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[Revers du destin [02/06/42] [Comte Kei et Vincento de Santis]

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Comte Keï
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Proie(s) : Les Humains (pour se nourrir) et tout ceux qui se mettront en travers de son chemin.
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MessageSujet: [Revers du destin [02/06/42] [Comte Kei et Vincento de Santis] [Revers du destin [02/06/42] [Comte Kei et Vincento de Santis] Icon_minitimeLun 14 Déc - 18:13

[HRP/ Suite de "Bal et intrigues à la Spence's house"/HRP]



Revers du destin

Comte Kei, Ludwig Zwitter,
Ambre Ghrianstad et Manouk

"Quel étrange revirement du destin,

Vient à nouveau me prendre la main...?"


Dans le fiacre du Comte
6 juin 1842


Jirômaru laissait son regard courir sur les pavés londoniens tandis que son fiacre l'emmenait loin de la résidence des Spencer. L'air était sec et il faisait encore chaud malgré la nuit. Temps d'orage. L'aube n'allait pas tarder mais il était encore trop tôt pour que les chalands ne sortent le bout de leur nez. Seuls quelques chats erraient déjà sur les toits, prêts à regagner leur demeure. Ils espéraient sans doute un peu de lait et quelques caresses de la part de leurs maîtresses, comme beaucoup d'autres. Les rues, elles, demeuraient presque désertes.

Pourtant, le Grand Vampire voyait de nombreux visages danser devant ses yeux...

A l'instar d'une ritournelle infernale, de celles qui malmènent votre esprit au point de lui refuser toute idée de paix, le bal des Spencer résonnait encore dans la tête de l'ancien samouraï : Chastity, Katherine et Sarah se disputaient son attention. Trois femmes pour un homme. Trois femmes pour une âme damnée.
Chacune avait son importance pour la créature égarée qu'il était, mais concilier les trois relevait de l'impossible. Les pensées du Vampire, mêlées d'émotions fortes, sautaient d'un sujet à l'autre sans parvenir à s'organiser.

Il songeait surtout à cet enfant que la belle Stephenson lui avait annoncé et qui ouvrait son horizon sur d'incroyables perspectives. N'était-ce qu'un rêve éveillé ou sa dernière chance de perpétuer son nom ? Qu'allait-il en faire s'il naissait réellement ? Comment le protégerait-il ? Devait-il l'annoncer à la communauté vampirique ? Et à la communauté humaine ? C'était-là un dilemme très grave...Et que faire de Chastity elle-même ? Devait-il la prendre pour femme, la reconnaître comme mère, les deux à la fois, ou bien la cacher dans les profondeurs de l'Ombre ? Jirômaru réfléchissait, le coeur battant, la paupière agitée de légers soubresauts.
Son esprit finit par déboucher sur des réflexions plus poussées : et si la stérilité que la Sorcière lui avait imposée en échange de sa guérison ne concernait pas cette créature de laboratoire ? Chastity était peut-être la seule Vampiresse capable d'enfanter avec un autre Vampire...Tenter à nouveau l'expérience et en faire la matrice de sa descendance serait peut-être possible ! C'était à peser...Malheureusement, la nature de la belle rouquine était sujette à débat et le Comte n'était pas certain de savoir ce qu'il s'était réellement passé au creux de son corps. Et si l'enfant naissait difforme ? Il le tuerait sans doute. Et s'ils créaient une nouvelle espèce ? C'était presque effrayant...

Alors que Jirômaru devisait seul, en proie à ses doutes, une odeur lui monta au nez : l'envoûtant parfum de Katherine était resté sur sa chemise. Aussitôt, ses pensées vagabondes et instables glissèrent sur cet autre sujet, beaucoup plus facile. L'espace d'un instant, le beau visage de sa nouvelle actrice vint effacer celui de ses horribles projets d'expériences. Ah ! Comme il aimait ses longs cheveux noirs ! Cette femme symbolisait décidément la quintessence de l'art. C'était la représentation vivante du théâtre, le magnifique tableau que tout collectionneur rêve de posséder. Le désir que le Comte entretenait à son égard était très allégorique : il la voulait et, malgré les soucis urgents qu'il avait à régler, il ferait tout pour l'avoir. Sa pièce allait être parfaite et Katherine, pendue à son bras, en serait le joyaux. Quel doux rêve...Quelle belle illusion...
Une ombre venait noircir ce tableau : la mauvaise réputation de Katherine. Cette piètre image que le beau monde avait d'elle la pourchassait jusque dans les soirées mondaines. Jirômaru fronça les sourcils au souvenir de cet impertinent qu'elle avait dû giflé au bal des Spencer. La fureur qu'il avait affichée restait gravée sur sa pâle rétine : ce rustre méritait de mourir. Le Vampire soupira : ne pouvait-il donc pas y avoir un seul événement mondain sans esclandre ? Cette société, cruelle, artificielle et sans réelle saveur, risquait bien de détruire sa belle Cléopâtre...Il allait falloir éviter les scandales et l'aider à s'élever au-dessus de sa position actuelle. Pour cela, Jirômaru allait devoir user de son influence et prendre patience. L'anniversaire de Sarah n'avait guère facilité sa tâche...

Sarah...L'ancien samouraï serra les dents en songeant à sa bien-aimée. Il gardait un cuisant souvenir du regard noir que la chasseuse lui avait jeté lorsqu'il lui avait refusé l'immortalité. Pour elle, il l'avait sans doute complètement abandonnée. C'était irritant. Profondément irritant. Pourquoi refusait-elle donc qu'il la soutienne à sa façon ? Ne pouvait-elle donc pas comprendre qu'ils appartiendraient toujours à deux mondes différents ? Leur alliance, si alliance il devait réellement y avoir entre eux, ne pourrait se faire qu'avec un accord qui prendrait en considération leurs natures opposées.
Jirômaru sentait qu'il allait devoir faire surveiller sa belle magicienne de très près s'il voulait l'empêcher de se faire transformer par un autre que lui...Cette pensée le rendait presque malade. Il en frissonna. Comment pouvait-elle oser s'offrir aux Longues-Dents, surtout ainsi ?! Cela allait contre tous ses principes ! Le lord serra le poing, agacé de devoir supporter ce poids supplémentaire. Sarah avait toujours été impulsive mais de là à se jeter à corps perdu dans l'aventure que représentait l'immortalité...De là à gâcher toute sa vie... Quelle aberration ! C'était une chasseuse, pas un monstre de foire ! C'était une femme bienveillante, attentive à son entourage et au monde, pas une égoïste ! C'était pour cela qu'il l'aimait ! Le cœur du vieux Vampire se serra : qu'allait-elle penser de cet enfant à venir ? Ah comme il aurait souhaité qu'elle en fusse la mère !


- Ces fêtes se ressemblent toutes tu sais...Tu t'y habitueras et tu les trouveras bientôt d'un banal à pleurer.

- C'est tout de même follement amusant ! Pour obtenir des informations, c'est l'idéal !

Ambre et Ludwig badinaient près de leur maître. Ils discutaient entre-eux des potins qu'ils avaient pu récolter lors de cette soirée et tâchaient de ne pas le solliciter, conscients qu'il avait besoin de réfléchir. Le jeune calice, récemment introduit au sein de la noblesse londonienne, adorait visiblement fouiner dans ce genre d'événement. Il se sentait utile et, même s'il n'appréciait guère les hypocrisies des uns et des autres, cela lui permettait de jouer un rôle auquel il tenait : celui d'esthète cultivé.

- D'ailleurs, je dois dire que la duchesse de Hellington cache bien son jeu...Elle possède bien plus de trésors que ce qu'on dit ! Elle a trente cinq domestiques à son service !

- C'est aussi un Loup-Garou...

L'intervention du Comte choqua ses deux disciples qui tournèrent aussitôt leurs têtes vers lui. Ludwig ouvrit la bouche en grand et écarquilla ses grands yeux bleus, aussi perturbé par cette révélation que par le fait que son maître daigne participer à une conversation aussi futile. Ambre grimaça un peu : le ton de Jirômaru laissait supposer qu'il avait une nouvelle fois sombré dans la mélancolie.

- Un...Un Loup-Garou ?! Mais...pourquoi vit-elle donc encore ? demanda maladroitement le calice.

Le Comte ramena ses yeux sur son serviteur et lui jeta un regard morne. Il soupira avant de se redresser un peu, tout en passant une main dans ses cheveux de neige qui se détachaient par mèches entières, le ruban de son catogan ayant lâché.

- Crois-tu que pour mes desseins il me soit nécessaire de tuer tous ces animaux ? J'ai autre chose à faire...et il peuvent parfois m'être utiles...

Le grand Vampire grogna de fatigue et ses yeux se perdirent un instant dans le vide avant de revenir lécher les pavés à travers la fenêtre. Ambre jeta un coup d'oeil à Ludwig, lui intimant discrètement de ne pas enchérir. Cette discussion ne mènerait nulle part. De tout évidence, quelque chose remuait profondément leur maître et il n'était généralement pas bon de le déranger dans ces moments de réflexions.
La belle actrice craignait un nouveau drame, de l'ordre de celui de Salluste. Le Comte n'était plus lui-même depuis quelques temps. Ses plans, sans cesse revus, ne se déroulaient jamais comme il l'avait souhaité et son échiquier, mis à mal par les Hunters, les Loups et ses sentiments personnels, commençait dangereusement à vaciller sur son socle. Jirômaru perdait le contrôle de la situation et cela se ressentait dans sa façon de traiter ses disciples, de laisser libre cours à ses émotions et de laisser ses pensées couler hors de ses barrières psychiques. Il avait été gravement blessé, il avait signé un pacte étrange avec une Sorcière avant de laisser Sarah derrière lui...Tout cela ne sentait vraiment pas bon. Mais ce n'était pas tout : quelque chose avait changé dans son regard depuis son entretien avec Miss Stephenson...

De quoi avaient-ils donc parlé ?


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Crédit image: Spring Heel'd Jack Episode II de Jamie-Egerton, Fumes.


> Jirômaru Keisuke <
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Dernière édition par Comte Keï le Mar 15 Déc - 11:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Revers du destin [02/06/42] [Comte Kei et Vincento de Santis] [Revers du destin [02/06/42] [Comte Kei et Vincento de Santis] Icon_minitimeMar 15 Déc - 11:46

Revers du destin

Comte Kei, Ludwig Zwitter,
Ambre Ghrianstad et Manouk



A quelques kilomètres du manoir du Comte

Le grand Vampire fut tiré de ses élans mélancoliques par un pressentiment des plus étranges. Son dos se raidit et son regard prit une teinte plus brumeuse. Ambre se redressa elle aussi, troublée par l'attitude soudainement alerte de son maître. De son côté, Ludwig ne ressentit rien, humain sans pouvoir aucun, mais il s’aperçut bien vite que ses deux compagnons avaient détecté quelque chose d'anormal. Leurs regards animés par le Don se croisèrent et Ambre blêmit. Le Comte serra les dents et le fiacre s'arrêta brutalement.

La porte s'ouvrit et le visage de Manouk, le grand Africain à la peau d'ébène, apparut dans son encadrement. Ses sourcils froncés et l'expression de colère qui animaient sa face ne laissèrent plus aucun doute au Calice : les Vampires avaient repéré un grand danger.


- Quels sont les ordres, maître ? demanda le colosse dont la voix grave dissimulait mal son émotion.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? chuchota Ludwig à Ambre. Il souhaitait comprendre pour pouvoir se rendre utile.

- Nous avons perdu l'un des nôtres...fit la belle rousse en lui intimant le silence d'un regard mêlé de tristesse et d'urgence.

L'Allemand frissonna d'angoisse. Que voulait-elle dire ? Un fidèle du Comte était donc mort ? Mais comment ? Où ? Là, dans le manoir ?! Comment était-ce possible ? Qui cela pouvait bien être ? Un des domestiques ? Un serviteur lambda ? L'un des Sept ? Impossible !

- Arnoldo. appela le Comte en repoussant doucement Manouk d'une main afin de sortir légèrement du véhicule. Le petit cocher réagit aussitôt et sa petite tête frisée dépassa de son perchoir pour répondre à son maître avec docilité.

- Oui, maître ?

- Gare le fiacre dans la ruelle là-bas, ordonna Jirômaru en lui indiquant l'endroit d'un coup de tête. Une fois fait, toi et Ludwig irez vous réfugier chez qui vous savez.

- Oui, maître.

Ludwig eut un petit sursaut en entendant qu'il allait être mis sur la touche. Lorsque le Comte reprit sa place et que la porte du fiacre claqua à sa suite, son visage fermé et très peu engageant le fit hésiter. Mais le Calice ne connaissait pas encore l'étendu du problème qui se posait à tous et son ignorance le poussa à réagir :

- Maître, pourquoi devons-nous nous cacher ? Qui a tué qui ? demanda-t-il d'une petite voix.

- Ce n'est pas le moment Ludwig. Obéis et tais-toi.

Le ton du Comte ne laissait aucun doute quant à la gravité de la situation et l'Allemand dut se plier à ses exigences. Il baissa la tête et se tue. Manouk et Arnoldo conduisirent le véhicule dans la ruelle désignée par le lord et calmèrent les chevaux avant de descendre du siège de cocher.
Une fois que tous eurent quitté le fiacre, le Comte donna des ordres précis : Ludwig et Arnoldo devaient partir sur le champ pour aller se réfugier dans leur ultime sanctuaire ; Ambre et Manouk devaient le suivre jusqu'au manoir et se tenir prêt à défendre leurs vies...



Devant le manoir du Comte

Posté devant le portail qui menait à sa demeure, Jirômaru évaluait la situation : rien ne semblait suspect à l'oeil simple des mortels mais, pour lui, d'infimes détails révélaient une infâme violation de son territoire. Ses pupilles, devenues rouges par la Vision Parfaite, scrutaient chaque gravier qui le séparait de la porte d'entrée. Ici, un fiacre s'était arrêté. Là, trois Vampires et deux Humains en étaient descendus. Il y avait eu bataille sur l'escalier, puis on avait franchi sa porte. La bataille avait fait rage et le crime avait été commis. L'ensemble de la scène avait été camouflé au mieux pour laisser croire qu'il ne s'était rien passé. Mais c'était sous-estimer le vieux Vampire qu'il était. Hormis le meurtre d'un des siens – ce qu'il ferait payer au centuple - une seule chose le chiffonnait dans cette intrusion : de toute évidence, la loi du domaine n'avait pas été rompue : quelqu'un les avait invités...
A sa droite, droit comme un « i », Manouk observait l'entrée de la demeure. Ses yeux fixaient la porte avec intensité. Il percevait la chaleur d'humains, mais aussi la texture du sang, son odeur insoutenable qui gorgeait le tapis. Ce sang était celui d'un des plus fidèles membres des Sept. Comment avaient-ils pu en arriver là ?
A sa gauche, Ambre semblait plongée dans un genre de méditation. Tous ses sens en éveil tentaient d'entendre le moindre son qui pourrait les renseigner sur la nature du mal qui était entré. Elle s'attarda sur le souffle raide de Marco, encore en vie mais mains et poings liés, sur le cœur emballé de Maria qui pleurait son amour perdu et enfin sur le pouls rapide d'Elwood qui avait besoin d'un médecin.

Leurs esprits verrouillés, le trio s'avança lentement dans la cour. Silencieux comme des ombres, prêts à en découdre, le Comte et ses disciples limitaient leur poids sur le gravier et retenaient leur souffle. Nul n'aurait pu les entendre, ni même les sentir.
Aussi, lorsque Ambre tourna la poignée de la porte de chêne, l'infime grincement du cuivre sembla provoquer la terreur chez l'ensemble des personnes présentes à l'intérieur du manoir. Il y eut un raclement de chaise, un murmure surpris et un grognement de rage : les intrus venaient de réaliser que le maître des lieux était enfin arrivé.

Le Comte pénétra le premier dans le vestibule. Son regard, redevenu normal, s'arrêta sur des traces de sang volontairement laissées au mur. Quelle mise en scène grotesque ! Quelques lambeaux de tapisserie pendaient lamentablement par-ci par-là, signe qu'une lutte acharnée avait eu lieu. Le tapis aux arabesques grandioses était effiloché sur un bord.
Mais c'est en entrant réellement, au bout de quelques mètres, qu'ils trouvèrent le corps sans vie de leur ami...


- Arath ! s'exclama Ambre malgré elle.

Manouk la retint tandis que le Comte s'avançait encore vers son disciple. Le corps d'Arath était installé sur une chaise. Complètement nu, la tête rejetée en arrière, les bras sur les accoudoirs, il avait été positionné comme s'il s'était assoupi, à ceci près qu'il avait été atrocement mutilé : chacun de ses muscles avaient été tailladés à l'aide d'un grand couteau, son ventre, ouvert en deux, vomissait ses entrailles sur son entre-jambe et glissaient jusqu'au sol pour former un amas de chair et de sang. La scène était abominable.

- Barbare...grogna Manouk en fronçant le nez.

Arath avait dû souffrir le martyr. Même éventré, un Vampire vit encore. Ce qui avait tué le malheureux, ce n'était pas ces actes de torture, c'était un pieu en argent qui l'avait littéralement cloué à la chaise en traversant son cœur.

- Des Hunters... ?

Absolument pas. Le Comte sortit les canines. C'était-là l'oeuvre d'un groupe de Vampires assoiffés de haine, grisés par l'interdit, vengeurs et malades. C'était une provocation envers l'autorité qu'il représentait, une envie d'en découdre pour prendre sa place. Sans doute des rescapés du Sabbat qui venaient chercher à se venger de leur défaite à la bataille d'Highgate.

- Ne prenez pas de risques inutiles...ordonna-t-il soudain avant d'enjamber les intestins de son disciple pour se diriger vers la porte qui donnait sur le hall.

Le-dit hall était impeccable. Il n'y avait ni trace de sang, ni objet inhabituel, ni présence étrangère. Jirômaru et ses compagnons tendaient l'oreille et utilisaient leur Don pour détecter la moindre anomalie, le moindre signe d'ennemi. Rien. C'était justement ça le problème : quelque chose ne tournait pas rond.

- Des Entraves...murmura l'Africain en reculant un pied.

Le Comte se raidit et utilisa la Vision Parfaite pour laisser son regard faire le tour de la pièce. Manouk avait raison : au moins trois Entraves avaient été installées. Ces pièges, généralement mis en place par les Hunters, utilisaient le liquide méphitique présent dans les Bloody Rose pour former des pieux et des lances qui transperçaient les Vampires de part en part afin de les immobiliser. Il suffisait de se trouver au mauvais endroit pour les déclencher et se retrouver brutalement planté sur place par cinq ou six traits noirs. La régénération, stoppée nette, et le sang instantanément coagulé, rendaient les Vampires incapable de se mouvoir et d'utiliser leurs pouvoirs. C'était le piège parfait, d'autant qu'il était rarement détectable. D'ailleurs, sans l'Africain et ses grigris ancestraux, Jirômaru aurait été pris.

Évitant donc de peu les pièges, le trio se dirigea vers le parloir-smoking d'où provenait une faible résonance : plusieurs esprits y conversaient. Cette fois, ce fut Manouk qui ouvrit la porte, laissant le Comte entrer le premier. Trois hommes les dévisagèrent alors : le plus important d'entre-eux s'était installé dans un fauteuil confortable tandis que ses complices se tenaient debout à ses côtés, à l'instar de deux gardes du corps. Les trois hommes possédaient clairement le teint des méditerranéens même s'ils demeuraient pâles à cause de leur nature vampirique.


- ...T...toi...!?

Ambre sentit le Comte fléchir sous le choc. Elle le vit se rattraper au guéridon qui se trouvait non loin et le suivit vivement pour l'aider si besoin. Manouk, lui, fixait intensément l'intrus principal comme s'il allait le dévorer sur place.

Qui était donc ce Vampire aux airs suffisants ? Qu'avait-il fait à leur maître ?


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MessageSujet: Re: [Revers du destin [02/06/42] [Comte Kei et Vincento de Santis] [Revers du destin [02/06/42] [Comte Kei et Vincento de Santis] Icon_minitimeMar 29 Déc - 16:58

Revers du destin

Comte Kei, Ludwig Zwitter,
Ambre Ghrianstad et Manouk




De tous les visages connus que le Comte aurait pu imaginer sur la face de l'insolent qui venait de s'installer chez lui, celui qu'il avait désormais devant les yeux était le plus improbable. C'était celui d'un passé révolu, celui d'un souvenir déformé, celui d'un mort.

Jirômaru manqua de défaillir à nouveau. Agrippé au petit guéridon, soutenu en partie par Ambre, le vieux Vampire ne put s'empêcher de garder la bouche ouverte, incapable d'accepter l'impossible. Ses yeux gris, écarquillés, ne pouvaient plus se détacher de l'intrus. Toute son existence venait de prendre une tournure abominable et, sur le moment, plus rien n'avait d'importance à part cet homme au teint mate qui le dévisageait avec un sourire narquois...

Si le Comte ne les observait pas, Ambre, elle, réalisa bien vite que les trois individus n'étaient pas seuls dans cette pièce.
Pieds et poings liés, la figure en sang, bâillonné et jeté à genoux au sol, Marco n'en menait pas large aux pieds d'un des sbires de l'intrus. L'Allemand rageait visiblement sans avoir la force de s'exprimer. Il était presque inconscient, même si son regard noir dévorait par à-coup les assassins d'Arath. Sans doute avait-il été cruellement battu par les envahisseurs pour avoir tenté de défendre le manoir, avant d'avoir été abandonné-là sous leur bonne garde.
Il y avait également Elwood, le vieux majordome, recroquevillé dans un coin de la pièce, en grande souffrance. Son bras droit avait été cassé et formait un angle improbable au niveau du coude. Le pauvre grand-père serrait les dents et suait à grosses gouttes. Son visage n'avait jamais paru aussi pâle. Il lui fallait un médecin d'urgence. Peut-être faisait-il même une hémorragie interne...
Près de lui se tenaient les deux bonnes, les soeurs Porter. Annabelle pleurait à chaudes larmes, serrant contre son coeur le corps de sa petite soeur, Cécilia. Cette dernière avait de toute évidence été saignée par un Vampire. Son sang coulait encore de sa gorge blanche, souillant ses vêtements de fonction au niveau du col. Annabelle était désespérée mais silencieuse. Elle jetait des regards emplis de suppliques à Elwood et au Comte qui ne la regardait pas. Elle priait sans doute le Seigneur de les sauver tous et de prendre soin de l'âme de sa défunte soeur dont elle ne reverrait plus jamais le sourire.
Enfin, derrière les trois Vampires responsables de ces drames, légèrement sur la droite, se tenait Maria. A demi-dissimulée dans l'encadrement d'une porte qui donnait sur la suite des petits salons, la plantureuse Vampiresse semblait prête à s'enfuir en courant. Frémissante de peur et visiblement de tristesse, elle ne pouvait apparemment pas quitter des yeux Jirômaru. Elle avait toujours eu une affection des plus profondes pour son maître et le voir dans cet état de stupeur glacée la blessait profondément. Cependant, Ambre compris bien vite sa position par rapport aux agresseurs : elle était leur complice. C'était donc elle qui leur avait ouvert la porte du domaine, elle qui avait condamné Arath et Annabelle, elle qui avait manqué de faire tuer Elwood et enfin elle qui avait fait entrer une sombre terreur dans l'univers du Comte Keisuke.


- Traitresse...susurra-t-elle en direction de l'Italienne. Sa haine était palpable.

Maria lui jeta un regard noir dans lequel brillait une larme de culpabilité. Ce qui était fait, était fait. Elle ne ferait plus marche arrière, c'était fini. Le Comte méritait ce qui lui arrivait...

- Vincento...Comment...? Le Comte, fasciné par son adversaire, demeurait figé sur place, le coeur battant à tout rompre, incapable d'aligner deux mots.

Manouk se plaça alors entre lui et les trois assassins.

- Que faites-vous dans ce domaine, Vampires ? demanda-t-il sur un ton des plus menaçant. Vous violez ici le territoire du Prince de cette partie du Monde ! Qui êtes-vous !? Annoncez-vous ! L'assassinat de nos compagnons est un crime impardonnable et vous osez encore demeurer ici !? Quelle imprudence ! Quel genre d'imbécile êtes-vous donc !? Vous en avez assez de vivre !?

Le grand Africain ouvrit ses mains, paumes vers le ciel, et des épines poussèrent sur sa peau. Extrêmement fines et longues, elles hérissèrent ainsi ses deux poings et furent bientôt pointées dans la direction des intrus.

- Arrête, Manouk.

La voix du Comte resta faible mais suffisamment impérieuse pour que son disciple lui obéisse. Il renonça donc au combat et recula pour laisser son maître repasser devant lui.
Jirômaru semblait peu à peu sortir de sa torpeur. L'intervention de Manouk avait eu le bon goût de le réveiller et de le pousser à réagir. Il se redressa et lâcha enfin le guéridon qui le soutenait.


- C'est impossible...Tu es mort... fit-il en s'approchant lentement du Vampire central. Comment...?

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[HRP/ Suite du RP "Bal et intrigues à la Spencer's House" /HRP

Revers du destin

"Le fantôme que tu as créé,
Viendra toujours te hanter.”

Vincento de Santis & Astorre Monciatti


Quelques heures plus tôt...

Vincento dévorait du regard le dénommé Marco. A genoux devant le blondin, une main passé dans ses cheveux d'or rendus poisseux par le sang et la sueur, il jubilait. Quel effet cela faisait-il d'être battu aussi facilement à cause d'une femme ? Qu'allait donc ressentir son enfoiré de père lorsqu'il subirait la même chose que son sous-fifre ?

- Ferme-la maintenant et observe.

L'Italien jeta un regard à son ami et Astorre ne se fit pas prier pour fermer la porte qui donnait sur le hall. Cette fois, ils étaient prêts. Le plus virulent des sbires du Comte avait été éliminé, Maria avait réussi à stopper le blondin, le majordome était à l'agonie et les deux bonnes étaient maintenant à leur service. Ils n'avaient plus qu'à attendre que le principal intéressé de cette petite réception hors du commun ne daigne les honorer de sa présence. Il devait encore danser dans les bras de quelques donzelles, soupirer sur le balcon des Spencer ou faire semblant de boire un verre en leur nom.

- Un verre...Tiens, j'en prendrais bien un ! fit soudain Vincento en bondissant vers les deux bonnes. La plus jeune poussa un petit cri de souris avant de se réfugier dans les bras de sa grande soeur.

- Pitié Monsieur, nous ferons ce que vous voudrez. Laissez-nous la vie sauve ! l'implora cette dernière en éloignant la cadette du Vampire.

- Ah mais bien sûr que vous ferez tout ce que je voudrai. Vous n'avez pas le choix mesdames...rit le Vampire en faisant un dernier petit bond vers elles.

Il les regarda de haut en bas et fit bien vite son choix. Il saisit brutalement la plus jeune et la tira vers lui pour la prendre dans ses bras. Les deux femmes ne purent lutter contre sa poigne de fer.

- Non ! Cécilia ! Non ! Prenez-moi à sa place ! Je vous en supplie !

- Annabelle ! Annabelle ! Non !! Lâchez moi ! Pitié ! Pitié !! Lâchez moi ! Annabelle !!!

Le Vampire repoussa avec brutalité l'aînée qui s'accrochait à son bras et l'envoya dans les bras d'un de ses acolytes.

- Tiens-moi ça, Antonio.

- Avec plaisir.

S'en suivirent des cris, des pleurs et une effroyable démonstration de ce qu'était un Vampire. Vincento plongea ses crocs sans douceur dans le cou de sa victime et déchira sa carotide. Il se gorgea de son sang par goulées entières avant de saisir un verre et d'y laisser couler le reste de vie qu'il comptait boire autrement. Enfin, il dévisagea la belle, inerte dans ses bras, et l'embrassa avec un semblant de passion sur les lèvres avant de la laisser tomber au sol. Cécilia heurta le tapis, abandonnée là comme une poupée de chiffons. Annabelle s'effondra et Antonio la jeta sur le cadavre encore chaud de sa petite soeur.

- Vous avez choisi le pire maître qu'il soit. Vous le payez maintenant.

- Monstres...

Le Vampire se tourna vers le vieux majordome ramassé sur lui-même. Il leva un sourcil, surpris malgré tout de l'audace qu'avaient les serviteurs de son père.

- Ton tour viendra, vieil homme. Ne soit pas si pressé.

Alors qu'ils s'amusaient ainsi, Vincento, Astorre et Antonio entendirent l'infime bruit que fit la poignée de la demeure lorsque le Comte l'actionna. Surpris de ne pas l'avoir senti arriver, ils avaient légèrement sursauté. Antonio avait bousculé une chaise et Astorre lui grogna dessus qu'il fallait être les plus discrets possible.
Vincento jeta un regard aux otages et leur fit comprendre que leur vie ne tenait qu'à un fil. Puis, il s'installa sur le fauteuil qu'il avait mis en scène au centre de la pièce avant d'être rejoint par ses complices. Il but d'une traite le verre de sang qu'il tenait à la main et le donna à Antonio. Ce dernier abandonna l'objet sur la table basse située non loin d'eux. Tous firent silence, tendant l'oreille aux bruits qui leur parvenaient depuis l'entrée. Seule Annabelle pleurait encore en haletant sur le corps de sa soeur.


- Tais-toi si tu ne veux pas la rejoindre... menaça Antonio en lui montrant les crocs.

Annabelle se tue, terrifiée. Eldwood, lui, serra les dents, hésitant à se sacrifier pour pousser un cri d'alerte. Marco le sentit et, malgré son état, il réussit à se tourner vers le majordome pour lui intimer le calme. Eldwood obéit au Vampire mais il se jura de venger la pauvre Cécilia, et dans le même temps sa triste soeur.

Vincento jubilait dans son fauteuil. Il souriait, impatient de se retrouver enfin en face à face avec son géniteur. Son coeur subissait les vagues de ses émotions diverses, rendant difficile sa concentration. Le Vampire devait absolument masquer son aura et faire preuve de discipline pour accueillir son ennemi avec panache. Il fallait surtout que ce dernier comprenne bien que le maître de cette ville ne serait désormais plus le même...

Pour tous les protagonistes de cette odieuse mise en scène, le temps parut infiniment étiré. L'attente sembla horriblement longue et pénible. Mais que faisaient donc le Comte et ses disciples ? Après quelques murmures échangés apparemment dans l'entrée, le manoir s'était totalement tue.
Le doute s'insinua ainsi lentement dans l'esprit de Vincento qui se demanda si son père n'allait pas les surprendre en passant par un passage secret, une chose de ce style...Antonio et Astorre tendaient l'oreille et tâtaient le terrain de leurs auras conjointes pour détecter le moindre écart de la part de leurs "invités". Eldwood, Marco et Annabelle tendaient le dos, souffrants certes, mais prêts à réagir si leur maître entrait soudain pour faire la guerre à cet énergumène sans scrupule.
Enfin, Maria apparue dans l'encadrement de la porte qui donnait sur la suite des salons. Le visage ravagé par l'inquiétude, elle se tint prête à s'enfuir. Sa trahison la condamnait aux yeux du Comte et, même si elle lui portait encore un amour profond, elle savait que sa défaite assurerait sa survie. L'instant fatal arrivait...


- Il arrive...

- Ils ont évité les Entraves...

Une main noire ouvrit la porte. Astorre et Antonio se rapprochèrent légèrement du fauteuil de Vincento. Tous observèrent l'entrée du Comte. Le grand Vampire aux cheveux blancs apparut enfin dans l'encadrement de la porte. Dans sa tenue de bal, une prestance particulière animait sa stature. C'était indéniablement un noble parmi les nobles.
Le coeur de Vincento fit un bond lorsque ses yeux croisèrent ceux de son père. C'était la première fois depuis plus de 400 ans qu'ils se retrouvaient. Une sensation indescriptible l'envahit tandis que son père manquait de s'écrouler sous le choc. Avait-il honte de l'accueillir ainsi, avec tant de théâtralité, tant de violence ? Ou avait-il tout simplement du mal à cacher son profond mépris ? Tant d'émotions étaient liées à cette rencontre !


Vincento laissa son paternel entrer, s'agripper au guéridon, prendre le temps de le considérer. Il resta volontairement muet pour apprécier la réaction du Comte. Lui qui se croyait tout puissant, sans réelle menace, réalisait-il que tout son univers s'écroulait ce soir ? L'extase que lui procurait ce moment le fit sourire avec mesquinerie. Il tenait sa vengeance.

Ce furent les deux disciples du Comte qui montrèrent le plus de réactions. La belle rousse qui l'accompagnait toujours au théâtre repéra Maria, celle qui lui avait permis d'entrer dans le domaine, et lui murmura sa haine. Le grand noir quant à lui voulut s'imposer entre eux, à l'instar d'une barrière, fidèle à son maître. Le Comte ne réagissait pas.
Enfin, lorsque le lord commença à retrouver l'usage de la parole, ainsi que la maîtrise de son corps mis à mal par la stupeur, Vincento tiqua. Son père ressemblait à un vieillard sénile. Il le regarda s'avancer vers lui et formuler quelques mots, à peine des phrases, comme l'on regarde un mendiant qui vient vous réclamer quelques piécettes.
Vincento vit s'envoler ses peurs et resurgir sa haine. Il se redressa dans son fauteuil et croisa ses deux grandes jambes devant lui. Appuyé des deux mains sur ses accoudoirs, il sourit d'un air cruel.


- Mort ? Moi ? Oh non, père...Je ne suis pas mort... fit-il d'une voix suave qu'on eut pu croire d'outre-tombe. Je le suis pour toi, sans aucun doute, puisque tu m'as laissé crever dans cet hôpital, mais je ne le suis pas pour tout le monde. Il serra les dents. Le souvenir de son agonie en Italie le rendait malade. Comment ? Mais de la même manière que celle que tu m'as refusée ce jour-là...Grâce au Don. Il sourit de plus belle. Oh, quelle douce vengeance se préparait-il donc là ! Je suis devenu ce que tu m'as refusé. Je suis devenu ce que tu as toujours haï. Il se pencha en avant et fit mine de confier un secret en dissimulant un pan de sa bouche derrière la paume d'une de ses mains. Et...j'adore ça ! rit-il d'un air parfaitement heureux.

Durant cette petite conversation, Vincento sentit que le Comte revenait à lui. Prévenant le danger, l'Italien se leva et brandit un doigt devant lui comme pour réprimer un enfant.

- Pas d'entourloupe, père. Je ne me laisserai pas tuer une seconde fois. Désormais, tu feras tout ce que je te dirai de faire.

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Image Heylenne, Einar


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