L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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«Une rose d'automne est plus qu'une autre exquise.» - Velvet

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Adaline Maxwell
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MessageSujet: «Une rose d'automne est plus qu'une autre exquise.» - Velvet Mer 26 Nov - 20:43

L’automne s'installait à petit pas sur la ville de Londres. L'air se faisait de plus en plus frais tandis que le soleil, lui, à notre plus grande surprise, avait beaucoup plus tendance à montrer le bout de son nez. Il faut dire que, vers le mi-automne et l'hiver, la planète bleue à se bascule quelque peu sur le côté, laissant ainsi les rayons du soleil caresser plus aisément la croûte terrestre. Mais, là n'est pas le point. Souvent, l'Homme pense que l'automne est une saison nostalgique, une saison qui se meurt à petit feu, laissant disparaître derrière elle quelques feuilles rougeâtres, aux reflets noirâtres. Pourtant, en regardant plus attentivement, en ouvrant d'avantage notre esprit, l'Homme peut en penser le contraire. Ces couleurs chaudes de ces feuilles gisant au sol sont chaleureuses, chatoyantes. Le soleil rayonne de manière plus clair. Les parterres de fleurs périssent certes, mais d'autres feuilles humides prennent leurs places afin d'assombrir élégamment le tableau.  Les odeurs boisées et humides fleurissent et chatouillent les narines rougies et irritées par le froid. Les fines lèvres se gercent légèrement, avec une légère douleur, prouvant ainsi qu'elles sont en vie. Les vêtements les plus chauds réchauffent le corps et l'âme.
Même les pluies les plus robustes sont élégantes. Une symphonie de gouttes de pluie, sur les feuilles vêtue de rouge et d'orange,  ainsi que les vitres embuées, résonnantes, n'est-elle pas plus agréable lorsqu'elle est naturelle ?
Les champignons, les plats chauds, ainsi que les petits feux de cheminées naissant ne sont-ils pas agréables, eux aussi ? Cette saison rafraîchissante éveil de nouveaux sens et ravive l'esprit. Évidemment,il y a tout de même un aspect plus sombre au cœur de cette saison. Cette dernière resserre l'étau de la pauvreté sur les plus faibles. La misère augmente alors, entraînant les Malheurs dans un cercle vicieux sans fin, qui, la plupart du temps, se ternis d'autant plus dans le cycle morbide de l'hiver. Humain comme animaux. C'est une chose bien triste, cependant, ces couleurs chaudes en font rêver plus d'un, le sourire pleurant, hurlant aux lèvres si sèches et tremblantes.


« L'automne est une si jolie saison. La Nature nous offre un nouveau tableau à admirer, c'est fascinant. »

Le vent frais qui s'aventurait à travers cette balade invitait quelques feuilles rougeâtres, aux sol, dans une interminable et légère valse, qui traversait le chemin, se percutant parfois contre les troncs d'arbres robustes, ou même se coinçant contre des vieux bancs en bois et en fer forgé. Un autre couple de feuilles orangées percuta le pied revêtu de cuir noir avant d'être délicatement écrasé par un pas aérien. Une silhouette si fine habillée de couleur sombre contrastait avec le reste du décors. En effet, ce corps entier portait sur ses épaules une robe en velours côtelé noirâtre, aux quelques reflets presque verts. Sous cette masse lourde, se trouverai certainement une crinoline en bois souple, faisant danser et rebondir sensuellement le tissus, au grès des pas de ce corps féminin. Un long manteau de la même palette de couleur gardait au chaud cette jeune femme menue, ainsi qu'un chauffe épaule un peu plus foncé. Ce qui était plus étonnant devait sans doute être cette longue chevelure mielleuse cascadant  avidement dans le dos de cette frêle silhouette, ces longues anglaises dansant joyeusement au balancement léger de la chute de rein. Enfin, une demie coiffe couvrait les oreilles de la jeune personne qui semblait flâner de long de ce chemin aux couleurs ardentes.
Ses pas légers retentissait dans le Zoo, sa démarche lente et élégante se devinait au rythme du bruit de ses talonnettes martelant de manière sourde les pavés cachés sous un parterre de feuilles.
Les grands yeux verts de la jeune femmes regardaient défiler les tâches de peinture sous ses yeux émerveillés, admirant alors les arbres, le ciel ainsi que les quelques animaux aux environs de son champ de vision. Elle en oubliait presque le froid qui s'abattait fatalement sur les mammifères exotiques.
Au dessus d'elle, un regroupement d'oiseaux s'envolait de manière indécise vers une destination plus chaude, là où la fécondation serait meilleure pour leur petit, pour leur espèce. Le battement des ailes de ces animaux étouffa alors le léger rire cristallin de la jeune femme qui finit par s'appuyer sur une rambarde froide, et légèrement rouillée par les intempéries et le temps passé.
Telle une enfant, elle observa alors ce grand félidé à la fourrure rousse rayée de noire. Ce mammifère était sans doute l'un des plus sauvage et l'un des plus beau que la Nature ait pu créer, pensa la jeune blonde. Le regard perçant et puissant du félin croisa celui de l'humaine, qui était beaucoup plus doux et innocent. Un léger sourire embellit le visage blafarde de la jeune femme, laissant ainsi ses joues rondes rougir par le froid et les tiraillements.

Quelques feuillent chutèrent à la suite d'un courant d'air plus froid encore. Certaines venaient taquiner le félin, d'autres se déposer délicatement sur des blancs ou s'attacher à la longue chevelure blonde et bouclée d'Adaline. Ses fines mains habillées de gants se détachèrent de la rambarde avant de reprendre sa marche rêveuse sous cette balade splendide.

A vrai dire, sa journée de travaille s'était terminée un peu plus tôt que prévue, et puis, la jeune femme avait besoin de se dégourdir un peu les jambes et de s'offrir un instant d'évasion. Le cadre idyllique l'emporta rapidement dans un nouveau monde où elle seule était présente. Son imagination nourrissait la trame de l'histoire de ce monde parallèle. Adaline se surprenait elle-même à fredonner l'  « Autuno » des « Quattro Stagioni » du Prêtre Roux, Vivaldi. Cet air si solennel mettait si bien chanson en l'automne et cela fit sourire de plus belle la jolie et innocente humaine, bien qu'une petite touche atténuée de mélancolie habitait cet air divinement connu.
Cette silhouette était définitivement seule dans ce Zoo si paisible. Seule, avec elle-même. Les lampadaires s'allumèrent doucement, la lumière vacillant quelque peu avant de se stabiliser. La fin d'après-midi s'installait petit à petit, le froid se faisant un peu plus présent. Le ciel, cependant, se vêtue de ces plus belles couleurs cotonneuses et pastels, les nuages alors rosés et bleutés, juraient avec le teint orangé et rougeâtre du ciel et du soleil se couchant à moitié, caressant de ses derniers rayons le doux visage innocent de la jeune femme. Ces rayons se reflétaient sur sa longue chevelure souple lui donnant alors de nouveaux reflets aux aspects chimériques, et irréels. Doucement, elle frissonna légèrement en soupirant, une légère buée s'échappa d'entre ses lèvres qui marquait l'arrivée de la fin de journée, si froide.
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Black Velvet
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MessageSujet: Re: «Une rose d'automne est plus qu'une autre exquise.» - Velvet Dim 7 Déc - 17:56

[HRP/ Après le rp "Les corps sont là où on les laisse"/HRP]

Velvet adorait l'automne. Non pas que ce fût sa saison préférée, puisque son corps était fait pour les régions chaudes et sèches de l'Afrique centrale, mais c'était pour elle l'occasion de flirter avec les feuilles mortes et de jouer avec une nature qui prenait des allures de carnaval incandescent. Courir dans les broussailles des parcs, monter aux arbres et se rouler dans les tas de feuilles croustillantes la rendait heureuse, tout simplement. Après tout, son organisme avait été mêlé à celui d'un chat...

A cette époque de l'année, la petite Chimère revêtait des habits plus chaud qu'à l'ordinaire. La bonne Mme Hellington y veillait toujours. Ainsi, au lieu de ses frusques en lambeaux qui lui donnaient habituellement l'allure d'une sauvageonne tout juste échappée d'une exposition de curiosités exotiques, elle portait un petit pantalon de toile brune, une chemise d'un blanc cassé crasseux et par-dessus une petite laine de mailles grossières aux reflets pourpres. C'était plus descend, plus viable, même si cela n'était en rien ce que devait porter une jeune femme. La petite créature l'acceptait malgré sa grande réticence à porter des vêtements, pour faire plaisir à sa mère adoptive mais aussi pour se prémunir contre le vent glacial qui s'était installé sur la capitale depuis quelques semaines. C'était une obligation si elle ne voulait pas attraper la mort. Elle le savait.

Ce jour-là, Black Velvet avait beaucoup dormi au-dessus de son armoire, dans le débarra qui lui servait de chambre. Elle avait été épuisée par ses escapades de la veille et avait passé sa matinée pelotonnée dans son coin, à l'ombre du plafond. Puis, elle s'était levée pour manger en compagnie de Mme Helligton, qui lui avait préparé des toast beurrés, avant de se mettre à escalader tous les meubles de la maison en cachant des bibelots, comme le font les fouines des campagnes. C'était un jeu dont la vieille dame avait l'habitude. Sa patience et sa bienveillance avec la petite créature en faisait une nourrice exceptionnelle. Velvet l'adorait, même si elle ne l'exprimait pas comme le commun des mortels. C'était sa mère, sa source de chaleur, de vie, de nourriture, de confort, de caresses. Et, même si elle ne reconnaissait en elle aucune autorité, aucune hiérarchie, elle l'écoutait pour lui faire plaisir. Après ce jeu, la Chimère avait de nouveau avalé quelques bouts de pain avant de s'endormir en boule sur un sofa. C'était vers 18h qu'elle s'était réveillée pour sortir par une fenêtre et s'en aller faire son tour du soir.

Velvet avait une forme humaine mais elle était noire de peau. C'était une jeune femme mais elle n'était jamais vêtue comme telle. Elle était maigre et très petite, ce qui lui donnait l'allure d'une enfant malgré sa souplesse extraordinaire et ses pouvoirs. Ses cheveux crépus et son nez épaté choquaient quelque peu mais ce que l'on remarquait immédiatement chez elle c'était surtout ses deux grands yeux jaunes : ils paraissaient démesurés, ils brillaient dans le noir et se révélaient incroyablement attendrissants le jour. C'était en partie pour ces raisons, et parce qu'elle adorait la nuit et préférait la solitude, qu'elle sortait le soir. Mme Helligton la mettait souvent en garde le jour et, à force de sentir sur elle les regards, la Chimère qu'elle était s'était habituée à avoir une vie quasiment nocturne.

Son petit nez au vent, elle sentait sur ses joues la morsure de la brise automnale. Perchée comme elle l'était à l'un des réverbères du parc zoologique, du côté des volières, elle ressemblait à un petit singe échappé d'une cage. Il n'y avait déjà plus beaucoup de visiteurs dans l'enceinte du zoo et il n'allait pas tarder à fermer. Aussi s'amusait-elle à passer non loin des rares promeneurs qui finissaient leur tour du parc afin de les embêter sans se faire prendre. Un petit cailloux, une poignée de feuilles mortes, une petite tape au talon et elle disparaissait dans un buisson. C'était pour elle une situation des plus amusantes. En général, elle était tellement discrète que les humains ne faisaient que sursauter avant de se rassurer en se disant que ce n'était que le vent.

Au bout d'un moment, alors que les réverbères étaient allumés par le veilleur, la petite Chimère ne trouva plus personne avec qui jouer. Cachée dans un buisson épineux aux abords des chemins, elle attendit encore quelques passants et s'ennuya bientôt. Elle sortit donc doucement de sa cachette, presque en rampant, pour rejoindre une fontaine afin d'y boire. Après s'être assurée qu'il n'y avait personne alentour, elle sauta par petits bonds jusqu'au monument et, grippant le rebord de gré, elle se hissa souplement jusqu'à la vasque grise pour y plonger ses lèvres charnues. Elle sentit que l'eau n'allait pas tarder à être complètement gelée, signe que l'hiver approchait à grands pas. Enfin, lorsqu'elle eut bu tout son content d'eau glacée, elle sauta de la fontaine avant d'errer entre les tas de feuilles mortes. Elle ne se tenait pas debout, c'était une position très rare chez elle, mais plutôt à quatre pattes, à demi-penchée en avant, comme les canidés des déserts du Sud. Elle reniflait régulièrement le sol, levant parfois son nez vers le ciel comme pour humer la fragrance de son environnement. Elle prenait tout ce qui passait entre ses mains avant de tout rejeter un peu plus loin, elle fouinait, elle grattait, elle trifouillait...Comme un petit animal qui s'occupe avec tout ce que Mère Nature a mis à disposition du vivant, elle agissait tout naturellement, avec fébrilité et joie.

Soudain, des pas lui firent relever la tête. Encore un passant ! Sans perdre une seconde, la Chimère disparut derrière un tronc d'arbre et se mit à l'escalader. Le temps d'arriver entre les premières branches situées déjà à trois mètres du sol, le promeneur se dessina au bout du chemin. Velvet se pencha en avant pour mieux voir à travers les dizaines de branches qui la dissimulaient malgré l'absence quasi totale de feuilles. C'était en réalité une promeneuse, une belle blonde dont le long manteau semblait chaud et dont les cheveux ondulés firent sourire la Chimère. Elle aimait bien ce genre de cheveux qu'elle n'aurait jamais. Ils étaient blonds comme le sable mais doux comme la fourrure des antilopes, ondoyants comme les rivières...
Lorsque la jeune femme passa sous son arbre qui se situait en bord du chemin, Velvet hésita un instant. Et si elle ne lui faisait pas peur finalement ? Elle voulait l'observer plutôt. Elle attendit donc qu'elle passe et descendit de son arbre avec mille précautions. Lentement, elle rejoignit le chemin, toujours à quatre pattes, pour suivre à pas de loup la belle inconnue. Lorsque cette dernière ralentissait, la Chimère ralentissait et se tenait prête à s'enfuir dans le parc. Lorsqu'elle levait la tête vers le ciel qui commençait à se parsemer d'étoiles, Velvet faisait la même chose. Au bout d'un moment, la Chimère en fit un jeu. Son but : reproduire avec le maximum de fidélité le moindre mouvement qu'exécutait son modèle. Elle tâcha de se tenir debout, même si cela lui coûtait, et l'imita en se rapprochant toujours plus d'elle.
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Adaline Maxwell
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MessageSujet: Re: «Une rose d'automne est plus qu'une autre exquise.» - Velvet Dim 4 Jan - 20:56

Le sentiment de liberté amplifiait la sensation d'évasion qu'éprouvait la jeune femme. Sa démarche songeuse se fondait dans le décors qui devenait brumeux, au fils du rythme des pas légers et sourds. Sa longue robe de velours côtelé se heurtait et se chiffonnait quelque peu aux frictions du sol recouvert de feuilles meurtries, chaudement colorées.  
La solitude et le froid se mêlèrent tendrement, alors que le félidé, au pelage orangé et rayé de noire, rugissait, comme pour briser cette quiétude presque mélancolique qui semblait sonner le glas de la journée. Les couleurs orangées du ciel, de l'animal sauvage pourtant calme, ainsi que celle des feuilles, contrastaient avec ce froid qui s'installait, s'initiant dans cette quiétude de marbre.

Les yeux émeraudes de la jeune femme se perdaient, et devinrent alors livides bien que présents. Son esprit semblait alors, lui aussi, se perdre, laissant seulement son corps vivant, marchant machinalement vers Là où son Destin la guidait.
Ça et là, tantôt à gauche, tantôt à droite. Cependant, son merveilleux sourire resta accroché à ses fines lèvres doucereuses, finement rosées et quelque peu craquelées par le froid plus présent. Son baume était sans doute pas assez épais afin d'éviter cela.
Seuls son ouïe et son sens palpable étaient encore rationnels. En effet, chaque bruits raisonnaient au sein de son crâne. Le bruit du chiffonnement de son tissus, le craquement des feuilles, le vent invitant les branches à valser et à s'entrelacer intimement, bruyamment.
Sur son doux visage rougie par le froid, elle pouvait  ressentir le vent caresser ses joues rebondies. Ses cheveux ressentaient la même sensation et dansèrent de manière incertaine, risquant même de se mêler.

En réalité, elle était perdue.

Elle fut soulagée de finir cette journée, et heureuse à l'idée de marcher un peu, de rêver. Et peut-être même discuter avec quelqu'un, ou croiser un client régulier, mais le temps si frais ne le permettait pas. Adaline n'avait pas l'air ennuyée, loin de là. Malgré cette étrange « absence », elle su trouver le moyen de se distraire, et même de rire.
Vu ainsi, la fatigue semblait la gagner à petit feu, et sa respiration se distinguait par la condensation de son haleine dans le froid, formant ainsi une vapeur fraîche.
Soudain, son regard semblait reprendre « vie ». Remarquant cette nuée brumeuse, Adaline s’essaya à former des cercles creux dans l'obscurité froide, faiblement éclairée par les lampadaires aux flammes fébriles. La jeune femme semblait maladroite, telle une jeune enfant à la tête blonde venant d'apprendre à tenir sur ses deux fines jambes. Incertaine où elle posait les pieds, elle se concentrait sur la fine nuée sortant d'entre ses lèvres. La douce blonde vêtue de noire s'occupait ainsi quelques minutes avant de se heurter contre un autre banc de fer forgé.
Son rire cristallin raisonna de façon inaudible dans l'intégralité de Zoo, comme un soupire. Elle s'imaginait alors, se cogner contre l'objet, voire presque à la chute.

Cette scène, la fit soudainement penser à son aîné, si intouchable et invisible. Elle s'arrêta alors, relevant son menton fin et triangulaire vers le ciel sombre, caché par quelque nuages bleutés par les rayons de l'astre tournant autour de la terre, régulant les marées. La lune commençait à se remplir singulièrement de blanc, maculant petit à petit le Zoo de sa lumière divine. Son regard profond se perdit parmi les infimes diamants incrustés dans les cieux. Ces derniers se reflétaient dans ses iris, rendant alors son portait chimérique, idyllique.
Sa peau laiteuse semblait alors impalpable, ses cheveux possédaient maintenant des reflets presque grisâtres, argentés.

Ses pensées se brouillèrent lentement, aspirant au souvenir perdu d'un être quasiment inconnu. La blondeur de ses cheveux flottait devant ses yeux, ainsi que ce si léger sourire. Son odeur semblait être présente, ainsi que cette chaleur utopique.

Elle murmura, lentement, comme un soupire de détresse, l'intouchable.

L'atmosphère nostalgique du tableau s'empreignait lentement des sentiments de l'humaine, seule, perdue dans l'obscurité naissante. Du moins, elle se pense seule. En réalité, d'autres âmes l'entouraient, mais elle s'efforça à se croire seule, avec elle-même.

Lentement, son menton fin se baissa doucement, ainsi que son regard, qui fixait maintenant ses bottines salies par la légère boue et l'humidité. Elle se mit alors à sourire, comme une enfant. Quelques bruits se faisait entendre, semblables à ceux d'animaux errants protégeant leur territoire.
Cependant, à travers ces bruits ambiants, elle cru présence une présence, non pas humaine, peut-être un chat chétif, sauvage, ou alors serait-ce le « concierge » du Zoo. Mais lorsque la jeune femme se surpris à se retourner afin de regarder aux environs, elle ne vit rien. Adaline se rassurait donc en émettant l'hypothèse du vent, ou bien même de la fatigue.

Pourtant, son esprit quelque peu rêveur espérait que quelqu'un, ou bien, quelque chose puisse entrer en contact avec elle, comme si un rêve l'habitait. Quelque chose de suréel ou bien de fantastique, ignorant alors l'Obscurité qui habite réellement Londres.
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Black Velvet
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MessageSujet: Re: «Une rose d'automne est plus qu'une autre exquise.» - Velvet Jeu 5 Fév - 12:49

Londres était paisible ce soir. L'air était pure, le soleil déclinait doucement laissant les couleurs du ciel disparaître à leur rythme. Le rose devenait mauve et les nues s'étiraient en lambeaux de dentelles. Il faisait froid, signe que la nuit serait belle et que les étoiles brilleraient de leur plein éclat. Même si la lune ne serait pas pleine cette nuit, gage de tranquillité pour certains, le plafond cosmique en ravirait plus d'un.

Au milieu de la ville, derrière l'enceinte ferrée du zoo, une étrange ronde se produisait. Velvet, une petite Chimère d'une curiosité sans borne, avait décidé de suivre une promeneuse tardive...


~~~~

Comme Velvet s'amusait! Cette femme, dont elle commençait à envier la chevelure sauvage, avait décidément des attitudes qu'elle ne trouvait que très rarement chez les promeneurs du zoo. D'habitude, ils regardaient plutôt les animaux enfermés dans les cages et s'exclamaient comme s'ils n'avaient jamais rien vu. Elle, elle passait son temps à regarder le ciel, à zigzaguer entre les bancs d'un air rêveur, sans réellement prendre garde aux bêtes qui somnolaient en vue de la nuit qui tombait déjà. La jeune femme riait parfois doucement et Velvet manqua de l'imiter jusqu'à ce point à plusieurs reprises. Heureusement, sa volonté de ne pas se faire voir et sa souplesse lui permirent de rester invisible, même lorsque son modèle se retournait de temps en temps pour vérifier ce qui pouvait ainsi faire froisser les feuilles mortes.
Ce jeu était récurent chez la petite créature. Cela lui permettait de s'amuser sans entrer en contact avec les humains. Sa bonne mère adoptive, Mme Hellington, lui avait toujours dit de se méfier. Elle savait que sa peau noire n'était pas "normale" aux yeux des autres et qu'ils avaient souvent peur de son apparence. Parfois elle en jouait et cela l'obligeait ensuite à rester cachée longtemps au-dessus de son armoire chez la vieille dame. Elle savait aussi que les gens pouvaient être méchants, même si elle ne les craignait pas pour autant.

Au bout d'un moment, la petite Chimère se rapprocha de plus en plus, prête à se mettre en danger afin de vivre l'excitation du moment. Puis, constatant que la dame ne se retournait pas beaucoup, elle se mit à faire plus de bruit, exprès, afin d'attirer son attention et de l'inquiéter en s'enfuyant le plus vite possible pour qu'elle ne la voit pas mais l'entende se déplacer. Elle lançait aussi des petits cailloux sur le chemin pour attirer l'attention de la dame ailleurs. C'était vraiment drôle de se faire chercher ainsi du regard et de perturber la plénitude (et la morosité) de la promenade de cette inconnue.

Cependant, comme n'importe quel enfant, Velvet finit par s'ennuyer de ce jeu qu'elle considéra finalement trop long et trop lent. Ses imitations ne la faisait plus rire et elle se lassait de jeter des petits cailloux. Il fallait changer de jeu.

La petite créature s'écarta ainsi du chemin pour passer devant la promeneuse en se dissimulant de buisson en buisson. Elle monta soudainement dans un arbre dont les branches surplombaient les gravillons battus par les clients et attendit que la blonde ne passe sous elle. Lorsque la promeneuse se retrouva parfaitement bien placée, la Chimère lui fit tomber sur la tête une grosse poignée de feuilles. Avec un petit rire, elle passa ensuite de branches en branches, rapide comme un chat, pour revenir sur sa branche de départ faire le cochon pendu. Son visage à l'envers, à quelques centimètres de celui de la promeneuse, elle plongea ses deux grands yeux jaunes dans les siens qui se révélèrent verts.


- Au zoo, c'est les animaux qu'il faut regarder. Fit-elle en souriant d'un air moqueur.

Avec un nouveau rire, fière d'avoir surpris l'humaine, Velvet se laissa couler jusqu'au sol. A quatre pattes, comme une araignée, elle vint toucher du bout des doigts les chaussures de la jeune femme puis, à l'instar de quelqu'un qui vient de se brûler, elle recula d'un bond. Se redressant de toute sa hauteur, la Chimère se tint debout. Son petit pantalon de toile brune était déjà verdi de mousse et sa chemise n'était plus blanche. Elle avait également déjà fait un accroc dans sa laine de mailles grossières qui recouvrait ses épaules. Tout, dans son aspect, en faisait une espèce de mendiante à la peau noire sortie d'un livre de conte où les démons se déguisent en enfants pour mieux manger les gens.


- Si Velvet sait monter les barreaux, toi vas rester. La lune ferme tout et l'homme à la flamme vas te trouver et crier. Ajouta la petite Chimère en levant son doigt comme pour gronder l'inconnue.

Velvet n'était pas toujours très compréhensible. Son langage pouvait être approximatif comme soudainement particulièrement riche en vocabulaire, cela dépendait de son humeur et de nombreux éléments que peu de gens étaient en mesure de saisir.
Reprenant une position d'animal, la créature pencha la tête sur le côté pour observer sa rencontre. Elle rit encore. La promeneuse avait une feuille coincée dans ses cheveux, c'était désopilant pour elle.
Puis, sans crier gare, la fillette s'enfuit à quatre pattes dans un buisson pour disparaître en une fraction de seconde. Elle revint presque aussitôt avec un paquet de feuilles mortes, jaunes et terreuses, pour les jeter sur la jeune femme.


- Tiens! Des feuilles! Ahah!

La Chimère se mit à tourner autour de la promeneuse en soulevant les feuilles comme un enfant jouerait avec des confettis dans un grand charivari. Elle fit des tours sur elle-même, à la façon d'un chien heureux et poussa des petits cris de joie en jetant des feuilles en tous sens.

- Des feuilles, des feuilles, des feuilles!

Soudain, elle s'arrêta pour humer l'air, concentrée comme si elle avait entendu ou senti quelque chose de potenciellement dangereux. Mais, au bout d'un moment, elle ramena ses grands yeux brillants sur la belle blonde.

- Un nom. Un nom! Velvet doit te nommer. Toi. Pas toi. Un nom! Fit-elle un peu vivement.

Doucement, presque en rampant, la Chimère revint près de la jeune femme sans jamais la quitter des yeux. On aurait dit un chat qui explorait un nouveau terrain et qui s'apprêtait à s'enfuir au moins bruit ou geste suspect.


- Les loups dorment...Murmura-t-elle aussi furtivement qu'une brise. Un nom. Donne un nom.
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Adaline Maxwell
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MessageSujet: Re: «Une rose d'automne est plus qu'une autre exquise.» - Velvet Lun 23 Fév - 0:30

La cadence lente de ses pas reflétaient les pensées de la jeune femme à la chevelure mielleuse. A vrai dire, sa promenade tardive semblait la lasser quelque peu. Cette solitude commençait à être bien trop monotone, bien qu'apaisante. Cela dit, ce trop plein de calme ainsi que de douceur invita la frêle humaine à se plonger à travers d'anciens songes, et de bonheur inachevés. Imaginer une vie autrement construite que celle-ci l'aurait peut-être plu. Une vie bien plus trépidante, moins fade, ni plate. En effet, durant cet éloignement, la jeune femme imaginait une vie fort nuancée...

Cependant, alors qu'Adaline marchait de son pas distrait, le froissement des feuilles meurtries la fit de nouveau sortir de ses pensées trop ambitieuses sur une vie qu'elle n’atteindra, sans doute,
jamais.
Son corps, vêtue de cette longue et lourde robe noirâtre, se tourna élégamment et lascivement en direction du bruit qui inquiéta un peu plus la promeneuse perdue dans ses songes. Les traits doux et rêveurs du visage rougeâtre de la jeune femme se raidir doucement. Ses fines lèvres gercées se pincèrent alors que ses sourcils se froncèrent. Son regard aux camaïeux verdâtres parcourraient avec précipitation les environs. Cependant, encore une fois, Adaline se persuada qu'un animal chassait. Du moins, un petit animal errant, ou encore un oiseau cherchant, diligent, un lieu où se poser.
Mais le bruit se propagea plus près encore. Les oscillations du son semblaient tournoyer autour d'elle. La longue chevelure blonde et volatile valsa sur sa chute de rein au fur et à mesure qu'elle se retournait, comme pour suivre du regard les ondes sonores. Son menton se stoppa vers la gauche, là où son regard se braqua vers un buisson qui tremblotait. Était-ce dû aux fines brises froides de l'éveil des ténèbres ? L'humaine l’espérait fortement. Pourtant, quelque chose semblait la pousser à s'approcher de L’inconnu.

Un autre buisson attira l'attention de la jeune femme. La brise fit danser quelques feuilles, puis branches. Cela brouilla d'autant plus l'humaine. Son sang ne fit qu'un tour, puis se glaça. Un fin souffle s’échappa d'entre ses lèvres avant que sa respiration fut couper par cet état nommé « peur ». Son corps frêle bien qu'élancé, s'avançait lentement, peu valeureux vers cet intrigant buisson. La  jeune humaine se demandait ce que pouvait être ce mystère la torturant ainsi. C'est en y faisant prudemment le tour, qu'Adaline se rendait compte qu'il n'y avait rien. Absolument rien...
Elle reprit alors sa marche silencieuse, et solitaire. Tout en se rassurant, en se disant que la fatigue la gagnait et qu'il se faisait tard, un fin sourire vint faire fleurir la commissure de ses douces lèvres, en un sourire innocent. D'une démarche plus certaine et marquée par le bruit rythmé de ses pas, l'élégante blonde à la demie coiffe, se dirigeait vers la promenade menant à cette grande grille qui clôture le Zoo.  

Arrivée en dessous d'une sorte d'arche, de voûte naturelle par les branchages des arbres grisâtres, la jeune bourgeoise à la longue chevelure sauvage se retrouvait couverte de feuilles meurtries, craquelant et se chiffonnant d'avantage sur sa robe ainsi que sa coiffe, avant de s’émietter au sol humide. Les grands yeux verts émeraudes de la demoiselle s’écarquillèrent alors par la surprise. Elle remarqua en relevant doucement son nez vers les astres, et la voûte naturelle, que les feuilles qui venaient de s'abattre avec douceur et prudence sur elle, n'avaient chues qu'à l'endroit où elle se trouvait. Comme si cette chute était intentionnelle. De ses fines mains, elle dégagea quelques feuilles emprisonnées dans ses longues mèches blondes.
Le menton ainsi que le regard expressif de la jeune femme se relevèrent un peu plus vers cette voûte, endentant le craquement de quelques branchages au dessus d'elle. Dans un léger soupire, ses paupières se fermèrent un instant, avant de s'ouvrir et distinguer un regard perçant et inconnu, presque effrayant. Un petit nez, relevé en trompette frôlait le sien, et des lèvres charnues, semblant aussi sombres que l'obscurité, s'entrouvrirent afin d'émettre un son, dans un léger rire.
Le regard jaunâtre, presque doré à la prunelle dilatée, similaire au regard d'un félidé tapis dans l'obscurité.
La gorge d'Adaline se contracta, par frayeur et surprise. Son regard émeraude croisa l'or de ce regard inconnu. La douce humaine ravala sa salive dans un bruit sourd, tentant de distinguer le visage sombre de ce qui venait d'apparaître sous son nez.
Ce dernier semblait être à l'envers par ailleurs. Par la lueur fragile et tremblante des lampadaire, Adaline ne pouvait distinguer qu'une fine stature à la chevelure crépue et folle plutôt sombre, tout comme le grain de la peau de cette étrange « créature ».
Ces yeux lui parurent relativement plus grands et imposants que la normal. Ahurie, la jeune femme ne pu répondre à l'inconnue face à elle. Elle ne pu répondre à cette douce voix féminine et joueuse. Elle regardait la silhouette se laisser glisser au sol, comme le ferait arachnide habile. La petite bourgeoise balbutia quelque peu, en observant la grêle inconnue qui rampait jusqu'aux pieds chaussés de l'humaine.

Maintenant redressée, le nez relevé, Adaline pu considérer et observée la chétive personne qui se tenait face à elle. Cette personne semblait être une jeune personne, une jeune fille, menue et « sauvage ». Sa coiffure crépue et sombre renforçait cette impression qui fit doucement sourire la jeune fleuriste. Cette dernière penchait doucement la tête sur le côté. Elle remarqua les vêtements usés de l'inconnue. Ses tâches verdâtres, ainsi que ses mailles sautées sont certainement dû aux escalades de celle-ci.
Son visage dégagé, la fine blonde pouvait contempler la couleur noire de la peau de cette jeune personne ressemblant à une mendiante. Cependant, quelque chose de chaleureux émanait d'elle, et cela semblait apaiser les mœurs de la bourgeoise vêtue de noir.  Adaline n'osa pas s'approcher de cette inconnue inédite, de peur que celle-ci s'envole, comme un oisillon apeuré et insaisissable.
Surprise, encore une fois, par les dires de cette personnes sortant tout droit des songes, cette « créature », la tête blonde pris parole.  Sa voix se faisait douce et calme.


« L'homme à la flamme va me trouver et crier... ? Oh, tu dois certainement parler du gardien. » Marquant une pause, la jeune femme à la longue chevelure blonde bouclée s'approcha d'un pas lent vers l'inconnue, tout en déposant son regard profond vers les cieux obscures. « Il est vrai qu'il est tard, et que les portes doivent être fermées depuis un bon moment. »

Sa voix raisonnait tel un doux murmure, étant presque camouflée dans les fines brise qui firent de nouveau frissonner le tissus lourd de la robe de la jeune femme. Son regard se reportait sur cette étrange personne, bien que fascinante. Quelque chose rendait cette inconnue inoffensive.
Son langage ne semblait pas autant développé qu'une personne éduquer, mais les brides de phrases demeuraient compréhensibles, lorsqu'on y réfléchissait un peu. Adaline se posait des questions. Et si cette personne aussi chétive qu'un enfant était une mendiante perdue ? Non, elle semblait connaître d'avantage l'endroit pour avoir fait une telle farce. De plus, elle ne semble pas être affaiblit par le froid et la faim. La petite bourgeoise se pinça les lèvres, alors que la petite créature riait, en regardant la longue chevelure blonde de sa rencontre. Tout en haussant un sourcil, cette dernière remarqua qu'une feuille morte était encore coincée dans une des boucles, puis une autre logée près de sa joue. Dans un sourire effacée, elle retira du bout des doigts ses deux feuilles, en perdant de vue la fillette.


« A-Attends ! Où vas-tu donc ? »

L'enfant revenait aussitôt avec d'autres feuilles en main. Un soupire de soulagement s'arracha des lèvres de la jeune femme. Elle avait peur que cette étrange rencontre allait s'enfuir et la laisser seule, dans cette obscurité froide. Adaline ne voulait pas replonger dans ses songes, et il faut dire que cette jeune fille l'avait suffisamment intriguée afin d'approfondir une éventuelle conversation avec cette dernière. Ses grands yeux émeraudes fixaient presque avec tendresse cette inconnue qui semblait se nommer « Velvet ». Elle remarqua que ses feuilles ternies par leur chute, et la fine terre, étaient destinées à se métamorphoser en confettis. Le rire d'Adaline, inaudibles et calme anticipait le jet de la jeune fille ressemblant étrangement à un félidé. Notamment, ces grands yeux jaunes, et ses prunelles se dilatent et se rétractant en fonction de la lumière environnante. Lorsqu'elle lui tournait autour, l'humaine tournait doucement sur elle-même dans un large sourire, se prenant au jeu de la petite Velvet. Elle semblait rire, en se remémorant alors ses souvenirs d'enfance, quand elle vit cette dernière rire, et jeter ses feuilles comme une enfant.

« Oui, des jolies feuilles colorées. On dirait des confettis, tu ne trouves pas ? » Puis, suite à cela, elle observa cette rencontre inédite qui s'était stoppée, tel un chasseur aux aguets. Songeuse, Adaline attendit que cette dernière daigne reposer son regard sur elle afin de lui demander ce qu'elle pouvait guetter. Mais, l'enfant l'a pris de vitesse. « Un nom ? Et bien je m'appelle Adaline. Adaline Maxwell. Je suis enchantée de faire ta connaissance... Velvet ? C'est bien cela ? »

Velvet. Voilà un prénom doux et original. Velours, douceur. L'enfant respirait et inspirait ces deux substantifs. En rampant ainsi, on pourrait associer cette personne à un chat qui explore un terrain nouveau. Un terrain inconnu à dompter et à apprendre sur le bout des doigts, afin de connaître forces et faiblesses.
Le regard certain de la créature fit frémir l'humaine. Ce regard profond et perçant était hypnotisant reflétait l'âme d'un prédateur, testant sa proie. Pourtant, Adaline n'éprouvait aucune peurs, et angoisses, ce qui la surprenait même. Non, cette drôle de sensation de douceur l'enveloppait d'avantage encore. Ainsi, son sourire restait accroché à ses lèvres, même en entendant les propos glaçant de la créatures.


Elle murmura alors. « Des loups ? Il y en à Londres ? Je l'ignorais... » Son regard ne quitta en aucun cas l'enfant aux allures félines. La jeune blonde vêtue de noir était captivée par les mouvements de cette dernière. Puis elle repris, avec une voix plus claire et plus douce encore.
« Adaline. »

De nombreuses questions se bousculèrent dans la tête blonde de l'humaine. Beaucoup trop, en réalité. C'est pourquoi, après lui avoir répété son prénom, elle s'approcha d'avantage, avec douceur et lenteur, vers elle. Ses épaules droites ainsi que son menton légèrement relevée, Adaline penchait doucement son visage vers la droite, laissant sa longue chevelure glisser le long de ses épaules pour onduler contre sa poitrine, puis ses hanches. La brise, qui accompagnait ses paroles, fit valser le tissus lourd comme ses cheveux fins. Cette dernière emportait ses paroles, à la cadence modérée et chantée  tout droit aux oreilles de son interlocutrice.


« Dis-moi Velvet... As-tu un abris ? As-tu de la famille ? Oh, et ne traînes pas trop dans les rues, le soir... Des gens peuvent être mal attentionnés... » En effet, une enfant aussi chétive, aux couleurs tannées, ne peut qu'attirer de mauvaises personnes, aux pensées et projets menaçants. « S'il le faut, je peux t'aider à t'abriter, ou encore à te raccompagner à un endroit que tu connais. »

Bonne et attentionnée, Adaline ne pensait pas que ces interrogations pouvaient effrayer la jeune inconnues, ou même l'intimider. Mais, elle ne voulait en aucun cas laisser cette frêle personne errer dans les rues sombres, dans l'ombre de Londres. Elle-même savait qu'il était imprudent... Pourtant, cela ne l'empêchait à s’accorder une promenade presque nocturne. Son corps se tournait alors vers ladite Velvet, tout en détachant quelques instants son regard d'elle afin de contempler le ciel froid, et d'admirer les fins diamants qui agrémentaient ce dernier.

[HRP/ Désolée si mon post comporte des fautes. Je corrigerais dès que je le peux!/HRP]
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Black Velvet
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MessageSujet: Re: «Une rose d'automne est plus qu'une autre exquise.» - Velvet Sam 7 Mar - 15:48

Velvet était heureuse: elle avait réussi à effrayer la passante et à attirer assez son attention pour qu'elle veuille rester un peu à ses côtés. Le zoo allait fermer définitivement ses portes. Le veilleur allumait les derniers lampadaires, vérifiait les cages les plus dangereuses et se dirigeait déjà vers la porte principale pour verrouiller l'enceinte de fer qui retenaient captifs tant de curiosités. Il pensait que tous les visiteurs étaient partis et il n'avait pas vu Adaline qui se trouvait dans une partie des plus reculées. Au grand bonheur de la petite Chimère, la promeneuse était bientôt prise au piège avec elle. Pourquoi s'en réjouirait-elle? Ce n'était pas par vice, loin de là, Velvet ne connaissait pas ce concept, mais par jeu. Si la jeune femme restait coincée avec elle dans le zoo, elle pourrait rire d'avantage et l'aider à sortir dans une grande aventure! Les Humains n'étaient jamais très souples et les jupes des dames ne leur permettait pas d'escalader les grilles comme elle elle le faisait. C'était donc toujours un bel exploit que de les sortir de cette cage. Adaline était la troisième personne qui se laissait enfermer avec la Chimère depuis qu'elle était à Londres.

Dans son langage approximatif, pourtant, la petite créature avait tenté de prévenir la belle blonde de ce que le gardien allait bientôt l'oublier ou lui tomber dessus avec force cris. La promeneuse mit un peu de temps à la comprendre mais elle sembla tout de même rapidement saisir qu'il était question du veilleur.
Velvet sourit.


- Oui! Fermé! Le monsieur va crier avec sa flamme qui éblouit. Confirma-t-elle sans lâcher du regard son interlocutrice pour laquelle elle ne cachait aucunement sa curiosité.

Une bataille de feuilles pourrait peut être l'amuser...Vite! Il fallait aller en chercher.
C'est ainsi que, tandis que la jeune Humaine regardait le ciel une nouvelle fois, la Chimère disparut dans les broussailles avant de revenir pour lui jeter les relief de l'automne qui envahissaient le parc. Ravie que la promeneuse l'ai rappelée en craignant qu'elle ne se soit sauvée, Velvet ne se fit pas prier pour lancer son petit rire d'enfant tout en tournant autour de la dame en remuant les tas de feuilles mortes.


- Oui! Oui! Des confettis! Ça vole, comme les perroquets de là-haut! Ahah!

Sa joie et sa curiosité semblaient avoir contaminé la jeune femme qui, au lieu de s'enfuir en la traitant de monstre, comme le faisaient presque toujours ses rares rencontres, resta en sa compagnie pour l'observer, lui sourire et lui répondre avec amabilité et tact. Velvet lui demanda son nom et sembla réfléchir quand elle obtint sa réponse. Les sourcils froncés, le menton bas, elle articula lentement:

- A.da.li.ne. Max...Max...well...Adaline.

Elle ne semblait pas comprendre. Pourtant, c'était-là un exercice facile. Quelque chose gênait la petite Chimère dans la prononciation du nom de famille.
Avec souplesse, la jeune promeneuse tenta alors de deviner son nom à elle avant de répéter le sien. La créature d'ébène lui sourit de toutes ses dents.


- Adaline a rencontré Velvet. Madame l'appelle "Black Velvet", comme Monsieur Cook, mais trop long, ça donne faim.

Le sens de ces paroles n'était pas très clair mais pour la Chimère cela semblait couler de source, tout comme le fait qu'il y ait des loups apparemment...

- Des loups...plein...des gris, des blancs, des noirs...Pas dans les cages. Dehors. Aux bateaux. Ça mord quand y'a pas besoin de flammes.

Velvet faisait référence aux loups-garous qui rôdaient sur les quais à la pleine lune et qu'elle évitait comme la peste depuis qu'elle les avait croisés une paire de fois. Elle s'en méfiait violemment et était toujours attentive, même lorsque l'astre d'argent n'était encore qu'un pâle sourire sur la voûte céleste.

Adaline lui demanda alors si elle avait un endroit où loger, où se réchauffer et dormir avant de la mettre en garde contre les dangers qu'il y avait à se promener seule la nuit dans la capitale. Velvet mit du temps à répondre. Elle semblait fascinée par les bottes qu'elle portait. Puis, elle releva la tête et se redressa sur ses jambes pour se mettre debout.


- Velvet a une maison et la nuit lui appartient. Mais toi, tu es coincée. Fit-elle en articulant doucement chaque syllabe de ces deux phrases plus travaillées que les précédentes. Pas demander au gardien, lui crier fort. Viens! Je vais te montrer.

C'était la première fois que Velvet utilisait la première personne du singulier pour se désigner, comme si elle eut soudain récupéré les facultés mentales normales d'un individu lambda. Mais à peine eut-elle prononcé ces paroles qu'elle se jeta à quatre patte pour guider Adaline dans le zoo, comme un chien, attendant régulièrement en se retournant pour être certaine que la jeune femme la suivait.
Allait-elle encore jouer avec elle ou allait-elle réellement l'aider à sortir maintenant? Telle était la question que la Chimère retournait dans sa tête. Elle avait envie de jouer mais elle avait aussi senti que le gardien n'était pas loin. Il fallait s'éloigner car elle savait qu'il avait des instruments pour attraper et calmer les bêtes, elle l'avait vu faire avec les lions et cela l'avait marquée. D'un autre côté, la nuit s'assombrissait lentement car les lambeaux de nuages s'épaississaient. Les étoiles et la lune étaient toujours visibles, et le seraient sans doute jusqu'au matin, mais l'air frais devenait brûlant dans la gorge et le gel menaçait. L'Humaine ne serait sans doute pas contente bientôt.


- Les étoiles n'indiquent pas la sortie. Fit-elle à l'attention d'Adaline qui levait un peu trop la tête à son goût. Velvet a faim. Adaline aussi? Demanda-t-elle dans un souffle d'enfant.

Lentement, la Chimère conduisit Adaline au bout de l’extrémité Est du zoo et lui fit signe de la suivre dans l'herbe, le long des cages et bassins des loutres, avant de l'emmener plus avant dans les broussailles parsemées de grands arbres qui bordaient négligemment les lieux jusqu'au grillage d'enceinte. Bientôt, elle se mit à sautiller comme un animal content de sa découverte en lui montrant un trou sous la grille, dissimulé par un buisson épineux.


- Velvet a creusé longtemps! Adaline peut sortir!

Le trou était effectivement assez large pour laisser passer une personne adulte et même un homme, mais ce que la petite Chimère n'avait pas calculé, c'était le risque de se salir de terre grasse en exécutant l'affaire. Pour elle, toute fine et misérable, cela ne posait aucun problème, mais pour une femme en crinoline, même légère, c'était un vrai risque d'y laisser toute sa toilette.

- Dehors! Pas de loup aujourd'hui! Velvet te montre.

Toute fière d'elle, la Chimère se glissa par le trou et sortit de l'autre côté de la grille. Elle se mit à sautiller en tournant sur elle-même, contente de son "exploit" et revint pour agripper aux barreaux de fer blanc. Ses grands yeux jaunes dans ceux de la promeneuse, elle sourit.

- A toi!

Soudain, une grande main burinée par le temps et les travaux difficiles l'attrapa par le bras et la tira brusquement en arrière. La Chimère poussa un petit cri de chat et se débattit mais l'homme qui venait de la saisir semblait avoir tout prévu. Il lui mit un grand coup sur la tempe à l'aide d'un genre de matraque en bois avant de la jeter dans un sac de toile de jute tenu par un complice. Malgré sa souplesse et sa rapidité, Velvet fut assez sonnée pour ne pas réussir à s'échapper et finit enfermée.

- On l'a eue! Bon sang, Sean, on l'a eue! Saloperie! Enfin! Cria le premier homme. Il était le plus costaud des deux, vêtu comme un marin, avec une casquette crasseuse et une veste des plus miteuses. Son complice, vêtu de la même manière à ceci près qu'il semblait moins sale, venait de resserrer les liens du sac où se débattait mollement la Chimère encore sonnée.

- Elle était pas seule Frank...Fit-il en désignant Adaline du doigt du côté des barreaux.

Le dénommé Frank se tourna vers la jeune femme et tiqua avant de lui faire un grand sourire aussi niais que cruel.


- Bah alors ma p'tite dame? Fit-elle d'une voix faussement aimable. On se balade dans le zoo qu'est fermé? C'est pas bien ça...Et avec une bestiole pareille en plus! Elle allait vous perdre dans une ruelle pour vous assassiner savez...On va vous en débarrasser.

Sans plus attendre, profitant de ce que la belle blonde soit de l'autre côté des barreaux, il fit signe à son partenaire de se dépêcher et ils s'enfuirent dans la brume des ruelles.

Velvet avait toujours eu des ennemis, Mme Hellington l'avait bien assez prévenue. Pourtant, elle n'avait pas prévu que ces deux marins, qui la traquaient depuis un moment, ne la cueillent ainsi au zoo. Ils l'avaient observée un temps avant de découvrir sa porte de sortie et de lui tendre ce piège. Avec un peu de chance, ils en tireraient une bonne somme auprès de l'alchimiste qui les avait engagé pour la capturer...
Ce soir, ce n'était pas des loups dont elle aurait dû se méfier.


[HRP/ Fin du RP. Suite de Velvet à venir./HRP]
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Adaline Maxwell
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MessageSujet: Re: «Une rose d'automne est plus qu'une autre exquise.» - Velvet Lun 6 Avr - 20:47

La manière dont communiquait la fillette ne pouvait que faire songer la promeneuse nocturne. Malgré son langage approximatif, Adaline semblait saisir le cœur des pensées de la frêle créature si fabuleuse. Telle une enfant, elle s'exprimait comme elle le pouvait, et cela ajoutait une part de mystère en cet extraordinaire personnage, si inédit.
La jeune fleuriste, aussi rêveuse soit-elle, n'avait jamais imaginé qu'un jour se retrouverait-elle en présence avec une telle rencontre. La situation était si invraisemblable. Un enfant exotique à la vision presque féerique. La femme à la longue chevelure bouclée se disait que ce n'était qu'une enfant, après tout. La curiosité de l'enfant contaminaient à petit feu la jeune humaine qui observait avec bienveillance la petite Velvet. Le regard verdâtre de la jolie blonde semblaient, encore une fois, non sans surprise, rêveurs. Elle s'évadait d'avantage depuis que ce petit bout de femme avait débarqué dans sa vie si plate. Cette enfant semblait si heureuse de vivre avec ce que la Nature lui offrait, et cela semblait ressembler à une Utopie pour la frêle humaine.


«  Tu as raison Velvet, ces feuilles sont de magnifiques perroquets. On peut les imaginer entrain de virevolter joyeusement... »

La comparaison que l'enfant fit avec les perroquets fit naître un large sourire sincère sur les lèvres charnues te craquelés d'Adaline. Elle l'avait arrachée de ses pensées. En y repensant, ces couleurs chaudes bien que meurtris faisaient effectivement penser à ces volatiles des pays chauds, faisant rêver les plus audacieux. La bonne humeur et l'innocence de l'enfant sauvage envahissait les pensées de l'humaine, qui s'efforça de ne plus lever le bout de son nez trop distrait, de peur de perdre à nouveau ce frêle chaton, pourtant si débrouillard et souple. La lourde robe noirâtre à crinoline se heurta à la terre grasse et au feuilles craquante sous ses pieds vêtus de bottines en cuir noir. Par ailleurs, l'enfant observa, intriguée, à plusieurs reprises les chaussures d'Adaline. Cela la faisait intérieurement rire, chaleureusement. Il fallait dire que son inédite rencontre vagabondait nus pieds. La tête blonde couverte d'une demie-coiffe noir osait imaginer la sensation de la terre fraîche sous ses pieds alourdis par le cuir alors que l'enfant semblait articuler avec difficultés le nom de la jeune femme.
Son regard croisa celui du « félin ». Cette dernière semblait concentrée sur cet exercice pourtant simple pour des humains dits civilisés et normaux. La rapidité à laquelle Velvet enregistra son nom, Adaline fut surprise. Agréablement surprise, telle une mère écoutant les premiers babillages de son enfant.


« Oui... Adaline Maxwell. Tu t'en sors très bien. »
La créature d'ébène enveloppait la promeneuse tardive d'une étrange tendresse et sérénité, oubliant alors le froid menaçant, et autre dangers que la nuit pouvait engendrer.


L'évocation d'une autre personne fit réagir Adaline. Un certain Monsieur Cook, disait-elle. Mais, à l'écoute des dires de la fillette, la jeune femme à la silhouette noire ne releva point de commentaire à l'égard de cet inconnu qui semblait être important dans l'histoire de la petite Velvet. Il fallait dire que si parler de cet homme donnait faim, c'est que cela devait être long à expliquer dans les détails, et éprouvant pour l'enfant. Ainsi, l'évocation d'une Madame tilta la jeune fleuriste à la longue chevelure semblable au brin de blé. Ce petit détail pouvait indiquer que la fillette à la peau noirâtre avait comme une famille, une personne sur qui compter. Cette pensée rassura la fille Maxwell.

A nouveaux, l'enfant repris une voix grave, des plus glaçante, non pas seulement par ses propos. L'idée que des loups rôdent non loin des habitations effrayait la jeune femme qui ignorait la présence de ces majestueuses créatures sauvages, vivant en meute. Cependant, Adaline ignorait clairement que l'enfant sauvage fait référence à la malédiction des Hommes semi-loups. Cela ne lui traversait point l'esprit, malgré les contes pour enfants et les légendes.

Heureusement, la discussion ne s'étendait pas longtemps là-dessus. L'enfant confirmait alors qu'elle avait un toit où se réfugier afin de dormir, et mener une petite vie presque normale. La manière dont Velvet parlé semblait plus travaillé qu'avant. Elle semblait être soigneuse et rigoureuse dans ses paroles, comme si elle voulait faire clairement véhiculer ses idées. Adaline l'écoutait tout en marchant lentement, veillant sur la joyeuse créature. Cependant, elle semblait être inquiète au sujet du gardien. Serait-elle craintive ? Peut-être traumatisée ? Il faut dire que croiser une telle enfant pourrait éveiller des pulsions malsaines ou bien de peur, donc de violence. Les traits si doux de l'humaine semblaient se durcir quelque peu à cette pensée. Ses joues rougies par le froid mordant semblaient creusés. Elle songeait aux dresseurs d'animaux qui domptent cruellement le lion tel du bétail. La belle frémit en imaginant le pire, si cet homme avait déjà tenté de dompter l'enfant sauvage de la même manière que ses pauvres félidés en cage. D'une légère secousse de la tête, Adaline chassa ses mauvais songes de son esprit.


« Je suis soulagée d'apprendre que tu as un chez toi. Cependant, la Nuit à beau t'appartenir mais les dangers sont bien présents, Velvet. Soit prudente à l'avenir. Les Hommes ne sont pas tous bons. Je pense que tu dois le savoir mieux que moi. »

L'enfant trépidait, et pour la première fois depuis leur rencontre, Velvet employa la première personne pour parler d'elle. Cependant, son instinct animal avait reprit le dessus. Elle trépidait à quatre pattes vers un lieu où elle seule connaissait l'existence. Adaline la suivait avec minuties, bien que son regard évasif se laissait distraire par la beauté nocturne de tableau qui se dressait sous ses yeux émerveillés. Une fine brume accessoirisait les cieux bleu nuit et les fines étoiles scintillant faiblement à travers les nébulosités grisâtres qui n'étaient que des lambeaux de nuages. La Nuit était belle et bien présente, et le froid l'accompagnait en lui tendant son bras. Les brises laissaient place au léger vent glacial qui noua les longs cheveux blonds de l'humaine, et brusquait à petit touche son long manteau noir. D'ailleurs, cette fraîcheur agressait un peu plus les lèvres fragilisées ainsi que la gorge peu recouverte d'Adaline. L’intérieur lui brûlait un peu plus, mais elle ne s'en plaignait point car l'Aventure se présentait enfin à sa vie trop monotone. Les paroles censées de la fillette la fit sortir de sa rêverie trop imposante.

« Les étoiles nous mènent cependant vers la porte des Rêves, ma petite Velvet. », fit-elle, dans un léger sourire nostalgique, avant de reprendre, avec grande sérénité bien que sa voix commençait à être enrouée. «  Je n'ai pas faim. Mais je peux t'offrir de quoi apaiser ton appétit lorsque nous serions sorties de ce Zoo. Tu aimes le potage de légumes ? C'est chaud et cela tient au corps. »

Adaline se surprenait. Malgré sa timidité, sa profession l'obligeant à se mêler aux autres personnes, elle n'eut aucun mal à adresser la parole à cette drôle de créature, cette enfant surprenante et vivante, une véritable inconnue intrigante. La fleuriste suivait la chimérique enfant d'ébène à travers le reste du Zoo. Elles abordaient diverses cages à oiseaux, aquariums de poissons exotiques avant de passer devant le bassin des loutres. Le regard, ainsi que la fine silhouette de la promeneuse à la longue chevelure blonde traînaient devant ses mammifères marins, surprenant et souples. Leurs airs farouches amusait la jeune femme alors que la petite Velvet lui faisait signe d’emprunter un petit chemin dans l'herbe grasse et d'autres broussailles, non loin des limites de l'enceinte du Zoo. L'enfant lui présenta alors une grille haute, ainsi qu'un trou que l'enfant semblait avoir creusé de ses petites mains. Velvet semblait être fière de sa trouvaille, du moins, de son exploit. Adaline ne cachait pas la satisfaction de trouver une issue à ce Zoo, non pas que l'enfant l'ennuyait, au contraire, mais le froid ainsi que la fatigue semblait emporter doucement enthousiasme de la jeune femme.
Ce trou semblait être relativement large pour laisser passer un homme, alors une femme ne serait pas problématique. Pourtant, une robe à crinoline, même légère, et le risque d’abîmer cette dernière semblerait être le seul obstacle. Cependant, cette idée ne semblait pas chiffonner la belle blonde. Se salir et abîmer sa toilette faisait presque partie intégrante de sa vie et de son travail, au dépit de ses parents. Adaline regarda la fillette passer avec grande souplesse. La jeune femme félicitait du regard  la fillette sauvage. Elle semblait si fier, et la voir ainsi redonnait d'avantage le sourire à l'humaine fatiguée.


« Ne bouge surtout pas, je te rejoi-... »

La jeune bourgeoise n'eut le temps de finir sa phrase. En effet, un choc sonna la chétive enfant. Cette dernière semblait se débattre et lâcher quelques cris semblables à ceux d'un chat en danger. Ses son firent frissonner l'humaine apeurée. Adaline tressaillit en apercevant une lourde silhouette d'un homme aigri. Cet homme brut à la voix rauque semblait être un de ses marins en vadrouille.
La jeune fleuriste voulu crier à l'aide, mais sa gorge enrouée ainsi que la peur l'en empêcha. De plus, elle songeait au gardien de la nuit ; si ce dernier l'a remarquerait, elle se retrouverait dans un sale pétrin. La belle ne savait que faire. Lorsqu'elle fut découverte par un autre homme, certainement le complice du kidnappeur de la petite Velvet, elle reculait brusquement, en lâchant un léger cris de peur.


« Velvet ! »

Sa respiration haletante se faisait largement entendre, ainsi que sa peur grandissante. Son corps entier tremblait, autant par le froid que par la peur. Qu'allaient-ils donc faire à cette pauvre fillette... ? Qu'allaient-ils faire d'Adaline ? Démunies de tous réflexes, elle les observait, sans pouvoir réagir, simplement subir l'enlèvement de la créature d'ébène, innocente.
Les ravisseurs profitaient de la situation de la pauvre bourgeoise afin de fuir loin du lieu du crime. La seule témoin n'avait pu voir les visages de ces deux hommes brutaux. De plus, Adaline ne connaissait que le prénom de la fillette, et expliquer cela aux gardiens de la paix serait un exercice difficile. De plus, le fait que la belle soit présente dans l'enceinte du Zoo à cette heure aussi tardive ne serait pas en sa faveur. On la considérerait comme folle ou suspecte.

Démunies de tous pouvoirs, Adaline ne savait que faire. Son nez rougeâtres et piquant par le froid ainsi que l’émotion la chiffonnait. Ses yeux humides par la peur, ainsi que sa gorge nouée lui donnaient un air meurtris et effrayant. La jeune tête blonde réfléchissait avec grande peine. Une si jeune enfant... Velvet devait certainement s'être aventurée trop près du port, et cette présence non désirée aurait attiré l'attention de deux marins.
La bourgeoise se sentait coupable. Coupable de ne pas avoir pu réagir, et coupable de ne pouvoir rien faire. Ainsi, certainement coupable de ne pas l'avoir connue plus tôt afin de la prévenir d'avantage de danger courant à l’égard des individus à la peau sombres. Cette injustice pourtant habituelles en cette époque semblait affecter Adaline.

Après un long instant à ruminer et à se remémorer l’événement, la jeune femme prit soin d'ôter sa demi-coiffe afin de laisser ses longs cheveux blonds et bouclés virevolter en toute liberté. Elle passa en premier lieu cet accessoire tenant au chaud ses oreilles à travers le trou que la fillette avait creusé. Ensuite, avec une souplesse maladroite, Adaline rampa difficilement dans la terre grasse et humide afin de sortir du Zoo. Le velours côtelé emprisonnait avec aisance la boue fraîche, brindilles et brin d'herbe. Sa longue chevelure mielleuse n'y échappait non plus. De la terre s'y logeait et lorsque que la fleuriste fut debout et libre de la merveilleuse prison, elle tapa de ses fines mains gantées la terre incrustée dans les plis de sa robes lourde. Sa crinoline de bois souple semblait être brisée à l'avant du vêtement chaud. Adaline recouvrit sa tête blonde de sa demi-coiffe, cachant ainsi la terre de ses cheveux, avant de se remettre en route, perturbée.
Durant sa marche nocturne en direction de son petit chez-soi, elle ne pu s’empêcher d'imaginer le pire, et de songer à cette petite Velvet. Une paranoïa la pris. A chaque pas, la belle blonde se retournait en appréhendant l'apparition d'un autre ravisseur. Par chance, le retour fut silencieux et sans danger, en dépit d'une nuit mouvementée.


[HRP/ Fin du Rp, suite à venir. Rp' chronologiquement avant L'évent. /HRP]
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«Une rose d'automne est plus qu'une autre exquise.» - Velvet

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