L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Entre crocs et lames [Van, Katherine] [20/04/42]

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Van Collins
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Date d'inscription : 03/09/2013
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Race : Alchimiste libre
Classe sociale : ouvrière
Emploi/loisirs : Medecin au noir /l'Alchimie
Age : 24 ans
MessageSujet: Entre crocs et lames [Van, Katherine] [20/04/42] Ven 23 Jan - 13:34

On avait requit ses service au sein d'une maison occupée par des personnes qui n'étaient pas des inconnus pour lui. Van, connaissait ces braves gens qui avaient déjà eut recours à ses services par le passé et une relation de confiance s'était naturellement installée entre eux. Le père de famille s'appelait Jonathan, et était barbier de profession. Sa femme quand à elle était couturière. Ils avaient deux enfants, deux fils qui faisaient leur fierté : Sean l'ainé qui vendait les journaux le matin et se transformait en cireur de chaussures en journée et le cadet Charles qui était encore trop jeune pour aller travailler.
Ce matin, Sean ne s'était pas levé pour aller livrer les journaux comme de coutume, lorsqu'ils s'en inquiétèrent ses parents constatèrent avec effarement que leur fils était terrassé par une forte fièvre. Jonathan courut à travers les rues de Londres à la recherche du médecin qu'il espérait trouver chez lui malheureusement, le brave homme eut beau tambouriner à la porte, cette dernière restait obstinément clause. Effondré, il se laissa tomber devant la porte en bois, le visage enfuis dans ses jambes qu'il avait ramené vers lui. Peu à peu les rues encore désertes commencèrent à s'animer et les bavardages des passants autour de lui se firent de plus en plus dense. Depuis combien de temps était-il là à attendre ? Il l'ignorait, mais ses larmes commencèrent à couler. Et si le Dr Cooper ne rentrait pas ? Et s'il revenait trop tard ? Et si.... ? Une voix familière mit alors fin à ses tortures mentales.

- Jonathan ?

L'homme leva son visage inondé de larmes sur la silhouette masculine qui s'était arrêté à quelques pas de lui. Van se tenait là, debout devant lui et l'observait avec une inquiétude palpable. Il avait comprit que quelque chose de grave était arrivé.

Van avait passé la nuit dehors, comme très souvent. On faisait souvent appelle à ses services une fois la nuit venue, comme si cette dernière était la complice bienveillante de ses activités illégales. Cette nuit, il y avait eut une tempête d'une incroyable violence. Jamais de mémoire d'hommes, on en avait vu de si virulentes. Un petit déluge qui semblait vouloir laver les ruelles de la souillure humaine. Les rues, noyées par des torrents d'eau étaient complétement abandonnées,  pour ne pas dire désertées. Il n'y avait pas âme qui vive à vouloir se risquer un nez dehors, les rats eux-mêmes avaient disparus. Pourtant une silhouette avait bravé cette tempête, celle de Van qui avait été demandé pour soigner un homme victime d'un terrible accident sur son lieu de travail. L'état dans lequel le malheureux se trouvait était absolument sans espoir pour la médecine traditionnelle. Il était même surprenant qu'il n'eut pas périt sur le coup, et peut-être aurait-il était préférable. Pourtant, lui,  pouvait faire quelque chose pour remédier à son état, mais pour se faire, il devait être seul, c'est pourquoi il avait demandé à la femme du malheureux de bien vouloir sortir avec les enfants et d'aller chez un voisin, car « l'opération » qu'il s'apprêtait à effectuer sur son époux serait longue, délicate et douloureuse, raisons pour lesquelles il avait besoin d'être seul pour l'effectuer. La femme avait bien tenté d'objecter mais Van s'était montré intraitable, et pour cause... S'il voulait intervenir pour avoir une chance de sauver cet homme il devrait avoir recours à l'alchimie, hors, Van s'était toujours interdit d'avoir recours à l'alchimie devant témoin. Bien qu'il fut laissé pour mort aux yeux des autres alchimistes il ne désirait aucunement attirer l'attention sur lui. Il se savait déjà au centre de bien des conversation en tant que médecin pratiquant au noir, mais cela ne dépassait pas le cadre de la rue et des miséreux qui faisaient appel à lui dès qu'ils avaient besoin d'aide, car celui que l'on connaissait sous le nom de Liam Cooper en plus d'être compétant n'était pas un homme qui s'emparait sans scrupule de toutes vos économies quand vous aviez la chance d'en avoir. Ses compensations étaient en réalité toujours en deçà de ce qu'il aurait été en droit de réclamer. Hormis pour les personnes qui avaient de quoi le payer ses revendications étaient toujours très modeste et s'apparentait plus à du troc. En échange de ses services il vous demandait ce dont il avait besoin en fonction de ce que vous pouviez lui offrir. Il pouvait s'agir d'un toit pour dormir, un service, ou d'un peu de nourriture... Ses activités lui valaient donc une certaine notoriété qui ne dépassait pas le cadre de la Londres souterraine, mais Van savait que s'il avait le malheur d'user de l'alchimie devant témoin, la rumeur se répandrait comme une trainée de poudre et il attirerait davantage l'attention sur lui, notamment des Alchimistes d'Etat, ce dont il n'avait absolument pas besoin.

Grâce à ses talents d'alchimiste, Van était donc parvenu à sauver cet homme. Grace à lui, il avait survécu et surtout, il ne finirait pas sa vie en infirme, ce qui aurait inévitablement conduit cet homme et sa famille dans la rue. Lorsque l'épouse du convalescent revint chez elle, elle pleura d'émotion et de soulagement en découvrant que son mari avait survécu et qu'il allait s'en sortir. Afin de le remercier, elle offrit à manger au médecin consciente qu'ils avaient désormais une dette envers lui, qu'un maigre repas ne pourrait jamais compenser. Quand il eut terminer la soupe qu'elle lui avait préparé, elle le pria de rester avec eux pour la nuit, le temps que la tempête se calme, mais l'alchimiste avait refusé. Il souhaitait braver la tempête pour se rendre à Chinatown, là ou se trouvait l'Antre des Anges. Officiellement, il désirait s'y rendre pour rendre une visite de routine auprès d'une des pensionnaires de la maison qui s'appelait Evène. La jeune femme avait subit un avortement qui s'était parfaitement bien déroulé et Evène s'était très bien remise de son intervention. Van était l'un des rares « médecin » à savoir réellement ce qu'il faisait lorsqu'il pratiquait cette opération ô combien délicate, au contraire de bons nombres de charlatans qui sévissaient dans Londres. Les risques étaient grands, la survit de la mère qui désirait interrompre sa grossesse incertaine et surtout, cette pratique était sévèrement puni par la loi et condamnait au fer tout intervenant dans ce genre de pratique. Mais Van, qui n'avait strictement rien à perdre, avait fait son choix depuis longtemps. Il avait les capacités de pouvoir venir en aide à ses malheureuses et tant qu'il le pourrait, il n'hésiterait pas à le faire. Le gouvernement et ses esprits bien pensant s'en trouvaient bien plus choqués de voir que l'on puisse pratiquer un avortement que de voir un enfant mourir de faim ? Et bien ce n'était pas son cas !
Il préférait prendre une vie pour lui épargner de connaître des années de souffrances que l'inverse. Van était un néomalthusien convaincu, persuadé que la contraception et l'avortement étaient les solutions les plus efficaces pour combattre la surpopulation et la misère. Et tant que l'avortement serait interdit et sévèrement puni par la loi, les femmes désespérées seraient prêtes à risquer leur vie en s'adressant au premier charlatan venu qui leur offrirait la délivrance qu'elles attendaient mais surtout qui était prêt à piller leurs petites économies sans vergogne au mépris de leur vie.

L'avortement d'Evène s'était parfaitement déroulé, il fallait dire que tous les facteurs avaient été mis à sa disposition pour que ce soit le cas. En effet, la jeune femme était l'une des filles d'Azami, la maquerelle de royaume des plaisirs charnels. Contrairement à d'autres établissements qu'il avait pu fréquenter, Azami prenait grand soin de ses filles qui ne souffraient d'aucune maltraitance, ou carences, qu'elles soient d'ordre nutritionnel ou affective. Elle veillait sur elles comme une mère sur ses filles et les jeunes femmes le lui rendaient bien en lui étant toutes dévouées.
Evène n'était ni chétive, ni malade, ni souffrante. Elle avait été confié à des mains expertes et aucune complication n'était survenue durant l'opération ni après. La jeune femme s'était parfaitement remise et allait pouvoir reprendre ses activités incessamment sous peu. C'était d'ailleurs pour donner son autorisation qu'il comptait s'y rendre, du moins officiellement, car en réalité, celle qu'il désirait revoir c'était Azami.
La maitresse des lieux, qui était devenue son amante occupait très souvent ses pensées lorsqu'il s'autorisait à les laisser vagabonder. C'était une femme fascinante et ensorcelante. Jamais aucunes femmes ne lui avait offert autant de plaisir, mais ce n'était pas la seule raison. Elle avait beaucoup de caractère et de charisme. C'était une femme forte mais qui n'en n'était pas pour autant invulnérable. Elle avait du répondant, elle était maligne, et cultivée, elle faisait d'étranges pliages de papier qu'elle appelait Origamie, il avait aimé son sourire qu'elle lui avait adressé quand il s'y était intéressé, ainsi qu'à ses livres sur les animaux. C'était pour ce genre de choses qui lui donnait envie de mieux la connaître, découvrir celle qui se cachait sous ce masque et apprendre à mieux la connaitre.
Il ignorait si elle aurait du temps à lui consacrer, mais l'apercevoir et échanger quelques mots avec elle suffisait déjà à son bonheur.

Malheureusement jamais ses pas n'atteignirent l'Antre des Anges, et pour cause, sa route avait croisé une créature qu'il avait toujours cru sorti de l'imagination collective...celle d'un vampire !
Ses lèvres avaient esquissés malgré lui un sourire moqueur rien qu'à cette pensées. Un vampire ! Si on lui avait dit qu'un jour il croirait en l'existence de ces créatures il aurait rit au nez de ces opportuns et pourtant, elles existaient et ses pas avaient croisés leurs routes en cette nuit de tempête. Tout avait commencé par les hurlements d'un homme que les aboiements d'un chien enragé et la pluie qui martelait sans la moindre pitié les pavés de la ville, avaient presque couvert. Pourtant,  il les avaient entendu, et sans réfléchir plus en avant, s'était précipité au secours du malheureux. Après avoir maitrisé l'animal, il avait fait la connaissance de cet homme à l'allure chétif qu'il avait d'abord prit pour un vieillard à cause de ses longs et fin cheveux blancs. Pourtant, il n'en n'était rien, les traits de son visage étaient ceux d'un homme mure, d'une trentaine d'année à peine, peut-être moins mais qui avait déjà beaucoup vécu. La première chose qui l'avait interpellé c'était sa corpulence. L'homme était grand, bien plus que la moyenne, et en imposait naturellement. La deuxième chose qui l'avait marqué c'était le fait que Jun, car tel était son nom, lui avait paru désespéré, las de vivre. Il venait de perdre un ami très cher et ça l'avait profondément meurtris, bien plus qu'il n'avait voulu le reconnaître. Enfin, l'homme tenait un discours qui oscillait entre la raison et la folie pure. Parce qu'ils avaient été chassé de leur abris de fortune par un des occupants d'une maison avoisinante, Van avait conduit son compagnon d'infortune sous la pluie battante jusqu'à un logement situé dans une vieille cave. Il était abandonné depuis peu, car sa vieille occupante avait périt la semaine précédente sous les roues d'un fiacre qui ne s'était même pas arrêté pour la malheureuse.

Là, leur discussion avait prit une étrange tournure. Alors qu'ils se réchauffaient près du feu, Jun lui avait parlé de l'existence des vampires et des différents moyens qu'il existaient pour les combattre. Van avait été quelques peu interpellé par son étrange discours. Avait-il affaire à un fou ? Il en doutait, Jun ne se comportait pas comme quelqu'un d'irrationnel, seul son discours l'était. L'homme était vraiment convaincu de ce qu'il avançait et si Van n'avait pas été un pur cartésien, nul doute qu'il aurait pu le croire sur parole tant l'homme mettait de la conviction dans son discours qui ne souffrait d'aucune hésitation et fourmillait de détails. Pourtant, et bien qu'il s'y refusait, Van dut admettre qu'il avait tort. Les événements de cette soirée avaient été tels qu'il était à présent obligé d'admettre l'existence des vampires, et si Manouk, l'étrange serviteur de Jun lui avait paru dangereux, à aucun moment il n'avait ressentit la moindre menace venant de celui qui se battait contre les siens.
Tant de réponses étaient restées sans réponses. Pourquoi Jun se battait-il contre les siens ? Qui était-il réellement ? Quels étaient ces étranges pilules que lui avait donné cet homme à la peau d'ébène ? Il était parvenu à en récupérer une et comptait bien l'analyser dès qu'il serait rentré chez lui, cela avait du moins été dans ses attentions...

Le vieux vampire, âgé de presque six siècles, était très affaiblit et aurait été bien incapable de se défendre si plusieurs des siens avaient décidé d'en profiter pour l'éliminer. Van avait-il la prétention de venir à bout de ses créatures ? Absolument pas, toutefois, grâce à Jun qui lui avait donné les armes pour se défendre, et grâce à la participation involontaire de l'africain dont il avait pu mesurer la vitesse de déplacement et la force, Van s'était sentit mieux préparer à agir en cas de problème. Mais fort heureusement il ne se passa rien. L'alchimiste était resté auprès du vampire jusqu'au levé du jour. La tempête s'était calmé et le soleil brillait de son éclat incomparable, offrant par la grâce de ses rayons, une protection au vieux vampire qu'aucun de ses congénères n'avait le pouvoir d'affronter sans être réduit en cendre. Après s'être assuré qu'aucun rayon ne pourrait traverser ce lieux clos et atteindre Jun, Van s'était retiré à son tour, en espérant que sa route croiserait à nouveau celle du vampire.

Il avait prit son temps pour rentrer, essayant d'assimiler toutes ces informations qui lui avait été transmises la veille. Et c'est ainsi qu'il était tombé sur Jonathan, qui l'attendait en larmes devant son logement.
Sans perdre un instant, les deux hommes s'étaient dirigés vers la demeure du barbier. Oubliant derechef, Jun, Manouk, les vampires,... et toutes ces révélations qui le taraudaient, Van se précipita au chevet de l'enfant et se concentra sur son mal. Le garçon était brulant de fièvre, en le palpant, il devina une inflammation du cou, sa gorge était rouge et enflammée,... la scarlatine.
S'éloignant du lit du malade, il fut rejoins par le couple et leur second fils à peine âgé de 2 ans.

- Il s'agit de la scarlatine, leur annonça-t-il le visage grave

Le couple eut un mouvement de recul, horrifié par la nouvelle. Cette maladie était cause de grands nombres de décès chez les jeunes enfants. L'idée de perdre leur ainé ampli les yeux de larmes de la couturière, avant qu'elle ne réalise soudainement avec effroi que son second fils ait put être contaminé. Comme pour le protéger, elle l'entoura de ses bras protecteurs avec affolement. Interprétant sans mal son geste, Van tenta de la rassurer.

- Il ne risque rien, fit-il en ébouriffant gentiment les cheveux du garçonnet. J'ai toutes les raisons de penser que la maladie n'attaque pas les bébés et les enfants en bas âges, ni les adultes. Généralement les enfants victimes de la scarlatine ont tous entre 5 et 9 ans, au-delà et en dessous, je n'ai jamais été confronté à des cas de scarlatine.

Serrant un peu plus son enfant dans ses bras, dans un geste de soulagement cette fois, la femme tourna son visage vers son époux lorsque celui-ci reprit la parole.

- Est-ce que vous pouvez faire quelque chose pour Sean ? S'enquit-il en essayant de maitriser les trémolos dans sa voix.

Le médecin leva son regard sur lui sans répondre avant de glisser son regard émeraude vers le fond de la pièce en direction du lit dans lequel gisait l'enfant malade. Il ne s'agissait que des premières heures de la maladie, elle avait été identifié rapidement, il existait encore un moyen de le sauver. Lui faire boire des tisanes faites à base d'une plante rare et particulière qui avait le don de faire baisser la température et d'enrailler le mal dont il souffrait. Mais il y avait deux soucis. Le premier c'est que Van ne connaissait qu'un seul herboriste qui vendait cette plante, une chance, il ne vivait pas très loin d'ici. De part sa rareté, cette plante était hors de prix, mais avec ce qu'Azami lui avait payé pour l'avortement d'Evène, l'argent n'était pas un soucis. Le second problème et non des moindres était plutôt que Van répugnait à se balader en plein jours dans le Londres grouillant de monde. Le risque de tomber sur une personne qui l'avait connu dans sa vie passé était trop grand, n'importe qui pouvait le reconnaître, et pire encore des alchimistes. Pourtant les gémissements de l'enfant qui parvenait jusqu'à ses oreilles mirent très vite fin à ses hésitations. Il se tourna vers Jonathan et approuva d'un signe de tête.

- Oui, si je veux le sauver, il faut que je me rende chez un herboriste à quelques ruelles d'ici. Je fais au plus vite, lui certifia-t-il en se dirigeant vers la porte d'entrée toute en donnant ses dernières directives. Ne le laissez pas se déshydrater. Faites-le boire régulièrement et passez un linge mouillé sur son corps pour faire baisser sa température.

Sans perdre un instant, Van quitta la demeure du barbier et traversa les ruelles londoniennes qui grouillaient de monde. La tête enfuie dans le col de sa veste, pour se protéger et tenter de passer le plus inaperçu possible, il finit par arriver dans la boutique de l'herboriste.
Une petite clochette se mit à teinter, pour signifier à l'herboriste qui se trouvait au fond de son magasin qu'un client venait d'entrer dans sa boutique. Une douce température. enveloppa aussitôt Van, accompagné de senteurs si particulières qui embaumaient les lieux.
Le gérant, un homme au physique rond et jovial, offrit à son client un sourire qui s'agrandit en le reconnaissant et l'accueillit avec un plaisir non dissimulé.


- Dr Cooper. Que puis-je pour vous ?

Après lui avoir rendu la politesse d'un sourire, Van lui expliqua ce qu'il était venu chercher, priant intérieurement pour que l'homme en ait encore dans sa réserve. Sans, la survie de Sean serait grandement compromis. L'inquiétude de Van devait se lire sur son visage car le marchand lui adressa aussitôt un sourire rassurant.

- Ne vous inquiétez pas, il m'en reste encore, je vais vous en chercher.

Van esquissa aussitôt un sourire de soulagement et se détendit enfin véritablement depuis le début de cette histoire. Alors qu'il patientait devant le comptoir, les petites clochettes qui avaient déjà carillonnées à son entrée se remirent à tinter. Deux hommes pénétrèrent tout en discutant, mais une voix en particulier retint l'attention de Van qui se figea presque aussitôt en la reconnaissant. Il s'agissait de la voix de Brett Garrett, un des alchimistes avec lesquels il avait souvent travaillé en équipe, lorsqu'on leur confiait des missions qui ne pouvaient être mené que par équipe de deux. Brett, tout comme lui, n'était pas un enfant de coeur, et en cela, leur duo s'avérait toujours très efficace, même si une inimitié certaine s'était établit entre eux. Alors qu'il était entrain de se détendre, de se dire que le plus dur était derrière lui et que Sean allait pouvoir être sauvé, voilà que la malchance voulait que deux alchimistes pénétraient à leur tour chez l'herboriste, et l'un d'eux avait toute les chance de le reconnaitre. Sentant une goutte de sueur glisser le long de sa tempe, Van blêmit brutalement priant pour que les deux hommes restent derrière lui sans s'avancer jusqu'à sa hauteur et surtout pour que l'herboriste revienne très vite avec sa marchandise. D'instinct, Van avait immédiatement glisser un œil inquiet autour de lui pour voir par où il pourrait s'enfuir si les choses venaient à se corser. Si les choses tournaient mal, il n'aurait d'autre choix que de passer à travers la fenêtre qui se trouvait à sa droite. Alors qu'il en était à ces réflexions, il aperçut avec soulagement, l'herboriste revenir avec un petit paquet soigneusement emballé dans du papier brun.

- Bonjour messieurs, fit-il aux nouveaux arrivants, je suis à vous dans une minute. Voilà docteur, ça fera...

Sans attendre le montant exact, Van balança plusieurs pièces sur le comptoir qui était largement supérieur au montant demandé.

- Vous pouvez garder la monnaie, fit-il, en remontant le col de sa veste et en s'emparant du paquet qu'il était venu chercher.

Baissant le visage, il passa devant les alchimistes sans oser les regarder et quitta prestement la petite boutique tout en se faisant violence pour ne surtout pas céder à la tentation de courir à toute vitesse pour mettre le plus de distance entre lui et les deux hommes. Le cœur de Van faillit lâcher lorsqu'il réalisa que 2 brigadiers venaient dans sa direction en marchant paisiblement, sans le voir.  Bifurquant violemment, Van s'engouffra dans la première ruelle qu'il trouva. Il devait se sauver, filer d'ici le plus vite possible, lorsque soudain le cliquetis d'un revolver qu'on arme se mit à résonner dans son dos, dans la ruelle déserte.

- Lève doucement tes mains pour qu'elles soient bien en évidence et tourne-toi lentement, lui ordonna la voix familière.

Se figeant, immobile, Van évalua la situation et pour le moment devait reconnaître qu'il n'avait d'autres choix que celui d'obtempérer. Levant lentement les mains, il se tourna doucement et fit face à son ancien partenaire qui le tenait en joue. Ce dernier semblait avoir du mal à réaliser qui se tenait devant lui.

- Alors c'était bien toi,... murmura Brett qui n'en revenait pas. Lorsque je t'ai vu sortir je n'en n'étais pas sur alors je t'ai suivi mais, je pensais vraiment me tromper.... étant donné que tu es censé être mort.

Van le fixa sans un mot en gardant le silence, la mâchoire contractée. Lui demander de ne révéler à personne qu'il était vivant relevait de l'idiotie, jamais aucun alchimistes d'Etat ne feraient ça pour lui, et Brett Garrett encore moins qu'un autre. Ils avaient beau avoir travaillé de nombreuses fois ensemble ils ne s'étaient jamais réellement appréciés. Cependant, s'il voulait être honnête avec lui-même, dès l'instant ou Garrett l'avait reconnu, il avait signé son arrêt de mort car c'était beaucoup trop dangereux pour Van de vivre avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête.

Profitant de ce moment ou Brett se montrait une fois de plus sur trop sur de lui, et conscient que c'était sa seule chance de s'en sortir, Van frappa dans ses mains. Aussitôt un immense mur de pierre apparut devant lui, bloquant provisoirement le passage à Garrett, et accessoirement le protégeant des balles que ce dernier aurait pu tirer. Mais dans son malheur la chance sembla être avec lui car aucun coup de feu ne retentit, une chance car cela aurait pu attirer l'attention des brigadiers mais également de l'autre alchimiste qui l'accompagnait et qui devait probablement régler son achat chez l'herboriste.

- Toujours aussi prompt à t'enfuir Collins, mais cette fois tu ne t'échapperas pas ! Je vais t'envoyer bruler une bonne fois pour toute en enfer et crois-moi lorsque je dis que tu vas regretter de ne pas avoir périt dans cette explosion que tu avais provoqué et d'être tombé sur moi !

Un genou à terre, Van esquissa rapidement un cercle alchimique de l'autre coté du mur, sur le sol. Il n'avait que très peu de temps avant que Garrett ne détruise le mur qu'il venait d'ériger. Une fois fait, il activa le cercle composé de plusieurs symboles d'alchimie en plaquant ses mains sur ce dernier, puis, prestement il se releva d'un bond son couteau en main. Lorsque Brett fit exploser le mur grâce à son alchimie, le sourire victorieux de son adversaire se figea en une hideuse grimace. Baissant son regard il porta ses mains en direction de sa poitrine dans laquelle s'était figé le couteau qu'avait lancé Van. Il leva son regard stupéfait sur son adversaire qui le regardait froidement, sans égard pour cette vie qu'il venait de prendre. Il ne pouvait laisser en vie quelqu'un qui l'avait reconnu et menaçait son existence, surtout lorsqu'il s'agissait d'une personne aussi nuisible que Brett Garrett. Le fugitif s'avança vers l'alchimiste d'Etat qui venait de s'écrouler sur le sol les yeux grand ouvert fixés sur ce ciel bleu qui s'étendait au-dessus d'eux. Une fois qu'il l'eut rejoint, il s'accroupit et retira le poignard de son corps d'un mouvement sec sans le quitter du regard. L'homme respirait encore, il agonisait bien qu'il n'en n'avait plus pour très longtemps

- J'irais surement en enfer, mais tu m'y précéderas.

Et d'un mouvement sec, il abrégea ses souffrances en lui tranchant la gorge. Le sang gicla tel un petit geyser, que Van réussit à éviter. Il avait juré défendre chèrement sa vie, quitte à en sacrifier d'autres sans la moindre hésitation et c'est ce à quoi il venait de s'employer, et pour se protéger, il allait devoir éliminer l'autre alchimiste. Il n'était peut-être au courant de rien, mais il ne pouvait pas courir de risque. Il n'avait pas d'autres choix, sa vie pouvait en sauver beaucoup d'autres, il ne pouvait pas permettre qu'on la lui ôte pour rendre justice. Oui, il avait commit des crimes, il était le premier à le reconnaître et il vivrait avec ça sur la conscience toute sa vie, mais il avait la possibilité de racheter ses fautes et il était bien plus utile au démunis vivant que mort. Il se releva tranquillement en toisant son ancien partenaire baignant dans son sang. Puis, le couteau toujours en main, il leva son regard déterminé sur la silhouette qui venait d'entrer à son tour dans la ruelle. L'autre alchimiste resta un instant interdit devant le spectacle qui se dressait devant lui, avant de se précipiter dans sa direction tout en glissant sa main dans la poche de son veston probablement pour en sortir une arme. Van ne bougea pas, laissant son poursuivant courir vers lui. Van se décala au moment où il estima que l'homme était assez proche. Lui assénant un violent coup de pied dans la main, suivit d'un bon croché du droit, l'alchimiste lâcha son arme qui tomba à ses pieds, mais Van ne lui laissa pas l'occasion de s'en emparer. Un combat commença, violent, sans merci,... ni l'un ni l'autre n'était décidé à faire de cadeau à son adversaire. L'un d'eux allait mourir aujourd'hui, et Van avait décidé que ce ne serait pas lui. Sean l'attendait, la survit de l'enfant dépendait de sa victoire. Poussant le partenaire de Garrett à la faute, il se décala au moment où l'homme perdit l'équilibre et tomba en avant, tête la première, non pas sur le sol dur et ferme mais dans un sol que Van avait transformé en sable mouvant juste avant que Brett ne détruise le mur qu'il avait érigé. Impassible, Van le regarda disparaître. Lorsque ce fut fait, il défit ce qu'il avait fait afin que nul autre ne tombe dans ce piège mortel et le sable mouvant redevint de la pierre, dur et ferme.
Ne surveillant pas ses arrières car pensant être hors de danger, Van ne sentit pas la présence menaçante qui se trouvait derrière lui, et lorsqu'il voulu se relever, il sentit quelque chose de violent s'abattre sur sa nuque qui l'assomma complétement. Chutant durement contre le pavé glaciale, Van entrouvrit avec difficulté ses yeux pour voir se dessiner de manière complétement flou une silhouette masculine dont la main armé s'apprêtait à faire feu.

Son corps était lourd et refusait de lui obéir, il lui était impossible d'esquisser le moindre mouvement pour tenter d'esquiver ou de se défendre. Alors que ses paupières se refermaient, sa dernière pensée fut pour Sean....

Sean qu'il ne pourrait plus sauver....
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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: Entre crocs et lames [Van, Katherine] [20/04/42] Dim 1 Fév - 21:39

La discussion avec cette jeune femme étrange avait pris fin. Il se faisait tard désormais et il fallait bien avouer que Katherine aimait profiter de cette enveloppe sombre qu'offrait la nuit. La belle se posait désormais quelques petites questions auxquelles elle n'aurait certainement aucune réponse valable. Cette demoiselle qui prétendait s'appeler Sarah semblait ne trouver aucune solution pour échapper aux griffes de ce Comte. Pourtant... avec un peu de bonne volonté elle aurait pu. Fuir Londres ? Se dissimuler aux yeux de tous pendant un bon moment ? Ou bien tenter de tuer ce vampire ? Le meurtre n'était pas la solution la plus sûre mais elle aurait réglé beaucoup de problèmes. Et qui se douterait un jour que la criminelle était la fiancée de cet homme au corps froid et au regard glacial ? Pourquoi une femme mariée à un homme aussi puissant et convoité tuerait son époux ? Sarah aurait peut-être été soupçonnée mais peu longtemps et les doutes auraient écrasé les ennemis de ce Lord, car Dieu seul sait combien il en avait. Voilà les quelques questions que pouvait se poser notre jeune Hongroise. Elle avait trouvé cette femme bien étrange, bien trop méfiante mais elle aurait du s'en douter. Si elle était l'amante de ce Von Ravellow, pourquoi aurait-elle été différente de lui ? Après tout, leur caractère impétueux et désagréable au premier abord était semblable l'un de l'autre, n'était-ce pas pour cela qu'ils s'étaient choisi ? Pour leurs ressemblances ? Ou bien étaient-ils tous deux très différents l'un de l'autre ? La demoiselle n'aurait su le dire. Elle ne les connaissait pas vraiment. Une entrevue ou deux pour l'un et l'autre. Katherine ne pouvait même pas se prétendre être une de leurs amis. Ils ne se côtoyaient que trop peu et qui voudrait comme intime une créature comme elle ? Une femme un quelque peu arrogante, excentrique avec quelques manières assez déplacées ? La Lady Thornes était une lycanthrope. En tant qu'Hunter qui aurait voulu avoir sous son aile un de ces monstres, aux yeux de la belle, qui pouvaient se changer en animaux ? Cela ne serait que pure folie. Et pourtant... Des amis elle n'en avait pas mais en convoitait tellement. Elle n'avait simplement pas vraiment le temps d'y songer ni même de s’apitoyer sur son sort. Katherine n'était pas ce genre de femme qui se dévoilait pour s'attirer la pitié d'autrui. Sur ce point-là, elle restait très introvertie.

Une fois sortie de la chambre de la demoiselle, elle se dirigea vers la sienne. Michale s'était absenté, très certainement pour ramener la assiette. La Hongroise avait insisté pour garder le verre de son compagnie. Elle aimait le vin. Elle aimait aussi s'endormir vite pour ne plus penser, pour se laisser aller dans les bras de Morphée. Enlevant son pantalon qui moulait ses  jambes fuselées après avoir ôté ses bottes de cuir elle s'assied sur le lit en chemise longue qui devait très certainement appartenir à un homme mais elle s'en fichait. Il était bien plus pratique pour elle de se travestir que de rester une femme mondaine dans un lieu tel qu'une auberge. Ses longs doigts fins s'enroulèrent autour d'une brosse à cheveux, et les regroupant sur le côté, les faisant cascader sur son épaule délicate, elle commença à se coiffer. Ses cheveux ne comportaient aucun nœud mais il était important pour elle d'être une femme apprêtée en toute circonstance même si dans le cas présent elle allait se coucher et passer une nuit sur un lit pour se poser un peu. Katherine avait fini le verre, le liquide sombre s'écoulant dans sa gorge. Boire lui avait toujours mis l'esprit un peu au repos. Elle cessait de réfléchir quelques instants et se concentrait plus sur elle-même pour éviter de penser un peu aux autres. Ses deux entités n'étaient pas de cet avis-là. Elles n'aimaient pas savoir que la maîtresse de leur corps laissait l'alcool l'enivrer pour cesser de penser. Elles avaient parfois l'impression de n'être qu'un poids pour la demoiselle, ce qui, sans nul doute, l'était réellement pour sa partie humaine. Elle n'arrivait pas à s'accepter et ce, peut-être qu'elle n'y arrivera jamais, elle qui avait tant désiré être une simple humaine. Une jeune femme insouciante. Elle ne demandait rien d'autre qu'être normale et de recevoir un peu... un peu d'amour pour réchauffer son cœur d'ordinaire si froid.

Michael revint quelques minutes plus tard. Lorsqu'il entra dans la chambre il se rapprocha de sa maîtresse et l'aida à coiffer ses longues boucles noires. Il lui souriait toujours agréablement. Se montrer froid avec elle lui était totalement impossible. Tout d'abord parce qu'il l'avait connu depuis sa tendre enfance mais également parce qu'elle avait ensorcelé son cœur et ce depuis toujours. Finalement elle l'attira contre elle et le força à s'allonger pour se glisser à ses côtés. Les bras du domestique s'enroulèrent tendrement autour de sa taille tandis qu'il scrutait son doux visage de ses prunelles mordorées. L'aristocrate se sentait en sûreté dans ses bras. Il était très certainement la seule personne qui l'acceptait telle qu'elle était réellement. Il était également le seul qui connaissait sa vie, ses craintes, son passé, même si elle ne se montrait pas des plus douces ou agréable avec lui. La preuve avait été le soir de sa rencontre avec Alexender et ce garçon qui ne semblait pas bien riche et qui avait pour nom Stan. La peur que l'on puisse tirer sur son ami, son confident, son amant, avait fait partir sa main qui s'était échouée durement sur sa joue. A ses yeux, il avait été d'une inconscience inconsidérée. Elle l'avait presque haï pour lui avoir fait découvrir une telle peur qu'elle avait cru enfouie depuis plus d'un siècle. La Comtesse l'avait giflé. Elle avait craint pour sa vie et lui avait lancé des insultes au visage. Il ne l'avait pas mal pris. Lui-même comprenait ce qu'elle avait pu ressentir. Il avait tellement peur qu'on puisse un jour lui faire du mal d'une quelconque façon, aussi bien qu'il était prêt à mettre sa vie en danger pour elle. Ils s'aimaient mutuellement. Peut-être que l'un aimait plus encore que l'autre mais l'important était qu'ils se soutenaient et que l'un ne laissait jamais bien longtemps l'autre en difficulté.
Ce soir-là, le lycanthrope observa sa maîtresse. Elle avait fermé les yeux et avait réussi à s'endormir. Un sourire étira ses lèvres. Elle semblait si paisible et presque... heureuse. Là, dans ce profond sommeil il avait l'impression de la retrouver. De revoir la jeune femme qu'il avait perdu au cours du temps. Il la revoyait encore avec son insouciance et sa bonne humeur insatiable d'antan. Il aimait l'observer lorsqu'elle était ainsi calme et posée. La rendre à nouveau heureuse comme elle avait pu l'être avec cet homme qui lui avait volé son cœur était désormais l'un de ses plus grands souhaits. La voir pleurer lui brisait le cœur. L'entendre rire le faisait sourire. La voir en paix le rassurait. Il avait besoin de son bonheur pour l'être à son tour. Lui, l'aimait vraiment et en un sens il se haïssait de n'être qu'un domestique dans la société. S'il avait été issu d'une classe plus élevée, nul doute qu'il lui aurait demandé sa main. Seulement voilà, elle avait hérité à elle seule du nom des Thornes, du titre et des demeures. Elle se devait de sauvegarder l'honneur de sa famille et peut-être un jour de lui offrir une progéniture qui hériterait légitimement de la fortune de cette famille.

Là, dans ses bras, la belle Comtesse se mit à rêver. Ce songe ne fut pas l'un des plus beaux qu'elle ait pu faire dans sa vie. Il fut même assez tourmenté. Contre son majordome, elle se recroquevilla et attrapa violemment sa chemise. Elle le voyait. Il semblait si doux si agréable mais tout n'était qu’hypocrisie. Il lui mentait, lui faisait croire à une véritable amitié alors qu'il ne convoitait plus que son titre sa richesse. Couteau à la main il se dirigeait vers elle. L'attrapant par le col de sa chemise il la plaqua contre le mur et la scruta de ses yeux noisettes qui reflétaient son avidité. La lame fut placée au niveau de sa gorge, l'appuyant assez pour faire couler un fin filet de sang. Katherine avait peur. Son cœur tambourinait dans sa poitrine. Michael lui sifflait de douces menaces à l'oreille, il lui susurrait des insultes et de tristes révélations dont elle avait toujours eu peur. Alors tout ceci n'avait été que mensonge ? Une belle mascarade ? Les larmes de tristesse souillèrent lentement ses joues jusqu'à en creuse de profonds sillons transparents. Elle avait mal. Le lieu changea. Elle courrait. Elle voulait s'échapper. La pluie lui piquait les yeux. Finalement elle s'écrasa face contre terre et ce ne fut pas son majordome qu'elle vit mais Alexender, Stan et Sarah. Ils pointaient tous trois leur Bloody Rose sur elle. Un coup partit et se logea dans sa poitrine. Les ténèbres l'envahirent pour la première fois. Le sang éblouissait sa vue. Elle n'arrivait pas à distinguer les contours de la silhouette qui lui faisait face. Tout s'emmêlait. Ses songes s'enchevêtraient tels les branches sauvages d'un arbre indomptable. Là elle entendit une voix cristalline, petite, frêle. C'était une enfant. Elle était belle. Elle était rousse et ne lui ressemblait pas. Ses traits étaient beaucoup trop familiers pour la jeune femme qui tendit une main vers elle en s'agenouillant. La petite fille recula d'un pas :


- Tu m'as menti Katharina...

Le cœur de la femme se serra un peu plus, les larmes au bord des yeux :

- Non... Non, viens je t'en prie... reviens... je t'aime !!

Louisa. Voilà qui elle était.

- Tu avais dit que tu serais là pour moi... que tu ne laisserais jamais rien m'arriver. Tu as menti.

Sa petite sœur défunte. La Hongroise s'écrasa à genoux devant elle et secoua la tête. Non elle n'avait pas menti. Elle avait simplement failli à sa tâche. Elle n'avait pas pu respecter ses promesses et les résultats en étaient des plus dramatique. Louisa en avait payé de sa vie. Sa mère, ce jour-là, avait été sans pitié. Katherine n'avait pas su être là lorsque Joharda avait pris la gamine dans ses bras pour s'abreuver à son cou.
Une voix s'empara de son esprit.

Ses yeux s'ouvrirent brusquement, des larmes roulaient sur ses joues. Sa vision était brouillée. Violemment, comme si elle émergea de l'eau comme elle sortit de sa rêve, elle inspira une main devant sa bouche. Elle finit par se dégager des bras de Michael un couteau pointé devant elle. Ses yeux écarquillés, elle donnait l'impression d'être un animal traqué. Le jeune homme ne comprit pas vraiment. Il se leva les mains devant dans un geste doux pour la calmer et se rapprocha lentement tandis qu'elle s'écrasa contre la fine cloison. Finalement elle plia le bras au fur et à mesure qu'il se rapprochait d'elle et la pointe du couteau se retrouva sur son torse. Doucement il ouvrit sa chemise et écarta les pans pour qu'elle puisse agir à sa guise. La respiration de la jeune femme était saccadée, comme si elle avait peur. Il posa sa main contre le mur et murmura d'une voix sûre :


- Allez y Mademoiselle. Je ne me défendrais pas... allez y faites le, mais n'oubliez pas, comme beaucoup d'autres fois ce n'était qu'un maudit songe.

Elle plongea ses yeux dans les siens, détourna le regard quelques secondes et finit par laisser tomber le couteau à ses côtés. Ses bras s'enroulèrent doucement autour de son cou tandis qu'elle était secouée de tremblements. La honte s'emparait lentement de son corps tel le poison enveniment sa proie. Elle ne comprenait pas... Elle avait l'impression à chaque fois qu'elle le trahissait. Pourtant son majordome était encore là à ses côtés, il n'était pas parti. Ensemble ils avaient bien franchi des caps, ils avaient fait face à de lourdes décisions et pourtant leur confiance n'avait pas tremblé d'un pouce face à certains dangers. Et la voilà qui semblait presque douter de lui. Ses rêves la tourmentaient, elle avait peur. Peur qu'il la laisse, ou bien qu'il ne reste avec elle que pour son titre et sa fortune. Peur qu'on lui fasse encore du mal. Envers ses sentiments elle n'avait jamais été confiante. Comment aurait-elle pu l'être quand sa mère ne lui a point inculqué l'art d'aimer et d'apprécier et que l'homme qui semblait être son âme sœur au premier abord la laisse pour une femme d'une famille encore plus noble que la sienne ? L'aristocratie n'était pas un monde pour elle... L'hypocrisie avait toujours peuplé sa vie, elle avait de quoi douter de son compagnon mais encore une fois... Il la soutenait depuis tant d'années... Alors oui c'était une honte, une honte insupportable et insurmontable qui s'emparait inlassablement de son cœur. Ses joues se teintèrent d'un rose pâle tandis que ses épaules étaient secoués de sanglots. Le jeune homme esquissa un sourire et la serra doucement dans ses bras. Katherine se laissa faire, elle s'agrippait à sa chemise avec désespoir. Son cauchemar avait semblé si réel à ses yeux... mais non Michael était toujours là, à ses côtés et prenait toujours soin d'elle. Les doigts de l'homme essuyèrent doucement ses larmes puis lui firent relever le visage pour y déposer quelques doux baisers attentionnés.

- Oh Michael... j'ai, j'ai cru que... ça n'a plus d'importance, pardonne moi...

Elle posa une main sur sa bouche et se détourna lentement. De manière presque imperceptible, elle essuya les vestiges de ses dernières larmes et la gorge nouée elle le poussa pour passer. Ses mains attrapèrent faiblement le pantalon qu'elle portait la veille et le revêtit. Michael avait ramassé l'arme blanche, il voyait bien que sa maîtresse suivait de son regard perçant ses moindres faits et gestes. Cela lui faisait mal d'une certaine manière. Jamais il n'oserait la trahir. Il l'aimait d'un amour véritable. Rien n'était plus pur que ce qu'il ressentait pour elle et pourtant... Pourtant elle semblait douter peu à peu de sa loyauté. Se plaçant dans son dos, il lui accrocha la lame à sa ceinture et entreprit de la coiffer. Le cœur de la belle se serra. Elle ne lui adressa pas la parole jusqu'à leur départ. Elle se sentait mal, d'une certaine manière elle rompait ce qui les avait toujours uni et elle ne le faisait même pas exprès. Katherine attrapa d'une main son chapeau après s'être fait brièvement un chignon non pas des plus appliqués mais qui la rendait assez agréable. Sortant de la chambre elle se tourna vers la porte de son interlocutrice de la veille et songea quelques instants à frapper à la porte. Elle se doutait cependant qu'elle soit encore là. La Hongroise était de tout cœur avec Sarah. Ce n'était pas tous les jours que l'on était promise à un... une créature désagréables, aux canines bien trop aiguisées et à la gorge quémandeuse de sang. La comtesse aurait aimé lui venir en aide, pouvoir faire quelque chose pour elle mais... Qu'aurait-elle pu faire de plus ? Elle désirait tuer ce vampire, ce qui mettrait déjà à mal beaucoup de son espèce mais elle ne pouvait pas risquer de se faire repérer dès le début. A quoi cela servirait-il ? Rien d'autre qu'à révéler ce qu'elle est.
La belle fit mine de s'incliner devant la porte de bois et descendit. Là, elle se trouva nez à nez avec la femme de l'aubergiste. Un sourire se forma sur ses lèvres délicates teintés d'un rouge presque délavé. Elle ne s'était même pas préparée. Elle le ferait chez elle. Les salutations se firent dans la gaieté, elle accepta même de manger un morceau de pain tout en discutant un peu avant que Michael ne descende une fois prêt. Serrant la vieille dame dans ses bras doucement, elle inclina la tête devant l'homme de la maison ce qui fut assez apprécié et fit demi-tour. Elle avait eu besoin de se retirer de la ville. Penser à autre chose. Cesser pendant au moins une soirée de penser à tout ce qui pouvait se passer dans la ville londonienne.

La jeune femme jeta un regard à son compagnon. Finissant par lui donner son chapeau dans les mains elle lui souffla qu'une partie d'elle avait besoin de prendre un peu l'air. Raïna et Syrya avaient besoin de se dégourdir. Il était cependant plus difficile pour la panthère de passer inaperçue. C'était un fauve assez exotique et non pas l'un de ses chatons que l'on pouvait croiser dans la rue par pur hasard. Une bête comme elle se faisait bien vite repérer... C'était pour cela qu'elle ne faisait son apparition généralement que la nuit. Raïna, quant à elle, avait plus de faciliter. Elle pouvait se faire passer pour un chien errant sans aucun problème. Sa cape bien accrochée autour de son cou, elle embrassa Michael sur la joue en détournant le regard. Finalement elle frôla ses lèvres des siennes et lui souffla quelques mots doux en hongrois :


- Bocsass meg angyalom Michael...

- Vigyazz az én gyönyöru szeretoje.

Il lui disait simplement de prendre soin d'elle, avec un petit « maîtresse » très affectif à la fin de sa déclaration hongroise. La belle le regarda partir, son cheval le suivant de manière instinctive tandis qu'il s'en allait au galop. La jeune femme marcha quelques minutes dans la forêt une fois qu'ils eurent disparu de l'horizon. Elle déboutonna légèrement sa chemise pour respirer avec plus de liberté et ferma les yeux. Son âme laissait peu à eu place à celle de Raïna, elle était agitée et assez impatiente. Elle aimait qu'on la laisse prendre possession du corps pour pouvoir agir à sa guise. Raïna était une louve assez agréable, elle aimait la justice et était d'une sagesse surprenante bien que dotée d'un comportement des plus impitoyables. Lentement ses yeux changèrent de forme, ils se firent plus en amandes et plus perçant encore. Sa musculature se métamorphosa. Peu à peu, la jeune femme qu'elle était laissait place à son côté lupin. Sa bouche se changea en gueule et ses vêtements furent recouverts d'une épaisse fourrure blanche comme neige. Ses dents s'agrandirent et se firent plus acérées de sorte à posséder désormais des crocs. Ses ongles n'étaient plus de larges griffes puissantes qui s'incrustaient dans la terre humide jonchées de feuilles mortes. Un grognement sourd et menaçant s'échappant de sa gorge. Ses genoux se plièrent, la voilà qui se tenait à quatre pattes au sol. Peu à peu ses traits humains disparaissaient, elle ne ressemblait plus à cette créature entre l'homme et le loup. Elle ne ressemblait plus qu'au côté animal. Sa peau fut parcourue de frissons et ses muscles puissants se tendirent et roulèrent au niveau de ses épaules. Sa queue lupine se balançait d'un côté puis de l'autre manifestant sa joie. Elle avait enfin la possibilité de se défouler.

* Merci Katharina... * souffla sa bonne âme de louve.

Katherine souriait intérieurement. Voir sa vision s'altérer était toujours un spectacle assez extraordinaire. Elle ne voyait plus le monde comme une créature humaine et inconsciente, elle prêtait désormais attention au moindre détail. Son regard bleuté se dirigea vers les branches des hauts arbres. Elle avait l'impression de revivre. Chaque minuscule feuille se balançait à la moindre bise légère environnante. Là, de sombres nuages couvraient le ciel, la nuit avait du être des plus agitées. Fléchissant les membres supérieurs elle inclina imperceptiblement la tête, la truffe venant se poser parallèlement à l'horizon et s'élança. Ses griffes acérées s'incrustaient dans le sol et le rayaient de longues estafilades profondes à chacune de ses impulsions. L'air circulait dans son corps tel un gaz unique et libérateur, elle respirait, la louve était enfin animée. Poussant un petit hurlement de joie, Raïna accéléra et profita un long moment des avantages de la forêt. Elle revoyait la nature, les arbres, la terre... Ses proies... mais elle n'en avait aucunement envie pour le moment, sa part humaine se nourrissait de manière plus agréable, elle lui laissait le choix de leur nourriture et elle savait pertinemment que même si Syrya en raffolait, Katherine mettrait plus de temps à digérer cette viande crue si délicieuse pourtant pour les deux autres créatures.

Bientôt les arbres laissèrent place à des fermes. Certains paysans se redressèrent pour observer l'animal qui s'élançaient dans les hautes herbes et le prenant pour un chien errant brandirent leur serpe ou bien leur fourche comme pour l'effrayer. En réalité, la belle s'en fichait, elle n'était pas intéressée et n'irait pas les embêter dans leur travail. Il ne lui fut pas bien longtemps pour pouvoir observer de loin les diligences qui entraient et sortait de la capitale parlementariste. Peu à peu la louve blanche s'infiltra dans les ruelles sombres de Londres. Peu de gens faisaient attention à elle, ils la fuyaient de peur qu'elle soit un chien enragé ou bien, ceux qui étaient trop enfoncés dans leur misère ne la voyaient même pas passer. Ses babines se retroussèrent lorsqu'un homme de haute taille passa à côté d'elle et se mit à la toiser brandissant une sorte de canne devant ses yeux. Katherine était exaspérée, elle lui intima l'ordre de s'en aller dans des coins plus sombres et moins fréquenter pour pouvoir se promener avec tranquillité sans craindre de se faire tirer dessus ou frapper à coups de bâtons. La lycanthrope acquiesça mentalement et s'élança en trottinant dans le quartier de WhiteChapel, là-bas on ne la regarderait pas, tellement habitué aux rats et aux chiens... En longeant les rues elle eut tout le loisir de contempler avec tristesse la misère qui y régnait. Ici et là, quelques mendiants demandaient une ou deux pièces pour pouvoir se nourrir, eux et leurs enfants ou bien tout simplement pour aller boire le soir même. Un jeune garçon travaillait d'arrache-pied à l'abattoir du coin et des jeunes filles regardaient par la fenêtre sans sortir de chez elle, de peur de tomber sur un ou deux bandits malhonnêtes. Finalement elle s'arrêta, là devant elle se tenait une petite fille qui ne devait pas dépasser les deux étés. Elle la regardait de ses petits yeux noisettes vifs et de ses cheveux crasseux. Malgré tout, elle ne semblait pas avoir peur et un petit sourire apparu sur ses lèvres tandis qu'elle échappait à la vigilance de sa mère, qui de toute évidence était bien trop occupée à servir des hommes matinaux dans le bar. Doucement la louve s'approcha, sa gueule se trouvant à quelques millimètres de ses doigts. La petite eut un petit rire et trébuchant elle s'écrasa sur la lycanthrope s'agrippant à son doux pelage. Raïna la laissa faire et ferma doucement les yeux soufflant tranquillement dans son cou comme pour la réchauffer. La brunette glissait ses doigts dans le pelage de l'animal et babillait. Doucement elle plongea ses yeux dans ceux de Raïna et posa ses lèvres sur sa truffe. La louve finit par s'allonger sur le côté, laissant la jeune fille profiter de sa fourrure, de sa chaleur, de sa compagnie... jusqu'à ce que la mère arrive totalement catastrophée de voir un aussi gros chien aux côtés de sa fille. Lorsque la serveuse cria en pointant un balais devant elle, l'enfant recula de quelques mètres en sursautant et observa son nouveau compagnon avant de se cacher derrière sa génitrice. La louve se leva sans sourciller et s'en alla de la rue. Katherine comprenait la réaction de la mère, elle aurait eu la même si elle avait vu sa fille avec un loup. La sienne... elle... l'aurait laissé et tant mieux si elle finissait par être dévorée par un pareil animal. Après tout, Joharda aurait aimé qu'elle disparaisse...

Le soleil ne perçait toujours pas les nuages, la ville était plongée dans cette pénombre inquiétante qui planait bel et bien sur Londres et rendait un visage encore plus hideux aux ruelles étroites. Ses pattes ne produisait qu'un immense silence sur les pavés bosselés. Seuls les personnes qui l'entouraient instauraient un tel vacarme qui la faisait grogner imperceptiblement. Marchant dans les différents quartiers de cette partie lugubre de Londres, ses fines oreilles pivotèrent sur elle-même détectant des sons plus aigus encore que les autres. Il s'agissait d'éclats de voix... Des hommes. Des hommes semblaient se disputer.


- ...cette fois tu ne t'échapperas pas ! Je vais t'envoyer brûler une bonne fois pour toute en enfer ...

Un grognement sourd s'échappa de ses babines, elle n'aimait pas ça. Ses griffes s'incrustant dans le parvis en un grincement crispant, le canidé s'élança, tentant de détecter de son mieux, les provenances des voix. Elle ne bouscula personne, son agilité était telle qu'elle arrivait à se hisser n'importe où sans problème et sans trop s'attirer des foudres de guerre. Le silence se fit enfin. Qu'était-il arrivé ? Le cœur de Katherine se serra, avait-on tué cet homme ? Et s'il s'agissait d'un innocent ? Oh non... elle ne pouvait pas laisser faire ça. Ce fut alors qu'une silhouette étrange attira son regard clair. Elle le suivit discrètement et ce qu'elle vit l'horrifia. L'homme venait d'abattre son pistolet à percussion sur la nuque d'un autre jeune homme. Alors qu'il pointait son arme vers lui et vérifiant discrètement les alentours la créature sauta. Sa gueule se referma autour du poignet de l'agresseur et perfora puissamment sa peau. La rage s'emparait du corps de la louve et de l'âme de Katherine. Le sang se mit à couler souillant son brave pelage. Un coup partit et lui fit lâcher prise l'espace de quelques secondes. La balle avait fusé, glissant contre sa peau le long de son corps et traçant une longue estafilade rougeoyante. La douleur s'était emparée de son corps mais elle était moindre, du moins elle pouvait encore bouger et la balle ne s'était pas logée dans sa chaire, elle n'avait fait qu'entailler sa peau et s'échouer quelques mètres plus loin. Un grognement sordide sortit alors du tréfond de sa gorge, ses canines furent mises en avant et la voilà qui ressortait sur l'homme qui tentait déjà de reprendre son arme. Ses pattes avant le firent tomber à la renverse, elle y sortit ses griffes le clouant au sol et plongea sa gueule dans son cou. Ses crocs se refermèrent dans sa gorge. Raïna mordit avec une telle puissance qu'elle put sentir le sang s'écouler lentement le long de sa gorge. Elle se décala brièvement pour le traîner sur le côté avec force et secouant la tête elle lui déchira la peau et la chaire qui allait avec. Katherine en eut un haut le cœur mais ne  fit rien pour arrêter le massacre. Ce badaud l'avait mérité. Alors que la vitae s'échappait désormais du corps de l'homme, la louve resserra sa prise et put sentir son corps, qui se débattait, se ramollir lentement. La vie l'échappait. Son souffle se faisait désormais presque imperceptible puis... plus rien. Elle en avait fini avec lui. Une longue plainte s'évanouit dans l'air humide de la ruelle et lentement elle se dégagea observant les dépouilles des autres hommes. Certains étaient morts à l'exception d'un seul... Celui qui avait vu s'abattre le coup sur sa nuque. Doucement elle se rapprocha de lui et donna quelques coups de truffes sous son menton.

*Eloigne-le Raïna... Il ne faudrait pas que l'on nous surprenne... *

La louve déglutit et attrapa le blessé par le col. Prenant appui sur ses pattes arrières, elle tenta de le tirer vers une bifurcation de la ruelle qui débouchait sur une petite impasse des plus sombres. Le souffle court, elle réussit à l'y traîner et se laissa retomber mollement contre lui. Sans ses mains, la belle se montrait maladroite. Lentement elle mordilla son oreille et frotta son museau dans ses cheveux pour tenter de le ramener à lui. Là, n'y pouvant plus elle commença à reprendre forme. Sa masse musculaire lupine se tassa. Elle reprenait peu à peu la forme d'une femme. La femme qu'elle avait toujours été. Rien était encore bien décidé pour le moment, elle était exténuée. Le sang qui s'écoulait lentement de ses côtes l'affaiblissait mais elle n'y faisait pas attention. La blessure n'était pas bien grave, elle la soignerait une fois qu'elle serait rentrer chez elle mais à vif elle lui faisait un mal de chien. Lentement les traits grossiers de l'animal laissèrent place à la silhouette fine de l'aristocrate. Se furent ses mains qui attrapèrent doucement son visage, plaçant deux doigts sur son poignet pour vérifier son pouls. Un soupire de contentement s'échappa de ses lèvres. Il était en vie. Elle aurait pu lui faire mal à le tirer ainsi par terre... mais heureusement il vivait encore... Prenant son long manteau, elle le glissa sur ses épaules tentant de l'arranger pour que son cou ne le fasse pas souffrir. Il était jeune... plus jeune qu'elle peut-être... Et tout à fait humain et peut-être des plus insouciants.



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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Van Collins
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MessageSujet: Re: Entre crocs et lames [Van, Katherine] [20/04/42] Dim 15 Fév - 21:16


Le coup qui s'était abattu sur lui par surprise avait été violent et impitoyable. Il avait manqué de vigilance en pensant être parvenu à se débarrasser de ses adversaires, car s'il en avait eut la douce illusion, la réalité était elle, bien différente. Il était effectivement venu à bout des deux alchimistes d'Etat qui l'avaient reconnu et avaient menacé sa vie, mais ils n'étaient pas tous seuls. Une troisième silhouette avait surgit de l'ombre au moment où il s'y attendait le moins, pour le frapper en traitre par derrière, tel le lâche qu'il était.
Qui était donc ce troisième homme ? Etait-il lui aussi alchimiste d'Etat ? Où était-ce un voleur qui avait décidé de tous les détrousser sans prendre le moindre risque ? Une chose était sur, cela ne pouvait être un des deux agents de police qu'il avait vu un peu plus tôt en quittant la boutique de l'herboriste car il n'y avait eut aucune sommation. Se pouvait-il qu'on l'ai suivit ? Qu'il s'agissait d'une personne à qui il avait causé quelconques torts ? Quelqu'un qui désirait se venger de l'une de ses mauvaises actions présentes ou passés ? Il ne le saurait jamais.
Le coup qu'on lui avait porté avait été rapide et efficace. Van s'était retrouvé sur le sol avant même de comprendre ce qui lui arrivait. Il ne l'avait pas sentit venir et lorsqu'il eut enfin perçut sa présence, il était déjà trop tard. Incapable de bouger, de pouvoir opposer une quelconque résistance ou même de riposter, ses paupières, bien trop lourdes se refermèrent tout doucement, le plongeant dans l'inconscience, le rendant d'un même coup insensible, aveugle, muet, et sourd. Avec pour seule pensée avant de perdre définitivement connaissance : celle qu'il allait mourir.

Combien de temps resta-t-il inconscient, Van lui-même n'aurait su le dire, toujours est-il que lorsqu'il reprit connaissance une présence était à ses cotés. Etait-ce une présence hostile, menaçante ou bienveillante ? Il n'en n'avait pas la moindre idée, la seule certitude qu'il avait était que pour le moment, il était toujours en vie. Devait-il s'en réjouir ou au contraire craindre le sort qu'on allait lui réserver ? Il ne comptait pas donner à la personne qui se trouvait à ses cotés l'occasion de s'en prendre à lui. Immobile, les paupières toujours closes, sa respiration n'avait nullement varié depuis qu'il avait reprit connaissance, elle était toujours calme et régulière. Tout semblait étrangement calme autour d'eux, mais la brise qu'il pouvait ressentir sur son visage, et le froid humide des pavés lui indiquaient qu'ils étaient toujours à l'extérieur. Dans sa main, il pu sentir qu'il tenait encore le manche de son couteau. Ses doigts s'étaient crispés dessus et ne l'avaient pas lâché alors qu'il avait pourtant sombré dans l'inconscience.
Qui se tenait à ses cotés ? Il y avait un parfum légèrement sucré qui embaumait l'air. Une femme ? Ne pouvant se risquer davantage a être découvert et voulant conserver pour lui l'effet de surprise, l'alchimiste ouvrit subitement ses yeux, et avant que la femme n'ait le temps de comprendre ce qui lui arrivait, il empoigna le tissu fin de sa chemise au niveau de son col et la fit basculer sous lui sans le moindre ménagement.
Allongée sur le pavé, ses magnifiques cheveux noirs s'étalèrent tout autour d'elle. Elle avait un magnifique visage ovale, et une bouche parfaitement dessinée. Elle le regardait de ses grands yeux de biche dans un mélange de stupeur et de colère. Assis à califourchon au-dessus d'elle, le couteau glissé sous sa gorge nacré, il la dominait, prêt à l'égorger au moindre geste suspect.


- Qui es-tu ? Lui demanda-t-il. Pourquoi m'as-tu frappé ?

Jetant un rapide coup d'oeil inquiet autour de lui, Van constata qu'il ne se trouvait plus dans la ruelle dans laquelle il s'était battu avec ses deux anciens co-disciples. Qu'est-ce que cela signifiait ? Où se trouvait-il ?
Son regard se reporta alors à nouveau sur sa victime. Outre son exceptionnelle beauté, Van réalisa qu'elle était restée d'un calme impassible alors qu'une autre femme dans sa situation aurait déjà hurlé à gorge déployé à lui en faire exploser les tympans. En dehors de ce calme hors norme, elle portait un pantalon, et une lame fine à sa ceinture, chose peut commune pour une femme. Il aurait pu la prendre pour une mendiante, mais le grain de sa peau, son doux et voluptueux parfum, ses cheveux soyeux, la blancheur de ses longues et fines mains, étaient autant d'éléments qui indiquaient qu'elle appartenait à une toute autre caste que celle des miséreux. Que faisait une femme de sa condition et aussi extravagante ici ?
Ce ne fut qu'en la détaillant qu'il constata que son chemisier était taché de sang sur le flanc gauche et qu'il était déchiré. Elle était blessée !? Ses yeux vert s'agrandirent sous la surprise et bien que toujours sur ses gardes, Van commença à se demander s'il ne s'était pas trompé. Et si elle avait tenté d'intervenir pour... lui venir en aide ? Mais pourquoi aurait-elle fait ça ?
Des voix masculines provenant de la ruelle adjacente se mirent à résonner jusqu'à leurs oreilles coupant court à ses réflexions internes.


- Au meurtre ! S'égosillât-on

Le sang de Van se glaça aussitôt et son regard se porta sur la belle aristocrate qui n'avait toujours pas prononcé un mot mais qui le scrutait de son regard profond. Alors ils étaient toujours à proximité du lieu où il s'était battu ? Cela lui donna deux indications très précieuses. Tout d'abord il n'était pas resté très longtemps inconscient, et ensuite, cela signifiait qu'elle l'avait trainé hors de la scène de crime. Elle l'avait donc aidé... Lentement, sans esquisser le moindre geste brusque, il retira la lame ensanglanté de son cou de cygne, et se releva tout doucement, en prenant bien soin de ne pas appuyer sur la blessure de la jeune femme. Si elle était blessée c'est parce qu'elle lui était venue en aide... Mais pourquoi ? Qu'attendait-elle au juste de lui ? Il le découvrirait bien assez tôt, pour l'heure, ils avaient d'autres priorités, comme s'éloigner au plus vite d'ici avant qu'on ne les surprenne et soigner la blessure de sa mystérieuse alliée. Une fois debout, il lui tendit sa main pour l'aider à se relever.

- Nous ne devons pas rester là, suis moi. Tu peux marcher ? S'enquit-il

Sans perdre un instant, ils s'enfoncèrent dans la ruelle qui malheureusement n'était autre qu'un cul-de-sac. Un muret s'élevait devant eux pour leur barrer le passage. Van se retourna, des bruits de pas et des voix hostiles se rapprochaient. Ils ne pouvaient pas rester ici... Sortant ses craies, il esquissa très rapidement un cercle géométrique avant de frapper dans ses mains et de poser ses deux paumes bien à plat sur les cercles concentriques qui s'illuminèrent. Aussitôt le mur se mit à disparaître, ne laissant à sa place qu'une trainé de poussière... Il l'invita à traverser le passage qu'il venait de leur ouvrir puis lorsque ce fut fait, il frappa à nouveau dans ses mains et aussitôt un nouveau mur, identique au précédent, surgit du sol, les protégeant ainsi de potentiels poursuivants. La soutenant en passant sa main autour de sa taille, ils poursuivirent leur avancée au milieu de quelques traines misères en haillons qui leur tendait la main dans l'attente d'une aumône qui ne vint pas. La ruelles qu'ils empruntèrent grouillaient de vermines condamnés au mieux à vivre dans des bicoques  branlantes aux façades délabrées, au pire dans la rue froide recouverte de terre et de pailles.
Durant tout le temps que dura leur traversée aucun d'eux ne prononça un seul mot. Telles des ombres silencieuses, ils glissaient discrètement parmi les laissé pour compte de la société. Malgré leurs vêtements froissés et tachés que ce soit de sang ou de boue, tous deux avaient l'air de véritables seigneurs comparés à ces pauvres hères, qui grouillaient dans ces ruelles sales et obscures. A mesure de leur avancée, le brouhaha reconnaissable de l'artère principale se mit à retentir jusqu'à leur oreilles. Obligeant la jeune femme qui l'accompagnait à s'arrêter derrière lui, il jeta un oeil discret sur la rue principale qu'ils devaient absolument traverser pour regagner la maison de Jonathan. Il ne remarqua rien de suspect, mais ne s'y précipita pas pour autant.
Se fondre dans la foule, il n'y avait rien de plus adéquat pour passer inaperçu, mais en compagnie de la demoiselle cela allait être un peu plus délicat de ne pas se faire remarquer. Tout d'abord la tache de sang sur son chemisier ne cessait de s'agrandir et le blanc immaculé commençait à virer dangereusement au rouge écarlate. De plus son accoutrement n'était pas vraiment ce qui se faisait de mieux en matière de discrétion surtout pour une femme de sa beauté. Se retournant pour faire face à sa compagne, il l'incita à s'assoir sur une des caisses en bois qui trainait dans la ruelle abandonnée et s'agenouilla devant elle. Sa blessure le préoccupait et il voulait y jeter un oeil avant de continuer plus en avant. En théorie, ils s'étaient assez éloignés de la scène de crime et il n'avait vu personne les poursuivre. De plus, la ruelle dans laquelle ils se trouvaient actuellement paraissaient on ne peut plus déserte, aussi jugea-t-il donc tout à fait opportun d'en profiter pour l'examiner. Alors qu'il dirigeait ses mains vers son chemisier qu'il comptait sortir de son pantalon afin de tenter d'évaluer la gravité de sa blessure, il retint son geste au dernier moment conscient que la personne qu'il comptait ausculté n'était pas du même sexe que lui.


- Je suis désolé pour tout à l'heure. Laissez-moi vous aider à mon tour. Je suis médecin, je peux vous soigner, mais pour cela j'aimerais que vous me laissiez regarder votre blessure. Je vous promet de ne pas avoir de geste déplacé... Tenez, fit-il en faisant tourner la lame de son couteau vers lui avec une dextérité qui trahissait son adresse à manipuler ce type d'arme, pour lui présenter le coté du manche afin qu'elle puisse s'en emparer. Si je fais le moindre geste qui vous paraît suspect vous pourrez vous défendre.

Lui abandonnant son couteau, il souleva légèrement le chemisier de soie, suintant et collant de sang. Van grimaça en apercevant la blessure et releva son regard sur la jeune femme

- On vous a tiré dessus ?!! S'exclama-t-il avant de reporter son attention sur sa blessure. La balle est sortie, au moins nous n'aurons pas à l'extraire, par contre il va falloir vous coudre, mais on ne peut pas faire ça ici. Et vous perdez beaucoup trop de sang, il faut arrêter l'hémorragie.

Le sang qui s'échappait de sa blessure n'était pas de couleur vermeil, et surtout il ne giclait pas, cela signifiait donc que la balle n'avait touché aucune artère. Le sang était sombre et s'écoulait en nappe,  il s'agissait donc d'une hémorragie veineuse. La blessure devait être très douloureuse, pourtant pas un moment elle ne s'était plaint ou n'avait ralentit le rythme de leurs pas. Elle était pâle mais son pouls qu'il mesurait en tenant son poignet dans le creux de sa main, et sa respiration n'étaient pas anormalement élevé.

- On va essayer d'arrêter l'hémorragie. Ça va être douloureux mais vous pouvez presser sur votre blessure le plus fermement possible ?

En lui posant la question, tout en plongeant son regard dans le sien, il guida sa main diaphane vers sa blessure et l'incita à la compresser du bout des doigts le point de saignement.

- Voilà, comme ça c'est bien

Il cru la voir esquisser une grimace douloureuse, aussi tenta-t-il de se montrer rassurant quand à la suite des événements

- Je vais vous conduire chez des amis, ils n'habitent plus très loin. Je m'occuperais de vous là-bas. Ça va aller, vous pensez que vous pouvez tenir encore un peu ?

L'incitant à se relever, il réajusta le manteau de la jeune femme qui recouvrait ses frêles épaules mais surtout ses vêtements qui avaient de quoi attirer l'attention, puis, le plus naturellement possible, tous deux traversèrent l'artère principale. Une fois fait, ils empruntèrent une ruelle moins fréquentée mais pas pour autant abandonée avant de se retrouver devant la porte de Jonathan, qui leur ouvrit avec une certaine impatience pour ne pas dire frénésie

-Vous en avez mis du temps, s'exclama-t-il à l'adresse de Van avant de s'interrompre en apercevant la belle brune qui accompagnait le médecin. Qui est-ce ? S'enquit-il

- Une amie. Répondit Van en coupant court à toute autre question, pour en revenir directement au sujet qui les intéressait. Je suis désolé j'ai eut quelques imprévus en chemin, mais j'ai ce qu'il faut.

Ensemble, ils pénétrèrent dans la petite maisonnée et tendit le petit paquet enveloppé dans le papier brun consciencieusement ficelé à la mère de l'enfant qui s'était approchée, en tendant ses mains fébriles pour recueillir ce dont elle avait besoin pour soigner son enfant. Mais alors qu'elle s'apprêtait à prendre le remède, elle eut un mouvement de recul en constatant que les mains de Van étaient imbibés de sang

-Mais... vous êtes blessé ?! S'exclama-t-elle

- Ce n'est pas mon sang

- Que s'est-il passé ? Intervint Jonathan visiblement inquiet en réalisant que la jeune femme qui accompagnait le médecin était blessée

- On s'est fait agresser par des brigands, et je vais avoir besoin d'une pièce où je pourrais m'occuper de recoudre sa plaie, ainsi que de l'eau bouillante pour désinfecter les instruments dont j'aurais besoin pour son opération. Pouvez-vous faire ça pour moi ?

Le couple hésita et avant de répondre échangèrent un regard incertain. Aucun d'eux ne voulaient d'ennuis. Ils étaient des gens respectables or ils ne connaissaient pas cette femme. Qui était-elle ? Mais le Dr Cooper leur était si souvent venu en aide sans rien demander en échange, pour une fois qu'il pouvait lui rendre la pareille, une pièce et de l'eau chaude c'était après tout bien peu de chose comparé à la vie de leur enfant.
Jonathan opina de la tête et un soupir de soulagement s'échappa de Van qui les en remercia. Puis, le médecin revint vers la jeune mère à qui il tendit une nouvelle fois le remède qui pourrait sauver son fils ainé. Cette fois, la femme s'en empara en écoutant toutes les directives qu'il lui donnait et qui étaient à suivre scrupuleusement. Cela concernait le dosage de la poudre, la régularité des prises, les effets qu'elle devait observer. Normalement, en suivant ses consignes à la lettre son enfant devrait pouvoir survivre à la scarlatine. Sans perdre un instant et après l'avoir remercié de tout son coeur, la femme se retira et se retira à la cuisine pour préparer sans plus attendre la décoction qui pourrait sauver leur fils, sans oublier bien sur, de faire bouillir de l'eau comme le lui avait demandé le jeune médecin. De son coté, son époux invita ses deux invités à le suivre et les conduisit jusque dans sa chambre à couché avant de les laisser seuls


- Leur fils est victime de la scarlatine, lui expliqua-t-il tout en ouvrant sa mallette qu'il avait laissé à l'étage le temps de se rendre chez l'herboriste, mais grâce à ce remède, il s'en sortira. Je ne sais pas ce qui vous a poussé à risquer votre vie pour sauver la mienne mais en intervenant cette après-midi, vous n'avez pas seulement sauvé ma vie, vous avez également sauvé celle de leur fils. D'ailleurs je ne vous ai pas encore remercié pour votre intervention, alors merci, fit-il sincèrement reconnaissant en se tournant vers elle pour capturer son regard. Venez, l'invita-t-il en lui désignant le lit.

Prenant place à ses cotés, il sortit une bouteille de chloroforme et en imbiba un linge propre.

- Pour vous recoudre, je vais être obligé de vous endormir, lui expliqua-t-il. Cela vous évitera de bouger pendant que je vous opère et surtout de souffrir inutilement. Je sais que l'on ne se connait pas mais je vous promet que vous n'avez rien à craindre de moi, et que je sais ce que je fais. Vous pouvez me faire confiance
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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: Entre crocs et lames [Van, Katherine] [20/04/42] Jeu 26 Fév - 16:34

La belle Katherine ne s'était absolument pas attendue à vivre autant de choses en si peu de temps. Tout d'abord sa rencontre avec le noble déchu Alexender Von Ravellow puis le Hunter Stan Calder, l'arrestation du premier et enfin la rencontre avec son amante Sarah Spencer ! Tout semblait lui tomber tout à coup dessus sans qu'elle ne puisse rien y faire. Et enfin... Enfin alors qu'elle s'élançait dans la forêt avec son corps de louve fantomatique puis dans les quartiers pauvres de la capitale, la voilà qu'elle dut se battre crocs et griffes contre un homme de haute stature et armé pour couronner le tout ! Le combat avait été rude, autant pour l'un que pour l'autre. Qui aurait pu prédire, alors qu'il s'apprêtait à abattre froidement un homme, qu'un loup nettement plus gros que la normale lui sauterait dans le dos, lui attrapant le poignet et l'immobilisant. Katherine s'était parée à l'éventualité d'être touchée et à vrai dire elle ne s'était même pas étonnée sur le coup de sentir la balle percer sa peau violemment et érafler ses côtes. Le soulagement vint alors quand elle mit fin à la lutte. Un homme désarmé ne pouvait pas être de taille face à un pareil animal, même avec toute la volonté du monde il n'aurait pas pu la repousser. Son corps avait été beaucoup trop massif pour lui, trop puissant, trop lourd et sa prise autour de sa gorge bien trop acérée. Le sang avait lentement coulé dans la gorge de la louve, ce qui n'avait pas déplu à l'animal mais qui avait inspiré un profond dégoût à l'humaine qui prisonnière du corps animal se retrouvait à être spectatrice de la scène. Celui lui rappelait bien trop les besoins primitifs des vampires. Cela la répugnait et rien ne pouvait la faire changer d'avis sur cela, Katherine avait vu trop de sang avalé pour en rester indifférente.

Une fois la lutte terminée, la vie d'un homme envolé sous les instincts emprunts de justice de la lycanthrope, celle-ci se chargea rapidement de déplacer le corps inerte et pourtant en vie de l'homme comme elle le pouvait. Alors qu'elle reprenait forme à ses côtés la respiration tout d'abord haletante puis plus posée une foule de questions se précipita dans son esprit. Mais qui étaient donc ces hommes qui suivaient cet inconnu qu'elle avait fini par sauver du sommeil ultime ? Pourtant être autant face à une seule personne ? Que lui voulaient-ils ? Avait-elle finalement sauvé un meurtrier ? Peut-être avait-elle fait fausse route et le simple fait d'avoir éliminé des innocents la mettait hors d'elle. Mais non... Elle ne pouvait pas s'être trompée, ce n'était pas possible. Si ces hommes n'étaient point des criminels pourquoi frapper un homme pour le rendre inconscient et l'abattre aussi lâchement ? Mais tout simplement... pourquoi tuer ainsi un homme ? Lorsque l'on est un humain parfaitement et normalement constitué tuer devient alors un acte presque inconcevable, à part si l'on en fait son métier. Métier fort peu honorable, certes. Doucement elle s'était posée contre l'homme comme pour reprendre contenance, elle était faible et elle n'espérait plus qu'une chose, qu'il se réveille et vite pour pouvoir déguerpir de ces rues peu fréquentables. Ses pattes aux griffes acérées étaient lentement redevenues des mains aux longs doigts fins. Son doux visage semblait plus qu'épuisé. Une transformation en aussi peu de temps n'était pas chose aisée et elle avait toujours du mal à s'en remettre même après plus d'un siècle d'expérience. La belle hongroise ne s'était aperçue de rien, à vrai dire elle était bien trop concentrée sur les alentours et sur sa propre blessure qu'elle n'avait pas remarqué que son petit inconnu était revenu à lui. Doucement elle se mit à grimacer, elel sentait le sang suinter sur sa peau et sa blessure brûler comme un fer que l'on appliquait à vif sur ses côtes. Malgré tout elle ne disait rien, ils ne devaient pas se faire remarquer. Alors qu'elle allait tourner la tête pour tenter de le ramener à lui, les positions s'inversèrent et le paysage se mit à tourner violemment autour d'elle. Une main avait agrippée sa chemise et elle qui était à la base à côté de la victime elle se retrouva plaquée au sol sa tête frappant durement. Sa respiration se coupa et le sang se mit à s'écouler plus abondamment de son corps. Malgré tout elle papillonna des yeux et réussit à sentir un métal froid se glisser sur sa gorge. L'homme se retrouvait au-dessus d'elle. Il la regardait comme si elle n'était qu'une moins que rien alors qu'elle venait de lui sauver la vie ! Ses prunelles bleutées s'assombrirent brusquement. Elle n'aimait pas cela du tout et le fixait avec un air des plus agacés mais également surpris. Cependant elle pouvait comprendre sa réaction. Katherine aurait peut-être agi de même et peut-être d'une manière encore plus arrogante ou téméraire. Lentement les doigts de la belle se glissèrent sur le bras qui la maintenait au sol et qui pouvait sans ménagement lui trancher nettement la gorge. Il avait réussi à l'énerver mais la question qui lui posa l'aida à éclaircir la situation. Ainsi il croyait qu'elle l'avait frappé ? Mais pourquoi ferait-elle ça ? Elle ne le connaissait même pas... Et lui non plus.

La voix de l'homme s'était faite ferme. Elle ne pouvait pas se montrer faible face à une pareille situation cela en dépendait de sa vie et l'homme qui se trouvait au-dessus d'elle l'avait déjà en joug. Elle ne pouvait également se montrer trop arrogante comme d'habitude. Tout d'abord le cœur n'y était pas, elle était exténuée mais également elle craignait fortement pour sa vie. Ce n'était pas comme ça qu'elle voulait, pas en sauvant un inconnu et en se faisant assassiner par-dessus à cause d'une erreur. L'homme, de plus, était assez beau à ses yeux. Il méritait qu'on le regarde, qu'on lui dise qu'il avait un certain charme bien à lui. Ses cheveux châtains encadraient un beau visage orné de deux prunelles vertes. Il était beau et assez imposant pour un homme. Malgré tout, la Lycanthrope n'allait pas se laisser happer par son physique, elle devait se concentrer sur la situation présente. Malgré tout et contrairement à sa personnalité la belle n'avait rien répondu. Elle ne voulait pas risquer de se le mettre à dos ni même de continuer à se faire prendre pour la coupable. Malgré tout son regard lançait des éclairs que le jeune homme ne pouvait ignorer et en disait long sur ce qu'elle pouvait en penser. De plus bouger lui mâchoire pour murmurer quelques mots incompréhensibles dus à sa fatigue lui aurait valu quelques égratignures voir pire... L'odeur du sang s'emparait alors de son corps. Ce n'était pas le sien... Celui de quelqu'un d'autre, malgré tout il semblait bien trop proche... Sur la lame. La lame était ensanglantée. La belle retint un haut le cœur, elle n'avait plus la tête depuis quelques minutes à supporter l'odeur et la vue du sang d'autrui. Le sien ne la dérangeait, il lui permettait de se rendre compte qu'elle était encore belle et bien vivante. Doucement l'homme semblait se rendre compte de son erreur. Katherine avait pu voir ses yeux s'écarquiller et le doute s'installer en lui. Avait-il enfin compris ? Elle l'espérait, elle ne voulait pas rester plus longtemps allongée ainsi au sol et vulnérable à ses yeux. De plus il lui écrasait assez lourdement la poitrine et sa blessure ce qui l'empêchait de respirer convenablement mais aussi de se redresser. Une voix résonna assez désagréablement à ses oreilles. Elle n'était pas loin, peut-être une rue à côté... Non. La rue d'où ils venaient tout simplement.

- Au meurtre !

La belle n'avait pas pipé mot mais son cœur s'était légèrement mis à palpiter plus fort en entendant les cris voisins. Et si on l’apercevait ? Et si on la reconnaissait ? Et si on arrivait à la soupçonner malgré les traces de morsures plutôt sauvages et canines au niveau du coup du décédé ? Et si finalement elle devait se retrouver à fuir comme le faisait son ami le jeune Alexender ? Non elle ne pouvait pas se risquer à toutes ces possibilités, elle n'avait que trop peur de devoir achever son périple ici, à ce stade de sa vie alors que des vampires rôdaient encore en ville... Que des loups-garous se faisaient sentir les soirs de pleines lunes et que l'humanité était dévastée par d'odieux crimes... Doucement, la main qui s'était posé sur le bras de l'inconnu pour le dissuader de lui trancher la gorge se resserra autour de son poignet. C'était un signal, elle ne voulait pas rester ici. Il était rare de voir une Katherine aussi silencieuse mais... la fatigue l'emportait sur sa raison, elle ne se déciderait pas à railler ce jour-là, elle n'en avait aucunement l'envie ni la force nécessaire pour braver l'orgueil d'un homme. Katherine poussa un léger soupir lorsqu'il commença à enlever la lame mais grimaça en sentant le sang souiller sa gorge. Il la soulageait enfin, il s'enlevait d'elle, il ne lui écrasait plus sa poitrine et arrêter d'empirer l'état de sa blessure au niveau du flanc. Doucement elle attrapa sa main et chancela jusqu'à se rattraper fébrilement contre lui se sentant bien honteuse de se montrer si faible devant un homme, elle si fière... Si orgueilleuse. Doucement ses doigts se refermèrent sur ses vêtements pour prendre un certain équilibre avant de se redresser s'éloignant d'un demi-pas. Elle lui souffla :

- Bien sûr, je ne suis pas encore morte.

La belle demoiselle n'avait plus d'autres choix que de le suivre. D'un côté elle était soulagée que Michael ne soit pas à ses côtés, il aurait fait un véritable scandale en voyant la Hongroise en une aussi mauvaise posture et n'aurait pas hésité à mettre fin à la vie de ce malheureux. Mais d'un autre côté... Elle languissait, elle n'était plus habituée à son absence, ils étaient comme cul et chemise, toujours ensembles, toujours complices et pourtant... Ne doutait-elle pas de lui depuis un petit moment ? N'avait-elle pas peur qu'il la trahisse pour l'argent, une demeure, une autre femme, un doux seigneur ? Passant discrètement sa main sur son flanc elle ferma les yeux et s'empressa de suivre celui qui un peu plus tôt aurait pu décider ou non de sa mort prochaine. Ce jour-là, ils semblaient ne pas avoir de chance, en plus de l'agression, n'importe quelle rue semblait conduire à un cul de sac, surplombé d'un de ces murets qui barrait royalement la route à n'importe qui. Alors qu'elle s'apprêtait à regarder la façade pour savoir si elle était escaladable. Quelle fut sa surprise lorsque Katherine vit l'homme sortir des craies des plus banales et commencer à faire du dessin au sol. Ces symboles... Il lui semblait les avoir déjà vu mais il y a de cela très longtemps. Elle ne se souvenait plus vraiment. Un magicien ? Ou peut-être un de ces... le nom lui échappait. Ils avaient un lien avec les homonculus mais il était vrai qu'elle s'était toujours plus intéressée à ces créatures étranges plutôt qu'à leur créateur, bien qu'elles n'étaient pas ses proies premières pour la chasse. Un sourire se mit à fleurir lentement sur ses lèvres en voyant le cercle se mettre à briller anormalement puis elle se figea en voyant le mur disparaître. Qu'était donc cette magie ? De la magie soustractive ? Que faisait-il ? Où allait donc le muret ? Que lui arrivait-il ? Une traînée de poussière ? C'était tout ? C'était cela le retour à la normale des choses ? Posant ses prunelles dans les siennes elle lui murmura :

- M'expliqueriez-vous ce phénomène ?

Doucement la belle passa. Elle était faible, trop faible pour marcher rapidement mais tentait tout de même de ne pas ralentir son partenaire. Katherine se retourna lorsqu'il frappa des mains, c'était presque de la fascination, elle voulait en savoir plus, elle qui ne connaissait pas grand chose à cet art. Elle frissonna en sentant la main du jeune homme se glisser autour de sa tête mais concéda à le laisser faire, elle n'était plus d'humeur à montrer qu'elle était une grande fille qui pouvait marcher toute seule. Remballant sa fierté, elle se laissa aider et traversa en sa compagnie les différentes ruelles de Londres. Son cœur semblait s'émietter à chaque fois qu'une personne un peu trop pauvre lui tendait la main. Elle aurait voulu la lui prendre, la lui serrer et la lui y glisser une petite pièce d'or mais elle doutait que cela se passe ainsi. De plus son compagnon ne semblait se préoccuper plus que cela des personnes misérables qui vivaient dans ses ruelles. Elle n'arrivait plus à parler, ce dont elle était témoin était terrifiant. C'était le spectacle de la misère humaine. Désastreux, affreux... Elle n'avait jamais connu la pauvreté... comment pouvait-elle compatir ? Alors elle les prenait en pitié même si elle se doutait que ce n'était pas la meilleure chose à faire. Tout ceci la laissait sans voix. Ces gens-là elle avait l'habitude de les voir... Du moins surtout le soir, recroquevillés dans un coin en ne faisant pas attention à la femme qui passait devant eux en un quart de seconde bien trop occupée à vérifier les alentours.  
La jeune femme suivait les instruction silencieuse de l'homme. Lorsqu'il se plaça devant elle, elle s'arrêta et se retourna pour vérifier que personne ne la suivait. Sa main se mit à caresser doucement le manche de sa dague au cas où un inconnu déciderait de s'en prendre à eux. Elle ne faisait plus vraiment attention à sa blessure, bien sûr qu'elle lui faisait mal, vraiment très mal mais elle ne pouvait pas se permettre de se plaindre ni même de gémir. Elle faisait abstraction de la douleur, tous ses sens étaient aux aguets. La lycanthrope qu'elle était reprenait le dessus, elle devait veiller sur ses trois esprits qui la constituaient. Déglutissant faiblement elle jeta un regard presque soupçonneux au jeune homme et s'assied docilement sur l'une des caisses en bois. Elle ne le connaissait pas et le voir s'agenouiller ainsi devant elle avait de quoi lui mettre des idées indélicates à l'esprit. Elle était une femme seule et blessée... Il était un homme. Elle finirait presque par les haïr ses hommes, ils prenaient tous et n'importe quoi quand ils le voulaient. Finalement elle se figea en le voyant porter directement ses mains ainsi vers sa chemise et le défia du regard s'apprêtant à sortir sa dague. Elle n'aimait pas du tout cela. Sa main s'imposa alors à la sienne, elle ne voulait pas qu'il la touche,il se montrait trop familier à son goût et commença à grogner :

- Ne me tou...

Il l'avait prise de court. L'homme se prétendait désormais médecin. Il s'excuser également pour son comportement assez désagréable mais des plus compréhensibles aux yeux de la Lycanthrope. Elle aurait peut-être agi de même, voir pire. En plus de vouloir lui soulever sa chemise, il désirait regarder sa blessure. Finalement elle empoigna le couteau et le dirigea vers le torse de l'homme appuyant légèrement de la pointe avant d'évaluer le poids de l'arme pour la maintenir adroitement dans sa main. Elle rapprocha son visage du sien faisant glisser ses doigts sur sa main :

- J'espère pour vous que vous ne me mentez pas, je ne voudrais pas qu'il arrive un malheureux accident mais soit...

Elle baissa doucement l'arme et enleva sa main pour le laisser regarder tranquillement la blessure. Le tissus se décolla assez douloureusement de la blessure. Elle ferma imperceptiblement les yeux, crispant ses doigts légèrement. Elle avait posé une main sur l'épaule de l'homme pour se maintenir et éviter de s'appuyer contre le mur. Lentement elle hocha la tête avant de se figer :

- Oui, mais il ne me semble pas que la balle... oui c'est cela, elle est sortie. Ne vous inquiétez pas pour moi. Je vais retourner chez moi et je me soignerais, vraiment je... je n'ai pas besoin de votre aide. Je peux m'en sortir seule, vraiment.

La belle observait l'homme qui se trouvait face à elle. Il inspirait la confiance mais... mais depuis toujours elle avait appris à ne plus offrir ce bien si précieux à n'importe qui. Celui-ci qui se prétendait être médecin possédait un de ces regards rassurants qui la faisaient généralement tomber de haut elle et son orgueil mais comment pouvait-elle continuer lorsqu'il avait presque voulu l'égorger ? Elle avait du mal depuis longtemps à aimer et faire confiance aux hommes. Ils avaient été trop lâches, trop laids du cœur pour cela. Elle le laissa prendre sa tension. Finalement il semblait s'y connaître et ne parlementa pas plus. Elle savait qu'il ne la laisserait pas partir ainsi. Il voulait la soigner. Cela se lisait à son regard, à son inquiétude que les humains laissaient transparaître. Doucement elle hocha la tête, plongeant également son regard dans le sien tout en le laissant guider sa main vers sa blessure. Le contact de ses droits la fit grimacer légèrement de douleur mais elle se contenta de souffler un merci. Ce merci était des plus sincères. Il allait peut-être la soigner, il se donner du mal pour elle alors qu'il ne la connaissait pas et qu'il l'avait prise au début pour son agresseur. Elle continua de le scruter doucement. Des amis ? Pourquoi tant de questions si attentionnées qui sonnaient si agréablement à ses oreilles ? Elle n'avait pas l'habitude de cela de la part des autres hommes à part Michael. Ce « médecin » était-il sincère avec elle ou se jouait-il de ses faiblesses pour lui faire du mal.

- Ne vous en faites pas pour moi Monsieur, je tiendrais.

La jeune femme finit par se remettre sur pieds, la main toujours sur son flanc qui lui permettait de maintenir le tissus. Pendant une fraction de seconde l'obscurité l'envahit. Sa main libre se glissa dans le dos du médecin pour se rattraper avant de marmonner une excuse et de l'aider à lui mettre la veste sur les épaules. Sagement elle marcha à ses côtés. Ses yeux se posaient sur chaque détails de la rue qu'ils traversaient. Elle avait l'habitude de voir tous ces gens mais beaucoup moins de devoir les ignorer. Elle se rappelait encore la petite fille qui était restée avec elle avant l'attaque. Katherine avait toujours aimé les enfants, simplement elle n'était pas faite pour être mère, du moins ses activités ne pouvaient pas lui permettre d'en avoir et puis tout simplement... Avec qui ? Son majordome ? Elle finirait par être la risée de la société si cela finissait par se savoir. Elle ne pouvait se permettre d'offrir un futur bancale à son enfant.
Une fois la grande avenue traversée, les deux compagnons tournèrent dans une ruelle avant de s'arrêter devant une porte. La belle lui lança un regard interrogateur. Etait-ce son domicile ? Elle ne voulait pas y entrer, elle ne voulait même pas s'y risquer. Elle fut surprise de voir un homme leur ouvrir la porte avec hâte. Etait-il un ami de ce médecin ? Un client ? Un membre de la famille ? L'entendant vouvoyer son compagnon, la belle en conclut qu'ils se connaissaient soit peu ou bien qu'ils avaient instauré une sorte de respect entre eux. Katherine ne prit pas la peine de répondre, l'inconnu avait déjà coupé court en mentant sur leur relation et en prétendant une amitié entre les deux ce qui était faux. Katherine ? Avoir des amis ? Un ami ? Aucunement. Jamais plus.
Entrant dans la petite maison elle gratifia l'homme qui leur avait ouvert la porte d'un sourire gratifiant et d'une salutation pour la journée avant d'incliner légèrement la tête devant la femme bien qu'elle se doutait qu'elle n'allait pas forcément y prêter attention. Elle semblait bien trop obnubilée par ce que lui tendait le médecin avant de se reculer en voyant le sang. La jeune Hongroise rabattit la veste autour d'elle pour que sa blessure ne se fasse pas remarquer, en vain. L'homme semblait l'avoir vu. En entendant les propos de son dit « ami » elle posa une main sur son poignet et souffla :

- Inutile de vous donner tant de mal je vais m'en aller...

Katherine voyait bien qu'elle indisposait tout ce petit monde et c'était quelque chose qu'elle arrivait très bien à concevoir. Le couple ne la connaissait pas, il était normal de s'inquiéter sur sa personne. Qui était-elle ? Au nom de qui se permettait-elle de pénétrer ainsi chez eux en prétendant être une amie de leur médecin. Alors que l'homme expliqua rapidement la situation et demanda ce dont il avait besoin pour soigner la demoiselle, la belle posa son regard sur la mère de famille et lui offrit un sourire avant de contempler la pièce. Peut-être devrait-elle elle-même songer à habiter dans un endroit plus simple qu'un manoir un jour. Une petite maison n'en était que plus chaleureuse et accueillante. Un petit « merci » s'échappa des lèvres de la Lycanthrope lorsque le couple concéda enfin à leur prêter une pièce pour s'occuper de sa blessure. Doucement elle se mit à écouter toutes les instructions que donnait ce médecin. Il semblait passionné par ce qu'il faisait, il devait vraiment aimer son métier. Cependant un point d'interrogation planait toujours au dessus de cet homme aux cheveux châtains. Qu'était donc cette magie dont il avait usé un peu plus tôt dans la journée pour réduire un muret à l'état de poussière avant de le faire réapparaître ? Suivant la femme s'en aller du regard elle suivit avec son compagnon le père de famille qui les conduisit dans une chambre. Katherine gardait sa main au niveau de son flanc comme le lui avait conseillé le médecin pour éviter de perdre plus de sang que nécessaire. Une fois seule la belle se rapprocha de l'inconnu et observa tous ses faits et gestes. Ainsi il ne lui avait pas menti. Il semblait réellement s'y connaître en matière de médecine. Sursautant presque lorsqu'il lui adressa la parole elle se figea en entendant le terme de « scarlatine » mais aussi ses remerciements. Est-ce que ce jeune garçon allait survivre? De son temps, beaucoup de personnes en mourraient, serait-il possible que celui-ci survive? Les remerciements des plus sincères du jeune homme l'avait profondément touché. Cela avait semblé être des plus sincères. Qui l'avait déjà remercié pour quoique ce soit? Il ne lui en restait absolument aucun souvenir. Pour quoi exactement disait-il "merci"? Merci d'avoir tué? De s'être blessée pour lui? D'avoir risqué sa vie? De l'avoir sauvé de la mort? D'être intervenue au bon endroit au bon moment? S'asseyant sur le lit elle lui répondit alors d'une voix douce :

- La scarlatine ? Vraiment ? Si je peux aider pour quoique ce soit... ils ont l'air d'être d'agréables personnes.

Faisant une courte pause elle se décida à continuer :

- Pensez-vous qu'il aurait mieux valu que je regarde la scène et que je passe comme si cela m'importait peu Monsieur ? Je ne pense pas. Je ne sais qui étaient ces hommes et ce qu'ils pouvaient vous vouloir cependant face à une telle situation je pense qu'il est normal, non pas juste, puisque le sang a du couler, mais humain de venir en aide à une personne dans le besoin. Pour leur fils je le répète et je continuerais si nécessaire, si je peux faire quoique ce soit, ne serait-ce que leur offrir les moyens pour que leur fils guérisse en de bonnes conditions...

Doucement elle le regarda faire et frissonna en sentant l'odeur déjà forte qui s'échappait de la bouteille. Plongeant ses prunelles bleutées dans les siennes elle ôta doucement le manteau pour le poser sur le lit avant de s'attaquer aux boutons de sa chemise. Lorsque celle-ci fut ouverte pour permettre au médecin d'agir à sa guise elle arrangea le manteau de son mieux pour éviter de souiller le lit simple mais néanmoins agréable de la chambrette. La chemise était imbibée de sang et la Hongroise avait gardé fermement le tissus qui avait permis de tenter d'arrêter l'hémorragie dans sa main. Par la douleur ses phalanges avaient blanchi dangereusement. Grimaçant en voyant le linge imbibé de son propre flux vital elle prit doucement sa main et le porta à son visage juste après avoir soufflé :

- J'ai appris à ne plus faire confiance, permettez-moi encore de douter de votre sincérité... Mais vous m'avez l'air d'être quelqu'un de bienveillant. Ma foi, je ne pense plus avoir le choix, vous avez réussi à me traîner jusqu'ici, allons y donc jusqu'au bout.

Elle embrassa doucement sa joue avant d'inhaler le solvant anesthésiant bien qu'elle doutait très fortement des effets de celui-ci. N'était-il pas dangereux pour l'homme ? Allait-il avoir les mêmes effets sur une lycanthrope ? C'était la première fois qu'on allait l'endormir pour la recoudre. Michael avait toujours fait ça à vif, pourquoi cela devrait-il changer ?


- Merci pour tout... De me soigner... D'être agréable.

Sur ces mots, alors qu'elle était assise ses yeux se fermèrent et elle retomba mollement contre lui. L'obscurité l'avait déjà envahi, elle était partie loin très loin. D'ailleurs elle ne pensait plus. Elle avait l'impression de n'avoir jamais existé. C'était le néant, le vide. Cela faisait du bien, cela lui faisait penser qu'elle n'avait jamais vécu.
Avait-on fini par décider à se montrer agréable envers elle? Les choses allaient-elles changer? Peut-être avait-elle trouvé quelqu'un de bien, qui n'avait aucune arrière pensée ou du moins qui ne la mépriserait pas et ne lui voudrait pas du mal. A part Michael, toutes les personnes à qui elle avait eu affaire s'était montrées soit méprisantes, soit hostiles, soit trop orgueilleuses, hypocrites ou encore haïssables.



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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Van Collins
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MessageSujet: Re: Entre crocs et lames [Van, Katherine] [20/04/42] Ven 13 Mar - 8:49

Après une légère hésitation, Jonathan et son épouse avaient fini par leur céder une chambre afin que Van puisse soigner l'inconnue qui l'accompagnait et dont il ignorait toujours le nom. Il avait prétendu que tous deux avaient eut la malchance de tomber sur des brigands, ce qui n'était pas tout à fait faux et parfaitement crédible en ces temps troublés où la misère allait grandissant. Mais surtout, Jonathan et Emma étaient un couple sans histoire, qui n'auraient probablement pas apprécié de connaître la vérité. Van n'avait aucun doute concernant leur réaction, il avait beau leur être venu plus d'une fois en aide, le couple avait les moyens de payer ses services, de ce fait, ils ne lui devaient strictement rien, et il ne doutait pas un seul instant qu'ils les auraient mis à la porte séance tenante s'ils avaient vent de toute l'histoire. Ils n'auraient peut-être pas averti la police afin de ne pas avoir à expliquer comment ils avaient pu être amené à fréquenter un criminel, mais ils les auraient chassés et Van non seulement n'aurait pas pu continuer ses activités et encore moins soigner la jeune femme comme il se devait, d'autant qu'il ne pouvait se permettre de remettre encore à plus tard ses soins. Bien qu'elle ne se plaignait aucunement et qu'elle n'en laissait rien paraître, l'inconnue était d'une pâleur mortelle, elle avait déjà perdu suffisamment de sang, il devait faire cesser son hémorragie sans plus attendre.

La chambre du couple était aménagée avec simplicité et prouvait si cela était encore nécessaire, que le couple ne vivait pas dans le besoin, et ce bien qu'ils ne faisaient pas partis de la haute bourgeoisie. La chambre contenait un lit, une armoire, et une coiffeuse qui, à en juger par les ornementations que l'on pouvait apercevoir en tête du lit, où sur les portes de l'armoire, provenait du même artisan. C'était un travail délicat et soigné, seule la chaise qui se trouvait dans la pièce faisait défaut à l'ensemble. Van prit rapidement ses aises dans cettechambre qui reflétait l'intimité du couple et remercia encore une fois le barbier pour son hospitalité lorsque ce dernier revint avec un broque d'eau chaude. L'homme se montra très avenant et leur assura qu'il n'y avait aucun dérangement avant de se retirer et de les laisser seuls. Van avait alors entamé la conversation avec la jeune femme afin de lui occuper l'esprit, pour qu'elle ne se focalise ni sur sa douleur ni sur sa blessure. Il lui expliqua les raisons de sa présence en ces lieux, lui révélant que l'ainé des enfants était sous l'emprise de la scarlatine et sa réaction ne se fit pas attendre. Son visage trahissait une sincère inquiétude, nul n'était sans ignorer que cette maladie était ne peut plus mortelle. Alors qu'il s'apprêtait à la rassurer en lui disant qu'il ne s'agissait que d'une maladie infantile qui ne touchait pas les adultes il n'en n'eut pas besoin car très loin de s'inquiéter pour sa santé, elle fit preuve d'empathie pour ce jeune garçon qu'elle n'avait pourtant jamais rencontré et proposa même son aide, ce qui tira un sourire amusé à Van qui se dirigea vers elle.


- Oui approuva-t-il se sont effectivement des gens agréables.

La suite de son discours l'interpella quelque peu, lorsqu'elle lui fit part de son incapacité à ignorer ce qui s'était passé sous ses yeux. Alors elle était belle et bien là. Elle avait tout vu, et visiblement comme le laissait sous-entendre sa blessure, elle était intervenue. Van décida de garder le silence concernant les raisons de son agression. Après tout, s'il savait ce que lui voulait les deux hommes qu'il avait affronté, il ignorait tout de celui qui l'avait agressé par derrière. Le discours de la mystérieuse inconnue sonnait juste, pour ne pas dire humblement. Elle ne se dressait pas comme une héroïne qui venait de lui sauver la vie en faisant justice, car comme elle le rappelait elle-même, du sang avait coulé, et elle n'appelait pas ça faire juste mais faire preuve d'humanité. Faire preuve d'humanité...

- Passer son chemin, détourner le regard, c'est pourtant ce que font la majorité des gens, mais pas vous. Je ne sais pas si c'est faire preuve d'humanité ou d'inconscience que d'avoir risqué votre vie pour sauvé la mienne, mais je suis content que vous l'ayez fait, lui sourit-il avec reconnaissance. Je m'appelle Liam. Et je suis certain que Jonathan et son épouse apprécieront votre sollicitude mais ne vous inquiétez pas pour Sean, grâce à votre intervention, tout va bien se passer. Maintenant on va s'occuper de vous

Imbibant son mouchoir blanc de chloroforme, il aperçut sa sauveuse tressaillir légèrement. Se méprenant sur les raisons de son inquiétude, Van chercha à se montrer rassurant.

- N e vous inquiétez pas, avec ça, vous ne souffrirez pas, et même si je ne suis pas couturière de profession, je vous promets de faire en sorte que la cicatrice soit la plus discrète possible, tenta-t-il de la rassurer en plaisantant.

Prenant sur elle, la jeune femme étala avec un soin particulier son manteau sur le lit pour ne pas tacher de son sang la couverture du couple. Une attention noble mais qui de toute manière n'empêcherait certainement pas ce qu'elle désirait éviter.
Puis, délicatement, elle s'attaqua au bouton de sa chemise, qu'elle fit glisser pour dévoiler une peau blanche, satinée et douce. Van était habitué au corps nue des femmes, mais certaines le troublait un peu plus que d'autre bien malgré lui. Et en l'occurrence, Katherine faisait indéniablement parti de la seconde partie. Avait-elle perçu son trouble ? Il espérait que non, lorsqu'elle prit sa main pour la porter à son visage, elle lui confia en plongeant son regard azuré dans le vert de ses yeux que la vie lui avait apprit à ne plus faire confiance. Même s'il essayait de changer cela, c'était un sentiment qu'il partageait avec elle et qu'il ne comprenait que trop. Toutefois, il se garda bien de le lui confier, et de toute manière à quoi bon ? Il n'avait pas besoin de parler car il était persuadé que cela se lisait dans son regard. Il esquissa néanmoins un sourire amusé lorsqu'elle rajouta non sans une pointe d'humour que de toute manière elle n'avait plus d'autre choix que de s'en remettre désormais à lui.


- On dirait bien que vous avez raison, approuva t-il dans un sourire, vous n'avez effectivement plus le choix

Son sourire s'effaça pour laisser place à la surprise lorsque la jeune beauté déposa délicatement un chaste et tendre baiser sur sa joue avant d'inhaler le mouchoir imbibé de Chloroforme sans le quitter du regard. Le produit fit rapidement son effet et Van la rattrapa lorsque son corps s'affaissa contre le sien. Il la guida doucement pour qu'elle s'allonge sur le lit. Il approcha à nouveau son mouchoir de son nez, afin de la faire respirer une dernière fois le parfum qui la plongerait dans un sommeil réparateur et qui la protégerait de la douleur. Paisiblement endormie, la respiration calme et régulière, abandonnée entre ses main, la jeune femme lui parut soudainement incroyablement fragile. Les trois dernières phrases qu'elle avait prononcé avant de sombrer l'interpellait.
Merci d'être agréable ? Cette remarque le laissait perplexe. Elle ne paraissait pas avoir l'habitude pourtant il s'y serait plutôt attendu avec une femme de sa beauté et de sa classe. Car malgré sa tenue pour le moins extravagantes, elle avait des manières et une apparence qui ne trompait personne, du moins pas lui. Des cheveux soyeux, une peau parfumé et laiteuse, des mains diaphanes qui n'avaient pas l'habitude des travaux, des ongles soignés, sa manière de se tenir et sa façon de parler,... cette femme était issue de l'aristocratie, il était prêt à le parier.

Cessant sa contemplation, Van reporta son attention sur ce qu'il devait faire. Avec délicatesse, il nettoya la plaie avant de la recoudre. Elle avait perdu beaucoup de sang, heureusement le point de pression avait endigué l'hémorragie. Pendant son sommeil, dès qu'il l'entendait gémir, il plaquait le mouchoir aux senteurs particulières sur le nez de sa patiente qui se calmait aussitôt, lui permettant ainsi de terminer son ouvrage. Lorsqu'il eut fini, il la banda avec soin et referma avec délicatesse les pans de sa chemise ensanglantée. Après s'être lavé les mains pleine de son sang, il quitta la chambre, pour céder la place à Emma, l'épouse de Jonathan qui se chargea de changer la mystérieuse jeune femme en lui revêtant une chemise de nuit. Pendant qu'elle s'occupait de sa patiente, Van était allé voir le petit Sean, qui était toujours fiévreux. Il n'en fut cependant pas surpris, c'était normal. Il était confiant, l'enfant venait à peine de boire la tisane, il fallait laisser le temps à la décoction d'agir.
Lorsque la maitresse de maison, revint avec les vêtements de l'inconnue dans ses bras, il retourna au chevet de katherine, qui semblait dormir d'un sommeil paisible dans le lit conjugal. Avec ses longs cheveux d'ébènes, et sa bouche vermeille, elle avait tout de la princesse Blanche-Neige qui attendait le baiser de son prince charmant pour la réveiller.
Qui était cette femme ? Elle était endurante, plus d'une demoiselle n'aurait pas fait un quart du trajet qu'ils avaient parcouru dans son état. Elle était habillée comme un homme, pourtant elle n'avait rien d'une excentrique. Elle lui paraissait calme et posée mais savait tenir une arme avec dextérité. Que faisait-elle là ? Que s'était-il passé ? Qui l'avait frappé par derrière ?

Prenant place sur la chaise en bois à proximité du lit, adossé le contre le mur, Van se mit à réfléchir. Cela avait faillit très mal tourner pour lui aujourd'hui. Fort heureusement il s'était débarrassé des deux hommes qui l'avait reconnu. Tuer était un acte qu'il préférait éviter, excepté  pour protéger sa vie. Et c'est ce qu'il avait fait, sans la moindre hésitation. Cette part obscur était toujours en lui, et le serait toujours, mais il n'avait pas eut le choix, et il le savait très bien. S'il avait laissé ses deux hommes en vie, cela n'aurait pas été de la bonté d'âme mais de la stupidité parce que dès lors, on aurait su qu'il était toujours vivant et on l'aurait traqué comme bête, au même titre que ces aristocrates en fuites depuis deux semaines à présent... ces hommes s'en tiraient bien mais cela ne durerait pas, tout avait une fin et leur traque en aurait une, tôt ou tard.

La personne qui l'avait assommé était-elle un alchimiste elle aussi ou n'était-ce qu'un misérable gueux ? Si c'était le cas, pourquoi ne pas l'avoir dépouillé ? Peut-etre n'en n'avait-il pas eut le temps et qu'il avait prit la fuite dès l'arrivée de la jeune femme ?
Van mordilla son pouce nerveusement à cette idée. Il espérait de tout cœur que ce ne fut pas le cas et qu'il était mort mais il ne voyait pas comment. Si c'était un alchimiste et s'il était parvenu à s'enfuir, Van allait devoir prendre rapidement des dispositions mais s'angoisser à présent n'y changerait plus rien. Glissant son regard sur la belle endormie, il se dit que elle seule pouvait répondre à ses questions et lui révéler ce qu'il en était réellement.

Alors qu'il commençait à s'assoupir Emma revint quelques temps plus tard, avec les vêtements de l'inconnue. Elle avait nettoyé et reprisé la chemise puis les avait posé au pied du lit. Van s'était levé pour prendre des nouvelles de Sean et fut satisfait de constater que son remède faisait effet et que la fièvre avait enfin baissé. L'enfant qui se sentait encore affaiblit avait malgré tout pu lui parler un peu, les douleurs diminuaient et il se sentait déjà mieux bien qu'encore très fatigué. Van resta avec lui jusqu'à ce qu'il s'endorme d'un sommeil serein. Puis, il était ensuite retourné dans la chambre, avait vérifié les constantes de sa Blanche-Neige avant de refaire son bandage. Elle cicatrisait plutôt bien et n'allait plus tarder à se réveiller.
Il reprit place sur sa chaise et laissa la fatigue le gagner. Il n'avait pas dormit de la nuit trop occupé à veiller sur Jun et à redouter l'arrivé des ennemis de ce dernier, et même s'il appréciait la créature, il n'était pas certain qu'il aurait pu fermer l'oeil en toute confiance en compagnie d'un vampire.
Combien de temps avait-il dormis ? Il l'ignorait, mais lorsqu'il se réveilla ce fut uniquement parce qu'il avait sentit une présence qui l'avait fait sursauter de sa chaise. Lorsque l'on était un fugitif, même censé être mort, on ne dormait que d'un œil. Van avait le sommeil léger et le moindre bruit le réveillait.
Mais il n'y avait nulle menace, il avait simplement été réveillé par la présence de la princesse qui semblait le regarder avec surprise, et il pouvait parfaitement concevoir que son attitude avait de quoi décontenancer. Préférant ne pas s'attarder à ce sujet, Van reprit contenance et se leva pour se diriger vers elle comme si de rien n'était.

- Comment vous sentez-vous ?

Tout en l'écoutant il lui prit la tension et vérifia à nouveau son bandage. Tout était satisfaisant. Il lui servit un verre d'eau et la fit boire.

- Alors dites-moi, que s'est-il passé dans cette ruelle ? Qu'avez-vous vu ?

Avait-elle vu son agresseur ? Etait-ce lui qui l'avait blessé ? Probablement. Etait-ce un voleur ? Peut-etre. Toujours est-il qu'il avait toujours sa bourse sur lui, donc soit il n'avait pas eut le temps de la lui dérober soit ce n'était pas un voleur. Et elle qu'avait-elle vu au juste ? Depuis quand était-elle là ? L'avait-elle vu ôter des vies ?

- Qui êtes-vous ? Et que faisiez-vous dans un tel endroit ?
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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: Entre crocs et lames [Van, Katherine] [20/04/42] Sam 21 Mar - 14:35

Mais... La faible lueur qui réussissait à percer les nuages éclairait fébrilement le quartier dans lequel vivait le couple que semblait bien connaître ce médecin. Mais... un regard, puis un autre... elle n'était peut-être pas la bienvenue ici. Elle pensait qu'ils avaient raison, après tout elle n'amenait plus que des problèmes avec elle. Mais... Mais comment tout ceci avait donc pu se produire ? Pour une fois qu'elle laissait profiter un peu Raïna de la ville pour qu'elle puisse se dégourdir les pattes, elle se mettait à secourir le premier venu. Non pas que cela l'ennuyait... Surtout qu'elle se demandait comment arrivait-elle à se fourrer toujours dans un pareil pétrin. C'était assez dur moralement pour elle de se dire qu'aucune journée ne sera réellement normale à son goût. Peut-être que si elle n'était pas allée à l'auberge, Raïna n'aurait pas pris le pouvoir sur son corps, qu'elles ne seraient pas parties en ville, qu'elles n'auraient pas sauté sur un parfait inconnu qui maniait une arme, qu'elles ne se seraient pas blessée... Mais que serait-il donc advenu de cet homme qui avait semblé pour le coup dans de plus grands ennuis qu'elles ? Non décidément, avec les « et si » on ne pouvait pas avancer dans la vie. Et au fond elle était heureuse d'avoir été là au bon moment. Ce jeune inconnu ne semblait pas des plus malsains et aurait pu périr si elles n'avaient pas été là pour le secourir.
Katherine espérait ne pas déranger et au fond elle se sentait mal à l'aise dans cette maisonnette. Non pas qu'elle n'appréciait pas la classe moyenne et la sobriété mais surtout qu'elle se sentait à part. Elle n'en avait pas l'habitude. Ces jeunes gens ne la connaissaient pas et elle savait qu'ils doutaient tous deux d'elle et c'était normal. Après tout elle était une parfaite inconnue à leurs yeux. Une inconnue blessée qui revenait avec leur médecin ! Mais elle leur en était reconnaissante. Ils ne disaient rien. S'ils savaient...

En faisant bien attention de ne pas trahir la douleur insoutenable qu'elle ressentait, elle avait suivi le père de famille non sans difficulté. La petite demeure était des plus agréables, Katherine aurait pu s'y sentir bien si cela avait été chez elle. Elle convoitait un pareil petit chez-soi, aussi chaleureux mais en campagne. Elle n'attendait presque plus qu'une chose : le jour où elle pourra prendre sa « retraite » quand elle aura enfin accompli selon elle sa promesse de vengeance. En réalité sa richesse lui importait peu, elle s'y attachait simplement pour le statut que cela lui offrait. Cela lui permettait de se rapprocher des personnes importantes liées de loin ou de près aux créatures de la nuit. Sinon cela lui passait bien au dessus de la tête et il fallait bien dire que vivre une vie à peu près normale lui manquait. Une fois arrivée dans la chambre elle observa le dit-médecin s'occuper de ses affaires tandis qu'elle observait la pièce. Sa réponse lui arracha l'ombre d'un sourire. Doucement ses longs doigts fins effleurèrent le meuble en bois qui trônait sur le côté.Son pouce et son index se frottèrent comme pour vérifier le taux de poussière qui se trouvaient sur le meuble. Finalement elle reposa ses doigts sur le tissu qui imbibait lentement son sang. L'inconnu lui avait appris que le jeune garçon qui habitait cette maison était victime de la scarlatine. Ce n'était pas un sentiment de peur, non elle s'en fichait un peu que cela puisse ou non la toucher. Elle s'inquiétait surtout pour ce futur jeune homme qui lui ne savait pas s'il allait s'en sortir. Elle le regarda s'approcher d'elle évitant d'arquer un sourcil. Finalement elle lui demanda :

- Êtes-vous sûr qu'il s'en sortira ? Que lui avez-vous donc donné ?

Katherine était une femme de nature assez curieuse, peut-être voir un peu trop mais cela l'intéressait. Qu'avait-il donc donné à la mère de cet enfant pour qu'il soit enfin soigné de la scarlatine ?
Oui Katherine, n'avait pas pu passer en faisant semblant de ne rien voir. Pourquoi l'aurait-elle fait ? Pour ressembler aux gens qu'elle méprisait par-dessus tout ? Et puis pourquoi autrui n'aurait-il pas droit à une quelconque protection ? Un faible sourire finit alors par étirer ses lèvres lorsqu'elle entendit ses propos. Doucement elle se mit à hausser les épaules :


- Et puis finalement quelle importance désormais sur le « pourquoi du comment » je suis intervenue ? Vous êtes là, je suis là et c'est ce qui importe ne pensez-vous pas ? Inconscience ou humanité, c'est une bonne question. Il est humain d'agir mais non pas de faire couler du sang monsieur. Mais il est également inconscient d'agir sur le qui-vive. Alors je pense naviguer entre les deux. Enchantée Liam, puis-je donc me permettre cette familiarité à votre égard.. ? Vous appeler Liam ? Ces jeunes gens doivent être inquiets pour leur garçon. J'espère que comme vous le dîtes, qu'il s'en sortira, c'est toujours malheureux qu'un enfant soit touché...

Quel mal y avait-il à aimer les enfants ? C'était peut-être son petit côté maternel qui ressortait accompagné de son passé des plus lugubres. Elle s'inquiétait pour lui, pour tous en réalité. Il y en avait tellement qui crevaient de faim dans la rue. Qui finissaient maigres et souffrant du froid sans qu'ils ne puissent rien y faire. Pourtant et elle en était certaine, beaucoup de gens auraient aimé tous les sauver mais même elle ne pouvait pas se le permettre. Elle ne pouvait pas les élever, ce n'était pas une opportunité qu'elle pouvait saisir. Son regard se posa sur Liam qui commençait à imbiber le mouchoir de cette substance qu'elle commençait à redouter. Un rire nerveux finit par s'échapper de ses lèvres mais elle finit par souffler tout de même anxieuse :

- Garderai-je longtemps la cicatrice ? Ou bien finira t-elle par disparaître ?

Elle avait fini par étaler sa veste sur le lit espérant éviter ainsi de le barbouiller de sang. Elle aurait voulu éviter de donner un peu plus de travail à cette mère au foyer. Puis elle s'était attaquée à sa chemise. Elle ne l'avait pas enlevé entièrement, juste déboutonnée et écartée pour que le médecin puisse faire sa petite affaire sans avoir à regarder de trop près non plus le haut de son corps. Non pas qu'elle était pudique mais qu'elle voulait se sentir en confiance et non pas s'inquiéter parce qu'elle se trouvait inconsciente et presque nue avec cet homme. Elle détourna légèrement la tête feignant de ne pas percevoir son trouble mais elle l'avait bel et bien remarqué. Cependant la Comtesse était heureuse du comportement qu'il adoptait. Il était agréable avec elle et ne se jetait pas sur elle pour profiter de ses formes comme n'importe quel homme aurait pu le faire. Doucement elle avait porté sa main à son visage, l'odeur désagréable se faisait déjà sentir. Elle laissa s'échapper ce petit rire cristallin qu'elle ne put retenir. La Hongroise était belle et bien inquiète et notamment pour ce qui allait se passer aussi pour elle. Pouvait-elle vraiment lui faire confiance ? Peut-être... Mais elle commençait déjà à douter de la fiabilité de son majordome... Son regard finit par la persuader, il n'avait pas l'air d'avoir des mauvaises intentions, il semblait presque partager ses pensées. Une grimace étira ses lèvres l'espace de quelques secondes, sa blessure semblait se faire plus qu'omniprésente désormais. Elle lui piquait affreusement et lui arracha le cadavre d'un gémissement étouffé. Pourquoi l'avait-elle suivi ? Elle aurait très bien pu faire faire arrêter le premier fiacre qui croisait sa route et rentrer chez elle... mais comment aurait-elle expliqué son accoutrement ? Non décidément elle se faisait de plus en plus inconsciente, sa capacité à réfléchir était retombée au plus bas. Suivre un parfait inconnu avait été des plus dangereux et pourtant elle l'avait fait sans même savoir ce qui allait en advenir. Elle rageait intérieurement de cette décision enfantine qu'elle avait prise en ne faisant pas plus attention. Cependant, écartant ses pensées elle plongea son regard dans celui du médecin. Elle avait fini par embrasser délicatement sa joue comme pour le remercier des soins qu'il allait lui prodiguer sans réellement être sûre de s'en sortir indemne. Elle s'en remettait à lui, elle n'avait plus d'autre choix que de se laisser faire désormais. Ses pensées dérivèrent vers Michael, allait-il s'inquiéter pour elle ? Elle espérait que non... Qui sait ce qui pourrait advenir de ce Liam s'il voyait sa jeune maîtresse allongée dans un lit, le flanc barbouillé d'un sang poisseux ?

Le tissus s'approchait dangereusement de son visage. Bientôt elle serait à lui. Son corps allait lui être abandonné et il pourrait agir à sa guise. Allait-il la tuer ? Lui faire du mal ? Non elle ne le pensait pas mais elle préférait se méfier ou s'attendre à la possibilité de ne jamais se réveiller. Doucement elle souffla quelques mots d'excuse à Raïna de se laisser ainsi aller et lui demanda de prendre soin d'elle puisqu'elle devait être également blessée. Finalement ce fut un merci qu'elle lui souffla, merci d'être intervenue pour avoir sauvé un innocent. C'était des choses qui lui tenaient à cœur. Le produit fit vite effet, la jeune Katherine commençait à sombrer dans un sommeil sans rêve et chancelait dangereusement entre Liam et le lit. Ses doigts fins s'étaient posés sur lui comme pour se retenir mais elle fut bientôt happée par l'obscurité et ne se sentit pas tomber lourdement sur lui. Du moins lourdement... Katherine était une jeune femme fine, mais son corps ainsi à l'abandon n'avait pas réussi à se faire encore plus léger pour ne pas percuter celui du médecin.
Alors c'était ainsi que ça allait se terminer ? Katherine avait l'impression de ne plus exister, c'était si bon si doux. Cette tranquillité, cette paisibilité... il lui semblait que c'était la première fois qu'elle la découvrait et cela lui faisait tant de bien. Bientôt ses pensées s'évanouirent et il ne restait plus que d'elle un corps à l'abandon et un cœur qui battait inexorablement.

La belle se sentait revenir à quelques moments puis replonger dans un sommeil profond. Elle naviguait entre deux mondes : celui de la réalité, dure et sombre et celui du sommeil, doux et agréable. Si cela n'avait tenu qu'à elle, elle se serait plongé dans un sommeil de mille ans pour profiter encore de ce qu'il pouvait lui apporter encore comme bien être. La Hongroise ne sentit pas la maîtresse de maison l'habiller et elle en était plutôt heureuse. Qui sait la honte qu'elle aurait pu ressentir en ne pouvant se vêtir seule... Si Katherine perdait toute capacité motrice, ce n'était même plus le sommeil qu'elle désirerait mais une mort sûre et certaine. C'était une pensée insupportable pour elle, qu'un jour il lui faudrait faire appel à quelqu'un pour se lever, s'habiller, marcher. Non si cela devait arriver elle ne voulait même plus exister. Elle se trouvait égoïste vis à vis de ces deux autres entités mais au fond elle savait qu'elle ne serait jamais heureuse si cela arrivait.
Son sommeil, un peu plus tôt, comblé par le néant, se fit de plus en plus vivant. Elle avait fini par se laisser emmener par les rêves. Un arbre, puis un second et enfin un terrible jardin creux à certains endroits. La belle pouvait y poser la main et laisser un frisson d'horreur parcourir son corps. Elle savait ce qui se trouvait en dessous mais ne voulait pas vraiment reconnaître cette vérité, comme si elle avait peur. Et pourtant elle le savait et elle la haïssait. Avec peur elle se mit à gratter la terre jusqu'à s'en faire saigner terriblement les ongles. Ses gestes se firent de plus en plus lent, son cœur battait la chamade. Non elle ne voulait plus continuer... Et pourtant... Alors qu'elle creusait la terre, une mèche de cheveux roux se distingua et ses mains se mirent à trembler. Ce fut cependant une voix froide mais incroyablement maternelle qui lui fit relever la tête. Il faisait nuit. Combien de temps avait-elle été là à gratter le sol ? C'était sa mère qui se tenait devant elle et qui murmurait son prénom. Elle lui disait qu'elle l'aimait alors que quelques temps plus tôt elle ne voulait pas la voir. Katherine n'avait pas l'apparence d'une jeune fille de treize ans, non elle était adulte. La main de Joharda attrapa celle de sa fille et la fit se relever de force pour la tenir fermement contre sa poitrine. Lentement et alors qu'elle se penchait vers son cou, le rêve s'évapora peu à peu.
Katherine ouvrit ses yeux avec effroi. Ne la laissera t-elle donc jamais ? Ne pouvait-elle donc pas vivre sans elle ? Elle et ses cheveux roux ? Elle et ses paroles de menteur ? Elle et son sourire ? Elle et ses étreintes ? Elle et ses crimes ? Une larme se mit lentement à rouler sur sa joue. Ses mains tremblaient. Ce rêve aurait pu paraître encore plus réel si la jeune femme y avait été l'enfant d'autrefois. Si le cadavre avait été celui d'un autre enfant et non celui de sa sœur. Alors sans qu'elle ne puisse s'en empêcher elle masqua son visage derrière ses doigts diaphane. Elle tentait de refouler ses larmes sordides qui creusaient désormais ses joues. Tout lui revenait encore en mémoire. Katherine vivait dans son passé, non, elle vivait à cause de son passé. Elle n'avait rien à faire dans ce monde. C'était elle qui aurait dû être à la place de sa petite sœur. Elle n'aurait jamais dû connaître ce sommeil aussi jeune. Malgré tous les efforts qu'elle faisait pour arrêter de pleurer la belle n'y parvenait pas. Elle revoyait encore leur visage. Était-ce sa mère qui se vengeait de la mort que sa fille lui avait offerte sauvagement ? Finalement elle se figea en voyant que Liam se tenait endormi sur la chaise en face d'elle. Elle essuya vivement ses larmes et déglutit. Ses joues étaient malheureusement déjà creusées par ses peines et sa souffrance soudaine. Elle fit mine qu'il ne s'était rien passé et se redressa silencieusement sur le lit pour se retrouvant à mi-chemin entre allongée et assise.Doucement sa main se posa sur son bandage et elle se mit à observer son médecin. Il l'avait donc bien soigné... Un petit sourire se forma sur ses lèvres avant d'être surprise de le voir ainsi sursauter. Sa respiration s'était calmée, elle tentait d'évacuer peu à peu ses pensées lugubres et essayait de se concentrer sur le moment présent. Malgré tout, même si ses larmes avaient séché, son visage légèrement rougi semblait presque la trahir. L'eau de tristesse avait creusé de fins sillons sur ses joues. Malgré tout, elle souriait à Liam en le voyant se diriger ainsi vers elle. Elle le couvait presque du regard. Il était touchant qu'il s'intéresse à son état présent. Elle le laissa faire et lui souffla d'une voix rauque à cause de son sommeil mais qui possédait tout de même ce léger accent hongrois, pays dans lequel elle avait vécu assez longtemps et dont les origines s'écoulaient dans sa vitae :

- Légèrement faible et enfantine dans ce lit mais je vais bien... Je vous en remercie. Ça tire un peu mais je pense que cela doit être normal. Continuez de vous reposer Liam, vous semblez en avoir besoin plus que moi. Vous n'avez pas mal à la tête ni à la nuque ? Avec le coup que l'on a du vous offrir...

Elle porta son regard sur le bandage pour vérifier l'étendue des dégâts mais ne réussit pas à voir grand chose. Un sourire se forma sur ses lèvres lorsqu'elle le vit revenir avec un verre d'eau et fit l'effort de boire quelques gorgées pour lui faire plaisir. Elle n'avait pas vraiment soif mais elle ne voulait pas le faire bouger pour rien. Elle tira doucement sur son bras pour le forcer à s'asseoir sur le lit et se redressa elle-même pour ne pas être totalement allongée à côté de lui. Elle cligna des yeux et fit un effort pour se remémorer calmement ce qui avait bien pu se passer dans cette ruelle. Des hommes... Une seule victime, puis un seul homme restant avec un pistolet à percussion... Quoi d'autres ? Son intervention ? Mais comment en parler ? Elle ne pouvait pas vraiment parler de tout. Cela serait totalement inconscient de sa part « et bien monsieur je me promenais sous ma forme lupine quand... » non ce n'était pas envisageable de parler de cela. Il la prendrait soit pour une folle qu'il fallait interner soit... Et bien soit quoi ? Comment pourrait-il réagir autrement ?

- Et bien, je n'ai pas vraiment tout vu. Au premier abord j'ai surtout entendu. Des éclats de voix dont la vôtre. Vous n'étiez pas seul, il y avait au moins un autre homme avec vous. Enfin j'ai décidé d'aller voir pour savoir ce qui pouvait bien se passer. Ces ruelles ne sont pas très fréquentables et il n'est pas bien rare de voir quelqu'un s'y faire agressé. Considérez aussi que j'ai une fâcheuse manie, celle d'être curieuse. Quand je suis arrivée c'est un autre homme que j'ai vu s'approcher, vous savez.. ? Celui avec l'arme à feu. L'autre n'était plus là, vous a t-il fait du mal ? C'est tout ce que j'ai pu voir, le reste m'échappe. Ensuite, comme dit un peu plus tôt, le sang a coulé, je ne suis pas restée là les bras croisés et c'est malheureux au fond de finir sa vie dans une ruelle aussi sombre. Ne croyez-vous pas ? J'ai péché pour vous Liam... il est mal d'ôter la vie d'un homme, au fond qui suis-je pour me permettre ce droit ? J'espère simplement que l'on ne vous causera plus de pareils ennuis... vous semblez être quelqu'un de bien. Mais à vous maintenant, vous connaissiez ces hommes ? Vous savez ce qu'ils vous voulaient ?

Elle finit par détourner la tête pour éviter de lui être assez désagréable au premier abord. Elle venait juste de se réveiller de ce coma idyllique et voilà qu'il l'assaillait de questions. Il lui faisait penser à cette Sarah qui lui avait faite passer un véritable interrogatoire. Que pouvait-elle lui dire ? Au fond elle lui en était reconnaissante de l'avoir soignée... Doucement elle posa ses longs doigts fins sur la main de Liam et la caressa doucement comme pour se persuader qu'il était réellement humain. Katherine avait toujours été quelqu'un de très tactile, ce qui était peut-être dû à sa deuxième entité, le léopard. Petits ils aiment se regrouper et se coller pour se reposer et dormir ensemble. Le contact lui avait toujours été très précieux.
Une foule de question se bouscula à nouveau dans son esprit. Elle avait été blessée sous sa forme lupine alors pourquoi cela s'était-il répercuté sur son corps d'humaine? ce n'était pas normal et c'était la première fois qu'une telle chose lui arrivait. L'harmonie qu'elle s'était tuée à acquérir avec Raïna n'avait pas été rompue mais... pourquoi une telle déstabilisation? Elle commençait à s'inquiéter, si cela arrivait maintenant y avait-il une véritable raison ou bien était-ce la fatigue qui commençait à se faire ressentir? A moins ce que cela s'est produit uniquement à cause de l'attaque peut-être un peu trop violente sur le coup?


- Et bien... puisque vous m'avez dit le vôtre, je pense que vous avez le droit de connaître le mien. Je m'appelle Katherine. Sans vouloir me montrer désagréable Liam, je ne pense pas que vous ayez besoin de savoir ce qui m'amenait dans un quartier pareil. Mais je peux vous parler un peu de moi, à condition que cela reste entre nous et je pense que vous pouvez être homme de confiance. Arrêtez moi si je me trompe.

Elle lui adressa un petit sourire et finit par prendre sa main dans la sienne doucement, la chaleur humaine la rassurait.

- Je suis issue d'un milieu assez aisé Liam si c'est ce que vous voulez savoir...

Elle fit une courte pause et plongea ses prunelles dans les siennes :

- Je voudrais pouvoir vous remercier Liam. Vous n'étiez pas obligé de me soigner, j'aurais pu prendre le premier fiacre et retourner chez moi, là-bas on m'aurait soigné, moins bien que vous certainement.

Ce fut alors seulement à ce moment-là qu'elle s’aperçut de son accoutrement et se mit à rougir avant de détourner le regard. Elle était en chemise de nuit devant un homme qui, finalement, lui était totalement inconnu. Elle avait l'habitude des vêtements assez osés pour une femme mais c'était bien une des premières fois qu'un autre homme à part son premier amant et Michael la voyait en tenue de nuit. Son regard se posa sur ses vêtements repassés et pliés et finalement elle se sentit envahie par la honte. elle avait donné du travail à cette pauvre femme qui s'inquiétait déjà pour son fils...

- Regardez... J'abuse déjà de leur hospitalité.



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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Van Collins
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MessageSujet: Re: Entre crocs et lames [Van, Katherine] [20/04/42] Jeu 16 Avr - 19:03

[HRP : Encore désolée pour l'attente ! J'ai encore cette semaine de folie et ensuite ça devrait aller]

Il allait de soi, lorsqu'on la voyait et qu'on échangeait un peu avec elle, que Katherine n'était pas n'importe qui. Il allait de soi qu'elle n'était pas une miséreuse, cela se voyait à son apparence physique tout d'abord, qui était soignée et dont les mains n'avaient pas pour habitudes de travailler, mais également à son maintient. Katherine était une femme posée. Elle parlait bien et on voyait qu'elle avait de l'éducation. Néanmoins elle était dépourvue de cette attitude si détestable commun à tous les gens de la bonne société, elle n'était ni hautaine ou froide. Elle n'était pas non plus issue de la bourgeoisie car ses manières étaient bien trop mesurée et elle ne ce laissait aller à aucune vulgarité. Elle était toute en retenue mais possédait une grande force, oui décidément Katherine était très différente de toutes ces personnes qu'il avait pu rencontrer jusqu'à aujourd'hui.

Différente, il fallait l'être pour oser se vêtir comme un homme ou intervenir lors d'une bagarre, tant de réactions qu'il était très rare d'observer chez une femme et qui montrait que Katherine était une femme qui allait à contre courant des idées préconçues par la société, ce qui était loin de lui déplaire. Mais cela ne s'arrêtait pas là. La jeune femme s'était montrée intéressée lorsqu'il lui avait confié avoir donné un antidote à son jeune patient qui allait contrer la scarlatine dont il souffrait. Il avait déjà remarqué son esprit vif, éveillé et très curieux lorsqu'il avait été contraint d'user de l'alchimie pour leur frayer un passage alors qu'ils se trouvaient dans un cul de sac. Bien sur, il avait délibérément omis de répondre à ses questions à ce moment là, car il n'avait aucune envie d'entrer dans des détails qui le concernait d'un peu trop près. Mais a contrario lui dévoiler ses secrets de médecine et lui dévoiler le nom de l'antidote dont il s'était servi pour enrayer la maladie, ne lui posait absolument aucun problème. Très peu de médecins, bien trop soucieux de conserver secret leur remèdes, aurait accédé à sa demande. La plupart l'aurait ignoré car ils étaient bien trop soucieux de conserver leur client et d'avoir le monopole d'une découverte, mais ce n'était pas le cas Van. En toute franchise, il sen fichait complétement. Bien au contraire, plus il y aurait de personne capable de vaincre la scarlatine et moins il y aurait d'enfants qui en serait la victime. Si Katherine pouvait diffuser l'information, ce n'était certainement pas lui qui irait s'en plaindre, et pour cause... Contrairement à la plupart des personnes qui occupait cette fonction, ce n'était pas l'appât du gain qui le motivait, et encore moins le rêve secret de graver les échelons dans la société, pour cela, il avait déjà eut sa chance mais tout ça c'était fini pour lui, tout comme l'idée de se montrer à nouveau un jour en pleine lumière. Mais au final loin de s'en plaindre, l'ancien alchimiste réalisait que c'était un mal pour un bien. Il n'était plus cet être égoïste, dévoré d'ambition et carriériste. Les miséreux, les laisser pour compte, avaient besoin de quelqu'un pour les aider, et leur prodiguer des soins. Il était cette personne, et puisa sa position actuelle, bien que peu enviable au yeux de certains, lui permettait de faire des rencontres étonnantes, et en l'espace de 24h il avait fait des rencontres on ne peut plus surprenantes. Tout d'abord Jun, la veille au soir, un vampire vieux de plus de cinq siècles. Il avait encore du mal à y croire, pourtant il n'avait pas rêvé car il avait bel et bien été confronté à ces créatures. Et aujourd'hui Katherine.

Plus il l'observait et plus Katherine suscitait sa curiosité. Tout en elle l'intriguait. Qui était-elle ? Le chloroforme ajouté à sa blessure qui l'affaiblissait, tout ceci l'avait plongée dans un sommeil profond et parfois agité. Elle avait gémit à deux ou trois reprises sans parvenir à se réveiller pour autant. C'était une longue plainte déchirante, provoqué par un cauchemar particulièrement vivace. Un cauchemar qui était probablement la cause de ce sillon de larmes séchées que Van feignit de ne pas voir. Après tout chacun avait ses tourments et il était bien placé pour savoir que l'on ne souhaitait pas toujours les partager. Elle lui avait adressé un petit sourire maladroit auquel il avait répondu également par un sourire.


- Vous êtes bien des choses, mais certainement pas faible et enfantine, lui confirma-t-il. Je n'ai encore jamais vu de femme supporter la douleur avec autant de courage, et sans se plaindre. Plus d'une aurait perdu connaissance bien avant d'arriver ici. Et ne vous inquiétez pas pour moi j'ai eut tout le temps de me reposer.

Mais il avait beau dire, la jeune femme ne l'entendit pas de cette oreille et après avoir docilement bu son verre d'eau qu'il lui avait tendu, elle tira doucement sur son bras pour l'inciter à s'asseoir à ses cotés. D'abord surprit par cette invitation à la rejoindre sur ce lit conjugal, loin de toute convenance, Van fini par obtempérer et à s'asseoir à ses cotés. Elle s'était alors légèrement redressé sur le lit afin de ne pas se retrouver allongée à ses cotés dans une situation encore plus ambiguë. Jugeant qu'elle était parfaitement apte à répondre à ses questions, il lui demanda qu'elle lui raconte ce qu'il s'était réellement passé dans cette ruelle alors qu'il était inconscient. Il avait absolument besoin de savoir. Besoin de savoir s'il devait s'enfuir d'ici au plus vite et prendre le premier bateau en partance pour les Amériques où s'il pouvait encore rester dans cette ville qu'il avait plusieurs bonnes raisons de ne pas vouloir quitter désormais,...
Aussi surprenant que cela puisse paraître, et alors qu'en toute logique pour n'importe qui dans sa situation il aurait été bien plus sage de quitter Londres si tôt qu'il s'en fut remis de ses blessures, il n'en n'avait rien fait. Tout d'abord parce qu'il ne se souvenait de rien, et que Van voulait absolument recouvrer la mémoire. Son sauveur avait beau lui avoir raconté toute son histoire sans rien lui dissimuler, aussi sordide fut-elle, il avait pensé, et à juste titre, que ses souvenirs reviendraient s'il restait dans cet environnement familier. Aujourd'hui, alors que pratiquement un an après les faits, sa mémoire lui était enfin intégralement revenu, et bien que cette ville comptait à présent d'anciens partenaires aimerait voir son corps se balancer au bout d'une corde et d'innombrables ennemis qui rêvaient à bien pire encore, Van ne désirait pas partir. Il connaissait cette ville par coeur, jusqu'au plus profond de ses entrailles, beaucoup de personnes comptait sur lui et puis il y avait fait des rencontres auquel il tenait comme sa chère et tendre Azami, sans oublier qu'il espérait bien recroiser un jour la route de Jun auquel il avait encore tant de choses à demander, et puis aujourd'hui il y avait Katherine.
Non décidément, il n'avait aucune envie de quitter Londres... fort heureusement pour lui, sa chance insolente ne semblait pas l'avoir lâché et il fut incapable de réprimer ce soupire de soulagement lorsqu'il l'entendit lui confirmer que l'homme qui l'avait assommé par derrière comme un lâche était mort. Il n'y avait donc plus personne pour le dénoncer, plus personne pour aller révéler qu'il n'était pas mort ! Il n'était donc pas obligé de partir, on ne le poursuivrait pas. Il tenta tant bien que mal de masquer sa joie et son soulagement mais ce ne fut guère aisé, du moins jusqu'à ce que la belle lui avoua avoir pêché pour lui.


- Au risque de vous choquer, pour pêché encore faudrait-il que Dieu existe, ce dont je doute fortement, et en quel cas, comment pourrait-il vous en vouloir puisque vous n'avez fait que protéger ma vie. Non pas qu'elle ait plus de valeur qu'une autre, mais en me protégeant d'une mort certaine, vous avez surtout sauvé Sean.

A l'évocation du petit garçon, Van s'autorisa un sourire franc. Il savait que, bien qu'elle ne le connaissait pas du tout, son état de santé intéressait véritablement la jeune noble, aussi n'hésita-t-il pas à lui donner de ses nouvelles, ce qui leur permettrait de changer de sujet, du moins l'espérait-il.

- Vous serez surement soulagée de savoir qu'il est sorti d'affaire. Sa vie n'est désormais plus en danger. Pour aucun de vous deux, souligna-t-il.

Il avait changé de sujet avec habilité, mais il réalisa soudainement, en croisant le regard profond de sa patiente qu'il était peut-être dans l'erreur. Ce n'était pas en évitant de répondre à des questions banales qu'il les lui ferait oublier pour autant. Passait à la rigueur pour ses talents d'alchimistes, qui vu la situation critiques au moment où elle lui avait posé des questions pouvait justifier qu'il ait pu oublier de lui répondre, mais en l'instant, cela ne ferait qu'intriguer et raviver l'intérêt de Katherine pour une affaire qu'il ne souhaitait absolument voire prendre plus d'importance qu'elle n'en n'avait déjà. Le plus sage était donc de répondre à la question qu'elle avait formulé concernant ses agresseurs. Une question qu'il balaya d'un revers de la main.

- Quand à mes agresseurs, pour vous répondre, non, je ne les connaissais pas. Je ne les avais jamais vu, avait-il répondu la regarder avant de lever son regard sur elle. Il s'agissait probablement de manants qui désiraient me détrousser. Vous avez du effrayer les moins courageux, inventa-t-il pour justifier la disparition de celui qui avait disparu dans le sable mouvant de la ruelle qu'il avait fait apparaître grâce à l'alchimie.

La flatterie alliée à des demi-vérités était toujours plus efficace qu'un mensonge ou que de tenter de noyer le poisson en changeant de sujet.

- Du moins j'imagine. Je vous rappelle que j'avais perdu connaissance, je ne me souviens de rien et surement pas de celui qui m'a attaqué par derrière. Comme vous l'avez dit vous-même, ces ruelles ne sont pas très fréquentables et j'ai manqué de prudence.

ça pour avoir manqué de prudence, il en avait manqué ! Sortir en plein jour, à visage découvert avait été stupide. Il s'en voulait terriblement ! Il aurait du envoyer Jonathan chercher le médicament au lieu d'y aller lui-même. Comme si elle cherchait à le consoler et à l'épauler, il sentit une douce caresse lui effleurer le dos de sa main, et surprit, il tourna son visage en direction de Katherine. Il n'avait décidément pas l'habitude que l'on se soucis de lui, cela faisait deux fois à présent. Cherchant à la connaître un peu plus il avait voulu savoir ce qu'elle faisait dans ces lieux pour le moins inhabituelle pour une femme de son rang, ce à quoi, elle refusa de répondre. C'était à son tour de faire des mystères, mais il était bien mal placé pour lui faire le moindre reproche. Après tout, c'était même sa spécialité de ne pas répondre à certaines questions qu'il jugeait trop dérangeantes mais contrairement à lui, elle s'était montré un peu plus honnête sur le sujet.

- Ce n'est pas à moi de vous dire si je suis quelqu'un de confiance, lui répondit-il dans un sourire désarmant, Katherine. Et sans vouloir vous offenser, j'avais espéré d'autres révélations, il n'était pas difficile de deviner que vous n'appartenez pas à ce milieu. En tout cas, sachez que des nobles comme vous je n'en n'avais encore jamais rencontré, et c'est un compliment, lui confirma-t-il dans un sourire. Katherine, c'est un très beau prénom, et vous le portez très bien, mais vous n'êtes pas anglaise, n'est-ce pas ? Vous possédez un léger accent qu'il ne m'a encore jamais été donné d'entendre. D'où venez-vous Katherine ?

C'était un accent vraiment particulier, mais pas désagréable à l'oreille. Une chose était sur, il n'était ni français, ni prussien. C'était des accents qu'il aurait reconnu pour en avoir côtoyé dans le cercle très fermé des alchimistes d'Etats. Chassant les souvenirs de cette époque, il regarda Katherine les yeux ronds de surprise lorsqu'elle lui affirma que reconnaissante elle voulait faire quelque chose pour le remercier.

- Vous plaisantez ? Vous ne me devez absolument rien, lui certifia-t-il. Vous m'avez sauvé la vie et c'est à cause de ça que vous avez été blessé. Vous pensez vraiment que j'aurais pu vous abandonner et vous laissez rentrer toute seule ? C'est contre mon éthique, dois-je vous rappeler qu'un médecin à pour vocation de sauver des vies ? Jamais je n'aurais pu vous abandonner. Vous ne me devez absolument rien. Et puis, grâce à vous j'ai pu améliorer mes talents de couturière, plaisanta-t-il tout en posant son regard sur l'endroit où se trouvait la blessure mais qu'il ne pouvait voir car à présent dissimulé par le tissu d'une chemise de nuit.

Curieusement, les joues de la jeune femme s'empourprèrent soudainement. De prime à bords, Van cru que c'était à cause de ce qu'il venait de lui dire. Parce qu'il lui avait rappelé qu'elle avait fait preuve d'héroïsme en risquant sa vie pour la sienne, parce qu'il estimait qu'elle ne lui devait rien. Ce ne fut que lorsqu'il la vit diriger son regard sur sa chemise de nuit puis sur ses affaires, qu'il comprit la raison de ses rougissements. Il n'était pas difficile de s'imaginer ce à quoi elle était entrain de penser. Il l'avait soigné et lorsqu'elle reprend connaissance, alors qu'ils sont toujours seuls tous les deux dans cette chambre, elle se retrouve avec des habites propres qui ne sont pas les siens. En temps normal, cela ne l'aurait pas troublé, lui-même c'était déjà retrouver à déshabiller des femmes que cela soit pour leur prodiguer des soins ou d'autres choses, pourtant ça gêne le contamina, comme s'il avait quelque chose à se reprocher alors qu'il n'en n'était rien. Il eut soudainement un mouvement de recul complétement stupide mais il en avait complétement oublié qu'il se trouvait au rebord du lit si bien, qu'il tomba sur le sol de manière bien peu glorieuse.

- Je vous jure que ce n'est pas moi qui vous ai changé, la rassura-t-il tout aussi rougissant qu'elle. C'est Emma qui s'en est chargé, lui expliqua-t-il en grimaçant douloureusement et en se maudissant de réagir de manière aussi ridicule.

La chute avait surtout été bien plus douloureuse pour sa fierté que pour ses fesses. Il se releva et tira la chaise sur laquelle il s'était installé un peu plus tôt.

- C'est beaucoup moins dangereux, lui sourit-il en reprenant place

Il avait certes moins de chance d'en tomber et surtout c'était indéniablement plus convenable. Il n'avait pas pour habitude de partager son lit avec une femme pour autre chose que pour y assouvir certains besoins, et encore moins avec une aristocrate.

- Quand à l'hospitalité, ne soyez pas gênée, cela ne les dérange pas. Jonathan et Emma vous doivent bien cela, après tout c'est grâce à vous que Sean a pu survivre, sans votre intervention, ils seraient entrain de pleurer leur fils. Votre blessure va vous tirer pendant quelques jours alors essayer d'éviter de faire des mouvements brusques ou de sauver des gens d'ici là, plaisanta-t-il. Je vous prescrit du repos et on ne contredit pas le médecin.

On frappa deux petit coup à la porte qui s'ouvrit laissant apparaître la maitresse de maison qui pénétra dans pièce, les bras chargé d'un plateau contenant un bol de soupe

- Je vous ai entendu parler et je me suis dit que vous aimeriez vous rassasier un peu. Le Dr Cooper nous a expliqué comment vous lui avez sauvé la vie. Merci beaucoup sans vous, notre fils ne serait peut-être plus de ce monde. Vous pouvez rester ici autant de temps qu'il vous plaira. Lui assura-t-elle tout en déposant le plateau sur ses genoux. Je suis désolée, c'est tout ce que nous avons à vous offrir, j'espère que cela vous conviendra. Si vous avez besoin de quoique ce soit n'hésitez pas.

La jeune femme se retira et Van se leva à son tour.

- Ce sont des gens bien, il va falloir manger, si vous ne voulez pas les vexer. Cela vous aidera à reprendre des forces, même si... ce n'est pas grand chose, admit-il en songeant qu'elle devait habitué à beaucoup plus. Est-ce que vous voulez que j'avertisse quelqu'un ou que je fasse quelque chose pour vous, quand je m'en irais ?

Quelqu'un l'attendait-il ? Quelqu'un s'inquiétait-il de sa disparition à l'heure actuelle ? Oui probablement. Elle devait avoir une famille, des amis, un mari peut-être ou plutôt un fiancée vu qu'elle ne portait pas d'alliance à son doigt. Une femme comme elle devait être très entourée

- Vous avez été mon ange gardien aujourd'hui, j'espère que vous en avez conscience. Alors encore une fois, merci.

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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: Entre crocs et lames [Van, Katherine] [20/04/42] Mar 21 Avr - 13:59

[HRP: Hey! Ne t'inquiète pas! Ce n'est pas grave! Very Happy]

Son sommeil artificiel avait été lourd et réparateur. Cela faisait désormais bien longtemps qu'elle n'avait pas pu fermé les yeux ainsi sans avoir à se préoccuper de quoique ce soit. Cela lui faisait tant du bien de se vider un peu l'esprit et de dormir paisiblement, sans songer une seule seconde aux problèmes qu'elle rencontrait chaque jour dans la vie. Et plus elle avançait, plus elle commençait à se dire que la malchance retombait sur elle. Elle avait l'impression de s'enfoncer dans un de ses sables mouvants et qu'à chaque mouvement, il l'engloutissait un peu plus. Les problèmes, il en venait un peu plus chaque jour. Tout d'abord sa rencontre avec ce jeune Alexender, qui aurait pu être son fils comme tous les hommes et femmes de cette époque, aurait du lui mettre la puce à l'oreille. Ils n'avaient pas réussi dernièrement... Et pourtant elle avait proposé son aide, s'attirant des foudres de guerre pour finalement se retrouver dans un quartier peu fréquentable de WhiteChapel. Là, le Scotland Yard avait débarqué comme une fleur, pistolet à percussion devant leur nez pour canarder un quelconque anarchiste de la société et ce noble fugitif. Celui qui était pris désormais pour un criminel. L'arrestation du Hunter n'avait absolument pas arrangé, pas plus que sa disparition puisqu'il gambadait dans la nature sans que la belle sache s'il était mort ou vivant. Tant de questions la taraudaient et pourtant aucune personne sensée ne pouvait lui répondre. Enfin, elle se décidait à jouer les héros, sauvait un inconnu dans la rue, manquait de se faire trancher la gorge par se dernier qui la prenait pour une ennemie, se rendait compte qu'elle était blessée et la ramenait chez un couple de bourgeois pour qu'il puisse la soigner. Cette dernière partie aurait peut-être été plus agréable si et seulement si, Katherine ne se posait pas autant de question sur ce parfait inconnu et ne se demandait pas s'il était un pervers dans l'âme. La belle avait également appris que le jeune garçon de la maisonnette souffrait de la scarlatine et se demandait presque si elle ne lui refilait pas un peu de sa malchance. Et pour rien arranger le coup, l'homme avait usé d'une certaine magie dont elle ne connaissait que le nom dans un souvenir lointain et amer mais en aucun cas l'usage véritable. Ce dernier n'avait pas répondu à sa question et réveillait en elle un certain doute mais également une immense curiosité qui rongeait sa chaire et la ferait un jour devenir folle à liée.

Cependant même dans ses rêves les plus profonds la belle était tourmentée. Pourtant tout avait si bien commencé dans ce néant absolu. Rien était venu la perturber dans cette noirceur, dans cette paisibilité. Il avait simplement fallu que les minutes défilent pour que l'ébauche d'un rêve commence à se dessiner dans son esprit. Un rêve dont elle aurait très bien pu se passer. Sa sœur lui était apparu, au même titre que sa chère mère et réveillaient en elle des souvenirs terrifiants qui avaient à jamais marqué sa mémoire. Et c'était à cause de toute cette noirceur qu'elle était devenue la femme qu'elle était désormais. Une aristocrate, légèrement hautaine en fonction de son interlocuteur, à l'humeur changeante et démesurée. Une femme farouche, excentrique et hystérique à quelques moments qui savait se calmer et se montrer aussi douce et délicate qu'une demoiselle enfermée dans un couvent. Une dame perturbée par les années qui s'étaient longuement écoulées et qui avaient laissé en elle un souvenir assez amer de la vie et de ses tourments. Une jeune femme qui fallait prendre avec des pincettes, au grand cœur qui avait du mal encore à contrôler ses émotions parfois trop vives. Katherine était tout et n'importe quoi en même temps et au fond le médecin avait eu de la chance. Elle était bien trop fatiguée, affaiblie pour se montrer autrement qu'agréable, douce et conventionnelle.
De fines larmes avaient creusé son visage à cause de ce malheureux cauchemars qui ne lui rappelait que trop son passé. Ses mêmes larmes prouvaient qu'au fond, même si elle pouvait se montrer désagréable, hautaine et digne d'une catin, elle avait un cœur, une âme en peine. Et pourtant... Peu de gens la voyait pleurer de tristesse et de détresse. Seul Michael, à ce jour, avait pu la soutenir quand elle se laissait aller dans ses sombres tristesses. Quelle honte aurait-elle ressenti si elle avait su que Liam avait aperçu les vestiges de ses larmes. Elle n'en aurait pas supporté l'idée et aurait fui dès qu'elle l'aurait pu. Ses faiblesses ne devaient pas être vu... Ni même découvertes. Son amour propre et sa dignité n'étaient que trop forts pour elle.

Les paroles du jeune homme lui avaient arraché un sourire. Il semblait ne pas vouloir la voir comme elle se voyait elle-même en cet instant. Elle se sentait faible... Si faible dans ce lit, un bandage au niveau du flanc, à cause du blessure qu'elle aurait presque pu arrêter... Le courage ? Elle le voyait s'en aller un peu plus jour après jour malgré son envie vivace et violente de vengeance.


- Elles manquent simplement de volonté et veulent montrer qu'elles ont mal et peut-être que l'on s'intéresse un peu à elles... Ces choses-là résident au plus profond de notre esprit. Un manque d'affection, un rien peut jouer. La douleur n'est pas quelque chose que j'aime montrer.

L'attirant doucement sur le lit pour le faire s'asseoir et qu'il soit enfin à ses côtés sans avoir à rester debout ou supporter une chaise, la demoiselle se redressa sur ses coudes avant de s'asseoir à ses côtés. Elle avait simplement bu l'eau pour lui faire plaisir, elle n'en avait pas eu envie du tout mais il l'avait soigné, si elle pouvait lui apporter une quelconque satisfaction... L'interrogatoire avait alors commencé. Après tout elle était réveillée et parfaitement apte à répondre à toutes les questions qu'il voudrait lui poser. La situation était assez complexe aux yeux de la jeune femme. En réalité elle ne savait pas par où commencer, ni comment s'y prendre. Tout avait été si ambiguë... Elle n'avait même pas tout vu. Combien d'hommes s'en étaient pris à Liam réellement ? Deux ? Trois ? Un ? Elle n'arrivait pas à le savoir, elle n'arrivait que trop tard. Le reste était confus. Elle savait qu'au moins un homme en plus de l'agresseur à l'arme à feu se trouvait en présence de Liam puisqu'elle avait pu percevoir des éclats de voix. Or quand elle était arrivée, elle n'avait vu aucun homme fuir ni même mourir en compagnie du second agresseur. Toutes ces agressions n'étaient que trop bizarres à son goût. Cependant elle tenta de ne pas trop y songer et de se concentrer sur ce que lui voulait le médecin. Bien. Elle était intervenue donc juste après le premier agresseur et en même temps, du moins presque, que celui qui possédait un pistolet à percussion. Elle l'avait tué, se prenant une balle au passage qui bien heureusement pour elle n'avait pas pénétré entièrement dans son flanc et s'était logée dans le mur un peu plus loin derrière la belle. Le fait de pécher pour un parfait inconnu ne la réjouissait absolument pas. Elle avait eu peur de s'en prendre à la mauvaise personne et de tuer finalement un innocent ou un vengeur tout comme elle. Mais il semblait n'en être absolument rien. Heureusement pour elle, elle ne s'en serait pas remise aussi facilement que si elle avait descendu un de ses monstres aux longues canines. Ses paroles lui firent froncer les sourcils et esquisser une grimace d'indignation. Comment son créateur ne pouvait-il pas exister ? Il y avait tant à dire sur lui et prouver qu'il était bel et bien là. Comment expliquer que les vampires craignaient les objets religieux s'ils n'étaient pas une aberration de la nature ? Des erreurs ? Des monstres ? Des êtres qu'il fallait éliminer à tout prix ? Comment pouvait-on ne pas y croire ? En quoi croire dans ce cas ? Il fallait bien se tenir à quelque chose. Il fallait ben expliquer toutes ces créations, l'oeil humain, le cerveau, le système solaire, les températures, le mauvais temps !

- Le Seigneur existe, j'en suis persuadée. Sinon je ne serais plus là depuis longtemps. J'ai protégé peut-être une vie ou deux comme vous semblez vouloir y croire Liam, mais j'ai ôté la vie d'un homme et je n'ai en aucun cas le droit de prendre la vie d'un tierce. C'est inhumain. Il me punira, comme il m'a déjà puni... J'ai vu certaines choses, Liam, qui me persuadent qu'il est vraiment là, sinon je ne vois pas comment certaines choses ont pu se produire...

L'image des vampires la hantait. Et c'était bien d'eux qu'elle parlait. Elle parlait également au nom d'elle-même. Comment aurait-elle pu vivre aussi longtemps sans l'accord de son Seigneur ? Pourquoi lui offrir le privilège de vivre des siècles. Elle était persuadée que cela avait un rapport avec cette sorte de mission sur la purification du monde qu'elle s'était lancée. Le fixant de ses prunelles bleutées, elle laissa un fin sourire s'échapper de ses lèvres tandis que sa main resserrait son emprise sur la sienne :

- Vous m'en voyez ravie Liam, je suis heureuse qu'il puisse guérir, des parents ne devraient jamais voir leurs enfants mourir. Aucun enfant devrait périr. Je suis soulagée.

Katherine aimait beaucoup les enfants, elle-même aurait aimé en avoir. C'était un petit rêve qu'elle faisait de temps à autre quand la dureté de la vie la faisait pleurer à chaudes larmes. Les enfants étaient les seules personnes qui auraient réellement besoin d'elle et qui la soutiendraient dans n'importe quoi. Les seuls qui auraient pu l'aimer réellement sans avoir à lui mentir ou à être hypocrite. Elle ne pouvait cependant pas s'autoriser à enfanter. Cela n'était que trop dangereux pour eux et... Sa vengeance ne faisait que commencer. Elle devait finir ce qu'elle avait commencé à entreprendre. L’athéisme de son interlocuteur l'avait profondément choqué. Elle ne comprenait pas ces personnes-là qui ne croyaient en aucun dieu. Et c'était ce léger choc qui lui avait presque fait oublier les questions qu'elle lui avait posé. Plongeant ses prunelles dans les siennes elle attendit qu'il se lance enfin, qu'il lui réponde et l'éclaircisse un peu plus. Elle haïssait rester dans l'inconscience et en deviendrait presque méchante de savoir qu'il lui manquait quelques informations, notamment en ce moment, sur la disparition du jeune Alexender. Elle ne savait pas où il se trouvait. Et s'il était mort ? Et s'il avait péri ? Et s'il avait abandonné ? Et si on l'avait attrapé ? Et s'il avait été tué au coin d'une ruelle. Elle s'inquiétait réellement pour cet homme qu'elle ne connaissait que depuis peu mais il était une chance pour elle et ses semblables de l'emporter contre les créatures de la nuit. Ces immondes monstres qu'elle haïssait autant que lui. S'il périssait, elle perdrait un allié, un précieux allié. Toute aide était la bienvenue dans ce domaine... Ecoutant ses propos avec attention elle tiqua et fronça les sourcils.

- Effrayer les moins courageux ? Ils étaient donc plusieurs, avança t-elle. Je ne vois pas comment, je suis arrivée en même temps que celui qui vous a agressé dans le dos et je n'ai vu personne fuir, tout comme lui qui aurait pu être déstabilisé s'il avait vu quelqu'un partir en courant. Et puis, vous auriez pu les voir partir, c'est seulement au moment où je suis arrivée que l'on vous a assommé Liam.

Arquant un sourcil elle se rapprocha faiblement de lui et soupira :

- Je conçois qu'il ne vous reste aucun souvenir de l'homme que j'ai tué mais pour les autres vous étiez bel et bien conscient, puisque à quelques pas de là j'ai entendu des éclats de voix dont la vôtre.

La belle commençait à douter de la sincérité de ses paroles. Malheureusement pour elle elle n'avait guère entendu la discussion ou peut-être la dispute qui s'était engagée un peu avant son arrivée. Cela l'aurait bien avancé, d'autant plus qu'elle avait du mal à coordonner tout ce que lui disait ce médecin. Il prétendait ne pas les connaître mais il avait parlé avec eux. La fuite ? Elle l'aurait vu et lui aussi... Le détrousser ? Ils ne s'y seraient pas pris comme ça, du moins elle l'imaginait. Cependant toute aussi secrète que lui, elle avait refusé de lui dise pourquoi elle était dans ces rues à WhiteChapel, il n'y avait même pas de réelles raisons. Juste... que l'on viendrait moins embêter un chien errant dans des quartiers peu fréquentables qu'aristocratiques. Mais elle ne pouvait pas lui dire, qu'adviendrait-il d'elle si elle lui disait qu'elle était capable de prendre la forme de deux animaux sauvages dont l'un est censé vivre bien loin de l'Angleterre. Son sourire la charma bien vite et bientôt elle le scruta de ses perles turquoises. Se mordillant les lèvres elle lui répondit :

- Vous n'avez pas besoin de tout connaître sur moi Liam. Je ne suis pas une femme intéressante. Mais c'est agréable d'entendre cela. Je ne fréquente les nobles que peu par pure envie...

En entendant la remarque sur son accent elle se maudit bien vite de ne pas pouvoir effacer ces longues années vécues dans le pays natal de sa mère. Cet accent légèrement enveloppé qui roulait presque les « r » la trahissait de temps à autre.

- Et bien vous avez raison... Je suis née en France, mon père était d'origine britannique. Ma mère quant à elle venait des pays de l'Est, j'ai vécu très longtemps en Hongrie dans son pays natal...

Un faible sourire étira ses lèvres. La Hongrie était un pays qu'elle avait toujours aimé notamment pour la richesse de ses paysages et de l'architecture de ses monuments. Elle s'y sentait bien, comme chez elle... Mais le souvenir d'un homme la hantait toujours là-bas, et de peur de faire remonter toutes ses tristesses à la surface elle n'y retourna pas. Peut-être un jour, si elle survit à sa terrible vengeance. Pour le moment elle n'était pas prête... Voulant le remercier de sa gentillesse elle crut bon de vouloir lui en être redevable. Cependant le jeune homme ne semblait pas l'entendre de cette oreille ce qui lui arracha un autre sourire plus amusé en entendant la fin de ses dires :

- J'insiste, vraiment. Venez dîner un soir, c'est la moindre des choses. Beaucoup Monsieur serait parti sans l'ombre d'un regret pour une femme. Une femme n'est rien d'autre ici qu'une maîtresse de maison et mère des potentiels héritier dans cette société. Vos talents de couturière... vous vous y prenez plutôt bien... marmonna t-elle en passant ses doigts sur sa fine cicatrice. Elle est délicate et ne me gêne pas.

Bizarrement la belle se rendit compte de sa tenue. Cela la gênait de se retrouver dans une tenue aussi intime que celle-ci, non pas que le fait qu'un homme la voit nue la dérange mais plutôt... le manque d'habitude. Michael l'avait dans des tenues plus révélatrices que celle-là, notamment en serviette de bain, simple chemise, peignoir ou bien sans rien du tout sans que cela ne la dérange... Mais ces robes de nuit lui étaient presque inconnues, elle n'en mettait que très rarement, surtout quand elle recevait des invités qui restaient dormir pour éviter qu'ils ne la croisent au bout d'un couloir à moitié nue mais réveillaient en elle un sentiment enfantin d'innocence, d’insouciance. Elle avait l'impression de redevenir une jeune fille. Le fait également qu'un homme ait pu la changer alors que son corps était entièrement endormi la dérangeait profondément, elle n'aimait pas cela. Avoir été déshabillée par un parfait inconnu alors qu'elle ne pouvait se défendre la mettait mal à l'aise. C'était un coup qu'elle aurait pu prévoir. La jeune Hongroise fut surprise de voir le jeune homme se reculer ainsi e en oublier le rebord du lit pour tomber à terre. Sa main se posa devant ses lèvres dans un mouvement de stupeur et la voilà bientôt qui se pencha pour poser sa main sur son épaules et soupirer :

- Vous allez bien ? Vous ne vous êtes pas fait mal ?

Rougissant faiblement elle lui sourit avec tendresse et souffla :

- Ce n'est rien, j'ai été idiote de me montrer autant mal à l'aise. C'est juste que... ces chemises de nuit me rappellent l'époque où le corps d'une jeune fille cache bien des secrets et m'a soudainement faite remonter à une époque ou la seule personne à m'avoir vu nue était mon reflet et ma mère. Je n'ai plus rien à cacher depuis longtemps. Je vous crois, n'ayez crainte.

Le regardant s'asseoir elle répondit à ses paroles par un hochement de la tête léger avant de se remettre elle-même en place puisqu'elle s'était presque retrouvée à genoux sur le matelas pour le relever si besoin il y avait de l'aider. Ses cheveux retombés devant son visage furent ramenés dans son dos d'un geste de la main. La question de l'hospitalité s'était posée. Katherine avait toujours eu peur de déranger en allant chez un couple rien que pour un dîner, mais là elle en demandait beaucoup trop à son goût. Elle n'avait rien à faire ici et pourtant elle avait suivi Liam sans rechigner. Hochant la tête elle finit par se mordiller les lèvres :

- Je leur donne tout de même du travail en plus, ils n'en n'ont pas besoin avec leur fils qui est déjà malade. Bien, je ferais attention prochainement dans ce cas.

Liant ses mains entre elles, la belle soupira et posa son regard sur sa chemise et son pantalon qui avaient été lavés, repassés et pliés durant cette courte convalescence. Ses yeux se plantèrent sur la porte qui s'ouvrit et observèrent la mère de famille qui pénétrait dans la pièce accompagné d'un plateau. Les ongles de la belle se plantèrent dans la paume de sa main. Elle ne se sentait pas à l'aise d'être ainsi servie. Elle n'était pas leur enfant et n'était qu'une inconnue à leurs yeux. Ils ne devaient pas se donner autant de mal pour elle. Elle ne méritait pas tout cela, en sauvant Liam elle ne savait même pas que par derrière elle contribuait à la guérison d'un jeune garçon. Tout ceci n'avait pas été intentionnel. Prenant le plateau sur elle, la Comtesse attrapa sa main et la baisa doucement :

- C'est à moi de vous remercier Madame, vous faîtes tant de choses pour moi. Ne vous donnez pas tant de mal je vous pris, je ne veux pas vous donner du travail en plus de votre fils qui est déjà malade... Vous êtes bien aimable, mais je ne vous dérangerais pas plus longtemps. Ne vous excusez donc pas, cela me conviendra parfaitement, n'ayez crainte. Tenez ça sent déjà délicieusement bon !

Les doigts de la jeune femme caressèrent doucement les siens avant de se redresser un peu plus pour ne pas faire tomber le plateau :

- Merci encore, ajouta t-elle, vous accueillez chez vous une parfaite inconnue et vous avez lavé mon linge. Je suis navrée de vous avoir donné autant de travail. J'espère que votre fils se rétablira vite...

La belle la salua d'un signe de la tête en la voyant partir et porta le breuvage délicatement à ses lèvres en entendant son médecin parler. Buvant une gorgée chaude, elle reposa le bol et plongea son regard dans le vide. Quelqu'un ? Avertir quelqu'un ? Elle n'avait personne ici. Simplement ses domestiques et Michael. Elle commençait à douter fortement de la loyauté de ce dernier. Sa gorge se serra doucement, maintenant qu'elle y songeait, comparé à beaucoup d'autres aristocrates elle n'avait ni ami, ni famille ni fiancé. Elle était trop vieille pour réussir à se faire dans cette société...

- C'est délicieux Liam, je ne manquerai pas de le leur faire savoir. C'est déjà beaucoup, je n'ai pas besoin de plus. C'est déjà formidable que ce couple soit aussi agréable envers une personne qu'ils ne connaissent pas ! Et bien... je... Non, simplement si vous le pouvez faites venir un fiacre, je me débrouillerai pour rentrer. Personne ne m'attend à part mon majordome peut-être...

Toujours souriante mais le regard embué par une certaine mélancolie elle secoua la tête et soupira :

- j'ai bien peur de vous dire la même chose Liam. Sans votre aide j'aurais peut-être fini sur le trottoir comme bon nombre de ces miséreux... Merci à vous.



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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Van Collins
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MessageSujet: Re: Entre crocs et lames [Van, Katherine] [20/04/42] Mer 20 Mai - 12:39

Katherine était un véritable paradoxe à elle toute seule, une véritable énigme qui suscitait bien des interrogations et soulevait bien questions ! La jeune femme qui se trouvait installé dans ce lit qui n'était pas le sien n'était pas une roturière, elle appartenait à la noblesse, à cette aristocratie arrogante qu'il exécrait, pourtant elle n'avait rien à voir avec tous ces collets montés pédant et arrogant, bien au contraire, elle ne s'offusquait pas d'être dans le lit d'un couple de petit bourgeois et ne paraissait pas du tout horrifiée à l'idée d'avoir été soigné par un médecin des rues. Elle s’affranchissait des convenances en s’habillant comme un homme et en déambulant dans des ruelles malfamées, une attitude totalement inimaginable pour une dame de sa condition. Elle était également pleine de courage et de force alors qu’elle se jugeait faible et enfantine, et semblait n'avoir aucune tolérance pour ses faiblesses. Elle portait sur ses semblables un regard des plus surprenants et assez inattendu il devait bien l'avouer. Il n'avait aucun mal à imaginer qu'elle ne fréquentait pas les hauts de ce monde avec enthousiasme, car malgré sa douceur évidente et sa délicatesse, ses idées et son mode de vie semblait aller totalement en contrecourant avec ce que l'on était en droit d'attendre d'une jeune femme de bonne famille. En l'écoutant parler, il lui vint à l'évidence que c'était une femme, qui contre toute attente, devait être très seule.
Toutefois, son éducation se reflétait dans ses manières. Elle était posée, polie, douce et très pieuse. Elle s'était d'ailleurs offusquée que Van ait pu mettre en doute l’existence de son créateur. Elle avait bien cherché à le détromper en lui assurant avoir vu des choses au cours de son existence qui ne faisait que renfoncer sa foi et prouver l'existence d'une entité supérieur. Un discours que Van avait déjà entendu à plus d'une reprise et qui ne l'avait jamais convaincu. Quoi qu'elle ait pu voir dans la vie, Katherine ne faisait pas exception, elle était comme les autres, elle ne voyait que ce qu'elle ne voulait bien voir, que ce qui l'arrangeait dans le fond, elle et sa foi. Les miracles quel qu'ils fussent n'existaient pas, ils avaient tous une explication scientifique et logique. La religion n'était que chimère dont l'Etat se servait pour soumettre et diriger les esprits les plus crédules sous l'égide de la foi. Rien de tout cela n’existait, il en était intimement persuadé, lui aussi avait vu et vécu suffisamment d’horreur pour être convaincu que si Dieu existait vraiment, si sa bonté était vraiment sans limite, jamais il n’aurait laissé le monde plonger dans un tel chaos en laissant les plus faibles et les plus pauvres d’entre eux, subir quotidiennement de telles injustices. Mais palabrer des heures durant sur le sujet serait aussi vain qu’inutile aussi décida-t-il d’en rester là. Après tout, ce n’était pas parce qu’il savait que tout cela n’existait pas qu’il ne pouvait pas respecter les croyances d’autrui. Beaucoup voyaient la religion comme un salue, la récompense de toute une vie de pénitence, lui-même à une époque où il était encore innocent avait été un fervent croyant après tout…. Mais il attendait toujours un signe de ce fameux créateur un signe qui n’était jamais venu. Sa force, et sa chance, il ne la devait qu’à lui-même, et à personne d’autre, non personne…. Il était juste regrettable que loin de se sentir apaisé par sa foi, cette dernière ne faisait que faire culpabiliser Katherine qui s’imaginait avoir pêché alors qu’il n’en n’était rien.


- Dans ce cas, dans sa grande miséricorde, Dieu vous pardonnera lui assura-t-il, comment pourrait-il en être autrement ? Si Dieu n’est que bonté, il ne vous punira pas

Néanmoins, il avait beau dire et bien qu'il était formellement convaincu que ni le paradis ni l'enfer n'existaient si ce n'est sur Terre, ses convictions les plus profondes avaient malgré tout étaient ébranlés pas plus tard que la veille, cette nuit, lorsque sa route lui avait fait croiser celui de ce vieux vampire. Si ces créatures démoniaques existaient, cela signifiaient-ils qu'ils s'étaient échappés des entrailles putrides des enfers ? Et si les enfers existaient, n'était-il pas en droit de penser que la Paradis existait alors lui aussi ? Jun.... son existence et celle des siens avait ébranlé tant de certitudes et de convictions, soulevant tant de questions dans son esprit,… il espérait sincèrement que leurs chemins se croiseraient à nouveau....

Il avait levé sur elle un regard intrigué lorsqu’elle lui avait avoué qu’aucun parent ne devrait voir son enfant mourir. Il était d’accord avec elle, ce n’était pas dans l’ordre des choses ce n’était pas « naturel », c’était d’abord aux parents de partir et de céder leur place, mais la réalité était bien souvent différente de ce qui devrait être. Pour y être aussi sensible Katherine avait-elle, elle aussi déjà perdu un enfant ? La mortalité infantile était une chose courante après tout, les nobles n’y échappaient pas non plus, même si c’était évidemment plus rare que dans les milieux ruraux.
Voir un enfant disparaitre face à la maladie était déjà en soit quelque chose de cruel, mais c’était encore pire lorsqu’il s’agissait d’une décision purement réfléchie. Lorsque des fermiers n’ont pas d’autres choix que de vendre leur vache qui leur fournit lait et viande pour acheter des médicaments. Se ruiner et condamner chaque membre de sa famille pour acheter des médicaments ou laisser mourir le plus faible et continuer à faire survivre le reste de sa famille ? La question ne se posait jamais…
Et à côté de cela, les nobles passaient leur temps à fumer du cigare dans des clubs très select, à tricher et à miser dans des jeux d’argents….
Mais il n’y avait pas que la maladie et la famine qui étaient les causes de mortalité infantile, il y avait aussi les mauvais traitements et l’exploitation des enfants dans les usines de textiles qui dégageait des vapeurs chimiques ou… dans les mines.

Les mines… un frisson incontrôlable le parcouru à cette pensée. Les charges trop lourdes pour leurs frêles épaules, les coups de fouet pour les inciter à aller plus vite, cette obscurité ambiante, ces galeries souterraines froides et humides qui s’enfonçaient toujours un peu plus dans les entrailles de la terre, sans parler des éboulements quotidiens, des explosions, ou des galeries qui se retrouvaient soudainement envahit d’eaux, noyant lentement ceux qui y étaient coincés … On les faisait travailler comme des bêtes de sommes, jusqu’à épuisement pour un malheur quignon de pain ! Qu’importe qu’un enfant mourrait, on le remplacer aussitôt par un autre, il y avait tant de miséreux, c’était un cercle sans fin…
Tout ça pour quoi ? Pour engraisser tous ces maudits nobles et bourgeois ! C’était à cause d’eux qu’Abigael, Matt et Colleen étaient morts….

Fort heureusement, Katherine le sauva de ses douloureux souvenirs qui étaient en train de le submerger et de faire naitre en lui une colère sourde, en le surprenant. La belle était effectivement parvenue à mettre à jour ses mensonges. Avec stupeur, il réalisa que les mensonges qu’il lui avait servi et qu’il avait pourtant cru infaillibles n’avaient guère convaincu Katherine. Il n’était pas sans ignorer qu’il était un piètre menteur mais il avait sincèrement cru que cette fois son explication tenait la route. Il n'en n'avait pas trop dit préférant rester vague pour être sûr de ne pas commettre d'impair et pourtant Katherine avait vu clair dans son jeu. Elle avait mis le doigt sur des incohérences qui, après coup lui parurent effectivement assez évidentes. Avec une autre femme cela aurait pu passer inaperçu mais pas avec elle, pas une femme de sa trempe, et il avait pleinement conscience que s'il essayait à présent de trouver une justification pour tenter d’expliquer ses incohérence ça ne ferait que le desservir et l'enfoncer davantage.


- Je ne sais que vous répondre, tout est très vague dans mon esprit, le coup sur la tête probablement.

Cette fois, il n'avait même pas essayé de se montrer convaincant. Le sujet était clos, elle avait ses secrets, il avait les siens. Des secrets bien trop lourd et bien trop grave pour oser les partager avec qui que ce soit et surtout pas avec une inconnue appartenant à la haute société, aussi belle et charmante soit-elle.
Ce n’était cependant pas parce qu’il ne se montrait pas particulièrement honnête avec elle, ou à cause de sa caste sociale, qu’il ne pouvait pas pour autant apprécier sa compagne du moment. Il n’aurait su le définir avec exactitude mais quelque chose en elle l’intriguait énormément. Comme un lourd secret qu’elle aussi ne pouvait pas partager avec qui que ce soit. Toujours est-il qu’il ne pouvait consentir à ses propos lorsqu’elle lui confiait ne pas être une femme intéressante.


- Et modeste avec ça. Je ne suis pas d'accord avec vous, j'ai rarement rencontré des personnalités aussi intrigante que la vôtre et je peux vous assurer que du monde j'en ai croisé. Ainsi donc vous êtes anglaise par votre père et hongroise par votre mère... Quel genre de pays est-ce ? Je ne connais pas du tout, enfin pas que je connaisse autre chose que Londres, mais disons plutôt que vous êtes la première hongroise qu’il m’ait été donné de rencontrer, et je peux vous garantir que cela donne très envie de découvrir ce pays, vous en êtes en tout cas une très belle ambassadrice. Lui sourit-il. Votre pays ne vous manque pas ? Moi je suis d'origine Irlandaise, mais je n'ai quasiment aucun souvenir de mon pays, j'étais très jeune quand on en est parti. Mes parents voulaient fuir la misère, ils pensaient avoir une vie meilleure ici, ils se sont trompés lourdement, ils ont connu bien pire.

Qui aurait pu penser en le voyant parler ainsi, que cet homme lettré, ce médecin et ancien alchimiste d’Etat qui était parvenu à gravir durant un temps les échelons de la société par pur opportunisme n’était en réalité qu’un traine misère qui n’avait que la peau sur les os ? Personne n’aurait pu faire le lien et même à présent qu’il avait à nouveau descendu les échelons de la société encore plus vite qu’il ne les avait monté, difficile de faire le rapprochent entre ce petit miséreux irlandais et l’homme qu’il était devenu.
D’ailleurs, malgré sa largesse d’esprit, il fut surpris d’entendre la jeune femme l’inviter à partager un repas dans sa demeure. Elle était noble et lui n'était rien, pourquoi l'inviter ? Pour se jouer de lui et de ses manières de rustres ? Il aurait pu le croire en effet, mais ce n'était pas l'impression que Katherine lui donnait. Il n'était pas naïf et ne faisait pas confiance aveuglément, mais il se fiait à son jugement et en général il ne le trompait jamais, Katherine n'avait aucune arrière-pensée en l'invitant si ce n'était le remercier et profiter de sa compagnie qu'elle semblait juger agréable et il osait le croire intéressante. Peut-être même espérait-elle tromper son ennui en sa compagnie…
Il y a tout juste un an, quand il était encore un alchimiste d'Etat promis à un brillant avenir, il n'aurait pas hésité une seule seconde à accepter son invitation. Il aurait même probablement cherché à la séduire pour tenter, à travers elle, de grimper les échelons de la société encore plus vite et d'asseoir sa position. Il n'aurait pas eu le moindre scrupule à se servir d’elle et qui sait, peut-être aurait-il tenté de l’épouser, heureusement pour Katherine, il n'était plus cet homme-là.

Si sa proposition l’avait pris au dépourvu il ne sut que répondre. Refuser aurait été impoli mais accepter était bien trop dangereux autant pour elle que pour lui. Ce monde-là, celui de l'opulence, de la Haute Société et de leurs dirigeants, lui était désormais interdit. Il ignorait qui Katherine fréquentait, et encore moins qui elle comptait dans son cercle d'intime. En supposant qu'il accepte sa proposition et qu'il se retrouve en pleine lumière face à des personnalités qui faisaient partis de son passé, ce serait bien trop dangereux, surtout pour lui. Sans compter que la tentation de retomber dans ses anciens vices pourrait être bien grande et c’était quelque chose dont il voulait absolument se préserver. Toutefois, il avait bien conscience que refuser son invitation ne ferait qu'attiser davantage encore sa curiosité, ce qui pouvait s’avérer dangereux surtout auprès d’une femme aussi maligne qu’elle.


- Et bien dans ce cas, à l'occasion, je viendrais avec plaisir, mais je me permets encore une fois de vous  contredire, vous n'êtes pas de ces femmes que l'on abandonne lâchement que ce soit dans le caniveau ou tout cours, lui assura-t-il dans un sourire tout en replaçant derrière son oreille une mèche rebelle.

Oui, il ne pouvait imaginer qu’un homme puisse abandonner une femme telle qu’elle. Elle allait bien évidemment à l’encontre de ce que l’on attendait des femmes dans la haute société, mais était-ce si mal ? Elle était excentrique mais ça ne la rendait que plus exceptionnelle. Elle était d’une indéniable beauté, intelligente et n’était pas dénuée d’humour comme elle avait pu le lui montrer en faisant référence à ses talents de couturière. Mais au moins elle avait la décence de ne pas rire de lui dans ce moment fort gênant où il était si ridiculement tombé du lit ! Au contraire, la demoiselle s’était inquiétée pour lui, voulant s’assurer qu’il ne s’était pas fait mal. Pourtant la chute avait était on ne peut plus douloureuse pour son orgueil et sa fierté qui allaient avoir du mal à s’en remettre ! Le médecin maugréa intérieurement contre lui-même. N’avait-on jamais vu de plus grands imbéciles ? Quel était cette stupide réaction ?! Il agissait comme un véritable puceau !
Mais la réaction de Katherine l’empêcha fort heureusement de pester trop longtemps contre lui, car de toute évidence, elle était bien trop confuse de sa propre réaction pour analyser le ridicule de la sienne. Aussi surprenant que cela puisse paraitre la jeune femme paraissait sincèrement embarrassée et se sentait horriblement responsable de cette situation ridicule. Face à son embarras, passé le moment de stupeur, Van ne put s’empêcher de rire sans méchanceté. Face à sa surprise il s’empressa de lui expliquer la raison de son amusement


- Je crois que nous allons passer notre temps à nous chamailler. D'où vous vient ce manque de confiance en vous ? Vous devriez avoir plus d'estime pour vous-même. Vous savez, je connais très peu de femmes qui m'auraient incité à prendre place à leur coté dans un lit sans que l’on soit marié. Votre réaction est on ne peut plus légitime et la mienne quelque peu démesuré ! Je me suis comporté comme un sombre crétin, oublions cela. Nous allons effacer de notre mémoire ce moment peu glorieux durant lequel je me suis retrouver les fesses au plancher et vous, allez cesser de vous dévaloriser, cela me semble parfait comme marché qu’en pensez-vous ?

La belle n’eut le temps d’approuver qu’Emma fit son apparition les bras chargé d’un plateau contenant un bol de soupe. Van se retira et se dirigea vers la fenêtre pour laisser l’opportunité aux deux femmes d’échanger quelques politesses en se faisant oublier, même si bien sûr, il ne perdait rien de leur échange. Décalé contre le mur pour ne pas être face à la fenêtre de peur qu’on ne le voit, Van observa les allées et venues des citadins qui arpentaient le trottoir au pas de course sous la nuit tombante. Lorsqu’il entendit la porte se refermer il se retourna et prenant appui contre le mur, il observa la jeune femme reprendre des forces en se réchauffant de cet humble bol de soupe.

- Ce sera fait, lui confirma-t-il lorsqu’elle lui demanda de bien vouloir faire venir un fiacre qui la déposerait à son domicile. Nous sommes quittes alors vous m’avez sauvé la vie et j’ai sauvé la vôtre.

Quittant son mur, il se rapprocha du lit

- Le temps de finir cette soupe et de vous habiller et un fiacre vous attendra devant la porte. Demandez à votre médecin personnel de surveiller quotidiennement votre blessure jusqu'à sa complète guérison afin de vous assurer qu'elle ne s'infecte pas, et évitez tout geste brusque, mais tout se passera bien, je ne me fais aucun soucis pour vous. Enfin,… évitez de sauver d’autres vies durant ces prochains temps.

Il s’agissait d’une petite plaisanterie, une petite boutade mais qui avait un fond de vérité malgré tout. Il lui fallait du repos pour cicatriser pleinement et certaines activités étaient pour le moins déconseillé pour ne pas dire proscrite.

- J’ai été ravi de faire votre connaissance Katherine, lui assura-t-il tout en lui prenant sa main délicate dans la sienne, et si un jour vous avez besoin de quoique ce soit ou de mes services, n’hésitez pas à demander à Jonathan, il sait comment me trouver.

Il se doutait bien que tout ceci, même s’il était honnête et qu’il aiderait Katherine si elle le lui demandait, ne se réaliserait jamais. Ils appartenaient à deux mondes bien différents et il ne faisait aucun doute qu’elle devait connaitre des médecins bien plus réputé et compétant que lui. Il ne s’en offusquait pas le moins du monde, bien au contraire. Lui ses soins étaient dévolus pour les petites gens de Londres, pour la vermine qui grouillait dans les bas fonds, les miséreux et les criminels, comme lui. Des hommes et des femmes si loin du monde de Katherine.

Il se retira de la chambre puis, après avoir pu constater que Sean se remettait parfaitement et avoir donné les dernières recommandations au couple reconnaissant, il fit appeler un fiacre avant de disparaitre dans la nuit de la capitale



[HRP // prochain RP Sacrifice au Dieu de la guerre //HRP]


Dernière édition par Van Collins le Sam 29 Aoû - 20:50, édité 2 fois
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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: Entre crocs et lames [Van, Katherine] [20/04/42] Ven 12 Juin - 22:02

La jeune femme avait osé s'en prendre aux créatures que son Dieu avait crées. Elle savait que cela avait été nécessaire, que le laisser en vie aurait entaché toute l'humanité. Certains hommes n'étaient pas faits  simplement pour vivre, ils n'auraient jamais du vraiment exister. Ils étaient là pour réduire les autres êtres humains à un état d'objet. Nul ne pouvait décider de vie ou de mort sur autrui cependant, parfois, la situation l'exigeait et elle devait elle-même prendre des initiatives. Il lui arrivait parfois de se demander si son Créateur n'avait pas décidé pour elle, sa mission sur Terre. Et si elle était là pour venger l'humanité ? Pour la venger de ceux qui osaient la pourfendre ? La poignarder un peu plus de jour en jour ? Oui c'était ça qu'elle se devait d'accomplir. Les hommes avaient le droit de vivre, chacun, mais aucun devait se permettre d'ôter la vie d'un autre. Et c'était justement ça qui la gênait. Non seulement elle tuait pour éviter que la race entière des hommes ne soit souillée des crimes de ses derniers cependant elle y prenait un certain plaisir. Un plaisir à se venger finalement elle-même. Elle y trompait l'ennui et servait ses propres valeurs. Mais n'était-ce pas pécher que de se réjouir de la mort d'un homme ? Que de commettre un meurtre et surtout de le préméditer ? Que de faire couler du sang pour une cause qu'elle pensait juste ? Seulement là elle avait belle et bien péché. Un homme était mort ce jour-là pour un autre qu'elle ne connaissait même pas. Katherine ne savait pas si son cœur était pur et ses intentions bienveillantes, s'il avait été attaqué ou si finalement il était celui qui avait frappé le premier. Elle finissait malgré tout par faire confiance à ses paroles. Peut-être avait-elle bien fait... Dans le doute elle préférait se le dire, elle avait agi comme à chaque fois qu'elle avait tué un homme et non une de ces créature infernales, elle avait joué la meurtrière.

L'existence de Dieu s'était imposé à elle depuis sa naissance. Sa mère l'avait toujours rejetée, depuis qu'elle avait montré le bout de son petit née de poupée elle n'avait jamais eu le droit aux mots doux, aux embrassades qu'une mère pouvait offrir à son enfant. Son père cependant avait toujours été là pour elle. Il s'était occupé d'elle, de sa santé, de savoir si elle était heureuse. Il l'avait longtemps prise dans ses bras et raconté des histoires jusqu'à ce qu'elle s'endorme au chaud dans son lit. Plus tard, elle avait appris sa nature et celle de son père. Tous les deux étaient semblables. Des monstres peut-être. L'existence des vampires avait renforcé sa conviction. Elle vivait dans un monde où l'Enfer semblait régner. Lucifer avait laissé ses créatures envahir le monde. Était-elle une hybride, un être du Paradis et de l'Enfer ? Un mélange des deux ? Les lycanthropes étaient des créatures pacifiques qui se rapportaient à la Nature. Mais n'était-ce pas des plus indécents qu'un humain puisse prendre la forme d'un animal ? Elle se répugnait parfois. Le fait qu'elle vive également plus longtemps que la plupart des êtres qui peuplaient le monde faisait d'elle une véritable pieuse. Dieu était là, elle en était persuadée, voir convaincue mais cela ne semblait pas être le cas de Liam. Ce médecin ne semblait pas comprendre cette existence divine. Pourtant, selon elle, Liam ne vivrait pas si leur Maître avait été absent. D'ailleurs qui se trouverait sur Terre ? La jeune femme s'était révoltée en entendant ses paroles. Comment pouvait-il se permettre d'avancer de telles choses ? Pouvait-il réellement nier son existence ? Avait-il des preuves qui pouvaient aller entièrement contre ses croyances ? Katherine se mit à papillonner des yeux, il changeait si vite... Croyait-il qu'elle était comme ces hérétiques ? Une femme athée qui ne croyait en rien d'autre qu'à la science ?


- Dieu pardonne à ceux qui regrettent profondément leurs actes. Je ne regrette pas mes actes, je les pense justes et j'espère au fond que je ne me suis pas trompée sur votre compte, même si je vous crois bon et merveilleusement agréable en tout point.

La discussion avait dérivé sur le jeune garçon, Sean, qui était malade et aurait bien pu mourir si Liam n'avait pas été là pour le soigner. Cela touchait tout particulièrement Katherine qui, certes, n'avait jamais eu d'enfant. Cela avait été un rêve, un rêve magnifique que de donner naissance à un enfant d'elle... De sa chair, de son sang, de sa peau. Mais elle ne pouvait pas, pas pour le moment et peut-être même jamais. Elle n'avait que la fortune, la richesse, les domestiques mais elle n'avait ni mari ni amour ni même bonheur et tranquillité. Il lui manquait tout cela pour pouvoir enfin vivre comme une femme normale. Elle avait simplement choisi un chemin différent des autres demoiselles de son temps. Elle courrait après des créatures immondes, beaucoup trop dangereuses pour pouvoir fonder une famille. Donc ce n'était pas un enfant à elle qu'elle avait perdu, elle avait vu périr sa sœur et d'autres enfants. Elle s'imaginait depuis longtemps la douleur des parents et surtout de la mère qui avait perdu son nourrisson à cause de la sienne. Et ce n'était pas le cas d'une seule femme mais de plusieurs... Des dizaines, des centaines peut-être et elle s'imaginait bien leur détresse. Katherine haïssait sa mère, elle voulait encore une fois lui sauter dessus. Elle aurait aimé se montrer plus agressive, la tuer avec sauvagerie. Elle avait été trop jeune à l'époque pour se montrer d'une méchanceté sans égale. Trop jeune pour se dire que sa mère avait été la pire de toutes et qu'elle méritait mille et une souffrances. Pour tuer affreusement la femme qui l'avait mise au monde. Trop jeune et trop timide à l'époque pour se rendre compte de tout vraiment. Désormais elle regrettait amèrement ses actes. Ce n'était pas un couteau de cuisine qu'elle aurait du lui enfoncer dans la poitrine mais avant tout la torturer jusqu'à ce qu'elle tombe à genoux devant elle. Qu'elle pleure, crie son nom, demande le pardon, avoue ses erreurs, ses fautes, ses crimes, qu'elle soit humiliée, ratatinée par la honte et la douleur, mise six pieds sous terre par les familles des victimes et peut-être qu'après cela la belle aurait concédé à mettre fin à ses souffrances.

Ce jour-là encore elle en avait rêvé, elle avait revu les cadavres et surtout sa sœur. Oui tout avait été de sa faute. Si elle avait été assez forte pour protéger sa petite sœur, Louisa, peut-être aurait-elle survécu... la fillette n'aura jamais vécu. Elle n'aura jamais connu le bonheur dans les bras d'un homme, n'aura jamais eu d'enfant... n'aura jamais vraiment grandi mais finalement elle avait connu l'une des plus belles choses au monde. Elle avait gardé son innocence jusqu'au bout. Son imagination, ses pensées de petites filles, ses bêtises et elle avait eu l'amour de sa maman. Les petits bébés qu'elle avait vu dans son adolescence la hantaient encore aujourd'hui. C'était un profond traumatisme encré en elle. Il n'y avait pas eu que cela, pas que des nourrissons mais aussi des jeunes enfants. Entre 0 et 4 ans peut-être. La jeune femme n'aurait su le dire. Elle était trop faible dans ces temps-là pour pouvoir vraiment agir. Trop faible pour se révolter et partir en courant quand sa mère la première fois l'avait attirée contre sa poitrine, l'avait embrassée pour enfin se servir d'elle comme un pitoyable abreuvoir. Joharda avait osé boire au cou de sa fille pour nourrir ses envies bestiales et terrifiantes pour une jeune fille et pour des êtres normaux. Katherine en avait gardé une marque, une marque qui n'avait jamais cicatrisé. Parfois elle se mettait devant son miroir et se regardait. Elle portait sa main à son cou, rejetant ses cheveux en arrière et observait la morsure, la touchait de ses longs doigts fins et enfin, prise d'une crise de rage elle balançait les meubles qui se trouvaient à proximité, attrapait une fiole d'eau bénite et la vidait sur la marque comme pour se purifier... en vain, elle était déjà souillée.

Ecoutant le discours du jeune homme, la jeune femme avait froncé les sourcils. Il semblait s'emmêler drôlement les pinceaux puisque comme dit, elle avait été là pour voir une bonne partie de la scène et n'avait fait peur à personne. Elle avait simplement sauté sur l'homme qui comptait bien mettre fin aux jours du médecin. Se déridant, elle se redressa avec difficulté et frissonna en entendant ses paroles presque sèches. Il lui cachait décidément quelque chose mais elle ne pouvait, pour le moment, lui poser plus de questions. Tout le monde avait ses secrets et Katherine ne devait pas s'immiscer dans les siens s'il ne voulait pas les lui raconter. Un sourire bienveillant se forma sur ses lèvres :

- Bien sûr Liam, disons qu'il n'y est pas allé de main morte.

Sa main se glissa dans les cheveux de son nouveau médecin pour la poser doucement là où l'inconnu avait porté son cou. Elle resta quelques secondes là, ses yeux plantés dans les siens en caressant cette partie de son crâne, profitant du contact avec ses cheveux avant de le lâcher et de lier ses doigts entre eux. Il ne lui parlerait pas, en tout cas pas aujourd'hui et elle espérait le revoir un jour. Il n'avait pas l'air d'être bien méchant, au contraire, elle pourrait presque se prendre d'affection pour lui. Il prenait soin d'elle, chose que personne d'autre à part Michael n'avait faite depuis plus d'un siècle. Cela lui avait tant manqué et auprès d'un inconnu elle retrouvait cela. Non pas l'amour ni l'amitié, non, un simple soucis de la santé, du bien-être de l'autre. Elle trouvait peu d'homme aussi attentif aux besoins des autres et cela lui plaisait.
La Comtesse lui avait finalement parlé de son pays de cœur. Celui dans lequel était née sa chère mère mais un pays dans lequel elle avait rencontré l'homme qui aurait du partager sa vie. Un pays qu'elle aimait autant qu'elle haïssait. Ses joues rosirent doucement lorsqu'il s'adressa à elle. Feignait-il de s'intéresser à sa personne ? La prenait-il pour une idiote ? Ou bien aimait-il vraiment l'entendre parler. Savoir que son accent hongrois revenait de temps en temps l'angoissait légèrement, que dirait la société sur elle en l'entendant parler ? Qu'elle était une catin venue des pays des l'Est ? Les femmes, en général ne l'appréciaient guère, Katherine se montrait peut-être un peu trop proche de leur époux, frère... des hommes en général et n'avait aucun scrupule à mettre de temps en temps un décolleté. Elle voulait être libre et respecter les convenances spécialement dédiées aux femmes de la noblesse était comme une prison pour elle, un manque de liberté. Son accent la trahissait donc quelque fois...

- C'est un très beau pays Liam, à l'occasion vous pourriez peut-être vous y rendre. J'y possède un château à Cachtice et une maison de ville à Budapest, si vous décidez de vous y arrêter un jour vous y serez le bienvenu bien entendu. C'est bien différent de Londres, les coutumes à elles seules dépaysent. Je ne pourrais pas vraiment vous le décrire Liam, disons que l'architecture est bien différente de celle de Londres, les paysages diffèrent également, il y a des lacs magnifiques, des forêts qui s'étendent à perte de vue. Les Carpathes sont des chaînes de montagnes vraiment impressionnantes aux multiples légendes. Oh vous êtes bien aimable de dire cela, j'espère que vous pourrez un jour vous y rendre ! Elle répondit à son sourire et se replongea dans ses pensées. Bien sûr qu'il me manque, cependant j'ai plus connu Londres que Budapest je dois bien avouer... Je suis navrée pour vous, vos parents. Je n'ai jamais connu la misère mais je vois un aperçu de ce qu'elle peut être. Ici, dans ces quartiers... Ailleurs... Pourquoi ne pas retourner en Irlande Liam ?

La belle était réellement peinée pour lui, elle n'avait jamais vécu dans la misère la plus totale. C'était un monde presque inconnu à ses yeux. Elle avait voyagé au bord d'un bateau avec des traînes misères et avait croisé dans les rues de Londres, à paris, Budapest et les petits villages près de Cachtice des hommes, femmes et enfants prêts à vendre dents et cheveux pour sauver leur peau et pouvoir manger quelque chose d'à peu près consistant le soir. Elle haïssait cette inégalité qui semblait presque régner dans le monde. Elle espérait qu'un jour la vie serait meilleure pour tous ces gens mais en doutait fortement.
La jeune femme avait fini par l'inviter chez elle pour le remercier, c'était la moindre des politesses. C'était vrai, il aurait pu se relever, l'égorger s'il avait senti un danger en elle, la jeter par terre et s'en aller comme s'il ne l'avait jamais vu. De plus, après l'avoir ramassée, il avait pris longuement soin d'elle alors que rien ne l'y obligeait. A vrai dire, Katherine aurait très bien pu rentrer chez elle, avec difficulté certes mais elle aurait retrouvé le chemin de la maison et Michael aurait soigné sa blessure. Liam paraissait cependant si sincère... Bien sûr, elle pouvait très bien imaginer que sa proposition le choque, après tout ils n'étaient pas d'une même classe sociale et ne se connaissait guère, cependant c'était sa manière à elle de le remercier. Elle aurait fait n'importe quoi, ou du moins presque, pour lui rendre la monnaie de sa pièce. Malheureusement, à part son invitation, elle n'avait rien d'autre sur elle, pas même de l'argent pour le dédommager, lui mais aussi la famille qui l'avait accueillie.
Un sourire se forma sur ses lèvres en l'entendant parler, il n'avait pas refusé. Elle le laissa faire et replongea son regard dans le vide. Ce n'était pas dans le caniveau plus jeune qu'on l'avait laissé mais en Enfer. En Enfer et plus tard le cœur plus qu'en miettes. Elle finit par se reprendre et souffla :


- Méprenez-vous, vous êtes un homme, peut-être et j'ose l'espérer, qui n'aurait pas abandonné une femme à son triste sort mais il y en a beaucoup d'autres qui l'auraient faits à votre place. Je serais heureuse de vous accueillir chez moi, vous êtes quelqu'un de bien, au premier abord, je dois dire, cela me ferait plaisir de vous revoir un jour en de meilleurs conditions que blessée dans un lit.

La belle avait alors été gênée, l'avait-il déshabillée ? Avait-il vu ses cicatrices ? La morsure de vampire qu'elle avait au niveau du cou à cause de sa mère ? Avait-il regardé son corps durant son sommeil ? Mais surtout il l'avait vu dans une tenue d'innocence, une robe de chambre qu'elle ne se permettait presque plus de porter. Elle se trouvait désormais beaucoup trop indécente pour se glisser dans un pareil vêtement. Elle s'était cependant bien vite repris. Le jeune homme avait réussi à tomber du lit en voyant sa gêne. Ce fut alors qu'elle se trouva fortement ridicule de rougir dans une pareille situation. Seulement voilà, elle s'était revue comme une jeune fille, la demoiselle pure et chaste qu'elle avait été, dans une robe d'innocence telle que celle-ci. S'inquiétant de son état, presque à genoux sur le lit pour voir où il en était, elle aurait bien pu lui tendre la main pour l'aider à se relever mais son flanc lui tirait assez désagréablement et il ne semblait pas s'être fait mal. Elle se remit donc contre son coussin en soupirant avant de l'entendre rire et de ne pas vraiment savoir comment l’interpréter. Intuitivement elle posa sa main sur son bras et laissa s'échapper un rictus :

- Vous avez peut-être raison. Je n'ai pas besoin d'avoir de l'estime pour moi, je pense que je n'en mérite pas, si vous saviez... Je ne crains pas qu'un homme s'assied à mes côtés sur un lit sans être mariée avec lui ni même les représailles pour vous demander de vous asseoir ici. Mais non voyons ! Vous n'avez pas été un crétin ! C'est moi qui vous ai demandé de venir ici pour prendre place à côté de moi et qui ai été idiote de rougir ainsi ! Vraiment, c'est simplement cette tenue, cette robe de chambre que portent les femmes. Je ne m'en encombre guère, j'en avais plus jeune quand je préservais mon innocence mais plus maintenant. Je me suis simplement revue quelques... Elle faillit dire dizaines d'année voir un siècle mais se reprit et souffla, années plus tôt. Que l'on ne soit pas marié n'est pas ce qui me dérange Liam. Bien mais je rajouterais une condition à votre marché, ne me prenez pas pour une de ces femmes de la noblesse qui restent à une distance respectueuse des hommes et ne s'approchent que de leur époux. Je suis loin d'être comme elles, ma réaction a donc été, à mes yeux, totalement stupide je me surprends moi-même ! Ne pensez donc pas que je suis l'une de ces femmes prudes, s'il vous plait, je ne leur ressemble pas.

Elle avait fini sa petite tirade qu'Emma lui avait déjà posé le plateau sur les genoux et qu'elle la remerciait déjà. Elle n'avait pas eu honte de parler devant elle, elle savait déjà ce que pensaient les femmes d'elles et ne se privaient pas pour parler dans son dos. Elle n'y faisait, en réalité, même plus attention. Elle était ce qu'elle était et rien ne pourrait la faire changer, rien jusqu'à ce qu'elle se marie un jour et qu'elle s'en aille loin de la ville pour finir sa vie tranquillement, sans créature de la nuit.
Parlant avec gentillesse avec la mère de famille elle lui répondait avec une tendresse et une gentillesse infinie. Katherine avait bon fond, elle n'avait jamais été réellement mauvaise et s'en voulait de lui donner plus de travail que nécessaire. Elle n'était pas là pour ça et devait se concentrer plus sur son fils malade qu'une parfaite inconnue.
La regardant partir elle fit honneur au plat de son hôte avant de hocher la tête :


- Je vous en remercie, vraiment. Vous n'êtes pas obligé de m'accorder ce service et pourtant vous allez le faire.

Un petit rire s'échappa de sa gorge. Elle finit par poser ses prunelles dans les siennes d'un air enjoué, brillant d'un nouvel éclatant qu'elle n'avait que très peu souvent en ce moment. Peu parlait avec elle pour essayer de la détendre ou bien tout simplement de rire. Elle était simplement la Comtesse, la maîtresse de maison ou bien la nouvelle alliée.

- Je le lui ferais savoir, je vous remercie pour toute votre aide Liam. Je suis certaine que vos doigts de fées auront réussi à me soigner et à m'éviter une infection. J'éviterai, je ferai de mon mieux même si vous en faire la promesse m'est impossible.

Le voyant prendre sa main elle esquissa un petit sourire et effectua de légères pressions tout en l'écoutant lui parler. Elle se mordilla la lèvre inférieure et se pencha vers lui pour déposer un délicat baiser sur sa joue vers la commissure de ses lèvres. Finalement elle réussit à lui répondre :

- Je n'y manquerai pas, c'est à vous que je ferai appel s'il m'arrive quoique ce soit, à moi ou mes domestiques. Vous êtes un ange, j'espère vous revoir bientôt.

La jeune femme ne resta pas bien longtemps dans cette modeste demeure. Elle ne voulait pas non plus être un poids pour cette petite famille. Finissant sa soupe, elle y resta une heure de plus histoire de s'asseoir sans problème sur le bord du lit et faire quelques pas, puis se rasseoir et recommencer ce petit manège. Katherine finit par se lever définitivement et fit tomber le long de son corps voluptueux la robe de chambre. Elle enfila tout d'abord son pantalon puis sa chemise qu'elle réussit à entrer sous son pantalon pour éviter que sa ceinture ne soit directement en contact avec les bandages. La belle réussit à se recoiffer rapidement, laissant tomber ses larges boucles sur ses épaules avant de descendre. Elle avait changé les draps et replié la robe de nuit qu'on lui avait gentiment prêté. Katherine ramena également le plateau vide et se chargea de le laver à main nue en parlant avec Jonathan et Emma. Elle eut une assez longue discussion avec le couple, s'inquiétant de la santé de leur fils sans s'attarder sur la sienne. Elle finit par leur promettre une enveloppe, une enveloppe dans laquelle elle fera parvenir un peu d'argent pour continuer à soigner le jeune Sean convenablement et tant pis s'ils refusaient par fierté. Elle voulait au moins les dédommager pour tout le mal qu'elle leur avait causé. Serrant la main à l'homme alors que cela ne se faisait pas pour une femme et embrassant la main de la maîtresse de maison, la jeune femme tourna les talons et s'en alla de la maison.

Là, dehors, comme l'avait dit Liam, un fiacre l'attendait. Sans prêter plus d'attention au cocher elle grimpa à l'intérieur de la voiture et donna le nom de sa rue pour qu'on l'y dépose mais pas directement devant chez elle. Michael y faisait les cent pas avec impatience. En voyant la demoiselle au bout de la grande rue sortir il se précipita et la ramena contre lui. Un glapissement de douleur s'échappa de ses lèvres en s'agrippant à sa chemise. Finalement, ce fut lui qui paya le cocher et la ramena à la maison. Qu'elle ne fut pas sa tête lorsqu'il découvrit sa blessure. Malgré tout il eut la gentillesse de ne rien demander d'autres que celui qui lui avait prodigué des soins. Il savait qu'elle ne parlerait pas plus. Katherine avait toujours estimé qu'il n'avait pas besoin de savoir ce qu'elle faisait.

[HRP/ Fin du rp avec Katherine, cela a été un véritable plaisir que de rp avec toi Smile (lien à venir)/HRP]



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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Entre crocs et lames [Van, Katherine] [20/04/42]

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