L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42]

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Alexender Von Ravellow
Hunter - "Criminel" en fuite
Date d'inscription : 11/03/2008
Nombre de messages : 329
Race : Humain
Classe sociale : Aristocrate déchu
Emploi/loisirs : Hunter / Il est recherché par le Yard et les Vampires de Jirômaru Keisuke.
Age : 25 ans
Proie(s) : Tous les Vampires, sauf Raphaël qu'il surveille maintenant sans chercher à l'assassiner. Le Comte Kei est son pire ennemi. Alexender peut aussi s'attaquer à des Loups-Garous.
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MessageSujet: Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42] Lun 13 Avr - 1:36

[HRP/ Suite à l'annonce "Appel aux Hunters"/HRP]

Entrer dans Londres avait été finalement plus facile que prévu et Alexender soufflait enfin un peu. Allongé dans le sofa du salon de leur nouveau QG, il tenait à la main un verre de whisky particulièrement fort et soupirait d'aise. A ses côtés, Alphonse et Nathan s'étaient accaparé les deux fauteuils restant pendant que Seamus et Christopher préparaient à manger.

Le voyage depuis Loth n'avait pas été de tout repos. En effet, en plus de la route couverte de cailloux, agrémentée de diverses ornières fort désagréables, ils avaient été drôlement serrés dans le fiacre. Ouvrir les fenêtres du véhicule ne les avait guère soulagés et ils avaient eut bien du mal à respirer correctement. C'est qu'ils étaient chargés. Ils emportaient vivres, munitions, trousses de soins, vaisselle...tout ce qu'il leur fallait pour terminer l'aménagement de leur nouvelle planque. Car, même si Izac et Seamus avaient tout organisé durant deux semaines, il manquait encore quelques bricoles qui, malheureusement, prenaient de la place.
A cause des secousses, Nathan avait écrit mainte fois de travers sur son carnet de notes alors qu'il tentait de suivre ce que son maître lui dictait pour l'article qui devait paraître dans le journal le lendemain. Il grognait à chaque mot, ce qui ne détendait pas l'ambiance déjà maussade. Les Hunters étaient perdus entre la joie de démarrer leur grande mission et la peur de la voir échouer. Leurs vies en dépendait. Allaient-ils arriver sans encombre jusqu'à St Casson? Ou tomberaient-ils sur une patrouille de la milice, le Yard, voire pire, un groupe de Vampires?! Chacun restait silencieux, méditant leurs possibilités de s'en sortir.
Par chance, cette nuit-là, aucune patrouille ne vint les déranger dans leurs manœuvres et bien vite ils se retrouvèrent dans leur ruelle. Avec d'infinies précautions et une discrétion poussée à l'extrême, ils firent la chaîne pour transporter leur matériel dans la maison avant de s'y enfermer à double tour. Le fiacre avait été conduit dans une rue annexe par Christopher et avait été rendu à un individu qui portait un large chapeau à bords. Izac veillait au bon déroulement des choses et viendrait les rejoindre après s'être acquitté de sa propre mission.

Se passant les doigts sur les yeux, Alexender bailla à s'en décrocher la mâchoire et finit son verre d'une traite. Puis, après s'être redressé dans le sofa, il se leva pour alimenter le feu hésitant de la cheminée qu'ils venaient de rallumer.


- Je ne sais pas s'ils me croient mort ou non mais nous sommes passés rudement facilement...Murmura-t-il en s'accroupissant devant l'âtre.

Seamus bailla à son tour et s'étira les bras en arrière.


- Izac nous l'avait bien dit: le Yard ne tourne pas dans ce quartier, c'est trop risqué pour eux. Et les Vampires imaginent sans doute que vous iriez directement au Châtelet.

- Ce qui serait complètement crétin! S’esclaffa le Hunter en se relevant. Enfin...tant mieux...

Le repas fut bref et minimaliste: deux pommes de terre chacun, du saucisson et une pomme. Mais cela serait suffisant pour qu'ils dorment en paix ce soir.
Chacun regagna la chambre qui lui était destinée. Alexender avait grondé en expliquant qu'il n'était pas normal qu'il ait la plus grande chambre mais ses élèves ne voulurent rien entendre. Ils allaient dormir tous ensemble, sur des matelas à même le sol, tandis que leur maître aurait un lit deux places.


- Il y a une autre chambre, prenez-la!

- Ben non, ce sera pour les ladies. Sourit Nathan en emportant sa pomme avec lui dans l'escalier.

Alexender haussa les épaules et le suivit pour visiter l'étage et gagner sa chambre. Allongé, nu dans sa seule chemise de lin, le Hunter profita de son nouveau lit. Il était beaucoup moins agréable que celui qu'il avait eu à Loth mais son épuisement et certaines de ses blessures lui avaient tellement endolori les membres qu'il aurait pu dormir sur une simple planche de bois. Le sommeil vint rapidement le saisir. Il s'endormit, heureux et terriblement anxieux à la fois: oui, il était revenu dans la capitale. La chasse reprenait.


*****************
***********

Le lendemain, Izac vint leur rendre visite très tôt le matin pour venir quérir l'article qu'Alexender voulait faire paraître avec les premières éditions du Time. Une fois qu'ils furent tous certains que la mission du gitan avait été parfaitement remplie, sans bavure, le groupe de Hunters s'activa à ranger un peu la maison. Chacun garda sur lui son arme de prédilection tandis que le surplus fila dans l'atelier (et certains tiroirs du salon et des chambres - au cas où). Alexender gardait à l'arrière de son pantalon un Bloody Rose qu'Izac lui avait procuré. Sa longue chaîne d'argent pendait jusqu'à sa poche avant gauche où elle était fixée. Christopher avait un pistolet à percussion, Nathan un couteau de bonne facture et Seamus gardait sous la main son fleuret préféré. Izac, lui, possédait son propre Bloody Rose et gardait, en plus, un couteau dans sa botte droite et un pistolet à percussion à la ceinture.

Vers le milieu de l'après-midi, fatigués de rester dans le noir, les Hunters se permirent d'ouvrir un peu les rideaux de la demeure, tout en faisant bien attention à ne pas passer devant les fenêtres de façon à être facilement reconnus depuis la ruelle. Mais personne ne passait dans St Casson, du moins c'était rare de voir quelqu'un emprunter cette voie sordide.

Au bout d'un moment, Alexender dut arrêter ses efforts et se rallongea dans le sofa. Son poignet droit lui jouait des tours, charmant souvenir que lui avait laissé le Comte en le lui brisant un mois plus tôt. Même les pouvoirs d'Eulalia n'avaient pas permis qu'il n'en garde pas des séquelles. Il fatiguait plus vite qu'avant et ses tendons lui chuchotaient régulièrement qu'il devait se reposer s'il ne voulait pas le lâcher. Sensation de faiblesse, encore...toujours...Il détestait ça!
Plongeant dans ses pensées, le Hunter songea à Sarah. Où était-elle maintenant? Il ne pouvait croire à sa mort. Pourtant, les journaux semblaient terriblement pessimistes à son sujet et il était écrit partout que ses parents la pleuraient déjà comme si elle avait définitivement quitté ce monde. Tout était exagéré, en général, mais le Time avait tout de même relayé l'information avec professionnalisme...
Ah comme il avait ruminé sa colère et son dépit ce matin en se levant! Combien souhait-il se lancer à sa recherche! Mais quelque chose le retenait: la prudence, sans doute, mais aussi peut être une certaine forme d'abandon. C'était une sensation étrange, une terrifiante conclusion à laquelle il était déjà parvenu avant de quitter la ville: Sarah était le symbole de sa lutte, une femme merveilleusement belle, dont le fougueux caractère l'avait charmé d'un seul regard, d'une seule parole. Mais ce n'était plus cette amante dont il avait tant rêvé. Ce n'était plus la future femme de ses enfants. Un symbole, oui, un désir. Il voulait lui éviter l'enfer d'appartenir au Comte, par bonté, pour sa vengeance, par jalousie. Tout à la fois! Et son sentiment n'était plus aussi noble envers elle depuis l'incident qui s'était produit entre eux chez Raphaël.


- Il reste du saucisson. Tenez. Fit Alphonse en lui tendant une assiette sur laquelle venait d'être découpé plusieurs rondelles.

Alexender sortit ainsi de ses réflexions et prit deux morceaux en remerciant son élève.
Le plat fut posé sur la table basse devant eux et bientôt une bouteille de vin fut ramenée par Christophe qui en proposa à toute l'équipe. Il devait être aux alentours de 15h30.


- Faites attention aux provisions. Ne commencez pas à tout manger comme si nous étions en banquet.

- Nous fêtons notre installation. Rit Alphonse en remplissant les verres.

- Faites gaffes quand même. Gronda légèrement Seamus qui venait de chiper une rondelle de saucisson.

- Et Monsieur a l'air de faire la diète peut-être?

Tous rirent en choeur, même Alexender. Au bout d'un moment, Izac revint de l'atelier et réclama de l'aide. Nathan, Christopher et Alphonse lui emboîtèrent le pas pendant que Seamus venait aider Alexender à se redresser. Il avait encore les côtes fragiles et certains mouvements lui étaient plus difficiles que d'autres.
Ravivant à son tour le feu, le jeune homme ne profita qu'ils soient seuls pour ouvrir une discussion plus sérieuse et personnelle avec son maître.


- Vous pensez qu'on la retrouvera? Demanda-t-il soudain en faisant aller le tisonnier dans les cendres pour les réveiller.

Alexender soupira douloureusement. Il n'avait pas envie d'en parler et il savait surtout que ses élèves trouvaient étrange qu'il n'aie pas déjà lancé des recherches pour retrouver son amante. Peut-être imaginaient-ils qu'il ne s'en souciait plus du tout?


- Je ne sais pas. Répondit-il en s'appuyant sur l'accoudoir pour poser sa tête dans sa main. Tout le pays est à sa recherche. Que pouvons-nous faire de plus? Et je ne doute pas que les Vampires soient en train de ratisser toute la lande...

- Ah! Mais c'est pour ça qu'on a pu passer facilement! S'exclama Seamus en écarquillant les yeux. Tout le monde cherche lady Spencer!

Était-ce une chance? Non...Ce n'était pas ainsi qu'Alexender concevait la chose. Préférant ne rien ajouter, le Hunter saisit la bouteille de whisky et la porta directement à sa bouche. Il avait soif, soif d'oublier, soif de ses domestiques, soif de vengeance, soif de fatigue, soif de chaleur et de tranquillité. Seamus lui jeta un regard interloqué. Son maître venait de boire un tiers de la bouteille!
Alexender poussa un grognement de satisfaction et se recoucha. Le jeune garçon en profita pour lui enlever la bouteille des mains et la reposer sur la table basse. Puis, doucement, il quitta le salon pour rejoindre les autres. Alexender avait besoin de repos, c'était évident.

Sarah...
Elle le hantait.
Pourquoi avait-elle disparue?
Sa conscience vacilla.
Si elle avait péri, fallait-il en être heureux? Plus de mariage, plus de Comte...
Non. Il s'égarait terriblement.

Il devait dormir.


Dernière édition par Alexender Von Ravellow le Dim 7 Juin - 16:53, édité 3 fois
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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42] Mar 14 Avr - 0:01

[HRP/ Après "Entre crocs et lames" /HRP]

Katherine se souvenait encore de cet homme étrange qui savait utiliser l'alchimie. Cet homme qu'elle avait du sauver et qui prétendait se nommer Liam. Elle était ressortie de ce passage de sa vie presque indemne, le médecin avait du la recoudre mais cela ne lui posait aucun problème. Ce n'était pas vraiment quelque chose qui allait la déranger ou bien la perturber. Elle n'en tenait aucunement rigueur et avait appris grâce à cette petite expérience de la vie que tous les hommes n'étaient pas forcément des pervers animés par la seule chose qui lui procurait du plaisir de la vie. Liam n'avait pas profité d'elle durant son lourd sommeil et cela valait déjà beaucoup aux yeux de la lycanthrope. En revanche elle avait réellement inquiété son domestique qui avait fait un tour de la ville au galop pour essayer de retrouver sa maîtresse qui aurait dû être rentrée depuis un bon moment déjà. Tant de questions avaient chamboulé l'esprit du jeune homme, pourquoi n'était-elle pas encore rentré ? Avait-elle fui ? Il se souvenait encore de la crainte qu'elle avait eu en se réveillant et en voyant son majordome. Il voyait bien que ses rêves la hantaient et mélangeaient dans son esprit cauchemars et réalités. Comment devait-il le prendre ? Était-ce à cause de ces hommes qu'elle avait rencontré dernièrement ? Dans tous les cas sa confiance en lui semblait diminuer et cela le peinait. En plus de cent vingt ans les deux jeunes gens ne s'étaient jamais quittés. L'un avait toujours veillé sur l'autre sans aucun problème apparent. L'un aimait certainement encore plus l'autre. L'amour n'était jamais égalitaire. Katherine entretenait bel et bien une relation avec Michael mais ce n'était pas réellement ce qu'elle voulait. Michael était là pour elle, il donnerait très certainement sa vie pour la voir rire et sourire mais Michael était l'ami de son père. Michael était son majordome. Michael savait plaire aux autres femmes tout comme elle savait attirer les autres hommes. Michael l'aimait mais elle doutait. Michael était là mais elle avait peur. Et si ce n'était que son argent qu'il désirait ? Son titre ? Son domaine ? Sa perte ? Et s'il ne faisait que la manipuler ? Toutes ces pensées tourbillonnaient en elle sans qu'elle ne puisse les arrêter. La Comtesse prenait des précautions, elle se méfiait désormais. De tout, de tout le monde, de la vie. Plus rien ni personne ne pouvait avoir sa confiance réellement. Pourtant Michael avait eu le temps de la conquérir mais il était un homme et elle doutait en tous les hommes...

De retour chez elle, la jeune femme avait du lui expliquer la situation et bien vite il s'était occupé de sa blessure avec soin pour que la cicatrice ne s'infecte pas d'une quelconque manière que ce soit. Michael avait toujours pris soin d'elle. Elle aurait pu être sa fille mais elle était celle de son ami.
Devant son miroir la jeune femme en peignoir observait sa blessure. Elle passait ses longs doigts fins et délicats par-dessus comme pour savoir si elle lui faisait encore mal. Bien entendu elle grimaçait mais la blessure était supportable. Liam l'avait recousu à merveille, elle ne pouvait pas espérer mieux question pratique. De plus elle était peu visible et cela l'arrangeait à souhait. Ce fut Lyse, une de ses domestiques qui vint lui porter une serviette pour qu'elle puisse se sécher les cheveux. La belle sortait de son bain. L'eau dégoulinait lentement sur son corps, caressait ses formes et mouillait le sol. Katherine s'assied ensuite et laissa la jeune blonde coiffer ses cheveux. Il y avait des jours où la belle la laissait faire. Elle en prenait l'habitude bien qu'elle préférait se démêler elle-même les cheveux. Ce fut un peu plus tard dans la matinée que Michael arriva à table tandis que la jeune femme s'occupait de ses papiers importants. Il lui tendait un journal. Un journal qui la fit frémir. S'arrêtant de manger et repoussant tous ses papiers dans sa tenue assez provocante elle attrapa vivement le journal et commença à parcourir la première page. Son cœur se serra, elle n'avait pas acheté ceux d'avant et ne savait donc pas ce qui était advenue de la jeune Spencer.


- C'est de ma faute...

Le regret se faisait sentir dans sa voix. La jeune femme avait-elle réellement péri ? Oh comme elle s'en voulait. Se levant de table elle se mit à faire les cent pas tandis que Michael lui lisait la suite. Cela ne pouvait pas être possible. Tous commençaient déjà à pleurer la belle qui avait disparu. Elle aurait du rester avec elle... Elle aurait du... Être là jusqu'au bout et tant pis si finalement elles ne se connaissaient guère et que leur relation ait été au premier abord orageuse. Katherine n'avait jamais souhaité cela mais serait-il possible que la belle se soit enfuie ? Aurait-elle réussit à échapper à la société ? La Comtesse l'espérait de tout cœur.

- Non mademoiselle vos ne pouviez pas savoir...

- J'aurais du, répliqua t-elle sèchement.

Michael reposa le journal du jour et se leva doucement. Là il l'enlaça et commença à la bercer. Ses lèvres vinrent se perdre dans son cou tandis qu'elle le repoussait avec tristesse. Elle n'avait pas envie de son contact, elle gardait encore un souvenir amer de son rêve mais s'en voulait tout de même de se montrer aussi distante. Michael ne méritait pas tout cela mais c'était une véritable forteresse qu'elle rebâtissait pour ne plus se perdre dans les méandres de la vie.

- Laisse moi Michael...

Le jeune homme s'exécuta et déglutit doucement avant de reprendre les nouvelles du jour et de se planter devant elle. Ses doigts vinrent tourner les pages jusqu'aux annonces et il souffla :

- Ce n'était pas la seule chose intéressante d'aujourd'hui Mademoiselle, tenez ces noms devraient vous dire quelque chose...

Il n'avait pas voulu le lui montrer directement. Il savait qu'elle allait accourir. Il n'avait absolument aucune confiance en ces Hunters. Ils étaient pour lui, des êtres qu'il fallait éliminer. Et si sa maîtresse mourrait à cause d'eux ? Ils voulaient la laisser faire dans les griffes du Comte, il n'était pas d'accord, il ne voulait pas la laisser partir et risquer ainsi sa vie. Malheureusement pour lui c'était des choses auxquelles tenaient beaucoup la jeune femme. Elle était, hélas, depuis longtemps animée par une rage, une soif de vengeance qui coulaient dans ses veines. C'était une promesse qu'elle avait faite, un objectif qu'elle s'était fixée. Quitte à en mourir, elle voulait périr sur le champ de bataille, armes à la main, sang à la bouche.
La jeune femme lui arracha immédiatement le journal des mains et se mit à lire. Un sourire triste fleurit sur ses lèvres. Alexender était de retour. Son regard croisa celui de son majordome. Il était persuasif, déterminé, Katherine allait s'y rendre, il en valait de son devoir, de son honneur. Son majordome ne pourrait pas le lui empêcher. Il la connaissait bien assez pour savoir qu'il ne fallait pas s'opposer à ses décisions si l'on ne voulait pas récolter à nouveau une gifle spectaculaire.

Quelques instants plus tard la voilà seule dans sa chambre, faisant glisser le peignoir de son corps pour enfiler ses sous-vêtements avec empressement. Attrapant une chemise blanche brodée avec délicatesse elle enfila un pantalon ainsi que ses bottes de cuir. Michael était rentré dans la chambre. Il la voyait déjà se préparer et n'aimait pas ça. Arrivant derrière elle il commença par lui masser les épaules avant d'arranger les plis de ses vêtements. Il la força à se rasseoir pour observer l'état de sa blessure mais fut contraint de la laisser se relever quelques secondes plus tard. Enveloppant ses lèvres d'un habituel rouge carmin, elle releva ses cheveux pour les rassembler en un chignon élégant mais presque déstructuré. Quelques mèches s'en évadaient et la rendait un peu plus sauvage. Glissant quelques pics dans ses cheveux pour maintenir sa coiffure, elle prévoyait un quelconque combat, que cela soit avec un parfait inconnu, un agent du Yard ou bien Alexender lui-même. Ses longs doigts fins mirent en place sa ceinture de cuir. Elle y orna sa dague en argent et y accrocha son Bloody Rose, sait-on jamais, peut-être en aurait-elle besoin. Michael, quant à lui, enfila son katana au cas où il y aurait un problème et attrapa une des bagues de sa maîtresse pour la remplir d'un précieux poison avant de la lui mettre au doigt. Ils devaient être prudents, et si Alexender passait d'allié à ennemi ? Ils ne pouvaient pas tout miser sur lui. Katherine avait bien compris que les hommes changeaient d'avis autant qu'ils changeaient de chemise. Elle ne pouvait pas lui faire entièrement confiance. Elle n'était là que pour mettre fin aux monstruosités que peuplait la Terre et Londres en regorgeait beaucoup plus qu'il n'en fallait.


*****


Enveloppé dans un long manteau au col redressé qui ne laissait entrevoir aucune parcelle de peau, la silhouette avançait dans WhiteChapel. Un gros chien noir maintenu par une chaîne en fer à d'imposants maillons se dressait à proximité de l'étrange personnage. Il grognait à chaque fois qu'un inconnu pointait le bout de son nez et ne laissait personne s'approcher de son maître. Mais voilà, c'était Katherine qui se camouflait sous son chapeau haut-de-forme. Elle pouvait bien dire qu'elle avait de la chance, peu de personne s'aventurait en ces lieux. Ils étaient pratiquement seuls. Michael, sous sa forme lupine, qui connaissait mieux qu'elle les différentes adresses, la guida jusqu'au point de rendez-vous lentement. L'endroit n'était pas bien éloigné mais n'attirait par du tout le regard. Elle y était passée maintes fois devant sans y faire réellement attention. Aussi fut-elle surprise de ne voir aucun agent du Yard. Ainsi n'apprendraient-ils donc jamais ? Elle les voyait comme des incapables. Qu'étaient-ils donc entrain de surveiller. Alexender était censé être toujours en fuite, alors pourquoi ne pas faire surveiller et sécuriser les lieux dans lesquels il pourrait se trouver ? Décidément elle n'arrivait pas à comprendre leur logique mais s'en réjouissait grandement pour le coup. Personne ne viendra donc les déranger. Katherine conservait un petit pincement au cœur pour cette Sarah Spencer. Elle avait été là juste avant sa disparition. Elle lui avait parlé et s'était promis d'assurer la bonne santé de la Lady à Alexender. Et puis voilà qu'elle disparaissait. Et si elle s'était noyée ? Comment Katherine devait-elle se comporter face au jeune homme désormais ? Elle s'en voulait, pour sûr... Mais ne devait pas se ronger jusqu'à en devenir malade. Pour le moment, l'important était de retrouver un Alexender sain et sauf et de discuter un peu avec lui pour voir le déroulement futur des choses. Elle ne pouvait pas se permettre de rester dans l'ignorance ni de se battre seul. Que proposerait-il?

S'arrêtant devant la porte, la belle fit tourner son poignet ganté pour y enrouler plus fermement la chaîne. Son loup sombre attendait que la porte s'ouvre. Il était prêt à sauter sur le premier qui bougeait. Un grognement sourd s'évadait de sa gorge qui s'évanouit instantanément lorsque la belle donnant un petit coup sec pour lui ordonner de se calmer. Pour le moment il n'y avait rien à craindre. A part si c'était le Yard qui lui ouvrait et découvrait une femme travestie portant des armes et tenant en laisse un animal sauvage. Non vraiment, le moment serait mal choisi pour se faire piéger, elle avait encore besoin d'une couverture, si infime soit-elle... Levant la main elle frappa trois fois à la porte de bois attendant que cette dernière s'ouvre.
Seuls ses yeux semblaient visibles, des yeux hypnotisant, tout à fait féminins et délicats. Katherine était là, elle était prête, elle n'attendait qu'une chose: retrouver ses alliés.



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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Alexender Von Ravellow
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MessageSujet: Re: Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42] Mer 15 Avr - 11:31

Des yeux d'azur l'observaient. Il se sentait nu, dévoré par ces mires qu'il comparait à des feux brûlants venus tout droit des cieux. Son âme était à vif, prête à se laisser entraîner dans les affres d'un monde sans lumière.
« Je ne suis pas ton ennemie. »
Sa voix, claire et douloureuse, résonnait dans tout son être comme un écho à sa propre souffrance.
Pourquoi devaient-ils toujours souffrir ?
« Nous les chassons et ils nous chassent. »
Cela n'avait pas de sens.
« C'est ta raison d'être. »
Était-ce le droit chemin ?
« Il n'y a pas de droit chemin, seulement celui que nous nous efforçons de tracer dans cette vie. »
Ce n'était pas une vie.
« Comme tu es pessimiste... »


********************
**********

Des voix le réveillèrent. Lentement, Alexender papillonna des yeux et les ouvrit avec difficulté. Il avait un mal de crâne phénoménal et la bouche pâteuse. Ses membres endoloris le rendaient maladroit et se redresser sur le sofa ne fut pas une mince affaire. Son cœur battant semblait tenter de lui jouer une sérénade à laquelle il ne comprenait rien.
Près de lui, de longues jambes se dressaient tel un mur. Fronçant les sourcils, il finit par reconnaître Christopher. Dans sa main brillait un couteau d'argent...
Pris d'une peur soudaine, le Hunter recula sur le sofa afin de s'éloigner de son coéquipier. Ce dernier ne lui jeta même pas un regard. Son visage était tourné vers la porte qui donnait sur le couloir de l'entrée et ses yeux fixaient d'un air résolu cette direction.
Alexender s'interrogea. Qu'avait-il vu ?

Se levant tout à fait, l'aristocrate déchu se tint debout aux côtés du jeune homme. Retenant son souffle, il regarda lui aussi du côté de l'entrée.


- Que se passe-t-il, Christopher? Lui demanda-t-il dans un murmure.

Sans détourner le regard, le jeune Hunter lui répondit d'un ton grondant:


- Nous avons de la visite.

Ce fut comme une claque pour Alexender qui se passa aussitôt une main sur le visage et porta l'autre à sa ceinture pour y trouver son nouveau Bloody Rose. Il n'avait même pas entendu les trois coups frappés à la porte.

- Qui ? Combien sont-ils? S'empressa-t-il de demander d'une façon hachée.

- Un homme et un gros chien noir. Izac est parti voir, avec Seamus, Nathan et Alphonse sont à l'étage.

Un homme et un gros chien noir ?
L'esprit embrumé d'Alexender fit rapidement le rapprochement malgré ses difficultés à émerger.


- Katherine? Souffla-t-il.

- De quoi?

Sans expliquer d'avantage sa pensée à son camarade, Alexender se dirigea lentement vers l'entrée. Mais la main de Christopher l'arrêta dans sa démarche.

- Vous n'êtes pas en état.

- Bien sûr que si! Fit vivement le Hunter en se dégageant un peu brusquement de l'étreinte du jeune homme. Ce sont peut être nos alliés...Face au regard interloqué de Christopher, Alexender soupira et expliqua très rapidement: Tu sais, Katherine Thornes ? Je vous en ai parlé. Une femme de la même trempe que Sarah, une Huntress...

Le regard de son acolyte se mua en une expression de surprise et de joie.

- Vous croyez? Pourtant...Izac a dit que c'était un homme. S'exclama-t-il sans feindre sa joie nouvelle.

- Nous allons le vérifier...Lui sourit brièvement le Hunter en reprenant sa marche.

Son Bloody Rose était prêt, au cas où, et il ne doutait pas qu'Izac et Seamus avaient également tout prévu s'il s'avérait que leur visiteur était en réalité un agent du Yard voire pire : un suppôt du Comte. Ce ne pouvait pas être un Vampire puisqu'il ne faisait pas encore nuit.


********************
**********

Une fois la première porte franchie, Alexender et Christopher rejoignirent Seamus et Izac postés devant la porte d'entrée. Le plus âgé regardait dans l'orifice du judas et grognait quelques remarques à son jeune ami.

- Il porte une arme..Mais il n'a pas l'air de venir chercher la guerre...  

- Son chien est énorme. Murmura Seamus.

- On s'en fout du chien, c'est pas dur à butter.

- Personne ne butera qui que ce soit. Poussez-vous...

Alexender écarta doucement Seamus et pris la place d'Izac qui lui laissait volontiers. Son œil contre le judas, il tomba aussitôt sur les yeux du visiteur. C'étaient de grands yeux d'un bleu profond et clair, des yeux magnifiques. Le coeur du Hunter fit un bond. Oui, sauf si sa mémoire le trompait, c'était bien Katherine!
Déverrouillant la porte de ses trois loquets, l'aristocrate déchu força un peu la porte pour l'ouvrir vers l'intérieur. Ses compagnons, reculèrent, Izac prit un air mauvais.


- Et qu'est-ce que vous faites de la prudence?! Bon sang!

Mais c'était trop tard, la porte était maintenant ouverte et Alexender se tenait droit, devant Katherine dont il reconnu le majordome transformé en chien.

- Hé bien, fit-il d'un air amusé, on ne peut pas dire que vous inspiriez la confiance dans un tel accoutrement! Vite, entrez avant qu'on ne nous voit!

Laissant entrer la jeune femme et le chien dans le couloir, Alexender jeta par la suite un coup d'oeil dans la rue et referma la porte à triple tours. Izac, Seamus et Christopher avaient reculés pour laisser tout ce beau monde entrer et s'étaient postés dans une position défensive. Chacun avait son arme à la main. Alexender se tourna vers eux, fit une révérence grotesque et leur présenta la jeune femme comme s'il eut à présenter une duchesse.

- Mes amis, voici la merveilleuse Miss Thornes, Huntress et alliée. Katherine, je vous présente quelques camarades de galère: Seamus, Izac et Christopher...

Izac tiqua. Même si Alexender leur avait déjà parlé de la belle, la perspective d'avoir une femme dans leurs rangs ne l'enchantait guère. Les autres se contentèrent d'un hochement de tête pour saluer la nouvelle venue.

- Il faudrait un mot de passe pour se présenter ainsi à la porte. Fit soudain Seamus d'un air réprobateur. Sans Monsieur Ravellow, nous ne vous aurions sans doute jamais fait entrer.

Alexender grimaça. Son jeune compagnon avait raison, il avait été imprudent, mais son coeur avait été si heureux et si certain de retrouver Katherine qu'il s'était contenté de l'écouter.

- C'est vrai. Acquiesça-t-il. Nous utiliserons nos noms de code, ceux qu'on utilise dans les journaux.

Il jeta un regard à Katherine et lui fit signe de le suivre.

- Par ici...

Les Hunters regagnèrent le salon à l'unisson. Seul Izac resta dans l'entrée pour s'assurer que Katherine n'était pas suivie. Une fois arrivés dans le salon, l'équipe se divisa pour quérir verres et biscuits à disposer sur la table basse. Beaucoup jetaient des regards oblique au chien que tenait en laisse la belle. Il était réellement massif et son air les mettait mal à l'aise.
Alexender indiqua à Katherine un fauteuil et poussa un verre vide dans sa direction avant de se rasseoir dans le sofa. Le tissu moelleux lui fit l'effet d'un baume sur ses plaies. Il se sentait brisé. Jamais il n'aurait dû s'assoupir, c'était pire que s'il n'avait pas fermé l'oeil jusqu'à la nuit tombée.


- Ainsi ma petite annonce n'est-elle pas passée inaperçue...C'est un chance! Fit-il en remerciant au passage d'un signe de tête Seamus qui venait de ramener la bouteille de whisky. Est-ce que vous avez des nouvelles des autres...? Demanda Alexender en servant à boire.

Il résistait à la forte tentation de regarder le chien auprès de la jeune femme mais, de temps en temps, son regard tombait sur lui. Cette capacité à se transformer le perturbait toujours autant. Il ne pouvait pas encore faire confiance au Lycanthrope...D'ailleurs, il songeait qu'il faudrait peut-être en parler aux autres avant que ce dernier ne se change en homme sans prévenir et risque de se prendre une balle entre les deux yeux...

Seamus et Christopher les rejoignirent, Seamus sur le fauteuil restant, Christopher prenant place à côté de son maître. Bientôt, Nathan et Alphonse descendirent de l'étage pour se présenter à leur tour. A part Izac, toute la troupe venait de se rassembler dans le salon et chacun avait rangé les armes pour écouter ce que la jeune femme avait à dire. Alexender semblait lui faire confiance.
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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42] Mer 15 Avr - 21:49

Katherine avait directement pris la décision d'aller au point de rendez-vous. Elle n'avait pas pu l'ignorer, c'était contre tout ce que son cœur désirait. Son désir de vengeance se faisait de plus en plus fort chaque jour. Elle se devait d'éliminer ces créatures qu'elle voyait comme immondes. Elle ne les supportait pas. La jeune Comtesse n'avait déjà que trop vu dans son enfance ce dont ces monstres étaient capables. Des corps, des corps, du sang, du sang et encore des horreurs. Tout se chamboulait dans son esprit, tout la hantait depuis plus de cent vingt ans. Elle revoyait encore les meurtres dans ses rêves et avait réellement peur que tout recommence. Elle ne pouvait pas laisser faire ça, cela la révulsait. Non depuis toujours elle se devait de respecter sa parole, cette promesse qu'elle avait pu faire à sa petite sœur. Alors aller à ce rendez-vous posé même par un noble déchu c'était imposé comme une évidence. Michael n'était pas de cet avis. Il ne désirait pas qu'elle risque sa vie pour retrouver un Hunter recherché dans tout Londres. Si cette histoire allait trop loin, si sa maîtresse venait à être blessée grièvement ou bien seulement mise en un trop grand danger par la faute de cet homme aux cheveux tantôt noirs tantôt roux, il n'aurait aucun scrupule à le dénoncer au Yard ou bien à le provoquer en duel. Katherine ne pouvait pas s'échapper de ses doigts, il devait la garder, au moins pour lui, pour son vieux cœur qui ne battait que pour elle.

La belle s'était donc rendue à Whitechapel avec son énorme loup noir. Ce dernier était accroché par une chaîne que tenait la jeune femme dans sa main avec fermeté. Elle ne pouvait pas se risquer à faire entrer Michael sous sa forme humaine. Les embrouilles ressurgiraient et elle voulait éviter à tout prix que la situation ne dégénère. Elle ne voulait pas que tout recommence comme le premier jour. Alexender et lui étaient comme chien et chat, ils ne pouvaient pas se voir. Alexender pour une raison encore obscure aux yeux de la belle, peut-être pour la nature de son amant, ou bien son côté bien trop protecteur, Michael ? Pour justement ce côté qui fait de lui un homme protecteur et possessif dans l'excès. Personne ne devait s'approcher de sa jeune maîtresse avec un ton aussi menaçant que celui que le noble déchu avait adopté dès leur première rencontre. Son long manteau qu'elle avait attaché au niveau du cou recouvrait tout son corps. On pouvait bel et bien la prendre pour un homme puisque à cause de son grand chapeau haut-de-forme seuls ses yeux étaient visibles. Et c'était voulu, elle n'avait pas pu venir en tant que femme, cela aurait été bien trop dangereux et pour elle et pour sa couverture. Que ferait une femme seule dans ces quartiers si peu fréquentables de Londres ? Tous les ivrognes du coin n'auraient eu aucun scrupule à l'agresser dans la rue pour son seul crime d'être une femme.

L'attente avait été des plus longues à ses yeux. Elle pouvait entendre des bruits derrière la porte, il était totalement inutile qu'elle frappe à nouveau pour se faire entendre. Ce qui l'intriguait c'était le nombre de personnes qui se trouvait à l'intérieur. S'était-elle bien rendue au bon endroit ? Ne s'étaient-ils pas trompés ? Dans tous les cas ils semblaient vigilants. Aucun d'eux ne daignait lui ouvrir et même si au fond elle en était presque soulagée de pouvoir constater la vigilance de ces gens-là, elle les haïssait profondément. Le petit vent frais n'était pas bien désagréable mais poiroter à l'extérieur la mettait de très mauvaise humeur. Michael s'était mis à gigoter de gauche à droite en découvrant ses canines d'impatience. Il n'aimait pas cela du tout. La main de la demoiselle glissa sur la tête de son compagnon canin comme pour essayer de le calmer. La respiration de la belle se fit plus silencieuse lorsqu'elle perçut d'autres bruits de pas un peu plus décidés que les autres. Elle papillonna des yeux en voyant la porte s'ouvrir et dévoiler un homme de carrure assez imposante. La chevelure noire et plus courte que lors dernière rencontre Katherine reconnut aisément son allié, Alexender Von Ravellow. Son cœur se mit à battre plus fort tandis qu'un fin sourire se forma sur ses lèvres. Elle avait eu si peur pour lui lors de son arrestation et de sa fuite. Ses paroles lui firent arquer un sourcil. Doucement elle posa ses mains sur son torse comme pour le pousser et pénétrer à l'intérieur de la maison en lui grognant :

- Vous conviendrez Messire, qu'il serait mal venu pour une femme de se promener en robe et ombrelle dans des ruelles aussi peu fréquentables remplies d'ivrognes qui n'attendent que de la bonne chaire fraîche pour lui sauter dessus. J'ai préféré me travestir que de risquer mon intégrité physique. Suis-je pardonnée ?

Elle lui souffla ces derniers mots à son oreille avant de le suivre à l'intérieur. Michael grognait légèrement en voyant Alexender et se plaça devant sa jeune maîtresse comme pour défier quiconque de s'approcher d'elle. Pendant que le fugitif fermait la porte à triple tours, la belle posa une main sur son chapeau qu'elle ôta et donna à son majordome qui l'attrapa entre ses crocs et le posa sur le meuble le plus proche. Les crocs du loup se firent plus voyant en distinguant les armes de chacun logées dans leur main. Un lourd grognement franchit ses babines tandis qu'il se mettait en position d'attaque assez effrayante comme savaient le faire tous les chiens. La belle tira légèrement sur la chaîne comme pour l'inciter d'arrêter directement son cirque et arqua un sourcil en voyant faire Alexender. Elle inclina légèrement la tête, faisant basculer quelques mèches de cheveux devant son joli visage. Son chignon ne s'était pas défait, elle ne l'avait simplement pas attaché comme les coutumes de l'époque l'exigeaient. Il n'était donc pas parfaitement structuré mais la rendait tout de même des plus agréables à regarder. Doucement alors que son ami se relevait elle enroula son cou de ses bras et embrassa ses joues ainsi que son front en souriant :

- C'est une heureuse surprise Alexender que de nous revenir sain et sauf.

Finalement ce fut sa main qui vola sur sa joue pour le gifler. Son doigt se planta sur son torse comme elle l'avait fait avec Michael tandis qu'elle le fusillait du regard :

- Vous auriez pu me tenir au courant, trouver quelque chose pour me rassurer ! Vous n'imaginez même pas le sang d'encre que j'ai pu me faire de vous savoir ainsi derrière leurs barreaux puis volatilisé dans la nature !

Ça pour sûr, elle lui en voulait. Elle aurait aimé qu'il la prévienne, qu'elle reçoive un signe pour ne pas s'inquiéter, ne pas se faire du mouron pour rien. Finalement elle lui tourna le dos et serra les poings pour retenir ses émotions. Elle le haïssait en cet instant de ne lui avoir rien dit. La gifle n'avait pas été bien violente, elle ne voulait pas lui faire mal ni même instaurer un malaise entre eux simplement elle était une femme. Elle avait été inquiète. C'était un geste parti tout seul, qui n'avait pas pu être retenu. La colère d'avoir été dans l'ignorance l'avait violemment prise et s'était évacuée de son corps, par sa main. Elle tourna légèrement la tête et plongea ses prunelles dans les siennes. La belle esquissa l'ombre d'un sourire et scruta un à un les hommes qui étaient dans la pièce. Elle évalua les propos du jeune homme et haussa les épaules. Il était vrai que se présenter ainsi n'était pas l'idéal mais elle aurait difficilement pu se présenter sous les traits d'une certaine Elisabeth, vêtue comme un homme et tenant un énorme chien en laisse. Elle se retourna vers Alexender et se débarrassa de son manteau pour le lui poser dans les bras comme s'il était son majordome. Un sourire étira ses lèvres :

- Bien, après tout pourquoi pas.

Hochant la tête elle le suivit à travers la maison, tout était simple, elle aimait ça bien que le quartier dans lequel se situait l'appartement n'était pas celui qu'elle portait haut dans son cœur. Ses longs doigts fins se posèrent sur sa cicatrice pendant quelques secondes, comme pour vérifier qu'elle ne saignait pas. Sa chemise blanche dont les dentelles se situaient vers le poitrine était légèrement entrouverte. Avec sa démarche féline, Katherine avait toujours eu l'air d'une aguicheuse et s'en rendait bien compte, mais c'était quelque chose contre laquelle elle ne pouvait lutter. Elle avait toujours été ainsi. Michael avançait aux côtés de la belle, il s'était calmé depuis que les armes s'étaient baissées. Il n'aimait pas la menace envers sa jeune Comtesse. Il faisait tout de même attention aux hommes qui se trouvaient non loin d'elle, il ne les aimait pas. Michael n'aimait personne. La belle entra dans le salon et prit place sur le fauteuil que lui indiqua Alexender. Elle posa ses mains sur les boudoirs avant de laisser son bras gauche pendre dans le vide attendant que son majordome s'y assied. Sa main se glissa sur le crâne du loup, se délectant de la douceur de ses poils. Deux de ses doigts glissèrent vers sa truffe délicatement faisant lever la tête du gros chien friand de ses douces caresses. Alors qu'on lui servait son verre elle se mit à détacher son majordome et laissa tomber la chaîne à ses pieds.

- Une chance comme vous le dîtes Alexender. Si Michael n'avait pas été là je n'aurais aucunement regardé le journal dans la catégorie des petites annonces.

Elle attrapa doucement son verre rempli de whisky et le porta à ses lèvres remerciant les deux jeunes gens, celui qui avait apporté la bouteille et l'autre qui l'avait servie. Se mordant les lèvres elle finit par se lancer posant son regard dans celui du bel homme aux cheveux sombres :

- Je n'ai pas revu Stan depuis votre arrestation... En revanche j'ai croisé le chemin d'une belle inconnue au caractère aussi désagréable et tempétueux que le vôtre lors d'une rencontre. Malheureusement pour nous, je n'ai vu votre Sarah qu'avant sa disparition. Je suis navrée...

La jeune femme détourna légèrement le regard, elle s'en voulait que la situation tourne aussi mal pour la demoiselle. Elle aurait aimé l'aider, ou du moins lui éviter cela.


- Mademoiselle Spencer est une femme à l'esprit vif, elle a du trouver un moyen de s'enfuir. Elle... m'a dit de vous dire de ne pas perdre espoir.

Doucement elle se leva et posa son verre.

- Michael.

D'un signe de la tête, la jeune femme lui indiqua le bout du couloir.  Le loup se leva lourdement et s'en alla jetant un dernier regard aux personnes qui se trouvaient dans le salon en leur compagnie. Traversant le couloir, le majordome rejoignit Isac pour se poster à l'entrée et veiller à ce que personne n'entre sans permission dans la demeure. Ainsi, même s'il n'était pas à proximité de la belle il pouvait toujours veiller sur elle et sa présence les indisposerait peut-être un peu moins.
Katherine s'était glissée derrière Alexender ses mains posées sur ses épaules et commença à le masser avec douceur.


- Mais dîtes moi Alexender, quand arrivera donc ce cher Raphaël et son prétendu neveu ?

Ses longs doigts fins se posèrent sur ses joues délicatement. Finalement elle fit le tour du divan et prit place sur ses genoux reprenant son verre et avalant une gorgée légère. Titillant ses mèches de cheveux avec ses doigts elle souffla au creux de son oreille :

- Décidément... je ne vous verrai jamais pareil une seule fois... j'aimais mieux votre roux.

Reprenant un peu plus de sérieux elle fit tourner l'alcool dans son verre et demanda :

- Puisque vous êtes revenu, comptez-vous loger ici ? Avez vous un plan ? Des idées pour lutter ? Je suis toute ouïe, comme toujours Alexender.

Katherine aimait plaire, du moins se montrer dans des postures presque indécentes pour une femme de sa classe et de son époque ne la dérangeait pas du tout, surtout quand un homme séduisant à ses yeux se trouvait dans la même pièce qu'elle. Pour elle c'était naturel, sa seconde entité, celle du léopard, l'influençait grandement. Elle avait toujours été très tactile et prompte à s'approcher un peu trop des hommes qui lui plaisaient.



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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Alexender Von Ravellow
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MessageSujet: Re: Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42] Jeu 16 Avr - 22:31

En ouvrant à Katherine, son coeur s'était envolé. Un instant, il avait songé que c'était peut-être Sarah qui se cachait sous ce long manteau et ce haut-de-forme à larges bords...Mais Alexender, quoiqu'un peu gris et pâteux à cause de l'alcool et de sa sieste improvisée, n'eut pas à hésiter plus d'une paire de secondes. Tentant un trait d'humour, tout en invitant la belle à entrer dans leur nouveau refuge, il fut légèrement repoussé de la main au passage et le ton qu'employa la jeune femme ne lui prouva que trop qu'il avait été maladroit dans sa formulation.
Katherine était une femme qu'il ne connaissait pour ainsi dire presque pas. Ils s'étaient rencontrés peu de temps après l'attaque du théâtre et avaient à peine eu le temps de discuter d'une nouvelle stratégie pour défaire le Comte qu'ils avaient été séparés par le Yard à Whitechapel. Tout ce qu'il en savait, c'était qu'elle faisait partie de ces étranges créatures nommées "Lycanthropes", capables de se transformer en animaux, comme Gaspard, et qu'elle avait un caractère particulièrement bien trempé. Il avait en outre compris qu'elle nouait avec son majordome des liens aussi étroits que lui avec ses domestiques...du moins les caresses qu'ils s'échangeaient en public lui avaient-elles mis la puce à l'oreille.
En soit, elle lui ressemblait beaucoup, et même lui ne pouvait l'ignorer: ils étaient tous deux animés par une soif de vengeance terriblement exacerbée, leur passé était aussi infect que leur envie d'en finir avec les Vampires était forte, ils aimaient les plaisirs de la chair, sans se soucier des classes sociales, et avaient l'âme de leader.
Une grande question se posait cependant: seraient-ils associés, comme archet et violon, ou auraient-ils un mal fou à s'accepter l'un l'autre à cause de leurs similitudes? Deux caractères forts avaient autant de chances de s'apprécier que de se haïr. Pour l'heure, Alexender tâchait de faire au mieux et de mettre la jeune femme à l'aise.


- Mais il n'y a rien à pardonner, my lady. Avait-il répliqué à son grognement un peu trop vif à son goût. Les ombrelles, ici, ne nous sont d'aucune utilité. Vous avez bien fait.

Katherine venait de lui frôler l'oreille et seuls Izac et Seamus avaient été assez près pour entendre le dernier murmure de la jeune femme. Cela leur avait arraché un tic de suspicion.
Tout en verrouillant la porte, Alexender se retourna et constata que la belle avait enlevé son chapeau. Son chignon déstructuré lui donnait un air follement sauvage qu'il savait apprécier chez une femme. Cependant, son regard revint bien vite sur son majordome, Michael, qui avait repris sa forme de gros chien noir et qui grognait en direction de ses acolytes dont les armes étaient sorties. Katherine tira un peu sur sa chaîne pour le faire taire tandis que lui, de son côté, faisait un bref signe de la tête et de la main réunies pour inciter les Hunters à ranger leurs joujoux.
S'il leur avait fallu être prudents à son entrée, il était désormais inutile de se regarder comme si chacun était un ennemi potentiel, même si cela était tout à fait probable. Autant démarrer la soirée sur un ton plus sympathique et...
Alexender fut surpris par l'étreinte que lui offrit la belle chasseuse au moment où il se redressait après avoir fermé le dernier loquet de la porte. Stoppé net dans ses pensées au sujet des armes et du chien, (ou peut-être était-ce un loup?), le Hunter reçut la jeune femme dans ses bras. Perplexe, il se laissa embrasser les joues et le front, sans rien avoir le temps de dire. Seul un léger son de surprise sortit de ses lèvres entre-ouvertes.
Accueillant le soulagement de Katherine avec un sourire des plus niaiseux, l'aristocrate déchu ne se prépara pas à recevoir une gifle retentissante. Comment un geste aussi violent pouvait-il venir gâcher si rapidement un moment de plénitude?
Complètement abasourdi, Alexender porta la main à son visage, comme s'il avait réellement souffert de ce coup de colère, mais il eut le bon réflexe de lever son autre main vers ses coéquipiers afin de leur assurer que tout allait bien, sans quoi la belle aurait sans doute eu sur le dos trois Hunters en rage. Elle débarquait habillée en homme, avec un chien aussi gros qu'un loup, elle le mouchait au passage d'un ton vexé, l'embrassait comme s'ils étaient de vieux amis et finissait par lui mettre cinq doigt dans la face avant de lui crier dessus qu'il n'était qu'un imbécile de ne pas lui avoir donné de signe de vie...Quelle drôle de façon de se présenter!
Izac avait froncé les sourcils sans dire mot. Au fond de lui, il songeait qu'ils étaient tombé sur une hystérique et que l'accepter dans leur équipe n'allait sans doute pas être facile. De son côté, Seamus avait l'air inquiet. Christopher, lui, n'avait pas vu la scène, trop préoccupé par l'animal au pelage d'ébène qu'il contemplait d'un oeil curieux. Mais maintenant que Katherine donnait de la voix, il comprenait que quelque chose avait dérapé.


- Mais...Articula maladroitement Alexender en recevant le doigt de la jeune femme sur son torse.

Katherine lui tourna alors le dos et l'abandonna. La colère monta.


- Qu'est-ce que vous croyez? Cria-t-il soudain. Que j'ai pris des vacances pour le plaisir et que je devrais avoir honte de ne pas vous avoir envoyé de carte postale? Ajouta-t-il en pointant à son tour la jeune femme du doigt. Je pense que vous n'avez pas idée de ce que c'est que d'être balancé dans la TOUR, d'en sortir, de se retrouver à moitié CREVÉ dans les bras d'un am...complice, de ne plus savoir où l'on est ni ce que l'on doit faire, de voir dans les journaux ses plus proches amis se faire PENDRE à votre place et d'apprendre que sa fiancée est peut être MORTE noyée!! Vous croyez que j'ai eu le choix de me terrer comme un RAT dans un lieu sans vie? Vous croyez que ça m'a amusé de lire tous les jours que mon IMPUISSANCE risquait de me faire perdre les SEULES personnes qui me restent sur cette foutue Terre?!

Le Hunter serrait les poings et ses compagnons grinçaient des dents. Pour qui se prenait cette petite mijaurée? Croyait-elle pouvoir ainsi entrer en fanfare dans leur repère, gifler le premier venu et se faire ensuite une place parmi eux?

Mais Alexender soupira bientôt, comme s'il eut abandonné tout espoir de faire entendre raison à cette folle qu'il jugeait, pour l'heure, sans âme. Il acquiesça à ce que venait de dire Seamus au sujet des pseudonymes et, d'après le sourire de la jeune femme, c'était une idée qu'elle trouvait elle aussi plus judicieuse que celle de se présenter ainsi en frappant comme s'il eût s'agit d'une auberge.
Recevant le manteau de la belle dans ses bras, Alexender le refila à Christopher avant de passer devant la petite bande afin de conduire leur "invitée" dans le salon. La gifle n'était pas prête d'être oubliée car, même s'il en avait souvent reçues de la part des représentantes de la gente féminine, jamais le Hunter n'avait eu une aussi grande sensation d'injustice à ce propos.

Enfin installés dans les fauteuils et le sofa, pendant qu'Izac montait la garde dans le couloir de l'entrée, les Hunters se servirent à boire et commencèrent une discussion des plus sérieuses dont le sujet, d'une importance capitale pour leur mission ultime, était la localisation de leurs derniers alliés.
Katherine n'avait pas vu Stan et rien ne présageait qu'il se joindrait à eux ce soir. Le jeune Hunter savait sans doute lire, mais Alexender doutait de son courage. N'avait-il pas disparu, comme par hasard, lors de l'attaque du théâtre? N'avait-il pas fui comme une ombre lorsque les agents du Yard étaient entrés chez Romerta et ses filles? Après tout, rien ne leur prouvait qu'il n'était pas un traître...
Alexender sortit de ses réflexions lorsqu'il compris que Katherine avait croisé Sarah. Son coeur fit un tel bond qu'il sauta littéralement du sofa sur lequel il s'était un peu affalé et qu'il renversa la moitié de son verre sur le tapis.


- Sarah!? Vous avez vu Sarah?!! Où?! Quand?! Est-ce qu'elle va bien?! S'exclama-t-il comme un diable, les yeux exorbités tant sa joie et son inquiétude se mêlaient à la curiosité la plus totale.

Tous les Huntes présents dans la pièce se redressèrent à l'unissons. Mais ils furent bien vite déçus par les paroles de la belle Lycanne: elle avait bien vu Sarah mais c'était avant son "accident" de fiacre. Depuis, elle n'avait aucune nouvelle elle non plus.


- Où était-ce? Demanda Alexender en reposant son verre sur la table base. Je dois le savoir. Comment avez-vous pu la voir avec cet..."accident"? Elle était censée être au couvent...

Tout se mêlait dans sa tête. Il ne comprenait plus rien. Sarah était au couvent depuis l'atentat du théâtre et elle avait été attaquée sur le chemin du retour. Comment Katherine avait-elle pu la rencontrer? A moins d'avoir obtenu une visite dans la maison de Dieu ou d'avoir voyagé avec elle dans le véhicule, il ne voyait pas comment elle, une Huntress activement recherchée aussi, aurait pu croiser sa promise dans un semblable contexte. Quelque chose lui échappait.

Il vida ce qu'il restait de son verre et se resservit d'un air sombre avant de grimacer face aux dernières paroles que son alliée avait entendues de la bouche de Sarah.


- Pfff..."Ne pas perdre espoir"...Et si elle s'est vraiment noyée? A quoi bon?

Dans cet excès de morosité, le Hunter vida d'un trait son whisky et fit signe à Seamus d'aller chercher une seconde bouteille, la première ayant été bien trop entamée dans l'après-midi...Le garçon se leva en faisant la mou et s'exécuta lentement. De son côté, Christopher ne quittait plus des yeux le chien noir. Il avait l'air drôlement intelligent. Quelle race était-ce? Un Berger noir? Non...C'était trop musclé...

Katherine se leva alors et donna un ordre au-dit chien qui s'éloigna aussitôt pour rejoindre Izac dans le couloir de l'entrée. Christopher abandonna son observation, persuadé qu'il avait vu dans le regard de l'animal une lueur maligne.
Alexender ne s'en préoccupa absolument pas. Il avait déjà eu affaire à cet étrange duo chez Romerta et ne s'en étonnait plus, l'alcool aidant encore ce soir. Cependant, lorsque les mains de la chasseuse virent se poser sur ses épaules endolories et qu'il sentit leur douce friction par-dessus sa chemise blanche, il tressaillit autant à ce geste des plus inattendus qu'aux paroles que la belle lui glissa alors.


- Ra...Raphaël? Répéta-t-il bêtement en laissant la belle poser sa main sur sa joue et le contourner pour venir s'asseoir sur lui.

Christopher, Alphonse et Nathan assistèrent à la scène sans mot dire. Ils ne comprenaient pas comment une femme pouvait avoir ce genre de manière et cela choquait particulièrement les plus jeunes sans qu'ils ne se l'avouent directement. C'était comme s'ils assistaient à un spectacle auquel ils n'avaient pas été conviés. Ils étaient en situation de voyeurs et leurs coeurs s'étaient arrêtés, tout comme celui de leur maître.


- C'est Stan que j'ai appelé son "neveu"...Fit ce dernier tout en sentant les doigts fins de la jeune femme entortiller quelques unes de ses mèches colorées. Je ne sais pas où ils sont tous les deux...

Au bout de quelques minutes, et alors que Seamus revenait avec une bouteille dans les mains, Alexender sembla reprendre vie. Il saisit doucement la belle par les poignets pour arrêter ses gestes et lui ramener les mains vers ses jambes. Son regard d'ambre plongé dans le sien, il lui sourit d'un air quelque peu osé.

- Miss Thornes...commença-t-il d'une voix presque tendre, tantôt vous m'embrassez, tantôt vous me gifler...et maintenant voilà que vous me prenez pour une mine d'informations, à défaut d'un cheval...Son sourire se fit plus froid. Vous êtes difficile à suivre.

Sans brusquer la jeune femme, Alexender l'obligea à descendre de son perchoir et à s'asseoir à côté de lui et non plus sur lui.

- Pour répondre à vos questions: oui je compte loger ici, non je n'ai pas de plan et oui, j'ai des idées, toujours plein d'idées...Nathan aurait juré que le regard de son maître avait glissé sur le cou puis la poitrine de la jeune femme.

Les verres furent de nouveau remplis et la conversation redevint plus générale.


- Mademoiselle Thorne, se risqua Alphonse d'une petite voix, comptez-vous nous rejoindre? Je veux dire, ici...Ou avez-vous un autre refuge dont nous pourrions disposer pour élaborer nos plans?

De son côté, Izac avait accueilli Michael d'un regard étonné, puis suspicieux, avant de s'adresser à la bête d'un ton paternel:

- Tu viens monter la garde avec moi, mon ami? J'espère que tu as meilleur caractère que ta maîtresse...
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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42] Mer 22 Avr - 20:26

Katherine avait fait un long chemin à pied pour se retrouver à WhiteChapel, ce n'était pas la porte d'à côté pour elle et ne s'était pas risquée à prendre un fiacre pour aller dans un quartier aussi peu fréquentable que ce dernier. Tant de rumeurs y courraient depuis longtemps, elle n'avait pas besoin que l'on doute un peu plus de son identité et de ses intentions en y allant. De plus, qui sait ce qu'elle aurait pu trouver en descendant du fiacre ? La belle commençait à douter de tout et tout le monde en ce moment. Ce n'était pas une réelle peur de mourir mais plutôt... une envie d'en finir avec la promesse qu'elle avait faite à sa chère sœur. Elle se sentait comme emprisonnée, liée à ce genre de pacte avec le diable. Peut-être n'aurait-elle jamais dû le faire... mais son désir de vengeance avait été si fort sur le coup. Elle ne pouvait plus reculer et à vrai dire... l'envie n'y était pas. Elle se devait tout comme les autres Hunter, de débarrasser l'humanité de ces parasites. Ces créatures ne devaient pas continuer à vivre. Cela lui était quelque chose d'inconcevable. Et si l'espèce humaine disparaissait ? Et si... Et si c'était ces monstres-là qui prenaient le pouvoir sur l'humanité ?
Il était vrai que les deux jeunes gens ne se connaissaient que trop peu. Ils n'avaient eu guère le temps de faire de réelles présentation puisqu'un pont en pleine nuit n'était pas adapté pour une quelconque rencontre agréable et que le Scotland Yard faisait tout pour leur maître des bâtons dans les roues. Dans tous les cas, leurs caractères semblaient guère bien différent l'un de l'autre. Seulement, Katherine était une femme et son comportement pouvait paraître bien plus souvent que nécessaire assez déplacé et honteux pour l'époque. Elle a eu cependant cent quarante ans pour se forger une identité. Elle n'a pas toujours été une femme excentrique à l'humeur changeante, elle avait été autrefois une douce personne bien plus agréable que celle qu'elle était devenue de par les épreuves, les amours, les déceptions, les tristesses, les meurtres.

Pour pénétrer dans la pièce la belle l'avait doucement poussé pour qu'il puisse s'écarter et qu'elle soit enfin à l'abri. Ainsi personne n'avait pu la voir dans la rue ou bien la reconnaître en tant que femme et surtout comtesse. Et puis... Que viendrait faire une femme ici à Whitechapel, devant des appartements, dans des vêtements d'homme accompagnée d'un chien fort peu agréable au premier abord et qui ressemblait étrangement à un immense loup noir ? « My Lady » cela faisait bien longtemps qu'on ne l'avait pas appelé ainsi, les soirées mondaines s'étaient faites trop rares ces derniers temps, ce qui ne lui déplaisait pas vraiment puisque la fatigue commençait à prendre le dessus et qu'une femme blessée au niveau du flanc aurait soulevé quelques rumeurs sur ses activités...Un sourire franchit ses belles lèvres toutes vêtues d'un rouge quasi-naturellement en entendant la fin de ses propos.
Pénétrant dans la pièce elle eut le temps de voir chacun des hommes présents et de constater que chacun d'entre eux portait une arme presque braquées sur eux. Ce qui ne plaisait guère à son chère compagnon qui montrait des dents et les menaçait d'un grognement peu rassurant. Le premier qui bougeait dangereusement aurait droit à une paire de crocs accrochée à son cou. Tirant sur la chaîne elle eut l'heureuse surprise de voir les autres jeunes gens ranger leurs armes ce qui calma son compagnon. Ses poils moins hérissés montraient qu'il était tout de même menaçant mais ne sauterait sur personne pour le moment pourvu que la situation dure. La jeune femme avait ôté son chapeau haut-de-forme qui ne lui servait désormais plus à rien. Il lui avait simplement servi à se dissimuler d'un quelconque regard et avait été satisfaite de voir que tous à part Alexender l'avait prise pour un homme.

Voir sa maîtresse se réfugier dans les bras du bel aristocrate ne l'avait guère étonné, la Hongroise avait toujours été dans l'excès de manières sans réellement pouvoir y faire quelque chose. La belle avait embrassé ses joues et son front d'un geste maternel, comme s'il avait été un quelconque descendant alors qu'il n'en était absolument rien. C'était une marque d'affection qu'elle lui offrait. L'inquiétude avait été tellement forte que sa joie s'était manifesté dans ses embrassades et sa peur de le perdre dans une gifle fort peu agréable mais qui lui avait fait un bien fou. Elle avait eu si peur pour lui, durant ces longs jours elle n'avait eu comme informateur que le journal et Dieu seul savait la véracité des propos des journalistes. Et si Alexender avait péri ? Et s'il ne s'était pas réellement échappé de la Tour et qu'un Tierce l'avait fait exécuter et passé donc sous silence ce meurtre ? C'était quelque chose de tout à fait plausible et qui ne lui avait pas échappé à l'esprit. Elle avait craint qu'il ne revienne jamais ou bien qu'il abandonne. Qu'il meure de faim et de froid dans les rues, qu'il se fasse assassiner... heureusement le jeune homme s'en était sorti. La colère l'avait donc violemment prise au même titre que l'inquiétude et sa main s'était écrasée sur la joue d'Alexender, elle y découvrit de la surprise puis peu à peu, au fur et à mesure que les secondes s'écoulaient, elle commençait à y déceler de la colère à son tour. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle le vit lui crier dessus nettement plus fort qu'elle n'avait pu le faire. Avait-il besoin de montrer qu'il était un homme ? Qu'il était grand et fort et qu'une femme n'avait pas le droit de se montrer aussi tempétueuse qu'elle l'avait été ? Une lueur de défis s'empara de son regard lorsqu'il pointa son doigt vers la jeune femme. Avec une grande délicatesse elle y posa sa main et arqua un sourcil. Finalement à quelques millimètres de lui sa poitrine se soulevant à chaque respiration elle papillonna des yeux. Qui avait déjà osé lui parler ne serait-ce qu'une seule fois ainsi ? Michael n'avait jamais élevé la voix. La seule personne qui l'avait fait était disparu depuis bien des années et il s'agissait de la mère Hongroise de la jeune Comtesse. Michael s'était remis à gigoter et tournait autour d'elle en montrant les crocs voyant l'animosité des autres Hunter. L'index de la belle se posa sur son crâne comme pour l'inciter à se calmer et ne pas provoquer un peu plus les hommes qui se trouvaient à leurs côtés. Avaient-ils donc tous aussi peur qu'une femme s'en prenne à leur ami ? Elle trouvait cela presque stupide, si elle avait voulu lui faire du mal elle l'aurait fait dans un autre lieu que celui-ci, sans personne... Peut-être un lit sur lequel elle l'aurait massé, aurait compté les vertèbres jusqu'à six pour attraper cette dernière entre ses doigts, la déloger d'un coup sec et la faire craquer ce qui aurait provoqué une paralysie instantanée ainsi qu'une mort silencieuse et rapide. Cependant tuer Alexender n'était vraiment pas dans ses plans. Une grimace déforma ses lèvres tandis qu'elle baissait les yeux puis les relevait pour les planter dans les siens :

- Je me suis faite du soucis pour vous Alexender. Je ne savais même pas si ce que l'on racontait sur vous sur votre évasion était vrai. Je ne savais même pas si vous étiez mort ou vivant, si vous mouriez de faim au coin d'une ruelle, si l'on ne vous avez pas poignardé en pleine rue. J'ai eu tord de m'emporter comme je l'ai fait mais vous avez tord de vous en prendre à mon inquiétude qui m'a rongé jusqu'à aujourd'hui. Je ne demandais certainement pas une de vos « cartes postales » mais un signe, un petit signe qui m'aurait permis de savoir si vous étiez mort ou vivant, si même vivant vous n'aviez pas abandonné, si vous étiez toujours là pour vous battre d'arrache-pied. J'ai eu peur Alexender. Comprenez mon geste désinvolte et nerveux. Bien sûr que je ne sais pas ce que cela fait d'être balancée d'une tour en revanche j'ai balancé ma mère du haut d'une tour ! Se retrouver à moitié morte je l'ai vécu aussi, voir les autres mourir à ma place aussi ! Fuir bien entendu je n'ai fait que ça ! J'ai vu mon amant mourir avec réjouissance tellement il me répugnait ! Ne me reprochez pas d'avoir été inquiète et d'avoir eu peur pour vous Alexender.

Son ton était resté calme mais ferme. Elle ne voulait pas élever la voix, elle n'en voyait aucunement l'utilité et cela la montrerait aussi hargneuse que lui alors que finalement ce n'était pas la cas. Sa main retomba le long de son corps tandis qu'elle lui souffla :

- Je tiens à vous, avoua t-elle d'une petite voix. Finalement elle souffla en songeant aux précédentes paroles de son allié : Un ami ? Quel ami ? Qui a été pendu Alexender ?

La jeune femme détourna le regard et se reconcentra sur Michael qui regardait chacun des Hunter d'un regard noir. Il les haïssait déjà elle le sentait. Ses muscles qui roulaient sous son pelage doux et rêche à la fois lui montraient qu'il était à cran. Personne ne devait s'approcher d'elle, ce serait commettre une grave erreur. La réaction d'Alexender ne lui avait pas plu mais il avait bien vu que la demoiselle avait été déstabilisée, ce qui était bien rare de sa part. Trop peu de personnes élevaient la voix contre Katherine...
Donnant son manteau à Alexender machinalement, comme elle aurait pu le donner à Michael elle suivit le Hunter à travers les pièces pour se retrouver finalement avec tous ces hommes dans le salon. S'installant sur son fauteuil la discussion commença. Katherine faisait tournoyer le liquide ambré dans son verre tandis qu'elle commençait à répondre aux questions. Le fait qu'elle n'ait pas vu Stan n'avait pas eu l'air d'intéresser qui que ce soit en ces lieux, le seul nom de Sarah avait réussi à réanimer toute cette petite troupe. Alexender avait sauté sur son fauteuil ce qui lui tira un petit sourire amusé tandis qu'elle se redressait elle-même. Ses doigts vinrent entortiller ses quelques mèches rebelles tandis qu'elle arquait les sourcils en entendant toutes ces questions qui la frappaient déjà de plein fouet.


- Voyons pas si vite mon ami... vous êtes exactement comme elle, avec vous je subis un véritable interrogatoire.

Soupirant elle avala une gorgée de whisky qui brûla sa gorge et elle lia ses doigts entre eux comme si elle se mettait à réfléchir alors qu'il n'en était absolument rien. Se décidant à répondre elle plongea ses prunelles dans les siennes et se lança :

- Mademoiselle Spencer avait l'air d'aller bien. Vous lui manquiez Alexender... figurez-vous que je l'ai croisé dans une auberge que je fréquente régulièrement, quand j'ai manifesté une joie un peu trop grande en lisant sur le journal votre fugue de la Tour. Mon voisin de chambre en a fait tomber son verre et j'ai voulu donc savoir qui m'avait entendu. Comprenez que cela aurait pu être dangereux s'il s'agissait de l'un de vos ennemis. Hélas c'était elle ! Aussi farouche que vous, je dois bien avouer qu'elle n'a pas été très agréable au premier abord. Après pour ce qu'elle faisait dans cette auberge... je n'en sais rien. Elle a du s'enfuir du couvent, qui vous dit qu'elle y est déjà rentrée ? Elle a l'air pleine de ressources.

La jeune femme comprenait les doutes que son allié pouvait avoir. La belle aurait du être dans un couvent et la voilà qu'elle la croisait dans une auberge complètement reculée de la ville. Mais que faisait déjà Katherine dans une auberge ? Elle avait simplement eu besoin de se retirer, de prendre un autre air que celui de la ville, de se reposer et de se faire petite le temps que l'affaire avec Alexender se calme un peu.
La jeune femme lui offrit un regard doux et lui souffla :


- Et si elle avait manigancé tout cela ? Et si elle s'était enfuie ? Alexender, gardez espoir, peut-être la retrouverons nous...

Le regardant boire d'un trait son verre d'alcool, les yeux de la belle se posèrent sur le jeune homme qui semblait obnubilé par son majordome sous la forme d'un loup. Ses doigts caressaient doucement son pelage. Il s'intéressait grandement à Michael, mais pouvait-elle lui dire que c'était un loup sans qu'il ne lui colle une balle entre les deux yeux ? Grimaçant légèrement elle laissa un doigt glisser sur l'oreille dressée de son compagnon sans vraiment y faire attention. La jeune femme s'était alors levée, donnant l'ordre silencieux à son majordome de la quitter pour aller rejoindre l'homme qui se tenait devant la porte. L'étrange animal s'était déplacé avec une certaine mollesse dans ses gestes comme si, s'il bougeait un peu trop, risquait de casser un quelconque objet précieux de la pièce. Pourtant il n'en était rien et se posta près de la porte. Katherine avait posé ses mains sur les épaules de son allié doucement comme pour essayer de le détendre en le massant légèrement. Elle se pencha doucement feignant d'entendre mal ses paroles.

- Oui... Raphaël, allons parlez moi de lui, je ne l'ai encore jamais rencontré et vous avez été réticent la fois dernière à m'en dire plus.

S'installant sur ses genoux comme s'il avait s'agit de Michael elle lui souriait et caressait ses cheveux délicat. Le contact c'était ce qu'elle avait toujours aimé. Comme les petits léopards qui se blottissaient contre leur mère elle ressentait ce besoin d'être proche de quelqu'un, de sentir une quelconque chaleur corporelle, de sentir des bras l'enlacer même si cela n'était qu'affectif ou fraternel et personne pour le moment n'avait compris, à part Michael peut-être... posant finalement ses doigts sur ses épaules elle l'écouta attentivement et fronça les sourcils :

- Cela m'étonnerait que votre ami Stan sache lire... Cela ne semble pas être dans ses préoccupations. J'espère cependant qu'ils viendront, que votre appel n'ait pas été en vain.

Observant le jeune homme qui revenait avec une bouteille elle laissa Alexender la descendre de ses genoux pour venir s'asseoir finalement à côté de lui. Cette proximité semblait le déranger pourtant c'était quelque chose de naturel chez elle... Enfin... Les êtres humains n'étaient pas tous pareils et heureusement d'ailleurs. Elle fut presque surprise de le voir s'adresser à elle ainsi. Elle ne s'y attendait pas et sentit un doux sourire fleurir sur ses lèvres et les étirer avec délicatesse. Son index et son majeur vinrent doucement se glisser sur la cuisse du jeune homme pour jouer un peu avec ce qu'il lui disait et fit doucement retomber ses doigts sur elle tandis qu'elle croisait les jambes et le regardait :

- Mon cher Alexender, il vaut mieux de telles marques d'affection qu'une balle collée entre les deux yeux ne croyez-vous pas ? Pour ce qui est d'un cheval, je dirais un bel étalon même !

Elle lui adressa un petit clin d'oeil et soupira :


- Hélas ne cherchez pas à me suivre, une femme est déjà assez compliquée à comprendre, alors une femme comme moi qui vient de loin et foule la terre depuis assez longtemps maintenant... vous risquez de vous perdre vous-même.

Vidant son verre de Whisky d'un trait elle joua avec ses mèches de cheveux et continua de l'écouter. Il avait donc des idées, elle était impatiente de les entendre si bien entendu il désirait les lui communiquer. Voyant son verre se remplir elle remerciant l'un des hommes dont pour le moment elle ne connaissait les noms que très rapidement et scruta l'un des plus jeunes qui se risquait à lui parler. Son côté maternelle revint et la voilà qui l'écoutait avec attention et gentillesse.

- Et bien, je ne pense pas rester ici bien longtemps, peut-être un soir pour éviter les aller-retour dans ce quartier que je ne porte pas vraiment dans mon cœur et pour pouvoir parler un peu plus avec vous. Pour ce qui est d'un autre refuge, mon manoir est assez grand pour vous y accueillir. Je possède un sous-sol assez vaste dans lequel nous pourrions nous réunir si vous le désirez. Ma porte vous est grande ouverte. Je reçois peu de visite, voir quelqu'un arriver chez moi devient donc assez rare. Il n'y a que mes domestiques, mon majordome.

Michael leva les deux oreilles en entendant que l'on s'adressait à lui et tourna la tête. Ses yeux le fusillèrent un bref instant en entendant la remarque sur sa maîtresse et un grognement qui n'était pas menaçant s'échappa de ses babines.



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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Alexender Von Ravellow
Hunter - "Criminel" en fuite
Date d'inscription : 11/03/2008
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Race : Humain
Classe sociale : Aristocrate déchu
Emploi/loisirs : Hunter / Il est recherché par le Yard et les Vampires de Jirômaru Keisuke.
Age : 25 ans
Proie(s) : Tous les Vampires, sauf Raphaël qu'il surveille maintenant sans chercher à l'assassiner. Le Comte Kei est son pire ennemi. Alexender peut aussi s'attaquer à des Loups-Garous.
Crédit Avatar : Personnage par Ayami Kojima.
MessageSujet: Re: Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42] Lun 27 Avr - 11:06

Alexender s'était énervé. Après tout, qui ne serait pas sorti de ses gonds après avoir reçu une gifle jugée complètement injuste ? Le ton avait donc naturellement monté. Le Hunter s'était défendu en criant. Nul n'avait bougé. Ses compagnons étaient trop conscients de ce qu'il pouvait ressentir et ne voulaient pas paraître déplacés en intervenant dans cette douloureuse conversation. Il fallait le laisser gérer seul cette nouvelle arrivante quelque peu extravagante. Cette dernière, nommée Katherine, rétorqua qu'il ne pouvait pas lui en vouloir d'avoir pu éprouver de la peur pour lui, comme si elle n'avait pas à justifier son acte que chacun ici prenait pour irrationnel.
Alexender desserra les dents et son visage se décomposa doucement.


- La peur n'arrête pas le danger...Fit-il avant de rester silencieux un instant, ses yeux d'ambre dans l'azur des siens. Leurs flammes en disaient long sur sa souffrance intérieure. Il était en colère mais il venait surtout de revivre tout ce qui lui était arrivé ces deux derniers mois et cela lui pesait lourdement sur le cœur. Un « signe », un seul, m'aurais sans doute tué. Katherine, je n'ai pas eu le choix. Je devais attendre d'être à peu près rétabli...Son poignet droit était encore raide, son plexus, fragilisé par la balle qu'il avait reçue au théâtre, le faisait encore grandement souffrir, il avait eu trois côtes cassées, une fièvre qui avait bien failli le tuer et il gardait une méchante cicatrice sur le haut du crâne, relief du cran qu'il avait reçu après le coup que le Yard lui avait asséné chez les prostituées...Mais il n'était pas du genre à se plaindre de ses blessures. Il ne supportait pas de passer pour un faible. Je n'étais plus à Londres et, à part dans les journaux, très difficiles à contacter sans que je ne me retrouve avec une corde autour du cou, je n'avais rien pour vous contacter. J'ai préféré attendre de pouvoir revenir réellement avant de donner ce « signe ».

Lorsque la jeune femme émit un petit « je tiens à vous », le Hunter détourna le regard. Comment pouvait-elle déjà « tenir » à lui ? Ils ne se connaissaient presque pas. S'attachait-elle si vite aux gens qu'elle croisait ? Avait-elle besoin à ce point de compagnie ? Peut-être que de rencontrer d'autres Hunters l'avait remotivée dans sa propre lutte et qu'elle s'était aussitôt jetée dans l'idée d'un « groupe », d'un « clan » dans lequel elle aurait une place à part entière ? C'était vrai, quelque part, c'était le but de ces rassemblements, mais ce n'était pas encore véritablement effectif. Ils n'étaient qu'aux balbutiements de ce qui allait peut-être devenir la plus vaste alliance des Hunters de Londres depuis la « Guilde d'ivoire ».
Trop décontenancé, Alexender ne répondit pas. Que pouvait-il lui dire ? Qu'il tenait aussi à elle ? Mensonge. Il avait certes pensé à Katherine en tant qu'alliée de taille dans ses futurs plans mais cela n'était pas allé au-delà de cet aspect stratégique. Le Hunter qu'il était aujourd'hui avait appris à ne pas s'attacher aux gens de passage et il n'avait pas assez fréquenté la jeune femme pour que son cœur y ait accordé plus d'importance que nécessaire. Ils venaient tout juste de se rencontrer et n'avaient encore rien vécu ensemble. S'inquiéter les uns des autres et songer que sans leur concours à tous leur survie ne serait qu'une utopie, oui. Mais « s'attacher », pleurer la disparition d'un compagnon, non, ils n'y étaient pas encore. A ses yeux en tous cas, seule comptait Sarah. Raphaël et Stan étaient encore des ombres indiscernables, Eulalia devait être écartée de leurs affaires pour qu'elle arrête de se faire sucer la vie...Il n'y avait que ses élèves et ses domestiques qui pouvaient avoir le statue d'ami, d'êtres chers dont il pouvait pleurer les cendres. C'était cruel, c'était sans doute faire preuve d'une froideur incroyable, mais il y avait bien longtemps qu'il était désabusé. Et puis...s'attacher aux autres était bien la seule souffrance qui pouvait encore l'atteindre...

Ainsi, lorsque la Huntress sembla réaliser qu'il venait de perdre quelqu'un et qu'elle s'enquit de qui il s'agissait, Alexender garda-t-il le regard dans le vide, sans plus se soucier de ce qui l’environnait.


- ...Romerta...Romerta a été pendue. C'est celle qui nous a prévenus à Whitechapel...c'était une amie...qui m'était...très chère...Son murmure avait été à peine perceptible et son timbre étouffé par  sa gorge serrée avait perdu de sa virilité. Cette perte était terrible à ses yeux et il ne voulait pas en parler. Romerta avait été pour lui un mentor à une époque, une véritable compagne, une amie sincère...Il lui avait fait des promesses qu'il ne pourrait plus jamais tenir et il regrettait amèrement des paroles sur lesquelles il ne pourrait jamais plus revenir. Tant de souvenirs allaient se faner avec sa disparition. Tant d'années de joies et de complicités...Voilà ce qui arrivait lorsque l'on s'attachait aux autres ou que l'on mêlait à ses combines des compagnons pour lesquels ont éprouvait de l'affection !

Après un lourd silence, l'équipe s'était finalement dirigée vers le salon et l'atmosphère se détendit quelque peu. Le choc des retrouvailles et l’appréhension passées, les Hunters pouvaient se poser pour discuter plus calmement. L'heure était à la stratégie et non plus à la panique. Il fallait établir des plans et surtout rassembler un maximum d'informations afin d'élucider la disparition de Sarah, de trouver les points faibles du Comte, de réussir à rassembler d'autres chasseurs...

Alexender était tendu. Malgré ses sourires et les verres qu'il servait allègrement à ses camarades et à leur nouvelle invitée, ses pensées étaient toutes tournées vers Sarah. Retrouver Katherine lui avait rappelé sa chère et tendre. Les journaux restaient pessimistes à son sujet et lui-même ne nourrissait plus qu'un lambeau d'espoir de la revoir un jour. Seule sa perspective de vengeance l'animait encore.
Aussi, lorsque la belle lui expliqua qu'elle avait vu la jeune Spencer, Alexender avait-il fait un bond. Il avait même renversé la moitié de son verre sur le tapis. Katherine, patiente, lui avait alors révélé qu'elle avait croisé la belle chasseuse dans une auberge et qu'elle allait bien. Mais elle fut incapable d'en dire plus. Apparemment, les deux femmes n'avaient pas pu discuter beaucoup et Sarah avait été assez froide avec leur nouvelle alliée.


- C'est tout ? Je veux dire...Vous n'avez pas pu en savoir plus ? S'enquit le Hunter d'une voix à la fois surexcitée et désespérée. Comment c'est possible ? Vous ne savez pas où elle est allée ?

Son ton avait pris un accent de déception. Katherine avait vu Sarah avant sa disparition et cela n'expliquait rien, bien au contraire ! De nouvelles questions se posaient désormais...Que faisait-elle en dehors du couvent, seule dans une auberge ? Comment faire le lien entre cette auberge et le fiacre de retour du couvent ? Cela n'avait aucun sens. Avait-elle fui le véritable fiacre pour en prendre un autre ? Alexender fronça les sourcils et serra les dents. C'était insensé. Plus rien n'était logique.
Et puis, une lueur d'espoir surgit dans son esprit embrumé par l'alcool. Son amie...oui, celle qui l'avait accompagnée sur le chemin du retour, celle qui avait survécu à l'attaque et qui avait été retrouvée par le Yard...elle en savait sans doute plus long ! Il fallait l'interroger ! Trouver un moyen de la voir ! Oui. C'était peut-être son dernier espoir.


- Elle était accompagnée d'une femme le jour de sa disparition. L'avez-vous vue dans l'auberge ? Elle n'était pas avec Sarah ?

Trop de questions restaient sans réponse au goût du Hunter. Il ne pouvait accepter la mort de sa compagne tout comme il se sentait horriblement mal de savoir que Katherine, elle, l'avait vue juste avant sa disparition et pas lui. Que ne donnerait-il pas en cet instant pour serrer la jeune Spencer dans ses bras et lui murmurer à l'oreille que tout était fini, que c'était la fin d'un affreux cauchemar, qu'ils allaient enfin pouvoir vivre ensemble, au grand jour, sans que personne ne vienne troubler leur plénitude ?

Les mains de Katherine sur ses épaules le crispèrent avant de le détendre un peu. Mais le nom qu'elle eut sur les lèvres le fit aussitôt grimacer. Oui, Raphaël...C'était leur allié et il viendrait peut-être à ce rendez-vous mais...c'était un Vampire et la jeune femme l'ignorait encore. Il faudrait qu'il la prévienne, qu'il lui explique pourquoi il acceptait de le garder dans leur équipe et surtout qu'il la mette en garde contre sa soif dévorante...Ses pensées s'égarèrent sur la jeune Eulalia qui s'était liée avec cette créature de la nuit, pour le meilleur et pour le pire, allant lui offrir jusqu'à son sang pour le nourrir. C'était insupportable ! Et pourtant, il le tolérait, il l'avait promis...Katherine serait mise au courant, pour son bien, pour éviter qu'elle ne prenne de risques en sa présence...Mais pas ici, pas maintenant, pas au milieu de ses élèves, et encore moins devant son molosse. Il attendrait que la bonne occasion se présente pour l'informer avec tact.


- Raphaël... Marmona-t-il dans un grondement. Je ne vous cacherai pas que je ne l'aime pas. Il m'exaspère...son arrogance m'irrite...Enfin bon, c'est un...Hunter...et je pense qu'il peut nous être utile, même si je ne le connais que très peu. Je ne sais pas s'il viendra. Il restait évasif pour diverses raisons et ne comptait pas en parler davantage ce soir.

Katherine s'installa alors sur ses genoux et il se raidit. Avec un maximum de diplomatie, il la fit descendre à ses côtés afin de limiter leur proximité. Qu'est-ce qui lui prenait ? Elle se comportait vraiment d'une étrange manière avec lui, surtout en public. Il avait déjà remarqué cette façon d'aguicher le premier venu lorsqu'ils étaient chez Romerta mais elle n'était alors pas allée jusque là. Malgré son habitude de fréquenter des femmes de tous les horizons possibles, Alexender en fut gêné. La situation et les lieux n'étaient guère favorables à ce genre de chose...Et puis, devant leurs alliés, devant son majordome qui ne cessait de montrer les crocs...était-ce bien judicieux ? Katherine risquait d'apporter la zizanie dans le groupe qu'ils étaient en train de former. Déjà Nathan semblait terriblement mal-à-l'aise en sa présence.

Heureusement, la jeune femme ne sembla pas offensée de sa nouvelle prise de distance, seulement un peu surprise. Elle se permit alors de lui rappeler qu'il valait mieux avoir ce genre de rapports plutôt qu'une « balle entre les deux yeux » et elle rebondit sur son histoire de cheval pour sous-entendre qu'il était lui-même, à ses yeux, un « bel étalon ». Alexender sourit d'un air amusé mais ne répondit ni à ses paroles ambiguës ni à son clin d'oeil appuyé. Ses mots resteraient gravés dans un coin de son cerveau, motivant son appétit lubrique et flattant son orgueil de mâle, mais il ne comptait pas entrer ainsi dans son jeu, pas de cette manière.
Il resta donc silencieux. Par contre, lorsque la jeune Lycanne lui dit qu'elle foulait la terre « depuis assez longtemps », il leva un sourcil et ne put s'empêcher de rire un peu :


- Vous êtes encore jeune, Miss ! Nous avons à peu près le même âge, si je ne me trompe ? Je ne pense pas que vous me serez éternellement indéchiffrable...

Son regard s'était fait plus doux et joueur.
Alphonse profita de l'accalmie entre les deux Hunters pour demander à la jeune femme si elle comptait rester parmi eux et si elle avait éventuellement un autre abri au cas où ils éprouveraient le besoin d'en trouver un. Alexender écouta attentivement la jeune femme, même si l'alcool et sa migraine lui faisaient déjà tourner la tête. Face à sa réponse, il reprit la parole à la place de son élève:


- Nous avons justement choisi ce quartier pour éviter les agents du Yard et d'autres...nuisibles. Votre manoir peut nous servir pour monter un deuxième QG, enfin si vous le permettez. Cela peut être utile d'avoir deux points de chute dans la capitale.

Le rouquin vida son énième verre et jeta un regard à Christopher qui le dévisageait avec gravité. Faisant mine de ne pas comprendre sa silencieuse réprimande, Alexender croisa les jambes et passa son bras sur le dossier du sofa, derrière Katherine, sans pour autant la toucher. C'était, en toute apparence, vraiment pour s'étirer un peu et montrer qu'il était à l'aise.

- Nous avons plusieurs chambres à l'étage. L'une d'entre-elle est parfaite pour vous et votre maj...heu...chien. Il y a deux lits...et...heu...enfin, je préfère éviter le chien dans le lit quand même...

Alexender s'embrouillait. Il venait de manquer de balancer que Michael était un Lycanthrope en assurant à la jeune femme qu'ils avaient une chambre avec deux lits séparés. C'était tellement stupide qu'il en enleva son bras pour se redresser sur lui-même dans une position plus raide.

- Vous pouvez rester autant de temps que vous le voudrez. Reprit-il après avoir légèrement toussoté pour reprendre contenance. Vous l'aurez compris, cet endroit est pour notre future « guilde », si l'on peut appeler notre alliance ainsi. Il faudrait se trouver un nom un jour...

Christopher s'excusa alors et prit congé du groupe pour se diriger vers la cuisine. Alphonse réagit aussitôt :

- Ah, Miss, vous avez peut-être faim ? Nous pouvons manger tout en discutant!

- Chouette idée Alphonse! S'exclama Alexender, trop heureux de changer de sujet. Allons ! A table ! Peut-être que l'odeur de notre soupe fera venir Stan et Raphaël ?

Nathan rejoignit Christopher en cuisine et Alexender se leva pour mettre la table avec Alphonse. Izac resta dans le couloir de l'entrée sans même venir entre-ouvrir la porte du salon pour jeter un coup d'oeil sur le remue-ménage qui s'y déroulait. Il n'avait pas faim et préférait continuer de garder la porte d'entrée. De toute façon, c'était son tour de garde.
Bientôt, des assiettes de vieilles faïences délavées trônèrent sur la table et chacun y amena son verre pour s'installer autour. Alexender proposa une chaise à Katherine avant de s'éloigner pour aller chercher un vin de derrière les fagots et de revenir s'asseoir à ses côtés en riant légèrement :


- Celui-là est particulièrement bon. Vous verrez, avec quelques patates au fond d'une soupe à la courge et du pain, il est « di-vin ».

Alphonse leva les yeux au ciel. Il avait dit cela sur un ton faussement aristocratique pour se moquer de sa propre classe sociale. C'était une façon de plaisanter qui revenait souvent chez son maître d'arme.
Ce dernier servit Katherine et remplit ensuite chacun des verres tout en prenant garde de ne pas faire de trop grandes doses afin que chacun puisse y goûter.


- A nos retrouvailles! Fit-il en triquant avec la jeune femme.

Nathan et Christopher ne mirent pas longtemps à revenir de la cuisine avec un potage de courgettes, pommes de terre et poireaux, accompagné de pain. C'était peu mais c'était amplement suffisant pour ce soir. Les Hunters préféraient garder la viande pour le midi et les œufs pour le petit-déjeuner.
Alors que le repas commençait, Alexender reprit leur conversation :


- Qu'avez-vous fait pendant mon absence Katherine ? Je veux dire...Comment vous êtes-vous préservée du Yard et des sbires du Comte ? Ils ne vous ont pas sur leurs affiches, ni dans leurs souvenirs, c'est une chance !

Cela faisait un moment qu'une question lui brûlait les lèvres et il prenait des pincettes pour y arriver sans se montrer trop inconvenant. Au bout d'un quart d'heure, il finit par poser ses couverts et, plantant ses yeux dans ceux de la jeune femme, il lui demanda d'un ton solennel :

- Miss Thornes, lorsque vous nous avez dit que vous pourriez infiltrer la troupe de théâtre du Comte, vous étiez sérieuse je suppose ? Est-ce que cette idée vous paraît toujours réalisable ? Pensez-vous réellement le pouvoir ?

C'était un sujet grave, plein d'enjeux pour eux-tous. Plus personne n'osa discuter ou porter sa cuillère à sa bouche. Katherine avait émis cette idée chez Romerta et elle s'était gravée dans la mémoire et les espoirs du Hunter. Mais c'était une mission d'une dangerosité extrême et il ne voulait pas que la belle ne s'y jette à corps perdu, sans y avoir mûrement réfléchi.

- Je pense que ce plan est une de nos meilleures chances de conduire ce malade dans un piège capable de le tuer...
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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42] Lun 4 Mai - 21:51

Katherine avait été inquiète durant ces longues journées où elle n'avait reçu aucun signe de vie. Seuls les journaux avaient été là pour l'en informer de la tournure des choses, cependant... Elle avait du mal à les prendre au sérieux, les hommes qui écrivaient ne connaissaient pas forcément l'histoire, recueillaient des témoignages, expliquaient la situation avec plus ou moins d'objectivité et plus ou moins de réalisme. Peut-être racontaient-ils des informations fausses ou bien exagérées... Peut-être inventaient-ils. Katherin avait donc besoin de ce genre de signe pour lui dire que ça pouvait aller... Montrer qu'il était encore en vie, qu'il n'était pas mort en s'échappant, qu'il n'avait pas abandonné . La demoiselle s'était faite du soucis pour cet homme qu'elle connaissait peu. Les Hunter n'étaient que trop peu nombreux à Londres, ils avaient besoin de se réunir et de parler de la situation actuelle. De se rassembler et continuer des complots trop longtemps étouffés. Cela ne pouvait pas continuer ainsi, les créatures de la nuit devaient cesser de proliférer dans la capitale et le monde entier... la jeune femme soutint doucement son regard. Elle fut surprise de le voir aussi intense et expressif. Il semblait peut-être la haïr en cet instant ou bien lui en vouloir profondément. Ayant baissé son doigt qui avait été pointé contre sa poitrine sa main avait lentement glissé sur son poignet avant de retomber mollement contre elle. Elle l'avait écouté et avait répliqué. La jeune femme avait agi sur le coup, le voir ainsi tout souriant alors qu'elle avait fait les cent pas chez elle et dans l'auberge à son sujet la tuait. Elle avait eu besoin de ce signe, au moins pour se rassurer un peu à son sujet.

- La peur ronge Alexender, elle fait imaginer de multiples choses... Peur de tout à votre sujet.

Voyant sa réaction et son regard qui fila, un léger sourire commença à se tisser sur ses lèvres. Sa main se reposa sur la sienne tandis que l'autre venait pour lui faire tourner le visage et qu'il la regarde sans se défiler. Se hissant sur la pointe des pieds elle embrassa sa joue avec tendresse comme s'il avait s'agit de son propre fils. Peut-être l'avait-il mal comprise, elle n'avait peut-être pas du s'exprimer clairement. Bien sûr qu'elle s'attachait mais elle s'attachait à quiconque croisait son chemin. Elle s'était même attachée à sa mère, la tuer l'avait belle et bien changé du tout au tout et elle ne pouvait le contester. Cependant elle apprenait à ne plus porter dans son cœur des créatures comme sa génitrice et les haïssait du plus profond de son cœur. Des Hunter elle n'en voyait que trop peu dans sa vie, elle avait besoin de savoir qu'elle était soutenue, qu'elle n'était pas la seule à lutter dans ce monde envahi d'énergumènes.
Se mordillant la lèvre inférieure elle lui souffla doucement :


- Je me suis peut-être mal exprimée au vue de votre réaction Alexender... Nous avons besoin de vous dans ce combat. Mais je suis soulagée, soulagée que vous nous soyez revenu. Vivant.

La jeune femme était peinée de le voir ainsi. Il semblait avoir perdu un ami proche et cela l'attristait profondément, elle connaissait cette douleur de voir des personne disparaître. Mais les hommes n'étaient que de passage sur terre... ce qui est fait et fait. L'homme est condamné à redevenir ce qu'il a été avant son existence. Un objet inanimé. L'on souffre beaucoup moins quand on pense que celui qui est parti est juste redevenu un objet inanimé un peu plus tôt avant nous. La mort passe mieux... En entendant le nom de la suppliciée elle se figea et détourna le regard honteuse. Ses doigts se crispèrent et se fermèrent, formant un poing bien serré et tendu. Ses ongles se plantèrent douloureusement dans la paume de sa main. Elle avait été là le soir de l'arrestation, elle aurait du pouvoir aider les amies du Hunter. Cette pauvre Romerta ne méritait pas la mort. Portant la main à sa chaîne ornée d'une croix qu'elle portait au cou elle la porta à ses lèvres et souffla quelques prières silencieuses à cette femme qui avait péri à cause d'eux. Finalement lâchant son collier elle releva la tête et posa sa main sur son avant-bras :

- Je suis navrée... Je comprends votre douleur...

La gorge légèrement serrée elle laissa à nouveau retomber son bras le long de son corps. Alexender ne devait pas avoir besoin d'une personne comme elle qui s'attristait également de la perte de cette femme et qui avait fait remonter de lourds souvenirs en lui. Une femme, qui plus est, qui avait été incapable de venir en aide à ces pauvres femmes emprisonnées.
La jeune Comtesse avait finalement suivi la petite troupe. Les Hunter se méfiaient d'elle et peut-être avaient-ils raison. Elle n'était pas quelqu'un de commode ni d'agréable quand elle s'y mettait, bien au contraire, elle pouvait avoir un caractère totalement haïssable. De plus, qui ferait confiance à une parfaite inconnue qui se pointait avec un énorme chien qui ressemblait comme deux gouttes d'eau à un loup ! Elle n'était peut-être pas la bienvenue ici et elle pouvait parfaitement le comprendre. Ses manières un quelque peu excentriques et douteuses pouvaient choquer et c'était également quelque chose qu'elle arrivait à assimiler. Mais c'était ce qu'elle avait fini par être... par apprendre à être pour se protéger, se forger une sorte de carapace contre le monde extérieur. Pour essayer d'être inatteignable. Malheureusement cette tactique avait de nombreuses failles, souffrant de solitude elle s'attachait bien vite aux personnes et n'était que trop souvent déçue par ses dernières.

La discussion avait bien vite tournée sur la Huntress qui avait disparu aux yeux du monde. Beaucoup la croyait déjà morte. Katherine elle-même la voyait déjà morte. Mais elle fuyait dans l'imaginaire. Elle voulait se persuader qu'elle aurait pu, par un quelconque bonheur, survivre, trouver une échappatoire, changer d'identité, se fondre dans la masse. Pressée par les questions la jeune femme avait fait exprès de prendre tout son temps. Ils n'étaient plus pressés, ils pouvaient bien attendre et puis... Elle haïssait devoir répondre à des questions comme celles-ci qui sont tellement pressantes qu'elles lui faisaient penser qu'elle passer un bel interrogatoire. Cela lui donnait envie de faire tout à fait le contraire. La jeune femme n'avait jamais vu son allié dans cet état d'excitation. Bien entendu elle l'avait vu hargneux, soûl, agréable, en colère, hurlant même et parfaitement impoli de pointer son doigt vers sa poitrine (même si elle avait fait la même chose quelques secondes auparavant) mais jamais surexcité avec cette envie d'en savoir encore plus sur ce qu'elle avait vu. Pleins de surprises, voilà ce qu'il était.


- Qu'auriez-vous aimé qu'elle me dise ? Elle m'a peut-être prise pour la plus grande de ses ennemis quand elle m'a vu arriver. Elle doutait très certainement de mes dires, auriez vous dévoilé à un parfait inconnu où vous alliez me rendre ? Elle refusait le mariage avec le … Vous savez cette créature... J'aurais aimé pouvoir l'aider vraiment mais... Selon elle, à part « une meute de loups », rien ne pouvait la sortir de là. Elle m'avez dit qu'elle devait retourner à Londres deux jours plus tard mais que ses parents devait venir la chercher une journée à l'avance pour éviter la foule. C'est tout ce que je sais.

La belle qui répondait aux questions fronça les sourcils en entendant la suite des propos du Hunter. Une autre femme ? Oh Katherine en avait vu mais aucune ne semblait être proche de cette Sarah Spencer. Les femmes qu'elle avait pu croiser étaient accompagnées d'un homme qui était pour la plupart, très certainement leur époux. L'auberge, lors de sa visite, avait tout de même été d'un calme des plus agréables. Les propriétaires n'avaient pas été surchargés par le travail ce qui plaisait bien à la demoiselle. Elle aimait s'offrir leur compagnie.

- Votre Sarah était seule dans sa chambre. Je n'ai vu personne d'autre vous savez... Peut-être était-elle en bas, dans tous les cas, du moment qu'elle n'était pas à côté d'elle dans sa chambre je n'aurais jamais pu savoir qu'elle était avec votre amie.

Le jeune homme semblait frustré de ne pas avoir plus de précision sur sa bien-aimée... En même temps Katherine ne pouvait guère lui en dire plus. Elle le leur avait dit dès le début, elle ne risquerait pas sa vie pour des personnes qu'elle ne connaissait pas, aider la jeune Spencer aurait été du suicide maintenant qu'elle était encore plus recherché qu'Alexender lui-même.

Katherine essayait de soulager son compagnon en vain... Ses pensées étaient tournées sur ce Raphaël qui devait venir et le jeune Alexender lui avait déjà mis la puce à l'oreille en hésitant sur ce qu'il pouvait bien lui dévoiler à son sujet. Elle n'aimait pas savoir qu'il lui manquait quelques petites informations.
Les mains de la demoiselle caressaient doucement ses épaules puis ses joues en attendant un semblant de réponse. Oui elle voulait en savoir plus sur ce Hunter qui n'avait pas encore pointé le bout de son nez et qui, en toute vraisemblance, n'attirait pas une grande sympathie à l'égard des deux autres hommes du groupe. Qui était-il donc ? Devait-elle se méfier de lui ?  
Fronçant les sourcils, elle écouta, patience et attentive :


- Espérons le, il me tarde de faire sa connaissance, vous m'intriguez. Ma foi, un Hunter reste un de nos alliés.

La lycanthrope s'était alors posée sur ses genoux. Aussi étrange que cela puisse paraître, la demoiselle avait été étonnée de se faire ainsi repousser. Elle n'avait pourtant encore rien fait de mal et ne comprenait pas cette soudaine prise de distance. Elle ne s'en soucia guère plus, s'attarder sur un pareil détail n'était pas vraiment d'elle, elle s'y réinstallera le jour où Monsieur Von Ravellow la gardera sur ses genoux pour une raison X ou Y. Cette approche avait été purement affectif, sans réel arrière pensée derrière la tête même si, Katherine, jeune femme qu'elle était, possédait bien des vices sur ce qui se déplaçait sur ce qui était humain. Michael avait de quoi s'inquiéter et au fond, quand il était prêt d'elle, Katherine aimait s'amuser à le rendre jaloux, ce qui en soi n'était pas forcément une bonne chose puisque sauter à la gorge d'un homme n'était pas un problème pour lui. S'amuser avec les sentiments de son majordome créait une petite distraction de temps en temps même si elle se rattrapait bien vite par la suite.

Voyant le sourire amusé de son allié elle ne put que soutenir son regard laissant ses doigts jouer sur sa jambe avant de laisser sa main retomber. Il était vrai qu'il valait mieux l'avoir en ami qu'en ennemi... la demoiselle savait créer bien des problèmes et s'y prenait plutôt bien pour arriver à ses fins. Se raidissant, Katherine posa son regard sur les autres occupants de la pièce avant de se reconcentrer sur Alexender et de s’apercevoir qu'il se moquait légèrement d'elle. Ce fut à son tour d'arquer un sourcil avant de les froncer légèrement. Ses doigts se posèrent sur la bague inestimable qu'elle possédait souvenir de son enfance, du siècle passé, de sa famille tandis qu'elle laissait un petit sourire s'évader de ses lèvres.

- Ne vous fiez pas aux apparences Alexender... J'en ai seulement l'air... Fit-elle un peu plus bas. Elle reprit alors d'un air plus enjoué, le regard vif et un léger sourire amusé collé aux lèvres. Soit, décryptez moi, j'attends le fruit de vos trouvails avec impatience !

Suite à cette petite conversation un peu en retrait par rapport à la discussion générale, Katherine s'intéressa à ce jeune homme qui lui posait donc des questions. Les garçons de cette pièce semblaient avoir bon fond, ils étaient agréables, du moins l'espérait-elle. Elle n'avait aucunement envie de se prendre la tête avec un autre de ces messieurs pour une raison quelconque. Il y avait un autre point positif, il semblait tous polis et cela la réjouissait. La politesse lui tenait à cœur. Jamais elle n'avait insulté sans raison... la gifle était partie mais c'était les nerfs qui avaient alors parlé pour elle. Reposant son regard sur Alexender, elle porta à nouveau son verre à ses lèvres pour le vida lentement en de petites gorgées espacées. La belle prenait son temps, du moins elle osait penser que le Yard ne viendrait pas faire un tour dans ces quartiers. Hochant la tête elle répondit :

- Bien entendu, je ne m'y oppose pas sinon je ne vous en aurais pas parlé ainsi. Le manoir possédant d'assez hautes fenêtres, le sous-sol serait à privilégier... cela serait plus prudent tout de même. Je serais ravie de vous y accueillir.

La jeune femme le laissa faire. Elle avait elle-même croisé ses jambes un peu plus tôt, s'intéressant à l'alcool contenu dans son verre. Combien de fois avait-elle vidé des bouteilles d'alcool par excès de mélancolie ? Se figeant en entendant l'hésitation qu'avait eu Alexender, elle porta le verre à ses lèvres et regarda en coin le couloir duquel ils venaient et au bout duquel se trouvait son compagnon.

- Oh ne vous donnez pas tant de mal, vraiment, une chambre simple voir même dormir sur des couchettes ne me dérange absolument pas. Pour ce qui est du chien, vous n'avez pas de crainte à avoir, il dormira à même le sol s'il ferme un œil.

Un sourire s'était formé sur ses lèvres. Ce n'était pas un chien qui se reposait par terre qu'elle avait dans son esprit mais son majordome contraint à trouver une position confortable. Dans tous les cas, s'il venait à dormir seul par terre la belle le rejoindrait. Qu'il y ait un lit ou non l'importait peu, elle avait plus besoin de chaleur corporelle comme les félins qu'autre chose.

- Je vous en remercie, cependant comprenez bien, je n'ai pas prévu réellement de rechange pour rester suffisamment longtemps ici, à moins-ce que vous concédiez à me prêter une ou deux de vos chemises... Pour le reste, je pourrais me débrouiller. Il y avait Michael, ce dernier pouvait partir et revenir avec des rechanges si cela nécessitait réellement qu'elle reste un peu plus dans cette modeste demeure. Un nom ? Cela ne m'a jamais traversé l'esprit je dois dire.

Tressaillant, légèrement surprise de la prise de parole soudaine par Alphonse elle réussit à répondre à la suite :

- Oh vous êtes trop aimable...

Jetant un regard à Alexender, la demoiselle se leva et souffla qu'elle revenait tout en s'excusant de s'absenter pendant quelques secondes. Ouvrant la porte du salon la belle marcha dans le couloir se dirigeant vers Michael qui attendait immobile devant la porte d'entrée. Croisant le regard de l'homme qui se trouvait non loin du loup, elle le salua en inclinant légèrement la tête. Katherine s'accroupit devant son compagnon pleins de poils et glissa ses mains dans sa fourrure lentement, enroulant ses bras autour de son cou robuste. Murmurant quelques mots apaisants en Hongrois, elle lui demanda de veiller avec attention l'entrée. Se redressant elle passa rapidement sa main sur sa tête avec tendresse avant de se relever se retrouvant face au, très certainement, le Hunter le plus âgé de la troupe hormis elle bien qu'il ne soit pas une vieille personne. Disons qu'il avait l'apparence d'un homme plus mûr.

- Vous ne vous joignez pas à nous ? S’enquit-elle gentiment.

Finalement, jetant un dernier regard à son majordome, la jeune femme retourna dans la salle à manger pour les aider à mettre la table et s'asseoir sur la chaise que lui proposait Alexender. Un rictus s'évada de sa gorge délicatement suite à sa petite caricature de l'aristocratie de leur société. Se demandant de quelle année et de quel domaine il pouvait être issu elle releva la tête mais ne dit rien, rangeant ses petites questions d'aristocrate dans un coin de son esprit. La Comtesse le remercia lorsqu'il lui remplit son verre et le leva à son tour pour trinquer avec les autres Hunters :


- A notre réussite, je l'espère.

Le repas était simple mais agréable. La jeune femme n'avait pas besoin de plus, du moins elle aimait les assiettes bien garnies mais arrivait à se contenter d'un dîner comme celui-ci. Katherine aimait les repas d'aubergistes, de paysans, ils étaient tellement agréables, et tant pis si ce n'était pas d'une boucherie renommée, l'ambiance  et le goût y étaient cent fois meilleurs. Portant la fourchette à ses lèvres en conservant ses manières de noble, la jeune femme finit par poser doucement ses couverts et attrapa son verre de vin pour en boire une gorgée avant de répondre :

- Comme vous le dîtes vous-même Alexender, le Yard ne me connaît que de nom, de réputation, peut-être dans Londres, je ne suis cependant pas connue de leurs services de police et ils n'en savent pas assez sur moi pour me rechercher dans tout Londres suite à votre arrestation. Je me suis simplement... Un peu mise de côté ces derniers temps, je me suis faite discrète, j'ai mené une vie d'aristocrate comme on m'a appris à le faire. Je me suis également retirée une journée dans cette auberge. Les propriétaires sont des connaissances que je dois bien dire très agréables. Je n'ia été qu'une femme parmi tant d'autres...

Elle omis volontairement de parler de l'accident dans le quartier juif avec Liam. Il n'avait pas besoin de savoir et ce n'était guère bien important. Sa cicatrice la tiraillait simplement de temps en temps comme pour lui rappeler qu'elle avait pris un risque.La belle avait repris ses couverts et souffla :

- Et vous, parlez moi de vous, comment vous en êtes vous sorti ? La tour de Londres n'est pas une mince affaire, dîtes moi en plus si cela ne vous dérange pas...

Portant la fourchette a ses couverts à ses lèvres elle continua de manger, goûtant à ce repas qui finalement était bien bon malgré le peu de moyens qu'ils possédaient. S'arrêtant de manger elle sentit un frisson parcourir sa peau. Cette idée ne lui était pas une seule fois sortit de la tête et elle devait bien l'avouer qu'elle ne la réjouissait pas mais c'était essentiel, ils devaient tout tenter pour vaincre ce... monstre. Ses yeux se posèrent finalement dans les siens tandis qu'elle lui répondit, sûre d'elle :

- Bien évidemment que j'étais sérieuse, je ne l'aurais pas proposé sinon. Le pouvoir ? Je ne demande qu'à essayer et si par malheur je me rate, vous n'auriez qu'à faire comme si je n'étais jamais arrivée dans votre petite troupe. Cela me semble en effet réalisable. Reste à savoir comment voulez vous que cela se passe. Je peux m'infiltrer, demander à faire partie de sa troupe de comédiens, m'immiscer dans leurs soirées mondaines et rester proche de lui. Je voudrais cependant savoir ce que vous désireriez que je fasse après cela. Essayer de le tuer seule serait du suicide. Voulez-vous, que pour un temps j'essaie de m'accaparer de sa confiance et en apprenne un peu plus sur lui chaque jour ? Que je le conduise peu à peu à un piège, une impasse ?

La jeune femme baissa le regard et posa ses doigts sur sa bague doucement :

- Je sais ce que je risque Alexender, cependant je le sais depuis que je me suis lancée à leur poursuite il y a de cela bien longtemps. Rien n'a plus d'importance pour moi que la sauvegarde de l'humanité et l'élimination de ces nuisibles. Je suis prête à tout.

S'arrêtant un instant elle voila son visage d'un sourire plus vif et enjoué comme elle en avait l'habitude :

- Je ne me suis jamais réellement approchée du Comte, je l'ai surtout aperçu et je connais sa véritable nature. Cependant je sais peu de choses sur qui il peut être vraiment. Pouvez-vous m'éclaircir à son sujet ? Comme quels types de personnalités fréquente t-il vraiment ? Quel comportement l’exècre ou au contraire l'attire ? Pour l'approcher, j'ai besoin de savoir ce qu'il ne rejette pas, ce qui peut porter un peu d'attention à ses yeux, ce qu'il aime... je voudrais tout de même que ma personne lui plaise, cela sera plus aisé de l'approcher.

Piquant distraitement dans l'assiette du Hunter la jeune femme attendait sa réponse. Elle ne voulait pas non plus se lancer en ne connaissant presque rien sur leur proie.



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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Raphaël Veneziano
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MessageSujet: Re: Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42] Mar 5 Mai - 10:14

[HRP/ Suite de "En Suivant une petite annonce"/HRP]

Le regard perdu sur l'immensité de la ville, Raphaël était perché au sommet d'un toit délabré. En équilibre sur l'arrête, près du pignon principal, il ressemblait à une gargouille d'ombre. Sous ses bottes, cirées jusqu'aux genoux, boueuses dès la cheville, grinçaient doucement les tuiles d'ardoises verdies par les mousses témoins du temps qui rongeait peu à peu la structure générale de la maison qu'il avait choisie comme point de repère. Les nuages s'accumulaient à l'ouest. Leur énorme masse sombre se détachait sur le manteau noir que la nuit étirait déjà au-dessus de la capitale. Au loin, bien au-delà des dernières demeures qui brillaient autour de la Tamise, au plus profond des landes, des éclats de lumière trahissaient l'orage qui y soufflait déjà. C'était sans doute ce même orage qui laissait planer dans l'air la lourdeur qui humidifiait les murs de briques et les planches boisées des charpentes. Le Vampire soupira. Même si la pluie pouvait aider ses complices Hunters et lui-même dans leur quête, il espérait secrètement que les nuages crèveraient avant d'arriver jusqu'à eux. Il était las de devoir essorer sa cape et vider ses bottes...

Poussant un long soupir, le jeune homme passa une main dans la perruque qui recouvrait ses cheveux. Ses mèches noires étaient bien plus discrètes que la blancheur qu'imposait d'habitude sa coiffure, mais le postiche le démangeait d'une manière particulièrement désagréable. Pour l'heure, il rêvait d'un bon bain et d'un simple morceau de savon. Cela faisait maintenant trois jours qu'il errait dans les ruelles nauséabondes de la City et de l'East End à la recherche d'Aria, sa jeune acolyte disparue. Sa cape était déchirée sur quelques pouces au niveau de son genoux droit et sa chemise portait deux accrocs singuliers : à première vue, cela pouvait être le résultat de deux coups de couteau. Il était fourbu et il sentait un mélange de vase et d'âcre sueur.

Dans l'échec de sa quête, le Vampire ruminait une nouvelle vengeance. Aria avait dû être tuée par des créatures de la nuit. Il ne la retrouverait jamais. La pauvre fille était morte jeune, bien trop jeune ! Et, même si sans lui elle serait sortie pour « chasser » de la même manière, Raphaël ne pouvait s'empêcher de culpabiliser. Elle l'avait caché, hébergé pendant des semaines et nourri à sa façon, en lui ramenant des animaux errants. Cela avait été bien plus que ce qu'il aurait pu espérer après l'attentat raté au théâtre. Et puis un jour, elle était partie, pendant son sommeil et n'était jamais revenue. Il l'avait attendue trois jours consécutifs avant de se risquer à quitter sa cachette pour tenter de la retrouver. Ce n'était pas normal, loin de là : la jeune fille revenait tous les jours suivant un rituel un peu particulier d'horaires fixes mais changeantes selon la date et cette fois elle avait dérogé à son éternel planning. Après ces trois nouveaux jours de recherches, Raphaël n'était pas assez fou pour croire qu'il aurait encore une chance de la retrouver vivante. Il avait dû abandonner les recherches d'autant qu'il était tombé sur Stan et le Yard...

Glissant une main dans sa cape à moitié ouverte, le jeune homme vérifia que son petit bandage au bras droit était bien serré. Il avait rapidement régénéré depuis la veille et les estafilades sur sa cuisse et son bras gauche avaient presque disparus, mais l'agent qui l'avait attaqué avait suffisamment enfoncé son couteau dans ses chairs pour lui laisser une bonne marque au bras droit. Même s'il ne saignait plus, il préférait la panser afin que la régénération de ses tissus s'accélère. Quelque chose l'avait brûlé plus que de raison et il sentait que sa plaie restait étrangement douloureuse : le couteau devait être fait d'un alliage d'argent. Heureusement qu'il n'avait été qu'effleuré partout ailleurs !
Décidément, il avait joué à la fois de chance et de malchance depuis le théâtre. Il avait perdu son acolyte du moment mais avait retrouvé un ancien conspirateur. Il avait pu avoir quelques nouvelles de sa part mais ils étaient ensuite directement tombé sur un agent particulièrement zélé et qui possédait des pouvoirs...Ce n'était pas négligeable ! Depuis quand le Yard engageait-il des sorciers qui se battaient à l'argent ? C'était mauvais pour leurs affaires. Ils allaient devoir redoubler de vigilance...
Et puis, alors qu'il retournait dans l'East End pour se cacher, Raphaël avait repéré une petite annonce dans le journal et il avait ainsi pris connaissance de l'appel d'Alexender. Quelle joie ! Le retour du rouquin signifiait plus d'une chose : c'était la perspective d'une nouvelle planque, celle de la reconstitution de leur groupe, celle de revoir Eulalia un jour (même si elle n'était apparemment pas conviée), celle de coincer le Comte et de venger Aria...
Il avait aussitôt bifurqué pour se rendre sur le lieu de rendez-vous indiqué.

Après un dernier regard sur l'horizon, le Vampire vérifia que sa perruque était parfaitement mise et respira un grand coup. Il se laissa ensuite glisser jusqu'à la gouttière et sauta sur le mur d'en face pour s'accrocher à un rebord de fenêtre condamnée. En quelques acrobaties, il posa bien vite le pied sur les pavés de la ruelle et s'engouffra, résolu, capuche montée, dans l'obscurité d'une autre. Il ne lui fallut pas plus de dix minutes pour se retrouver devant l'adresse indiquée dans l'annonce : le 40 ruelle St Casson. Un peu inquiet, le Hunter ne cessait de jeter des coups d'oeil autour de lui pour vérifier qu'il n'avait pas été suivi. Il ne ressentait aucune aura, mais il savait qu'il ne pouvait jamais réellement se fier à sa perception faussée. Au bout d'un moment, certain qu'il n'y avait personne d'autre que lui, le jeune homme s'approcha de la porte et frappa trois coups brefs. Il attendit un peu et, lorsqu'il entendit des pas derrière le bois, il s'avança pour que l'on puisse correctement le voir depuis le judas.


- C'est William, William Johnson. Je viens voir Emett Smith. Fit-il d'un ton égal.

Pour lui, utiliser les pseudonymes de l'annonce était logique. Crier dans la rue que « Raphaël Veneziano » venait voir « Alexender Von Ravellow » aurait été d'une stupidité effarante. Leurs têtes étaient mises à prix et de nombreuses affiches les croquaient. La moindre erreur pouvait leur être fatale.
Une main sur la garde de son fleuret, le Vampire attendit, un soupçon impatient, que l'on daigne lui ouvrir. Il s'attendait à tout. Peut-être qu'il retrouverait le rouquin sans nouveau désagrément mais peut-être aussi était-ce un piège tendu par les autorités, ou pire, le Comte, pour les coincer tous. Rien ne pouvait lui prouver que Stan n'avait pas été capturé après leur mésaventure sous le Pont, puis torturé jusqu'à ce qu'il crache leurs faux noms...
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Alexender Von Ravellow
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MessageSujet: Re: Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42] Dim 10 Mai - 19:38

Alexender avait beaucoup de mal à imaginer que Katherine ait pu avoir si peur pour lui alors qu'ils ne s'étaient rencontrés que l'espace d'une soirée qui avait tourné court. Pour lui, elle aurait pu tout aussi bien l'oublier, comme les autres Hunters, et continuer sa quête contre le Mal sans lui. Après tout, n'était-elle pas une chasseuse solitaire avant de leur tomber dessus au gré du hasard ? Pourquoi avait-elle donc eu une réaction si démesurée ? Les femmes...aurait tout simplement répondu Gaspard. Toutes plus étranges les unes que les autres ! A quoi bon tenter de les comprendre ?

Finalement, la jeune femme se calma un peu et tenta de justifier sa gifle bien maladroitement. Mais ce qui était fait était fait. Alxender en resterait vexé un moment. Heureusement qu'ils ne s'étaient pas retrouvés en tête à tête et que ses coéquipiers se tenaient près d'eux, sans quoi le rouquin aurait sans doute éclaté avec bien plus de rage que ce qu'il venait de déverser sur la belle Lycanthrope. Leur simple présence lui ordonnait de se tranquilliser. Il devait donner un genre d'exemple. Beaucoup le prenaient pour le chef de leur petit groupe. Et pour cause, ils étaient souvent plus jeunes que lui et c'était sa main qui les avait entraînés au combat. Nombreux étaient ceux qui le considéraient encore comme leur « maître d'arme », bien que le Hunter se soit détaché de cette fonction depuis l'incident du théâtre.

Lorsqu'ils furent enfin dans le salon et que la tension entre-eux eut réduit, une fois le sujet de Romerta écarté et l'alcool déversé dans leurs verres, la disparition de Sarah se plaça au cœur de leur conversation. Katherine avait croisé la belle dans une auberge en bordure de la ville. C'était étrange, quelque chose ne tournait pas rond : pourquoi Sarah se trouvait-elle en ce lieu la veille de sa disparition?


- J'aurais aimé qu'elle vous explique d'où elle venait et où elle allait. Je sais bien que le contexte n'a pas dû être facile pour vous deux et que, ne vous connaissant pas l'une l'autre, vous avez pu être confrontées à différents dilemmes. Mais...Pourquoi se trouvait-elle dans cette auberge, seule ? Les journaux parlent de son cocher et d'une amie, une autre femme. Je ne comprends pas. Et puis...deux jours pour revenir du couvent ? Cela me paraît énorme.

Alexender ne se rendait pas compte que depuis St Mary's un équipage ne pouvait pas faire le trajet jusqu'à Londres en une journée. Même si le fiacre était léger et les chevaux bien bâtis, une nuit de repos avant d'arriver dans la capitale était généralement nécessaire. Le Hunter calculait très mal les distances. Mais c'était évidemment surtout son pressant désir de retrouver son aimée qui lui faisait inventer des histoires. Pour lui, Sarah avait peut-être déjà reçu un avertissement, une menace, et elle avait dévié de sa voie. Était-ce le Comte qui, trop impatient, l'aurait faite enlever afin de la garder, sans attendre le mariage ? Cela paraissait tout à fait probable aux yeux du jeune homme. Sa haine contre le lord Vampire ne cessait de le pousser à le penser responsable de tout. Pourtant, il y avait eu combat, le fiacre avait été retrouvé à moitié éventré, il y avait eu des traces de balles, les journaux parlaient d'une fusillade et Sarah aurait été précipitée dans la rivière Thames. Pourquoi le Comte aurait-il été jusqu'à tenter de l'assassiner une nouvelle fois alors que la jeune femme lui était officiellement acquise ? Cela n'avait pas de sens. Pourtant, Alxender ne cessait de croire que c'était lui l'auteur de cette disparition.

Laissant de côté Sarah, puisque Katherine n'avait apparemment aucune autre information à son sujet, Alexender tâcha de lui répondre concernant Raphaël. Que pouvait-il lui dire ? Que ce type était un Vampire et qu'il lui tardait qu'il fasse une erreur de trop pour le descendre ? Quel bel allié ! Optant cependant pour une vague présentation de son « acolyte », Alexender préféra clore rapidement la conversation, prétextant qu'il ne l'appréciait guère et que ce dernier viendrait s'il attachait encore de l'importance à leur mission. Il serait toujours temps de le laisser se présenter s'il se pointait au rendez-vous.

Il y eut alors cette étrange scène où la jeune femme vint se placer sur ses genoux, comme s'il étaient amants de longue date. Alexender aimait la chaleur des femmes et il ne résistait jamais longtemps aux charmes de quelques formes voluptueuses. Mais sa surprise fut telle en cet instant, d'autant que leur environnement et leurs sujets de conversation n'avaient rien d'intime, qu'il décida de stopper les minauderies de la belle. Elle ne le prit pas mal, grâce au tact dont il avait heureusement fait preuve cette fois-ci et elle le provoqua par les mots.


- Il ne faut jamais se fier aux apparences...Lui répondit-il d'un air coquin. Je doute que ce soit le lieu pour vous...décrypter.

Alexender commençait à entrer dans le jeu de la sulfureuse Lycanthrope. Son âge l'interpellait. Il aurait aimé avoir le fin mot de l'histoire. Était-elle comme Gaspard ? Prenait-elle une étrange substance qui la conservait sous cette forme alors qu'elle était en réalité bien plus vieille ? Cela n'était guère possible. C'était les dons d'alchimie de Gaspard qui lui avaient promulgué ce savoir et il semblait complètement farfelu qu'un autre puisse arriver aux mêmes résultats que lui. Et puis, Katherine n'avait jamais parlé d'alchimie...Encore un mystère à élucider. Décidément, cette femme était diablement obscure.

La belle propose son manoir comme second QG et les Hunters oublièrent ainsi bien vite ces étranges propos échangés entre leur maître et cette dernière. Un vivat manqua d'éclater. Ils étaient tous heureux de se découvrir une nouvelle alliée qui avait les moyens de les héberger et de les couvrir. Elle semblait pleine de ressources, capable de tenir tête aux hommes, son chien était apparemment parfaitement dressé et elle pourrait jouer de ses charmes pour mieux défaire leurs ennemis. Christopher n'était déjà plus indifférent à ses courbes qu'il observait à la dérobée.
De son côté, Alexender avait décidé de l'inviter à dormir sous leur toit, au moins pour cette nuit. Il était tard, si Raphaël venait ce serait sans doute au milieu de la nuit et il considérait que la laisser repartir maintenant était plus risqué qu'au petit matin. C'était aussi peut-être parce qu'il ressentait le besoin de savoir qu'une femme était parmi eux. La présence féminine lui manquait au sein de son groupe. Cela faisait presque un mois qu'il n'avait parlé qu'à des hommes.


- Non, non, nous avons une chambre entièrement libre. Vous pouvez la prendre. Je vous y conduirai tout à l'heure. Cela ne nous dérange pas. Tout avait déjà plus ou moins été prévu comme ça. Katherine souriait et le Hunter ne put s'empêcher de lui rendre son éclat. Une chemise ? Il n'y a pas de soucis. Nous avons amené des malles de vêtements. Ils sont taillés pour les hommes, certes, mais ils peuvent servir à tous ici.

Alphonse décréta alors qu'il était l'heure du repas. Alexender profita de ce nouvel élément pour se détacher de la conversation qui, à son avis, devenait un peu trop entendue entre eux. Christopher s'exila en cuisine, déjà frustré de constater que son maître avait, encore, l'avantage sur eux. C'était vrai qu'il était bel homme, même les cheveux raccourcis et teintés en noir. Son regard était profond, d'un orangé particulièrement agréable et tout, depuis sa voix jusqu'à ses postures, lui donnait un charme fou. Il était tenace, franc, parfois un peu agressif, et les femmes aimaient généralement ça. Il se sentit rudement jeune et immature tandis qu'il coupait des pommes de terre en rondelles pour les ajouter au bouillon qui chauffait déjà au-dessus du feu.

De leurs côtés, Alphonse et Alexender mirent la table pendant que Katherine allait vois Izac et le chien dans le couloir de l'entrée. Le gitan refusa de se joindre au groupe, n'accordant qu'un bref signe de tête poli à la jeune femme qui venait de prendre soin de l'inviter. Il préférait rester avec le chien, à garder l'entrée. C'était son tour, c'était ainsi.
Lorsque Katherine se fut installée aux côtés d'Alexender, ce dernier leva son verre et chacun put trinquer aux retrouvailles et à la réussite de leurs prochains plans. La soupe leur réchauffa le cœur mais il fut bientôt question du grand rôle que jouerait Katherine.


- Je ne sais pas...Avoua le Hunter. Je n'ai pas encore songé aux détails. L'application de ce plan est dangereux. Je voulais simplement savoir si vous étiez sérieuse ou non dans votre proposition. Je pense vraiment que c'est notre chance et que vos talents peuvent se révéler très utiles. J'ai tendance à croire que votre idée est la meilleure que nous ayons.

Le Hunter ne quittait plus la belle des yeux. Il but rapidement sa soupe et revint à son verre d'alcool en croisant les jambes. Sa chaise était tournée vers la belle. Il la touchait presque du bout de ses bottes.

- Le Comte est une créature maligne. Il est devenu lord et s'est considérablement approché de la reine, sans doute en tuant. Il est difficile à convaincre en terme de politique, il sait très bien danser, sa demeure se trouve près de l'Oratoire et il rôde souvent au Queen's Head. C'est un acteur, un metteur en scène, un scénariste pour opérettes. Il est proche d'architectes renommés, de hauts dignitaires et de la plupart des lords de ce temps. C'est une ombre le jour, un tyran la nuit. Son regard s'assombrit. C'est un homme pervers, un sadique. Il aime voir les autres souffrir et il courtise à tout va en utilisant mille paroles mielleuses. Il soupira et secoua la tête d'un air frustré. C'est tout ce que je sais. Ajouta-t-il en vidant son verre d'une traite.

- On le voit souvent entrer au Musée de Madame Tussaud aussi. Fit Alponse en plongeant ses lèvres dans son assiette creuse.

- Et le Palais de Westminster. Précisa Seamus à la volée.

- Évidemment, reprit Alexender, il s'arrange toujours pour ne sortir qu'à la nuit tombée. Les gens imaginent qu'il travaille à son bureau toute la journée. Il reçoit de jour, ça nous le savons, mais nous ne sommes pas encore certains que ce ne soient pas des humains à son service.

- Quant à ses pouvoirs, nous savons qu'il lit dans les pensées et qu'il contrôle les ombres. Alexender frémit aux paroles de Nathan. Il ne se souvenait que trop bien de cette soirée où il s'était fait piéger par le Comte dans les égouts...Il peut aussi manipuler les corps morts...

Alphonse déglutit et Alexender plongea son regard dans la bouteille qui trônait sur la table. Au théâtre, le père d'Eulalia, Thaddeus Grey, avait servi de marionnette à ce cinglé...Cette scène resterait gravée dans leur mémoire. Le rouquin frissonna tout à fait.

- Ce malade s'est servi de la carcasse d'un de nos collègues pour tenter de me tuer. Ça a été...horrible. Murmura Alexender.

Le Hunter ne voulait pas reparler de ça. Aucun d'entre eux. Un lourd silence s’appesantit sur les convives.


- Pour sûr que vous allez lui plaire, miss. Finit par dire Alexender en ramenant son regard d'ambre dans le sien. Vous avez quelques arguments qui ne le laisseront pas indifférent. Mais s'il vous perce à jour, je n'ose même pas imaginer ce qu'il vous fera subir...

Il fallait que Katherine prenne pleinement conscience des risques qu'elle encourait avant de s'engager dans semblable plan. Elle devait savoir.

Tandis que Christopher faisait une deuxième tournée de soupe, Izac ouvrit la porte et laissa entrer un homme. Vêtu d'une cape noire en mauvais état, portant des bottes de cuir détrempées et boueuses, son regard de glace perça à travers ses cheveux noirs.
Alexender sentit son cœur faire un bond et il se leva d'un coup, l'air à la fois heureux et désagréablement surpris.


- Raphaël! S'exclama-t-il dans un souffle rauque.

- Il vient d'arriver. Fit simplement Izac avant de retourner dans l'entrée.

Les autres avaient tous cessé de parler et de manger. Tous savaient que c'était un Vampire, seule Katherine n'avait pas encore été mise au courant au sujet de sa nature. Alphonse regardait Raphaël d'un air amical mais c'était bien le seul. Chacun se tenait sur la défensive, personne ne lui faisait encore confiance.
Lentement, Alexender vint à sa rencontre et lui tendit une main.


- Cela fait longtemps...

En vérité, ils ne s'étaient plus revus depuis leur convalescence chez Eulalia suite aux attentats au théâtre. Depuis, beaucoup de choses s'étaient passées pour l'un et l'autre.

- Où est Aria? S'enquit le rouquin. Toi aussi tu as teint tes cheveux ? C'est bien.

Alexender faisait tout pour paraître amical mais lorsque sa main bouillante avait rencontré la peau glacée du Vampire, il avait serré les dents.

- Je te présente mes élèves : Alphonse, Christopher, Nathan, Seamus...Désignant chacun d'un coup de tête, le Hunter les laissa saluer leur compagnon d'un coup de tête. Tu as déjà vu Izac dans le couloir. Et voici Katherine Thorne, notre nouvelle alliée. Fit-il en montrant du plat de la main la jeune Lycanthrope. Nous l'avons rencontrée après...Hé bien après que tu te sois caché.

Attentif au moindre geste du Vampire, il finit par l'inviter à les rejoindre, sans même penser à lui offrir une assiette de soupe.
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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42] Mer 13 Mai - 22:12

Suite à la légère tension qui s'était installée entre les deux Hunters, Katherine se calma. Alexender ne semblait pas comprendre les sentiments de la jeune femme. Il ne pouvait pas comprendre le mécanisme des sentiments d'une femme. D'une femme aussi âgée et perturbée qu'elle. Elle vivait constamment seule. Seule avec ses domestiques. Les visites se faisaient rares. La belle n'étaient guère appréciée par certaines femmes surtout à cause de ses manières qui pouvaient paraître de temps en temps extravagantes mais au fait qu'elle se retrouve toujours à danser dans les bras d'un inconnu différent lors de bals ou soirées. Il ne pouvait pas comprendre son angoisse. Elle avait enfin trouvé des personnes qui lui ressemblaient, qui avaient les mêmes objectifs qu'elle. Et elle s'inquiétait de la disparition de son allié. Pour elle c'était important, une mission dont Dieu aurait chargé n'importe quelle créature humaine et censée dans ce monde. Voir que d'autres personnes partageaient son avis sur la question la comblait. Elle renouait un certain contact avec les hommes, elle qui était bien souvent esseulée dans sa demeure bien trop vaste pour une seule personne. Avoir un peu de compagnie lui manquait, Stan et Alexender étaient les deux seules personnes pour le moment qui pouvaient combler ce manque de contact avec la société en quelque sorte. Le contact voilà ce qu'il lui fallait. Michael était la seule personne qu'elle côtoyait depuis, hélas, bien longtemps. Il lui fallait changer d'air. Redevenir en quelque sorte, à son tour, humaine. Ne plus s'isoler... C'était pour le moment un espoir de voir ces deux Hunters, alors imaginer les perdre alors qu'elle venait à peine de les trouver l'aurait grandement peiné. Pas assez de personnes luttaient pour leur cause.

Oui cela était bel et bien étrange que Katherine ait pu croiser une certaine Sarah dans une auberge bien loin de la ville et elle pouvait parfaitement le concevoir. Elle-même s'était posée des questions, que faisait-elle en ces lieux ? Ne devait-elle pas se marier ? Et le couvent ? Et.. ? Malheureusement elle n'avait pas les réponses à toutes ces questions, pour la simple et bonne raison qu'une personne censée ne lui aurait jamais dévoilé tout ceci. Et si Katherine allait la poignarder dans le dos ? Et si elle était du côté du Comte ? Et si elle était une criminelle ? Non Sarah avait peut-être bien fait sur le coup de ne rien lui dire, cela aurait pu compromettre ses plans. Cependant, désormais, Katherine le regrettait assez amèrement. La jeune femme était portée disparue et personne avait de nouvelle d'elle...


- Hélas mon ami je n'ai guère de réponse à toutes vos questions qui sont malgré tout légitimes. Je ne sais rien de plus et je vous l'ai déjà dit. Je n'ai aperçu ni amie, ni cocher dans cette auberge. Seule votre Sarah, esseulée dans une chambre, que j'aurais bien aimé réconforter. Ne vous y méprenez pas Alexender, peut-être que deux jours sont réellement nécessaires.

La demoiselle le regardait avec tristesse. Il semblait réellement soucieux de l'état de santé de Sarah, de sa situation passée, du pourquoi du comment et enfin de son avenir. Elle aurait aimé que l'on s'inquiète de la même manière pour elle. Qui restait-il désormais pour se demander que faisait Katherine de ses journées, de ses nuits ? Si elle était mariée et si elle avait des enfants ? Si elle était morte ou bien malade dans un lit ? Qui était là pour venir la voir de temps en temps au manoir ? Personne ne la connaissait vraiment et personne ne semblait vouloir la connaître. En même temps son caractère pouvait repousser les personnes les plus agréables, elle n'était pas la personne la plus conforme à la société dans tout Londres et pourtant elle faisait des efforts pour être ne serait-ce qu'un tout petit peu présentable et s'en sortait quand même bien... mais ce n'était pas vraiment elle. Sarah pouvait se réjouir dans un sens... Elle possédait l'amour et l'attention d'une personne voir de plusieurs. Katherine ne possédait que celui de Michael en lequel elle commençait à douter. Etait-il vraiment sincère ? Elle n'arrivait plus à le voir comme avant. Peut-être était-ce une forme de paranoïa qui s'emparait d'elle mais elle avait peur qu'il ne soit là que pour l'argent. Après tout, il était le meilleur ami de son père, son majordome à elle, son amant, l'homme qui s'occupait également de ses papiers quand elle avait besoin d'un coup de main. Comment ne pas douter ?

Une fois installée sur ses genoux elle se vit repousser mais ne se risqua pas de le prendre mal. Cela ne la dérangeait pas mais l'étonnait un quelque peu. Ainsi tous les hommes n'étaient peut-être pas pareil. Son regard dérivé lentement sur les autres Hunters qui constituaient la troupe, et eux ? Comment réagiraient-ils ? L'accepteraient-ils sur leurs genoux pour venir titiller ses formes discrètement ou bien la repousseraient-ils comme celui qui semblait être leur « maître » ? Cela commençait à l'intriguer. Se trompait-elle finalement ? Elle avait pourtant déjà vécu 140 ans, n'avait-elle connu alors que des hommes pervers ? Ayant un léger rire cristallin elle lui tapota doucement le dos de la main avant de poser ses yeux dans le cou du jeune homme :


- Vraiment ? Quel dommage... Dans tous les cas vous me flattez, je fais donc si jeune que cela ! Lui murmura t-elle. Je dois en faire des jalouses...

Jeune ? Bien sûr qu'elle l'était... mais simplement physiquement. Katherine avait 140 ans, 140 ans d'existence, de peine, de souffrance, de rire, de meurtre, de solitude et à la fois de compagnie. C'était que la jeune femme commençait réellement à se faire vieille ! Elle pouvait être au moins de trois fois voir quatre la mère d'Alexender ! A elle même elle remplissait une génération sans avoir pour autant eu de descendant ! Elle se gardait bien cependant pour le moment de lui dire qu'elle pourrait être son arrière grand-mère de peur que lui-même prenne peur. Savoir qu'une personne était d'au moins un siècle plus vieille que vous pouvait inquiéter voir même répugner certaine personne. Mais elle ne le lui cacherait pas bien longtemps. Il lui suffisait de demander une fois seule pour qu'elle le lui dise. Mais d'elle-même non. Pas comme ça, pas encore. Ils se connaissaient à peine. Il devra apprendre à l'apprécier avec ses qualités tout comme ses défauts ce qu'elle a déjà du mal à faire. Après tout, c'était Katherine... Katherine était une femme difficile... Autant à cerner réellement qu'à suivre. Elle-même avait du mal à se connaître, bien sûr elle s'était vu dans un miroir et savait son comportement et son mauvais caractère, cependant il lui arrivait à quelques moments de ne plus savoir qui elle était, où elle en était. Katherine pouvait être autant de feu que de glace. Son caractère changeant était généralement la chose la moins appréciée chez elle. Elle était quelqu'un d'étrange, de bizarre, que l'on pourrait dire également de folle...

Son manoir devint alors une des sources principales de la discussion. Il était vrai qu'il pouvait s'avérer bien utile puisqu'il était vaste et recevait peu de visites incongrues. Katherine avait donc tout le loisir de les laisser entrer chez elle et mijoter quelques bons petits plans. Cela ne la dérangeait pas, du moment qu'ils se faisaient discrets si jamais elle venait à accueillir une tierce personne chez elle ou bien à ne pas faire n'importe quoi dans son manoir, ce dont elle doutait déjà fortement. Ils avaient l'air d'être sérieux et respectueux, il n'y aurait pas de problème dans ce niveau là. De plus s'ils le désiraient elle pouvait les héberger, leur fournier des pièces, ou même faire aménager quelques salles du sous-sol par Michael pour que les Hunters puissent s'y réfugier en cas de besoin ou même y rester le temps qu'ils le voudraient.
Rester à ce QG pour cette nuit ne la dérangeait pas, bien au contraire ! Elle pouvait enfin faire la connaissance de tout ce petit monde et entrer un peu plus dans leur guilde. Elle les appréciait déjà, ils n'étaient pas embêtant ni malhonnête. Leurs regards ne semblaient cacher aucune grande perversité, ni même une âme mauvaise. Elle semblait, pour une fois, bien tombée. Souriante, elle hocha la tête, ils semblaient eux-aussi tous disposer à la laisser séjourner ici. Ses pensées dérivèrent vers Michael, elle ne pouvait pas le forcer à rester un loup durant toute la nuit ni même le lendemain matin. Il faudrait qu'elle prévienne Alexender, qu'il resterait très certainement devant la porte d'entrée le lendemain matin en tant qu'humain. Michael était aussi un homme, il avait besoin de boire et de manger normalement mais également de compagnie. Elle ne pouvait pas se permettre de le condamner à cette apparence animale.


- Bien, dans ce cas je vous en remercie. Leur dit-elle en souriant à chacun d'eux. Parfait ! Ce sera parfait Alexender, je vous en ferais parvenir d'autres si vous en avez besoin, vous et vos amis bien entendu. Ou bien même de la nourriture si vous en manquez, ou si vous voulez des choses consistantes dont vous n'avez peut-être pas les moyens de vous payer pour le moment. Les vêtements masculins ne me dérangent pas, vous savez bien que j'ai l'habitude d'en porter.

L'argent n'était pas ce qui pouvait bien lui manquer. Elle en avait assez pour nourrir toute une famille pendant des décennies.
Il ne fut pas longtemps au petit groupe pour qu'il soit l'heure de mettre enfin la table et d'aller manger. Toute la discussion lui avait faim, en vérité la jeune femme avait presque toujours faim. Elle mangeait par pur plaisir, c'était un de ces petits bonheurs de la vie qui pouvait lui rester. Il lui en manquait déjà beaucoup et depuis longtemps...
S'excusant auprès des Hunters elle alla retrouver son loup noir. Ses doigts s'étaient glissés dans sa fourrure tandis qu'elle lui murmurait quelques paroles apaisantes navigant entre anglais et hongrois, la langue maternelle de son majordome. Hochant la tête, elle se contenta de ce peu de réponse. Cet homme semblait peu apprécier sa présence et elle pouvait le comprendre. Après tout elle n'était qu'une femme. Une femme dans cette société ne devait pas porter des vêtements d'hommes, ni même leur tenir tête, ni même venir combattre à leurs côtés. Elle pouvait comprendre mais n'imaginait plus sa vie autrement depuis longtemps.
Se relevant, elle fit demi tour et retourna auprès de ses hôtes.

La soupe était bonne et chaude, elle la dégustait doucement, même si c'était trois fois rien et profitait de ce bon repas si rare. Elle mangeait si peu avec d'autres personnes. Ce repas faisait parti de l'un des meilleurs qu'elle prenait depuis, hélas, la Hongrie.


- Dangereux certes mais c'est une chance à saisir Alexender et je le conçois parfaitement. J'espère que cela portera ses fruits. Il faudra réfléchir à la manière dont vous vous que j'agisse. Ce que vous pensez le mieux pour la réussite de ce plan.

Fronçant les sourcils elle écouta attentivement ce que chacun des hunters avait à lui dire sur le Comte Keisuke. Certaines choses n'étaient pas nouvelles pour elle comme pour l'Oratoire et le Palais de Westminster. Les dernières paroles d'Alexender dans sa première tirade la firent frissonner. Au fond elle s'en doutait mais préférait garder ces caractéristiques du Comte dans un coin caché de son esprit, comme si elle ne voulait pas vraiment s'en rendre compte pour ne pas prendre peur et se dérober pendant le déclenchement du plan. Non, ils avaient besoin d'une Katherine qui ne tremblerait pas devant le Comte dès qu'il ouvrira la bouche. Tournant son visage de poupée vers Alphonse puis Seamus son regard s'attarda sur ce Nathan. Le Comte contrôlait donc les corps morts ? Une grimace de dégoût se forma sur ses lèvres. Sa main vint se poser doucement sur celle d'Alexender en entendant sa révélation.


- C'est un monstre...

Elle n'en doutait déjà pas mais les paroles de ses compagnons finirent de la convaincre sur le mauvais fond de cette créature inhumaine et immonde à ses yeux. Une créature qui ne méritait en aucun cas de vivre. Ses lèvres s'étaient figées en une grimace de dégoût, cet homme la répugnait, elle n'arrivait pas à croire que l'on puisse être aussi mauvais que lui. Ni même que ce dernier puisse être autre chose qu'immonde.

- Bien... merci pour vos renseignements. Je ne me suis jamais vraiment approchée de cette... créature. Et donc ne connais que sa nature et sa réputation. Je sais pour le théâtre et le fait qu'il soit un être monstrueux et puissant, ici, à Londres. Cependant avoir l'avis des personnes qui l'ont vraiment côtoyées aident à cerner sa personnalité. Je me doute qu'il n'est pas le même en public et en privé... Outre ses pouvoirs, Monsieur le Comte est un vampire et donc non invincible. Au contraire, je pourrais presque penser qu'il possède plus d'inconvénients que nous. Nous trouverons bien un moyen de venger votre... Collègue.

Continuant de faire glisser doucement ses doigts sur sa main dans un geste de réconfort elle posa ses lèvres sur le liquide sombre et en prit une gorgée songeant à tout ce qu'ils venaient de dire.
Le regard de la jeune femme se posa lui doucement. Haussant les épaules elle finit par laisser s'échapper doucement :


- Je l'espère, je l'espère. Si vous pensez que ces quelques arguments suffiront...

Un sourire voila ses lèvres délicatement rougeâtres :

- Je suis prête à tout encaisser Alexender, et ce depuis bien longtemps maintenant. Je sais ce qui peut m'attendre et au fond... Un petit rictus s'échappa de ses lèvres tandis que ses yeux se posaient presque dans le vide. Je n'ai plus rien à perdre vous savez. Pas de famille, d'enfant, d'ami. Je n'ai pas grand espoir de m'en sortir indemne, je n'ai qu'un souhait, que mon intervention ne soit pas en vain et puisse être utile pour détruire l'ennemi. Qu'il me fasse subir ce qu'il désire s'il me démasque, cela ne dure que quelques temps, ce n'est pas éternel...

Sa gorge s'était pourtant nouée. Tout ce qu'elle avait dit été vrai. Il n'y avait même plus la peur de mourir, simplement celle d'échouer, de n'avoir servi à rien. Elle n'avait plus personne ici, sa perte ne fera de mal à personne, peut-être à Michael, s'il ne se donne pas la mort par derrière. Même les pires tortures ne sont pas éternelles, finalement tout le monde meurt, redevient cet objet inanimé. Cet être qui a vécu pour finalement redevenir inerte comme lors de sa création. Elle savait qu'elle risquait gros en se lançant dans un tel plan à leurs côtés et que peut-être elle n'en ressortira pas mais au fond, elle ne vivait que pour cela. Pour tuer ces créatures.

Remerciant finalement Christopher d'une voix chaleureuse elle continua de porter l'assiette creuse à ses lèvres. Pendant ce temps le loup se tenait devant la porte. Entendant toquer il se mit à grogner et se recula pour laisser passer le Hunter. Ses crocs dévoilés et les poils hérissés, il s'élança vers le salon, frôlant Alexender et se plaçant juste devant sa maîtresse comme pour empêcher celle-ci de s'approcher du nouveau venu. Les mains de la belle reposèrent le plat en voyant un mystérieux inconnu arriver accompagné d'Izac. Se levant doucement elle sourit à l'homme avec cependant de l'hésitation. Les doigts de sa main se posèrent sur Michael doucement comme pour l'inciter à se calmer. Inclinant la tête légèrement lorsqu'Alexender évoqua son nom, la demoiselle se mit à observer ce Raphaël. Il semblait venir tout droit de la rue, un peu comme Stan, avec une veste délabrée et un très mauvais teint qui ne signifiait rien de bon. D'une voix agréable et pourtant qui cachait une certaine excentricité, elle s'exclama :

- Vous êtes donc ce mystérieux Raphaël, je suis ravie de faire enfin votre connaissance.

Tendant sa main, sa poitrine se pencha légèrement en avant pour ne pas trébucher sur son loup et mit en avant la croix qu'elle portait autour du cou. Elle ne pouvait s'en séparer. Du moins pour le moment. La jeune femme attendit donc que l'homme lui sert la main, à moins-ce qu'il soit machiste et ne supporte pas qu'une femme soit dans leurs rangs.

- L'on m'a parlé de vous, bien peu je dois avouer...



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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Raphaël Veneziano
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MessageSujet: Re: Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42] Dim 31 Mai - 15:29

Lorsque la porte s'ouvrit enfin, Raphaël se retrouva face à un homme au regard aussi noir que ses cheveux. Sa moustache mature et son œil perdu firent tomber ses derniers doutes : c'était le Hunter qui avait aidé Alexender et ses élèves au théâtre, pendant que lui-même combattait de son côté Fiora Hagane, en compagnie d'Eulalia Grey, dans l'ancienne usine qui jouxtait l'édifice. Son complice l'avait évoqué pendant leur convalescence chez la jeune femme qui les avait recueillis après leur échec et le Vampire avait même retenu son nom : il s'appelait Izac.
Apparemment, c'était un homme de confiance, un ami de Thaddeus, un chasseur qui avait de l'expérience et du courage à revendre. Si Alexender et le père d'Eulalia lui avaient confié leurs espoirs, alors il ne voyait pas de raison de ne pas en faire autant. En soit, ils ne se connaissaient absolument pas, puisqu'ils ne s'étaient jamais rencontrés jusqu'à présent, mais Alexender avait déjà fait le lien entre eux.
Ainsi, après avoir répété une deuxième fois son pseudonyme, Raphaël fut invité à entrer d'un geste de la main. Sans se faire prier davantage, la créature de la nuit pénétra dans ce qui devait être le nouveau QG de leur groupe. Un groupe momentanément dissout qui était en train de se reformer, pour le meilleur et pour le pire. Il le remercia d'un coup de tête et enleva sa capuche en franchissant le seuil. Arrivé dans le couloir de l'entrée, il s'arrêta net : un gros chien noir se tenait-là, au milieu du passage, babines retroussées, crocs sortis. Pendant qu'Izac verrouillait la porte derrière lui, Raphaël resta interdit devant l'animal. Depuis quand les Hunters avaient-ils un chien ? Sa taille le rapprochait plus du loup que du chien d'ailleurs...C'était intéressant, car un tel animal pouvait les aider de son flair et de ses crocs, il pouvait garder l'entrée et aboyer s'il sentait le danger approcher, mais c'était également problématique : les animaux, contrairement aux humains, sentaient une partie de l'aura que dégageaient les Vampires. C'était une capacité sans doute associée à leur flair et à leur instinct sauvage. Pas étonnant que celui-ci ne se sente mal à l'aise devant lui. Il devait sentir le fauve et représenter un prédateur.

Izac le poussa un peu en avant pour le faire avancer et Raphaël passa le plus loin possible du chien mais, alors que le Hunter borgne ouvrait la porte qui donnait sur la pièce à vivre, il le sentit le frôler pour se précipiter par-devant lui et se placer devant...une femme ?
Le cœur du Vampire fit un bond, songeant un instant avoir retrouvé Eulalia, mais, bien vite, il ne reconnu pas son amie et découvrit qu'ils avaient une nouvelle alliée. Ce n'était pas Marguerite, ni Suzanne, ni même Aria...
L'accueil silencieux que lui fit l'assemblée de Hunters qu'il trouva en train de manger ne l'étonna guère. Il ne reconnu qu'un jeune homme au teint brun qu'il avait aperçu au théâtre, les autres lui étaient tous inconnus. La méfiance se lisait sur tous les visages, même celui d'Alexender. Ce dernier s'était levé d'un bond à son arrivée et, tandis que le chien noir grognait près de celle qui était sans doute sa maîtresse, il vint à sa rencontre pour lui serrer la main.


- Oui...Cela fait longtemps... Répondit Raphaël d'une voix rauque.

Croisant le regard ambré de son acolyte, le Vampire ne laissa pas longtemps sa main dans la sienne. Serrant les dents, il expliqua :


- Aria a disparu, c'est pour ça que je suis sortie de ma cachette : pour la trouver. Mais il semblerait qu'elle n'ait laissé aucune trace...

Le regard plus sombre, il s'approcha un peu d'Alexender pour qu'il soit le seul à l'entendre distinctement.

- Je n'y suis pour rien. Crois-moi.

Cette précision lui était, semble-t-il, nécessaire. Il ne voulait pas que le Hunter ne s'imagine qu'il l'avait dévorée vivante dans leur planque. Son histoire avec Eulalia avait déjà fait trop de vagues.

- Non, je ne me suis pas teint les cheveux. Fit-il plus fort pour que tout le monde l'entende. Je porte une perruque.

Levant la main pour enlever cette dernière, il se ravisa soudain, laissant son postiche noir à la place de ses cheveux blancs. Il serait toujours temps de l'enlever quand il prendrait son bain. Pour le moment, le tout était collé de sueur, de pluie et de vase, il était inutile de secouer tout ça au-dessus des tapis ou des assiettes de soupe.
Laissant Alexender lui présenter ses nouveaux associés, Raphaël s'approcha de la table et les salua tous un par un d'un coup de tête amical. Il sentait que leurs regards posés sur lui étaient emprunt de doutes et de craintes. Le rouquin leur avait-il révélé sa vraie nature ?
Le Hunter lui présenta la jeune femme en dernier, faute ridicule qui allait fort à l'encontre de la galanterie, mais qui s'en souciait ici à part lui-même ? Apparemment personne. La belle dénommée Katherine s'était levée. Elle était vêtue d'un pantalon , comme un homme, et caressait du bout des doigts son chien noir pour l'apaiser. C'était une chasseuse qui semblait de la même trempe que Sarah. Au fond, cela fit sourire le Vampire : Alexender savait décidément s'entourer de femmes aussi venimeuses que belles. Celle-ci paraissait avoir bien des ressources.
Raphaël s'avança à sa rencontre et Katherine l'accueillit d'un sourire divinement enjoué. Elle se pencha vers lui en contournant son animal de compagnie afin de le saluer physiquement. Le Hunter lui sourit aimablement et se pencha à son tour pour répondre à sa poignée de main. Cependant, alors qu'il avançait sa main, son corps l'avertit du danger : la jeune femme portait une croix autour du cou. Il tiqua, jetant un regard dans la direction de l'objet, avant de l'ignorer et de laisser sa main entrer dans celle de la belle. Son coup d'oeil aurait pu passer pour une envie de se plonger dans son décolleté où rebondissaient ses formes pleines de volupté, mais le Vampire préféra montrer du menton le bijoux qu'elle portait en lui souriant :


- Bienvenue parmi nous, miss Thornes. Je vois que vous êtes déjà équipée pour combattre les démons que nous traquons.

Laissant la belle, le jeune homme s'assied où Alexender venait de l'inviter et entreprit de dégager un peu plus sa nuque de sa capuche qui s'était ramassée sur elle-même. Voyant que quelques jeunes le regardaient encore de travers, il leur sourit et montra les assiettes de la main.

- Allez-y, finissez, ne vous occupez pas de moi.

Il avait faillit ajouter « j'ai déjà mangé » mais cela aurait été un mensonge et, si Alexender les avait déjà prévenus au sujet de sa nature, une réplique pareille aurait pu les mettre bien plus mal à l'aise qu'ils ne l'étaient déjà. Quel fardeau !

Laissant la conversation reprendre, le Vampire fit bientôt un rapport complet sur sa situation.


- J'étais avec Aria, dans la planque, et elle sortait régulièrement malgré mes avertissements. Il y a trois jours, elle n'est pas rentrée. Je me suis inquiété et j'ai fini par sortir pour tenter de la retrouver. Je crois malheureusement que cette petite est morte. Je n'en ai trouvé aucune trace...Dans sa voix ne perçait aucun sentiment, mais, au fond de lui, Raphaël culpabilisait beaucoup. Et puis, en la cherchant, j'ai lu les journaux et je suis tombé sur un article de Stan. Oui, de Stan. Ajouta-t-il à l'adresse d'Alexender. Vous ne l'avez pas vu ? Moi si. Je l'ai retrouvé sous le Pont de Londres hier soir. Oui, drôle d'endroit pour un rendez-vous secret hein? C'était vraiment dangereux...Il n'est pas assez prudent...A moins qu'il ne l'ait fait exprès...Son regard se fit plus froid et un rictus ironique déforma sa bouche. Tsss...On est tombé sur un couple qui se disputait puis sur un homme du Yard. Oui, c'est trop louche comme rencontre...Où est le hasard dans tout ça ? Je me le demande. Croisant les jambes sous la table et les bras sur son poitrail, Raphaël continua d'un air quelque peu colérique. Attendez...le pire est à venir...L'agent a laissé Stan se sauver, soit disant pour qu'il aille chercher des renforts pour mettre en prison l'homme qui venait d'étrangler sa femme, ou sa putain. Et puis l'agent m'a attaqué. Il m'avait reconnu à cause des affiches et il a tenté de m'arrêter. Je lui ai échappé de peu.

Laissant les Hunters s'exprimer, Raphaël resta muet un moment, se contentant de hocher la tête à leurs exclamations. Stan était décidément étrange et, cette fois-ci, se profilait clairement en lui un traître. Au théâtre, il les avait abandonnés et maintenant des agents du Yard se trouvaient sur leurs lieux de rendez-vous ? C'était trop clair pour le Vampire : Stan l'avait conduit dans un piège.

- Je pense qu'il faudra changer de noms de code. Grogna-t-il entre ses dents. Mais, ce qui m'inquiète le plus dans tout ça, c'est que l'agent était particulièrement doué au couteau et, pire encore, il utilisait une forme de magie. Il y a eu un grand flash lumineux qui a failli m'étourdir, je n'ai pas tout compris mais j'ai fui grâce à mes propres pouv...enfin...à ma chance.

Plongeant ses yeux dans ceux du dénommé Alphonse qui s'agitait trop à son goût, Raphaël revint à Alexender avant de laisser ses yeux glacés tomber sur Katherine.

- Et vous alors? Fit-il d'un ton plus détaché avant de revenir définitivement à Alexender. Comment avez-vous trouvé cette nouvelle planque ? J'ai lu les journaux...mais de nombreuses zones d'ombre m'empêchent de tout comprendre. Comment avez-vous pu vous échapper de la Tour ? Comment va Eulalia ? Où est Sarah ?

Raphaël avait mille questions à poser au rouquin et, même s'il se doutait qu'il n'allait pas lui répondre de bon cœur, il considérait qu'il était en droit de savoir.
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Alexender Von Ravellow
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MessageSujet: Re: Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42] Dim 7 Juin - 19:26

Peu à peu, le nouveau QG des Hunters s'emplissait de vie. Le retour d'Alexender en ville avait été le départ d'un grand mouvement qui se préparait dans l'ombre. Pour combattre le Comte et ses sbires, pour empêcher le mariage forcé de Sarah, pour éliminer tous les Vampires de la capitale, il devenait urgent de se réorganiser et bien. Les multiples échecs que les chasseurs avaient subis ces derniers mois avaient été le résultat malheureux de leur manque de préparation, de leur manque d'expérience et, parfois, de leur manque de réflexion. Alexender avait toujours été une tête brûlée et Gaspard le lui avait mainte fois reproché sans ambages et à raison. Aussi, à force de malmener son corps et de foncer tête baissée au travers des pluies de balles, il finirait par mourir bêtement. Au théâtre, n'avait-il pas fait preuve d'une bêtise incomparable? Cela avait coûté la vie à une grande partie de ses élèves...C'était impardonnable! Aujourd'hui, Alexender considérait qu'il n'avait plus le droit à l'erreur. Non seulement le Comte ne se contenterait plus de le laisser derrière lui, agonisant dans les égouts ou d'autres pièges tordus, mais il l'achèverait sans doute d'un seul coup de dent s'il en avait l'occasion. Et puis, il ne pourrait plus compter sur Gaspard pour le sortir de la Tour s'il y était renvoyé. Que deviendrait Sarah s'il échouait de nouveau? L'idée même le rendait malade.

Heureusement, au milieu de la noirceur qu’exhalait le Hunter de ses pensées les plus sombres, une lueur d'espoir brillait toujours à l'horizon. La simple présence de Katherine avait réveillé en lui une quantité formidable d'émotions. Ainsi avait-il encore des alliés dignes de ce nom. Même s'ils ne se connaissaient qu'à peine, même si la jeune femme avait un tempérament difficile à appréhender et même s'il doutait encore de la réussite de ses projets, Alexender trouvait en elle un nouvel alter ego qui lui prouvait qu'il y avait encore une raison de lutter et que, main dans la main, il serait possible de vaincre les démons qui hantaient Londres et leurs vies.
Qu'était une gifle lorsque l'on obtenait derrière l'assurance d'une alliance durable? Qu'était un grognement de loup lorsque l'on savait que se rassemblaient en ce jour les meilleures forces qu'ils pourraient déployer? Les Lycanthropes apportaient au jeune chasseur bien plus de lumière que les quelques lampes à huile qui éclairaient leurs chambres le soir pour chasser les ombres et les cauchemars.

Certes, Katherine ne pouvait peut être pas l'aider dans l'immédiat, mais le seul fait qu'elle ait pu voir Sarah avant sa disparition avait réanimé chez lui l'envie de lutter. C'était d'abord un sentiment de désespoir et de doute qui l'avait envahi car il sentait bien que Sarah n'avait rien eu à faire dans cette auberge, seule, et qu'il y avait-là anguille sous roche, mais, par la suite, il s'était nourri de l'espoir fou de la retrouver vivante et de comprendre un jour pourquoi son fiacre avait été ainsi sauvagement attaqué et par qui. Il espérait la revoir bientôt.
Alors que les lèvres pulpeuses de Katherine lui murmuraient des excuses, se souciant visiblement de lui et de ce qu'il ressentait, le jeune homme rassemblait en lui toutes les informations qui lui seraient utiles pour démêler cette histoire.


- Oui...Vous me l'avez déjà dit. Excusez-moi...Oui, deux jours sont peut-être nécessaires...Je ne sais pas...Je me perds un peu en ce moment. Je n'ai jamais vraiment eu la notion du temps qui passe ou des distances...

Son regard brûlant qui le dévorait lorsqu'elle lui parlait, sa bouche de rose qui s'ouvrait sur un jardin de marbre blanc lorsqu'elle parlait...Katherine était une femme voluptueuse qui franchissait les frontières sans tabous aucun et qui semblait prête à profiter de la vie sans regrets. Alexender était lui-même de ces hommes qui collectionnaient les amantes et qui ne savaient généralement pas dire non à une belle femme. Cependant, depuis qu'il avait jeté son dévolu sur Sarah, depuis qu'il savait ses domestiques en prison et Romerta pendue, il ne songeait plus guère à jouer au folâtre et à crisper ses mains sur de fiers jupons. C'était un peu malgré lui, parce que la situation était dramatique, parce que ses élèves les observaient et parce qu'il ne ressentait pas encore le besoin d'épancher ses désirs, qu'il avait refusé à la douce Lycanthrope une place sur ses genoux.

- ...Oh oui...vous devez en faire des jalouses...Avait-il souri discrètement face à la jeune femme lorsqu'elle s'était doucement écartée de lui en flattant ses joues d'un air moqueur.

Par la suite, il fut convenu qu'elle et son chien dormiraient au QG ce soir-là, histoire qu'ils puissent dîner ensemble, discuter de leurs plans et mieux se connaître. C'était aussi, bien évidemment, une question de sécurité: à la nuit tombée, les Vampires rôdaient dans toute la ville à la recherche du moindre Bloody Rose qui brillaient au clair de lune. Katherine accepta l'invitation d'Alexender et lui expliqua que les vêtements d'homme seraient suffisants pour qu'elle se change. Le Hunter ne put s'empêcher de lever un sourcil: elle et Sarah étaient décidément fort semblables sur certains points. Après tout, quoi de plus normal que de troquer corsets et crinolines contre chemises et pantalons pour dégainer fleurets et pistolets?


- Pour le moment nous avons de quoi tenir deux bons mois avec nos réserves, si l'on fait attention. Mais il est vrai qu'un peu de viande ne nous ferait pas de mal d'ici quelques semaines. Si vous pouvez nous en faire parvenir, je vous rembourserai le temps venu.

Alexender était un aristocrate fortuné qui avait tout perdu sauf sa fierté. Il ne pouvait pas décemment vivre au crochet d'une femme sans jamais lui donner en retour une forme de compensation. C'était inimaginable. Pour lui, la rembourser lorsque seraient venus les jours meilleurs, était la suite logique des choses, si tout se passait pour le mieux.

A table, l'ambiance se réchauffa un peu avant que les sujets graves ne reviennent sur le tapis. Au bout d'un moment, ce fut Alexender lui-même qui réamorça la conversation au sujet du Comte et de leur mission. Il voulut savoir si Katherine était toujours dans l'optique de se faire passer pour une actrice auprès du Vampire afin de l'espionner et d'éventuellement le conduire dans un de leurs pièges. La belle Lycanthrope sembla presque outrée qu'il eut pu douter qu'elle ait été sincère lors de sa première proposition. Le Hunter décida alors de lui exposer le plus crûment du monde le danger auquel elle s'exposait. Le Comte et ses pouvoirs n'étaient pas à prendre à la légère et ses élèves étaient là pour en témoigner...


- J'espère que lorsque nous fixerons les tenants et les aboutissant de ce plan nous ne ferons pas d'erreur...Je ne dormirais plus jamais en paix vous sachant entre les mains de ce taré. Fit le Hunter en avalant lentement sa soupe comme s'il pesait à chaque gorgée les mots qu'il disait.

Katherine était une femme courageuse qui n'hésitait apparemment pas à se jeter dans la gueule du loup lorsqu'il s'agissait de lui arracher les crocs. Alexender l'admirait déjà. Elle était, comme Sarah, comme Eulalia, de ces femmes qui feraient tout pour se délivrer du mal et s'assurer une vie meilleure. Hors des conventions, fortes et fières, elles étaient, à ses yeux, les précurseurs de ce que deviendrait sans doute un jour leur sexe: l'égale de l'homme voire leur aboutissement le plus parfait.


- Oui...C'est un monstre...Une aberration à éliminer, ça n'fait aucun doute. Répondit-il à Katherine lorsque cette dernière eut entendu leurs avertissements au sujet du Comte et de ses pouvoirs diaboliques. Il n'est pas invincible, personne ne l'est, pas même un Vampire. L'espoir nous est toujours permis, vous avez entièrement raison. Nous devrions d'ailleurs tous nous en souvenir quand les horreurs qu'il nous a fait subir reviennent nous hanter...

La main de la jeune femme glissait doucement contre la sienne insufflant à sa peau une chaleur dont il s'abreuva sans dire mot. Ce contact intime dont il n'avait absolument pas envisagé la possibilité lorsqu'ils s'étaient rencontrés commençait à lui plaire.
Face à son regard et à ses paroles acides, il tiqua finalement.


- Je ne le permettrai pas, Katherine. Si nous vous infiltrons dans la troupe de Keisuke et qu'il vous démasque, je ne permettrai pas qu'il vous fasse quoi que ce soit. Cela peut paraître stupide mais...enfin...

Le regard fuyant, le Hunter réalisa qu'il était en train de parler comme un de ces jeunes adolescents persuadés d'avoir vu le jour pour servir de chevalier aux princesses en détresse. C'était complètement puéril et sans réalité. Si Katherine était découverte, elle serait torturée jusqu'à ce qu'elle ait craché l'adresse de leur planque avant d'être sans doute violée, vidée de son sang et abandonnée dans un canal nauséabond. Il ne pourrait jamais la suivre pendant sa mission et encore moins la sauver si cette dernière dégénérait.

- Cette idée m’insupporte. Nous avons déjà perdu Taddeus, cinq de mes élèves, Romerta...J'aimerai éviter de vous exposer au danger. Vous semblez vouloir vous sacrifier à notre cause, à ma cause, mais je n'ai jamais désiré que l'on perde la vie pour tout ça. Vous dites que vous n'avez ni famille, ni amis...mais nous sommes tous là, réunis autour de cette table, et je pense qu'aucun d'entre-nous ne pourrait prendre la mort d'un tiers pour une anecdote...Nous faisons partie de la même quête, nous formons déjà une petite guilde...Comme dans l'ancien temps...

Alexender laissa son regard pénétrer celui de la jeune Lycanne et ses pensées s’égarèrent sur les documents qu'il avait lus chez son père, à la Nouvelle-Orléans, et qui concernaient les guildes de Hunters du siècle dernier. Il avait lu en toute lettre que la Guilde d'Ivoire s'était désagrégée suite à une surpopulation de Vampire à Londres et avait nourri en secret l'espoir de pouvoir fonder une nouvelle institution dans laquelle ses élèves et ses collègues auraient tout à fait leur place. Il rêvait de quitter sa condition de solitaire pour la troquer contre celle de leader, à la tête d'un groupe conséquent que de profondes idéologies lieraient dans l'éternité. C'était un beau projet, sans doute utopique, mais Katherine devait déjà sentir qu'elle faisait maintenant partie d'un tout unique et indivisible, qu'en s'associant à lui et à ses confrères elle s'était implicitement marquée du sceau de la foi, celle des chasseurs de Londres, celle d'une famille au sein de laquelle chacun des membres possédait une place bien à lui dont on ne pouvait le déloger sans pousser les autres à se lever pour le défendre.

- C'est tout à votre honneur, miss Thornes. Mais s'il doit y avoir un sacrifice pour cette mission, j'aime autant que ce soit moi.

Après tout, n'était-ce pas pour délivrer Sarah qu'ils s'étaient tous jetés à corps perdu dans cette quête? N'était-ce pas pour lui plus que pour l'humanité dans son entier? C'était-là un grave sujet de conscience.

************
******

Raphaël entra alors dans le salon, ramené de l'entrée par Izac lui-même et le majordome de Katherine sous sa forme lupine. Alexender l'accueillit avec un mélange de surprise, de joie et de haine sourde. Il n'avait pas oublié que son "collègue" faisait partie de ces créatures qu'ils chassaient et qu'il avait bu le sang d'Eulalia...
Le Hunter s'enquit rapidement de la situation du Vampire et l'écouta lui expliquer qu'Aria avait disparu. Fronçant les sourcils, il déglutit lentement et se mit à réfléchir. Non, il n'en avait pas entendu parler, il ne l'avait pas vue, il n'avait eu aucun mot d'Eulalia. La petite avait pu tomber sur un Vampire coriace et s'être faite dévorer dans un coin de rue puis balancée dans la Tamise...Elle avait pu également se faire kidnapper par ceux qui avaient attaqué Sarah voire pire, s'être faite enfermer par un psychopathe. Tout était possible dans cette ville. Au chuchotement de son allié, Alexender se raidit et poussa un long soupir entre ses dents:


- J'espère bien...Au passage, la perruque n'est pas aussi sûre qu'une couleur...

Se dépêchant de présenter le groupe, Alexender proposa une chaise au Vampire et l'écouta attentivement une fois qu'il eût fait la connaissance de Katherine. Son arrivée souleva de nombreuses questions qui vinrent s'ajouter à leurs multiples doutes. Personne n'osa l'interrompre dans ses explications et seul Alexender semblait avoir "envie" d’interagir avec lui. Les autres Hunters restaient silencieux et l'observaient d'un oeil indécis.

- Stan? Sourit Alexender en entendant le nom de leur complice.

Mais son visage se ferma aussi soudainement que son sourire l'avait ouvert: Raphaël était tombé sur un agent du Yard, Stan s'était enfui, l'ensemble de l'affaire était particulièrement louche et le Vampire avançait désormais nettement la théorie selon laquelle il était tombé dans un piège du jeune homme. Alexender grogna d'un air parfaitement contrarié.


- Non, je n'ai pas vu cet article, les autres non plus d'ailleurs, nous avons relâché notre attention avec le déménagement des affaires...et il semble que ce soit heureux.

Où était Aria? Était-elle donc vraiment morte? Que trafiquait donc Stan? Pourquoi n'était-il pas là ce soir? Pourquoi avait-il choisi le Pont de Londres comme lieu de rendez-vous? Quel était cet agent capable d'utiliser de la magie? Raphaël amenait avec lui son lot de surprises désagréables...

- Un agent du Yard qui utilise de la magie? Bon sang...

Raphaël avait failli crier qu'il s'était sauvé grâce à ses propres pouvoirs et Alexender avait tendu le dos. Il n'avait jamais vu de quoi était concrètement capable son "compagnon" et une sueur froide lui parcourut le dos en l'imaginant. Il faudrait qu'ils en parlent s'il ne voulait pas virer parano et risquer de lui tirer une nouvelle fois au visage à la moindre alerte...Décidément, sans Eulalia, cette créature n'aurait jamais rejoint ses rangs...
D'ailleurs, le regard que lança le Vampire à la jeune Lycanthrope n'échappa à personne. Il venait de manquer de se vendre et s'était bien maladroitement rattrapé. Une pointe de colère piqua Alexender. Qu'il ose recommencer avec une autre ce qu'il avait ébauché avec Eulalia...Cette fois, il ne le louperait pas. Sarah ne serait pas là pour s'interposer entre la poudre et son visage.
Estomaqué par l'histoire du Vampire, Alexender c'était positionné un peu en arrière sur sa chaise, le poing sous le menton. Il réfléchissait à toute vitesse. Que fallait-il faire? Changer les noms de code? Cela semblait nécessaire. Mais comment pourraient-ils prévenir Eulalia? Sans leurs nouveaux noms, elle ne pourrait pas les savoir vivants en feuilletant les annonces et ne pourrait plus leur faire passer des informations sur le monde extérieur qu'elle aurait dû récolter pour eux.


- On changera de nom...tant pis...Quant à Stan...nous verrons bien s'il tente de nous recontacter par les journaux. S'il s'avère que c'est effectivement un traître, il va falloir l'éliminer...

Après un silence, Alexender se resservit du vin et répondit aux questions que lui posait Raphaël.

- Eulalia va bien. D'après mes contacts, elle a repris une vie normale. C'est ce que nous voulions. Elle doit nous faire parvenir des nouvelles dans les petites annonces et son rôle n'est plus que superficiel. Je préfère que ce soit ainsi. Je suppose que toi aussi? Demanda-t-il au Vampire en le dévisageant d'une manière particulièrement appuyée. Sarah, elle, a disparu. Le fiacre qui la ramenait du couvent a été attaqué par on ne sait qui et tout le monde est à sa recherche: ses parents, le Yard, le Comte, nous...C'est risqué de sortir en ce moment, plus que d'habitude, même si le Yard et les Vampires sont, pour le coup, plus préoccupés par la jeune Spencer que par nous.

Alphonse jeta un regard étrange à son maître et croisa celui de Christopher. Depuis la veille, Alexender semblait avoir décidé de ne plus s’apitoyer sur son sort concernant Sarah et il devenait un soupçon trop officiel à leurs yeux. C'était comme s'il mettait un masque particulièrement rigide pour cacher une affreuse cicatrice qui suintait pourtant encore à la surface de sa peau.

- Cette planque, c'est Izac et Nathan qui l'ont trouvée et nous l'avons achetée grâce à l'argent d'Eulalia. C'est un peu petit et insalubre mais l'endroit est idéal pour se cacher. Katherine, ici présente, nous propose une solution de repli dans son propre manoir. Quant à la Tour...

Alexender prit son verre et le vida lentement pour s'humecter le gosier avant d'entamer son récit. Il l'avait déjà raconté à ses élèves, bien évidemment, mais Katherine non plus ne connaissait pas encore la vérité.

- La veille de mon...exécution, un ami dont je ne révélerai pas le nom, m'a sorti de la prison. Il possède des...pouvoirs particuliers qui nous ont aidés à nous dégager de là sans trop de casse. Je ne me risquerai pas à vous en dire plus, j'aimerai être sûr que même par la torture personne ne puisse remonter jusqu'à lui. Il ne peut pas nous aider plus que ça car il s'exposerait trop.

Ainsi, ils avaient un autre allié dans leurs rangs. Cependant, comme Eulalia, ce dernier ne pouvait pas entrer concrètement dans leur lutte à cause de son statut. C'était à la fois rassurant et terriblement frustrant.

************
******

Après maint débats, l'heure tourna et bientôt les Hunters décidèrent de se coucher. Christopher et Nathan occupèrent un moment la salle d'eau à l'étage. Christopher descendit ensuite pour venir récupérer un morceau de pain sur la table, le remonta pour son confrère qui était sans doute déjà en habit de nuit, et redescendit finalement pour saluer la compagnie et faire un baise-main à Katherine.

- Bonne nuit my ladie. Si vous manquez de quoi que ce soit, n'hésitez pas à frapper à notre porte. Alexender vous montrera le chemin.

Alphonse s'attarda un moment avec ceux qui restaient tandis que Christopher et Seamus prenaient la relève d'Izac. Ce dernier vint quérir une assiette et se posa en silence. Il écoutait toujours plus qu'il ne parlait et tout le monde y était habitué mais, cette fois, Alexender sentit clairement qu'il s'efforçait de ne pas relever la tête pour éviter de croiser le regard de Raphaël. Izac avait une dent particulière contre les Vampires et il lui avait fallu presque deux jours pour le convaincre de ne pas descendre Raphaël à vue s'ils le retrouvaient.

- Où va dormir Monsieur Veneziano? Demanda soudainement Alphonse en jetant un coup d'oeil à Alexender.

Ce dernier fit une grimace et désigna le sofa d'un geste de la tête.


- Là-bas, où veux-tu d'autre? Enfin...Si ça vous va Monsieur Veneziano? Fit-il finalement en directement du Vampire sur un ton faussement pompeux. Miss Thornes dormira dans la chambre en face de la salle d'eau.

Alphonse sembla satisfait de la réponse de son maître et salua tout le monde avant de s'éclipser à son tour à l'étage. Il ne resta bientôt plus que Katherine, son chien, Raphaël, Izac et Alexender. Seamus et Christopher montaient la garde dans l'entrée en fumant allègrement du tabac frais.

- Dites-moi...Monsieur Veneziano...Commença Izac en relevant la tête pour dévisager son interlocuteur. Alexender eut un frisson et se tint près à intervenir. Même s'il n’appréciait guère lui-même la présence d'un Vampire parmi eux, il ne désirait pas voir un bain de sang ce soir. Quelle "dent" avez-vous contre Monsieur le Comte?

La question était éminemment provocatrice quand on savait qu'il était au courant de sa véritable nature mais elle paraissait logique et aimable du point de vue de ceux qui n'étaient pas informés. Alexender serra les dents. C'était le premier à provoquer le Vampire mais, pour une fois, il avait fortement conscience que ce n'était ni le lieu ni le moment.


Dernière édition par Alexender Von Ravellow le Ven 26 Juin - 9:41, édité 1 fois
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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42] Lun 8 Juin - 17:46

Cela faisait maintenant fort longtemps que Katherine habitait à Londres. Assez longtemps pour parler parfaitement l’anglais et essayer de gommer son accent hongrois qui s’était emprunt dans sa voix depuis son voyage dans le pays natal de sa mère. Elle avait dû faire beaucoup d’effort, tout d’abord, elle avait dû s’habituer aux coutumes et traditions de ce pays anglophone. Ensuite… Ensuite il avait fallu qu’elle apprenne à connaître ses domestiques qui changeaient au fur et à mesure des années. Elle entretenait d’ailleurs avec ces derniers de profondes relations. Ils n’étaient pas ses amis mais ils étaient au secret. Les plus proches savaient qui elle était et ne disait rien. Ils n’avaient, très certainement, que trop peur qu’elle leur coupe la langue ou bien les torture de manière insoutenable. La demoiselle savait se faire respecter… En réalité on la craignait plus qu’autre chose. Il était vrai que ce n’était pas tous les jours que l’on voyait un homme à la peau pâle et froide entrer dans le manoir en entier pour en sortir finalement bien amoché et surtout bien plus que mort. Parfois on ne les voyait même plus sortir ni par le jardin ni par la porte d’entrée mais l’on ne se posait pas de question. Disons, qu’il ne fallait pas se poser de questions, cela risquait de leur attirer ses foudres de guerre et pire encore… Beaucoup ne savait donc rien de ce qui se tramait dans le manoir, ils se gardaient bien cependant de dévoiler quoique ce soit des pratiques de leur jeune maîtresse. Il leur arrivait parfois de nettoyer des robes tâchées de sang, certaines jeunes femmes s’interrogeaient et s’alarmaient quand elles en arrivaient à des draps totalement irrécupérables mais ce n’était rien selon Katherine, il ne fallait pas s’en soucier et personne n’avait le droit de s’en soucier à part elle. Katherine et Michael devaient être les seuls à savoir, notamment l’existence des vampires, ces créatures immondes. Les jeunes femmes qui habitaient son domaine ne devaient pas être tentées de fréquenter ces monstres, elle voulait simplement les préserver. Préserver leur sang, leur noblesse, leur fragilité, leur santé, leur pureté… Tout ceci était très important pour elle. Tout d’abord elle ne devait ni se retrouver avec un vampire dans les pattes sans le savoir, que cela soit une transformation ou bien un amant, cela risquerait de causer bien trop de peine à la demoiselle qui aurait entrepris une relation, ensuite elle ne voulait pas alarmer tout son personnel. Que se passerait-il  dans le manoir si tout le monde savait pour l’existence de ces créatures malfaisantes ? Cela risquait de s’ébruiter même si elle était crainte… malgré tout cela, de l’affection avait fini par naître entre eux et passée la crainte, l’inquiétude de perdre la demoiselle était née.

Katherine possédait donc comme seul allié véritable Michael, ce lycanthrope qui était là depuis le début. Les longues années qu’elle avait passées à Londres lui avait appris bien des choses. Notamment que ces monstres se faisaient bien plus invisibles que ceux qui envahissaient Budapest. Elle n’avait jamais ressenti le besoin de se retrouver dans un groupe de Hunter, tout ceci lui paraissait bien incongru. La jeune femme estimait qu’elle n’avait besoin de personne, elle ne voulait pas être dépendante d’un être comme son père avait pu l’être avec sa génitrice. Elle n’avait que trop peur de s’attacher à quelqu’un et d’en mourir de tristesse lorsque son tour de partir viendra. Elle savait qu’elle n’aurait jamais la même chance que les autres femmes, elle ne pouvait pas se choisir d’époux, elle était condamnée à vivre bien plus longtemps que ce dernier sans vieillir à ses côtés. Et puis les amis… Les amis qu’en ferait-elle ? Que devra-t-elle leur dire quand dix ans plus tard, s’ils étaient de fidèles amis, ils lui demanderaient le secret de son éternelle jeunesse ? Elle ne pouvait pas leur dire « et bien voyez-vous, je ne suis pas humaine ! » elle serait prise soit pour un monstre, soit pour une folle. Pour ces raisons et bien d’autres, elle avait pris la décision de ne s’attacher à personne, bien qu’elle soit une jeune Lady aimable quand son cœur le lui autorisait. Avoir des alliés ne l’avait jamais vraiment enchantée non plus… Elle ne se sentirait que trop coupable de les perdre. Katherine devait cependant bien avouer, la rencontre qu’elle avait faite dernièrement lui faisait le plus grand bien et elle voyait sa mission de purification du monde bien moins compliquée accompagnée que seule avec Michael. Là, peut-être auraient-ils du soutient, des hommes et des femmes sur la même longueur d’onde qu’eux, qui se souciaient des mêmes choses qu’eux. Cependant elle craignait toujours une chose, de les voir périr et d’en être affecter. Elle devait se recréer des barrières, cesser de faire s’effondrer les anciennes et les rebâtir petit à petit.

Le souci que se faisait Alexender pour Sarah, celui qu’elle s’était fait pour ce même homme alors qu’elle ne ressentait pour lui, pour le moment, ni amour, ni amitié l’inquiétait profondément. Elle ne devait pas se laisser aussi facilement toucher par les aléas de la vie. Pourtant elle s’y était longuement préparée, mais que lui arrivait-il ? Elle devait se reprendre, se dire qu’elle les verrait tout de même s’en aller si ce n’était pas elle qui partait avant… Une grimace ne quittait plus ses belles lèvres rougeoyantes. Ces Hunter étaient bien jeunes, ils ne pouvaient pas encore comprendre qu’ils se faisaient du mal ainsi, qu’ils se perdaient dans des illusions. Elle devrait peut-être le leur dire un jour, leur dire de ne pas avoir trop espoir, elle les voyait déjà mourir un à un comme elle avait vu périr chacun de ses domestiques au fil du temps. Mais non, elle ne le pouvait pas, elle ne pouvait pas non plus se permettre de gâcher leur étincelle de vie comme on avait gâché la sienne. Ils devaient résister, au moins ils finiraient peut-être par la lui rallumer.


- Ce n’est rien, ne vous en faites pas Alexender, votre réaction et vos questions sont tout à fait compréhensibles. Vous avez vécu des moments sombres et certainement des plus éprouvants, il est normal de vous interroger ainsi mais croyez-moi, je vous l’aurais dit si j’en savais plus.

Le sourire de la demoiselle se fit peut-être un peu plus rassurant. Malgré ses inquiétudes, il l’amusait. Il semblait être un homme à femmes, tout comme elle s’amusait à collectionner ses victimes. Elle se retrouvait en lui et il devait peut-être éprouver la même chose envers elle de son côté. Elle ne s’effarouchait guère de son comportement lorsqu’elle avait pris place sur ses genoux, cela était naturelle chez elle de se comporter ainsi, elle avait bien trop appris de la vie pour se priver d’en profiter au maximum. Michael l’avait toujours accepté sur ses genoux, son père aussi mais si cela gênait le jeune Alexender elle n’y voyait aucun inconvénient. Peut-être un autre jour, quand il appréciera un peu plus ses charmes. Les doigts de la Lycanthrope s’amusaient cependant sur la cuisse de son nouvel allié, elle voulait presque l’attiser, lui montrer qu’elle ne lâchait pas prise avec autant de facilité, après tout elle était une femme qui aimait bien savoir des hommes à ses côtés. Oh oui, ça des jalouses elle pouvait en faire. Elle n’attrapait aucune ride due au temps passé. Le temps n’avait pas encore abattu sa hache sur son visage de poupée, cela ne tarderait plus à venir, du moins elle osait presque l’espérer.

Il ne fut pas longtemps aux jeunes Hunter pour décider de la couche de la belle cette nuit. La jeune femme ne se serait pas risquée, d’elle-même, à sortir de nuit ainsi, sans y être réellement préparée. Elle ne voulait courir aucun risque et tout le monde ici était d’accord pour aller dans ce sens.
Michael pouvait bien rester mais il faudrait bientôt songer à le nourrir. Il ne pouvait pas non plus rester une soirée à les voir manger, se laver et dormir sans lui-même se mettre quelque chose sous la dent. Le cœur de la demoiselle se serra à l’idée que Michael puisse souffrir ce soir-là. Et s’il se faisait des idées ? Non il ne devait avoir aucune idée. C’en était ainsi, il savait qui était la lycanthrope, comment elle pouvait se comporter en présence des hommes mais également de certaines femmes bien moins prudes que les autres.
La Comtesse se permit alors de proposer son aide à la petite troupe. Ils pouvaient y trouver un arrangement. Un sourire se targua sur ses lèvres délicates. Le « je vous rembourserai » l’amusait. Elle n’avait pas besoin qu’on la rembourse et voir un homme lui devoir quelque chose lui prodiguait toujours un certain plaisir. Leur fierté était au moins égale à la sienne.


- Me rembourser ? Mais qui vous a donc parlé de remboursement Alexender ? Je vous en ferai parvenir et vous ne me devrez rien, le simple fait de m’accueillir parmi vous me console de cette infime perte d’argent.

Gardant son léger sourire sur les lèvres elle finit par souffler en buvant une gorgée voluptueuse de vin :

- Vous pouvez me rembourser de bien des façons vous savez…

Elle laissa en suspens un petit clin d’œil pour son nouvel allié et s’attaqua donc à la conversation un peu plus sérieuse, peut-être, sur le Comte Keïsuke et leurs autres ennemis aux longues canines. Voir qu’on puisse la croire bien peu lorsqu’elle propose l’ébauche d’un plan avait secoué en elle son orgueil mais aussi son honneur. N’avait-elle donc point de parole pour qu’on puisse la remettre en doute aussi facilement ? Ses yeux semblaient presque lancer des éclairs, elle n’aimait pas cela du tout, Katherine était une femme qui tenait sa parole et même si c’était vrai qu’ils se connaissaient depuis bien peu, elle avait tout de même osé espérer qu’on la prenne au pied de la lettre. Oui elle comptait bien continuer dans ses idées. Oui elle se jettera dans la gueule du loup. Non, elle ne reculera pas devant les dangers dont on lui faisait part. Oui elle n’avait plus rien. Oui elle ira sans hésiter, elle n’avait plus rien à perdre. Ses doigts se crispèrent sur son verre qu’elle se mettait à tenir fermement. Ne lui faisait-on donc pas confiance ? Qu’avaient-ils besoin de plus ? Elle se donnait à eux pour que leur mission puisse avoir une chance de réussir. Oh, bien sûr, elle n’était pas indispensable mais elle était là pour aider. Michael l’avait bien compris et avait essayé, en lui glissant des mots doux et inquiets à l’oreille, de l’en dissuader. Il n’aimait pas vraiment cette perspective de se retrouver dans un groupe de jeunes gens qui se lançaient à la poursuite des créatures de Satan. Il ne les connaissait que trop peu à son goût, n’avait aucune confiance en Alexender qui avait pris en grippe dès la première rencontre sa maîtresse et méprisait le jeune Stan qui semblait vivre dans un bien piètre habitat. Il la voyait se rabaisser à sa condition, passer de Comtesse à femme de la ville, côtoyant des rustres et des miséreux pour une noble tâche, certes.

Même face aux propos de son majordome, Katherine n’avait reculé devant rien. Elle était décidée à agir, quoique cela puisse l’en coûter et fera tout pour que cela réussisse. Ecoutant finalement les propos du noble déchu, Katherine se rendit compte de quelque chose. Se faisait-il du souci pour elle ? Lui qui l’avait blâmé de s’être inquiétée pour lui alors qu’il était incarcéré à la Tour de Londres, lui qui la rejetait alors qu’il n’y avait pas lieu d’être, finissait-il finalement par vouloir presque l’en empêcher d’agir ? L’assiette de la jeune femme n’était presque plus chaude. Portant une dernière cuillère à ses lèvres elle finit par lui dire :


- Si erreur il doit y avoir alors cela se fera. Qui ne tente rien n’a rien n’est-ce pas ? Nous avons la chance de tenir au moins quelque chose, si infime soit-elle,  pour commencer à venir à bout de ce monstre. Je ne reculerai en rien devant le danger dont vous prenez bien garde de me prévenir et même dont vous essayez peut-être de me préserver. Je ne dormirais plus jamais en sachant qu’il vit encore et que je n’ai pas agi alors que je le pouvais pour le faire tomber.

La belle arqua un sourcil comme pour ponctuer ses propos. Sa décision était prise et elle ne reviendrait pas dessus à moins-ce que ce plan s’avère totalement irréalisable.
Se détendant, elle ferma les yeux et fit glisser sa main sur son flanc pour vérifier que la blessure ne venait pas corrompre ce dîner entre alliés. Un soupir de soulagement silencieux s’évada de sa bouche. Finalement elle posa sa main sur celle d’Alexender et la caressa avec discrétion. Elle n’était là que pour, non pas pour le consoler, mais prendre une part de sa peine, lui montrer qu’elle savait, qu’elle connaissait ces pertes et qu’elle le soutenait. Que devant ces épreuves ils n’étaient pas seuls.


- N’oubliez jamais vos morts, ils sont là pour nous apprendre du passé, continuez à les aimer, ce sont peut-être les derniers à vous soutenir ici avec nous. Nous en avons tous vu des vampires et chacun de nous ici, j’ose l’espérer, a au moins vu l’une de ces créatures expirer ou bien être blessées. Elles ne sont pas immortelles, nous pouvons en venir à bout, chacune possède des faiblesses comme nous possédons chacun les nôtres. Il vaut mieux se dire que nous y arriverons que l’inverse n’est-ce pas ? Nous en viendrons à bout en lui faisant vivre, un jour, si ce n’est pas vous ni moi mais nos successeurs, les plus grandes souffrances qu’elles soient morales ou physiques.

Elle leur sourit alors chaleureusement en finissant son verre et le reposant sur la table, sa main toujours posée sur celle d’Alexender. Ce n’était pas un contact qui lui déplaisait bien au contraire, elle pouvait sentir sa chaleur humaine, chaleur qu’aimaient les félins, chaleur dont elle avait besoin pour se souvenir qu’elle n’était pas seulement entourée de vampires et autres immondices. Un petit rire s’échappa de sa gorge tandis qu’elle l’écoutait parler. Son regard se fit plus amusé et voilà qu’elle se tourna vers lui comme pour l’inciter à parler d’avantage.

- Et que feriez-vous Alexender si jamais il découvrait mes ambitions ? Que pourriez-vous faire contre cela ? Vous êtes recherché dans tout Londres, bien que la disparition de Sarah occupe pour le moment les esprits. Vous comptez donc lui sauter dessus dans la rue si par chance il m’égorge ou me vide de mon sang sans m’avoir torturée au préalable ? Et si jamais tout se passait dans un lieu dont il est le maître, que pourriez faire ? Alexender, tout ceci n’est pas stupide, je vous demande de garder espoir mais pas pour cela s’il vous plait. Ne m’en donnez pas non plus, je risquerais de souffrir bien plus que physiquement si cela devait arriver.

Elle se mit à jouer avec ses doigts et les entrelaça doucement. Finalement elle se pencha et déposa un baiser sur sa joue. Elle savait la vie et ses aléas, il était encore jeune, il était excusable. Elle planta ses perles bleues dans les siennes mordorées et son sourire passa d’amusé à plus doux. Ses paroles la touchèrent. Cela dut se voir sur son visage puisqu’elle resta quelques instants interdite. Finalement elle réussit à lui souffler :

- Je suis navrée pour vos élèves, vraiment, il en va de même pour Romerta qui ne méritait pas de vivre tout cela. En effet, c’est bien ce que j’ai dit, je n’ai ni famille ni ami, si ma mort peut vous apprendre sur le moyen à mettre en place pour venir à bout du Comte alors j’en serais heureuse Alexender. La mort d’une des personnes ici ne sera jamais une anecdote pour chacun d’entre nous, mais il nous faudra apprendre à vivre avec. Je me sacrifierai pour la cause que je jugerai juste, Alexender. Je ne le fais pas tant pour Sarah mais plus pour l’humanité en elle-même. Bien sûr la savoir sauvée prodiguera en moi une grande joie. Mais je le fais d’abord pour nos enfants, pour ce que nous leur transmettons. Je ne voudrais pas leur laisser un monde souillé par des monstres. Reformons cette guilde de l’ancien temps Alexender, ici tout le monde est d’accord pour se réunir et mettre fin à tout cela. Mais en sachant que nos idées ne pourront pas s’installer sans perdre quelque chose. Si ce n’est pas un corps que nous perdrons ce sera notre humanité, notre foi, notre joie de vivre. Bien sûr qu’il serait préférable qu’un tel schéma ne se produise pas mais je suis prête à l’envisager et à partir pour ce que j’aime et croit juste. Ne vous en faites pas, de toutes les manières, la mort sera toujours plus douce à mes yeux si elle devait arriver que de continuer à marcher dans ces rues.

Détournant le regard, elle le posa dans le vide. Il devait bien s’y faire, mourir ne lui faisait pas peur, au contraire si cela pouvait la délivrer elle l’accueillerait à bras ouverts mais elle ne voudrait pas partir avant d’avoir été ne serait-ce qu’un tout petit peu utile dans sa mission humanitaire. Finalement, elle releva la tête et sourit à son nouvel allié :

- Ce ne sera pas un sacrifice Alexender, mais bien un honneur de servir dans cette mission. Je n’ai rien à perdre, vous avez encore une femme qui vous aime plus que tout et un avenir avec elle si nous la retrouvons. Vous avez des élèves qui ne jurent plus que par vous. Je chasse depuis bien longtemps maintenant, je m’attends à tout.

Soupirant elle finit par le regarder d’un air plus guilleret :

- Pensez-vous, mon ami, qu’il serait possible de récupérer les filles de Dame Romerta ? Je pourrais payer grassement pour les faire sortir mais voyez-vous je n’ai aucune idée du système de ce royaume pour tout ce qui touche aux incarcérations. Eclairez-moi un peu plus et peut-être pourrons-nous revoir le bout de leur joli petit nez.

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Michael avait suivit Raphael en grognant monstrueusement. Il le sentait mal, du moins, il ne reconnaissait que de manière infime cette aura, cette odeur et avait un très mauvais pressentiment, il ne voulait pas qu’il s’approche plus que nécessaire de sa maîtresse. Le bousculant légèrement il se plaça devant une Katherine qui aurait bien aimé que son majordome n’agisse pas de la sorte. Elle le trouvait beaucoup trop jaloux en ce moment. La demoiselle se mit à froncer les sourcils, tout ce que racontait ce vampire était inquiétant, voir même effrayant. Elle ne connaissait aucun de ces personnages mais se faisait déjà une idée sur leur identité...

Poussant son majordome, la belle parvint à lui tendre la main, la poitrine en avant pour essayer de ne pas basculer par-dessus le loup. Serrant doucement sa main la belle se raidit et effectua une légère pression dessus tout en écoutant ses paroles. Elle jeta un rapide regard à Michael qui s’était mis à japper comme un loup l’aurait fait et rompit le contact encore trop bouleversée pour faire quoique ce soit de censée. Elle posa un doigt sur son Bloody Rose en détaillant l’inconnu :


-Et bien je suppose que je dois vous remercier de votre accueil. Il le faut bien n’est-ce pas ? Mais dîtes moi, Monsieur serait-il malade ? Vous m’êtes paru bien froid pour être en bonne santé. J’espère que ce n’est rien de grave.

Des soupçons naissaient en elle, elle doutait de cet étrange personnage, il tiquait en voyant sa croix religieuse, était d’une pâleur surprenante et d’un froid totalement effrayant. Mais était loin de s’imaginer sa véritable nature pour le moment. Elle ne pouvait concevoir qu’un vampire puisse entrer dans leur rang, c’était du jamais vu.

Se reprenant elle lâcha son arme et se rassit sur la chaise en caressant ses propres doigts avant de faire repartir son loup dans l’entrée. Stan ? Elle se redressa et se tourna vers ses deux nouveaux alliés. Il avait donc vu Stan ? Soudain tout espoir retomba, un agent du Yard avait fait échouer leur rencontre. Ils étaient toujours là au mauvais moment à attaquer les mauvaises personnes. La belle se sentait à part, cette conversation n’était pas pour elle mais elle écoutait. Elle avait besoin d’en savoir plus sur tout le monde. Cependant elle se permit d’ajouter :


- Il n’est plus bien rare de nos jours de trouver de telles personnes posséder des capacités totalement surnaturelles. Cependant vous avez eu de la chance de vous en sortir Messire.

Ses doigts recommençaient à jouer sur sa ceinture, il la mettait mal à l’aise… Elle n’arrivait pas à le cerner, il était beaucoup trop étrange. Et ce regard qu’il lui lançait ! Comment l’interpréter ? Venait-elle de dire une bêtise ? Une mouche collée sur le front peut-être ? Un col trop décolleté ? Des intentions malveillantes ? Avait-il failli dire quelque chose que Katherine ne devait pas savoir ?

- Un traître…

La jeune femme pensait en murmurant sans réellement s’en rendre compte. Elle glissa une main dans ses cheveux soyeux et écouta le récit sur Eulalia. Ainsi donc elle ne les rejoindrait plus… Elle avait repris une vie normale, une vie que Katherine avait toujours rêvé mais elle était heureuse pour elle. Au moins elle ne serait plus en danger. Ce Raphaël devait se soucier de cette femme d’après les paroles d’Alexender. Etaient-ils amants ? Katherine releva la tête et se resservit un verre de vin, ses joues se colorant légèrement, le vin commençait à lui donner chaud mais elle se sentait encore maîtresse d’elle-même. Elle avait simplement besoin de… De quoi ? De boire peut-être, tout simplement.

- Mon manoir vous est ouvert si vous avez besoin de vous y replier dès ce soir. Cela ne devrait pas poser de problème, pour les jours, les mois et les années à venir. Je vous montrerai le chemin, venez quand vous en ressentez le besoin.

Un sourire se colla sur les lèvres de la Huntress, Alexender prenait ses précautions en lui racontant son histoire. Ainsi il avait réussi à s’échapper grâce à un de ses amis dont il ne voulait pas dévoiler le nom.

- En voilà un ange gardien ! Il en va de soi, il vaut mieux pour nous tous et pour lui que nous n’en sachions rien. J’aurais bien aimé en savoir cependant un peu plus mais cette explication me suffit pour le moment.

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Katherine appréciait grandement la soirée en compagnie des autres Hunters. Elle profitait de cette compagnie qu’elle possédait peu. Michael oui, ses domestiques oui, mais c’était cependant trop peu à son goût. Sa solitude se faisait désormais grandement sentir et à chaque fois qu’elle se voyait en présence d’autres personnes elle avait du mal à contenir son émotion. Voyant que les discussions se faisaient closes, la belle observa les jeunes gens partir restant concentrée sur Michael qui était revenu et aurait presque ronronné s’il avait été sous sa forme féline grâce à ses caresses. Doucement elle releva la tête et sourit au jeune homme qui lui baisait la main. Ils étaient vraiment tous bien éduqués dans cette petite maison. Aucun ne venait lui manquer de respect. Elle se leva et hocha la tête avant de déposer un baiser sur sa joue puis de lui sourire chaleureusement.

- Bonne nuit à vous Messire. Je n’oublierai pas et ne manquerai pas de venir vous voir s’il venait à me manquer quoi que ce soit.

Les regardant partir elle se rassit sur son fauteuil, son loup se levant à son tour pour aller se poster de nouveau près de la porte d’entrée. Il avait bien compris qu’il ne servait à rien ici à veiller sur elle. Elle semblait en sécurité mais doutait toujours de ce Veneziano. Heureusement, il y avait Alexender et l’autre jeune homme avec eux. Elle ne semblait manquer de rien et ne faisait qu’apporter le trouble au sein du petit groupe seul dans le salon.

La jeune femme regarda Izac se servir et entrelaça doucement ses doigts le regard légèrement dans le vide. Que devait-elle penser de ce Raphael ? D’autant plus que même Alphonse semblait se soucier du lieu où dormirait cet étranger. Il y avait pourtant des chambres, si cela dérangeait Katherine pouvait très bien s’en aller ou dormir à même le sol avec son majordome. Cela ne la dérangeait pas, du moment qu’elle pouvait capturer un peu de chaleur pour se réconforter… La belle avait toujours haï dormir seul. Si Michael ou un autre ne venait pas cette nuit même si c’était seulement pour lui prendre le doigt, la main, le bras ou bien la ramener contre sa poitrine. Elle avait juste besoin de contact, sentir qu’elle n’était pas seule.

La jeune femme hocha la tête, c’était parfait. En face de la salle d’eau. Elle était une femme et avait besoin, même en s’habillant comme un homme, de prendre une douche le soir, peut-être le matin mais cela c’était plutôt chez elle, ici ils n’auraient guère les moyens et de faire sa toilette du matin. Elle aimait se voir devant un miroir, au moins son reflet était réel.
Le ton qu’employait Izac commençait presque à l’inquiéter. Y aurait-il de la rancune ? Une certaine colère ? Du mépris dans ses paroles ? Interdite elle regarda les différents personnages. Une tension semblait régner en maîtres entre les hommes de la pièce. Ne s’aimaient-ils donc pas ? Alexender le lui avait déjà dit, il avait lui-même du mal à supporter le caractère de Raphaël mais une telle chose devait-elle mettre en conflit le groupe en son entier ? Ce n’était pas son problème s’ils ne se supportaient pas mais elle aurait aimé avoir une raison plus convaincante que le seul fait de posséder des manières et un caractère que l’on n’aimait pas vraiment. Elle-même pouvait se montrer haïssable, cependant elle avait bon fond. L’homme le plus âgé du groupe, semblait mettre en doute les intentions de Monsieur Veneziano. Y avait-il vraiment une bonne raison de s’inquiéter ?
Finalement elle souffla à Alexender tout doucement :


- Michael pourra se nourrir une fois tout ce beau monde couché ? Comprenez qu’il a lui aussi besoin de manger…



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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Raphaël Veneziano
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MessageSujet: Re: Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42] Sam 13 Juin - 16:47

Retrouver une partie des Hunters qu'il avait rencontrés quelques mois plus tôt réchauffait étrangement le cœur de Raphaël. Car, même s'il n'appréciait guère le caractère tumultueux d'Alexender, ses manières déplacées, sa façon de le considérer comme un monstre et surtout son manque de réflexion dès qu'il s'agissait d'agir sur le terrain, le jeune Vampire ne pouvait nier le fait qu'il trouvait en cet homme un soutien, un symbole, un coéquipier efficace.
Malgré sa nature, il l'avait finalement accepté parmi eux et tâchait de se faire à sa présence. C'était une grande nouveauté pour Raphaël. Jusqu'à présent, il n'avait imaginé la chasse des créatures de la nuit qu'en solitaire, et l'idée même de s'allier avec des Humains dans sa lutte ne l'avait jamais effleuré. Aujourd'hui s'il concevait qu'un groupe soudé (ou presque) était la meilleure chance qu'aurait Londres de se débarrasser des monstres qui en souillaient les rues, c'était en grande partie grâce à lui et à sa volonté de sauver Sarah Spencer.

La méfiance que le Hunter entretenait à son égard était bien légitime aux yeux du Vampire. Ne l'avait-il pas surpris en train de boire au cou d'Eulalia? Il s'en était fallu de peu qu'une balle de Bloody Rose ne lui traverse le front ce jour-là! Mais, pouvait-il blâmer le geste et la tension qui s'était instaurée entre eux après cet incident? Sarah Spencer elle-même s'était interposée et avait été blessée...Il y avait de quoi le haïr.
Aussi, quand bien même Alexender l'accueillit-il plus froidement qu'un ami l'aurait fait, Raphaël fut-il reconnaissant face à ses sourires forcés et à son ton enjoué: il était évident que le Hunter faisait des efforts considérables pour que leur groupe fonctionne.

A sa réflexion sur ses cheveux et sa perruque, le Vampire esquissa un regard au ciel:


- Je le sais bien...Mais je n'avais pas le choix. Nous étions limités chez Aria...Pour le moment je ferai avec.

Alexender avait raison. Contrairement à une teinture, une perruque pouvait facilement glisser et dévoiler ses cheveux, chose éminemment problématique quand on les a aussi immaculés que la neige au sommet des montagnes et que sa tête est placardée partout sur les murs de la ville...Il faudrait qu'il voit avec le rouquin comment il s'était procuré de la couleur et qu'il abandonne son postiche pour cette solution bien plus viable.

Alexender lui présenta alors les autres membres en présence. Sa rencontre avec la belle Katherine provoqua l'émoi chez le Vampire. Ses grands yeux bleus et la croix qu'elle portait autour de son cou le mirent mal à l'aise, sans compter qu'elle ne se priva pas de le dévisager ni de lui faire remarquer qu'il avait la peau particulièrement froide.


- Non...ne vous inquiétez pas. Je vais bien. Le temps s'est simplement rafraîchi ce soir. J'ai beaucoup marché et il fait humide dehors. Se contenta-t-il de répondre avant de suivre Alexender pour s'asseoir autour de la table.

Raphaël était heureux de trouver en Katherine une nouvelle alliée. Cependant, plusieurs choses le chiffonnaient. Déjà, il ne pouvait pas s'empêcher de considérer que les femmes n'avaient pas leur place dans ce genre de quête. Sarah, Eulalia, Aria et maintenant Katherine...Se vêtir en homme, vivre en marge de la société, manier le fleuret et le pistolet à percussion, sortir la nuit pour plonger ses mains dans le sang...ce n'était pas là des choses qu'il souhaitait à une femme. Et puis, son chien avait levé les babines pour lui opposer ses crocs dès le couloir de l'entrée, signe évident que l'animal avait senti chez lui une odeur particulière, sans doute celle d'un prédateur, peut-être celle du sang, celle d'un Vampire...Ce duo risquait de lui poser problèmes. A moins qu'Alexender n'ait déjà révélé à tous sa nature? C'était ce qu'il semblait, aux vues des regards suspicieux que lui jetaient déjà ses collègues. Mais la remarque que la belle venait de lui faire semblait des plus innocentes. Qui était donc au courant ? Dans le doute, il éviterait d'en parler.
D'ailleurs, le Vampire espérait bien que sa véritable nature serait bien vite oubliée et que le sujet ne reviendrait pas de si tôt sur le tapis. Au fond de lui, il rêvait qu'on le considère comme un humain, au moins le temps de cette mission, avant qu'il ne reprenne le cours de son existence solitaire, si la chose était seulement possible...
Raphaël songea à Eulalia. Que devait-il faire une fois que le Comte serait éliminé? Retrouver la jeune femme relevait de l'utopie. Faudrait-il qu'il disparaisse définitivement à ses yeux? Et les autres Hunters...? Qu'en ferait-il? Resteraient-ils ses alliés ou devrait-il quitter la ville?
Imaginer l'après n'était pas évident pour l'Ange Blanc. C'était un être profondément pessimiste qui ne voyait pour sa rédemption qu'une mort terrible qui surviendrait en pleine mission ou qu'il se donnerait un jour lui-même. Le fait qu'il se projette ainsi dans l'avenir prouvait cependant que cette alliance de Hunters ravivait chez lui quelques espoirs de vaincre ses propres démons.

Une fois assis, Raphaël laissa de côté ces pensées et s'appliqua à détailler ses aventures depuis leur convalescence forcée chez Eulalia et leur séparation. Il avait vécu chez Aria, la petite huntress avait disparue, il l'avait cherchée, trouvé Stan dans les journaux et manqué de se faire tuer, ou du moins capturer, par un agent du Yard. Il n'hésita pas à confier ses doutes sur leur allié qui disparaissait rudement facilement à chaque combat et qui l'avait attiré sous le Pont de Londres, un endroit qu'ils jugeaient tous peu sécuritaire dans leur situation. Était-ce un traître ? C'est ce que le Vampire commençait à suspecter. Le pire dans cette histoire était sans doute la menace que représentait des agents tel que celui qu'il avait rencontré: s'ils étaient désormais capables d'utiliser certaines formes de magies, les Hunters allaient avoir la vie dure. Les Vampires étaient déjà doués de terribles pouvoirs et cette nouvelle n'allait pas les réconforter. A part Eulalia qui possédait des dons de guérison, et lui-même qui n'avait encore pourtant pas dévoilé un seul de ses pouvoirs à ses alliés, ils étaient dénués de telles ressources.
Katherine, elle, semblait réfléchir à la trahison de Stan et elle trouvait que les pouvoirs n'étaient plus aussi rares qu'avant. Raphaël la remercia du regard lorsqu'elle lui dit qu'il avait cependant eu de la chance.


- Oui...j'ai eu de la chance...

Son discours fini, Raphaël écouta à son tour Alexender lui raconter ce qu'il avait vécu de son côté. Apparemment, Eulalia se portait bien, Sarah avait bel et bien disparue et cette planque était l'oeuvre de ses élèves et amis Hunters qu'il venait de lui présenter. Katherine, elle, pouvait leur fournir une autre cachette s'ils le désiraient. Une bonne nouvelle.

- Merci beaucoup, miss Thornes. C'est une grande joie pour moi que de trouver ici de nouveaux alliés tels que vous.

Le jeune homme était sincère. Au milieu des échecs, alors qu'ils allaient de mauvaise nouvelle en mauvaise nouvelle, trouver aussi facilement de nouveaux points d'attache, voir autant d'armes sous le même toit, autant d'âmes prêtes à se sacrifier, donnait à leur quête un espoir plus ferme.

Alexender continua son récit. Enfin, il arriva à son extraordinaire évasion de la Tour. C'était le point sur lequel Raphaël était le plus curieux, mis à part peut-être celui de la santé d'Eulalia, bien évidemment. Depuis qu'Aria lui avait rapporté que le jeune rouquin avait réussi à échapper à la potence, il ne cessait de retourner dans sa tête mille et une façons de s'enfuir de cet édifice mortel et jamais il n'avait réussi à trouver une solution fiable. Alexender leur expliqua alors qu'il avait eu de l'aide, celle d'un ami qui lui était cher et dont il ne prononcerait pas le nom dans le but de le protéger dans le cas où ils se feraient tous capturer. Sage décision.


- Vous êtes plein de surprises, Monsieur Ravellow. Je suis heureux de constater que nous avons bien des alliés dans l'effet. Ajouta-t-il en jetant un regard aimable à Katherine. Je ne peux nier que, comme Miss Thornes, je reste sur ma faim quant à ce fabuleux ami, mais je suis aussi de votre avis qu'il vaut mieux ne plus en parler, surtout s'il ne se destine pas à nous rejoindre vraiment, je veux dire physiquement. Il est bon de savoir que dans la lumière nous avons quelques esprits avisés...

************
******

Au fur et à mesure que la soirée passait, les Hunters parlèrent de choses et d'autres, dévoilant leurs plans, leurs doutes et leurs espérances. Raphaël apprit à mieux connaître les élèves d'Alexender et le Vampire fut soulagé de constater que, l'appréhension passée, ils lui adressaient la parole comme à n'importe lequel d'entre-eux. Il comprit qu'ils faisaient partie d'un tout, d'une famille rassemblée autour d'une figure presque paternelle que représentait leur maître. Ils étaient jeunes, si on excluait Izac qui ne semblait pas avoir la même place que les autres, mais ils avaient déjà acquis une cohérence et une forme de fraternité qui faisait plaisir à voir. Ils se complétaient, tant par leurs idées que par leur timbre, leur éducation, leur âge. C'était une belle équipe.
Quant à Katherine et à son chien, Raphaël n'arrivait pas encore à les cerner. Le chien était trop gros pour ne pas être mêlé à un loup. Comment une jeune femme de cet acabit avait-elle pu se fournir un tel spécimen ? C'était une alliée fort intrigante: vêtue en homme, elle ne cachait pas pour autant ses formes voluptueuses, sa façon de boire lui paraissait rudement naturelle et elle semblait faire les yeux doux à tous les mâles présents dans la pièce. Son regard sulfureux, ses lèvres mi-closes, ses longs doigts agités...tout chez elle appelait à la regarder, à la toucher. Raphaël s'en fit la remarque, sans pour autant la juger ni s'attarder sur ces détails qui, pour lui, n'étaient que rarement un sujet d'intérêt. C'était un homme qui avait très peu regardé les femmes et qui avait érigé autour de son esprit bien des barrières, qu'elles soient sociales, raciales ou religieuses. A part son écart avec Eulalia, qui avait définitivement scellé sa descente aux enfers à ses yeux, jamais il n'avait baigné dans le péché de la chair.

Au bout d'un moment, les Hunters semblèrent s'accorder sur le fait qu'il était l'heure d'aller se coucher. Raphaël n'avait aucune idée du temps qu'ils avaient passé à discuter. Maintenant qu'il regardait Christopher et Nathan monter à l'étage où, semble-t-il, se trouvaient les chambres et la salle d'eau, il songeait qu'il rêvait lui-même de prendre un bon bain. Lorsque Christopher redescendit pour accompagner Seamus à la relève d'Izac, le Vampire hésita à les suivre pour prendre congé de tous et sortir. Alphonse demanda alors où Raphaël allait dormir. Ce dernier fit une légère grimace : il n'avait absolument pas prévu de dormir ici ! D'ailleurs, il n'en avait absolument pas envie. Alexender proposa immédiatement le canapé qui trônait un peu plus loin et fit mine de lui demander son avis.


- Je ne comptais pas rester...mais je suppose que c'est préférable si l'on veut continuer notre discussion demain. Ça évitera d'attirer l'attention sur la maison. Mieux vaut éviter les entrées et sorties trop fréquentes.

Izac était revenu dans le salon. Jusqu'à présent, personne n'avait eu l'occasion de lui parler à cause de son tour de garde. Maintenant qu'il était à table avec son assiette de soupe, Raphaël l'observait à la dérobé. Il n'avait pas l'air d'avoir envie de parler. C'était son choix. Après tout, il était tard, il avait sans doute faim...et puis son âge plus avancé en faisait le doyen de la maisonnée, il avait sans doute besoin de calme, comme tous ces homes aigris par le temps et les tempêtes.
Mais, alors qu'il s'apprêtait à demander à Alexender s'il pouvait emprunter la salle d'eau pour se débarrasser de la crasse qu'il avait ramené avec lui de ses dernières escapades nocturnes, Raphaël eut la surprise d'entendre le timbre d'Izac briser le silence qui s'était installé. Il s'adressa directement à lui pour lui demander quelle « dent » il avait contre le Comte. La question était claire...Le vieil Hunter réclamait là une preuve de sa loyauté.
Raphaël se redressa, comme piqué par un insecte et se racla la gorge à l'image d'un homme prêt à faire un long discours.


- Je vais tâcher d'être le plus clair possible, Monsieur...Posant ses deux coudes sur la table, Raphaël joignit ses mains sous son menton, prenant une position des plus stables. Il planta son regard d'acier dans le sien. Je hais les Vampires et je compte bien les éliminer tous. Le Comte est un de ces monstres, il dois mourir pour que l'humanité survive. Son cas est d'autant plus grave qu'il ne se contente pas de tuer pour se nourrir mais qu'il s'est en plus insinué dans la politique de ce pays. Je ne le laisserai pas mener le peuple à sa guise et encore moins profiter de son pouvoir pour se croire en droit de mettre la main sur de jeunes femmes telles que Miss Spencer. Raphaël pesait tous ses mots avec fierté et fermeté. De plus, le Comte m'a personnellement attaqué un soir. Il a manqué de me tuer. Sans compter qu'il a assassiné le père d'une personne qui m'est très chère... Le Vampire sourit avec insistance, un soupçon d'ironie sur le coin de ses lèvres glacées. Voilà pourquoi, Monsieur, j'ai une « dent » contre le Comte. Reculant sur sa chaise, Raphaël croisa bras et jambes avant d'ajouter: Cette réponse vous convient-elle ou dois-je justifier davantage ma présence ici ?

Non, cette fois Raphaël ne se laisserait pas faire. Il voulait prouver la légitimité de sa présence au sein du groupe et montrer que sa nature n'allait pas à l'encontre du bon sens. Il avait décidé de se livrer corps et âme à l'humanité tout entière, de la défendre, de la protéger, jusqu'à ce qu'il s'épuise ou se juge lui-même trop dangereux pour que son existence ait un sens. Il voulait que l'on oublie ce qu'il prenait lui-même pour une « tare », juste l'espace d'un instant, et qu'on lui accorde bonne foi.

- Et vous ? Qu'est-ce que le Comte vous a fait ? N'est-ce que sa nature démoniaque qui vous attire tous ? Ou bien avez-vous, comme Alexender et moi-même, des griefs personnels à brandir avec votre poudre?

Autant renvoyer la question.

************
******

Après quelques explications légèrement tendues, Raphaël considéra qu'il était temps pour lui d'aller prendre un bain. Il n'en pouvait plus de sentir sur lui cette odeur de boue humide et de mousse moisie. Sa perruque lui collait la tête, c'était dégoûtant. S'il devait veiller dans le salon toute la nuit, il préférait le faire en pleine possession de ses moyens : question d'hygiène et de confort.

- Alexender, puis-je occuper la salle d'eau ? J'ai besoin d'un bain...Je sens plus fort qu'un chien errant...Attendant la réponse de son hôte, le Vampire le remercia bientôt et se leva. Si vos hommes veulent se reposer, je peux être de garde jusqu'au matin, cela ne me dérange pas. Et le canapé me va très bien.

Certain qu'il ne dérangeait pas plus que cela, le Vampire se dirigea vers l'étage.


Dernière édition par Raphaël Veneziano le Jeu 30 Juil - 14:56, édité 2 fois
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Alexender Von Ravellow
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Emploi/loisirs : Hunter / Il est recherché par le Yard et les Vampires de Jirômaru Keisuke.
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Proie(s) : Tous les Vampires, sauf Raphaël qu'il surveille maintenant sans chercher à l'assassiner. Le Comte Kei est son pire ennemi. Alexender peut aussi s'attaquer à des Loups-Garous.
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MessageSujet: Re: Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42] Ven 26 Juin - 12:05

Katherine faisait preuve de prévenance envers Alexender depuis qu'ils s'étaient installés autour de la table pour partager une soupe avec les autres Hunters. Elle s'excusait aimablement de ne pas pouvoir le renseigner davantage au sujet de Sarah et elle semblait compatir à sa douleur, à ses doutes, à son passé qu'elle ignorait mais qu'elle sentait plein d'embûches et de plaies. Le jeune homme l'appréciait d'une autre manière. Il en avait vu le côté guerrier, presque agressif, le côté farouche, sensuel, tonnant. Désormais, il découvrait chez elle une facette plus douce, plus agréable sans doute. Il touchait à son humanité.
Contre sa cuisse, la main de la jeune femme le fit frémir. Inutile de se demander à quoi elle jouait: elle le désirait, c'était clair comme de l'eau de roche. Mais pouvait-il se permettre ouvertement de lui céder? Devant ses élèves, alors qu'ils étaient tous en train de risquer leurs vies pour sauver celle qu'il appelait encore la veille son "amour", sa "femme", pouvait-il aller jusqu'à répondre à ses avances? Après tout, ce n'était peut être qu'un jeu de séductrice, une manière pour elle de se prouver qu'elle pouvait lui plaire...
Faisant mine de ne rien sentir, détachant ses pensées de ces caresses osées sous la table, le Hunter continua leur conversation sur le même ton. Mais, une fois qu'il fut décidé que Katherine et son chien resteraient au QG ce soir-là, et lorsqu'elle eut proposé son manoir et des provisions pour les aider dans leur lutte, Alexender ne put s'empêcher de lui parler de remboursement et elle d'enchaîner sur les multiples façons qu'il avait de la satisfaire sur ce point. Le rouquin rougit et se redressa sur sa chaise. Il hésita à répondre à sa provocation mais finit simplement par lui sourire.


- Très bien, c'est très généreux de votre part, miss Thornes...

Il valait mieux rester officiel et droit devant ses élèves. Inutile de leur rappeler à quel point sa réputation de Dom Juan était avérée. Cette situation était bien embarrassante. Katherine risquait de semer la zizanie dans leur groupe. Finalement, Izac avait peut être raison: les femmes, dans ce genre de quête, n'avaient peut être pas leur place?

Chassant cette pensée de son esprit, Alexender se concentra sur le rôle qu'aurait à jouer la jeune femme et sur ce qu'ils savaient du Comte. Il fallait préparer leur nouveau plan d'attaque avec soin et regrouper les informations afin que tous aient la même chance de s'en sortir.
Alexender répugnait visiblement à faire de Katherine leur espionne auprès du Comte. Pour lui, cette mission était trop risquée. Mais la belle ne l'entendait clairement pas de cette oreille et elle comptait bien incarner cette actrice dont elle avait proposé d'elle-même le jeu. Le Hunter perdit un peu ses moyens face à sa détermination. Il ne savait plus comment l'en dissuader, lui-même persuadé que c'était-là leur meilleure chance d'approcher le Vampire et de calculer sa chute.
Entendant la belle Lycanthrope reprendre sa phrase pour en changer les mots, il sourit amèrement:


- Je crois qu'à ce rythme, dormir ne sera plus qu'un luxe...

La main de la jeune femme vint caresser la sienne sur la table. Avec des mots doux, qui se voulaient sans doute réconfortants, elle lui dit que si ce n'était pas leur génération qui vaincrait les monstres de Londres ce serait celle qui leur succéderait. Katherine voyait loin, plus large qu'aucun d'entre-eux. Jusqu'à présent, ils avaient tous été trop obnubilés par le présent, par leurs propres malheurs, pour penser ne serait-ce qu'un instant à leurs successeurs éventuels, à une génération postérieure qui viendrait prendre le relais de leur mission. Ils avaient toujours tout vécu dans l'immédiat, sans jamais peser l'impact futur qu'auraient leurs actions.
Ce que Katherine venait de dire fit grande impression sur tous les Hunters présents dans le salon. Alphonse jeta un regard à Nathan et tous deux se sourirent. Cette dame que venait de leur présenter leur maître avait du courage à revendre!

L'idée que Katherine puisse être découverte par le Comte en pleine mission rendait malade Alexender qui, comme un enfant voit partir son camarade loin de lui, s'accroche au secret espoir de le rattraper un jour et de le ramener à lui. Il se sentit stupide de croire qu'il pourrait sauver la jeune femme si un tel drame devait se jouer, mais il ne put s'empêcher d'exprimer sa crainte et sa rage. Katherine fut douce avec lui. Elle ne le prit pas de haut, contrairement à ce que l'on aurait pu attendre en telles circonstances. Au contraire, elle voulut le rassurer, sans rire de sa fougue, et susciter chez lui la confiance nécessaire pour qu'il la laisse assumer sa mission.
Alexender fronça les sourcils, puis se radoucit. Oui...la belle avait raison...


- Lui sauter dessus en pleine rue...C'est ce que j'ai fait jusqu'à présent et cela ne nous a conduit qu'à la ruine. Non...Je ne ferai plus cette erreur...

Les doigts de Katherine s'enroulèrent autour des siens et ses iris d'azur rencontrèrent les siens de braise. Le Hunter déglutit. Il se sentait ridicule, d'autant que ses idioties semblaient faire souffrir la jeune femme.
Katherine lui exposa alors sa conception du métier de Hunter. Pour elle, c'était l'humanité qu'elle défendait et non pas une personne ou deux. Elle se battait pour la lumière du jour, pour que tous puissent encore marcher dans les rues de la capitale sans crisper le dos sur des cauchemars qui venaient hanter chaque citoyen depuis des siècles. Elle était consciente des sacrifices qu'une telle quête demandait et elle était prête à mourir pour le bien de tous. La belle n'avait aucune attache sur cette Terre, aucun ami concret, aucune famille, et elle était fière de leur annoncer que rien ne l'empêcherait de faire "ce qui était juste à ses yeux".
Cette fois, ce fut Christopher qui jeta un coup d'oeil à Alphonse. Ils avaient déjà eu une conversation concernant ce genre de conception et ils s'accordaient avec ce que disait maintenant la jeune femme. Pour eux, Alexender avait été trop obsédé par Sarah. Il y avait quelques mois de cela, sa rencontre avait perverti sa foi et sa détermination. Heureusement, ils avaient constaté un changement chez leur maîre depuis l'attentat du théâtre. Alexender semblait avoir commencé à reconsidérer sa mission et à se poser pour réfléchir plutôt que de suivre son coeur. Katherine avait raison. Il fallait se battre pour un tout, pas un seul individu. Sarah était un mobile, une cendre qui avait réveillé les Hunters pour constituer un immense brasier sur lequel devait périr toutes les créatures de la nuit, pas seulement le Comte.


- Un honneur...

Alexender était resté muet face à la tirade de sa consoeur. Il ne savait que répondre, trop perdu dans ses pensées pour mettre en ordre la foule de sentiments qui se déchaînaient en lui. Katherine était pleine de noblesse, fière, assurée, sans regret. Elle avançait dans l'obscurité en brandissant sa foi comme une bougie éclatante et ne craignait qu'à peine le souffle glacial que la Mort pouvait abattre sur sa flamme vacillante.
Le nom de Romerta ranima Alexender. Mais, face à la question de la belle, il tiqua d'un air abattu.


- Les filles de Romerta sont à Colbath. Certaines ont réussi à échapper au Yard. Elles doivent donc être moins d'une dizaine en prison, mais...c'est compliqué...

Le Hunter poussa un soupir. Vouloir payer pour les libérer était une chose, le pouvoir en était une autre. Comment Katherine comptait-elle s'y prendre? C'était trop risqué! Il leur fallait un plan d'évasion, un endroit où se cacher. Quel type de vie mèneraient-elles privées de leur maîtresse?

- Soudoyer les gardiens n'est pas chose aisée. Il faudrait déjà pouvoir entrer dans la prison et parler aux bons gars...Après, il n'est pas dit qu'elles soient toutes dans la même cellule. En plus, je ne les connais pas toutes...

- Moi si.

Tout le monde se tourna vers Christopher qui venait de croiser les bras. Sans gêne aucune, il leur sourit d'un air provocateur.

- Je les connais toutes et je n'aurai aucun mal à me renseigner auprès de mes contacts pour savoir lesquelles sont enfermées ou non. Je pourrai accompagner la mission. Je suis pour tenter le tout afin de les sortir de là. Elles méritent mieux. J'y pensais depuis un moment.

Le jeune homme jeta un regard plein de gratitude à Katherine.

- Si vous avez de l'argent, je pense que nous pourrons nous arranger.

Alexender leva un sourcil. Christopher l'avait toujours surpris. Depuis qu'il l'avait rencontré, il savait qu'il pouvait compter sur lui. Ils avaient les mêmes tendances à la boisson et aux femmes, et c'était d'ailleurs ce qui les avait lié aux premiers abords, mais ils étaient également frères d'armes la nuit, lorsqu'il avait besoin d'aide dans ses chasses. C'était le seul avec lequel il avait réellement combattu le mal jusqu'à présent.
Bientôt, il fut convenu que Christopher et Katherine feraient équipe pour s'acquitter de cette mission. Elle devait avoir lieu dans la semaine, en même temps qu'ils élaboraient des plans pour infiltrer le Comte et retrouver Sarah.


********
******

L'arrivée de Raphaël fut l'équivalent d'une bourrasque sur les Hunters. Les dos se tendirent, les esprits s'échauffèrent et les nouvelles informations que le Vampire leur rapportait n'étaient pas de bonne augure. Aria avait disparu, Stan s'était envolé emportant avec lui une partie de leur confiance, le Yard possédait des agents capables d'user de magie...L'horizon se couvrait.

Mais, malgré les tensions, les doutes et les craintes de chacun, Alexender fit en sorte que Raphaël s'intègre bien à leur tablée. Même s'il ne mangeait pas, même s'il était pâle comme un linge et qu'il sentait la vase à plein nez, même s'il apportait son lot de surprises désagréables et de suspicions concernant leurs alliés, ils devaient s'entendre pour le bien de leur mission. Katherine l'avait accueilli avec chaleur, c'était déjà bien lorsque l'on considérait que son chien avait eu une attitude des plus agressives envers lui. Les autres avaient gardé le silence, histoire de laisser leur maître gérer ce nouvel allié dont la nature les effrayait, et Alphonse avait même pris soin de demander où il dormirait, signe qu'il se souciait de son confort. Alexender avait sauté sur l'occasion pour être (faussement?) aimable avec le Vampire. Au fond, tout le monde semblait s'accorder.

Ce fut Izac, lorsque les jeunes Hunters disparurent pour aller se coucher, qui lança les hostilités. Face à ses paroles douteuses, Alexender serra les dents. Katherine ne savait pas encore que Raphaël était un Vampire et il craignait que le vieil Hunter ne vende la mèche et que cette soirée ne finisse bien plus mal qu'elle n'avait commencé.
Heureusement, Raphaël sut garder une certaine forme de calme et de respect envers le Hunter qui l'attaquait dans son honneur. Il fut direct, clair et précis, sans se démonter, sans chercher à nier quoi que ce soit, sans crier au scandale. Il répondit avec dignité et un soupçon d’insolence qu'Izac avait bien cherchée.
Alexender observa le Vampire se défendre, sans intervenir. Il remarqua dans son ton une franchise certaine et le découvrit un peu plus. Ainsi, Raphaël voulait-il la mort du Comte non pas simplement parce qu'il faisait partie des créatures de la nuit mais aussi parce qu'il s'était intégré à la politique du pays et qu'il le trouvait, du coup, plus dangereux que les autres. Le rouquin ne put s'empêcher de se murmurer à lui-même que le Vampire avait raison sur ce point. Raphaël semblait également haïr personnellement le Comte parce qu'il avait tenté de le tuer et parce qu'il avait tué "le père d'un être cher".


- Taddeus...

Le Vampire continua, afin de clouer le bec d'Izac une fois pour toute. Il lui renvoya sa question, intégrant Alexender dans la liste de ceux qui avaient contre le Comte des griefs personnels. Ce dernier lui en fut reconnaissant. Quelque part, cela signifiait qu'il prenait réellement en compte ses aspirations.
Au début, Izac fit mine de ne pas se préoccuper de ce qui lui crachait le Vampire avec raideur. Il continua de manger sa soupe en y plongeant son croûton de pain blanc sans même relever les yeux. Puis, soupirant d'un air satisfait, il se redressa et but un verre de vin avant de s'essuyer la bouche de sa manche noire.


- Vos raisons sont nobles, je n'ai rien à y redire, Monsieur Veneziano. Merci de m'avoir éclairé. Quant à moi...fit-il en croisant son regard, un air de défi dans sa prunelle obscure, je  traque le Comte comme n'importe lequel de ces monstres...

Alexender se passa une main sur le visage. Il était fatigué et Izac commençait à l'énerver à chercher ainsi Raphaël. Certes, sa nature vampirique en faisait un de leurs adversaires, à la base - et c'était bien lui le premier à considérer qu'une fois leur quête achevée il devrait l'écarter de leur organisation - mais ils en avaient besoin, pour le moment, et semer ainsi le doute et le trouble dans leur équipe était la dernière chose dont ils avaient besoin.

- Oui, oui...grogna soudain Alexender. Nous avons tous les mêmes missions, ou presque. Inutile de s'attarder sur nos différences. Nous avons besoin d'être soudés.

Le regard qu'Alexender jeta à Izac en disait long sur sa colère et le vieil Hunter lui répondit par une grimace de dégoût. Emportant son assiette, il disparut dans la cuisine. Alexender jeta un regard vers Katherine.

- Faut pas s'en faire, Izac est un peu...aigri. Il a du mal à faire confiance...Son oeil droit, là, il l'a perdu au théâtre. Il a eu de la chance d'en réchapper.

Alexender faisait référence à l'oeil crevé d'Izac. Il portait un bandeau sur ce qu'il restait de son globe oculaire droit.

- Concernant Mi...heu...votre chien, il n'y a pas de soucis. Il y a ce qu'il faut dans la cuisine.

Alexender se demandait comment ils allaient faire si le majordome conservait sa forme de chien. Il faudrait qu'ils en parlent...
Après un moment de silence, Raphaël demanda la salle d'eau. Le rouquin leva le doigt vers le plafond.


- Elle se trouve à l'étage, dernière porte à gauche. Attendez, je vais vous montrer. Fit-il en se levant. Katherine, je vous laisse voir avec Izac pour faire une assiette...

********
******

D'un coup de tête, Alexender fit signe à Raphaël de le suivre. Il le conduisit dans l'escalier grinçant qui menait à l'étage. Le sentant dans son dos, le Hunter se surprit à angoisser. Décidément, avoir un Vampire comme compagnon ne lui plaisait pas du tout. Un coup de dent et c'était fini...Avait-il seulement "mangé" ce soir? Un frisson lui parcourut l'échine. Il fallait absolument prévenir Katherine, d'une manière ou d'une autre, afin qu'un autre accident comme celui avec Eulalia ne se reproduise pas.

- Nous y voilà. Fit-il en ouvrant la porte de la salle d'eau. Le verrou est dur, mais fonctionne. L'eau arrive là-bas par un puits, il faut pomper pour la faire remonter. Alexender montra à Raphaël l'ingénieux système de pompe à main qui était installé dans la pièce. C'était un système rare mais efficace, à ceci-près qu'il fallait être costaud pour remplir entièrement un seau. Si tu veux de l'eau chaude, il faut la faire chauffer au-dessus d'une cheminée. Il y en a une dans ma chambre et dans celle qu'occupera Katherine...

Marquant un arrêt, Alexender s'approcha bientôt très près de Raphaël pour le dévisager d'un air mauvais. Le doigt sur sa poitrine, il le menaça:

- Je te préviens: si tu touches à un de ses cheveux, je t'abats sur le champ. J'espère que tu sauras te retenir cette fois, parce que moi j'aurais du mal à te louper...

Sur ces mots, il s'assura que le Vampire avait bien compris avant de retourner dans le couloir.

- Si tu pouvais m'aider à allumer les cheminées...

Ensemble, dans un silence mortel, les deux hommes démarrèrent des feux dans la chambre de Katherine et d'Alexender. Ainsi, lorsqu'ils iraient se coucher, la chambre serait moins froide et ils pourraient tous faire chauffer de l'eau.

********
******

Laissant bientôt Raphaël avec ce qu'il lui fallait pour se laver, Alexender redescendit vers la pièce principale. Dans l'escalier, il croisa Izac qui montait se coucher. Leurs regards s'accrochèrent et le vieil Hunter s'arrêta à la hauteur de son ami.

- Je ne lui fais pas confiance...Murmura-t-il entre ses dents.

- A qui? Demanda Alexender en pouffant légèrement d'un air goguenard.

- Méfie-toi Alexender, c'est peut-être un espion.

Cette fois, Alexender saisit Izac par le col.

- Je suis d'accord sur le fait que l'on ne doive pas lui faire entièrement confiance mais de là à en faire un espion, tu es parano mon pauvre! Laisse-moi gérer ça. S'il fait un pas de travers, je le descends, c'est aussi simple que ça.

- Aussi simple que ça? Qu'est-ce que t'es naïf...Répondit le borgne en dégageant son col de l'emprise du rouquin.

- Je t'ai déjà raconté comment il nous avait aidé.

- Oui, et comment il avait fait de miss Grey son calice...

- C'est mon affaire. Je m'en porte garant. Pour le moment, nous avons besoin de lui.

Levant l'oeil au ciel, Izac continua son chemin et rejoignit la chambre de ses collègues tandis qu'Alexender retrouvait Katherine et son majordome.

********
******

Pendant qu'il montrait au Vampire la salle d'eau et rallumait les cheminées, la belle avait pu voir Izac ressortir de la cuisine. Ce dernier, surpris de ne trouver-là que la jeune femme et son chien, lui avait demandé si tout allait bien. Comprenant qu'elle désirait nourrir son animal, il l'avait emmenée dans la cuisine pour lui en faire faire le tour.

- La marmite en fonte, là-bas au dessus de la cheminée, est toujours remplie de potage tiède, n'hésitez pas à vous en servir. Pour ce qui est de la viande, nous n'en avons pas beaucoup. Il y a du jambon sec et du saucisson dans les caisses dans l'angle ici. Nous avons quantité de pommes, comme vous pouvez le constater, ce n'est pas difficile à trouver. Pour votre chien...vous pouvez lui donner du jambon pour ce soir mais il faudra peut être trouver une solution dès demain pour éviter qu'il ne réduise nos stocks à néant. Quoique...vous nous avez bien dit que vous auriez de quoi nous fournir n'est-ce pas?

Aidant la jeune femme à rassembler de quoi nourrir son chien, Izac retourna dans le salon pour ramener les couverts des Hunters et les mettre en tas dans l'évier. Ils feraient la vaisselle demain, comme d'habitude. C'était au tour de Seamus.

- Je suis navré mais je crois que vous allez devoir vous habituer à nos manières un peu rustres. Voilà ce que c'est que d'opérer dans l'ombre à longueur de temps.

Derrière la plaisanterie, Izac tentait de prévenir Katherine: elle n'aurait pas de traitement de faveur si elle rejoignait leurs rangs.

- Miss Thornes...fit-il soudain en se tournant vers la belle. Son regard se fit des plus graves. Je dois vous mettre en garde contre Raphaël: il n'est pas digne de confiance.

Sans en dire davantage, le Hunter sortit de la cuisine et disparut dans l'escalier. C'est là qu'il avait rencontré Alexender qui descendait.

********
******

Suite à leur petite bousculade, ce dernier arriva dans le salon et finit par rejoindre Katherine dans la cuisine.

- Vous avez trouvé de quoi manger pour Michael? Nous avons allumé les cheminées en haut, comme ça vous n'aurez pas froid cette nuit et vous pourrez vous laver à l'eau chaude. Raphaël vous laissera un seau d'eau propre à disposition. Vous n'aurez plus qu'à le faire chauffer au-dessus de l'âtre.
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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42] Sam 4 Juil - 19:26

La jeune femme comprenait parfaitement qu’un homme veuille la rembourser, après tout c’est dans leur nature pensait-elle. Tous aussi orgueilleux et fiers… Finalement elle était un peu comme eux seulement, les voir ainsi vivre aux dépends d’une femme la faisait sourire. Ils ne supportaient pas de partir sans donner leur dû. Cela devait être quelque chose d’insupportable pour eux d’être suspendus à ses crochets cependant elle aimait ça. Elle ne manquait pas de moyens, loin de là. Dans sa vie elle avait suffisamment travaillé. Tout d’abord sa fortune provenait de sa riche famille aristocrate qui aurait pu faire vivre tout un petit village pendant des années entières sans qu’ils ne manquent de rien. Ensuite il y avait sa profession de comédienne, qui même si peu de gens de son époque appréciait cet art et rapportaient ça sur le compte du diable, d’autres aimaient assister à certaines représentation ou bien rire à celles de la Comedia Dell’Arte. Jouer dans plusieurs grandes villes, capitales puis pour son roi avaient été un grand honneur. Qu’avait-on lorsque l’on était une de ses favorites ? Des richesses. Des richesses mais trop peu aux goûts de cet homme apparemment qui avait préféré les plus grands titres de noblesses au sien. Enfin, elle était Huntress. Elle s’occupait de tuer des vampires. Bien souvent il y avait eu parmi eux des bourgeois et des nobles. Elle avait pu récupérer dans leurs vestes quelques pièces et objets, bijoux de valeur. Michael ne se gênait pas ensuite pour prendre leurs clés et entrer chez eux, se servir et ramener à sa maîtresse. Cela lui faisait mettre de l’argent de côtés, au cas où. C’était mal cependant, les morts n’ont plus besoins d’argent et bien souvent, ces vampires ne possédaient aucune famille encore vivante sous leur toit. D’où le fait qu’un tel remboursement lui était totalement inutile. Un sourire étira doucement les lèvres de Katherine tandis qu’elle le sentait se redresser sur sa chaise et le voyait rougir à sa proposition. Il l’amusait de plus en plus. Effectuant une dernière caresse sur la cuisse du noble déchu elle susurra :

- Mais c’est avec plaisir, Monseigneur.

Katherine n’arrivait cependant pas à comprendre comment un de ses alliés puisse remettre sa parole en question. Voulait-elle vraiment se présenter en tant que comédienne au comte ? Bien sûr qu’elle le voulait autant qu’elle ne le voulait pas. Elle avait une peur bleue, l’angoisse finalement de souffrir le martyr mais elle jubilait, peut-être arriveraient-ils à le vaincre ainsi. Alors oui ses paroles étaient sérieuses, elle ferait donc partie de ce plan et rien ne pouvait pour le moment, l’en dissuader. Le sourire revint illuminer son visage. Elle se mit à songer et soupira. Les vampires avançaient progressivement. Au fur et à mesure des années, et elle l’avait vu en plus d’un siècle, le nombre de vampire dans le monde entier avait fortement augmenté. Existerait-il un jour, à nouveau, des personnes normales ? Un monde où toutes ces créatures surnaturelles disparaîtraient enfin ? Ou bien était-ce la fin et ces monstres transformeraient-ils tous leurs congénères ? Ce monde finirait peut-être par disparaître… Et Katherine s’en désolait. Elle l’avait trouvé pourtant si beau, si haut en couleurs sans ces immondices. Petite elle s’était même permis de rêver mais c’était fini. Elle retombait enfin sur Terre. Au fond d’elle elle le savait. Elle ne ressortirait très certainement pas vivante de cette lutte. Mais c’était pour la bonne cause. Ses prunelles observèrent doucement Alexender et tous les autres Hunters présents autour de la table. Eux aussi allaient mourir un jour ou l’autre. Avant ou après elle peu importait. Il y avait cependant de bonnes chances pour qu’ils périssent sur le champ de bataille.

La jeune femme s’était alors exprimée, elle pensait réellement tout ce qu’elle pouvait leur dire. Son regard se promena sur l’assemblée et elle crut y déceler des petits sourires de la part de deux jeunes hommes. Appréciaient-ils ? Tant mieux. Au fond, elle avait raison. Cela avait de quoi effrayer certain mais rien n’était plus vrai que cela. Elle était presque sûre qu’ils ne réussiraient pas à aller au bout de leur chemin tous ensembles. Ils ne vaincraient pas ces créatures en une seule génération. Il faudra du temps, beaucoup de temps pour réussir à obtenir quelque chose de leur quête. Peut-être même devra-t-il s’écouler deux ou trois siècles mais ils y arriveraient c’était certains. Ils n’étaient pas les seuls à vouloir leur mort. Des tas de jeunes personnes qui avaient eu vent de leur existence rêvaient en secret de leur extermination.

La Comtesse ne s’était pas moquée d’Alexender, ses idées héroïques la faisaient presque rêver. Au fond elle n’était pas seule, ils étaient tous là prêts à lui venir en aide au moindre problème mais le jeune homme semblait comprendre. Tout ceci serait totalement inutile, tout d’abord ils n’arriveraient pas à l’en sortir, ensuite ils pourraient perdre quelques- uns de leurs membres et courir un grand danger pour finalement sauver quoi ? Une vie ? Une vie ce n’était rien pour toute l’humanité, il en fallait bien... Il était courageux de la part d’Alexender de vouloir la sauver si un tel drame venait à se produire mais elle ne pouvait elle-même accepter l’idée que l’on puisse essayer de préserver sa vie. Son sourire se radoucit et elle fut satisfaite d’entendre ses paroles. Elle avait pris sa main au-dessus de la table et la caresser gentiment.


- Et bien voilà, nous avançons Alexender, ce sont des erreurs à ne plus jamais commettre, il en va de la survie de tous. Ne mettez pas en danger ce petit groupe pour essayer de sauver une seule personne. Même si je venais à vous crier ma souffrance, à vous supplier de venir m’aider, à pleurer, cela devra en être ainsi.

Elle ne voulait pas se faire de faux espoirs, se dire que l’on viendra la sauver et que finalement cela ne se produise jamais. Elle désirait du concret. Sa prise se raffermit sur la main du jeune homme. Il était agréable de savoir que l’on désirait vous sauver mais cela lui faisait mal et si elle espérait ? Oui, et si elle se mettait à espérer que l’on vienne à sa rescousse ? Cela la ferait souffrir de voir qu’il n’en était rien. Plus que physique, la souffrance serait mentale. Or elle avait décidé depuis longtemps à ne plus se faire d’illusion, à ne plus ressentir aucune douleur qui pouvait toucher à son cœur car il était plus difficile de vivre avec un pieu dans la poitrine qu’avec une main en moins.

Elle comprenait cependant les ambitions d’Alexender, il ne semblait plus se battre pour une cause toute entière mais surtout pour sa bien-aimée, Sarah. Sa cause était louable certes mais ce n’était pas vraiment ce que Katherine recherchait dans ce groupe. A ses yeux, il ne s’agissait pas de sauver une seule et unique personne et si c’était pour cela elle ne serait même pas venue leur proposer son aide. Ils pouvaient très bien y parvenir seuls. Non, elle se battait pour toute une société, un monde, un idéal, c’était l’humanité qu’elle voulait préserver de ces monstres sanguinaires. Rein en pouvait l’empêcher de se battre pour ce qu’elle croyait juste et si elle devait se défaire d’eux elle le ferait. Elle se n’était absolument pas Sarah qu’elle voulait sauver, elle était à ses yeux une femme comme les autres. Une humaine en détresse. Sarah n’était là que pour Alexender, ce n’était pas elle qu’elle voulait préserver mais un tout et ça… Alexender avait peut-être du mal à s’y faire.
Oui pour elle, servir cette cause était un honneur. Elle ne se pensait pas, elle-même, digne d’accomplir une telle quête en compagnie d’autres personnes combattant pour les mêmes idéaux. Katherine n’était pas humaine et malgré tout, même si ses entités n’avaient pas pour habitude de s’attaquer aux hommes elle se considérait comme une aberration.
Finalement, laissant de côté ses discours sur l’honneur la demoiselle changea de sujet. Se montrant plus souriante, peut-être, elle s’intéressa au sort des filles de Romerta. Apparemment, cela semblait sortir Alexender de ses pensées. Elle l’écouta parler et souffla suite à sa première prise de parole :


- Pas plus que de venir à bout du Comte…

Doucement, la demoiselle posa ses deux coudes sur la table reliant ses mains pour y poser son menton d’un air rêveur. Elle avait laissé ses jambes croisées et observait le jeune homme qui s’exclamait. Il semblait bien sceptique tout de même. Elle pensait que songer à une telle initiative l’aurait réjoui un quelque peu… Alors qu’elle allait s’exprimer à son tour Chistopher intervint et elle le regarda avec plus d’intérêt qu’à leur rencontre. Un sourire amusé étira ses lèvres, ainsi donc lui aussi aimait ça ? Lui qui ne parlait pas beaucoup depuis le début et qu’elle avait pris pour un jeune Hunter timide. Elle plongea ses iris bleutés dans les siennes et attendit la suite lâchant un petit :

- Ah ?

Katherine se pencha alors vers lui comme pour mieux l’écouter parler.

- C’est bon à savoir, ne put-elle s’empêcher de laisser s’échapper de sa bouche habillée de rouge.

Elle lui rendit son regard et se redressa :

- Nous voilà donc fixés. En effet j’ai de l’argent et vous m’en voyez ravie ! Vous voyez Alexender, ce n’est plus si compliqué que ça. Bien sûr il faudra rester vigilant. Ces demoiselles ne méritent pas ce traitement. Une fois récupérées, si nous y parvenons, je me porte garante d’elle. J’ai quelques biens familiaux ici, en France et en Hongrie. Si vous me le permettez nous pourrions les y envoyer. Elles y seraient toujours mieux traitées que derrière les barreaux, à moins ce qu’elles n’aient un autre endroit où aller…  

********
******

Katherine avait enfin pu rencontrer le dénommé Raphaël qui devait bien être élégant… une fois lavé et préparé bien entendu… pour le moment elle ne se risquerait pas à embrasser sa joue, il dégageait une odeur assez pestilentielle mais ne venait-il pas de faire long voyage ? Après avoir salué Alexender, la demoiselle eut enfin droit à lui serrer la main. Ce qu’elle y ressentit de manière extrêmement désagréable n’était rien d’autre qu’une peau des plus froides dont elle n’avait pas l’habitude lorsqu’elle serrait la main de l’un de ses confrères. Que se passait-il ? Aussitôt une foule d’interrogations envahit son esprit de Huntress. Elle avait retiré sa main presque prestement. Elle n’aimait pas ce contact. Son autre main vint masser celle qu’elle avait faite serrer par l’homme presque pour se persuader qu’elle était encore là. Elle-même semblait le mettre mal à l’aise autant qu’elle pouvait l’être. Qu’avait donc et homme ? Etait-il mauvais ? Etait-il réellement leur allié ? Elle ne songea pas une seule fois à l’hypothèse du vampire. Cela lui semblait totalement improbable d’accueillir dans leur rang un être maléfique alors que ces derniers étaient l’objet de leur chasse.

- Et bien… Si vous le dîtes… Prenez le temps de vous réchauffer et de vous reposer ici, Messire.

Michael, aux côtés de la demoiselle, n’avait qu’une envie et c’était celle de lui sauter dessus puis de lui déchiqueter la gorge à pleins crocs. Il ne le sentait pas… cet individu ne lui inspirait pas confiance. Nous disions individu puisque le loup n’arrivait pas à lui mettre un nom sur le visage. Il était différent des autres. Il ne sentait pas l’homme… Mais comment faire comprendre à sa maîtresse qu’il ne l’aimait pas du tout ? Qu’il ne voulait pas qu’il s’approche plus d’elle ? Elle semblait le percevoir, le sentir, puisqu’elle glissait ses douces mains dans son pelage comme pour essayer de le calmer. Pourtant… Elle ne se faisait pas assez de soucis à ses yeux. Lui souriant elle inclina doucement la tête et souffla :

- Allons, je vous en prie, mais ne m’appelez plus Miss Thornes, que cela soit vous Raphaël ou bien vous, Alexender, Katherine suffira. Nous sommes entre nous n’est-ce pas ?

Il était vrai qu’elle prenait des libertés, elle allait jusqu’à les appeler par leur prénom respectif dès leur première rencontre alors qu’une femme de la noblesse devrait se contenter de les saluer dignement et se montrer beaucoup plus discrète qu’elle…

La jeune femme était restée interdite devant les paroles d’Izac, il semblait en vouloir à cet homme, pour une raison qui lui échappait. Pourquoi lui demandait-il ses motivations alors qu’il lui avait à peine jeté un seul coup d’œil dès son arrivée, comme si elle ne comptait ? Qu’est-ce que ce Raphaël avait de plus qu’elle pour qu’il commence à titiller sa patience ? N’était-il donc pas digne de confiance ? La réaction de Raphaël la rassura un quelque peu. Sa voix paraissait déterminée, nul doute, il chassait comme eux, il les haïssait, du moins osait-elle comprendre cela. Finalement ce fut presque avec admiration qu’elle le dévisagea. Oui, il les haïssait, lui aussi se battait pour l’humanité. Son regard se fit plus chaleureux tandis qu’elle se risquait à jeter un coup d’œil à Izac, il semblait convaincu par ses paroles autant qu’elle. Qu’aurait-elle pu dire de plus ? il disait tout ce qu’elle pensait, le peuple devait être sauvé, qu’il soit anglais, français, hongrois, italien, espagnol, allemand et bien plus encore, tous avaient le droit à vivre dans un monde où aucune de ces créatures n’était censée exister. La jeune femme ne se permit pas de commenter les paroles du Hunter mais elle approuvait entièrement et était heureuse de voir qu’une autre personne pensait comme elle. Non comme eux, finalement. Elle se retenait presque d’applaudir. Se redressant sur sa chaise, elle attrapa son verre de vin et en bu une gorgée qui lui réchauffa la gorge. Jetant un regard à Izac, elle s’aperçut qu’ils avaient eu le même réflexe, boire d’un air satisfait.

La réaction d’Alexender l’étonna presque. Il désapprouvait le comportement d’Izac et elle était d’accord avec lui sur ce point. Ils ne devaient pas s’attarder sur ce qui pouvait les différencier, ils avaient besoin d’être un groupe soudé, uni, qui travaillait ensemble. Elle se tourna vers Alexender quand l’homme quitta la pièce. Elle arqua un sourcil et souffla :


- Je ne m’en fais pas, nous finirons par tous nous entendre. Je comprends Izac, le fait qu’il ait du mal à faire confiance, rien est sûr en ce moment… Il a eu de la chance, de s’en sortir vivant, comme vous le dîtes.

Elle hocha la tête :

- Bien, je vous en remercie, il ne dérangera pas, j’y veillerai.

Lui souriant elle le regarda partir avec Raphaël à l’étage pour lui indiquer la salle d’eau.

********
******

Se retrouvant seule dans le salon, la jeune femme prit son verre dans sa fine main et le fit tournoyer doucement sur la table. Cette ambiance-là, elle ne l’avait pas chez elle. Elle avait l’habitude de passer ses journées seule et de dormir dans son lit, y invitant Michael plus d’une fois pour ne pas se confronter à un espace trop grand dans lequel elle passerait la nuit. Katherine n’aimait pas dormir seule dans son lit spacieux, elle préférait la compagnie. Peut-être qu’avant, aurait-elle pensé autrement, seulement plus le temps passait plus elle ressentait le besoin d’avoir une présence à ses côtés. Son regard se porta sur Michael qui se montrait nettement plus calme depuis que Raphaël avait quitté la pièce. Relevant le museau, le loup ferma les yeux, sa maîtresse avait posé la main sur sa tête. Il n’osait presque plus bouger de peur qu’elle n’ôte ses longs doigts fins de son pelage.

La jeune femme se leva en voyant revenir Izac et expliqua brièvement que Michael avait besoin d’être nourri. Elle se mit à le suivre, le chien sur ses talons. Tout en entendant la description des lieux, la demoiselle en faisait silencieusement le tour, observant une à une les caisses comme si elle était chez elle. Se dirigeant vers la marmite elle remua doucement le potage et s’en détourna avant de se montrer aussi sage qu’un ange devant Izac. C’était un homme commode avec lequel elle avait peu envie de s’amuser.


- Oh ne vous en faites pas, il prendra peu de place et ne réduira pas vos stocks « à néant ».  C’est cela, je vous fournirai s’il venait à vous manquer quelque chose. De toutes les manières, vous avez besoin de vous nourrir avec autre chose que quelques pommes, du potage et de la charcuterie.

La jeune femme avait pris une assiette creuse dans laquelle elle versa un peu de potage et déposa une tranche de jambon cru ainsi qu’un morceau de pain. Les chiens n’étaient pas bien difficiles, ils finissaient les restes et se contentaient de peu généralement, sauf que Michael n’était pas un chien. Il mangerait, elle osait l’espérer, sous sa forme humaine, cela devait être dégradant pour lui d’apparaître ainsi et de devoir se comporter comme tel jusqu’au bout. Elle songeait à en parler aux autres, elle jugea finalement préférable d’en faire part à Alexender pour qu’il puisse en discuter avec ses compagnons. Voyant Izac partir puis revenir avec la vaisselle sale elle s’empêcha de foncer vers l’évier pour commencer à la faire. Elle lui sourit aimablement :

- Je ne suis pas venue ici pour boire du thé, cela me convient parfaitement, je suis comme chacun de vous. Malheureusement je suis une femme, mais ceci vous pourrez l’oublier n’est-ce pas ?

Il n’aimait pas sa présence et de toute évidence il la mettait en garde. Elle serait traitée comme tout le monde ici et au fond elle aimait bien cette vision des choses. Elle se sentirait plus à l’aide ainsi qu’en se voyant chouchouter comme une princesse. Ils n’étaient pas là pour parler de bals et de soirées, loin de là, ils travaillaient c’était différent. Elle n’avait pas besoin des mondanités, loin de là. La déclaration de l’homme la fit cligner des yeux.

- Pardon ? Izac, attendez !

Alors qu’elle allait le retenir par le bras, l’homme sortit de la cuisine, décidemment… Pourquoi venait-il de lui dire ça et la laisser en plan juste après ? Elle avait besoin d’explications et il ne lui en donnait aucune. Serrant les poings elle détourna le regard et observa Michael d’un air songeur. Après tout, peut-être ne l’appréciait-il simplement pas et doutait encore de sa parole. Alexender semblait lui faire confiance, y avait-il réellement de quoi s’inquiéter ?

********
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Michael observait l’assiette d’un œil morne. Il ne bougeait, comme s’il avait pris la position d’un enfant qui boudait. Katherine s’était baissée et avait commencé à lui parler en hongrois pour essayer de le détendre mais rien y faisait. Finalement elle sursauta en entendant Alexender et se retourna glissant une main dans ses cheveux :

- Et bien ne vous en faites pas, votre ami m’a montré un peu toute la cuisine et m’a aidé à préparer une assiette pour Michael. C’est très agréable de votre part, je ne manquerai pas de le remercier lorsque je le reverrai. Par ailleurs, Alexender, serait-il dérangeant de laisser Michael reprendre sa forme humaine ou bien préférez-vous d’abord en parler aux autres ? Comprenez que ce n’est pas très agréable de rester ainsi. Nous sommes présents dans ce corps même lupin mais nous n’aimons guère y rester bien longtemps.

Elle fit une légère pause et souffla :

- Izac a l’air bien sceptique sur le compte de Raphaël, j’espère avoir quelques explications demain, pour l’heure je vais monter également.

Elle caressa doucement sa joue avant de le laisser passer devant pour qu’il lui montre le chemin. Michael resta en bas, allongé, les deux oreilles couchés et l’air inoffensif. Doucement il ferma les yeux, au moindre bruit venant de l’extérieur il serait prêt à bondir sur ses pattes et déchiqueter la gorge du premier venu, si bien évidemment, il représentait une menace pour le petit groupe. Il restait également attentif au moindre déplacement de sa maîtresse. Son but premier était de la protéger et il restait sur ses gardes pour ce qui concernait Raphaël.

********
******

Grimpant les marches, la demoiselle suivit le Hunter et s’arrêta devant la porte de la chambre dans laquelle elle allait passer la nuit. L’ouvrant doucement elle inspecta rapidement la pièce et posa son regard sur le seau d’eau qui reposait près de la cheminée. Elle sourit et se retourna vers Alexender :

- J’ai passé une très bonne soirée en compagnie de vos amis Alexender. Une ambiance comme celle-ci me manquait. A vrai dire c’est bien la première fois que je me retrouve entourée d’autant de personnes si agréables les unes envers les autres. Je reçois bien peu de visite avec Michael, il est à peu près la seule personne que je côtoie vraiment mais j’espère que cela va changer. Ce petit groupe est sympathique, j’espère avoir à le connaître le plus longtemps possible.

Se hissant sur la pointe des pieds elle déposa ses lèvres sur sa joue, une main sur sa chemise avant de se reculer doucement et de se retourner :

- Passez une bonne nuit, Alexender…

Sans le regarder partir elle referma la porte derrière elle et se dirigea vers l’âtre de la cheminée. Avisant le seau d’eau elle se mordit violemment les lèvres et prit sur elle. Elle allait très certainement avoir du mal à le soulever pour le placer au-dessus. Serrant les poings elle attrapa la hanse et… Fit de son mieux pour l’accrocher au-dessus. Cela ne fut pas une mince tâche et dut mettre plus d’une dizaine de minutes pour y réussir, le temps de souffrir en silence et de retomber raide morte sur le matelas. La prochaine fois sera mieux, osait-elle penser, Michael sera là pour l’aider.

Attendant un petit moment, la jeune femme sortit dans le couloir pour se diriger vers la salle d’eau. Il lui fallait de l’aide de toute évidence pour transporter le seau d’eau chaude. Malheureusement elle n’était que trop fière pour oser demander une quelconque aide et tentera elle-même de porter le seau pour l’amener dans la salle qui finalement se trouvait juste en face de sa chambre. Elle se voyait déjà le traîner par terre. Pour l'heure, elle allait faire l'état des lieux, arrangerait si la salle d'eau demandait d'être un peu rangée avant son arrivée et retournerait prendre le seau juste après. En refermant la porte, la jeune femme eut le loisir de se retrouver non loin d’un homme qui, de toute évidence, devait être Raphaël
.



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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Raphaël Veneziano
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MessageSujet: Re: Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42] Sam 1 Aoû - 16:11

Raphaël n'avait jamais considéré sa transformation comme un don. Son immortalité, gage de jeunesse éternelle, ne lui avait jamais paru enviable. Il ne vieillissait pas, sa peau de nacre se refermait en quelques heures après une blessure, il ne ressentait pas le froid, la maladie et le poison lui étaient inconnus, sa vision dépassait celle de n'importe quel animal la nuit, il possédait des pouvoirs dévastateurs...et pourtant il ne voyait en sa condition qu'une aberration, une souillure de l'individu que Dieu avait mis au monde en sa personne même.
A ses yeux, il n'était que le rebut d'un Mal démoniaque, motivé par l'antéchrist, tiré de la glaise par la main d'un juge qui avait voulu faire de lui sa lugubre marionnette. C'était un monstre. Un monstre créé dans le seul but de porter le poids de ses erreurs et de celles de ses semblables. Il pataugeait dans la lie de ses immondes pêchés pour mieux racheter ceux de toute l'Humanité. Sa rédemption irait de paire avec sa mort, son ultime anéantissement.
Il se haïssait lui-même.

Rencontrer des âmes ne lui faisait pas toujours du bien. Depuis que sa mère l'avait renié et que son beau-père en avait fait une créature de la nuit, il n'avait jamais pu compter sur personne.
Personne ? Vraiment ?
Et Stella ? Ne l'avait-elle pas recueilli, soigné, aidé, aimé à sa façon ? Si, bien entendu, il en rêvait encore parfois. Mais Stella se nourrissait de sang elle aussi et jamais ils ne s'étaient réellement compris.
Et Eulalia ? Ne lui avait-elle pas offert un amour inconditionnel ? Son esprit, son corps, sa force vitale : elle lui avait tout donné. Mais Eulalia était loin désormais, elle n'était pas assez forte pour survivre à leur union et à tout ce que cette dernière induisait.
Non, faire des rencontres ne l'aidait pas. Il devait lutter, seul, définitivement seul, contre ses démons intérieurs, pour se maintenir en vie le temps de purger ses pêchés. L'absolution ne viendrait pas des autres.

Évidemment, depuis que Raphaël avait rencontré Alexender, Stan, Eulalia, Sarah et maintenant Katherine, il avait pris conscience que pour se battre, concrètement, il valait mieux être organisé en groupe. Il ne rechignait plus à faire équipe pour détruire les créatures de la nuit puisque mettre en commun leurs locaux, leurs armes, leurs connaissances et leurs informations ne pouvait être que bénéfique à tous. Cependant, s'il s'était engagé à tuer le Comte, ce n'était pas tant pour libérer Sarah et aider Alexender, c'était surtout pour se venger de ce que le lord lui avait fait récemment subir et pour libérer la ville de son joug.
Une fois que cette quête serait terminée, il s'éclipserait, peut être même quitterait-il Londres pour lutter ailleurs, là où il serait le plus utile, là où un autre dérangé aux idées tordues viendrait jouer la reine des abeilles. Il ne comptait pas rester avec les Hunters. Son fardeau, bien trop lourd à partager, ne cesserait de le hanter. S'il restait, l'inévitable se produirait : l'un de ses coéquipiers finirait par lui laisser une balle entre les deux yeux à cause d'une de ses crises ou il en tuerait un lui-même par accident. A quoi bon tenter l'impossible ? Il ne savait pas encore se contrôler. Le saurait-il un jour ? C'était peu probable. En bientôt soixante-dix ans d'existence vampirique, il n'avait jamais su refréner sa soif. Et ses cauchemars, ces créatures qu'il invoquait parfois sans le vouloir, le laisseraient-ils tranquille ? Non, et elles risquaient de tout détruire autour de lui. Pourquoi porter un masque quand ses rebords sanglants annoncent au public la fin tragique avant le premier acte ?
Autant fuir.

Les aboiements du chien, le recul de Katherine, les regards suspicieux des élèves d'Alexender et sa poignée de main trop rapide lui avaient assez rappelé que sa véritable nature serait un obstacle définitif à leur parfaite entente. Il ne pourrait jamais lier que des échanges de bons procédés, sans trouver l'amitié ou la fraternité, malgré leur quête commune. Quel intérêt avait-il de songer qu'il pourrait obtenir plus que ce qu'il méritait, plus que la méfiance et le mépris des autres ? Il ne s'illusionnerait pas davantage et se contenterait de ce qu'on lui accorderait.
Alexender avait tenté de le mettre à l'aise et Katherine venait de leur dire de l'appeler par son seul prénom, comme pour mieux rapprocher les membres de leur petit groupe de chasseurs. Le jeune Alphonse avait même demandé où il pourrait dormir, signe qu'il s'inquiétait un minimum de son confort. Cependant, le Vampire restait méfiant. Il était clair qu'il n'aurait jamais totalement sa place parmi eux et qu'il faudrait qu'il aide en se cantonnant à l'humble rôle qu'on déterminerait pour lui dans les semaines à venir. Il donnerait son avis, il les pousserait à réfléchir avant d'agir et leur confierait tout ce qu'il savait sur le Comte, ses méthodes, ce qu'il en avait entendu dire la nuit, mais il n'irait pas plus loin, trop conscient qu'Alexender prendrait ombrage de ce qui lui semblerait être de l'impertinence.

Malheureusement, après ses explications concernant Aria et Stan, et une fois que les Hunters furent presque tous couchés, Izac, le plus vieux de la bande, se mit à l'assaillir de questions dangereusement orientées sur sa nature. Cherchait-il à le provoquer assez pour qu'il lui donne ne serait-ce qu'une raison pour le renvoyer en enfer ? Oh non, il ne lui donnerait pas ce plaisir là...
Leur petite joute verbale fut courte mais intense. Les deux hommes s'étaient toisés d'un air ironique, l'un après l'autre, et leurs propos, lourds de sous-entendus, avaient alerté Alexender qui avait immédiatement tenté de calmer le jeu. Katherine, elle, était restée sagement silencieuse. Finalement, Izac lança une dernière mise en garde et disparut avec son assiette. Tandis que Raphaël reprenait son calme faussement conservé, le rouquin rassurait la jeune femme. Son vieux collègue avait perdu son œil au théâtre et avait la rancune tenace. Sa récente blessure et ses années de chasse l'avaient rendu « aigri ». C'était compréhensible. Accepter un Vampire dans leur groupe devait le faire grincer des dents...


- Je ne lui en veux pas...Cultiver nos différences peut nous aider dans notre quête, mais les accepter toutes me paraît impossible. C'est un bon chasseur...

Il croisa les bras et réfléchit un moment tandis qu'Alexender s'arrangeait avec Katherine pour nourrir son chien. Le Vampire se rappela cette nuit venteuse où il avait trouvé un chien errant dans son domaine. C'était ce soir-là qu'il avait rencontré une femme magnifique avec laquelle il avait joué une partie de cartes au Queen's Head, c'était ce soir-là aussi qu'il avait été pris d'une soif dévorante et qu'il avait manqué de se faire tuer au cimetière de St Margaret...
Une odeur de vase et de sueur remonta dans ses narines et le réveilla. Il était temps d'aller se laver. Il puait la charogne et les algues. Un marin du vieux port n'aurait pas eu autant de sel sur ses vêtements. C'était insupportable!
Lorsqu'il demanda la salle d'eau au rouquin, ce dernier lui répondit qu'elle était à l'étage et qu'il allait l'y conduire. Suivre Alexender dans les escaliers rappela au Vampire leurs quelques jours passés dans son manoir. Les escaliers craquaient de la même manière et l'absence de lumière rendait l'atmosphère aussi lugubre que dans l’Éclipse. Pour sa part, un tel lieu lui convenait tout à fait, même s'il n'avait pas prévu de s'y éterniser pour éviter de côtoyer les humains au quotidien.
La salle de bain, aussi étroite que l'étaient sans doute les chambres, mais elle avait l'avantage d'être équipée d'une pompe qui permettait de récupérer l'eau directement sans passer par les cuisines au rez-de-chaussée. Le Vampire nota le nouveau ton qu'avait pris Alexender : plus sérieux, moins enjoué, il se mit même à le tutoyer. Faisant mine de ne voir aucune différence, Raphaël jeta un coup d'oeil dans la salle d'eau et le remercia brièvement.


- Merci, ça ira.

Mais une fois que le Hunter lui eut expliqué qu'il pouvait faire chauffer l'eau à l'aide des cheminées dans la chambre de Katherine et la sienne, ce dernier pointa bientôt un doigt menaçant sur sa poitrine. Sa menace de mort n'étonna qu'à moitié le Vampire. Avec un sourire mauvais, Raphaël lui répondit d'un ton glacial:

- J'espère que tu ne me louperais pas.

Leurs regards étincelaient dans la demi-pénombre et leurs cœurs battaient la chamade à l'unisson. Les tensions ne seraient jamais parfaitement éteintes entre eux, c'était inévitable. Tel un chien de garde, Alexender désirait défendre sa meute. Rien de plus normal quand un loup débarque au milieu du cheptel et se prétend du même acabit que ses gardiens. Alexender voulait garder sa domination et préserver la sécurité des siens. Comment lui en vouloir ?
Raphaël se tue : il était inutile de relancer le Hunter sur ce sujet. Sans un mot, il l'aida donc à rallumer les cheminées des chambres et s'occupa de pomper de l'eau pour remplir la baignoire. La pompe était difficile à manier : trop vielle, trop épaisse. Mais elle avait le mérite de fonctionner. Il suffisait d'y mettre un peu de force brute et le mécanisme tirait à merveille. A force de seaux, et grâce aux cheminées entretenues par Alexender, la baignoire fut bientôt pleine à moitié d'eau tiède et le Vampire remercia d'un signe de tête le Hunter qui s'apprêtait à redescendre au rez-de-chaussé. Il tombèrent d'accord sur le fait qu'il laisserait les deux seaux remplis d'eau propre pour le prochain qui souhaiterait faire sa toilette. Question de principe. Un seau plein fut d'office installé dans la chambre de Katherine.

Une fois qu'il fut dans la salle d'eau, Raphaël referma le verrou derrière lui et s'adossa contre la porte branlante. Le menton au ciel, il poussa un grand soupir. Le Vampire était las de devoir lutter contre sa nature et d'endurer ce besoin de se cacher et de se justifier à tout va. Jamais plus il ne reverrait la lumière du jour et jamais plus on ne lui dirait que sa main était chaude. N'était-ce pas suffisant ? Écartant ses doigts devant son visage, le jeune aristocrate déchu laissa son regard parcourir les lignes de sa paume. Quelle était celle de sa vie ? Il ne le savait plus. Pourtant, Stella lui avait appris à lire ce langage...L'avait-il complètement oubliée ?
Poussant un long soupir, le Hunter se mit à se débarrasser de ses vêtements. Il abandonna sa lourde cape noire en la jetant en boule dans un coin. Elle était déchirée de coups de couteaux par deux endroits et lourde de boue.


- Bonne à brûler...Grogna le Vampire en l'éloignant de lui d'un coup de pied rageux.

Il ôta ensuite son gilet puis défit, un à un, les boutons de sa chemise. Son nez prit un pli de dégoût : elle puait la sueur et la vase. Poussant loin de lui le vêtement poisseux, le jeune italien se mit à défaire son pantalon. En quelques minutes, il le fit glisser à terre et l'oublia pour s'occuper de sa perruque. Il avait tellement hâte qu'elle quitte son crâne ! L'arrachant de ses cheveux en grimaçant, il la secoua un peu pour remettre en place ses mèches folles, au cas où elle puisse encore lui servir, et la laissa sur le bord d'une commode. Il la laverait après. L'eau allait refroidir.
Se dirigeant vers la baignoire, il passa devant le miroir de la commode et s'arrêta. Figé, il observa son visage qui lui apparut plus émacié qu'auparavant, ses cernes qui étaient aussi noires que les nuits d'hiver et qui contrastaient furieusement avec sa peau de nacre. Son torse, lui, portait quelques taches noirâtres, ecchymoses de la veille qui n'avaient pas eu le temps de disparaître. Son bandage au bras droit ne ressemblait plus guère qu'à un lambeau de tissu brunâtre qui pendait contre lui...
Face à cette image, il trouvait désormais normal que Katherine lui ait demandé s'il n'était pas malade. A vrai dire, il ressemblait à un mort.


* A un Vampire...*

Plonger son corps glacé dans l'eau tiède réveilla en Raphaël quelques douleurs mais surtout un sentiment d'aise qu'il n'avait pas goûté depuis presque un mois. Chez Aria, il se lavait à l'aide d'une bassine d'eau froide, sans intimité, avec un savon gris de saletés. Quel bonheur de sentir contre sa peau la chaleur d'une eau tiède et la douceur d'un morceau de savon propre !
Sans perdre plus de temps, le Vampire se lava des pieds à la tête. Il n'hésita pas à plonger sa tête dans l'eau pour débarrasser sa tignasse de neige des morceaux de boue qui l'occupaient depuis deux jours. En dix minutes, la baignoire fut brune de crasse. Une fois sa toilette achevée, le Vampire attrapa une des serviettes qu'Alexender avait laissées à disposition et se sécha rapidement. Il remit son pantalon avant de rassembler ses autres vêtements pour les passer à l'eau et au savon eux-aussi. Une fois sa lessive faite, l'italien entreprit de vider l'eau sale de la baignoire dans la grille sur laquelle donnait la pompe. La tâche s'avéra plus longue et difficile que prévu mais bientôt la baignoire fut vide et nettoyée. Son passage ne se reflétait plus que sur les dalles qu'il avait trempées.

Ses vêtements essorés sur un bras, sa serviette autour du cou et sa perruque gouttant dans une main, Raphaël sortit enfin de la salle d'eau. Combien de temps y avait-il passé ? Il n'en savait rien, mais ce qu'il savait c'était qu'il se sentait plus propre que jamais et que ses cheveux ainsi libérés ne pesaient rien du tout. Ce bain avait été pour lui un luxe dont il rêvait depuis des semaines.
Mais alors qu'il se dirigeait vers l’extrémité du couloir qui renfermait l'escalier, la porte de la chambre de Katherine s'ouvrit et il se retourna pour lui faire face, un peu surpris de la trouver-là.


- Ah ! Miss Thornes ! Vous êtes déjà montée?

Gêné de se retrouver ainsi torse-nu devant une femme, le jeune aristocrate tenta de se justifier :

- Pardonnez mon manque de bienséance, mais mes vêtements sont trempés...

Réalisant soudain que sa nouvelle équipière devait être sortie pour prendre sa suite dans la salle d'eau, le Vampire grimaça:

- Oh, vous voulez peut être prendre un bain ? Je vous préviens, la pompe est extrêmement difficile. Attendez, je vais vous aider.

Revenant sur ses pas, Raphaël passa devant Katherine pour pénétrer dans la salle d'eau.

- Attention, ça glisse sûrement. Prévint-il en montrant d'un coup de tête le sol humide.

Laissant sur le bord de la commode ses vêtements mouillés, il prit le seau restant et le plaça sous la pompe avant de l'actionner. Il la trouvait dure mais sa force de Vampire lui donnait un avantage sur les Humains. Sans doute Alexender avait-il plus de mal que lui pour remplir un seau. Cette idée en tête, Raphaël ne put s'empêcher de sourire.
Une fois le seau plein, il en attrapa l’anse et se tourna vers la jeune femme.


- Je suppose que vous prendrez un bain chaud?

Amenant le seau dans la chambre de Katherine, le Vampire l'échangea avec celui qui était déjà au-dessus du feu. Lentement, seau par seau, le Vampire aida la belle à remplir la moitié de la baignoire comme il l'avait fait pour lui-même.

- Je suis désolé de m'être ainsi imposé tout à l'heure, j'aurais dû vous demander si vous ne vouliez pas passer avant moi. J'ai été inconvenant. Souffla-t-il au troisième seau.

A la fin de l'opération, Raphaël abandonna les deux seaux remplis d'eau froide près de la pompe et se passa l'avant-bras sur le front.


- Bien, j'espère qu'elle sera à votre goût. Le dernier seau bouillait quand nous l'avons vidé.

Croisant le regard azuréen de la jeune Huntress, le Vampire laissa le sien parcourir ses boucles noires avant de revenir dans son océan. Reprenant son souffle, il récupéra ses vêtements et fit une courbette à la jeune femme.

- Je...je vous laisse. Ma place est en bas. Passez une bonne nuit.

Perturbé par son échange avec Katherine, le Vampire redescendit l'escalier pour revenir au salon. Il n'y avait personne. Le feu dans la cheminée mourrait lentement. Remettant une bûche dans son âtre, Raphaël étendit ses vêtements sur des chaises qu'il rapprocha près des flammes afin de les faire sécher au plus vite. Il ne pouvait pas décemment rester en simple pantalon. Même s'il ne sentait pas le froid et que ses pieds nus sur le sol lui procuraient d'intenses sensations, il ne pouvait se le permettre : une femme se trouvait sous le même toit. Ses chaussures ! Raphaël se donna une légère tape sur le front. Il les avait laissées dans la salle de bain ! Tant pis...Il les retrouverait demain matin.
Demain matin...
Devrait-il dormir pendant la nuit et veiller le jour ?
S'allongeant sur le canapé de tout son long, le Vampire soupira en regardant le plafond. Il allait sans doute compter toutes les heures de la nuit...
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Alexender Von Ravellow
Hunter - "Criminel" en fuite
Date d'inscription : 11/03/2008
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Race : Humain
Classe sociale : Aristocrate déchu
Emploi/loisirs : Hunter / Il est recherché par le Yard et les Vampires de Jirômaru Keisuke.
Age : 25 ans
Proie(s) : Tous les Vampires, sauf Raphaël qu'il surveille maintenant sans chercher à l'assassiner. Le Comte Kei est son pire ennemi. Alexender peut aussi s'attaquer à des Loups-Garous.
Crédit Avatar : Personnage par Ayami Kojima.
MessageSujet: Re: Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42] Mar 4 Aoû - 15:06

Sensualité exacerbée d'une femme sulfureuse, peau glacée d'une créature de la nuit, murmures désapprobateurs d'un aîné : que ce soit avec Katherine, Raphaël ou Izac, Alexender était drôlement mal à l'aise ce soir...A la tête des initiatives qui guidaient leur groupe de Hunters, il aurait dû prendre plus de distance avec ses sentiments personnels, plus de recul pour gérer cette nouvelle organisation. Mais il était encore jeune et son implication dépassait son expérience. Sa tête était mise à prix, la femme qu'il avait choisie avait disparue, une partie de ses élèves étaient morts dans sa dernière tentative de défaire le Comte...Alexender était un homme fatigué, ses récentes blessures le faisaient encore souffrir et sa double-vie le submergeait complètement ces derniers temps. Il avait toujours aimé les femmes, toujours détesté les Vampires, toujours refusé de se plier aux règles édictées par plus âgé que lui. Comment ne pas se laisser aller à quelques caresses en compagnie de Katherine ? Comment ne pas se méfier de Raphaël ? Comment ne pas cracher au visage d'Izac qu'il savait ce qu'il faisait ?

Tant d'éléments devaient être pris en compte !

Le rouquin savait qu'il était temps pour lui de revoir ses méthodes et ses priorités. Il savait que les derniers échecs qu'avait subi leur bande lui étaient dus. Il fonçait toujours tête baissée, sans réfléchir, sans penser aux conséquences qu'auraient ses gestes pour lui, pour son entourage, pour les générations futures. Il agissait toujours sur un coup de sang, par vengeance, par haine, par dégoût, pour son honneur, pour ses principes, pour son amour. Comment avancer lorsque l'on est ainsi persécuté par son passé, trop enclin aux émotions et aux sentiments ?
Ils vivaient tous dans un monde où les bêtes de foire disputaient le moindre morceau de viande qu'il y avait à porté du vivant. Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes...Comment ne pas devenir fou dans un tel environnement ?
Alexender se sentait faible face à la tournure que prenait ce monde. Il n'avait aucune particularité, pas un pouvoir, pas une aptitude qui pourrait faire rougir n'importe laquelle de ces créatures de légende. Comment survivre ?

La tête pleine de ces questions existentielles, le Hunter avait cependant accueilli ses invités avec le sourire. Il avait tenté de les mettre à l'aise, alors qu'il ne l'était pas lui-même, afin d'harmoniser leur groupe. A quoi bon se poser autant de questions ? Après tout, ils avaient tous un but commun. N'était-ce pas suffisant pour reprendre espoir et avancer ? Ils n'avaient pas de le choix.


********
******

Katherine avait décidé qu'il était de son devoir de s'infiltrer dans les rangs du Comte afin de le mener dans un de leurs pièges. Quels que soient les risques, quelles que soient les réticences évidentes d'Alexender, elle resta sur son idée première et expliqua aux Hunters qu'elle ne luttait pas seulement pour leurs beaux yeux, ni pour les siens dont l'azur les perturbait tous, mais bien pour l'humanité toute entière et que son sacrifice, si sacrifice il devait y avoir, l’honorait plus qu'il ne l'effrayait. C'était une femme forte, capable d'aller au bout de ses ambitions et de ses principes, au nom de la justice, pour garantir un futur aux prochaines générations. C'était une femme dont le passé était encore complètement obscur mais qui suscitait chez les Hunters une admiration certaine. Elle semblait savoir ce qu'elle faisait et son assurance raffermissait les espoirs et les volontés des jeunes assis autour de cette table.

Bientôt, la jeune Lycanthrope décida même de préparer un plan pour faire évader les filles de Romerta de leur prison. Ces prostituées les avaient aidés et elles croupissaient maintenant dans de sombres geôles : elles méritaient mieux et il était de leur devoir de les libérer. Ils avaient une dette envers elles et les abandonner à leur triste sort n'aurait pas été digne de leurs aspirations.
Alexender trouva l'idée tout bonnement irréalisable. Il ne savait pas combien de prostituées avaient été prises, ni où elles étaient exactement. Lui qui s'était pourtant échappé de la Tour de Londres ne croyait pas qu'il était possible de les sortir de Colbath. Katherine, elle, restait confiante et, avec l'appui franc et immédiat de Christopher – qui semblait bien plus au courant que son maître d'arme au sujet des prostituées dont il était question – elle décida de prendre en main ce sauvetage. Plein d'appréhension et de reconnaissance, Alexender soupira :


- Je pense que ce sera bien plus compliqué que ce que vous imaginez mais...je pense qu'il y a en effet un espoir de les sauver. Si vous les prenez sous votre aile par la suite, en partant du principe que vous réussirez cette expédition, si vous les cachez loin de Londres, il y a une chance pour elles. Malheureusement, elles n'ont nul part où aller. Romerta était leur seule famille...

Le douloureux silence qui s'en suivit fit grimacer Christopher.

- Alex...Si nous prévoyons tout par étape, en réfléchissant bien, c'est faisable. Je vais me renseigner, voir combien de filles ont été prises, où elles sont enfermées exactement et nous allons aviser avec Miss Thornes.

Le jeune homme lança un regard à la fois gêné et amusé à la belle. Elle s'était drôlement penchée dans sa direction, comme pour mieux l'écouter, et cela l'avait un peu perturbé.

- Nous verrons bien...Fit Alexender en croisant les bras d'un air inquiet.

Établir un véritable plan pour libérer les filles de Romerta demanderait un peu de temps. Pour l'heure, Christopher et Katherine semblaient s'accorder. Le jeune homme avait besoin d'argent pour obtenir les précieuses informations dont il avait besoin pour déterminer la fiabilité de leurs actions et la belle aristocrate en avait à lui offrir. Alexender restait sceptique, mais l'idée de sortir les filles de leurs cellules réveilla en lui sa hardiesse.


********
******

Tout semblait se passer pour le mieux, malgré l'humeur dansante d'Alexender. L'arrivée de Raphaël amena son lot de tensions au sein du QG mais le rouquin fit tout ce qui était en son pouvoir pour lui faire comprendre que, malgré ses réticences et sa profonde méfiance dues à sa nature et à ce qu'ils avaient traversé au sujet d'Eulalia, il le considérait comme son allié, au même titre que les autres. Après tout, le Hunter était fortement conscient que les capacités vampiriques de cet homme pouvaient leur être très utiles. Il n'était pas fou. De là à lui accorder sa pleine confiance, il y avait un gouffre qu'il considérait comme infranchissable, mais il saurait l'ignorer le temps qu'ils récupèrent les filles de Romerta et qu'ils mettent Sarah en sécurité.

Sarah...
Son cœur battait encore pour la jeune femme. Cependant, une nouvelle nuance venait altérer le lien qu'il avait entretenu avec elle jusqu'à présent : il voulait sauver l'humanité et ramener son attention sur une dimension plus vaste, à la vision plus large, afin d'éviter de persister dans l'erreur, dans l'émotion, dans la quête personnelle, l'égoïsme...Katherine avait rouvert ses yeux sur l'étendue de sa foi, sur l'importance que pouvaient avoir ses choix, les tenants et les aboutissants de sa quête. Fallait-il sacrifier son amour pour le bien de tous ? Peut-être...mais, pour l'instant, il allait tenter de la sauver, une dernière fois.

Ce fut Izac qui vint ruiner les efforts de son allié en jouant avec les nerfs de Raphaël. Pourquoi le provoquer alors qu'il était flagrant qu'il faisait des efforts pour s'intégrer ? Alexender crut qu'il allait devoir mettre sur table, devant Katherine, que la nature de Raphaël était certes dangereuse mais qu'ils feraient avec, que ça lui plaise ou non. Heureusement, le Vampire sut répliquer sans en dévoiler trop sur son compte et Alexender put l'aider à faire taire Izac. Ce dernier finit par disparaître dans la cuisine, histoire de rester loin de la créature infernale qu'il avait déjà dans son viseur.
Raphaël prit les choses avec une philosophie qui déstabilisa son hôte. Il n'en voulait pas au vieux Hunter et son sous-entendu au sujet de sa race fit presque sourire Alexender : oui, Izac était un bon chasseur et oui, les différences qui les opposaient n'étaient pas faciles à appréhender sans qu'il n'y ait une série d'éclairs entre eux.


- Il est sans doute plus doué que moi...

Katherine pensait apparemment que l'amertume d'Izac était compréhensible et elle ne semblait pas s'inquiéter de leurs futures relations.

- J'apprécie beaucoup la confiance que vous accordez à mes hommes, Miss T...heu...Katherine.

********
******

Mener Raphaël à la salle d'eau n'avait pas été de tout repos. Malgré les nouvelles dispositions dont Alexender se sentait capable, il ne put s'empêcher de le menacer une dernière fois afin d'obtenir l'assurance qu'il avait tout fait pour garantir la sécurité de ses élèves et surtout celle de Katherine.
Avec la nuit qui venait de tomber, ses craintes s'étaient démultipliées. Le Vampire allait dormir dans le salon, au rez-de-chaussée, et une peur indicible s'était insinuée en lui : et s'il lui prenait l'envie d'égorger Christopher et Seamus qui montaient la garde ? Et s'il montait pour achever les autres Hunters dans leur sommeil ? Et s'il pénétrait dans la chambre de Katherine ?
Il avait beau faire, Alexender ne supportait pas l'idée qu'ils partagent le même toit. Jamais il ne trouverait le sommeil cette nuit...Il lui faudrait encore du temps pour s'habituer à sa présence. S'y habituerait-il seulement un jour ? Il en doutait fortement.

Face à sa menace, le Vampire ne réagit pas et ce fut sans doute ce qui poussa Alexender à reconsidérer son comportement et à le défendre face à Izac lorsqu'il le retrouva dans l'escalier. Ils avaient rallumé les cheminées ensemble, rempli la baignoire, prévu de laisser de l'eau pour les suivants et, malgré son agressivité, Raphaël n'avait pas tenté de se battre. Au contraire, il avait exécuté toutes les tâches sans dire un mot, sans se plaindre, sans même faire de suggestion. Qu'Izac vienne ajouter à sa honte un grognement désapprobateur l'avait exaspéré au point de reporter sur lui son mécontentement. Le vieil Hunter se moqua de lui avant de rejoindre ses camarades dans leur chambre. Quelque part, Alexender était rassuré d'avoir Izac auprès des jeunes. Au moins, si le Vampire avait la mauvaise idée de tenter de les saigner, le chasseur aurait-il droit de lui loger une balle entre les deux yeux.


********
******

Ignorant la conversation qu'avaient eu Katherine et Izac pendant qu'il s'occupait de Raphaël, Alexender descendit pour rejoindre la Lycanthrope et son compagnon. Lorsqu'il arriva près d'eux, il entendit la jeune femme parler dans une langue qu'il ne connaissait pas. Était-ce du russe ? Non, sans doute du hongrois, elle lui avait dit qu'elle venait de Hongrie...
Son sursaut le fit sourire.


- Excusez-moi, je ne voulais pas vous faire peur.

La belle le remercia et lui expliqua qu'elle avait vu la cuisine avec Izac et trouvé de quoi sustenter Michael. Par contre, elle s'inquiétait de sa forme lupine et trouvait que le Hunter se méfiait rudement de Raphaël. Alexender fronça les sourcils.

- Écoutez, je ne comprends pas pourquoi vous êtes venue avec lui sous cette forme. Qu'il garde sa forme humaine plutôt ! Un chien c'est bien en mission mais là...Le Hunter se pinça les lèvres. Katherine, mes compagnons ne savent pas ce qu'est un Lycanthrope, ils n'en ont jamais vu. A part Izac...et encore je n'en suis même pas certain...

Comment faire comprendre à Katherine que les Hunters n'étaient peut être pas prêts à entendre qu'un autre type de créature existait au milieu des Vampires et des Loups-Garous ? Comment lui expliquer qu'elle et son ami risquaient simplement de les faire tous paniquer, voire de les dégoûter ? Lui-même, qui avait pourtant un ami Lycanthrope, n'arrivait pas à comprendre comment ils fonctionnaient. Gaspard ne lui avait jamais totalement expliqué son cas et sa race restait un mystère.
Avec un soupir presque douloureux, le jeune aristocrate passa une main dans ses cheveux teints. Katherine ne savait pas encore qu'ils avaient déjà à gérer un Vampire dans leurs rangs et que présenter ainsi une nouvelle créature risquait de briser le semblant d'harmonie qui se créait ce soir.


- Que Michael reprenne sa forme humaine dès demain et nous dirons aux autres que vous avez laissé votre chien chez vous. C'est mieux, pour le moment...Vous êtes partie du principe que votre...vos dons étaient faciles à prendre en compte pour tous et que nos compagnons connaissaient ce genre de chose mais il en est fort autrement...Stan est au courant, je le suis, mais Raphaël et les autres ne savent pas encore qui vous êtes réellement.

La tête basse, le Hunter frissonna au contact de la main de la jeune femme contre sa joue. Puis, sans ajoute un mot, il la conduisit à l'étage. Raphaël occupait encore la salle d'eau. Lentement, Alexender montra le chemin à Katherine.

- La salle d'eau se trouve ici. Fit-il en lui montrant d'un coup de tête la porte fermée. Votre chambre est juste en face. Il y a un verrou pour la salle d'eau mais aucun autre dans toute la maison, sauf dans l'entrée. Mais bon, ne vous inquiétez pas, personne ne viendra vous déranger.

La jeune femme semblait heureuse. Cette soirée l'avait motivée et elle trouvait les Hunters tous plus sympathiques les uns que les autres. Alexender tiqua un peu : si pour elle une telle soirée était merveilleuse, qu'est-ce que cela aurait donné s'ils avaient pu se côtoyer dans un de ses fameux bals de saison ? L'atmosphère de ce soir avait été lourde, pleine de sous-entendus, de menace, de suspicions, de doutes...Ils avaient ravivé les souvenirs douloureux de leurs derniers échecs, mis sur la table les pouvoirs dévastateurs du Comte, Izac avait été froid et cynique, Michael avait montré les dents...et pour elle ils avaient été « agréables » les uns envers les autres ? Hé beh...il ne lui fallait pas grand chose...Depuis combien de temps n'avait-elle pas fréquenté les salons ? Elle qui jouissait encore de son anonymat et qui pouvait vivre en plein jour, ne voyait donc personne ? C'était étrange...
Alexender songea un instant à Gaspard : lui aussi il s'était quelque peu retiré du monde. Était-ce pour leur Lycanthropie qu'ils restaient volontairement en marge ? En tous cas, la belle semblait vouloir apprendre à les connaître davantage et intégrer leur groupe.

Le baiser qu'elle lui laissa sur la joue figea un instant Alexender. Face à la porte qu'elle venait de fermer, il resta un peu pour réfléchir. Pourquoi ne lui avait-il pas encore dit pour Raphaël ? Il n'avait pas osé, même quand le moment semblait avoir été opportun. Il fallait qu'elle sache avant de se coucher ! Il devait le lui dire...
Levant la main pour frapper à la porte, le Hunter hésita. La belle devait être en train de se changer, à moins qu'elle ne désire utiliser la salle d'eau. Cette idée flotta dans l'esprit du jeune homme qui imaginait déjà ses formes voluptueuses libérées de leurs vêtements. Puis, secouant la tête comme pour chasser un rêve, il se dirigea vers sa propre chambre qui jouxtait celle de la belle.

Une fois dans sa chambre, Alexender entreprit de se coucher sans vraiment avoir comme projet de dormir. Il ne le pourrait jamais. Pas temps que Katherine ignorait qu'ils avaient un Vampire sous leur toit. Si un incident devait se produire à ce propos, il s'en voudrait jusqu'à la fin des temps. Il monterait la garde à l'étage, tant pis, et le lui dirait le lendemain.
Assis sur son lit, le Hunter ôta ses bottes noires et retira de la droite son couteau. Manipulant doucement l'arme blanche entre ses longs doigts, il fit briller sa lame dans la lumière de l'unique lampe à huile posée sur une commode à l'autre bout de la pièce. Cette arme lui plaisait mais il était encore très maladroit avec. Il préférait les pistolets. Posant son couteau près de lui sur les couvertures épaisses, il enleva de son pantalon son Bloddy Rose et son pistolet à percussion. Il se rendit alors compte de la force de pression qu'avaient exercé ces armes contre ses hanches. Quel soulagement que de les dégager ! Avec un soupir, le Hunter posa les deux armes près de lui avant de se mettre à se masser le bassin.


- Quelle connerie...

Porter des sangles pour attacher ses armes plus correctement n'était pas possible s'il voulait les conserver cachées, mais leur épaisseur était un véritable problème.
Ramenant sa chemise défaite dans son pantalon avant d'en resserrer la ceinture afin d'ajuster ce dernier, Alexender rangea ses affaires : il glissa son couteau sous son oreiller, posa son pistolet à percussion sur sa table de nuit et s'allongea pour observer son Bloody Rose. Il était presque neuf. Izac le lui avait donné, entièrement chargé, pour remplacer celui qu'il avait perdu au théâtre. La cross était gravée de roses et la longue chaîne qui pendait jusqu'à lui brillait d'un éclat d'argent. C'était une belle arme, très moderne pour leur époque, mortelle pour les Vampires. Katherine en possédait-elle une semblable ? Il ne s'en souvenait plus.

La porte de la salle d'eau s'ouvrit et Alexender se redressa aussitôt pour tendre l'oreille. Raphaël allait descendre. Attentif, le Hunter serra dans sa main son Bloody Rose et attendit. Le Vampire n'allait pas tarder à atteindre sa porte lorsque celle de Katherine s'ouvrit à son tour. Alexender serra les dents. Pourquoi avait-il fallu que la jeune femme sorte à cet instant précis ? Lentement, le plus silencieusement possible, il se leva pour aller coller son oreille contre sa porte afin d'écouter ce qu'elle échangeait avec le Vampire. Apparemment, il allait l'aider à pomper l'eau et à remplir la baignoire. Alexender hésita à intervenir pour proposer son aide, histoire de surveiller Raphaël et de plaire à la jeune femme. Après tout, n'était-ce pas le rôle d'un gentleman ?
Cependant, il finit par se contenter d'écouter. Voulait-il laisser une chance au Vampire de prouver sa bonne foi ? Peut-être...
L'attente fut longue et angoissante pour le Hunter. Mais, enfin, Raphaël abandonna Katherine à ses ablutions et descendit au rez-de-chaussée. Alexender poussa un soupir de soulagement. Il ne s'était rien passé. Rien d'extraordinaire en tout cas. Desserrant quelque peu sa poigne sur son arme, il attendit encore un moment avant de se rendre à l'évidence que la belle Lycanthrope prenait bel et bien son bain en sécurité.

De retour dans son lit, le Hunter laissa son Bloody Rose à côté de lui tandis qu'il passait son bras sur ses yeux. Il devait prévenir la jeune femme. Dès qu'elle sortirait de la salle d'eau, il irait lui parler...


********
******

Un cliquetis le réveilla. Dans un sursaut, il sauta à bas de son lit et, son Bloody Rose à la main, il se précipita vers sa porte. L'ouvrant à la volée, il passa sa tête dans son encadrement, les cheveux défaits, et aperçut une silhouette féminine sans pour autant distinguer plus que sa forme. Ses yeux étaient encore embrumés.

- Katherine ? Puis-je vous parler? Fit-il dans un souffle discret, destiné à l'attirer vers lui.

Anxieux, Alexender attendit que la belle soit près de lui pour l'entraîner dans sa chambre et refermer la porte sur eux.
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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42] Jeu 6 Aoû - 23:02

Katherine ne pouvait pas supporter qu'on ne la prenne pas au sérieux. Ses engagements étaient fiables, même s'ils pouvaient paraître audacieux. Elle était toute disposée à accepter son sort. Elle savait au fond qu'elle ne verrait pas la fin de cette mission, du moins cette mission humanitaire. Elle serait tuée bien avant cela et ce, même avec ce pouvoir de longévité qu'elle possédait dès sa naissance. Elle s'était belle et bien résignée à mourir, cela ne lui faisait plus vraiment peur, elle redoutait surtout d'avoir mal... mal non pas physiquement mais plus mentalement. Elle avait peur de partir quand une vie s'offrait à elle, quand quelqu'un s'attachait enfin à elle. Elle craignait finalement de s'être attachée à cette vie qui était la sienne. Se reprenant, elle remua ses pensées pour n'en garder que le bon côté, elle se battait pour une cause tout à fait louable qui était tout à son honneur. Elle luttait contre les monstres de ce monde pour la paix, la pureté, la prospérité et l'humanité. Elle combattait pour des choses qu'elle n'avait jamais vues mais auxquelles elle croyait fermement. Katherine était une fervente partisane de la liberté et de l'égalité. Avec ces créatures à leurs côtés rien de tout cela ne pourrait jamais se réaliser.

Le problème des filles de Romerta s'était alors posée. La jeune Comtesse était réellement désireuse de les aider. Elle trouvait cela complètement injuste de les laisser croupir en prison quand les Hunter eux-même avaient réussi à s'échapper de l'emprise du Scotland Yard. La jeune femme ne pouvait décidément pas les y laisser croupir... cela n'était pas pour elles, la prison... Elles ne méritaient pas leur sort et était intimement persuadée qu'il y avait une solution pour les y faire sortir. Alexender avait réussi à s'échapper de la Tour de Londres grâce à un ami à lui, les jeunes prostituées en sortiront grâce à l'argent que Katherine mettrait à disposition mais également à Christopher qui semblait bien les connaître. Ce qui amusa un quelque peu la demoiselle, les fréquentait-il souvent ? Un sourire étira ses lèvres qui se brouilla bien vite en voyant la réaction d'Alexender. Il semblait bien peu persuadé que cela pourrait marcher. Elle ne s'en arrêterait pas à là, pour ces femmes Katherine se battrait bec et ongles. Elles avaient besoin d'aide et ne pouvait pas rester là-bas indéfiniment. Malgré tout elle était heureuse, Christopher était là et allait l'aider. Il la soutenait pour ce projet. Soutenant le regard d'Alexender elle l'écouta parler attentivement en faisant tournoyer le vin dans son verre.


- Oh ce qui est sûr Alexender c'est que ce ne sera pas simple et c'est bien normal, ce n'est pas comme si nous devions les enlever d'une maison close... Je serai ravie de les mettre sous un toit plus sûr. Comme dit, je possède des demeures à l'étranger de par mon héritage. Mais si elles veulent rester dans le pays je n'y vois pas d'inconvénient, mon père possédait un petit manoir assez éloigné de la ville.

La belle sourit d'un air sincère à Christopher. Sur ce coup-là il serait son allié, celui qui allait l'aider à sortir les jeunes femmes de prison. Il semblait nettement plus confiant qu'Alexender pour cette mission et Katherine en était rassurée. Elle ne savait pas si c'était réellement possible mais tous deux feraient de leur mieux pour les ôter de leur prison. Fermant doucement les yeux elle s'imaginait déjà retrouver ces demoiselles qui devaient vivre un véritable enfer là-bas. Elle ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable, c'était tout de même à cause d'eux que les pauvres femmes se retrouvaient dans cette situation. Et pour couronner le tout ils étaient partis sans les aider, dans la précipitation, aucun des Hunter n'était venu à leur aide et en cela Katherine se considérait comme impardonnable. Elle aurait du au moins faire quelque chose... Ne serait-ce que pour Romerta qui avait été pendue...

********
******

L'arrivée de Raphaël semblait avoir bouleversé tous les Hunter. Katherine avait déjà entendu parler de lui et elle était ravie qu'un autre chasseur rejoigne leur quête. Plus ils étaient nombreux mieux c'était. Il n'y avait que trop de personnes qui ne connaissaient pas leur existence ou bien étaient de leur côté. La belle se réjouissait donc de faire enfin la connaissance de cet homme. Cependant la réaction de ses nouveaux alliés l'inquiétèrent. Ils semblaient ne pas vraiment lui faire confiance, tant de méfiance instaurait une tension qui finissait par en être insupportable.

Alors que tout semblait finir par se calmer, ce fut Izac qui prit la parole pour « attaquer » en quelque sorte le jeune homme. Cela ne semblait pas plaire du tout à Alexender et ne rassurait absolument pas la demoiselle sur les intentions de Raphaël. Pourquoi tant de méfiance ? Qu'avait-il fait pour que la plupart des Hunter le regarde d'un air mauvais ? Pourquoi tous s'obligeaient-ils à se montrer agréable envers lui ? Encore une fois Katherine pensait qu'elle avait loupé quelque chose. Un événement majeur de l'histoire peut-être... Elle seule en ces lieux ne savait pas ce qui clochait avec ce Hunter. Il y avait de quoi s'inquiéter et finalement douter de la fiabilité de son engagement.
Katherine eut un léger sourire en les entendant tous les deux parler. Finalement elle arqua un sourcil et gratifia la prise de parole d'Alexender d'un hochement de la tête :

- Il le faut bien n'est-ce pas ? Nous combattons tous pour les mêmes choses. Le premier pas vers la bonne entente est la confiance.

Puis la belle se perdit dans ses pensées avant de regarder les deux hommes s'en aller.

********
******

La jeune femme avait pu visiter pendant un court instant la cuisine. Visite guidée organisée par Izac. Elle avait pu y trouver de la nourriture pour son compagnon et n'arrivait pas à s'empêcher de penser que tous ici lui cachaient quelque chose à propos de Raphaël. Izac voulait qu'elle prenne garde, qu'elle fasse attention. Il estimait qu'il n'était pas digne de confiance. Soupirant en le voyant partir sans obtenir de réponse elle se pencha vers Michael pour prendre soin de lui et lui parler doucement dans sa langue natale. Il aimait cela. Le loup s’apaisait en entendant cette voix douce et l'accent si particulier de la Hongrie. Seulement là... Elle avait du mal à se faire entendre, comme s'il ne l'écoutait pas ou bien comme s'il lui en voulait. Mais de quoi pouvait-il lui en vouloir ? Katherine avait sursauté en entendant Alexender et sentit ses joues prendre feu doucement.
Elle se releva et lui répondit d'une voix douce :


- Ce n'est rien, je ne m'attendais pas à vous revoir aussi vite.

Tressaillant elle finit par grimacer, elle prenait l'attitude d'un jeune enfant qui venait de faire une bêtise cependant... Cependant elle ne voulait pas laisser venir Michael sous sa forme humaine. Lui qui n'était pas très loquace risquait de créer quelques conflits avec les hommes qui se montreraient un peu trop désagréables envers elle. Ou bien tout simplement pas assez attentionnés... Elle finit par lui sourire :

- Vous ne vous souvenez pas de la réaction de Michael lors de notre rencontre ? J'arrive plus à le contrôler sous cette forme. Oui, excusez-moi, j'ai tendance à oublier cela... J'ai grandi avec l'idée en tête que je ne serai jamais une jeune fille normale. Je n'ai pas été transformé ni rien de tout cela, c'est... génétique.

C'était vrai, elle n'avait jamais vraiment eu d'existence normale comme n'importe lequel de ces hommes ici... Elle s'était toujours levée avec un père qui lui expliquait sa nature et qui lui confiait que lui aussi était comme ça mais que l'on finissait par s'y faire. Il ne lui avait jamais dit qu'ils étaient des monstres, des erreurs de la nature, ils étaient simplement différent et que cela devait être vu plus comme un don que comme une malédiction. Après la découverte de la nature douteuse de sa mère, Katherine oublia tout cela, non pour elle ce n'était rien d'autre qu'une malédiction. Elle rêvait d'être normale, d'avoir des enfants normaux et de s'occuper aux affaires de femmes normales. Elle aurait presque voulu vieillir et avoir pleins de petits enfants même si la vieillesse et la mort l'effrayaient.
En entendant ses paroles la belle finit par acquiescer lentement, si c'était ce qu'il y avait de mieux à faire...


- Bien, espérons que ça ne les dérange pas d'avoir un compagnon de plus dans cette quête, un compagnon peu loquace.

Quelques instants plus tard, la demoiselle se retrouva à le suivre à l'étage pour qu'il lui fasse visiter et qu'il lui montre l'emplacement de sa chambre ainsi que celui de la salle d'eau. Les escaliers avaient grincé sous leur poids et le couloir dans lequel ils arrivèrent était bien peu éclairé. Elle tourna la tête vers la salle d'eau qui était fermé et la hocha lentement avant de ricaner doucement :

- Oh je ne m'en fais pas et puis quand bien même quelqu'un viendrait à ouvrir ma porte cela ne me dérangerait pas...

La jeune femme lui avait alors fait part de son ressenti. Malgré les quelques tensions qu'il y avait dans le groupe et la méfiance qui régnait autour de la Raphaël, la Hongroise ne put s'empêcher de lui avouer qu'une telle ambiance lui manquait. Ils étaient, pour la plupart, entre amis et, normalement, s'entendaient plutôt bien. Le repas avait été chaleureux, chacun avait parlé, après de choses assez funestes, de tout et de rien et Katherine aimait cela. Ils n'étaient que trop seuls chez elle. Ceux qu'elle recevait ne l'intéressaient guère. Il s'agissait tous d'aristocrates fortunés qui n'étaient là que pour la bienséance et parler un peu avec la jeune femme. Très rarement, un noble hongrois arrivait chez elle pour parler un peu des affaires de leur pays et des terres qu'elle possédait. Elle avait beaucoup de choses à régler encore et cela ne s'arrangeait guère avec le temps. Alors cette personne-là restait quelques jours le temps qu'elle remplisse les papiers nécessaires et lui promette qu'elle reviendrait bien vite pour s'occuper de son château à Cachtice.

A part ces quelques visites, Katherine ne recevait personne et heureusement, elle ne savait pas si elle le supporterait bien longtemps. La haute société ne l'intéressait pas, les gens n'y étaient que trop faux, trop superficiels et trop penchés vers l'argent. Les salons elle les fréquentait de temps en temps, mais passait son temps à observer les autres, à boire doucement et analyser chacun des mouvements qui pouvait paraître suspicieux. Elle déchiffrait son entourage, parlait quand elle le désirait là-bas, c'est à dire bien peu, et recherchait intensément les vampires. Lorsqu'elle pensait en avoir trouvé un elle se rapprochait de lui, faisait en sorte qu'il l'invite à danser puis à s'asseoir un peu plus loin avec lui pour discuter avant de repartir à son bras. Si ses soupçons étaient confirmés elle faisait de son mieux pour l'éliminer, sinon cela lui faisait passer la nuit avec un inconnu, certes, mais l'occupait.

Quelques instants plus tard, Katherine lui souhaita de passer une agréable nuit, embrassant sa joue et entrant dans sa chambre sans plus de cérémonie. Elle avait alors entreprit de faire chauffer le seau d'eau et au bout d'un ultime effort parvint à l'accrocher au dessus de l'âtre. Essoufflée, elle s'était laissée tomber sur le lit jusqu'à ce qu'elle juge qu'assez de temps s'était écoulé entre son arrivée dans la chambre et son petit répit pour aller prendre un bain. Dieu qu'elle se sentait bien ici ! Ils feraient presque une famille tous ensemble si tout le monde y mettait un peu du sien ! Katherine n'avait plus l'habitude d'un aussi grand nombre de personnes se parlant sous le même toit. Chez elle elle avait Michael et ses autres domestiques qui lui parlaient bien peu. Peut-être avaient-ils peur ? Peu importait, ils faisaient ce qu'isl voulaient après tout et elle n'allait forcer personne à lui adresser la parole. De plus d'étrange rumeur se répandaient dans les couloirs sur certains hommes qui entraient et qui n'en sortaient jamais plus. Peu de domestiques savaient ce qui se passaient en ces lieux et trouvaient à chaque fois de très bonnes explications à fournir à ceux qui se questionnaient. Tous étaient dignes de confiance et chacun avait été prévenu dès leur arrivée. Le premier qui parlait de ce qui pouvait bien se tramer dans cette maison, quoique ce soit, un ragôt ou bien une aventure de la maîtresse avec une quelconque personne se verrait renvoyé ou bien sévèrement puni. Et cela semblait marcher... pour le moment aucun d'eux n'avait parlé d'elle et s'exprimaient simplement en sa faveur quand ils croisaient une connaissance de la Comtesse et demandait des nouvelles. Cela aussi arrivait très rarement, peu de gens s'intéressait de savoir si la jeune femme allait bien ou non. L'important était qu'elle se présente le soir même à leur bal masqué ou bien qu'elle penche en leur faveur pour une quelconque décision demandant l'avis de tous. Lorsqu'elle ouvrit la porte ce fut avec surprise et un certain amusement dans le regard qu'elle fit face à un jeune homme à la peau extrêmement pâle et aux cheveux tout aussi clairs.

La comtesse eut tout le loisir d'admirer le bel homme qui se tenait devant elle. Qu’elle avait envie d'y poser ses mains et de se jeter dessus ! Quel effort elle devait faire pour résister à cette terrible tentation ! L'homme sale et un quelque peu malade qu'elle avait rencontré un peu plus tôt dans la soirée laissait place à un inconnu des plus séduisants et agréable à regarder mais aussi blessé. Elle ne put que se questionner à son sujet. Que faisaient-là toutes ces marques ? Ces hématomes ? Ces ecchymoses ? Se mordillant la lèvre elle se fit la réflexion qu'il était encore plus mal en point qu’elle le croyait. Elle lui sourit finalement agréablement et lui répondit :


- Katherine s'il vous plaît. Il commence à se faire tard...

Elle eut un léger rire et se rapprocha de lui. Finalement elle se permit de poser sa main sa peau toujours aussi glacée et repoussa dans son esprit que celle des vampires était toute aussi froide. Finalement elle toucha du bout des doigts ses blessures et s'écarta :

- Ne vous excusez pas pour si peu, vous avez bien raison de ne pas les remettre, laissez les sécher. Vous pourriez attraper mal en les remettant. Elle fit une courte pose et se décida à lui demander tout doucement : Comment vous êtes vous fait tout cela Raphaël ? Votre état est assez inquiétant, n'auriez-vous point besoin de soin ?

Elle s'inquiétait réellement pour lui et ses blessures lui rappelèrent qu'elle-même en possédait une qui n'était pas encore guérie. Cela la tirait un peu mais Liam avait été redoutablement efficace en lui prodiguant ses soins. Elle n'avait plus mal, elle avait simplement peur que les points s'en aillent trop vite bien qu'ils étaient fins et discrets. Elle hocha la tête et souffla :

- Je vous en serai très reconnaissante, je dois avouer que je m'inquiétais déjà du fait de remplir la baignoire seule. Je ne suis pas aussi bien montée que vous.

Elle lui fit un petit clin d’œil avant de le suivre et de constater l'état des lieux. En effet. C'était trempé et elle devrait faire attention si elle ne voulait pas se rompre la nuque en chutant. S'appuyant contre le mur elle le regarda faire avec un léger sourire aux lèvres. Ce qui était sûr c'était qu'il avait de la force à revendre. Comment ça un homme aussi charmant, galant, bon garçon et gentleman que lui n'était pas encore marié à une jeune femme ? Bavant sur ses muscles la jeune femme papillonna des yeux pour se reprendre et acquiesça. Katherine était plutôt du genre frileuse. Elle aimait la chaleur et craignait tout ce qui pouvait se rapporter au froid. C'était également pour cela que la peau glacée de Raphaël la mettait mal à l'aise. Les seuls êtres qu'elle avait touché avec une peau aussi froide étaient les vampires... Alors qu'elle le suivait, elle faisait de son mieux pour l'aider et avait déjà réussi à amener un seul malheureux seau d'eau alors que le jeune homme à la peau d'albâtre en était au moins à son troisième. C'était dans des efforts comme celui-ci que sa blessure la faisait souffrir et qu’elle devait prendre le temps de s'arrêter pour que sa peau ne se tire pas trop et ne fasse sauter les points. La jeune femme se rapprocha de lui et posa sa main chaude sur son avant-bras :

- Vous en aviez plus besoin que moi, ne vous inquiétez pas je comprends parfaitement et des bains comme ceux-là je peux en prendre autant que je le désire chez moi.

Jusqu'au bout la belle profita de voir Raphaël torse nu rien que pour le plaisir de ses yeux. Elle s'en délectait.

- Je n'en doute pas bien qu'il me faudrait une source de chaleur plus puissante...

Elle laissa sa phrase en suspens avec un léger regard amusé et envieux de se jeter sur lui avant de le regarder reprendre ses vêtements. Elle l'attrapa par la main et embrassa sa joue comme elle l'avait fait avec Alexender. Un souffle chaud s'échappa de sa bouche tandis que sa voix douce s'élevait de sa gorge :

- Je vous remercie de votre aide Raphaël, passez une agréable nuit et à demain.

Le regardant partir elle ferma la porte de la salle d'eau derrière elle et soupira. Les vapeurs qui s'échappaient du bain réchauffaient toute la pièce. Doucement elle se mit à examiner les lieux avec une grande précaution, ses bottes glissant sur le parquet mouillé. Elle s'appuyait sur quelques meubles pour éviter de chuter et finit par s'arrêter devant le miroir de la commode. Elle ne pouvait arrêter de se contempler. Parfois elle se demandait par quel miracle elle était encore en vie. Comment se faisait-il que sa jeunesse était éternelle ? Ses doigts passèrent sur son front puis ses joues. Elle n'avait encore aucune ride, aucune imperfection. Sa peau nacrée était si douce... C'était si intrigant ce phénomène. Un médecin pourrait-il l'éclairer dessus ? Finalement elle coiffa avec un peigne ancien, qu’elle avait récupéré de sa veste, ses longues boucles noires avant de s'attaquer à ses bottes qu'elle ôta sans difficulté. Elle déboutonna son pantalon de cuir qu'elle laissa tomber sur ses chevilles afin de l'enlever avant de s'attaquer à sa chemise. Lorsque cette dernière fut posé sur un meuble sec, la jeune femme pénétra dans le bain et laissa ses bras reposer sur les rebord. Elle rejeta sa tête en arrière et ferma les yeux. Pourquoi n'y avait-il pas une de ses domestiques pour lui faire la conversation ? Elle aurait tellement aimé qu'on lui parle... Ou bien Michael... Elle songea un instant à l'appeler se risquant à réveiller tout le monde mais secoua la tête, non, elle devait le laisser où il était. C'était trop risqué... Et si l'un des Hunter débarquait avec son arme pour lui tirer dessus ?

Elle reprit son peigne et coiffa ses cheveux dans l'eau pour les démêler et les laver en même temps. La douceur du savon la faisait soupirer de bien être tandis qu'elle s'occupait à frotter sa peau énergiquement. Finalement elle reposa le morceau de savon et se rinça pendant quelques minutes. Une grimace étira ses lèvres délicates tandis que l'eau se refroidissait. Sa peau se granula et Katherine se décida enfin à sortir de l'eau. Se levant elle attrapa une serviette et s'y réfugia à l'intérieur en fermant les yeux. L'eau de la baignoire était propre comme si elle n'y était jamais entrée mais la demoiselle avait l'habitude de prendre un bain. Elle ne supportait pas se sentir sale. L'aristocrate reposa sa serviette et enfila à nouveau sa chemise à dentelles qu'elle boutonna, non pas entièrement, mais suffisamment pour cacher sa poitrine et son ventre. Cette dernière descendait jusqu'à mi-cuisse et lui permettait de ne pas remettre son pantalon pour éviter de s'encombrer. Elle se sécha plus précautionneusement ses belles boucles et les laissa retomber humides sur ses épaules élégantes. Rassemblant ses affaires, la Comtesse sortit de la salle d'eau.

Alors que la belle se dirigeait vers sa chambre elle entendit un léger souffle l'appeler et jeta ses affaires sur son lit avant de s'avancer vers celui qui avait chuchoté son nom. Elle posa doucement sa main sur l'encadrement de la porte prête à tendre l'oreille pour que le jeune homme puisse lui parler mais ne s'attendit pas à cela. Les mains du Hunter l'avaient attrapée et entraîné dans sa chambre. Un hoquet de surprise s'échappa des lèvres de la belle tandis qu'elle se retrouvait contre lui, la porte fermée derrière eux. Un fin sourire étira ses lèvres tirant vers le rouge naturelle. Son souffle chaud contre le sien elle lui souffla :

- Vous aviez quelque chose d'important à me dire il me semble...

Posant une main sur son torse, l'autre se glissa sur la joue du Hunter avec douceur. Finalement elle fondit vers ses lèvres et y déposa un baiser brûlant, goûtant à finesse et la douceur de sa bouche. Ses doigts se glissèrent dans ses cheveux tandis qu'elle se posait contre lui plantant ses prunelles dans les siennes. Certes cet homme n'était pas à elle et ne le serait jamais et cela ne lui faisait rien, il avait bien le droit d'aimer une autre femme, cependant elle appréciait d'avoir cette proximité avec lui. Nue sous sa chemise d'homme elle était si proche de lui qu'il aurait pu sentir son petit cœur battre rapidement.



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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Raphaël Veneziano
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Crédit Avatar : Soma Cruz de Ayami Kojima.
MessageSujet: Re: Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42] Jeu 13 Aoû - 22:02

Tu n'as aucune légitimité face à Dieu. A quoi bon croire!?
Ta foi n'est que mensonge!
Comment as-tu pu m'abandonner?
Le temps n'est rien, pour nous, cher ami...Il n'est précieux qu'aux mortels.
Et boire, vous pouvez ?
Cette femme, je la porte dans mon coeur comme je n'ai jamais porté personne.
Traître !
A la place de les saigner, tu t'abaisses à leurs jeux inutiles.
Tu es pathétique !
PATHÉTIQUE!

Raphaël se réveilla en sursaut. D'un bond, il se redressa de tout son buste et tendit les mains devant lui comme pour se protéger d'un coup. Haletant, le front et le torse trempés de sueur froide, il mit un certain temps avant de réaliser qu'il était toujours dans le salon du nouveau QG des Hunters sous la tutelle d'Alexender et qu'il ne risquait rien. Avalant sa salive de travers, il toussota dans son poing fermé au point de manquer de s'étrangler et finit par s'asseoir correctement sur le sofa qu'il occupait. Plongeant sa tête dans ses mains, il serra les dents et tâcha de calmer son pouls trop rapide. Ses cheveux blancs glissèrent entre ses longs doigts d'albâtre et le Vampire les y crispa comme s'il voulût s'agripper à leur fil de vie.
Ces voix l’obsédaient! De qui provenaient-elles? Il fallait qu'il le sache!
Raphaël hoqueta une dernière fois avant de relever la tête pour fixer de son regard glacé les flammes qui dansaient dans l'âtre fumant. D'après la consommation des bûches, cela ne faisait qu'une dizaine de minutes qu'il s'était endormi. Pourtant, il avait l'horrible impression d'avoir fait un très long voyage dans un autre espace que celui dans lequel il se tenait maintenant. Cherchait-on à s'insinuer dans son esprit? Tout était possible avec ses semblables! Le Comte était-il capable de lui envoyer des cauchemars?
Se tapotant légèrement les joues comme pour se persuader qu'il était bien vivant, le Vampire respira un grand coup en regardant le plafond avant de ramener ses yeux dans le feu. Les mains sous son menton aiguisé, il réfléchit de façon plus posée.

Son père adoptif...un reliquat d'Eulalia? Non, Stella...La voix du Comte au muséum...L'inconnue du théâtre...Alexender...La Vampire qu'ils avaient tuée près du Queen's Head...
Raphaël repositionna sur chacune des voix qu'il avait entendues les visages de ceux auxquels elles appartenaient. Pourquoi le harcelaient-elles?


Il commence à se faire tard...

Non, il était tôt pour lui. Mais c'était vrai qu'il n'avait pas beaucoup dormi le jour précédent. Ses enquêtes pour retrouver la jeune Aria l'avaient empêcher de se reposer correctement. L'esprit toujours empêtré de remords et de questions, il n'avait pas réussi à oublier ses impératifs et à fermer les yeux.

Le Vampire soupira. Il avait la cruelle impression de n'avoir eu aucun moment à lui depuis sa naissance. Sa mère l'avait écarté de sa vie pour aimer une créature dénaturée, il avait vécu dans la peur et la haine toute son enfance avant d'être transformé à son tour en un monstre assoiffé de sang. Depuis cette époque, jamais il n'avait trouvé le sommeil en dehors d'un cercueil...

Des bruits de pas au plafond ramenèrent Raphaël à la réalité. Laissant de côté ses pensées, il se leva complètement pour aller toucher sa chemise. Il l'avait abandonnée sur le dossier d'une chaise non loin de la cheminée afin que son tissu imbibé d'eau puisse sécher. Le vêtement était encore trempé. Laissant l'affaire, le Vampire se dirigea vers la cuisine. Lentement, il atteignit la porte et y frappa trois petits coups brefs. Personne ne lui répondit.
Assuré qu'il n'y avait personne, le jeune aristocrate déchu pénétra dans la pièce. Aucune lumière ne l'éclairait: elle était déserte. Sa vision lui permit de trouver aisément ce qu'il cherchait: un verre. Était-il propre? Aucune importance. Le Vampire le rempli d'eau au robinet défoncé qui trônait au-dessus de l'évier et le posa sur le bord en faience défraîchie. Après avoir jeté un coup d'oeil autour de lui, il sortit d'une des poches de son pantalon une petite boîte de fer et l'ouvrit. Il saisit à l'intérieur une pastille blanchâtre pourvue d'un numéro et jeta cette dernière dans le verre. Pendant un moment, rien ne se passa: la pastille coula au fond du verre sans en altérer ni la consistance, ni la couleur.
Raphaël rangea sa boîte et saisit son verre. Ses yeux de glace percèrent l'obscurité pour observer le cachet. Ce dernier fondait lentement, trop lentement. C'était une Blood Tablett de piètre qualité. Il aurait encore faim d'ici demain. Une ombre attira alors l'oeil du Vampire dans un coin de la cuisine et son coeur manqua un battement. Son sursaut fut bref mais il suffit à lui faire perdre une infime quantité d'eau qui lui aspergea la main droite. Forçant son regard à observer l'endroit où il avait aperçu quelque chose, il découvrit avec soulagement que ce qu'il avait pris pour un animal ou un homme accroupi était en vérité un sac de pommes de terre qui venait de s'affaisser sur lui-même.
Poussant un long soupir libérateur, le Vampire posa une main sur son torse nu comme pour s'assurer que son coeur n'allait pas sortir de sa poitrine, avant de ramener ses yeux bleus sur son verre. L'eau était maintenant d'un rouge profond, presque sanglant. Le produit s'était enfin diffusé. Passant son nez au-dessus du liquide chimique, Raphaël tenta de sentir son odeur mais il n'en avait aucune.


Oui, de la piètre qualité...murmura-t-il d'un air dégoûté.

Puis, d'un trait, il vida son verre. Le Vampire sentit le liquide glisser dans sa gorge marbrée comme de l'huile froide et déglutit en grimaçant. Non, décidément, c'était ignoble. Sans réelle saveur, le produit avait simplement un léger goût amer et une teneur aussi âpre que le sel.
Retournant à l'évier, Raphaël lava son verre et le laissa avec la vaisselle plus ou moins propre qui traînait à côté.

De retour dans le salon, il jeta un coup d'oeil vers la porte qui menait au couloir de l'entrée et se demanda s'il serait le bienvenu auprès des jeunes Hunters qui étaient de garde cette nuit. Hésitant, le Vampire resta un instant sur place, comme un gamin qui ne sait s'il va se faire crier dessus s'il franchit la porte de ses parents à l'improviste. Finalement, le jeune homme décida de retourner s'affaler dans le sofa. Son ventre lui faisait déjà mal...Jamais il n'avait digéré les Blood Tablett.

Pour oublier sa douleur, Raphaël se remit à penser à tout ce qui lui était arrivé ces derniers temps. Il avait échappé de peu à la mort par trois fois à cause du Comte et il venait de s'illusionner dans un amour sans avenir. Il lui ferait payer la mort des parents d'Eulalia et tous ces moments de désespoir! Il lui ferait regretter d'avoir cru être en droit de prendre le pouvoir à Londres et d'avoir enlevé miss Spencer!

Peu à peu, de fil en aiguille, les pensées de l'Ange Blanc effleurèrent le doux visage de Katherine. Lorsqu'il avaient été présentés, il l'avait trouvée avenante, quoiqu'un peu trop observatrice à son goût. C'était apparemment une femme pleine de volonté et de courage, capable de se sacrifier pour le bonheur d'autrui et pour sauvegarder l'avenir de l'humanité toute entière. C'était une lady comme on n'en voyait pas souvent.
Et puis, ses yeux bleus, presque animaux, encadrés de ses longues boucles noires, bordés de cette peau de pêche en faisait une femme à la fois terrible et belle. Son comportement vis à vis d'Alexender et des hommes en général montrait assez bien qu'elle n'était pas plus effarouchée qu'il n'était expert dans le domaine de l'amour. Un étrange sourire souleva les commissure de ses lèvres. Quand il était sorti de la salle d'eau, il était tombé nez à nez avec la jeune Huntress. Sur le moment, il avait été complètement déstabilisé. La belle n'avait pas hésité à le regarder de haut en bas alors qu'il se présentait à elle presque nu. Puis elle l'avait touché, du bout des doigts, pour frôler sa peau de neige et s'attarder sur ses blessures. Quelle angoisse! Il avait cru que son coeur allait exploser! Comment lui expliquer que ce qu'elle prenait pour des ecchymoses étaient des coups de couteau déjà cicatrisés et que si son bras droit portait encore une marque relativement profonde et désagréable à l'oeil c'était à cause de l'argent qui avait recouvert l'arme de l'agent du Yard qui l'avait attaqué la veille? C'était impossible...


- Je...Ne vous inquiétez pas...Ce sont des blessures qui datent maintenant. Il n'y a qu'au bras droit que j'ai été blessé hier. Je vais bien. Le savon aura lavé mes plaies.

Tâchant de lui faire oublier le sujet, Raphaël s'était mis à lui préparer la baignoire pour ses ablutions du soir. La jeune femme ne pouvait pas porter les seaux toute seule sans se blesser le dos ou les mains. Pour une fois que sa force surnaturelle pourrait l'aider autrement qu'en lui permettant de s'agripper aux toits ou à la gorge de quelqu'un...Raphaël était gentleman et fort de nature, mais c'était surtout grâce au Don Obscur et à ses multiples entraînements qu'il avait acquis un peu de force dans les bras.
Le Vampire avait donc mis un peu de coeur à l'ouvrage. Il voulait se sentir utile et Katherine venait de lui donner l'occasion de se montrer aimable avec un de ses collègues. Cependant, la jeune femme ne s'était pas contentée d'un petit clin d'oeil à son égard: elle en était même venue à lui faire quelques sous-entendus osés! L'aristocrate avait légèrement rougi. Il n'avait pas l'habitude de tant d'attention de la part d'une femme. Certes, il était souvent regardé en coin dans les salons, avant qu'il ne dusse disparaître à cause de l'attentat au théâtre, mais jamais encore il n'avait eu à subir un tel regard sur sa peau ni de telles phrases...
Une source de chaleur plus puissante? Dieux...comme elle y allait!

Sans répondre, il avait fini de remplir la baignoire et avait vivement récupéré ses vêtements mouillés. La belle l'avait remercié en lui saisissant la main pour l'attirer vers elle et l'embrasser sur la joue. Raphaël avait frémi de manière très évidente. Son visage avait esquissé une terrible grimace de gêne mêlée de peur et de honte.


- Je...hem...de rien...C'est mon plaisir.

Enfin, la jeune femme avait refermé la porte sur elle et le Vampire s'était retrouvé seul dans le couloir des chambres. Quelle drôle de soirée!

- Katherine...Grogna le Vampire dans son sofa, comme pour se rappeler qu'il devait appeler la jeune femme par son prénom et non plus son nom. Cela lui serait difficile. Déjà qu'il avait un mal fou à tutoyer Alexender alors qu'ils se crachaient presque au visage selon leurs heures...

D'autres craquements au plafond perturbèrent ses pensées. Était-ce Katherine qui allait se coucher? Ou bien Alexender allait-il à son tour prendre un bain? Ce pouvait être un Hunter qui désirait descendre pour aller manger un bout...Les pas arrivaient non loin des escaliers. Non, c'était Katherine. Une porte se referma sur elle-même pour étouffer la suite de cette escapade nocturne. Raphaël écarquilla les yeux et se redressa en jetant un regard vers l'escalier. La jeune femme était entrée dans la chambre du Hunter!


*C'est pas possible, je rêve...?*

Raphaël priait pour s'être trompé mais l'ouïe d'un Vampire, dans une maisonnée aussi délabrée, surpassait l'imaginable. Il ne serait pas capable d'entendre ce que les jeunes humains allaient se dire, surtout s'ils chuchotaient, mais il entendrait sans doute le reste...

Se levant prestement, Raphaël se mit à tourner en rond devant l'âtre. Il jetait des coups d'oeil énervés aux premières marches de l'escalier et ruminait sa colère...ou sa jalousie? Le Vampire s'arrêta net à cette pensée. Ses yeux glissèrent vers le fleuret d'Aria qu'il avait abandonné contre un mur avant de monter se laver et une envie de l'utiliser le traversa. Alexender était fiancé! Comment osait-il trahir ainsi Sarah!? Il menait tout le monde à la mort pour sauver son amour et se permettait d'en caresser une autre? Quel genre d'homme était-ce donc là?!
Attrapant le dossier du sofa, le Vampire finit par se calmer. Après tout, ce n'était pas ses affaires! Peut être qu'ils ne faisaient que discuter? Et quand bien même iraient-ils plus loin, qu'est-ce que cela pouvait bien lui faire? La débauche d'autrui ne l'intéressait pas. Si Alexender n'avait aucun honneur à ce niveau-là, ce n'était pas à lui qu'il faudrait s'en plaindre plus tard. Le voeux de chasteté, celui de la raison et de la fidélité n'était pas le lot de tous. A chacun sa foi.

Pour éviter de laisser traîner ses oreilles, Raphaël décida d'aller monter la garde avec les deux jeunes dans l'entrée. Tant pis s'ils se mettaient à lui poser mille questions, c'était préférable aux ébats du rouquin!
Attrapant son fleuret pour le glisser dans sa ceinture, le Vampire s'éclipsa dans le couloir d'entrée. Il n'avait pas remis sa chemise, trop humide, et espérait que les deux gardiens l'accueillent avec bienveillance.
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Alexender Von Ravellow
Hunter - "Criminel" en fuite
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Proie(s) : Tous les Vampires, sauf Raphaël qu'il surveille maintenant sans chercher à l'assassiner. Le Comte Kei est son pire ennemi. Alexender peut aussi s'attaquer à des Loups-Garous.
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MessageSujet: Re: Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42] Ven 14 Aoû - 0:15

Katherine était une femme confiante et optimiste. C'était surtout ce point de sa personnalité qui venait de remotiver les Hunters du QG. Alexender lui en était reconnaissant. Finalement, peut être avaient-ils besoin d'une présence féminine pour dynamiser leurs troupes ? Elle risquait d'amener autant de chaos que d'harmonie au sein de leur équipe, à cause de son sexe et de ses manières un peu déstabilisantes pour tous.
La belle était persuadée qu'elle pourrait jouer son rôle d'actrice auprès du Comte mais elle était aussi certaine de pouvoir sauver les filles de Romerta avec l'aide de Christopher en plus de trouver entre les Hunters en désaccord des terrains d'entente. Sa façon de prendre les choses effrayait Alexender autant que cela lui faisait plaisir. Il trouvait la jeune Lycanthrope hardie et franche. Sa fidélité ne lui faisait déjà plus de doute. Pourquoi irait-elle les trahir alors qu'elle s'impliquait visiblement de tout son être dans leurs multiples quêtes ?
Son regard et ses jeux le hantait depuis son arrivée, sans compter les différents contacts physiques qu'elle lui avait imposés. Oui, elle risquait d'apporter la discorde entre les mâles qu'ils étaient tous, mais, au fond, Alexender ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle leur apporterait plus d'avantages que d'inconvénients...Sa pensée s'altérait au fil de la soirée. Il ne savait plus sur quel pied danser. Évidemment, il désirait plus que tout plaire à ses amis et avoir les faveurs de tous ; il voulait rester à leurs yeux le leader idéal, leur chef proclamé – même s'il les voyait plutôt comme des frères d'armes que comme des élèves ou des soldats – et Katherine risquait de le perturber dans son rôle, mais il espérait également obtenir d'elle la même forme de lien. Était-ce possible avec une femme ? Aux vues des avances qu'elle lui faisait depuis son arrivée, il en doutait fortement. Leur lien serait forcément différent, plus fort mais aussi plus mystérieux...


********
******

Après s'être légèrement accroché avec Raphaël et Izac à l'étage, Alexender avait retrouvé la jeune Hongroise dans la cuisine. C'est à cet instant que le Hunter prit pleinement conscience du gouffre qui les séparait: Katherine était une Lycanthrope, une de ces créatures étranges qui ont passé avec la nature des pactes leur permettant de se transformer en loup ou en une autre créature. Comment pourraient-ils se comprendre complètement ? Et puis, il y avait Michael...son majordome et amant...C'est en tous cas ce qu'Alexender avait compris lors de leur première rencontre.

La question de la forme que devait prendre Michael dans leur groupe se posa alors et le Hunter fut des plus directs: étant le seul à savoir qu'ils étaient Lycanthropes et ce que cela pouvait bien signifier, il préférait qu'il garde l'une ou l'autre de ses formes sans en changer devant tout le monde. Pour le moment, il valait mieux attendre un peu que les jeunes Hunters se rassurent par rapport à leur mission. Sans doute qu'après leur excursion pour sauver les filles de Romerta le secret devrait être brisé, mais d'ici-là Alexender préférait qu'ils restent discrets pour éviter la panique et l'incompréhension totale. Izac serait peut être le premier à leur mettre une balle dans la tête...

Katherine se défendit doucement en lui rappelant l'attitude générale de Michael lorsqu'il était sous sa forme humaine. Le rouquin lui sourit d'un air désolé.


- Oui, je me souviens. Il a l'air de tenir à vous et d'avoir la morsure facile...Mais il devra aussi se faire à nos méthodes si nous voulons survivre. Je...Je pense que nous pourrons dire la vérité bientôt...Il faut juste attendre le bon moment. Pour l'instant, qu'il revienne sous sa forme d'homme demain, histoire qu'il soit plus à l'aise avec les...Humains que nous sommes...

La jeune aristocrate semblait perturbée par son don et elle se sentit obligée de le justifier en expliquant au Hunter qu'elle n'y pouvait rien, que c'était génétique. Alexender faillit lui mettre une main sur l'épaule pour la rassurer mais il préféra éviter ce geste, pourtant dénué d'intention belliqueuse ou sexuelle, afin de ne pas provoquer la colère de son majordome qui se trouvait assis près d'eux.

- Je sais que ce n'est pas de votre faute...et que c'est un pouvoir parfois difficile à porter. J'ai connu un Lycanthrope, je vois un peu ce que vous pouvez endurer, même si je ne m'y connais pas vraiment.

Le Hunter se tue et jeta un coup d'oeil à la porte de la cuisine dans l'espoir que personne ne l'ait entendu. Il avait parlé un peu trop fort à son goût. Katherine, elle, se perdit un instant dans ses pensées avant de revenir à lui. Elle espérait que leurs compagnons accepteraient Michael sous sa forme humaine même s'il n'était pas très loquace.

- Bah, ils n'auront pas le choix de toute façon. Et puis, j'en connais d'autres qui ne sont pas très bavards dans la bande...Un de plus ou de moins, à ce stade-là, ce n'est plus important. Nous avons besoin d'esprits et de bras, pas de conteurs et joyeux drilles, même si je regrette un peu le temps où je pouvais encore me pavaner dans les bals en déclamant avec mes amis quelques vers bien sonnés, histoire d'émouvoir les belles de tous âges...

Le rire clair d'Alexender résonna au milieu des ustensiles de cuisine. Oui, entre Izac, Raphaël et Michael, ils allaient avoir une toute autre ambiance que ce qu'il avait connu jadis au châtelet du Céans ! Ce n'était pas drôle, mais l'ironie de la situation l'amusait malgré lui.

********
******

Un peu plus tard, Alexender conduisit Katherine à l'étage pour lui montrer sa chambre et la salle d'eau. Il laissa la belle devant la porte de son séjour en s'excusant pour l'absence de verrou. Loin de trouver cela outrageant, la jeune femme lui rit au nez en sous-entendant qu'on pouvait venir la voir sans se formaliser...Y avait-il là encore un sous-entendu graveleux à prendre en considération ou était-ce son imagination de Dom Juan qui lui jouait des tours ? Alexender trouvait que Katherine était décidément bien sulfureuse...

Ils discutèrent encore un instant dans le couloir et se séparèrent tranquillement, ou presque : la jeune Lycanthrope ne put s'empêcher de l'attirer vers elle pour lui déposer un baiser sur la joue. En temps normal, s'il n'avait pas connu Sarah et s'il n'avait pas à l'heure actuelle mille choses difficiles en tête, le Hunter le lui aurait rendu sans gêne aucune. Il était réputé pour être lui-même facile avec ce genre de démonstrations affectives, mais ce soir, en ce lieu, avec Raphaël qui finissait de prendre son bain à côté, il n'avait pas l'esprit assez libre pour réagir comme il l'aurait souhaité.

Katherine disparut donc dans sa chambre accompagnée de son seul regard incandescent et il regagna la sienne. Perturbé par la jeune femme et le fait qu'il ne lui ait pas encore avoué que Raphaël était un Vampire, le Hunter entreprit de se dégager de ses armes et de surveiller les bruits qui venaient du couloir.
Lorsqu'il fut certain que Raphaël était parti et quand la porte de la salle d'eau le réveilla de sa somnolence, il se décida à parler à la Huntress. Surgissant dans l'encadrement de sa porte, il appela Katherine dans un murmure et attendit qu'elle soit à sa portée pour l'entraîner dans sa chambre afin de pouvoir lui parler en toute quiétude de ce qui le rongeait depuis maintenant des heures.
Alors qu'il la tenait par le poignet, le contact avec la peau de la jeune femme et le parfum que dégageaient ses cheveux trempés, l'enivrèrent. La porte se claqua doucement et ils se retrouvèrent l'un contre l'autre dans la demi-pénombre de sa chambre. La faible lueur de sa lampe à huile et celle que dégageait l'âtre projetaient mille ombres dans la pièce, jouant avec les couleurs chamarrées de ses draps et de son tapis dans les tons ocres. Alexender laissa la belle poser sa frêle main contre son torse et sa joue. Son cœur battait la chamade. Katherine glissa alors ses lèvres brûlantes de désir contre les siennes et lui attrapa les cheveux. Le Hunter se laissa aller aussitôt à ce rapprochement plein de fougue et sentit le corps de la belle se blottir contre lui tandis que ses yeux bleus coulèrent dans l'or des siens.


- Quelque chose...d'important...oui...Le murmure d'Alexender se perdit dans le baiser qu'il rendit à la jeune femme.

La suite n'avait pas été prévue ainsi par le Hunter mais il ne put s'empêcher de l'amener de cette façon. Son Bloody Rose dans sa main droite, il entoura de son bras la taille de la belle avant de laisser sa main gauche s’égarer sur ses hanches arrondies. L'attrapant fermement, il la serra contre lui. Son nez s'engouffra dans sa chevelure trempée et il finit par l'agripper par la nuque pour ramener à nouveau ses lèvres contre les siennes. Sa bouche frôla son lobe, son cou, son épaule et bientôt il entraîna la jeune femme sur son lit dans un élan de désir aussi puissant que sa longue attente l'avait travaillé. Cela faisait des mois qu'Alexender n'avait plus eu de femme dans son lit et ses dernières aventures ne lui avaient laissé que des blessures sanglantes et des regrets. Sa frustration avec Sarah l'avait remué depuis son bal et leur petite excursion dans son atelier. De plus, la présence de ses domestiques et des filles de Romerta l'avait un peu agacé ces derniers temps. Même s'il réfléchissait surtout à un moyen de libérer ses amies et de sauver sa femme, même si la plupart de ses pensées étaient dirigées vers le Comte et son anéantissement, le Hunter restait un homme avec des désirs charnels relativement exacerbés par son âge et les difficultés que la vie mettait sur son chemin. Recevoir un peu de tendresse au milieu des coups était, pour lui, vital.

Poussant doucement Katherine sur l'édredon moelleux, il la domina pour s'étendre au-dessus de son corps à peine couvert. Sa chemise, qui laissait paraître ses formes voluptueuses, excitait ses envies et il mourrait d'envie de la lui arracher. Posant son Bloody Rose sur la table de chevet derrière la tête de la jeune femme, Alexender ne réfléchit plus et suivit son instinct. Il ramena ses genoux le long des flancs de la belle et, se dressant de toute sa hauteur, à cheval au-dessus d'elle, il entreprit de l'aider à enlever sa propre chemise afin de se retrouver torse nu en premier. Il avait déjà chaud et le feu qui crépitait dans la cheminée enflammait ses yeux d'ambre. Une lueur à la fois joyeuse et sauvage brilla en eux tandis qu'il se penchait en avant pour embrasser sa compagne sur la bouche. Lentement, avec la douceur d'un jeune dandy et la fermeté d'un tigre, il descendit le long de la gorge que lui présentait la jeune femme pour atteindre sa magnifique poitrine. Ses mains trouvèrent rapidement le chemin de son fruit défendu et, alors qu'il lui mordillait un mamelon à travers le tissu de son vêtement de nuit, il tendit l'oreille pour l'écouter soupirer.  

La suite fut tout aussi tendre et fougueuse. Alexender n'avait perdu aucune de ses habitudes et il lui apparut rapidement qu'il avait affaire à une femme d'expérience. Aucune limite ne s'imposait à eux, aucune à part le fait que les autres Hunters dormaient dans la pièce d'en face et qu'il semblait bon de rester aussi discrets que possible pour éviter jalousies et remarques désobligeantes. Il fallait les laisser dormir, par respect et pudeur. Certains étaient encore niais...Alexender empêcha donc Katherine de crier en lui mettant une main sur la bouche et en l'embrassant aux moments cruciaux. Les oreillers servirent eux aussi à étouffer une partie de leur bonheur. Il n'y eut qu'un moment de doute lorsque le Hunter sentit ses côtes hurler leur désaccord. Heureusement, le couple était assez compréhensif et expérimenté pour savoir comment éviter les souffrances inutiles. Ils étaient tous les deux blessés et il fallait qu'ils fassent attention à ne pas s'amocher davantage.

Lorsqu'ils se retrouvèrent enfin côte à côte, luisants de sueur, haletants, fatigués de leurs exploits, Alexender sourit à la belle Lycanthrope qu'il tenait contre lui:


- Cette chambre me semble être la plus agréable du monde...

Le Hunter embrassa Katherine sur le front, laissa sa tête retomber sur les draps humides et soupira d'aise. Son regard d'or s'attarda un moment sur le plafond pendant qu'il reprenait sa respiration et profitait de cet instant de quiétude. Ah comme il aurait souhaité que ces minutes s'allongent en heures et qu'ils s'endorment ainsi, l'un contre l'autre, oublieux des soucis de ce monde ! Pourquoi fallait-il que les guerres ne les rattrapent toujours ? Pourquoi n'auraient-ils pas le droit de vivre, tout simplement, sans angoisse, dans le bonheur immédiat et inconditionnel ?

Alexender serra les dents et se redressa pour s'asseoir dans le lit. Ses côtes crièrent au scandale mais il n'en eut cure. Sans se préoccuper de sa nudité, il repoussa la couverture afin de respirer et, après quelques hésitations, il glissa son regard inquiet dans celui de Katherine.


- Katherine...Je dois t'avouer une chose...Cela ne va pas te plaire. Pff...comment ça le pourrait... ? Fit-il en levant les yeux au ciel face à sa propre bêtise. J'aurais voulu te le dire plus tôt, pour éviter de te mettre en danger, pour soulager ma conscience aussi...avant...tout ça...Ajouta-t-il en désignant le lit d'un coup de tête. Mais...voilà...Je n'ai pas eu l'occasion...

Ah comme c'était difficile ! Fallait-il donc qu'il gâche un tel moment !? Non, il lui dirait le lendemain. Il était inutile de l'affoler cette nuit. Elle dormirait avec lui, loin de Raphaël, en sécurité et voilà tout !
Alexender grimaça. Ce fut le regard de Katherine qui l'incita à poursuivre.


- Raphaël est un Vampire.

Ce mot, dans sa bouche, sonna comme un coup de tonnerre. Comment expliquer à la jeune femme que cette créature était devenue leur alliée alors qu'elle ne savait pas se retenir de boire au cou des gens ? Comment lui faire accepter qu'il soit encore là alors qu'il avait déjà utilisé Eulalia comme calice ? Et puis, comment lui faire comprendre qu'il comptait l'expédier loin d'eux une fois la mission terminée ? Qu'il ne le voyait que comme un objet utile à sa quête et non pas comme un véritable allié?
Le visage tordu par la gêne, Alexender se cacha un peu dans ses cheveux en baissant la tête et en se penchant en avant. Ses mèches noires descendirent jusqu'à ses yeux et assombrirent son nez. Il ne put soutenir le regard de Katherine.


- C'est notre allié, pour l'instant. Nous le surveillons tous de très près.

Ramenant lentement ses yeux dans ceux de la chasseuse, l'aristocrate l'avertit:

- Au moindre geste suspect, tu peux le descendre, c'est ainsi que nous voyons la chose. Ne le laisse pas t'approcher. Il ne sait pas se retenir...Il est dangereux...

Pourquoi l'avoir accepté dans leurs rangs s'il était aussi instable ? Il fallait qu'il se justifie.

- C'est compliqué. Nous avons combattu à ses côtés et il nous a aidé au théâtre. Il...Miss Grey s'est attachée à lui. S...Sarah a voulu lui laisser sa chance...

Le nom de sa bien-aimée le mit soudainement fort mal à l'aise. Était-ce la culpabilité qui commençait à le dévorer ainsi ? La douleur de ses côtes palpita un instant et ses nerfs lui crispèrent le ventre. La joie passée, le corps reprenait ses marques et les pensées leur flot. Alexender s'assombrit.
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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42] Sam 15 Aoû - 16:41

Les choix de la demoiselle étaient faits. Elle irait se présenter en tant que comédienne au Lord, ce qu'elle était réellement aux yeux de la société, et essaierait de le démanteler de l'intérieur. Mais rien était sûr. Elle voulait intensément réussir cette mission, pouvoir leur en venir en aide à tous. Purifier l'humanité d'un de ces êtres perturbateurs pour la paix et la prospérité. La jeune femme savait cependant parfaitement, même si elle redoutait ce qui allait lui arriver, qu'elle n'y parviendrait pas. Qu'elle échouerait mais au moins elle aurait tenté le tout pour le tout. Elle aurait essayé d'être utile et ce serait offert corps et âme pour le bien-être de tous. Il s'agissait là d'engagements des plus honorables à ses yeux. Elle donnerait sa vie pour mener à bien cette mission et se sentirait presque honteuse si elle n'y parvenait pas ou qu'elle en ressortait vivante sans avoir réussi quoique ce soit.

En entendant Alexender arriver, la demoiselle ne put pas réprimer son sursaut de stupéfaction. Elle ne s'y attendait pas pour le moins du monde. Leur discussion avait tourné presque immédiatement sur la forme que devait désormais adopter Michael. Katherine comprenait les inquiétudes d'Alexender, les Hunter n'avaient peut-être pas l'habitude de rencontrer des lycanthropes tous les jours. Pour elle c'était des plus naturels, elle était une lycanthrope depuis son enfance et son père l'était également. Peut-être qu'autrefois elle aurait apprécié sa nature mais désormais, même si Syrya et Raïna occupaient presque en permanence son esprit, elle ne lui portait que mépris et dégoût. Katherine ne put que se défendre en lui rappelant la réaction de Michael face à Alexender qui avait été hostile et méfiante. Le jeune noble déchu ne pouvait que s'en souvenir et c'était d'ailleurs pour cela que lors de leur deuxième rencontre elle était arrivée avec son loup en laisse pour éviter une seconde confrontation. Un petit sourire amusé étira doucement ses lèvres assez pulpeuses.


- Bien, il en sera fait selon votre désir Alexender. Dès demain je le ferai sortir et il nous reviendra sous sa forme humaine. J'essaierai de... le tempérer... Annoncerez-vous à vos amis que mon majordome nous rejoindra ? Michael est digne de confiance, il m'a aidé depuis assez longtemps maintenant pour que je lui confie ma propre vie si c'est nécessaire.

Michael observait les deux jeunes gens parler. Il montrait parfois les crocs à celui qui était leur nouvel allié. Finalement en écoutant leur conversation, il laissa sa tête retomber sur ses pattes avant. Katherine lui jeta un léger coup d'oeil en parlant de sa nature lycanthropique au jeune Hunter. Elle releva la tête vers l'homme qui lui faisait face et l'excusait. Elle ne put réprimer un air surpris en l'entendant parler de son ami :

- Vous connaissez une autre personne comme nous ? Connaissez-vous ses autres formes ? Je ne pensais pas que vous avez pu être en relation avec l'un des nôtres. Un pouvoir difficile à porter vous dîtes ? Il y a des jours où cela en devient invivable. Ca bourdonne dans la tête et se chamaille parfois sans cesse. Elles semblent s'être calmées en ce moment...

Elle avait posé ses mains sur sa tête comme si une douleur insupportable venait de la surprendre mais finit par les enlever. Oui ses deux entités pouvaient être des plus insupportables et à part les envoyer balader, elle ne pouvait pas faire grand chose pour les faire taire. Elle lui offrit un léger sourire d'excuse et rentra sa tête dans ses épaules en grimaçant comme une enfant. C'était comme si, à ce moment-là, Katherine n'avait jamais grandi. Elle paraissait si puérile, si enfantine, que cela contrastait avec les comportements qu'elle avait pu avoir avec Alexender. Katherine revint soudainement à elle pour s'inquiéter de Michael. Il était un homme peu bavard et peu enclin à accepter les différences des autres. Au moindre regard de travers il risquait de le prendre très mal et de prendre la défense de sa maîtresse même si cela pouvait paraître inutile
.

- Michael fera des efforts. Au moins pour éviter de leur sauter à la gorge dès la première remarque...

Elle rit avec lui et lui souffla :

- Vous n'avez pas besoin de déclamer des vers pour faire tourner la tête des femmes...

Elle lui fit un petit clin d’œil et le suivit à travers la maisonnette pour qu'il lui montre les différentes pièces. Décidément, même si c'était un endroit peu noble, il lui convenait parfaitement. La belle n'était pas difficile et adorait la simplicité dans les maisons modestes. Elle rêverait de pouvoir y habiter sans être critiquer. Un jour peut-être... Elle savait qu'elle n'avait rien à envier. Elle était déjà pourrie gâtée. La demoiselle avait tout.

********
******

Le jeune homme lui avait alors présenté les différentes pièces qui s'étalaient à l'étage sans en dire plus sur les chambres des autres Hunter. Cela ne la dérangeait pas. Elle ne comptait pas rendre une petite visite à Christopher même si... elle était assez tentée de faire sa jeune femme malheureuse de dormir seule et quémandeuse d'un peu d'attention. La jeune femme ne se formalisait pas de l'absence de verrou, bien au contraire, elle en profita pour laisser un petit sous-entendu en suspens pour que l'ancien noble y réfléchisse. Cela l'amusait de parler ainsi, elle était comme cela depuis un moment maintenant. Parler ainsi aux hommes ne la dérangeait pas pour le moins du monde, au contraire, cela l'amusait. Katherine le salua finalement avec entrain avant de le laisser pour aller se réfugier dans sa chambre puis prendre un bon bain

Quelques temps plus tard, alors qu'elle allait se rendre dans la salle d'eau pour pouvoir se débarbouiller un peu et se sentir mieux pour dormir, elle croisa le jeune homme à la peau d'albâtre qu'elle se permit de regarder de haut en bas. Non, plutôt de contempler sans aucune gêne tandis qu'elle se retenait de lui sauter dessus pour déchirer les derniers vêtements qui masquaient son corps. Il ne fallait pas se présenter ainsi à Katherine, elle risquait très fortement de devenir folle en observant le corps élancé de l'homme qui lui faisait face. Se reprenant, la demoiselle s'enquit de ses blessures. Elle y avait doucement posé sa main pour détailler les contours de chacune des ecchymoses de ses longs doigts fins. Tout ceci était plus qu'inquiétant. Comment s'était-il fait tout cela ? Ses blessures n'étaient pas là par pur hasard et les paroles de Raphaël qui essayèrent d'être rassurantes sonnèrent bien faux aux oreilles de la belle. Il lui demandait de ne pas s'inquiéter, qu'elles étaient assez vieilles, qu'il allait bien. Elle ne le croyait pas. Comment aurait-elle pu ? Son teint blafard, sa peau froide, ses blessures récentes ou non... Tout cela ne lui disait rien qui vaille... Elle releva doucement la tête vers lui pour planter ses prunelles dans les siennes. Elle était réellement inquiète pour vous. Doucement elle posa sa main sur le cœur du jeune homme et le sien rata un battement quand elle se perçut pas ceux de Raphaël. Elle lui lança un regard interrogateur et souffla :


- Si vous avez besoin je connais un très bon médecin. Vous êtes si abîmé...

Le jeune Hunter l'avait alors aidé à préparer son bain. Elle aurait aimé quelques explications. Pourquoi ces blessures... Hier ? Qu'avait-il fait hier pour être blessé ? Décidément cet homme ruisselait de mystères. Tout en lui était étrange, à commencer par son état, la méfiance que les portait les autres Hunter et son absence de... d'explications. Elle avait presque envie de lui sauter dessus pour lui arracher les mots par la force. Mais elle ne le pouvait pas n'est-ce pas ? Se montrer agressive pour lui décrocher quelques petites phrases lui servant d'excuses.
L'observant tandis qu'il lui rendait service, la belle ne se privait pas du spectacle et de lui faire comprendre qu'il lui plaisait. La jeune femme n'était pas bien compliqué sur ce point-là... Cependant il semblait bien prude. Un homme rougissait en l'entendant parler. Que cela l'amusait ! Elle n'avait pas l'habitude de ça.
Pour le remercier, la jeune Hongroise avait déposé ses lèvres délicate sur sa joue avant de lui offrir l'un de ses plus beaux sourires. Il lui avait retiré une épine du bien. La belle se voyait mal traînait les seaux de sa chambre à la salle d'eau toute seule. D'autant plus que la pompe avait l'air des plus difficiles à actionner... Elle se haïssait d'être aussi faible. D'être une femme en réalité. Même porter des seaux elle ne pouvait pas le faire seule. C'était tellement humiliant pour elle et peut-être gratifiant pour l'homme qui l'aidait. Malgré tout cela elle avait une petite récompense. Elle pouvait contempler comme bon lui semblait le corps d'un homme en plein effort.
Inclinant la tête devant lui, elle le laissa là et referma la porte derrière elle pour prendre un bon bain chaud que Raphaël lui avait rempli.

Le bain lui avait fait un bien fou. Elle avait pu s'y reposer quelques instants, repenser à la chance qu'elle pouvait avoir comparée aux autres femmes de ne pas vieillir aussi vite mais aussi au bonheur qu'elle avait de faire partie d'un tel groupe. C'était presque une joie enfantine. Ils formaient, ensembles, une sorte de guilde qui se devaient d'accomplir des missions humanitaires à Londres pour le moment. Ce qui était sûrs c'était que si elle s'en sortait vivante, elle ne s'arrêterait pas à la capitale britannique dans sa quête de purification. Elle avait encore tant de pays à faire. La France, la Russie, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, la Hollande et bien d'autres encore sans oublier l'Asie et le Nouveau Monde. Et peut-être qu'un joue, si elle ne combattait pas seule, peut-être qu'elle pourrait se poser et fonder une famille avec un gentilhomme qui saurait l'aimer pour de bon sans condition.

Il ne lui fallut pas bien longtemps pour être propre. Enfin, elle était une femme, elle passait toujours un petit moment dans la salle d'eau, histoire de bien se démêler les cheveux, observer qu'il n'y avait aucune impureté sur son beau visage, vérifier la propreté de ses ongles ou encore bien se frotter avec le savon dans la baignoire pour sentir aussi bon que possible. Elle y passait du temps, certes, mais beaucoup moins que toutes les autres femmes de son rang. N'ayant pas de tenue de nuit ici, elle se résigna à remettre sa chemise pour pouvoir tout de même dormir avec quelque chose sur le dos. Sur cet accoutrement, la jeune femme sortit de la pièce que Raphaël avait trempé quelques minutes plus tôt. Une voix d'homme l'appela tandis qu'elle sortait de la pièce. Prenant le temps de poser ses affaires, la belle resta respectueusement à l'encadrement de l'habitat d'Alexender et attendit qu'il lui parle avec un petit sourire aux lèvres. La saisissant par le poignet, elle fut surprise de se retrouver derrière la porte contre le jeune homme en un éclair. N'y tenant plus elle s'était glissée vers ses lèvres qu'elle s'était tout d'abord emparées avec douceur puis avec un peu plus de fougue. Comment aurait-elle pu résister ? Il était si proche d'elle qu'elle sentait sa respiration sur sa peau et pouvait presque entendre son coeur battre. Sa poitrine se soulevait un peu plus rapidement à chaque seconde qui s'écoulait. Ses fines mains se glissèrent dans les cheveux sombres du beau jeune homme tandis qu'elle lui laissa un court répit pour répondre à sa question. Un faible sourire illumina son visage tandis qu'elle se pressait contre son corps et laissait ses lèvres danser avec les siennes sans pouvoir les arrêter. Leurs baisers étaient brûlants d'envie, de désir.Se laissant faire, la Hongroise se retrouva soudainement dans un étau ferme, emprisonnée dans son bras contre son torse. Un petite gémissement s'échappa de ses lèvres lorsque son corps se compressait au sien. Elle ne pensait plus à Michael, à Christopher, à Izac, à Raphaël, aux autres Hunter, ni même à Sarah et elle devait bien avouer que le Comte Keïsuke était bien loin de ses pensées à ce moment-là. Alexender lui offrait ses faveurs et elle... Elle, elle lui en faisait cadeau dès le début. Katherine ne pouvait plus se concentrer sur Sarah. Et puis quoi encore ? Les deux jeunes tourtereaux n'étaient pas mariés qu’elle sache ! Alexender n'avait aucune obligation de fidélité et Katherine ne lui avait jamais rien promis par rapport à son amant. Pour le moment Alexender était à elle. Rien qu'à elle pour ce soir.

La jeune femme lui offrit son cou gracile en fermant ses douces prunelles. Sa peau délicates frissonnait à chaque contact de ses lèvres contre son épiderme. Lentement elle laissa ses mains se glisser sur le torse du jeune homme avant de se perdre dans ses cheveux puis de s'accrocher à ses épaules. Ses doigts froissèrent la chemise du bel homme qui palpait ses hanches avec envie. La demoiselle ne faisait rien pour le retenir, elle en avait envie tout autant que lui. Relevant la tête sous la commande des mains formes de son compagnon, la belle répondit à son baiser avec ferveur mordillant quelques fois sa lèvres inférieure avec douceur. Son corps était collé contre le sien et rien au monde aurait pu la faire s'éloigner. Elle le tenait, enfin il lui appartenait même si ce n'était que pour une courte durée ! Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas désiré un homme ainsi. Elle avait du en dépenser de l'énergie pour l'attirer à elle. Le bougre lui avait résisté assez longtemps à sa grande surprise, lui qui n'était pas un ange selon sa réputation ! S'accordant à ses pas, elle mouva son corps contre lui pour arriver jusqu'au lit sans trébucher, ce qui aurait très bien pu arriver étant donné cette nouvelle précipitation et leurs blessures qui n'étaient pas très ancienne comparées à celles de Raphaël. Il ne leur fut pas longtemps pour buter contre le sommier et s'étendre sur le matelas.

La jeune femme atterrit sur les draps, ses longues boucles parfumées créant une sorte de couronne autour de son visage de poupée. Happant ses lèvres douces et fines dès qu'elle le pouvait, Katherine laissa glisser ses mains sous chemise pour commencer à le caresser avec une tendresse qu'elle croyait perdue depuis longtemps. Elle le regarda discrètement poser son arme et lui offrit un sourire pour l'encourager à continuer. Ses pupilles s'agrandirent sous l'effet du désir alors qu'elle l'aidait à défaire sa chemise et recommencer à toucher sa peau nue cette fois-ci, sans barrière de tissus pour ralentir ses mouvements. Elle releva le menton pour lui laisser un libre accès sur sa peau nacrée tandis qu'un soupir de bien-être s'échappa de ses lèvres. Sa bouche descendit jusqu'à la naissance de sa poitrine avant de s'aventurer un peu plus loin et de la faire se cambrer sous l'effet de la surprise. Sa main se plaqua dans son dos le griffant tout d'abord sous l'emprise du plaisir avant de remonter s'emmêler dans ses beaux cheveux ténébreux. L'autre s'était agrippée aux draps juste à côté de sa tête pour se maintenir en froissant le tissus sans risquer de lui faire mal d'une quelconque manière. S'échappèrent alors de ses lèvres, le doux chant du plaisir entre soupirs et gémissements.

La jeune femme n'avait pas hésité à s'abaisser à certaines choses que les aristocrates ne faisaient pas entre eux. Que d'autres femmes auraient peut-être répugnées à faire mais qu'elle s'autorisait pour le plaisir de son compagnon. Les ébats des deux jeunes gens n'étaient pas violent ni même trop doux, ils s'aimaient, ce soir-là, entre fougue et légèreté, entre tendresse, volupté et douce sauvagerie, animalité. Les mains de la jeune femme s'égaraient doucement sur le corps de son amant sans aucune gêne. Cette nuit leur appartenait, ils avaient tout leur temps. Il lui arrivait plusieurs de reprendre le dessus, comme elle en avait toujours l'habitude et de se retrouver contre lui pour le dominer. Puis elle se laissait à nouveau retomber sur les draps. Les limites n'existaient plus, Katherine était une femme ouverte à tout et comprenait ce dont il pouvoir avoir envie et besoin. Elle n'avait qu'un seul regret : ne pas pouvoir laisser libre court à son plaisir qu'elle devait essayer de brider. Lorsqu'elle n'arrivait plus à se retenir c'était la main du jeune homme qui venait l'empêcher de réveiller les autres occupants de la maison ou bien ses lèvres qu'elle se mettait à dévorer sans aucune retenue. Lors des petites pauses du Hunter pour calmer ses douleurs, Katherine posait ses mains douces sur ses côtes ou dans son dos pour le masser avant de couvrir chaque parcelle de son visage de doux baisers. Sa blessure lui lançait, bien entendu mais certainement bien moins que celles du jeune homme. Sa bouche se glissait doucement à son oreille pour lui murmurer quelques mots doux, pleins d'attention et lui susurrer avec envie son prénom.

Ce petit moment de plaisir partagé ne fut que trop court aux yeux de la belle qui en aurait bien demandé encore. Performant, ah ça il l'était ! Elle reposait à ses côtés les yeux fermés par la fatigue, un léger sourire aux lèvres de pur bien-être et ses cheveux encore humides du bain se collant à sa peau à quelques moments. Elle appréciait le bras du jeune qui la maintenait contre lui et doucement la belle glissa sa jambe entre les cuisses du jeune homme pour mieux se mouler à son corps. Elle laissa glisser sa bouche sur sa peau tandis qu'elle l'écoutait sagement :


- Pourquoi ne le serait-elle pas ?

Elle ferma les yeux sous son baiser et se mit à caresser ses cheveux d'une main avant de la faire retomber sur son torse pour tracer chaque contour subtil de sa peau, de ses muscles. Sans se soucier de ce qu'il lui avait dit un peu plus tôt ou bien même de s'en rappeler, la Hongroise logea son visage dans le creux de son cou pour s'y reposer. Qu'elle était bien ainsi contre lui ! Elle ne voulait plus que cela s'arrête. Elle avait simplement besoin de ça : des bras réconfortants, des lèvres qui s'intéressaient à elle et un peu d'attention, tout ceci en étant lovée contre un homme qui l'appréciait. Elle savait cependant que cela ne pouvait pas durer, que si ce n'était pas ce soir pour rejoindre son lit, que le lendemain matin elle devrait se lever, quitter douloureusement ses bras pour aller s'habiller et retourner en bas en compagnie d'autres hommes qui n'avaient pas partagé ce moment si intime. L'odeur d'Alexender l'enivrait et elle se surprit à penser que Sarah avait bien de la chance d'être aimée d'un homme comme lui. Un leader, beau, grand et fort qui était prêt à tout pour la sauver. Comment pourrait-elle lui en vouloir une ou deux petites infidélités quand à côté de tout cela on possédait son cœur en entier ?

La surprise put se lire dans son regard lorsqu'Alexender se redressa et s'assit sur le lit en repoussant les draps. La gorge de la jeune femme se noua, avait-elle fait quelque chose qu'il ne fallait pas ? L'avait-elle contrariée ? Une vague de chaleur s'empara de tout son être quand il se mit à la tutoyer. Une certaine proximité s'installait entre eux et elle en était ravie. Elle n'était peut-être pas simplement la conquête d'un soir, peut-être finirait-elle par être son amie, son amante de quelques nuits jusqu'au retour de Sarah (s'ils la retrouvaient) voir même sa confidente. Elle était prête à tout pour ne pas être simplement qu'une femme que l'on possédait une fois puis qu'on lâchait pour lui parler comme si rien ne s'était passé entre eux. Elle comprenait cependant que les distances pourraient revenir en compagnie d'autres personnes, cela pouvait nuire au sein du groupe. La belle se figea. Qu'avait-il à lui dire de si important et qui n'allait vraiment pas lui plaire ? Elle le regarda intensément et finit par se glisser derrière lui, à genoux et les jambes écartées pour commencer à masser ses épaules. Elle restait silencieuse et attendait la révélation.

Ce qu'il lui souffla fut un véritable choc pour la belle dont le cœur rata résolument un battement vital. Elle se sentit défaillir et brusquement ses doigts se crispèrent dans la peau du jeune homme, laissant ses ongles s'enfoncer dans sa chaire sans réellement sans rendre compte. Raphaël. Un vampire. Tout s'expliquait. Sa pâleur. Sa froideur. Ses blessures. Son malaise. L'animosité d'Izac et ses demandes d'explications. Les tensions dans le groupe dès son arrivée ou dès qu'on parlait de lui. Soudainement elle se mit à grimacer et se plaça devant Alexender pour lui faire relever le menton et qu'il lui parle en face, sans se cacher dans ses cheveux. La respiration de la belle s'était accélérée. Elle avait des envies de meurtres. Syrya éclata de rire et lui susurra :


* Vas y Katherine, tu en as autant envie que moi, descends. Descends. Prends son Bloody Rose qu'il a laissé négligemment derrière ta tête et descends le ! Réduis le en charpie ! Montre moi encore du sang !*

La jeune femme se surprit à rire d'un air méprisant, son regard empli de dégoût tandis qu'il lui parlait. Raphaël était un vampire et il était dans la même maison qu'elle :

- Pour l'instant... Vraiment...

Elle arqua un sourcil et se rapprocha de lui le faisant se reculer légèrement pour attraper son arme à feu de sa main droite. Elle lui souffla d'une voix tremblante de colère :

- Il est dangereux et tu le laisses entrer ici ?! Dangereux et il est dans nos rangs ! Il ne sait pas se retenir, pourrait tous nous tuer en une nuit et tu le gardes ici, en ces lieux ?!

Elle se pencha vers lui et lui déroba un baiser brûlant de haine, de rage. Elle avait laissé tomber toute sa douceur. Brusquement elle lâcha le Bloody Rose et attrapa sa main en repoussant ses cheveux sur le côté. Elle lui fit poser ses doigts sur les marques de crocs, des cicatrices qui ne partirait jamais et qui étaient là depuis plus d'un siècle. Des cicatrices qu'elle exécrait. Pour ne pas réveiller les autres Hunter elle se contenta de grogner :

- Il vous a aidé et tu penses que cela suffit ? Regarde ! Regarde ces marques ! Ce sont bien celles d'une espèce comme la sienne. Des créatures immondes, des monstres, qui ne savent pas se retenir et sont prêts à tous nous tuer si nous ne faisons rien pour les en empêcher. Le garder en vie ne sert pas nos objectifs. Le garder en vie nous met en péril. Et parce que Miss Grey et Sarah lui laissent une chance tu vas le laisser ruiner tous nos plans ?! Et s'il nous trahissait ? S'il travaillait pour le Comte, qu'il était l'un de ses sbires ? As-tu réellement confiance en lui ?! Regarde ! J'avais confiance en ma mère, ma mère qui ne m'aimait pas, certes mais elle était tout de même celle qui m'avait mise au monde ! Et elle m'a trahi ! Elle m'a trahi en faisant de moi son calice, en tuant des nourrissons, en tuant ma petite sœur ! Elle nous a tous trahi alors que ce n'était pas un simple lien d'amitié qu'il y avait là. Nous formions une famille ! Une famille qu'elle a détruite ! Si nous ne faisons rien nous courrons à notre perte. Raphaël nous trahira tous un jour ou l'autre. C'est un monstre de la pire espèce. Comment arrives -tu à... à le supporter ?!

Une larme avait roulé sur sa joue pendant qu'elle lui parlait. Elle méprisait les vampires depuis toujours. Finalement elle s'écroula contre son torse et s'agrippa à lui comme s'il était le seul rocher dans une étendue d'eau glacée :

- Qu'il ne s'approche pas de moi, qu'il ne me touche pas. Empêche le de tout ça et je ne le descendrai pas. Si tu veux le tester vas y, mets le dans ma chambre, laisse le y vivre, dormir avec moi et résister à l'appel du sang mais tu verras bien qu'il finira par succomber... Ils succombent tous. Aucun est différent...

Ses doigts se crispèrent contre lui tandis qu'elle se réfugiait dans ses cheveux. L'idée de dormir avec un vampire juste en bas la hantait. Elle voulait y descendre et le réduire en charpie pour que tout cela soit terminé. Et par-dessus tout elle finissait par avoir peur. Peur qu'il l'approche dans la nuit, qu'il se nourrisse un jour à son cou... Qu'il la tue alors qu’elle n'était qu'un être endormi, vulnérable, sans avoir pu se battre. Une autre larme creusa douloureusement sa joue nacrée et s'échoua dans le cou de son amant. Elle ne le comprenait pas, il acceptait un vampire dans leur guilde. Il lui faudrait du temps pour l'accepter, beaucoup de temps.

********
******

En bas, un imposant loup noir avait posé sa tête contre ses pattes avant pour fermer les yeux mais les oreilles toujours aux aguets. Il faisait sombre et quand le vampire arriva vers l'entrée pour rejoindre deux autres hommes, l'animal redressa vivement la tête et dévoila ses crocs. Il n'avait aucune confiance en Raphaël contrairement à sa maîtresse qui avait eu quelques élans d'affection en le voyant débarquer. L'animal avait tout entendu. Les ébats, les gémissements étouffés mais pas les paroles. Raphaël était déjà là et l'animal se préoccupait bien plus de lui montrer les crocs et de lui faire savoir qu'il ne l'appréciait pas le moins du monde. Une haine incontrôlable s'était immiscée en lui. Katherine avait pris un autre amant. Et il le haïssait déjà.



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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Raphaël Veneziano
Citoyen de l'Ombre
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Race : Vampire
Classe sociale : Aristocrate
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Age (apparence) : 26 ou 29 ans
Proie(s) : Les Vampires
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Clan : Aucun
Lignée : Aucune
Rang Pyramidal : Ordinaire à tendence Dégénéré
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MessageSujet: Re: Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42] Sam 12 Sep - 8:17

Raphaël ne s’étonnait plus de grand-chose. Aussi les mœurs susceptibles de l’émouvoir encore étaient-ils rares. Les seuls sujets qui lui inspiraient un tant soit peu de dégoût demeuraient ceux qui touchaient à la vie, à la foi et aux péchés.

Que ses contemporains s’entre-tuent pour des raisons ridicules le rendait malade, sans doute était-ce ce qui retenait souvent sa propre main. Raphaël avait en effet une conception de la vie bien plus sage et spirituelle que beaucoup. A ses yeux, voler l'existence d'un autre, être pensant comme animal, relevait du sacrilège envers Dieu.
Mais se posait alors le problème de la nourriture : tuer pour manger était-ce contre-nature ? Au contraire. C'était le cycle de la vie. Une nécessité pour assurer l'équilibre du monde. Alors que fallait-il croire lorsque l'on faisait partie des grands prédateurs au cœur sensible ? Un cas de conscience se posait là dans toute sa splendeur. Était-il le seul à se demander s'il faisait fausse route en épargnant les humains ? Il doutait fortement que les Vampires, d'une manière générale, ne se soucient réellement de la vie, quelle qu'elle soit, mais il ne pouvait s'empêcher de songer que s'il n'avait pas désiré son état actuel, d'autres avaient sans doute été également forcés d'hériter de cette malédiction qui l’obsédait. Quelle était donc LA voie que Dieu souhaitait que l'on suive ? Jusqu'à présent, aucun signe ne lui avait été envoyé. Cependant, le respect pour la vie restait l'un des plus grands combats de l'Ange Blanc.

La vie était une chose, la fidélité à ses principes en était une autre : Raphaël ne supportait pas que l'on possède plus d'un visage. Laisser son passé s'enterrer avec ses griefs et ses douleurs était compréhensible ; dissimuler une cicatrice disgracieuse ou mentir lorsque l'on abordait le sujet de ses opinions politiques afin de garder la face, d'éviter le ridicule ou le conflit était, quelque part, respectable, et il ne pouvait en vouloir à ses comparses. Mais que les gens s’extasient dans le luxe et le lucre le révoltait tout à fait. Qu’un homme passe sa vie dans les bras de catins et trompe sa femme avec d’autres dentelles le dépassait complètement. Pour lui, le manque de fidélité, la débauche proclamée et les besoins irrépressibles d’un corps soumis aux seules lois de la nature n’étaient que le fruit d’une certaine forme de folie. Dieu avait fait les Hommes à son image, et Dieu n’avait jamais été de ces bêtes assoiffées de sensations obscènes. Que l’on songe à satisfaire ses envies était une chose, que l’on s’y abandonne sans mesure en était une autre...
Qu'était Alexender ? Un aristocrate tout droit venu de la Nouvelle Orléans pour reprendre la demeure familiale abandonnée par ses parents il y avait de cela des dizaines d'années ; un homme seul, sans famille, gai-luron, pédant, enjoué, frivole...Sa réputation le précédait et Raphaël en avait déjà entendu parler dans les salons. Son attachement envers Sarah pouvait aussi bien passer pour une lubie et son comportement n'aurait pu qu'être une continuité de sa débauche habituelle. Cependant, après ce qu'ils avaient vécu au théâtre, après les soins qu'ils avaient reçu chez Eulalia, aux vues de ses paroles et de son combat, de véritables sentiments semblaient l'habiter. Pourquoi donc rompre ce serment rédempteur à l'aube d'une bataille organisée destinée à en faire une cause légitime et sacrée ? Pourquoi se rabaisser à une telle bestialité au lieu de cristalliser ce sentiment béni ?
Katherine était une femme désirable. Il aurait fallu être le dernier des imbéciles pour ne pas s'en apercevoir. D'ailleurs, la jeune femme savait parfaitement combien son pouvoir sur les hommes était efficace et elle en jouait comme si s'offrir au premier venu était naturel. N'avait-elle pas frôlé un peu trop souvent la main du rouquin lorsqu'ils étaient à table ? N'avait-elle pas osé le toucher lui alors qu'il se présentait torse-nu devant elle ? Et ses allusions...ses murmures dans le creux de leurs oreilles... ? C'était scandaleux.

Incapable de contenir plus longtemps sa profonde révolte face au comportement d’Alexender et de Katherine, le Vampire avait ainsi préféré l’exil. Il refusait de participer à cette honteuse mascarade. Qu'ils s'amusent ! Qu'ils fassent comme si la jeune Spencer n'était qu'une récompense coupable ! Qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire ? Après tout, c'était pour se venger qu'il s'était joint à cette bande de Hunters et non pas pour sauver l'honneur de quelque lady dont, au fond, tout le monde semblait se moquer.


- Tssss...

Arrivé dans le couloir de l'entrée, l'Ange Blanc fut accueilli par des visages crispés, des yeux ronds et des crocs. Passant outre ces détails, il s'avança pour rejoindre la petite troupe des veilleurs. Oui, il savait très bien qu'il n'avait aucun tour de garde à effectuer. Non, il n'était pas allé se coucher. Sa chemise et ses chaussures séchaient, il n'était pas torse-nu pour son bon plaisir. Que d'inquiétudes ! Que de questions ! Ne pouvait-il pas simplement se poser là, sur ce banc le long du mur, afin de leur tenir compagnie ?
Raphaël s'assied, sans répondre à ce qu'on pouvait bien lui dire, et, la tête baissée, les mains jointes entre ses jambes ouvertes, il se mit à regarder le sol. Le tapis et ses motifs ne l'intéressaient guère, mais il avait besoin de faire taire la sourde colère qui tremblait dans ses veines. Les jeunes Hunters le dévisageaient d'un air hautement suspicieux. Raphaël soupira.


- J'aimerai juste...un peu vous connaître...Fit-il en relevant la tête pour leur sourire aimablement.

C'était faux. On ne peut plus faux. Mais que pouvait-il dire d'autre ? Qu'il était là pour fuir les gémissements de Katherine qu'il entendait bien plus aisément qu'il ne l'aurait voulu ? Qu'il s'éloignait de ces maudits escaliers pour éviter de les gravir en deux en trois mouvements afin de mettre son poing dans la figure de leur maître ? Non, bien sûr que non. Lancer un dialogue amical était sa seule chance de s'intégrer un jour parmi eux et de décoincer cette atmosphère plus que pesante en sa présence.
Néanmoins, une chose le gênait énormément dans son approche : il ignorait si les Hunters avaient été mis au courant de sa nature. Sa « tare » avait-elle été annoncée par Alexender avant qu'il ne débarque ? Aux vues de leurs regards, c'était certain. Mais, puisque le sujet n'avait encore jamais été clairement abordé, il restait un doute qui le paralysait. Et s'ils n'étaient pas au courant et qu'il vendait la mèche ? Ce serait une véritable catastrophe. Un bain de sang serait à prévoir. Il ne pouvait se le permettre.


- J'ai cru comprendre que vous étiez les élèves d'Alexender. Il me semble avoir aperçu l'un de vous au théâtre, mais je n'en suis plus certain. C'était tellement...chaotique...

A l'évocation de cette terrible soirée, le Vampire sentit qu'au lieu de détendre l'atmosphère il l'avait, au contraire, d'autant plus alourdie que la petite bande avait perdu une grande partie des siens.

- Ah...Je suis désolé...C'est sans doute encore trop récent pour que l'on puisse en parler sans que les blessures ne se rouvrent...Je suis maladroit. Ajouta-t-il en se passant une main dans ses cheveux blancs.

Démarrer une conversation avec les jeunes Hunters lui parut plus difficile que jamais. Non seulement il sentait leurs regards le décrypter de haut en bas, sans doute à cause de sa blancheur et des hématomes qui se voyaient encore, mais en plus il se sentait lui-même particulièrement fatigué malgré l'heure. Son étrange cauchemar semblait l'avoir vidé de ses forces, même si cela n'était pas tout à fait vrai, et il aurait aimé simplement méditer devant le feu ou observer le plafond plutôt que de se retrouver là, devant ces chasseurs à l'oeil attentif et au dos tendu, à tenter de paraître sympathique.

Son regard finit par tomber sur le chien de Katherine. Son pelage noir et sa carrure lui donnait l'allure d'un grand loup. C'était décidément une bête très étrange. Ses oreilles s'agitaient doucement. Il avait l'air très contrarié. Avec un sourire dépité, Raphaël songea qu'ils étaient peut être deux bêtes de foire en ces lieux...
Doucement, il tendit une main au-dessus de la tête du canidé pour faire mine de le caresser.


- Toi aussi tu les entends... ? Lui murmura-t-il discrètement d'un air triste avant d'enlever vivement sa main en voyant qu'il n'était pas le bienvenu.

Avec un long soupir, le Vampire s'étendit un peu sur le banc molletonné, coude en arrière, et se mit à observer la tapisserie de l'entrée. Son goût plus que douteux lui fit lever un sourcil.


- Cette baraque tombe en ruine, mais elle a le mérite d'être invisible à nos ennemis.

Des remarques banales, des phrases toutes faites, voilà tout ce qu'il pouvait faire.
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Alexender Von Ravellow
Hunter - "Criminel" en fuite
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Proie(s) : Tous les Vampires, sauf Raphaël qu'il surveille maintenant sans chercher à l'assassiner. Le Comte Kei est son pire ennemi. Alexender peut aussi s'attaquer à des Loups-Garous.
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MessageSujet: Re: Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42] Mer 23 Sep - 9:23

Tenir contre lui une femme telle que Katherine avait réveillé tous les sens d'Alexender. Lui qui passait pour un Don Juan, et à raison, n'avait pu résister à tant de charmes et d'appâts réunis. Miss Thornes était belle et elle le savait. La jeune femme en avait joué suffisamment pour convaincre son collègue que s'il s'abandonnait à cette étreinte d'un soir, rien ni personne ne pourrait lui en vouloir. Après tout, n'était-il point homme et elle femme ? N'étaient-ils pas destinés à se laisser aller à leurs désirs indiscrets lorsque la situation le leur permettait ? Jamais encore l'aristocrate déchu n'avait ressenti de honte en couchant avec une demoiselle. Jamais il n'avait eu à se poser de questions : il faisait ce qu'il voulait, quand il voulait, et ses multiples conquêtes n'avaient jamais eu à se plaindre de son comportement. Alexender était d'un naturel franc et entier. Il était doux et sauvage à la fois, capable de compromis et de tendresse selon les habitudes ou la volonté de sa partenaire. Jamais il n'avait été brutal. Jamais il n'avait osé de gestes déplacés sans qu'on ne lui en accorde le droit, aussi tacite fut-il. Même s'il avait écopé de quelques rumeurs et de soupçons de la part des pénitentes et autres saintes auréolées de solitude, jamais il n'avait utilisé sa facilité à plaire (et à être lui-même pris au piège d'une beauté) pour retourner la société et faire de ses amantes des objets de rente, voire pire, des filles-mères. Aucune preuve. Aucun témoin. Aucun mal, à part devant Dieu. Un accord toujours évident, avec une marquise, avec une domestique, avec une fille de joie...C'était ainsi que le Hunter concevait le désir : libre, immodéré, amusant, plein de vie, et non pas terne, rangé, encadré de principes destructeurs que tout être vivant ne saurait supporter longtemps sans devenir fou. Jamais il ne s'était considéré comme un opportuniste sans cœur. Jamais...

Jamais avant d'avoir rencontré Sarah.

La jeune héritière des Spencer envahissait maintenant ses pensées. Prêt de la douce Lycanthrope, alors qu'il caressait ses boucles d'ébène, Alexender culpabilisait. Il avait promis son amour à la jeune aristocrate, il le lui avait soupiré après le bal et il faisait maintenant tout pour la libérer de l'emprise du Comte, pour pouvoir lui-même l'épouser et en faire une femme comblée...Comment devait-il se voir aujourd'hui ? Une promesse brisée n'était-elle pas la représentation même de la pire des traîtrises ?
Mais avait-il réellement promis ? Alexender commençait à reconsidérer la situation.
Que s'était-il passé entre lui et Sarah ? Presque rien. Un baiser, quelques mots doux, un regard...Et après ? Qu'avait-elle promis, elle ? N'avait-elle pas sous-entendu que le Comte l'avait touchée ? Jusqu'où était allée cette « rencontre » chez le Vampire ? N'était-elle pas elle aussi tombée sous le charme d'un autre ?
La culpabilité se transformait en jalousie, la jalousie en peur, la peur en peine...

Alexender soupira avec douleur.
Il était inutile de se chercher des excuses et de commencer à blâmer Sarah et ses attitudes bienséantes. Elle était mieux éduquée que lui, cela n'était plus à prouver, et il n'avait jamais su résister à son appétit sexuel lorsqu'il était évident qu'il pouvait le satisfaire. Coupable. Sans doute, Monsieur le Juge. Mais coupable de quoi exactement ? Du moment que cela ne se saurait jamais...Doux espoir...

Pour l'heure, il voulait profiter de ce moment de plénitude. Malgré le chaos qui s'installait dans ses pensées, le Hunter désirait surtout reposer son corps malmené après tant d'efforts et réfléchir à la façon avec laquelle il devait aborder un sujet bien plus grave : celui de la nature de Raphaël.
Alexender faillit ne rien dire à Katherine, pour sauver les apparences, pour éviter de nouveaux conflits alors qu'ils venaient d'échanger bien plus qu'un simple contrat de collaboration. Mais il se rendit rapidement compte que la sécurité de la jeune Lycanthrope valait mieux que leur entente parfaite. Tant pis s'il devait sacrifier la tendresse de ce moment pour basculer dans les affres de la méfiance : au moins aurait-il l'esprit plus serein, du moins en partie. Il ne pourrait s'en vouloir de n'avoir pas prévenu la belle du danger. Son devoir lui intimait d'agir maintenant.

Katherine passa du tout au tout. Alors qu'elle avait été particulièrement aimable avec lui depuis qu'elle était entrée au QG, ses paroles devinrent blessantes et de sa bouche vermeil qu'il venait d'embrasser avec fougue sortit un flot de reproches bien amers. Ses mains se crispèrent sur ses épaules qu'elle venait de se mettre à masser et ses ongles entrèrent dans sa chair.


- Je comprends ton dégoût...Katherine, laisse-moi t'expliquer ! Je sais...

Alexender tint bond. Doucement, il tenta de calmer la jeune femme en lui intimant le silence avec quelques signes des mains qu'il voulut rassurants et apaisant. Malheureusement, Katherine était hors d'elle, et cela se comprenait. Cependant, Alexender se défendit. Oui, il avait laissé un Vampire entrer dans leur groupe. Oui, c'était dangereux, et sans doute un peu stupide, mais avait-il réellement eu le choix lorsqu'il s'était lui-même rendu compte de sa nature ? Sarah s'était interposée et avait été blessée. Pouvait-il alors ignorer sa souffrance et sa volonté de laisser une chance à cette créature ? Raphaël les avait tous aidés au péril de sa vie lors de l'attentat au théâtre et de cela Alexender lui était reconnaissant. Sans lui, peut être qu'Eulalia aurait péri. Katherine ignorait combien le Vampire était impliqué avec eux dans cette histoire. Et puis, au fond de lui, Alexender pensait pouvoir utiliser Raphaël comme arme dans sa lutte contre le Comte. Quoi de mieux qu'un Vampire pour tuer un autre Vampire ? Raphaël possédait des capacités dont aucun d'entre eux ne pouvait se vanter. Il leur serait encore utile, pour un temps, et puis il serait chassé, loin de Londres...

- ...ou nous le tuerons.

Alexender n'avait pas le temps de tout expliquer à Katherine. Ce qui l'importait maintenant c'était de la rassurer et de la faire taire. Ils avaient réussi à rester silencieux jusqu'à présent, les autres Hunters n'avaient pas à les savoir ensemble, ici, dans cette chambre, et encore moins à les entendre dire que Raphaël était bon pour la potence. Tous, ou presque, le pensaient. Une braise n'est rien lorsqu'elle palpite dans l'âtre, un coup de vent et elle devient brasier. Il fallait rester calme ou ils iraient droit à la catastrophe.

- Qu'est-ce que...

Katherine venait de l'embrasser avec rage et tendait les doigts vers son Bloody Rose. Le Hunter comprit qu'elle désirait descendre pour tuer le Vampire qui hantait déjà ses nuits, mais il ne pouvait la laisser faire. D'une main, il appuya un peu sur son bras pour l'empêcher de continuer son geste.

- Katherine...Fit-il d'une voix qu'il tenta de rendre la plus douce possible malgré la tension qui montait entre eux. La jeune femme avait encore monté le ton. C'est notre choix, tout le monde a décidé de faire avec, tu ne peux nous empêcher de l'utiliser. Je te l'ai dit : au moindre doute sur ses intentions, et s'il mord qui que ce soit, nous le tueront sans hésiter davantage.

La jeune femme explosa : ses peurs resurgirent des profondeurs de son être et sa voix se brisa. L 'azur de ses yeux se voila de larmes et son visage se crispa. A la colère se succéda une frappante détresse. Alexender grimaça, ne sachant que faire sur le moment, et Katherine se mit à lui raconter une partie de son histoire. Pourquoi chassait-elle ces immondes créatures ? Pour venger sa sœur. Pourquoi les détestait-elle autant ? Parce qu'ils avaient ruiné sa vie, massacré les siens, cruellement assassiné tous ceux qui la soutenaient depuis sa naissance. Sa propre mère s'était servie d'elle comme calice ! Aucun Vampire ne pouvait être digne de confiance ! Raphaël les trahirait !
Alexender sentit monter en lui une rage indicible en voyant la marque que Katherine portait au cou. Il voulait hurler. Hurler après cette femme qui lui faisait un procès sous son toit et qui l'accusait presque de trahison. Hurler après Raphaël sans lequel bien des maux ne seraient jamais arrivés aux Hunters de sa bande. Hurler après le monde entier, après celui que beaucoup nommaient « Dieu », après la race infâme des longues-dents pour lesquels la torture ne suffirait pas encore...
Mais, finalement, il tâcha de rester droit et muet. Il découvrait que chez Katherine son désir de vengeance surpassait finalement bel et bien sa volonté de sauver l'humanité. Ils étaient semblables. Leurs cœurs battaient à l'unisson.
Peiné par le récit de la jeune Lycanthrope et par la situation qui se présentait à eux, le Hunter la prit dans ses bras et la serra contre lui. Elle s'était d'elle-même rapprochée, comme pour chercher un cocon dans lequel se glisser pour oublier sa propre histoire. Une ombre passa sur le front de son compagnon. Tant d'émotions les traversaient ce soir ! Comme autant de poignards reçus en pleine poitrine, leurs révélations à tous deux les avait à demi anéantis.


- Ces créatures prennent tout sur leur passage...Murmura Alexender dans un grognement mélancolique. Puis, il souleva le visage de Katherine et planta ses yeux dans les siens nimbés de larmes. Je les haïs plus que tout au monde, crois-moi.

Dans son regard brillait les lueurs de la vengeance et de la détermination. Lui aussi, il avait tout perdu à cause des Vampires et il leur ferait payer, indéfiniment : tel était le chemin qu'il avait choisi de suivre. L'amour n'y était pas pour grand chose, seul un sentiment de rage guidait ses pas dans les cendres de son passé. Cette lutte sanguinaire n'avait de sens que s'il noyait dans le sang ses plus horribles cauchemars afin de ne plus jamais les vivre !
Dans un élan plein d'émotions, Alexender colla ses lèvres à celles de Katherine et enroula un bras autour de sa taille pour rapprocher leurs hanches. Son souffle frôla l'oreille de la jeune femme tandis qu'il s'étendait sur elle, comme pour former sur son corps de nymphe un rempart contre le monde obscur qui sévissait alentour.


- Je ne le laisserai pas t'approcher.

Ils avaient tant à partager ! Leurs douleurs, leurs envies, leurs informations, leurs corps...
Un peu plus tôt dans la soirée, ils avaient même eu une conversation sur les Lycanthropes : Alexender avait expliqué qu'il connaissait un homme qui possédait ce genre de don et Katherine s'y était fortement intéressée. Malheureusement, le Hunter n'avait rien pu dire, faute de comprendre lui-même de quoi il en retournait, et parce qu'il souhaitait plus que tout éviter à Gaspard d'être impliqué dans ses affaires. Maintenant que son ami avait Julia à marier, il n'avait pas à subir les aléas de ses chasses.


- Il se transforme en...oiseau. Je ne peux pas vous en dire plus. Je ne veux pas le mettre en péril. Avait-il dit pour répondre aux questions pressantes de Katherine. Il m'a déjà confié qu'il avait parfois du mal à gérer ses...totems ou je ne sais comment vous appelez vos animaux. Je crois qu'il parlait avec eux...Je n'en sais pas plus, il est très distant à ce sujet.

Puis ils s'étaient séparés, pour que Katherine puisse prendre un bain, avant de se retrouver là, guidés par la nécessité puis leurs désirs. Alexender posa le menton sur l'épaule de Katherine. Il respira le parfum qui émanait de sa chevelure sauvage et poussa un nouveau soupir. Il se fit plus léger, afin de soulager la belle de son poids et, appuyé sur ses coudes, il ramena son regard dans le sien.

- Dors avec moi ce soir. Tu seras peut-être rassurée?

Si la maisonnée entière n'était pas encore au courant de leur petite entrevue à cause de leur dernière conversation, les derniers membres qui la composaient le seraient à l'aube, en voyant la jeune femme quitter la chambre de leur guide. Tant pis. De toute façon, qui y trouverait à redire ? Certainement pas ses élèves ! Izac, peut-être...Il ne se permettrait pas d'évoquer la chose directement mais il n'hésiterait pas à la sous-entendre avec acidité. Et Michael ? Là, seule Katherine pouvait être à même de savoir ce qui se passerait dans sa tête. Et puis, ce n'était qu'un domestique : sa maîtresse était libre. Quant à Raphaël, qu'il l'ouvre pour voir...

**********

Du côté de la porte d'entrée, Christopher et Seamus avaient accueilli le chien de la chasseuse avec amabilité. Même s'il semblait peu enclin à la sympathie, et même s'il était bien plus gros qu'un chien ordinaire, (ce qui effrayait Seamus), sa présence les rassurait quant à leur rôle de gardiens. Certes, ils observaient désormais ses crocs à la dérobée et vérifiaient l'orientation de ses oreilles pour s'assurer qu'il ne les attaquerait pas aux mollets, mais au moins, s'il y avait du grabuge, serait-il là pour mordre le premier dans un de leurs ennemis mortels.

- Je ne sais pas si je le préfère ici plutôt que dans le salon avec Veneziano...Gronda finalement Christopher d'un air contrit. Seamus ne répondit pas. Il se contenta de hausser les épaules et de jeter un coup d'oeil par le judas de la porte afin de vérifier l'extérieur. Il faisait noir, il pleuvait. Rien à signaler.

A peine un quart d'heure plus tard, la porte du couloir s'ouvrit laissant apparaître le fameux Raphaël. Aussitôt, les deux gardiens se redressèrent comme piqués par un insecte au dard aiguisé. Leurs yeux prirent une expression suspicieuse et leurs mains s'agitèrent près de leurs armes. Que voulait donc le Vampire ? Tout était possible. Alexender les avait bien prévenu à son sujet. Il était torse-nu...drôle de façon de se présenter.
Heureusement, leur étrange allié semblait simplement venu pour engager une conversation badine. Sa maladresse était-elle réelle ou jouait-il la comédie pour mieux les surprendre ? Seamus jeta un regard inquiet à Christopher et reprit sa position. Il tâcha de se détendre, mais rien y fit. De son côté, Christopher gardait à l'oeil le nouvel arrivant. Il lui répondait, d'un ton neutre au possible.


- Oui, il nous a tous formés. J'étais au théâtre.

Quelque part, Christopher mourrait d'envie de poser lui aussi une foule de question au Vampire. Serait-il prêt à lui exposer plus en détails toutes les choses qui pouvaient blesser un membre de sa race ? Pourrait-il lui montrer quel genre de pouvoirs il possédait ? Tout cela l'intéressait au plus haut point. Mais, avant d'avoir l'opportunité de discuter de ce type de sujet, il fallait d'abord qu'ils apprennent à mieux se connaître, voire à se faire confiance. Comment serait-ce possible alors qu'ils appartenait à deux mondes aussi différents ? Comment le chasseur et sa proie réussiraient-ils à cohabiter ?
Au bout d'un moment, après un silence tendu, le Vampire s'étira sur un banc et s'adressa au chien dans un murmure inaudible. Christopher le prit en pitié.


- Je ne savais pas que vous pouviez avoir des ecchymoses...

Seamus sursauta presque tant la remarque de Christopher était explicite. Ce dernier, plutôt que de s'arrêter là, reprit d'un air presque amical:

- Et ça, c'est l'argent ? On ne peut pas le soigner plus efficacement ? Fit-il en montrant la coupure qui était encore trop visible sur son bras.
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Âtre dévorant et nouveaux plans [Alexender, Katherine, Raphaël] [23/04/42]

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