L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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La Belle envolée [Comte, Parents de Sarah] [22/04/42]

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Comte Keï
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MessageSujet: La Belle envolée [Comte, Parents de Sarah] [22/04/42] Jeu 7 Mai - 0:12

[HRP/ Suite du poste "Ton Souffle sur mes yeux"/HRP]

Il n'était que 19h et pourtant, le fiacre du Comte Keisuke s'arrêta devant la demeure des Spencer. Il était très rare que le lord ne rende des visites mondaines aussi tôt dans la soirée. En effet, c'était un habitué des heures tardives, parfois même jugées "trop" tardives par ses hôtes. Et pour cause! C'était un Vampire. Mais ça, encore peu d'Humains le savaient...Heureusement, le ciel s'enorgueillait déjà d'un lourd voile sombre qui écrasait les derniers rayons du soleil.
Le grand portail de fer forgé, surmonté des initiales de la famille Spencer, était alors fermé. La porte du fiacre resta close mais une main gantée de blanc dégagea le rideau l'espace d'une seconde pour laisser l'un de ses occupants observer l'extérieur. Tandis que le cocher descendait pour annoncer que le Comte Keisuke demandait à être reçu, ce dernier poussa un soupir. Qu'allait-il donc dire aux parents de Sarah? La vérité? Laquelle? Il en possédait tellement...
Ce qui l'inquiétait le plus, ce n'était pas l'éventualité que son mariage avec la jeune femme soit compromis ou que les Spencer l'accusent de tous les maux au sujet de sa disparition, mais bien l'idée qu'il ne laisse transparaître ses émotions. Lui qui était toujours de marbre, très digne en public, sauf peut-être sur les planches, et qui était réputé pour sa bienséance et son tact, risquait ce soir de dévoiler à de simples mortels toute l'étendue de sa tristesse et surtout de sa peur...
Car oui, Jirômaru avait peur. Peur d'avoir perdu Sarah à jamais, peur de devoir l'enterrer sans avoir pu la transformer, peur de se retrouver face à ce vide qu'il craignait de se créer depuis qu'il l'avait rencontrée. Et puis, il était encore malade. Sa pâleur était extrême et il n'avait cessé de vomir depuis la veille au soir, rejetant tout ce qu'il ingérait, depuis le sang d'Arnoldo jusqu'au contenu des Blood Tablett qu'il avait tenté de croquer. Et s'il avait une nouvelle crise chez les Spencer?

Une grande main noire se posa résolument sur son épaule. Il soupira et se détendit quelque peu. Manouk se tenait près de lui sur la banquette molletonnée. Aussi ramena-t-il ses pupilles grises dans l'abysse des siennes, lentement, comme pour réfléchir à la suite qu'il devait donner aux événements. Le sourire qui lui adressa son acolyte lui parut des plus feints, mais l'intention était là. Il lui répondit d'un simple pli au coin de ses lèvres étirées.
Puis il y eu un bruit de métal. Le portail s'ouvrait. Leurs regards se quittèrent. Bientôt, le fiacre reprit sa route et ses roues laquées crissèrent sur les graviers du chemin qui conduisait à la demeure des Spencer. Enfin, lorsque le véhicule stoppa tout à fait, Jirômaru replaça son haut-de-forme sur sa tête pendant que le cocher venait lui ouvrir la portière et reprit sa canne-épée avant de descendre pour poser pied à terre.


- Je resterai dans le véhicule. N'hésite pas.

Le Comte ne répondit pas, se contentant d'un salut de la tête. Pour Manouk, c'était amplement suffisant, surtout au stade où son maître se trouvait. Il était fatigué comme jamais et ses dernières folies, notamment l'utilisation de ses pouvoirs psychiques pour tenter de localiser Sarah et sa transformation en chauve-souris pour se rendre sur les lieux de sa disparition, l'avaient affreusement diminué. Sa présence ici n'était pas bénigne: si son maître présentait quelques problèmes, il interviendrait au plus vite pour le ramener au manoir afin qu'il se repose dans son cercueil. Si le temps n'avait pas été compté pour la jeune héritière Spencer, il aurait empêché son maître de sortir, ou du moins l'aurait-il tenté.

Arrivé devant l'entrée éclairée par deux magnifiques lanternes, Jirômaru suivit les domestiques et le majordome qui lui indiquèrent où trouver les Spencer. Il leur laissa ses effets, cape, chapeau et canne, avant d'enlever ses gants pour saluer Madame et Monsieur ses futurs beau-parents.


- Bonsoir Madame...Monsieur...Je suis confus de n'avoir pu vous prévenir de mon passage mais je crois que nous savons tous ici que le temps est une richesse que nous ne possédons pas toujours dans de telles circonstances. Ne vous inquiétez pas pour mes yeux, ils retrouvent peu à peu leur couleur, je suis en train de guérir d'après mes médecins.

Le ton fut ainsi donné, dès le départ: le Comte était évidemment venu s'entretenir au sujet de Sarah et il ne fallait pas qu'ils s'attardent sur des motifs aussi futiles que l'apparence de ses yeux qui, en effet, avaient perdu l'opacité de leur voile et récupéré un iris de couleur anthracite.
Bien vite, une fois que chacun se fut installé convenablement et que des collations furent mises à leur portée, Jirômaru laissa les vaines politesses dont il s'était vaillamment encombré lors de sa dernière visite pour aller à l'essentiel.


- Sachez tout d'abord que je suis profondément navré pour ce qui est arrivé à votre fille. Je compatis et vous accompagne dans votre peine, vos espoirs, vos douleurs. Je suis moi-même terriblement choqué et je dirais même bouleversé par la disparition de miss Spencer.

Le Comte n'eut pas besoin de jouer la comédie. C'était vrai. Son regard se perdit un instant dans le vide, comme si la simple mention de "l'accident" lui était insupportable. Puis il se ranima lentement. Il paraissait vieilli.

- Croyez-moi lorsque je vous dis que je ne m'inquiète pas pour votre fille à cause de notre arrangement...J'aime Sarah et le mariage est moins important que sa vie. Jirômaru tiqua. Cette fois, la vérité se trouvait quelque peu tronquée.

Se forçant à boire une gorgée de l'alcool que Monsieur Spencer lui avait servi, le Vampire fit la grimace et reposa rapidement son verre.


- Il est fort. Fit-il hâtivement pour se justifier. Mais en vérité, il sentait que s'il buvait ne serait-ce qu'une gorgée de plus de ce liquide, il le rejetterait aussitôt. J'ai offert au Yard mon appui, comme vous vous en doutez, reprit-il en croisant les jambes et en appuyant sa tête sur ses longs doigts, j'ai aussi fait jouer mes relations et j'ai des hommes sur l'affaire. *Ce qui n'empêche pas la jeune femme de demeurer introuvable depuis la veille.* Songea-t-il sombrement.

Même s'il n'avait pas abandonné tout espoir, le Comte devait bien se rendre à l'évidence que si la police et ses sbires n'arrivaient pas à retrouver Sarah, c'était qu'elle avait bel et bien été kidnappée. Par qui? Les membres du Sabbat, bien évidemment. N'était-ce pas ce qu'en avait conclu Bartholomew? La Camarilla cherchait elle aussi Sarah, du moins une partie de ses membres qui restaient fidèles autant à la Mascarade qu'au Prince de la ville. Où se trouvait donc la jeune magicienne? Et si c'était Alexender, ce Hunter de pacotille qui avait échappé de peu à la potence, qui l'avait emmené sur son beau cheval blanc comme dans les contes de mauvaise facture que l'on trouvait dans les bibliothèques de jeunes filles? Non c'était absurde. Avec ce qu'il avait subi au théâtre, le Comte doutait que le rouquin eût retrouvé assez de force pour accomplir un tel exploit. C'était déjà assez spectaculaire qu'il ait réussi à s'enfuir de la Tour pour qu'il ait, en plus, mené à bien un plan d'évasion pour sa belle. Cela n'avait pas de sens. Et pourtant...le Vampire ne pouvait s'empêcher de songer à cette éventualité.


- Ceux qui ont emporté votre fille sont sans doute mes détracteurs, ceux qui cherchent à me nuire en sapant mes entreprises, comme mes pièces...ou mon mariage. Le Comte plongea son regard gris dans celui de l'homme de maison. Je pense de nouveau à ce jeune impétueux, Von Ravellow...Après tout, il s'est enfui de la Tour et il ne serait pas étonnant qu'il ait organisé l'enlèvement de votre fille.

Cela sonnait comme un "je vous avait prévenu" mais cependant avec la nuance de politesse qu'il fallait pour que l'idée passe avec sympathie.

- Je prie le Ciel pour qu'il ne lui ait pas fait de mal et pour que les autorités mettent enfin la main sur lui afin de l'empêcher définitivement de nuire aux honnêtes gens. Au fond, le Comte restait persuadé que c'était les Vampires du Sabbat les responsables mais il fallait bien en profiter pour enfoncer le clou contre le Hunter. C'était l'occasion rêvée, même s'il ne prenait ce soir aucunement plaisir à le calomnier de la sorte. J'étais si heureux d'apprendre son retour de Ste Marys...Vous savez, lorsque j'ai lu cette terrifiante nouvelle dans le journal, j'ai voulu me rendre sur les lieux du "crime". J'ai été retenu par mes amis. Je doute que j'aurai pu aider le Yard mais, vous savez bien comme l'âme humaine ne sait se contenter de ce qu'elle apprend de la bouche d'autrui. Saint Thomas ne croyait que ce qu'il voyait, et je pense qu'il avait raison. Ajouta Jirômaru en se penchant un peu en avant. Il prit doucement les mains de Madame Spencer dans les siennes et plongea son regard dans le sien. Ne perdez pas espoir Madame. Je suis certain que votre fille est encore en vie. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour vous la ramener.

Sur ces mots, le Comte se leva et son regard trouva celui de Monsieur Spencer.

- Si vous le voulez bien, Monsieur, je souhaiterais m'entretenir seul avec vous.

Son ton et son expression montraient assez l'urgence de la situation. Il y avait des choses qui ne se disaient qu'entre hommes et les émotions d'une dame n'y avaient pas souvent leur place.


> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
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MessageSujet: Re: La Belle envolée [Comte, Parents de Sarah] [22/04/42] Jeu 7 Mai - 4:55

Le temps était d’une grande tristesse et le Manoir Spencer était en deuil. Les grandes grilles avaient été refermées ne laissant passer que de rares visiteurs. La demeure, normalement remplie de joie et de couleur, était plongée dans un silence immuable. Les miroirs et portraits de famille et de la jeune Spencer avaient été recouverts de drap noir, vieille superstition anglaise. Les domestiques ne parlaient plus, échangeant simplement des mots lorsque les gestes n’étaient pas suffisants.  L’ordre avait été donné de faire profil bas devant les maîtres de la maison, mais dans les cuisines, beaucoup se laissait aller à quelques larmes. Édouard était celui qui était le plus touché. C’est lui qui conduisait le fiacre lors de l’accident. Il avait été retrouvé par des passants, gisant dans un fossé. Son nez avait été cassé de même que son bras. Après avoir été interrogé par le Yard et soigné par le médecin, il était retourné au manoir. Mr Spencer l’attendait, sur le pas de la porte. Une fois le jeune homme à sa hauteur, il l’avait serré dans ses bras lui assurant qu’il ne lui en voulait pas, que rien n’avait été de sa faute. Édouard s’était quand même enfermé dans un mutisme incapable de révéler le secret qui lui pesait sur la conscience. Comment pouvait-il avouer qu’il n’avait jamais été porté la jeune Spencer au couvant? Madeline et lui avaient tenu le secret jusqu’à présent, mais les circonstances de la situation leur pesaient difficilement...

Il n’était pas le seul à s’être enfermé dans un profond mutisme. Madame Spencer d’ordinaire si exubérante ne portait plus que des robes noires accompagner d’une rose blanche au corsage. Elle n’aimait pas le noir, mais après tout, il lui faudrait s’habituer puisque ce serait la seule couleur qu’elle porterait pour les deux prochaines années. Les visites se faisant plus rares, elle passait désormais ses journées dans la salle de musique, jouant de triste mélodie au piano. Mr Spencer pour sa part s’était enfermé dans son bureau, observant la pluie se préparer à tomber par la fenêtre. Il était le seul à refuser de porter du noir. Il avait choisi un costume gris accompagné d’une cravate bourgogne, sobre, mais distingué, comme l’était la famille. La veille, il avait passé la journée avec les agents du yard à passer les berges au peigne fin. Son bureau était rempli d’un véritable capharnaüm de papier, de croquis. Il avait fait ressortir les cartes de la ville et de ses alentours. Dans un coin, le tracé précis de la rivière de même que ses diverses profondeurs. Une pile de document relatant les diverses grottes naturelles, cavités, clairière des environs de la ville. Il avait envoyé des hommes fouiller chaque pouce carré de la végétation. Sa fille était encore en vie et il allait la retrouvé même si pour l’instant les pronostiques étaient plutôt sombres. Sa cape avait été retrouvée le matin même. Malgré le rouge du tissu, les inspecteurs avaient retrouvé des traces de sang. De plus, des balles avaient été tirées. Il avait vu lui-même les éclats dans le bois de la berline familiale. Sa fille avait dû se défendre. En pareil moment, il regrettait de ne pas lui avoir appris à tirer. Elle avait toujours manifesté un intérêt certain pour les armes, mais après l’escrime et le tir à l’arc, il avait préféré restreindre ses connaissances. C’était une femme après tout. Après un soupir, Dorien pris entre ses mains, le verre de cognac qu’il avait délaissé. Sur sa table basse reposait un grand nombre de lettres pas encore ouvertes, il n’en avait pas besoin. Il connaissait déjà leur contenu rempli de condoléances et de chagrin. Il n’avait pas encore le cœur à les ouvrir. C’était l’une des raisons pour laquelle il avait fait fermer les grilles du Manoir. Il n’était pas encore prêt à accepter ce flot de compassion qu’il refoulait profondément. Non, le temps n’était pas aux larmes.

La grande horloge du salon sonna 19h. Le souper n’allait pas être sonné. Personne n’avait vraiment faim. Dehors, Tom se préparait à rentrer lorsqu’il entendit un hennissement. Bentley bondit vers la grille en jappant, mais s’arrêta bien vite en reconnaissant l’odeur de leur invité. Le chien était un animal fort bien dressé et particulièrement intelligent. Il savait reconnaître un invité d’un imposteur. D’un pas rapide, Tom se dirigea vers la grille rejoindre le chien. Le cocher était descendu, annonçant, son passager. D’un geste rapide, l’homme ouvrit la barrière, laissant le fiacre entré. Bentley se chargea d’aller aviser la demeure qu’un visiteur se présentait. Les domestiques furent alertés, le petit salon allumé. Madame Spencer quitta le piano et alla se poster à l’entrée du salon tandis que Dorian sortait de son bureau en catastrophe. Peut-être était-ce de bonne nouvelle?

La porte fut ouverte, l’invité entra, courtoisement débarrassé de son manteau et son haut de forme. Lorsqu’il entra dans le petit salon, un léger éclat de déception traversa les yeux des deux parents. Une infime partie d’eux-mêmes s’était attendue à revoir Sarah, une toute petite partie d’espoir, envolée. La première à se ressaisir fut madame Spencer.

-Monsieur le Comte! C'est vraiment un réconfort de vous voir ici. Mais entrez, entrez donc.

Elle offrit à leur invité de s’asseoir avant de prendre elle-même place sur le sofa. Mr Spencer prit place dans l’un des fauteuils, face au Comte. En d’autres circonstances, la famille aurait été très heureuse de revoir le Comte. Il y avait quelques jours déjà qu’il s’était invité, tout comme ce soir. Mais cette fois le ton avait changé, le Comte aussi. Madame Spencer remarqua d’abord ses yeux, dont l’iris apparaissait pour la première fois, lui donnant un air plus humain, moins intemporel. Pourtant, le Comte semblait fatigué, voire malade. Il devait ressentir la même tristesse qu’elle ressentait. Mr Spencer aussi avait remarqué cette vague de tristesse qui habitait les yeux de leur invité. Lorsque celui-ci commença à parler, il lui servit un verre de cognac. L’alcool fort redonnait toujours courage. D’ailleurs le goût sembla bien fort pour le Comte, mais Dorian ne s’en soucia pas.

- J'ai offert au Yard mon appui, comme vous vous en doutez, j'ai aussi fait jouer mes relations et j'ai des hommes sur l'affaire.

Dorian hocha la tête avec satisfaction. Plus il y aurait de gens sur l’affaire, plus les réponses viendraient. Il était loin de se douter que c’était littéralement la ville entière que le Comte avait mit sur la recherche de Sarah. Pour l’instant, voir un autre homme se faire du souci et chercher à retrouver à tout prix sa fille étaient un véritable réconfort pour le père de famille qu’il était.

- Ceux qui ont emporté votre fille sont sans doute mes détracteurs, ceux qui cherchent à me nuire en sapant mes entreprises, comme mes pièces...ou mon mariage. Je pense de nouveau à ce jeune impétueux, Von Ravellow...Après tout, il s'est enfui de la Tour et il ne serait pas étonnant qu'il ait organisé l'enlèvement de votre fille.


À cette phrase Dorian ne put retenir une légère grimace, tique dont avait hérité sa fille. Il y avait songé, lui aussi, que le Sieur Ravellow ait pu revenir de sa tour pour enlever sa fille. Bien évidemment qu’il y avait pensé. Mais quelque chose le retenait d’aller vers cette voie. Tout avait été beaucoup trop violent pour que ce soit l’œuvre d’un amoureux éploré. De plus, si Sarah avait revu ce Ravellow, elle n’aurait pas cherché à se défendre, elle n’aurait pas tiré, il n’y aurait pas eu autant de sang. Mais sur l’autre point, le père de famille était d’accord avec son futur gendre, sa fille était beaucoup trop insignifiante aux yeux de la société pour qu’on ne cherchât à s’en prendre à elle directement. Du moins, le croyait-il. Il ignorait le rôle que la jeune héritière jouait auprès des créatures de la nuit.

- Je prie le Ciel pour qu'il ne lui ait pas fait de mal et pour que les autorités mettent enfin la main sur lui afin de l'empêcher définitivement de nuire aux honnêtes gens.


Lydia brisa le silence d’une petite voix. Elle semblait profondément d'accord avec le Comte mais quelque chose l'indisposait.

-Il n’aurait pas osé. Si Sarah était... Si Sarah avait eu la possibilité, elle nous aurait écrit, quand bien même pour nous dire qu’elle partait avec lui...


Lydia connaissait assez sa fille pour savoir qu’elle n’aurait pas résisté à l’envie de leur avouer qu’elle était partie avec son amour. Non, c’était insensé qu’elle les laisse dans une attente aussi longue, avec un scénario aussi sombre. Elle avait entendu le sous-entendu dans la voix du Comte, mais ne s’en vexa pas. Le pauvre devait être autant rongé d’inquiétude qu’eux et le Sieur Ravellow faisaient un bon suspect, quoique peu probable.

- J'étais si heureux d'apprendre son retour de Ste Marys...Vous savez, lorsque j'ai lu cette terrifiante nouvelle dans le journal, j'ai voulu me rendre sur les lieux du "crime". J'ai été retenu par mes amis. Je doute que j'aurai pu aider le Yard, mais, vous savez bien comme l'âme humaine ne sait se contenter de ce qu'elle apprend de la bouche d'autrui. Saint Thomas ne croyait que ce qu'il voyait, et je pense qu'il avait raison.


Dorian hocha la tête avec approbation. Lui-même connaissait désormais les lieux par cœur et s’il n’accordait pas grand foi en la compétence du Yard, il savait qu’aucun agent n’aurait passé à côté d’une si grande découverte. Il prit une gorgée de son verre avant de hausser les épaules.

-Il n’y avait pas grand-chose sur les lieux. Que de la végétation. Pas aucune trace. Mais les recherches ne sont pas encore terminées... il reste encore beaucoup d’endroits à fouiller... jusqu’à la ville.

Monsieur Spencer avait laissé un doute plané sur sa phrase. Bien sûr, comme toutes les jeunes femmes de son âge, Sarah ne savait pas nager, mais il trouvait inconcevable que son corps n’ait pas encore été découvert. Pour lui aussi, la thèse de l’enlèvement devenait plus que probable. Ce qu’il ne comprenait pas c’était la raison pour laquelle il n’avait pas encore reçu de demande de rançon ou de menace. Le Comte prit alors les mains de Lydia pour lui promulguer quelques paroles réconfortantes. La jeune femme sentit son cœur se gonfler de gratitude. Comme elle était fière d’avoir un gendre avec autant d’amabilité, de gentillesse. Elle hocha doucement la tête. Puis, le Comte demanda un entretien privé. D’un geste vif, Dorian bondit sur ses pieds avant de l’inviter à le suivre. Ils traversèrent de nouveau le Hall d’entrée, puis la salle de musique. Jetant un coup d’œil à leur invité, Monsieur Spencer observa sa démarche.

-Vous marchez bien. Heureusement que votre blessure n’était que superficielle.

La remarque était sincère. Il savait à quel point cela pouvait être pénible et humiliant pour un homme d’être blessé, surtout vu les circonstances. Ils pénétraient dans le bureau de Dorien. Celui-ci ramassa rapidement les lettres qui traînaient sur la table basse pour les déposer ailleurs. Lui qui était si bien organisé et minutieux dans le rangement de son bureau eut un instant honte des montagnes de documents et de papier qui traînait ici et là. Il attrapa un petit colis enveloppé dans du papier kraft pour offrir un siège à son invité. Ses yeux bleus se perdirent un instant sur le colis qu’il tenait dans ses mains.

-Lamartine, dit-il soudainement. Après Shakespeare, elle ne parlait plus que de lui récemment. Un poète français...J’avais pensé...Je me suis dit qu’elle aimerait bien recevoir sa poésie pour son anniversaire.

Les mots venaient difficilement. L’émotion refoulée perçait chacune des notes de la voix de Mr Spencer. Il se racla la gorge avant de poursuivre.


-Elle va bientôt avoir 22 ans, vous savez? Le premier mai. Dans quelques jours... Et je veux qu’elle les ait à la maison.

Le regard de Dorien s’était fait dur. Une étincelle de défis et d’obstination brillait dans ses yeux d’azur. Il était d’une conscience inébranlable, un autre trait qu’il partageait avec sa fille. S’il avait pu tenir le responsable de la disparition de sa fille... Prenants appuis sur son bureau, Monsieur Spencer posa les paumes sur le bois noir, fixant son regard dans les yeux brumeux de son invité.

-Je vous écoute.


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Comte Keï
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MessageSujet: Re: La Belle envolée [Comte, Parents de Sarah] [22/04/42] Jeu 14 Mai - 20:17

Le Comte avait toujours adoré jouer la comédie. Exagérer ses propos et endosser un rôle pour mieux tromper ses proies lui était aussi agréable que le souffle d'une brise nocturne un soir d'automne. Il détestait se retrouver obligé d'assister à un bal dont il n'avait pas envie, encore moins se pavaner dans les salons alors qu'il rêvait de se prélasser dans ses appartements souterrains, mais lorsqu'il s'agissait de pervertir, de tromper, d'engloutir autrui dans ses plans malsains et de s'accaparer quelques âmes folâtres, histoire d'emplir toujours plus la coupe qu'il tenait entre ses griffes, le Vampire jubilait.
Mais ce soir, il n'y avait chez lui aucune malice particulière, aucun écho de plaisir, aucune envie de jouer. Même s'il savait qu'en apportant aux Spencer son "soutien" il continuait de s'assurer leur bienveillance, il n'était pas venu les voir dans le but de déplacer ses pions sur l'échiquier géant qu'était devenue pour lui la capitale. Il n'y aurait ce soir aucun véritable jeu de société, seules quelques paroles réconfortantes, de la compassion à peine feinte et de la dignité.

En vérité, le Comte était venu chercher des réponses à ses questions. Qu'obtiendrait-il? Peut-être rien. Mais Sarah valait sans aucun doute la peine qu'il se déplace pour tâcher d'en savoir plus sur sa disparition. Quand bien même aurait-il eu toutes les cartes en mains pour trouver les responsables de cette odieuse attaque sur l'héritière Spencer, le Vampire se serait tout de même présenté à ses parents. Question de respect? Pas seulement. C'était pour lui un moyen de vérifier que certaines rumeurs concernant cette famille n'étaient pas avérées et surtout de rencontrer un des témoins clé de cette histoire: leur cocher.

C'était donc avec honneur et tact que le Vampire était entré dans la demeure des Spencer. Dorian restait l'homme droit et respectable que le Comte avait rencontré la première fois qu'il s'était serré la main. Il semblait avoir pris la nouvelle de la disparition de sa fille avec toute la noblesse dont un homme pouvait faire preuve dans semblable situation. Il l'avait faite chercher, accompagnant le Yard dans ses enquêtes sur les bords de la rivière Thames, sans pour autant cesser de diriger sa maison avec le calme et l'aplomb d'un gentleman. Sa femme, Lydia, était bien plus visiblement affectée. Elle s'était réfugiée dans un mutisme et une austérité dignes du plus grand des deuils et ne semblait plus incarner cette joie bavarde qui la démarquait des autres femmes. Le Comte fut touché de la trouver si agréable avec lui lorsqu'il franchit le seuil de la demeure. Ses traits étaient tirés, elle avait dû beaucoup pleurer, mais elle restait aussi accueillante et bienveillante avec ses invités que si elle revenait du marché.

Lorsqu'il se fût assis et qu'il eût accepté le verre de cognac que lui avait tendu Monsieur Spencer, le Comte avait commencé par leur exposer ses regrets et sa peine pour Sarah, sa peur, sa compassion pour eux, si proches de leur fille, ses recherches pour aider le Yard...Il avait été sincère sur de nombreux points et son ton, un peu serré par ses véritables émotions, n'avait pas eu besoin d'être travaillé pour que le couple soit conscient que ce lord en face d'eux tenait véritablement à leur fille.

Un point sembla cependant les chiffonner: l'idée que Von Ravellow puisse être à l'origine de cette attaque. Cet aristocrate déchu, réputé pour ses excès et maintenant connu pour avoir tenté de tuer le Comte lors de sa dernière représentation, présentait pour eux une piste non-négligeable mais de peu de vraisemblance. Ce criminel devait être loin depuis qu'il s'était échappé de la Tour et puis il n'aurait pas été aussi violent pour récupérer Sarah...Ils avaient raison et le Vampire prit enfin pleinement conscience de son aveuglement.


- Vous avez raison. A moins que le désespoir l'ai poussé à tenter de tuer votre fille, par dépit ou par vengeance, cela paraît un peu grotesque.

Le Comte ne souhaitait pas absolument rejeter la faute sur Alexender mais, au fond, il aurait préféré avoir à se focaliser de nouveau sur cet Humain arrogant plutôt que d'avoir à combattre des membres du Sabbat.
Lydia pensait que si Sarah était partie avec son amant elle n'aurait pas manqué de les en informer. Jirômaru soupira tristement:


- Je l'espère Madame...je l'espère...

Oui, Sarah aurait sans doute écrit à ses parents pour leur crier haut et fort qu'elle s'était enfuie avec le rouquin. Elle était assez fougueuse pour oser les défier. Quoique le Vampire ne doutait pas que la jeune sorcière ne devait pas faire souvent l'idiote devant un père aussi pragmatique que Dorian. Cet homme semblait avoir une rigidité morale à toute épreuve. Et puis, de savoir que des Vampires la rechercheraient, cela ne l'aurait-il pas empêchée d'agir de cette façon? N'aurait-elle pas préféré protéger ses parents en évitant de les tenir au courant de la nouvelle tournure que prendrait sa vie? Le Comte avait déjà fait d'eux des otages, sans que cela ne soit encore clairement exposé, mais la jeune femme devait se douter qu'il n'hésiterait pas à les utiliser contre elle. Non...Sarah n'aurait pas forcément écrit. Peut-être même qu'avec le rouquin ils s'étaient arrangés pour la faire passer pour morte afin de pouvoir s'enfuir loin de Londres et vivre leur idylle! Et cette odeur? Ces coups de feu? Du maquillage? Impossible. Le Sabbat avait forcément un rapport avec cette attaque.

Tout s'embrouillait dans l'esprit du Vampire. Il ne voulait pas voir la vérité en face. Il refusait d'avoir là une preuve qu'il devait se mettre en chasse des "siens" en plein jour. Lui qui avait toujours œuvré dans l'ombre, sous couvert des lois vampiriques, à l'aide de sa simple autorité et de ses machineries, devrait ainsi se retrouver officiellement opposé à sa race? C'était dangereux, trop dangereux. Sarah était en train de déclencher une guerre.
En effet, autrefois silencieuse, la bataille entre la Camarilla et le Sabbat risquait de faire du bruit cette fois. Ce ne serait plus un accident ou quelques règles transgressées qui allaient faire lois mais bien des meurtres. Comment gérerait-il pareil combat?
Le Comte se trouvait face à un choix bien cruel: celui d'oublier Sarah et de se contenter de coincer quelques individus pour lesquels il trouverait aisément un grief général pour les exécuter, ou celui de récupérer la jeune femme, si elle était encore en vie, et de réduire à néant la Secte Noire.


- Les recherches ne sont pas terminées, mais j'ai déjà entendu des agents dire qu'elles ne s'éterniseraient pas. Je doute que le Yard puisse nous aider. Excusez mon pessimisme mais il semble que les autorités penchent sur la noyade...

Il était entré dans leurs pensées et les avait assez sondés pour comprendre que les recherches ne dureraient pas bien longtemps. Les agents du Yard étaient quasiment tous persuadés que la jeune femme s'était noyée. Les membres du Sabbat avaient-ils tout fait pour que cette perspective soit rapidement crue? C'était possible. Mais, pour lui, si Sarah était bel et bien tombée dans l'eau, tant qu'elle n'y avait pas été retrouvée, tant qu'il n'y avait qu'un morceau de tissu comme témoin, il n'y croirait pas. Bartholomew lui avait dit qu'elle leur avait échappé.

- Votre fille est vivante. J'en suis persuadé. Je saurai la retrouver. Fit soudain le Comte en se levant.

Dorian comprit rapidement que le lord désirait parler seul à seul avec lui et que la présence des domestiques et même de Lydia indisposait la suite de leur conversation. Il y avait des points sur lesquels un homme ne pouvait se permettre de s'attarder devant une femme.
Dans le couloir qui menait au bureau de son hôte, le Comte sentit les yeux de ce dernier se poser sur sa jambe droite. Sa remarque le fit tiquer.


- Oui, j'ai eu beaucoup de chance. Cette blessure me lance encore parfois, les jours de pluie. Cela passera avec le temps.

Que penserait le pauvre homme s'il savait que c'était à sa fille qu'il devait cette balle dans le genoux? Le Comte avait couvert la jeune aristocrate en démentant sa présence et son alliance avec Alexender et les autres "criminels" de sa clique, donnant ainsi à la sorcière la chance de pouvoir reprendre sa vie sans trop de dommage. Mais cette blessure lui rappelait trop souvent l'ingratitude dont elle était capable. Il arrivait qu'elle lui intime l'envie d'achever toute cette histoire dans un bain de sang, d'abandonner la belle à ses souffrances et de ne plus se préoccuper de sa santé...Le lord soupira. Il était parfois las de ses propres intrigues.

Arrivé dans le bureau de Dorian, le Comte le laissa réorganiser son espace. Sans dire mot, il observa un peu les tableaux aux murs et ramena son regard de glace sur l'Humain lorsqu'il évoqua Lamartine et Shakespeare. Un bref sourire apparut aux coins de ses lèvres étirées.


- Sarah lisait donc Shakespeare? J'en suis fort aise. C'est mon auteur favori.

Était-ce donc bien elle qui lui avait emprunté "Songe d'une nuit d'été" avant de le lui réexpédier? Cette idée le traversait à la fois de joie et d'amertume. Qu'il aurait aimé le lui lire sur le coin de l'oreiller pour l'endormir! Pourquoi n'avait-il jamais eu ce loisir, ce bonheur, ce privilège? Pourquoi devait-elle ainsi toujours le fuir?
La mélancolie le gagnait dangereusement depuis la veille. Il fallait qu'il se ressaisisse.


- Je ne connaissais pas la date d'anniversaire de votre fille. Nous avons eu peu de temps pour discuter ensemble...Lamartine est un bon choix. Je pense qu'elle sera heureuse de le recevoir.

Le Comte soutint le dur regard de Dorian.

- Moi aussi.

Elle le recevrait. Elle le lirait. Elle fêterait son anniversaire sous ce toit. Il le fallait. Le Comte avait encore le secret espoir d'obtenir le coeur de Sarah. Il se souvenait que trop bien de cette soirée sous l'opéra lorsqu'elle était venue le chercher dans son cercueil et qu'elle s'était peu à peu laissée emporter par ses propres pulsions. Sa peau de nacre lui manquait. Son odeur, sa chevelure...Il désirait encore la marier et en faire une reine. Pourquoi. Arami? Peu importe! C'était ce que lui dictait son instinct.

Face à son interlocuteur, le lord fronça les sourcils. Il avait tant de choses à lui demander, des choses graves, qui lui importaient plus que tout. Il prit une grande inspiration et son ton se fit des plus sérieux.


- Tout d'abord, même si cela ne m'importe pas autant que savoir Sarah en vie, j'aimerais que vous me confirmiez que j'ai toujours votre soutien concernant notre mariage. J'espère que cet incident n'aura en rien affecté votre position par rapport à notre dernière entrevue et à mon propre honneur.

Le regard métallique du Comte resta figé dans les prunelles sombres de Monsieur Spencer.

- Ensuite, j'aimerais rencontrer votre cocher. Je sais qu'il a déjà été interrogé par Scotland Yard et qu'il doit encore être sous le choc mais j'aimerais lui parler. Je ne me pense pas plus efficace que ses agents mais j'ai besoin d'en avoir le coeur net. Je vous demande la permission d'avoir un entretien avec lui, seul à seul, afin que je lui poser quelques questions. Je doute sincèrement qu'il puisse m'apprendre quoi que ce soit, mais je ne cesse d'y songer depuis que j'ai lu les journaux.

Jirômaru attendit la réponse de Dorian avec un peu d'appréhension. S'il refusait de lui présenter leur cocher, il n'aurait d'autre choix que de tomber sur ce dernier au coeur de la nuit pour l'interroger. Il était hautement préférable pour tous que cet entretien se fasse tranquillement plutôt qu'au beau milieu des ombres.


> Jirômaru Keisuke <

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Sarah Spencer
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MessageSujet: Re: La Belle envolée [Comte, Parents de Sarah] [22/04/42] Lun 8 Juin - 21:42

La pluie continuait de tomber, avec une douceur agaçante en cette nuit grise. Les gouttes heurtaient les carreaux créant un petit bruit de fond à la lourdeur de la scène ambiante. Après être entré dans la demeure avec l’invité, Bentley était allé se réfugier dans la cuisine où sa présence avait ravivé l’esprit des domestiques. Comme s’ils étaient soudainement revenus à la vie, les petites ouvrières s’étaient remises à leurs tâches quotidiennes, oubliant un moment leur chagrin. Du thé fut préparé, des biscuits, on envoya quelqu’un nettoyer les traces d’eau dans l’entrée ainsi qu’éponger le long manteau du Comte pour qu’au moment de son départ le vêtement ne soit pas complètement humide.

Dans le salon, l’ambiance était lourde. Madame Spencer demeurait droite comme la justice. Elle voyait en Lecomte un allié qu’elle n’avait pas trouvé dans cette demeure. Les domestiques tentaient d’être fort devant leur maîtresse et Dorian se murait dans un silence et une activité qui le gardait hors de la maison toute la journée. Elle voyait enfin quelqu’un qui partageait sa douleur et sa tristesse. Quant à Dorian, ses réticences premières envers le vampire s’étaient éteintes depuis un bon moment. Il avait affaire à un gentleman, calme, posé, calculateur. Il dégageait un charisme auquel personne n’était insensible.

C’est ce à quoi avait songé le père de famille en se dirigeant vers son bureau, suivi de leur invité. Une fois les sièges vidés, l’invité assis, Dorian avaient retrouvé un peu de sa force tranquille, remettant ses émotions en cage. Il n’avait pas le temps de les vivre. Il laissa un instant vagabonder ses pensées tandis que le Comte prenait place. Oui, l’anniversaire de Sarah était bientôt, le 1 er mai, comme les vieilles fêtes païennes. C’est pour cela que sa mère avait toujours pensé que la jeune héritière avait un destin extraordinaire à vivre. M’enfin, elle n’avait certainement pas pu prédire la tournure des choses. Dorian songeant un instant qu’il serait agréable d’organiser un grand bal pour son anniversaire, annoncé les fiançailles officiellement. Cela ramènerait la vie au manoir. Mais pour l’instant, il voulait simplement qu’on lui ramène sa fille.

Le ton sérieux du Comte le ramena soudainement à la réalité. Perché sur le coin de son bureau, le père de famille écouta attentivement la voix douce de l’homme.


- Tout d'abord, même si cela ne m'importe pas autant que savoir Sarah en vie, j'aimerais que vous me confirmiez que j'ai toujours votre soutien concernant notre mariage. J'espère que cet incident n'aura en rien affecté votre position par rapport à notre dernière entrevue et à mon propre honneur.

La question prit le monsieur Spencer au dépourvu. Bien sûr, il avait songé à ce mariage, mais depuis la disparition de sa fille, cette histoire lui était sortie de la tête. Il secoua la tête d’un air que faisait souvent Sarah.

-Bien sûr, bien sûr. Je veux dire, votre sollicitude et votre peine ne font que démontrer les sentiments forts que vous entretenez pour Sarah et une telle affection ne peut me faire changer d’idée.

Avec un sourire conciliant, le père de famille se déplaça pour prendre place sur le fauteuil devant le Comte.

-Vous avez toujours ma bénédiction.

La situation régler, Monsieur Spencer écouta la deuxième demande de son hôte.

- Ensuite, j'aimerais rencontrer votre cocher. Je sais qu'il a déjà été interrogé par Scotland Yard et qu'il doit encore être sous le choc, mais j'aimerais lui parler. Je ne me pense pas plus efficace que ses agents, mais j'ai besoin d'en avoir le cœur net. Je vous demande la permission d'avoir un entretien avec lui, seul à seul, afin que je lui poser quelques questions. Je doute sincèrement qu'il puisse m'apprendre quoi que ce soit, mais je ne cesse d'y songer depuis que j'ai lu les journaux.

Cette fois, l’homme ne pu retenir un soupir. Malgré sa position, Monsieur Spencer avait toujours été le genre d’homme qui se soucis de son personnel. Cette rigueur qu’il mettait également au travail, en faisait un homme aimé et respecter. Pour cette raison, il était quelque peu réticent à faire subir à Édouard un nouvel interrogatoire. Mais le Comte était en droit de savoir. Avec un léger malaise, Dorian passa une main dans ses cheveux.

-Vous savez, Édouard n’est pas à proprement dire notre cocher. Il remplace quelques fois, car il a un don naturel avec les animaux. Notre cocher est tombé malade récemment et c’est Édouard qui l’a remplacé pour aller porter et ramener Sarah au couvant.

Monsieur Spencer se leva doucement, mettant ses mains dans ses poches tandis qu’il faisait quelques pas dans la pièce.

-C’est un brave garçon et je ne mettrai jamais en doute sa parole. Je peux lui demander de venir vous raconter ce qui s’est passé, mais je doute qu’il vous apprenne quoi que ce soit d’autre...

Dorian sortit un instant. Il traversa le long couloir pour se diriger vers les cuisines où le valet de pied blessé observait le vide, assis sur la table de la cuisine. L’arrivée du maître de la demeure dans la cuisine sema l’émoi parmi les domestiques qui se levèrent d’un seul bloc.

-Albert, j’aimerais avoir Édouard avec moi quelques instants. Notre invité désire s’entretenir avec lui.

-Mais vous n’y pensez pas monsieur, il a déjà subi assez d’interrogatoires comme ça! protesta Merrydith, la mère du jeune homme.

Avec un soupir, Dorian lui accorda un regard bienveillant.

-Il ne s’agit pas d’un interrogatoire, Madame Merrydith, le Comte a simplement besoin de savoir ce qui s’est passé.

Édouard était devenu livide. À contrecœur, il se leva, gardant son bras cassé contre lui. Dorian attendit qu’il sorte de la pièce avant de sortir à son tour. D’un geste lent, les deux hommes se dirigèrent vers le bureau du Maître.

-Ne t’en fait pas, c’est un homme gentil, il souhaite simplement que tu lui racontes ce qui s’est passé. Dans tous les cas, si la situation devient trop inconfortable pour toi, appelle-moi, je serai dans le corridor...

Le domestique déglutit difficilement.

-Bien monsieur.

Une fois la porte passée, Édouard se retrouva seul avec l’invité. Un malaise s’installa aussitôt. C’était la première fois que le jeune homme se retrouvait devant un être aussi imposant. Le regard vif du Comte le rendait inconfortable.

-On m’a dit que vous souhaitiez me voir, Monsieur le Comte?


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Comte Keï
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MessageSujet: Re: La Belle envolée [Comte, Parents de Sarah] [22/04/42] Sam 20 Juin - 11:52

[HRP/ RP écrit avec Sarah Spencer/ HRP]

Le Comte avait toujours la bénédiction des Spencer. Même si le Vampire était prêt à tout pour arriver à ses fins et que ce ne serait sans doute pas deux mortels qui auraient pu l'empêcher de réaliser ses fantasmes, l'entendre de la bouche de Dorian le soulagea. Quitte à parler d'amour et d'hymen, autant éviter une guerre dont les racines n'avaient déjà pris que trop de place dans le cœur des deux parties. Sarah serait sienne, d'une manière ou d'une autre, mais il préférait encore l'obtenir par d'habiles stratagèmes politiques plutôt que par la force physique.
D'ailleurs, depuis ce fameux soir sous l'Opéra, Jirômaru espérait secrètement que la jeune femme ne se donne à lui d'elle-même, sans qu'il ne doive la forcer, par envie, par passion, par besoin peut-être...Il ne se souvenait que trop bien du regard et des soupirs perdus que la belle avait laissé échapper lorsqu'elle s'était abandonnée...N'avait-il réellement aucune chance de la faire tomber par sentiment? Il en doutait. C'était une femme qui avait toujours vécu dans les carcans que sa famille et la société lui avaient imposés. L'aventure la tentait, comme toutes celles qui étaient dans sa condition. C'était évident. Et son cœur fort jeune pouvait encore vaciller d'un homme à l'autre. Alexender aurait-il autant à lui offrir que lui? Jamais. Pourrait-il la comprendre autant que lui? Sans doute pas.
Ramenant son attention sur ce qui l'avait conduit chez les Spencer, le Comte demanda alors à Dorian s'il pouvait rencontrer leur cocher afin de tâcher d'en savoir plus sur l'agression dont avait été sujette sa fille. Le père de famille laissa échapper un soupir qui en dit long sur sa réticence. Son domestique avait déjà subi un interrogatoire poussé de la part du Yard et il semblait se soucier de son bien-être. Le pauvre homme devait se reposer et se remettre de cette tragique histoire. Finalement, Dorian accepta de convoquer le dénommé Edouard pour satisfaire la demande du lord.


- Ne vous inquiétez pas, ce ne sera pas long, j'aimerai simplement être sûr d'avoir fait tout ce qui était en mon pouvoir pour retrouver votre fille.

Monsieur Spencer sortit pour aller le chercher lui-même et revint rapidement pour présenter l'homme. Une fois face au domestique, le Comte lui sourit gentiment et attendit que son hôte ne sorte. La porte fermée, Jirômaru se leva et s'approcha d'Edouard.

- Vous seriez aimable de me raconter ce qu'il s'est passé ce jour-là...

Le regard du Comte croisa celui du jeune homme et son esprit s'insinua dans le sien. Le Vampire voulait savoir ce que le Yard et les mortels ne pouvaient deviner.

[HRP/ En bleu, les pensées d'Edouard, écrites par Sarah/HRP]

Il fallait partir, le fiacre était avancé. Il pleuvait encore.
Rue St-James, Madeline sort de la demeure. Son mari est encore absent. Le lâche.
Ils s’arrêtent dans la carrière. Il regrette sa décision. Dieu du ciel, il va finir à la potence!
Sarah et Madeline sortent du fiacre. Il ne bouge pas. Moins il en savait, mieux il se portait.
Détacher l’un des chevaux du fiacre. C’était de la folie pure, il fallait lui dire...
Il regarda Sarah qui revenait vers lui. Elle avait déjà enfilé des vêtements d’hommes.


Des vêtements d'homme? Pour aller au couvent? Qu'avait donc organisé Sarah? Qu'est-ce que c'était que cette histoire?

- Mais oui Edward, je te le promets.

Non il en voulait plus, il fallait qu’elle revienne. Sa voix tremblait.

- Non, mademoiselle Spencer, c’est votre parole d’honneur que je veux.

Il y avait eu un silence, il avait vu son malaise. Il savait qu’un Spencer ne revenait jamais sur sa parole d’honneur et mademoiselle Spencer n’avait jamais faite exception. Lentement, avec un visage grave, Sarah, lui avait tendu le petit doigt pour qu’ils les croisent ensemble. Malgré lui, il avait sourit. Sarah avait toujours baignée dans les superstitions anglaises et celle des promesses ne manquait pas. Il s’était souvenus qu’un serment brisé entraînait l’immobilisation permanente du petit doigt serré. Ne disait-on pas qu’il ne fallait jamais avoir confiance en un homme incapable de plier son petit doigt? Mais elle lui avait promis, avec cet air sérieux et solennel qui la faisait tant ressembler à une reine.

- Je te jure que je vais revenir...Je serai au rendez-vous.

Il n’avait rien dit. Il avait tellement peur. Il avait été porté Madeline au couvant. Avec ses cheveux bruns elle ressemblait à Sarah.


Sarah n'était jamais allée au couvent! Elle y avait fait envoyer son amie!
Cette révélation manqua de rompre le lien mental qu'entretenait le Comte avec le domestique mais il tint bon. Raffermissant son emprise sur ses pensées, il le sonda à nouveau: il devait en savoir plus! Où était passée Sarah pendant tout ce temps où il l'avait crue au couvent!? Qui l'avait attaquée? N'était-ce pas véritablement une mise en scène comme il l'avait supposé un peu plus tôt? Alexender y était-il mêlé?


- Racontez-moi le jour de l'accident. Que s'est-il passé? Avez-vous vu vos agresseurs? Demanda-t-il en dévisageant de haut le pauvre homme qui avait visiblement beaucoup de mal à soutenir son regard impérieux.

Et le jour de l’accident?

Le pauvre garçon eu un tressaillement qu’il songea imperceptible. Fixant encore le vide d’un air lointain, il reprit exactement le même récit qu’il avait raconté 4 fois exactement.

- J’ai récupéré mademoiselle Spencer au couvent.

Il se voyait arriver à la clairière. L’attente, l’angoisse. Que pouvait-il dire aux maîtres si leur fille ne revenait pas? Mais elle était là, à l’attendre dans sa robe noire d’une simplicité charmante. Il l’avait trouvé changée, si triste, si pâle. Il n’avait rien dit. Ils étaient allés au couvent. Madeline était sortie. Il revoyait encore sa cape rouge flotter au vent...

- Mademoiselle Granger était dans le fiacre.

Qu'il abrège! Cela n'apportait rien à son enquête! Enfonçant un peu plus son esprit dans le sien, le Comte fouilla la mémoire du cocher.

Ils les avaient entendus parler. Même mademoiselle Granger n’arrivait pas à sortir Sarah de son mutisme. Puis il l’avait entendu crier. Le Comte avait-elle dit. Une lettre sans doute. Il n’y avait pas prêté attention. Elle était dans le fiacre, en sécurité. Bientôt elle serait au manoir et toute cette histoire ne serait qu’un horrible cauchemar. Le silence était revenu. Ils avaient roulé, longtemps. Il se rappelait de la lande, de la pluie. Les chevaux se conduisaient bien.

- Sur le chemin du retour j’ai entendu des cavaliers.

Puis il y avait eu du bruit. Il avait entendu d’autres bêtes approcher à grande vitesse. Il s’était dit que ces cavaliers étaient bien imprudents de galoper ainsi par une journée pluvieuse. Il y avait eu un grand bruit.

- J’ai entendu du bruit.

- Et ensuite? Le pressa le lord, agacé par la lenteur de son récit et le chaos qui régnait dans son esprit embrumé.

Il s’était retourné juste à temps pour voir l’homme sur le dessus du fiacre. Il avait voulu crier mais la seule chose dont il se rappelait par la suite s’était cette main avec une chevalière en or ornée d’un C qui s’abattait sur son visage.

Une chevalière...Un grand C...Qu'est-ce que cela signifiait?

- Je ne me souviens pas du reste…

Par la suite, il s’était retrouvé dans un fossé, le bras cassé.

- J’ai croisé des paysans et un fiacre. Ils m’ont aidé à appeler la police. C’est tout.

Le Comte resta silencieux pendant un moment. Sarah n'était jamais allée au couvent...Un des agresseurs avait une chevalière particulière avec un C...Ils avaient attaqué sous un ciel noir de pluie...
Sortant de ses réflexions, le Vampire se rendit compte qu'il était encore lié au domestique et qu'il ressentait ses angoisses à son sujet. Il était là, muet, à attendre que le lord ne le congédie. Jirômaru recentra son esprit et quitta les pensées du domestique. Puis, d'un geste de la main, il le congédia.


- Je vous remercie pour votre témoignage. Vous pouvez disposer.

Cet homme n'avait rien vu de capital et rien compris des plans de Sarah. Seule la chevalière d'un des agresseurs pouvait l'aider dans son enquête. Le fait même que Sarah ne soit jamais allée au couvent était un mystère pour lui aussi. Il ne savait pas ce qu'elle avait fait entre ce jour où elle s'était grimé en homme et celui où elle était revenue pour libérer sa complice du couvent. Madeline Granger...Il devait l'interroger...

De retour face à Monsieur Spencer, le Comte prit rapidement congé.


- Je n'ai rien appris de plus. Je suis navré d'avoir dérangé votre homme. Je vous remercie pour votre accueil. Sachez que vous avez tout mon soutien. Si je découvrais quoi que ce soit au sujet de la disparition de votre fille, je vous tiendrais au courant.

Après avoir récupéré son manteau et son haut de forme, le lord quitta les Spencer sur un baise-main à Lydia et une courbette en bonne et due forme.
Sur le chemin du retour, le Vampire rumina bien des pensées...
Sarah s'était joué de lui, de tous! Avait-elle rejoint Alexender comme il le craignait? Et ces Vampires qui l'avaient attaquée...Étaient-ils réellement du Sabbat? A qui appartenait cette chevalière?

Le Comte devait encore enquêter.


[HRP/ FIn du RP avec le Comte. Suite, dans "Divine mélodie"./HRP]


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La Belle envolée [Comte, Parents de Sarah] [22/04/42]

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