L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Le Corbeau et les Loups [Celimus, Francis] [02/04/42]

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Francis H. Grant
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Emploi/loisirs : Ancien militaire désormais à la tête de l'entreprise « Royston & Co », une fabrique d'armes à feu et de fleurets. Il adore la lecture.
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MessageSujet: Le Corbeau et les Loups [Celimus, Francis] [02/04/42] Dim 12 Oct - 16:01

[HRP/Rp chronologiquement placé après celui à la foire de printemps/HRP]

- Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Grand Maître Loup, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
"Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli ! que...


- Hé, c'est pas un loup dans la fable, sûr qu'c'est un goupil!

- Ouaip! Un bouffeur de poules, haha!

- Rien ne m'empêche de changer les personnages. Après tout, n'importe quelle histoire est intéressante à conter...

L'homme qui venait de déformer le fameuse fable de La Fontaine posa sur la table devant lui le couteau et le morceau de fromage qu'il tenait avant d'attraper sa chope de bière pour y poser ses lèvres tout en croisant les jambes d'un air amusé. Les longs cheveux bruns qu'il portait en catogan, la barbe qu'il avait taillée sur son menton sous une moustache aussi bien entretenue, la cicatrice qui lui traversait le nez à l'horizontal, la chemise blanche surmontée d'un veston de cuir brun qu'il portait et les bottes à talonnettes qui lui arrivaient jusqu'aux genoux lui donnaient l'aspect d'un pirate échappé de quelques mythes épiques. Entouré de deux gaillards qui semblaient tout droit sortis des usines de Whitechapel, il prenait du bon temps comme n'importe quel marin qui ferait escale dans une capitale placée sur son chemin de croisière.

Cependant, cet homme n'était pas "n'importe quel marin", à vrai dire, il n'était même pas de cette profession et il avait par ailleurs horreur de la mer. Cet homme, c'était Monsieur Francis Harvey Grant, l'un des trois grands patrons de l'entreprise "Royston & Co", la fabrique d'armes à feu et de fleurets qui siégeait non loin du muséum d'histoires naturelles et qui était réputée de par le pays tout entier depuis près de quarante ans pour la qualité de ses ouvrages. C'était un bourgeois qui avait l'habitude de frayer avec le peuple. L'auberge "Dark Crow" était l'un de ses lieux favoris pour se reposer de ses dures journées de labeur. Il y avait ses habitudes, ses amis, des connaissances utiles, agréables ou non, ses petits clins d'oeil à donner et à recevoir, ses pintes à payer ou à se faire offrir. C'était un petit univers très plaisant qui l'accueillait à bras ouverts et le mettait à l'abri de la pluie et des tristesses du monde extérieur. Mais c'était surtout le lieu où il retrouvait régulièrement son plus fidèle ami, Celimus Aaron Adam.

Ce soir encore, Francis attendait Celimus. Il était arrivé en avance, comme d'habitude. Après tout, il était patron et il pouvait se permettre certaines horaires préférentielles. Et puis, la pluie torrentielle qui l'avait surpris en sortant des hangars l'avait poussé à courir. Installé bien au chaud à leur table habituelle, dans un des coins de l'auberge, près des fenêtres qui donnaient sur la rue et la Tour de Londres, il avait abandonné son manteau à un crochet de fer fiché dans le mur afin de le laisser sécher et il avait dénoué son foulard avant de commander sa bière favorite et une bougie. Comme toujours, certains clients réguliers l'avaient reconnu et ils s'étaient volontiers joint à lui pour palabrer de tout et de n'importe quoi en attendant que son meilleur ami ne débarque à son tour.
Francis était un homme fortement apprécié pour sa bonne humeur, ses boutades et sa générosité. Il était plaisant de discuter avec lui et de trinquer "à la réussite de Royston & Co", même si ce n'était qu'une excuse pour trinquer à la vie elle-même.


- T'aime pas les goupils? Reprit le premier gaillard d'un ton faussement outré.

- Je n'ai rien contre eux... Répondit Francis en haussant les épaules.

- Un loup...haha! Il préférerait bouffer le corbeau que le fromage!

Riant dans sa choppe, Francis leva les yeux au ciel. Rupert Willow n'était pas un mauvais bougre mais c'était un idiot fini qui ne comprenait jamais la subtilité de ses calembours et de ses références, et qui avait de trop nombreuses connaissances en matière de vins et de liqueurs exotiques. C'était surtout un ouvrier qui ne savait pas parler autrement qu'en émettant une série de borborygmes délirants aux exhalations fétides...

- Héhéhé! Et le loup alors? Il l'a gobé ce fromage?  Fit le second compagnon de table en attrapant le morceau de fromage qui traînait devant eux pour le gober lui-même en une bouchée.

Francis reposa sa choppe et récupéra le couteau plein de miettes pour le brandir devant lui d'un air faussement féroce.


- Ha! Gredin! Tu vas voir ce que "le Loup" est capable de "gober"! En garde!

Terry Runday était plus intelligent que son comparse mais encore plus brut. Face à cette "attaque", il rit à gorge déployée et vida sa propre choppe avant de roter avec bruit en s’essuyant la bouche.

- Hahaha! Sacré Francis! Tu finirais par nous faire peur! Fais gaffe, George ne va pas tarder à te tomber dessus, surtout si j'appelle au secours.

L'aubergiste les regardait de loin, un sourire au coin des lèvres.
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Celimus A. Adam
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MessageSujet: Re: Le Corbeau et les Loups [Celimus, Francis] [02/04/42] Ven 24 Oct - 20:36

[HRP/Premier rp de Celimus/HRP]

- Ah ! Nathanael ! Cette journée m'a épuisé... ces grands bourgeois avec leurs manières et leurs verres de vin tout propres tout beau que tu ne verras jamais chez toi même en rêve ! Moi, ça me fout le bourdon. Ou bien non en fait ça m'fait rire. Ils sont tous là à regarder leur nombril, se croyant les plus forts les plus musclés mais ils ne savent même pas brandir une épée. T'en vois souvent toi des bons à rien ? Mon métier est d'en faire des hommes forts. Malheureusement c'est perdu d'avance pour quelques uns.

- Ah ça...

- Dis Celimus tu m'emmèneras avec toi la prochaine fois ? Je lui montrerais par quel coup d'épée je pourrais lui pourfendre le ventre et...

Le silence dans la maison se fit. Rosa se mit à glousser dans un coin en tenant sa grosse louche dans la main. Elle continua de mélanger la bonne soupe ou plutôt le bouillon qu'elle avait préparé. Un tourbillon sensationnel de couleurs semblait encercler la grosse cuillère de bois que tenait la jeune fille. Celle-ci attendait patiemment que chaque enfant se mette à table pour pouvoir servir les assiettes. Anne-Marie arriva avec le pot de sel et la cruche d'eau tandis que Flitz le plus petit de la ribambelle se pointait avec le gros pain que le maître de maison avait réussi à acheter la veille. La petite voix qui avait interrompu la conversation entre Nathanael et Celimus n'était autre que le petit Maxime. Celui-ci brandissait sa cuillère à soupe en bois devant lui la pointant sur son frère jumeau Herman. Leurs cheveux sombres en bataille et leurs chemises sortant de leur pantalon chacun se leva et prit la position de combat.

- Je m'approcherais et d'un coup de ma lame je lui toucherais le ventre ! Le bougre fera moins le malin quand...

- T'emmener avec moi ? Mais si je te prends il faudrait que je me ramène avec toute la brochette dans leur petite demeure de bourgeois pourris gâtés. Ce ne serait pas raisonnable je pense...

L'enfant soupira tandis qu'Herman, son frère jumeaux, ses yeux plissés en une forme joyeuse lui sautait dessus avec sa cuillère et le plaqua au sol sur le ventre s'écriant d'un air victorieux que le bourgeois vaincra le rat ! Nathanael éclata de rire devant la tête de l'enfant battu par son propre frère et aida Rosa à servir le bouillon aux légumes dans les bols. L'odeur du bon plat arriva alors aux narines des deux garnements qui s'empressèrent de se lever pour se mettre à table avançant leur chaise au maximum. Flitz sautillait sur place et tendait son bol pour être servi en premier. Rosa secoua doucement la tête et prit le bol de Celimus, elle prit pour prétexte qu'il avait un rendez-vous avec ses amis et qu'il ne devait pas être en retard pour le servir en premier. Celui-ci ne s'assied pas à table ce soir-là. Il restait près de la fenêtre guettant la lune qui menaçait d'éclairer de ses rayons nocturnes le paysage londonien à travers les épais nuages. Elle ne s'était pas encore arrondie, sa forme restait celle d'un croissant pour le moment. En réalité Celimus n'était pas un être comme tous les autres. Certes il faisait partie de la bourgeoisie sans réellement y être. La pauvreté de la petite ferme pourrait les rapprocher de la classe ouvrière. Effectuant de petits travaux à gauche à droite il réussissait à gagner tant bien que mal sa vie et à nourrir tous ces bambins affamés qui n'attendaient plus que l'heure du repas toute la journée. Il travaillait en ce moment en tant que maître d'armes et son fournisseur officiel s'avérait être son plus grand et fidèle ami : Francis Harvey Grant. Les armes n'étaient pas la seule chose qui scellait leur amitié, leur seconde forme des plus incongrue les aidait plus que jamais. La plupart de ces créatures se haïssaient lorsqu'elles reprenaient leur forme humaine. Celimus n'en faisait pas réellement partie. Disons que cela le dérangeait plus qu'autre chose. Les enfants... Depuis sa transformation, il les mettait perpétuellement en danger. Et s'il advenait un jour qu'il n'arrivait plus à se contrôler ? Et si... et s'il s'avérait que sa forme lupine enfouissait une rage incontrôlable envers les enfants ? Celimus ne pouvait pas prédire ses actes, il avait simplement peur que son autre lui, la créature enfouit sous sa peau, qui ondulait en lui et détraquait ses muscles lors de chaque pleine lune, reprenne un jour le contrôle de son corps et commette l'irréparable. Le jeune homme avait déjà perdu un enfant et c'était en grande partie de sa faute. Il ne voulait plus que cela recommence.
En effet Celimus Aaron Adam était, tout comme son ami, un loup-garous.
Cela pouvait paraître étrange, qui serait prêt au XIXème siècle à croire encore à ces légendes dites urbaines ? Qui ne les prendrait pas pour des fous s'ils affirmaient devant le monde entier qu'ils faisaient partis de ces créatures monstrueuses qui hantaient les cauchemars des enfants ? Les psychiatres seraient près à les prendre pour clients pour mieux les étudier de plus près !

Celimus... Celimus...


- Celimus !!

Tous les enfants le regardaient avec inquiétude. Le jeune homme papillonna des yeux et mit encore quelques secondes avant de se tirer de sa rêverie et de se rendre compte que Rosa se tenait devant lui avec une bonne tarte aux pommes encore bien chaude. Il la regarda doucement ayant encore du mal à revenir sur terre. La jeune fille lui tendait la tarte :

- C'est pour toi et tes amis. Tu...

Une voix masculine la coupa dans son élan :

- Tu vas être en retard Celimus.

C'était Gabriel. Le jeune homme certainement le plus calme et le plus sage de la maison. Il ne parlait que très peu mais tentait parfois de s'investir dans les discussions de la maison. Il était comme à part, plongé dans ses pensées, jamais réellement sur terre. Il flottait sur son petit nuage et s'imaginait des chansons, des poèmes. Il n'était pas fait pour le combat mais n'en montrait jamais rien. Sa vocation à lui était plutôt littéraire. Celimus tentera de le faire entrer dans une école mais il n'en avait pas les moyens, il aurait aimé lui offrir son rêve, faire parti de ces hommes qui réfléchissaient sur la vie, écrivaient des livres, s'évadaient grâce à leur imagination. Il était le plus raffiné et le plus délicat de tous. Un jeune garçon qui aimait la beauté et la douceur... C'était rare mais cela existait.

Celimus finit par prendre la tarte dans ses mains et poser le bol vide sur la table. Il embrassa la joue de la jeune fille et la remercia doucement avant de mettre son manteau sur ses épaules. Il ne prit même pas la peine de glisser ses bras dans les manches. Il posa son regard émeraudes sur les enfants et leur déposa finalement un baiser sur le front de chacun ce qui fit rougir de honte Nathanael. Les deux jeunes gens éclatèrent de rire et finirent par se serrer la main. Celimus se retourna avant de partir :


- je vous préviens quand je reviens tout le monde est au lit ! TOUS les petits, les grands vous pouvez veiller un peu.

Les jumeaux l'accusèrent d'abus de pouvoir, d'injustice, de favoritisme. Ainsi s'en alla t-il à son point de rendez-vous avec ce cher Francis. Tarte à la main il marcha longuement à travers les ruelles se dirigeant vers la Tour de Londres avant de se mettre à courir, se rendant compte que ce n'étaient pas ses vêtements qui glissaient le long de son corps mais bel et bien de la pluie froide et glacée qui tentait de le congeler sur place ! Là-bas se trouvait une auberge, un lieu de rencontre là où il prenait souvent une bière ou deux... ou trois... avec son ami. Là, sentait bon le vin, le pain, la nourriture, le cigare mais aussi le parfum de femmes. Rares étaient celles qui retenaient l'attention du loup-garou mais cela faisait toujours du bien, la compagnie d'une demoiselle perdue dans la ville qui cherchait refuge dans un endroit légèrement sûr. Les prostitués n'y étaient pas rares mais elles n'y étaient pas des plus désagréables. Celimus n'avait pas vraiment d'envie, ni de désir par rapport aux femmes, en réalité il était bien trop occupé à parler, travailler et s'occuper des enfants pour pouvoir un jour ressentir un quelconque amour ou un désir naissant pour une chère demoiselle.
L'auberge se dessinait désormais devant lui, la tarte était désormais tiède et sa bonne odeur assaillait l'estomac du petit bourgeois qui n'attendait plus qu'une chose : faire honneur à la tarte !!
Sa main se posa sur la porte qu'il poussa lentement, il ne lui fut pas bien longtemps pour repérer Francis et ses compatriotes. La discussion semblait tourner autour d'un renard, d'un loup, d'un corbeau et d'un fromage. Cela ressemblait étrangement à une fable... M'enfin, le jeune homme ne s'y connaissait pas vraiment en matière de littérature. Un des hommes, très certainement Terry, goba le fromage. Celimus se décida à faire surface. Il s'écria alors :


- Les Coyotes ont mangé le fromage mais le Loup vous rapporte de la tarte ! Qui ose donc me voler le rôle principale ? Francis ! Pour la peine je ne sais pas si je vais t'autoriser à goûter ce délicieux mets que ma petite Rosa nous a préparé... l'as-tu mérité ?

Les cheveux gouttant sur son manteau lourd et de basse qualité il affichait un petit sourire enjoué. Se décidant enfin à poser la tarte sur la table il serra la main de chacun des hommes s'attardant légèrement plus sur celle du chef. Il lui fit une accolade amicale avant de lui demander :

- Comment vas-tu mon ami ? Ca fait longtemps dis moi ! Les affaires marchent toujours aussi bien ? Les gamins n'arrêtent pas de me demander quand est-ce que tu comptes passer à la maison. Rosa se prépare déjà mentalement à te préparer un festin et Maxime me prend la tête, je crois qu'il aimerait beaucoup essayer tes armes à feu.

Il fit une petite grimace :

- Je le trouve un peu petit encore...

Il finit par se reprendre et enleva son manteau avant d'aller au comptoir pour saluer George et commander une choppe de bière. Il revint son verre à la main, sa bourse déjà presque vide, aujourd'hui n'avait pas été une journée formidable pour lui, les affaires n'allaient pas vraiment bien... Peut-être devrait-il se trouver un client. Un client qui paierait assez grassement pour lui permettre d'aller acheter un bon morceaux de viande, un sac de pomme de terre, des friandises pour les enfants et leur acheter de nouveaux vêtements. Sans compter que les enfants n'étaient pas les seuls à être nourris, les animaux avaient également besoin que l'on prenne soin d'eux.
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Francis H. Grant
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MessageSujet: Re: Le Corbeau et les Loups [Celimus, Francis] [02/04/42] Dim 26 Oct - 22:40

Francis s'amusait. Cela faisait près d'une semaine qu'il n'était pas venu boire un coup au bar. Cela lui manquait. L'ambiance, les rires, l'alcool, la bonne odeur du pain et du fromage que George leur servait toujours...tout ça le détendait après le travail.
Mais ces derniers jours avaient été difficile à la boutique. De ses deux associés, Riley Sean Hodgkin et Phil Thomas Webster, le premier était tombé malade et il avait fallu faire tourner la production à deux patrons. La fabrique des fleurets en avait été grandement ralentie, même si les ouvriers connaissaient leur travail et que la démarche était devenue routinière pour eux, car il fallait tout comptabiliser, tout peser, prendre les commandes, lancer les fourneaux, vérifier la sécurité, signer des papiers...et sans le grand patron du domaine, certaines choses ne pouvaient pas être correctement entreprises. Francis avait donc dû s'occuper de son secteur, celui des armes à feu, tout en se rendant régulièrement dans celui de son collègue et ami afin de veiller au grain. Il avait eu deux fois plus de travail que d'habitude. Le weekend s'annonçait, il pouvait enfin souffler, mais il espérait que dès lundi Riley serait apte à revenir, sinon la prochaine semaine risquait d'être tout aussi difficile que celle-ci.

Ainsi, poser ses fesses sur une chaise chez George, en compagnie de Terry et Rupert, lui faisait un bien fou. Même si ces deux habitués des lieux pouvaient paraître un peu lourdauds, au moins n'étaient-ils pas du genre à juger autrui autrement que pour leur bonheur de vivre. Francis était plus aisé que les deux tiers des clients qui venaient boire au Crow, si ce n'était des trois quart, mais jamais il ne l'avait fait sentir, jamais il ne s'en était vanté, et c'était ce qui en avait fait un bon ami de chacun. Forcément, lorsqu'il se mettait à payer sa tournée, sa prospérité était d'autant plus évidente qu'il avait sur le visage ce petit air bien comme il faut que peu de badauds pouvaient porter. Et puis, il était rare que ses vêtements ne sentent la morue! Francis restait un homme coquet, même si sa tenue n'était pas faite de soie importée des Indes. Sa barbe était toujours bien taillée et sa façon de parler, quoiqu'un peu populaire, laissait régulièrement transparaître sa bonne éducation.
La preuve encore ce soir: il récitait La Fontaine, même si cela avait pour but d'égayer la soirée en faisant rire la compagnie.

Alors qu'il brandissait le couteau à fromage face à Terry qui riait à gorge déployée, une voix familière intervint. Francis baissa aussitôt son arme improvisée et sourit de toutes ses dents.


- Celimus! Enfin! Ces lascars m'ont volé! As-tu vu?! Tu fais bien de les appeler "coyotes"! Par contre, je reste LE Loup, l'Unique! Je ne partage pas un fromage! De toute façon il est mangé...

Terry leva les mains, pour prouver qu'il n'avait rien d'autre que son verre vide, et sourit d'un air niais. De son côté, Riley lorgnait déjà sur la tarte que le maître d'armes avait ramené de chez lui.
Une fois que Celimus eut serré la main de ses deux compagnons, Francis abandonna le couteau sur la table et se leva pour répondre à son accolade. Cela faisait presque trois ans qu'ils se côtoyaient et qu'ils s'appréciaient comme des frères. Ils partageaient leur amour des belles armes mais surtout leur malédiction qui les transformait en monstres à chaque pleine lune...


- Heureux de te revoir, mon ami. Vas-y, installe-toi! Fit le patron en lui tirant une chaise. Il riait encore de sa réplique sur les Loups. Eux seuls pouvaient se comprendre...

Mais Celimus lui demandait déjà des nouvelles et il comptait bien aller se chercher une bière au bar avant de rejoindre la fière compagnie.


- Oh! Rien de neuf, que du vieux! Fit-il en riant tout en basculant sa chaise en arrière. Figure-toi que Riley est malade, un genre de rhume, c'est ce qu'il m'a dit, et que je travaille comme un forcené. Mais bon, les affaires marchent bien, les gens demandent de plus en plus de pistolets ou des couteaux comme celui-ci. Ajouta-t-il en reprenant en main le couteau à fromage de l'aubergiste. Faut croire qu'ils craignent les truands et qu'ils aiment la bonne chair.

Le maître d'armes lui confia la tarte en lui expliquant qu'à la maison toute sa petite famille le réclamait comme invité. Il apprit aussi que le jeune Maxime voulait sans doute essayer ses pistolets. Francis tapa des plats de ses mains sur la table en riant de bon coeur:

- Ah ah ah! Ils t'en font voir de toutes les couleurs ces jeunes! Dis à Rosa que je passerai dans la semaine et que j’amènerai le pain! Sans doute mercredi, si ça vous convient. Pour Maxime...quel âge il a déjà? Je ne sais plus...Mais de toute façon c'est toi qui décideras pour lui, jeune ou pas. Tant qu'il n'est pas majeur, il dépend de toi et je ne lui mettrais certainement pas une arme dans les mains sans ton accord.

Pendant que Celimus accrochait son manteau humide de pluie et allait se chercher une bière, Terry empoigna le couteau que tenait Francis pour couper la tarte en quatre parts à peu près égales. Il n'en resterait rien une fois qu'ils y aurait mit le nez dedans, c'était certain.

- Coupe en huit peut-être...Fit Rupert d'un air inquiet.

- Laisse tomber les manières! Le rassura Francis. Elle a été faite pour nous quatre, faut lui faire honneur! Vas-y Terry, file un bout!

- En parlant de manières...Monsieur Grant, vous nous faites honte! Fit Terry en imitant un bourgeois mécontent.

- Ah ah! Voila autre chose...Rit Francis en attrapant sa part. Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre!

Une fois que Celimus eut enfin pris place avec eux et que chacun se retrouva avec un quart de tarte dans les mains, ils trinquèrent tous, même Terry qui avait le verre vide, et mangèrent de bon appétit. La tarte était encore tiède, sa pâte croustillait et les pommes fondaient dans la bouche.

- Tu diras à Rosa que sa tarte m'as donné envie de venir la voir! Sourit Francis en finissant son morceau comme s'il n'avait pas mangé de la journée. Pour une gamine de treize ans, elle se débrouille comme un chef! Tu as de la chance d'avoir une petite marmitonne de cette trempe-là!

Une fois que tous eurent fini leur morceau de tarte, le patron leva la main pour attirer l'attention de l'aubergiste.

- Hey! George! La même chose s'il te plait! Pour quatre!

Célimus n'avait évidemment pas encore fini sa choppe mais qu'importe? Terry était heureux d'avoir son n-ième coup gratuit et Francis avait la gorge sèche. L'aubergiste revint bientôt avec un plateau de quatre bières brunes. Le fils Grant le paya immédiatement, d'un geste net, précis et discret, glissant dans sa main quelques pièces polies. Enfin, levant son verre, il trinqua de nouveau avec la bande. Au bout d'un moment, Rupert se leva, sa choppe à la main, et attrapa Terry par l'entournure.

- Sur ce, messieurs, nous allons vous laisser un peu d'intimité. N'est-ce pas Terry? Passez une bonne soirée. Monsieur Grant. Monsieur Adam. Encore merci pour la chopine!

Terry fit un signe de tête et le suivit, plus gris que rose. Francis s'étira sur sa chaise et sourit à Celimus. C'était souvent ainsi. Les habitués du Crow savaient que ces deux hommes avaient beaucoup à se dire et qu'ils aimaient se voir en privé. C'était rare qu'ils ne s'insinuent plus avant dans leur duo, d'autant que c'était des bourgeois et qu'après quelques rires gras échangé avec eux la différence de classe sociale imposait à tous une nouvelle frontière. Ils avaient à parler affaire, souvent, famille parfois et presque toujours d'argent, d'armes ou de femmes. Chacun avait droit à son heure de nostalgie et de tranquillité.

- Alors...Fit Francis en se penchant au-dessus de la table. Dis-moi...Qu'est-ce que t'as fait ces dernières semaines? On ne s'est pas vus depuis un moment...De mon côté, rien de neuf, comme j'te dis, à part la maladie de Riley qui tombe mal.

Le Loup-Garou sirota sa bière en fixant de ses yeux noisettes ceux de son collègue de misère. Il le trouvait pâle, sans doute fatigué de son travail et des enfants toujours dans ses pattes. Il avait toujours ce petit air triste qui ternissait son sourire. L'un et l'autre avaient vécu des histoires lugubres, des déceptions, des drames. Ils faisaient front ensemble depuis quelques années mais cela n'effaçait pas tout. Francis s'efforçait de détendre l'atmosphère, toujours.

- Oh, t'as lu le journal au fait? T'as vu que la compagnie "Anderson & Fogg" fermait? C'est bon pour nos affaires ça...les gens vont venir à Londres chercher des fleurets et des cours.

La compagnie "Anderson & Fogg" était une usine de fleuret située à Glasgow en Ecosse. Cela faisait des années que l'entreprise coulait et que leurs cours de défense n'attirait plus grand monde. Les associés s'étaient apparemment disputés pour une affaire de femmes et de terres, des idioties qui avaient fini par leur coûter leur clientèle et leur renommée.


Dernière édition par Francis H. Grant le Dim 30 Nov - 14:02, édité 1 fois
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Celimus A. Adam
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MessageSujet: Re: Le Corbeau et les Loups [Celimus, Francis] [02/04/42] Sam 8 Nov - 15:56

Là, dehors, à marcher sans répit vers une de ses auberges favorites, Celimus se prenait délibérément la pluie. Il devait songer à bientôt se confectionner un nouveau manteau, celui-ci commençait sérieusement à s'user et l'eau réussissait à s'infiltrer jusque dans les coutures, le faisant ainsi frissonner de froid dans les rues sombres et étroites de Londres. Cependant il ne pouvait s'en procurer un nouveau pour le moment, les moyens lui manquaient et il devrait bientôt songer à mettre en œuvre ses talents au combat. Les clients des mercenaires payaient assez bien. Il lui fallait de l'argent. Sept enfants attendaient Celimus chaque soir à la maison. Sept enfants qui mangeaient, buvaient, dormaient, parlaient et riaient. Sept gosses qu'il avait recueilli un par un. Sept orphelins. Ils ne pouvaient pas manquer de quelque chose, pas maintenant alors qu'il leur manquait déjà leurs parents. Que leur restait-il donc comme famille ? Un petit bourgeoisie, que les aristocrate n'auraient même pas remarqué dans la rue. Un homme que peu de gens auraient regardé et seraient passés devant lui sans s'apercevoir de la misère de sa famille. Bien évidement, seuls ses élèves, et encore, les plus agréables, l'auraient peut-être salué. Mais aussitôt fait, autant ne pas se leurrer, un homme bien placé ne doit donc pas se faire voir en compagnie d'un homme aussi peu richement vêtu !
Celimus n'était qu'un petit homme dans cette grande ville, séduisant et bien élevé quoiqu'il lui arrive à des moments de colère de perdre son calme et de se montrer un peu moins sympathique aux yeux de son interlocuteur. Sa mère aurait eu de quoi le recadrer. Rien que sa seconde profession, si nous pouvons appeler cela ainsi, n'était pas des plus honnêtes. Il tuait des gens, n'importe qui, des hommes des femmes mais jamais des enfants, pour de l'argent. Qu'est-ce qui animait les hommes depuis toujours ? L'argent et le plaisir... Celimus se contrefichait du second, il voulait l'argent pour que ses enfants puissent vivre convenablement.

Ainsi il marchait, oui le jeune homme en était toujours au même point, jusqu'à ce qu'il atteigne l'auberge et y entre pour honorer son rendez-vous. Voilà enfin quelque chose de plus respectable que l'argent ! Il était content de le revoir. Voilà plusieurs semaines qu'ils ne s'étaient plus vu, chacun occupé par son travail et ses obligations. Celimus n'étaient pas vraiment d'humeur à boire une bière depuis ces dernières semaines. La mélancolie l'avait envahi. Comment allait-il gérer ses fins de mois ? Il ne pouvait pas se contenter de ses simples revenus. Bien maigres, ils ne lui permettaient pas de nourrir correctement les enfants. Les pommes de terre ne suffisaient plus. Heureusement que le pommier de la propriété sauvait en quelque sorte leur alimentation ! Ils pouvaient faire des gâteaux, manger au moins un fruit. L'abricotier de la demeure ne produisait aucun fruit et c'était réellement dommage.
La porte poussée il rejoignit ses amis, tarte à la main et sourire rassurant aux lèvres. Son ami semblait heureux de le revoir, il abaissa même son couteau. Le jeune homme fronça les sourcils et tâta de la main son sabre qu'il portait au flanc gauche pour le taquiner.


- L'Unique ? Es-tu sûre de ce que tu avances là ? Un petit rire s'échappa de ses lèvres et il prit entre ses doigts un cadavre de fromage qu'il porta à ses lèvres. Dommage il avait l'air bon...

La tarte encore fumante semblait attirer délibérément leurs deux autres compagnons. Décidément, Rosa avait vraiment ce don là pour la cuisine. Leur accolade avait été des plus amicales et fraternelles. Disons que Francis et Celimus partageaient tous deux un même secret. Des monstres assoiffés de sang lors des nuits de pleine lune. Autrefois il les admirait, désormais il les fuyait, il les haïssait, il avait tellement peur de faire du mal à l'un de ses bambins qu'il arrivait à s'accepter sans pour autant s'aimer. Si par malheur il lui arrivait de faire du mal à l'un d'entre eux, le pauvre bourgeois n'en survivrait très certainement pas, ou du moins il perdrait ce qu'il avait de bon et joyeux en lui même. Les enfants étaient toute sa vie. Il avait déjà perdu une jeune fille du nom d'Elia, il en gardait un bracelet autour de son poignet.

Il sourit joyeusement à Francis avant de hocher la tête le remerciant pour lui avoir tiré une chaise en bois étant placée sous la table, il n'allait cependant pas s'asseoir pour le moment, d'abord la bière ! L'écoutant sautillant presque un pied sur l'autre il tiqua. Avoir un rhume était donc être malade ? Il avait du mal à le concevoir. L'argent n'était pas simple à gagner et un homme se permettait de prendre du repos pour un petit rhume de rien du tout ? Combien de fois était-il parti travailler grelottant à cause de la fièvre et maudissant la lourde bise de la Capitale ? Il n'aurait su réellement le dire, mais il avait besoin de gagner sa vie, il ne pouvait se permettre de chipoter. Se raclant la gorge, il lui répondit d'un ton calme :


- Riley ne devrait pas te laisser tout gérer. Je peux te passer un coup de main si tu veux pour les tâches les plus manuelles, cela ne me dérange pas. Je trouve que le rhume n'est pas un très bonne excuse, m'enfin tu me diras il peut se le permettre ! Quand j'aurais mis un peu de jolies pièces de côté je passerais, Nathanael et Gabriel sortent souvent dans les rues de Londres, les temps sont durs, je voudrais qu'ils puissent se défendre sans avoir à porter un fleuret à leurs côtés. Peut-être devrais-je leur apprendre le lancer de couteaux qui sait ?

Un sourire aux lèvres il soupira presque désespéré :

- Ca va qu'aucun ne fait ses dents ! Ils ont passé l'âge, je n'aurais pas survécu. Un rire s'échappa de sa gorge. Je le lui dirais sans faute ! J'essaierais de revenir plus tôt mercredi, tu as une préférence pour le repas ? La chef s'inquiète sur ce que tu aimes et n'aimes pas... Maxime a sept ans. Il sait manier les fleurets et les cuillères en bois.. ! Tu sais bien que je n'aime pas tellement les armes à feu. S'il en essaie une je voudrais que ce soit fait avec un expert. Aura t-il des risques de se blesser ou de blesser quelqu'un ? Tu connais ma réticence à ce sujet...

Oui il pensait Maxime un peu jeune pour ce genre de chose. Lui-même ne se sentait pas capable de manier une telle arme. Il en avait tellement peur depuis... Elia.
Le jeune mercenaire partit cependant se chercher une bière pour se dessécher la gorge. Cette action lui avait coûté pratiquement toute sa bourse. Pas bien riche il ne pouvait pas se permettre de boire tous les soirs. Revenant avec sa choppe à la main, il s'installa sur la chaise croisant les jambes l'écoutant distraitement avec un sourire aux lèvres. Celimus prit le dernier morceaux de tarte aux pommes un peu en retard par rapport à ses collègue qui semblaient l'avoir déjà englouti. Une fois fini il ferma les yeux de bonheur :


- Quoi de mieux qu'une bonne tarte pour réchauffer nos cœurs de bourrins ? Ha ! Rosa ! Tu le lui diras, elle sera contente de savoir que vous avez aimé sa tarte, une vraie petite chef celle-là ! Et après je m'étonne que les enfants tirent la tête quand c'est moi qui cuisine !

Il porta sa bière à ses lèvres et faillit s'étouffer avalant son dernier morceaux de tarte de travers. Il éclata alors de rire, honteux d'avoir failli s'étrangler comme un idiot sur sa chaise. Voyant les autres bières arriver, il prit la décision de prendre son temps pour la première. A vrai dire sa gorge s'était serrée en payant son breuvage. Il y avait passé presque toute sa bourse, il fallait donc qu'il se délecte de cette bière si chère à ses yeux en ces jours sombres. Lorsqu'il eut finit sa choppe de bière, il entama la seconde avant de se lever pour saluer les deux hommes qui partaient. Il serra leurs mains en hochant la tête et sourit en voyant Terry aussi retissant à s'en aller. Finalement il se rassied en face de son fidèle ami son sourire se tarissant légèrement. La fatigue se lisait sur ses traits mais il tentait de passer outre cela. Faisant tourner la bière dans sa choppe il posa son regard émeraude sur le chef d'entreprise et soupira :

- Rien de bien intéressant. Je travaille d'arrache pied, les temps sont difficiles, le froid se fait sentir. Les gamins ont besoin de manteau plus chaud sans compter que j'aimerais pouvoir les mettre à l'école. Gabriel passe à côté de sa vocation, le pauvre garçon il ne demande rien mais je sais qu'il a envie de ces genres d'Ecole pour érudit. Malheureusement mon porte-feuille ne me permet pas de l'y faire entrer.

Il fit une courte pause son regard dans le vide :

- je vais devoir recommencer. Me trouver un client et faire le sale travail à sa place. Les nourrir commence à devenir compliqué, le prix des légumes et de la viande montent avec l'arrivée du froid. Je n'ai pas d'autres choix. Mais veux-tu ? C'est la vie et je m'y fais avec le temps, de toute façon il le faut bien, l'argent ne tombe pas des arbres

Ses doigts pianotèrent sur la table doucement :

- Sans compter que la lune s'arrondit de jours en jours.

Il prit sa tête dans sa main et vida d'un trait le précieux liquide alcoolisé. Oui il s'inquiétait également pour la pleine lune, pendant deux bons jours il serait incapable de travailler correctement sans perdre son calme. Et le lendemain il serait épuisé, les muscles douloureux... il ne pouvait pas se permettre de flancher. Finalement il fit réapparaître un sourire sur ces lèvres :

- Maintenant que tu le dis c'est vrai que cela va être bon pour nos affaires ! Une entreprise en moins ? Voilà que tout va redémarrer, cette nouvelle me réchauffe un peu le cœur ! N'hésite pas à me recommander à tes nouveaux clients ! Les bourgeois déterminés à apprendre se font rares ! J'en ai marre de m'acharner sur eux pour qu'ils brandissent un fleuret correctement. Non mais je te jure, les jeunes de nos jours ne savent même pas se battre avec leur poing, faut-il vraiment tout leur expliquer ?

Finalement pour détendre un peu l'atmosphère qu'il avait assombri avec ses problèmes d'argent il lui proposa :

- Samedi prochain je compte emmener les bambins se balader dans la forêt, ça te dirais de nous accompagner ? La cueillette des champignons sera au rendez-vous et j'vais voir si un ou deux lapins ne croiseront pas notre chemin quand les enfants seront entrain de manger, ce sera plus calme.
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Francis H. Grant
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MessageSujet: Re: Le Corbeau et les Loups [Celimus, Francis] [02/04/42] Dim 30 Nov - 15:21

Malgré ses sourires, malgré le ton enjoué qu'il prenait, Francis sentait que Célimus n'était pas bien ce soir. Maintenant que les troublions du bar les avaient laissés en tête à tête, entre vieux amis, son compagnon avait l'air d'avoir envie de se confier et son teint était redevenu plus sombre. La fable, le fromage, la tarte, les bières...tout ceci avait donné à la pièce une petit touche festive bienvenue mais il semblait que Célimus portait encore l'un de ses masques qu'il prenait souvent en public. Lorsque quelque chose ne tournait pas rond chez lui, Francis le sentait rapidement. Il était trop attentif pour laisser échapper ces quelques détails qui ne mettent la puce à l'oreille qu'à ceux qui savent observer en tout temps. Son compagnon de galère soufrait sans doute encore de la misère et de la fatigue. Sa famille n'était pas évidente à nourrir, trop nombreuse, trop hétérogène pour que cela soit facile à gérer pour un homme seul, et puis son métier moins sympathique que le sien, il touchait beaucoup moins d'argent...Son manteau usé, ruisselant d'eau ne le montrait que trop bien, ainsi que son hésitation à prendre une deuxième pinte de bière...Sa mine grisâtre, son regard parfois vide d'émotion, empli d'une sourde détresse, interpellaient Francis, comme souvent. Ces derniers temps, il avait compris que Célimus vivrait très mal cet hiver et il avait toujours tout fait pour lui redonner le sourire, l'aider, le tirer vers le haut. Mais ce n'était apparemment pas suffisant.

Pour tâcher de lui remonter le moral et de le faire sourire, il avait continuer d'entrer dans le jeu des boutades amicales. D'abord avec l'histoire du Loup et du Corbeau, ensuite avec celle du fromage et de la tarte pour enfin dévier la conversation sur ses charmants bambins d'adoption qu'il chérissait plus que tout. C'était sans doute l'un des seuls sujets qui pouvait le faire sourire même enfoncé dans le plus profond des abysses de ses sombres pensées.
Cependant, pour une fois, Célimus ne sembla pas tout à fait convaincu que ce sujet était des plus approprié. Même s'il l'avait lui-même plus ou moins lancé, il semblait se heurter aux désirs belliqueux de son cher Maxime qu'il voulait protéger de lui-même. Francis venait de promettre qu'il passerait chez lui pour remercier sa petite cuisinière, autant aller au bout des choses...


- Il est jeune, en effet...et c'est sûr que le maniement du pistolet ne s'improvise pas. Mais ne t'en fait pas! Nous lui montrerons la chose, nous lui expliquerons notre point de vue et nous verrons bien sa réaction. Nous pouvons toujours lui promettre des cours et une arme quand il sera plus grand. Nous pouvons lui dire qu'il l'aura bien mérité s'il fait son devoir de jeune garçon d'ici-là et ainsi l'appâter sans pour autant lui glisser un fleuret ou un pistolet dans les mains avant l'âge que tu auras décidé. Maxime est un petit garçon intelligent, il comprendra. De toute façon, il doit reconnaître ton autorité. Non, c'est non. Si tu considères que le pistolet n'est pas de son âge, et je suis parfaitement d'accord avec toi, il n'en aura un que dans quelques années et c'est tout.

Francis songea intérieurement qu'à sa prochaine visite chez Célimus il s'entretiendrait avec le petit Maxime afin d'aider son ami à canaliser son énergie et son désir. Venant d'un fabriquant d'armes, peut-être que cela aurait un certain poids dans son jeune coeur qui appuierait la décision paternelle? C'était à tenter. Son confrère avait visiblement besoin d'un coup de pouce à ce sujet, cela l'inquiétait et semblait lui ronger les sang au point de l'empêcher de boire un coup tranquillement. Ah la jeunesse!

- Je pourrai lui parler si tu veux. On va bien finir par le raisonner ce petit gredin. Ne t'en fais pas. A la limite, je peux lui faire fabriquer un pistolet en bois, ce sera sans doute fragile, mais bon...Si ça peut l'amuser en attendant un vrai...C'est faisable. Il faudrait juste que je trouve du temps. Ou alors je peux lui donner un exemplaire soudé, impossible à remplir de poudre et de munition, histoire qu'il s’entraîne à le monter et à le démonter. Je pourrais lui montrer et lui demander d'avoir de la patience, comme tout bon tireur. Je pense qu'on pourra le calmer un peu de cette façon-là.

A son tour, Célimus prit soin de le plaindre au passage au sujet de son travail et de son collègue absent. Cela réchauffa son propre coeur de Garou. En effet, lui non plus ne vivait pas toujours un rêve, quoiqu'il avait l'air de toujours savoir tout prendre en main comme un chef, et son ami était une des rares personnes à comprendre ses douleurs. Être patron d'une entreprise telle que Royston & Co n'était pas de tout repos, bien au contraire. Pour faire péricliter la fabrique d'armes, il lui fallait des nerfs d'acier, une équipe soudée, des forces insoupçonnées des clients desquels dépendaient tout l'avenir des efforts qu'il engageait chaque jour. Mais il ne voulait pas trop en parler. Lui aussi avait ses propres démons à assumer. Et puis, il avait bien compris ce que Célimus pensait des bourgeois de son genre qui se "permettaient" des pauses dans leur travail. Il ne semblait pas complètement se rendre compte des réalités de sa compagnie et ses à priori le touchaient déjà assez pour qu'il veuille éviter une dispute en évitant quelque peu le sujet.

- Ne t'en fais pas. Fit le bourgeois en souriant faiblement face à l'aimable proposition de son compagnon. Riley avait besoin d'une pause. Même si c'est sans doute un peu exagéré, nous le faisons tous de temps en temps pour évacuer la pression. Je ne lui en veux pas. Et puis...je m'en sors plutôt bien, même si c'est dur avec un seul équipier sur deux. Il doit revenir lundi prochain, il me l'ai dit par billet. Je n'ai plus que quelques jours à patienter. De toute façon, les commandes de la semaine sont déjà prises et les fabrications sont déjà en cours. Il faut surtout gérer les équipes, vérifier la sécurité, les avancées, les finissions...

Francis minimisait la chose pour éviter d'ajouter un poids à son ami déjà trop soucieux de ses propres déboires. Cependant, l'idée de l'engager lui paraissait bonne. Après tout, il y avait déjà souvent pensé, mais Célimus avait déjà beaucoup à faire avec son travail de maître d'arme et ses enfants, il n'avait jamais cru que ce dernier aurait du temps à consacrer à son entreprise. Songeur, le Garou garda ce détail d'importance dans un coin de sa tête pour y réfléchir. Dans quelle section Célimus serait-il le mieux? Et allier travail et amitié était-ce judicieux? Il connaissait le caractère belliqueux de son amie et redoutait qu'il ne prenne mal son ascendance hiérarchique sur lui dans un semblable contexte. Lui donner des ordres le répugnait d'avance...Non, s'il travaillait à Royston & Co, ce serait de façon irrégulière, à cause de ses activités actuelles, mais en plus ce serait plutôt du côté des fleurets. Finalement, cela pourrait coller...Pourquoi pas?

- Je viendrai mercredi soir, pas trop tard pour pouvoir voir un peu les enfants. On pourra se retrouver après ton travail et rentrer chez toi ensemble. Pour ce qui est de la nourriture, ne t'en fais pas! Dis à Rosa que tout me va! Je ramènerai un pâté de lapin que j'ai acheté l'autre jour sur le marché et du pain. Je peux ramener des fruits aussi. Je prendrai de quoi occuper Maxime.

Francis écouta longuement Célimus lui raconter l'état actuelle de sa vie. Oui, lui pouvait encore acheter des légumes et de la viande sans trop se préoccuper du lendemain alors que son ami souffrait de la faim à cause du nombre de bouches qu'il avait à nourrir. C'était triste mais que pouvait-il y faire? Lui-même avait toujours lutté contre la pauvreté et avait toujours tout donné pour avancer dans la vie. Même s'il avait eu le bonheur de récupérer l'entreprise de son père, cela n'avait pas été facile et ce qu'il gagnait au jour d'aujourd'hui, il estimait le mériter bien assez. Il ne pouvait pas toujours culpabiliser pour le reste du monde d'autant que dans le cas de Célimus, même s'il trouvait sa volonté chevaleresque, il avait toujours craint que sa manie d'adopter les enfants des rues ne le ruine...
Parfois, Francis donnait de l'argent à son ami pour l'aider à nourrir sa grande famille improvisée. Mais il ne le pouvait pas toujours car il ne pouvait pas se permettre de sombre lui-même dans la misère et de laisser couler tout ce qu'il avait réussi à maintenir hors du gouffre: sa fabrique, sa maison, ses employés...C'était une situation embarrassante, un dilemme sans fin.


- Célimus, fit-il soudainement plus sérieusement en joignant ses mains sur la table tout en le fixant de son regard noisette, je peux en héberger un ou deux pendant l'hiver, tu le sais, je te l'ai déjà proposé. N'hésite pas. Mon foyer est le leur s'ils en ont besoin. Tu as déjà beaucoup à faire. Tu en as trop pour tout gérer en même temps. Ce n'est ni bon pour toi, ni bon pour eux. Je sais que ça te donne la désagréable impression de déléguer à d'autres ton travail, ou du moins tes responsabilités, mais je peux accueillir quelques mômes pendant un temps, un mois ou deux, selon tes besoins...

Cela lui coûtait horriblement de dire cela. Non pas que Francis ne voulait pas réellement aider son compagnon ou les pauvres enfants par égoïsme, mais bien parce qu'il était en réalité complètement affolé à l'idée de devoir jouer le rôle d'un père qu'il n’avait jamais pu être. Il gardait en lui un profond traumatisme de son fils mort-né et son esprit conservait une redoutable répugnance à l'idée de côtoyer des enfants sur une longue période. Venir voir ceux de Célimus, de temps en temps, c'était une chose, les avoir à la maison en était une autre...
Cependant, face à la misère de son ami et considérant ce qu'il pourrait leur offrir pour les aider, il avait pris son courage à deux mains.


- Pour Gabriel, c'est bien triste...Mais que veux-tu? Les études sont pour les gens de la haute...pfff...

Soudain, l'atmosphère qui avait déjà pris une teinte moins joviale avec ces douloureux sujets fut envahie d'une humeur des plus maussade.

- Comment ça reprendre le sale boulot? Tu rigoles j'espère? Je t'ai déjà dit ce que j'en pensais...Fit le Loup-Garou en fronçant les sourcils.

Il soupira et planta le couteau à fromage dans la table d'un air parfaitement mécontent. Le gérant lui jeta un regard noir et grinça des dents derrière son comptoir sans pour autant bouger de sa place. Francis prit un air boudeur et croisa les bras.


- Je t'engage, à Roston & Co. Fit-il avec un sourire ironique. T'as pas le choix et t'as pas intérêt à faire autre chose sinon j'embarque Maxime ET Rosa...J'ai peut être des légumes moi, mais personne pour les cuisiner correctement...

Son sourire se transforma en grimace idiote puis en rire.

- Ahahah! Tu verrais ta tête! Aller! Tape-là! Te voilà préposé au trempage des lames...On manquait de gugus de ta poigne et ta sale trogne en réveillera peut-être plus d'un qui sont payés à bailler aux corneilles...

Francis tendit la main vers son ami et attendit qu'il la lui serre pour sceller leur nouvel accord. Enfin, ils allaient reprendre la route, ensemble, soudés, face aux ouragans de la vie. Pour l'heure, c'était tout ce qu'il pouvait faire pour son compagnon: lui proposer un hébergement pour quelques uns de ses gamins afin de le soulager un peu, lui offrit un complément de travail afin d'augmenter un peu sa paye et lui éviter ainsi des sales boulots. Il ne pouvait pas devenir le mécène de Gabriel, il n'en avait pas lui-même les moyens, et il ne pouvait pas non plus toujours lui donner de l'argent ou des vivres sans en souffrir lui aussi.

- Je suis d'accord pour samedi. Je pourrai peut-être glisser un ou deux champignons toxique dans ton panier...

Oui, la lune s'arrondissait, elle serait pleine lundi, mais Francis ne voulait pas en parler. Ignorant le sujet, il finit sa bière en faisant toujours preuve d'humour et de jovialité, avant de quitter son ami pour rentrer chez lui. Ils se verraient mercredi soir et samedi, entre leurs heures de travail, pour rire et vivre un peu, avant de connaître encore la souffrance d'appartenir au monde de la nuit.

[HRP/ Fin du RP. Suite dans les bois "Mythes mycologiques"./HRP]


Dernière édition par Francis H. Grant le Sam 7 Fév - 22:54, édité 2 fois
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Celimus A. Adam
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MessageSujet: Re: Le Corbeau et les Loups [Celimus, Francis] [02/04/42] Sam 27 Déc - 14:31

Celimus n'était certainement pas l'homme le plus heureux au monde lorsque l'hiver venait entacher son quotidien. Ainsi il était venu à son petit rendez-vous qui à la base était habituel. Il s'y rendait cependant beaucoup moins souvent qu'en début de cette saison. Une fois entré dans cette petite auberge assez agréable à son goût, ce jeune homme avait retrouvé son ami. Cela lui avait manqué de ne pas aller boire une bière ou deux ou... enfin bref de ne pas profiter de la soirée en sa compagnie. Il avait affiché ce soir-là quelques petits sourires, il avait même ri et plaisanté avec Francis et leurs deux autres compagnons, rentrant dans leur petit jeu de boutades, apportant une délicieuse tarte de sa petite Rosa. Il avait longuement hésité à prendre une seconde bière, il n'en avait actuellement pas les moyens et cela le faisait presque rager. Boire ne devait pas être sa seule préoccupation. Il devait d'abord s'occuper des bambins qui peuplaient sa petite propriété. Eux aussi mangeaient, buvaient et dormaient. Il leur fallait de la nourriture et des vêtements chauds et propres pour l'hiver. Il ne pouvait pas les laisser gambader dans les rues sans rien sur le dos, ce serait d'une inconscience sans égale. Cependant Francis semblait encore s'en apercevoir... Celimus aurait parfois préféré qu'il ne voit rien, qu'il reste insouciant sur ce sujet et qu'il ne s'en fasse pas pour lui. En plus de se ruiner la vie avec des enfants tout droit sortis des rues il plombait le moral de son ami.

La discussion avait doucement dérivé sur Maxime, l'un des jumeaux qui, il devait bien l'avouer, était assez turbulent voir presque plus que le plus jeune de la fratrie ! Il était un véritable problème à lui tout seul, en plus de se battre avec son frère et de chahuter à droite à gauche il prenait un malin plaisir à retenir l'attention de tout le monde à table. Et en plus de cela il voulait apprendre à manier une arme à feu. Le loup-garous était à cent pour cent contre cette idée qu'il trouvait bien plus que farfelue. Cela aurait été pour lui un accord irresponsable que d'accepter de loger une pareille arme dans les mains d'un gamin de sept ans. Maxime était trop jeune, il n'en avait pas besoin... les fleurets ne lui suffisaient donc plus ? Il devait donc à tout prix se procurer un pistolet à percussion ? Non Celimus ne pouvait pas accorder cela... Il avait bien trop peur des conséquences désastreuses que cela pourrait engendrer. Il avait déjà fait une erreur, elle ne devait plus se reproduire. Et cette erreur il la portait tous les jours autour de son poignet. Il avait participé à la mort de sa seconde orpheline... cette belle jeune fille qui n'avait demandé rien de tout cela dans sa vie. Les paroles de son ami lui réchauffèrent un peu son cœur de loup. Oui, lui aussi le considérait un peu trop jeune pour manier une pareille arme. Il fallait des années d'entraînement, un bon professeur ou du moins un père bon tireur ce que n'était pas vraiment le petit bourgeois. Il en avait tellement peur que sa trajectoire en était déviée à certains moments.


- Me voilà rassuré mon ami ! Tu sembles penser les mêmes choses que moi. Maxime est un garçon un peu trop jeune pour avoir son propre pistolet... je ne dis pas que je le refuserais à Nathanael mais disons que tu connais ma réticence sur ce sujet... cette arme n'est vraiment pas celle que je préfère. J'aime mieux qu'il s'entraîne avec un bout de bois à poursuivre son frère qu'à tenter de le viser avec ça... Sept ans... je trouve cela vraiment trop jeune. Il devra attendre. Je n'aime pas du tout cela... Je ne veux pas en faire un tueur à cet âge-là !

Il se souvenait encore de ce jour-là où pour sauver sa petite perle il avait tiré sur cette créature des plus lugubres qui semblait être directement sortie d'un de ses pires cauchemars. Des loups-garous... jamais il n'avait cru à cette légende, cette histoire bonne à faire peur aux enfants lorsqu'ils refusaient d'aller se coucher ou de finir leur repas copieux. Cependant il l'avait bel et bien vu... Elle s'était tenue là, devant lui, la jeune fille agonisante à ses côtés et le jeune homme avait tiré... Oh oui bien sur ! Sur le monstre mais la petite avait été touché, ses chances de survie avait été réduites ) néant, s'en était fini de cette petite orpheline souriante et aimante. Elle allait mourir et tout ça c'était de la faute de Celimus. Il aurait dû être là pour veiller sur elle, il aurait dû savoir mieux tirer. Désormais manquer un tir le terrorisait et il se refusait inlassablement à utiliser une arme à feu quelconque. Il s'en voulait toujours énormément mais il ne pouvait pas baisser les bras. D'autres orphelins avaient besoin de lui...
Il était donc hors de question pour lui que Maxime possède une telle arme. Et s'il visait ses frères et sœur pour s'amuser et que finalement il tirait ? Oh non il ne pouvait pas laisser faire ça.
Le jeune homme laissa un sourire étirer ses lèvres en entendant la réponse de son ami. Il porta la bière à ses lèvres pour la déguster lentement et finit par lui répondre d'un ton assez neutre :


- Oh Francis je ne veux pas te déranger ou te faire perdre ton temps ! Un pistolet en bois ne doit pas se faire en cinq secondes. Non franchement ne te dérange pas pour nous. Sa lubie finira bien par lui passer, il le faut je ne lui accorderais pas un vrai... enfin si tu es à ses côtés, qu'il s'agit de ton arme et que tu lui montres une fois comment tirer ou bien la sensation que cela fait ça ne me dérange pas. Du moment que ça ne soit pas chez moi. Il fit une petite pause. C'est vrai, ce n'est pas une mauvaise idée, ça pourrait l'occuper... encore une fois ne lui fabrique pas un exemplaire rien que pour lui. C'est seulement si tu en as un qui traîne dans ta fabrique... je te la paierais.

Non Celimus ne pouvait pas laisser Maxime manier seule un pistolet à percussion. Suite à cette discussion qui l'inquiétait au plus haut point, le jeune homme s'était intéressé au cas de son ami Francis. Être chef d'entreprise ne devait pas être le métier le plus simple au monde mais il lui permettait de gagner assez aisément sa vie. L'homme semblait aller bien, peut-être un peu fatigué à cause de l'absence de son coéquipier mais les affaires avaient l'air de bien marcher. Le jeune loup-garous ne comprenait pas comment on pouvait bien prendre des jours de congés ou bien se prétendre malade, lui qui peinait tant pour obtenir son gagne-pain. Celimus n'allait certainement pas plaindre l'associer de son ami, malade ? Un rhume ? Même avec de la fièvre et les jambes qui tremblent ce petit bourgeois serait sorti pour aller travailler. Se rendre un peu utile, ou au moins gager quelques pièces pour que Rosa aille quérir quelques légumes ou même un sac de pommes de terre si les prix n'étaient pas trop élevés. Elle aurait acheté également de quoi s'abreuver correctement avec une ou deux friandises pour les plus petits de la brochette.
Celimus avait donc proposé son aide, il ne s'attendait pas à une réponse positive, Francis n'embauchait pas vraiment sur un coup de tête et cela l'aurait surpris qu'il accepte. En entendant la réponse de son ami Celimus hocha lentement la tête et soupira :

-Oui... Une pause. J'espère que tu t'en sortiras bien Francis et qu'il te reviendra vite. Il n'a pas pensé à t'envoyer quelqu'un pour le remplacer ? Histoire d'éviter que tu fasses sa part du boulot.. ?

Après tout à quoi s'attendait le jeune homme ? A ce que son ami accepte son aide gratuite ou non ? Finalement cela ne l'étonnait pas. Francis avait ses propres problèmes à gérer. Celimus ne serait qu'un poids en plus, d'autant que ce jeune homme n'avait jamais travaillé dans un métier semblable à celui-ci ni même dans une société. Peut-être réussirait-il à se débrouiller mais il lui faudrait apprendre et cela ferait perdre encore plus de temps au Loup Garous que cela ne lui en ferait gagner... Décidément soit Celimus proposait de mauvaises idées soit il critiquait les actes de ses coéquipiers. Ce soir-là, il n'était pas au meilleur de sa forme. Les problèmes d'argent se faisaient affreusement sentir. Rien de bien étonnant à ce qu'il propose une nouvelle main d’œuvre.
Il prit alors la peine de prendre des nouvelles sur ses habitudes alimentaires. Rosa était une jeune fille très pointilleuse, si Francis venait manger à la maison il fallait qu'elle prépare un plat à son goût elle désirait vraiment qu'il soit un véritable délice aux yeux de Francis. Faire plaisir à Celimus faisait bien évidement parti de ses projets mais elle préférait le taquiner sur son manque d'expérience à la tâche. Ce n'était certainement pas l'homme le plus doué à la tâche, les enfants râlaient à chaque fois qu'il se mettait aux fourneaux. Pourtant ce n'était pas si affreux... Si ?
Les paroles du Garou le firent sourire à nouveau mais plus franchement. Pâté de lapin... Pain... cela lui mettait déjà l'eau à la bouche.

- Marché conclu Patron ! Ils seront tout excités de savoir que tu vas venir manger. C'est d'accord... Hum mercredi soir je serais au domaine Greenwoold, à Trafalgar Square. Ça fera une petite trotte mais c'est faisable ! Il eut un petit rire. Je transmettrais le message à Rosa mais tu te débrouilleras avec elle si son plat ne te convient pas. Des fruits ? Tu en es sûr ? Ils ne sont pas donnés en ce moment Francis... non franchement ne dépense pas ton argent c'est la maison qui régale. Les enfants seront contents c'est le principal.

Le jeune homme avait alors fini par tout déballer, comment n'aurait-il pas pu ? Francis était son ami depuis quelques temps maintenant et il savait reconnaître le soucis dans ses traits, chose que Celimus commençait à haïr peu à peu. Il aurait aimé que ses problèmes se répercutent moins visiblement sur son humeur du jour. Cacher ce qu'il ressentait lui aurait été non pas plus bénéfique mais plus rassurant... S'il se montrait de sale humeur avec ses clients... Peut-être devrait-il apprendre à être hypocrite pour les caresser dans le sens du poil ? Dans tous les cas les problèmes de Celimus étaient simples, clairs, nets et précis. Il manquait d'argent donc : ne pouvait pas nourrir convenablement ses orphelins, ni leur offrir des vêtements assez chauds pour l'hiver, ni les inscrire à l'école qui à sa grande colère était assez cher. Il ne pouvait pas non plus payer les études de Gabriel, le jeune homme savait lire, écrire et compter mais devenir écrire ou toucher de près à la beauté de l'écriture l'aurait plus qu'enchanté... Seulement il savait parfaitement qu'il ne pouvait étudier et se contentait de la modeste vie de son « père adoptif ». Il lui en était infiniment reconnaissant de le nourrir de le loger et de le supporter mais Celimus aurait désiré qu'il vive son rêve. C'est pourquoi il tentera tout de même de l'y faire entrer avec ses maigres moyens. Il économisera et mettra de l'argent de côté pour ce jeune garçon si gentil si serviable qui méritait de réussir dans la vie.
Le jeune homme se figea face à la proposition de son ami. Instinctivement il secoua la tête pour ponctuer sa désapprobation. Non, il connaissait trop bien les douleurs de son ami pour lui faire garder un de ses gamins. De plus ils n'étaient pas de nature bien sage... Seule la petite se faisait discrète et ne parlait que très peu. Les grandes personnes l'effrayaient. Non Celimus ne pouvait pas se permettre tout cela. C'était lui qui les avait recueilli, ces enfants faisaient partis de ses propres problèmes à régler.


- Oh... Non. Non. Tu sais bien comment ils peuvent être... turbulents... C'est non Francis. J'accepterais si et seulement si je n'arrive pas à me procurer de vêtements assez chauds pour le petit dernier. Ce sont mes problèmes, je les réglerais. Ne t'en fais pas pour nous... Je ne veux pas que tu te sentes obliger de nous offrir ton aide ainsi. Je te connais. T'es quelqu'un de bien que j'apprécie vraiment beaucoup mais je sais ce que cela te coûte de me proposer cela. Ils ne te laisseraient pas tranquilles, vraiment. Ne t'inquiètes pas je trouverais toujours une solution, tu me connais hein ?

Celimus avait été catégorique certes mais non il ne voulait pas, il ne pouvait pas déléguer ses responsabilités à son ami qui avait déjà tant à faire sa société et ses associés. Il ne pouvait pas se permettre de lui rajouter du travail par dessus. D'autant plus que s'il manquait un enfant à la maison l'ambiance devenait aussi sombre qu'un enterrement. Chacun y avait sa place, chacun avait son mot à dire à table, certains pour rire d'autres pour se plaindre, Rosa pour conseiller bien souvent ou bien taquiner Celimus sur sa mauvaise cuisine et les mauvaises manières des garçons, Maxime pour embêter gentiment son frère qui se faisait fièrement défendre par Nathanael et le petit dernier qui, parfois timide, parfois turbulent, dénonçait les bêtises des grands. Les repas étaient en réalité très animés... et avant de réussir à les coucher tous il fallait se lever de bonne heure !

- Ah... ne m'en parle pas ! Je réussirais à l'y faire rentrer j'en suis presque certain... pauvre gamin et il leur coupera le sifflet à ces piafs de la « Noblesse ».

Il eut un petit rire ironique avant de se recentrer sur ses priorités. Manquant de moyens pour subvenir aux besoins de sa petite famille il devrait très certainement reprendre la sale boulot. Francis ne le savait que trop bien et sa réaction à vrai dire ne l'étonna guère. Il savait parfaitement qu'il était contre mais le jeune homme n'avait pas le choix.

- Francis... Je n'ai pas le choix essaie de comprendre... je... tenta t-il de le convaincre avant de s'arrêter en voyant le regard noir de l'aubergiste.

Le jeune homme se redressa sur sa chaise posant son regard sur le couteau qui meurtrissait la table. Les poings du Loup-garou se serrèrent avec force tandis qu'il plongeait son regard perçant dans celui de son ami. Il était près à défendre ses obligations s'il le fallait il ne se laisserait pas abattre. Il devait subvenir aux besoins des enfants et quoiqu'en dise Francis il le fera à moins ce que...
Celimus finit par le regarder avec intérêt écarquillant presque les yeux.


- Tu plaisantes là ?

Il resta muet de surprise, jamais il n'aurait pesé que Francis pouvait accepter son aide à Roston & Co. Il cligna plusieurs fois des yeux ouvrant et fermant la bouche à maintes reprise avant de reprendre contenance et de se pencher vers lui.

- Vraiment ? Tu accepterais d'embaucher un boulet qui n'y connaît rien à part l’empilage de cadavres ?

Il papillonna à nouveau plusieurs fois des yeux, attendant d'avoir une dernière remarque pour vérifier la véracité de ses propos. Finalement il se lança en serrant la main de Francis. Un sourire plus guilleret se dessina sur ses lèvres :

- Merci mon ami, je tâcherais de ne pas te décevoir, vraiment. Je ne prendrais pas beaucoup de place et je me ferais muet comme une carpe c'est promis !  Dis... tu m'expliqueras quand même un peu hein.. ? Fit-il inquiet de ne pas savoir comment s'y prendre correctement.

Celimus était infiniment reconnaissant des propositions de son ami qui semblait tout vouloir faire pour lui venir. Il avait serré sa main avec force et conviction il ne devait pas le décevoir, il s'agissait d'un homme appliqué et propre dans son travail. Il aimait faire les choses biens et jamais à moitié ! Autrement dit il s'attelait à la tâche parfois même jusqu'à l'épuisement pour obtenir un résultat qui ne frôlerait qu'un peu la perfection.

- Ah-ah des champignons toxiques ! Fais attention que je ne les cuisine pas juste après le repas sera fait en ton honneur si tu restes manger !

Finalement avec un fin sourire aux lèvres il termina sa bière et salua son ami avant de partir à son tour retrouver Nathanael à la maison Adam. Le cœur un peu plus enchanté il se mit à siffloter dans les ruelles. Oui les deux amis allaient reprendre la route ensembles. Désormais il se concentrait sur le mercredi et le samedi qui allait suivre. Les enfants allaient être heureux de savoir que Francis viendrait manger et les accompagnerait. C'était un bon vivant apprécié de tous. Ce n'était pas étonnant de voir les gamins aussi excités à cette joyeuse nouvelle. Mais la lune s'arrondissait de jours en jours et bientôt il devra faire face à sa nature.


[HRP/ Suite du rp dans la forêt des âmes dans "Mythes mycologiques" /HRP]
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Le Corbeau et les Loups [Celimus, Francis] [02/04/42]

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