L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Soupir éthéré [Comte Kei] [27/04/42]

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Comte Keï
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Proie(s) : Les Humains (pour se nourrir) et tout ceux qui se mettront en travers de son chemin.
Secte : Indépendant
Clan : Ventrue
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Rang Pyramidal : Premier
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MessageSujet: Soupir éthéré [Comte Kei] [27/04/42] Mar 14 Juin - 11:26

[HRP/Suite du rp "Archaïques lois"/HRP]

Dans sa main brille un poignard.
Une lame d'argent, un pommeau d'ivoire.
Un dragon asiatique gravé à sa surface.


"Tu ne me laisses pas le choix."

Une étincelle au milieu des ténèbres.
Le sang couvre son visage.
La vie perd de son sens.


"Tu te trompes d'ennemi."

Un souffle d'agonie.
Sa joue se mouille de larmes.
Ses yeux bleus s'éteignent.


"Alors...qui?"

Il tend son doigt fripé par les ans.
Il désigne son poitrail.
Il sourit.


"Toi."

Le Comte ouvrit brusquement les yeux en se redressant d'un bond. Son râle, rauque, sans haleine, se bloqua dans sa cage thoracique et il se mit à hoqueter, penché en avant sur la longue table devant lui. Les poings serrés, les crocs sortis, le Vampire peinait à respirer. Son front était couvert de sueur et ses yeux humides de larmes.

- Tu as encore rêvé de lui ?

La voix de Manouk est une flamme au milieu de la pièce glacée. Il réchauffe le coeur et apaise l'esprit. Pourtant, son aîné prend sa question pour une marque de curiosité déplacée. Il ne lui répond pas.

Cela faisait un quart d'heure qu'il s'était endormi, chose rare en plein coeur de la nuit. Il s'était installé là, sur cette chaise au bois ouvragé par des mains de maîtres, pour réfléchir. Ses pieds nus sur la table qui servait de support aux réunions et aux dîners officiels, sous les couleurs des vitraux que la lune éclairait depuis l'extérieur, il avait voulu profiter de la fraîcheur de la chapelle afin de reconstituer le puzzle de son existence, loin des papiers et des livres poussiéreux entassés dans son bureau. Il avait longtemps ruminé ses déboires: la perte de Raphaël, la prise de position d'Alastor qui s'était interposé entre lui et le Hunter, la disparition de Sarah qui restait introuvable, son pacte avec la Camarilla et les mises en garde de Crimson...tout ceci avait bouillonné dans son esprit jusqu'à ce qu'il se mette à songer à l'avenir.
Mais la fatigue qui coulait dans ses veines avait eu raison de lui. Il s'était assoupi et son vieil ami à la peau d'ébène l'avait trouvé là, en peignoir, immobile comme la pierre, la tête légèrement penchée en arrière, en train de dormir d'un sommeil agité. Intrigué puis peiné, il s'était assis près de lui, en silence, pour l'observer.
Manouk connaissait le Comte depuis maintenant près de 311 ans. Il avait quitté son Afrique natale pour le suivre dans ses pérégrinations et préparer son arrivée en Angleterre. Il l'avait soutenu dans la plupart de ses décisions et possédait autant son amitié que son respect et sa confiance. Il était même porteur de son sceau.
Cependant, ces derniers mois avaient tellement perturbé son maître qu'il ne le reconnaissait plus. Lui qui avait toujours su ce qu'il désirait, était perdu au coeur d'un carrefour qu'il s'était lui-même créé. Ses objectifs changeaient et sa force diminuait. Depuis qu'il laissait son esprit errer dans les limbes, il semblait atteint d'un mal indéfinissable. Sa dégénérescence, pourtant endiguée grâce à sa parfaite nutrition, avait repris son cours. D'aucuns pensaient que c'était la faute de la jeune Sarah Spencer qu'il avait rencontrée il y avait maintenant sept mois, mais le géant à la peau noire savait que ce qui avait définitivement altéré la santé de son maître était sa brève rencontre avec la Mère, le mois dernier, et la terrible mort de Salluste...


- Tu saignes encore...

Le Comte lui jeta un regard sombre et passa sa main sous son nez. Ses iris anthracites glissèrent sur le liquide rougeâtre qui imprégnait maintenant ses doigts.

- Tsss...

Clairement agacé, le vieux Vampire enleva ses jambes de la table et s'assied correctement sur sa chaise avant de fouiller la poche de son veston de sa main propre afin d'en sortir un mouchoir blanc. S'essuyant la main dessus, il grogna tout haut son mécontentement.

- N'aurais-je donc jamais la paix ?

Parlait-il de ce sang qui maculait sa peau ou de la présence de son disciple ? Manouk ne chercha pas à comprendre. Cela faisait des siècles qu'il côtoyait le Comte: il savait que ce dernier détestait expliciter ses pensées et que dans ces moments de faiblesse il valait mieux faire profil bas pour éviter d'attiser sa colère.

Le mouchoir plié en quatre son son nez pour éponger son sang, l'ancien samouraï ferma les yeux et soupira longuement. Il semblait épuisé.


- Tu devrais te sustenter, Jirômaru.

Le Comte serra les dents et rouvrit ses yeux pour dévisager Manouk dans les siens. Un tic d'impatience traversa son front.

- T'occupe. Laisse-moi seul.

L'Africain fronça les sourcils et appuya ses deux coudes sur la table pour serrer ses mains en forme de poing sous son menton. Son regard se fit plus intense tandis qu'il observait son ami avec inquiétude.

- Que t'a fait Crimson?

Le Comte se leva.
Lentement, légèrement agrippé à la table, il se redressa de toute sa hauteur et jeta à son disciple un regard noir.


- Je te l'ai déjà dit.

Manouk se leva à son tour et se rapprocha de son aîné. Son large poitrail, couvert de colliers tribaux, se souleva dans un soupir d'exaspération et fit bientôt de l'ombre au Comte.

- Quel est cet "avenir" dont il t'a ouvert les portes ?

Le Vampire aux cheveux d'argent ne répondit pas. Alors, comme deux bêtes qui se dévorent du regard avant une bataille, les deux Vampires se toisèrent en silence. La tension qui s'installa entre eux devint bientôt insupportable.
Manouk céda le premier.
Sa main noire vint s'appesantir sur l'épaule gauche du Comte et froissa son peignoir gris tandis qu'il l'agrippait.


- Jirômaru, si tu ne te confies pas à moi, si je ne comprends pas ce qu'il t'arrive, je doute que nous réussissions à faire quoi que ce soit. Les Géniteurs, la jeune Spencer, les Sectes...Pense à Salluste...

Les yeux de Jirômaru s'éclairèrent d'une lueur mortelle alors qu'il laissait tomber au sol son mouchoir et attrapait son disciple par un poignet puis par la gorge. Sa poigne se resserra et ses crocs jaillirent de ses lèvres étirées.

- Je t'ai déjà dit de ne plus prononcer ce NOM!! hurla-t-il nez à nez avec le colosse d'ébène. Jamais! JAMAIS!!

Manouk n'avait pas bougé. Il n'avait même pas esquissé un semblant de défense. Face à la colère de son maître, il se contenta de répondre calmement:

- Il n'aurait pas voulu que tu te laisses ainsi dévorer pas le Don.

Le Comte lâcha son poignet pour lever la main. C'est à cet instant que la porte de la chapelle s'ouvrit à la volée et qu'Ambre et Maria entrèrent en courant.

- Maître! Il ne faut pas...

- Manouk!

Le vieux Vampire lâcha son disciple et le poussa en arrière pour lui passer devant. Il écarta les deux jeunes femmes avec brutalité et quitta la chapelle. Maria jeta un regard noir à Manouk tandis qu'Ambre observait son maître disparaître dans les couloirs. Sa démarche était pesante malgré ses pieds nus et son peignoir, à moitié ouvert sur son thorax, laissait sa ceinture pendre le long de ses jambes. Lorsqu'il eut disparu, la jeune actrice rejoignit Maria qui venait de se baisser pour ramasser le mouchoir. L'air atterré, elle le tendit à l'Africain.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? Qu'est-ce que tu lui as fait ?

Manouk se massait le cou et ne se préoccupait pas des deux importunes. Mais lorsque Maria se plaça devant lui pour exiger des explications, il lui arracha le mouchoir des mains et serra les dents.

- Jirômaru est malade, tu le sais. Je ne fais que tenter de le raisonner. Quelque chose le préoccupe plus que jamais, je veux savoir ce que c'est.

- Pfff...C'est la jeune humaine et cette histoire ridicule de duel. pesta la jeune femme en croisant les bras.

L'Africain pressa le mouchoir dans le creux de sa main.


- Non. C'est autre chose. Quelque chose de plus grave...

La porte de la chapelle se referma sur Ambre qui venait de quitter la pièce. Maria ouvrit la bouche mais ne dit mot. Manouk s'assied sur la table et se passa une main sur le visage. A ses yeux, il était certain qu'un drame se préparait.

******************


Ambre versa un dernier saut d'eau chaude dans la baignoire. Jirômaru soupira d'aise. Ses longs cheveux flottaient près de ses flancs trempés et formaient à ses côtés d'étranges algues fantomatiques. Les yeux fermés, il tentait de donner un sens à son dernier songe. Il tuait le Père, de cela il était certain, mais ce dernier lui expliquait qu'il se trompait de cible. Qui devait-il donc tuer ? Lui-même...Cela n'avait pas de sens ! Plusieurs interprétations étaient possibles. Soit il avait tout simplement rêvé et rien de tout ceci n'avait d'importance. Soit il avait réellement blessé le Père...Non, tous l'auraient senti. Il n'avait pas pu passer la frontière qui les séparait. Il ne savait pas encore le faire. C'était pour ça qu'il saignait du nez: il ne parvenait pas à franchir ce mur invisible qui servait de membrane entre leurs deux mondes.
Une main sur le front, il réfléchit encore. Ce couteau était le sien. Ce sang était celui d'un autre. Cette voix était celle du Père. Comment démêler ses paroles ? Qu'avait-il essayé de lui dire ?


- Tssss...

Le Vampire ouvrit lentement les yeux dans la vapeur qui se dégageait de son bain. Il trouva Ambre qui, debout et silencieuse, attendait patiemment un ordre. Elle tenait une serviette et une éponge neuve.
Jirômaru lui sourit. Il aimait ses cheveux roux et les tâches de rousseur qui parsemaient son doux visage. Ses yeux clairs lui donnaient un air tendre et docile. Elle portait une tunique brune et crème, simple et pratique, sans corset, sans ruban. C'était le vêtement qu'elle conservait sous les costumes qu'elle utilisait dans les représentations théâtrales.
Le Comte hésita. Puis, sa main quitta son front pour se tendre, paume vers le ciel, devant la jeune femme.


- Viens avec moi.

Ambre obéit, sans paraître surprise ou gênée par la demande de son maître. Pourtant, c'était la première fois, en 189 ans qu'il lui demandait une telle chose.
La belle irlandaise posa la serviette sur une chaise et confia l'éponge au vieux Vampire qui avait gardé sa main ouverte devant elle. Ce dernier referma ses longs doigts d'albâtre sur l'objet un peu raide et appuya son coude sur le bord de la baignoire en fer forgé. Son regard n'avait pas quitté la belle. Ambre lui faisait maintenant dos. Elle avait ramené sur son épaule sa longue chevelure sauvage et quittait ses sandales.


- Laisse-moi t'aider.

Le Comte abandonna l'éponge dans l'eau et tendit de nouveau le bras pour atteindre le bas du dos de la belle comédienne. Doucement, il défit le noeud du lacet qui refermait sa tunique et, avec une lenteur presque sensuelle, il desserra l'ensemble, pallier par pallier, en prenant garde de ne pas tirer sur les œillets de son vêtement.
Lorsque la tunique glissa sur le corps nu de la jeune femme et qu'il rejoignit ses sandales sur les dalles humides de la salle d'eau, le Vampire fit courir ses doigts sur sa hanche et la tira vers lui.


- N'aie pas peur...fit-il dans un murmure tandis qu'il l'aidait à monter dans la baignoire.

- Je n'ai pas peur. répondit la belle en s'exécutant avec précautions.

Ses pieds trouvèrent le fond de métal et sa peau goûta à la chaleur de l'eau parfumée. Le Comte avait écarté les jambes pour lui permettre de montrer sans qu'elle ne lui marche dessus et il l'avait soutenue de ses bras musclés. A côté de lui, elle paraissait particulièrement menue.
Lorsqu'elle fut debout face à lui, le vieux Vampire fixa ses prunelles et lui sourit.


- Tu es magnifique.

Ambre rougit un peu et baissa les yeux. Alors Jirômaru lui prit les mains et la tira vers lui pour l'asseoir sur son giron. La jeune femme se laissa faire. Elle pivota un peu, faisant dos à son maître, et s'assied sur lui dans l'eau chaude. Elle frissonna un peu et s'appuya sur le grand Vampire qui lui ouvrait les bras pour l’accueillir contre lui. Une fois que la belle fut installée, l'ancien samouraï referma ses bras sur elle. Dans cette étreinte, il passa ses mains sur le ventre plat de la douce actrice et soupira doucement, heureux de l'avoir nue contre sa peau. Ambre plaça sa tête dans le creux de son épaule et ferma les yeux. Le Comte posa sa tête sur la sienne.

- Il nous faut de nouveaux acteurs...

Quelque peu interloquée par ce nouveau sujet de conversation, la jeune femme rouvrit les yeux et hésita. Puis, elle osa lever la main pour caresser la joue du Comte.

- Maître...Vous êtes épuisé et vous avez tant à faire. Le théâtre ne doit pas vous préoccuper à ce point.

Un éclat de tristesse traversa le regard du Vampire. Puis, comme s'il renonçait à relever la remarque, il continua sur le même ton lancinant:

- Il nous faut des femmes, nous manquons de femmes...

Ambre abandonna l'idée même de le raisonner. Elle soupira et la vapeur se mit à tourbillonner devant elle. Le regard du Comte se perdit dans la danse des particules d'eau.

- Nous manquons effectivement de femmes. Miss Runaway nous apporte son soutien avec talent mais ce n'est pas suffisant. Par où voulez-vous que l'on commence le recrutement ?

- J'ai reçu une invitation de Sir Barry. Il y a convié les plus éminents acteurs de Londres.

La jeune rouquine sourit. Sa main quitta la joue du Vampire et pénétra dans l'eau pour trouver sa cuisse. La main du Comte passa par-dessus celle de sa disciple.

- M'accompagneras-tu ? murmura-t-il dans son cou.

- Toujours.

[HRP/Fin du Rp, suite dans "Quand l'agneau devient loup" /HRP]


> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
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Soupir éthéré [Comte Kei] [27/04/42]

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