L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Le chant du cygne [Swan, Jeffrey] [19/03/42]

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Jeffrey Landsong
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MessageSujet: Le chant du cygne [Swan, Jeffrey] [19/03/42] Jeu 23 Oct - 10:19

[HRP/ A lire après "Deux balles, deux âmes en sursis"/HRP]

Vingt heures. L'heure idéale. L'heure à laquelle sortent tous les pédants et les assoiffés. De l'ouvrier crasseux à l'aristocrate poudré en passant par le bourgeois en phase de devenir le plus riche de son quartier, tous allaient ruiner leur santé dans l'alcool, le tabac, les festins outranciers et les conversations étouffantes de badineries endimanchées relevées d'une touche d'hypocrisie bien sentie. Mets délicats, douces sucreries, saveurs oubliées et cocktails aphrodisiaques, tous y trouveraient leur compte dans la chair, les regards, la volupté et les non-dits.

Parmi ces pantins et poupées sortis ce soir pour le grand bal donné par la Nuit, un automate au cœur d'acier s'avançait. Tranquillement, d'une démarche léonine, il se frayait un passage avec une aisance déconcertante qu'un seul doigt suffisait à décider. Nul besoin d'épée, nul besoin de fusil : le Cavalier était un soldat que l'on reconnaissait de loin dans cette pulpeuse mascarade et que l'on accueillait comme un dieu. Sa crinière d'ébène agitait les fumées moirées des hauts espaces capitonnés des lieux, telle l'annonce pompeuse qu'un étendard royal ferait au peuple agité aux pieds des plus grands remparts du plus prestigieux des palais. Ses bottes vernies, que nul miroir ne saurait oublier d'envier, claquaient sur le sol telles des fers de pur-sang arabes prêts à concourir pour la plus formidable des courses de ce monde. De l'une aux autres, le port altier, la cuisse alerte, le visage franc, les traits acérés et le regard olympien offraient un être fort bien découplé que nul ne pouvait ignorer. L'orgueil peignait son sourire d'un filin aiguisé que ses dents de fauve surplombaient avec la beauté ivoirienne d'un trésor d'Afrique.

Jeffrey Landsong se murmurait sur toutes les lèvres. La musique et les conversations semblaient s'être assourdies à son entrée. Douce fragrance du respect, de la crainte, de l'admiration et de la jalousie mêlés. Ses poumons s'enflaient de fierté sous sa veste à galons cristallins. Ses pensées crachaient sur l'univers à ses pieds.

L'on était mercredi soir et le Cavalier était en chasse. Ce fils prodige, excellent dresseur, maître reconnu, de son père et du ranch familial si réputé des parieurs, venait serrer la main à quelques crapules de la haute pour mieux emmieller quelques naïfs de la basse. Il était descendu de son fiacre personnel pour voir et donner à voir. Spectacle et mise en scène signés de la griffe d'un tueur de cœur, assoiffé d'impudence, de fiers bourgeons et jolies fleurs. Ce soir ornerait sa couche d'une muse ou deux, d'un flot de sirènes échouées ou de naïades échevelées que Triton lui-même n'eut jamais espéré avoir comme filles. Ah ! Que le harpon avait du bon !
A sa ceinture, un magnifique pistolet enfermé dans sa gaine de cuir tâtait d'un autre canon que le viril comptait bien faire rougir d'action après quelques verres de genièvre...
Quoi de plus aisé ?
Depuis son accident au Paulo's park, le haut bourgeois portait une cicatrice à l'épaule droite et enflammait d'autant plus les cœurs qu'il avait « sauvé une demoiselle d'une paire de bandits au péril de sa vie ». Des trafiquants d'opium auxquels il devait une belle fortune et qui lui avaient tiré dans le dos alors qu'il les fuyait en leur laissant bien volontiers leur otage...Une magnifique fable sur d'horribles faits. Un mythe ! Une superbe histoire qui en faisait un héros aux yeux de la société londonienne. Les petites oies blanches des basses cours se feraient bataille pour obtenir ne serait-ce qu'un regard de ce coq si courageux, si riche, si beau.
Délectation.

Le corps alanguis dans une ottomane pourpre rehaussée de fibres d'or, l'eau de genièvre avait un goût exquis pour ce Diable auréolé. Un cigare, un baise-main, deux saluts et le Cavalier aurait croisé les pieds sur la table s'il n'avait craint de briser son charmant masque de velours. On venait le voir, on lui proposait un autre verre, on lui présentait Jeannette, Annie et Henriette. Rien ne manquait à la fête. Une pensée pour son cheval, brossé, décrotté, nourri et désaltéré par le vieux Tibère au manoir paternel et Adrienne avait toute son attention.
Non, pas ce soir. Annabelle non plus. Les courtisanes sournoisement glissées entre les convives ne l'intéressaient plus, il en était las. Non...Ce soir il visait plus haut, plus grand, plus beau. Au Diable les pintades ! Il voulait un cygne. Il aurait ce chant ultime, ce cri éternel, d'une neige souillée pour lui. L'innocence, voilà ce qu'il traquait.

Contre ses lèvres ensanglantées, l'or enivrant coulait lentement sous un océan de ténèbres tourmalines aux aguets. Il scrutait chaque visage, chaque toilette, chaque corset. Laquelle serait son Ève ce soir ?


♫ Partons, partons, sous les vignes, nous cacher, nous aimer, perdre la digne.
Partons, partons, brisons la ligne, pour écouter le chant du cygne. ♪


L'humeur était à l'hydromel. Un autre verre et il écrasait son cigare dans un cendrier de verre. Suzanne riait, seule. Alphonse parlait, seul. Le Cavalier vivait pour lui, le monde entier pouvait bien crever demain, il s'en sortirait avec son mépris.
Le violon et les cartes jouaient. Un as de pique, un deux de carreau. L'ennui finit par pointer pour le roi de cœur...Aucune péronnelle ne semblait assez belle.
Arthur pouvait se jeter sous un fiacre avec ses journaux ! Maurice allait finir par l'énerver avec son béret et sa bouteille vide !
Ses doigts tapotaient un coin de table. Henriette dansait avec George.
Soupir.
L'hydromel tournait.
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Swan Carthew
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MessageSujet: Re: Le chant du cygne [Swan, Jeffrey] [19/03/42] Ven 24 Oct - 0:08

[HRP/ Suite de "Fleur de sang"/HRP]

L’air était saturé de fumée, beaucoup d’homme fumaient autour de la table où était assise la belle Comtesse Carthew qui elle buvait lentement son verre de vin. Un excellent cru français datant d’au moins dix ans voir plus. Elle préférait le scotch mais c’était une boisson réservé à un autre genre de lieu que les salons où se retrouvaient nobles et bourgeois ainsi que quelques artistes en quête de mécène pour les aider à ce produire. Cela arrivait à Swan de donner un peu d’argents à quelques auteurs ou peintre qui faisaient des choses qu’elle appréciait.

Mais elle ne se trouvait pas ici ce soir pour rien, au départ elle avait conclu une affaire pour ses manufactures qui lui permettrait de rentabiliser encore plus les productions et les ventes. Elle comptait reverser l’argent des bénéfices aux orphelinats de la ville.
De plus il fallait qu’elle se montre aussi un peu dans le beau monde, elle ne pouvait pas rester en tant qu’aristocrate caché chez elle ou se promener chaque nuit dans la rue.
La belle abattit ses cartes sur la table quand ce fut son tour et eu un sourire ravageur laissant voir ses dents blanches.


- Brelan d’As, je prend la main.

S'exclama-t-elle en souriant toujours. Elle était une très bonne joueuse de poker, car elle trichait. Swan comptait les cartes ... c’était de la triche mais cela lui permettait de rafler une fortune à chaque fois. Un beau paquet de pièces et de billets étaient déjà posé devant elle alors qu’elle continuait de siroter son verre de vin, enviant les hommes qui pouvaient fumer en ce lieu d’amusement.
La très séduisante aristocrate se levant souriant.


- Je reviens très vite messieurs. Elle se tourna vers un jeune homme qui regardait la scène et lui donna ses cartes. Jouez pour moi, je vous fais confiance.

Elle le gratifia d’une œillade aguicheuse avant de rire le voyant rougir. S’était un très jeune homme, presque un adolescent. La belle était déjà bien aviné et était bien décidé à s’amuser même si elle haïssait profondément tout ses gens.
Mais la comédie était parfaite. Swan était une personne très mondaine en apparence et tout a fait charmante.

La sulfureuse femme était ce soir là vêtu comme souvent d’une longue robe bordeaux à la crinoline imposante. Le corset qu’elle avait passé sous sa robe permettait plus de souligner ses formes que de retenir quoi que ce soit ou de la forcer à ce maintenir droite. Elle se dirigea vers une fenêtre et inspira profondément en finissant son verre d’alcool qu’elle posa sur le coin d’une table en continuant de regarder par la fenêtre la nuit qui couvrait la ville de son grand manteau noire.
Les gens qui se trouvaient dans la salle ne pouvait voir que son profil et son dos, les rubans qui la laçaient étaient apparents. Quelques mèches bouclés s’échappaient de son haut chignons.

Un soupir franchi ses lèvres, s’était déjà trop pour elle et là elle avait envie de sortir d’ici mais elle ne le pouvait pas. Elle se resservit un verre qu’elle sirota tout en regardant la salle cette fois ci. Des gens dansaient, s’amusaient avec des jeux diverses.
Elle fronça les sourcils en voyant que le petit était entrain de perdre une partie de l’argent qu’elle venait de gagner au jeu. Ce n’était pas grave, elle pourrait le regagner facilement.
Swan repensa alors à Sidka et à leur discussion, tout cela la dégouta un peu plus. Tous ces gens qui vivaient dans l’opulence et qui se plaignaient perpétuellement. Oh elle en faisait partie, elle ne pouvait le nier.

Continuant de promener son regard dans la salle elle finit par croiser son reflet dans un miroir. Elle était magnifique et très sensuelle comme souvent, elle était maquillé et pas à outrance comme certaines mais juste de manière à la mettre en valeur. Un sourire étirait ses lèvres. Il était faux, cependant cela ne se voyait pas. Elle semblait heureuse et dans son élément.

Une jeune femme qui semblait être une aristocrate s’approcha d’elle. Elle avait une toilette très modeste et qui semblait avoir souvent servi.
Elle lui réclamait de l’argent en échange de services ou de personnels supplémentaire.
La séduisante Comtesse lui sourit gentiment et lui dit qu’elle n’avait qu’à remplacer ce jeune homme qui jouait pour elle et que tout serait pour elle à la fin de la soirée si il lui restait quelque chose.

Donner de l’argent pour qu’elle puisse s’acheter des bijoux plus rutilants ne l’intéressait pas, elle préférait garder son argent pour les gens qui en avaient le besoin.
La belle bue une petite gorgée du breuvage qui remplissait son verre avant de se remettre à regarder la ville encore animé à cette heure.
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Jeffrey Landsong
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MessageSujet: Re: Le chant du cygne [Swan, Jeffrey] [19/03/42] Ven 24 Oct - 23:57

Vingt heures quarante-cinq. L'ennui.
Il était rare que Jeffrey ne sente peser sur lui le poids des minutes et des secondes. Lui qui s'amusait toujours au dépend d'autrui, d'un rien, avec un peu d'alcool, quelques douces paroles, quelques jeux, faisait ce soir la moue. Ses amis ne l’égayaient pas assez à son goût, leurs voix irritaient ses tympans, l'eau de genièvre n'avait guère plus de saveur que de couleur et Annabelle lui semblait bien trop vieille et ternie pour qu'il ne s'abaisse à coucher avec elle une fois encore. Non, ce soir il avait envie de nouveauté et tout ce qu'il voyait c'était de l'ancien, du connu, de l'habituel. C'était une soirée de routine, sans odeur particulière, sans éclat. Quelle déception !

Croisant les jambes, le Cavalier jeta un regard sur ses bottes vernies. Il y vit se refléter le bas d'un jupon vert qui passait près de lui. Aucun intérêt notable. Déjà, il songeait à partir. Peut-être aurait-il plus de chance de séduire une charmante inconnue dans la rue ? Ici il étouffait. Les rires des uns débordaient sur les murmures des autres. Les lèvres chuchotaient dans les coins, les mains se frôlaient, les regards se croisaient, mais rien n'attirait un temps soit peu son attention. Tout lui paraissait fade, sans relief. Il avait l'impression d'être posé devant un tableau poussiéreux qu'il croisait dans son hall d'entrée jour après jour sans plus se soucier de ses détails incertains.

Délaissant son verre sur la table basse qui se trouvait devant lui, Jeffrey poussa un grognement de mécontentement et alluma un nouveau cigare. Il fumait beaucoup lorsqu'il s'ennuyait, cela le détendait et l'occupait. Intérieurement, il pestait. Pourquoi avait-il fallu que son imbécile de père décide d'inviter les Rainsword à dîner ce soir ? Sans ça, il aurait batifolé dans le salon avec les servantes avant d'aller se coucher. Mais la perspective de voir ces gens leur présenter leurs hommages l'avait rendu fou. Il avait préféré sortir en prétextant qu'il avait promis à Alvin de l'accompagner dans une partie de carte et qu'il ne pouvait se dérober. Un mensonge de plus. Tout cela pour tomber dans cette débauche d’inaction languissante, au milieu de tout ces pantins figés dans leurs sourires enfarinés !

Le volutes de fumée qu'il cracha attirèrent son regard. Les méandres de leurs sinueux tracés avaient quelque chose de fantastique.


- Hé mais ce ne serait pas la comtesse ? Fit soudainement John en s'adressant à Jeffrey et à Alvin près de lui.

- Laquelle ?

- Carthew. Elle vient de se lever de la table du fond là-bas. Je crois qu'elle jouait aux cartes.

- Ah oui, je la reconnais.

- Hé Jeff, tu ne l'as encore jamais vue toi!

Heffrey sentit qu'on lui donnait un coup de coude. Il se retourna vers John, cet « ami » de longue date, qui le pressait de répondre à sa question.

- De quoi ? Qui ça? Demanda-t-il en fronçant les sourcils, peu enclin à donner son attention à cet idiot fini.

- La comtesse Carthew! Fit l'autre en s'excitant un peu.

- Je n'connais pas. Grogna le Cavalier en détournant le regard tout en crachant un nouveau nuage de fumée vers la foule en mouvement.

- Allons, t'en as forcément entendu parler ! Tu sais, c'est celle qui fait la charité au premier qui lui tend la paume de sa main...Elle fait toujours des dons. Tu vois ? Celle qui a les yeux vairons ?

- Où ça ? Fit mollement Jeffrey en regardant dans la direction que lui indiquait le jeune homme d'un coup de tête relativement discret.

- En bordeaux, là-bas. Celle qui est près de la fenêtre.

Le jeune bourgeois laissa son regard ennuyé parcourir la foule avant de tomber sur les fenêtres. Il chercha un instant avant de trouver la personne que lui désignaient ses compagnons. C'était une jeune femme qui ne devait pas avoir la trentaine mais qui n'avait déjà plus l'âge de rester célibataire. Ses longs cheveux ondoyants descendaient dans son dos lacé avec grâce. Sa robe à crinoline, faite d'une soie chatoyante, était d'un rouge bordeaux relevé difficile à manquer. Elle semblait rêver, le regard perdu par cette fenêtre ouverte. Jeffrey la voyait de trois quart. Son visage, fin et gracile, laissait voir un nez effilé, des joues pleines, des lèvres...à croquer.

- Ah oui...Fit-il d'un air faussement détaché alors qu'il sentait son cœur battre d'un nouveau souffle. C'est une belle femme. Généreuse...oui...

- Et surtout seule. Ajouta John en lui donnant un nouveau coup de coude accompagné cette fois d'un clin d'oeil pervers. Elle n'a jamais été mariée.

- Pourquoi tu ne vas pas l'aborder ? Rit Alvin en lui jetant un regard complice qui se voulait dans le même temps un soupçon accusateur.

- J'ai déjà une promise je te rappelle. Répondit l'autre en grimaçant.

Jeffrey n'écoutait déjà plus les deux hommes. Il fumait son cigare, ses yeux fauves rivés sur la demoiselle qu'on venait de lui indiquer. Il n'avait jamais vu cette fameuse comtesse, mais il en avait effectivement déjà entendu parler. Elle était réputée pour sa charité et ses yeux étrangement bicolores. C'était la première fois qu'il avait le loisir de l'observer. Elle était belle, terriblement belle. C'était une noble à la peau de porcelaine, aux longues mains blanches, au visage de poupée. Sa robe mettait en valeur son buste parfait, ses formes généreuses...Ainsi songeuse, elle ressemblait à un ange égaré parmi les mortels. Elle avait l'air de s'ennuyer elle- aussi.
Par un curieux hasard, alors qu'ils fréquentaient les mêmes établissements, ils n'avaient jamais été présentés l'un à l'autre. Quelle injustice...Il allait falloir remédier à cela...

Sans prévenir, le Cavalier écrasa son cigare dans le cendrier, se leva et quitta la table. Ses compagnons cessèrent leur petite querelle pour le regarder partir avec étonnement. D'un pas alerte, Jeffrey se fraya un chemin dans la masse et s'avança à la rencontre de la jeune femme. Claquant des deux bottes pour attirer son attention dans un salut martial, il tendit la main pour prendre la sienne et y déposer un baiser tout à fait conventionnel, à ceci près qu'il la dévora discrètement du regard et qu'il conserva sa main quelques secondes de trop.


- Jeffrey Landsong, pour vous servir, my lady. Si l'on m'avait dit que les plus beaux joyaux que la Terre ait formés étaient cachés dans vos prunelles, je ne les aurais pas autant cherchés dans mes rêves.

Lâchant la main de la jeune femme après un regard osé, il s'en éloigna un soupçon pour reprendre des distances bienséantes.

- Je ne vous ai jamais vue, Mademoiselle Carthew, et pourtant j'ai longuement entendu parler de vous. Je suis heureux de vous trouver ici ce soir. Désirez-vous de quoi vous rafraîchir?

Qu'un bourgeois de sa trempe invite une aristocrate était devenu monnaie courante dans les salons, cela n'avait rien d'exceptionnel, mais que cela se fasse ainsi, alors que la jeune femme n'était pas accompagnée d'un chaperon, était plus rare, voire indécent. Mais qui se souciait de la décence en cet instant ? Certainement pas Jeffrey !
Lui tendant le bras, il l'invita d'un regard à le lui prendre.


- Oserais-je vous demander si je puis vous accompagner ce soir ? À moins que vous n'ayez déjà un cavalier...J'irais où vous me commanderez d'aller...Si vous me le permettez, je serais votre obligé ce soir...

Le cygne venait d'être trouvé, le lion n'avait plus qu'à lui tordre le cou.
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Swan Carthew
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MessageSujet: Re: Le chant du cygne [Swan, Jeffrey] [19/03/42] Dim 26 Oct - 21:34

La belle aristocrate enroula pensivement une de ses longues mèches de cheveux bouclés entre ses doigts en laissant son regard dérivé par la fenêtre qu’elle finit par entre-ouvrir pour respirer un peu d’air frai. Elle étouffait, entre ces gens qui s’agitaient et dansaient, ceux qui fumaient et l’alcool qui commençait à lui monter à la tête.

Elle finit par attraper l’éventail qui se trouvait dans sa bourse suspendu discrètement au niveau de sa taille. L’éventail était rouge comme sa robe, orné de dentelle noire. La jeune femme commença à s’éventer lentement en s’appuyant contre le mur, restant dans la petite alcôve discrète où elle pensait être un peu tranquille, elle ne tarderait pas à partir.
La séduisante Comtesse finit par se tourner vers les danseurs, admirant leur pas, leur élégances et leur agilité.

Depuis combien de temps n’avait elle pas dansé ? Bien trop longtemps, très peu de temps lui proposait en même temps. Elle se retrouvait donc seule souvent au bal. Pourtant elle adorait danser, elle se sentait toujours plus légère, plus libre. Oui la danse l’enivrait plus que tout. Elle se revoyait danser avec Asher dans les petites auberges sympathique. Ce n’était pas des valses viennoises mais elle en gardait un bon souvenir. Mais s’était terminé ... il ne voulait plus d’elle, en tout cas c’est ce qu’elle pensait.

Swan restait donc seule dans son coin et se coupa de la réalité pour se perdre dans ses sombres pensées. Elle avait rencontré quelques jours plus tôt un jeune homme atypique d’origine Indienne. Ils avaient longuement parlé, des conditions sociales et des droits des femmes ... leurs avis divergeaient et elle s’était rendue compte qu’il l’avait prise pour une femme superficielle, malgré tout elle espérait qu’ils étaient devenu ami, mais c’était un concept lointain pour elle et rien n’était moins sûr.

La belle aux yeux vairons poussa un soupir en buvant une autre petite gorgée de son vin, elle finit par ranger son éventail en soupirant et tourna une nouvelle fois la tête vers la fenêtre. Le troisième quart d’heure retentit. Il était seulement vingt heure quarante cinq, elle ne pouvait pas s’en aller maintenant, c’était trop tôt. Peut être devrait-elle retourner jouer aux cartes, cela la divertissait et elle gagnait souvent, cependant elle n’avait pas vraiment envie, ces hommes l’ insupportaient, elle savait très bien que dés qu’elle avait le dos tournée ils racontaient des horreurs sur elle, faisant des suppositions sur les raisons pour lesquelles elle n’était pas marié alors qu’elle approchait de la trentaine.
Elle commençait à regretter d’avoir refuser autre fois toutes rencontres sérieuses à cause d’Asher.

La très séduisante aristocrate se figea en entendant le claquement des bottes derrière elle et se retourna, affichant une mine surprise et papillonnant des yeux en se rendant compte que s’était elle la destinataire de ce salut, comprenant ce qu’il voulait elle tendis gracieusement sa main fine et blanche à l’homme qui se trouvait devant elle. Ce n’était pas l’un de ces aristocrates poudrés et raffiné. Il dégageait une aura pleine de sauvagerie et un esprit d’aventure, il sentait aussi le tabac.

Cet homme avait des cheveux noirs en bataille et un regard légèrement mordoré qui lui donnait une allure originale dans ce type de lieu, ce qui n’était pas pour déplaire à la belle. Il était grand aussi et la dominait de plusieurs centimètres. En tout cas elle devait avouer qu’il ne manquait pas de charmes bien au contraire, et sa veste à galon laissait penser que c’était un militaire.

Swan senti bien qu’il s’attardait légèrement sur sa main, la faisant sourire tout comme le regard qu’il lui lança, qui aurait fait rougir plus d’une jeune femme à sa place. Même si sa phrase d’approche était peut être un peu trop osé et semblait répété un petit rire cristallin franchi ses lèvres et elle inclina la tête poliment pour le saluer.

- Je suis honoré de vous rencontrer messire Landsong , votre nom me dit quelque chose, cependant je ne crois pas avoir l’honneur de connaître plus sur vous alors qu’au contraire vous dîtes avoir connaissances de certaines choses sur moi.
Vos paroles me flattent et je vous remercie, même si elles sont peut être démesurées.


Lui dit-elle de sa voix mélodieuse. Elle leva sa coupe pour lui montrer qu’elle avait de quoi se rafraichir et se désaltérer. Elle posa sa main sur son bras et lui offrit un sourire ravageur. Cet homme lui plaisait, pour son assurance même si il avait tout de même des manières un peu trop cavalières.
La jeune femme à la peau de porcelaine posa donc sa coupe pour pouvoir le suivre. Elle n’avait pas l’habitude de rencontrer ce type de personne dans ce genre de lieu.


- Vous êtes fort galants, et j’accepte avec joie votre invitation messire.

Annonça la belle en souriant toujours. Elle pouvait aisément deviner les pensées de cet homme qui semblait être un coureur de femme, habitué et rompu à l’art de les courtiser.
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Jeffrey Landsong
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MessageSujet: Re: Le chant du cygne [Swan, Jeffrey] [19/03/42] Dim 26 Oct - 23:49

Démesurées...Ses paroles ? Ah comme cette femme y allait ! Jeffrey s'en sentit tout excité. C'était la première fois qu'il voyait des yeux comme les siens et il n'avait effectivement pas pesé ses mots avant de les délivrer. Oui, le compliment était démesuré, sans aucun doute, puisqu'il avait été conçu ainsi, comme à chaque fois que le Cavalier séduisait un nouvel oiseau pour sa volière. C'était de cette façon que l'on obtenait le cœur des femmes : en jouant sur les mots, en leur donnant un poids ridiculement conséquent afin de marquer son attirance et de faire bouillir leurs pensées les plus intimes ! Personne n'était dupe, c'était un jeu auquel se prêtaient volontiers tous les jeunes gens de la haute société, et même de la basse. Les flatteries étaient dans les mœurs et chacun s'en accommodait volontiers. C'était une manière de dire les choses sans heurter la bienséance, une façon détournée de dire que l'on souhaitait une danse, un baiser, le mariage ou une nuit de folie. Mais pour une fois, Jeffrey se surpris à penser en partie ce qu'il venait de dire. Un œil vert côtoyant un œil bleu, voilà qui était surprenant ! Mais qu'importe...Sa belle peau de pêche, ses longues mains de femme, ses lèvres charnues et cette poitrine gonflée dans son magnifique corset bordeaux l'intéressaient bien plus que ce détail peu commun.

Souriant à la belle comtesse, le jeune homme fut donc heureux que cette dernière ait déjà entendu son nom et qu'elle lui prenne si facilement le bras. Elle n'avait donc pas de cavalier ? Quel heureux hasard ! Seule à la fenêtre, il s'en était douté, mais il n'était pas à l'abri d'un mauvais coup du sort. Ce soir, il était tombé sur la seule femme non-accompagnée...Fier comme un coq, il garda la tête haute tout en la conduisant doucement vers la piste de danse.


- Ah, vous avez dû entendre le nom de mon père, Monsieur Henry Landsong. C'est le plus grand éleveur de chevaux de la région. Il organise des courses. J'y participe moi-même régulièrement...

Esquissant un coup d'oeil à ses camarades qui observaient son petit jeu dans un mutisme collectif, il sourit de plus belle en les voyant froncer les sourcils et se mettre à discuter entre-eux. Jalousie...Douce jalousie...Oh oui ! Il les ferait crever de jalousie !
Oubliant ces imbéciles trop soucieux de leurs coupes de vin pour montrer qu'ils avaient des bijoux de famille dignes d'être portés, Jeffrey reporta son attention sur sa charmante compagne. Ses cheveux bouclés encadraient son visage comme celui d'une poupée de porcelaine. Elle avait réellement un teint particulier, celui d'une femme qui ose sortir sous le soleil sans ombrelle, qui use ses yeux à la bougie le soir pour écrire ou lire. Ce n'était pas une de ces fragiles donzelles pour lesquelles l'inconnu faisait irrémédiablement peur. Non...Elle avait l'air aventureuse. Son sourire et son regard en disaient long sur sa fierté et sa détermination.


- J'ai entendu dire que vous étiez une âme charitable...C'est une belle qualité chez une dame. Beaucoup parlent de vos yeux, évidemment, je les trouve magnifiques pour ma part...Mais je ne vous connais pas. Pas encore...Dites-m'en plus...Vous aimez la danse ?

Sur son accord, le Cavalier entraîna la jeune femme dans une valse déjà commencée par d'autres clients. Grâce à sa bonne éducation, il savait parfaitement danser ce genre de chose et aucun faux pas n'était à craindre dans ses bras. Il conduisait avec fermeté, suivant la cadence sans fléchir, soucieux des espaces qui l'environnaient, même s'il se rapprochait toujours un peu trop de sa partenaire, surtout lorsqu'elle était jolie.
Tout en dansant au son des violons, Jeffrey tenait la conversation. C'était le moyen le plus discret de se faire entendre de la seule personne qui était visée. A vraie dire, ces soirées dansantes étaient faites pour cela. Les rencontres étaient ainsi bien plus aisées.


- Je n'ai pas le bonheur de connaître votre prénom, my lady. Mais peut-être que je vous offense ? Excusez ma maladresse...C'est que vous êtes un mystère qu'il me tarde de découvrir...

Serrant un peu plus sa main sur la hanche de la jeune femme, Jeffrey la fixa de ses yeux mordorés et lui sourit gentiment. C'était osé, peut-être un peu trop...Sentant qu'il risquait de compromettre la réussite de son entreprise, le Cavalier se tint à une distance plus respectable et fit comme si ce petit dérapage l'avait gêné. Il détourna le regard, comme un enfant que l'on gronde et baissa un peu la tête. Il fit comme s'il avait plus de mal à tenir le rythme et arrangea un faux pas qu'il rattrapa bien vite.

- Oh, je suis navré...C'est que je n'ai pas l'habitude de danser très longtemps. Je préfère les promenades à cheval que les bals...

Le beau mensonge que voilà. Lui, le premier à boire jusqu'à plus soif dans les bals les plus tordus que la capitale pouvait receler dans ses entrailles putrides, aurait quelques difficultés à valser à cause de sa passion des chevaux ? Sa mère devait se retourner dans sa tombe.
La musique ralentit et s'arrêta bientôt. La valse était finie. Avec un sourire charmeur, Jeffrey salua Swan et lui tendit de nouveau le bras.


- Alors quérir quelques boissons pour nous rafraîchir. Vous dansez comme une nymphe, c'est très plaisant.

Arrivés aux boissons, Jeffrey prit soin de demander à la jeune femme ce qu'elle désirait et lui commanda. Lui-même prit un petit vin italien qui s'avéra excellent. S'écartant un peu des groupes qui s'amassaient dans ce secteur, il trouva un sofa inoccupé et invita la jeune comtesse à y prendre place. Il prit garde à ne pas marcher sur sa crinoline et s'assied en face d'elle sur un fauteuil.

- Ce vin est un délice. Votre verre vous convient-il ? N'hésitez pas à utiliser votre éventail, comme tout à l'heure, il fait chaud et je ne voudrais pas que vous vous sentiez mal...

Après avoir bu quelques gorgées de son vin, Jeffrey soupira doucement et sourit à la jeune comtesse. Se penchant un peu en avant, il fit mine de vouloir se confesser dans l'intimité.

- Je vais vous confier une chose, my lady, je trouve ce salon bruyant et ennuyeux. Si je ne vous avais pas trouvée, si belle, si radieuse, si mystérieuse...je serais rentré chez moi en courant.

Il rit d'un ton clair et se redressa dans son fauteuil l'air amusé de sa confidence. Évidemment, pour atteindre son objectif, il avait besoin de se comporter de la sorte, de jouer les innocents et d'instaurer une complicité entre-eux.

Observant ses réactions, la couleur de ses pommettes, ses sourires, le moindre de ses gestes, Jeffrey se faisait un portrait de Swan et tentait de déterminer ce qui la ferait monter au septième ciel. Non pas qu'il se souciât du plaisir des femmes qu'il réussissait à conquérir, mais bien pour flatter son orgueil de mâle.
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Swan Carthew
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MessageSujet: Re: Le chant du cygne [Swan, Jeffrey] [19/03/42] Mar 28 Oct - 3:07

Swan connaissait le jeu en question comme chaque femmes, cependant elle préférait des compliments sincères et pesés qui lui plaisaient bien plus que ce genre de phrases toutes faîtes et vilement flatteuse. Elle accepta donc tout de même le compliment avec un gracieux sourire.

Malgré tout l’entrée en matière était clair par rapport à ses intentions. Cet homme lui plaisait certes, mais elle n’avait rien contre l’implicite bien au contraire.
Mais certains hommes obtenaient les faveurs des femmes ainsi, en les complimentant encore et encore. En les faisant rêver et en se faisant passer pour ces princes qu’on trouvait dans des comtes pour enfant ou des fables.

Ce qui la faisait rire c’est que mêmes quelques truands des rues mal famée arrivaient à lui faire ce genre de compliment aussi bien qu’un gentleman en redingote poudré.
Après peut être n’avait-il vraiment jamais vu des yeux comme les siens ? Ce n’était pas commun bien au contraire, un œil bleu, un œil vert. C’était une jolie métaphore de sa vie. La journée et certains soirs une femme propre sur elle et la nuit une femme dissimulé sous l’apparence d’un homme qui courrait les rues.

Elle tira un peu sur sa robe qui remontait légèrement, dévoilant un peu plus ce que laissait déjà voir son décolleté qui était déjà bien aguicheur et où ses partenaires de jeu quelques instants plus tôt s’était plongé avec joie.
La jeune aristocrate avait accepté son bras avec joie, elle enviait un peu plus tôt les danseurs et pouvait maintenant ce joindre à eux. Il tombait à pic...
La belle rendit son sourire au bel homme qui se trouvait à ses côtés, elle posa donc sa main fines sur son bras musclés.
Swan hocha la tête et lui sourit avant de lui répondre

- Oh oui en effet, j’ai acheté mon cheval à votre père il y a quelques années. Un magnifique étalon noire, j’en suis tout à fait satisfaite, vous avez de forts beaux chevaux.
J’avoue n’avoir jamais assisté à ce genre de chose, et que je préférais y participer mais cela m’est interdit. Ce ne serait pas convenable.

Lui dit-elle, finissant sa phrase sur un ton de confidence pour son nouveau cavalier. Elle suivit son regard et comprit rapidement qu’en réalité il ne l’avait pas abordé directement comme cela par pur envie, elle était un défit, un jeu. Peut être pourrait-elle lui faire croire quelques petites choses pour finalement l’abandonner à la fin de la soirée ? Mais elle le regretterait également ... il lui plaisait vraiment.
Elle l’écouta parler d’elle avec attention avant de sourire. Elle eu un petit rire amusé.


- Une âme charitable ? Oui je suis comme Robin des bois, je dérobe de l’argent aux aristocrates la nuit en jouant à des jeux d’argents ou en faisant des affaires puis je donnes aux pauvres le lendemain.
Oui mes yeux, certains me disent sorcière mais il n’en est rien. On doit aussi parler du fait que malgré mon âge je suis encore seule. Mais joui j’aime la danse, la musique, le théâtre, l’art en générale. L’équitation aussi.

Oui elle appréciait cela, la liberté que ça lui procurait. Le vent sur sa peau et faisant voler ses longs cheveux noirs.
La séduisante jeune femme à la peau de nacre se laissa entrainer dans la danse par l’homme à l’allure militaire. Profitant de cette chose qui était rare pour elle. Elle dansait à la perfection, mais elle y mettait aussi son âme. Les deux jeunes gens continuaient de discuter, pour une fois Swan ne s’ennuyait pas trop.
La belle lui sourit avec douceur et répondit de sa voix mélodieuse.


- Je me prénomme Swan ... mais je dois avouer que très peu de personne m’appelle ainsi si ce n’est pas aucune. Vous êtes tout excusé, votre question n’a rien de dérangeante.

Le rassura-t-elle avec gentillesse en continuant de danser. Elle sentit le contacte de sa main se raffermir, comme si il voulait l’emprisonner dans son étreinte. Elle lui rendit son sourire avec douceur, bien sur elle n’était pas dupe malgré la tentative de Jeffrey de cacher son geste en faisant croire à une maladresse de sa part. La jeune aristocrate le ramena dans le rythme, faisant croire qu’elle n’avait rien vu.

- Ce n’est rien messire, cela peut arriver à tout le monde. Nous pouvons nous arrêter si danser vous indispose, cela ne me dérange pas. Mais vous êtes tout de même un excellent cavalier.

Lui dit-elle avec douceur en continuant les mouvements, identiques à tous. La belle Comtesse écoutait la musique en souriant et grimaça quand l’un des musiciens fit une fausse note. Elle regardait toujours autour d’elle, regardant les autres danseurs qui évoluaient en même temps qu’eux sur la piste de danse. Elle finit par reporter son attention sur son cavalier pour le regarder avec attention, oui c’était un bel homme, charmeur, qui donnait envie de se blottir contre lui pour profiter de sa présence rassurante. C’est ce qui devait plaire aux demoiselles.
Swan s’inclina à son tour devant lui avec respect avant de reprendre son bras, se rapprochant peut être un peu plus de lui que nécessaire.


- Je vous remercie monsieur, vos propos sont toujours aussi flatteurs. Mais oui allons nous rafraichir, il fait chaud dans ce salon et l’heure est à la fête.

Répondit la belle avant de se laisser emmener vers le bar, elle commanda elle même un verre de vin français qu’elle appréciait particulièrement dans ce genre de soirée et qui lui tournait moins la tête que la vodka ou le scotch. Une fois le verre en main elle fit doucement tourner le précieux breuvage et finit par le porter à ses lèvres pour le goutter. Excellent lui aussi.

Elle le suivit et s’assit dans une confortable causeuse au velours cramoisie, croisant les jambes faisant légèrement se relever sa robe qui cachait tout de même ses jambes, elle n’était pas totalement indécente. Elle posa son verre sur la table.


- Cela ira, je vous remercie. La chaleur est présente mais supportable, je ne tournerais pas de l’œil, je vous en fait la promesse. Et le vin me convient tout à fait, leur cave est bonne c’est d’ailleurs pour cela aussi que je viens en ce lieu.

Murmura avec distraction la jeune femme aux yeux si différents l’un de l’autre. La belle tendit l’oreille pour l’écouter. Encore des compliments, et ce ne semblaient pas être les derniers. Il semblait bien décidé à la séduire et cela le plus rapidement possible.
Swan en savait pas vraiment quoi répondre en cet instant. C’était la première fois qu’elle ce faisait courtiser de cette manière.

- Vos paroles sonnent agréablement à mes oreilles messire Landsong et je dois avouer que je serais certainement parti prochainement si vous n’étiez pas venu m’aborder. Mais il y a de biens jolies femmes en ces lieux ... Mais si ces endroits vous déplaisent, peut être que si nous décidions de nous revoir nous pourrions nous promener dans la journée.

Lui proposa-t-elle essayant de masquer son hésitation. Elle gardait un visage presque figé mais affichant un sourire qui pouvait sembler sincère à l’intention de l’homme aux cheveux de jais. Elle aussi l’observait avec attention.
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Jeffrey Landsong
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MessageSujet: Re: Le chant du cygne [Swan, Jeffrey] [19/03/42] Jeu 30 Oct - 23:40

Un Robin des bois...une sorcière...Sur quel type de femme était-il donc tombé ? Voilà la question que se posait Jeffrey tandis qu'il menait la danse avec la jeune et belle comtesse Carthew. C'était une femme délicieuse, une véritable sucrerie qui donnait du plaisir rien qu'à se laisser dévorer du regard. Ses yeux vairons lui donnait un air particulier, un peu étrange, mais aussi follement excitant. Pour certains, l'inconnu était toujours effrayant, signe de maladie, de malédiction, de mal tout court. C'étaient des imbéciles qui se contentaient de quelques rumeurs pour pendre, brûler, ignorer, conspuer. Pour d'autres, la beauté résidaient dans la dissymétrie, l'anomalie, la touche inimitable que la nature offrait à quelques élus en guise de démarcation sur les autres membres de leur espèce. Une cicatrice, une tache de vin, un bec-de-lièvre...Chaque « défauts » pouvait aussi donner à un être tout son intérêt. Que pensait Jeffrey à ce sujet ? Dans quel camp était-il vraiment ?
Aucun.
Le fils Landsong ne se préoccupaient pas de ces détails. Une femme lui plaisait selon ses envies, l'environnement, le temps, l'alcool qu'il consommait. Il ne souhaitait pas se marier à une femme mais les posséder toutes ! Ce soir, c'était l'allure générale de Swan qui l'avait décidé. Il n'avait même pas vu ses yeux jusqu'à ce qu'il se trouve en face d'elle. Pourquoi s'en préoccuper maintenant alors qu'elle était parfaitement à son goût en terme de silhouette ?

Mais pour paraître aimable, il n'avait pas hésité à s'engager:


- Une sorcière !? Hé bien...Si vous me le permettez, les gens qui vous traitent de la sorte n'ont aucun goût et frisent la stupidité!

Il lui avait sourit avant qu'elle n'ajoute qu'elle n'était pas mariée. Ses amis avaient donc raison. La belle comtesse était seule, désespérément seule ! Quoi de mieux qu'un cœur aux pulsions inassouvies pour satisfaire les envies d'un soir ? D'un ton condescendant, il avait reprit :

- Ces idiots ont peur...tout simplement. Quant à votre célibat, je ne peux pas vous blâmer. Moi-même, je refuse le mariage depuis des années. Mon père croit qu'en me forçant il aura de beaux héritiers, mais il ne sait pas ce qu'est l'amour. Je ne tiens pas à conserver le patrimoine de ma famille en sacrifiant mon propre bonheur. Cela peut paraître égoïste, mais je crois en la beauté de la vie et en la liberté de chacun...

Son regard s'était attardé dans celui de la jeune femme comme pour lui faire comprendre qu'elle pourrait, elle, faire le bonheur d'un homme tel que lui, peut-être, un jour...

Puis ils avaient décidé de danser et il lui avait demandé son prénom. La réponse que lui fit la jeune femme lui fit presque faire un bond tandis qu'ils entraient sur la piste de danse.


- Swan !? Swan...C'est doux, c'est beau...Cela signifie le cygne... !

Oui ! Swan était pour lui ! C'était son cygne ! Comment aurait-il pu espérer plus belle coïncidence ? C'était le destin qui l'avait mise sur son chemin ! C'était si imprévu, si magnifique,  qu'il aurait pu y croire ce soir. C'était une aristocrate, riche, seule, désirable, mystérieuse...Elle aimait l'équitation, la danse, les arts les plus classiques et portait le nom de l'oiseau rare dont il désirait les plumes. Que pouvait-il espérer de plus ? Pour un peu, Jeffrey aurait songé à être plus respectable que prévu avec cette jeune femme. Mais ses instincts destructeurs restaient les plus forts. Toujours.

Il avait alors enchaîné les pas de danse et dévié pour la serrer contre lui et imputer sa faute à une maladresse de jeune homme. Technique pour émoustiller la belle et profiter un instant de son corset bien serré.
A la fin de la valse, il l'avait saluée comme tout gentleman se devait de le faire. Mais lorsque la belle reprit son bras, ce fut pour le serrer à son tour un peu trop. Cet écart en terme de convenance surprit agréablement le Cavalier qui sentit monter en lui la joie de plaire. Elle serait aisée à avoir, elle était déjà charmée...Il avait hâte de l'entendre soupirer son nom...

Une fois qu'ils furent installés dans les sofas avec un verre de vin chacun, la conversation pris un tour des plus badins tout en devenant de plus en plus intime. Jeffrey en profita pour la pousser aux confidences, ce qui fonctionna tout à fait comme prévu. La belle lui révéla en effet que sans sa présence elle aurait également quitté le salon. Elle s'ennuyait, il l'avait bien vu, mais elle le lui confirmait maintenant avec imprudence. Les dernières paroles qu'elle lui lança éveillèrent d'autant plus l'instinct prédateur de Jeffrey qu'elle se livrait quasiment à lui en deux mots.


- Nous revoir?! Fit-il faussement surpris. Oh, mais ce serait avec plaisir, madame la comtesse...Ce serait un véritable honneur...

Le jeune homme se pencha un peu au-dessus de la table pour prendre la main libre de la belle afin de lui faire un nouveau baise-main. Il s'attarda en plongeant ses yeux flamboyants dans les siens.

- Je pourrais vous montrer le ranch de la famille, si vous le souhaitez...Nous avons de nombreux cheveux, et des plus beaux ! Peut-être que vous voudriez en monter un nouveau ? Nous pourrions aller nous promener dans le parc de mon père...

Attiser sa curiosité et motiver ses fantasmes, c'était cela qui la ferait tomber ! Jeffrey sortait le grand jeu. Une aristocrate ne se prenait pas comme une courtisane ou une vulgaire bourgeoise en mal d'amour ! Non...Il prendrait son temps, ou du moins des précautions et des manières avec elle qu'il délaissait souvent pour quelques violences, chantages ou rudes insistances avec d'autres.
Doucement, il laissa la main de la jeune femme et se rassied. Il reprit son verre qu'il avait posé et croisa les jambes.


- Vous m'avez dit que vous aimeriez participer à des courses, n'est-ce pas ? C'est en effet une idée un peu...osée dirais-je. Inconvenante ? Je ne sais pas. Mais cela montre que vous avez un caractère fort et que vous êtes courageuse. Je comprends cette envie de concourir. Moi-même ai-je la chance de le pouvoir et de le faire à chaque fois que l'occasion m'en est donnée.

Il sirota un peu son vin et se pencha de nouveau vers la jeune femme. Il fit mine de regarder autour d'eux, comme s'il voulait éviter qu'on ne l'entende.

- Vous savez, murmura-t-il d'un air intriguant, si j'arrivais à convaincre mon père, nous pourrions organiser des courses privées avec quelques amis où vous seriez la bienvenue...en toute discrétion bien évidemment. Ce serait peut être amusant pour vous ?

Fier de son idée, le Cavalier reprit une position correcte et termina son verre avant de le reposer définitivement sur la table basse. Il observa Swan. Ses lèvres le firent sourire. Il rêvait déjà de les mordiller pour la faire rougir...Mais s'ils restaient coincés dans ce salon, il ne pourrait peut être jamais les croquer...pas ce soir en tous cas. Devrait-il donc attendre leur prochain rendez-vous ? Non...Sa patience avait des limites. Il la voulait dès ce soir ! Dans une heure, deux heures, trois heures, n'importe ! Du moment qu'il l'avait ce soir...
Jetant un coup d'oeil à ses lointains « amis » qui avaient cessé de l'observer, il soupira. Insérant son index gauche dans le col de sa chemise, il la tira un peu en soufflant doucement.


- Pffiou...Il fait effectivement chaud ici...Vous ne voudriez pas sortir un peu pour respirer l'air du soir ? Tout ces éclats de voix, cette fumée, ces lampes me tournent la tête.

Son sourire et son bras l'invitèrent à le suivre. Il avait songé à lui proposer une excursion en fiacre jusqu'à son ranch mais c'était un peu trop tôt pour avancer semblable idée. La belle pouvait tout aussi bien prendre peur et se douter de ses intentions. Il préférait garder ce rythme insupportablement languissant plutôt que de risquer de tout gâcher.
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Swan Carthew
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MessageSujet: Re: Le chant du cygne [Swan, Jeffrey] [19/03/42] Dim 2 Nov - 1:06

La jeune femme aux beaux yeux vairons le regardait avec attention alors qu’ils continuaient de parler. Elle lui avait avouer quelques petites choses avec humour, essayant d’être légère mais elle craignait de ne pas avoir fait mouche et de l’avoir effrayé au contraire.

Elle regarda l’homme avec un peu plus d’attention. Ses cheveux noirs, ses yeux mordorés, elle avait l’impression qu’il la transperçait du regard. La belle Comtesse devinait ses muscles sous sa chemise et sa belle redingote de soldat. Travaillait-il pour la Reine ? Où n’était ce que sa manière de s’habiller ? Cela n’avait pas grande importance en réalité.

Ils avaient commencer à parler de ses yeux, comme avec quasiment chaque personne qu’elle rencontrait. Ses yeux intriguaient les gens, leurs plaisaient, les effrayaient, les dégoutaient. Sidka les avait aimé, Asher aussi. N’était pas ce qui était important ? Sidka ... était il donc vraiment ce qu’on appelait un ami ? Une personne avec qui on pouvait parlé sincèrement et qui vous soutient sans ne penser qu’à vouloir votre corps pour après vous laisser ?

Sa remarque la fit sourire, mais elle restait distraite, perdue dans ses pensées à propos de Sidka.

- Vous avez certainement raison ...

Murmura-t-elle simplement, gardant sa main sur son bras alors qu’elle finissait son verre d’alcool. Les effets de la boisson commençaient déjà à se rependre dans son corps, embrumant son esprit comme souvent. Elle s’y réfugiait.

La belle lui avait également avoué être seule, car elle avait l’habitude qu’on fasse des commérage à cause de cela. Une Comtesse seule ... et qui pourtant semblait toujours si épanoui et joyeuse. C’est qu’elle avait forcément des amants, donc elle n’était pas une femme recommandable. Voilà le cheminement que suivait plusieurs personnes à son propos.

Ils avaient tort sur un point, elle n’était pas heureuse bien au contraire. C’était masque, comme tout le monde en portait dans la société. Mais comme disait ou en tout cas pensait Sidka, comment pouvait elle oser se plaindre alors qu’elle baignait dans le luxe et l’opulence.

Swan écouta le beau jeune homme avec attention et elle senti son cœur battre plus vite soudainement. Mais son espoir retomba rapidement. C’était certainement une fable que servait cet homme aux femmes pour les séduire et les mettre dans leur lit. Mais après tout elle avait l’habitude, cela n’avait plus d’importances.
Autant s’amuser jusqu’au bout, jouer la comédie et se concentrer sur le présent.

- Vos paroles sont bien belles, tout comme votre idéale. Peut d’hommes pensent comme vous my Lord.

Elle jouerait le jeu, celle de l’aristocrate un peu écervelée et naïve qu’il attendait qu’elle soit. La séduisante jeune femme aux longues boucles de jais lui avait donc rendue son regard.

Les deux jeunes gens avaient commencé à évoluer sur la piste de danse et Jeffrey avait osé lui demander son prénom. Elle lui avait donné en souriant et fut étonné par sa réaction. Il semblait très enthousiasmé par le fait que que son prénom signifie cygne.

- On a rarement fait ainsi l’éloge de mon prénom.

Lui dit-elle en lui offrant un sourire des plus sincère alors qu’ils continuaient de danser, Lui s’était un peu trop agrippé à sa taille et elle s’était un peu trop appuyé sur son bras. Leurs intentions à tout deux semblaient clairs.

La belle aristocrate l’accompagna au bar pour commander également du vin.
Ils étaient donc reparti s’asseoir dans un coin plus intime, où se trouvait peu de gens pour commencer à discuter de manière simple et badine.
Swan lui avait fait la confidence qu’elle s’ennuyait. S’était terriblement osé et dangereux dire qu’elle s’ennuyait mais de sa part également vu qu’il lui avait fait la même confidence.

La belle en vint presque à regretter qu’il y ai des places de libres, elle avait envie de sentir son odeur, son corps contre le sien. Mais ses pensées étaient des plus absurdes, et des plus indécentes ? Voulait elle totalement ruiner sa réputation, sa vie ? C’est ce qu’elle allait finir par faire si elle ne faisait pas plus attention à elle.

La jeune Comtesse avait finit par énoncer la possibilité qu’ils puissent se revoir une nouvelle fois, si bien sur ils avaient des affinités comme cela semblait être le cas.
La belle fut ravi de voir qu’il semblait lui aussi charmé par l’idée et lui tendit gracieusement sa main pour qu’il puisse la baiser.
Elle écouta ses propositions avec attention et lui sourit.

- Ce serait avec joie monsieur, mais venir ainsi seule chez vous serait inconvenant. Si vous acceptiez que je vienne accompagné de quelques amies ou au moins une servante cela serait un plaisir de visiter votre domaine et de voir vos chevaux, dont beaucoup vantent leurs mérites.

Lui dit-elle d’une voix douce en reprenant son verre pour boire encore un peu, elle le finit rapidement. Il faisait vraiment chaud dans le salon et elle commençait vraiment à étouffé.

Malgré tout la belle était heureuse qu’il accepte ainsi qu’ils se revoient. Peut être que cela pourrait devenir sérieux avec lui ? C’était un bien mince espoir, mais elle le gardait. Après tout à quoi rimait une vie sans espoir ?

L’élégante Comtesse regarda l’homme avec intensité en jouant distraitement avec un ruban de son corsage qui s’était légèrement plié et qu’elle voulait remettre correctement.
Le gentleman revint sur le sujet des courses de chevaux et elle lui offrit toute son attention.
Elle fit semblant de rougir et de paraitre confuse.

- Pardonnez moi messire, je ne voulais pas être inconvenante en vous avouant cela. J’admire beaucoup les cavaliers qui arrivent ainsi à tenir en selle.
Je viendrais vous voir concourir avec plaisir, je vous encouragerais bien entendu, et cela n’est pas du courage pour ma part mais des envies mal placées.


Murmura-t-elle en lui souriant avec douceur et en lissant un peu sa robe bordeaux, papillonnant légèrement des cilles pour sembler gêné par ses paroles et très séduites par sa proposition mais hésitant toujours autant.

- Votre proposition est tout a fait charmante monsieur. Mais c’est trop d’honneur pour moi, comment pourrais je avoir la vanité de croire pouvoir battre ou même juste être à la hauteur d’un homme dans ce genre de pratique ? Mes paroles étaient très orgueilleuses en vous disant cela, pardonnez moi.

Bien sur elle ne croyait pas un mot de ce qu’elle disait, mais elle n’osait imaginer le scandale que cela provoquerait si elle lui disait ce qu’elle pensait réellement de tout cela. Bien sur qu’elle pouvait se mesurer à lui si ce n’était pas la battre. Mais certaines choses ne se faisaient et ne ce disaient pas.
C’était ainsi et à son grand désespoir cela ne changerait pas. Même Sidka trouvait son comportement en tant que femme répréhensible.

Swan tripotait d’ailleurs la bague enchâssé d’une perle de nacre avec distraction. Elle ne l’avait pas enlevé depuis. Ce cadeau lui réchauffait vraiment le cœur, elle se sentait moins seule.

Elle reporta son attention sur l’homme qui l’a courtisait depuis maintenant presque une heure. Peut être si ce soire elle se refusait à lui, il resterait plus longtemps avec elle. Mais elle craignait bien trop qu’il abandonne totalement pour faire cela.
Elle lui sourit malicieusement en entendant ses paroles et hocha la tête.

- Ce serait avec plaisir que j’irais me promener avec vous, l’air est étouffant ici...

Murmura la jeune femme aux yeux vairons en se levant de la causeuse et en lui rendant son sourire et en posant sa main sur son bras, pour se laisser guider vers la rue, où ils pourraient respirer et être moins observer par les bourgeois et aristocrate des alentours.
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Jeffrey Landsong
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MessageSujet: Re: Le chant du cygne [Swan, Jeffrey] [19/03/42] Mer 26 Nov - 12:10

Quel bonheur de sentir enfin la caresse de la brise crépusculaire sur sa brûlante peau ! Jeffrey respira un grand coup, comme s'il avait jusqu'à présent étouffé dans une de ces bauges de Whitechapel, qu'il affectionnait particulièrement les samedis soir pour la dépravation à laquelle il pouvait s'adonner sans crainte de tacher sa réputation, mais où il se sentait toujours trop à l'étroit pour ses ambitions démesurées. L'air était frais, le ciel était tissé de ténèbres et les étoiles, encore peu nombreuses à cause des nuages bas et lourds qui planaient au-dessus de l'insensible capitale, souriaient aux seuls chanceux qui osaient lever leur regard vers elles. C'était un temps propice à la promenade. Quoiqu'il faisait un peu froid et qu'il dut resserrer le col de sa veste à galons, le Cavalier appréciait le moment.

A son bras, la jeune comtesse Carthew semblait elle aussi soulagée. Il ne la connaissait que de nom, pour sa réputation de célibataire et pour sa richesse « bêtement perdue » que colportaient les commères de tout étalage. Le destin ne les avait encore jamais liés avant ce soir. Elle aussi ne le connaissait que grâce à son nom, réputé dans les hippodromes, parfois présent dans les journaux ou aux lèvres de quelques convives avides de s'échanger les nouvelles à son sujet. La fortune de son père faisait des envieux, ses exploits aux courses lui avaient forgé une petite réputation...L'un comme l'autre restait un mystère pour son vis à vis et ils avaient tous deux une vision déformée par le miroir de la société qui les avaient peint sans leur accord.

Pour Jeffrey, sortir de ce salon était un moyen d'éviter que les regards ne s'attardent trop sur son petit jeu et ne risquent d'attirer les soupçons. Il préférait agir dans l'ombre plutôt que sous les candélabres afin de conserver cette image kaléidoscopique que tous appréciaient. Le cœur de Swan ne serait que plus facile à prendre dans cette nouvelle intimité orchestrée par la nuit. Le teint rose que la jeune femme arborait depuis quelques minutes montrait d'ailleurs que les effets de l'alcool, de la chaleur ou de la pudeur se faisaient ressentir chez elle. C'était l'occasion de la soulager et de la pousser à aller plus loin, vers un confort tout relatif dont elle rêvait sûrement. Lui-même ne pouvait plus supporter l'ambiance du salon. Sortir avait été la meilleure décision qu'ils avaient pu prendre.
Serrant un peu son bras contre lui, le jeune bourgeois avança dans la rue à ses côtés. Ils allaient marcher, mais non pas au hasard : son fiacre se situait un peu plus loin, dans une ruelle annexe où ils avaient pu trouver une place avec Tibère, son jardinier et cocher. Peut-être qu'en continuant de flatter la belle il pourrait la faire monter...  

« Peu d'homme pensent comme vous my lord. »

Ah quelle naïveté ! Si la pauvrette avait véritablement eu accès à ses pensées les plus profondes, combien son âme aurait-elle été déchirée par leur noirceur ! « My lord »...quelle drôle de façon de l’appeler alors qu'il n'était qu'un bourgeois ! Il était ertes riche mais bien loin d'être lord...Était-ce là un signe de son admiration ? L'avait-il déjà bien assez harponnée pour qu'elle lui accorde tant d'importance ? Elle qui lui avait déjà proposé qu'ils se revoient, venait en plus de le placer presque au-dessus d'elle. Bêtise de langage agréablement prise au vol. Avait-elle réellement trop bu ? C'était amusant. Facile.

Cependant, la prudence avait tout de même régi une partie des paroles de la jeune aristocrate. Elle lui avait dit qu'elle acceptait volontiers de venir le voir chez lui, dans le domaine de son père, pour admirer les chevaux de la famille et éventuellement assister à une course ou deux, mais elle avait finalement tout de même posé une condition : elle voulait pouvoir venir avec une servante ou deux. C'était tout à fait normal, car une jeune femme ne se déplaçait que rarement seule à cette époque, surtout lorsqu'elle était comtesse. Aussi cela ne surprit-il pas Jeffrey. Il y avait toujours des caméristes, des suiveuses, des domestiques pour répondre aux besoins intimes de ces « dames » et leur tenir compagnie en toutes circonstances, sot aurait été celui qui aurait cru pouvoir l'avoir à lui seul aussi facilement en plein jour...La nuit, c'était différent, c'était lui qui gérait en maître, mais le jour, les précautions qu'il devait prendre étaient bien réelles. Le moindre faux pas pouvait définitivement accréditer toutes les sales rumeurs qui courraient déjà sur son compte.
Cette histoire de domestiques collées aux souliers des dames était surtout valable pour les oies blanches, les vierges effarouchées dont les parents suivaient le moindre mouvement afin de les protéger des hommes tel que lui. Swan avait la réputation d'être seule depuis toujours, elle n'était même pas veuve...Sans doute faisait-elle partie de ces oies-là...Il fallait donc se méfier, y aller doucement, s'il voulait goûter à sa peau de porcelaine, la salir à sa façon, sans risquer plus gros que ce qu'il souhaitait obtenir.
Quel délice d'imaginer qu'aucun homme ne l'avait encore touchée ! Mais, au fond, Jeffrey songea qu'elle était rudement bien entourée d'hommes ce soir, pour une célibataire...Ne devrait-elle pas prendre le thé avec des amies plutôt que de traîner avec des gentlemen dans un tel salon ? Cela cachait quelque chose, il en était certain. Peut-être qu'elle n'était pas si blanche que ça ? Son signe aurait-il dissimulé ses plumes noires sous son duvet immaculé ? Il éclaircirait ce mystère un peu plus tard. Pour l'heure, il avait déjà réussi à l'entraîner dehors...


- Vos amis ne risquent-ils pas de s'inquiéter de votre départ ? Ceux avec lesquels vous jouiez aux cartes? Demanda-t-il lorsqu'ils eurent fait quelques pas dans la rue, comme s'il s'inquiétait réellement de l'image qu'elle pourrait renvoyer à ces imbéciles. Et si je vous enlevais? Vous croyez qu'ils cesseraient leur jeu pour vous sauver? Le jeune bourgeois simula un rire et la rassura du regard. C'était une boutade pour signifier à la jeune femme que ses "amis" n'avaient pas bougé le petit doigt pour elle en la voyant quitter le salon avec un parfait inconnu. Cela pousserait sans doute la belle à soupirer qu'elle était mieux sans eux. L'ironie marcherait, il en était certain. Quoi de mieux pour saisir un cœur esseulé que de le convaincre de sa profonde solitude? "Je suis là moi, tu vois? Je vaux mieux qu'eux..." Le message en creux serait facile à interpréter.

Tout en marchant d'un air décontracté, Jeffrey songea à la conversation qu'ils avaient eu à l'intérieur. Swan s'était excusée au sujet de ses envies de monter à cheval qu'elle trouvait, malgré elle, complètement déplacées. C'était certes incongru et, en réalité, Jeffrey faisait bel et bien partie de ces gentlemen qui considéraient que les femmes n'avaient qu'à rester aux pieds de leurs maîtres, leurs maris, et s'occuper des bambins qu'ils leurs auraient fait par pur besoin de perpétuer leur nom. Elles n'avaient rien à faire sur un cheval, encore moins à la chasse ou dans les courses. D'ailleurs, il ne comprenait pas non plus la présence de la moitié d’entre-elles dans les salons comme le Pall Mall.
Pour continuer à dissimuler sa véritable nature, il s'était contenté de lui sourire et de lui répondre avec un regard amusé:


- Ne vous inquiétez pas, avec moi votre secret serait bien gardé. Pourquoi ne pourriez-vous pas aller jusqu'au bout de vos rêves pour de simples considérations sociales ? Nous en reparlerons, je vois que cela vous met mal à l'aise et je peux comprendre votre hésitation. Sachez en tous cas que ma proposition sera toujours d'actualité le jour où vous déciderez de venir nous voir chez les Landsong.

Alors qu'ils approchaient de la ruelle où trônait son fiacre, Jeffrey sentit qu'il devait sortir le grand jeu. Cependant, il hésita. Il fallait qu'il prenne garde à ne pas effrayer la jeune femme, surtout pas maintenant puisqu'elle pouvait tout à fait faire demi-tour et rejoindre son propre véhicule ou ses amis. C'était encore dangereux, elle n'était pas complètement prise au piège. Les mailles de son filet se resserraient lentement, inutile de brusquer les choses au risque de ne se retrouver qu'avec une paire de plumes dans les mains. Non, il la voulait entière !

Prenant un air moins innocent, donc plus sincère, il posa sa main libre sur le bras que la jeune femme avait glissé dans le sien et la regarda dans les yeux comme s'il s'apprêtait à lui faire une confidence de la plus haute importance.


- Mademoiselle Carthew...J'ai une question à vous poser. Elle vous paraîtra peut-être déplacée, et j'en suis navré d'avance, mais mon cœur risque de s'arrêter si je continue à la garder pour moi...Ménageant son effet, le Cavalier s'arrêta et s'approcha un peu de la jeune femme pour lui faire face de façon intime. Est-ce que...vous me trouvez à votre goût?

Le cœur véritablement emballé, Jeffrey attendit la réponse de la jeune femme. Au fond, il se fichait totalement de savoir si elle le trouvait à son goût ou non. C'était une excuse pour dévier la conversation sur leurs sentiments respectifs, leur attirance...Tout ce qu'il voulait, c'était la piquer un peu pour jauger sa réaction et savoir sur quel chemin il devrait ensuite l'emporter afin de la convaincre d'aller plus loin.

- Je...c'est délicat...Je n'ai jamais senti une pareille fascination pour une femme...Vous me troublez my lady...Peut-être devrais-je rentrer et vous laisser seule...Mon fiacre se trouve un peu plus loin...

Inverser les rôles, la pousser elle à le retenir et non pas l'inverse. Voilà qui pouvait être aussi brillant que stupide. Mais ne fallait-il pas tenter quelque chose? La conversation risquait de devenir stérile au rythme affreusement languissant qu'ils avaient pris. Jeffrey n'en pouvait plus d'attendre, il voulait pousser sa chance, toucher cette peau, goûter à ces lèvres...
Son regard mordoré fixait les étranges iris de Swan comme s'il voulait s'y noyer. Le silence s'installa. Il retenait son souffle comme un enfant attendrait la réponse d'un adulte au sujet d'une sortie depuis longtemps désirée. En vérité, il était déjà en train de calculer si l'on entendrait ses cris s'il en venait à la pousser contre un mur...
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Swan Carthew
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MessageSujet: Re: Le chant du cygne [Swan, Jeffrey] [19/03/42] Jeu 27 Nov - 23:58

La belle jeune femme redressa la tête pour pouvoir humer à son tour l’air du soir .Un vent léger soufflait et faisait voleter quelques mèches qui s’échappaient de son complexe chignon regroupant sa masse de cheveux de soies sombres.
Un frisson la parcouru, elle avait un peu froid a cause de ce vent justement. Et le manteau qu’elle avait passé ce soir là n’était pas très chaud. Mais malgré cela elle tentait de ne rien en montrer à l’homme qui l’accompagnait. Sa main fine était posé sur son bras, le suivant et marchant avec dans la rue qui était assez propre à cet endroit. Swan entendait les bruits s’échappant du salon, des habitations proches et même de la route principale. Le claquement des sabots de chevaux qui tiraient les fiacres, les vociférations des cochers, certains s’insultant même pour pouvoir passer plus rapidement et amené leurs clients à bon ports en un temps record.
Au départ elle pensait rentrer rapidement chez elle pour passer la nuit d’abord malgré les recommandations de Sidka qui lui disait de rester chez elle à l’abri. Elle avait pensé à lui rendre visite plusieurs fois mais ne le faisait pas de peur de le mettre mal à l’aise. Et elle n’osait lui envoyer une lettre pour proposer de venir de peur qu’alors il prenne cela comme un ordre ou une convocation. En plus elle avait bien vu qu’il détestait ce genre d’endroits et refuserait certainement qu’ils se rencontrent dans un bar vu que c’était dangereux pour une lady comme elle.
La séduisante Comtesse reporta son attention sur l’homme qui l’accompagnait et la guidait dans la ruelle pour qu’ils puissent respirer et être un peu seul.

Cette situation était si étrange pour elle. Un échange ancré dans les convenances et en même temps totalement décalé. Elle ne se faisait que rarement de nouvelles relations dans sa vie au grand jour. Et quand elle en faisait c’était toujours pour les affaires ou que la personne pouvait lui apporter quelque chose dont elle pouvait avoir besoin.
Que pouvait donc lui apporter le Cavalier ? Un peu de réconfort animal ? Une présence masculine, qu’elle recherchait ? Mais était il le genre d’homme à s’engager ? Ça ne semblait pas être le cas, et elle commençait à ce souvenir de ce qu’avait pu lui dire certaines personnes sur cet homme.
Un homme frivole, qui profitait largement des plaisirs de la vie en plus de ses exploits dans le domaine de l’équitation.
Elle avait entendu parler de lui aussi dans les tavernes et les bars sombre. Peut être se ressemblaient-ils plus qu’il y paraissait au premier abord ?

L’aristocrate aux yeux vairons se rendit compte des formulations de phrases qu’elle avait eu. L’automatisme, dans ce genre d’endroit elle parlait à des aristocrates en général et vu son allure elle n’avait pas fait la différence, surtout qu’elle était perdue dans ses pensées à ce moment là. Ce n’était pas bien grave, il devait se sentir flatté par la formulation et son orgueil devait en être encore ragaillardi. L’alcool avait peut être aussi un peu aidé à lui enlever son maintien habituel et sa prudence dans les mots . Heureusement les paroles prononcés ne risquaient pas de la blesser.

Ils en étaient venu à la penser de pouvoir se revoir une fois prochaine et encore une fois elle avait été maladroite en faisant elle même la propositions. Mais après elle s’était reprise en exigent d’emmener avec elle une servante. Même si en réalité elle n’en avait aucunement le souhait. C’était une grande fille qui savait comment ce comporter seule avec un homme. Mais si on avait appris qu’elle avait rencontré cet homme, dans son intimité et qu’il n’y avait eu personne pour leur tenir compagnie cela en aurait choquer plus d’un et on aurait certainement jaser.
On le faisait déjà suffisamment sur son compte pour ne peut être pas en rajouter. Toujours plus de rumeurs, plus de soucis, de regards réprobateurs.
Après elles ne seraient pas forcément obligé de la suivre de trop près, bien au contraire. Mais il fallait prendre des précautions.
Bien sûr elle était loin d’être une vierge effarouché, mais elle était sensé l’être n’ayant jamais été marié et étant sensé être une femme respectable.
Malgré tout peu de personnes croyaient en la fable.
Mais si le séduisant homme y croyait alors peut être qu’elle ne l’intéresserait que plus, mais peut être serait il alors aussi déçu et il la rejetterait totalement. La belle devait cesser d’avoir si peur de la vie qu’elle devrait vivre depuis toujours. Swan s’était enfermé dans sa solitude et et dans ses souvenirs, vagabondant sans raisons dans les rues la nuit. Sans but, comme une âme en peine.

La belle arqua un sourcil en entendant sa question et lui offrit un sourire agréable sans rien montrer, et remit une de ses boucles rebelle derrière son oreille avant de lui répondre avec naturel, sans rien montrer de ce qu’elle pouvait penser.

- Oh mes amis, sont surtout des relations d’affaires. Non ils ne s’inquièteront pas, ils nous arrivent de jouer aux cartes, mais vu tout ce que je leur prends ils sont heureux de me voir repartir. Ils doivent être entrain de tout regagner vu que le jeune homme à qui j’ai confié mon jeu ne semblait pas bien à l’aise.

Elle s’arrêta en l’entendant et éclata d’un rire cristallin en s’appuyant contre lui et en lui offrant un regard amusé.

- Si vous m’enleviez ? Vous n’auriez aucune raison de le faire, et tout le monde nous a vu quitter le salon ensemble. Vous seriez bien vite suspecté. Mais je doute qu’ils se ruent à ma poursuite en effet.

Se contenta-t-elle de répondre. Son jeu ne fonctionna pas, elle se savait seule et depuis longtemps. Sa remarque ne la marqua pas vraiment et elle resta à nouveau silencieuse, profitant de l’air frai de la nuit, resserrant tout de même son manteau autour d’elle et crachant un petit volute de fumée. Mais elle avait comprit le sens de la démarche, c’était de la manipulation et cela la gêna. Pourquoi s’amusait-il à faire ça ? Pour lui montrer que lui était là ?
Un autre couple passa près d’eux et Swan leur jeta un bref regard avant de s’en désintéressé et de reporter son attention sur le très séduisant homme qui l’accompagnait et qui recommença à lui parler.

La très belle jeune femme à la peau nacrée lui offrit un sourire sincère en l’entendant mais déclina encore une fois sa proposition. C’était bien trop dangereux pour elle. Et elle ne le connaissait pas assez, peut être un jour. Mais certainement pas maintenant. Il fallait du temps pour que Swan accorde réellement sa confiance. Surtout après Asher ...


- Oh n’exagérons rien ce n’est pas un rêve juste une simple envie passagère qui prennent des fois les femmes. Malgré tout je vous remercie pour votre proposition Monsieur Landsong.
Vous êtes d’une grande gentillesse et surtout d’ouverture d’esprit.


Lui dit elle pour le flatter aussi un peu en s’appuyant un peu plus sur son bras en lui souriant avec reconnaissance.
Cela faisait plaisir et cela ne lui coutait pas grand chose bien au contraire. Elle appercut son propre fiacre qui était un peu plus loin, sobre mais qui était tout de même de très bonne facture.
Soudain elle fut plus que surprise par le changement d’attitude qu’il arbora. Un air plus impérieux, plus séducteur, plus puissant. Plus dangereux aussi ...
Le changement ne lui déplaisait pas forcément. Mais elle restait tout de même sur ses gardes
La belle Comtesse aux yeux vairons fut surprise par le début de sa phrase et le rapprochement soudain.
Son cœur se mit aussi à battre plus vite et un peu de rose teinta ses joues se doutant de la suite. Et étonné par la proximité dont ils faisaient preuve. Après tout ils étaient des gens vivant dans le grand monde.
En entendant sa question il y eu un instant de flottement, elle papillonna des cilles légèrement décontenancé.
Soudainement le vent se mit à souffler avec force et sa coiffure ne fut plus qu’un souvenir, la force de ce vent soudain, amplifié par l’étroitesse de la ruelle lui arracha ses épingles laissant ses cheveux de jais retomber dans son dos. Elle en fut gêné mais n’en montra rien.


- Monsieur Landsong je ne sais pas trop quoi vous dire. Nous nous connaissons à peine, mais je dois avouer qu’au premier abord vous êtes un homme très élégant et assez séduisant je dois l’avouer. Vous avez un esprit habile et je vous apprécie.

Lui dit-elle de sa voix douce tout en montrant un visage assuré mais restant tout de même prudente. Elle ne pouvait certainement pas se laisser aller à de vains espoirs. Mais si il lui posait cette question ce n’était certainement pas pour rien. Peut être lui plaisait elle vraiment ?
Ce serait un beau rêve qui pourrait se réaliser mais rien n’était moins sûr. Peut être se montrait elle naïve encore une fois d’espérer ainsi.
Pendant l’échange elle avait tressé ses cheveux sur le côté droit pour paraitre moins scandaleuse même si pour une fois ce n’était pas de sa faute. Le vent, la danse, et sa chevelure rebelle qui faisait encore des siennes.
L’aristocrate restait troublée par ses paroles et ses yeux différents détaillaient le jeune homme qui se trouvait en face d’elle.
Mais elle avait une certaine expérience avec les hommes. Il voulait qu’elle le retienne. Pourquoi ne le ferait elle pas ?


- Je ne sais que vous dire. Je suis troublée par cette déclaration. On m’en a bien rarement faite et je suis flatté d’avoir attiré votre attention de cette manière.
Monsieur peut être devrions nous apprendre à nous connaître...


Ce pendant elle restait très hésitante. Et si il était sérieux ? Mais alors elle deviendrait sa concubine. Elle était trop vieille pour qu’il l’épouse et pour avoir encore des enfants. Cela l’embêtait et elle ne savait que faire. Pourtant elle ne plia pas sous son regard, sa bouche rosé était légèrement entrouverte-
Elle attendait que l’un d’eux se décide enfin à réagir.
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Jeffrey Landsong
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MessageSujet: Re: Le chant du cygne [Swan, Jeffrey] [19/03/42] Dim 21 Déc - 22:43

Un délice et un supplice. Voilà ce qu'était Swan en cet instant pour le fier cavalier qu'était Jeffrey Landsong. La jeune femme était une friandise offerte sur un plateau d'argent dont les bords aiguisés appelaient autant à la prudence qu'à la gourmandise. Elle était magnifique, elle était noble...Comment l'obtenir sans l'alarmer ?

Ils étaient finalement sortis du Pall Mall pour continuer leur conversation badine dehors, dans la demi-obscurité, en tête à tête, bras liés pour plus de courtoisie et d'intimité. Puis, Jeffrey avait dévié leurs pensées sur leurs goûts, sans réelle subtilité, avec un enrobage que seules les convenances et la peur d'effrayer la jeune femme avaient nécessité. Il l'avait testée dans un ultime effort de société pour savoir s'il pouvait aller plus loin ou s'il devait rebrousser chemin, frustré pour un temps.
Le vent sembla accompagner sa déclaration comme pour pousser la jeune femme à croire en ce moment qu'il venait de créer de toute pièce. Charmant hasard qu'il bénirait sans doute plus tard pour son aide.
Elle doutait. C'était flagrant. Le fil tanguait sous leurs pieds. De quel côté irait-elle finalement ?Jeffrey lui sourit doucement face à ses flatteries. Doux retour des siennes...Puis il la considéra durant un long moment, observant la moindre de ses émotions, le plus petit cillement qui pourrait le renseigner sur ses sentiments. Elle doutait, oui, elle doutait, c'était le moment de faire pencher la balance !

Avec de la tendresse plein les yeux, le Cavalier leva la main, tout doucement, pour caresser le visage de la jeune comtesse. Il avait déjà oublié leur discours sur les chevaux et ses amis. Il était entièrement concentré sur cet instant qu'il souhaitait immortaliser dans l'esprit de la belle pour mieux la manipuler.
Doucement, il finit par passer ses longs doigts dans ses cheveux de jais.


- Laissez-les libres...Sans liens...Comme vous...Lui murmura-t-il dans un soupir languissant. Libérez-vous des carcans...Un cygne aussi magnifique mérite-t-il une cage, même dorée ?

Glissant une des mèches rebelles de la jeune femme derrière son oreille droite, Jeffrey se retint de l'embrasser. Pas maintenant ! C'était un coup à la faire fuir. Patience...Oui, il fallait encore être patient!

- Apprenons à nous connaître...oui...Tout ce que vous voudrez...Ajouta-t-il en lui faisant un baise-main un peu long.

Plongeant ses yeux dans les siens, il dut encore lutter contre ses instincts de prédateurs. Pas maintenant...Il devait l'emmener plus loin...Il fallait l'éloigner encore du salon et se rapprocher du fiacre. Il voulait pouvoir l'y pousser, de gré ou de force...Elle ne le regretterait pas de toutes façons, pourquoi hésiter ?


- Oseriez-vous...Commença-t-il en la prenant par la main avec un sourire volontairement maladroit. Oseriez-vous m'accompagner plus loin...?

Jeffrey serra sa main autour de celle de la jeune femme et l'emmena avec lui au bout de la ruelle sans réellement lui laisser le choix. Il ne fut pas brusque, mais il profita de cet instant de faiblesse qu'avait la jeune femme, trop « troublée » et « flattée » pour réellement refuser une pareille invitation. Comme s'il terminait une balade champêtre, le bourgeois entraîna la jeune femme auprès de lui dans un mouvement de danse avant de la saisir doucement par la taille, assez haut pour ne pas l'effrayer outre mesure.

- Que voulez-vous savoir de moi ? Demanda-t-il en lui faisant face. Je vous dirai tout. Je suis à vous. Maintenant, demain, pour une éternité si vous le décidez...Vous êtes maîtresse de mon âme, déesse de mon cœur, souveraine de mon corps...Je vous céderai tout.

Du coin de l'oeil, Jeffrey voyait son fiacre. Ils en étaient à quelques mètres seulement. Dans son esprit pervers, mille scénarios défilaient déjà avec sa nouvelle Ève comme égérie. Il voulait tout accélérer, il n'en pouvait plus d'attendre. Son ardent désir pointait déjà sa lame aguerrie sous ses vêtements brûlants. Sa patience disparaissait à mesure qu'il touchait au but.
Approchant encore de Swan, il se permit de lâcher sa main pour lui prendre la taille des deux siennes. Puis, avec une infinie lenteur, qu'il eut un mal fou à conserver, il se colla à elle et l'embrassa. Son baiser fut long, tendre, mesuré. Pour lui qui rêvait déjà de lui arracher corset et bas, ce fut une véritable épreuve. Mais il fit les choses tout en douceur, sans libérer la passion qu'il avait pour les femmes. Il devait encore attendre, voir si elle lui répondait ou si elle le repoussait définitivement.

Détachant ses lèvres humides des siennes, il la serra contre lui et lui murmura avec ardeur des mots dans l'oreille.


- Laissez-moi vous enlever...Personne ne le saura à part nous...La vie est bien trop courte pour la gâcher derrière d'affreux barreaux...

Poussant un peu en arrière la comtesse, le Cavalier finit par la mettre dos à un mur. Il l'embrassa dans le cou, avec plus de fougue, et respira son parfum comme s'il avait besoin de sentir une fragrance devenue drogue.

- Venez avec moi...Mon fiacre est tout proche...Vous êtes si belle, si douce...Laissez-moi prendre soin de vous rendre heureuse, loin de ces visages méprisants, loin de ces rues glacées...

Son souffle s'était accéléré à mesure qu'il pressait la comtesse contre le mur pour lui susurrer de le suivre jusqu'au fiacre. Ses mains descendaient sur ses hanches, sa bouche effleurait déjà ses épaules. Il avait franchit le seuil de la bienséance depuis longtemps mais cette fois-ci ses intentions ne pouvaient plus être ignorées de la jeune femme.
Déjà, il songeait aux sièges molletonnés de son véhicule, à ses carreaux embués, ses rideaux tirés pour que leur intimité soit complète. Il donnerait de l'argent à Tibère pour qu'il aille boire dans un bar en attendant, tout serait parfait pour son plaisir...
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Swan Carthew
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MessageSujet: Re: Le chant du cygne [Swan, Jeffrey] [19/03/42] Lun 22 Déc - 22:12

La nuit était si belle, c’était le réconfort de Swan. Pour elle le soleil n’était que crainte, bien sur elle ne le craignait pas vraiment, cependant elle n’aimait pas les gens qu’elle devait y côtoyer. La nuit était comme une étreinte rassurante pour elle.
C’était la possibilité d’être libre, de prendre du plaisir sans avoir besoin de faire attentions à sa réputation qu’en tant que femme et aristocrate elle devait sauvegarder.

Mais étrangement au bras de cet homme elle se sentait bien, elle l’appréciait. Il semblait sincère et avait une ouverture d’esprit qui lui plaisir. De plus elle ne pouvait pas nier qu’il avait une allure des plus séduisantes et son bras musclé ne pouvait que la conforter dans cette idée.
La très belle Comtesse s’y appuyait discrètement, profitant de se sentir un peu soutenu. La veille elle s’était tout de même fait un peu mal en courant pour suivre le rythme de Sidka et sa cheville s’était faite douloureuse le lendemain. Mais rien d’insupportable ...
Ses doigts glissèrent doucement sur la surface où sa main était posé sur le bras de l’homme à l’allure d’officier qui l’accompagnait, touchant le tissus, le geste était lent, mesuré ... peut être sensuel ... et surtout discret.
Mais elle n’était encore sûre de rien. Que voulait réellement cet homme ? Comme les autres ? Uniquement son corps ? Était elle autre chose qu’un morceau de viande à ses yeux ?
Oh comme elle aimerait pouvoir y croire, mais elle restait hésitante et craintive. Peut être devrait elle fuir, retourner dans le salon et faire comme si rien n’était sans risquer d’entacher sa réputation qu’elle avait réussi à garder sans tache. Enfin presque ...
Soudainement elle eu un sourire et pensa que Sidka lui dirait déjà d’être raisonnable et de se comporter correctement, qu’être ainsi avec un inconnu c’était dangereux etc.

Alors que la jeune femme aux yeux différents était plongé dans ses pensées le vent c’était mit à souffler avec plus de force et sa coiffure qu’elle avait pourtant mis du temps à faire. Ses longs boucles noires tombaient en cascade dans son dos et alors qu’elle était entrain de les tresser, se sentant gêné, comme le voulait l’étiquette, de dévoiler ses cheveux ainsi dans la société.
Le geste de son cavalier la surprit et elle interrompit ses gestes mesurés. Ses doigts dans ses longs cheveux de jais ... elle frémit légèrement et leva les yeux vers lui.


- Ne serait ce pas indécent de les laisser ainsi détacher ? Si l’on me voyait ? Ce n’est pas une cage, juste notre vie, notre société.

Répliqua-t-elle de sa voix douce en plongeant ses yeux dans les siens, voulant repousser une mèche sombre qui tombait devant ses yeux, mais le bel homme aux yeux mordoré le fit à sa place, la troublant un peu en apparence.
Swan eu un sourire en le sentant baiser ainsi sa main.


- Oui nous connaître ...

Murmura la très belle jeune femme en continuant de le regarder alors que ses joues devenaient rouges. Il semblait vraiment sérieux dans ses paroles, dans ses actes. Alors elle lui plaisait vraiment ? Si c’était le cas elle se sentait déjà heureuse. Peut être n’était il pas trop tard pour la vie tant rêvé ?
La jeune femme à la peau ivoire hocha la tête, oui elle osait aller plus loin avec lui et elle lui rendit même son sourire. Oui elle était troublée et elle avait envie d’aller plus loin, c’est pour cela qu’elle l’accompagna d’elle même jusqu’au bout de la ruelle où ils furent hors de vue des fenêtre du salon qui donnaient sur la rue.
Sa bouche s’entre-ouvrit lorsqu’elle le senti le bel homme la prendre par sa taille et ses mains se posèrent doucement sur son torse.
Sa question la fit sourire et elle releva une nouvelle fois la tête vers lui.

- Beaucoup de choses, bien trop pour que vous puissiez répondre à tout cette nuit. Mais commencez par me dire ce qui vous plait chez moi, car j’avoue avoir du mal à le comprendre.
Mais vous messire Landsong souhaitez vous connaître quelque chose de ma personne ?


Lui demanda-t-elle avec un sourire qui se fit charmeur et ses yeux brillaient d’une nouvelle passion qui ne demandait qu’à être assouvie.
Ses doigts serrèrent avec douceur ceux du lord qui lui faisait face, ses yeux le détaillaient avec une attention loin d’être feinte.
Le sentant s’approcher elle comprit ce qu’il désirait faire, et elle lâcha sa main, elles vinrent s’accrocher à la chemise de Jeffrey.
Elle répondit à son baiser, ses lèvres happèrent doucement celles du jeune homme, les goutant tout d’abord, elle les laissa glisser lentement, ses dents blanches mordillèrent tendrement sa lèvre inférieur. Ce n’était pas un baiser que l’on aurait pu imaginer innocent vu sa condition de célibataire, c’était un baiser de femme qui savait s’y prendre.
La jeune Comtesse du se retenir pour ne pas laisser libre court à sa fougue habituelle et elle fut presque déçu de le sentir s’éloigner. Ses lèvres rouges étaient légèrement gonflés a cause du long baiser échangé, elle reprit lentement sa respiration qui s’était faite une peu haletante.
Finalement elle se blottit contre son torse avec délice et posa sa tête sur son épaule, fermant les yeux alors qu’elle écoutait ses paroles qui résonnaient comme une douce mélodie à ses oreilles.
Un petit rire franchi ses lèvres.


- Pas tout de suite ... peut être qu’en me connaissant mieux vous finiriez par me trouver insupportable.

Lui fit-elle remarquer avec ironie alors qu’en réalité elle avait toujours souhaité qu’un homme lui dise cela un jour. N’avait-ce pas été son plus grand rêve depuis maintenant son adolescence ?
Mais elle restait tout de même raisonnable et préférait attendre de mieux le connaître.
La séduisante aristocrate se laissa aller contre le mur froid, son corset qui l’encrerait lui arracha une petite grimace qui s’effaça bien vite alors qu’il parsemait son cou de baiser.. Elle rejeta légèrement la tête en arrière pour lui laisser libre accès à sa gorge nacré, alors que sa respiration s’accélérait. Ses mains vinrent agripper le dos de sa redingote alors qu’elle soupirait d’envie.

- J’en ai tant envie ... oui allons dans votre fiacre ... allons chez moi ...

Proposa la douce Comtesse qui soupirait de désir à cet instant et sentait la chaleur habituelle qu’on pouvait avoir dans ses moments là l’envahir.
Ses mains sur ses hanches, elle avait envie de lui crier qu’elle voulait les sentir contre sa peau nue, son cœur battait soudainement plus vite.
Finalement n’y tenant plus et voyant le fiacre, elle attrapa sa main et le guida jusqu’au fiacre, s’y engouffrant sans demander d’aide et s’asseyant sur la banquette en l’invitant à devenir au dessus d’elle, sa main le tirant vers son corps qui s’offrait à lui.

- J’ai envie d’être avec vous Jeffrey.

Osa-t-elle murmurer finalement, ses yeux brillants de désirs.
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Jeffrey Landsong
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MessageSujet: Re: Le chant du cygne [Swan, Jeffrey] [19/03/42] Mer 31 Déc - 0:11

- Ce qui me plaît chez vous? Oh...Tout! Vos cheveux, laissez-les détachés, vos yeux, si particuliers, si beaux, votre voix si douce, votre peau si blanche, votre taille si fine...Vous êtes une déesse que Vénus ne peut que jalouser.

Oh oui...la flatter, encore et toujours, pour mieux l'allonger et se glisser entre ses jambes! Les femmes adorent la flatterie, même lorsqu'elles savent que ce n'est que par intérêt, pour se bien faire voir, pour attirer leur regard ou obtenir leur argent. Swan était sensiblement touchée, il l'avait déjà remarqué, autant continuer dans cette voie! Et puis, n'était-ce pas ce qu'elle cherchait? Ne lui avait-elle pas demandé ce qui lui plaisait chez elle pour recevoir de belles louages? Mais attention, Jeffrey n'était pas non plus assez idiot pour demeurer au stade physique de la jeune femme. Les donzelles de son acabit, fières et indépendantes, aimaient surtout que l'on remarque leur esprit...

- Mais ce qui m'attire le plus chez vous, madame la comtesse, c'est votre amour des chevaux, votre volonté de briser ces chaînes qui vous entravent. Vous avez de l'imagination, c'est ce qui fait peur au monde autour de vous mais c'est ce qui vous rend plus précieuse encore à mes yeux que n'importe qu'elle autre femme. Nulle ne semble avoir autant de beauté intérieure que vous. Je ne vous connais qu'à peine, je le sais bien, mais ce que vous m'avez dit m'a suffit pour savoir que je ne rencontrerai sans doute jamais une personne de votre qualité.

La belle semblait mourir d'impatience à son tour. L'éclat passionné qui passa dans ses yeux emplit Jeffrey de satisfaction. Elle était à lui, c'était gagné! Il avait déjà réussi à l'entraîner loin du salon, dans une ruelle annexe, à quelques mètres de son fiacre. Ses lèvres pulpeuses lui appartiendraient bientôt, son corps nacré pourrait être souillé à sa guise! Oh oui, il la touchait presque du bout des doigts...

Il l'embrassa alors. C'était le moment. Sa fougue ne pouvait plus attendre et il sentait le souffle de la belle répondre à ses propres envies. Il se permit de poser ses mains autour de sa taille et de parcourir son cou de baisers ardents tout en la poussant contre un mur.


- Oh oui, je vous trouve déjà insupportable...insupportablement belle...insupportablement désirable...

Swan le suivait, maintenant c'était certain. Elle se pressait elle-même contre lui et réclamait son attention la plus voluptueuse. Il lui proposa d'aller dans son fiacre. C'était la dernière étape avant l'irréparable, avant la faute ultime, le bonheur des sens...Swan n'hésita pas, elle le prit même par la main, le désirant presque plus que lui ne la désirait et ouvrit la porte du véhicule pour s'y engouffrer de son propre chef. Le Cavalier jeta un regard entendu au cocher qui n'avait pas eu le temps de descendre pour ouvrir la porte et lui indiqua la rue d'un geste de la tête. C'était sa permission tant attendue, il pouvait aller boire à la santé de son jeune maître et être assuré de recevoir un billet à son retour.

Entraîné dans le fiacre, le bourgeois oublia presque aussitôt le vieil homme et monta rapidement à la suite de la jeune femme. Swan s'était assise sur une des banquettes et le tirait déjà par-dessus elle.


- Ola...Vous êtes bien impétueuse...Souffla le jeune homme tout sourire. Attendez, je ferme cette fichue porte afin que l'on ne nous importune pas!

Sitôt dit, sitôt fait. La porte claqua sans que les chevaux ne bronchent. De toute manière, ces derniers étaient toujours attachés par le licol aux anneaux de fer d'un petit muret prévu à cet effet. Jeffrey embrassa dans la foulée la belle comtesse et se défit de son veston d'un mouvement précipité. Puis, comme si une lueur d'esprit lui avait traversé la tête, il entreprit de fermer complètement les rideaux du véhicule.

- Fermez de l'autre côté...Murmura-t-il dans un soupir.

Pendant que le rideau glissait sur ses supports, le Cavalier déboutonna son pantalon. Sa ceinture était déjà au sol. Il ne comptait pas se déshabiller complètement, ni enlever à la jeune femme sa robe à crinoline. Cela aurait été ridicule tant il leur aurait fallu une éternité pour tout ôter et tout remettre par la suite. Ils ne pouvaient se permettre une telle chose, c'était de l'immédiateté qu'ils pouvaient prendre, pas une nuit entière dans un bon lit. Pourtant, Swan venait de lui proposer d'aller chez elle. C'était tentant. Mais avait-elle donc conscience de la situation? Si elle ne rentrait pas pour rejoindre ses amis alors qu'ils l'avaient tous vue sortir en sa compagnie, que se passerait-il? Jeffrey était capable d'enfreindre les lois et même de tuer des hommes mais il n'était pas assez fou pour se compromettre en public. Non. Elle l'aurait, une heure, peut être deux, mais pas plus. Ils devraient se revoir, si elle le contentait assez ce soir, mais de façon plus subtile encore, en secret, comme tout amant de leur classe qui avait assez de raison. Elle était aristocrate en plus, ce n'était pas comme s'il prenait du bon temps avec une prostituée...Quoique, pour lui, la seule différence, et ce n'était pas la moins intéressante, c'était que c'était sans doute elle qui lui donnerait de l'argent.


- Oh Swan, vous êtes si douce...Fit-il en passant véritablement par-dessus la belle en soulevant sa crinoline pour lui caresser les cuisses. Laissez-moi vous aider...Nous ne pourrons pas tout enlever. Faites-moi confiance.

Glissant sa tête sous ses jupons, il l'embrassa une fois, deux fois, dix fois, avant de lécher sa peau près de son entre-jambe encore condamné par ses dessous. Ce serait difficile à enlever, peut-être devrait-il même simplement les décaler pour accéder au coeur de son plaisir.
Peu à peu, dans une danse folle, il entraîna la comtesse, agrippant ses seins, ses jambes, sa taille avec de plus en plus d'ardeur. Le corset le gêna, il tenta de le délier à plusieurs reprises pour libérer sa poitrine et passer ses mains sur son ventre et ses hanches.
Jeffrey ne fut pas violent mais Swan put sans aucun doute sentir qu'il pouvait le devenir facilement. Il était fougueux, presque hargneux dans ses gestes. Il mordillait, crispait ses mains autour des bras de sa partenaire sans réellement faire attention aux bleus qu'il pouvait lui faire et malmenait la banquette sans se préoccuper des angles incertains que prenaient leurs corps. Tout semblait dirigé pour qu'ils obtiennent un maximum de plaisir en un temps calculé. Le jeune bourgeois prit soin de l'aristocrate afin qu'elle ne soit pas déçue du voyage et qu'elle ait envie d'y revenir. Son but était de l'ajouter à son tableau de chasse mais aussi d'en faire une ressource de plaisir et...d'argent. C'était l'occasion idéale...


[...]

Essoufflé après une heure de fête, Jeffrey se tenait sur la banquette en face de Swan. Il venait de remettre son veston et de fermer son pantalon. Sans pour autant ouvrir les rideaux, il ouvrit une fenêtre afin de laisser l'air glacial de l'extérieur rafraîchir leurs corps encore brûlants de leur ébat. Au bout d'un moment, il soupira en regardant la belle dont le corset était encore tout défait.

- Vos amis vont réellement s'inquiéter si nous ne nous séparons pas maintenant...

Pour ne pas paraître trop expéditif et espérer obtenir toujours plus de la belle comtesse, le Cavalier pris une mine des plus attristées et lui saisit les mains.

- J'espère vous revoir, madame. Dites-moi que vous le désirez aussi!

Il espérait bien que la jeune femme ne se refuse pas à lui à l'avenir. Avec ce qu'il venait de lui faire vivre, même s'il admettait volontiers qu'il avait été un soupçon trop vif avec elle, il aurait eu du mal à comprendre qu'elle ne veuille pas renouveler l'expérience. Après tout, ne l'avait-il pas patiemment entretenue avant cela? N'avait-il pas également joué avec ses mamelons pour mieux la faire gémir alors que pour lui c'était d'un ennui terrible? Il avait fait des efforts, du moins de son point de vue, assez pour mériter que la belle lui revienne par la suite en le suppliant de recommencer leur folle danse.

- Swan, ajouta-t-il en la fixant dans les yeux d'un air sentimental, il faut nous séparer mais dites-moi que je vais vous revoir bientôt...Demain...Après-demain...Que diriez-vous de ce jeudi? Mon père ne sera pas là, il sera aux courses avec des amis. Tibère sera dans le jardin...Nous aurons la grange à nous tout seuls...Oh dites oui! Je vous en prie. Nous serons comme deux amants de ces pastorales qui rassemblent berger et princesse dans les prairies et la paille, loin du monde, loin des cancans, gonflés de liberté au sein d'un paysage champêtre!

Lui vendre du rêve, la pousser par la poésie et les références culturelles à revenir goûter au péché le plus doux qu'il soit sur cette Terre: telle était le but de cette tirade improvisée dont les méandres ne tendait qu'à mieux la piéger.
Se rapprochant encore, Jeffrey embrassa Swan avec une tendresse feinte pour mieux lui faire croire qu'il éprouvait quelques sentiments divins que partagent généralement deux amants.


- Il faut nous remettre...Il faut nous séparer ou nous risquerions de subir les foudres, vous de vos amis, moi de mon père. Songeons à notre réputation, my lady, et quittons-nous pour mieux nous revoir. Laissez-moi vous aider.

Aidant la belle à se rhabiller tout à fait, Jeffrey jeta un coup d'oeil à sa montre à gousset. Cela faisait presque un heure et demi qu'ils étaient sortis ensemble dans la rue. C'était bien trop long, ils avaient trop palabré à son goût, cela serait trop voyant s'ils revenaient ensemble au salon. Il leur fallait un alibi qui tienne la route...
C'est alors que le Cavalier songea à son domestique. Le vieux Tibère ferait ce qu'il lui demanderait sans discuter, c'était la politique de la maison: s'il voulait éviter les coups, il devait obéir au doigt et à l'oeil.
Sortant du fiacre avec précaution, le jeune bourgeois demanda à Swan de terminer de s'habiller seule afin d'aller chercher son cocher. Ce dernier ne fut pas long à retrouver puisqu'il était, comme à son habitude, dans un bar non loin du Pall Mall en train de commencer sa troisième choppe de bière. D'un oeil torve, il regarda son maître l'attraper par l'épaule et le laissa le sortir de l'établissement sous le tintement des pièces que ce dernier jeta nonchalamment sur le comptoir en guise de paiement.


- Ecoute-moi bien, Tibère, si tu veux que je te file quelques penny pour humecter ta vieille gorge flétrie, voilà ce que tu vas faire...

Jeffrey revint une bouteille de vin à la main. Il fit un grand sourire à Swan et lui versa un peu d'alcool coloré sur le bas de sa robe. Avant même que la belle ne réagisse, il mit son doigt sur ses lèvres pour lui indiquer de se taire et pris un air mystérieux.

- Vous allez retourner au salon et dire que, tandis que nous nous promenions non loin du salon, un ivrogne vous a attaquée. Mon domestique va appuyer cette version des faits et ajouter que je vous ai défendue avec courage. Vous voyez l'idée? Entrez dans mon jeu, il faut que l'on justifie tout le temps que nous avons passé dehors...

Ce disant, il passa une main dans les cheveux de la jeune femme et s'attarda sur ses joues d'un air tendre.

- Vous feriez mieux de les rattacher...

[...]

Lorsque Jeffrey revint au salon, ce ne fut que pour attraper son domestique par une oreille, prétextant devant témoins que "ce bougre d'idiot n'avait pas à raconter à tout le monde cette stupide attaque d'ivrogne" et que "Miss Carthew avait déjà bien assez souffert de voir sa robe souillée par ce malpropre sans qu'elle n'ait en plus à souffrir qu'un imbécile de sa condition ne vienne raconter l'affaire devant le Pall Mall".
Tous y crurent. Swan avait bien une tache sur sa robe et Jeffrey s'était déjà fait une réputation de gentleman défenseur des femmes avec l'affaire de la jeune miss Bradford qu'il avait "sauvée d'une fusillade". C'était facile pour lui de faire croire à ce genre de chose, surtout si Tibère jouait le rôle de commère devant le salon avant son arrivée.
Après un bref coup d'oeil à la jeune femme à travers la porte ouverte du salon, il s'en fut reprendre le chemin de son fiacre. Tibère resta sur ses talons.


- C'est bon, maître? Je peux avoir mon argent? Demanda le cocher en trottant derrière le bourgeois.

- Plus tard, bougre d'idiot! Ferme-la. Siffla ce dernier en serrant les dents.

Une fois dans le véhicule, le tremblement des roues sur les pavés finirent par faire somnoler Jeffrey qui s'enivrait de l'odeur de Swan, de son parfum, de ses vêtements, de sa peau, qui restait sur les sièges de velours. Cette soirée était mémorable! Assez pour qu'il allume un cigare et se mette à fumer à moitié allongé sur la banquette comme un homme abandonné à la contemplation de son soulagement le plus abjecte qu'il soit...Son sourire de satisfaction ne le quittait plus.


[HRP/Fin du rp au Pall Mall. Suite chez les Landson dans le post "Trésor de souffrance"./HRP]


Dernière édition par Jeffrey Landsong le Dim 8 Fév - 17:51, édité 1 fois
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Swan Carthew
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MessageSujet: Re: Le chant du cygne [Swan, Jeffrey] [19/03/42] Mer 21 Jan - 19:37

La jeune femme le regarda de ses grands yeux si différents de ceux des gens habituellement, elle passa distraitement une main dans sa longue masse sombre qui lui servait de chevelure et qui voletait déjà au gré du vent qui soufflait dans la ruelle sombre.

Elle était touché si c’était sincère, mais bien sur elle continuait d’en douter, après tout c’était trop. Beaucoup trop, trop beau ... Mais elle avait envie de croire à ses belles paroles, même si le fait que cela soit axé principalement sur son physique la dérange au fond d’elle, la jeune Comtesse n’était pas l’une de ces poupées de porcelaines précieuses qui se brisaient au moindre souffle de vent.
Mais non elle n’avait pas rechercher de louanges au départ en lui posant la fameuse question, elle avait juste désiré comprendre ce qui se passait. Pourquoi cet homme disait l’aimer et la trouvait si merveilleuse alors qu’en dix ans personne ne s’était autant intéressé à elle, ou alors elle ne s’en était pas rendue compte.

Cela la surprenait tant et lui procurait un assemblage de sentiments plus différents les uns des autres. Elle ressentait à la fois une joie intense qui s’emparait d’elle, de la crainte de se tromper, de l’incertitude mais également une excitation nouvelle à l’idée d’être aimé réellement et de redécouvrir ce sentiment si beau et si fort qui lui manquait tellement.


- Ne dîtes pas tout cela ... c’est bien trop flatteur ...

Protesta la belle finalement avant d’écouter la suite, ses joues rosirent légèrement à l’entente de ses paroles. Oui elle appréciait la liberté et le contacte avec l’animal, mais ce n’était pas non plus une telle passion, mais elle n’eut pas envie de démentir à cet instant ne voulant pas briser la beauté de cet instant, elle buvait ses paroles et alors qu’il finissait sa phrase elle sentit une larme rouler sur sa joue rougit par la gêne et le froid. C’était une larme de joie. On ne lui avait jamais dit de telles choses et elle en avait si longtemps rêvé.
Doucement elle alla se blottir dans les bras du cavalier et se mit à pleurer de joie avant de le regarder avec passion.


- Vos paroles me touchent et elles ont sue toucher mon cœur monsieur. Je ne sais quoi vous dire en retour, n’ayant pas votre clairvoyance mais je vous remercie pour tout cela et je dois avouer que vous me séduisez plus que quiconque dans ce lieu.
Je ne veux pas que ce moment avec vous soit éphémère.


Lui déclara-t-elle avec fougue en posant sa main doucement sur son torse et qu’elle plongeait son regard dans le sien, il luisait d’impatience. Son regard descendit sur ses lèvres, elle voulait les sentir sur les siennes, sur sa peau si nacré, dans les recoins les plus intimes de sa personne. Ses doigts vinrent s'agripper au tissus de ses vêtements alors qu’elle comprenait enfin que son désir était partagé.

Leurs lèvres se rencontrèrent et ils commencèrent à s’embrasser, il se fit d’abord tendres, léger puis ils y mirent plus de fougues même si la belle aristocrate tentait de se retenir pour ne pas faire totalement tomber le masque.

Le baiser sembla durer une éternité et en même temps une fois que le jeune homme aux yeux mordorés se fut éloigné d’elle, Swan en fut attristé et frustré, mais elle reprit sa respiration lentement alors qu’elle se blottissait à nouveau contre son torse sans aucune honte avant de se laisser aller contre la pierre froide.

Un sourire flotta sur ses lèvres charnues alors qu’il parlait et une de ses mains vint se glisser dans sa chevelure sombre en le regardant avec désire alors qu’elle sentait ses lèvres picorer son cou.
Swan avait accepté de le suivre dans son fiacre, elle l’y avait même guidé et s’y était engouffré la première sans jeter un seul regard au cocher.
La très séduisante Comtesse retomba sur la banquette en lançant un regard étincelant à l’homme qui lui faisait face lui offrant une petite moue aguicheuse qu’elle prit s’en y prendre garde et le tirait doucement au dessus d’elle son désire se faisant plus présent.
En entendant sa remarque elle eut un petit gloussement amusé.


- Oui  pardonnez moi, mais comprenez mon envie d’être avec vous. Mais je me montre capricieuse ... rassurez vous ceci est rare.

La belle hocha la tête et se redressa pour fermer les rideau et vérifier que la porte était bien close avant de retourner s’asseoir sur la banquette, se tenir debout étant toujours un peu complexe dans ce genre de lieu plutôt étroit.
Elle retira elle même ses lourdes parures pour être plus à l’aise et tenta d’étirer un peu son corset, se contorsionnant pour tenter de le délaissé mais elle abandonna finalement et le regarda avec désire alors que son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine.
Elle aurait désiré plus que ce lieu, un grand lit où ils auraient passé la nuit à s’enlacer jusqu’à ne plus pouvoir bouger.

Bien sûre cette proposition pleine de fougue était ridicule, mais elle aurait voulu que cela n’est pas d’importance. Qu’ils puissent faire cela sans en être inquiété de quelques manières, sans que leur réputation en souffre. Elle voulait qu’ils aient le temps pour la douceur et les tendres baiser échanger avec langueur.

La jeune femme aux yeux vairons ne savait que faire alors qu’elle regardait le beau bourgeois retirer ses vêtements, elle admira son torse, ses muscles finement dessinés sur lesquels elle passa doucement le bout de son indexe alors que ses yeux ne quittaient plus les siens.
Sa respiration se fit plus haletante l’excitation et le besoin de le sentir contre elle se faisant encore plus fort alors qu’une drôle d’atmosphère se répandait dans la cabine mobile.
Sa main où brillait toujours la bague enchâsse de la perle de nacre se posa dans son dos alors qu’il se mettait au dessus d’elle et qu’elle se laissait choir contre le dossier, son autre main caressait doucement son torse et elle cherchait ses lèvres avec désire.

Quand elle l’entendit un sourire fleurit sur son visage de poupée et sa main vint câliner la joue du jeune homme aux yeux mordorés.
Elle frémit et poussa un long soupire lorsque la main du cavalier se posa sur sa cuisse encore couverte de ses hauts bas de dentelles noires. La belle était déçue bien sûre de devoir tout garder et ne savait pas comment ils allaient faire. Heureusement elle avait un certain sens pratique et ses atours étaient faciles à écarter et défaire.Il atteindrait sans mal ce qu’il désirait, contrairement à ce qu’il devait croire. Elle faisait faire ses vêtements pour que tout soit plus facile et moins douloureux. Ainsi son corset plutôt souple ne lui fit pas mal alors qu’elle était courbé pour épouser la  forme du siège et du dossier.


- Oh Jeffrey ... j’ai toute confiance en vous ...

Murmura-t-elle finalement avant qu’il ne glisse entre ses cuisses qu’elle écarta légèrement pour lui laisser libre accès. Elle ramena ses lourdes jupes de son mieux pour pouvoir apercevoir au moins un petit peu le délicieux homme qui allait devenir son amant dans l’instant. Swan poussa un autre soupire de plaisir et de désire alors qu’il commençait à lécher la peau de ses cuisses.
Elle se laissa donc entrainer dans la danse folle que lui proposa Jeffrey, ne se retenant pas de montrer le vif plaisir qu’elle ressentit par des cris aigus, des gémissements qu’elle tenta d’étouffer en mordillant légèrement son cou. Oh elle faisait tout pour l’aider également et y mettait du sien, ses mains courraient sur le corps de Jeffrey et elle ne rechigna pour rien, même si elle ne prenait pas les devants pour ne pas paraître trop expérimente.

D’une certaine manière elle fut peiné car bien que non violent il ne  fut pas tendre avec elle et plutôt brusque, empressé, impérieux, mais elle se soumettait tout de même à son étreinte, aux moments où il se fit trop vif elle enfonça ses ongles dans son dos y laissant quelques longues estafilades tandis que lui couvrait son corps de bleus qui s’effaceraient tout de même bien vite.
Oh non elle ne regretta pas de faire tout cela pendant l’action et se plia de bonne grâce aux acrobaties aux quelles ils durent se livrer pour ressentir un plaisir encore plus transcendent.

L’heure passa bien trop vite au gout de la belle, mais elle était tout de même comblée et reposait sur la banquette essoufflé et totalement dépenaillé, ses cheveux en batailles, son premier jupon s’était déchiré sur l’un des côtés et son corset avait lâché et était lui aussi déchiré au niveau de la poitrine à cause de leur étreinte trop brusque.
La jeune femme était allongé et tentait de se remettre alors qu’elle regardait Jeffrey déjà entrain de se rhabiller. Au  fond d’elle, Swan ressentit un petit pincement au cœur. Elle aurait aimé qu’il la sert doucement dans ses bras et lui offre ce qu’elle préférait ... l’après. Le moment où il n’y avait que le silence et où des bras rassurants l’entouraient mais cela ne semblait pas être dans ses plans.
Finalement elle se redressa sur ses coudes et le regarda alors qu’il ouvrait la fenêtre, elle détourna le regard tristement.


- Oui vous avez hélas raison ...

Murmura-t-elle en se redressant et en constatant l’état dans lequel elle se trouvait. Elle attrapa un mouchoir immaculé qui était dans sa petite bourse et s’essuya les cuisses en rougissant avant de tenter de resserrer son corset avec difficulté, tentant de cacher sa poitrine qui avait été malmené par le bel homme qui se trouvait à ses côtés.
Lorsqu’il saisit ses mains elle fit de même et les caressa doucement avant de les embrasser.


- Oui je désire aussi vous revoir. Quand cela serait-il possible ? Vous me manquerez dès que nous aurons franchis cette porte.

Lui avoua-t-elle avec une sincérité désarmante, contrairement aux réelles pensées du cavalier. Oh comme elle aurait souffert si elle avait compris la vérité et qu’il se jouait d’elle
Swan se laissa faire et l’écouta avec attention en souriant tendrement à son bel amant. Elle se pencha vers lui et l’embrassa avec douceur avant de s’éloigner un peu de lui.


- Cela serait avec joie, je viendrais donc jeudi chez vous. Je suis impatiente d’y être Jeffrey et de pouvoir vous revoir dans cette grange ou ailleurs du moment que c’est avec vous.
Nous ferons tout ce que vous désirez.

Lui promit-elle en retour en le regardant tendrement avant de détourner les yeux, il lui vendait en effet beaucoup de rêve actuellement et elle sourit quand il l’embrassa une nouvelle fois à son tour avant tant de tendresse.
Elle hocha la tête et lui répondit qu’il avait hélas raison et de tenter de se rhabiller correctement, elle retroussa un peu sa robe dévoilant ses jambes pour remettre ses bas et les rattacher à ses jarretelles dévoilant le couteau qu’elle dissimulait à cet endroit en cas d’agression.

Elle se laissa aider mais ce ne fut pas facile, elle remit également ses bijoux et le regarda sortir sans comprendre alors qu’elle continuait de s’habiller et de tenter de rassembler les morceaux de tissus déchirés dans l’action.

La belle ne pensait pas aux problèmes qu’ils pourraient avoir, elle était sur un petit nuage alors qu’Elle attendait sagement le bourgeois pour qu’il la raccompagne dans le salon. Par contre n’ayant pas de miroir elle ne pouvait qu’imagine l’état de ses lèvres gonflés, le khôl ayant du couler et lui  faire des yeux étranges, enfin encore plus qu’a l’habitude.
Swan sursauta en voyant l’homme lui faire face et eut un air indigné en sentant le liquide avant de se taire docilement et d’écouter.

Elle arqua les sourcils et le regarda avec moquerie, cela se voyait qu’il cherchait à se mettre en avant, mais elle dirait ce qu’il lui avait demander. Elle se refit un simple chignon avec difficulté et le suivit à l’intérieure du salon à regret.
On lui demanda plusieurs fois de raconter ce qu’il s’était passé ce qu’elle fit de bonne grâce avant de se faire reconduire chez elle.
Dans le carrosse qui la menait à son manoir elle était rêveuse et un sourire ornait ses lèvres.
Le cygne venait d’entamer son chant.


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Le chant du cygne [Swan, Jeffrey] [19/03/42]

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