quelque chose du genre.
Swan avait alors finit son verre et l’avait suivis hors du bar. En sortant elle respira le parfum de la nuit, elle était humide et froide. Pourtant le jeune homme qui se tenait debout, dos à elle. Il avait ressorti sa pipe et fumait, la fumée s’élevant dans dans le ciel nuageux. La jeune femme s’était lentement approché du jeune homme et avait doucement attrapé son bras dans un geste presque spontané. La belle lui avait alors demandé en quoi cela était il intolérable le de vouloir chercher un peu de réconfort auprès d’un homme chaque nuit, parcourant les rues en espérant que quelque chose se passe enfin. La jeune femme fur surprise de son geste, il releva son menton pour qu’elle le regarde dans les yeux. Ce qui fut le plus surprenant fut la douceur qui se dégageait de ses yeux, et les reproches de sa voix, presque agressive.
Alors qu’il parlait, elle s’était lentement éloigné de lui, mais gardait son regard plongé dans le sien. Il en était venu à lui crier dessus. Swan retenait ses larmes avec difficulté alors qu’il parlait. Non elle savait bien que ce n’était pas ça la liberté, mais c’était la seule qu’elle réussissait à avoir. Il lui criait à la figure ses tracas du quotidiens. Oui de vrais problèmes, pas comme les siens.
Lorsqu’il eu finit sa diatribe enflammé elle répondit d’une voix tremblante.

- Je ne peux pas vous dire que je comprend, parce que non je ne connaîtrais jamais ce dont vous me parlez. Je n’aurais jamais ses problèmes importants. Oui mes plus grand problèmes dans ma vie ont été la mort de l’homme que j’aimais lors d’une attaque dont le but était de tuer des négriers et l’abandon du second. Qui est d’ailleurs réapparut miraculeusement hier après dix longues années d’absence, ajouta-t-elle distraitement avant de revenir au sujet principal. Mais alors aidez moi, aidez moi à comprendre. Je n’ai jamais voulu vivre dans une tour d’ivoire.
Mais je vois votre haine, je la comprend, j’ai ressentie la même pour mes parents en me rendant compte de ce qu’ils étaient. Donc si vous voulez, vous pouvez m’apostrophez de tout les crimes et les comportements répugnant de la plus part des gens de mon espèce comme vous dîtes. Cependant, je ne demande qu’à comprendre pour devenir quelqu’un de meilleur et plus proche des gens normaux.


Elle le regardait avec attention, voulant lui faire comprendre sa sincérité et sa réelle envie de devenir une personne bien. La jeune femme remarqua alors les deux ouvriers qui les regardaient et laissa l’iroquois l’emmener dans une ruelle plus discrète et étroite. Il lui dit alors qu’il prenait des risques en restant avec elle et qu’on pouvait l’accuser de tout et n’importe quoi. Swan poussa un profond soupir d’agacement.

- Je démentirais les maux en questions et vous défendrais, je ne suis pas du genre à laisser faire et à regarder.

La jeune Comtesse le regarda avec attention s’occuper de débourrer sa pipe pour la ranger après. Il lui dit alors qu’elle était saoule et le regarda avec colère. Il la traitait comme une enfant et en avait assez ! Peut être qu’elle était futile, mais elle savait s’occuper d’elle. La belle devait avoir son age, ou alors un tout petit peu moins.

- Je suis assez grande pour rentrer seule chez moi si telle est mon envie. Mais si je vous insupporte je vais vous quitter, même si personnellement j’aurais aimé continuer la discutions qui semble vous déplaire, mais qui moi m’intéresse. Et vous n’avez pas besoin de m’appeler « Miss »

Lui dit-elle fermement. Si il ne voulait plus restez avec elle, alors elle irait certainement noyez ses doutes et ses questions dans l’alcool jusqu’au petit matin où elle rentrerait chez elle.
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Sidka
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MessageSujet: Re: Perle de nacre [Swan, Sidka] [18/03/42] Dim 10 Aoû - 12:21

Au fil de leur conversation dans le bar, Swan semblait s'être rendue compte de l'exagération de ses plaintes. Sidka crut ainsi pendant un instant qu'il allait avoir la paix et que la jeune femme allait se reprendre, mais ses espérances furent bien vite effacées en quelques mots. Car, même si la belle avait paru comprendre qu'au lieu de se lamenter elle ferait mieux de s'estimer heureuse d'être née avec une cuillère d'argent dans la bouche, une chose restait certaine : l'éducation que recevaient les jeunes femmes de son acabit les enfermaient dans une foule de règles et d'a priori qui ne cessaient de les rendre malades. Swan lui avait ainsi soutenu que son âge ne lui permettrait plus d'obtenir une vie de famille correcte. C'était ridicule et irritant, mais l'iroquois ne pu s'empêcher de penser que, quelque part, la jeune femme avait raison. Dans son milieu, elle était déjà en marge à cause de l'absence de mari à son âge. Socialement parlant, c'était effectivement peut-être bien déjà fini pour elle. À moins qu'un riche parti intéressé par une femme plus vieille ne lui fasse sa demande, ou qu'un vieil aristocrate ne lui tende la main pour la prendre sous son toit, elle resterait vieille fille. C'était ainsi que fonctionnait la haute société, c'était stupide et mesquin, mais on mourait jeune à cette époque et l'enfantement était une épreuve que les corps ne supportaient plus du tout à partir d'un certain âge, il fallait donc s'installer vite et bien, c'était une règle à la fois sociale et pragmatique. Swan avait donc raison de se méfier, mais elle ne pouvait pas dire que sa beauté était fanée. C'est là que Sidka la trouvait ridicule. Évidemment, elle ne faisait que répéter les paroles de son entourage, de sa mère aigrie, et de toute la société, mais le Lycanthrope trouvait ce genre de propos tellement futile, si féminin, qu'il n'avait pas pu s'empêcher de se moquer d'elle, d'autant qu'il était loin, lui, de la trouver laide.

Mais ce qui avait réellement motivé la colère de Sidka dans le discours de la jeune aristocrate, c'était sa façon d'être persuadée qu'un homme tel que lui avait plus de droits et de liberté qu'une femme telle qu'elle. Il aurait voulu réplique de suite pour lui apprendre à réfléchir autrement et à ouvrir les yeux sur la place des hommes, leurs impératifs, leurs propres contraintes, qu'ils soient nobles ou non. Cependant, plutôt que d'entrer dans un conflit ouvert, l'iroquois avait préféré sortir du bar. Respirer l'air frais du soir allait son doute lui éviter de malheureux propos. Et puis, il n'aimait pas l'ambiance de cet établissement, il ne faisait pas partie de ceux qu'il fréquentait habituellement et les regards que leur « couple » attirait l'énervaient au possible.
Comme prévu, Swan l'avait très vite rejoint. Le Lycanthrope, qui fumait sa pipe pour se calmer, avait alors espéré que la belle ne l’importunerait plus avec ses plaintes. Il pensait la raccompagner chez elle en profitant du silence de la nuit ou d'un sujet moins désagréable que le statut de la jeune femme, comme par exemple la beauté de ses yeux ou son animal totem, mais son attitude, toujours geignante et soudainement provocante, avait fini par l'énerver pour de bon et le ton était monté d'un coup. Trop de rancœur siégeait maintenant dans l'esprit de l'iroquois et il ressentit le besoin intense de défendre son sexe que la jeune femme enviait dans tous les sens du terme - il n'était pas assez stupide pour ne pas l'avoir compris.
Ainsi, malgré lui, le jeune homme ne put s'empêcher de dire à la belle ce qu'il pensait de ses paroles. N'avait-elle donc pas remarqué sa couleur de peau ? Rien que pour cette particularité, il faisait partie de ceux que l'on rejetait, que l'on humiliait et que l'on considérait souvent comme de simples bêtes ramenées sur le continent pour servir les autres. Certes il pouvait aller où bon lui semblait s'il faisait fi des remarques, des regards et qu'il évitait la guerre ouverte avec les imbéciles, certes il n'y avait personne pour lui dire comment s'habiller, comment manger, comment se tenir, mais il passait son temps enfermé dans une tannerie à suer, les mains dans les produits les plus nocifs au monde, ou dans les demeures des riches pour porter leur piano, leurs livres et leurs meubles lourdement décorés sans jamais recevoir d'autres gratitudes qu'un peu de monnaie ; il se levait avant le soleil et se couchait bien après lui, son sommeil était agité de cauchemars liés à son frère qui ne se réveillait plus ; il n'avait pour tout vêtements que des frusques malodorantes et son repas n'était jamais certain...Comment cette femme pouvait-elle croire que sa vie était mieux que la sienne ? La liberté...Il ne l'avait jamais réellement connue et ne la connaîtrait sans doute jamais. Depuis les esclavagistes de son pays natal jusqu'aux anglais, depuis sa mère jusqu'à son frère, il n'avait passé son temps qu'à travailler pour les autres au sein d'une société qui le rejetait naturellement pour tenter de le noyer au fond de sa lie. Entendre Swan lui dire qu'elle enviait son sexe pour une liberté rêvée l'avait donc fortement remonté. Elle se plaignait de l'ennui et de la solitude, mais elle faisait partie de ces gens plus riches que les trois quarts des vivants et qui ne s'étaient donné que la peine de naître dans un milieu favorisé. Et, même s'il ne crachait pas sur cette classe sociale avantagée et qu'il ne la haïssait pas, que ce soit par jalousie ou par volonté d'équité, puisqu'il considérait qu'elle avait sa place dans ce monde, qu'elle était logique et naturelle, lorsque les puissants en son sein usaient de leurs pouvoirs pour opprimer les plus faibles, lorsque ses protégés se mettaient à pleurer sur leur bonheur et que tous oubliaient la misère des autres, leur droit à la vie, leurs terribles soucis, il se devait de crier au scandale et à la reconnaissance.

Lorsqu'il finit son discours Swan semblait mortifiée. Son visage décomposé exprimait la plus vive des émotions. Sa voix se fit plus tremblante encore que dans le bar lorsqu'il avait quelque peu attisé sa colère. Elle était cette fois emplie de tristesse et de honte. Elle lui expliqua que ses plus grands problèmes avaient été des problèmes relationnels. Apparemment son premier amour était mort dans « une attaque dont le but était de tuer des négriers » et le second l'avait abandonnée avant de resurgir dans sa vie pas plus tard que la veille. Sidka ne l'écouta qu'à moitié. Qu'en avait-il à faire ? C'était bien les femmes ça...à courir après des sentiments...
L'iroquois était franchement agacé par les paroles de Swan. Non seulement elle ne faisait que se plaindre mais en plus elle ne cessait de déformer ses propos. Apparemment, il l'avait terriblement vexée lorsqu'il lui avait dit qu'elle ferait bien de rester avec ses « semblables », elle n'arrêtait pas de reprendre ce terme comme s'il l'avait prise pour un animal qui se trompait d'espèce...Elle n'avait décidément pas compris sa façon de concevoir les choses. C'était insupportable ! Mais en cet instant, Sidka était surtout perturbé par les coups d’œils sombres que leurs jetaient les ouvriers non loin.
Enfin, décidé à éviter les ennuis, le Lycanthrope entraîna la jeune femme dans une ruelle annexe afin de continuer leur petite conversation sans qu'il n'y ait de témoins susceptibles de lui chercher bataille. Une fois qu'ils furent arrivés, le jeune homme rangea sa pipe et voulut raccompagner la belle chez elle. Il désirait être certain qu'elle rentrerait saine et sauve, afin d'éviter de culpabiliser, et il souhaitait disparaître dans un parc pour profiter du reste de la nuit, seul et tranquille.

Mais, tandis que Swan le réprimandait, assurant qu'elle n'avait besoin de personne pour la raccompagner et qu'il n'avait pas besoin de l'appeler « miss » (alors que pour l'iroquois ce n'était qu'une marque de respect), Koulaï, qui était resté silencieux depuis le bar, s'éveilla dans l'esprit de Sidka et le secoua :


*Elle a parlé des négriers...Sidka, réveille-toi !*

Ce grondement fit réaliser à l'iroquois que, dans sa hâte, il avait négligé ce point crucial. Finalement, si l'ancien amant de Swan avait été un fervent partisan de la lutte contre l'esclavage, ce n'était peut-être pas pour rien que la jeune femme s'était arrêtée devant lui dans la rue. Peut être que son teint lui avait rappelé, à juste titre, celui des africains ?

*Sidka...Nous avons plus en commun avec elle que ce que tu pouvais croire...Tu vois ?*

Passant d'une expression colérique à un air plus sombre et plus triste, l'iroquois regarda la jeune femme comme s'il la découvrait pour la première fois. Il resta silencieux pendant un moment, la dévisageant comme s'il souhaitait lire à travers ses yeux toute son histoire et sonder son âme. Lentement, il se détacha du mur contre lequel il s'était appuyé et se rapprocha d'elle. Lui imposant sa large carrure, il pencha la tête sur le côté et plissa les yeux d'un air suspicieux.

- Qu'appelez-vous, les gens « normaux » ? Pour moi, la normalité n'existe pas. Chacun est exceptionnel à sa manière car chacun possède sa propre histoire.

Swan ne lui mentait pas, elle ne lui avait jamais menti depuis qu'elle lui avait adressé la parole. C'était une femme franche qui n'avait pas hésité à lui dévoiler son identité et à lui dire ce qu'elle avait sur le cœur. Elle méritait peut être un peu plus de considération que ce qu'il lui accordait depuis leur rencontre.

- Vous dites que votre premier amour traquait les négriers...Fit l'iroquois en grimaçant. Je les connais bien...

Lentement, Sidka ôta sa veste, révélant toute sa musculature de sauvage. Jetant à la jeune femme un regard d'une grande intensité, il se tourna pour lui montrer son dos. À la lumière du lampadaire qui siégeait au bout de la ruelle, de longues marques superposées se révélèrent sur sa peau. C'étaient à n'en pas douter des cicatrices laissées par de nombreux coups de fouets. Il y avait également des traces de brûlure, plus sombres, et des marques difficiles à identifier. Restant ainsi un instant afin que Swan puisse se rendre compte de l'étendu des dégâts, l'iroquois finit par se rhabiller et soupira:

- Le colibri, Miss, c'est la liberté que je n'ai jamais connue.

S'asseyant sur la seconde marche d'un perron abandonné, le Lycanthrope ressortit son couteau pour jouer avec tout en parlant. Il se mit à le faire tourner entre ses doigts et à en observer la brillante lame.

- Vous n'avez donc plus de famille ? Ni frère, ni sœur ? Racontez-moi...Que s'est-il passé avec votre premier amant ? Et cet homme qui vous a abandonnée...Vous dites qu'il est revenu dans votre vie. Il vous cherche ? C'est pour cela que vous vous confiez à moi ?

Pour Sidka, il était très facile de déceler l'hésitation, le mensonge, la tristesse, le remord, et toutes ces émotions qui se traduisaient en infimes variations sur le visage. Son pouvoir lui permettait de voir le vrai visage des gens qu'il croisait mais cela ne l'empêchait pas de jouer le jeu et de les pousser à la parole pour les obliger à lui donner un maximum d'informations.

Pourquoi s'intéressait-il soudainement à Swan ? Cette histoire de négriers l'avait sans doute touché.
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Swan Carthew
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MessageSujet: Re: Perle de nacre [Swan, Sidka] [18/03/42] Jeu 14 Aoû - 0:48

La nuit devait être tombé depuis une petite heure. Après tout c’était l’hiver et elle arrivait rapidement, entourant la ville de son étreinte glaciale et inquiétante. Swan souffla en sortant et de la buée s’échappa de sa bouche délicate.
Elle s’était dirigée vers l’iroquois qui fumait se tenant droit dans la nuit sombre. La belle avait doucement prit son bras essayant de lui communiquer la tristesse et la honte qu’elle ressentait. La jeune aristocrate avait prononcé une phrase qui semblait lui avoir déplut, comme les autres, qui était futile mais en même temps c’était vrai.
Oh elle ne savait même plus en réalité. Son esprit était embrumé par l’alcool fort qu’elle avait bue. Et elle ne cessait de penser avec anxiété à ce qu’elle était. Car elle ne savait pas.
L’homme à la peau tannée lui avait alors répliqué que lui avait de réels problèmes. La faim, la soif, la misère en générale. Oui elle le savait. Et qu’elle avait tort sur ce qu’elle pensait de la liberté et qu’il ne l’avait pas sous prétexte qu’il était un homme. Mais toute ses paroles lui avaient fait mal. La belle femme aux yeux vairons avait eu l’impression qu’il l’avait frappé. Ce n’était bien sur pas le cas. Il ne semblait pas être le genre d’homme à faire du mal à une femme.
Swan lui avait alors répondu d’une voix faible qu’elle voulait essayer de comprendre, qu’elle voulait apprendre la vie comme elle était. Car non elle ne voulait pas vivre comme une princesse dans sa haute tour d’ivoire. Elle voulait savoir ce que vivait ces gens. Les gens de la classe populaire et ouvrière. Les gens qu’elle ne connaissait pas.. La jeune aristocrate lui avait alors parlé rapidement des deux hommes qu’elle avait aimé, futiles paroles. Le bel iroquois avait une mine colérique, il semblait lui en vouloir. c’était compréhensible. Elle retenait tout de même les larmes qui menaçaient de couler de ses yeux. La séduisante femme à la chevelure de jais murmura doucement en baissant la tête, caché par son grand chapeau.


- Je veux juste apprendre à comprendre après toute ces années.

La jeune Comtesse se sentait comme une petite fille devant un adulte. C’était la première fois que ça lui arrivait. Mais après tout, n’en était-elle pas une par rapport à tous ces gens qui se battaient chaque jour de leur vie pour leur survie ? Elle avait toujours été protégé comme une enfant.
Elle avait donc l’allure d’une femme, mais n’était aux yeux des gens qui n’étaient pas des aristocrates une enfant. Cela lui faisait beaucoup de peine.
Sidka l’avait alors entraîné dans une petite ruelle encore plus sale que celle qu’ils avaient quittés. Mais au moins ils étaient seuls et protégé du vent. L’homme à la coupe de cheveux si particulière lui avait alors reproché les risques qu’elle lui faisait courir et de ce qu’on pourrait l’accuser. Elle lui avait répliquer avec agacement qu’elle le défendrait bien entendu. Puis il lui avait dit qu’il allait la raccompagner car elle était saoul.  Swan avait alors répondu qu’elle n’avait pas besoin qu’on la raccompagne.
La belle remarqua alors que le jeune homme avait perdu son expression de colère pour afficher une mine sombre et triste. Elle remarqua également avec surprise que l’étrange homme à la peau tannée s’était approché d’elle, ils n’étaient plus qu’à quelques centimètres l’un de l’autre. Elle devait lever les yeux pour le voir même si il n’était pas si grand. Il la regardait avec suspicion. Il lui posa alors une question des plus intéressantes. Qu’est ce qu’était la normalité selon elle ? Elle se contenta d’une réponse assez abstraite, mais qui lui semblait juste.


- Le mot normalité vient de norme. Donc pour moi la normalité est ce qui respecta la norme. Après je ne suis sur de rien.

Répondit-elle d’une voix douce en le regardant de ses grands yeux si étranges. Ses larmes avaient disparut. Elle fut très étonné par la phrase qu’il prononça. Il lui parlait de son ancien amant et de la traque des négriers. Il lui avoua également qu’il connaissait bien les négriers.


- Oui nous les traquions tout les deux avec d’autres personnes. Mais c’était il y a maintenant dix ans. Mais racontez moi si le vous plaît comme vous vous les connaissez.

Au fond elle se doutait bien comment vu la couleur de sa peau et sa coupe de cheveux. Mais elle préférait l’entendre. Et elle voulait qu’il lui raconte. La belle avait lutté de toute ses forces contre ça.
Mais sans savoir toute la vérité. Et elle n’avait jamais rencontré une personne qui avait subit cela.
L’iroquois avait alors retirer sa veste révélant son importante et impressionnante musculature.
Elle vit alors sur son dos les marques. Des marques de fouets et de brûlures ainsi que d’autres qu’elle ne pouvait identifier. C’était affreux, pas dans le genre repoussant à cause des cicatrices et des traces mais à cause de ce qu’il avait du vivre. Swan vit le regard intense que lui lançait le jeune homme, elle faillit en rougir mais heureusement pour son amour propre ses joues ne s’enflammèrent pas. La belle femme à la peau nacrée n’arrivait pas à détacher son regard des marques de l’iroquois. Elle passa un doigts le long des traces de fouets avec douceur avant de le retirer.
Comment pouvait-on faire ça à un homme ? C’était scandaleux et ça lui donnait envie de hurler.
La belle aristocrate le laissa remettre sa veste plongeant son regard dans le siens. Elle aurait voulu lui dire qu’elle était désolé même si elle n’y était pour rien.
Il lui expliqua alors la vrai raison du colibri. «  Le colibri c’est la liberté que je n’ai jamais connu. »


-Je comprend donc la raison du colibri. La liberté est la plus belle des raisons ...

Avait-elle murmurer avec un air rêveur en regardant le ciel avant de plonger à nouveau son regard dans celui de Sidka. Il s’était assit et jouait avec son couteau. Une très belle arme, des plumes étaient coincés dans des lanières de cuirs. Simple mais beau.
Le bel homme lui demanda alors si elle n’avait vraiment plus de famille et de lui parler des deux hommes qu’elle avait aimé.
Swan s’assit à ses côtés et sorti sa pipe avant de commencer à fumer.

- Non je n’ai plus personne en Angleterre. Je n’ai jamais eu de sœurs ni de frères. Je ne sais pas pourquoi mais je pense que mes parents préféraient éviter toute relations entre eux. Ou qu’ils ne voulaient pas prendre le risque d’avoir une deuxième fille comme moi.

Dit elle avec un petit rire en lâchant une bouffée de fumée avant de reprendre en baissant la tête presque honteuse.

- Ma seule famille, sont des cousins vivants en Amérique. Ils ont des plantations ... je ne les ai jamais rencontré et je ne le souhaite pas. Ce sont le genre de gens que j’exècre autant que j’exécrais mon père. C’était un négrier. Il est mort ainsi que ma mère il y a dix ans lors d’un voyage.

Elle soupira versant une larme aux souvenirs de son ancien amant qui roula sur sa joue nacrée. Il voulait qu’elle lui parle de lui. De cet homme qu’elle avait aimé.

- Il s’appelait Leigh. Il était brun et avait de beaux yeux verts, c’était un bourgeois. La première fois que nous nous sommes rencontrés c’était chez Alvin.
Alvin était un ancien forban. C’était lui le chef, il coordonnait le mouvement. Il m’a un jours recruté dans un bar. J’avais quatorze ans et c’était l’une des premières fois que je faisais le mur pour découvrir la ville. Je m’étais donc rendu dans un bar et j’avais vu un homme frappé une femme parce qu’elle avait renversé sa bière par accident. J’étais intervenue sans réfléchir sautant entre eux même si je ne savais pas me battre. Je me suis pris un sérieux coup de poings qui m’avait envoyé contre une table. Toute la scène c’était passé alors qu’Alvin et certains de ses amis, des gens qui luttaient avec lui, entraient dans le bar bondé.  
Les yeux de la belle étaient perdus dans le vides, tout ses souvenirs ressurgissaient.
Ils avaient alors mit le gars dehors et m’avait abordé alors que je buvais assis dans un coin de la salle entrain de me dire que ça faisait vraiment mal un coup de poing. Il s’était approché et s’était assis. Alvin m’a parlé pendant de longues heures de sa cause. Ce qui était amusant c’est qu’à l’époque je ne ressemblais pas encore vraiment à une femme et avec mon visage ainsi que mes cheveux cachés par un chapeau je ressemblais à un jeune garçon.

Elle eu un petit rire à ce souvenir. Un rire plein de mélancolie. Oh comme ces instants lui manquaient. Elle avait aimé ces deux années passé à leurs côtés.
La belle jeune femme garda le silence quelques instants, tirant sur sa pipe. Swan lança un regard À Sidka. Comme elle se sentait futile, mais elle n’avait jamais parlé de ça. Même pas à Asher, à l’époque la blessure était trop fraîche pour qu’elle puisse en parler.


- Excusez moi je vous ennuis peut être ...

Finit-elle par dire en baissant la tête tristement se rendant compte du ridicule de la situation actuelle.


Dernière édition par Swan Carthew le Mer 1 Oct - 20:37, édité 1 fois
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Sidka
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MessageSujet: Re: Perle de nacre [Swan, Sidka] [18/03/42] Dim 17 Aoû - 11:57

Swan était bel et bien prisonnière de carcans qu'elle croyait réussir à contourner sans pour autant réussir à s'y soustraire. Le pire pour l'iroquois, c'était que la jeune femme ne savait même pas se détacher de ce que l'on pouvait lui avoir appris. Pour elle, la « normalité » était simplement un concept tiré de ce que l'on appelait la « norme », elle ne réfléchissait pas plus loin que ça et ce malgré l'évidence qu'il lui mettait sous le nez...Pour lui c'était une aberration, un terme inventé pour parler d'une prison que la société bâtissait chaque jour autour d'eux. La norme...Qu'est-ce que c'était que la norme ? À part des barrières érigées par les puissants pour contenir leur subalternes, cela ne représentait rien de concret. La réponse de la belle n'avait ainsi aucun fond, aucune substance, elle était vide de sens. C'était comme s'il lui avait demandé ce qu'elle pensait de la liberté et qu'elle s'était contentée de lui répondre que c'était ce qui faisait de nous un être « libre ». Définir un terme par un autre tiré de la déclinaison du premier, c'était ne rien dire. Swan n'avait absolument pas donné de réel point de vue. La jeune femme était naïve, terriblement naïve, et Sidka commençait à comprendre combien il était facile pour un homme de se jouer d'elle. Pas étonnant qu'elle ait été prise puis abandonnée ! Elle ne faisait qu'errer en espérant qu'il lui arrive quelque chose d'exceptionnel, réfléchissant de façon désordonnée et confuse, tout en attendant que l'on fasse battre son cœur d'aventures. Elle n'était pas idiote, encore moins candide, au contraire, elle paraissait même intelligente et mélancolique, mais il était évident qu'elle n'avait pas réellement conscience de la réalité et que son monde à elle ne pouvait que se heurter douloureusement à celui dont elle était issue.
La jeune femme lui faisait pitié. Comment pouvait-elle être aussi seule et aussi perdue dans une société qui lui avait pourtant ménagé une place bien à elle ? Pourquoi déviait-elle jusqu'à se blesser sans cesse à vouloir être ce qu'elle n'était pas ? C'était une proie facile pour les Dom Juan qui savaient parler aux femmes, enjoliver leurs traits par des mots et leur faire croire qu'elles étaient importantes dans leur vie de soudards. Il fallait qu'elle se méfie d'avantage et qu'elle se réveille. Si elle désirait passer outre les normes que la société érigeait autour d'elle, sa réflexion à son sujet devait être plus poussée. Comment briser une prison de verre lorsque l'on ne sait pas de quoi elle est faite ? Sidka voyait bien qu'elle était perdue entre deux mondes et que son esprit était en détresse. C'était sans doute pour cela qu'elle cherchait le réconfort des bras d'un homme et de l'alcool : elle avait besoin d'oublier ses doutes et de se sentir aimée, même l'espace d'un instant, afin de se sentir vivante au sein d'une communauté, n'importe laquelle du moment qu'elle ne restait pas ainsi seule et abandonnée par le sort dans un entre-monde délicat à appréhender sans se briser.

Le passé de Swan était sans doute pour quelque chose dans sa conception ambiguë de la vie. Elle avait eu un amant, il y avait maintenant plus de dix ans, qui traquait les négriers et qui l'avait entraînée dans sa lutte. Sidka admirait ce type de personnes capable d'assez d'abnégation pour risquer sa vie en sauvant celles de pauvres erres maltraités par le commerce, le profit, la cupidité des autres. Il trouvait ce genre d'idéaux aussi dangereux que louable. Et, même s'il n'avait jamais pour sa part chercher à tuer les négriers en masse, à leur faire payer ce qu'ils lui avaient fait subir, il les avait en commun avec la jeune femme.
Afin de lui montrer sa bonne foi, pour lui prouver qu'il la comprenait au moins sur ce point, il n'hésita pas à lui montrer les marques que l'esclavage avait laissé sur sa peau. Il n'avait pas bougé lorsque la belle avait laissé ses longs doigts diaphanes parcourir son dos pour toucher ses cicatrices. Il n'en souffrait plus depuis longtemps et, loin d'être pudique ou honteux de dévoiler une partie de son corps ainsi meurtrie, il préférait que Swan prenne le temps de réaliser à quel point il avait eu affaire aux négriers lui aussi.

Lorsqu'il fut rhabillé et qu'il fut assis sur une marche, la jeune femme le suivit en allumant sa pipe. Sidka la laissa le rejoindre en s'écartant un peu afin de lui laisser de la place. Il prit son couteau dans sa main la plus éloignée d'elle pour éviter de risquer de la blesser en jouant avec. Ainsi installés côte à côte, ils pourraient mieux discuter.

Swan finit par lui raconter pourquoi elle n'avait plus de famille, pourquoi elle haïssait ses parents, comment elle s'était retrouvée à fréquenter des forbans et à rejoindre leur cause...


- Attendez...Finit par dire l'iroquois en fronçant les sourcils. Vous me dites qu'à quatorze ans vous étiez dans un bar où des forbans avaient l'habitude de venir ? Que vous vous êtes interposée entre un homme et une femme ? C'est assez incroyable...

Pourtant la jeune femme ne lui mentait pas, et de cela il était au moins certain. Mais comment une fille de l'aristocratie pouvait-elle s'être retrouvée dans une pareille situation ? C'était insensé.

- Et vos parents ? Ils étaient morts à ce moment là ou vous faisiez déjà n'importe quoi ? Vous êtes partie avec ces hommes en abandonnant tout derrière vous ?

Le ton de Sidka se voulait presque amusant, il ne souhaitait pas blesser outre mesure la jeune femme. C'était sans doute déjà assez difficile pour elle de lui raconter tout ça, même si elle avait grandement besoin de le faire, vu son débit de paroles.
Le Lycanthrope piqua la lame de son couteau dans un espace meuble entre les deux marches sur lesquelles ils étaient assis et recommença une paire de fois avant de reprendre ses questions.


- J'ai un peu de mal à vous suivre...Vous venez d'où exactement ? Vous parlez de cousins en Amérique...C'est de là que je viens. Et non, vous ne m'ennuyez pas, sinon je ne serais déjà plus là...Mais vous êtes confuses, vos paroles sont comme celle d'un oisillon tombé du nid.

C'était réellement l'image que Swan lui renvoyait. Elle semblait perdue, complètement déchirée par divers sentiments, entre la vie et la mort, entre le besoin de découvrir le monde pour respirer un bonheur imaginaire et celui de s'enfermer dans son boudoir pour mâcher son malheur. Elle n'était pas claire dans ses explications et elle ne semblait jamais répondre entièrement à ce qu'il lui demandait. C'était comme si elle se parlait à elle-même plutôt que d'entretenir une vraie conversation. Elle avait besoin de parler, de se confier, c'était évident, mais elle en souffrait et elle devait sentir que ce n'était ni le lieu, ni l'homme idéal pour ouvrir son cœur saignant.
L'iroquois tentait cependant de rassembler tout ce qu'il avait appris sur la jeune femme pour mieux la cerner mais il était certain qu'elle avait avant tout besoin d'effacer ses souvenirs une bonne fois pour toute afin d'avancer sans trébucher.


- Vous ne m'avez pas répondu concernant votre deuxième amant...Vous m'avez dit que vous l'avez récemment revu. Vous poursuit-il ?

Cette histoire de forbans ne plaisait pas au Lycanthrope. Cet Alvin avait l'air d'avoir été aimable avec la petite fille qu'avait été mais enlever une gamine de quatorze ans dans un bar pour l'entraîner dans des histoires de négriers, c'était un acte qu'il jugeait aussi égoïste que criminel. Comment pouvait-elle espérer avoir une vie décente avec un tel vécu ? D'ailleurs il se demandait comment elle pouvait avoir récupéré ses biens par la suite...Swan était une femme bien étrange, pleine de contradictions et dont le parcours dans la vie n'avait rien eu de courant. C'était bien la première fois qu'il rencontrait une lady avec une telle histoire.

- Vous êtes surprenante, Miss, et il y a de nombreuses choses que je ne comprends pas chez vous. Votre histoire me semble irréelle et je ne comprends pas comment vous avez pu revenir parmi les vôtres après avoir fréquenté de pareils hommes...D'un autre côté, je commence à comprendre pourquoi la vie des aristocrates vous ennuie...Comment revenir à une vie faite de manières et de mollesse lorsqu'à quatorze ans on a déjà connu l'aventure ?

Sidka tentait d'être aimable mais sa colère revenait lentement envahir ses veines. Pour lui, soit elle choisissait sa vie de luxe et assimilait la société des hauts afin de vivre décemment en abandonnant ses idées grandioses de liberté absolue, soit elle quittait définitivement son milieu pour retrouver une vie de paria. Rester perdue entre les deux ne pouvait que la déchirer. Il fallait qu'elle fasse un choix et qu'elle s'y tienne, sans quoi sa vie n'avancerait jamais.

Rayant de sa pointe la pierre de la marche pour y graver quelques traits, Sidka reprit :


- Il faut que vous effaciez le passé Miss, il vous tient par la gorge, cela me semble évident. Pour avancer et bâtir votre futur, il faut que vous repartiez sur des bases solides. Il faut que vous choisissiez votre place et que vous vous y teniez. Vous ne pourrez pas ainsi éternellement garder ce double statut. Une dame du monde qui erre dans les bars, une fille qui a connu l'amour par deux fois et qui se retrouve seule, une femme déguisée en homme...Il va falloir que vous trouviez votre voie si vous ne voulez pas devenir folle.

Plongeant son regard dans le sien, l'iroquois esquissa un sourire.
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MessageSujet: Re: Perle de nacre [Swan, Sidka] [18/03/42] Sam 23 Aoû - 17:46

Le bel iroquois à la peau tannée avait commencé à lui poser des questions sur sa vie. Pourquoi s’intéressait-il soudainement à elle ? Ce qu’elle avait dit par rapport à Leigh et leur vision des négriers semblaient l’avoir plus qu’intéressé.
Le jeune homme avait retiré sa chemise pour lui laisser le temps d’admirer ses blessures, des traces de coups de fouets, de brûlures et d’autres choses terrible. Ce qu’il avait du vivre devait dépasser toute les horreurs qu’elle pouvait imaginer. Pourquoi lui avait-on fait cela ? Était il arrivé en Angleterre à cause des négriers ? S’était-il échappé ? Était ce la faute de sa famille ? C’était la question qu’elle se posait à chaque fois qu’elle voyait une personne victime des marchands d’esclaves. Oh comme elle haïssait ses parents, sa famille en général pour ce qu’il faisait à des humains, les traitants comme du bétail.
Le colibri c’était la liberté qu’il n’avait jamais eu. Cette phrase l’avait profondément marqué. Elle finissait par ce demander si certaine personne jouissait réellement de la liberté. Et même qu’est ce que c’était vraiment ? Pouvoir voyager dans le monde comme l’avait fait Asher ? Sans elle.
Swan se mit à lui raconter le début de son histoire, lorsqu’elle avait rencontré Alvin. Elle n’en avait jamais parlé et tentait en général de l’oublier. De les oublier tous mais elle n’y arrivait pas.
La belle jeune femme aux yeux vairons allait poursuivre lorsqu’il lui dit qu’il trouvait cela assez incroyable tout ce qu’elle lui raconter.
Elle eu un petit rire désabusé avant de répondre.

- Non pas incroyable, juste bête et téméraire. J’ai eu de la chance qu’ils aient été là sinon je serais certainement morte. J’ai eu de la chance de m’en sortir avec un bleu. Et c’était l’une des premières fois ou je sortais, j’ai suivis l’un des palefrenier et je me suis retrouvé dans ce bar
. Je voulais voir ce que les gens vivaient. Je ne connaissais que des gens issus de l’aristocratie et en générale les domestiques n’avaient pas le temps de répondre à mes questions.

Elle se mordit les lèvres lorsqu’il lui demanda si la belle avait tout abandonné pour partir avec eux. Et si ses parents étaient morts.

- En réalité au moment où Alvin m’a recruté il était justement entrain de chercher des gens. Et la plus part des gens qui acceptaient étaient souvent des gens qui ne savaient pas se battre. Donc nous nous retrouvions dans sa maison vers les tanneries. Ainsi je continuais de vivre une vie normale pour une aristocrate la journée et en général vers minuit je m’enfuyais de chez moi en passant par mon balcon et je rentrais avant que le soleil se lève.

Lui expliqua la jeune femme. Son visage s’était assombri alors qu’elle allait continuer la suite de son récit. Elle avait plongé ses yeux dans ceux du jeune homme. Ses yeux étaient brillant à cause des larmes qui lui venaient comme à chaque fois qu’elle pensait à tout cela.

- Mes amis sont morts le soir d'une attaque contre plusieurs négriers qui s'étaient certainement réunis pour parler affaire. Je devais les rejoindre mais ma mère m'a vu sortir cette nuit là et c'est débrouillé pour que je ne puisse pas ressortir cette nuit là. Mes parents ne devaient pas se rendre à cette réunion, ils ne risquaient donc rien par rapport à cela, mais ils sont morts quelques jours plus tard lors d'un voyage en Écosse.

Elle avait murmuré la dernière phrase et les larmes s’étaient remises à couler sur son visage aux traits fins. La belle aristocrate poursuivit.

- Je suis retourné aux Tanneries la nuit suivante pour voir si il y avait tout de même des survivants, mes parents étaient partis en voyage. J’y ai trouvé un homme que je ne connaissais pas. Il a profité de moi ... je me suis laissé faire jusqu’à ce qu’il commence à aspirer mon sang ... Je l’ai tué. Au matin il ne restait que sa cape et un petit tas de poussières ... Excusez moi vous devez me prendre pour une folle.

La jeune femme à la longue chevelure de jais était presque gêné de raconter tout cela. Surtout qu’elle se rendait compte que Sidka était un parfait inconnu. Il avait raison elle était inconsciente de faire tout cela. Elle le regardait enfoncer son couteau entre l’écart de deux marches.

- Un oisillon tombé du nid ...

Répéta-t-elle le regard dans le vide. Oui c’est peut être ce qu’elle était. Ses paroles n’avaient aucun sens. Son existence même n’avait aucun sens. Elle répondit tout de même à ses questions.

- Je suis née à Londres et je n’ai jamais quitté la ville. Si j’ai bien compris mon oncle est parti il y a plusieurs années en Amérique. Il est mort et ses fils ont reprit sa plantation. Je crois que mon père avait donc établis un trafique d’esclave avec son aide.

Ses pensées étaient tout aussi confuses que ses paroles. Il devait la prendre pour une folle bonne à interné. Parler de tout ça ravivait la terrible blessure qui meurtrissait son cœur et en même temps la soulageait. C’était étrange ... Soudain un autre souvenir l’assaillit, celui qu’elle voulait ignorer. Oublier totalement. Le jour où elle avait tué un homme de sang froid.
C’était un négrier bien sur, donc un meurtrier et il le méritait. Mais tuer un homme alors qu’on a même pas quinze ans ... Elle en avait fait des cauchemars pendant des mois si ce n’est pas des années. Mais ça elle le garda pour elle, elle ne pouvait pas avouer. Ce serait trop douloureux.
Le beau jeune homme à la peau tannée finit par lui demander ce qu’il en était d’Asher. Swan triturait ses doigts avec nervosité.

- Non il ne me poursuit pas ... En réalité je l’ai rencontré quelques jours après la mort de Leigh. Un an plus tard il est parti sans moi. Sans donner aucune nouvelle. Je l’ai retrouvé hier par hasard dans le même bar où l’ont s’étaient rencontré. Il était différent, c’est moi qui suis allé le voir. Nous avons finit par aller chez lui. Il m’a raconté ce qui c’était pas´se pendant son voyage et que depuis quelques années un assassin le suivait. Tuant chaque femme qu’il aimait ou avec qui il avait tune relation. Il dit encore m’aimer mais qu’on risque de me tuer si il à une relation avec moi ... Il m’a donc rejeté ...

Avoua la belle en repensant à la soirée de la veille. Elle ne croyait pas à cet assassin, mais elle ne comprenait pas le jeune homme qu’elle avait autre fois aimé. Pourquoi lui faire croire ça ? Pourquoi la laisser dormir avec lui et s’occuper d’elle pour en même temps rejeter chaque marque d’affections qu’elle souhaitait lui offrir.
Swan releva la tête pour l’écouter parler. Oui son histoire ne devait pas sembler réaliste, elle semblait sortir directement d’un auteur de fantastique. Mais oui pouvait-elle vivre normalement après avoir vécu tout cela même si c’était il y a une décennie ?
Oublier, oui elle devait oublier. Laisser son ancienne vie de côté et avancer. Mais elle n’y arrivait pas. Elle n’arrivait pas à choisir. Quelle vie voulait-elle vraiment ? La jeune Comtesse n’aimait pas sa vie d’aristocrate. Mais saurait-elle vivre seule ? Saurait-elle vivre sans tout ses domestiques et son argents ? La seule chose qu’elle savait faire c’était jouer de la musique. Pouvait-on vraiment vivre de cela ?
La séduisante jeune femme le regardait avec détresse.

- Je ne sais pas quoi faire. Je ne veux pas vivre cette vie ennuyeuse d’aristocrate où il me suffit de claquer des doigts pour avoir tout ce que je veux. Mais je ne connais rien de la vie réel. Et je ne sais pas si je pourrais réussir à vivre juste grâce à al seule chose que je sais faire. La musique.

La jeune femme ne savait vraiment pas quoi faire. Des fois elle regrettait d’avoir tué cet homme qui avait bue son sang une nuit dans les tanneries et de ne pas l’avoir laissé l’achever.
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Sidka
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MessageSujet: Re: Perle de nacre [Swan, Sidka] [18/03/42] Sam 30 Aoû - 17:16

Swan n'avait pas eu de chance. Elle qui était pourtant encore si jeune, si belle et si naturelle, avait déjà vécu des choses que peu de personnes de son milieu social pouvaient avoir vécues. Elle avait toujours souhaité découvrir le monde et elle avait été enfermée dans des règles et des codes imposés par son monde, elle avait lutté contre les négriers avec ses amis et les avait tous perdus en une soirée, ses parents avaient été tués dans un accident de voyage et elle s'était retrouvée seule, abandonnée par le sort, entourée d'hommes sans scrupules prêts à lui prendre tout ce qu'il lui restait : son corps, sa beauté, sa propre vie.

Sidka compatissait. Même s'ils n'avaient pas du tout vécu les mêmes calvaires, même si son propre cas avait été sans doute bien plus grave que celui que lui dévoilait la jeune femme, il était capable d’empathie. Le regard ainsi que la voix que la belle lui offrait ce soir l'avaient assez ému pour qu'il lui accorde son temps et lui prête une oreille bienveillante. Il avait passé son existence à écouter son frère et, même s'il était d'un tempérament froid et distant, il savait tendre son âme vers autrui.
Swan était de ces personnes qui ont besoin de parler pour se libérer d'un poids qui pèse sur leur cœur. Elle lui avait dit elle-même : elle était « bête et téméraire ». Bête était un bien grand mot, évidemment, d'autant que si Sidka la trouvait un peu naïve et candide, il ne la connaissait pas encore assez pour pouvoir lui attribuer semblable critère. Mais elle était fragile et déjà blessée. Elle avait besoin de se livrer à n'importe qui, le premier qui passait, pour respirer un air nouveau. Sidka avait attiré son attention et elle l'avait choisi pour colorer sa vie qu'elle regardait comme une mare d'eau claire que l'on remue sans cesse pour faire remonter la vase et la noircir. Elle avait besoin de calmer son âme.


* Elle n'a pas eu une vie facile. C'est une enfant égarée, comme nous.*

*Arrêtez de comparer nos vies, elles n'ont rien à voir !*

La confusion régnait dans l'esprit du Lycanthrope. Ses entités s'agitaient de nouveaux. Koulaï voulait retourner à leur solitude. Il n'aimait pas palabrer ainsi, encore moins pleurer sur le sort des autres alors qu'il considérait le parcours de son hôte avait été bien plus terrible que le leur. Cocoa, lui, restait patient et compatissant. Il comprenait la jeune femme, surtout au sujet de son désir de liberté. C'était lui qui poussait Sidka à l'écouter et à tenter de lui apporter un réconfort certain.

- Vue de cette façon, l'intervention de vos amis, Alvin et autres, a en effet été salutaire. Mais je ne peux pas m'empêcher de penser qu'une lady de votre rang n'a pas sa place dans des entreprises aussi dangereuses. Vos actions et vos pensées sont louables, mais votre perte aurait été un beau gâchis pour tout le monde. Songez que vous pouviez aider vos compagnons autrement qu'en risquant votre vie, je veux dire physiquement. Enfin...c'est du passé, il va falloir vous y faire.

L'Iroquois ne savait pas comment répondre à la jeune femme. Il la sentait fébrile et il manquait encore d'informations pour réellement saisir la situation qu'elle avait vécue. La pauvre avait les yeux mouillés de larmes. Elle s'exprimait d'une voix étouffée, la gorge serrée. Tous ces souvenirs la blessaient. Pour Sidka, il fallait qu'elle les exorcise une bonne fois pour toute avant de les balayer définitivement de son esprit.

- Je suis navré pour votre famille et vos amis, même si vous ne portiez pas forcément tous leurs membres dans votre cœur. Perdre un être cher est toujours douloureux. Ne retenez pas vos larmes, je n'en ai que faire, j'en ai recueillies des milliers depuis ma naissance...Mais ne vous attardez pas trop sur ces sujets, il faut avancer, continuer de marcher vers le soleil et fuir les tombeaux de ceux qui restent derrière nous. Songez que la mort les a emportés vers de meilleurs lieux.

Il aurait bien ajouté qu'il avait lui-même versé de nombreuses larmes pour sa propre famille, pour son frère, pour ses entités ou encore, sa liberté, et qu'il avait fait le choix de marcher droit devant lui pour eux tous, comme un fier guerrier qui aurait pris des coups pour préparer son avenir ; mais c'était un homme, un indien, et il considérait que seuls les femmes ou les êtres faibles pouvaient se permettre la manifestation extérieure des sentiments intérieurs. À ses yeux, c'était un signe de faiblesse, même s'il était justifié, et il refusait de le laisser paraître chez lui.

Par la suite, Swan se livra de nouveau à lui. Sidka continua de gratter du bout de son couteau la marche de pierre sur laquelle ils étaient assis. Il passait souvent dans les interstices pour enlever un peu de mousse d'un geste machinal. Cela l'occupait en même temps qu'il écoutait la jeune femme et qu'il participait à la conversation. Mais lorsque la belle lui raconta qu'un homme avait abusé d'elle le lendemain de la mort de ses compagnons, il s'arrêta net et resserra ses longs doigts bruns autour du manche de son arme avant de lui jeter un regard plein de dégoût. Elle avait donc rencontré un Vampire ? Quel enchaînement d'événements affreux ! Mais ce n'était pas tellement la présence d'un Vampire dans sa vie qui avait fait réagir l'Iroquois mais bien l'idée même qu'il ait pu abuser d'elle. Pour lui, les femmes n'avaient pas à subir le bon vouloir des hommes, elles étaient libres, fragiles et nécessairement sous la coupe d'un protecteur, mais au moins libres de leurs corps ! Il serra les dents.


- Pourquoi est-ce que je vous prendrais pour une folle ? Ma propre mère a été violée par notre propriétaire et j'ai déjà rencontré ce type de créature...Vous n'avez pas eu de chance. Les barbares qui prennent les femmes pour des objets à utiliser selon leur bon vouloir n'ont pas d'âme, quelle que soit leur race !

Peu à peu, Sidka comprenait mieux la jeune aristocrate. Ses parents, ses amis, son oncle, leur plantation, le trafic d'esclaves, la lutte contre les négriers, les amants imbéciles, les rencontres maudites...Son sexe et son statut ne lui avaient pas permis de vivre à son envie et elle avait dû subir bien plus qu'elle n'était censé supporter à son âge.

La nervosité et le chagrin de Swan avaient pris un degré supplémentaire à mesure qu'ils parlaient. L'Iroquois l'avait aisément remarqué à sa façon d'articuler, de se triturer les doigts et d'agiter légèrement ses belles lèvres même lorsqu'elle reposait sa voix. Il allait bientôt falloir cesser cette conversation si elle ne voulait pas s'en retrouver brisée. Elle devait rentrer chez elle et dormir pour oublier un peu toutes ces horreurs.

Mais Sidka ne l'interrompit pas lorsqu'elle continua et lui parla de son ancien amant. Elle n'avait pas donné son nom, contrairement aux autres acteurs de sa vie, mais le Lycanthrope s'en contrefichait. Ce qui lui importait, c'était de savoir si cet homme la hantait ou non. Dans le premier cas, il l'aurait peut-être menacé pour qu'il arrête de la poursuivre. Son instinct de protecteur aurait parlé à sa place. Mais il apprit qu'en réalité il avait simplement séduit Swan avant de l'abandonner et que, la veille, elle l'avait revu après plus d'un an d'oubli pour se faire rejeter. Il lui avait dit qu'il ne pouvait plus la fréquenter pour garantir sa sécurité car il était poursuivit par un tueur. La jeune femme l'avait ainsi trouvé changé, distant, stressé.
Sidka réfléchit un moment. Pour lui, l'homme dont elle parlait avait fait le bon choix. S'il tenait un temps soit peu à Swan et qu'il était réellement poursuivi par un assassin, il devait garder ses distances et même l'ignorer, la bannir définitivement de sa vie, ou du moins jusqu'à ce que l'individu qui en voulait à sa vie et à celle de ses proches soit lui-même exterminé. Mais une chose le dérangeait : pourquoi l'avait-il acceptée chez lui dans ce cas ? Ce n'était pas logique. Leurs retrouvailles avaient sans doute ravivé une flamme mourante chez elle et non chez lui...Swan avait de bonnes raisons de croire qu'il ne la désirait simplement plus. Cela restait étrange de la part d'un homme seul avec une femme dans un semblable contexte...surtout s'ils avaient déjà été amants par le passé. Était-il véritablement assez gentleman pour éviter de la faire souffrir d'avantage en lui laissant espérer une relation charnelle qu'il ne désirait plus lui accorder ?


- Si votre homme tient réellement à vous, et s'il est vraiment poursuivi par un cinglé, vous rejeter est le meilleur des choix. Après, je comprends que vous doutiez de lui...Vous devriez le laisser tomber. Il ne vous aime plus. C'est mon avis, même s'il ne vaut sans doute pas grand chose en terme de relation...

*Bah voyons...*

Sidka n'avait pas l'habitude de fréquenter les femmes. C'était un homme qui avait tout donné pour sauver son frère et qui restait désormais enfermé dans une vie faite de travail. Il n'était pas niais, loin de là, car il avait déjà frayé avec des prostituées, mais il ne s'était jamais attaché à qui que ce soit. Ainsi, comprendre exactement ce que ressentait la jeune femme n'était pas dans ses capacités. Il préférait donc rester vague et lui donner son avis sans pour autant réellement l'aiguiller vers une solution. Tout ce qu'il pouvait s'accorder, s'était de l'orienter vers la conduite la moins dangereuse à tenir pour son propre bien. Swan était perdue et il ne savait pas comment l'aider.

Au bout d'un moment, la jeune aristocrate lui expliqua qu'elle avait conscience que quitter son milieu ne la mènerait sans doute que dans une impasse puisqu'elle ne connaissait rien de vraie vie. Sidka faillit intervenir pour la rassurer en lui disant qu'avec ce qu'elle avait vécu elle en savait bien assez pour éviter des erreurs qu'une oie blanche ferait sans doute à sa place, mais il la laissa continuer et lui dire que tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle aimait la musique.

L'Iroquois sourit. Lentement, il sortit d'une poche intérieure de sa veste une petite flûte en bois et lui tendit.


- Tenez, c'est du bois de rose, vous pouvez l'essayer si vous voulez...Faites attention, j'y tiens beaucoup.

Pour le Lycanthrope, c'était une manière de partager d'avantage avec cette femme et de lui faire penser à autre chose. Il lui jeta un regard faussement suspicieux pour l'amuser un peu.

- J'espère que vous ne jouez pas mieux que moi...

Cocoa explosa de joie. Il adorait la flûte et quand Sidka en jouait, il virevoltait en tous sens dans le Monde des Esprits. Koulaï, lui, restait attentif et droit, le postérieur assis sur le sable gris imaginé par leurs trois esprits.

Laissant son instrument à Swan, Sidka étendit les jambes et soupira. Il avait un peu mal au dos à cause du piano qu'il avait transporté dans l'après-midi et il était las, mais il avait surtout faim. À part un quignon de pain, il n'avait rien mangé de la journée.


- La vie des aristocrates ne doit pas être si ennuyante que ça...On m'a dit qu'ils faisaient de l'escrime, du cheval, du piano, de la peinture, de la broderie...Ils vont à la chasse, dans les demeures de leurs amis, ils font des bals, des dîners où la nourriture abonde, ils vont au théâtre, à l'opéra, aux grandes réceptions, dans les salons, dans les pays voisins...Ils ont les moyens de faire beaucoup de choses, de voir le monde, de profiter de la culture. Moi, à part travailler, tailler du bois, tirer sur ma pipe et souffler dans ce machin, fit-il en désignant la flûte d'un coup de tête, je n'ai rien le temps de faire et je n'ai même pas un truc décent à me mettre sous la dent parfois...

L'Iroquois tiqua. Il n'aimait pas parler de lui, surtout pour comparer sa vie à celle d'autrui dans la perspective de se plaindre, mais c'était sorti tout seul et il ne pouvait plus faire demi-tour.

*Et nous dans tout ça ?* Grogna Koulaï. *Heureusement qu'il ne nous faut pas grand chose.*

Soudain, un grand cri de femme retentit dans une rue voisine. Sidka bondit aussitôt sur ses pieds et se redressa de toute sa hauteur, chaque muscle tendu, l'air grave, l'oreille attentive. Un second cri s'étouffa et l'Iroquois jeta un regard rapide à Swan en tendant sa main vers elle dans un geste d'interdiction.

- Restez là ! Ne vous montrez pas !

L'Iroquois se mit à courir. Il suivit les bruits de bataille qu'il entendait très bien grâce aux dons de Koulaï qui lui avait immédiatement prêté son ouïe, son odorat et sa vue. Ses yeux entre le vert et le bleu passèrent ainsi lentement au jaune orangé et, lorsqu'il arriva à l'angle de la bonne rue, il pouvait quasiment tout voir dans le noir.
Sous un lampadaire, un homme d'une quarantaine d'année se tenait à demi-courbé en avant avec un fleuret dans les mains pour faire face à deux autres hommes, plus sales, plus dépareillés, qui lui opposaient des pistolets à percussion. Dans les bras d'un autre homme, une femme d'âge mûr se débattait sans espoir d'échapper à son étreinte de brute. Il lui avait mis la main sur la bouche pour qu'elle arrête de crier et la maintenait fermement contre lui grâce à son autre bras enroulé autour de sa taille. Sidka eut vite fait de comprendre que c'était un couple qui venait de se faire attaquer par trois bandits. Le mari venait de se faire prendre sa femme en otage et il ne savait plus quoi faire.


- Aller ! File-nous ta montre et ton épée et elle n'aura rien! Fit le premier en tendant la main devant lui.

- Dépêche, on n'a pas qu'ça à faire...Ajouta son complice.

- Regardez son collier...C'est-y pas beau ça ? Rit l'homme qui tenait la femme.

Il lui prit son collier de perles et tira sur son bracelet avant de comprendre qu'elle avait également des boucles d'oreilles assorties. Le supposé mari paniqua :


- Laissez-la ! Je...Vous aurez tout...Mais laissez-la !

Le mari fouilla dans sa poche et en sortit une montre à gousset dorée. Était-elle en or ? C'était peu probable, lui et sa femme ne semblaient même pas venir de la haute bourgeoisie, c'étaient des ouvriers un peu plus riches que la moyenne, c'est tout...Mais que faisaient-ils dehors à cette heure ? Sans doute revenaient-il d'un salon...

- Aller, grouille-toi et viens par-là...Faut lui enlever ça...Fit l'homme qui tenait la femme en désignant ses boucles d'oreilles d'un coup de tête. Pose ton épée sinon je le fais en tirant dessus...Je doute que ses oreilles apprécient...

Sous les rires gras des trois bandits, le mari lâcha son épée qui tomba au sol dans un bruit métallique, donna sa montre au chef et s'avança ensuite doucement vers sa femme pour exécuter l'ordre qui venait de lui être donné. Les autres le suivirent et le second homme qui possédait un pistolet prit à son complice le collier et le bracelet pour les fourrer dans ses poches pendant que ce dernier poussait la tête de sa prisonnière en avant afin que son mari accélère un peu son pas.
Sidka observa la scène un instant. Mais, il sentit que les trois bandits ne laisseraient pas leurs victimes en vie s'il n'intervenait pas. En effet, sur le visage du plus fort d'entre-eux, celui qui avait demandé la montre, il lisait un sourire moqueur et sournois qu'il n'attribuait qu'à ceux qui aimaient le sang...

Sortant de l'ombre, l'Iroquois s'approcha du groupe en silence pendant que ses membres regardaient le mari s'approcher de sa femme d'un air fébrile. Ce n'est que lorsqu'il fut à moins de deux mètres de celui qui tenait la femme qu'ils se rendirent compte de sa présence.


- Qu'est-ce que tu veux toi ? Dégage si tu veux pas d'ennuis ! Fit le plus hargneux en pointant son pistolet sur lui dans un mouvement de surprise.

Sidka lui répondit par un regard de fauve. L'homme grimaça. Qu'est-ce que c'était que cet homme sorti de nulle part, à moitié rasé du crâne, avec une veste ouverte alors qu'il faisait déjà frais ? Sa dégaine ne lui plaisait pas, il avait l'air de faire partie de ceux qui ne se laissent pas faire gentiment sans donner un coup de couteau en travers du visage, et pour cause, l'Iroquois tenait toujours le sien dans sa main droite et sa lame brillait d'un dangereux éclat.


- Lâche-moi ce couteau l'étranger ! Si tu n'veux pas une balle dans ta jolie tête de dégénéré, tire-toi ! T'as rien à faire ici !

- À tes ordres...

Le Lycanthrope lui sourit et, d'un geste rapide, il lui balança son couteau en plein milieu de la poitrine. Par réflexe, l'homme tira un coup de feu que Sidka esquiva sans mal puisqu'il n'avait pas visé et qu'il basculait déjà en arrière en beuglant comme un damné. Voyant leur chef tomber, les autres voulurent réagir mais l'Iroquois était déjà arrivé sur celui qui tenait la femme pour lui faire une clé de bras et le pousser en avant sur les pavés. Libérée de son attaquant, la pauvre prisonnière hurla et se jeta aux pieds de son mari interdit. Le troisième homme tira à son tour mais il loupa le Lycanthrope qui s'était jeté sur le côté. Le mari reprit son épée et éloigna sa femme avant se prendre une position de défense un soupçon ridicule. En se relevant, Sidka le bouscula en grognant:

- Vire de là ! Imbécile !

La femme saisit son mari par le bras et l'entraîna dans une ruelle annexe. Elle préférait fuir tout ça plutôt que d'aider leur sauveur et risquer de perdre l'amour de sa vie. C'était d'une lâcheté sans nom. Heureusement, le dernier bandit préféra fuir lui aussi plutôt que de continuer à se battre. Sans cela, Sidka aurait pu prendre une balle dans le dos ou dans l'épaule compte tenu de sa position. Mais si le « chef » de la bande baignait dans son sang et que l'autre partait en courant sans demander son reste avec le collier et le bracelet, celui qui avait pris la femme en otage et qui avait valdingué sur les pavés s'était relevé et avait sorti un pistolet de son pantalon.
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Swan Carthew
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MessageSujet: Re: Perle de nacre [Swan, Sidka] [18/03/42] Mar 2 Sep - 17:39

La séduisante jeune femme lui avait tout raconter sur son passé et sa vie. Oui elle était perpétuellement noyée dans ses souvenirs et vivait dedans.. Oui si elle courrait les rues de la ville c’était pour se souvenir. C’était parce qu’elle avait l’impression que peut être si elle se retournait elle les verrait. Ils seraient là derrière elle entrain d’échanger des plaisanteries.
Mais non, Swan avait beau regardé derrière elle, ils n’étaient plus là. Et ils ne seraient plus jamais là. Elle était définitivement seule ...
En même temps elle se trouvait si futile de raconter ainsi sa vie, de se plaindre alors que le bel iroquois qui se trouvait à côté d’elle avait du vivre des choses bien plus affreuses vu les marques qu’il lui avait montré. C’était scandaleux qu’un homme ai pu vivre cela, hélas c’était le cas de beaucoup trop et c’est pour cela qu’elle avait tenté de lutter. Mais elle avait arrêté, à quoi bon continuer lorsqu’on est seule.
Mais elle s’était confié à cet homme sans aucune pudeur. Pourquoi ? Pourquoi lui avoir tout révélé ? La belle aristocrate ne savait rien de lui. Cet homme était un parfait inconnu jusqu’à ce qu’elle vienne l’aborder il y a quelques heures de cela. Mais d’ailleurs pourquoi avait-elle eu l’imprudence de venir parler à cet homme qui avait un couteau à la main, Parce que son allure des plus originale l’avait attiré. Lui rappelant certaine chose, son envie de nouveauté.
Sidka lui avait répété plusieurs fois qu’il aurait pu être un bandit, un tueur et qu’il aurait pu tenter de lui faire du mal pour finalement qu’on retrouve son corps dans une ruelle salle de la cité ou dans la Tamise.
Le jeune homme à la peau tannée n’avait pas été très tendre au début quand elle lui avait révélé faire parti de l’aristocratie, il semblait s’être radoucit depuis qu’elle lui avait parlé de Leigh et des autres et de son passé de chasseuse de négrier. Cet homme à la coupe de cheveux si original avait une analyse intéressante et parlait simplement, sans prendre de détour. Cela faisait du bien de discuter ainsi et la soulageait vraiment.
La belle jeune femme aux yeux vairons eu un petit rire désabusé et légèrement moqueur en entendant ses paroles.

- Ça ne m’a jamais intéressé d’être une Lady. Et qu’aurais-je pu faire ? La cuisine pour quand ils rentreraient affamé ? Honnêtement je pense qu’ils ne m’auraient pas laissé faire bien longtemps vu me talents de cuisinière. Repriser leur chaussettes ? Ce n’est pas non plus vraiment ma tasse de thé. Et ma vie m’ennuyait tellement ... Ma plus grande préoccupation aurait du être de savoir si mon corset était assez serré selon ma mère.

Répondit la jeune femme en soupirant avec tout de même un petit air amusé en repensant aux fois où elle avait tenté de cuisiner. Une catastrophe.
Ses larmes étaient revenus alors qu’elle continuait de raconter. Il lui disait de pleurer, qu’elle en avait le droit. Qu’il avait l’habitude. Swan ne se fit as prier et se mit à pleurer silencieusement, ses larmes coulant sur ses joues blafardes et prit son visage entre ses mains. La belle Comtesse n’aimait pas montrer sa faiblesse, mais elle en avait besoin. Besoin de pleurer car elle en avait assez de se ressasser et de vivre dans son passé.
La belle aurait voulue se jeter dans ses bras pour s’effondrer en larme et qu’on la console, mais il ne semblait pas non plus être ce genre d’homme et elle ne se le permettrait pas.


- J’aurais au moins pouvoir leur rendre hommage, mais les corps de mes amis ont du être balancé dans une fausse commune ou dans la Tamise ... Mais oui j’espère aussi qu’ils sont dans un lieu meilleur et qu’ils sont heureux.
Je dois reconnaître que vos paroles sont sages, mais il est difficile d’avancer.


Murmura-t-elle de sa voix tremblante. La jeune femme à la longue chevelure de jais continua de se livrer. Racontant la suite de son histoire, quand elle était retournée au Tannerie et où un homme l’avait pris de force pour après prendre son sang. Il allait certainement la prendre pour une folle. Elle même avait pensé avoir rêvé, mais la marque qui était resté un moment sur son cou lui avait prouvé le contraire.
Swan le regardait avec intensité et en même temps tristesse. Le regard plein de dégoût qu’il lui jeta alors qu’elle racontait lui fit mal. Elle l’avait mal interprété mais ca lui faisait se sentir sale. Sale et faible. Faible de ne pas avoir lutté au début, de s’être laissé faire sans protester et qu’il avait fallu que cette créature tente de la vider de son sang pour qu’elle réagisse. La belle aux yeux vairons baissa les yeux avec gêne. En entendant ses paroles elle releva la tête désemparé.

- Vous me croyez ? Pourtant ce n’est pas très réaliste. Je n’en ai jamais parlé à personne sachant que moi même je n’y aurais certainement pas cru si je ne l’avais pas vécue. Vous dîtes en avoir déjà rencontré. Par quelle occasion ?
Et je suis vraiment désolé pour votre mère, cela a du être affreux...

Elle compatissait sans peine se souvenant de l’horreur qu’elle ressentait en se souvenant de se moment qui n’avait pourtant duré pas très longtemps et ne s’était jamais reproduit.
La jeune aristocrate au visage de porcelaine était désemparé, des larmes coulant sur son visage, triturant ses doigts avec nervosité lui parlait d’Asher. Lui racontant ce qui c’était passé. Et qu’après dix ans d’absence elle l’avait revue par hasard. Qu’il l’avait invité chez elle, l’avait gardé dans ses bras pour la nuit mais refusant ses avances avec vigueur. Son excuse était un tueur qui le poursuivait depuis des années.
Les paroles du bel iroquois lui firent mal. Car elles étaient juste et c’est ce qu’elle refusait d’admettre elle même.


- Vous avez certainement raison. Il ne doit pas m’aimer, mais est ce qu’il m’a aimé un jour ? Il m’a tout de même laissé du jour au lendemain pour partir pendant des années parcourir le monde.
Pourtant j’aurais tant aimé ...


Oui elle aurait tant aimé qu’on l’aime. Qu’Asher l’aime. Mais pourquoi tout le monde la fuyait ainsi ? Que lui reprochait-on ? Pourtant dans sa vie d’aristocrate elle était apprécié, cultivé et avait de l’esprit. Pourtant les seules personnes à lui avoir fait des avances étaient des rustres qui ne voulaient l’épouser que pour son physique agréable et sa richesse.
La jeune femme aux longues boucles noires lui avait alors également parlé de ses envies de quitter sa vie pleine de richesse et de facilité pour connaître la réalité et avoir une vie simple. Mais Swan pensait en être incapable.
Sidka fit alors un geste qui la surprit et en même temps lui fit plaisir. Elle lui avait dit aimer la musique et il avait sorti d’une poche de sa veste une jolie flûte de bois de rose. La belle lui sourit avec reconnaissance faisant en sorte de sécher un peu ses larmes. Swan prit la flûte avec respect la tournant doucement dans ses doigts. Sa remarque la fit sourire.


- Merci ...

Murmura-t-elle avec reconnaissance avant de se mettre à jouer un air assez joyeux et entraînant que les marins jouaient en général à l’harmonica. Elle enchaîna après sur un air plus mélancolique, fermant les yeux . La séduisante jeune femme lui rendit l’instrument avec une mine un peu moins triste.. La musique l’avait apaisé.
Swan se rendit compte de la lassitude apparente du jeune homme et se doutait qu’il devait avoir un peu faim mais n’osait pas lui proposer de venir se reposer chez elle de peur qu’il prenne la mouche et lui en veuille. Ce ne serait pas de la pitié de sa part, juste de la gentillesse. Et elle aussi avait faim, la belle n’avait pas mangé depuis le matin ou elle n’avait mangé qu’une pomme bien trop perturbé par ce qui s’était passé la veille avec Asher.
Swan écouta ses paroles en souriant et avec attention. Elle répondit avec une moue un peu ennuyé.


- L’escrime et l’équitation ainsi que la chasse sont plus des passe temps d’homme. Il est rare de voir des femmes invité à la chasse. Ou alors se sont des grands rassemblement et elle perd tout son intérêt car ce n’est que de la figuration. Il m’arrive régulièrement de monter à cheval, mais j’aime vraiment cela et la plus part des femmes que je connais préfère prendre le thé bien sagement pour ne pas risquer que leur coiffure sois mise à mal.  Elle poursuivit en baissant les yeux,
Tout ce que vous dîtes est vrai et la plus part en profite largement. Mais disons que l’on est seul. Toujours. On a aucun ami ni personne à qui on peut faire confiance. La plus part sont des gens mesquins et imbus de leur personne. Le seul réel passe temps de ces gens est le commérage sur les autres.
J’avoue avoir l’occasion de me cultiver autant que je le souhaite, mais la plus part des personnes que je connais n’aiment pas voir une femme trop brillante. Ça dérange, et je n’ose même pas imaginer ce qui ce passerait si je parlais de politique même si cela m’intéresse et que je pourrais avoir un point de vu intéressant ...
Donc oui j’ai tout matériellement parlant mais en présence ...


Tenta de lui expliquer la douce jeune femme aux yeux vairons. Elle baissa les yeux et passa une main dans sa longue chevelure noire. Et finit par lui demander.

- Si le vous plaît parlez moi de vous, de votre vie, de votre histoire. Je voudrais comprendre ce que vous vivez vraiment car moi je n’ai qu’à claquer des doigts pour avoir tout ce dont je rêve. Et je voudrais pouvoir aider les gens de la manière la plus utile possible.


La séduisante Comtesse allait encore ajouter quelque chose mais ils avaient tout deux entendu le cris de détresse d’une femme puis un second. Ils avaient bondis en même temps sur leur pied se tenant prêt et attentif.
Sidka lui ordonna de rester là mais elle le suivit discrètement se cachant dans l’ombre, observant la scène qui se déroulait devant ses yeux.
Il y avait trois hommes habillés de guenilles sales, deux d’entre eux tenaient en joue un homme d’une quarantaine d’année pendant que le troisième gardait en otage la femme dans ses bras. Elle se débattait avec désespoir alors qu’il l’empêchait de crier de sa main crasseuse plaqué sur sa bouche.
Des bandits, ils voulaient récupéré leur bien précieux. Pourtant le couple n’avait pas l’air de rouler sur l’or et ils devaient faire parti de la classe ouvrière.
Swan observa sagement la scène comme le bel iroquois lui avait demandé, mais elle tenait tout de même son poignard à la main et avait rabattu son chapeau sur son visage.
L’homme avait finit par céder ainsi que sa femme sous les rires et les menaces des hommes.
C’est à ce moment que le jeune homme à la peau tannée entra en scène. Les gens prirent un moment avant de remarque sa présence pourtant assez impressionnante. Il ressemblait à un loup affamé. Prêts à bondir sur ses proies. Ils le traitèrent d’étranger, que les gens étaient bêtes et intolérants.
Cependant lorsqu’un des homme le menaça Swan faillit s’élancer mais il lança en un geste impressionnant son couteau qui fit mouche, frappant l’homme de plein fouet.
Des coups de feu partirent, mais l’homme à la peau tannée était très rapide et les maîtrisa tous avec rapidité.
Sidka ordonna au mari de s’en aller tant il était ridicule. Sa femme et lui fuirent avec lâcheté alors que le dernier bandit fuyait et qu’un autre se relevait, c’était celui qui avait maintenu la femme. Il sortit un pistolet de son pantalon mais avant qu’il ai pu faire quoi que ce soi. La belle aristocrate rebelle s’était glissé derrière lui profitant de l’obscurité et lui mit son couteau sous la gorge après lui avoir arraché son pistolet.

- Tu n’aurais pas du faire ça. Et c’est une femme qui va te faire rendre ton dernier soupir.

Murmura-t-elle à son oreille avant de trancher sa gorge et de le rejeter sur le sol gardant un masque glacé, presque professionnel. Elle avait précisé qu’elle était une femme pour l’humilier encore plus.
Swan essuya son poignard sur sa victime avant de le remettre à sa ceinture.
LA belle s’approcha de sa démarche souple de l’iroquois en lui souriant, mais l’inquiétude se lisait dans ses yeux différents.


- Êtes vous blessé Sidka ? Nous devrions aller chez moi, je n’habite pas très loin.

Lui dit-elle. En effet sa demeure qui se trouvait près de l’Opéra n’était pas très éloigné et elle pourrait vérifier qu’il n’était pas blessé et lui donner de quoi se restaurer.


Dernière édition par Swan Carthew le Mer 1 Oct - 20:41, édité 1 fois
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Sidka
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MessageSujet: Re: Perle de nacre [Swan, Sidka] [18/03/42] Lun 8 Sep - 16:56

La vie aristocratique avait finalement l'air d'un ennui terrible, du moins si l'on était une femme. En discutant avec Swan, Sidka avait pris peu à peu conscience de cela et il avait même fini par comprendre certaines paroles qu'avait eues la jeune femme dans le bar un peu plus tôt. Tout compte fait, peut être que leur rencontre allait lui apporter quelque chose ? La cuisine, la couture, les corsets, le thé, les coiffures...non, en effet, ce n'était pas la vie rêvée. L'équitation, la danse, la musique, les bals, les banquets, les valets...tout ceci n'était qu'une partie du tableau, la croûte superficielle de l’œuvre, mais l'esquisse première, celle qui donnait un réel sens à l'ensemble final, était bien différente dès que l'on grattait un peu, surtout lorsque l'on appartenait au « beau sexe ». Ignorées ou mises en valeur dans une vitrine, les « ladies » étaient en réalité complètement emprisonnées dans des mises en scène que les hommes orchestraient pour elles depuis des siècles. Elles passaient leur temps à jouer les poupées et, si elle déviaient de leur rôle, on les reléguait rapidement au grenier, jetées dans un couvent ou un mariage forcé pour les obliger à se taire, à rester dans l'ombre d'un organisme socialement reconnu sans risquer d'écart. Ce n'était pas une vie à envier et Sidka fit des efforts pour compatir et se mettre à la place de Swan du mieux qu'il put.  
Cependant, son instinct de mâle, ses origines indiennes et son machisme naturel ne cessaient malheureusement de lui répéter qu'après tout c'était normal, que les femmes devaient apprendre à rester à leur place, à s'occuper des enfants et de la maison, à apporter à leur mari le réconfort de leur sein et à savoir se taire lorsque les hommes parlaient entre eux pour le bien de leur pays, de leur nation ou de leur famille.


- Se rendre utile est une chose, prendre des risques inconsidérés en est une autre. Je suis désolé pour vos amis, malheureusement, ce qui est fait est fait. Vous ne pourrez pas toujours sauver ceux qui vous sont chers. Il faut avancer.

Conscient de leur importante différence d'opinion, le Lycanthrope préféra détourner la conversation pour éviter de choquer la belle qui ne semblait pas du tout comprendre que sa nature fragile et maternelle ne pouvait lui autoriser plus que ce que la société voulait bien lui offrir.

Mais les sujets qui suivirent et entrecoupèrent parfois ce discours autour de la place de la femme dans la société aristocratique du XIXème siècle, ne furent pas plus joyeux que les précédents. Il fut en effet question des violeurs et des Vampires...
Pour les violeurs, Sidka ne fut pas des plus tendres. Car s'il reléguait les femmes à un statut de soumises, il refusait cependant de les considérer comme des objets de désir que l'on pouvait utiliser à sa guise. Il partait du principe que le corps devait accepter ce type de caresses avant de les recevoir et qu'il n’avait jamais à les subir sans sa demande ou son autorisation. Swan pouvait au moins être rassurée sur ce point : l'Iroquois était loin de se type de comportement.
Quant aux Vampires dont la jeune femme évoqua l'existence au passage, l'Iroquois n'avait que peu de choses à dire. Il savait qu'ils existaient grâce à son savoir Lycanthropique et à sa rencontre avec des Loups-Garous dont la guerre avec les Longues Dents perdurait depuis des siècles et des siècles, mais il n'en avait jamais affrontés, ni même véritablement rencontrés.


- Je n'ai rien à dire sur eux. Fit-il en grognant. Je sais juste qu'ils existent, qu'ils craignent la lumière et qu'ils sont à l'origine de nombreuses tragédies. Je les ai croisés, sans doute, mais je ne me suis jamais arrêté et ils m'ont ignoré eux-aussi. Restez-en loin, portez des bijoux en argent autour du cou peut-être...C'est tout ce que je peux vous conseiller.

C'était également tout ce qu'il avait envie de dire. Raconter sa propre histoire ne l'intéressait pas. Son intimité n'avait pas à être étalée. Contrairement à la belle, le Lycanthrope n'avait pas besoin de s'épancher de la sorte pour se relever et avancer. Au contraire, il faisait partie de ces hommes incapables de partager leur souffrance au-delà de la formalité. L'amitié, il la connaissait et l'acceptait volontiers, la confidence, il la rejetait tout d'un bloc. Ce n'était pas une forme de timidité mais une forme de respect de sa propre personne, une façon de se préserver de la mélancolie. Car à force de remuer les souffrances, on les empêche de s'endormir pour de bon et on entretient leur dure réalité. Sidka préférait les oublier plutôt que d'en ressusciter les fondements. Jusqu'à présent, les Vampires ne lui avaient fait aucun mal. C'étaient les Hommes qui l'avaient torturé et qui avaient fini par rendre son frère complètement fou. Mais tout cela, non seulement il ne désirait pas en parler mais en plus il ne le pouvait pas pour la simple et bonne raison qu'il aurait dû parler des Lycanthropes à Swan. De cela, il était évidemment hors de question. Le principe même de sa race était le silence, mais aussi la neutralité, la paix et l'effacement.

- Il n'y a rien à dire sur moi. Je n'ai pas envie de parler de mon passé. Je suis là, c'est tout. Je travaille aux tanneries, je fais des petits boulots en plus lorsque j'ai besoin d'acheter du pain et je me contente de peu. Je n'ai guère le loisir pour autre chose, ni l'envie...

À quoi cela lui aurait-il servi de parler de son frère, de leur esclavage en détail, de la maladie, des tempêtes, des rejets de la société entière, de la faim et de la pluie ? Pourquoi en serait-il venu à raconter sa migration, les guerres de son peuple, le feu, la mort ? Il préférait encore montrer à la jeune femme sa flûte de bois plutôt que de se lancer dans un long discours intime qu'il ne donnerait qu'à contrecoeur.
Bientôt, Swan joua de la flûte en question et Sidka l'écouta. La jeune femme savait parfaitement joué de cet instrument qui lui était cher. Cela lui fit plaisir. Il préférait l'écouter jouer plutôt que de la voir pleurer ou de l'entendre parler de ses amours perdus dont elle ne semblait pas pouvoir se détacher. Cet instant de paix leur fit du bien à tous les deux. La belle aristocrate avait séché ses larmes et lui-même se sentait plus serein lorsqu'il récupéra le petit objet de bois. Même si leur conversation repartit sur les angoisses de la jeune femme et sur sa place dans la haute société, l'Iroquois avait endormi une partie de sa colère.

Puis il y avait eu l'écho de la peur et l'odeur du sang...

Au cri de l'inconnue, Sidka avait bondit. Laissant Swan derrière lui, il s'était élancé pour aller voir ce qu'il se passait afin de voler à son secours s'il le fallait. L'observation d'abord, puis l'entrée en scène, les menaces, le couteau...Tout était allé si vite !

Cette douloureuse et pourtant si grisante sensation de puissance...Koulaï avait été servi. Tuer pour le plaisir n'était pas dans sa nature, mais affronter ce qu'il considérait comme un ennemi jusqu'à lui faire mordre la poussière, c'était presque une raison de vivre. L'instinct du loup qui protège sa meute, celui du chasseur qui traque sa proie et la conduit à la mort : toutes ces émotions, tous ces désirs, ces palpitations du cœur et de l'âme, transfusaient dans les veines de Sidka. L'Iroquois et ses entités étaient unies, surtout au sein du chaos et du danger. Aussi, lorsque cette femme avait hurlé, le Lycanthrope avait-il bondit en avant d'un seul et même élan. Ses trois âmes avaient réagi ensemble, dans un même mouvement : celui du protecteur.
Le jeune homme n'en était pas encore à faire la loi dans le quartier, mais ceux qui le connaissaient savaient que dans son sillage, en amont comme en aval, il valait mieux éviter de brigander et de persécuter les innocents. Il était réputé pour sa violence envers ceux qu'il considérait comme des lâches, des brutaux et des sans-honneurs. Rien, à ses yeux, ne pouvait justifier une attaque sur un citoyen sans histoire. Pour lui, même la faim ne permettait pas de brutaliser autrui. Le vol était stupide mais sans doute parfois nécessaire, que ce soit pour la nourriture ou l'argent, et il réussissait à le tolérer sans mal, mais le meurtre, lui, n'avait pas lieu d'être. Glisser sa main crasseuse dans une poche de bourgeois pour en extraire quelques piécettes ou attraper une pomme sur un étalage du marché pouvait relever de l'exploit, il y avait même quelque part une forme de mérite, crapuleuse certes, mais bien réelle. Par contre, pointer une arme sur un torse tremblant, prendre en otage une femme et jouer d'un certain sadisme une fois que l'on a ses victimes sous la main était, pour l'Iroquois, une source de désordre dans son domaine, une forme de lâcheté primitive et de barbarisme digne des sournois de ce monde qu'il ne supportait pas. Dans son sang coulait celui d'un homme qui cultivait avec son peuple l'art de la guerre « saine », celle qui conserve des règles édictées par la raison et l'honneur. Et, même si les guerres tribales entre les Cayugas et les Onondagas avaient elles-mêmes atteint un paroxysme qu'il avait toujours trouvé dément, sa nation n'avait jamais utilisé de méthodes que l'on pourrait qualifier de lâches ou de déshonorantes. Jamais les siens n'avaient menacé directement les femmes et les enfants d'une autre nation, jamais ils n'avaient fait d'otages pour arriver à leurs fins. Les affrontements avaient toujours été lancés de face, d'homme à homme, dans des luttes acharnées pour la liberté, souvent, pour le commerce, parfois.
Ces hommes qui avaient attaqué le couple dans la rue, eux, faisaient partie des hommes qui ne connaissaient aucune règle. Sidka les haïssait.


*Attention ! Derrière-toi !*

Aucune balle ne partit, Swan était intervenue. Le regard fauve de l'Iroquois retrouva sa couleur claire tandis que son esprit se badigeonnait de noir. Voir la jeune femme égorger cet homme avec autant de facilité et de sang froid, alors même qu'elle pleurait quelques minutes auparavant pour des histoires passées, des caprices, des amours, des amitiés, jeta dans son cœur une ombre plus ténébreuse que toutes celles qu'il pouvait déjà avoir en son sein. Avait-il, lui aussi, cette expression glaciale sur le visage lorsqu'il prenait la vie ? Jouissait-il, lui aussi, d'un véritable plaisir à tuer ce genre d'homme ? Ses yeux oublièrent la jeune femme l'espace d'un instant pour se tourner vers le cadavre de sa propre victime. Le « chef » de la bande gisait avec son couteau planté au milieu du torse. L'homme était mort, son sang coulait sur les pavés, le manche sculpté de son arme brillait d'une rougeur macabre...

*Il a eu ce qu'il méritait.* Lui assura son entité guerrière.

- Peut-être pas...Murmura tout haut l'Iroquois en tiquant d'un air insatisfait.

*Il les menaçait et il t'a manqué de respect. Des vies innocentes étaient en jeu.*

*C'est vrai...*

Sidka était un homme fier, fier et indépendant. On ne pouvait guère lui manquer de respect sans recevoir un coup, même si avec les années il y a avait des sujets sur lesquels il ne relevait même plus la tête. Mais, surtout, il ne manquait que très rarement une cible. Malheureusement pour le bandit, l'Iroquois avait jeté son couteau par réflexe dans le but de l'éliminer et non pas seulement de l'immobiliser.

- Tant pis pour lui. Grogna le Lycanthrope un soupçon honteux.

Swan arriva alors à sa hauteur pour lui demander s'il avait été blessé. Le tanneur mit quelques secondes à réagir, comme s'il était perdu dans un rêve dont il lui était difficile de se sortir. Lentement, il posa ses yeux gris-bleus dans la dissymétrie de ceux de la jeune femme.


- Non. Je ne suis pas blessé.

Sidka se réveilla tout à fait et l'envie lui prit de hurler sur la jeune femme. Pourquoi l'avait-elle donc suivi ? Pourquoi était-elle intervenue ? Elle ne savait donc pas se tenir une seule seconde ? C'était humiliant de lui devoir la vie ! Et d'où lui venaient ces habiletés à se dissimuler dans l'ombre et à manier le couteau d'abord ? Elle avait pris des risques inutiles et avait même tué un homme ! Ce n'était pas prévu ! Un seul mort aurait suffi...

- Vous êtes buttée dans le genre...Finit-il par murmurer entre ses dents serrées.

La belle l'invita à venir chez elle. Sidka hésita mais pour lui il était évident qu'il fallait qu'ils évacuent les lieux le plus rapidement possible. Deux hommes étaient morts à leur pied, un autre s'était enfui en courant comme un damné, le couple traumatisé allait sans doute prévenir les autorités...Il devenait urgent d'aller voir ailleurs.


- Je vous suis. Fit-il sans perdre son air renfrogné et raide.

Aller chez Swan allait au moins lui permettre de la raccompagner avant de s'en retourner dans sa propre tanière. Il aurait la conscience un peu plus tranquille. Mais pourquoi donc n'avait-elle pas accepté son offre un peu plus tôt ? Cela leur aurait évité toutes ces histoires...
Le Lycanthrope se dirigea vers le corps du « chef » de la bande et s'accroupit près de lui pour récupérer son couteau. Il extrait ce dernier d'un mouvement sec et essuya sa lame sanglante sur les vêtements de sa victime avant de le ranger dans le petit fourreau qui balançait à sa ceinture. Une lueur attira alors son regard. Ses longs doigts tannés ramassèrent un petit objet qui traînait entre deux pavés et qui reflétait la lumière du réverbère le plus proche.


*La dame l'aura faite tomber pendant la lutte...*

L'Iroquois examina l'objet pendant quelques secondes avant de revenir vers la belle aristocrate.

- Tenez, vous en aurez sans doute plus l'utilité que moi. Fit-il en tendant la main pour déposer l'objet dans la paume de Swan avant de l'inviter à passer devant lui pour lui indiquer le chemin. Allons, dépêchons-nous.

Dans la main de la jeune femme trônait désormais une petite bague argentée sur laquelle était enchâssée une magnifique perle de nacre.

[HRP/ Suite dans "Fleur de sang"/HRP]
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Swan Carthew
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MessageSujet: Re: Perle de nacre [Swan, Sidka] [18/03/42] Dim 21 Sep - 23:34

Des souvenirs ... encore des souvenirs. En réalité c’était sa vie actuelle. Des souvenirs, elle ne vivait qu’à travers d’eux. Elle passait son temps plonger dans ses souvenirs, incapable de s’en détacher.
La belle tentait d’essuyer ses larmes, mais elle n’y arrivait pas. Elles coulaient à flots sur ses joues nacrées, mais légèrement rosies par le froid de la nuit et le vent qui soufflait dans la ruelle. Faisant un couloir d’air.
Sidka lui avait dit qu’elle aurait pu se rendre utile à ses amis en faisant autre chose que se battre avec eux, mais elle avait répondu le contraire. Il faut dire qu’elle faisait des choses catastrophique lorsqu’il s’agissait de cuisiner ou de faire de la couture. Et Swan aurait refusé, elle voulait se battre, avoir vraiment l’impression de faire changer les choses.
Mais tout était finit. FINIT ! La belle Comtesse devait oublier tout cela, cela devait rester derrière elle. Mais c’était trop dur ...
La belle aristocrate voyait que l’iroquois se retenait de dire quelque chose. Elle avait bien compris qu’il avait une certaine idée de la place de la femme dans le monde. Mais il se taisait pour éviter de créer un conflit entre eux.
Swan en était venue à parler de son viol par un vampire. Elle avait craint que le bel homme la prenne pour une folle et l’amène de force à Beldam.
L’homme à la peau tannée commença à lui parler très vaguement des vampire. Elle l’écouta avec attention tout en le regardant. Elle séchait progressivement ses larmes.

- Merci de me croire, et vos recommandations peuvent m’être utile. Mais j’avoue être étonnée que vous en sachiez autant sur eux.
Vous lisez beaucoup ?

Lui demanda-t-elle avec curiosité. Elle tout ce qu’elle savait sur les vampire et autres étrange créatures de la nuit elle l’avait appris dans des livres regroupant des légendes. La belle avait bien compris qu’il ne souhaitait pas parler de lui et l’acceptait. Elle n’insista donc pas, respectant le beau jeune homme à la coupe de cheveux original qui l’avait patiemment écouté.
La séduisante femme commençait à vraiment apprécier Sidka. Ils étaient très différents l’un de l’autre. Même totalement opposé, mais elle avait tout de même de la sympathie, voir de l’amitié.
Elle se demandait si c’était réciproque.
Swan l’écouta, restant silencieuse un petit moment, mordillant sa pipe.


- On a tous une histoire, on a tous pleins de choses à dire. Mais je respecterais votre silence, qui m'est tout aussi précieux et révélateur que des paroles

Murmura-t-elle en le regardant avec intensité, elle avait finalement rangé sa pipe et avait doucement saisi la belle flûte entre ses doigts fins. Elle l’observa avec attention. La jeune femme aux beaux yeux vairons se rendait compte que cette flûte valait plus qu’un long discoure et il lui faisait un honneur en la lui prêtant.
Swan s’était mise à jouer du bel instrument. Un air gai, puis plus mélancolique. Elle avait finit par la lui rendre, le remerciant.
Ils étaient apaisé, et la belle se sentait bien mieux. La jeune Comtesse allait poser sa tête sur l’épaule du bel iroquois lorsqu’il s’était redressé après qu’un cri eu retentit.
Le bel homme avait voulu l’obliger à rester là, mais elle s’était élancée à sa suite, avec discrétion et aussi silencieuse qu’un esprit de la nuit.
Elle était restée dans l’ombre, observant la scène avec attention avant de s’en mêler. La belle ne voulait pas intervenir si Sidka n’avait pas besoin d’elle. Elle ne voulait pas inutilement désobéir à cet homme de manière inutile.
La belle finit par voir qu’un des hommes s’était redressé. Swan s’était élancée silencieusement et avait surgit derrière l’homme qui tenait le pistolet à percutions. Son visage était glacial, professionnel, ses gestes avaient été précis et sans aucune hésitation. Sa voix avait résonné comme le chuchotement du vent dans l’immensité de la nuit. Et il était mort.
Elle avait rejeté son cadavre sur le sol, le laissant se vider de son sang. Son expression était redevenue normale et elle s’était approché du bel Iroquois lui demandant si il n’était pas blessé, elle était réellement inquiète. La belle plongea son regard inhabituel dans celui de Sidka.
L’homme à la peau tannée ne semblait pas blesser. Mais il semblait lui en vouloir., elle comprenait cela. Elle lui avait désobéis.
Sa remarque lui arracha un petit sourire alors qu’elle n’était qu’à quelques centimètre de lui.

- Je sais ... cela ne semble pas être un compliment dans votre bouche, pardonnez moi d’avoir désobéis.

Lui dit-elle en continuant de sourire, elle s’était excusé de ne pas l’avoir écouter. La séduisante aristocrate l’avait alors invité à venir chez elle, pour vérifier si il n’était pas blessé et pour fuir les autorités. Malgré cela il semblait renfrogné.
Swan l’avait regarder récupérer son couteau et le regarda déposer la bague au creux de sa paume. Elle regarda le bijou avec attention. Il était simple, mais beau. Et c’était un souvenir de la soirée qu’ils passaient.
Elle le passa à son annulaire et en marchant vers sa demeure elle ne pu s’empêche d’admirer le bijou avec plus d’attention. Elle leva la main et un rayon de la lune éclaira la pierre qui n’en était pas une, c’était une perle de nacre..

- Merci ...

[HRP/ Suite à "Fleur de sang" /HRP]
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Perle de nacre [Swan, Sidka] [18/03/42]

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