L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Dangereux Échos [Comte] [21/04/42]

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Comte Keï
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MessageSujet: Dangereux Échos [Comte] [21/04/42] Sam 21 Mar - 17:18

[HRP/ Après le RP "Théâtre obscur" et la lettre à Amaryllis dans "Nouvelle comédienne"/HRP]

Une main sur son front, l'autre abandonnée le long de son corps meurtri, le Comte semblait en proie à une crise des plus intenses. Tous ses muscles et tendons, tendus comme s'il tentait de se lever, semblaient refuser tout contrôle sur eux. Une force inconnue plaquait le Vampire contre son lit défait, l'écrasant de son impitoyable volonté. Il transpirait beaucoup, trop pour un être de sa race. Ses doigts, crispés sur les draps de soie humides de ses efforts, blanchissaient ses articulations à mesure qu'il malmenait le fin tissu. Il serrait tant sa mâchoire que ses dents laissaient dépasser entre ses lèvres livides ses canines d'ivoire. Entièrement dégagées, ces dernières ressortaient à la manière d'un chien qui retrousse les babines pour menacer un passant trop ambitieux. A la lueur de la seule bougie qui tremblotait sur sa table de chevet, l'éclat de son oeil vitreux perçait les ténèbres d'une cristalline étincelle. Le cœur battant, Jirômaru sentait son poitrail se soulever à une vitesse vertigineuse et s'abaisser au même rythme infernal. Il haletait dans une série de râles souffreteux et rien, ni les plantes qu'avaient disposé autour de lui Elwood et Carl, ni la présence chaleureuse d'Ambre à ses côtés ne présageait qu'il allait finir par se calmer.

- Monseigneur...Le silence, uniquement brisé par la respiration saccadée du Vampire, donnait à la pièce une atmosphère des plus pesantes. Ambre jeta un regard à Elwood. Le vieux majordome se contenta de baisser la tête et de ramener contre lui la théière brûlante dont il venait de se servir pour infuser de nouvelles plantes non loin de son maître.

- C'est de pire en pire. Souffla Carl en remontant ses lunettes sur l'arrête de son nez. Depuis qu'il est revenu des égouts, ça ne le quitte pas.

- C'est le sang de Joyce...Gémit la jeune actrice. Sans compter les nouvelles du jour...Son regard avait glissé sur un morceau de journal qui gisait sur les dalles froides. [Voir le journal]

Lorsque le Comte avait enfin pris congé de la jeune Amaryllis et que leur accord s'était clos, il s'était couché, non sans prendre avant le temps de se restaurer convenablement. L'ombre de cette nouvelle alliance semblait lui avoir laissé un léger goût amer dans la bouche mais le Vampire avait également clairement montré qu'il y voyait surtout l'opportunité de gonfler ses rangs de fidèles et de reformer sa troupe d'acteurs. La jeune femme avait du talent et elle lui avait juré de tout faire pour ne pas le décevoir. Finalement, il l'avait acceptée en attendant de voir si le Prince de Bristol viendrait la réclamer ou non, et il avait décidé de prendre la chose du bon côté.

Son sommeil avait été agité à cause de quelques rêves désagréables liés à Sarah et à Glen, des cauchemars qui lui donnaient l'impression d'avoir été trahi et d'attendre un coup de couteau dans le creux de ses côtes. C'était devenu une habitude. Sans se soucier davantage de ces chimères dont son esprit ne s'encombrait que trop souvent, il s'était levé, au milieu du jour, afin de réclamer Arnoldo et de boire de nouveau à son jeune cou. Une étrange soif lui avait étreint la gorge, comme l'on serre à deux mains une envie soudaine de tuer son amant. Et puis, il avait posé genoux à terre et appelé Ambre. Ses stigmates s'étaient réveillés, son cœur s'était affolé et, malgré sa fierté, il avait dû se laisser porter jusqu'à son lit par le personnel de sa maison. Le cuisinier et le vieux majordome avaient aidé la jeune actrice à hisser le colosse sur le matelas et à lui enlever son peignoir puisque ce dernier semblait « le brûler jusqu'à l'os ». Le Comte errait alors dans de nouveaux songes tortueux et la chaleur environnante lui donnait l'impression d'être dans la chaufferie de l'opéra, à l'endroit même où il avait rencontré la belle Chastity.

Le pire avait été son second réveil, alors qu'il s'était soudainement mis à réclamer les journaux en hurlant. Ambre s'était écartée pour éviter sa main rageuse et Carl avait fait chercher le Times. Après la lecture des gros titres, Jirômaru s'était figé dans un abominable mutisme qui les avait tous effrayés à bien plus grande échelle que s'il s'était mis à leur crier dessus. Ses larmes d'argent avaient coulé, lentement, jusqu'à imbiber le papier et ses mains glacées. Son aura avait diminué et il s'était doucement recouché pour oublier sa propre existence.

Ambre, Marco, Carl, Elwood et même le petit Arnoldo n'avaient pu le réveiller. La belle rouquine, en pleurs, avait attrapé le journal et l'avait froissé avant de le jeter au loin sur les dalles froides de la chambre. Sarah avait été enlevée, voire pire, peut-être tuée. Et son maître venait de s'abîmer dans une horrible méditation qui pouvait lui coûter la vie.


- Il avait dit qu'il ne l'utiliserait pas...

- Inutile de débattre là-dessus, vous savez que si nous tentons de l'arrêter, ce sera pire.

- Mais avec ces...ces marques...Rétorqua la jeune actrice tout en montrant les stigmates noirâtres qui recouvraient le torse du Comte. Le sang de Joyce va le ronger jusqu'à l'âme.

Carl grimaça. Que pouvait-il y faire, lui ? Un simple humain ?

- Je vais chercher Alphonse...

D'un pas rapide, il quitta la pièce et disparut dans le couloir qui menait vers les escaliers. Alphonse devait dormir dans son cercueil sous la Chapelle. C'était le seul domestique qui portait en lui le Don Obscur. Peut-être qu'il saurait aider sa consœur à trouver une solution ? Il en doutait grandement...

*******************

Le pouvoir de lire dans les esprit d'autrui est un pouvoir dangereux. Les Vampires qui l'emploient sont généralement peu scrupuleux et manquent de prudence. La plupart dégénèrent bien plus vite que leurs congénères et les dégâts que leur inconscience les pousse à subir sont souvent fort visibles. Certains se contentent de lire les pensées d'une dame pour mieux la courtiser, d'autres en profitent pour effacer les mémoires ou induire des actions aux plus faibles. Ces usages restent courants et sans réelle incidence sur leur unité. Cependant, le Don Obscur peut aussi servir à lire dans l'esprit de plusieurs personnes à la fois, ce qui pose généralement des problèmes non seulement éthiques, comme toujours, mais en plus d'ordre psychique; mais ce qu'il faut noter aussi, c'est que ce pouvoir peut également permettre aux plus expérimentés de déplacer leur propre esprit d'une tête à l'autre et de « voyager » ainsi sur des lieues...

Ténèbres.
Néant.
Silence.
Retour.

Ténèbres.
Lueur.
Absence.
Rejet.

Ténèbres.
Souffrance.
Étincelle.
Une femme. Curieuse. Son mari la trompe, elle en est persuadé.
Inutile.

Ténèbres.
Le pont. Un gentleman. Il n'a plus de cigare, c'est ennuyant.
Son amie voudrait des fleurs. Elle s'inquiète pour son fils. Il est...
Inutile.

Ténèbres.
Un chemin.
Une couturière avec des simples. Elle regrette la fête du printemps. Pourquoi la brume est-elle si tenace ?
Inutile.

Ténèbres.
La forêt. Des bosquets. De la vase.
Trop d'échos.
Un agent du Yard. Oui. Le patron va le tuer. Ce n'est qu'un jeune, sans expérience. La peur.
Un couard.
Un autre agent. Il cherche. Vivement qu'on trouve un autre morceau de tissu. Quelle idée de se retrouver dans la forêt par ce temps !
Un vieux colonel de l'armée. Leurs espoirs sont vains. Pauvre Dorian. Sa fille unique. Son corps devrait être en aval...
Son ancien lieutenant. Main forte. Le cadavre n'est pas une certitude. Il y avait beaucoup de sang mais pas de trace de corps. Où est-elle ? Elle doit...


*Monseigneur*

Ténèbres.

*Monseigneur*

Douleur.

*******************

- Monseigneur ! Il faut cesser!

Jirômaru papillonna des yeux, comme un enfant que l'on réveille au milieu de la nuit pour une course nocturne. Il sentit couler sur sa bouche un liquide brûlant et visqueux. Une odeur de sang lui emplit le nez. Alphonse se tenait devant lui, l'air plus qu'inquiet que jamais. Il s'agrippait à ses grandes épaules de marbre. Il venait de le secouer violemment.
Le Comte grogna dans un rictus maladif et une grande souffrance s'empara alors de son estomac. Il se plia en deux et se mit à gémir. Penché en avant, il vomit. Ambre s'empressa de prendre un linge des mains d'Elwood et de revenir vers son maître qui, soutenu par Alphonse, continuait de cracher du sang et de la bile mêlée. Ses mains tremblantes plantèrent leurs ongles diaphanes dans ses abdominaux et son compagnon tenta de les lui écarter de sa peau déjà ensanglantée.


- Monseigneur ! Arrêtez ! C'est fini ! Calmez-vous!

Jirômaru hoquetait, pris de grandes convulsions. Ses yeux n'avaient jamais été aussi pleins de cette brume étrange qui y siégeaient d'ordinaire avec mesure. Ils étaient totalement blancs, sans vie aucune.

- Maître...

Ambre posa sa petite main gracile sur le genoux gauche du Vampire et s'agenouilla près du lit. Le Comte sembla s'apaiser. Carl et Elwood veillaient en arrière, prêts à intervenir. Arnoldo gardait son petit visage caché derrière la porte entrouverte, n'osant plus jeter un seul coup d'oeil dans la pièce.
Au bout de longues minutes de lutte avec lui-même, Jirômaru revint à lui. Ses paupières s'alourdirent, son souffle ralentit et ses tremblements se firent moins brutaux. Ambre épongea le lit pendant que les hommes déplaçaient le Vampire sur la partie encore propre des draps. Le Comte se laissa faire. Il n'avait guère le choix, ses forces n'étaient plus, son esprit, lui, était tout bonnement brisé.


*******************

La nuit vint, comme chaque jour, avec son voile de deuil.
Jirômaru s'éveilla. Prenant maintes précautions, il se redressa très lentement pour s'asseoir complètement. Dans la pièce, la présence d'Alphonse l'écrasait. Son aura dégageait une puissance qu'il n'avait jusqu'alors regardée que comme un bûcheron observe une brindille entre ses doigts. Ce soir, elle lui semblait démesurée.


- ...quelle heure? Demanda-t-il dans un gémissement douloureux.

Alphonse resta assis dans le fauteuil qu'il avait rapproché du lit de son maître. Sans daigner se lever, il se contenta de croiser les bras et de soupirer.


- Il est 21h. Fit-il sèchement, l'air contrarié au possible.

- Mes vêtements...Murmura le Comte en cherchant des yeux sa cape noire.

- Non, je ne crois pas que sortir du lit vous soit recommandé, Monseigneur.

Jirômaru ramena son regard sur son disciple. Ses iris grises brillèrent d'un éclat de colère.

- Non ? Répéta-t-il d'un ton menaçant. Depuis quand me défies-tu, Alphonse?

- Ce n'était qu'un conseil, Monseigneur.

La grimace que venait d'esquisser le domestique fit tiquer le lord. Il s'était rattrapé, comme un funambule compte sur sa corde pour se raccrocher en cas de chute. Mais les faits étaient là: le jeune Vampire avait sentit qu'il avait l'avantage sur son maître et avait tenté de s'opposer à lui, même si cela n'avait été qu'un court instant.
Alphonse dut sentir que le Comte était en train de réfléchir à tout cela puisqu'il se leva soudainement pour venir l'aider à se mettre au bord du lit avant d'aller chercher une pile de vêtements propres, prêts à l'usage, qui avait été posée avec diligence par Elwood sur une commode. Doucement, comme s'il avait affaire à un vieillard impotent, il aida son maître à s'habiller entièrement.


- Monseigneur...

- Je t'ai assez entendu.

*******************

Sur son balcon, le Vampire pouvait sentir la fine pluie se déposer en une pellicule invisible sur sa peau d'albâtre. Le vent soulevait ses longs cheveux de neige. Il se sentait vieux. Terriblement vieux.
Combien de temps tiendrait-il encore ?
Ses deux mains agrippèrent la balustrade de fer forgé. Son contact glacé contre ses paumes lui donna un frisson. Le délice de l'humidité et du froid. Il rêvait de son premier caveau, si misérable, si répugnant, si agréable...Révolu était ce temps où il rampait dans les égouts boueux et la fange pour se trouver un abri contre l'astre brûlant du jour ! Son maître ne lui avait rien appris avant les glorieuses années de sa résurrection. Cette période de débauche...
Qu'était-il aujourd'hui ?
Son but lui paraissait à la fois si proche, si accessible et pourtant si lointain, si impossible. Il pouvait presque le toucher du doigt mais il n'avait fait que le frôler.

Laissant son regard glisser vers ses mains, paumes tournées vers le ciel, la créature de la nuit observa un moment la pluie rassembler ses gouttes au creux des nervures de sa peau. Au bout d'un moment, son reflet s'y dessina, à l'instar d'une esquisse mal dégrossie, sans contraste, sans vie. C'est à cet instant qu'il réalisa que ses yeux avaient retrouvé une iris. La brume avait disparu mais son œil était gris comme l'éther et non du noir originel qu'il aurait souhaité retrouver. C'était comme si les volutes avaient décidé de se rassembler en un point précis. Une nouveauté. Encore.


- Quand cela cessera-t-il ?

Son cœur battait anormalement vite. Il n'en avait pas l'habitude. Et, même si depuis le départ d'Alphonse il avait retrouvé une partie de ses forces et de son aura, il se sentait encore horriblement faible. Serrant les dents tout en laissant l'eau couler entre ses doigts, il retourna à l'intérieur pour s'asseoir sur son lit. Une envie soudaine de s'y allonger et de se laisser sombrer de nouveau dans les tourments des songes, histoire de ne plus sentir son corps dolent, envahit son esprit. Ce fut l'odeur des plantes qui le gardèrent éveillé. Touchant la porcelaine dans laquelle la mixture de Carl macérait tranquillement, le Comte se souvint des thés qu'il prenait autrefois en compagnie de son père et de ses compagnons d'armes. Ce souvenir était flou, comme tous ceux qu'il avait conservé, mais il le rattachait à la vie comme nul autre.

Son regard retrouva le morceau de journal froissé qui gisait sur le sol.
Que devait-il faire ?
Il le savait.
En reviendrait-il ?
Il en doutait.

Après un soupir, le Vampire se détourna de l'intérieur. Revenu sur son balcon, il respira l'air glacé du soir. Puis, après un moment de concentration, il s'enveloppa d'un geste dans sa cape de jais et, après s'être réduit dans un flot de plis et de vapeurs noirâtres, il s'envola par dessus Londres sous une de ces formes qu'il n'avait jamais réellement su prendre: celle d'une chauve-souris.


[HRP/ Fin du RP. Suite dans "Ton souffle sur mes yeux../HRP]


> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
Spoiler:
 

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