L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


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Théâtre obscur [Amaryllis, Comte] [20/04/42]

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Amaryllis Runaway
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MessageSujet: Théâtre obscur [Amaryllis, Comte] [20/04/42] Mer 26 Nov - 15:06

[HRP/ Après "Manque, mélancolie sont communes à toutes" /HRP]

La nuit était enfin tombée sur la ville, qui ne semblait pas être sur le point de s’endormir bien au contraire. Des gens sortaient, en plus la nuit était belle. On pouvait même admirer les étoiles et la lune qui était pleine ce soir là.
Amaryllis hésita un long moment en restant accoudée à sa fenêtre et regardant les gens qui passaient dans la rue. La marquise restait enfermée pour éviter de perdre le contrôle et de se jeter sur des pauvres innocents comme elle l’avait fait quelques jours plus tôt avec la pauvre jeune fille dans le parc qui, par sa faute, n’avait jamais pu vivre.
Cela faisait maintenant plusieurs jours qu’elle était enfermée dans sa maison. Elle n’osait sortir depuis sa rencontre avec la chef du protectorat. Et si elle la traquait, si en réalité elle n’était pas une alliée du Comte mais de son ennemi ?
La jeune femme poussa un soupir et finit par avoir un sourire. Elle devait prendre l’air...Elle devait être forte, tenter de vivre pour lui, mais continuerait-elle sa vengeance une fois accomplie ?
Lentement elle s’assit à sa coiffeuse et commença à se coiffer avec soin, tressant ses cheveux en deux longues nattes puis les ramena derrière sa tête en faisant un chignon complexe, laissant dépasser quelques mèches rebelles.
Elle se maquilla également, cependant cela restait discret elle n’était pas du genre à abuser de ce genre de chose. Amaryllis passa également une longue robe qui restait assez simple et que portait plutôt les bourgeoises que les aristocrates. La robe était comme souvent d’un beau gris soutenu et rebrodé de dentelles noires au niveau de son décolleté qui dévoilait la naissance de sa poitrine nacrée. Elle passa également un pendentif qui renfermait un portrait d’elle et de son époux qui, quand elle l’ouvrait, jouait une petite mélodie. La jeune femme aux doux yeux d’un bleu très clair l’avait fait fabriquer quelques semaines plus tôt en arrivant à Londres. On venait de le lui livrer.
La belle se redressa finalement et passa son long manteau après avoir dissimulé sa chevelure claire sous un chapeau noir très élégant, à bords assez larges pour pouvoir masquer son visage en cas de besoin, si on la reconnaissait.
Elle sortit donc de sa demeure et attendit sur le perron qu’un fiacre veuille bien passer pour pouvoir l’arrêter afin qu’il l’emmène au salon le plus proche, où elle pourrait se détendre et peut être s’instruire un peu. Qui sait? On pouvait trouver de drôles de personnes dans des salons...
Au bout d’un long moment un fiacre noir vint enfin s’arrêter devant elle. Le véhicule n’était tiré que par deux chevaux, l’un avait une belle robe d’un brun foncé tandis que l’autre était plus petit et gris. Leurs crins étaient nattés pour qu’ils ne soient pas gênés mais leurs sabots étaient crottés à cause des rues boueuses où ils avaient dû passer. Le cocher, cacher sous un chapeau haut de forme lui dit de monter, ce qu’elle finit par faire. L’intérieur sentait le cuir, la ville. Elle s’assit donc et indiqua sa destination au cocher.
Le trajet fut rapide. Une fois arrivée, elle descendit après que le cocher lui ait ouvert la portière et ait déplié le marche pied. La très belle marquise en sortit donc avec ses lourdes jupes et entra dans le salon. C’était le Spirit. Elle en avait entendu parlé: c’était un lieu de rencontres pour les acteurs comme elle ou les gens travaillant dans la branche artistique en générale.
Son entrée ne fut pas remarquée, elle déposa dans un coin son long manteau noir ainsi que son chapeau et s’assit près d’un couple qui présentait une petite farce de leur composition. La jeune femme aux longs cheveux blonds vénitiens écoutait et applaudissait avec les autres spectateurs, riant même à certains moments tant des tournures de phrases et les imitations étaient bien faîtes,
D’autres acteurs se succédèrent et la jeune femme les regardait avec toujours autant d’attention. Elle adorait le théâtre, cet art était vraiment devenu une passion pour elle. Des acteurs proposèrent alors de faire de l’improvisation. Quand on demanda des volontaires elle se leva pour pouvoir participer. On l’intégra dans une équipe et l’improvisation commença enfin.
Ils jouèrent un moment avant de faire une pause où ils purent en profiter pour se désaltérer.  Un jeune homme aux cheveux bruns et légèrement désordonnés s’approcha d’elle. Il se présenta en tant que metteur en scène et lui proposa d’intégrer sa troupe de théâtre. Il l’avait vue jouer et la trouvait excellente. Le metteur en scène expliqua que sa troupe était une troupe ambulante qui jouait dans les petits théâtres pour deux shillings.
La séduisante femme eu un sourire ennuyé et lui expliqua que, pour le moment, elle devait rester à Londres et était donc dans l’obligation de refuser sa proposition. Il la salua et la laissa pour tenter de trouver d’autres acteurs.
Amaryllis se rassied dans une confortable causeuse un peu éloignée du reste des gens et regarda les différentes petites représentations. Elle entendit quelques petits passages dans les conversations.
Un nom revenait souvent, celui du Comte Kei qui avait été attaqué avant la représentation de l’une de ses pièces. La jeune femme écoutait mais finit par se lasser et reporta son attention sur une petite tragédie.


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Comte Keï
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MessageSujet: Re: Théâtre obscur [Amaryllis, Comte] [20/04/42] Lun 8 Déc - 19:39

[HRP/En venant du post "Renaissance Tuméfiée"/HRP]

Devant le Spirit, un grand fiacre noir s'arrêta. Le cocher laissa les rênes se détendre entre ses mains mais n'esquissa aucun mouvement pour descendre ouvrir la portière. Au contraire, il resta droit, le regard fixé devant lui comme un automate. Il avait eu l'ordre d'attendre le bon vouloir de son maître une fois qu'il l'aurait conduit à destination et ne comptait pas manquer à son devoir de serviteur.
L'ombre d'une main gantée écarta les rideaux de velours pourpre qui voilaient les fenêtres du véhicule et un oeil sévère jeta un regard vers l'entrée du salon avant de disparaître.
 

- Cela vous fera du bien, maître...

Le Comte poussa un soupir en baissant la tête avant de croiser jambes et bras d'un air parfaitement contrarié.

- Je déteste me mêler au peuple!

La belle rouquine qui lui faisait face sur la banquette de cuir noir sourit et jeta à son tour un coup d'oeil dehors. La nuit était claire, il ne pleuvait pas. C'était déjà ça. La lumière orangée qui filtrait à travers les carreaux maladifs du Spirit ne donnait cependant guère envie d'y entrer. Pourtant, elle savait que l'intérieur était chaleureux et agréable. C'était le salon des artistes, celui des esprits à la verve agitée. C'était là que la plupart des acteurs, chanteurs, danseurs et musiciens se donnaient rendez-vous, se trouvaient, partageaient leurs idées et se recrutaient les uns les autres. A Londres, c'était une place renommée, pleine de beau monde et de merveilles cachées. Souvent, les metteurs en scènes y écrivaient les scénarios qui seraient joués sur les planches les plus réputées. C'était comme un écrin à la forme imparfaite et douteuse qui renfermerait les bijoux les plus improbables. Une vraie boite à musique, un coffret de pierreries dans lequel on ne mettait que rarement la main sans but précis.

- Nous pouvons aller flâner dans un parc si vous préférez...

Le Comte ferma les yeux et soupira. Depuis l'attentat du théâtre, la mort de Salluste et son "accident", il avait repris bien des forces et il avait senti que s'était pour lui le moment de revenir sur la scène publique montrer qu'il était non seulement toujours vivant mais en plus prêt à monter une nouvelle pièce. Il était là pour briser les derniers commérages, affronter les petits pamphlétaires pitoyables, recruter quelques comédiens afin de donner de lui-même une image positive dans l'opinion publique...De l'officiel...d'un ennui mortel...

Décroisant les bras, le Vampire grogna et se redressa d'un coup. Il s'étira lentement et chercha son haut de forme de la main. Ambre le lui tendit avec un sourire et lui rappela d'un regard qu'il ne devait pas non plus oublier sa canne-épée qui reposait contre la portière opposée.


- Bon...Allons-y...

A l'aide du pommeau en fer blanc de sa canne-épée, Jirômaru donna trois coups brefs contre le plafond du véhicule. Le cocher sentit sous lui l'appel et descendit promptement pour ouvrir la portière et déplier le marche-pied. Le Comte referma son manteau qu'il avait déboutonné, se leva et sortit. Sa haute stature l'obligea à se plier en deux pour quitter le fiacre. Posant son haut de forme sur sa tête, il rabattit sa cape sur le côté afin de ne rien raccrocher au passage. Enfin, il posa pied à terre et se retourna pour aider Ambre à descendre. La jeune femme s'appuya sur la main que son maître lui tendait avec galanterie. Son contact la fit frissonner.
Ces gants blancs, ces longs cheveux d'argent, cet air imposant, ces yeux de brume...Même si elle les connaissait depuis longtemps, ces détails la touchaient toujours. Ce soir, le Comte était particulièrement élégant. Il portait un pantalon noir ainsi qu'une chemise blanche à jabots, ce qui était habituel chez lui, mais il portait un veston aux reflets orangés, plus joyeux que ce qu'il portait en temps normal et ses longs cheveux étaient attachés en catogan par un ruban de cette même couleur moirée. Il avait l'air plus jeune et plus accessible. Un air quelque peu dandy remplaçait celui que son statut de lord lui fixait généralement sur le visage. Il semblait moins sérieux et pourtant toujours aussi respectable.
La jeune comédienne lui sourit et posa à son tour ses souliers sur le sol. Elle-même portait une robe à crinoline plus vive que les autres, dans les tons vermeils et blancs. Son corsage soulignait ses douces formes encore juvéniles et ses rubans donnaient aux reliefs du tissu une touche de coquetterie fortement appréciée par les temps qui courraient. Ses cheveux frisés, d'un roux fortement prononcé, étaient relevés sur sa magnifique nuque en un chignon compliqué duquel sortaient trois broches ornées de perles marbrées. Le Comte ne pouvait s'empêcher de la trouver à son goût. Pourtant, étrangement, il ne l'avait jamais touchée...

Lui tendant son bras, Jirômaru l'invita à le suivre dans le salon tandis que le cocher refermait la portière derrière eux. Ambre accepta humblement son offre et bientôt ils arrivèrent sur le seuil du Spirit. Un commis leur ouvrit et, lorsqu'ils furent dans ce qui servait de hall, ils laissèrent leurs manteaux respectifs aux membres du personnel. Le Comte abandonna également son haut de forme et sa canne-épée qui auraient risqué de le gêner.

Leur entrée dans le salon fit grande impression. Tous les clients qui se tenaient dans la première salle finirent par se tourner vers eux et les conversations cessèrent. Le Comte fit mine de n'avoir rien remarqué et se dirigea avec Ambre vers la petite scène qui présentait un spectacle de mime. S'installant dans un sofa après avoir aidé Ambre à s'asseoir dans un fauteuil de velours, Jirômaru demanda au serveur qui attendait leur commande deux verres de vin italien.
Le cristal dans la main, le Comte sourit à sa disciple qui observait d'un oeil critique les performances relativement médiocres des artistes sur scène. Il sentait autour d'eux une lourde agitation. Les murmures étaient devenus vibrants. Des auras se croisaient, certaines quittaient les lieux, sans doute incommodées par sa présence. Combien y avait-il de Vampires dans ce salon? Trois? Quatre? Il pouvait les sentir tendre le dos et hésiter. Cette appréhension palpable lui plaisait.
Il n'eut qu'une paire de minutes tranquilles avec Ambre avant que les premiers audacieux ne viennent lui donner leurs hommages. Un lord qu'il fréquentait dans la Chambre, des gentlemen, des dames, des vieilles connaissances, des récentes...Tous lui demandaient des nouvelles avec mille politesses, s'intéressant à son ressenti par rapport aux attentats, aux journaux, à la fuite de Von Ravellow, à son absence prolongée de près de trois semaines...Avait-il été blessé plus que ne l'avaient révélé les journaux? Avait-il été malade? Tous "s'inquiétaient" de sa santé.

Le Comte répondait aimablement. Principe. Façade. Il esquivait les questions relatives à son absence en expliquant rapidement qu'il avait effectivement été "malade" et riait volontiers des exploits de Von Ravellow en rassurant ses pairs quant à sa propre confiance. Il disait que le jeune homme devait maintenant être loin et qu'il finirait par se faire arrêter par le Yard. Par contre, ceux qui touchaient du doigt le pamphlet qui tentait de le discréditer l'énervaient grandement. Il leur répondait que ce "scribouillard" n'était qu'un jaloux, un rival sans envergure, un petit histrion qui cherchait à se faire mousser.

Au bout d'un moment, le Comte se leva, laissant Ambre en compagnie du baron de Mesnil, afin d'accompagner le peintre Edmond Astrid vers le buffet. Il avait à moitié bu son verre de vin, pour passer inaperçu, et cela lui remuait l'estomac. Voir la nourriture des humains acheva de le mettre mal à l'aise. Aussi ne resta-t-il pas longtemps en sa compagnie, prétextant qu'il devait s'assurer que son amie se portait bien afin de retourner à sa place.
Mais lorsqu'il revint là où il avait laissé sa charmante disciple, celle-ci avait disparu. Intrigué, il se mit à la chercher, s'arrêtant avec une pointe de mépris pour chaque importun qui désirait lui parler.
Enfin, il la retrouva isolée dans une causeuse. Perturbé par la foule qu'il venait de quitter, il s'assied à ses côtés et soupira:


- Bon sang, je suis un morceau de viande que l'on a offert en pâture aux hyènes...C'est insupportable! Partons.

Abandonnant son verre sur la table basse devant eux, il jeta un regard à Ambre pour lui intimer de se lever. Son expression se changea alors en une crispation de surprise. La jeune femme qu'il avait à ses côtés n'était pas Ambre, mais une autre Vampire aux cheveux flamboyants...Comment avait-il pu se tromper? Leurs auras étaient si proches!

- Mille excuses, my lady...Je vous ai prise pour une autre...Fit-il en partie confus tout en lui prenant la main pour lui faire un baise-main.


> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
Spoiler:
 

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Amaryllis Runaway
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MessageSujet: Re: Théâtre obscur [Amaryllis, Comte] [20/04/42] Mer 17 Déc - 22:41


La jeune femme à la longue chevelure d’un blond tirant largement vers le roux, écoutait tout ce que les gens disaient. Les longues déclames des comédiens. Les metteurs en scènes cherchant de nouveaux artistes.

On voyait des étoffes colorés s’agiter dans tous les sens. C’était magnifique ... et cela la changeait des vieux murs qu’elle fixait toute la journée et toutes les nuits depuis maintenant plusieurs mois. Elle pensait franchement à déménager si le Comte acceptait sa présence et acceptait de la protéger.
Un beau manoir, avec un joli parc où elle pourrait faire pousser des fleurs.
Ethan aimait les fleurs ... et il adorait donc son prénom.  

Son visage flottait devant elle quand elle fermait les yeux. Soixante-huit ans ... cela pouvait paraitre long, mais lorsqu’on s’aimait ce n’était pas assez.  Elle aurait tant aimé avoir l’éternité pour qu’ils puissent s’aimer.
Combien de temps son cœur resterait il en deuil de cet amour ?  Combien de temps ressentirait-elle encore son absence  de manière douloureuse ? Pourrait-elle l’oublier un jour ? Pourrait-elle aimer à nouveau ?
Mais en avait-elle seulement envie ? Elle qui avait toujours aimé les histoires d’amour tragiques, elle aurait préféré à cet instant ne pas en vivre une.
Amaryllis avait du mal à sortir depuis qu’elle était à Londres. Entre sa peur et son chagrin elle n’avait plus envie de rien à part de rester allonger dans son cercueil.
Mais elle était heureuse de voir ces gens qu’elle avait longtemps côtoyé. Ils étaient ouverts d’esprits, et ils partageaient la même passions.

Elle vit un plateau chargé d’alcool passer à sa porté alors qu’elle était assise confortablement, mais elle ne pu en prendre malgré son envie. Cela aurait été totalement irresponsable et dangereux vu l’effet que ça avait sur elle  quand elle en prenait depuis qu’elle était devenue vampire.
Finalement elle avait reporté son attention sur une autre pièce que jouaient quelques acteurs dans le but de se divertir, soudain elle senti deux présences. Des vampires. De très puissants vampires ... surtout l’un dont sa présence l’écrasa presque. Jamais elle n’avait senti un vampire si âgé. Il avait plusieurs siècles,  elle eu envie de s’enfuir. Pourtant la séduisante jeune femme au regard azur su immédiatement que c’était le vampire qu’elle cherchait à rencontrer depuis qu’elle était ici.

Amaryllis resta donc immobile mais elle se tourna vers lui et l’observa. Elle s’attendait à voir un homme âgé physiquement, certainement pas cet homme magnifique à la longue chevelure immaculé et aux yeux voilé.
Son apparence était des plus étrange pourtant personne ne pouvait oser dire qu’il n’était pas d’une grande beauté.
Pourtant il avait quelque chose d’effrayant, de menaçant ... mais on ce sentait attirer vers lui comme un insecte vers une source de lumière.

Une jeune femme accompagnait le Comte,  elle était d’une grande beauté également avec sa longue chevelure rousse, volumineuse. Était-ce sa fameuse fiancée ? Ça n’avait pas d’importance et le commérage l’insupportait. Finalement elle détourna son regard et s’éloigna un peu plus pour s’asseoir à l’autre bout de la pièce. Mieux valait rester prudente. Observer le vampire, trouver la meilleur manière de l’aborder.
On pouvait comprendre facilement que la foule s’attroupant autour de lui l'insupportait et qu’il devait se forcer à faire bonne figure devant eux.

La marquise devait faire bonne impression, et certainement pas l’agacé en venant lui demander une faveur, donc un rôle. Et il la trouverait idiote de parler de leur condition devant tant de gens, et il l’éliminerait. Comme elle le ferait elle même. Après tout ils étaient tous deux des Ventrues, et même si elle était indépendante, elle préférait que les humains ne connaissent pas leur existence.
Finalement elle le perdit de vu et baissa la tête avant de la tourner pour regarder l’heure. Presque minuit ... le temps passait vite, en même temps elle était arrivé tardivement.
La belle senti soudainement une présence près d’elle. Cette aura ... mais étonnamment la première chose qu’elle avait perçu, c’était son odeur. Qui était presque rassurante, familière pour elle. Mais elle ne s’y trompa pas et releva la tête vers lui plongeant son regard dans le sien.
Elle voulu faire preuve de convenance, mais il l’interrompit et eu une comparaison qui lui arracha un sourire.
Finalement elle inclina profondément la tête, son rang était supérieur au sien et il était le prince de la ville chez les vampires.


- La comparaison est bien peu flatteuse Comte, mais je comprends ce que vous voulez dire et ce que vous pouvez ressentir.
Je suis enchanté de vous rencontrer.

Elle avait bien compris qu’il l’avait confondu avec son amie et elle en fut un peu flatté, vu qu’elle avait trouvé son amie de grande beauté. Mais la flatterie ne l’intéressait pas et elle repoussa bien vite ce sentiment.
Amaryllis lui tendit gracieusement sa main et lui offrit un sourire rassurant et en même temps respectueux.


- Ce n’est rien, au milieu de tant de personnes la méprise est compréhensible my lord. Mais permettez moi de me présenter, car je connais votre nom, mais vous ne devez pas connaître le mien. Je me prénomme Amaryllis, marquise de Runaway.

Elle inclina une nouvelle fois la tête et ses yeux restant toujours froids se plongèrent dans son regard d’aveugle qui l’hypnotisait. Jamais elle n’avait vu cela. Mais elle en avait entendu parler, dans certains livres. Un albinos.
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Comte Keï
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MessageSujet: Re: Théâtre obscur [Amaryllis, Comte] [20/04/42] Sam 27 Déc - 18:44

- Il faut reformer la troupe.

Le silence. Quelques regards inquiets. Un sourire.
Arath abandonna son livre pour tourner lentement sa tête vers son maître. Sa voix l'avait réveillé.


- Nous manquons d'acteurs...Continua le Comte en croisant les jambes dans son fauteuil de velours rouge.

Il semblait laisser ses pensées s'exprimer tout haut plutôt que de leur adresser réellement la parole. Ses yeux brumeux glissaient sur les étagères couvertes de bibelots venus de tout âges. Ils étaient dans le salon commun depuis quelques heures et vivaient un moment rare. Chacun s'occupait dans son coin et ces quelques mots venaient de briser le silence religieux qui s'était installé.
Ambre jeta un coup d'oeil à Marco avant de quitter leur partie d'échecs pour se présenter devant le Comte.


- Je suis fatigué, Ambre. Fit ce dernier accoudé sur son fauteuil en posant sa tête dans sa main d'un air las. Le regard fiévreux, il semblait hésiter.

- C'est normal monseigneur. Il faut tout reconstruire et ce ne sera pas facile, vous l'avez dit vous-même hier. Répondit la jeune rouquine en s'approchant encore.

Jirômaru leva son regard vers elle. La belle baissa la tête, signe de soumission et de douceur. Le Vampire tiqua d'abord puis sourit.


- C'est vrai...Ce ne sera pas facile...Reprit-il en lui soulevant le menton avec délicatesse. Mais tu es là et j'ai confiance.

Ambre sourit timidement tandis que son maître se levait pour sortir. En passant devant le jeu d'échec, il déplaça une pièce et Marco ouvrit la bouche d'un air perplexe.

- Échec au roi. Fit le Comte en lui souriant avec ironie. Pour gagner, il faut recommencer la partie...

*********************

Arrivé au Pall Mall, le Vampire regretta d'abord son regain de motivation. Sans la présence d'Ambre à ses côtés, il aurait certainement déjà fait demi-tour. Mais maintenant qu'il était sur place, cela aurait été ridicule de renoncer à cette première sortie en public depuis l'attentat du théâtre. Faire durer son absence n'aurait fait que précipiter sa chute. Il devait reparaître pour montrer au monde qu'il était vivant, pour faire parler de lui, pour trouver des nouveaux acteurs afin de remettre en action sa troupe de théâtre à l'aide de sang neuf. Avec ces objectifs en tête, mais cependant sans la moindre réelle envie, Jirômaru avait ainsi accepté de se prêter au jeu des apparences avec sa compagne d'idées pour sélectionner d'éventuels artistes, réveiller les consciences, narguer les hunters et rappeler aux Spencer son statut.

Cependant, lorsque le Comte avait dit à sa jeune amie qu'il était « fatigué », cela n'avait été qu'un doux euphémisme. Il était encore littéralement épuisé de ses dernières aventures. Après tout, ne venait-il pas de traverser un véritable torrent d'épreuves en un mois ? Il y avait d'abord eu sa pièce de théâtre: réduite à néant dans les flammes. Puis Sarah qui lui avait été ravie: enfermée dans un couvent pour un délais de réflexion dont le véritable motif était le refus catégorique que lui opposait la jeune femme. Il avait même dû tuer l'un de ses confrères pour préserver du Mal des enfants et augmenter sa puissance, fuir la Camarilla pour sauver sa propre vie, se nourrir de sang vicié à plusieurs reprises afin de survivre à ses exactions. Enfin, il avait conduit son meilleur ami à la mort à cause de sa folie et manqué de se laisser lui-même mourir dans un excès de désespoir...
Non, Jirômaru n'était plus le même. Toutes ces horreurs l'avaient changé. Et, ce soir, s'il n'était sorti que pour la forme, pour prouver au monde qu'il n'était pas encore hors-jeu, afin d'éviter les commérages trop hâtifs, les rumeurs ridicules et de risquer de perdre une partie de son double-statut de lord en phase de se marier et de Prince de la nuit. Or, pour montrer autant aux Humains qu'aux siens qu'il était encore prêt à se battre au sein de la société, il avait dû se frotter à la foule, il avait bu du vin...Son esprit était ailleurs, en lambeau entre deux mondes opposés.

C'était en partie pour cela que le Comte s'était trompé et qu'il venait de confondre Ambre avec une parfaite inconnue. Assis dans la causeuse à quelques dizaines de centimètres d'elle, il avait mit un temps avant de réagir et de lui faire un baise-main de circonstance tout en s'excusant pour sa méprise. La jeune femme lui présenta aussitôt une franche soumission et un sourire tout à fait charmant en même temps que sa main. Jirômaru fut enchanté du naturel avec lequel elle lui répondit. Il la salua donc comme il se devait, avant de la libérer et de s'éloigner un peu pour respecter les convenances.
Réveillé par son erreur, il détailla alors la belle. C'était une Vampire, elle aussi, et son aura possédait une teneur aussi nuancée que celle d'Ambre, mais ce n'était pas une raison suffisante pour l'avoir confondue avec cette dernière. Était-ce donc ses cheveux flamboyants qui l'avaient induit en erreur ? Son regard de limbe la parcourut sans retenu. Il cherchait déjà des réponses à ses nombreuses questions. Qui était-elle ? Que faisait-elle ici ? Comment avait-il pu se méprendre à ce point ? Ce n'était pas habituel. Il ne l'avait jamais vue auparavant. Qu'est-ce qui l'avait poussé à s'asseoir auprès d'elle ?


- Je suis navré, je ne devrais pas avoir ce genre de propos. Fit-il en jetant un regard sur la foule amassée dans la salle dont il venait de comparer la curiosité exacerbée à l'appétit de vulgaires hyènes. C'est vrai: ils n'y peuvent rien, c'est ainsi qu'ils vivent. Ajouta-t-il avec un rictus mesquin. Sans potins, sans « bout de viande », ils crèveraient sans doute de faim et finiraient par abandonner leur misérable existence, constatant combien elle est vaine et sans saveur...

Ce genre de réflexion était courante chez Jirômaru. Tantôt il défendait l'Humanité et tout ce qu'elle avait, à ses yeux, de louable et de vrai, tantôt il considérait les Hommes comme des moins que rien qui ne méritaient sans doute plus ni sa pitié, ni sa compassion. En général, dans la foule, il devenait rapidement irritable, froid et méprisant. C'était une forme de repli sur lui-même, une fuite. Il ne supportait pas les faux-semblants, l'hypocrisie et le faste des soirées de cette époque. Lui qui avait autrefois nagé dans le luxe et l'abondance absolue, le vice et la dépravation la plus spectaculaire, avait appris à détester la mondanité lorsqu'il ne pouvait la contrôler à sa guise.

- Tout le plaisir est pour moi, my lady. Reprit-il lorsque la jeune femme se fut présentée. Quel bien joli prénom...Mais détrompez-vous, j'ai moi aussi entendu parler de vous....

Comment le contraire serait-il possible ? Il était les yeux et les oreilles de Londres. Chaque Vampire qui pénétrait dans SA ville se devait de se présenter à lui s'il ne voulait pas encourir ses foudres en brisant la loi des princes, et ceux qui ne le faisaient pas, comme cette jeune beauté, étaient bien vite annoncés par d'autres. Là où Jirôamru était différent des autres Princes, c'était qu'il ne souhaitait par courir après ceux qui ne venaient pas le saluer. A quoi bon ? Du moment qu'il était au courant de leur arrivée...Il trouvait cette loi désuète et ne considérait sa validité et son utilité que lorsqu'il s'agissait de Vampires particulièrement âgés ou puissants. Quel âge avait donc Amaryllis ? Une centaine d'année ? Peut-être moins...Il n'y avait donc prêté aucun intérêt jusqu'à présent. Même s'il se souvenait de son nom, d'autant qu'elle était marquise, il n'avait jamais éprouvé le besoin de la rencontrer. Ce soir était une occasion donnée par le destin, la chance, la fatalité...Qu'importe. Les circonstances les avaient réunis: autant en profiter.

- Enfin, ajouta-t-il en souriant, ce serait prétentieux que de vous affirmer que je vous « connais ». Continua-t-il en souriant. Nous n'avons pas encore été présentés jusqu'à soir et je commence à me demander pourquoi j'ai été aussi longtemps privé de ce plaisir...

Le regard du Vampire se fit plus inquisiteur. Il détailla le visage de son interlocutrice avec un soupçon de provocation, comme pour la mettre volontairement mal à l'aise. Puis, au bout de longues secondes de silence, il soupira et croisa les jambes avant de reprendre son verre de vin.

- C'est dommage, Fit-il en faisant tourner le liquide carmin dans son écrin de cristal, autrefois j'aimais ce genre de breuvage mais, maintenant, j'en déteste non seulement le goût mais aussi la couleur. C'est tellement ironique...

Oui, le vin avait la couleur du sang. C'était horriblement frustrant pour les créatures de la nuit qu'ils étaient. Le liquide donnait envie, surtout lorsque les papilles se souvenaient encore du goût du raisin, mais il avait désormais une texture de cendres chaudes, de poussière. Il aiguisait les envies barbares et détruisait tout aussi fortement le bonheur que pouvait prodiguer une telle idée.
Le Comte but une gorgé, en réprimant un spasme de dégoût, avant de porter son verre jusqu'à l'horizon de son regard afin d'observer Amaryllis au travers.


- Puis-je vous demander ce que vous venez faire en ces lieux, my lady ?


> Jirômaru Keisuke <

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Amaryllis Runaway
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MessageSujet: Re: Théâtre obscur [Amaryllis, Comte] [20/04/42] Ven 2 Jan - 17:45

La jeune femme ne sortait que rarement depuis qu’elle avait mit les pieds dans cette ville quelque jours après la mort de son époux, de son amant, de son ami ...  
Cette ville semblait belle par certain aspects, mais affreuse par d’autre. En réalité même si elle vivait dans un quartier assez boutgeois elle n’en avait pas vu beaucoup d’autres. La séduisante vampire se rendait plutôt dans les rues aux sombres recoins, où elle pouvait tenter d’étancher cette soif insastiable qui la prenait à la gorge à chaque fois qu’elle croisait un humain.
Combien d’innocents avait elle pu tuer pour elle même survivre à cette torture  qu’était ce besoin de sang humain ? Semblable à l’une des plus terrible drogue ...
Oui elle se sentait comme ses loques arpentants des fois les rues à la recherche de quelqu’un qui voudra bien leur donner de quoi acheter cette chose dont ils étaient devenu dépendant.
Mais le sang ne s’achetait pas ... on devait le prendre et de force.  Peut être un jour Ethan l’aurait tué, avide de son sang, si il ne l’avait pas transformé.

Amaryllis restait perdue dans ses pensées, elle avait finit son thé avec dégout ... oui tout n’était que cendre. Elle qui adorait les différents breuvages autre fois, et les délicats mets qu’il lui arrivait de gouter, cela devenait un lointain souvenir. Maintenant il n’y avait plus que ce liquide chaud aux saveurs à chaque fois différentes. Personnellement elle en préférait un plus salé, elle avait un certain gout pour l’amertume. Le sucre n’était pas fait pour elle... elle exécrait les saveurs fruités et autres qu’avait certaine jeune fille, mais quand elle n’avait rien d’autre elle ne faisait pas la difficile.

Elle avait été surprise de sentir le si puissant prince de la ville, le plus ancien des vampires s’asseoir près d’elle. La jeune femme au regard cobalts ne s’était pas immédiatement rendu compte de sa présence, enfin il lui avait fallut quelques instants pour se rendre compte que cette aura si puissante et cette odeur rassurante appartenait à la personne qu’elle cherchait à rencontrer depuis des semaines. Pourquoi était il ainsi près d’elle ? Se demanda la séduisante actrice avant de comprendre la méprise qui avait été commise. Il s’attendait à trouver son amie, la jolie rouquine qui semblait avoir un certain âge, enfin pas physiquement, mais elle s’en doutait par son auras.
Mais où était donc passé réellement la compagne du Comte ? Qui ne semblait pas être sa fiancée dont parlai tant de gens. Était-elle sa maîtresse ? Simplement son amie ? Et quel intérêt de s’en préoccuper ? Allait elle se laisser aller à l’art qu’était les commérages ? Certainement pas.
Amaryllis était un minimum distingué malgré ses origines roturières, et elle comptait bien rester ce que lui avait appris à être son défunt époux.  

Mais en effet, en se rendant compte de qui il était elle s’était immédiatement montré soumise et agréable, digne de la marquise qu’elle était qui reconnaissait autant le Comte et le conseiller de la Reine que le Sieur des vampires.
La jeune femme aux longues boucles qui oscillaient entre le roux et le bond ne tenta pas de se soustraire à son regard si étrange, elle même le détaillait avec discrétion de ses yeux froids, elle restait sur le qui-vive, prête à fuir, même si elle ne pourrait certainement pas faire plus de quelques pas sans être rattrapé. Surtout qu’elle ne s’était pas nourrit depuis plusieurs jours maintenant ce qui était beaucoup trop.  
Amaryllis voyait les questions qu’il devait se poser dans son regard qui aurait pu faire peur à un mort, mais étrangement elle restait sereine, attendant de voir ce qui se passerait. Après tout il était son dernier réel espoir.

La très jeune vampire eut un petit sourire en entendant sa comparaison, elle ne pouvait qu’être d’accord. C’était souvent ainsi quand elle et Ethan sortaient dans ce genre d’endroits, le plus célèbre metteur en scène et sa femme tout aussi célèbre pour son jeu d’actrice et sa voix de cantatrice.


- Je pense que n’importe qui ayant eu un peu de notoriété peut comprendre vos paroles, personnellement c’est mon cas. Oui ils ont besoin de rêver, de toucher leur rêve du bouts des doigts, et lorsqu’il se rende compte qu’ils sont trop faible pour réaliser leurs ambitions ils tentent de détruire avec d’inutiles potins ceux y étant parvenu. C’est ainsi depuis la nuit des temps je suppose. Mais il semble que vous soyez l’unique bout de viande des londoniens, en tout cas depuis que je suis dans cette ville ... les gens ne parlent que de vous Comte.

Lui répondit elle d’une voix posé alors qu’elle promenait aussi ses yeux dans la foule, elle méprisait et en même temps avait pitié d’eux. Des sentiments bien contradictoire ... peut être serait elle devenue aussi cela si elle n’avait pas eu la chance de devenir la marquise de Runaway et d’obtenir ses pouvoirs qui faisaient d’elle une si merveilleuse comédienne.

Amaryllis s’était donc présenté, lui offrant tout ce qu’on devait savoir sur les gens dans un milieu mondain. Le reste il devait le sentir, ou dans tout les cas elle n’en parlerait pas en ce lieu où l’on pouvait le surprendre à chaque instant. Ou l’un des amis du barons l’entendrait et courrait tout raconter à son maître.
Ses paroles lui arrachèrent un sourire agréable mais qui était plus une façade. En réalité elle avait eu une légère crispation intérieure en entendant ses paroles. Oui il la connaissait, il était attentif à ses sujets. Et elle avait du l’offenser en ne venant pas plus tôt lui rendre une visite. Mais ça n’avait pas vraiment été de sa volonté.
Mais si il la connaissait c’est qu’on l’avait dénoncé, donc vu ... cela signifiait qu’on avait pu la dénoncer à un autre que lui et elle était encore en danger. Qui avait donc fait cela ? Cette cheftaine du protectorat ? L’un de ces vampires qui l’ignoraient comme elle les ignorait.
Au moins à présent elle n’avait plus besoin de se creuser la cervelle sur le meilleur moyen et le plus discret de le rencontrer, c’était chose faite et elle allait pouvoir lui parler. Et dans un lieu un peu plus neutre que sa demeure où elle aurait été à sa totale merci.
En entendant le reste de ses paroles la séduisante femme ne perdit pas son sourire mais ses yeux se firent plus froid encore.


- Je suis navré messire de ne pas être venu vous présenter mes hommages plus tôt. En réalité je cherchais à vous rencontrer mais il me  semble être arrivé à un moment assez ... délicat. À ce qu’on pouvait lire dans la presse vous étiez occupé à vos affaires.
Cependant je ne cherchais pas à passer outre votre autorité et je suis venue dans cette ville pour vous rencontrer.


Finalement utilisant son pouvoir d’imitation elle calqua son attitude sur la sienne, distante, provocatrice, et ne montra en aucun cas un mal-aise comme il semblait le désirer. Elle ne se laisserait pas marcher sur les pieds et elle n’avait pas vraiment envie de jouer. Amaryllis n’était pas une petite chose fragile qui tremblait devant ses adversaires.

La belle marquise regarda le verre de son aîné avec mélancolie. Oui c’était leur malédiction à tous, jamais ils ne ressentiraient à nouveau le plaisir de sentir le vin couler dans leur gorge, l’ivresse ne les prendrait plus et seul le dégout était présent.
Tout n’était que cendre ... après tout ne devraient-ils pas en être ?
Une comptine lui revint en mémoire.... inventé pendant les épidémies ... mais elle n’était que la réalité.


♪ Cercle sur le dos de la main
Des fleurs pleins les poches
Cendres, cendres
Nous tombons tous ♪


fredonna-t-elle intérieurement en reposant ses yeux sur le lord vampire qui lui faisait face.
En entendant sa question qui était tout à fait légitime un nouveau sourire se figea sur ses lèvres aussi rouges que le sang qui coulerait bientôt à nouveau dessus.
Elle lissa sa robe et finit par lui répondre après avoir avalé avec dégout à son tour une gorgée du liquide.


- Il se trouve que je suis comédienne et cantatrice, je cherche donc un peu de travail, cela me semblait être un bon endroit mais personne ne m’a fait de proposions intéressantes pour le moment et ... je préférais attendre de discuter avec vous de quelques points importants ... dont je préfère éviter d’en discuter en publique.

Lui révéla-t-elle se rendant compte qu’on les regardait avec attention et qu’on guettait leur mouvements.
Une danse, cela leur permettrait de discuter discrètement en restant au milieu de tout ces gens, mais là ils étaient bien trop observé à son gout et parler de ses plans alors qu’on pouvait être entendu frôlait l’imbécilité.
Son regard se fit moins froids et elle lui offrit un sourire qui cet fois là fut totalement sincère.

- On m’a dit que vous étiez metteur en scène ...


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MessageSujet: Re: Théâtre obscur [Amaryllis, Comte] [20/04/42] Lun 19 Jan - 23:07

Les gens ne parlaient que de lui...Oui. Et cela l'exaspérait.

Jirômaru n'avait pas toujours été le fier metteur en scène pour lequel il se faisait passer depuis quelques années. Il n'avait pas non plus toujours été lord à la cour de Victoria et ses attitudes de coq bien gainé, adoré ou conspué par la société, n'avaient pas toujours collé à son image. Autrefois, il avait été parmi les hommes les plus serviles et les plus modestes. Après sa transformation, il avait erré comme une ombre dans les steppes gelées et vécu comme une bête pourchassée par le feu et la mort.
Puis il avait changé, lentement, la haine au coeur, la rage dans le sang noirâtre qui avait remplacé le sien. Il avait appris à ravaler sa bile pour mieux la huiler de sa colère avant de la laisser ressortir pour brûler tout ce qui le touchait au vif. Au travers de son esprit malade, de nombreuses vies étaient passées. Ses lèvres, trempées de sang, avaient gémi sous la torture de sa damnation, et les cris de ses victimes avaient lentement anéanti le peu d'humanité qui le liait encore au commun des mortels. Il avait haïs sa naissance, puis la naissance des autres. Son âme, rongée en ses tréfonds, avait étranglé de ses entrailles empoisonnées cette douce paroles d'honneur, de respect et d'humilité qui avait été autrefois son credo. Elle l'avait jeté à bas, dans la fosse porcine des péchés, le gouffre de ses innommables méfaits, avant de le pousser à s'agripper aux rebords d'acier et de boue pour qu'il s'extirpe de la fange et serre entre ses longs doigts de pantin la gorge de la gloire et de l'envie.
Briller, quand on sort des ténèbres, c'est aussi une façon de se réveiller à la vie.

Le Comte soupira doucement pour éviter d'afficher trop ouvertement son mépris. Ces gens, qui ne parlaient que de lui, pouvaient bien aller au diable...Nul ne pouvait se vanter de le connaître réellement.


- Les potins sont bons pour les femmes de petite vertu et les commères aigries...Répondit-il en prenant sur lui pour ne pas continuer sur ce sujet qui risquait de l'irriter toujours d'avantage. Ils peuvent penser et dire ce qu'ils veulent...s'ils savaient...

Un rictus particulièrement désagréable souleva la commissure de ses lèvres avant de disparaître dans un sourire à la sincérité douteuse.

Une fois que la jeune Amaryllis se fut quelque peu dévoilée, le Comte profita de la situation pour sous-entendre qu'il lui reprochait de ne pas s'être présentée plus tôt à lui, comme étaient censés le faire tous les Vampires qui arrivaient à Londres, la ville dont il était le Prince. Cela avait été une excuse pour la mettre mal à l'aise et la tester. En soit, il se moquait bien des révérences qu'on lui devait lorsque l'on était aussi jeune qu'elle.
Le lord vit aussitôt avec plaisir que la belle n'était pas du genre à se laisser marcher sur les pieds mais qu'elle n'était pas non plus de ces fous qui oseraient défier son autorité. Elle s'excusa, avançant le pourquoi de son absence dans le carnet de bal de son aîné, et lui confia au passage qu'elle n'avait pas souhaité le déranger malgré son but premier qui était de le rencontrer.


- Et d'où êtes-vous partie, my lady, si je puis me permettre cette insidieuse question? Demanda le Comte toujours en souriant malgré le regard glacial que son interlocutrice venait de lui offrir.

Pourquoi souhaitait-elle le rencontrer? Encore une qui rêvait de sa couche ou de sa protection...Et s'il lui refusait plus qu'un simple sourire? Après tout, il n'était pas d'humeur du tout. La fatigue l'énervait, comme tous ces visages peints de joie factice, et il avait hâte de rentrer.
Cependant, l'attitude qu'adopta la jeune femme le détendit peu à peu. Elle semblait avoir compris comment il fonctionnait et sa manière de parler et de le regarder donnait au Comte l'impression de se trouver en face d'une vieille connaissance. Quelle étrange sensation...
Au bout d'un moment, elle lui expliqua qu'elle était elle-même comédienne et qu'elle était venue dans ce salon dans l'espoir de se faire recruter au sein d'une troupe. Les sens de Jirômaru s'éveillèrent. Une comédienne? Ceci expliquait cela. Pourquoi pas...finalement?


Comédienne et cantatrice...Répéta-t-il en posant définitivement son verre sur la table base avant de plonger ses yeux de brume dans l'océan des siens. Intéressant...

La jeune marquise avait retrouvé un regard plus doux et son ton était descendu comme si elle ne voulait pas qu'on puisse l'entendre. Le Comte comprit qu'elle avait des choses à lui dire en tête à tête et que certains imbéciles ne méritaient pas de se voir entrer dans la confidence. Des projets de la nuit en somme.

- Dansez-vous my lady? L'invita le Comte sans répondre à ses dernières paroles pour lui tendre le bras sans réellement lui laisser le choix.

Il entraîna Amaryllis sur la piste, au milieu des autres danseurs qui entamaient une nouvelle valse. Doucement, le Vampire saisit sa partenaire avec conventions et bientôt ils se retrouvèrent noyés dans un flot de tissus et de mouvements. De cette façon, plus proches l'un de l'autre, ils pourraient aborder des sujets plus sensibles.


- Est-ce un heureux hasard que je sois à la recherche d'une actrice ce soir ou êtes-vous allé fouiller dans mes pensées les plus secrètes avant même que je ne pose un pied en dehors de mon repaire? Murmura Jirômaru en rapprochant ses lèvres de la joue gauche de la belle. Vous chantez donc?

Le Comte suivait la musique d'une oreille distraite. Et, même s'il percevait parfaitement son environnement, ses sens étaient fixés sur sa nouvelle acolyte. Son regard, profond et nébuleux, semblait sonder le sien pour détecter le mensonge ou la malice. Avec les deniers événements qu'il avait vécu, il ne pouvait se permettre de laisser entrer dans ses fidèles n'importe quel traître en puissance.

- De quel sujet souhaitiez-vous m'entretenir, madame la marquise? Demanda-t-il pour avoir, de sa bouche à elle, le fin mot de l'histoire.

Il avait bien compris que, sachant qu'il était metteur en scène et le lui affirmant de la sorte, elle désirait faire partie de sa troupe de comédiens, mais il y avait autre chose qu'elle taisait à cause de la foule. Que désirait-elle de plus? Allait-elle faire comme Sébastian, une messagère de la Camarilla qui ne saurait quel camp définitif choisir? A cette pensée, le Comte serra un peu ses doigts autour de la taille de la jeune femme. S'il remettait la main sur ce freluquet, il ne se priverait pas de l'humilier franchement! La Camarilla était entrée en guerre avec lui désormais. Après tout, il venait d'éliminer un de leur plus vieux partisans...

Du coin de l'oeil, Jirômaru perçut Ambre. Elle les regardait d'un oeil aimable, près d'un noble militaire venu entretenir son semblant de culture en observant les jolies poupées qu'il supposait riches alors qu'elles étaient, pour la plupart, exploitées comme des poules de campagne auxquelles on aurait glissé un nœud doré autour du cou pour tricher sur la marchandise.
Le Comte laissa son regard filer un instant sur sa disciple avant de l'oublier tout à fait. Ambre avait une mission de son côté et savait ce qu'elle avait à faire si son maître décidait de la laisser de côté pour la soirée. Ce ne serait ni la première, ni la dernière fois.


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MessageSujet: Re: Théâtre obscur [Amaryllis, Comte] [20/04/42] Sam 21 Fév - 22:26


Tant de souvenirs qui se bousculaient dans la tête de la belle cantatrice qui n’avait pas pu chanter depuis si longtemps. Quand l’homme qui hantait ses nuits étaient mort l’oiseau chanteur c’était tu.
Le deuil qui l’étreignait l’avait empêché de remontrer sur une scène pour le moment, ou bien de juste siffloter un air, elle avait perdu toute envie, tout désire depuis maintenant des mois, mais elle se rendait compte que si elle voulait rendre fière cet homme tant chéris il fallait qu’elle se reprenne, elle ne devait pas se laisser abattre et son devoir était de se reconstruire. Mais une question restait, devait-elle tourner la page complètement ? Oublier la vengeance et même lui pour se reconstruire une vie ? Peut être pourrait-elle vivre quelques temps avec un humain et adopter des enfants, cela pourrait être une jolie vie, simple mais la vie avait perdu ses couleurs et elle n’en désirait qu’une, elle voulait recouvrir ce monde gris de rouge, le rouge du sang de son ennemis elle y parviendrait quoi qu’il advienne, rien ne pouvait la dévier de son objectif.

Mais avant elle devait être prudente, obtenir une protection pour ne pas se faire tuer juste en rentrant chez elle. Apprendre au près d’un vampire expérimenté et une fois prête exterminer cet homme qui l’avait tant fait souffrir.
Pour y parvenir elle devait réussir à convaincre le lord vampire qui lui faisait face, et pourquoi n’y parviendrait-elle pas ? Elle ne comptait pas empiéter sur son territoire ni le défier lui et le reste des ventrues. C’était un allier, et de toute les manière elle n’était pas idiote. Si dans son état d’affaiblissement elle tentait juste de lever la tête trop haut elle serait anéantis sur l’instant. Et le Comte semblait dangereux, cruel, oh combien il pourrait la tourmenter en l’enfermant et en la privant de se sang dont elle n’arrivait pas à réguler l’envie. Du sang, toujours du sang... la vie d’un vampire tournait autour du sang.

La jeune femme à la longue chevelure oscillant entre le roux et le blond avait cru pendant toutes ces années qu’elle pouvait avoir une vie normal, qu’il suffisait qu’elle se nourrisse grâce au sang d’Ethan et éventuellement celui de leur calice sans jamais leur faire de mal, mais maintenant un peu de sang ne lui suffisait plus.
L’albinos la tira de ses pensées en parlant et elle reporta son attention sur lui, ses yeux pâles restant aussi froid que la bise des pôles.


- Oui s’ils savaient... mais ils ne doivent pas savoir...

Répondit-elle simplement d’une voix qui se voulu indifférente. La marquise le savait indépendant c'est pour cela qu'elle se permettait de lui dire cela. Cependant elle comprit qu’il valait mieux ne pas aller plus loin dans cette discussion fort déplaisante et qui n’avait pas d’intérêt à part de l’irrité elle et son interlocuteur.

Ils jouaient cela se voyait tous les deux, elle comprit sans aucun problème le sous-entendu et le reproche à peine masqué que lui offrait le Comte, mais il disait lui même que les ronds de jambes l’ennuyaient. Il était fort aisé de comprendre qu’il voulait seulement la tester. Quelle genre de femme elle était. La délicieuse marquise avait donc commencé par afficher la même attitude que le Comte et avait répondu avec diplomatie, restant poli et expliquant les raisons qui faisaient qu’elle n’avait pas été dans la possibilité de se présenter devant lui et que ce n’était pas pour le défier au contraire et qu’elle reconnaissait tout de même sa supériorité qui n’était pas contestable.
Si elle tentait de se rebelle il pourrait la briser en un claquement de doigts et cela pouvait en effrayer certain, mais elle n’avait pas peur.
Amaryllis avait été bien éduquée par son époux sur un grand nombre de choses, surtout comment réagir et rester maître de sois. Et ce qu’elle avait montré au beau vampire semblait convenir, même s’il n’en montra rien elle comprit que cela l’avait satisfait.
Ses yeux étaient toujours aussi glacé alors qu’elle le fixait, ses yeux soutenant son regard d’aveugle, sa question était légitime.

- Je suis arrivée depuis quelques mois d’Écosse, d’Édimbourg pour être plus précise. Mais je suis née à Bristol et j’y suis restée jusqu’à mon mariage.

Lui expliqua-t-elle de sa voix mélodieuse. La belle marquise en dévoilait un peu plus que nécessaire pour lui montrer qu’elle ne comptait pas lui mentir et était une personne honnête. C’était important si elle voulait obtenir ce dont elle avait besoin pour sauver sa vie. Enfin si on pouvait appeler cela une vie.
Comprenant qu’il voulait en savoir un peu plus sur elle, la belle rouquine lui expliqua ce qu’elle faisait depuis maintenant plusieurs décennies. Et il faut dire qu’elle était très douée dans les arts de la scène, il ne serait pas déçu.

Un petit sourire fleurit sur ses lèvres en entendant la remarque du Comte Keisuke.
Elle était redevenue plus cordiale, agréable ainsi que charmante comme elle savait l’être habituellement. Seulement son ton n’était qu’un murmure, ce qu’elle comptait lui dire ne devait pas tomber dans toutes les oreilles. Il semblait aussi l’avoir compris vu sa proposition.
La jeune femme aux yeux limpides s’inclina devant lui en entendant sa proposition et prit son bras.

- Ce serait avec joie messire Keisuke.

Souffla-t-elle en souriant, se laissant guider sur la piste de danse où évoluait déjà plusieurs couples. Les regards s’étaient tournés vers eux, après tout le Comte était une célébrité il était normal qu’il attire ainsi l’attention, cependant c’était désagréable pour la vampire qui aurait eu besoin d’un entretient plus intime, mais elle ferait avec.

La proximité avec l’homme lui fit perdre contenance quelques instants, cela faisait de longs mois qu’elle ne s’était pas trouvé si proche d’un homme et surtout d’un vampire à l’aura si écrasante qui lui donnait l’impression que d’un souffle il la ferait s’envoler comme un fétu de paille.
Amaryllis reprit contenance et l’écouta avec attention en souriant.


- Un heureux hasard en effet, mais non je n’aurais jamais osé fouiller dans vos pensées et surtout pas les plus intimes, je craindrais trop ce que je pourrais y trouver et j’aurais peur de m’y noyer. Elle hocha la tête Oui je chante, plutôt bien parait-il. Peut être voudriez vous que je vous offre un aperçu plus tard....

Avoua-t-elle avec une modestie qui n’était pas feinte dans le ton de sa voix. Elle n’était pas femme à se vanter ni à se montrer snobe ou condescendante, elle était juste consciente de son rang et de ses talents qu’elle avait travaillé, poli comme un joailler polirait une pierre informe pour en faire le plus beau des saphirs.
La jeune femme savait qu’elle ne pouvait pas se permettre de mentir face à ce ténébreux et dangereux vampire. Le contacte de ses mains n’était pas des plus rassurants, elle avait l’impression malgré sa douceur et son habilité d’être emprisonné dans un dangereux étaux qui au moindre faux pas se refermerait sur elle.
Son regard se fit plus grave en l’entendant venir aux choses sérieuses, cependant elle resta aimable dans son expression.

- Je suis ici car on a assassiné mon mari, un membre des ventrus comme vous et moi. On veut également me tuer, avant de mourir il m’a dit de m’adresser à vous, que vous étiez plus puissant que le Comte Bloodwood et que vous sauriez me protéger. Il me traque, il me chercher, pourtant le seul impaire que j’ai commis est celui de devenir une femme de la nuit et la faute de feu mon époux et de m’avoir sauvé la vie en me faisant devenir ainsi.
Le Prince d’Édimbourg nous a trompé, il avait promis de nous protéger mais il nous a vendu.
Je ne peux quitter le royaume, je veux me venger, je veux faire payer au baron ce qu’il lui a fait... mais je suis trop jeune trop inexpérimenté et mourir ne servirait pas mon époux.
Je ne vous demande pas d’aide Comte, seulement une protection, seulement la promesse que je peux demeurer en cette ville sans mourir. Je sais que mes demandes sont déjà bien osée et que je suis bien directe, cependant qui sait si on ne va pas me trancher la gorge avec un couteau d’argent quand je sortirais d’ici ?
Ma vie est entre vos main et je vous serais reconnaissante de la sauver. Je saurais montrer ma gratitude.

La belle jeune femme avait tout révélé au Comte d’une traite, restant sérieuse, ni suppliante ni arrogante. Cela était déjà dure pour elle de demander quoi que ce soit, elle aimait être indépendante et devoir quelque chose à quelqu’un la dérangeait profondément, cependant elle n’avait absolument pas le choix si elle voulait vivre.

- Et je dois avouer avoir un petit problème du à mon jeune âge. Je meurs de soif...

En lui révélant cela elle lui offrait ses faiblesses, elle lui donnait tout pouvoir sur elle, celui de vie, de mort ou de la posséder comme un objet. Mais elle devait lui montrer son honnêteté pour obtenir sa confiance. C’était sa seule issue et il fallait savoir faire des sacrifices. Aussi grands soient-ils.


[HRP] Comtounet je suis vraiment désolé d'avoir mis plus d'un mois pour répondre mais j'arrivais vraiment pas à écrire, je suis désolé. Je suis désolé pour les fautes, je corrigerais en rentrant. Bonne vacances ! [/HRP]
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MessageSujet: Re: Théâtre obscur [Amaryllis, Comte] [20/04/42] Mar 3 Mar - 12:00

[HRP/ T'inquiète, on se tenait au courant irl donc ça n'a pas d'importance. Sinon, tu penses bien que je t'aurais harcelée...Mouhahahaha!/HRP]

Tandis qu'il valsait tranquillement avec Amaryllis, suivant à la perfection le rythme, sans qu'aucun faux pas ne viennent troubler l'harmonie gracieuse de leurs gestes, Jirômaru passait en revu tout ce qu'il savait déjà d'elle.

La jeune femme venait d'Édimbourg mais était née à Bristol, c'était une actrice et cantatrice qui cherchait du travail à Londres et elle semblait respecter la Mascarade puisqu'elle était de son avis qu'il valait mieux que les Humains restent dans l'ignorance de leur existence et de leurs desseins. "Ils ne doivent pas savoir", avait-elle dit un peu plus tôt, au grand plaisir de Jirômaru qui avait fortement apprécié l'utilisation du verbe "devoir" au lieu de l'habituel "falloir", car le devoir était bien plus respectable que la nécessité à ses yeux, et ce terme révélait une certaine noblesse dans le point de vue de celui ou celle qui l'employait. Ainsi Amaryllis était-elle de ceux qui jugeaient que la Mascarade était utilisée pour le bien-être des Humains et non pas seulement celui des Vampires. C'est du moins ainsi que le Comte interpréta ses paroles, sans se rendre compte que si la jeune femme lui paraissait si diplomate c'était en partie grâce à un de ses dons.

Jirômaru trouvait également qu'Amaryllis était adroite et amusante.
Adroite puisque d'un seul regard, d'un seul mot, elle lui avait fait comprendre qu'elle souhaitait discuter dans un contexte plus privé pour lui faire part d'informations confidentielles. Il l'avait donc entraînée sur la piste de danse, le seul endroit où les couples pouvaient profiter d'une intimité toute relative et officielle puisque personne ne pouvait oser venir les déranger dans leur conversation.
Amusante parce qu'elle ne s'était pas démontée lorsqu'il lui avait demandé si elle avait pu lire dans ses pensées, bien au contraire, elle avait même murmuré qu'elle n'aurait pas osé de peur de s'y noyer. Ce que Jirômaru avait trouvé follement comique en cet instant avait été le fait qu'elle puisse penser pouvoir entrer dans ses pensées ne serait-ce qu'un instant. Son expérience rendait ses barrières mentales tout bonnement infranchissables...Mais elle avait raison, ne se noyait-il pas déjà lui-même dans les méandres de son esprit? Cela serait terriblement dangereux pour celui qui s'y essaierait. D'ailleurs, mis à part son maître, Salluste, Joyce et Glen, personne n'avait jamais pu s'immiscer dans ses pensées.


- Vous y noyer...sans doute. Avait-il répondu avec un sourire carnassier. Je serai effectivement ravi de vous entendre chanter un peu.

La proposition que lui avait fait la jeune femme n'était pas sans plaire au Comte qui y voyait une volonté de la jeune femme d'accepter d'être mise à l'épreuve dans un contexte encore plus intime. Cela prouvait qu'elle était de bonne fois et qu'elle était prête à laisser son aîné l'observer. Jirômaru y voyait une soumission et une courtoisie qu'il était en droit d'attendre de ses confrères dans cette ville. Amaryllis ne lui plut que d'avantage.

Puis, à mesure qu'ils discutaient, la belle finit par lui révéler ses véritables motivations. Elle lui confirma que c'était une Ventrue et lui expliqua qu'elle avait été transformée par son mari qui lui avait ainsi sauvé la vie. Sans entrer dans les détails, elle révéla ainsi au Prince de Londres qu'elle était en fuite et qu'elle avait quitté ses pénates pour venir chercher refuge en ces lieux. Elle était poursuivie par le Prince de Bristol. Fâcheuses révélations...
Le Comte faillit s'arrêter de danser mais il continua son mouvement pour éviter d'attirer l'attention des Humains. Ambre dut percevoir l'hésitation de son maître car elle tourna brièvement la tête dans sa direction avant de reprendre sa conversation avec le militaire qui l'entretenait depuis maintenant un bon quart d'heure.


- Votre situation est des plus délicates, my lady. Fit Jirômaru d'un air soucieux.

Amaryllis était une Indépendante et une Ventrue, de cela il ne pouvait pas douter aux vues de son attitude, de son aura et de ce qu'elle venait de lui dire. Ils avaient ainsi en commun non seulement leurs opinions concernant les Sectes mais ils étaient en plus du même clan. Les Vampires se transmettaient par le sang le Don Obscur qui différait d'un sujet à l'autre et bien vite les clans étaient ainsi nés. Leurs affinités liaient les membres d'un même clan, comme une grande famille aux membres éparpillés dans le monde. Souvent, ils se respectaient plus facilement et se protégeaient les uns les autres. Cependant, depuis quelques siècles, les liens s'étaient délités et l'appartenance à un clan ou à une lignée ne donnait plus que quelques indices concernant les pouvoirs dont ils avaient hérité, que ce soit au sujet du Don ou à celui de la place sociale dans la hiérarchie vampirique. Les Ventrues étaient parmi les plus puissants, du moins autrefois, et ils avaient toujours eu la main mise sur le royaume de l'Ombre. Mais, aujourd'hui, les membres de ce clan s'ignoraient les uns les autres, comme le faisaient beaucoup d'autres, et ce qui les reliait était surtout leur noblesse d'âme, leur facilité avec laquelle ils pouvaient interférer dans les affaires politiques et leur volonté de maintenir en place la Mascarade pour conserver l'équilibre du monde.
Amaryllis semblait, comme lui, avoir choisi la voie de la solitude et de la liberté. Elle agissait pour elle-même et non pas pour les pontes de la Camarilla, et n'avait des Ventrues qu'un infime noyau qui la colorait de noblesse. Elle était jeune et son histoire avait fait d'elle une exilée...Devait-il l'aider ou la livrer à son confrère?
Venue d'Ecosse, elle avait dû fuir son pays après l'assassina de son mari par le Prince de Bristol. D'après la jeune femme, ils avaient été persécuté parce que ce dernier n'avait pas accepté sa transformation. Le Comte lui avait d'abord jeté un regard mauvais. Lui aussi refusait que sur ses terres n'importe qui transforme le premier Humain venu sans son autorisation. Mais la belle lui avait alors expliqué que sa transformation avait été nécessaire à sa survie et Jirômaru avait radouci ses traits. La transformation par l'amour et la nécessité, il avait connu ce schéma avec "sa fille" et ne pouvait, par conséquent, que comprendre à quel point cela pouvait être incontrôlable.
Mais pourquoi le Prince de Bristol n'avait-il donc pas accepté cette transformation? Amaryllis avait plus de dix-sept ans, d'après ses traits, et si son mari lui avait sauvé la vie en lui ouvrant les portes du Monde de la Nuit, n'était-ce pas correct? A ses yeux, ce l'était. Peut-être qu'à Bristol la régularisation de leur espèce était trop importante pour le Prince? Peut-être qu'il avait détesté le mari dont il était question ce soir? Quelque chose échappait au lord.


- Comprenez bien que vous accorder ma protection serait faire preuve d'opposition politique au Prince de Bristol...Vous avez dit vous-même que vous ne m'aviez pas abordé plus tôt à cause de mes...mésaventures et cette histoire pourrait bien me coûter plus cher que ce que vous croyez.

La jeune femme ne semblait pas avoir saisi à quel point l'asile politique qu'il était en mesure de lui offrir pouvait le mettre dans une position des plus dangereuses. Le Prince de Bristol renoncerait-il à la poursuivre ou entrerait-il en guerre contre lui? Ils ne s'étaient pas beaucoup parlé, même s'ils se connaissaient politiquement parlant aux vues de leurs positions respectives, et Jirômaru n'était pas certain que sa réaction puisse aller dans son sens d'autant que ce dernier était affilié à la Camarilla et qu'il venait de se mettre à dos les pontes anglais de cette Secte.
Non...Il devait la livrer. Il ne pouvait pas se permettre de continuer à se faire des ennemis.
Et puis, elle venait de lui parler de vengeance...Qu'elle idiote! Croyait-elle donc qu'il pourrait, de son plein gré, protéger une fugitive et la laisser préparer une vengeance contre son voisin? C'était inconcevable!
Ce qui acheva d'énerver le Comte fut l'aveu de sa faiblesse concernant sa soif de sang. Rien ne l'exaspérait plus qu'un nouveau né incapable de se maîtriser! Rien!


- J'ai bien peur de ne pouvoir vous apporter l'asile que vous me réclamez, Amaryllis. Non seulement vous me placeriez dans une situation politiquement incorrecte mais en plus vous me feriez le complice d'une future vengeance concernant un Prince...

Son ton était devenu cruellement froid et sans âme. Serrant durement la taille de la jeune femme et écrasant sa main dans la sienne, il serra les dents d'un air parfaitement furieux.

- Mais qu'est-ce que vous croyez!? Qu'il me suffit de claquer des doigts pour que le monde entier se retrouve à mes pieds? C'est flatteur mais complètement stupide!

Ambre oubliait le militaire qui se tenait à ses côtés et qui parlait maintenant dans le vide. Elle avait sentit l'aura de son maître grandir, signe de colère, il fallait qu'elle l'arrête car déjà les Vampires présents dans le salon se dirigeaient vers la sortie de peur de subir ses foudres. La jeune actrice grimaça et sortit son éventail pour se donner contenance sans lâcher des yeux le Comte qui avait clairement repris un air venimeux.

- Vous allez bien ma mie? Fit aimablement le militaire en penchant la tête vers Ambre. Puis il suivit son regard et aperçut le Comte en train de danser. Il sourit d'un air niais. Ah! C'est monsieur le comte qui vous intrigue? Seriez-vous jalouse de la compagne qu'il s'est trouvée ce soir?

Ambre lui jeta un regard faussement amusé avant de s'excuser: elle devait aller aux commodités. Le militaire lui fit une courbette et la laissa disparaître dans la foule. Rapide, la jeune rouquine se faufila jusqu'à l'entrée et, après avoir repris son manteau et signalé qu'elle souhaitait simplement "prendre l'air", elle sortit du salon pour tourner dans une ruelle et se retrouver aussitôt en présence de Marco qui venait de sauter d'un toit.

- Déjà?! Fit-il d'un air mauvais en lui faisant face comme s'il s'apprêtait à entrer en guerre. Ambre lui jeta un regard désespéré.

De son côté, le Comte desserrait son étreinte sur Amaryllis et reprenait peu à peu un ton plus agréable, même s'il restait piqueté de durs reproches.


- Qu'est-ce que ma protection si ce n'est de l'aide? Vous vous égarez. Dites-moi...Quel âge avez-vous? Quel était le nom de votre mari? Pourquoi vous a-t-il transformée? Et pourquoi le Prince de Bristol vous en a-t-il autant voulu si c'était pour votre survie? J'ai besoin de savoir tout cela...avant de prendre ma décision.

Le regard de Jirômaru s'était légèrement épaissi, comme si les volutes de brume qui y siégeaient avaient pris vie. Il hésitait. Ses canines le démangeaient.


> Jirômaru Keisuke <

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MessageSujet: Re: Théâtre obscur [Amaryllis, Comte] [20/04/42] Dim 15 Mar - 18:43

Un sourire fleurit sur les lèvres de la jeune femme aux doux yeux azures. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas danser, elle qui aimait tant cela, ça lui avait manqué, cependant elle était mal à l'aise de se retrouver si proche d'un homme qui pouvait la briser en un seul mouvement, si elle avait été humaine son cœur se serait emballé à cette idée.

Oui les humains ne devaient pas savoir, elle avait bien vu que la formulation avait plu au Prince de Londres, mais cela avait été en plus d'être une formule diplomatique, un profonde conviction de la séduisante marquise. Elle n'avait pas voulu que ses sœurs adorés et ses parents sachent ce qu'elle était devenue grâce à Ethan. Ils ne s'en seraient certainement pas remis et cela aurait pu être dangereux pour eux. Le monde de la nuit n'était bon ni pour eux ni pour n'importe quel humain et cela elle l'avait compris avec les années alors qu'elle apprenait à y nager de son mieux, tentant de garder la tête hors de ces eaux sombres et tumultueuses.
Il ne fallait pas non plus oublier ces saletés de hunter qui s’immisçaient dans leurs affaires et tentaient de les tuer. Même si elle n'en avait pas la confirmation elle ne doutait pas que l'absence du Comte et ses blessures aient été dues aux hunter de la ville.

La belle à la longue chevelure oscillant entre le blond et le roux comprit l'énormité de ce qu'elle venait de dire au vampire albinos. C'était si absurde et elle eut un petit rictus, agacé de sa bêtise et de sa maladresse. Elle était rouillé c'était flagrant. En même temps depuis combien de temps n'avait-elle pas eut l'occasion de jouer en société avec des adversaires redoutables comme le Comte Jiromarû Keisuke ? Il fallait qu'elle se reprenne en main, qu'elle réfléchisse et ne se laisse plus avoir  par la tentation de la plaisanterie.  Bien entendu Amaryllis n'avait pas imaginé un seul instant qu'elle pourrait y pénétrer, ses pouvoirs étaient bien inférieurs à ceux de son aînés s'ils n'étaient pas quasiment ridicules.  

-Enfin je m'y noierais si j'arrivais à y plonger bien sûr.

Ajouta-t-elle en souriant de manière entendue ses yeux restant froids alors qu'elle poursuivait le file de ses pensées, elle ne tentait pas de rentrer dans l'esprit des gens elle préférait leur laisser leur intimité et il y avait des choses qu'elle n'avait pas envie de connaître.
La séduisante comédienne lui rendit son sourire mais qu'elle adoucit.


-Ce sera quand et autant qu'il vous plaira Comte, je vous suis toute disposé.

Lui répondit-elle avec obligeance, après tout elle aimait chanter et si elle pouvait continuer d'en vivre cela lui ferait plaisir.
De plus ainsi elle lui montrait sa soumission, ce qui ne déplaisait jamais aux hommes surtout à ceux qui avaient le pouvoir, c'est ce que lui avait appris feu son époux. Les hommes étaient bien plus faciles à manipuler que les femmes, même si manipuler le vieux vampire n'était pas dans ses intentions ce jour là.

Au final la jolie vampire avait bien été obligée de lui révéler la vérité sur sa présence malgré son appréhension, elle craignait sa réaction, qu'il la livre ou même qu'il l'attire un peu plus loin dans une sombre ruelle et charge ses sbires de l'éliminer.  
Elle fut bien obligé de hocher la tête en l'entendant. Oui sa situation était délicate et même plus. Son visage prit la même mine soucieuse que celle de son interlocuteur.


Amaryllis se composa finalement un visage lisse, ses yeux glacés plongés dans les yeux d'aveugles de son Prince.
Elle n'avait pas besoin de lire ses pensées pour pouvoir en suivre le cour. Le fait qu'ils soient du même clans ne changerait pas grand chose pour lui. Surtout vu son jeune âge et son inexpérience. Elle n'avait servit aucune cause et n'était pas importante pour lui. Si elle voulait survivre peut être faudrait-il qu'elle réussisse à se montrer indispensable  à ses yeux. Mais comment pourrait-elle en arriver à cela ? En attendant elle jouait sur un terrain glissant et devait prendre garde, car elle risquait sa tête.
La jeune marquise l'écouta avec attention et hocha la tête, ses doigts se crispants légèrement.


-Messire je ne connais la cause de vos mésaventures avec exactitude, cependant je comprends parfaitement que ma demande est risquée et complexe. Mais je n'ai rien à perdre Comte c'est pour cela que j'ai osé vous présenter ma requête ce soir.
Moi et mon mari avons été victime d'une grande injustice qui s'est soldé par sa mort.


Protesta-t-elle de sa voix douce en le regardant avec plus de douceur, son visage reflétait enfin ce qu'elle ressentait vraiment, de l'inquiétude et de la douleur.
La rousse voulait lui montrer ce qu'elle était vraiment et qu'elle était honnête, sa vie était en jeu et elle en était plus que consciente, la carte qu'elle comptait jouer était donc celle de honnêteté , lui montrer qu'elle ne lui cacherait rien, qu'elle lui était dévouée et qu'elle n'avait jamais commis aucune faute.
La vampire lui avait également avouée son désire de vengeance et comprit très vite que là était son erreur. Car en voulant se venger elle le mettait en danger politiquement.
Sa gorge se noua en voyant sa réaction quand elle lui fit également part de sa difficulté à se contrôler. Un court instant ses paupières se fermèrent.
Alors le jeu était déjà fini ? Elle avait déjà perdu ? Il allait la livrer et elle allait finir brûler vive ou empaler sur une pique d'argent ? Elle se retint d'en frémir d'horreur.

-Je suppose que vous allez donc me livrer my lord... Mais pourquoi tant d'injustice ? On va me tuer pour n'avoir commis comme seul crime de naître dans le monde de la nuit pour éviter que je ne sombre à tout jamais. Je suis venu vers vous car on m'avait dit que vous étiez juste. Mon époux avait confiance en vous.
Oui je souhaite me venger, mais ne connaissez vous pas l'amour malgré votre âge ? Ne connaissez vous donc pas la douleur de perdre l'être aimé ? Il était toute ma vie et ma non vie, je n'avais rien d'autre..
Si j'arrive en effet à mener une vengeance ça ne serait pas avant des décennies et je romprais nos liens quelques temps avant de la mettre en marche...


Seule sa volonté de rester digne empêchait ses larmes de couler le long de son beau visage d’albâtre. Heureusement sa voix était resté égale et personne ne faisait attention à eux plus que cela.
Cependant sa douleur était palpable et ses yeux luisaient à cause des larmes qu'elle retenait avec bravoure. La jeune aristocrate avait peur de mourir, maintenant elle s'en rendait enfin compte.  
Elle ne baissa pas les yeux mais reconnut son tort.


-Je sais tout cela Comte.. cependant vous faîtes peur aux autres vampires, votre nom est murmuré avec crainte...

Lui souffla la belle avec désespoir. Entre ses mains elle avait l'impression d'être prise dans un dangereux étaux et craignait qu'en effet il finisse par la casser en deux pour régler le problème. En même temps le bon côté c'est qu'elle ne subirait pas les tortures orchestrés par le Baron Bloodwood.
Finalement elle soupira de soulagement quand il détendit son étreinte d'acier. Amaryllis réussit  à reprendre contenance et inspira profondément avant de répondre. Certain tique de l'époque où elle était humaine lui étaient restés malgré le temps.

-J'ai quatre-vingt-neuf ans, oui c'est vrai c'est de l'aide que je vous demande... j'ai simplement du mal à l'avouer. Mon mari se nommait Ethan marquis de Runaway et il est né en 1435 en France... il a eu d'autres noms mais je ne me souviens plus des quels.
Il m'a transformé car il m'aimait, nous étions à la chasse et un loup à surgit des fourrés, mon cheval s'est cabré et je suis tombée sur une pierre, m'ouvrant la tête. C'est tout ce dont je me souviens, enfin c'est ce qu'il m'a raconté. Il n'a rien fait de mal... tout comme moi. Je ne sais pas pour quelle raison le baron nous en veut tant, j'ai cherché à le découvrir mais je n'ai jamais rien trouvé de valable comme raisons.

Lui confia-t-elle avec sincérité, replaçant une de ses longues mèches auburn en arrière. Finalement une unique larme roula sur sa joue lisse alors qu'elle plongeait son regard bleuté dans le sien.

-Il me manque vous savez...
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Comte Keï
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MessageSujet: Re: Théâtre obscur [Amaryllis, Comte] [20/04/42] Lun 16 Mar - 21:29

- Une Nouvelle Née...

- Et qu'a-t-elle dit?

- Je ne suis pas sûre...Je crois qu'elle veut une alliance.

Marco tiqua. Une alliance qui déplaisait au Comte au point de décupler son aura aussi rapidement? Mauvais signe.

- Non. Faiblesse.

- Comment oses-tu? Ambre...? S'étonna l'Allemand en entendant sa consœur prononcer ces paroles avec autant de conviction.

- Tu sais que j'ai raison. Le maître ne peut continuer à prendre des risques, surtout maintenant.

Soupirs.

- Allons.

La belle rouquine donna le bras au grand Vampire et, ensemble, ils retournèrent vers le salon.

**************

Une jeune et maladroite inconsciente...Une désespérée...Voilà ce que le Comte pensait tandis qu'il dévisageait Amaryllis avec une froide colère. Comment pouvait-elle lui demander son soutien en lui annonçant aussi directement qu'elle désirait se venger d'un Prince de la nuit et qu'elle ne savait pas, en plus, contrôler sa soif? L’annihiler sur le champ était la solution la plus aisée pour mettre un terme à cette histoire. C'était ce qu'aurait fait n'importe quel Vampire consciencieux, respectueux des Lois de son espèce, doué de raison et capable de diplomatie extérieure à son domaine. Mais Jirômaru était différent. Il n'avait jamais suivi de très près les règles sans pour autant les transgresser visiblement, et c'était ce qui lui avait attiré bien des ennemis des deux côtés du monde, que ce soit sur sa face baignée de lumière ou celle qui se noyait dans l'obscurité. Il avait toujours fait ses propres choix et pris les décisions que son coeur seul désirait. Ce n'était pas ce soir que cela changerait, même si sa situation n'avait jamais été aussi critique.

- Le monde a toujours été fait d'injustices...

A mesure que la discussion avait révélé la franche demande de la jeune femme, le Comte s'était crispé, prêt à lui faire regretter ses paroles qu'il trouvait particulièrement déplacées, proches de la haute trahison. Mais, au fond de lui, résonnait toujours cette petite voix qui lui intimait de se regarder lui-même depuis le sommet d'une montagne. N'était-ce pas ce que son plus ancien maître lui avait enseigné? La capacité à se détacher de soi et de ses propres émotions pour atteindre les nues et jeter un regard objectif sur son corps terrestre et son esprit céleste...Amaryllis était surtout inexpérimentée et perdue.
Le Comte savait cependant qu'il devait rester prudent et juger de la pertinence que la présence d'une telle alliée pouvait avoir dans sa vie. Elle était jeune, désemparée, seule...Elle avait connu un amour des plus puissants, subi une perte affreusement tragique et vécu les terreurs de la fuite. Qu'en ferait-il? Une chanteuse? Une actrice? Peut-être...Mais quelles solutions s'offriraient à lui lorsque le Prince de Bristol viendrait la réclamer? Devrait-il s'opposer à sa mort et refuser de la lui accorder, risquant du même coup de perdre une lointaine alliance tout en laissant à la Camarilla l'occasion rêvée de le déstabiliser assez pour le renverser à Londres? Non...C'était trop risqué...
Jirômaru réfléchissait à une vitesse prodigieuse, pesant le pour et le contre de son implication dans la survie de celle qu'il tenait dans ses bras. Ses pas gardaient le rythme de la valse qu'ils étaient en train d'exécuter, feignant l'un et l'autre une aisance de société, et il ne la quittait plus des yeux. Il cherchait, dans ses prunelles d'azur, la moindre trace de sournoiserie, la plus petite ombre simiesque capable de lui révéler de perfides intentions. Il laissait son aura rôder autour de la sienne, comme la présence du loup tourne autour de sa proie, mesurant son importance et sa qualité. Devait-il en finir d'un coup de croc ou attendre de la livrer à ceux qui viendraient peut être la chercher demain? Avait-il besoin d'une nouvelle protégée? Placer sous son aile cette jeune femme le rendrait-il plus fort ou l'alourdirait-il encore plus dans sa mission?
Son regard de brume soutenait le sien, si triste, si soumis.

Amaryllis était sincère.
Face aux larmes qui perlaient au bord de ses mires, Jirômaru détendit bientôt son étreinte devenue sensiblement rigide depuis quelques minutes.


- Vous n'oseriez plonger dans mes pensées, fit-il dans un murmure, vous m'êtes "toute disposée", vous connaissez la "cause" de mes "mésaventures" avec "exactitude", votre mari me faisait confiance...Qui êtes-vous donc, Amaryllis? Le Comte réduisit la distance qui séparait leurs visages pour mieux frôler son oreille. Geste déplacé en société, mais qui devenait nécessaire pour parachever son test. Vous dites que je fais peur aux autres Vampires et vous venez me parler de vengeance, sur mon territoire, sans vous soucier de mes alliances...Vous êtes bien téméraire...

Jirômaru dévoila ses canines ivoiriennes et respira le suave parfum de la jeune rouquine. Elle osait lui parler d'amour...Si seulement elle savait! Son existence n'avait été bouleversé que par ce sentiment, comme beaucoup, même s'il était sans nul doute de ceux qui en avaient le plus souffert...Quelle question cruelle...Elle méritait de continuer à verser des larmes. Mais n'avait-elle pas raison?
La décision du Vampire était en balance. Que devait-il faire? Accepter de protéger ce Nouveau Né risquait de l'enfoncer encore dans la bourbe qu'il s'était créé en pourchassant Sarah, en violentant les Hunters, en tuant Joyce, en protégeant la petite Jenny...Jusqu'où se créerait-il des ennemis? Jusqu'à quel point pouvait-il seulement se le permettre? Il était immortel mais pas invincible! Et s'il voulait réussir sa quête, celle de toute son existence vampirique, il devait se méfier de ses déplacement de pions. L'échiquier avait déjà basculé une fois dans le néant...il avait perdu des pièces qu'il avait jugées capitales...La nouvelle partie qu'il était en train d'avancer ne pouvait souffrir de trembler à son tour. Il devait être certain que tout ce qu'il entreprendrait maintenant était dans son intérêt...


- Je déteste les loups...Gronda-t-il en frôlant le cou de la jeune femme du bout de son menton parfaitement lisse. Vous me donnez une nouvelle raison de les haïr...

Reculant soudainement son visage, Jirômaru esquissa un sourire et accéléra ses pas. La danse allait bientôt cesser. Sans quitter des yeux la jeune cantatrice, le Vampire se prit au jeu mondain, ce qui était rare. Maintenant que beaucoup les avaient vus se rapprocher, il fallait les persuader que cela n'avait été que pour profiter pleinement de la musique que l'orchestre jouait ce soir. A force de sourires et de gestes d'une précision chirurgicale, il amena Amaryllis au bord de la piste et lui montra d'un coup de tête le couple que formait Marco et Ambre dans la foule. Derrière son éventail, la belle Vampire observait son maître d'un air inquiet tandis que le géant blond qui se tenait à ses côtés faisait mine de chercher du regard une connaissance alors qu'il avait parfaitement repéré le Comte.

- Vous voyez ces deux-là? Susurra le Comte avec un sourire amusé. Ils ont cru que j'allais vous manger...Et je n'en étais pas loin...

Ambre leva les yeux au plafond et se détourna de son maître. Marco jeta un regard au Comte et se contenta de suivre sa consoeur qui sortait de nouveau du salon. Ils allaient rentrer, comme ils venaient d'en recevoir l'ordre d'un battement de cil de la part du vieux Vampire.

- Dans la ruelle du Chanvre, à deux rues d'ici. Fit le lord en souriant à la jeune femme qu'il lâchait tandis que la musique cessait et que les applaudissements des clients envahissaient l'espace.

Le rendez-vous était donné. Ils allaient discuter de vive voix dans l'intimité. Une courbette dans les règles, un baise-main un peu prolongé et Jirômaru se dirigea vers le buffet. Il devait encore palabrer un peu avant de sortir, histoire que cela ne soit pas trop ostensible.
La musique reprit et un jeune dandy l'aborda en lui offrant un verre de vin épicé. Le Comte lui sourit et saisit l'offrande avec amabilité sans jeter le moindre regard à Amaryllis. Ils devaient donner l'illusion qu'ils n'étaient pas liés, sauf par le rang, et qu'ils n'avaient fait que se joindre naturellement aux danseurs et se croiser par hasard. C'était une pratique courante pour ceux qui se courtisaient, bien qu'il fût ici question de courtoisies relevant de la politique.
Au bout d'un moment, après que le dandy et le lord se soient adressé un dernier sourire plein de sens pour les Vampires qui avaient eu le courage de rester dans le salon, le Comte regagna l'entrée et récupéra ses effets personnels. Il fallait sortir, l'heure était aux révélations et à la signature du pacte! N'allait-il pas regretter son geste? Sans doute...Mais son instinct, et les beaux yeux d'Ambre, l'avaient convaincu.
Une fois dehors, le Vampire respira une immense bouffée d'air frais. Ah! Comme il aimait la nuit! Elle était si pure, si froide, si douce!

D'un pas tranquille, le lord se dirigea vers la ruelle du Chanvre. Il y retrouva comme prévu son fiacre, près duquel se tenait son cocher. Ambre et Marco n'étaient pas là, ni en dehors, ni à l'intérieur du véhicule. Ils avaient compris que leur présence n'était pas des plus désirées par leur maître et ils avaient pris les devants.

Soufflant un mot au cocher qui acquiesça d'un signe de tête, le Comte le laissa ouvrir la porte du fiacre et pénétra dans l'alcôve molletonnée qui l'attendait. Le cocher ne referma pas la porte et se hissa sur son siège, prêt à fouetter les chevaux sur un ordre.
Patient, Jirômaru posa son haut de forme sur la banquette et abandonna sa canne-épée contre la paroi fermée du véhicule. Puis, lentement, il s'étira et s'allongea à demi en croisant les jambes. Amaryllis viendrait, elle n'avait pas le choix. Une fois qu'elle serait entrée avec lui, elle pourrait lui expliquer plus en détails ses mésaventures et ils pourraient peut être se lier d'une façon ou d'une autre. Le Prince de Londres n'était pas encore certain de son choix, mais il voulait lui laisser une chance de lui prouver sa volonté de vivre et, surtout, la fidélité qu'elle pourrait lui attacher.


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MessageSujet: Re: Théâtre obscur [Amaryllis, Comte] [20/04/42] Jeu 2 Avr - 19:36

L’ancienne roturière devenue marquise grâce à son mariage refusait de baisser la tête malgré la colère de son ainé. Elle refusait de lui montrer sa peur, son effroi malgré son aura qui semblait l’écraser. Amaryllis n’était pas une femme soumise et elle tenait à ce qu’elle demandait.
Elle savait à quoi s’attendre en parlant de ses futurs plans, mais si elle osait demander la protection de quelqu’un la belle se devait au moins de se montrer honnête avec son Prince si elle devenait vassale.
Un petit rire franchit les lèvres de la rousse en entendant cette phrase toute faîte qui n’avait pas de sens à part celui d’éluder son monologue.


- Monsieur je pense que quand on endosse la responsabilité d’être Roi, Prince, Aristocrate c’est pour faire en sorte d’éliminer les injustices quand nous en avons la possibilité et non de répondre par ce genre de phrase. Sinon on ne mérite pas ces titres, on ne mérite que celui de Tyran ou d’usurpateur.
Cependant je pense que vous ne méritez aucun de ces deux noms, alors si le vous plait ne brisez pas mon espoir comme quoi le plus puissant de nos Princes ne se soucierait pas des problèmes de ces dévoués sujets n’ayant commis comme seul crime celui de naître dans le monde de la nuit.


Amaryllis avait peur de la réaction du comte après sa diatribe mais il l’avait mis en colère et après tout qu’avait elle encore à perdre ? Rien... car de toutes les manière s’il refusait de la protéger elle était déjà morte et ne savait quel terrible châtiments ont lui infligerait.
La jeune femme aux yeux azures voyait bien qu’il était prêt à lui sauter dessus pour lui arracher la tête vu ces paroles et son but. Elle se calquait sur son attitude et pouvait donc deviner facilement ses pensées. Trahison, oui il devait penser à cela et pas tout à fait à tort.

Finalement elle redescendit de ses grands chevaux et du se reconcentrer pour ne pas montrer sa douleur et sa peine.
La jeune femme se rendit compte qu’elle devait lui montrer qu’elle pourrait lui apporter plus qu’il ne pourrait perdre en la protégeant, cela commençait par lui montrer qu’elle serait honnête et loyale.
Finalement elle glissa à son oreille.

- Je peux vous être utile, vous me protégerez, mais je ne me montrerais pas ingrate en retour. En plus de vous rapporter de l'argent par mes talents artistiques je ne suis pas la dernière des idiotes.
Je sais manœuvrer dans ce monde comme dans celui de la nuit, je sais écouter et me faire discrète, même indétectable pour nos frères et sœurs de la nuit.
Sans oublier que nous partageons la même politique au sujet de notre relation avec les humains tout en nous tenant loin de la Camarilla et de ses embrouilles qui n'est en réalité qu'un repère de vampires cupides.
Certes je suis jeune et j'ignore encore certaines choses, j'ai quelques problèmes avec le sang ce qui me pèse énormément, mais j'apprends vite.


Elle était honnête et ne lui disait que ce dont elle avait été capable par le passé pour son mari. Sa voix avait été douce, contenue et pleine de soumission. Amaryllis lui avait dit tout cela comme elle lui aurait proposé un bon verre de vin.
Au fond elle aurait voulu tomber à genoux devant lui et le supplier de la protéger, lui dire qu’elle voulait vivre, qu’elle avait besoin de venger son époux. C’était son devoir, venger son mari, son sieur... son cœur brisé à jamais, sa vie qui était brisée.

Sa respiration était bloquée par l’étreinte brutale de l’albinos aux yeux d’aveugles. Des larmes avaient commencées à couler sur son visage aussi pâle que la mort.
La voix de l’homme la fit frémir, elle était trop calme...trop basse. La belle ferma les yeux et l’écouta avec attention. Oui qui était elle ?
Amaryllis rouvrit les yeux et les planta dans les siens, se tint plus droite et son aura se raffermit.


- Ce que je suis ? Comment pourrais-je le savoir vraiment ? Je suis une femme qui a connue la plus grande des douleurs, j’ai perdu l’homme de ma vie, j’ai perdu ma famille, j’ai perdu mon droit de revoir un jour ce soleil que j’adorais tant... j’ai perdu mes espoirs et mes rêves, ma vie.
Ce qui fait que je suis debout aujourd’hui c’est mon désire de vengeance. J’ai peur de mourir... mais au fond je sais que je le retrouverais, enfin je l’espère.
Mais oui Ethan ne méritait pas de mourir, il avait juste voulu me sauver du souffle froid de la mort par amour. Enfin j’ai la naïveté de le croire.
Oui je suis téméraire comme l’est une personne qui n’a plus rien à perdre.
Entre nous my lord si vous décidiez de me livrer vous y perdriez plus que moi. Surtout que mes projets de vengeances ne se réaliseront pas avant des années, je suis bien trop inexpérimenté pour me risquer à affronter un vampire de quatre siècles...

Les larmes continuaient de couler sur son visage alors qu’elle parlait. Sa voix était sans aucune chaleur et semblait presque détacher de la réalité.
Finalement elle lui avait demandé si il ne pouvait la comprendre. Bien sûre qu’il avait déjà aimé vu son âge, il ne pouvait en être autrement.
Finalement elle continua parlant de son défunt époux.


- Ethan était français à l’origine, il avait un autre nom... j’ai du mal à me souvenir du quel. Je l’avais lu un jour dans l’un de ces papiers. Il refusait de parler de ce qu’il faisait autrefois. Je sais qu’il cherchait quelque chose mais je n’ai jamais réussi à savoir ce que c’était... Oh attendez... Baptiste de Kernelle. Je crois que c’était cela... Je ne sais pas d’où il vous connaissait.

Lui expliqua-t-elle de son mieux en tentant de se souvenir. Autre fois elle avait découvert en cherchant quelque chose dans son bureau de vieux papiers ainsi que des cartes, des observations. Mais le détenteur des papiers était arrivé et lui avait arraché des mains lui demandant de ne plus y toucher et de ne plus y faire attention.
La belle aux cheveux oscillant entre le roux et le blond se figea quand il frôla son cou de son menton pointu.


- Je hais ces chiens...

Souffla-t-elle en retour avec un petit sourire. Elle n’aimait ni les loups ni les loups-garous. La jeune marquise avait déjà du par le passé traiter avec eux quand ils étaient à Édimbourg et qu’on leur avait demandé de servir de diplomates.

Amaryllis se laissa guider par le seigneur de la ville aux yeux de brumes et suivit les pas à la perfection profitant du reste de la danse et gardant un visage neutre, mais ses yeux qui étaient plongés dans les siens reflétaient tous les sentiments qu’elle éprouvait en cet instant. Ces craintes, ses espoirs...
La jeune femme tourna la tête quand le Comte Keisuke lui désigna le couple de vampire et finalement elle lui sourit.

- Je dois avouer que j’ai cru la même chose.

Avoua l’aristocrate aux beaux yeux bleus. La belle hocha la tête à sa seconde remarque, s’inclina et se rendit à l’autre bout de la salle où elle saisit une tasse de thé fumante entre ses mains qu’elle bue lentement pour ne pas que l’on puisse se poser de question.
Finalement alors que la place était libre elle se décida et s’avança au milieu et se mit à chanter de sa plus jolie voix faisant le silence autour d’elle même si d’autres continuaient de discuter dans un autre coin de la salle.
Lorsqu’elle vit sortir le Comte elle continua et chanta même une seconde chanson avant de s’incliner et de s’éclipser discrètement, remettant sa mante et rabattant le capuchon sur son inoubliable visage.

La jeune vampire marcha d’un pas souple et régulier, cherchant où se trouvait le lieux de leur rendez vous, finalement quand elle vit un fiacre et sentit l’auras de son possesseur elle s’approcha et fit face à la portière ouverte. L’intérieur du fiacre semblait sombre et à travers la portière on ne discernait que les longues jambes du Comte ainsi que sa canne.
Ainsi elle allait se jeter dans la gueule béante du loups aux canines acérées.
Amaryllis entra et après un hochement de tête s’assit en face de lui, plongeant son regard glacé dans le sien après avoir retiré son capuchon.
Sa voix mélodieuse brisa le silence et demanda.


- Comte, qu’allez vous faire de moi ?
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MessageSujet: Re: Théâtre obscur [Amaryllis, Comte] [20/04/42] Ven 10 Avr - 0:27

Une femme en plein émoi, voilà ce qu'était la belle Amaryllis, marquise de Runaway. Une âme égarée qui demandait l'hospitalité pour éviter de se faire dévorer par les loups dehors...Elle pleurait un amour perdu à jamais et priait pour son propre salut. C'était une suppliante, digne et résolue, aussi pleine d'espoir que de haine.
Cette contradiction de sentiments et d'émotions était ce qui la poussait à passer certains paliers que d'autres n'auraient jamais osé ne serait-ce que frôler en présence du Comte. Elle s'exprimait librement, sans se contraindre, avec la franchise la plus venimeuse qui soit. Jirômaru songea plus d'une fois à l'écraser de son aura mais il se retint, fort de son expérience et avide de curiosité. Avant de la juger, il souhaitait l'écouter et savoir ce qui l'avait ainsi poussée dans ses bras. Il voulait être certain de ce qu'il allait en faire et éviter de la vendre à ses confrères si son histoire justifiait sa situation.
Cependant, lorsque la jeune femme se permit de critiquer ses propos et de remettre en question ses titres de noblesse, comme si elle partait du principe que s'il ne l'aidait pas c'était qu'il n'avait aucun honneur, aucun "mérite", le Comte serra les dents et des éclairs vibrèrent dans ses yeux. Son coeur s'était accéléré à mesure que son exaspération commençait à déborder et l'envie de la tuer ce soir l'avait largement effleuré.
Comment osait-elle? Si elle pensait que c'était avec ce type de chantage moral et affectif qu'elle aurait sa protection, elle se trompait lourdement! Qu'avait-il donc à faire de l'opinion d'une pauvre gamine à peine née qui venait pleurnicher sur son épaule une vie dont il n'avait cure?
Serrant son étreinte, il l'avait écoutée, plein d'une nouvelle rage qui avait rendu ses mouvements plus saccadés. Heureusement, comme si elle pouvait lire ses pensées, et parce qu'elle maniait la prétérition, sans habileté toutefois, Amaryllis dansa bientôt sur un autre pied et lui concéda qu'elle l'avait en haute estime et qu'elle ne doutait pas une seule seconde que son jugement serait le bon. Piètre façon de se rattraper.


- On m'a donné bien des surnoms, my lady...Ceux de tyran et d'usurpateur ont sans doute été les plus courants...On dit que je suis un fou également...Le saviez-vous?

Le Comte ne riait plus du tout. Aucun signe d'amabilité, même feinte, n'apparaissait plus sur le moindre de ses traits. C'était devenu un bloc de glace aux rebords aiguisés par le temps. Amaryllis ne semblait pas avoir saisi que sa requête farfelue, proposée sur ce ton, avait tout d'une insulte.
Mais Jirômaru attendit encore. La jeune femme donnait l'impression qu'elle avait des choses à lui offrir. Un marché était en train de naître entre-eux, ou du moins la belle laissait-elle entendre qu'elle n'était pas venue les mains parfaitement vide et qu'il avait tout intérêt à la garder vivante.
Le Comte l'écouta lui exposer ses arguments et lui sourit d'un air peu convaincu.


- L'argent...je n'en ai que faire. Après six cents ans d'existence, croyez-vous donc que je travaille encore pour quelques piécettes? Fit-il en levant un sourcil, signe d'une moquerie complète.

Mais lorsque la jeune cantatrice lui affirma qu'elle savait "manoeuvrer" dans le monde de la nuit et qu'elle pouvait lui servir d'espionne envers la Camarilla, il se radoucit un peu, réfléchissant d'un air pensif aux possibilités qui s'offraient à lui.


- La discrétion est une qualité, surtout lorsque l'on traite avec la Camarilla. Ses yeux sont partout, ses oreilles également...Vous ne devriez d'ailleurs pas exposer aussi franchement vos opinions. Sans ma présence, ce salon aurait pu être votre tombeau pour de telles paroles.

Amaryllis eut alors la maladresse de lui rappeler qu'elle ne savait pas encore contrôler sa soif de sang et qu'elle devait encore s'entraîner à ce sujet. Le Comte tiqua jusqu'à froncer le nez comme s'il se trouvait face à une personne nauséabonde. Ce spasme lui avait échappé. Il ne supportait décidément pas les nouveaux-nés. Pour lui, c'était la preuve que la société vampirique gagnait toujours du terrain et qu'il devait mettre un terme à tout cela au plus vite. C'était la marque de ses échecs, sa honte la plus cachée. Chaque Humain vampirisé venait grossir les rangs de ces infectes créatures dont il faisait partie malgré lui...

- C'est un problème. Fit-il de but en blanc. Un gros problème...

Il se tue, préférant imposer le silence plutôt que de lui cracher dessus au risque de paraître suspect pour les clients du Spirit. Les danseurs autour d'eux avaient déjà senti que leurs pas de danse n'étaient pas toujours aussi réguliers que ce que le public croyait. Il fallait qu'ils restent dans leurs rôles pour éviter de soulever des soupçons quant à la nature de leur discussion.

Mais le Comte voulait en savoir plus. Tâchant de ne pas trop l'opprimer, il fit tout de même pression sur Amaryllis, tant en terme de paroles que de mouvements physiques, afin de la pousser à lui révéler "qui" elle était vraiment. Il voulait savoir jusqu'où son désespoir pouvait la pousser dès ce soir...

Le résultat fut plus rapide que prévu. D'abord téméraire, la jeune femme laissa rapidement ses émotions la submerger et des larmes perlèrent au coin de ses yeux. Il était temps de se séparer pour mieux se retrouver afin de voir si, oui ou non, ils allaient clore un accord convenable ou se déchirer l'un l'autre.


- Je doute franchement avoir plus à perdre que vous dans cette affaire, comtesse...Je puis concevoir votre détresse, votre colère, vos envies vengeresses et votre volonté de jouer la dernière carte qu'il vous reste en main, mais ne soyez pas trop orgueilleuse. Que m'apporte réellement votre présence à Londres si ce ne sont des problèmes qui ne sont pas directement les miens? Qu'avez-vous de plus à m'offrir que vos larmes, votre vie et un inéluctable conflit avec le Prince de Bristol?

Même s'il savait pertinemment que la jeune femme éplorée en face de lui ne parlait que sous le coup de l'émotion, il tenait à la remettre à sa place et à lui faire ouvrir les yeux sur sa véritable position. S'il décidait de la livrer, qu'y perdrait-il? Une habile espionne? La belle affaire! Combien de sbires avait-il déjà sous ses ordres, prêts à se sacrifier pour lui sur un simple regard? Une femme de plus dans ses rangs ne changerait plus grand chose à présent.

- Votre peur est bien légitime, et plus appropriée à votre situation que vous ne l'imaginez.

Jirômaru tentait de se mettre à sa place pour vérifier les différentes options qui étaient possibles. Amaryllis n'avait pas le choix. Il fallait qu'elle se place sous l'aile protectrice d'un Vampire plus âgé qu'elle et qui aurait suffisamment de poids dans la balance politique pour assurer sa survie face au Prince de Bristol. Qui d'autre que lui aurait-elle pu aller trouver? Le duc de Montmorency était puissant mais trop volage et négligé. Le Prince de Cardiff était sans nul doute trop proche de celui de Bristol pour lui ouvrir ses portes...La fuite éternelle n'était pas non plus envisageable à cause des hordes nouvelles de Loups qui ravageaient les campagnes, sans compter les récentes percées des Hunters qui recommençaient à se grouper de-ci de-là en Angleterre. Non...La belle rouquine ne pouvait qu'abandonner la partie, se donner la mort ou attendre patiemment qu'elle viennent la prendre un jour sans lune.

L'ancien nom de son amant réveilla l'attention du Comte qui semblait perdu dans ses analyses.


- Baptiste de Kernelle...Répéta-t-il doucement pour lui-même. Ce nom semble venir d'un autre temps...

Jirômaru ne se souvenait pas de ce jeune homme mais le fait que son nom puisse lui dire quelque chose prouvait qu'il ne lui avait pas été indifférent à une époque. Qu'avaient-ils donc partagé dans ce laps de temps? Il faudrait qu'il se le remémore, qu'il médite sur la question.
Sa décision se joua sur ces dernières paroles échangées entre eux sur la piste de danse avant que l'orchestre ne change de musique et qu'il ne se séparent pour mieux noyer les soupçons avant de se retrouver dans son fiacre.


*************

Qu'allait-il faire d'elle une fois qu'elle serait embauchée? C'était ce qu'il ne parvenait pas encore à définir tout à fait lorsque la jeune femme monta enfin dans son véhicule à l'arrêt. Il l'accueillit d'un regard posé, presque sans vie, comme s'il se trouvait sur un autre plan et qu'il pouvait voir au travers elle. Ses pensées bondissaient d'une envie à une autre, comme une abeille cherche le meilleur endroit pour trouver son nectar. Amaryllis avait peur, cela se sentait, mais son regard brillait d'une flamme qui prouvait assez sa détermination: elle voulait en finir.
D'ailleurs, sa question, posée sans ambages, jeta sur eux le glas d'une sentence qu'elle semblait attendre.


- Je ne vais rien faire de vous, Amaryllis, du moins rien d'extraordinaire. Lui répondit le Comte d'un air neutre.

Lentement, après avoir fermé la porte par laquelle la belle était entrée, il poussa un soupir et souleva le mince rideau qui obstruait la fenêtre du fiacre pour jeter un coup d'oeil dehors. Ils étaient immobiles, dans une rue particulièrement sombre, et nulle âme n'errait alentour. Il continua d'un ton égal:


- Je vais vous engager dans ma troupe, de façon très officielle. Cela suffira à dissuader la plupart de nos confrères de vous approcher d'un peu trop près. Et puis, je dois bien avouer que votre voix me plaît, je l'ai entendue tout à l'heure...Comme je vous le disais tantôt, je cherche des acteurs capables d'avoir du timbre.

Laissant le rideau et la fenêtre, il ramena son regard sur Amaryllis. Ses réflexions avaient marqué son visage d'un trait inquiet et colérique.

- J'espère que vous vous rendez compte que ce que je m'apprête à faire me coûte et que j'attends de vous une loyauté à toute épreuve...Murmura-t-il en plongeant son regard dans le sien d'une façon qui appuyait vivement sa menace.

La jeune femme n'avait pas intérêt à le trahir si elle ne voulait pas finir démembrée dans un coin de ruelle. La chose n'était pas dite, mais le sous-entendu était aussi limpide que la brume qui coulait dans ses yeux d'aveugle.


- Je ne puis me permettre ce genre de chose sans risquer d'y perdre ce que j'ai de plus cher...Et je ne le fais que pour recevoir une contrepartie...n'en doutez pas un seul instant.

Le Comte était clair. Il n'agissait pas par compassion, encore moins par générosité, mais bien par intérêt, comme toujours lorsqu'il s'agissait d'une alliance de la nuit. Le Vampire souhaitait faire de la jeune femme un pion sur son échiquier: d'abord une chanteuse, une actrice, pour combler les vides qui s'étaient faits dans sa troupe depuis l'attentat, mais ensuite il comptait bien l'utiliser à son avantage dans quelques plans plus douteux. Elle devrait l'accepter ou quitter Londres pour retourner à sa vie de fugitive. Il ne l'aiderait pas autrement.

- Je vous enverrai un pli, précisant le plus officiellement du monde que je souhaite vous intégrer à ma troupe après vous avoir entendue chanter ce soir au Spirit. Vous accepterez et vous vous en vanterez dans les salons. Cette démarche doit se savoir pour que les ombres vous lâchent au plus vite et que notre accord passe pour le plus mondain des arrangements.

En tant que lord à la cour de Victoria et seigneur Vampire, Jirômaru connaissait les attitudes qu'il fallait adopter pour que la société soit complice de leurs choix. Il fallait rester vague aux yeux des créatures de la nuit, laisser le doute planer sur leur relation afin d'effrayer les plus audacieux, et il fallait, au contraire, grossir les traits pour le monde diurne afin que les commérages ne viennent pas détruire tous leurs efforts.

- Où habitez-vous, miss Runaway? Je vais m'arranger pour que des gardiens veillent sur votre demeure. Je ne peux rien garantir, je suis très occupé. Fit-il un peu brusquement pour que la jeune femme comprenne qu'il n'avait pas non plus que ça à faire et éviter qu'elle n'imagine qu'il allait dépêcher ses plus fidèles sbires à ses portes. J'ose espérer ne plus jamais entendre quoique ce soit au sujet d'une éventuelle vengeance...Pas ici! Pas dans ma ville! Pas sous mon toit! Vos pensées vous appartiennent, mais prenez garde à vos paroles...Londres ne sait pas garder ses secrets bien longtemps. Les ruelles murmurent entre elles...

Là aussi, le Comte était franc: il ne souhaitait plus entendre la jeune femme prononcer ce genre de propos au sujet du Prince de Bristol ou du duc d'Edimbourg, pour la simple et bonne raison qu'il ne pourrait plus la protéger si elle apparaissait clairement comme une traîtresse à leur race. Sa situation de "non-voulue" était déjà bien assez préoccupante. Jirômaru avait du pouvoir, et il était sans doute capable de faire tomber bon nombre des siens avant de périr sous leurs crocs, mais il préférait éviter un bain de sang. Amaryllis devait comprendre qu'en se plaçant sous son aile il valait mieux qu'elle conserve le visage d'une triste veuve, plus aisé à faire digérer à tous, même au Prince de Bristol, plutôt que de laisser poindre un pli de haine au coin de sa bouche que d'aucun jugerait hâtivement partagé par son protecteur. S'ils réussissaient à faire passer son asile pour une habile salle de torture plutôt que pour un nid de vipères venimeuses aiguisant écailles et crocs dans le sein d'une conspirations, peut être que le Prince de Bristol les laisserait en paix sans chercher à la récupérer.

Rejoignant doucement le siège de la comtesse, Jirômaru osa aller jusqu'à lui entourer la taille d'un bras pour se coller à elle. Le long de son cou, il soupira un peu avant de lui prendre la main.


- Donnez-moi une goutte de votre sang, pour sceller notre "amitié". Nous avons tant à apprendre l'un de l'autre...

L'espace d'un instant, son sourire se fit sadique. C'était sa méthode depuis toujours: pour s'attacher ses disciples et être en mesure de reconnaître leur sang parmi les fragrances du monde, il leur réclamait une goutte de sang, qu'ils devaient eux-mêmes offrir, sans qu'il ne les morde, pour conserver d'eux une trace sans qu'ils ne portent sa marque. C'était une façon de s'assurer de pouvoir les retrouver, une manière de les plier à sa volonté et de se les lier dans un geste plus anodin que ce qu'ils y voyaient toujours. C'était autant un question pratique, qu'une question symbolique.

Au fond de lui, le Comte ne put s'empêcher de songer à Glen et à cette goutte vermeille qui s'était déposée sur ses lèvres au milieu du cimetière de Highgate...


> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
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MessageSujet: Re: Théâtre obscur [Amaryllis, Comte] [20/04/42] Lun 13 Avr - 0:05

La jeune marquise Runaway ne montrait plus sa peur et se contentait de lui dire ce qu’elle pensait sans se brider aucunement. A quoi bon ? Elle n’avait plus rien à perdre à part sa vie. Et quelle vie était-ce ? Celle d’une fugitive, meurtrière malgré elle, mais dont son plus grand crime était d’être née dans ce moment obscure ?

Bien sûr ses paroles étaient virulentes et sans retenues ce qu’elle ne se serait jamais permise autrefois. Mais elle était révulsé de l’entendre parler ainsi, comme si ce qu’elle vivait ne comptait pas... comme si le fait que son époux qui était toute sa vie n’était qu’une poussière.
Au fond c’était vrai, simplement à ce moment elle ne pouvait le supporter. Comment pourrait-elle supporter cette réaction de la part de son dernier espoir ? Comme si on lui arrachait son dernier souffle... Ses paroles n’étaient que le reflet de ses pensées et de ses profondes convictions, elle ne pensait pas un seul instant que cela le ferait changer d’avis et que soudainement il puisse se dire qu’elle avait raison. Cependant elle avait toujours cru en cela, l’avait toujours gardé pour elle et maintenant tous ses sentiments se déversaient sans retenues sur l’ancien vampire aux yeux d’aveugles.
Toute sa haine, sa douleur, sa honte d’avoir survécu elle, son désespoir et sa tristesse. En même temps elle n’avait eut aucune confrontation depuis des mois, Amaryllis ne pouvait plus contrôler sa frustation et sa rage.

La séduisante vampire en oubliait toute son éducation Ventrues, son habileté habituelle à plaire aux gens qu’elle rencontrait en réussissant à adopter leurs attitudes et leur manière donc de réfléchir.
Si elle s’était reprise c’est car elle avait confiance en Ethan et ne doutait pas que s’il lui avait dit d’aller voir ce Jiromarû Keisuke ce n’était pas pour rien, c’est qu’il avait foi en lui donc elle devait faire de même.
Bien entendu elle avait perçue la colère de son aîné et qu’il était prêt à la tuer sur le champ, cela elle n’en doutait point vu la douleur qu’elle commençait à ressentir à cause de l’étreinte brutale de l’aristocrate. Cependant elle préférait mourir en cette jolie soirée de printemps que de fuir encore et encore pour finalement être retrouvée et torturée par le Baron Bloodwood qui aimait tant voir ses ennemis souffrir.


- J’ai en effet entendu cela pendant mon bref séjour en cette sombre ville, cependant mon époux avait confiance en vous et il ne m’aurait pas envoyé à la mort. Je crois en lui, donc je crois aussi en vous. Que vous soyez fou ou non... D’une certaine manière ne le sommes nous pas tous ? N’est ce pas juste un terme qu’utilise les simples d’esprits pour désigner les personnes différentes d’eux et de ce qu’ils estiment normal ?

Lui demanda-t-elle alors que le souffle commençait à lui manquer à cause de son étreinte qui la comprimait et de son corset peut être un peu trop serré.
Après cela elle avait commencé à lui faire part de ce qu’elle pensait pouvoir lui apporter et qu’elle ne comptait pas simplement profiter de sa protection et se montrer ingrate. La belle rouquine avait des choses à offrir et peut être même un peu plus que ce qu’elle imaginait.
Oui l’argent ne l’intéressait pas, cela elle s’en doutait un peu cependant il était toujours utile d’avoir plus d’argent. C’était l’argent qui régissait le monde et ouvrait toutes les portes, on n’en avait jamais assez. Elle n’était pas cupide, simplement lucide.
Amaryllis hocha la tête et lui sourit, bien sûr elle ne lui parlerait pas en publique de son don si particulier qui l’intéresserait certainement beaucoup. Quand elle s’était rendue compte qu’elle pouvait faire cela feu le marquis de Runaway avait presque sauté de joie en se rendant compte de toutes les possibilités pour surveiller leurs arrières qu’elle lui offrait.


- Oh my lord, me pensez vous si idiote pour croire que je pourrais parler si franchement à un autre que vous ? Mon sort dépend de votre décision, je me dois d’être franche et de ne rien vous cacher même si cela me met peut être en danger.
Je tiens à vous prouver mon honnêteté, que vous ayez tous les éléments.


Cela n’avait pas été maladroit de lui rappeler ce problème, si elle l’avait fait c’est car elle avait réellement un problème avec cela et avait besoin d’aide pour le régler. L’expression de l’albinos ne pue lui échapper et un petit sourire triste se dessina sur son beau visage d’ange de la mort encadré par ses longues boucles oscillant entre le roux et le blond.


- J’en concède, vous savez je souffre de cela et je me hais de prendre ainsi la vie d’innocents car je ne puis me contrôler. Je hais ce que je suis, je hais notre espèce meurtrière...Vous ne pouvez imaginer ma culpabilité quand je prends la vie de pauvres humains se trouvant hélas sur ma route et que je ressent ce plaisir de boire, de me sentir mieux à leur détriments. A chaque fois que je saigne une jeune fille je me dis que cela pourrait être ma sœur jumelle, ma petite sœur que je n’ai plus jamais revue après être partie pour cette promenade.
Il n’y a pas un jour où je ne me dis faîtes que cela cesse... que je réussisse à me retenir, que cette soif s’évanouisse...
Je tente de me nourrir de sang animal mais ce n’est pas suffisant... je ne sais où me procurer de blood tablett dans cette ville...


Confia-t-elle finalement la tristesse peignant ses traits fins et ses yeux s’attristant un peu plus. Oui elle détestait les vampires, elle se haïssait et peinait à supporter son reflet dans le miroir quand elle devait s’y mirer.
De temps à autre elle se sentait comme cette Lady Macbeth qu’elle avait tant de fois interprétées, les mains pleines de sangs à causes de ses crimes, ces tâches qui refusaient de disparaitre malgré les multiples lavements... deviendrait-elle aussi folle qu’elle ? Se jetterait-elle du haut de sa fenêtre ?
Non cela ne la tuerait peut être même pas... car elle était un vrai monstre. De la pire espèce.


La marquise lui offrit un sourire le remerciant presque de ne pas lui vomir son dégout dessus. Elle voyait bien qu’il la méprisait autant qu’elle se vomissait elle même. Cependant elle appréciait sa discrétion en publique. Cela n’aurait pas fait très bonne impression de se retrouver ainsi humilier par le plus important noble de la capitale anglaise.
La jeune femme aux yeux d’un bleu aussi froid que la glace recouvrant l’arctique se laissait entrainer dans la danse tout en se soumettant à son étreinte de fer alors qu’elle répondait à cette difficile question. Qu’est ce qu’elle était ? Ce quelle lui avait dit ne répondait que partiellement à la question, mais comment formuler le reste ? Le savait-elle seulement elle même ?
Elle courba la tête en l’entendant en un signe de soumission, après toutes ces diatribes elle se sentait vidée.


- Non Comte... je n’ai absolument rien à perdre... la seule chose qui me reste si vous décidez de me livrer ou de me laisser seule avec mes difficultés est de choisir ma mort. Ce n’est donc pas de orgueilleuse, une simple réalité. Je n’ai rien... j’ai tout perdu il y a plusieurs mois maintenant.
Si vous me livrez vous perdrez une cantatrice de talent, une espionne plus que compétente, une servante fidèle et intelligente, enfin je le suis habituellement, j’avoue que ce soir je ne vous en donne pas la preuve par ma fougue et mon désespoir. Et je suis une noble... peu de vos sbires le sont je suppose et c’est toujours utile d’avoir des gens un peu partout. Cela semble certainement peu à vos yeux pourtant je ne mens pas sur mes compétences et je sais que je peux vous apporter quelque chose.
Dont une lettre de mon époux... il m’a demandé de ne pas la lire et de vous la remettre s’il disparaissait.


Murmura-t-elle en replongeant son regard dans le sien qui était devenu presque inexpressif... seule la tristesse semblait y être gelée à jamais.
Elle sourit, oui elle avait peur... peut être devrait-elle avoir un peu plus peur que cela ? Cependant elle n’y arrivait plus. Elle ne réussissait pas à avoir réellement peur de son aîné, elle avait peur de sa décision, mais c’était tout. Enfin c’était ce que ressentait la très jeune vampire au visage de porcelaine.

Amaryllis n’ajouta rien quand il répéta l’ancien nom de son grand amour, le seul qu’elle avait eut. Celui pour qui elle s’était damnée, pour qui elle aurait fait n’importe quoi.


- Comte Keisuke... Merci pour cette danse.

Ce contenta-t-elle de murmurer avant de s’incliner respectueusement puis de s’éloigner pour vaquer à des occupations en tentant de faire comme si rien n’était. Cependant toute leur discutions repassait en boucle dans son esprit fébrile. Était-ce bien prudent de le rejoindre ? Non, mais elle n’avait pas ce choix.


************

Vivre ou mourir. Telle était la grande question qu’elle se posait alors qu’elle montait, se soumettant au regard d’aveugle du Prince vampire de Londres.
Elle se contrôlait pour ne pas trembler de cette peur nouvelle qui la prenait alors qu’elle se trouvait assise en face de lui. C’était effrayant de savoir que son propre sort reposait entre les mains d’un homme dont elle ne savait rien.
La belle resta silencieuse se contentant de l’observer avec attention alors qu’il parlait puis refermait la porte du fiacre qu’elle avait préféré laisser ouverte... comme si elle avait pu fuir... Quelle utopique idée avait-elle eu ? S’était-elle demandée en soupirant intérieurement.


- Je suis flattée et heureuse que ma voix vous convienne, je saurais me montrer à la hauteur de faire parti des membres de votre réputée troupe.

Répondit-elle avec contrition alors qu’elle écoutait la suite des paroles. La jeune femme soutint son regard sans défi quelques instants avant de baisser la tête et de courber l’échine.


- Je ne puis imaginer vous trahir, je vous promet sur le peu d’honneur qu’il me reste que jamais je ne le ferais. Je vous serais aussi fidèle que je l’ai été autrefois à mon époux. Je suis votre débitrice et j’en suis consciente.
Je sais également cela, comment en douter ? Il n’existe personne qui ne fait les choses par pures bonté et je n’ai jamais imaginé vous demander quoi que ce soit sans vous offrir en échange tout ce que je peux, ma vie inclue.


Souffla Amaryllis de sa douce voix aussi pure que le cristal alors qu’elle imaginait tout ce qu’il pourrait lui faire si elle venait à le trahir, ce qui n’avait jamais été dans ses attentions.
La jeune marquise était simplement inquiète et avait bien l’impression de vendre son âme au diable une seconde fois. Comment l’utiliserait-il ? Devrait-elle commettre des choses la révoltant ?
Elle priait pour que cela ne soit jamais le cas.
La jeune femme hocha la tête docilement en l’entendant et ne répondit rien se contentant d’approuver, même si se vanter n’était pas dans ses habitudes elle savait parfaitement que c’était nécessaire. Oui ainsi on ne l’approcherait plus et elle serait protégée par le Comte. C’était un soulagement pour elle et au fond elle se réjouissait de pouvoir reprendre sa passion pour un homme dit aussi talentueux.


- Je vis à quelques pas du Fitzorvia cependant je pense déménager maintenant que vous m’autorisez à demeurer dans cette ville. Il serait suspect qu’une marquise vive dans une maison de petite bourgeoisie.
C’est déjà beaucoup et je vous en remercie, je n’espérais pas autant à vrai dire, je dois bien l’avouer. Vous n’imaginez l’ampleur de ma reconnaissance et de ma gratitude à votre égard.
Bien entendu je ne répéterais plus rien de cela. L’entracte est terminé my lord. Que la pièce reprenne.


Lui dit-elle en souriant doucement avant de finalement réfléchir quelques instants et de se décider. Oui elle se devait d’au moins lui montrer ce dont elle était capable. Peut être obtiendrait-elle une garantie plus importante et elle lui prouverait son utilité.


- Si le vous plait ne bougez pas. Je vais vous montrer comment je peux vous être utile.

Lui glissa-t-elle alors qu’elle se concentrait. Cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait pas réutilisée son pouvoir de métamorphose et c’était assez complexe pour elle.
Finalement ses oreilles commencèrent à s’effiler, son nez à s’aplatir, ses cheveux devinrent noirs et au bout de quelques instants encore son aspect de belle anglaise laissa place à une robe vide ainsi qu’à un beau chat noir qui se tenait au milieux aux yeux d’un bleu éclatant.
Le chat se lécha la patte avant de la passer sur son oreille comme si quelque chose la démangeait. Le chat ouvrit la bouche à quelques reprises avant de finalement réussir à produire un son.


- Alors qu’en pensez vous ? Je peux garder cette forme autant de temps que je le désire, et je peux parler seulement je perd le reste de mes pouvoirs de vampires, d’ailleurs sentez vous que je suis une vampire ?

Lui demanda-t-elle alors que la petite tête du chat se penchait sur le côté et semblait le regarder avec malice.
Finalement elle décida de reprendre sa forme humaine et se rendit compte que ses vêtements logiquement n’avaient pu s’ajuster à sa nouvelle forme.


- Je vous en pris même si je suis certaine que vous en avez vu d’autre, pouvez vous fermer vos yeux  quelques instants ?

Lui demanda-t-elle, agacée par sa propre bêtise et pour ne pas avoir réfléchit plus tôt. Aucun homme ne l’avait jamais vu dans sa tenue d’Eve à part Ethan et elle n’avait pas envie que cela change maintenant. Surtout pas pour ce dangereux vampire.
Une fois qu’elle eut repris sa forme humaine elle se crispa un peu quand il la prit ainsi par la taille de manière si familière avant de finalement se détendre alors qu’il prenait sa délicate main dans la sienne.


- Oui nous avons tant à apprendre et à découvrir...

Lentement elle remonta sa robe en rougissant, ses joues rosissant autant que sa chevelure alors qu’elle en sortait le long poignard effilé qu’elle glissait habituellement dans sa jarretière. Certes c’était pratique en cas d’attaque, mais c’était tout à fait inconvenant, elle qui aimait tant paraitre aussi lisse que la porcelaine dont elle semblait constituée.
Alors qu’elle s’apprêtait à s’entailler le poignet elle suspendit son geste et son visage se tourna vers celui du Comte et elle annonça d’une voix brisée.


- Je ne peux pas vous offrir ce sang my lord...
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MessageSujet: Re: Théâtre obscur [Amaryllis, Comte] [20/04/42] Lun 4 Mai - 14:14

"Est fou celui qui se prétend ne pas l'être." Telles avaient été les paroles, très anciennes, de Matosaï un soir de septembre de 1283, alors qu'ils traversaient ensemble les steppes gelées de l'Est. Jirômaru laissa son esprit errer un instant dans ses douloureux souvenirs. C'était à l'époque de sa vampirisation, alors qu'il haïssait jusqu'à sa propre odeur, son seul souffle lui rappelant celui d'un animal traqué par la faim et la mort. Il se remémora cette jeune main d'homme qui lui avait ouvert un monde de supplices et de cruautés. Une grimace étira les coins de ses lèvres tandis qu'il répondait à la jeune marquise:

- Cela dépend du point de vue...

Il ne comptait pas s'étaler sur ce qu'il pensait de cette notion de la folie. Il était d'accord avec Amaryllis mais le lui dire maintenant aurait créé entre eux un lien dont il ne voyait pas encore l'intérêt.

La belle voulait lui prouver sa bonne foi et l'encourager à lui faire confiance. Tâche des plus ardues et téméraires mais l'effort serait sans aucun doute grandement apprécié par le Comte. Lui qui jouait les grands marionnettistes et cultivait l'art de l'hypocrisie comme personne, aimait plus que tout la franchise lorsqu'il s'agissait de nouer des pactes. Il voulait être le seul à pouvoir ourdir quelque traîtrise, dans un soucis de sécurité particulièrement mégalomaniaque et égocentrique. Lui seul devait porter les crocs du serpent, les autres, ceux qui le suivaient dans son sillage sinueux, devaient en être dépourvus. Utopie d'un malade? Sans doute.


- J'apprécie votre franchise et vous l'avez compris. Je ne pense pas que vous soyez aussi idiote qu'on pourrait le croire. Fit-il en continuant de danser d'un pas plus léger.

Le jeu des apparences tombait peu à peu entre eux. Ils se jugeaient et se testaient l'un l'autre, comme deux prédateurs évaluent la force l'un de l'autre pour déterminer s'ils peuvent chasser de concert ou s'ils doivent se déchirer pour se disputer proie et territoire. Pour l'heure, les babines étaient retroussées mais les grondements qui ne cessaient de racler leurs gorges s'atténuaient lentement. Ils apprenaient à se connaître.
La soif intarissable de sang et les difficultés qu'éprouvait la jeune femme pour contrôler cette dernière ne plaisaient pas au Comte qui tâcha de ne pas trop faire paraître son dégoût. Sa répugnance envers les nouveaux-nés restait palpable et ses grimaces en disaient déjà assez long sans qu'il ne les appuie de paroles virulentes. Mais, lorsque la belle expliqua qu'elle détestait pleinement sa situation et que tuer des humains la blessait, il ne put s'empêcher de siffler entre ses dents:


- Vous avez de la chance que je fasse moi aussi partie de ceux qui aiment éviter de tuer, sans cela je vous aurais prise pour une faible qui ne méritait que mon mépris...Puis, d'une voix plus douce, il ajouta: Je vous comprends. Mais vous verrez, les Blood Tablett ne sont pas toujours meilleures que les chiens errants...

Ces remarques pouvaient paraître anodines mais elles donnaient en vérité de l'espoir à Amaryllis: le Comte venait de lui révéler qu'il la comprenait sur ce point - même s'il paraissait particulièrement détester ceux qui ne savaient pas se contrôler, pour des raisons évidentes de sécurité de leur race - et il venait de lui "promettre", en employant le futur, de l'aider à trouver des Blood Tablett. Apparemment, il savait où en trouver et il lui garantissait déjà qu'elles n'étaient pas toujours la meilleure des solutions.
Jirômaru aurait aimé ajouter qu'il pensait sincèrement qu'aucun Vampire n'avait pu éviter de projeter dans ses victimes un être cher et que, lui-même, voyait en chacune d'elles une partie de son âme s'envoler. Mais ces réflexions étaient bien trop intimes pour qu'il se permette de les lui divulguer ici. Ce n'était ni l'endroit, ni le moment. Sa confiance était encore loin d'être acquise.

Un instant, il songea à entrer dans la tête d'Amaryllis. Évidemment, à cause des récents événements qu'il avait vécus et parce qu'il détestait cet exercice, il ne le fit pas. C'était aussi une question de respect. Cependant, son regard blanchâtre glissa dans ses yeux de biche et, l'espace d'un instant, il la contempla sans mot dire. Que pensait-elle réellement de lui? Qu'avait-elle entendu sur lui? Qu'est-ce que son mari lui avait donc dit? Il voulait savoir. Elle avait réussi à piquer sa curiosité.
La jeune femme n'avait plus rien : ni famille, ni ami, ni mari...Aucun endroit où aller, aucune porte où frapper pour demander asile. Sa vie ne tenait plus qu'à un fil. Elle était traquée, éplorée et seule, terriblement seule...Elle pensait pouvoir lui apporter quelque chose en échange de sa protection, elle avait une lettre de son mari qui lui était destinée...
Ses larmes et la fin de la mélodie qui était jouée depuis le début de leur danse mirent un terme à cette dernière. Ils s'étaient donné rendez-vous dans le fiacre du Comte pour terminer leur discussion en toute tranquillité. Des choix allaient devoir être faits.

Durant le laps de temps qu'ils s'accordèrent chacun pour jouer leurs rôles sociaux dans le salon, le Comte réfléchit beaucoup à la suite qu'il devait donner à cette rencontre. Amaryllis avait une voix magnifique, de l'allure, une certaine prestance qui la détachait des autres ladies qui minaudaient autour de lui ce soir. Elle était rousse et, il fallait bien l'avouer, elle ressemblait assez à Ambre pour pouvoir jouer sa doublure dans un opéra. Mais qu'avait-elle de plus à lui proposer? Ce n'était pas assez pour qu'il la protège et s'oppose au Prince de Bristol. Il fallait qu'il soit certain d'y gagner. Il n'avait plus le droit à l'erreur.


***********

Dans le fiacre, l'intimité de leur distance permit au Comte de générer une pression supplémentaire sur Amaryllis pour la pousser à se dévoiler plus amplement. Il avait pris sa décision: il acceptait de la prendre sous sa protection à condition qu'elle rejoigne sa troupe et s'en vente, mais surtout qu'elle lui jure fidélité. La belle courba l'échine et lui promit qu'elle lui serait fidèle autant qu'elle avait pu l'être envers son époux. Le Comte resta muet et son visage ne trahit aucune émotion particulière. Mais en vérité, face à cette parfaite soumission, il jubilait. Il jubilait, certes, mais pas comme un sadique qui viendrait de recevoir un nouvel esclave, non, il jouissait d'avance du plaisir de voir sa troupe se reformer et l'idée qu'une si belle femme n'avait plus que lui comme soutien le persuadait qu'il y trouverait un jour ou l'autre son avantage. C'était un plaisir bien masculin.

- Votre trahison mettrait à l'eau mes prochaines représentations et j'en serais fort mécontent...Plaisanta-t-il en esquissant un sourire histoire de bien lui faire comprendre que ce qu'elle venait de dire scellait son destin en cas de faux pas.

Puis, Amaryllis lui indiqua où elle logeait. Elle comptait déménager dans une demeure plus luxueuse, à la hauteur de son rang, pour éviter d'attirer les soupçons. Le Comte hocha la tête d'un air satisfait.


- Vous avez raison. Il faut que vous vous conformiez à ce à quoi les londoniens ont l'habitude de se conformer eux-mêmes.

L'accord semblait se conclure. Cependant, le lord Vampire sentait qu'il ne possédait pas encore de garanties suffisantes pour inclure sa jeune consœur dans son cercle. Il souhaitait qu'elle lui offre une goutte de son sang afin qu'il puisse la pourchasser en cas de traîtrise. C'était sa méthode habituelle et il ne comptait pas en changer.

Mais, alors qu'il allait le lui expliquer, la jeune femme prit un air mystérieux et inquiet. Elle lui demanda de ne pas bouger et lui dit qu'elle allait pouvoir lui montrer en quoi elle lui serait peut-être utile. Jirômaru se tendit. Qu'avait-elle l'intention de faire? Pourquoi se concentrait-elle ainsi? Le Comte sentit son aura fluctuer autour d'elle comme une vague en pleine marée. Immédiatement, il dressa toutes ses barrières mentales dans son esprit, prêt à répondre à une attaque psychique. Mais, contre toute attente, le corps de la marquise se déforma lentement et prit l'apparence d'un chat noir au pelage soyeux et aux yeux aussi bleus que ceux de la jeune femme qui se tenait à sa place quelques instants plus tôt. Le Vampire écarquilla les yeux et ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais se tue finalement. Le chat sembla avoir un peu de mal à démarrer mais il finit par parler. Le Comte ne pouvait plus en détourner les yeux. Au bout d'un moment, il sourit :


- Un pouvoir de métamorphose...C'est rare...très rare chez nos semblables. La chauve-souris est courante mais le chat...Je n'avais jamais vu un Vampire qui était capable de ça...

Jirômaru se redressa et pencha un peu la tête pour mieux distinguer le félin dans la semi-pénombre du fiacre. Il ne sentait qu'une mince aura qui, lui semblait-il, se trouvait à des lieues de lui.

- Je dois bien avouer que cela m'impressionne. Je ne sens effectivement presque pas votre présence. C'est intéressant...

La belle lui demanda ensuite de fermer les yeux tandis qu'elle reprenait sa forme originelle. Ses vêtements ne pouvaient pas se réajuster efficacement d'eux-mêmes et elle semblait gênée de devoir se montrer à demi-nue. Le Comte faillit en rire mais il n'en fit rien par respect pour sa comparse. Il tourna la tête pour regarder par la fenêtre du fiacre entre les deux rideaux qui l'obstruaient presque complètement. Lui-même ne possédait plus aucune pudeur depuis longtemps mais il pouvait comprendre que la belle y soit encore attachée.
Cependant, un peu avant qu'Amaryllis ait parfaitement fini de s'habiller, Jirômaru se tourna vers elle et s'en approcha. Il était temps d'obtenir son sang. C'était ce qui viendrait sceller leur accord. La jeune femme sembla perturbée par sa soudaine proximité. Lui, se délectait déjà de son parfum. Et, lorsqu'elle sortit un poignard de ses jupes, il soupira d'aise. Elle était très belle et il n'excluait déjà plus la possibilité de l'approcher d'encore plus près...
Mais, alors qu'il laissait ses pensées s'égarer sur sa peau de nacre et ses boucles d'ambre, le poignard s'arrêta et il serra les dents en entendant ce que la marquise lui gémit. La colère monta en lui comme un poison fulgurant et il se redressa d'un air terriblement froid.


- Vous rigolez?

Sa voix n'avait été qu'un murmure menaçant empli de haine. Puis, se rasseyant en face de la belle, il ferma les yeux, prit une grande inspiration pour clairement calmer ses nerfs et croisa bras et jambes dans une position d'attente.

- Vous avez peur, Amaryllis...C'était l'évidence même! Pourquoi l'explicitait-il? Pour ne pas exploser de colère, tout simplement. Pour se donner contenance avant de risquer de la violenter. Sa patience avait toujours été très maigre. Je ne le prendrai pas moi-même, même si vous allez finir par m'y pousser...

A quoi bon s'encombrer d'une nouvelle-née? Finalement, il avait bien assez de problèmes comme ça ! L'hésitation de la marquise commençait à lui donner envie de clore définitivement toute possibilité d'accord entre eux.

- Donnez-moi la lettre de votre époux. Fit-il soudain en tendant la main vers la jeune femme. Il avait besoin d'être sûr que de la convaincre en valait la peine.

Le pli, qui datait déjà, lui était bel et bien adressé. Lorsqu'il l'ouvrit, le Comte fronça les sourcils et lu lentement la calligraphie de son confrère. Il y était écrit une supplique amicale qui le conjurait de venir en aide à sa femme. L'évocation d'un salon de Bath et d'une soirée mémorable détendit les traits du Vampire. Celui que la belle nommait "Ethan, marquis de Runaway" avait possédé autrefois un autre nom: Baptiste de Kernelle. Elle le lui avait déjà dit mais de le voir écrit en bas de la lettre raviva des souvenirs.
Baptiste et lui s'étaient rencontrés tout à fait par hasard, un jour de réception dans un salon huppé de Bath alors qu'il n'était que de passage pour se rendre à Exeter. C'était au début de l'année 1766. Il était alors accompagné de Maria qui lui servait de compagne de voyage. Il y avait eu d'aimables propos échangés en toute sympathie et les deux hommes s'étaient immédiatement entendus, sans doute grâce à leur clan commun. En sortant du salon, alors que le Comte réglait quelques affaires avec le personnel du salon, Maria s'était faite attaquer par des Hunters et c'était Baptiste qui lui avait sauvé la vie. Par la suite, ils avaient entretenu une brève correspondance avant de se perdre de vue.


- Baptiste...Souffla Jirômaru sans quitter des yeux le papier rugueux sur lequel il reconnaissait l'écriture de son confrère.

Se reprenant, le Comte ferma la lettre et jeta un regard peiné à la jeune marquise.


- J'ai une dette envers votre mari. Je suis un homme d'honneur et je tiens toujours mes promesses. Mais j'ai besoin, moi aussi, de garanties. Cette période est difficile, même pour un Vampire aussi âgé que moi, et je ne peux prendre sous mon aile le premier nouveau-né qui m'en fait la demande sans être certain de pouvoir le suivre.

Il hésita un instant puis posa la lettre à côté de lui sur le siège rembourré avant de se pencher doucement vers Amaryllis.

- Connaissez-vous le "serment de protection"?

Comme cela lui coûtait! Mais Baptiste avait sauvé Maria au péril de sa vie, sur un coup de tête, par pure loyauté, et il se devait maintenant de rembourser sa dette envers lui.

- Je vais vous l'apprendre...à condition que vous me fassiez vous aussi pleinement confiance...

***********


[HRP/ Ellipse en accord avec Amaryllis./HRP]

Lorsque la porte du fiacre se referma sur la robe d'Amaryllis, le Comte soupira. Dans sa bouche, il goûtait encore son sang. Il était si frais, si jeune, si plein du Don Obscur! Aucune souillure ne venait l'altérer. La dégénérescence n'avait pas encore commencé à la ronger. Une seule goutte et il redécouvrait ce qu'avait pu être le sien il y avait des siècles de cela...Quelle étrange sensation...
Deux coups du pommeau de sa canne-épée contre le plafond du véhicule et le cocher fit claquer son fouet dans l'air pour pousser les chevaux en avant. Les pavés crissèrent sous les roues laquées et bientôt le chahu-bohu du fiacre fit trembler la banquette. Le Vampire étira ses longues jambes et posa sa canne contre une des portes du véhicule pour s'en débarrasser.
Dans l'esprit de Jirômaru, une tempête d'idées venait de se lever. Les Hunters étaient en fuite et il ne tarderait pas à les retrouver pour leur passer l'envie de l'attaquer. Il allait marier la jeune Spencer, remonter sa troupe et donner des spectacles plus grandioses les uns que les autres. Il allait rayonner de nouveau dans la société mondaine des Humains et le Monde de la Nuit allait sentir qu'il reprenait du poil de la bête. Même si Amaryllis risquait d'être un problème, elle pourrait participer à son retour sur la scène et l'aider à rasseoir son pouvoir et son autorité. Lui tendre la main était son choix, il devrait l'assumer.
Repensant au pacte qu'il venait de conclure avec elle, il frissonna. Lui poser les mains sur les épaules et prononcer cette phrase de serviteur lui avait coûté bien plus que sa fierté. Maintenant, il ne serait plus capable d'ignorer sa détresse et se sentirait toujours obligé de l'aider moralement et physiquement. Il était prisonnier de ce lien de dépendance...Se passant une main sur le visage, il poussa un grognement de mécontentement. Mais qu'est-ce qui lui était donc passé par la tête ? C'était trop tard. Et puis, l'échange n'avait-il pas été équivalent ? Il sentait bien que non mais il ne pouvait plus faire demi-tour.

En soit, le Comte était assez confiant. Maintenant qu'il s'était à peu près remis de sa blessure du théâtre et qu'il avait la main de Sarah promise par son père, maintenant qu'il avait assimilé une partie des pouvoirs de Joyce (même si cela le rongeait encore de l'intérieur et qu'il se sentait étrangement éreinté) et qu'il avait rassemblé ses disciples en leur exposant ses plans plus clairement, il se sentait près à affronter la suite de son existence avec plus de panache.

Mais c'était sans compter sur la disparition de Sarah...


[HRP/ Suite du Comte à lire dans la lettre "Nouvelle comédienne" puis dans le poste "Dangereux échos"/HRP]


> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Théâtre obscur [Amaryllis, Comte] [20/04/42] Mar 5 Mai - 19:00

L’élégante jeune femme baissa les yeux et serra un peu plus la main qu’elle tenait entre la sienne pour la danse alors qu’elle entendait ses paroles. Oui elle était méprisable d’être si faible, d’être si sanguinaire et pourtant de détester tuer. Oui prendre une vie, c’était douloureux. Combien en avait-elle prise depuis sa transformation ? Jamais autant que depuis la mort de son époux.Tuer encore et encore pour survivre dans un monde qu’elle haïssait. Peut être que sa jeune victime dont elle avait pris le sang était fiancée, peut être qu’elle était amoureuse de la vie, elle se sentait égoïste. Trop égoïste.

- Peut être, mais si vous aimiez tuer, si vous aimiez causer la mort et la destruction autour de vous vous m’auriez déjà trainé hors de ce lieux soit pour me livrer soit pour me tuer. Amaryllis ne pu réprimer un sourire triste en l’entendant Vous avez certainement raison, mais au moins on ne les entend pas gémir et on ne sent pas leur crainte, ni la vie quitter leur corps...

Elle avait tout de même été touchée qu’il soit prêt à l’aider, en tout cas c’est ce que sous-entendait les paroles du Comte. Cela serait un soulagement pour elle de pouvoir de nouveau avoir sous la main ses petits cachets qui la soulageraient quand elle se retrouverai en plein milieu d’une foule d’humain au sang frai qui la ferait saliver sans qu’elle ne puisse même humer.
Au fond elle était heureuse d’être parti loin de Bristol et de sa famille autrefois. Peut être aurait-elle succomber et se serait-elle jeté sur sa chère sœur jumelle ou sur sa petite sœur. Jamais elle n’aurait pu se le pardonner et cette vision d’horreurs la fit frémir.

Ils s’étaient encore contemplés pendant un long moment jusqu’à ce que la danse se finisse et qu’ils se dirigèrent chacun à l’opposé de la salle dans le but de vaquer à leurs occupations mondaines. Amaryllis rencontra quelques personnes qu’elle trouva sympathique et réussi à obtenir le nom de quelques lieux où elle aurait la possibilité de s’amuser et de rencontrer d’autres personnes intéressantes.


***

Cela avait été douloureux pour la marquise de s’incliner ainsi devant lui et de lui promettre cette fidélité qu’elle n’avait offert qu’à son époux par le passé, bien sur à son époux elle lui avait aussi juré une fidélité charnelle est pas que morale ou spirituelle.
Même s’il n’en montrait rien elle savait que cela le ravissait. C’était humain, c’était surtout ce qu’aimait les hommes. Savoir qu’il n’y avait que lui, savoir qu’il n’y aurait que lui jusqu’à leur mort et qu’il pourrait lui demander n’importe quoi.
Au fond avait-elle vraiment eut envie de dire cela ? Non... elle n’aurait voulu offrir ce serment qu’à son défunt amour, cependant il lui offrait une vie et la jeune vampire se devait de lui offrir une contrepartie plus que conséquente.
En l’entendant elle lui offrit un sourire amusé et découvrit légèrement ses dents blanches.


- Soyez rassuré Comte, je n’ai jamais raté une représentation quelque soit mon état. Le spectacle avant tout et quelque soit la pièce.

Amaryllis hocha la tête en l’entendant, oui il fallait rester discret et se conformer à ce que désirait les gens, même si vivre dans un immense manoir seul l’ennuyait profondément, c’était nécessaire.

- Cependant je connais peu la ville, il va falloir que je me renseigne pour savoir où ce serait le plus judicieux d’emménager en tant que Marquise et comédienne. Tant de choses à faire, heureusement j’ai l’éternité devant moi.

Déclara-t-elle en ayant un petit sourire ni triste ni joyeux. C’est à ce moment qu’elle se décida à lui révélé son secret l’un de ses pouvoirs acquis grâce à sa transformation. La séduisante rouquine s’en était servi pour échapper aux meurtriers d’Ethan, comme elle s’en servait autrefois pour espionner les gens qu’il lui désignait pour des dessins obscures qui lui restait inconnu. La jeune femme aux yeux de glace avait longtemps été utilisé par son mari, cependant elle avait confiance en lui et l’aimait, elle avait donc fait ce qu’il lui demandait sans poser de questions et le reste du temps c’était elle qui manœuvrait dans le monde de la nuit, intriguant sans vergogne pour obtenir des renseignements dans le but de faire prospérer leur théâtre et leur fortune. Il fallait bien s’occuper pendant soixante années.

La belle jeune femme s’était donc métamorphoser un beau chat noir sous ses yeux et resta immobile en face de lui, se contentant de se pourlécher les babines.
C’était très perturbent de se transformer ainsi, toutes ses pensées étaient bouleversées, c’était très étrange de tenir sur ses quatre petites pattes. Ce qui était le plus perturbent en plus de sa vision c’était la queue. Cet appendice qu’elle n’avait pas sous sa forme naturelle et qu’elle devait faire bouger pour garder son équilibre, et elle ne pouvait pas la contrôler à moins de se concentrer. Elle exprimait ses émotions. A ce moment là elle faisait de longues arabesques, la jeune chatte fit quelques pas qu’elle fini par assurer avant de revenir s’asseoir à sa place, plongeant ses yeux à la pupille verticale dans les siens. En l’entendant si elle avait été sous sa forme humaine elle aurait sourit mais sa queue se contenta de s’agiter de droite à gauche en balayant la banquette.


- Je ne pensais pas cela si étonnant pourtant. En tout cas c’est très utile quand il s’agit d’être discret et d’écouter des conversations ou de se glisser dans un endroit où l’on ne devrait pas se trouver.
Je peux rester indéfiniment sous cette forme, je vous serais utile, grâce à cette faculté.


Lui déclara-t-elle d’une voix un peu plus aigüe que d’habitude. Elle hocha sa petite tête de félin en l’entendant.

- Je pourrais vivre sous cette forme et vous échapper, échapper à tous. Cependant je n’aimerais pas devoir me nourrir de souris et d’autres vermines pour toujours.

Amaryllis lui avait alors demandé s’il pouvait avoir l’obligeance de fermer ses mirettes pour qu’elle puisse se rhabiller sans supporter son regards. Les vieilles habitudes restaient, certes cela pouvait sembler ridicule ce genre de demande surtout devant un vampire vieux d’un demi-millénaire qui avait du voir des centaines voir des milliers de femmes nues. Cependant son corps était à son mari, il était le seul homme à l’avoir vu et touché. Il lui avait demandé de refaire sa vie, mais elle refusait de retomber amoureuse d’un homme.
Elle lui fut reconnaissante de ne pas faire de commentaire et d’obtempérer, même si elle avait bien vu qu’au fond elle s’était rendu ridicule et risquait de passer pour une mijaurée.
La rousse avait frémit en le sentant venir ainsi près d’elle alors que sa robe n’était pas encore lacée complètement, il ne lui avait pas laissé le temps de tout remettre en place. La jeune femme pinça les lèvres et eut un regard amusé en entendant son soupir et attrapa finalement d’une main plus assurée le poignard. Alors qu’elle attrapait une coupe pour la remplir de son sang elle avait été obligée de suspendre son geste.
Elle avait avouée qu’elle ne pouvait pas, c’était bien trop dangereux pour elle. En le voyant ainsi en colère et si froid elle eut un mouvement de recule craignant qu’il ne soit prêt à lui arracher directement la tête. Elle se retrouva contre une face latérale du fiacre, les vêtements défaits et les yeux écarquillés de peur. Ce soudain changement d’auras lui avait réellement fait peur et elle n’avait pas réussi à garder son sang froid. Finalement elle calma sa respiration et se rassit pour l’écouter et soutint son regard, mais elle avait en partis honte, terriblement honte d’avoir réagis ainsi, cependant elle avait peur qu’il ne la trahisse. Elle ne pourrait plus jamais fuir s’il avait son sang. Mais il pouvait le prendre comme il le lui dit.

La nouvelle née leva les yeux avec étonnement quand de sa voix impérieuse il lui demanda la lettre que son mari lui avait adressé.Elle hésita quelques instants et fini par attraper sa bourse cacher dans les replis de ses jupes et en sorti une lettre plié en deux qu’elle lui tendit.
La jeune veuve était restée pendant des heures à contempler ces quelques mots écris sur l’enveloppe de papier, le peu qu’il lui restait de son mari. Amaryllis espérait qu’il lui rendrait la lettre par après qu’elle puisse continuer quand elle serait seule et pitoyable chez elle de la serrer contre sa poitrine avec désespoir.

La belle aux yeux azures l’écouta avec attention et hocha la tête. Oui c’était compréhensible, mais justement elle avait douté de son honneur et qu’il ne la trahisse pas. Qu’il n’aille pas la vendre à un autre, cependant le fait qu’il ait une dette envers son époux la rassurait, il ne la trahirait pas.


- Je ferais ce que vous me demanderez Comte.

Répondit-elle avant de l’écouter avec attention en plongeant son regard de glace dans celui de l’albinos.

***

La jeune femme aux cheveux blonds vénitiens sorti du fiacre après s’être rhabillée décemment et salué son nouveau Prince. Celui qui avait uni sa vie à la sienne à jamais d’une manière bien étrange, il la protégerait, il l’aiderait et elle, elle le satisferait grâce à ses nombreux talents de comédienne et de manipulatrice.
Tout était réglé, sa nouvelle vie allait pouvoir commencé. Le rideau venait de se lever.


[HRP/ Fin du RP. Suite dans "Nouvelle comédienne"/HRP]
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Théâtre obscur [Amaryllis, Comte] [20/04/42]

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